Les Frappés Les Frappés
Saison 2 EP·079 Trail #UTMB #PTL #maladie

05 juillet 2022

Courir 300 km et 25 000 m de dénivelé autour du Mont Blanc avec Vincent Guichardot

Durée · 1h38 · Transcription disponible

Cet épisode est cité dans nos dossiers · Gérer le sommeil sur un ultra de plusieurs jours , Gérer les troubles digestifs sur un ultra : estomac bloqué, nausées, que faire , La peur de l'abandon en ultra : la gérer, décider, et rebondir

Vincent

Le récit

Vincent est un amoureux de montagne. Son histoire est fascinante.

Vincent nous explique comment la maladie de son fils l'a amené à prendre le départ de courses de plus en plus longues et engagées, pour oublier un quotidien difficile marqué par les examens médicaux et opérations nécessaires dangereuses.

Sa pratique s'est transformée et est passée d'exutoire nécessaire à véritable passion. Dans cet épisode, nous échangeons avec Vincent sur la course qui l'a le plus marqué, celle à laquelle il n'a pas arrêté de penser, chaque jour, des mois après avoir été arrêté en pleine épreuve pour complications médicales à 30 km l'arrivée. Ce jour-là, il s'est retrouvé avec une saturation en oxygène à 78 et a du être héliporté par les secours.

Cette course, c'est la PTL, la Petite Trotte à Léon, une course mythique organisée par l'UTMB. Imaginez un peu : 300 km de distance à travers 3 pays et 25 000 m de dénivelé (presque 3 ascensions de l'Everest depuis la mer !) à parcourir en 150 heures maximum en équipe de 2 ou 3.

Les conditions sont rustiques. Très rustiques, même pour des montagnards aguerris comme Vincent. Il n'y a pas de classement sur la PTL, simplement des participants et des finishers.

Cette course, j'en prends le départ à l'été 2022. C'était donc un privilège pour moi d'échanger avec Vincent sur ce qu'il a apprit de sa PTL 2021.

Encore merci Vincent pour tout ce que tu as partagé ! Au plaisir de se croiser en montagne.

[Vincent nous a quitté le 8 février 2023 après une chûte mortelle en montagne. Repose en paix.]

🔎 Retrouvez toutes les infos sur la PTL sur le site officiel de l'UTMB ici.

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Transcription

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Vincent J'ai fait 70% de mon entraînement avec mon fils dans la charrette. Donc en fait, il y avait une connexion entre nous. Moi, toutes les courses que je faisais, c'était des courses pour revenir un peu à la réalité et essayer d'avoir une bouffée d'oxygène dans le quotidien qui était un peu compliqué. Et souvent, la réussite de mes courses était liée à la réussite des examens qu'il avait ou des opérations qu'il avait. Donc j'avais fait une connexion avec ça, parce que j'avais fait un lien entre sa vie et la réussite de ses courses.

Loïc Hello, hello ! C'est Loic Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les Frappés ! Eh bien écoute, bienvenue Vincent sur le podcast. Salut ! Je suis super content que tu aies pu te libérer et qu'on arrive à faire cet enregistrement maintenant, puisque on va surtout, on va un peu parler de ton parcours, mais on va surtout parler d'un truc complètement fou que tu as fait il n'y a pas très longtemps, la PTL, puisque tu as participé, c'était l'année dernière, c'est ça ? Oui, en 2021.

Vincent Exact.

Loïc Et c'est top qu'on puisse échanger maintenant, tu vois, parce qu'on revient d'un entraînement à Chamonix, donc c'est une course que je fais en août, et on revient d'un entraînement à Chamonix avec Brice et Xavier, et franchement c'était un peu la douche froide, tu vois, le réveil, on s'est dit, oh punaise, c'est à ça que ça va ressembler. Donc j'ai plein de questions pour toi, et je pense que ça va être hyper utile pour notre préparation. Donc vraiment, merci beaucoup de t'être libéré aussitôt.

Vincent Non, ben merci à toi, Luc, merci à toi, Luc. J'espère pouvoir y répondre, après voilà, je vous parle une seule fois. Et donc voilà, mais moi j'ai quand même… En tout cas de parler de la PTL, c'est toujours un plaisir. C'est toujours un plaisir, c'est une course extraordinaire et c'est un plaisir.

Loïc Ben écoute Vincent, ce que je te propose, c'est peut-être tout simplement de commencer par te présenter, de nous expliquer un petit peu ce que tu fais.

Vincent Oui, ben alors, ben je suis marié, j'ai deux enfants, voilà, je suis enseignant, actuellement dans un lycée de Polyny, là dans le Jura. Et voilà, j'ai vécu dix ans en région parisienne, mais voilà, je suis jurassien de naissance. Ok. Et voilà, j'ai toujours été par ici.

Loïc Top. Top, top, top. Et ben du coup, si on enchaîne tout de suite avec le vif du sujet, cette fameuse PTL, la petite trotte à Léon. Déjà, est-ce que tu peux nous rappeler un petit peu en quoi consiste la course, ses caractéristiques ? Et puis après, tu nous diras comment est-ce que tu l'as découvert, qu'est-ce qui fait que tu t'es dit, allez, go, je veux m'inscrire et prendre le départ de cette course complètement folle.

Vincent Ouais, ben en fait, la PTL, c'est donc la petite trotte à Léon, je crois que c'est du nom du boulanger, du créateur, je crois, Jean-Claude Marmier, là, qui était un, je crois qu'il était, enfin, c'était un élite du peloton de gendarmerie, enfin voilà, c'était quelqu'un d'Ornorme, qui est malheureusement décédé il y a quelques années. Et donc, c'est lui qui est à l'origine de la course, c'est une des courses de l'UTMB, là, avec un format un peu particulier, puisque c'est un format en équipe, en collectif, et voilà, en équipe de deux ou trois, bon, ça dépend des années, mais voilà, en ce moment, c'est deux ou trois personnes. Et voilà, les données, c'est 200, l'année où je l'ai fait, c'est 300 km et 25 000 m de dénivelé, voilà, et avec une orientation, donc pas de balisage, avec un déplacement au GPS, en suivant une trace GPS. Et puis, avec vraiment la particularité, c'est le, donc ça dure en général la semaine, les meilleurs arrivent en fin de, le jeudi soir ou le vendredi matin ou le vendredi soir, mais en général, les autres, on arrive plutôt le samedi ou le dimanche, donc ça dure à peu près 6-7 jours. Et vraiment, ce qui fait de la particularité, c'est que le type de sentier, puisque c'est vraiment beaucoup plus, on va dire, engagé ou beaucoup plus technique, avec, il y a 30% environ de hors-trace sur la course. Donc voilà, c'est évidemment beaucoup moins roulant qu'une course, par exemple, comme l'UTMB, qui est, voilà, qui a, qui, c'est vraiment pas, c'est vraiment pas le même profil, on va dire, c'est plutôt une course de montagnard. Si l'UTMB, c'est une course de trailer, la PTL, c'est plutôt, voilà, pour, tipé pour la montagne, voilà, avec un matériel en conséquence, avec des sacs un peu plus lourds, les, je crois que les meilleurs, ils arrivent à avoir des sacs de 6 kg, d'ailleurs, on se pose la question de savoir comment, comment ils font. Et nous, en général, voilà, le milieu du peloton, plutôt des sacs de, on avait 8 kg, quoi, avec l'eau, 8,5 kg, 9 kg, avec ceux qui avaient l'abri de survie, voilà. Il y a du matériel obligatoire, comme les autres courses de l'UTMB, mais c'est vraiment une course à la marge, d'ailleurs, elle est moins connue que les autres courses. courses de l'UTMB, elle est un peu à la marge avec une organisation qui est aussi différente, enfin, avec un fonctionnement différent. Il y a un PC course qui suit sur toute la semaine, 24 heures sur 24, avec des bénévoles qui, soit ont déjà vécu la course en coureur, ou soit qui sont pris de passion de cette course parce qu'elle est vraiment hors norme.

Loïc Oui, parce que chaque coureur a une balise GPS, en fait, sur le sac, c'est ça ?

Vincent Voilà, on a une balise GPS pour la sécurité, puis pour le suivi, voilà, une balise qu'on peut utiliser en cas de gros problème. Et voilà, elle nous suit toute la course, c'est surtout pour la sécurité, puisque, en fait, le PC course nous suit 24 heures sur 24. Et si vraiment il y a un gros, gros problème d'orientation où on va dans une direction qui est dangereuse, ils nous contactent sur nos téléphones ou sur la balise pour nous remettre sur le droit chemin, par exemple. Et sur le... Et bien bon, voilà, des fois, ça peut prendre un peu de temps. En fait, des fois, on va jardiner déjà quelques heures avant d'être remis sur le droit chemin, ça peut arriver. Et puis après aussi, la balise, elle sert aussi pour les parcours de repli en cas de gros problèmes météo, de conditions dangereuses, vu qu'il y a des endroits qui sont quand même assez engagés. Là, sur la PTL 2021, on est passé, je crois, on les a comptés huit fois plus de 3000 mètres. Donc, il y a deux, trois endroits où on n'a pas intérêt d'y être dans certaines conditions météo. Donc, là, il peut y avoir des parcours de repli. Là, il y en a un qui a été activé, d'ailleurs, sur nous, en 2021, sur la fin de course. Mais voilà, en fonction des années, il y a plus ou moins de parcours de repli. Mais en tout cas, sur le roadbook de départ, on a tous ces parcours. Et en fonction de la météo, il nous aiguille, donc grâce à cette balise GPS et aussi au téléphone.

Loïc OK. OK. Et côté organisation, tu dirais, c'est un format, tu disais que c'était un format un peu spécial. Ça se passe comment, pour expliquer un peu à tout le monde, côté ravito, côté... Est-ce qu'on peut dormir la nuit quelque part au chaud sur la PTL ? Comment ça se passe ?

Vincent Alors, oui. Bon, c'est une course, on dort très, très peu. Moi, les équipes qui m'avaient aidé à la préparer, ils avaient dormi entre 8 et 12 heures, je crois, sur toute la semaine. Et moi, je crois qu'on a dormi, moi, j'ai dormi 11 heures, je crois, puis mon collègue, 8 heures. Bref, on était trois, mais voilà. Je raconterai plus tard les différentes péripéties, peut-être. Mais ouais, donc le temps de sommet est très court. C'est vraiment plutôt des petits moments. Il y a différentes gestions. Il y en a qui font le choix de faire plusieurs nuits blanches et de dormir une fois un peu plus longtemps. Mais bon, il ne faut pas se leurrer. Sur la course, c'est difficile de dormir plus de 20 heures en ayant un rythme. Vu le rythme qu'il faut tenir, c'est difficile. Donc après, pour les lieux, il y a deux bases de vie sur la course. Là, sur l'année 2021, qui était au 130e kilomètre et au 230, je crois. Oui, à peu près. Et donc, sur ces bases de vie, on peut dormir. Il y a une salle qui est aménagée pour ça. Donc là, on peut dormir au chaud. Il n'y a pas de problème. Et sur tout le reste, tous les points, on utilise les refuges. Donc soit des refuges partenaires de la PTL ou soit des refuges. On peut utiliser n'importe quel refuge qui est sur le parcours. Par contre, c'est à nos frais si ce n'est pas un refuge partenaire. D'accord. Et pour les refuges partenaires, on a des tickets qu'on présente. Et puis, on a 4 ou 5 tickets sur la course qui nous permettent d'accéder à ces refuges et d'avoir le repas qui va avec. Et tout le reste, après, on a une autonomie. Donc ça veut dire que si à un moment, il y a une cabane abandonnée ou un refuge, on le fait tous. D'ailleurs, on se passe un peu dans la préparation de la course. Souvent, on se donne des petites indications que certains, par exemple, à vu des cabanes abandonnées en allant repérer le parcours, c'est un bon point pour si à un moment, on peut être à l'abri en cas d'une météo pluvieuse pour aller dormir un petit coup ou faire une petite sieste. On essaie de trouver chacun un peu nos petites solutions. Il y en a qui choisissent vraiment d'attendre à chaque fois le refuge. En fait, on se rend compte sur la course, c'est difficile de tenir. Et voilà, des fois, on arrive au refuge, ce n'est pas le moment de dormir. On n'a pas spécialement envie, surtout qu'on est deux ou trois. Et donc, des fois, on fait le choix de faire une micro-sieste avant parce que l'endroit est propice. C'est un fonctionnement qui est vraiment très propre à chaque équipe. Et voilà, mais c'est sûr que le temps de sommeil est très réduit. Et voilà, on utilise donc les refuges plus les deux bases de vie qui sont vraiment des lieux où là, on a le repas plus un endroit pour bien dormir. Voilà, bon après, c'est relatif. Voilà, c'est eu, il y en a eu. À la base d'Arola en 2021, il y avait vraiment du monde. Donc, il fallait attendre un petit peu, c'était compliqué. Donc voilà, des fois, ce n'est pas toujours comme on veut. Mais en tout cas, oui, il ne faut pas… Ce n'est pas en tout cas pour avoir fait… J'ai fait dans mon parcours, j'ai fait deux, trois ultras un peu connus. La diagonale et l'UTMB, ce n'est pas le confort de la diagonale ou de l'UTMB, clairement. Il n'y a pas de la place partout, il n'y a pas des gens qui nous accueillent, des podologues, des kinés, des médecins. Non, non, là, on est vraiment en autonomie. On est bien seul, mais c'est l'objectif de la course. On a les bénévoles qui s'occupent de nous, qui s'occupent de nous sur les refuges. Mais après, il faut être autonome, c'est l'objectif. Et c'est aussi pour ça qu'on est à deux ou trois pour s'entraider.

Loïc Moi, c'est ce qui m'avait marqué quand j'ai découvert cette course, c'est vraiment le côté hyper rustique, en fait.

Vincent Oui, exactement ça. C'est ce que je décris. Moi, je sais que c'est ce qui me plaît vraiment dans la montagne ou dans les activités. J'aime bien le côté rustique. C'est vrai qu'on s'y retrouve. Mais là, c'est presque même moi qui m'ai été préparé. J'ai trouvé ça vraiment presque voire difficile. Il y a deux ou trois moments où, avec mes collègues, on se posait la question, alors qu'on en fait quand même régulièrement. J'ai déjà fait des périodes. Je suis déjà parti au Groenland un peu en autosuffisance avec des amis. J'ai déjà fait un peu de ce qu'ils appellent la baroude. J'ai des copains qui m'ont formé un peu là-dedans. J'aime bien ça. Mais là, c'était vraiment très rustique et très engagé. C'était très spartiate, si je peux le dire comme ça. Sur le sommeil, même sur les repas, il y a des moments où on n'a pas toujours ce qu'on veut, on n'a pas toujours fin à ce moment-là. On n'a pas de suivi. C'est très difficile de nous suivre sur la course. Il y a des courses où, par exemple, ma femme me suit de temps en temps sur certaines courses, sur la Diagonale, l'UTMB, la TDS. Elle me suit. C'est sûr qu'on peut manger ce qu'on a envie à ce moment-là. C'est très confortable. Sur cette course-là, on ne l'a pas. L'accès est très compliqué pour les suiveurs. On est souvent en haute montagne. Oui, c'est de la haute montagne. On est à plus de 3000 mètres. Il y a toujours plus haut. C'est quand même très rustique et engagé. Il faut aimer ça pour faire cette course-là. C'est ce qui fait le charme de la course. Dans la course, je ne l'ai pas précisé tout à l'heure, il n'y a pas de classement. Finalement, chacun connaît un peu son classement parce qu'il y a le live-tri qui nous suit. Il n'y a pas de classement officiel à la fin. À la fin, sur le podium, tout le monde monte. Tous ceux qui ont terminé la course montent sur le podium, tous les PT listes qui ont terminé. C'est pour ça aussi qu'elle est un peu à part. Il y a beaucoup d'entrées. On ne ressent pas trop la compétition. Même si je trouve que sur les ultras, je ne le ressens pas énormément non plus. Je viens du foot et du tennis où je trouve que c'est beaucoup plus prégnant. En tout cas, sur cette course-là, on ne le ressent pas du tout. Le but, ce n'est pas de doubler les autres. En tout cas, pour nous, ce n'est pas le cas. Après, les premiers, les frères Gabiou, les frères Trivel, qui sont les derniers... Pour moi, ce sont des stars. Mais après, c'est les derniers vainqueurs de ces dernières années. C'est sûr que le classement les intéresse un petit peu. Mais même encore, quand on entend leurs interviews, ils ne le disent pas. Ce n'est pas non plus l'objectif ultime. Mais aussi, ils sont contents d'être premiers, je pense.

Loïc Punaise. Maintenant qu'on a une idée un peu plus précise de la folie de cette course, je serais curieux de savoir qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, tu t'es dit, allez, go, j'y vais. Et puis, tu le précisais, ce n'est pas une course qui se fait en solo. Donc, c'était quoi tes motivations à toi et tes motivations, finalement, de l'équipe ?

Vincent Oui. Alors, en fait, moi, j'ai commencé le travail un peu tard. J'ai toujours fait beaucoup de sport. Je viens du foot et du tennis. Moi, je suis très polyvalent. Il n'y avait pas de sport où j'étais vraiment... où j'aurais pu devenir... voilà, un sport... Enfin, je n'aurais pas pu devenir sportif de haut niveau dans un sport, donc j'étais très polyvalent. J'ai des diplômes d'encadrement dans le foot et le tennis, donc on va dire que c'est quand même mes deux activités de départ. Et je me suis mis au trail à peu près en 2015, un peu... 2016. Et depuis que je me suis lancé, j'ai évolué un peu sur les différents formats. Je me suis rendu compte que les distances qui me plaisaient, c'était assez longue. Et en fait, en discutant avec les gars du club, notamment mes oncles et mes cousins, qui, eux, avaient déjà fait des ultras dans les années 2000-2010, ils m'ont souvent parlé de cette course-là. Et quand ils me parlaient de cette course-là, en fait, c'était la course... En gros, j'avais l'impression que toutes les courses étaient faisables, mais celle-là, elle était un peu hors norme. Et d'ailleurs, un de mes cousins qui l'a fait, elle ne l'a pas terminée, par exemple. Il nous racontait ses péripéties. Et on en parlait presque plus que les courses qu'il avait terminées. Et donc, c'était... Voilà. Et il y a une personne, Roland Pauly, qui est un trailer de chez nous, qui est connu, parce qu'il a terminé un nombre de courses incalculables. C'est un peu une référence. Et lui, quand il nous parle de toutes les courses qu'il a faites, sachant que si je fais la liste, ça peut être très long, parce qu'il a quasiment tout fait. Il n'a quasiment jamais été en échec. Il n'a jamais abandonné une fois sur 40 ultras, je pense. Et bien, la course qu'il rêve de refaire, c'était la PTL. Donc, c'est sûr qu'un discours comme ça d'un gars de... Roland, il doit avoir plus de 70 maintenant. Il faut encore des ultras. Il était encore ce week-end. Et un discours comme ça, quand on entend quelqu'un qui nous parle d'une course comme ça, ça nous fait rêver. Et en plus, dans ma pratique, je suis devenu de plus en plus montagne. Les dossards, on va dire, je continue de prendre des dossards parce que ça m'oblige à m'entraîner et à rester en forme. Sinon, je suis un peu plus fainéant, on va dire. Et là, en fait, cette course, elle correspondait exactement à ce qui me plaisait, le côté un peu baroudeur, et puis le côté montagne, tout en prenant son temps, mais dans des endroits où on ne peut pas aller facilement. Enfin, voilà, tout correspondait. Ça correspondait à la pratique que j'avais besoin à ce moment-là. Après, j'ai été un peu poussé. J'aurais souhaité la faire un peu plus tard parce que pour moi, c'était une course qui nécessitait beaucoup d'expérience. Je ne me serais pas engagé en 2021, mais en fait, en 2019, quand j'ai terminé la diagonale avec mon cousin Louis, dans les deux jours qu'on suivit, on a un copain, Thibaut, qui est le troisième, Thibaut Luciana, qui travaille au laboratoire au volo d'haleine, d'ailleurs, spécialisé dans la course à pied et la prévention des blessures, en Suisse. Et il nous a appelé, en fait, et il nous a dit que de nous avoir suivi à la diagonale, lui, il en avait fait un peu plus tôt. Il avait déjà fait l'échappée belle et des belles courses. Et puis, en fait, il nous a proposé de nous engager sur la PTL en 2020. Voilà, c'est parce qu'il voulait qu'on fasse une équipe ensemble et que ça lui avait de l'envie de reprendre. Et de faire cette course qui nous faisait rêver, voilà, c'est parti comme ça. Après, moi, j'ai attendu, j'ai mis quand même une... Je n'aurais pas donné ma réponse tout de suite parce que j'étais un peu... J'ai mis deux, trois jours. Ma réponse était déjà plus ou moins... Enfin, mon choix était déjà plus ou moins fait, mais j'avais l'impression qu'on était trop jeunes pour faire cette course-là, qu'on manquait vraiment d'expérience. Et puis, en fait, à un moment, j'ai réalisé que de trouver trois personnes qui s'entendent bien, parce que c'est le cas, trois copains, même avec mon cousin, qui souhaitent faire cette course-là, qui est spéciale quand même, qui demande un engagement financier quand même. C'est 1 300 euros la course. Le matériel, c'est du matériel un peu spécifique. Ça veut dire, nous, on a du matériel de montagne et du matériel de travail, mais là, c'est du matériel un peu intermédiaire. Il y a des mini-crampons, un sac qui est un peu entre les deux. Donc, en fait, il y a pas mal... Le GPS qu'on n'avait pas. il y a quand même un peu de matériel qu'on n'avait pas. Donc, on savait que c'était un investissement financier, un investissement en termes de temps puisqu'il fallait qu'on s'entraîne. On nous avait vivement conseillé de nous entraîner collectivement et à plusieurs. Donc, on savait que ça allait nous engager. On a tous des familles. Donc, ça nous engageait à nous investir ensemble sur des week-ends. Donc, ça nous prenait du temps. Et puis après, aussi d'être, on va dire, à peu près au même niveau et en forme physique au même moment. J'étais pas sûr de retrouver d'abord une équipe une autre fois. le choix, il était quand même assez simple à faire après. et on s'est engagé les trois pour l'année 2020. Voilà. Bon, avec le Covid, ça a été reporté en 2021 mais à la base, c'était la PTL 2020 qu'on devait faire. Donc, c'est parti comme ça. C'est parti comme ça et c'était une bonne chose. C'était une bonne chose.

Loïc Excellent. Ah là là, punaise. ok, donc, reporté en 2021. Déjà, comment est-ce que vous l'avez géré ? Est-ce que tu dirais avec le recul maintenant que vous étiez fin près dès 2020 ou finalement cette année supplémentaire comme tu disais que toi, tu l'as envisagé peut-être plus tard cette PTL pour engranger l'expérience ? Est-ce que finalement, c'est bien tombé ce report ?

Vincent Ouais, en fait, nous, on est quand même de nature assez positive. Je pense, les trois, donc on n'a pas, déjà le Covid, on a compris qu'il y avait des choses plus graves qui se jouaient et que ça ne restait qu'une course et surtout, elle a été annulée très très tôt en fait. Je crois que, si je me rappelle bien, c'était en mai où en fait, très très tôt, on a su qu'il n'y aurait pas d'événement UTMB donc on va dire on n'était pas dans les starting blocks une semaine avant. Donc en fait, on en a profité, exactement comme tu dis, Louis, moi je me suis dit, ça nous permet d'avoir un an de plus de préparation et donc on en a profité pour faire de la montagne, on a fait le Mont Blanc, on a fait un peu d'alpinisme, enfin, alpinisme pour le Mont Blanc en tout cas, mais surtout de la randonnée très engagée, un peu ce qui ressemblait à la PTL, on a fait des très très belles sorties sur Chamonix, en choisissant des buets mais pas par la voie normale, on a fait vraiment beaucoup de sorties autour de Chamonix en préparation et c'est vrai que ça nous a permis d'avoir une année de plus de formation. Moi je suis allé dans les Arabies, on y est allé avec lui, ça a prolongé un peu notre préparation, notre entraînement, alors c'était un peu frustrant parce que c'est sûr que ça repousse d'un an et puis voilà, on a tous au niveau familial et tout, c'est de l'engagement quand même, donc c'était pas rien mais bon, nos familles étaient évidemment d'accord et puis on a eu surtout peur par contre, j'avoue qu'on a eu peur quand même qu'en 2021 ce soit nouveau annulé parce que c'est vrai que par contre, pendant cette PTL, c'est vrai qu'on est assez multisport, on fait beaucoup de sports différents, on fait pas mal, les trois, on fait du ski de l'hiver, du ski de fond, alpin, ski de rando, on fait pas mal d'autres sports différents et en fait cette PTL, vu qu'elle demande une préparation un peu spécifique et on va dire beaucoup de temps, pendant ce temps, on ne faisait pas les autres activités qu'on faisait d'habitude. Donc c'est vrai, c'était, pareil, ça engage le fait qu'on soit trois, je joue encore un peu au foot à côté, pareil, on n'a pas trop envie de se blesser donc à la fin, j'allais moins au foot parce que c'est quand même de l'engagement et un peu moins de temps, on spécifie quand même le temps libre qu'on a pour la PTL donc c'est sûr qu'on n'avait pas trop envie que ça soit reporté à nouveau parce que c'était quand même, voilà, puis on a envie surtout de s'y coller quoi, ça fait deux ans qu'on en parle, on entend parler, qu'on repère, enfin là, on avait envie d'y aller quoi, c'était excitant d'y aller, c'était un peu stressant mais c'était excitant. Top.

Loïc Et du coup, les émotions, au moment où 2021, vous êtes sur la ligne de départ, vous n'êtes pas parti de Chamonix vous, c'était la spécificité je crois.

Vincent Non, c'était, d'ailleurs, je ne sais pas, peut-être que toi, tu sais peut-être pourquoi ils ont repris, je crois, le départ à Chamonix ça cette année ?

Loïc En tout cas, sur le site de la PTL, ils parlent d'un départ à Chamonix, ouais.

Vincent D'accord, je sais qu'ils, en fait, ils voulaient partir, je sais pourquoi, par contre, ils voulaient partir d'Orsière, ils voulaient partir d'Orsière un peu pour changer parce qu'en fait, en partant de Chamonix et en revenant sur Chamonix, les sentiers un peu spécifiques PTL, il y en a toujours mais certains qui font plusieurs PTL les avaient déjà un peu vécu, quand je regarde des parcours de 2018, 2017 et tout, c'est des sentiers qu'on commence à connaître, enfin des parcours qu'on connaît, donc là, ça permet peut-être de diversifier un petit peu et d'aller plus loin en Italie et en Suisse, donc le fait de partir d'Orsière. Donc nous, nous c'était top pour aller sur Arola, le Col du Colomb, Prafflery, enfin voilà, c'était des lieux qu'on ne connaissait pas et c'était magnifique, donc c'était top. Après, c'est sûr que ça a rendu, après on suppose que c'est difficile de comparer, nous on n'en a fait qu'une mais en comparant, en échangeant avec d'autres personnes qui étaient sur la course, ça a fait une PTL, c'est vrai, difficile, vraiment très difficile. On a fini le samedi avec une équipe de Marseille Tri Club, je crois qu'il s'appelait, très sympa, qui nous avait dit que l'année d'avant, justement, la dernière PTL en 2019, ils avaient mis une journée de moins, donc le parcours était un peu plus long, plus long ou plus difficile, je ne sais pas, mais en tout cas, ça semblait, là ils sont arrivés le dimanche après-midi et l'année d'avant, ils étaient arrivés le samedi après-midi, donc c'est sûr que ça a fait une PTL à s'engager en partant d'Orsière, donc c'était top, c'était nouveau pour nous, il y avait un transfert qui était fait, nous on a été accompagnés par le papa de Thibaut, qui est un peu un passionné de montagne et de trail aussi, c'est des jurassiens qui sont dedans depuis un moment, qui organisent des courses, qui nous ont accompagnés, même pour tout le monde, c'était un moment, en plus on est les trois du même village, donc on a un petit village de 100 personnes, les trois, on s'appelait Léger, donc Léger, c'est le nom des habitants du village, ça vient de l'oiseau en fait, que les gens chassaient à l'époque de notre village, et donc on s'appelait Léger, c'était le, pour nous aussi, ça a du sens, parce que c'était, d'être les trois du même village à faire cette course, c'était un moment, et emmenés par un des gars du village, c'était top, et donc la veille, c'est sûr que la veille, on a dormi au laboratoire de Thibault, son laboratoire, il est à, le laboratoire Bola d'Aleine, il est à côté, il est à Aigle, c'est pas très loin d'Orsière, et c'était une ambiance, ouais, c'est une ambiance particulière, un peu comme ce qu'on peut vivre sur les, sur les différents formats, quoi, un mélange de, un mélange de stress, mais d'excitation, parce que, parce qu'on a envie d'y aller, quoi, ça a un moment, ça fait, mais par contre, on sait ce qui va nous arriver, c'est un mélange des deux, c'est difficile à expliquer, moi je sais que j'ai vraiment le sentiment que j'ai, je fais des petits, j'écris un peu, quand je finis ces courses-là, et j'écris un peu, est-ce que j'écris juste après, en fait, pour garder le sentiment du moment, parce qu'après, on le, souvent on le transforme un petit peu avec le temps, et donc j'ai, j'ai écrit, j'ai relisé, je sais plus, il y a quelques semaines, parce que j'y pense souvent à cette course, et en fait, j'ai bien noté qu'en fait, je n'avais pas, je ne pensais pas trop à l'arrivée, contrairement à des courses où je pensais à l'arrivée, là j'avais vraiment envie de vivre une semaine en montagne, c'était la première fois depuis toujours, toute ma vie, que j'allais vivre une semaine en montagne complète, en jour et nuit, et ça c'était vraiment excitant, c'était vraiment, et je ne pensais pas du tout à l'arrivée, après je t'avoue qu'à partir du mardi-mercredi, l'arrivée commence à titiller un petit peu, c'est assez marrant le changement d'attitude, mais en tout cas, au début, non non, vraiment, moi je voulais vivre cette semaine, et on savait que ça allait être long, mais par contre, on était trois copains, et voilà, on a envie d'en découdre, et de vivre ce que l'organisation nous propose, c'était top.

Loïc Alors, tu vois, un des points qui est ressorti assez rapidement sur le week-end de préparation à Chamonix, dont je te parlais, c'est les allures, c'est le fait que, globalement, on est tous les trois sportifs, il n'y a pas de problème pour évoluer en montagne, en tout cas, sur six jours, on verra, mais sur ce week-end d'entraînement, ça allait, par contre, c'est vrai qu'on a des rythmes assez différents selon les terrains, tu vois, quand c'est très technique, certains sont devant, d'autres un peu moins, et puis, c'est l'inverse quand c'est sur du plat ou des côtes, et du coup, je me posais la question, est-ce que ça, vous aviez une stratégie, est-ce que vous l'aviez, vous en aviez parlé avant, ou est-ce qu'au final, ce n'était pas vraiment un sujet parce que tous les trois, vous aviez exactement le même rythme, quel que soit le terrain ?

Vincent Non, non, c'était un sujet récurrent justement, de voir un peu, déjà de respecter une certaine allure qu'on pouvait tenir sur la semaine, donc déjà juste ça, donc on a fait différents tests à l'entraînement, en fait, nous à l'entraînement, on a fait des week-ends un peu PTL, finalement, qui avec le recul n'étaient peut-être pas assez engagés par rapport à ce qu'on aurait pu faire, on a fait beaucoup d'arêtes, de courses d'arêtes avec du gaz, des trucs assez engagés au niveau, plutôt proche de l'alpinisme, mais la PTL ressemblait moins à ça, finalement, c'était plus, beaucoup, beaucoup de pierriers, bon, deux, trois endroits un peu engagés, mais pour nous, ce n'était pas le problème, c'était plutôt le côté vraiment difficile du sentier, le côté répétitif et le côté spartiate, donc au niveau des allures, on a, au niveau des allures, on avait fait différents tests, après, moi, je suis plus, eux, ils sont plus jeunes que moi, de 7-8 ans, à peu près, un peu plus même d'ailleurs, et donc, moi, là, j'ai 39, tu vois, et eux, ils sont plus autour de la trentaine, donc, en fait, on s'est rendu compte, c'est un peu, moi, le vieux, qui respectait plus les allures au départ, donc, on avait dit que la première journée, je me mettais devant, et voilà, franchement, on a à peu près les mêmes allures, il y a vraiment Thibaut qui est plus fort, clairement, c'est une machine, il l'a prouvé sur la course, il est hyper fort en montée, il est très à l'aise en descente, c'est technique, dans les parties techniques, il n'a pas de problème, après, on avait des doutes sur le sommeil, mais franchement, il a hyper bien géré, il était très, très à l'aise, je pense qu'il avait deux pétales dans les jambes, il était vraiment super bien, mon cousin, qui est physiquement, peut-être à peine en dessous, mais par rapport à moi, il n'y a pas beaucoup de différence, en tout cas, il y a de quoi faire une pétale ensemble, parce que, de toute façon, on fait quasiment toutes nos courses ensemble, les deux, là, on prépare un swimrun, au mois de juillet, on y va ensemble, on s'entraîne souvent ensemble, donc, sur les allures, en fait, on était très proches, les trois, et donc, voilà, ça ne nous tracassait pas, après, on savait que Louis, dans les parties techniques, il est moins, quand c'est engagé, mais il avait beaucoup progressé, donc, il avait un peu réduit la distance qu'il y avait entre nous, et puis moi, j'étais un peu au milieu, voilà, on avait un peu, voilà, c'est sûr qu'il y en a un qui est plus fort que les autres, mais à la fin, on n'est pas si loin les uns des autres, et puis après, on se disait que sur la course, sur la semaine, on sait qu'il y a des moments, on avait vu à l'entraînement, il y a des moments où tu es un peu mieux, donc là, tu vas être un peu mieux que les autres, puis juste après, tu es moins bien, toi, donc voilà, on n'avait pas trop, trop d'inquiétudes, il n'y avait pas de grosse différence entre nous, de toute façon, on nous avait prévenu, nous, l'équipe de chez nous, qui avait abandonné, ce qui s'est passé, c'est ça, c'est qu'ils sont arrivés à trois, avec des niveaux trop différents, et ils n'ont fait qu'une journée, ils ont fait une journée, enfin je crois, deux journées, une nuit, enfin, ils ont fait le début de la course, parce qu'à un moment, ça ne peut pas suivre, soit ceux qui sont devant se frustrent, parce que vraiment, ils ne font que d'attendre, et puis, tu as froid, tu n'es pas bien, ou alors tu ne restes pas, de toute façon, il faut rester ensemble, en général, il faut rester à, je crois qu'il y a une règle de 50 mètres de distance, mais ouais, c'est, voilà, d'ailleurs, les équipes respectent cette règle-là, il n'y a pas de problème, mais voilà, s'il y a trop de différence de niveau, après, c'est un peu compliqué, mais il y a des parties, comme en montagne, il y a des parties, où des fois, on doit attendre les autres, on ralentit, on va au rythme du plus faible, voilà, c'est ce qu'on essaie de faire, bon alors après, on avait quand même décidé, on avait nos rythmes, par exemple, en montée, en ascension, on sait, par exemple, sur les ultras, on fait du, je ne sais pas, si on avait regardé, 600-700 mètres heure, je crois comme ça, sur l'UTMB, la diagonale, les courses qu'on avait faites, quoi, et donc là, on avait décidé de partir à 500-600 mètres heure, dans les premières montées, on savait que ça allait un peu plus vite, qu'on allait être un peu tiré vers le haut, par les équipes qui étaient devant, et on a réussi, plus ou moins, à bien tenir, voilà, bon malheureusement, mon cousin a abandonné au bout de 24 heures, donc peut-être qu'on s'est trompé sur les allures, on n'arrive pas trop à expliquer ce qui s'est passé, mais il y a un contexte, il y a plusieurs choses, quoi, il a fait une petite chute, il a, enfin voilà, il s'est bien abîmé le tibia, donc ça l'abrasse un petit peu, plus l'alimentation, plus la difficulté de la course, enfin voilà, les 24 heures jusqu'à Arola, les 50 premiers kilomètres, toi tu parlais des allures tout à l'heure, on a, nous, on était, je crois, en plus on était bien placés, on était, je crois, 50 équipes au départ, et on était surpris, mais on devait être dans les, allez, je vais dire dans les 20, mais je crois que quelqu'un nous a lancé 13ème, donc déjà nous, on était surpris, mais presque un peu embêtés, parce qu'on ne voulait pas partir aussi vite, et à Arola, on a mis, je crois, 21 heures, 21 heures pour faire 50 kilomètres, et tu vois, nous, quand tu, tu vois, c'est, et encore, on avait, justement, on était parti sur un rythme assez, un peu plus important que ce qu'on devait, donc, si tu compares avec les, tu vois, voilà, c'est incomparable avec les ultras et tout, mais le terrain, c'était, il y avait 5000 mètres de délibé, mais c'était que des périllés, que des périllés, on a fait, je crois, sur 24 heures, on a fait 21 heures de périllés, c'était, la première journée, elle était, ah ouais, non, non, c'était une journée épique, après là, je donne des, je dis 21 heures, c'est peut-être un peu plus ou un peu moins, mais c'est ce que j'ai noté dans les récits, et quand on échange avec les gars, c'est comme ça qu'on l'a vécu, c'était, donc c'est vrai que les allures, comme tu disais, il y a une partie en fin de semaine, le jeudi, au Mont-Balaisan, où je crois que, moi, je suis tombé malade pendant la course, et j'avançais plus du tout, et on faisait du, je ne sais pas, du 1 km heure, 2 km heure sur une nuit, c'était fou, on n'avançais pas du tout, et c'était, c'était épique, c'était épique, donc ouais, c'est vraiment, c'est pas du tout les allures, même d'une TDS, qui était plus technique que l'UTMB, c'est pas du tout ces allures-là, c'est sûr, mais de toute façon, d'ailleurs, moi, il y a plein d'indicat que j'ai déjà entendus, et qu'on a, là, il y a eu, je crois, 30% d'abondants à Rola, à peu près, il y a eu beaucoup d'abondants sur la première base de vie, mais de toute façon, volontairement, a priori, ils ont tendance à mettre une barrière horaire un peu plus difficile en début de course, pour sélectionner un petit peu que ceux qui, il y a quand même un dossier au départ, oui, je ne l'ai pas précisé au départ, on fait quand même un dossier, on est pris sur dossier, d'aptitude, et que tu as déjà fait de la montagne, et que tu aimes ça, et donc, voilà, on est quand même pris sur dossier au départ, mais bon, ça sélectionne un petit peu quand même, ça sélectionne un peu en début de course, et puis, moi, j'ai entendu plein d'anecdotes de personnes, par exemple, qui avaient fait des gros trials, qui avaient fini l'UTMB, la Diagonale, l'UTB, enfin voilà, tous les gros trials, le GRP, et en fait, qui font une journée souvent sur la PTL, et puis, qui arrêtent, qui arrêtent, mais pas si déçus que ça, c'est juste de dire, en arrêtant, en disant, c'est pas pour moi, c'est pas pour moi, parce que je peux pas courir, c'est pas une course pour moi, et il y a beaucoup de trailers, qui vont sur cette course-là, et qui ont ce sentiment-là, c'est assez marrant, c'est assez marrant.

Loïc Ça, tu nous en avais parlé, ça m'avait vraiment surpris, mais au final, je comprends, parce que, maintenant qu'on a fait, tu vois, qu'on allait un peu tester le terrain, au final, tu cours pas, quoi, enfin, tu cours très peu, tu cours peut-être, je sais pas, nous, on a dû courir 20% du temps, 25, tu vois, max.

Vincent Oui, c'est ça, c'est un bon ratio, et encore, c'est bien passé, c'est sûr, c'est sûr. Les sentiers sont tellement techniques, puis bon, c'est tellement long, que de toute façon, il y a plein de moments, où même, c'est pas possible, c'est ni en descente, ni en montée, c'est pas possible. Après, il y a 2-3 zones de transition, où tu peux à nouveau recourir, alors après, au bout de 5-6 jours, voilà, après avoir les frères Gabiou et tout, ben eux, ils enchaînent, ils avaient parti à Orsière, ben vraiment, c'était un moment incroyable. On part sur la course, c'est une route au départ, donc c'est un moment roulant, et la première montée, il y a 2-300 mètres de dénivelé, jusqu'à la pointe de Bovert. Voilà, si je dis pas de bêtises, à peu près, je crois qu'il y avait une longue, longue montée. Et donc, c'est assez important, déjà, plus de 2-000 mètres de dénivelé, ben en montée, déjà, il n'y a pas beaucoup de courses qui ont cet équivalent là, même le Maïdo, je crois, la diagonale, ça fait 2-000, ben là, il y a encore plus, c'est 2004, depuis le bas, et la première montée, je ne sais pas, il y a peut-être, il y a plus de 15%, c'est sûr, il y a plus de 15% de pente, et eux, ils sont partis en courant, ils sont partis en courant, les pentes. Même moi, à l'entraînement, je ne sais même pas si je serais parti en courant, on a le sac dans le dos, nous, on est partis en marchant normal, et on les a vu partir en courant, comme ça, dans la montée, c'était génial à voir, c'était trop beau, c'était trop beau. Donc oui, ils courent un peu plus que nous, c'est sûr, mais nous, un peu moins. Après, à la fin de la course, malgré en étant malade et tout, sur le samedi, on descend par exemple, la Croix du Bonhomme, qui a un parcours de l'UTMB, là, on le fait dans l'autre sens, on descend depuis le refuge, en direction des Contamines, et là, le chantier, ça descend, ça court, là, on a recouru, mais je ne sais pas, on courait assez à l'heure, je crois, comme ça, on regardait la montre, ça nous faisait rigoler, on dit, est-ce qu'il n'y aurait pas meilleur temps de marché ? Si c'est considéré comme la course, on a couru un peu là, mais là, on court très très peu, en effet. Ok. Oui.

Loïc Ok. Alors, tu l'expliquais, moi, de ce que je retiens, des retours d'expérience, tu nous en as parlé, on a fait, je te disais, on a fait une journée avec Sébastien Gérard, qui a, je vais y arriver, qui avec son coéquipier en 2018 est arrivé premier à la PTN, je crois qu'ils sont arrivés le vendredi midi en 100 heures pile. Oui, c'est... Et en fait, tous les retours de gens qui l'ont fait, c'est à peu près la même chose, c'est la violence du truc, c'est-à-dire qu'une fois que tu t'es lancé, même si tu as fait beaucoup d'entraînements, même si tu as l'expérience, parce que toi, c'était le cas, tu vois, tu as fait des expés avant, tu as fait beaucoup de montagnes, Sébastien Gérard, bon, pareil, il a gagné l'échappée belle, il a fait, je ne sais pas combien de diagonales, etc., la pika-pika, mais même lui disait, ouais, c'est violent, quoi. Et du coup, je me demande, le gérer en solo, déjà, c'est une chose, parce que, ben voilà, arriver à trouver, tu vois, ce qui te motive, te relancer, rester positif quand ça commence à taper un peu, mais le faire en équipe, c'est quand même autre chose, quoi. Donc, ça, est-ce que vous en aviez parlé avant, est-ce que vous aviez une stratégie, est-ce que vous étiez dit, ben, si on est vraiment dans le dur, on s'impose un arrêt, je ne sais pas, au bout de la 25e heure, on mange, on dort, enfin, comment est-ce que vous avez préparé, comment est-ce que vous êtes préparé, finalement, au coup de massue, derrière la tête ?

Vincent Ah oui, déjà, tu es gentil de me comparer avec Sébastien, mais bon, on n'est pas dans la même cour, mais je prends le compliment, je prends le compliment. On avait un petit peu d'expérience, mais surtout moins que ces gars-là, mais oui, on avait quand même vécu de trois choses. Après, sur la préparation, pour répondre à ta question, on avait quand même, il y a un capitaine d'équipe, il y en a un qui est officiellement capitaine, et donc nous, officieusement aussi, puisque nous, c'était Thibaut, c'est lui qui nous a lancé dans l'expérience, et on avait décidé que c'est lui qui prenait les décisions. Et en fait, c'est marrant parce qu'à l'entraînement, on a eu deux, trois différents sur l'année d'avant, par exemple, sur des passages, il y a un passage de Nevey, on en parle souvent entre nous, on se charrie, mais sur le moment, c'était un peu tendu. Il y en a un qui dit, il faut passer au-dessus, l'autre, il faut passer en bas, puis on n'est pas d'accord, personne ne prend la décision, puis ça met dans une situation délicate. En fait, le fait d'avoir vécu ça à l'entraînement, ça nous a un peu, on s'est rendu compte un peu des faiblesses et des forces de chacun, et que par exemple, en communication, on n'était quand même pas, on n'était pas assez bon, et qu'on savait que dans la course, on nous avait prévenu qu'au bout de, on sait qu'au bout de plusieurs jours, avec la fatigue et tout, on n'analyse pas les choses de la même manière, on est moins lucide, et on a vite fait de, peut-être de se disputer, de ne pas être d'accord, de se mettre dans une spirale négative. Et donc ça, c'est vrai qu'on a, comme à l'entraînement, on en a fait un petit peu, et qu'on l'a vécu en fait, on a anticipé un petit peu, et par exemple, le coup d'après, de cette balade que je raconte sur le nevé, c'était une balade simple, que tu as fait en plus ce week-end, quand vous êtes allé à Albert Ier, nous c'était la même chose, c'était en début d'année, donc il y avait beaucoup de nevés à passer, et après cette journée-là, qui était une journée banale, on a vu que c'était un peu tendu, pareil, il y en avait un qui avait oublié sa veste, on n'avait pas été si bon que ça, sur une journée qui était simple, et donc après, ça nous a un peu obligé à nous reconcentrer un petit peu, et être plus rigoureux, et par exemple, quand on a fait le Mont-Blanc, trois semaines après, on a dit, écoute Thibaut, tu es le capitaine, tu prends les décisions, ça veut dire qu'on en discute ensemble, mais si à un moment, il y a une décision à prendre, et qu'on n'arrive pas à se mettre d'accord, c'est toi qui prends la décision finale, et on te suit, et donc si le Mont-Blanc s'est bien passé pour nous, on est allé au sommet, mais si à un moment, il y en a un qui ne va pas bien, et que tu décides de faire demi-tour, on se tait, et on fait demi-tour tous ensemble, et donc ça, on l'avait quand même déterminé, après nous, on voulait quand même échanger, on voulait quand même échanger les trois, et voilà, on pouvait en discuter, mais qu'à la fin, c'était lui qui prenait la décision finale, voilà, il était légitime, en plus, c'est lui qui avait le plus, il avait un peu plus d'expérience en montagne, et puis il avait, il était plus fort aussi physiquement, donc voilà, c'est lui qui gérait le GPS, c'était lui le meilleur en orientation aussi, donc c'est un peu lui qui nous guidait, donc bon, il était légitime pour prendre ses décisions, et après, voilà, après, je sais que moi, sur les ultras, par exemple, je dis souvent à ma femme et tous, à Mandine, je lui dis, par exemple, je lui donne des règles, si à un moment, ça ne m'est jamais arrivé, sur les ultras en tout cas, avant cette PTL malheureusement, et donc, je lui disais, par exemple, je lui donnais des protocoles, si à un moment, je voulais abandonner, par exemple, je lui dis, si on arrive à un ravitaillement, je te parle d'abandon, tu me dis, ok, tu vas abandonner, pas de problème, tu fais une heure dans un sens, dans le sens de la course, et si vraiment tu vas abandonner, tu reviens au ravitaillement, et si là, tu as fait une heure, deux heures aller-retour, et que tu reviens, bon voilà, là tu rends ton dossard, et donc en fait, on a mis des règles comme ça en place, et donc on avait bien, on avait discuté avec les gars de la PTL, on avait dit, déjà, on ne prend pas de décision active pour rendre son dossard, on réfléchit, on pousse les barrières horaires le plus loin possible, et finalement, c'est ce qu'on a fait la première journée, quand mon cousin Louis n'allait pas bien, au bout de la première nuit, au bout de 22h, on a attendu, on a attendu de voir s'il pouvait récupérer, à Rola, alors qu'à la base, on avait privé de repartir, mais on a attendu 2-3 heures, on a tenté de leur mettre sur pied, pour qu'ils dorment un peu, pour qu'ils puissent s'alimenter, et bien ça, c'est des règles qu'on avait mises en place avant, on avait dit, tant pis, nous on veut juste terminer la course, c'est notre objectif, on n'a pas d'objectif de classement, donc on pousse les bras horaires, le plus loin possible, et puis voilà, pour se donner tous les moyens d'y arriver, et puis à un moment, s'il y a un différent et tout, c'est Thibaut qui prend les décisions, voilà, c'est un peu ça notre fonctionnement, et puis après, moi je sais que je suis un peu, j'ai plein de citations pourries, que j'aime bien sortir et tout, mais par exemple, j'avais entendu qu'il y avait des, les américains disent souvent, be smart, je ne parle pas très bien anglais, mais j'ai appris que ça voulait dire, soit élégant, soit, et donc en gros, plus tu es positif, plus on te renvoie des choses positives, quand tu arrives sur les ravitaux, et moi je fonctionne un peu comme ça, déjà parce que je suis content d'être là, parce que c'est quand même un loisir, et qu'il y a des choses plus graves dans la vie, donc même s'il y a des difficultés, on essaie d'être positif, d'être heureux d'être là, etc. Mais c'est vrai qu'il y a des moments sur la course, c'est un peu plus terne, quand j'ai commencé à tomber malade, on voyait que ça allait être compliqué, t'es moins joyeux, mais on est resté quand même positif, on était content d'être là, et puis on s'est rendu compte que toutes les équipes qui nous entouraient, on a bien sympathisé avec des Kikourou, c'est un site de course à pied, qui est sympa, et ils s'appelaient les abominables Kikourou, d'ailleurs je leur passe le bonjour, si un jour ils entendent le podcast, et on a passé un bon moment avec eux, eux ils ont terminé, ils avaient ce profil là, ils étaient trois au départ, après ils n'étaient que deux, et les deux ils avaient un super état d'esprit, tout était positif, t'es dans la nuit, ils faisaient moins, enfin je ne sais pas, ils faisaient grand froid sur plusieurs nuits, donc on avait tout le matériel sur nous, et on était sur une Via Ferrata à 3000, à Punta Valeta à 3002, il peut y arriver n'importe quoi, les gars ils sont contents d'être là, et en fait c'est de course ça, c'est ça qui est original, c'est que tu ne dors pas, tu manges quand tu peux ou quand tu as envie, et puis à la fin quand même, tout le monde est plutôt content de y être, donc c'est assez grand, malgré les difficultés.

Loïc Je dirais que sur ce point, tu vois du mental, en tout cas la façon dont tu lis les choses, tu dirais que c'est déterminant pour finir la course correctement, enfin pour la finir, et pour la finir correctement, sans se blesser, et en prenant du plaisir.

Vincent Ouais, je dirais qu'au-delà des problèmes, malheureusement gastriques, toi c'est un peu, tu sais moi j'avais entendu cette statistique, des abandons, tu sais qu'il y avait 30% d'abandons, qui étaient liés à une blessure physique, 30% à cause de la gastro, enfin des problèmes gastriques en général, et puis 30% à cause des échauffements, enfin j'avais vu des statistiques un peu comme ça, et donc au-delà d'un gros problème, comme mon cousin a eu, à un moment il ne peut plus s'alimenter, il ne fait que de vomir, il a tenu 6-7 heures comme ça, sans manger, sans boire, et donc à un moment, enfin il n'arrive pas à dormir, il n'arrive pas à manger, la course c'était impossible de continuer, donc à un relais il a arrêté, donc c'était le mardi matin, et c'est dur pour lui, ça fait deux ans qu'il s'entraîne pour ça, et même pour nous, c'était vraiment un moment pas très agréable, on repart qu'à deux, on a le droit, la course nous permet de repartir que les deux, et on n'a pas le droit de finir tout seul par contre, c'est un point de la course dont je n'ai pas parlé tout à l'heure, donc là on repart à deux, et on laisse un cousin avec qui on s'entraînait pendant deux ans, donc ça ne nous fait pas plaisir, mais là ce n'était pas faisable de continuer, mais au-delà de ces problèmes-là, au-delà de ces problèmes-là, le reste, pour moi c'est en partie mental, physiquement je ne ferais pas de, autant je fais des préparations spécifiques, et comme moi je n'ai pas un gros volume d'entraînement, avec la famille, j'ai deux enfants, deux petits garçons en bas âge, c'est sûr que j'ai un métier, j'ai quand même du temps pour m'entraîner, je suis prof de PS, donc je peux courir entre milliers et deux, j'ai des moments quand même même avec les élèves, je peux m'entraîner quand même, mais je n'ai pas un gros volume, parce que je ne veux pas trop impacter ma famille, donc je fais rarement des sorties samedi, dimanche, deux, trois heures, ça m'arrive vraiment rarement, moi je cale plutôt des week-end shop, de manière ponctuelle dans l'année, quatre, cinq week-ends, donc c'est sûr que sur, comme je n'ai pas beaucoup de volume, j'ai tendance à faire beaucoup d'entraînement très spécifique, par rapport aux courses que je prépare, dans les différents sports que je fais, et des trucs très courts, mais très intenses, et bien là sur cette PTL, je n'en vois pas trop l'intérêt, ce n'est pas du tout une course, fractionné court et tout, il a peu d'intérêt, il n'a aucun intérêt pour cette course-là, cette course-là, il faut plutôt s'habituer à marcher, longtemps et souvent, peut-être nous ce qu'on n'a pas assez fait, de s'habituer à enchaîner jour et nuit, pour vivre un peu les nuits un peu dehors, etc., on n'avait peut-être pas assez fait, c'est peut-être un peu, si c'était à refaire, c'est peut-être ce qu'on améliorerait, mais en tout cas, en termes d'entraînement, je vois moins d'intérêt à faire un entraînement spécifique, et c'est vraiment une course que tu prépare, donc vraiment, pour revenir à la question de départ, sur le mental, et puis voilà, sur le fait d'enchaîner en montagne, de prendre du plaisir en montagne, voilà, c'est comme ça que je l'ai préparé, après peut-être que les premiers, évidemment, c'est comme ça que nous, on l'a préparé, et peut-être que les premiers, évidemment, ils la préparent de manière plus spécifique, mais je ne suis même pas sûr, parce que quand on voit leurs interviews, et quand ils en parlent, ils disent bien qu'eux, ils passent du temps en montagne, et qu'eux, ils repèrent la course en anti avant, la PTL, ils la font deux fois, tous les sentiers, oui, à moi, même Roland, qui l'avait terminé, il l'avait repéré en entier, ça veut dire qu'ils avaient calé des week-ends, et des moments, où ils repéraient toute la course, et ils l'ont terminé comme ça, il y a beaucoup d'équipes, qui connaissent toute la course avant de partir,

Loïc finesse,

Vincent ouais, c'est, donc l'aspect mental, excuse-moi Luc, l'aspect mental, c'est vraiment, c'est vraiment prédominant, en tout cas, si tu n'as pas envie d'être là, de toute façon, tu ne vas faire qu'une journée, si à un moment, tu n'es pas à ta place, tu feras une journée, et puis comme, je ne sais pas si tu as déjà vu ça, sur les ultras, des fois tu croises des gars qui abandonnent, j'ai ce souvenir là, même à l'UTMB, à la diagonale, à l'UTMB, dans le Grand Colferret, je croise des gars, qui redescendent, et qu'on l'air bien physiquement, ils abandonnent, et moi, quand je les croise, les deux, trois premiers que j'ai croisés, je leur dis, allez, venez, repars dans l'autre sens, on part ensemble, on va jusqu'à la foulie, on marche tranquillement, et puis on vient, on discute, ça va se relancer, et en fait, ils te regardent, et ils disent, non, mais moi c'est bon, j'en ai assez moi, ils sont convaincus d'abandonner, ils n'ont aucun problème avec ça en fait, ils ne sont pas en train de pleurer, etc, c'est terminé pour eux, ils n'en peuvent plus, psychologiquement, tu vois, ce n'est pas physique, et bien sur cette course là, c'est sûr que si psychologiquement, tu n'es pas prêt, de toute façon, tu ne fais pas longtemps, tu ne peux pas de toute façon, parce que les journées, on en parlait tout à l'heure, mais tu vois, les journées, c'est tellement fou, qu'en fait, quand tu finis ta première journée, et que tu as fait, nous à Arola par exemple, tu as fait 5000 mètres de dénivelé, tu as fait 50 kilomètres, un peu plus, et tu arrives, et en fait, tu te poses une heure et demie, tu as de la chance, bon à Arola, c'est un peu le bazar, la base de vie là, secoulant en tout cas, et donc on a eu du temps à avoir un lit, on a dormi une heure, et tu repars, et en fait, quand tu as fait ça, normalement, à la fin de ton ultra, tu vas te coucher, tu manges avec ta famille, tu discutes, tu bois des bières, tu vois, et ben là, non en fait, tu as fini ta première journée, ta première nuit, et en fait, tu es dans une heure, et hop, tu repars, pour la même journée, et puis le soir, tu vas arriver au refuge, ça va être la même chose pour la nuit, tu vois, et ça s'enchaîne comme ça, toute la semaine, donc c'est, oui, si mentalement, tu n'as pas envie de le faire, tu ne le fais pas, je pense quoi.

Loïc Oui, et l'abandon d'un de vous trois, vous l'aviez envisagé ça, dans la phase de préparation ?

Vincent Oui, on en avait discuté, on en avait discuté, on avait essayé d'anticiper un petit peu, on ne l'espérait évidemment pas, on en avait parlé, on avait même dit, tu vois, que si on avait deux qui abandonnaient, c'est-à-dire que si on avait un qui abandonnait, et puis après, on avait un deuxième, ben que le troisième, il ne fallait pas qu'il ait nos scrupules, qui, même si on est disqualifié, enfin, c'est terminé, on est obligé de, le dossard, on le rend, etc., mais nous, on avait défini entre nous, qu'on terminerait quand même, on a le droit de finir en offre, en fait, enfin, c'était une anecdote qu'on m'avait racontée, pour un des gars qui l'avait déjà fait, il m'avait dit, par exemple, il y a des gars qui avaient rendu leur dossard, en milieu de course, et pour montrer que c'est vraiment une course de montagnard, les gars, ils avaient rendu leur dossard, et ils étaient partis faire un sommet, tu vois, au bout de deux, trois jours de course, où tu es cramé, etc., tout le monde veut rentrer chez soi, tu veux remonter dans la voiture et rentrer, et ben non, les gars, ils étaient partis à trois, ils se disaient, ouais, c'est pas grave, ils rentrent leur dossard, et ils partent faire un sommet, et donc, on s'était dit, ben, ouais, tant pis, allez, si on a un qui est tout seul, moi, je m'étais dit, si je suis tout seul, j'avais prévenu, Louis et Thibaut, je leur avais dit, ben moi, je voudrais terminer, j'essaierais de terminer quand même, parce que, c'est pas sûr qu'on se représente un coup sur cette course-là, et puis, je voulais terminer cette semaine, quoi, moi, finalement, il s'avère que, bon, ben, voilà, pour l'histoire, on a abandonné, c'est assez bizarre, mais, le dimanche matin, à 4h du matin, enfin, on n'a pas abandonné, on s'est fait arrêter, on a arrêté, parce que, j'étais trop malade, et je suis parti en hélicoptère, pour avoir des problèmes pulmonaires, et donc, Thibaut, il était tout seul, et ben, là, au début, moi, je lui ai dit, ben, termine, là, il restait rien, il restait 30 km au col du Tricot, enfin, pour ceux qui connaissent, c'est l'autoroute, c'est terminé, c'est terminé, quoi, plus après le sortier du TMB, qui longe le fleuve, enfin, c'est vraiment terminé, quoi, et, en fait, ben, non, psychologiquement, tu vois, on a lâché, tu vois, on a lâché les deux, quoi, c'était fou, parce que ça faisait 200, on avait fait 270 km, et on était bien, au moment où on est arrêté, quoi, on était en train de courir, au moment où on se fait arrêter, bref, pour une autre histoire, peut-être qu'on racontera après, mais, et au moment où on s'arrête, je me rappelle que mon sac, il est à 4, 5 mètres de moi, et, tu vois, on courait, ben, juste d'aller chercher mon sac à 5 mètres, quand on avait décidé d'arrêter, c'était difficile, quoi, les jambes, elles s'arrêtent complètement de fonctionner, tout s'arrête, quoi, et là, Thibaut, à ce moment-là, ben, tu vois, lui, je lui dis, ben, termine, fais les 30 km qui restent, et on se voit à Chamonix, et il n'a même pas voulu les faire, quoi, il ne pouvait plus les faire, donc ça, tu vois, on l'avait quand même anticipé, le fait d'abandonner, et de voir comment on gérait, mais, tu vois, c'était difficile de suivre un peu ce qu'on avait déterminé, sachant qu'après, il y avait aussi le matériel, on avait aussi, il faut se répartir le matériel en début, parce qu'on a des matériels communs, par exemple, on a l'abri de survie, il y en a un qui le porte, tu vois, il y en a un qui porte la balise GPS, il y en a un qui a le GPS, il y a du matériel qui est commun, pardon, il y a du matériel qui est commun ou trois, donc, en fait, on avait quand même aussi anticipé en disant, ben, attention, si on abandonne, restons lucides, toi, tu as tel matériel dans ton sac, donc, il faudra bien qu'on le récupère et ainsi de suite, tu vois, on avait discuté de ça aussi, voilà, mais comme, de toute façon, c'est sûr qu'on voulait limiter l'abandon, on n'avait pas de rythme de course, donc, on avait dit, on pousse, comme je disais tout à l'heure, les barrières horaires, on essaie de, on finit à trois, quoi, tout ce qu'on peut faire, enfin, l'objectif, c'est de finir à trois, voilà, on n'a pas réussi, malheureusement.

Loïc C'est fou, l'anecdote que tu racontes sur le fait que d'un coup, tu vois, au moment où tu prends conscience que c'est fini, que faire cinq mètres de plus, c'est une épreuve, alors que deux minutes avant, tu cavallais, quoi.

Vincent Non, c'est fou, ça, c'est le psychologique, je sais qu'on en parle souvent dans le milieu, dans ces courses-là, mais là, il a un effet, c'est sur le corps, c'est fou, de le vivre, c'est fou, quoi. Après, c'est valable sur les courses, des fois, tu as vu, tu finis ta course, tu arrives sur la ligne, je ne sais pas, la ligne d'arrivée, je ne sais pas, moi, le premier trail que j'ai fait, c'était un peu un défi, un peu idiot d'ailleurs, j'avais fait l'éco-trail à Paris, et je l'avais fait en mode, je n'avais jamais fait une si grande distance, et puis, je me dis,

Loïc 80 kilomètres, non, c'est ça ? Oui,

Vincent il y avait 80 kilomètres, puis c'est très, très roulant, quoi, voilà, c'était, à l'époque, je jouais au foot et au tennis, puis après, j'avais une période un peu sans sport, où j'entraînais un peu plus au foot, donc, j'avais moins le temps, et puis, je m'étais dit, il faut que je me lance un défi, pour reprendre un peu l'activité sportive correctement, et j'avais fait cette course-là sans préparation, et donc, j'ai fini à mon rythme, tranquillement, vraiment, je voulais juste terminer, donc, j'ai trottiné tout le long, et je termine la course, tu passes la ligne d'arrivée, et après, il fallait aller chercher mon sac de repris à 300 mètres, j'arrivais même pas à y aller, je ne sais plus qui allait me le chercher, je ne pouvais pas y aller, alors que, deux minutes avant, je courais, alors après, franchement, là, c'était la même chose, en plus, à la Pételle, c'était un autre niveau, parce qu'il y avait la déception et tout, on était au refuge de, donc, au refuge de la Balme, au refuge de Balme, non, je dis une bêtise, bref, le refuge qui est en, le refuge qui est en bas, ah, je ne retrouve plus le nom, sur le sentier de la Croix du Bonhomme, entre les Contamines et la Croix du Bonhomme, et le gardien avait laissé une salle ouverte, d'ailleurs, c'était très sympa de sa part, et nous, les filles, nous attendaient ici, en fait, parce qu'on revenait dans la partie française, donc, sur le suivi, il y avait la femme de Thibaut et une copine marine, qui étaient là, et en fait, elle nous attendait ici, et dans cette salle-là, vraiment, quand on s'assoit, à aucun moment, tu ne penses pas pouvoir te relever pour aller chez ton sac, le sac, il y a cette image-là, du sac qui est à côté, où je crois que c'est Mélissa, la femme de Thibaut, qui a dû aller me le chercher, ou je ne sais pas, c'était vraiment comique comme situation, voilà, c'était un peu triste le moment, mais c'était, bon, après, ça ne reste que du sport,

Loïc et je voulais te le demander, parce que ça fait plusieurs fois que tu nous, enfin, tu nous l'avais déjà raconté en off, quand on avait fait cette petite soirée avec Brice et Xavier, pour que tu nous partages un peu des tips, donc, ça fait plusieurs fois que je t'entends raconter la phase de l'abandon, et globalement, ta course, et ce que je trouve, enfin, ouais, impressionnant, c'est ta capacité, en fait, à finalement prendre du recul, mais bon, c'était l'année dernière, donc peut-être que tu l'as digéré depuis, mais ta capacité à raconter tout ça, tu vois, de façon assez détachée, alors qu'on voit très bien que tu n'es pas, que tu es passionné, enfin, que c'est une course qui t'a marqué, quoi.

Vincent Oui, c'est vrai, c'est vrai, c'est vrai, tu vois, par exemple, je te disais, je ne me sentais pas légitime à parler de cette course-là, parce que je ne l'ai fait qu'une fois, et je pense qu'il y a plein de personnes plus légitimes que moi, mais ce qui me poussait justement à dire que ça m'intéressait quand même de t'en parler, c'est que de parler de cette course-là, de parler de cette course, ça me fait plaisir, tu vois, en fait, pendant 3-4 mois, alors, ce n'est pas à cause de l'abandon, mais vu que, contrairement à d'autres courses, tu vois, par exemple, à la Diagonale, quand tu finis la Diagonale, moi, mes collègues du boulot, par exemple, je n'en arrivais pas à parler, tu vois, je ne fais pas de la publicité sur mes courses, je fais ça pour moi, donc, je ne médiatise quasiment pas, enfin, même pas du tout, souvent, c'est les copains qui font une page Facebook, je ne sais pas quoi, mais moi, je n'en parle pas, et à la fin de la Diagonale ou du TMB, les gens sont au courant, ils viennent t'en parler, alors, c'est passé comment, etc., on a vu que tu étais à la Réunion, et la PTL, en fait, personne ne connaît, donc tout le monde s'en fiche, tu en parles, je veux dire, tu ne fais pas ça pour la gloire, les gens ne comprennent pas, en plus, ceux qui n'ont pas vécu les choses, pour eux, ça n'a pas trop de sens, si tu n'es pas dans ce milieu-là, tu ne vois pas ce que ça représente, puis même, finalement, de 50 km en une semaine, ce n'est pas si bien que ça, quand tu regardes, puisque l'UTMB, tu l'as fait en 30, moi, je l'ai fait en 33, 33 heures, donc, finalement, 300 km, c'est le double, pourquoi tu as mis autant de temps, tu vois, tu vois, c'est pas, voilà, les gens ne se rendent pas toujours compte, donc, c'est vrai que, moi, je trouve que c'est une course, c'est une course qui est tellement hors norme, que moi, pendant jusqu'au mois de, jusqu'à Noël, alors abandon ou pas, j'y pensais tous les jours, tous les jours jusqu'à Noël, je ne passais pas une journée sans y penser, avoir des flashs et tout, de la course et tout, c'est la première fois que ça me fait ça, c'était hors norme, bon, alors c'est peut-être lié à l'abandon aussi, puis au contexte de la course, de la manière dont on a été arrêté, on a été arrêté dans le sprint final, à 30 km de l'arrivée, sur une partie qu'on connaît très bien, sur la partie la moins technique de la course, donc c'est sûr que ça a dû créer un peu, un peu tout ça, mais, ouais, j'ai pas de, au début, de toute façon, j'avais pas de déception, parce que quand j'ai été arrêté, donc, pour raconter un peu vite fait l'histoire, c'est, c'est la, c'est pas la course qui nous arrête, c'est que la femme de, ça faisait trois jours que j'étais malade, que je toussais, et que je cherchais des solutions pour me soigner, mais il n'y a pas de médecin sur la course, il n'y a pas de suivi, donc j'ai demandé des conseils sur les bases de vie, franchement, je n'essayais pas de m'échapper, parce que j'ai vu qu'il y avait un souci, et voilà, je voulais des conseils, donc en Italie, j'ai tombé sur une infirmière italienne sympa, qui essayait de me conseiller, mais elle n'est pas médecin, elle ne m'a pas ausculté, il y avait une médecin, Anne-Charlotte, je crois, ou Marie-Charlotte, elle n'était pas là pour ça, elle était là pour faire les tests Covid, donc nous, par respect pour la course, je fais un test Covid, parce que je toussais depuis, donc je lui fais un test, et je lui dis, qu'est-ce que tu en penses, je tousse comme ça depuis deux, trois jours, on n'avance plus du tout, à la fin, on avançait à 250 mètres heure, en dénivelé, c'est au col du Petit Saint-Bernard, il y avait des randonneurs, parce que c'était le samedi, donc c'était une journée de randonnée, et puis là-bas, c'est un site qui est prisé des randonneurs, et il y avait des randonneurs, tu vois, débutants, qui me doublaient dans la montée, c'était une semaine, c'était comique, on rigolait, la première montée, elle est facile en plus, il y a 500 mètres, vraiment facile, sur un petit sentier vraiment très roulant, et j'ai dû faire une pause, enfin tu vois, ça faisait quand même trois jours, que ça allait de moins en moins bien, donc je l'ai fait un peu vite, je me suis mis à tousser dès le mercredi, puis je n'arrivais pas à me soigner, je n'ai pas vraiment, au début, j'ai cru que c'était une petite bronchie, je ne sais pas quoi, et puis en fait, en arrivant, Melissa, elle est médecin en fait, la femme de Thibaut, elle était inquiète pour nous, nous on demandait des, voilà, j'ai appelé mon médecin de famille, savoir ce qu'il en pensait, mais il me dit, qu'est-ce que tu veux, je ne peux pas te sculpter, je ne sais pas ce que tu as quoi, donc on tente deux, trois trucs avec la pharmacie, mais ça ne marche pas trop, et puis voilà, mais bon, on a vu qu'on allait terminer dans les temps, donc on se dit, on va terminer, puis moi je me disais, je n'avance plus, mais ça va quoi, voilà, j'étais obligé de m'arrêter, je faisais 25-30 pas, dans les grosses montées, je m'arrêtais, je reprenais mon souffle, 30 pas, je m'arrêtais, voilà, donc on a basculé dans le classement, basculé dans le classement, mais ça ce n'était pas très grave, et on a vu qu'on allait arriver, en fait, au refuge, là où on recroise les filles, en fait, elle m'ausculte, et puis là, en m'auscultant, elle se rend compte que, elle me dit, non mais là, tu as 78 de saturation, tu as crépité tout, tu as sûrement une embolie, enfin, c'est terminé, après, les deux filles, elles ont beaucoup de caractère, elles ne nous ont pas trop laissé le choix, j'avoue, on a essayé de dire, ah non, on s'est isolé avec Thibaut, on s'est mis dans la salle, on a dit, écoutez les filles, ce n'est pas votre décision, c'est la nôtre, et puis en fait, quand elle m'a donné les risques possibles, au col du tricot, elle m'a dit, oui, il ne peut rien t'arriver, mais tu peux faire une crise cardiaque, faire une embolie, faire un machin, elle m'a sorti 3-4 trucs que tu n'as pas trop envie d'avoir, et puis comme j'ai deux enfants, je suis marié, j'avoue qu'il y a quelques années, j'étais un peu plus idiot, je pense que j'aurais terminé, et puis là, ça a impacté Thibaut, mais la décision, elle était facile à prendre, d'ailleurs, elle s'est prise sans, j'ai discuté avec Thibaut, lui Thibaut, il était presque, c'était pire que ça, lui il était triste, il s'est dit, mais qu'est-ce qu'on fait depuis 3 jours, lui il a vu que ça faisait 3 jours que j'étais comme ça, il me dit, mais en fait, on aurait dû arrêter avant, c'est moi qui aurais dû prendre la décision, donc en fait, même lui, il voulait arrêter aussi, et puis finalement, je suis parti même en hélicoptère, avec le PGHM, parce qu'elle n'a même pas voulu que je reparte en marchant, ce qui était marrant, c'était qu'on courait 5 minutes avant, et donc voilà, c'était la péripétie, donc on a arrêté vraiment, ceux qui connaissent, vraiment à la fin, c'était le sprint final, donc ouais, j'aurais pu, alors j'avoue qu'après, là je fais celui qui n'est pas déçu, mais au début, je n'étais pas déçu du tout, parce que c'était un aléa, après moi, j'aime bien comprendre, on essaie de voir aussi pourquoi ça m'est arrivé, et comme je n'ai pas trop trouvé de réponse, et puis avec le temps, c'est marrant, à l'inverse, les premiers mois, je pensais avoir pris la bonne décision, après j'ai quand même eu une période en novembre, décembre, où je me suis dit, attends, la PTL, d'être à 30 km de l'arrivée, de cette PTL-là, ça ne va peut-être jamais m'arriver à nouveau, malgré le fait que j'espère bien la refaire, mais je me dis, est-ce que c'était vraiment la bonne décision, j'ai douté, j'ai eu une période, en novembre, décembre, je doutais finalement de ma décision, je me suis dit, ah c'est quand même idiot, on était vraiment prêts, le risque était quand même faible, ça faisait trois jours que j'avais les mêmes symptômes, et qu'on a fait le taou blanc à 3004, de machin, enfin tu vois, je t'avoue que je ne suis passée par des moments où c'était épique, je titubais, je n'avais rien à faire là-bas, clairement, au-dessus d'un moment, mais vu que pour moi, c'était banal ce que j'avais, en fait moi je ne touche jamais, donc là pour moi, je me suis dit, ah bah tiens, ceux qui ont des bronchites, ça doit être ça, parce que je ne suis pas jusqu'au boutiste là-dessus, et donc voilà, donc tu vois, elle a pris la décision pour nous en arrivant, mais souvent je me dis, putain c'est dommage, si la femme de Thibaut, elle était boulangère, ou agricultrice, ou elle fait un autre métier, on serait arrivé au bout, je me dis souvent c'est une bêtise là, d'ailleurs on en a reparlé ensemble, on a fait un petit repas de fin de PTL, on a mis du temps à en rediscuter, avec Thibaut, on ne s'est appelé qu'en janvier, pour débriefer la course, ouais c'est marrant, mais pas, bah aussi parce que après tu reprends ta vie, il y a le boulot etc, et puis lui il travaille en Suisse, donc on ne se voit pas si souvent que ça, et tu vois on a mis du temps, par contre on a passé deux heures au téléphone, c'était beau, c'était un bon moment, c'était un bon moment, puis avec mon cousin on en parle souvent, mais mon cousin c'est vrai qu'il a fait quand même une grosse journée, une grosse journée et une nuit, on voit bien comme il n'a pas habitué la semaine, on n'a pas les mêmes échanges, mais bon voilà, après c'était, tu vois, pour revenir à ta question sur la passion et tout, malgré la difficulté, après c'est peut-être aussi pour ça que je pense qu'à cette course, c'est que j'ai envie d'y retourner rapidement,

Loïc ouais, ouais,

Vincent ouais,

Loïc tu parlais des flashs que tu as eus pendant un moment, tu vois, des souvenirs qui revenaient de la course, c'est quoi peut-être toi, les deux, trois moments très forts qui t'ont marqué,

Vincent et bien, ouais, je pense, le moment, après je suis peut-être un peu influencé par un message de Thibaut de cette semaine, parce que cette semaine il m'a envoyé une photo, on est passé au col de la Grande Cessière, je crois que ça se dit, juste avant de basculer, donc là de l'Italie, il y a un petit passage, on revient en France, avant de repartir en Italie, et ce passage-là en fait c'était jeudi soir, et en fait j'étais pas bien depuis le mercredi, j'ai commencé à être malade le mercredi dans la nuit, et ça s'est dégradé, et en fait le jeudi après-midi, j'ai eu une période, alors j'ai tenté de prendre un antibiotique à ce moment-là, l'amoxicilline, parce qu'on m'avait conseillé un médecin, et donc j'ai tenté, j'en avais pas beaucoup, j'en avais trois, j'en ai pris un, et ça allait mieux le jeudi après-midi, donc en fait l'après-midi s'est bien passé, il faisait beau, et au moment du coucher du soleil, on s'est retrouvé à ce col là, après qu'on passe sur le dernier glacier de la course, je crois, c'est le dernier glacier de la course, parce qu'on en fait 4-5 dans la course, c'est les glaciers avec les mini crampons et tout, et donc là ils avaient posé une corne, et on se retrouve au col là, bon Thibaut allait plus vite que moi évidemment, déjà il va plus vite que moi quand je suis pas malade, donc là quand je suis malade, je t'explique pas, donc lui il m'attend au-dessus comme ça, je le vois assis au-dessus, et on arrive au-dessus, on a une vue magnifique, en bas il y a le refuge du Ruitor, c'était une vue magnifique, à ce moment-là c'était un moment vraiment très très sympa, et au bout de, tu vois avec les galères et tout, c'était un moment vraiment spécial, et après c'est sûr qu'il y a un autre moment, il y a deux nuits quand même, la nuit du mercredi soir et du jeudi soir, qui sont des nuits très très difficiles, la nuit du mercredi soir on monte le taou blanc, il faisait hyper froid, ils ont aménagé, ils ont mis une main courante, il y a un guide même qui est dans la montée et tout, parce que le taou blanc il est à 3480 je crois, il devait faire au moins 10, et puis moi je faisais que de tousser, que de tousser, au-dessus je titubais, ça a duré au moins une heure, franchement là, maintenant que je sais ce que j'avais, finalement le diagnostic c'est que je n'ai pas eu une embolie, j'ai eu une pneumonie normale, ils appellent ça une pneumonie banale, et donc j'étais là-bas et je titubais et tout, je n'étais vraiment pas bien, quand j'y repense, ça me met un peu des frissons, mais sur le moment je ne l'ai pas mal vécu, je me disais juste que, tu es cuit parce que la course elle est difficile, c'est tout, en fait à un moment je n'ai pas eu l'impression, c'est pour ça qu'en termes de lucidité, Thibaut et moi on en a reparlé après, on n'est pas lucide, à un moment quand on voit que nos allures chutent comme ça, divisé par deux, que moi je dois faire 30 pas, m'arrêter, 30 pas, m'arrêter, et quand on y repense maintenant, les gens me disent, tu avais bien compris qu'il y avait un problème, je dis, non, je me disais que la course c'était dur, et donc ce moment-là ça m'a marqué, puis la deuxième nuit, le jeudi soir, c'est le Mont Valaisan, ça s'appelle à peu près, un nom comme ça, il y a plusieurs monts, et donc là on ressort du refuge du Ruitor, un moment très sympa, le mec du refuge, il ferme son refuge à 21h, et on arrive à 20h30, on mange, après il nous propose, donc on a juste le temps de manger, donc il ferme à peine plus tard, il est bien sympa, et puis il nous dit, allez j'ai une tente si vous voulez qui est dispo, mettez-vous dedans, tu parles enfin de PTL, si t'as un abri et que tu dors pas dans l'herbe, c'est génial, donc même d'ailleurs au plan du glacier aussi, on nous a proposé un moment de dormir à l'intérieur, c'est là où on voit la solidarité qui est en montagne, lui d'habitude il dit, les loups c'est temps, et là il nous dit, allez vous foutre 20 minutes dedans, donc on dort un petit coup, et on repart, et franchement on avait vécu un des meilleurs moments de la PTL, avec le coucher de soleil juste avant, et là franchement la nuit elle a été, d'ailleurs on voudrait y retourner, parce que c'était ultra difficile, périr toute la nuit, même au niveau de l'orientation c'était compliqué, et j'avançais plus du tout, et Thibaut il faisait que de m'attendre, même pour lui c'était une journée horrible, une nuit horrible, et en fait j'ai l'impression que la montagne, peut-être dans mes écrits c'est ce que j'avais mis, mais c'est vraiment ce que j'ai ressenti, j'ai l'impression que la montagne elle m'a avalé, elle m'a recraché le lendemain matin, c'est à dire j'ai fini mes lessivés, au col du Petit Saint-Mermarge, il fallait monter, pour aller manger il fallait monter les escaliers, et bien je ne pouvais même pas les monter d'une traite, je faisais 20 marches, je m'arrêtais 20 marches, je m'arrêtais, cette nuit là elle était, donc là c'était, ces deux moments là ont été des moments très très difficiles, mais après par contre il y a plein de bons moments, parce que le moment où on a compris aussi qu'on était sûr de finir, c'était à la Croix du Bonhomme, j'avais fini la dernière montée avant le col du tricot, que je connais bien, et on a vu qu'au niveau du timing ça allait passer, et on a eu un petit doute quand même au Petit Saint-Mermarge, j'ai eu un moment vraiment, le seul moment où j'ai pleuré, où vraiment j'étais triste, et je me suis mis à pleurer d'ailleurs, c'est en repartant du Petit Saint-Mermarge, parce que j'ai vu que malgré la pause qu'on avait faite 2-3 heures, je n'avais pas du tout récupéré, j'avançais plus du tout, j'aurais voulu vivre un peu quelque chose de différent, et le seul moment où j'ai été vraiment frustré, et que ça m'a frustré, c'est ce moment-là, parce que tout le reste du temps, je me disais j'avance moins vite, ce n'est pas grave, et en fait là au-dessus, au col, on a compris qu'on allait terminer la course, on était sûr de la terminer, on a vu que même en marchant doucement, on allait terminer avec nos allures, et donc là c'était un autre moment quand même qui était très sympa, et puis ouais, ça fait 5 trucs que je te dis, et puis le premier aussi, le départ, et puis la première journée à 3, c'est le moment où on a pris, plus de photos et de vidéos, on n'en fait pas beaucoup, mais on a une petite vidéo, on est les 3, on est tout contents, c'est le premier soir, on a déjà fait une belle journée, on est déjà monté à la pointe de Beauvère, on est redescendu, on a déjà fait 2-3 000 au col du Cologne, puis là on est sur un petit glacier, c'est le glacier de Grand Désert je crois, et tu vois là c'est un super moment, on était les 3, donc ouais, c'est quand même des moments qui étaient super sympas, c'est des moments épiques, donc dans les flashs que j'ai, c'est souvent ces moments-là auxquels je pense.

Loïc C'est vrai, franchement, j'ai plein d'autres questions, mais là je rebondis sur ce que tu viens de dire, c'est vraiment impressionnant je trouve, la capacité que tu as eue, tu vois, enfin je pense, c'est difficile de l'imaginer, mais être dans le dur pendant plusieurs jours, et continuer à fournir un effort physique, enfin même s'il n'est pas, qui n'est pas super intense dans le sens, ce n'est pas un sprint, mais qui demande quand même énormément d'endurance et de lucidité, je trouve ça quand même assez fou, tu vois, parce que tu avais accumulé la fatigue d'avant, tu as la frustration qui arrive, parce que, il y a un abandon, vous n'allez pas au rythme que vous aviez imaginé, toi ça ne va pas, tu n'arrives pas à comprendre où ça vient, et malgré ça, tu dis que tu passes plusieurs jours encore sur l'épreuve, tu vois, et franchement, je trouve ça dingue, parce que moi, ça m'est déjà arrivé d'avoir des moments un peu down, soit sur des courses, tu vois, mais à la journée, enfin à la journée, même pas à la journée, c'était des courses de 4 heures, tu vois, le marathon du Lardin, je ne sais pas, j'ai mis 4 heures et demie, et j'étais dans le dur pendant 2 heures, et c'était déjà horrible, donc là, d'entendre, tu vois, ton récit, où tu as passé des journées entières, des nuées entières, en galère, à tituber à 3004, et que malgré ça, tu as continué, enfin franchement, c'est hallucinant, je trouve.

Vincent Oui, mais c'est vrai que c'est étonnant, quand on en reparlait avec Thibaut et tout, tu vois, c'était, quand on échangeait, on avait à peu près le même sentiment, mais c'est vrai qu'en fait, l'espace-temps, tu vois, c'est pas le même, tu vois, souvent quand tu, enfin le temps, je veux dire, le temps, il est relatif, parce que, tu vois, quand on fait un, des fois, moi je fais des petits formats, tu vois, là, samedi, je vais faire une course de 12 kilomètres, tu vois, des fois, je fais des plus petits formats, ou, et ben, je trouve que des fois, mentalement, c'est bien aussi difficile, tu vois, c'est difficile, c'est très court, mais t'es en difficulté tout le long, t'es mal tout le long, t'es au rupteur tout le long, tu cherches la limite, et en termes de plaisir, tu vois, c'est très court, mais c'est très difficile, et je trouve que là, ben, vu que le temps à la PTL, il est extrêmement long, et ben, tu, tu vis pas les choses de la même manière, c'est plus lent, mais à la fin, tu, ouais, tu arrives à supporter les choses plus longtemps, mais sur une petite course, je les aurais peut-être pas supportés de la même manière, toi, c'est bizarre, je sais pas si je l'exprime bien, mais toi, tu vis pas les choses de la même manière, et tu vois, moi, j'aime bien les récits d'aventuriers, des fois, quand je lis, par exemple, les récits de, je sais pas, de Moiteussier, de Mike Horn, etc., des fois, tu vois, pendant 6-7 jours, il arrive pas à s'alimenter, ou il, toi, tu dis, mais attends, mais 6-7 jours, t'imagines ce que ça fait, c'est, c'est, c'est clair, et lui, lui, il raconte qu'il peut pas, il peut pas poser sa tente, parce qu'il faisait trop froid, etc., et tu dis, mais attends, mais, et en fait, c'est, ouais, il le décrive bien, ça, c'est vrai qu'en fait, le temps, il est vraiment relatif, et là, c'est tellement long que, ouais, tout va plus lentement, ouais, c'est vrai que t'acceptes une situation qui est, c'est vrai que quand on le dit comme ça, on se dit, ouais, pourquoi ça, j'avais une douleur, je sais pas, musculaire, ou un truc vraiment qui m'embêtait, mais j'avais pas ça, c'est juste que j'avançais plus, et j'étais très essoufflé, quoi, j'étais comme si, comme si, ouais, quand t'es soufflé, mais en permanence, quoi, c'était un peu, mais par contre, j'avais pas de douleur particulière, pareil, sur la motricité, c'est intéressant, parce que, moi, des fois, j'ai rarement des ampoules, j'ai pas trop de problème de pied, mais, j'ai quelques ampoules, tu vois, sur les ultras, sur les courses, ou sur, sur tous les formats qu'on peut faire, tu vois, en ski de fond et tout, j'ai 2-3 ampoules, en ski de rando, j'en ai souvent, et, et, j'ai, j'ai des échauffements aussi, souvent, tu sais, pas mal d'échauffements, des, voilà, des petits soucis comme ça, et là, sur la pétale, j'en ai eu aucun, tu vois, j'ai pas eu une ampoule, j'ai fini le, si j'avais pas eu la pneumonie, le lundi, j'étais chez moi, j'avais même pas une courbature, j'avais rien du tout, tu vois, j'ai eu des fourmis dans un pied pendant 3 semaines, j'ai eu des, moi, je choque souvent des aftes, j'ai souvent des aftes à la fin des grosses courses, tu vois que le corps, quand même, c'est pas non plus hyper sain, moi, moi, je suis, toi, je suis prof de paix, je milite pour l'activité physique, mais je suis persuadé que c'est pas non plus très très bon à la santé de faire ce genre de choses, c'est très bon pour mon psychologique, en tout cas, et, et moi, ça me, enfin, c'est une chose qui me, qui me tient, voilà, de faire ce genre de choses, par contre, voilà, en termes de bien-être, je sais pas, enfin, un médecin en parlerait mieux que moi, mais, oui, j'ai quand même eu, après 3 semaines, un mois, où, en plus des soins, parce que la pneumonie, en fait, j'ai dû retourner aux urgences une semaine après, parce que, j'avais des analyses qui étaient pas très très bonnes, et puis, j'ai eu peur à un moment que j'ai eu des séquelles, c'était ma hantise, en fait, je me dis, putain, en plus d'avoir abandonné, ça se trouve que je vais avoir des séquelles au niveau pulmonaire, et, en fait, pas du tout, j'ai bien respecté la récupération, et, ouais, finalement, non, j'ai vachement bien récupéré, j'ai à peu près les mêmes, je fais à peu près les mêmes temps qu'avant, c'est pas brillant, mais ça marche, quoi, ça marche.

Loïc C'est Sébastien Gérard qui me disait que lui, il a mis un mois à retrouver un sommeil à peu près normal, parce que, pareil, tu vois, t'en as parlé, on a balayé un petit peu rapidement, mais, moi, c'est vraiment un des points qui me terrorise peut-être un peu fort, mais où je me pose beaucoup de questions, tu vois, c'est la gestion du sommeil, j'ai jamais fait trois, enfin, quatre heures de sommeil en quatre jours, tu vois, donc,

Vincent je crois que personne n'a jamais fait ça avant de faire la tête, ou si, si, les méga stores qui font ça en permanence, non, mais oui, c'est vrai que c'est, ça, c'est un aspect un peu nouveau, c'est un vrai paramètre à gérer sur la course, en tout cas, c'est un vrai paramètre à gérer, après, voilà, c'est sûr que moi, comme j'étais malade, je savais que j'ai pas eu de problème, déjà, je dors très bien en général, je dors très facilement un peu partout, je me suis déjà entraîné, puis déjà, j'avais fait pas mal de nuits dehors, comme je disais tout à l'heure, je suis parti au Groenland, en Islande, un peu sous ces formats-là, donc, avec des copains qui, eux, faisaient ça régulièrement, et moi, j'avais pas du tout cette habitude-là, je connaissais pas, donc, tu vois, il y a quand même des choses sur la manière de gérer, rien à voir, mais sur la manière de faire son sac, sur la manière de, comment tu poses ton matelas, à quel endroit tu le poses, donc là, où dormir, à quel moment dormir, tu vois, et j'ai pris quelques compétences comme ça, moi, je suis pas non plus, je dors pas tous les soirs dehors, loin de là, je suis pas une star sur ce point-là, mais en tout cas, j'ai pas trop de problèmes de sommeil, mais alors là, je t'avoue qu'avec la maladie, c'était presque risible, j'ai dormi à des endroits, donc ouais, Thibaut, je pense, on a regardé, en cumulé, j'ai dû dormir 12-13h, moi, et lui, il a dormi 8h, ça veut dire que pendant 4-5h, il me regardait dormir, je faisais des micro-siestes, à un moment, je devais dormir, en fait, je faisais plein de micro-siestes, parce que de toute façon, je faisais 200-300 mètres de déniblié, j'étais cramé, donc j'étais obligé de dormir, et donc je faisais 10 minutes, et il me réveillait, et lui, pendant 10 minutes, il arrivait pas à s'endormir, sauf que moi, j'étais capable de m'endormir, au moment où je lui demandais de m'arrêter, c'est vraiment que je pouvais plus du tout, et j'ai, physiquement, mais non, je dormirais jamais dessus, mais c'était le jeudi soir, dans la nuit, c'était une nuit, que je racontais tout à l'heure, horrible, horrible, et finalement, assez épique, tu vois, maintenant, ça me donne le sourire, d'y repenser, parce que je trouve ça marrant de vivre ça, mais c'était, là, c'est sûr que je dormais, un peu n'importe où, et donc après, il y a des équipes, qui gèrent bien ça, on en voit, nous au début, on avait dit, on dort que dans les refuges, on avait fixé quand même, surtout un programme, surtout en début de semaine, parce qu'après, tu fais un peu au mieux, en fonction de tes camarades, mais en début, on avait dit, qu'est-ce qu'on fait, est-ce qu'on fait une nuit blanche, la première nuit, ou est-ce que, et on attend la deuxième nuit, au refuge suivant, pour faire un peu comme sur les ultras, sur les ultras, moi, sur deux jours, à la diagonale, je ne dors pas, mais si j'avais fait une micro sieste, et donc on avait dit, bon, allez, on attend la deuxième nuit, pour dormir, et puis finalement, on nous avait conseillé quand même, que la course était longue, et vu que nous, nos allures étaient assez suffisantes, pour ne pas être embêtés par les barrières, et bien, quand même, de faire une petite sieste, à la première base de vie, à Rolla, le mardi matin, et donc, c'est ce qu'on a fait, bon, en plus, le cousin, il n'allait pas bien, donc on l'a poussé un peu, cette sieste, mais tu vois, on avait fait ce choix là, il y en a qui font un choix différent, il y en a qui disent, ben non, on fait nuit blanche, et on dort après, et puis après, ben, micro sieste, mais il y en a qui gèrent bien, il y en a, on les a vus, nous, on a, on a, on a souvent, on faisait des siestes, quand on était fatigué, tu vois, genre la nuit, mais, sauf que le défaut de ça, en fait, c'est que, ben, t'as froid, donc il faut t'habiller correctement, et d'ailleurs, c'est peut-être pour ça que j'étais malade, genre, on n'a pas, on n'a pas trop de réponses, et en fait, il y en a, par exemple, qui dormaient la journée, tu vois, ils faisaient une sieste, par exemple, après le repas du midi, parce que bon, nous, on respecte quand même les horaires des repas, nous, on a essayé quand même de respecter, pour garder un rythme biologique logique, c'est de respecter à peu près les horaires des repas, donc on pourrait considérer que si le mardi midi, par exemple, tu fais un bon repas dans la refuge, et ben après, il y a des gars, ils se posaient dans l'herbe, tu vois, au soleil, parce qu'on a eu une bonne météo sur la semaine, on a eu la chance, on a eu de la chance d'avoir vraiment une météo qui était très, très honorable, à part qu'il faisait froid la nuit, ce qui est plutôt normal en montagne, même en août, et en fait, on a, il y en a qui dormaient dans les talus et tout, je pense, peut-être si c'était à refaire, on ferait peut-être plus comme ça, parce que nous, on attendait d'être fatigué la nuit, et là, les nuits, enfin voilà, les siestes sont un peu plus inconfortables. Oui,

Loïc c'est ce qu'on a imaginé, dormir plutôt en journée, pour éviter les gros écarts de température, et rester actif la nuit s'il fait frais, mais oui, je t'avoue que le point des micro-siestes, enfin, on verra, on verra comment ça se passe, mais moi, ça me semble être un peu la clé, tu vois, au final, et donc, je sais que, on le disait, tu vois, enfin, personne n'est habitué à ça, moi, je suis quand même allé poser des questions, comme sur le podcast, j'ai eu la chance d'avoir plusieurs commandos marines, eux, ils sont vachement habitués à ce genre d'exercice, tu vois, parce qu'en fait, quand ils partent en mission, ils ne savent pas combien de temps ça dure, généralement, ils ne savent même pas trop où ils vont jusqu'au dernier moment, ils ne savent pas s'ils pourront se reposer, s'ils pourront se relayer, etc., donc en fait, ils m'expliquaient que, ils sont connus pour ça, les commandos, tu vois, c'est-à-dire qu'ils ont 20 minutes de battement, entre deux transferts, les mecs, ils s'endorment en 30 secondes à la demande, quoi. Et ils s'entraînent, aussi ? Ouais, ouais, en fait, en fait, ils font des techniques, tu vois, de cohérence cardiaque, de respiration, de relâchement musculaire, etc., et, ouais, ils s'entraînent, bon, après, la particularité de leur sélection, c'est que le stage, il dure neuf semaines, on en fait une petite parenthèse, mais tant pis, leur stage dure neuf semaines, et ils dorment à peu près 4-5 heures par semaine, donc, tu vois, de suite, ils sont mis dans le bain, quoi, et puis ils sont tout le temps mouillés, enfin, c'est tellement intense, qu'en fait, biologiquement, ils s'endorment très, très rapidement, il y en a un, il me disait, une fois il s'est endormi, il avait une narine dans une flaque d'eau, quoi, tu vois, ouais, donc, voilà, ah,

Vincent c'est intéressant de s'inspirer de leur technique, parce que c'est exactement ce qu'il faudrait arriver à faire à la PPL, et oui, ouais, ça, c'est intéressant, c'est intéressant, après, ouais, c'est vrai qu'il y en a qui ont plus de facilité que d'autres, par rapport à ça, voilà, après, nous, malheureusement, on n'était pas, moi, j'ai la chance de ne pas avoir trop de problèmes pour trouver le sommeil en général, Thibaut était un peu plus inquiet, mais tu vois, Thibaut, il s'est bien adapté, il a dormi 8 heures, franchement, il était d'une sérénité, il n'avait quasiment jamais sommeil, alors que lui, on était plus inquiet, on pensait que ça allait être ça son problème, parce qu'à l'entraînement, s'il avait un talon d'achille, en tout cas, c'était ça, c'était qu'à l'entraînement, il avait plus de mal dans la, il se plaignait plus du sommeil, de la fatigue, etc., aussi, parce que bon, il a beaucoup de boulot, et puis, voilà, on avait des inquietudes par rapport à ça, il l'a très très bien géré, donc, c'est vrai que c'est difficile à dire avant de vivre la course, lui, en tout cas, il n'y a pas eu de problème, alors qu'on pensait plutôt que c'était moi qui allait avoir aucun problème, et finalement, c'est moi qui ai le plus envie, tu vois, c'est peut-être, c'est peut-être, c'est peut-être,

Loïc ouais, écoute, on verra, mais ouais, moi, c'est peut-être un des points, il y avait le point de l'accès à l'eau, mais bon, tu nous as rassuré là-dessus, et c'est vrai que ce week-end, enfin, le week-end à Cham, là, on l'a vu, franchement, il y a de l'eau partout, donc ça, c'est cool, mais bon, j'ai quand même en permanence, mes deux litres et quelques sur moi, parce que je bois comme, c'est un truc de fou, mais l'autre point, c'est le, ouais, c'est vraiment le sommeil, donc écoute.

Vincent Ouais, après, pour l'eau, Loïc, de toute façon, je pense que vous avez vu aussi avec Sébastien, mais il a, c'est vrai que l'avantage de ces montagnes-là, c'est qu'il y a de l'eau quasiment partout, après, il faudra faire attention au mois d'août, s'il y a eu deux mois de sécheresse, il faut être vigilant quand même, peut-être que vous allez devoir être plus vigilant que nous, on a été, parce que nous, il y avait de l'eau partout, donc en plus des refuges, on croise quand même beaucoup de refuges, de bases de vie, tu vois, donc on n'a vraiment pas eu de problème, enfin, on n'a pas de problème de gestion de l'eau, après, nous, on emmène toujours, moi, de toute façon, j'ai toujours des pastilles, je leur emmène toujours des pastilles au cas où, tu vois, des pastilles pour filtrer l'eau au cas où, il y a des gourdes qui se font, il y a des choses un peu différentes, mais c'est vrai que non, ce n'est pas un point assez difficile à gérer, un peu comme la bouffe finalement, parce que le sac de repli qui te suit sur les deux bases de vie, tu peux recharger toute la bouffe que tu emmènes, puis tu es quand même deux ou trois, donc imagine, tu vois, si il y en a un des deux ou des trois qui n'a plus d'eau, l'autre, il en a, donc toi, c'est ça l'avantage aussi d'être en collectif, c'est que tu as moins de pression quand tu es tout seul quand même, quand tu fais des trucs tout seul, tu as intérêt tout à voir sur toi, là, bon, comme tu es plusieurs, c'est quand même plus facile, du moins de trucs, et donc, tu te retrouves rarement dans une position où plus personne n'a d'eau, plus personne n'a à manger, donc voilà, mais bon, il faudra peut-être être vigilant par rapport à, ouais, là, ils annoncent un été assez chaud, donc, on va voir pour, on va voir pour toi-même, c'est un certain travail. je vois qu'il,

Loïc il fait déjà 38 degrés demain à Aix, en plein mois de juin, mi-juin,

Vincent vous allez avoir une Ptl épique, Loïc, il va pouvoir nous raconter des questions exceptionnelles.

Loïc Ouais, en parlant d'épique, tu vois, sur le, sur ces quatre jours de, de week-end choc, là, on a eu, je t'en parlais en off avant qu'on commence, on a eu une journée au côté météo, c'était, ouais, des vents à 135 km heure, pluie, grêle, et on était dehors à ce moment-là. Alors toi, je sais que tu disais que vous n'avez pas eu de mauvais temps sur ton édition, mais j'imagine que ça t'est déjà arrivé sur d'autres courses, d'autres sorties, d'autres expés. Comment est-ce que, typiquement, comment est-ce que vous auriez géré, ou comment est-ce que toi, tu gères ce, ce genre, enfin, l'aléa climatique ? Ouais, est-ce que tu anticipes vachement ? Tu vois, nous, par exemple, on s'est couvert, on a mis les habits de pluie, ils grêlaient déjà, donc on était déjà tous trempés.

Vincent Ouais, trop tard, trop tard. Après, moi, c'est vraiment, de toute façon, quasiment tout ce que je fais maintenant, c'est des gens qui m'ont transmis, donc c'est des conseils que les gars de chez moi, qui sont plus anciens dans ces sports-là, m'ont conseillé de faire. Moi, on m'avait dit, le premier ultra que j'ai fait, j'avais fait le premier vrai ultra, vraiment, de montagne que j'ai fait, si on peut considérer, c'est la TDS. Et le conseil que m'avait donné Bino, qui est un gars de chez nous, qui organise le trail de Bolo d'Halen, qui est un gars qui est vraiment très impliqué dans le trail, et il m'avait dit, en gros, habille-toi avant d'avoir froid, et déshabille-toi avant d'avoir chaud, et soigne-toi avant d'avoir mal. Et moi, c'est sûr que, cette règle-là, je l'ai toujours respectée. Si j'ai un échauffement, par exemple, à une ampoule, et que le refuge, il est dans 5 km, tu vas me voir au milieu du sentier, je vais laisser 100 personnes passer devant moi, c'est ce qui s'est passé à l'UTMB, mais mon ampoule, je la soigne tout de suite, je n'attends pas le refuge. S'il faut mettre la baisse, s'arrêter, et accepter qu'il y ait 30 personnes qui passent devant, je m'en fiche, je le fais avant. c'est sûr que, nous, par exemple, sur la Pétel, on a eu une heure, à peu près, un petit orage, une espèce de pluie assez importante, avec de la grêle, on s'est, très rapidement, on s'est habillé avant. On a anticipé pour ne pas être mouillé, dans nos sacs, on a protégé ce qu'il y avait dans nos sacs. Ça, je l'ai beaucoup appris en baroud, avec les copains dont je parlais tout à l'heure, au Groenland et en Islande, sur la gestion des affaires importantes. Il y a des affaires que tu dois avoir absolument en sec, et c'est très, très important. Bon, les pieds, c'est plus difficile, mais moi, je n'ai pas trop de problèmes, mais il y en a même pour qui les pieds, c'est un... Voilà, il faut que les pieds restent au sec, pour ne pas avoir d'ampoule, pour ne pas avoir de problème. Et donc, voilà. En baroud, ils disent, en gros, tes journées, soit tu les passes dans tes baskets, soit tu les passes dans ton sac de couchage. Donc, en gros, il faut que ces deux choses-là pour en prendre très, très soin. Bon, après, sur la PTL, les baskets, c'est difficile de le faire, ça. S'il pleut, de toute façon, tu n'as pas le choix. Et puis, les sacs de couchage, on n'en a pas. Mais en tout cas, les affaires de rechange que tu as dans ton sac, ils sont quand même... Enfin, voilà, tu dois quand même les protéger. Donc, je sais que tu le fais, mais on met des sacs poubelles dans les sacs. Moi, on a des grands ponchos qui prennent le sac plus le... Et donc là, sur la course, on les a sortis assez tôt, mais ça n'empêche pas, tu vois, de faire des petites bêtises. Il y a un décolle avant le Taou Blanc où avec Thibaut, il commence à faire froid. On dit, allez, viens, on se change. Ça va, attends, viens, on se change au-dessus de la montée. On arrive au-dessus sur la crête et on décide de changer sur la crête. On aurait dit deux débutants, deux idiots. On était en plein froid et tout. On se cache derrière un rocher, ça ne marchait pas du tout. Puis, tu mets du temps à te changer parce que tu mets un collant en dessous. Moi, c'est la première fois, j'emmène toujours les affaires obligatoires. Il n'y a pas le choix sur les courses, mais je n'ai jamais mis de collant. Je mets toujours un short. Je n'ai jamais mis de collant, un truc comme ça. Là, sur la PTL, évidemment, il faisait entre 0 et moins 10 toute la nuit. Je peux te dire que j'ai mis toutes les couches que j'avais déjà achetées jusqu'à maintenant. J'avais tout sur moi et plus rien dans le sac. Et pourtant, je ne suis pas frileux. On avait même les gants et tout. Les gants, je n'en mets jamais d'habitude. S'il ne fait pas moins de moins 5, moins 10, même au ski de rando et tout, c'est rare que je mette des gants. Et là, on avait les gants, les bonnets, tout ce qu'on avait dans le sac, on l'avait sur nous. Donc, c'est sûr, c'est le matériel. Et là, tu vois, ce coup-là, on se change au-dessus, au col, les deux, on s'est regardé, on a rigolé, on a dit, on est vraiment deux idiots. Il ne faut jamais se changer sur une crête. Tout le monde sait ça. Donc, ça n'empêche pas de le faire, même si on a un peu l'habitude. Enfin, un peu, je mets des guillemets. Et on a quand même fait l'erreur. Mais oui, en tout cas, c'est une gestion, sur la pluie et tout, enfin, voilà, c'est la météo. Moi, je sais que plusieurs fois sur la course, je me suis dit, toujours, jusqu'à maintenant, tout ce que j'ai fait, je me suis dit, c'est faisable. Il n'y a pas un moment sur, je ne sais pas, je vais prendre d'autres exemples de course, mais tu sais, j'ai fait l'endurance trial des Templiers. Et sur la course, il n'y a aucun moment où je me dis, qu'est-ce que je fais là, je n'ai rien à faire là. Est-ce que c'est faisable si la météo n'est pas bonne ? Je me dis que je vais le finir. À chaque fois, je suis confiant, je ne me prépare pour ça et je me sens prêt à le faire. Je n'ai pas une grosse confiance en moi dans la vie de tous les jours, mais quand je fais des épreuves sportives, j'ai confiance en moi en général. Si je me présente, c'est que je me sens capable de le faire. Et là, la PTL, je me rappelle, le mardi, je me fais une réflexion, je me dis, vu le parcours et les sentiers que c'était, je me disais, tiens, est-ce que c'est faisable de faire le même parcours s'il n'y avait plus tout le long ? Tu vois, je n'ai pas la réponse. Je ne suis pas sûr. Alors après, si c'est le cas, je pense qu'ils sortent les parcours de repli, mais je ne suis pas sûr d'être capable de faire cette PTL si on prend la pluie tout le long. Parce que c'est vraiment… Après, comme je dis, il y a les parcours de repli, je pense. En tout cas, ça amène un autre engagement. Après, j'avais traversé, j'avais des questions, notamment au début, avant que, quand je me suis lancé là-dedans, sur les orages, des choses comme ça. Donc évidemment, les règles classiques d'éviter les crêtes, de ne pas être sur les sommets au moment où il y a les orages et tout, on avait quand même anticipé ça. On en avait parlé avec les autres, mais bon, si c'est de la pluie normale, de toute façon, il n'y a pas le choix, il faut avancer. Si c'est un orage ponctuel, comme vous avez vu ce week-end, par exemple, un énorme truc, là, il faut te protéger. Donc là, on a l'abri de survie au cas où. Et puis moi, je sais que quand je monte, quand je regarde, ça, c'est un peu l'habitude de la montagne l'hiver, c'est que j'essaie de voir un peu, tu sais, quand il y a du brouillard et tout, quand vraiment, tu es dans une mauvaise posture, même si tu as le GPS pour l'orientation, j'anticipe en essayant de regarder un peu s'il y a des points dans la montagne où on peut se mettre à l'abri. Tu vois ? Et donc, des fois, je regarde et je sais que j'avais fait le GR20 un peu tout seul, il y a quelques années, en préparation et tout, c'était un défi que je voulais faire. L'année de l'UTME, j'ai fait ça. Et en fait, tu vois, je regardais un peu, à un moment, j'ai pris des orages, à un moment, je regardais, à ce moment-là, où est-ce que je peux me protéger s'il y a vraiment un gros problème, etc. Et j'avais rencontré un guide là-bas, je lui ai demandé, tiens, vous faites comment avec les orages ? Et le guide corse, qui était très sympa, il m'a dit, tu ne fais rien, tu avances. J'avais trouvé ça marrant. Il m'a dit juste, tu ranges tes bâtons. Bon, donc j'applique cette règle-là. Mais en tout cas, si l'orage est trop gros, il faut te protéger. Mais oui, il faut essayer de ne pas trop rester sur les crêtes. En plus, il y a une histoire de, il ne faut pas se déplacer. Le déplacement, en fait, crée justement les phénomènes électriques. Donc, ils disent qu'il faut marcher et si possible, si vraiment c'est grave et que ça se rapproche, il faut se mettre sur son sac. Mais si tu es dans cette posture-là, c'est que tu as mal géré avant. Et puis, la montrée à la PTL, quand même, c'est rare que tu ne restes pas trop sur les crêtes. Souvent, c'est que tu bascules, tu passes des cols

Loïc Ok. Et peut-être, dernier point, tu vois, tu as parlé plusieurs fois de lucidité et tu nous expliquais que dans votre cas, il y avait un chef de groupe qui était aussi celui qui gérait la navigation, l'orientation. Au bout du quatrième, cinquième, potentiellement sixième jour avec seulement une heure de sommeil par jour, la fatigue cumulée et tout, vous étiez vigilant, du coup, sur cet aspect de la lucidité. Est-ce que vous aviez des indicateurs que vous surveillez ? Est-ce que vous faisiez gaffe l'un à l'autre ? Comment vous avez anticipé ça ?

Vincent Alors, en fait, on avait défini au départ qu'on a tous, moi, je n'en avais pas au départ, je ne suis pas trop connecté, donc je n'avais pas de montre, de montre GPS et tout, mais eux, ils avaient déjà des montres GPS, donc en fait, c'est quand même l'outil principal. Le GPS, c'est vraiment pour sécuriser si vraiment on a un doute à un endroit parce que ça capte mieux, mais en fait, le tracé est mis sur les montres et en fait, on suit la montre. On nous avait conseillé de faire ça et c'est vraiment le plus efficace. Après, comme garde-fou, on avait Iphigénie, moi, j'utilise l'application sur mon smartphone que j'aime bien, donc qui permet de sécuriser si à un moment, on sort vraiment trop de la trace, les montres GPS, souvent, elles ont du mal à la retrouver. il faut avoir un... Donc, on a le roadbook avec les cartes, donc là, le roadbook, c'est obligatoire, tu es obligé de l'emmener. J'avoue qu'on ne l'a pas assez utilisé, voire peu utilisé, voire pas assez peut-être parce que pour analyser le terrain et les montres, on aurait peut-être du plus de le regarder. En tout cas, pour l'orientation, on utilisait le GPS et puis l'Iphigénie au cas où, mais franchement, on ne les a quasiment pas sortis. On ne les a pas sortis parce que Thibaut était vraiment très, très à l'aise par rapport à d'autres équipes. Normalement, tiens, la nuit, je racontais tout à l'heure, la nuit du jeudi soir avant d'arriver au col du petit Saint-Mermard, il y avait des Italiens qui étaient avec nous, non, des Espagnols, pardon. Il y avait des Espagnols qui étaient avec nous et eux, ils ont jardiné toute la nuit. Moi, je ne l'avançais pas du tout. On a fini ensemble le lendemain. Ils ont passé la même nuit que nous alors qu'évidemment, ils avançaient beaucoup plus vite. Mais ils ont tellement jardiné, ils sont tellement perdus qu'à la fin, ils ont dû terminer avec nous. C'est Thibaut qui a fait l'orientation pour les deux équipes, pour nous deux. Ah oui. Parce qu'ils n'y arrivent pas du tout. Ceux qui ne sont pas, enfin, il y en a qui étaient vraiment quand même en difficulté au niveau de l'orientation. Mais bon, ils ont terminé quand même. Mais nous, Thibaut, il avait vraiment été très à l'aise. Il a même ramené des équipes sur le chemin plusieurs fois. Il était vraiment très à l'aise. Pourtant, il ne vient pas de la course d'orientation, mais il connaît bien son instrument. Il connaît bien la montre. Il sait bien la gérer. Et franchement, il est assez attentif. Tu sais, avec les vibrations de la montre en fonction des changements de direction et tout, il y a quand même moyen avec ses montres. Tu vois, il est une Garmin. Je ne sais pas si on peut faire de la pub, mais bon, il y a différentes montres. Sa montre, c'est bien l'utiliser. En fait, on en avait trois parce qu'on en avait chacun une. Donc moi, j'utilise ça maintenant en navigation, même en montagne. C'était quand même une bonne idée d'en avoir une. Donc, je ne regrette pas du tout de l'avoir acheté. Je l'ai acheté pour la PTL parce que c'est un budget, mais finalement, après en sécurité, c'est vraiment très intéressant. Et puis après, on verrouille ça avec Iphigénie et le GPS. Et franchement, on n'a pas fait trop d'erreurs. On en a fait quelques-unes. Il y a une fois, on a perdu une heure en montant un endroit. On s'était dit qu'on allait rejoindre le sentier. Tu sais, c'est toujours pareil. Tu fais une petite erreur. On était monté de 100 mètres de dénivelé. On se dit que ça fait chier de redescendre. Alors que sur le temps de la course, sur centre, on aurait pu finir en 140 heures. Donc, une heure, c'est rien. Et en fait, on dit, on continue, on va le trouver. Et puis au bout d'une heure et demie, tu te dis, finalement, il faut faire demi-tour. On était avec l'équipe d'ailleurs. C'est normal, on était avec l'équipe Kourou. On a mis du temps à faire demi-tour. On l'a fait, mais par contre, par rapport à d'autres équipes, nous, on a perdu très peu de temps à un bon état d'esprit quand tu les vois qui se trompent. On s'appelle. Mais en début de course, on est nombreux la première journée. Les équipes sont un peu rassemblées, tu es un peu tous au même rythme. Tu envoies des fois qu'ils partent à droite, d'autres tout droit. C'est assez marrant. Puis comme il y a du hors-trace, il y a des moments, il faut être... Le risque, c'est quand tu es sur la trace. Si c'est une partie qui est un peu balisée, le GR, il y en a très peu, mais des fois, tu es dessus. La sortie du refuge du Ruitor, par exemple, cette nuit-là, elle avait l'air compliquée en orientation. L'avantage, c'est que j'ai laissé du temps à Thibaut pour nous orienter. Comme il m'attendait, il avait du temps pour regarder la montre. C'est vrai que là, j'ai vu que c'était un passage difficile quand même. Après, au niveau lucidité, franchement, il a bien géré tout le long. Mais je pense qu'il faut quand même qu'il y en ait un deuxième qui puisse sécuriser le truc. Et nous, on s'était dit quand même que s'il y avait un problème à un moment, il fallait que... À l'entraînement, en tout cas, on s'est assuré les conditions de voir qu'est-ce qui se passe si, par exemple, Thibaut abandonne. Est-ce qu'un de nous deux, avec lui, est-ce qu'un de nous deux est capable de gérer la rentation ? À un moment, nous, il fallait qu'à l'entraînement, on dise qu'il faut qu'on soit capable, les trois, de gérer la rentation. Après, mon cousin, lui, il disait qu'il y aura soit toi, soit Thibaut. En gros, moi, je dis non, parce que si, par exemple, on n'est plus que deux et que le deuxième ne va pas bien, c'est toi qui gère. En gros, il faut que les trois soient capables de gérer. C'est sûr que sur la rentation, on a été plutôt, je savoue, d'ailleurs, à l'entraînement, un mois et demi avant, on avait décidé d'aller repérer des parties de la PTL. Et puis, avec le Covid, c'était difficile de faire des transferts en Suisse et en Italie. D'ailleurs, ça nous a un peu mis en difficulté parce qu'on n'a pas pu repérer les débuts de la PTL qui était vraiment la partie jusqu'à Rola qui était très difficile. Même d'autres parties, d'ailleurs, qui n'étaient pas simples. Et donc, en fait, on est resté en France donc on n'a pas pu repérer. Et en fait, on a été conforté parce qu'on a vu qu'en termes de rentation, quand on tracait un parcours sur la carte, on n'avait pas de difficulté à le suivre avec les montres. Donc, en fait, on s'est dit, bon, repérer la PTL. Si c'est pour la rentation, on n'en a pas besoin. Mais en fait, finalement, la repérer, ce n'était pas pour la rentation qu'il aurait fallu la repérer un peu plus. C'était pour se rendre compte du niveau d'engagement et du niveau de technicité des sentiers.

Loïc Ok. Ouais, formation, course d'orientation parce que lire des cartes et me repérer, ça va. Mais bon, ça, c'est vraiment le truc vraiment hyper basique. Tu vois, m'orienter avec une boussole et autre, prendre des points.

Vincent Ouais.

Loïc Après, Loïc,

Vincent tu as l'air, je crois que tu gères pas mal les montres, les GPS, le côté connecté, non ? Ouais,

Loïc ouais, ouais, ouais, mais tu vois, moi, j'ai lu pas mal de retours justement, alors de gens qui font des trucs beaucoup plus engagés que ce que je fais, mais qui ont fait une traversée du Svalbard ou ce genre de choses matos parce que si le matos se plante et que t'as pas les compétences, bon, sur la PTL, ce sera pas le cas, mais eux, avec ce qu'ils font, ils sont potentiellement vraiment en danger, quoi. Ouais,

Vincent ils ont raison, ils ont raison. Après, c'est du suivi de traces. Moi, en préparation justement de la PTL, je me suis inscrit au club de course de rentation d'ici. Ah ouais, bah voilà, tu vois. Donc, je m'étais inscrit, mais j'ai pas fait, attends, j'ai fait 10 séances. Mais en tout cas, les 10 séances, eux, ils sont hyper spécifiques sur le recherche un azimut, tirer un azimut, ils font quasiment que ça avec la boussole. Donc, c'est quand même bien de le faire, mais par contre, ça, c'est vraiment très technique orientation. Là, on est quand même sur un suivi de traces GPS et sur une lecture de roadbook de cartes IGN assez classique. Mais bon, c'est celui qui a jamais lu une carte IGN. Ah oui, oui. Déjà, ça veut dire qu'il a rien à faire sur la PTL, tu vois. Il faut, voilà. Mais non, mais c'est sûr qu'il n'y a pas besoin d'être hyper spécialisé. Moi, je sais que je l'avais fait, mais oui, on n'a pas tiré d'azimut sur la course, clairement. Ce n'est pas les mêmes techniques. Mais par contre, le côté connecté et tout, puis le fait de savoir utiliser quand même une boussole, c'est quand même, oui. Après, nous, c'est vrai qu'en montagne l'hiver, la boussole, elle nous sert énormément. Moi, je sais que je l'ai déjà sorti plusieurs fois dans le brouillard et tout, donc c'est mieux de savoir l'utiliser quand même. En effet, oui. En effet.

Loïc Oui. Oh là là, punaise. Tu as répondu à tellement de questions, mais en même temps, il y en a tellement d'autres qui sont sorties et je crois que cette course, elle est à la fois fascinante et terrifiante. Plus j'en découvre, tu vois, plus je me dis punaise, mais dans quoi on s'est engagé là ?

Vincent Alors, tu vois, tu vas te régaler. Je suis pressé, et surtout pressé d'avoir votre compte rendu à vous.

Loïc Oui, oui.

Vincent J'ai envie d'avoir votre compte rendu d'entraînement, donc imagine que ça va être

Loïc dans votre... Oui. J'espère que... un petit suivi. Oui. Écoute, on te fera ça. Peut-être pour terminer sur une note un peu plus perso, moi, je serais curieux de savoir qu'est-ce qu'elle t'a apporté cette course ? En quoi est-ce que tu en es ressorti changer ?

Vincent C'est un peu plus intime, mais en fait, moi, ce qui se passe, c'est qu'en fait, à la base, je ne pense pas que je t'ai prédestiné à faire ce genre de choses, à part peut-être la diagonale qui était vraiment un projet que j'avais depuis tout petit parce que j'avais vu des reportages et que ça me faisait rêver, mais à la base, je ne pensais pas un jour faire des courses comme ça. Je n'étais pas trop en montagne, avant de... J'ai vécu 10 ans en région parisienne parce que pour le boulot, je venais d'ici, mais moi, je n'étais pas un gars qui me baladait dans la forêt quand j'étais jeune et tout. Je venais du foot et du tennis, j'étais plutôt sportif que baroudeur. En fait, je le suis devenu avec le temps et en fait, j'ai deux garçons et j'ai mon premier garçon qui en 2016 a eu une... atteint d'une maladie grave et donc, on a eu une période de deux ans très compliquée. Il va même maintenant, mais on a eu deux ans très, très compliqués. En fait, moi, ces formats-là et ces courses-là, ça a été mon exutoire. C'était ma bouffée d'oxygène, c'est ce qui m'a sorti de la tête de l'eau. Il est tombé malade juste... Toi, une année, moi, à l'époque, je m'étais inscrit à la Saint-Élion avec des copains, mais je n'avais pas prévu de faire autre chose. C'était le délire de copains. Et en fait, juste après, lui, il est tombé malade quelques mois avant cette course-là. Donc après, on a connu les hôpitaux pendant deux ans. Et en fait, moi, la TDS, par exemple, je l'ai fait juste avant qu'il y ait une opération très, très importante. Et pour moi, cette TDS, j'avais fait un lien entre la TDS et son opération, la réussite de son opération qui était dangereuse pour lui. Et en fait, tout ce que j'ai fait après, c'était mon exutoire. Moi, mon entraînement, je le faisais avec une charrette. Tu es les charrettes Tull que tu vois souvent. Oui. Excuse-moi, je donne une marque. Non,

Loïc t'inquiète.

Vincent Et moi, en fait, j'ai fait 70% de mon entraînement avec mon fils dans la charrette. Donc en fait, il y avait une connexion entre nous. Moi, toutes les courses que je faisais, c'était des courses pour revenir un peu à la réalité et essayer d'avoir une bouffée d'oxygène dans le quotidien qui était un peu compliqué. Et donc en fait, c'est né comme ça. Et tu vois, d'ailleurs, le fait que j'ai tenu 3-4 jours malade, souvent, je me disais, ah bah tu vois, parce que mon fils, en fait, il a des problèmes pulmonaires, donc il a une saturation qui est très très faible. Et souvent, la saturation 78, c'est une saturation que lui, il peut avoir à un certain moment. Donc en fait, quand je marchais, je me disais, ah bah tiens, est-ce que c'est faisable de faire une PTL ? Parce que c'est ce qu'on veut pour notre fils. Je veux qu'il ait une vie normale. Mais il a un handicap, il n'aura pas une vie normale. Mais souvent, dans la course, je me disais, ah bah tiens, je vais faire la PTL avec la saturation de mon fils. Je faisais des liens comme ça. Et souvent, la réussite de mes courses était liée à la réussite des examens qu'il avait ou des opérations qu'il avait. Donc j'avais fait une connexion avec ça. Et c'est aussi pour ça que la PTL, le fait d'être en échec, je me suis rendu compte que lui, il allait beaucoup mieux parce que c'est le cas maintenant. Parce qu'en fait, si ça avait été il y a 3-4 ans, je serais allé au bout parce que j'avais fait un lien entre sa vie et la réussite de ses courses. Et là, le fait que j'ai arrêté 30 km avant, finalement, c'est peut-être pour ça aussi que je l'ai bien vécu. C'était peut-être, c'est une analyse psychologique à deux balles, mais c'est peut-être pas si négatif que ça parce qu'en fait, si ça avait été il y a quelques années, c'est que lui, il n'allait pas bien et j'allais aller au bout parce qu'il fallait aller au bout. La TDS, je me rappelle que ce jour-là, il aurait pu m'arriver n'importe quoi. D'ailleurs, pour l'anecdote, j'ai failli même pas aller à la ligne d'arrivée parce qu'en fait, parce que de finir la course et tout, je m'en fichais complètement. Ça n'avait rien à voir. Finalement, j'étais très content de la finir parce que ça m'a permis après de faire l'UTMB parce que j'ai eu des points, des conneries. Mais tu vois, sur ce moment-là, il y avait une connexion entre mon fils et moi et donc ouais, ces courses-là, si je les ai faites, c'était pour ça et en fait, ça a fait naître en moi une forme de passion pour la montagne. Alors moi, j'habite un peu loin donc je mets deux heures pour faire de la vraie montagne. Je vais un peu dans le Jura mais pour faire de la haute montagne, je fais de plus en plus d'alpinisme, de trucs comme ça. Je suis débutant mais toi, je fais les Dôme d'Emias, il n'y a pas longtemps, les Gui-Dour, je fais des trucs un peu d'ici et des trucs où je commence mais la montagne, ça me passionne et je pense que c'est lié à ça, c'est lié à ce parcours-là qui fait que maintenant, j'aime les efforts d'ultra-endurance, j'aime la montagne et voilà. Et un peu moins, c'est vrai, un peu moins les dossards, un peu moins les courses. Maintenant, j'ai envie de partager, tu vois, par exemple, que j'avais prévu depuis longtemps et je vais la faire avec un autre cousin, je voudrais qu'il y ait un copain qui m'accompagne. J'ai de plus en plus envie de partager des choses, tu vois, en montagne, à un rythme qui est peut-être plus lent mais qui ressemble plus à un côté PTL, tu vois, dans le sens de la baroude et tout parce que ça fait naître des trucs, ça fait naître des choses différentes, tu vois. Quand tu es en baroude comme ça, quand tu vis des moments sparsiales comme ça, les choses qu'il y a en ressort ce ne sont que des choses positives. Tu vois, là, tu ne peux plus te cacher, tu ne peux pas, tu n'es plus dans le paraître, tu es dans les choses simples, tu es obligé de revenir à de la simplicité, manger, boire, avancer et tu vois, ça fait naître des choses un peu nouvelles et je pense que c'est ce qui me plaît maintenant, je suppose que c'est ce qui me plaît. C'est pour ça que c'est devenu une forme de passion et que je retournerai sur la PTL, évidemment, dès que je pourrai. Dès l'an prochain.

Loïc Dès l'an prochain, excellent. Franchement, c'est tout ce que je te souhaite et puis je voulais dire un grand merci, Vincent, on arrive au bout. Franchement, c'était déjà un super utile pour moi et je pense que ça sera aussi pour Brice et Xavier parce qu'on va faire cette course et c'est toujours chouette d'avoir des retours de gens qui… Tu disais, même si tu as fait, si tu as arrêté à 30 km de l'arrivée, pour moi, c'est comme si tu l'avais fini. C'était roulant, c'était technique à la fin. C'est gentil, les retours d'expérience comme ça, c'est toujours hyper intéressant. Et puis après, de façon générale, je pense que ça sera… Je pense que c'est un épisode qui marquera les esprits parce que ce n'est pas souvent que… Je pense que c'est peut-être la première épreuve aussi longue sur laquelle on échange sur le podcast. Et voilà, il y a tellement de complexités de choses qui sont associées sur la gestion du sommeil, la lucidité, gestion d'équipe, l'effort, la douleur que… En tout cas, moi, je retiens, il y a beaucoup d'enseignements que je retiens de cet échange. Donc vraiment, merci beaucoup pour ça, Vincent.

Vincent Merci à toi, Loïc. Merci de m'avoir permis de partager cette expérience parce que c'est un plaisir de le faire. C'est un plaisir de le faire et puis de partager avec quelqu'un d'aussi sympa que toi, c'est cool. Je vais te suivre avec impatience sur cette PT. Je me suis dit avec impatience. Vraiment, vu qu'elle me passionne, ça me passionne de suivre les autres. Je lis beaucoup de récits d'autres concurrents et le vôtre avec beaucoup d'attention. Écoute,

Loïc on t'enverra tout ça et puis, qu'est-ce que je te souhaite ? Je te souhaite une bonne préparation pour ta PTL de l'année prochaine, alors ?

Vincent Avec plaisir. Et là, je m'inspirais de ce que vous avez fait, vous. Et pour la terminique, on fera l'inverse.

Loïc Oui, ça marche. C'est ce que tu me dises comment faire. OK ? Yes. Merci beaucoup, Vincent. Salut. Salut. Salut. Salut.

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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