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Saison 1 EP·034 Parcours de vie #kitesurf #judo #équipe de France

01 juin 2021

Charline Van Snick - Judokate, Médaillée aux JO de Londres - Un combat pour changer le sport

Durée · 1h02 · Transcription disponible

Charline Van Snick

Le récit

Charline Van Snick est une judokate belge 🇧🇪  médaillée aux Jeux Olympiques de Londres en 2012 en -48 kg 🥋🥉 et titulaire pour la sélection belge des JO de Tokyo 2020.

À 30 ans, elle a déjà un parcours de vie riche derrière elle, pas seulement sur le plan sportif mais aussi en terme d'apprentissages personnels. Cette maturité, elle l’a gagné très jeune du fait de son engagement total dans une vie de sportive de haut niveau qui l'a forgé, endurcie mais qui lui a aussi fait prendre conscience que tout n'est pas rose dans le monde du sport.

Entre les régimes draconiens (elle devait perdre jusqu'à 15% de son poids en étant déjà à un taux de masse graisseuse très bas 🤯) et le changement radical de mentalités entre son club de judo familial et l'équipe nationale, elle n'hésite pas aujourd'hui à dire qu'elle a sans doute sacrifié une partie de sa vie et infligé de terribles contraintes à son corps pour décrocher le graal, cette médaille olympique.

Aujourd'hui, son approche du haut niveau a totalement évolué. Elle a fait du sport une partie intégrée à son projet de vie, plutôt que d’en faire son unique objectif. Elle est également convaincue que faire du sport à un niveau olympique en prenant du plaisir est possible et elle s'efforce d'en être l'exemple. Ses combats elle les livre aussi en dehors des tatamis puisqu’elle se bat aujourd’hui pour faire changer les mentalités dans le monde du sport, notamment la place des femmes, c'est à dire tout simplement la moitié de l'humanité, ou encore le bien-être mental des sportifs.

Charline nous livre dans cette conversation un superbe message porteur d’espoir, et un témoignage riche d'intégrité, d'écoute de soi et d'engagement ⚔️

Tout le monde est prêt ?! Alors on rentre sur le tapis. "Rei, Hajime !"

🔎 Si vous souhaitez consulter la page athlète  officielle de l'International Judo Federation de Charline, qui inclut des vidéos de ses combats ainsi que tous ses résultats en tournois, c'est ici.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #7 - Alexia Fancelli - Équipe de France de Kite Foil, 5x Championne de France, JO 2024 - Se donner à fond pour réussir

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Transcription

Lire la transcription intégrale

Charline Les sports de haut niveau Aujourd'hui, je ne pratique plus le sport de haut niveau comme je le pratiquais à l'époque. Pour moi, j'ai intégré le sport de haut niveau dans mon projet de vie. Et avant, mon projet de vie, c'était le sport de haut niveau. C'est exactement un combat. Pour moi, il y a encore beaucoup de choses à faire pour arriver à l'égalité, hommes, femmes, de tous les genres.

Invité 1 J'ai envie de te dire à Jime, Charline. Bienvenue sur le podcast. Très heureux de t'accueillir ce soir.

Charline Également, c'est un plaisir.

Invité 1 Moi, je suis très, très content parce qu'on avait déjà échangé. Je viens du judo aussi. Et comme on a à peu près le même âge, je suis quasi sûr et certain que tu côtoies des gens avec qui j'ai commencé, avec qui j'ai poursuivi jusqu'en équipe de France. Donc, je suis très content qu'on puisse enfin accueillir quelqu'un du judo et en plus une judocate, ce qui est juste super. Donc, d'habitude, je laisse les invités se présenter. Mais là, je viens un peu de me lancer pour toi. Mais je te laisse peut-être continuer. D'où est-ce que tu viens ? Qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ? Et qui est Charline ?

Charline Ben, j'ai 30 ans. C'est-à-dire, j'ai le même âge que toi. J'ai 30 ans. Je viens de Belgique. J'ai grandi en Belgique. Avant, j'habite à Paris depuis 7 ans. Donc, je suis judocate professionnelle depuis 15 ans, je pense. Donc, j'ai fait tout le circuit international. J'ai médaillé championne d'Europe deux fois. Six fois médaillé au championnat d'Europe, médaillé au championnat du monde et médaillé aux Jeux Olympiques. J'ai fait la plus grande partie de ma carrière en moins de 48 kilos, jusqu'aux Jeux de Rio en 2016. où là, j'ai décidé de monter des catégories et de combattre en moins de 52.

Invité 1 Génial, génial. Je suis toujours très content d'accueillir tous mes invités, évidemment. Mais c'est vrai que chaque fois que j'ai l'occasion d'échanger avec des sportifs de haut niveau et en plus des médailles olympiques, c'est toujours un moment un peu spécial. Donc, un grand merci à toi de prendre le temps de venir partager ton parcours. C'est juste génial.

Charline C'est toujours aussi pour moi un plaisir d'échanger, de retransmettre les choses que j'ai apprises durant ma carrière parce qu'évidemment, c'est un parcours de vie qui est très riche. Donc, je trouve que ça a du sens de pouvoir redonner des choses qu'on apprend. Merci de me donner cette occasion.

Invité 1 Avec grand plaisir. Et peut-être en introduction pour celles et ceux qui ne seraient pas trop au fait du judo, moins de 48 kilos, c'est la catégorie la plus légère chez les seniors. Donc, au judo, ça se passe comme ça. C'est des catégories d'âge. Alors, évidemment, quand on devient pro comme toi, Charline, tout le monde est dans la même catégorie d'âge globalement, en tout cas pendant un petit moment. Et après, ce qui fait la différence, c'est les catégories de poids. Donc, toi, tu me disais moins de 48, qui est la catégorie la plus légère chez les filles. Et au-dessus, tu parlais de moins de 52. Donc, je pense qu'on en parlera. La notion de gestion du poids, ça me rappelle plein de souvenirs, les régimes, etc. Je suis sûr que tu vas nous expliquer tout ça. Mais bon. En tout cas, chouette. Peut-être qu'on pourrait commencer par le commencement. Le début en judo. Qu'est-ce qui fait que tu t'es mise au judo ? Et qu'est-ce qui fait que tu as accroché ? Qu'est-ce que tu as trouvé qui te donne aujourd'hui toujours l'envie de remonter sur le tatami ?

Charline J'étais une petite fille avec vraiment beaucoup d'énergie et je faisais plein de sport. Pourquoi tu rigoles ?

Invité 1 Non, parce que c'est vrai que généralement, c'est ça le judo. C'est, allez hop, plein d'énergie, judo.

Charline Ouais, je faisais plein de sport. Donc, j'ai testé beaucoup de choses. La natation, la danse, la gymnastique. Je faisais aussi du scoutisme. Ok. Et j'ai testé un peu le judo par hasard. Mon papa avait fait du judo avant. Il l'avait arrêté pendant plusieurs années, mais il l'a repris avec moi. Ça lui a donné goût. Et c'est vite devenu une histoire de famille. Il y a tout le monde qui a commencé. Mes frères aussi. Et ma maman, elle avait toujours voulu faire du judo. Donc, à 36 ans, elle a dit, je mets le kimono et je commence à faire du judo. Son père lui avait dit en fait que ce n'était pas un sport pour les filles. Et donc, elle n'avait pas le droit. Et ça a vraiment créé toute une énergie. familiale jusqu'au point où un an après mon inscription au club, on a créé notre propre club de famille.

Invité 1 Ah oui, d'accord.

Charline Donc, vraiment là, au début, même s'il y avait une question de choix, on va dire qu'une fois que cette dynamique, elle est mise en place, on se lait aussi un peu porté par la dynamique de famille. Et puis, on n'est plus là. Je n'étais plus là à changer de sport chaque année et à tester de nouvelles choses. C'était vraiment judo, judo, judo. Et jujitsu aussi. Puisque du coup, mes parents ont ouvert deux sections, une de judo et une de jujitsu. Et j'étais tous les jours sur le tatami, deux heures par jour. Donc, j'enchaînais aussi même à partir d'un certain âge, j'ai enchaîné les cours jeunes et les cours adultes. Donc, je faisais quatre heures d'affilée de judo et puis le lendemain, je faisais deux heures de jujitsu. Et puis après, de nouveau, quatre heures de judo, deux heures de jujitsu. Donc, j'étais tout le temps sur le tatami et le week-end, c'était le jour des compétitions.

Invité 1 Donc, c'est quoi ? C'est le fait que ce sport te permette de sortir toute cette énergie qui fait que tu as continué, tu penses, jusqu'à aujourd'hui ?

Charline Il y a plusieurs choses. Il y a aussi le fait que c'était vraiment un endroit où je trouvais ma place. Je ne me sortais pas forcément à ma place à l'école, par exemple. Je n'étais pas trop dans la dynamique. Je n'avais pas beaucoup d'amis, en fait. Et dans le judo, j'étais très douée et on est plus reconnue pour sa valeur par rapport à son talent, par rapport à ce qu'on produit. Et ceci, peu importe son gabarit, peu importe sa taille, pour le judo, on peut vraiment pratiquer quel que soit son gabarit, en fait. On trouve des partenaires, et c'est encore plus vrai pour les enfants, on trouve vraiment des partenaires qui nous correspondent, peu importe son gabarit. Donc, ça, c'est super intéressant. Puis, on est aussi tous habillés pareil. Et pour moi, ça a une certaine valeur aussi, cette notion d'égalité qu'on retrouve dans le judo.

Invité 1 C'est vrai qu'on dit souvent que le judo, c'est une très bonne école de la vie. Tu as déjà dû l'entendre plein de fois. Non, c'est la première à dire. Qu'est-ce que tu en penses de ça, toi ? Oui, c'est vrai ?

Charline Vraiment, pour moi, c'est totalement une école de la vie où on apprend des valeurs fondamentales, de respect et d'égalité. Du coup, on rentre, il y a tout ce rituel. Quand on rentre sur le tatami, on doit être propre, on doit saluer le tatami, on doit saluer le prof. Il y a une notion d'autorité, mais qui est… Le maître, il ne représente vraiment pas un dictateur un peu despotique, mais il représente vraiment le savoir et l'accès au savoir. C'est là où peut-être on en parlera plus tard, où il y en a qui dérivent vraiment sur ce côté, qui profitent en fait de cette autorité, de cette clé de savoir. En tout cas, dans mon enfance, ça n'a pas été le cas. Mon père, il était vraiment là pour me guider et j'étais une petite fille qui avait soif d'apprentissage. C'était aussi une des choses que j'adorais avec le judo, c'est qu'on remplissait sans cesse mon réservoir, que je voulais tout savoir, je voulais tout apprendre, je voulais tout maîtriser. Et c'est un puits sans fin en fait, le judo. Il n'y a pas de fin à l'apprentissage. Aujourd'hui, même après 25 ans de judo, je continue à apprendre. C'est ça qui est magnifique.

Invité 1 C'est vrai que c'est une belle façon de le décrire, effectivement. J'ai un peu l'impression aussi que c'est comme beaucoup de choses. C'est-à-dire que plus tu te spécialises, plus tu deviens un expert dans ton domaine, plus tu te rends compte qu'en fait, il reste du chemin à parcourir parce que ton champ de connaissances s'élargit. Et du coup, tu réalises tout ce qui ne sera peut-être jamais vraiment accessible. Et le judo, c'est peut-être un peu ça. Je ne sais pas si on peut vraiment dire qu'il y a des gens qui maîtrisent le panel complet de prises, sachant que tu as des prises qui sont… Je pense à des copains comme Loïc Pietri qui avait une finie conçue sa propre technique. Donc, j'aime bien ce message de connaissance et quelque part de puissance.

Charline Je ne vois pas la maîtrise comme le fait de devoir maîtriser toutes les prises, mais plutôt comme avoir acquis suffisamment de connaissances de son art. Pour moi, ça reste un art marseille. Donc, c'est un art et nous sommes des artistes. Et du coup, qui dit artiste, dit créativité. Et quand on a acquis certaines bases et certaines maîtrises de certaines techniques et certaines bases fondamentales, on peut créer, comme tu viens de le dire très bien avec l'exemple de Loïc, c'est que ça y est, on crée. Et là, c'est très riche, c'est infini. Voilà ce que pour moi, la maîtrise.

Invité 1 Et à quel moment est-ce que la voie du professionnalisme, en tout cas du haut niveau à plus long terme, est devenue une réalité pour toi ? Est-ce que tu as eu un espèce de moment de déclic ou ça s'est mis en place de façon naturelle au fil des compétitions ?

Charline Oui, c'est vraiment naturel pour moi. Ça s'est enchaîné. Je ne me suis jamais dit, en fait, mon rêve, c'est de faire les Jeux Olympiques, je veux faire ci, je veux faire ça. En fait, non, j'ai juste suivi. J'ai mis un pied devant l'autre et j'ai continué à gravir les échelons au fur et à mesure et continuer d'avancer. C'était pour moi, en fait, une suite logique plutôt qu'un aboutissement. Voilà. Mais la question de devenir professionnelle, elle ne s'est jamais posée. Voilà, j'ai suivi la logique, j'ai continué à augmenter mon niveau jusqu'à devenir professionnelle, jusqu'à participer aux Jeux Olympiques, jusqu'à décrocher une médaille aux Jeux Olympiques.

Invité 1 Waouh ! Il va falloir que tu nous en parles un petit peu plus des Jeux Olympiques. C'est toujours ce genre d'événement où, peut-être à tort, je ne sais pas, mais je trouve que c'est très impressionnant. C'est vraiment l'aboutissement de tout sportif. En tout cas, c'est la façon dont je le vois. J'espère qu'on aura le temps pour que tu nous en dises un petit peu plus. Mais avant ça, peut-être, on vient de parler pas mal du judo, de façon générale, mais comment est-ce que je peux introduire ça ? Au-delà du judo, tu as décidé aussi, toi, de mener un autre combat pour peut-être changer la vision des choses sur, pour être plus précis, la place de la femme dans cet univers, en tout cas dans l'univers du sport en général. Et c'est vrai que c'est… Il y a peut-être, tu vois, moi je me rappelle quand j'étais… Du coup, quand on était plus jeune. C'est vrai qu'une fille judocate, c'était tout de suite… Ah, mais est-ce qu'elle ne va pas perdre en féminité ? Est-ce qu'elle ne va pas… Elle est trop gentille, tu vois, où les régimes commencent à se passer ? Enfin, il y avait plein, plein, plein de croyances, d'espèces de notions que c'est un art martial, c'est un sport de combat, alors qu'en fait, ce n'est pas du tout un sport de combat, mais il y avait plein de choses associées à la pratique du judo par des femmes. Donc, je serais curieux de savoir, maintenant que tu en as fait un peu, peut-être pas un combat, mais que tu es active pour faire changer ces points de vue, comment est-ce que ça s'est passé pour toi quand tu as commencé ? C'est-à-dire, encore jeune, comment est-ce que tu l'as vécu ? Et aujourd'hui, quelle est ta vision de la place de la femme dans le judo et peut-être dans le sport en général ?

Charline C'est exactement un combat. Pour moi, il y a encore beaucoup de choses à faire pour arriver à l'égalité, homme-femme, ou en tout cas de tous les genres. Ça s'est fait assez naturellement parce que moi, j'ai grandi avec deux frères et une éducation plutôt non-genrée, où on a vraiment été mis sur le même pied d'égalité, mes frères et moi. C'est-à-dire qu'on avait autant des activités dites masculines que dites féminines, que ce soit eux ou moi. Et j'avais autant le droit de faire de la danse que de faire du judo, que d'aller faire du foot, que d'aller jouer dans les bois et revenir avec les genoux tout écorché, que grimper aux arbres, etc. Donc, je n'avais pas de limite à ce niveau-là. Et mes parents m'ont vraiment poussée à découvrir tout ce que je pouvais faire, malgré le fait que je sois une petite fille. Et vite, j'ai été confrontée à cette image de la société qui m'a rappelée. En fait, ce n'était pas aussi évident. Et ça se passe déjà à l'école dès le plus jeune âge, où en tant que petite fille qui n'est pas habillée comme une petite fille, je ne trouve pas forcément ma place. J'ai envie de jouer autant à des jeux de garçons qu'à la poupée avec les filles. Mais du coup, ça créait… Je n'avais pas de place dans aucun des deux groupes qui sont déjà hyper genrés dès la primaire, dès la maternelle. Donc, ça, c'était ça dont je te parlais quand je te dis que je ne trouvais pas ma place. J'étais face à deux groupes. Un groupe où il y avait des activités qui me plaisaient, le groupe des filles. Un groupe où il y a des activités qui me plaisaient, le groupe dit des garçons. Et j'étais un peu comme ça. Je ne savais pas où je devais aller. Donc, c'était plus un problème de société plutôt que familial. Mais mes parents, ils m'ont toujours poussé à faire du judo. Donc, j'ai continué le judo. Et je battais des garçons. Surtout… Oh là, tu rigoles. Pourquoi ? Pourquoi ? C'est ça, la question. Pourquoi est-ce que ça fait rire quand une fille dit qu'elle bat des garçons ? Dès le plus jeune âge, en fait, j'ai remarqué que ça gênait. Ça gênait les garçons jusqu'au point où il y en avait qui quittaient le club. Je me disais, mais enfin, moi, je m'entraînais, comme je te l'ai dit, des heures par semaine. Donc, c'est normal que je sois plus forte que ceux qui s'entraînent moins. Il n'y a pas… Ce n'est pas une question de genre. C'est une question de pratique, en fait. De talent, d'inné, d'acquis. C'est tout ce mélange-là. Donc, voilà, très jeune, en fait, on est confronté à ça, à se dire, mais enfin, pourquoi ça les dérange, que moi, je les batte ? Et très tôt, on apprend qu'il faut fonctionner avec l'ego de l'autre. Et puis, on grandit avec aussi des personnes, donc des femmes qui se battent pour combattre. On a eu accès, donc, beaucoup plus tard au sport. Et en tant que femme, on a eu accès beaucoup plus tard aux compétitions aussi des femmes comme Ingrid Barkmans qui se sont battues pour faire les JO en judo pour des femmes, qui étaient un sport de démonstration. C'est quand même assez fou, quoi, la différence. Et voilà, moi, j'ai grandi avec la génération, avec des exemples comme aussi David Douillet qui parle dans son livre en disant clairement que la femme n'a pas sa place sur le tatami. Donc, c'est quand même... Je grandis avec toutes ces images de société qui me rappellent que ce n'est pas ma place. Et ça, c'est encore à l'heure actuelle. Donc, effectivement, aujourd'hui, on s'est mis en collectif avec des amis sportifs pour dénoncer toutes ces images avec lesquelles on grandit. Donc, ça va vraiment juste ces images, ces désarjonctions sociétales. comme je viens de décrire. Mais aussi, ça va aux insultes, au fait qu'on nous rabaisse en tant que femmes, au fait qu'on croit moins en nous, qu'on nous donne moins de possibilités, en fait, parce que... Si ça n'a pas été le cas dans mon club, dès que j'ai quitté le club, effectivement, on avait moins d'attention que les garçons. Et plus tu grandis, en fait, et plus ton corps commence à se développer, plus les différences deviennent de plus en plus marquées. Je pourrais en parler pendant une heure. Je ne sais pas si ça répond à ta question.

Invité 1 Si, si. Non, mais c'est super intéressant. Et je souriais parce que, comme je te le disais, depuis que j'ai découvert ton profil il y a plusieurs mois, du coup, je suis un peu ce que tu postes. Et c'est vrai que ça ouvre les yeux sur, tu vois, des pratiques, enfin, en tout cas, encore une fois, des croyances sur la place de la femme dans le judo qui, moi, m'ont rappelé plein de choses, tu vois, des remarques d'entraîneurs. Je n'ai pas forcément... Enfin, je ne sais pas si je pourrais forcément dire qu'elles étaient déplacées. Enfin, aujourd'hui, je dirais qu'elles sont déplacées. Je fais attention parce que je ne veux pas que tu penses que... Tu vois, j'adhère à ces croyances, mais disons des croyances d'une certaine époque.

Charline Mais je suis très tolérante parce qu'on grandit avec une société qui est sexiste, qui est sexiste. Donc, forcément, on les intègre. Et même moi, je les ai intégrées. J'ai intégré le thé fort pour une fille comme un compliment. Donc, non, je ne peux pas t'en vouloir si tu intègres ces croyances puisqu'on grandit avec ces schémas-là. Et ce qui est important, c'est de faire ce que tu fais et de t'interroger sur ces croyances et les remettre en question. Et ça, ce n'est pas du tout donné à tout le monde.

Invité 1 En tout cas, voilà. Ce qui me faisait sourire, c'est que j'imaginais bien que le fait qu'une fille batte des garçons vu certaines croyances en place dans le judo, ça pouvait en déranger certains. Mais en tout cas, super intéressant. Je connais, moi surtout, le judo. Mais pour avoir discuté avec certaines invités, je pense notamment à Alexia, qui est en équipe de France de Kite, qui nous expliquait des choses un peu étonnantes comme par exemple que les garçons ont des contrats de sponsoring avec des marques, ce qui n'est pas encore accessible aux filles en France. Et je te parle de ça d'il y a quelques mois. Tu vois, et elle prépare aussi les jeux. Et donc, voilà. Moi, je trouve juste ça intéressant parce que je pense qu'on a tous à gagner aussi bien le sport en termes de valeur que ça véhicule que tout simplement pour des notions de performance et même de développement personnel individuel. On a tous intérêt à ce que les disciplines s'ouvrent à tous et à toutes. Donc, je trouve ça intéressant.

Charline Je pense que ça peut être que plus riche, en fait, si on accepte juste l'autre partie de l'humanité. Oui. Oui, c'est aussi simple que ça va. Quand on les dit comme ça, en général, ça a un effet un peu... C'est clair. C'est clair. Ce qu'on demande, c'est juste le respect de l'autre partie de l'humanité. Donc, ça apprend des connotations très négatives, en fait, de dire qu'on est féministe. Mais quand on le ramène à... Qu'est-ce que le féminisme, en vrai ? C'est juste ça. On veut juste avoir autant de respect que l'autre partie de l'humanité et autant d'opportunités aussi. Effectivement, on gagne encore beaucoup, beaucoup moins notre vie. Et le milieu du sport est vraiment le plus gros... Enfin, je ne sais pas si le plus gros, mais en tout cas, un des plus gros bastions du sexisme parce qu'on est vraiment dans un domaine où c'est exacerbé. Donc, si c'est vrai dans la vie courante, il y a des choses qui sont encore plus marquées dans le sport.

Invité 1 Sans doute d'autant plus dans certains arts martiaux, en tout cas, où tu as une notion...

Charline Les sports de combat, effectivement, où on a directement une rivalité qui se crée et aussi une proximité qui se crée. Oui, c'est sûr. Il y en a encore. Encore régulièrement, il y a des personnes qui ne veulent pas... Alors, pas dans le judo. Je pratique un peu de jujitsu brésilien aussi. Mais ça arrive qu'il y ait des personnes qui ne veulent pas tourner, comme on le disait, dans le jargon du sport, avec moi parce que je suis une femme. Et c'est assumé comme position. Et si aujourd'hui, je dis, pour faire un parallèle qui, pour moi, est assez frappant, non, je ne tourne pas avec toi parce que tu es noire. Voilà, aujourd'hui, c'est plus tolérable, ça. Aujourd'hui, il n'y a plus personne qui tolèrait ce genre de combat.

Invité 1 Clairement, oui.

Charline J'ai espoir que dans quelques années, quand on dira je ne combats pas avec une femme, ça choquera autant que quand on dit je ne combats pas avec un noir.

Invité 1 Écoute, moi, j'en suis convaincu aussi. Donc, quand je vois l'enthousiasme, l'énergie que tu déploies, toi, tes amis sportifs et puis les mentalités qui évoluent quand même de façon positive, j'ai l'impression qu'on va rester confiants, en tout cas, sur ce qui se passe au niveau des tatamis. D'autant plus que ça me fait une chouette transition. Tu vois, on parle de perception, perception de la moitié de l'humanité, enfin de ce que, tu vois, de ce qu'accomplit la moitié de l'humanité dans certaines disciplines et spécifiquement en judo. Le judo, c'est un sport, c'est peut-être pour ça qu'on dit souvent que c'est une bonne école de la vie. C'est un sport qui, peut-être tu me diras ce que tu en penses, mais que moi, je considère comme quand même un peu ingrat dans le sens où, et c'est pour ça que ça en fait une super école, dans le sens où il y a plein de paramètres qui ne sont pas maîtrisés, que ce soit des notions d'arbitrage, que ce soit des notions de feeling le jour J, il y a beaucoup de complexité dans la préparation parce que c'est aussi bien physique, technique que mentale. Il y a une notion de gestion de poids qui est prise en compte. Donc, je serais curieux de savoir concrètement, qu'est-ce que ça a signifié pour toi à partir du moment où tu es vraiment rentré dans le haut niveau en termes de, alors sacrifice, c'est peut-être, je ne sais pas quelle notion tu mets derrière sacrifice, mais en termes d'impact sur ta vie de femme de tous les jours, qu'est-ce que ça t'a demandé le judo à un tel niveau ?

Charline Effectivement, il y a beaucoup de paramètres à prendre en considération, mais je ne dirais pas qu'il y a des paramètres, il y a beaucoup de paramètres non maîtrisés. Il y a beaucoup de paramètres à maîtriser, je dirais. C'est plus comme ça que je le conçois. Après, oui, il y a les paramètres extérieurs comme la salle, l'organisation de la salle et l'arbitrage, mais ça reste quand même pour moi une très faible partie du sport. et tout le reste, pour moi, c'est là où est l'enjeu, c'est d'arriver à maîtriser tous les autres paramètres. Et effectivement, le judo, c'est super riche parce qu'on peut jouer sur plein de paramètres. On a la technique, on a la tactique, on a la préparation mentale, on a le diète, on a le cardio, on a la force, l'explosivité, la puissance, la créativité, la disponibilité mentale, on a vraiment beaucoup de paramètres. Et devenir professionnel, ça a été commencer à travailler sur tous ces aspects-là. Donc, en judo, je travaille debout, je travaille le kumikata, donc c'est la façon de saisir le partenaire pour les néophytes. Et j'ai vraiment pris une personne spécialiste dans chaque domaine parce que pour arriver à maîtriser chaque paramètre, ça demande un niveau de connaissance qui est vraiment spécifique. Donc, j'ai travaillé avec quelqu'un pour la préparation mentale depuis des années, je suis en psychologie du sport. Depuis quelques années, j'ai développé aussi l'hypnose, l'auto-hypnose pour vraiment essayer de travailler cet ancrage, cette recherche du flot. Puis, il y a la diète, il y a la diététique qui est super importante. Et effectivement, le paramètre non maîtrisable, c'est que le corps réagit toujours différemment au régime. Et encore plus, quand on est une femme, on doit prendre en considération le cycle hormonal. Et ça, c'est quelque chose, par exemple, où il n'y a pas de recherche là-dessus. j'ai envie de prendre le nombre de recherches qu'il y a sur la maîtrise de l'érection de l'homme. C'est quand même affolant, en fait, de se rendre compte que pour le fonctionnement de l'homme, on a une quantité astronomique de recherche et on ne sait toujours pas aujourd'hui, je veux dire, comment gérer l'endométriose ou comment impacte le cycle hormonal et la performance sportive. Il y a très, très peu d'études dessus. Donc, c'est quand même assez fou. Et pendant des années, pour prendre un exemple concret, pendant des années, j'ai lissé mon cycle hormonal et je n'ai pas appris à travailler avec. C'est-à-dire, par exemple, avec la pilule contraceptive, etc. Et puis, j'ai décidé d'arrêter et maintenant, je travaille avec mon cycle. Donc, il faut savoir qu'il y a au milieu, par exemple, au milieu du cycle, il y en a l'ovulation. L'ovulation, c'est à prendre en considération parce que c'est une période propice aux blessures et il faut prendre en considération aussi la rétention d'eau, des choses comme ça. Il y a vraiment beaucoup de choses à prendre en considération et on manque énormément de données dessus. C'est ça, c'est un truc qui est vraiment incroyable.

Invité 1 Et ça, toi, tu l'as fait de façon empirique ou tu as trouvé des gens, quelques rares personnes qui s'intéressent de façon scientifique au sujet ?

Charline C'est plus de façon empirique parce que les données nous manquent.

Invité 1 Ok.

Charline Les données nous manquent. Moi, je ne connais que les footballeuses américaines qui s'entraînent en fonction de leur cycle hormonal. Dans le monde entier, c'est le seul exemple que j'ai.

Invité 1 Ok.

Charline C'est fou. C'est totalement fou. Alors que je suis sûre qu'on pourrait encore augmenter nos performances en tenant compte de ça. Moi, j'ai vraiment senti une différence. Parce qu'on a tendance à vouloir nous lisser pour justement oublier qu'on a un cycle. Et alors que c'est faux. Nos hormones, ils montent, ils descendent, ils changent, l'oestrogène, je ne connais pas tous les noms. Mais ça varie énormément au cours d'un mois et ça impacte notre performance.

Invité 1 Et depuis que toi, tu as procédé à ces changements, tu as vu des évolutions justement en termes de performance ou peut-être même juste de bien-être, de disponibilité mentale. Ça a été quoi les conséquences ?

Charline Oui, c'est plus au niveau bien-être. Et donc, du coup, ça impacte ma performance effectivement. Oui. voilà. Il faut, voilà, je peux anticiper l'impact que ça va avoir sur moi, etc. Et je suis beaucoup plus près mon cycle et je sais que je suis entourée de personnes à qui je peux en parler. Mais trop souvent, en fait, ça vient de l'athlète et ce n'est pas l'inverse. Et pour moi, ce serait l'idéal à atteindre, c'est que ça vienne de l'entraîneur qui soit sensibilisé au cycle hormonal de son athlète et qu'il prenne en considération. Je pense que le nombre d'athlètes qui vont dire, qui vont appeler leur entraîneur et leur dire désolé, je ne m'entraîne pas parce qu'aujourd'hui, je suis incapable de m'entraîner parce que je suis réglée. Alors là, franchement, il n'y en a pas beaucoup. Et moi-même, personnellement, j'ai attendu d'avoir, je ne sais pas, mais 25 ans. Donc, j'avais déjà 10 ans de règles derrière moi pour pouvoir appeler mon entraîneur et dire je ne m'entraîne pas aujourd'hui, je ne suis pas bien. Et puis après, je me dis, pourquoi je lui dis ça ? Je peux lui dire en fait, je suis réglée, j'ai une menstruation et ça ne va pas du tout, je suis incapable de m'entraîner. Nous, c'est tous les mois donc forcément, ça va prendre en considération dans la vie d'une athlète.

Invité 1 C'est un très, très bon sujet et justement, comment est-ce que tu intègres ça sur des plans à long terme puisque là, il y a une échéance particulière qui arrive très bientôt pour toi les jeux. comment est-ce que on peut-être, alors déjà peut-être, comment est-ce que tu l'intègres et quelle différence tu vois entre tes plans à toi où c'est un paramètre qui est pris en compte parce que c'est juste un paramètre physiologique enfin majeur comme tu dis, c'est là tous les mois donc ça ne peut pas être ignoré. Donc, quelle différence tu vois peut-être entre l'approche que tu as toi et les approches que tu vois autour de toi chez d'autres judocates ?

Charline Il y a un malaise. Je ne peux pas mesurer l'impact que ça sur leur performance parce que je n'ai pas ces capacités-là mais par contre, je peux clairement dire qu'il y a un malaise. Il y a un malaise quand une jeune fille elle n'arrive pas une femme, peu importe, une personne menstruée, elle a ses règles et voilà, elle n'arrive pas à faire son poids et en fait, elle n'a pas le soutien de son entraîneur et au contraire, il va la dénigrer en lui disant tu dis n'importe quoi, moi, c'est tellement grotesque que je n'arrive même pas à le dire. Tu dis n'importe quoi, moi, j'ai lu des études, ça n'a pas que d'un kilo. Mais un kilo quand on perd déjà, quand c'est déjà super difficile de perdre son poids et d'arriver au poids le jour J, on est à un kilo près, on n'est même pas à un kilo près, on est à 500, 200, 300 grammes près quoi. C'est énorme un kilo. Et en plus, ce n'est pas que un kilo, des fois, c'est plus.

Invité 1 J'avais déjà vu des judocates le jour de peser se couper les cheveux pour 100 grammes. un kilo, même moi qui étais en catégorie plutôt lourde, j'étais en moins de 90 kilos. Si on m'avait dit bon, tu es un kilo au-dessus deux jours avant la compète, même quand tu pèses 90 kilos, donc proportionnellement, ce n'est pas grand-chose. En fait, c'est absolument énorme quand tu es au niveau parce que ça se joue. Moi, je me rappelle quand on me demandait mon poids, ça me paraissait évident. Je ne disais pas je fais autour de 90 kilos, je fais 90.2. Tu vois ? Et je me rappelle les gens qui me disaient comment ça 90 ? Tu vois ?

Charline C'est une obsession en fait. Oui, c'est ça. Donc,

Invité 1 la notion de poids, si tu me dis que c'est un kilo, effectivement. En fait, c'est un kilo, c'est quoi ? C'est la rétention d'eau, c'est ça ? C'est le fait que tu as une rétention d'eau ? OK. Ah oui.

Charline Mais l'impact hormonal sur les sports à catégorie poids n'est pas étudié et on n'a pas de données scientifiques là-dessus. On n'en a pas du tout. Oui, alors on peut savoir qu'une femme, elle va prendre un, un kilo, cinq, deux kilos. Là, je te parle d'une moins de 48. Un moins de 48 kilos, un kilo, c'est énorme.

Invité 1 C'est monstrueux, ouais. C'est absolument monstrueux.

Charline Ouais, c'est un exemple, je veux dire, anecdotique qui prouve à quel point, voilà, donc on est au régime, on est en stress pour la compétition, on est en tension. Forcément, un régime, ça impacte, ça stresse l'organisme, ça stresse le corps et toi, tu as ta seule personne de référence, tu es à l'étranger, tu n'es pas chez toi, tu es peut-être en décalage horaire dans un endroit où on ne parle pas forcément ta langue, etc. Et tu as fait un voyage où forcément aussi, tu as peut-être fait de la rétention d'eau dans l'avion. Tu as énormément de paramètres qui rentrent en considération. Toi, tu es avec la seule personne de référence, tu lui confies quelque chose qui te pèse sur le cœur et on te répond ça. Il faut bien remettre tout dans son contexte. Ça fait très très mal.

Invité 1 Disons que tu n'as peut-être pas forcément besoin quand tu es à ce niveau-là et que chaque détail compte de devoir en plus gérer ça. Je ne peux pas dire que j'imagine que c'est compliqué à gérer puisque je ne suis pas dans ce cas de figure, mais je… Je… Je…

Charline Je compitie, je ne sais pas. Oui, tu peux compitir. C'est toutes les façons dont le sexisme se retrouve en cri dans le sport et après, ça va sur des remarques aussi. De toute façon, les filles, vous êtes moins nombreuses. Ludo, ce n'est pas intéressant chez les filles. Moi, on m'a déjà dit « Tu ne fais pas des vrais combats. Tu fais des chiens. » Alors, les chiens, pour les néophytes, ce sont les tournois qui nous permettent, les compétitions qui nous permettent d'accéder à la ceinture noire. Ça résume plus ou moins ce que c'est. Ou vous faites des randories, donc des combats d'entraînement, mais vous ne combattez pas réellement. On ne combat pas, on fait quoi en fait ? On fait quoi si on ne combat pas ? Des fois, c'est des phrases qui sont très, très violentes et très blessantes.

Invité 1 Gros sujet, mais en tout cas, encore une fois, je pense qu'il faut être à la fois réaliste, challenger la situation actuelle, mais confiance aussi dans le fait que ça va, même si ça prend du temps, moi, j'ai envie de croire en tout cas dans le fait que ça va changer. Tu vois, ça ne peut pas ne pas changer, ce n'est pas possible. Quand tu as la moitié d'humanité qui est concernée. Déjà,

Charline on est là, on en parle et pour moi, c'est déjà du progrès parce que tous ceux qui vont écouter le podcast, c'est peut-être des petites graines qui vont germer et qui ne vont plus reproduire ce type de schéma. Moi aussi, je suis assez confiante.

Invité 1 Cool. Super. En parlant de confiance, pour revenir sur le sujet des jeux, puisque j'aimerais bien que tu partages ton point de vue, je le connais parce qu'on avait échangé il y a quelques mois quand on s'était appelé pour la première fois. Au-delà de l'impact, tu vois, sur ton programme d'entraînement, ce que ça a impliqué, rallongé, tu vois, les périodes de préparation, etc. Mais plutôt mentalement, comment est-ce que tu as digéré l'impact du Covid sur les jeux ?

Charline Je suis passée par vraiment plusieurs phases. Au début, je me disais c'est impossible. Au début, on était confinés, je me disais c'est impossible qu'on fasse les jeux dans cette phase-là. Il faut qu'ils soient reportés. On ne peut pas maintenir ça. On ne peut pas s'entraîner dans ces conditions-là, etc. Donc effectivement, quand ils ont annulé les jeux, ça a été un soulagement parce que pour moi, c'était un énorme stress de m'entraîner chez moi, sur ma terrasse, avec les moyens du bord. C'était juste inconcevable de dire je suis sportive au niveau, sportive professionnelle et je m'entraîne sur une terrasse avec les moyens du bord.

Loïc Donc,

Charline j'ai déjà eu un soulagement et puis après, ça a été une phase de deuil plutôt avec un peu du déni au début et puis j'essaie de me raccrocher à d'autres choses, du sport loisir, vraiment aussi du développement personnel, d'autres choses qui me passionnaient pour essayer de juste me changer les idées et ne pas y penser. donc vraiment dans total déni. et puis, je suis restée dans cette phase d'incertitude pendant assez longtemps en disant on ne sait jamais, peut-être que ça n'aura jamais lieu, je n'ai pas envie de m'accrocher à quelque chose. pour moi, l'espoir, en fait, on dit souvent tant qu'il y a de la vie tant qu'il y a de l'espoir, mais moi, je n'y crois pas trop à cette phrase parce que pour moi, l'espoir, ça fait beaucoup de mal. on est là, on s'accroche à quelque chose sans savoir si ça aura lieu ou si ça n'aura pas lieu et je préférais me concentrer sur des choses très concrètes avec des objectifs vraiment à très court terme et quand j'ai repris le judo, je me suis vraiment mis des micro-objectifs en place, je voulais travailler telle chose puis telle chose et voilà, je me suis vraiment concentrée sur ça. Aujourd'hui, c'est plutôt sûr, les Jeux Olympiques. Donc là, j'arrive à rediriger mon attention là-dessus et à espérer, du coup, je n'espère plus parce que c'est censé être sûr. On ne peut pas dire de quelque chose que je sois sûr aujourd'hui à 100%. On n'en sait rien. Donc là, oui, là maintenant, je me dis à 100 jours des Jeux, j'y crois de nouveau. Je ne sais pas si ça répond à ta question, mais j'ai énormément travaillé sur moi et sur le site stress et j'ai eu des phases vraiment de down, de dépression, de démotivation totale. Puis, j'ai eu de nouveau aussi de l'engouement qui est revenu puis de nouveau des phases de démotivation. C'était assez difficile de garder cette motivation haute. Là, je suis un peu en train de me dire je me suis mis dans une posture depuis quelques mois où c'est le chemin, j'avance sur le chemin et je fais un sommet à la fois, je fais une colline à la fois et puis seulement quand on l'a passé, on peut voir ce qu'il y a derrière et voilà, si ça arrive, c'est bien, si ça n'arrive pas, je continue d'avancer et entre-temps, je continue de progresser et je me concentre vraiment sur ce que je fais à l'instant T. Voilà, c'est le processus.

Invité 1 C'est un beau message, cette notion de, tu vois, continuer à avancer, à progresser au fil des sommets, c'est un beau message.

Charline Oui, c'est ça, j'avais cette image, je travaillais avec cette image en visualisation où genre, parce que j'aime beaucoup la montagne, l'alpinisme, etc., j'imaginais, tu es sur un camp de base et tu as beaucoup de sommets autour de toi et en fonction de la météo, cette incertitude en fait qui, pour moi, c'est l'image du Covid, cette incertitude qui peut tourner, bon, pour le moment, on semble être dans une éclaircie mais la météo, on ne sait jamais, c'est imprévisible, ça peut tourner des fois, surtout à la montagne, ça tourne très très vite et ben voilà, on va faire en fonction de la météo et on va grimper un sommet et puis après l'autre et puis après l'autre et puis s'il fait vraiment beau, ben on va grimper le plus haut.

Invité 1 C'est une chouette, chouette analogie et alors toi, tu as eu, au-delà des intempéries occasionnelles du Covid, tu as eu en plus à gérer un petit imprévu récemment un petit passage par la case blessure, qu'est-ce que tu dirais, en quoi est-ce que tu reviens plus forte après cette convalescence ?

Charline Une blessure, c'est un moment, moi je ne vois pas ça comme un échec parce que c'est un moment où il faut se reconcentrer sur soi et prendre soin de soi et prendre soin de son corps et mon corps, c'est mon outil de travail et donc il faut que j'en prenne soin. J'ai très rarement eu des grosses blessures et comme je te l'ai dit, je n'ai jamais été opérée, par exemple, et je pense que c'est quand même assez rare pour une sportive de mon niveau. Pour moi, c'est quand même une belle réussite et une belle preuve que tout mon processus d'entraînement est quelque chose qui tient la route. Mais après, il y a eu cette blessure qui n'est quand même pas trop grave quand même. J'ai pris un temps pour moi et c'est un peu comme si j'allais mettre la voiture à la révision. On répare toutes les petites imperfections avant la course finale. C'est un peu ça. Moi, j'aime bien les analogies. C'est une belle image. Je prends soin de mon corps, je répare, je fais le petit entretien et puis forcément, il ira mieux après.

Invité 1 Excellent.

Charline Un break mental aussi parce que c'était un peu depuis novembre, ça n'avait plus arrêté. Donc, c'est difficile aussi de tenir ce rythme effréné qu'on a. Ce qui s'est passé, c'est que vu qu'on avait suspendu la saison, ils ont essayé de condenser, la Fédération internationale a vraiment condensé toutes les compétitions entre novembre et juillet. Donc, on est sur neuf mois. C'est très peu. Ils ont mis tellement de compétitions qu'il fallait choisir les compétitions dans une sorte de mouvement comme ça qui est quand même super intense.

Invité 1 Waouh. Ok. Donc, tu sors de révision. Tous les voyants sont au vert. Qu'est-ce qui t'a, par curiosité, qu'est-ce qui t'a manqué ? En tout cas, qu'est-ce que t'as hâte de retrouver sur les tatamis ?

Charline Je ne sais pas. Il n'y a rien qui m'a manqué.

Invité 1 Donc, c'était vraiment une blessure qui a fait du bien.

Charline Non, mais non. Je vais répondre à ta question autrement. Je n'ai pas arrêté le judo. Ok. Donc, ça ne m'a pas manqué. Et là où je vais te présenter ma vision de la blessure, ce n'est pas est-ce que je peux reprendre le judo ? Ce n'est pas quand est-ce que je reprends le judo ? C'est comment je reprends le judo ? C'est ça la question à se poser quand on se blesse. Pour moi, en tout cas, c'est ma vision des choses. Ce n'est pas quand est-ce que je fais ? C'est comment. Comment j'adapte ma pratique à mon corps et par l'inverse ? Donc, dès qu'on a enlevé mon plâtre, même avec le plâtre, je m'entraînais. Ce n'était pas un souci. J'ai pris un petit peu de temps pour moi parce que je revenais de compétition, etc. Mais dès que j'étais reposée, j'ai repris le judo, j'ai repris différemment, j'ai travaillé assise, j'ai travaillé sur une chaise. Voilà, j'ai fait plein de choses. Je faisais tous les mouvements qui me faisaient pas mal. parce que je travaillais aussi beaucoup en visualisation, donc j'ai travaillé dans ma tête. Et du coup, je peux tout faire dans ma tête. Je n'ai plus de contraintes de corps. Et voilà. Pour moi, c'est ma vision de la blessure.

Loïc Et donc,

Charline c'est pour ça qu'il n'y a rien qui me manque particulièrement vu que je fais tout ce que je veux faire. Non, je n'ai pas eu de coupure.

Invité 1 Ok. Ah, c'est super intéressant.

Charline J'ai pas fait de randori, oui.

Invité 1 Oui.

Charline Mais j'ai fait des compétitions dans ma tête. Ça farait un peu fou comme ça, mais il y a des vraies études là-dessus.

Invité 1 Non, non, mais c'est clair. Tu vois, moi, j'en suis convaincu. C'est quelque chose que, bon, je n'ai pas fait du haut niveau à ton niveau, mais que j'avais commencé à toucher du doigt avec le judo et que je vois d'autant plus maintenant avec le coaching. La visualisation, c'est juste, c'est hyper puissant. Donc, je trouve ça super intéressant parce que tu le disais, tu sembles être, enfin, toi, ça te parle beaucoup, ces questions de visualisation, d'analogie, etc. Donc, c'est super intéressant. Et d'ailleurs, peut-être qu'on pourrait en parler un petit peu. Tu dirais que ça a quelle place dans ta préparation, dans ton entraînement tout ce travail de visualisation, de faire tes compétitions dans ta tête, tes combats dans ta tête ?

Charline Ça a une place assez importante. Je le fais au moins une fois par semaine. Ah oui, ok. Je vais m'entraîner la tête, quoi. C'est important. C'est important. Je crois aujourd'hui qu'il y a vraiment un consensus sur le pouvoir mental dans la victoire et sur l'enjeu du combat, sur l'enjeu de n'importe quelle compétition. Il y a vraiment un consensus sur le fait que que ça se gagne d'abord dans la tête. Évidemment, il faut avoir le physique en bonne forme. Mais quand on n'est pas bon dans la tête, on ne peut pas gagner. Tandis que si on n'est pas super bien entraîné, super bien au cardio, etc., on peut gagner avec la force mentale. C'est pour faire le parallèle avec ce qu'on disait tout à l'heure, tous les paramètres qui rentrent en considération dans un combat. En judo, quand on n'en a pas un, on peut compenser avec l'autre. Si on manque un peu de cardio, on va compenser avec la tactique, par exemple. Si on manque un peu de technique parce qu'on a des contraintes au niveau de certains mouvements, on va pouvoir compenser avec la tactique, avec la force peut-être, avec la rapidité ou avec le mental, etc. Et c'est ça qui est super riche dans le judo.

Invité 1 Un vrai sport de stratège. Super. Et ça, c'est un outil, en tout cas, ta vision actuelle du judo comme tu viens de le décrire, c'est quelque chose qui était déjà clair pour toi quand tu as décroché ta médaille olympique. On n'en a pas encore parlé, mais troisième au JO à Londres en 2012. Donc, qu'est-ce qui, par rapport à ce que tu viens de décrire, qu'est-ce que tu avais déjà, de quoi est-ce que tu avais déjà conscience à ce moment-là ?

Charline Je travaillais déjà avec une psychologue du sport et je faisais aussi déjà de la visualisation de la méditation. La relaxation, la méditation. C'est moi, c'est ça. Donc, voilà, je travaillais déjà sur tous ces aspects-là. J'avais déjà une place assez importante et pour moi, le bien-être était déjà super important pour pouvoir être disposée pour gagner. Après, le contexte dans lequel j'ai eu cette médaille était très, très conflictuel. OK. Donc, c'est un peu particulier. Il y avait beaucoup de tensions et je sentais qu'il fallait que je sorte de tout ça et c'est d'ailleurs peu de temps après que je suis partie à Paris. Donc, oui, j'avais déjà conscience parce que c'était super important pour moi et que ce n'était pas juste la médaille à tout prix. Ce n'est pas la médaille au point de sacrifier son corps, de sacrifier son mental, de sacrifier son éthique. Pour moi, c'est beaucoup plus que ça, le sport. Je ne voulais pas la médaille à tout prix. Après, elle a trop de poids, elle a trop une face sombre parce que c'est le danger du sport. Si on sacrifie tout pour la médaille, ça veut dire qu'on sacrifie son corps. Je l'ai fait pendant des années en me forçant à combattre à moins de 48. C'était une contrainte sur mon corps qui était énorme. Je ne sais pas comment je faisais pour me mettre dans des états pareils.

Invité 1 Ton poids normal sans régime, c'est combien ?

Charline 56.

Invité 1 Ah ouais !

Charline Je descendais après là, j'ai pris un peu plus de masse musculaire que quand je combattais à moins de 48. Mais j'étais déjà à 54. Donc, je vais déjà perdre 6 kilos et parfois plus. Et pourtant, j'étais déjà à un taux de masse grasse très très bas. Donc, c'était très violent sur le corps. C'était très violent psychologiquement. J'étais dans des états incroyables. Évidemment, quand on ne peut pas manger, c'est très rude. Très rude. C'est là où je parle, j'ai sacrifié mon corps pour cette rételle.

Invité 1 Oui, effectivement, 4-6 kilos quand tu pèses, quand tu es autour de 50. Moi, c'est ce que j'avais à perdre. Sans régime, j'étais à 95-96. Et les souvenirs que j'en ai, c'était déjà hyper rude. Mais voilà, je faisais quasiment le double de ton poids. Donc, rapporter à ta caractéristie, c'est énorme. c'est énorme.

Charline Toi, tu te rends compte parce que tu l'as vécu. Mais pour ceux qui nous écoutent, pour donner une idée, c'est vraiment pendant deux semaines, je n'arrivais plus à m'entraîner tellement j'étais faible. Et donc, je passais la dernière semaine allongée quasiment dans mon lit à juste faire des footings et avec une déshydratation aussi très extrême, une déshydratation de presque 2 kilos, du kilo 5 parfois. Donc, je déconseille ça à tout le monde. C'est une horreur et il ne faut pas le faire. C'était devenu intenable et je pense que ça fait partie des choses qui m'ont coûté la médaille à Rio. Au moins, à Rio, je suis une neuvième. Alors que je venais de faire championne d'Europe, que j'avais battu tout le monde dans la catégorie. J'avais clairement... Mais j'étais après à 4 ans à avoir tiré sur la corde. Ce n'était plus possible.

Invité 1 C'est super intéressant comme sujet. Je ne sais pas si tu es OK pour qu'on en parle un peu plus et tu me dis. Mais c'est vrai que tu vois souvent, on voit médaille olympique et c'est la partie... C'est le brillant. C'est la gloire, c'est la réussite. Mais on ne voit pas ce que tu viens de nous décrire qui est une petite partie de ce que beaucoup d'athlètes vivent, le régime, par lequel tu as dû passer pendant, j'imagine, des mois, des années.

Charline Oui, et puis il y a tout ce qu'il y a derrière le régime parce que c'est un sacrifice de vie sociale aussi.

Invité 1 Oui.

Charline On ne mange plus avec les autres. C'est tellement dur qu'on ne s'expose pas à de la tentation. On ne peut pas non plus boire tout et n'importe quoi. C'est que de l'eau. Il n'y a pas de soda. Il n'y a pas un petit verre d'alcool. Il n'y a pas une bière avec des chips. C'est fini, ça. Avec le temps, j'ai appris vraiment à intégrer la notion de plaisir dans le régime et vraiment à intégrer la vie sociale dans le régime parce que je pense que c'est aussi une des clés pour tenir sur le long terme. Mais à l'époque, c'était tellement drastique que c'était invivable. Je ne voulais plus voir personne au point où je ne voulais plus qu'on mange devant moi parce que même si moi, j'allais manger, j'allais manger tellement peu qu'après, j'allais baver sur l'assiette d'à côté.

Invité 1 Oui, oui.

Charline Je ne pouvais plus manger avec des gens, je ne pouvais plus voir personne.

Invité 1 Je me rappelle d'un Noël.

Charline Ah oui.

Invité 1 C'est vrai, comme tu dis, c'est difficile de se rendre compte et ce n'est pas du tout, il n'y a pas de jugement de valeur en disant nous, on l'a fait ou moi, je l'ai fait et les autres, vous ne pouvez pas savoir. Mais c'est vrai que moi, ça me parle vachement parce que la dernière année, moi, j'avais de la chance, j'étais vraiment, je suis toujours plus loin à monter naturellement dans les catégories. Donc, je pense que je n'étais pas encore assez à haut niveau pour m'en tenir à un régime drastique. Mais c'est vrai que la dernière année, j'ai fait un régime sur un an et donc quand j'ai arrêté, j'ai pris 5 kilos en deux semaines. Et cette année-là, c'était vraiment horrible. Noël, je me rappelle peser mes pâtes demi-cuites à Noël, tu vois, pas d'anniversaire. Enfin, c'est vrai que c'est tout bête mais surtout quand tu le fais à un âge jeune, non mais c'est tout bête, ça fait 15 ans que tu es dans le haut niveau. C'est-à-dire que toute ton adolescence, une grande partie en tout cas, tu l'as passé à réfléchir à ce que tu allais manger pour ne pas prendre de poids. Quand tu le fais année après année, c'est vrai que voilà, ton expérience d'adolescence est différente.

Charline Ah oui, et puis ça développe énormément de troubles de comportement alimentaire. Ça devient une obsession. C'est une obsession. Et je pense que quand on n'est pas dans le régime ou en tout cas même les personnes qui ont des obsessions au niveau alimentaire, on ne se rend pas compte à quel point dans nos cultures, la nourriture, les repas et les boissons conditionnent notre activité sociale. On ne s'en rend pas compte. C'est difficile à partir du moment où on réduit toute notre consommation même quand tu ne bois plus que de l'eau et que tu manges tu manges tu manges des légumes, de la soupe avec ton riz ou tes pâtes. On ne se rend pas compte à quel point ça conditionne vraiment. Et c'est sûr que mon expérience humaine aussi est très différente.

Invité 1 Tu dirais qu'elle a une saveur particulière cette médaille quand tu prends un peu du recul et tu regardes ce qu'elle a nécessité comme sacrifice ?

Charline Oui, bien sûr. Pour moi, c'est sûr que ça a un très beau souvenir etc. Mais je pense vu que je l'ai eu aussi très jeune je ne me rendais pas compte et aujourd'hui je ne pratique plus le sport de haut niveau comme je le pratiquais à l'époque. Pour moi, j'ai intégré le sport de haut niveau dans mon projet de vie et avant mon projet de vie c'était le sport de haut niveau. En tout cas, à cette période-là ça l'est devenu. Après, il y a différents facteurs de ma vie qui expliquent pourquoi c'est devenu comme ça. Vraiment, à une période assez courte de ma vie entre dans les années donc 2012 j'avais 21 ans quand j'ai fait cette médaille. Wow. C'est vraiment une obsession quoi. T'es obsédée sur la bouffe, sur l'entraînement et puis il y avait aussi toute cette partie où j'étais tout le temps à l'étranger donc je ne voyais plus personne quoi. j'étais dans mon monde du judo et la seule personne que je voyais c'était mon entraîneur.

Invité 1 En tout cas, un grand merci de t'ouvrir comme ça et de partager ça avec nous parce que je trouve ça super intéressant pour des gens qui, pour tout le monde mais peut-être d'autant plus pour les gens qui ne sont pas forcément familiers de ce qu'implique le haut niveau. C'est chouette je trouve d'avoir un témoignage honnête sur la réalité en fait. Il n'y a pas que la médaille ça va se chercher.

Loïc C'est un iceberg regarde.

Invité 1 Ouais, exactement. C'est chouette parce que c'est vraiment l'objectif du podcast tu vois, c'est pour ça que je l'ai créé aussi c'est pour pouvoir donner de la visibilité et échanger avec des gens comme toi qui ont des parcours où bien souvent on ne voit pas un gros gros morceau de l'iceberg donc c'est juste super que tu viennes nous en parler.

Charline Je trouve ça que c'est super important pour que les gens sachent mais aussi pour les futurs sportifs et sportives. Aujourd'hui je suis persuadée qu'il y a moyen de se faire du sport en étant épanouie et que la notion de sacrifice du corps de sacrifice mental de sacrifice éthique elle ne doit pas prendre une part aussi importante. ça a mis des voilà aujourd'hui j'ai retrouvé un équilibre dont je suis satisfaite et ça me plaît à certains moments je me dis qu'est-ce que j'endure quand même qu'est-ce que je fais endurer à mon corps aujourd'hui j'arrive à me dire que des fois c'est pas normal comme avant c'était normalisé on est vraiment dans un culte de la souffrance il n'y a pas d'autre mot c'est normal de souffrir il faut souffrir pour réussir et ça c'était quand je suis passée professionnelle c'est ce qu'on m'a appris quand j'ai commencé le judo avec mes parents j'étais pas du tout dans cette optique là c'était plutôt le culte de l'amélioration continue et ça c'était pour moi une motivation suprême voilà je m'améliore de façon continue et je progresse de façon continue et c'est sans fin et c'est passionnant et puis il y a un moment de ma vie où je basculais dans ce culte de la souffrance il faut souffrir pour réussir et c'était ce qu'on me martelait dans la tête donc ça a fini par rentrer à un moment j'ai dit stop et j'ai pris mes affaires et je suis partie et puis j'ai réussi à retrouver de nouveau un équilibre donc il y a vraiment eu plusieurs vagues comme ça dans ma carrière qui sont succédées j'ai envie de dire non aujourd'hui on peut faire autrement je te laisse ma conviction je pense que j'en suis l'exemple

Invité 1 ouais c'est clair c'est clair et c'est un très beau message

Charline on peut pas trouver par l'exemple mais bon

Invité 1 non mais bon c'est enfin oui moi je pense que ce qui est important en tout cas ce que je pense c'est pas en réalité ce que je pense c'est pas très important c'est c'est la raison pour laquelle je t'ai proposé de participer c'est pour contentant de toi mais je trouve ça super que en tout cas ça j'en suis convaincu t'inspirera très certainement plein de gens qui vont nous écouter à au moins voir les choses sous un autre angle et peut-être pour des pratiquants d'activité sportive à reconsidérer leur approche donc c'est juste un super témoignage avec plaisir écoute Charline on arrive déjà au bout de cet échange passionnant j'avais envie de te demander du coup est-ce que toi fort de tes différentes expériences de tout ce par quoi t'es passé est-ce que t'aurais envie de partager avec des jeunes sportifs ou des jeunes sportifs ou les auditeurs de façon générale mais tu viens de le faire avec un très très beau message est-ce qu'il y a autre chose toi que t'aurais envie d'ajouter en guise de conclusion par rapport à tout ce qu'on s'est dit

Charline ouais pour pousser un peu plus loin la réflexion je dirais ne pas mettre tous les deux dans le même panier donc c'est de nouveau pour retrouver cet équilibre de vie en fait moi j'aime beaucoup cette idée d'équilibre c'est quelque chose qui me parle énormément et j'ai cette notion de balance toujours en tête et pour pouvoir intégrer le sport dans ma vie pour vraiment pouvoir contrebalancer avec d'autres choses comme je l'ai expliqué il y a la vie sociale qui est super importante qui est vraiment une condition essentielle à l'être humain de façon générale mais il y a d'autres projets aussi à côté qui viennent contrebalancer tout ça donc j'ai fait des études en parallèle pendant quelques années aussi je ne me suis vraiment j'ai fait que du sport je ne voyais que des judokas vraiment c'était très lourd et puis là j'ai continué à redévelopper d'autres projets à refaire des études à créer des choses et ça vient nourrir en fait mon projet sportif parce que le fait de prendre un peu plus de distance et de mettre moins le focus et la concentration uniquement sur le sport pour moi ça vient nourrir et ça vient générer la créativité et là où on bride la créativité c'est quand on est le nez dans le guidon pour moi je ne comprends pas qu'on puisse faire autrement vraiment j'ai dit il y en a sûrement qui y arrivent mais voilà c'est juste une possibilité supplémentaire c'est le fait de faire d'autres choses de voir d'autres personnes de se confronter ça vient nourrir et moi j'adore ça et d'ailleurs je fais énormément d'autres sports que le judo et j'aime beaucoup aller chercher faire du benchmarking comme on dit en marketing c'est aller chercher des choses qui fonctionnent ailleurs et les associer au judo et donc je vois beaucoup plus le sport comme une façon transversale et d'ailleurs avec mon équipe je fonctionne en management transversal pour ceux à qui ça va parler et pas en pyramidal pour prendre un peu l'opposé il n'y a pas que deux façons de fonctionner et pour le sport pour moi c'est exactement pareil donc pour moi je vais enrichir ma pratique de judo en faisant du surf

Invité 1 c'est vachement intéressant ça

Charline en faisant après de l'escalade donc ça paraît un peu plus logique pour le grip la souplesse en faisant de la boxe voilà en faisant plein de choses pour moi il y a toujours quelque chose à aller chercher dans un autre sport pour venir enrichir sa pratique du sport et ça c'est aussi une des clés pour moi je pense d'avoir tenu sur le long terme pour venir nourrir ma motivation ma créativité et mon apprentissage super

Invité 1 j'adore effectivement c'est très intéressant c'est vrai que ça ça ouvre plein de perspectives de liens possibles en tout cas dans l'univers du sport mais même de façon plus générale je pense donc c'est écoute super intéressant

Charline ah ouais pour moi c'est vachement applicable à d'autres choses et je fonctionne de façon transversale aussi avec le monde du business d'ailleurs je monte des conférences pour montrer que ce qu'on apprend dans le sport ça marche ça nourrit le business dans le monde de l'entreprise et inversement il y a plein de choses ça fonctionne ça nourrit tout le monde se nourrit et de nouveau on est sur cette idée de mouvement continu et je prends je donne je reprends je redonne et ainsi de suite c'est ça qui me passionne

Invité 1 bah écoute un grand merci Charline s'il y a des gens qui veulent après cette conversation tu vois te suivre ou pourquoi pas même entrer en contact avec toi le mieux c'est quoi Instagram LinkedIn qu'est-ce qui est le plus

Charline ouais les deux je suis un peu plus réactive sur Instagram mais voilà si on a moi j'adore aussi faire des conférences sur tous les sujets qu'on va aborder en une heure on a abordé plein de choses mais je crois que je pourrais tenir sur un des sujets pendant une heure il y a tellement de choses à dire que voilà c'est des choses que je suis tout à fait ouverte à développer je fais des interventions dans les écoles dans les entreprises dans des clubs il y a plein de de sujets à développer

Invité 1 excellent bah écoute je mettrai je mettrai tout ça en description de l'épisode mon site internet pour ceux qui seraient intéressés ouais carrément ton site je mettrai je mettrai tout ça écoute Charline on est au bout un immense merci pour ton temps ta disponibilité ta transparence et tous les sujets que tu as bien voulu partager avec nous c'était juste passionnant donc je suis ravi que tu aies pu venir partager tout ça sur le podcast

Charline c'était super merci à toi pour cette opportunité

Invité 1 merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout j'espère qu'il vous aura intéressé même inspiré pour vos différents projets qu'ils soient pro ou perso je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires vos feedbacks vos suggestions d'invités également directement par email et la contacte arrobase lesfrappés.com et enfin si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez ainsi qu'un commentaire et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode ciao tele tele tele Sous-titrage ST' 501

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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