Les Frappés Les Frappés
Saison 5 EP·215 Trail #PTL #ultra-trail #Mont-Blanc

09 septembre 2025

Fatigue, hallucinations, mental... retour d'expérience de la SwissPeak 660 avec l'ultra-traileur Damien Longet

Durée · 51 min · Transcription disponible

Cet épisode est cité dans nos dossiers · Gérer le sommeil sur un ultra de plusieurs jours , Gérer les troubles digestifs sur un ultra : estomac bloqué, nausées, que faire

l'ultra-traileur

Le récit

En 2024, Damien s’est lancé dans la première édition d’un monstre de l’ultra-trail : la SwissPeak 660.

Le principe est simple : parcourir 330 kilomètres pour rejoindre et prendre le départ de la SwissPeak 360, la « petite » sœur historique du format 660. Les chiffres sont impressionnants :

  • 660 km dans le Valais, en Suisse, du Léman au glacier du Rhône
  • environ 49 000 à 50 000 m de D+ (soit 6 fois l’Everest)
  • 55 passages à plus de 3 000 m d’altitude

Depuis, la 660 a pris du galon puisque la dernière trace en date atteint 700 kilomètres. Difficile de concevoir le niveau d’engagement qu’une telle distance, qu’un effort aussi long, peut exiger.

On parle de nutrition et d’hydratation, de gestion de course, de fatigue, d’hallucinations et de moments humains forts, comme il n’en arrive que sur ce type d’épreuves.

Un épisode qui ravira celles et ceux que l’ultra-endurance fascine (et qui hésitent peut-être encore à se lancer sur ces formats gargantuesques !)

Excellente écoute à vous.


🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 Épisode #128 - Remporter une course de 1600km en 22 jours par -40° avec Thierry Corbarieu

👉 Épisode #169 - Debrief de course - 360 km sur la SwissPeaks avec Tom, Nico et Clément

👉 Mon récit de la PTL : plus de 300km et 26 000m de dénivelé autour du Mont Blanc

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Transcription

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Loïc Hello, hello ! Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Et bien écoute Damien, je suis absolument ravi de te recevoir au micro des Frappés, en direct de Suisse d'ailleurs ou tu es en France ?

Damien Non, je suis en Suisse.

Loïc En Suisse, à la Suisse. Suisse romande ?

Damien Suisse romande, oui, Genève exactement.

Loïc Excellent, excellent. Damien, donc écoute, ravi de te recevoir. En plus, hasard des agendas, on va essentiellement parler d'un monstre de l'ultra, la Swisspeak ex-Swisspeak 660, maintenant Swisspeak 700, qui a lieu en ce moment même. J'étais en train de regarder le live tracking. Exactement. Jusque, je crois que le cut-off, c'est le 7, donc il y a encore trois jours potentiellement. Oui, tout à fait. Si je ne me trompe pas. Une course dont tu vas nous parler en détail, que toi tu as fait sur le format 660 l'année dernière, 2024, et qui est considéré, alors je ne sais pas si on peut, il y a beaucoup de courses qui se disent, courses les plus dures du monde, etc. Je pense que ça dépend beaucoup de ce qu'on considère. Tu vois, j'ai fait une interview avec le vainqueur de Lydie Tarot de 1000 miles, donc ça fait 1600 kilomètres, moins 40 degrés. Bon, est-ce que ça, c'est plus dur qu'un truc dans le désert ? Je n'en sais rien. Mais c'est vrai que dans l'univers de l'Ultra, la Swisspeak 660 maintenant 700 est souvent mentionnée comme étant une course très, très, très, très difficile. Donc je rappelle, s'il y en a qui ne connaissent pas trop le format, il y a une course historique qui s'appelle la Swisspeak 360. Et l'idée, c'est un peu comme, je ne sais pas s'il y a énormément de courses qui vont vers ce format-là, mais c'est un peu comme la Saint-Élion. Maintenant, il y a la Lyon-Saint-Élion. Là, il y a la Swisspeak 700 qui est en fait plus ou moins le double, enfin un départ du point d'arrivée de la 360, si je ne dis pas de bêtises. C'est ça. Donc tu fais le parcours à l'envers, puis le vrai parcours, entre guillemets, le vrai parcours de la Swisspeak 360 dans l'autre sens.

Damien Exactement, oui. Ce n'est pas le même parcours à l'aller qu'au retour. En fait, c'est quasi le tour du canton du Valais.

Loïc Le tour du canton du Valais, ok. Bon, on parle de 49, 50 000 mètres de dénivelé, si je ne me trompe pas, avec 55 passages à plus de 3 000. Bref, une jolie balade. Avec quand même, avant que… Je ne parle pas habituellement autant en introduction, mais bon, là, c'est une course que je trouve assez fascinante. Donc j'avais quelques chiffres, quelques datas sous la main en préparant l'épisode. Si je ne me trompe pas, pour situer un peu les choses et le niveau sur la course, je suis allé vérifier trois fois sur trois sites différents. Le vainqueur de 2024, il a mis 81 heures, c'est ça ? Oui, sur la deuxième partie. D'accord, ok. Ah, d'accord, ok. Je me disais, mais d'accord, ok. Ça me paraissait complètement hallucinant. Je suis allé voir sur trois sites différents, Utrade, etc. Et je voyais Swisspeak 360, chrono, 81 heures. Je me disais, bon, ok. Exactement.

Damien En fait, l'année dernière, au format de la Swisspeak 660, on avait la première semaine l'allée, donc du départ du Bouvray pour arriver jusqu'à Oberwald. On avait une semaine pour allier, en fait, le départ de la 360, qui partait le dimanche d'après, et prendre le départ une minute avant la course de la 360. pour faire la deuxième partie, entre guillemets, avec eux. Cette deuxième partie était chronométrée. Le match allé, pour aller jusqu'à Oberwald, n'était pas chronométré.

Loïc D'accord, ok. D'accord. Ça explique, ceci explique cela, parce que j'étais en train de me dire, non mais c'est complètement, enfin, j'ai absolument pas, absolument pas le niveau d'un Victor Richard qui a gagné l'an dernier. Mais tu vois, sur la PTL, j'ai mis 148 heures pour faire 300 et quelques. Et là, je me disais, 81 heures pour faire le double, ça me paraissait absolument lunaire. D'accord. Donc, ceci s'explique. C'est la deuxième partie qui est chronométrée.

Damien Exactement. Bon, le résultat de Victor l'année dernière a été lunaire.

Loïc Oui, oui, voilà, oui. On s'entend, oui. Oui, bien sûr. Ok. Donc, Swisspeak 660. Bon, alors moi, j'ai plein, plein, plein de questions pour toi. C'est la première fois qu'on fait un épisode sur ce format-là. J'avais reçu des copains, d'ailleurs, avec qui je vais prendre le départ du Thor au Pinaise la semaine prochaine, au mon enregistre déjà, qui nous avaient parlé de la Swisspeak 360. Mais là, on est, comme on le disait, clairement sur un autre format. On va commencer par toi. C'est quoi ton histoire avec le trail, et en particulier avec l'Ultra ? Et comment t'en es arrivé un jour à te dire, allez, allons-y, go pour quasi deux semaines d'épreuves sur un format extrême comme ça ?

Damien Et alors, moi, j'ai commencé le trail en 2014. Ensuite, un changement de travail, j'avais besoin de trouver une soupape de décompression. J'ai toujours été un enfant de la montagne. J'ai toujours aimé ça. J'ai toujours aimé partager ses moments-là à la nature. Puis, j'ai un petit club qui s'est créé à côté de chez moi. J'ai décidé d'intégrer ce club. Et puis, j'ai commencé comme ça avec une distance, mon premier trail à 20 kilomètres. Et puis, j'ai tout de suite senti que c'était passionnant et que je prenais beaucoup de plaisir à le faire. Et voilà. Donc, après, j'ai commencé par une maxi-race qui n'était pas très loin de la maison. Et puis, après, j'étais progressivement dans les distances plus longues. Et puis, je me suis surtout aperçu que dans les distances plus longues, je profitais plus du moment. Plus du moment, plus des gens, plus j'arrivais mieux à partager. Et puis, je suis quelqu'un d'assez robuste, donc aussi assez lourd. Donc, je ne suis pas très performant dans du lourd, mais beaucoup plus dans du long. Voilà. Donc, après, j'ai fait un UTMB en 2019. J'ai fait une Diagonale des Fous en 2022. 2021, j'ai fait une petite traversée des Alpes en perso pour voir un petit peu de quoi j'étais capable. 2022, j'ai pris le départ de la SwissPIC 360 qui, malheureusement, s'est arrêté au bout de 60 km suite à des petits problèmes de santé. 2023, j'ai abouti cette 360 avec un résultat fort sympathique où j'ai rencontré plein de gens. Et puis là, je me suis dit, c'est vraiment des distances pour moi. Et puis, quand je suis arrivé comme chacun, je me suis dit, bon, c'était long, c'était dur. Plus jamais. Et puis, cinq minutes après, il présentait ce nouveau projet de faire une SwissPIC 700 ou 660, pardon. Et voilà, il m'a fallu une semaine. Et au bout d'une semaine, j'ai dit, go, j'y vais.

Loïc Ah oui, tu as été rapide dans le fait d'oublier ce par quoi tu venais de passer. Moi, ça m'a pris un an à peu près avant de me dire, allez, on y va sur le tord. Après la petite. Oui. OK. Quand tu dis que tu es plutôt robuste, lourd, est-ce que tu peux nous en dire plus ? Parce que c'est un sujet que je trouve super intéressant et je me sens personnellement concerné. Moi, je viens du judo, donc je n'ai pas du tout un gabarit. Je suis 1m91, pas loin des 100 kilos. Je suis curie de savoir, quand tu dis robuste et lourd, tu te classes où ?

Damien Alors, je fais 1m80, 75 kilos. Ok. Mais j'ai des grosses cuisses. Je ne suis pas quelqu'un de rapide, mais je suis quelqu'un qui est ultra-endurant. Voilà. OK.

Loïc Avant le trail ultra, sportivement, ça ressemblait à quoi ? Ta vie, ça a été une mise au sport, une révélation, le trail ? Ou tu étais déjà plutôt actif ?

Damien Non, dès que j'étais gamin, j'habitais en pleine campagne. Donc, dès que je devais me déplacer, c'était en vélo. Mes parents, en étant très carriéristes, voilà, dès que j'avais me bougé, c'était en vélo. Donc, j'ai eu un petit VTT et puis je l'ai usé, usé, usé. Donc, j'ai toujours fait du VTT. Et puis après, dès que j'ai eu l'âge, j'étais 18 ans, je me suis mis au sport mécanique. J'ai fait quelques années de motocross et après de moto sur circuit. Donc, rien à voir avec le trail. Puis voilà, après, les enfants venant, j'ai changé de discipline et d'activité.

Loïc Au moment où tu décides de t'inscrire à la Swisspeak, donc 660, c'est resté 660 combien de temps ? Un an, deux ans ? Ça n'a pas été très long, non ?

Damien C'était la première année. La première année était la 660 et c'était l'année dernière.

Loïc J'ai fait la première édition. Ok, ok. Tu avais, donc, tu as fait une espèce de montée en puissance finalement assez rapide entre ton premier trail, puis MaxiRace, UTMB, Diag, Swisspeak, Swisspeak 660. Quand tu montais en gamme entre guillemets comme ça, et notamment pour la Swisspeak, au fur et à mesure que tu engrangeais de l'expérience sur les courses, est-ce que tu avais quand même des craintes, des doutes à gérer ou est-ce que finalement les sensations étaient tellement bonnes que tu étais assez confiant sur le fait que le plus long allait encore plus te convenir ?

Damien Alors, quand je suis arrivé de cette Swisspeak 360 l'année d'avant, je me suis rendu compte que physiquement, j'étais très bien. J'étais surtout fatigué par le manque de sommeil. Mais physiquement, j'étais bien. Le lendemain, j'allais bien. Bien sûr, j'avais des petits qui avaient conclu. J'avais des symptômes de l'ultra-trail. Mais rien de choquant. Et une semaine après, même deux jours après, je pouvais recourir sans problème. Ah ouais ? La distance entre guillemets ne me faisait pas peur. Après, c'était vraiment la gestion qui me faisait peur. La gestion du sommeil, la gestion de l'alimentation, de l'eau, c'était la gestion globale.

Loïc Ok. Alors justement, sur le sommeil, comment est-ce que tu avais décidé de gérer ça sur la 660 ? Et est-ce que c'était différent de ce que tu avais fait sur la 360 ?

Damien Alors oui, la 360, c'était plus ou moins l'ultra-longue distance. C'était une découverte pour moi, en tout cas la deuxième année, où j'ai appris, j'ai beaucoup appris. Au début, je me suis dit, non, je suis quelqu'un qui dort très peu, donc je n'ai pas besoin de dormir. Donc je suis parti tête basse avec mes a priori, et puis je me suis vite fait rattraper par le sommeil, où j'y suis allé un petit peu, comme bon me semble, et puis entre cette 360 et la 660, je me suis quand même bien renseigné, je me suis approché de personnes qui avaient l'habitude de faire ces distances. J'ai discuté, puis je me suis rendu compte qu'il y avait des cycles à respecter, et puis ces cycles me correspondent totalement. Pour moi, c'est la perfection de respecter ces cycles. ça roule dans ce sens-là.

Loïc Sur la 360, je ne suis pas allé regarder combien il y avait de basse vie, etc., mais en tout cas, de points où tu avais la possibilité de dormir. Comment tu as… Donc tu viens d'expliquer que par rapport à ces cycles, finalement, tu t'es rendu compte que ça matchait parfaitement avec tes besoins, mais est-ce que tu as dû adapter un peu tout ça, ta gestion du sommeil, aux localisations des basse vie, ou tu dormais là où il fallait dormir, même si c'était sur un sentier à 3 000 mètres à 2 heures du matin ?

Damien Alors justement, sur cette 360, je suis parti sur cette première longue expérience où je me suis arrêté au bout de 120 kilomètres si je n'ai pas de bêtises. Là, j'ai fait un dodo d'une heure et demie, un peu plus. Puis après, je suis reparti en bonne forme et puis j'ai dit voilà, maintenant, je vais tenir jusqu'au bout. Ah oui ? Je me suis vite fait rattraper et puis je me suis retrouvé à dormir 10 minutes. dans un chemin complètement en pente, dans des rochers, parce qu'en fait, j'ai marre de plus à tenir mes yeux ouverts. Voilà, donc je me suis adapté en tout cas sur cette 360, tandis que sur la 660, je pense que j'avais engendré de l'expérience de cette première course et j'ai respecté ces cycles de sommeil où je dormais vraiment 1h30 sur les points que je m'étais fixés avant et après, je me permettais de faire vraiment ce qu'on appelle des turbosiestes ici en Suisse de 5 minutes. Je sentais que j'avais vraiment un coup de fatigue, je me posais là où je pouvais, là où je me sentais bien et puis je m'allongeais, je dormais 5 minutes et je repartais.

Loïc C'est turbosiestes, j'en avais fait l'expérience aussi sur la PTL et assez souvent, les gens me demandent pourquoi vous dormiez pas plus longtemps en fait ? Et en fait, les turbosiestes, une réalité, c'est que c'est compliqué de faire des maxi-siestes encore une fois, quand tu es à 2h du mat à 3000 mètres tout simplement parce qu'au bout d'une minute 30 allongé sur le sol, tu es complètement congelé. C'est ça. Donc les maxi-siestes, en fait, le format des maxi-siestes, enfin des micro-siestes plutôt, il est un peu imposé quand même.

Damien Oui, on est congelé puis après on se fait vite aussi rattraper par des petites douleurs. Moi, je me rends compte que notre corps, il prend tellement l'habitude de marcher ou courir que du moment où il se met en pause, où il s'arrête, les douleurs dans les hanches, dans les genoux, tout s'arrête et ça, le mécanisme, je trouve que c'est douloureux.

Loïc Difficile à relancer après les grosses pauses. Ok, super intéressant et alors, je fais un petit zoom sur le sommeil parce que moi, c'est vraiment un point qui me... enfin, je n'ai pas du tout ton expérience et un point que je trouve assez impressionnant. Donc, je m'étais bien renseigné avant la PTL, j'avais contacté des anciens invités, membres des forces spéciales, etc. parce qu'ils sont connus pour ça, pour leur capacité à... finalement, ils apprennent à encerdormir très très vite. Donc, j'avais essayé de travailler un peu ça, faire de la cohérence cardiaque, etc. Toi, tu l'avais anticipé ou ça venait assez facilement ? Il y a des gens pour qui... J'ai un copain, Clément, qui va faire le temps avec moi, il s'endort n'importe où en moins d'une minute. Je suis comme lui. C'est vrai. Ah, la chance.

Damien Voilà. Je pense, franchement, tu l'as dit, je pense que c'est une chance. Moi, je me pose, si j'ai sommeil, je dors.

Loïc OK.

Damien Deux minutes après, je dors. J'ai un peu une horloge aussi en moi où là, je vois sur la 660, j'avais mis des réveils à chaque fois au bout d'une heure et demie ou de cinq minutes. Je me suis toujours réveillé deux minutes avant le réveil. Tout le temps. Tout le temps. Tout le temps. Je n'ai jamais eu besoin d'un réveil. Après, j'ai toujours vécu comme ça dans ma vie. Le réveil, je le mets tous les matins. Je ne l'entends jamais ou quasi jamais. Je suis toujours réveillé avant, mais deux minutes avant. C'est réparti de ma façon d'être et de procéder.

Loïc C'est vrai que je pense que si tu n'as vraiment jamais eu à le travailler, effectivement, je pense que c'est plutôt une chance. Je pense à un autre pote, Nico, qui était aussi sur la 360 et qui va faire le tord, qui lui, à l'inverse, a beaucoup de mal à s'endormir. Je me rappelle que sur la PTL, on était parti lundi matin à 8h30. Si j'ai bonne mémoire, son premier vrai repos, où il a réussi à s'endormir, c'était le jeudi. Physiologiquement, je ne sais même pas comment c'est humainement possible de tenir jusqu'au jeudi quand tu es parti lundi et que tu n'as pas dormi.

Damien On ne recharge pas les batteries. Quand on ne dort pas, on ne charge pas les batteries.

Loïc Oui, clairement. Super intéressant sur ta gestion du sommeil. Maintenant que tu vas, puisqu'on ne l'a pas encore dit, d'ailleurs, on en avait parlé en off, je ne sais pas si tu as un update là-dessus, mais tu vas pouvoir prendre le départ du Thor ou c'est encore incertain ?

Damien Oui, je vais prendre le départ du Thor.

Loïc Donc, le Thor qui est clairement plus petit que ce que tu as fait sur la Swisspeak 660. Ta gestion, maintenant que tu repasses, tu vas sur cette course à un format beaucoup plus court, tu vas garder lequel des deux schémas que tu avais ? Celui de la 360, celui de la 660 ? Qu'est-ce qui te semble le plus pertinent maintenant ?

Damien Celui de la 660, clairement. Oui, oui, alors je vais quand même écouter mon sommeil. c'est-à-dire, je ne me fixe rien en fait. Je ne me fixe pas à 80 km, je dors ou à 120 km, je dors. Je vais écouter mon corps et puis, quand je sentirai le besoin de repos, je me poserai mais je vais respecter ces cycles. C'est sûr.

Loïc Ok. Tu n'as vraiment aucun schéma même, c'est souvent, c'est un peu toujours le sujet de discussion, c'est est-ce que je dors la première nuit ou pas ? Là-dessus, tu as une certitude toi ou même pas ?

Damien Oui, j'ai une certitude que je vais me reposer en tout cas fin de la première nuit.

Loïc Ok, d'accord. Fin de la première nuit donc sur les 3-4 heures du mat, un truc comme ça ?

Damien Oui, exactement, pour repartir au soleil levant.

Loïc Ok.

Damien Après, je m'adapte aussi pas mal à la météo si je vois que la première nuit est complètement médiocre en début de nuit et moi en fin de nuit. Voilà, j'ai la chance de m'endormir vite et de prendre le sommeil quand j'en ai besoin ou quand, ce n'est pas tout à fait juste ce que je dis mais quand j'ai besoin de me poser ou quand il me faut où je me pose, je m'endors tout de suite donc j'accumule en fait ces heures de sommeil.

Loïc Et oui.

Damien Voilà, j'ai cette chance-là donc je m'adapte aussi à la météo et les conditions. Oui. Et bien sûr, si je suis avec des gens, pas des gens, il y a beaucoup de facteurs parce que quand on est tout seul sur des distances pareilles, il y a des moments où c'est super bien et il y a des moments où on a besoin d'être à plusieurs pour avancer. Voilà, donc si je suis dans un bon mouv' avec un bon groupe, je sais d'écaler mes heures de sommeil si je suis tout seul et que c'est un moment un peu ennuyant, je sais me poser, dormir un petit peu pour attendre quelqu'un.

Loïc Oui. Alors, ça déclenche plein de questions. En gros, il y en aura trois qui vont se suivre. Je te les énonce pour qu'on ne les oublie pas qu'on soit à deux cerveaux dessus. La première, c'est la gestion de la météo. Tu l'as évoqué. En plus, cette année, avec ce qui s'est passé sur l'UTMB, je pense que pour le Thor, ça va être un sujet. On verra, mais j'imagine que ça peut être un sujet. Donc, je serais curieux de savoir sur un format aussi long que la 660, comment tu t'es adapté. Le deuxième, c'est solo, pas solo. Comment tu gères, finalement, cette relation avec, alors, je n'ai pas envie de dire les autres compétiteurs parce que j'imagine sur des courses comme ça, est-ce qu'on joue vraiment la gagne et c'est plus une aventure humaine qu'on va chercher ? J'imagine, tu me diras si toi, tu as une autre approche. Et le troisième sujet, j'ai oublié. Voilà, mais on va déjà commencer sur ces deux-là. Sur la météo, qu'est-ce que ça avait donné sur la 660 quand tu pars pour aussi longtemps ? Et qu'est-ce que tu as dû faire comme adaptation au fil de l'eau ?

Damien Alors, on a eu beaucoup de chance la semaine dernière sur la météo de la 660. La première semaine, il y a quand même un peu chaud et on n'a pas eu de pluie. Et la deuxième semaine, moi, j'ai chopé deux gros orages. Un, l'avant-dernière nuit, en pleine nuit, la fenêtre de l'Arpette à 2700 mètres où j'ai pris, je me suis pris un énorme orage où j'étais, je ne savais pas où me cacher mais j'avais des bâtons avec moi, je me disais est-ce que je les jette ? Je ne les jette pas. Je voyais les éclairs dans tous les sens. Et là, ce n'était pas très drôle. Et puis après, deux heures avant l'arrivée, j'ai pris la pluie jusqu'à l'arrivée. Mais la météo, pour moi, elle n'est pas trop dérangeante. Moi, je suis quelqu'un qui aime le froid et pas trop la chaleur. Donc, il y a un tort pour moi mi-septembre, la météo est plutôt bonne pour moi. L'année, je ne vais pas me déranger du tout. Le froid non plus, justement. c'est ce que j'aime. Plus c'est dur, plus j'aime.

Loïc Ok. Tu te dis quoi mentalement ? C'est intéressant ce que tu viens de dire. Quand tu vois, je ne sais pas, ils annoncent tempête de neige, reroutage, etc. Ta réflexion, elle est centrée sur toi. C'est-à-dire que tu dis cool, c'est des conditions que j'aime bien, je vais me faire plaisir, etc. Ou tu te dis ça va être dur globalement pour tout le monde, donc ça rend la course plus intéressante.

Damien Exactement.

Loïc C'est ça que tu dis, oui.

Damien Je vais plus penser au global où je vais me dire voilà, c'est plus intéressant pour moi parce que c'est ce que j'aime et c'est vraiment des conditions que j'aime. Je vais aussi penser aux autres parce que pour moi, c'est aussi important, c'est des moments de partage. Voilà, il faut que chacun y trouve du plaisir et moi, je ne souhaite pas qu'on ait le parcours de repli ni quoi que ce soit. J'espère que la météo sera bonne pour chacun.

Loïc Écoute, moi perso, pour le tort, j'espère qu'il ne va pas neiger. Voilà, je te le dis. Donc, s'il neige, tu penseras à moi. Pas de souci. Mais du coup, on l'évoquait un peu, le fait que ces courses-là, c'est aussi des grands moments de partage humain. C'est quoi ton approche là-dessus ? Est-ce que quand tu te rends compte que tu as le même rythme que des gens avec qui, a priori, il y a quelques atomes crochus, tu es prêt à modifier ton approche de la course pour rester avec eux parce que le dicton dit qu'ensemble, on va plus loin, seul, on va plus vite où finalement, tu es capable de te redétacher de certaines personnes que tu as pu croiser, continuer solo, te rattacher à d'autres. C'est quoi ? Est-ce que tu as une stratégie entre guillemets par rapport à ça ?

Damien Je n'ai pas vraiment de stratégie. En fait, la Swiss Peak 660 l'année dernière m'a tellement apporté que je suis parti sur cette course où je ne connaissais quasi personne, en tout cas, de réel. Je connaissais beaucoup de gens de renommée. Un Aurélien qui était là, Sanchez, qui pour moi sont des idoles. Un Seb Bréchon, un Victor Richard, pour moi, ce sont des monstres. Un Michael Lansot, ce sont des gens qui ont des habitudes et qui connaissent cette course bien et qui sont très performants dans l'ultra-distance et dans la gestion de l'effort. Je suis parti avec, il y avait aussi Lucas, Papy, je suis parti où j'ai engendré de l'expérience plus que plus parce que je suis vraiment parti dans l'optique de profite du moment, profite de ces gens, en tout cas au départ parce que tu ne vas pas les voir longtemps et puis engendre tout ce que tu peux engendrer en expérience et en partage et puis après, elle vient te pourras et puis, toute cette première semaine, j'ai vraiment eu beaucoup de chance de partager justement avec un Seb Bréchon, avec un Aurélien avec qui j'étais un bon moment, avec Nico Lémane que j'ai cité avec qui j'ai fait je pense les trois quarts de la première semaine et en fait, je me suis rendu compte que j'étais à leur rythme et que je me suis en fait impressionné moi tout seul sans me mettre non plus à l'envers et puis, j'ai partagé, j'ai vraiment engendré l'expérience et je suis parti sur cette deuxième semaine de la 660 en me disant bon, écoute, profitez un max de la première semaine et puis là, maintenant, il y a un chronomètre et donc la course va être complètement différente ne t'affole pas, reste pas dans cet esprit de la première semaine à vouloir absolument partager ses moments avec des idoles et puis en fait, les choses sont faites naturellement puis en fait, le niveau de la deuxième semaine était un peu plus élevé que la première mais je suis resté à ma place et voilà, j'ai fait un premier tiers de course avec Aurélien et tout s'est super bien passé on a beaucoup partagé et puis après, il m'a détaché dans un moment où j'ai eu un coup de mon bien et après, j'ai fait course au sol jusqu'à l'arrivée. Ok. Ouais. J'ai vraiment fait course au sol, j'étais tout seul tout le long jusqu'à l'arrivée où je me sentis bien à ma place et donc, je pense que cette heure de géant, je vais partir avec cette même optique c'est-à-dire m'attendre à rien, profiter de l'instant T. Pour moi, c'est ça aussi l'ultra-trail parce qu'il faut s'adapter au moment voulu. Il y a tellement de choses qui peuvent changer. Je ne sais pas, à 7h du matin, on peut être super bien et partager. À 9h du matin, on a besoin de solitude. À 11h, on a besoin de nouveau partager parce qu'on n'est pas bien. Je pense qu'il faut suivre avec les émotions du moment. Oui. Je pars vraiment dans ce milieu-là.

Loïc Ok. Ça va être assez hallucinant effectivement de partager une expérience comme la première semaine en chronométrie de la Swisspeak avec des gens que tu connais et qui sont hyper connus, reconnus dans le milieu. Effectivement, je pense que ça va être assez riche. D'ailleurs, Nicolas Lémane, parce que je l'ai découvert en préparant l'interview, c'était le coéquipier de Victor Richard sur la PTL en 2023. D'ailleurs, ils étaient arrivés premiers. Exactement. Je n'ai pas en tête le chrono, je ne sais plus s'ils avaient mis moins le 100 heures qui est un peu généralement la barrière des tout premiers. Oui,

Damien je crois qu'ils étaient dans les 95 heures.

Loïc Oui, ok. Très costaud.

Damien Et là, cette année, ils ont fait ensemble les guerres 250 qui gagnent chaque année. Sans trop de difficultés pour eux.

Loïc incroyable. Incroyable. Alors, tu évoquais le fait que sur l'Ultra, finalement, en une journée, on a tout le panel des émotions qui passent. C'est quoi les moments de la 660 que tu retiens qui ont été vraiment difficiles à gérer ? Que ce soit physiquement, mentalement, je ne sais pas si tu as eu des sujets d'alimentation, de digestion, etc. Je serais curieux de savoir sur un format aussi long, tu vois, parce que, à la limite, ça t'arrive sur une course de 4-5 jours, tu dis, bon, allez, ça t'arrive le 3e, 4e jour, tu te dis, bon, l'arrivée est quand même proche, mais quand tu sais que si ça t'arrive la première semaine et que tu as une deuxième semaine chronométrée à enchaîner, j'imagine que mentalement, ça va être une autre paire de manches.

Damien Oui, alors, je dirais que les éléments le plus dur à gérer, c'était vraiment le sommeil. Oui. Le sommeil sur cette deuxième semaine, c'était compliqué. Ça a été compliqué, mais comme à chacun, la dernière nuit de course, j'avais décidé de ne pas dormir. Et derrière, j'en ai payé, j'ai payé les conséquences. J'ai dû m'arrêter, je ne sais pas, 10 fois, 5 minutes au bord du chemin à dormir comme je pouvais parce que je n'arrivais plus au révisieux. Je me suis endormi sur un chemin et je me suis réveillé 5 minutes après, je ne savais plus si j'étais dans le bon sens ou dans le mauvais sens. J'ai fait 3 kilomètres, un peu de 3 kilomètres en 20 minutes. Je ne m'en souviens pas. Je me suis rendu. Je dormais en marchant. En fait, je n'ai aucun souvenir de ce moment-là. Je me rappelle me réveiller, de ne plus savoir où j'étais, de regarder sous ma montre si j'étais bien sur le tracé ou pas, d'avancer, de me dire que je suis dans le bon sens, dans le mauvais sens. J'étais complètement perdu.

Loïc Oh, putain, ok. Parce que la première semaine, tu arrives à dire à peu près combien de temps tu as dormi pour qu'on ait une idée du déficit en fait ?

Damien Ouais, la première semaine, on est parti lundi soir, 21h, on est arrivé avec les copains le vendredi sur le coup des 13h, 14h. On avait fait 300 kilomètres avec un peu moins de 25 000 mètres de déclinures. J'ai passé une première nuit à Guerre-Borance où on a dû dormir 8h, 7 ou 8h, parce qu'en fait, on avait un passage qui était interdit à la frontale pour éviter de déranger la faune. Ok. Donc en fait, on était bloqués jusqu'à la vie du jour. Donc on était 4 ou 5 et on a fait la stratégie de tirer vraiment loin le premier jour pour pouvoir dormir plus et puis partir à la vie du jour. Donc la première nuit, j'ai dû dormir 8h. La deuxième nuit, j'ai dormi 1h30. La troisième nuit, j'ai dû dormir 6h et la nuit d'après, de nouveau 1h et demi.

Loïc Ah oui, tu as quand même eu la troisième nuit du coup, une bonne nuit quand même, 6h.

Damien oui, oui, oui. Voilà, après, on avançait bien en course et on s'était vraiment fixé ça comme objectif avec les gars avec qui j'étais. Au début, je ne m'étais pas du tout fixé ça. De donner un rythme quand même qui restait correct la journée pour avoir des moments de repos pour engendrer le maximum de sommeil pour la semaine d'après.

Loïc Oui, ok, d'accord. Et du coup, sur la deuxième semaine, tu as pu avoir des nuits comme ça, des gros blocs de plusieurs heures ? Non,

Damien la nuit d'après, la deuxième portion de course qui a fait 400 km avec quasiment 27 000 mètres de déplus, là, j'ai dormi 4h30. Moi, j'ai mis un peu plus de 96 heures, j'ai dormi et 4h30. Oui, voilà, ok. Sans compter les turbosiestes, après, les turbosiestes, peut-être que j'ai dormi 5h30.

Loïc Ok, d'accord, parce que, moi, la seule référence que j'ai sur la PTL, c'était à peu près entre 5 et 6 heures sur la semaine complète. je n'allais pas à la même vitesse que toi, donc moi, j'étais lundi 8h, dimanche midi. Ok, ouais, donc, et là, c'était quoi ? C'était, qu'est-ce qui fait que ça a changé la deuxième semaine ? C'était purement le chrono ou c'est le fait que tu avais la fatigue accumulée de la première et du coup, tu n'étais plus du tout sur le même rythme ? Tu n'avançais pas aussi vite ?

Damien Ah, on avançait plus vite. La deuxième semaine avançait plus vite que la première. Ah oui, ok, c'est le chrono. Le chrono, parce que je ne voulais pas me mettre cette pression et je voulais vraiment arriver au bout. Mon seul objectif sur cette 660 dès le départ, c'est d'arriver au bout. Et voilà, je suis parti tranquille et puis, comme je l'ai dit tout à l'heure, je me suis vite retrouvé à côté de Victor, qui gagne, qui était parti aussi tranquille, qui j'ai fait les 30 premiers kilomètres et puis, je me suis dit, bon, c'est un mec d'expérience, il a fini la PTL déjà deux ou trois fois en première place. C'est des gens qui avancent, quoi, et qui ont un maximum d'expérience, donc, ce n'est pas si mal. Et puis, au fur et à mesure du temps, après, il m'a lâché ou en tout cas, je ne l'ai pas suivi. Je suis resté dans ma ville et puis, ça a super bien fonctionné.

Loïc Sur la deuxième semaine, tu as eu des hallucinations, du coup ? Oui, clairement. Oui ? Clairement. Des trucs dangereux ou des trucs rigolos ? Non, que des trucs rigolos. Ok.

Damien Que des trucs rigolos et ce qui me fait vraiment marrer, c'est qu'en fait, ces hallucinations, pour moi, c'est les compagnons de route.

Loïc Ok.

Damien Là, j'en ai eu, je crois, au bout de, je ne sais pas, 80 heures d'effort. Et là, j'ai vu, j'avais vraiment quelque chose de particulier qui m'arrivait, c'est que j'avais l'impression d'avoir un ballon gonflé à l'hélium accroché à mes cheveux et que mon cerveau était 3 mètres en dessous de moi, que mon cerveau était complètement déconnecté de mon corps. J'avais mon corps qui dirigeait mes jambes et que mon cerveau en haut, avec mes émotions, c'était deux choses différentes. Et j'avais vraiment cette impression d'avoir un ballon accroché à mes cheveux avec mon cerveau dedans et qui faisait plus sage avec mon corps.

Loïc Ok.

Damien Mais régulièrement, je me mettais la main au-dessus des cheveux pour regarder si les ficelles étaient très sœurs. C'était assez impressionnant.

Loïc C'est énorme. Ça, quand ça t'arrive, même si c'est des trucs fun, enfin fun, tu ne voyais pas le sentier et les balises là où il n'y en avait pas et ça ne t'amenait pas directement dans la falaise et puis tu en étais conscient. Est-ce que ça reste quand même des flags, des signaux pour toi qu'il est temps de fermer les yeux ou forcément ?

Damien Non. Pour moi, c'est un compagnon de route. J'ai eu mes premières hallucinations quand j'ai fait l'ITMB. C'est des petites hallucinations où en fait, je voyais des serpents par terre alors que c'était des racines. Voilà. Sur la diag, je n'ai pas eu d'hallucinations, pas du tout. Et sur la 360, j'ai eu des hallucinations bien avant, je dirais en milieu de course et pareil, ces hallucinations, elles m'ont suivi. En fait, je voyais des emojis un peu partout quand je regardais dans le ciel, quand je regardais dans les arbres, dans les bouses de vaches. J'ai vu des emojis dans les bouses de vaches. À chaque fois, ces emojis, soit ils rigolaient, soit ils pleuraient, soit ils me faisaient une grimace. J'ai mis du temps et je me suis rendu compte qu'en fait, ces emojis, qu'il y avait un signe dedans, c'était mon ressenti de ce que je vivais à l'instant T. C'était mes émotions qui parlaient. J'ai trouvé ça hyper rigolo et je m'amusais avec. J'ai trouvé ça passionnant. J'ai vraiment, je me suis rendu compte qu'en fait, malgré l'effort, mes émotions me parlaient, me faisaient avancer.

Loïc C'est assez fascinant. Il faudrait faire des études sur le sens des hallucinations. S'il y en a vraiment un, est-ce que c'est le subconscient qui nous parle ? C'est ça. Mettre des chercheurs sur des ultras et voir ce qu'ils en disent. Super intéressant. On a parlé de gestion de sommeil. Un autre aspect un peu essentiel, c'est l'alimentation. La première partie de course, on l'a dit plusieurs fois, elle est non chronométrée. Elle est sans assistance aussi ?

Damien Alors, on a le droit d'avoir une assistance, mais trop basse de vie. Au match aller, il y avait deux bases de vie. Ok. Donc, il y avait à peu près une tous les 100 kilomètres. Oui. Ok.

Loïc Du coup, oui. Ok. Donc, ça, ça ressemble pas mal. Oui. Vas-y, pardon.

Damien Et la première partie n'était pas balisée. D'accord. Donc, on avait chacun notre trace GPS avec nous, fois un GPS, fois une montre qui tient la route. Et puis, voilà, on devait se repérer et suivre un tracé donné.

Loïc Ok. Un tracé qui était quand même sur sentier ou hors sentier ?

Damien Alors, sur sentier, mais il y avait beaucoup de vieux sentiers qui n'étaient quasi plus tracés. D'accord. Donc, c'était, moi, j'ai adoré. J'ai trouvé ça super chouette.

Loïc Ouais. Ok. Donc, la première semaine, j'ai l'impression que ça ressemble pas mal à un format un peu PTL. Exactement. Il n'y a aussi que de basse vie, pas mal de hors sentier, pas de balisage. Pas de chronométrage. Ouais. Entre guillemets. Oui, voilà, exactement. Entre guillemets. Parce qu'il y a quand même des barrières. Sur la première semaine, tu n'as même pas de barrière horaire. Si, si. Si, il y a quand même. Si, il y en avait des barrières horaires. Ok, ok. Du coup, l'alimentation, comment, et là, ça va être une série de questions, comment tu gères ça sur la première semaine versus la deuxième ? Parce que j'ai cru comprendre qu'en course suisse, les ravitaux étaient absolument délirants sur la Suisse Pique 360. Exactement. En mode raclette et compagnie à certains endroits. Tout d'accord. Donc, je suis curieux de savoir comment tu gères ça sur la première partie. Est-ce que vous deviez avoir un, deux jours de nourriture et de ravitaux sur vous ? Vous arrêtez dans les villages ? Ça s'est passé comment ?

Damien Alors, la première partie de la Suisse Pique 360, enfin, c'est 660, pardon. Pour moi, ça a été un petit peu compliqué. Je dirais, parce qu'il n'y avait pas grand-chose. On s'est retrouvés dans des bases de vie où il n'y avait pas, je me rappelle, j'ai un souvenir de la dernière base de vie où on s'est arrêté, où je suis arrivé en même temps que justement Nico, il y a Seb, Rechon et Aurélien qui nous trouvaient juste derrière. On est tous arrivés dans cette base de vie là. Il y avait Lucas, papi qui était là, qui avait marché ou couru toute la nuit, qui avait dormi là-bas. La base de vie était fermée. Le seul truc qu'il a trouvé à manger, c'était des croutons pour la soupe et du fromage râté si je n'ai pas de bêtises. Donc voilà, il avait mangé ça et il attendait avec impatience que tout s'ouvre le matin. Mais moi, j'ai aimé cette expérience où tu te retrouves aussi un peu face à toi-même, il faut se débrouiller et ne pas attendre sur les autres. Donc moi, je suis parti un peu lourd avec pas mal de nourriture. Moi, je me fais des espèces de boulettes, des boules nutritifs que je prends régulièrement. Donc j'ai géré mon alimentation en tout cas sur cette première partie de course, sur cette première moitié de course comme je le fais lors d'un ultra. Avec l'alimentation, je prends et puis voilà. La deuxième partie a été complètement différente.

Loïc Oui, on va en parler mais visiblement, ça donne envie. Des récits que j'ai entendus, ça donne presque envie de s'inscrire juste pour les ravitos. Oui, c'est ça. Quand tu dis que tu es parti un peu lourd, j'aime bien discuter aussi de matos, etc. J'ai l'impression que quand tu aimes bien l'outdoor, il y a quand même la question de matos. Si tu n'as pas une passion pour le matos, il y a souvent en tout cas des gens qui ont une passion pour le matos en plus. Bref, partir lourd, ça voulait dire quoi dans ton cas ?

Damien J'avais un sac de 4 kilos.

Loïc Ah oui, d'accord.

Damien Donc c'est très peu lourd. Oui, voilà.

Loïc Ok. Et donc ça veut dire quoi quelqu'un qui est-ce qui est parti pas lourd dans toute la team des super-héros dont tu as parlé ?

Damien Si je regardais le sac d'un Seb, Réchon ou d'un Nico, il me semblait beaucoup plus léger. Après, c'est des gens qui ont une autre expérience que moi et que moi, j'avais prévu des choses qu'eux n'avaient pas prévues. Moi, j'avais pris un litre et demi de flotte, j'ai pris 15 litres, ça fait déjà 8,5 kilos de gagné. Si on le dit bien, moi, j'avais pris beaucoup d'alimentation en rab, alors qu'eux étaient particulièrement dans un autre délire. Après, j'ai aussi appris à connaître un Seb, Cedrechon. C'est un vrai chameau, il ne mange rien. Il a tellement l'habitude de ses efforts avec très peu de nutrition ou d'alimentation que c'est de suite traquera.

Loïc 4 kilos et tu étais lourd. D'accord. Parce que là, du coup, sur le Thor, par exemple, tu t'auras combien, tu penses ?

Damien En poids ? À peu près la même chose.

Loïc 4 kilos, c'est OK. Je n'ai pas pesé

Damien mon sac et je ne l'ai pas encore fait, mais je pense que ce sera quelque chose comme ça. Après, je m'épierais bien sûr à la météo et puis, s'il n'y a pas de grand froid et ainsi de suite, ça peut éviter de changer aussi le poids d'un sac.

Loïc Oui. Mais donc, au départ, en tout cas, tu n'as pas forcément les crampons dans le sac ?

Damien Si nécessaire, je les aurais.

Loïc Oui, voilà. OK. Ça, c'est parce que je te pose la question, c'est un point qu'on discutait avec les copains avec qui j'ai fait la PTL et un autre ultra pour avoir les dossards pour le Thor. Le fait qu'il y ait autant de base-vie sur le Thor, ça peut quand même changer beaucoup de choses d'un point de vue logistique. Oui, exactement. Enfin, moi, je n'ai pas du tout l'expérience de ça, mais c'est vrai que je ne l'avais pas trop pris en compte. Mais du coup, tu peux t'alléger selon la météo. Si tu arrives à une base-vie en toute fin de nuit et que la prochaine, tu l'atteins avant la nuit, tu ne prends pas forcément avec toi le chaud. Donc, c'est vrai que ça peut permettre de gagner quelques kilos sur la journée, en tout cas, sur les tronçons entre les bases-vies. Oui, tout à fait.

Damien Tout à fait.

Loïc Est-ce qu'il y a quand même des choses qui se sont révélées indispensables ? Tu as des objets, de l'équipement que tu n'avais pas amené ou emmené. Tu t'es dit bon là, ce truc-là, ça fait 500 grammes mais en fait, il me le fallait vraiment absolument. C'est l'apprentissage de cette Swisspeak 660, 360. Il me faut ce truc-là.

Damien Oui, clairement, du tape. Du tape et un ciseau.

Loïc Ah oui, ok.

Damien Pour moi, c'est très important. Ou en tout cas, de l'élasto, des choses qui puissent te protéger, même contre un frottement. Moi, je me suis rendu compte qu'au bout de la troisième jour d'effort, du troisième jour d'effort de la 660, j'ai eu besoin de me protéger des lanières ou de mes bâtons parce qu'en fait, ça me mangeait l'intérieur des mains. Voilà, juste un petit bout d'élasto ou quelque chose qui te protège en fait, juste ça pour éviter un frottement.

Loïc Ok. Alors, c'est marrant que tu mentionnes ça. J'aurais jamais cru que ce soit ça ta réponse mais c'est méga intéressant. Alors, moi, j'avais eu ça au niveau des épaules. Mon sac de la PTL était deux fois plus lourd que ton sac très lourd de la 660 et en fait, je l'avais fait en 2022 et en 2022, il faisait méga chaud et du coup, j'ai tendance à transpirer beaucoup surtout le premier jour et demi, le temps que tout se régule et que je perde un peu mon excédot et j'avais des irritations aux épaules mais terribles et j'avais absolument pas pensé à prendre du tape et heureusement, il y avait un pote kiné dans l'équipe, Xavier, qui lui en avait, qui m'a mis ça à la première base vie et ça a changé la course. C'était terminé, plus aucune douleur, rien. Et donc là, j'ai prévu d'en reprendre pour les épaules mais je m'étais dit que je les mettrais avant le départ et point barre, je n'avais pas pensé à en emmener avec moi ou à en garder dans le sac, tu vois, au cas où il y a d'autres frottements mais c'est une super idée. C'est un super point. Merci pour le tips.

Damien Je pense que c'est la seule chose qui pour moi est ultra importante. Après, j'ai fait une expérience cette année où j'ai pris le départ de la Terminorum et j'ai dû arrêter à cause de l'eau et je pense que des pastilles pour mettre dans l'eau, c'est quand même pas mal. Alors, j'allais te le demander. On ne sait jamais ce qui peut se passer, une croix qui se perd, il ne peut tellement avoir d'allières que je pense qu'il va y avoir une pastille pour traiter l'eau. C'est toujours aussi un point hyper important.

Loïc Oui, écoute, tu lis dans mes pensées. J'allais te poser la question pour l'eau parce que même, moi je sais que, bon, j'ai grandi, j'ai passé tous mes étés, enfin bref, je suis habitué à boire directement l'eau en montagne. Je pense que je sais à peu près où il faut prendre de l'eau et où il vaut mieux éviter d'en prendre mais sur la PTL, couplé à une méga insolation, ça m'avait joué des tours d'un point de vue gastrique, je pense, avec la fatigue accumulée et tout. Et donc, cette année, même pour le Thor, je m'étais dit que j'allais prendre une lampe UV. Oui. Parce que les pastilles, tu as déjà, bon, j'imagine que tu as déjà testé les pastilles, il y a quand même un sale goût et je me dis, bon, soit j'en ai quelques-unes en secours mais si je me rends compte que, je ne sais pas, même s'il y a des ravitots tous les 10 bornes sur le Thor, donc je pense qu'en vrai, j'en aurais peut-être pas besoin mais je m'étais dit, tu vois, la lampe UV, ça pèse pas grand-chose, c'est moins de 100 grammes, je mets ça, en 90 secondes, ça clean un litre d'eau mais toi, ton approche serait plutôt en sécurité, c'est-à-dire que par défaut, tu bois comme ça au ravitot ou ce que tu trouves et si jamais, tu as des pastilles.

Damien Exactement. C'est surtout pour, vraiment, s'il y a un problème ou besoin d'eau ou besoin d'eau en urgence. Après, comme tu le dis si bien, le Thor, il y a quand même des ravitots régulièrement.

Loïc Oui.

Damien Voilà, je pense qu'avec un litre ou un litre d'eau à 10 kilomètres, ça passe largement.

Loïc Oui, oui.

Damien Moi, c'est surtout pour l'imprévu. C'est pour jamais, une très mauvaise météo, un gros orage, tu es coincé 5 heures au même endroit sans pouvoir bouger. Tu es content quand même de pouvoir t'hydrater régulièrement. C'est clair.

Loïc Il y a juste à voir en tête, alors je ne sais pas si ça a changé sur les pastilles, mais la dernière fois que j'ai utilisé les pastilles, c'est le temps de dissolution à peu près une heure qui peut être un peu pénible. Oui, c'est ça. Mais oui, c'est sûr que c'est 1000 fois plus léger qu'une lampe UV qui n'est déjà pas très lourde, mais c'est Katadine qui fait ça, donc c'est un peu pensé.

Damien J'ai aussi essayé les filtres qui marchaient pas mal.

Loïc Donc, c'est quoi ? C'est gourde alors là, bon, c'est une question très pratico-pratique, mais l'aspiration, la succion, ça t'allait toi ces filtres-là ? Parce qu'à chaque fois que j'ai essayé, j'ai l'impression que je suis obligé de forcer comme un nan pour aspirer l'eau.

Damien Il faut forcer et puis je ne suis pas sûr que ce soit très bon quand on met de la poudre ou un pastille dans l'eau. Je ne suis pas sûr que le filtre aime bien.

Loïc OK. Bon, écoute, je pense que j'aurai la lampe dans le sac et puis je verrai après 2-3 jours s'il y a l'utilité de la récupérer en tout cas, le tape, je n'avais pas en tête. Vraiment, merci, je pense que je vais gonfler mes réserves de tape et j'aurai ça à portée de main.

Damien Non, mais juste avoir un petit rouleau, même pas un petit rouleau, mais peut-être en avoir une bande de 55 cm. Oui. Ça peut servir à tout, en fait. C'est clair. Moi, généralement, je m'enroule ça autour d'un bâton et comme ça, ça ne pèse même pas sur un sac, se rouler autour d'un bâton et puis on peut faire plein de petites réparations avec. Moi, je trouve que c'est un peu le truc miracle.

Loïc Ah, tu l'as avec toi enroulé. Ah ouais, super smart. OK.

Damien Je fais ça, en fait, je fais un petit peu de ce qui est le pire et puis c'est vrai qu'on a toujours un bout de scotch enroulé autour d'un bâton. Ça sert tout le temps, en fait. OK. Pour réparer ou vraiment faire quelque chose pour dire de finir une descente ou finir une petite ascension, voilà. C'est toujours pratique.

Loïc OK. Bah, écoute, écoute, je suis en train de... OK. Bah, écoute, si tu vois un gars avec ses bâtons et du tape, il y a des chances que ce soit moi du coup autour. Je ferai ça. C'est une super bonne idée. Excellent. Donc, on a parlé de pas mal de choses, là, les hauts, les bas, les hallucinations, l'alimentation, la gestion du sommeil qui, pour toi, de ce que tu disais, a été le gros challenge sur cette course. Honnêtement, je pense que passer... Enfin, tu disais qu'à la fin de la 360, physiquement, tu étais très bien. Oui. Je ne sais pas s'il y a vraiment beaucoup de monde qui peuvent finir ce genre d'épreuve et dire que, tu vois, mentalement, tout s'est très bien passé et que le sommeil n'a pas été un challenge. Enfin, j'imagine, j'ai l'impression, pour avoir parlé avec beaucoup de gens qui font de l'ultra, que c'est quand même assez rapidement sur le plan psychologique que ça devient compliqué quand tu es sur des efforts aussi longs.

Damien Oui, tout à fait. Plus que physique. Oui, pour moi, une course en ultra, c'est 80% de la tête et 20% de la physique. La physique, on a beau se comparer avec le congé, si le mental n'en a pas, la physique, ça ne fonctionnera pas. On dit que l'inverse, l'inverse fonctionne. Moi, j'ai vu des gens avec très peu de préparation à aller très, très, très loin.

Loïc Clairement. Je suis assez d'accord. Je ne passe pas ça sur mon expérience perso, mais plus sur tous les échanges que tu as eu sur le podcast. C'est hallucinant d'entendre certaines histoires de ce qu'on est physiquement capable de faire, de réaliser quand le cerveau a décidé que. Oui. Et d'ailleurs, c'est une excellente transition. Tu ne l'as pas précisé, mais tu vas prendre le départ du Thor pas dans les conditions optimales. En même temps, on n'est jamais assez près. Mais là, pour le coup, toi, tu as eu à gérer un pépin physique.

Damien Oui, c'est ça. Je fais une bonne entorse il y a maintenant cinq semaines avec un arrachement. Le médecin, mon médecin du sport et mon physio sont mitigés pour un départ. Mais moi, j'en ai l'envie et j'en ressens un réel besoin. j'y vais en tout cas avec beaucoup moins de pression que j'aurais pu l'avoir si j'étais en pleine forme. Et puis, je vais juste pour un petit moment. Et je pense que ça va être trop bien.

Loïc C'est ton premier tord.

Damien C'est mon premier tord, oui. OK. Ce n'est pas une course qui m'inspire réellement. Je ne sais pas si j'ose dire ça. J'espère que je n'aurai pas trop de critique là-dessus.

Loïc Non, mais en tout cas, je crois que tu m'as dit que ce n'est pas une course qui te fait rêver depuis dix ans. exactement.

Damien Je veux accomplir ce tord plus pour aller plus tard sur le tord des glaciers. Ah. Qui me ressemble beaucoup plus. Donc, c'est avec un parcours qui est un peu plus technique, avec des endroits qui sont plus escarpés, beaucoup plus sauvages, moins de monde. Voilà. Ça m'inspire beaucoup plus qu'un tord des ir. OK. Mais voilà, je suis persuadé que je vais quand même passer un excellent moment et que je vais rencontrer plein de belles personnes. Juste que ça me donne envie, quoi.

Loïc Clairement. J'espère juste que ça va être, même si on est 1100 au départ, en tout cas, il y avait 1100 dossards. Oui. Même s'il y a deux vagues de départ, j'espère que ça va, mon inquiétude, enfin, mon inquiétude, ça va être une super course et mon approche, c'est un peu la même que toi, de profiter au maximum. Mais j'espère juste qu'on ne sera pas trop nombreux. C'est la seule référence que j'ai en tête où il y avait 1100 personnes. Enfin, le même nombre de personnes, c'était la Saint-Élion et c'était un carnage absolu au ravitaillement. Donc, j'espère que ça, on s'étilera suffisamment tôt dans la course pour que ce soit quand même agréable.

Damien Oui. Moi, j'ai la chance de partir dans la vague 1. Oui. Donc, je pense qu'il y aura un peu moins de monde que dans la vague 2. Oui. n'empêche que c'est un petit peu aussi ce que je suis. Moi, je côtoie des gens toute la journée dans mon travail et tout ce qui s'en fait. Et j'aime aussi ces moments de course ou ces moments en montagne pour me retrouver aussi moi et moi-même.

Loïc Tu vises quand même les moins de 130 heures du coup pour le tordé glacier ou même pas forcément cette année ? Ah, si. Si, oui.

Damien Oui, oui. Je vise, après, je ne sais pas trop, mais là, je vise avec la cheville, je ne sais pas, 110 heures. 110 heures, ok. Oui.

Loïc Très bien. Alors,

Damien j'aurais plus visé un 75 heures si j'avais l'acheté dans l'état. Ah, oui, d'accord. Oui, c'était un de mes objectifs de la nuit. Ok. Mais ce n'est pas grave, je me prends bien, je suis en phase avec moi pour ce que je faisais. Voilà.

Loïc Très bien. Eh bien, écoute, Damien, c'était un plaisir d'échanger avec toi. Super intéressant. Moi, je repars avec plein de petits tips et de, de, de, de, enfin, d'apprentissage qui vont, en tout cas, me servir dans une semaine et demie, là, sur le Thor. Notamment le tape, tu vois, c'est tout bête, mais ça peut sauver une course, je pense, en repensant ce que des copains m'ont déjà partagé sur des frottements, etc. Donc, vraiment, merci pour ce super partage. Est-ce que toi, tu as un mot de la fin, une conclusion que tu voudrais partager ?

Damien Oui, moi, j'ai un mot, profiter, profiter de l'instanté, profiter pendant que vous avez la santé. Moi, je cours, j'ai oublié de dire quelque chose, je cours depuis quelques années maintenant pour une association contre la sclérose en plaques, les gens qui sont atteints de la sclérose en plaques, qui n'ont pas la chance qu'on a, nous, coureurs, trailers, sportifs, de partager ou de découvrir. J'emmène, au moins une fois par année, des gens en zoalette qui sont atteints de ces symptômes. quand je vois le sourire qui vont sur le visage quand on les emmène dans des endroits nature, c'est requinquant, c'est reboostant et voilà. On se plaint souvent, on est des humains donc ça fait partie de nous mais profiter quoi, profiter.

Loïc Clairement. Clairement, je le fais aussi pour une association, l'association d'un copain qui a deux jumeaux atteints de paralysie cérébrale et je sais que dans les moments difficiles, ce sera ce à quoi je vais penser et je me dirais que finalement, c'est dur, je vois des casseroles dans les arbres, je n'ai pas dormi depuis trois jours mais je peux être là et pour le moment, eux non. Clairement, je suis assez d'accord avec toi. Profitons. C'est ça. Excellent. Un grand merci Damien. Moi, je serai dans la deuxième vague au Thor et puis vu ce que tu m'as dit, je pense que la seule chose que je verrai éventuellement c'est ton sac à dos avec une bonne paire de jumelles une fois que le départ aura été donné mais peut-être qu'on se croisera avant ça. En tout cas, ce serait génial de voir au monde du retrait des dossards ou autre et puis si on se rate, écoute, excellente course à toi et puis à la prochaine. Et toi aussi. Ben oui. Merci. Avec grand plaisir. A plus.

Damien A bientôt. Merci. Merci. Sous-titrage ST' 501. Sous-titrage ST' 501. Sous-titrage ST' 501. Sous-titrage ST' 501. Sous-titrage ST' 501. Sous-titrage ST' 501. Sous-titrage ST' 501

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