Les Frappés Les Frappés
Saison 3 EP·128 Trail #ultra-trail #Alaska #course à pied

22 août 2023

Remporter une course de 1600km en 22 jours par -40° avec Thierry Corbarieu

Durée · 1h34 · Transcription disponible

Thierry

Le récit

Mon invité de la semaine, Thierry Corbarieu, est un homme des extrêmes. 

Je vous le dis clairement, j’ai été très impressionné 😮 par ce qu’il est capable de faire.

Les courses auxquelles il participe, et qu’il remporte régulièrement, sont délirantes. La dernière en date s’appelle l’Iditarod, le départ se fait en Alaska en plein hiver, et la distance à couvrir en autonomie est de 1000 miles. 

1000 miles, ça fait plus de 1600 kilomètres par -40°C à pied et en tirant une luge chargée de tout son matériel. Nan mais vous imaginez un peu 😳 ?!

Dans cet échange Thierry nous parle de ce qu’il trouve dans ces formats hors normes et nous livre quelques anecdotes de galères qu’il a rencontré en courses qui vous feront sans doute frémir.

Merci Thierry pour ce bon moment !

🔎 Thierry est un athlète du team CIMALP. CIMALP conçoit des équipements de plein air avec passion et dans le respect de la nature, au service du confort et de la performance. Visitez leur site internet.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 Épisode #84 - Nahuel Passerat (le retour !) - Finisher du Ramsay's Round en 23h5
👉 Épisode #27 - Nahuel Passerat - Coureur d'ultra-trail - L'appel de la montagne

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CIMALP
Vêtements Techniques pour les sports de Montagne.

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Transcription

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Thierry Le départ au Yukon, au moins 38. Ça, je n'avais jamais vécu de ma vie. Jusqu'à moins 28, ça va. Quand on dépasse moins 28, là, par contre, on sent que toute erreur aura des conséquences. Donc, il ne faut pas trop se tromper. Il n'y a aucune cabane sur 200km. Et c'est l'endroit le plus dangereux que j'ai connu au monde. Comme si on était sur un congélateur à ciel ouvert et avec du vent.

Loïc Bienvenue sur les frappés le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure je suis Loïc Blanchard entrepreneur coach et préparateur mental certifié j'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés récemment je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver. Avec mes invités, on ira naviguer sur toutes les mers du monde, on participera à des expéditions dans les régions polaires ou en Himalaya, on découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres, des forces spéciales. Le deuxième, c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ces invités exceptionnels. On sous-estime largement ce dont on est capable, physiquement ou mentalement, et je suis convaincu qu'une petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur Terre, alors autant les vivre à fond. Mon invité de la semaine, Thierry Corbarieux, est un homme des extrêmes. Je vous le dis clairement, j'ai été super impressionné par ce qu'il est capable de faire. Les courses auxquelles il participe et qu'il remporte régulièrement sont délirantes. La dernière en date s'appelle l'Ezitarod, le départ se fait en Alaska en plein hiver et la distance à couvrir en autonomie totale est de 1000 miles. 1000 miles, ça fait plus de 1600 km par moins 40 degrés en tirant une luge chargée de tout son matériel sur 25 jours. Non mais vous imaginez un peu ! Dans cet échange, Thierry nous parle de ce qu'il trouve dans ses formats hors normes et nous livre quelques anecdotes de galères qu'il a rencontrées en course qui vous feront sans doute frémir. Bravo à Simalp, le sponsor de cet épisode, pour avoir réussi à recruter un athlète de ce calibre dans son équipe ambassadeur. Simalp, c'est une marque française créée en 1964 par des amoureux de montagne pour des amoureux de montagne. Ils conçoivent des équipements de trail, d'alpinisme, de ski ou encore de randonnée. Donc c'est assez varié, mais ça reste toujours dans l'univers de la montagne. Et ils mettent l'accent sur la technicité, la durabilité, l'innovation et l'accessibilité de leurs produits, ce qui est plutôt pas mal pour nos portefeuilles. Personnellement j'adore le matos outdoor, je réalise des tests pour plein de marques différentes depuis plus de 10 ans Donc je reconnais un produit de qualité quand j'en ai un entre les mains Et dans le cas de Simalp, j'ai eu l'occasion de partir en montagne avec plusieurs de leurs pièces emblématiques Première couche, veste isolante, veste étanche, short pantalon et ça n'a été que de bonnes expériences Les produits sont bien pensés, c'est robuste et en plus c'est français Un détail que j'adore, ce sont les pictogrammes qui présentent les caractéristiques techniques de chaque produit Isolant, étanche, anti-odeur etc Ce qui est super pratique si, comme moi, vous commencez à avoir pas mal de vêtements en dehors dans vos placards et que vous vous y perdez. Simalp commercialise en direct sur Internet, ce qui leur permet d'offrir des tarifs très compétitifs. Donc foncez faire un tour sur leur site simalp.fr, c-i-m-a-l-p.fr. Excellent écoute à vous les frappés. Ma première question Thierry, ce serait comment tu décris ta discipline ? Parce que je ne te cache pas qu'en A.U.L., donc d'ailleurs, merci à N.U.L. de nous avoir mis en relation, mais quand N.U.L. m'a parlé de toi, j'ai un petit fichier dans lequel je mets les invités potentiels avant de les contacter, et je mets, tu sais, un genre de tag à côté, donc aventure, militaire, ultra, et j'ai mis ultra sur toi, et je me suis dit, non mais attends, en fait, ultra, jusqu'à présent, j'ai eu des gens qui faisaient l'UTMB, du lois, 170 km, et puis quand je suis allé regarder les distances que tu faisais, je me suis dit, mince, attends, lui, ce n'est pas 170, c'est 1600, donc c'est quoi, en fait ? c'est plus ultra là, non ?

Thierry Oui, alors, pour que ça reste quelque chose de facile à expliquer, moi, je dis toujours ultra trailer, mais de format XXL. Ça détruit un peu le format, puisque effectivement, les courses, elles sont pareilles, c'est des formats ultra, mais ça va sur des distances un peu plus longues.

Loïc Oui, un petit peu plus longues, effectivement. On va en parler, en tout cas, c'est génial que tu sois là avec nous aujourd'hui. Merci beaucoup. peut-être qu'on peut commencer par la genèse comment est-ce qu'on tombe dans l'ultra XXL puisque tu étais déjà pratiquant l'ultra avant si j'ai bien compris c'est pendant une épreuve d'ultra en gros que tu as eu une sorte de déclic c'est ça ?

Thierry le déclic c'est en 2005, je fais le Marathon des Sables alors que je ne connaissais rien du tout au désert, je n'étais jamais allé je n'avais jamais fait des distances pareilles et puis je me prépare pendant deux ans après avoir fait quelques marathons et là c'est la révélation je me trouve dans le désert avec mon sac à dos tous les repas plus les vêtements que je vais mettre dans une semaine je ne connais pas et c'est une surprise de me trouver là et de profiter au maximum et d'avoir de super sensations même pendant cette semaine là alors que je n'avais aucune idée de ce que ça pouvait représenter et quand je rentre je me dis vite il faut que je revienne sur une épreuve pareil donc ça c'était un peu le déclic la révélation et puis je suis allé très vite sur le non-stop alors bien sûr sur des formats américains les Sun Mice parce que c'est les courses qui sont les plus fréquentes mais voilà donc j'en fais quelques-unes je commençais par la Libyan Challenge qui faisait 180 km là aussi je fais un bon résultat mais en même temps je découvre quelque chose qui me plaît, enfin on nous laisse libre de faire des courses peu importe le temps qu'on va mettre il y a un départ il y a une arrivée, au milieu c'est toi qui te gères et ça j'ai beaucoup apprécié et de suite je suis allé voir dès que je rentre je vais revoir encore des distances pour essayer de voir si je suis capable de faire mieux et puis là je tombe sur la 333, c'était le 10ème anniversaire en 2009 et là c'est la surprise parce que justement je ne savais même pas si j'étais capable de finir cette course là et là je me trouve devant dès la première journée et je termine avec cette heure d'avance sur le second qui était quelqu'un qu'il avait déjà gagné plusieurs fois et là je lui ai dit c'est incroyable, moi je voulais juste finir et j'ai gagné cette course j'établis le record qui est toujours d'actualité en 56 heures et là je lui ai dit c'est bon, c'est ce que j'aime donc ça va très vite puisque l'année après j'enchaîne sur la 555 bien sûr qui est la grande soeur de la 353 et toujours pareil, on monte dans les distance, on est passé de 300 à 500, pratiquement même 600, et c'est toujours pareil. Alors là, je dis quand même que c'est un cap, parce que 600 km, ça commence à faire, ça fait 5 jours et 23 heures, et je me rappelle encore, et 5 jours et 23 heures, et là, je dis, bon, mais ça fait quand même un peu long, donc je reviens un peu sur des formats un peu plus classiques, mais toujours dans l'idée de... Et puis, j'ai besoin de me challenger, j'ai besoin de vérifier je suis capable toujours de faire des choses nouvelles et de, voilà, donc je vais sur des courses qui changent je passe du désert à la montagne après quelques années et là effectivement j'ai une course qui se fait pas loin de chez moi, dans les Pyrénées Transpyrénéas et là je suis obligé de me préparer pendant deux ans, alors je suis super content parce que là aussi je travaille ça avec mon équipe qui me suit un peu partout dans le monde parce qu'on a toujours besoin quand même d'une équipe pour préparer tous les paramètres. Bien sûr que c'est moi qui suis l'instigateur à l'origine, mais ensuite, j'ai besoin de me préparer avec des gens qui connaissent, alors ça peut être sur plein de sujets. Et là, on est dans les Pyrénées et je vais pouvoir vivre ça au quotidien avec eux. Ils vont me voir sur le parcours en 2016. Et là, par contre, c'est Malgré deux ans de préparation hyper pointue, je suis très rapidement devant, mais avec le joint style, le suédois. Je suis obligé de me contraindre à l'abandon avec deux périostites. Je fais comme 140 km avec, mais quand je suis en marche arrière sur des descentes, je comprends que ça ne va pas le faire longtemps. Ça devenait ridicule. Je suis obligé d'abandonner. Toujours pareil, de se remettre en condition et de vérifier toujours si je suis capable. Donc, deux ans après, cette course, elle se refait. Et je m'inscris, bien sûr, parce qu'on ne reste pas sur un échec. Et là, un mois et demi à peu près du départ, l'organisateur est contraint à arrêter cette course. Et là, on est 260 coureurs et il y en a 80 qui disent, d'accord, on ne peut pas y participer parce que pour des raisons administratives, ce n'est pas possible. Nous, on va la faire en off. Comme si on met un dossard, on le fait en off. Oui, on s'était préparé depuis trop longtemps et moi, j'avais trop envie de la faire aussi. Et donc, on se prépare en off et on met un dossard et tout. Et là, on part comme si on partait sur une course, sauf qu'il n'y a aucune organisation. Il n'y a rien du tout. Il n'y a rien.

Loïc Est-ce que vous faites un bitôt ? Voilà.

Thierry Moi, ça ne me dérange pas parce que là, je n'avais pas pris, par contre, une grosse équipe parce que j'avais trouvé que la première fois, justement, c'était difficile de ne pas discuter toujours avec les gens qui viennent te voir, c'est difficile de ne pas communiquer avec eux, et c'est toujours de l'énergie dépensée, et j'avais trouvé que ça avait été difficile justement de dépenser toute cette énergie, alors cette fois-ci, je change carrément de fonctionnement, je pars qu'avec mon épouse, et là, on s'organise, et même quand j'arrive sur le point de rencontre, on ne se parle pas trop, on avait tellement préparé avant, qu'on n'a pas besoin de se dire grand-chose, c'est exactement ce qu'on doit faire. Et là, on n'en fait que le minimum. Mais là, je me trouve dans des super conditions pour finir. Et là, par la même occasion, j'établis le temps de référence sur la totalité, puisque la Transpyrénéane ne démarre que de Pertus. Et là, comme on était en off, on a dit, on s'en fout, on va faire la totalité depuis Banyuls. Banyuls en Dye, la globalité, 880 km, 65 000 de dénivelé positif, que je boucle en 12 jours. Moi, c'était juste la terminée et essayer de faire le... Bon, je finis devant, mais ça, c'était peut-être la cerise sur le gâteau. Mais je voulais absolument terminer, puisque j'avais eu cet échec en 2016. Et en même temps, j'établis le temps de référence, quelque part, de cette traversée, qui a été battue depuis par Eric Lavery et pulvérisé, parce qu'il a eu un temps fantastique, moins de 10 jours. Et donc, voilà, ça, c'était un autre paramètre que j'ai voulu vérifier sur des distances folles avec des niveaux incroyables. Voilà, là, c'est ce qu'on a pu vérifier.

Loïc Excellent. Excellent. Mais avant, du coup, tu t'expliquais que le déclic, ça a été pendant ce Marathon des Sables. Avant ça, tu baignais déjà dans le sport ? Tu as bien fait du milieu ?

Thierry Non, non. J'ai juste fait du sport étant jeune dans le rugby. Le milieu rugby. Alors, je joue à 15 et à 13. Deux sports un peu différents. même s'il se ressemble beaucoup le même ballon il est au val mais au-delà de ça c'est des sports différents jusqu'à l'âge de 20 ans et à l'âge de 20 ans je crée mon entreprise dans le domaine d'électricité et de la climatisation donc là je me consacre exclusivement à ça et je laisse tomber pendant une quinzaine d'années le sport complètement je ne me consacre qu'à l'entreprise donc l'énergie que j'ai mis après dans le sport je l'ai mis dans l'entreprise avant et voilà un peu boulimique et puis à un moment donné je trouve que c'est plus possible il me faut un éditoire, rester focus sur l'entreprise on devient aigri, donc j'ai besoin d'aller faire du sport et puis je pense que ça me démangeait depuis un petit moment et puis je me mets à faire un marathon, deux marathons, dix marathons et puis le marathon est simple mais voilà, je suis revenu au sport à l'âge de 35

Loïc Ok, c'est incroyable mais tu dirais d'ailleurs que sur des distances, donc on n'a pas encore fini la liste de tes courses puisque tu as laissé, j'ai envie de dire, peut-être les trois plus importantes, tu n'en as pas encore parlé, mais on va revenir là-dessus, mais tu dirais que sur des distances telles que tu cours maintenant, l'âge est un paramètre important dans le sens où, est-ce qu'en étant peut-être un peu plus âgé, est-ce que ça se trouve de croiser des gens qui ont 20, 25 ans et qui finissent 500 miles ?

Thierry Alors, pas trop, non, bien sûr, mais on voit que, bien sûr, l'âge baisse un peu dans ces disciplines qui étaient exclusivement faites par des gens qui avaient de l'expérience. Un peu au même titre que le marathon, à l'époque, il était fait par des gens qui avaient de l'expérience. On voit que la discipline, les gens qui la pratiquent, rajeunissent. Et je pense que c'est un peu le phénomène qui est en train de se produire aussi dans l'ultra. dans l'ultra on le voit sur l'ultra classique sans mais comme je disais on le voit c'est quand même des jeunes qui sont devant mais dans ma catégorie effectivement de course format un peu plus long c'est vrai que ça reste quand même des courses où il faut avoir vraiment de l'expérience parce que au delà de la course et du physique il y a tout l'aspect je dirais mental, c'est pas que les jeunes n'aiment pas du mental bien au contraire, ils en ont aussi mais tout ce qui est Il faut avoir du temps aussi, il faut avoir une autre philosophie, il faut avoir fait plein d'autres choses. C'est l'expérience globale qui va faire qu'on est capable de faire ce genre de choses. Et souvent, ça peut bloquer quand on est jeune, mais effectivement, quand on a pris un peu d'expérience et un peu de maturité, là où on aurait pu s'arrêter, on continue parce qu'on sait qu'on est capable, parce qu'on a vérifié ses paramètres. et ça je crois que c'est ce qui fait un peu rester qui fait que les pratiquants sont d'un âge un peu plus vieux ouais ouais

Loïc c'est clair que je sais pas par laquelle de tes 3 courses on va commencer mais j'arrête de faire du teasing mais j'imagine que quand tu pars courir 20 jours, 25 jours le paramètre connaissance de soi capacité à lire certains signaux, à rester dedans mentalement, etc. C'est ça qui fait la différence, peut-être bien plus que le physique, non ? Même si le physique, évidemment, c'est bien

Thierry important. Ouais, tu as absolument raison, mais tu vois, même sur la dernière, on va y revenir, mais même là, j'ai appris, quoi. C'est tellement difficile. J'avais fait que 12 jours, le temps maximum que j'avais fait sur toutes mes courses, que ce soit la France-Pyrénéen, j'avais fait 12 jours, la Mille dans le désert, en Mauritanie, j'avais fait 12 jours. Là, je suis passé sur la dernière à 25 jours et là, c'est une grosse différence. Et même là, j'ai énormément appris. Il y a plein de paramètres que je ne connaissais pas et je suis obligé de m'adapter. Et c'est vrai que ça fait toute la différence. Donc, le côté physique, il est important parce que sans physique, on ne fait rien, surtout sur des épreuves comme ça. Mais le paramètre mental et expérience de l'épreuve et de savoir gérer ses temps forts et ses temps faibles, il est vraiment évident sur ce type de course ça c'est indéniable donc comme on en parlait après la Transpyrénéa j'ai voulu aller voir d'autres paramètres vérifier d'autres et comme je suis un peu curieux je suis allé me renseigner comme je fais tout le temps sur le réseau, voir un peu la course qui me conviendrait pour me motiver en rentrant et là je suis tombé sur la Spine Race, une course en Angleterre de 435 kilomètres. Alors là, c'est ni le désert, on est loin du désert parce qu'au mois de janvier, ce n'est pas le désert dans le nord de l'Angleterre, c'est plutôt la grande humidité. Et là, bon, il n'y avait aucun Français qui allait vérifier un peu et n'avait participé à cette course. Donc, je n'avais aucune expérience dans ce domaine-là. Et puis là, je m'inscris bien sûr parce qu'il faudrait que j'aille vérifier. c'est pas possible de ne pas connaître cette course quand je vois quelques vidéos avec le vent les bourrasques plus la neige et tout, j'ai dit qu'est-ce que c'est cette course, c'est fou il faut aller voir ces anglais là et ça c'était quelle année du coup tu as dit ? ça c'était en 2012 après la Transpyrénéa et après c'était quelques mois après le le Tor des Géants donc là aussi Transpyrénéa l'été l'été 2000 alors c'était l'été 2000 16 oui où là j'ai l'échec 2016 oui non c'était plutôt 17 alors 2016 ensuite je fais le tordé en un mois et demi malgré ma blessure je m'entraîne pas à rien j'avais eu un dossard exceptionnellement Iron m'avait eu un dossard donc j'étais allé il me dit est-ce que t'es capable d'aller faire ça je dis oui bien sûr alors que j'avais deux périostites je dis oui un mois et demi après la Transpirinale où j'avais abandonné parce que j'avais deux périostites mais j'y vais quand même, j'ai dit j'ai un dossard, il faut y aller donc je la termine, celle-là aussi et quand j'arrive dans la vallée d'Aost sur mon PC je regarde, je vois cette transpirée et cette Spine Race en Angleterre et j'ai dit je vais m'inscrire et je me suis inscrit depuis le tour des GA c'était quelques mois après c'était janvier le tour je crois que c'est septembre voilà donc et quelques mois après je vais à la Spine Race et donc là-bas effectivement pour avoir des informations c'était compliqué, mais bon peu importe, on sait qu'il y a un départ et il y a un arrivé il faut arriver en Écosse bon peu importe, il faut s'adapter et là vraiment j'ai vu un peu le format anglo-saxon qui me plaît beaucoup on nous fait signer pas mal de décharges, comme quoi on est responsable de ceci, de cela pour se décharger, clairement mais après on nous laisse vivre notre aventure on nous laisse tranquille on ne vient pas nous vérifier d'ailleurs dans les 10 premiers kilomètres il faut traverser des rivières j'en ai jusqu'à la taille en France mettre des rivières avec du courant et tout et j'ai dit mais ils sont fous en France c'est impossible de faire ça c'est pas possible Lorraine d'Athènes nous fait faire 15 secondes pour attraper un pont là non tu traverses la rivière donc c'est ça alors j'adore je me dis c'est génial bon j'ai un peu froid quand même j'adore sur le moment je ne sais pas si j'ai adoré mais je dis mais ils sont fous ils nous laissent faire des trucs fabuleux j'adore donc je continue et par moments dans la nuit j'entends une cascade même qui coule à côté de moi non loin mais je n'arrive pas à voir le chemin ça glisse de partout, je ne fais que tomber nous laisser faire des choses comme ça je trouve ça fabuleux bien sûr on fait attention et d'ailleurs il n'y a pas tant d'intention que ça j'en ai pas à ma connaissance mais c'est ça que j'aime beaucoup on fait confiance aux gens on leur met conditions. Bien avant, on nous expliquait bien, il y a des briefings très précis sur ce qu'on va vivre. Mais par contre, on est tranquille, on vit nos expériences, on vit pleinement nos courses. Et ça, vraiment, j'ai adoré. Donc, cette course, au-delà du résultat, je crois que je fais 14e, mais c'était anecdotique. Mais c'était surtout que j'ai vécu quelque chose qui m'a marqué, qui me marque ravi, parce que je pense souvent à cette course. Elle m'a vraiment marqué. et je me dis mais c'était fabuleux quoi de vivre ça j'ai eu des périodes tellement difficiles pendant cette semaine là que j'ai trouvé ça génial et puis sur le parcours j'avais un photographe que j'avais déjà vu dans d'autres courses qui parlait très très bien français et à l'arrivée il me dit mais Thierry maintenant que t'as fait cette course c'est bon t'es prêt ? j'ai dit t'es prêt de quoi ? t'es prêt à aller au Yukon Articutra je connaissais bien sûr la course ça faisait un moment que je la regardais d'un oeil là, mais que d'un oeil, parce que je me suis dit que c'est quoi ce truc de dingue là, en plus je connaissais un Français qui avait participé à un plus petit format, et puis là il m'en fallait pas plus pour égayer ma curiosité, et quand je suis rentré, je suis allé vérifier, j'ai dit ben ouais je vais aller faire ça quoi, le lieu qu'on articulera, mais bien sûr à le faire ça tombe bien, l'année où je veux la faire, parce qu'une année sur deux il y a le 700, je vais faire le 700 alors souvent on me dit pourquoi tu veux faire le 700 et tu veux faire toujours la distance la plus longue je me dis je ne veux pas regretter à rentrer chez moi de me dire est-ce que j'ai été capable de faire la grande distance je le sais

Loïc cette course est vraiment énorme moi je l'ai découvert je pense que c'est la première course ultra dont j'ai entendu parler peut-être même avant l'UTMB parce que j'étais en stage au Canada longtemps longtemps en 2011 et il y avait un gars dans ma boîte qui était parti la faire. Et je me rappelle, il nous racontait ça, sa préparation et à son retour. Il était déjà sec, il avait perdu, je ne sais pas, 8 kilos, un truc comme ça. Il n'avait déjà pas grand-chose à perdre. Et je me rappelle, tu vois, des récits où il nous expliquait qu'il avait des hallucinations, il avait vu un TGV passer dans la neige à côté de lui. Je me disais, mais qu'est-ce que c'est ce truc ?

Thierry Il n'y en a pas. Il n'y a pas de TGV. Je ne sais pas le tir.

Loïc En gros, tu me dis, si je ne me trompe, mais le Yukon Arctic Ultra, donc là, nous, tu l'as fait, c'est un 700. c'est dans les territoires du nord du Canada donc le Canada c'est une série de provinces au niveau de la enfin tout ce qui touche la frontière des Etats-Unis c'est des provinces et au nord vraiment le nord au nord du Canada je crois que c'est trois territoires je crois qu'il y en a trois qui sont immenses et le Yukon en est un qui font plusieurs fois la taille de la France à chaque fois

Thierry ah oui c'est immense

Loïc et voilà il n'y a rien en fait c'est absolument c'est le désert de glace total et c'est là-dedans que toi donc en 2019 t'as couru à 700 kilomètres

Thierry C'est ça exactement. Et alors bien sûr, quand je m'inscris, c'est facile de s'inscrire. Mais après, il faut se mettre en commission. Donc, comme je suis assez précis, j'aime bien me préparer comme il faut pour me donner les chances de réussir. Parce qu'il n'y a rien de pire. Enfin, rien de pire. Si, il y a toujours pire. Mais moi, j'essaie de mettre toutes les chances. Parce que je n'aime pas l'échec. Je n'aime pas revenir en me disant, ça y est, j'aurais dû faire ceci. Non, voilà. J'essaie de me mettre en bonne condition. et un an auparavant je m'en vais à Laponie pour vérifier, donc je prends une tonne de matériel dans ma luge, elle faisait 150 km, on n'était pas dans les mêmes conditions parce qu'on était à moins 20, je savais pertinemment qu'au Yukon il ferait beaucoup plus froid, mais quand même je vérifie mes aptitudes, je vérifie quel type de matériel et dans plein de domaines, notamment un détail, mais j'avais mis trois paires de chaussettes en Laponie quand j'ai fait 150 km, j'avais les pieds tout blancs, tout frétri, et en fait quand je suis arrivé au Yukon quand j'ai fait un stage polaire là-bas ils m'ont dit alors j'explique le problème que j'avais eu au pied ils m'ont dit c'est normal t'as mis trop de chaussettes il ne faut pas mettre que deux paires alors j'avais mis des chaussettes bien sûr j'ai l'habitude de mettre des chaussettes à doigts, peu importe moi c'est un Jinji mais ça aurait pu être une autre marque ensuite j'ai mis une chaussette étanche mais j'avais mis aussi une chaussette thermique parce que je me suis dit il fait froid alors que c'était une erreur et tout ça c'est des détails mais qui font la différence parce que ces courses là au delà du physique, ce qu'on disait tout à l'heure c'est fait d'une somme de détails qui font le fait que tu réussisses ou que tu loupes l'épreuve et ça ça me faisait partie de tester un naponi c'était anodin peut-être au départ puisque les distances, le froid, tout n'était pas exactement pareil mais il y avait plein de petits paramètres qui faisaient que je commençais à me mettre en condition de réussite sur le Yukon. J'avais une luge certainement la plus lourde des concurrents, mais ce n'était pas très grave. Moi, c'était une course de test. Alors, je crois quatrième sur cette course, c'est déjà bien, mais j'ai testé, j'ai vérifié, et je sais que ce n'est pas forcément les conditions que j'aurais là-bas, parce que au mois de janvier, il fait quand même très froid au Yukon. Ça dépend des périodes, bien sûr, mais on sait que c'est quand même l'année en février il fait très froid et on sait qu'après ça peut varier quand même au mois de mars ça peut remonter plutôt et voilà donc effectivement ça n'a pas dérogé à la règle quand on est arrivé le premier jour du départ au Yukon, au moins 38 donc au moins 38 ça je n'avais jamais vécu de ma vie c'était la première fois de ma vie que j'ai au moins 38, alors j'ai tendance à dire au delà de moins jusqu'à moins 28, ça va. Quand on dépasse moins 28, là, par contre, on sent que toute erreur aura une conséquence. Donc, il ne faut pas se tromper.

Loïc C'est ce que j'allais te dire. Pour qu'on se rende compte, moi, j'ai fait moins 24 au plus froid et je me rappellerai toute ma vie parce que j'étais en jean. Je suis resté une heure et demie dehors et c'était une des pires sensations de ma vie. Quand je suis revenu à l'intérieur, j'avais la même chose. Quand tu as les doigts un peu, les fourmis dans les doigts quand je suis bien circulé, j'avais ça sur toutes les jambes pendant 45 minutes, mais bref du coup, moins 38 déjà la course elle se fait comment ? t'as une pulka avec des skis, c'est ça ?

Thierry non, non, en fait il y a trois disciplines il y a le ski effectivement donc ça c'est des gens qui sont avec des skis nordiques ou des skis un peu spéciaux là qui sont un peu hybrides voilà, ils sont pas forcément que nordiques et ensuite il y en a qui le font en fatbike, donc en vélo, avec des grosses roues, voilà. Et puis la dernière catégorie, c'est à pied, donc avec des tennis classiques, de trail, étanche, donc c'est les tennis qu'on utilise pour la montagne. On a juste des tennis comme ça, et puis quand on peut, on court, quand on ne peut pas, on marche, mais on est toujours en mouvement à pied. Et on a juste des raquettes quand il y a vraiment beaucoup de neige. Quand il fait moins 38, c'est assez dur, donc il n'y a pas de problème, on s'enfonce pas mais en fin d'épreuve d'ailleurs j'ai fait une impasse sur les raquettes je les avais eues tout le long et puis la dernière étape j'avais mon sac sur les 160 derniers kilomètres j'avais mon sac qui me suivait par moment et j'avais dit je les ai portés pour y aller je vais les mettre dans le sac quelle erreur il a neigé et là c'était vraiment une grosse erreur ça ne m'est plus jamais arrivé un peu d'expérience mais là, j'ai fait une bêtise.

Loïc Mais du coup, tu respires, est-ce que tu as un masque pour éviter de respirer directement l'air à moins 38 ?

Thierry Oui, alors on a un masque, oui, tout à fait. Souvent, on a des masques en néoprène, mais moi, j'ai pris le parti. Alors en plus, je ne connaissais pas du tout, donc j'avais pris plusieurs types de masques. J'en avais pris certains en polaire, de polaire de diverses épaisseurs, certains que j'avais achetés sur place au Yukon parce qu'on ne trouvait pas ce modèle en France. donc celui-là je l'avais acheté sur place, mais ensuite j'avais quand même acheté du néoprène en France, mais au global, maintenant avec l'expérience, il n'y a rien de mieux que le néoprène, parce qu'en fait il prend trop l'humidité trop rapidement, celui en polaire, et il devient très dur, et en plus on ne peut plus le remettre, en fait c'est très difficile, et on peut se blesser le visage avec la glace qui se met sur le polaire, alors que sur le néoprène même si ça gèle ça gèle pas complètement on arrive quand même à le bouger le néoprène, ça c'est un peu ce qui fait la différence alors c'est moins agréable mais c'est pour ça qu'il faut mettre des protections sur le visage parce que le frottement justement je ne connaissais pas du tout au Yukon, j'ai frotté un peu sur le nez et ça commençait à peler et quand on sait l'organisateur comme il est rigoureux surtout parce qu'il y avait eu un très grave accident l'année avant, puisqu'il faut rappeler qu'en 2018, l'année avant, il y avait eu quand même un Italien qui avait perdu ses deux jambes et ses deux bras sur cette course. Ah oui. Donc lui, déjà, c'est un germanique, donc il est quand même très carré dans ses organisations, mais là, il avait été encore plus carré, puisqu'il nous avait obligés de faire un stage en milieu polaire, il nous avait obligés du matériel qui n'obligeait pas, il avait vérifié par Skype notre niveau d'anglais, ça c'était bon mais c'était pas mon bon fort donc malgré 6 mois parce que je vais pousser quand même la préparation à faire 6 mois de cours tous les matins j'avais une demi-heure, une Irlandaise qui m'appelait Hello Thierry, how are you, I'm fine and you, voilà, donc sur le moment ça allait mais bon j'ai vite perdu après, mais au moins pour le Skype c'était bon, c'était important pour que je passe au moins le règlement qui correspond à la langue. Donc, voilà, tout ça pour dire que ces courses-là, il ne faut pas se tromper, c'est fait de détails, comme souvent, comme je dis, mais là, les détails ont toute leur importance parce que ça peut se passer très mal. Comme je disais, le grave accident qu'il y avait eu l'année avant, on l'avait tous en tête. Moi, je l'avais en tête, je pense que beaucoup de concurrents l'avaient en tête et ça nous faisait redoubler de vigilance sur tout ce parcours. et voilà donc on se prépare le masque comme tu le dis il ne faut pas respirer l'air trop froid mais malgré tout même si on le protège on se protège surtout le visage l'air il rentre quand même froid malgré tout voilà donc ça c'est aussi des facteurs que je ne connaissais pas puisque je ne les avais jamais vécu les yeux c'est pareil non ? tu ne peux pas avoir les yeux oui mais les yeux tu peux mettre un masque Mais tu y vois quand même un peu moins bien. Même si j'avais un super masque, tu as quand même de temps en temps un peu de buée. Ce n'est pas très agréable. Tu ne le mets pas. Moi, je n'ai pas trop mis de masque. Je l'ai mis à l'Illitarod cette année. Je l'ai mis énormément parce qu'il y avait beaucoup de vent. Mais sinon, sur le Yukon, il n'y avait pas trop de vent. Il faisait très, très froid. Mais je ne l'ai pas mis.

Loïc donc ça c'était 2019 cette semblante première grosse expérience du coup du très très très très froid sur ce format là tu l'aï tu l'aï

Thierry après le marathon j'étais en 3ème ou 4ème position puis dans la soirée puisque c'était un départ à 10h dans la soirée tu vois le premier devant alors je grappille je passe après le marathon de 3e à 2e. Et dans une montée, le premier, il commençait à se préparer pour manger. Donc, il s'en serait chaud et tout. J'ai dit, moi, je vais passer devant. C'est un complexe. Je passe devant et puis je reste jusqu'à la fin. J'y suis resté jusqu'à la fin avec 17 heures d'avance. Effectivement, c'était une expérience incroyable parce que moi, j'y allais juste pour finir vraiment avec vraiment modestie et beaucoup d'humilité parce que déjà, finir, c'était déjà énorme. Il y en a qu'on, ce qui finit sur 44. donc c'était énorme et là me trouver devant aux avant-postes j'ai dit c'est fou ça c'est dingue on va essayer d'aller le plus loin possible et chaque fois j'ai gagné un jour et puis je termine en 9 jours c'est 700 km avec bien sûr des difficultés parce qu'on est passé de moins 38 par moment à moins 40 et il faut savoir que moi j'ai pris le parti aussi comme dans toutes mes courses polaires de ne pas prendre de tente. Et quand on ne prend pas de tente, c'est juste pour gagner du temps. J'avais discuté avec pas mal de concurrents. Je leur avais posé la question, est-ce que vous utilisez une tente ? Est-ce que vous prenez carrément qu'un bivy bag ? C'est-à-dire l'enveloppe étanche qui va protéger mon duvet. Tous me disaient, enfin tous. Ceux qui m'intéressaient dans leur réponse, utilisaient des bivy bags pour aller très vite dans leur duvet. Parce qu'en deux minutes, il faut rentrer dans le duvet. puisque quand on est en mode, j'avance, il n'y a pas de problème, on se réchauffe. Par contre, quand on est en mode statique, il faut aller très vite pour en s'enduver. Donc, en deux minutes, il faut qu'on y soit dedans. Sinon, on est gelé, on ne peut plus se réchauffer. Après, c'est fini. Et surtout quand il fait moins 40.

Loïc Mais du coup, comment tu manges au chaud si tu n'as pas de temps ?

Thierry Moi, personnellement, quand je veux bivouaquer, je ne mange pas. Je ne mange pas parce qu'en deux minutes, je ne suis pas trop fatigué. Il faut savoir que je tire la luge, à peu près 18h voire 20h par jour donc quand je m'arrête c'est parce que je suis épuisé qu'effectivement comme tu l'as dit tout à l'heure j'ai quelques hallucinations qui commençaient à m'épuiser le cerveau moi je ne voyais pas des TGV je voyais des animaux en fait les courbes des branches qui étaient sur le chemin faisaient comme si on rentre dans un tunnel mais alors là l'imaginaire après il fait son chemin et moi je voyais des animaux alors je n'étais pas tout seul au moins j'étais accompagné mais c'était épuisant on le sait que c'est des hallucinations mais ça épuise ça épuise mentalement de voir ça toutes les nuits et surtout plus ça va les nuits sont longues parce qu'on est de plus en plus épuisé je suis allé chercher quand même très loin je dormais une heure et demie voire deux heures par nuit maximum et donc oui à un moment donné dès qu'il fait sombre on a les aléfinations et ça c'est épuisant donc il fallait très vite je m'arrête je ne mange pas je mange quand je suis en mouvement ou dans la journée et même comme là c'est le Yukon il y a des postes tous les 70 km donc moi je me dis que je ne mangerai dans le poste de contrôle je m'arrête très peu je ne prends que des choses rapides c'est à dire des barres, du chocolat, des charcuteries, des choses que je n'ai pas besoin de faire d'eau ou de sortir mon réchaud. Pour gagner du temps toujours et puis quand il fait très froid, s'arrêter c'est toujours un danger. C'est un danger aussi de ne pas manger beaucoup, ce qui est important c'est vraiment de boire, ça c'est vraiment très important. Donc on se charge beaucoup et comme l'organisateur voulait qu'on ait trois thermos d'un litre deux plein, au moins ça nous obligeait à avoir de l'eau et on n'avait pas d'obligé d'en faire en permanence. Sur 70 km, moi ça me suffisait. Alors il y en a qui n'y arrivaient pas parce qu'ils mettaient plus de temps que moi sur cette distance là, mais moi ça me suffisait pour, je sais que je voyais au moins un poste de contrôle par jour, ça c'est ce que je faisais donc il n'y a pas de problème, j'ai réussi à passer. Ok. Ok.

Loïc Donc ça, c'est le Yukon. Yukon Arctic. Donc 2022.

Thierry Alors non, mais après, parce que c'était quand même mon cinquantième anniversaire, le 2019. Donc pour mes cinquantières, j'avais besoin de me faire un super cadeau. Et je me suis dit, dans six mois, après avoir fait le Yukon Arctic 700 kilomètres, je vais aller faire la mille à Mauritanie complètement à l'opposé, le grand écart facial. je vais aller faire le désert mont itanien au mois de novembre je suis allé faire Millbourne, une course à l'époque il n'y avait jamais eu aussi long et voilà donc et là aussi je finis premier mais ex-éco avec Dominique Audry et on finit tous les deux et donc en 6 mois je fais 80 degrés de différence entre ces deux courses c'est fabuleux quoi c'était une bonne façon pour moi de fêter mon anniversaire et une année qui va rester gravée à vie puisque je crois que je ne ferai jamais pire c'est dingue et

Loïc comment tu le gères l'écart même s'il y avait une certaine période entre les deux tu vois revenir de 9 jours à moins 40 j'imagine que ça laisse un peu des traces, ton corps il doit avoir besoin d'un peu de temps je pense

Thierry bah oui parce que j'ai perdu 10 kilos tout à l'heure tu parlais de 10, bon là j'avais perdu 10 ça ne m'a pas fait de mal mais j'avais perdu 10 kilos donc bon malheureusement elle les reprend vite mais bon c'est sûr qu'on y laisse quand même des plumes et puis bon j'ai vécu quelque chose de tellement extraordinaire alors c'était même plus des choses nouvelles parce que je suis quand même sollicité en France elle n'était pas connue la course mais justement ça a égayé un peu la curiosité des gens j'ai reçu pas mal de médias qui voulaient avoir des renseignements, donc ça m'a pris quand même quelques mois pour répondre à tout le monde, et puis même dans le monde il y avait quand même des gens qui m'envoyaient des messages d'un peu partout et j'étais surpris parce que je ne connaissais pas du tout ça et je ne m'attendais pas du tout à ces messages-là et c'était une autre gestion c'était différent et quelque part c'est un peu la course qui m'a fait un peu connaître parce qu'on est quand même dans un milieu très fermé connaître, attention, avec toute raison gardée parce que on joue pour foot ni rubis, on est dans des domaines qui sont quand même très loin de ce que les gens connaissent au quotidien mais malgré tout dans les spécialistes ou dans les gens qui pratiquent régulièrement, ça a commencé à faire son chemin et ça m'a fait un peu connaître donc c'est vrai que c'était une notoriété un peu que je ne connaissais pas et qui l'a fallu un peu gérer c'était sympa à vivre mais un peu difficile donc c'est vrai que je ne me suis pas trop préparé pour la mille mais un peu quand même parce qu'il faut quand même se préparer le désert je connaissais par coeur, il n'y avait pas de matériel j'avais pas d'inquiétude sur le matériel ou quoi que ce soit mais par contre je savais qu'il fallait que je revienne vite à l'entraînement parce que autant quand on tire une luge, on marche beaucoup autant quand on fait dans le désert, il faut courir donc c'est complètement différent donc tu cours vraiment sur tu cours pas en mille bornes ça serait une vue de l'esprit mais par contre il faut relancer de temps en temps et c'est ce que tu fais pas au Yukon au Yukon tu es dans un rythme point à la ligne mais là il faut quand même relancer, il fait chaud et en plus il a fait 40 degrés au mois de novembre il a fait super chaud pour la période et bon c'était quand même très très difficile malgré tout bon après l'envie d'arriver était tellement forte que voilà ça s'est bien passé mais voilà donc 2019 avant 2022 il y a quand même eu cette sacrée sacrée année fabuleuse ces deux victoires mais au delà de ça ces distances deux courses 1700 bornes

Loïc c'est incroyable avec 80 degrés d'écart c'est ça qui est c'est ça ok parce qu'on n'a pas encore parlé du gros gros monstre il y a 2000

Thierry on va y arriver mais juste pour cet anniversaire mes enfants ils me font un autre cadeau moi je me suis fait le mien, eux ils m'en font un ils me disent on sait que t'es un maïcorn on va te le faire rencontrer donc je vais à Paris pour voir une de ses conférences et puis j'ai pu le rencontrer à la fin et puis je lui raconte que je fais le Yukon et il me dit maintenant Thierry que tu as fait le Yukon, tu n'as plus qu'à aller faire l'Idi-Hitarod. Et donc, l'Idi-Hitarod, j'en avais entendu parler quand même, parce que quand on se renseigne, on connaît bien. Alors là, il ne fallait pas que Mycon me dise ça. Quand je suis rentré, j'ai dit où on s'écrit, où là, ce n'est pas possible. Et bien sûr, moi, je vais m'inscrire toujours pareil dans la 1600 direct, mais ce n'est pas possible. Il faut faire d'abord la plus petite qui fait 500 km pour se qualifier. D'ailleurs, ce n'est pas plus mal parce qu'avec le recul, heureusement que j'ai fait ça, parce qu'il y a vraiment tellement de paramètres. Et là, je m'inscris sur la petite, sauf qu'il y a toujours le Covid au milieu. On ne peut pas aller aux Etats-Unis. En 2021, ils le font la course, mais je ne peux pas y participer parce que les Français ne sont pas autorisés à y aller. Moi, comme je me suis entraîné quand même, je suis allé faire le Kingsleyden. Je suis allé faire le Kingsleyden tout seul. Alors là, j'avais une trace GPS. Je vais la faire courte, mais j'avais une trace GPS sur mon GPS, bien sûr, de la trace, mais c'est l'été. j'avais passé l'hiver donc j'ai fait au lieu de faire 460 kilomètres j'ai fait 535 en 9 jours tout seul par contre en solo avec mes tennis pareil et les gens je me rappellerai toujours une anecdote c'est quand je passais au refuge et qui me disaient mais où vous avez vu vos skis mais j'ai dit mais j'ai pas de ski parce que là-bas c'est pas damé parce qu'il y a des endroits où il n'y a pas de motoneige donc là j'ai galéré là j'ai vraiment là j'ai perdu 10 kilos mais je sais pourquoi parce que j'ai j'étais affreux et puis là c'est la montagne. Donc, le Kingsley Den, ça reste la montagne et faire ça neuf jours en solo, mais ça m'a donné tellement d'expérience pour appréhender les guitarades que ça valait vraiment le coup, au moins pour ça. Au-delà du fait que c'était quand même super comme expérience de faire le Kingsley Den, là, c'était génial. Voilà. Et en 2022, je peux enfin revenir, enfin, on peut enfin revenir aux Etats-Unis et je fais les guitarades, donc la petite. 500 km en Alaska donc toujours en milieu en Alaska, milieu polaire c'est chouette parce que là c'est complètement différent du Yukon parce que là on ne te vérifie pas le matériel t'es libre choix de ce que tu veux prendre tu fais ce que tu veux tu signes là aussi une décharge mais tu fais ce que tu veux là l'organisateur il s'en fiche complètement, il suffit que tu passes par les points de contrôle et il ne vérifie pas si t'as pris une luge qui fait 40 kg ou si elle fait 5 kg, il s'en fiche de ce que tu fais c'est à toi de prendre tes responsabilités c'est bien parce qu'au moins on est tellement aseptisé où on est toujours à se dire est-ce que je vais répondre pile poil à la liste non non il faut avoir un peu d'expérience il te le dit, si tu n'as pas d'expérience ne viens pas c'est inutile parce que c'est pas la course pour toi il y a d'autres courses qui te conviendront mais pas celle-ci donc ça c'est chouette de pouvoir faire ce genre de choses et là j'y participe je suis surpris parce que je savais que le niveau il y avait des coureurs qui m'avaient dit que le niveau est plus élevé à l'hitterot je ne m'attendais pas à être devant et là j'étais devant assez rapidement et voilà et puis là je la gagne dans mon catégorie et je suis surtout qualifié c'est ça le plus important je suis qualifié pour la vraie la grande course qui est un monstre. Et voilà, donc une année de préparation, pas comme ça, parce que j'avais d'autres projets, mais vraiment, le focus, c'est l'objectif. C'est l'objectif, et c'est un peu, ça l'est réellement, l'aboutissement de tout ce que j'ai pu faire. Parce qu'au-delà de ça, je pense que je pense qu'il n'y a plus rien, pour moi parce que 1600 bien sûr il peut y avoir une course qui fait 2000 mais quel est l'intérêt pour moi j'ai touché quand même quelque chose d'unique faire 1600 km en milieu polaire faire la totalité de ce que font les chiens de traîneau c'est à dire que c'est un attelage d'une dizaine de chiens voire plus qui font la totalité et moi je suis tout seul avec mes tennis et je tire ma luge de 26 kg et d'Angorage donc la capitale de la ska jusqu'à Nomme presque le dernier village d'Alaska et au milieu, il n'y a que des petits villages mais il n'y a pas grand-chose. C'est fabuleux. Se dire qu'on est capable d'avoir fait ça, je ne réalise que maintenant. Il y a que ces dernières semaines, mais jusqu'à là, je ne réalisais pas. J'avais pu faire ça. C'est ça qui est beau dans ces courses-là, c'est qu'on ne se rend pas compte forcément sur le moment parce qu'on est tellement fatigué. Le poids de l'épreuve, c'est crevé. Par contre, quand on y est, on y est. quand on finit ça y est on a le souvenir qui arrive progressivement et c'est beau parce que donc Alaska

Loïc il dit à Rod 2022 c'était le 560 km en 2023 c'était 23 mars l'arrivée c'est ça ?

Thierry l'arrivée c'est un peu comme ça

Loïc il y a globalement 2 mois par rapport à la date à laquelle on enregistre cette fois-ci donc 2023 1000 miles donc 1000 miles la conversion c'est 1600 km ouais c'est ça

Thierry côté sud attention ça fait quand même la différence parce que j'ai pas choisi, on aurait pu dire bon t'es un peu maso, tu veux le côté le plus compliqué, non j'ai tombé comme ça, sinon j'aurais fait côté nord mais côté sud c'est plus difficile parce que il y a plus de kilomètres, alors on me dirait 50 km c'est rien, mais c'est quand même une journée de plus il y a plus de dénivelé et il y a surtout, et ça c'est vraiment le point le plus noir, je dirais, c'est la rivière Yukon. La rivière Yukon, elle fait 200 kilomètres. Il n'y a aucun point de... Il n'y a aucune cabane sur 200 kilomètres. Et c'est l'endroit le plus dangereux que j'ai connu au monde. C'est du vent. C'est comme si on était sur un congélateur à ciel ouvert et avec du vent. Et là, je me suis brûlé même les deux paupières sur cette zone-là, parce que... Et alors que ce n'était pas une année difficile au Yukon, sur la rivière. Ce n'était pas une année où il y avait vraiment un grand vent. Et même avec le masque, je me suis brûlé les paupières. Donc, c'est dire la difficulté du côté sud et là, ça n'a pas dérogé. C'est hyper

Loïc compliqué. Alors, attends, parce que ça, je n'étais pas au courant qu'il y avait des... Quand tu dis des côtés, c'est quoi, en fait ?

Thierry À partir du 570 km, on a une journée, c'est à peu près 70 km, on arrive à Orphi et là, il y a une bifurcation, on tourne à droite, on va sur le nord. C'est une année sur deux parce qu'en fait, on suit les mûcheurs et une année sur deux, les mûcheurs viennent à... Même les mûcheurs, l'année du sud, il y en a beaucoup moins. Il y en a beaucoup moins parce que c'est trop dangereux. Donc, et là, ces côtés, on tourne à gauche et on fait les côtes sud. Et comme on passe plus près des côtes, on passe plus près des côtes. Il y a plus de vent. Là aussi, j'ai oublié ce paramètre. On passe plus. Et la distance entre les villages est beaucoup plus longue. Donc, tous ces paramètres font que pour donner une idée, celui qui a fini premier avec moi cette année, l'année avant, on a mis 25 jours. L'année avant, il avait mis 22 jours. Donc, ça fait une vie. ça fait une différence. Oui. Énorme.

Loïc Oui, parce que historiquement, j'avais déjà écouté un podcast d'une musheur qu'il avait fait. Donc moi, je croyais, en fait, quand j'ai vu Ditarod dans ton palmarès, je me suis dit, tiens, il s'est mis au mushing. Je ne savais pas du tout qu'en fait, c'était une course ouverte. Ça a toujours été le cas ? Tu as toujours pu le faire soit avec les chiens traîneaux, soit à pied ?

Thierry Alors non, je ne sais pas depuis quelle année date l'éditarod pour les chiens. Pour les mûcheurs, pour nous, c'est 22 ans ou 23 ans qu'elle existait. Donc, ça reste quand même la plus vieille des courses en milieu polaire. Mais voilà, elle est arrivée après. Et d'ailleurs, c'est un paradoxe parce qu'elle y a une course, mais ce qui fait la différence par rapport au Yukon, c'est que là, par contre, on n'a personne qui nous attend. Donc, même les postes de contrôle des mûcheurs, puisque pour nous, c'est le même. Mais nous, il n'y a pas de contrôle. Pour nous, les mûcheurs, ils nous ignorent complètement. Et les gens qu'il y a sur les sites, c'est-à-dire sur les postes de contrôle, ils ne nous calculent pas. Même des fois, c'est même hostile. Je dirais, moi, j'ai été refusé dans un poste de contrôle parce que je toussais. Ils m'ont dit, tu as le Covid. Parce que les mûcheurs, ils sont prioritaires sur toi et on ne veut pas que tu les contamines. et moi j'avais besoin en plus de me reposer à ce moment là et ça a été en fait c'est un aspect financier aussi parce que les mâchoires ça coûte très cher de faire ces courses là donc ils sont prioritaires sur nous et historiquement ils sont mis en place et nous on est juste invités à être sur le parcours il n'y a que 35 permis par an vélo course à pied et ski et donc on est juste invités donc on nous tolère, c'est tout et on le fait bien comprendre, pas partout bien sûr il y a des gens qui sont admiratifs de ce qu'on fait mais la majeure partie quand même c'est l'état d'esprit ils nous tolèrent sur le parcours et point à la ligne, et puis après débrouille-toi et on ne nous donne même pas d'eau même s'ils donnent de l'eau, ils ne nous en donnent pas il faut se la faire, on arrive, on est épuisé on a fait 18 heures ou me voir plus et l'eau, il faut se la faire en arrivant c'est-à-dire sortir son réchaud, prendre de la neige, faire fondre eux, ils ne te donnent pas d'eau donc tout ça, c'est que

Loïc c'est un énorme paramètre en plus en fait

Thierry c'est ce que j'avais pas réalisé vraiment je le savais mais je l'avais pas pris en compte quand même ce facteur là qui est déterminant parce que ça veut dire que c'est vraiment une XP dans une course et donc tu dois te gérer vraiment de A à Z et t'as juste moi je me suis envoyé sur 12 points des boîtes avec mon alimentation, mais moi-même, par la poste. Je suis venu une semaine avant, je me suis envoyé, l'organisateur nous donne des adresses, et quand tu arrives dans un village qui a sa maison, il faut trouver l'endroit. Et ce n'est pas évident. Alors moi, j'ai eu la chance, avec cet Américain qui l'avait fait sept fois, donc de trouver rapidement, parce que je l'attendais, il y a une quart d'heure, mais il était derrière, j'attendais qu'il me montre la maison, parce que je ne l'ai pas cherché inutilement et m'épuiser pour rien. et donc ça c'est un paramètre important sachant qu'en même temps il y a 4 boîtes qui ne sont jamais arrivées il y a dû avoir certainement un problème avec la poste là-bas et ils ne sont jamais arrivés donc quand tu arrives et que les repas sont prévus et que tu n'as plus rien pour l'avoir vécu c'est difficile heureusement je dirais même si c'est un peu je ne devrais pas dire heureusement mais il y a quand même des abandons donc les boîtes qui ont été envoyées par d'autres tu peux les utiliser pour toi donc ça, ça nous aide quand même mais ensuite voilà, il faut juste c'est embêtant plutôt quand il n'y en a pas dès que tu as la chance d'avoir dans un village une petite supérette il n'y en a pas beaucoup mais là, tu remplis ta luge dès qu'il y a un espace, moi j'ai vécu ce que c'est que la fengue sur cette course j'avais jamais vécu ça de ma vie dès que j'ai trouvé à manger j'avais toujours plus à manger parce que sur ces courses là il y a tellement une débauche d'énergie pour voir qu'on dépense à peu près 10 000 calories par jour c'est ce que j'avais demandé si tu as une idée de la dépense à peu près c'est une moyenne et quand tu fais 18h, 20h d'effort même une journée, 24h d'affilée c'est dingue et surtout cette année il a fait très très froid il y a eu quand même des accidents certains importants c'est pour ça qu'on finit qu'à 3 il n'y a que 3 personnes à pied sur les 35 qu'il y avait sur la totalité, qu'il soit en vélo ou en ski en ski il n'y a personne qui est arrivé en vélo il n'y en a que 10 qui sont arrivés et 3 à pied donc on n'est que 13 sur 35 à être arrivé parce qu'il a fait très froid dès la première nuit il faisait moins de 35 et il a fait moins de 35 à un moment donné j'ai dit mais ça ne va jamais souvent il fait moins de 35 mais ça varie et là à un moment donné à mi-parcours j'ai dit mais c'est dingue ça, il va faire froid tout le long comme ça, heureusement ça s'est un peu amélioré sur la faim mais c'est vrai que c'était difficile à gérer quoi, parce que même si on le sait, on a milieu polaire, on le sait mais certainement aussi le fait que nous aussi on a des dépenses d'énergie on a moins de calories la perte du poids joue énormément et donc on est un peu plus vulnérable sur la faim et là on a envie que ça se réchauffe

Loïc Mentalement, comment comment t'arriverais à je ne sais même pas si tu arrives à le décrire, parce qu'encore une fois, c'était assez récent quand même, cette aventure, cette expédition, mais mentalement, comment tu la décrirais, cette guitarra de 1000 miles, pour toi ?

Thierry Pour moi, déjà, c'est ça, comme une mesure avec d'autres courses que j'ai faites. Elle n'a vraiment rien à voir, elle est complètement différente. Tout ce que j'ai fait, c'était vraiment de l'apprentissage à côté. il fallait vraiment avoir une sacrée expérience pour y arriver. Et encore une fois, l'aide d'avoir fini avec Béat, cet Américain, ensemble, ça m'a beaucoup aidé. C'est son expérience qui a fait qu'il y a certains moments, peut-être que je serais allé droit dans le mur, et je ne l'ai pas fait parce que justement, il m'a freiné. Il était équipé d'un téléphone satellite, il a une relation en permanence avec son épouse pour vérifier les stations métaux du coin. et des fois deux heures plus, on ne passait pas. Et c'est lui qui avait les clés. Et à refaire, j'ai un téléphone satellite. J'avais beau être en relation avec Météo France, des copains qui me donnaient la météo, mais quand j'avais de la Wi-Fi pour pouvoir téléphoner. Mais moi, je n'avais pas pensé, alors que j'en ai un téléphone satellite, je n'ai pas du tout imaginé que j'en aurais besoin. Et effectivement, c'est tellement dangereux que quand on passe sur la banquise, par exemple, il y a un endroit où on passe sur 50 kilomètres, il y a tellement eu d'accident là que c'est un peu l'angoisse d'y passer parce que quand on s'engage on sait qu'on n'a plus aucune protection et donc là on se rapproche de plus en plus sur la dernière cabane qui est au bord de la banquise, qui est au milieu d'ailleurs de la banquise, c'est une petite île c'est une cabane de protection et je me rappellerai toujours l'angoisse il n'y a plus personne, on était deux là mais on ne disait pas un mot parce qu'on savait qu'on allait traverser dans 50 km alors qu'on avait de super conditions mais t'entendais le vent alors qu'on a eu de super conditions t'entendais le vent qui soufflait sur la cabane déjà ça faisait peur et c'était dingue parce que tu te dis mais là pendant 50 km j'ai aucune protection c'est à dire que là si il arrive un truc c'est impossible d'aller me chercher ou c'est impossible de me protéger et l'année dernière en plus j'avais eu un skieur qui avait perdu deux doigts là et que je connaissais donc tout ça on y pense avant de démarrer. Donc, c'est des courses hyper engagées. Donc, c'est fait que d'une somme de détails. Mais alors là, c'est même des détails qu'on ne maîtrise pas parce qu'on a beau... Et c'est vrai que lui, être en relation en permanence, comme son épouse, qui lui donnait toute la météo du coin à l'instant T, et ça, ça jouait vraiment. Et des fois, on dormait deux heures de plus parce qu'on se dit, ça ne sert à rien d'y aller. Ça n'a été qu'une fois, mais d'ailleurs, ça faisait du bien parce qu'on était morts mais c'était moi je savais Kevin Tempette parce que mes copains de Métoufras me l'avaient dit mais lui il était plus loin il savait à quelle heure elle allait s'arrêter il y avait des stations météo qu'il connaissait et ça lui a permis d'être hyper précis sur ce traversé oh là là

Loïc mais attends parce que du coup sur 25 jours donc t'as fini avec c'est Berthe c'est ça

Thierry ouais c'est ça Berthe

Loïc donc tu as fini avec lui c'est celui qui l'a fait déjà 7 fois

Thierry 7 fois qu'il a gagné 3 fois

Loïc mais sur ces 25 jours combien de temps est-ce que vous avez été ensemble

Thierry toute la première semaine j'étais tout seul devant j'ai eu une grosse douleur elle est partie j'ai fait avec je suis revenu en arrière sur 8 km et ça a été un drame pour moi je suis un compétiteur j'avais beaucoup d'énergie pour être aux avant-postes très rapidement et de revenir en arrière parce que pourquoi je suis revenu en arrière c'est juste que dans la zone où j'étais s'il m'arrivait quelque chose il n'y avait aucune possibilité de venir me chercher et il y avait trois jours sans possibilité de pouvoir aller me récupérer parce que si on a un problème qu'on déclenche notre balise ou qu'on trouve un moyen de dire que l'organisateur nous envoie un avion sur zone, il faut qu'il y ait une possibilité d'atterrir parce qu'il n'y a pas d'autre moyen, il n'y a aucune motoneige qui vient d'en. Donc, il faut qu'un avion puisse atterrir pour venir nous chercher. Et là, je savais que pendant trois jours, il n'y avait pas de possibilité.

Loïc Parce qu'on vous donne les zones où le secours est possible avant, c'est ça ?

Thierry On ne donne rien, mais on est obligé de se renseigner. Moi, je me suis renseigné, donc je savais que là, dans cette zone-là, il n'y avait rien, il n'y avait rien, il n'y avait impossible. Donc, je suis revenu en arrière rien que pour ça, parce que je ne connaissais pas mon degré de... Est-ce que ça aurait empirer ou est-ce que ça sera amélioré, je n'en savais rien, donc je suis revenu je suis revenu au poste de contrôle sur 8 km j'ai fait 8 km, alors c'est un drame j'ai bramé comme un gosse là pendant ces 8 km parce que c'est l'énergie que j'ai mis pour y arriver, mais je savais qu'il ne fallait pas faire n'importe quoi, il me restait 1100 km et quand je suis arrivé à ce point 3, j'y suis resté j'avais à peu près 12 heures d'avance sur eux sur le japonais, sur l'américain donc je ne suis pas attendu mais ça s'est fait comme ça quand j'étais prêt pour partir eux ils étaient prêts pour partir aussi eux ils avaient dormi, moi je n'avais pas dormi parce qu'il faut savoir, ça va être un peu long mais il faudrait deux heures pour t'en parler c'est là où ils m'étaient arrivés qu'ils m'ont dit on ne peut pas vous accueillir parce que vous avez Covid, c'est là qu'ils me le disent et là je dis mais ce n'est pas possible donc ils m'aiment à part dans un KGB en bois, il a fallu que je débarrasse pendant un demi-heure le Kajibi juste à côté du groupe électrogène alors pour récupérer c'était le top impossible de dormir donc et c'est pour ça que je suis parti d'ailleurs parce que j'ai dit je ne peux pas récupérer c'est impossible donc quand je me réveille eux ils se sont préparés et on est partis ensemble donc on a fait à peu près entre 1000 et 1100 km ensemble alors on a été parti avec Takao aussi le japonais et et Béat et puis Takao a traqué sur le rivière Yukon et donc ils perdaient de plus en plus de terrain et donc on a fini à deux. Et sur la fin, sur la fin, on y a mis trois jours parce qu'il s'est fait bloquer par une tempête qui nous a beaucoup inquiétés d'ailleurs parce qu'on savait très bien qu'il allait arriver. C'est pour ça qu'on forçait un peu d'arriver le plus vite possible avant cette tempête. Il y a eu 50 cm de neige qui s'est tombé dans l'espace de 24 heures et des vents terribles. Heureusement, il a pu s'abriter dans un refuge. On savait très bien qu'il fallait qu'il y soit et on savait très bien qu'il y avait à manger parce que tout le monde s'était lesté des repas dans son refuge. qu'il avait de quoi manger. Ça, on n'était pas inquiets. Par contre, on était inquiets pour lui parce qu'il n'avait pas de super raquettes. Et on s'est dit, les 70 derniers kilomètres, comment il va faire pour arriver ? Alors, je pense que la solidarité à la skin a dû faire effet. Ils ont dû aller me envoyer une motoneige. Enfin, j'imagine, je ne sais pas en fait, parce que je n'ai pas eu le temps d'en parler avec Takao. Mais je pense qu'ils ont dû envoyer, c'est pas possible, il y avait des raquettes tellement pas adaptées et que ça aurait été difficile sur les 70 derniers kilomètres d'ailleurs nous sur les 70 derniers kilomètres on arrive un soir à 4h, je pensais qu'on allait dormir dans la office je me disais non il faut qu'on parte, on s'en va tout de suite on s'arrête, on se repose 2h et puis on repart on a fait 24h d'affilée sans dormir, ça n'a rien et puis à un moment donné j'étais tellement épuisé j'étais devant et impossible de rester éveillé, donc je chantais à haute voix pour me réveiller à moi-même, quoi. Et pour lui faire comprendre que là, il va falloir qu'on dorme bientôt parce que, lui, il ne voulait pas parce qu'on était en plein vent. Et on arrive sur la dernière cabane, mais qu'on ne peut pas accéder, qui s'appelle Safeti. Safeti, je ne suis pas bon en anglais, sécurité. Et elle ne porte pas bien son nom, cette cabane, parce qu'on ne peut pas y rentrer. Donc, comme sécurité, tu reverras le nom. Et là, cette cabane, moi, j'étais épuisé, il a bien vu. Donc, il fait le tour quand même voir si cette année-là, elle ne serait pas ouverte. Elle n'était toujours pas ouverte. Elle était vraiment bloquée. Et là, on dort entre deux congères. Ils savaient qu'il y a... On voit deux congères qui nous protègent un peu du vent. Et là, on se met tous les deux, on dort. On sait que c'est la dernière nuit. On sait qu'il faut qu'on arrive le lendemain. Et là, on décide de dormir. Mais là, par contre, comme on sait que le lendemain, on ne veut pas qu'il y en ait un qui s'endorme, on met tous les deux le réveil. Parce que pas question qu'il y en a un qui s'échappe donc on dort à tous ces deux congères pendant deux heures et ça ça nous a clairement permis de pouvoir terminer en bonne condition parce que là j'étais vraiment épuisé pas de tente toujours toujours pas de tente lui c'était pareil il avait son bivibac tous les deux on rentre dedans là j'ai pas compté jusqu'à 3 que je dormais j'étais épuisé à 24 heures d'affilée dans des conditions pareilles il y avait du vent, en plus on mettait les raquettes en permanence donc ça épuise il y avait tellement de neige que c'était difficile le lendemain d'ailleurs ça a été pareil on a remis les raquettes et on finit à Nôme main dans la main génial, belle histoire ça

Loïc super belle histoire tu dirais que c'est peut-être les points positifs d'abord Alors, qu'est-ce qui t'a vraiment marqué ? Est-ce que tu as vécu quelque chose sur cette course que tu n'avais pas vécu sur d'autres courses ? Que ce soit les paysages, justement, cette solidarité. Je ne sais pas si tu avais déjà fait deux tiers d'une course avec la même personne et franchi la ligne d'arrivée avec lui. Mais est-ce qu'il y a vraiment des choses qui t'ont profondément marqué de positif avec le guitarode ? Oui, bien sûr.

Thierry Comme je l'ai dit tout à l'heure, faire 12 jours ou faire 25, déjà c'est complètement différent ça ça m'a marqué le fait qu'on soit vraiment livré à nous même mais sans un poste de contrôle ou quelque part c'est un endroit chaleureux, on nous attend donc on nous attend et quand on est attendu c'est toujours en réconfort là il n'y a rien, il n'y a personne qui t'attend nulle part, donc tu as zéro réconfort sur la distance à partir des 500, la première course, les 560 après il n'y a personne qui t'attend, donc ça c'était quand même complètement différent. L'usure du temps, c'est quand même long. 25 jours, c'est quand même pas rien. La distance, je n'avais jamais vécu aussi long. Et ça fait quand même aussi... Bien sûr, on s'y habitue, puis on oublie vite. Maintenant, j'avoue que au cours des deux mois, heureusement, on est constitué... On se rappelle, mais on oublie quand même. Tout ce qui nous intéresse, on le met de côté. Tout ce qui nous intéresse pas, on le met de côté. Donc ça, on oublie vite. après vivre l'arrivée avec quelqu'un je l'avais déjà vécu avec Dominique Audry quand on a fait la ville donc ça c'est vrai que je l'ai vécu ça ne me dérange pas des fois c'est le choix de partager des choses j'aime bien finir seul il ne faut pas se mentir j'aime bien finir seul parce que c'est des sports individuels malgré tout mais c'est tellement long que des fois c'est un réconfort et notamment là c'est un réconfort et une sécurité d'être à deux voire trois par moment et ça, ça a été quand même bénéfique je dirais, si j'ai devu y revenir ce qui n'arrivera certainement pas si j'ai devu y revenir j'aurais moins de choses à appréhender j'ai l'expérience maintenant pour le vivre seul et vraiment à 100% avec vraiment en étant en sécurité parce que le vivre seul, je peux le vivre seul mais en étant vraiment en sécurité j'ai tous les paramètres en ma possession maintenant pour réussir. Et ça, c'est quand même important. Donc ça, ça m'a marqué. J'avoue que je l'ai vécu nulle part, ce que j'ai vécu là, dans aucune course. Aucune course par rapport à tout ce que je viens de dire. Ça, je l'ai vécu nulle part. Et c'est ce qui en fera certainement la course, l'aboutissement de ma petite carrière sportive, mais aussi ce qui est pour moi le plus important, c'est surtout d'être arrivé au bout de mon objectif. C'était ça le plus important. Je me suis donné les moyens d'arriver jusqu'au bout de l'objectif. Bien sûr que sur le parcours, il y a eu des moments de doute. On a beau avoir souvent, je parlais tout à l'heure de temps fort et de temps faible, et c'est vrai que c'est difficile de gérer les temps fort et faible, mais là c'est encore plus dur parce qu'on sait que là il y a des conséquences qui peuvent être très dangereuses donc il ne faut pas se tromper on n'a pas le droit à l'erreur et quand on en fait une bêtise et on a 10 minutes pour trouver une solution et quand on peut la trouver parce que j'ai vu quand même de sacrées injénieurs cette année que je n'avais jamais vu d'ailleurs parce que j'en ai entendu parler, j'ai parlé de ma accident qui était arrivée, tout ça on sait que ça n'est pas arrivé puisqu'on en a parlé mais le voir vraiment j'ai vu quand même un cycliste qui a perdu ses 10 doigts j'ai vu ses doigts noirs, je ne suis pas spécialiste de l'enjolure mais j'avais compris que c'était grave et on a appris qu'il les a perdu les 10, il est tombé dans l'eau le premier ennui la première ennui il est tombé dans l'eau et à part moins de 35 ça ne pardonne pas si tu ne trouves pas là il n'a pas pu allumer son feu, je ne savais même pas s'il en avait et c'était donc un cycliste comme je dis et je l'avais croisé deux fois contre sens sur le parcours et déjà je trouvais bizarre qu'il soit toujours en contresens dans la première nuit j'ai dit il y aura un problème de GPS enfin je ne sais pas ce qui se passe et quand j'ai vu que c'était lui qui avait perdu ses 10 doigts dans cette nuit il a vraiment dû se tromper parce que moi je n'avais pas vu de zone au dos dans la première nuit et on ne fait pas ces courses pour arriver à des drames pareils on fait ces courses parce que je ne suis pas maso moi quand je pars et quand j'ai fait mes courses polaires j'ai bien dit à mes enfants et à mon épouse le but c'est de revenir raconter des histoires c'est pas vous dire excusez moi c'est dommage ce qui m'est arrivé je suis un compétiteur mais pas n'importe quel prix je mets toutes les chances pour réussir mais s'il faut que je m'arrête parce qu'il y a un phénomène je le ferai parce que c'est le plus important c'est de revivre des aventures de les partager quand elles sont réussies ou même quand elles ne sont pas réussies parce que c'est intéressant de partager mais c'est pas à n'importe quel prix ça j'y tiens et ça sera toujours ma motivation sur ce type de course c'est un super point parce que c'est vrai que

Loïc je pense que c'est vraiment une question de référentiel tu vois quand pour j'ai envie de dire 99,9% des mortels qui n'ont pas ton référentiel pour qui courir à 1600 km c'est complètement inimaginable si on t'entend pas dire ce que tu viens de dire tu vois c'est à dire que t'es un compétiteur mais pas à n'importe quel prix je pense que ça peut être assez facile de se dire c'est quelqu'un qui aime se faire mal qui cherche le défi la difficulté etc mais comme tu l'as dit en fait c'est des années de préparation c'est un aboutissement, ça fait 10 ans que tu fais ça et c'est juste que toi ton référentiel c'est pas du tout le même que la plupart des gens donc tu joues pas avec les mêmes paramètres mais comme tu le disais, de la même manière que d'arriver, de pas avoir fait le guitarot 560, de ce que je comprends aujourd'hui tu considères que ça aurait pu être une erreur de faire tout de suite le 1600.

Thierry Totalement, je le dis, même ce seul moment, comme je disais, je pensais qu'avec mon expérience du Yukon, ça suffirait, mais non, ça ne suffit pas. Je n'ai pas répondu à ta question tout à l'heure, mais est-ce que les paysages sont différents ? Qu'est-ce que tu penses ? C'était complètement différent. Le Yukon, c'est axé monocorde, je veux dire, c'est toujours pareil, c'est vallonné, mais pas trop. Là, on est de la montagne, on est vallonné, on passe des rivières. L'année avant, j'avais carrément des voideurs pour passer des rivières avec ma luche sur le dos qui fait un petit kilo en marchant sur des savonnettes et si tu tombes tu sais que là il te va être gelé donc tout ça c'est appréhender la course différemment, on est dans une course mais quelque part une XP parce que dans tous les cas ça quand j'avais fait la Yukon j'avais fait le stage de polaire et mon instructeur m'avait dit tu sais Thierry si tu as un problème tu peux déclencher ta valise c'est inutile parce que tu la déclenches et le temps qu'ils arrivent c'est gelé tu as toutes les solutions dans ta luge il faut que tu réfléchisses c'est tout toutes les solutions c'est dans ta luge c'est-à-dire que tu tombes dans l'eau tu as tes affaires pour te changer tu as ton réchauffement pour d'abord te réchauffer tu peux allumer un feu tout ça c'est tu l'as appris on l'apprend mais n'attends pas toujours et ça reflète un peu ce que l'on recherche aussi c'est-à-dire être un peu autonome on est tellement même si de l'U3 alors il y a des gens qui vont nous sauter aux plafondes, on est tellement sceptisés. Les courses, maintenant, il faut toujours, dès qu'il y a un problème de balisage, on crie sur l'organisateur, on eau scandale parce que vous avez osé nous faire ça, mais attendez, les gars, faites des courses, mais renseignez-vous sur les règlements, renseignez-vous sur le parcours, arrêtez de pleurer, c'est dingue ça. Moi, j'entends tellement de gens qui se plaignent, mais ne faites pas ces courses si ça ne vous convient pas. Arrêtez de vous plaindre sur l'organisateur, c'est déjà tellement compliqué d'organiser des choses, que dans notre pays, c'est encore pire parce qu'on a quand même des sécurités. Même ça, ça ne vous va pas encore. Alors que nous, quand même, on est les champions de la sécurité. Mais voilà, il y a des gens qui cherchent la sécurité. Il y a des courses qui correspondent à ce qu'ils cherchent et ils ont raison parce qu'il ne faut pas aller au-delà de ce qu'on se sent capable de faire. Ça, c'est évident. Et puis, il faut y trouver son plaisir. Mais il y a aussi des courses pour des gens comme moi qui cherchent autre chose, qui cherchent des aventures quelque part. c'est une course mais c'est ça, c'est certainement d'abord une aventure une aventure où il y a une compétition parce que j'aime bien ton dosage c'est un peu dans mes gènes j'aime ça quoi mais au delà de ça il faut qu'il y en ait pour tous les goûts mais c'est surtout qu'on arrête de vouloir toujours assister partout il faut qu'on soit responsable de nous même, arrêter de dire quand on s'engage sur une course il peut arriver des phénomènes météorologiques même en France c'est arrivé, il y a eu des graves accidents il y a même des morts, sur des courses parce que justement la météo a changé, mais ça on le sait quand on part en départ, on sait que ça peut arriver quand on va en montagne, même ne serait-ce que pour s'entraîner quand on part, on n'a pas d'organisation mais on a tout notre équipement sur nous et pourquoi on ne l'aurait pas, pourquoi on râle parce qu'il faut qu'on porte 200 grammes de plus, parce qu'il faut une veste spéciale c'est parce qu'il y a ce genre de choses parce qu'on est obligé de forcer les gens à être raisonnables et c'est ça qui est un peu dérangeant par moments, de toujours être obligé de dire, faites ceci, faites cela. Moi, j'aime les courses où on nous laisse libre parce qu'on est responsable. Mais ce n'est pas pour ça que... Après, j'assume. Moi, des fois, quand je suis dans le désert, je suis plutôt un minimaliste. Parce que j'importe le moins possible. Même mon duvet, c'est le plus léger du monde. Ça, c'est clair. Mais c'est comme ça. Je sais que je suis capable de tenir. Moi, en général, même dans le désert, je dors sans duvet. Donc, je sais comment je suis capable. Mais j'ai un peu d'expérience maintenant mes premiers duvets ils étaient pas comme ça mes premiers duvets ils étaient épais voilà mais au fur et à mesure j'ai baissé un grand âge j'ai toujours un duvets mais c'est le plus petit le plus léger, ça c'est clair même si c'est pas mon gabarit il est XS

Loïc une astuce qu'on m'avait donnée de prendre des matelas de sol gabarit femme XS moi je fais un de 91 tu vois Au moins, tu gagnes du poids. Tu as les jambes par terre, mais tu as eu au moins une moitié de confort.

Thierry Si tu as envie de le faire, fais-le. C'est toi qui va voir mal pendant ta course. Quand tu vas dormir, tu vas dire quelle connerie, quelle connerie. On a tellement fait les bêtises des gens le fera encore, mais la sécurité, quand même, c'est primordial. C'est pour ça que même les vestes étanches, tu parles d'en a eu, mais on parlait sur le Montcalm, les gens qui s'offusquent d'aller au Montcalm, ou faire la pique-la-pica avec le matériel obligatoire. Non, mais attendez, vous allez en pleine montagne, à des endroits où on ne peut peut-être pas aller vous chercher. Oh, les gars, réfléchissez. On ne fait pas ça parce que l'organisateur, certes, il se couvre aussi, mais c'est raisonnable que de prendre une veste qui va bien, une tenue de pluie si on est coincé. Tout ça, c'est la montagne.

Loïc Très bon point. Je suis assez d'accord avec toi. Je pense qu'il faut rester vachement humble par rapport à ces environnements. Tu vois, j'ai le GR20 en tête. où les deux fois où je l'ai fait, il y a eu des morts des gens qui étaient pris dans des tempêtes de neige en plein mois de juillet-août en Corse quand tu ne connais pas tu te dis en fait je vais en Corse, soleil, thongue, short en aptitude, tu te prends de la neige et ça peut faire de gros accidents si tu n'es pas préparé donc je suis assez d'accord avec toi et en parlant de ça d'ailleurs est-ce que tu as je voulais te poser une question tu parlais des moments de haut ou de bas peut-être pour finir, je regarde leur yes on parlait des moments de haut de bas donc j'ai l'impression que cet épisode avec le refuge où tu n'as pas pu te réfugier où tu t'es retrouvé avec le groupe électrogène c'était un peu un moment de bas mais là par rapport à ce que tu évoquais finalement l'objectif c'est d'avoir toutes les solutions dans ta luge est-ce qu'il t'est arrivé quelque chose à un moment donné pendant ces 25 jours où tu as dû ouvrir la luge et en gros réaliser un certain nombre d'actions pour te sauver la vie à toi-même en fait

Thierry Pas sur la luge, mais dans ce phénomène, on parle de moins ou moins bas. Là, c'était vraiment des moments très, très bas, qui ont même frisé, pas l'abandon, mais pas loin. Parce que j'ai mal au dos, je reviens. Ils me disent dans le Covid, je dis c'est pas possible, je peux pas me récupérer, je suis allé complètement trop jeune. et là je dis je vais manger et là je veux manger et je mets ma veste grand froid je prends mon réchaud et un réchaud c'est un réchaud essence mais j'avais mal fermé le bouchon j'ai mal fermé le bouchon de l'essence où c'est que j'avais rempli 70 km avant et ça se déversait dans mes gants que j'utilise que pour le réchaud et moi je suis tellement fatigué, tellement énervé plein de choses, une journée noire que je prends ces deux gants, je mets ma veste grand froid et quand j'allume l'essence, puisque c'est de l'essence là, sinon ça gèle le gaz, c'est de l'essence. Mes deux gants prennent un feu et ma veste, le devant, elle prend un feu. Je saute dans la neige, je plonge pour mettre ma neige, c'est de la glace, alors tu ne plonges pas facilement, mais je t'invite le feu, je n'ai aucun problème sur les mains, rien. Mais là, j'ai dit, c'est bon, j'arrête, c'est top, c'est fini, j'arrête, il y a trop de paramètres aujourd'hui, c'est tout dans la même journée, tout condensé, c'est trop, c'est fini pour moi j'arrête et puis il y avait un gars qui était à côté de moi il voit un peu le truc je me suis dit de me prendre pour vraiment un touriste de base vraiment incroyable et j'étais à me dire comment je vais faire pour arrêter maintenant il va falloir que je déclenche j'étais dans un poste de contrôle donc je vais dire à un vendrediateur s'il peut me trouver un avion pour rentrer et puis j'avais la piste pas très loin j'ai dit top j'arrête et puis là le gars qui m'a vu il m'a jeté un scotch il me jette un scotch au début j'ai dit qu'est-ce qu'il me fait et j'ai compris en fait ta veste qui est brûlée sur le devant mais tu mets du scotch et là ça a été le déclic c'est même plus que le déclic c'est un peu ce qui va me servir pour toute la course le scotch il me donne un scotch et qui me permet de réparer t'es en Alaska ici garçon arrête de te plaindre t'es là pour c'est quoi ton devant t'as 10 cm qu'il n'y a plus d'isolant. Tu monteras tes gants un peu plus haut, ce n'est pas grave. Là, je m'en parle. Là, je suis allé chercher très loin pour m'en parler. Je m'en parle et je me dis mais arrête de te plaindre. Tu es en Alaska. Ici, tu es en milieu hostile. On te donne... Il faut trouver une solution. Ce n'est pas pour une veste. Mais sûr, elle ne ressemble à rien, ta veste. Mais ce n'est pas un défilé de mode. Et donc, ça, c'est un déclin de toute la course. Et toute ma course, j'ai pensé à ça. Toute ma course, j'ai dit écoute, j'avais un problème pense au scotch j'avais mon bâton je l'ai coupé trois fois mon bâton parce que ma luge m'a fauché trois fois enfin bref j'ai pris un coup de scotch je fermais un coup de scotch j'ai coupé mon bâton à un moment donné il fallait que je le répare j'ai pas eu le temps donc en attendant j'ai pris le les bâtons qui jalonnaient le parcours pour les mûcheurs là c'était à peu près la hauteur de mon truc sauf qu'il fait une tourne le bâton ben j'ai pris le bâton c'était plus un problème tout problème il y avait une solution et c'est simple j'avais une autre philosophie c'était plus de temps faible, c'était que des temps forts c'est à dire que c'était un problème c'est bon, tu prends, tu trouves une solution il n'y a que des solutions si tu réfléchis encore une fois j'ai pas eu de grave un truc, ça ça a été un déclic c'est un déclic je pense ça va être un déclic pour toute ma vie cette histoire de scotch parce que je pense que j'ai des flashs encore de cette situation où je me dis c'est fini, c'est fini là c'est terminé tu rentres dans la maison et le type il me jette un scotch donc c'est

Loïc c'est une super histoire comme quoi des fois et à chacun

Thierry à trouver son scotch

Loïc ouais c'est ça et puis finalement tu vois moi ce que je retiens aussi de ce genre d'histoire c'est faut pas sous-estimer l'impact qu'on peut avoir sur les gens peut-être que pour ce gars il se disait bon bah voilà peut-être qu'il s'en rappelle même pas qu'il t'a balancé un gros scotch

Thierry c'est clair mais en réalité

Loïc il t'a sauvé ta course et il t'a fait apprendre un truc qui va te rester

Thierry à t'investir toute ta vie. Clairement. Tu te dis, mais le pire moment de ta vie, c'est peut-être quelque chose qui va t'aider dans toute ta vie. Parce que c'est anodin. Mais pour moi, ça a été un déclic. Et je m'en suis servi. Ça a été un levier dans des moments difficiles. Et bien sûr, on ne peut pas raconter. Sinon, ça ferait 4 heures ton podcast. Mais sinon, des moments difficiles sur 1600, tu en as beaucoup. et il faut t'accrocher. Je peux t'en raconter, j'en ai eu plein d'une histoire dans un refuge, j'avais plus rien à manger. J'ai fait 18 heures avec une table de chocolat et le matin, j'ai même honte, mais j'ai volé la barre de survie qu'il y avait. Moi, j'étais en mode survie, donc je n'ai pas eu honte trop longtemps, mais j'ai pris la barre qu'il y avait à l'intérieur du refuge parce que je savais que j'avais 18 heures à faire, j'avais que ça, j'avais plus rien à manger. Donc, tu vois, j'avais beaucoup d'histoire parce que l'alimentation

Loïc tu parlais de la tablette de chocolat t'as tout sur toi dans la veste pour pas que ça gêne en fait

Thierry tu l'as dans ta luge mais tu peux pas avoir tout sur toi mais dès que t'as besoin de manger tu le mets sur toi donc pour qu'elle se mette à température et que tu puisses, même une tablette de chocolat il sera moins dur si tu le mets sur toi mais même pour tout et l'eau c'est pareil l'eau c'est, moi je le mettais à l'intérieur je mettais une bouteille mais il y en a qui mettent des camel bag moi je vais avoir de boire dans le camel bag donc je mets une bouteille alors c'est pas très pratique la bouteille je t'avoue que je sais pas si je recommencerai pas avec un camel au moins essayez parce que c'est plus pratique mais voilà tu essayes de prendre au fur et à mesure et après bien sûr les ration de base c'est le lyophilisé donc là tu le fais que quand tu t'arrêtes vraiment alors des fois t'es tellement épuisé dans la journée que tu le fais même si je te disais que je le faisais pas mais j'essaye quand même des fois de m'arrêter si vraiment j'ai vraiment besoin je m'arrête, je perds une demi-heure pour le réchaud parce que c'est toute une mise en route, le réchaud c'est quand même pas une action facile, il faut mettre en pression l'essence il faut vite fermer pour que ça rentre dans une coupole mais ça aussi j'ai tellement appris à allumer le réchaud je savais allumer le réchaud mais maintenant je sais parfaitement allumer le réchaud mais grâce à Bert qui m'a appris, il m'a tellement allumé parce que je ne le faisais pas bien et puis je ne le faisais pas bien et je me punissais à moi parce que j'allumais le réchauffement dehors alors que lui il a allumé dans le refuge en bois parce que lui il savait faire des petites flammes de 20 cm, moi il faisait un mètre d'eau donc je n'allais pas mettre le feu au refuge et tout ça ça fait une telle différence quand tu manges parce qu'il y a des poils à l'intérieur là aussi ça peut être long, mais quand tu fais 18h, tu t'arrêtes la première chose que tu fais, tu coupes du bois tu ne vas pas te reposer tu vas couper du bois parce que si tu veux te réchauffer sécher tes affaires, et dans la cabane qu'il y a, il y a tout le temps un poil, mais il faut couper le bois, parce que personne ne l'a fait à ta place. Et tout ça, c'est une heure pour couper du bois, rentrer du bois pour en avoir suffisamment, et la nuit, on ne s'arrête pas longtemps, on s'arrête 4 heures des fois, et 4 heures, il faut alimenter le feu, et personne ne va te l'alimenter, donc il faut te réveiller, il y a trop de rôle, et tout ça, ça fait que, voilà, c'est plein de petits détails qui font que ces courses-là restent des courses exceptionnelles

Loïc je vais te dire ça fait rêver je ne sais pas vraiment en tout cas la Spine on en a parlé il y a un petit moment la Spine je l'avais en tête depuis un moment et j'ai croisé des gens je crois un gars qui l'avait gagné même pendant la PTL l'été dernier et on en avait pas mal parlé j'ai l'impression que ça pourrait être une bonne première étape pour se frotter à Jordan-Dirond

Thierry franchement je recommande je la recommande parce que là aussi je te dis encore une fois cette course elle m'a vraiment marqué vraiment vraiment

Loïc dernière question Thierry après je te laisse tranquille Lydie Tarot donc 25 jours vous franchissez la liste d'arrivée à 2 aujourd'hui avec 2 mois de recul ce que tu dis c'est que c'est clairement l'aboutissement, la course je vais utiliser le terme je ne sais pas si tu le reconnais mais la course de ta vie comment tu le sens quand tu quand t'arrives du coup à la fin de ce périple, qu'est-ce qui te passe par la tête quand tu franchis avec toi

Thierry tu sens rien t'es juste content d'une chose c'est que le soir même tu vas pas dormir t'es content de ça tu te dis bon enfin je vais dormir à l'intérieur, ça c'est ce que tu c'est les premiers ressentis et puis t'es tellement fatigué que t'as aucun ressenti en fait ça m'a fait partie un peu au Yukon t'as rien, t'es un peu livide, tu es tellement épuisé, je voulais rentrer, il faut savoir que la petite anecdote, je voulais rentrer de suite moi, j'ai fini, il faut que je rentre parce que ça faisait longtemps que j'étais parti je voulais voir ma famille et tout ça et je voulais rentrer, mais mon épouse qui me connait parfaitement et puis qui m'avait vu quand même en photo et on faisait beaucoup de Skype et elle a vu la tête que j'avais et puis j'avais quand même des brûlures tout ça, elle m'a dit je pense que Thierry ce serait quand même mieux. J'étais réservé un hôtel en Courage. J'avais envie que tu rentres, mais je pense que ce serait quand même mieux que tu restes quelques jours encore. Et elle avait raison, parce que j'ai passé trois jours, je dormais pas bien, parce que tu dors pas bien, t'es complètement décalé. Tu récupères un peu, quoi. Tu récupères, tu cicatrices un peu aussi. Donc, tout ça, ça fait que quand tu arrives aussi à la maison, tu fais pas peur à tout le monde, quoi. Ouais. Et voilà, donc, c'est, voilà, c'était une arrivée tellement difficile les jours tu ne dors pas, tu es complètement perturbé ça, ça m'a fait pareil au Yukon l'alimentation c'est difficile tout ça t'es quand même sorti du contexte de ta vie de tous les jours et il faut retomber un peu et ces trois jours m'ont permis de retomber et m'ont permis, même si je ne faisais pas grand chose, même si je sortais de temps en temps j'allais marcher un peu parce que je ne peux pas rester enfermé dans une chambre c'est difficile, mais ça m'a permis de récupérer mentalement ça m'a permis d'appréhender un peu ce que j'allais vivre après différemment de prendre le temps de me préparer à cette réacclimatation quelque part à la vie quotidienne et j'avais besoin de ces trois jours et oui, en rentrant j'avais besoin encore de récupérer pendant quelques semaines et puis de partager aussi il y a eu le moment de la récup maintenant on est dans le moment du partage donc j'interviens pas mal sur plein de sujets et donc c'est intéressant parce que maintenant j'ai le recul nécessaire pour pouvoir le faire j'ai encore toutes ces belles images et puis à un moment donné c'est chouette aussi parce que c'est un peu ça c'est bien de les vivre mais c'est tellement mieux de les partager même si c'est pour individuel forcément des choses à dire et c'est chouette de pouvoir en parler un livre ça pourrait se faire un jour oui bien sûr c'est dans les tuyaux c'est dans les tuyaux un livre sur ce que j'ai pu faire dans ces 20 dernières années puisque ça fait presque 20 ans pas tout à fait 18 mais que je fais ce genre de course et puis avant de me préparer pour mon maintenant que je l'ai passé comme je disais c'était un aboutissement maintenant j'ai envie de vivre d'autres choses un peu différentes et voilà la prochaine belle aventure va arriver en 2025 avec ton fils avec mon fils ce tour du monde un peu particulier qui va être en grosse partie en vélo en vélo de route sur une première partie puis après le gros du tour du monde c'est la traversée de l'Atlantique des Canaries jusqu'en Guadeloupe avec un bateau à rame et ça, ça va être quelque chose de tout nouveau je ne connais rien, j'ai le bateau, il est juste à 10 mètres derrière moi mais je l'ai le bateau, mais pour la style il n'a pas touché l'eau encore, j'ai pas eu le temps mais je vais me donner tous les moyens pour réussir quoi, et puis en plus cette fois-ci j'y suis avec mon fils, ça c'était pas prévu c'était une belle surprise alors au début c'était pas une belle surprise parce que il y a quand même plein d'interrogations quand on a un projet comme ça et on sait qu'il y a des risques donc bon il faut les mesurer pour soi ça va mais les mesurer pour quelqu'un d'autre c'est différent mais bon il en a mis l'envie la motivation je lui ai fait voir quelques films il m'a dit ok d'accord au début pourquoi tu m'as fait voir ces films et j'ai dit ben oui je sais pourquoi je te les ai fait voir parce que je voulais que tu te rendes compte de ce que tu vas vivre notamment la traversée de Gérard d'Abeauville quand il a traversé le Pacifique donc alors bon là j'ai forcé le trait bien sûr parce que la traversée du Pacifique mais on ne sait pas maintenant les conditions météo font qu'on peut attraper une tempête n'importe où sur le globe

Loïc il aura quel âge ton fils en 2025 ?

Thierry il a 18 ans donc il aura 20 ans ça va être génial on est complètement différents même en gabarit lui c'est plutôt seconde de ligne moi je fais demi de mêlée donc on est complètement différents mais on va certainement vivre des moments durs certes, mais aussi des bons moments et c'est ça l'essentiel ça va certainement le construire aussi dans sa vie d'adulte c'était pas l'objectif mais je pense que ça va le devenir et il va se rendre compte aussi un peu en relation à ce que je disais tout à l'heure sur le fait de croire toujours qu'on est mal lotis c'est quand tu vas traverser les steppes de Mongolie ou comme arriver au Kajistan, au Békistan Turméenistan, on va avoir vraiment la difficulté qu'ont les gens au quotidien et que nous on n'est pas trop mal c'est bien c'est pas pour faire toujours dire oui mais ça va on se plaigne toujours mais non c'est pas ça c'est juste se rendre compte que on est dans un super pays on est assez privilégié malgré tout et qu'on a la chance de pouvoir vivre des choses fabuleuses, même pas besoin de faire le tour du monde comme je fais moi, mais il y a des choses très près qui sont magnifiques et il faut juste avoir envie de le faire, c'est tout et se donner les moyens d'y arriver et je veux qu'au moins ça l'aide là-dessus et qu'ils se rendent compte de ce que d'autres ont plus de difficultés à voir Ouais, super message

Loïc Punaise, et bien écoute merci beaucoup Thierry, je me demandais si à Encorel sur ces trois jours tu t'étais un peu comme pendant le tour tu t'étais connecté à un truc inscrit à une nouvelle course mais visiblement non

Thierry je n'ai pas eu besoin parce que même si quelque part je l'ai fait aussi mais j'ai tellement ce projet qui est arrivé derrière donc je me suis dit au moins tu sais quoi c'est que d'avoir réussi aussi je me suis dit et j'ai dit à ma femme quand j'étais sur le parcours j'ai dit tu sais j'ai envie de finir aussi ce parcours pour une autre raison c'est que surtout si le finir pour pas que je me dise en rentrant, si je la termine pas, comment je vais faire pour y revenir ? Parce que là, ça allait être un problème de timing, même si je pouvais l'aller encore l'année prochaine. Mais je me suis dit, moi, je me source ça de la tête, j'ai fini. Ça y est, je suis allé au bout. Et je peux me consacrer à ce tour du monde à 100%, même si l'année prochaine, je pense faire une petite course en lapournie suédoise cette fois-ci. Je pense sur la Laplan. c'est l'organisateur du Yukon qui fait une course depuis 2 ans en Laponie suédoise qui fait 500 km et voilà, j'irais certainement faire ça parce que ça me plaît et que j'ai envie de me faire plaisir voilà mais à part ça, pas grand chose

Loïc Excellent Bah écoute Thierry, merci beaucoup, c'était génial Curieux de voir s'il y a un livre en préparation dans les tuyaux, écoute je pense que je serai un des premiers à te l'acheter vraiment merci c'était absolument génial bon préparatif pour 2025 et puis peut-être qu'on sera un épisode de débrief une fois que vous serez rentré avec grand plaisir, merci Loïc merci Thierry merci d'avoir écouté cette conversation avec Thierry jusqu'au bout je serais curieux de savoir combien de fois vous êtes dit au cours de l'épisode qu'il est effectivement complètement frappé, quoi qu'il en soit j'espère que son interview vous aura donné envie de vous lancer vous aussi dans les défis qui vous impressionnent. Envoyez-moi vos feedbacks sur le compte Instagram du podcast lesfrappés.podcast ou par email à hello.lesfrappés.com Je vous propose chaque semaine du contenu entièrement gratuit que je m'efforce de rendre le plus qualitatif possible. Je fais absolument tout seul, ce qui demande énormément de temps et d'énergie. Pour valoriser mon travail et remercier tous ces frappés inspirants que je reçois, prenez quelques secondes maintenant pour laisser une note et un commentaire sur votre plateforme d'écoute. Pensez également à partager cet épisode autour de vous à toutes les personnes qui sont intéressées par les sujets d'aventure et de dépassement. Merci pour votre fidélité, je vous dis à la semaine prochaine pour un épisode avec la vainqueur féminine de l'édition 2023 du Marathon des Sables. Sous-titrage ST' 501

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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