Les Frappés Les Frappés
Saison 2 EP·084 Trail #PTL #ultra-trail #Mont-Blanc

27 septembre 2022

Nahuel Passerat : Finisher du Ramsay’s Round en 23h50 – Retour sur un défi légendaire

Durée · 1h10 · Transcription disponible

Cet épisode est cité dans notre dossier · Gérer le sommeil sur un ultra de plusieurs jours

Nahuel Passerat : Finisher du Ramsay’s Round en 23h50

Le récit

Pour cet épisode j'ai le plaisir d'échanger une nouvelle fois avec Nahuel Passerat, coureur d'ultra-montagne et créateur de la PICaPICA.

Dans le 1er épisode que nous avions enregistré ensemble (écoutez-le ici), Nahu m'avait partagé sa passion pour la montagne et les ultra "rustiques". Son récit m'avait fasciné et avait en grande partie influencé ma décision de prendre le départ de la PTL pour un 300km autour du Mont Blanc !

Depuis, vous vous doutez bien que Nahu ne s'est pas reposé sur ses lauriers... Il a récemment complété le Ramsay's Round en moins de 24h. Il existe 3 "Rounds" connus au Royaume-Uni, chacun consistant à effectuer, en autonomie totale et en se faisant son propre itinéraire, des boucles d'une centaine de kilomètres qui relient des sommets entre eux. La barrière à ne pas dépasser, c'est 24h !

Nahu avait déjà fait le plus connu, le Bob Graham Round, avant de s'attaquer au Ramsay's.

Un échange aussi passionnant que celui de notre 1ère rencontre ! On y parle stratégie, carte, rythme de course, mais aussi humilité face à la montagne ou encore les troubles de l'alimentation qui se déclenchent chez pas mal de coureurs, même si le sujet reste taboo.

Un immense merci Nahu pour ce retour sur le podcast, c'était un plaisir et je te dis à la prochaine pour un nouveau debrief de tes aventures plus dingues les unes que les autres !

🔎 Pour tout savoir le mythique Ramsay's Round, c'est par ici (en anglais 🇬🇧).

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #27 -Nahuel Passerat - Coureur d'ultra-trail - L'appel de la montagne
Épisode #22 - Daphné Derouch - Sportive de l'extrême - Le plaisir comme principal moteur !
Épisode #18 - Maria Semerjian - Coureuse d'ultra-trail - Se préparer à fond et savoir rebondir

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Transcription

Lire la transcription intégrale

Nahuel La nature, que ce soit par rapport à la montagne, par rapport aux pentes, par rapport à la technicité du terrain, et surtout par rapport aux conditions météo, te ramène toujours à ta petite condition d'être humain. Et voilà, je me suis fait des bonnes petites aventures. L'année dernière, j'étais de mariage au mois d'août après la Picapica à Paris, mais je suis parti d'Ariège, je suis monté à Paris une fois. Je suis tapé 780 bornes.

Loïc Hello, hello ! C'est Loic Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les frappés. C'est parti. Eh bien, écoute, bienvenue à nouveau, Naïs, sur le podcast.

Nahuel Merci de me recevoir de nouveau. Toujours un grand plaisir d'échanger avec toi et avec tous les auditeurs.

Loïc Yes, je suis super, super content que tu reviennes. Un an après, un peu plus d'un an, c'était avril 2021, le premier épisode, épisode 27, s'il y en a qui veulent les voir. Naïs, elle passera, coureur d'Ultra Trail, l'appel de la montagne. c'était le titre, on s'était déjà régalé tu nous avais un peu expliqué ton parcours d'ancien footballeur comment t'étais passé des centres de formation à l'ultra pas trail mais l'ultra montagne comme tu disais c'est un épisode qui m'avait vraiment vachement marqué depuis j'ai croisé plein de gens qui ont fait la pika pika qui t'ont croisé sur cette course notamment Sébastien Gérard petit clin d'oeil s'il nous écoute donc voilà je suis très très très content tout ça pour dire qu'on se retrouve aujourd'hui pour que tu nous parles d'une course enfin d'une course c'est plus une course d'un défi complètement fou que tu viens de réaliser mais écoute j'en dis pas plus et je te laisse nous expliquer un petit peu ce dont il s'agissait

Nahuel ouais mais un beau défi une course c'est pas le bon terme en fait c'est plutôt un défi un challenge personnel quelque chose que j'affectionne moi ça fait bien longtemps que je mets plus de dos sort parce que ça m'intéresse plus mais j'ai toujours envie de me challenger personnellement sur des défis de montagne et donc en gros ce que j'avais expliqué déjà la dernière fois c'est qu'il y a un peu un tournant dans ma pratique sportive c'était en 2016 avec la Ronda del CIM quand j'ai gagné la course que je rêvais on m'a proposé de faire l'euphoria des challenges sans balisage et sans assistance et ça ça m'a plu de suite et donc je me suis renseigné pour ce qu'il y avait comme ce genre de challenge et je suis tombé sur les Big Rounds au Royaume-Uni. C'est composé de Bob Graham, le plus fameux, où on est de 1250 à avoir terminé en moins de 24 heures. Le Ramsey Round, je suis là et sur lequel on va échanger. Et le Paddy Buckley, le Ramsey en Écosse, c'est Paddy Buckley, c'est au Pays de Galles. Ce sont des challenges où on doit faire un nombre de piques définis en moins de 24 heures. On passe par où on veut et on démarre quand on veut. donc ça reflète bien ma vision de la montagne avec de la liberté et donc voilà j'ai découvert ces challenges, j'ai été une première fois en Angleterre tenté Bob Graham en janvier 2017 ça c'était pas trop une bonne idée mais au moins ça m'a permis de me mettre dans le bain et de voir que ça me plaisait vraiment ces challenges, la montagne du Royaume-Uni même si elle n'est pas haute en Angleterre le plus haut sommet c'est 972 mètres je crois ce qu'a fait le pic et au Ramsey c'est le plus haut sommet du Royaume-Uni on passe au Ben Davies c'est 1345 mètres sauf que 1345 mètres c'est des conditions entre 3000 et 4000 par chez nous par rapport à la position dans le globe donc voilà on a fini en 2019 avec Martin on a été Martin Kern mon ami de chez Artex que je salue on a été les premiers français à boucler le popgram enfin les premiers français c'est l'accessoire, on s'en tape la coquille on a bouclé le bobgramme au moins de 24h et avec des amis espagnols avec qui j'ai couru l'Euphoria et on a été en Écosse découvrir le Ramsey RAND en 2017 c'était au mois de novembre 2017 et donc là on a fait 40 km en fait le concept c'est qu'on envoie un mail à l'organisation c'est organisé par des personnes on envoie un mail, on leur dit on va tenter le round tel jour à telle date et après si on réussit on envoie les traces GPS, on envoie les justificatifs et à Ramsey quand on avait envoyé la trace le fait qu'on allait le tenter avec mes amis espagnols donc il y avait Tito, Parra et Pablo Criado et ils nous ont dit non mais les gars c'était fin octobre il n'y a jamais personne qui l'a réussi en fait on ne se rendait pas compte de la difficulté de la montagne en Ecosse l'hiver, parce que le Bob Graham en Angleterre peut se faire en hivernal, mais Ramsey en Écosse, l'hivernal, c'est le paradis de l'alpinisme mixte, des cascades de glace, là, c'était vraiment pas possible, on s'en est pas compte. Donc, on a fait 40 kilomètres, horrible, on a failli y rester quelques fois, au bout de 40 ans, on a dit, on retourne au pub, on sera mieux. Donc, voilà, j'ai une grosse envie de continuer de continuer ces randes. j'avais prévu d'y aller en 2020 à Ramsey et ça n'a pas pu se faire pour les raisons qu'on sait avec les deux années qu'on a perdu de vie avec ce Covid. Et donc, cette année, je l'avais dans le coin de la tête et dans le cadre d'un projet global avec trois étudiants que je salue, Alexis, Pierrick et Han. Donc, voilà, je collabore avec une grande marque sur un projet je peux le dire je pense avec Salomon sur un projet de chaussures qui s'appelle Genesis qui est une chaussure destinée au off à ma pratique en fait et qui va sortir pour l'UTMB je pense et donc cet étudiant Lexi dans le cadre de leurs études il doit faire un projet tutoré sur un crowdfunding avec un sportif donc ils ont eu plusieurs sportifs ils ont dit voilà ils ont écouté et donc dans ce cadre là moi j'aurais dit que moi j'aimerais bien faire ramcer et ils nous ont dit bingo on fonde sur ce projet là donc c'est un projet qui s'est monté sur 8 mois sur lequel on a travaillé on a créé une campagne de crowdfunding donc c'était dans le cadre de leur projet tutoriel d'études, eux ils étaient notés là dessus donc moi j'avais l'impression parce que je voulais vraiment qu'ils réussissent et donc moi c'était une super expérience professionnelle parce que moi professionnellement pour un rappel je travaille pour la région cyclosportive pour la com c'est une cyclos de vélo et pour le Montcalm et la Pika Pika l'Ultra dont je suis à l'origine qui aura lieu très bientôt et donc c'est toujours intéressant de faire des campagnes de crowdfunding parce que professionnellement c'est intéressant donc on s'est lancé dans cette campagne de crowdfunding mais comme toujours dans ce que je fais moi ce qui m'intéresse c'est le partage et je me voyais mal demander de faire une campagne pour récolter de l'argent pour m'acheter des baskets ou m'acheter des affaires en plus je n'en avais pas besoin donc je me suis dit comment on peut tourner, on s'est réfléchi à 4 comment on peut tourner ça pour que les gens qui participent à cette campagne de crowdfunding ils aient quelque chose de concret et donc par rapport à ça on s'est dit on va essayer de lever des fonds pour financer la partie média du projet, donc avec la présence de mon ami David Montier, le célèbre photographe de travail pour les photos et de Cédric Ponce-Polo, le vidéaste et donc grâce à ça on a pu financer leur présence parce que en fait toi tu es dans ce milieu là tu le sais mais tout ce qui est image et photo coûte cher coûte très cher donc on a lancé une campagne de confonding on avait mis un objectif de 2500 euros et on a récolté un peu plus de 3000 euros 3100 euros donc il y a eu plus de 72 contributeurs donc ça c'était super ça m'a vraiment mis de mon coeur ça m'a mis un peu la pression parce que après il ne fallait pas les décevoir mais voilà donc en gros dans les rétributions de la campagne les gens ont accès au suivi live un groupe whatsapp après ils ont accès aux photos avec un album photo, un haut film en avant première qui va sortir et plein de choses concrètes donc nous voilà dans ce projet là il fallait poser les dates, on ne savait pas trop et une des idées qu'on a vu avec ce projet là, mais malheureusement qui n'a pas pu se réaliser par manque de moyens c'est que je voulais y aller depuis l'Ariège à vélo j'aurais aimé partir d'Ariège et me rendre jusqu'à Fort-William à vélo avec une traversée de la Manche en voilier aller-retour ça aurait donné vraiment un sens supplémentaire au projet mais malheureusement financièrement c'était pas possible je n'avais pas les moyens de lever autant de fonds pour me permettre de faire une talent qui somme toute pourrait être au programme pour le dernier round donc égal pour l'année prochaine peut-être

Loïc voilà c'est dit c'est lancé ouais

Nahuel non mais là c'est vraiment c'est tellement cohérent mais malheureusement voilà comme toute chose on veut faire des choses pour l'environnement mais des fois c'est pas possible donc on fait au mieux tout le temps au mieux de ce qu'on peut

Loïc ouais ouais oh là là super projet enfin super projet super défi j'ai hâte que tu nous en dises un petit peu plus mais peut-être le premier point sur lequel je serais curieux que tu nous en dises un petit peu plus c'est justement tu as mentionné assez rapidement le fait que à 900 mètres tu vois à 900 mètres d'altitude au Royaume-Uni par rapport à la latitude ou longitude longitude non latitude par rapport à la latitude c'est les mêmes conditions que chez nous à 3000 ça c'est quelque chose que j'ai découvert tu vois avec une autre invitée qui s'appelle Daphné Daphné de Rouge qui fait des raids aventures et qui a fait notamment la Spine Race c'est une course qui part je crois que c'est dans le coin de de Bob Graham je viens de voir sur leur site il me semble que c'est dans le coin de c'est au sud de Bob Graham et du coup c'est en plein mois de janvier et elle expliquait que les conditions sont complètement dantesques et qu'en fait pour pas mal de gens habitués de la haute montagne notamment en France c'est un peu une surprise de trouver cette météo finalement des altitudes assez basses donc à quoi est-ce que ça a ressemblé la fois où tu nous as dit que ça a duré 40 km je crois ou 42 c'était vraiment de très très mauvaises conditions et des conditions très très froides

Nahuel ouais ouais c'est d'ailleurs Daphné a fait la pika pika et j'ai dit au sud de Bob Graham mais c'est pas au sud c'est à l'est de Bob Graham c'est une trace qui part au nord de Manchester et qui arrive au sud de l'Ecosse donc ça c'était pour la Spine Race c'est vraiment une grosse aventure là clairement nous à partir de 900 mètres il n'y a plus de végétation en Ecosse c'est que des cailloux, des gros pierriers et après les conditions météo c'est de la pluie à l'horizontale des rafales de vent entre 50 et 100 km heure du brouillard une visibilité on ne voit plus ses pieds et un taux d'humidité permanent et ça c'était rien que là cette année lors de la rédaction de Morand au mois de juillet j'ai eu des températures en ressenti qui ont varié sur la même journée de moins 4 à 30 ah ouais d'accord c'est ça qui est hallucinant c'est que vraiment une journée t'as 4 saisons

Loïc ok clairement à ne pas prendre à la législation

Nahuel vraiment pas moi c'est ça qui m'a plu de suite c'est l'aspect sauvage de ces montagnes l'aspect rustique et l'aspect difficile c'est vraiment des montagnes très difficiles nous français on se regarde les altitudes 1300 mètres et ça c'est des collines là c'est vraiment de la haute montagne

Loïc le projet donc comment est-ce que tu disais que tu cherchais le fait de prendre des dossards c'est plus forcément ce qui t'intéresse et donc tu as découvert en premier le Bob Graham comment est-ce que ça s'est mis en place est-ce que tu avais une stratégie, est-ce que tu voulais commencer par le Bob Graham, enchaîner avec le Ramsey Round et finir par le Paddy Buckley comme ça a l'air d'être le cas, enfin c'est ce qui est en train de se faire est-ce que c'était ta stratégie dès le début ?

Nahuel dans beaucoup de domaines je suis un peu freestyle je ne fais pas trop de plans sur la comète ça s'est goupillé comme ça c'est surtout au fait de rencontres c'est que la première édition au mois de janvier j'y suis allé avec Rémi Géga et après de suite mon binôme espagnol avec qui je faisais l'Euphoria Julien de Morsquillo il voulait le faire aussi donc à chaque fois c'est des rencontres parce qu'un tel projet ne peut pas se faire seul donc il faut absolument être accompagné et donc au fur et à mesure de l'évolution de ma pratique j'ai trouvé des fenêtres qui se sont ouvertes pour aller les réaliser mais clairement ça s'est fait un peu à l'improviste

Loïc ok alors si on rentre dans le détail du Ramsey Round il me semble qu'il y a une vingtaine en fait si j'ai bien compris la trace passe par des il y a un terme je crois des Moonros c'est-à-dire des montagnes qui font à peu près 1000 mètres d'altitude et donc l'idée c'est que tu relis une vingtaine de ces montagnes avec l'itinéraire que toi tu décides

Nahuel c'est ça, il y a un itinéraire favori évidemment avec des cartes qui te vendent il y a des livres là-dessus donc il y a un itinéraire favori que tu peux faire dans le sens d'une aiguille d'une monte ou dans le sens inverse d'une aiguille d'une monte en fonction et après là tu pour le coup à Ramsey, de mémoire c'est 23 piques, 23 de Munros à relier

Loïc d'accord et donc toi tu l'as fait dans quel sens, par curiosité ?

Nahuel moi je l'ai fait dans le sens des aiguilles d'une montre cette fois alors c'est pas le sens le plus facile mais comme l'année dernière fois avec les espagnols on avait fait le sens inverse juste pour pas faire pareil j'ai décidé de le faire dans le sens le plus difficile clairement le Ramsey a été réussi plus de fois dans le sens inverse d'une aiguille du monde que dans le sens des aiguilles du monde mais ça ça doit être mon fameux sens de la contradiction qui fait que j'ai décidé de faire comme ça

Loïc ouais en tout cas là tu vois je suis sur le site de Ramsey Round si il y en a qui va la regarder je mettrai le lien en description de l'épisode mais visiblement sur 2022 ouais vous êtes pas très nombreux vous êtes 4-5 un petit peu plus à l'avoir fait en moins de 24 heures dans le sens des aigus d'une montre effectivement tous les autres c'est l'inverse alors peut-être si on rentre dans le détail à quel moment est-ce que tu t'es dit bingo cette année c'est parti pour le Ramsey Round et comment s'est passée la phase de préparation et d'organisation pour la logistique puisque j'imagine qu'il y a un peu de logistique il y a zéro assistance, il y a zéro ravito tu te débrouilles tout seul en fait

Nahuel c'est une vraie aventure clairement, oui donc dès qu'on a décidé de mettre en route cette campagne de crowdfunding là de suite j'ai dit bon mais ok c'est pour 2022 et donc je me suis préparé en conséquence sachant que ma saison 2022 elle a été un peu contrariée parce que j'ai chopé un Covid long et je devais aller faire une aventure au Mexique avec les indiens à Ramburi que j'ai pas pu faire parce que j'étais trop court physiquement donc c'est un peu c'est vrai ouais ouais et donc j'ai préféré passer mon tour c'est dommage mais physiologiquement c'était pas possible parce que j'ai passé quand même avec le coït j'ai passé un mois sans faire aucun sport donc il a fait que je reparte de zéro donc le ram c'est vraiment devenu mon objectif numéro un sportivement donc je me suis préparé en conséquence sur de sur de longs mois parce que avant j'arrivais à me préparer sur des périodes un peu courtes mais j'avais eu des soucis de santé par rapport à des préparations trop hard donc là je me suis remis en forme progressivement pour être prêt donc soit en juillet soit en septembre donc on a pris la décision au vu de la pandémie et des restrictions qui se levaient au fur et à mesure on a pris la décision d'y aller en juillet parce qu'il fallait aussi la disponibilité de mes payseurs donc pour cette aventure j'ai eu deux payseurs donc le premier c'est Thierry Corbarieux qui est vraiment une une légende de l'ultra, ultra, ultra endurance. En gros, c'est lui qui avait lancé un record du GER10, c'est lui qui a gagné l'Edith Arrhod, des courses extrêmes de 600, de 1000 bornes, que ce soit dans le désert ou dans l'Edith Arrhod, c'est plutôt en Alaska, je crois. Donc c'est vraiment un très solide. Et un autre ami, Philippe Lacube, qui est un éleveur, président de la Chambre d'agriculture de l'Ariège, avec qui je fais beaucoup, beaucoup de montagne, et qui fait de la montagne à l'arrière-jouer authentique, qui est tout le temps fourrée dans les crêtes sur le hors-sentier et qui aime la montagne quand il ne fait pas beau. Donc, il avait tout pour faire un super pacer, ce qui fut le cas. Donc, on a vite pris les billets pour le mois de juillet et nous voilà partis tous les cinq. Donc, David pour les photos, Cédric pour le film et Thierry et Philippe comme pacer dans cette aventure. Excellent.

Loïc et du coup sachant que il y a quand même peu de personnes qui l'ont terminé j'imagine que selon les conditions que tu trouves tu n'as pas du tout le même rythme c'est à dire qu'en Ecosse je suppose qu'il pleut régulièrement même l'été à moins que je me trompe mais comment est-ce que vous aviez défini justement ce pace cette allure à tenir

Nahuel après on n'avait pas fait trop de plans sur la comète sachant que moi j'ai atterri en Ecosse avec Thierry quelques jours avant pour les reconnaître. Et on s'est retrouvés avec les journées les plus chaudes de l'histoire de l'Ecosse. On a eu la chance d'aller au Ben Nevis avec un grand soleil. Donc là, clairement, de faire le round avec une condition météo comme celle-ci, ça allait vraiment faciliter les choses. Mais comme le reste de l'équipe n'était pas encore sur place, il a fallu attendre qu'ils arrivent pour le tenter avec une fenêtre météo pour le moins moins favorable. Mais ça n'aurait pas été drôle. On aurait fait ça en plein soleil, même qu'on n'aurait pas été crédible. c'est pas facile c'est clair après pour revenir à la question sur la stratégie de pacing en gros comme je connais bien le parcours ce qu'on avait fait c'est que Philippe m'a attendu il me rejoignait à une partie du parcours pour faire une première partie puis après je faisais une seconde partie avec Thierry j'avais une période de transition seul et après pour finir la nuit Philippe m'attendait Philippe m'a attendu de nombreuses heures sur un col en pleine nuit avec 6 doudounes sur lui pour qu'on finisse tous les deux et après surtout ce qui était dans ma vision des choses il était hors de question que je finisse une partie sans mon pacer c'est que à partir du moment où mon pacer allait du point A ou du point B comme ça s'est passé j'ai attendu pour qu'on finisse ensemble quitte à louper le round parce qu'on a réussi de 10 minutes mais c'est ma vision des choses c'était non négociable

Loïc Génial. C'est une belle preuve de reconnaissance pour tes Pacers. Effectivement, je regardais ton temps, 23h50. Sur le site du Ramsey Round, il y a la liste. Je ne sais pas si c'est pareil pour les deux autres rounds, mais sur le site du Ramsey, il y a la liste des finishers en sub-24hours. Pour toi, le temps final, c'est 23h50. Ce qui est assez rigolo, c'est que pour tout le monde, il n'y a quand même personne qui sort du lot dans le sens où les temps sont vachement homogènes là il y a une personne en 19h mais sinon pour tout le monde c'est 23h 22h50 au mieux 22h20 23h10, 23h50 23h50 à nouveau j'ai l'impression que le challenge est tel que finalement peu importe le niveau c'est quasiment 24h pour tout le monde

Nahuel ça se joue à pas grand chose après les conditions météo quand on va rentrer un peu dans le détail de mon round joue énormément c'est qu'une bonne météo te fait gagner de nombreuses heures ça se joue pas en minutes, ça se joue en heures c'est que clairement la météo parce qu'au plus comme c'est de l'orientation d'avoir de la visibilité sur les montagnes ça permet aussi de choisir des options comme il y a beaucoup de hors sentier de fait de voir où tu dois aller clairement la météo change en heure le nombre de la performance ok

Loïc j'avais pas le paramètre orientation en tête ok donc du coup peut-être qu'on peut rentrer dans le détail comment est-ce que ça s'est passé pour toi qu'est-ce qui fait que t'as pris le départ ce jour là et à quoi ça a ressemblé ton round

Nahuel ce qui a fait qu'on parte ce jour là c'est que l'équipe média et Philippe arrivaient le lundi soir et donc la fenêtre météo était plus allée moins elle était bonne donc on avait dit au début de partir le mardi matin sauf qu'ils ont eu des retards d'avion ils sont arrivés à 2h du matin donc c'était pas jouable donc on a profité le mardi pour aller continuer les recours pour aller faire des photos pour s'imprégner encore on a fait 1500 m de plus et là le mercredi je suis parti à 6h30 du matin sachant qu'il y a un paramètre que je n'avais pas anticipé parce que je ne connaissais pas à cette période l'Ecosse mais qui est super intéressant dans un tel projet c'est qu'il fait jour à 4h30 du matin et il fait nuit à 23h donc je suis parti à 6h30 et je suis parti sur les 1300 premiers mètres de dénivelé positif pour rejoindre le sommet du Ben Nevis donc très vite au bout de 500 mètres de dénivelé j'étais dans les nuages et là c'est les seuls endroits à part un autre endroit c'est les seuls endroits où je vais croiser du monde et j'ai croisé des gens qui redescendaient du sommet du Ben Nevis où il y avait une visibilité à 10 cm mais je me suis dit ils ont été faire le lever du soleil ils ont été faire, donc il était 7h du matin il y avait des gens qui descendaient du sommet du Ben Davis et ça, ça montre à quel point mais là-bas, ils font de la montagne, même quand il fait mauvais ils n'ont pas le choix, sinon ils ne le feraient jamais donc j'ai monté ce sommet du Ben Davis que je connais bien et après, là, il y avait beaucoup de brouillard et après, je me suis engagé sur l'arrête il y a une arrête, ils appellent ça une arrête je dirais plus que c'est une crête une crête effilée plutôt qu'une arrête et avec une visibilité très réduite donc ça c'est un peu comme chez nous on fait gaffe on avance doucement et arrivé avant le second pic et là je suis tombé dans des rafales de vent qui m'ont déséquilibré je suis tombé à cause du vent donc là j'ai dû avoir aux alentours de 80-100 km de vent et le second pic j'ai dû le faire en rampant je me suis filmé avec la GoPro il y a des images qui sont un peu collecteurs et donc là je me suis dit là c'est le second pic c'est comme ça, l'histoire ça va pas durer longtemps on va rentrer au bar et on repartira demain et finalement le vent s'est un peu calmé et j'ai récupéré l'équipe au col entre le deuxième et le troisième pic et là il y a toujours du vent, du brouillard et là sur ce j'ai été accompagné par Philippe, mon ami Philippe et là au fur et à mesure de la journée on a fait des belles traversées il y a des enchaînements, c'est 5, 6, 7 km de crête sans discontinuer donc ça c'est super et au fur et à mesure de la journée le temps se levait donc on a eu un peu de pluie puis après on a eu un peu de soleil et après on a eu du soleil donc ça c'était cool ça met du baume au coeur et ça permet d'avancer un peu plus vite surtout que cette partie avec Philippe me menait jusqu'au premier point d'assistance enfin les points d'assistance là-bas par rapport à Bob Graham il n'y a pas d'endroit qui est coupé par la route, c'est très sauvage donc c'est à 1 km de la route la plus proche et en fait moi j'avais planifié des horaires et je pensais que j'allais avoir 35 km et 3005 pour arriver à cet endroit là sauf que j'avais 35 km mais j'avais 4005 donc j'étais pas en avance sur mes prévisibles mais on s'est pas affolé je me suis ravitaillé et je suis reparti seul sur le prochain leg ils appellent ça un leg, je l'ai parti où je savais que Thierry m'attendait au sommet suivant donc ça c'était sympa j'ai retrouvé Thierry et on a enchaîné trois sommets et après il y a une partie un peu atypique dans ce round, c'est que à la fin du round, le round il fait 100 km et 9500 de D+. Mais pour donner un peu l'importance du relief et de la verticalité du défi c'est que sur ces 100 km et 9005 il y a 10 km de piste ouais d'accord donc là je suis bien content d'être accompagné sur cette piste et surtout par rapport au temps au temps défini je savais que c'était important de ne pas perdre du temps sur cette partie de transition que moi j'aime pas franchement courir sur une piste c'est pas ce que j'aime le plus vraiment pas mais là le cadre était magnifique on a vraiment bien avancé jusqu'au moment où on se séparait avec Thierry et là moi j'ai pris une option les cartes disent deux options soit d'aller à gauche ou à droite il y a une partie que je connaissais et en fait on a bien étudié les cartes, les courbes de niveau on a checké les cartes de chaleur sur Strava et on a vu qu'il y avait possiblement un passage qui passait dans un couloir et j'ai pris la décision de m'engouffrer dans ce couloir et de prendre la version C la version qui n'était pas répertoriée mais le fait d'arriver avant le coucher de la nuit me permettait d'avoir une visu sur le couloir dans lequel je m'engouffrais et que ça s'est super bien fait je suis arrivé au sommet de ce pic où j'ai retrouvé David et Cédric qui étaient là pour faire des images et là c'était mon deuxième point de ravitaillement donc dans leur sac ils m'avaient pris 2-3 bricoles de quoi me ravitailler et le problème c'est qu'on était à 1000 mètres d'altitude et en fait de suite j'ai eu grelotté, j'ai eu froid donc j'ai pris tout ce que je pouvais, j'ai pris les sandwiches tout à emporter pour attaquer la dernière partie qui est une partie très technique et très sauvage que je connaissais parce que je l'avais faite avec les Espagnols dans l'autre sens et c'était parti pour la dernière partie

Loïc J'ai les yeux sur la carte du coup je vois la partie dont tu parles où il y a les deux options alors je ne veux pas m'aventurer à essayer de prononcer le nom du sommet S-G-U-2-R c'est magnifique Zgour, Zgour, El de Mor ouais et donc toi là si je comprends bien t'es passé pile au milieu en fait

Nahuel ouais je suis passé pile au milieu pile au milieu en fait si tu vois les courbes de niveau je suis passé j'ai rejoint la crête j'ai rejoint la crête en fait j'ai coupé jusqu'à un petit tu vois la crête le passage qui est plus vers le nord et bien j'ai rejoint la crête à 200 mètres du sommet, j'ai rejoint cette crête là j'ai fini par cette crête

Loïc d'accord je mettrai les liens pour celles et ceux qui veulent aller voir et oui en fait comme il n'y a pas de passage obligé il y a quand même une partie même si tu l'as dit plusieurs fois tu n'as pas trop fait de plan sur la comète mais il y a quand même une partie stratégie pour essayer d'identifier un itinéraire utilisé, mais pas forcément recommandé par l'orgue.

Nahuel Ah ouais, après là clairement, surtout sur le relief là-bas, la qualité de la trage GPS que tu as est primordiale. J'ai beaucoup bossé sur la trage GPS. Il y a des choses que je prends à la légère, mais là clairement il en voit de la sécurité. sur le premier leg il y a un moment donné on s'est engagé dans un couloir même mon ami Philippe qui connait la montagne qui m'a vu des trucs il m'a dit là c'est vraiment rock'n'roll et je me suis engouffré dans ce couloir là parce que j'avais confiance à la trace GPX on a des escaladés on se débrouille mais il ne fallait pas se la mettre et donc là le fait d'avoir une trace GPX de qualité surtout quand il n'y a pas de visibilité comme ça arrive souvent là bas c'est vraiment c'est indispensable, pour la sécurité c'est indispensable donc par rapport à ça, par rapport au parcours pour ça sur d'autres choses je suis un peu rock'n'roll mais là clairement il faut pas il envoie la sécurité de tous

Loïc et donc tu disais arriver sur ce fameux sommet Segour à Aile de More désolé s'il y a des écossais ou des gens qui arrivent à prononcer ce genre de nom t'es arrivé là un peu avant la tombée de la nuit donc si j'ai bonne mémoire ça veut dire vers 21h, 22h et du coup t'as fait la dernière section comme t'as mis presque 24h donc t'es arrivé vers 5h15 5h20 donc j'imagine que la nuit il a fait bien froid sur une partie technique t'as pas du tout eu de micro-siestes ou de temps de repos en dehors des deux ravitaux au final

Nahuel donc ouais la nuit de suite dès qu'il a fait nuit il a plu, il s'en est mêlé donc ça nous a porté compagnie mais clairement moi quand je sais que je vais finir un challenge ou un défi en moins de 35 heures je ne ressens pas le besoin de me dormir par exemple sur une PTL quand je préparais la PTL sur une PTL, dès 24 heures il faut dormir parce que ça ne va pas durer 35 heures donc là c'est important de dormir avant mais sur un tel défi la question ne se pose même pas ouais ouais

Loïc ok c'est intéressant tu vois je veux une petite parenthèse je pense qu'au moment où ton épisode sortira oui c'est même sûr j'aurais déjà fini je sais pas pris le départ en tout cas de la PTL toi tu recommanderais si on fait une toute petite parenthèse sur le sommeil par rapport à la gestion du sommeil sur du long pour toi une course comme la PTL qui dure pour les meilleurs 5 jours pour les autres 6-7 tu recommanderais de dormir dès 24h

Nahuel ah oui oui dès 24h et sur une PTL prendre un cycle de sommeil d'une heure et demie de ne pas s'amuser à faire des micro siestes de ne pas s'amuser à faire des micro siestes mon équipe que j'avais suivie en fait quand je devais faire la PTL j'avais été forfait mes potes espagnols ils l'avaient fait mais clairement de faire une heure et demie un cycle complet de sommeil tous les 24h ça permet d'avancer ça permet de limiter la casse niveau fatigue

Loïc ouais ouais ouais et eux l'avaient fini en combien de temps par curiosité et après on fermera la boucle PTL enfin la parenthèse PTL ils sont arrivés 4ème équipe je crois 4ème équipe ils ont dû faire en

Nahuel 100h je dirais ouais pas mal c'est une belle aventure

Loïc j'espère bon je te cache pas que là c'est plus le flip qu'autre chose à quelques jours du départ mais on va essayer d'en profiter à fond il faut bien de toute façon, c'est pour ça qu'on fait ça

Nahuel il faut le prendre comme ça donc pour en revenir à Ramsey donc là je me suis engouffré sur le Danay Legs que je connaissais et là pareil j'ai pris une variante grâce à ce que j'avais repéré et sur les cartes satellites on avait vu qu'il y avait possiblement un couloir de cailloux qui passait donc au sommet après le Sgur qui s'appelle Be Name Big si je prononce mal et en fait je me suis engouffré dans un couloir je suis descendu 200 mètres de dénivelé on ski sur des cailloux donc là c'était cool, j'ai gagné du temps grâce à ça mais c'est parce que j'avais vraiment confiance en matras et qu'on l'avait vraiment fait et après j'ai enchaîné 2-3 sommets avant de retrouver mon paysseur et là ça fait beaucoup de bien, quand t'es en pleine nuit en Ecosse d'être à deux, on s'est relayé chacun son tour on se mettait devant, on a été faire 2 sommets en aller-retour sur des crêtes il y en a une qui s'appelle The Devil Rage désolé pour l'anglais La Crête du Diable c'est deux crêtes super effilées, super sexy, super sympa donc ça c'était cool et après on a enchaîné les deux derniers sommets qui sont loin quand même on se rend pas compte et on commençait à être fatigué et arrivé au dernier sommet il nous restait 1h20 pour descendre une descente que je connaissais bien et là c'est là où pour la première fois je me suis dit bon là c'est sûr à moins de gros pépins dans la descente, il peut toujours arriver en montagne mais c'est gagné donc on est descendu, il y a une partie de 2 ou 3 kilomètres de piste où là Philippe était quand même Philippe c'est un montagnard il a le pas sûr du montagnard mais il a pas le pas aérien du coureur, ni moi non plus j'ai pris cette piste pour être sûr d'arriver dans les temps et quand j'ai vu que j'étais à 500 mètres de l'arrivée qu'il fallait quitter la piste pour finir et là j'ai dit j'attends Philippe et on finit ensemble et quand Philippe m'avait vu que j'attendais il m'a engueulé qu'est-ce que tu fais on a commencé ensemble on finit ensemble c'est pas négociable et voilà on est arrivé, beaucoup d'émotions il y avait Thierry qui nous attendait il y avait David et Cédric qui aussi ont vécu vraiment ce projet à fond parce que c'est marquant humainement c'est marquant ce genre de projet et c'est ça aussi qui me motive à faire ces projets là et le partage et ce qu'on vit à travers ça et voilà donc on a fini 23h50 ce Ramsey ce Ramsey Rwand

Loïc excellent, c'était donc ton deuxième puisque tu avais déjà fait comme tu nous disais le Popgram deuxième que tu complètes en moins de 24h, qu'est-ce que il t'en reste du coup un si tu veux faire le défi complet j'imagine de ce que j'ai cru comprendre que c'est carrément le cas tu veux le boucler qu'est-ce que toi t'en as appris de ces deux premiers rounds que t'as complété en moins de 24 heures

Nahuel beaucoup de choses comme toujours c'est que l'humilité en montagne elle se fait aussi par l'altitude c'est que tout montagnard est très humble parce que la montagne nous rapporte toujours à notre simple condition d'être humain mais clairement moi ce qui me plaît là-bas c'est que quand je reviens en France ouais t'as fait quoi Nahu je suis parti là j'étais faire des sommets à 1300 mètres bon après les gens me connaissent ils savent que si j'étais faire ça c'est qu'il y avait au glissau mais la plupart des gens qui ne connaissent pas la montagne ils te disent ouais 1300 mètres t'as fait des collines mais ouais vraiment cette modestie par rapport à cette montagne du Royaume-Uni qui est splendide, qui est sauvage pour dire il y a 100 km sur le Ramsey il y a 100 km et 9005 de D+. il n'y a pas une seule trace de peinture pas un chemin marqué à la peinture chez eux ils respectent tellement la montagne qu'ils ne souillent pas la montagne de la peinture c'est sauvage à souhait moi c'est ce que j'apprécie le plus c'est un peu comme dans nos montagnes dans le massif du Mont Calme ou en Ontario c'est que c'est très sauvage et t'es livré à toi et la montagne et c'est vraiment ça c'est ça que j'adore c'est que toute cette grande immensité cette osmose avec la montagne qu'on peut ressentir dans ces moments là et se sentir petit et ça ça fait du bien dans notre société actuelle où l'être humain veut tout contrôler, l'être humain se veut surpuissant, mais non, non, là, c'est les conditions météo qui décident de tout. Et ça, c'est vraiment ce que j'apprécie le plus dans les conditions sur ces randes, c'est que la nature, que ce soit par rapport à la montagne, par rapport aux pentes, par rapport à la technicité du terrain, et surtout par rapport aux conditions météo, te ramène toujours à ta petite condition d'être humain.

Loïc C'est un super message. et du coup cette humilité dont tu parles et le fait de prendre en compte les éléments, la montagne notamment la météo même si l'altitude est différente de la nôtre mais pas forcément les conditions qu'on y trouve comment est-ce que ça impacte sur ton approche du paddy buckley si t'es déjà en train de planifier ce round, d'ailleurs je sais pas faut que tu nous en dises un peu plus

Nahuel ouais ouais après ça sera un peu la souris sur le gâteau moi j'ai deux potes à moi, ce week-end j'étais en récup ce week-end on a été faire un défi en Andorre qui s'appelle le GR26, on a relié les 26 refuges endorans, donc on s'est tapé 180 bornes et 14 000 avec deux potes à moi qui sont encore plus fous que moi Camille et Tom Tom en récup mais mes potes ils sont encore, moi je suis un enfant de coeur et eux là au mois de septembre ils vont tenter de faire les trois rounds avec les liaisons à vélo donc ça m'a donné envie d'aller avec eux mais malheureusement c'est pas possible donc ce qu'on s'est dit c'est je projette d'aller au Pays de Galles l'année prochaine normalement ce sera peut-être septembre aussi pour varier les plaisirs parce que là j'y suis allé au mois de juillet j'avais été au mois de mai à Bob la fois on a réussi j'avais été au mois de janvier donc pour varier les plaisirs peut-être au mois de septembre prochain au Pays de Galles et si j'arrive à lever assez de fonds auprès de mes partenaires pour faire les retours à vélo ou pour faire une aventure comme ça ça pourrait être qu'un vrai plus

Loïc excellent le paddy beuclé en septembre ça doit déjà être pas mal côté couleurs météo

Nahuel c'est pour ça aussi qu'on y va pour voir aussi d'autres couleurs ouais ça peut mettre un peu de sel au défi et clairement et après tu vois Ramsey j'ai réussi au deuxième coup Bob j'ai réussi au deuxième coup et c'est pas dit que Paddy Buckley j'y arrive du premier coup

Loïc ouais ouais et qu'est-ce qui fait que ça a marché tu penses sur ces deuxièmes fois à chaque fois qu'est-ce que t'as ajusté est-ce que c'était finalement la même chose c'est-à-dire que la première approche il t'a manqué de la connaissance ou il t'a manqué de la préparation ça a été quoi la différence ?

Nahuel ouais en fait le premier Bob au mois de janvier j'allais vraiment pour découvrir parce que je savais bien que c'était impossible au mois de janvier enfin impossible ça va être très compliqué de le faire et la deuxième fois quand j'y suis retourné à Bob Graham j'étais avec Martin Kern qui était en super forme et là clairement c'était facile pour moi parce qu'en fait il m'a attendu pendant 24h enfin 24h je crois qu'on a mis 22h30 donc le fait d'être avec Martin surtout simplement qu'on ne s'était pas vu on est très proche c'était facile mais physiquement plus difficile parce que j'étais moins en forme que maintenant. Le premier ramcée, on a découvert aussi, c'était une bêtise par rapport à la météo, et on y allait en fin de saison. On s'est retrouvé le premier jour, on s'est retrouvé, on s'est bu des litres de bière dans un pub, c'était vraiment en roue libre. Mon frère, d'ailleurs, qui était avec nous, il m'a dit, mais vous êtes sûr que vous allez courir avec toute la bière que vous buvez pendant ces jours-ci ? Et là, cette année, en fait, moi donc j'ai eu j'ai pas de problème à parler de moi en fait j'ai eu des troubles du comportement alimentaire dû à ma pratique avant en compétition c'est que pour gagner des courses au niveau international il faut s'affûter en fait moi je suis un épicurien je suis un très très bon vivant même trop mais en fait je suis tombé dans des dérives des troubles du comportement alimentaire c'est un peu tabou les gens ils n'en parlent pas trop donc là ce qui est bien c'est que j'ai réussi à me réaffûter à revenir je dirais pas aussi performant que mes meilleures années mais pas loin en ayant un équilibre alimentaire en ayant préparé les choses intelligemment sans avoir fait de diète comme je pouvais faire avant et en fait cette année j'ai passé un diplôme universitaire d'optimisation de la performance en tri-running à la faculté de Font-Romeu et ça ça m'a vraiment aidé à caler toute ma préparation parce que aussi pareil même quand je faisais des compétitions j'ai jamais eu de coach, je faisais toujours à ma sauce donc le fait aussi d'avoir une préparation un peu plus cadrée grâce à ce DU et aussi de ne pas faire d'écart alimentaire c'est de faire des grosses diètes et après de surcompenser avec des crises de boulimie par exemple parce que c'est vraiment la réalité c'est la réalité des troubles du comportement alimentaire du sport donc j'en suis sorti et il était hors de question que je retombe dedans donc là je suis arrivé vraiment affûté je suis arrivé vraiment prêt donc je savais que je pense à des conditions optimales je savais que ça allait passer si les conditions étaient optimales je pensais que ça allait passer en moins de 20h mais après les conditions ont fait que c'est passé en moins de 24h et j'étais vraiment confiant à la forme du moment sachant que j'ai beaucoup de travail et que j'ai dû m'entraîner, aller m'entraîner pendant les nuits, je me suis vraiment donné les moyens de mes ambitions mais il y avait 72 personnes qui avaient qui me faisaient confiance il y avait tout ça qui fait que je me devais de faire le job et ça a été un plaisir de le faire on s'est fait intelligemment et de ne pas retomber dans les travers dans lesquels j'ai pu sombrer avant parce que c'est pas facile clairement c'est pas facile quand tu rentres dans une spirale par rapport à ton poids c'est vraiment c'est un enfer donc j'ai réussi à sortir de cet enfer là il m'a fallu du temps et donc ça c'était cool parce que j'ai pu retrouver un niveau où le travail ça devient facile c'est que là sur les kilomètres j'ai toujours été en aisance et donc ça c'est un vrai plus alors que ça fait quelques années où je n'avais pas retrouvé ce niveau là où je souffre, à essayer de suivre mes collègues où j'essaye de continuer à faire des grosses aventures on a fait le Thor l'année dernière, c'était 350 bornes et 30 000 on avait fait sur la trace de mes rêves l'année d'avant c'était 150 et 15 000 mais ça fait longtemps que je n'avais pas connu cette espèce de flot où tu te dis que là, tu es bien, il ne peut rien t'arriver, tu as fait le job, tu gères ton allure cardiaque, tu sais que tu n'es pas en sur-régime, et le dénivelé, il s'enchaîne. Sachant que j'avais l'appréhension, c'est que par rapport aux autres années aussi, comme je travaille plus, je fais moins de dénivelé, j'avais l'appréhension qu'à un moment donné, physiologiquement, mes cuisses commencent à saturer par rapport aux 10 000 mètres de dénivelé qui s'annonçaient, parce que le plus gros week-end shot que j'avais fait, c'était samedi 3 500 de D+, dimanche 3 500 de D+, mais j'avais fait pas mal de vélos, j'avais fait au maximum de ce que je pouvais faire par rapport à mon emploi du temps en fait, et donc j'avais peur que ça satura à un moment donné et finalement j'ai pu relancer à tout moment, j'ai pu être très régulier dans mes vitesses ascensionnelles et profiter quoi, et ça c'est vraiment l'essence du truc.

Loïc C'est super intéressant ce que tu dis sur l'alimentation et l'espèce de spirale dont tu as réussi à te sortir je te cache pas que j'en avais c'est la première fois que quelqu'un qui a une pratique à ton niveau tu vois on parle assez ouvertement et quelque part même ça me rassure enfin ça me rassure c'est pas pour basculer pour mettre le projecteur sur moi mais c'est vrai que quand j'avais fait du sport de haut niveau et moi j'avais une notion de poids à gérer tu vois le judo il y a des catégories de poids et donc en dernière année à haut niveau j'étais en régime permanent et quand j'ai arrêté j'ai pris peut-être 5 kilos en deux semaines et depuis je me pose régulièrement la question c'était il y a 15 ans maintenant est-ce que j'ai pas gardé un peu des traces de ces régimes forcés que je faisais pas forcément super intelligemment mais du coup c'est intéressant de voir que même à ton niveau finalement sans contraintes oui t'as des contraintes mais je veux dire il n'y a pas de catégorie de poids imposée en trade que finalement il peut y avoir des dérives et que ça peut amener à des spirales un peu négatives comme tu l'as vécu

Nahuel clairement, après c'est vraiment tabou peut-être chez les filles un peu moins que chez les mecs, mais chez les mecs c'est encore plus tabou que chez les filles, mais clairement tout sport d'endurance avec catégorie poids ou sans catégorie de poids, il y a toujours un aspect de performance, d'optimisation de la performance, de rapport poids-puissance et ça le poids jouer énormément clairement de ma futée ça m'a permis de gagner des courses que j'aurais jamais rêvé de gagner mais il y a le contre-coup et le contre-coup est-ce qu'il vaut la peine de ce que tu as fait avant je ne suis pas sûr parce que tu l'as vécu tu sais ce que c'est les exigences du haut niveau par rapport à du poids moi ma femme m'a pas en témoigné l'année où je gagne la ronda d'El Sim donc c'est en 2016 ou que je gagne le Fourier l'année d'après ou un truc comme ça au 1er janvier je faisais 95 kilos au 1er avril je faisais 71 ah ouais les écarts de poids c'est pas humain ah ouais physiologiquement ça a été super long super hardcore après la dernière course de l'année je me laissais aller et après je faisais la fête mais je continuais à faire du sport tout le temps mais en fait j'ai une tendance à prendre du poids moi j'ai fait 100 kilos j'ai commencé le travail je faisais 100 kilos

Loïc c'est ce que tu partageais dans ton épisode dans l'épisode de la dernière fois la course révélation je me rappelle bien t'as fini avant dernier je crois et t'étais à plus de 100 kilos

Nahuel c'est ça, avant dernier donc j'ai une tendance à prendre du poids je suis épicurien donc ça je suis vraiment content de m'en aller de sortir de cette spirale même au cours du DU j'ai échangé pas mal avec les autres étudiants à ce sujet là parce qu'il y a encore assez peu de retours mais toi tu le sais parce que tu l'as vécu mais ça va loin ça a été très loin donc maintenant tu vois même après le Ramsey j'ai pu enchaîner ce qu'on a fait ce week-end le GR26 de faire 180 bornes et 14 mm de D+, en 50 heures parce que j'ai dû reprendre 1 ou 2 kg après le round mais rien de j'ai repris un équilibre de poids de 1 ou 2 kg en étant affûté ou en période où tu fais la brinque

Loïc et qu'est-ce que t'as changé concrètement pour mieux gérer ton alimentation et éviter les effets yo-yo extrêmes qu'il y avait avant ?

Nahuel Je m'interdis de faire des diètes importantes. C'est que je mange équilibré. Déjà, je repassais à trois repas par jour parce qu'à l'époque des diètes, je ne faisais que deux repas. Je déjeunais le matin, je mangeais le midi et jeûne intermittent tous les jours jusqu'au lendemain. Donc ça, je m'interdis de le faire. Ou une fois, occasionnellement, quand j'ai du boulot mais j'ai recentré j'ai recentré mon alimentation et surtout je mange plus de lipides c'est qu'avant je faisais n'importe quoi la course à éviter les lipides la course aux calories et là clairement de manger tout ce qui est équilibré de tous les nutriments c'est ça la clé sans manger trop sans se prendre la tête je me suis racheté une balance alors que je m'étais interdit de le faire et je me suis pesé mais il n'y a plus la dictature de la balance de me dire je me suis privé de tout, j'ai encore pris du poids je ne perds pas assez non, je me suis dit tu fais le job, de toute façon physiologiquement le corps il te rend ce que tu lui donnes donc tu fais le job, tu fais au mieux tu te prives de rien et ça a fonctionné mais c'est quelque chose que je travaille depuis par rapport à mes problèmes, j'ai tiré la solenne d'alarme en 2018 parce qu'on s'est rendu compte en fait que mon corps il se nourrissait de mes muscles et de mon squelette pour avoir assez de nutriments parce que je m'en fournissais pas assez donc en fait en gros depuis 2018 j'essaye de rééquilibrer les choses et en fait j'ai rééquilibré les choses mais j'arrivais pas à être performant et là c'est la première fois où je me sens performant en ayant équilibré les choses donc ça c'est top je peux dire que je suis enfin sorti de cette spirale très négative

Loïc bravo c'était pas prévu au programme du podcast

Nahuel c'est ça

Loïc j'ai sauté sur l'occasion je suis bien avec toi merci pour ça d'être aussi transparent sur le sujet l'alimentation et les potentielles dérives quand t'as eu du haut niveau ou juste la recherche de la performance c'est quand même un vrai il me semble que c'est quand même un vrai sujet dont on parle assez peu, donc comme tu l'as mentionné je me suis dit il y a peut-être des choses intéressantes à apprendre allons creuser non mais clairement

Nahuel je ne parlais que de l'aspect physiologique mais après l'aspect social, il y a tout qui est en 3 jeux c'est que tu te désociabilises tu perds des amis tu te sépares ça peut aller très loin c'est un cercle vicieux dans lequel c'est très difficile de sortir donc si mon témoignage il peut aider ou s'il y a des gens qui veulent échanger par rapport à ça franchement qu'ils n'hésitent pas parce que moi j'ai aucun tabou là dessus de toute façon j'ai toujours assumé tout ce que je faisais dans la vie donc là clairement si je peux passer un message c'est vraiment parce que tu vois je voyais dans les teams dans les teams elite dans lequel on était on en discutait un peu mais ça reste en off ça reste inside donc moi j'ai vraiment pas de soucis là dessus à en discuter parce qu'il y a des vraies dérives

Loïc ouais trop bien bravo pour ça et merci s'il y a des gens qui se sentent concernés, intéressés par le sujet Nahus rendispo merci pour ça Nahus ok donc si on fait un petit résumé du coup du Ramsey Round globalement ça s'est super bien passé un défi sur lequel tu t'es lancé en étant au meilleur de ta forme. Tu enchaînes avec un week-end de récup de 180 bornes et 10 000, 14 000, c'est ça ? Des plus ? 14 000, ouais. Voilà, histoire de dérouler un peu les jambes. Donc, clairement, ça semble être un défi qui s'est super bien passé. Du côté du partage, tu nous expliquais qu'il y avait deux personnes dont c'était vraiment le taf qui sont en train de préparer du contenu. à quoi est-ce que ça va ressembler ce qui arrive ?

Nahuel ça va ressembler avec un reportage d'un Nature Try du mois de décembre avec les photos de David ça va ressembler à un film un ou deux courts métrages de Cédric qui sera dans un premier temps accessible uniquement aux personnes qui ont participé au cours de ligne mais après qui seront en ligne dans un second temps pour tout le monde et après ça sera aussi un album photo collector pour tous ceux qui ont participé à la campagne de crowdfunding. Voilà un peu les prochaines échéances médiatiques de ce projet.

Loïc Trop bien, trop bien. Excellent. Donc, tu disais le Paddy Buckley, le dernier des trois, potentiellement l'année prochaine. Comment est-ce que tu l'approches ? Est-ce que tu te donnes une deadline à partir de laquelle tu décides d'y aller ou pas ou ce sera sans plan sur la comète au feeling comment tu le sens

Nahuel c'est déjà décidé c'est déjà décidé on y va et après on ajustera juste la date et même à tout moment je me suis dit tu prends un billet d'avion et tu vas rejoindre tes potes qui le font avec les liaisons à vélo mais malheureusement c'est pas possible là clairement après on va voir tu sais la montagne je sais pas si je serai encore là l'année prochaine mais si je suis encore là l'année prochaine c'est sûr que j'irai en septembre, juin je sais pas mais en fonction des personnes qui m'accompagnent, parce que c'est toujours important de le partager, c'est vraiment quelque chose que j'affectionne donc en fonction des personnes qui m'accompagneront et de leur disponibilité on choisira la date et on ira faire ce troisième round

Loïc génial, du teasing je pense qu'on aura un épisode débrief du Paddy Buckley et du challenge complètement terminé si jamais dans les auditeurs et les auditrices il y a des frappés qui ont envie de se lancer sur ce genre de challenge et en particulier sur le Bob Graham ou le Ramsey qu'est-ce que tu recommanderais ce serait quoi tes conseils par rapport à ce que tu as vécu

Nahuel d'échanger déjà de me contacter quand on discute je me ferais un plaisir de leur transmettre les cartes de leur transmettre toute mon expérience par rapport à ça clairement moi je le fais ces rounds je l'ai fait dans l'espoir d'attirer le plus de monde possible sur ces rounds de faire découvrir pratiquant d'ultra-endurance en France ces rounds et je suis vraiment ultra content quand je vois Maria s'émergeant Brunilde et toute son équipe des amis très très solides de Toulouse qui ont été tenter le Bob Graham quand je vois mes potes qui vont essayer de tenter les trois avec les lésons à vélo, je crois que Rémi Gégard et le journaliste il va tenter pas d'y buckler maintenant je crois ou je sais pas et moi qui est un peu cette émulation autour de ces rounds c'est cool parce que je suis pas un porte-drapeau mais j'aime le partage et c'est vraiment quelque chose qui a du sens, donc à l'heure où les cours sont de plus en plus aseptisés ou les gens ont découvert les off parce qu'il y a quelques années quand je faisais des off on me prenait pour un taré maintenant c'est démocratique mais ouais c'est vraiment à notre époque où tout est un peu aseptisé tout est un peu parce que l'essence du travail souvent moi je vois quand je parle avec des traits des ultra trailers tu fais ça pourquoi mais pour la liberté sauf que quand tu es organisateur il manque une balise tous les deux tous les 20 mètres et tu te fais rentrer dedans parce qu'il manque une balise tous les 20 mètres alors au niveau liberté on repassera et là pour le coup c'est vraiment c'est vraiment de la liberté c'est de l'authenticité c'est de la vraie montagne quoi c'est vraiment c'est tout ce que moi ce que la montagne peut m'apporter, tu le retrouves là-bas.

Loïc Il y a l'équivalent en France et notamment du côté de chez toi de ce type de course, des rounds de 24 heures. Il y a des Catalans,

Nahuel des amis Catalans qui ont créé un round que nous allons faire en 24 heures. Mais là, clairement, c'est vraiment de l'Alpi-Roni. Ça fait 65 km et 6500. On est en train de repérer tous les tronçons là et on risque de le faire peut-être cet été ou l'année prochaine. Mais là, pour le coup, c'est vraiment encore plus Alpi. Là clairement Ramsey, Bob Graham ça reste du try Avec quelques passages engagés Mais là ce que les Catalans ils ont fait D'ailleurs on passe à la pique des stats Sur le parcours de la pique à pique Mais c'est vraiment de l'alpi running Donc ça on le prépare comme il se doit Ce week-end on faisait soit le GR26 Soit on faisait ça Donc on a préféré faire plus long Donc ça prend forme Tous ces défis En sub 24 heures Donc c'est cool parce que ça ouvre de nouvelles possibilités des nouvelles opportunités donc ça c'est toujours intéressant sauf qu'en France le problème c'est que la législation fait que si tu commences à organiser ça, s'il y a le moindre pépin sur ton truc là c'est pas je pense pas que ça soit possible de le reproduire en France parce que l'aspect responsabilité en France il faut un coupable et si moi je lance, j'y ai pensé de lancer des randes et tout ça mais si c'est, qui est le porteur de projet qui est la personne qui, ah bah c'est telle personne moi si il y a un pépin c'est telle personne le responsable sauf que ce soit en Angleterre ou en Catalogne ou en Espagne la population n'est pas infantilisée comme chez nous et on sait ce que ça vaut une décharge de responsabilité sauf qu'en France même si je ferais signer des décharges de responsabilité sur des projets que j'ai comme ça et bien ça n'aurait pas de valeur

Loïc je ne savais pas qu'il y avait une différence qu'il y avait des contraintes légales à ce point du côté organisation d'événements mais c'est intéressant parce que toi tu es carrément là dedans c'est ce que tu fais avec la pika pika c'est ça ou avec la riégeoise

Nahuel c'est mon job et là tu te rends compte à quel point la machine c'est même une machine judiciaire maintenant ce qui quand elle se met en route c'est très compliqué moi j'ai beaucoup de projets, tu vois les dernières en off on avait fait le torn donc un 300 km avec 30 000 de dénivelé sur les 3 pays des Pyrénées avec les plus hauts sommets et j'aimerais l'organiser en off comme une PTL l'année d'avant j'avais fait un 150 km et 15 000 sur Atrave de mes rêves pareil une pika pika améliorée parce que dans le cadre de l'organisation du Mont Calme on ne pourra jamais l'organiser parce que c'est trop compliqué moi j'aimerais l'organiser moi même mais le problème c'est que les responsabilités elles sont trop grosses en France pour le coup tu vas en Catalogne, tu organises ça un coureur en Andorre il te fait une décharge de responsabilité comme quoi il est conscient qu'il peut mourir à chaque fois qu'on a une montagne on peut mourir, c'est le jeu c'est comme ça sauf que dans ces pays là ça a une vraie valeur juridique et en France même si les personnes sont consentantes si si elle m'en repère pas c'est toi qui traque ok ouais ok donc il y a toujours des moyens de contourner de faire des événements de moins de 100 personnes de faire des mais voilà là clairement c'est un frein donc peut-être un jour je me lancerai à lancer le TORN à à lancer sur la trace de mes rêves parce qu'en fait là ce qu'on a fait ce week-end le GER26 c'était créé par mes amis qui ont créé Health c'est les 7 sommets de l'Andorre à plus de 2900 mètres qu'on doit faire librement aussi comme ça en moins de 24 heures et ça malheureusement ça a disparu que j'aimerais si eux, si Matt et Carles qui vont nous écouter ils sont prêts à relancer la machine ouais j'aimerais les aider parce que c'est des courses qui nous manquent c'était le patrimoine de Montagnard qui s'est perdu donc c'est dommage parce que moi c'est ma vision des choses c'est ce qui me motive c'est ce qui me fait lever tous les matins, c'est ces aventures et d'ailleurs c'est ce que j'adore avec la Pika Pika et la Picariège, c'est que grâce à l'organisation du Challenge du Montcalm, ils ont réussi à créer des formats de course qui sont totalement différents une Pika Pika, dont le départ quand le podcast sera en ligne, ça sera fini mais le départ sera bientôt c'est 109 km et 11500 mètres de dénivelé positif c'est du jamais vu mais on a réussi notre range tout le monde pensait que c'était pas jouable que c'était pas possible mais ça a vraiment trouvé sa cible et d'ailleurs ce qui est révélateur c'est qu'à notre époque où les ultra-tracks perdent des concurrents tous à part l'UTMB et bien nous on arrive à avoir plus de 200 coureurs sur une telle distance parce qu'on fait quelque chose de différent c'est peut-être une chose qui vous pousse à toujours faire les choses différemment des autres peut-être mais là clairement c'est ce qui m'anime tous les jours

Loïc excellent c'est assez marrant d'ailleurs parce que maintenant que je commence à avoir eu pas mal d'invités notamment du trail sur le podcast je savais pas que tu connaissais Maria Semergian que j'avais eu au tout tout tout début et il me semble que Vanessa Morales sera au départ de la pika pika

Nahuel Vanessa elle s'est fait mal au doigt de pied elle m'a envoyé sur la radio elle s'est luxée en doigt de pied mais je crois qu'elle va serrer les dents et elle va être au départ de la pika pika donc ça c'est cool et Maria aussi que je salue et Maria qui sera et qui nous fera du balisage à la Pika Pika aussi on est une grande famille je crois que Maria est pour ce week-end un gros ultra en Suisse et elle me dit pour la récup moi je serai là, je baliserai tous les ans elle vient baliser ou faire Serfil je crois qu'elle fera Serfil cette année donc ça c'est cool, ce partage cette solidarité montagnarde, c'est cool

Loïc Maria je l'avais contactée justement parce qu'il me semblait je ne sais plus pourquoi j'avais en tête qu'elle serait peut-être sur une des courses de l'UTMB et elle m'avait dit qu'elle faisait je sais plus un ultra en Suisse un ultra en Suisse attends c'est quoi je sais plus elle sera en Suisse je suis plus assez connecté au ultra pour te dire le monde de la montagne est petit ouais c'est ça trop bien franchement un grand merci Nahu sur quoi est-ce que tu te concentres entre maintenant et le Paddy Buckley, est-ce qu'il y a d'autres défis qui arrivent pour préparer le dernier round ou pas forcément ?

Nahuel Oui, si, si. Alors moi, mon gros rêve l'année prochaine, ce serait de partir faire Nolan 14 dans le Colorado. Ça, ça fait plusieurs années qu'on tourne autour et que malheureusement, on n'y arrive pas. Ça, ce serait vraiment mon gros rêve qui continuerait. C'est la même dynamique, c'est le même défi. C'est pareil, sauf que là, il faut faire en moins de 64 heures parce que c'est encore plus difficile. mais donc ça si ça peut se goupiller l'année prochaine ça c'est vraiment un gros objectif sinon là l'actualité ça va être de réussir une belle pika pika de prendre un peu de temps en famille parce que je travaille beaucoup donc ça prendre un peu de temps en famille pour recharger un peu les accus et après j'ai envie de faire un peu de vélo peut-être les sets majeurs ou des défis en gravel et voilà quoi et pourquoi pas pourquoi pas, tu en as parlé tout à l'heure la Spine Race, parce que même si c'est une course qui n'est pas trop en altitude, qui n'est pas trop en fait tous les gens les Spineurs ils s'appellent, les mecs ils l'ont réussi en fait ça fait une grosse communauté et j'ai pas mal d'amis qui l'ont fait et en fait ces mecs là quand je les vois parler de la Spine Race entre eux je vois dans leurs yeux qu'il s'est passé quelque chose à cette course à cette aventure et pourquoi pas, je ne dis pas non alors pour le coup c'est 400 km et que 10 000 de dénivelé ou 15 000 mais les conditions météo c'est une vraie aventure, pour arriver à changer avec tout le monde, donc pourquoi pas je ne ferme pas les portes à ça et après peut-être qu'un jour je remettrai un dossard mais c'est les seules courses qui me feraient remettre un dossard ça serait la traversée Picos d'Europa Campfranc-Campfranc ou la PTL

Loïc ok, ok, trop bien je faisais un épisode ce matin avec une équipe de la PTL de l'année dernière qui malheureusement ils se sont fait arrêter à 23 kilomètres de l'arrivée et ils n'attendaient qu'une chose aussi par rapport à ce que tu disais avec les Spiders quand ils en parlaient tous les trois Vincent, Thibault et Louis tu sens vraiment que s'ils peuvent prendre un dossard demain pour la refaire cette PTL ils le font donc c'est assez rigolo de voir comment certaines courses un peu rustiques tu vois marquent visiblement les gens assez fortement

Nahuel clairement mais ça c'est comme dans tout, à partir du moment on est dans un environnement hostile on devient plus solidaire donc les valeurs humaines sont exacerbées dans ces cas là et clairement la PTL je l'avais ressenti aussi parce qu'en plus la PTL quand j'aurais dû la faire j'avais été forfait de mon côté mais avec David Gontier le photographe qui était avec nous on l'avait suivi parce qu'il devait suivre notre équipe on avait fait un reportage pour Nature Trail et c'était cool parce que ça avait mis en projecteur dans un grand média trail mais cette PTL et cette aventure extraordinaire que tu vas vivre et qui fait que après c'est comme le Fourier en Andorre c'est une grande famille après c'est une grande famille

Loïc génial tiens nous au courant pour la Spine si vraiment ça se présente je crois que pour 2023 ça a l'air d'être un truc de fou la demande sur cette course parce que j'ai regardé en avril cette année pour 2023, donc avril 2022 pour janvier 2023 et c'était déjà complètement plein donc j'ai l'impression qu'elle est assez populaire quand même en tout cas très demandée

Nahuel c'est clairement dans le monde de l'ultra-endurance c'est une course légendaire il n'y a qu'en France qu'on ne connait pas trop mais c'est vraiment une course de légende quand tu fais de l'ultra-endurance c'est une course de légende

Loïc ouais ok bah écoute tu nous diras à quoi ça ressemble et tu parlais du vélo peut-être avant de finir la dernière fois qu'on avait échangé donc à avril 2021 je crois que tu avais déjà commencé le vélo à ce moment là et un truc qui m'avait fait sourire c'est que tu me disais que tu n'avais pas encore investi dans un vélo et tu utilisais le vélo de ta belle-mère qui n'était pas vraiment à ta taille ni non plus un vélo comme on peut en trouver dans des boutiques spécialisées carbone, machin, hyper léger aujourd'hui tu as investi ou tu es encore avec les moyens du bord ?

Nahuel c'est vrai que je suis fait des bambées de 300 bornes avec le vélo de ma belle-mère taille S, hiplo plateau on aurait dit un crapaud sur une boîte d'allumettes d'ailleurs il y a eu un reportage je crois que c'est dans le cycle sur un projet d'ultra bail que j'ai fait en Ariège et il y a la photo on dirait vraiment un crapaud fait une botte d'allumettes et non j'ai investi dans un gravel donc ça me permet de faire de la route et du gravel donc je change les routes et voilà je me suis fait des bonnes petites aventures l'année dernière j'étais de mariage au mois d'août après la pika pika à Paris mais je suis parti d'Ariège je suis monté à Paris une fois je suis tapé 780 bornes je sais pas j'ai dû mettre 42 heures à la fin dans la bosse je voyais des barres rocheuses pour te dire à quel point j'étais satellisé excellent après ce qu'on fait pas mal c'est avec mes amis on fait des home pick home on s'amuse à partir de chez nous à vélo on pose les vélos en bas des montagnes on va faire les sommets on revient à vélo il y a tellement de choses ça ouvre tellement de possibilités le vélo surtout avec ces gravel là moi je mets mes pneus de route à tout moment, comme là j'ai l'ambition de faire les 7 majeures je le fais en gravel avec des roues de route ça me suffit de l'argent et dès que tu changes les roues tu vas faire du gravel en plus on peut en faire du gravel engagé on peut faire du gravel sur des pistes mais on peut faire du gravel un peu type PVTT le mot vélociste il aime pas trop parce qu'il me rappelle souvent c'est un gravel que t'as, c'est pas un enduro quand il voit l'état de mes disques mais ça ouvre la possibilité à énormément de liberté et comme dans tout ce que je fais la liberté et l'aventure me guident donc voilà le vélo de belle maman est sur le home trainer ça marche

Loïc en tout cas il est toujours en utilisation c'est cool

Nahuel ah ouais j'ai découvert pour mon après covid un truc que j'aurais jamais cru faire j'ai fait du home trainer avec Zwist et en fait ça m'a permis de reprendre l'après covid le problème c'est qu'après deux semaines de Zwist j'ai fait 150 bandes encore une fois c'était pas une super idée donc le jeu de Balméamor est toujours là

Loïc ok bon à savoir on arrive au bout un grand merci Nahu pour tout ce que t'as bien voulu partager avec nous c'est juste ouf ce défi que t'as mené à bien le Ramsey Round franchement c'est assez impressionnant la façon dont tu l'as géré et puis finalement que tu te sois donné les moyens de tes ambitions hâte de voir ce que ça va donner pour le pas débuclé tu viendras nous faire le débrief complet et puis d'ici là excellente préparation et puis on échange très rapidement

Nahuel régale toi bien à la PTL, un grand merci à tous les auditeurs et surtout parmi les auditeurs certains veulent des informations sur ces rangs ou qui veulent échanger sur la Pika Pika ou sur quoi que ce soit qui n'hésitent pas à me contacter il y aura mes réseaux en ligne

Loïc yes absolument je mettrai tout ça en description de l'épisode merci beaucoup Nahu très bonne fin de journée à toi et à une prochaine du coup allez à très vite ciao ciao Sous-titrage Société Radio-Canada

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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