Marie Le Biathlon, c'est vraiment cette dualité entre le ski de fond où il faut savoir aller vite, aimer le goût du sang dans la bouche, puis accepter que les muscles se chargent en acide lactique, arriver au patir et vraiment totalement switcher d'état d'esprit, se calmer, gagner en lucidité pour faire le travail et basculer les cinq palettes.
Loïc Salut Marie Laure ! Salut Loïc ! Bienvenue sur le podcast des Frappés, je suis très heureux de t'accueillir, merci beaucoup pour ton temps, je sais que tu as une activité, tu es très occupé, donc c'est super que tu aies pu te libérer pour partager un petit peu ton parcours, ton double parcours puisque tu nous en diras plus, mais moi j'ai trouvé ça passionnant dans ton histoire, c'est que tu as été sportif de haut niveau en biathlon, pour tout dire, et tu es aujourd'hui coach et tu te sers de cette expérience d'ancienne athlète dans ton activité d'accompagnement. C'est deux sujets qui me tiennent vraiment à cœur, donc je suis ravi de t'avoir avec nous. Tu es notre premier invité qui a cette double casquette, donc je suis curieux d'entendre ce que tu as à nous raconter, mais j'en ai déjà trop dit, donc peut-être que je te laisse te présenter, nous expliquer un peu quel a été ton parcours et ce que tu fais aujourd'hui.
Marie Écoute, merci Loïc pour cette introduction, moi je suis ravie de partager ce moment avec toi. Alors c'est vrai que j'ai une double casquette puisque pendant dix ans j'ai été athlète de haut niveau, donc j'ai fait du biathlon, j'ai été double médaille olympique lors de ma première participation aux Jeux olympiques, c'était en 2010. Du coup j'ai remporté une médaille de bronze sur la poursuite et une médaille d'argent par équipe sur le relais féminin, donc une double satisfaction et des joies tellement différentes parce que quand elles sont individuelles c'est une chose, mais la joie partagée est d'autant plus forte et marque vraiment. Et puis j'ai mis un terme à ma carrière en 2014, j'étais au jeu de Sochi, donc c'est quelque chose que je n'avais pas prévu, mais il se trouve que j'étais en burn-out, donc ça faisait plusieurs années que j'avais des signaux de fatigue, mais que j'ignorais parce que j'étais, en fait je pense que je n'avais pas la maturité nécessaire et le recul pour prendre mesure de la situation, et comme je suis d'un tempérament optimiste, j'avais tendance à regarder ce qui fonctionnait bien, et comme mon mental compensait le physique, j'arrivais encore à faire des performances et des podiums en étant en surentraînement, donc voilà ça a duré quelques temps jusqu'au moment où mon corps m'a dit stop, c'était sur le relais féminin, en fait je me suis effondrée sur la piste et j'étais évacuée en civière, et donc là en fait ce jour-là c'était ma dernière course, mais je ne le savais pas encore, en tout cas je ne l'ai pas choisie ça c'est sûr, et ce qui s'apparente du coup à un échec ou une sortie de piste, en fait c'est vraiment le début de la seconde partie de ma vie, puisque à partir de ce jour-là j'ai entamé tout un processus déjà de compréhension, pour identifier, conscientiser, analyser ce qui m'avait permis d'atteindre le très haut niveau, mais aussi quelles avaient été les limites, mes limites, et voilà, et donc en fait c'est à partir de cette expérience-là que j'ai pu construire la seconde partie de ma vie, et puis chemin faisant, j'ai vraiment pris conscience qu'on a tous en nous un potentiel de fou, et ça voilà j'ai pu déjà l'expérimenter pendant ma carrière d'athlète, parce que quand on fait du sport de haut niveau forcément on repousse les limites, parfois un peu trop, donc c'est ce que j'ai expérimenté aussi, ça c'est le côté obscur, et je me suis dit aussi que voilà, quand on n'est pas forcément bien accompagné, ou en tout cas qu'on n'est pas au bon endroit au bon moment, on n'est pas toujours apte à utiliser ce potentiel, à l'activer, et c'est comme ça que je me suis orientée vers l'accompagnement mental, et donc j'ai suivi une formation à l'INSEP, donc à l'Institut National du Sport à Paris, cette formation a duré plus de deux ans, et donc je me suis formée à l'accompagnement mental, donc aujourd'hui je coach des athlètes, les staffs et aussi en entreprise, toutes les personnes qui ont des objectifs, et qui ont à cœur d'allier performance et bien-être, parce que pour moi c'est vraiment quelque chose qui doit aller ensemble, parce que la performance à court terme elle est possible, mais elle peut faire des dégâts, et alors que quand on est vraiment dans notre centre, et bien on peut être performant et durable, et donc c'est vraiment cette notion de durabilité qui m'importe aujourd'hui, quand j'accompagne des personnes.
Loïc Super intéressant, donc tu fais quelque part ce qui t'aurait, toi, aidé à l'époque, à rester dans la performance durable.
Marie Oui, c'est ça, en fait j'ai clairement identifié que certainement ma trajectoire aurait été autrement si j'avais été accompagnée, et ça vraiment c'est une démarche personnelle, c'est une démarche que l'athlète doit avoir, c'est vrai qu'à ce moment-là, je n'avais pas forcément connaissance de ça, et oui il y a des psychologues, des préparateurs mentaux, mais ce n'est pas toujours perçu d'un bon oeil, et c'est vrai qu'aujourd'hui l'accompagnement tel que je le pratique, c'est vraiment un accompagnement, parce que ça prend la personne dans sa globalité, dans sa systémie, ce qui permet, par le biais du questionnement, donc je ne fais pas du conseil, j'aide vraiment la personne à faire émerger ses ressources, ses propres ressources, à mettre en conscience ses talents, ses savoir-faire, ce qu'elle fait de bien, parce qu'on fait tous plein de choses très bien, on les répète, mais on n'a pas toujours bien conscience, et le fait de le remonter à la surface de la conscience, ça permet dans des situations d'enjeux soumis à la pression, de pouvoir être au contact de ces ressources-là beaucoup plus facilement. Et donc, oui, je fais ce métier, parce que je pense que ça m'aurait été utile à un moment, et surtout parce que je me dis que c'est dommage, en fait, d'avoir du talent, et vraiment, il y a tout le monde, nous tous, on a du talent, mais on ne le sait pas toujours, et donc je trouve ça dommage, peut-être d'être un peu à côté de ses pompes, une partie de sa vie, quoi. C'est ce qui me motive, en tout cas, dans cette pratique-là.
Loïc C'est fou, c'est fou ce que tu dis sur, je ne sais pas si ça a changé, je ne sais pas ce que tu en penses, si c'est propre au biathlon, mais quand tu dis que ce n'était pas forcément vu d'un bon oeil, l'accompagnement, tu vois, par des préparateurs mentaux, des psychologues, c'est quand même fou, parce qu'on parle de haut niveau, tu as juste mentionné tes deux médailles olympiques, sans doute par humilité, mais tu as quand même 24 podiums par équipe en Coupe du Monde, tu as fait 10 podiums individuels en Coupe du Monde aussi, 9 médailles sur des championnats du monde, pendant 3 ans, tu étais la meilleure tireuse homme et femme confondue, donc on parle vraiment de très très haut niveau, et pour autant, il y a toute une facette, qui est juste indéniable du haut niveau, qui est le mental et le bien-être, sur lequel visiblement, il y a des choses qui pourraient te changer, c'est hyper intéressant de voir qu'on en est toujours là, c'est-à-dire on pense, quand tu parles de haut niveau, quand on parle de haut niveau en général, on pense préparation physique, il faut se mettre dans le rouge, il faut se mettre dans le dur, on parle un peu de mental, mais il n'y a pas forcément cette notion de bien-être.
Marie Oui, c'est vrai que les choses bougent, et puis ça dépend vraiment aussi des disciplines, des sports. Alors c'est vrai que la plupart du temps, on met vraiment le paquet sur la préparation physique, et puis en fait, le développement des habiletés mentales, c'est quelque chose qui passe au second plan, sauf dans certaines équipes, où vraiment il y a cette envie d'aller activer ce levier-là, parce que la réalité, c'est qu'on se rend compte que le levier physique, il est déjà bien activé, le levier matériel, technologie, c'est pareil, et donc pour beaucoup aujourd'hui, la différence, elle va aller aussi se chercher sur cette sphère mentale, et moi c'est vrai que le biathlon, c'est clairement un sport qui nécessite d'avoir une bonne conscience de ses propres schémas mentaux, parce qu'arriver au pas de tir, ce n'est pas le bouger effectué par la fréquence cardiaque sur la carabine qui fait que c'est difficile, ce qui est dur, c'est toutes les pensées parasites qui arrivent en moins de quelques secondes, et donc finalement, qu'est-ce qui a fait que pendant des années, comme tu l'as mentionné, j'ai été la meilleure tireuse du circuit homme et femme, c'est parce qu'en fait, j'avais développé des schémas mentaux qui fonctionnaient, notamment sur le tir, mais de façon totalement spontanée et intuitive, et donc c'est assez drôle, parce qu'après, j'ai pris du recul et vraiment de la hauteur, et j'ai essayé de comprendre tous mes mécanismes, de performance, je me suis rendu compte qu'il y avait beaucoup de choses, finalement, que l'imagerie mentale, tout ça, c'est des choses que j'avais mis en place, comme ça, de façon totalement empirique, et ça, bien optimisé, bien travaillé, c'est clair que ça permet d'optimiser aussi la performance.
Loïc C'est bien que tu aies fait ça intuitivement.
Marie Oui, après, c'est ce qui fait aujourd'hui que, lorsque j'accompagne des athlètes, mais aussi en entreprise, je comprends assez rapidement de quoi il s'agit, parce que j'ai été aussi traversée par ces expériences-là. Après, toute expérience est vraiment propre à chacun, on est tous singuliers, mais n'empêche qu'il y a un vocabulaire commun, et oui, ça me permet d'avoir une meilleure compréhension des enjeux.
Loïc Tu sais, tu me fais penser à une conversation que j'ai eue avec, aussi un ancien sportif de haut niveau, mais lui en triathlon, Olivier Courret, qui est coach, qui est maintenant coach mental et hypnothérapeute à Hong Kong, et il se concentre en fait, lui, sa niche, si tu veux, c'est vraiment, c'est ça, c'est débloquer le potentiel de ses clients, en travaillant sur les schémas mentaux. Et c'est juste fou, parce qu'il expliquait qu'il y a des changements, mais qui sont hallucinants, que des athlètes, en termes d'âge, qu'on pourrait considérer comme étant en fin de carrière, en fait, arrivent à faire, tu vois, c'est-à-dire des gains de performance complètement dingues, simplement parce qu'ils se rendent compte qu'en fait, ils avaient des croyances limitantes, des blocages, des pensées parasites, et c'est juste fou de voir, comme tu dis, que tous ces athlètes qui sont à un niveau, enfin, physiquement, je connais très peu le biathlon, enfin, je n'en ai jamais fait, mais si je vois le judo, tu vois, physiquement, voilà, tout le monde est plus ou moins au même niveau, mais c'est sur le mental, que la différence, enfin, le mental, oui, l'écologie, le mental, on appelle ça un peu différemment, mais cet aspect, entre autres, de visualisation, d'alignement, qui fait vraiment la différence, donc c'est marrant de t'entendre dire la même chose, que ce cher Olivier que je salue d'ailleurs.
Marie Oui, c'est vrai que, c'est quelque chose qu'on a peut-être laissé un peu au placard, parce que ça fait peur, ou parce qu'il y a aussi, je pense, des coachs, qui ont un peu eu des comportements de gourou, enfin, voilà, et donc forcément, ça laisse des séquelles, enfin, moi, je dis ça parce que, oui, ça m'arrive parfois, d'avoir des athlètes qui viennent me voir, et en fait, qui ont eu une mauvaise expérience, ou d'autres, justement, qui ne viennent pas me voir, parce qu'ils ont déjà eu une mauvaise expérience, et en fait, voilà, ils ont catalogué, quoi, et l'idée, c'est ça, en fait, c'est de dire, bon, maintenant, en fait, on est là pour amener les personnes vers l'autonomie, et ça, c'est vraiment, moi, un point qui me tient à cœur, c'est, voilà, c'est pour ça que je dis, je ne fais pas du conseil, au contraire, je suis là pour questionner, pour faire cheminer, et que, du coup, il y ait une émergence, et une meilleure compréhension de soi-même, en fait, c'est juste ça, et c'est vrai pour qu'on prépare un objectif, mais parfois, juste dans certaines périodes, et là, ce qui me vient, c'est au premier confinement, oui, ben, typiquement, la veille du confinement, le dernier à tête que j'ai eu en séance, en présentiel, on a travaillé, justement, l'état d'esprit dans lequel il voulait être, pendant le confinement, et ce qui fait que, parce que c'est vrai que c'était, quand même compliqué, pour ces athlètes, là, c'était un cycliste pro, donc, il faut avoir une bonne gestion, sur des phases comme ça, et le fait qu'on les travaillait ensemble, qu'il ait pu mettre des mots, et des concepts, ben, c'est vrai que ça l'a aidé, à bien passer cette phase, et même à l'optimiser, et à faire en sorte que, ben, qu'il y ait de la progression, et des choses mises en place, sur cette période-là, et finalement, ben, c'est celui qui, enfin, en tout cas, un de ceux qui ont bien négocié cette période, et qui, à la sortie, ont pu faire une saison, une très bonne saison, malgré le contexte compliqué, et aléatoire, donc, voilà, en fait, on est, moi, je ne suis pas magicienne, je suis juste là, en support, et, on a tous besoin d'avoir quelqu'un, à un moment donné, qui se pose là, comme un miroir, et aujourd'hui, ben, oui, c'est ce que je pense faire, en tout cas, avec les personnes que je coach.
Loïc Génial, oui, c'est clair que, j'imagine que, être sportif de haut niveau, et avoir l'opportunité d'être coaché, par une ancienne sportive de haut niveau, qui, en plus, a pu développer ses propres outils, alors qu'elle était encore en activité sportive, c'est pas forcément donné à tout le monde. Enfin, je ne sais pas, d'ailleurs, tu connais d'anciens, d'ex sportifs, sportifs de haut niveau, qui ont, qui ont fait une reconversion similaire à la tienne ?
Marie Alors, il y en a, oui, qui, qui se sont reconversés dans le coaching, finalement, il y en a beaucoup, après, ce dont je suis certaine, c'est que, pour ma part, j'ai vraiment fait le job, dans le sens où, et ça, c'est vraiment important pour moi, c'est que, c'est, je ne suis pas l'ancienne athlète qui, qui distribue des bons conseils, ou la bonne parole, et je dis ça, parce qu'en fait, j'ai vraiment fait le job, et quand je dis ça, c'est, oui, je suis passée par la thérapie, je continue mon développement personnel, je suis supervisée, le superviseur, c'est le coach des coachs, c'est pour m'assurer que ma pratique, elle est éthique, que, voilà, quand j'ai des, des cas où je, qui me pose conscience, ou quoi, ben, je peux m'en référer à mon superviseur, donc, voilà, il y a toute cette démarche, plus globale, qui, aujourd'hui, ben, me permet, d'avoir une pratique, qui est cohérente, et qui est vraiment éthique, et pour moi, ça, c'est important, parce que, si je n'avais pas fait ce cheminement-là, ben, en fait, ça serait Marie-Laure, l'athlète, qui fait de la projection, au travers de la personne qui est en face, et là, c'est là où c'est compliqué, parce que, faire de la projection, ça, ça voudrait dire que, je pars du postulat, que la personne que j'ai en face, que je coach, elle est comme moi, mais non, on est tous singuliers, donc, ce qui me correspondait quand j'étais athlète, ben, ne correspondra pas forcément à la personne à qui je m'adresse, et donc, oui, il y a beaucoup de personnes qui font de la préparation mentale, du coaching, sur des formations qui sont clairement très bien, qui sont certifiantes et tout ça, mais qui sont peut-être moins rigoureuses sur le développement personnel des coachs, et pour moi, c'est ce qui fait aussi la différence, et quand je parlais tout à l'heure, après, de coach un peu gourou, ben, c'est ce genre de personnes qui se retrouvent et qui pensent qu'ils vont tout révolutionner, et que, non, la réalité, c'est que, moi, je dis toujours à mes coachés, je m'engage à donner le maximum, mais déjà, on n'a aucune obligation de résultat, parce qu'en fait, je ne sais pas comment la personne, elle va, elle, cheminer, se mettre au travail, et puis, voilà, moi, je fais mon possible, mais après, c'est une grosse partie, c'est l'autre qui doit faire le chemin, quoi, donc, donc, voilà.
Loïc Ouais, c'est super intéressant, parce que, sur cette partie coach, gourou, le fait d'être, quelque part, ce que tu as fait, c'est, ça te permet, je veux dire, d'avoir une crédibilité, d'avoir une espèce de structure, c'est pas toi, dans ton coin, qui t'es lancé en coaching, t'es passé par de la formation, tu disais que ça a duré, ça a duré deux ans, si, oui,
Marie et je continue à me former, enfin, ça, c'est, je pense que, c'est justement, le formateur, avec qui j'étais la semaine passée, nous a dit, mais en fait, c'est un enseignant, qui arrêterait, de, d'étudier, ou de, voilà, de progresser, ne devrait pas avoir le droit d'enseigner, et c'est pareil pour un coach, en fait, un coach, ou en tout cas, un thérapeute, qui, qui est là, à accompagner les personnes, s'il lui-même, arrête, en fait, d'évoluer, ben, c'est pas clean, quoi, donc, je continue en permanence, à me former, parce que, ben aussi, c'est, c'est riche, et ça permet, alors, j'ai pas envie de me perdre, dans les outils, mais c'est toujours intéressant, dans ces formations, d'être, d'être avec d'autres personnes, ça permet de croiser, aussi, ben, les pratiques, et c'est toujours, chouette, de pouvoir, voilà, avoir ces moments de réflexion, et d'évolution.
Loïc Et si, je me trompe pas, ta formation, là, c'est pour une petite parenthèse, pour ceux à qui ça parle, dans l'univers du coaching, c'est une certification, accrédité ICF, c'est ça ?
Marie Alors là, c'est, moi, la formation que j'ai faite, c'est l'exécutive master, accompagnateur, des acteurs du sport de haut niveau, donc, elle est pas, je, il me semble pas, qu'elle soit accréditaire, tu vois, déjà, quand je te dis ça, ça montre, mon niveau, tu vois, enfin, en fait, moi, je me fous un peu des, bon, je sais que pour certains, c'est très important, tout ce qui est certifiant, et tout ça, et moi, je me rends compte que c'est plutôt, moi, ce qui m'importe, c'est la qualité de la formation, et des intervenants, et voilà, c'est donc, là, tu vois, par exemple, je viens d'être certifié en Clean Language, donc, ça, c'est une formation qui est reconnue en France, donc, c'est une méthode de symbolisation, enfin, on pourra rentrer dans le détail plus tard, mais, donc là, tu vois, je viens de terminer, donc, si tu veux, dans ma formation initiale à l'INSEP, j'avais commencé, c'est comme si j'avais l'équivalent des deux premiers niveaux, et puis, derrière, j'ai continué trois niveaux, pour pouvoir être certifié.
Loïc OK.
Marie Donc, voilà, la formation que j'ai suivie, en fait, elle donne une base sur le courant de la PNL, programmation neurolinguistique, et aussi des bases du Clean, alors, après, on voit aussi d'autres outils, mais par contre, derrière, c'est, voilà, moi, j'ai choisi de pouvoir développer certaines méthodes, qui me parlent, et que je trouve efficace.
Loïc OK. OK. Top. Ouais, c'est intéressant, cette image du prof qui arrêterait de se former, qui continuerait d'enseigner. C'est vrai que c'est un peu, ouais, ça paraîtrait un peu bizarre. OK. Écoute, si ça te va, je te propose qu'on rentre peut-être, on a déjà un peu pas mal parlé de coaching, qu'on rentre peut-être un peu dans le détail, un peu plus dans le détail, sur le biathlon, donc cette première casquette que tu as eue, et notamment sur le rôle du mental, puisque tu disais que c'est quelque chose, avec du recul maintenant, qui toi, était ta force. Donc peut-être que tu pourrais nous, oui, nous dire quels sont à tes yeux les enjeux, on va dire, du biathlon, au-delà de l'aspect physique, qu'est-ce qui fait que, voilà, c'est quoi les aspects compliqués de ce sport, ou en tout cas sur lesquels tu as pu faire la différence, notamment sur la partie mentale.
Marie Déjà, le premier point qui me vient, c'est, donc le biathlon, c'est un sport saisonnier, dans le sens où, il se pratique uniquement l'hiver, et donc, ça veut dire aussi que la préparation est longue, puisqu'on s'entraîne 7 à 8 mois, pour 4 mois de compétition, et c'est dans ce premier aspect que le mental entre en jeu, parce que toute la phase de préparation, donc c'est 8 mois, c'est de mai, ouais, non, avril-mai, jusqu'à fin novembre à peu près, et là, toute cette phase-là, c'est long, parce que, c'est là où on fait le plus gros volume d'entraînement, pour pouvoir justement, être en capacité d'encaisser les successions de courses l'hiver, puisque le programme est très chargé et dense l'hiver, puisqu'en Coupe du Monde, on court 3 jours par semaine, pendant 3 semaines consécutives, donc c'est quand même bien intense, et donc la phase de préparation est hyper importante, et c'est vrai que, déjà à ce moment-là, c'est important d'avoir notre mental comme allié, parce que les derniers mois de préparation, c'est long, dans le sens où on a tout fait, en tout cas, du mieux qu'on pouvait, en général, mais parfois, il y a eu des billets sur au travers, ou voilà, des imprévus, et la chose, c'est qu'on ne sait jamais, même s'il y a des petits chronos qui sont faits, on ne sait pas où c'est qu'on en est, dans notre forme physique, c'est difficile de se jauger, et ça, c'est compliqué, parce qu'il faut quand même garder une forme de foi, et d'envie, alors l'envie, en général, elle est là, pour ma part, ce n'était pas un souci, j'avais toujours envie d'aller m'entraîner, mais c'est de garder confiance, dans le travail qui a été effectué, et le pire, ce serait de tout remettre en question, dans la dernière ligne droite, donc ça, c'est vraiment le premier enjeu, du côté du mental, et puis,
Loïc parce que c'est vrai que du coup, tu ne peux pas, pardon, excuse-moi, je te coupe, mais sur ce point, c'est super intéressant, parce que, tu ne peux pas vraiment, au-delà des chronos, mais bon, je ne sais pas s'il veut dire grand-chose, parce que, vous vous entraînez tous, dans des conditions différentes, sur ces huit mois, donc ça veut dire, que tu n'as aucun moyen, vraiment, de savoir, avec précision, comment tu te situes, par rapport à tes compétitrices principales, sur le reste du circuit,
Marie oui, c'est ça, c'est hyper compliqué, donc, parfois, on a des compétitions, notamment en Norvège, l'été, qui réunissent, on va dire, les top athlètes mondiaux, mais ça reste sur du ski-roux, des formats bien particuliers, et donc, oui, on arrive comme ça, en début de saison, et c'est vrai qu'on a à la fois, envie d'enfiler sous dos, mais il y a toujours cette petite crainte, voilà, il y a besoin d'aller se rassurer, donc ça, c'est le premier point, et puis, le second point, c'est sur la notion du tir, puisque le bergeon, c'est vraiment cette dualité entre le ski de fond, où il faut savoir aller vite, avoir aimé le goût du sang dans la bouche, et puis accepter, voilà, que les muscles se chargent en acide lactique, et puis, arriver au pas de tir, et vraiment totalement switcher d'état d'esprit, parce qu'en moins de 30 secondes, il faut arriver à se calmer, gagner en lucidité, pour faire le travail, et basculer les cinq palettes, donc, l'enjeu, il est, à ce moment-là, d'arriver à passer d'un fondeur, quelqu'un qui est à fond sur ses skis, qui joue le chrono, à une personne calme et lucide, parce que le chrono, lui, continue de tourner, et pourtant, il faut arriver à faire le vide, pour se focaliser sur la manière, et quand je dis la manière, pour moi, c'est ce qui fait la différence sur le pas de tir, entre un à tête, qui reste focalisé sur ce qu'il a à faire, techniquement, donc, ces deux, trois points techniques, qui lui permettent de basculer les cinq balles, enfin, les cinq palettes, et puis, celui qui se laisserait embarquer par son mental, parce que, quand on arrive au pas de tir, notamment sur des courses, ou, comme la poursuite, la mass start, où on voit en temps réel, ce qui est en train de se passer, et où est-ce qu'on se situe dans la course, ben là, en fait, l'ego fait que, d'un coup, on arrive à faire tous les schémas de courses possibles et inimaginables, en quelques secondes, et en fait, le risque, c'est de s'embarquer, se laisser embarquer là-dedans, et de passer totalement à travers de son tir, et voilà, et du coup, c'est là où, quand je parlais de, pour moi, le mental, c'est lié avec l'humilité, c'est cette capacité à faire le reset, avant chaque course, de revenir sur les fondamentaux, et pour moi, les fondamentaux, c'est, une fois que tu t'es entraîné, ben voilà, mille fois, dix mille fois, enfin, maintes et maintes fois, parce que la répétition permet l'intégration, donc c'est vraiment par la répétition que l'intégration de nouvelles compétences est possible, et une fois que tu as fait ça l'entraînement, l'enjeu, il est de faire juste ce que tu sais faire, et c'est souvent ce que je dis aux athlètes que je coach, c'est, en fait, ça ne sert à rien de vouloir surjouer, surjouer, ça ne sert à rien, mais fais au moins juste ce que tu sais faire, quoi, mais faire moins, ce n'est pas bon non plus, quoi, donc, et pour faire ça, il faut déjà avoir conscience de ce que tu fais de bien, et donc, c'est concrètement, techniquement, qu'est-ce que tu mets en place, donc, moi, sur le tir, je me concentrais sur 2-3 points, ma visée, donc, c'est avec mon œil que je vais aller chercher la cible, après, je le synchronise à ma respiration et à mon lâcher, le lâcher, donc, c'est le doigt, et en fait, de, en permanence, répéter ces gestes-là, et de uniquement me focaliser sur ça, ça me permettait d'être dans le bon tempo, et de, voilà, chaque balle, faire le job, et la difficulté, elle est là, parce que, tu vois, si tu regardes le bien loin, tu vois souvent même des super athlètes, des top athlètes qui, d'un coup, se mettent un passage à vide sur le pas de tir, mais parce qu'à ce moment-là, il y a un truc qui ne s'est pas connecté, quoi, et le, voilà, pour moi, en tout cas, c'est ma vision, et je ne tiens pas la vérité, mais à mon sens, ce qui te permet de mettre les balles au fond de la cible, c'est vraiment de rester concentré sur l'exécution, et c'est la même chose en entreprise, c'est la même chose dans d'autres sports, et à un moment, ce n'est pas le fait de penser au budget que tu dois atteindre, qui va te permettre de le réaliser, non, c'est entre-temps, qu'est-ce que tu fais en fait, et concrètement, au quotidien, qu'est-ce que tu vas mettre en place, pour garder ce cap-là, et donc, c'est vraiment cette idée, oui, on regardera le résultat après coup, donc, et ça, c'est le plus dur, parce que l'ego, et ça, c'est, on est tous, pour le coup, on est tous similaires sur ce point de vue-là, sauf les sages, qui ont dépassé ce stade-là, mais en fait, notre ego vient en permanence essayer de nous perturber,
Loïc Et alors, justement, tu parlais tout à l'heure, des outils que tu avais développés intuitivement, c'était quoi exactement ces outils, parce que, c'est vrai que ça paraît, c'est pas que ça paraît facile, tu vois, quand on dit, voilà, ce que tu viens de nous expliquer, rester concentré sur l'objectif, et ne pas se laisser parasiter par des pensées, mais, enfin, si, si, si, si, si, si, si, tu vois, aux Jeux Olympiques, avec la pression, les caméras, les années d'entraînement, etc., je suppose que les tentations, enfin, sont fortes de penser à autre chose quand t'arrives sur le pas de tir, comment tu visais pour vraiment rester, ah oui ?
Marie Non, justement, tu vois, quand je, alors, il se trouve que la poursuite des Jeux Olympiques, je fais le 20 sur 20, donc, tu vois, mais je savais, en fait, je savais que j'avais pas le choix, et qu'il fallait que je fasse le 20, si je voulais monter sur la boîte, quoi, donc, si tu veux, là, c'était, j'étais partie 6ème, parce qu'au sprint, j'avais terminé 6ème, donc, là, je savais que je, il fallait le 20, tu vois, et donc, alors, moi, déjà, j'avais une stratégie de veille de course, où je visualisais, bon, bien évidemment, la partie, les parties de la piste, qui étaient primordiales, tu vois, là où j'allais pouvoir aller chercher des secondes, ou en tout cas, ne pas en perdre, là où j'allais pouvoir me récupérer, donc, bon, voilà, ça, c'est quelque chose que je faisais, mais surtout, je visualisais mes tirs, donc, en fait, je visualisais comme si j'étais, ben, en train de tirer, donc, je me voyais pas en métaphysique, tu vois, j'étais vraiment en moi, et je voyais tous les gestes, mon arrivée au pas de tir, regarder le petit drapeau, le fagnon qui indique la force du vent, ben, tu vois, j'imaginais tout ça, et je me voyais distiller mes balles, une balle après l'autre, et en fait, je visualisais, à ce moment-là, j'envoyais la bonne info à mon cerveau, dans le sens où je faisais les bons gestes, et je voyais les palettes basculer, et donc, si je faisais un sprint le lendemain, ben, je visualisais mes cinq balles couchées, cinq balles debout, et la même chose pour les autres courses, et par contre, si je me laissais embarquer par mon mental, et que, admettons, je visualisais une mauvaise cible, et ben là, je reprenais tout le processus du début, parce que j'avais compris qu'en fait, la pensée est créatrice, et qu'il fallait donner la bonne info au cerveau, tu vois, et donc, déjà, comme ça, en fait, je me mettais dans le bon état d'esprit, et par contre, ben, ce qui faisait la différence le jour de la course, c'est que j'avais une telle volonté, que j'arrivais à rester là-dedans, malgré l'enjeu et tout, et pour moi, c'est vraiment là-dedans que la dif, elle se fait, c'est ce que, quand je parle avec des biathlètes, c'est ce que je leur dis, je leur dis, en fait, c'est pas facile, à la fois, c'est pas difficile, parce que techniquement, arrivé à un certain niveau, tout le monde s'est tiré, mais par contre, les balles, elles vont pas tomber toutes seules, quoi, et donc, il faut vraiment se battre, tu vois, et moi, je me mettais dans l'état d'esprit d'une guerrière, quoi, intense mentalement, c'était, ouais, 20-30 secondes sur un tir, mais qu'il fallait que je sois toutes là, quoi, et donc, ça, c'est quelque chose que j'ai cultivé à chaque séance d'entraînement, et ce qui m'a permis de pouvoir, assez rapidement, le mettre en place, là où d'autres, en fait, psychotent, et tu vois, c'est le terme qu'on utilise dans le vétail, c'est, en fait, oui, j'ai psychoté, bah oui, en fait, en fait, c'est quand tu commences à tout remettre en question, alors que t'as un truc qui est assez basique à faire, et qu'il faut juste le faire, mais vu que c'est juste ça à faire, bah, c'est ça qui devient compliqué, quoi, et donc, ça fait un sport où parfois, tu te tortures l'esprit, quoi, et moi, j'ai eu la chance de comprendre ça assez rapidement, parce que dans mes premières années, et bien, il y a un hiver où je, toutes les séances, je mettais les balles, je ratais très peu de balles à l'entraînement, et arrivé en course, et bien, je faisais, je passais à côté, et je me suis dit, non, mais attends, et ça, ça m'a vraiment aidé à comprendre qu'il y avait un truc à développer, et plutôt que de partir dans la cogitation, et de tout remettre en question, ça, ça, je pense que ça a été une force à ce moment-là, je ne suis pas rentrée dans ce jeu-là, à me dire, je vais tout remettre en question, mais je me suis dit, non, en fait, c'est juste qu'il faut que tu te bottes les fesses, quoi, et donc, j'ai cranté mentalement sur les courses, et après, j'ai validé que, oui, c'était cette attitude-là qu'il fallait avoir, et donc, oui, ça, par contre, quand tu fais trois courses par semaine, ça demande, un gros engagement mental, parce que ça, ça coûte, vraiment, ça coûte énergétiquement, de se concentrer à ce point-là.
Loïc Sur ta médaille individuelle, tu avais fait le même exercice de visualisation, c'est-à-dire que tu, tu as eu ce que tu visais ?
Marie En fait, il y avait un jour de repos entre les deux compétitions, et je me souviens que ce jour-là, j'avais, je me souviens que j'étais dans ma bulle, enfin, je me souviens à peu près de tout ce que j'avais fait cette journée-là, quoi. Et donc, tu vois, j'avais dû aller faire un petit footing, après, je n'étais pas allée tirer, tu vois, entre les deux courses, parce que j'avais besoin, moi, de fraîcheur mentale, et par contre, j'avais fait du home trainer en regardant le film de Patrick Biero, là, sur le fil des 4000, et de Magnin, parce que, tu vois, j'avais besoin de m'évader, et moi, la montagne, c'est un truc qui m'a toujours animée, et donc, de voir ça, je crois que ça m'a donné de la force, tu vois. Et après, ce même jour, j'ai fait beaucoup de visualisations, voilà, je savais, je connaissais la piste par cœur, je savais aussi que ça allait se jouer, et le tir, ouais, je, bah, de toute façon, je savais qu'il fallait que je fasse 20, donc, tu veux, je l'ai visualisé, et ce qui est drôle, c'est que, le, à quelques minutes du départ, donc, j'étais dans l'ère de départ, et je me revois bailler, tu vois, en fait, j'étais totalement décontractée, mais en fait, ça m'a surpris, parce que moi, j'étais d'une nature très anxieuse, tu vois, et stressée, donc, j'étais plutôt des athlètes qui ont la boule au ventre, limite, à en vomir dans l'ère de départ, et ce jour-là, ben non, j'étais totalement détendue, et je m'en souviens, parce que ça m'a marquée, je trouvais ça étrange, et avec du recul, en fait, c'est juste que j'étais, je pense que j'étais dans un état de flot, quoi, j'étais vraiment dans mon truc, et c'est une des rares fois, parce que c'est quelque chose que tu ne contactes pas souvent, malheureusement, mais, mais c'est cet état où, tout est limpide, tout est à sa place, et au bon ordre, et en fait, j'ai fait, je suis partie dans cet état d'esprit-là, et derrière, ça a déroulé, quoi.
Loïc Waouh, c'est passionnant, c'est passionnant de voir, la puissance, quelque part, de la visualisation, et j'en ai déjà parlé, mais ça me refait penser à nouveau, à ce que nous disait Olivier, sur un épisode précédent, où il expliquait que c'est certainement lié au fait, que le cerveau ne fait pas la différence, entre la réalité, et nos pensées, et, ouais, c'est juste fou, t'entends dire,
Marie surtout,
Loïc le fait de bailler au départ, c'est, sur un événement olympique, tu vois, pour quelqu'un qui, à la base, est anxieux, c'est juste, c'est fabuleux, quoi.
Marie Bah ouais, c'est que j'étais totalement détendue, et prête à aller à la bataille, quoi, mais, tu vois, cette histoire de, qu'il n'y a pas de différence, entre, ce qu'on imagine, et ce qu'on vit, ça me fait penser, tu vois, dans mes, la manière dont je coach, en fait, j'utilise des, enfin, c'est pas des outils, pour le coup, c'est des méthodes d'accompagnement, de questionnement, qui permettent de, passer du réflexif, du cognitif, donc, plutôt de l'analyse, au corporel, et tu vois, si je te parle d'une, d'une situation ressource, c'est une situation, dans laquelle, bah, que tu as déjà vécu, et où tu t'es senti bien, confiant, serein, tu vois, bah, certainement, il y a des situations comme ça, qui se détachent d'autres, parce qu'elles étaient vraiment puissantes, bah, tu vois, en allant les questionner, donc, tu parles plutôt de quelque chose qui est réflexif, on parle d'une analyse, hop, et de questionner, d'aller un peu plus dans le détail, et de décortiquer cet instant-là, en fait, tu vas te rendre compte, déjà, de ce qui t'anime, ce que tu fais, quelles sont, à ce moment-là, tes compétences, tes croyances, et tout ça, et donc, en fait, petit à petit, ça redescend dans le corps, et il y a des sensations après qui viennent, tu vois, si je te dis, quand t'es stressé ou anxieux, bah, où est-ce que ça se manifeste dans ton corps, ça, tu saurais le dire, tu vois, par contre, tu sais pas forcément dire, quand t'es confiant et serein, ça se manifeste où, tu vois, tu vois, qu'est-ce qui se passe pour ça, et du coup, d'aller revisiter ces expériences-là, et bien, en fait, tu réimprimes dans ton corps, cet état ressource, et après, par la symbolisation, donc, tu vois, il y a des choses après qui émanent, et donc, tu peux le symboliser à travers un dessin, par exemple, et ça, c'est quelque chose qui te sert d'ancrage, et après, derrière, à force de recontacter cet état-là, ben, finalement, tu viens programmer quelque chose qui fonctionne pour toi, et le simple fait de faire ça, ben, souvent, ça suffit pour aller désinstaller, tu vois, le logiciel qui est désuet, ou voilà, qui ne te convient pas, quoi.
Loïc On rentre un peu plus, là, dans le détail du coaching, mais je trouve ça juste passionnant, et on en faisait, moi, j'avais commencé à en faire un tout petit peu avant d'arrêter le haut niveau pour mes études, en judo, est-ce que toi, tu en avais des ancrages, et des ancrages, nous, on en avait, enfin, on nous avait suggéré de commencer à réfléchir à des ancrages physiques, tu vois, donc, toucher une partie du bras, par exemple, ou le fait d'entrer sur le tatami en mettant toujours le même pied d'abord, tu vois, ce genre de choses. Tu avais déjà, toi, ce genre d'outil quand tu étais sur le circuit ?
Marie Ben, moi, j'avais, en fait, au moment où j'arrivais sur le pas de tir, bon, c'est des choses que je décidais la veille où je me disais, bon, je vais switcher à tel endroit parce que selon le profit de la piste et du pas de tir, je me disais, là, en gros, je vais basculer en mode tireuse. Donc, soit, c'était plutôt un repère visuel, mais derrière, je l'activais avec des mots que je me disais et qui me permettaient d'être dans le bon état d'esprit. Donc, je dirais que moi, mes enfants, à voix haute ? Non, dans ma tête, mais ça suffisait. Et ouais, en fait, moi, je pense que mes ancrages, ils étaient plus verbaux.
Loïc Si tu regardes maintenant avec du recul le parcours d'un Martin Fourcade, tu vois, qui reste au plus haut, enfin, qui est resté pendant, je ne sais même plus combien de décennies au plus haut du plus haut niveau et je crois que tu l'as côtoyé ou en tout cas, peut-être son frère, je crois, en compétition ou tu es rentré à fond romain en même temps que lui, non ? En même temps que Martin. En même temps que Martin. Oui, en même temps que Martin. Oui,
Marie je le connais bien.
Loïc Tu dirais que c'est aussi le mental qui fait la différence pour quelqu'un comme lui ?
Marie Dans la durabilité,
Loïc justement ?
Marie Tu vois, pour casser le mythe, Martin, quand il était jeune, il avait vraiment un mental de chips. Et puis, ok. je m'amuse, je peux le dire maintenant parce qu'il a prouvé que ça va, il a su évoluer. Et non, mais c'est vrai que oui, quand il était jeune, c'est quelqu'un qui, si la course a commencé mal, en général, ça n'allait pas à s'arrangeant. Puis, il y a un moment où dans sa carrière, il y a quelque chose qui s'est passé et je pense que vraiment, il a décidé qu'il voulait faire du haut niveau. Et à partir de ce moment-là, il a tout mis en place pour que ça arrive. Et faire ce qu'il a fait avec la concurrence qu'il y avait, parce que ce n'est pas comme s'il était seul. Il a toujours eu de la concurrence pendant toute sa carrière. Donc, pas toujours les mêmes, mais il a toujours eu des concurrents bien sévères. Et lui, ce qu'il a fait, clairement, c'est grâce au mental. Parce que, bon, physiquement, c'est sûr, il était super fort. Mais arriver à garder cette qualité pendant autant d'années, c'est vraiment exceptionnel. et sur ça, je pense que lui, ça serait intéressant de le questionner sur ça parce que je pense qu'il a réussi à trouver des ressources, mais seul. Parce que Martin, c'est le genre de gars qui fait tout tout seul. quoi. Et du coup, je pense qu'il a réussi à mobiliser ses ressources d'une façon assez incroyable.
Loïc Intéressant. Oui. Oui, j'imagine qu'à ce niveau-là aussi longtemps, c'est ce que tu disais quand on a commencé la conversation, en termes de durabilité, c'est compliqué de s'appuyer que sur le physique. Écoute, qui sait, on va rêver, imaginons qu'un jour on ait Martin Fourcade, on lui demandera ça. Cool. Écoute, merci beaucoup pour toutes ces explications sur cette casquette de biathlète que tu as eue pendant un peu plus de 10 ans. Si on te laisse enfiler la suivante, celle de coach et accompagnatrice, moi je serais curieux de savoir est-ce qu'il y a une thématique en particulier dans tous les accompagnements que tu fais et les conférences que tu donnes, est-ce qu'il y a une thématique qui est ta thématique de cœur ?
Marie Alors, je dirais, ça dépend à quel public je m'adresse. En ce moment, ce qui éveille ma curiosité et mon envie, c'est la notion d'écologie personnelle parce que, et je pense que ça s'applique vraiment à tous, mais c'est d'autant plus vrai dans le monde de l'entreprise. Qu'est-ce que j'entends par écologie personnelle ? C'est cette capacité à avoir conscience de soi, de ses propres besoins et aussi, du coup, de les satisfaire. En fait, je me rends compte qu'il y a beaucoup de personnes qui ne s'écoutent pas. Mais je pense que pendant trop longtemps, ça a été montrer du doigt de s'écouter. Ah, tu t'écoutes. Mais en fait, c'est bien de s'écouter parce que ça permet de prendre la température de là où on en est, de ce que notre corps nous dit. et ça, je pense, c'est quelque chose qu'on n'a pas cultivé. En tout cas, on ne nous apprend pas à faire ça. Et je pense concrètement que pour être en capacité de créer du lien, de la relation, et donc, c'est ce qu'on demande dans une entreprise, on demande aux collaborateurs de coopérer ensemble. pour faire ça, il faut déjà être bien avec soi-même. Comment on peut être dans la relation à l'autre si déjà, on n'est pas en lien avec nous-mêmes ? Et donc, ça part de soi. Et soi, c'est cette capacité à prendre soin déjà juste de la base. La base, c'est quoi ? C'est bien dormir, c'est respecter au moins les 7 heures par nuit, 7 heures de sommeil. Ça passe aussi par ce qu'on met dans notre assiette, ça passe par l'activité physique. Alors, je ne dis pas d'aller courir des marathons, mais déjà, juste d'avoir cette hygiène de vie-là, parce que notre corps, il fonctionne beaucoup mieux, enfin, notre cerveau fonctionne beaucoup mieux si notre corps, lui, il est en forme. Et je pense qu'on a oublié que notre corps est notre maison et qu'il faut bien l'habiter. Et voilà, et donc, aujourd'hui, moi, c'est vraiment ces messages-là que je développe et je sens surtout que ça fait écho, ça résonne parce qu'on s'est totalement oublié là-dedans. Donc voilà, ça, c'est vraiment le sujet qui m'anime particulièrement, je dirais, depuis une année. Et puis, dans le... quand je coach davantage dans le sport, moi, j'aime bien... Enfin, j'ai pas quelque chose qui m'anime en particulier, mais je trouve toujours chouette quand... quand je vois des personnes qui, d'un coup, tiltent et prennent conscience que ce qui paraissait être compliqué ou inatteignable, finalement, se simplifie. Et c'est ce que j'aime parce que le coaching permet ça, il permet de mettre de la clarté. Donc, c'est d'un coup, quelque chose qui est tout... c'est un peu le brouillard, c'est confus, ça devient très clair, limpide, et du coup, l'action est beaucoup plus facile et accessible. sans nous donner... J'aime voir les personnes qui prennent conscience de ça.
Loïc Oui, ça, c'est clair, mais justement, j'allais te demander sans forcément, évidemment, nous donner de non pour respecter la confidentialité de ta pratique, mais est-ce que tu aurais un exemple peut-être plus concret pour que les gens qui ne sont pas forcément familiers du coaching se rendent compte des changements que ça peut déclencher, en tout cas, dans le sport ?
Marie Dans le sport, qu'est-ce que j'ai eu récemment ? Alors, j'aime bien... J'ai l'exemple d'un coureur cycliste, lui qui... En fait, il voulait... Sa demande, c'était de... Enfin, il y en a beaucoup qui sont quand même traumatisés par les descentes sur routes mouillées. Ça fait peur. Et à raison, parce que si tu te mets une tarte, ça peut vraiment faire mal, quoi. Et donc, lui, il avait envie de travailler sur cet aspect-là. Et en fait, ce qui était assez drôle avec lui, c'est qu'il... Bon, on avait déjà bien travaillé et puis, après une course, une des premières courses de la saison, il revient en séance et me dit « Mais en fait, pendant la course, j'ai compris que je me crée mes propres peurs. » En fait, et là-dedans, ce qui est intéressant, c'est qu'avant, il se serait laissé embarquer dans la peur et que d'avoir travaillé sur le sujet, ça lui a permis, en situation, de prendre la distance. Et donc, là, c'est la hauteur, c'est cette fameuse position en métaphysique, là, où tu te mets et en fait, tu vois ce qui est en train de se jouer. Et en fait, quand tu en es là, c'est beaucoup plus facile après de rectifier la trajectoire. Tu vois ? Et donc, pour moi, l'accompagnement, c'est vraiment ce truc-là, c'est d'arriver par une meilleure compréhension de ce qui se passe pour toi et après, en temps réel, d'avoir la juste distance pour voir que tu pars dans ton délire et du coup, d'avoir aussi les outils pour revenir dans l'axe.
Loïc Ok. Est-ce que c'est clair ? Super intéressant. Oui, oui, moi, c'est vrai que ça me parle. Je suis en train de réfléchir pour des gens qui seraient peut-être moins familiers du coaching.
Marie J'allais dire, je peux te donner un exemple très concret et donc là, c'est avec des biathlètes. Donc, tu vois, j'accompagne des biathlètes et puis, en fait, moi, je questionne toujours sur, bon, ok, quand t'arrives au pâtir, qu'est-ce qui se passe ? Tu vois, souvent, la personne me dit « En fait, je m'installe et je tire. » Ok, mais juste avant, alors, entre le moment où tu t'installes et tu tires, qu'est-ce qui se passe ? En fait, ça les oblige à rentrer dans une meilleure conscience et de dire « Attends, oui, effectivement, on va décortiquer. Donc, c'est une pelote de laine que tu détricotes et du coup, d'identifier, ok, oui, je prends ma carabine comme ceci, donc voilà, ça c'est important. » Et en fait, eux, ils vont me dire des choses qui, pour moi, ne parlent pas, alors que j'ai fait le même sport qu'eux, tu vois, mais parce que c'est, voilà, c'est vraiment propre à eux, à leur perception du tir. Et du coup, ça permet après de retenir deux, trois points techniques et en fait, derrière, c'est des choses qui peuvent appliquer à l'entraînement jusqu'au moment où, bon, c'est bien ancré, ça fonctionne et l'étape suivante, c'est d'arriver à concrétiser en compétition avec tous les aléas dont je t'ai parlé. Mais du coup, voilà, un exemple concret de l'accompagnement, c'est ça, c'est finalement de venir questionner pour décortiquer des situations qui fonctionnent mais dont on ne se rendait même pas compte.
Loïc Oui, dans ce que tu décris, j'ai l'impression que c'est ça, en tout cas dans le sport, c'est aider les personnes que tu coaches à conscientiser un certain nombre de choses qu'ils faisaient par réflexe ou sans vraiment les avoir analysées plus que ça.
Marie Voilà, et après, c'est vrai que tu vois, quand j'accompagne des dirigeants ou des managers, là, on peut être aussi dans les savoir-faire, les compétences mais bien souvent, je vais déjà essayer d'aller questionner le contexte, le contexte global, familial, perso, en entreprise, qu'est-ce qui se passe et voir du coup s'il y a des points de tension et du coup, comment les éviter, en tout cas, comment faire en sorte de rétablir un équilibre. Donc là, souvent, on va aller travailler plus sur la sphère personnelle et ça va souvent tourner autour de trouver le juste équilibre entre je prends quand même du temps pour moi et je suis aussi efficace dans ce que je fais dans mon boulot. Donc tu vois, on va être plutôt sur des thématiques comme ça et après, ça va être aussi des thématiques managériales sur comprendre mes propres fonctionnements, moi, comment je fonctionne quand je suis efficace en tant que manager, en tant que patron mais du coup aussi être en capacité de dire attends, quels sont les profits de mes collaborateurs et du coup, comment je vais pouvoir m'adresser à eux pour les embarquer aussi dans l'aventure. Tu vois, donc c'est aussi avoir une meilleure conscience parce que, oui, tu vois, vendredi dernier, j'étais en conférence avec justement des cadres d'une entreprise et je leur disais en fait, il faut juste vous dire que vos aspirations professionnelles et vos attentes, elles ne seront pas les mêmes auprès de vos collaborateurs donc c'est déjà avoir conscience de ce gap-là et du coup, par rapport à ça, comment justement vous allez réussir à aller chercher, à les stimuler et à faire aussi qu'ils s'épanouissent dans ce qu'ils font.
Loïc C'est intéressant cette notion d'épanouissement et du coup, ça m'amène à la question suivante. Là, tu nous as bien parlé en première partie du biathlon, on a enchaîné avec le coaching. La question que je me pose, en fait, en introduction, tu as expliqué que tout s'est arrêté, en tout cas, ta première vie s'est arrêtée à Sochi où tu as fini ta course, tu n'as pas fini la course. La question que je me pose, c'est, avec du recul, qu'est-ce qui fait selon toi que tu as eu la capacité intuitivement de développer des outils de visualisation comme ceux que tu nous as décrits, mais de l'autre, que visiblement, il y avait cette déconnexion entre ta réalité sportive en biathlon et tes aspirations profondes qui auraient pu, enfin, ce qui pourrait expliquer le burn-out.
Marie En fait, c'est clair que pendant la première partie de ma carrière, j'étais vraiment dans cet état d'esprit où j'étais curieuse, j'apprenais, je n'avais pas d'a priori et donc, j'étais dans l'élan naturel des choses et donc, en fait, j'arrivais à m'adapter et à vraiment être au feeling, à sentir. Et puis, je pense qu'il y a un moment dans ma carrière où je n'ai pas su négocier des étapes clés et là, c'était du côté de ma vie perso, en fait, parce que j'étais en couple avec un biathlète avec qui, justement, on avait bâti notre projet autour du sport, ce qui nous a réussi puisqu'on a décroché chacun des médailles à Vancouver donc c'était top, c'était la belle histoire mais il y a un moment où on s'est fait rattraper par une réalité qui était qu'on n'était pas vraiment en phase dans nos conceptions des choses et donc, ça nous a amené à nous séparer et en fait, l'erreur que j'ai fait à ce moment-là, c'est que je ne me suis pas, je n'ai pas remis mon système de fonctionnement en question et, bon, voilà, j'avais 22 ans ou je ne sais pas, ouais, par là, donc, c'est délicat, quoi, enfin, je pense qu'à ce moment-là, je n'avais pas assez de recul et de maturité et donc, je me suis laissée guider, je pense, par un réflexe naturel qui est la peur et donc, je suis restée sur des schémas qui avaient fonctionné jusque-là mais en fait, jusque-là, j'avais un autre équilibre et donc là, c'est comme si à ce moment-là, j'ai perdu un équilibre mais que je n'ai rien fait pour trouver, vraiment, bien faire les choses, on va dire et donc, petit à petit, voilà, je pense qu'en vrai, c'est déjà le côté émotionnel qui a été fortement impacté parce que ce n'est pas rien, enfin, une séparation, ça laisse toujours des traces et donc ça, je ne l'ai pas digéré derrière, enfin, voilà, et l'accumulation des choses a fait qu'à un moment donné, mon physique, il a saturé et ça, finalement, c'est un phénomène qu'on rencontre tous dans nos vies puisque la vie, c'est une succession de cycles donc il faut apprendre à jouer avec ces cycles-là, des hauts, des bas, voilà, quelqu'un qui a une vie linéaire, je dis, soit il passe sa vie dans son canapé ou je ne sais pas mais ce n'est pas normal, quoi, donc après, c'est accepter ça aussi et c'est vrai que moi, à ce moment-là, c'est l'émotion, je suis au début de ma vie, je ne voyais pas du tout se jouer, quoi, et c'est pour ça qu'après, coup, en ayant bien, bien analysé les différentes étapes, j'ai pris conscience de ça et donc, oui, à ce moment-là, c'est clair que si j'avais eu quelqu'un qui m'avait aidé à faire le point et du coup, à prendre un peu de hauteur, à redistribuer les cartes et voilà, à y voir plus clair, je pense que j'aurais gagné du temps et à la fois, je suis dans l'état d'esprit, voilà, pourquoi j'ai réussi à transcender cette expérience à Sochi alors que voilà, j'aurais pu rester au fond du sachet, comme on dit, mais non, je me suis dit, c'est pas mon tempérament et là, en fait, j'ai déjà perdu du temps donc maintenant, il faut vraiment que j'optimise et que je transcende cette expérience en quelque chose de positif et donc voilà, ça après, je pense que c'est aussi c'est lié à mon état d'esprit, à comment j'ai été élevé, voilà, je pense que je suis plutôt quelqu'un qui voit toujours, qui regarde devant, alors maintenant, j'apprends aussi à faire des stops et à regarder aussi ce qui a été fait parce que je trouve que c'est toujours vertueux et ça, dans les pensées, tu parlais des croyances limitantes, tu vois, moi, j'avais cette croyance de dire quand tu regardes derrière, c'est que tu te suffis un peu, quoi, et en fait, non, je trouve que c'est vertueux de prendre des moments d'arrêt et de dire ok, j'ai été capable déjà de faire tout ce chemin-là et en fait, en faisant ça, c'est une façon d'ancrer ce qui a été fait et ça, c'est important parce que d'ancrer tous ces points d'apprentissage et d'évolution, ça permet aussi de développer la confiance et l'estime de soi donc c'est hyper important mais c'est vrai que, bon, il faut un peu de maturité, d'expérience pour arriver à faire ça.
Loïc Oui, oui, clairement, c'est sûr. Waouh, écoute, c'est, on arrive déjà à la fin, je suis en train de regarder, on arrive déjà à la fin de la conversation, c'est juste passionnant tous ces sujets, le lien entre le sport, le sport de haut niveau, l'entrepreneuriat, enfin, le monde de l'entreprise, tes activités de coaching, c'est juste passionnant. Est-ce qu'il y aurait peut-être, j'avais prévu de te demander, il faut définitivement que je trouve un autre type de question parce que, quel conseil t'aurais à donner, ça devient trop classique mais du coup, ça tombe bien puisque tu coaches des gens donc il y a très certainement un paquet d'outils que tu utilises pour les aider à prendre conscience, à trouver les solutions qu'ils ont déjà en eux. En ce moment, et ça sera ma dernière question, en ce moment, avec le confinement, l'incertitude générale, la morosité ambiante, etc., j'imagine qu'il y a un paquet de gens qui aimeraient pouvoir, tu vois, se reconnecter à des moments passés, positifs. Quel outil est-ce que tu conseillerais, quel outil facile à mettre en place en toute autonomie sans forcément avoir besoin d'un coach ? Quel outil est-ce que tu pourrais conseiller à nos auditrices, auditeurs pour commencer un travail de réflexion autour de l'ancrage, par exemple ?
Marie Alors, du coup, je vais aller un peu plus loin parce que c'est important, mais je vais déjà répondre à cette question-là. Je pense que c'est important de pouvoir se poser, et c'est vraiment ça, c'est se poser et poser les choses dans la matière, donc sur du papier. Et je trouve qu'il y a vraiment des vertus à l'écriture, parce que d'écrire, ça vient imprimer des choses, et du coup, de pouvoir s'autoriser à être, oui, à être fier de soi, de ce qu'on a accompli, et donc peut-être déjà de noter des expériences dans lesquelles vous vous êtes sentis à votre place. Et vraiment, à votre place, ça veut dire que vous avez été confiant, que vous vous sentiez vraiment impactant. Et après, chacun, après, le situe où il veut, mais c'est en tout cas ces situations où vous vous êtes sentis heureux, confiant, serein. Et à partir de ces moments-là, peut-être de voir qu'est-ce qui vous a permis. Donc là, on va dire, c'est la finalité. Et du coup, avant, qu'est-ce que vous avez mis en place pour en arriver là ? Donc là, c'est davantage faire le point sur les compétences, les savoir-faire, les talents qui ont été des sources, des ressources pour justement aboutir à cette situation-là. Et le deuxième point que j'aimerais partager, c'est se dire, OK, on est dans un contexte, oui, clairement, qui est morose. Ça peut être vite déprimant, en fait, parce que oui, le contexte est tendu, c'est clair. N'empêche que, c'est déjà assez compliqué comme ça et il faut arriver, malgré tout, à se faire du bien et se faire du bien. Je ne parle pas, il n'y a aucune valeur financière là-dedans, c'est juste revenir à des petites choses qui vous font du bien. Moi, par exemple, là, juste avant notre entretien, j'ai pris le temps d'aller promener une heure dans la forêt. Il a neigé, c'est génial, ça ne me coûte rien, ça ne me coûte juste d'avoir le courage, entre guillemets, de prendre une heure parce que oui, vous avez toujours dix mille bonnes raisons de faire autre chose, mais en fait, vous êtes les personnes les plus importantes pour vous et donc, si vous ne faites pas ça pour vous, personne ne le fera pour vous et à votre place. Donc, c'est prenez le temps et osez vous faire du bien et ce n'est pas parce qu'on vous dit que c'est tendu, que c'est compliqué et tout qu'il faut continuer à se mettre des coups de fouet. donc, voilà, si vous aimez lire, prenez 15-20 minutes pour bouquiner, voilà, c'est ok de se faire du bien et en fait, quand on fait ça, on se rend sérieux parce que derrière, on réfléchit mieux et donc, on va plus facilement entrevoir les petits rayons de soleil qui nous permettront d'aller vers des situations plus agréables et donc, c'est vraiment cette idée de garder du positif plutôt que de toujours regarder ce qui est lourd, ce qui ne fonctionne pas, ce qui est compliqué.
Loïc C'est un super conseil d'ailleurs, je mettrai ça en description de l'épisode mais c'est, enfin, j'ai lu ton article, un de tes articles sur ton site justement où tu parles de ça, du fait de prendre du temps pour soi et en pratique, comment faire ça, etc. Donc, j'ai trouvé ça super intéressant. Si les gens veulent, pourquoi pas potentiellement te contacter pour du coaching, est-ce que tu te concentres pour le moment principalement sur des sportifs de haut niveau ou pas uniquement ?
Marie Non, j'ai vraiment, j'ai 50% de mon activité de coaching qui est orienté plutôt au sport et l'autre moitié qui est orienté sur les personnes qui ont envie d'entreprendre cette démarche-là. moi, je suis totalement ouverte parce que, de toute façon, l'humain est passionnant et je ne suis pas élitiste. Je fais du tout beaucoup d'un sport de haut niveau parce que c'est le sport qui est venu à moi mais au départ, je ne voulais pas faire d'un sport et alors, c'est ce qui est paradoxal puis après, je me suis dit si, c'est quand même sympa et donc, donc, non, vraiment, vous êtes tous les bienvenus. J'ai un site internet donc, marielorbrunet.com et après, je suis présente sur les réseaux sociaux donc, vous me trouverez facilement.
Loïc Génial. Je mettrai tout ça en description de l'épisode. Un immense merci, Marie-Laure, c'était juste passionnant de t'écouter, partager ton parcours mais surtout les enseignements que tu en as tirés et commence à contribuer en tout cas, fais en sorte que tu te réorientes sur une voie qui semble te correspondre parfaitement parce que quand on parle, on sent la passion et l'intérêt pour tout ce qui touche au développement personnel. Donc, encore une fois, merci, merci beaucoup pour tous ces partages et écoute, je te souhaite tout le meilleur pour la suite, plein de clients en coaching et des formations toujours plus intéressantes les unes que les autres.
Marie Merci beaucoup Loïc, c'était un vrai plaisir, j'ai passé un bon moment justement à échanger avec toi donc merci pour ça.
Loïc Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout, j'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets qu'ils soient pro ou perso. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également directement par e-mail à contact arrobase lesfrappés.com et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure, n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez ainsi qu'un commentaire et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Ciao ! Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada
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