Fleury C'est 35 km, ça dépend du terrain, mais c'est quand même long au Népal, surtout avec un sac chargé. Après, le corps s'habitue et encore une fois, ce n'était pas infaisable. Mais il y a plein d'aléas qui font qu'on n'est que 13 à avoir terminé et à avoir pu tout faire sur les 30 engagés. Donc voilà, on est tous tombés malades, on a tous eu des soucis, il y en a qui ont eu des blessures, des ampoules, des choses comme ça.
Loïc suivre leur propre chemin. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irréversibles dans ta vie. Tu es prévenu. Nickel. Écoute, c'est parti. Bienvenue Fleury à nouveau au micro du podcast. Trois ans après ton premier épisode, si je ne me trompe pas. Oui, c'est ça. Octobre 2023, donc quasiment jour pour jour. il s'est passé plein de choses depuis donc hâte qu'on échange sur tout ça mais en tout cas très content de te recevoir à nouveau et merci beaucoup pour ton temps
Fleury Merci Loïc de me réinviter à nouveau sur le podcast c'est un plaisir et c'est vrai que ça fait déjà 3 ans et il s'est passé beaucoup de choses en 3 ans parce que on va sûrement en parler Yes
Loïc donc si y'en a qui n'avaient pas écouté ce premier épisode foncé, le lien est en description on avait échangé sur ton parcours en général mais en particulier sur ce que vous aviez fait avec ton frère. Donc là, on était en 2023. Vous l'aviez fait en 2023, je crois.
Fleury On l'avait fait en 2022. On l'avait fait en 2022. C'était 2022, la Norvège ? Oui, c'est ça. Je pense que le film sortait en 2023. C'est peut-être pour ça aussi qu'on s'était eu à ce moment-là. Ah, ça devait être ça, oui.
Loïc Oui, exactement. Donc, on avait parlé de cette énorme traversée sud-nord que vous aviez fait de la Norvège en 83 jours, dont je me rappelle, 44 sous la pluie. Petit détail qui a son importance. Tout ça à la carte papier et en orientation, puisque c'est votre petit plaisir avec ton frère. Vous venez de ce milieu-là, que vous avez pratiqué à haut niveau. Toi, après, tu fais plein d'autres choses un peu éclectiques dans tes pratiques, le trail, l'ultra trail.
Fleury Tu es toujours d'ailleurs caméra runner ? Oui, effectivement, toujours caméra runner. D'ailleurs, cette année, j'étais quand même sur pas mal d'événements, mais toujours là-dedans.
Loïc excellent donc voilà foncez écouter cet épisode le premier épisode qu'on avait fait avec Fleury et en fin d'épisode tu nous avais annoncé un projet complètement fou tu nous disais que tu partais pour faire la Great Himal Race qui est une traversée des Himalayas d'est en ouest ou d'ouest en est et tu étais voilà tu étais en train de enfin tu te préparais pour faire ça tu l'as fait depuis donc tu me dis les chiffres que je vois sur leur site, c'est 1 609 km, 84 000 m de dénivelé positif et 82 000 de négatif. Donc, un beau bébé. Je suis assez curieux que tu nous expliques dans les grandes lignes ce qui s'est passé après l'épisode. Globalement, on va dire les derniers mois, dernières semaines avant ta course, si tu te souviens un peu l'état d'esprit dans lequel tu étais et au départ de la course, comment tu te sentais ?
Fleury Alors, c'est vrai que ça fait du coup un moment, ça va faire deux ans, ce projet-là. Donc, la Great Himal Race, c'est une course organisée par une association qui s'appelle Les Chevaliers du Vent. Et Bruno Poirier, donc Bruno, c'est l'organisateur de pas mal de courses là-bas. Alors, c'est des courses aventures. Ce n'est pas des courses comme on a l'habitude de voir en Europe ou en France, qui sont toutes balisées ou autres. Il y a un gros niveau de responsabilité de chacun des participants. sur ce genre d'épreuves. Et donc, c'était la deuxième édition de cette course. Donc, c'est une course qui partait de l'ouest du Népal, de l'Issa, et qui rejoignait le camp de base du Kachendjunga, donc tout à l'est du Népal. Donc, c'est vraiment une traversée de l'Himalaya Népalais, par les montagnes. Et donc, voilà, cette course, elle s'est déroulée au printemps 2024. Et c'est vrai que quand c'était eu, c'était en octobre. donc je commençais déjà octobre 2023 donc je commençais déjà un peu à préparer la course surtout d'un point de vue un petit peu plus logistique, matériel, tout ça il faut savoir que sur une course comme ça on est vraiment en semi-autonomie dans le sens où on part avec un sac qui est assez chargé jusqu'à 10 kilos et en fait l'organisation met en place des drop bags tous les 5-6 jours pour qu'on puisse récupérer à manger ou des choses comme ça donc là je ne me souviens plus exactement mais je crois qu'on avait 7 ou 8 drop bags sur les 53 jours au total de course. Et en fait, la course était séparée en différentes étapes. Donc, en fait, on ne pouvait pas aller vraiment au rythme qu'on voulait. En fait, on partait tous ensemble le matin. Et après, on arrêtait le chrono à la fin des étapes. Les étapes, c'était des étapes d'entre 30 et 40 kilomètres en fonction des jours. Certaines étaient plus longues et d'autres, des fois, un petit peu plus courtes. Je crois qu'en moyenne, on faisait à peu près 35 kilomètres par jour et à peu près 2000-2500 mètres de dénivelé. Et donc, on partait à la journée, pas de balisage, en autonomie avec notre sac. Et puis le soir, on arrivait soit dans un petit village où on cherchait à dormir chez l'habitant. Mais normalement, tout le monde se retrouvait le soir au même endroit. Donc, c'était ça un petit peu le principe de la course, ce qui nous emmène sur une traversée totale à peu près de 1500 kilomètres en 50 et quelques jours. donc voilà et puis dans la préparation c'est vrai que dans l'hiver en fait je me suis cassé la clavicule c'était le départ était début avril et je me suis cassé la clavicule je crois que c'était mi-janvier je me suis fait opérer ensuite et donc j'ai repris l'entraînement en fait que fin février donc il me restait à peine un mois, un mois et demi de préparation finalement pour la course après c'est des courses qui sont tellement longues que ce manque de préparation il ne m'a pas desservi totalement puisque ton corps s'adapte au fur et à mesure des jours et de la progression. Donc voilà, c'est vrai que la préparation était un petit peu… Du coup, je n'ai plus arrivé avec de la fraîcheur, mais c'est vrai que la préparation était un petit peu compliquée. Je n'ai pas pu faire le volume que j'aurais voulu faire avant d'un point de vue d'entraînement, notamment sur des longues sorties, des choses comme ça. Mais pour autant, je n'étais pas forcément plus inquiet que ça. La seule inquiétude que j'avais, c'est que du coup, j'avais une plaque au niveau de la clavicule. dû à mon opération et la cicatrice était encore entre guillemets assez fragile et avec le sac à dos pendant 50 jours, un sac de 10 kilos, ça crée des frottements et des contraintes sur une clavicule qui n'est pas totalement rétablie donc voilà j'ai plus eu des appréhensions par rapport à ça, par rapport au sac à dos plutôt que vraiment par rapport à mon niveau physique et tout ce qui allait en découler après sur les 50 jours
Loïc Ok Mais du coup, tu disais, c'est une course à étapes en fait. Le soir, vous aviez le logement qui était prévu par l'Orga ou parce que tu parlais de dormir chez l'habitant. Comment vous gérez ça ? Ça dépend les endroits.
Fleury Oui, c'est ça. Donc, on était 30 de nationalités totalement différentes. Donc, en fait, on dépose un dossier pour participer à la course. Et puis, c'est Bruno Poirier qui fait la sélection. et donc l'idée effectivement c'est que le soir en fait dans les coureurs il y a un staff un staff népalais donc ils font aussi la course donc eux s'ils arrivent avant nous ou en même temps que nous l'idée c'est d'arriver à trouver un logement pour le soir, alors souvent il y a des lodges donc les lodges c'est comme des refuges au Népal donc on peut y dormir, y manger le soir et faire le petit déjeuner et puis il y a des endroits où en fait on n'avait pas du tout accès à des lodges parce que c'est des régions comme on traverse tout le Népal il y a des régions qui sont très peu touristiques à certains endroits donc là on pouvait dormir chez l'habitant et il y a des moments on avait la tente aussi avec nous donc on a fait aussi quelques nuits en tente donc ça ça dépendait vraiment de notre progression et des différentes étapes c'est vrai que quand on partait le matin on essayait toujours on avait le lieu d'arriver mais on ne savait pas toujours ce qu'on allait trouver on ne savait pas si on allait trouver un lodge si on allait dormir chez l'habitant si on allait devoir poser la tente il y avait toujours un peu d'inconnus par rapport à ça. Mais après, les Népalais sont très très accueillants. Du coup, on n'a jamais eu de soucis en fait pour se loger. Et puis voilà, on savait que des moments où on était en montagne qu'on allait devoir dormir en tente. Donc, ça faisait aussi partie de l'aventure. Et puis, c'est comme ça que ça se déroulait en tout cas sur cette Gréty Malarise. Mais c'est un fonctionnement qui est un peu particulier où c'est une organisation qui est quand même assez légère dans le sens où il n'y a pas une ligne d'arrivée à la fin de chaque étape. et tu arrêtes dans ton village et tu essaies de trouver un endroit pour dormir. Mais il n'y a pas tout qui est prêt et il faut savoir faire preuve un petit peu d'adaptation lorsqu'on y arrive.
Loïc Ok. Parce que je lisais leur récapitulatif de l'événement. Donc, il y a une trace ou il n'y a pas de trace ? Parce qu'ils disent en ligne que les 22 personnes qui ont pu rallier Ilsa située à la frontière ouest du Népal et du Tibet, qui ont pu relier depuis Ilsa le camp de base du Kachanjuga n'ont pas fait le même itinéraire, chacun a fait sa trace
Fleury ouais alors ça c'est un peu aussi une des particularités de la course alors l'idée c'est qu'il y a une trace prévue de base par Bruno et l'organisation mais on est en montagne, on est dans un terrain qui peut évoluer très vite et donc on n'a pas été amené sur cette Gréty Malraise à faire la trace initiale en fait au bout de 5 jours on s'est retrouvé il y a eu des chutes de neige assez importantes en montagne durant l'hiver qui n'avait pas encore fondu et du coup il y avait certains cols qui étaient infranchissables donc on a dû à un moment donné contourner par le sud pour passer, pour continuer à avancer parce que les cols étaient infranchissables et donc au bout de 10 jours on avait contourné une première fois par le sud, on avait passé un premier col à 5000 on avait vu qu'il y avait quand même encore de la neige et en fait on arrivait dans le haut d'aulepot et au bout de 10 jours il y avait une nouvelle décision à prendre parce que de base on devait traverser le haut d'aulepot et rester en montagne autour de 4-5 milles pendant 5-6 jours. Et en fait, il y avait encore beaucoup trop de neige et il n'y avait aucun passage. Les bergers qui étaient dans le coin disaient mais n'y allaient pas, personne n'y est passé, tout ça. Donc, c'est vrai que ça remettait encore en question l'itinéraire. Et à ce moment-là, en fait, Bruno a pris la décision de neutraliser la course sur les 5-6 jours qui ont suivi. Donc, neutraliser, c'est-à-dire qu'on avançait quand même. Mais du coup, chacun a pris un peu son itinéraire. Et c'est vrai que nous, on est un petit groupe de 5. avec Julien-Henri Gabiou, avec Franck, il y avait Cher, et je ne me souviens plus qui c'est, on était cinq au total, et il y avait Opendra, donc il y avait deux Népalais, on était trois Français, et on a pris la décision nous de tenter l'itinéraire au col du Odolpo, malgré l'enneigement, mais on savait que du coup, à ce moment-là de la course, c'était neutralisé. Après, il faut savoir que sur une aventure comme ça, la course est un peu secondaire, l'idée c'est d'abord de vivre l'aventure, et avant tout c'est de finir et de traverser le Népal en n'ayant pas interrompu sa ligne de l'Ulsage au camp de base du Kacheng Lunga donc voilà nous on a pris cette décision et Bruno nous a autorisé à passer par le col quitte à devoir faire demi-tour à un moment donné donc si ça avait été le cas on aurait dû faire demi-tour et faire encore plus de kilomètres et du coup engendrer encore plus de fatigue et donc on l'a tenté les autres ont contourné au sud par des pistes et on s'est tous retrouvés au pied des Annapurna 5-6 jours après et finalement nous au bout de un ou deux jours, on s'est rendu compte que les cols, il y avait certes de la neige, mais en fait, il n'y en avait pas tant que ça. Enfin, pas ce qui a été annoncé, en tout cas, par les locaux. Et du coup, on était super heureux d'avoir pu traverser une partie du haut de l'eau et d'avoir pu passer par ces cols plutôt que d'avoir contourné par le sud et d'être passé par les pistes, comme a pu faire la majorité du groupe. C'est pour ça que les itinéraires ont été, à un moment donné, un petit peu différents. C'est qu'il y a une liberté de l'organisation de laisser passer les coureurs où ils veulent. Après, ce qui est sûr, c'est que quand il y a une étape qui est définie entre un point A et un point B, donc le départ et l'arrivée, là, il y a une totale liberté sur l'orientation. Donc, il peut y avoir plusieurs choix d'itinéraire à un moment donné. Et en fait, l'idée, c'est tout ce qu'on se retrouve le soir au même endroit. Donc, si on a un qui a voulu prendre un call plutôt à droite et l'autre plutôt à gauche, chacun fait son choix. Il n'y a rien de balisé. Mais c'est sûr qu'il y a toujours un itinéraire optimal. Et la majorité du temps, tous les les coureurs prenaient le même itinéraire parce qu'aussi, on est dans des grandes vallées et il n'y a pas 40 000 chemins non plus pour faire les étapes.
Loïc Tu dirais qu'il y a une différence pour toi avec l'expérience que tu avais du très long au final, parce que là, c'était en Himalaya, il y avait peut-être le sujet de l'altitude, de l'isolement, mais tu n'en étais pas du tout à ta première aventure longue, tu as même fait plus long, tu avais fait plus long avant ça, mais est-ce que le fait que ce soit une course, que l'orga soit peut-être l'ensemble de l'expérience soit peut-être un peu plus spartiate que d'autres choses est-ce que ça a amené de la complication ou au final tu étais vraiment dans ton élément et tu as pu en profiter à fond
Fleury j'étais vraiment dans mon élément le Népal je ne connaissais pas du tout j'allais aussi pour découvrir c'est vrai que ça a été une super expérience j'étais super heureux aussi de partager énormément avec Jules-Henri Gabiot que je ne connaissais pas du tout avant le départ mais qui avait une expérience du Népal. Pour lui, cette traversée, c'était un petit peu la fin d'un voyage parce qu'il avait déjà bien parcouru le Népal et il voulait cette fois traverser le Népal en entier en suivant une seule et même ligne. C'était un peu un projet pour lui qu'il avait à cœur. De le partager avec lui parce qu'on avait à peu près le même rythme, ça a été super parce qu'il a pu m'apporter énormément d'expérience sur les premiers jours notamment. Et puis ensuite, on a pu avancer ensemble. Donc, c'est sûr qu'après, de le faire tout seul, ça aurait été totalement différent. Mais après, chacun avance à son rythme et du coup, on n'est pas trop contraint par tout le côté organisation ou autre. C'est sûr qu'à un moment donné, il y a des choix et des prises de décision à faire qui font qu'on respecte la course et qu'à un moment donné, j'aurais peut-être eu des moments, envie d'aller plus loin, d'aller peut-être plus... continuer les étapes un peu plus longtemps. Et ça, ce n'était pas forcément possible parce qu'on était dans l'organisation d'une course et du coup, on ne peut pas avoir toutes les libertés qu'on souhaite avoir. Mais pour une première expérience au Népal, moi, ça ne m'a pas trop, trop gêné. Après, c'est sûr que si je devais retourner au Népal, je le ferais peut-être différemment. Et maintenant, avec l'expérience que j'ai pu avoir sur cette traversée, je sais que je pourrais faire des choses autrement. autrement et d'ailleurs c'est un de mes projets un peu dans le futur j'aimerais bien retourner au Népal ou faire une traversée et pourquoi pas essayer d'aller plus vite et pourquoi pas essayer de mettre moins de 30 jours pour faire cette traversée là
Loïc Wouah Excellent Ok Jules-Henri Gabieux du coup qui en 2023 est-ce qu'il avait fait la PTL après ? Non je crois pas Je ne sais pas
Fleury je ne me souviens plus ce qu'il a enchaîné il a peut-être enchaîné avec le Thor ou le Thor des glaciers je ne me souviens plus
Loïc Oui le Thor des glaciers où il finit quatrième visiblement avec son frère et l'année d'après il a refait la pétale l'année d'avant il gagne quasiment tout le temps la pétale oui oui c'est ça l'année où je l'avais fait ils avaient gagné ils ont regagné cette année ils ont gagné l'année dernière donc ouais ok intéressant du coup par curiosité vous avez prévu de refaire potentiellement prendre des dossards ensemble ou est-ce que lui, l'aspect orientation, parce que j'imagine qu'en 50 jours et quelques, vous avez pas mal discuté, est-ce que tu l'as convaincu de s'essayer à l'orientation ou pas forcément ?
Fleury Alors, ouais, pas forcément, parce que du coup, là, c'est une orientation, là, on faisait une orientation très sommaire au Népal, mais c'était tout aussi intéressant dans le sens où, en fait, il y a beaucoup de chemins, mais qui ne sont pas forcément cartographiés. Donc, du coup, on oriente énormément au feeling et avec l'aide aussi de la population, parce qu'eux connaissent les petits sentiers. donc c'est eux généralement qui nous indiquent les chemins les plus courts ou voilà les meilleures traces pour passer de village en village et donc c'est vrai que Gilles-Henri lui il a un profil différent il est un petit peu plus âgé que moi il a énormément d'expérience sur des trails longs et en fait je pense qu'il prend tout le temps de plaisir à continuer à faire ce genre de projet ou de course à ces longues distances et en fait il s'est toujours mis là-dessus et je pense que ça ne changera pas trop il adore ça mais je sais qu'il a aussi d'autres projets au Népal des trucs qui peuvent l'amener à être un petit plus haut en altitude que ce qu'on a pu faire après l'orientation fine je ne suis pas sûr que ce soit vraiment sa passion et je ne sais pas s'il sera amené un jour à faire ce genre de projet ok
Loïc l'altitude du coup en moyenne vous étiez vraiment haut tout le temps ou il y a eu des phases selon les régions que vous traversiez ?
Fleury Alors ça, ça dépendait vraiment des régions, c'est vrai que nous, sur mon itinéraire en tout cas, parce que comme je t'ai dit, on a eu des itinéraires différents, j'ai fait 17 cols à plus de 5000 mètres d'altitude mais je ne saurais pas dire en moyenne combien on était sachant qu'on est redescendu jusqu'à 800 mètres de mémoire dans la vallée entre le Manas Will Kachinjunga, on est redescendu assez bas dans la route de Valais. Et donc, c'est vrai qu'on a eu pas mal de changements d'altitude tout au long de la traversée. Moi, j'ai essayé de toujours, on essayait quand on prenait l'édition, mais le tracé était comme ça aussi, de toujours essayer de passer par les hauts cols. En tout cas, moi, c'est ce que j'étais mieux chercher aussi. Et j'ai adoré ces sensations d'altitude. Donc, c'est pour ça, typiquement, à un moment donné, quand on est arrivé dans le Rodolpo au bout de dix jours, qu'on a voulu tenter ces cols à 5000 parce que c'est ce que j'étais venu chercher aussi en venant au Népal, ça ne m'intéressait pas vraiment d'aller marcher sur des pistes à 1000 ou 1500 mètres d'altitude pendant 40 ou 50 kilomètres donc c'était plutôt ce que j'étais venu chercher et en fait on avait une toute petite phase d'acclimatation de 3 jours parce que quand on est arrivé on est arrivé à Simicot, donc pour rejoindre ça il fallait rejoindre la frontière tibétaine et donc là on avait 3 jours qu'on passait entre 2005 et 4.500, ce qui nous permettait de nous acclimater. Et après, c'était à Dune de nous acclimater sur les premières étapes, en y allant plutôt tranquille dans les premiers cols à 4.000. Et ensuite, c'est vrai que les premiers cols à 5.000, ils font mal. On sent vraiment la difficulté d'avancer. Mais moi, je savais, en fait, j'étais déjà allé au Mont Kenya et au Kilimanjaro, et je savais que j'avais une plutôt bonne tolérance à l'altitude. Et ça s'est vraiment confirmé là au Népal, parce que très rapidement, j'ai eu de très bonnes sensations. Et en fait, au bout de 10-15 jours, j'étais déjà très bien acclimaté et j'arrivais à avoir des vitesses sensationnelles qui étaient très bonnes en altitude. Et donc, du coup, je prenais énormément de plaisir à passer l'école et c'était toujours vraiment une régalade d'avancer dans ces altitudes-là. Je sais que d'autres ont un peu plus souffert de l'altitude, mais bon, avec une bonne acclimatation, tout le monde globalement a bien réussi à passer l'école. donc voilà le point le plus haut ça a été 5750 mètres le Tachilapsa donc voilà c'est sûr que quand tu passes la barre des 5000 déjà tu sens que avancer et progresser c'est une difficulté supplémentaire et on n'avance pas sur les mêmes vitesses institutionnelles que sur des cols à 2000 ou 3000 lorsqu'on est en Europe ou en France mais voilà c'était une super expérience l'altitude et ça permet vraiment de se découvrir et de découvrir son corps et ses adaptations à ces altitudes là
Loïc tu devais alors du coup j'ai plusieurs questions la première très spécifique ta vitesse ascensionnelle tu regardais quoi il y avait à quel moment est-ce que tu disais là je suis en forme là je suis trop lent tu avais un seuil en tête
Fleury ouais déjà il y avait alors on avait un sac chargé donc déjà on n'est pas sur les mêmes vitesses ascensionnelles que lorsque on est enfin voilà on est léger on a juste un petit sac de trail là il faut savoir qu'on avait toujours 10 kilos sur le dos donc avec 10 kilos sur le dos déjà faire plus de 1000 mètres heure c'est déjà bien et du coup c'était surtout déjà au niveau des sensations tu sens vite ton niveau de sensation quand tu peux pousser sur les jambes et quand tu es vite limité après comme je disais le corps il s'adapte aussi au cours de la traversée c'est vrai que les 5-6 premiers jours forcément on n'est pas habitué à porter un sac lourd les jambes ne sont pas habituées à l'altitude le souffle aussi et même à la progression faire 30-35 bandes par jour tu le fais quelques fois ça va mais en fait l'enchaîner, ton corps il commence à mettre un petit peu des mécanismes et à s'adapter donc c'est pour ça qu'au bout d'entre 5 et 10 jours le corps est vraiment adapté au bout de 10 jours, on a tous ressenti des très bonnes sensations de progression et une fois qu'en plus on est adapté à l'altitude, ça nous permettait d'avancer assez vite dans l'école mais je dirais que tu vois moi des bonnes vitesses institutionnelles avec le sac chargé c'était autour de 800 de 800 mh dans l'école à 5000 et moi j'avais peu de regard et j'avais peu finalement d'expérience par rapport à ça mais c'est Jules qui me disait on monte super bien, quand on monte à 800 mh à ces altitudes là, avec le sac chargé en fait on avance super bien donc après je l'ai bien vu aussi parce qu'il y avait des couronnées palais qui étaient aussi acclimatées et quand je voyais que sur certains cols dès qu'on était acclimaté, qu'on montait aussi plus vite qu'eux ça voulait dire qu'on était en forme et qu'on était bien ce qui n'était pas forcément le cas au début sur les premiers cols étaient un petit peu plus préparés que nous en habitant là-haut. Donc forcément, tu sens que tu as une difficulté à les suivre sous les premières étapes.
Loïc Ouais. Ok, excellent. Tu as forcément traversé, tu le disais, il y a eu énormément de régions traversées. Vous êtes redescendu finalement assez bas, monté très très haut. Toi, deux ans plus tard, est-ce qu'il y a un coin en particulier du Népal sur ces 1500-1600 kilomètres où tu as vraiment été époustouflé par les paysages que tu as découverts ?
Fleury Il y en a énormément. Parce que le fait d'avoir traversé le Népal, on a traversé des régions totalement différentes, des régions désertiques, des régions de hautes montagnes comme le Solo Kumbu et la région de l'Everest. Mais aussi, le Makalu, on est passé un petit peu plus au sud et du coup, on était vraiment dans la jungle. Donc, c'est vrai qu'on a eu des climats totalement différents. Et moi, ce qui m'a le plus marqué, je pense que c'est le Manaslu. Le Manaslu, c'est au centre du Népal, environ au centre du Népal. Et là, en fait, on traversait des très belles forêts de rhododendrons. Et puis, assez vite, on devine les hauts sommets. On passe vraiment au Larkela, qui est vraiment le col proche du Manaslu. Et là, j'ai trouvé vraiment la région très, très, très belle et beaucoup moins touristique finalement que la région de l'Everest ou les Annapurna. Après, les Annapurna, c'est très joli, mais du coup, c'est très touristique et les chemins sont très fréquentés. Du coup, pour moi, ça n'a pas été ma région préférée. La région, le Solokumbu dans l'Everest, c'est magnifique, mais c'est vrai que c'est aussi très touristique. Mais c'est vrai que certains cols sont quand même très beaux, le Renjola, le Shola, tu as des panoramas exceptionnels. Et ça, ça m'a aussi vraiment marqué. ou Gokyo, le Gokyo Lake c'est vraiment plein d'endroits qui m'ont marqué aussi dans le solo kumbu donc c'est vrai que j'ai été retourné il y a un an donc j'ai été retourné en 2025 dans cette région là parce qu'il y avait plein de choses que j'avais envie de voir aussi là-bas et ouais donc le Haut-de-le-Pau aussi est magnifique c'est des hauts plateaux désertiques qui sont à 4000-5000 mètres d'altitude et tu te rends pas compte que tu as cette altitude là en fait on est vraiment aussi à la frontière tibétaine à cet endroit là et c'est aussi son charme et c'est très particulier comme endroit donc ouais je saurais pas te dire une région mais le Manaslu je pense que c'est celle en tout cas sur le moment qui m'a le plus marqué parce que c'était la première fois vraiment qu'on voyait un 8000 même si on avait vu le Dolagiri juste avant ou les Annapurna mais là on le voyait de très proche et avec ces fourrées de rhodonadron, les couleurs j'en garde vraiment un très très bon souvenir
Loïc ça donne envie d'y retourner moi j'avais fait que la région du Kumbu j'avais fait le le trek des trois cols je sais pas si ça te parle mais c'est du coup tu avais dû faire le Red Jola
Fleury le Shola et le Kong Mala je pense qui sont les trois cols à 5000 c'est magnifique c'est une région qui est exceptionnelle
Loïc c'était très très beau et c'était assez chouette parce qu'on était parti de Namche Bazar ensuite on avait filé nord-ouest on a fait une boucle dans le sens sens horaire du coup et c'est vrai que c'était un peu plus sauvage cette partie-là de Namche Bazar jusqu'à Gokyo par contre dès qu'on était revenu vraiment sur la piste principale on va dire jusqu'au camp de base de l'Everest la série ça m'avait quand même marqué c'était ultra touristique les hélicoptères qui venaient poser les gens enfin c'était waouh c'était enfin moi ça m'avait donné envie d'y retourner mais pour sortir un peu des sentiers battus
Fleury effectivement il y a un contraste saisissant et c'est vrai qu'au Népal, tu as des chemins et des itinéraires qui sont très très fréquentés, comme l'aller-retour au camp de base de l'Everest par Namche, qui est vraiment quasiment une autoroute, où il y a des allers-retours, énormément de mules, etc., et de porteurs et de touristes, mais c'est vrai que dès qu'on s'éloigne un petit peu de ces itinéraires classiques, on se retrouve dans des cols ou des endroits qui sont assez sauvages et qui sont encore préservés de ce tourisme-là, et c'est vrai que c'est très agréable et c'est totalement différent, c'est vrai de se retrouver en montagne seul ou avec 100 touristes ou plus sur le chemin
Loïc ouais
Fleury du coup quand t'es retourné t'as fait quoi dans la région de et ben c'était les trois cols aussi l'idée c'était d'intégrer des sommets à 6000 donc c'était d'intégrer l'Island Peak en fait je suis retourné avec les Cheveilles du Vent aussi qui organisait du coup l'Everest Sky Race donc c'est un peu le même type de course mais c'est beaucoup plus court là c'était sur deux semaines l'idée du coup c'était de faire les trois cols faire des petites variantes aussi et puis de faire l'island peak et ensuite de faire le merapique alors l'island peak on n'a pas pu le faire il y a eu beaucoup trop de neige il y a eu un épisode de 4-5 jours avec énormément de neige donc on n'a même pas pu aller au Calapatare ou des choses comme ça on a dû redescendre assez vite en altitude on n'a pas pu faire le combat là non plus et ensuite le beau temps est revenu et là on est resté un petit groupe et là on a pu faire le merapique qui est un sommet assez facile dans une vallée de l'autre côté du Kumpu, juste derrière. Et là, on a pu faire le Merapik qui est à 6400 mètres d'altitude et qui est aussi un très beau sommet et assez facile au niveau alpinisme. Donc, j'ai encore vraiment apprécié ce Népal-là et aussi le Merapik et cette vallée derrière qui est moins touristique que la vallée de Namche et Bazar.
Loïc Oui, excellent. ah là là j'ai la carte vu satellite là sous les yeux ça donne vraiment envie de y retourner il y a tellement de vallées de petits coins perdus où il n'y a rien visiblement ça donne envie de partir explorer tout ça et côté rencontres alors première question c'est que quand vous rencontriez du coup des Népalais que vous leur expliquiez que vous étiez en train de faire une traversée intégrale des Himalayas c'était quoi les réactions généralement ?
Fleury Alors, c'est... En fait, généralement, ils ne comprenaient pas ce qu'on faisait parce qu'ils ne connaissaient pas...
Enfin,
Fleury dans certains villages, alors, il y a certains villages qui sont très isolés en montagne où les Népalais vivent à l'année et en fait, quand tu leur parles d'un village qui est à 100 km à vol d'oiseaux, tu leur dis je viens de là-bas, et bien des fois, ils ne connaissent même pas ce nom du village parce qu'ils ne sont jamais sortis de leur vallée. Donc, ça, c'est vrai que c'était aussi assez particulier, c'est que du coup on leur dit qu'on vient de là et qu'on va là-bas mais ça leur parle pas forcément après il y a d'autres Népalais dans les régions touristiques où là on leur dit ce qu'on fait et là pour le coup ils connaissent et puis ils trouvent ça impressionnant forcément traverser le Népal pour eux c'est pas forcément quelque chose qui est commun d'autant plus qu'eux ils vivent quand même du tourisme mais c'est pas le tourisme enfin c'est pas comme nous on l'a pratiqué dans le sens où nous on était sur du tourisme aventure et sportif alors que la majorité des touristes qui vont là-bas c'est tout autant sportif mais disons que les étapes sont plus courtes ils font des tout petits tours c'est des tours des Annapurna des choses comme ça donc en fait c'est des étapes de 5-10 km par jour pour bien s'acclimater donc c'est vrai que nous quand on leur dit que sur une journée on a fait déjà 30 ou 40 km c'est un peu impressionnant mais je ne suis pas sûr non plus qu'ils avaient vraiment cette notion de ce qu'on faisait exactement et de ce que ça pouvait représenter mais on était toujours très bien accueillis en tout cas excellent
Loïc oui parce que quand vous étiez à 35-40 km par jour en termes de chrono parce que c'est pareil c'est pas évident quand t'as pas vécu de l'altitude ou le fait que typiquement il n'y a pas forcément de balises partout tu pourrais dire 35 km c'est 5-6 heures mais c'est peut-être pas forcément le cas à 5000 mètres
Fleury ouais exactement c'est vrai que les étapes comme ça elles peuvent paraître courtes mais mine de rien c'est quand même assez long parce que quand on est en altitude 35 km ça peut prendre 7, 8, 9 heures par moment ça dépendra surtout aussi de la technicité des sentiers mais tu vois on était 30 à partir au départ on n'est que 13 à avoir fini l'intégralité d'avoir sans coupure parce que certains sont tombés malades ou ont dû arrêter parce qu'ils soient perdus soit ils ont eu des soucis ça a été le cas certains n'arrivaient plus à tenir le rythme du coup au bout de 5, 6, 7 jours 10 jours quand tu ne tiens plus le rythme quand tu arrives à 21h le soir et que tu dois repartir le matin à 5, 6h du matin tu accueilles de la fatigue et au bout d'un moment ça craque donc voilà nous on avait la chance avec Julenri on était plutôt devant on arrivait assez tôt on arrivait vers midi, 13h, 14h donc ça nous permettait de manger le midi ou en début d'après et de faire une sieste et puis de bien se reposer mais pour certains c'était pas envisageable certains arrivaient à 21h le soir donc c'est vrai qu'il y avait des gros écarts aussi de progression et au bout d'un moment ça laisse de la fatigue et on récupère pas pareil donc ouais 35 km ça dépend le terrain mais c'est quand même long pour une épale, surtout avec un sac chargé après voilà le corps s'habitue et encore une fois c'était pas infaisable mais il y a plein d'aléas qui font que on n'est que 13 à avoir terminé et avoir pu tout faire sur les 30 engagés. Donc voilà, on est tous tombés malades, on a tous eu des soucis, il y en a qui ont des blessures, des ampoules, des choses comme ça, des choses qui font qu'à un moment donné, tu dois prendre des questions, est-ce que je continue, est-ce que je m'arrête, est-ce que je décide de m'arrêter et du coup de reprendre 10 jours plus tard. Et dans ce cas-là, tu n'es plus dans la course, mais tu peux quand même continuer. Mais voilà, c'était plein d'incertitudes, plein d'aléas qu'il fallait gérer. Et c'est vrai que c'était toujours un peu une épidémocrate qui était au-dessus de nous dans le sens où on avait peur de tomber malade peur de devoir arrêter parce que le groupe avance et les étapes elles se tiennent comme ça donc si à un moment donné un jour tu es vraiment pas bien tu dois faire un jeu de repos tu ne peux pas trop te le permettre parce que derrière il va falloir rattraper et en fait faire 60 bornes après la journée d'après c'est quand même compliqué donc ouais c'était toujours compliqué à gérer pour certains un peu cet avancement et même pour nous moi je suis tombé malade au bout de 6-7 jours à ce moment-là il y a eu plusieurs personnes qui ont dû arrêter et abandonner, j'avais vraiment peur de devoir arrêter quoi, dans un état où j'arrivais plus à m'alimenter, c'était vraiment compliqué, si je me souviens c'était une étape de 37 kilomètres ça a été très très compliqué de venir au bout de cette étape et heureusement au bout de 2-3 jours je me suis refait et j'ai pu continuer mais disons que ouais à un moment donné j'ai vraiment eu peur de devoir m'arrêter à cause d'être tombé malade
Loïc C'était quoi, problème gastrique ?
Fleury Ouais, majoritairement c'était des problèmes gastriques qu'on pouvait avoir et après ça touche un peu tout le corps parce que dès que tu n'arrives plus à t'alimenter tu as vraiment une grosse perte d'énergie et puis ça devient compliqué
Loïc du coup l'alimentation l'eau, vous faisiez comment moi je sais que sur le tour que j'avais fait j'avais des tablettes mais bon honnêtement si c'était à refaire je ne le referais plus parce que j'avais fait ça que 10 jours je crois mais c'est pas bon du tout pour les reins, je sais qu'à la fin je le sentais je prenais peut-être plus des filtres tu vois, filtres charbon, des choses comme ça des gourdes filtrantes, mais comment vous faisiez vous pour l'eau et la nourriture ?
Fleury on avait des gourdes filtrantes moi je faisais qu'avec ça, des gourdes filtrantes donc j'ai eu enfin j'ai pas eu trop de soucis avec ça donc j'ai l'impression que ça fonctionnait plutôt bien après pour tout ce qui est nourriture et puis en fait on trouve des points d'eau quand même régulièrement et puis même après il y a quand même beaucoup d'eau au Népal donc on n'a jamais vraiment manqué d'eau je ne me souviens pas être parti avec un litre et demi ou deux litres je crois que je fonctionnais toujours avec un litre et j'arrivais toujours à trouver de l'eau dans des ruisseaux ou des choses comme ça donc jamais vraiment embêté par rapport à ça et pour se nourrir moi c'était vraiment mon questionnement parce que en France quand tu pars en montagne tu ne vas pas trouver des refuges tout le temps ou autre et tu pars avec ton autonomie sur toi pour t'alimenter et là en fait déjà on mangeait beaucoup moins typiquement on n'est pas autour de 50 ou 100 grammes de glucides heure comme ce qui se fait en trial ou en ultra là c'est un peu plus de la lipolyse et des fois tu ne manges pas pendant 2-3 heures et ce n'est pas grave ça fait partie du truc parce que si tu dois manger à ce rythme là en fait tu ne tiens pas 50 jours et c'est compliqué de porter aussi autant à manger sur ce long temps donc là on tournait dans les lodges ils vendent des biscuits ils vendent des sneakers des petits gâteaux des choses comme ça donc du coup on tournait surtout à ça donc on achetait le matin tu vois ou même des fois dans les tables tu trouves même chez l'habitant des fois ils ont toujours des paquets de biscuits des choses comme ça hop tu t'achètes un petit truc et en fait sur tout notre cheminement en fait on était quand même régulièrement avec enfin on tombait quand même régulièrement sur des lodges ou chez des enfin chez des gens et donc on pouvait se ravitailler un petit peu comme ça et après moi la boisson énergétique c'était le coca ils ont plein de petites bouteilles de coca et du coup je tournais aussi à ça en journée donc c'est vrai que c'est pas une alimentation en journée qui est très saine et qui est très durable mais bon sur une épreuve comme ça il n'y a pas forcément le choix après le soir c'était majoritairement d'albate d'albate c'est un plat typique népalais à base de riz, de pommes de terre et de lentilles et puis un petit peu de légumes à côté et donc ça c'est assez sain mais c'est vrai que je me souviens les 15 premiers jours on était dans des régions qui n'étaient pas du tout touristiques donc en fait ils ne proposaient que ça à manger et c'est vrai que pendant 15 jours tu manges ton dalbat c'est vrai que quand on est arrivé dans les Annapurna on était content de pouvoir trouver des pâtes ou des burgers ou des pizzas qui font dans les lodges c'était tout aussi agréable de changer un petit peu de nourriture mais sinon le dalbat c'est un plat qui est assez sain qui tient bien le ventre et puis le matin c'était souvent des chapatis qui sont des sortes de galettes ou de crêpes qui préparent et ça tient aussi bien le ventre donc voilà on fonctionnait en tout cas comme ça niveau nourriture et c'est vrai que l'inquiétude que j'avais au début de me dire je vais devoir emporter plein de bars pour toute la journée et bien en fait elle s'est assez vite évacuée cette inquiétude parce que je me suis rendu compte qu'on pouvait se nourrir assez facilement et il y avait quand même dès qu'on passait dans un petit village on trouvait forcément un petit lodge et là on pouvait acheter des petits trucs à grignoter
Loïc Excellent Excellent cette course tu finis du coup par la gagner alors vous êtes 3 à 20 alors tu l'expliquais la course en elle-même le classement était un petit peu secondaire c'était surtout l'aventure de ce que je retiens que tu étais allé chercher mais bon il se trouve que tu gagnes cette course avec deux des autres participants donc avec attends je peux remettre je ne dis pas n'importe quoi
Fleury avec Jules Henry et Opendra en fait on a progressé On a chacun fait notre course, mais à quelques étapes de l'arrivée, on était séparés de quelques minutes sur plus de 200 heures de course. Jules devait ensuite partir. Il a quand même fini à tracer, mais il avait un avion plus tôt parce qu'il devait reprendre le boulot début juin. Sur les 4-5 dernières étapes, il a dû partir un peu plus vite. Bruno et l'organisation ont décidé de nous classer tous les trois vainqueurs de la course avec Upandra donc Upandra c'est un très bon coureur népalais et Jules-Henri et en fait on avait avancé quasiment à trois quasiment tout le temps et voilà des fois il y en a qui étaient tombés malades donc qui perdaient un peu de temps mais finalement le temps cumulé faisait qu'on était très proches et pour éviter de se faire la course vraiment sur les derniers kilomètres et pour éviter ce souci que Jules-Henri doive avancer un petit peu plus vite sur la fin et faire du coup moins de jours mais faire les mêmes étapes que nous ils ont décidé de faire un classement en plaçant trois premiers. Excellent.
Loïc Comment tu te sens quand tu passes la ligne d'arrivée après 53 jours, 50 étapes, tu disais plus de 17 cols à plus de 5000 mètres. Tu es content ? Tu t'es dit que ça aurait pu durer 20 jours de plus, ça ne m'aurait pas gêné parce que je me régale. Qu'est-ce qui te passe par la tête ?
Fleury Non, c'est vraiment du soulagement et énormément d'émotions parce que, comme je le disais, il se passait tellement de choses qu'à tout moment, l'aventure pourrait s'arrêter. Tomber malade, se blesser, ça aurait été vraiment dommage de ne pas pouvoir aller au bout et de ne pas pouvoir terminer cette aventure. C'était vraiment un soulagement d'arriver. Une fierté aussi d'avoir pu finir cette traversée et d'avoir pu faire toutes les étapes sans jamais s'arrêter. Ça, c'était vraiment énormément d'émotions et un soulagement que ça se termine. j'ai pris énormément de plaisir sur les 30 premiers jours dans le sens où j'étais toujours à la découverte de nouveaux paysages, de nouvelles choses de voir aussi comment mon corps allait se comporter et en fait au bout de 30 jours c'est vrai que j'avais ressenti ça un petit peu aussi en Norvège c'est que je suis tombé dans une sorte de lassitude et au bout de 30 jours l'aventure devient un petit peu plus longue et là chaque jour finalement t'es content d'avancer, tu te dis plus que 5, plus que 4, plus que 3 tu ne profites peut-être plus de la même façon qu'au départ parce que tu as une fatigue qui s'est installée et tu as envie d'arriver et que ça s'arrête. On arrivait quand même à profiter de ces dernières journées parce qu'on traversait toujours des paysages vraiment magnifiques mais il y a une sorte de lassitude qui s'est emparée de nous et c'est vrai qu'on était vraiment contents d'arriver au bout et que ça se termine. Et donc c'est vrai que d'arriver là-bas c'était vraiment beaucoup d'émotions du fait que ça se termine, qu'on ait pu faire cette traversée et physiquement c'est sûr qu'on aurait pu faire des jours en plus mais après il y a surtout l'aspect mental aussi qui rentre en jeu et chaque jour de plus c'est un petit combat mental parce que tu te lèves le matin, tu es fatigué et tu sens que tu as faim parce que tu t'alimentes probablement pas assez, donc voilà il y a toujours un petit déficit qui se crée chaque jour et au bout de 50 jours tu sens que tu vas mettre du temps quand même à récupérer de tous ces efforts
Loïc Tu sais si t'as perdu du poids ?
Fleury Mon poids s'est plutôt stabilisé au début j'en ai perdu puis après c'est quand même assez bien stabilisé. Je crois que j'ai dû perdre 2-3 kilos, ce qui est négligeable. Je sais que certains ont perdu jusqu'à 15-16 kilos. Donc, ce n'est pas du tout. Il y en a qui avaient vraiment fondu et qui avaient vraiment une grosse différence entre le départ et l'arrivée. L'avantage, c'est que moi, j'arrivais à faire trois repas dans la journée comme des étapes qui étaient assez rapides. J'arrivais à finir les étapes début d'après-midi, ce qui me permettait d'avoir un repas supplémentaire alors que d'autres étaient en mouvement jusqu'à 18h, 19h. donc en fait ils arrivaient à prendre que d'Europe à la journée le matin et le soir et ça je pense que ça faisait une très très grosse différence aussi sur la perte de poids et sur la fatigue aussi cumulée donc j'ai pu bénéficier aussi de ça pour ne pas perdre trop de poids aussi
Loïc ouais ok j'ai encore quelques questions avant qu'on passe à tes autres projets mais dans les grandes lignes donc les Chevaliers du Vent tu disais que c'est Nassau c'est Bruno qui est à la tête de tout ça qui organise visiblement pas mal de choses au Népal. La Great Imal Race, est-ce qu'il y aura une troisième édition ? Est-ce que pour le moment, il n'y a rien vraiment d'annoncé ? On ne sait pas trop. Parce que j'avais vu que la première était en 2017, donc il y a eu quand même un gros gap. En fait, c'est ça.
Fleury La première était en 2017, la deuxième en 2024, c'est celle que j'ai faite. Et la troisième sera en 2028, au printemps 2028, donc dans un an et demi. Oui, exactement. Il y a une date. je ne sais pas si on a encore été annoncé ou pas mais je sais qu'il y a pas mal de personnes d'intéressées et en fait c'est le genre de course non pas de tous les ans parce que c'est un ça demande quand même un peu d'organisation pour l'association les chevilles du vent en fait ils travaillent avec Basecamp qui est une agence n'est pas l'aise sur place parce que en fait il faut demander énormément de permis parce que chaque région traversée nécessite un permis il y a des permis qui sont plus ou moins plus ou moins chers donc c'est vrai que voilà aussi pour les participants c'est un coût financier je me souviens avoir payé 4000 euros d'inscription pour les 50 jours parce que déjà il y a quasiment je dirais quasiment 2000 euros de permis sur place parce que tu traverses le haut de le pot c'est 500 euros la semaine pour avoir le permis pour la semaine tu traverses certaines régions peuvent être assez chères le haut Mustang aussi c'était 500 euros enfin 500 dollars pour le coup pour le traverser donc voilà c'est un coût et donc c'est vrai que la troisième édition sera en 2028 et c'est vrai que Bruno m'avait proposé de faire la coordination un peu de la course mais moi je ne pense pas du coup je disais j'aimerais bien retourner peut-être que je profiterais aussi de cette organisation et de ce moment-là pour retourner au Népal mais peut-être de faire une traversée en solo et essayer de pousser mon corps un petit peu plus loin que ce que j'ai pu pousser là-haut sur cette Gretti Malray c'est-à-dire peut-être essayer de faire des 40-50 km par jour et d'essayer peut-être de tenter quelque chose sur moins de 30 jours. C'est un peu mon idée, le projet pour 2028 que je commence tranquillement à préparer dans un coin de ma tête et à tracer.
Loïc Comment tu fais pour le tracer ? Quand j'étais revenu du Népal, j'ai rééchangé avec pas mal d'invités, dont un en particulier qui connaît très bien globalement tous les Himalayas. Ça m'avait donné envie d'y retourner, donc j'avais fini par regarder, je me suis dit que je vais acheter des cartes. quelle galère, c'est impossible en fait. Je crois qu'il y a une série de cartes qui ont été faites dans les années 90 en collaboration avec le ministère des cartographies de la Finlande, je crois. Mais en tout cas, il y a quelques années, j'ai réussi à en acheter deux, mais sur les huit qu'il me fallait. Donc, comment tu fais ? Tu passes par des applis qui ont des vues satellites ou tu as réussi à trouver des cartes sur place ?
Fleury Alors, en fait, lors de la traversée 2024, Bruno, l'année d'avant, il était allé au Népal et avait scanné la majorité des cartes de là-bas, en tout cas les cartes de traversée, qui ne sont pas totalement précises, mais en gros, c'est les cartes de randonnée du Népal. Nous les avions envoyées. Et sinon, là, j'utilise une application type Strava ou autre pour tracer. Je n'ai pas besoin de la cartographie locale parce que même si je la regarde et je la mets face, à la cartographie par exemple de Strava. Mais maintenant aussi, je connais bien la région. Je connais bien le pays. J'ai pu passer quand même dans pas mal d'endroits. Donc, je sais exactement par où j'ai envie de passer et qu'est-ce qui est faisable ou pas, sachant que les cartes ont leurs limites et qu'après, il y a vraiment les locaux qui peuvent nous aider pour savoir si ça passe ou pas. Donc, ça, c'est l'avantage aussi d'être en contact avec une agence LAPA. C'est qu'on peut savoir si ce type de chemin passe ou pas. mais voilà du coup j'utilise sur mon ordinateur en tout cas j'ai tracé déjà quelque chose que j'aimerais bien faire en 2028 mais qui se rapproche globalement de l'itinéraire de la Great E-Mail Race mais il y a d'autres calls des calls qu'on n'a pas pu faire, des passages que j'aimerais bien essayer donc voilà c'est toute la réflexion un petit peu du moment
Loïc Excellent Qu'est-ce que tu dirais que t'as appris, alors c'était il y a deux ans déjà mais est-ce que t'as souvenir à ton retour, tu as dit, voilà, ça sur, je ne sais pas, l'alimentation ou la gestion d'efforts en altitude, c'est quelque chose qu'il faut que je duplique parce que je ne le faisais pas avant et cette course m'a permis d'en apprendre un peu plus là-dessus. Il y a des sujets comme ça ?
Fleury C'est compliqué de dire parce que ce n'est pas commun en fait, ce genre d'aventure. Ce n'est pas quelque chose que je reproduis tous les ans non plus. Je sais que ce que j'ai appris là-bas, du coup, la connaissance du pays, des gens, ma façon aussi de m'alimenter sur place ça c'est des choses que je pourrais réadapter mais en fait c'est assez spécifique à ce que j'ai vécu là-bas donc c'est une expérience qui va énormément me servir pour la prochaine traversée que j'aimerais faire après dans les courses en France que je peux pratiquer ou autre je dirais que pour moi c'est pas comparable et du coup d'un point de vue physique ou autre je peux rien retirer mais m'alimentation parce que ce qu'on a vécu là-bas c'est trop spécifique la course est trop spécifique en elle-même par contre d'un point de vue de mental c'est sûr que voilà encore une fois ce genre de projet il te donne une certaine confiance ça te forge aussi parce que dans les moments difficiles tu dois continuer à avancer malgré la difficulté alors ça c'est des choses qu'on peut retrouver en ultra ou autre lorsqu'on passe un coup de moins bien ou qu'on a des phases où on n'est pas bien du tout on a des choses à gérer mentalement des coups durs et bien en fait de les avoir déjà vécu ça te donne aussi un bagage supplémentaire et des petites techniques aussi pour te dire ça je l'ai déjà vécu là-bas je sais que je vais pouvoir le faire et le vaincre ici aussi en France des courses en France mais voilà c'est un petit peu tout je pense que ce que je retiens après moi ce que je retiens surtout c'est le Népal en lui-même et la beauté de ces montagnes l'accueil aussi des gens là-bas des Népalais c'était quand même vraiment fantastique et j'en garde tu vois un très bon souvenir et d'en reparler là, j'ai vraiment envie d'y retourner. Parce que c'était vraiment un très bon moment de se retrouver là-bas en montagne avec une population qui est très accueillante et très souriante. Ça donne envie d'y retourner. Et même si c'est un long voyage, je pense que ça vaut le coup quand on aime la montagne de vivre au moins une expérience dans sa vie là-bas. Je sais que c'était des très, très beaux moments de vie et qui nous procuraient quand même beaucoup d'émotions. et voilà c'est un des souvenirs que je garderais vraiment toute ma vie donc voilà c'est pas un voyage pour rien et c'est vrai que ça me donne envie d'y retourner
Loïc Côté récup' il t'a fallu combien de temps tu dirais pour revenir au max de ton potentiel ?
Fleury Eh bien je dirais qu'il m'a fallu quand même bien 4-5 mois à peu près parce que en fait j'ai pu reprendre assez vite l'entraînement malgré une petite fatigue de fond par contre on y en fait des prises de sang avant et des prises de sang après typiquement je me suis rendu compte que j'avais mon taux de fer par exemple qui était très très bas après qui a mis du temps aussi à remonter donc j'avais pas mal de petits de petits facteurs comme ça qui faisaient que j'étais fatigué que je traînais une fatigue de fond et pour ça il aurait fallu faire un repos complet mais c'est vrai que là la course s'est déroulée en fait au printemps 2024 et en fait du coup je suis revenu en France c'était juin et en juin en fait il fait beau l'été arrive et du coup je n'avais pas envie de me reposer complètement durant l'été donc je n'ai pas spécialement fait une période de repos de repos complet comme j'aurais dû le faire pour vraiment me régénérer mais après je me suis je me suis fait une très grosse entorse je suis à l'automne et là ça m'a obligé en fait à couper pendant deux mois parce que je me suis fait opérer à nouveau et là pour le coup c'est ce qui m'a permis je pense de totalement récupérer et de me lancer du coup sur l'année 2025 en forme puisque j'avais dû faire une grosse période de repos avant ça.
Loïc Ok. Et donc 2025, tu te lances sur Azimut Nord, une traversée de la France, des Pyrénées jusqu'à la frontière belge. En 2026, tu refais à peu près le même format que ce que tu avais fait avec Azimut et ce que vous avez fait en Norvège avec Cap à l'Ouest, où vous êtes partie du Barin jusqu'au Finistère. Donc Azimut Nord, c'était 1300 et quelques kilomètres et Cap Alwes 1200 à peu près. C'était quoi les motivations derrière ces deux grandes traversées ? Et le format ? Parce que je crois qu'il y en a une que tu as fait à vélo, l'autre pas forcément, non ?
Fleury Ouais. Alors en fait, l'idée première de Azimut Nord, ça c'est une idée que j'avais quand même depuis pas mal d'années et que je n'ai pas encore concrétisée parce que j'avais eu d'autres projets et d'autres choses à faire. Et puis là, en fait, en finissant la Great Himalaya, ce qui était un des objectifs, j'avais envie de me replonger l'année suivante sur un autre gros projet. J'avais imaginé ce projet. L'idée, c'était de partir du point le plus au sud de la France et de tracer un azimut plein nord, un azimut zéro degré. La particularité géographique de la France faisait que cet azimut nous mène au point le plus au nord de la France. Je me suis dit que c'est trop bien. Je peux arriver à faire une ligne droite en France en partant du point le plus au sud. En faisant un azimut zéro degré, j'arrive au point le plus au nord de la France. donc c'est vraiment une particularité géographique de la France et de là en fait ça en découle un petit peu le projet Azimut Nord de se dire qu'est-ce que ça fait si j'essaie de suivre une ligne et un Azimut le plus proche possible de la ligne parfaite, de la ligne droite qu'est-ce qui se passe sur le terrain et donc pour ça de là l'idée d'Azimut Nord c'est de traverser la France du sud au nord en essayant de ne jamais sortir d'un couloir de 5 km de large par rapport à ma ligne d'Azimut d'avoir 2,5 km à l'est, 2,5 km à l'ouest et de ne jamais y sortir pour avancer, pour manger ou pour dormir. Donc ça, c'était le projet de 2025 où je suis parti avec un copain, Pierre, et on est parti du pic Comanegra, dans les Pyrénées orientales. Et on a passé, je ne me souviens plus, je crois que c'était 11 jours. Je crois que c'était 11 jours de traversée. En fait, on a mixé les activités en fonction du terrain qu'on rencontrait. Donc au début, on est parti à pied jusqu'à Carcassonne pour traverser une partie des Pyrénées. Ensuite, on a pris le VTT pour traverser le Tarn, la Véron, tout ça. Ensuite, on a nouveau été à pied pour traverser le Massif Central et le Cantane. Ensuite, on a fait du gravel pour traverser la région paritaine et finir jusqu'à Bredoune, pas très loin de Dunkerque, vers la frontière belge. Donc ça, ça a été vraiment le gros défi, c'est de traverser la France en ligne droite. Et de base, je n'avais pas imaginé de suite, forcément. Mais c'est vrai que le projet a énormément plu aux gens, ça a parlé. alors que moi je trouvais quand je l'imaginais je me dis mais les gens vont trouver ça totalement con comme projet mais pour moi il avait du sens en tant qu'orienteur et pour les gens aussi apparemment et du coup on a imaginé une suite l'idée après avoir traversé la France du sud au nord c'est de traverser la France d'est en ouest et donc de partir effectivement d'Alsace et de tracer un azimut plein ouest pour aller rejoindre le point le plus à l'ouest de France et donc cette deuxième traversée s'est faite cette année et c'est fait intégralement en gravel cette fois parce que le terrain faisait qu'on avait très peu de relief et pour rester dans notre couloir, là on avait mis un couloir de 4 km tout était jouable en gravel donc l'idée c'était vraiment d'avancer en fonction du terrain qu'on rencontre donc c'était la deuxième traversée en ligne droite et puis l'an prochain il y aura probablement je ne vais pas encore tout annoncer mais une troisième traversée probablement une diagonale mais je vais communiquer bientôt sur les réseaux dessus pour faire la France en long, en large et en travers. Et je pense que ça marquera la fin de cette trilogie des lignes droites de la France.
Loïc Excellent. J'allais te demander si elle est à traverser en diagonale à un moment donné. Trop bien. Par rapport à ce couloir que tu t'imposes pour rester sur ton azimut, tu as eu des j'ai trouvé un article où tu dis qu'il y avait énormément de clôtures, fils barbelés etc, il y a eu beaucoup d'obstacles pas forcément naturels ça vous est arrivé de devoir pour ne pas déroger à la règle des 5 km traverser une autoroute ou passer dans des zones je ne sais pas, pas très loin d'une zone de centrale nucléaire, des choses complètement improbables comme ça
Fleury on a eu traverser des terrains militaires ou des forêts beaucoup de zones agricoles aussi, des champs, des choses comme ça. Du coup, énormément de zones agricoles parce qu'après, on longeait les champs et forcément, on a dû faire face à beaucoup de barbelés ou de barrières, des choses comme ça. On avait zéro autorisation, donc on a vraiment fait attention sur toutes les zones qu'on traversait. Après, il faut savoir qu'un couloir de 5 km, ça laisse quand même de la liberté dans le déplacement. et si on avait dû vraiment suivre la ligne pure ça aurait été impossible parce qu'il y a trop de contraintes déjà géologiques et puis même humaines de passer des bâtiments des choses comme ça donc typiquement sur la traversée Azimut Nord on a dû traverser des rivières on a dû traverser l'aéroport Paris Charles de Gaulle donc là on a dû prendre un tunnel le long d'une autoroute, on était sur une nationale le long d'une autoroute donc clairement pas du tout autorisé alors à ce moment là on était à vélo mais du coup pas du tout autorisé à vélo donc oui il y a eu des choses qui n'étaient pas forcément dans la loi et qui n'étaient pas forcément autorisées mais on l'a fait parce que c'est le but du projet et que voilà ça nous faisait marrer mais c'est pas quelque chose qu'on recommande ou autre du tout mais oui on a dû faire face à pas mal de contraintes et c'est ça aussi la beauté de ce projet là c'est qu'on a traversé des régions totalement différentes avec une grande diversité de régions et qui nous amènent des contraintes différentes aussi et du coup c'était à nous de nous adapter et c'est ce que j'aime dans ce projet, nous adapter aux contraintes auxquelles on va faire face donc on a déjà beaucoup de choses, on peut repérer déjà beaucoup de choses sur la carte mais après sur le terrain forcément il y a des trucs qui sont mal cartographiés ou des choses qu'on n'a pas pu voir et là c'est à nous de prendre les bonnes décisions toujours pour rester dans le couloir mais d'avancer le plus efficacement possible proche de notre azimut.
Loïc Là sur les deux projets, l'objectif c'était quoi ? C'était plutôt justement de travailler l'orientation et la débrouille que la performance ? Tu disais que tu retournerais peut-être au Népal pour te pousser un peu plus physiquement en parlant. Là, ce n'était pas forcément l'objectif de ces deux projets-là ?
Fleury Non, du tout. Là, il n'y avait pas du tout de notion de performance. Après, ça reste des projets sportifs dans le sens où l'idée, c'était d'avancer quand même en journée, faire des grosses journées. Donc, tu vois, ça représente 50 km par jour avec en partie du ressenti. Et puis, à vélo, ça représente 200 km par jour. Donc, ce n'est pas non plus des petites journées. c'est des journées quand même qui nous laissent des traces et qui nous marquent physiquement mais c'est pas l'idée de faire un record ou des choses comme ça c'était pas du tout l'idée du projet l'idée est plutôt d'abord esthétique, d'essayer de tracer la ligne la plus droite possible, la ligne d'Azimut la plus droite et ensuite de mêler le sportif à ça mais aucune notion de performance dans ces projets là et c'est vrai que la notion de performance pour moi elle vient sur d'autres courses déjà des courses officielles et puis ensuite peut-être des projets qui s'y prêtent un peu plus comme ce que pourraient être les Népals dans deux ans de refaire une traversée qui permettrait justement maintenant que je connais un petit peu le pays encore aussi un petit peu mieux d'essayer de pousser un petit peu plus sur ce levier là.
Loïc Excellent. Là d'ici la fin de l'année j'ai trouvé comme info que tu partais sur les championnats du monde de Red Aventure en Corse.
Fleury oui c'est ça du coup je pars vendredi et la course se déroule du 1er octobre au 10 octobre donc le raid aventure les gens ne connaissent pas forcément mais même si ça commence à être un petit peu médiatisé par notamment Sébastien Rechon qui commence à faire des performances donc il a déjà fait beaucoup de performances sur Ultra Trial et des courses d'aventure le raid aventure en fait c'est des formats en équipe de 4, en équipe mixte où l'idée c'est d'enchaîner des sections de sport outdoor. Donc globalement, il y a trois gros sports pratiqués en ride-aventure. C'est le trail, le VTT et le kayak. Le kayak, souvent sous forme de packraft. Le packraft, c'est des bateaux gonflables qui permettent de se gonfler, se dégonfler et qu'on puisse mettre dans les sacs pour faire des rivières. Donc ça, c'est les trois grosses disciplines. Et après, il peut y avoir d'autres disciplines en plus. Et souvent, il y a des ateliers de cordes, des via ferrata ou des rappels à faire. Et puis, il peut y avoir du canyoning, des choses comme ça. Donc, voilà un petit peu ce qui nous attend en Corse. Et le raid aventure en Corse, ça fait office de championnat du monde. Donc, il y aura 100 équipes venues de 30 pays différents. Et là, c'est une course où on va avoir 500 kilomètres non-stop. Donc, on est en autonomie. C'est-à-dire qu'avant la course, on va préparer des caisses, des caisses de transition, que l'organisation va nous déplacer. Mais toute la nourriture qu'on va utiliser pendant les 5 jours, enfin en tout cas les 5 à 8 jours parce que l'organisation estime que les meilleures équipes vont mettre 5-6 jours donc toute la nourriture et tout le matériel dont on va avoir besoin sera dans ces caisses là et donc ça va être assez limité donc ça c'est aussi un gros travail logistique avant de bien préparer les caisses et de sélectionner ce dont on aura besoin et ensuite on va enchaîner non-stop et en autonomie toutes les disciplines en orientation, donc il n'y a pas de balisage pas de fagnon quoi que ce soit, on aura des cartes notre boussole et tout va se faire en orientation et en autonomie donc on va devoir gérer la nuit gérer notre alimentation et donc ça mène plein de choses que je ne connais pas encore qui sont par exemple le sommeil la gestion du sommeil je sais que la majorité des équipes fonctionnent avec des temps d'1h30 de sommeil donc nous avec nos équipes on va essayer de partir là-dessus et voilà ça va amener plein de plein de plein de belles choses et ça va être une belle aventure en équipe avec des copains donc on a bien hâte de vivre le truc et c'est dans une semaine en Corse excellent
Loïc excellent et bien écoute Fleury on arrive au bout franchement un immense merci passionnant on a fait un gros focus sur la Great Himal Race mais j'avoue que celle-là en particulier c'est tellement un énorme morceau que ça m'intriguait mais très intéressant aussi de voir tout ce que tu as fait après t'as prévu d'ailleurs de partager un petit peu ce que t'as vécu de l'intérieur sous forme de film ou autre pour Asimuth Nord et Cap à l'Ouest
Fleury alors là du coup pour la alors Asimuth Nord il y a eu un petit film qui a été réalisé qui est disponible sur Youtube je pense que si vous tapez Asimuth Nord il y a un film de je crois que ça fait 40-50 minutes à peu près mais aussi sur la Great Timalays alors mon ancien partenaire avait fait un film dessus à peu près d'une heure sur la Great Timalays donc qui s'appelle Elevation et qui est disponible aussi sur YouTube. Donc voilà, il y a moyen de retrouver aussi en image un petit peu ce dont on a parlé, notamment les beaux paysages que je n'ai pas pu vraiment décrire au Népal, tellement c'est indescriptible, mais en film aussi sur YouTube. Et pareil, l'Aventure Azimut Nord, il y avait un petit film dessus. Cap Ouest n'en a rien fait parce qu'on n'avait pas de budget ou autre. Mais peut-être pour la prochaine traversée, il y aura peut-être à nouveau un film je ne sais pas encore trop c'est des trucs sur lesquels je travaille aussi
Loïc excellent en tout cas il y a le lien en description pour Azimut Nord et Elevation et puis on va voir la suite je te propose qu'on te donne rendez-vous pendant trois ans quand tu auras fait La Diagonale et le projet tu es encore sur ta liste ouais exactement
Fleury ça sera avec plaisir en tout cas
Loïc en tout cas un grand merci Fleury et puis écoute bon bonne manche de championnats du monde en Corse et puis je te souhaite plein d'autres beaux projets comme ceux que tu viens de nous partager
Fleury Merci Loïc c'est gentil en tout cas de m'avoir invité à nouveau sur le podcast et puis j'espère qu'on aura l'occasion à nouveau de rediscuter ensemble un petit peu plus tard
Loïc Merci Fleury Salut
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