Les Frappés Les Frappés
Saison 5 EP·206 Expédition #Arctique #Antarctique #armée

22 avril 2025

Aux confins de l’Antarctique : solitude et survie d’une médecin avec Claire Lenne

Durée · 46 min · Transcription disponible

Claire

Le récit

Claire Lenne est de retour sur le podcast ! Cette médecin urgentiste adepte des missions en milieux extrêmes revient sur Les Frappés pour nous parler plus en détail de la mission qu’elle a réalisé en 2023 en Antarctique, à bord d’un convoi de ravitaillement destiné à la base française de Concordia.

Elle nous explique les risques inhérents à ce type de mission, et la manière dont son rapport au temps a changé au fil des jours passés dans l’immensité blanche de ce désert de glace.

Si vous ne l’avez pas déjà fait, je vous conseille d’aller d’abord écouter le 1er épisode que nous avions enregistré ensemble, l’épisode 199, diffusé le 28 janvier 2025.

Excellente écoute à vous.

🔎 Les livres de Claire sont Docteur Globe-trotter et Tour du monde en blouse blanche. La BD que Claire évoque, "La lune est blanche" est disponible ici. Site de l'Institut Polaire Français.

🎙 Les épisodes qui pourraient vous intéresser :
👉 Épisode #199 - Elle est médecin urgentiste en milieux insolites (Amazonie, Antarctique, Centrale nucléaire...) - Claire Lenne

👉 Épisode 162 - Mettre un terme à une carrière d'officier pour devenir écrivaine et aventurière, avec Linda Bortoletto

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Transcription

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Claire S'il y a vraiment quelque chose de grave, c'est clair que le convoi s’arrête et que là, priorité aux’ so’ins. Moi, j'ai de quoi quand même intuber, donc mettre dans le coma, j'ai de quoi mettre une machine qui fait respirer, j'ai de quoi réduire une fracture déplacée, etc. Franchement, j'ai de quoi faire quand même. La difficulté, c'est sûr, il y a le cas d’être tout’ seul, de ne pas avoir d’infirmiers comme on a l’habitude à l’hôpital. Et puis, potentiellement, il faut pouvoir tenir 24’, 48’, 72’ heures le temps qu’un avion’ arrive.

Loïc Hello, hello, vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d’activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d’audace, une version un peu frappée de nous’-mêmes au’ potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des’ femmes et des’h hommes qui ont osé le’ réveiller. Mes invités sont des’ athlètes de’ tout’ niveau, des’ aventuriers’ professionnels, des’ voyages aux’ eaux long cours, des’ entrepreneuses ou encore des’ militaires, des’ forces’ spéciales. Leurs’ témoignages au’ micro’ du podcast sont de’ puissantes’ invitations à’ passer à l’action. Attention, une’ écoute régulière’ peut’ entraîner des’ changements’ positifs irrévocables’ dans vos’ vies. Claire, Laine est de’ retour sur le podcast. Cette médecin urgentiste’ adepte des’ missions au’ milieu’ extrême’ revient sur les’ frappées’ pour nous’ parler plus’ en’ détail de’ la mission qu'elle a’ réalisée’ en’ 2023 en Antarctique, à bord d'un convoi de ravitaillement’ à destination de la base française de Concordia. Elle nous’ explique les’ risques inhérents’ à ce type de’ missions’ et la manière’ dont son rapport au’ temps’ a changé’ au’ fil des’ jours passés’ dans l’immensité blanche’ de’ ce désert de’ glace. Si vous ne l'avez pas’ déjà’ fait, je vous conseille d'aller’ d'abord’ écouter’ le’ premier’ épisode’ que nous’ avions’ enregistré’ ensemble’ l'épisode’ 199’ diffusé’ le’ 28 janvier’ 2025. Excellente’ écoute’ à vous’ les’ frappées’. Fabuleux’. Écoute, Claire, moi’ je’ suis’ ravi’ que’ tu’ revien’ au’ micro’ du’ podcast’ pour’ qu’ on fasse’ un’ épisode’ un’ peu’ plus’ approfondi’ sur’ une’ de tes’ expériences’ en’ particulier’ et’ je’ te’ cache’ pas’ que’ celle’ qui’ a’ suscité’ le’ plus’ de’ réactions’ dans la’ communauté’ des’ frappées’, c’ c’ clairement’ ton’ séjour’ en Antarctique’, ton’ séjour’ de’ trois’ mois’ en Antarctique’ que’ t'as’ fait’ en’ 2023’ si’ j'ai’ bonne émoire’, si’ je’ dis’ pas’ de’ bêtises’ et’ pour’ les’ pour’ laquelle’ enfin’ fujet’ la’ en tout cas’ il y’ avait’ vraiment’ beaucoup’ beaucoup’ de’ questions’

Claire avec’ grand plaisir’ pour’ y revenir’ donc’

Loïc si’ je’ me’ remémore’ ce’ que’ tu’ nous’ avais’ racont’ la’ fois’ précédente’ cette’ mission en Antarctique’ ça’ a’ été’ une’ péripétie’ presque’ interminable’ puisque’ t’ avais’ mis’ 17’ jours’ pour’ atteindre’ à’ ta’ destination’ j'ai’ plus’ en’ tête le’ nombre d’ avions’ je’ crois’ que’ c'était’ 7’ ou 8’ mais’ je’ me’ rappelle’ que’ ça avait’ été’ épique’ avant’ d’ arriver’ sur’ place’ et’ une’ fois’ sur’ place’ 23’ jours’ de’ plus’ en’ tracteur chenille’ pour’ rejoindre’ la base’ française’ de Concordia’ 1000’ kilomètres’ plus’ loin’ à’ l'intérieur’ du’ continent’ le’ tout’ par’ moins’ 40’ de’ c’ à’ peu’ le’ tableau c’ est’ bon’

Claire c’ ça effectivement’ le’ moins’ 40’ c’ c'était’ le’ plus’ bas’ qu’ on a’ commencé’ à’ moins’ 5’ mais’ on est’ descendu’ jusqu’ à’ moins’ 40’

Loïc waou’ ok’ donc’ clairement’ une’ expérience’ une’ expérience’ hors’ norme’ les’ questions’ les’ questions’ qu’ a’ eues’ dans la’ alors’ moi j'en ai’ plusieurs’ pour’ toi’ mais’ j'avais’ demandé’ aussi’ j'ai’ un groupe WhatsApp avec’ une soixantaine’ on doit’ être 70 peut’-être’ maintenant’ d'auditeurs’ hardcore’ du’ podcast’ les’ questions’ qui sont’ revenu’ le’ plus’ c’ étaient’ autour’ de’ finalement’ du’ trajet’ plus’ autre’ chose’ et’ notamment’ comment’ enfin’ comment’ est’-ce’ qu’ on’ s’ occupe’ quand’ on’ passe’ 24’ jours’ dans’ un’ tracteur’ à’ chenilles’ et’ est’ est’ que’ tu peux’ nous’ expliquer’ peut’-être’ d'ailleurs’ ce tracteur’ enfin’ pour’ qu’ on’ visualise’ un’ petit’ peu’ on’ parle’ de’ quoi’ c’ est’ une sorte’ de’ train’ sur’ chenilles’ donc’ tu’ as’ plusieurs’ wagons’ accrochés’ au’ tracteur’ en’ tant que’ tel’ ou’ comment’ ça’ se’ présente’ ?’

Claire alors’ comment’ ça’ se’ présente’ et’ bien’ chacun’ a’ un tracteur’ chenillé’ et’ on’ tracte’ derrière’ nous’ plusieurs’ containers’ qui’ sont’ eux’ même’ chaussées’ sur’ des skis’ en’ gros’ sur’ des’

Loïc ah’ donc’ c’ un convoi’ c’ un convoi’ voilà’

Claire sa’ que’ comme’ c’ est’ extrêmement’ dur’ pour’ les’ tracteurs’ c’ est’ extrêmement’ hostile’ en’ fait’ c’ dur’ c’ est’ en’ pente’ la neige’ elle’ est’ dure’ c’ vraiment’ de’ la neige’ plus’ glace’ quas’’ et’ avec’ des’ bosses’ sans’ arrêt’ et’ du’ coup’ le’ tracteur’ il’ est’ en’ permanence’ à’ 90’ 95’ ’ de’ son’ maximum’ et’ donc’ pour’ pouvoir’ l'aider’ on’ est’ deux’ tracteurs’ relié’ à’ tout’ un convoi’ en’ gros’ donc’ la plus’ grosse’ difficulté’ c’ c’ que’ quand’ on’ démarre’ le convoi’ on’ a’ d'un seul’ coup’ en’ fait’ il’ a’ deux’ tracteurs’ pour’ 200’ et’ au’ total il’ y a’ 600’ et’ donc’ la plus’ grosse’ des’ difficulté’ c’ c’ c’ de’ démarrer’ en’ même’ temps’ donc’ il’ un’ premier’ tracteur’ qui’ prend’ un’ petit’ peu’ d’ élan’ et’ dès que’ l'élingue’ donc’ la corde’ entre’ nos’ deux’ tracteurs’ se’ tend’ moi il’ faut’ que’ je’ démarre’ à’ la seconde’ près’ parce’ que’ si’ je’ démarre’ pas’ le’ tracteur’ de’ devant s’embourbe’ on’ dit’ qui’ s’en sou’ dans le langage antarctique’ et’ si’ c’ le’ contraire’ si’ c’ moi’ qui’ démarre’ trop tôt’ ben’ je’ suis’ toute’ seule’ à’ tracter’ 200’ donc’ je m’en sou’ aussi’ et’ alors’ là’ c’ est’ la’ c’ c’ est’ est’ vraiment’ la’ c’

Loïc Donc’ toi’ t’ as’ Toi-même, conduis les tracteurs aussi ?

Claire Oui.

Loïc Excellent. Ah oui, là, c'était vraiment de la médecine très, très… Ativique. Oui, c'est clair.

Claire Pour l'année dernière, j'étais partie m'entraîner chez un ami qui est agriculteur en Normandie. Donc, j'avais coupé le lin avec lui pour conduire le tracteur. Mais clairement, le tracteur chenier de l'Antarctique, ce n'est pas la même.

Loïc Tout ça, les détails de la mission, tu les avais avant de t'engager, en tout cas de candidater ? Puisque si je me souviens, il y a un process de sélection où tu candidates et il y a un certain nombre d'étapes. Mais c'était assez clair quand même sur ce que tu allais vivre ?

Claire Alors oui et non, parce qu'en fait, moi, je me suis beaucoup renseignée auprès des anciens médecins qui ont fait d'autres missions. Il y en a deux que je connaissais vraiment bien et une troisième que je connaissais un petit peu. mais en fait, on a beau essayer de comprendre, de creuser, etc., on ne peut pas se rendre compte. C'est impossible. Et il y a aussi une BD, en fait, pour ceux que ça intéresse, qui s'appelle La Lune est Blanche, qui est une BD assez incroyable sur le raid d'Antarctique qui présente vraiment pas mal les choses. Mais en fait, tôt ou tard, je pense que j'aurais pu passer des jours et des jours à en discuter. Le vécu, c'est tout autre chose encore.

Loïc Tu dirais que c'est quoi qui t'a le plus étonnée sur cette mission ? Peut-être un aspect que tu n'avais pas forcément imaginé ou dont tu avais connaissance, mais qui a été vraiment décuplé sur place ?

Claire La monotonie, peut-être. C'est vraiment… En fait, sur la banquille, sur la côte, il y a vraiment des animaux, etc. Mais alors, dès qu'on rentre dans les… On ne peut pas dire dans les terres, dans les glaces. Alors là, c'est une monotonie incroyable. C'est blanc, blanc, blanc tout le temps. Et la seule différence d'un jour à l'autre, c'est la météo, c'est tout. Mais le quotidien est exactement le même.

Loïc Typiquement, parce que si j'ai bien compris ce que tu nous expliquais dans l'épisode précédent, en fait, ton rôle en tant que médecin, c'était vraiment d'être cette médecin embarquée au sein d'un convoi. Mais une fois à Concordia, finalement, ta mission était finie. Il fallait déjà repartir. Le besoin de médecin était vraiment pour le trajet. C'est bien ça.

Claire Oui, mais alors aussi bien l'aller que le retour, d'une part. Et d'autre part, une fois que cette grosse expédition de 23 jours était terminée, après, je suis encore restée un mois et demi sur la base qui s'appelle Cap Prud'homme. Et là, j'étais à nouveau le médecin de la base Cap Prud'homme. En fait, c'est une petite base où on est au maximum 20. Par contre, en permanence, il y a des gestes, des actes très dangereux. Il y a de la manipulation de charges très lourdes, de produits dangereux, etc. Et en permanence, il peut se produire quelque chose. Et donc, il fallait aussi un médecin sur cette base-là.

Loïc Ok. Donc, Concordia, c'est vraiment très loin à l'intérieur des glaces. Cap Prud'homme, c'est plutôt sur la… J'en ai jamais entendu parler. Je ne suis pas du tout un expert de l'Antarctique, mais c'est plutôt proche des côtes, du coup ?

Claire Oui. En fait, c'est vraiment sur la côte. Et sans doute que tu as entendu parler, du coup, de Dumont-Durville, qui est beaucoup plus connu. Et en fait, Dumont-Durville, c'est sur une île. Et donc, les tracteurs ne peuvent pas partir du Nil, parce que la glace, elle dégèle en été. Donc, en gros, c'est l'équivalent du Dumont-Durville à 5 km de là, mais sur la côte. D'accord. Et voilà. Donc, c'est pour ça que c'est beaucoup plus petit. Et en fait, quand on est en hiver, on peut aller à pied, c'est une heure de marche, en gros. Mais dès que l'été arrive, la glace est trop fragile, il faut y aller en hélicoptère. Et donc, il y a des jours où l'hélico, ça passe, il n'y a pas de souci. Et le médecin du Dumont-Durville pourrait venir à Cap-Prudhomme, mais il y a vraiment beaucoup de jours de tempête où c'est impossible. Et donc, il faut un médecin de ce côté.

Loïc D'accord. OK. Et donc, typiquement, dans cette base, qu'est-ce qu'on fait ? On fait de la recherche ? C'est de la logistique pour des bases plus en profondeur, justement ?

Claire Alors, en Antarctique, il y a deux grandes missions. Il y a tout ce qui est scientifique et tout ce qui est logistique en appui aux scientifiques. Et donc, par exemple, la base de Cap-Prudhomme, c'est que de la logistique. C'est uniquement… En gros, cette base est vraiment basée… Enfin, sa raison d'être, c'est vraiment de déclencher le raid, d'emmener de la nourriture, du fuel et des pièces mécaniques, etc., à Concordia. Donc, c'est vraiment une base avec, globalement, des mécaniciens, en grande partie, qui trafiquent les tracteurs, etc., qui chargent le convoi et qui servent vraiment à ravitailler. Donc, il n'y a pas tellement de scientifiques. Ou alors, il y a des scientifiques qui viennent juste à la journée ou sur deux, trois jours pour étudier… Ah, j'exagère un tout petit peu parce qu'il y a un glacier juste à côté. Donc, il y a trois glaciologues qui étaient là en permanence pour étudier le glacier. Mais tout ce qui est ornithologie, etc., c'est vraiment sur deux mondes urbules.

Loïc D'accord. OK. Et donc, toi… Alors, j'allais passer sur un autre sujet, mais pour finir sur le sujet du trajet, comment… Si tu disais que ce qui t'a finalement peut-être le plus surpris ou qui a été le plus challengeant, c'était la monotonie, comment tu pallies à ça ? Comment est-ce qu'il y avait des tips qui étaient échangés entre vous ? Est-ce que vous aviez l'occasion d'échanger ou finalement pas trop parce que c'est tellement intense de conduire ces tracteurs à chenilles qu'on n'a pas le temps de discuter ? Parce que finalement, deux fois 24 jours… C'était 24 jours aussi le retour ?

Claire Non, c'était 9 jours de montée et 9 jours de descente.

Loïc Ah, voilà. D'accord. OK.

Claire 3 jours sur place. Yes.

Loïc Du coup, comment est-ce que vous occupez ces journées ?

Claire Alors, c'était la grande inconnue de savoir comment j'allais vivre moi-même ces heures et ces heures de solitude. En fait, on est vraiment chacun tout seul dans son tracteur. Globalement, la radio, on s'en sert très peu. On peut communiquer entre nous, mais en fait, l'idée, c'est de ne pas la monopoliser et de pouvoir l'utiliser à tout moment en cas d'urgence. Et puis, il y a aussi une espèce de deal là-bas qui est que c'est notre moment dans notre bulle et que finalement, ça se vit un peu chacun de son beauté. Et après, on partage des moments collectifs à midi et le soir, mais pas pendant les heures de trajet. Et donc, on alterne entre trois choses. Premièrement, c'est écouter des podcasts. Deuxièmement, c'est écouter de la musique. Et troisièmement, ne rien écouter du tout. Et c'est vraiment en permanence, on jongle entre ces trois activités-là. Donc, les podcasts, moi, j'aimais beaucoup au début. Et finalement, à la fin, j'étais tellement fatiguée des heures et des heures de tracteur et puis du rythme un peu, entre guillemets, effréné, même si le tracteur ne va pas vite. Mais en fait, à la fin, les podcasts, ça m'endormait. Je suis devenue incapable d'en écouter. Donc, c'était surtout de la musique le plus fort possible pour me réveiller. Et donc, on se refile des clés USB avec une énorme playlist et puis on la change de temps en temps. Voilà.

Loïc Excellent.

Claire Et en fait, il y a une autre anecdote, c'est qu'il y a un des anciens médecins du RAID qui m'a envoyé très gentiment une clé USB avec plein, plein, plein de documents à mettre dans mon tracteur. Sauf que moi, le jour du départ, c'était très compliqué parce qu'on m'avait annoncé mon avion au départ de la Réunion qui devait partir le mardi à 14 heures. Et finalement, je reçois mon billet d'avion enfin le lundi. Et le lundi, je regarde l'heure et je dis mais non, en fait, c'est départ dans deux heures. Et donc, c'était un prendre-bas de combat, mais inimaginable. Et donc, j'ai fait mes bagages vraiment en 5 minutes top chrono. J'ai pris les affaires trempées qui sortaient de la machine à laver et j'ai couru à l'aéroport comme une dératée. Et donc, j'ai oublié cette fameuse clé USB. J'ai oublié mes baskets. J'ai oublié plein, plein de choses parce que je ne pouvais pas, voilà. Donc, la clé USB, je l'ai retrouvée au retour et heureusement, quelqu'un m'en a finit une là-bas avec plein d'autres documents aussi.

Loïc Ce sera l'occasion d'y retourner du coup.

Claire Oui, exactement.

Loïc Si on passe sur les sujets actes médicaux, qu'est-ce qui... Alors, là tout de suite, je pense à plein de choses qui semblent évidentes, mais qu'est-ce qui justifie la présence d'une médecin au sein du convoi ? Qu'est-ce qui peut y avoir comme acte ? Ou est-ce qu'il y a déjà eu des actes médicaux qui ont dû être pratiqués pendant ce type de raid dans ta connaissance ?

Claire Alors, des actes vraiment, je crois qu'il n'y en a pas eu tant que ça. Par contre, il y a eu des mal de dos importants. Il y a eu l'histoire d'hémorroïde aussi qui n'est pas très grave en soi, mais quand on reste assis sur un tracteur pendant des heures, ça devient vite très compliqué. Ah oui. Il y a eu une infection majeure il y a quelques années. Ce n'était pas moi, mais globalement, il y a peu d'actes. C'est plus un petit peu, entre guillemets, de la biologie du quotidien, mais on sait que tout peut dégénérer vraiment très vite. Il suffit d'avoir, je ne sais pas, une grosse tempête, quelqu'un qui chute d'un escalier, une hypothermie. En fait, ça peut très vite être très grave. Donc, c'est vraiment la précaution d'avoir un médecin parce que globalement, il ne se passe rien. Mais alors, le jour où il se passe quelque chose, c'est très vite très grave.

Loïc Oui, c'est ça, ce que tu as expliqué dans l'épisode précédent. C'est qu'il y a plein de choses qui sont extrêmement compliquées. Au-delà du fait que c'est très isolé, du fait des températures, par exemple, certains tuyaux en plastique cassent comme du verre. Donc, tu disais qu'il y a quand même plein de paramètres techniques qu'il faut prendre en compte. Avec quel type d'équipement médical est-ce que toi, tu es montée dans ce convoi ? Est-ce que tu étais vraiment équipée si jamais il se passait quelque chose d'un peu sérieux pour pratiquer des actes ? Tu avais quand même ce qu'il fallait ?

Claire Clairement, oui. En fait, on a neuf caisses de matériel.

Loïc Ah oui.

Claire Une grosse caisse. Alors, l'espace est extrêmement contraint. Donc, on cache une caisse à tel endroit, une caisse à tel endroit, une caisse à tel endroit. Et puis, on a une liste pour le jour venu, s'il y a une urgence vitale, trouver directement où est la telle de cheville, etc. pour aller chercher un coup à droite, un coup à gauche. Mais s'il y a vraiment quelque chose de grave, c'est clair que le convoi s'arrête et que là, priorité aux soins. Donc, moi, j'ai de quoi quand même intuber. Donc, mettre dans le coma, j'ai de quoi mettre une machine qui fait respirer. J'ai de quoi réduire une fracture déplacée, etc. Franchement, j'ai de quoi faire quand même. La difficulté, c'est sûr, il y a le fait d'être tout seul, de ne pas avoir d'infirmiers comme on a l'habitude à l'hôpital. Et puis, potentiellement, il faut pouvoir tenir 24, 48 heures, 72 heures le temps qu'un avion arrive, un petit avion chaussé sur des skis, que la météo soit compatible, que l'avion soit disponible, qu'on lui dame une piste d'atterrissage d'urgence, etc.

Loïc Wow. Et donc, ça veut dire que j'imagine que vous avez des abris que vous pouvez utiliser, des sortes de tentes un peu extrêmes que vous pouvez monter ou tout doit se faire dans les chenilles, dans les tractors ?

Claire Non, c'est à l'intérieur parce qu'une tente à moins 40, ça ne sert à rien. Oui, c'est vrai. En gros, ça serait dans la salle à manger. Il y avait un petit canapé où on s'installait pour manger. Là, potentiellement, je peux allonger un malade. Mais en même temps, je dis ça, mais ce n'est pas vrai parce qu'il n'était pas très accessible. Ce canapé, ça aurait sans doute été sur la table de la salle à manger. La règle, de toute façon, c'est de la débrouille. On fait le mieux possible avec ce qu'on a, mais c'est sûr que c'est de la débrouille. Attends, quand tu dis table

Loïc de la salle à manger, c'est une fois à la base ?

Claire Non, dans le convoi, en fait. Ah, dans le convoi,

Loïc vous aviez un, d'accord. Oui,

Claire pardon, oui. En fait, il y avait trois containers principaux qui nous servaient à vivre et tous les autres, c'était des containers où on transportait des choses. Et donc, dans les containers principaux, on avait une tête de salle à manger et il y avait deux dortoirs de quatre lits et un dortoir de deux lits et un groupe électrogène, une douche, un toilette, un robinet avec de la neige.

Loïc Oui, donc des conditions très, très spartiate.

Claire Clairement, clairement, oui.

Loïc OK. Et donc, dans le convoi, vous étiez nombreux ?

Claire On était dix. Donc, une femme, initialement, j'étais la seule femme pour la montée et puis neuf hommes. Et puis finalement, à la descente, il se trouve qu'il y a une autre femme qui a remplacé un des hommes. Donc, on était deux sur la descente.

Loïc OK. OK. Et du coup, quand vous partez, donc tu disais 200 tonnes par tracteur, c'est énorme. Oui. Là, l'idée, c'est que vraiment, vous partez en autonomie totale. Vous avez une marge de manœuvre quand même dans votre organisation ? Vous prévoyez des jours en plus ou finalement, vous n'avez pas trop l'option de le faire parce que vous êtes déjà tellement chargé qu'il n'y a plus de place pour du fil en plus ou des vivres ?

Claire Oui. L'Antarctique, la règle d'or, c'est l'Antarctique. En Antarctique, pas de pronostics. C'est formel parce qu'il se passe tout le temps des problèmes. En fait, la vie normale en Antarctique, ce n'est pas tout va bien et une fois en temps un problème, il y a des problèmes tout le temps et on les résout tout le temps. Donc, on ne sait pas quand est-ce qu'on va arriver. On sait que statistiquement parlant, souvent, on met 10 jours à la montée. Mais en fait, les tracteurs, ils ont des problèmes. La météo peut nous paralyser pendant trois jours d'affilée et que si c'est la pleine tempête, on ne peut plus avancer, on doit attendre. Donc, nous, on prévoit l'aléa en permanence. Et nous, finalement, on a eu un gros gros aléa sur la descente. On a eu une dameuse qui s'est cassée complètement et donc, elle ne roulait plus. Et en fait, on a un traîneau en plus sur lequel on a fait monter la dameuse. Alors, les gars sont hyper débrouillards en Antarctique et ils ont un peu réponse à tout. Et donc, on a fait monter la dameuse cassée dessus. En fait, on avait deux dameuses, une qui damait, qui aplatissait la neige au début du convoi et une autre qui redamait à la moitié du convoi parce que le convoi défonce la piste. Et donc, finalement, heureusement, c'était un peu sur la fin de la descente. Donc, heureusement que c'était à ce moment-là. Mais ouais, non, on a perdu une dameuse.

Loïc Ok. La débrouille, ça, j'imagine que ça doit clairement faire partie aussi de tes qualités, de ce que t'apportes dans une équipe. Là, on parle de l'Antarctique, mais encore une fois, s'il y en a qui n'ont pas écouté ton épisode précédent foncé, tu es quand même une habituée des missions en milieu insolite. J'ai en tête les centrales nucléaires en Chine, l'Amazonie, il y a eu quand même plein d'autres choses avant. Donc, je suppose que ça, ça doit être quand même un trait de caractère à la débrouillardise qui est un peu essentiel pour n'importe quelle personne qui fait partie de ce genre d'expédition.

Claire Ouais, clairement, il faut savoir sortir de nos standards et globalement, si on attend d'avoir un scanner sous la main, on peut l'attendre très longtemps.

Loïc Ouais. Ces 10 personnes, du coup, c'était quoi leur rôle ? Toi, t'étais, évidemment, je pense, un pilier indispensable pour le côté sécurité et médecine, mais les autres membres du convoi, c'était quoi leur mission ?

Claire Alors, ce qui est drôle, c'est que moi, je suis dans la théorie indispensable, dans la pratique, je ne le suis pas du tout et je suis même la moins utile de l'expédition puisque je suis vraiment là au cas où il y a un problème, mais souvent, il n'y a pas de problème. Donc, finalement, les 9 autres gars étaient bien plus utiles que moi, ce qui est étrange, mais c'est comme ça. Et donc, les autres, il y avait un chef d'expédition, il y avait, alors tout le monde est chauffeur de tracteur, tôt ou tard, et puis les autres, il y en avait un qui était informaticien et qui gérait l'électricité, etc., mais la majorité, ils étaient mécanos, en fait. Et puis, tous les soirs, quand on arrêtait le convoi, il fallait faire la maintenance du tracteur, mesurer sa consommation, refiouler, et puis gérer la pression des chenilles, gérer les petits problèmes qui surviennent en permanence. Voilà, et c'est pour ça que moi, en tant que médecin de l'expédition, le soir, quand le convoi s'arrête, je n'ai pas ces compétences, donc le médecin est cuisinier de l'expédition, parce que finalement, c'est les compétences les plus faciles à… parce que le soir, je ne vais pas me tourner les pouces pendant qu'ils font leur maintenance. Voilà.

Loïc Je t'avais demandé d'ailleurs la dernière fois si la légende était vraie, qu'on mange très, très bien dans les bases françaises dans l'Antarctique. Tu m'avais dit oui. Est-ce que si je pose la question à tes neuf compagnons à l'aller au retour, ils répondraient la même chose ? Je ne sais pas si tu as cuisiné au retour aussi ou pas, mais…

Claire Alors moi, c'est un gros gag parce que moi, je ne cuisine pas. Mes amis qui me connaissent rigolaient bien de savoir que j'étais cuisinée. Mais le travail était très facilité parce que c'était du surgelé à réchauffer. Ah oui, d'accord. Il paraît que tous les médecins ne s'en sortent pas aussi bien tous les ans avec il y en a qui se débrouillent pour servir des plats congelés ou brûlés. D'ailleurs, petite anecdote, c'est qu'il n'y a pas besoin de congélateur en Antarctique, donc on laissait nos plats surgelés à l'extérieur. Et à l'inverse, le frigidaire qui est à plus 4 degrés, c'était un chauffage bien sûr puisqu'à l'extérieur, il fait un grand froid qu'en fait, on chauffe à 4 degrés. Donc, c'est le seul endroit du monde sans doute où le chauffage, le frigo est un chauffage.

Loïc Parce que du coup, c'était quoi l'écart de température entre l'intérieur des chenilles et l'intérieur des tracteurs ou des containers et l'extérieur ?

Claire Honnêtement, on chauffait bien à l'intérieur. Et le matin, quand on rentre dans le tracteur, il fait froid, mais en fait, ça chauffe très vite. Et en plus, on a des vitres en, je ne sais pas, une sorte de pélixigax qui fait que ça chauffe vraiment à l'intérieur. Moi, on m'avait dit que je serais souvent en tee-shirt et franchement, c'était vrai. C'est complètement étrange, mais c'est vrai.

Loïc Et ça, d'un point de vue médecine, ça ne peut pas être source de problème des écarts aussi énormes ? Parce que s'il était en tee-shirt, c'est qu'il devait faire autour de 20 degrés peut-être ?

Claire Alors moi, j'étais très fière de moi parce que je trouvais que je tolérais bien le grand froid. Et en fait, je me suis rendue compte en arrivant à Concordia que je tolérais bien parce que je passais finalement cinq ou dix minutes dehors, pas plus. Et en fait, je passais dehors pour faire les transferts de mon tracteur au container et du container au tracteur. Mais finalement, quand on est arrivés à Concordia, il y avait absolument toute la base de Concordia qui nous attendait dehors en doudoune, enfin en tenue intégrale. Et donc là, on a pris une heure à se serrer dans les bras. C'est vraiment un moment extrêmement festif. Et en fait, là, j'ai eu le froid de ma vie. J'étais absolument congelée. Et donc, j'ai découvert que non, je tolère pas plus que ça. C'est juste que j'étais plus sortie jusque là. Donc finalement, on n'a pas de poids. Enfin moi, pareil, je suis très frileuse. Donc ça faisait rire ma famille et mes amis. Mais en fait, déjà, on est très bien équipés. Et puis en fait, dès qu'on est à l'intérieur des bases ou des tracteurs, on s'est bien chauffé, on n'a pas froid du tout.

Loïc Et sans parler nécessairement de médecine ou de sujets sérieux, mais à titre individuel, quelqu'un qui part sur ce type d'expédition où c'est à la fois très long, spartiate, il fait très froid, ça serait quoi les sujets de vigilance d'un point de vue vraiment médical ? Mais personnel, sans nécessairement avoir un médecin impliqué. À quoi est-ce qu'il faudrait faire attention ? L'exposition de sa peau, les yeux ?

Claire Ah oui, sur le plan physique, l'exposition de sa peau, effectivement, parce qu'en fait, le froid au début, ça fait très mal. Et en fait, si on ne se recouvre pas, ça ne fait plus mal du tout parce que le froid est anesthésiant. Et en fait, c'est là où ça devient vraiment grave, notamment pour le bout du nez. Et donc, les mécanos qui passent une heure ou plus dehors, ils se surveillent un peu les uns les autres. Et s'ils voient que l'autre a le nez tout gelé, en fait, ils lui disent il faut que tu rentres là. Même si tu ne sens rien, il faut que tu rentres, va te mettre au chaud et tu reviens quand tu es réchauffé. Et effectivement, le fait de remettre le bout du nez au chaud, d'un coup, on ressent la douleur, la morsure du froid. Donc ça, c'est un piège. Après, bien sûr, les enjelures, donc le froid des pieds, le froid des mains, les coups de soleil, il faut se méfier si on reste un peu longtemps dehors parce que, bien sûr, il y a un énorme reflet

Loïc et le fait de respirer, tu vois, quand tu disais moins 40 au plus froid, le fait de respirer cet air en direct, c'est problématique ou pas ?

Claire En fait, moi, j'avais quand même tellement froid partout qu'en fait, au début, on essaye de dégager le nez pour respirer de l'air pur et donc filtrer à travers un tissu et en fait, même le bout du nez, il faut le protéger. Donc en fait, l'air, il est quand même respiré à travers la cagoule. Après, l'air, il est hyper sec en altitude, enfin, à moins de 40 degrés, l'air est tellement, tellement sec que ça donne soif mais c'est vraiment impressionnant, on se réveille plusieurs fois la nuit pour boire, boire, boire, boire, boire, une espèce d'envie frématique quoi. C'est drôle parce qu'on se déshydrate juste en respirant en fait.

Loïc Ce que tu évoquais sur les extrémités, enfin, le froid qui est anesthésie, ça me fait penser, quand j'ai vécu un hiver à Montréal et on m'avait dit de faire attention à ça, on m'avait dit ah, mais fais gaffe, tous les ans, il y a des gens il fait un peu froid, moins 15, moins 20 et en fait, quand il rentre, il passe l'eau sous les mains pour se réchauffer, il ne sent rien donc il ne met plus chaud et en fait, ça peut faire des brûlures au premier degré quoi.

Claire Ouais, c'est vraiment bête, ouais.

Loïc Ok, et donc, tu disais, une fois à Concordia, donc, trois jours sur place, là, tu as des missions qui te sont attribuées en tant que médecin où l'idée, c'est vraiment de se reposer, de recharger les batteries avant de repartir pour le trajet retour.

Claire Alors, moi, j'étais plutôt un peu privilégiée parce que, d'une part, je ne connaissais pas Concordia donc il y avait mille trucs à découvrir donc j'ai pu découvrir et puis j'ai pu me reposer aussi mais en fait, quand on est en altitude à 2000, alors normalement, on est à 3200 mètres d'altitude mais en fait, il y a une pression atmosphérique si basse, elle était à 660 quand on est arrivé que c'est un équivalent à 3800 donc en fait, on ne dort pas bien, on ne se repose pas bien mais déjà, juste de sortir de son tracteur et du bruit ambiant, ça fait un bien fou. Voilà, mais par contre, les gars, ils avaient quand même toute une maintenance des tracteurs à faire et puis surtout, ils avaient beaucoup de déchargement des containers alors ils étaient aidés par la base de Concordia mais donc, globalement, il y a deux jours de décharge et puis recharge des déchets de Concordia quand on redescend à la côte mais il y a un jour complètement off.

Loïc Ok, sachant que tu disais qu'il y a plein de choses à faire à Concordia, j'ai des photos sous les yeux là, en fait, c'est quoi ? C'est principalement deux gros bâtiments cylindriques, c'est ça ?

Claire Oui, mais en fait, pour le coup, là-bas, il y a vraiment beaucoup d'activités scientifiques et donc moi, j'ai été fascinée par tout ce qu'on m'a expliqué sur les différentes expériences. Il y a bien sûr la glaciologie qu'on imagine bien avec notamment un forage de plus de 3 km de profondeur pour remonter le climat parce qu'on mesure la glace datant de plusieurs milliers d'années, de 800 000 ans et là, ils sont en train de faire un forage qui remonte jusqu'à 1,5 million d'années pour retrouver les petites bulles d'air de l'époque qui sont piégées dans la glace. Ça, c'est le plus gros projet sans doute, le plus connu mais après, il y a plein d'autres projets. Il y a de l'astronomie parce que par exemple, on profite de la nuit continue pour pouvoir observer des étoiles en continu pendant 4 mois et sans être du tout embêtés par la lumière du jour parce que c'est fascinant. Il y a des projets sur la médecine, comment le corps s'adapte à des endroits aussi extrêmes. Donc, c'est des projets qui sont menés par l'ESA, l'Agence spatiale européenne parce que potentiellement, ça pourrait être représentatif des voyages vers Mars. Il y a des projets, c'est inimaginable. Il y a une anthropologue aussi qui étudie les rapports humains. C'est vraiment très, très varié.

Loïc Il me semble que tu avais croisé Thomas Pesquet à Concordia.

Claire Oui, exactement.

Loïc Qui était là dans le cadre d'une démission justement d'adaptation du corps à ce type de milieu, je suppose ?

Claire Exactement. Il a eu pas mal de prises de sang, une IRM du cerveau, etc., pour voir comment son corps s'adapte à ce milieu extrême, à la fois le froid, l'isolement, l'attitude. Et donc, effectivement, pour vraiment dans l'idée d'envisager des missions sur Mars. Il y avait aussi des études sismologiques, donc c'est vraiment intéressant. Il y a des sismomètres qui enregistrent tous les tremblements de terre. Et un tremblement de terre, un séisme qui aurait lieu au Japon, se répercute en 10 minutes en Antarctique. Et puis nous, en fait, là-bas, les signaux sismiques ne sont pas du tout perturbés par les usines, les voitures, etc., et l'activité humaine, donc c'est extrêmement pur. On enregistre aussi le glacier qui se craque éventuellement. Il y a des projets, vraiment, c'est passionnant la variété.

Loïc Je vois qu'il y a de la mesure du champ magnétique terrestre avec des séries d'antennes énormes. et là, je mettrai le lien vers cet article. Alors, je ne sais pas si c'est un article de Mère et Marine sur la logistique polaire en Antarctique et c'est assez intéressant. Il y a des photos, notamment, d'un convoi et comme ça, les gens pourront voir. C'est une ligne droite à perte de vue sur une étendue parfaitement plate et blanche. Effectivement, là, en termes de monotonie, ça parlera aujourd'hui.

Claire Oui, oui.

Loïc OK. Et donc, pour nos amis complotistes, est-ce que tu peux nous confirmer qu'il n'y a pas un mur secret au Pôle Sud ou une base militaire ou que sais-je ? Tu n'as pas vu ça ?

Claire Ah non, je ne sais pas. Non,

Loïc je te dis ça parce que je suis tombé et on m'a envoyé il n'y a pas très longtemps. Apparemment, il y a un YouTuber qui est connu dans la sphère complotiste qui est allé en Antarctique pour vérifier par lui-même que le soleil ne se couchait jamais à la période de l'année dans laquelle il allait. Donc, ça a été un peu relayé par des grands médias. C'est comme ça que j'ai découvert ce sujet. je me suis dit que j'allais pouvoir te demander confirmation.

Claire Oui, je confirme. Au final, l'immensité parcourue entre acteurs, mais finalement, quand on prend sur la carte, ça reste une petite partie de l'Antarctique. Par exemple, on s'est très peu accroché du Pôle Sud, du vrai Pôle Sud et donc, ça rendit long sur l'immensité de ce continent-là.

Loïc Excellent. Je refais un tour sur les questions de la communauté des frappés. Je pense que c'était un petit peu les... Oui, il y avait une des questions, c'était pourquoi est-ce que tu as dit oui à ce type de mission en sachant, en connaissant un petit peu en avance ce dans quoi tu as été engagée ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi dire oui à 24 jours dans un convoi de tracteurs chenilles par moins 40 ?

Claire Alors moi, je pense qu'il y a vraiment la fascination pour la découverte et c'est surtout ça. J'avais envie de découvrir l'Antarctique, découvrir ce convoi, ce mode de vie tellement lointain. Et puis d'ailleurs, je m'estime extrêmement chanceuse d'avoir eu accès à ce contrat-là. Mais voilà, c'est vraiment le plaisir de découvrir avant tout. Et puis je pense qu'il y a aussi toute une part de défis. Moi, je suis assez réceptive au côté défis et de se dépasser, de se confronter aussi à là où on n'a jamais été. Les rencontres aussi, ça me touche beaucoup, la vie en communauté, le fait d'habiter ensemble et puis de finalement mieux se connaître les uns les autres avec à la fois toutes les joies et tous les défis aussi. Ce n'est pas facile tous les jours. mais tout ça, ça m'a fascinée.

Loïc C'est ce que j'allais dire. Ça serait super intéressant d'échanger avec un anthropologue et une anthropologue qui a pu mener un peu des recherches dans ce type d'environnement. Parce que là, je suis en train de voir que toi, tu as fait une mission de trois mois mais où finalement, tu as quand même beaucoup bougé. Mais si j'ai bonne mémoire, tu m'avais dit qu'il y a des gens qui restent bien plus longtemps. Finalement, une année complète, c'est assez standard, c'est ça ?

Claire Oui, effectivement, je pense que une partie de ceux qui viennent en Antarctique viennent pour un an entier. Et il y en a même d'ailleurs qui reviennent. moi, par exemple, les gars du Red, ils revenaient tous les ans depuis, il y en a un, ça faisait 26 ans qu'ils revenaient. Alors à chaque fois, c'est sur trois mois mais c'est incroyable. Et au moment où j'étais, il y avait deux anthropologues qui travaillaient justement sur les habitants de l'Antarctique au sens hyper large et y compris les marins qui travaillent sur le bateau qui déposent des hivernants et des campagnards d'été en Antarctique enfin, c'était vraiment, ils étudiaient un peu tout le monde avec des études, des entretiens très longs. D'ailleurs, ils ont fait une étude assez amusante aussi sur qu'est-ce qu'on emmène dans sa valise quand on va en Antarctique. Voilà, c'est des sujets de recherche infinis.

Loïc Parce que là, je vois qu'en hiver, donc à Concordia, il y a une capacité d'accueil qui est de 50 à 70 personnes l'été, mais qu'en hiver, il y a finalement très peu de monde, 13 à 15 a priori.

Claire Oui, ils étaient 12 cette année, oui.

Loïc 12, ah oui.

Claire Et puis souvent, il y a une femme ou deux femmes. Alors cette année, s'il ne me trompe pas, je crois qu'il y a eu trois femmes et que c'était un record, trois ou quatre, mais en tout cas, c'était vraiment un record absolu dans l'histoire de Concordia.

Loïc Sachant que là, pour le coup, quand l'hiver s'installe, il n'y a pas vraiment d'option, enfin, ils sont absolument complètement isolés. Ce n'est même pas possible d'y aller en avion, le fait qu'ils fassent nu en permanence, j'imagine que ça va être compliqué d'atterrir.

Claire Oui, il n'y a absolument aucun moyen d'évacuation et même s'il y avait un truc grave, on ne peut rien tenter. Il n'y a rien de tentable. Par un tracteur, les tracteurs, ils gèlent à cette température-là en hiver et puis par les avions, les avions aussi gèlent. Alors il y a eu une année, je ne sais plus, je t'en avais parlé sur le premier podcast, au vrai pôle sud, il y a une base et il y a une femme qui s'est diagnostiquée elle-même avec un cancer du sein. C'était la médecin qui s'était diagnostiquée avec un cancer du sein donc elle ne pouvait pas être évacuée et elle ne pouvait pas avoir accès. Alors ils ont trouvé une solution, c'était de larguer par parachute des caisses de chimio. La caisse s'est faite elle-même. C'était une histoire complètement dingue.

Loïc Oh putain !

Claire Oui. Il y a trois choses faisables pendant l'hiver. Il n'y a rien d'autre de faisable.

Loïc Et donc est-ce que pour les personnes, les hivernants, est-ce que les rôles sont dupliqués ? Avec l'exemple que tu viens de donner, admettons que, j'espère que, je ne sais pas quelle était l'issue pour cette médecin mais j'espère que c'était une issue positive. Mais si jamais il devait se passer quelque chose de grave, est-ce que les rôles sont dupliqués ? Est-ce qu'on prévoit une médecin plus un infirmier très très calé ou des sortes de backup en fait ?

Claire Non, il n'y a pas ça. Par contre, le médecin, dès qu'il arrive sur base, il essaye assez rapidement de former une petite équipe qui l'aiderait le jour venu. Bien sûr, ces aides n'auront jamais un diplôme d'infirmier, enfin, un niveau d'infirmier encore moins haut de gamme. Mais par exemple, s'il se retrouvait à devoir faire une chirurgie, finalement, il y aurait des gens non diplômés qui pourraient l'aider à faire l'anesthésie, etc., à lui servir des médicaments, à lui servir en stérile, etc. Mais si ça lui arrive à elle, sur 12 personnes, il n'y a aucun rôle de dupliquer et chacun est relativement indispensable.

Loïc Waouh ! Intellectuellement, ça doit être hyper stimulant dans ce type d'univers parce que de ce que tu me racontes, de ce que j'ai pu un peu lire sur certains récits d'expédition, en fait, tu es tout le temps en train d'apprendre quelque chose. Tu arrives avec ton expertise, mais tu ne peux pas te cantonner à ce que tu connais, en fait.

Claire Oui, c'est vrai que c'est toute une découverte. Moi, c'est vrai que quand je suis arrivée, j'ai été fascinée par ce monde-là et j'ai beaucoup lu et regardé de films aussi et notamment sur les expéditions, sur les autres bases, sur les expéditions majeures qui ont eu lieu, sur les découvertes. C'est vrai que c'est un monde dont on ne parle jamais, mais avec une histoire, avec un grand H, une histoire fascinante. Par exemple, il y avait une base à plusieurs kilomètres de Dumont-Durville qui a brûlé. Ils étaient trois, je crois. Je ne sais plus. Je ne sais plus combien ils étaient, mais la base a brûlé et donc, ça aurait pu être vraiment catastrophique. Et finalement, par chance, ils ont pu être évacués par un bateau qui ne passait pas très loin. Donc ça, ça s'appelle Port Martin et maintenant, j'ai eu la chance de pouvoir y aller à Port Martin. Je crois que c'est à 80 kilomètres de Dumont-Durville et puis on voit vraiment la base brûler et puis comme là-bas, il n'y a rien qui se détériore, on a retrouvé les caisses de dynamite d'autrefois, les cadavres de chiens qui les aidaient pour traîner les trineaux, etc.

Loïc Incroyable.

Claire Là,

Loïc je viens de voir qu'il n'y a que trois bases qui opèrent toute l'année. Une base européenne, donc c'est Concordia, une base américaine et la base russe qui s'appelle Vostok, je prononce sans doute mal.

Claire Oui, c'est Vostok, mais je pense qu'il y en a plus parce qu'il y en a une sur le pôle sud pile poil et McMurdo, c'est une base américaine aussi, je crois qu'elle est ouverte toute l'année. Dumont-Durville, elle est aussi ouverte toute l'année.

Loïc Ok. Waouh. Fascinant. Est-ce que ça t'a donné ?

Claire Peut-être que tu parles des bases dans les terres, c'est possible qu'il n'y en ait que trois. Alors, je ne sais pas,

Loïc Concordia, c'est au niveau du Dôme C, c'est ça ?

Claire Oui, c'est ça.

Loïc Alors, c'est peut-être ça, au cœur du continent, c'est ça, exactement. Donc, c'est les bases à l'intérieur. Donc, c'est Vostok, Amundsen Scott pour les US et Concordia. Ok. Et tout ça, t'as donné envie de potentiellement repartir en Antarctique ou dans ce type d'environnement, mais pour plus longtemps ?

Claire Alors, je me suis, au début, en fait, j'ai fait des yo-yos. Au début, je me suis dit, ah oui, ça me donne envie d'y passer un an et d'essayer de voir comment je m'adapte et puis de vraiment être encore plus immergée dans la science antarctique. Et puis finalement, plus le temps passait, plus je me suis dit, ah non, non, j'ai envie de rentrer chez moi. Et au contraire, je suis admirative de ceux qui restent un an là-bas parce que vraiment, ça me paraît être un défi autrement plus important que le mien. Donc, pourquoi pas y retourner, mais pas tout de suite, pas tout de suite, non.

Loïc Oui. Et alors là, question vraiment très terre à terre, mais je ne sais pas si tu es autorisé à en parler, s'il y a des choses que tu ne peux pas trop partager, mais d'un point de vue contractuel, salaire, etc., comment ça se passe ? Tu te mets en freelance, tu deviens salarié d'un institut français temporairement ?

Claire Oui, c'est l'institut polaire français qui nous recrute quasiment tous. Et l'institut polaire français a des grosses, grosses, grosses contraintes budgétaires assez terribles. Donc, globalement, on n'y va pas pour le salaire là-bas. On est au SMIC et plus prime. D'accord. Voilà, un peu tous à la même enseigne. Après, on dépense très peu là-bas aussi. On est nourri à Logé Blanchy et puis, il n'y a pas beaucoup de loisirs payants.

Loïc Oui, vous êtes payé en souvenir et en expérience inoubliable.

Claire Oui, puis même la nourriture, on est nourri. De toute façon, on dépense. Voilà, les assurances mutuelles et tout qui continuent de courir en France, mais c'est tout.

Loïc OK. Punaise. Quelle expédition. Je suis en train de... Donc, pour les frapper, on a couvert toutes les questions. Alors,

Claire attends, j'ai une petite correction. En fait, il y a aussi beaucoup de scientifiques qui sont envoyés par le CNRS, les arts, leurs instituts de recherche propres. l'Institut polaire français gère vraiment la logistique, mais pas la recherche.

Loïc D'accord. OK, très clair. Très clair. Et par curiosité, toutes les recherches qui sont effectuées là-bas sur place, est-ce que c'est des choses qui sont partiellement ou totalement publiques ? Est-ce qu'on peut suivre un petit peu le travail des équipes sur place ? Tu sais ça ?

Claire Alors oui, il y a un blog, il y a le blog de Terradeli, par exemple, qui raconte un peu la vie des hivernants. Ils doivent écrire peut-être tous les 15 jours, trois semaines. Ce n'est pas très rapproché, mais ça permet de voir la ponte des Manchots, par exemple, la ponte des zones Manchots, etc. Je ne sais pas s'ils parlent tant que ça des recherches, des résultats de recherche, Brut. Incroyable.

Loïc Je suis dessus. Là, écoute, il y a des graphes sur les températures, des... Ah, c'est fascinant. Punaise, c'est fou. Je ne savais pas qu'il y avait... Super. Le blog officiel du district de Terradeli, un des cinq districts des terrestres australes et antarctiques françaises.

Claire Voilà.

Loïc Fabuleux. Écoute, ça me fera de la lecture. Super.

Claire Et après, il y a régulièrement des hivernants qui restent toute l'année et qui font leur blog propre. Alors, c'est vrai qu'il faut tomber dessus une fois ou alors par le bouche d'oreille à connaître. Mais ensuite, il y en a vraiment plusieurs des météorologues, des glaciologues, etc., qui racontent un peu leur quotidien et à la fois sur le plan scientifique et à la fois sur leur découverte de l'environnement.

Loïc Est-ce qu'il y a des choses, toi, d'un point de vue médecine ou... Alors, je pense, tu as été assez clair sur le fait que tu n'as pas eu nécessairement à pratiquer, enfin, tu n'as pas eu de situation à gérer critique, mais est-ce qu'il y a quand même, malgré tout, des choses, que ce soit sur le plan humain, logistique, que tu as apprises de cette expérience et que tu penses pouvoir mettre à profit sur potentiellement de prochaines missions dans des milieux insolites, même si ce n'est pas des milieux de grand froid ?

Claire Oui. Sur le grand froid, j'ai quand même appris. On avait fait un stage d'une semaine avant de partir à Chamonix dans les hauteurs. Donc là, j'ai quand même pas mal appris sur les pathologies du froid, etc. Après, sinon, sur les autres plans, pas tant que ça, je pense. Après, j'avais déjà une expérience quand même de l'étude adaptée et... Ouais. Excellent.

Loïc En quoi, pardon ?

Claire En tractologie. En tractologie.

Loïc Ouais, t'es prête pour une traversée de la Mongolie en tracteur ou ce genre de choses.

Claire Après, j'ai appris plein de choses sur le plan scientifique, en glaciologie, les courants de l'Antarctique, en ornitho, etc. Mais c'est vrai que ce n'est pas forcément reproductible sur d'autres contrats.

Loïc Excellent. Écoute, Claire, un grand merci pour ce focus sur ta mission en Antarctique. Et s'il y a des gens qui sont intéressés, je t'avais mis en relation avec une ancienne invitée du podcast, Tiffen, qui est médecin, je ne sais pas si vous avez pu échanger, mais typiquement, je pense que ça l'intéresserait énormément ce genre de mission. Mais s'il y a des gens qui veulent en savoir plus, potentiellement envoyer une candidature, que ce soit pour de la médecine ou juste des mécanos ou cuisiniers sur ce type d'expédition, est-ce que toi, tu as des ressources que tu recommandes qui t'ont été utiles à toi ?

Claire Vraiment, cette BD, La lune est blanche, je la trouve assez exceptionnelle même pour la culture générale au niveau grand public. Et puis vraiment, elle est très bien dessinée. Il s'appelle Emmanuel Lepage, l'auteur. Et vraiment, c'est beau, c'est une BD de qualité qui est assez épaisse. Donc ça, c'est super. Et puis après, clairement, l'Institut Polaire Français recrute, il recrute surtout d'ailleurs des métiers qu'on appelle tech dans le jargon antarctique, donc électricien, plombier, mécano, cuisine, etc. Et vraiment, il y a de la place pour, je ne vais pas dire pour tout le monde, mais en tout cas, il n'y a pas besoin de faire 10 ans d'études et de la recherche de haut niveau pour aller en Antarctique. Il se trouve d'ailleurs qu'il y avait deux mécanos qui étaient avec nous, qui ont tout appris sur le tas, qui n'ont pas de diplôme de mécanos, mais qui sont hyper débrouillards et jeunes, motivés et qui ont fait leur preuve. Et vraiment, je trouve que c'est, moi, c'est un message que j'essaie de faire passer notamment au collège, lycée, qu'en fait, quand on, enfin, vraiment, il y a de la place pour tout le monde.

Loïc Excellent. Et bien voilà, le message est passé. Allez-y, renseignez-vous et potentiellement, est-ce que, est-ce que toi, on peut te contacter via des réseaux ou autres ?

Claire Oui, bien sûr. Oui, Facebook, c'est le plus actif. Sinon, il y a Instagram, mais je ne fais pas beaucoup et LinkedIn aussi.

Loïc OK, excellent. Écoutez, les liens sont en description de l'épisode à nouveau. Merci beaucoup, une fois de plus, Claire. C'était un plaisir d'échanger à nouveau, d'en apprendre un petit peu plus sur cette mission en Antarctique, clairement, clairement hors normes et puis, écoute, je te souhaite une bonne, au moment d'enregistre, je sais qu'il y a eu un cyclone à La Réunion, donc voilà, un bon retour à la norme, on va dire, après un épisode météorologique compliqué, si j'ai bien compris et je te dis, à très bientôt.

Claire Oui, à très bientôt, merci beaucoup Loïc et à l'écoute à la communauté. Au revoir.

Loïc Merci d'avoir écouté ce deuxième échange avec Claire jusqu'au bout. Pour rappel, si vous ne l'avez pas déjà fait, je vous conseille vraiment d'aller écouter le premier épisode qu'on avait enregistré ensemble, l'épisode 199, sorti le 28 janvier 2025. On parlait évidemment de sa mission en Antarctique, mais aussi de nombreuses autres missions, de son approche de la médecine et de son parcours de vie en général. Merci une fois de plus à toutes et à tous pour votre fidélité. Je vous rappelle que si vous souhaitez soutenir le podcast, l'une des meilleures manières de le faire, c'est tout simplement d'en parler à un maximum de personnes autour de vous. et si vous voulez aller encore plus loin, vous pouvez rejoindre toutes celles et ceux qui ont décidé de soutenir financièrement cette fois-ci le podcast sur Tipeee. Ça se passe sur le site tipee.com slash les-frappés. Le lien est en description. Un immense merci à toutes celles et ceux qui ont déjà franchi le pas. Excellente semaine à vous. À bientôt pour un nouvel épisode. Ciao les frappés. Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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