Les Frappés Les Frappés
Saison 5 EP·221 Trail #CCC #TDS #PTL

02 décembre 2025

TDS, CCC, et courses à étape au Maroc, avec Romain & Esther

Durée · 1h02 · Transcription disponible

Romain

Le récit

Romain et Esther revienne au micro du podcast 2 ans plus tard pour nous parler de la manière dont leur pratique du trail, et notamment de l'ultra, a évolué.

Et il y en a eu des courses depuis notre premier enregistrement : Diagonale des Fous, Madère, CCC, TDS, GR20 et tour du Beaufortain en off... et cette année, Romain et Esther se sont frottés à un format différent de ce dont ils avaient l'habitude jusqu'alors, à savoir la course à étape.

Dans cet épisode, on parle de nuit sous tente, de couscous légendaire, de dromadaires et de paysages d'exception.

Excellente écoute à vous !

🔎 Pour plus d'info sur le Trans Atlas Marathon c'est ici.

🎙 Les autres épisodes du podcast à écouter :
👉 La Diagonale des Fous - Se préparer à la course de ses rêves avec Romain Castiglia et Esther Morreel [PARTIE 2/2]

👉 La Diagonale des Fous - Se préparer à la course de ses rêves avec Romain Castiglia et Esther Morreel [PARTIE 1/2]

👉 Mon abandon sur le Tor des Géants (350 km)

👉 Mon récit de la PTL : plus de 300km et 26 000m de dénivelé autour du Mont Blanc

Vous pouvez suivre Romain & Esther ici ⬇️
📸 Instagram

Pour soutenir Les Frappés 👇🏼
❤️ Deviens Tipeur sur Tipeee
✅ Follow le podcast sur ta plateforme d'écoute
🙂 Parle du podcast autour de toi et partage cet épisode
⭐️ Laisse une note et un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify

Pour prolonger l'épisode 👇🏼
📖 Découvre le Journal des Frappés : les enseignements de mes invités, dossier par dossier
💌 Abonne-toi à la newsletter
📸 Suis-moi sur Instagram

Des suggestions ou envie de partager ton avis ? Envoie-moi un email.

Transcription

Lire la transcription intégrale

Loïc Hello, hello ! Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyages aux eaux longs cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Et bien Romain & Esther, bienvenue à nouveau sur le podcast. Quoi ? Un an ? Un an après ?

Romain Non, c'était fin 2023. Donc ça fait pile deux ans.

Loïc Pile deux ans. J'ai l'impression que c'était hier, mais super content de vous retrouver à nouveau sur le podcast. Je crois que c'est le premier épisode que je fais en présentiel. Donc curieux de voir ce que ça va donner niveau audio. Mais vraiment content de vous avoir à nouveau au micro du podcast, défrappé. Pour parler une fois de plus de trail, d'ultra. Mais un format un peu différent cette fois, puisque vous revenez d'une expérience. Ce n'était pas la première fois que vous faisiez une course à l'étape. Deuxième. Deuxième. Mais j'ai l'impression que celle-là vous a bien marqué. Donc très chaud pour que vous nous en parliez. Et puis qu'on rentre un peu dans le détail de ce que vous avez vécu et de ce que vous en retenez. Donc sans plus attendre, ce que je vous propose, c'est... Alors d'ailleurs, avant de passer à la première question, s'il y en a qui n'avaient pas écouté le premier épisode sur la Diag, où toi Romain, tu avais couru, Esther, tu avais fait l'assistance. Exactement. On avait fait un épisode, on était vraiment rentré dans le détail. Enfin, deux épisodes même. Une longue interview coupée en deux. Les liens sont en description de l'épisode. Donc allez-y, s'il y en a qui nous écoutent, foncez, écoutez ça. Et maintenant que ça c'est dit, première question, qu'est-ce qui vous est arrivé avant qu'on parle de la course ? Qu'est-ce qui s'est passé depuis la Diag ? Est-ce qu'il y a eu des gros changements, des gros projets que vous avez à nous partager ? Depuis la Diag ? Oui, dans les grandes lignes.

Romain Oui, je pense qu'on a fait beaucoup de kilomètres à pied ces deux dernières années. Moi, j'ai changé de taf. J'ai quitté mon métier de restaurateur pour être coach sportif. Esther, elle s'est professionnalisée dans la création de contenu. Tout ce qui est visuel, graphisme, photo, vidéo. Et puis, on est pas mal en vadrouille sur des courses, sur des off, sur des ultras. On documente tout ça sur le compte Insta Ultra Distance. Et on revient d'une course à étape au Maroc il y a une semaine. Énorme.

Loïc Coach sportif, du coup, tu as démarré quand ?

Romain Du coup, j'ai quelques athlètes là et je valide. J'ai ma carte professionnelle en début d'année. Excellent.

Loïc Donc, je me professionnalise là-dedans. Trop bien, trop bien, trop bien. En espérant que les prochains que tu coaches pour le tort des gens, ils aillent au bout.

Romain Non, en espérant que tu ailles au bout.

Loïc Génial. Et donc, course à étape au Maroc, c'était quoi le format, les dates ? Et comment est-ce que vous vous êtes retrouvés sur cette ligne de départ en particulier ?

Romain Du coup, le format, c'était 180 kilomètres sur cinq étapes. C'est la deuxième course à étape qu'on fait au Maroc. La première, c'était en février dernier. C'est au sud de Zagora, donc c'est pas loin de la frontière algérienne aussi. C'est dans le désert. Du Maroc. Ouais. Ouais. Et on se retrouve là parce que la première expérience était folle et qu'on a eu l'opportunité de retourner dans une course comme ça fin novembre. Donc, on a mis novembre, donc on a dit feu, quoi. Trop bien.

Loïc Sachant que cet été, vous avez tous les deux eu pas mal d'épreuves, si je ne me trompe pas. Ouais, cette année, on a... Vous avez enchaîné.

Romain On fait GR20 en off, Tour du Baud. Ah oui, c'est vrai. En off. Esther a couru la CCC. Moi, j'ai couru la TDS. Cinq semaines après la TDS, j'étais encore en pic de forme. J'ai voulu refaire un ultra. J'ai fait le 100K d'une issue TMB. Et puis ensuite, cette course à étape-là. Et là, on est tous les deux en pause hivernale de deux semaines.

Loïc De deux semaines ? Ouais, on les savoure. On les savoure.

Romain OK. Franchement, je pense que c'est bien de faire ça. Mais là, c'est fini cette année. Vous avez encore un truc ? Cette année, c'est en fin d'année, on part en Chine. Ah oui ? Ouais. Oh, les machines ! OK. C'est juste un 35 km, mais c'est cool. On va à Shenzhen pour une marque. Et c'est quand même super d'aller découvrir cet environnement qu'on ne connaît pas. Je pense que c'est assez atypique. Je pense qu'ils vivent un peu dans le futur aussi. Donc, on va découvrir tout ça.

Esther Ça va changer de décor.

Romain C'est quoi la marque ? C'est Fuga ?

Loïc Ouais, exactement. Carillas Fuga. C'est Fuga. Top. Et oui, c'est vrai que le GR20, on s'était fait un épisode, mais techniquement, il y avait eu un petit problème. On s'est fait un épisode débrite après votre GR20 en off. Dans les grandes lignes, vous me dites si je me trompe, mais je crois que c'est toi, Romain, qui avait eu le projet initialement ou en mode trail. Et puis, Esther, tu avais voulu le faire aussi. C'est ça, non ? En général, ça se passe comme ça.

Romain On voulait le faire. En général, c'est moi qui organise. C'est moi qui subis. On s'était dit que le format GR20 en mode trail, c'était cinq jours. Et puis, on s'est vite rendu compte que c'était un format super ambitieux. Alors, on l'a bouclé en cinq jours. Dans la douleur, de mémoire. Enfin, dans la douleur. Avec des surprises, quoi. Esther a pris cher le quatrième jour. Mais sinon, franchement, ça s'est bien passé. Et c'est vraiment une expérience de vie incroyable.

Loïc Il faudra qu'on se fasse un épisode. Ça ne sera pas à chaud, mais on se fera un épisode du coup. Avec grand plaisir. Des brides GR20.

Esther Oui, oui. Je pense qu'on s'en souvient.

Loïc Parce que c'est intéressant. Moi, je vous avais dit, je crois que je l'avais fait la dernière fois que j'ai fait GR20. Ça devait être en 2019 peut-être. En sept jours. Mais en mode rando. Parce que le trail n'existait pas vraiment. C'était rando rapide. Et on était un peu des ovnis. Et je me rappelle que quand on avait échangé, c'était plutôt l'inverse. C'est-à-dire que les gens qui le font vraiment sur 15 jours. C'est plutôt ça qui surprend.

Romain Il y a vraiment de tout, en fait. On a rencontré plusieurs groupes qui le faisaient en cinq. On a rencontré d'autres qui le faisaient en sept, huit. Des randonneurs plus en dix. Et puis après, un peu moins d'être en quinze jours. Ou qui ont envie de profiter aussi. C'est une autre vision.

Loïc C'était prévu toutes ces courses cette année ? Vous aviez l'agenda qui était déjà fait ? Ou c'est au fil des opportunités, des sensations ?

Romain Non, non. C'est vraiment important de planifier les choses pour s'entraîner correctement. Pour respecter des temps de récupération aussi. pour éviter les blessures. Donc, on avait les grosses d'air de Calais. Et puis ensuite, on a rajouté des petites choses.

Esther Il y avait ma CCC prévue fin août. Et moi, je n'avais jamais fait un format pareil. Donc, je pense que Romain s'est dit... J'ai arrivé en cinq jours enchaîné avec Beaufortin en trois jours. Je lui fais un gros blog. et en fait, ça a super bien fonctionné.

Romain Je n'ai pas fait des week-end-shocks. J'ai fait des semaines-shocks.

Esther Alors, c'était vraiment choquant. Mais du coup, c'était... Je pense que ça a payé pour la CCC. Parce que même si la CCC était très dure, quand je franchis la ligne d'arrivée, je vois bien que physiquement, c'était OK.

Loïc Sur les stories, je dirais qu'en tout cas, tu avais l'air particulièrement fraîche. Et la CCC, pour appel, tu me dis si je me trompe, c'est 101 kilomètres, c'est ça ? Ouais. Courmayeur, Champé, Chamonix. Et c'est un peu plus de 6 000 de D+.

Esther Ouais, ouais. Je la boucle en 23 heures.

Loïc 23 heures, OK.

Esther Ouais, bah c'était... Ouais, j'ai pas d'avis. Mais là où moi, je suis... Enfin, en fait, le temps m'importe. C'est vraiment l'état dans lequel je fais... Je finis ma course, en fait, qui me rend heureuse, en fait. De constater que les 30 derniers bornes, en fait, ça y est, je pouvais continuer. Et au kilomètre 90, j'ai capté qu'en fait, c'est comme si j'étais au kilomètre 20. Ah ouais ? Ouais. Waouh. Ouais, et en plus, la descente est super traumatisante pour terminer. Et ça fait 22 heures que tu y es. Et je voyais bien que je ne me réjouissais pas non plus de terminer les derniers kilomètres parce que j'étais à bout. Non, non, non, c'était... Vraiment, je remercie Romain pour ça parce qu'il a su me faire du volume intelligemment. Et j'ai habitué mon corps. J'ai habitué mon corps petit à petit et je n'ai pas eu une blessure. Je n'ai pas eu un bobo. J'ai... Voilà, même les genoux, rien. Franchement, c'était bluffant.

Loïc Sachant que quand on s'était rencontrés la première fois pour le premier week-end des Frappés, ça date...

Romain Ouais. 2023. 2023, oui. C'était avant la diag. Juste après.

Loïc Je me rappelle que tu me disais que tu avais un peu un passif quand même avec des blessures. Sans cesse. Que la distance était compliquée. C'est quand même ouf de voir que deux ans plus tard, tu finis la CCC.

Esther Vraiment, je n'y croyais pas. En fait, je suis repartie à zéro. J'ai mis les compteurs à zéro. J'ai recommencé progressivement. J'ai fait énormément de info. Je me suis alimentée correctement. J'ai suivi une courbe de progressivité. Et j'ai arrêté aussi l'intensité absurde. C'est-à-dire de courir rapidement sans intérêt ou de prendre des descents techniques à fond. Ouais. Franchement, ça a vraiment changé mon... Je sais qu'en entraînement, je mets peu d'intensité et j'ai fait beaucoup de volume avec peu d'intensité. Par moment, oui. Mais je pense que c'est ce qui m'a aussi sauvée. Parce que je pense qu'en m'entraînant dans les calanques, je choquais énormément mes articulations, mon corps. Et comme j'adorais les sentiers techniques, je pense que ça faisait pas... Et que j'avais pas vraiment, en fait, les muscles adéquats, en fait. Et voilà, tout ça, mis bout à bout, deux ans plus tard.

Romain Elle a dit, c'est progressivité, alimentation, renfort, sommeil. Et puis, on le répète tout le temps, mais il faut simplement le mettre en place. Et planification, en fait. Ouais.

Loïc Et période de récup. Et le bon coach. Et le bon coach. Alors, ça va. Mais t'as fait, rassure-moi, t'as quand même fait des navettes, un peu. Je n'ai jamais fait de navettes. C'est pas vrai. Non. Mais le coach, je sais plus ce qui s'est passé, là. Alors, je fais des navettes pour soutenir... Quand tu fais le gérable en 5 jours, t'as pas mal.

Romain T'as pas mal. Il y a 14 000 des plus de démoins, je lui ai épargné ça, quoi.

Esther Non, non. Je fais des navettes pour l'accompagner psychologiquement quand il en a 15 ou 20 à faire.

Romain En fin de mes navettes, elle vient faire 2-3 ascensorées, moi. C'est une navette terrible. Terrible.

Esther Mais t'inquiète pas, en vue de mes échéances à venir, je pense que je vais avoir mes navettes.

Loïc Là, en plus, dans les calanques, c'est vrai que... Mais en vrai, c'est quand même un exercice, c'est génial comme exercice parce que... Je trouve déjà que psychologiquement, c'est intéressant. C'est énorme. Tu te frappes... Je ne me rappelle plus l'essai que tu me faisais faire. Ce n'était pas aussi monstrueux que ce que tu fais, mais j'ai souvenir de faire... Je ne sais pas si j'ai fait plus que 12 ou 14 peut-être. Répétition ? Oui, répétition. Mais déjà, quand tu arrives à la sixième et que tu te dis « j'ai à peine fait la moitié », psychologiquement, c'est intéressant. Et après, en vrai, pour le cardio, je pense que c'est hyper puissant.

Romain Oui. En fait, tu ne sollicites pas les mêmes muscles en montée, en descente. Donc là, tu vas typiquement travailler la puissance en montée, l'excentrique en descente. C'est ce que tu reproduis en course aussi. Donc, c'est important. et après, de passer 2, 3, 4, 5, 6, 7 heures dans la même bosse, psychologique, enfin, mentalement, tu as besoin d'être très vigilant. C'est clair.

Loïc Je me revois encore sur une des séries que je faisais à la Sainte-Victoire. En plus, c'était au cœur de l'été, donc je suais, mais comme un porc. Et avec la transpique qui arrivait dans les yeux, j'ai les yeux un peu fragiles, donc j'ai les yeux qui piquent, etc. Et vite, j'ai les yeux qui deviennent rouges. Et la nuit commençait à tomber, je ne sais plus, à la 12e, un truc comme ça. Bon, bref. Et donc, tout seul à la Sainte-Victoire, c'est vraiment un état lamentable. Et là, en fait, il y a une femme qui courait aussi, qui arrive, et j'étais à un endroit où il n'y a jamais personne, tu vois. Et je pense qu'elle s'attendait, comme d'habitude, à ne croiser personne sur cette section. Et là, moi, j'arrive comme un bœuf, soufflant et tout, les yeux éclatés. Et j'ai vu dans son regard qu'elle était en mode, qu'est-ce que c'est ça ? Donc voilà, le petit souvenir des navettes. Mais, excellent. Excellent, excellent. Ouais, donc, le GR20, si j'ai bonne mémoire, le Tour du Beaufortin en off, ce n'était pas non plus prévu. C'est au retour du GR20 que vous vous êtes dit, on repart, très vite en fait.

Romain On a fait trois semaines après. Ouais. Et là, du coup,

Esther je pense que...

Romain Je pense qu'Esther, elle aurait bien eu quelques semaines de récup en plus, puisque c'était compliqué. Mais, Ah ouais,

Esther j'étais, mais...

Romain C'était quoi physiquement ? Ouais, c'était un tout, je pense.

Esther Physiquement, ouais, mais je pense que vraiment, mentalement, je ne trouvais plus de sens à... Et d'ailleurs, en fait, j'ai réalisé... En fait, ce qui se passe au GR20, c'est que tu peux faire du 24, 25, 26 au kilo, en fait. Donc, tu fais deux bornes en une heure, même pas, en fait. Et du coup, tu as un rapport au kilomètre qui est complètement différent. Et Romain m'avait annoncé que pour le Beaufortin, il nous avait prévu des journées un peu plus courtes. T'inquiète pas, ça ne sera pas aussi long qu'au GR20. Alors, au GR20, on faisait entre 14 et 16 heures, je crois, par jour.

Romain Entre 12 et 16 par jour.

Esther Entre 12 et 16. Et là, il m'avait dit, t'inquiète pas, ce sera des journées plus courtes, ce sera plus cool. Et puis, en fait, j'étais tellement en croix que je pense qu'on faisait quand même du 7 heures, 18, 19 heures. Ah ouais ? Ouais.

Romain Ouais, c'était entre 8 et 10 heures, quoi.

Esther Et en fait, ben en fait, j'avançais pas, j'avançais plus, quoi. Et je voyais que, en fait, ben je mettais une journée pour faire moins de 40 bornes. Ah ouais ? Ouais, c'était ça, non ? Je me trompe pas.

Romain Ouais, ouais.

Esther Et je me disais, mais en fait, je ne vais pas la ccc, quoi. Parce qu'en fait, comment je peux faire 3 jours pour faire 120 bornes 7000 et m'envoyer toute seule faire la ccc. Je ne vais jamais... En one shot. En one shot. Mais pour moi, c'était mentalement impossible et physiquement impossible. Et du coup, je pense que ça m'a complètement démoralisée de me dire, ben voilà, voilà ce qui m'attend. Et voilà, en fait, le beau fortin, t'as jour 1, jour 2, jour 3. Et en fait, c'est jamais revenu. En plus, je me suis intoxiquée le troisième jour. Ah oui ? Ouais, ouais, ben ça arrive dans un refuge. Donc du coup, voilà, c'était magnifique, mais c'était très difficile. Mais en même temps, ben ça m'a aidée pour la ccc, quoi. Parce qu'en fait, je suis allée tellement puiser mentalement que... Ben que, voilà, Romain, il me disait sans cesse, dis-toi que tout ce que t'es en train de vivre, tous les états par lesquels t'es en train de passer, que ça soit mental ou physique, ben, tu vas les retrouver à la ccc et tu verras que tu vas les faire monter. Et c'était exactement ça.

Romain Elle les aura, en fait... Madi,

Esther tu verras, tu les connaîtras.

Romain Elle les aura déjà vécues, en fait. Ouais.

Loïc Contrairement difficile,

Romain guerre facile.

Esther Et à la ccc, j'étais déjà mal au 40e, et au final...

Romain Non, et au final, je t'ai remis super bien à partir du 40e.

Esther Ouais, finalement, j'ai tout basculé. Mais non, c'était plus dans l'euphorie, je pense, du G1-20 qu'on est reparti sur le Beaufortin aussi.

Loïc Ben, je me souviens, parce qu'on avait échangé après votre G1, je sais pas, quelques jours après que vous soyez revenus, et tout de suite, c'était... Mais là, d'ailleurs, on repart. Je me suis là, quoi ? C'est ouf ! Je lui ai dit,

Romain en fait, le lendemain, on est arrivé à 22h30, c'est le cinquième jour du G1, et le lendemain, je lui ai dit, dans trois semaines, on repart.

Esther Le lendemain matin, au café du G1, en attendant le taxi, je lui ai dit, tu fais quoi, là ? Il me dit, je prépare notre prochaine télérance.

Loïc Et il n'y en a pas eu de troisième après le Beaufortin, c'est bon, là, vous aviez eu la dose. Ben,

Romain il y avait Récu pour la TDS et pour la CCC, quoi. Et toi, la TDS, tu l'as vécu comment, du coup, Romain ? Moi, je l'ai surfé, quoi. Franchement, j'ai adoré. Je voulais faire cette course sans me préoccuper du temps et du classement, sans me préoccuper de mon temps et de mon classement. Gros changement de mindset, déjà, par rapport à... Oui, mais je pense qu'en fait, aujourd'hui, je pense que si tu veux performer, il ne faut pas se préoccuper du temps et du classement. Et si tu es en forme physiquement, c'est comme ça que tu performes et tu enlèves tout ce stress d'eux. je me fais doubler, je ne suis pas à mes temps de passage. Voilà. L'objectif, c'était vraiment de kiffer cette ultra et de faire une course aboutie. Et j'ai adoré du début jusqu'à la fin. Je n'ai pas eu de période trop difficile. L'environnement de la TDS est grandiose, c'est vraiment la montagne, c'est fabuleux. donc, j'ai fait une course, j'ai réussi ma course.

Loïc TDS, pour rappel, sur les traces des Ducs de Savoie, c'est 145 km et plus de 9000 de dénivelé.

Romain Il y avait 153, je crois, mon trou. un peu plus de 150 et 9000 et quelques. Course technique, tu dirais, ou pas ? Alors, c'est plus technique que l'UTMB, par exemple, que je n'ai pas fait, mais la technicité, ça ne vient pas forcément, ça vient dans des gros dénivelés positifs et négatifs. Donc, ce n'est pas technique comme une Diag ou comme certains sentiers amadères, mais on prend des grosses pentes positives et négatives donc là, oui, il y a des petites parcelles sur la fin de course, des petites portions où il y a des cailloux, où c'est un peu accidenté, mais ce n'est pas super technique. Ce n'est pas facile, mais ce n'est pas super technique.

Loïc C'était du coup la première course pour toi où tu avais ce changement de mindset, je ne joue plus de chrono, je fais aux sensations ?

Romain C'était, alors non, mais sur ultra, oui. Enfin, sur plus de... Ouais, j'ai fait madère en début d'année, mais ça ne s'est pas bien passé, donc ce n'était pas pareil, mais c'est complètement l'optique dans laquelle je pars pour toutes mes courses aujourd'hui, en fait.

Esther Et tu te souviens pourquoi ou pas ?

Romain Pourquoi ?

Esther Non, mais c'est super intéressant parce qu'en fait, comme il a fait le GR20 à Moritz, il a borné à Moritz, donc du coup, il borne à basse intensité, pareil pour le Beaufortin, et en fait, je me souviens très bien qu'il avait dit mais en fait, il faut que... Et comme en fait, il arrive à borner et il arrive au bout de tout ça sans fatigue, sans douleur, sans rien, il s'était dit il faudrait que je fasse au moins la première partie de course un petit peu comme si je partais avec Esther et m'y tenir en fait pour pouvoir tenir dans les mêmes conditions par la suite.

Loïc Le concept inversé

Romain du lièvre en fait. Un lièvre... Franchement, cette année, je me suis vraiment rendu compte de... En fait, si j'avais fait le GR20 en 5 jours seul, je ne saurais pas aller sur les mêmes allures qu'avec Esther et je pense que ça aurait été une bêtise et je pense que j'aurais pu potentiellement du coup me blesser. Et là, en courant à ses allures, j'ai réalisé la capacité que mon corps avait à faire un volume énorme sans avoir de sensation de... Sans te mettre dans le rouge en fait. Ouais, sans être traumatisé physiquement en fait. Et après, j'avais une consigne de mon coach qui m'a dit si tu veux faire top 100 sur la TDS aux premières bases de vie qui est au kilomètre 50, il faut que tu sois 3 centièmes. Ok. Donc, tu vois, c'est quand même hallucinant comme concept. T'imagines d'accepter d'être 3 centièmes à un tiers au premier tiers de la course si tu veux arriver dans les 100 premiers. Alors, je finis, je ne sais plus, 150 ou 180, je ne sais plus exactement. Mais voilà, ça veut dire vraiment partir en zone 2 sans aucune intensité le premier tiers de course. Mettre un petit peu plus d'intensité en deuxième tiers et faire ce que tu peux le troisième tiers.

Loïc C'est méga intéressant comme instruction.

Romain Et tu vois, et en fait, d'accepter de se faire doubler par 300, 400 mecs le premier tiers, ce n'est pas évident, mais en fait, tu te rends compte qu'après la mi-course, déjà, il y a la moitié qui ont explosé et puis tu reprends du monde tout le long. Et les 8 derniers kilomètres qui se courent, je reprends 15 mecs, tu vois, tu imagines. Donc, c'est l'art de la...

Esther En pleine nuit, à 4 heures du matin, sous la pluie.

Romain L'art de la bonne gestion en ultra.

Loïc C'est quoi votre histoire du coup, avec les courses à étapes ? Comment vous avez découvert ça ? Parce que c'est quand même très différent comme effort, comme concept d'une TDS, d'une CCC, de la Diag, enfin, c'est même... Vous me direz ce que vous en pensez, mais moi, je n'en ai jamais fait. J'aurais tendance à dire presque deux sports, deux approches qui n'ont vraiment, vraiment rien à voir.

Esther En fait, initialement, on part sur... on part sur certaines courses de par mon métier pour créer du contenu. Donc, en fait, initialement, ça a été une opportunité. Donc, en fait, on est parti sans aucune... La première fois qu'on l'a fait, on est parti sans aucune... sans idée, sans savoir vraiment dans quoi on se lançait. Donc, c'est vraiment la découverte totale.

Romain C'était en février dernier, au Maroc aussi, dans le désert. Pour quelle course, du coup ? Le Transahara Marathon. OK. Qui consiste... Qui est organisé comment ? Qui est organisé par Mohamed Ahansal, qui est un ancien coureur du Marathon des Sables. Il a gagné cinq fois. Il a fini dix fois secondes derrière son frère. enfin... Et du coup, il organise deux courses, le Transahara Marathon et le Transatlas Marathon. Et on a été invités en février dernier pour aller créer du contenu sur la course. Et du coup, tu vois, quand on l'a proposé, on a même hésité à y aller ou pas. Il n'y avait pas trop de photos, de vidéos. Ça n'avait pas l'air super goli. et on est arrivé là-bas sans aucune attente. Et on a pris une claque de kiff incroyable, quoi. En termes de paysage, en termes de... d'efforts, de succession d'efforts jour après jour, le fait d'évoluer avec un groupe en pleine nature, coupé du monde. il y a plein de choses qui rentrent en compte sur ces courses-là que tu ne retrouves pas sur une course, sur un ultra d'une journée, enfin, de plusieurs heures. Mais là, c'est vraiment exceptionnel ce qui règne sur ces étapes-là. Parce que du coup,

Loïc la première, le Transahara Marathon, c'était où au Maroc ? Et c'est quoi comme paysage ? Quand vous parlez des paysages, c'est quoi ? C'est désertique ? C'est plutôt type Atlas ?

Esther Alors, c'était super varié. T'as vraiment une... C'est... Selon les étapes, t'avais pas les mêmes paysages. Nous, l'année dernière, quand on y avait été, il y avait énormément plu. Je sais pas si tu te souviens. Et donc, du coup, le désert était super vert. C'était impressionnant. On a traversé des espèces de... des champs, je sais pas si tu te rappelles, avec tous ces arbustes verts, avec des dromadaires qui courent au milieu. On a fait des étapes dans des dunes, avec des dunes à perte de vue. C'est incroyable. Sur des kilomètres, où en fait, si tu viens pas avec une organisation de course, tu peux pas aller là-dedans parce que t'en ressors pas, quoi. Mais sur des kilomètres, des kilomètres, t'as l'impression que t'as de la chantilly de pas tout autour de toi. Et après, on a traversé des espèces de jebel, tu sais, c'est des montagnes dans le désert.

Romain Je te croirais dans les canyons américains. Ah oui ?

Esther Et vraiment, avec l'Oued, c'est les rivières complètement asséchées, avec d'un coup une palmerée au milieu, avec plein de palmiers verts fluos. Après, t'as des chemins, un peu... le sol, il est un peu type volcanique, avec des calyons.

Romain Je croirais sur la lune. Je croirais sur la lune.

Esther Et là, par contre, ça peut être sur des kilomètres et des kilomètres où c'est plat. Donc ça, ça demande un effort mental incroyable, sans parler de la...

Romain De la chaleur.

Esther De la chaleur.

Romain En février, il faisait combien du coup ? Ouais, il faisait, je pense, autour de 30, avec ressenti 35, tu vois.

Esther Et en février, il faisait très, très chaud la journée et super froid la nuit. Je ne sais pas si tu te souviens, la nuit, on se gelait, ce qui n'a pas été le cas cette année.

Romain Et là, en novembre, il faisait chaud, je pense, encore plus chaud la journée et le soir, c'était plus doux, en fait. Il y a eu une nuit où il faisait froid, mais sinon, c'était plutôt doux.

Loïc Donc là, la dernière que vous avez faite, tu disais un peu plus tôt Romain, c'était 180 bornes en cinq étapes, c'est ça ? Proche de l'Algérie. Donc ça s'appelle comment le coin ? C'est un nom, la région où ça a lieu ? Ouais,

Esther le désert de Zagora ?

Romain Ouais, c'est le sud de Zagora.

Esther Vraiment,

Romain la dernière ville, avant de rentrer dans le désert, c'est Zagora. Zagora, ok. Ok, ok.

Esther En fait, tu fais une boucle, en fait. On fait une boucle, on part d'un point et on se déplace.

Romain Ok. De bivouac en bivouac. Donc, tu dors en tente tous les jours. Et là, l'organisation, c'est que, en fait, l'organisation gère les petits déjeuners et les repas du soir. Ensuite, le midi, quand tu finis tes étapes, on avait des lyophilisés.

Esther Donc, l'organisation te fournit toujours de l'eau chaude pour pouvoir faire ton lyophilisé.

Romain Ouais.

Esther T'as pas besoin de ton réchauffement, tu peux.

Romain Là, on avait quand même accès à des sanitaires, des douches. En février, c'était un saut d'eau par personne. Mais franchement, ça fait le taf un saut d'eau, en fait, quand tu te rends compte. Quand tu t'en es pas d'une étape où tu cours 30 bornes, 40 bornes et que tu peux te doucher avec un saut, si tu ressors, t'as l'impression d'après une douche, t'es pas refait, quoi.

Esther Tu prends une louche, tu te mouilles, tu te savonnes, tu prends tes deux louches qui restent et t'es rincé.

Loïc En vrai, ouais, c'est... Ouais, ça m'aurait même pas vraiment surpris que, tu vois, vous ayez accès à des douches que deux fois sur l'étape, enfin, sur deux étapes ou un truc comme ça.

Esther Mais en fait, il y a l'inconfort dans le froid et il y a l'inconfort dans le chaud, il y a ça aussi. Donc, étant donné qu'il fait le chaud dehors, c'est pas... En fait, tu sors, t'es bien, tu te sens laver. Ça suffisait amplement. Cette fois-ci, on avait des vraies douches avec des poêles à bois qui chauffaient l'eau.

Romain Ah ouais. Il y avait un peu de confort en novembre qu'en février. OK.

Loïc Et donc là, la première, c'était Transara Marathon et celle-ci ?

Romain Et celle-ci, c'était le Grand Trail de la Vallée du Droit. Grand Trail de la Vallée du Droit. OK. Je crois que c'était la huitième organisation. Ils ont commencé, ils étaient 15-20 à la première édition, puis 30-40, puis 50-80. L'année dernière, je crois qu'il y avait une centaine ou 120 participants et là, cette année, c'était le record. Il y avait 200 personnes.

Esther Et je crois qu'il a clôturé volontairement. Il a volontairement arrêté à 200

Romain parce que, t'imagines, l'organisation qu'il faut pour faire à bouffer le matin et le soir pour 200 personnes. Tout ce qui est hébergement, même si c'est en bivouac, c'est quand même une sacrée organisation. Et franchement, c'était hyper bien rodé.

Esther Ah, c'était incroyable. C'est vraiment incroyable, l'organisation.

Loïc Et donc là, le concept, c'est tout le monde part en solo ou c'est possible de faire à deux ? En tout cas, comment vous, vous avez essayé de le faire ?

Romain Tout le monde part en solo. Tu peux faire des équipes de minimum trois personnes. Donc, en fait, le classement est individuel et ensuite, tu as un classement par équipe si tu déclares par équipe. Moi, on avait fait le choix tous les deux que je cours avec Esther. Donc, j'ai fait la course avec elle parce que c'est cool de vivre ces expériences aussi à deux. Et puis, on a fait suffisamment de courses cette année tout seul pour partager ça. Et du coup, le classement, c'est le cumul des chronos individuels sur chaque étape. OK. Donc, il y en a qui jouent la gagne et puis, il y en a qui marchent et puis, il y en a qui courent avec son pote. Il n'y a pas

Esther de barrière horaire.

Romain Il n'y a pas de barrière horaire et il y en a qui marchent. OK. Et tu as un chameau en circuit. Exactement. Tu as deux chameaux

Esther et un marchard

Romain et un marocain qui ferme la course. Donc, lui, il se fait toutes les étapes à pied avec ses chameaux

Esther en sandales

Romain avec une demi-bouteille d'eau pour la journée et deux dates.

Esther Et donc, tu as quand même des CP. Il y a quand même en général un CP tous les 5 ou 10 kilomètres par moment.

Romain Là, c'est des problèmes organisés.

Esther Avec eau en illimité, bien sûr, sur les ravitaillements, parfois du coca et cette fois-ci, un petit peu de ravitaillement, quelques dates et des fruits. Et des fruits. Au Transarra Marathon, il n'y avait absolument pas de ravitaillement.

Romain Il y avait un 4x4 et 5 litres d'eau. Enfin, il y avait une grosse bombonne d'eau pour se ravitailler. C'est tout.

Loïc Et là, vous buviez combien par curiosité ?

Romain Et par rapport à d'habitude, vous étiez vraiment déshydraté ? En gros, je pense 500 ml par heure ou un peu plus. Ça va, non ? Ça va. Après, on portait tôt le matin, donc il n'y avait pas les grosses chaleurs. Sur les étapes courtes entre 30 et 40. Tu vois, si tu pars à 6h30, 7h du mat, tu es avant midi, donc tu ne te feras pas le midi 15h. Je pense que tu as oublié

Esther la première journée et la deuxième.

Romain Non, il y a eu du chaud. Il y a eu du chaud.

Esther Il y a eu du chaud. Il y a très, très chaud.

Romain Donc, du coup, sur les cinq étapes, c'est quoi ? Il y a trois cours de long, quatre cours de long ? Là, c'était réparti. Première journée, 28 kilomètres. Deuxième journée, 38 kilomètres. Troisième journée, 30 kilomètres. Quatrième journée, c'est la longue, c'est 60 bornes. Et ensuite, tu finis sur un 15 bornes rapide la course. OK.

Loïc Comment vous aviez décidé ? C'était quoi la stratégie d'un point de vue effort, pace, etc ? Je suis Esther à son rythme. C'est...

Romain Quand on décide de courir tous les deux, c'est à son rythme. Donc, il n'y a pas de stratégie de gagne, de temps, de classement, de compétition. C'est... On court à son rythme. On kiffe l'expérience. On kiffe d'être... Le moment, le désert. On avait du contenu à créer aussi. voilà. Donc, on a fait ça au rythme d'Esther et c'est passé nickel.

Loïc Et toi, Esther, tu as réussi à kiffer la course malgré le contenu ? Parce que c'est un truc tout bête.

Esther C'est une très bonne question. Ce n'est pas évident quand même,

Loïc quand tu es dans ton truc, de te dire attends, mais là, il faut que je capture ça. Comment je vais véhiculer le message que je veux faire passer ? C'est un taf, en fait. Donc,

Esther ouais. Alors, ce qui est difficile pour moi, c'est qu'en fait, chez moi, c'est naturel, en fait. Je n'ai pas de stratégie, de... Je n'ai aucune stratégie, en fait. Je ne suis pas du tout structurée et stratégique dans ce que je vais communiquer. C'est une artiste. Tout est dans la spontanéité. Et en fait, je pense que je vis dans un... Enfin, je pense que je suis très... je fonctionne par le visuel. Je vois en permanence, sans cesse, certaines... En fait, tu vois, quand je suis arrivée dans ton studio, la première chose que je vois, en fait, j'ai tout de suite tout intégré. Je vois tout en tout de suite. Et après, donc, ce qui est difficile, en effet, c'est quand tu crées du contenu et que tu fonctionnes comme moi. Après, je ne sais pas comment fonctionnent les autres, étant donné que je ne suis qu'avec moi-même. Je suis vraiment super investie là-dedans. Donc, j'ai souvent très envie de capturer régulièrement, souvent, des images, des vidéos. Et c'est souvent une fois que je suis vraiment exténuée, épuisée, que plus rien ne se passe.

Romain Ce qui arrive quand même rarement, que j'ai exténué.

Esther Ah bon ?

Romain Donc,

Esther ce qui est cool, c'est aussi que Romain s'y met aussi. Donc, ça, c'est super. Donc, on est super complémentaires. En plus, on ne capture pas les mêmes moments, on ne capture pas les mêmes choses. Donc, on est vachement complémentaires là-dessus. Donc, c'est chouette. Après, je pense que j'ai quand même... En fait, je ne recherche pas de performance dans ma priorité. Je ne suis pas du tout dans la recherche de performance, de temps, de classement. Ça m'est égal. En fait, je fais très comme je suis à l'instant. À la sensation. Oui, à la sensation. Et puis, du coup, pour Romain, ce n'est pas toujours évident parce qu'il y a des matins... Parce qu'il y a des variations de sensation. Il y a des matins où je me réveille, je suis en croix et je lui dis franchement, tranquille ce matin. Il me rigole au nez. Il me dit du coup, on va marcher parce que si... Parce que déjà que c'est tranquille pour lui. Les jours où je lui dis on va vraiment aller tranquille, il me dit oula. Et puis finalement, il ne comprend pas. En fait, d'un coup, je pars à balle et puis j'arrive à balle. Donc, en fait, il s'adapte. Mais voilà, dans la création de contenu, c'est vrai que ça ne me pose pas du tout de problème de pouvoir filmer tout en courant, en postant des stories en direct. Je cours avec mon téléphone à la main. Ah oui. En fait, il y a plusieurs types de contenu que je crée. il va y avoir des contenus pour les marques. Donc ça, évidemment, ça sera plus réfléchi. Et après, il y a le contenu pour nous. Donc, tout ce qui est spontané. En fait, si tu ne le fais pas de suite, ça n'a pas la même... En fait, c'est ça qui est cool, moi, je trouve, c'est de partager en direct. Donc là-dessus, j'aime bien. Et après aussi, des fois, je suis dans le mal. Donc, ça me sort aussi de ma course et ça me permet de trouver un sens différent aussi à ça. Et puis, à des fois, je coupe complètement. Ouais. Alors, pas suffisamment.

Loïc C'est vraiment pas évident. Enfin, en tout cas, d'un oeil extérieur, je suis assez admiratif, tu vois, de ce que tu fais, des gens qui arrivent à... En fait, d'être sur deux fronts à la fois. Et je repense au premier week-end des Frappés. Alors, on n'a pas fait une course à étapes, mais c'était quand même assez intense comme rythme. On a fait plein de trucs différents, l'ascension de la Sainte-Victoire, etc. Et tu... Alors, je ne sais plus si tu étais déjà à ton compte ou pas sur la création de contenu. En tout cas, Ultra Distance n'existait pas.

Esther Non, je l'avais fait pour toi.

Loïc Mais voilà, tu étais vraiment au taquet. Je me souviens que quoi qu'on fasse, il y avait Esther dans un coin en train de prendre des photos, faire une story. Et c'était non-stop jusqu'à tard le soir. Tu étais encore en train d'éditer. et j'avais trouvé ça assez fou. Moi, je sais que je suis incapable de faire ça. Je suis dans ma course. Ça me saoule déjà de sortir mon téléphone pour envoyer un message. Donc, de là, essayer d'imaginer comment je peux capturer un instant, etc. Assez compliqué. Pour moi, en tout cas.

Esther Je comprends. En fait, je pense que... Je pense qu'en fait, on est tous complètement différents. Et en fait, je pense que c'est naturel chez moi. Et je ne m'en suis même pas forcément rendu compte. c'est quand j'ai rencontré Romain qui m'a dit mais en fait, c'est évident. C'est ce qu'il faut que tu fasses.

Loïc Et que tu fais bien.

Esther Ben, merci.

Loïc S'il y en a qui sont intéressés d'ailleurs, le compte Insta Ultra Distance, le lien est en description, que vous avez créé. Quand ?

Romain En avril. Pas très longtemps. En avril. Il y a sept mois.

Loïc Oui. Avec du contenu. Ce qui est cool, c'est qu'il y a vraiment une patte bien, je ne sais pas quels filtres tu utilises. Enfin, je n'y connais absolument rien techniquement, mais je trouve que tous les visuels, tout ce que tu fais, les polices, etc. Enfin, je dis tu fais à Esther parce que je pense que c'est surtout Esther. Tu me dis si je me trouve Oui, c'est un direct

Romain aux satellites artistiques.

Loïc Voilà. Franchement, c'est très, très, très sympa. Contenu méga quali et ça donnerait presque envie quand on voit les réels épinglés sur Cassie, Marseille et tout. Ça donnerait presque envie d'aller faire des navettes avec Romain. Mais bon, je comprends. Mais ouais, très chouette. Ok, donc vous décidez de faire la course ensemble 28, 38, 30, 75, c'est ça ? Bravo. Comment ça se passe ? Donc, ce que vous expliquez, c'est qu'il y a petit déj, dîner. Le midi, vous vous débrouillez un peu comme vous voulez. Le midi,

Romain c'est récup en moins. Alors nous, du coup, c'était création de contenu, mais pour les autres, c'était récup, sieste et repos.

Loïc Donc, le camp, il est organisé comment ? C'est comme ce qu'on voit au Marathon des Sables ? Tu as des genres de grandes tentes maraboues que tu partages ?

Romain C'est un peu le même style, c'est beaucoup plus confort. On n'a pas la contrainte comme on a attendu de courir avec toutes nos affaires. On n'a pas la contrainte de courir avec toutes... Enfin, ce n'est pas de l'autonomie, en fait. On a une voie de valise que l'organisation apporte de bivouac en bivouac et du coup, tu as accès à tes affaires le matin, une heure avant le départ et tu récupères toutes tes affaires à l'arrivée. À l'arrivée. Donc ça, c'est quand même cool parce que c'est quand même beaucoup plus confortable que... Et c'est en faisant la course à l'étape en février dernier avec ce modèle-là qu'on s'est rendu compte de l'exigence extrême que doit représenter le Marathon des Sables où tu as un sac qui peine entre 6,5 et 12 kilos maximum. Tu as 100% de tes affaires pour courir, 100% de tes affaires de nourriture pour manger sur 7 jours, si je ne dis pas de bêtises. Tu fais 250 kilomètres, tu dors par terre ou sur un tout petit matelas.

Esther Les tentes, elles ne ferment pas vraiment.

Romain Oui, les tentes, tu as vraiment peu de confort. Donc, au-delà de l'effort physique que ça demande, je pense que toutes les contraintes autour, c'est vraiment exigeant.

Loïc Là, vous arrivez au fil des étapes à connecter un peu, à avoir des échanges, rencontrer des gens, des autres participants ou quand tu as quand tu as qui sont vraiment dans leur bulle ? Non, déjà,

Romain tu partages ta tente avec deux autres personnes. là, c'est un autre couple. Et puis, en fait, dans ce type de course, tu as tout un groupe qui se met dans l'effort chaque jour, jour après jour, que tu retrouves. chacun arrive simultanément. Donc, tu as les premiers qui vont très vite, tu arrives en quelques heures. Et puis, tu as les marcheurs qui arrivent en fin de journée. Donc, toute la journée, tu as des arrivées. Et puis, du coup, tu vis une étape, tu racontes rapidement comment ça s'est passé, tu poses des questions aux gens, chacun a sa petite anecdote. Il y a vraiment un esprit de groupe qui est très fort et qui se construit au fur et à mesure des jours et des étapes et de la fatigue. Et il y a un lien qui se crée qui est rapidement très fort que tu ne retrouves pas sur un ultra traditionnel que tu vis en une fois. Donc, il y a tout l'aspect sportif qui est intéressant et il y a vraiment une dimension humaine qui prend tout son sens jour après jour et qui grossit au fur et à mesure que les jours passent, que les étapes passent, que les kilomètres augmentent. Donc, humainement, c'est vraiment fort. Trop bien. Vous avez mangé quoi ? Tagine couscous et des lyophilisés de la marque MX3 qui était un de nos partenaires qui était relativement bon. Donc, il y avait du risotto au champignon. Bœuf bourguignon. Alors, ils font bœuf bourguignon mais on ne l'avait pas. Paella, risotto, pâle curie. Pâle carbo, poulet curry. Les classiques. C'est pas mal. Les classiques du lyophilé. En tout cas, ça fait vraiment plaisir de bouffer ça après, un peu dans le désert. Trop bien.

Loïc j'ai l'impression que ça a été une très belle expérience et que le format, enfin, qu'il y a vraiment eu un truc, vous avez accroché avec ce type de format. C'est quoi la suite du coup ? Vous avez prévu de refaire des courses à étapes, d'aller plus loin sur ce type d'épreuve ?

Romain La vie fait trop, trop bien les choses. Et la prochaine, alors, on retourne au mois de février sur le Transara Marathon qui a été, ils sont associés, Mohamed s'est associé avec Red Light, ça s'appelle le Red Light des Air Trophies cette année. Mais on y retourne. Et puis, on va organiser une course à étapes avec Mohamed dans l'Atlas marocain. au mois de mai prochain. Donc, ça va être trop, trop cool. On ne courra pas cette fois, mais le fait d'organiser ça et de pouvoir faire ça avec lui sur ses terres dans l'Atlas, on a vraiment hâte. On est en train d'organiser tout ça. On repart quelques jours au Maroc la semaine prochaine pour en discuter avec lui. Mais on sera de l'autre côté du coup cette fois-ci.

Loïc Waouh ! Organisateur de course, c'est énorme !

Romain Vous avez déjà le nom ? Ça s'appelle, en fait, il ne l'a pas fait l'année dernière. Je crois qu'il a fait huit fois, huit années consécutives. Donc, c'est le Trans Atlas Marathon. Trans Atlas Marathon. On va garder ça. Mais le principe, c'est le même. C'est 160 kilomètres en quatre jours. Là, on est dans l'Atlas, donc on est dans les montagnes. Donc, c'est vraiment du trail, chose qui n'est pas forcément le cas. dans le désert, c'est la course à pied, c'est le trail, mais il n'y a pas dénivelé. Là, il y a 8000 mètres de dénivelé positif sur les 160 bornes. Et puis, pareil, il y aura différents formats. Il va y avoir un format rando, un format half, où ça sera à 80 kilomètres sur quatre jours, le format 160 sur quatre jours, et peut-être qu'il y aura un 100 bornes non-stop. C'est encore...

Loïc Ah oui,

Romain ok. Mais l'environnement de l'Atlas, ça a l'air complètement fou.

Loïc Parce que du coup, alors, je n'ai jamais fait de rando ou trail au Maroc. J'ai fait quatre électrophies au Maroc, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. C'est plutôt aride, non, je pense, l'Atlas ? Donc, un 160, ça se passe comment pour les ravitos, etc ?

Romain C'est effectivement pareil. En fait, les ravitos, ce n'est pas les ravitos UTMB, en fait, le ravito, c'est un date de quatre avec de l'eau, avec de l'eau, et quatre bananes, ou quatre mandarines, trois dates, c'est ça le ravito, mais tu es vraiment content de tomber sur une goutte pleine quand tu arrives au ravito. Le principe,

Esther c'est en général, ils disent qu'il n'y a pas de... Tu n'as pas à manger sur les ravitamins, c'est vraiment l'eau, c'est le ravitamins en eau. Et si tu trouves des dates, tu es super content.

Romain Souvent, sur le dernier ravito de l'étape, il y a un peu plus à manger, enfin, il y a quelque chose à manger. Mais voilà, le concept, c'est un bivouac dans lequel tu dors, qui est démonté le matin au départ de la course et qui est remonté le même jour sur l'arrivée de la course. et tu as toute une organisation de Marocains autour de ça qui démonte les tentes, monte les tentes, monte la tente de douche, de toilette, de restaurant, enfin, la tente commune, fait toute la cuisine, c'est incroyable de les voir. Ils cuisinent frais tous les jours, c'est grandiose à voir. Ils comblent les légumes, ils coupent les légumes tous les jours, enfin, c'est vraiment... Et tu manges bien. C'est vraiment fou.

Esther Et sur le Grand Ré de la Vallée du Drat, on a aussi super bien mangé. Oui, on a vraiment bien mangé. C'était vraiment super bien.

Loïc Même en tant que diplômé de l'école hôtelière de Lausanne et cuistot et tout.

Romain Justement, en fait, quand tu te rends compte ce que ça représente de faire à bouffer pour 200 personnes et que chaque jour au petit-déj, tu as 200 personnes et chaque jour au soir, tu as 200 personnes qui mangent, en plus de toute la logistique de transport, de changer d'endroit, on s'est vraiment régalé. On s'est vraiment régalé. Les légumes avaient du goût. Ils étaient cuits parfaitement. Mais enfin, la viande, les fruits, c'était vraiment top. Et puis, c'est complètement équilibré pour... Enfin, tu avais absolument tout ce dont tu as besoin pour l'effort que tu faisais la journée, en fait.

Loïc Les dates, c'est comment d'ailleurs ? C'est bon. Enfin, j'en ai déjà mangé, mais je veux dire d'un point de vue sportif, à port, etc. C'est bien. Super nitritique.

Romain C'est sucré calorique. Donc, si tu es en hippo, c'est parfait. Après, si tu bouves des paquets de dates devant ta télé, tu risques de prendre du poids. On est d'accord. Pas d'hippo d'ailleurs,

Loïc Esther ?

Esther Non, non. Alors là, pour le coup, non, sur course, je m'alimente. Les demi-heures, je respecte.

Romain C'est vrai. Elle a fait beaucoup d'efforts aussi. C'était la reine des hippos. Et là, elle n'a même pas eu une.

Esther Ouais, même pas après course. Ouais. T'as vu ? Non.

Loïc T'as fait comme moi, t'as fini par comprendre que si on s'alimente, il n'y a pas d'hippo en fait. Vous avez pu faire une compétition de niveau tout le monde. Ouais, c'était... Romain, je ne comprends pas. J'ai fait une sortie de deux heures et demie. t'as mangé un oeuf. Je mangeais un oeuf il y a cinq heures et je suis fatigué là. Aïe, aïe, méga intéressant que vous passiez de l'autre côté du coup du rideau et que vous organisiez une course. Ça serait quoi ? Admettons que quelqu'un écoute le podcast, il se dit « Ah, j'ai jamais fait des courses à étapes, pourquoi pas le tenter ? » Ça serait quoi ? Est-ce que l'expérience... Enfin, qu'est-ce que vous voudriez que les gens vivent... Alors, d'un côté, les gens expérimentés qui connaissent ce type de course, en quoi est-ce que celle-ci serait peut-être un peu différente ou apporterait quelque chose d'un peu unique ? Et pour les gens inversement qui ne connaissent pas du tout, qu'est-ce que vous essaieriez de leur faire vivre ?

Esther Oui, un truc qui me sidère à chaque fois, c'est que, en fait, tu t'engages sur un effort qui va être jour après jour. Ce n'est pas comme quand tu te lances sur une seule course. Et en fait, quand tu te lances déjà dans la première étape, c'est déjà difficile. Et quand tu te projettes mentalement dans ce qui t'attend, c'est complètement impossible. Donc, en fait, tu es en train de faire quelque chose et tu te dis que la suite sera impossible. Et en fait, en vivant l'instant, en faisant les étapes chaque jour, une par une, tu finis toujours par arriver au bout. Et le lendemain, tu repars. En fait, il est 5 heures du matin, il fait nuit noire, tu dois préparer tes affaires, tu dois te presser, en fait, pour être prêt, pour laisser ton sac et repartir le matin. Et là encore, tu te dis, ce n'est pas possible, je ne peux pas encore faire 60 bornes alors que j'en ai déjà 100 dans les pattes. Puis en fait, tu n'as pas d'autre choix. En fait, tu ne vas pas rester au camp, tu ne vas pas être dans un 4x4, tu ne vas pas rentrer chez toi. Non, en fait, tu suis le mood et tu y vas et tu te mets sur la ligne d'arrivée. Même sur la ligne d'arrivée, tu te demandes encore ce que tu fais là et puis tu y vas et ça sonne, tu cours. Et puis en fait, et puis au final, ta semaine, elle est là et tu as passé et ta réalité, tu es 180 bornes. Et je pense que c'est le cas pour beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens et je pense que ça redonne confiance en soi. En fait, je pense que ça remet énormément de choses en place pour beaucoup de gens, en tout cas pour moi. Moi, c'est ce qui me fascine en fait. À quel point, la projection mentale est négative et en fait, si tu fais les choses dans l'instant, tu ne penses à rien, tu les fais et tu arrives au bout. Et ça, c'est vraiment ce que tu, c'est ce que tu peux justement accomplir dans une course à l'étape sans parler de tout l'aspect partage

Romain et humain. Qui est super fort et en plus, je pense que le fait d'avoir la succession d'épreuves jour après jour, ça met la pression à beaucoup de monde, surtout ceux qui ne m'ont jamais fait en fait, parce que tu commences par 28, le lendemain, tu as 38 kilomètres, tu vois, c'est quand même déjà énorme. Le lendemain, tu as 30, après, tu as 60, tu as une longue. Tu vois, il y en a qui se préparent six mois pour faire un 60 bornes. Là, c'est juste la quatrième étape d'une course où tu as déjà pris 100 bornes les trois jours précédents, donc c'est énorme. mais du coup, tu es complètement pris au jeu et tu te retrouves dans un groupe en nature à devoir faire ces efforts physiques-là et du coup, comme coupure de ton quotidien, de nos vies de tous les jours, mais c'est vraiment incroyable parce que tu ne sais pas quel heure il est, tu ne sais pas quel jour il est, tu es vraiment, tu es immergé en nature dans ce groupe à te focaliser sur la course le matin, la récup l'après-midi, la bonne ambiance, l'échange avec les gens. C'est super fort comme expérience.

Esther Et puis aussi, il y a une réalité, c'est que le contexte fait que tu vas être amené à t'ouvrir à des gens avec qui tu n'aurais pas forcément on a toujours des a priori, on a toujours des jugements, on est plein de critiques et en fait, c'est comme si tout tombait et que tu te retrouves à discuter avec des gens et passer des moments avec des gens avec qui tu n'aurais pas du tout de toi-même partagé ces moments-là. Comme tu vois, quand en fait, on arrive dans la tente et que tu dois trouver ta place pour aller manger, en fait, tu vas là où il y a la place et finalement, tu te retrouves avec huit personnes, des gens qui ont 20 ans, des gens qui ont 75 ans, avec des gens qui viennent de partout dans le monde et tu partages un moment complètement inattendu et en fait, tu en reviens toujours à la même chose, c'est à la simplicité. Et il y a un autre truc qui me frappe aussi, c'est qu'en fait, quand tu fais une étape, évidemment que ta première étape, elle va te créer des douleurs. Donc surtout dans le sable, tu vas avoir mal aux pieds, tu vas avoir des ampoules, tu vas avoir des douleurs musculaires, etc. Et en fait, de toute façon, au lendemain, tu n'as pas d'autre choix que d'y retourner. Et souvent, quand tu fais une étape, quand tu fais une course, en fait, tu rentres chez toi, tu rentres chez toi, tu arrives chez toi, tu as ton confort et donc tu vas écouter tes douleurs, tu vas écouter tes ampoules, tu vas écouter tes douleurs aux genoux, tu vas écouter tes douleurs aux articulations. Et en fait, dans une course à l'étape, tu n'as pas le choix, tu n'as pas de confort. Comme j'ai dit, tu ne peux pas rester à l'attente ou dans le 4x4. Donc, tu y retournes. Et en fait, comme tu y retournes, tu te rends bien compte que au moment où tu cours, ça fait mal. Puis en fait, après, tu oublies. Et même des ampoules qui sont terribles et où tu n'as plus de peau, en fait, ça marche. Et à partir du moment où tu détaches ton attention de la douleur, ça marche. Les bornes avancent et tu peux finalement courir dessus. Et puis le soir, ça sera d'autres douleurs, etc. Et le rapport à la douleur est super intéressant aussi dans ce contexte-là.

Loïc Ça fait rêver.

Romain Non,

Loïc mais le format,

Romain c'est vrai que le format... Il ne faut pas croire que tu passes 5 jours à souffrir. Non, non, non. Clairement, ce n'est pas du tout le cas. Évidemment, musculairement, tu charges, donc tu as des douleurs de douleur. Oui, puis le sable, ce reste que ça. Tu sollicites ton corps de manière un peu extrême. Donc, évidemment, mais ce n'est pas une semaine d'enfer.

Loïc Oui, non, je pense que le fait de... Je ne sais pas, qu'est-ce que vous en pensez d'ailleurs ? Le fait d'avoir des gros temps, finalement, quand même des gros temps de récup entre chaque étape, est-ce qu'il n'y a pas aussi le revers de la médaille où justement, tu laisses le temps au corps de redescendre, de bien se refroidir, donc les douleurs arrivent, s'installent, qu'elles soient musculaires ou autres, et finalement, le fait de repartir, est-ce que ce n'est peut-être pas plus difficile que d'enchaîner 140 bornes sur la TDS où là, tu es tout le temps dans ton rythme, en fait, entre guillemets ? Si, si.

Romain Oui, c'est en fait le matin quand tu te lèves à 5 heures du mat, tu as déjà, c'est le quatrième jour, tu as 100 bornes dans les jambes, tu pars pour 60. Tu as déjà les pieds gonflés, tu as déjà tes ampoules. Tu te dis, ça va être compliqué aujourd'hui, tu vois ? Et puis en fait, si tu le tournes en disant, mais en fait, c'est la chance que j'ai de passer une journée dans le désert, en fait, tu vois, juste, tu changes d'angle et tu dis, la chance que j'ai, enfin tu vois, il y a des mecs qui sont au bureau, quoi. Moi, je vais passer une journée dans le désert, en fait, de quoi je me plains, tu vois ? Et en fait, voilà, tu pars doucement, puis ton corps se chauffe petit à petit, et puis, et voilà, et puis la journée est rénée, et puis tu kiffes,

Esther tu vois ? Et justement, sur ces temps de, en fait, d'être aussi face à cet inconfort, entre guillemets, tout est relatif, en fait, on n'y est pas aujourd'hui dans nos vies au quotidien, je pense que, et du coup, le moindre, le moindre moment, en fait, juste assis sur une chaise, en fait, tu l'apprécies, quoi. Tellement. Tellement.

Romain Et en fait, tu reviens à l'essentiel, en fait, tu vois, un peu d'eau, de quoi s'asseoir, de quoi manger, être là, dans cet environnement, échanger simplement avec quelqu'un que tu ne connais pas, c'est juste le bonheur, quoi, tu vois.

Loïc Pour passer aux choses un peu plus concrètes, du coup, vous avez une idée des tarifs, déjà ? Si on part sur le 160, le format, j'imagine un peu, la course un peu reine.

Romain Ça sera, je pense, autour de, donc c'est sur 8 jours, c'est un départ le samedi, si je ne dis pas de bêtises, c'est le 23 mai, et retour le dimanche 31 mai, sans les vols, ça sera autour de 1 400 euros, je pense, ou 1 490 euros.

Esther Sachant que, en général, tu as péri à Marrakech.

Romain Il y a deux nuits d'hôtel, cinq nuits en bivouac, toute la nourriture pour le matin et le soir, tous les transferts de Marrakech à l'Atlas. Plus l'assistance, etc., dans des endroits moins isolés. c'est, enfin, c'est, le, le, le, ce que tu vis, vs. ce que tu payes, je pense qu'il y a, que c'est très rentable. Ouais. Enfin, en tout cas, nous, des expériences qu'on a eues dans ces courses à l'étape, c'était, ça en vaut. C'était vraiment fou, ouais.

Loïc Si on veut, s'il y a des gens qui, en écoutant le podcast, veulent rester informés de la suite, potentiellement regarder les inscriptions, etc.,

Romain il y a rien qui est encore en ligne, on va faire ça tout courant du mois de décembre. Ben, la première des choses, c'est, on communiquera sur l'Insta, sur notre Insta ultradistance. Et puis, il y a déjà, il y a déjà un Instagram et un Facebook Trans Atlas Marathon. Donc, on va reprendre les manettes de tout ça et puis, on va essayer de communiquer très vite et de lancer les inscriptions idéalement avant la fin de l'année. OK.

Esther Bon, après, bien sûr, on est complètement disponible sur le compte Insta. Donc, après, pour toute question ou quoi que ce soit, évidemment, tout le monde peut nous écrire, bien sûr.

Loïc Excellent. On a vraiment hâte de voir comment tout ça va se développer. C'était un plaisir, en tout cas, d'avoir de vos news, que vous nous partagiez un petit peu ce que vous avez vécu depuis votre diag, enfin, la diag que tu avais couru, Romain, mais où Esther était un élément essentiel. Elle a couru en assistance. C'était vraiment super et fou de voir que vous êtes en train de, votre pratique évolue au point d'arriver sur de l'organisation d'épreuves. J'ai vraiment, vraiment hâte de voir ça et peut-être qu'on sera un épisode, un nouvel épisode débrief, mais cette fois-ci pour parler de l'autre côté d'une épreuve et de ce que ça donne quand on est organisateur. Trop cool. Merci à tous les deux. Merci à toi pour m'accueillir. À très bientôt. À bientôt. Ciao, ciao. Ciao, ciao. Ciao ! Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

À écouter aussi · Trail

Dans le même univers.

  • Il tente le record du GR51 pour sensibil
  • Mon abandon sur le Tor des Géants (350 km)
  • l'ultra-traileur
  • Anne-Charlotte

Reste dans la boucle

Le podcast dans ta boîte mail.

À chaque nouvel épisode, l'histoire à écouter et deux-trois trucs qu'on ne met pas ailleurs. Désinscription en un clic.

S'abonner →