Christophe Dans tout mon parcours, jusqu'à aujourd'hui, j'ai toujours, au fond de ma tête, envie de me prouver des jouets. Ça restera. Même si je prends confiance, il y a des trucs où je vais dire « Ah, ça c'est bon, je gère, je maîtrise ». Une fois que je suis à l'aise ou que j'ai pris confiance, j'ai envie de faire autre chose. Donc juste, il ne faut pas se poser de questions « faites-vous plaisir », il y a un truc qui vous tente, faites-le. On n'a qu'une vie, donc foncez, profitez, testez. Allez, c'est parti ! Bienvenue Christophe sur le podcast, ravi de t'accueillir aujourd'hui. Eh bien écoute, merci Loïc, merci de me recevoir, je suis super content de participer à ce podcast.
Loïc Avec grand plaisir ! Écoute-moi, ravi de te recevoir puisque tu vas nous expliquer un petit peu ce que tu fais, mais tu es dans un univers que moi je connais assez peu, mais qui m'intrigue beaucoup et qu'on n'avait encore jamais eu sur le podcast. Donc je suis sûr qu'il y aura plein d'apprentissages de tips et de leçons intéressantes à retenir de cette conversation. Donc vraiment, vraiment impatient. Et écoute, sans faire plus de teasing, je te laisse nous expliquer ce que tu fais, d'où tu viens et ce qui te fait vibrer.
Christophe Ce qui me fait vibrer, ben voilà. Donc je m'appelle Christophe, j'ai 47 ans, je suis aussi connu sous le pseudo de Leonidas, parce que je suis un Spartan addict depuis quelques années. Donc moi, mon traîneau, c'est le sport, le dépassement de soi et tout ce qui est voyage et survie. Voilà, c'est surtout là-dedans que je m'éclate, mais je fais pas mal de choses à côté. On va en discuter, je pense, un petit peu plus tard. Génial. Excellent.
Loïc Et donc les Spartans, comment est-ce que tu expliques le concept des Spartans à quelqu'un qui ne connaît pas du tout ?
Christophe Alors Spartans, à la base, c'est une course d'obstacles. Une course d'obstacles, c'est une instance qui organise des courses d'obstacles, mais au-delà de ça, pour expliquer, Spartans, c'est une philosophie pour moi, c'est vraiment autre chose que juste une épreuve sportive. C'est vraiment un choix de vie quelque part. Et pour le coup, ça s'inscrit vraiment dans moi ce que je suis, c'est le dépassement, c'est-à-dire se fixer des objectifs et aller essayer de les franchir et même d'aller au-delà. Donc en fait, sur une Spartan, ce qui est sympa, c'est que chacun arrive avec son niveau, voilà, du débutant au plus balèze, et chacun se fixe son objectif et essaye de l'atteindre. Donc il n'y a pas de rivalité malsaine comme dans d'autres sports, en fait. C'est vraiment, on arrive avec son objectif et on essaye d'aller au bout, voilà. Et donc c'est une communauté qui est super sympa, c'est quelque chose qui m'a vraiment touché, moi, quand j'ai commencé à courir sur ces courses-là, quoi. C'est autre chose, c'est pas que du sport, en fait.
Loïc C'est une philosophie, comme tu disais.
Christophe Ouais, ouais, ouais, c'est un choix de vie. Moi, clairement, ça a structuré, depuis que j'ai commencé en 2017, ça a restructuré un peu ma façon de voir les choses et ma façon de vivre, clairement. C'est pour ça que moi, je suis fier de le dire, je suis Spartan addict. C'est pas que parce que j'aime les courses obstacles, parce que j'en fais aussi d'autres, mais c'est un choix de vie, c'est clairement un choix de vie.
Loïc Waouh, dis donc, curieux que tu nous en dises plus, du coup. Ouais, ouais. Et comment est-ce que tu as découvert l'univers Spartan, du coup ?
Christophe Bah, en fait, alors si on revient aux origines, donc moi, j'ai passé dix ans dans l'armée. Donc, quand j'ai quitté l'armée, j'ai fait beaucoup moins de sport. Donc, j'ai pris un peu de poids et puis, à un moment donné, je me suis dit, bon, mec, il va falloir que tu t'y remettes un petit peu quand même. Et j'ai découvert différentes activités. Donc, je me suis vraiment focalisé sur la randonnée, le trek en autonomie. C'était vraiment mon truc. J'ai fait pas mal d'autres choses à côté. Et puis, un jour, je suis tombé sur ça, sur la course d'obstacles. Je me suis dit, qu'est-ce que c'est ? Et ma première course d'obstacles, c'était South Viking à Paris. Et voilà, ça a été un des clics. Je me suis dit, voilà, c'est génial parce que c'est pas que de la course. On fait travailler le run, les bras, l'équilibre, la réflexion. Et j'ai dit, ça, ça me parle. Donc, ensuite, j'ai enchaîné avec d'autres courses, 14-18, D-Day Race. J'ai fait Mudday plusieurs fois. Et puis, je suis tombé sur Spartan Race. Et là, ça a été la révélation. Dans les courses d'obstacles, ça, ça me parle plus. C'est plus de la compétition, la communauté, l'atmosphère. Enfin, vraiment, tout me parlait. Et puis, je me suis rendu compte que c'était pas juste de la course d'obstacles. C'était vraiment un concept, un choix de vie qui s'inscrit clairement dans le dépassement de soi, dans le partage avec les autres. Et donc, du coup, j'ai enchaîné. J'ai enchaîné pendant quatre ans. J'en ai fait une cinquantaine de course.
Loïc Ah ouais ? Ah la vache ! Ok, super. Et quand tu parles de philosophie de vie, qu'est-ce que ça a déclenché comme changement pour toi ?
Christophe En fait, c'est pas que ça a déclenché, ça a remis en évidence que je suis au fond. C'est toujours se challenger, toujours se prouver des choses et aller chercher vraiment au bout. Donc en fait, on peut le faire parce qu'il y a plein de formats différents. Donc on commence avec une course, avec deux courses, après trois courses dans le week-end, après on fait des courses sur 24 heures et on enchaîne tous les week-ends. Et en fait, on arrive à se trouver des objectifs différents. Et après, il y a aussi les Hurricanes Hit, où c'est encore un autre format. Donc ça a juste remis en avant ce que je recherche et ce que je suis. En fait, c'est chercher la limite, tout le temps de prouver des choses. Et je trouve que c'est un sport qui permet de le faire. Clairement, il faut tout le temps se remettre en question, il faut garder la forme parce que sinon c'est compliqué. Donc c'est vraiment sympa. Et puis c'est très très polyvalent. Encore une fois, ça me correspond vachement. Il ne faut pas juste être un bon coureur ou juste avoir des gros bras. Il faut être complet. Il faut courir, il faut réfléchir, il faut avoir de l'équilibre, de l'agilité, de la réflexion. Il y a aussi des fois, il y avait des épreuves de mémorisation. Enfin voilà, moi je trouve que c'est hyper complet.
Loïc Parce que justement, ça va être ma question suivante. Est-ce qu'il y a un format écrit dans le marbre où c'est tout le temps les mêmes enchaînements d'obstacles ou est-ce que c'est un peu selon la créativité de l'organisateur d'une épreuve en particulier ?
Christophe Ouais, ça s'est figé quand même parce que ça reste quand même des… donc Spartans, ça reste quand même sur chaque course à peu près similaire. Les obstacles ne sont pas toujours dans le même ordre. Les distances maintenant sont assez… enfin sont les mêmes. Tout au début, c'était très différent d'un pays à l'autre. On pouvait se retrouver sur des formats où au lieu de 21 km, on se retrouvait à 28. Enfin, c'était un peu sympa. J'aimais bien ce principe-là. Maintenant, c'est vraiment normé. C'est hyper normé. Donc, même si on change de licence, on va sur d'autres courses, on arrive à en retrouver à peu près les mêmes choses. C'est assez normé. D'accord. Il y a un peu moins de créativité, je trouve, aujourd'hui. Malgré tout, il y a quand même pas mal de types de courses, donc il y a de quoi faire. Il y en a pour tous les goûts.
Loïc Et en termes d'obstacles, du coup, tu disais que ce n'est pas que la course ou uniquement avoir des gros bras, mais c'est vraiment un mix. Typiquement, ça se présente comment sur… Je ne sais pas si tu dis qu'il y a plusieurs formats. Toi, le format qui te plaît vraiment, c'est quoi exactement comme obstacle à franchir ? Est-ce que tu le fais en solo ? Est-ce que tu es obligé de le faire en équipe ?
Christophe Alors, encore une fois, ça dépend si on court. Si on est vraiment en débutant, ce qu'on appelle la catégorie open, donc si on ne franchit pas d'obstacles, on est censé faire des pénalités, mais c'est assez cool. On est vraiment dans la bienveillance, donc on peut se donner des coups de main. Quand on court en H-group ou en élite, donc là, c'est plutôt le mode compétition. Là, il faut se débrouiller. Donc là, on doit franchir chaque obstacle, et si on ne les réussit pas, on a des pénalités, donc c'est des burpees. Et il y a une caméra pour filmer, pour s'assurer qu'on fait bien les burpees comme il faut. Et donc, il y a un classement chronométré, etc. Donc, c'est un peu plus cadré, enfin même beaucoup plus cadré. Donc après, les obstacles, il y a un peu de tout. Franchement, il y a tous les types d'obstacles. Il y a quand même pas mal de runs sur les Spartans. La base, c'est quand même du trail. Quelqu'un qui court bien, il est quand même avantagé. Après, les bras, ce n'est pas un super niveau. Moi, je trouve en tout cas, je ne trouve pas ça hyper difficile. Malgré tout, il faut arriver à enchaîner tout. Et on peut perdre vite du temps si on échoue sur un obstacle, si on arrive trop vite dessus, on est cramé. Donc, c'est une gestion de course. Il faut juste se bien se connaître. Il faut bien se connaître et puis bien gérer sa course. Mais c'est super intéressant en tout cas. Moi, je trouve que c'est mieux que de courir tout simplement. Voilà. J'ai essayé d'embarquer des copains qui font du marathon ou du semi-marathon, mais qui n'ont pas accroché eux. C'est le run pur et dur. Il y en a d'autres qui ont accroché, qui m'ont suivi et puis qui maintenant font de la course d'obstacles. C'est particulier. Il faut aimer.
Loïc Excellent. En tout cas, ça donne l'impression quand on parle, il y a quand même un côté ludique aussi. Le fait qu'il y ait autant d'activités, etc., ça a l'air assez stimulant parce que même dans l'approche…
Christophe Moi, courir pour courir, ça ne m'a jamais vraiment interdit. Même à l'arrivée, c'est un truc qui me gonflait. Courir pour courir, c'est bien pour avoir un niveau, pour s'entraîner. Mais là, moi, ça m'a motivé à faire du run régulièrement, à m'entraîner parce que je savais que j'allais faire mes courses Spartan le week-end. Parce qu'il faut un bon fond, il faut savoir courir. Mais là, il y a un vrai intérêt parce qu'on… Encore une fois, on ne fait pas que courir. Il y a plein d'obstacles. Il y en a certains où on est plus en difficulté. Donc, à chaque fois, on essaie de dire « Ok, cette fois-ci, je vais mieux le gérer. Je vais le passer plus vite ou je vais le réussir parce que l'autre fois, je l'ai loupé. » Il y a toujours un peu une part de hasard avec la boue, la pluie, le climat. Ça peut rendre les choses difficiles. Le javelot, c'est toujours un peu poker même si on maîtrise un peu. L'équilibre, c'est pareil. Des fois, ça passe. Des fois, ça ne passe pas. Ce n'est pas garanti. C'est ludique parce qu'il n'y a pas de routine. Je trouve que c'est moins routinier que de courir tout simplement. Encore une fois, ça me correspond vachement bien.
Loïc Par curiosité, tu disais que tu avais passé 10 ans dans l'armée. Tu faisais quoi ?
Christophe Une fois que j'ai eu le bac, je voulais rentrer à l'armée dès que j'étais petit. J'ai commencé à 17 ans par une préparation militaire parachutiste. À 18 ans, j'ai eu le bac. Je suis parti, je me suis engagé. Je suis rentré en école militaire, une école de sous-officiers à Saint-Mexan. J'ai passé 10 ans à l'armée. C'était super sympa. Mon seul regret, ce n'est de ne pas être parti en opération extérieure. C'est peut-être un des facteurs qui a fait que je suis parti. Je m'ennuyais un petit peu. Du coup, j'ai été voir un petit peu ce qui se passait dans la vie civile. D'accord. Je me suis trouvé plein d'occupations bien sympas, avec moins de contraintes, et où j'ai pu m'éclater différemment. Je ne regrette pas du tout cette période parce que ces 10 ans-là m'ont clairement forgé physiquement et mentalement. Mais derrière, le retour à la vie civile m'a permis d'aller pratiquer plein d'autres sports, plein d'autres trucs super cool.
Loïc Est-ce que tu dirais qu'il y a des valeurs qui te plaisaient toi en étant dans l'armée que tu retrouves dans l'univers Spartan ?
Christophe Oui, on en retrouve. Clairement, on va retrouver un peu l'esprit d'équipe ou la cohésion, le travail ensemble. On ne sait pas trop sur les Spartan classiques où c'est de l'individuel, c'est chrono. Mais par exemple, sur les Hurricanes Hit, clairement, on retrouve les valeurs qu'on a à l'armée. Donc, c'est le travail de groupe, le don de soi, la cohésion, la rigueur, le dépassement. Voilà, on retrouve clairement des valeurs. C'est sûr. Excellent.
Loïc Je te posais la question parce que même si je n'en ai jamais fait, moi, je connaissais plutôt, j'espère que tu ne vas pas m'en vouloir, mais je connaissais les modes D. En fait, je voyais très bien ce que c'était. C'est le même principe.
Christophe Oui, oui.
Loïc Comme tu disais, c'est peut-être une autre licence, mais de ce que j'avais compris, c'était à peu près, l'idée générale reste à peu près la même. Mais c'est vrai que ça ressemblait, enfin, ça faisait ressortir quand même pas mal d'éléments. Tu vois, comme tu dis, le dépassement, même l'environnement, ça se passe en extérieur, tu es dans la boue, tu galères, tu vois, mais tu le fais, tu le fais en… Il y a des obstacles de ce que j'ai vu. Tu es un peu obligé de t'aider. Tu as des obstacles, c'est des grandes palissades qui doivent faire, je ne sais pas, 3 ou 4 mètres de haut où tu es obligé d'attraper les pieds de la personne devant toi pour pouvoir arriver à grimper tout ça. Oui, ça dépend des courses.
Christophe Il y a des courses, effectivement, tu es obligé de t'aider sur des espèces de parois ou de tremplin, des choses comme ça. Sur les Spartans, non, c'est fait pour que tu puisses passer les obstacles seul. D'accord. Voilà, le mode D, j'ai fait aussi. Normalement, encore une fois, ces obstacles-là, tu dois tout passer tout seul, mais… C'est un peu moins en mode compétition, c'est un peu plus fun, on va dire, ces licences. Maintenant, oui, ça ressemble à… Enfin, ça ressemble un peu de loin quand même, mais le parcours du combattant à l'armée, il est quand même beaucoup plus court, beaucoup plus intense sur… voilà, un temps très court. Là, les distances, voilà, on a de tout, on part de 5 km, de 10, de 15, de 20… Enfin, il y a vraiment toutes les formules, donc… Ouais, mais c'est vraiment sympa.
Loïc Et pour avoir une idée, du coup, en termes de… de… de chrono, même si tu disais que c'est pas… voilà, c'est pas forcément le seul objectif pour les gens qui se lancent, mais pour que ça parle un peu plus, mettons un parcours de 5 ou 10 km, il faut combien de temps à peu près pour le boucler ?
Christophe Alors là, ça va dépendre du niveau, ça va dépendre de la course, du contexte… enfin, de… de… de… de… de la… C'est pas le facteur, on va dire que… Quelqu'un qui court bien en moins d'une heure, c'est réglé, quoi. Ok. Mais… On est plutôt autour d'une heure et demie, deux heures sur… sur un… sur un… format de 10 km et puis après, on… on grimpe comme ça jusqu'à… 20 km, je sais pas… Je sais pas… ça peut aller 3 heures en plus… enfin, ça va dépendre du niveau, vraiment, il y a… il y a… Moi, j'ai mis des temps très différents selon les… selon les lieux, selon le temps… Ok. Enfin, c'est variable, très variable.
Loïc Ok. Les courses d'obstacles, du coup, comment ça se passe ? Il y a des… il y a des clubs, ça fait partie d'une… d'une fédération, tu peux prendre une licence, comment est-ce que vous organisez…
Christophe Alors, aujourd'hui, effectivement… le… donc c'est quelque chose qui a quand même… qui marche quand même pas mal, donc il y a pas mal d'équipes, ce qu'on appelle les équipes OCR. Donc, il y a des clubs, hein, des associations et il y a une fédération qui s'appelle le UFSO depuis… depuis quelques années, qui essaye d'encadrer, en fait, cette activité-là et de la faire reconnaître, de la… de la promouvoir. Parce que donc, il y a des championnats de France, il y a des championnats d'Europe, il y a des championnats du monde. Maintenant, c'est une… c'est quand même un sport qui est… qui est encore méconnu, qui est pas… qui est pas… qui est pas assez reconnu et… et donc qui est en train d'être développé, en tout cas, il y a des associations qui s'effortent de faire connaître, de promouvoir, en fait, ce sport. Voilà. Ok. Mais c'est quand même un sport… voilà, c'est une niche, quoi. C'est pas… c'est pas très développé.
Loïc Donc, ça commence… C'est un sport naissant, quoi.
Christophe Ouais, ouais, ça commence, ça commence, mais… ça commence à se faire connaître.
Loïc Ok. Et toi, si je me trompe pas, du coup, t'es impliqué dans une de ces structures ?
Christophe Alors, moi, quand j'ai commencé les Spartans, bah, tout au début, j'étais tout seul, je l'ai fait en solo, comme je le fais souvent, je viens voir, je m'inscris, puis après, je regarde comment ça se passe. Et puis, à celui-là, j'ai compris que c'était quand même plus sympa d'intégrer une équipe. Donc, j'ai intégré l'équipe Invicta tout au début, ma deuxième année, en fait, de pratique. Et puis, sur une autre compétition qui s'appelle les 24 heures extrêmes, qui se passait en Belgique, donc c'est une course d'endurance OCR, mais qui dure 24 heures, voilà. Donc, on court pendant 24 heures, et on fait les obstacles pendant 24 heures, voilà. Donc… et lors de cette compétition-là, bah, j'ai croisé, en fait, l'association Seals Team, donc qui est une association dans laquelle je suis maintenant, qui œuvre pour les blessés de guerre. Voilà, donc c'est des militaires, anciens militaires, pompiers, gendarmes, enfin, il y a un peu de tout, même des civils. Et, eux, organisent des événements sportifs au profit des blessés de guerre. Donc, toutes les recettes, en fait, servent à financer des tenues de sport, des équipements sportifs, des inscriptions, des voyages, pour aider les blessés à se réinsérer via le sport, en quelque sorte, en tout cas, les soutenir, au retour d'opération. Donc ça, c'est une cause, forcément, qui m'a touché, parce que, voilà, ancien militaire, j'ai aussi côtoyé des collègues qui ont des… voilà, des périodes difficiles en opération. Donc, du coup, je me suis dit, bah, tant qu'à intégrer une équipe, ECR, bah, voilà, celle-ci, elle me parle, et je pense que je peux aider. Je peux… Il y a le sport, et derrière, il y a des valeurs, il y a une cause à défendre. Donc, du coup, j'ai intégré l'association. Donc, maintenant, j'en suis même vice-président. Voilà, donc j'en suis très fier. Et puis, je participe à la… voilà, je fais de mon mieux pour aider à promouvoir cette belle association et les activités qu'on propose. Donc, voilà, on propose plein de trucs. On est présents sur les courses ECR pour montrer notre maillot et notre asso. Maintenant, nous-mêmes, on organise des événements sportifs. Voilà. On est vraiment basé… enfin, on est vraiment dans l'extrême. Par contre, on propose des trucs un petit peu… un petit peu… ouais… enfin, même très challengeant, parce que c'est des événements extrêmement.
Loïc Alors ça, ça aiguise ma curiosité.
Christophe Est-ce que tu peux nous en dire plus ? Ouais, ouais, ouais. Je me doutais un peu. Donc, nous, ce qu'on propose, l'activité principale qu'on propose dans l'association, c'est ce qu'on appelle des bootcamps. Alors, avec bootcamp, on entend tout et tout. Donc là, c'est sur des bootcamps, c'est clairement des stages commando, en fait. On essaye de reproduire des stages commando sur une période de 36 heures. Donc, c'est un condensé de ce qu'on peut avoir sur un… ce qu'on peut trouver sur un stage commando classique, mais un condensé et adapté pour des civils. Clairement, on a vraiment… on s'est adapté quand même, mais ça reste super extrême, parce que c'est 36 heures de sport intense avec des activités très variables selon les formats, enfin, selon les lieux. Donc, on peut avoir du tir, on peut avoir… bon, il y a de la marche avec sac, il y a du parcours du combattant, il y a de la course d'orientation. Les fameuses dégustations, voilà, des jardines ou autres, des parcours aquatiques, des parcours aériens, enfin, il y a de tout, on propose de tout. Ça se passe dans différents lieux, et donc, les gens qui viennent participer à ces événements-là, eux, ils cherchent clairement le dépassement et voir où sont les limites. Et donc, il y en a pas mal qui les trouvent. Clairement, il y en a pas mal qui les trouvent. Mais ça révèle énormément de choses sur les gens à la fin de ces stages. C'est ça qui est le plus marquant. Moi, c'est ce qui me touche le plus, c'est que les gens, ils viennent, ils savent pas tous ce qu'ils vont trouver, et la plupart repartent changer. Mais clairement, ils se trouvent un potentiel ou des capacités qu'ils n'avaient même pas en tête. Et ça, c'est super. C'est là où ils vont.
Loïc C'est super entendre ce que j'allais te demander justement. Généralement, les gens qui viennent sur des événements aussi, enfin, des événements, des expériences plutôt, j'ai l'impression que juste des événements, des expériences aussi intenses, qu'est-ce qu'ils viennent chercher ? Tu viens de dire qu'ils savent pas forcément. Ouais. En tout cas, ils trouvent des choses visiblement, qui fait de l'intensité. Il y en a qui savent.
Christophe Il y en a, c'est des sportifs, c'est des gens aguerris qui ont déjà des expériences sur différents types de sport. Donc, ils viennent un peu se challenger sur quelque chose qu'ils ne connaissent pas. Voilà, un truc un peu nouveau, un peu militaire, voilà, qui est très inconfortable. Parce que les bootcamps, là, clairement, on est, selon les saisons, on est dans la boue, dans l'eau, on est trempé tout le temps. Enfin, voilà, c'est des conditions quand même assez compliquées. Donc, ils viennent chercher ça. Après, il y a les gens qui n'ont pas forcément un niveau sportif, qui ne sont pas forcément des sportifs aguerris, mais qui veulent savoir où ils en sont, et qui veulent découvrir, ils veulent se challenger. Ils veulent juste, voilà, je veux découvrir, je veux savoir ce que j'ai dans le ventre. Et là, ils le découvrent, la plupart. Ils découvrent aussi cette fameuse cohésion dont on parle tant, nous. C'est qu'en 36 heures, ces gens-là qui viennent de partout en France, ils ne se connaissent pas. Et à la fin des 36 heures, c'est les meilleurs amis du monde. Et ils ont partagé une expérience de dingue. Ils ont souffert, ils ont pleuré. Ils ont pleuré. Et à la fin, ils sont liés par quelque chose de très fort. Et surtout, eux, ils se sont découverts des capacités, ou en tout cas, un potentiel qu'ils n'imaginaient pas. On a clairement des gens qui ont des phobies, même sur des bootcamps, qui arrivent, ils sont claustraux, ils ont des vertiges, etc. Ils vont franchir le cap du fait du travail d'équipe, en fait. Parce que le groupe va les pousser, va les porter. Ils vont arriver à franchir ce cap-là. Alors, ça ne va pas faire disparaître les phobies, mais ils vont être capables de gérer ça et de passer au-dessus. Et quand ils reviennent dans la vie civile, et notamment les sportifs, ils ont un avantage par rapport à leurs adversaires parce qu'ils sont capables d'aller puiser un peu plus loin que les autres. Parce qu'on les a mis dans ces conditions-là. Et ça, c'est super intéressant.
Loïc Waouh ! Ouais, c'est… Tu vois, ce qui est intéressant, je trouve, c'est que ça vient un peu casser l'a priori ou la perception pour les gens qui ne connaissent pas du tout cet univers de… En gros, c'est juste du sport de bourrin, quoi. Et ce que tu racontes, que je trouve passionnant, c'est cette notion de dépassement et d'introspection, de découverte de son potentiel.
Christophe Ouais. C'est vrai qu'on peut avoir une image… Enfin, voilà, encore une fois, c'est les idées qu'on peut avoir quand on écoute ça. Voilà, un bootcamp, stage commando, c'est un truc militaire, ça doit brailler, ça doit courir, etc. En fait, alors oui, il y a de l'activité qui est basée sur ce qu'on fait à l'armée, clairement. Mais déjà, le staff, c'est pas… C'est des gens professionnels, la plupart, ils sont… C'est leur métier d'éducateur sportif ou des secouristes, etc. Donc, ils connaissent très, très bien leur métier. Quand on fait des instructions sur ces bootcamps, parce qu'il y a aussi des phases d'apprentissage, pour que les gens repartent. Pas seulement en ayant touché du doigt l'aspect physique, mais avec des compétences. Ils vont repartir avec un savoir-faire. Donc, on a des gens très compétents qui vont partager ça pendant les événements. Mais donc, non, c'est pas bourrin. C'est physiquement dur, inconfortable et tout ce qu'on veut. Mais il y a un vrai intérêt derrière. C'est fait intelligemment. Le but du jeu, c'est que la personne qui revient, qui sort de cette épreuve, elle a changé, elle a appris des choses et elle a franchi un cap. C'est ça, le but du jeu. On n'est pas dans le truc… les clichés où il y a des gens qui hurlent sur les stagiaires, ils rentrent dans la boue, etc. Alors oui, il y a des trucs comme ça. Il y a du ramping, il y a plein de sports, on fait des trucs dans l'eau, etc. Mais tout est fait pour pousser les gens à trouver ou voir à dépasser leurs limites. C'est vraiment ça l'objectif.
Loïc C'est super intéressant. Et si toi, tu… Si on revient sur toi et le parcours que tu as eu à travers les différentes courses que tu as pu faire et tu vois, au fur et à mesure que le temps avançait, tu étais de plus en plus impliqué. Comment est-ce que tu décrirais du coup ces prises de conscience sur ton potentiel dans ton cas toi ? Est-ce que ça s'est passé ? Est-ce que tu as eu des espèces de moments révélations, tu vois, où tu avais par exemple une phobie et tu as surmonté ça sur une épreuve ? Ou est-ce que ça a été une progression, tu vois, pas à pas ? Ou aujourd'hui, avec pas mal d'expérience en plus, tu vois le chemin parcouru ?
Christophe Alors moi, clairement, je fais partie des personnes qui n'avaient pas forcément super confiance en eux. J'ai découvert un peu mon potentiel à l'armée. J'ai commencé à me révéler là en voyant que je n'étais pas moins bon que les autres, voire même parfois meilleur, et que je n'étais pas forcément super bon dans un domaine, mais que j'étais plutôt pas mal sur différents domaines. Et que du coup, la polyvalence et le fait d'être bon sur différents domaines permettait d'être devant les autres. Et puis, au fil du temps, j'ai pris confiance, j'ai appris des choses, etc. Mais en même temps, dans tout mon parcours jusqu'à aujourd'hui, j'ai toujours au fond de ma tête envie de me prouver des choses. Ça restera. Même si je prends confiance, il y a des trucs où je vais dire « Ah, ça c'est bon, je gère, je maîtrise. » Une fois que je suis à l'aise ou que j'ai pris confiance, j'ai envie de faire autre chose. Je vais aller me chercher sur autre chose. Du coup, j'ai fait tellement de choses différentes. Et je sais que je vais en faire d'autres. À un moment donné, je vais être à l'aise, je vais être dans mon confort. Je vais dire « Ok, mais maintenant, qu'est-ce que je vais faire pour me prouver que je peux faire encore autre chose et encore peut-être plus dur ou différent ? » Pas forcément plus dur, mais différent. Et ça, c'est vraiment mon… Enfin, je fonctionne comme ça depuis tout le temps. Donc, je découvre pas mal d'activités, pas mal de choses, parce que j'aime bien essayer d'autres choses et pas rester sur des choses que je maîtrise. Donc, c'est comme ça que je suis arrivé à la survie aussi, indirectement, parce que sorti de l'armée, j'adorais marcher, faire de la randonnée, aller en trek, donc faire des grandes randonnées avec mon sac à dos. Et je suis quelqu'un de très indépendant, je veux pas dépendre. Je suis pas du genre à dormir dans un refuge moi, pas du tout. Et puis, il m'arrivait des galères, et donc je me suis dit « Mais quand même, ça serait pas mal que tu fasses un stage de survie pour pouvoir être autonome et pouvoir gérer le jour où t'es en galère. » Et puis, de fil en aiguille, j'ai trouvé, j'ai découvert cette activité, ces techniques, ces compétences, et je suis devenu accro aussi à ça. Et donc, maintenant, moi, je fais même de… voilà, j'organise et je forme des gens sur la survie, en fait, dans nos événements. On était au bout du truc, quoi, voilà. Enfin, au bout du truc, j'en suis pas au bout, mais en tout cas, ça m'a permis de faire des choses. Donc, je me mettais en Amazonie pour expérimenter la survie. Ah oui. Je me suis retrouvé au Canada, dans les pays froids aussi, pour tester un petit peu la survie dans les conditions hivernales. Voilà, donc… Et bon, j'ai pas fini, j'aimerais bien faire la partie… Je devais aller en Namibie l'année dernière, avec le Covid, j'ai pas pu y aller. Je devais partir en Namibie pour traverser le pays en autonomie, par exemple. Donc, c'est des challenges que je me lance, que je me fixe. Après, des fois, ça marche, je peux les faire. Des fois, non. Il y a le Couraine Land, je voudrais faire la traversée du Couraine Land aussi. Enfin, voilà. Donc, voilà. Donc, moi, je fonctionne comme ça. À un moment donné, j'aime bien me prouver des choses pour me rassurer, pour moi. Et puis, en même temps, quand je me suis prouvé, j'ai dit, ok, maintenant, qu'est-ce que je fais ? Qu'est-ce que je vais me prouver d'autre ? Et ça, j'aime bien… J'aime bien aussi l'inculquer, ou en tout cas, faire prendre conscience aux gens que je crois sur mes stages, ou sur les book-pump, ou même en dehors, que finalement, tout le monde a un potentiel. Et souvent, on ne se fait pas confiance et on n'en est pas conscient. Et qu'on a besoin qu'un jour, il y a quelqu'un ou quelque chose qui donne le petit déclic pour qu'on découvre ça. Et une fois que ce déclic-là, il s'est révélé, les gens peuvent vraiment changer énormément. Et ça, j'ai eu l'occasion de le vivre plusieurs fois. Des gens qui ont eu ce déclic-là, qui vont dire, purée, mais je l'ai fait, j'ai fait un truc, jamais de la vie j'aurais imaginé pouvoir le faire. Et après, derrière, c'est impressionnant, il n'y a plus de limite. Il n'y a plus de limite. C'est une prise de conscience.
Loïc Comment tu te sens, toi, en tant qu'organisateur, quand tu as des participants qui font ce genre de découverte ? C'est génial. C'est génial.
Christophe Là, il n'y a qu'un jour, on a eu le cas avec un club de sport de combat, des jeunes filles qui avaient la phobie, qui avaient le vertige, qui étaient en pleurs sur les obstacles et qui ne pensaient pas y arriver. Et en fait, le groupe les a portés, on les a encouragés. Donc, elles l'ont franchi une fois, elles en franchi deux, elles en franchi trois, quatre, cinq. Et à la fin, tu n'étais pas censé faire le premier, tu avais trop le vertige. Tu l'as fait six fois, tu as terminé le bootcamp. Et bien là, voilà, ça, c'est une révélation. C'est des personnes qui ont... Alors, la phobie, elle n'a pas disparu, mais maintenant, elles savent, je peux passer au-dessus, je peux le gérer. Et ça, c'est énorme. C'est clair. C'est un super message. Je vois ça, je suis heureux. Moi, c'est bon, le job, il est fait. Et même pour... Après, ces personnes-là vont peut-être s'en rendre compte un peu plus tard, mais c'est hyper révélateur. Ça, c'est énorme.
Loïc C'est énorme. Ouais, c'est une super histoire. Super histoire. En tout cas, c'est vrai que ça... Tu vois, ça donne envie... Encore une fois, je ne connaissais pas forcément très bien l'univers. J'ai des copains qui font des courses genre Spartan, mais... Ou même des bootcamp. Mais c'est vrai que là, tu vois, je trouve que c'est une chouette façon, dans un environnement sécurisé, puisque tu disais, évidemment, votre staff, c'est que des pros, d'aller se tester, tu vois, de se mettre dans un cadre très challengeant, mais il y a quand même un cadre, versus partir faire un énorme rando solo pour se tester, ou s'il se passe un truc, bah... C'est ça. Si tu n'as pas les connaissances... C'est ça.
Christophe Non, non, là, c'est hyper cadré, c'est sécurisé, il y a tout ce qu'il faut. Enfin, on est là-dessus, on est hyper professionnel, et maintenant, c'est rodé, et c'est vraiment... Enfin, en fait, ça n'existe nulle part ailleurs. C'est pas simplement un petit bootcamp de deux heures où on fait du sport. Là, c'est pendant 36 heures, on est en immersion, comme si on était dans un stage commando. Alors, adapté, c'est sûr, mais d'une intensité quand même extrême, parce qu'on demande à des gens de faire des choses sur 36 heures, que moi, je n'ai jamais fait à l'armée sur une période aussi courte, quand même. Donc, il faut quand même se rendre compte qu'on demande à des civils d'enchaîner des trucs que nous, on fait dispatcher sur plusieurs jours, plusieurs semaines à l'armée. Donc, l'intensité, elle est quand même énorme, quoi. Et les gens, ils arrivent, la plupart, ils arrivent à franchir et à tenir, etc. Et ça, c'est super beau, hein. Donc, ce qu'on demande, on sait que c'est compliqué, mais en même temps, c'est là où on peut... voilà, où les gens se révèlent et se dépassent, et après, ils sont fiers d'eux, ils sont contents, ils reviennent, hein, ils en redemandent, hein. Ils ont souffert, ils en redemandent. Parce qu'après, une fois qu'on a franchi un cap, on dit, ok, mais du coup, j'ai réussi ça. Qu'est-ce que je peux faire de plus ? Qu'est-ce que je peux faire de mieux ? Est-ce que je peux le reproduire ? Parce qu'il n'y a pas de garantie, hein. On peut y arriver une fois, et puis la deuxième, ça peut échouer, parce qu'on n'est pas bien, on est fatigué, c'est plus dur, les conditions climatiques, elles sont moins propices, hein. Il y en a qui gèrent moins bien le froid, moins bien l'humidité. Donc, il n'y a pas de règle. Enfin, il n'y a pas de règle. On s'inscrit, même si on en a réussi un certain nombre, ce n'est pas garanti qu'on termine. Voilà. Oui.
Loïc Ce qui est aussi super intéressant, parce que c'est, tu vois, on parle aussi de résilience sur le podcast, c'est cette notion, enfin, c'est ce qu'on retrouve là, tu vois, c'est-à-dire que ce n'est pas un acquis, comme tu dis. Non, il n'y a pas de règle. C'est assez contextuel, tu vois, mais ça apprend aussi ça, à savoir rebondir et à accepter le fait que ce n'est pas parce que tu l'as fait une fois, deux fois, trois fois, six fois que la septième va passer. Il faut être humble, en fait.
Christophe Moi, je sais que je ne me vends pas. Ce n'est pas parce que je réussis un truc une fois. Je me dis, c'est bon, le prochain coup, tranquille. Non, non, il n'y a jamais… Ce n'est pas tranquille, ce genre de truc, il n'y a pas de garantie. On sait qu'on démarre, on ne sait pas si on va terminer. D'ailleurs, il vaut mieux avoir ça en tête, parce que ceux qui sont trop confiants, souvent, ils se plantent. Autant les Spartans, c'est du run, c'est de la course d'obstacles. Autant un bootcamp, c'est très, très différent. Là, on a des coachs sportifs qui viennent, des sportifs de haut niveau, qui viennent faire des bootcamp. Et on a vraiment tous les profits. Il y en a, ils nous disent, on ne s'entendait pas à ça, parce qu'il y a l'aspect sportif, il y a l'instruction, et puis en même temps, il y a l'inconfort, parce qu'on met les gens dans des situations vraiment compliquées. Qu'on est trempé pendant 36 heures, qu'on n'a pas mangé, ou alors qu'on doit manger une sardine parce qu'on nous oblige, ou des insectes, des choses comme ça, qu'on doit se déplacer dans des tunnels immergés, quand on doit se balader sur des câbles alors qu'on a le vertige. Enfin, franchement, ça peut être vite très compliqué. Même quelqu'un qui est super balaise en sport, s'il a une phobie, s'il a le vertige, ou s'il est claustro, clairement, il peut aller sonner, peut-être, parce qu'il ne va pas y arriver. Donc, il n'y a pas de garantie. Ce ne sont pas forcément les plus costauds qui terminent, ou qui sont les meilleurs. De toute façon, il n'y a pas de notion de je suis le premier, je suis le meilleur. Sur ces trucs-là, le but, c'est de terminer, c'est que le groupe termine ensemble, c'est que tout le monde termine. Donc, il y a beaucoup d'entraide aussi sur ces bootcamps. C'est le but du jeu.
Loïc Ben écoute, franchement, ça fait envie. Alors, pour les sardines, peut-être pas encore, mais pour tout le reste, ça fait envie. Alors, les sardines, peut-être pour expliquer, pourquoi ça fait plusieurs fois qu'on parle des sardines ? C'est quelque chose que tu fais régulièrement ?
Christophe Ouais, alors moi ou mes collègues, mais alors, les sardines, c'est un peu un classique, parce que voilà, ça peut être des insectes, ça peut être pas mal de choses, des œufs crues, ça peut être des tripes, ça peut être... voilà, peu importe. L'objectif, c'est... là, c'est mental. À un moment donné, on va proposer ça aux stagiaires, et généralement, on le fait après une nuit compliquée au réveil le matin. Enfin, au réveil, il n'y a pas une nuit, mais le matin, quand on redémarre la journée, une petite dégustation. Et là, on voit... là, c'est un peu comme dans Koh Lanta, c'est très psychologique. Est-ce que je vais avoir le cran de manger le truc qui est dégoûtant, là, et de bloquer mon cerveau, là, de le mettre sur œuf et de manger le truc ? C'est vraiment ça, c'est un test mental, voilà, clairement. Ça n'a pas d'autre intérêt, hein. Parce que, clairement, ce qu'on donne, c'est pas bon, non ? C'est fait exprès. C'est clairement pour tester le mental, voilà. Donc, on a déjà fait une nuit, voire deux, qu'on est cramé, qu'on est fatigué, qu'on est trempé, etc., et qu'on doit faire ça. Voilà, là, il faut se faire un peu du mal et franchir le cap. Et c'est assez surprenant, il y en a pas mal qui arrivent, quand même. C'est dingue. La volonté, c'est dingue. Quand on veut, on fait des trucs, c'est assez incroyable.
Loïc Ouais, c'est ce que tu disais, c'est ce que tu partageais tout à l'heure, que bien souvent, on ne se rend pas compte du potentiel qu'on a et du pouvoir, de la volonté. Et ça me fait un peu penser, tu vois, à un échange que j'ai eu avec… On a eu la chance d'accueillir des… alors plein d'invités extraordinaires, mais un récemment qui m'a vraiment marqué par rapport à ce sujet en particulier, c'est Teddy Palassi, que je crois que tu connais, qui est un ancien des commandos marines, et qui nous parlait justement de son stage commando à lui de neuf semaines et notamment du fait qu'il dormait 4 à 6 heures par semaine, tu vois, et qu'il a passé neuf semaines trempé, absolument trempé en dormant 4 à 6 heures, tu vois, et je crois qu'il avait une infection à la main, donc ça commençait à devenir pas super. Et tu te dis, mais comment est-ce que c'est possible ? Quand tu entends ça de l'extérieur, tu te dis, mais attends, mais comment est-ce que quelqu'un peut tenir ne serait-ce qu'une semaine dans des conditions pareilles, tu vois ? Et comme tu dis, en fait, c'est ce qu'il partageait aussi, c'est incroyable de voir à quel point, en fait, le mental n'a pas de limite. Ouais. C'était, c'est ce qu'il nous a dit en une phrase, c'était le mental n'a pas de limite.
Christophe Après, après, voilà, il y a quand même des, enfin, les gars là, ils sont quand même, on est déjà sur des profils qui sont capables d'encaisser parce que même si on a le mental, à un moment donné, il faut quand même avoir la caisse, il faut quand même avoir... Ouais, c'est sûr. Voilà, c'est pas tout le monde qui peut faire ça. Malgré tout, malgré tout, je suis d'accord avec lui, le mental, il est capable de faire faire des trucs incroyables parce que de toute façon, au bout d'un moment, le corps, le physique, il suit pas, hein. C'est assez facile, finalement, de briser quelqu'un physiquement. D'ailleurs, c'est ce qu'on fait sur les stages assez rapidement, on les met dans le dur physiquement, vraiment très vite, pour que finalement, assez rapidement, ils se rendent compte que, bah ok, ça va pas jouer sur le physique, il va falloir le jouer collectif, il va falloir s'organiser, il va falloir communiquer, il va falloir faire travailler la tête et surtout utiliser son mental. Et puis l'effet de groupe, ça joue beaucoup aussi, hein. Parce qu'il y a des choses tout seul, moi le premier, il y a des choses probablement j'aurais pas réussi parce que quand il y a du monde qui pousse derrière, quand on est pas tout seul, on le fait pas forcément pour soi. Ça c'est super intéressant aussi. Des fois, on va aller au bout du bout, parce qu'on se dit, mais ouais, non, mais je suis pas tout seul, j'ai un groupe là, moi si je flanche, je pénalise le groupe, et donc on culpabilise. Et il y a toute cette notion de cohésion qui est super importante. Il y a des gens qui font des trucs qu'ils ont pas envie de faire, ou ils ne ferait pas tout seul, c'est sûr. Mais parce qu'il y a le groupe, parce qu'ils sont là, ils disent, non, non, mais il y a pas moyen, je peux pas être le dernier roue du carrosse, je peux pas pénaliser mon groupe, donc je vais le faire. Voilà.
Loïc Une sorte d'émulation positive.
Christophe Pour un environnemental, ça s'incroît, mais même moi, je découvre encore maintenant, souvent, sur des choses que je maîtrise pas, ou que je découvre des nouvelles choses, bah j'arrive, ok, ça va être compliqué, je vais peut-être pas y arriver. Et puis finalement, quand on arrive à, voilà, encore une fois, à faire fonctionner le mental, finalement, presque tout est possible. Ouais. Il faut arriver à s'en convaincre. C'est ça le souci, c'est qu'il faut arriver à se convaincre qu'on est capable. Il faut pas s'écouter, il faut pas s'écouter.
Loïc En parlant de ça, je rebondis du coup plutôt sur la partie survie, parce que bon, voilà, sur le podcast, on a aussi beaucoup d'aventuriers, d'explorateurs pro, et moi je suis à chaque fois fasciné par, tu vois, la capacité qu'ils ont à se mettre dans des environnements hyper isolés, enfin, hyper hostiles. Tu vois, on a interviewé des gens qui ont traversé, qui sont allés au pôle sud, au pôle nord, et ça m'a toujours fasciné, en fait, cette notion de, je pense à Gilles Delis notamment, qui est un aventurier belge et qui s'apprête à traverser le Groenland. Ouais, super. Donc il va traverser le Groenland, une fois de ouest en est, une fois qu'il sera sur la côte est, il va descendre toute la côte est du Groenland en kayak, et une fois qu'il a fini le kayak, il va ouvrir une voie sur une des faces dans un fjord au Groenland, enfin un projet complètement dingue, et en fait sur la partie kayak, ils auront évidemment pas assez de vivre avec eux, parce que c'est, d'un point de vue logistique c'est trop important, et donc ils vont, ben ils vont faire de la survie, ils vont chasser en fait. Et quand je discutais avec lui, je me disais mais attends, mais comment, comment tu te prépares à ça déjà ? Donc je serais curieux de savoir ce que, peut-être dans le détail, toi tu délivres comme contenu dans tes stages, et surtout ça paraît tellement vaste, tu vois, enfin c'est tout bête, mais j'ai l'impression qu'il y a tellement de paramètres à gérer, que ce soit lire la neige, lire la météo, l'eau, la nourriture, t'isoler de façon, tu vois, pour les températures. Donc ouais, comment est-ce que toi, dans tes stages, est-ce que tu couvres ça par thématiques très précises, ou est-ce que c'est une approche assez générale, et après tu vas dans le détail au fur et à mesure que les gens gagnent en compétences ?
Christophe Ouais, alors il y a deux choses, moi je prépare ça différemment, parce que moi je pars, moi l'objectif c'est un peu de partir à l'aventure, et aller dans des pays, à l'étranger, etc. Donc il faut que je puisse avoir une certaine maîtrise de différentes choses. Moi sur mes stages, c'est un peu différent, on est plus dans l'esprit survivaliste, c'est-à-dire qu'on prépare les gens à l'inconnu, à une catastrophe. Donc c'est pas des personnes, en fait c'est des personnes Langueda, qui sont pas forcément préparées justement. Et ce qu'on leur enseigne sur trois jours et trois nuits, c'est voilà, paf, d'un seul coup il y a un pépin. Et on utilise des thématiques réelles, c'est-à-dire on a utilisé le thème de l'accident qu'il y a eu à Rouen, l'inondation dans les Alpes-Maritimes, une catastrophe Céveso, enfin on utilise des thématiques qui se sont vraiment produites pour immerger nos stagiaires. Et le but du jeu c'est de leur montrer que demain, boum, ça y est, il y a une crise, vous êtes bloqué, vous êtes en danger, qu'est-ce que vous devez faire, c'est quoi les réflexes ? Donc on n'est pas dans la préparation d'une expédition comme tu l'as évoqué, c'est très différent. Là nous l'approche, elle est vraiment, c'est un peu de l'éducation quelque part sur, bah voilà, demain il vous arrive un pépin, qu'est-ce que vous devez faire quoi ? Comment vous vous en sortir, vous et vos proches ou les gens qui sont avec vous ? Ça peut être un attentat, ça peut être une catastrophe naturelle, ça peut être une catastrophe industrielle, peu importe. Et donc on les plonge dans un scénario d'entrée de jeu, assez, pareil, encore une fois, assez extrême, on les sort de leur confort, boum, d'un coup, parfois les gens ils arrivent avec leur sac à dos, leur duvet, etc. On leur fait une liste de pactage, ils arrivent sur le stage, on dit ok, le sac il reste à l'heure terminée, vous ne verrez pas du week-end. Et hop, ils partent les mains dans les poches, et hop, on doit survivre trois jours et trois nuits. Parce que dans la vraie vie, c'est ça qui se passe, c'est que tu es en montagne, tu te balades, tu te retrouves bloqué pendant quatre jours, bah tu n'as pas forcément tout le nécessaire pour pouvoir t'en sortir. Donc on va leur montrer que déjà il y a deux aspects. Il y a l'aspect collectif, c'est-à-dire que si vous êtes, enfin si le groupe il est, si il y a un groupe, déjà c'est vachement plus facile, il n'y a pas de raison que ça se passe mal. Et deux, avec les moyens du bord, si on est un peu imaginatif, on peut créer un petit confort, on peut arriver à se sécuriser, à sortir de situations vraiment critiques. Et ça, on va leur inculquer au fur et à mesure. Donc au début, c'est un peu l'apprentissage par l'échec. Donc au début, on les laisse galérer, qu'ils prennent conscience, et ah ouais, mais en fait, pas boire, pas manger, le froid la nuit, on ne dort pas du tout, c'est la galère. Et là, ils se disent, mais on a trois jours, on va mourir. Et après, on leur donne quelques éléments au fur et à mesure pour leur montrer que ça se gère, ça se gère, ça se gère. Et que dans un groupe, il y a forcément des compétences. Ce ne sont pas des experts de la survie, mais tout le monde a des compétences au quotidien. Il y a des sportifs, il y a des leaders, il y a des cuisiniers, il y a tout. Et au final, avec tout ça, on arrive à s'en sortir. Et nous, le staff, on se met dans les mêmes conditions qu'eux. On se met en difficulté pareil. Donc c'est compliqué, c'est clairement pas confortable du tout. Mais l'objectif, il est là. C'est vraiment de se dire, même si je n'ai rien, même si ça me tombe sur le coin de l'île à l'improviste comme ça, je sais maintenant comment faire. C'est-à-dire qu'à la fin du stage, ils doivent avoir les bons réflexes pour pouvoir s'en sortir. Et même mieux. L'intérêt, c'est de se dire, ok, maintenant que je sais que ça peut arriver, c'est que je m'y prépare. Donc, j'ai mon petit kit dans ma voiture, dans mon sac à dos. Quand je pars en randonnée, je regarde la météo avant. Et il y a plein de petits réflexes que les gens vont avoir qu'ils n'avaient pas avant. Voilà, c'est un peu l'objectif. Donc, c'est très différent. On est plus dans la gestion de crise, dans du survie que de la survie pure. Comme tu l'évoquais, des gens qui partent à l'aventure, c'est des vrais aventuriers. Eux, ils partent dans des conditions et sur des périodes super longues. Donc, il faut que ce soit hyper préparé. Il faut prendre plein de paramètres en compte. Et après, il y a toujours l'aspect survie. C'est-à-dire que quand je pars longtemps, je vais traverser la jungle pendant un mois. Évidemment, on ne peut pas emmener 20 niveaux de nourriture et de flotte. Donc, il faut savoir se débrouiller. Il faut connaître les techniques et savoir comment se débrouiller. Donc, ça, ça s'apprend. Mais pour moi, c'est autre chose. C'est une approche un peu différent. Ouais, c'est une approche d'aventuriers, de gens qui vont dans l'extrême et qui l'assument. Et qui vont partir en expédition. Nous, on n'est pas partis là-dessus parce qu'il y a très peu de gens qui vont partir dans ces conditions-là. Moi, j'ai essayé de remettre mes compétences et ce que j'ai appris en survie au profit des gens Langueda. En fait, la personne qui va au bureau tous les matins à Paris, elle s'en fout de faire la survie. Elle dit, ça t'intéresse d'apprendre de la survie ? Elle dit, moi, je m'en fous. Je vais au bureau tous les matins. Je prends le métro. Et donc, on va lui expliquer que tu prends le métro. Mais demain, il y a un attentat. Tu es bloqué dans le métro pendant deux jours parce qu'on ne peut pas t'évacuer. ou il y a une catastrophe et tu restes bloqué dans un immeuble, etc. Tu sais ce qu'il faut faire. Tu sais comment gérer. C'est quoi les premiers réflexes à avoir, etc. Ou du coup, qu'est-ce que tu mettrais dans ta sacoche d'ordinateur ? Qu'est-ce que tu mettrais dans tes poches ? Voilà. Donc, on s'adresse finalement au grand public en expliquant qu'il y a des petites notions, des petites choses qui peuvent vous dépatouiller le jour où ça tourne mal. Voilà. Donc, c'est vraiment deux choses pour moi différentes. C'est vraiment…
Loïc Alors, sans nous dévoiler évidemment le contenu du stage, mais s'il y avait peut-être deux, trois conseils que tu pourrais donner à celles et ceux qui nous écoutent, qu'est-ce que ce serait justement sur comment se préparer ou les premiers réflexes à avoir ?
Christophe En fait, il ne faut pas trop qu'ils se préparent parce que, par exemple, maintenant, ça commence à être un petit peu connu que les sacs sont retirés à un moment donné dans le stage. Il y en a qui savent maintenant qu'ils reviennent ou il y a des personnes qui ont un peu l'info. Donc, maintenant, on en est même à se dire, finalement, on va peut-être même leur ôter leurs vêtements et leur donner des vêtements pas à eux, je ne sais pas. On peut aller très loin dans le délire, en fait, pour les mettre dans l'inconfort et dans l'imprévisible parce que finalement, les gens vont se dire, ok, on sait sur les stages, il y a des chances qu'on n'ait plus notre sac. Donc, on va mettre plein les poches, on va en cacher plein dans les vestes, etc. Ben ouais, sauf que demain, peut-être que vous n'aurez pas ça non plus. On ne sait pas, on ne sait pas. Donc non, en fait, pour bien se préparer, déjà, je pense que c'est important, c'est d'avoir un minimum de conditions physiques. Au-delà de la survie, c'est d'une manière générale. Le conseil que je peux donner, c'est prenez soin de votre corps parce que c'est important et le corps et le mental, ça va avec. Donc, si vous êtes bien dans votre corps, vous serez bien dans votre tête. Et ça sera un plus, forcément. Après, sur la technique, tout ça, ça s'apprend. Donc, il n'y a pas besoin de se préparer. On est là pour ça. Et puis, il faut avoir juste l'envie de découvrir. Pour moi, le seul, il y a ça. C'est prendre soin de son corps sans être un sportif de haut niveau. Pas la peine, mais juste faire de l'exercice et puis être curieux. Les personnes qui sont curieuses, elles vont s'en sortir. Elles vont avoir l'imagination, elles vont s'intéresser et elles vont s'en sortir. Voilà. Donc, il faut… Excellent. Voilà. Un peu de physique, un peu de curiosité et puis croquer la vie à fond. Il ne faut pas se poser de questions. Il faut essayer les choses. Il ne faut pas avoir peur.
Loïc Oui. Ça, c'est clair que c'est un peu le message, le fil rouge, j'ai l'impression, à tout ce que tu nous racontes. C'est vraiment oser se lancer. Moi, oser. Et peut-être, à un moment donné, mettre la petite voix dans le cerveau en mode off et juste foncer. Oui.
Christophe Même moi, des fois, encore maintenant, il y a des fois des gens qui disent « Allez, mais vas-y, ça, tu peux le faire. » Et il me faut le petit coup de pied au cul pour tenter parce que c'est un truc que je n'ai jamais fait que je ne connais pas. On a tous besoin, des fois, d'être un petit peu secoués et souvent, c'est dans le bon sens parce qu'on n'ose pas ou on n'a pas confiance. Voilà, on n'a pas confiance. C'est dommage. Il faut essayer. Il ne faut pas avoir peur.
Loïc Et alors, justement, en parlant de ne pas avoir peur et de foncer, de s'écouter, à quoi est-ce que ça ressemble la suite pour toi ? Alors, tu nous parlais d'un projet que tu as eu pour la Namibie. Est-ce que c'est toujours d'actualité ? Est-ce que tu as d'autres trucs d'envergure
Christophe comme ça ? Clairement, ça, ce n'est pas fini, ces aventures-là. Je ferai ce genre d'aventure en Afrique ou même le Coréenland. Tu vas parler du Coréenland. Clairement, je rêverais de faire ça. Après, pas tout seul parce que je ne m'estime pas assez compétent. Il faut énormément de préparation. Il faut connaître l'environnement. Il faut quand même être aguerri à ça. Aujourd'hui, je ne m'estime pas assez aguerri pour pouvoir partir en solo sur ce genre d'environnement hyper hostile. Mais oui, faire ça, j'en ferai, c'est sûr. Je ne sais pas quand et où encore. J'ai plein de projets, mais je n'aurai sûrement pas assez le temps. La Namibie, c'était prévu. La Guyane, je rêve d'y retourner. Je suis quasi sûr que je vais retourner. Le Coréenland, bien sûr. Traverser de l'Islande, j'aimerais bien faire aussi. Il y a plein de trucs. Dans les projets perso de voyage, après dans les projets plus de l'association, il y a les stages. Effectivement, on va continuer à en faire. On va essayer de trouver des nouveaux lieux, des trucs vraiment sympas pour que les gens découvrent des moments incroyables qui vont marquer leur vie. C'est vraiment le but du jeu. Et puis après, il y a plein de choses pour moi sur l'aspect sportif. Donc, plus dans l'encadrement maintenant, je pense.
Loïc Oui.
Christophe Parce que je continuerai à faire des trucs pour me challenger, mais de plus en plus, je m'intéresse à encadrer, aider, coacher, organiser. C'est vraiment le truc qui m'intéresse. Et aider justement toutes ces personnes qui veulent tenter des choses, de les pousser, de les aider à le faire. Génial.
Loïc Génial. Et par curiosité, dans quelle mesure est-ce que, le Covid, etc. a impacté les Spartans, comme tu parles d'aider d'organiser ?
Christophe Alors, sur les courses d'obstacles, Spartans, ça a clairement impacté les courses, puisque c'est comme des courses où il y a beaucoup de coureurs. On est en plusieurs milliers de coureurs sur des week-ends. Donc, ça a été stoupé clair et net l'année dernière. Donc, il n'y a pas de course quasiment en 2020. Ça va reprendre en France à partir de août, à Morzine, normalement. Ok. Là, ce week-end, il y a Andorre. Donc, ça reprend tout doucement. Les gros événements, de toute façon, ont été impactés. Après, les choses que, comme nous, on fait sur des bootcamps, où on a 100, 150 stagiaires, c'est gérable. Ça peut rester gérable. On a dû décaler des dates, mais globalement, on a réussi à maintenir, dans des conditions, en respectant des protocoles stricts, on a réussi à maintenir nos événements. Donc là, ça va repartir, puisque ça a l'air de s'assouplir. Donc, ça va repartir et j'espère que ça va durer dans le temps, parce que maintenant, ce qu'on peut être sûr, c'est qu'on peut être sûr de rien. Donc, il faut savoir s'adapter. Mais j'espère que ça va reprendre parce que ça manque. Oui, ça manque.
Loïc Excellent. On croise les doigts, en tout cas. Super. Écoute, par rapport à tout ce sur quoi on a échangé, qu'est-ce que tu aimerais partager, toi, comme message, peut-être pour conclure, boucler la boucle sur ton expérience, mais aussi ce que tu vois avec tous les participants, les stagiaires que tu as pu accompagner ? Ce serait quoi, toi, le message de l'expérience que tu aurais envie de partager ?
Christophe En fait, le gros message qui me concerne également, c'est de ne vous poser pas de questions. Faites les choses. Il y a un truc qui vous tente, faites-le. Clairement, la plupart des gens ont le potentiel, ont le plus de potentiel qu'ils l'imaginent, sont plus intelligents qu'ils ne l'imaginent. Donc, il ne faut pas se poser de questions. Faites-vous plaisir. Il y a un truc qui vous tente, faites-le. On n'a qu'une vie. Donc, foncez, profitez, testez, et vous verrez que vous allez vous surprendre, c'est sûr. Mais c'est certain. Donc, le message, c'est profitez, profitez, profitez, et lancez-vous. N'ayez pas peur. Vous êtes aussi capables que les autres. Il n'y a pas de problème. Très beau message.
Loïc La vie est courte. Faites-vous confiance. Je crois que c'est Mike Horn qui disait qu'on a en moyenne 30 000 jours à vivre. Donc, c'est vrai que dit comme ça, ça ne fait quand même pas beaucoup. C'est vrai. C'est vrai. C'est vrai. C'est vrai. Écoute, franchement, Christophe, un grand, grand merci pour ce beau moment de partage. Je repars, moi, avec quand même la ferme intention de regarder exactement quand il y aura des courses.
Christophe Je pense qu'il faut que tu arrêtes de te poser des questions et que tu viennes.
Loïc Voilà. Bon, du coup, tu vois, tu m'as eu sur la fin. Mais, franchement, un grand, grand merci. C'était juste super de voir, déjà, d'une part, encore une fois, ton parcours. Comment est-ce que toi, tu es rentré dans l'univers et comment est-ce que tu as de participant, tu es devenu contributeur et que tu entraînes aujourd'hui d'autres personnes avec toi. Donc, c'est juste hyper inspirant, juste génial. Et, bah, ouais, encore une fois, merci pour ton temps. Tu as dispo et on va regarder ce qui se passe pour les Spartans dans les mois à venir.
Christophe Il faut regarder, voilà, suivez les Spartans. Et puis, suivez l'association, la CISC-TIM, pour les blessés de guerre. Voilà, on organise plein de trucs. Vous allez voir, il y a du gros, gros, gros event qui arrive. Donc, lancez-vous, venez nous voir, testez-vous. Et, voilà, ça sera que du kiff. Et, bah, en tout cas, merci Loïc de m'avoir reçu. Franchement, c'est super sympa. Et puis, voilà, bah, pourquoi pas un de ces quatre sur un event.
Loïc Ouais, ou un stage pour la fameuse sardine.
Christophe C'est ça. Voilà, voilà, voilà. Je te donnerais bien un stagiaire et moi un instructeur, ça serait... Excellent. Bah, merci Christophe. Bonne continuation, du coup. Merci à toi. Allez, ciao. Ciao. Ciao. Ciao. Ciao. Ciao. Sous-titrage ST' 501
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