Thomas On va dire que tout bascule pendant une hémorragie parce que tout s'arrête, c'est un peu l'horloge de la vie qui s'affole. Il faut foncer, il faut pousser les murs, il faut croire en soi et puis ne pas hésiter à réaliser ses projets, même les plus fous. Moi je pense que vu qu'on a qu'une vie, autant en profiter et autant vivre sa passion ou ses passions.
Loïc Hello, hello ! C'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les frappés. Bienvenue Thomas sur le podcast. Salut Loïc, merci à toi de m'accueillir. Très très content que tu sois avec nous aujourd'hui pour parler d'une discipline en plus qui intéresse énormément de monde sur le podcast. Je le sais parce que j'ai systématiquement des super retours quand on a des invités qui sont issus de cet univers. Et c'est le trade. donc moi je suis très content d'avoir cette chance d'échanger avec quelqu'un qui est vachement investi dans la discipline et peut-être que sans trop en dire plus on peut commencer par une petite présentation que tu nous expliques un petit peu ce que tu fais aujourd'hui et quel a été ton parcours
Thomas et bien écoute avec grand plaisir de vous présenter de te présenter mon parcours et puis ma carrière de jeune athlète dans le trail running. Donc en fait, depuis tout le gamin, si on peut dire ça comme ça, j'ai toujours eu cette proximité avec la nature. Je me souviens de prendre une paire de basket en short et puis d'aller courir mais sans plus vraiment l'histoire d'aller en forêt, d'aller voir un peu les animaux vraiment par plaisir en ayant une certaine proximité et puis au fur et à mesure, on va dire en grandissant, j'ai toujours gardé ce rythme de vie un peu proche de la nature et puis toujours courir un peu mais sans prétention, avec toujours autant d'humilité et puis sans trop penser à la compétition, au dossard, etc. En fait, après arriver au lycée, quand je suis vraiment arrivé au lycée et que j'ai rencontré un professeur qui était issu de l'athlétisme, C'est là où j'ai un peu pris cette fibre. Parce que, si tu veux, on allait courir par tous les temps dehors. On faisait les crosses en hiver quand il caillait. En short, t-shirt, on avait le goût du sang dans la bouche. C'était folklo. Mais c'était finalement ce que j'aimais. C'est là où je me suis vraiment retrouvé. On peut dire ça comme ça. Donc, ce n'était pas forcément rigolo. Ça glissait. C'était des petites boucles de 3 km. On faisait à l'époque, je ne sais plus, 7-8 bornes. c'était fun, c'était plus pour le dépassement de soi, mais moi je me prenais au jeu et j'adorais. Au fil du temps, pendant ce temps-là, je faisais tout ce qui était études, mon cursus scolaire, et donc j'ai basculé ensuite sur un enseignement supérieur, donc en BTS production horticole et en BTS aménagement paysager. Et en fait, c'est donc pendant tout ce qui était enseignement supérieur, où là, j'avais un peu plus de temps entre guillemets, et où là, je me suis réellement consacré, on va dire, à un peu plus le trail running. Moi, je connaissais la course à pied par plaisir, et puis, plus que par mettre en dossard et aller me confronter à d'autres, on va dire, et puis à soi-même, mais c'était, voilà, jusqu'à présent, c'était plutôt le loisir, et puis là, j'avais envie de faire un peu plus de volume, entre guillemets, et encore, ça restait faible à comparer à maintenant, mais voilà, J'avais une petite envie de m'orienter vers du un peu plus concret et moins du loisir à mon échelle, à petite échelle. Au fur et à mesure, j'ai pris de la maturité, j'ai évolué et je courais toujours un petit peu. En 2018, c'était pendant ma dernière année d'études de BTS. Là, j'ai commencé à mettre en premier dossard, mais vraiment pour une cause caritative. C'était un 10 km vraiment pareil, pas pour un chrono, mais plutôt pour une cause. Et l'histoire de se dire, il y en a qui ne peuvent pas faire ce que je fais. Et donc, c'est une chance déjà de prendre un départ, un 10 km. Pareil, sans aucune prétention, mais vraiment par plaisir, on va dire. Et puis, j'ai vu que 10 km, c'était sur route, c'était tout plat, ce type marathon, mais vraiment en 10 km. Donc, pas de dénivelé ou quasiment pas. et donc j'ai vu que ça passait avec un temps plutôt sympa je crois qu'à l'époque j'avais dû mettre 45 minutes donc c'était pas non plus ouf mais ça restait correct sans entraînement on va dire spécifique et puis ensuite en 2019 l'année d'après j'ai voulu commencer à faire une petite saison avec deux trails donc vraiment avec une course en montagne avec du dénivelé pareil entre 10 et 15 bornes donc pareil assez court mais voilà pour me jauger et puis l'histoire de voir un peu où j'en étais et là ça a matché parce que dès la première course je fais deuxième espoir au trail du Galibier Tabor donc c'était fun moi j'y allais un peu les mains dans les poches avec pareil une paire chaussures c'était une paire de baskets à l'époque c'était les speed cross mais à l'heure actuelle je me dis comment je courirais avec ça ? C'est des super choses, mais on ne peut pas courir spécifiquement avec ça. Bref, sans du matos, on va dire plus ou moins adapté, mais sans plus, on va dire. Sans plus de réflexion sur la pratique, en y allant, par plaisir toujours. Et là, je me retrouve sur le podium dans ma catégorie Jeune Espoir. Et je me dis, c'est ouf. J'en suis là, je n'ai pas fait de prépa spécifique. C'est chouette. Donc, c'était encourageant, on va dire. donc ça m'a redonné l'envie d'en refaire un deuxième dans la saison et puis pareil j'ai fait un top 3 espoir sur le deuxième donc ça c'était à Valsenie pareil sur 15 kilomètres donc rien de bien fou en kilométrage mais c'était encourageant pour la suite et ensuite donc fin 2019 j'ai eu un gros problème j'ai eu enfin j'ai fait une opération chirurgicale enfin une intervention et là j'ai eu une hémorragie en fait donc en fait entre 2019 et 2020 c'était l'année où j'allais basculer dans ma dernière année d'espoir, de jeune espoir trail, fin de catégorie et je m'étais dit pourquoi pas me faire une bonne prépa à la fin de l'hiver pour que ma dernière année d'espoir je peux peut-être mieux encore jouer devant voir où je me situe vraiment avec les jeunes qui avaient mon âge et qui avaient un niveau déjà plus élevé que moi et en fait j'ai eu donc j'ai fait l'intervention chirurgicale et j'ai eu une hémorragie. Donc, en fait, l'hémorragie, on va dire que tout bascule pendant une hémorragie parce que tout s'arrête. On va dire que c'est un peu l'horloge de la vie qui s'affole. Tu vois, du jour au lendemain, tout bascule. Tu as une certaine autonomie et en fait, une hémorragie, ça te crée plein de problèmes annexes que le fait d'être anémé et une perte de sang. Donc, cette opération-là, si tu veux, c'était donc une opération bénigne à l'origine au sacrum. Et en fait, je n'avais pas de date de fin. Je ne savais pas quand est-ce que j'allais être guéri réellement. Est-ce que ça allait prendre 4 mois, 6 mois de cicatrisation ? Et en fait, je me suis retrouvé quasiment halité. J'avais beaucoup de douleurs. J'étais sous morphine. Et en gros, j'avais quasiment une perte d'autonomie. c'était mes parents qui m'habillaient qui m'aidaient et en gros j'avais aucune date de fin je savais que ça allait durer peut-être 4 mois 6 mois, c'était dépendant de mon hygiène de vie mais j'étais un peu dans l'inconnu dans le flou donc là on était en décembre 2019 et donc je ne marchais quasiment plus, en fait je marchais un kilomètre c'était c'était en Vimborne c'était une victoire et donc je me suis toujours dit que tant que l'esprit et le corps n'étaient pas tant que l'esprit ne dégageait pas du positif il n'y allait pas avoir de guérison donc je suis toujours resté dans le mood positif quasiment du début jusqu'à la fin dans le but de me dire du positif va tirer le positif et donc c'est un peu une loi d'attraction et donc ça va guérir assez vite donc en fait 4 mois plus tard cours en mars, donc j'ai été guéri, ça a été finalement assez rapide, et même pas un miracle, mais quasiment, pour le chirurgien qui lui estimait à une guérison à minima 6 mois, en fait, ou à y'a l'os du sacrum, enfin c'était vraiment une opération très... Voilà, on n'avait pas trop de recours en termes de guérison, c'était assez compliqué, c'était le corps qui était le maître, on va dire, qui avait tout entre ses mains. Et ensuite, il y a eu le confinement, donc ça n'a pas aidé, dans le sens de me dire je peux repartir sur des ongles positifs donc moi j'ai toujours regardé ce mood là en me disant profites-en j'étais sur la fin de mon deuxième BTS et donc j'avais pas de cours en tant que tel hormis du distanciel donc j'ai pu me faire une guérison avec un certain recul et puis réapprendre à marcher correctement réapprendre à courir enfin courir c'était 5 minutes et encore ce n'était pas la priorité, c'était vraiment me refaire une santé, me refaire une carcasse alimentairement, physiquement et puis mentalement, toujours poursuivre sur le mood très très très positif le plus possible. Donc ça, ça a duré jusqu'à un juin, non de mars à juin, quelques mois. Donc en fait quasiment tout le confinement a été axé sur cette remise en forme. Et puis donc de juin à fin juillet, là j'ai pu reprendre le trail, déjà la course à pied sur du plat avant de parler de trail vraiment en fait les bases trottiner repartir à zéro comme un enfant tu apprends à marcher au début il va tomber, après il va faire 3 mètres après il va faire une borne c'était un peu pareil, sauf que je ne tombais pas mais j'avais quasiment plus de souffle je transpirais alors qu'on aurait dit que j'étais un débutant alors que j'avais quand même quelques bonnes bases bref tu repars à zéro beaucoup de doutes mais voilà, j'étais motivé, et là, pour le coup, j'avais vraiment envie de faire une grosse saison 2020, vu que 2019 avait été deux trails, mais deux trails assez encourageants, je m'étais dit, 2020, je mets le paquet, et je mets des choses en place, quelques petites choses en place, c'était à l'époque, à mon échelle, quand j'y repense, c'était léger, mais voilà, ça me semblait déjà grand, et puis, j'ai fait deux ou trois volumes d'entraînement avec des amis, des connaissances qui sont élites dans le trail, qui courent encore l'UTMB, qui font les top 20 sur les grosses courses du circuit World Tour. Et j'ai fait un ou deux gros entraînements avec eux, de 5-6 heures avec des gros volumes d'entraînement. Et je me suis dit, c'est dingue, j'arrive à les suivre. Alors qu'il y a encore quelques mois en arrière, j'étais vraiment au fond de mon lit, j'avais plus de force, on va dire. Et puis, j'ai été mis en relation avec Nicolas Martin. Donc, Nicolas Martin, pour faire simple, c'est un grand athlète par son talent et par son humilité, qui est en équipe de France assez régulièrement, et puis qui est un gros palmarès, mais surtout qui a une grande humilité et qui m'a beaucoup inspiré. J'ai toujours régulièrement suivi les sports outdoor. Xavier Tevenard, des Nicolas Martin des François Laine c'est des grands messieurs du trail qui m'ont beaucoup inspiré et en fait j'ai eu la chance d'être mis en relation donc fin juillet par un ami qui le connaissait très bien, un ami à lui il m'a dit bah écoute voilà, essaye de le contacter je pense que ça mériterait que tu sois entre ses mains ou en tout cas entre les mains d'un entraîneur parce que à mon avis t'as du potentiel et puis il y a des choses à faire et tu vois je me souviens encore de ce jour donc je savais que Nicolas devait me contacter fin juillet je savais pas trop le jour mais je savais plus ou moins la semaine et je me souviens encore de ce jour si particulier où Nicolas m'a appelé et là je me suis dit mais j'ai Nicolas au téléphone est-ce que c'est un rêve ou est-ce que c'est une réalité tu vois j'étais dans ce mood entre réalité, rêve mais c'était bien vrai c'était Nicolas et donc c'était assez fou mais sérieux le projet était c'était fou c'était Nicolas c'était pour monter pour en suivre pour voir mes ambitions moi à l'époque j'étais un inconnu dans le trail dans la course à pied j'étais un parfait inconnu j'étais un jeune qui courait par plaisir avec quand même quelques niveaux quelques bases on ne va pas se mentir mais voilà je sortais plusieurs mois un peu de galère je voulais me remettre avec quelque chose de taplomb avec une bonne structure et donc on a longuement discuté sur mon projet sur aussi ses attentes dans les deux sens parce que forcément ça marche dans les deux sens coach-athlète et puis l'athlète-coach et puis moi je voulais une relation entraîneur-entraîné c'est à dire que qui est aussi un réel partage de connaissances en réel échange régulièrement et puis en réel suivi c'était du sur-mesure on parlait bien de sur-mesure donc le projet me correspondait et puis avec beaucoup de bienveillance et d'espoir on va dire que mon projet lui a plu et moi je me souviens encore de cette gentillesse de sa simplicité de ce jour là en fait parce que moi je débutais j'avais déjà une tendance à aller vers ce niveau vers le haut niveau mais j'étais encore très jeune donc j'étais peut-être pas assez lucide sur certaines choses et donc voilà il m'a éclairé tout ça et ça a été le début d'une belle collaboration donc fin juillet début août 2020 et c'est là où ça a marqué en fait en penchant dans ma carrière de jeune athlète c'est cette rencontre en fait qui a fait basculer beaucoup de choses et qui m'a réorienté là où je suis passé d'un jeune qui courait par plaisir avec quelques bases quasiment à une carrière de jeune athlète que je poursuis actuellement où en fait dès octobre 2020, il me replace sur un podium aux 43 kilomètres de Faverge non c'était même plus, il y avait même 47 kilomètres et 2800 des plus où là c'était dantesque, il y avait de la neige c'était vraiment dantesque, il y avait de la neige, il y avait de la pluie il y avait des athlètes élites qui abandonnaient parce que vraiment c'était compliqué, c'était même galère avec des passages à 2000, avec des gros passages à 2200 mètres, c'était compliqué vraiment le temps, brouillard, bref et là je fais deux ou troisième espoir et donc pareil, inattendu alors que quelques mois avant je n'aurais jamais imaginé ça et là je me recale, je me replace sur un podium donc par catégorie certes, mais ça prouvait que j'étais là de retour, donc ça m'a fait plaisir, c'était surtout ça, le but c'était vraiment avec toute humilité de me dire, en peu de temps avec Nicolas, on a su mettre des choses en place, moi j'ai su aussi les appliquer sur le terrain et en tirer profit, et ça a marché. Donc tu vois, depuis la fin de l'été 2020, il y a eu beaucoup de choses qui se sont passées, et ça m'a amené à cette saison 2021 où là j'ai fait mes deux premiers ultra trails dont l'échappé belle qui est quasiment la deuxième course la plus dure au monde derrière la Diagonale des Fous il y a de la roche de partout, il n'y a que de la pierre il n'y a quasiment aucune relance pareil il faisait une chaleur du tonnerre sur la pierre, pire qu'un lézard au soleil et tu vois c'était en 62 km mais en fait l'échappé belle 62 km tu mets 11, moi j'ai mis 14h et tu mets entre 11 et 14h c'est énorme 14h pour faire 60km c'était dingue si tu veux t'as aucune relance c'est du rocher, c'est du pierrier moi c'était un challenge qui me convenait parfaitement je savais à ce que je m'attendais mais c'était très dingue quand tu secoues la cloche à l'arrivée cette cloche elle est méritée tu sais que c'est un long combat c'est un combat contre soi-même d'ailleurs cette course je crois que là on ne parle même pas de combat on ne parle même pas de compétition contre un adversaire on parle d'un combat de 14h contre soi-même faire face à ses doutes faire face à plein de choses donc c'était chouette et puis entre j'ai fait aussi j'ai fait le marathon du Mont-Blanc j'ai pris part qui c'est une manche de la Golden Trail Series si tu connais et donc il y avait Thibaut Barognan il y avait David Emanini il y avait tous les les trailers élites Team Salomon tous les gros teams internationaux qui étaient là et moi j'étais juste derrière eux si tu veux je me disais mais waouh c'est fou je prends ma première manche Golden Trail Series en France c'est le marathon du Mont Blanc c'était fou j'avais été tiré au sort c'était fou donc j'ai fait pas mal de trails globalement des maratrail donc des 42 km avec 2006-2007 2D+. Et puis deux petits ultras, donc l'échappe est belle. Et puis le 75 km du Grand Trail du lac, donc le tour du lac du Bourget, c'est chez moi, c'est où j'habite. C'est vraiment Stéphane avec un ami dans le but de découvrir l'ultra. Ça m'a moyennement plu au final. L'ultra, je suis encore trop jeune, mais c'était fun. et donc tu vois toute cette progression ça m'a amené je suis passé d'un jeune à mettre une paire de chaussures basket, à mettre une paire de chaussettes quasiment lambda, en short lambda et d'aller courir à aujourd'hui à mettre en place tout un tas de processus à créer un petit staff médical à essayer à être à l'affût en permanence du matériel des derniers cris c'est tout con mais à faire des tests aussi de matos, à choisir une paire de basket en fonction du terrain qui sera plus rapide avec peut-être plus de crampons, moins de drops, plus de drops, être à l'affût du matériel et puis à optimiser tout ça pour performer.
Loïc Génial. Waouh. Quel parcours. Quel parcours, c'est génial. En tout cas, bravo. Je pense que ça va être ma première série de questions. On voit bien, quand tu le décris, on comprend qu'il y a une progression qui a été au début assez linéaire. Tu vois, tu l'expliques, tu as pris un premier départ sur une course, un deuxième, un troisième. Voilà, des résultats qui arrivent, les ambitions qui s'étoffent un petit peu. Et puis d'un coup, cet arrêt un peu brutal, forcément non anticipé avec la blessure et ses complications. Donc moi, je serais déjà peut-être curieux de savoir, sur le podcast, tu le sais, on parle de résilience, détermination et dépassement de soi. Donc à quoi est-ce que ça a ressemblé pour toi cette période parce que tu nous l'as expliqué assez brièvement l'hémorragie qu'il n'y avait pas il n'y avait pas forcément de date butoir par rapport à ta convalescence etc donc comment est-ce que tu as géré toute cette partie justement peut-être un peu plus au mental de la blessure
Thomas alors j'ai eu la chance de travailler avec Marie-Laure Brunet que tu dois connaître ah ouais tu as fait un podcast qui a été une invitée Oui, tout à fait. J'avais gardé beaucoup de savoir-faire, on va dire, que Marie-Laure m'avait transmis durant la période où j'avais travaillé et collaboré avec elle. Et en fait, tout ce qui était le cheminement, la visualisation, le questionnement, l'état d'esprit, le fait de poser ses mots, le fait d'enlever ses pensées parasites, tout ça, en fait, ont fait que c'est des choses que j'ai gardées et que j'ai encore actuellement dans ma jeune carrière d'athlète avant une course. C'est tous des paramètres, si tu veux, que j'ai gardés et que j'ai mis à profit et que j'ai utilisés lorsque j'ai eu, entre guillemets, cette blessure. C'est vraiment ces paramètres-là qui m'ont aidé, qui m'ont permis de garder le cap et où je me suis dit il y a pire, il y a des personnes qui sont en fauteuil toute leur vie, il y a des personnes qui ont des maladies, il y a à vie également. Donc moi finalement, c'était de courte durée ou pas, mais c'était éphémère si on peut dire ça. Donc la cicatrice, elle n'est pas éphémère. Par contre, le mal entre guillemets, le mal négatif et psychique était éphémère. donc c'était à moi de transformer ce négatif en positif grâce à beaucoup de... j'aimais bien moi la visualisation de me dire peut-être que ta première course sera tel objectif admettons c'était... je crois que je m'étais dit c'était en juillet à l'époque c'était l'UT4M40 donc le Maratrail en Chartreuse je m'étais dit voilà moi mon but c'est d'être prêt pour cette course donc c'était je crois autour du 15 juillet bref à la mi-juillet 2020 je veux être prêt sur le Maratrail de la Chartreuse alors que j'étais clairement, je ne courais plus je n'étais plus apte à faire 2 kilomètres en courant encore moins c'était osé, mais mentalement, j'avais besoin de me rassurer et finalement, c'est des choses qui ont quasiment marché parce que si tu veux moi, même pas 4 mois après j'étais remis on va dire que j'étais guéri j'avais pas une rééducation encore optimale mais néanmoins j'avais j'avais retrouvé on va dire les bases pour pouvoir me déplacer, pour pouvoir reconduire une voiture, pour pouvoir être autonome voilà
Loïc comment t'as géré ce retour dans ta discipline dans le trail sachant que encore une fois l'arrêt a été brutal et puis que t'es passé d'un certain niveau à ce que t'expliquais quasiment réapprendre à marcher ça comment est-ce que tu l'as géré, est-ce que c'est aussi la visualisation je vais y arriver qui t'a permis de poursuivre tes efforts et de regravir des échelons petit à petit que t'avais déjà gravi auparavant, je te pose la question parce que c'est un sujet que j'évoque assez souvent moi je suis aussi passé par le haut niveau et l'arrêt a été brutal j'ai fait une tentative de retour au haut niveau quand je vivais au Canada où je me suis retrouvé en fait sur un entraînement avec l'équipe du Canada qui préparait les JO de Londres et le retour et en fait ça a été mon retour à la réalité en termes de pratique du judo et voilà j'ai même pas fini l'échauffement en fait tu vois avant la fin de l'échauffement j'étais en train de vomir aux toilettes et ça avait été j'avais trouvé ça hyper compliqué en termes de gestion des émotions de te rendre compte qu'en fait quand t'as été t'as pu faire une pratique avec un certain intensité te rendre compte que tu ne peux plus faire un dixième de ce que tu faisais avant, moi j'avais trouvé ça super difficile donc je serais curieux de savoir comment ça s'est passé pour toi et qu'est-ce qui fait que tu as réussi à raccrocher les wagons
Thomas ouais ouais ouais ce que tu dis c'est franchement parlant quoi, c'est clairement c'est clairement la réalité là c'est sûr tu traduis un peu ce que je n'ai peut-être pas assez expliqué mais oui en gros avant on va dire de retourner sur ce podium au Maratrail de Faverge en octobre, il y a eu un long chemin sur le terrain d'entraînement et de difficultés à éviter, c'est un peu des obstacles qu'on évite ou qu'on passe ou pas mais oui, c'est compliqué moi, ce que je me rappelle, c'est que les premiers entraînements, les gros entraînements, ils étaient durs, c'était du coup avec c'était avec un collègue, Hugo Ferrari on avait fait une grosse session je ne sais plus, trop 5 heures il avait des séances à faire et puis j'y avais été avec lui donc des séances navettes et là je me rappelle mais c'était compliqué j'étais rentré mais à Chess parce que si tu veux lui il avait un niveau énorme il est élite, il fait l'UTMB Hugo est professionnel dans le trail moi j'étais pas débutant mais jeune novice qui penchait vers une pseudo carrière d'athlète à l'époque parce que j'avais rencontré, je n'étais pas dans le team Altitude Trail, je n'étais pas suivi par Nicolas. Donc bref, je n'avais aucune base que tous ces grands noms avaient. Et en fait, je me rappelle, mais j'étais terrassé. Je me rappelle, mais je n'avais plus de jambes. Je me disais, mais les descentes, elles étaient presque plus dures que les montées. Bref, c'était galère. ensuite j'ai même refait une autre séance encore pire, il y avait Julien Chaurier il y avait encore plein de monde, plein d'élites on s'était fait une session de 2 ou 3 fois 3 000, je ne sais plus mais une grosse séance navette mais j'ai dit mais qu'est-ce que je fous là ? clairement je ne suis pas à leur niveau je ne sais même pas si réellement je m'en rendais compte parce que eux ça faisait 10-15 ans qu'ils bornaient ils font l'UTMB donc les ultra trails moi j'avais même pas couru à cette époque là encore moins 20 km en off je me pointais avec eux comme ça c'était fou, c'était compliqué et puis après j'ai rencontré Nicolas donc avec Nicolas on est vraiment reparti sur des bases des bases intenses mais de faibles on va dire de courte durée pour se remettre un peu raccroché le wagon. Et puis après, j'ai fait réellement le Maratrail de la Vanoise, donc le tour du glacier de la Grande Casse, qui est vraiment magnifique, où là, je crois que j'avais mis 6 ou 7 heures pour un Maratrail, un quart de kilomètre. Mais alors là, je me rappelle, il y avait des gens qui me doublaient sur des portions à plat. J'étais HS. Dans les montées, j'étais en canne. Mais alors sur le plat, où là où normalement tu relances et tout le monde est en forme, mais là j'avais aucune relance et ça c'était fin août c'était fin août, Nicolas me suivait depuis à peine un mois et j'avais voulu prendre part à ce maratrail et en fait les gars me doublaient sur le plat j'étais terrassé je me suis dit mais qu'est-ce que je fous là heureusement il faisait grand beau, les paysages étaient magnifiques donc tout au mental si on peut le dire je crois que j'ai mis 6h30 j'ai dû mettre 6h30 j'étais terrassé mais content d'être là parce que je me suis dit il y a encore quelques mois en arrière jamais j'aurais cru prendre part au départ de cette course donc vraiment content et en fait c'est un peu cette course qui m'a remis réellement on va dire dans le bain ou derrière avec Nicolas on a dit ok donc il y a ça, ça, ça à retravailler ok on va aller retravailler en off à la maison tranquillement et puis après ça a été mais ouais c'est pas évident ce retour au charbon si on peut dire où tu veux pencher vers quelque chose on va dire de plus concret et là où ça ne pardonne pas, on parle de chrono, tu te fais terrasser.
Loïc J'imagine bien la scène, surtout quand, encore une fois, tu es habitué, tu as tes références, tu sais que tel type de montée, tel dénivelé, tu gères de cette façon, que sur le plat, tu arrives à relancer dans ces conditions et quand la réalité te rattrape et que tu te prends le mur, ça fait bizarre. Ça me fait penser à un marathon. J'avais fait le marathon du Larzac qui est une des épreuves du Festival des Templiers oui j'étais tellement je ne sais pas si tu connais le profil mais en fait c'est un départ qui est relativement plat et puis en fait tu as une énorme bosse et une énorme descente c'est assez simple tac tac un lieu inversé et en fait dans la montée j'étais allé pas super préparer j'avais fait la je crois que c'était juste après c'était après Saint-Edion de mémoire l'année d'après bref et et je me rappelle que ma montre j'avais activé l'option tu sais pause automatique quand le GPS avance plus le chrono s'arrête quoi et ma montre oui ok je vois ma montre en côte elle n'arrêtait pas de s'arrêter j'étais tellement lent sur la montée que ma montre elle a dû s'arrêter 20 fois tu vois alors qu'en fait j'étais pas du tout à l'arrêt j'avais l'impression d'avancer mais j'avançais à 2 à l'heure donc j'imagine bien ce sentiment d'être scotché au sol
Thomas ouais c'est exactement ça ouais c'est trop ça ouais et puis tu vois les autres qui te doublent
Loïc tu te dis c'est fou quoi ouais mais du coup j'imagine que t'as quand même retrouvé assez rapidement dans le trail quelque chose qui fait que t'as eu envie de continuer et donc qu'est-ce que ce serait qu'est-ce que t'apportes le trail qu'est-ce qui fait que t'as réussi à retrouver cet engouement dans le fait de prendre des dossards de sortir de mettre tes chaussures de repartir en montagne qu'est-ce que ça t'apporte le trail
Thomas alors on peut dire qu'il y a eu plusieurs choses je pense que tu vois il y a eu entre autres la rencontre avec Nicolas il y a eu la rencontre avec pas mal d'athlètes élites qui m'ont un peu mis dans le bain il y a eu il y a eu et puis il y a eu aussi dernièrement tu vois je ne l'ai pas expliqué avant mais il y a eu aussi l'intégration dans le Team Altitude Trail donc là on est c'est plutôt une bande de copains à l'origine mais il ne faut pas sous-estimer parce qu'il y a réellement des athlètes. On a une collègue, Claire Bernard, qui a gagné la Lyon-Saint-Élion il y a quelques semaines maintenant. Bref, on est un petit groupe d'athlètes mais avec des grosses ambitions. Et en fait, si tu veux, je pense réellement que l'esprit de groupe, que l'esprit de partage, d'échange peut apporter une certaine émulation saine au sein d'un groupe, mais aussi individuellement. tu vois je pense que toutes ces rencontres et puis dernièrement donc plutôt l'intégration et d'être dans un petit comité ça peut aider à se surpasser et à vouloir vraiment performer donc individuellement mais aussi collectivement et puis prendre des dossards aussi pour le fait de ben voilà maintenant il y a toujours ce côté plaisir certes tu prends pas un dossard pour dire de taper en chrono mais tu prends un dossard aussi pour dire ben voilà cette course elle est belle cette course elle a des valeurs peut-être qui me correspondent j'ai aussi envie de découvrir ce massif donc à travers ce massif comme l'échappé belle j'ai pu découvrir ce massif que je connaissais pas que de nom mais j'ai pu découvrir j'ai vu des belles choses et donc c'est tout ça qui font que en fait à l'heure actuelle on devient boulimique de la borne il n'y a pas une journée où j'ai pas envie de chausser une paire de baskets et d'aller courir et là pourtant partout les temps tu vois actuellement chez moi j'ai 30 cm de neige mais je peux pas m'empêcher d'aller courir tu vois j'ai qui pleuve qui fasse froid qui vente qui neige enfin franchement par tous les temps je me sens heureux tu vois je suis épanoui en nature franchement quand je me balade dans les bois enfin quand je balade quand je cours plutôt ben je me sens heureux tu vois c'est c'est cette proximité tu vois qui fait ben ben que t'as envie après de chausser les baskets et puis puis vraiment après de te dépasser de courir, ce sentiment de liberté et ça c'est chouette
Loïc génial, génial dans l'épreuve du coup je reviens sur cette notion de mental, je pense que c'est assez clair tu en avais parlé en introduction quand tu as commencé à te présenter cette connexion que tu as avec la nature et que c'est ça quelque part que tu retrouves dans le trail et qui visiblement te motive à reprendre des dossards mais il y a aussi une réalité, c'est que dans ces épreuves tu l'as dit tout à l'heure tu en as fait une au moment de ta reprise où tu as mis 14 heures pour faire 60 kilomètres donc je pense qu'il y a eu des phases par lesquelles c'était peut-être un peu moins fun sur quoi est-ce que tu t'appuies tu dirais pendant ces courses pour les finir déjà et pour tu parlais de transformer le négatif en positif est-ce que c'est quelque chose que tu fais aussi pendant tes épreuves quand tu es en train de courir oui oui tout à fait
Thomas tout à fait donc tu vois 14 heures de course c'est extrêmement long surtout l'échappée belle tu as je sais plus je crois qu'il y a 3 ravitaillements sur le parcours sur 60 bornes ce qui est relativement peu c'est pas beaucoup c'est peu parce qu'en fait tu vois l'accès il est très compliqué c'est par hélicoptère donc en fait voilà c'est assez compliqué pour eux les bénévoles ben forcément ils se tapent beaucoup de marge pour aller sur les ravitaux bref donc il y a peu de ravitaux donc tu vois peu de personnes en fait le peu de personnes que tu croises c'est concurrents entre guillemets et encore moi sur les chapeuilles belles j'appellerais même pas ça des concurrents j'appellerais plutôt ça des des collègues d'aventure clairement parce que tu pars, t'es un peu une cordée c'est comme le gars qui part faire le Mont Blanc qui est solo et qui va tomber sur trois alpinistes et qui va finir la voie avec lui qui va arriver au Mont Blanc avec ces trois gars là ils se connaissent pas mais c'était une belle aventure peut-être de deux heures mais ils garderont ce beau souvenir tu vois les chapeuilles belles c'est pareil les chapeuilles belles tu pars, t'es au coeur d'une ville, Alvar t'es 300 t'es en groupe de 300 et puis après chacun va à ses allures et donc tu t'éparpilles vite et tu peux vite te retrouver tout seul c'est assez long une course, il faut s'y préparer moi je m'étais beaucoup préparé mentalement en me disant tu vas avoir peu de parce que sur les ravitaux j'avais mon assistance mais tu n'as que 3 ravitaux pour te donner un exemple, mon premier ravitaux j'ai vu mon assistance au départ à 8h je les ai vus à 9h et de 9h du matin, je ne les ai pas revus avant 19h le soir. Donc, ça veut dire qu'il y a extrêmement du temps qui passe entre tout ça. C'est-à-dire que c'est à toi de bien gérer, c'est à toi de partir avec ta nourriture, enfin bref, tout ce qu'il faut. Et donc, tu ne peux pas, on va dire, couper et parler d'autres choses avec ton assistance. Donc, il faut le faire avec des gars que tu vas croiser sur le terrain. Et moi, j'ai eu la chance, enfin, l'échappée belle pour ça, c'est une super course assez conviviale et les gars, c'est vraiment des... Moi, j'appelle ça même des aventuriers qui prennent le départ de cette course et je pense que beaucoup te le diront si tu as l'occasion d'en reparler avec d'autres c'est vraiment c'est une belle expression parce que c'est l'esprit je trouve qui règne sur cette course où c'est l'aventure et où en fait tu te retrouves seul donc c'est à toi d'avoir un bon mental et de ne pas douter c'est là aussi où il faut avoir un bon matos il faut connaître tout ton matos il faut être sûr que tu pars avec des bâtons qui ne casseront pas il y a tellement de dénivelé qu'il faut penser à tout que ta flasque elle ne va pas se percer peut-être parce qu'il fait trop chaud enfin bref c'est des petits détails mais qu'il ne faut pas louper déjà pour éviter une pensée négative et de se dire j'espère que ça va tenir ou j'espère que je vais arriver au bout non ça tu vois ça on n'y pense pas moi je me suis dit direct je veux mon objectif c'est faire sonner cette cloche tu vois la fameuse belle cloche de l'échappée belle enfin les mythiques c'est comme à l'UTMB quand tu traverses et que tu arrives sous l'arche de l'UTMB avec cette musique de fond ça fait vibrer voilà c'est ça c'est l'objectif, tu te dis, c'est des sacrifices, j'en ai fait et j'en ferai encore pour vivre de grands moments comme ça, et donc moi je m'étais dit, ben voilà, pense pas au négatif, et puis dès que tu croises des gars sur la route, sur le chemin, n'hésite pas, parle avec eux, et puis voilà, ça va le faire, et puis tu vois, j'ai fait, je sais plus, j'ai dû faire quelques kilomètres avec un groupe, j'ai fait quelques kilomètres avec un autre groupe, et puis à la fin on est tombé avec une cordée de 10 gars et on a fini ensemble et après on a tapé un sprint pour le fun avant l'arrivée c'était vachement ludique et au final j'ai transformé peut-être une course que certains te diront elle était galère en course dure, c'est clair qu'elle était costaud j'ai mis un mois à me remettre c'est clair mais où j'ai eu aucune pensée négative et que c'était que du fun voilà et pourtant c'est une des plus dures et plus corsée après la Diagonale des Fous quoi
Loïc ouais super c'est intéressant de voir comment tu as utilisé quelque part le collectif en fait le collectif je crois que c'est Nahuel ouais je crois que c'est Nahuel qui disait ça sur l'épisode qu'on a fait ensemble Nahuel Passerat il disait qu'il est passé parce que c'est un ancien footballeur lui il explique oui tout à fait il joue en N2 je crois ouais exactement il explique qu'il est passé du sport collectif le plus individualiste au sport individuel le plus collectif avec le trail c'est une super façon de le résumer c'est ce que tu viens d'expliquer génial intéressant super intéressant écoute je serais curieux de savoir si tu peux peut-être nous parler aussi de comment est-ce que la transition est en train de se faire pour toi d'un point de vue très concrètement entre un trail runner amateur et un trailer qui maintenant fait partie d'une team et qui a des objectifs affichés, qui est suivi, etc. Qu'est-ce que ça a impliqué comme changement de rythme, comme changement dans l'entraînement ? Quels sont les impacts sur ta vie ? Je serais curieux de savoir à quoi elle ressemble cette phase de transition.
Thomas Oui, ça c'est une bonne question. C'est même une belle question qui m'intéresse encore sur le sujet parce que je mets des choses en place, mais je m'inspire aussi de grands noms qui eux sont passés par là aussi. tu vois en France Odaen il y a beaucoup de grands noms à suivre et d'exemples je dirais et bien tout simplement à une phase un peu intermédiaire une phase un peu tremplin où tu passes du loisir franchement il ne faut pas avoir peur de le dire vraiment de loisir à clairement comme tu dis à afficher des ambitions tout en restant humble bien sûr mais disons sans se cacher, vraiment en s'affirmant dans cette position-là. Même si je suis conscient qu'il y a du boulot et que le chemin est encore long avant d'arriver à un niveau comme Nicolas Martin ou tant d'autres, voilà, bien sûr. Mais on va dire que cette phase-là, elle est cruciale si tu veux performer et être déjà dans de bonnes conditions. Moi, la première chose, c'est que je suis passé déjà mes volumes d'entraînement. Pour moi, quand je courais trois fois par semaine, c'était énorme tu vois pour dire ça il y a deux ans il y a deux ans et demi en arrière je courais trois fois par semaine pardon c'était énorme donc admettons trois fois une heure ou non ou ouais ou allez non je faisais si on va parler un kilomètre je faisais je sais pas 20 bornes 20 bornes semaine j'étais content tu vois c'était le loisir bon là on peut plus à un certain niveau
Loïc attention à ce que tu vas dire parce que c'est mon rythme alors fais gaffe
Thomas non non non après par contre tu vois c'est tout à fait respectable c'est tout à fait respectable tu vois à l'échelle d'une personne à ses objectifs et à ses comment on va dire à des objectifs propres à lui en fonction du temps qu'on lui accorde à cette pratique de sport tu vois, donc ça c'est vraiment respectable et tu vois et j'admire totalement, tu vois une personne qui va faire en 10 km tu vois j'admire parce que peut-être qu'elle va te le sortir en 30 minutes tu vois, moi je ne les sors pas les 30 minutes en 10 km donc je suis bon mais pas sur du très court non plus donc tu vois chaque distance est propre à chacun et c'est tout à fait respectable et à ce qu'il peut faire aussi. Donc ça, il faut aussi en être conscient. Moi, personnellement, tu vois, je suis en train de me découvrir. J'ai vu que l'ultra trail, par exemple, ce n'est pas pour moi. En tout cas, je suis trop jeune peut-être pour le faire. J'avais des doutes. Mais voilà, j'ai essayé deux petits ultras. Un de 62 parce que l'échappe est belle. On peut un peu le classer comme un ultra étant donné qu'il est assez long et dur. Et puis un 75 km. Bon, j'ai vu que c'était un peu trop dur, je pense, physiquement, physiologiquement. Je pense que je n'ai pas la structure pour. Par contre, tu vois, on a mis beaucoup de choses en place. Enfin, j'ai mis beaucoup de choses en place parce que c'est personnellement. Donc, déjà, le fait d'être suivi par un entraîneur, on va dire, avec du sur-mesure, si on peut appeler ça comme ça, ça aide énormément, tu vois, avec des plans d'entraînement, avec des volumes appropriés sans se blesser, avec des temps de récupération, à étudier en fonction d'un travail. Donc, j'ai aussi un travail, je suis paysagiste à côté. J'ai une double activité, on va dire. Je suis paysagiste, donc de formation et donc c'est mon métier. Et à côté, jeune athlète. donc il faut arriver à trouver un équilibre forcément entre il faut que je m'entraîne mais aussi il faut que je travaille forcément donc moi c'est un équilibre que j'aime bien parce que ça permet de se changer les idées et mine de rien le paysage c'est costaud donc ça me fait mon renforcement musculaire autant tu vois allier l'utile à l'agréable donc non non c'est pas mal donc tu vois ça a été des choses à mettre en place parce que forcément il faut arriver à trouver puis il y a aussi un équilibre avec ta vie, vie famille, vie personnelle. Donc, c'est beaucoup de choses à concilier, c'est beaucoup de choses à mettre en place, mais ça se fait, on va dire, au fur et à mesure. Tu tentes des choses, tu vois que ça ne marche pas forcément, tu vas peut-être t'entraîner à des heures, finalement, qui ne conviennent pas, peut-être plus t'entraîner différemment. Et puis, j'ai intégré aussi, on va dire, tu vois, un staff médical avec un suivi régulier parce que finalement, on s'entraîne beaucoup avec des gros volumes. mais avec plusieurs heures semaine. Mais finalement, je me suis aperçu qu'il faut optimiser à fond. Donc peut-être qu'il faut s'imprégner des grands sportifs et mettre ça peut-être dès mon plus jeune âge, à mon échelle, à mon niveau bien sûr, adapté. Mais ça ne peut pas être mal. C'est déjà commencer à protéger son corps, à faire en sorte que j'ai une carrière plutôt longue et pas plutôt au bout de deux ans, le gars il peut plus courir parce que en fait il a pas fait tout ce qu'il fallait il est passé à côté de plein de choses alimentairement c'est pareil alimentairement je te cache pas que je bookline énormément, je m'intéresse énormément à la nutrition, je suis parti de quasiment zéro à à une hygiène de vie lambda forcément j'ai jamais fait trop d'excès tu vois mais maintenant je regarde quasiment tout ce que je mange c'est pas une obsession tu vois mais bon je m'y intéresse quoi donc je fais gaffe donc il y a eu pas mal de choses des rééquilibrages à droite à gauche alimentairement, sportivement et puis forcément comme je te disais un peu tout à l'heure, il faut aussi faire attention au matériel à l'époque moi je mettais une paire de chaussures ok il y avait des bons crampons ok on peut courir avec allez je pars avec elle était belle, elle avait une belle gueule la chaussure je la prenais non ça on peut plus à l'heure actuelle je suis conscient que ça aussi ça peut t'amener à te blesser ça peut t'amener une chaussure qui n'est pas faite pour soi ça peut être aussi grave que plein de paramètres non respectés donc voilà je fais aussi attention au matériel, j'aime bien faire des tests de matériel à mon échelle mais aussi des fois pour des magasins lorsque je suis invité donc c'est cool voilà c'est plein de petits détails on va dire c'est l'accumulation de petits détails au quotidien et sur du long terme qui vont faire que tu vas passer aussi que tu sais que ton matériel il est optimum vraiment tu sais que quand tu prends une course ton matériel est sûr, il est adéquat il est pour toi en fait tu laisses place à aucune part de doute et quand tu pars comme ça, bah déjà t'as déjà un gros point positif et un gros point faible que t'élimines et ensuite, bah voilà, donc il y a plusieurs choses comme ça, c'est tu vois vraiment l'accumulation de petites choses et puis bah le fait de se faire plaisir aussi au quotidien quoi Et puis d'être bien entouré, surtout d'être bien entouré. Et puis de faire de ce qui nous ressemble, ce qui nous plaît.
Loïc J'aime bien ce que tu dis sur l'effet cumulé des petits ajustements à droite à gauche, qui ne sont pas forcément des petits ajustements d'ailleurs, comme l'alimentation. L'alimentation, c'est un peu juste notre carburant. Donc, je comprends tout à fait que tu dises que maintenant, tu fais gaffe à ce que tu manges. ça me fait penser, je ne sais pas si tu connais cette histoire enfin cette histoire je crois que c'était l'équipe de cyclisme de Grande-Bretagne qui avait changé de coach, je ne sais plus exactement quand c'était et ça faisait la course référence c'était le Tour de France, ça faisait des décennies qu'ils n'avaient gagné aucune étape du Tour de France etc et en fait l'approche de ce coach c'était les gains marginaux. C'était de dire, si on arrive à améliorer ce qu'on fait dans plein de domaines différents de juste 1% dans chaque domaine, en fait, l'effet cumulé fait que ça aura des conséquences juste énormes. Ils ont commencé à faire des choses complètement dingues. Je crois que tous les coureurs se trimbalaient avec... chaque fois qu'ils étaient en déplacement, ils avaient leur propre matelas. Chaque coureur avait son matelas qui était adapté à sa morphologie pour maximiser le temps de sommeil. Des trucs vraiment très poussés. Et au final, les résultats ont été incroyables. Je ne suis plus exactement sûr de quel était le nom de ce coach et de quand ça s'est passé, mais c'était un peu cette approche, tu vois, de dire on fait plein de petits ajustements à la marge, mais en réalité, tous ces ajustements cumulés, exactement, payent. Et du coup, concrètement aujourd'hui tu t'entraînes comment ? parce que tu as un métier tu l'as dit qui est manuel donc j'imagine que tu es dehors toute l'année qui pleuve qui neige qui vente donc comment est-ce que physiquement déjà tu arrives à t'organiser pour avoir un certain rythme d'entraînement et puis comment est-ce que tu utilises ton temps si tu prends une semaine type s'il y en a une comment est-ce que tout est organisé et à quoi ça ressemble ?
Thomas Ouais c'est un sacré physique, mais il y a pire. Mais oui, le côté manuel, comme tu dis. Non, alors une semaine type, c'est travail, on va dire, en journée. Après l'été, j'ai la chance de travailler que le matin, avec les conditions climatiques. Donc ça, c'est vraiment bien. Ça me laisse le temps de m'entraîner l'après-midi. Ça, c'est bien. Et puis même d'avoir des phases de repos aussi, c'est aussi important. Mais globalement, une journée type, c'est travail en journée. Et puis, des fois, j'ai… Alors, l'été, j'arrive à cumuler plusieurs entraînements la même journée. Donc, il y avait des phases de renfaux, des phases de récup, des phases d'entraînement, on va dire, ciblés, des entraînements cibles. Et après, sinon, on va dire lambda sur l'année complète, c'est 12 mois de course à pied, vraiment par plaisir, ça c'est vraiment ce qui me fait plaisir et avec des gros volumes qui varient chaque semaine en fonction des objectifs en fonction de la difficulté de l'objectif et donc c'est travail enfin mon métier de paysagiste et donc ensuite on va dire entraînement en rentrant donc j'arrive à faire ce lien c'est assez on va dire rythmé mais j'aime bien, c'est cool
Loïc donc t'es plus à 3 séances par semaine j'imagine, tu nous disais que avant quand t'en faisais 3 ou 20 kilomètres c'était la semaine type j'imagine que c'est plus le cas aujourd'hui
Thomas ouais non du tout après en termes de kilomètres c'est assez variable mais si on parle en termes d'heures c'est une bonne dizaine d'heures par semaine donc après ouais ouais ouais tu vois si on parle parce que bon les kilomètres c'est vrai que des fois ça veut pas dire grand chose mais si on parle en volume d'heure ouais c'est ouais déjà une bonne dizaine d'heures si on cible avec du travail ciblé et fait correctement plutôt en qualitatif qu'en quantitatif ouais on va dire qu'on est sur ça ouais plus ou moins après comme je te dis c'est variable tu vois pour préparer une échappée belle c'est plus long mais
Loïc une moyenne ouais puis à cette dizaine d'entraînement il faut rajouter les heures de repos également voilà qui sont des surtout encore une fois quand tu as un métier manuel c'est pas comme si tu pouvais te reposer au bureau derrière ton écran c'est clair donc ouais je pense que en termes d'organisation ça doit avoir son impact excellent écoute on a parlé on a pas mal parlé du parcours on a évoqué plusieurs fois le fait que maintenant tu as des ambitions et que tu les assumes et que c'est important avec humilité mais voilà de quand même les affirmer donc je serais curieux de savoir quelles sont ses ambitions tu vois sur quelles courses est-ce que tu te projettes où est-ce que tu aimerais aller quelle est la direction la direction que tu as prise pour la suite de ta carrière de trailer
Thomas alors le choix est clairement pour l'instant défini ça serait vraiment de performer sur des courses entre 20 et on va dire 30 kilomètres avec avec max 2002 des plus donc tu vois des trails plutôt courts punch mais qui me ressemblent un peu par mon caractère aussi des trails où il faut envoyer des trails où clairement ça relance donc ça serait ça serait idéalement ça en tout cas c'est vraiment le bilan de cette saison de la saison 2021 j'aime bien faire des petits bilans clin d'oeil à Marie-Laure d'ailleurs ça aussi c'est quelque chose que j'ai appris à noter les points négatifs points positifs et donc voilà ça serait également sur ce genre de course et clairement la saison qui arrive donc 2022 j'ai envie de faire une belle course sur le 23 km du Mont-Blanc voilà c'est c'est lors du grand week-end du marathon du Mont-Blanc où tu as le 90 km le 42 et le 23 puis il y a un 10 et un KV et moi là j'ai été retiré au sort pour le 23 et le 23 il me tente bien, j'ai bien envie en tout cas de performer sur ce profil là après il y aura beaucoup d'échéances tu l'imagines bien sur une saison il y a énormément d'échéances mais ouais on va dire qu'à court terme ça serait donc là j'aimerais faire une belle perf sur le marathon du Mont Blanc j'aimerais également bien performer à Sierre-Zinal normalement je devrais la faire cette saison aussi donc la grosse course en Suisse ça paraît une belle course qui me fait de l'oeil et après dans les années à venir ça serait sur du trail court avec maximum maratrail 42-43 kilomètres du trail court un peu à l'image, un peu Nicolas Martin ce genre de trail court qui motive c'est un peu ça où il faut envoyer où les bâtons ne s'en serrent même pas parce qu'ils t'envoient où ça court où il y a un peu de punch ça j'aime bien je me suis rendu compte que l'ultra on marchait trop non non voilà
Loïc ok c'est noté bah écoute on regardera tu nous diras ce que ça ce que ça a donné avec plaisir sur ce 23 kilomètres et bah écoute un grand grand merci Thomas on arrive au bout je serais curieux de savoir si peut-être tu peux tu vois quel serait quel serait le mot de la fin pour toi fort de bah de toutes ces expériences entre la blessure cette sorte de de de monter en compétence entre guillemets en tout cas cet envol que tu es en train de prendre dans ta discipline qu'est-ce que qu'est-ce que ça t'inspire comme message que tu voudrais partager
Thomas bah clairement il faut foncer il faut pousser les murs il faut croire en soi et puis et puis ne pas hésiter ouais franchement à réaliser ses projets tu vois même les plus fous moi je pense que vu qu'on a qu'une vie bah autant en profiter tu vois et autant vivre sa passion ou ses passions pleinement et puis pour avoir aucun regret ça passe tellement vite et puis jamais perdre d'espoir foncer et puis ouais il faut au moins essayer de réaliser ses projets peut-être en partie mais il faut essayer pour ne pas avoir de regrets
Loïc j'adore, j'adhère 100% 100% un grand merci Thomas c'était super de pouvoir échanger avec toi sur ton parcours ce qui t'est arrivé en cours de route comment est-ce que tu as géré ça et ce vers quoi tu te diriges aujourd'hui en tout cas moi j'ai clairement senti l'énergie, la passion pour le trade donc je pense que ce sera le cas pour tout le monde et puis je te souhaite qu'est-ce que je peux te souhaiter le meilleur dans la suite et de prendre le départ de plein de belles épreuves et puis surtout de t'éclater de t'éclater sur celle-ci
Thomas écoute un grand merci à toi Loïc c'était vraiment fun en tout cas très convivial pour moi et puis très sérieux bien sûr de pouvoir participer à ce podcast franchement c'était vraiment chouette puis big up à toi parce que je sais que tu passes énormément de temps à réaliser et puis derrière à produire ces podcasts donc voilà déjà un grand grand coup de chapeau à toi c'est vraiment fun et vraiment chouette tout ce que tu fais et puis bon allez je te mets au défi si tu veux faire une course et ben n'hésite pas tu viens et puis on fait un maratrail ou un 30 km ensemble si tu veux
Loïc n'hésite pas tu me dis je vais avoir dit ça sur l'épisode j'ai plus le choix
Thomas tu me dis et puis moi écoute je t'accompagne je t'accompagne on fait un même en 20 km voilà
Loïc bon ok écoute maintenant que tu l'as dit il va falloir jouer à ça on va s'organiser un grand merci Thomas merci à toi
Thomas merci Sous-titrage ST' 501
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