Les Frappés Les Frappés
Saison 1 EP·037 Montagne #préparation mentale #équipe de France #jeux olympiques

22 juin 2021

Surmonter les blessures et se battre pour ses rêves avec Manon Petit-Lenoir

Durée · 38 min · Transcription disponible

Manon

Le récit

Manon Petit-Lenoir est membre de l'équipe de France de snowboardcross 🏂  et Championne Olympique de la Jeunesse 🥇 à Lillehammer en 2016. À 22 ans et encore étudiante, Manon nous fait découvrir sa discipline et son parcours, riche en obstacles qu'elle a su systématiquement surmonter grâce à son état d'esprit de battante !

Les blessures, Manon connait. En 2017, elle se fracture le ménisque à quelques mois des Jeux Olympiques de  PyeongChang en Corée du Sud 🇰🇷. Déterminée, elle revient rapidement au meilleur de sa forme et monte sur le podium de la Coupe du Monde en mars 2018. Mais voilà, sur la dernière course de la saison, elle chute. Elle ne se rend pas immédiatement compte de la gravité de sa situation et rentre chez elle après la compétition. Le lendemain, lorsque sa mère la voit, elle décide de l'amener immédiatement aux urgence. Le bilan : Commotion cérébrale, fracture de deux cervicales, de deux vertèbres du dos et luxation de l'épaule. La totale 😨 !

Elle se retrouve avec un corset intégral pendant plusieurs mois. Manon doit être nourrie et lavée par ses proches... elle met sa fierté dans sa poche et prend son mal en patience. Il lui faudra à peine 6 mois pour boucler son programme de rééducation et remonter sur un snow. Ce retour extrêmement rapide, elle le doit évidemment à son caractère mais aussi à la préparation mentale qu'elle a effectué avec son coach en amont de la reprise. Pour elle c'était une évidence dès le début, elle allait remonter sur un snow !

Nous avons fait ensuite un focus sur le rôle de la préparation mentale dans le sport de haut niveau et notamment les croyances qui existent encore aujourd'hui ➡️ coach = psy 🤦🏻‍♂️

Un échange qui vous fera relativiser sur nos petits soucis du quotidien et qui vous donnera, à coup sûr, une incroyable patate 🤩🔥 !!! Un très grand merci à Manon pour cette belle leçon d'humilité,  de résilience, détermination, dépassement de soi !

🔎 Manon est sponsorisée par  Samoëns, son village qui la soutient depuis le début, mais aussi par Mont Blanc Hélicoptères, Montagne du Griffe, Oakley, Rip Curl, Rossignol et Deffaugt Construction.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #20 - Marie Laure Brunet - Double Médaillée Olympique de Biathlon et passionnée des relations humaines
Épisode #34 - Charline Van Snick - Judokate, Médaillée aux JO de Londres - Un combat pour changer le sport

Vous pouvez suivre Manon  ici ⬇️
👍 Facebook
💼 LinkedIn
🐦 Twitter
📸 Instagram

Pour soutenir Les Frappés 👇🏼
❤️ Deviens Tipeur sur Tipeee
✅ Follow le podcast sur ta plateforme d'écoute
🙂 Parle du podcast autour de toi et partage cet épisode
⭐️ Laisse une note et un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify

Pour prolonger l'épisode 👇🏼
📖 Découvre le Journal des Frappés : les enseignements de mes invités, dossier par dossier
💌 Abonne-toi à la newsletter
📸 Suis-moi sur Instagram

Des suggestions ou envie de partager ton avis ? Envoie-moi un email.

Transcription

Lire la transcription intégrale

Manon Musique de générique Je suis rentrée, je me suis couchée, il devait être 3-4 heures du matin. Le lendemain, impossible de me lever. Ma mère, elle arrivait, elle m'a vue et elle m'a dit on descend tout de suite aux urgences. Et en fait, il s'est avéré que je me suis fracturée deux cervicales, deux vertèbres du dos. Promotion, vu que c'est l'épaule. Tu as tes rêves, va au bout de tes rêves et puis donne-toi les moyens et puis tu regardes pas le regard des autres. Musique de générique

Invité 1 Salut Manon, bienvenue sur le podcast. Salut Loïc. Ravie de t'avoir avec nous ce soir pour nous parler, entre autres, d'une discipline qu'on n'a pas encore eue sur le podcast. Donc j'ai hâte que tu nous partages un petit peu ton parcours, ce que tu as trouvé dans l'univers du snow, ce qui fait que tu continues. Et puis que tu nous racontes un petit peu les différentes péripéties que tu as dû affronter et comment est-ce que tu en es ressortie.

Manon Avec grand plaisir. J'ai hâte de pouvoir vous parler de mon sport, le snowboard cross et de mon parcours.

Invité 1 Eh bien écoute, je te propose de commencer par ça. Qui est Manon ? D'où est-ce que tu viens et qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ?

Manon Eh bien je m'appelle Manon Petit Lenoir, donc je suis en équipe de France de snowboard cross sur le circuit du monde. J'ai 22 ans et je suis encore étudiante à l'université technique de commercialisation. Je prépare un DUT, c'est ma dernière année et puis voilà ma petite vie quoi.

Invité 1 Génial ! Et ta vie en snowcross, ton parcours, alors déjà peut-être pour commencer par ça, le snowcross, qu'est-ce que c'est exactement ?

Manon Alors le snowboard cross, donc c'est comme la motocross, il y en a qui connaissent. Le principe c'est qu'on part à 4 ou à 6 dans le même parcours. Et c'est un parcours où on va retrouver des sauts, des virages, plein de mouvements de terrain. Donc c'est le snowboard, je ne sais pas si tout le monde connaît le snowboard. C'est comme le ski, donc c'est un sport sur la neige avec une terre. Non mais je précise parce que souvent quand je dis snowboard, les gens pensent que je fais du surf.

Loïc Ah ouais, ok.

Manon Et du coup voilà, donc c'est une discipline assez fun à regarder avec pas mal de contacts. Bon le but ce n'est pas d'avoir des contacts mais avec pas mal de contacts et c'est assez télévisuel.

Invité 1 Ouais, c'est vrai que c'est vachement dynamique en tout cas pour l'avoir regardé plusieurs fois des manches etc. Ça bouge pas mal.

Manon C'est un principe assez simple en fait, c'est vraiment les premiers qui arrivent en bas qui ont gagné, il n'y a pas de juge, c'est juste la vitesse et bien sûr passer au bon endroit, au bon endroit. J'arrive plus à parler. Et voilà.

Invité 1 Donc tu n'as aucune pénalité si tu as un contact un peu fort ou je ne sais pas que tu coupes le tracé à quelqu'un, il y a vraiment zéro pénalité ?

Manon Non, à part si vraiment c'est fait exprès et là tu peux avoir un carton jaune ou se faire disqualifier. Mais non, souvent ils disent dans les… ça s'appelle la start line, c'est tout le début. Donc du départ par exemple 100 ou 200 mètres jusqu'au premier virage, là normalement tu n'as pas trop le droit de te décaler. Mais après ça dépend aussi de la piste, il y a des moments où tu es obligé donc ça ce n'est pas un souci. Mais par contre le but ce n'est pas d'aller au contact parce que déjà on perd de la vitesse en faisant ça donc ce n'est pas produit. Et puis ce n'est pas vraiment le jeu quoi.

Invité 1 C'est clair. Et par curiosité il y a une longueur, comment tu appelles ça d'ailleurs, un circuit, un trac, une descente ?

Manon On appelle ça un parcours. Un parcours ? Non, il n'y a pas de longueur type, ça dépend. De plus en plus ils font un peu des sprints, là ça dure environ 30 secondes. Mais par exemple on a eu pas mal de parcours assez long, une minute 20, une minute 15. Donc ça dépend vraiment du parcours en fait.

Invité 1 Ouais. Ok. Et comment est-ce que tu es tombée dans ce sport-là ? J'ai l'impression que c'est un sport assez récent. Tu as grandi dans un environnement, tu as grandi en montagne ?

Manon Oui, j'ai grandi en montagne, j'étais entourée de personnes qui faisaient pas mal de… De sport et de ski et de snowboard. Du coup j'ai commencé par le ski, donc maman elle m'a dit tu commences par le ski, tu passes toutes tes flèches, tes étoiles et que tu auras un bon niveau, tu pourras faire du snowboard. J'avais qu'une idée en tête, c'était de faire du snowboard comme mon frère et ma maman. Et du coup elle m'a dit tu passes toutes tes flèches et tout et après tu y vas. Et du coup je me suis dépêchée de tout passer vers ce point de tout passer. Et je lui ai dit c'est bon, je vais me faire tout de même maintenant. Et elle m'a dit allez on t'inscrit, il y avait un club à une demi-heure de chez moi. Donc maman faisait des allers-retours tous les jours, enfin trois quarts d'heure même. Et du coup je suis allée m'entraîner dans ce club. Et au début je faisais un peu toutes les disciplines, donc je faisais du géant. Une porte bleue, une porte rouge et le but c'est de faire juste des virages. Je faisais un peu des sauts, des figures. Je faisais du snowboard cross. Et j'ai vraiment accroché pour le snowboard cross. J'aimais beaucoup être en contact direct avec les concurrents. Et j'adore la compétition. Je n'ai vu que par ça. Je me chronomètre quand je vis de la vaisselle quoi. Sérieux ? Du coup vraiment j'adore la compétition. Et vraiment je me suis retrouvée à fond dans ce sport. Et depuis bah c'est pas arrêté.

Invité 1 Waouh. Excellent. Alors ça a été quoi les grandes étapes jusqu'à présent ? En tout cas les courses et les résultats dont tu es le plus fière pour le moment sur ton parcours ?

Manon Il y en a pas mal. Il y a des victoires qui sont plus belles aux yeux des personnes. Et des victoires qui sont plus jolies à mes yeux. Celles que les gens adorent dire c'est les championnes Olympiques jeunes. Ça c'est vraiment l'étape. C'est vraiment le podium que les gens adorent. Parce que c'est les Jeux Olympiques. C'est grand, c'est beau. Après il y a des victoires. Enfin j'ai fait un podium en Coupe du Monde. Je me suis fait mal aux genoux en 2017. Fin 2017. Et il y avait les Jeux début 2018. Du coup j'ai pas réussi à me qualifier aux Jeux avec un mal. J'avais super mal, ma blessure n'était pas du tout soignée. Du coup pendant les Jeux je me suis réparée. Et je suis revenue juste après cette blessure et la déception des Jeux qui était la pire de toute ma carrière. Et juste après ça j'ai réussi à me relever. Je faisais mon premier podium en Coupe du Monde. Et du coup pour moi c'est ce podium là qui est le plus gravé dans mon cœur. Parce que je sais que juste avant j'étais dans le plus gros bas de ma carrière. Et que j'ai réussi à me relever super rapidement. Et puis il y avait 50 personnes qui étaient venues me voir. Enfin j'étais trop fière devant eux. Et je pense que ça c'était ma plus belle victoire.

Invité 1 On sort quand tu le racontes qu'il y a beaucoup d'émotions rattachées à cette victoire.

Manon Après il y a eu tellement d'émotions dans cette carrière. Je ne sais pas trop la quelle je préfère. Mais je pense que c'était...

Invité 1 Alors si on s'arrête peut-être sur cette expérience juste avant les Jeux. Quand on avait échangé avant l'épisode. Moi ça m'avait beaucoup intrigué la façon dont tu partageais ta réaction. Et comment est-ce que tu avais géré quelque part tout ça. Donc est-ce que tu peux peut-être nous expliquer un peu plus en détail. Ce qui s'est passé. Et quel a été ton cheminement à travers cette blessure.

Manon C'est surtout que j'ai enchaîné les blessures depuis... Ça fait deux ans et demi que j'enchaîne les blessures. Et ça psychologiquement c'est super difficile de se relever. Après j'ai un tempérament où j'oublie vite. Enfin je ne sais pas si c'est de la naïveté ou je ne sais pas. Mais en tout cas je passe vite à autre chose. Et je pense que tout ça c'est aussi lié grâce à mon entourage qui eux ils sont là pour me bouger, me motiver à fond. Et pas m'apitoyer sur mon sort. Et du coup je me suis blessée juste avant les Jeux Olympiques. Donc ça déjà ça a été un gros coup dur. Mais j'ai quand même passé ces dix croix. Je me disais si bah toi à fond. Enfin l'objectif il n'est pas si loin. Enfin t'en étais si proche. Et puis là bah bah toi quoi Manon. Donc après j'ai eu cette déception des Jeux Olympiques qui était horrible. Vraiment je me suis retrouvée toute seule chez moi à pleurer. Avec ma maman qui était là et qui ne savait plus quoi faire. Mes parents ils ne savaient plus comment m'aider.

Invité 1 Est-ce que t'avais quel âge à ce moment-là quand il y a eu cette blessure ?

Manon C'était en 2018. J'avais 18 ans.

Invité 1 Waouh.

Manon 18-19 ans.

Invité 1 Et tu préparais les Jeux depuis un moment déjà j'imagine.

Manon Bah oui c'est au début. Enfin une Olympiade c'est 4 ans. Au début j'y pensais pas vraiment les deux premières années. Mais la troisième année j'étais proche d'aller aux Jeux Olympiques. Et puis d'un coup un jour tout s'effondre quoi. Du coup c'était un peu difficile. Bon bref ça c'était une petite période de... De ma petite carrière aussi. Et après ça bah... Donc je suis revenue. J'ai fait mon podium en Coupe du Monde. Donc en fait ça a fait un gros down. Après je suis montée en gros up. Donc j'étais en haut de la montagne. Et puis je suis partie faire la dernière course de la saison. Et là je me suis blessée gravement. C'est à dire qu'on s'est retrouvée à 4 dans un virage. Et puis je sais pas trop ce qui s'est passé. Mais en gros je me suis retrouvée bloquée. Et je me suis prise entre ma copine et les filets. Et j'ai fait comme un scorpion. C'est à dire que mes pieds sont passés derrière ma tête. Et ça deux fois. Bon bah entre temps c'était pas très glamour. Mais j'ai vomi. Enfin j'étais vraiment pas bien. Et puis c'était avéré que je me suis relevée. J'ai dit bon bah ça va pas top. Demain j'irai voir le kiné. Et puis ça ira mieux. Donc j'étais dans les Pyrénées. Je suis rentrée jusqu'à chez moi. Donc j'ai fait 8h de bus. J'ai conduit 1h30. Je galérais un peu à conduire. J'avais un peu mal. Franchement à la fin du voyage c'est vrai que de ce que je me souviens j'avais vraiment mal. J'avais pris un médoc. Je m'étais dit bon bah vas-y ça attendra bien demain. Je suis rentrée. Je me suis couchée. Il devait être 3-4h du matin. Et le lendemain impossible de me lever. Et là j'ai dit il y a peut-être un truc qui cloche. Donc j'ai appelé maman. Et je lui ai dit je peux pas venir me voir. Et ma mère elle arrivait. Elle m'a vue. Elle m'a dit on descend tout de suite aux urgences. Et en fait il s'est avéré que je me suis fracturée 2 cervicales. 2 vertèbres du dos. Commotion. Luxe et l'épaule. Enfin là tout le monde. Waouh. Et là. Ok. Et là je me suis dit bon bah je suis passée à rien de la catastrophe. Vraiment les pains. Et ils m'ont demandé fort fort fort. En me disant que j'étais inconsciente. Mais en même temps. Je pense qu'on se blesse tellement souvent. Et on a tout le temps mal. On a tout le temps un petit truc. Enfin dans ces sports traumatisants. Que du coup bah tu penses jamais à avoir vraiment une grosse blessure. Et puis tu prends surtout mal. En fait.

Invité 1 Ouais t'as un rapport à la douleur qui est un peu différent du coup.

Manon Bah je sais pas. Mais en tout cas ouais. C'était pas le bon choix. Ouais ouais.

Invité 1 Ouais. Il m'était arrivé un truc comme ça. Où je m'étais. Après. Je sais plus. C'était 3 ou 4 jours. Mais j'avais passé 3 ou 4 jours. Je faisais du judo. Beaucoup. Et. Et ouais. Peut-être la première année où j'étais en équipe de France. De mémoire. Je m'étais cassé un métatars. Donc tu sais. C'est un des longs os du pied. Ouais. Et en fait au bout de 3 jours je me dis. Non mais là j'ai quand même un peu mal au pied. Et c'est là où c'est. Voilà. La radio me dit. Ouais en fait c'est cassé là. Il vous faut quelque chose. Oui. Donc je sais pas si c'est un truc de sportif. Mais ouais c'est vrai que quand t'es habitué peut-être à côtoyer la douleur. Ou en tout cas. Ouais. Sans parler de souffrance. Mais la douleur. J'imagine que ça. T'as plus le même référentiel tu vois. On s'habitue quelque part.

Manon Carrément. Carrément. Et puis. Donc je me suis retrouvée à l'hôpital. Et tous les jours on m'annonçait une nouvelle fracture. Vraiment au bout de 5 jours je savais ce que j'avais quoi. C'est l'enfer. Et après j'ai eu des longs mois de rééducation. Une blessure classique quoi.

Invité 1 Ouais. Enfin un peu costaud quand même. Parce que t'as eu combien de mois de rééducation en tout ?

Manon C'était. Bah j'ai eu fait 3 mois et demi de corset intégral. Donc c'est à dire que j'avais un corset qui me parlait de en haut de la tête. Qui me prenait le coup. Et qui descendait jusqu'en bas du dos. Donc ça j'ai eu 3 mois et demi ça. Où bah j'étais repartie à zéro. Ma maman elle me nourrissait. Mes parents ils me prenaient la douche. Donc là tu ravales vraiment ta fierté quoi. Tu te dis. J'ai besoin d'eux pour vivre. Et puis je suis repartie à zéro. Je dormais dans un fauteuil. Assise. J'ai pris mes médicaments pendant des mois et des mois. Ouais c'était un gros choc quand même. Et puis encore une fois. Bah j'avais une famille qui me soutenait. Et qui était là avec moi tous les jours. Il n'y a pas un jour où j'ai pas pleuré je pense. Et puis ce qui est plus dur c'est qu'on m'avait dit. Au bout d'un mois tu enlèves ton corset. Donc moi dans ma tête j'ai dit. Bah un mois nickel. Trop bien. Enfin si c'est que ça je peux tenir un mois. Sauf qu'au bout d'un mois moi je suis allée voir la neurochir. Et elle m'a dit. T'as même pas fait la moitié. Et là c'était la douche froide vraiment. Et elle me disait. Et puis t'as pas fait la moitié. Mais surtout si t'enlèves ton corset. Bah à tout moment tu meurs. Parce que j'avais une fracture glissante. Et que ça me coupait les artères du cerveau. Et puis c'était fini quoi. Donc là deuxième douche froide. Ma maman qui s'est décomposée. Et elle a dit. Bah là. Là c'est pas cool. Du coup. Bah c'était. C'était pas facile.

Invité 1 Et donc au bout de trois mois. Enfin j'imagine que quand t'as pu enfin retirer le corset. Physiquement. Musculairement ça devait être. Tu devais être. Complètement au fond là non.

Manon Bah en fait on m'a. Enfin tout le monde m'a dit. Ça va être la. La délivrance quand tu vas l'enlever. Et c'est vrai que quand je l'ai enlevé. Bah j'avais l'impression qu'il me manquait quelque chose. J'avais beaucoup de muscles. J'avais perdu 10 kilos. Du coup. Ma tête elle tombait. Donc c'était. C'était super étrange. Donc j'avais limite envie de leur remettre. Mais bon. Par fierté. Je me suis dit. Non je peux pas. Et après je suis partie du coup. Un mois. Dans un centre. Où j'ai fait juste. Enfin. Du renforcement musculaire. Profond. C'était pas ultra physique. C'était vraiment de la reprise. J'essaie de retrouver mes amplitudes. Du cou. Du dos. Parce que vraiment. Pendant. Un mois après le corset. Je tournais pas la tête. Je pouvais pas regarder mon. Quelqu'un à côté quoi. J'étais obligée de. J'étais un robot. Je suis arrivée au centre de Reduc. Et la plupart des gens qui s'étaient baissés. C'était des genoux. Et moi ils me disaient. Mais tu fais quoi le robot. Et. Du coup j'ai fait. Ouais. Un mois dans un centre. Et après je suis partie. Donc. Dans une cellule réathlétisation. C'est. Ce qu'ils mettent en place avec la fédération de ski. Donc c'est à deux heures de la maison. Et puis je suis partie là-bas pendant 12-13 semaines. C'était du sport intensif. Tous les jours. Du coup j'ai fait ça. Ouais. Pendant 12-13 semaines. Et après je suis remontée sur le snowboard. Donc en fait. Une nez. Le 1er avril. Et je suis remontée sur le snowboard au mois de octobre.

Invité 1 Et tu dirais qu'il t'a fallu combien de temps pour vraiment revenir au niveau de performance que tu avais au 1er avril ?

Manon Pas beaucoup. Vraiment pas beaucoup. Parce que j'avais un coach mental. Et qu'on a travaillé longtemps en amont. Où vraiment je visualisais mon retour sur la neige. Et au final ça s'est fait ultra rapidement. J'ai eu peur 10 minutes dans les télécabines avant de monter sur la neige. Et puis une fois que j'étais sur la neige j'avais déjà oublié. Et du coup ça a été ultra rapide. Au mois de décembre je faisais déjà ma première coupe du monde. Du coup. C'est enchaîné très rapidement. Et puis j'avais pas d'appréhension. Et de toute façon je pense que dans mon sport. A partir du moment où tu as de l'appréhension. Ça sert plus à rien quoi.

Invité 1 C'est ce que j'allais te demander. Quand tu es passé par une blessure comme ça. Pour le coup. Enfin ouais. Clairement traumatisante. Tu y repenses quand tu fais ton premier parcours. Comment ça se passe ? Tu as peur de la chute à nouveau un peu plus qu'avant ?

Manon Il y a beaucoup de personnes qui. Une fois qu'ils se blessent. Ils arrivent à revenir de leur blessure. Parce que si c'est un croisé. Tu reviens au bout de 6-7 mois. 8 mois. Mais après si le psychologique ne suit pas trop. Et que tu as peur. Si tu pars et que tu as un petit peu d'appréhension. Soit tu ne vas pas à 100%. Ou soit tu es un peu sur la retenue. Et tu risques de vraiment te faire mal. Du coup c'est quelque chose que moi je travaille beaucoup avec mon coach mental. Du coup en amont. Et ça me permet vraiment de ne pas avoir peur. Parce que sinon j'aurais dû arrêter il y a déjà un petit moment. De toutes ces chutes.

Invité 1 Ouais. C'est super intéressant la partie préparation mentale. Parce que c'est vrai que quand tu en parles au début. Enfin je n'ai pas voulu t'interrompre. Mais on a l'impression que tu nous racontes que tu as eu une petite galère. Mais tu l'as surmonté. Et puis voilà. Tu as quand même fait 3 mois de corset. Énorme rééducation. Ce n'est pas une petite blessure que tu as eu. Je ne serais que de savoir psychologiquement. Est-ce que tu dirais que tu es passé par des phases différentes. Ou dès le début tu étais déjà en mode. C'est dur mais je vais remonter sur le snow. Je vais y arriver. Aucun doute là-dessus.

Manon Vraiment. C'est marrant. Parce que quand je me suis blessée au dos. Vraiment il n'y a pas eu un jour où je me suis dit que j'allais arrêter. Vraiment pas. Je pense que mes parents pensaient plus que j'allais arrêter. Que moi je... Vraiment je n'y avais pas pensé. Quand ils m'ont dit à l'hôpital. Soit on t'opère. On te met des plaques. Et tu as fini le snowboard. Parce que tu n'auras plus la même mobilité. Et c'est dangereux. Soit on essaye le corset. Mais on n'est pas sûr que ça marche. Mais à un moment je me suis dit que ça n'allait pas marcher. Dans ma tête c'était impossible. Je ne sais pas pourquoi je... D'ailleurs avec du recul je me dis. Mais pourquoi tu n'y as pas pensé. Mais là vraiment je n'y ai pas du tout pensé. Je me dis bon bah va pour le corset. Je me dis bah voilà. Enfin même pas je m'oppose la question. Mais par contre j'avais dit va pour le corset. Mais quand ils m'ont apporté le corset. Je n'ai pas compris ce qu'il se passait. Je leur ai dit vous reprenez ça et vous dégagez vite.

Invité 1 C'est impressionnant comme appareil.

Manon Oui vraiment. Déjà quand ils m'ont fait ça faisait déjà une semaine que je ne m'étais pas levée. Et ils m'ont levée pour faire les empreintes. Donc c'était déjà du plâtre qui mouille et c'est très chaud. Et là j'avais déjà tourné de l'œil. Je m'étais dit waouh c'est pas cool. Et puis quand il m'a apporté le corset je ne m'attendais pas du tout à ça. Mais alors vraiment pas du tout à ça. Je pensais que ça allait être un corset qui s'arrêtait en dessous du cou. Là c'était vraiment un corset qui me prenait la mâchoire. Qui me serrait derrière la tête. Donc en fait je n'arrivais même pas à ouvrir la bouche. Et le monsieur d'ailleurs si un jour il m'entend. Je m'excuse vraiment parce que j'ai été super méchante avec lui. Je pense que si mes parents ils avaient pu se cacher dans un trou il j'aurais fait. J'étais super méchante.

Invité 1 Parce que c'était douloureux quand ils l'ont mis en place ?

Manon C'est surtout que je me sentais emprisonnée. Impossible de respirer. Je ne pouvais pas ouvrir la bouche. Donc mes parents ils étaient d'aller me chercher à manger. J'aurais dit mais je ne peux pas manger votre truc. J'arrive même pas à ouvrir la bouche. Du coup j'étais ultra désagréable. Mais au final c'est passé quand même assez vite. Et puis je pense que c'est un peu comme tout. On se fait vite à tout. On râle au début mais après ça passe quoi.

Invité 1 Et tu dirais que tu es ressortie différente de cette... blessure et de la période de convalescence qui a suivi ?

Manon Ouais. Je dirais que... Déjà pendant que j'avais le corset je me disais plus jamais je me plains. Plus jamais de la vie je me plains. Je l'ai enlevé. Le lendemain je me plaidais déjà. J'ai vite oublié ça. Et oui après niveau sportif. Sans rigoler. Vraiment oui tu changes ta vision des choses quoi. Il n'y a pas... Enfin tu es toujours content d'aller en entraînement. Bon et c'est sûr qu'il y a des jours c'est plus difficile que d'autres. Mais tu prends vraiment du recul sur plein de choses. Sur les courses. Si tu fais une course NAS tu te dis mais... Mais il y a un an de ça j'étais dans un état pitoyable. Tu ne peux pas réagir comme ça quoi. Je pense qu'on prend quand même pas mal de recul et on grandit par rapport à ça.

Invité 1 Waouh. En tout cas c'est... Je trouve à... Donc ça c'est arrivé tu avais 18 ans tu disais. C'est quand même... Tu vois que tu es plus entier des enseignements. Je trouve que c'est sacrée preuve de maturité en tout cas. Ouais en tout cas c'est... Ça fait... Je dis souvent ça c'est rafraîchissant d'entendre un message comme ça. Tu vois parce que c'est vrai que le contexte actuel par exemple. C'est souvent l'exemple que je prends. On peut avoir tendance à se laisser un peu affecter par tout ce qui se passe autour de nous. Mais je trouve que d'entendre des messages comme le tien tu vois où... Bah voilà si tu le dis c'était dur mais à aucun moment tu as douté. Et puis tu en es ressortie plus forte et aujourd'hui tu relativises. Bon en tout cas ça m'énergise beaucoup. Donc c'est chouette de te l'entendre dire.

Loïc Très chouette.

Invité 1 Une autre question que j'avais c'était... Alors c'était si tu veux bien nous en parler spécifiquement par rapport à la préparation mentale. Moi ça m'intéresse parce que je suis coach certifié en dehors de mon job. Et donc je suis curieux de savoir un petit peu sur quoi est-ce que tu as travaillé avec ton coach. En quoi est-ce que tu dirais que ça t'a vraiment aidé ? Et peut-être même tu vois s'il y a des outils que toi tu recommanderais. Même si voilà l'idée c'est pas de faire du coaching en deux secondes sur le podcast. Mais des trucs qui t'ont vraiment aidé d'un point de vue... Tu vois pratico-pratique qu'est-ce que tu faisais exactement quoi ?

Manon Ouais. Bah déjà avec mon coach mentale c'est souvent un sujet un peu tabou. Enfin je sais que les athlètes ils n'aiment pas forcément parler. Alors moi ça me pose aucun souci. Et du coup on a travaillé plein plein plein de choses. En fait il me met à disposition plein d'outils. Et puis je prends ce qui me convient et ce qui ne me convient pas. On fait beaucoup de visualisation. Donc je me visualise avec des émotions que j'ai particulièrement aimé une fois dans ma vie. On écrit pas mal. J'écris pas mal genre par exemple j'ai fait une course. Ça s'est super bien passé. Bah j'écris un peu ce que j'ai mis en place, ma routine. Comme ça si je doute un jour, bah je relis et je me dis bah faut que je fascise ça. Et puis au moins j'ai pas mes pensées ailleurs et je pense vraiment à ce que je dois faire. Par exemple j'écris aussi pas mal sur mes peurs. Des fois je me dis là je stresse. Je stresse à fond sur cette compétition. J'écris pourquoi je stresse. Et en fait en le relisant je me dis mais c'est nul. C'est infondé genre ça sert à rien de stresser pour ça. Donc en fait des fois je pense que dans sa tête on monte au créneau pour pas grand chose. Alors qu'au final enfin beaucoup de problèmes ont des solutions quoi j'ai envie de dire. Et puis je fais de la cohérence cardiaque aussi. Donc c'est à dire que je me pose un moment et je contrôle ma respiration. Et ça ça me permet aussi de pas mal me canaliser parce que je suis un peu hyperactive. Et du coup bah... Donc en fait on fait plein de... De travaux mentaux. Et puis je choisis. Et puis j'adapte surtout selon la situation quoi.

Invité 1 Ok. C'est intéressant parce que t'as commencé par dire que t'avais pas de problème à dire que t'avais un coach mental. Mais que dans certains... Parfois dans le sport c'était un peu tabou. Et ça me fait penser à... Bah je crois que tu la connais quand on en avait discuté. Mais c'est un peu ce que nous disait Marie-Laure Brunet. Quand elle était sur le podcast. Parce qu'elle maintenant elle est coach.

Loïc Ouais.

Invité 1 Donc Marie-Laure Brunet qui est une ancienne biathlète. Et médaille olympique. Double médaille olympique. Et c'est ce qu'elle nous disait ouais que... Quelque part c'est un peu une incohérence. Parce que dans le sport de haut niveau aujourd'hui. Physiquement à peu près tout le monde a le même niveau. Tu vois parce que tout le monde a quasiment accès au même niveau d'équipement. Ou techniquement maintenant bon bah...

Loïc Ouais il faut faire plus grand chose.

Invité 1 Ouais exactement. Et que par contre là où il y a des grosses différences qui peuvent être faites. C'est sur le mental entre autres. Et donc c'est intéressant que tu vois même toi... Même toi tu... Enfin encore... Ou t'es encore jeune je veux dire. T'as déjà... Et dans une discipline qui est jeune. Il y a quand même cette espèce de notion que la préparation mentale c'est un peu un truc tabou quoi. Ça vient d'où tu penses d'ailleurs ? C'est quoi les croyances qu'il y a associées au coaching mental ?

Manon Ouais je pense que les gens les associent à préparateur mental un peu à psychologue. Et psychologue ça a pas forcément une image ultra fun. Et du coup je pense que c'est pour ça aussi que les gens ils ont un peu peur. Ou alors peut-être parce qu'ils veulent cacher leur clé. Je sais pas. Je sais pas trop. Après je vois pas où il y a un peu de quoi.

Invité 1 Et toi tu as décidé de prendre un coach mental suite à quoi ? T'avais un besoin ou quelqu'un t'en a parlé ?

Manon Bah moi on en avait parlé depuis super longtemps. Et puis je me suis dit bon bah allez je tente. Au début j'étais pas très réceptive. Parce que moi j'avais peut-être pas l'âge pour ça. Enfin j'en ressentais pas le besoin. Donc j'y allais. Et puis des fois on me demandait de lire des trucs. Ça me saoulait. Franchement je pense que la préparation mentale si toi t'as pas envie d'y aller au fond de toi. Et que t'as pas envie d'y essayer que ça marche. Ça sert à rien. Vraiment ça sert à rien. Parce que moi j'ai pu faire des années de préparation mentale. Si j'avais pas envie bah ça me sert à rien quoi. C'est plutôt des choses que tu mets en place pour toi. Et il faut vraiment être impliqué. Bon voilà.

Invité 1 Clairement. Bon et dernière question sur la partie mentale. Tu parlais de visualisation. Est-ce que toi tu t'es créé un ancrage pour les compètes ? Est-ce qu'au moment de prendre le départ il y a quelque chose que tu fais ou que tu te dis ? Pour te conditionner ?

Manon J'ai essayé de faire un peu l'ancrage. C'est un outil qui m'avait donné aussi mon prep.

Invité 1 Ouais.

Manon Mais je suis pas vraiment réussie à le mettre en place. Je l'ai fait 2-3 semaines. Et puis après bah je passe à autre chose. Ok. Et puis mais je pense que c'est super bien par contre. Je pense que c'est vraiment un truc à travailler. Et ça peut être vraiment cool. Après bah j'ai souvent la même routine sur les 72 heures avant la compétition. Je fais à peu près les mêmes séances. Et puis j'adapte aussi selon ma forme. Et le jour J je m'échauffe plus ou moins de la même façon. Après je suis pas ultra perturbée par... Si je fais pas un échauffement ça va pas me perturber quoi. Je passe vite à autre chose aussi. Par une fois. Et puis dans les starts. Dans les starts ouais je fais un peu la même chose. Mais c'est un truc un peu basique. Je bouge beaucoup ma board. Je me secoue la tête comme ça. Je me tape la tête. Voilà. Ok.

Invité 1 Ok. Ah intéressant. Cool. Génial. Bah écoute merci pour ces infos sur la façon dont tu te prépares mentalement. C'est toujours intéressant d'avoir le point de vue d'athlète de haut niveau je trouve. Comment est-ce que tu fais pour... Et d'autant plus avec les blessures quand même assez longues que t'as eues. Comment est-ce que tu gères ta double vie quelque part d'étudiante et de sportive de haut niveau ?

Manon Bah déjà j'ai la chance d'aller à l'école qu'avril, mai, juin. Ah ouais. Et la première semaine des partiels c'est juillet. Souvent l'hiver ils nous donnent un peu de travail. Donc on a un peu de travail l'hiver mais c'est pas non plus un truc insurmontable. Ce qui est plus difficile c'est que dans ma classe il n'y a pas que des sportifs. Il y a aussi des gens qui préparent le monitorat ou des choses comme ça. Ok. Et eux ils arrivent à faire les trois mois sauf que moi j'ai pas trois mois disponibles. Du coup bah du coup j'y vais là j'arrête déjà dans deux semaines alors que j'ai commencé il y a deux semaines. Donc ça veut dire que je vais faire quatre semaines, cinq max. Et que les autres ils vont continuer à aller à l'école parce que c'est quand même condensé. Donc ils vont quand même pas mal travailler. Et que moi je vais reprendre les stages et c'est un peu compliqué de reprendre les stages. On est fatigué et de devoir rattraper un peu le soir. Après j'ai quand même des collègues qui sont dans ma classe qui vont m'aider. Et puis je me mets un coup de pied aux fesses en rentrant le soir. Je me dis bon bah voilà là je suis sur ma dernière année et je veux pas lâcher comme ça quoi.

Invité 1 La détermination même dans les études. C'est beau.

Manon Non, on peut pas dire comment.

Invité 1 Cool. Et du coup si on se projette un peu plus, est-ce que toi tu envisages déjà la suite à travers des études une fois que le snowboard cross sera derrière toi ?

Manon Alors donc là je finis début juillet. Je sais que je vais pas reprendre les études au mois de septembre parce qu'il y a les Jeux Olympiques qui arrivent très rapidement. Donc pas du tout en vie. Et du coup je vais voir après si je fais une licence ou pas. Peut-être l'année prochaine. Je sais pas trop encore. Et puis le truc c'est que moi j'ai toujours rêvé de travailler dans les soins. Les offences, tout ça. Et que c'est pas du tout compatible avec mon sport. Donc je sais pas trop si après ma carrière je vais me relancer là-dedans ou partir plus avec mes sponsors actuels. Travailler dans le marketing. Enfin je sais pas trop. Mais je sais que j'aime beaucoup de choses et que c'est pas impossible que je reprenne mes études après ma carrière. Même si j'ai 30 ans quoi.

Invité 1 Ok. Et l'âge moyen dans ta discipline c'est quoi à peu près ?

Manon Ça dépend. Là par exemple il y a une fille qui est dans le top 5 mondial qui a 34 ans.

Invité 1 Ah ouais ?

Manon Ouais.

Invité 1 Ah ouais ok.

Manon Après tu as dit que j'aille jusqu'à là mais peut-être que j'irais aussi jusqu'à là. Je pense que le jour où j'arrêterai c'est le jour où je ferai plein quoi. Je pourrais pas continuer à juste être... Regarder mon sport quoi.

Invité 1 Ouais ouais ouais.

Manon Je veux être actrice de mon sport. Ouais.

Invité 1 Et bah justement en parlant d'être actrice de ton sport, quelle est la prochaine grosse échéance ? Et bon tu l'as dit c'est les jeux. Comment est-ce que tu t'y prépares ? De quoi est-ce que t'as hâte ?

Manon Alors bah pour le moment c'est proche. Enfin c'est au mois de février. Mais en gros c'est tellement loin et je vais passer par tellement de choses avant que j'ai pas plus envie de m'y projeter que ça. Je sais que pour le moment là je suis à l'école et que j'ai pas envie de me mettre... Enfin j'ai pas envie de me dire vas-y je me mets à travailler à fond maintenant. Je fais trois séances par jour alors que je suis à l'école. Et faire un burn-out au début de l'année. Je sais que ça m'est déjà arrivé bah notamment après ma blessure où le moment j'ai pas arrêté du coup de faire du sport. Et que je suis arrivée à la fin de la saison. J'en pouvais plus. J'attendais qu'une chose c'était de plus arrêter et partir en vacances. Et j'ai pas du tout envie de ça. Du coup je me laisse encore deux semaines. Et dans deux semaines je vais reprendre... Bah là j'ai déjà repris le sport mais là je suis à une séance par jour. Plus du renforcement mais rien de ouf. Et j'attends encore deux semaines et après je vais monter crescendo. Et puis les Jeux Olympiques j'y penserais au début de la saison et pas tout de suite.

Invité 1 Et en termes de... Quand tu dis que tu vas monter crescendo, au pic de l'entraînement ça ressemblera à quoi une semaine classique ?

Manon Le pic de l'entraînement c'est quand on est en entraînement. Donc on est au centre national d'entraînement. Donc c'est à Albertville. Et là on commence le matin à 8h et on finit le soir à 16-17h. Et puis on enchaîne les muscules, courses à pied, bondissement, VTT. Enfin on fait plein de sports différents. C'est ça qui est chouette aussi.

Invité 1 C'est intéressant ça. Et c'est quoi l'objectif ? Pourquoi est-ce que vous faites plusieurs sports différents ?

Manon Bah par exemple on va faire du vélo parce que tu vas travailler aussi l'engagement. Ah oui. Tu vas être à fond dans la montée et deux secondes après tu vas être dans la descente. Donc il va falloir être lucide. Et ça ressemble quand même pas mal à notre sport. La musculation pour prévenir des blessures et puis être costaud quoi. L'endurance parce qu'il faut arriver à tenir une 1,40 dans un border à fond. Du coup on fait plein de choses différentes. On fait du skateboard aussi. De la pump track. C'est des nouveaux trucs à la mode. C'est des parcours en béton avec des mouvements de terrain. Et du coup on a enfin une skate. Pas mal.

Invité 1 Ok.

Manon Vraiment à la mode. Il y en a un peu de partout maintenant.

Invité 1 Comment ça s'appelle tu dis ?

Manon Une pump track.

Invité 1 Pump track. Ok.

Manon Donc ça existe en vélo aussi. C'est des parcours avec des mouvements de terrain. Du coup ils font ça maintenant en béton et pour le skateboard. Du coup on va faire plein de sports. Et ils sont tous complémentaires. Et c'est quand même assez chouette de faire plein de trucs différents. Parce que c'est une place quand même rapidement.

Invité 1 Il y a une notion de poids dans le snowboard cross ? Tu dois surveiller ton poids ?

Manon J'ai envie de dire. Plus t'es lourd et mieux c'est. C'est que tu vas un peu plus vite. Après t'as beau être lourd mais tu bouges pas. Ça sert à rien non plus. Tu mets le compromis où t'es assez lourd. Mais t'es musclé et t'es tonique.

Invité 1 Ouais. Ok.

Manon Mais moi je suis pas très lourde. Par contre. Mais je compense la route chose.

Invité 1 La tonicité.

Manon Ouais un peu plus.

Invité 1 Cool ouais. Je me demandais s'il y avait vraiment une recherche de prise de poids. ou si c'était on va dire la cerise sur le gâteau. C'est un peu la dégouche.

Manon Tu peux prendre des goudos mais après elle est plus du tout tonique. Mais maintenant elle s'y arrive très bien.

Invité 1 Ok. Mais il n'y a pas de notion de peser ou quoi que ce soit ? Non du tout. Ok.

Manon Je peux manger des hamburgers.

Invité 1 C'était la question cachée. Bien vu. Cool. Excellent. Génial. Je surveille l'heure parce que je sais que t'as un autre rendez-vous juste après. Bah écoute. Ouais peut-être. Peut-être. On a déjà pas mal tourné sur ta discipline. Peut-être que toi tu pourrais nous dire. Tu vois de façon générale. Entre. La Manon d'aujourd'hui qui aborde du coup. Ses. Deuxième jeu. Mais en tout cas c'est tout ce que je te souhaite. Les premiers où tu vas pouvoir prendre le départ. Et la Manon. Qui. Tu vois passer ses flèches en vitesse. Pour vite pouvoir. Avoir accès au snowboard cross. Comment est-ce que t'as évolué toi ?

Manon Bah avant déjà je faisais vraiment ça. Pour la compétition. Je sais pas trop comment expliquer. Mais j'étais tellement insouciante. Je faisais ça parce que j'aimais faire du sport quoi. Et j'avais pas du tout de but. De. De médaille olympique. J'avais pas du tout ce rêve là. Que là maintenant je. Je mets des choses en place pour pouvoir y arriver. Alors qu'avant. J'allais au feeling quoi. Le pas du tout. Et par contre. La Manon d'avant. Et la Manon d'aujourd'hui. Elle a pas non plus beaucoup changé. Elle est toujours aussi speed. Elle est toujours aussi relou. Non. Elle a pas beaucoup changé. Mis à part que. Bah je. Je prends un peu plus conscience des éléments extérieurs. De. De mon entourage. Et je vais moins. Peut-être dans le guidon. Comme j'aurais pu le faire avant quoi.

Invité 1 Une approche plus structurée et organisée. J'ai l'impression.

Manon Exactement.

Invité 1 Bah écoute. On arrive au bout. Toi. Qu'est-ce que t'aurais envie de. Peut-être de partager le mot de la fin. Ou quelque chose que. Voilà. Qui te tient à coeur. Que ce soit par rapport à ta discipline ou pas. Ta vie de sportive peut-être. Qu'est-ce que t'aurais envie de. Transmettre.

Manon Bah j'ai envie de dire un truc. Mais bon. Je pense que tout le monde peut le dire.

Invité 1 Vas-y. Vas-y.

Manon Va au bout de tes rêves. Et puis. Puis donne-toi les moyens. Et puis tu regardes pas le regard des autres. Et tu fonces. Et. Et puis. Ça. Ça passe ou ça casse. Mais au moins. T'auras zéro regret. Quoi.

Invité 1 C'est quelque chose que. Que toi. T'applique à toi-même. Parce que c'est vrai. Tu vois. Tu viens de le dire. C'est quelque chose que tout le monde dit. Toi. T'arrives à le. Cet état d'esprit. A le mettre en place. Pour de vrai. Dans ton cas de figure.

Manon Ouais. De plus en plus. Je pense qu'au début. Forcément. Je regardais un peu le regard des autres. Je suis rentrée. Enfin. J'étais à la FED. Je m'étais fait un Instagram. Je mettais des photos. Je mettais plein de photos. Parce que ça me faisait plaisir. Mais forcément. Il y a toujours des gens. Qui peuvent juger ou quoi. Et ça pouvait m'atteindre à l'époque. Mais maintenant. Je fais vraiment. Tout comme j'ai envie. Et puis. Si j'ai envie de dire quelque chose. Je le fais. Et je ne me prie pas du tout. Et puis. Je me dis que la vie. Elle est aussi trop courte. Et que. Enfin. Il faut profiter. Et puis. Si ça ne marche pas. On fera autre chose. Et puis. Les gens. Ils oublieront. Et ça va très grave.

Invité 1 C'est clair. Ouais. Écoute. Très beau message. Très beau message. En tout cas. Moi. Je suis d'accord avec toi. Et puis. Ça fait plaisir. Encore une fois. De l'entendre. Et tu as la patate. Quand tu le dis. Et on sent que. Tu fonces. Et tu n'écoutes que toi. Et c'est aussi. Je crois. Je ne m'écoute pas. Un beau message. C'est bien. Cool. Super. Écoute. Un grand merci. Manon. Merci beaucoup. Pour ta dispo. Merci de nous avoir. Ouvert un petit peu. Les portes de l'univers. Du snowboard cross. Et de nous avoir. Partagé ton parcours. C'était super intéressant. Bravo. En tout cas. Pour ce que tu as réussi. A faire depuis. Et puis. Écoute. Je mettrai en description. Tous les liens. Pour qu'on puisse. Te suivre. D'ici les jeux. Et puis. On va croiser les doigts. Pour que. Pour que tout se passe. Comme tu le souhaites.

Manon Et bien. Merci à vous. De m'avoir écouté. Et merci à toi Louis. C'était trop chouette.

Invité 1 Génial. Merci Manon.

Manon Ciao.

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

À écouter aussi · Montagne

Dans le même univers.

  • Rémy Coste
  • Jeanne Fauquenot
  • Marie Laure Brunet
  • Julia

Reste dans la boucle

Le podcast dans ta boîte mail.

À chaque nouvel épisode, l'histoire à écouter et deux-trois trucs qu'on ne met pas ailleurs. Désinscription en un clic.

S'abonner →