Vincent Les frappés de la vie Les frappés de la vie Les frappés de la vie Tu sais, en fait, quand tu fais ce genre de truc, t'as mal un peu partout. T'as les tendons qui gonflent, t'as mal aux chevilles, t'as mal aux genoux. Et en fait, tu l'intériorises parce que tu te dis, je ne vais pas embêter l'autre avec mes petits soucis. Et en fait, je pense qu'à force de rester dans cette dynamique-là, tu passes à côté de ce genre de truc qui peut être plus important.
Loïc Hello, hello ! C'est Loic Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables, issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous Les Frappés ! Et bien c'est parti ! Bienvenue Louis, Thibault et Vincent sur le podcast. Salut ! Merci pour l'invite. Merci ! Très très content de vous recevoir tous les trois aujourd'hui. Alors Vincent c'est un peu un comeback, on a déjà eu un épisode que toi et moi. J'ai eu la chance de t'avoir en individuel pour nous parler de la PTL. Mais la PTL comme tu nous l'avais expliqué, ça se fait en équipe, deux ou trois. En tout cas maintenant, je ne sais pas si avant c'était différent. On pouvait la faire solo à un moment donné ? Je ne crois pas.
Thibault Je ne crois pas. Je sais que ça a changé sur le côté deux et trois. Enfin et ou trois. Mais il y a une période où ça n'a été que deux, mais ça n'a pas duré longtemps là, juste avant le Covid. Maintenant, c'est trois ou deux.
Loïc Ok, ok. En tout cas, tu nous avais raconté ta course à toi, mais vous étiez bien trois. Super content qu'il y ait Louis et Thibault, les deux compères de Galère de la PTL avec nous aujourd'hui. Et peut-être qu'on peut commencer d'ailleurs par les présentations. Louis et Thibault, s'il y en a un qui veut se lancer, nous expliquer un peu votre parcours sportif et comment vous en êtes arrivé un jour à vous dire, allez go, je pars avec les deux autres moustiques sur un format de course complètement dingue.
Louis Ok, donc moi je m'appelle Louis, j'ai 33 ans, j'ai un parcours un peu similaire à celui de Vincent. Donc je viens plutôt des sports collectifs où j'ai fait beaucoup de foot. J'ai pratiqué plusieurs sports et je suis arrivé sur les sports d'endurance plutôt tardivement. En fait, c'est un peu Vincent qui m'a initié. On l'a vu faire les différents formats TDS et du coup forcément j'ai fait quelques baroudes avec lui. Et du coup, ça m'a donné envie justement de faire vraiment des courses longue distance. Donc je me suis inscrit sur la Saint-Élion qui est un format un peu intermédiaire qui permet de basculer, on va dire, d'une course classique un peu style marathon, un peu vraiment dans la distance un peu plus longue. Ensuite, j'ai fait l'étampelier, le 100 km. Et ensuite, j'ai voulu monter et je suis passé sur la Diagonale des Fous donc en 2019. Et donc à la suite de cette course, Thibaut nous a passé un coup de téléphone et Thibaut nous a motivé pour qu'on s'inscrive sur la PTL. Donc l'année d'après et puis la suite, on voulait Ticra juste après où il y a eu le Covid, ça a été repoussé. C'est comme ça que je suis arrivé sur la PTL donc avec Thibaut et Vincent.
Loïc Excellent. Excellent. Donc Saint-Élion, Templier, Diagonale. Ok. Ça fait une belle montée en puissance quand même en termes de distance. Je pense que j'ai sauté quelques étapes en effet. Excellent. Merci Louis pour l'intro. Thibaut ?
Vincent Ouais, bah écoute, moi je viens du même village que Louis et Vincent. Donc en fait, on se connaît depuis toujours mais je n'ai pas fait de sport co avec eux. J'étais plutôt solitaire en mode judoka dans mon club. Et puis je suis venu aussi tardivement sur les cours d'endurance. Donc plutôt à la fac quand je suis arrivé en fac de sport. Et puis là, nos anciens, nos parents, ils faisaient des trails, ces trucs qu'on considérait comme un peu fou là. Et puis on s'est dit, bah allez, pourquoi pas, on va faire deux, trois. Et puis je suis allé aussi assez vite dans la progression. J'ai commencé par Saint-Élion aussi. Et puis après, ça a été CCC-TDS. Et puis en 2016, l'Échappée Belle qui était pour moi la course la plus dure et la plus incroyable que j'ai jamais faite de toute ma vie. Et après l'Échappée Belle en 2016, je me suis dit, ouais, plus jamais, c'est pas pour moi. C'est vraiment un truc de fou. Alors voilà, j'ai mis deux mois à me remettre. Et puis encore six mois après, j'avais parcouru. C'était vraiment un truc.
Loïc Ah ouais.
Vincent J'avais plus du tout envie de refaire ça. Et puis les deux loustiques là, Louis et Vincent, ils se sont mis à faire aussi du trail. Et puis à partir à La Réunion. Et puis à La Réunion, pendant qu'ils étaient, je les ai un peu suivis. Et puis je me suis dit, putain, mais c'est vrai que c'est trop bien en fait ces trucs. Et donc du coup, je les ai appelés derrière et puis on y allait quoi.
Loïc Ok, excellent. C'est marrant de voir que les similitudes un peu, en tout cas Thibault et Louis dans vos parcours, cette espèce de montée en charge un peu exponentielle dans les distances et les difficultés qui vous amènent du coup jusqu'à la PTL. Et Thibault, par curiosité, comment t'as entendu parler de la PTL ?
Vincent Eh bien, de la même manière que Vincent, les anciens qui sont autour de notre village, eux, ils en parlaient beaucoup. Et puis notamment un qui s'appelle Roland Pauly, là, qui a fait plein de courses incroyables. Et puis on l'avait suivi. On était à Chamonix quand il était arrivé et l'émotion était juste incroyable. Donc je m'étais dit qu'un jour ça se ferait. Mais voilà, après l'échappée belle, j'avais un peu laissé tomber.
Loïc Ouais. L'échappée belle, est-ce que tu peux peut-être nous refaire un petit brief ? J'ai eu un invité, Thomas Rémy, qui l'a fait. Je pense que Naïl Pastrath, il avait fait aussi. Mais est-ce que tu peux nous rappeler peut-être les distances dénivelées et ce qui fait que c'est une course super difficile ?
Vincent Ouais, alors je pourrais pas te redire avec précision. J'en crois que j'allais voir si c'est internet. Mais en gros, c'est 150 bornes et puis un peu plus de 10 000 de dénivelées. Ou 12 000. Mais c'est surtout que c'est pas... C'est énormément de pierriers. C'est dans le massif de Belle-Dône, donc entre Grenoble et puis Albertville. Et donc une difficulté technique qui est très importante. Et donc difficile de se relâcher et de courir en mode, que je trottine et puis il se passe pas grand-chose. À l'UTMB, on peut faire ce genre de choses. Là-bas, c'est pas possible. Et en ça, ça ressemble vachement à l'Aptel. C'est une course qui est très technique, je trouve. D'accord. D'ailleurs, ça se voit sur les temps de course. Ces temps de course sont pas du tout les mêmes qu'à l'UTMB.
Loïc Oui. Oui, c'est vrai que généralement, tu le vois quand tu vois les chronos. Je crois que c'est... Combien de temps l'a mis ? Je crois que c'est Sylvaine Cusso, qui a publié une sortie sur Insta hier ou avant-hier. Et il me semble qu'elle a mis 6 heures pour faire 25 km, un truc comme ça. Mais à La Réunion. C'est vrai, quand tu vois 6 heures pour 25 km, tu te dis, ah oui, bon, ça devait pas être particulièrement roulant.
Vincent Oui, ça pique. C'est pas forcément la raideur. C'est vraiment ces terrains qui sont très accidentés, ces cailloux qui roulent. C'est... Oui, il y a... Enfin, dans le massif du Mont Blanc, on a des racines. Mais en fait, les racines, on pose le pied dessus, ça tient quoi. Les cailloux, ça tient un peu jamais. C'est brûlant.
Loïc Oui. Ok. Donc, l'échappe est belle. Ok, ok. Génial. Du coup, à partir du moment où le coup de fil de Thibaut se fait, il vous faut combien de temps pour vous dire, ok, bingo, on y va, on le fait tous les trois, on dépose un dossier et on commence l'entraînement ?
Louis En fait, c'est ce qu'expliquait un peu Vincent. Les contraintes, c'est que c'est un avantage comme une contrainte, c'est la course en équipe. Donc, potentiellement, il faut trouver deux autres personnes d'un peu près du même niveau. Et du coup, forcément, au début, on savait que c'était un peu précoce de s'inscrire, comme tu l'as expliqué Loïc, et on a sauté pas mal d'étapes. Et on savait que c'était un peu tôt pour nous, peut-être, de faire la pétale. Mais en même temps, on réfléchissait avec Vincent et on se disait, Thibaut, c'est qu'on est les trois plutôt en bonne forme, on a plutôt des niveaux similaires, on a envie de le faire, donc on sautait le pas. Donc, c'est ce qui fait qu'à un moment donné, on savait que c'était un peu tôt, mais pour autant, on savait que les contraintes faisaient qu'il ne fallait pas trop qu'on réfléchisse parce que ça n'allait peut-être pas se reproduire.
Loïc Saisir l'opportunité. Exactement, oui. OK. Et du coup, dès le début, quand vous vous êtes dit, OK, c'est parti, on y va, comment est-ce que vous êtes organisé ? Est-ce que vous avez tout de suite structuré la phase de préparation ? Est-ce que vous avez établi un calendrier de quand vous vous retrouvez, quand vous vous entraînez ensemble ? C'était quoi votre approche ?
Louis En fait, la première année, avec le Covid, ça a été un peu compliqué parce que forcément, on s'inscrit, il me semble, au mois de janvier, février. Donc, on voulait commencer la prépa à partir du printemps. La prépa ensemble, on osait chacun nos entraînements de notre côté. Donc, on voulait commencer à se préparer ensemble à partir du printemps. Il y a eu le Covid, donc forcément, on a mis un peu en stand-by puisqu'on n'avait pas forcément de visibilité sur la course. Et au final, très rapidement, et ça, c'est ce qui était plutôt bien, c'est que très rapidement, ils ont annulé le festival de Chamonix. Donc, toutes les courses du TMB ont été très rapidement annulées. Et ce qui a fait qu'en fait, on a pu faire autre chose en préparation pour l'année prochaine. On a quand même fait pas mal de montagnes l'été. Donc, c'était l'été 2020 en préparation que la course se fasse en 2021.
Loïc D'accord. OK. OK, OK. Et côté répartition des rôles, est-ce que c'est quelque chose qui a été très clair dès le début pour vous ?
Louis Bah, pour nous, très rapidement, en fait, c'était plutôt Thibaut qui était à l'initiative du projet. Donc, c'était notre capitaine. Après, on savait que Thibaut et Vincent, clairement, en montagne, avaient beaucoup plus de facilité que moi. Moi, clairement, j'étais plus en difficulté sur la partie montagne. Donc, en fait, on se répartissait. Je pense, vous me dites Thibaut et Vincent, mais plutôt les rôles en fonction de nos prédispositions. Enfin, Thibaut, c'était plutôt celui qui était à l'initiative. Donc, très rapidement, c'était le capitaine. Et Vincent avait quand même pas mal de connaissances en montagne. Du coup, il était vraiment là en soutien avec Thibaut. Et moi, j'étais plutôt en suiveur. Oui, c'est ça.
Thibault Après, en plus, Thibaut, c'est quand même le plus fort de nous trois. Donc, son expérience en montagne, ce qu'il avait fait plus le fait qu'il soit le meilleur, ça justifiait le fait que, voilà, c'était lui le capitaine d'équipe, c'est lui qui a construit le dossier, c'est lui qui nous a motivés. C'était franchement assez facile à prendre comme décision, comme choix à faire. Après, on a vu dans les premiers entraînements qu'il fallait corriger deux, trois petites choses sur la communication. Mais après, ça a été bien fait. Franchement, ça s'est vraiment... Sur la PTL, ça s'est bien passé, vraiment bien passé.
Louis Oui. Mais je trouve que peut-être que l'année Covid nous a fait énormément de bien. Parce qu'on a pu faire des belles sorties en montagne qu'on n'aurait peut-être pas pu faire si la course s'était déroulée en 2020. Et du coup, ça nous a permis de rectifier un peu les éléments sur le matériel, sur les rôles que chacun doit apporter dans l'équipe. Et du coup, je pense que c'était plutôt une bonne chose. Oui. Je suis assez d'accord. Oui.
Loïc Quelque part, une pause forcée, mais pour mieux rebondir, mieux vous préparer. Je ne vous cache pas que si on avait eu six mois de plus de notre côté, parce que nous, on s'est inscrits, on prend le départ dans une semaine et demie au moment de l'enregistrement. On est quoi ? On est mi-août ? Oui, c'est vrai, presque. On s'est inscrits en janvier. On a eu la réponse, je crois, début février. Donc, ça fait un peu short. Les six mois, on verra ce que ça donne. Je vous ferai un débrief post-PTL. On espère. On espère. Oui. Mais j'imagine que l'année supplémentaire, quelque part, a fait du bien pour affiner, aller plus dans le détail, vous entraîner ensemble, tous les trois, et aller encore plus loin dans la prépa.
Vincent Quand tu as un objectif, c'est, enfin, OK, on le prépare, on se dit, il faut qu'on soit prêt, mais c'est souvent qu'on repousse. Et tu vois, en fait, là, tu nous disais juste avant, au final, vous avez fait une sortie ensemble avec ton groupe. Mais c'est ce qu'on craignait aussi, c'est que, OK, il y a l'objectif qui est en août, mais quand tu es en février et quand tu es en mars, tu dis, ouais, c'est bon, j'ai le temps. Oui, exactement. Et puis, en fait, tu te rends compte que quand tu es trois, arriver à caler des week-ends ensemble, c'est super dur. Et il ne faut pas hésiter à le prendre super tôt. Et là, on a réussi à en faire trois gros week-ends ensemble. Mais c'est vrai que peut-être, on aurait pu en faire un peu plus si on s'était pris à peine plus tôt, parce que le premier week-end, ça devait être au juin, je crois. Donc, au final...
Louis Oui, et puis en plus de ça, Thibon, on a eu la contrainte de la météo, où il y avait un enneigement qui était assez important cette année-là. Et du coup, on avait vraiment pour en tête de repérer au maximum le parcours. Et c'est vrai qu'au vu de l'enneigement, en fait, on a repoussé. Je crois que c'était ça, Vincent et Thibon.
Thibault Ça, plus le Covid par rapport aux transferts dans les pays étrangers, ces deux paramètres-là, ça nous a empêché un peu de repérer. On a repéré en fait que la partie française, qui était la partie finalement la moins technique et la plus rapide. Et en plus qu'on connaissait déjà un petit peu. Alors que bon, peut-être qu'il y aurait eu intérêt à repérer les autres parties. Mais bon, voilà. Après, moi, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi, la veille de la course, j'étais confiant pour nous. Je pense vraiment qu'on était prêts. Il y a deux, trois petites erreurs, notamment le repérage. Je pense qu'il aurait fallu peut-être qu'on connaisse encore mieux ces passages-là, les passages compliqués de la course. mais ça, on était un peu contraints par le Covid et l'enneigement. Mais sinon, je pense qu'on était prêts. Je pense maintenant, même malgré une forme d'échec, on était quand même prêts. Je ne changerais pas tant de choses que ça en prépa.
Louis Oui, c'est sûr que sur la prépa collective, après, on était plutôt bien, je pense.
Loïc Oui, il y a dû manquer un petit truc, mais voilà, on cherche encore. C'est ce que j'allais vous demander aujourd'hui sur cette phase de préparation avec du recul. Est-ce que vous auriez changé quelque chose ? Alors, visiblement, Vincent, toi, tu disais non. Si c'était à refaire, c'est la même chose.
Thibault Pas par le repérage, vraiment. Le repérage, il aurait fallu faire la première journée jusqu'à Rola, les 55 premiers kilomètres. Si on les avait vécu, ce n'est pas la même chose. Il y a les étapes difficiles, il fallait les repérer. D'ailleurs, j'en avais parlé la première fois qu'on s'était vu, au premier podcast. Mais les équipes que je connais qui l'ont terminée, bien terminée, sont souvent des équipes qui l'ont repéré presque en entier avant. Quand on entend les premiers, ils repèrent quasiment tout, ils connaissent tous les passages. Ceux qu'on a croisés sur la course, les Kikourou, les autres équipes, ils avaient repéré la plupart des passages. Alors, pas toujours tous ensemble, mais au moins une personne de son côté avait repéré et donné des indications aux autres. Et puis, ça permettait de voir vraiment… Je pense que la première étape, elle était tellement compliquée, c'était tellement pierrier, c'était tellement difficile que le fait de l'avoir vécu, ça nous aurait peut-être aidé pour la suite. Mais après, peut-être la deuxième chose pour nous, je pense, c'est aussi… On a peut-être pas fait assez, alors ça reste mon avis, on va voir ce que pensent les autres, mais on a peut-être pas assez baroudé la nuit, on n'a pas assez fait d'enchaînement, je pense. On a fait des grosses, grosses journées et après en rentrant le soir un peu de manière confortable, et vu que la course est très, très rustique, on aurait dû faire de l'enchaînement de 2-3 jours, des fois. Si j'essayais à refaire, c'est les deux choses que je referais. Je repérerais la course un peu plus, vraiment l'ensemble des passages. Et puis deuxièmement, j'essaierais de faire plus 3-4 jours d'affilée en mode PTL, ça veut dire en dormant dans la montagne. Je pense que c'est ce qui nous a manqué un petit peu. Ok.
Loïc Ok, ok. Et à titre individuel, est-ce que vous avez, pour cette phase de préparation, est-ce que vous avez travaillé des choses spécifiques en particulier ? Vous disiez que Vincent, lui, il a porté plus la partie expérience en montagne. Donc est-ce que c'est quelque chose, Louis et Thibault, que vous avez essayé de vous combler de votre côté ou pas forcément ?
Louis Moi, par exemple, je sais que j'étais le plus en difficulté sur les parties techniques. Et du coup, forcément, on a aussi beaucoup travaillé. Et je pense que Vincent et Thibault m'ont amené dans des endroits aussi pour que je puisse bosser cet aspect-là. Parce que je savais que ça pouvait être un élément important par rapport à la course. Et du coup, de mon côté, je ne l'ai pas forcément travaillé de mon côté, mais on l'a plutôt fait ensemble sur l'aspect collectif. Après, moi, si je prends mon cas, je pense que mon entraînement individuel, j'ai beaucoup trop couru. J'ai beaucoup fait de séances de course à pied. Et pas forcément peut-être des séances à basse intensité sur du très long. Et ça, je pense que c'est ce qui a fait que j'ai pu être en difficulté à un moment donné, je pense. J'ai vraiment gardé des allures très lentes, très longtemps. En plus, moi, c'est vraiment des choses qui peuvent être aux antipodes de ce que j'aime dans le sport. Et du coup, forcément, ça a pu me mettre en difficulté. Donc moi, vraiment, mon côté, si je devais refaire la PT, je m'entraînerais différemment. Je ferais beaucoup plus de séances longues, mais vraiment à faible intensité. Et aussi, je bosserais énormément. Je pense que je ferais un peu de muscu pour le dénigrer. Parce que j'habite à Besançon, je n'ai pas la chance d'avoir des montagnes à proximité et de pouvoir me faire des sorties avec 1000 BD+. Et du coup, je pense que j'aurais pu bosser aussi. Ok.
Loïc Ok. Donc pour Louis, le long à basse intensité et les spécificités du terrain qui font que 25 000 de dénivelé, forcément, on le sent passer s'il n'y a pas une prépa spécifique, j'imagine. Pour toi, Thibaut, ça a été quoi, du coup, ton focus sur la préparation ?
Vincent Oui, j'en ai eu plusieurs, je t'avoue. Le premier, c'était, avec mes souvenirs de l'échappée belle et puis ses douleurs, etc. Je me suis dit, il faut que j'arrive à avoir une foulée, une manière de faire qui soit la moins traumatisante possible. La moins, ouais, c'est ça, la moins impactante possible. Et je me suis forcé, forcé, au contraire de Louis, du coup, parce que moi, je suis dans un environnement où j'ai de la montagne, à aller à la montagne avec un sac lourd et à marcher, marcher, marcher, marcher, marcher, puis apprendre finalement cette économie du lent, tu vois. Tu deviens économique dans tes structures, dans ton énergie lentement. Et ça, pour moi, c'était le plus gros point. J'ai vraiment tout donné là-dessus, quoi. Du coup, toi, c'est un peu frustrant quand tu fais des séances de course. D'habitude, tu fais 20 bornes et puis tu vas mettre à 1h45 et puis tu es content. Là, quand tu fais 20 bornes, tu en as pour 5 heures, quoi. Ouais. Alors, au niveau de temps, c'était quand même un sacré investissement. Mais voilà, c'était pour moi le plus gros point, vraiment apprendre cette économie. Puis après, c'était tout ce qui était alimentation, parce que je n'ai jamais trop pu manger, m'alimenter en courant. Et donc là, je me suis dit, je n'ai pas le choix. Donc, à chaque sortie, même quand j'allais sortir 1h30, je prenais 2 bars et puis j'en mangeais 2. Moi, du coup, j'arrivais. Je prenais du poids après ma sortie, quoi. Mais voilà, je me suis forcé à manger beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup. Ok.
Loïc Et au final, parce que si je me souviens bien, ça a été un souci, ça pour toi, l'alimentation, l'hydratation sur la PTL ?
Vincent C'était un stress et finalement, pas du tout. Ok. Finalement, pas du tout. Alors, peut-être parce qu'au fur et à mesure de la course, c'est vrai qu'on allait de moins en moins vite avec le souci de Vincent. Donc, du coup, je dépensais, je pense, pas beaucoup d'énergie. Et au final, j'ai tendance à perdre beaucoup de poids d'habitude quand je fais une course. Et là, je n'ai rien perdu. Mais rien, je faisais le même poids le lendemain qu'avant la course. Donc, je pense que c'est un assez bon critère pour se dire que la quantité que j'ai dépensée, finalement, je l'ai ingéré aussi. Et donc, finalement, pas de souci de ce côté-là.
Loïc Ok. Ah, punaise, génial. Et le même poids à l'arrivée versus le départ, sachant que tu n'as pas l'air d'être un gabarit super épais ? C'est fou.
Vincent Non, non, non. Quand on part faire des randos avec mon ami, on part une semaine, je perce même 6 kilos au bout de la semaine. Pourtant, ce n'est pas... Mais là, je pense que j'ai vraiment beaucoup mangé, du coup. Ouais.
Loïc Mais du coup, concrètement, parce que tu vois, c'est une question que je me posais, l'alimentation, en étant en activité, enfin vous, je crois que c'était le cas, plus de 21 heures par jour. Alors, tu fais quoi ? Tu avais en permanence 12, enfin une dizaine de bars minimum sur toi ?
Vincent Ah ouais, plus. Enfin, je ne sais pas combien tu en avais, Vincent, mais moi, j'en avais un bon paquet.
Thibault Je crois qu'on avait dit, on n'avait pas pris, je crois que c'était une 15, non ? Ce n'est pas ça ? On n'en avait pas 15, en fait, on en a eu 15 entre chaque base de vie. Mais les bases de vie, c'est tous les deux jours et demi, trois jours. Donc, on en avait 15 pour ces trois jours-là, je crois. C'est ça ?
Vincent Moi, j'en avais un peu plus, il me semble pas loin d'une vingtaine. Et puis aussi, on avait des fruits secs. Et puis après, on mangeait aussi dans les refuges partenaires.
Loïc Ouais. Et côté eau, vous tourniez à l'eau claire ou vous aviez des potions magiques ?
Vincent C'est étonnant qu'on n'ait pas chopé des problèmes digestifs parce qu'on prenait l'eau de partout.
Loïc OK. Mais voilà, vous n'aviez pas de compléments de pastilles de sodium ou de potassium ? Non, mais à l'ancienne, on vient d'un petit village. Il n'y a encore pas les boissons énergisantes et tout.
Thibault C'est l'eau nature, l'eau de source.
Loïc Ouais, ouais. Non, mais c'est tout bête, tu vois, parce que je me posais la question. J'ai fait un trail, bon, c'était pas très long, mais il y avait un peu dénivelé de 22 km. Trail de l'étendard vers Saint-Sorlin-d'Arve le week-end dernier. Et juste en 22 km, il faisait tellement chaud alors qu'on était à 2000. Je suis rentré dans ça qui était blanc, tu vois, de sel. Et je me suis dit punaise, mais bon, sur la PTL, ce ne sera pas le même rythme. Mais ça fait un paquet de, tu vois, de... Enfin, il y a des choses que j'ai perdues, du sel, des oligo-éléments, etc. Donc, comment est-ce que sur un truc aussi long que la PTL, comment est-ce que je vais faire pour récupérer tout ça, tu vois ? Donc, je pensais à des bouteilles de Saint-Yor que je pourrais prendre au basse vie. Mais en journée, je me demandais du coup si l'eau... Enfin, si juste de l'eau, ça suffisait ou s'il y en avait qui prenaient des pastilles, sachant que je ne prends jamais rien. Donc, ça me faisait un peu peur côté digestion, tu vois.
Vincent Je pense que le point essentiel, c'est de se dire que tu ne dois pas trop transpirer. C'est le premier point, quoi. C'est une allure qui est lente, qui est continue, et que tu ne dois jamais, en fait, être dans un niveau d'intensité qui te fait suer à fond. Alors, bien sûr, quand il fait chaud, tu sues. Mais je pense qu'il faut vraiment éviter ces zones-là. Les zones où vraiment tu déshydrates beaucoup, tu perds beaucoup. Normalement, tu ne devrais pas y être pendant la PTL.
Thibault Après, je pense que ceux qui ont l'habitude d'utiliser ces produits, il y en a plein de concurrents qui prennent des boissons et tout, c'est sûr. Les premiers et tout, ceux qui ont l'habitude de le faire, ils le font. Après, là, à 10 jours de la course, de tenter des produits que tu n'as pas l'habitude de prendre, c'est peut-être un peu plus risqué. Mais après, d'emmener des cachets de sportennines ou des pastilles de sel et tout, pourquoi pas ? Après, c'est vrai que sur la PTL, comme dit Thibault, ça va quand même assez lentement. Et puis, au moment des repas, on croise quand même beaucoup de refuges, peu de base de vie, mais beaucoup de refuges. Quand même, tu manges salé, tu les compléments, tu les récupères quand même. Et c'est vrai qu'on transpire moins que sur un trail de 20 km. Donc voilà. Après, c'est vrai que vous, il va falloir être vigilant par rapport à nous. C'est sur l'eau, parce que nous, on a eu un accès à l'eau très, très facile. Vraiment, on n'a jamais manqué. Sachant qu'en plus, on est trois. Donc, pour que les trois, on n'ait plus rien. C'est vraiment qu'on s'est raté un moment. Donc, contrairement aux courses individuelles. Mais là, sur votre course à vous, ça va être différent. Parce que, ouais, actuellement, l'eau en montagne, c'est quand même compliqué à certains endroits. Donc, il faudra bien se renseigner avant de partir.
Loïc Ouais. Sachant que, ouais, ça c'est un... Je crois que je t'en avais parlé, Vincent, mais ça, c'est une vraie crainte que j'ai moi perso. Autant, Brice et Xavier, ils boivent assez peu. Mais moi, c'est un truc de fou. Une fois que la machine est lancée, je ne sais pas pourquoi, mais je bois... Il me faut à peu près 500-600 millilitres à l'heure, tu vois, pour aller fort. Donc, si je n'ai pas accès à de l'eau... Mais là, tu vois, je regarde la météo, je ne sais pas si c'est une bonne nouvelle. En tout cas, pour l'eau, peut-être. Mais visiblement, si ça ne change pas, on va se prendre une PTL plutôt arrosée. Parce que là, je vois qu'il pleut à partir de dimanche sur Chamonix. Et a priori, jusqu'au vendredi de la semaine suivante. Donc, juste avant... Ouais, à trois jours de notre départ. Donc, j'espère que du coup, ça va permettre de refaire les stocks d'eau un peu partout en montagne.
Thibault Mais ouais, l'accès à l'eau, c'est un sujet. Ça va le faire quand même normalement parce qu'il y a quand même... Chamonix, c'est quand même une des montagnes les plus arrosées quand même. Il y a quand même des glaciers qui fondent, il y a quand même des petits ruisseaux. Même là, sur la partie qu'ils vous ont supprimé avant-hier, à Beaujalle, il y avait encore de quoi trouver de l'eau. Il y a des petits ruisseaux, il y a des petits... Vraiment, c'est tout petit. Alors, dans une semaine, je pense qu'ils l'ont supprimé. Parce que dans une semaine, c'est possible qu'ils n'y soient plus. Mais là, il y en avait encore. Donc bon, voilà, il faut... L'eau, ça va... En plus, tu te renseignes bien. Je pense qu'il y a moyen de trouver des solutions quand même.
Loïc Ouais, ouais, yes. Alors, Thibaut, tu nous parlais des refuges. Le fait que vous avez pris... Forcément, vous n'avez pas que les barres sur vous. Il y a pas mal de refuges sur le chemin. Et du coup, ça m'amène à une question. Alors, Vincent, je ne sais pas si tu as vu, mais il y a eu quelques commentaires. J'ai posté ton épisode dans le groupe Facebook de la PTL. Et il y a eu quelques commentaires. Je crois que c'était dans le groupe qu'il y en a eu un. D'un concurrent... Alors, je ne sais plus quelle année. Je ne sais pas s'il a précisé l'année où il l'a faite. Mais apparemment, il a eu une mauvaise expérience avec un refuge où... Ils ont refusé, en fait, de servir du repas à cette équipe parce qu'ils n'étaient pas partenaires de la PTL. Et je me demandais si... Alors, on ne va pas s'attarder que sur les points négatifs de l'orga, etc. Mais est-ce que vous, c'est des... Vous avez eu ce type de mauvaise expérience avec certains refuges ?
Thibault Je laisse les autres... Je laisse lui répondre.
Louis Non. Je ne sais pas si je réponds en toute transparence ou pas, mais j'ai l'impression... Enfin, vous me dites si je me trompe, Thibault et Vincent, mais qu'on était mieux accueillis sur les refuges... Les refuges qui n'étaient pas partenaires plutôt que les bases de vie. Enfin, moi, c'est quand même... J'ai dit les choses. Enfin, j'ai eu... Moi, c'est vrai que j'ai eu un gros coup de mou. Vincent en a parlé où c'était très difficile, très rapidement dans la course. Et du coup, on a fait un... Vincent, tu connais beaucoup plus les noms, mais le refuge dans lequel on s'arrêtait, tu te souviens la première nuit ? On est super fleuris, on était super bien accueillis. C'était vraiment top. Et par contre, à Arola, c'était un peu plus compliqué. C'était un peu plus compliqué, alors qu'Arola était une base de vie qui était vraiment propre à la PTR. D'accord. C'était beaucoup plus facile, il n'y avait pas de vie, il n'y avait pas... Enfin, on était tous entassés. C'était beaucoup plus partiaque.
Loïc Ok. Et ça, maintenant avec du recul, qu'est-ce que vous conseilleriez ? Nous, voilà, on prend le départ dans... Je pense que je vais essayer de sortir l'épisode avant le départ de la course. Mais ça peut paraître tout bête, tu vois. Mais je me dis que si on vient de faire des dizaines d'heures d'efforts, qu'on est en manque de sommeil, qu'on a juste envie de se poser quelque part, psychologiquement, si tu n'es pas prêt, en arrivant sur une base de vie, à te faire un peu jeter ou pas super bien l'accueillir, ça peut peut-être être un peu dur. Donc, je me dis, qu'est-ce que vous conseilleriez pour éviter les mauvaises surprises à celles et ceux qui prennent le départ le 22 août ?
Vincent Ben, oui. Globalement, c'est vrai que Louis a raison, c'est assez aléatoire. Donc, en fait, tu peux être très, très bien accueilli comme pas très, très bien. Tu peux avoir plein de places pour dormir comme pas du tout. Et en fait, on te met dehors parce qu'il n'y a plus de place. Donc, si moi, j'avais un conseil à donner, c'est, ben, tu dois pouvoir tout faire sans. Et que finalement, si tu veux le... C'est vrai que les refuges, c'est un peu des petits objectifs dans la course. Tu te dis, ah, allez jusqu'au refuge, là, il y a 15 bornes, ok, on y va. Et puis là-bas, ça va être bien. Ben ouais, il faut éviter de se dire ça parce que tu ne sais pas ce que tu vas trouver. Et que finalement, il faut que tu puisses dormir sans refuge. Il faut que tu puisses manger sans refuge. Donc, vraiment, te dire le refuge, c'est un petit plus qui est là pour un petit peu de confort, mais que ce n'est pas quelque chose que tu dois attendre, en fait. Ouais. Moi, je pense que c'est plus dans cet état d'esprit-là. Parce que tu peux être vraiment, vraiment... Et c'est vrai, quand tu l'attends et que tu arrives et on te dit, ben non, il n'y a plus de couchage, ouf, ben, c'est vrai que c'est dur.
Thibault Ce qui s'est passé pour nous à Roi, là, ouais, c'était difficile à encaisser. Surtout, quoi, lui, il n'allait pas bien. On avait besoin de se reposer et tout. Et ben, ouais, c'était... C'est difficile à accepter. Donc, ouais, je pense que Thibaut, ben, c'est un bon conseil. Il ne faut pas trop en attendre. Après, juste pour quand même, pour épercir un peu les choses, à Roi, là, c'était... Bon, l'accueil a été catastrophique. Mais je pense vraiment lié à quelques personnes qui, soit qui, je ne sais pas, avaient eu une seule journée ou soit qui ne sont pas faites pour ça. Il y avait plein de gens qui étaient très bien. Mais voilà, les gens qui étaient à Respoids de la base, ben, ils étaient complètement débordés. Donc, ça a été une expérience très négative, c'est sûr. Après, sur le reste, moi, sur tous les refuges la semaine, même les partenaires se sont très bien passés. Ça s'est très bien passé parce que même les bénévoles étaient très accueillants et c'était top. Alors, à des moments, la capacité du refuge fait que tu as certaines contraintes. Mais franchement, on a toujours été bien accueillis. Pour les repas, c'était très disparate. C'est vrai qu'on a eu des repas vraiment de moins bonne qualité que d'autres. Ça, c'est vrai. Mais sur l'hébergement, en tout cas, à part à Roi, là, ça s'est après bien passé partout. Et par contre, l'idée des refuges non partenaires, ben, bizarrement, des fois, alors là, c'est une question de relation entre eux, mais on a eu des refuges non partenaires, notamment au refuge... Ah mince, je ne retrouve plus le nom, mais... Enfin, bref. Le refuge avant d'attaquer le Mont-Valaisan. Le refuge du Ruitor. Le refuge du Ruitor. Là, il était non partenaire et il nous a accueillis. Enfin, voilà, les bras ouverts. Il nous a fait un repas rapidement. Il nous a offert une tente alors que c'est des temps de kibou. Il nous a proposé d'aller dormir dedans. Au plan du glacier, même chose. On nous propose deux lits à l'intérieur alors qu'on n'avait rien demandé spécialement. Enfin, voilà, non, non, on a été... C'est quand même l'esprit montagne, quand même. Il y a moyen de faire une course dans des bonnes conditions avec des gens qui ont compris ce que signifiait le mot refuge, quoi, voilà. Mais bon, vous voyez, on a eu une mauvaise expérience à Rôles, c'est vrai. Après, peut-être la personne, elle avait peut-être ses raisons. Il y avait deux personnes qui étaient vraiment, voire presque antipathiques, si je peux dire comme ça. Ok.
Vincent Après, Loïc, il y a quelque chose qui règle tous les soucis. C'est que tu te places devant, tu restes devant et tu seras les premiers sur les refuges. Et là, tu auras tout ce que tu veux.
Loïc Ah ah ah, ouais, ouais, c'est une approche. C'est une approche. Mais blague à part, je l'avais déjà fait. J'ai fait le marathon, j'ai fait que un... Ouais, un ou deux, je ne sais plus. Non, j'ai fait un marathon de Paris ou deux, je ne sais plus. Enfin bon, bref. Il y a eu le marathon où il y a une course autour de Paris. À l'époque où je vivais à Paris, j'avais une mauvaise expérience sur les ravitaux parce qu'il y avait juste tellement de monde, c'était de l'enfer. Et bah ouais, le marathon d'après, Thibaut, du coup, j'ai fait ça. Je me suis mis sur un sas un peu plus rapide que le mien en fin de sas ou au début de mon sas pour un sas trop lent, je ne sais plus. Et du coup, en fait, je me suis retrouvé entre deux énormes vagues et j'arrivais au ravitaux, il n'y avait absolument personne. Ce qui était pas mal parce que je crois que le marathon de Paris, c'est peut-être 40 000 coureurs. Voilà, le petit hack pour celles et ceux qui partent sur des courses où il y a du monde. Cool. OK. Donc oui, une expérience, bon, parfois pas forcément au niveau des attentes. Mais j'aime bien ce que tu dis, Thibaut, sur le fait de définir en fait ce qu'on... Les attentes qu'on peut avoir par rapport à l'orga, par rapport à l'aide externe. Et oui, finalement, le fait d'essayer de compter que sur soi-même, j'imagine que ça peut éviter les mauvaises surprises ou les petites frustrations. Donc bon point. Peut-être pour revenir, comme on n'a pas encore... Louis, on t'a pas trop entendu encore. Donc je me disais, est-ce que toi, tu pourrais peut-être nous raconter... Tu viens de le mentionner un peu tout à l'heure où tu as eu un début de course difficile. Comment est-ce que ça s'est passé pour toi ? Et puis peut-être qu'on verra après avec... Vincent, il nous en a déjà parlé, mais avec Thibaut, comment t'as géré du coup cet événement, cet imprévu dans l'équipe ?
Louis Ouais, au final, j'ai pas géré beaucoup. Du coup... Non, en fait, début de course, pointe de Beauvers. Donc c'est un peu plus de 2003, je crois, de dénivelé positif. On part direct et on prend direct un gros pétard en termes de dénivelé. Donc là, on est en gestion, les allures étaient plutôt bonnes. Donc ça s'est plutôt bien passé. Ensuite, au-dessus de la pointe de Beauvers, j'ai commencé à avoir quelques signes de difficulté au niveau de la digestion. Où en fait, j'avais l'impression de m'alimenter correctement pendant toute la montée. J'avais l'impression d'en rebut correctement. Et en redescendant, on s'arrête à un refuge. Et là, on mange salé. Donc on mange un sandwich. Donc pareil, là, j'étais vraiment très bien. En bas, pareil, très très bien. Et là, en rattaquant la deuxième montée. Vincent, si tu peux me filer un coup de main sur le nom du...
Thibault C'est la montée en direction du col du Colon. Ouais.
Louis Donc là, j'ai commencé à souffrir physiquement. Je sentais que l'allure était peut-être un peu trop rapide pour moi. Et par contre, moi, la difficulté que j'ai, c'est que je suis un peu une tête de buie. J'ai du mal à prendre du recul et à me dire, bah laissez partir. Et puis ça, je pense que c'est un gros défaut. Et du coup, je me suis un peu accroché. Je pense que c'était peut-être un peu trop rapide. Et j'ai commencé à avoir quelques difficultés à m'alimenter. Et à un moment donné, on avait un petit passage technique qui était vraiment... Mais j'en discutais avec Vincent, c'était plutôt très court. C'était un goulet où en fait, on montait, c'était très raide. Et il y avait beaucoup de roches qui dévalaient. Et du coup, il fallait pas trop traîner, on va dire. Parce qu'en fait, nous, on envoyait des pierres. On se prenait des pierres sur la part des équipes qui étaient devant. Et là, on a augmenté le rythme. Enfin, moi, concernant, j'ai vraiment... Je pense que j'étais un peu en sur-régime. Et ça m'a mis vraiment un peu dedans. Et du coup, à partir de ce moment-là, j'ai senti que je commence à avoir des douleurs au niveau du ventre. Et bon, je me suis dit, c'est pas très grave. La course est longue. Ça peut arriver. Du coup, on a continué. Par contre, j'ai ralenti un peu. Vincent est resté un peu avec moi. Thibaut est parti devant. Et donc là, je sentais que j'étais un peu en difficulté physiquement. Et je me suis mis un bon gadin dans un pêche. Je me suis bien amoché le tibia où Vincent a dû me mettre des strips pour recoudre un peu le truc. Et là, je sais pas si c'est ce qui a enchaîné ou je sais pas si l'altitude... Enfin, franchement, j'ai du mal à prendre du compte sur la situation. Mais là, je me suis mis à vomir. Et du coup, je me suis mis à vomir. Je pensais que c'était lié au choc au début. Donc je me suis dit, c'est pas grave. Après, en continuant la montée, on arrive sur le glacier. Je commence à débuter le début de la nuit. Et en fait, je pouvais plus m'alimenter ni boire. Dès que je buvais quelque chose, je vomissais. Dès que je mangeais un petit truc, je vomissais. Donc là, ça a commencé à faire force compliquer. Et pareil, je me suis toujours dit, on va pas s'affoler. La course est encore longue. Donc on va avancer à notre rythme. Et puis on va essayer de se refaire un peu la cerise. Et du coup, on se donnait un peu des étapes intermédiaires. Donc je crois qu'on a fait bien 3-4 heures sans que je puisse manger et boire pour arriver à Prafleury au refuge. Où là, en fait, on devait pas s'arrêter au départ. On devait filer direct direction Arola. Et vu mon état, on s'est dit, bah, on va un peu modifier notre fusil d'épaule. Et puis on va changer un peu notre stratégie. Et on a décidé, bah d'ailleurs, je les remercie, parce qu'ils se sont plutôt bien adaptés à mon état. Et du coup, on s'est arrêtés. J'ai essayé de manger. Pareil, j'ai rien pu manger. J'étais mal. Je suis allé me coucher un petit coup. J'ai dormi 3 quarts d'heure. En me réveillant, j'avais l'impression que ça allait un peu mieux. Du coup, on est reparti. Et là, en fait, en sortant du refuge, il y avait un petit col, mais 2-300 mètres de Danilet. J'ai mangé une barre. Et pareil, j'ai tourboni. Donc là, c'était compliqué. Donc, on est allé jusqu'à Arola. On a refait 6-7 heures, je crois. Si je me trompe, Thibault et Vincent. Et du coup, avec un petit peu des passages techniques, on a pris vraiment un gros péri. J'étais interminable. Moi, j'étais complètement oxy. J'étais vraiment dans le gaz. Ensuite, il y avait un pas un peu technique. C'était le pas de la chef, je crois, pour redescendre sur Arola. Et pareil, j'arrivais pas à manger, pas à boire. Et j'ai retenté sur la redescendre d'Arola à remanger vraiment. Je me suis dit, force-toi, tu blindes et tu verras ce que ça fait. J'ai tout revomi. Et du coup, la stratégie, c'était Arola. C'était Arola. Je me pose, on prend notre temps, je dors et je prends un petit déj. Et s'il passe, je repars. S'il passe pas, je repars pas. Et du coup, malheureusement, j'ai dormi. J'ai pris mon petit déj. Et puis là, c'était la déception. J'ai tout revomi derrière. Donc, je savais que ça a été compliqué parce que je voulais pas les mettre en difficulté. Je savais que déjà au niveau de la sécurité, il y a quand même des passages qui sont un peu compliqués. Donc, il faut être un peu lucide. Donc, je peux pas non plus faire n'importe quoi. Et surtout, ça, c'est pas forcément ce qui a fait que je me suis arrêté. C'est surtout que je savais que je les mettais en difficulté derrière sur le reste de la course. Parce qu'au niveau des barrières horaires, on savait qu'on était plutôt large. Mais au final, avec ce qu'on avait déjà pris comme temps pour moi, je savais que c'était du temps qu'ils auraient pas sur la fin de la course. Et d'ailleurs, c'était un peu chaud à cause des barrières horaires. On savait qu'on avait pas tant de marge que ça pour d'autres potentiels problèmes. Donc, je voulais pas non plus continuer qu'on avance pas à Chico et puis mettre la réussite du projet en jeu. Oui.
Loïc Et puis surtout, côté sécurité, comme tu dis, si tu peux pas t'hydrater, ça devient quand même très vite un problème en course ou pas.
Louis J'ai fait un peu mes limites de temps de course sans manger, sans boire. Je crois que j'aurais pu faire ça. Au départ, quand on commence le trail, on fait la Saint-Élion, on fait 10 heures de course. Et là, quand je me dis que j'ai fait quasi 14 heures sans boire ni manger, j'en avais assez. Ouais.
Loïc C'est clair. Et tu sais toujours pas ce qui a causé ces vomissements ?
Louis Non. Après, moi, j'avais pas trop eu de problèmes digestifs sur les différents formats que j'ai faits. Mais après, en prenant du recul, c'est vrai que quand on a fait nos séances d'entraînement, on faisait des grosses journées, des sorties longues. Et en rentrant le soir, j'avais pas faim. J'étais souvent un peu barbouillé. Ce qui est bizarre. Alors que d'habitude, quand on fait une grosse sortie, on a envie de s'envoyer un gros burger, on a envie vraiment de manger gras. Et moi, j'avais vraiment ce sentiment où j'étais un peu brassé. Donc, je me dis, est-ce que ça vient de... Voilà. Peut-être que je commence à avoir des problèmes un peu gastriques liés à l'effort. Je me dis, est-ce que j'ai fait un mal des montagnes ? Parce qu'on est passé plus de deux fois à 3000. Je sais pas. Mais pour autant, c'est pas forcément ça. Parce que quand on descendait, ça améliorait pas forcément mon cas. Donc, c'est compliqué. Pour être transparent avec toi, je sais pas forcément. Et surtout, il y a peut-être les allures. Peut-être que j'ai mon sur-régime. Parce que comme on l'a souligné, Thibaut et Vincent étaient beaucoup plus forts que moi. À la base. C'était vraiment, je pense, le plus faible de l'équipe. Et du coup, forcément, comme je l'ai expliqué, je suis un peu une tête de mue. J'ai un peu trop peut-être de fierté. Et peut-être que je m'accrochais. Et peut-être qu'en prenant du recul, j'aurais dû les laisser partir dans les montées. Et peut-être arriver 15 minutes après eux. Et ça, j'ai pas réussi à le faire.
Loïc Ça, c'est un super point. Du coup, ça m'amène à deux questions. Peut-être la première. Est-ce que vous avez encore en tête, pour qu'on se rende compte un peu des allures, le rythme que vous aviez sur ces premiers jours, quand Louis, tu dis que c'était peut-être pour toi du sur-régime ? Vous vous souvenez, je sais pas, en ascension, à combien vous étiez à l'heure ou ce genre d'indicateur ?
Thibault Je crois qu'on était aux alentours des 500. C'est ça, ouais. La pointe de Beauvers, on a dû monter à 600mh. Et en général, on montait à 500mh, on était vraiment facile. Et c'est ce qu'on a fait sur la première journée. Ok. Après, au niveau des allures en temps, en vitesse de course, on a mis, en gros, c'est 24h pour faire 50km. Et à ce moment-là, on était pas, enfin, un peu moins, je crois. On est parti à 8h, on est arrivé à la base d'Arola à 4h, on est reparti à 6h. Donc, ouais, 22h pour 54km exactement. Et bon, il y avait 5000m de dénivés. Et donc, tu vois, sur les allures, c'est incomparable avec d'autres courses. Là, je regardais, on a mis, on est arrivé à la Saint-Christophe, donc la première base de vie, le mercredi matin à 10h. Donc, ça veut dire, on a mis 50h et 50h pour faire 120km. 50h, 120km, 50h à l'UTMB, t'es déjà hors délai depuis 5h quoi. Et pour faire 50km de moins, donc non, non, mais les allures, ça n'a rien à voir là. Des passages comme le pas de chef dont on parlait, lui, t'es à moins d'un kilomètre heure. T'arrives déjà, t'avances pas du tout quoi. Donc, c'est pour ça qu'il faut pas prendre les références habituelles, c'est sûr.
Loïc Ouais, ouais, non, c'est sûr. Et justement, la deuxième question, du coup, à laquelle Louis m'a fait penser avec son récit, ça, vous avez quand même, comme vous avez expliqué que vous avez fait pas mal de week-ends ensemble, en tout cas que vous étiez, vous avez eu le temps de vous préparer en tant qu'équipe. Vous en aviez parlé des allures et de, justement, peut-être des caractères de chacun. Est-ce que Louis, toi, t'avais expliqué à Thibault et Vincent que t'étais peut-être un peu, t'aurais peut-être pas forcément eu le réflexe de ralentir en côte, mais t'as allé essayer de les suivre. Est-ce que Thibault et Vincent, est-ce que vous, vous aviez pris en compte dans vos allures aussi, ou pas forcément ?
Vincent Vas-y, Thibault. Oui, on en avait parlé plein de fois parce que c'est vrai qu'en voyant Louis qui mangeait pas le soir, ça avait amené la discussion sur la table. Et puis, une ou deux fois, Louis avait été blanc aussi, donc on voyait en fait que c'était un peu plus dur pour lui que pour nous, notamment dans les passages techniques. Et on s'était entraîné dans le technique. Et c'est vrai qu'avec Vincent, en fait, quand c'est technique, ça nous repose. On est content d'escalader, on est content, et vu qu'on va moins vite, notre cœur est un peu moins haut. Et on a sous-estimé le fait que, ben non, en fait, pour Louis, c'est l'inverse qui se produit. En fait, lui, il avait le cœur qui montait au taquet. Et donc, à chaque passage technique, en termes de dépenses d'énergie, il dépensait beaucoup plus d'énergie que nous. Mais ça, on le savait. Finalement, dans les séances, on s'en était rendu compte. Et je trouve que c'est une grosse, grosse erreur de notre part de ne pas avoir réussi. Normalement, on ne devrait pas faire ça. En fait, l'entraînement, il sert aussi à se gérer. Et puis après, voir la course. Et on ne peut pas refaire en course les mêmes erreurs qu'à l'entraînement. Tu vois, ça, ce n'est pas admissible. Normalement, on a fait une grosse, grosse erreur, je pense, là-dessus. Et on était au courant. On était au courant.
Louis Après, moi, je pense que nos séances d'entraînement, on est allé aussi pas forcément sur notre rythme de course. À chaque fois, on se le disait, mais on n'y arrivait pas. À chaque fois, on se disait, allez, on va faire vraiment rythme PTL. Et au final, on discutait, on était à notre allure. Mais bon, quand on part pour faire une journée, même si on a l'impression d'être assez lent, au final, on va quand même beaucoup plus vite que sur la course. Donc à chaque fois, on rentrait le soir, on se disait, bah ouais, on est peut-être allé un peu trop vite par rapport à un rythme PTL. Ouais.
Vincent Et du coup, ce qui fait qu'on n'a pas tellement expérimenté cette allure spécifique de la PTL.
Louis Ouais, on ne l'avait pas mémorisé, quoi. Moi, par exemple, c'était mon cas. Je n'avais pas mémorisé l'allure PTL. À quelle allure je devais monter vraiment ? À quelle allure je devais descendre ? À quelle allure... Enfin, c'était compliqué pour moi de ressentir vraiment cette allure sur laquelle j'allais être facile.
Thibault D'où, justement, je trouvais à l'entraînement de faire des enchaînements de 2-3 jours, 3-4 jours, en montagne continue. Exactement. Où là, tu n'as pas le choix. L'allure de PTL est... Ouais, je pense que s'il y a un truc sur lequel on... Si c'était à refaire, il faudrait qu'on fasse mieux cette partie-là, ouais. On faisait surtout des grosses journées, quoi. Et c'était ce qui était bien, déjà. On faisait des grosses journées techniques et tout. On a vu qu'au niveau de l'orientation, on a eu zéro souci. Au niveau technique, on n'avait pas de souci. Voilà, c'est sur l'enchaînement, le côté rustique et les allures. Ouais, on s'est un peu... On s'est peut-être trompé sur ce côté-là, quoi.
Loïc Est-ce que vous aviez une longe ? Est-ce que vous pouviez vous tracter en côte, par exemple, si besoin ?
Thibault Non, on n'avait pas. Non. Je n'ai pas vu d'équipe avec ça. C'est possible qu'il y ait des équipes qui l'aient, mais... Je n'ai vu aucune équipe avec ça.
Loïc Bah, c'est... C'est Sébastien, avec qui on a fait la journée de stage, là, qui est arrivé. Alors eux, c'était un binôme, qui sont arrivés, je crois, le vendredi midi sur leur édition de la PTL. Apparemment, c'était tellement tôt que leurs gars n'étaient pas prêts, ils leur ont demandé d'attendre à l'entrée de Chamonix, le temps que les médias se mettent en place et tout. Mais bref, en fait, lui, il nous a expliqué qu'ils avaient une longe et qu'il a passé les deux premiers jours à tracter quasi non-stop son coéquipier, qui avait moins de niveau que lui, visiblement, en tout cas en début de course. Et du coup, nous, on a essayé sur une côte, tu vois. Alors, c'est particulier quand même, parce que moi, je trouve que ça peut être aidant, tu es vraiment dans le mal de te faire tracter. Mais ça t'impose aussi, c'est quand même pas ton rythme, tu vois. C'est-à-dire que tu es quand même tout le temps corde tendue, c'est super chiant. Donc, c'est particulier. Mais je me demandais si c'était un truc qui était utilisé, que vous aviez potentiellement utilisé vous aussi ou pas. Non, non, non.
Thibault Mais en swimrun, ça le fait. En swimrun, les gars le font. Donc, ça doit pouvoir se faire en PTL. Mais oui, par contre, c'est sûr, il faut absolument être d'accord sur les allures au départ, parce que ça aide un petit peu. Mais si l'autre, ça le met en survitesse.
Loïc Oui, c'est ça. C'est ça. OK, OK, OK. Donc, OK. Et au moment où, je veux dire, la décision d'arrêter, qui est quand même lourde de conséquences pour tout le monde, Louis, c'est toute ta préparation qui est un gros investissement qui mène à un abandon. Et pour Thibaut et Vincent, ça veut dire continuer la course à deux. La décision, elle s'est faite comment entre vous ?
Louis En fait, vu qu'on avait déjà préétabli le plan, c'était ça. On modifie notre stratégie en nous arrêtant à Prafflery. Et du coup, forcément, à Rola, on aurait moins de temps à y passer. Et du coup, on s'était dit directement que si à Rola, malheureusement, je n'arrivais pas à m'alimenter, ça n'a aucun sens. Du coup, ça s'est dit aussi pour moi. Après, forcément, parce qu'il y a la prépa et tout. Mais pour autant, pour moi, c'était une évidence. Parce que je m'étais en péril le projet. Et puis, je pense que très rapidement, j'ai senti Vincent et Thibaut un peu déçus, forcément. Parce qu'on a initié ce projet à trois. L'objectif, c'est de basculer à Chamonix à trois. Et que malheureusement, ça ne se ferait pas. Après, moi, dans l'état dans lequel j'étais, c'était impossible. On n'était qu'au deuxième jour de course. J'étais dans un état qui était quand même compliqué. Du coup, il n'y a pas eu forcément beaucoup de débat sur le sujet. Oui. Je pense que j'étais au bout de ce que je pouvais faire sans pouvoir manger ni boire. Donc, forcément, c'est... Autant, je sais, parce que Vincent, il a quelques théories par rapport à l'abandon. On échange beaucoup quand on baroute, quand on fait des courses ensemble. Et du coup, je sais que Vincent, s'il y avait une marche que je continue, je sais qu'il m'aurait poussé. Il m'aurait dit non, mais attends un petit peu. Et là, ce n'était pas le cas. Et puis, surtout, tu nous as raconté, lui, que pendant...
Thibault Enfin, déjà, il n'y a même pas... Le choix était vraiment facile à faire parce qu'il n'y avait même pas d'alternative, parce que ça n'allait pas du tout. Et puis, surtout, tu ne t'es pas alimenté pendant trois, quatre jours derrière. Donc, il n'y a pas de regrets.
Louis Oui, il y a ça aussi. Je n'ai pas eu de regrets parce que j'ai terminé là, forcément. J'ai abandonné le mardi matin. Et donc, jusqu'au vendredi, je n'ai pas pu m'alimenter correctement. Ah ouais ! Dans tous les cas, c'est que ça m'avait bien barbouillé. Donc, je n'allais pas me refaire la cerise aussi rapidement pour pouvoir terminer la course. Donc, je n'allais que repousser l'échéance de l'abandon. Et j'allais mettre encore plus en péril le projet. Donc, oui, je n'ai pas eu de regrets. J'étais extrêmement déçu, mais je n'ai pas eu de regrets en me disant, en fait, tu as peut-être abandonné trop tôt. Oui.
Loïc Et question toute bête, mais comment ça se passe d'ailleurs au moment de l'abandon sur la course avec l'Orga ? En fait, tu abandonnes à Rolla.
Louis Donc, tu abandonnes à trois heures et demie de route de Chamonix. Après, forcément, c'est toi qui abandonnes. Donc, ce n'est pas à la course de s'adapter à ton abandon. Donc, c'est un peu d'attente. Mais globalement, ça s'est plutôt bien passé pour moi. On m'a râmpatrié en navette à Chamonix. Et ensuite, je me suis organisé avec ma famille pour qu'on vienne me chercher. Donc, forcément, ce n'est pas comme quand on abandonne sur le trail de son village où on lâche son dossard et on rentre chez soi. C'est un peu compliqué. Mais globalement, ça s'est plutôt bien passé. Par contre, c'était plus difficile pour d'autres équipes. Ça, je ne vais peut-être pas trop m'attarder sur le sujet, mais il n'y avait pas de place pour tout le monde dans la navette. On leur a dit de prendre un train. Bref, c'était un peu compliqué. Mais en tout cas, pour moi, c'était plutôt bien passé. Alors, pas de triom.
Loïc OK. OK. Et pour Thibaut et Vincent, côté matos, il y a eu un impact pour vous ? Est-ce que vous vous êtes retrouvé avec plus de choses à porter ? Parce que Louis avait du matériel pour l'équipe, genre l'abri ou ce genre de choses ?
Vincent Désolé, Louis, mais je ne crois pas, en fait. Vous voulez rien porter ?
Louis Non. En fait, l'avantage, c'est que Vincent, en plus de la PTL, il voulait faire sa séance de muscu. Il s'est chargé un peu plus que nous. Et du coup, en fait... Non, globalement, franchement, je suis transparent là-dessus. C'est vrai que vu que j'étais le plus en difficulté au niveau... Sur les parties techniques et aussi sur la partie physique, et bien, en fait, ils m'ont soulagé. Je suis quand même celui qui portait le moins. Donc, forcément, tout ce qui est matos en commun, en fait, c'est Thibaut et Vincent qui s'étaient répartis. J'avais juste à mettre ensemble, moi, non ? Ça va, Vincent ?
Thibault Tu n'avais pas la balise ? Si, on avait dû récupérer ta balise, mais tu sais aussi un peu les piles, parce qu'on s'était répartis les piles, tout ce qui était matériel électronique, un peu les trois. Oui, oui, on a récupéré un peu de matériel, mais ça a été... Oui, oui, ça s'est bien fait. Après, matos en commun, il n'y avait pas 50 trucs non plus. Un GPS, une balise, un abri de survie. Et puis voilà. Donc, et le roadbook, bon, voilà. Ça se fait quand même assez rapidement. Et puis, oui, oui, c'est vrai qu'on avait... C'est nous un peu qui l'avions, mais on avait quand même... On avait réparti un peu les volumes quand même. Il n'y avait pas un écart de 5 kilos entre nos deux sacs. Oui.
Loïc Et justement, côté poids des sacs, vous étiez à combien ?
Thibault Vas-y Thibault, mais... Quand on commence.
Vincent Oui, je dirais avec l'eau, tout complet, c'est arrivé à 8,5, 9. Ça, oui. On avait pesé, je crois, ça semble. Oui, oui. Oui. Et... Ou alors, peut-être nous... Enfin, Louis, ça devait être un truc comme 8. Et puis moi, 8,5. Et Vincent, c'était un peu plus lourd, peut-être 9, 9,5. Oui, c'était...
Thibault C'est sûr qu'on n'avait pas les sacs des premiers, mais... Voilà, c'était à peu près ça. Oui.
Loïc Oui. OK. OK. Bon, à savoir. Donc, moins de 10 kilos. Oui, moins de 10 kilos, c'est sûr. Oui. OK. Ce qui est pas mal, parce qu'avec 15, 20 bars chacun, vous aviez des repas type Lyofi ou des sachets tout près de riz ou ce genre de choses ? Non, non. J'avais pris mon petit sac de semoule quand même. OK.
Thibault J'avais pris mon petit sachet de semoule. Ils se sont montés de moi, mais j'avais un petit sachet de semoule quand même. Ça marche avec l'eau froide. Est-ce que tu l'as sorti ? On l'a pas sorti. Tu l'as mangé. Il est rentré à la maison, celui-là. Il l'a mangé à la maison.
Loïc OK. OK. Donc, OK, ouais. Donc, bon, à savoir. Moi, je crois que j'avais fait GR20 il y a quelque temps en 7 jours. Et il me semble que j'étais, quand j'ai regardé, j'étais à 9,8 kg, 9,9 kg, mais avec une tente et des Lyofi.
Thibault Avec le matériel de maintenant, les nouveaux abris de survie et tout, vous pouvez arriver à moins de 8 kg, même avec 2 kg d'eau. Avec 2 litres d'eau. Ouais.
Loïc Et l'abri d'ailleurs, par curiosité, je ne sais plus si on en avait parlé Vincent, je crois pas, mais vous aviez quoi ?
Thibault On a un tarpe de chez Decathlon, le premier prix de chez Decathlon, qui pèse 900 grammes, je crois. Ok. Mais enfin, non, ouais, voici moins d'un kilo, je crois. Par contre, maintenant, il se fait beaucoup plus léger. Là, j'ai vu ce qui était partagé sur le groupe Facebook de Ptl 2022. C'est beaucoup, beaucoup plus léger et beaucoup moins volumineux. Mais bon, c'était honorable, 900 grammes. C'était un tarpe pour 2, 3 personnes. Ouais, voilà, c'est une espèce de bâche. C'était pas très cher. Je l'avais déjà. On n'a pas cherché à investir là-dedans. On avait déjà acheté pas mal de matériel à côté.
Loïc Ouais, ouais, bah, on aura un tarpe aussi, donc ouais. Ok. Très bien. Du coup, une fois que, malheureusement, Louis a dû s'arrêter, Vincent et Thibault, est-ce que vous avez revu la stratégie pour le reste de la course, notamment les allures et le programme par rapport aux arrêts, repos, repas, etc. Ou ça a rien changé par rapport à ce que vous aviez défini tous les trois ?
Vincent Non, non, ça avait vraiment rien changé. Enfin, pour le coup, on est reparti un petit peu plus vite. Mais l'allure s'est rapidement rabaissée. Non, globalement, on était pas mal parce qu'à Saint-Christophe, tu disais, Vincent, qu'on était arrivés à 10h, c'est ça ? Et tu vois, sur le plan qu'on avait fait, on s'était 10h du matin, on s'était dit qu'on arrivait entre 20h et 22h. Donc, au final, on avait regagné du temps par rapport à notre planning de base. Mais non, c'était pas dit, on va accélérer ou on va changer quelque chose. Même au contraire, je trouvais que c'était dur, en fait. Lui, il dit, ouais, ça s'est bien passé pour eux. Moi, j'ai trouvé ça assez dur quand même. Enfin, voilà, on fait un truc ensemble et puis de perdre un coéquipier à ce moment-là, je trouvais ça assez dur. Mais non, ça a pas changé grand-chose derrière.
Thibault D'accord. On a clairement pas accéléré. On a pris nos allures habituelles en prenant notre temps, en essayant de digérer un peu la déception. Parce que c'est vraiment un projet qu'on voulait finir à 3. On a continué. De toute façon, nos allures de départ, peut-être, étaient un peu trop élevées, mais on était vraiment bien. On était même surpris. À la pointe de Beauvers, je sais plus qu'il y a une personne de l'organisation qui nous annonce 13ème, alors que nous, on avait l'impression d'être partis vraiment volontairement, très doucement. Et bon, le classement, c'est pas une course sur laquelle c'est si important, mais ça nous avait surpris. On s'est dit, peut-être que c'est à peine trop vite. On avait continué sur ces allures-là jusqu'à mercredi, mais on était sereins. C'est à partir de mercredi que c'est moyen passé, mais jusqu'à mercredi, on était bien. Voilà, bon, il fallait gérer la déception, on est reparti. Après, comme il n'y a pas eu de débat, c'était une évidence. Donc, voilà, ça fait partie de la course. On était déçus pour lui parce qu'il s'entraîne pendant l'année et puis voilà, ça se finit trop tôt. Mais après, bon voilà, ça fait partie de l'activité.
Loïc Oui. Et vous, votre année, côté abandon, ça a donné quoi en général ?
Thibault Vas-y Thibaut, mais si tu connais, je trouve, ouais. 60 équipes, c'est ça, puis il y a eu 23 arrivées, je crois. Comme ça, 59 arrivées pour 23 équipes. Ah ouais. 59 départs et 23 arrivants, c'est une histoire comme ça, je crois. Thibaut, tu peux confirmer peut-être ?
Loïc Ouais, donc... Ok, donc à priori, 50%. Ah oui, oui. Ok, waouh. Ok. Très bien. Et du coup, sur la suite de la course, Thibaut, Vincent, donc de ce que vous expliquez, ça va pas forcément changer grand chose côté allure pour vous. Côté poids des sacs, à priori non plus. Vincent, tu nous expliquais dans ton épisode qu'à un moment donné, il y a eu... Voilà, il y a eu... Toi, tu as commencé à avoir des soucis de ton côté qui ont amené au fait que tu as été arrêté à 30 km de l'arrivée. Donc, ça, cette phase-là, alors Vincent, on en a pas mal discuté, mais toi Thibaut, comment est-ce que tu as géré toi cette phase quand le deuxième abandon et du coup la fin de la course pour l'équipe entière a commencé à pointer le bout de son nez ?
Vincent On a encore pour deux ans, là ? Parce que ça... Il y a des choses à dire. Non, mais si on commence par la fin, ouais, pendant un bon mois et demi, j'étais pas très très bien vis-à-vis de ça. Parce que ça faisait un petit moment que Vincent allait pas très bien et bon, après c'est des faits de course, c'est aussi la fatigue, c'est aussi tout ça et... Personnellement, j'ai pas réussi à interpréter les signes, à me dire, ok, mais non, mais Vincent, il va vraiment pas bien, là, en fait, il faut faire quelque chose. C'était plus, bah, Vincent, il va moins vite, mais ça s'arrêtait là, en fait. Donc, d'ailleurs, les messages que j'envoyais à mon ami, c'était, bah, Vincent, il se traîne, il fait chier, tu vois, un peu dans l'idée. Mais c'était pas... Putain, il y a un problème, il y avait pas de réflexion. Et je pense que, bah, après, c'est aussi avec la fatigue et puis tout ça, on a du mal à interpréter les choses. Ouais, je le voyais, enfin, je... mais j'interprétais pas les signaux. Et du coup, je trouve que ça a été dur après la course. J'ai beaucoup culpabilisé, je me suis dit, ben là, j'aurais dû l'arrêter bien avant. Mais pendant, ben, ouais, c'est comme... Bah, ok, Vincent, il a un coup de mou, mais on s'en fout, ça passe. Enfin, tu vois, il y a pas de... Même de temps en temps, j'étais surpris en me disant, bah, ouais, Vincent, t'exagères un peu, tu voudrais pas avancer un peu. Mais après, je me disais, non, bon, s'il va à cette allure-là, c'est qu'il va à cette allure-là, mais sans me dire que peut-être il y aurait quelque chose de dangereux, quoi. Donc, au final, moi, ça a pas... Je le vivais pas mal, le fait qu'il soit mal, bizarrement. C'est plutôt après. Ok. Parce que je pense que j'avais pas la lucidité, j'avais pas le... Ouais. J'avais pas assez d'énergie dans le cerveau pour me dire, ok, attends, ça veut dire qu'il y a quelque chose qui roule pas, quoi.
Loïc Mais ça, c'est super intéressant ce que tu dis, parce que sur cette notion de lucidité... Parce que, bon, j'ai jamais fait de course de cette longueur, tu vois, mais mettre déjà sur des treks engagés. Les souvenirs que j'en ai, c'est que, tu vois, au Népal, je me suis retrouvé avec deux copains, dont un qui a fait un gros, gros mal des montagnes, et moi, j'étais pas au milieu de ma forme non plus. Et c'était déjà compliqué, si tu veux, de me gérer moi-même et d'arriver à lire mes propres signaux. Alors, en plus, faire attention aux copains à côté, dans des moments où toi, t'es en galère ou t'es concentré sur autre chose, j'imagine que c'est pas du tout évident. Ouais, ouais, c'est très bien. Et est-ce que ça, vous en aviez parlé avant ? Est-ce que vous étiez dit, ok, faut qu'on se fasse, je sais pas, des points deux fois par jour, on se fait un check, voir comment l'autre va, et on fait en sorte d'être super transparent sur notre forme du moment ?
Vincent Ouais, ben ça, tu fais bien de poser la question, parce que je pense que c'est un truc hyper important dans une équipe, c'est qu'en fait, on a pas parlé. Et alors, je sais pas s'il faut parler, mais tu sais, en fait, quand tu fais ce genre de truc, t'as mal un peu partout. Toi, t'as les tendons qui gonflent, t'as mal aux cheveilles, t'as mal aux genoux, et en fait, tu l'intériorises, parce que tu dis, je vais pas embêter l'autre avec mes petits soucis. Tu vois, je vais pas le stresser, ça va, c'est ok, c'est que des petits problèmes. Et en fait, je pense qu'à force de rester dans cette dynamique-là, où tu prends pour toi et puis tu n'en parles pas, et ben tu passes à côté de ce genre de trucs qui peuvent être plus importants. Ouais. Et ça, j'ai pas le souvenir qu'on en a discuté avant, ça s'aggrave avec l'effort, avec la fatigue, avec le manque de sommeil. Donc, je pense que c'est quelque chose, peut-être qu'effectivement, il faudrait faire des checks. Ok, toutes les 12 heures, on se dit, ok, t'as mal ou tu fais quoi ? Est-ce que ça passe niveau de difficulté, niveau de douleur, de 0 à 10 ? Enfin, on essaie d'objectiver ça, parce qu'en fait, tu te rends compte que tu veux économiser l'autre de ta souffrance, et puis en fait, tu passes à côté de trucs qui sont peut-être importants.
Loïc Ouais, super point. Tu sais quoi, j'ai une note PTL, et je me note, j'ajoute dans cette note les checks réguliers, parce que je pense que ça peut, vu ce qui vous est arrivé, vu ce que tu viens de dire Thibaut, je pense que ça peut être hyper utile. Vincent et Louis, c'est quelque chose que vous, en écoutant ce que Thibaut vient de partager, c'est quelque chose sur lequel vous seriez partant sur une prochaine course de ce format-là ? Est-ce que vous pensez que ça aurait peut-être pu éviter les abandons, ou que ça aurait facilité la décision pour les abandons, ou que ça serait arrivé plus tôt peut-être ? Oui.
Louis Ouais, après, ce qui est compliqué, parce qu'il faut garder du positif aussi, je trouve que c'est hyper important. Ce qui est compliqué, c'est qu'à la fois, il faut peut-être échanger avec ses équipiers sur les difficultés qu'on rencontre, mais pour autant, je pense que ce qui est hyper important dans cette course, c'est toujours rester positif. Et Vincent, il en a parlé, les équipes qui réussissent aussi, c'est les équipes qui arrivent justement à garder la sécurité positif. Voilà, je suis une semaine en montagne. Je prends du plaisir, je suis en montagne, je suis avec des personnes que j'aime bien, donc je passe un bon moment. Après, ouais, forcément, c'est difficile, c'est vraiment compliqué. Donc forcément, on a des douleurs un peu partout, mais je trouve ce qui est compliqué, c'est de dissocier les gros soucis des petits bobos, comme l'a expliqué Thibaut. Si ça reste que du petit bobo, bah ouais, il faut peut-être le garder pour soi, mais comme Vincent, moi l'avantage, c'est que ça se voyait. Je pouvais pas vomir en loose-dé sans que personne ne le voie, mais Vincent, c'est plutôt un dur au mal en plus. Donc forcément, c'est plus compliqué peut-être d'interpréter quand il est en grande difficulté. Et donc là, en l'occurrence, peut-être que ça valait le coup, Thibaut et Vincent de pouvoir échanger sur les difficultés qu'on rencontrait Vincent.
Vincent Après, tu vois, je parle de ça aussi, pas que par rapport à Vincent, mais par rapport à moi. Si tu veux, Vincent, dans l'épisode d'avant, il me présente un peu comme le gars mutant qui avait deux PTL dans les jambes. Je reprends tes mots, Vincent. Alors, c'est très flatteur. C'est vrai. C'est vrai. Mais je t'avoue que c'est pas la représentation que j'avais de moi. Et si tu veux, après Saint-Christophe, par exemple, il y a un épisode qui a été, je pense, un détournant quand même. C'est, on se tape, je sais plus, il y a pas loin de 2000 mètres de dénivelé d'un coup, et puis on termine par une via ferrata. Une partie très raide et on termine par une via ferrata. Et ça faisait déjà un petit moment que je sentais mon genou qui coincait un petit peu. Et puis, on arrive après la via ferrata et en fait, j'explose le truc à Vincent parce qu'en fait, je pouvais plus avancer. J'avais le genou complètement bloqué. Et pour Vincent, enfin, tu me diras, Vincent, mais juste, il tombait de nu quoi. D'où ça vient ce truc là ? Tu me dis que tu peux plus avancer alors qu'il y a deux secondes, tu avances et puis tu m'as rien dit. de ce côté là. Et donc, à ce moment là, on fait des soins et puis on décide de dormir parce que j'arrive plus à avancer du tout. Et puis, dans ma tête, pour moi, c'était l'abandon à ce moment là. Et puis, on dort dans l'abri de survie, je sais plus à combien on était, mais en 2005, il y avait du vent, il faisait froid. On s'est entouré l'un contre l'autre là, ce qui m'a bien rassé Vincent. Et c'était très agréable du coup. C'est vraiment ce qu'il fallait à ce moment là. Et c'est à ce moment là justement où, Vincent, toi, ça a commencé à aller moins bien. Alors moi, j'ai pu repartir. La douleur était un peu partie. J'ai pris un anti-inflammatoire et puis c'est passé. Mais pour moi, c'est vraiment un des faits de course qui aurait pu peut-être changer la suite. Et qui vient du fait que je n'ai pas parlé avant. Je ne lui ai pas parlé en fait de cette douleur qui commençait à venir et qui arrivait jusqu'à bloquer mon genou. Et donc, même là, dans la tête à Vincent, c'était en redescendant des directions Epinel. Et c'était on va abandonner. On arrive à Epinel, on dort. Et puis, le matin, on téléphone à quelqu'un pour qu'il vienne nous chercher. Donc, dans la tête à Vincent, c'était ça. Alors que moi, j'ai fait naître ce sentiment dans la tête à Vincent. Alors que moi, finalement, ça allait de mieux en mieux dans la descente. Et puis après, je pouvais repartir. Mais je pense qu'il y a quand même eu un déclic de cet événement sur la suite. Il s'est passé quelque chose ici.
Thibault Ouais, moi, je ne suis pas de tendance trop superstitieux. Donc, je ne ferai pas de... Je ne sais pas si on peut faire un lien comme ça. Une personne superstitieuse aurait pu se dire, j'ai commencé à être malade à partir de ce moment-là. En fait, quand je réfléchis, je commençais déjà. Mes allures étaient un peu moins bonnes déjà le mardi soir. Quand on montait le Mont-Marie et tout, j'étais quand même pas comme d'habitude quand même. Je ne sais pas si tu te rappelles. Je m'endors. Je devais dormir deux fois en montant. Alors que d'habitude, je n'ai pas de problème avec le sommeil. Je pense que je commence à être malade. Mais c'est vrai que là, sur cette partie-là, je te rejoins, Thibaut. On a manqué de communication dans cette descente. C'est vrai que moi, à ce moment-là, je ne vois pas comment... Pour moi, la course, elle est terminée. Et c'est là où je raconte des sentiments nouveaux. En me disant, en descendant, je me dis, c'est terminé. J'étais à la fois hyper déçu parce qu'on n'avait pas terminé. Les trois, on n'y était pas. Et à la fois, je me disais, par contre, au moins, c'est terminé. Parce que c'est quand même une course très difficile. Donc, c'est marrant. Il y avait ce double sentiment que je n'aurais jamais eu sur un ultra-try normal. Et je me rappelle très bien. Et pendant deux heures, la descente a duré deux heures et demie après notre petit bivouac. Et c'est vrai que je me dis qu'on va arrêter. D'ailleurs, tu as vu, on passe devant un point d'eau au-dessus du village. Et moi, je ne vais même pas reprendre de l'eau parce que de toute façon, on va arrêter. Donc, on n'a pas besoin d'eau. Et Thibaut, il insiste un petit peu pour prendre de l'eau. Et puis je fais, ah non, c'est bon, on en trouvera plus loin. En fait, finalement, on a dû remonter au moment où on prend la décision deux, trois heures après, après une autre sieste de repartir. Et bien, on retourne à ce point d'eau-là. Il n'y avait que celui-là qui était au-dessus du village. Bref. Oui, donc à ce moment-là, oui. Là, en effet, Thibaut, je suis d'accord avec toi, on a manqué de communication. Et c'est vrai que oui, on en avait déjà parlé. Oui, je suis un peu tombé des nues sur la VFRata parce qu'on n'a pas assez communiqué. Mais après, je ne suis pas sûr que ça a impacté tant que ça. Si je devais être malade, c'est pas trop de ce point-là.
Vincent Après, on passe quand même une nuit à peu près 2005. Il est très très froid, venteux. On ne sait même pas combien de temps on est passé. On a dormi et tu commences à pousser après. Après, à Epinel, on dort à la Reche dans un vieux gymnase.
Thibault Un gymnase ?
Vincent Avec des rats partout.
Thibault Un local délabré. C'était marrant.
Vincent Et donc là, ça n'a pas dû arranger si tu avais déjà quelque chose. Mais oui, ça n'a pas arrangé. En tout cas, c'est une idée.
Thibault Ce que tu proposes, c'est une idée. C'est intéressant. Mais par contre, je rejoins quand même une nuit sur le côté de la Reche. Le risque de ça, je rejoins à lui là-dessus. Si chaque fois, il y a un élément de l'équipe qui annonce ses petits problèmes, si ce sont des problèmes qui ne sont pas très importants, le risque, c'est le côté de rejaillir à quelque chose de négatif. Dans une course, il faut être très très positif. Donc, c'est sûr qu'il faut trouver le juste milieu, en effet.
Vincent Oui, mais tu vois, moi, je pense que c'est organisé en mode, OK, on a un check. Puis voilà, c'est le seul moment où on communique sur nos douleurs. Après, il se passe 12 heures où on ne s'embête pas avec ça. Donc, tu vois, c'est un truc un peu organisé. Puis à la suite de ça, on se dit, bon, allez, les gars, on y va. Enfin, tu vois, je pense que tu peux, à titre individuel, dire ce qui ne va pas. Et puis après, l'équipe se dit, allez, maintenant, on y retourne. Ce n'est pas grave.
Thibault Allez. On fait ça l'an prochain, les gars. Oui.
Loïc Voilà, c'est dit. C'est dit. Vous avez parlé plusieurs fois d'un autre aspect intéressant de la gestion de la course, qui est le sommeil. J'ai un peu l'impression que chaque fois qu'il y a eu des périodes de mou, la solution qui a été mise en place a été petite pause, sommeil. À quel point est-ce que vous diriez que c'est hyper important de rester vigilant sur… Bon, forcément, il y a du manque de sommeil sur une course comme la PTL sur les 5, 6, 7 jours, ou que ça dure. Mais à quel point est-ce que pour vous, c'est un élément juste crucial ?
Vincent J'ai eu Vincent ? Oui. On voit des grosses différences entre les gens. J'ai eu des bases sur cette capacité à s'endormir et puis ce besoin de sommeil. Là, entre Vincent et moi, il y avait une différence qui était incroyable entre le besoin de sommeil et l'autre. En revanche, je dirais que pour tout le monde, c'est capital de quand même un peu dormir, parce que c'est vrai que tu passes à des endroits qui sont très techniques. Et par exemple, au-dessus du Taou blanc, je me revois à un moment, mais je pense qu'il y a moins d'un mètre entre où je suis et la falaise. Parce que voilà, avec le GPS, j'ai pris juste un peu à gauche au lieu d'un peu à droite et puis j'arrive. Mais vraiment, il se passe deux secondes de plus et puis en fait, je suis en bas. Mais parce que ça se floute dans la tête. Tu es plus lucide, tu arrives moins à discerner les contrastes. Donc avec une lampe frontale, déjà, il y a déjà peu de contrastes, mais alors là, tu les dis si, enfin tu les vois encore moins. Et je pense qu'à ce moment-là, quand on commence à sentir la tête qui commence à aller à droite, à gauche, et puis à mal interpréter l'environnement, il faudrait se dire que c'est le moment de dormir un peu, je pense. Oui. Parce que ça peut amener à des situations qui ne sont pas cool. Pas cool du tout. Après, ça amène à des situations qui sont super cool. qui sont les... Vu que, ouais, tu confonds un peu les choses, ben ouais, tu peux très bien voir des poissons dans la montagne, quoi. C'est une version assez cool du manque de sommeil. Yes.
Loïc Ok, donc communication, sommeil, allure. C'est un peu ce que je retiens pour le moment de l'échange, c'est être vigilant sur ces trois points. Au moment où l'arrêt, alors c'est pas un abandon Vincent, c'est un arrêt, tu te fais arrêter par... La femme de Thibaut. La femme de Thibaut, ok, voilà. J'étais plus sûr de si c'était la femme de Thibaut ou une amie, mais la femme de Thibaut qui t'arrête. Toi Thibaut, du coup, qu'est-ce qui se passe dans ta tête à ce moment-là ? Ben c'est...
Vincent Si tu veux, c'est... Moi, quand on arrive, donc c'est le refuge de Balme. Non, c'est... Ouais, c'est pas au refuge de Balme. Si tu veux, moi, je sais que Mélissa sera là avec une amie et je me dis, purée, ça va être trop bien. Tu vois, un peu de réconfort, on va pouvoir discuter et puis après repartir, on sera comme neuf. Et au moment où on arrive, Mélissa, elle me regarde et puis... Ok, elle me pousse. Comment ça, tu me pousses ? C'est pas possible ! Tu vois, ça fait une semaine qu'on s'est pas vu, je suis au fond du trou là, c'est dur. Tu vois, tu vois, tu vois. Tu vois, tu vois. Et en fait, elle voulait qu'une chose, c'était Vincent. Et donc, pour moi, on n'a pas pensé une seule seconde à ce qui pouvait se passer, enfin, que ça pouvait se passer comme ça. Pour nous, c'était simplement une rencontre avec des gens qu'on aime, enfin, qu'on aime et puis ça, elle nous requinquait. Et donc, on a été vraiment surpris qu'elle sorte le stéto, qu'elle ausculte Vincent et puis surtout qu'elle dise que ça n'arrête pas. Alors, moi, je t'avoue que j'ai regardé de loin. Tu vois, je me suis assis et puis j'observais. Je crois pas que j'ai dit grand chose. Et puis, voilà, jusqu'au moment où Vincent a dit que, bah, ok, j'arrête là, je pense que, ouais, j'étais... Ouais, j'étais pas là. J'étais vraiment pas là. Parce qu'on s'était dit, d'ailleurs, que s'il y en avait, si on était les deux, enfin, il y en avait un qui était tout seul, il continuerait certainement. Puis là, il restait 23 bornes. Bah, forcément, j'allais continuer, mais... Mais, pfff, c'était... C'était... Ouais, non. C'est plus rien, en fait. Il y a plus rien du tout. Ça... C'est, tu vois, le niveau d'énergie que t'arrives à maintenir pour pouvoir avancer, puis d'un coup, en fait, il t'en reste plus. Et, en fait, tu peux même... Ouais, tu peux plus repartir. C'est... Voilà. Sentiment de vide, je suis même pas... Je suis même pas forcément inquiet pour Vincent. C'est étonnant. J'étais beaucoup plus inquiet après. Enfin, là, c'est... Il me dit, bah, ouais, il y a rien qui se passe, en fait. Ouais, c'est ça, il y a rien. Ouais. Ouais. Bon. Bah... Non, mais...
Loïc Sinon, c'est une plus belle expérience. Ouais, moi aussi. C'est ce que j'allais vous dire, peut-être pour finir sur une note quand même plus joyeuse, parce que, évidemment, qu'on parle de galère sur une course de cette envergure, je pense que c'est un peu aussi ce que tout le monde va chercher, se sortir de sa zone de confort et se tester. Mais j'espère bien, enfin, pour Vincent, je le sais, mais j'imagine que pour Louis et Thibault, c'est la même chose. Il y a des choses, il y a des éléments très positifs que vous avez avec lesquels vous êtes reparti de cette PTL. Qu'est-ce que ce serait, du coup, peut-être en commençant par Louis, tu vois, même si t'as pas pu aller jusque là où Vincent et Thibault sont allés. Mais qu'est-ce que toi, tu retires de très positif de cette expérience de votre PTL ?
Louis Moi, déjà, j'ai vraiment kiffé la prépa. On a fait des trucs géniaux. J'ai passé du temps en montagne avec deux personnes que j'apprécie énormément. Du coup, ça, je pense que c'est trop bien. Surtout que moi, comme je l'ai souligné au départ, j'étais vraiment frileux sur l'aspect technique. Ça m'a beaucoup apporté. Je me sens beaucoup plus à l'aise en montagne. L'avantage de la PTL, c'est qu'on est en haute altitude. Peut-être, on ne maîtrise pas la météo, chose qu'on ne fait jamais dans la vraie vie. Dans la vraie vie, quand on fait une rando, qu'ils annoncent des orages de la pluie, on n'y va pas. Et du coup, forcément, là, je vois, je rentre de quelques jours en montagne. J'ai beaucoup moins d'appréhension. Je vais dans des endroits où jamais je ne serai allé tout seul. Et du coup, ça m'a beaucoup apporté sur l'aspect Baroud aussi. Et puis surtout, vraiment, ce que je dis, on a fait des trucs géniaux. On a fait le Mont Blanc. On a fait plein de massifs dans les Arabies. On a fait vraiment pas mal de belles sorties autour de Chamonix. Rien que la prépa était positive. Après la course, il s'est passé ce qui s'est passé. Donc forcément, c'était un peu plus compliqué. Mais en tout cas, moi, ce que j'ai vraiment kiffé, c'était la prépa. J'ai passé beaucoup de temps en montagne. C'est vrai que quand on prépare une diagonale ou on fait quelques weekend chocs, mais on ne fait pas autant de parties techniques, on ne fait pas des arrêtes, on fait du try. Là, on a vraiment fait de la montagne. Et c'est vraiment ce qui m'a fait kiffer. Alors qu'à la base, je pense que c'est vraiment les éléments sur lesquels j'étais les plus en difficulté.
Loïc Ok. Top. Et pour toi, Thibaut ?
Vincent Oui, c'est pareil. La prépa, elle est incroyable. C'est juste génial de passer ces moments avec les copains. Et puis après, c'est clair qu'il se crée quelque chose, même si pendant la PTL, tu ne discutes pas trop, parce que tu concentres ton énergie sur autre chose. Mais même Vincent, qui d'habitude parle tout le temps, tout le temps, tout le temps, insupportable. Et là, il se passait peut-être une journée, une journée et demie où il ne disait rien.
Louis C'est tellement vrai.
Vincent Mais c'est tout des sous-entendus, des trucs où on cherche du regard. Ok, ça semble aller. Il y a ces petits trucs un peu complices. Et du coup, peut-être, mais Louis, ça t'est déjà avant. Mais pour moi, j'ai découvert Vincent à ce moment-là. Après, Louis, je le connaissais beaucoup plus parce qu'on a le même âge et puis on a beaucoup traîné ensemble. Mais tu vois une vision de tes coéquipiers. Tu as quelque chose de tes coéquipiers qui est différent. Tu les regardes plus pareil après. Puis après, en termes personnels, je trouve que c'est incroyable. Ces sensations que tu vas avoir dans ton corps qui remontent, dans la gestion du sommeil, dans la gestion des douleurs, voir à quel point des fois il te ment, ton corps, c'est fou. Enfin, tu vois, plusieurs fois, j'avais repensé à Roland Pauly qui me disait « Mais tu sais, en fait, sur la PTL, tu as une tendinite le mercredi et le jeudi, elle a disparu. » C'est incroyable. C'est vrai, c'est fou. Tu te dis « Mais j'ai des douleurs qui sont incroyables, qui sont super fortes. » Et le lendemain, en fait, ici, tu n'as plus rien. Par contre, tu n'as plus rien ici. Donc, c'est fou, en fait, ces sensations que tu es capable d'avoir. Et donc, oui, rien que pour ça, c'est vraiment quelque chose que je referais aussi. Rien que par rapport à la compréhension de soi, comment ça fonctionne, c'est fou. C'est vraiment fou.
Loïc Bon, et toi, Vincent, on en avait déjà parlé, mais histoire que ce soit quand même dans le même épisode, et maintenant que tu as écouté les récits de Thibaut et Louis, tu dirais que c'est quoi les éléments hyper positifs ?
Thibault Comme eux, déjà, la prépa, parce que les choses qu'on a faites dans les beaux, les arabis, le chablais et tout, on a fait des choses exceptionnelles, puisque vraiment en montagne, c'est ce qui me plaît le plus. Maintenant, je préfère ça aux activités plus sportives, comme le trail ou le triathlon, etc. J'aime bien aussi, mais là, c'est ce qui me plaît le plus maintenant. Donc, la course, elle correspond exactement à mes attentes, même sur le côté rustique. Et puis après, sur la course, malheureusement, avec lui, les trois, on n'a pas été longtemps. Mais par contre, même cette première journée, cette première nuit, j'ai des moments, j'ai des flashs des fois, j'ai des flashs super sympas. Sur la première journée, on arrive au niveau d'un barrage avant de remonter au col du Colomb. J'ai ce souvenir là où on fait une petite vidéo, d'ailleurs la seule qu'on fait, parce qu'on n'a pris quasiment aucune photo, parce qu'avec la fatigue et les problèmes qu'on a eus, on a très peu de souvenirs photo finalement. Et j'avais fait une petite vidéo, moi, qu'on ne fait jamais à ce moment-là. Quand je la revois, je suis super content. Et puis après, avec Thibaut, il y a eu des moments, le jeudi soir, descente du Ruitor. Thibaut, il m'a envoyé un MMS il y a un mois par rapport à ça. On ressort cette photo-là, à un moment, on a eu un sentiment de plénitude à ce moment-là. Ou même la descente du col de la Croix du Bonhomme. On est en train de courir, 5 minutes avant de se faire arrêter. On est en train de courir. Moi, dans la montée d'avant du plan du glacier, il y a celui qui ferme en fait, parce qu'on était dernier, on croyait qu'on était dernier, mais on était avant dernier. Et celui qui ferme, il voit les allures que j'ai dans la montée. Et en gros, il dit à Thibaut, Thibaut me l'a dit après, il m'a dit, à ces allures-là, vous n'allez pas pouvoir terminer. Sauf qu'en fait, moi, j'avais calculé, je connaissais la fin. Et en fait, il n'avait pas vu nos allures en descente. Moi, j'avais un problème quand monter, c'était le souffle. Mais sur le plan en descente, on pouvait courir. Donc, on avait calculé que ça allait aller. Et dans la descente de la col du Croix du Bonhomme, on se rend compte qu'on va être large. On va finir à midi le dimanche, au lieu de la barrière, je crois que c'était 16h. Et on était bons, franchement, tranquillement en plus. Surtout en voyant les équipes qui étaient avec nous, à quelle heure elles ont terminé. Et à ce moment-là, je me rappelle, dans cette descente-là, moi, j'étais super content. On courait. Ça y est, on avait vécu le truc. C'était la fin de la semaine. Et voilà. Après, comme je l'avais dit dans le premier enregistrement, moi, cette course-là, jusqu'à Noël, j'y pensais tous les jours. J'avais des flashs tous les jours. Là, les flashs, ils se sont un peu éloignés avec le temps, mais encore. Ça m'a un peu… Ça nous a relancé de suivre ce que vous faites, de voir moi, de suivre le groupe Facebook et tout. Là, quand je vais en montagne, je pense à la PTL. Et pourtant, j'ai fait d'autres trucs intéressants, mais je pense toujours à la PTL. Et ce n'est pas au côté négatif que je pense. Ça peut m'arriver. C'est vrai que ça peut m'arriver, mais c'est beaucoup, beaucoup de choses positives. Dans le partage, dans ce qui est la course en elle-même. C'est une course exceptionnelle.
Loïc Bon, Louis et Thibault, je sens que vous êtes repartis pour une deuxième émission.
Thibault C'est bien, Loïc. C'est bien, Loïc.
Loïc Tu as reçu des notes tripes autour du projet de l'an prochain. Excellent. Trop bien. Et peut-être pour finir, il me semble, Vincent, que tu m'avais dit que vous n'aviez pas vraiment échangé sur le post-PTL. Enfin, que ça avait pris beaucoup de temps. Je crois que c'était en janvier, après la course. Est-ce que depuis, il y a eu d'autres projets en équipe ?
Louis Pas les trois. Pas les trois. Après, on a fait dernièrement le swimrun Euthilu à Angadine avec Vincent. Ah, génial. On a fait ça, c'était le mois dernier, il me semble, à Vincent. Jujuy. Non, début juillet. Ouais. Donc, pareil, ça permet de ressouder un peu l'équipe. Et puis après, surtout, c'est un peu plus compliqué parce que Thibault, il est un peu plus loin de chez nous. Après, avec Vincent, on a toujours l'occasion de courir ou de faire des choses ensemble. Mais ouais, l'échéance, c'était l'Euthilu. Là, ça s'est plutôt bien passé. C'était vraiment une course en équipe à deux.
Loïc Ok. Ok, ok. Et du coup, je le disais en rigolant, mais plus sérieusement, une nouvelle PTL à trois, c'est dans les cartons ?
Louis Moi, je ne ferme pas la porte. Parce qu'en effet, je sais que ça permettra de clôturer ma carrière de trailer. Non, non, mais plus sérieusement, moi, je pense que oui, ça peut-être pas là à l'instant T, mais c'est ce que j'ai dit à Vincent en toute transparence. Je pense que moi, je laisse la porte ouverte.
Loïc Je ne te demande pas à Vincent parce que Vincent, on a bien compris que si on lui propose un dossard pour lundi dans deux semaines, il y va. C'est pas le moment de l'acheter, je t'avoue.
Thibault D'abord, il y a une autre course, mais sinon, je t'avoue que des fois, je regarde le groupe en me disant, si il y a un mec qui demande s'il y a quelqu'un qui est libre. Non, tu feras gaffe parce que c'est enregistré. Mais c'est pour ça que je voulais rien dire. Non, non, non, je ne sais pas, je suis à l'échapper belle. En tout cas, des fois, j'y pense en rigolant, je me dis, c'est dans deux semaines la chance qu'ils ont.
Loïc Bon, et toi Thibaut, du coup, là, ça va être déterminant selon ce que tu penses. Pour lui, la porte est ouverte. Vincent, on a compris qu'il y va quand vous voulez. Donc, qu'est-ce que tu en penses, toi ?
Vincent Non, moi, je... Non, je veux dire, elle est entre ouverte de quelques centimètres. Ok. Bon, les voyants sont au vert. Je leur fais confiance pour prendre la porte et puis me l'arracher des mains et puis l'ouvrir l'ombre.
Loïc Ouais, c'est ça. Ok, bon, du coup, c'est dit, tous les voyants sont au vert, à des niveaux d'intensité différents, mais en tout cas, c'est du vert partout. Donc, bon, ça va. On fera peut-être un troisième épisode pour clôturer votre deuxième PTL. Avec plaisir. Excellent. Bah, écoutez, un grand, grand merci pour votre temps. C'était juste génial de pouvoir échanger avec vous, surtout si proche. Là, c'est un peu égoïsme, mais si proche de notre course à nous. Je repars, j'étais reparti avec plein de trucs, plein de bons conseils quand j'avais échangé avec Vincent. Mais là, le fait de vous avoir tous les trois, c'était juste génial. Des perspectives différentes et puis des points de vigilance assez clairs, finalement. Encore une fois, moi, je repars. Ce avec quoi je repars, c'est les allures, la com et le sommeil. Donc, on va être vigilants là-dessus. Xavier et Brice, quand vous écouterez cet épisode. Mais voilà, en tout cas, un grand, grand merci à tous les trois, Louis, Thibault et Vincent. Je vous dis tout le meilleur pour la suite. Bonne prépa pour votre prochaine PTL. Et puis, on se calera la date du débrief selon l'année où vous lancez pour la prochaine.
Vincent Ça marche. Merci à tous les gars.
Louis Merci beaucoup. Merci, bonne course. Faites-vous plaisir surtout. Merci. Ouais, bonne course. Merci. Salut. Salut. Salut. Salut. c'est laแล ! c'est laแล ! c'est laแล ! Sous-titrage ST' 501
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