Alexia Comment est-ce que tu es en train de faire ? Une fois que je suis dans la course, j'arrive de mieux en mieux, mais ça a été un gros travail à faire. C'est vraiment à penser à moi et à ma navigation et ne pas être focus sur les autres et du coup ne plus penser à mes sensations. C'est vraiment moi, mes sensations, ma vitesse pour être la plus efficace.
Invité 1 Salut Alexa ! Salut ! Bienvenue sur le podcast Des Frappés. Je suis très heureux de t'accueillir aujourd'hui. Je voulais déjà te remercier d'avoir pris le temps pour qu'on puisse échanger puisque tu as une fin de saison, tu vas nous en dire plus, mais une fin de saison qui s'enchaîne sur les chapeaux de roue. Merci beaucoup d'avoir trouvé le temps pour cette conversation.
Alexia Merci à toi de m'avoir invitée.
Invité 1 Avec grand plaisir. Je te laisse peut-être commencer par te présenter, nous dire un petit peu qui tu es, quel est ton parcours et ton palmarès.
Alexia Oui, je m'appelle Alexa Fanceli. Moi, je fais du kitesurf à haut niveau et plus précisément du kitefoil. C'est du coup, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un sport nautique avec le cerf-volant et une planche qu'on utilise sur l'eau. Et donc, plus particulièrement, moi, c'est une planche avec un mât dessous qui va nous permettre de décoller et de voler à peu près un mètre au-dessus de l'eau. Donc, voilà, ça fait... Depuis 2014, je fais de la compétition et depuis 2015, je suis sportive de haut niveau et je suis dans l'équipe de France de kitesurf. J'ai fait plusieurs résultats en France. Ça fait quatre ans que je suis championne de France et à l'international, mes meilleurs résultats ont été une troisième place au championnat du monde en 2018 et une deuxième place au championnat d'Europe également en 2018. Voilà.
Invité 1 Waouh ! Gros palmarès, du coup ! Sachant qu'en plus de ça, tu es aussi encore étudiante, si je ne me trompe pas. Tu suis une formation à Marseille ?
Alexia Alors, non, je ne suis plus étudiante depuis quelques temps. Oui, oui, oui. Je travaille depuis quatre ans en tant que monitrice et entraîneur de kitesurf.
Loïc Ok.
Alexia Donc, je suis à Yer, basée à Yer. L'école s'appelle le Spot Kate Inter. Donc, voilà, j'ai un travail à côté et de l'autre côté, je mène ma vie de sportive de haut niveau.
Invité 1 Yer, l'Allemannart. On en parlait avec Alex Kézer qui a été un des invités aussi sur le podcast. Et d'ailleurs, peut-être que tu pourras nous confirmer ça parce que je viens de pas très, très loin de Yer. Donc, il y a un peu de chauvinisme. Mais il me disait que ça souffle beaucoup plus fort à Port-Camargue qu'à Yer. C'est vrai, ça ?
Alexia Alors, ça souffle plus fort, mais je pense qu'au niveau des jours de vent, on a beaucoup plus de jours de vent qu'eux.
Invité 1 Bon, tant mieux. On a ça, on a quelque chose. Top ! Alors, peut-être qu'on peut commencer par les débuts. Qu'est-ce qui t'a intéressé dans le kite et peut-être plus précisément dans le kite foil ? Et voilà, quelles émotions est-ce que tu es allé chercher ? Qu'est-ce qui fait que tu t'es retrouvée assez jeune au final en haut niveau ?
Alexia Moi, j'ai débuté le kite en 2008. C'est mon père qui en faisait déjà, qui m'a initiée. Et donc, c'était super de pratiquer cette activité de plein air avec lui. Donc, au début, j'étais sur une planche normale, un 20, puis un surf. Et en 2012, j'ai découvert le foil avec une nouvelle sensation, une sensation de voler un peu au-dessus de l'eau. Et en fait, il n'y a plus aucune adhérence de la planche et on peut faire des distances assez longues en peu de temps. Et du coup, on peut se balader pendant des heures, on va dire. Peut-être pas des heures, mais pendant une heure, deux heures facilement à faire plusieurs kilomètres. Et donc, c'est ça qui m'a plu, un sentiment de liberté. Voilà.
Invité 1 Ok. Et en termes de vitesse, tu vas beaucoup plus vite avec le foil ?
Alexia Alors, ça dépend des conditions de vent. Mais on va dire que dans du vent léger, on peut atteindre vraiment des grosses vitesses en foil. Par exemple, pour une dizaine de nœuds de vent, donc environ 20-25 kilomètres heure de vent, on peut atteindre du 25-28 nœuds. Donc, on est sur du 50 kilomètres heure.
Invité 1 Oui, quand même. Ok.
Alexia Oui.
Invité 1 Ok. Donc, c'est plutôt l'aspect vitesse et liberté qui fait que tu as accroché assez rapidement, si j'ai bien compris.
Alexia Exactement.
Invité 1 Et le haut niveau, du coup, comment… C'est naturellement, du coup, que ça a évolué sur de très bons résultats pour toi et puis l'équipe de France ?
Alexia Écoute, en 2013, j'ai pris une année, on va dire, off. J'avais eu mon diplôme en poche et je ne savais pas trop quoi faire. Du coup, voilà, j'avais un peu de temps libre et c'est un pote à moi qui m'a amenée sur ma première compétition et j'ai accroché. Et de là, j'ai commencé à faire un petit résultat, puis un autre et j'étais de suite bien classée pour mon niveau. Et au fur et à mesure, ça s'est enchaîné. Puis, compétition à l'international. J'ai été repérée par Ariane Imbert, qui est l'entraîneur actuel de l'équipe de France de Feuille. Et ça s'est assez vite enchaîné avec des résultats à l'international.
Invité 1 Et tu penses que c'est quoi qui a fait la différence pour toi dès le début comme ça ?
Alexia Bonne question. Bonne question. Je pense que c'était un sport nouveau. Au début, il y avait quelques filles et du coup, l'engouement était là. Et ça a été aussi l'envie de participer au développement d'un nouveau sport qui a fait que ça m'a lancée. Et j'étais assez sportive dès le départ. Donc, j'ai fait des résultats assez tôt.
Invité 1 Cool. Est-ce que tu peux peut-être nous en dire un peu plus sur le format des compétitions ? Comment ça se présente ? Vous êtes combien ? On parle de quelle durée ? C'est quoi les grosses difficultés sur des compétitions que vous avez à gérer ?
Alexia Alors, depuis quelques années, on avait un format qui va évoluer avec le quai qui rentre aux Jeux Olympiques en 2024. Parce que l'entrée aux Jeux Olympiques fait qu'il y aura une médaille. Donc, on va passer sur un sport qui est assez individuel, qu'on va pratiquer à deux. Parce qu'aux Jeux Olympiques, on aura un parcours en relais mixte. C'est-à-dire qu'un homme et une femme vont faire un couple. Et donc, c'est ce couple qui va représenter la France ou un autre pays en 2024. Alors qu'avant, on était en individuel. Donc, moi, je courais toute seule. Et en 2024, on va courir à deux. Donc, le parcours, c'est une ligne de départ comme une régate de bateau en fait. Ligne de départ avec un parcours, avec une bouée qui est mouillée au vent. Et donc, ça ressemble à un triangle. On prend le départ, on va virer la bouée qui est au vent, on redescend. En général, c'est deux tours. Et donc là, avec cette histoire de format mix, tu as toujours le départ. Sauf que là, c'est soit le garçon, soit la fille qui prend le départ.
Invité 1 Peu importe, c'est chaque équipe qui choisit ?
Alexia Alors, ça dépend. Là, sur les dernières compétitions qu'on a eues, pendant les journées de qualification, ensuite, on a deux jours, ils appellent ça Gold Series. Donc, tu as des poules en fait qui sont faits par rapport à ton classement sur les deux premiers jours. Donc là, c'est le directeur de course qui choisit en affichant le drapeau qui représente les garçons ou les filles. Et ensuite, sur vraiment le dernier départ où c'est les quatre meilleurs couples qui jouent pour le podium, là, c'est au choix.
Invité 1 D'accord.
Alexia C'est intéressant ça. Donc, c'est stratégique quand même. Ouais, il y a un peu de stratégie.
Invité 1 Ouais. Ok. Et une épreuve, enfin une épreuve, on va dire un run, ça dure combien de temps ? Entre le moment où tu montes sur ton kite et où tu descends et tu passes le relais ?
Alexia Ben là, au niveau des relais, sur le championnat d'Europe, donc le dernier essai qu'on a eu il n'y a même pas un mois, on était sur environ trois minutes de rail de chacun. Donc, c'est super court.
Loïc Ah ouais, c'est hyper rapide.
Alexia C'est super court, ça ne laisse pas le droit à l'erreur. Donc voilà, on espère que pour les prochains événements, ce sera un peu plus grand. Parce qu'on reste un peu sur notre faim au final.
Invité 1 Il y a une distance déjà, comme ça devient un sport olympique, j'imagine que c'est hyper structuré.
Alexia Exactement. Ben là, la bouée au vent, elle était à un peu moins d'un mille. Ensuite, on était sur un lac et du coup, avec beaucoup de profondeur, ils ne pouvaient pas mouiller les bouées où ils voulaient. Donc, peut-être que cette difficulté a fait qu'on a eu un parcours réduit. Donc, on verra sur les autres lieux de compétition. Normalement, c'est un peu plus long quand même.
Invité 1 Ouais. Enfin, j'imagine que ce n'est quand même pas dix minutes. Quand tu dis que c'est un peu plus long, c'est dans quelle proportion ?
Alexia Ben, on est au moins à six minutes. Alors là, du coup, ce qui était très court, c'est qu'on fait seulement un tour chacun et on passe le relais. Donc, le cumulé fait qu'on tourne à cinq, six minutes environ. Et normalement, sur un parcours type normal où on est individuel, on court, alors ça dépend des niveaux, mais entre dix et dix-huit minutes. D'accord. Donc, c'est quasiment le double.
Invité 1 Ouais.
Alexia Voilà.
Invité 1 Waouh. OK. Alors, si on rentre dans le vif du sujet, du coup, tout ce qui touche à la préparation mentale et la préparation en général, comment tu fais pour… par quelles étapes est-ce que tu passes, toi, Alexia, pour te préparer mentalement quand tu sais que tu n'as que trois minutes pour faire la différence ?
Alexia Ben, du coup, je suis civile depuis quelques années par un préparateur mental.
Loïc Ah. Ouais.
Alexia Ouais. Donc, ça, c'est un avantage. Ça permet de se préparer. Ensuite, je dois t'avouer que les championnats d'Europe, c'était une première et que, du coup, je ne m'attendais pas à ce que ce soit si court. Donc, ensuite, une fois qu'on est sur l'eau, enfin, moi, personnellement, une fois que j'arrive sur l'eau, je teste le parcours. J'essaie de voir s'il y a des avantages à partir sur un plan d'eau à droite ou à gauche ou à rester plutôt centré. On essaie de voir par rapport à la météo aussi. Et puis, quand le départ se lance, j'arrive à me mettre dedans dès le départ et ça joue.
Invité 1 Et quand tu dis te mettre dedans, il se passe quoi exactement ? T'es concentrée sur des éléments techniques, comment tu manipules ta voile ou est-ce que tu penses que tu laisses place complètement en réflexe au naturel ou ça se présente comment pour toi ?
Alexia Donc, dès le départ, il va y avoir le positionnement qui va être important par rapport aux autres filles. Donc, par rapport à ça, on essaie de s'imposer. Donc, chaque fille essaie de s'imposer, de faire sa place. Et ensuite, une fois que je suis dans la course, alors j'arrive de mieux en mieux, mais ça a été un gros travail à faire. C'est vraiment à penser à moi et à ma navigation et pas être focus sur les autres et du coup, ne plus penser à mes sensations. C'est vraiment moi, mes sensations, ma vitesse pour être la plus efficace possible parce que je me suis rendu compte que quand je regardais un peu trop ce qui se passait autour de moi, j'allais un peu moins bien.
Invité 1 C'est intéressant ça. Et tu l'as fait comment ? Comment tu l'as eu ce déclic, ce changement d'état d'esprit ? C'est grâce à ton coach ou l'expérience ou un mix des deux ?
Alexia Un peu des deux, un peu des deux, oui.
Invité 1 Et avec le travail avec le coach, tu peux nous en dire plus ? Qu'est-ce qu'il a mis en place pour t'aider du coup à opérer entre autres ce changement ?
Alexia On essaie de faire pas mal de visualisation, d'enlever les aspects négatifs en navigation, de penser que du positif à ce qu'on a envie de faire, enfin à ce que j'ai envie de faire du coup. Et puis, c'est un travail sur le long terme qui a apporté ses fruits. Pas mal de visualisation et de penser à ce que je veux.
Invité 1 Et ça, c'est un exercice que tu fais pour des échéances à plus long terme, comme les jeux notamment ?
Alexia Alors, je dois t'avouer que je pense… Enfin, c'est pas si loin que ça, mais c'est encore assez éloigné. Et donc là, avec toutes les échéances qu'on a eues en peu de temps, non, je pensais pas aux jeux en la psychique pour l'instant.
Invité 1 Ouais.
Alexia Ouais.
Invité 1 T'as déjà une idée de comment tu vas commencer à préparer tout ça, enfin à organiser toute cette phase de préparation pour les jeux justement ?
Alexia Bah, c'est difficile à mettre en place vu que je travaille à côté. Là, j'ai déjà prévu un gros entraînement physique hivernal. Donc, pour commencer à être en forme. Et ensuite, ça va se construire au fur et à mesure avec les prochains événements qui auront lieu l'année prochaine. le but, ça va être d'être au maximum de ma forme, au meilleur de ma forme en 2023.
Invité 1 Et ça, vous avez une sorte de feuille de route avec la FED qui vous aide pour tout préparer ou vous êtes relativement autonome ?
Alexia Non, on est assez autonome. Là, il n'y a rien qui est… Enfin, on n'a pas de feuille de route.
Invité 1 Ok. Cool. C'est intéressant de voir l'impact du coup de toute la partie préparation mentale et comment tu en as tiré des enseignements pour modifier la façon dont tu gères tes cours. C'est intéressant.
Alexia Oui.
Invité 1 Si on reste sur la partie gestion mentale et préparation, est-ce que tu as déjà eu à faire face à une situation soit de blessure, soit vraiment de grosses galères imprévues du genre, je ne sais pas si ça peut arriver, mais ton foil se casse ou ce genre de choses ?
Alexia Bonne question.
Invité 1 Je les enchaîne.
Alexia Alors, au niveau de la casse, ça m'est arrivé de casser des bridages dans un emmêlage, mais du coup, tu rentres au bord assez rapidement et tu changes d'aile. Mais encore, je touche du bois parce que je n'ai encore jamais cassé mon feuille, donc ça, c'est déjà pas mal. Sinon, grosse galère…
Invité 1 Sachant, pardon, Alexia, mais sur les pépins techniques que tu évoquais, ta course, elle est finie si tu arrives à un truc comme ça, j'imagine ?
Alexia Alors, il va y avoir plusieurs cas. Il va y avoir le cas où c'est à cause de quelqu'un que tu as de la casse matérielle, c'est-à-dire qu'il y a quelqu'un qui t'a coupé une priorité, puisque du coup, c'est comme… Enfin, pour que ça se passe bien en regga, il y a des règles, c'est comme les règles de la route, le code. C'est-à-dire que tu as des priorités, des trucs comme ça. Donc, si quelqu'un t'a grillé une priorité et donc que c'est de sa faute, tu as beau avoir loupé ta course ou peut-être une course après, tu vas pouvoir, si tu arrives à bien te défendre, récupérer ses courses, donc être classé. Donc, dans ce cas-là, tu perds, mais tu peux avoir le temps de changer de matériel parce que tu as du matériel en double ou bien prendre une voile plus petite ou plus grande que tu as déjà enregistrée.
Invité 1 Ce qui n'est pas super optimal, si je ne me trompe pas.
Alexia Non, ce n'est pas optimal du tout. Ça dépend des conditions, mais disons que s'il y a 8 nœuds de vent et que ta plus grosse voile est morte et que tu dois prendre une plus petite, là, c'est la galère. Mais ensuite, si tu es sûr d'avoir eu la priorité, tu peux te faire reclasser sur toutes les manches du jour. Donc, ça, c'est cool. Ça permet, malgré qu'il y ait des imprévus comme ça ou de la casse, ça permet de toujours rester dans la course. Donc, ça, c'est top. Ensuite, si c'est toi qui es fautif et que tu as cassé ton matériel, là, c'est tout pour toi.
Loïc Oui, là, c'est pour ta paume.
Alexia Exactement. Donc, tu as le matos qui est cassé et puis en plus, tu as toutes tes manches qui sautent. Donc, il vaut mieux essayer d'éviter les problèmes, les emmélages.
Invité 1 Oui, clairement. Et du côté des blessures, j'espère pas que je ne te le souhaite pas du tout, mais c'est toujours intéressant de voir comment les sportifs, surtout de haut niveau, gèrent ce genre de, j'allais dire d'imprévu, mais ça arrive quand même, c'est quand même commun dans le sport de haut niveau. Donc, je me demande si tu as déjà eu à affronter ce genre de situation.
Alexia Oui, j'ai déjà eu entorse à la cheville. Entorse à la cheville, c'était il y a trois ans. C'était entre deux compètes, mais bon, j'ai eu de la chance, c'était assez éloigné au niveau des événements. Donc, j'ai eu le temps de m'en remettre. Mais psychologiquement, ça a été assez dur. J'ai chuté en fait sur un jib, donc sur un changement de bord où le pied, il est resté dans la planche. Et psychologiquement, j'ai eu un petit peu du mal à réengager ce changement de bord de ce côté-là pendant un petit moment. Enfin, donc, j'y allais, mais doucement. Donc, ça s'est joué pas mal sur de la visualisation pour arriver à passer ça. Mais ça va, c'était une petite blessure. Et puis, l'hiver dernier, en fin de saison, il n'y avait plus aucun événement et tout sur une session où je me suis amusée. Je suis venue impacter ma jambe gauche sur le sable. Et en fait, il y avait un peu d'eau, donc ça a retenu la chute. Et en fait, j'ai eu un œdème dans le plateau tibial externe. Donc, c'était à l'intérieur de l'os. J'avais un œdème dans l'os. Et du coup, ça, ça a mis trois mois et demi avant de se soigner. Donc, toute la préparation hivernale a été arrêtée. Et donc, ça a été assez long. Ça a été un gros break, disons. Mais ça va, là, je suis remise depuis le début de la saison. Je suis remise et je n'ai plus eu aucune douleur dans ce genou. Mais ça a été assez long.
Invité 1 Et ça, comment tu l'as géré ? Parce que voir trois mois de préparation partir en fumée sur une blessure, j'imagine que c'est un coup dur quand même.
Alexia Ça a été assez dur. Je partais juste en vacances à ce moment-là. Donc, moi, j'ai fait les vacances au soleil en béquille. Je n'ai pas pu m'entraîner. Mais bon, ce n'est pas grave. Beaucoup de kiné. Donc, j'ai eu un mois de béquille. Et en fait, direct après l'accident, une semaine après, j'étais en kiné. Donc, ce qui est cool, c'est que je n'ai pas perdu beaucoup au niveau de la musculature. Donc, une fois que j'ai fait trois mois et demi de kiné. Et donc, c'est le kiné et le médecin qui m'ont autorisé à reprendre le kite. Mais donc, l'avantage, c'est que je n'ai pas perdu en musculature et j'ai été de suite prise en charge. Donc, ça, c'est bien passé. Et après, à côté, ça a été de la visualisation pour la partie sur l'eau. Mais bon, ça va, c'est pas... Pardon, j'ai eu l'accident durant la période hivernale. Donc, c'est le moment où on passe un peu plus de temps en salle, un petit peu moins sur l'eau parce qu'il fait froid. Les sessions sont un peu plus courtes. Donc, j'ai perdu du temps. Il y a eu un moment sans naviguer. Mais ça n'a pas été non plus dramatique pour mon sport.
Invité 1 Et par curiosité, c'est moins traumatisant le kite folle que le kite classique ?
Alexia Oui, complètement.
Invité 1 Pour les musculairement, je veux dire.
Alexia En fait, tu vas avoir beaucoup moins d'impact. Ensuite, tu risques de te faire mal sur une chute. Les chutes, quand tu vas perdre, l'équilibre risque de faire plus mal parce qu'en soi, on atteint des vitesses assez élevées. Et on peut avoir, comme je disais, un pied qui reste coincé dans le strap ou quoi. Mais maintenant, on arrive quand même à s'éjecter assez rapidement. Moi, personnellement, j'arrive à tomber d'une certaine façon où je me fais un peu moins mal. Ensuite, mon ostéopathe, il me voit quelques fois dans l'année. Mais sinon, ça va.
Invité 1 Oui, tu as la carte VIP chez le kiné.
Alexia C'est ça. Mais bon, ça, ça va. C'est beaucoup moins traumatisant. En discipline freestyle, à chaque réception de saut, ils vont venir impacter au niveau des genoux. Il va y avoir des blessures au niveau des épaules, genoux. Un peu moins les chevilles parce que maintenant, ils ont les pieds accrochés à leur board avec des boots. Mais par contre, au niveau du traumatisme, il n'y a rien à voir entre un freestyler et nous, les foilers.
Invité 1 Oui. Oui. Bon, quelque part, c'est une bonne nouvelle en termes de longévité. C'est ça. Alors, la prochaine question que j'ai envie de te poser, c'est par rapport à la… Tu disais tout à l'heure que c'était un sport, le kite foil, c'est un… Enfin, le kite d'ailleurs en général, mais peut-être de ce que j'ai compris encore plus, le kite foil, c'est une discipline assez neuve, assez nouvelle. À quoi ça ressemble du coup du côté de l'équipe de France ? Vous avez déjà une organisation bien en place ? Parce que je crois que vous dépendez, si je ne me trompe pas, de la Fédération Française de Voile. Mais ça ressemble à quoi du coup en termes de dynamique ? Vous avez quand même des stages, vous êtes relativement nombreuses ?
Alexia Alors, donc, il y a eu une évolution cette année parce que… Donc, on avait déjà l'équipe de France l'année dernière et les années précédentes, équipes de France. Il y avait l'équipe relève et ensuite, les personnes qui étaient en pôle espoir. Donc ça, c'était les années précédentes. Cette année, il y a eu l'annonce des Jeux Olympiques en 2024. Pardon. Il y a eu l'annonce cette année en 2020 ou fin 2019 que le Cahit Foy ferait son entrée aux Jeux Olympiques en 2024. Donc, il y a eu une accélération du système du coup pour le Cahit Foy. Ce qui s'est passé cette année… Donc, au niveau international, les garçons, on a un très, très gros niveau chez les garçons. On a les quatre membres de l'équipe de France qui font partie du top 8 mondial.
Loïc Ah oui, d'accord, 50%.
Alexia Oui, ça, c'est énorme. Et encore cette année, au championnat d'Europe individuel, on a les Français qui se classent premier, deuxième, quatrième et un dernier Français qui a dominé tout l'événement mais qui s'est planté sur le dernier jour, qui finit dixième. Mais sinon, ils auraient pu faire des quatre classes quatre Français.
Loïc Wow.
Alexia Donc, oui, c'est assez bien à ce niveau-là. Et par contre, au niveau des filles, moi, j'ai fait sixième cette année au championnat d'Europe. Le niveau à l'étranger a énormément augmenté. Et ensuite, les autres filles, elles se classent huitième, douzième et ensuite un peu plus loin. Donc, il y a quand même une forte progression chez les filles possibles. Du coup, depuis cette année, il y a un programme qui s'est monté. C'est le programme Elle de Kite. Ça a commencé l'année dernière avec de la détection. Et depuis cette année, ça regroupe les filles en équipe de France, relève, pôle espoir et a fort potentiel pour les Jeux olympiques. Et du coup, on a une à deux semaines de stage d'entraînement par mois. Alors, quand je dis deux semaines, c'est quatre à cinq jours. Quatre à cinq jours, deux fois par mois d'entraînement.
Invité 1 C'est énorme.
Alexia Voilà. Oui, c'est énorme. Ça a été un accélérateur après le confinement. Après le confinement, on a eu quatre, cinq stages d'affilée. Donc, à chaque fois, entre trois et cinq jours, on n'a pas eu souvent. Ça a été plutôt entre trois et quatre jours en fonction des conditions de vent et puis de la possibilité aussi d'y aller au stage. Parce qu'à côté, moi, je travaille. Donc, il faut se rendre disponible aussi.
Invité 1 Oui, c'est ça.
Alexia Et donc, ça a été un gros accélérateur après le confinement. Et du coup, moi, après ma blessure. Parce que du coup, je n'ai pas beaucoup navigué entre ma blessure et le confinement cet hiver. Mais donc ça, c'était top. Ça a été un gros accélérateur. Et en plus, des stages équipe de France et relève. Parce que moi, du coup, je suis en équipe de France.
Invité 1 Oui. Et vous travaillez quoi sur ces stages ? Du coup, c'est vraiment de la technique ? C'est de la préparation physique ? C'est un peu de tout ?
Alexia Alors, ça va être plus sur l'eau que préparation physique en soi. La préparation physique, on la fait à côté. Ça va être plutôt des stages sur l'eau. Ou là, ça va être des points techniques, de la tactique, de la stratégie. Pardon ? Donc, avec briefing, débriefing. Parti en salle des fois pour parler un peu plus de météo. C'est assez large.
Loïc D'accord. C'est intéressant.
Alexia Oui. Météo, stratégie, règles de course. C'est vraiment assez varié. Ensuite, sur l'eau, ça va être des courses avec différents parcours, des départs, des points techniques comme les virements, les jibes. Enfin, un peu de tout. C'est assez varié. Ça dépend des stages. Il y a des thèmes des fois. Des fois, il n'y a pas de thème. Ça dépend.
Invité 1 OK.
Alexia De plus en plus, c'est de faire des stages à thème.
Invité 1 OK. Et toi, si tu regardes cette équipe de France, tu dirais que c'est quoi que tu apportes de différent ? Tu as le… Comment on dit ? La patte, Fanceli, ce serait quoi ?
Alexia Que j'apporte à l'équipe de France. Oui.
Invité 1 Ou que tu vois que tu apportes toi de… Enfin, ou en tout cas que tu vois chez toi de particulièrement fort peut-être par rapport aux autres membres de l'équipe de France. Parce que j'imagine que vous avez chacune peut-être un peu vos spécialités quelque part.
Alexia Du coup, en équipe de France, je suis la seule fille. J'ai été ces dernières années la seule fille sélectionnée. Donc, on va dire que pour l'équipe de France, j'apporte ma touche féminine. Parce que là, du coup, je ne suis qu'avec les garçons. Et par contre, au niveau du stage Eldekite, où là, du coup, on n'est que les féminines. Et de temps en temps, les garçons se rajoutent à nous. Donc là, je vais plutôt apporter mon expérience. Alors, il y a des filles qui courent depuis un moment. Mais il y en a qui sont un peu plus jeunes aussi.
Invité 1 C'est intéressant que tu sois la seule sélectionnée. Depuis quelques années, tu dis.
Alexia Du coup, au niveau de la FF Voile, ça fait deux ans. C'est la troisième année que c'est la FF de Voile qui nous fédère. Parce qu'avant, on était sur la FF de Voile libre. Et donc, en tout cas, ces deux dernières années, j'ai été la seule française sélectionnée en équipe de France par rapport aux résultats internationaux.
Invité 1 Excellent. Et comment tu gères ça par curiosité dans ta vie de tous les jours ? Parce que tu disais, tu as un job à côté. C'est justement un sport qui est relativement neuf. Bon, après, tu vis ailleurs. Donc, j'imagine qu'ailleurs, c'est quand même relativement connu comme sport. Mais tu as vu une évolution, du coup, dans, je ne sais pas, les gens que tu fréquentes, le regard du public sur ton sport, au fur et à mesure qu'il prend de l'ampleur. Et maintenant qu'il est officiellement un sport olympique ?
Alexia Non, je dois t'avouer que je n'ai pas trop vu d'évolution par rapport aux gens en soi. En tout cas, moi, quand je vais naviguer sur la plage, il y a mes bandes de copains, on va dire, parce que j'ai ma bande de foils. J'ai mes amis ensuite qui font du strapless ou du swing tip à côté. Donc, je connais pas mal de monde. Et pour ça, il n'y a jamais eu de tabou ou quoi par rapport au fait que je fais des résultats. Mais c'est un peu pareil pour les garçons qui sont à haut niveau. Je pense qu'on est assez facile d'accès. Enfin, il n'y a pas de problème par rapport à ça.
Invité 1 Oui.
Alexia C'est une grande famille, le kite.
Invité 1 Oui, c'est un peu… Je n'ai pas du tout connu cette époque, mais j'ai l'impression que c'est un peu le même état d'esprit que peut-être la planche au tout début. Cool, accessible, population relativement jeune. J'ai l'impression. Parce que toi, tu es jeune, mais je crois que les garçons, c'est un peu pareil dans l'équipe.
Alexia Alors, dans l'équipe, oui. Je suis la plus vieille. Ah oui ? Oui. Ben, j'ai 27 ans. Plus pour longtemps, parce que dans un moment, c'est mon anniversaire. Mais oui, non, je suis la plus vieille. Ensuite, les gars, ils ont entre 22 et 25, je crois. 26. Ah oui, d'accord. Oui, Maxime, il a 26, je crois.
Invité 1 Ok. C'est intéressant. C'est quoi la durée de vie, on va dire, en haut niveau sur lequel, après la discipline est toute neuve, mais plutôt, toi, comment tu te projettes ? C'est quelque chose que tu envisages, j'imagine qu'à moyen terme, oui, puisqu'il y a les Jeux, mais tu commences déjà à réfléchir en quoi pourrait se transformer ta carrière actuelle sportive de haut niveau ?
Alexia Écoute, je ne sais pas trop. C'est vrai que l'objectif principal, c'est les Jeux olympiques en 2024. Vraiment, c'est ça. Mon but, c'est d'être sélectionné. Donc là, pour l'instant, c'est mon objectif et puis on verra après. Sachant que les Jeux, ils vont… Alors, la sélection se fera en 2023. Donc, si jamais en 2023, je ne suis pas sélectionnée, écoute, je vais te dire que je verrai à ce moment-là pour l'instant.
Invité 1 Non, mais il n'y a pas de raison. Avec la bonne préparation mentale que tu fais, ça va passer.
Alexia J'espère, on verra. En tout cas, là, les filles, elles poussent de plus en plus. Et oui, ce n'est pas facile, mais bon, il y a encore deux ans, trois ans pour être au top.
Invité 1 C'est ça que je trouve fou parce que tu n'es pas la première avec qui j'échange sur la préparation pour les Jeux. Et ce que je trouve fou, ma grosse question, c'est comment est-ce que vous arrivez à faire ça ? Comment toi, tu arrives à garder cette détermination pour un objectif qui est dans quatre ans ? Tu penses sur chaque run à l'entraînement, sur chaque régate ? Comment tu gères la motivation pour que ça dure autant à long terme ?
Alexia Comme je disais tout à l'heure, pour l'instant, je n'y pense pas tant que ça. C'est plutôt, je pense à la compètre qui va avoir lieu demain et puis ensuite, la semaine prochaine, ça va être le championnat de France et puis au fur et à mesure, et voilà. Enfin, ça me plaît, je suis passionnée par ma discipline et les compétitions, ça me plaît. Concourir, ça me plaît. Donc voilà, ça se fait un peu naturellement, on va dire. Comme ça vient en feeling, oui. Ensuite, c'est vrai qu'on est un sport jeune, assez fun. Donc, je ne sais pas vraiment comment ça se passe dans d'autres disciplines où là, tout est pesé au niveau de l'alimentation, du nombre d'heures de préparation physique par semaine, du nombre d'heures d'entraînement sur l'eau. Enfin là, pour l'instant, je dis, je suis en train, enfin, j'ai ma vie professionnelle et ma vie sportive à côté. Donc, je fais au mieux que... Enfin, je donne mon maximum sur les deux domaines et puis, pour l'instant, ça passe. Donc, j'espère avoir des facilités dans les années à venir avec ma fédération ou d'autres sponsors pour pouvoir me consacrer encore plus à ma vie sportive et pour que ça devienne vraiment, on va dire, ma profession comme certains, comme d'autres sportives de haut niveau actuel pour vraiment me consacrer qu'à ça et du coup, à cette préparation olympique.
Invité 1 Et ça donne quoi du coup actuellement en termes de sponsoring ? Les JO, ça représente quel investissement ? Et la réalité dans ta discipline en France, c'est quoi ? C'est compliqué de trouver du sponsoring ou comment ça fonctionne ?
Alexia Ouais, du coup... Alors... Plusieurs questions, une question. Ouais. Alors, au niveau du sponsoring matos, donc, t'as les marques qui... T'as quatre grosses marques, on va dire, au niveau des kites, à peu près pareil au niveau des feuilles. Donc, elles sponsorisent les garçons qui font du développement du matériel. Par exemple, en équipe de France, tu as Théo de Ramcourt qui est sponsorisé par la marque Flysurfer et qui développe le matériel et qui teste le matériel.
Loïc Ok.
Alexia Donc, ensuite, tu as Axel Mazella et Nico Paraly qui font exactement la même chose pour Ozone et du coup, qui sont sponsorisés par Ozone. Tu as Benoît Gomez aussi, un Français. Ouais, les Français, ils se font bien positionner, les garçons, qui fait exactement la même chose aussi pour F1. Et donc, lui, c'est un jeune... C'est un jeune qui fait partie de la relève française et qui, je pense, va bien marcher dans les prochaines années. Et au niveau des filles, au niveau des filles, tu vas avoir quelques filles à l'international qui sont connues ou qui sont championnes du monde et qui, du coup, vont être sponsorisées au niveau du matériel. Et après, moi, par exemple, je vais avoir des prix mais à part un prix parce que j'ai un classement IKA, sinon, je ne vais pas avoir de sponsoring au niveau du matériel.
Loïc Ah oui.
Alexia Ensuite, ce qu'il faut, c'est trouver d'autres sponsors à côté. Donc, moi, là, je suis à la recherche de sponsors financiers que je n'ai pas encore trouvé. Mais bon, voilà. Ça va venir, j'espère, avec l'appel des Jeux Olympiques. Avec l'appel des Jeux Olympiques. Et ensuite, c'est trouver d'autres partenaires à côté. Moi, par exemple, au niveau de ma préparation physique, j'ai So Good. C'est un groupement de salles de sport qui me sponsorisent. Donc, ma préparation à l'année, j'ai un préparateur physique qui est d'ailleurs une amie qui fait du kite aussi et qui est préparateur physique dans So Good, du coup, qui suit ma préparation physique et celle de Théo de Ramcourt aussi. J'ai une marque française qui me sponsorise au niveau du néoprène, c'est Soros. Et ensuite, à côté, je suis à la recherche de sponsors financiers pour m'aider dans ma préparation et mon projet olympique. Là, j'ai... En faisant des devis et tout, en chiffrant sur beaucoup d'entraînements, les déplacements, etc., on obtient une facture annuelle aux alentours des 60 000 euros.
Invité 1 Ah ouais, quand même.
Alexia Ouais. Quand tu comptes le matériel qu'il te faut à l'année, enfin, avec double cuivre pour être sûr de ne pas avoir une galère, cuivre d'entraînement, cuivre de compétition, etc. Donc, sur un gros budget, on est autour des 60 000 euros l'année.
Invité 1 Waouh ! Et le poids là-dedans, un foil, ça coûte combien pour avoir une idée, à peu près ?
Alexia Un foil, tu es... Là, par exemple, sur les derniers Lévitas qu'on a achetées, que la fédération, du coup, a acheté pour les filles, on est sur 3008 le foil.
Invité 1 Ah ouais, quand même.
Alexia Sans compter la planche, du coup, et là, tu as un foil.
Invité 1 Ouais. Tu n'as pas un deuxième foil au cas où
Alexia il y a un souci.
Invité 1 C'est un sacré budget, quand même.
Alexia Ouais.
Invité 1 Ok. Bah, écoute, j'espère que le podcast, je te l'avais dit, je ne garantis rien du tout, mais qui sait, peut-être qu'il y aura
Alexia un partenaire potentiel,
Invité 1 mais ouais, ok, c'est un budget. C'est intéressant de voir que... Enfin, intéressant, je ne sais pas si c'est intéressant, mais c'est étonnant de voir qu'il y a un attrait de la part des marques complètement différent pour la discipline chez les hommes et chez les femmes.
Alexia Ben, on était sur un sport individuel au début, c'était les garçons qui faisaient les meilleurs résultats et qui allaient plus vite et qui sont au développement, etc. Ensuite, là, il y a déjà pas mal de personnes sponsorisées, donc je ne sais pas s'ils vont ouvrir encore plus leurs équipes ou pas, mais je ne pense pas. Mais là, l'objectif, enfin, moi, personnellement, l'objectif, c'est vraiment de trouver un sponsor financier pour pouvoir acheter le matériel que je veux et celui qui me correspond le mieux.
Invité 1 Oui. Ok, ben écoute, on va croiser les doigts, faire en sorte que ça arrive rapidement pour que tu puisses t'éclater. top. Alexis, on arrive quasiment déjà à la fin. J'ai peut-être une dernière question pour toi. Tu vas voir, ça va encore être une bonne question. Si tu regardes ton parcours en kite depuis tes débuts, toute l'expérience que tu as acquise et ton palmarès actuel et le potentiel que tu as encore devant toi, qu'est-ce qui a fait la différence selon toi?
Alexia Je pense que c'est l'investissement que j'ai mis dès le départ.
Invité 1 Oui.
Alexia Oui.
Invité 1 Donc, le temps, l'énergie.
Alexia Je pense que c'est l'investissement que j'ai mis dès le départ. Ensuite, d'ailleurs, on l'a vu, dès le départ, j'ai fait des bons résultats. Ensuite, il y avait moins de filles que maintenant. Avec l'affluence des Jeux olympiques, on est beaucoup plus nombreux, ça c'est sûr. Et sur les deux dernières années, où du coup, j'ai bossé à temps plein. Donc, c'était assez dur. Donc, moi, je fais des saisons. Je bosse d'avril à mi-novembre. Ok. Et donc, ces deux dernières années où du coup, j'étais à temps plein et j'ai pu passer beaucoup moins de temps sur l'eau parce que c'est moniteur et entraîneur de kite, c'est quand même un métier assez physique où on gère la sécurité de plusieurs personnes sur l'eau. des fois, dans des conditions de vent assez fortes. C'est pas… Alors, tous les métiers sont difficiles mais c'est sûr que c'est un peu plus fatigant que si j'étais derrière un bureau assise tranquillement. J'aurais envie d'aller à l'extérieur mais là, d'encaisser des fois le froid, etc. selon certaines périodes c'est assez fatigant. Donc, c'était très dur d'aller sur l'eau après pour s'entraîner. Je me sentais vraiment épuisée physiquement et mentalement. Et en fait, j'arrivais sur les compétitions avec quasiment zéro entraînement et en étant fatiguée. Et donc, autant j'ai pris de l'avance au début, autant ces deux dernières années, il y a les autres filles qui sont arrivées et qui m'ont rattrapée et sont repassées devant. Elles sont passées devant plutôt. Et donc, ça a été assez dur à le vivre. À le vivre mentalement, surtout avec mon investissement qui a diminué. Et du coup, c'est pour ça que cette année, je me suis mis à mi-temps pour pouvoir arriver un peu plus à gérer les deux. Bon, je dois t'avouer que du coup, je n'arrête quand même pas mais j'ai plus de temps pour moi pour l'entraînement.
Invité 1 Et ce sera du coup peut-être le mot d'affin mais quels conseils tu pourrais donner par rapport à ce que tu viens de nous partager ?
Alexia Je pense que quand on a des objectifs, il faut y aller à fond et même si c'est dur physiquement et mentalement, il faut tout donner pour réussir.
Invité 1 Super. Écoute, merci beaucoup Alexia, c'est ce qu'on retiendra.
Alexia Merci à toi.
Invité 1 Encore une fois, merci pour ton temps. je mettrai tous les liens pour tes sponsors, tes différents comptes sur les réseaux pour que les gens puissent te suivre. Et écoute, bon courage pour ce week-end, pour les Championnats de France qui arrivent dans 10 jours, c'est ça ?
Alexia Ouais, c'est... ça commence le... le 20, c'est les inscriptions, ça commence le 21. Donc, à peu près par là.
Invité 1 On va croiser les doigts et écoute, tout le meilleur pour la suite de ta carrière et on espère que tu te trouveras les sponsors qu'il te faut, que ce soit financier ou en partenariat. Encore une fois, bon vent pour la suite, Alexia.
Alexia Merci beaucoup.
Invité 1 Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés Jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets qu'ils soient pro ou perso. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également, directement par e-mail à contact arrobase lesfrappés.com Et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure, n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez ainsi qu'un commentaire. Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Ciao ! Sous-titrage Société Radio-Canada
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