Richard Les frappés de l'équipe Je trouve ça passionnant de voir les différents types de personnes, justement les personnalités qui ressortent face aux difficultés. Je pense que ça soude beaucoup plus une équipe, le fait d'être dans des conditions difficiles. C'est toutes des situations qui t'imprègnent et justement qui te font grandir et qui soudent les gens au sein d'une équipe. Et puis faire partie d'une équipe, c'est aussi ce qui m'anime là-dedans.
Invité 1 Eh bien, bonjour Richard.
Richard Bonjour Loïc, salut.
Invité 1 Bienvenue sur le podcast des Frappés. Avant que j'oublie, un grand merci à Maxime puisque tu es l'un des invités qu'on a la chance d'avoir avec nous grâce à lui, c'est lui qui nous a mis en relation. Maxime qui était notre tout premier épisode. Donc c'est vraiment cool et encore merci d'avoir répondu présent pour prendre le micro avec nous en direct d'ailleurs depuis Montréal.
Richard Oui, mais écoute, ça me fait plaisir. Si je peux partager quelques aventures avec toi, c'est cool.
Invité 1 Alors justement des aventures, il y en a un paquet dont tu vas pouvoir nous parler. Je ne vais pas faire de spoilers, je te laisse peut-être te présenter que fait Richard dans la vie.
Richard Bien écoute, actuellement je travaille comme photographe vidéaste d'aventure. C'est comme ça que je gagne ma vie, mais à la base je suis biologiste. Donc j'ai un peu orienté mon parcours de vie tout doucement pour rallier un peu toutes mes passions, ce qui est le plein air et l'environnement. Donc là, tout doucement, j'essaye de m'orienter de plus en plus vers le documentaire à caractère environnemental, mais toujours en liant l'aventure et l'exploration.
Invité 1 Et comment s'est fait la transition entre ton parcours initial et l'aventure professionnelle ?
Richard Mais écoute, je crois que c'est quelque chose qui a toujours été un peu ancré en moi. Je crois que déjà de tout petit, je regardais différents documentaires, que ça soit « Ochoir à nature » avec Nicolas Hulot, où il était toujours dans la nature, dans les grands espaces, toujours en explorant continuellement. Il rampait les montagnes, il faisait du deltaplane, tout ça. Et je pense que ça, ça m'a pas mal inspiré. Et inconsciemment, je pense que c'est resté au fond de moi un peu comme motivation. Donc poursuivre des études en biologie, ça a été assez naturel parce que c'était vraiment le domaine qui m'intéressait. J'ai toujours été proche de la nature, toujours à parcourir les champs, les montagnes, dès que j'avais l'occasion. Puis j'ai toujours été très intéressé par aussi la vie des animaux. Donc ça, c'était un peu ma première orientation. Puis à côté de ça, j'ai toujours voyagé, que ce soit en stop, en vélo, à pied, pour vivre des aventures avec des amis. Ça a commencé avec un groupe d'amis auquel on est resté très soudés. On a fait les scouts ensemble quand on était jeunes. Puis on a continué à voyager par la suite, aller en montagne et puis un peu repousser nos limites continuellement d'année en année. Puis je me suis mis à pratiquer différents sports liés au plein air, que ce soit l'escalade, le kayak et de fil en aiguille. Je me suis rendu compte que j'adorais vraiment être dans les grands espaces. Et donc, c'est ça un peu le mix entre mes études et le plein air a fait que je commence à prendre des photos, que ça soit pour différentes études en biologie sur les mammifères marins. Puis les gens me disaient « Écoute, ils sont vraiment cool tes photos. Il faudrait que tu en fasses quelque chose. » Et je crois que le côté un peu plus artistique a pris le dessus au fil du temps. Puis je crois que naturellement, je me suis orienté plus vers la capture d'images, la rencontre des gens, puis essayer de partager un peu l'authenticité des relations entre les hommes et entre l'homme et la nature et son environnement. Donc, oui, c'est un chemin qui prend du temps et puis qui se met en place tout doucement.
Invité 1 Alors, sur ces différentes expéditions, tu parlais de partage et de connexion avec les grands espaces. Si on a une en particulier que tu voudrais peut-être partager un peu plus en détail, ce serait laquelle ? Parce que sur ton site, il y en a quand même beaucoup.
Richard Oui, oui, oui. Ben écoute, j'ai pas mal bougé. Je crois que chaque expédition, chaque voyage amène son lot d'aventures et de rencontres. Après, il y en a qui sont un peu plus notables que d'autres. Je pense par exemple à un coup de pagaie pour le Saint-Laurent. C'est une expédition que j'ai organisée sur le fleuve Saint-Laurent. J'ai parcouru l'entièreté du fleuve en kayak, de la source à l'embouchure, donc de Kingston, dans le lac Ontario, jusqu'à Gaspé, dans le golfe de Saint-Laurent, ici au Québec. Donc, c'est une aventure de 1400 kilomètres en kayak qui avait pour but non pas l'exploit sportif, parce que j'ai aucune prétention de réaliser une performance qui n'a jamais été réalisée, mais c'était plus dans l'idée de valoriser le fleuve dans son entièreté. Ça permettait un peu d'aborder différents sujets. Donc, toute l'expédition a été organisée pour qu'il y ait des jeunes qui puissent nous suivre en live, continuellement. Donc, chaque semaine, on avait des interviews Skype avec des groupes de jeunes qui suivaient un camp de jour sur la biologie marine. Et le fait de parcourir un fleuve dans son entièreté, ça te permet de parler, que ce soit la source de l'eau douce, jusqu'à l'embouchure dans l'eau salée. Donc, ça permet d'aborder vraiment plein de problématiques différentes, que ce soit l'érosion des côtes, les espèces invasives qu'on peut retrouver dans différents lacs ou autres milieux, puis également la pollution. Donc, ça nous a donné du sujet un peu tout le long de l'expédition. Par ailleurs.
Invité 1 Le projet, c'était le véhicule pour faire passer certains messages, pas forcément à vocation sportive en réalité, si j'ai bien compris.
Richard C'est ça. Donc, je pense que l'expédition a été un peu un moyen d'attirer l'attention des gens vers justement le fleuve. Les gens se disaient, mais pourquoi ils font ça ? Puis, au final, ça permettait justement de parler de ce qui nous touchait vraiment, ce qui était la valorisation du fleuve. Et à l'époque, il y avait différents projets industriels qui voulaient se mettre en place sur le fleuve. Et donc, il y avait une grosse mobilisation citoyenne pour empêcher ces projets de voir le jour. Et je pense que ce genre de projet, ça permettait aussi d'aborder ces questions-là, puis de faire un peu pression sur les différents organismes pour justement lutter contre l'impact négatif que ça pouvait avoir. Donc, c'est ça.
Invité 1 Intéressant. Et du coup, parce que tu disais que tu n'étais pas forcément lancé pour l'aspect sportif, même si j'imagine que paier 1400 kilomètres, il y a forcément une dimension sportive importante. Tu le sais, on en avait un petit peu parlé sur le podcast, les thématiques qui me sont chères, que j'aime bien partager avec les invités, c'est le dépassement, la résilience, la détermination. Et je crois me souvenir qu'il vous est arrivé un petit incident en cours de route pour lequel vous avez certainement dû faire preuve de résilience. Oui. Tu peux peut-être nous en dire plus ?
Richard On en a eu plusieurs des petits incidents. On a eu une journée où on a perdu un gars. Il faut savoir que le fleuve Saint-Laurent, l'eau est très froide. Et donc, il suffit qu'il y ait une masse d'air chaud qui passe sur le fleuve pour qu'il y ait un brouillard qui s'installe. Un brouillard qui n'est pas très haut en hauteur par rapport au fleuve, mais assez épais pour qu'on ne distingue plus rien autour de nous, surtout en kayak, on est bas sur l'eau. Et on a vu le brouillard arriver, mais ça a pris moins de cinq minutes pour qu'on n'y voit plus rien. Puis là, on n'a pas eu le temps de se rassembler. Et là, on a perdu Manu. Manu était dans le brouillard quelque part. Et là, ça a duré, je crois, six heures avant qu'on le retrouve. Ah ouais ! Donc là, on s'est rendu compte qu'on avançait en même temps. Lui, il a fait des allers-retours pour nous retrouver. Nous, on a fait pareil, mais je pense qu'on le faisait en même temps. On avançait, puis on reculait, puis on se disait, ben non, on ne le retrouve plus. Et donc, oui, on a fait tout ce qu'il fallait faire. Là, on s'est rapprochés de la côte pour toujours avoir la berge à vue. Puis, ben c'est ça, on avançait un peu à la fois. Et on s'est rendu compte cinq heures plus tard qu'il nous attendait plus loin. Et quand le brouillard s'est dissipé, ben on l'a retrouvé là. Ça va, sans stress, il nous attendait. Donc ça, c'était une aventure qui... Ben c'est ça, il ne faut juste pas stresser là. Tu réfléchis, qu'est-ce qu'il faut faire logiquement pour ne pas aggraver la situation. Il ne faudrait pas que tout le monde se perde. Donc, tu te rassembles, tu avances. Puis, finalement, ça s'est bien passé. Parce que c'est vrai qu'il y a des courants qui auraient pu l'emporter un peu plus au large. C'est un peu ça qu'on avait peur.
Invité 1 Est-ce que vous étiez déjà à l'endroit où le Saint-Laurent est large ?
Richard Oui, on était déjà dans la fin de l'estuaire en Gaspésie. Donc, le Saint-Laurent, il faisait à peu près à ce niveau-là 45-50 km de large. Donc, tu n'as pas envie d'être emporté vers le centre du fleuve. Oui, clairement.
Invité 1 OK, donc vous avez perdu quelqu'un pendant 6 heures. Ça fait déjà un bel imprévu. Mais côté matos, je crois qu'il vous est arrivé une petite nouvelle surprise aussi.
Richard Donc, oui, on campait tous les jours sur le bord du fleuve. Et on avait une balise GPS qui permettait de nous suivre au jour le jour. Et peut-être que c'est ça qui a fait qu'on était repérables. Et puis, une nuit, on était dans la tente tous en train de dormir. Puis, j'entends du bruit à l'extérieur. Et instinctivement, je me dis, il doit être 6 heures du matin. C'est l'heure de se lever, de faire du café, puis de commencer à se préparer à partir. Puis, je regarde l'heure. Il était 3 heures. Je me dis, ça, c'est bizarre. J'entends vraiment des bruits de pas et du matériel qu'on est en train de bouger. Donc là, je sors la tête. Et puis, il n'y a plus de pagaies. Il y a des pagaies en carbone qui coûtent assez cher. Et il manquait pas mal de matériel aussi. Les panneaux solaires, les batteries. Il manquait un appareil photo. Et puis là, je réveille tout le monde. Un peu branle-bas de combat. Je fais, il se passe quelque chose. Là, on est en train de nous voler du matériel. Donc là, on s'est tous levés. On a commencé à chercher. On était près d'un village. Donc, on a été balader dans le village à 3 heures, 3 heures et demie. Il n'y avait personne de réveillé. Puis, on a vu un pick-up garer dans un stationnement, dans le fond du stationnement. Puis, il y avait les phares allumés. Donc, on trouvait ça assez étrange à cette heure-là. Donc, on a pris un peu nos précautions. On avançait doucement vers le pick-up. Puis, il y a un gars qui sortit et qui est venu directement vers nous. Assez bizarre. Et il était assez grand, costaud. Puis, il nous dit, ouais, qu'est-ce que vous avez, les gars ? Je dis, ben, on est en train de nous voler du matériel. Il y a un truc qui est pas net ici. On fait une expédition kayak. On explique tout ça. Puis, il nous dit, ouais, moi, j'attends pour le traversier. Je dois partir à 5 heures du matin. Donc, je dors dans ma voiture. Je dis, bon, OK, très bien. Mais tout paraissait louche dans cette histoire-là. Donc, on a surveillé la voiture. Puis, il préparait des affaires dans la voiture avec la lumière dedans. On ne comprenait pas ce qui se passait. On a continué à chercher dans le village. J'ai appelé la police. Ils me sont dit, ben, tu sais, on vole du matériel de plein air. Il n'y a pas grand-chose à faire en pleine nuit. Il rappelait demain matin. Et à un moment, la voiture a démarré. Et on s'est dit, mais pourquoi il s'envoie ? Il attendait le traversier. Donc, on a bloqué la sortie du stationnement. Puis, on lui dit, ouais, qu'est-ce que tu fais ? Je pensais que tu attendais le traversier. Puis, il dit, ouais, il y a ma femme derrière qui est malade. Elle doit aller à l'hôpital. Puis, à ce moment-là, on fait le tour. Il y a un des amis qui fait le tour de la voiture et qui voit des pagaies à l'intérieur. Et là, on commence à s'énerver un petit peu. On dit, ouais, mais là, les pagaies, tu ne fais pas du kayak. Il y a nos autocollants en-dessus, nos sponsors. C'est notre matériel que tu as dans ta voiture. Puis là, il a commencé à s'énerver. Puis, Martine, celle qui faisait du kayak avec nous, elle s'est mise devant la voiture. Puis, il a commencé à accélérer. Puis, on a dû sauter de devant la voiture pour éviter qu'ils nous écrassent. Ah ouais, c'est vraiment. Là, j'ai eu vite le temps. J'étais en train d'appeler la police derrière mon dos. Et j'ai vu vite le temps. Donc, ils ont décroché. Et j'ai commencé à dire, ouais, on a trouvé la personne qui est en train de voler notre matériel. Et j'ai donné le numéro de la plaque. Et là, comme c'était une infraction un peu en live, la police s'est mobilisée. J'ai entendu qu'ils ont bloqué les routes. Puis, ils sont venus nous voir. Et on a fait un peu le décompte de ce qu'on avait perdu. Ben, c'était l'équivalent d'un petit 10 000 dollars de matériel. Mais ce qui nous en vaut plus, c'est qu'on ne pouvait plus avancer. Il nous manquait les pagaies, des vestes de flottabilité. Heureusement, les kayaks étaient là. Mais il nous manquait pas mal de matos, même des vêtements. Donc, on s'est trouvé presque pénis. Parce que, c'est mieux.
Invité 1 Comment vous avez géré ça, du coup, en tant qu'équipe, en plein milieu du projet, sans bloquer, en fait ?
Richard Ouais, ben, c'est ça. On a fait une réunion. Puis, on s'est dit, ben, qu'est-ce qu'on peut faire dans l'état actuel des choses ? On n'a pas stressé. On s'est dit, ben, c'est une expédition qui est médiatisée. On a des contacts. On a appelé que ça soit les sponsors. On a appelé toute la communauté du kayak au Québec. On a fait des posts sur les réseaux sociaux. Et je crois que ça nous a pris... Ben, même, on est resté une journée sur place. Et le lendemain, on a recommencé l'expédition avec du matériel qu'on avait reçu en prêt, par plein de gens. Enfin, vraiment, tout le monde s'est mobilisé. On recevait des messages en disant, « Ouais, on est en train de parcourir les routes pour être sûr que la personne n'ait pas balancé tout le matériel dans les fossés, dans le fossé en ayant peur. » Parce que c'est passé à la télé, c'est passé à la radio, le fait que notre expédition était bloquée. Donc, on a une grosse mobilisation de la communauté de plein air. Et ça, ça a été vraiment positif. Excellent. Oui, c'était vraiment... Par notre mésaventure, on s'est rendu compte que ça mobilisait des gens. Et en fait, ça nous donnait un peu la motivation de continuer. On était à la moitié de l'expédition. Là, il nous restait encore facilement 700 km à parcourir. Donc, ouais, on était bien content avec ça.
Invité 1 En tout cas, c'est super de voir que, ouais, c'est la mobilisation un petit peu générale des gens qui vous suivez, qui vous a permis de continuer. C'est cool. Ouais, vraiment. Donc, ça, c'était ta première grosse expédition ?
Richard C'était la première grosse expédition médiatisée. Médiatisée. Ouais. Parce qu'avant, j'avais été faire pas mal de tripes en montagne. C'était plus des projets personnels, on va dire. J'avais traversé le Burkina Faso en mobilette à l'époque. Durant mes études, j'ai été dans différents endroits. Donc, en Australie, en Islande, en Afrique. Et là, pareil, il y avait toujours des micro-aventures qui se passaient. Je sais pas si c'était voulu forcément, mais je pense que c'était un peu... Comment je suis là ? Je pense que, tu sais, quand t'as deux chemins devant toi, t'en as un facile, mais tu sais que ça va être un peu confortable. Moi, je pense qu'instinctivement, je vais toujours voir les côtés un peu plus incertains. Parce que, par expérience, j'ai remarqué que c'est ça qui me permettait de rencontrer des gens. Après, il y a toujours une gestion du risque à avoir. De dire, oui, c'est incertain, mais est-ce que je risque de mourir ? Tu essaies d'évaluer la situation et tu te dis, ben non, c'est sûr que ça risque de me mettre dans des difficultés, mais je pense que c'est gérable et ça met pas ma vie en jeu.
Invité 1 C'est super intéressant ce que tu dis sur le fait de rencontrer des gens. C'est vrai que c'est un peu ce que je retiens des différentes interviews que je fais. Ce que je retire de tout ça, c'est cette notion de foncer et de saisir les opportunités. En fait, c'est une sorte de cercle vertueux, tu vois, où plus tu te lances dans des projets, du coup, tu es visible, plus tu rencontres des gens qui sont un petit peu investis sur les mêmes thématiques. Et oui, cette notion de cercle vertueux.
Richard Oui, je pense qu'il ne faut pas se bloquer. De façon générale, j'ai un vieux van en Belgique et je voyage pas mal avec. Et c'est peut-être par choix ou parce que j'aime bien les cartes papier, mais j'ai pas de GPS dedans. Et comme j'ai eu le Canada, quand je reviens, j'ai pas forcément de connexion téléphonique. J'ai pas mon... J'ai pas l'abonnement qui fonctionne en Europe. Donc, je pars toujours avec mon van, avec les cartes papier. Et je sais que si je suis perdu, j'ai plus tendance à m'arrêter, demander à quelqu'un pour m'aider dans mon chemin, plutôt que de vouloir me débrouiller par moi-même avec la technologie. Parce que de façon générale, je trouve que les rencontres qu'on fait, ça amène à discuter, puis justement à rencontrer des belles personnes en général. Oui. Puis qui t'amènent à différents projets. Un peu de fil en aiguille, quand tu vas vers les gens, je pense que naturellement, ça fait un peu effet de boule de neige. Tout se met en place pour le futur.
Invité 1 C'est quoi le poids des rencontres que tu as pu faire dans les différents... par exemple les différentes expéditions que tu as pu faire. À quel point est-ce que ça a été lié à des rencontres que tu as fait ?
Richard Quasiment tout en général. C'est des discussions avec des gens qui sont motivés. Tu discutes au coin du feu le soir, puis tu as des projets qui se mettent en place, des idées qui partent dans tous les sens. Et puis les choses se placent. Enfin, je sais que quand je vivais en Australie, je travaillais donc sur les dauphins par là, puis j'ai rencontré un gars qui travaillait avec moi. Il m'a dit « Ouais, j'ai rencontré quelqu'un en Indonésie qui a besoin d'aide de biologistes pour gérer un centre de rescousse... » « De rescousse ? » Ça se dit ça ?
Invité 1 Oui, de secours de sauvetage.
Richard C'est ça, de secours sur les animaux en captivité qui ont été récupérés. On parle d'orans-outans, de macaques, d'animaux sauvages qui se sont retrouvés sur les marchés asiatiques. Et donc le gars était tout seul à avoir monté son projet. Par la rencontre, je l'ai contacté. Je lui ai dit « Écoute, j'ai rencontré la personne que tu as rencontrée un an plus tôt. Est-ce que tu as besoin d'aide ? » Puis finalement, je me suis retrouvé à prendre un billet d'avion pour l'Indonésie et aller travailler sur les orans-outans. Donc, il ne faut pas se bloquer dans le futur. Il faut juste aller au feeling. En fait, c'est ça. J'aime bien y aller au feeling. J'ai eu un bon contact avec la personne. Puis je me suis dit « Écoute, je vais venir t'aider. » Puis c'est comme ça que tu te retrouves dans la jungle à bosser avec des orans-outans et des macaques.
Invité 1 Ou à traverser le Canada à vélo en 30 jours, si j'ai bien compris.
Richard Ah ouais, c'est ça. C'est aussi une chate expérience, on va dire, post-confinement. Tout le monde a vécu le Covid comme il appule. Le confinement un peu partout sur la planète. Puis Caro, une amie que je pense que tu as interviewée également, elle me disait « Ouais, je pense que c'est le bon moment pour traverser le Canada en vélo. » Puis ça trottait un peu dans ma tête. Elle me disait « Ouais, je chercherais bien quelqu'un pour venir avec moi. » Et tu poses les pour et les contre. J'ai dit « Ok, on est en confinement. Tous les contrats viennent de tomber. Il n'y a rien de prévu dans le court-moyen terme. » En effet, c'est la bonne période. On a qu'à prendre un vélo. Puis en fait, trois jours avant le départ, je me suis décidé. J'ai dit « Ok Caro, on va traverser le Canada en vélo. »
Invité 1 Sachant que tu venais du vélo auparavant ? Enfin, tu avais déjà des expériences de distance ?
Richard Ouais, pas tant. J'ai toujours fait un peu de vélo dans mes déplacements quotidiens. Mais je t'avoue qu'enchaîner entre 100 et 200 km par jour pendant 30 jours, je ne l'avais jamais fait. J'avais déjà fait un week-end en vélo une fois. Mais je crois qu'il ne faut pas se mettre de barrière physique. Tu sais, quand tu connais ton corps, tu sais que quand tu es fatigué physiquement, je pense qu'à partir du moment où tu l'extériorises, c'est que tu es capable à peu près de faire deux fois plus que ce que tu viens de faire. C'est ce que j'ai remarqué dans les différents projets. Quand je me suis retrouvé en montagne, en général, tu as assez de ressources au fond de toi. Tu sais, si tu dis que tu es crevé, tu as mal aux jambes, tu es mort sur ta chic. Et de toute façon, tout peut aller de mieux en mieux. Si tu es vraiment les bas fonds, prends une barre, mange quelque chose, hydrate-toi. En général, c'est souvent ça. Tu es fatigué parce qu'il te manque un peu de sucre, parce que tu n'es pas bien hydraté. Mais il faut juste... C'est ça. Analyse les conditions. Tu dis, ok, j'ai mal, j'ai chaud, je transpire. Je fais quelque chose pour gérer cette situation. Puis une fois que tu es un peu plus confortable, tu retrouves de l'énergie, puis tu as un second souffle. Je crois que c'est un peu ça qu'on pourrait en parler à des marathoniens, des ultra-trailers. Oui, oui. Je pense que c'est...
Invité 1 C'est super intéressant. C'est quelque chose que tu as découvert. Tu as eu un déclic à un moment donné sur cette notion de quand j'ai mal, en fait, j'en ai encore sous la pédale et c'est simplement des signaux que mon corps m'envoie. Ouais.
Richard Ben, je pense que depuis pas mal d'années avec les amis, j'ai eu pas mal d'amis assez positifs dans la souffrance et je pense qu'on en rigole toujours. On se dit, ah, on est dans une situation de merde. Mais ça nous fait rire et puis finalement, ça nous donne l'énergie de continuer. Je me rappelle, je bifure complètement. Maintenant, je vais parler d'une expédition d'alpinisme qu'on a fait avec un ami. Donc, j'ai été... J'aime bien aller dans les écrins en France. Ouais. C'est vraiment un chouette parc pour l'alpinisme. Et j'avais été faire une ou deux ascensions avec des amis pendant une semaine. Puis, je suis revenu en Belgique entre deux. Puis, pendant cette semaine-là, il y a eu trois décès sur la mèche. Donc, c'est une montagne à 4 millimètres d'altitude dans le parc des écrins. Une vraiment belle montagne. Et là, je suis revenu. Puis, j'ai dit à ma copine à l'époque, « Oh, ben, je crois que je vais aller avec mon ami Colin. On va aller faire la mèche. » Mais elle avait suivi des nouvelles. Elle avait vu qu'il y avait eu des décès sur cette montagne, des accidents. Et on sait que la montagne, il ne faut pas prendre à la légère. Mais moi, je savais que c'était un peu ma limite technique. C'est une voie alpine assez mixte où tu as l'escalade de roche surcoinceur. Tu as les traversées de glaciers. Tu as une course d'arête. Tu as encore un retour sur… Tu as beaucoup de rappels. Tu as un retour sur un grand glacier assez crevassé. Donc, c'est pas mal varié comme style d'environnement. Et je me rappelle avoir dit à ma copine, « Ouais, ben ouais. Je vais aller en bas de la montagne et je vais voir. » Mais dans ma tête, je suis sûr qu'on allait la grimper. Donc, on est parti en stop de Bruxelles avec un ami. Et notre objectif, c'était d'arriver à la Bérarde avant la fermeture de la pizzeria, à 9h15.
Invité 1 D'accord.
Richard On a fait une journée de stop et on est arrivé à 9h15. On a commandé la dernière pizza de la journée. Puis là, on a dormi et le lendemain, on a filé une journée d'approche pour arriver au pied de la montagne. Et là, on a parlé à la personne en refuge. Je disais, « Ben écoute, la journée de demain, c'est une once belle, mais après, ça va se couvrir. Et pendant au moins trois jours, ce ne sera plus possible de grimper la montagne. » Là, on n'a pas trop réfléchi avec mon pote. On s'est dit, « Ok, on va la grimper demain. » Puis, on est parti. Au départ, je ne sais pas, 4h ou 5h du matin. Je ne me rappelle plus trop bien. Mais on a suivi la voie. On était sans guide. Donc, on tâtonnait un peu le terrain. On avançait un peu à la fois. Puis, tout s'est bien passé jusqu'au sommet. Je me rappelle avoir envoyé un message à ma copine, à des amis. « Ouais, je suis au sommet de la neige. Tout va bien. Il ne reste plus qu'à descendre. » Mais comme c'est une traversée, quand tu es au sommet, tu es juste à la moitié du chemin. Puis, en montagne, en général, ce n'est pas le sommet qui est important. C'est revenir vivant en bas. Donc là, tout se passait bien au sommet. Puis, le temps qu'on mange une petite barre au sommet, il y a les nuages qui sont arrivés. Puis, il y a eu un orage qui a éclaté. Et là, on commençait à… Là, on a rigolé, mais on se plaignait. On se dit « Hey, c'est con. Là, je viens d'envoyer un message que tout va bien. Et là, on va mourir en montagne. On est à 4000 mètres avec des mousquetons en métal accrochés à notre poudrier. On va se faire prendre par un éclair. » Puis là, on était dans le brouillard jusque la fin. Mais c'est ça. On n'a pas montré de stress à l'autre. On était une cordée de deux. Puis, tous les deux, on ne montrait pas qu'on était un peu stressés. Ce genre de situation-là, c'est comme ça que ça peut dégénérer. Je crois que c'est si tu vois la chose de façon assez pessimiste, tu vas entraîner l'autre dans une espèce de… Tu vas justement diminuer son mental, qu'il y aura moins d'énergie. Il va voir les choses de façon assez noire. Puis, je pense que tu es obligé justement de garder un esprit positif et de faire fi des conditions que tu ne peux pas gérer. En fait, l'orage, on ne peut pas le gérer. Il faut juste l'accepter. Puis, qu'est-ce que nous, on peut faire pour passer cette situation ? Dehors, c'est continuer à avancer. Puis, faire un espèce de topo des conditions assez régulièrement. Puis, c'est ça. Je pense que dans toutes les situations, c'est ça. Arriver à mettre de côté ce qu'on ne peut pas gérer pour ne pas perdre de l'énergie là-dedans parce que ça ne sert à rien. Et voir toi ce que tu peux gérer pour améliorer ta situation, ton confort dans ce type de situation.
Invité 1 Oui, complètement. J'écoute un autre podcast d'un invité d'ailleurs qui interview beaucoup d'athlètes de haut niveau. Et en fait, le constat au fur et à mesure des épisodes, c'est systématiquement le même. C'est exactement ce que tu viens de dire. C'est-à-dire que ce qui fait la différence chez ces sportifs, c'est leur capacité face à une situation de voir la situation et de réagir par rapport à ce qu'ils peuvent contrôler. Et c'est ça qui fait bien souvent la différence. Donc, je te rejoins complètement là-dessus. Mais du coup, la question qui me vient, tu disais que vous étiez une cordée de deux. Et ce qui a fait que ça a bien marché, c'est que vous ne montriez pas sans doute le stress que vous aviez tous les deux forcément à ce moment-là, mais vous ne le montriez pas à l'autre. Comment tu fais pour choisir entre guillemets, enfin oui, j'imagine que tu les choisis, pour choisir tes compagnons d'expédition, d'aventure par rapport justement à ce que tu viens d'expliquer, la gestion du stress entre autres ?
Richard Je pense que quand tu t'en vas dans une aventure, que ce soit en montagne ou en mer, dans des éléments qui peuvent être parfois complètement incontrôlables, je pense qu'il faut avoir confiance à la personne avec qui tu pars. Confiance dans les capacités physiques, mais aussi dans la capacité de réaction. Si c'est une personne qui dans la vie de tous les jours, a tendance à se plaindre du moindre petit problème, genre dehors il pleut, et que déjà ça perturbe cette personne, c'est sûr que si tu l'emmènes en montagne par moins 30 degrés, qu'il y a une tempête de neige, tu vas plus devoir gérer une situation de crise qu'aller de l'avant et repousser les limites de chacun. Donc c'est sûr que tu peux te mettre en danger si tu pars avec les mauvaises personnes. Je crois que c'est des gens en qui tu as confiance dans les capacités physiques et justement de résilience face aux situations difficiles, gestion de stress.
Invité 1 En quoi est-ce que le fait de faire tous ces projets complètement fous et intenses avec des personnes dans cet état d'esprit, en quoi est-ce que ça, toi ça t'a influencé et ça t'a peut-être fait grandir, je ne sais pas, au fur et à mesure des projets ?
Richard Oui, je crois qu'on en apprend constamment sur soi-même parce que mine de rien, quand tu as peut-être des capacités physiques à 20 ans, elles évoluent avec ton âge, tu dois constamment tenir en forme et ça te permet déjà de juger tes compétences physiques, compétences techniques et je pense que tu grandis aussi d'un point de vue relationnel, tu appréhendes dans la vie de tous les jours toutes les situations de stress de façon différente. J'ai tendance à dédramatiser, de relativiser pas mal de choses, que ça soit par rapport à l'argent, par rapport aux conditions météo qui fait dehors. j'ai tendance toujours à me dire que c'est pas grave, quand il pleut c'est bon pour les plantes, si on est mouillé, on pourra se sécher, c'est pas la fin du monde. C'est sûr que s'il y a une éruption volcanique juste à côté de moi, je suis sûr que je vais stresser, que je vais courir ou je sais pas quoi, mais quand ma vie est pas en jeu, quand j'arrive à percevoir que ma vie est pas en jeu, ben c'est sûr que tu vois les choses de façon beaucoup plus calme et tu t'en fais moins. Donc je pense que toutes ces expériences d'aller dans l'inconfort, de tester justement un peu tes limites peut-être, je sais pas si... je crois que c'est difficile d'atteindre ces limites, mais en tout cas toujours aller dans l'inconfort, je pense que ça te permet d'être une meilleure personne dans la vie de tous les jours et d'être plus positif aussi pour ton entourage parce que tu vas créer moins de stress, d'anxiété chez les autres aussi, à ta façon de réagir aux situations. Donc je pense que c'est ça que ça te permet de... qui ressort de toutes ces expériences. Oui.
Invité 1 Intéressant. C'est quelque chose que ça, tes proches, tes amis t'ont dit par curiosité au fur et à mesure des projets de ce que t'en ont tiré ?
Richard Ben c'est sûr que j'ai déjà eu des retours de certaines personnes qui m'ont dit qu'ils avaient bien partir en expé avec moi parce qu'ils se sont rendu compte que je pouvais rester calme dans différentes situations, puis garder le moral, toujours avoir une petite touche d'humour quand il faut. Bon après, c'est sûr qu'on n'est pas parfait là. C'est sûr que je... Probablement à des moments, je peux être stressant ou quoi, mais j'essaye en tout cas toujours donner le meilleur de moi-même. Toujours... Ouais c'est ça. Toujours être au top. C'est le moyen.
Invité 1 Et en parlant d'être au top justement, puisque c'est ce que tu nous disais, ton métier maintenant c'est au fait de faire partager ses expéditions au plus grand nombre à travers la photo, la vidéo.
Loïc Ouais.
Invité 1 Comment tu fais pour, au milieu de ces expéditions, pour allier à la fois... Enfin, être à la fois concentré sur l'objectif de l'expédition, mais en même temps, toi tu as un autre job en parallèle de ça, c'est que tu dois immortaliser ces moments très forts. Comment tu arrives à allier les deux ?
Richard Déjà il faut s'entretenir physiquement. Je pense qu'il faut être capable de suivre que ce soit les athlètes ou les personnes qui s'en vont en montagne sur le bateau. Donc toujours être curieux que ce soit dans les techniques de cordes, dans tout ce que tu dois utiliser, que ce soit sur un voilier ou en montagne. Moi je suis un peu passionné, j'adore le côté technique des choses, en plongée. Quand il faut manipuler des choses, c'est ça. Il faut toujours être... Connaître plus que ce qu'il en faut pour pallier à différentes situations. Se former comme il faut. Donc moi j'ai pris l'initiative de faire un cours de survie au large, un cours de survie dans les milieux sauvages. Et ça c'est vraiment la curiosité qui fait que ça... que je me suis inscrit là-dedans. Puis constamment apprendre, ça c'est nécessaire aussi. Puis c'est ça en montagne, arriver à garder ton objectif en tête. Tu peux être par moins 30 en montagne. Bah ton objectif c'est de revenir avec des images. Donc tu dis bah ok je vais... C'est le moment de sortir l'appareil, puis de filmer, de prendre des photos. Parce que bah tu sais dans ta tête que... Un, deux jours plus tard, voire une semaine plus tard, tu seras chez toi au show. Donc c'est le moment de prendre sur toi-même et... Et de faire le boulot pour lequel on t'a emmené ici.
Invité 1 Et ça tu le définis, ton approche peut-être un peu plus artistique on va dire. Tu le définis avant de partir en expédition ? C'est-à-dire que tu sais quel type d'émotion tu veux partager ? Est-ce que tu veux immortaliser ? Ou c'est vraiment au fil de l'eau en fonction de ce qui se passe ?
Richard Je suis pas très shooting préparé. J'ai pas envie que les émotions soient faïques, que ça soit des fausses émotions. Je préfère garder le côté authentique. Donc c'est sûr que si on s'en va sur une paroi d'escalade, je préfère prendre les images comme elles viennent, avec les émotions que les grimpeurs ont face à leurs difficultés, plutôt que leur dire écoute tu peux prendre la pause parce que ça va être joli sur la photo. Je préfère garder le côté humain et partager justement ce genre d'émotion parce que c'est ce qui est vrai. ça sert à rien de raconter des fausses histoires, je pense. Il y en a déjà assez sur les réseaux sociaux et je ne veux pas m'intégrer dans ça. Ok. Donc vraiment… J'ai une ligne directrice. Par exemple ici je suis en train de travailler sur un documentaire, Mélange historique et escalade, ici au Québec, sur une grande paroi. Et là j'ai un peu un fil conducteur que je veux suivre par rapport aux premières ascensions. Mais c'est sûr que quand je vais prendre les images sur la paroi, je ne vais pas donner de consignes aux grimpeurs. Ils vont vivre leur vie comme ils l'entendent. Et s'il y en a un qui est inconfortable à un moment sur la paroi, je vais prendre la caméra et je vais filmer. Et c'est ça que je veux capturer. C'est un peu la vie sur la paroisse, dormir sur un port-à-lèche et tout ça. Donc toute cette partie-là, ça va être vraiment authentique. Et puis les témoignages plus historiques, ça va être les histoires racontées par les pionniers de l'escalade ici. Donc je crois que je vais construire l'histoire en fonction de ce que les gens disent, sans trop trop orienter non plus.
Invité 1 Oui. Oui. OK. Et dans l'univers des expéditions, par curiosité, enfin oui, des expéditions, on peut dire ça, je pense. Quel fil rouge est-ce que tu verrais ? Parce que tu as eu quand même pas mal d'aventures différentes. Tu nous parlais de celles que tu as commencées peut-être plus en solo, notamment quand tu es parti en Afrique, etc. et que tu as voyagé. Mais plus récemment, les projets dont tu as fait partie qui étaient plus avec des équipes, tu as fait une transatlantique, tu as traversé le Canada à vélo très très récemment. Mais tu as aussi fait des projets d'ascension. Je crois que tu étais sur l'ascension du mont Washington, toi aussi avec Esprit de corps. Oui.
Richard Ça, je l'ai fait plusieurs fois.
Invité 1 Et c'est quoi le fil rouge par curiosité que tu as entre toutes ces expéditions ? Qu'est-ce qui t'anime à chaque fois ?
Richard Moi, j'adore voir le côté humain, comment l'humain réagit face aux conditions difficiles. Je trouve ça passionnant de voir les différents types de personnes, justement les personnalités qui ressortent face aux difficultés. Je pense que ça soude beaucoup plus une équipe, le fait d'être dans des conditions difficiles. Si c'est un voyage un peu plus facile, où tout coule de source, tu n'as pas d'obstacle, j'ai l'impression que, oui, tu passes un bon moment, mais ce ne sont pas les souvenirs qui restent ancrés dans ta tête toute ta vie forcément. Tandis que si tu passes une tempête en bateau, tu as un bris sur le bateau, tu dois le réparer en pleine nuit, où tout le monde est inconfortable, les gens ont froid, et finalement deux, trois ans plus tard, tu t'en parles avec tes amis, puis tu te dis, tu te rappelles à ce moment-là, quand on avait froid, on n'avait pas l'équipement qu'il fallait, puis il y a ça qui a cassé, puis il a fallu faire ça pendant la nuit. C'est toutes des situations qui t'imprègnent et justement qui te font grandir, et puis qui soudent les jambes au sein d'une équipe. Je pense que c'est être témoin de ça, et puis faire partie d'une équipe, c'est aussi ce qui m'anime là-dedans. Je crois que je suis moins dans les expéditions en solo. Il y a toujours le film Into the Wild avec la conclusion « Le bonheur n'existe que s'il est partagé ». C'est très bateau, mais c'est tellement vrai, je pense, parce que je ne suis pas tant attiré par les expéditions solo, parce que je crois que j'aime bien l'humain, j'aime bien partager des moments avec des gens. Je crois que ça va être super intéressant.
Invité 1 C'est très inspirant ce que tu viens de dire. Il y a plein de choses qui me viennent en tête sur la partie, ce que tu expliquais sur le fait que c'est sans doute à travers des moments difficiles, d'adversité, que les équipes se soudent, et qu'en même temps c'est compliqué de se mentir à soi-même sur qui on est quand on est face à l'adversité à nouveau. Mais par rapport à cette notion de partage peut-être, c'est quoi la suite pour toi du coup ? Parce que je ne sais pas si tu as déjà monté des expéditions toi-même en propre. Mais oui, qu'est-ce que tu vois comme prochain projet ?
Richard Prochain projet, j'ai un projet monté avec des amis grimpeurs. Ici je pars fin de semaine prochaine sur un big wall, donc une falaise de 350 mètres. On va rester six jours sur la falaise pour la grimper. Si mes amis réussissent à la grimper, ça sera la quatrième équipe à avoir réussi cette ascension. Donc ça c'est un projet monté ensemble. Donc eux, leur objectif c'est de réussir à grimper cette falaise, puis moi c'est d'en faire un documentaire. Donc ça c'est le court terme. Après le moyen terme, j'ai une expédition au Yukon qui est en train de se mettre en place, toujours à voir avec le Covid, comment ça évolue. Mais en fond ça serait une traversée hivernale du Yukon sur une vieille piste abandonnée depuis la guerre. Et donc on parle d'une expédition entre quatre à six semaines en plein hiver, en ski de randonnée.
Invité 1 Waouh ! Donc ski de randonnée, pulka et autonomie totale ?
Richard Oui, parce que déjà là, on est en train de réfléchir aux moyens de transport qu'on va utiliser pour pouvoir aller au début de ce trail. Là on va être vraiment isolé. Je crois qu'on est à 150 kilomètres du premier petit village où on pourrait potentiellement trouver quelqu'un qui emmènerait notre stock en motoneige jusqu'au début de la trail. Ah oui ! On va être pas mal isolé, ouais.
Invité 1 Mais l'hivernal au Yukon, c'est en termes de température, on parle de combien là ? Parce que c'est les territoires du nord le Yukon, si je me rappelle bien.
Richard Ben on va être à la limite. En fait on va commencer au Yukon et on va finir la frontière avec les territoires du nord-ouest. Donc on parle des températures en moyenne de moins 20 degrés, plus ou moins constants avec des pics jusqu'au moins 40, moins 45, voire plus. Et peut-être les bonnes journées moins 10, espérons qu'il y ait des bonnes journées.
Invité 1 Oui. Bon. Vous avez des maillots pour les journées à moins 10 ?
Richard Ouais, je pense qu'on va prévoir ça. On va faire un truc dans la tête.
Invité 1 Ouais. Comment tu gères toute la préparation par rapport à l'équipement photographique quand c'est des températures pareilles ? Parce que je sais pas ce que c'est la durée de vie d'une batterie par moins 40, mais j'imagine que c'est pas fantastique.
Richard Ça dépend. Ben, moi je veux pas faire la promotion tout ça. Il y a beaucoup de marques différentes. Il y en a qui sont un peu plus en vogue pour la vidéo tout ça. Et moi par expérience, ben je reste chez avec mon Canon parce que les batteries, il y en a assez bien étrangement. Je peux laisser mon appareil prendre des photos d'étoiles pendant toute une nuit par moins 30 et la batterie, il y a encore du jus dedans le matin. Donc, OK. Ben, comment je prévois les choses ? J'essaye d'avoir pas mal de batteries de stock. Et pour charger les batteries, panneau solaire, power bank en plus. C'est sûr que le froid, ça fait diminuer quand même les batteries plus vite. Donc, il faut garder les batteries au chaud dans une poche à l'intérieur. Donc, toujours rester avec, dormir avec pour éviter qu'elles se déchargent toute seule. Puis, pour le matériel, il y a aussi une grosse gestion. C'est avec les températures. Il suffit que tu shootes à l'extérieur par moins 30 puis tu mets ton appareil photo à l'intérieur de la tombe et là, tu as toute l'humidité qui rentre dans la lentille. Donc, parfois, j'ai juste mon appareil dehors gelé. Et je le récupère le matin. Comme ça, la lentille, elle s'en bue pas. Sinon, c'est vrai. Une fois que la lentille est embuée, tu peux rater vraiment des belles shots. C'est toujours un peu une gestion difficile. Puis, après, il y a la gestion de son propre corps. Oui, c'est ce que j'allais dire.
Invité 1 J'imagine que c'est l'autre grosse partie, ça.
Richard L'important, c'est de ne pas commencer à avoir des enjelures. Ça m'est déjà arrivé. Prendre des images et puis revenir avec deux enjelures sur les joues. Mais c'est toujours un peu de gestion du risque. Tu sais que c'est juste une journée sur la montagne que tu vas rentrer bientôt. Donc, je me permets de pousser un peu plus les limites. Par contre, pour l'expédition comme au Yukon, là, tu n'as pas trop droit à l'erreur parce que les secours sont très loin. Donc, en général, tu restes un peu plus conservateur dans tes prises de décision. Et l'important, c'est que si tu as froid en pleine nuit, autant sortir de ton sac de couchage, aller dehors, puis commencer à faire des squats et courir pour te réchauffer parce que tu ne vas pas rester gelé dans ta tente.
Invité 1 Donc, tu parlais des secours de façon réaliste. Est-ce que vous pouvez même être secouru dans cet environnement ou c'est trop isolé ?
Richard Je pense que c'est réaliste de se faire secourir. Mais c'est sûr que dans ton plan d'urgence, tu dois prévoir que tu ne vas peut-être pas être secouru le jour même. Ça peut prendre parfois plusieurs jours si tu es en pleine tempête de neige. Parce qu'en général, si tu as un problème, soit ça peut être une jambe cassée ou une cheville foulée ou n'importe quoi. Mais ça, potentiellement, le temps est encore beau. Tu t'es tordu la cheville sur un bout de bois. Voilà, ça arrive. Mais si tu as un autre problème, que ce soit lié à l'hypothermie ou quelqu'un tombé dans l'eau, là, il faut agir assez vite. Et donc, je pense qu'il faut de toute façon connaître les bases pour pouvoir gérer une situation de crise et être prêt à donner les premiers soins pendant plusieurs heures, voire quelques jours avant d'avoir quelqu'un qui puisse venir nous aider. Donc, c'est sûr qu'il faut être préparé aussi de ce côté-là.
Invité 1 Et tu parlais des stages que tu as faits. C'est des stages qui ont quel format ? Ça dure combien de temps en règle générale ?
Richard Celui que j'ai fait, c'est 40 heures. Donc, c'est une semaine complète où tu vis dans une cabane dans la nature. Donc, tu as comme une formation premier secours classique avant ça. Et là, tu vas l'appliquer à des situations de plein air. Et donc, tu as constamment des mises en scénario qui sont… Bon ben voilà, vous arrivez, vous êtes en randonnée, vous avez quitté le dernier chalet il y a 5 km, vous avez marché pendant deux heures en montagne. Puis là, vous tombez sur quelqu'un qui a eu un accident, que ça soit de motoneige ou… Tu as toute une mise en contexte qui est présentée. Puis là, dans le scénario, ils te disent… Ben voilà, si tu dois revenir absolument à la cabane que tu as quitté le matin, donc tu as deux heures de marche sans porter quelqu'un. Donc, si tu dois transporter quelqu'un en civière, ben voilà, tu dois t'arranger. Ben voilà, tu dois t'arranger. Puis les secours, une fois que tu es à la cabane, peuvent arriver en 6 heures. Donc là, tu évalues la situation. Tu as le matériel que tu as dans ton sac, tu n'as rien de plus. Donc, tu as juste un kit de premier secours. Et puis, tu dois te débrouiller pour fabriquer un brancard avec des cendres, des cordes que tu as. Tu apprends un peu à te débrouiller avec ce que tu as pour donner les meilleurs soins possibles en attendant et évaluer les situations. Tu sais, s'il y a quelqu'un qui est vraiment mal en point et que tu as toute une équipe sous ta responsabilité et que l'équipe reste… Ben si vous restez sur place à essayer de soigner quelqu'un, ben ça peut mettre en danger, par exemple, tout le monde. Ben là, tu vas d'abord prioriser la sécurité de toi et de toute l'équipe avant de pouvoir agir. Donc, tu as toutes des prises de décisions comme ça qui sont parfois difficiles à prendre. Donc, ces formations, ben ça t'aide justement à avoir les choses de façon raisonnable. Moi, il y a quelqu'un qui est blessé, mais essayer de soigner, ben ça peut mettre en péril la vie des autres. Donc, tu as parfois des décisions que tu n'as pas envie de prendre qui sont là. Donc, c'est fort intéressant comme formation.
Invité 1 J'espère que tu n'auras pas à prendre ce genre de décisions.
Richard Non, on fait tout pour ne pas devoir prendre ça.
Invité 1 Et peut-être de façon plus générale, je suis vraiment curieux de savoir sur ce type d'expédition, quelles sont les grandes étapes dans la conception de l'expédition et peut-être les grandes phases de préparation ?
Richard En général, ça doit commencer par une idée qui te fait triper à fond là où tu es prêt à mettre de l'énergie et du temps. Donc, ça doit être presque un rêve en fait. Tu penses que ce soit Groenland ou en Ruinsorif ou en Montagne. Il faut vraiment que le projet t'inspire. Et donc, les étapes, c'est commencer déjà à débroussailler un peu toute l'expédition, dire ok, il va falloir plus ou moins ça comme matériel. Donc, faire un peu un listing du matériel, de la période à laquelle aller sur place. Donc, tu débroussailles un peu tout ça, puis tu commences à rédiger des dossiers d'expédition, de sponsoring, pour voir s'il y a des gens qui seraient potentiellement intéressés à t'aider dans ce genre de projet.
Invité 1 Tu parles de quel budget là-bas, pardon, sur une expédition comme ça ?
Richard Par exemple, le Saint-Laurent kayak, c'était un budget d'à peu près 50 000 dollars. Donc, ça, c'était assez petit budget pour une expédition comme ça parce qu'on était proche de la civilisation. Il y avait peu de moyens qui étaient mis en place, que ce soit du transport pour emmener du matériel super loin. Donc, et l'équipement qu'on avait besoin, c'était dans des températures raisonnables en été. Donc, c'était un kayak de mer, on va dire, basique. Donc, ça ne demandait pas tant d'équipements spécialisés. Mais par exemple, pour le Yukon ou d'autres expéditions, ben là, c'est sûr que tu as besoin d'une doudoune qui tienne chaud par moins 45 degrés, des sacs de couchage en conséquence, les tentes qui va avec, les skis de rando. Donc, ton budget matériel, il augmente déjà considérablement. Le budget photo-vidéo, ça, c'est en fonction aussi de ton projet. Si tu arrives à trouver une boîte de production qui veut t'aider là-dedans, ben c'est sûr que tu peux peut-être te permettre de louer d'autres caméras, plus cinématographiques éventuellement. Donc, c'est toujours un peu un compromis entre l'investissement que tu es prêt à mettre et l'aide que tu peux avoir et puis la qualité que tu veux avoir au final. Donc, c'est sûr qu'avec le Covid, par exemple, tout est un peu remis en question constamment. Tu peux t'adapter là. Donc, l'aventure en général où elle commence déjà avant, dès l'idée, c'est vraiment… Tu t'immerges déjà un peu dans cet environnement-là, dans ta tête, puis tu vois tout ce qui peut se passer et puis tu essayes de compiler avec tout ça pour que ça se passe au mieux. Mais ça va, ouais.
Invité 1 Et à quel moment est-ce que tu as mis en place l'équipe ? En tout cas, que tu as contacté des gens avec qui potentiellement tu voulais partir ?
Richard Ben, par exemple, pour le Saint-Laurent, à la base, je comptais partir tout seul. J'avais commencé les démarches tout seul puis j'ai des amis qui se sont montrés intéressés directement. Ils disaient « Ouais, mais Richard, tu ne vas pas partir tout seul là ? Moi, je viens avec. » Puis, je savais que c'était des bons amis qui pouvaient être une bonne aide sur place. Donc, moi, mon objectif, ce n'était pas de faire la première en solo ou quoi. Et je préférais justement qu'on m'accompagne. Je trouvais ça beaucoup plus sympa. Puis, ça permettait de rayonner aussi un peu plus. Parce que plus de gens impliqués, on veut dire aussi plus de personnes qui nous suivent et un plus grand impact. Ouais, donc, c'est ça. Ça a été une initiative de leur part de me contacter. Puis, finalement, ça s'est très bien mis en place. Je crois que j'ai lancé le projet de l'expédition. Peut-être l'idée est arrivée huit mois avant le départ. Six mois avant, je savais que j'avais déjà les premiers sponsors. Donc, je savais que ça devait se passer. Puis, ça a pris six mois de... C'est rapide quand même. Ouais, ça a été rapide. La plupart des gens à qui je parlais, ils me disaient que c'était le genre de préparation qui pouvait prendre un an et demi, deux ans. Et là, je crois que j'étais juste très motivé. J'avais un travail qui ne prenait pas tant de temps. Et j'ai mis beaucoup, beaucoup de temps et d'énergie dans la préparation. Puis, ça a été vite.
Invité 1 Excellent. Et si tu devais faire peut-être un peu un zoom out et regarder tous ces différents projets... Enfin, ce n'est plus des projets, ça a été des aventures du coup, mais toutes ces différentes aventures par lesquelles tu es passé, que ce soit en solo ou avec des équipes d'expédition. Qu'est-ce que tu dirais que tu en as retiré de tout ça aujourd'hui ? En quoi est-ce que le Richard aujourd'hui a grandi, appris par rapport au Richard du début ?
Richard Là, comme je l'ai mentionné un peu plus tôt, c'est sûr qu'en résilience... Oui. Je pense... Il y a des amis ou des personnes avec qui j'ai travaillé qui pourront peut-être en témoigner. En gros, je crois qu'en résilience, je suis capable d'affronter pas mal de situations. Puis, dans la vie de tous les jours, ça m'a permis de rester beaucoup plus calme et détaché que ce soit du bien matériel ou financier. C'est sûr que ces expéditions ne m'ont pas rendu plus riche financièrement, mais par contre plus riche dans ma tête et dans mon cœur. C'est beau, ça. C'est beau, oui. J'avais fait des super rencontres, puis ça m'a juste permis d'avoir plein d'histoires à raconter. Je pense que c'est ça que j'ai envie. Quand je serais vieux, c'est raconter plein d'histoires à mes petits-enfants.
Invité 1 Oui. Ah, c'est beau. Quel conseil tu donnerais peut-être à ceux qui n'auraient pas encore osé se lancer et prendre le chemin un peu différent comme tu l'as fait ?
Richard Je pense qu'il ne faut pas se mettre des barrières. En tout cas, simplement voir les choses telles qu'elles sont. On ne doit pas forcément se limiter à se dire « je ne suis pas capable de faire ça » parce que je n'ai pas la formation pour. La formation, tu peux être autodidacte et trouver tout ce qu'il te faut pour apprendre. Il faut juste un peu de motivation, puis juste frapper à des portes, parler à des gens. Oui, c'est ça. Il ne faut juste pas hésiter à se lancer dans l'inconfort. Là, je reviens par exemple d'un repérage pour le documentaire qu'on va faire sur le Cap Trinité ce week-end. Et là, j'étais suspendu à 250 mètres de haut par une corde. Et là, je me disais « mais qu'est-ce que je fous là ? » Je ne suis vraiment pas à mon aise. Il y a le vibre, tu balances avec une corde et dès que tu as la corde fraude contre un rocher, tu te dis « mais si la corde, elle casse, s'il y a quelqu'un qui va en haut qui va détacher la corde, tu commences à avoir plein d'idées dans ta tête. Puis tu respires un grand coup, tu te dis « non, ok, personne ne peut aller en haut couper la corde, personne ne fera ça. » Puis là, je suis bien d'accrocher. De point de vue technique, je suis bien suspendu, il ne peut rien arriver. Puis quand tu reviens, tu es tellement d'un côté soulagé de toucher la terre ferme et content des images que tu as prises. Puis je ne sais pas, tu as quand même réalisé un accomplissement face à tes peurs. Moi, je connais peu de gens qui soient complètement inertes face au vide. On a toujours un peu de vertige. Il y a quelques personnes qui sont complètement à l'aise, mais je ne peux pas prétendre à ne pas avoir le vertige. Mais par contre, j'adore quand même aller me suspendre pour prendre des images en altitude. Donc, c'est ça. Il faut se pousser dans l'inconfort pour en apprendre sur soi-même. Puis tu es juste fier de toi. Puis tu as plus confiance en toi dans la vie de tous les jours. Oui, c'est ça. Il ne faut pas avoir peur de l'inconfort.
Invité 1 Oui, j'adore le message, ne pas avoir peur de l'inconfort, se lancer. Du coup, ça m'embête un peu parce que je vais devoir être obligé de me lancer pour monter ma propre expédition en ces jours, j'ai l'impression, après avoir échangé avec toi.
Richard Il faut y aller.
Invité 1 C'est un peu ce que je retiens. On en parlait au tout début de l'échange avec Maxime, avec Caroline Côté. C'est intéressant de voir que c'est un petit peu tout le temps le même message exprimé différemment, mais qui ressort quand je pose cette question à tous mes invités. Et d'ailleurs, pas que les sportifs, mais les entrepreneurs aussi. C'est un petit peu tout le temps ça en fait, se lancer, apprendre à côtoyer l'inconfort et être confortable avec ça entre guillemets. Donc, c'est intéressant de t'entendre dire la même chose.
Richard Je pense que c'est ça qui te permet de devenir une meilleure personne. Tu te connais mieux, puis tu sais, tu arrives à mieux voir l'impact potentiellement négatif que tu peux avoir sur ton entourage. Et donc, je pense que tu te permets de faire grandir aussi ton entourage en justement donnant le meilleur de toi-même constamment.
Invité 1 Oui. Apprendre à te connaître toi-même pour faire grandir ceux qui t'entourent. Eh bien, écoute, ce sera sans doute le mot de la fin. On arrive déjà au bout. C'était passionnant de suivre ton parcours, Richard. Merci beaucoup pour tous ces partages. Personnellement, moi, ça m'a vraiment donné envie de me plonger un peu plus sérieusement dans différents projets d'expédition que j'ai pu avoir. Donc, j'espère que ça en inspirera beaucoup d'autres. J'en suis sûr même.
Richard Et puis, l'aventure, elle peut être vécue au coin de la rue.
Invité 1 Oui, exactement.
Richard Aller rencontrer un inconnu et parler. Parfois, aller juste discuter avec un sans-abri. Ça te permet d'être d'or de ta zone de confort si tu n'as pas l'habitude. Puis, ça te permet d'en apprendre beaucoup plus sur lui. C'est notre milieu social. Puis, si tu grandis, c'est une petite aventure que tu vis dans ta journée.
Invité 1 Clairement. La micro-aventure.
Richard Oui.
Invité 1 Oui. Oui, non. Clairement. Écoute, encore merci Richard pour tous ces partages. Je mettrai en description de l'épisode évidemment ton site, ton Instagram. Je ne sais pas s'il y a d'autres plateformes sur lesquelles on peut te suivre.
Richard J'ai une page Facebook qui est aussi liée à mon Instagram et à mon site. Donc, oui.
Invité 1 Je mettrai ça aussi. Allez voir. Excellent. Super. Est-ce qu'on a la possibilité de suivre l'expédition au Yukon ?
Richard Ça en va trop loin. Pour le moment, je crois que ce n'est pas encore trop médiatisé. Mais l'expédition sur le Kyrinité, ça oui. Yukon, ça sera… On est en train de travailler dessus et puis on attend de voir l'évolution avec la crise sanitaire actuelle. Donc, oui, il y aura sûrement des nouvelles d'ici la fin de l'année, bien sûr.
Invité 1 Excellent. Bon, on suivra ça avec attention du coup. Super.
Richard Ça m'a fait plaisir en tout cas d'échanger avec toi.
Invité 1 Merci beaucoup Richard. C'était encore une fois hyper intéressant. Tout le meilleur pour la suite de tes aventures. Et puis, encore une fois, on va regarder attentivement ce qui se passe du côté du Québec avec toi.
Richard Cool. Merci. Merci. Bonne fin de journée.
Invité 1 Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets, qu'ils soient pro ou perso. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également, directement par e-mail à contacte.lesfrappés.com. Et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure, n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez, ainsi qu'un commentaire. Je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Ciao.
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