Les Frappés
Saison 5 EP·243 Trail #ultra-trail #UTMB #maternité

06 octobre 2026

Maman de six enfants, elle court 140 kilomètres par semaine - Christine De Geloes

Durée · 59 min · Transcription disponible

Maman de six enfants, elle court 140 kilomètres par semaine

Le récit

Christine De Geloes est vendéenne, elle a 34 ans, elle est maman de six enfants, et elle court 140 kilomètres par semaine depuis deux ans et demi 🤯

Tout a vraiment commencé après la naissance de son sixième. Elle s'est alignée sur un 50 kilomètres deux mois après l'accouchement, elle a fini avant-dernière. La course suivante, elle l'a gagnée, et elle enchaîne depuis des performances remarquables !

Dans cet épisode, on parle de son expérience en lycée militaire, où elle était à la fois major de promo et excellente en sport avant de faire l'expérience d'un burn out et de l'anorexie. 

Mais on a surtout échangé sur la manière dont elle a remonté la pente, sur l'équilibre qu'elle a trouvé aujourd'hui et sur ce que l'ultra lui apporte.

En 2027, elle prendra le départ de l'UTMB.

Excellente écoute 😉

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Transcription

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Invité 1 Par contre, la rigueur qu'on s'impose tous les jours à aller s'entraîner autant, ça parfois on peut un peu perdre le sens. Et dans ces cas-là, là aujourd'hui j'ai la ressource mentale pour le faire. Peut-être qu'un jour j'aurai besoin d'un préparateur mental parce que j'aurais pu cette ressource. Mais aujourd'hui j'ai suffisamment intérieurement de raisons de faire tout ça.

Loïc Sous-titrage Société Radio-Canada suivre leur propre chemin. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irréversibles dans ta vie. Tu es prévenu. Eh bien, écoute, c'est parti. Bienvenue Christine au micro défrappé. Je suis super content de te recevoir sur le podcast. Et avant d'oublier, un immense merci à Pierre, Pierre Lejean, qui nous a mis en relation, qui est aussi un ancien invité, auditeur du podcast, qui m'a dit, Il faut absolument que tu parles à Christine. C'est chose faite. Merci, Pierre.

Invité 1 Salut, Loïc. Merci de m'enregistrer. C'est toujours très touchant d'être invitée.

Loïc Christine, ce que je te propose pour commencer, c'est de nous expliquer dans les grandes lignes qui tu es, ce que tu fais aujourd'hui, quel a été ton parcours. Ensuite, on va rentrer dans les détails, parce que c'est riche et varié.

Invité 1 Oui. Moi, je suis Christine. J'ai 34 ans. Je suis maman de six enfants. Donc ça, c'est la partie la plus importante de ma vie. À côté de ça, je suis RH dans une entreprise. Et je suis en apprentissage. Donc là, je rentre en Master 2 de ressources humaines. Donc avec un parcours un peu tardif. Voilà. Et donc à côté de ça, je pratique depuis toujours la course à pied. Enfin, depuis que je suis au collège. Au début, je faisais plutôt du cross au lycée. du cross-country. J'ai complètement abandonné la compétition après le lycée. On en parlera peut-être plus tard dans le podcast, j'en sais rien, mais vraiment, j'ai complètement décroché de la compétition. Je ne courais plus que pour moi-même toute seule après. Je me suis remise à l'ultra-trail après la naissance de mon sixième. Aujourd'hui, je suis dans une dynamique de plaisir dans l'ultra-trail et en même temps de performance parce que je vois que j'ai rapidement eu des facilités à performer et du coup, ça me fait aussi plaisir de performer en fait. Les deux sont liés, mais voilà.

Loïc Excellent. Maman de six enfants.

Invité 1 Oui.

Loïc Du coup, ça va de quel âge à quel âge ?

Invité 1 L'aîné va avoir neuf ans bientôt. Là, il a huit ans encore. Et le dernier, il a deux ans.

Loïc waouh ok donc finalement ça a commencé t'as été maman pour la première fois c'est ce qui explique la reprise tardive des études ou ça n'a rien à voir

Invité 1 les études que je voulais faire spécialement après le bac parce qu'à ce moment là j'étais fragile et après à force de prendre aussi confiance en moi et tout je me suis relancé dans les études au début avec un bachelor RH et puis après avec un master mais en fait tout ça, ça allait aussi de pair avec la course à pied, c'est-à-dire que la course à pied le fait de voir que j'étais bonne dedans et tout, de gagner des courses ça m'a donné confiance en moi dans tous les domaines de ma vie et dont les études et le boulot et en fait tout va ensemble, il n'y a pas que la course d'un côté et le travail de l'autre c'est vraiment une dynamique intégrale de vie

Loïc Puisque tu parles de dynamique de vie, c'était quoi la place du sport dans ta vie plus jeunes et notamment si je ne me trompe pas tu as fait un lycée militaire donc je n'ai pas fait ce type d'études là mais il y en a un moi j'ai fait mes classes prépa à Aix et il y a un lycée militaire à Aix et je les crois souvent aujourd'hui encore quand je vais courir à côté de chez moi ils font très souvent du sport donc est-ce que l'entrée du sport dans ta vie ça a été à ce moment là ou tu étais dans une famille où la pratique on va dire d'un sport quel qu'il soit était déjà bien ancrée et faisait partie de ton éducation

Invité 1 Oui, c'est une bonne question. Moi, j'ai toujours été une fille maxi-sportive. Depuis que je suis toute petite, j'étais plus intéressée par aller jouer dehors que par jouer à la poupée. Je le dis souvent, j'étais vraiment un garçon manqué, clairement. Ensuite, en lycée militaire, j'ai notamment fait le tournoi interlycée militaire où je suis allée à Aix, notamment. Mais effectivement, je faisais partie du club d'athlés du lycée militaire. Donc là, tout de suite, c'est du coaching, et puis j'étais assez bonne donc j'étais vite repérée par les coachs et ça m'a aussi à cet âge-là desservie c'est que je voulais tellement bien faire et je me mettais tellement la pression que j'ai explosé complètement ça correspond aussi à une période où j'ai commencé à faire de l'anorexie le sport intensif est venu en lycée militaire mais avec pas la maturité nécessaire pour mettre mes limites au moment où j'aurais dû les mettre. Non, mais là, en fait, je ne suis plus dans le plaisir. Parce que je trouve que, pardon, je développe peut-être un peu trop la réponse, mais je trouve que dans la course à pied, c'est déjà un sport où on est déjà dans un sport où on flirte avec la souffrance en permanence. Et donc, s'il n'y a pas du plaisir et une envie d'aller s'entraîner, en fait, il faut faire hyper gaffe au moment où ça ne devient plus du plaisir et où c'est forcé, un peu en soulageant, à courir et tout. Et ça, quand on est jeune et qu'on a 18 ans, on n'a pas cette limite-là. Et donc, je suis tombée là-dedans. Et bon, voilà. Du coup, pour dire que le sport intensif, c'est arrivé déjà au lycée, effectivement, au lycée militaire. Voilà.

Loïc OK. Parce que tu peux nous parler d'une semaine un peu type dans un lycée militaire. Le sport, ça fait vraiment partie du cursus. Oui, oui. C'est obligatoire dans l'éducation nationale, mais voilà. Moi, tu vois, j'ai fait une prépa éco, option éco. Le sport, c'était, comme c'était obligatoire, je crois que c'était deux heures par semaine, mais c'était au choix, en fait. C'était soit on allait manger le lundi midi, soit on avait sport, parce que le créneau du sport, c'était sur la pause-déj, en fait. Tu vois, c'était obligatoire, mais c'était quand même une vaste blague. Ça se passe comment en lycée militaire ?

Invité 1 Alors, ça dépend de qui on est. Il y en a qui préfèrent la musique, il y en a qui préfèrent le théâtre. En fait, on s'inscrit aussi un peu à ce qu'on veut, c'est à la carte. en début d'année en tout cas on peut s'inscrire et moi j'ai choisi sport en fait parce que j'adorais ça donc en fait j'avais du sport tous les jours ah ouais et en plus je m'en rajoutais c'est à dire que comme j'aimais courir j'allais souvent courir après au moment après l'étude le soir j'allais refaire un team donc non seulement il y avait du sport tous les jours parce que il y a les cours de sport normaux l'EPS quoi plus on s'inscrit dans un club on peut s'inscrire au club de théâtre du lycée ou dans le club de sport dans le club de volet, dans le club d'athlés, dans le club de machin moi j'avais choisi Athlés et du coup je m'en rappelle de me dire pendant le lycée tiens c'est marrant j'en fais tous les jours si j'avais pas voulu faire du sport tous les jours j'aurais pu pas en faire tous les jours c'est ça que je veux dire

Loïc et en termes de rythme parce que tu dis qu'à un moment donné t'as complètement explosé c'était quoi ? c'était la pression que tu te mettais toi-même c'est un rythme, moi j'ai toujours entendu dire que les lycées militaires c'est un parcours qui est vraiment exigeant donc ça a été ton expérience aussi ?

Invité 1 Ouais c'est exigeant mais tout en étant quand même c'est quand même des lycées, ils s'adaptent à des ados c'est pas comme une vraie école militaire avec des gens qui sont vraiment dans une carrière militaire en fait on est élève d'un lycée mais on n'est pas militaire donc il y a quand même un côté cool alors au début la première année ils interdisent les couettes tout ce qui est de l'ordre du confort on n'y a pas le droit mais plus le temps passe en première terminale ils commencent à un petit peu lâcher et en fait on est d'abord des ados avant d'être des futurs petits militaires

Loïc ok parce que t'es forcément en internat, en lycée militaire

Invité 1 ouais tu peux être deux petits pensionnaires si tes parents habitent proches moi je l'ai été deux mois à la fin là quand j'allais vraiment mal mais sinon on est pensionnaire tout le temps

Loïc tu peux nous parler du coup de cette explosion là que tu as évoqué plusieurs fois comment tu l'as vécu tu disais que c'était une période où visiblement c'était compliqué au point que tu n'as pas fini ton internat et tu es rentré chez tes parents mais comment ça s'est manifesté et comment est-ce que tu as traversé ça surtout

Invité 1 oui c'était un tout, c'était déjà de vouloir performer dans tout donc performer au niveau du travail en cours. Je me rappelle que je commençais à avoir des très bonnes notes. J'étais première de promo. J'avais à côté la course à pied où les coachs me disaient « Non, non, mais arrête de faire tes footings. Tu vas faire du fractionné. Ça ne sert à rien ce que tu fais. » Parce que moi, je n'aime pas le fractionné. Je n'ai jamais aimé ça. Et en fait, je voulais toujours être la petite élève parfaite qui faisait tout bien. Et puis, j'avais pris un peu de poids et j'ai voulu perdre. et je voulais aussi performer dans la perte de poids. Vraiment n'importe quoi à cet âge-là, aucun recul. Et en fait, après, on commence à être carencés, on commence à aller moins bien. Et puis tenir le rythme d'un lycée militaire, quand on est carencé, quand on est maigre et tout, j'ai tout lâché. Enfin, tout d'un coup. Et puis tout d'un coup, tout s'est cassé la gueule. Donc ça, c'est une leçon énorme dans la vie aussi, c'est de se dire, attends, n'y va pas trop fort, parce qu'en fait, tu ne vas plus s'y perdre à vouloir faire plus. En fait, il vaut mieux que tu dures longtemps, sans faire parfait, parfait, plutôt que de vouloir faire trop bien et après ça va se casser la gueule.

Loïc C'est le fameux festinal NT. Attends toi, lentement.

Invité 1 Oui, voilà.

Loïc Ok, et du coup, quand tu dis que tout s'est cassé la gueule, c'était quoi ? C'était symptôme d'un burn-out, plus d'énergie, plus envie de t'entraîner ?

Invité 1 Oui, plus envie du... Surtout le coup de feu de la compétition. Je me rappelle du coup de pistolet pour les crosses. c'était ça, mais c'est encore vrai aujourd'hui je crois, ils tirent à blanc, dans un pistolet et moi j'ai un rapport à la pression aussi qui est assez space je pense mais vraiment je ne pouvais plus ce coup de pistolet je ne pouvais plus, j'y pensais une semaine avant et là aussi ce que j'adore dans l'Ultra c'est que les départs sont beaucoup plus cools, limite on parle avec son voisin en partant quoi parce qu'on sait que ça va être tellement long que ça ne sert à rien de se mettre la rate au courbouillon, on y va tranquille et du coup je prends un départ d'ultra beaucoup plus cool qu'un départ de 20 km et du coup je m'aligne beaucoup plus sur des ultras aussi pour ça parce que j'ai un rapport à la pression qui n'est pas net

Loïc Et comment tu traverses du coup cette phase alors que tu disais qu'initialement peut-être ce qui t'a amené là-dedans c'est justement cette volonté de performer partout, d'être la meilleure à tous les égards là sans connotation négative mais on pourrait dire c'est un échec c'est une situation d'échec ou c'était pas forcément ça que tu visais comment tu te relèves de ça avec ce tempérament que tu nous décris là pour le moment de battante de performer tout le temps etc

Invité 1 là de cette période là de gros bad oui ça a été long déjà il y a eu toute la période grossesse naissance je te disais j'en ai eu 6 en 6 ans en fait et là t'es dans un tunnel en fait j'étais trop heureuse d'avoir ses enfants et tout, mais j'étais dans la gestion vitale de nourrissons et de bébés en bas âge. En fait, je ne me regardais pas moi-même. Je me disais plus de maman. J'étais vraiment très maman, très mammifère. C'est une période. Et puis après, derrière, le dernier est né, et c'est là... Parce que moi, je me suis mariée hyper jeune aussi. Je me suis mariée jeune, j'ai mes enfants jeunes.

Loïc Le premier à quel âge, du coup ?

Invité 1 Premier à 8 ans. bientôt 9

Loïc non mais pardon je veux dire tu l'as eu à quel âge ?

Invité 1 à 25

Loïc 25 ok

Invité 1 mais je me suis mariée enfin je me suis mariée assez vite on a eu le premier au bout de deux ans et je pense que j'ai repris un peu le fil de ma vie entre guillemets après la naissance de mon dernier en fait mais entre temps j'étais très enceinte

Loïc mais du coup t'as été dans une phase difficile pendant un bon moment parce que cette explosion au lycée donc au lycée t'avais 18 ans j'imagine, même pas 18 ans

Invité 1 ouais ouais c'est ça et ensuite en fait j'ai tellement explosé que j'ai même pas repris des études pour me faire plaisir, j'ai été aide-soignante un petit peu, en fait vraiment je voulais même plus entendre parler d'école même la pression de l'école je voulais plus entendre parler quand je t'ai dit que j'ai explosé j'ai exposé quand j'ai dit à mes parents je vais rentrer dans une école d'aide-soignante ils ont halluciné ils se sont dit mais Christine tu vas qu'est-ce que tu es fou quoi après ils ont compris et ils n'ont pas jugé ils se disaient surtout je veux que notre fille elle aille bien c'est plus important que de savoir si elle va faire des grandes études ou pas et du coup j'ai un peu fait ça et puis j'ai rencontré le père de mes enfants on s'est mariés j'étais en mode ultra trail mais des grossesses et des bébés et puis voilà j'ai l'impression d'être tarée quand je raconte mon parcours

Loïc c'est ultra impressionnant en tout cas c'est ultra impressionnant 6 enfants en 6 ans on peut dire que c'est un bel ultra mais juste pour avant qu'on passe sur d'autres sujets pour revenir sur le lycée militaire et pour clôturer cette partie là l'objectif initial il y en avait un pourquoi un lycée militaire ?

Invité 1 En troisième, j'avais envie d'être militaire. Je voulais être militaire. Et du coup, j'avais passé le concours. Et ma mère n'était pas trop pour que j'y aille. Elle se disait, elle n'aura peut-être pas le concours. Mais du coup, je l'avais quand même passé. Je l'avais eu. Et du coup, j'ai eu le papier. Puis je me suis dit, maintenant, c'est bon, je suis prise. J'y vais. Enfin, franchement. Et du coup, j'y suis allée. Pour le coup, mon père était assez fan. Mon père est militaire. Et il ne voulait pas que ses fils soient militaires à la base. pourtant les deux sont militaires aujourd'hui mais moi une fille il se disait oui c'est marrant peut-être il se disait de toute façon elle le sera pas toute sa vie puisqu'elle aura bien des enfants et elle va arrêter mais en tout cas il m'a vraiment je me rappelle qu'il m'accompagnait à Saint-Cyr pour le premier jour et tout et j'étais hyper touchée qu'il m'accompagne et de l'avoir à mes côtés et je me suis sentie soutenue dans cette dynamique là de devenir militaire au final avec tout ce qui s'est passé j'ai jamais pu devenir militaire et aussi la vie a fait que j'ai vu d'autres horizons. Mais à la base, en troisième, quand j'ai passé le concours, c'était ça que je voulais.

Loïc Ok. Pas de regret aujourd'hui ?

Invité 1 Un peu quand même.

Loïc C'est vrai ? Si. C'est quoi qui t'a attiré ? Parce que c'est le plus grand regret de ma vie. Le seul d'ailleurs, de ne pas avoir finalement fait des études un peu comme les tiennes.

Invité 1 Oui.

Loïc C'est quoi qui t'a attiré dans cet univers ?

Invité 1 L'aventure. Moi, je te dis, je suis un garçon manqué. donc là c'était un métier j'aurais été à ma place franchement le côté aventure je voulais être agent secrète à cet âge là tu rêves bien sûr de la partie de l'armée tu rêves pas d'être dans les transmissions ou dans le train mais du coup je rêvais d'être agent secrète des trucs qui se passent jamais ok donc lycée militaire

Loïc qui se termine de manière un peu abrupte. Tu bissures complètement dans ton parcours d'études pro. Formation d'aide-soignante, c'est combien de temps ?

Invité 1 C'est un an. Je voulais bâcher le truc. Je voulais vraiment bâcher le truc. Et puis, il y a zéro pression. J'étais aussi dans une dynamique où je me disais, j'étais tellement douillée dans ma vie, que ce que j'ai envie, c'est d'aider les autres et de prendre soin d'eux. Et donc, être soignante, c'était prendre soin des autres. J'étais un peu idéaliste aussi à cet âge-là. c'était vas-y je vais donner ma vie aux autres là où aujourd'hui je me dis c'était trop beau mais je suis pas sûre que j'étais une très bonne étudiante je vois les femmes qui le faisaient elles le faisaient vraiment avec douceur et tout, moi je suis pas du tout douce du coup je les admirais trop et encore aujourd'hui c'est vraiment un métier où j'admire beaucoup les filles qui arrivent à durer là-dedans, c'est d'une abnégation infinie et vraiment je les admire mais juste moi j'ai pas ce charisme je pense, j'étais pas à ma place

Loïc c'est marrant que tu parles de ça parce que c'est exactement la réflexion que j'ai eue je te l'ai dit ma femme a accouché il y a très peu de temps, il y a à peu près une semaine et donc forcément elle est restée quelques jours à l'hôpital et on a vu plusieurs équipes passer et à chaque fois c'était notre deuxième et pour la première c'était pareil et à chaque fois ça m'impressionne parce que l'hôpital d'Aix c'est pas un énorme hôpital, mais quand même, tu vois, il y avait une vingtaine de chambres, un truc comme ça. Et de voir à chaque fois ces gens qui arrivent en sachant que dans trois jours, tu n'es plus là, que c'est des gestes qui répètent peut-être pour la vingt-millième fois de l'année et qui t'accueillent toujours avec un grand sourire, qui prennent le temps de te demander comment ça va, le petit geste. Et à chaque fois, ça m'impressionne. Je me dis, mais moi, je ne pourrais jamais faire ça, en fait. Enfin, je pense que je ne pourrais jamais faire ça, tu vois, d'être aussi gentil, calme et en fait, faire sentir à lui. En plus, parfois, avec des gens

Invité 1 qui ne sont pas cool.

Loïc Oui, en plus. J'espère qu'on a été cool. Mais de vraiment te faire sentir comme si c'était au final la première fois qu'il y avait quelqu'un dans cette chambre post-naissance. Ils prennent vraiment soin de moi, c'est incroyable. Je vois bien ce que tu veux dire. Du coup, aide-soignante, c'est ce qui t'a amené jusqu'à tes 25 ans et la naissance du premier ?

Invité 1 J'avais quand même repris un BTS assistante de gestion. J'étais enceinte de mes deux premiers. j'ai eu deux enfants pendant mon BTS déjà les profs ils buguaient déjà ils se disaient c'est qui cette fille qui est en BTS qui est mariée qui a deux enfants bon voilà je l'avais fait en apprentissage aussi après j'ai eu d'autres enfants j'étais en congé parental et après j'ai vraiment repris un bachelor du coup il y a deux ans et puis j'ai enchaîné avec un master et voilà toujours un apprentissage pour le coup parce que j'ai quand même bah après une fois que t'es mariée t'as des enfants t'as quand même besoin que ça soit assumable. Et puis aussi, être sur des bancs d'école avec des gens qui ont 25 ans, ça va, mais ça va une semaine par mois.

Loïc Oui, oui. J'allais te demander si du coup, tu faisais ça en distanciel ou...

Invité 1 Non, non, en présentiel.

Loïc En présentiel, oui. OK. Oui, effectivement, ça doit... Entre ta vie de mère de famille et le sport, au niveau auquel tu le pratiques, ça doit te dénoter un peu avec le public autour de toi dans la formation. Oui. ok parce que du coup justement la réorientation pro le sport à quel moment est-ce qu'il revient dans ta vie aussi fort

Invité 1 il revient à la naissance de mon dernier enfant il s'est passé beaucoup de choses à ce moment là là je vais pas forcément rentrer trop dans les détails parce que c'est des choses plus dehors de la vie intime mais j'ai eu besoin d'un défouvoir, d'un échappatoire et du coup j'ai repris la course à pied j'avais envie de me mettre sur le long parce que je voyais que j'avais un rapport à la pression notamment qui était beaucoup plus correct sur le long et en fait j'ai commencé à gagner des courses très vite, je me suis alignée sur une première course de 50 km où j'ai fait avant-dernière et la seule d'après j'ai fait la marathonèse je l'ai gagnée direct et après j'ai gagné toutes les courses que j'ai faites et du coup en fait ça a fait un effet dans ma tête je pense que je me suis tu sais tu sors de 8 ans où t'es rien, t'es juste maman, t'es fan de, mère de, enfin tu vois et là tu gagnes des cours ton cerveau il bug je pense je suis devenu accro à ça quoi je suis devenu accro à gagner des courses et je pense que je suis encore là-dedans

Loïc donc mais du coup ça veut dire que cette première course où tu finis avant-dernière c'était ta vraie reprise sportive ou t'avais réussi à maintenir un semblant d'activité

Invité 1 c'était vraiment ma reprise mon petit il avait deux mois donc j'étais vraiment en post-partum et je me suis alignée là-dessus en me disant mon objectif c'est de finir mais je ne me disais pas que j'allais finir dans les premières mais du coup là c'était quand même la douche froide parce que faire un 50 à deux mois de ton bébé c'est sachant que je n'avais jamais fait de long moi j'avais toujours fait max 10 ou 12 voilà

Loïc ok tes proches ils réagissent comment quand tu leur annonces j'ai accouché il y a deux mois, de mon sixième je pars sur un 50 km qui est cinq fois la distance la plus longue que j'ai jamais couru

Invité 1 mes proches le père des enfants avec qui je suis séparée aujourd'hui, lui il m'a vachement soutenue il était vraiment il me poussait vraiment dans ce que je faisais il était fan de ce que je faisais donc je me suis vraiment sentie soutenue de lui par contre les proches au niveau familial là ils ont carrément bugué là aujourd'hui franchement aujourd'hui avec tout ce qui se passe et tout dans ma vie ils voient le bienfait de la course et ils comprennent je me sens beaucoup plus soutenue mais c'est tout récent mais franchement ça faisait deux ans que j'allais à des courses et qu'ils ne comprenaient pas enfin ouais vraiment c'était pas ma place ma place c'était de m'occuper des enfants et puis voilà quoi that's all ça c'était difficile quand même mais voilà En tout cas, du père des enfants, c'est vraiment lui qui m'a poussé dedans et tout. Et il a été vraiment un gros appui.

Loïc Comment tu t'organises du coup ? À partir du moment où tu réalises que tu n'es pas juste maman de six enfants, femme de ton ex-mari, etc., mais que tu peux exister, Christine, dans la performance aussi, à nouveau dans le sport, etc. j'imagine qu'il y a eu une une montée en charge dans les entraînements le nombre de courses auxquelles tu participes etc dans les grandes lignes ça a ressemblé à quoi est-ce que ça a été très brutal tu vois t'as fait un 50 puis d'un coup un 100 miles ou est-ce que t'as essayé de t'en tenir à ce que t'évoquais un peu plus tôt la notion de pour durer il vaut peut-être mieux être parfois un peu progressif et pas être all in tout le temps là j'avoue

Invité 1 j'ai pas respecté par rapport à ça je suis passée du 50 après j'ai fait du coup la marathonèse une course de la Roche-sur-Yon qui était en 24 cette année là c'était un marathon à la base mais il l'avait écouté et derrière il a fait le tour du Mont Blanc aux 8 mois de mon bébé ok

Loïc ok d'accord ouais donc pas très progressif pas très progressif alors attends parce que là du coup j'ai plein de questions un comment tu fais physiquement avec aussi peu d'entraînement dans les jambes pour pour pas être en souffrance justement sur des distances pareilles quand tu arrives dessus pour la première fois deux physiologiquement 8 mois après une naissance comment comment tu gères ça parce que surtout au bout de 6 j'imagine que le corps doit avoir tu vois doit mettre un certain temps quand même à récupérer je sais pas si t'as l'été ou pas etc mais bon quand même et dernière question d'un point de vue logistique comment ça se passe en fait parce que je suppose qu'avant de partir tu t'es quand même un peu entraînée donc comment tu fais ça avec 6 enfants en bas âge

Invité 1 alors sur l'année du tour du Mont Blanc je bossais pour mon mari ce qui n'est plus le cas aujourd'hui mais on avait une entreprise de plomberie du coup j'étais assez flexible au niveau de l'entraînement en tout cas donc je courais généralement sur des heures d'école et de crèche

Invité 2 d'accord

Invité 1 aujourd'hui c'est différent je cours très tôt le matin avant que globalement avant que les enfants se lèvent ou alors sur tapis quand les enfants sont là mais je les garde mais je suis sur le tapis quoi tu m'as posé plein de questions d'affilée et je te réponds juste à la berleur

Loïc la première c'était celle-là ensuite c'était d'un point de vue logistique comment est-ce que tu t'organises pour partir sur des pour t'entraîner et partir sur des courses comme ça donc là tu réponds en partie et ensuite physiologiquement comment tu fais comment t'as fait seulement 8 mois après pour après la naissance après la 6ème naissance pour t'aligner sur une course comme ça est-ce que t'avais complètement récupéré est-ce que tu sens qu'aujourd'hui est-ce qu'avec le recul tu sens que c'était peut-être un peu tôt voilà comment t'as fait

Invité 1 oui oui bonne question c'est alors je pense que déjà en tant que sportif on connait très bien son corps donc on sait très bien si on est capable ou pas de faire quelque chose. Moi, j'avais fait un calcul tout bête. Je m'étais dit, je vais faire 160 kilomètres minimum. Je vais courir 160 kilomètres par semaine, il faut que j'y arrive. Et si j'y arrive, j'ai tellement de choses mentales à mettre dans cette course psychologique, mentale, on l'appelle comme on veut, que je sais que j'irai au bout. Au niveau musculaire, j'ai fait pendant deux mois, enfin, ouais, deux mois, je pense, 150 kilomètres par semaine à peu près. Et ensuite, je savais que j'avais largement les ressources mentales d'aller au bout. Et effectivement, franchement, cette course, elle m'a fait hyper mal. J'ai vraiment souffert. Mais en fait, on a beau souffrir, si on a vraiment une raison profonde de faire un ultra, on le finit. Mais il faut avoir cette petite flamme intérieure, ce truc qu'on vient poser dans la course, qu'on vient mettre dans la course. Il faut ce truc-là, mais musculairement, c'était mes deux mois de 150 km. ok

Loïc pas de blessures parce que c'est quand même une belle charge 150 par semaine sur deux mois t'as pas eu de signes avant-coureurs de grosses fatigues musculaires osseuses, articulaires

Invité 1 non je pense que pour le coup je sais pas là peut-être que je dis n'importe quoi mais je pense que j'étais tellement sportive toute ma vie que mon corps est capable aussi d'encaisser des grosses charges tu vois depuis deux ans et demi mes 140 km semaine je suis jamais allé en dessous de 140 km semaine depuis deux ans et demi

Loïc ah oui

Invité 1 et du coup mon corps est maxi habitué aujourd'hui et je me suis blessé que deux fois et deux fois des périostites et des périostites qui m'ont pas empêché de continuer à faire mon volume donc voilà ça suit quoi

Loïc ultra impressionnant ok je te disais quand on s'est appelé hier que j'étais en train inconsciemment de me trouver des excuses pour ne pas aller courir cette semaine et quand j'ai découvert un peu dans les grandes lignes ton histoire 6 enfants ultra très je me suis dit ok non mais là il faut que c'est bon je n'ai pas d'excuses je n'ai pas d'excuses alors j'ai une question peut-être un peu perso mais parce que tu es du coup ton grand va avoir 9 ans d'ailleurs c'est des garçons des filles ?

Invité 1 oui j'ai 4 garçons et 2 filles

Loïc ok est-ce qu'ils ont conscience de ce que fait leur maman tu penses ? et d'à quel point c'est complètement extraordinaire d'arriver à s'entraîner comme ça, performer comme ça en étant maman séparée en plus de 6 enfants jeunes

Invité 1 l'aîné en vrai les 4 aînés maintenant même les petits ils disent maman pas courir comme ça ils ont quand même associé la course et maman mais bon ils sont tout petits donc ils se rendent pas forcément compte du degré de performance ou pas par contre l'aîné notamment Gabriel mais d'ailleurs faudrait que ça se calme un petit peu parce qu'après si un jour je décide d'arrêter il faudrait pas qu'ils se disent que c'est un échec total de sa maman donc il faut quand même pas que ça aille trop loin mais dès qu'on arrive chez des gens qu'il connait pas forcément première chose qu'il fait c'est qu'il présente les choses ok maman elle gagne des courses et maman elle fait ça et tout avant toute introduction et c'est hyper gênant souvent donc il a

Loïc conscience du caractère un peu exceptionnel de la chose quand même

Invité 1 en fait ce que je voudrais vraiment c'est que lui c'est sa vie qui compte et pas la vie de sa mère et que lui il en tire le meilleur pour sa vie et ses intentions, ou pas de performer dans un domaine, que ce soit le sport, la musique, l'école, ou je sais pas quoi, mais que ça lui serve à lui, mais pas qu'il soit dans une espèce d'admiration de sa mère, et puis ça s'arrête là, tu vois. Mais ça, je suis sûre que ça peut leur servir. Enfin, il y a tout le côté négatif sur le temps de présence de leur mère, où je pourrais être plus présente si je courais pas. Par contre, il y a tout le côté qu'on voit pas comme ça à l'œil nu, mais de tout ce que ça leur rapporte inconsciemment, d'avoir une maman qui se donne du mal pour quelque chose, qui essaye de performer. Et tout ça, c'est des choses qui vont leur servir sur le long terme, j'en suis absolument persuadée.

Loïc J'allais te demander si tu leur expliquais les choses de cette manière, pour un peu les faire conscientiser, ou si ton approche, c'est de dire qu'il y aura un temps où ils s'en rendront compte par eux-mêmes.

Invité 1 Non, non, il ne faut pas le conscientiser. Ça va se faire dans leur inconscience. Ce ne sont pas des choses où on a la maîtrise du truc et où on peut contrôler la chose en faisant telle phrase ou telle phrase. On voit bien, on finit un petit peu par devenir comme nos parents. Même si on ne veut pas. Ils n'ont pas besoin de nous dire « deviens comme moi » pour que ça se fasse.

Loïc Ultra intéressant. D'ailleurs, ils viennent avec toi parfois, tes enfants, sur tes courses ?

Invité 1 Ils le faisaient beaucoup avant quand j'étais encore avec leur père. Là, aujourd'hui, malheureusement, je profite en fait du coup je les ai pas pendant un week-end sur deux et en fait c'est les moments où je mets mes compétitions

Invité 2 ok

Invité 1 ça c'est un peu triste c'est qu'ils me disent souvent on a envie de venir te voir enfin Gabriel notamment l'aîné il est un peu en souffrance de ça mais peut-être qu'un jour ils viendront avec les grands-parents enfin voilà je sais pas je peux toujours rêver peut-être mais bon peut-être qu'un jour ils iront au point même de m'accompagner sur des courses

Loïc si on fait un peu un zoom sur ce que tu vis en course. Aujourd'hui, tu as tendance à t'orienter plutôt sur quoi ? Du long, ultra long ? Tu vois, 100 km et plus ? Ou tu mixes un peu les distances selon les envies du moment ?

Invité 1 Moi, c'est toujours de l'ultra long. Disons à 90%, c'est de l'ultra long. Jusque là. En fait, je sais que c'est là que je performe. Vraiment. Dès qu'on dépasse les 100 kilomètres, je vois que j'ai quelque chose à donner en plus. Derrière, là, j'ai du coup, en termes d'organisation familiale pour l'année prochaine, ça va être un peu plus compliqué de caser mes deux heures d'entraînement par jour, même carrément plus compliqué. Déjà, ça va se faire sur tapis. Et du coup, je pense réduire le temps d'entraînement, mais augmenter l'intensité. Parce que je pense que mes articulations sont aujourd'hui capables d'encaisser de la vitesse quotidiennement. Parce que j'ai tellement de volume depuis des heures et demie que je pense que je peux envoyer, ça ne fera rien. Et du coup, je pense réduire à une heure, une heure et quart d'entraînement par jour sur mes pauses déj. Et pour le coup, faire ce que je n'aime pas, mais du fractionné et tout. Et du coup, aller sur des distances plus courtes. Donc peut-être me réaligner sur des 80 et essayer d'espérer faire quelque chose de bien. Mais aujourd'hui, je pense que j'étais vraiment bonne en ultra, mais en dessous, je n'étais pas bonne. Franchement, sur un 80, je n'étais pas bien. J'ai fait la Santé Lyon l'année dernière. je reste encore trop mâle du truc c'est vrai ? non mais trop mâle dans le sens moi je me connais comme une malade et tout toutes les courses que je faisais avant globalement je l'ai gagné et là je m'allie sur le truc persuadée que je vais faire un super truc je fais 29ème et c'est pas parce qu'il s'est passé un truc que j'ai eu des problèmes digestifs ou je sais pas quoi non non c'est que les filles elles sont grave fortes par rapport à moi rien à voir vraiment j'étais pas du tout super fermante et du coup je suis un peu encore trop mâle de ce truc

Loïc après c'est vrai c'est plus court c'est plat globalement il me semble que le parcours n'a pas changé mais moi quand j'avais fait ça devait être 1200 des plus sur 73 je crois

Invité 1 oui oui c'est

Loïc un truc comme ça il faut envoyer

Invité 1 en fait on met des carbones et on y va sur ce genre de cours je pense et moi j'étais j'avais pas du tout réalisé ça et j'aimerais bien voir si je m'entraînais vraiment pour ça voir ce que je pourrais donner en fait c'est aussi une manière de quelque chose qui est un peu relou c'est à dire tu parles d'un truc qui est nul ah bah merde je vais avoir moins de temps pour entraîner tous les jours ah bah c'est pas grave je vais en faire quelque chose de bien et bah du coup je vais avoir moins de temps mais du coup je vais aller plus vite et du coup je vais m'aligner sur du plus court et puis voilà

Loïc ok et par curiosité c'était quoi ton chrono sur ta Saint-Élion ?

Invité 1 8h34 ou 34

Loïc avec neige, boue la classique ou c'était une année clémente ?

Invité 1 je me rends pas compte que les autres années moi j'ai pas eu froid j'étais en t-shirt tout du long Après, j'étais la seule en t-shirt. J'ai, je pense, une thermorégulation un peu spéciale. Mais je n'ai pas eu froid. Ce que j'ai connu le plus dur dans la course, franchement, c'est d'attendre dans le hangar pendant trois heures avant de partir. Ah oui, oui.

Loïc Effectivement. Toi, tu l'as fait ? Oui, il y a longtemps. C'était ma première course. J'ai fait un 10 km avant à Paris, parce que je viens du judo à la base. Tu ne le vois sans doute pas, mais je n'ai pas trop un gabarit de coureur. Quand j'ai arrêté le judo, je faisais 90 kg sous régime. mais j'ai pris 6 kilos en deux semaines après avoir arrêté le haut niveau, que je n'ai jamais plus perdu. Donc, j'avais fait un 10 kilomètres à Paris avec des copains, 10 kilomètres de l'équipe. Et ensuite, un copain, Nathanael, m'avait dit « Ah, mais il faut que tu te mettes sur la Saint-Élion, tu verras, ça te plaira. » Et donc, j'ai fait 10 kilomètres, la Saint-Élion, mort de peur, donc je m'étais surentraîné, etc. Et bon, à part un problème gastrique un peu embêtant, c'était bien passé, c'était cool. Mais je n'avais pas eu l'année typique, enfin, je n'avais pas eu les conditions apparemment typiques qui sont neige, boue, froide glacial, ce qui avait contribué au problème gastrique parce que j'étais trop couvert, j'avais tellement peur d'avoir froid. J'étais trop couvert, du coup j'ai sué beaucoup trop sur une bonne partie de la course et après ça me faisait un espèce de matelas froid

Invité 1 sur une vente qui m'a

Loïc flingué. Mais ouais, c'était il y a longtemps, mais ouais, j'ai fait la santé. C'était chouette. Ok, donc plutôt, t'orienter plutôt sur des formats courts et a priori ça va être là cette année ou parce que tu disais que c'était lié à l'orga familial ?

Invité 1 En fait oui j'ai pas tout dit du coup moi je me suis qualifiée en Alsace là pour l'UTMB de 2027 donc ce que je vais faire c'est que je vais faire de la vitesse jusqu'à mai à peu près et derrière à partir de mai je vais reprendre mon volume pour l'UTMB

Loïc ça va te faire une prépa d'enfer là ok ok et oui parce qu'habituellement donc en temps normal tu vis si je me trompe pas j'ai lu quelques articles avant l'épisode tu vis en Vendée c'est ça ? oui c'est ça ce qui n'est pas nécessairement qui n'est pas un coin de France réputé pour son dénivelé

Invité 1 non

Loïc ça tu le travailles comment ? ta semaine type d'un point de vue sportif c'était 140-160 km en course à pied ou tu as d'autres choses comme du ranfaux du vélo de l'aérox des choses un peu complémentaires pour compenser le manque de dénivelé ?

Invité 1 Oui, je fais régulièrement une heure de... Le vélo, je le fais en récup, en mode vraiment plaisir, et c'est sur home trainer à la maison. C'est vraiment pour dérouler les jambes, parce que je vois qu'après le lendemain, je fais une meilleure séance, après avoir fait une heure même tranquille de home trainer. Et ensuite, sur le dénivelé, en fait, du coup, un week-end sur deux, je n'ai pas les enfants, donc régulièrement, je me mets des maxiblocs de dénivelé. Donc là, quand je te dis maxi, c'est souvent assez maxi.

Loïc Tu sais combien, vas-y, fais-moi rêver.

Invité 1 Après, je pars courir 6-7 heures comme ça, et du coup, sur deux jours.

Invité 2 Ok.

Invité 1 Et ensuite, c'est vrai que je pense que je fais très peu de dénivelé par rapport à ce qu'il faudrait que je fasse. Je pense que si j'habitais la montagne, ce serait différent. Alors là, j'ai vu que sur mon tapis, je pouvais mettre de la pente. Donc, j'ai peut-être essayé ça sur tapis. Mais sinon, c'est des allers-retours sur des mêmes côtes. Là, du coup, quand je fais mes 140 km, enfin, du coup, je fais 20 par jour, moi. Et en fait, souvent, je me fais 500 mètres avec une côte qui s'appelle la rue d'Aigbouille à La Roche-sur-Yon, dont je connais tous les pavés et tous les grains de gravier. Et voilà, je la fais comme un hamster. Et puis, je me mets 500 mètres sur mes 20 km. voilà

Loïc ok il me semble alors je ne suis pas un expert des noms des finish UTMB mais il me semble qu'il y a un anglais qui a gagné l'UTMB il y a peut-être deux ou trois ans qui s'entraîne principalement sur tapis

Invité 1 oui

Loïc on les voit tous

Invité 1 sur tapis alors moi vraiment le tapis je le fais parce que c'est comme ça et ma vie familiale me le contraint mais c'est vraiment anti-plaisir pour moi en tout cas c'est vraiment quand je vais courir c'est je vais prendre l'air je suis toute seule je respire là tu as des boutons devant toi tu cours il y a vraiment un moment tu te dis pourquoi je fais ça vraiment à quoi ça sert

Loïc ouais je comprends tu le fais avec les bâtons aussi t'as les bâtons sur le tapis

Invité 1 non j'ai jamais pensé le faire tu vois c'est ouais ce serait une idée

Loïc j'avais jamais pensé non plus mais ce gars là j'avais vu des cours de vidéo des entraînements de cet anglais là qui courait sur tapis avec ses bâtons avec des embouts en plastique sur les bâtons

Invité 1 ah oui parce que j'allais te dire

Loïc pour simuler aussi le travail des épaules des bras

Invité 1 ouais c'est pas bête ouais

Loïc ouais ok bah écoute ouais une belle année qui s'annonce devant toi pour l'UTMB t'as déjà un objectif en tête secret ou avoué de chrono de classement sur cet UTMB en particulier ?

Invité 1 Ouais bah moi j'ai déjà fait deux fois le Tour du Mont Blanc du coup parce que j'ai remis le Tour du Mont Blanc cette année et du coup c'est une course en off que je fais avec des gens de Vendée qui s'appelle le Mandala du Mont Blanc et du coup je repère quand même alors il y a juste un tronçon que j'ai pas fait mais que je vais faire en juillet prochain de Chamonix à Courmayer on passe pas par les mêmes endroits

Loïc c'est là où t'as croisé Pierre d'ailleurs sur le mandalage de Mont Blanc

Invité 1 du coup j'ai un objectif de chrono après je le dirai jamais dans un podcast parce que sinon je vais me mettre la misère et je vais me foutre la honte parce que j'y serai pas une foule le jour de la course

Loïc c'est toujours un double tranchant ça ok sur les courses que t'as déjà pu réaliser je serais curieux de savoir s'il y en a une qui t'a marqué en particulier parce que j'ai vu, alors je ne vais pas tout recompter à la main, mais j'ai vu quelque part, je ne sais plus où d'ailleurs, que tu en étais à 32 courses avec Dossard au compteur.

Invité 1 D'accord.

Loïc Ça te semble réaliste, ça ?

Invité 1 Ça me semble réaliste. Alors, je pense que j'ai vraiment réduit la densité. J'en fais beaucoup moins aujourd'hui des courses. Je cible plus. Je pense que les deux premières années, ou la première année et demie plutôt, je faisais presque une course par mois. Donc, même si c'était des 20 kilomètres ou des 30, tu vois. Mais là, j'ai vraiment réduit. En gros, j'ai trois, quatre courses dans l'année aujourd'hui, maximum. OK.

Loïc Il y en a une en particulier qui t'a marquée, quelle qu'en soit la raison. Une galère à surmonter, des paysages incroyables, des sensations folles. Si tu devais en retenir qu'une, ce serait laquelle ?

Invité 1 Oui, il y en a une qui m'a... Je suis encore marquée au fer rouge par cette course, c'est l'UT4M. Je l'ai trouvée horrible. C'est vrai ? Je l'ai trouvée géniale aussi. Des paysages magnifiques, une organisation de dingue, des bénévoles trop sympas. Ça reste une course vraiment esprit trail avec une organisation. Tu vois, ce n'est pas une marque. Ce n'est pas une marque, l'UT4M. Et du coup, c'est encore très l'esprit trail que je pense qu'on pouvait retrouver il y a 10-20 ans. Mais par contre, qu'est-ce que c'est dur. C'est quatre massifs, quatre blocs. Ah oui, c'est vraiment, vraiment dur. Et je me rappelle que ma motivation pour finir cette course, c'était de me dire si je ne la termine pas, je sais que je vais vouloir y retourner pour la terminer. Je me connais. Et du coup, je vais devoir refaire ce que je viens de faire. et du coup mon seul truc c'était de me dire il faut absolument que je la finisse sinon je vais devoir refaire ce que je viens de faire

Loïc UT4M c'est si je me trompe pas 159 km, quasiment 10 000 de plus

Invité 1 c'est 180 et 11 500 et puis c'est hyper technique surtout il y a des cailloux partout

Loïc c'est ça UT4M, 180 et tu passes par les 4 massifs autour de Grenoble et c'est là où tu termines deuxième féminine l'année dernière oui c'est ça ok comment tu gérais du coup parce que tu disais qu'à priori le manque de dénivelé relativement tout étant relatif, le manque de dénivelé à l'entraînement par rapport aux distances sur lesquelles tu t'alignes ça avait pour le moment pas l'air vraiment l'air de poser problème mais même sur des courses comme ça ultra technique avec quand même un gros ratio des plus t'as pas eu l'impression que ça te

Invité 1 au début si sur les premiers kilomètres moi c'est l'inverse en fait c'est que sur des courses courtes où il va falloir être vraiment rapide dans les descentes là ça me pose problème parce que j'ai pas du tout la technicité d'un montagnard ça c'est sûr vraiment quand il y a des cailloux partout j'ai hyper peur de me casser la gueule tout le temps et donc je vais hyper lentement je suis une mémée par contre assez vite mon cerveau se réhabitue je pense à assez vite, au bout de quelques heures, une dizaine d'heures, le cerveau s'est habitué, et là, mes pieds vont tout seuls à travers les cailloux, même les chevilles, on sent qu'elles sont aptes à encaisser, peut-être elles vont tourner, mais elles ne vont pas vraiment se faire une cheville, en fait, je sens que je ne pourrais même plus faire de chevilles au bout de 10 heures, que tout pourrait aller. Un peu comme, je ne sais pas si tu as déjà joué au tennis, ou ce genre de truc, au bout de quelques heures, enfin non, au bout de quelques temps, quand t'as un peu chauffé tu joues mieux qu'au tout début bah c'est pareil avec la course moi ça me fait ça au bout de quelques heures je cours mieux qu'au tout début et par contre ouais j'ai fait une fois un 42 km dans la montagne c'était le trail de la frise en roche et je suis arrivée c'est un trail où j'étais vraiment pas performante parce que c'était trop court mais sur le long j'ai l'impression qu'il y a le côté aussi où moi j'ai tellement de volume que par rapport aux autres en tout cas j'arrive à tenir à continuer de courir et là où du coup le volume ça peut servir c'est qu'en fait on est habitué à avoir de longues heures d'efforts où le cardio il reste haut longtemps

Loïc tu t'alimentes comment d'ailleurs sur des efforts aussi longs ?

Invité 1 moi j'ai beaucoup progressé par rapport à ça je pense que c'est d'ailleurs mon point numéro 1 de progression c'est bête de dire que le sport c'est surtout apprendre à bouffer mais j'arrive vraiment à manger tout du long, aujourd'hui de tout Au début, j'avais un peu mes petites exigences parce que comme j'avais mon mari qui venait me faire les ravitaillements, je me rappelle que je mangeais du riz au lait et je mangeais tel biscuit, des trucs sans gluten, des trucs parce que je savais que ce ne serait pas bon pour la course. Et aujourd'hui, que je n'ai plus mon petit mari qui me fait les ravitaillements, je mange des tuques et du saucisson et ça passe très bien. En vrai, je peux manger tout ce qu'il y a au ravitaillement, ça ne mange pas. Tant que j'ai des calories qui rentrent, ça passe. J'ai un très bon système digestif, donc ça passe bien.

Loïc Ok. On n'en a pas vraiment parlé, mais on a parlé de la reprise du sport après ta sixième naissance. Mais du coup, la sortie de cette phase anorexie, ça me fait penser à ça, le sujet d'alimentation. C'est arrivé au même moment aussi ? Ou ça a été une phase beaucoup plus courte dans ta vie ? L'anorexie ? Oui.

Invité 1 Disons qu'il y a eu une phase aiguë, qui était vraiment là en terminale. Et ensuite, j'ai eu un peu, je pense, ça a continué un peu sur quelques années avec un peu des espèces de tocades, des trucs où je ne voulais pas le manger, un peu des restes de l'anorexie qui ont duré, je pense, 2-3 ans. Et ensuite, j'en suis vraiment sortie, je pense, avec mes grossesses, avec la maternité et tout. C'est là où, je pense, ça s'est vraiment arrêté. mais il y a eu vraiment une phase aiguë et puis après ça a un peu traîné ok

Loïc et là du coup parce qu'avec ta pratique le fait de pas manger j'en parlais avec une invitée il n'y a pas très longtemps Esther qui évoquait un peu des galères on va dire troubles liés à l'alimentation qui l'avait pas mal pénalisé créé beaucoup de blessures à répétition dès qu'elle dépassait quelques dizaines de kilomètres en course là t'as pas trop le choix en fait quand tu pars sur des distances comme les tiennes 140, 150, 160 km par semaine t'es obligée en fait de te nourrir

Invité 1 ah ouais ça c'est un point où vraiment je me suis rendu compte aussi que l'ultra c'est t'es obligée d'être alignée avec toi même parce que sinon tu performes pas et que ce soit en alimentation ou dans ta vie perso, dans tout t'es obligée d'être alignée de toute façon et moi il y a eu notamment ce moment où je me suis séparée du père de mes enfants où tout d'un coup, je me retrouvais à manger tout seul chez moi, et où du coup, j'ai moins mangé, et en un mois, j'étais anémiée, j'avais plus mes règles, j'avais des vertiges en course, j'ai fait une perte ridicule, enfin j'ai fait vraiment contre-performer de fou sur une course, et où en fait, ça va hyper vite en plus, parce que quand tu fais 140 kilomètres semaine, les choses vont hyper vite pour dégringoler, et donc, c'est aussi un apprentissage de qu'est-ce qui a vraiment besoin de mon corps, et ok Christine, tu veux performer, mais dans ces cas-là, tu joues le jeu à fond. Et ça va avec l'alimentation. Tu ne peux pas déconner avec ça. Sinon, tu ne performes pas, en fait. Ou tu peux faire une perf sur une course parce que tu vas être plus légère, mais derrière, ça se casse-t-elle la gueule, c'est sûr. Tu n'auras pas de perf en étant sous-alimenté, quoi.

Loïc Du coup, ça, aujourd'hui, tu arrives à lire ton corps, entre guillemets, ou tu te pèses, tu es vigilante sur ce sujet, ou c'est complètement entré dans tes habitudes de te nourrir, on va dire, normalement par rapport à l'entraînement que tu as ?

Invité 1 Alors moi, je ne me pèse jamais. Mais vraiment, quand je dis jamais, jamais, c'est que je me pesais beaucoup quand j'étais anorexique. Donc, c'est quelque chose que je ne veux plus faire de ma vie.

Invité 2 OK.

Invité 1 Donc, je ne me pèse jamais. Mais par contre, je vois bien si je pète dans un jean. Je vois très bien. On voit avec la taille de nos jeans. Enfin... Et en fait, je sais que moi, sur Ultra, il faut que j'essaie deux petits kilos en plus qui vont me permettre d'avoir les réserves dont j'ai besoin sur Ultra. Et c'est des petits kilos que j'aimerais bien supprimer, mais où j'accepte de les avoir parce que ça va avec la performance et j'en suis obligée. Et aussi, en tant que fille, si on veut avoir des cycles normaux et tout, moi je sais, mais c'est mon corps qui me dit, c'est-à-dire que ça va avec ma faim. Si j'ai faim, je mange. En fait, c'est ça, mon maître-nombre, c'est ça. Si j'ai faim, je mange. Et moi j'ai souvent faim, du coup.

Loïc J'allais te demander, parce que c'est quand même monstrueux en termes de charge, plus la vie de famille, plus les études. Tu manges normalement, du coup ? Tu as trois repas par jour ? Tu as des snackings en plus ?

Invité 1 Moi, j'ai trois repas par jour. Par contre, je mange comme un mec. Même plus. Je pense que plus, oui.

Loïc OK. OK.

Invité 1 Après aussi, je pense que mon corps, il s'est habitué à plus garder en fait il sait très bien qu'il va avoir des efforts dans le futur et donc je sais pas parce que peut-être il y en a qui vont te dire non mais tu ne stockes pas arrête Christine tu ne stockes rien mais moi je trouve que qu'il s'est il s'est auto habitué à avoir une certaine réserve pour pas être trop maigre voilà parce que j'étais plus maigre avant de commencer l'ultra

Loïc ouais une forme d'adaptation physiologique où finalement ils stockent un peu plus oui comme tu dis en vrai peut-être qu'on aimerait bien avoir quelques kilos au moins mais c'est vrai que quand tu regardes les courses vraiment de long à part peut-être les tout premiers en vrai tu n'as pas beaucoup de gabarit ultra tu n'as pas de profil marathonien en fait sur des courses moi quand j'ai pris le départ de la PTL je m'étais dit je vais être le grand guignol d'un mètre 90 98 kilos et en fait il y avait plein de gens comme moi parce que ce n'est pas des courses sur lesquelles tu pars en étant sec. Enfin, tu peux, mais je suis content d'être parti avec mes kilos en trop.

Invité 1 Quand tu n'arrives plus à bouffer, tu es content d'avoir...

Loïc Oui, c'est ça, d'avoir la réserve embarquée. Est-ce que tu as déjà travaillé la partie... Alors, tu l'as rapidement évoqué un peu plus tôt. Tu disais que pour toi, s'il n'y a pas cette flamme intérieure, cette clarté sur pourquoi est-ce que tu te lances, c'est un peu compliqué sur ces formats-là, mais est-ce que tu as travaillé la partie mentale de manière consciente avec un prep mental, des outils, etc. ou tu le fais de manière empirique ?

Invité 1 Oui, non, je n'ai pas préparé. Les ressources, je les ai. Là-dessus, je les ai toute seule. Peut-être qu'un jour, j'aurai besoin aussi de me dire qu'est-ce que je recherche, surtout dans la partie performance, parce que c'est la pratique de la course pour plaisir. Il n'y a pas forcément besoin d'avoir un préparateur mental. Par contre, la rigueur qu'on s'impose tous les jours à aller s'entraîner autant, ça parfois on peut un peu perdre le sens et dans ces cas là aujourd'hui j'ai la ressource mentale pour le faire peut-être qu'un jour j'aurai besoin d'un préparateur mental parce que j'aurais pu cette ressource mais aujourd'hui j'ai suffisamment intérieurement de raison de faire tout ça

Loïc à ce jour du coup la plus longue course que t'es faite c'était quoi en termes de chrono ?

Invité 1 le plus long je vais te dire c'est le Tour du Mont-Blanc le mois dernier le deuxième mandala du Mont-Blanc où je suis allée sans objectif de performance mais alors là vraiment sans objectif parce que j'ai fait 37 heures alors que j'avais misé 14 heures de moins et en fait je me suis perdu ma montre s'est arrêtée j'ai eu plus de batterie et donc je suis passée par Martigny, je sais pas si tu vois où c'est Martigny mais c'est pas du tout sur le trajet

Loïc ça fait un peu de tourisme quoi et puis aussi

Invité 1 j'ai eu des crevasses au pied, du coup j'étais sur un rythme marche pendant tout un tronçon et en fait en rythme marche le sommeil vient beaucoup plus et je me suis rendu compte d'un truc dont je ne m'étais jamais rendu compte parce que moi je cours toujours tout le temps sauf vraiment les montées mais sinon je n'ai jamais de phase de marche sur le plat et sur la descente c'est qu'en fait le sommeil vient hyper facilement en marchant beaucoup plus facilement Et vraiment, la lutte contre le sommeil, je n'avais jamais vécu ça, mais c'est atroce. Vraiment.

Loïc Ça allait être ma question d'après, en fait. La question sur la durée, c'était pour savoir si tu avais déjà eu à gérer, tu vois, plusieurs nuits dehors, la gestion du manque de sommeil qui est absolument terrible en termes d'expérience. Donc, bon, tu y réponds un peu. Et du coup, ça a été quoi ta stratégie à ce moment-là quand tu t'es rendu compte que les paupières devenaient lourdes et que c'est c'est incominable comme sensation

Invité 1 c'est horrible mais d'habitude en fait sur les courses c'est de prendre du café de boire du café sauf que là moi il n'y avait pas de ravitaillement c'est une course où il n'y a que deux endroits où on laisse des sacs donc je ne pouvais prendre que deux cafés sur ma course et puis du coup c'était d'attendre le lever du jour et puis du coup je me suis étalée au bord du chemin plusieurs fois pour dormir il y a même une fois je crois que j'ai dormi une heure ah oui ah t'es arrivé alors mais sur des cailloux dans ces cas là tu dors n'importe comment le corps il est tellement épuisé que tu dans n'importe comment c'est une expérience, j'avais jamais vécu ça et je me suis vraiment redit que franchement il y a deux disciplines dans l'ultra, il y a la discipline des plus forts qui font une nuit dehors et qui vont vite, mais il y a autre chose qui commence à la deuxième nuit pour les autres ultra traders et c'est vraiment une autre difficulté et qui est énorme qui est plus dure que de courir vite je pense

Loïc je suis complètement d'accord

Invité 1 parce que toi tu as déjà fait des ultras

Loïc alors pas beaucoup j'ai fait la PTL je ne sais pas si on peut dire que c'est un ultra trail je ne pense pas parce que ce n'est pas considéré comme étant un trail mais bon même par l'UTMB tu vois je crois qu'ils mettent ça dans une catégorie c'est même pas

Invité 1 c'est combien de nuits dehors ça ?

Loïc ça dépend pour les premiers le départ est le lundi à 8h30 les premiers arrivent le vendredi donc ça fait un peu moins de 100h et nous on est arrivé le dimanche à deux heures de la barrière horaire et en arrivant le dimanche à deux heures de la barrière horaire on était les 25, 26 et 27ème équipe sur 101 donc on n'a vraiment pas chômé tu vois mais ouais donc là il y avait vraiment un sujet de gestion du gestion du sommeil enfin ouais plutôt gestion du manque critique de sommeil c'était plutôt ça mais ouais je suis d'accord avec toi parce que c'est honnêtement ça change absolument tout après ça impacte ta stratégie ton alimentation

Invité 2 ta lucidité

Loïc la lucidité et puis je ne sais pas si ça a été assez long pour toi si tu en as fait l'expérience mais sur cette partie gestion du sommeil moi j'avais fait du sport de haut niveau j'étais en équipe de France de judo au lycée donc je m'étais dit j'ai fait des trucs durs jamais dans ma vie je n'ai pas fait des trucs aussi durs que ça les camps d'entraînement etc et bien là tu vois le facteur carence extrême de sommeil je suis rentré dans un état de souffrance que jamais j'aurais cru que c'était possible vraiment de souffrance extrême donc je comprends après tu te dis ok je comprends pourquoi c'est une technique de torture je comprends pourquoi c'était absolument abominable mais bon bref mais un super apprentissage mais je suis d'accord avec toi clairement tu passes une nuit dehors ou alors il faut que tu en gères deux ou trois c'est clairement pas la même course

Invité 1 c'est clair excellent

Loïc ça te dit d'ailleurs tu penses des formats où tu te frotterais à 40-50 heures de course, où il y aurait cette notion vraiment de gestion de sommeil vraiment obligatoire pour le coup ?

Invité 1 Oui, un tort ou un truc comme ça ? Oui. Alors je pense qu'il faudrait que j'ai d'abord la ressource mentale et justement cette flamme que je vais orienter là-dedans. Je ne le ferai pas pour cocher la case, je le ferai parce que j'ai vraiment dans ma vie des raisons de le faire. Là, aujourd'hui, non. Mais peut-être que dans un an, je vais te dire, en fait, il s'est passé tellement de trucs dans ma vie, j'ai tellement de trucs que j'ai envie de déposer dans une énorme course où je vais... Peut-être que ça va se passer. Mais là, aujourd'hui, non, ultra, ça me suffit.

Loïc Excellent. Excellent. Écoute, Christine, c'était fascinant d'en apprendre plus sur ton parcours, ton approche de la course. Comment est-ce que tu allies tout ça ? Tes fins d'études, ta vie de maman, d'ultra-traileuse c'est ultra-inspirant est-ce que toi il y a un sujet ou un message que tu voudrais faire passer en guise de conclusion ?

Invité 1 un message j'aime bien parler de la notion de plaisir sur la course à pied ce que je te disais tout à l'heure de rappeler que la course à pied c'est déjà un sport où on a un rapport à la souffrance qui est particulier donc qu'il faut vraiment le faire parce qu'on a envie d'y aller et de faire attention avec ça mais sinon si on prend du plaisir on peut faire ce qu'on veut et il ne faut pas forcément regarder la vie des autres et le regard des autres et donc c'est pas parce que vous avez un état de vie particulier que vous ne pouvez pas faire telle course

Loïc j'ai envie de te dire tu en es l'exemple l'exemple parfait encore une fois, merci parce que du coup, grâce à cet échange, cette semaine, c'est sûr, je vais reprendre les entraînements, même si mon fils est né la semaine dernière. Je n'ai aucune excuse quand j'entends ce que tu fais.

Invité 1 Félicitations, tu dois quand même avoir des nuits, tu dois être proche de ce que tu as fait sur la PTL, là, parce que...

Loïc Écoute, très étonnamment, et on va toucher du bois, croiser les doigts, pour le moment, ça va, c'est tout à fait gérable. On est très surpris avec ma femme, tant mieux.

Invité 1 félicitations en tout cas

Loïc merci beaucoup Christine très bonne fin d'été bonne prépa pour cette petite transition sur des courses plus courtes et puis hâte de voir ce que ça va donner sur ton UTMB

Invité 1 merci Loïc à bientôt

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