Gilles Le projet de vie au Groenland
Invité 1 Bienvenue Gilles sur le podcast Les Frappés. Merci beaucoup. Très heureux de t'accueillir aujourd'hui pour échanger un petit peu sur ton parcours, mais surtout pour un projet complètement fou qui arrive, je ne vais pas trop faire de spoil, mais qui arrive d'ici avril 2022 pour le moment. Un projet que tu as créé et dont tu vas nous parler, mais qui est quand même un gros projet d'envergure qui se passe en environnement plutôt isolé, plutôt hostile au Groenland. Je suis impatient de t'écouter partager avec nous les détails du projet, puis comment ça t'est venu et ce que c'est que la réalité d'organiser un machin de cette envergure. Mais avant ça, je te laisse peut-être commencer par te présenter.
Gilles Ben oui, merci Loïc. Donc moi, je m'appelle Gilles Denis, j'ai 30 ans, je suis belge de Bruxelles, un bon belge pure souche. Voilà, à l'université, j'ai étudié la physique et je me suis spécialisé en physique de la terre et du climat. Et puis après les études, je suis parti voyager. Je suis allé dans le Grand Nord canadien et en Alaska. Et voilà, depuis le voyage et les expéditions ne m'ont pas vraiment quitté. Et maintenant, ça fait cinq ans que je travaille comme guide de voyage et d'expédition au Groenland d'abord. Et plus récemment en Islande et en Norvège aussi. Et à côté de ça, j'occupe mon temps avec des expéditions un peu partout qui comportent avec différents moyens de transport et différentes disciplines sportives. Voilà, ça c'est en deux mots.
Invité 1 Et guide, tu fais ça en freelance à ton compte ou tu es au sein d'une structure ?
Gilles Oui, donc je travaille pour des agences de voyage. Au Groenland, c'est une agence qui s'appelle Tazermute, South Greenland Expeditions. C'est une agence espagnole. Alors, c'est assez marrant parce que ce sont essentiellement des guides et des travailleurs espagnols, italiens, argentins, chiliens. Et puis, on se retrouve avec toute cette petite bande de gué lurons au fin fond du Groenland. Et c'est vraiment génial. Mais donc, oui, je bosse pour une agence. Et donc, je guide les groupes et les tours qu'elles me donnent en quelque sorte. Et pour l'instant, c'est le cas aussi en Islande et en Norvège. Mais voilà. Qui sait, un jour, je ouvrirai ma propre agence de voyage ou peut-être d'expédition spécialisée.
Invité 1 Et donc, sur cette expédition à venir, tu disais que tu continues d'en organiser régulièrement. Qu'est-ce qui arrive en 2022 ? Je disais en introduction qu'il y a un gros, gros, gros projet qui arrive pour avril 2022. Est-ce que tu peux nous en dire plus ?
Gilles Oui, volontiers. Donc, oui, je partage mon temps actuellement entre essentiellement l'été, une grosse saison l'été de 4-5 mois. Et puis, de temps en temps, des petits voyages plic-ploc l'hiver. Où je travaille donc été et quelques semaines à gauche à droite comme guide pour les agences dont je te parlais. Et par ailleurs, le reste du temps, j'essaie de mettre en place des expéditions et j'accomplis des expéditions un peu partout. Il y a eu des expéditions de grimpe, de big wall en Chine. La dernière, c'était au Yosemite et sur la côte ouest des États-Unis. Au Yosemite et à Zion pour la grimpe de big wall. Il y a eu des expéditions au Groenland. Une super expédition avec mon petit frère au Groenland où on a réalisé un film. Il s'appelle Frères des glaces. Et là, le dernier projet en date, le dernier et le plus gros de loin, c'est un projet. Je pourrais presque l'appeler un projet de vie. Ça occupe tout mon temps, tout mon esprit, toute mon attention, toute mon énergie. Et c'est le projet Nanoc Expedition. Alors, Nanoc Expedition, c'est une expédition qui débutera en avril 2022. qui se passe au Groenland. Et alors, on dit que c'est avec un partenaire d'expédition. Donc, un certain Natangophar. On est juste deux. Et c'est une expédition qui va se dérouler sur cinq mois à deux au Groenland. Le principe, c'est un espèce de triathlon atypique au Groenland. Alors, un triathlon dans le sens où on combine trois disciplines sportives différentes. Une traversée polaire. Donc, on va traverser le Groenland d'ouest en est, le long du cerf polaire arctique, sur à peu près 600 kilomètres. Donc, sur la grande calotte glaciaire du Groenland. On appelle ça un Inland 6. C'est-à-dire, c'est un peu les images que vous avez en tête de l'Antarctique. Donc, le grand blanc et le bleu du ciel. Et ça, sur 600 kilomètres, ce qui risque de nous prendre un mois. C'est sur ça qu'on compte. Un mois d'expédition à ski, donc, avec un traîneau qu'on tire derrière nous, qui contient tous nos vivres, notre matériel, notre tente, notre combustible. Parce qu'il n'y a rien là-haut. Donc, il faut avoir absolument toute la nourriture nécessaire à sa propre survie. Et il faut avoir tout le combustible nécessaire pour faire fondre la neige qui va nous servir à nous hydrater. Donc, ça, c'est seulement la première partie. Un mois de la mi-avril à la mi-mai pour traverser l'Inland 6 du Groenland d'ouest en est. Et puis, arrivé sur la côte Est, là, on veut partir en kayak de mer. Donc, on troque notre matériel d'expédition, d'expéditeur polaire pour du matériel de kayak de mer. Et là, on part pour 1000 kilomètres le long d'une côte super sauvage où il n'y a pas une âme qui vive. On part d'un petit hameau, une série de petits hameaux. Il y en a un qui s'appelle Tassilac. Il y a quelques petits hameaux habités là-bas sur la côte Est. Et quand on quitte ces petits hameaux-là, cette zone habitée, on part sur 1000 kilomètres de côte jalonnée de fjords gigantesques, de glaciers qui se jettent dans la mer, avec beaucoup de glace de mer aussi, donc beaucoup de banquise, des icebergs, bien sûr, et alors des baleines, des phoques et des ours polaires. Voilà, voilà. Donc ça, c'est pour le kayak de mer. Et là, on sera parti pour, on compte un mois et demi à deux mois. Ça, je peux revenir un peu là-dessus. Ça va être très particulier. Et pour finir, la troisième partie, c'est l'escalade, ou plus particulièrement l'ouverture d'une voie en big wall, donc en grande paroi. Donc le big wall, c'est un terme qui vient des États-Unis, qui désigne les parois qui sont suffisamment hautes et ou difficiles pour justifier le fait que tu restes plusieurs jours sur la paroi. Donc tu dors suspendu sur la paroi, dans ce qu'on appelle des portalages. Et donc là, on se donne encore un gros mois ou jusqu'à ce que l'hiver nous rattrape pour terminer vers la mi-septembre, probablement, notre expédition. Donc un bon cinq mois en tout. Ça, c'est le projet.
Invité 1 OK. Alors avant qu'on rentre dans le détail, la première question quand même, c'est comment est-ce qu'un projet de cette envergure t'est venu en tête ?
Gilles Mais en vrai, l'histoire est assez chouette. Donc j'ai découvert le Grunland la première fois comme aspirant guide, on va dire. Donc je suis allé bosser comme collaborateur, comme assistant guide chez cette agence de voyage Taser Mute. Et c'est comme ça que j'ai découvert le Grunland. Et alors quand je suis arrivé, j'ai découvert plusieurs choses. J'ai été dans le sud du Grunland avec un des guides et un des groupes. Et on s'est retrouvé au pied de parois absolument gigantesques. L'une d'entre elles s'appelle la... Alors tenez-vous bien, Nalu Mertorswak. C'est une paroi, une espèce de pilier de 1200 mètres de haut. Donc c'est plus grand qu'elle capitane au Yosemite, qui est la paroi de référence dans tout ce qui est Big Wall au niveau mondial. Donc c'est plus grand que ce bazar-là. Et donc c'est un endroit dans un fjord qui s'appelle le fjord de Taser Mute, justement du nom de la compagnie, où il y a vraiment en fait une agglomération de Big Wall et de parois absolument gigantesques, en granit, qui donne vraiment le vertige. Et avec les groupes, ce qu'on faisait, c'est qu'on faisait des randonnées pour se rendre aux pieds de ces parois et puis les admirer. Alors d'année en année, à chaque fois, je rencontrais des grimpeurs là-bas parce que c'est une zone où des grimpeurs, souvent des très très bons grimpeurs avec des partenariats, etc., viennent ouvrir des voies, etc. Et donc je me suis rendu compte qu'il y avait cet univers-là au Groenland de grandes parois. Et par ailleurs, des années auparavant, il y avait les frères Favresse et Sean Villanueva qui avaient fait une expédition complètement dingue avec des vidéos hilarantes sur un trip qu'ils avaient fait au Groenland où ils étaient partis avec un voilier, un vieux navigateur britannique et ils étaient partis aller grimper des parois gigantesques au Groenland. Je crois que c'était sur la côte Est. Et donc voilà. La découverte de ces parois-là au Groenland, c'était l'été 2016, lors de ma première venue au Groenland. d'une part, et puis l'accompagnement d'un guide et d'un groupe sur un tour en kayak de mer. Alors, chose cocasse, c'était la première fois que je faisais du kayak de mer dans ma vie.
Invité 1 OK.
Gilles J'étais assistant guide, voilà. Non, mais ça s'est très, très bien passé. Et là, je me suis rendu compte, j'ai découvert le kayak de mer et je me suis rendu compte du potentiel qu'avait cette discipline dans le domaine des expéditions. Parce qu'avec un kayak de mer, vous pouvez partir, tu peux partir deux, trois semaines si tu es organisé, en autonomie totale, avec toute la nourriture, tout le matériel, tout ce dont tu as besoin pour vivre pendant ces trois semaines, sur des sections de côte extrêmement sauvages et encore une fois, voilà, en autonomie totale. Et ça, c'est quelque chose que peu de disciplines sportives offrent finalement. Partir avec le sac à dos en autonomie totale sur deux, trois semaines, c'est beaucoup moins facile. Dans les expéditions polaires, c'est ça aussi que j'aime bien avec les expéditions polaires, c'est que quand on tire la grosse poule K derrière soi, on peut aussi être parti pour un bon bout de temps. Et voilà, c'est cette espèce d'isolement dans des endroits super, super sauvages où on ne peut compter que sur soi-même et sa tête et ses mains. Et voilà, de découvrir le kayak de mer, ça a été très fort pour moi. Je n'ai jamais eu une connexion très forte à la mer. Quand j'étais petit, on allait toujours à la montagne, on faisait un peu de camping, on faisait pas mal de randonnées en moyenne montagne. on n'était pas trop mer et j'ai vraiment découvert ce que c'était la mer et la symbiose avec la mer, avec l'océan en faisant du kayak de mer. Et donc, en rentrant cette première fois au Groenland, j'ai tout de suite commencé à faire des stages en kayak de mer et puis à me former moi-même comme guide de kayak de mer jusqu'à faire la certification ISCA Coastal Guide qui est International Sea Kayak Guide Association qui est réputée pour ce qui est expédition de longue durée ou en milieu reculé en kayak de mer.
Invité 1 OK. C'est une certification canadienne ?
Gilles C'est une certification internationale, ça se veut internationale. OK. Et il y a un peu plusieurs endroits dans le monde où cette certification ou des modules sur cette certification peut être donnée. À la base, ça a été lancé en Angleterre. OK. Et voilà, vraiment, c'est vraiment très intéressant. Je vous le conseille. Ça, c'est pour le kayak de mer et puis alors, dernièrement, dernièrement, ça, c'était une chouette histoire. Donc, j'étais au Groenland, je venais d'y passer deux mois et demi. Et alors, bon, avec les groupes, avec les... C'est du tourisme d'aventure. Donc, c'est de l'aventure. On part randonner plusieurs jours avec le sac à dos. On fait du kayak de mer jusqu'à deux semaines en autonomie totale, complètement isolée. Donc, c'est de l'aventure, mais ça reste du tourisme dans le sens où, voilà, il n'y a pas une grande sélection sur qui peut le faire et c'est ouvert à peu près toute personne ayant une condition physique raisonnable. Et donc, voilà, on reste confiné aux zones où il est facile d'évoluer, relativement facile d'évoluer. Donc, essentiellement, la côte, etc. Et donc, tout ce qui est intérieur du pays avec l'inland 6, les grands glaciers, la calotte glaciaire, c'est quelque chose qu'on voit moins. On en voit les glaciers, évidemment. Mais voilà, et en revenant du Groenland en 2016, on était dans un petit coucou de la compagnie Air Groenland. Et alors là, c'était assez marrant parce qu'il semblerait que les pilotes de ligne d'Air Groenland n'aient pas les mêmes standards de sécurité que dans le reste du monde parce qu'ils faisaient superbe et le pilote a pris la parole et s'est adressé à tous les passagers de l'avion et nous a dit « Chers passagers, j'ai rarement vu une météo aussi clémente et un ciel aussi clair et aussi beau. On voit l'inland 6, la grande calotte glaciaire qui s'étend d'ouest en est du Groenland depuis le cockpit. C'est absolument fabuleux et on commence à voir les montagnes de la côte Est qui commencent à se dessiner en sortant de l'inland 6 et pour ceux qui veulent, je vous invite à venir contempler ça depuis le cockpit. Et donc, voilà, on a été un par un dans le cockpit de l'avion ce qui est assez dingue et voir cette inland qui s'étalait à perte de vue blanc avec le bleu du ciel, avec cette espèce de courbe caractéristique de la Terre quand on est en avion ou quand on est face à des paysages qui sont tellement, tu peux voir tellement loin que tu vois la courbe de la Terre. Et j'ai trouvé ça fabuleux et je me suis dit il faut que il faut que une fois dans ma vie que j'aille sur cette inland 6 c'est un endroit c'est un mélange de c'est pas un endroit où je devrais être et puis je crois que je peux je peux me débrouiller je crois que je peux y aller je crois que je peux le faire. Et donc voilà et ces trois découvertes ont fait que j'ai commencé à réfléchir et à me dire mais est-ce que je peux pas mettre en place une expédition qui combine ces trois disciplines sportives quoi et petit à petit en parlant dans les années suivantes à mes différents collègues à mon patron qui est un grand explorateur polaire espagnol Ramon Hernando de la Ramendi qui a lancé un prototype de traîneau tiré par des énormes kites qu'il utilise au Groenland et en Antarctique pour des opérations scientifiques en parlant à tous ces gens là et aux locaux et tout petit à petit j'ai dessiné ce projet Nalogue Expedition voilà
Invité 1 ok il y a une raison particulière pour laquelle tu as choisi de commencer par la traversée puis le kayak puis le big ball
Gilles ouais tout à fait alors en fait tout est dicté essentiellement par les saisons donc c'est dicté par les saisons mais peut-être plus particulièrement c'est dicté par le kayak de mer le timing par rapport au kayak de mer a eu une importance assez centrale donc voilà différentes choses peuvent être doivent ou peuvent être faites à différents moments en l'occurrence la traversée de l'île Nansis on est autorisé à avoir un permis parce qu'il faut un permis pour traverser l'île Nansis pour éviter que n'importe qui y aille et puis se plante et doivent être secourus ou quoi parce qu'on parle de secours qui coûte qui demande des moyens très très conséquents et qui coûte extrêmement cher
Invité 1 qu'est-ce qui délivre ce permis
Gilles c'est le c'est le Groenland lui-même c'est je j'ai plus en tête le nom de l'organisme mais c'est le gouvernement du Groenland qui délivre ce permis et donc en relation étroite avec les opérations de les opérateurs de Search and Rescue au Groenland
Invité 1 ok et c'est des opérateurs publics pour les Search and Rescue
Gilles oui est-ce que c'est public oui je crois c'est directement lié au au gouvernement du Groenland oui je crois
Invité 1 et par curiosité pour pour boucler la boucle sur ce petit point spécifique du permis mais on parle de quel de quel coût à peu près pour je sais pas s'il y a un rapport avec la durée avec la distance avec la période à laquelle tu y vas le prix du permis c'est combien à peu près et peut-être pour les assurances spécifiques il y a des choses il y a des choses à savoir aussi de ce côté là
Gilles oui alors c'est un permis qui est assez laborieux à obtenir il y a beaucoup de il y a un certain nombre de démarches quand même à faire administratives pas mal un paquet de critères à remplir par exemple il faut il faut avoir une arme avec soi comme au sphalbard pour pouvoir le cas échéant se défendre face aux ours polaires quand on parle de se défendre face aux ours polaires en général la première chose c'est pas de tirer sur l'ours polaire c'est de tirer en l'air c'est de l'effrayer il y a un tas d'étapes avant l'étape finale et complètement pas désirée de tirer sur l'ours polaire en tant que tel donc il faut avoir un fusil d'un certain calibre il faut avoir un certain nombre de matériel de communication bien spécifique par un VHF il faut avoir un téléphone satellite il y a un certain nombre de requêtes par rapport à ce qu'il faut avoir par rapport à qui est dans l'expédition comment l'expédition s'agence s'organise démontrer une expérience ! dans les participes pour l'expédition donc voilà il y a un certain nombre de critères à remplir et puis vraiment un dossier à fournir et à défendre et puis ce qui est assez compliqué pour une expédition pour quiconque souhaite traverser l'inland 6 et en fait simplement pas seulement le traverser mais il passait plus de 24 heures techniquement selon la loi c'est ça c'est qu'il faut quand même débourser un déposite de 25 000 euros ce qui ah oui voilà pas forcément facile et puis mais bon c'est juste un déposite c'est pas le terme c'est quoi c'est quoi c'est une sorte
Invité 1 de caution c'est ça
Gilles oui c'est ça une caution pardon voilà une caution donc on nous la rend évidemment au terme de l'expédition mais c'est pour s'assurer c'est une des façons pour l'organisation et les services de recherche et de secours au Groenland de s'assurer qu'ils ont une manne dans laquelle puiser pour leurs opérations de recherche et de secours évidemment il faut faire preuve de prouver qu'on a une assurance solide avec des barèmes bien précis mais voilà c'est une précaution additionnelle importante
Loïc oui
Gilles au delà de tout ça le coût en tant que tel c'est un coût de par par soumission de dossier et j'ai plus en tête j'ai plus en tête ce que c'est ça doit être plus j'aurais tendance à dire dans les deux 300 euros je me trompe peut-être j'ai plus en tête là comme ça ce que c'est c'est pas c'est pas aussi faramineux que les 25 000 euros mais voilà c'est assez contraignant
Invité 1 ça reste raisonnable quand même en termes de de coup de permis j'étais je suis allé faire un trek dans la région du Kumbu vers le camp de base à l'Everest et du coup en échangeant j'ai découvert que le permis pour l'Everest c'est 21 ou 25 000 dollars quelque chose comme ça juste le permis donc bon ok bon intéressant et les assurances j'imagine que t'es obligé de passer par des assurances hyper spécifiques tu peux pas aller voir ton assurance habitation classique et et opter pour une assurance pour le Groenland ça doit être un truc assez particulier notamment en termes de recherche etc j'imagine non
Gilles oui bien sûr faut se concentrer dans notre cas fort sur l'aspect les montants alloués aux frais de recherche et de secours parce qu'en général ces montants sont assez minimes dans une assurance classique famille ou quoi on parle de 2-3 000 4 000 euros max donc ça évidemment c'est clairement pas suffisant à côté de ça en Belgique on a un club alpin belge qui fournit une assurance avec des frais de recherche et de secours qui sont plus conséquents et là je crois que c'est 10 000 euros de frais de recherche et de secours mais le barème est bien plus élevé donc c'est vraiment à ça qu'il faut faire attention voilà moi j'ai trouvé on a trouvé cette cette assurance qui s'appelle GOS qui est lié aux appareils Iridium et notamment le InReach de chez Garmin et ce genre de choses là qui si on fait appel au secours via via ces ces appareils là on te donne accès à tu as accès à cette assurance si tu y as souscrit évidemment et là c'est des montants bien plus importants
Invité 1 alors du coup peut-être pour finir sur ce petit zoom sur le le sujet des assurances tu as la même assurance pour les trois disciplines du projet
Gilles alors le thème des assurances n'est pas un thème qu'on a encore qu'on a encore finalisé ok enfin qu'on a déjà finalisé complètement donc je ne sais pas te répondre précisément ce qui est sûr c'est que il semblerait en fait ça nous surprend très fort mais il semblerait que cette assurance GOS donc qui est liée aux appareils Iridium et au InReach etc donne une une assurance et des des des limites suffisamment élevées en termes de recherche et de secours pour pour pour pour le Groenland pour ce dont on a besoin à des prix qui sont quand même assez assez enfin qui sont très intéressants par rapport à des assurances ultra spécialisées et spécifiques comme on a pu en trouver sur le net qui coûte vraiment des petites fortunes donc voilà à côté de ça il faut il faut une assurance voyage béton mais là avec assurance rapatriement frais médicaux etc il faut faire attention que il n'y ait pas de clause exclusive mais a priori outre le les frais de recherche et de secours le reste peut très bien être couvert par une assurance du type voilà Europe Assistance ou Alliance une assurance bien béton voyage a priori ça fait tout à fait tout à fait l'affaire et ces assurances peuvent être facilement complétées par des assurances par exemple moi ce que je fais souvent dans des exp c'est c'est combiner mon assurance l'assurance de mon affiliation au club alpin belge qui est donc spécifique qui fonctionne dans le monde entier il n'y a pas d'exclusion sur les expéditions etc et l'assurance par exemple du vieux campeur c'est deux assurances qui fonctionnent bien ensemble qui peuvent être complémentaires et donc les montants s'additionnent et ça ça peut venir en très bon complément à une assurance plus classique voyage quoi
Invité 1 d'accord
Gilles donc voilà en combinant plusieurs assurances en tout cas c'est le fruit du résultat de mes recherches en combinant plusieurs assurances il y a moyen d'avoir un package assez solide qui a priori vaut tout à fait pour l'expédition qu'on veut faire quoi
Invité 1 ok ouais bon clairement j'imagine un point à ne pas négliger vu les enjeux potentiels si si quelque chose se passe vous n'êtes pas vous n'êtes pas à 20 km de Bruxelles pendant le projet donc ouais je suppose qu'il faut faire en sorte que tout soit calibré pour les dimensions du projet si on en revient du coup aux trois disciplines est-ce que tu peux peut-être nous en dire plus sur la première la traversée de l'inland si je vais y arriver tu disais à peu près un mois en poulka les conditions c'est quoi cette période en termes de température de conditions de vent de de de durée de jour le poids que vous allez porter enfin voilà si tu rentres un petit peu pour commencer à nous faire rêver dans le la réalité de ce que ça va être elle va ressembler à quoi cette première étape
Gilles ouais alors la première étape la traversée de l'inland 6 du Groenland on va vraiment partir aussitôt que les permis nous le permettent donc le plus tôt possible dans la saison c'est à dire le 15 avril donc on va on va encore avoir des journées qui sont on va commencer avec des journées qui sont encore un petit peu un petit peu plus courtes et surtout avec des températures des températures qui restent qui restent bien bien froides donc là au milieu de l'inland 6 au niveau du cerf polaire arctique on peut facilement à cette période là avoir des températures qui atteignent les moins 30 les moins 40 et ça c'est une température température ambiante après la température ressentie avec le vent peut être encore peut encore prendre 20 degrés de moins quoi après les températures moyennes je dirais à cette époque sur avril ça doit être du du moins 20 je crois moins 20 moins 25 avec un air relativement sec donc c'est en soi supportable avec du bon équipement maintenant ce qui va jouer c'est deux choses c'est le le long terme il faut tenir le coup sur toute la longueur et alors ce qui est important pour nous c'est que vu qu'on fait une expédition qui est si longue 5 mois et qu'on doit avoir la pêche jusqu'au bout on va partir en essayant avant de partir on va on va on va s'entraîner et on va manger de façon à prendre quand même du poids de la masse musculaire d'une part et puis un peu des graisses etc donc partir un peu plus lourd que d'ordinaire pour avoir simplement des réserves et puis il faut absolument dans notre alimentation dans notre effort et dans la condition dans laquelle on parte que que sur ce mois de traversée de l'inland 6 on peut pas perdre de poids quoi parce qu'après c'est reparti pour c'est reparti pour deux mois de kayak et là c'est une autre histoire encore et puis après il y a la grimpe et donc ça c'est c'est un point important pour nous donc il va falloir vraiment faire attention à la forme physique dans laquelle on part et comment est-ce qu'on se nourrit donc et puis l'autre chose c'est ben voilà sur l'inland 6 on est au milieu d'une étendue absolument gigantesque de glace sans aucun obstacle pour arrêter pour vous protéger du vent ou de quoi que ce soit notre seule protection c'est la tente ou éventuellement les murs de neige qu'on pourrait monter autour de la tente et donc là il peut y avoir des vents des vents très costauds quoi des vents de 100 150 200 km heure et à ce moment là à ce moment là faut pas voilà faut pas faire de conneries quoi le plus gros risque à ce moment là c'est bon évidemment si on est dehors en train de marcher etc mais a priori ce serait pas le cas s'il y a un vent à 200 km heure c'est les gelures et quelconque une quelconque peau exposée va risque de geler très très vite et puis ce qu'il faut surtout c'est quand on monte la tente et quand on déballe notre traîneau quand on sort du matériel faut surtout rien perdre quoi et à force il n'y aurait pas laisser la tente s'envoler parce que là on est vraiment foutu donc ça c'est un peu le challenge et puis voilà des températures d'une moyenne de moins 20 moins 25 mais qui descend facilement et souvent et parfois pour des plusieurs jours plusieurs semaines à la fois à des moins 30 moins 40 avec des pics peut-être même à moins 45 donc donc voilà quelques bons challenges et puis puis à côté de ça il y a le le poids du traîneau c'est sûr qu'on va partir avec un traîneau qui est qui est relativement lourd vu qu'on part pour 30 jours là je dirais que pour le traîneau au niveau de la nourriture on va essayer de se limiter à 1 kg par personne par jour donc on va on travaille avec une société ici en Belgique qui s'appelle l'Epivitz qui fait des conseils en nutrition et qui produit des compléments alimentaires naturels et donc on a le nutritionniste de l'Epivitz qui nous aide de ce point de vue là en se basant sur un certain nombre de données qu'on a déjà d'expéditions passées ou d'autres explorateurs pour faire vraiment des menus qui soient voilà qui fonctionnent bien qui soient non seulement hyper calorifiques mais équilibrés tout en étant le moins volumineux possible et en pesant pas plus d'un kilo donc ça c'est un peu notre référence un kilo par personne par jour du point de vue de l'alimentation donc ça fait déjà 30 kilos par personne et puis à ça on ajoute tout le matériel le poids de tout l'équipement et du traîneau lui-même on est facilement à facilement à 60 kilos par personne ouais facilement
Invité 1 et vous emmenez tout l'équipement en double pour cette expédition
Gilles tout l'équipement en double tu veux dire par exemple
Invité 1 deux tentes au cas où par sécurité ouais exactement par sécurité
Gilles ouais on peut pas se permettre d'emmener d'emmener tout en double non typiquement la tente je crois pas qu'on va amener deux tentes c'est vraiment voilà il faut se driller et s'entraîner en fait à monter la tente de la façon la plus efficace avec un protocole bien clair entre mon partenaire Nathan et moi voilà pour éviter les soucis une chose qu'on prendra sans doute certainement en double parce que ça pèse pas trop et parce que c'est vraiment essentiel à notre survie c'est un réchaud par exemple le réchaud MSR enfin MSR ou autre mais le réchaud c'est ce qui nous sert à voilà à réchauffer notre nourriture à nous nourrir mais surtout à faire fondre la neige pour nous hydrater donc si on a plus de réchaud on ne survit pas plus de voilà on en a pour quelques jours et c'est fini quoi la tente à la rigueur la tente ce serait vraiment désastreux ouais clairement perdre la tente ce serait la fin de l'expédition mais voilà on peut toujours se faire un abri en neige le temps que le temps que les secours arrivent après si on est à trois jours de la fin on fera le gros push et voilà quoi et on y arrivera
Invité 1 tu disais sur les la durée des jours qu'elle sera un peu plus courte enfin qu'elle sera pas encore complète on va dire à la mi-avril ça fait un lever de soleil coucher de soleil vers quelle heure ça
Gilles je t'avoue que j'ai pas ça en tête là tout de suite donc on est vraiment au niveau du cercle polaire arctique à la mi-avril on est on est au moment de transition hiver printemps donc je t'avoue plus avoir ça en tête en fait on va non en fait c'est pas tout à fait vrai on va on va commencer avec des jours quand même relativement relativement long en fait à la fin avril on aura déjà des jours qui sont bien bien long pas encore les demi-nuit mais au début avril je sais pas je dirais peut-être 8h 8h d'ensoleillement peut-être non donc c'est pardon ah oui ça va sur ce coup là voilà
Invité 1 pas de problème j'imagine qu'il y a tellement de paramètres à planifier prévoir tellement de choses à organiser que c'est pas évident de conserver toutes ces petites infos en tête au fur et à mesure que le projet se prépare
Gilles il y a certaines choses que voilà qu'on se permet d'oublier un petit peu parce que c'est plus ça fait pas partie de la priorité du moment mais non non j'ai dit des conneries clairement à la mi-avril à la mi-avril au Groenland au niveau du Cercle l'air arctique les jours sont déjà sont déjà relativement longs
Invité 1 ok donc là on est à la fin de la première manche 30 jours des conditions quand même pas mal rudes je pensais pas qu'il puisse y avoir des vents jusqu'à 200 km heure bon les températures moins 35 j'avais à peu près ça en tête avec le facteur vent ouais c'est clair qu'il faut faire gaffe parce qu'il n'y ait pas un centimètre carré de peau exposée parce que sinon c'est l'angelure garantie et donc ça ça vous mène à priori mi-mai fin mai sur la côte est du Groenland comment vous allez gérer la transition du coup avec la deuxième partie de l'expect qui est le kayak d'un point de vue logistique vous avez de la récupération entre les deux étapes ou c'est vraiment enchaîné enchaîné
Gilles ouais donc dû à à l'ampleur de l'expédition et au matériel très différent dont on a besoin dans chaque discipline ça aurait évidemment été hyper sexy de pouvoir partir dès le début avec absolument tout le matériel et toute la nourriture et tout ce dont tu avais besoin pour toute l'expédition et de rester en autonomie totale sur les cinq mois mais pratiquement si quelqu'un fait ça quand quelqu'un arrive à faire ça je me prosterne mais non en gros c'est quand même cinq mois d'expédition et trois disciplines sportives très différentes donc clairement on ne peut pas avoir tout le matériel avec nous dès le départ et certainement pas tous les vivres tout le combustible etc donc en fait l'expédition est organisée en trois parties relativement indépendantes et donc dans chaque partie c'est une expédition donc l'expédition polaire l'expédition qu'il y a avec de mer et l'expédition escalade big wall sont trois parties distinctes qui s'influencent évidemment fortement l'une dans l'autre parce qu'un retard sur l'un va fortement influencer sur l'expédition et le timing est quand même relativement serré mais voilà c'est trois expéditions relativement autonomes donc on commence sur la côte ouest dans un dans une j'allais dire une ville oui c'est une ville au Groenland mais pour nous ce serait un hameau donc c'est Kangerlussuak qui est l'aéroport international l'endroit où il y a l'aéroport international du Groenland et une fois traversé le Groenland d'ouest en est on arrive sur la côte est dans un hameau qui s'appelle Isortok et puis on migrera vers un autre hameau qui s'appelle Tassilac donc là il y a une série de petits hameaux sur la côte est qui sont assez rapprochés et là en fait on va opérer la transition donc on sera parti sur la côte ouest avec uniquement notre matériel d'expédition polaire et notre nourriture pour l'expédition polaire et puis arriver sur la côte est on récupère nos kayaks de mer et tout ce qu'on aura préparé à l'avance et envoyé par voie de cargo sur la côte est et on on on on on déposera et on renverra le matos d'expédition polaire donc il y a une logistique qui est quand même assez conséquente qui demande de s'y prendre fort à l'avance qui demande aussi de au niveau logistique on nous demande souvent pourquoi est-ce qu'on a besoin de par exemple nos sponsors nous demandent pourquoi est-ce qu'on a besoin du matériel s'y tú parce qu'on leur demande le matériel quasi un an à l'avance. Mais en fait, dès la mi-octobre au Groenland, la banquise et la glace de mer se resserrent autour du Groenland, l'eau de mer gèle, la banquise se crée et donc les glaces renferment l'accès au Groenland. Et donc la deadline, la limite absolue pour envoyer par voie de cargo du matériel au Groenland, c'est la mi-octobre. Et puis, on a besoin d'obtenir le matériel bien avant ça pour le tester, le préparer, faire les ajustements nécessaires, etc. Donc voilà, il y a cette transition entre chaque expédition. Donc à Tassilac, on opérera la transition entre l'expédition polaire et l'expédition en kayak de mer. On s'octroie une marge de une à deux semaines par sécurité. Et vraisemblablement, cette marge sera la bienvenue, peut-être pas en totalité, mais pour se reposer un tout petit peu quand même de la première section et entamer la seconde. Et puis voilà, pour vraiment préparer le matériel et tout ce dont on a besoin pour la suite. Puis c'est aussi le moment où notre équipe de films, qui est composée de deux amis belges, vidéastes et photographes, ce sont aussi les moments, ces moments de transition. Nos équipes de films vont venir nous rejoindre pour, voilà, sur le HO, sur l'émotion, etc., venir nous interviewer, faire des belles images du Groenland, de notre arrivée. Et puis à chaque fois, participer à des petites sections de chacune de nos trois expéditions. Donc dans les premiers jours, à chaque fois, ils nous accompagneront pour faire des images et l'idée d'en faire un chouette film parce que vivre des expériences comme ça et ne pas du tout le partager, c'est assez dommage en fait au final. On n'a personne avec qui en parler. Ça peut être une expérience assez solitaire au final. Et puis c'est tellement dommage. On va dans des endroits qui sont si beaux, qui sont circulés. Qui ont besoin aussi d'attention médiatique, d'attention du public parce qu'on sait que ce sont des endroits qui sont fragiles et qui sont d'autant plus fragilisés d'année en année par les réchauffements climatiques et toutes les choses qui nous tombent dessus.
Invité 1 Et je crois que l'un des membres de cette équipe, c'est Richard, il me semble. Richard Madens qui a déjà été invité.
Gilles Exactement, le bon vieux Richard qui va vivre avec un certain Alexandre Régormont. Donc, ils sont tous les deux belges, mais ils vivent tous les deux au Canada. Deux grands copains qui sont non seulement photographes et vidéastes, mais qui sont eux-mêmes aventuriers. Et donc, voilà. Quelque part, ça fera aussi plaisir de revoir d'autres têtes à certains moments parce que cinq mois à deux, c'est quand même un gros challenge. même si avec Nathan, le courant passe hyper, hyper bien. Mais voilà, il faut se rendre compte que c'est quand même 24 heures sur 24 qu'on passe avec une autre personne. On mange ensemble, on dort ensemble, on fait du kayak ensemble, on fait absolument tout ensemble, 24 heures sur 24 pendant des jours et des jours. Le plus long, ça va être donc le kayak de mer pendant deux mois sans s'arrêter. Et ça, c'est plus que n'importe quel couple, n'importe où peut vivre. Je veux dire, quand on est avec quelqu'un en couple, on a au moins quelques heures par jour où on bosse, on est au bureau, peut-être moins maintenant avec le corona, et donc on se retrouve, on n'est pas toujours l'un sur l'autre. Donc ça, ça va être chouette.
Invité 1 Comment vous allez gérer ça d'ailleurs ? C'est quelque chose que vous avez déjà évoqué dans votre préparation, plutôt mentale là pour le coup ? Parce que c'est vrai que clairement, ça aura un impact.
Gilles Oui, donc clairement, Nathan et moi, depuis le début, donc ça fait maintenant, ça fait maintenant, j'ai même plus le... Après deux ans qu'on s'est rencontrés et qu'on a commencé à élaborer ce projet petit à petit. Mais en fait, ce projet, c'est une excuse merveilleuse pour faire un paquet d'expéditions que j'ai toujours eu envie de faire avec un partenaire idéal. Donc en fait, ce n'est pas très grave si ça prend du temps à se préparer. Ce n'est même pas très grave du tout. Là, avec le corona, l'expédition a malheureusement dû être reportée pour une série de raisons dont on pourra discuter après. Mais donc en fait, dès le début, ce qu'on s'est dit avec Nathan, c'est important, c'est même crucial, non seulement pour notre préparation physique et technique, mais aussi pour l'entente et notre entente à deux et notre capacité à travailler et à être ensemble dans des moments difficiles, c'est absolument crucial de faire un certain nombre de pré-expéditions. Et donc, on s'est donné l'objectif de faire des pré-expéditions, c'est comme ça qu'on les appelle, sérieuses dans chacune des disciplines, c'est-à-dire une expédition qui se concentre exclusivement sur l'expédition polaire. Donc là, par exemple, on va partir à la mi-mars, en tout cas, c'est le plan. On va partir à la mi-mars au Yukon, au nord-ouest du Canada. Justement, Alex et Richard nous rejoindront. Et là, le but, c'est de faire une expédition que j'ai en tête depuis des années et des années, depuis mes toutes premières expéditions, enfin, depuis ma toute première expédition à mes 18 ans, là-bas, et puis ma deuxième grande expédition à mai 25. Au Yukon, donc au nord-ouest du Canada, il y a un massif, une chaîne montagneuse dans la prolongation des rocheuses qui s'appelle la chaîne du Mackenzie et qui est à cheval entre le Yukon et les territoires du nord-ouest. Et notre but, c'est de partir, c'est de parcourir, de suivre un vieux sentier historique qui s'appelle le Canal Heritage Trail, qui était en fait un canal, enfin, un sentier en terre qui avait été érigé par les Américains pendant la Seconde Guerre mondiale pour construire un pipeline qui relierait différents territoires à l'époque. Et puis, cette route a été aussi utilisée par les postiers de l'époque qui, en attelage de chiens de traîneau, reliaient différentes communautés. donc, c'est une route qui a beaucoup, beaucoup d'histoire et qui, qui maintenant, s'est complètement, voilà, effacée. Mais le but, c'est de suivre cette vieille route historique qui relie, en passant à travers les montagnes, le Yukon et les territoires du nord-ouest jusqu'à Norman Wells, ça s'appelle, le long du fleuve Mackenzie. et ça, ce sera un mois d'expédition en plein hiver, enfin, à cheval sur l'hiver printemps, donc, avec les traîneaux, les skis et les températures bien, bien froides comme on les aime. Voilà, ça, c'est un exemple. Et puis, il y a eu le Yosemite et Zion sur la côte ouest des États-Unis l'automne dernier. Il y a eu le tour des Cornouailles en Angleterre en hiver il y a deux ans maintenant. Et il y a eu, voilà, un paquet d'expéditions qui étaient toutes des bonnes excuses pour faire des chouettes trucs. Mais, voilà, le but en était se préparer physiquement et techniquement, mais aussi et peut-être surtout forger cette entente entre Nathan et moi et notre capacité à bosser ensemble dans les conditions difficiles et avec la fatigue, le stress, etc.
Invité 1 C'est intéressant de voir à quel point vous avez anticipé ça parce que tu dis que ça fait, oui, vous avez déjà mené plusieurs de ces expéditions. je pense, c'est un aspect peut-être qu'on a moins tendance à voir quand on se penche sur des expéditions qui ont été réalisées. On ne se rend pas forcément compte. en tout cas, moi, j'ai l'impression en n'étant pas vraiment dans le milieu des expéditions, on a du mal à se rendre compte de l'ampleur de la préparation et de la durée que ça peut prendre. Donc, c'est vachement intéressant de t'entendre partager le fait que, voilà, c'est un travail de plusieurs années en réalité. Bon, le Covid n'a pas aidé, mais...
Gilles Mais oui, cette expédition, elle est d'une ampleur assez colossale en tout cas par rapport à qui je suis, à mes moyens et voilà, c'est vraiment, c'est un projet qui occupe toutes mes pensées, toute mon énergie. C'est un projet pour lequel je fais des sacrifices énormes, tant au niveau de ma vie professionnelle que de ma vie privée que de ma vie sentimentale et tout ça, ce projet, cette idée folle dicte ma vie et à peu près tous mes faits et gestes et tous mes choix depuis 2016, c'est-à-dire depuis ma première découverte du Grunland et depuis, tout ce que je fais, tous les choix que j'ai faits allaient dans la direction de me préparer au mieux pour ce rêve et pour ce projet complètement fou qui, au départ, je vais être bien honnête, m'effrayait. Il m'effrayait parce que je savais que j'étais assez fou et assez têtu pour vouloir le faire et parce que je savais qu'à ce moment-là, je n'avais absolument pas les capacités et les connaissances pour mener à bien ce projet. Mais voilà, les sacrifices, ils sont assez nombreux et voilà, ce qu'il a toujours emporté, c'est la passion, c'est l'envie de réaliser ces rêves complètement fous, c'est de vivre pour quelque chose de plus grand quelque part et puis, comme je l'ai dit, ce sont toutes des excuses merveilleuses pour aller passer des moments complètement inoubliables dans des endroits fabuleux et dans la nature avant tout parce que c'est ça un peu la base de tout, c'est l'amour de la nature et l'envie de s'y retrouver en communion totale et pendant de longs mois.
Invité 1 Alors, c'est absolument passionnant. Si on pouvait avoir trois heures sur le sujet, je pense que je te les prendrais mais on n'a pas ces trois heures donc si on doit, je suis en train de réfléchir sur quoi est-ce qu'on zoome parce qu'on a bien parlé de la première étape, la deuxième, on a commencé à l'évoquer mais tu as mentionné quelque chose de très intéressant par rapport aux thématiques du podcast qui sont tous les sacrifices qui impliquent un projet de cette envergure. Alors, j'aimerais bien peut-être que tu nous en dises un peu plus qu'est-ce que c'est cette face cachée de l'iceberg et quelque part que les gens ne voient pas quand on monte une expédition sur plusieurs années, une expédition aussi complexe ?
Gilles Mais, c'est, bon, tout dépend du background qu'on a et d'où on vient un petit peu je crois déjà mais moi voilà, je ne suis pas né avec avec une tenue de sport, je ne suis pas je ne suis pas je n'ai jamais été un sportif professionnel je n'ai jamais fait de la compétition ni en escalade ni en kayak a fortiori il n'y a pas de compétition d'expédition polaire il y a des records mais et donc je n'ai pas ce je n'ai pas cette historique-là et donc c'est vrai que pour quelqu'un comme moi qui n'a pas cette historique de sportif de haut niveau ou quoi c'est un challenge qui est vraiment qui est vraiment assez colossal colossal pourquoi ? Colossal parce que déjà il faut faire ses preuves il faut malheureusement quelque part mais la passion et l'amour du plein air de la nature etc ne suffit malheureusement pas ou en tout cas pas dans mon expérience à l'élaboration d'un projet comme celui-là il faut pouvoir prouver qui on est et ce qu'on peut faire c'est un peu normal quand on demande à des sociétés de nous suivre et même de nous sponsoriser c'est sûr qu'elles veulent avoir quelque part une garantie de retour sur investissement donc si elles donnent de l'argent ou du matériel à deux cocos qui vont faire deux jours d'expédition sur les cinq mois et puis qui ne vont plus en pouvoir ça ne va pas mais donc ça a été quelque chose surtout l'hiver passé qui a été incroyablement énergivore incroyablement fatiguant fatiguant mentalement aussi de devoir prouver qui on est ce qu'on peut faire notre valeur quelque part tous les jours à tous les sponsors et toutes les sociétés tous les gens qu'on contactait à propos de ce sujet clairement quand on n'a pas de quand on ne s'est pas encore fait un nom c'est difficile c'est difficile d'être pris au sérieux et donc il y a vraiment un travail énorme de ce côté-là ça c'est une première chose et puis au niveau identitaire aussi c'est quelque chose qui me bouffe assez fort parce que j'ai toujours fait des expéditions j'ai toujours été faire des trucs un peu fous dans la nature etc pour deux raisons de un parce que je suis un grand rêveur et que j'ai cette envie dévorante de de réaliser mes rêves je trouve ça quelque chose d'absolument magique aussi qu'une idée puisse se transformer en une réalité bon ça ça vaut dans tous les dans tous les domaines de la société mais je trouve que c'est vraiment quelque chose de très très beau de ce côté-là mais j'ai j'ai toujours fait ces expéditions pour pour pour ces raisons-là mais mais mais pas parce que pas parce que c'était mon métier enfin avant pas parce que j'avais envie de me prouver à qui que ce soit autre qu'éventuellement un petit peu à à à moi-même et là je me retrouve à faire une expédition où clairement je dois parler à des gens donc seulement à des partenaires financiers des sponsors etc pour prouver ma valeur mais aussi à le but c'est de faire en sorte que les gens de partager ce projet donc que les gens s'y intéressent que idéalement que les gens puissent en apprendre quelque chose puissent vivre un peu l'aventure avec nous et donc il y a ce côté très fort de qui revient tout le temps de se prouver et et d'être dans la lignée de de de de de ce que je dis au monde quoi et ça c'est quelque chose aussi de très fort avec les réseaux sociaux où on voit ça voilà j'ai envie de faire ces expéditions j'ai envie de faire ces ces ces de réaliser ces rêves fous mais mais je suis qui je suis je suis pas un j'ai pas l'historique d'un sportif professionnel je suis pas connu je suis pas et donc parfois je suis confronté à à l'image que j'ai de moi-même de me dire ouais mais qui est-ce que je suis quelque part pour pour faire une expé pareille et pour dire à tout le monde que que je vais faire un truc absolument incroyable etc etc parce que forcément il faut il faut il faut apprendre à se vendre un petit peu et c'est pas quelque chose qui vient forcément naturellement en tout cas pas pour moi mais c'est c'est quelque part important et donc il y a cette cette introspection de est-ce que je suis vraiment qui est-ce que je celui que je je prétends être quoi est-ce que celui que je vends sur les réseaux sociaux par exemple est ça est aligné à à moi quoi et quelque part cette réflexion parfois que je me dis ouais mais de ne pas avoir l'impression d'être d'avoir l'impression d'être une petite personne tu vois de or j'essaye de me vendre comme l'aventurier et tout ça parce que d'une part d'une certaine manière c'est c'est nécessaire et donc ça c'est un peu un clash interne qui qui joue qui peut jouer pas mal contre moi voilà j'ai eu un peu du mal à m'exprimer mais c'est ça que je voulais dire
Invité 1 je pense que ce que je comprends aussi c'est peut-être cette idée de rester toi-même d'un autre côté le projet bah oui va clairement faire partie de ton identité tu te construis aussi à travers ce projet surtout quand c'est un projet qui est allé sur plusieurs années et donc quelque part ce que tu dis en termes de voilà ce qui est complexe à gérer c'est de pas se perdre soi-même à travers un projet exactement
Gilles de pouvoir garder son identité propre quelque part pouvoir garder le Gilles Denis assez simple que je suis et qui aime bien ouais qui aime bien les choses simples qui n'a pas forcément envie d'attirer plus que nécessaire l'attention sur sur moi-même donc ouais ouais il y a de ça clairement
Invité 1 ouais ok alors sur le je vais essayer de faire court mais c'est vraiment il faudrait presque qu'on planifie un épisode 2 mais si on balaye du coup les deux dernières parties enfin les deux autres parties du projet donc tu disais kayak de mer voilà deux mois en autonomie totale sur la côte est du Groenland donc vous partiriez de en direction du sud pour rejoindre la pointe sud du Groenland concrètement ça va être quoi les gros challenge tout de suite il y a la température de l'eau qui me vient en tête mais je pense aussi à Bivouac comment vous allez faire pour être sûr à la fin de chaque journée de de choper un emplacement de Bivouac mais j'imagine que c'est pas les seuls défis donc ça va être quoi les grands enjeux de cette deuxième manche les grands enjeux de la seconde manche
Gilles à vrai dire je suis plus je me sens plus concerné en ce qui concerne les enjeux de la partie kayak de mer de l'expédition et Big Wall aussi que que ceux de la première partie parce que sans pour autant dire que ça va être facile loin de là mais la première partie j'ai l'impression que c'est un domaine que je maîtrise un petit peu plus ce qui se passe avec le kayak de mer c'est que ça va être très particulier donc déjà ça va être très long un mois et demi à deux mois en autonomie totale et sur notre route donc d'à peu près du premier tiers sur la côte est du Grundland jusqu'à la pointe sud qui s'appelle le Cap Farvel du Grundland il y a il y a donc 1000 kilomètres de côte et absolument aucune bourgade aucune personne rien c'est vraiment nature nature nature et c'est très très très sauvage et un environnement assez hostile avec voilà beaucoup de c'est de la roche et des glaces et des ours polaires quoi et ce qui va être dur dans dans en kayak de mer c'est qu'en fait on va devoir évoluer de façon hybride enfin amphibie plutôt sur la glace et dans l'eau alors je vous parlais tout à l'heure du je te parlais tout à l'heure du fait que que que le le timing de l'expédition avait été en grande partie dicté par le kayak de mer c'est parce qu'en fait il y a un courant très froid qui vient du du pôle nord essentiellement qui longe vers la côte est du Groenland et qui va vers le sud et ce courant emporte avec lui énormément de glace de mer donc de la banquise ce qui fait que jusque très tard dans la saison jusque pratiquement la fin de l'été sur la côte est on a de la glace de mer on a de la glace de mer et donc naturellement moi à la base je me disais mais le but c'est de faire du kayak de mer donc on veut pas que la mer soit encombrée de plein de bouts de glace partout et donc il faudrait y aller quand la glace aura en bonne bonne partie disparu puis en parlant un petit peu je me suis rendu compte qu'en fait la côte est du Groenland elle communique elle donne directement sur l'Atlantique et pas n'importe quelle Atlantique c'est l'Atlantique nord et à l'époque au moment où les glaces sont essentiellement fondues on est déjà en août septembre et c'est là que l'Atlantique nord commence à se déchaîner et donc on est exposé sur la côte est à des vagues et des vents et des conditions vraiment vraiment très extrêmes et sans doute sans doute vraiment trop extrêmes pour y aller tranquillement pour y aller pour y aller en kayak de mer et donc la solution ça a été de se dire en fait on va partir
Invité 1 sachant que l'eau est à combien là ?
Gilles sachant que l'eau est à 3-4 degrés donc voilà bien froid et donc la solution qu'on a trouvée c'est vraiment de partir à cheval entre l'hiver et l'été c'est-à-dire à cheval c'est-à-dire partir à un moment de l'année où on aura suffisamment d'eau libre et que la banquise sera suffisamment fracturée pour créer des canaux dans lesquels on peut s'engouffrer dans lesquels on peut avancer avec notre kayak de mer et en jouant avec les marées hautes en fait si on synchronise notre avancée avec les marées hautes en fait en marées hautes la glace de mer se sépare essentiellement de la côte et on a donc un canal où on peut évoluer en kayak de mer mais donc suffisamment d'eau libre pour pouvoir nous laisser avancer en kayak de mer mais suffisamment de glace quand même et de banquise pour pouvoir en fait quelque part absorber toute cette énergie qui vient de l'Atlantique nord et faire en sorte que la mer dans laquelle on évolue tous les jours pendant deux mois soit plus calme qu'il n'y ait pas des vagues énormes et des vents à 300 km donc ça c'est ça c'est c'est la c'est la solution qu'on a trouvé et donc le challenge avec ça c'est qu'en fait on va devoir jouer en mode amphibie entre le kayak de mer sur l'eau et puis tirer le kayak derrière nous sur sur la banquise parce que tous les extants évidemment on va quand même on va certainement se faire bloquer il faudra traverser des sections de banquise ou même sauter un peu de glaçon en glaçon en tirant le kayak de mer derrière nous et ça ça risque de non seulement prendre pas mal de temps mais ça a aussi une incidence sur le type de kayak qu'on peut emmener et le type de kayak qu'on peut emmener étant donné ce terrain là ça va être un kayak qui va être plus petit plus maniable avec une proue ronde et un fond plat ce qui fait qu'on va pouvoir facilement l'accoster en cognant la pointe quelque part sur la banquise en allant faire monter l'avant du kayak sur la banquise en prenant un peu de vitesse on va pouvoir à la fois tirer ce kayak sur la banquise et embarquer désembarquer du kayak facilement quand on arrive sur la banquise mais ça ça veut dire qu'on va avoir un kayak plus petit qui a donc une capacité moindre et capacité moindre veut dire qu'en fait on ne sera pas à avoir toute la nourriture dont on a besoin pour le mois et demi ou les deux mois avec nous déjà dans un kayak de base avoir un mois de nourriture c'est déjà beaucoup c'est déjà vraiment beaucoup il faut déjà vraiment optimiser les choses alors ici on est dans les conditions où bon ce sera juin juillet donc c'est a priori les meilleurs mois en termes de de température ou de météo mais il fera quand même froid il y aura de la glace de mer partout l'eau est très très froide par dessus tout il peut y avoir des vents assez puissants donc encore une fois il faut bien se nourrir il faut facilement 4000 kilocalories par jour par personne facilement et et donc en fait il va falloir qu'on se sustente à à peu près 50% avec ce qu'on arrive à trouver sur place donc chasse et pêche quoi et donc ça ça va être ah ouais vous allez carrément chasser pêcher d'accord donc ça ça va être excellent
Invité 1 oui parce que j'allais te demander comme tu disais à peu près 1 kg par personne et par jour pour le la première étape la traversée de l'île d'Annecy oui sur le kayak ça faisait 60 kg donc j'étais en train de commencer à calculer comment vous allez faire ça donc ok vous allez chasser et pêcher pour la moitié de l'expé kayak c'est hallucinant et comment vous faites pour l'eau parce que je suppose qu'à cette période il n'y aura peut-être pas forcément de la neige accessible sur les côtes si
Gilles de la neige peut-être pas tout le temps mais de la glace on en aura tous les jours donc ça de toute façon on peut toujours trouver de la glace et la glace essentiellement c'est de l'eau douce vu qu'elle rejette le sel en se congelant et donc voilà la glace on aura toujours et puis il y a quand même énormément de glaciers il y a l'inland 6 qui vient très très proche qui vient quasi jusqu'au bout sur la côte est donc et ce sera juin, juillet donc les mois d'été on aura des cours d'eau avec de l'eau de l'eau potable enfin de l'eau
Invité 1 douce
Gilles donc ça
Invité 1 ça ne devrait pas être
Gilles trop en problème l'autre problème ça va être les ours polaires ça c'est voilà c'est quelque chose qui nous qui nous qui nous questionne pas mal à juste titre et clairement c'est quelque chose qui qui fout un peu les boules parce qu'un ours polaire c'est c'est une sacrée bestiole
Invité 1 ouais et ça comment enfin il y a quoi de particulier que vous puissiez faire pour éviter les rencontres ou en tout cas réagir correctement si vous en rencontrez
Gilles alors c'est surtout de la prévention comme souvent dans dans dans dans la nature c'est surtout de la prévention donc quand on pose le campement on met par exemple une on tend un câble à 5 10 mètres autour de la tente et ce câble est relié à un système de pas ultra compliqué mais un petit système d'alarme et en fait si un ours bon évidemment ça peut marcher avec avec un renard arctique ou n'importe quoi mais si un ours s'approche de notre tente et trébuche sur ce sur ce sur ce fil sur ce petit câble il déclenche une alarme qui est très stridente très désagréable qui d'une part qui dans un premier temps peut faire fouillir l'ours ! mais surtout parce que ça ne les fait pas fouillir systématiquement surtout nous réveiller nous et alors nous on est alerte et avec le fusil les fusées les fusées enfin toute la pyrotechnique qu'on aura avec nous et donc et donc voilà donc si on rencontre un ours essentiellement enfin si on voit un ours au loin essentiellement on va tout faire pour l'éviter le contourner et voilà le reste le reste c'est essentiellement de la de la de la précaution donc ce qui est je crois plus inquiétant bon s'il y a des si il y a des longues sections de banquise on pourrait être confronté à on pourrait rencontrer les ours sur la sur la banquise évidemment les ours ils sont dans l'eau ils sont sur la banquise donc je crois que tant qu'on est dans notre kayak de mer a priori il n'y a pas il n'y a pas trop de soucis sur la banquise là c'est c'est c'est un peu plus de de risque moi je crois que le plus le plus ennuyeux c'est une fois qu'on pose le campement parce que là on est statique et puis on vient avec beaucoup d'odeurs dont dont l'ours n'a pas forcément l'habitude donc ça attire et et voilà c'est là qu'il faudra être particulièrement prudent mettre la stocker la nourriture sur un grand rocher par exemple loin de la tente et un certain nombre de précautions de ce type là quoi
Invité 1 ouais c'est un paramètre qu'on n'a pas forcément l'habitude de prendre en compte pendant ses vacances mais mais un paramètre important donc là on arrive on arrive au bout du mois et demi des mois de kayak il reste le big wall donc là je suppose que vous allez avoir également une à deux semaines de de buffer entre les entre la deuxième et la troisième étape avec le changement de matériel t'expliquer que les équipes de photos vidéos vous rejoindraient sans doute pour pour immortaliser les premiers instants bah du coup même question sur la dernière la dernière branche de ce projet complètement fou les grands enjeux t'expliquais tout à l'heure que vous allez être vous allez vivre passer plusieurs jours perchés dans la paroi sachant que ce sera une première une première tentative d'ouverture si j'ai bien compris c'est quoi les enjeux du coup à ce moment là sachant que vous avez déjà accumulé la fatigue potentiellement les complexités logistiques à gérer donc qu'est-ce qui va vous rester à assumer pour finir ce projet correctement
Gilles voilà pour la troisième partie je crois qu'il va y avoir un certain nombre de challenges on va être un petit peu pressé par le temps parce que le but est d'arriver idéalement à la mi juillet mais vraisemblablement plutôt à la fin juillet dans le sud du Groenland là où on compte ouvrir un big wall et c'est déjà relativement tard dans la saison les grimpeurs sont souvent dans le sud du Groenland la bonne saison c'est essentiellement juillet et puis la première quinzaine d'août après ça ça commence en fait l'hiver commence à nous rattraper donc il va y avoir cette pression de temps qui va jouer tout au long du parcours ce qui va être compliqué pour la grimpe c'est d'arriver après trois mois d'effort avec suffisamment de punch d'énergie pour encore ouvrir un big wall je crois que ça ça va être un réel défi parce que parce qu'aussi c'est un effort différent donc sur la partie expédition polaire ou en kayak de mer on parle d'effort d'endurance d'endurance de longue durée et de résistance à l'effort mais aussi aux conditions etc en escalade c'est plus de l'effort de courte intensité enfin de forte intensité sur une des courtes durées il faut pouvoir avoir de la puissance pouvoir avoir des doigts solides et ça cette puissance là ce punch la crainte c'est que c'est qu'après autant de mois l'expédition il nous manque un petit peu donc ça ça va être ça ça va être un gros défi par ailleurs un autre gros défi ça va être l'état dans lequel nos doigts vont arriver après trois mois d'expédition dans le froid à moins 40 degrés et puis dans la flotte et parmi les gars en plus de mois on espère encore avoir des doigts à ce moment là à fortiori en état pour grimper un big wall donc ça ça va être un challenge mais après plus spécifiquement au big wall le challenge ça va être trouver une paroi qui nous voilà qui nous inspire alors il y a beaucoup de parois dans le sud du Groenland nous on veut trouver une paroi qui en jette un peu forcément c'est ce que quand les grimpeurs ouvrent une voie c'est ce qu'ils veulent qui en jette un peu qui soit impressionnante qui soit belle qui soit esthétique avec une ligne une ligne qu'on peut qu'on peut qu'on peut ouvrir mais qui soit d'un niveau d'un niveau raisonnable c'est à dire qui soit pas complètement extraterrestre dans les 8 et les 9 en sachant que nous voilà on est des on est des bons grimpeurs mais on n'est pas grimpeurs professionnels on n'a pas de niveau on n'a pas un niveau extraordinaire donc et à fort si ori après autant de mois d'efforts ça va être ça va être compliqué donc trouver trouver un mur qui nous inspire trouver une belle ligne qui sort jusqu'au sommet idéalement ce qui n'est pas toujours ce qui n'est pas toujours donné nous y trouver nous y retrouver dans cette paroi granitique énorme et et puis ben concrètement arriver à ouvrir notre à trouver notre voie puis à l'ouvrir et puis j'espère à la libérer avant que l'hiver nous rattrape et l'hiver il va nous rattraper déjà à partir de la mi-août fin août ça va devenir vraiment compliqué a priori et en septembre à voir mais ça risque d'être vraiment vraiment dur donc ça va être un petit peu au finish jusqu'à ce que l'hiver nous rattrape qu'on n'en peut plus que enfin qu'idéalement surtout qu'idéalement on arrive à ouvrir ouvrir et et libérer notre voie donc voilà ça va être ça va être ça va être le défi et puis ben clairement
Invité 1 pardon j'allais dire à la fois une course contre le temps mais aussi cette capacité à gérer ben la fatigue qui se sera accumulée au cours des ben plus de trois mois d'expédition précédent
Gilles ouais clairement et puis puis par ailleurs ben évidemment plus spécifiquement c'est sûr que l'ouverture d'un big wall c'est c'est pas c'est pas quelque chose de facile facile nous on est on est on est grimpeur on s'est initié depuis quelques années à l'escalade de big wall en termes d'ouverture on a on a assez peu d'expérience donc ça va être aussi en partie voilà la découverte mais ce qui est pas ce qui est pas si mal mais ce qui veut se dire que voilà on va se retrouver dans des situations compliquées avec des une météo qui peut être très capricieuse dans le sud du Grootland vers ouais à forciori vers dès qu'on arrive à la mi-août ou quoi ça va devenir plus compliqué et clairement on se retrouvait à 500 mètres de haut sur un mur avec le portal edge et puis que le vent se lève et la pluie éventuellement de la neige ou quoi ça va ça va être ça va être épique quoi
Invité 1 ouais ok comment est-ce qu'on peut on arrive on arrive à la fin doucement mais sûrement c'est juste j'ai des étoiles dans les yeux depuis le début que je t'écoute tu me bois pas mais je bois tes paroles et je suis sur le site en même temps je regarde je regarde je regarde un petit peu ce que vous avez déjà partagé au grand public comment est-ce qu'on peut soutenir ce projet où est-ce que vous en êtes en termes de recherche de financement de partenaires de quoi est-ce que enfin est-ce que vous auriez besoin d'aide je sais pas pour la logistique où est-ce qu'il vous faut des bras de l'argent ou du matos
Gilles ouais bah écoute merci beaucoup de demander mais essentiellement au niveau du sponsoring matériel on commence à être confortable disons comment on a un partenariat avec Marmotte on va probablement signer un partenariat avec Petzl et voilà d'autres plus petites et moyennes entreprises là où on a besoin d'aide ça va être dans le domaine du service donc par exemple dans le domaine des transports transport aérien transport par cargo là clairement clairement on aurait besoin d'aide et puis au niveau médias et communication donc clairement on a besoin et donc je te remercie d'autant plus pour ce podcast on a besoin de parler de notre projet on a besoin de présenter notre projet au grand public on a seulement non seulement besoin mais on en a envie mais clairement c'est un impératif quand on veut parler à des sponsors et des partenariats divers et variés donc clairement les médias écrire sur notre faire un podcast sur notre notre projet comme celui-ci écrire sur notre projet nous interviewer passer à la radio à la télé tout ça voilà c'est des choses pour lesquelles on est on est très demandeur et puis last but not least au niveau finance là on n'est pas encore très très avancé et c'est ce qu'on va attaquer maintenant plus sérieusement clairement là au niveau finance on a besoin on a besoin d'aide alors je parle d'aide mais en fait nous quand on quand on décrit ça à nos partenaires on parle de collaboration parce que c'est vraiment une collaboration qu'on essaye de mettre en place on a beaucoup de choses à offrir que ce soit au niveau de la visibilité qu'on peut offrir sur différents canaux l'originalité du projet le film au retour de l'expédition les conférences qui c'est peut-être un bouquin et alors de façon plus importante et peut-être plus impactante parce que c'est ce que au final c'est ce que les sociétés recherchent un retour sur investissement plus avec une meilleure une meilleure garantie de retour sur investissement c'est qu'on est en train d'établir des partenariats médias on va avoir a priori la DH la DH et la Libre peut-être Paris Match aussi qui sont des médias assez importants en Belgique qui vont nous suivre tout au long du périple donc avant pendant après sous différentes formes d'abord sous forme d'interviews vidéos sur différentes thématiques mais ensuite aussi avec des podcasts justement en live pendant l'expédition donc pendant les 5 mois ça va être assez incroyable que les gens puissent nous suivre ça va être vraiment cool mais donc via ces plateformes médias en fait on peut offrir un certain nombre de garanties de visibilité enfin des garanties de visibilité assez importantes pour nos partenaires donc voilà des finances c'est vraiment ce dont on a besoin un mécénat ce serait pas mal aussi un mécène qui nous tombe du ciel non mais puis après plus de façon plus plus plus plus plus sympathique ce qu'on veut aussi c'est que c'est que les gens s'intéressent à notre projet nous on veut partager notre projet donc on a on utilise différents canaux de communication on a nos canaux propres donc on a notre site internet www.nanoc-expedition.be qui est un peu la vitrine du projet avec plus d'explications sur notre préparation ce qu'on compte faire ce qu'on a déjà fait nos partenaires etc etc comment nous contacter et je vous invite à aller faire un tour et puis sinon on a voilà les réseaux sociaux Facebook et Instagram alors on se concentre sur mes réseaux sociaux à moi simplement parce qu'on n'a pas le temps de s'occuper de trop de réseaux sociaux à la fois et parce que c'est un petit peu plus conséquent sur mes réseaux sociaux à moi donc Gilles Denis expédition expédition au pluriel sur Instagram ça c'est un peu vraiment le canal de communication le plus actif pour l'instant et voilà j'essaye de partager des infos sympas des chouettes photos je parle de Nanoc mais à ce stade-ci vu qu'on est encore un peu un peu un peu plus loin je parle aussi de plein d'autres choses de grimpe de pré-expédition justement donc il y a de la variété du Grunland plein de photos du Grunland et Facebook même chose donc Gilles Denis expédition donc voilà nous soutenir nous suivre et puis si vous avez des connaissances dans le mécénat ou des sociétés qui pourraient être intéressées de s'associer à une expédition de ce genre là avec l'image la visibilité que ça peut amener évidemment c'est bienvenu sachant aussi qu'il y a un aspect dont on n'a pas parlé du tout du tout et qui est quand même très important pour nous et pour nos partenaires je crois c'est que on a mis en place un partenariat de recherche scientifique où en fait on va collaborer on collabore avec l'Observatoire Royal de Belgique qui est un institut public en Belgique à Bruxelles qui à la base c'est surtout de la de l'astronomie et de l'étude oui c'est ça astronomie etc et cosmologie mais mais ils font aussi beaucoup dans maintenant dans le climat dans l'étude de l'atmosphère et voilà et donc on va contribuer à cette recherche en emmenant avec nous des outils de mesure qui vont pendant toute la durée de l'expédition récolter des données sur la composition atmosphérique l'épaisseur de la glace sous nos pieds les températures la pression etc et ces données et l'observatoire Royal de Belgique est intéressé de les récolter et pour les ajouter à leur modèle et pour les étudier de façon indépendante aussi pour voilà amener d'autres réponses et mettre en lumière certaines problématiques de façon peut-être plus apparente ou en tout cas y contribuer avec Nanoc
Invité 1 super pour le budget si c'est pas confidentiel tu peux peut-être nous dire ce dont vous avez besoin
Gilles le budget tout compris de l'expédition et ça ça comprend l'accompagnement de l'équipe TV aussi l'équipe de film aussi sur place et leur accompagnement et tout le matériel tous les transports et une partie des pré-expéditions qu'on a mis en place c'est 250 000 euros quand même un budget conséquent
Invité 1 ok et bien écoute on va on va faire notre mieux pour relayer tout ça moi je trouve que le projet est juste complètement dingue je sais pas si sur votre site vous avez vous avez déjà un système de crowdfunding ou de dons ou ce genre de choses pour les individuels
Gilles oui alors on a un système de crowdfunding enfin de dons en fait sur le site web c'est dans la page je crois qu'elle s'appelle comment participer à l'aventure sous l'onglet parrains et sponsors et voilà on offre différents moyens de nous contacter ou de nous aider et donc il y a notamment la possibilité d'un don il y en a déjà eu quelques dons généreux qui font bien plaisir parce que c'est vrai que de bosser si dur quelque part gratuitement jusqu'à présent pendant des années ça fait du bien d'avoir un peu de reconnaissance et puis l'air de rien c'est pas facile de boucler les fins de mois forcément donc avec tout ce qu'on dépense en énergie en temps et en argent dans ce projet donc voilà il y a cette possibilité là et n'hésitez pas
Invité 1 bah écoute je vais mettre je mettrai tous les liens en description de l'épisode évidemment vers le site vers les votre compte Facebook Instagram génial et est-ce que est-ce qu'il y a d'autres supports que tu vois sur lesquels enfin qui seraient intéressants que je partage
Gilles Facebook Instagram le site web non a priori c'est vraiment les trois plateformes les trois plateformes qu'on utilise ok bon LinkedIn aussi pour le plus le plus professionnel c'est quelque chose que que j'utilise que j'utilise pas mal pour contacter justement des marques des sociétés et voilà donc ça ça peut être ça peut être éventuellement ajouté aussi mon LinkedIn
Invité 1 super bah écoute j'ajouterai tout ça le mot de la fin peut-être fort de tout ce que t'as déjà appris même si le l'aventure nanoc est encore plutôt au stade de projet puisque vous avez pas commencé mais fort de toutes ces années de préparation est-ce que t'aurais peut-être un conseil à donner à celles et ceux qui souhaiteraient se lancer alors avec différents niveaux de complexité mais que toi tu retiens déjà de ce bout de chemin parcouru depuis que le projet s'est formé et jusqu'à maintenant
Gilles bah moi ce que je trouve assez parlant c'est que ouais enfin c'est c'est con mais ce truc de tout est possible ce que je veux dire c'est que j'ai j'ai pensé ce projet en 2016 avec une expérience existante un historique existant de voilà d'autres expéditions dans le grand froid et et et de l'escalade etc mais encore une fois pas je n'avais pas le profil d'un athlète professionnel ou de quelqu'un qui avait déjà fait ça toute sa vie ou dont les parents ou qui avaient été émergés dans ce milieu dès sa naissance et quand j'ai pensé à ce projet je n'avais pas encore de partenaire évidemment et je savais que j'allais avoir du mal à trouver à trouver un ou des partenaires pour ce projet et la façon avec laquelle j'ai procédé qui m'a mené là où je suis aujourd'hui c'est je me suis convaincu que enfin quand j'ai quand j'ai compris que c'était ce que je voulais faire et que c'était ça allait aussi être un tremplin pour ma vie et pour mon parcours professionnel je me suis convaincu que j'allais le faire peu importe si ça m'effrayait peu importe si peu importe les obstacles peu importe toutes les inconnus qu'il y avait encore à ce stade à ce stade là je me suis convaincu que j'allais le faire et plus que ça j'ai dit je me suis dit mais je l'ai aussi dit aux gens autour de moi je me suis dit je vais faire ça à telle date je me suis fixé une date je me suis dit je vais le faire et ça va se faire à telle date et le projet était encore assez imprécis il n'y avait pas je n'avais pas encore de partenaire mais je me suis dit je vais le faire et ça va se passer à telle date et j'ai commencé à monter en parler sur les réseaux sociaux au début ça s'appelait Greenlandic Triathlon le triathlon grounlandais et puis tout doucement construire un site web en parler et alors vraiment en parler autour de moi et ça ça m'a permis de rendre la chose très concrète de transformer ce rêve en une réalité parce que dès le moment où ça rentrait dans la réalité des autres et bien quelque part je devais le faire quoi et donc de le dire aux autres d'en parler dire je vais le faire et ça va se passer à tel moment et de commencer en fait seul à à m'y préparer donc à aller faire mes cours de kayak mes stages de kayak de mer puis à obtenir mon diplôme de guide de kayak de mer puis aller faire une première expédition de big wall en Chine etc. et de continuer tout ça en parler autour de moi ça a fait en fait que j'ai j'ai créé ce projet et il a pris vie et il a pris vie dans mon il avait il ne vivait que dans mon imaginaire mais il est devenu réalité et les gens ont commencé à s'y intéresser et en fait j'ai attiré les quelque part de par ce que je faisais de par ma préparation de par ce que je disais j'ai attiré les les les potentiels partenaires à moi en fait sans devoir vraiment les chercher et c'est comme ça qu'un jour Nathan m'est tombé dessus à la salle d'escalade et qu'on a commencé cette aventure incroyable à deux et j'ai beaucoup de chance de de voilà de l'avoir de l'avoir trouvé et on on forme une paire vraiment géniale mais mais voilà c'est vraiment de croire en son projet de croire en son rêve même s'il est fou même si on n'a pas toutes les clés en main même si même s'il fait peur même s'il y a encore énormément d'inconnus mais mais voilà de mettre une date d'en parler autour de soi de dire je vais le faire de se convaincre qu'on va le faire et puis plus particulièrement de s'y préparer petit à petit en fait ça au final ça a dicté ma vie depuis 2016 et grâce à ça j'ai fait un tas de choses absolument exceptionnelles et quelque part je me suis construit ce ce ce profil d'aventurier c'est avec ces compétences ces connaissances et voilà tout ça partait partait d'un rêve d'une idée et un rêve dans lequel qui me faisait peur et et dans lequel j'avais du mal à réellement me projeter quoi ça c'est un peu la force ouais la force du du des rêves quoi
Invité 1 super super conseil pour finir Gilles merci beaucoup j'adore cette notion de quelque part faire en sorte que l'idée le rêve devienne un petit peu ancré dans la réalité en utilisant la date de départ et le fait d'en parler autour de soi c'est un super c'est un super tips merci merci beaucoup pour ton temps on a dépassé mais écoute c'était passionnant donc moi j'ai adoré échanger avec toi sur sur les détails de Nanoc expédition et et comment le projet t'es venu à quoi ça va ressembler comment tu le structures c'était juste passionnant je suis impatient de voir de voir la suite ce qui est bien c'est qu'on a tous le temps de suivre un peu le projet puisque c'est voilà avril 2022 il y a encore un petit peu de temps de vendredi et et bien écoute j'espère que je suis sûr que ton ton parcours jusqu'à présent inspirera beaucoup d'auditeurs d'auditrices j'espère que quelques-uns quelques-unes parmi ces personnes pourront pourront aider pourront aider l'avancée de Nanoc et puis d'ici là je te souhaite à Nathan et à toi tout le meilleur pour le projet et je vais vous suivre avec grande attention
Gilles un tout grand merci Loïc ça fait ça fait toujours plaisir les les encouragements et et voilà de pouvoir en parler à des gens qui qui comprennent un peu le délire et et qui sympathisent avec
Invité 1 avec le projet top merci beaucoup Gilles
Gilles merci beaucoup Loïc
Invité 1 merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout j'espère qu'il vous aura intéressé même inspiré pour vos différents projets qu'ils soient pro ou perso je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires vos feedbacks vos suggestions d'invités également directement par email et la contact arrobase lesfrappés .com et enfin si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez ainsi qu'un commentaire et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode ciao Sous-titrage ST' 501
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