Loïc Hello, hello ! Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyages aux eaux longs cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Génial ! Bienvenue Caro sur le podcast. Plus de deux ans après ton premier épisode. Je suis super content de t'accueillir à nouveau sur les frappés. Plein de choses qui se sont passées depuis. J'ai hâte que tu nous racontes tout ça et en particulier ta dernière grosse grosse... alors ta dernière... tu as eu tellement d'aventures tout récemment, mais je pense à la Sylchrode notamment, qui est quand même un monstre absolu dans ton univers. Donc je pense qu'on en parlera. Mais voilà, très très très content de t'accueillir à nouveau au micro des frappés.
Caroline Merci beaucoup Loïc. Je n'avais pas réalisé que ça faisait deux ans. Il s'est passé un monde, mais vraiment un monde en deux ans. C'est clair. Et je ne me souviens plus sur quoi on avait conclu la dernière fois. Donc c'est aussi amusant de continuer notre échange comme ça.
Loïc Oui. Bah écoute, la dernière fois, on avait pas mal parlé d'Ultra. D'ailleurs, le lien est en description du premier épisode s'il y en a qui préfèrent aller l'écouter avant d'enchaîner avec celui-ci. Mais on avait parlé d'Ultra, de ton approche de l'endurance, comment tu étais arrivé sur du triathlon et du trail à plutôt l'ultra cyclisme. Et puis, tu commençais une aventure entrepreneuriale et on était resté pas mal en contact, notamment via l'entreprenariat parce que je lançais aussi un business dans la foulée. On échangeait quand tu étais à Outdoor Sport Valley. Enfin voilà, c'est vrai qu'il y a eu beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses. Ce que je te propose, c'est justement peut-être de nous résumer un peu, qu'est-ce qui t'a occupé sur ces deux, trois dernières années ?
Caroline Alors, ces deux dernières années, la dernière fois qu'on s'est rencontré, enfin qu'on a échangé, je pense que je venais de... J'ai vécu plusieurs échecs, deux échecs à la suite. J'avais fait l'Atlas Mountain Race pour la première fois et j'y étais allée avec une fatigue extrême et j'avais abandonné. Et je finissais, je clôturais aussi ma première expérience entrepreneuriale qui s'était terminée dans la douleur. Et du coup, depuis deux ans, c'est plus une sorte de renaissance et c'est incroyable à quel point je me suis épanouie dans cette renaissance. Puisque il y a deux ans, j'ai lancé un nouveau projet entrepreneurial avec mon associé Charlotte Jam et on a lancé Bivouac. Ça s'écrit avec un K. et on propose des aventures bikepacking partout en France et vers l'Europe. Et du côté sportif, il y a deux ans, je me suis cassée le genou justement à la fin de cette expérience professionnelle douloureuse. Je pense que c'était un peu le climax d'une fin. J'étais épuisée et le corps se casse quand le mental est épuisé. Vraiment, je pense aussi que ça m'a sauvée, ce genou cassé. Et du coup, je n'ai pas fait de sport pendant longtemps, pendant six mois, huit mois. J'ai eu une opération, j'ai eu la rééducation. Et un an après, j'ai refait l'Atlas et c'était un peu retour. Et c'était incroyable. Et j'ai adoré cette course parce que c'était le retour, parce que j'ai senti mon corps en pleine puissance. Et je sentais que c'était le moment où tout serait aligné. Mais ça a pris du temps, ça a pris presque un an. Et là, pareil, la Silk Road, je pense que c'est le climax de ce retour, ou plutôt de cet ancrage dans ma vie présente. Voilà.
Loïc Ça fait toujours extrêmement plaisir d'entendre quand il y a un retour comme ça après des périodes compliquées. C'est vrai que j'avais oublié cette phase d'arrêt de sport, d'opération du genou. C'est jamais évident, surtout quand le sport fait partie intégrante de tes projets et de ta vie. Mais encore une fois, vraiment, ça fait super plaisir pour toi de voir que tu es revenu au meilleur et même que tu es poussé un peu plus loin parce que la Silk Road en en parlera. Mais c'est quand même, on va en parler, c'est quand même un énorme monstre. D'ailleurs, ça me fait un peu penser au parcours d'un copain au commun, Adrien Charles. Alors lui, ce n'était pas le genou, mais Adrien que j'ai aussi reçu sur le podcast, qui nous avait à l'époque parlé de son tour d'Europe, 13 ou 14 000 kilomètres pour mettre en lumière l'autisme. Et comme toi, il est passé par une phase un peu compliquée physiquement. Et là, depuis peu, ça y est, il peut rerouler. Alors d'ailleurs, si je ne me trompe pas, il était sur la dernière édition de Bivouac.
Caroline Oui, et il fait partie du collectif Bivouac. Oui, c'est ça. Oui, excellent.
Loïc Oui, il m'avait hébergé quand j'étais monté. Je suis monté à Annecy l'an dernier pour le podcast à vélo et du coup, il m'avait hébergé. Et il y avait des casquettes Bivouac, du merch Bivouac un peu partout. Donc, on en avait pas mal parlé. Mais bon, bref, en tout cas, ça fait vraiment plaisir pour toi. Ce que je te propose, c'est que tu nous en dises un petit peu plus sur la Silk Road. Et après, si ça te va, on basculera sur la partie plus peut-être entrepreneurial, Bivouac, quelles sont les aventures que vous proposez, comment est-ce que tout ça s'est développé d'un point de vue vision, business, mais aussi enthousiasme autour de ce format, on va dire, de bikepacking.
Caroline OK.
Loïc La Silk Road.
Caroline La Silk Road. J'étais en train de dire par où commencer. Alors, je pense que si on écoute les podcasts que j'ai faits dans le passé, à chaque fois, je concluais par un jour, je ferai la Silk Road. C'est un peu mon... Enfin, c'est pas un peu, c'est carrément mon graal dans l'ultracyclisme. Enfin, quand j'ai commencé, je me suis dit, ouais, un jour, je ferai la Silk Road, notamment parce qu'il y a huit ans, je suis allée voyager au Kyrgyzstan et je commençais tout juste l'ultracyclisme. Et à l'aéroport du retour, j'ai croisé un mec qui avait une grosse boîte, donc il transportait son vélo et je lui ai dit, ah mais qu'est-ce que tu fais ? Il m'a dit, je viens de participer à la première édition d'une course qui s'appelle la Silk Road Mountain Race. Et c'était hyper dur, on était vingt, la moitié abandonnés, il y avait une tempête sur les cols, on passait quasiment sur la frontière chinoise. Enfin bref, ça me paraissait mais épique et vraiment, je me suis dit que c'est ça que je voulais faire. Et j'aime bien ce truc où tu sais, t'as un peu un point de mire mais qui n'est pas daté, mais ça reste au-dessus de ta tête, un peu comme, et puis ça va se faire comme une prophétie autoréalisatrice, c'est que ça va rester en fil rouge invisible au-dessus de ta tête et en fait ça va guider tes pas pendant, en l'occurrence pendant huit ans. Et il faut arriver là où tu devais être huit ans plus tard, bref. Et c'est ce qui s'est passé. Et c'est quand même lié aussi, enfin tu sais quand je disais que je m'étais blessée aux genoux, je pense qu'après la TCR je m'étais dit ah ben je vais faire l'Atlas pour faire une course VTT off-road plutôt que de la route. Mais je m'étais aussi dit que j'allais arrêter l'ultracyclisme, enfin que j'allais passer autre chose. Ok. Peut-être plus, je sais pas, plus de l'exploration du mouvement, donc je sais pas, crossfit, yoga, bref. Et chemin faisant, je pense que le fait que je me sois cassé le genou, ça a remis, ça m'a redonné l'envie du vélo, beaucoup. Ça m'a redonné l'envie d'utiliser le vélo comme un moyen de s'échapper mais aussi comme un moyen d'avoir du fun. Et ça je suis pas le VTT mais enfin je suis pas VTTiste, enfin comme on le disait j'ai commencé par le vélo de route après le gravel mais alors j'adore, j'adore le VTT. J'adore ce truc où tu lâches les freins et t'es en haut d'une montagne et tu dois t'abandonner à la vertige et à la montagne pour trouver ton équilibre. Et d'ailleurs je trouve que c'est une belle métaphore de vie, s'abandonner au déséquilibre pour en trouver un. Et voilà, bon bref. Et du coup je me suis dit je vais m'inscrire à la Silk Road et je me suis inscrite comme je le fais d'habitude, c'est quand j'ai un peu le ventre qui tourbillonne, genre ça veut dire que j'ai un peu peur et que ça veut dire que j'ai extrêmement envie. Du coup je me suis inscrite et voilà. Et du coup, non mais j'avais pas réalisé que j'étais inscrite sur la même année, enfin il y a six mois d'écart sur l'Atlas et la Silk et pour avoir vu les autres participants, enfin normalement ce genre de course tu en fais une par an quoi, enfin max. Pour avoir le temps de récupérer etc. Ouais parce que c'est aussi beaucoup le voyage, c'est aussi beaucoup d'entraînement, c'est tu t'en mets quand même pas mal sur le corps parce que ça peut être aussi le projet d'une vie, enfin donc c'est un peu particulier mais je pense qu'il y avait vraiment ce truc d'ivresse post-blessure parce que j'ai repris le vélo sept mois avant de faire l'Atlas. Donc on va dire un an avant la Silk et quand je suis sortie de, enfin quand j'ai commencé mon premier coup de pédale, je me suis inscrite je pense au 2, enfin il y a eu un truc comme ça genre all-in.
Loïc Wow.
Caroline Ouais.
Loïc Du coup la Silk pour rentrer un tout petit peu dans les détails, quand je préparais l'épisode, j'avais en tête que c'était quand même très très costaud mais j'avais pas forcément en tête les chiffres donc quand j'ai trouvé ça pour la préparation de l'épisode, je suis quand même allé vérifier à 2-3 endroits parce que je me disais non mais c'est pas possible, c'est trop. Donc tu me dis si je me trompe mais ce que j'ai trouvé c'est que c'est à peu près un parcours qui fait un peu moins de 2000 kilomètres, 1700, 1800. Neuf. Ouais, 1900. Après il y a toujours cette histoire de sur le papier et puis sur le GPS tu vois en train c'est pareil, tu dis ouais mais là il y a 20 bornes de plus quand même, qu'est-ce que vous avez dit ? Ah oui mais bon c'est tu vois. Donc d'accord, donc plutôt 1900 dans les faits. 30 000 mètres de dénivelé, c'est ce que t'as eu ?
Caroline Ouais.
Loïc Ouais. Ok. Donc c'est quand même absolument lunaire. C'est principalement, s'il y en a qui ça parle pas, c'est... Il y a des gens qui le font en gravel gravel ou non c'est VTT VTT là ?
Caroline Ouais, il y avait un mec en gravel et quand tu le vois tu te dis que c'est pas une bonne idée.
Loïc Ouais. Ouais parce que gravel sans suspension ?
Caroline Ouais.
Loïc Ouais. Tu as essayé à trouver s'il y avait des barrières horaires ?
Caroline Ouais, il y en a.
Loïc Il y en a, ok. Qui sont comment d'ailleurs ? Qui sont compliquées ou... ?
Caroline Alors du coup, je vais embrayer sur ta présentation pour... Parce qu'il y a aussi ce sujet, il y a la définition de l'ultracyclisme là que j'entends en creux aussi dans ce que tu présentes. Ouais. Enfin, l'ultracyclisme c'est vraiment ça, c'est autonomie, the clock never stop. Ça veut dire que tu joues avec 24 heures, les 24 heures d'une journée. Chaque minute, chaque heure d'une journée compte et ça moi je trouve ça absolument grisant parce que ça fait rentrer en compte d'autres paramètres que la vitesse pure. C'est la gestion de son corps, la gestion de la faim, de la soif. Et là en l'occurrence, c'est aussi beaucoup de l'altitude parce que la course est souvent entre 3000 et 4000 mètres d'altitude. Et pour comparer par rapport à l'Atlas, par exemple, l'Atlas c'est 1300 kilomètres et à peu près 25 000 de des plus peut-être. Et c'est sur une semaine le cut-off. Alors que là, la silk c'est deux semaines. Ah oui, ok. En gros, tu as le double du temps pour à peu près les mêmes paramètres tellement on ne joue pas sur le même terrain en fait. Et c'est là aussi la limite des chiffres parce que tu pourrais te dire ah bah c'est à peu près pareil mais en fait non. Et sur les cut-offs, ça c'est un gros truc aussi en ultra selon les courses. Là, mes trois dernières courses, donc la TCR qui commence à remonter, l'Atlas et la silk, c'est des courses avec des gros cut-offs. Quand je dis gros cut-offs, ça veut dire que tu as une course entre chaque checkpoint. Genre tu ne te reposes jamais quoi. Tu dois vraiment te battre pour être dans les temps. Et donc sur la silk, il y a des checkpoints qui sont tous plus beaux les uns que les autres d'ailleurs. Donc ça te motive à pousser. Et voilà.
Loïc C'est quoi ? Tu disais que c'est une course que tu avais en ligne de mire, enfin cette espèce d'étoile du Nord qui était toujours un peu là même s'il n'y avait pas forcément de date définie de ce que je comprends. Tu n'avais pas un plan bien précis avec année moins trois, je fais cette course pour me préparer, année moins deux, celle-ci, etc. Mais tu l'as rapidement évoqué, plus le temps avance, plus tu gagnais en expérience en ultra. Est-ce que ce qui t'a attiré dans cette course, c'est affiné ? Parce que tu parlais de cette rencontre complètement improbable que tu as faite au Kyrgyzstan d'un gars qui avait fait la première édition. Mais est-ce qu'au fil des ans, au fur et à mesure que tu découvrais d'autres formats, d'autres courses que tu gagnais en expérience, cet attrait pour la course, il s'est renforcé ? Et si oui, sur quels aspects en particulier ? Est-ce que c'était l'engagement du terrain, la distance, la difficulté, le matériel ?
Caroline Alors, je pense que depuis le début sur l'ultra, ce qui m'attire, c'est... Enfin... Ah non, enfin, alors ça s'est affiné en fait, t'as raison, sur ces dernières années, c'est que plus j'ai fait de courses et plus j'ai fait de vélos, notamment de routes, plus j'ai eu envie d'aller, de me retrouver dans un monde où il n'y a pas de routes. Dans un monde où je ne me retrouve pas sur un urbain dégueu. Avec une ZAC, voilà. Parce qu'en fait, notre monde est strié de cet urbanisme foisonnant et laid qu'on a autorisé dans nos vies et dans nos villes. Et vraiment, ça, je l'ai ressenti fortement dans ma pratique, dans les courses. Après, au bout d'un moment, la laideur fait aussi partie du charme. Parce qu'il n'y a rien de plus plaisant en course d'ultra-route que de se trouver sur le parking d'un supermarché assis par terre à manger un mauvais fromage. voyage. Mais au bout d'un moment, ce folklore s'épuise un peu. Et tu reviens aux racines de ce qui t'animait en premier lieu. C'est de voyager. Et par voyage, j'entends plusieurs choses. Alors peut-être déjà les rencontres. Alors avec les gens qui habitent soit le pays, soit la région que tu traverses. Mais aussi les autres participants. Ça, c'était trop cool sur la silk. Et puis moi, j'ai un attrait pour l'immensité des... Ouais, les paysages d'immensité. Enfin, un peu des rêves de petites filles de western, quoi. De galoper.
Loïc C'est comme ça que tu décrivais le Kyrgyzstan. C'est plutôt des grandes étendues un peu désertiques, herbeuses. Quand tu dis western, c'est ça ?
Caroline Alors, ouais. Alors c'est comme ça que j'imagine le western. Et les cales qui claquent. J'imagine aussi un peu la solitude de la steppe. Le vent qui siffle. Sur la silk, je pense que j'avais en tête les sommets et les immenses plaines. Mais je ne sais pas pourquoi je ne m'imaginais pas les traverser autant. Et en fait, c'est vraiment pendant la course, tu traverses ces immensités pendant des heures et des heures. Des immensités plates, planes. Donc, à un moment, il va falloir aller chercher les 30 000. Donc, j'imagine que pour compenser ces longues traversées planes, il faut un gros des plus après. Mais ouais, donc c'est... Eh bien, ça dépend. Entre herbeux, verdoyant, ça dépend des régions où tu passes, en fait, enneigées. Et ça, moi, cette sensation, pour le coup, que je ne pouvais pas présager, c'était vraiment... Là, j'ai en tête, enfin, un jour où j'étais sur une plaine immense, enfin, un plateau immense. Et... Enfin, je sais pas. Et t'as l'impression que tu vas rouler pour toujours ici. Et c'est assez fou. Et puis, la tempête a commencé à arriver. Tu la vois arriver, en fait. Et là, tu te sens, mais si petit. Et genre, dès que je devais remettre une couche, je me disais, elle arrive, elle arrive. Et t'as ce truc de... Peut-être de western, où c'est toi face aux éléments. Tous les animaux autour aussi. Enfin, ça fait partie du... Du truc, quoi. T'es... Je sais pas. Désolée, c'est un peu énigmatique, peut-être, la façon de présenter les trucs.
Loïc Non, non, mais... Alors, après, j'ai absolument pas vécu quelque chose comme ce que tu décris. En tout cas, c'est assez étonnant, parce que t'es pas la première à nous parler du Kyrgyzstan. Et c'est quand même assez souvent ce qui ressort, ce que t'es en train d'expliquer. Tu vois, l'immensité, le sentiment d'être un peu écrasé par la nature sauvage, tu vois, les faits d'être complètement exposé aux éléments. Alors, t'es la première qui nous en parle dans le contexte d'un ultra-vélo. Mais ça revient quand même assez souvent. Donc, je sais pas si c'est spécifique à ce pays ou... Il y a pas très longtemps, j'ai eu aussi un invité qui est parti en Géorgie et qui disait un peu la même chose. Donc, j'ai l'impression que c'est peut-être tout ce coin du monde où on peut encore se retrouver dans des endroits, justement, où il n'y a pas ces actes dégueux dont tu parlais. Tu vois, il y a peut-être une approche un peu différente de comment ils structurent leur territoire qui fait que tu peux vivre ce genre d'expérience.
Caroline Ouais. Je pense que c'est pour comme ça que Nelson Tree qui organise ses courses choisit les pays dans lesquels il souhaite développer les courses. Il y a cette recherche de... Ouais, d'endroits où il n'y a pas de... où il n'y a pas de lignes de lignes de routes tout tracées.
Loïc Et par rapport à l'impact, l'impact que ça peut avoir de se retrouver dans des environnements comme ça, on va dire, vierges, entre guillemets, je pense... Alors, je ne sais pas si c'est difficile à concevoir pour les gens. En tout cas, moi, je l'ai vécu. J'ai vécu un peu l'inverse, de me rendre compte à quel point dans un environnement, a priori, nature, sauvage, etc., en fait, il y avait de la pollution partout. J'ai vécu en Suisse un peu moins de 4 ans et c'est magnifique. Le territoire, franchement, c'est incroyable pour tout, tu vois, le vélo, la rondo, ski, raclette, enfin, tout ce que tu veux. Mais le territoire étant tout petit, en fait, c'est hyper compliqué de te retrouver dans des endroits... Des fois, tu te retrouves dans des fonds de vallée, tu te dis, c'est incroyable, on est loin de tout. Et en fait, si tu fais vraiment attention, tu comptes, tu vois, autour de toi, tu fais un 360, il y a 4-5 chalets, il y a un poteau électrique par là, t'aperçois une route à cet endroit-là, un peu plus loin, tu vois. Et c'est quelque chose qui avait fini par me... pas par me peser, mais j'étais vachement... En fait, j'étais vachement sensible, je me disais, mais c'est quand même fou, je suis dans un endroit perdu, j'ai mis 2 heures pour venir ici. Il y a quand même 2-3 chalets avec 2-3 petites routes, c'est pas forcément violent en mode champ d'éolienne ou barrage hydroélectrique, tu vois, mais tu vois de la présence partout. Ce qui est... De ce que tu m'expliques, ce qui n'est pas forcément le cas dans les territoires que tu as traversés. Donc, même si je conçois... Enfin, comme je ne l'ai pas vécu, je pense que c'est difficile de parfaitement intégrer ce que tu décris sur ces sensations de western, far west, tu vois, grande plaine désertique. Mais... Mais... Oui, en tout cas, je... Je... Je conçois perso, tu vois, l'impact que ça peut avoir de constamment voir la présence humaine quelque part, quoi.
Caroline Ouais. Alors, moi, il y a un truc que j'ai conscientisé qui est assez similaire à ce que tu viens de dire. Quand j'étais au... Je ne sais plus si c'était au collège ou quelque chose comme ça, on lisait Tartarin de Tarascon. Je ne sais pas si tu vois ce que c'est. Non. Bref. C'est l'histoire de Tartarin. Bref. Et il voyage. Et en gros, un jour, il s'endort et il se dit mais je m'endors dans un endroit sauvage de fou et tout. Je suis un aventurier. Et le matin, il se réveille, il est dans le jardin de quelqu'un. Et ça, moi, je trouve que c'est vraiment un peu le truc de l'aventure moderne, notamment celle qu'on voit sur Instagram. C'est... Tu vois, genre, on prend une photo d'un certain point de vue et en fait, c'est... Oh mon Dieu, cette personne est une aventurière hors normes. Sauf qu'en fait, tu vois que, je ne sais pas, que tout le monde arrive ici en bus. Bref. Et ça, j'avoue que j'ai vraiment cette envie de... de sortir de ça. Enfin, perso, genre de trouver... Est-ce que cet endroit qui n'est pas intéressant que d'un point de vue... Enfin, ou seul, que d'un seul point de vue est possible, existe ? Voilà. Et alors, pour le coup, que ce soit au Maroc, dans l'Atlas ou là, encore plus au Kyrgyz, l'instant, tu te sens seule. T'es seule. Et certes, il y a des yurtes la plupart du temps, mais... Enfin, les ailes sont très espacées. tu n'as pas du tout cette même sensation que tu peux avoir que tu décris. Et c'est la seule course aussi en gros, où tu es en autonomie aussi longtemps. Tu vois, à un moment, il y a un stretch de 400 kilomètres, donc c'est plutôt 4 jours, peut-être 3-4 jours, où il n'y a pas de resupply. Donc, tu ne peux pas acheter de... faire tes courses, tu ne peux pas te ravitailler. Donc, tu dois être en autonomie pendant ces 4 jours. Et si tu loupes le ravito du 4e jour, la super-être, eh bien, tu es reparti pour 2 jours sans ravito. C'est ce qui m'est arrivé. Ah ouais, waouh ! Et du coup, ça fait... À la fin, j'avais... Alors, au 4e jour, j'ai pu manger au Checkpoint, mais je n'ai pas pu me ravitailler. Et après, j'ai eu faim. Voilà. Donc, ça, ça fait partie aussi de... Enfin, ce truc d'autonomie, c'était aussi ça qui m'attire et qui m'attirait, quoi. De se dire comment je gère... Enfin, le truc que j'ai adoré, c'était gérer le froid, l'altitude et la nuit et la fin. Enfin, tous ces trucs qui sont parallèles. Et je trouve que dans... En fait, c'est une course qui, contrairement à l'Atlas, contrairement à la TCR, sont très... Comme elle est longue, elle est beaucoup plus routinière que d'autres courses. En tout cas, moi, je l'ai vécu comme ça et j'ai adoré mettre en place une routine de vie sur les 13 jours que j'ai passées sur mon vélo parce que... Parce que... Ouais, tous les matins, enfin... Tous les matins à l'aube, tu... Tu te remets sur ta routine alors que t'es pas du tout dans un truc... Enfin, t'es pas dans une routine habituelle, on va dire. Voilà.
Loïc Effectivement. Du coup, ça ressemblait à quoi, ta routine, à toi ? Et j'imagine que t'avais peut-être... Enfin, t'avais quelque chose en tête avant la course et puis que, comme toujours, les plans, une fois qu'on est sur le terrain, ils se révèlent pas forcément adaptés. Mais c'était quoi, tu vois, les grands moments de tes journées ?
Caroline Ouais. Alors, moi, d'habitude, je suis quand même plus... Je roule... Enfin, je roule le max que je peux rouler et après, je dors et après... Et à ce moment-là, il n'y a plus de jour, il n'y a plus de nuit. Alors que là, en fait, la première nuit, j'ai fait ce que je fais d'habitude, c'est que la première nuit, je n'ai pas dormi. Le départ est à 18h et on fait un sommet, mais monstrueux, au bout de 140 kilomètres et... Et j'ai... En fait, je voulais être... Je voulais dormir un peu seulement au pied de la montée, sauf que je suis arrivée au pied de la montée, je ne sais pas, vers 5h du matin et du coup, je me suis posée 30 minutes et je n'ai pas beaucoup dormi. Je n'ai pas dormi. Enfin, voilà. Et ça, ça m'a vachement... Ce n'est pas une bonne idée parce qu'après, je me suis tapée... Après, en fait, tu tapes un 4000 après une nuit blanche, je crois que je n'ai jamais marché. Enfin, vraiment, tu marches. On marchait tous, donc c'est assez... Mais c'est surtout qu'à un moment, je n'arrivais plus à marcher. Je faisais trois pas et j'étais morte de fatigue. Et ça, ce n'était même pas le jour 1. C'est la première nuit ou la première matinée. Et vraiment, là, j'ai peut-être les images quand on passe le col et que je suis incapable de marcher. Tu te dis que... Ça va être long. Non, mais que... Ah oui, mais surtout qu'en fait, j'avais fait la reco. Je suis arrivée 10 jours avant et en fait, ce col-là, je l'avais déjà fait et je l'avais roulé. Enfin, il y avait une partie que tu ne peux pas rouler anyway, mais genre la partie la plus haute, vraiment quand tu passes le col, elle est roulable. et là, je n'arrivais même pas à marcher alors que quand j'avais fait la recouille 5, enfin, ouais, 5-6 jours avant, je l'avais roulé. Donc, c'était vraiment un sujet de sommeil. Et je passe la journée et là, le soir, je me dis, il faut que je continue. Il n'était que 19h, donc je me dis, je ne vais pas dormir maintenant. Et là, je croise un Français, Thibaut, qui voyage partout dans le monde et il voit ma gueule et il me fait, oh my God, c'est chaud ta gueule. Et il m'a dit, mais va dormir quoi. Et je dis, je crois, il me dit, mais ouais. Et il s'en va, bon bref. Et là, je me suis calée, il n'y avait pas beaucoup d'espace où se calait. Il y avait une bute. Je me suis mise au pied de la bute et là, j'ai dormi. Et à partir de là, c'est là où j'ai mis en place, enfin, où très vite, j'ai mis en place mon rituel pour dormir, enfin, de journée. Et du coup, alors première semaine, on va dire, c'était plutôt, je me couche assez tôt, genre vers 22 heures et je me réveille vers 3 heures du matin.
Loïc Wow.
Caroline Sauf qu'au fur et à... Ouais, mais ça fait 5 heures. C'est beau. En vrai, c'est beaucoup. Non, c'est juste que d'habitude, le référentiel d'une course d'ultra, c'est une course d'ultra, ouais, c'est 1200 kilomètres en général et sur route, donc tu le fais en 3 ou 4 jours, donc 3 nuits, 2 ou 3 nuits, donc ça va si tu dors que... pas beaucoup. 2 heures, ou pas. Et donc là, en fait, tu dois mettre en place plus... Tu dois dormir pour de vrai, quoi. Sinon, tu ne tiens pas la longueur. Qu'est-ce que je voulais dire ? Ouais, et en fait, au fur et à mesure que tu avances sur la trace, il fait hyper froid parce que tu montes en altitude et en fait, il y a un matin... Alors moi, je dormais en BV, donc aussi, tout le monde est en tente, sauf les premiers et sinon, rares sont ceux qui sont en BV seulement et moi, j'ai enlevé la tente de mon setup le jour avant le départ pour dormir en BV.
Loïc C'était idiot. BV, tu peux nous expliquer pour ceux qui ne connaîtraient pas ?
Caroline Alors, c'est un sursac de sac de couchage qui permet de t'isoler et il y en a de différentes qualités. Il y en a qui sont un peu comme une mini-tente sarcophage, donc c'est cool et il y en a un que tout le monde a sur les courses ultra courtes, c'est le BV sol qui est orange et qui fait un peu couverture de survie et qui n'a pas de structure, donc qui ne tient pas du tout. Et c'est ça que j'avais. Et du coup, mon conseil, c'est de ne pas faire la silk avec un BV seul parce qu'il fait moins 7, moins 8. Et quand tu te réveilles, quand tu dois plier ton setup à 3 ou 4 heures du matin et qu'il fait moins 8, c'est... Ah oui, et que tu as pris de l'humidité, c'est assez rude. Ouais. Donc, au fur et à mesure du temps, je me suis levée de plus en plus tard et mon protocole, le matin, c'était... Je mettais mon vélo juste à côté de moi et en fait, j'avais juste à côté de moi mon réchaud, j'avais juste à côté de moi ma fourchette que j'avais oubliée le premier jour, j'avais mis trop de relouins donc j'ai dû sortir mon bille, bref. Donc la fourchette pas loin, le feu pas loin, pareil, ne pas oublier son feu et mes noodles et le matin, genre, je sortais la main, je mettais de l'eau dans mon réchaud et je préparais mes noodles à 4h du matin dans la steppe pour me réchauffer. Après, je prenais un petit café et là, je commençais à plier les gaules et ça me prenait trois plombes de sortir, de sortir de mon bivy alors que d'habitude, je suis plutôt chop-chop, on perd pas de temps mais là...
Loïc Parce que du coup, tu te changeais dans le bivy directement ? Tu arrivais à avoir assez de place ?
Caroline Eh bien, je ne me changeais pas. Ouais. En fait, ouais, j'ai vraiment vécu dans mes habits. J'ai pris deux douches, je pense, sur les deux semaines. Ouais, c'est ça. Et j'avais pas de cuissard, j'avais des caleçons mérinos donc c'était assez facile à laver et donc j'étais pas... Parce que l'hygiène est un gros sujet sur l'ultra de manière générale mais sur un truc aussi long aussi, c'est important. Malgré tout... Enfin, je te dis deux choses complètement contradictoires. Genre, je me suis pas changée et l'hygiène est hyper importante. Après, le fait qu'il fasse froid et tout, t'es pas en zone humide donc...
Loïc Ouais.
Caroline Ouais. Bref.
Loïc T'as eu de la pluie certaines nuits ?
Caroline J'ai eu de la pluie certaines nuits et pareil, mais alors c'était pas de la pluie de rue donc mon sac de coucher là, j'ai été mouillée mais ça m'est pas beaucoup arrivé. J'ai quand même eu une grosse chance parce que... Parce que... Bah, le soir où j'ai dormi sous la pluie, je me suis dit oh my god, enfin... Et ça a arrêté de pleuvoir assez rapidement mais si j'avais une vraie pluie bah... Pareil, c'est là où je me suis dit c'est débile ce truc de... Ah,
Loïc un bivis sous la pluie...
Caroline Non, un bivis sous la pluie sur une steppe immense. Là, parce que quand j'ai vu la nuit de l'orage, enfin la journée de l'orage, je me suis dit mais... Je sais plus où j'ai dormi d'ailleurs ce soir-là. Non mais il a pas... Il s'est arrêté de pleuvoir en fait après. Bref. Et bah... Je me suis dit si je suis toute seule... En fait, tu t'imagines un grain de poussière au milieu de la steppe avec un éclair qui frappe bah il frappe au seul endroit. Je sais pas pourquoi genre je m'imaginais vraiment ça. Sur toi, s'il y a une tornade, tu te dis qu'elle va passer sur toi. Enfin vraiment, tu es le point le point qui ressort de cette pleine immense sans aspérité. C'est... Ouais. Voilà.
Loïc Bien, bien flippant. Pour avoir déjà fait quelques moments pas très rigolos en montagne sous des orages mais t'as toujours le relief et tout. Tu te dis bon non mais quand même t'es jamais très loin de la civilisation entre guillemets mais là, de ce que tu me décris, je visualise le truc une pleine immense, les nuages qui roulent, le tonnerre... Oh là là.
Caroline Ouais et puis il y a aussi les passages de rivières. C'est un gros truc de la silk, le river crossing où au début tu te crois qu'il va y avoir qu'un river crossing ou deux mais en fait genre tu ne fais que traverser des rivières et tu les traverses de nuit. Il y a une nuit mais genre... Bref, je pense que j'ai vécu traverser des rivières avant d'arriver à la caravane bleue et au début tu t'es... En fait c'est fou à quel point tu changes ton... ton mindset. Genre... Au début, tu vois genre quand il fallait traverser une rivière j'ai enlevé mes chaussettes, j'ai enlevé mes chaussures, je portais mon vélo. Après tu te dis j'y vais en... Ouais allez, j'y vais parce que je ne vais pas enlever mes chaussettes à chaque fois. Donc voilà, tu vas avec chaussures, chaussettes. Après tu essayes de rouler dedans tout simplement et vraiment il y a cette évolution du truc qui te dit bon... Voilà. Au liné et puis après ça devient vraiment le... J'adore ce truc où moi je sais que je marche comme ça c'est... C'est un peu ce truc là que j'ai en tête genre... Genre... Je ne sais pas pourquoi mais genre... Enfin cette fameuse nuit là de traversage de rivières genre c'est... Bon bah... On y va, on y va, on y va. Tu vois genre c'est... J'adore cette fougue animale que tu as qui est incompréhensible parce que tu ne l'aurais pas fait dans... Enfin tu vois genre si je vais faire un... Je vais rouler la nuit autour de Lyon. D'ailleurs je ne le ferai pas mais bon bref et bah je n'aurai pas cette même énergie tu vois je serai plus précieuse et j'adore laisser tomber tout ça.
Loïc C'est vrai que c'est... Tu me dis très bien c'est hyper intéressant non j'avais jamais vraiment mis des mots sur la chose mais tu vois si je repense à la PTL bon le Thor j'ai arrêté très vite donc alors même pas 20h je pense que le côté un peu animal genre je m'en fous tu vois je passe à travers énorme... Tu vois les buissons je ne cherche pas quand on les truc je trace tout droit. C'est vrai que c'est assez rigolo comme ça je ne sais pas si c'est le côté animal qui ressort ou le... un espèce de... où tu concentres ton énergie sur les choses qui font vraiment la différence tu vois tu te dis attends mais plutôt que de m'arrêter il faut que je descende du vélo j'enlève les chaussures j'enlève les chaussettes je les mets correctement dans une poche pour pas qu'elles tombent tu vois tout ça c'est quand même une charge mentale il faut penser au truc machin alors que si tu traces tout droit bon bah voilà c'est fait quoi tu vois
Caroline il y a un truc alors que moi je trouve hyper rassurant dans une course plutôt que dans du bikepacking ou dans des aventures sans course c'est qu'en fait il y a ce truc de il faut avancer et en plus comme il y a une trace tu sais où avancer donc en fait il y a ce truc de tu peux avoir l'énergie du désespoir enfin en tout cas ton énergie est assez linéaire c'est c'est un peu j'ai fait du rugby quand j'étais en école bref et j'étais avant et en gros ma mission était très simple c'est je fonce dans le tas et j'attrape les chevilles et il y a vraiment ce truc de enfin qui me va bien qui me va bien et d'ailleurs mon coach de l'époque m'avait pas mis en je sais pas en stratège en neuf genre c'était je vois pas le terrain je vais direct mais au moins je sais tu vois enfin alors c'est assez bête moi je trouve ça hyper grisant c'est vraiment un truc qui me fait kiffer quoi et je trouve que les courses d'ultra avec une trace avec de la difficulté sont assez reposantes pour moi notamment par rapport à l'entrepreneuriat parce que tu tu fonces dans le tas et c'est tout droit et et voilà
Loïc et tu débranches et tu débranches
Caroline ouais et et il y a aussi un autre truc ouais et par rapport au voyage tu vois genre quand je suis arrivée 10 jours avant je connaissais personne je savais qu'il fallait que je m'entraîne pour m'habituer à l'altitude etc et en fait ça faisait longtemps que j'avais pas fait de voyage j'allais dire seule enfin bref ouais enfin quand même genre se retrouver comme ça seule à l'étranger à se dire bon bah vas-y en fait demain je peux décider de ce que je décide de faire waouh vertige parce que plus tu vieillis je trouve plus tu tu t'habitues à avoir une une vie ouais bref et ça ce truc du vertige du voyage c'est quand même assez c'est plus dur voilà et je pense que ça ça me donne envie d'aller explorer un peu par là
Loïc en parlant de voyage t'évoquais un peu plutôt le fait que bon c'est quand même des grandes étendues en tout cas un immense territoire globalement sauvage mais que parfois tu voyais des yours tu croisais j'imagine des gens des kirghiz c'était quoi je me pose souvent la question tu vois des gens qui vivent par rapport à nos standards nos références etc qui vivent quand même très différemment peut-être qu'on pourrait dire tu vois presque dans un autre un autre temps tu vois avec des un rapport justement au temps à l'argent au rythme de la vie qui est quand même vraiment très loin de ce qu'on peut connaître à Lyon ou à Aix-en-Provence c'est quoi le regard qu'il posait sur toi et Caroline qui arrive avec ton VTT 4 jours de bouffe sur les tu vois et qui te dépêche parce qu'il y a un chrono qui tourne il faut pas qu'il dorme plus de 5 heures par jour t'as eu des échanges comme ça ou finalement t'as pas eu de chance
Caroline déjà je mettrais je pense il y a un bémol c'est que enfin il y a un bémol il y a une différence aussi entre le kirg qui habite dans la yurte et un kirg qui habite à Bichkek enfin en ville comme c'est différent quand t'es en France je sais pas de gérer un gîte en haute montagne et d'habiter à Paris donc je pense qu'il y a ça et que après quand t'es en voyage et encore plus quand t'es en course tu as quand même accès à un un prisme enfin t'as un t'as pas une vision globale de je sais pas de la population enfin tu vois j'ai pas habité là-bas enfin en revanche moi ce que je peux remarquer c'est vraiment j'ai l'impression qu'il y a une grosse différence entre quand je suis allée il y a 8 ans et maintenant quand je suis allée il y a 8 ans c'était pas c'était pas du tout développé touristiquement enfin c'est l'impression que j'avais eu j'avais l'impression que c'était que c'était un peu il commençait à s'ouvrir au tourisme et il y avait une surprise il y avait il y avait aussi un côté enfin surprise je sais pas mais en tout cas il y avait un côté très non calculé du enfin c'était pas un business touristique voilà c'était plus de l'accueil que du tourisme et j'avais adoré ça il y a 8 ans là comme j'étais plus dans un système de course j'avoue que enfin je peux pas porter de regard et dans les yurtes en général en plus que j'ai croisé ils avaient croisé d'autres d'autres personnes de la course avant donc c'était pas oh mon dieu qui êtes-vous
Loïc par contre
Caroline justement ce fameux jour de tempête j'étais j'étais trempée et je suis arrivée à un endroit il y avait 3 yurtes et là il y avait marqué café en cyrillique et je me dis what ? tu dis qu'il y a une hallucination quoi et en fait dans cette yurt il y avait il y avait 2 il y avait enfin il y avait les 2 qui qui habitaient là et en fait qui faisaient de l'accueil pour des gens qui faisaient du voyage en cheval et il y avait 2 nanas qui faisaient un voyage à cheval et on a parlé on a parlé tous les 4 et c'est vrai que elle me voyait trempée affamée je pense que j'ai mangé avec elle ce soir là et à la fin du repas en gros je leur ai dit ah bah je dois y aller elles m'ont dit comment ça ? et genre et ça c'était assez drôle parce qu'elles avaient l'expérience du cheval la dame avait avait vu enfin aussi était surprise enfin c'était marrant et puis il y a toujours ce truc de femme pour le coup à vélo et je pense que là pour le coup la dame qui gérait sa yurte bah c'est toujours cool de voir une petite nana toute trempée qui repart sur son vélo dans la steppe quoi donc c'est plus un regard amusé et tout voilà
Loïc on a parlé de routine bon je pense que pour tout le monde même ceux qui connaissaient pas la silk road c'est bon c'est assez clair que c'est un monstre absolu et que c'est on a pas parlé
Caroline du hike a bike par contre
Loïc voilà et justement j'allais y venir sur le tu vois concrètement au quotidien maintenant qu'on a parlé de routine de l'ampleur de l'épreuve c'est exactement ce que j'allais te demander c'est quoi le ratio marche-roulage tu vois pour être concret
Caroline ratio je sais pas mais en hike a bike je pense que sur les 13 jours j'ai dû marcher 2 jours full tout comme ça
Loïc ah ouais quand même
Caroline ouais
Loïc ok
Caroline en gros il y en a un qui aide c'est que le premier hike a bike donc c'est quand tu pousses ton vélo ouais mais en fait c'est faux parce que même la première journée il y a un moment tu pousses pendant 5h pour 4h peut-être la première nuit et après t'as le vrai hike a bike qui est annoncé qui fait 30km
Loïc what ? non
Caroline ouais et tout le monde mais c'est prévu donc tu vois genre tu te dis ok bon là c'est le moment où je vais marcher d'ailleurs à chaque fois je me disais bon c'est là où je dois commencer à marcher là c'est là ou c'est pas là et en fait tu comprends très bien quand ça commence le hike a bike parce qu'en fait c'est une sorte de rocher énorme le départ du hike a bike où en fait tu dois escalader voilà donc tu dois escalader avec ton VTT et là je pense qu'on a toutes et tous été très surpris par le niveau du hike a bike c'est à dire que tu passes sur des chemins tellement étroits que tu peux pas passer toi et ton vélo mais limite aussi t'as l'impression que tes pieds vont glisser tu enfin vraiment même à pied en fait c'est galère d'avancer tu vois moi je m'imaginais vraiment je sais pas que ça allait être tellement pentu qu'il faudrait pousser non c'est pas ça c'est je sais pas c'est des
Loïc t'as pas la place quoi en fait
Caroline t'as pas la place ou genre à un moment il faut pousser en montée mais c'est des rochers enfin ce que je veux dire c'est que même à pied en fait c'est galère et si t'as le vertige mais c'est mort en fait genre je pense que donc là il y a enfin il y a pas mal de gens qui ont été assez traumatisés par ça j'avoue que moi là j'étais un peu dans ce truc de waouh en fait c'est trop cool c'est vraiment c'est là aussi où je trouve que tu passes au jeu à l'aventure et justement tu sais c'est un peu ce truc où de toute façon il faut avancer donc là c'est plus ah galère non mais il a pas fait ça tu te dis genre le mec qui a eu l'idée de tracer ça tu te dis mais non en fait et quand même c'est le jeu quand tu remontes une rivière en poussant ton vélo et c'est pas une rivière douce enfin bref quand tu fais en plus tu traverses un nombre de rivières pas possible il avait dit il y en avait 7 au bout de 7 tout le monde pétait un câble parce que je pense qu'il y en a eu 25 du traversage de rivières sur ce truc là ensuite tu reçois un message pour te dire que il y a un des river crossings où il faut vraiment le passer le matin parce qu'en fin de journée il y a trop de courant donc j'ai dormi je me suis couché assez tôt dans le hike bike genre vers 20h et tu te réveilles assez tard parce qu'en fait tu peux pas passer la rivière de toute façon donc tu vois t'as des choses aussi à prendre en compte dans ton dans ton ta gestion enfin bref c'est pour ça que c'est pas une course linéaire quoi donc ça c'est le gros hike bike
Loïc 30 bornes de hike bike ouais
Caroline et là et en fait j'en suis sortie vers donc j'ai passé 24h dedans en comptant cette grosse nuit et c'est cette nuit là où j'ai roulé j'ai fait les rivières après
Loïc ah oui ok
Caroline donc c'est marrant aussi parce que je me disais mais après ça genre je dors pendant 24h et en fait tu sors et en fait c'est le moment où tu te dis en fait je vais traverser enfin c'est ouf je vais traverser les rivières j'adore ce truc où tu te dis mais à quel moment j'ai trouvé cette énergie de repartir quoi c'est clair
Loïc là du coup juste pour le hike bike t'avais prévu genre des chaussures de trail ou un truc comme ça ou t'as vraiment tout fait avec tes cales aux pieds et compagnie
Caroline ouais alors ça c'était je pense que c'est une bonne idée d'avoir des chaussures de trail en vrai à refaire je pense que j'en prendrais j'avais acheté des crocs juste avant la course et je m'étais dit que ça serait une bonne idée pour travers enfin je sais pas ouais je sais pas je m'étais dit que c'était léger au début je traversais les rivières avec ça après j'ai essayé de marcher avec ça en fait c'est hyper glissant les crocs donc je vous déconseille je vous déconseille et du coup le premier soir j'étais pieds nus et j'ai ça c'était pas mal parce que comme ça j'avais pas peur parce que je savais je sentais sous mes pieds si je glissais ou pas la nuit arrivant il faisait quand même frais sous la voûte plantaire vraiment j'ai une scène mais mémorable je crois que c'est le matin où justement on se retrouve face à enfin non je me retrouve face à à trois gars qui sont bloqués dans une pente au dessus de de la de la rivière déchaînée et en fait ils disent on arrive pas à passer on arrive pas à passer faites demi-tour alors sauf que en fait t'es sur un truc mais tellement petit que tu peux pas faire demi-tour donc je commence à marcher en moonwalk et et en fait c'est pas le chemin officiel bon il s'avère que l'autre chemin était aussi hardcore donc je commence à pousser dans la pente pieds nus et là il y avait le russe derrière moi qui dit the french girl she's barefoot et je pense que genre il était tu as un accent incroyable n'est-ce pas mais bon bref c'était très drôle parce qu'il était tellement et ce mec là je l'ai croisé plein de fois en plus après donc c'était assez drôle j'étais la french girl aux pieds nus quoi mais et finalement j'ai fini par remettre mes chaussures de vélo parce que c'était les mieux et voilà donc tout ça pour la frime non mais bref donc c'était assez drôle ouais
Loïc ou des sandales pour la prochaine fois il y a toute une communauté qui écoute les frappés les sandales pantas je sais pas si Adrie t'en as
Caroline moi j'en ai
Loïc t'en as ?
Caroline j'en ai et je ne les ai pas prises juste avant et ouais je l'ai un peu regretté
Loïc voilà toute petite parenthèse technique t'as les modèles avec la semelle de confort en cuir ou en cuir en cuir alors le cuir ça glisse mais quand c'est mouillé mais par contre ils ont un modèle là qui est bien antidérapant qui est assez ouf voilà bref checker les sandales ok ouais alors ça j'avais pas trouvé cette info en préparant l'épisode 30 bornes de hike a bike c'est ok
Caroline et ça c'est le hike a bike qui est annoncé donc quelque part ça va parce que parce qu'en fait il y en a eu deux autres et où pour le coup ça a été très dur psychologiquement pour moi enfin il y en a un plus que l'autre mais parce qu'en fait tu t'as 20 enfin il y en a un c'était 20 je pense et l'autre 12 peut-être mais en fait tu y passes en fait sur la silk le plus dur j'ai réalisé ça c'est quand tu regardes la tu sais la fameuse je sais pas courbe de dénivelé le plus dur ce ne sont jamais les cols c'est vraiment tout ce qui se passe entre parce que le moment où tu dis ah mais c'est bon en fait là après j'ai plus que 30 km de plat wow tu n'aurais pas dû dire ça parce que là tu te retrouves soit sur un 30 km face au vent soit sur un 30 km de hike a bike enfin c'est toujours le plus dur quoi et j'ai eu ça sur enfin d'ailleurs après un gros hike a bike il y avait une grosse ascension et après il y avait il semblait un plateau et c'est le plateau d'Arabel et en fait c'est vraiment un plateau où il n'y a rien du vent enfin je l'ai vu de nuit alors il me paraissait encore plus comment tu dis enfin effrayant sauf que j'étais épuisée et j'ai vu un moment une monticule de quelque chose enfin je me suis mise à côté de ce monticule j'ai eu hyper froid il a fait vraiment hyper froid cette nuit là mais j'étais épuisée et je suis enfin bref je suis repartie le lendemain et pour un nouveau nouvel hike a bike et j'ai réalisé aussi qu'il y avait trois mecs qui avaient dormi dans une yourte juste à côté de là où je me suis en train de me peler par moins 10 sur ce plateau et tout ça pour dire que en fait ce plateau je l'avais enfin tu vois j'avais vu sur la map je me suis dit allez 30 km je m'enquille les 30 km et je dors au pied du col mais pas du tout pas du tout voilà donc c'est ouais
Loïc ça a été quoi si tu peux peut-être nous raconter les dernières 24 heures avant que tu termines cette expérience complètement folle t'étais comment mentalement surtout parce que je pense que bon physiquement comme toute course d'ultra t'es rapidement plus ou moins cramé donc le mental prend le relais t'étais dans quel état et dans l'instant tu la voyais comment cette course qui t'avait fait rêver pendant 8 ans
Caroline alors je mettrais un bémol sur le truc de t'es vraiment en gestion plus que enfin non t'es épuisé parce que bon bref je vais te raconter les dernières 24 heures parce que elle raconte un peu ça
Loïc t'as à dire qu'en fait t'es en gestion donc t'es pas forcément épuisé cramé physiquement parce que à cause de l'effort mais je pense que quand même avec le manque de sommeil et tout t'es de facto explosé oui
Caroline oui oui mais t'es pas enfin mais c'est pas la même chose que je sais pas sur une fin de ouais d'une d'un ironman ou ouais ouais du coup je me lève je crois que c'était le jeudi je commence à rouler lever de soleil je croise un anglais que j'avais jamais croisé ok et après je croise un italien que j'ai croisé partout un allemand que j'ai croisé partout et là on se retrouve tous les trois côte à côte lever de soleil et là on est là on fait mais les gars c'est ouf c'est ouf là on me dit mais genre et on était tous là mais t'sais genre vraiment l'euphorie mais on genre je reviens pas on l'a trop bien géré t'sais on s'en sent ces deux ouf et vraiment il y avait un moment magique genre et vraiment on l'a fait enfin vraiment c'était assez cool et après chacun a vaqué à ses occupations en gros ils sont partis devant et mais j'étais dans cette émotion de la fin tu vois genre qui est assez ouf et qui et voilà combien il restait il devait peut-être rester 120 bornes et deux gros cols officiellement mais comme dit précédemment l'école ne sont pas les choses les plus dures et et là moi il se passe un truc où je m'en veux c'est que à partir de là en fait j'ai l'impression que mon corps a considéré qu'on était arrivés
Loïc et
Caroline ces dernières 24 heures ont été les plus longues de toute la course et surtout mon corps était était mou pour te dire les gens la plupart des gens avec qui j'étais à ce moment là sont arrivés le soir même à l'arrivée alors je pense entre je sais pas entre 21h et 3h du matin et moi je suis arrivée le lendemain 10h quelque chose comme ça ou 11h donc enfin tu vois il y a eu un gap genre vraiment j'étais d'une mollesse où tu vois genre ah un ruisseau bah je vais remplir mes gourdes ah bah je vais manger je vais me poser pour manger tiens un peu l'ivresse des cimes quoi genre où tu dis mais pourquoi cette personne est en train de faire ça genre là c'est un moment où tu dois il faut y aller t'as envie d'arriver et après je me disais mais oui mais finalement ça ne changera ni mon classement ni mon expérience je sais pas et je déteste ça quand quand je sors de la course et ça m'arrive souvent et je pense que ça c'est un truc que j'aimerais améliorer dans les courses c'est en fait keep focus et keep fighting till the end et en fait moi il y a toujours ce truc où genre j'ai l'impression de prendre soin de moi à un moment genre mais allez écoute toi enfin vraiment et ça ça m'agace voilà et du coup j'ai fait les ouais les deux gros sommets et là juste avant le dernier sommet il y avait 20 kilomètres de faux plats descendant c'est faux c'était faux c'était ça montait ça descendait il fallait pousser descendre pousser descendre pousser là je me suis dit c'est incroyable que j'arrive encore à pousser mon vélo tu vois genre après 13 jours et tout j'ai l'impression d'avoir mon corps qui était musculeux qui était genre vivant que j'accrochais tu vois genre enfin c'est marrant parce que en parallèle j'étais très agacée par ce faux plat faux faux plat mais en même temps je constatais que mon corps était en prise quoi je me disais c'est ouf et là je reprends pas mal d'énergie et on rentre dans le parc naturel qui permet de passer le sommet et là je sais pas je me dis ah mais en fait je suis bien et tout et là je me dis bah mais en fait dors dors pour ne pas arriver épuisée et je me suis posée j'ai fait une nuit nulle nulle pas régénératrice pas j'ai dormi dans c'était humide mais je me disais mais c'est aussi la dernière fois que je peux dormir dans mon vivi parce qu'après tu rentres à la vie normale donc profite de cette nuit et ça aurait pu être charmant mais en fait j'en ai pas du tout profité parce que je me disais en même temps que c'était complètement contre de s'arrêter là et après enfin le dernier sommet était assez fastidieux pareil ah oui il y a aussi un truc c'est que mécaniquement ton vélo il est dead après 13 jours de sable d'eau de poussière donc je changeais difficilement de vitesse et voilà mais je passe ce col et c'est bon parce que quand je le dis du coup je vois la scène c'est de toute façon ce qui qualifie cette course c'est tout c'est sublime enfin vraiment c'est c'est assez ouf de vivre ça et j'arrive en haut et je me dis que ça va être encore long ça a été encore long dans ma tête parce que enfin ouais bref ça a été très difficile et là bref je fais un raccourci les 20 derniers kilomètres sont sur route et sur du plat et là j'ai acheté un petit pot de crème j'ai mangé et là je me suis mis dans mes prolongateurs et vraiment j'ai j'ai avoiné non mais vraiment je me suis dit ok en fait je fais du 23 km heure ou 25 km heure de moyenne et je lâche pas sauf que c'était vent de face mais je me disais non mais en fait j'ai mis de la musique j'étais vraiment comme une fin de course courte c'est genre et là les deux derniers kilomètres comme d'hab l'éternité ah oui et peut-être petite parenthèse c'est que je sais que j'ai un rapport particulier à la fin à la fin des courses notamment en ultra parce que j'ai été traumatisée par certaines courses où j'ai eu l'impression une impression d'éternité qui m'oppresse parce que je commence à compter en sablier et plus en juste avance non je me dis plus que temps plus que temps et là le temps s'épaissit j'ai l'impression c'est une torture et donc je sais qu'il faut que je me manipule pour ne pas penser comme ça et c'est aussi pour ça que tu vois je fais cette technique de allez dehors allez machin c'est pour ne pas me mettre en mode sablier
Loïc à regarder ta montre toutes les deux minutes en espérant que t'as gagné une heure ouais c'est ça et là
Caroline je me suis remis en mode sablier et c'est pour ça aussi que je me suis réfugiée dans ce truc de performance possible sur du 20 kilomètres de route parce qu'en fait tu te concentres sur avance avance avance donc plus sur le temps et par contre deux kilomètres avant l'arrivée je me dis deux kilomètres mais je te dis que les 600 derniers mètres ça m'a paru beaucoup trop long genre vraiment enfin voilà et là c'était trop cool et puis à l'arrivée il y avait Hélène Framanti qui était qui était en duo avec son copain et qui était la seule française autre que moi qui était là et qui m'a accueillie c'était trop cool
Loïc voilà c'est le seul moment de la course où t'as utilisé les prolongateurs
Caroline non sur les steps alors moi je suis très prolongateur on dirait que je parle un peu de un truc de fashion je suis très prolongateur et même sur alors là ouais si c'est pas trop caoteux je me mets toujours sur les prolongateurs donc tu vois sur les steps et tout je suis sur les prolongateurs
Loïc ok
Caroline voilà faut qu'ils soient bien réglés mais j'aime bien me caler top
Loïc waouh donc chrono final tu disais 13 jours c'est ça ?
Caroline ouais
Loïc 13 jours
Caroline je sais jamais les heures les trucs
Loïc ouais après sur des épreuves de cette envergure globalement 13 jours c'est c'est faramineux là l'arrivée t'en as parlé rapidement mais les émotions il se passe quoi dans ta tête quand tu franchis cette ligne d'arrivée 13 jours je pense que t'as un peu toutes les tu vois tous les sens un peu à vif j'imagine entre l'épuisement l'intensité de ce que t'as vécu la solitude des partages très forts avec quelques personnes croisées il se passe quoi dans ta tête après c'est 13 jours mais surtout ces 8 années tu vois à avoir cette étoile du nord qui est là quoi
Caroline ouais mais c'était pas une étoile enfin tu sais c'est un peu ce truc c'était pas une étoile du nord genre genre je veux faire ça pour avoir réussi ma vie c'était plus genre enfin c'est une course où j'étais extrêmement ancrée dans le présent vraiment j'ai jamais été autant aussi bien sur une course je me le suis dit beaucoup beaucoup vraiment et c'était génial et je me suis beaucoup dit que waouh en fait vraiment à ne pas penser ce que j'avais fait avant à ne pas penser vraiment ce truc de présent qui est assez incroyable sur les courses d'ultra en général j'ai remarqué que l'émotion le sob tu sais genre et ben il vient justement sur ses 24h avant j'avais eu la même sur la TCR peut-être 30km avant l'arrivée tu vois genre j'étais sur le sommet avant de fendre sur Burgas et t'as vraiment ce truc de mais en fait c'est là quoi en revanche quand t'arrives il y a un peu c'est pas pareil qu'une ligne d'arrivée d'un Iron Man tu vois genre c'est parce que parce que c'est plus gros non mais parce que le je sais pas enfin je pense que c'est parce que tu réalises aussi dans la solitude l'arrivée alors que quand t'arrives et qu'il y a des gens tu lâches l'épuisement donc moi j'étais juste une loque je crois que j'ai pas posé mon sac à dos tu sais genre pendant une heure je l'avais je déambulais là dans le truc ah on fait une photo ouais vas-y on fait une photo ah genre t'avachir dans la première chaise venu faire ah oh c'est un peu mou et surtout là tu réalises que tu dois prendre un hôtel ah merde putain comment on fait attends et là j'ai pris un hôtel hyper loin je marche j'arrive je sonne personne ne m'ouvre putain mais tu sais genre tout devient un énorme truc parce qu'en fait tu t'es dit que tu ne lutterais plus jamais et là il y a le voisin d'à côté qui m'a dit ah mais viens prendre le café chez moi je me suis retrouvée dans un jardin trop mignon à prendre le café avec le mec qui me montrait ses peintures c'était trop cool enfin bref mais par contre tu vois genre je voulais juste une douche et dormir mais et c'est là où tu vois genre je me dis aussi que c'est là où le voyage commence enfin qui est assez cool c'est assez cool de pas juste être centré sur son épuisement en fait et se dire il se passe quand même des choses à côté et pouvoir l'accueillir ça demande de l'énergie mais c'est trop cool en fait et ouais en y pensant là je trouve ça assez cool d'avoir fini là dessus parce que ce mec il était vraiment très inspirant voilà
Loïc waouh quelle aventure je te dirais pas que ça donne presque envie de s'y mettre en tout cas pas pour moi mais ou pas tout de suite mais l'intensité je pense de ce que tu vis dans ce titre enfin 13 jours c'est quand même quel que soit le format en vrai je pense 13 jours quand tu commences à te retrouver dans une bulle quelle que soit l'épreuve qui dure aussi longtemps avec autant d'isolement je pense dans tous les cas ça doit être extrêmement fort en termes d'émotion je pense à un invité en particulier Thierry Corbarieux qui a fait une Lydie Tarot 1000 alors je sais pas si tu connais c'est une c'est une course je crois historiquement de chiens de traîneau qui après a évolué maintenant t'as des formats en fat bike en raquette à ski c'est en Alaska en Alaska ou dans le Yukon non j'ai un doute bref Alaska au Yukon il fait très froid ça c'est sûr il a gagné cette course il l'a fait à pied lui donc pareil autonomie non-stop 27 jours non 25 jours pardon par moins 40 et quelques degrés de moyenne tu vois et enfin bon ton récit comme le sien comme celui d'Adrien tu vois des gens qui se débrouillent pour s'organiser ces sortes de parenthèses je pense c'est assez exceptionnel en termes d'enrichissement le fait de se retrouver soi-même etc ça doit être c'est un luxe ouais c'est un luxe enfin c'est un oui
Caroline c'est une chance avoir le temps avoir pouvoir trouver cette solitude pouvoir disons-le aussi aller à l'autre bout du monde c'est des choses aussi qui se qui se mesure ouais c'est des privilèges
Loïc ouais qu'il faut déclencher pour soi mais oui c'est sûr qu'on est quand même dans un coin du monde où on a la chance de pouvoir faire ça si on le veut et qu'on s'en donne les moyens mais oui clairement c'est une chance énorme mais ça me fait du coup une super transition sur bivouac puisque là on a parlé essentiellement de la silk road qui est une peut-être une des plus connues courses d'ultra de ce type au monde mais il y a bivouac qui est en train de monter très fort là quand même donc il ne faut pas que Nelson s'en donne sur ses l'oreilles mais non mais oui c'est assez chaud pour que tu nous expliques un petit peu la naissance de bivouac ton rôle là-dedans la vision que tu en as et on va commencer par ça avant de discuter des courses que vous proposez aujourd'hui
Caroline ok alors bivouac ce sont des aventures bikepacking mais pas que c'est notre objectif c'est de transformer l'imaginaire du voyage en tout cas de proposer une autre façon de voyager et une autre façon de faire du vélo justement en sortant de l'esprit course et compétition à tout prix et de proposer une colo bikepacking pour grands enfants sauvages parce qu'en fait alors évidemment ça a né de notre de notre expérience c'est que il y a vraiment ce truc on sent que qu'on a besoin de se reconnecter à la nature ce besoin enfin ce sujet je le sens encore plus fort depuis le confinement depuis le covid on a tous en nous cet enfant sauvage qui veut se reconnecter à soi aux autres et à la nature et on est déconnecté parce qu'on est en ville parce que on va à 100 à l'heure on est déconnecté des autres aussi beaucoup et du coup Bivouac notre objectif c'est de c'est de créer du lien entre les gens parce que l'aventure c'est les autres et pour ça de proposer et un média à travers notre Instagram et aussi notre newsletter pour que les gens ils se lancent dans le bikepacking qu'ils osent se lancer dans le bikepacking et quand je dis les gens c'est les femmes et les hommes parce qu'on travaille beaucoup sur ce sujet de parité et une fois que les gens ont les clés de les embarquer dans les aventures bivouac soit sous format court d'un week-end soit sur un format plus long où on traverse une frontière et ça dure une semaine donc cette année c'était de Lyon à Turin en passant par Annecy c'était 600 kilomètres à peu près 10 000 de D plus et on était presque 150 ah oui ouais et c'était génial enfin cette année enfin je suis complètement biaisée mais cette année je trouve que enfin là ça s'appelait la pasta parce qu'on on aime la bonne bouffe quand on fait du vélo quand on ouais enfin là il y a eu un truc magique qui s'est passé entre les gens et vraiment c'est là où je me suis dit mais on on a réussi notre pari enfin vraiment tu vois genre en fait moi avec mon expérience en ultra ce que j'ai vu c'est que en général t'arrives en fin de course il n'y a pas les gens qui sont là qui t'accueillent mais même tu vois genre sur la fin d'un Ironman enfin tu passes la ligne si t'es pas venu avec ta famille bon bah t'es tout seul quoi et ce truc la solitude du sportif je trouve qu'elle est assez bah je sais pas enfin moi surtout dans c'est quand tu partages des trucs aussi forts pendant avec d'autres gens bah t'as envie de se retrouver enfin bref donc ouais bref et l'image la plus symbolique je trouve de de bivouac cette année c'était en haut du galibier en fait y'a tout le monde qui s'est retrouvé mais enfin alors pas 150 personnes mais y'a un un gros un gros du peloton qui s'est retrouvé en même temps en haut du galibier ou qui ont attendu les autres et y'a eu un un effet tour de France des copains en fait parce que parce que c'est vraiment tous les niveaux enfin t'as des gens qui n'avaient jamais fait plus de 1000 mètres de dépouche sur la journée ils se tapent le galibier ou elles se tapent le galibier et parce que en fait t'es avec les autres donc tu te dis bah allez allez je monte et tu sais c'est ce truc de je me cale sur mon rythme j'y vais et et quand tu vois la liesse en haut genre les holas les trucs les larmes parce qu'ils sont tous entre ceux qui font de l'ultra et celles qui n'ont jamais fait celles qui n'ont jamais fait un col en haut mais c'est franchement c'est là où je me suis dit c'est ça que je que je voulais parce que enfin c'est comme ça qu'on va mettre le plus de gens sur des vélos quoi
Loïc en tout cas pour avoir suivi les quelques stories du coup c'était quoi la dernière c'était une c'était l'Odyssée Tapas c'est ça ? la tapas à toute dernière
Caroline non c'est la pasta la pasta
Loïc la pasta
Caroline tapas c'est Espagne
Loïc ouais c'est ça c'est ça mais parce que je pense quand on avait les derniers échanges qu'on avait eu quand c'était encore chez OSV etc il me semble que c'était il y avait la tapas qui commençait à arriver comment elle s'appelait celle qui faisait X il y en avait une qui partait d'X non ?
Caroline c'était une trace que j'avais faite dans mon entretien précédente
Loïc ouais c'est ça ok mais là j'avais la tapas en tête mais bon bref tout ça pour dire j'ai vu des je suivais un peu les stories que vous mettiez sur le plutôt la partie colo de l'expérience ça avait l'air mais complètement fou des ambiances incroyables il y a Adrien qui avait pas mal le partagé aussi bref c'est vrai qu'on est assez loin de l'image peut-être un peu plus du coup de l'épreuve solitaire qu'on retrouve pour le coup des entre guillemets vraies courses où il y a la notion de chrono qui prime sur le reste là j'ai l'impression que ce que t'as réussi ce que vous avez réussi à monter avec Bivouac c'est c'est ce que tu disais c'est surtout c'est avant tout la partie vivre des expériences fortes à vélo ensemble sans forcément garder un oeil sur la montre ouais sur le dénivelé maître quoi mais bon
Caroline mais en gardant tu vois cet esprit de défi qu'il peut y avoir sur une course en fait c'est pour ça aussi qu'on enlève le côté course parce que ça facilite le lien les groupes vont se constituer se déconstituer aussi au fil de l'eau enfin tu vois par affinité par vitesse enfin donc en fait tu te retrouves avec un groupe qui va te ressembler avec qui tu vas créer des liens incroyables et il y a beaucoup de gens qui viennent seuls et ça je trouve ça aussi trop cool tu vois genre la possibilité de rencontrer des nouvelles personnes que t'aurais pas pu rencontrer dans ta vie de tous les jours et avec qui tu vas passer une semaine parce que t'es réuni par une même une même envie et ce truc de ensemble bah ensemble on va plus loin c'est vraiment le coeur de bivouac et et on va le je pense qu'on va le pousser toujours plus loin parce que tu vois les échappés donc c'est les formats enfin c'est les formats plus courts trois jours week-end l'idée ça serait que ça soit porté par les gens de la communauté qui habitent par exemple dans le Jura et qui disent mais en fait moi je veux trop je veux trop vous montrer la beauté de mon territoire j'ai des itinéraires je connais les initiatives locales la fruitière du coin et en fait je vais organiser un week-end bivouac pour vous montrer pour vous montrer chez moi et ça on le voit enfin ça crée des liens partout en France parce que les gens viennent de partout en France et en fait après une fois que tu t'as rencontré avec les clients sur une bivouac tu te retrouves à faire un week-end à la Rochelle un week-end en Ardèche et quelque part t'es lancé quoi le bike-packing va devenir ta vie oups et ça c'est trop cool
Loïc ah c'est génial mais du coup ça a pris très fort très vite parce que 150 personnes sur le dernier événement que vous avez organisé c'est quand même monstrueux sachant que bivouac a quoi ? 3 ans
Caroline 2 ans
Loïc 2 ans
Caroline ça je trouve que c'est très vite
Loïc ah bah quand même non je repense alors c'était une autre époque etc mais au tout début je travaillais chez Apple avec Arnaud à l'époque où il travaillait sur la race cross France et je me rappelle à quel point il galérait mais c'était incroyable tu vois le nombre de participants c'était bien moins que 150 même la deuxième troisième année si je dis pas de bêtises et côté sponsor etc enfin je me rappelle que vraiment c'était c'était un chemin de croix le truc quoi
Caroline ouais alors après c'est aussi une autre époque enfin je sais pas quand c'est ce que c'était le lancement de la RAF c'était il y a 7 ans peut-être
Loïc c'était 2017 de mémoire alors je pense que
Caroline déjà il a fait beaucoup sur la culture ultra en France donc c'est toujours c'est bien mais c'est toujours plus difficile d'être le premier et ensuite je pense aussi que alors déjà j'avais moi j'avais j'ai grandi avec l'ultracyclisme enfin j'ai grandi ce que je veux dire c'est quand j'ai commencé l'ultra il y a 8 ans et bah c'était les premières courses et du coup j'ai vu évoluer la pratique j'ai aussi pu sentir les je sais pas les besoins de ma que je ressentais de ma génération tu vois genre moi j'avais besoin de parité j'avais besoin d'événements plus responsables j'avais besoin de convivialité et tout ça en fait on l'a mis dans bivouac et du coup ça paraissait je pense comme une évidence générationnelle quand on l'a sorti et ça et du coup de taper vraiment là où le besoin des gens était tu vois c'est pas un produit ou un service sorti de nulle part et puis on a pas fait je sais pas la course d'ultra la plus dure du monde avec 30 000 de dépli c'est seulement 500 kilomètres il n'y en aura plus qu'un non tu vois genre il y a quand même cet héritage quasiment culturel que t'acquaires quand tu passes ta vie sur des événements de longue distance que ça soit d'ailleurs ultra cyclisme ou du triathlon ou du trail tu vois genre tu te nourris de tout ça donc je pense que t'arrives plus aguerri pour proposer quelque chose
Loïc ouais
Caroline ouais et je pense aussi que c'est vraiment le truc enfin que là je pense qu'au delà de la pratique du vélo c'est un truc vraiment générationnel ce besoin de lien ce besoin de de respirer de vivre en dehors des écrans
Loïc comment tu vois du coup alors double question c'est quoi la suite de bivouac sur quoi est-ce que vous êtes en train de plancher alors tu l'as un peu évoqué avec cette notion de finalement le projet la communauté s'approprie le projet tu vois en montant des formats échappés par exemple dans des coins que les gens connaissent bien mais est-ce que vous l'équipe on va dire à la base de bivouac il y a des choses sur lesquelles vous êtes en train de vous concentrer et toi à titre perso maintenant que la Sylcron est derrière toi est-ce que t'as tu vois un nouveau fil rouge invisible qui s'est installé ou pas encore
Caroline ouais j'en ai plein c'est 7 ans plus tard que tu le présentes comme un truc hyper cohérent mais en fait il y a 7 ans je m'étais dit je vais faire de la voile grave et je me suis aussi dit que j'allais me mettre à fond sur les sujets de mobilité et c'est marrant parce que enfin mobilité bref et non non ah mobilité type yoga c'est ça ouais voilà et là pour le coup du coup j'ai commencé le crossfit il y a un an bientôt et je suis hyper attirée par ces trucs de calisthénie le yoga yangar aussi je sais pas si tu vois mais en gros c'est vachement concentré sur sur chaque mouvement que tu fais donc mine de rien j'ai commencé à activer ce truc là et je suis assez peut-être qu'il y aura un petit irox pour restaure de suivre les bref de suivre le mouvement mais pour m'amener vers d'autres trucs enfin ouais sur cette exploration de la mobilité je j'aimerais bien que ce soit plus précis j'aimerais bien qu'il y ait genre je sais pas tu vois genre peut-être il faudrait que je me fixe un mouvement à atteindre parce que il n'y a pas vraiment de course à la mobilité vu que c'est sur l'éveil de soi et c'est plus dur que de se dire je m'inscris à la course la plus dure du monde voilà et ouais le parallèle c'est peut-être ça tu vois genre du coup l'entrepreneuriat je trouve ce que je trouve plus dur c'est que justement on peut pas se dire enfin la ligne la très enfin il suffit pas de s'entraîner tous les jours en faisant tel et tel exercice tu vois je sais pas en faisant du home trainer c'est aussi ça que j'adore dans le sport c'est que quand tu t'entraînes t'as les résultats ouais alors que quand tu crées une entreprise t'avances vraiment toujours à tâtons et en même temps parfois il faut foncer enfin il y a un mélange de quelle énergie quelles actions enfin c'est beaucoup plus c'est hyper dur et du coup c'est hyper enfin c'est passionnant et pour répondre à la question qu'est-ce qu'on va faire pour Bivouac dans les prochaines années ou même l'année prochaine donc toujours toujours les événements mais concentrer vraiment aussi se concentrer vraiment sur le développement de ce lien le lien entre la communauté ce qu'elle peut apporter aussi ce qu'elle peut s'apporter l'une à l'autre enfin les gens entre eux quoi parce que je trouve que c'est une des pratiques où en fait tu dois apprendre plein de choses enfin bref le bikepacking c'est pas seulement une semaine à faire du vélo c'est comment je fais mon setup comment je m'entraîne comment donc en fait le voyage c'est pendant toute l'année quand tu penses quand tu réfléchis à ton itinéraire bref voilà et donc on va travailler sur ce lien en développant la partie média et la partie mise en relation de la communauté
Loïc ça c'est du teasing ça
Caroline ouais c'est ça
Loïc excellent ok et bah ok ok
Caroline et du coup l'année prochaine il y aura une nouvelle enfin une nouvelle odyssée transfrontalière et qui va être incroyable
Loïc alors attends parce que je suis sur je suis sur le site des bivouacs on a déjà le transfrontalier vers l'Italie on a le transfrontalier vers l'Espagne on a l'Afrique donc dans le nord ok ok ok il reste la Suisse
Caroline il reste la Suisse attends ça c'est galère de réunir vers la Suisse mais dans le transfrontalier vers l'Espagne et vers l'Italie il y a plein de plein d'options d'opportunités donc c'est cool aussi
Loïc trop bien bah écoute quelqu'un qui voudrait découvrir toi tu conseilles quoi l'échapper pour commencer ou par rapport à la distance ou est-ce qu'en termes d'ambiance tu conseillerais quoi je te dis demain je voudrais tu vois découvrir un peu ce que propose Bivouac je fais un peu de vélo mais j'ai jamais vraiment fait d'ultra de manière aussi enfin de distance aussi concentrée ça serait quoi la meilleure approche
Caroline alors je pense déjà de nous suivre sur Instagram parce qu'il y a vraiment ce truc de pour donner de conseils pratiques mais aussi d'inspiration pour se dire ah mais en fait je peux le faire et ensuite de faire une échappée ouais c'est là il y a c'était trop cool il y a enfin toutes les personnes c'est assez impressionnant toutes les personnes qui ont participé à une échappée cette année se sont inscrites pour faire la pasta alors quand je dis toutes c'est pas vrai enfin c'est pas 100% mais genre il y a vraiment enfin je pense 80% des gens qui avaient fait les week-ends sont venus ouais c'est assez c'est assez ouf et notamment parce qu' ils se sont créés des gangs mais pendant les pendant les week-ends mais après tu les voyais tu vois ils partaient en week-end ensemble pour s'entraîner etc ou pour kiffer
Loïc énorme
Caroline et en fait ils se sont retrouvés sur la pasta et là encore une fois là avec Charlotte on se disait mais bah voilà ça c'est vraiment c'est ce qu'on veut quoi des potes les gens ils se rencontrent sur un vélo ils veulent vivre fort et ensemble mais bah c'est ça et ouais du coup du coup ouais il faut s'inscrire à des flashs il y a plusieurs formats de flash il y a des flashs aussi en mixité choisi juste entre femmes on en a fait une il y a deux semaines ça s'appelle le zouzistan et ça pareil ça permet de enfin à plein de femmes de donner confiance et l'impulsion pour aller vers des peut-être des groupes mixtes ou aussi pour se tester sur un premier call ou tout comme ça et il y a des flashs mixtes voilà et on va bientôt enfin bientôt on va les annoncer prochainement
Loïc trop bien bah si il y en a qui veulent passer à l'action le lien est en description du coup je vous conseille vraiment la newsletter franchement la newsletter je sais pas qui l'écrit mais c'est Charlotte c'est vrai bah bravo Charlotte si tu nous écoutes parce que le style est toujours enfin je trouve que le style est vraiment très sympa parfois un peu décalé et tout très agréable à lire donc foncez aussi je pense la newsletter depuis le site on doit pouvoir facilement normalement tout en bas carrément très facile trop bien et bah franchement Caro un immense merci ça m'a fait super plaisir que tu reviennes très très intéressant de t'entendre raconter bah déjà forcément la silk road parce que c'est tout frais et c'est quand même il y a quand même pas beaucoup de gens qui s'alignent au départ d'une course comme ça et méga intéressant aussi de voir bah finalement ce message tu vois de bah je me suis resté dans l'entreprenariat en lien avec ma pratique du moment ça a pas fonctionné je rebondis ça marche enfin c'est aussi un message qui est très inspirant tu vois de dire bah les succès ça arrive pas comme ça tout de suite d'un coup et c'est quand même hyper complexe surtout en France l'entreprenariat donc ouais faut bien s'entourer super message ouais ouais ouais
Caroline en vélo comme en entrepreneuriat l'important c'est les gens de qui on s'entoure
Loïc ouais complètement un immense merci Caro est-ce que toi il y a un petit mot de la fin un message que tu voudrais faire passer
Caroline non je veux bah merci beaucoup à toi j'aime beaucoup cette idée de se retrouver tous les deux ans et en message comme ça je me dis que moi ce que j'aime bien c'est de voir que les rituels c'est ce qui paye le plus dans la vie genre faire remettre sur le métier au quotidien des tâches et finalement arriver à un truc immense qu'on pensait pas enfin qu'on avait même pas en tête de faire ou pouvoir faire
Loïc voilà
Caroline donc vive les rituels ouais
Loïc complètement merci l'effet composé s'il y en a qui veulent les creuser il y a pas mal de livres là-dessus mais sur l'impact des effets composés c'est exactement ça impact dans le temps génial bah écoute merci beaucoup Caro bon développement pour la suite de Bivouac de toutes tes aventures et puis bah on se donne rendez-vous dans deux ans en parlant de routine c'est bon on met celle-là en place c'est bien merci Caro merci ti Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada
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