Olivier Qu'est-ce que le potentiel de chacun est infini ? Le potentiel en réalité de chacun est absolument infini. Et souvent on se réfugie derrière le talent. On ne se dit pas de talent. Souvent le talent c'est quand même une illusion ou c'est un refuge. Quel aspect de moi ne croit pas en moi ? Quelle petite voix me dit que je ne vais pas y arriver, que je ne suis pas assez bon, que je ne suis pas assez grand, que je ne suis pas assez fit, que je ne suis pas assez etc. Et ça c'est vachement important.
Loïc Bonjour Olivier. Bonjour Luc. Bienvenue sur le podcast Les Frappés. Je suis très heureux que tu puisses prendre le temps aujourd'hui pour partager avec nous tes expériences, tout ça depuis Hong Kong. Donc encore merci.
Olivier Avec grand plaisir.
Loïc Alors Olivier, je vais te laisser te présenter. Ce pourquoi je tenais vraiment à ce que tu prennes le micro avec nous, c'est d'une part ton expérience de sportif, de sportif de haut niveau. Ton expérience entrepreneuriale est plus particulièrement le domaine de ton activité actuelle puisque sur ce podcast on parle de résilience, de détermination, de dépassement de soi et en fait c'est tout simplement ton métier.
Olivier Exactement c'est mon métier et puis en fait tout ça est lié les trois choses à la fois le côté entrepreneuriat, le côté athlète. Je suis triathlète pour nommer le sport et puis ce que je fais actuellement dans mon activité à la fois de coach mental et puis de hypnothérapiste clinique. En fait si tu veux tout ça, ça a commencé en 2012, un petit peu avant ça. Je travaillais pour d'autres personnes, pas du tout dans le domaine du sport, mais dans le domaine du textile. Et puis j'avais une espèce de frustration, il y avait quelque chose qui me manquait. Je n'arrivais pas à dire ce que c'était. Je n'arrivais pas à comprendre pourquoi parce que honnêtement sur le papier tout allait absolument bien. Et je me suis dit mais en fait c'est simple, j'ai trouvé ce qui me manque. Je suis triathlète donc forcément maintenant ce qu'il faut c'est que je bosse dans ma passion. Alors j'ai eu la chance en fait de rencontrer, j'ai un peu provoqué la chance, mais j'ai rencontré le fondateur d'une marque de triathlon qui s'appelle Orca, qui fait les wetsuits. Et puis en le rencontrant, je lui ai dit écoute j'ai vraiment envie de travailler avec toi. Il me dit écoute, on est en train de monter la nouvelle collection, donc tu prends une semaine de vacances si tu peux, puis viens travailler avec nous. Donc j'ai pris une semaine de vacances, je suis allé bosser avec eux gratuitement pendant une semaine et puis au bout d'une semaine, on avait l'impression qu'on travaillait ensemble depuis toujours. Donc il m'a dit ok, qu'est-ce que tu veux vraiment faire ? J'aimerais vraiment travailler avec toi. J'ai dit écoute, moi mon rêve c'est de monter ma société, c'est de travailler pour moi. Et donc c'est ce qu'on a fait, donc j'ai monté ma société en 2012 en m'associant avec Scott, donc le fondateur d'Orca. Et on a monté cette société-là dans le domaine du textile sportif. Et j'ai eu l'occasion de travailler tout de suite pour Orca. Et dans ce cadre-là, j'ai rencontré pas mal d'athlètes de haut niveau, des gens comme Sébastien Kinney, qui est trois fois champion du monde d'Ironman et de semi-Ironman. William Truebridge, qui est un freediver apnéiste, 18 records du monde, 7 ou 8 fois champion du monde. Donc gros gros niveau. Et puis en fait, tout de suite, j'ai été vraiment intrigué en discontant avec eux parce que je me suis rendu compte déjà que physiquement, ils n'étaient pas tellement différents de moi. C'était assez rassurant. Je me suis dit, en revanche, la façon dont ils s'expriment, la façon dont ils parlent de leur succès, de leurs échecs, la façon dont ils parlent de leur projet, la façon dont ils écoutent. Là, en revanche, il y a quelque chose de vraiment différent. Et je n'arrivais pas vraiment à mettre de mots dessus et en discutant avec eux, j'étais vraiment privilégié d'avoir ces discussions-là avec eux. Je me suis rendu compte que fondamentalement, ce qui faisait la différence entre eux et moi, c'était, bien sûr, ils étaient beaucoup plus forts physiquement, mais il y avait quand même ce côté mental qui était vraiment différentiel. Alors, j'ai commencé à me dire, après tout, je ne suis pas plus bête qu'un autre. Je vais essayer de me renseigner et d'arriver à comprendre ce qui se passe dans leur tête. Et en profitant de ma position un petit peu privilégiée, plus l'accès à la formation qu'on a maintenant, j'ai commencé à m'intéresser déjà dans un premier temps à tout ce qui était neurosciences. Il va bien avoir une approche un peu scientifique d'arriver à comprendre ce qui se passe dans le cerveau, tu vois. Parce qu'on parle tout le temps d'être dur dans l'effort, d'aller plus loin. Mais en réalité, je me dis, comment est-ce que ça s'exprime tout ça ? Qu'est-ce qui fait qu'à un moment, quelqu'un arrive à se dépasser ? Qu'est-ce qui fait qu'à un moment, quelqu'un arrive à aller plus loin que les autres ? Qu'est-ce qui fait qu'à un moment, quelqu'un a un objectif et va vraiment jusqu'au bout de son objectif ? Et je me dis, il doit se passer quelque chose dans le cerveau, quoi. Parce qu'encore une fois, ces athlètes de très haut niveau-là, ils arrivent à faire des choses incroyables, mais tous n'arrivent pas à mettre le doigt exactement, à expliquer en fait ce qui se passe.
Loïc Oui, oui.
Olivier Et donc, j'ai commencé à me documenter là-dessus et je me suis rendu compte d'un certain nombre de faits assez étonnants. Le premier, si tu veux, c'est que on reçoit 11 millions de bits de données. Comme on dit, des données en fait, 11 millions de données par seconde du monde extérieur. Par nos cinq sens, tu reçois 11 millions de données, de bits d'informations que tu reçois par tes yeux, par tes oreilles, par la sensibilité de la peau. C'est 11 millions de bits. Alors ça, ce qu'il faut voir, c'est qu'il faut le mettre en perspective avec la capacité qu'on a à niveau cognitif, c'est-à-dire à niveau conscient. À niveau conscient, notre cerveau ne peut processer, opérer que 40 bits de data par seconde. Donc, tu en as 11 millions d'un côté qu'on reçoit en permanence et on ne peut processer que 40 bits de données par seconde. Donc, je me suis dit, qu'est-ce qui se passe ? Est-ce qu'il y a un système de compression, décompression qui se met en place, qui fait qu'on arrive d'une façon ou d'une autre à processer cette info-là ? Est-ce que fondamentalement, on ignore toute cette info-là ? Et donc, j'ai allé un petit peu plus loin dans mon approche. Et je me suis rendu compte qu'en réalité, 95% de ce que l'on faisait est géré par notre subconscient.
Loïc Wow !
Olivier Alors, en fait, le subconscient met en place tout un tas d'algorithmes, de process qui nous permettent d'opérer automatiquement la plupart des choses qui se passent. Alors, à l'intérieur de ça, de niveau subconscient, tu as le simple fait, si tu veux, de ton rythme cardiaque, ta respiration. Il y a plein de choses que tu fais sans y penser. Là, peut-être, on a certains auditeurs qui sont au volant de leur voiture, faites attention quand même. Mais du coup, il y a plein de process qui se mettent en place de façon automatique. On est en train d'écouter la conversation. On est un peu captivé, on ne fait plus attention à la route. Et donc, tout ça se met un petit peu automatiquement en route. Et heureusement. Donc, en fait, la question suivante que je me suis posée, c'est, est-ce que les programmes subconscients qui gèrent 95% de mon activité, est-ce qu'ils vont dans le sens des objectifs que je me fixe ? Ou est-ce qu'ils vont contre moi ? Est-ce que le subconscient est 4000 fois plus puissant que le conscient ? Donc, je me suis dit, en réalité, ça, je ne vais pas le savoir. Si je n'arrive pas à développer une espèce de self-awareness, c'est-à-dire d'être conscient de ce qui se passe, si tu veux, au niveau subconscient. À défaut d'un meilleur mot. Et donc, je me suis intéressé d'abord à la méditation. Alors, tout ce process-là, si tu veux, je l'ai fait dans un premier temps, en disant, j'ai essayé d'améliorer un peu mes performances sportives. Et en réalité, ça a marché assez vite parce que j'ai réussi à, en un an quasiment, si tu veux, à passer d'un triathlète moyen de gamme, groupe d'âge, à pouvoir aller faire sixième au championnat du monde longue distance à ITU. Et puis, j'ai continué. Donc, ça m'a motivé. J'ai voulu aller beaucoup plus loin là-dessus en me disant, ah, c'est quand même vachement des choses qui marchent. Donc, j'ai commencé la méditation. J'ai passé une certification pour pouvoir enseigner la méditation. Et puis, je te parlerai de mon approche de la méditation parce que, pour moi, si tu veux, la méditation, c'est vraiment la gym pour le cerveau. Voilà. Et on peut voir la méditation sous plein d'angles, si tu veux. Il y a des conséquences spirituelles à la méditation, bien sûr. Il y a plein de conséquences aussi de bien-être. Par rapport à la méditation, et ça, je pourrais expliquer ce qui se passe d'un point de vue biologique. Mais fondamentalement, si tu veux, la méditation, c'est l'art d'observer. Et en développant la méditation, on observe fondamentalement soi-même.
Loïc C'est un travail d'introspection un peu, si je comprends bien.
Olivier C'est ça, c'est de l'introspection. C'est vraiment la capacité d'observer sans juger. Et c'est là un petit peu toute la difficulté qu'on a souvent. C'est qu'on est tout le temps pris dans nos propres pensées subconscientes. On est tout le temps pris dans cet engrenage. Et ce qu'il faut voir, en fait, Loïc, si tu veux, c'est que chaque jour, on a 70 000 pensées. Donc, si tu es bon en maths, et que tu divises 70 000 pensées par jour par le nombre de secondes qu'il y a dans une journée, tu te rendras compte à peu près que ça fait une pensée par seconde. Donc, ce qui veut dire, si tu veux que fondamentalement, l'essentiel de nos pensées, on n'en est pas conscient. Et on a des pensées qui sont simplement, le mur est blanc, la lumière est forte, mais aussi, je suis nul, je ne suis pas capable, il faut que j'abandonne, je ne vais pas y arriver. Et tout ça, ça arrive tellement vite qu'on ne s'en rend pas compte, et ça se fait de façon subconsciente, mais ça dicte en même temps, tout ce qui va se passer vraiment chez nous, tous les comportements qu'on va avoir vont être, non pas déterminés, parce qu'ils ont été créés dans le passé, par ce qui nous arrivait dans le passé, mais en revanche, ils vont être déclenchés par toutes ces pensées subconscientes qu'on va avoir. Et la méditation, c'est un très bon outil pour arriver à voir, à s'observer, à voir vraiment ce qui se passe en moi. Donc, j'ai commencé par la méditation, et puis après, je me suis dit, ok, super, maintenant, je commence à avoir un petit peu plus de visibilité sur ce qui se passe en moi. Ok, maintenant que je fais ça, comment je fais pour changer ce qui se passe ? Et donc, je me suis intéressé à la programmation neurolinguistique. Et la programmation neurolinguistique en cours, en cours, enfin, pour faire bref, c'est l'association que l'on fait entre notre langage dans sa globalité. C'est-à-dire, c'est pas simplement la façon dont on parle, mais également le langage corporel. et tout ce qui va être fondamentalement le langage non-verbal. Et ce langage-là est les images que l'on se fait dans notre tête. Un des points essentiels à comprendre, c'est que notre réalité n'existe simplement que par l'image qu'on lui donne dans notre tête, c'est-à-dire qu'on crée notre réalité.
Loïc C'est-à-dire notre lecture, notre interprétation de mots, d'expressions, de non-verbal, comme tu disais.
Olivier Exactement.
Loïc Qui est propre à chacun, en fait.
Olivier Exactement. Qui est propre à chacun, qui est propre à plein de choses, qui est propre à la mémoire qu'on a, à notre expérience, à notre connaissance, à l'environnement dans lequel on a évolué, que ce soit culturel, que ce soit social, que ce soit religieux, que ce soit familial, qui est lié à un contexte également et qui est lié à tout un tas de biais cognitifs. Pour te donner un exemple, si tu veux, de la réalité, par exemple, c'est si tu es dans le métro et que tu vois deux gamins qui se comportent super mal dans le métro et que tu vois leur père qui est à côté et qui a l'air de s'en fiche complètement, tu te dis, mais comment est-ce qu'ils sont élevés, ces gamins ? Ce n'est pas possible, quoi. Puis tu vas voir le père et tu lui dis, mais comment est-ce que vous avez élevé vos gamins ? Ce n'est pas possible. Et le gamin, le père dit, je suis vraiment désolé, je ne me suis pas rendu compte de ça. Je viens d'apprendre que ma femme a un cancer et je ne sais pas comment gérer ça. Et là, je suis de retour à la maison et elle est à l'hôpital. Là, tout de suite, ta perception du monde change.
Loïc Oui.
Olivier Donc, la réalité, en fait, c'est celle que tu te fais dans ta tête. Voilà. Et c'est vrai pour tout. Donc, la programmation neurolinguistique, c'est un moyen de changer de perspective et de réassocier les images qu'on se fait et l'intégralité de notre langage par rapport à cette communication, par rapport à cette image-là. Et puis, pour aller plus loin, je me suis dit après ça, OK, c'est super. J'ai étudié aussi tout ce qui était visualisation sportive parce que ça, c'est un truc qui est absolument fascinant et d'une puissance incroyable. lorsqu'on sait bien l'utiliser. Je me suis dit, ouais, j'aimerais aller encore plus loin. Est-ce qu'il n'y a pas moyen pour hacker tout ça ? Et je me suis dit, ben, j'ai qu'à apprendre l'hypnose. Je n'avais pas nécessairement la bonne image de ce qu'était l'hypnose. Je pensais que l'hypnose, c'était la capacité de prendre contrôle. En réalité, c'est complètement l'inverse. Et je me suis lancé dans une certification en hypnothérapie clinique et je me suis absolument passionné là-dessus. Et puis, c'était la dernière des choses dans ma formation, vraiment, d'associer l'hypnothérapie clinique. Et si tu veux, je pourrais t'en parler. Et si tu veux, dans mon voyage, en fait, qui dure depuis 2012, en réalité, j'ai d'abord fait ça pour moi. Et puis, dans toute cette, finalement, cette quête personnelle, en fait, cette découverte de moi, je me suis rendu compte qu'en fait, fondamentalement, ce que j'aimais faire, c'était coacher, c'était enseigner, c'était aider les autres. Et je le faisais de façon naturelle dans plein d'autres choses. Je suis responsable d'un groupe de natation en mer ici. On a un gros groupe et j'ai toujours donné de mon temps. J'ai toujours fait ça de façon volontaire et avec un grand plaisir. Et je me suis dit, fondamentalement, c'est ce que j'aime faire. Et du coup, après avoir des résultats assez sympa sportivement, j'ai eu trois titres de champion d'Asie en triathlon. Je me suis dit, c'est probablement, maintenant, le bon moment pour moi pour donner ce que j'ai appris aux autres. Et donc, je me suis reconverti dans ce métier de coach mental et de l'hypnothérapie clinique.
Loïc Waouh ! Quel parcours ! C'est fou ! Donc, depuis 2012, si je résume, en fait, c'est au contact, parce que tu n'en as pas parlé, mais en fait, c'est au contact d'athlètes de haut niveau, en triathlon notamment, que tu as eu peut-être ce déclic de tout le travail d'introspection que tu as fait. Mais l'événement déclencheur, tu me dis si je me trompe, mais c'est cette vidéo into the mind, c'est ça ?
Olivier Voilà. Alors, en fait, on avait fait une vidéo qui s'appelait The Iron Mind. Donc, c'était un généros avec The Iron Mind. Et en fait, l'idée de ça, ce que voulait faire Orca dans cette vidéo, c'était montrer l'importance de l'esprit dans la réussite des sportifs. Alors, on avait plusieurs sportifs qui étaient interrogés. Il y avait donc Sébastien, il y avait Andrew Starkovitch également, qui est un athlète américain Iron Man, qui est le premier américain descendu sur les 8 heures en Iron Man et qui est un monstre absolu en vélo. Donc, il y avait un certain nombre d'athlètes comme ça qu'on avait interviewés. Et effectivement, si tu veux, ça a été un élément déclencheur pour moi, au-delà de toutes ces conversations que j'ai pu avoir à titre personnel avec ces athlètes-là en me disant, mais mince, ces gars-là, il se passe quelque chose mentalement. Et comme toi, si tu veux, j'ai souhaité, via le biais d'un podcast également, pouvoir faire partager tout ça à d'autres. Parce que je pense que c'est des messages qui sont tellement importants, qui sont relativement peu ou mal enseignés. et on a tellement d'idées préconçues sur le cerveau, sur l'esprit. On a bien conscience globalement qu'il faut faire attention à sa nutrition. On a bien conscience qu'il faut faire attention à son corps, qu'il faut s'entraîner. Et puis, quand on se sent mieux, il y a tout un truc qui se met en place. Et quand il se passe, quand on parle en réalité des process mentaux, alors là, il y a un espèce de grand vide interstellaire interstellaire. Et en fait, la raison fondamentale de ça, c'est que si tu n'es pas en forme physiquement, le simple fait de monter ton escalier le matin, tu vas le sentir. Si tu es en surpoids, tu te regardes le matin dans le miroir et tu vas vite le voir. D'accord ? Le problème avec l'aspect mental, et je parle de, si tu veux, de fitness mental, mais de santé mentale également, c'est que c'est quelque chose de très intérieur. Tu ne vois pas physiquement que quelqu'un est fort mentalement ou qu'il n'est pas fort mentalement. Je prends l'image un petit peu de... Et de la même façon, si tu veux, on va tous réagir mentalement de façon complètement différente aux choses qu'on va rencontrer dans la vie. Et ça ne se voit pas. Si tu es sur un sentier de montagne et que tu tombes, on va tous réagir de façon complètement différente. Tu peux être sur un sentier de montagne, tu tombes, ta chute est amortie par un busquet, un truc comme ça, et tu te relèves, tu n'as rien, tu es juste un peu déségratigné. Tu es avec des copains, tout le monde rigole, tout va bien, on repart sur le sentier. Tu n'as rien dit. Moi, je vais être sur le sentier, je vais tomber exactement dans les mêmes circonstances, exactement au même endroit, je vais tomber, le seul problème, c'est que je vais me tordre la chulière. Et là, je suis incapable de continuer la balade. Physiquement, ça se voit. Tes copains, vous pouvez dire, attends, merde, tu ne peux plus marcher, tu as la cheville enflée, attends, on va essayer de t'aider, on appelle l'hélicoptère, etc. La même personne peut tomber dans les bosquets également, mais exactement dans les mêmes circonstances. Elle peut mal tomber et elle peut se percer le poumon. Et là, on va voir qu'elle ne peut plus respirer, on va voir qu'il se passe quelque chose. Le problème du niveau mental, c'est qu'on ne va rien voir.
Loïc Il n'y a aucun signal qui permet de lire.
Olivier Il n'y a aucun signal qui permet de lire parce qu'on ne peut pas entrer dans la tête des autres. Et à ce moment-là, ce qui se passe, c'est que les gens vont dire, allez, c'est bon, allez, va au bout du truc, allez, tu peux te sortir du truc quand même. T'es passé par plus dur. Et fondamentalement, je pense que faire passer ces messages-là autour du fitness mental, de la santé mentale, sont extrêmement importants. parce que bien sûr, l'exemple que je prends quand on parle du mental, on pense aussi, tu sais, à tout ce qui va être dépression, suicide, donc des tendances assez lourdes. Mais en réalité, tout ça se décline dans tout un tas de conditions également, y compris la capacité d'aller au bout d'un effort, y compris la capacité qu'ont certains à aller au bout et d'autres d'abandonner. ou la capacité à se sentir bien dans quelque chose, à voir les choses de façon positive ou pour d'autres personnes de voir les choses de façon plutôt négative. Et tout ça, en réalité, c'est un process mental et dans la majorité des cas, je ne dis pas que dans certains cas, il n'y a pas besoin de recours médical, bien au contraire. Je travaillais avec des psychiatres et bien entendu, un travail est absolument essentiel dans certains cas. Mais souvent, on passe directement par la case docteur quand on est malade, qu'on ressent qu'on a une maladie, qu'on a quelque chose qu'on ne peut plus gérer. Alors que si on prend le parallèle avec le sport, on ne va pas avoir le docteur simplement parce qu'on a atteint un point d'obésité mordide. On fait du sport parce que ça fait partie d'une esthèse d'hygiène de vie. Et puis du coup, on se sent bien et puis tout ça fonctionne de mieux en mieux. alors que d'un point de vue mental, on n'est pas encore complètement à ce niveau-là de connaissance et de conscience par rapport à l'importance.
Loïc C'est vrai ce que tu dis, c'est-à-dire que l'aspect accompagnement mental, c'est complètement vrai ce que tu dis. Aujourd'hui, on a plus l'impression que ça vient en phase de thérapie, si tu veux, et pas forcément au quotidien comme une gymnastique. C'est ce que tu disais tout à l'heure.
Olivier C'est exactement ça. Le côté mental devrait être enseigné et abordé vraiment comme une hygiène déjà dans un premier temps. c'est vraiment une hygiène, je dirais, dans un premier temps et puis après, tu as un autre niveau qui est vraiment exactement comme dans le sport, si tu veux, qui peut être vraiment de l'entraînement. Comment est-ce que je peux me sentir mieux ? Comment est-ce que je peux améliorer ? Ce n'est pas simplement un aspect de performance, si tu veux, mais simplement, je pense qu'on a tous, à un moment ou à un autre, l'envie de savoir ce qu'on a en nous, l'envie de savoir ce qu'on est capable de faire, ce côté d'explorer notre potentiel. À un moment, on est tous là sur Terre pour très peu de temps. Et on a tous, à un moment, se dire qu'est-ce que j'aurais pu faire ? Et c'est souvent, en fait, on le découvre d'un point de vue physique en se lançant dans le sport, par exemple, et puis on se lance des challenges de plus en plus importants. Mais on n'a pas encore cette logique, cette discipline lorsqu'on s'agit du mental.
Loïc Par rapport à ce que tu viens de dire, c'est un partage que j'ai vraiment adoré dans ton épisode. Tu parlais de ton podcast Mind Your Brain, que je mettrai en description d'ailleurs. Ce que disait Sébastien Kinley, qui est, pour ceux qui ne connaissent pas, un très, très grand champion de triathlète, qui a été combien de fois déjà champion du monde d'Ironman ?
Olivier Il est une fois champion du monde d'Ironman, deux fois de semif. Plusieurs fois, médaillé. En fait, depuis 2012, je crois qu'il a été de façon absolument constante sur les podiums. Je crois qu'il y a une année où il ne l'a pas eu. Puis, il est deux fois champion d'Europe d'Ironman, je crois, deux fois de semif. un gros calibre. Donc, c'est ce qui s'est devenu un des meilleurs triathlètes qui n'a jamais existé.
Loïc Et ce que j'ai adoré dans l'épisode que tu as enregistré avec lui, c'est justement ce dont tu parles, cet état d'esprit. C'est-à-dire que les événements qui lui arrivent, il pourrait réagir d'une certaine façon. Il parle notamment de sa blessure, il a une grosse blessure. J'invite les gens à écouter ton épisode, mais j'ai trouvé ça hallucinant de voir quelle a été sa réaction à cette blessure qui aurait pu être sérieuse. Et en gros, ce qu'il dit, c'est de toute façon, ça arrive. Et donc, j'ai essayé de prendre le positif et j'essaie de systématiquement regarder l'aspect positif des choses qui m'arrivent. Exactement. Et je pense, c'est là qu'on voit vraiment quand tu parlais d'état d'esprit, de sportif, le mental qui fait la différence. J'ai échangé récemment avec un membre de l'équipe de France de Rugby A7, Jonathan Logel, et il nous parlait d'une blessure qu'il a eue qui aurait pu être assez sérieuse au ligament. Et ce qu'il expliquait, c'est qu'il lui a fallu moins de 10 minutes entre la blessure et le travail de projection mentale qu'il était en train de faire sur comment exploiter le temps qu'il allait passer hors des terrains pour peaufiner les aspects qu'il n'avait pas eu le temps de travailler jusqu'à présent. Ce qui est hallucinant quand même.
Olivier Oui, complètement. Et alors, tu vois, en fait, ce qui est assez intéressant, c'est que certains champions, enfin la plupart des champions en réalité, ont cette, on va dire, ce réflexe-là. C'est quelque chose qui se passe chez eux de façon relativement naturelle, mais c'est quelque chose qui peut être appris parce que c'est fondamentalement ce qui est fascinant avec l'esprit, c'est que on peut tous arriver à développer les mêmes capacités mentales que n'importe quel grand champion. Ça, je suis absolument convaincu. Wow. Moi, je fais 1m73, donc je ne serai jamais aussi fort qu'un mec qui fait 2m05, je ne pourrai jamais jouer au NBA, c'est assez certain. Quoi que je passe. Mais en revanche, je pourrai toujours développer mon côté mental pour être aussi fort que n'importe lequel de ces gars-là. C'est possible. Et en fait, ce qui est intéressant, si tu veux, par rapport à la réflexion que tu fais sur la capacité de ces athlètes-là à voir quelque chose de façon complètement différente, tu vois, quand je parlais du fait que la réalité, c'est vraiment la façon dont nous, on voit et on vit la réalité intérieure, il y a vraiment trois phases dans lesquelles on passe tous. La première des phases dans laquelle on est très souvent, c'est une phase de victime où on se dit pourquoi ça m'arrive à ce moment-là, ce n'est pas juste, ce n'est pas normal. J'ai travaillé tellement dur pour ça, je suis à quelques semaines de cette compétition, c'est absolument injuste, c'est la faute des autres, c'est la faute du mauvais temps, c'est la faute, on blâme toujours quelqu'un d'autre. Et on est souvent en fait dans cette dynamique de victime. Et quand on est là, en réalité, il ne se passe pas grand-chose de positif. Ce que j'ai observé, c'est que ces gens-là, les athlètes de haut niveau, bien sûr, ils vont être énervés, on passe tous par là si tu veux, mais essayez de rester dans cette phase-là le moins longtemps possible. La deuxième phase par laquelle on passe, en général, c'est une phase d'action. On dit, je vais essayer de mettre en place un certain nombre de choses, je vais réfléchir à ce que je peux faire, etc. Et la troisième phase, c'est vraiment une phase de sagesse. C'est de se dire, il y a des choses que je ne peux pas changer, mais en revanche, il y a plein de choses sur lesquelles je peux agir. Donc, ça ne sert pas à grand-chose de me la maintenir sur ce que je ne peux pas changer. En revanche, il y a peut-être des choses que je peux apprendre de ce qui m'est arrivé. Et puis, qu'est-ce que je peux faire sur quoi j'ai vraiment le contrôle ? Et fondamentalement, quand tu regardes la façon dont les gens qui réussissent, réussissent, ils se focalisent sur ce qu'ils peuvent vraiment contrôler. Et quand tu penses à ça, qu'est-ce qu'on peut vraiment contrôler ? Ce n'est pas du tout les choses extérieures. Ce qui est externe, tu ne peux pas le contrôler. Au mieux, ce qui est externe, tu peux l'influencer. Mais ce que tu peux contrôler, en revanche, c'est tout ce qui se passe à l'intérieur de toi. C'est comment tu vas réagir. Les actions que toi, tu vas pouvoir mettre en œuvre. Ton système de croyance, etc. Et je le vois, mais en permanence, comme toi, quand j'interview des athlètes de haut niveau, quand je travaille avec des athlètes de haut niveau, c'est cette capacité à se poser les questions de sur quoi j'ai le contrôle ? Et fondamentalement, le contrôle, ne cherchez pas extérieur, ce n'est pas extérieur, c'est à l'intérieur. Le contrôle, il est à l'intérieur. Et ça, c'est quelque chose qui se développe, qui se travaille. Et la différence se fait vraiment là-dessus.
Loïc Et dans ton accompagnement, parce que tu m'expliquais que tu coaches aussi bien des sportifs de haut niveau que des... comment on pourrait appeler ça ? Des non-sportifs de haut niveau. Les gens qui s'adressent à toi par rapport à ces thématiques, ils ont quoi comme objectif en général ? Est-ce que c'est une meilleure connaissance de soi ou est-ce qu'il y a aussi en dehors du sport des gens qui cherchent à atteindre une certaine performance à travers la compréhension de leurs croyances, notamment ?
Olivier Oui. Alors, en fait, souvent, les gens qui viennent me voir, ils ne sont plus dans la phase de victime. Ils sont déjà dans la phase d'action. Donc, il y a eu déjà un travail personnel qui a été fait parce qu'en fait, pour vouloir changer, il faut que tu sois dans l'action. Et donc, si tu veux, en général, ils ont déjà... Les gens qui viennent me voir se disent j'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui me retient. Je ne sais pas ce que c'est, mais je comprends que c'est quelque chose qui en moi qui me retient. Ou ça peut être vraiment de façon plus claire dire j'ai l'impression que j'ai un problème de confiance en moi. Ou j'ai l'impression que je réagis mal lorsque quelque chose n'est plus en mon contrôle. J'ai l'impression d'être très anxieux ou très stressé lorsque je commence à me projeter un petit peu dans le futur. Ou alors, ça peut être effectivement des problèmes extrêmement pratiques. J'ai vraiment une difficulté à parler en public. Je suis anxieux. j'ai l'impression que je vais être jugé, etc. Donc, tu vas vraiment voir ça. Et puis après, oui, tu vas avoir des gens qui vont venir avec un objectif de performance. Souvent, c'est pour un projet particulier. Souvent, c'est plus du sportif. Un projet sportif où là, ils veulent avoir le... être sûr en fait que le mental ne va pas lâcher. j'ai travaillé avec une fille qui s'était lancé le défi de faire sept marathons en sept jours sur sept continents. Wow. OK. Donc, complètement... Déjà, rien que l'aspect logistique, si tu veux, est absolument fou. Et puis après, il faut prendre en compte toute la fatigue. Il faut prendre en compte plein d'éléments qui font qu'il y a toutes les chances du monde qu'il y a quelque chose qui se passe mal, si tu veux. Donc, si le mental ne suit pas, le physique a absolument zéro chance de suivre.
Loïc Voilà le... Si on prend l'exemple de cette... Pardon. Si on prend l'exemple de cette cliente, comment est-ce que tu as structuré ton accompagnement ?
Olivier Alors, en fait, j'ai travaillé avec elle déjà dans un premier temps. Je lui ai fait travailler de la méditation.
Loïc D'accord.
Olivier Encore une fois, c'est la gym pour l'esprit. Donc, c'était important qu'elle soit capable en fait de ne pas se faire hijacker par ses émotions. par exemple. Donc, le meilleur moyen de ne pas se faire hijacker, c'est de... C'est de... C'est de... D'observer, de comprendre ce qui se passe. Et... Donc, on a commencé là-dessus en travaillant des exercices spécifiques de méditation, en développant trois capacités. D'une part, la capacité à être dans le moment présent. Et ça, c'est absolument fondamental. On est... Le cerveau, en fait, c'est une machine à anticiper, c'est une machine à... à... à... à... à voir ce qui va se passer, en fait, à prédire. Le cerveau, il passe son temps à ça et c'est fondamentalement un moyen de survie, en fait. il ne faut pas oublier que globalement, on a un cerveau qui est le même que celui des hommes des cavernes, mais on n'a plus du tout le même style de vie. Et le cerveau, le premier rôle de ton job, c'est de te permettre de survivre. Déjà, s'il a fait ça, le cerveau, il est content. Il a fait son job pour la journée. Donc, ça l'occupe quand même une grosse partie du temps. Donc, pour faire ça, si tu veux, il va être en permanence en train d'anticiper ce qui va se passer. Et puis, le problème de ça, si tu veux, c'est qu'on perd un peu cette capacité d'être vraiment dans le moment présent. Et le truc, en réalité, c'est que si tu commences à y penser, dès que quelque chose commence à aller mal, tu vas avoir deux options pour ton cerveau, en dehors d'être dans le moment présent. Tu vas soit penser au passé, soit penser au futur. Si tu penses au passé, ton cerveau va commencer à regarder toutes les situations qui ont eu lieu dans le passé et qui se sont mal passées. dans lesquelles tu n'as pas eu le contrôle, etc. Et là, à ce moment-là, tu vas partir dans une espèce de boucle un peu négative et ça ne va pas vraiment aider si tu n'as pas conscience de ça. Ou alors, ton cerveau, il va se projeter dans le futur et là, il va se dire, en gros, le pire est à venir. Bien entendu, si ton cerveau commence à rentrer dans la boucle que le pire est à venir, c'est un petit peu compliqué si tu n'en as pas conscience encore. Et puis, tu as le moment présent. Et en réalité, dans le moment présent, en général, tout va bien. Pourquoi ? Parce que tu es vivant puisque tu es dans le moment présent. Et donc, à partir de là, tu peux toujours arriver à relativiser, reprendre le contrôle et te libérer de toutes ces tentations un petit peu du cerveau d'aller voir ce qui se passe soit dans le passé soit dans le futur pour essayer d'analyser un petit peu ce qui va se passer. Et là, tu reprends le contrôle et c'est beaucoup plus simple. travailler la méditation là-dessus, La deuxième chose également, c'est en méditation, ça permet de développer tout ce qui est conscience émotionnelle.
Loïc OK.
Olivier Lorsqu'on est... Il faut bien arriver à comprendre que tous nos comportements sont attachés à une émotion particulière. Si tu réponds à quelque chose, c'est que tu vois une certaine situation, tu as une pensée qui vient et que cette pensée souvent subconsciente va déclencher une émotion particulière. Ça n'a pas besoin d'être forcément un truc énorme comme émotion, mais il faut que tu es une émotion particulière. Et c'est cette combinaison de pensée et d'émotions particulières qui vont déclencher dans ton subconscient le choix du comportement qui est le plus adapté. D'accord ? Donc on va se baser sur ce qui s'est passé dans ce qu'on a déjà vécu, ce qu'on connaît, etc. Et ce qui est important c'est que de comprendre c'est qu'une émotion c'est quelque chose de très intellectuel. On ne peut pas connecter avec une émotion en revanche lorsque ton cerveau il a perçu l'émotion qui était associée à la scène. Alors ce qu'il va faire c'est qu'il va déclencher tout un processus chimique et physiologique pour te donner une réponse dans ton corps. Tu sais, comme on dit par exemple tu vas ressentir par exemple si tu es angoissé tu vas ressentir le stress physiquement.
Loïc Oui, la boule au ventre.
Olivier La boule au ventre, je vais chercher le mot. C'est la boule au ventre. Donc c'est exactement ça. Pourquoi est-ce que tu dis j'ai une boule au ventre quand tu as du stress ? C'est parce qu'en réalité tu as ton cerveau qui a... Ton cerveau primitif a vu quelque chose qui est une situation stressante, anxiogène, donc potentiellement un risque. et la réalité c'est qu'on a le même encore une fois le cerveau comme c'est le même que celui des hommes des cavernes on n'a pas tellement évolué mais en revanche nous on a vachement évolué dans notre mode de fonctionnement et aujourd'hui ce que nous on évalue comme un risque ça peut être par exemple un email de ton boss. Et là pour ton cerveau risque absolu danger de mort en réalité c'est un mode qui est quand même fondamentalement fait pour éviter qu'on se fasse dévorer par un lion. Mais on attribue si tu veux à peu près le même poids à l'email du boss et forcément parce que l'email du boss je vais me faire virer je me fais virer j'ai plus de job j'ai plus de job je peux plus manger je peux pas nourrir ma famille je peux plus nourrir ma famille je peux plus manger je suis mort. Donc en réalité la conclusion est la même pour le cerveau il est allé un petit peu vite en besoin mais en réalité c'est ce qui se passe à niveau subconscient d'où cette anxiété. Et cette anxiété si tu veux ton cerveau va déclencher à ce moment là il va préparer en fait notre corps et notre esprit à être dans l'action. Et en fait on a deux deux systèmes nerveux qui sont superposés on a un système nerveux qui nous permet d'être dans on va dire c'est un mode calme de repos de veille qui s'appelle le parasympathétique parasympathétique en français et on a le système nerveux qui est celui qui va se mettre en oeuvre quand il faut qu'on s'agite quand il faut qu'il se passe quelque chose et ça c'est le système sympathique. Les noms sont un peu bizarres ils sont un petit peu trompeurs mais c'est pourtant ce qui se passe c'est pourtant leur nom. Et lorsque le système sympathique est mis en oeuvre en fait c'est ce qu'en anglais on appelle ça le fly and fight response je ne sais pas quel est le terme exact en français mais en gros c'est soit je me prépare à me battre soit je me prépare à fuir et donc tout le corps va se mettre en oeuvre pour soit se battre soit fuir et une des conséquences de l'activation de ce système là remet ça dans le contexte des hommes des cavernes si tu as besoin de soit te battre soit te fuir en particulier ton système digestif on n'a pas vraiment besoin qu'il soit actif à ce moment là en revanche ce qu'il faut c'est que ton ton coeur accélère pour te préparer à faire ce qu'il faut la pression sanguine accélère ta respiration s'accélère tu vas transpirer davantage tes yeux tes pupilles vont se dilater pour pouvoir se concentrer sur un point en particulier donc le danger et donc le système digestif n'étant plus forcément c'est un signal qui va arriver dans le système digestif et donc tu vas ressentir dans ton estomac en fait ce poids ce poids voilà donc j'ai fait une longue digression là dessus mais tout ça pour expliquer que lorsque tu pratiques la méditation tu vas développer cette acuité sensorielle pour arriver à détecter ce qui se passe dans ton corps et à partir du moment où je peux faire ça avec une personne alors elle va pouvoir à tout instant arriver à comprendre ce qui déclenche ses comportements et donc avec cette athlète là on va travailler là dessus pour qu'elle puisse anticiper les signaux de détresse les signaux négatifs que vont pouvoir lui anticiper son corps pour ensuite on va travailler sur plein de choses si tu veux parce que on peut développer de façon assez naturelle la dopamine la sérotonine qui sont des neurotransmetteurs qui permettent en fait de de de de de ! peu notre capacité à atteindre nos objectifs. Et ça, on peut le faire de façon un petit peu proactive lorsqu'on commence à sentir ce qui se passe dans notre corps. Et puis, la troisième qu'on fait avec la méditation, c'est la capacité à se focaliser, avoir un focus ciblé. Et ça, c'est essentiel parce que j'apprends ensuite avec des sportifs, par exemple, différentes techniques pour changer la sensation de douleur qui était dans son cas super utile puisque sur des distances comme ça, tu vas avoir des ampoules, tu vas avoir des douleurs dans tous les sens. Ton corps, il te dit arrête quoi. Le corps se dit mais pourquoi tu fais ça ? Qu'est ce que je t'ai fait ? Donc maintenant, je vais te donner plein de signaux pour absolument, pour faire que tu arrêtes absolument. Et donc, arriver à finalement à observer la douleur et à détourner son attention pour se focaliser sur autre chose est absolument essentiel. Et puis, on a travaillé ensuite sur plein de techniques de visualisation, par exemple. Visualisation qu'on utilise beaucoup au niveau sportif, mais je l'utilise aussi énormément dans tout ce qui est atteinte d'objectifs. Le cerveau est incapable de faire la différence entre ce que l'on vit et ce que l'on imagine ou ce que l'on voit. Par exemple, si tu regardes un film, un truc rigolo ou un truc moins rigolo, tu vas ressentir des émotions. En réalité, ce n'est pas vrai, c'est à la télé. Et de la même façon, si tu l'imagines, si tu penses à un truc un peu érotique, par exemple, il va se passer quelque chose dans ton corps. Mais ce n'est pas vrai non plus, c'est juste ta capacité à l'imaginer. De la même façon, tu peux arriver à déclencher tout un tas de mécanismes d'un point de vue mental qui sont simplement initiés par la visualisation. Il y a une technique particulière de visualisation pour que ce soit efficace. Donc, j'ai travaillé ça avec elle. Et puis, de façon plus fondamentale, une fois qu'on a cette capacité à être conscient de nos comportements, conscient de ce qui se passe, un des points essentiels également, c'est d'arriver à développer la clarté sur ce que nous allons faire. Parce que tu ne te lances pas dans un objectif quel qu'il soit, surtout sur du long terme, sans avoir une vision, une mission, un objectif qui soit clairement ancré. Et ça, il y a des techniques pour ça. Et ça, tu vas en parler des athlètes de haut niveau. Moi, ce qui me marque, si tu veux, c'est la capacité des athlètes de haut niveau souvent à ancrer un objectif déjà dans un premier temps d'une façon extrêmement émotionnelle. Tu prends Sébastien Kinley dans le podcast ou tu prends Asdis, l'Olympienne en javelot, c'est pareil. À dix ans, ils se sont dit je vais être Olympien ou je vais être professionnel. Et donc, il y a un ancrage émotionnel où Kenny Chang également, qui est un pilote d'avion, Red Bull, un truc complètement dingue. C'est un peu la Formule 1 aérienne. Pareil, dès qu'il a vu passer, il y a vu une fois un pilote Red Bull, il s'est dit il faut faire ça. Et il y a un attachement émotionnel extrêmement fort. Si on n'arrive pas à ancrer d'un point de vue émotionnel un objectif, c'est très difficile pour le subconscient de l'intégrer comme quelque chose qui est important pour nous.
Loïc Donc, si je résume pour le moment, c'est extrêmement intéressant ce que tu dis. Ça va plus loin que ce que j'avais déjà pu lire sur notamment la visualisation. Mais si je résume, en fait, c'est les étapes par lesquelles tu es passé avec cet athlète en particulier. Ça a été la méditation pour arriver à lire en fait les signaux de son corps qui sont simplement les résultats... C'est quoi le terme que tu as utilisé ? Neurochimique de ces émotions ?
Olivier C'est la conséquence chimique et physiologique de ce qui se passe d'un point de vue émotionnel et comportemental dans notre cerveau à niveau subconscient.
Loïc Donc, sa lecture en fait de la réalité, tout ça d'en être consciente, d'arriver ensuite à travailler sur la visualisation, la sécrétion en fait à travers la visualisation de toutes les hormones du sport, dont la dopamine. Et enfin d'être sûr que... Enfin d'être consciente à nouveau que la mission derrière ce projet un peu fou des sept marathons en sept jours sur sept continents, qu'elle soit consciente de la mission profonde et en quoi c'est aligné avec ses valeurs.
Olivier Exactement. Et puis après, le dernier point par rapport à ça, c'est d'arriver à enlever tout ce qui va pouvoir aller contre ton projet. C'est un petit peu enlever toutes les mauvaises herbes, tout ce qui va t'empêcher d'atteindre ton objectif. Toutes ces petites voix que tu vas avoir dans le cerveau qui vont te dire que tu n'es pas capable. Il faut arrêter. Ça ne sert à rien. Ça n'a pas de sens. Ça n'a pas de sens. T'es nul. Et on a ça en permanence. 70% des gens que je rencontre, ça en font si tu veux dire, il y a une partie de moi qui n'est pas assez. Je n'ai pas pas suffisamment de valeur. Je ne suis pas capable, etc. Et on a tout ça. C'est complètement naturel.
Loïc Ce syndrome de l'imposteur.
Olivier Alors oui, c'est un peu le syndrome de l'imposteur, mais c'est fondamentalement aussi la façon dont on est éduqué. C'est jamais assez. Et ça part toujours de bonnes intentions parce que ce qu'il faut arriver à comprendre également, c'est que toutes nos pensées limitantes partent en général d'une bonne intention. Le rôle de la pensée limitante, c'est fondamentalement de nous protéger. Même si tu te dis, je suis nul, je ne suis pas capable, le rôle de ça, c'est fondamentalement de ne pas t'exposer à un risque et un danger. Donc le truc, c'est d'arriver à travailler avec la personne, que ce soit un athlète ou pas d'ailleurs, de se dire, ayons cette honnêteté de regarder un petit peu ce qui peut nous limiter ces mauvaises verbes-là. C'est quoi nos pensées limitantes ? C'est quoi les choses sur lesquelles on ne se juge pas suffisant ? Et puis on va regarder ça. Et puis on va arriver à le comprendre et on va regarder de façon bienveillante déjà parce que ça a un objectif positif, ça a une bonne intention. Bon, maintenant c'était il y a longtemps, donc c'est fini, on peut passer à autre chose. On n'a plus besoin de ça. Mais c'est des intentions qui restent bonnes et valables. Mais maintenant on va les transformer, on va faire la paix en fait avec ça, si tu veux. Et à partir du moment où on regarde des choses, ces pensées limitantes sous un autre angle, alors on commence à prendre un peu de la puissance, si tu veux. Et les athlètes de haut niveau notamment, souvent, ils ont une capacité à tourner ça, si tu veux. Même qu'ils ont relativement peu de pensées limitantes, mais quand ils en ont, ils ont une capacité à se dire, ok j'ai ça, mais j'ai aussi ça. Et ça c'est quelque chose qu'on peut développer encore une fois. Alors fondamentalement, tu vois, mon message avec ce podcast, c'est ça, ça s'apprend. Et il ne faut pas passer à côté de ça, absolument apprendre ces techniques-là, parce que ça change fondamentalement notre capacité à explorer notre potentiel.
Loïc Oui, c'est sûr que si tu restes focussé uniquement sur tes opportunités, sans forcément voir tous les substituts disponibles que tu as, ça peut être effectivement limitant.
Olivier Absolument, et puis on a tous des croyances limitantes sur nous-mêmes, que ce soit sur notre propre identité, que ce soit sur le monde, sur les gens autour de nous, sur notre environnement. Je n'ai pas assez d'argent, je ne suis pas assez beau, je ne suis pas assez grand, je ne suis pas assez jeune, je ne suis pas assez vieux, je ne suis pas assez mince, je ne suis pas assez gros, bref, tout ce que tu veux. On a toujours de bonnes raisons en réalité pour ne pas faire les choses. Et je ne dis pas qu'il n'y a pas de choses valables. Il ne s'agit pas de tomber dans une espèce de positivisme, de dire mais non, ce n'est pas vrai. Non, c'est vrai. Mais ce n'est pas une raison suffisante pour ne pas pouvoir atteindre nos objectifs. C'est juste un fait, éventuellement.
Loïc Avec les athlètes que tu accompagnes, c'est quoi le blocage le plus, je ne sais pas si on peut dire le plus fréquent, parce que j'imagine que chacun a ses propres challenges. Mais la grosse zone, on va dire, sur tout ce qui est introspection, connaissance de soi, qui pose généralement problème.
Olivier Tu as des fois le syndrome de l'imposteur. Ok. Ça peut arriver. Mais en réalité, le syndrome de l'imposteur, il arrive très souvent quand tu arrives à un tel niveau de compétence que tu te rends compte que finalement, il y a plein de choses que tu ne sais pas encore. Et donc, tu te dis, mais mince, je n'arrive pas à comprendre parce que j'ai toute cette attention. J'arrive à faire tout ça, mais je me rends compte de mes faiblesses. Je me rends compte des choses que je n'arrive pas à faire. Je me rends compte qu'il y a plein de gens qui savent faire plein d'autres choses que je ne sais pas faire. Et donc, du coup, on commence à à la fois rentrer dans un syndrome de l'imposteur, se dire, je ne m'arrive peut-être pas à être là. Et également, on commence peut-être à cultiver des doutes sur soi-même.
Loïc C'est paradoxal un peu comme position.
Olivier En fait, on commence, on se dit, je suis un posteur parce que je vais me faire démasquer. Il y a un moment, je ne peux plus rester très longtemps. Si tu m'en vas se rendre compte que je ne suis pas aussi bon que ça, en réalité. Et puis, le deuxième point, c'est de se dire, je me rends compte qu'il y a plein de choses que je ne sais pas faire. Il y a plein de choses que d'autres arrivent à faire. Et en fait, le truc, c'est effectivement, encore une fois, c'est d'arriver à se détacher de ce jugement, de ce jugement personnel, d'arriver à observer. Et les gens, Sébastien Kinley, puisque tu en parlais, il est juste incroyable à sa capacité à se réinventer, à profiter justement de cette conscience-là pour l'analyser, dire qu'est-ce que je peux apprendre de ça ? Comment est-ce que je peux le transformer en quelque chose qui va me réinventer ? Ça, c'est incroyable. Et finalement, on a tous un choix devant chaque fois qu'il nous arrive quelque chose. On a tous un choix à faire. C'est soit effectivement, on le prend comme je suis victime, c'est la fin du monde, etc. Ou alors, on se dit, ok, il m'arrive ça, c'est fait maintenant. Qu'est-ce que je peux apprendre ? Qu'est-ce que je peux faire de différent ? Comment est-ce que ça m'a d'agrandir ? Comment est-ce que ça fait partie de ce que je dois apprendre ? Peut-être qu'il y avait une leçon que je devais apprendre avec ça. Et fondamentalement, les athlètes de haut niveau en général ont ça. Donc, c'est vraiment du fine-tuning, des techniques que je leur apprends, pour attirer le cerveau un peu aussi souvent. Mais ceux qui peuvent bénéficier le plus des techniques en raléé, ce n'est pas ceux qui sont déjà au top. C'est des gens comme toi et moi, Louis.
Loïc Et là, justement, pour ce genre de personnes, quels outils tu pourrais recommander ? Alors, bien sûr, l'idéal, ce serait de se faire coacher par toi. Mais quels outils tu pourrais recommander ? Simple à mettre en place, qui pourraient aider les auditeurs, par exemple, quand ils sont face à une situation challengeante, on va dire, à en tirer du positif. Parce que c'est vrai que quand on entend ça, la première réaction, ça pourrait être, oui, bon, c'est facile à dire, je viens d'avoir un accident de voiture, j'ai six mois d'hôpital, je ne vois pas où est le positif là-dedans.
Olivier Absolument. Et c'est pour ça que ça s'apprend. Ça s'apprend absolument. En fait, il n'y a pas de, comment on appelle ça, il n'y a pas de short cut, il n'y a pas de raccourci par rapport à ça. En fait, la difficulté en plus qu'on a, c'est que tout ça, ça fait appel à la neuroplasticité, c'est-à-dire la capacité de notre cerveau à se reprogrammer. Et lorsqu'on est enfant, tout ça, ça se passe globalement très bien, très facilement, le cerveau extrêmement plastique jusqu'à l'âge de 25 ans. Dès qu'on passe 25 ans, c'est plus compliqué. Alors moi, j'en ai 47, t'imagines. Mais la bonne nouvelle, c'est qu'en réalité, on peut arriver quand même à changer la façon dont on aborde les choses. En fait, ce qui va se passer, c'est dès qu'on va passer 25 ans, en fait, il y a plein de choses. Et c'est normal, encore une fois, il faut penser à des cavernes. Lorsqu'on avait passé 25 ans à l'époque, c'était déjà pas mal. Globalement, on était déjà grand-père, enfin peut-être pas, mais on s'était déjà reproduit sûr, donc on avait fait notre job. Et c'était à peu près suffisant. On avait fait notre job, on avait appris tout ce qu'il y avait à prendre. Maintenant, le cerveau, il fallait qu'il aille en autopilote. Et maintenant, c'était à nous d'apprendre aux autres. Donc, le cerveau, je pense fondamentalement, il fonctionne comme ça à cause de ça. Heureusement, la neuroplasticité est quelque chose qui existe complètement après l'âge de 25 ans. Mais en revanche, le process est un petit peu plus long et compliqué. Alors, ce qui se passe, c'est que quand effectivement, tu as un accident de voiture, tu arrives à un accident, un incident de vie, etc., lorsqu'on a eu l'habitude de voir les choses d'une certaine façon, c'est compliqué de changer. Donc, il y a certains processus pour ça. Et il faut, à notre âge, ce qu'il faut faire, vu que tu passes 25 ans, même avant, c'est bien, il faut répéter, répéter, répéter, répéter les processus. Donc, pour ça, il y a plusieurs modèles. Comme je l'ai dit, déjà, la première chose, c'est probablement, ça part d'une intention. Personne ne changera s'il n'a pas l'intention de changer, s'il n'a pas la volonté de changer. Donc, il y a un travail à faire d'acceptation, on dit acceptation ?
Loïc Oui.
Olivier Sur la situation dans laquelle on est. Et puis, après, effectivement, je parlais de la méditation, c'est un excellent outil. en anglais, on appelle ça mindfulness. Je pense que c'est la pleine conscience en français.
Loïc Oui.
Olivier Ça, c'est des outils qui sont extrêmement bons pour arriver à s'observer. Et du coup, ça aide à prendre conscience de nos comportements, de comment est-ce qu'on voit les choses, comment est-ce qu'on ne les voit pas, justement. Et puis, après, on peut faire plein de... Il y a plein de choses. S'il y a un truc qui est intéressant, par exemple, si je peux te donner ce truc-là, par exemple. Parce qu'il y a eu une étude qui a été... Je pense qu'elle date de 2019 seulement. Donc, c'est super frais, en plus. Il y a des chercheurs, je ne suis pas sûr si c'est Harvard ou Stanford, qui ont étudié la raison pour laquelle les gens abandonnaient. Et ce dont ils sont rendus compte, c'est que... Je vais apporter plusieurs choses, si tu veux, à ça. Et il y a... La raison pour laquelle on abandonne n'est pas uniquement... Ne c'est pas uniquement au niveau conscient et cognitif. Elle se fait également d'un point de vue chimique. Et... Et ça, je vais l'expliquer un petit peu, mais les choses qu'on peut faire déjà, c'est que... Première des choses, quand on a un objectif, comme je l'ai dit, il faut travailler sur son objectif. Se poser des questions de pourquoi est-ce qu'on a envie de le faire. Et d'aller vraiment profond par rapport à ça. Il y a plein d'outils qui existent, mais vraiment, c'est se poser la question de où est-ce qu'on est actuellement, où est-ce qu'on a envie d'aller, comment est-ce qu'on se projette, c'est quoi le résultat idéal. Comment est-ce qu'on imagine les choses dans le meilleur des mondes, une fois qu'on a déjà même passé notre objectif. Et commencer à connecter à ça d'un point de vue émotionnel, c'est-à-dire fermer ses yeux et essayer de vivre ce qui se passe. Et d'arriver à voir si on connecte vraiment avec tout ça. Le deuxième, et souvent, en fait, on abandonne parce qu'on n'a pas de vision très claire. Deuxième question fondamentale par rapport à ses objectifs, c'est que le cerveau ne sait pas reconnaître le négatif. Ce que je veux dire par là, c'est que si je te dis, ne pense pas à un éléphant rose. Oui,
Loïc tu penses à ça.
Olivier Tu penses à un éléphant rose. Donc, si tu te dis, par exemple, je veux arrêter d'être stressé, je veux arrêter de fumer, je veux arrêter d'être gros, je veux perdre du poids, eh bien, le cerveau, il se focalise sur le poids, il se focalise sur gros, il se focalise sur fumer, il se focalise sur le stress.
Loïc Comment tu fais, du coup ?
Olivier Eh bien, il s'agit de tourner son objectif de façon positive. Plutôt que je veux perdre du poids, c'est je veux être fit. Et à ce moment-là, tu as une nuance de ce que ça veut dire être fit pour toi. Qu'est-ce que ça signifie pour toi si tu deviens fit ? Comment ta vie, elle change ? Qu'est-ce que tu fais de façon différente ? Comment est-ce que tu joues différemment avec tes enfants ? Comment est-ce que tu interagis différemment pendant tes week-ends ? Comment est-ce que tu te regardes ? Donc,
Loïc on en revient à la projection, de la visualisation. C'est ça.
Olivier Et là, du coup, tu commences à formuler ta vision de façon différente. Donc, il y a effectivement ça, déjà, qui est vachement intéressant, c'est important. La deuxième chose, c'est faire un peu d'introspection, se poser des questions sur soi et se poser des questions assez simples, finalement, c'est quoi nos valeurs ? Les valeurs, en fait, avec lesquelles on fonctionne, c'est un petit peu la colonne vertébrale de notre fonctionnement. Alors, je tiens à plifier, ça rentre dans tout un tas d'outils, un process. Comme je dis, il n'y a pas de chose, il n'y a pas de solution miracle, il y a vraiment un process. Mais, enfin, en gros, si tu veux, si tu suis un process qui inclut vraiment ces étapes-là, développer la conscience de soi, développer la clarté sur ses objectifs de là où on est, là où on veut aller, aligner son conscient et son subconscient. Et ça, ça passe justement par la visualisation, d'arriver à comprendre ce qui peut nous retenir, les pensées limitantes qu'on a sur soi-même. alors, il commence à se passer vraiment des choses assez hallucinantes. Mais on ne peut arriver à ça en réalité qu'à partir du moment où on arrive à connecter, à s'accepter, à s'observer, à comprendre comment on fonctionne. Et on est souvent très mal placé pour ça.
Loïc Oui, ça c'est vrai et ce n'est pas évident en plus.
Olivier Non, en fait, c'est évident mais on ne nous l'apprend pas.
Loïc Oui, il y a beaucoup de croyances qui viennent interférer avec ça. Tu vois, sur ce point, des valeurs notamment, c'est hyper intéressant parce que je me suis rendu compte avec certaines personnes que j'accompagne, pour être honnête, la plupart des personnes que j'accompagne, généralement, les gens sont parfaitement à l'aise quand il s'agit des croyances ou des comportements ou ils associent des comportements à des valeurs ou plutôt, ils considèrent que des comportements sont des valeurs. Donc, quand tu poses la question, voilà, quelles sont les valeurs auxquelles vous rattachez ce projet de courir à cette marasme en 7 jours, il n'y a pas forcément de valeur qui arrive. Il y a un comportement. Tu vois, c'est, ah, j'ai envie, voilà, j'ai envie de partager ça autour de moi, j'ai envie d'inspirer des gens mais c'est assez difficile en réalité. je me rends compte pour les personnes qui n'ont pas fait cet exercice d'introspection, d'être au clair sur les valeurs qui les animent.
Olivier Absolument, absolument. Et en réalité, c'est assez simple. Honnêtement, on ne sait pas d'envoyer un satellite dans l'espace. Il s'agit de se poser des questions relativement simples et d'avoir quelqu'un qui peut nous guider de façon absolument non-judgmental, je ne sais pas le terme en français, non-judgmental, sans jugement, sans a priori, d'avoir une écoute qui soit absolument bienveillante. C'est vraiment ça. Et ça, on a du mal à se le faire sur soi-même parce qu'on est super dur avec soi-même. Notre pire ennemi en réalité, c'est nous-mêmes. Parce qu'on a tous été un petit peu élevés à ça de se dire ce n'est pas suffisant, tu dois faire mieux, etc. et c'est probablement encore plus plus dominant si tu veux chez les athlètes, les gens qui font des sports ou les gens qui ont des jobs un petit peu prenants. Et on a vraiment du mal à s'accepter et ça, c'est un vrai travail à faire sur soi-même aussi. Tu vois, par exemple, tu prends l'exemple de l'accident de voiture, etc. On va commencer à se reprocher plein de choses, on va commencer à se mettre dans un mode victime, etc. Et commencer par faire un travail, ça a l'air un petit peu rose comme ça, tu vois, mais ça a l'air de s'aimer soi-même, de s'accepter soi-même. Non, de comprendre qu'on est effectivement on n'est pas infaillible, qu'on est vulnérable et d'ailleurs, il y a un des podcasts que je n'ai pas encore remis mais que je vais le faire bientôt avec Brent Hayden qui a fait médaille de bronze au 100 mètres nage libre en 2012 aux Jeux Olympiques de Londres donc quand même un gros calibre, champion du monde en 2007, un truc comme ça et donc il parlait justement de la difficulté qu'avaient beaucoup d'athlètes à exprimer leurs émotions parce que on a un petit peu cette pensée que tu sais, il faut être dur quoi, il faut être dur pour atteindre les choses, un garçon ça ne pleure pas, il ne faut pas exprimer ses sentiments, parce que c'est perçu comme de la faiblesse. Or, et là d'ailleurs, pour ceux qui parlent anglais, je ne sais pas s'il est en français mais il y a un TEDx qui est excellent de Brené Brown, je te donnerai le nom comme ça tu pourrais le mettre si tu veux, qui parle en fait de la vulnérabilité et du courage. Et ce qu'elle exprime justement c'est de dire qu'il n'y a pas de courage sans vulnérabilité parce que la vulnérabilité en gros, c'est accepter de s'exposer, d'être émotionnellement engagé sans savoir à l'avance quel résultat on va avoir. Et quand tu penses effectivement à ça, c'est assez puissant parce que pour faire preuve de... si tu vas atteindre des objectifs, il faut faire preuve de courage. Et faire preuve de courage, ça signifie donc d'accepter une certaine vulnérabilité. C'est souvent ce que beaucoup de gens n'acceptent pas.
Loïc C'est un très très bon point. J'ai lu son livre The Power of Imperfection et c'est vrai que c'est... Surtout dans l'univers du sport, c'est une approche... Enfin, je n'ai pas fait du haut niveau comme toi, mais c'est vrai que ce n'est pas forcément une approche... Ce n'est pas l'approche par défaut d'être à l'écoute, d'exprimer librement ses émotions. C'est plutôt comme tu dis, se mettre en mode la carapace, état d'esprit fonceur, ça fait mal, on continue. Ce qui à terme n'est pas forcément... Je pense qu'on est en train de s'en rendre compte petit à petit. Pas forcément le plus judicieux en termes de performance et de longévité.
Olivier Oui, exactement. En fait, il faut avoir cette capacité à faire les deux, si tu veux. Il faut, à des moments, mettre son... son corps et son cerveau dans un mode un peu de stress et d'agitation. Il y en a besoin. Si on ne fait pas ça, il ne se passe pas grand-chose. Mais en revanche, c'est aussi important des fois de faire ce travail, de se poser, de faire face à ses peurs, de faire face à ses émotions. Tu sais, je prends toujours l'exemple de la natation parce que je nage beaucoup et c'est une de mes passions, la nage en mer. Et j'explique souvent que la seule façon finalement d'aller plus vite, c'est soit d'augmenter sa propulsion, soit de réduire l'attraction qu'on a. Et la propulsion, dans le sport, on est souvent à travailler l'attraction. Tu vois, plus, plus, plus, plus, plus, plus. Mais souvent, on oublie un petit peu de regarder qu'est-ce qui me limite ? Quelles sont les croyances que j'ai sur moi-même ? Quelles sont les émotions qui font qu'à un moment, je n'ose pas ? Que je ne crois pas suffisamment en moi ? Que je ne vais pas chercher dans mon potentiel ? Parce que ça, c'est un truc. Le potentiel, en réalité, de chacun, il est absolument infini. Et souvent, on se réfugie, tu sais, derrière le talent. On se dit, je n'ai pas le talent. Et souvent, le talent, c'est quand même une illusion ou c'est un refuge. Bien sûr, il y a des gens qui sont plus doués que d'autres dans certaines choses, dans certaines facilités. Je parlais d'exemple tout à l'heure, le gars qui fait 2,05 mètre, il va avoir un petit avantage sur moi quand on va commencer à jouer au basket. C'est ça, c'est évident. Mais, en revanche, ce n'est pas tout, si tu veux. On a vraiment, je crois que dans la NBA, je peux me tromper, mais je crois qu'il y a encore des joueurs qui sont plus petits que moi actuellement. Donc, c'est possible. Je ne dis pas que c'est la majorité, si tu veux. Mais ce n'est pas en soi un frein absolu. Et souvent, on se réfugie derrière le talent en se disant, je n'ai pas le talent, donc j'arrête. Et c'est important qu'on ait un athlète de haut niveau, de se dire, et pas forcément pour un athlète de haut niveau, mais c'est encore plus perceptible lorsqu'on est un athlète de haut niveau, de faire ce travail de dire, ok, non, mais les choses à plat, c'est quoi qui me retient ? C'est quoi le truc qui me fait de l'attraction derrière moi, qui m'empêche d'avancer aussi vite ? C'est quoi mes pensées ? Quel aspect de moi ne croit pas en moi ? Quelle petite voix me dit que je ne vais pas y arriver ? Que je ne suis pas assez bon, que je ne suis pas assez grand, que je ne suis pas assez fit, que je ne suis pas assez, etc. Et ça, c'est vachement important.
Loïc La question qui me vient là, c'est dans tous les clients que tu as pu accompagner de l'univers du sport, de ce que tu as pu observer, tu dirais que le mental, c'est quelle part ? C'est à quel poids dans leur succès ?
Olivier Ça a une part importante, difficilement mesurable, encore que j'ai posé la même question à Asdis, justement, puisqu'elle en parle un peu dans mon podcast, et elle, elle a vu des résultats absolument fondamentaux lorsqu'elle a commencé à travailler sur l'aspect mental. Je ne sais pas le mesurer, mais je dirais que c'est simplement par la force physique, par l'aspect physique, on ne peut pas y arriver. ce qui est difficile de mesurer, justement, c'est que notamment chez les athlètes de haut niveau, l'aspect mental est absolument démesuré, mais là, pour le coup, si on peut parler de talent, c'est-à-dire de quelque chose qui leur vient relativement naturellement, je pense que c'est ça. C'est cette capacité mentale. Et du coup, elle est difficilement mesurable, exploitable, et si tu veux, moi, tout le travail que j'essaie de faire en ce moment, c'est de me dire qu'il y a une méthode, il y a la possibilité pour chacun d'entre nous, que ce soit sportif ou non sportif, d'aller optimiser l'aspect mental, d'avoir une capacité à explorer ses capacités internes, capacité à explorer son potentiel, qui est, by the way, absolument infini, le potentiel. Donc, c'est juste de se dire j'ai la capacité d'aller taper dans une ressource qui est absolument illimitée.
Loïc Si on considère que c'est bien plus qu'un levier marginal à actionner pour arriver à de la performance, c'est fou de voir à quel point ce n'est pas vraiment intégré pour beaucoup, beaucoup de gens. Alors qu'à côté de ça, tu vois, si je pense au triathlon par exemple, bon, il y a des gens qui sont prêts à dépenser des milliers de dollars pour un gain marginal, en l'occurrence quelques grammes sur un vélo, qui fondamentalement ne fera peut-être pas autant la différence que quelques heures de coaching pour mieux comprendre ses croyances limites t'es intéressante.
Olivier Ah non, non, mais c'est certain. Tu vois, je n'ai pas d'ailleurs, je n'ai pas complètement terminé un point sur lequel j'avais dit que j'interviendrais tout à l'heure. Je disais également qu'il y a une raison biologique, chimique, la raison pour laquelle on abandonne. Et ça, rien que ça, si tu veux, ce que se sont aperçus donc les chercheurs de l'arvable, Stanford, ça, j'ai oublié, il faudrait que je vérifie, mais en tout cas, c'est en 2019, ils se sont aperçus que globalement, il y avait une raison chimique pour laquelle on abandonne, au-delà des autres éléments dont j'ai parlé tout à l'heure. On a, lorsque, il y a une molécule qui s'appelle la norepinephrine, ce n'est pas une molécule, c'est un élément chimique, et si, c'est une molécule, ce n'est pas une hormone, c'est une molécule. La norepinephrine, qui, en gros, permet au corps de se mettre en action, etc., je ne vais pas rentrer dans le détail. Et lorsqu'on fait un effort prolongé, que ce soit un effort sportif ou également un effort professionnel, on va avoir ce système Flight and Fight qui se met en route, et on va avoir la norepinephrine qui va se développer, elle est injectée en permanence pour qu'on soit en action. Le problème de ça, c'est qu'on a, dans notre cerveau, on a découvert, en fait, qu'il y avait une partie du cerveau dont le job, en gros, c'était de contrôler le niveau de norepinephrine. Et lorsque le niveau de norepinephrine dépassait un certain seuil, alors, en gros, tu avais une alerte qui hijackait le système conscient et qui, en gros, disait on arrête. Et qui te donnait, en gros, cet ordre d'arrêter et d'abandonner. ça, c'est absolument vachement important. Et en fait, c'est un neurotransmitteur, donc ça se passe vraiment au niveau du cerveau, au niveau de l'esprit. Et ce qui est intéressant à comprendre, c'est qu'il y a une molécule qui s'appelle la dopamine, qui est un neurotransmitteur également et qui permet justement, un des jobs de la dopamine, c'est de limiter le niveau de norepinephrine.
Loïc D'accord.
Olivier Donc,
Loïc tout l'enjeu, ce serait d'augmenter la sécrétion de dopamine pour venir, je ne sais pas si j'extrapole un peu trop, mais pour venir contrer, en fait. C'est ça, oui. exactement.
Olivier Alors, comment est-ce qu'on déclenche la dopamine ? Il y a plein de méthodes pour ça, mais la dopamine, c'est quand, par exemple, on va atteindre un objectif. On va atteindre un objectif et là, on va avoir une décharge de dopamine vachement importante. C'est pour ça, d'ailleurs, que quand tu termines un Ironman ou un Sommet Ironman, alors que 5 minutes avant, tu étais absolument mort à l'arraché, tu passes la ligne d'arrivée, tu sautes dans tous les sens, tu es capable d'aller faire un high-five à tout le monde. Après, tu t'écroules et tu as cette, c'est de l'adrénaline, l'adrénaline, l'épinéphrine, l'oradrénaline et l'orépinéphrine, c'est la même chose, c'est juste des langages différents. Et ça, ça se déclenche, etc. Et tu as la dopamine qui vient complètement pour te donner une espèce de boost incroyable par rapport à ça. Et ce qui se passe, c'est que ce dont se sont aperçus les chercheurs, c'est que la dopamine n'était pas simplement sécrétée lorsqu'on atteignait un objectif, mais également lorsqu'on envoyait un signal au cerveau qu'on atteignait, on était sur la bonne voie, qu'on atteignait, qu'on arrivait à une étape importante sur cet objectif.
Loïc Ok.
Olivier Donc, si on arrive à se conditionner mentalement via la façon dont on se parle, via l'imagerie, via la visualisation, via une préparation mentale de ce qui va se passer, notamment, si tu es sur un arrière-de-main, tu vas avoir des stations tous les deux kilomètres, de se motiver sur la prochaine station, de faire, en fait, une étape mentale, de dire, j'ai réussi, je suis là, de noter en soi tout ce qui va bien, j'ai l'arrivée de cardiaque, qui est bon, je me sens bien par rapport à ça, j'ai fait une bonne course à pied, etc., etc., de noter tous ces éléments-là qui montrent qu'on est en bonne voie, qu'on arrive à atteindre un certain nombre d'étapes, de milestones importantes, aussi petites qu'elles soient, d'ailleurs, alors, on a régulièrement une injection de dopamine et c'est pour ça qu'on arrive à atteindre ces objectifs. Dans un sens, et à rien,
Loïc donc l'enjeu, c'est de hijack le cerveau, en découpant l'objectif en micro-objectifs pour arriver à valider tous ces points de passage positifs.
Olivier Exactement, donc il y a plein, plein, plein d'éléments. C'est intéressant. Alors, il y a rien de révolutionnaire dans le sens où on a tous fait ça sur des courses, tu sais, on se dit, allez, je me ferai le prochain kilomètre. Mais maintenant, on a une explication neuroscientifique de la raison pour laquelle ça marche. Et ça, c'est quand même fondamental parce que, notamment dans mon travail, moi, de coach mental ou en hypno aussi, c'est qu'on peut vraiment arriver à déclencher des comportements et de travailler avec mes clients pour se dire, ok, on va analyser tout ce qui va nous permettre par rapport à cet objectif-là qu'on se fixe, on va réussir, on va analyser tout ce qui va nous permettre de montrer qu'on est sur la bonne voie. Et il y a plein de paramètres, c'est pas simplement sportif, ça peut être mental, ça peut être physique, ça peut être plein de choses. Voilà. Et donc, du coup, tu te donnes davantage de chance d'atteindre ton objectif. Et c'est pareil pour les sportifs de niveau.
Loïc Ça me fait penser à, j'ouvre une petite parenthèse, mais ce que tu viens de dire, tu sais la notion de second souffle.
Olivier Ouais.
Loïc Tu as associé ça avec ce que tu viens d'expliquer ?
Olivier 100%. Le second souffle, c'est, pas toujours, mais clairement, le second souffle arrive dans ces trucs-là. Tu te dis, à un moment, la partie mentale change. Ce qu'il faut voir également dans le second souffle, également, c'est qu'il y a une espèce d'adaptation à l'inconfort. Donc, dans un premier temps, tu vas avoir des sensations d'inconfort, etc. Tu n'es pas bon. Moi, j'ai ça sur le vélo, si je n'ai pas. Et à un moment, les jambes vont mieux, mais aussi parce que, d'un point de vue mental, tu as accepté cette douleur, cette difficulté. tu retrouves des bonnes sensations. Et à partir du moment où tu retrouves ces bonnes sensations, tu rentres dans une boucle mentale positive qui fait que tu déclenches de la dopamine, de la sérotonine, mais également, la sérotonine, c'est plus associé à quand tu fais un câlin à quelqu'un ou quand tu vas manger quelque chose de bon ou c'est également associé aux choses extérieures. Mais c'est un effet relativement similaire en termes de bien-être, on va dire. Et oui, donc tu as le second souffle, mais tu as ce phénomène-là, par exemple, avec les équipes de foot, les équipes de rugby, on a tous vu ça. L'équipe, elle est menée 3-0 aux 15 minutes avant la fin du match. Le coach décide de changer un joueur. Et là, avant qu'il change de joueur, tout le monde est complètement sous terre dans l'équipe qui perd. Personne ne se regarde, on ne sait plus quoi faire, on se met en défense. C'est la fin du monde, on attend avec impatience la fin du match parce qu'on sait que c'est compliqué. Et puis là, qu'est-ce qui se passe ? On change un joueur et là, le joueur, avec un différent état d'esprit, il arrive à passer, boum, il met un but. Et là, d'un coup, tout change. Parce que là, ce qui se passe, c'est que l'équipe qui était à 3-1 maintenant, se dit, oh, attends, on peut le faire, c'est possible. Et là, ils se disent en fait qu'ils sont en bonne voie. Ils se disent qu'ils sont en route pour l'objectif. Alors que l'équipe inverse se met à douter. Ils se disent, mince, si ça se trouve, on ne peut plus.
Loïc Et là,
Olivier eux, ils ont une décharge de norepinephrine. Et à ce moment-là, ce qui se passe, c'est que tout le monde reprend du poil de la bête et puis on marque un deuxième but, puis un troisième but et puis on rentre dans les arrêts de jeu et finalement, c'est cette équipe-là qui gagne. On a vu ça des milliers de fois.
Loïc Et là,
Olivier il n'y a rien de physique. Fondamentalement, il n'y a absolument rien de physique qui rentre en jeu. C'est simplement l'aspect mental qui d'un coup s'est mis à changer. C'est pour ça que le mental est important. On le voit, on le perçoit d'un point de vue sportif de haut niveau tu as fait du rugby, toi, tu as probablement eu ça dans un truc du rugby. À un moment, tu te dis je suis en train de me faire dévorer et puis à un moment, tu as fait un bon geste, tu ressens le truc et là,
Loïc tu t'es.
Olivier Parce que d'un point de vue mental, tu as changé et tu as senti dans ton corps quelque chose qui se passait aussi. Tu as senti une décharge qui fait que tu y crois et là, tu gagnes. Et c'est fondamentalement ça qu'on peut arriver à développer aussi qu'on soit un athlète de haut niveau ou pas. Qu'on soit pas un athlète du tout. Parce que combien de fois on est au bureau et puis on se dit c'est bon, on est mort, laisse tomber, ça va pas se passer, j'aurai pas la promotion, c'est l'autre qui va l'avoir ou de toute façon on aura pas ce client-là, c'est terminé, etc. On rentre dans cette boucle-là et arriver à comprendre ces mécanismes-là, arriver à comprendre que c'est pas simplement de la pensée positive parce que ça, ça marche pas. Si tu perds, tu dis non, je gagne, ton cerveau il est pas de la technologie, ça marche pas. Mais d'arriver à comprendre à la fois les mécanismes neurologiques, chimiques, mais également les techniques mentales pour arriver à développer toutes ces choses-là en soi, c'est absolument fondamental et c'est vrai que ça devrait être enseigné partout dans les écoles et c'est pour ça que je suis ravi de faire ton podcast parce que c'est une bonne façon de faire passer ces messages.
Loïc Exactement, c'est l'objectif. Donc, très, très content. Écoute, on arrive sur ces bonnes paroles, on arrive déjà quasiment à la fin du podcast. C'était absolument passionnant d'échanger avec toi sur ce sujet. Je pense qu'on pourrait en parler des heures et des heures encore. Oui. Mais peut-être avant qu'on se quitte, qu'est-ce que, pour quelqu'un qui serait intéressé, encore une fois, j'espère qu'après cet épisode, il y aura des auditeurs qui voudront se lancer, notamment dans la méditation. On en a beaucoup parlé comme première étape sur le chemin d'introspection. Quelles ressources tu recommanderais, toi, sans que ce soit forcément un accompagnement en coaching ? Est-ce qu'il y a des livres, des apps, des films que tu aurais envie de partager ?
Olivier Oui. Il y a plein de choses. Comme je travaille à Hong Kong, j'ai beaucoup de ressources qui sont en anglais. J'ai développé, moi, sur mon website, on peut accéder à 21 jours de méditation qui sont structurés justement pour enseigner ce dont j'ai parlé.
Loïc Oui, c'est vrai. C'est gratuit en plus.
Olivier Non, ce n'est pas gratuit, mais ce n'est pas très cher. Ah, merci. C'est vraiment très cher par rapport que ça apporte.
Loïc OK.
Olivier Je crois que c'est 39 US dollars. Je ne sais pas ce que ça représente en euros, mais c'est peut-être 30 euros, un truc comme ça. Mais ça change vraiment fondamentalement. On voit les résultats et c'est absolument important. Mais c'est en anglais. En même temps, quand je parle anglais, j'ai un doux accent français. donc en plus, ça vous permet de faire ce qu'il y a qu'un néo-zélandais. Mais autrement, il y a une app que je peux recommander. Il y a plein de trucs. Il y a une app qui s'appelle Insight Timer.
Loïc Oui.
Olivier Insight, I-N-S-I-G-H-T Timer, T-I-M-E-R qui, je crois, a également des méditations en français.
Loïc OK.
Olivier Mon conseil, c'est commencer simple. 5 minutes, ça suffit. Commencer par de la méditation guidée également.
Loïc Oui.
Olivier Les plus faciles, ce sont toutes celles qui tournent autour de la conscience sur sa respiration, l'observation de sa respiration. C'est très simple. Et puis, quelques conseils sur la méditation. Déjà, un, n'oubliez pas que la méditation, c'est simplement l'art d'observer. Donc, même si à un moment pendant la méditation, on se trouve en train d'engager avec ses pensées, de parler, de se parler, on se sent distrait, etc. Eh bien, félicitations, vous avez observé quelque chose dont c'est que la méditation. Et à ce moment-là...
Loïc C'est un super conseil parce que bien souvent, enfin, en tout cas, moi, c'est l'impression que j'avais, la méditation, c'est justement le vide total. Et en fait, c'est exactement comme l'exemple de l'éléphant rose que tu as expliqué tout à l'heure. Si tu penses à essayer de faire le vide total dans ton esprit, en fait, ça ne marche pas parce que tu es constamment en train de dire « mince, je viens de penser à quelque chose. » Non mais attends, il faut que je fasse le vide. Mais là, je suis en train de penser.
Olivier Et puis, on va juste casser un tabou de toute façon. On a 70 000 pensées par jour, une par seconde. Alors, bonne chose pour ne pas penser. C'est clair. Donc, c'est vraiment de l'observation et puis le faire cool, ça me coûte. Surtout, ne pas avoir d'attente mais simplement poser son intention d'observer. Et surtout, c'est la régularité également. Il n'y a pas de magie. Ce n'est pas parce qu'on va faire une heure de méditation une fois par semaine que ça va fonctionner. il vaut mieux faire pendant un mois, cinq minutes par jour et vous allez voir des résultats garantis.
Loïc Ok. Écoute, merci beaucoup pour les conseils. Je mettrai aussi les liens de ton site, de ton podcast Mind Your Brains en description de l'épisode. Je te remercie encore une fois pour ton temps. C'était vraiment passionnant. C'était génial de pouvoir échanger avec toi compte tenu de ton expérience et sans parler même de ton background académique. Et écoute, tout le meilleur pour la suite pour ton activité de coaching, pour le podcast. Je pense qu'on va rester en contact. Absolument. Et encore merci pour ton temps aujourd'hui.
Olivier Merci Loïc.
Loïc Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets qu'ils soient pro ou perso. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également directement par e-mail et la contact arrobase lesfrappés.com. Et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure, n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez ainsi qu'un commentaire. Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Ciao ! Sous-titrage ST' 501
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