Caroline Les Frappés de la Côte d'Apente Tout pouvait arriver, puis ce qui était devant moi, même si je l'ignorais, c'était d'être prête, puis d'accueillir ça avec un espèce d'esprit, un esprit positif, puis de voir ce qu'on allait faire avec les imprévus. Parce qu'il y en avait, il y en a eu à chaque jour.
Invité 1 Salut Caro ! Salut Laïc, ça va ? Oui, bienvenue sur le podcast des Frappés. Très très heureux de t'accueillir aujourd'hui. Un grand merci à Maxime d'ailleurs, j'en profite au passage, grâce à qui cette conversation peut avoir lieu. Maxime qui était notre tout premier invité, qui m'a très gentiment mis en relation avec toi. Je suis impatient qu'on puisse échanger sur ton parcours, que honnêtement j'ai trouvé absolument incroyable. J'en dis pas trop, puisque tu vas te présenter dans quelques instants, mais cinéaste, exploratrice, aventurière québécoise, trail runneuse, enfin la liste est vraiment longue. Tu nous diras comment tu fais pour faire tout ça à la fois. Peut-être sans en dire plus, je te laisse te présenter. Qui est Caro ? Que fait Caro ?
Caroline C'est super gentil de me recevoir, puis j'ai pas encore eu la chance d'écouter le premier épisode avec Maxime Grimard, mais c'est quelqu'un qui m'inspire beaucoup. Je crois que c'est un capitaine de bateau. Au dernier nouvelle, je crois que c'est un super navigateur, puis j'ai eu la chance de faire quelques voyages avec lui à bord du esprit de corps. Donc, je le remercie de nous avoir mis en lien, c'est sûr. Pour ce qui est de ma présentation, je dirais qu'à la base, j'étais une cinéaste d'aventure. Je suis une personne très réservée de nature. Je suis quelqu'un qui était assez timide quand j'étais toute jeune. Puis, par le sport, par l'aventure, j'ai repris confiance en moi. Puis, c'est sûr qu'en étant derrière la caméra, j'ai la chance d'avoir beaucoup de gens qui sont des super explorateurs, des super aventuriers devant la caméra. Donc, ça m'encourage un peu à faire la même chose. Puis, c'est comme ça que j'ai commencé. Puis, finalement, à force d'être entourée d'experts, puis de gens qui m'inspiraient, de plus en plus, je me suis mise à faire de l'aventure. Puis, je me suis retrouvée en Antarctique à faire des expéditions d'une trentaine de jours ou sinon faire des plus longues courses, puis des voyages de canaux pendant deux mois où je filmais tout ça pour faire des documentaires. Ça ressemble un peu à ça.
Invité 1 Wow! Génial! Et avant ça, qu'est-ce que tu faisais? Parce que c'est ça que j'ai bien aimé dans ta bio, personnellement. Tu sais, sur le podcast, on parle de détermination, de dépassement, de résilience. L'aspect dépassement, c'est un petit peu ce que j'ai retrouvé quand j'ai lu ton parcours. Parce qu'en fait, si je ne me trompe pas, il y a eu un changement un peu soudain, en tout cas dans ta vie pro et forcément dans ta vie perso.
Caroline Oui, exactement. Quand j'étais plus jeune, j'étais dans une boîte de pub. Donc, ça ne m'inspirait vraiment plus. J'avais de la difficulté à me lever le matin, puis à me dire que c'est ce qui m'allumait. Donc, c'est là que j'ai décidé de faire un changement drastique, puis de me retrouver à l'extérieur avec une caméra dans les mains, puis de suivre des gens en haut de montagne.
Invité 1 Qu'est-ce qui t'a attirée dans cet univers en particulier?
Caroline La montagne, c'est là où je crois qu'on devient rapidement assez humble devant des choix qui concernent l'itinéraire, le terrain, la météo. Après avoir passé une nuit dehors dans des conditions assez fraîches, remettre ses bottes le matin, ça nous donne une petite dose d'humilité. On se dit, bon, on est vraiment face à nous-mêmes, on ne peut pas se cacher. Puis la montagne, c'est ce que ça montre. C'est les plus mauvais côtés de nous dans chaque pas du sommet, mais aussi de la redescente où il y a toujours des imprévus. Donc, oui, c'est une belle dose d'apprentissage, les montagnes, puis c'est comme ça que je les vois, oui.
Invité 1 Ça me fait un peu penser à ce que Maxime justement disait dans son épisode que, bon, en l'occurrence, lui, c'était sur l'océan, mais il disait que sur l'océan, tu ne peux pas mentir sur qui tu es. Je retrouve un peu ça dans ce que tu dis, tu vois, en montagne. Les éléments font que, en fait, tu es toi avec les bons côtés et peut-être les challenges aussi.
Caroline Je suis vraiment d'accord.
Invité 1 Est-ce que tu peux peut-être nous parler de XP Antarctique? Je ne sais pas si je l'ai prononcé correctement.
Caroline Oui, oui, super bien. XP Antarctique, c'est cinq Québécois qui ont décidé en 2014 de créer une équipe pour aller sur la péninsule Antarctique et suivre un itinéraire qu'on avait décidé de prendre tous ensemble pour explorer une région qui n'avait jamais été visitée avant, puis monter des sommets vierges. Mais à la base, c'était vraiment pour inspirer des gens à vivre l'aventure par le documentaire qu'on allait créer, puis par des publications qu'on allait faire aussi. Les gens du Québec, les gens qui allaient suivre notre aventure, c'était aussi la possibilité de faire des recherches sur le corps humain qui est dans des conditions extrêmes. Il y avait quelqu'un de l'Université du Québec à Montréal qui allait suivre notre traversée, notre expédition pendant 30 jours, puis elle restait sur le voilier aux abords de la péninsule. Et dès qu'on allait revenir sur le voilier, elle allait prendre des tests par rapport à notre salive, des échantillons de cheveux, par exemple. Donc, des études qui étaient assez poussées, puis qui ont donné des beaux documents par rapport au corps humain qui étaient poussés dans des conditions extrêmes. Puis on avait aussi à tester les chandails de l'Agence spatiale canadienne. C'était un peu un test. Oui. Donc, c'était un test pour eux de pouvoir le faire porter à des femmes et des hommes, assez jeunes, dans des conditions comme celles qu'on allait vivre en Antarctique, qui étaient peut-être similaires à ce que ça serait notre à la vivre dans l'espace. Donc, on a testé ces chandails-là qui permettaient de recueillir notre chaleur corporelle puis d'autres indicateurs aussi. Puis ça ressemblait à ça pour les raisons pour lesquelles on voulait aller là-bas. Puis ça s'est fait en 30 jours. Il y a eu quelques péripéties là-dedans, mais je crois qu'on s'en est bien tirés.
Invité 1 30 jours sur place, j'imagine, parce que le temps d'y aller, etc. Vous étiez allé en bateau en plus, tu disais.
Caroline Oui. Donc, traverser le passage de Drake en voilier, on voulait limiter notre apport de carbone. Ça fait qu'on a décidé de vouloir le faire en voilier, aller-retour. Donc, c'est environ 5 jours ou 7 jours à chaque fois pour rejoindre Ushuaïa.
Invité 1 Oh là là, ça fait rêver. Et en termes de conditions, qu'est-ce que ça donnait? Parce que j'imagine que si vous aviez une chercheuse qui étudiait l'impact du corps humain, enfin sur le corps humain de conditions extrêmes, c'est que les conditions devaient être extrêmes, j'imagine.
Caroline Oui, bien, la seconde fois où je suis allée en 2019, les conditions étaient vraiment clémentes. les mentes, plus en janvier et février. Donc, c'est l'été là-bas, en Antarctique, qui est quand même assez accessible pour l'homme, où il y a des températures qui avoisinent les moins 30, les moins 20. Puis des fois, il faut savoir que sur les berges, c'est vraiment plus chaud. Puis en 2019, quand je suis allée, les températures étaient vraiment plus hautes parce que je suis allée plus tôt. Donc, ça a été pas si pire, pas si mal. Mais la première fois, en 2014, on a eu des conditions qui étaient beaucoup reliées à une météo très changeante où il y avait plusieurs whiteouts, des grands voiles blancs qui se dépassent où on voit rien quand on avance. Donc, c'était assez challengeant de pouvoir tracer, de pouvoir avancer dans ces conditions-là.
Invité 1 Donc, sur ces 30 jours, par curiosité, je sais pas, on peut le trouver, le documentaire que vous avez fait, à la suite de cette expédition ou...
Caroline Expéantarctique.
Invité 1 Pas apparemment en ligne.
Caroline Donc, on l'a amené au cinéma au Québec. C'est un documentaire qui est pas en ligne parce que il est très... C'est un documentaire de, je crois, une heure. Donc, il y a la bande-annonce qui est disponible. J'ai d'autres films qui sont en ligne, mais celui-là ne l'est pas. Malheureusement ou heureusement, parce que c'était mon premier documentaire.
Invité 1 Ok. Bon, du coup, sur cette expédition de 30 jours, comment vous planifiez votre agenda, du coup? Qu'est-ce que vous avez fait à parler d'ascension, de sommets qui n'avaient jamais été faits avant? Comment vous avez déterminé l'itinéraire, la logistique, l'organisation? Comment ça se passe?
Caroline Donc, moi, je suis arrivée à la toute fin de la préparation. J'étais arrivée un peu comme un cheveu sur la soupe parce que le but, c'était de filmer tout ça, de le documenter. Mais tout le trajet avait été assez réfléchi d'avance par le leader de l'expédition qui s'appelait Alexandre Billette et Marina Lançon, qui travaillait sur le projet depuis au moins peut-être deux ans avant. Donc, aller là-bas, c'est aussi, il faut savoir, louer un voilier pour autant de temps. C'est des milliers de dollars. On parle d'un bon montant. Donc, c'est de parler beaucoup avec le capitaine du voilier qui nous accompagne. C'est des voiliers qui sont faits avec des composites qui sont préalés en Antarctique. Donc, c'est beaucoup de gestion entre l'équipe qui va se retrouver sur le terrain et le bateau qui va être là pour nous accompagner. Puis, comment ça s'est passé sur place? Bien, c'est qu'on a eu la malchance d'avoir quelqu'un dans notre équipe qui a eu une mononucléose. Ah oui, ah oui. Je ne sais pas si c'est un bon... Ça a été une bonne semaine assez intense où la personne n'était plus capable de se lever. Puis ça, quand on a ça à la maison, bon, on reste au lit puis ça passe. Mais quand c'est dans une tente où il y a des vents qui... Voilà, des kilomètres et des kilomètres à l'heure, c'est super... Ce n'est pas évident à gérer tout ça. Mais finalement, il s'en est remis. On a été capables de continuer l'expédition. Mais aussi, ça a été quelques chutes dans des énormes trous de glace qui étaient sur le terrain. Donc, la préparation pour tout ça, c'est sûr que c'est plus une préparation d'équipe. Il faut savoir faire confiance à la personne avec qui on est encordé. Puis c'est la base. C'est faire face à l'inconnu. C'est vraiment le plus grand des conseils que j'ai reçus avant de partir. C'était de dire que tout pouvait arriver. Puis ce qui était devant moi, même si je l'ignorais, c'était d'être prête puis d'accueillir ça avec une espèce d'esprit, un esprit positif puis de voir qu'est-ce qu'on allait faire avec les imprévus. Parce qu'il y en avait. Puis il y en a eu à chaque jour.
Invité 1 Avoir le mindset. Enfin, essayer d'avoir le mindset. Essayer de comprendre en tout cas le fait qu'il faut être prêt à tout. J'imagine que c'est une chose. Mais après, réagir comme on voudrait réagir face à l'inconnu au milieu de l'Antarctique. Enfin, comme tu dis, l'exemple de la mononucléose, par exemple, c'est un truc de fou. C'est le pire endroit au monde où il peut t'arriver ça quand même. Comment vous avez... Enfin, comment toi, t'as réagi peut-être par rapport à cet imprévu-là, mais peut-être aussi à d'autres qui t'ont... qui étaient vraiment des trucs qui t'ont touché peut-être plus toi en particulier. Mais je suis heureux de savoir comment tu maintiens cet état d'esprit une fois que t'es dans les conditions réelles.
Caroline En fait, c'est... C'est une bonne question parce que... Plusieurs personnes, plusieurs équipes partent sur... Tu sais, sur un terrain qui peut être super engageant sans nécessairement être préparées ensemble. Puis, ça peut amener des situations assez complexes. Je pense qu'en préparant d'une façon où on a des discussions sérieuses, on a abordé plusieurs sujets ensemble, puis c'est ce qui nous a permis de voir si on était prêts à partir. Qu'est-ce qui arrive si quelqu'un revient pas? Qu'est-ce qui arrive si... Oui, il y a une maladie. Qu'est-ce qui arrive si on fait face à des problèmes au niveau de l'équipe? Donc, tout ça a été abordé. Puis, la préparation, j'aurais pu dire que, bon, c'est la préparation de nourriture sèche, de la nourriture léophilisée qu'on prépare puis qu'on doit mettre dans nos traîneaux, mais la grande majorité de la préparation, ça a été ça. C'est de l'après-mente mental. Puis, bien, après avoir abordé ces questions-là, après savoir que tout le monde était aligné sur les mêmes valeurs, bien, on pouvait aller plus loin ensemble. Puis ensuite, bien, c'était de travailler notre cohésion d'équipe. Donc, on est allé dans l'ouest du Canada, sur le glacier Athabasca puis le Columbia Ice Field, en fait, qui était un endroit qui ressemblait vraiment un peu à ce que l'Antarctique pouvait nous offrir comme terrain. Puis là, bien, c'était de voir notre préparation physique et mentale. Puis, même là, on a fait face à quelques avalanches, donc ça nous préparait. Puis, c'était, c'était, je dirais, la somme de tous nos accomplissements, toute notre préparation, bien, c'était ça. Donc, voilà.
Invité 1 C'est super intéressant de t'entendre expliquer la partie préparation mentale et valeur d'équipe. Ce n'est pas forcément quelque chose qu'on entend souvent. En tout cas, j'ai l'impression, je ne suis pas du tout dans ce monde-là, mais pour avoir, tu vois, pour avoir regardé des documentaires, des préparations d'expédition, on voit plus généralement la partie logistique, en fait. Tu vois, les galères dans les transports et partir à l'autre bout du monde avec tout le matos, mais on voit, enfin, c'est la première fois que j'entends parler, que j'entends parler de ça, tu vois, de l'alignement sur les valeurs, de visualiser, en fait, les différentes situations qui pourraient arriver et comment l'équipe réagit. Hyper intéressant.
Caroline Je pense que c'est en arrivant, par contre, sur le terrain qu'on a vu la réalité qu'on l'a captée, puis pour moi, ça a été de voir mes mes acolytes, tu sais, dans des situations où moi, je les voyais comme des super-héros, tu sais, parce que c'était deux femmes qui m'accompagnaient puis trois autres hommes et de voir mes compagnes féminines qui étaient dans un effort constant à lever les traîneaux, puis à lever les sacs, puis à avancer sur le terrain. Tu sais, quand j'ai vu qu'elles avaient beaucoup de, autant de difficultés que moi là-dedans, qu'on s'est tous dit ensemble, est-ce qu'on va y arriver? Ça nous a tellement joint comme équipe, tu sais, puis ça nous a vraiment rapprochés parce qu'on ne savait pas si c'était possible d'arriver au bout. Puis aussi, bien, c'est là qu'on a compris que ça n'allait pas être une partie de plaisir tous les jours. Puis c'est là que j'ai eu aussi une crise de panique. Après 15 jours, je me suis dit, c'est pas possible que je puisse continuer parce que je me disais, c'est encore le double du temps que je vais devoir passer sur le terrain. Et moi, je me disais, une crise de panique, c'est pas pour moi, tu sais, c'est les autres qui ont ça. Je me connais assez, puis je suis une personne très calme, ça ne m'arrivera jamais. Puis dans une tempête, on a avancé seulement 700 mètres, puis c'est là que je me suis dit, OK, bien, ça ne va plus. Et ce que j'ai appris de cette situation-là, c'est que le lendemain matin, on se relève, puis vu qu'on n'a pas le choix d'avancer, bien, on met un peu devant l'autre, puis à un moment donné, on est allé à notre plus bas, puis il faut se relever. Puis on n'a pas le choix, il faut sortir, il faut retourner au bateau. Donc ça m'a appris à me dire que même si on vit notre plus bas moment, par exemple, en expé, bien, ce n'est pas grave parce que ce qui vient, ce qui va arriver après, bien, ça va juste pouvoir être plus facile avec un peu après l'autre.
Invité 1 Ça, c'est de la résilience. C'est un très beau message, en gros, la lumière au bout du tunnel.
Caroline Exact.
Invité 1 C'est vrai que, oui, je suppose que dans l'Antarctique, en plein milieu d'un white-out ou d'une tempête, c'était, voilà, il faut arriver à se le rappeler quand même. Moi, j'ai une petite question parce que tu parlais de tes deux, tes deux, enfin, tes deux acolytes féminines qui étaient avec toi, qui tiraient leurs poulkas, leurs traîneaux. Mais ce que j'ai vu sur ton site, c'est que toi, donc, tu l'expliquais, ton rôle dans ces expéditions, en fait, c'est de documenter, de ramener des images, des vidéos pour inspirer les gens avec des, voilà, des moments forts que tu captures. Mais en fait, tu as un équipement de malade. Tu as des, enfin, tu n'as pas juste un appareil photo ou un smartphone. Tu as des trépieds, tu as des stabilisateurs. Ça représente combien de poids et, je ne sais pas si tu peux le quantifier, mais de complexité en plus pour toi dans ces expéditions?
Caroline Oui, ben, c'est ça. En fait, c'est environ, peut-être, un tiers de mon équipement en poids. Je ne pourrais pas dire, mais, c'est, ouais, le tiers de mon équipement de mon poids. C'est de l'équipement de communication, que ce soit une balise pour transmettre du signal Wi-Fi, avoir un hub pour envoyer du data. Sinon, ça va être des panneaux solaires pour la recharge des batteries.
Invité 1 Attends, j'ai, pardon, juste pour être là, j'ai bien compris. Tu as le, tu as le, tu as des bornes Wi-Fi avec toi?
Caroline Habituellement, il faut, parce qu'on travaille en communication, habituellement, avec des gens pour transmettre l'endroit où on se trouve ou c'est pertinent des fois de pouvoir envoyer des images. Fait que, c'est ce qu'on fait. Excellent. Oui. Puis, il y a les panneaux solaires, il y a ensuite des batteries, des caméras qui sont en double s'il arrive quelque chose. Donc, il y a tellement de choses qu'on pense pas à la base, mais qu'au final, c'est super lourd.
Invité 1 Pour avoir une idée, quand tu es revenu de l'expédition après les 30 jours, tu avais combien de, je ne sais pas, tu avais combien de gigas de vidéos, par exemple, combien de photos, pour avoir une idée un peu de ce que ça représente après derrière, pour tout monter, trier, etc.
Caroline Donc, j'avais environ, j'avais à peu près cinq cartes mémoires de 125 gig de remplir, ce qui n'était pas tant que ça, mais ça me faisait un bon moment de dérochage, comme on dit. Mais ouais, cinq fois 125.
Invité 1 Donc là, on vient de parler d'une de tes expéditions qui a été, si je ne me trompe pas, la première grosse expédition que tu as fait. Tu as commencé, c'est bien, tu as commencé direct par l'Antarctique, comme ça, ça met tout le monde dans le bain sur la suite du programme. Mais en fait, depuis, et si ça te va, j'aimerais bien qu'on parle de ça, c'est qu'en fait, depuis, tu as fait plein d'autres choses et pas seulement des expéditions polaires, puisque tu as aussi fait une longue expédition de 2000 kilomètres au Canada en canoë. Tu en as parlé un tout petit peu tout à l'heure. Mais tu as aussi fait une transatlantique avec esprit de corps. Oui. Tu fais aussi du trail. Je crois que tu as gagné, il n'y a pas si longtemps que ça, un gros, gros trail dans les Pyrénées, il me semble. J'ai vu qu'il y avait 7000 mètres de dénivelé. Donc, j'ai l'impression que tu touches vraiment à plein d'activités différentes en outdoor.
Caroline J'essaie un peu de me tenir toujours sur le point où l'entraînement, par exemple, dans une course de trail qui peut être super courte, peut-être de deux jours, on parle, mettons, pour un 120 kilomètres comme au Grand Rêve des Pyrénées. C'est un entraînement pour moi qui me permet de toujours rester un peu active. Même si je n'ai pas d'expédition prévue, je me dis, OK, l'entraînement va être pour cette grande course-là, cette course de trail-là. Ça va me permettre de rester en forme puis d'avoir l'énergie pour pouvoir aller en expé plus tard. Ça reste important pour moi d'être prête.
Invité 1 D'accord. OK. Donc, 125 kilomètres, c'est ton entraînement pour les expéditions. D'accord.
Caroline C'est autre chose. Mais... Ouais.
Invité 1 Est-ce que tu peux peut-être nous parler de l'aventure en kayak, de cette expédition en kayak, ce que ça représentait pour toi ? Parce qu'autant l'Antarctique, j'ai l'impression qu'il y avait... La mission était peut-être un peu plus scientifique, découverte, mais je crois que ton expédition sur le Yukon, là, il y avait plus une dimension, en fait, culturelle, si j'ai bien compris.
Caroline Exactement. Je suis partie en 2016 pour une expédition qui s'appelait Pull of the North, une expédition qui était... qui avait été créée par un aventurier anglais qui s'appelle Ian Finch. Puis cette expédition-là, c'était pour un peu aller à la rencontre des communautés sur le bord de la rivière Yukon qui partaient de Whitehorse, une ville dans l'ouest du Canada et qui allaient se déplacer à travers tout l'Alaska en suivant la rivière jusqu'à la mer de Béring et le petit village de Hemonac qui est situé à la toute fin de l'Alaska. Donc, ça a été un bon deux mois de canaux sur la rivière pour filmer les gens qui habitaient aux abords de la rivière. Donc, oui, c'est vrai, c'était vraiment moins dans l'effort physique, c'était vraiment plus dans le partage avec les gens, malgré que chaque jour, il fallait se déplacer, c'était environ une trentaine de miles de canaux. Donc, c'était quand même... Oui, quand même. Oui, peut-être 45 km de canaux. Et on était quatre, dont un photographe, quelqu'un qui s'occupait plus du documentaire puis quelqu'un qui était vraiment formé plus un spécialiste du canaux. Alors, ça a été quelque chose d'aller à la rencontre des gens parce que c'est pas facile toujours de recueillir des commentaires. Puis, je pense que d'être devant les gens pendant des journées entières, je voulais être prête à leur poser plusieurs questions. fait que c'est sûr que je passais vraiment du temps avec eux. Puis, c'est pas dans le documentaire, c'est pas des images recueillies tout le temps qu'on a passé avec les gens, mais c'est juste un deux minutes dans le film, dans le documentaire. Mais, bien, tous ces échanges-là, c'est tellement puissant puis ça nous a tellement appris d'en apprendre. Ça nous a vraiment touchés de savoir que, par exemple, dans La rivière Yukon, les saumons ont presque arrêté d'aller jusqu'au bout puis ça, c'est à cause un peu de problèmes des mines qui sont dans le coin de cette rivière-là. D'accord. Puis, les gens nous en parlent comme ça puis ils savent plus quoi faire puis c'est fou. Il y a la langue aussi qui se perd tranquillement. Les gens là-bas commencent à parler seulement l'anglais puis délaissent leur langage. C'est des communautés qui sont reliées avec le langage à Tabasca qui est la langue qui regroupe plusieurs communautés au Canada et en Alaska. Puis ça se perd tranquillement donc de parler avec les gens ça a été quelque chose. Mais encore une fois par rapport à la situation d'équipe de Pull of the Night passé deux mois dans une petite tente avec trois autres personnes c'est sûr que ça amène des situations où il faut gérer des conflits où il faut travailler ensemble puis il faut prendre sur soi aussi. Ça a été vraiment super. J'ai tellement grandi de ça parce que j'ai appris beaucoup à... même dans la douleur parce que c'est assez douloureux de faire ce nombre de kilomètres par jour d'accepter mes limites peut-être. Ça a été vraiment le plus grand apprentissage puis de le partager avec les autres. Ça a été mon plus grand apprentissage de cette expédition-là.
Invité 1 Et ça, tu t'en es rendu compte quand que tu avais réussi à accepter tes limites? C'est quelque chose que tu as été obligé de faire pendant l'expédition ou c'est maintenant après quelques années de recul que tu t'en rends compte?
Caroline Ouais. C'est sûr que au début quand on part dans un système comme ça d'aventure où on fait quelques kilomètres par jour puis on est tous ensemble là-dedans. Au début, je pense que tout le monde essaie un peu de montrer qu'est-ce qu'il est capable de faire. On essaie de se montrer au meilleur de soi-même mais quand tout ça tombe, quand on redevient un peu plus proche de nos valeurs, c'est là que ça devient intéressant puis encore une fois comme on parlait tantôt des montagnes, il n'y a rien à cacher puis quand on cache des choses, ça nous revient toujours en pleine face par rapport à c'est notre corps qui est un moment donné qui casse. L'apprentissage est fait peut-être en fin d'expédition. J'ai compris que je pouvais faire confiance à ces personnes-là puis que ce n'est pas parce que justement, il y a une journée où ça va moins bien que l'équipe va nous laisser tomber. On travaille tous ensemble puis s'il y a une journée où ça va moins bien, quelqu'un d'autre prend en charge. Même chose pour moi, des fois quand j'allais mieux, j'étais capable d'en prendre plus puis on s'échangeait comme ça les tâches. C'est l'honnêteté puis d'être vraiment authentique avec les autres, c'est ce que j'ai appris.
Invité 1 Ça, c'est quelque chose, tu avais eu la même approche que pour l'expédition, ta première expédition à l'Antarctique, c'est-à-dire que vous aviez d'abord échangé sur, enfin, vous aviez eu cette phase de préparation mentale que tu décrivais tout à l'heure pour Pool of the North aussi.
Caroline On était une équipe internationale, J. Colch venait de Brooklyn, Martin et moi on était Québécois puis Yann était de Londres, fait qu'on a eu beaucoup de difficultés à se rencontrer avant l'expédition. D'accord. Les points étaient moins ancrés en nous, donc il a fallu vraiment faire le bilan sur les buts de l'expédition. C'était quoi profondément pour chacun nos... qu'est-ce qui allait nous mener au bout parce qu'on en avait tous des différentes. Fait qu'il a fallu trouver une raison commune, un but commun à tous pour être en mesure de se dire OK, bien, on cherche tous la même chose et non pas des petites victoires séparées. puis ça, ça nous a rejoints, mais ça, on a dû se faire une pause au début de l'expédition pour s'en parler parce que c'était pas clair. Puis quand, même chose qu'en voilier, peut-être que Maxime le dira, mais quand, avec les voiles, on sait pas trop où on s'en va, l'itinéraire est pas clair, c'est là que ça casse. donc, c'est ce que j'ai appris aussi, c'est qu'il fallait à un certain moment refaire un bilan avant d'aller plus loin.
Invité 1 C'est hyper intéressant. Savoir où tu vas pour être sûr de la direction, en tout cas, oui, la direction même générale à emprunter, mais c'est clair que quand t'es une équipe, j'imagine que c'est peut-être plus efficace de savoir, oui, de quel côté on veut tous ramer, quoi.
Caroline Oui, exactement, puis c'est comme pour une équipe de travail, peut-être de travailler sur, tu sais, 12 mois pendant un an sur un projet, à un moment donné, c'est clair qu'on voit un peu plus dans une direction qu'une autre, juste de remettre l'essentiel, la base, tu sais, en anglais, le purpose puis l'engagement très précis, bien, à ce moment-là, après, bien, l'enlignement est vraiment plus plus facile, donc, je pense.
Invité 1 Donc, on vient de couvrir deux expéditions, c'est déjà, c'est déjà, c'est déjà fou de voir, de voir tous les apprentissages que t'en as tirés, quel âge t'avais, si c'est pas indiscret, quand tu t'es lancée en 2014 pour l'Antarctique ?
Caroline Je pense que j'avais, ouais, j'avais 23.
Invité 1 Wow, ah ouais, donc super jeune.
Caroline Ouais.
Invité 1 La raison pour laquelle j'ai lancé ce podcast, c'est pour parler de la partie un peu cachée de l'iceberg, tu sais, ce dont on parle pas trop quand on voit des profils d'aventuriers, explorateurs, sportifs, entrepreneurs, c'est les efforts, c'est les sacrifices, c'est ce dont tu as déjà un peu parlé, tu vois, les imprévus, mais je dois avouer que ça fait quand même rêver de voir ton parcours, même si j'imagine qu'il y en a eu, des sacrifices et des imprévus, et du coup, la question que je me pose, c'est comment, qu'est-ce qui t'a, qu'est-ce qui t'a permis de te lancer quand même assez jeune, directement sur une expédition en Antarctique et après d'enchaîner avec des super, avec des super projets à chaque fois?
Caroline Ben, je me suis posé la même question parce qu'après l'Antarctique, je ne savais pas vers quoi je voulais m'enligner puis il a fallu que je revienne en arrière puis que je me pose des vraies questions par rapport à ce que je voulais faire dans ma vie puis j'ai retrouvé en moi peut-être d'où ça me venait le but de faire ce que j'avais envie de faire dans la vie puis moi, ma passion, c'était vraiment de filmer les gens puis d'aller à leurs rencontres alors, ben, je voulais savoir, c'est ça, d'où ça provenait puis ma soeur, elle, quand elle était plus jeune avec moi, on s'assoyait autour d'un feu, un feu de camp à l'extérieur et on était tous ensemble avec la famille, les grands-parents, les oncles puis les tantes puis elle racontait des choses, des légendes puis j'ai toujours été amenée à me dire que c'était les plus beaux moments de ma vie puis de me replonger là-dedans, j'avais envie de faire vivre cette émotion-là aux autres donc c'est vraiment comme ça que c'est venu, j'ai maintenant envie de faire la même chose puis, donc c'était, c'est venu de là ma passion puis ma soeur m'a toujours inspirée à confronter mes idées puis elle, c'est une grande artiste puis à un moment donné, plus jeune que moi, elle a dit clairement que c'est ce qu'elle voulait faire dans la vie, devenir artiste puis je me suis dit bien c'est tellement, c'est, ça vient d'elle, c'est puissant puis elle, il n'y avait aucune façon qu'elle puisse revenir en arrière donc la façon qu'elle affirmait directement qu'elle était une artiste, ça m'a vraiment inspirée à vouloir faire la même chose. Même si mon métier n'était pas très clair, j'ai essayé de le nommer puis dès que j'ai nommé le métier de cinéaste d'aventure, bien pour moi, ça a été une révélation puis je me suis dit ok, bien à partir de là, ce que je vais faire c'est juste du cinéma d'aventure, des documentaires qui sont reliés au plein air à des gens qui m'inspirent puis juste le changement de paradigme entre le fait que je ne savais pas trop quel enlignement je voulais prendre et le moment où j'ai fait la même chose que ma soeur, je me suis dit c'est ce que je veux faire, je suis rendue là donc ça a été ce qui a changé puis à partir de là, j'ai commencé à travailler avec des petites compagnies montréalaises, des gens que je connaissais autour de moi qui voulaient un peu amener leur brand à évoluer d'une façon plus outdoor et bien c'est comme ça que ça allait commencer avec des gens qui m'ont fait confiance puis de plus en plus mon réseau a grandi puis après, bien c'était des gens qui me... qui sont venus me voir qui ne me connaissaient pas mais qui avaient entendu parler du travail que je faisais qui m'ont approchée puis entre entre les petits mandats vidéos, tout ça de compagnies avec lesquelles je travaille que j'adore faire aussi, bien il y avait des grandes expéditions auxquelles je prenais part puis c'est sûr qu'au début Expéant Arctique, les gens ne me faisaient pas confiance dans le sens qu'ils ne croyaient pas que j'allais être capable mais de plus en plus maintenant, je peux enfin je peux enfin avoir ma part dans une expédition sans qu'on me questionne trop trop puis c'est c'est bien aussi de de pouvoir créer mes propres expéditions puis d'amener d'autres gens à en faire partie ouais
Invité 1 alors justement parlons-en puisque je regarde mes notes en même temps mais j'étais plus sûr du nom le projet Kamanik c'est ça ? ouais exactement en 2017 donc là ça a été la première expédition le premier projet d'expédition que tu as monté toi-même c'est ça ?
Caroline ouais Kamanik c'était un projet de documentaire à la base donc c'était moins quelque chose qui allait faire rêver sur la distance mais qui allait avoir des propos dans le documentaire qui allaient être puissants donc pour moi c'était important d'avoir un message percutant au lieu d'avoir une distance là qui était plus difficile à accomplir donc j'ai demandé à une une fille super intéressante qui s'appelait Charlotte Kamanik qui vient de Yigoulik un petit village dans le nord du Canada de se joindre à moi j'ai demandé aussi à des des copines qui habitaient dans je pense que c'était en banlieue de Montréal au Québec puis à une réalisatrice aussi donc on était on était cinq femmes au total donc trois qui allaient être devant la caméra à courir dans le parc Courourjoac un parc qui est dans le nord du Québec qui est géré par les parcs Nunavik à faire du trail running donc d'amener trois filles avec des des vraiment des façons de vivre différentes à se retrouver dans la nature puis à y changer ça a créé un documentaire qui m'a surpris moi-même parce que les filles ont été tellement tellement authentiques que ça parait devant la caméra puis on était vraiment face aux éléments dans nos petites tentes les filles avaient vraiment peu dormi à l'extérieur donc ça a été quelque chose de filmer toute leur première fois un peu puis d'avoir les commentaires de Charlotte par rapport à un peu le racisme qu'elle vivait au Canada pour dire les mots comme ils sont c'était quelque chose de vraiment intéressant à filmer puis c'est un des projets documentaires que j'ai aimé vraiment faire
Invité 1 comment tu détermines les moments à saisir les tu vois les quand sentir ta caméra ton appareil photo parce que alors peut-être plus dans tes projets en Antarctique et sur le canot par exemple quand t'as descendu le Yukon mais j'imagine que physiquement tu dois déjà être parfaitement concentré sur ce que tu fais surtout si t'es encordé notamment mais malgré tout ta place dans l'expédition c'est tout filmer de tout capturer comment est-ce que t'arrives à déterminer les bons moments quand être prête quand être prête je vais y arriver que saisir et ouais pour au final rester focus sur l'objectif quand même
Caroline c'est difficile de se dire que on a à chaque moment il y a quelque chose de formidable qui peut se créer un moment à filmer il faut toujours être prêt donc c'est aussi le fait de se dire que ok il faut des fois aller devant les personnes pour les filmer que ce soit en montagne ou en train de skier sur la glace il faut prendre les devants puis il faut aussi être assez discret donc c'est vraiment quelque chose où on se dit bon la caméra c'est toujours avec nous c'est comme notre deuxième oeil c'est c'est assez difficile de revenir à la maison puis j'ai toujours un peu le réflexe de sortir la caméra à tellement de moments même quand je suis plus en train de faire les documentaires parce que ça devient tellement naturel en moi que ça ça peut être ouais c'est demandant comme travail puis c'est pour ça qu'à la fin de l'expédition habituellement tout le monde fait la fête puis moi dès que j'arrête de filmer c'est ok il faut que j'aille il faut que j'aille dormir parce que c'est c'est trop je dois décrocher ouais
Invité 1 ouais donc hyper intense ouais vraiment intense t'es-à-dire que toi en fait tu fais deux expéditions en une quelque part
Caroline il faut que je sois prête à physiquement à me dépasser à chaque moment
Invité 1 ouais et comment comment tu te prépares à ça physiquement donc tu nous as dit que tu faisais voilà parfois t'avais des gros événements comme des des ultra trails qui sont des étapes importantes pour ta préparation mais sur le peut-être sur le long terme plus fréquemment qu'est-ce que tu à quoi ça ressemble tes semaines quand tu prépares une expédition
Caroline c'est drôle parce que oui la période de préparation physique où je vais essayer de courir environ une vingtaine de kilomètres par jour je vais travailler sur mon alimentation quand j'ai des expéditions où c'est plus dans des milieux froids il faut falloir que je mange différemment il faut falloir que j'ajoute beaucoup de gras dans mon alimentation comparé à d'autres d'autres expéditions ou des courses où là c'est une préparation très intense mais quelques mois avant ça dépend toujours de ce que je vais faire soit du canot ou que ce soit du ski ou tout ça ça peut différer mais il faut que je reste toujours toujours au meilleur de mes capacités parce que je ne sais jamais si je vais être appelée pour joindre des gens déjà sur le terrain j'essaie de toujours être prête les courses m'aident beaucoup la marche en montagne sinon je ne suis pas la personne qui va toujours être en activité non plus ce qui est dommage c'est qu'on voit souvent juste les expéditions mais quand on fait des documentaires il y a la post-production moi je fais le montage puis tout ce qui vient après avoir filmé les images puis ça ça peut prendre l'expédition peut prendre un mois mais le montage tout ça peut prendre deux mois trois mois facilement c'est des moments où je me retrouve assise sur une chaise puis je suis le contraire d'active c'est un café le matin un autre à midi puis ça continue dans l'après-midi sans arrêt sans que je sois sortie donc c'est un peu des extrêmes d'un côté ou de l'autre
Invité 1 ouais
Caroline ouais
Invité 1 quelle est ton approche du coup quand tu fais ces montages c'est quoi ça part de quoi t'as une idée des émotions que tu veux transmettre ou tu parles d'une musique tu parles comment t'organises un petit peu tout le fil créatif
Caroline habituellement quand j'ai un projet documentaire que je veux vraiment réaliser ça part d'un personnage d'une personne que j'ai rencontrée ou d'un milieu de plein air que je veux mettre de l'avant puis ensuite ces personnages-là vont avoir une voix qui va vraiment m'inspirer qui vont créer la trame narrative de l'histoire puis ensuite je vais ajouter ouais un environnement sonore qui va me faire vibrer puis je veux vraiment que les gens se retrouvent amenés transportés dans l'aventure donc c'est pour ça que j'utilise une caméra qui est assez franche qui va permettre aux gens de se sentir à la même place que moi avec des plans vidéo qui sont longs qui sont un peu comme si on se retrouvait sur place avec les aventuriers donc j'essaie d'avoir cet oeil de caméra-là puis ensuite c'est le montage donc c'est pas c'est d'avoir une espèce de ligne directrice puis quand on est un peu comme en expédition quand on a notre idée en tête de ce qu'on veut voir à la fin avec un message qui est clair par exemple j'aime vraiment faire parler les gens par rapport aux problèmes peut-être environnementaux qu'il y a dans leur dans la région d'où ils proviennent je vais mettre ça de l'avant je vais aller prendre certaines portions qui sont percutantes dans leur message puis je vais je vais me débrouiller pour pour mettre ça de l'avant
Invité 1 de la détermination dans le montage également ouais c'est pas
Caroline la partie que je préfère par contre ouais
Invité 1 j'imagine que si tu dois jongler avec les phases hyperactives 30 jours en Antarctique où les émotions doivent être dingues et après quelques mois assis sur une chaise ouais ouais mais tu c'est ta situation actuellement avec tout ça parce que tu étais tu étais directrice je crois de la communication pour une entreprise avant de faire le grand bond dans l'outdoor
Loïc ouais
Invité 1 et aujourd'hui encore une fois si on parle de cette partie cachée de l'iceberg sans peut-être rentrer dans les détails mais tu enfin quels impacts est-ce que ça a eu financièrement pour toi tu vis la vie que tu voudrais vivre ou c'est quand même beaucoup de sacrifices de travailler dans l'outdoor
Caroline en fait au départ c'était pour moi de je me dis presque que c'était une décision qui était c'était disons très audacieux je pense de quitter mon emploi à ce moment-là j'étais certaine que j'avais prise la mauvaise décision que j'allais revenir sur mes pas puis j'ai décidé de ne pas le faire malgré que je gagnais je gagnais très peu puis le fait de devenir autonome m'amenait beaucoup de problématiques à certains niveaux puis c'est aussi beaucoup d'équipements ça doit être dernier cri par rapport aux caméras puis tout ça et j'investis beaucoup puis je pense qu'en investissant ça nous permet d'avoir un oeil nouveau donc un peu comme un animal qui doit se nourrir on devient des chasseurs puis quand on devient chasseur on regarde plus d'opportunités autour de nous on recherche puis ça c'est une belle période où on voit les opportunités qui sont devant nous ça a été ça un peu les années qui ont suivi puis dans cette période-là j'ai commencé à être créative puis ensuite la tension s'est relâchée puis j'ai réussi à garder le flot des projets puis en ce moment dès qu'on est inspiré je pense ça doit arriver à plein de gens aussi dans le domaine de la création quand on est inspiré on arrive à communiquer très bien avec les autres nos idées nos projets puis je crois que c'est ce qui est beau là-dedans c'est le flot d'énergie qui est constant c'est la rivière qui coule puis ça reste ça reste intéressant je pense qu'à chaque moment je dois réfléchir à qu'est-ce que ça va être le prochain mouvement là je viens d'écrire un livre ça me permet de ne pas avoir trop à penser à mes prochaines expéditions prochaines collaborations parce que là je peux je peux me reposer un peu penser à peut-être en réécrire un deuxième puis c'est un peu toujours comme ça il faut se réinventer je pense aujourd'hui surtout dans le domaine du freelance puis du vidéo des communications c'est toujours à refaire toujours à se questionner puis il faut que tu disais
Invité 1 à ton éditeur d'ailleurs qu'il faut absolument qu'il le publie en Europe aussi ça serait bien
Caroline ça serait cool oui
Invité 1 ok donc des sacrifices mais comme tu dis j'aime bien l'image que tu utilises du chasseur c'est-à-dire que quand tu quelque part c'est ce que j'ai compris que le fait de te lancer à fond et sans filer de sécurité quelque part ça t'a oui ça t'a ça t'a mis dans un état d'esprit où t'étais beaucoup plus peut-être en observation et prête à saisir la moindre opportunité
Caroline ouais tu sais je pense qu'il faut faire attention aussi puis c'est pas juste en restant ouvert aux opportunités là que que tout va arriver à nous facilement en ce moment tu sais on a des plateformes qui rejoignent tout le monde entier fait que c'est super facile d'être de voir la démesure là-dedans puis d'être un peu stoppé parce que le phénomène de se dire qu'il y en a d'autres des meilleurs que nous quelqu'un peut faire mieux que moi mais je pense qu'il faut pas arrêter là puis il faut juste continuer puis tranquillement on crée sa propre niche puis on si on est proche de nos valeurs ça transparaît à travers nos actions puis on trouve on trouve les gens qui veulent se joindre à nous plus facilement
Invité 1 complètement d'accord avec toi en parlant de gens qui veulent se joindre à toi c'est c'est quoi la prochaine expédition
Caroline ben la prochaine expédition en ce moment je pense que je dirais que c'est le le le le le le salir de se déplacer pendant c'est ça, un bon 60 jours sur le terrain je crois que je vais en apprendre beaucoup, ça va être filmé puis il va y avoir aussi une série de documentaires qui vont venir par la suite mais là on attend les permis je suis en Norvège pour les prochains mois pour voir si c'est possible d'entrer sur le terrain
Invité 1 et là la mission puisqu'on a beaucoup parlé de mission pour les expéditions juste avant la mission de votre expédition si tu peux nous en parler
Caroline la mission de cette expédition là ça va être de voir si on peut faire une première mais en hiver, une première hivernale puis ça va être de filmer une expédition par rapport à un couple donc ça va être quelque chose de nouveau pour moi on travaille avec une compagnie qui filme je ne serai pas la seule à filmer donc on filme un peu notre histoire alors mon ma grande la grande nouveauté là-dedans c'est que pour moi ça va être vraiment nouveau d'être pas derrière la caméra mais devant alors ça va être un bon défi
Invité 1 excellent et on pourra on pourra suivre ça quelque part ?
Caroline ouais ben là on espère que ça va se rendre de l'autre côté vers la France mais au Québec ça devrait être présenté à plusieurs endroits peut-être des chaînes québécoises puis sinon sur le web ok je tiendrai au courant c'est certain les frappés top
Invité 1 ben je mettrai je mettrai tous les liens de façon pour tes autres expéditions en description et tes profils où on peut te suivre on arrive déjà quasiment à la fin c'était absolument passionnant mais peut-être une dernière question si tu avais un conseil à donner à ben d'autres frappés des frappés en herbe qui voudraient se lancer sur des projets d'expédition ce serait lequel comment est-ce qu'on trouve une expédition comment est-ce qu'on trouve un projet qu'est-ce que quel conseil tu donnerais par rapport à tu as parlé de niche comment créer sa niche quand on est en train de se lancer
Caroline je pense que le conseil numéro un c'est c'est la patience puis par la patience de de prendre son temps c'est vraiment pour moi ce qui m'a aidée dans le passé c'est de ne pas aller à la première opportunité qui se montre à nous mais d'aller avec celle qui est le plus affiliée à nos valeurs puis celle qui nous fait vraiment vibrer j'essaie de m'enligner pour ma part avec les projets qui ont une valeur puis par rapport à ça ben c'est c'est ce qui peut-être me donne envie de me dépasser puis je pense que chaque personne à l'intérieur d'elle porte une valeur qui a envie de partager aux autres donc c'est quoi cette valeur-là et quand on trouve le corps quand on trouve cette émotion-là ce désir-là de partager ben le reste vient tout seul donc c'est c'est un peu ça
Invité 1 se connaître se connaître soi-même peut-être pour ouais très très bon conseil super ben écoute un très très grand merci Caro de nous avoir fait voyager avec toi à travers toutes ces expéditions ça franchement j'ai adoré ça m'a fait rêver donc vraiment top que t'es que t'es ben que t'es pu ouais t'es pu partager tous ces moments tout ce que t'as vécu de l'intérieur de ces expéditions exceptionnelles
Caroline moi de mon côté je vais attendre les autres épisodes puis je suis sûre que ça va m'inspirer à aller dans mes projets qui s'en viennent génial
Invité 1 ben écoute un grand grand merci on te souhaite tout le meilleur pour la suite encore une fois je mets tous tes comptes le mieux pour te suivre c'est j'imagine Instagram et ton site internet
Caroline ouais exactement c'est là qu'il y a le poste d'information jour après jour
Invité 1 ok donc je mettrai tout ça en description de l'épisode et puis ben on suivra très attentivement la suite de tes aventures du coup
Caroline super
Invité 1 merci Caro merci d'avoir écouté cet épisode du podcast les frappés jusqu'au bout j'espère qu'il vous aura intéressé même inspiré pour vos différents projets qu'ils soient pro ou perso je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires vos feedbacks vos suggestions d'invités également directement par email à contact arrobase lesfrappés .com et enfin si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez ainsi qu'un commentaire et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode ciao vert vert vert
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