Les Frappés
Saison 5 Bonus Trail #TDS #Trail #UTMB

06 septembre 2026

Victoire sur la TDS, blessures, doute et plaisir, avec Sarah Vieuille

Durée · 1h15 · Transcription disponible

Sarah

Le récit

Quel plaisir de recevoir Sarah au lendemain de sa victoire sur la TDS, 6 ans quasiment jour pour jour après son premier épisode sur le podcast !

Il s'est passé beaucoup de choses depuis 2020 pour Sarah : des distances qui se sont allongées, des victoires sur des ultra de légende comme l'Échappée Belle ou la PicaPica, mais aussi une longue période de passage à vide, la gestion d'une blessure tenace, un retour en fanfare, et de beaux projets à venir.

Pour celles et ceux qui écoutaient déjà le podcast à l'époque, je vous rassure tout de suite, on a bien parlé des fameuses pommes de terre à l'eau salées dont Sarah est adepte, et qui en tous cas personnellement m'avait marqué quand elle en avait parlé à l'époque.

Merci Sarah d'avoir pris le temps pour nous ! Excellente écoute.

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Transcription

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Sarah Je savais que pour la TDS, il fallait courir aussi. Ça se court. C'est vrai que c'est le parcours, on dit, le plus technique des courses de l'UTMB, qui est vrai, le plus sauvage. C'est pas l'échappée belle ou la pika-pika. Il y a quand même le passage de praloyant qui est équipé, il faut faire attention. Mais tout le reste, il faut quand même se dire qu'il faut courir. En plus, il y a quand même du niveau. On est rarement tranquille, donc il ne faut pas perdre de temps, optimiser les ravitaillements.

Loïc Sous-titrage Société Radio-Canada suivre leur propre chemin. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irréversibles dans ta vie. Tu es prévenu. Et bien c'est parti. Bienvenue Sarah au micro du podcast. Six ans après ton premier épisode, je suis ultra content de te recevoir à nouveau au lendemain de ta victoire sur la TDS. Je pense qu'on va avoir plein de choses à se raconter. Ma première question, maintenant que je t'ai souhaité la bienvenue, c'est comment tu vas ? Comment tu vas quelques jours seulement après

Sarah cette victoire ? Bonjour Loïc, bonjour à tous. Déjà, je suis très honorée d'être à nouveau l'invité du jour. Six ans après, c'est vrai que j'ai appris que c'était hier. J'avoue que... Comment ça va ? Comme je dis, j'ai encore du mal à réaliser. J'ai quand même repris le boulot. La lundi, je pense que ma tête, elle ne sait pas trop où est-ce qu'elle est. Donc, ça va. Après, physiquement, comme je disais, j'ai encore des traces de la course, je pense, d'avoir quand même pas mal puisé. Et puis, surtout, comme je disais également, la pré-course, ça a été des moments forts où j'ai eu pas mal de sollicitations. Ensuite, il y avait la team. donc c'est vrai que je voulais passer le maximum de temps avec l'équipe et c'est vrai que j'ai un petit peu négligé la récup après course donc là je pense que je paie un petit peu cette négligence là mais bon ça va le faire voilà on va reprendre tranquillement

Loïc excellent donc s'il y en a qui découvrent Sarah sur le podcast le lien du premier épisode est en description foncez l'écouter on avait parlé de plein de choses alors à l'époque ça m'a beaucoup fait rire parce que du coup je me suis repenché un peu sur ce qu'on s'était dit à l'époque tu courais en termes de distance entre 50 à 100 km on avait parlé d'ultra je t'avais posé la question est-ce que tu penses allonger les distances et tu m'avais dit bah écoute voilà moi je me concentre sur la progressivité la progressivité c'est gage de longévité tu m'avais dit ça m'avait marqué donc c'est marrant de te voir 6 ans plus tard gagner 145 km bon là on parle de la TDS parce que c'était il y a quelques jours mais il y en a eu d'autres avant la Pika Pika qui est déjà un peu plus de 100 km si j'ai bonne mémoire 110 je crois c'est ça ?

Sarah ouais 110-115 ouais

Loïc l'échappée belle qui est un énorme monstre de quasiment 150 donc clairement les distances tu les as allongées c'est comment tu décris du coup cette progressivité est-ce que c'est tu savais dès le début que c'était ces distances-là qui t'appelaient, mais tu voulais prendre ton temps, gagner en expérience physiquement, permettre à ton corps de s'adapter ou il y a eu une sorte de déclic, un moment vraiment particulier, une course spécifiquement qui t'a amené sur du plus long comme ça ?

Sarah En fait, c'est venu effectivement, j'ai toujours dit, la progressivité c'est vraiment la base si on veut durer dans le temps. Ensuite, personnellement, par rapport à mes objectifs à l'époque, c'est vrai que je jouais davantage les sélections d'équipes de France, les championnats du monde, qui étaient des distances plus courtes. Puis avec Philippe, c'était un travail d'équipe. Moi, je suivais ses conseils. Il souhaitait que je travaille vraiment à la vitesse. Et une fois qu'il a considéré que ma vitesse de base était bien ancrée, il m'a sollicité, il m'a encouragée à passer à des distances supérieures parce qu'il a toujours su que j'avais quand même des qualités d'endurance. Il m'a dit à un moment donné, je pense que tu as fait du bon travail de fond et que tu peux dorénavant t'allonger sur des ultras, qui sont des formats qui sont vraiment faits pour toi par rapport à tes qualités de base. Et c'est là que je me suis alignée dans un premier temps sur l'UTPMA. C'est vraiment ma plus grande distance. après mon opération j'ai été opérée entre temps parce que il y a 6 ans il s'est passé tellement de choses j'ai été opérée de l'alice valgus qui m'a handicapée au quotidien et à un moment donné j'ai dit stop j'ai souffré le martyr en plus de ça c'est le moment où Kipron m'avait contactée pour faire partie de l'équipe et ce que je leur ai dit c'est j'accepte mais par contre pour accepter aussi que je ne pourrais pas reprendre les courses tout de suite parce que là, je vais me faire repérer du pied. Je n'en peux plus de pouvoir rentrer dans des chaussures et là, de pouvoir renoncer à une marque parce que mon pied ne rentre pas dans vos chaussures, là, ça ne peut plus aller. Donc, j'ai prédition de me faire repérer et franchement, je n'ai aucun regret, ça m'a vraiment changé la vie. Suite à mon opération, j'ai recommencé avec du TPMA qui est à 120 kilomètres et j'avais toujours en tête de faire l'échappée belle parce que pareil on avait toujours dit l'échappée belle c'était pour toi l'organisation m'avait invitée plusieurs fois et là pour une reprise j'avais un peu une revanche à prendre par rapport à mon opération et je me suis dit je veux recommencer avec l'échappée belle et à l'UTPMA il s'avère que j'ai gagné la course et j'ai gagné mon billet pour la Diag et vraiment comme je dis je ne souhaitais absolument pas faire la Diag tout de suite parce que pour une première saison d'Ultra, la diac ça me faisait extrêmement peur et pendant la cour je me rappelle le 120 à l'UTPMA donc je suis partie j'étais vraiment bien, j'ai eu un moment vraiment de gros bad où j'ai dit à Philippe, il était là pour me ravitailler j'ai dit à Philippe, j'arrête je sais pas ce que je fais là, je suis trop mal il m'a vu, il m'a dit, je t'ai jamais vu comme ça j'étais blanche et il me dit, en croyant que ça allait motivée, il me dit oui, en plus de ça, il me dit, t'as un ticket pour la diag ? J'ai dit, mais moi, je ne veux pas faire la diag. Je m'en fiche. Je ne veux surtout pas faire la diag, donc je ne veux pas gagner la course. Après, je me suis switchée, ça allait beaucoup mieux, donc je suis repartie et puis finalement, j'ai gagné la course, donc mon billet. Et je dis à Philippe, non, mais je ne veux pas faire la diag. Il me dit, écoute, Sarah, si tu vas à La Réunion, c'est pour faire la diag, quoi. je voulais m'amener sur une course plus courte là-bas et j'ai dit j'y vais et puis on verra bien de toute façon j'ai dit par contre je veux quand même faire l'échappée d'elle parce que ça me tient vraiment à coeur donc cette année là j'ai enchaîné avec l'échappée d'elle et la Diag pour une première saison du trappe que je ne conseille à personne c'est quand je parle de pourréfus c'est totalement à l'opposé mais j'ai fait vraiment à l'envie et puis surtout par rapport à ma saison précédente qui avait été quand même pas mal stoppée juste à mon pied.

Loïc Ça, c'était en 2022, c'est ça ?

Sarah Alors là, sûrement. Je sais. C'est il y a quatre ans. Donc, effectivement, c'est 2022.

Loïc Oui, OK. Donc là, tu as aussi, c'est l'année, donc tu as fait échapper belle la Diag et tu as gagné la Saint-Élion cette année-là aussi.

Sarah Oui, exactement. Donc, tu as quand même enchaîné. Oui. Et puis après, j'ai enchaîné en janvier, février en Croatie avec l'Istria 120. Et après, je ne sais pas si on en parlait tout de suite, mais j'ai été stoppée encore un moment. Tu as d'autres péripéties.

Loïc Blessures ?

Sarah Alors, j'ai eu après l'histria, donc c'était en fin d'hiver. Je fais pas mal de ski de fond, ski de rando l'hiver. Et lors d'une sortie de ski de rando, j'ai eu un échauffement sous le pied. on va savoir pourquoi et en fait j'ai contracté une ampoule une ampoule interne j'ai découvert le truc une ampoule interne qui s'est infectée donc je me suis demandé ce qui se passait mon pied un jour il a gonflé d'un coup j'ai contacté mon médecin du sport qui m'a reçu de suite et là il y a opération d'urgence

Loïc ah oui carrément

Sarah ah oui j'ai été opérée c'était en juin l'année 2023 opération d'urgence j'ai eu un choc parce que je ne m'attendais pas du tout à ça opération donc voilà je suis sortie et il m'a dit qu'au bout de je ne m'en rappelle plus au bout de combien de temps il m'a dit peut-être 3 semaines et il m'a dit au bout de quelques semaines tu peux reprendre le vélo donc moi je n'ai pas attendu un jour de plus c'était pas cicatrisé encore mais il m'a dit au bout de trois semaines je peux reprendre le vélo donc je m'en prends le vélo sauf qu'en fait ça c'était pas enfermé parce que le pied c'est quand même un endroit très compliqué pour enfermer en plus de ça c'était un été chaud donc pareil le pied toujours humide bon il n'empêche que je continuais mes bandages c'était toujours pas fermé j'ai recouru par dessus j'ai fait une course j'avais fait le try défi à l'époque j'avais toujours mal ça se refermait pas mais je me dis c'est bon ça va se refermer à un moment donné sauf que ça s'est pas refermé et ça s'est réinfecté

Loïc oh punaise

Sarah voilà réinfection donc à la Toussaint qui a suivi ma première opération pareil j'ai eu des douleurs mais insupportables j'allais au travail je pleurais de douleur franchement et là je faisais un peu l'autruche j'avoue que et là j'ai contacté mon médecin à nouveau et j'ai envoyé une photo, il m'a dit tout de suite hospitaliser. Opérer dès le lendemain, encore une fois. Donc là, ça m'a vraiment fait... J'ai du mal à accepter la deuxième opération. Autant la première, c'est un soulagement parce que j'avais vraiment mal. Je me suis dit, là, je passe le billard. Voilà, ça sera que bénéfique. Mais la deuxième opération, j'avoue que j'ai vraiment... J'ai eu du mal à accepter. Parce que je me dis, mais est-ce que ça va cicatriser un jour ? Donc, la opération, je me suis vraiment renfermée sur moi-même. Et pendant sa première fois, à l'hôpital, je ne voulais voir personne. À part avec ma famille, je voulais avoir de nouvelles de personne. J'étais enfermée dans ma chambre d'hôpital. Et puis, à un moment donné, c'est justement en discutant avec des gens à l'hôpital. qui avait quand même des choses plus graves que moi. Je me suis remotivée et puis j'ai relativisé. Là, je me suis dit, écoute, là, tu ne peux plus rien faire, tu ne peux pas courir, tu vas devoir vraiment écouter. Parce que là, les chirurgiens et les médecins étaient clairs en me disant, si vous n'écoutez pas ce qu'on vous dit, ça ne va me faire que retarder. Et là, je me suis dit, c'est bon, j'arrête mes bêtises. Et je me suis dit dans ma tête, écoute, voilà, tu n'as pas le choix. Donc, on va me dire, mais elle est folle. Ce que j'ai fait, c'est que j'ai commandé des poids, des trucs comme ça, choses que je ne fais jamais. Je me suis dit, écoute, voilà, ma cocotte, ce que tu vas faire, c'est que tu vas te maintenir en forme en faisant autre chose. Donc, c'est comme ça que ça m'a remotivée en me disant, écoute, tu ne pourras pas courir, il faudra que tu prennes des béquilles, etc. Et ce que j'ai fait pendant tout l'hiver, je rythmais mes journées parce que là, j'étais en arrêt. Parce que pareil, je ne voulais pas être en arrêt. Je visais au boulot. Ça me gênait de m'arrêter. Là, j'ai accepté d'être en arrêt pendant plusieurs mois. Et j'ai rythmé mes journées avec du renfaux pour garder la motivation et puis le moral surtout. Donc voilà, ça a été une année assez compliquée. Et puis, j'avoue que ça a mis du temps à cicatriser encore, malgré le fait que j'ai vraiment pu écouter ce qu'on me disait. J'avais quand même des soins quotidiens. Mais bon, le corps, à un moment donné, il nous rappelle à l'ordre. Et puis, il nous rappelle qu'il faut en prendre soin. Et puis, voilà, qu'on n'est pas plus fort que tout le monde.

Loïc c'est marrant ce que tu dis sur le fait que tu as eu du mal à accepter la deuxième opération parce que je me rappelle aussi que tu m'avais expliqué la première fois qu'on avait échangé que tu avais eu plusieurs fractures de fatigue à tes débuts dans la course à pied et que tu n'étais pas forcément ultra ok pour être suivi que tu culpabilisais beaucoup en étant en repos et que c'est quand Philippe avait commencé à te suivre un peu plus je crois 2018 si j'ai bonne mémoire que voilà Les blessures, tu avais mis tout ça derrière toi. Franchement, je comprends que surtout quand le sport a une place aussi importante que c'est le cas pour toi, que dans ta vie, accepter la deuxième opération alors que tu viens de sortir de la première, ça a dû être un peu relou. Mais en fait, ton année 2023, ça a été une année complètement blanche. J'imagine début 2024 aussi ?

Sarah Oui, 2024 aussi. je n'ai repris la course à pied que durant l'été 2024 d'ailleurs j'avais encore des petites douleurs parce qu'en fait mon pied avait été traumatisé par rapport à tout ce que j'avais fait en durée et quand j'ai repris la course à pied je ressentais toujours en fait c'était raide il y a des tissus inflammatoires qui s'étaient créés et quand j'ai repris on avait fait la roco de l'échappée belle parce qu'Emilien avait en tête de l'affaire. J'avais encore des douleurs à l'époque et j'ai repris par une course, pareil, c'est pas très intelligent, mais j'ai fait l'endurance trail étant plié. Avec toujours, j'ai vraiment galéré. Autant que je suis partie en étant feu tout flamme, je partais comme si je ne m'étais jamais arrêtée. Philippe, il s'est dit qu'est-ce qu'elle fait ? J'étais bien, puis après, boue, j'ai galéré la fin, un peu au fond du trou. J'ai terminé la course, mais en ayant toujours mal. Mal, voilà. Ce n'était pas une douleur. Tout était cicatrisé, tout était OK. J'avais toujours une raideur au niveau des orteils. Et ma saison suivante, j'avais plein d'envie, notamment plein d'envie de course à l'étranger. Donc, j'ai fait à 30 ans de Canaria. France de l'Ulcania. Qu'est-ce que j'avais fait encore ? Mais bon, pareil, c'était des courses plaisir, tout en sachant que je n'avais pas retrouvé mon niveau. Mais j'avais envie de courir, retrouver l'ambiance des courses, faire des courses à l'étranger, qui me tenaient à cœur, qui me faisaient rêver depuis plusieurs années. J'avais moins envie de courir dans les Vosges, peut-être aussi parce que, sachant que je n'avais pas non plus forcément la frite j'avais pas forcément envie d'être présente sans être vraiment en forme et qu'est-ce que j'ai fait d'autre cette année-là ? j'ai fait la pika pika

Loïc la pika pika, que t'as gagné ? accessoirement l'ultra le plus montagnard de l'hexagone comme dirait Naïl tu confirmes d'ailleurs c'est costaud

Sarah ouais ouais franchement c'est costaud parce que la première chose qu'on m'a demandé à l'arrivée c'est alors si tu compares à échappé belle tu vas échapper belle à côté ouais c'est c'est un cran en dessous quand même quoi c'est technique c'est magnifique mais j'ai envie de dire on va dire il y a le les trois quarts sont techniques mais le début j'ai quand même le souvenir que ça se courait chez PBL et la fin aussi beaucoup par contre Pika Pika à part la fin on ne peut plus courir parce qu'on est totalement ramé tout le reste ça se marche ça se marche et ça ne marche pas vite parce que c'est extrêmement technique oui donc ok

Loïc ça a été quoi ton chrono pour les 109 km pour en se rendre compte un peu

Sarah je crois que c'est franchement je ne sais même plus C'est entre 29 et 30 heures, je crois bien. Je sais, je suis très nul. Non, mais je suis très nul en… Je ne me souviens plus. Je n'ai pas du tout la mémoire des chiffres. Mais ouais, entre 29 et 30 heures, je dirais. 30 heures, ouais, je ne sais plus. Mais ouais, c'est un beau morceau. C'est un beau morceau.

Loïc Ok. Donc ça, c'est 2025, le retour à la compétition. d'abord avant tout avec des courses plaisir fin 2025 tu dirais que tu avais à partir de quel moment est-ce que tu dirais que tu avais récupéré ton plein potentiel plus de gêne dans le pied que la Sarah des grands jours était de retour

Sarah ben là j'ai envie de dire 2026 parce que j'ai plus du tout mal j'ai plus du tout ouais là c'est début de saison parce que la TDS j'étais pas inscrite j'étais inscrite tardivement mais c'est en reprenant parce que là après j'ai refait la diag l'année dernière et après la diag j'ai eu un moment où j'ai eu besoin vraiment de couper mentalement parce que j'ai eu pas mal de déjà la diag j'étais quand même en canne, j'étais bien entraînée après la pika pika j'avais des très bonnes sensations donc je suis arrivée sur la diag en étant en forme, en me disant ouais je pensais faire une belle course bon j'avais quand même j'avais pas mal de fatigue par rapport au boulot. Je suis arrivée assez tard sur place. Après, j'ai eu le décès de ma grand-mère juste avant. Mentalement, j'étais quand même fatiguée. Autant physiquement, j'étais prête, mais j'étais fatiguée. J'ai mal géré l'alimentation. J'ai coulé pendant la course. J'ai fait des micro-malaises. Ça n'est pas que ça m'arrivait. J'étais quand même déçue de ma course au final. et donc comme je suis arrivée pas entamée physiquement comme la première fois après à la fin de la diag j'ai repris l'entraînement assez rapidement et en fait j'ai saturé je faisais des séances, je me disais mais pourquoi je fais ça j'avais plus du tout envie donc j'ai dit à Philippe écoute là je crois j'ai vraiment besoin de couper donc il a dit écoute on coupe et quand t'es prête à reprendre tu reviens vers moi et là, j'ai coupé pendant tout l'hiver. Je n'ai pas du tout couru. Je fais beaucoup de ski de fond, énormément de ski de fond. Je faisais toujours les mêmes trucs, mais je prenais vraiment plaisir à sortir mes skis. J'ai fait du ski de fond décembre, janvier, février. Quand est-ce que j'ai repris la course à pied ? Tard. J'ai repris la course à pied quand on a fait notre rassemblement à Bédouin. C'était peut-être en mars. Oui, en mars. j'ai repris tardivement la course à pied j'avais pas envie avant et puis là ça a bien bonnes sensations et puis je me suis dit j'avais rien planifié dans ma saison et j'ai dit en outre qu'est-ce que je vais faire et là j'ai eu un titre je me suis dit peut-être la TDS je vais me préparer sérieusement et j'ai demandé justement à Julien Chaurier et j'ai pu avoir un dossard donc c'est parti comme ça en fait mais vraiment j'avais aucune idée, aucune envie particulière pour cette saison là même la Diag où je suis réinscrite pareil j'ai demandé un dossard très tardivement parce que je voulais voir comment je reprenais surtout si l'envie était là

Loïc c'est intéressant parce que moi je suis aussi passé par des phases de blessures en judo et je m'étais cassé le métatars à un pied, enfin bon bref donc je pouvais plus faire du dos et j'ai souvenir, tu vois que c'était une période où j'enchaînais vraiment, j'étais déjà en équipe de France les entraînements, j'étais pas en sport-études donc c'était la galère, les trajets 3 fois par semaine jusqu'au centre d'entraînement je ratais les cours, enfin bon bref un peu en saturation, tu vois comme toi je me pose des questions, pourquoi est-ce que je fais ça et cet arrêt forcé a fait que quand je suis revenu bah en fait il n'y avait plus vraiment d'enjeux parce que la saison tu vois a été faite donc pareil j'y allais un peu au plaisir et je me rappelle m'être régalé sur les premières compétitions de reprise et en fait avoir tout déchiré avoir eu des super résultats donc c'est marrant parce que c'est un peu contre-intuitif tu te dis bon la reprise va être dure etc mais peut-être que parfois en fait ça fait du bien ça a réforcé et ça permet un peu de tout remettre à zéro et de revenir sur une page pas complètement blanche mais quelque chose d'un peu plus propre

Sarah ouais mais ça c'est avec l'expérience c'est le temps qu'on apprend parce qu'au début je pense qu'on est tous pareil, les premières blessures on est au fond du trou on a l'impression que tout s'est écroulé ah non mais je me rappelle c'est limite si j'en rigole maintenant je me dis mais c'est ridicule à l'époque et maintenant en fait on analyse davantage, on se connait est-ce que c'est la sagesse de l'âge je sais pas mais je ne prends plus les choses de la même façon et après c'est pareil, il y a des grosses remises en question, il y a eu aussi la période Covid, moi personnellement, je dis moi mais je ne suis pas la seule mais c'est pareil je pense qu'on est ressorti de cette période-là changé et à se poser beaucoup de questions, pourquoi on fait ci, pourquoi on fait ça qu'est-ce que ça nous apporte. Ça a été compliqué. Sportivement parlant, se retrouver sur une ligne de départ après cette période-là, au départ, je me demandais qu'est-ce que je fais là ? Il y a des choses plus importantes. Là, le plaisir est revenu, l'envie est revenue. Je ne me pose plus 36 000 questions. J'en profite. Est-ce que c'est le passage aussi de la quarantaine ? Je ne sais pas. c'est un cap quand même

Loïc oui j'imagine d'ailleurs puisque tu l'évoques on va avoir une petite parenthèse tu le sens physiquement sur la récup etc que ça joue ou pas vraiment

Sarah alors je pense que je ne suis pas omnibulée par ça mais je pense surtout le besoin de repos autant avant je pouvais enchaîner j'en avais jamais assez on va dire là j'apprécie quand j'ai fait ma séance de rien faire après de me reposer simplement de faire autre chose moi j'ai d'autres envies après je pense au fond de moi aussi je me dis avec tout ce que j'ai fait c'est pas que j'ai pu rien approuver parce que forcément il y a plein de courses qui me donnerait encore envie et qui me donnerait envie de gagner, mais je ne suis plus là à me prouver à moi-même parce que, comme j'ai toujours dit, je n'ai jamais eu ce sentiment-là de courir pour les autres. J'ai toujours couru pour moi, mais j'ai moins besoin de me prouver à moi-même, effectivement, certaines choses. Et en fait, je suis plus apaisée avec moi-même. Et ça, je pense vraiment que c'est avec le temps, avec l'âge et c'est vraiment appréciable.

Loïc Parce que moins de pression ?

Sarah Alors la pression, j'en ai toujours. Ça me met la pression, c'est quelque chose dont j'ai du mal à gérer. La pression, plus par rapport aux autres, on dira, mais par rapport à moi-même, je ne suis plus comme ça à devoir me prouver. Je ne sais pas quoi en fait. C'est vrai que je fasse une psychothérapie par rapport à qu'est-ce que je recherchais à l'époque mais comme je dis toujours je ne cours plus pour les mêmes raisons qu'il y a quelques années et je suis plus en phase avec moi-même je suis bien avec moi-même c'est ça que je ressens

Loïc c'est beau ça d'entendre ça

Sarah excellent je souhaite que tout le monde soit en phase avec soi-même aussi parce que c'est important

Loïc complètement et tu vois on en revient à cette notion de longévité, moi je suis absolument convaincu après plus de 300 épisodes avec des gens tous plus fous les uns que les autres que le secret il est peut-être là aussi si tu vas avec du plaisir, que t'es aligné avec toi-même que tu sens que t'es au bon endroit au bon moment, je pense que ça contribue largement à ce que tu tiennes dans la durée

Sarah c'est sûr j'ai toujours dit il faut savoir pourquoi on court c'est ça la base pourquoi est-ce qu'on fait du sport pourquoi est-ce qu'on fait du sport à ce niveau là et avoir conscience aussi qu'on a une tête et puis un corps et que tout est lié et qu'il faut respecter notre corps aussi même si la course à pied c'est pas le meilleur sport c'est quand même un sport traumatisant c'est pas le seul mais avoir conscience de ça aussi moi comme je dis j'ai envie de pouvoir faire du sport jusqu'à mes vieux jours je fais des ultras mais je pense pas faire ça non plus encore 10 ans pas ce niveau là c'est sûr mais on verra je prends vraiment les choses pas au jour le jour mais un petit peu je n'ai pas besoin de se racomettre je vois comment ça vient ce qui vient et puis écouter écouter mes envies mes sensations et là si je sens qu'il y a un truc qui coince je n'insiste pas

Loïc je t'enverrai un épisode que j'ai enregistré avec Christine Tailleb qui s'est mise alors bon c'est peut-être un peu différent parce qu'elle a fait du sport toute sa vie c'était plutôt de la danse mais elle s'est mise à la course à pied à 60 ans elle a terminé le Marathon des Sables pour son 70ème anniversaire donc c'était ultra intéressant parce qu'on a parlé vraiment beaucoup de longévité, d'approche pas forcément orientée, performance en gros tout ce qu'elle fait elle ne se met jamais vraiment dans le rouge elle ne regarde pas vraiment les chronos mais c'était un épisode qui m'a ouvert les yeux sur pas mal de sujets justement en lien avec la longévité, l'approche de la pratique dans le temps, etc. Ultra intéressant, donc je te l'enverrai. Mais en tout cas, à 70 ans, on peut finir le Marathon des Sables

Sarah sans souffrir, visiblement. Chapeau, parce que Marathon des Sables, c'est particulier quand même. C'est particulier, oui.

Loïc Sarah, ce que je te propose, c'est qu'on rentre dans le détail de cette TDS. Tu nous expliquais que tu as eu un dossard, ce n'était pas forcément prévu, tu as réussi à avoir un dossard last minute, mais bon voilà c'était pas en tout cas un objectif de saison une fois que le fait que tu allais prendre le départ était acté qu'est-ce qui s'est passé dans ta tête est-ce que là tu t'es dit bon je me cale un objectif ou l'approche c'était toujours la même cette idée de je reprends je me remets dedans au plaisir

Sarah non après ça a été une discussion forcément avec Philippe et puis organiser la saison planifier des courses de préparation après l'idée c'est comme on a discuté avec Philippe c'est que je pense que j'avais je pense que c'était sûr j'avais une saturation aussi par rapport à la saison dernière parce que j'avais fait beaucoup de courses à l'étranger j'avais pris beaucoup l'avion beaucoup de déplacements et en fait j'étais j'étais fatiguée de tout ça et là j'avais qu'une envie c'était de faire de plus bouger je voulais rester dans les Vosges et en fait on a accès vraiment à les courses de préparation autour de chez moi pas trop loin pour ne pas générer davantage de fatigue. J'ai fait des courses de prépa et puis des courses que je n'avais jamais faites dans les Vosges. Et puis, j'étais heureuse de reprendre justement le départ de course avec des copains de l'époque qu'on ne s'était pas vus depuis des années. Et c'est comme ça que j'en suis arrivée jusqu'à la TDS. Donc, on a planifié. Après, il y avait une course qui me tenait aussi à cœur que je n'avais jamais faite. c'était la Restonica en Corse.

Loïc Ah oui.

Sarah Voilà, donc c'était ma dernière course avant la TDS. Et ensuite, j'ai eu la chance d'avoir des vacances scolaires. Donc l'été, Philippe, il sait, là par contre, il me laisse plus ou moins libre parce que je pars beaucoup en trek, en sac à dos, en rando-courses. Donc voilà, mon été de prépa a été organisé comme ça avec la Restonica. ensuite je suis partie en trek avec mon sac à dos j'ai parti dans les Dolomites et puis la rando course aussi et après par contre Philippe m'a dit ça serait bien que quand tu rentres des Dolomites on fasse un dernier bloc tu remettes ton corps en marche en mode course donc on a refait un petit bloc de course à pied avant la TDS

Loïc ok restonica au passage où tu termines première femme

Sarah voilà une très belle course aussi ça m'a donné envie de faire l'ultra là par contre aussi

Loïc c'est vrai ?

Sarah ah ouais parce que j'ai fait le 69 et l'ultra il doit être magnifique

Loïc l'ultra c'est un 100 de mémoire c'est ça ?

Sarah c'est un 100 pas un peu plus ouais peut-être je ne sais plus comment il fait mais bon costaud quoi

Loïc ouais ouais oui oui oui je pense bien technique j'ai fait une course à étapes au Maroc en fin mai et dans l'Atlas et il y avait plusieurs personnes qui partaient sur l'Arrestonica après à nous Geoffrey si vous m'écoutez et ouais a priori ils se sont régalés de toute façon la Corse est tellement beau je pense que tu peux que te régaler quand t'es dans les montagnes aux Corses ils ont fait l'ultra ? oui mais alors je sais plus si c'était l'ultra ou pas ils étaient en relais d'accord ouais en tout cas Geoffrey Hannault était en relais les autres Nico Julien je sais plus sur quelle distance il partait mais a priori très très belle course enfin je ne suis pas surpris la Corse ok en tout cas du coup la TDS donc c'est devenu en fait une fois que tu as eu ton dossard c'est devenu l'objectif de la saison c'était pas une course parmi d'autres ça a été la course pour laquelle tu as fait tes entraînements des courses de prépa etc au niveau du pied plus rien à ce moment là

Sarah non plus rien non plus rien du tout et aussi j'ai fait après la Corse pardon j'ai fait la reco de la TDS aussi voilà

Loïc ok intégrale

Sarah sur 3 jours sur 3 jours on l'a fait sur 3 jours et oui ce qui m'a vraiment aidé pour le jour de la Corse

Loïc ok ça a été quoi parce que quand on s'était parlé il y a 6 ans tu étais déjà quand même bien expérimenté en course à pied trail 6 ans plus tard c'est encore plus mais est-ce que tu dirais du coup maintenant que cette course est derrière toi la TDS est-ce qu'il y a des spécificités sur lesquelles tu t'es concentrée est-ce que par rapport à la technicité du terrain l'heure de départ et du coup la gestion de la nuit est-ce qu'il y a des choses particulières spécifiques à la TDS que tu as préparées avant la course ?

Sarah Non pas spécifiquement mais après être rentrée des Dolomites Je suis partie une semaine toute seule au début pour remettre à courir à mon rythme aussi. Parce que c'est vrai que les derniers temps, je courais. Je n'ai pas fait beaucoup de séances de qualité cette saison-là. J'ai fait beaucoup de sorties longues. Et c'est vrai que j'étais toujours accompagnée. Alors, c'est génial. Moi, j'adore être avec des copains ou émiliens ou des copines, etc. Mais c'est vrai qu'on s'adapte toujours au rythme des autres. Et là, j'ai ressenti le besoin, deux semaines avant la TDS, de partir toute seule et vraiment me concentrer sur mes sensations, aller à mon rythme et tester aussi le matériel en me concentrant sur les gestes, etc. et je savais que pour la TDS il fallait courir aussi ça se court c'est vrai que c'est le parcours on dit le plus technique des courses de l'UTMB qui est vrai, le plus sauvage c'est pas l'échappée belle ou la pika pika il y a quand même le passage de pralognan qui est équipé, il faut faire attention mais tout le reste, il faut quand même se dire qu'il faut courir il y a quand même du niveau on est rarement tranquille donc il ne faut pas perdre de temps, optimiser les ravitaillements. Et donc, c'est vrai que c'était une course à objectif, mais à pression aussi. Moi, je sais que dans ma tête, j'avais toujours en tête la TDS, la TTS, la TDS. Et j'ai toujours dit aussi que si je m'alignais sur une course de UTMB, je voulais y aller en étant vraiment prête. Et c'est vrai que ça m'a quand même généré une certaine pression par rapport à ça, par rapport à la préparation. mais j'ai vraiment par rapport à une spécificité j'ai envie de dire c'était quand même de travailler le foncier mais également la vitesse l'endurance et la vitesse sur les longues distances voire relancer ok

Loïc tu parlais du matos etc tu partais avec quoi surtout côté alimentation et tout je ne sais pas tous les combinaux des ravitaux sur la TDS, j'imagine que c'est quand même bien bien organisé mais tu avais quoi sur toi sur la ligne de départ ?

Sarah j'avais déjà les débats et après mon plan nutritionnel n'a pas du tout fonctionné vers d'avance ce que j'avais marqué sur le papier et ce qui s'est passé sur le terrain ça n'a rien à voir mais c'est pareil tout n'est pas réglé de ce côté là Parce qu'en fait, là, cette fois-ci, j'ai été ravitaillée, assistée par Philippe, mon entraîneur, qui m'a assistée sur les bases de vie. Les bases de vie, ils sont assez déloignées. La première base de vie, c'était à Bourg-Saint-Maurice, autour du 50e kilomètre. La deuxième, c'était à Beaufort, autour du 92e kilomètre. Et la dernière, c'était au Contamine, c'était autour de 123 kilomètres. Et entre-temps, on a des ravitaillements d'organisation. donc moi l'idée pareil je m'étais dit je vais faire comme tout le monde fait actuellement je vais calculer plus ou moins un gramme par heure donc je me suis dit je vais essayer de prendre une barre manger tous les trois quarts d'heure en fait manger une barre, un gel une barre, un gel alors au bout de trois quarts d'heure une heure je me suis forcée à manger une barre ensuite j'ai trois quarts d'heure, une heure après un gel et puis le gel s'est pas du tout passé donc je vais je vais pas rentrer dans les détails mais j'ai dû m'arrêter sur le bord du chemin et je suis repartie

Loïc c'était des gels que tu que t'avais déjà consommé à l'entraînement ?

Sarah alors non, en fait c'est sûr on me dit toujours mais si il faut t'exercer l'entraînement apprendre moi clairement j'ai du mal aux entraînements à manger, déjà à manger parce que je mange bien avant, je me dis que je vais bien manger après. Et quand je mange, je privilégie les produits naturels, des bananes, des fruits secs, parfois des barres. Mais j'ai du mal à prendre des gels. Après, au fond de moi, je me dis que ça reste des sources de glucose, de fructose. C'est ça qui est important. Mais c'est vrai que là, c'est des bonnes doses d'un coup. donc je pense que mon corps n'était pas habitué en pensant, moi je pensais que ça allait bien passer parce que j'ai jamais eu trop de problèmes intestinaux bon là c'est pas passé j'ai quand même continué en me disant il faut quand même que tu continues comme ça donc j'ai repris un gel un peu plus tard et là pareil c'est pas passé donc je m'arrêtais encore sur le bord du chemin et au ravitaillement à Bourg-Saint-Maurice j'avais préparé une galette de chocon d'avoine avec de la banane ça marche bien ça avec du lait les galettes donc j'en ai mangé un bon morceau avec du café et après et après au fur et à mesure il y a le sucre ne passait plus donc même les barres j'avais du mal les gels n'en parlons pas alors j'ai pris un hydrogel par contre les hydrogels ça passe super bien enfin ça passe super bien c'est ce qui passait encore donc j'ai pu prendre un hydrogel et après un hydrogel

Loïc c'est quoi pardon ça

Sarah en fait c'est c'est décathlon enfin moi je prends la nutrition décathlon qui est quand même super au passage et ils font des hydrogels c'est du gel mais sous forme liquide on a l'impression de boire on y en a au coca et on y en a à la pêche

Loïc d'accord

Sarah et ouais franchement ça passe super bien alors c'est moins chargé en glucides que que les 1.08 mais bon ça passe super bien pour ceux qui auraient du mal à digérer des petites grosses doses moi je conseille ça aussi et comme c'est liquide on a moins cette sensation de gel en fait ouais et dans le coca en plus c'est un peu de café et après arrivé à Beaufort alors j'ai préparé pareil des sandwichs avec du thon Saint-Moré et puis un superware de riz avec avocat et du jambon pareil le sandwich je me suis dit je vais en manger un peu et je vais l'emporter et puis j'avais du mal à mâcher donc j'ai pu en manger plus la moitié d'un et après le tube de riz j'ai pas du tout j'avais tellement pas envie donc j'ai pas du tout touché au riz et c'est là que plus rien passait la seule chose qui passait c'était les bouillons salés au ravitaillement de l'organisation. Donc, à chaque fois que je faisais un ravitaillement de l'organisation, j'allais prendre un bouillon salé. Et parfois, ils mettaient un peu de vermicelle, mais vraiment en petite quantité, parce que sinon, j'avais la nausée. J'avais envie de vomir tout le temps. Et sinon, ouais. Après, j'ai essayé de me forcer à manger une barbe parce que j'avais changé, j'avais plus d'énergie. Mais impossible de déglutir. Vraiment, c'est la première fois que ça m'arrivait, ça. Alors, je mâchais, je mâchais. Je me disais, aval, aval, je n'arrivais pas. donc je recrachais et je me disais bon c'est bon j'en ai un peu dans la bouche par absorption ça va le faire et ouais l'alimentation j'ai vraiment eu du mal c'est bien c'est bien en arrivant après la course j'ai pareil une oséeuse et j'ai vomi mais je vomi c'est que de l'eau parce que j'avais rien à l'estomac et j'ai fini perfusé en hypototale ah ouais

Loïc quand même ah ouais j'ai fini

Sarah ouais j'ai pas pu pour profiter de la précourse en fait.

Loïc Ok.

Sarah J'ai déperfusé de l'eau, du sel, du glucose, ils m'ont mis un antivoumotif aussi.

Loïc Mais je sais pourquoi. Je sais pourquoi. C'est parce que tu as abandonné la stratégie des légendaires pommes de terre dans l'eau salée. Tout m'a dit ça. Mais tu m'en avais parlé sur ce premier épisode qu'on avait fait en 2020 et en fait ça m'était resté et j'en parle très souvent à des gens qui font de l'ultra et tout qui me disent qu'ils ont des problèmes d'alimentation et je l'ai fait moi-même tu sais que je rigole pas depuis qu'on a échangé je le fais régulièrement alors pas trop quand je cours plus à vélo parce que je cours pas assez longtemps mais à vélo je pars avec mon sachet aluminium tu vois avec ma pomme de terre cuite dans l'eau avec du sel dessus et chaque fois je pense à toi je me dis voilà la solution pour gagner c'est ça

Sarah non mais figure-toi patate oeuf je le fais toujours en off dès que je fais des sorties longues des itinérances j'ai toujours mes patates et mes œufs dans le sac. Mais là, c'était un test. C'était un test de quelque chose de plus consistant, en fait. Je m'étais dit, les sandwiches et quelque chose un peu plus, pas complet, mais ça fait genre un peu repas, speed. Je me dis, bon, sandwich avec le thon, ça m'aurait, j'avais eu ça sur une autre course. Le riz, l'avocat, j'adore ça. Je me dis, ça va faire un peu, ouais, ça va bien me remplir. Plus riche qu'une patate. mais est-ce qu'il ne faut pas que je reste à ma patate traditionnelle peut-être peut-être un signe donc je testerai à nouveau la patate la prochaine fois si au moins ça passe au Maroc c'est moins nourrissant mais

Loïc ouais mais au Maroc j'ai testé parce que du coup depuis que sur ces six dernières années j'ai testé pas mal de trucs les gels et tout enfin je sais que le seul gros ultra que j'ai fait c'est la PTL au bout d'un moment je mangeais tout et n'importe quoi donc les gels gel n'était pas un sujet, tu vois. Mais quand je pars à vélo ou autre, ou là au Maroc, j'ai testé... Alors maintenant, j'ai plus de barres, plus de gel. Avant, j'avais que des barres cliff. Et même les barres cliff, sur le tort des géants, ça m'a dégoûté sur le début. Donc, je n'arrivais plus à en manger. Du coup, je suis passé aux noix et aux comtés. Ah oui. Le comté, c'est ultra riche en... En fait, c'est plein de sel, le comté, quand il est affiné un peu, tu vois, du 36 mois. Et les noix, c'est très gras, donc c'est pas mal aussi par contre bon j'ai pas de sucre donc je sais pas si dans la durée tu vois sur une course à étapes où tu manges tous les soirs tu dors et tout ça va mais sur un truc de plusieurs jours je sais pas mais en tout cas sur des efforts plus courts moi je sais que j'ai trouvé entre les patates le comté et les noix je suis là dessus maintenant j'ai plus de barres plus rien chez moi il n'y a plus de gel il n'y a plus que ça

Sarah non mais voilà après c'est ça à tester mais comme je dis à chaque fois les gens me demandent toi tu prends quoi tu prends quoi en fait moi je prends ça ça passe mais après c'est à vous de tester il faut se connaître, on n'est pas tous les pareils donc ouais il faut vraiment mais j'avoue que j'ai pas encore trouvé encore quelque chose pour des ultras comme ça quelque chose qui passe à tous les coups qui me donne de l'énergie tout le long où j'ai pas ce passage à vide par contre comme je dis quelque chose qui passe bien. Alors ça, je l'ai testé sur les ultras où je n'étais pas assistée en fait aussi. C'était la pika pika et la chepe abel, comme j'étais toute seule. J'avais co-ravitaillement d'organisation. Et à chaque ravitaillement, je prenais toujours des noix chinoises et un café. Et en fait, là, ça passait super bien. Mais j'avais plus de temps en fait. Je prenais plus de temps au ravitaillement. Là, le fait d'être assisté, Philippe, il était super, il ne mettait pas la pression, il n'était pas en mode speed. À un moment donné, il me disait, bon, ça serait même ti-aille. Vas-y, tu mangeras en marchant. Alors, c'est vrai que je ne traînais pas au ravitaillement. Quand je ne suis pas assistée, quand je n'étais pas assistée à mes derniers ultras, je m'asseyais, je prenais vraiment le temps, je prenais des pâtes, des trucs comme ça. Et c'est vrai que je n'avais pas ressenti ça, c'est nausé c'est dégoût donc la prochaine fois je vais tester ouais les noix chinoises je vais tester ça et j'ai une copine Adeline qui m'a dit qu'elle elle prenait aussi la boisson de récupération donc décathlon au chocolat et je vais tester ça aussi parce qu'elle m'a dit c'était riche le goût il est super bon et c'est liquide donc c'est bien alterné donc je pense que je vais alterner avec ça je suis à une noix chinoise et la boisson de récule pour chocolat ouais

Loïc ok je pense la conclusion chacun teste un peu je pense que ce qui fonctionne pendant longtemps les barcliffs c'était mon petit plaisir et là maintenant ça passe plus du tout j'imagine ça évolue aussi ok le plan alimentation a été pas forcément aller comme sur des roulettes. La course, de manière générale, alors, si je ne me trompe pas, vous avez pris le départ sous averse. Ça avait l'air assez chaotique, le début. Ça, ça te gêne ou pas plus que ça ?

Sarah Alors, franchement, ce n'est pas forcément une partie de plaisir, mais ça ne me gêne pas tant que ça. Même au contraire, comme je dis, quand la mère Pouletti a annoncé au micro qu'on allait se prendre d'appui, qu'on allait être mouillé, très mouillé, au fond de moi, je me dis, c'est pas que c'est à mon avantage, mais presque, je me dis, moi, c'est des conditions dont je suis habituée et je sais que certains, ça va être plus dur pour certains. Donc, clairement, je me suis dit, tant que tu t'arrêtes pas, ça va le faire, ça va durer qu'un temps. Donc, moi, ça ne m'a pas dérangé plus que ça. Bon, j'avoue quand même que ce n'était pas très agréable non plus. En plus, avant, c'est bien. C'est bien frais. Mais non, par contre, ce qui a été très compliqué, c'est les descentes. C'était hyper glissant. Hyper glissant. J'ai rarement connu ça. On posait le pied, on partait. Je me dis, mon Dieu, mais là, il y a moyen de se faire mal quand même. Donc, on cherchait à éviter les sentiers boueux finalement qui avaient été piétinés déjà à se mettre dans l'herbe mais dans l'herbe c'était très instable donc je lui ai dit va pas te faire une cheville ouais c'était compliqué il n'y a tardé qu'une chose parce que je savais que la première partie était chiante entre guillemets parce que il y a beaucoup de chemins carrossables c'est ce qu'à Bourg mais il n'y a tardé qu'une chose c'était d'être sur ces chemins là à me dire au moins là tu risques pas de te faire une cheville ça va pas être galère parce qu'on est tout contracté ça commence bien les quadris. C'était vraiment la partie la boue glissante, pas drôle du tout.

Loïc Même avec les bâtons, c'était pas...

Sarah J'étais contente d'avoir les bâtons. Parce que dans ma tête, j'avais quand même préparé dans ma tête à me dire là, je prends les bâtons, là, je les rangerai, là, je les prendrai. Et en fait, d'avoir mon couvent, je mettais mon couvent par-dessus mon sac au moment où j'avais planifié de ranger mes bâtons, je ne pouvais pas les ranger parce que je ne voulais pas ouvrir ma Gore-Tex, ma veste de pluie pour ranger mes bâtons. Je lui ai dit, tant pis, tu les gardes jusqu'à la main, jusqu'à Beaufort et puis c'est tout. Avant, je ne les rangais jamais, je ne les gardais pas à la main. J'avais pris quand même l'habitude de ne plus les avoir, donc c'était quand même confortable. Je lui ai dit, écoute, là, tu les gardes à la main. Et j'étais quand même contente d'avoir mes bâtons pour me retenir dans les descentes.

Loïc Donc le départ de la course se fait sous averse, finalement pas trop une mauvaise chose, tu te dis que ça peut être à ton avantage, parce que j'ai souvenir dans ton premier épisode tu nous avais aussi parlé d'un trek que tu avais fait, je ne sais plus si c'était au Népal ou ailleurs, mais où tu avais… Au Ladakh. Au Ladakh, sous grosse vraie averse, un col 5000 mètres de nuit, j'ai souvenir que c'était assez épique.

Sarah j'ai pensé pendant la course j'ai pensé encore j'ai une copine qui s'est formée qui est psychologue et qui s'est formée à la préparation mentale du sportif et on s'est vus deux semaines avant et elle m'a parlé justement d'une méthode la méthode switch que j'ai appliquée pendant ma course c'est en fait c'est masquer les pensées négatives et jouer vraiment sur le mental et justement avoir des moments comme ça des moments de bien-être des moments où on s'est senti en confiance voilà se dire que ça permet de se rassurer quand on a des petits moments de stress qui viennent et à l'inverse des moments qu'on a vécu où c'était vraiment dur très dur, même plus dur et ça permet de relativiser aussi donc il y a eu ces moments là au Ladakh justement avec Steph on a passé une journée interminable et sous orage de graines, neiges on a fini d'un état lamentable et puis aussi mes galères d'opération du pied je me dis mais là en fait t'as mal t'as mal aux jambes mais pense à quand t'avais mal aux jambes et aux pieds et voilà que tu pouvais pas courir et que t'étais à l'hôpital et ça ça permet vraiment de relativiser et puis d'avancer en me disant déjà c'est normal d'avoir mal et puis tu as connu pire donc plains-toi le moins possible

Loïc Dès le début quand vous partez j'ai lu que tu étais tout de suite en tête de course et que tu l'es restée jusqu'à l'arrivée ça c'était ce qui est assez hallucinant avec ce que tu décris, les problèmes d'alimentation qui t'ont quand même fait perdre du temps j'imagine c'était ta stratégie ça de partir comme ça ou comment tu as géré l'effort dans la course sur la distance

Sarah c'est pas du tout ma stratégie

Loïc parce que

Sarah il y avait quand même un plateau relevé je n'étais pas du tout annoncée comme favorite parce qu'on est en tant que coir on est coté en cotitra et j'étais la septième cote et quand j'ai lu ça je me suis dit c'est pas possible parce que généralement à TDS il n'y a pas un plateau aussi relevé je me dis il faut que je m'amène sur la TDS pour qu'il y ait bon j'ai dit écoute déjà si je fais podium, ce sera déjà très bien. Les nanas, il y a beaucoup d'étrangères, donc des noms que je connaissais de réputation et qui me faisaient quand même peur. Je me dis, bon, on verra bien. Après, au fond de moi, je me suis dit, ne te mets pas la pression. Tu as fait un bel été et en fait, je me disais, j'étais curieuse de voir justement dans quel état de forme j'étais après l'été que j'avais passé. Je me suis dit, t'y vas, as tes sensations. Donc, je suis partie. C'est parti vite, comme toujours. Franchement, même sur la nuit de pas. Il y a où la merde ? Ça donne le rythme. Je me dis, vas-y, accroche-toi. Essaye de suivre. Et je me suis mise... La favorite, c'était Anna Tarato. Je n'ai jamais dit son nom. Et je la voyais. Elle n'était pas tout devant au début. Elle a pris la tête. Et je me suis accrochée à elle. Elle marchait très vite en montée. on commence déjà par une grande montée elle marchait très vite en montée et moi je m'épuise moi ça me fatigue de marcher donc je trottine plus avec mes bâtons et en fait on allait au même rythme elle a marché avec ses grandes jambes et puis moi je trottinais et puis je suis passée devant elle et en fait elle s'est accrochée à moi pendant un certain temps à un moment donné je lui dis tu veux passer elle me dit non non c'est bon il a commencé vraiment à flotter fort fort fort donc là j'ai sorti ma veste de pluie et je t'avoue dans la nuit il y avait une brume, on ne voyait même pas à 10 mètres. Dans la nuit de la brume, on ne savait plus trop distinguer qui était qui. Donc, je me suis arrêtée sur le bord du chemin quand j'ai eu mon problème gastrique. Donc, je me suis demandé, est-ce qu'elle est passée devant ? Enfin, je n'avais aucune info. Je me dis, grâce, de toute façon, tu étais concentrée sur ta course, vu les conditions un peu dantesques. donc je n'avais pas du tout d'infos sur qui était devant si j'étais devant ou quoi donc moi je suis avancée à mon rythme les sensations étaient là je n'avais pas l'impression de m'être dans le rouge donc de toute façon dans ma tête je m'étais dit comme j'avais fait la repro il faut que tu arrives à Beaufort en n'étant pas trop entamée parce que c'est après que la course commence donc c'est ce que j'ai fait arrivé à Beaufort Philippe m'a dit j'avais peut-être 7 minutes d'avance

Loïc ah c'était quand même

Sarah ouais j'avais pris un peu d'avance quand même mais oui c'était quand même après c'était au 50ème kilomètre donc c'était on va dire début de la course et après je savais que la montée après Beaufort c'était mon truc c'était mon truc parce que moi je suis renforcé on va dire c'est les montées et là je me suis dit écoute tu vas tu gardes ton ring tu fais comme tu sais faire et puis normalement il n'y a pas de raison que ça ne le fasse pas à aucun moment je me suis mis à pression à me dire je savais que ça allait être long alors je me suis dit t'emballes pas alors il y a des fois j'avais des petites montées de stress en me disant je suis devant mais ça serait cool que je reste devant j'imagine si tu gagnes alors ça commençait à mettre la pression et là je commençais à faire la méthode switch je dis stop stop stop et je me remobilisais je dis concentre-toi sur tes sensations t'emballes pas jusqu'aux houches au houches tu pourras peut-être te projeter mais là jusqu'aux houches tu fais ta course t'essaies de gérer et puis voilà et puis on verra bien

Loïc parce que les houches ils te restent combien après ?

Sarah après t'as 100 mètres de montée c'est que du plat jusqu'à Chamonix jusqu'aux houches les houches c'est à 138 km ils restent 10 bornes voilà

Loïc ouais

Sarah mais on n'est jamais sûr tant qu'on n'a pas franchi la ligne d'arrivée ouais

Loïc je ne sais pas

Sarah il peut arriver tellement de choses sur une course que donc ouais c'était donc je n'avais pas vraiment de stratégie pour répondre je n'avais pas de stratégie en me disant il faut que je m'accroche à celle-là à celle-là et en fait j'ai appris après qu'en fait il y a eu plein d'abandons donc est-ce que les gens sont partis trop vite mais je pense parce que quand on connait pas la course ou quand on part trop vite et qu'on est pas à son rythme à Beaufort c'est souvent l'étape fatale

Loïc toi tu dirais que ça a été déterminant que tu fasses la roco sur 3 jours intégral

Sarah ah ouais je l'aurais pas fait je sais pas comment j'aurais vécu la course mais mentalement ça m'a énormément aidé ça c'est sûr ça vraiment sur une course comme ça alors je fais rarement les recours parce qu'au contraire j'aime bien découvrir les parcours et puis parfois voilà il faut quand même s'organiser ça demande la logistique mais là je m'étais dit oui il faut que je fasse un recours pour essayer une course à objectifs et oui oui c'est un ouais ça m'a alors ça m'a aidée dans le bon sens du terme surtout pour la gestion la gestion je savais que à Beaufort ça allait être dur mon descend il fait chaud la descente est très longue psychologiquement j'étais préparée donc pas de surprise par contre là où la pilule est moins bien passée on va dire c'est le dernier col après les contaminants, le col du tricot qui est un col que j'adore mais vraiment j'avais qu'une envie dans ma tête quand je dis je fais la TDS, le col du tricot, le col du tricot magnifique et bien là franchement je me dis mais comment je vais faire pour passer le col du tricot vu l'état et le manque d'énergie comme ça mais je sais pas comment je vais faire et je savais ce qui m'attendait donc là psychologiquement ça a été dur et en fait arriver juste avant de redescendre et entamer le col du tricot on a une vue là magnifique et là ça m'a redonné du bon mon coeur je me suis dit ah ouais c'est quand même super beau même j'ai plus de jus mais tu vas voir je m'étais dit tu vas y aller à ton rythme comme tu peux mais c'est tellement magnifique que j'en oublie les restes quoi voilà après la deuxième c'est quand même plus dur mais mais en tout cas le beau col du tricot là je l'adore quoi voilà

Loïc tu tu je reviens beaucoup sur ce qu'on s'était dit sur le premier épisode mais parce que justement je trouve que c'est intéressant 6 ans après de voir s'il y a eu des changements à l'époque tu me disais que tu regardais jamais vraiment t'avais pas vraiment de montres ultra connectées pendant tes courses. Est-ce que ça, c'est toujours le cas ou tu essaies d'avoir un peu plus de data en live ?

Sarah Non, alors j'ai une montre connectée maintenant. Je ne sais pas si à l'époque j'en avais une. Mais non, j'en ai une pour avoir les kilomètres. Donc, je sais au moins combien de kilomètres il me reste, combien j'ai. Mais par contre, je ne suis pas du tout data cardio et tout, pas du tout vitesse.

Loïc OK.

Sarah Non, pas du tout. pas du tout du tout

Loïc Philippe il regarde lui ça quand même pour toi ou il te le dit ? non pas du tout

Sarah lui c'est entraînement ça me convient bien aussi c'est simple après ça a énormément évolué même en 6 ans les méthodes d'entraînement les datas comme tu dis c'est un truc de fou je suis sûre qu'il y a du positif mais moi j'ai l'impression que ça crée une surcharge mentale d'avoir trop d'informations moi je me focalise vraiment sur mes sensations et ça demande déjà d'être attentif d'être concentré sur soi et ça me perturbe d'avoir trop d'informations et Philippe il n'est pas du tout comme ça, lui ses séances il ne parle pas du tout en intensité, même pas en vitesse les séances ça va être ah oui c'est vrai ah non pas du tout du tout c'est rare mais il y a des fois quand il me dit tu fais 20 minutes cool 10 minutes rapides et tu termines 20 minutes cool par exemple je lui demande moi mais les rapides à combien environ combien que je sache à peu près

Loïc ouais

Sarah alors il va me donner parfois une vitesse parfois il va me dire à la sensation quoi vraiment c'est pas du tout ah non c'est pas du tout data c'est pour ça que moi je travaille à la sensation, même les séances de côte c'est à la sensation il me dit vite, je sais d'aller vite mais j'ai aucun repère aucun repère je fais moins en fonction de moi en fait voilà ça fonctionne après peut-être que je travaillerais différemment je serais plus performante ou moins je sais pas en fait ça fonctionne comme ça il a une relation avec Philippe qui se passe super bien en fait il joue beaucoup sur le mental il a toujours les bons mots au bon moment c'est ce qui importe aussi et puis il s'adapte beaucoup aussi il me connait il sait ce dont j'ai besoin par exemple à l'été il sait que j'ai besoin de partir avec le sac à dos mon sac de trail à faire des off vraiment plaisir. Et par contre, il y a des moments où, même moi, je lui dis à ce moment-là, je rentre, on va retravailler des qualités, il regarde ce que j'ai fait avant, mes objectifs après, et là, il va me faire travailler de manière beaucoup plus spécifique et intelligente, entre guillemets. Et c'est lui qui va s'adapter, on va dire. Donc, il y a des périodes où moi, je m'adapte à lui, où je lui dis, écoute, tu me dis ce que j'ai à faire, et à l'inverse, il y a des fois où là, il me dit, écoute, je te laisse, et quand tu as besoin, tu me contactes et puis j'adapte. C'est vraiment une relation d'échange.

Loïc Ce qui explique sans doute la raison pour laquelle ça fait quasiment 10 ans qu'il t'accompagne et que visiblement ça continue de très bien se passer. J'imagine. Ok, ultra intéressant. Tu disais qu'on n'a jamais vraiment gagné une course tant qu'on n'a pas franchi la ligne d'arrivée mais quand tu arrives quand tu arrives enfin à moins de 10 km de Chamonix là qu'est-ce que tu dis dans ta tête ? Est-ce que ça y est tu t'autorises le fait de penser que c'est peut-être gagné ou tu restes dedans jusqu'à l'arrivée ?

Sarah Non, ouh je me dis c'est bon là on m'annonce avec 20 minutes d'avance je me dis 20 minutes là si je garde un petit rythme je vais trottiner quand même jusqu'au bout parce que ça se court après il n'y a pas de raison donc c'est vrai qu'au Houch je commençais à avoir une montée d'émotions en me disant punaise mais c'est dingue je ne m'attendais pas à ce résultat là surtout après tout ce

Loïc par quoi tu es passé, les blessures les opérations ouais

Sarah c'est une belle récompense et puis l'arrivée à Cham c'est exceptionnel

Loïc j'allais te le demander est-ce que tu peux nous décrire si ça t'est arrivé à Chamonix parce que tout le monde en parle moi sur la PTL on est arrivé à midi le dimanche il y avait un peu de gens mais rien à voir avec ce que je vois sur les réseaux donc j'ai vraiment l'impression que si t'arrives au bon moment c'est la folie furieuse

Sarah franchement j'ai choisi le bon moment je pense d'arriver tout le monde avait mangé donc c'est bon ils étaient calés et puis les gens étaient en terrasse, ils faisaient super bon donc il y a plein de gens dans les rues de Chamonix et donc ouais c'était la bonne heure c'était la bonne heure après l'arrivée j'ai envie de dire ça fait un peu un choc dans le sens où on a été enfin moi j'étais quand même quasiment toute seule tout le long de la course c'est une des premières fois que je vis ça c'est avec les mecs enfin certains on s'est doublé mais très peu en fait il y en a que j'ai doublé il y en a qui m'ont doublé mais j'étais quasiment toute seule donc ça

Loïc parce qu'au pardon Sarah mais au classement général t'es arrivée quoi top 10 non je crois

Sarah je suis arrivée 9ème 9ème

Loïc ah ouais ouais donc oui

Sarah donc j'ai pas vu j'ai pas vu beaucoup d'hommes alors il y avait beaucoup de monde à Saint-Marc-Avitaillement au Contamine c'était la folie franchement pareil au Contamine j'arrivée Sarah ils étaient tous avec la cloche et tout à crier mon nom c'était incroyable et mais bon sinon le reste du temps comme je dis j'étais toute seule donc j'étais dans ma bulle Et là, il y a un chat, voire autant de monde. On a du mal à réaliser, quoi. Et puis, il y avait la team, ma team Keep Run, qui était pareil, qui était attablé sur une terrasse et qui attendait qu'une chose, c'est que j'arrive. Et dès que je suis arrivée, ils sont venus en courant m'accompagner quasiment jusqu'au bout, avec des cloches et tout. Donc, c'était un beau moment d'émotion. Et puis, arrivé sur la ligne finale, tous les gens qui tapent, ouais c'est sur les barrières là c'est ça ouais c'est difficile à expliquer à ce que ça se vit et puis ouais et puis il se passe plein de choses dans la tête quoi puis se dire en fait que tous ces gens là ils t'acclament quand t'es pas habitué moi je suis plutôt ouais pas enfermée mais je suis plutôt dans mon coin plutôt discrète on va dire j'ai du mal à avec avec dans ces circonstances-là où tu es un peu au centre de l'attention, c'est plus malaisant pour moi qu'autre chose. Là, on m'a dit, profite, c'est ton moment. Je dis, ouais, c'est clair. Là, je vivrai peut-être qu'une seule fois dans ma vie, donc je profite. Et puis, se dire que les gens, ils sont là pour toi, c'est... Pas que pour moi, mais... Je dis, ouais, c'est quand même, c'est beau. C'est beaucoup d'amour. C'est ça, en fait, c'est de l'amour.

Loïc Ouais. donc toi t'as quand même profité avant de franchir la ligne d'arrivée avant d'aller te faire perfuser c'était quand même un beau moment

Sarah ouais ouais c'était c'était un beau moment après c'est pas mon malaise d'après course c'était pas venu tout de suite parce qu'après mon ado ludo collé qui m'a interviewé et c'est après une fois que je pense la pression redescend où là il y a j'ai eu un interview juste après la course et là je chantais pendant l'interview alors je répondais dans ma tête je me disais vivement que ça se termine parce que là je chantais mes nausées alors je répondais oui, non j'étais assez expéritive au fond de moi j'ai dit bon vite il faut que je m'assoie là je sens que ça va pas aller et une fois que l'interview fut terminée c'est là que j'ai commencé à avoir les nausées qui sont revenues et puis je suis partie au centre donc c'est la précourse avec la team, j'ai pas pu en profiter mais on l'a fêté on l'a fêté le lendemain c'est chouette

Loïc excellent c'est fascinant cette espèce de relâchement en fin d'effort il y a 20 secondes t'étais encore capable de courir peut-être 20 bornes de plus et puis l'arrivée est franchie malaise et compagnie c'est toujours sur la PTL je me rappelle il y avait des tentes ils avaient installé des tables ravitaux vraiment au pied des escaliers de l'église et le trajet, ligne d'arrivée, les tables, était quasi impossible. Il y a 20 mètres, 25 mètres. Et ça m'avait frappé. Je me disais, attends, mais c'est incroyable. On vient de traverser Chamonix en courant après 148 heures d'effort et là, je ne peux pas aller à une table qui est à 25 mètres. C'est très étonnant. Tu disais en intro, on en parlait aussi un peu en off, que tu penses que tu n'as pas encore complètement récupéré, que tu t'es quand même mise dans le rouge. Est-ce que, et juste avant encore, tu disais que cette course était devenue ton objectif de saison. Est-ce qu'il y a autre chose quand même d'ici la fin de l'année où là, tu te concentres sur la récup et la préparation de la saison suivante ?

Sarah Non, mais j'ai la Diag encore.

Loïc Ah punaise, j'avais raté cette info. D'accord. Tu pars sur la Diag. Excellent. Mais là, c'est une prépa de fou.

Sarah ça sera on va dire un bonus un petit bonus

Loïc un sacré bonus quand même de se faire la TDS en prépa de la Diag c'est incroyable

Sarah le bonus

Loïc c'est la Diag tu veux dire c'est quoi le bonus

Sarah on verra après je vais voir comment je serai sur la ligne de départ de la Diag surtout ça sera là l'objectif c'est quand même de bien récupérer de reprendre voilà de reprendre là je vais faire confiance à Philippe jusqu'à Diag j'avais éventuellement en tête avant de faire la TDS je m'étais dit fin septembre il y avait le trait des aigus rouges qui m'avait invité parce qu'il voulait inviter tous les vainqueurs pour leur je ne sais plus là ils fêtent un événement et j'avais dit écoutez c'est gentil mais je verrai après la TDS comment j'aurais récupéré et là j'en ai parlé à Philippe vaguement il m'a dit non il m'a dit pas de course avant la diag ce côté là je lui fais confiance je vais voir ce qu'il me dit de faire et puis voilà je serai bête et disciplinée on va dire pour une fois

Loïc et là la diag t'as un objectif particulier tu vas pour au moins le podium victoire

Sarah j'y vais j'y vais j'ai pas regardé la start list je sais qu'il y a Manon Boar qui sera donc très bonne copine donc ça sera déjà une concurrente mais une amie avant tout aussi donc ça va être une belle aventure partagée je pense et ça reste une course quand même mais bon et surtout je l'aborde je l'aborde dans le sens où j'espère la vivre pleinement entre guillemets et avoir réussi à ajuster les petits points qui me bloquent depuis ces derniers temps quoi notamment l'année dernière, le côté alimentation. Là, ça va être focus sur l'alimentation, trouver quelque chose qui me va bien et puis vivre la course sans avoir, comme l'année dernière, parce que l'année dernière, Amélie était là, il m'a dit qu'il y avait peur à un moment donné parce que j'étais vraiment au bord du chemin, je faisais des micro-malaises, je montais du maïdo et je titubais, ça a été compliqué très compliqué d'un coup par manque d'énergie j'avais mal géré j'avais optimisé au maximum je m'étais dit je fais un peu comme de nombreuses personnes qui veulent qui veulent performer il y a beaucoup qui tournent au gel, au bar je me dis je vais essayer de faire ça aussi mais en fait ça passe pas ça passe pas du tout mais en fait là j'ai bien compris ça passait pas il fallait autre chose

Loïc on revient en valeur sûre valeur sûre pomme de terre salée test le comté la boisson de récup au chocolat de Décade

Sarah ouais non mais c'est ça je vais partir sur une autre stratégie ouais

Loïc génial ok j'avais pas du tout vu l'info que tu partais sur la Diag

Sarah pareil ça s'est décidé un peu tardivement parce qu'en fait il y a aussi le fait que on est au sein de la team on est quelques-uns à y aller et je me dis ce sera peut-être la dernière fois qu'on partira ensemble avec la team aussi même si on vit notre vie là-bas mais ça reste on va se retrouver mais c'est l'occasion aussi ouais

Loïc excellent excellent écoute Sarah un grand merci c'était génial de te recevoir à nouveau quelques années après me suis régalé trop bien enfin ultra intéressant de voir tout le chemin parcouru depuis les galères par lesquelles t'es passé la manière dont tu t'en es sorti le grand retour aujourd'hui avec cette victoire récente vraiment génial merci beaucoup d'avoir pris le temps

Sarah merci à toi merci merci pour tes pour tes podcasts qui sont toujours intéressants on découvre des belles personnes à chaque fois donc d'univers très différents donc c'est vraiment chouette

Loïc Merci Sarah je te souhaite une excellente fin de prépa du coup pour la Diag et puis curieux de voir ce que ça va donner

Sarah Merci bien, merci à tout le monde et puis peut-être dans 6 ans on verra bien

Loïc Merci beaucoup Sarah Merci, à bientôt

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Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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