Les Frappés Les Frappés
Saison 5 Bonus Trail #Corse #GR20 #Ultra

27 juin 2026

GR20 en 5 jours, avec Romain & Esther

Durée · 1h25 · Transcription disponible

Romain

Le récit

Romain et Esther viennent de boucler le GR20 en 5 jours : 188 kilomètres, 13 500 mètres de dénivelé, et deux jours après leur arrivée à Conca, ils sont là, en face de moi, sans une seule courbature. 😅

Dans cet épisode, on parle de prépa, de matos, de chevaux sauvages, de 6L de soda ingurgités par Romain, et surtout, de plaisir !

Une grosse dose de montagne et d'inspiration avec notre duo d'ultra traileurs préféré ! Bonne écoute 🎧

Vous pouvez suivre Romain & Esther sur leur compte Instagram (ultradistance_). Ils sont également les co-organisateurs du Trans Atlas Marathon, une course à étape qui a lieu au Maroc.

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Transcription

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Esther Si je peux faire des ultras comme je le fais, c'est parce que je mange en fait. Le bonheur que je ressens de pouvoir terminer un gerdain sans avoir mal nulle part. Je n'ai pas mal au genou, j'ai pas mal, j'ai rien, j'ai même pas une courbature, tu vois. Je n'ai rien. Et tu te souviens, au week-end des Frappés, je te disais, je peux pas faire plus de 25-30 bornes, j'ai mal au genou.

Loïc Hello, hello ! Tu écoutes Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent et je suis Loïc, son créateur. Ma conviction, c'est qu'on a tous en nous une version un peu frappée de nous-mêmes qui ne demande qu'à se réveiller. Ma mission, c'est justement de tendre les micros à des athlètes, des aventurières, des militaires, des forces spéciales, des entrepreneurs, bref, des femmes et des hommes qui ont fait le choix de libérer la leur. Pourquoi ? Eh bien parce que je pense qu'on a tout à gagner à s'inspirer de personnes qui ont osé, et suivre leur propre chemin. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irréversibles dans ta vie. Tu es prévenu. Alors, on est bon ? On est bon. Allez, c'est parti. Bienvenue Romain et Esther. Ça fait grave plaisir de vous revoir en personne. La dernière fois qu'on s'est vu, on était au Maroc. Eh ouais, il n'y a pas si longtemps. Il n'y a pas si longtemps, c'est clair. Vous avez bonne mine pour des gens qui viennent de faire, combien t'as dit, Rho 190 ?

Romain À la montre 188, 13 500 des plus, 13 500 des moins. Aïe, aïe, aïe. La puissance des GR20. Une petite traversée.

Loïc Ouais. Ah, trop bien. Eh bien écoutez, on va se parler du GR20. GR20 que vous avez fait en 5 jours du coup. Ouais. Pour la deuxième fois. Deuxième fois. Parce qu'on avait fait une tentative d'épisode l'an dernier quand vous l'aviez fait pour la première fois et on avait une petite galère technique. Donc voilà, je suis très content qu'on puisse le refaire. J'espère sans problème cette fois-ci. Pour parler, on va parler de quoi ? Logistique, orga, prépa, prépa mental peut-être, galère j'imagine et beau paysage.

Romain Ouais, pas tant que ça les galères. C'est vrai ? Ben, le fait de l'avoir fait l'année dernière en 5 jours, on a vraiment anticipé tout ce qu'on n'avait pas anticipé la dernière fois en fait. Excellent.

Loïc Excellent. Vous êtes rentré hier au moment où on enregistre ? On est rentré hier soir à 23h. Donc vous avez fini hier matin ? Avant-hier. Avant-hier. Avant-hier soir.

Romain Ouais. On a fait une nuit à Conca et on avait le vol hier. Trop bien. Les jambes, ça va comment là ? Franchement, ça va.

Esther Franchement nickel.

Romain C'est vrai ? Ouais.

Loïc C'est ouf ça.

Esther Ouais, c'est ouf.

Loïc Ah, c'est hallucinant. C'est plus dans ce dieu aussi. Ce que je vous propose, c'est qu'on revienne un peu sur la genèse du projet. Je me rappelle que la dernière fois, c'était toi qui avais l'idée, Romain, il me semble, du GR20 en 5 jours. Ouais. Là, ça s'est passé comment ? Alors, peut-être déjà, sur la première fois. Pourquoi la première fois ? Pourquoi le GR20 ? Pourquoi ce jour ?

Romain Parce que ça nous a... Esther, elle va en Corse depuis toute petite. Je pense qu'elle est assez attachée à la Corse. Et puis moi, j'avais toujours la petite graine du GR20 en tête, parce que c'est quand même un sentier mythique. Du coup, on est trailer, donc on s'est dit en combien de temps on peut le faire. Et j'ai pris les distances, j'ai pris les dénivelés, j'ai découpé. Puis en 5 jours, je me suis dit, franchement, ça va passer crème. Donc ça, c'était l'année dernière. Donc c'est passé. Alors, c'est pas passé crème, mais c'est passé.

Esther Ça dépend pour qui. Ouais, quoi que.

Romain Ouais. Non, non. En fait, quand tu fais les découpages et que tu te dis 30 bandes 2005, par exemple, sur une journée, en fait, tu te dis, c'est bon, tant on est au refuge à 15 heures, quoi. Sauf qu'en fait, tu peux pas te rendre compte, tant que t'es pas passé dans ces sentiers, du temps que tu peux mettre sur certaines portions, ou tu peux mettre une heure pour faire deux kilomètres, quoi. Donc le 30 bandes 3000, c'est pas 4-5 heures de temps sur un GR20.

Esther Surtout que c'est pas, genre, dans ta traversée, t'as une fois une heure où tu vas faire que deux kilomètres. C'est cumulé. C'est dans ta journée. Tu peux avoir un moment où pendant 4-5 heures, tu fais un kilomètre, deux kilomètres, quoi.

Romain C'est clairement une accumulation de sentiers techniques les uns après les autres qui n'en finissent jamais, en fait. C'est ça du début jusqu'à la fin, quoi. Il y a des petites parcelles sympas, mais ça représente moins de 10% du parcours entier.

Loïc Ouais. Ouais. Ouais, c'est vrai que moi, je l'avais fait. Alors, je l'ai fait qu'une fois en entier, en 7 jours. Pareil, je me rappelle avec mon pote Yann, à l'époque, on se disait, quand tu regardes les distances et les temps recommandés par le Topo Guide, puisqu'à l'époque, on passait par le Topo Guide, en, je sais plus quand, 2000, on avait dû le faire en 2009. Tu te dis, les Topo Guide, ils sont toujours un peu…

Romain C'est exactement ça. C'est exactement ce qu'il avait fait Romain, quoi. Tu as un peu un gros ego de trailer, tu te dis, mais 10 bornes 5 heures, mais nous, on va en mettre deux. Exactement, c'est ça. Tu divises par deux, quoi.

Esther Et en fait, tu te rends compte qu'avec les randonneurs, tu n'as pas tant d'écart que ça.

Romain Sur certaines parcelles, avec des randonneurs aguerris, en fait, tu avances comme un, quoi.

Esther Parce qu'eux, ils ont des bons bâtons solides, tu vois, ils ont le sac qui est chargé, mais en fait, du coup, tu as une bonne emprise au sol, puis tu vois, tu as…

Loïc Ouais, c'est clair. J'ai en fait pas si grand, quoi. J'avais enregistré les temps qu'on avait fait. On avait fait… Alors, je pense que nous, le premier soir, on s'était arrêté à Hortout d'Yupiubu, vous êtes allé à l'Escarasco.

Romain Premier avito. Nous, on a fait, on a triplé systématique. En fait, quand tu fais en 5 jours, quand tu fais en 5 jours, tu triples 4 fois et il y a une journée où tu dois en faire 4. Wow, ok. Donc, voilà. Et clairement, l'année dernière, jusqu'à la fin du troisième jour, on n'avait pas capté que c'était hyper exigeant de le faire en 5, en fait. Et je m'en rappelle, le deuxième jour, je dis à Esther, troisième jour, c'est un peu la récup, à 15h30, on a le cul dans les vasques. On est arrivé à Vitzavon à 20h45, on a failli pas mouffer parce que tout ferme, en fait. Entre 20h30 et 21h, tous les refuges, les hôtels, où tu peux dormir à l'hébergerie, tu peux dormir et manger. En gros, à 20h30, c'est fini, tu vois.

Esther Surtout qu'on n'était pas arrivé au bon endroit.

Romain Ouais.

Esther En fait, il y a quand même une petite... Il y a toujours des petits trucs que tu sais pas, quoi. On est descendu 3 km plus bas pour aller à Vitzavon, en fait. Sauf qu'avant, il fallait bifurquer pour aller au Montédoro.

Romain C'est un hôtel, le Montédoro. Et je te précise pas, quand tu réserves sur la nette, que le Montédoro, il est pas dans le tout petit village de Vitzavon, mais qu'il est au col de Vitzavon et que c'est à 3 km.

Esther Et que 3 km avant, il faut bifurquer à droite. Et ça, en fait, il n'y a pas un panneau où ils te disent Montédoro, tu vois. Et je pense qu'il y a bien 50% qui doivent vivre la même chose que nous.

Romain Moi, je pense, ouais.

Esther Donc, tu descends 3 km, tu te rends compte que c'est pas le bon endroit, puis tu dois tous les remonter.

Loïc Épique. On avait mis 10h50, nous, pour faire 38 km entre Petra Piana et Capanel.

Esther Eh ouais, mais ça, c'est...

Loïc Du coup, vous avancez bien, quand même. Ouais, on avancez bien, mais je me rappelle que c'était... La journée, on avait fini sur les rotules, quoi. Et nous, on avait fait qu'une journée où on avait triplé. C'était tous les jours, plus un quadruplage, du coup.

Romain En fait, le tournant du GR20 en 5 jours, le Nord en 3 jours, si tu es bien entraîné et que tu anticipes, comme on a fait cette année, en fait, franchement, ça passe nickel. Tous les jours, là, on était à 17h, 17h30 au refuge, on partait à 5h du mat, et on savait cette année, on savait ce qui nous attendait, donc on a pu l'anticiper, et ça passe très bien. Il y a un tournant, c'est le sud en 2 jours, et du coup, forcément, il y a une journée où tu dois faire 4 étapes, et là, ça te fait une journée à plus de 50 kilomètres. Je crois qu'on a fait 55, 3002 le quatrième jour. Et là, du coup, tu as quand même la fatigue des trois premiers jours. Et puis, une petite pression, parce que du coup, l'année dernière, on n'a pas réussi à faire le quatrième jour, à aller à la bergerie de Basse-État, là où j'avais réservé, et on s'est arrêté à Oshulu, 10 kilomètres plus tôt, et on est arrivé à 20h30.

Esther Parce qu'en fait, quand tu te dis 10 kilomètres, ça va, tu peux pousser jusqu'à 10 kilomètres. Combien de temps on a mis cette année ?

Romain On a mis, pour faire 10 bornes, on a mis 2h15, je crois. Entre Oshulu et Basse-État ? Entre Oshulu et Basse-État, on a mis 2h15 pour faire 10 bornes. Donc, ça veut dire

Esther qu'il aurait fallu les faire de nuit pour arriver à Basse-État ?

Romain On serait arrivé à 22h30, mais en fait, ils n'acceptent même plus. Mais on ne serait pas arrivé,

Esther on serait arrivé encore plus tard, parce qu'ils faisaient nuit, et que les crêtes de nuit et le balisage, tu ne le vois pas dans la nuit. C'est clair, pas ?

Loïc Oui. Ouah, le GR20. OK. Alors, je reviens sur la question du pourquoi, mais le 5 jours, c'était quelque chose que toi, d'abord, tu avais ancré en tête dès le début. Il y avait un pourquoi 5, pourquoi pas 4,

Romain pourquoi pas 6 ? Nous, en fait, on n'est pas des randonneurs. On fait du trail, on aime courir. L'idée d'arriver tôt au refuge à 13h, enfin, tu vois, de faire une ou deux étapes et d'arriver à 13h au refuge, ce n'est pas forcément ce qui nous intéresse. L'idée, c'est de faire des belles journées en montagne, de faire une belle charge d'entraînement aussi, parce que ça reste quand même de l'entraînement, enfin, un beau volume sur 5 jours. Donc, innocent comme j'étais l'année dernière avant de connaître les sentiers, je me suis dit avec l'entraînement qu'on fait, notre niveau, franchement, ça va passer nickel, tu vois.

Esther Après, il y a autre chose, c'est qu'aujourd'hui, tout le monde parle du GR1 en 5 jours comme si c'était une banalité, quoi.

Romain Ça, c'est hallucinant. Je pense qu'il y a

Esther complètement une mode, limite celui qui dit qu'il le fait en 7 jours, tu as limite un petit truc, il le fait en 7 jours. En gros, c'est complètement, oui, c'est clairement une mode au travers des réseaux sociaux du GR1 en 5 jours. Et en fait, tout le monde nous dit, du coup, la prochaine étape, c'est quoi, GR1 en 4 jours ? Mais attendez. C'est quoi ? En fait, tu comptes par 1, tu enlèves 1 à chaque fois ? Non, ça ne marche pas comme ça.

Loïc Parce que là, la plupart, j'ai vu sur les stories que tu mettais, Esther, vous étiez avec un, il y avait d'autres groupes qui tentaient à chaque fois.

Romain L'année dernière, et c'est magique, alors ça, c'est clairement un truc qui est incroyable sur le GR, c'est qu'au fur et à mesure des jours, tu découvres les équipes qui sont parties le même jour que toi et qui le font aussi en 5 jours, pour notre cas. Et du coup, l'année dernière, il y avait 6 ou 7 équipes différentes qui le faisaient en 5. Et puis cette année, il y avait 4 équipes plus nous. Et c'est génial parce qu'en fait, ils n'ont pas forcément les mêmes réservations au refuge. On fait une partie des traversées ensemble. Des fois, on se perd, on se rejoint, on se retrouve, on ne sait pas s'ils sont devant, on ne sait pas s'ils sont derrière.

Esther on ne mange pas tous forcément au même endroit.

Romain On ne mange pas tous au même endroit. Des fois, on se retrouve tous au même endroit. Là, cette année, c'était juste magique avec tout cela.

Esther On s'est raté beaucoup, on s'est raté beaucoup, puis d'un coup, on était tous au même endroit.

Romain Il y a des endroits où on était tous au même endroit. Et à l'arrivée, on était, à part les deux Parisiens qui s'arrivaient un petit peu après, on était arrivés tous quasiment dans l'heure ensemble.

Esther Et l'année dernière, je crois qu'on était sept ou huit à partir.

Romain Il y avait sept équipes.

Esther Je pense qu'il y a 50% de DNF.

Romain La stat sur le GR1, peu importe le temps pour lequel tu pars, c'est entre 50 et 60% d'abondons. Que ce soit en cinq jours ou en quinze jours, les mecs se lancent sur le GR20 et il y a plus de la moitié qui ne va pas au bout. C'est fou. Sauf que quand tu connais la technicité, la difficulté, c'est évident.

Esther Quand tu es en Croix et que tu arrives à un endroit où tu as un accès en voiture, la question se pose vraiment. Et du coup, sur les huit l'année dernière, je pense qu'il y en a...

Romain Il y a une équipe qui a fini en six jours au lieu de cinq. Il y a une équipe qui n'a fait que le Nord. Il y a une équipe qui a arrêté à Col des Verdets. Donc, c'est au quatrième jour. Il y en a trois, quatre équipes qui ont fini en cinq.

Esther Oui. Et cette année, 100% de finisseurs.

Romain Et cette année, les cinq équipes où on était, ils sont tous allés au bout.

Esther C'est fou. On a failli en perdant à Vavela.

Romain Il y avait deux Parisiens qui étaient adorables, qui avaient 23 ans, qui se sont rendus compte le deuxième jour en disant « Mais putain, dans quoi on s'est lancés ? » En fait, jamais on ne pouvait imaginer que c'était ça. Et ils pensaient déjà en fait à abandonner. Et finalement, pareil, on les a un peu tirés, on les a motivés à les dégâts et tout. Et on les retrouve à Bavela. Donc, c'est à 17 kilomètres de l'arrivée. On va les voir.

Loïc C'est qu'à 17 kilomètres de l'arrivée ? Mais oui, on va les voir. Non, mais souvenir,

Romain c'est tellement loin encore. Il y en a un qui s'écroule en pleurs et qui dit « DNF, j'arrête là, j'ai trop mal au talon, je ne peux plus avancer. » Et du coup, on lui dit « On va manger tous les quatre, on va se poser, on va se détendre, tu vas repartir avec nous et en fait, tu vas regretter toute ta vie d'avoir arrêté à 17 bornes. Donc, tu vas switcher mentalement mais il n'y a pas moyen de repartir et tu finis.

Esther Après, attention, 17 bornes, ils se sont relancés dans 7 heures.

Romain Voilà. En fait, c'est pareil, tu ne peux pas imaginer que de faire 17 bornes en 7 heures. Nulle part, en fait, nulle part. Sauf que là, c'est clairement, on a fait quoi ? En 4h30, je pense, parce qu'on a couru un peu en descente. Mais bon, voilà, 17 bornes, 4h30, tu vois. On avait mis 4 heures pour faire les 12 derniers kilomètres. Ouais, c'est ça. C'est annoncé 5 heures, tu vois, donc vous avancez bien.

Loïc C'est exactement ça. Mais c'est intéressant ce que tu dis, Esther, sur la perception. Mais je pense, c'est global, tu vois, c'est un peu comme les sujets des marathons, etc. Tu vois, maintenant, l'UTMB, c'est genre, tu le vois sur les réseaux, donc tu te dis, bah vas-y, moi aussi, je vais le faire. J'ai vu un gars qui est parti sur le Thor, je ne sais pas si vous avez vu ça sur Insta, je crois que c'était Uptrack, qui partageait son histoire. 23 ans, il est parti sur le Thor sans vraiment d'entraînement, tu vois. Tu te dis, bon, là, j'avoue que j'ai R20 5 jours, si tu ne l'as jamais fait, tu ne captes pas. Tu ne captes pas. Et nous, à l'époque, donc 2009, quand on disait aux gens qu'on le faisait en 7 jours, ils hallucinaient, tu vois. Personne ne faisait ça. Tu étais en randonnée ou rien, en fait, tu vois. Mais là, de ce que vous disiez, déjà l'an dernier, il y avait quand même beaucoup de gens qui le faisaient en courant, enfin en mode trade. Là, cette année, c'était pareil. Là, il y a du 5, il y a du 7,

Romain il y a du 10, il y a du 14, il y a de tout. C'est génial. Et en fait, plus les gens prennent le temps de le faire, plus le sac grossit. Et par contre, tu croises des mecs avec des sacs de 20 kilos, mais tu te dis, mais comment c'est possible se foutre dans des sentiers pareils avec 20 kilos sur le dos, quoi ? Et en plus, qu'est-ce qu'ils ont dans leur sac ? Enfin, même si tu pars pour 14 jours, qu'est-ce que tu amènes pour avoir un sac de 20 kilos ? ça me...

Loïc Ah, de la bouffe,

Esther tente, réchaud, de l'eau... Après, ça peut se comprendre. Tout le monde n'a pas le budget pour acheter dans les refuges. Ça reste quand même... Ah, moi,

Loïc c'était ça. Ben, évidemment. On était autonomes en tout, bouffe et tente, tout.

Esther Ben oui, en fait, tu peux aussi te dire, ben voilà, moi, j'ai envie de faire le GR20, j'ai le budget minimum et en fait, dans ta projection, tu te dis, ben, je vais remplir mon sac et je vais y aller avec les moyens que j'ai. Mais je pense qu'une fois que tu es sur place, tu te rends compte de, ah ouais, j'aurais peut-être dû claquer 200-300 balles de plus et prendre la bouffe dans les refuges parce que...

Romain Surtout que prendre la bouffe, tu vois, s'ils prennent des lyophilisés, en fait, un lyophilisé, ça coûte 10 euros. Ouais, voilà, entre 8 et 15 balles, tu vois. Donc, une omelette en refuge, ben, c'est cher pour une omelette mais c'est 8, tu vois, tu fais un plat omeletterie, ça doit être 15 balles, tu vois, donc c'est quand même kiff-kiff avec un lyophilisé sauf que tu, tu le portes pas, quoi. Ouais, ouais.

Esther Nous, on avait pris 5 lyophilisés pour les 5 matins.

Romain Pour les petits déjeuners.

Esther Ouais, pour les petits déj's parce qu'on savait qu'en refuge, ils n'étaient pas adaptés à la charge. En refuge, ils te donnent

Romain une demi-baguette, une confiture et un jus de fruits, c'est pas adapté, quoi. Ouais.

Esther Et quand on a avancé, du coup, au fur et à mesure et qu'on a juste, en fait, consommé nos lyophilisés, ben, laisse-moi, nous, ils étaient déjà beaucoup plus lyés, tu vois, mais c'est pas grand-chose, c'est 500 grammes, les 5 lyophilisés.

Loïc Vous les aviez pesés, les sacs, là, si on rentre un peu dans le détail,

Romain le matos ? Ouais, ça, il faisait 5 kilos d'oeufs sans les gourdes. Et vous aviez quoi, un litre et demi d'eau,

Loïc chacun ?

Romain On avait un litre et demi d'eau, chacun, mais Esther, non, en fait, moi, j'ai pris 3 flasques de 500, Esther n'a pris que 2 et puis on a perdu une à l'aéroport. Ah ouais ?

Esther J'ai perdu ma gourde toute neuf, ouais, c'est une petite dague.

Romain Donc, on avait 2 flasques chacun, sur certaines parcelles, on a pris une petite bouteille d'un demi-litre en plus, mais sinon, si c'est passé, on a quand même pas mal de sources où on peut remplir, quoi.

Esther Ouais, on avait une gourde filtrance, donc à chaque fois, tu vois de l'eau, tu remplis.

Loïc Après, vous êtes des gros buveurs, vous buvez combien à l'heure ? Non, moi,

Esther moi, non.

Loïc Moi, ouais. Tu bois quoi à l'heure ? T'as une idée ?

Romain J'essaye au moins 500, mais il y a des fois, tu vois, il y a une parcelle où je n'avais pas assez d'eau, j'avais un litre pour 4 heures et là, j'ai un peu séché, tu vois.

Esther Ah ouais ?

Romain Tu vois, sur les crêtes, il faisait chaud, j'ai un peu séché.

Esther Là, on m'a manqué.

Romain Mais, non, non, et puis sinon, si je manquais un peu entre deux refuges, après, je buvais beaucoup en vivant et du coup, je suis assez sensible à ça. Ouais, moi aussi, je sais que je suis à genre 700, 800 millilitres à l'heure. Il y en avait un des groupes des 5 jours qui suait, mais alors, on dirait qu'à chaque fois, on dirait qu'il était sorti de l'eau, de l'eau, il était trempé et il avait, je crois qu'il avait 5 flasques qui remplissaient à chaque fois, tout le temps, il avait 2 litres et demi en permanence. Dans le dos, ouais.

Loïc Ouais. Les sacs, vous aviez quoi dans les sacs et est-ce que vous avez ajusté des choses par rapport à l'année dernière ?

Romain On avait quoi ? Donc, on avait deux tenues. Chauffe-froid ? Non, deux shorts, deux t-shirts, deux paires de chaussettes. Ok. Comme ça, on en porte une, on en lave une et il y en a une toujours propre.

Esther Tu vois, le soir, le soir direct, on arrive, on prend notre douche, on lave nos fringues, on les fait sécher le lendemain, on met la tenue propre et si c'est pas sec, on l'accroche au sac, ça sèche et au moins, quand on repart à chaque fois, on met une tenue propre. Ok. Et puis même, tu vois, quand on s'est lavé le soir, il nous faut une tenue propre pour pouvoir se changer. Ouais.

Romain Ok. Donc, on a tourné avec deux tenues. En chaud, on avait juste une seconde couche technique et une veste impermable au cas où. Ok. On avait un sac de pluie pour couvrir le sac si jamais il y avait la pluie pour ne pas avoir toutes ces affaires trempées. L'année dernière, on avait fait le choix de ne pas prendre de sac de couchage et puis les deux nuits qu'on a fait en tente, on s'est vraiment gelé où on a dû sortir, on avait juste un sac à viande, on a dormi avec la couverture de survie. Faites l'expérience de dormir avec une couverture de survie. Dès que tu te tournes,

Esther ça fait...

Romain Tu vois ? C'est quand même compliqué.

Esther Et même, ça ne tenait pas suffisamment chaud.

Romain Ouais.

Esther Non. Ça a aidé, mais ça n'a pas du tout comblé le froid que j'ai ressenti en moi. Moi, ça m'a traumatisée, quoi. Non, mais vraiment, c'était hors de question. Je ne partirai. Je me suis dit, je ne pars pas sans sac de couchage l'année prochaine. Donc,

Romain sac de couchage, tout le matériel caméra, fil de recharge, batterie externe, téléphone, une petite serviette, une petite pharmacie, le nécessaire de toilette, un bivouac, moi dans le sac. Et puis, voilà. C'est tout.

Esther C'est tout.

Romain Quelques... Si,

Esther on a pris les héliophilisés pour le matin, toi, quelques gaufres et moi, quelques gels.

Romain Ouais. Genre,

Esther deux par jour. Voilà. Quelques barres,

Romain quelques gels entre les refuges. C'est pas énorme. C'est rien. Non, après, c'est full alimentation au refuge, en lingerie. On faisait des stops trois, quatre fois par jour. OK.

Esther En gros, on part à 5 heures, on fait un stop entre 9 et 10, on mange tout ce qu'on peut, enfin à peu près. On refait un stop vers 13, 14 heures pour le repas de midi et encore, si jamais, on fait un encart en général

Romain et on mange

Esther le repas du soir.

Romain Un soda, une boisse sucrée.

Esther Ouais, par contre, beaucoup de soda.

Romain Ah ouais ?

Esther Ouais, et on n'en boit jamais dans la vie de jour. Jamais, jamais, jamais, jamais, jamais. Non, non, là, c'est... Bah, ça te refait, quoi. Bah, ouais, c'est clair.

Loïc et du coup, les sacs, ils faisaient combien en volume ? 24 litres. Ah ouais, donc, ok, ok. Ok. Ok, et vous diriez qu'il y a un truc qui vous a manqué, là, après deux fois cinq jours, est-ce qu'il y a du matos ? Non, par contre, je pense qu'on partirait encore plus léger.

Romain Ah ouais ? Ouais, ouais. Vous enlèveriez quoi ?

Esther Bah, quasiment tout. Franchement, je sais que je me souviens que je m'étais dit la même chose l'année dernière.

Romain Bah, tu vois, franchement, la pharmacie, alors c'est peut-être pas ce qui pèse le plus, mais bon, ouais, il faut peut-être une petite bande, si jamais, en fait, si t'arrives quelque chose de grave, tu vois, t'as l'hélico, et si t'arrives quelque chose de pas grave, en fait, t'as pas forcément besoin de grand-chose, tu vois. Non. On n'avait pas pris beaucoup. Toujours,

Esther tu peux quand même prendre un pansement, une bande, le strict minimum, mais c'est vrai que beaucoup de fois, je me suis projetée avec juste un sac de trail, et en fait, en fait, à chaque fois que tu dois relancer, c'est quand même une énergie supplémentaire d'avoir ce sac sur le dos, alors même s'il n'est pas lourd, après, tout dépend de l'objectif, tout dépend de ce que tu veux faire, mais c'est vrai que

Romain souvent, souvent,

Esther je me suis dit, ah ouais, mais si j'avais pas mon sac, là.

Romain Moi, le quatrième jour, où c'était la longue 55-3002, j'ai senti le sac, tu vois, on a énormément couru. 5 kilos sur le dos, c'est pas grand-chose, mais j'avais envie de l'enlever, quoi.

Esther On a bien couru la moitié du temps, non ? On a fait quoi ? 14h30 d'activité, je pense qu'on a couru vraiment au moins la moitié, quoi.

Romain Oui, parce que c'est là où il y avait quand même les parcelles, les parcelles les plus roulantes sur le quatrième jour quand tu attaques le sud. Quatrième jour, c'était quoi, les refuges ? On est parti de Vitzavone, on est allé à Capanel, après Capanel, il y a Col de Verdé et tu montres à Prati. Et après Ushulu ? Prati, Ushulu, ça c'est pas du tout roulant. Et ensuite, Ushulu, Balseta, tu finis sur les crêtes, on a fait deux bornes en une heure en partant de Ushulu pour finir les crêtes. Et ensuite, quand tu sors des crêtes, t'arrives sur des sentiers où tu peux un peu plus courir.

Esther Oui, mais au final, ça fait 14h que tu es sur les sentiers,

Romain donc tu galères,

Esther quoi.

Romain Oui. Et pas de bâton ? Moi, je prépare la diag. Ah ! Donc forcément... Donc c'était mon... J'ai demandé au coach et il m'a dit par son bâton, donc c'était le premier entraînement sans bâton. Et moi,

Esther j'ai fait quatre jours sans bâton, je les ai promenés, je suis la reine pour les promener en général. Et cinquième jour, j'avais... Ah,

Loïc tu les avais avec toi ? Je les avais en dos, ouais.

Esther Ah ouais ? Ouais, les quatre jours. Et ouais, mais je suis plus efficace, en fait, main sur les genoux, vraiment, c'est... Moi, les bâtons, c'est vraiment au cas où je suis morte à chaise ou blessée. Tu vois, en fait, ça peut vraiment me soulager. Et je ne sais pas si tu te souviens, mais je t'avais dit que le quatrième jour de l'année dernière, j'étais en croix totale, j'avais des enfants partout, je n'avais plus de pieds, je ne pouvais plus poser les talons. Et là, du coup, c'est là que les bâtons, ils sont vachement importants pour moi. Donc, c'est pour ça que je me suis dit que je les prends, au cas où. Et en fait, le quatrième jour, nickel. Et le cinquième jour, j'ai commencé à avoir mal vraiment, tu vois, sous les pieds où ça commence à être sursollicité. Et j'avais deux petites ampoules, toutes petites, mais alors bien méchantes sur les extérieurs des talons. Du coup, je ne pouvais plus trop poser mon talon. Et en fait, avec les bâtons, pour toutes les descentes, c'est parfait parce que je pose l'avant de mon pied. Et en fait, du coup, ça m'a permis de me soulager mon cinquième jour et j'ai fait full bâton tout le cinquième jour. Mais pas de bâton pour la montée. C'est vraiment pour soulager la douleur.

Loïc Ouais, ok. Ok. Et toi, du coup, Romain, sans bâton, le premier entraînement comme ça, c'est un jour. Ah ouais,

Esther vraiment ? Ouais, moi aussi, je trouve que c'est génial.

Romain Tu ne les as pas regrettés ? Non, pas du tout. Ah ouais ? Non, et puis, je me souviens l'année dernière où j'ai fait une saison avec des bâtons et j'ai couru plusieurs U3 où j'avais l'habitude de les utiliser. Sur une sortie où je ne les avais pas, je me suis dit putain, empêche sans bâton, c'est vraiment costaud. Je captais qu'il me manquait. Et là, de ne pas les avoir, en fait, tu t'habitues, tu, ben voilà, tu, tu, tu, tu, tu, tu, ! tu, tu, !

Loïc montée ou en descente, en vrai ? Ben, peut-être en descente des fois,

Romain tu vois, je m'en souviens dans la descente de Caruso qui est, qui est Caruso qui est, c'est, c'est après, pour arriver au second, c'est la deuxième étape, pour arriver au second refuge, il y a eu une descente hyper technique, hyper glissante, je me souviens, la dernière, j'avais pris le bâton justement pour avoir quatre appuis au lieu de deux, et puis, ben, cette année, je ne les avais pas, c'est bien passé, mais...

Esther Quand tu as les petits graviers sur les cailloux, là, c'est vraiment comme ça, c'est sûr que du coup, tu sollicites un petit peu moins tes articulations, quoi, et tes quadrilles.

Loïc Parce que vous ne les aviez pas

Romain au Maroc non plus, tous les deux, je crois. Non.

Esther Non.

Romain Non.

Esther Non, non.

Romain Ben, tu sais, on était organisateurs, on n'a pas couru au Maroc. Ouais. Du coup,

Loïc ça vous faisait quoi comme journée ? Parce qu'il y a eu quatre jours, donc, quatre jours de triplage, un jour de quadruplage. C'est ça. Comment vous avez géré ?

Romain Ben, ça, clairement, on avait le fait d'avoir l'expérience de l'année dernière, ça nous a énormément apporté cette année, où on savait ce qui nous attendait chaque jour, et où on a anticipé le timing. Donc, les quatre jours où on a triplé, c'était réveil, 4h15, départ 5h. Et c'est magique. Ouais, c'est magique. C'est magique.

Loïc À la frontale, non. Ouais, ben non, en fait,

Romain à 5h, il fait déjà jour. Donc, on n'a pas sorti, tu sais, c'est vraiment le début, tu n'as pas besoin. Donc, c'est cool. On a la frontale pour préparer les sacs dans la tente au débarrage. Et puis ensuite, par contre, quand on part, on ne prend pas la frontale.

Esther tu vois, on avait pris deux batteries en plus au cas où. ça, on ne l'a pas porté pour rien. Et même une frontale pour deux, en fait, on aurait pu. Si on veut jouer. C'est vrai. Ouais, ouais, ouais. Tu vois, ça, c'est des trucs qu'il faudrait qu'on se note pour l'année prochaine.

Romain Donc, départ 5h, c'est magique parce qu'en fait, à midi, tu as déjà fait une journée, tu as super bien avancé, tu es en avance sur les prévisions, sur ton timing et c'est trop cool.

Esther Du coup, tu es confiant, en fait, tu sais que tu seras arrivé au refuge à l'heure et en fait, tu sors de toute une pression qu'on avait l'année dernière où il fallait avancer. En plus, l'année dernière, on avait la pression de ne pas arriver à l'heure mais on ne savait pas ce qui nous attendait. Là, on savait ce qui nous attendait. Il était midi, on savait que quoi qu'il en soit, on serait à l'heure et en fait, ça nous a, ce n'était pas important pour nous d'arriver à 16h30 ou à 17h. On ne joue pas le temps, on est là pour kiffer aussi donc, en fait, c'était double kiff quoi, du coup.

Romain Et le jour où on a quadruplé, on a fait réveil 3h30, départ 4h30. Ok,

Loïc et arrivé à ce jour-là ?

Romain Et arrivé, alors tous les jours où on triplait, on est arrivé entre 17h et 17h30 soit à la bergerie, soit à l'hôtel, on a fait le premier jour à l'hôtel et l'arrivée, on est arrivé à 18h à Conca et le jour où on a quadruplé, on a fait...

Esther On est arrivé plus tôt à Conca, non ?

Romain 17h45. Et le quatrième jour où on a quadruplé, on a fait 4h30, départ, et on est arrivé à 19h10 et on a bombardé, on a fait moins de pauses que les autres jours et on a fait une pause le midi de quasiment une heure où on a retrouvé 100% des équipes en cinq jours, c'était vraiment un moment magique. Et c'est vraiment le quatrième jour, c'est vrai... Enfin, si tu suis notre découpage, le quatrième jour, c'est vraiment un tournant parce que tu as quand même une petite certaine pression de ta journée qui est hyper longue, qui est hyper difficile malgré le fait que tu attaques le sud et pour arriver à l'heure, quoi. Pour arriver à l'heure.

Loïc Du coup, sur les cinq jours, est-ce que c'est le quatrième qui pour vous a été le plus gros morceau, que ce soit techniquement, en termes de difficultés et tout ? C'est juste qu'il était long et ce n'était pas forcément le plus...

Esther Je pense que c'est le seul jour où on est tous les deux arrivés au refus en disant waouh ! Alléluia, quoi. Et vraiment, où les quatre, trois, quatre derniers bornes, c'est vraiment, je pense, les seules bornes où on disait bon, là, il faut que ça arrive, quoi.

Romain Ouais, moi, les dix derniers... Sinon, à surfer. Ouais, ouais.

Esther Je pense vraiment, c'est un... Je ne sais pas si tu es d'accord avec moi.

Romain En fait, le quatrième jour, c'est le seul jour où tu as un peu l'impression d'avoir fait un ultra, tu vois. Ou à la fin... Tu vois ce que je veux dire ? Ou à la fin, les dix derniers, tu penses déjà quand est-ce que j'arrive, quoi.

Esther Quand tu penses à ça, en général, ce n'est pas bon, parce que c'est long.

Romain Mais bon, réparti sur les cinq jours, tu vois, il y a juste ces dix derniers kilomètres où moi, j'ai un petit peu subi. Sinon, les quatre autres jours, mais c'était juste des dix heures d'activité en montagne et de kiff absolu, quoi. Où tu n'as pas du tout... Où tu ne subis rien, où tu redécouvres ces sentiers incroyables. Mais voilà, tu vois, ce quatrième jour, il y a quand même cette petite sensation d'ultra où tu vas quand même un peu dépasser...

Esther Mais moi, je tiens quand même à préciser que c'est un deuxième GR20 en cinq jours. Parce que je pense à tous ceux qui vont se lancer sur un GR20 en cinq jours qui ne vont pas forcément ressentir ce que moi, je ressens sur ce GR20-là. Tu te souviens l'année dernière ? Oui. C'est dans le podcast, tu l'entends, c'est la course contre la montre, vraiment. C'est la course contre la montre pour arriver à l'heure au refuge pour être sûr déjà d'avoir une place si tu n'as pas réservé pour pouvoir manger. Mais c'est surtout qu'en fait, quand tu arrives à 21h, 21h30, tu vas encore te laver, laver tes affaires, préparer, sortir ton sac. En fait, c'est vraiment... Et puis, tu te couches et comme tu as été en activité toute la journée, mais en fait, tu ne dors pas vraiment et puis tu dois te relever super tôt. Donc, il ne faut pas prendre content notre expérience,

Romain notre seconde expérience.

Esther Notre seconde expérience. oui, parce qu'en fait, moi, entre-temps aussi, quand on y allait l'année dernière, j'avais déjà quand même un entraînement trail depuis quelques années. Cette année, j'ai encore probablement progressé, fait du volume. Donc, c'est ce qui m'a aussi permis de moins souffrir cette année. Parce que là, dit comme ça, ça semble un peu...

Romain Un peu facile.

Esther Un peu facile. C'est vraiment pas le cas, quoi. Ne reproduisez pas ça

Romain à la maison.

Esther Ça l'est beaucoup plus pour Romain. Mais pour moi, quand même, on n'a pas du tout le même niveau. Je ne suis pas dans la même intensité, quand même. Mais je vois bien que, ne serait-ce qu'au niveau de mes pieds, alors mes pieds, clairement, ils étaient beaucoup plus préparés à pouvoir enchaîner. Parce que bon, les ampoules, tu ne les contrôles pas, quoi. Et les ampoules, ça te flingue.

Loïc Les ampoules, ça peut te flinguer ton expérience.

Esther Tu vois, et là, les ampoules, moi, elles sont arrivées au cinquième jour. Et quand on s'est réveillés hier matin, qu'il a fallu marcher jusqu'au bar du GR20 et mettre les chaussures, mais mes pieds, ils ne rentraient plus dans les chaussures. Tu vois, je me suis posé la question de, OK, là, s'il y avait eu le sixième jour, comment ça serait passé ? Parce que j'ai quand même fait tout le retour conca, cassie, pieds nus.

Loïc Ah oui ?

Esther Oui. Mes pieds avaient tellement gonflé qu'ils ne rentraient plus dans mes chaussures. Donc voilà, il faut quand même

Loïc il aurait fallu que tu fasses une course genre la Transatlas Marathon juste avant le GR20. Je la recommande, celle-là. Mais non, mais c'est ultra intéressant. Mais du coup, côté prépa, justement, après ce que vous aviez vécu l'année dernière, vous avez été vigilant sur quoi en particulier ? Le volume, le matos, la préparation des pieds ? Ça a été quoi les focus cette année par rapport à l'année dernière ?

Romain On a fait, l'année dernière, on a fait une année avec des gros volumes et qu'on a couru tous les deux des ultras. On a fait des itinérances et je pense qu'Esther, c'était l'année où elle avait fait le plus de volume et moi aussi d'ailleurs.

Esther L'année dernière ?

Romain Ouais. Donc, voilà. En fait, un GR20 en 5 jours, moi, je le recommanderais à des personnes qui font de l'ultra déjà depuis plusieurs années en fait. Parce que quand tu veux réussir un 100 bandes ou quand tu veux réussir un 100 miles, ce qui va compter, c'est les années d'expérience que tu as dans la discipline et les années de volume que tu as mis en place pour que ton corps ait eu le temps de s'adapter à ses charges d'entraînement, à tout l'aspect excentrique en descente et qui va être nécessaire pour être bien sur l'accumulation jour après jour de cette technicité, de ce volume et tout ça.

Loïc Pour pas trop souffrir en tout cas.

Romain Pour pas le subir en fait. Parce que le but de faire un GR20 en 5 jours, c'est aussi de rester émerveillé face à des paysages et à tout ce que tu vas découvrir se traverser. Et là, clairement, c'est ce qu'on a vécu. C'était vraiment du kiff tout le long. Mais si tu es sous-préparé et il y a beaucoup de randonneurs qui partent en 10 jours ou en 14 jours et pareil, qui ont fait peut-être 3 randonnées ou 3 heures dans l'année et qui vont se dire on va faire un GR20 et en fait, tu te rends compte qu'à la moitié de leur GR ou que le dernier tiers, il n'y a plus de kiff du tout en fait. Tu vois, ils subissent et ils n'attendent qu'une seule chose, c'est d'arriver quoi. Et ça, c'est dommage.

Esther Et ça, c'est quelque chose qu'on n'a pas du tout eu cette année, l'idée d'arriver. Au contraire.

Romain Le dernier jour, on repoussait, on repoussait, tu vois, le dernier jour,

Esther pour repousser

Romain l'arrivée quoi. En fait, toutes les équipes, on est partis quasiment ensemble avec toutes les équipes. Il y en a certaines qui dormaient au bergerie la même que nous, d'autres qui étaient 4-5 kilomètres plus loin et en fait, il y en avait beaucoup qui avaient l'idée dernier jour, on trace pour finir, tu vois. Et nous, c'était tout l'inverse en fait. Dernier jour, on kiffe là, tu vois. En fait, on va encore passer une journée en montagne, on adore ça et puis à la fin de cette journée, on sait que demain, on ne repart pas, tu vois. Donc, on était vraiment dans cette optique-là.

Esther Parce qu'on savait aussi qu'on arriverait avant 19h. Oui, on était dans les timings. Et on arrivait entre 16h30 ou 20h30, en fait, c'était complètement, ça nous était égal quoi.

Romain Et beaucoup d'équipes qu'on a croisées qui étaient sur la fin, qui le faisaient en 7, en 9, en 10, en 12, tu sentais qu'il n'y avait plus trop cette notion de plaisir et qu'ils étaient, tu vois, ils étaient flingués par les 10 jours qu'ils avaient passés en montagne et qu'ils ne voulaient plus entendre parler du GR20 et qu'ils n'attendaient qu'une chose, c'est d'arriver à Conca, tu vois. c'est quand même la majorité, tu vois.

Loïc Moi, je n'ai pas un super souvenir de la dernière longue descente jusqu'à Conca. Pour moi, dans ma tête, c'est interminable, tu vois. Râle-bol. Tu vois,

Esther c'est très drôle parce que, tu vois, la dernière descente de la porte de la délivrance jusqu'à Conca, l'année dernière, donc, il était 22h15 probablement. On avait une frontale pour deux parce qu'on l'avait prêtée à notre pote qui n'en avait pas derrière.

Romain Tu descendais derrière.

Esther Romain descendait derrière moi. Et tu vois, c'est une descente un peu technique, difficile. Vraiment, pour la fin, c'est un peu, elle t'achève. C'est déjà fini. Et du coup, il y avait des randonnaires qui étaient en haut de la montée et j'ai dit, franchement, vous en avez bien pour 20 minutes, une demi-heure. Je dis, je pense que nous, on en a pour 20 minutes, vous en avez bien pour 30, 35 minutes. J'étais là, mais non, mais c'est pas possible. En fait, on en avait pour 10 minutes. Les randonnaires, les métiers, ils étaient arrivés avant nous. Et en fait, comme j'étais, mais HS, du coup, j'ai ce souvenir que la descente était absolument interminable. Alors que là, on est arrivés, j'étais là, on y est déjà. Et c'était un peu, voilà, c'est un peu l'histoire de notre deuxième GR20 où le premier jour, on a eu une sensation, on ne se l'est pas trop dit avec Romain, on n'a pas trop osé, mais chaque portion, on était là, attends, ça a mis l'air beaucoup plus court que ce qu'on a vécu. Chaque portion

Romain qu'on appréhendait un petit peu et qui nous avait semblé hyper difficile l'année dernière, en fait, c'était plus court que ce qu'on avait imaginé.

Esther Et on a à peine osé se le dire, tu vois, en se disant, attends, si ça nous fait ça tout le GR20, et en fait, c'était exactement ça. Et chaque portion, tu vois, moi j'étais montée où je regardais ma monte, je dis, mais je suis à 24 au kill, je n'ai jamais fait du 24 au kill de ma vie. Et je voyais le sommet, je me disais, mais ce n'est pas possible sous une chaleur accablante. Oui, c'était, c'était, c'était, c'était pas la même montée, quoi. Vraiment, c'était pas la même montée. Et tout le GR20, ça a fait ça tout le long et c'était, c'est trop bien, quoi. C'était, franchement, deuxième GR20, c'était, voilà, on a vraiment l'impression de l'avoir surfé.

Loïc Oui.

Esther Oui.

Loïc Ce qui en dit long sur la qualité de la prépa, du coup.

Esther Et sur la qualité du coach.

Romain Et surtout sur la qualité du coach. Je pense qu'Aster a un très bon coach, effectivement.

Esther Ah, mais c'est ça, les filles, c'est pas parce que t'as fait ça.

Loïc Vous regardiez un peu, du coup, combien vous montiez ou pas plus que ça ? Oui,

Esther oui, moi j'ai, non, moi j'avais pas regardé ma montre du tout.

Loïc Ah oui.

Esther C'était le beau noir,

Romain je m'intéresse pas.

Esther Mais voilà, c'est vrai qu'en général, on est...

Romain En fait, il n'y a vraiment aucune notion de performance dans la traversée du GR20. C'est vraiment une itinérance, plaisir, où on va redécouvrir des sentiers qui sont vraiment fous, mais vraiment incroyables, de toute beauté et d'une diversité vraiment rare et d'une technicité les uns après les autres. En fait, ça n'existe pas cette technicité ailleurs parce que tu peux aller à Belle-Donne, tu as les sentiers techniques, mais c'est pas aussi long en fait, tu vois. La technicité s'arrête à un moment donné et là, ça s'arrête juste jamais en fait.

Esther hier soir, je disais à Romain, t'imagines, regarde nos jambes, regarde, on n'a rien. Comment c'est possible d'avoir traversé tout ça sans même une gratinure, tu vois ? Et je trouvais ça incroyable.

Loïc Sur les paysages, du coup, c'est quoi les sections qui vont le plus marquer, vous ?

Esther On n'a peut-être pas les mêmes, mais...

Loïc Je t'en prie.

Esther Là, tout de suite, j'imagine que c'est la même qui te revient. C'est le matin à Bassetta, les chevaux, on ne sait pas s'ils sont sauvages ou pas, mais...

Romain Ah oui, j'ai juste une story hallucinant. On a vécu un truc mais de fou, quoi.

Esther En fait, c'était très drôle. D'un coup, sur le sentier, il y a un cheval, puis en fait, on capte qu'il est vachement sensible à notre présence et en même temps, tu vois, un peu distant parce que... Je ne sais pas si c'est un cheval sauvage ou pas, je n'en sais rien, mais il est sensible à notre présence et en même temps, un peu distant, un peu hautain. Et il nous suit un petit peu, puis il galope un peu à côté de nous, puis d'un coup, il disparaît. Il monte sur une colline en hauteur et tu vois, la limite, on dirait qu'il nous regarde et qu'il nous domine et en fait, il finit par réapparaître, je ne sais pas, 5-10 minutes après et il était en train de courser à un autre cheval. Mais c'était, je ne sais pas, majestueux, quoi. C'était la petite lumière du matin, les chevaux au galop.

Romain C'est une scène de cinéma, quoi.

Esther C'était fou. C'est trop bien

Romain que tu n'aies pu la capturer. C'est incroyable. Tu l'as vu ? Et en fait, à la base,

Esther Romain était sur le point de me filmer et je vois les chevaux et je lui dis, attends, ne bouge pas. Et on a tous les deux pas bougé, puis en fait, il nous court dessus.

Romain Ah ouais, si on ne se décale pas du sentier, on se déconse. Il n'y a pas eu des iterations de sa part, quoi.

Esther Et en fait, cette ambiance avec les chevaux et c'était quoi ? Une espèce de maquille jaunâtre. Enfin, tu vois, c'était fou. C'était fou avec l'herbe verte.

Romain La luminosité, il devait être 7h du matin, donc tu vois, la luminosité du matin, le soleil n'est pas encore levé ou à peine.

Esther Et l'année dernière, on était passés beaucoup plus tard et du coup, en fait, ah oui, il y a quelque chose qu'on n'a pas relevé, c'est que comme il a plu énormément, le GR20, il était, mais, hyper vert. Tu vois, souvent, des fois, en bas de forêt, tu as de la fougère et pareil, avant d'arriver à la vacée, tu as un champ de fougère et là, c'était mais verdoyant, c'était fou. Et justement, cette portion-là, l'année dernière, on l'avait prise à plutôt midi, 14h et c'était beaucoup plus sec, beaucoup plus aride. Je n'en avais pas forcément un très bon souvenir, c'était un peu la traversée du désert. Donc, tu vois, selon la selon la saison, le moment où tu y passes et l'heure à laquelle tu passes, tout est différent. Ouais. Ouais. Là, c'était, mais... C'était vraiment splendide, quoi. Donc là, moi, j'ai ça comme souvenir. Après, la Montédasco, quoi.

Romain Ouais, Montédasco, c'est fou. Après, Montédasco, mais en fait, c'est vraiment difficile de sélectionner. Pareil, tu vois, quand t'arrives lac de Nino, tu vas à Mangano, tu montes la Brèche et tu vas jusqu'à Petrapiagne, mais c'est juste, c'est hyper alpin. C'est grandiose, quoi. C'est grandiose.

Esther Ouais, la Montédasco, quand t'arrives au sommet et que t'as toutes ces montagnes-là, c'était... Il y a beaucoup plus de neige. Je sais pas si t'es...

Loïc Moi, j'avais peur.

Esther C'était un peu border pour passer... Ben, ouais, ouais, les jours d'avant, on avait un peu... Pas mal de gens qui nous faisaient, mais il faut les crampons, quoi. Sauf que quand tu veux partir en minimaliste, tu vois, tu réfléchis à ce que tu mets dans ton sac, quoi.

Loïc Mais vous avez eu

Romain des passages en nez, j'ai vu. Ouais,

Esther ouais, ouais. Moi, j'avais les crampons. Oui,

Romain mais en fait, une semaine plus tôt, je pense que ça passait pas sans crampons. Et là, il y a eu quand même des grosses chaleurs et du coup, ça avait quand même bien fondu. Et les deux portions qui étaient un peu dangereuses initialement, c'est la Montédasco, et la Montédasco, la Montédasco,

Esther pour monter au-dessus du lac des Mélo, ouais.

Romain C'était accessible. Je connais le nom du coup,

Esther Boya Aie Porte.

Romain C'était accessible pour sans crampons.

Esther Je me suis faite reprendre par les Corses. Et c'est trop dur les non-corses. Quand tu veux, à chaque fois, j'oublie un C, je mettais un Z à la place du S.

Loïc Ah, excellent. C'est vrai, moi, je l'ai fait il y a très longtemps et j'en garde un souvenir hallucinant. C'est tellement beau ce sentier. Enfin, l'île en général, mais j'avoue que là, le fait de pouvoir la traverser par les crêtes, c'est magnifique. Je ne peux pas imaginer.

Romain C'est des décors.

Esther Et ça change, quoi. Ça change. Puis, tu te rappelles de Prati à Ouchulu ? Tu traverses des crêtes et puis d'un coup, tu traverses des énormes cailloux. Je ne sais pas si tu te souviens. Des énormes cailloux les uns à côté des autres, mais ça commence net et ça stoppe net. Ah ouais ?

Loïc Je ne me rappelle pas de ça.

Esther C'est d'un coup, tu es dans un champ de cailloux et puis d'un coup, ça s'arrête et puis d'un coup, tu es dans une forêt.

Romain L'étape Prati au Chou dans le sud, moi, c'est une de mes favorites. Ce n'est pas la plus facile, mais c'est vraiment, tu montes sur les crêtes, c'est vraiment magnifique, quoi. Et puis, tu sais, quand tu montes sur un sommet, que ce soit dans le nord ou dans le sud, tu as la vision en profondeur de toutes les montagnes de Corse que tu traverses au final quand tu fais le Gérvin. Dans le nord, tu vois Calvi, mais jusqu'à hyper longtemps, tu vois, jusqu'à où on voit Calvi.

Esther On était à Asco, non ? Non, ce n'est pas possible. Au sommet, là-haut, je crois. Si, avant Asco, tu vois.

Romain En haut du Monte Chinto, tu le vois.

Esther Ah ouais ?

Romain Et du coup, c'est fou, en fait, parce qu'on était, avant d'aller à Calenzana, à J-1, on était à Calvi, donc tu vois, tu... Et là, tu vois, on le visualise, je ne sais pas à combien de kilomètres on est, mais c'est incroyable.

Esther Il y a un truc qui était trop bien dans le fait de refaire le Gérvin, c'est que la première fois, tu pars à l'aveugle, tu ne sais pas où tu vas, et en fait, quand tu le refais, du coup, tu sais où tu vas, enfin après, peut-être pas pour toi, mais du coup, tu vois les sommets. Moi, clairement, je vois les montagnes en face et je me dis, ah, je vais là. Et tu vois, quand on est arrivé, je lui donne un exemple, mais quand on est à la descente pour aller à Asco, on descend à Asco, et le lendemain, on repart pour l'étape, je ne savais pas, une fois que je serais à Asco, que c'était exactement à ce sommet-là que j'allais aller le lendemain. Je ne connaissais pas le cours. Alors que là, tu vois, et tu dis, ah ouais, d'accord, je vais là. Et puis, quand tu arrives en haut, en haut, enfin, au Montecinto, qui n'est pas vraiment tout en haut de Montecinto, tu vois encore la colline, le col que tu vas franchir. Du coup, tu vois le chemin là.

Loïc Et ça, mentalement, c'était pas, ça, tu dirais que ça t'a aidé plus qu'autre chose, pour Esther en particulier ?

Esther Je ne suis pas dans la projection. Si tu vis dans la projection, si tu es dans la projection, dans ce genre de truc, tu es cuit, quoi. Ah bah non, mentalement, ça te, non, non, mais, non, j'aime voir, en fait, je sais, quand tu le vois, ça te semble tellement irréalisable, tu vois, et bah en fait, si, si, tu sais très bien que de toute façon, dans cette heure, tu seras là-bas, quoi.

Romain Le jour 2, tu vois, quand il doit être 15h, il nous reste encore une heure et demie ou deux pour arriver au refuge, quand on se tourne, on voit là où on était le matin, mais c'est, tu te dis, c'est incroyable de pouvoir parcourir ça avec son corps.

Esther C'est inhumain, si on te le dit, tu dis, mais c'est pas vrai. Tu vois la distance

Romain que tu as parcourue juste à force de tes jambes, et en fait, tu vois un pic qui est hyper loin dans la montagne et tu dis, ce matin, on était là,

Loïc quoi. J'ai souvenir de ça, moi, c'était l'étape, alors la première fois que je l'avais fait, c'était de Vitzavon jusqu'à... Mince. Tu l'as dit

Esther tout à l'heure,

Loïc en plus. De Vitzavon au nord. Ah, tu l'as fait du sud au nord ? La première fois, c'était de Vitzavon à... Petrapian,

Romain Londa,

Loïc Mangano. Le départ du nord, quand tu pars du nord. Kalenzana. Kalenzana, merci. Donc, on avait fait Vitzavon, Kalenzana, et dans ce sens, je me rappelle de l'étape de Petrapiana à Mangano. Oui. Quand tu pars, que tu arrives, que tu vois en face de toi de l'autre côté de la vallée la brèche où tu vas passer pour redescendre à Mangano, tu dis, non mais... Ah ouais. Vas-y, tu seras carte, en fait, tu dis, c'est pas là, c'est pas possible, tu vois. C'est impossible qu'il y ait un passage là-dedans. Et ça m'avait vraiment marqué ce truc,

Esther c'est un passage aérien qui est incroyable.

Loïc Qui est hallucinant. Mais du coup, je vois bien...

Esther Et finalement, il se fait vite.

Loïc Ouais, et puis bien en plus.

Esther Oui, tu passes rapidement de... C'est tellement alpin

Loïc que je trouve globalement toute la section nord du Gervain, tu te dis, mais c'est pas possible, il n'y a pas un chemin là-dedans, tu vois. On ne va pas là-haut quand même. Et en fait, tu vas bien quoi. Ouais. Ouais. Hallucinant ce Gervain. Il y a eu... Il y a eu des apprentissages parce que là, depuis le début, vous parlez beaucoup de la... Finalement, tout ce que vous avez appris de la première fois, comment ça vous a aidé pour la deuxième. Mais dans votre pratique du trail en général, est-ce qu'il y a des choses que vous avez apprises sur ce deuxième Gervain qui pourront vous servir sur d'autres courses ?

Esther Ah oui. Moi, très clairement, c'est... la gestion de... la gestion de ton étape, en fait, la gestion de ta course. Pour moi, c'est la clé. C'est savoir gérer ta vitesse, ton énergie, manger. manger, manger, manger, manger. Ne jamais laisser un coup de mou arriver parce qu'en fait, c'est tout simplement que tu vas attaquer ton hippo, quoi. Et à partir du moment où tu l'as attaqué, tu flingues le reste.

Romain Ça, c'est hyper important parce que je pense qu'il y a beaucoup de... Alors, je ne sais pas, randonneurs, mais en tout cas, de trailers ou de personnes qui débutent dans la discipline qui trouvent une contradiction dans le fait de faire un exercice physique et de manger. Tu vois, c'est un peu contradictoire, de dire, en fait, tu fais du sport un petit peu pour perdre du poids, pour être en forme et du coup, d'assimiler ça avec manger, c'est souvent pas compatible. et en fait, alors que ça soit en ultra ou sur une équipérence comme ça, mais c'est la clé de garder un niveau d'énergie constant pour pouvoir avancer sur le parcours où il faut systématiquement se ravitailler, quoi.

Esther moi, je pense qu'il n'y a pas eu un soir où je suis arrivée et je t'ai dit, j'ai la dalle, quoi. Je n'avais pas faim. Ah oui ? Non. Non. Déjà, en plus, j'avais mangé toute la journée, tout le long, parce qu'en fait, maintenant, je me connais complètement. je ne laisse pas du tout la place à une heure et demie sans grignoter quoi que ce soit, ça c'est sûr et certain. Mais en fait, non, évidemment, je mange en fait. Alors que oui, très bien, je pourrais me dire, attends, j'ai passé la journée à faire des efforts, si je ne mange pas ce soir, je vais être sèche, je fais adorer. Non, en fait, non, non, ça, ce sera dans un autre contexte, mais pas dans ce contexte-là. Moi, clairement, ça a changé ma pratique de l'ufreur.

Romain Mais c'est un sujet important, ça, parce que je pense

Esther qu'on n'en parle pas forcément.

Romain Moi,

Esther je n'ai aucun problème à dire qu'en fait, il a fallu que je prenne 5-6 kilos. J'ai clairement changé de corps. J'ai dû accepter d'avoir du gras, d'avoir des muscles.

Romain Du coup, elle est quand même obèse.

Esther Mais non, mais franchement, tu sais très bien, mes mollets faisaient la moitié, mes fesses aussi. Non, mais vraiment, ça a été un changement radical dans ma vie et au niveau des blessures, je ne suis plus blessée. Alors, je touche du bois, mais je ne suis plus du tout blessée et je pense que ça joue à 80%, non ?

Romain Évidemment.

Esther La bouffe, avoir vraiment arrêté de ne pas manger parce que du coup, j'avais fait une énorme sortie. Si je ne mange pas derrière, je vais sécher. Non, non, en fait, je vais manger et je vais réparer mon corps. Alors, oui, je n'aurai pas forcément le corps que je préfère, mais ça a fonctionné. Ça, il en faut.

Loïc c'est ultra intéressant parce que je me rappelle la première fois qu'on s'était vus pour le week-end des frappés, on avait parlé de ça du fait que tu étais souvent blessée, qu'il y avait un peu une distance, tu n'arrivais pas à passer un cap dans les distances et on en a reparlé au Maroc le premier jour. On était ensemble sur la première étape.

Esther C'était un sujet essentiel, un sujet qui t'intéressait.

Loïc Mais non, parce que c'est vrai, Romain a raison, on n'en parle jamais en fait. Enfin, pas assez, je pense, de l'alimentation dans le sport et des dérives, des mauvaises habitudes qu'on peut avoir individuellement, des dérives qui peuvent être liées à des pratiques de sport de haut niveau avant où il y avait un sujet de perte de poids, là, c'est plutôt pour moi, ou de perception de son corps, etc. Donc, c'est ultra intéressant que tu le partages et surtout que tu es changé des choses et que tu vois très factuellement que ça a eu un impact énorme, en fait.

Esther Je ne suis pas la seule, Romain, avec. Je pense que c'est en grande partie grâce à lui. Mais j'ai mis longtemps, j'ai mis très longtemps. Mais clairement, aujourd'hui, en fait, le bonheur que je ressens de pouvoir terminer un GR20 sans avoir mal nulle part, je n'ai pas mal au genou, je n'ai pas mal, enfin, je n'ai rien, je n'ai même pas une courbature, tu vois. Je n'ai rien. Ça, c'est ouf. Je n'ai rien et tu te souviens, au week-end des frappés, je te disais, je ne peux pas faire plus de 25-30 heures, j'ai mal au genou. Et bien, ce n'est pas anodin, quoi. Ce n'est pas anodin. Si je peux faire des ultras comme je le fais, c'est parce que, c'est parce que je mange, en fait. Oui. C'est parce que je mange avant, je mange après, je mange pendant. Oui, c'est sûr que là, je reviens du GR20, j'aurais pu sécher, ce n'est pas le cas. Mais j'ai kiffé.

Loïc Oui. Ce qui est peut-être l'essentiel. C'est le plus important. En fait,

Esther tu sais quoi ? C'est tellement bon pour son égo. En fait, tu arrêtes de te regarder le nombril et c'est trop bien. C'est trop bien.

Loïc Et le sucre, alors, dans l'alimentation ? Parce que je fais un peu un focus sur le sucre, moi, depuis quelques temps. Vous faites gaffe à quoi que ce soit, d'ailleurs, dans l'alimentation, dans le type d'aliment que vous prenez ? Au quotidien

Romain ou en course ?

Loïc Là, sur le GR20, puis de manière générale, du coup, comme... En fait,

Romain ce qui est important, juste pour revenir sur l'alimentation, ce qui est important sur un ultra ou sur une itinérance comme ça, c'est que, peu importe ce que tu manges, tu vas avoir une perte calorique plus importante que ce que tu vas ingurgiter. Tu vois, sur mon activité à la fin du GR20, c'est 20 000 calories de perte en 5 jours. Je pense que la montre, c'est un indice, mais je pense que c'est encore plus. tu vois ? Donc, ben voilà, si tu perds 5 000 calories par jour, peu importe ce que tu manges, c'est quand même compliqué de les combler. Donc, ce qu'il faut, c'est de manger suffisamment pour ne pas créer un déficit calorique qui est trop important et qui va justement créer des problèmes, des blessures, de la fatigue, un manque d'énergie, tout ça. Donc, ça, c'est hyper important sur une itinérance, c'est hyper important en ultra et c'est hyper important pour pouvoir durer année après année dans le temps sur ce genre de distance-là. Après, idéalement, au quotidien, ce qui est important, c'est d'avoir une alimentation équilibrée avec un peu de tout. Donc, tu as des apports en glucides, en protéines, en fibres. l'alimentation qu'on a sur le GR20, on ne fait pas gaffe en fait, enfin, on ne fait pas attention, l'important, c'est vraiment de combler cette perte calorique avec ce qu'on tolère, ce qu'on aime, ce qui nous fait du bien au moment où on a besoin. Donc, j'ai dû boire, je ne sais pas moi, j'ai dû boire 6 litres d'orangina sur le... Je sais pas, mais peut-être plus, tu vois.

Esther Après, c'est important de ne pas... d'associer le fait que, oui, si tu prends du sucre, il ne faut pas prendre que du sucre, sinon tu t'as un petit glycémie qui derrière, t'es fatigué. Évidemment, l'apport de glucides est important. Il faut savoir le gérer.

Romain L'apport de sucre lent est important pour tenir la durée, mais après, mais oui, après, on s'est fait du fromage corse, de la charcuterie, de l'orangina, des omelettes, du riz, du taboulé, des pâtes,

Esther des canistrelli,

Romain enfin, en fait, il y a tout qui passe, tu vois. Et il y a tout qui passe trop bien. Mais, donc, voilà, je pense que ce qui est important, c'est au quotidien, dans l'année, avoir une alimentation équilibrée, saine, à 80%, et garder le plaisir, pizza, burger, les 20% du temps, tu vois, ou autre chose. Et ensuite, sur des étudiants comme ça, c'est essayer de conserver cet aspect d'alimentation saine, mais tu peux, mais tu peux croiser avec des sucres rapides ou des boissons ou des sodas qui vont quand même t'apporter de l'énergie, quoi.

Esther Mais après, attention, tu trouves pas ce que tu veux dans les refuges, quoi. Moi, clairement, si j'avais pu faire riz, tabou, les pâtes tout le long du GA20, j'aurais fait que ça.

Romain Ouais.

Esther Ouais. parce que les tucs, les chips, une seule fois, on a acheté des bonbons. Tu vois, je voulais pas tomber dans le truc parce que si tu commences à acheter des bonbons le premier jour, t'es sûre que... Et en fait, tu fais avec ce qu'ils te proposent, quoi. Parce que des fois, t'as rien, quoi. Des fois, t'as des raviolis en boîte. Enfin, merci, ça, je le prends pas pour avoir de l'acidité tout le long. Voilà, tu t'adaptes, en fait. Mais pour revenir à la question du sucre, sucre, j'en avais pas forcément... Bah, tu sais, le sucre, rappelle le sucre après. C'est sûr que...

Romain Moi, les premiers jours, j'arrivais au refus, je prenais un orangina. Les trois derniers, quand j'arrivais au refus, au refus systématiquement, je prenais deux orangina.

Esther Et je me souviens que le premier jour, j'avais pas du tout envie de rentrer... Deux orangina,

Romain une grande oreille.

Esther Non, mais tu te rappelles, le premier jour, on n'avait pas du tout envie de rentrer dans le coup du sneakers, du machin. Et en fait, à la fin, je pense qu'à la fin, on était... Là, il fallait... Moi, c'était vraiment manger un max.

Romain On avait des journées entre 10 et 12 heures d'activité, tu vois. Donc, tu crames. Tu crames. Et puis, en fait, quand tu bouffes, t'as l'impression que ça s'auto-détruit. Il n'y a pas de stock. C'est tout de suite consommer.

Loïc Je ne sais pas comment le calcul les montres, ton burn calories.

Romain Ça doit être une estimation, mais je pense...

Loïc Par rapport à ton poids, ton carbone, taille,

Romain mais tu vois, il n'y a pas la perte... Enfin, tu vois, la perte...

Esther La chaleur.

Romain Enfin, tu vois, la chaleur, ce que tu perds, la sudation. Enfin, tu vois, je pense que ça va être plus ou moins juste, mais à mon avis, c'est quand même sous-estimé. Ah ouais, tu crois ? Ouais, je pense. Je pense que c'est plus. Et là, tu vois, je te dis, la montre, elle affiche 20 000 calories en moins sur les 5 jours d'activité. Je pense que c'est un peu plus. Sur la PTL, j'étais à 63 000. Et il y avait une des équipes qui le faisait en 5 jours, qui ont fait la PTL il y a 3 ans, qui ont abandonné, je crois, au 174ème, où ils se sentaient un peu en danger, en fait. Je crois qu'ils passaient des crêtes, et en fait, avec le manque de sommeil, ils se sont dit tous les deux, en fait, j'ai pas envie de mourir ici, tu vois. Donc, ils se sont dit, le prochain refuge, il est à 5 kilomètres, on se fait une pinte, une assiette de charcuterie, puis on rentre à la maison, et c'est ce qu'ils ont fait. Et là, du coup, ils étaient tous les deux, et ils refont la PTL cette année. Allez ! Ouais, et ils se faisaient le GR en prépa.

Esther Ils vont y arriver. Ah, ça fait une bonne prépa.

Romain Ils n'ont pas couru de tout le GR, ils avançaient hyper bien, tu vois. C'est hallucinant.

Esther C'est le fameux Romain avec ses 5 litres d'eau.

Romain C'est hallucinant comme les bons randonneurs. Et pareil, on a croisé des Corses qui étaient sur les sentiers, où nous, on courait en descente, eux marchaient, et ils étaient derrière nous, tu vois.

Loïc Ouais,

Romain ils restaient derrière nous, tu vois. Ils restaient derrière nous parce qu'ils avaient vraiment une technique de marche incroyable, tu vois. Et je pense qu'il y a peu de trailers en ultra qui s'entraînent à marcher, et en fait, c'est fondamental parce que sur un 100 miles, tu vas peut-être passer la moitié du temps, selon le parcours et la technicité à marcher, et une marche rapide, économe, c'est hyper important.

Loïc Ouais. J'ai un copain de la PTL justement, Tom, qui a fait le Thor avec un autre gars, un médecin, je crois. Lui, son truc, c'était, il voulait faire le Thor sans courir. Et donc, il a fait l'intégralité du Thor, 350 bornes sans courir. Alors, ils n'étaient pas, tu as un peu ce truc de la barrière horaire pour le Thor des Glaciers, tu sais, qui est, je crois, 100, je ne vais pas dire bêtis, je crois que c'est 120 heures ou 125 heures. Si tu fais en moins de 125 heures, tu peux aller après sur le Thor des Glaciers. Et ils étaient à une dizaine d'heures, je crois, de ça, tu vois. Donc, grosse perte quand même, sans jamais courir. Incroyable. Ouais. Donc, c'est ultra intéressant. Ouais, Esther, tu veux dire quelque chose sur le...

Esther Non, et probablement moins traumatisant.

Loïc Ah bah ouais.

Esther Tu l'as vu dans mes yeux. Ouais. Bah ouais, si tu marches tout le long.

Loïc c'est sûr.

Esther Non, mais dans le temps, tu vois, je pense que...

Loïc Ah bah ouais, sur six jours.

Romain Bah, tu réduis l'impact, toi.

Esther Ouais. C'est énorme.

Loïc C'est clair. La fatigue, vous réagissez pareil tous les deux quand vous commencez à un peu être dans le dur ou pas forcément ? Par rapport à la gestion, tu vois, de l'effort, la communication et tout. Elle est trop bien,

Esther ta question.

Romain Je te laisse répondre en tout.

Esther Manque de sommeil, je suis pas sûre qu'on réagisse de la même manière.

Romain Non, mais là, elle parle au quotidien.

Esther Non, pas forcément.

Romain Bah, au quotidien, moi, j'ai besoin quand même de... En fait, ouais, j'ai besoin de dormir et les fois où je dors peu ou moins bien, ça a un impact direct sur mon humeur, tu vois. C'est quoi,

Loïc besoin de dormir ? C'est combien d'heures ?

Romain Ouais, je sais pas, 7-8 heures, je pense quand même. Ah oui, c'est pas 10 heures ? Non, non, non, mais je pense que je suis beaucoup plus renfermé sur moi-même quand je dors pas que quand j'ai la pêche, tu vois. Et ça, Esther, ça la gonfle un peu, quoi. Après, après, en ultra ou en course, moi, je sais que quand je suis normal, c'est pareil, je suis très... je suis très... replié sur ma même et j'ai vraiment du mal à communiquer, quoi.

Esther Donc, non, non, je pense qu'on réagit pas de la même manière.

Loïc Parce que toi, Esther, c'est quoi le schéma, du coup, quand tu commences à être dans le dur, fatiguée ? Je sais pas,

Esther je pense qu'il faut demander à Romain, ça me... Je sais pas si j'ai la réponse.

Romain Ben, peut-être qu'elle manifeste un petit peu plus ce qui la dérange, tu vois.

Esther Ah ouais ?

Romain Ben oui, tu vois, tes mots, enfin, ce qu'elle ressent, en fait. Son genou, son pied, son ampoule, son sac.

Esther Mais je me plains beaucoup ?

Romain Non.

Esther Moi, je ne sais pas.

Romain Mais peut-être que... Elle exprime. Peut-être que voilà, elle exprime, alors que moi, je n'exprime rien. Donc, on réagit clairement, différemment à la fatigue ou à la difficulté ou quand on est dans des salles difficiles, c'est pas la même.

Loïc Il y a eu du coup de la tension à un moment donné. Vous l'avez fait à deux, c'est intéressant parce que vous ne faites pas forcément, tous les ultras que vous faites, vous ne faites pas forcément les mêmes ensemble, etc. Non, souvent,

Romain on s'assiste mutuellement. en général, on les court pas ensemble. On a fait des courses à étapes ensemble.

Esther C'était trop drôle, non ? Tout le monde nous a demandé justement... C'est vrai, c'est un sujet... Cette année, on nous a beaucoup posé la question.

Romain C'est un sujet qui est rigolo où ils nous ont dit mais en fait, comment vous faites pour courir en couple parce que nous, ça nous paraît complètement impossible.

Esther Ils nous ont demandé vous ne disputez pas, beaucoup moins que on a envie tous les jours. Non, on s'est disputé le deuxième jour au départ d'Asco parce qu'on n'a pas le même niveau, clairement, tu vois. Et du coup, lui part en bombe à 5h du matin au mois. En fait, le truc, c'est qu'on s'est lancé sur GR20. J'avais fait une énorme prépa pour le Mute pour fin avril. je considère avoir fait une super course. J'étais trop contente. J'ai adoré ma prépa, j'ai adoré ma course et après, je n'ai pas du tout ressenti envie de courir et alors pour moi, c'est complètement OK. Je ne me forcerai pas du tout. Je ne cours pas du tout pour quoi que ce soit. Je cours si j'en ai envie et je n'en avais pas envie et il y avait l'arrivée, il y avait... On a quand même décidé de faire le GR20 5 jours trois semaines avant. Donc, quand j'ai su qu'on allait se faire ce GR20, j'ai dit à Romain, écoute, franchement, je n'ai pas envie d'aller cuiser mentalement parce que je sais ce que ça représente. Je n'ai pas forcément envie d'aller me foutre dans les calanques des décharges. Il me disait, ce n'est pas grave, fais à l'envie. Je dis, mais tu penses que ça va avoir un impact sur le GR20 ? Il me dit, je ne pense pas. Ça va le faire, tu vois. Du coup, écoute, j'ai un peu repris vite fait rapidement mais pas non plus comme si tu préparais vraiment un GR20 en cinq jours. Et du coup, en fait, du coup, premier jour, musculairement, je sentais que ça tirait mais bon, c'est normal. En même temps, c'était tellement difficile. Et deuxième jour, on part pour un chantier total ou on part pour 1 500 sur quatre bornes, un truc comme ça. Je crois que le ratio, c'est... 5 heures du matin. Donc, lui, avec ses grandes jambes, il part en bombe. Je ne dis rien. Au bout d'un moment, je dis, tu sais très bien que si tu pars vite, en fait, ça me décourage, moi. Donc, je lui dis une première fois puis bon, voilà. Et au final, je capte que, puis funaise, musculairement, mais je paye, mais violent, vraiment violent. En fait, ça ne marche pas, quoi. Et je sais ce qui m'attend, c'est un chantier.

Romain C'est clairement la partie, c'est une des parties les plus techniques du GR20, ce qu'on attaque, là.

Esther Et du coup, et du coup, je lui dis, en fait, pendant trois fois, je lui dis gentiment, gentiment pour moi. C'est ça, le problème. Pas gentiment pour lui. Et donc, lui, il prend sur lui et moi, je suis dans la lutte et au bout d'un moment, je lui répète en lui disant, mais tu crois que c'est parce que je ne me suis pas entraînée que... Il me dit, ben oui, forcément, évidemment, tu n'étais pas entraînée avant de venir. Et là, je me dis, attends, il m'a dit qu'il n'y aurait pas d'impact. Donc du coup, là, je dis, mais tu ne vois pas, moi, j'ai besoin de réconfort, en fait, quand je ne suis pas bien. Je n'ai pas besoin que tu me dises, ben oui, évidemment, tu n'étais pas entraînée. Donc du coup, on s'est disputé un quart d'heure et puis après...

Romain Ça va, un quart d'heure sur 56 heures d'activité, ça va.

Esther Et après, je ne suis pas sûre qu'on se soit expliqué une seule fois.

Romain Et du coup, pour revenir là-dessus, est-ce que tu as bien vu que le fait d'avoir coupé un petit peu plus après ton mute, il n'y a pas eu d'impact parce que regarde comment tu l'as mangé.

Esther Donc tu avais encore raison. C'est incroyable.

Romain Regarde comment tu l'as mangé ton GA20 et la forme physique que tu as deux jours après, tu vois. Donc ça n'a pas eu d'impact. Du coup,

Esther j'arrête de m'entraîner.

Romain Et c'est hyper important de prendre en considération l'envie et l'aspect mental quand tu fais des ultras parce que tu as tout l'entraînement physique mais tu puises aussi mentalement quand tu fais des courses, quand tu fais du long. Et c'est une vraie problématique à mon sens d'aller t'entraîner si tu n'en as pas envie. En fait, ce n'est pas possible. Et je pense que si tu veux tenir physiquement dans le temps, il faut récupérer physiquement des ultras que tu cours mais il faut aussi récupérer mentalement et s'écouter et avoir de nouveau ressentir l'envie d'aller courir pour aller progressivement remonter en charge et aller faire des entraînements difficiles.

Esther Oui, mais du coup, ce que tu dis, c'est que, en fait, je pense que ce n'est pas forcément très clair de comprendre que ça ne veut pas dire « Ok, j'ai préparé une course, j'ai une prépa à venir, je n'ai pas envie d'aller m'entraîner, je n'y vais pas ». Ce n'est pas ça. C'est que du coup, pour ne pas être face à « je n'ai pas envie de m'entraîner » alors que tu es en pleine prépa, ça ne colle pas. Donc, c'est plutôt ponctuer ces courses dans l'année pour ne pas être…

Romain dans ton cas, voilà. elle a fait une super prépa pour le 80 km de madère où elle est montée sur des semaines de pic de charge à 100 bandes, 5000 ou 6000 mètres de D+. Elle a fait une super course et après la course, on a fait 10 jours de récup total, de off, ou une semaine.

Esther Oui, 10 jours.

Romain Voilà. Et ensuite, on a repris progressivement, mais elle n'avait plus envie d'aller se faire des entraînements difficiles. donc je disais « En fait, pas de souci, en fait, tant que tu n'as pas envie, on reste comme ça. » Donc, elle avait quand même conservé un petit foncier, elle allait faire des sorties plaisir, elle n'avait pas d'entraînement spécifique. Et en fait, c'est arrivé jusqu'à 2-3 semaines du GR20 où, ben voilà, elle a fait un petit volume de 30-40 km par semaine à l'envie, mais il n'y avait pas de prépa spécifique. Mais derrière, elle a un entraînement et un foncier qui est présent depuis 3-4 ans. Donc, ce n'est pas significatif de ne pas avoir préparé un GR20 deux mois avant parce qu'elle a tous ses acquis déjà. Mais si tu pars de zéro et que tu veux faire un GR20 en 5 jours, évidemment, à un moment donné, il va falloir se rentrer dedans.

Loïc Oui, c'est clair.

Romain C'est clair. Ok, donc chrono total, tu disais 56 heures, vous avez mis ? Oui, je ne sais pas. Après, on n'est vraiment pas sur une perf. Non, mais ça donne une idée. et on s'arrête dans des vasques prendre un bain, on s'arrête sur des paysages, on arrive à vivre une journée en montagne en kiffant sans se dire il faut qu'on fasse ça au plus vite possible.

Esther Je pense qu'on pourrait essayer de décrire rapidement quel est le temps d'activité, quel est le temps de pause. Je pense qu'en gros, on part à 5 heures du matin, on avance non-stop avec une intensité jamais dans le rouge ni quoi que ce soit. On s'arrête à peu près 10 minutes, 15 minutes, 10, 20, 15, allez, 15, 20 minutes. 15,

Romain 20 minutes, la première pause. La première pause. Deux, trois heures après le départ. Après, on s'arrête

Esther à peu près 45 minutes le midi. Pour bouffer. Peut-être encore un petit quart d'heure pour le break.

Romain C'est ça.

Esther Et après, on s'arrête à aller 4 fois refaire un lacet. S'émerveiller. 5 fois à remplir les gourdes. Donc, tout ça, c'est des petites 5 minutes. On ne s'arrête pas forcément au col. Tu vois, ça, c'est un truc qu'on a un peu arrêté. On arrive à un col, waouh, on continue. Voilà, ça, systématiquement un col, une brèche ou quoi que ce soit.

Romain Ouais, mais regarde, en haut de Asco, on s'est quand même arrêté avec tout le monde. En haut de Capitello, on s'est arrêté avec tout le monde. Petrapiane, on s'est arrêté un petit peu aussi pour voir la variante. Tu vois, il y a des moments de contemplation.

Esther Et il y a beaucoup de moments où on rencontre quelqu'un et on discute avec la personne. Et ça peut prendre deux minutes, mais ça peut prendre un quart d'heure ou un minute. Et en fait, on n'est pas là à de, excuse-moi, en train de partir, tu vois. Ça, c'est un sujet incroyable.

Romain En fait, c'est que il y a tout l'aspect sportif dans le GR20 et en fait, c'est comme la course à l'étape en fait. Et il y a tout la dimension humaine. Mais ça, c'est juste incroyable, quoi. C'est-à-dire, ce qui est magique, c'est qu'il y en a qui font du nord au sud et il y en a qui font du sud au nord. Donc, ça veut dire que tu crois systématiquement des mecs qui font la même chose que toi, à l'inverse. Et c'est hallucinant, c'est que tous ceux qui font le GR20, ils sont dans une espèce de bulle où ils ne parlent que du GR20, des étapes, de ce qui leur attend, de ce qu'ils ont traversé. Tout le monde. Tu vois. Donc, en fait, on est tous dans la secte GR20 et c'est juste magique parce que dès que tu croises quelqu'un, c'est salut, comment ça va, en combien de jours tu le fais, comment tu es, où est-ce que tu vas, où est-ce que tu t'arrêtes, où est-ce que tu vas bouffer, où est-ce que tu dors. Tu vois.

Esther Est-ce qu'on va se retrouver, on va se retrouver, communiquer des infos, la neige, la neige.

Romain Et tu as un échange, une gentillesse, une bienveillance. Enfin, en fait, c'est tout de suite des potes, quoi. Tu vois, peu importe l'âge, peu importe en combien de temps ils le font, peu importe, tu arrives tout le temps. Enfin, alors, beaucoup ça. Et ensuite, tu as ceux que tu croises qui arrivent à la fin de leur jeu en 20 et qui sont dans le mal et tu dis, bonjour, ça va ? Puis, il n'y a pas de réponse. Mais majoritairement, tu as quand même les gens hyper ouverts et un échange hallucinant. Et des fois, tu vois, on croise des gens, tu te restes un quart d'heure, quoi, tu vois, à échanger. Et ces moments-là, mais ces moments-là, c'est tellement riche et fort, tu vois. Et c'est des moments qu'on ne vit pas dans notre vie quotidienne. tu vois, c'est rare de parler un quart d'heure à un mec que tu croises dans la rue, quoi, en ville,

Loïc ou même à l'entraînement dans les calants. Ouais, voilà.

Romain Et ça, tu vois, cumulé, on a dû rencontrer, je ne sais pas, 200 personnes avec qui on a parlé, tu vois.

Esther Et puis, le lendemain, on est retourné au bar du Gérardin, donc à l'arrivée du Gérardin, un conca, parce qu'on dormait juste à côté. Et du coup, il y avait tous les randonneurs qu'on avait doublés qui commençaient à arriver. Franchement, c'est...

Romain Deux jours avant qu'on arrive, on rencontre des gens et du coup, on leur demande en combien de temps ils le font, donc quand est-ce qu'ils arrivent ? Et nous, on savait qu'on dormait à conca, notre arrivée, qu'on allait aller au bar du Gérardin parce qu'on avait le taxi qui arrive à 15h et qu'il n'y a rien d'autre, en fait, que le bar du Gérardin à conca. Et donc, on leur a dit, putain, mais trop cool, en fait, après, demain, si on a eu la chance, on se retrouve, tu vois, après avoir échangé 10 minutes avec eux, on se retrouve à votre arrivée, tu vois. Et en fait, c'est exactement ce qui s'est passé. C'est qu'on a retrouvé des gens qu'on avait croisés il y a deux jours et pareil, ça a créé des liens, c'est hyper enrichissant.

Loïc Ah, ça donne envie de le refaire. Ça donne envie de le refaire à vous écouter, là. Justement, en parlant de refaire ou de se lancer sur le Gérardin, ça serait quoi vos conseils, peut-être en guise de conclusion pour des gens qui nous écoutent et qui, du coup, envisagent de le faire l'année prochaine, par exemple, que ce soit la prépa, le matos, l'approche ? Je t'en prie.

Esther Je t'en prie.

Romain Alors, moi, le premier conseil, c'est de ne pas faire l'erreur, de prendre le parcours, de le diviser en jours et de se dire 30 bandes de mille, ça va. Même si tu as l'habitude de le faire, même si tu es trailer ou ultra trailer et que, et je pense qu'on a tous, je pense qu'on fait tout ça et qu'on se dise tous, bon, ça va, tu vois, c'est costaud mais ça passe et en fait, je pense que ça passe pas pour beaucoup de monde, tu vois. Donc, vraiment, il faut prendre conscience que les distances et les dénivelés sur GR20, c'est pareil nulle part, quoi. Ça, c'est la première des choses. Je pense que ce qui est hyper important, c'est, peu importe si tu le fais en 5 jours ou en 15 jours, c'est vraiment d'avoir un sac de moins de 10 kilos, quoi. parce que, parce que, parce que ça a un impact trop important sur ton GR si tu fais 12, 15, 20, quoi.

Esther De toute façon, c'est simple, c'est ce dont tout le monde parle sur les sentiers et à l'arrivée du jour à 20. Oui, oui, oui, tout le monde, peu importe le, enfin, en général, plutôt du coup, randonneur, parce que le trailer, il est quand même assez light, mais, ouais, c'est quand même, systématiquement, c'est mon sac, quoi.

Romain Souvent, les randonneurs qui ont 15 kilos, ils se...

Esther Et ils nous voient passer, ils nous voient doubler, ils nous disent, ah, vous, c'est facile avec votre sac léger. Tout est relatif, mais, en fait, nous avons pris la décision de partir à l'écrit, enfin, on est...

Romain Je pense que les sujets, GR1, c'est... Les trois sujets, je pense que c'est ampoule, sac, et physiquement pas prêt pour encaisser ça.

Esther Il y a un autre sujet. Il y a un autre sujet, c'est... Et toi, tu fais en combien de jours ? Voilà. Donc ça, c'est un sujet qui ressort systématiquement. Arrêter d'associer le jour à l'ego et à la performance et kiffer ce que tu fais, que tu le fasses en 5, en 6, en 7, en 9, en 12, en 14, être juste OK avec ce que tu fais et savoir pourquoi tu le fais. En fait, ne faites pas un GR20 en 5 jours pour dire j'ai fait un GR20 en 5 jours. Vous allez souffrir, quoi. Tout le monde... Enfin, vraiment, c'est... En vrai, en 5 jours, en 6 jours, ça change quoi, en fait ?

Romain En fait, c'est comme une diag, tu vois. Tout le monde, ouais.

Esther Tout le monde...

Romain Qui a énormément de... Enfin, en fait, tu fais une diag en 24 heures. Donc, les élites bouclent la diag en 24 heures et la barrière c'est 66 heures. Une fois que tu as fait la diag, tu te dis, mais en fait, le mec qui a fait 66 heures, il a presque plus de mérite que l'athlète élite qui l'a fait en 24. En fait, tu vois, parce que le mec a passé 3 nues dehors et quand tu connais la technicité des sentiers, tu te dis, mais pooh, en fait, c'est monstrueux. Donc, en fait, déjà, de boucler un GR20, que ce soit en 4, enfin, en 30 heures, c'est le record 30 heures, 26, je crois, en 30 heures ou en 15 jours, c'est déjà monstrueux, tu vois, c'est déjà monstrueux. Et après, en fait, ben voilà, c'est juste que chacun le fait comme il en a envie et nous, sur les réseaux, on a beaucoup de, enfin, on a eu des commentaires en 5 jours, mais quel gâchis, vous n'avez pas le temps de vous émerveiller. Mais en fait, ce n'est pas du tout, tu vois, enfin, c'est pas, en fait, on passe 14 heures dans la nature par jour, comment tu veux qu'on ne s'émerveille pas ? Moi, ce n'est pas vrai.

Esther Ben attends, en fait, toi, tu parles d'émerveillement visuel, mais en fait, chacun vient chercher ce qu'il a envie de venir chercher sur le GR20. Moi, je m'émerveiller face à un paysage, ouais, par moment, mais en fait, des fois, je passe à côté de paysages splendides, je m'en tamponne, en fait, ce que je m'émerveille face à l'effort que je suis en train de vivre physiquement, ce que je suis en train d'accomplir. En fait, je ne vais pas sur le GR20 pour m'émerveiller des paysages, en fait, j'ai plein de choses à vivre différemment. pas que,

Romain pas que, en tout cas. Ouais, voilà, pas que. Mais tu vois, moi, si on me proposait de faire un GR20 en 14 jours avec un sac de 15 kilos, ben, je n'y irais pas, en fait, tu vois, parce qu'on va arriver au refuge à 13 heures, on va faire quoi ? On va boire des peintres au refuge, tu vois ? Donc, en fait, c'est juste, il n'y a pas de jugement dans en combien de temps tu le fais, comment tu le fais, c'est, tu vois, libre à chacun de le faire comme il en a envie et puis c'est cool, en fait, tu vois.

Loïc C'est quoi la suite, du coup ? Parce que, comme je sais que Romain, tu es le spécialiste de, on vient de finir le GR20 en 5 jours, 2 heures après, on trouve un nouveau défi.

Esther Tu te rappelles ce qu'il m'a fait faire l'année dernière ?

Loïc Je me rappelle, c'est pour ça que je pose la question, du coup, qu'est-ce qu'il a inventé ? Ben, on va faire l'Everest la semaine prochaine.

Esther Ah ouais, l'année dernière, il m'avait envoyé faire le tour du Beaufortin trois semaines après. Et en fait, mais j'ai vécu l'enfer de ma vie. Tu vois, pour le coup, pour le coup, vraiment, j'ai vécu l'expérience de, OK, coup sur coup, ce que ça donne. Donc, en fait, je suis partie sur le Beaufortin jour 1 en me disant, ben, ça va passer. Je suis juste un peu cramée, ça va passer. Ça n'est jamais passé. J'ai subi chaque kilomètre. Je n'ai pas parlé, j'ai détesté, je n'ai pas du tout envie de retrouver dans le Beaufortin. Je me suis pas plaint.

Romain Tu t'avais fait une surprise.

Esther Franchement, j'ai subi, j'ai détesté et je me suis vraiment demandé ce que je foutais là. Et du coup, je ne voulais pas aller faire la CCC, qui m'attendait un mois plus tard parce que, parce qu'en fait, je ne prenais plus aucun plaisir.

Romain J'ai un peu sous-estimé la période de récupération.

Esther Excuse-moi, ma chérie. Ouais. Donc, Donc là,

Romain il n'y a rien dans les cartes. Si, la suite, moi, je vais courir le Verbier UTMB, le 70 banc, dans 10 jours. OK. Esther refait la CCC.

Esther Du coup, je me relance dans une grosse prépa.

Romain Elle va récupérer un peu et puis ensuite, on va faire une prépa spécifique pour faire un sub-20 sur la CCC. Elle a fait 23h l'année dernière, c'est ça ? Ouais. 22h50. Et puis, et ensuite, moi, c'est la Diag en octobre, donc, j'ai volontairement pas calé. J'ai juste fait un sans-borne au mois de mai et je fais le 70 au mois de juillet et j'ai volontairement pas calé d'autres dossards. Jusqu'à Diag, je ferais peut-être une course en début septembre ou pas, mais j'ai vraiment envie d'arriver avec une fraîcheur physique et mentale incroyable parce que je sais à quel point tu vas appuyer sur cette course. Donc, je vais faire des gros blocs cet été, mais voilà, pas de 100 miles, pas d'autres 100 miles cette année qu'il y a la Diag pour faire la course que j'ai envie de faire.

Loïc Trop bien. Eh bien, merci à tous les deux. C'était passionnant d'en apprendre plus sur ce deuxième GR20. Franchement, ça me donne envie, ça m'a replongé dans des souvenirs de fou.

Romain c'est vraiment une expérience de vie hors norme.

Esther Hier, on était dans la voiture, on est arrivé à la maison et Romain, il me dit mais en fait, j'ai déjà envie d'y retourner avec toi. Du coup, je lui ai dit eh bien, on y va en septembre

Loïc pour faire un bloc

Esther avant ta Diag.

Loïc Septembre, moi, j'ai essayé d'aller en septembre sur des bouts de GR20 la troisième fois vers le lac de Nino et tout. Non, peut-être plus tard octobre. Bon, les refuges étaient fermés et tout, mais par contre, les paysages, rien à voir. Quand tu es dans les couleurs de l'automne et tout, c'est encore un autre pays. C'est hallucinant.

Romain C'était trop, trop beau. Là, on a fait les deux fois fin juin et c'est vraiment top aussi parce que du coup, tu as une... le soleil se lève à 5 heures et puis ça se couche à 21 heures. Donc, tu peux vraiment être toute la journée en montagne et puis, il n'y en a pas eu une goutte de pluie. et puis, il n'a pas fait si chaud que ça. Il a fait chaud, mais si, il a fait chaud les deux heures et les jours. il a fait chaud.

Esther Après, je pense que dans ce genre de périple, tu ne captes plus rien. Chaud, pas chaud, mal, pas mal, tout fait mal. Donc, si tu commences à associer du négatif à quelque chose, t'es cuit.

Loïc Trop bien. Eh bien, merci à tous les deux. Merci à toi. A une prochaine. Avec plaisir. Ciao, ciao.

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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