Les Frappés Les Frappés
Saison 3 EP·111 Expédition #BikingMan #ultra-cyclisme #entrepreneuriat

25 avril 2023

Vivre à en crever avec Caroline Prigent, cycliste ultra-distance & co-fondatrice de la Poco Loco

Durée · 1h22 · Transcription disponible

Caroline

Le récit

Caroline est une sportive d'endurance. Son domaine de prédilection, c'est l'ultra cyclisme, mais pas que !

J'ai adoré cet échange dans lequel Caroline nous explique ce qu'elle trouve dans la pratique du (très) long, que ce soit dans le dépassement de soi, dans le fait d'en apprendre toujours un peu plus sur soi, ou encore dans l'entraide magique qui nait lors de ces événements.

On a bien sûr beaucoup parlé de vélo, une discipline qu'elle connaît bien puisqu'elle en est même venue à créer son propre événement, la Poco Loco, qu'elle qualifie d'ailleurs d'aventure plutôt que de course.

Mais on a aussi discuté de la place de la femme dans ce sport encore trop souvent et à tord considéré comme masculin, de la valeur de l'échec, de l'aventure VS la performance.

Merci Caroline pour cette super discussion, à très vite sur un événement complètement "loco" 🤩

🔎 Pour en découvrir plus sur la Poco Loco, la course que Caroline a co-fondé, c'est par ici. Son podcast s'appelle le GREW et vous pouvez le trouver ici.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 Épisode #56 - Benoit Bigot - Cyclisme ultra-distance, vainqueur de la RAF, BikingMan - Le fixie comme philosophie de vie
👉 Épisode #62 - Cloé Dardelet - L'aventure et l'exploration à côté de chez soi
👉 Épisode #100 - Mike Horn - Sortir de sa zone de confort pour se sentir vivant

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Transcription

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Caroline Le vélo t'embarque dans une aventure lointaine, mais aux portes de chez toi. L'Ultra, ça m'a fait découvrir des trucs incroyables. De dépassement personnel, mais aussi du coup de découverte de moi dans le dépassement, comment je réagis, comment je suis. Notamment aussi l'entraide. Tu vas partager un repas, mais c'est le meilleur moment de ta vie. Tu as une connexion secrète qui se crée avec cette personne.

Poco Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo, avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. récemment je suis devenu finisher de la ptl un ultra trail de 340 km autour du mont blanc organisé par l'UTMB depuis la création des frappés en 2020 j'ai deux objectifs le premier c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver avec mes invités on ira naviguer sur toutes les mers du monde on participera à des expéditions dans les régions polaires ou en himalaya on découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales. Le deuxième c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ses invités exceptionnels. On sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur terre alors autant les vivre à fond. Vivre intensément à en crever c'est la phrase prononcée pendant notre échange par Caroline, mon invitée de la semaine, qui m'a le plus marqué. Caroline est une cycliste ultra distance et une femme de conviction. Une femme convaincue que la pratique de l'ultra peut être autre chose qu'une recherche de la performance. Une femme convaincue que se dépasser, c'est avant tout vivre une aventure plutôt que de viser un chrono. Une femme convaincue que l'inclusion et la diversité dans le cyclisme sont possibles, nécessaires et en réalité des évidences. Un de mes invités me disaient récemment que dans le sport, on retrouve surtout des ingénieurs et des poètes. Vous l'entendrez, dans cet échange, c'est surtout la poésie qui parle. Un immense merci Caroline pour ce beau moment de partage. Excellente écoute à vous les frapper.

Caroline Eh ben, salut Caro ! Bonjour Loïc, comment vas-tu ? Génial, génial. Et toi ? Très bien, très bien. pour ton être là.

Poco Moi, je suis ravi de t'accueillir. Juste génial que t'aies répondu aussi rapidement à ma sollicitation. Merci beaucoup une fois de plus. Je suis trop content. On va parler cyclisme, ultra-cyclisme même. Entre autres choses, très certainement. Peut-être Iron Man. T'as fait plein de choses. Bref, j'en ai déjà trop dit. Ce que je te propose, c'est de commencer par te présenter, de nous expliquer qui tu es.

Caroline Je m'appelle Caroline Prigent. J'habite à Paris et j'ai grandi à Paris, chose qui n'est pas anodine quand on pratique beaucoup de sport outdoor. Depuis un an, je suis cofondatrice de Poco Loco. Donc Poco Loco, on crée des aventures gravel ou route longue distance pour découvrir les territoires et aussi pour rencontrer plein de gens. et ça me prend beaucoup de temps et surtout j'y mets tout mon coeur parce que c'est un projet qui rassemble tout ce que j'ai envie de faire c'est à dire à la fois de l'ultracyclisme mais aussi rencontrer des gens qui partagent cette même envie de découvrir la nature et de sortir du monde grâce à la pratique du vélo et ouais du coup je suis allée direct sur Poco Leco, mais en présentation un peu plus globale, peut-être je ne sais pas, le CV sportif. Moi, à l'origine, je faisais jusqu'à mes 25 ans, je ne faisais pas beaucoup de sport. J'ai 35 ans. Ou beaucoup de sport, genre rugby, boxe, parce que j'avais beaucoup d'énergie. Et en fait, à un moment, j'ai réalisé que ce n'était pas forcément dans le sport de combat que je m'épanouissais. Notamment parce qu'il y a un gagnant et un perdant. mais plus dans les sports d'endurance où là tu te bats contre toi-même et en plus dans les pratiques de sport d'endurance ce que j'aime c'est notamment dans l'ultracyclisme c'est le côté aventure qui est quelque chose que j'ai toujours eu depuis ma tendre enfance grâce à mes parents qui m'ont amené faire des randos et des treks sauvages et donc grâce à ça j'ai pu développer mes différentes appétences dans le triathlon on commence au départ un peu de trail et puis maintenant dans l'ultra c'était ça

Poco génial, génial alors tu balances comme ça triathlon c'était quand même sur des formats XXL, Ironman

Caroline yes mais c'était pas prévu ok en fait j'ai fait ma première expérience pro c'était à Montréal et un jour j'ai rencontré j'étais avec une copine, elle me dit il y a mon copain avec 5 copains ils vont faire un marathon et je ne sais pas pourquoi à ce moment là je me suis dit j'ai envie d'un défi et en fait j'ai appris 2 semaines plus tard que c'était un triathlon je me suis dit ok je vais faire du triathlon sauf que je ne savais faire que de la brasse j'avais très mal respiré sous l'eau et je n'avais jamais fait de vélo mais je ne sais pas pourquoi je me suis mis à fond là dedans et chemin faisant quand je suis revenue en France, je me suis inscrite à un club j'ai adoré cette ambiance et je sais pas ah oui j'ai vu une nana qui avait un physique normal et qui venait de faire un Ironman et je me suis dit ok c'est pas du tout la vision que j'avais d'une grande sportive donc moi aussi si je suis rigoureuse si je m'entraîne si je kiffe aussi ce que je fais l'entraînement j'aime m'entraîner je pourrais le faire moi aussi et je me suis inscrite, je n'ai pas trop réfléchi et j'ai fait mon premier Ironman comme ça et c'était trop cool

Poco c'était celui du Mont Tremblant c'est ça ?

Caroline ouais, alors ça c'était le premier triathlon c'était pas le triathlon, c'était un Ironman mon premier Ironman c'était c'était à Nice

Poco ah ouais carrément, ok d'accord

Caroline je m'étais dit comme ça, après c'est réglé, j'aurais plus envie de en faire et ben finalement j'en ai refait

Poco c'est Nice que t'as refait une deuxième fois ou c'est un autre ?

Caroline Non, après j'ai fait Servia Romagna en Italie. Et c'était la première année qu'ils le faisaient, je crois. Et après, j'ai fait Barcelone.

Loïc Et après,

Caroline à Barcelone, je me suis dit, c'est chiant quand même. Déjà, c'est plat, c'était pas très beau. Désolée. Et puis, en triathlon, t'es voulu quand même en Ironman, dans un circuit. et moi c'était un moment dans ma vie où je voulais sortir des circuits et j'avais déjà alimenté cette flamme avec quelques courses d'ultra-cyclisme et ça c'est un truc que j'adore en ultra c'est que tu fais péter le circuit et que le terrain de jeu c'est le monde et que tu dois jouer avec toutes les règles du monde et ça j'adore Fabuleux

Poco Fabuleux c'est hyper parlant cette notion d'aventure comment est-ce que tu retrouves cette notion d'aventure dans ta pratique avec Ultra, c'est vrai que triathlon, mais surtout Ironman, j'aurais tendance à dire, c'est quand même... La plupart du temps, il faut quand même avoir une approche très normée, contrôlée, très précise de la discipline pour... S'il y a vraiment un objectif de performance, j'aurais tendance à dire ça, je ne sais pas ce que tu en penses, mais c'est un peu dur d'arriver en mode touriste si tu vises une bonne perf ou en tout cas vraiment du plaisir sur un Ironman, non ?

Caroline Alors, je n'opposerais pas touriste et comment dire et hyper exigence je pense que sur le premier Ironman j'étais et même sur les premiers triathlons j'étais hyper j'avais une hygiène de vie nickel chemin faisant j'ai une hygiène de vie pourrie et chemin faisant j'ai quand même lâché pas mal de lest il y a un truc aussi c'est que plus tu t'entraînes plus tu apprends à te connaître plus je sais comment gérer l'endurance me gérer dans le long et six mois après l'Ironman de Nice je m'étais inscrite à la Saint-Élion justement et alors j'ai pas beaucoup fait de sport entre Nice et la Saint-Élion j'ai même rien foutu rien fait pendant septembre-octobre et je pense que mon corps a été content parce que ça m'a permis de vraiment reprendre de récupérer et en fait j'ai réalisé pendant la santé Lyon c'était une année horrible il y avait du gel il y avait de la neige je suis tombée 15 fois mais en fait la méthode psychologique était la même que sur du bon c'est à dire en tout cas pour moi c'est être en pleine conscience à l'écoute de soi est-ce que tu as froid ? qu'est-ce que tu fais ? est-ce que tu peux faire quelque chose ? ok si oui je me change est-ce que tu as faim ? non ça va est-ce que tu te sens un peu faible ? ouais pourquoi ? ok boire de l'eau toujours revenir aux besoins essentiels et en fait que ce soit sur un Ironman ou sur sur de l'ultra cyclisme ou du trail tu as un peu la méthode et je trouve que ça tu n'arrives plus en touriste en fait si je ne m'entraînais pas du tout et qu'en plus je n'avais pas l'expérience oui

Poco je vois ce que tu veux dire je pense que quand je parlais de touriste c'était plus justement par rapport à l'approche à l'état d'esprit je me suis inscrit sur un coup de tête, sur un défi je me prépare un peu à l'arrache et puis Adienne Kepoura alors qu'effectivement, là ce que tu décris c'est ta mindset qui fait que tu es capable de gérer l'adversité dans la durée, de rebondir etc, en tout cas c'est hyper intéressant ce que tu décris de ce schéma ça tu l'as mis en place de manière empirique, tu vois cette espèce de processus de je me check, je suis à l'écoute du corps qu'est-ce que je peux faire est-ce que je dois accepter, serrer les dents si je peux rien faire, comment tu l'as construit cette méthode ?

Caroline Ouais, je pense que c'était le bon terme c'est de façon empirique moi je marche vraiment à l'expérience là pour revenir sur le côté touriste, je vois ce que tu veux dire moi j'ai tendance c'est vraiment comme ça que je marche, c'est je m'inscris et je verrai après parce que je pense qu'il y a quelque chose qui est hyper cool dans cette méthode, c'est que tu n'as pas de pression. Je ne me mets pas de pression. Justement, contrairement à un match de rugby, je ne vois pas du tout le côté échec. L'enjeu n'est pas le même. En général, si je finis, c'est cool. Mais en fait, si je finis, c'est cool, il n'est pas formulé comme ça. et en fait il m'a permis aussi d'être performante parce que ça relâche toute pression c'est un peu seul Dieu pourra me juger et du coup comme je m'en fous du jugement de Dieu et bien en fait j'y vais et je vois et en fait je ne me confonde que sur le le kiff, le plaisir que j'ai à être dans ma pratique. Je ne fais pas un Ironman pour... Je n'ai pas fait des Ironman pour dire au monde que je fais des Ironman. D'ailleurs, je ne communiquais pas du tout dessus à cette époque. C'est récent, en plus, ma communication. Tu as raison, en tout cas. Et ça, c'était assez cool parce que j'avais... Tu n'as rien à prouver, même pas à toi-même. C'est juste que je le fais parce que je m'entraîne tous les jours. Je vais à la natte, je vais en course à pied. Je fais du vélo. C'est des choses que j'aime. donc en fait là c'est un peu le moment où tu montes sur scène quand tu vas voir la pièce toute l'année là tu montes sur scène et en fait lâche les chiens genre kiff et ça moi ça m'a ouvert un champ des possibles dans ma vie mais incroyable et dans le projet entrepreneurial c'est pas pareil en fait c'est vas-y quoi c'est même pas vas-y je le fais parce que je suis au bon endroit et en fait ça t'ouvre un champ des possibles génial trop bien excellent

Poco et ça tu dirais là aujourd'hui tu l'exprimes de manière très claire mais tu dirais que t'a fallu combien de temps pour conscientiser un peu la façon le fait que c'est cette approche de la pratique qui toi t'allais très bien et qui était hyper structurant hyper aidant pour ta vie en général je sais pas si c'est très clair

Caroline c'est vraiment parce que je pense que le déclic je l'ai eu quand justement j'ai décidé de me mettre à mon compte et de lancer un projet perso autour à l'apoco loco ça veut dire que ça m'a pris quand même je pense 8 ans et c'était un truc que j'avais constaté en fait je me disais c'est incroyable pourquoi j'arrive à appliquer ces schémas parfaitement, écoute du corps, faire des choses que j'aime plutôt que de me forcer la main, ne pas me fixer d'objectif pour dépasser tout objectif que j'aurais pu imaginer. Je me disais qu'il faudrait que je l'utilise dans le tas. Je n'arrivais pas du tout à mélanger les schémas, à appliquer un schéma de ma pratique sportive à la pratique professionnelle. je pense ouais c'est quoi l'équipe je pense que l'équipe c'est quand quand t'arrives à enlever de la pression sur sur le côté pro c'est pas évident se mettent aussi de la pression sur le côté sport ouais ouais

Poco passionnant ouais mais pas évident tu vois ce lâcher prise là pas facile facile mais en tout cas comme tu dis c'est génial de t'entendre dire que tu vois quand tu l'as eu finalement j'ai un peu l'impression dans ce que tu racontes que c'est là que t'as vraiment pris ton envol et que t'as pu t'exprimer pleinement et te lancer dans les aventures qui te ressemblaient vraiment les vivre à fond moi j'entends un peu une belle incitation, un bel appel justement à essayer de lâcher prise, de s'affranchir que ce soit dans le sport des résultats, des classements etc à moins que ce soit vraiment ça qui fasse vibrer les gens très très intéressant le long puisque là on a tout de suite on est parti du postulat que Caroline c'est le long qui te va mais qu'est-ce que t'as retrouvé toi dans l'effort long qui t'a plu et qui fait, enfin même plus que ça j'ai l'impression qui fait que ça fait partie de ta vie aujourd'hui

Caroline alors je pense qu'il y a deux choses si on parle d'ultracyclisme et de plus en plus j'ai envie de me mettre au trail this is the way il y a le côté aventure il y a le côté aventure en parallèle de ma pratique sportive j'ai fait plein de je ne sais pas si on peut appeler ça aventure mais de voyages en autonomie ou en tout cas à deux et tu dis j'avais le tour du du lac Baikal en kayak et on avait en fait on était arrivés on avait loué un kayak on était parti sur je sais pas la taiga était en feu donc tout était recouvert de fumée et là tu te retrouves sur ton kayak tu te dis merde ça c'est des situations que j'aime bien et en fait je trouve qu'il y avait ça en parallèle ou même des voyages plus en sac à dos genre au Kyrgyzstan, Georgie des choses comme ça j'avais cette envie d'aventure et de voyage que je cultivais par ailleurs et là de pouvoir mixer les deux avec le vélo c'est juste incroyable surtout aujourd'hui post-Covid où se pose la question du voyager autrement où le vélo t'embarque dans une aventure lointaine mais aux portes de chez toi et je trouve que je ne l'ai même pas préparé et je trouve que ça c'est ça que ça m'apporte l'aventure ici et le long pour l'aventure c'est la réponse et pour définir la notion d'aventure, parce que de toute façon, elle est très galvaudée ces derniers temps, mais je trouve ça aussi bien d'enlever la pression sur la définition de ce terme. Donc, cool. Pour moi, c'est l'autonomie. Pareil, chacun voit un degré d'autonomie différent, mais en tout cas, c'est avoir à gérer les aléas du monde. Et pourquoi le long ? Tu l'auras vu dans ce que je disais tout à l'heure, c'est parce que j'adore gérer les aléas. Parce qu'en fait, moi, il m'arrive toujours des merdes. C'est un truc dans ma vie quotidienne, il m'arrive toujours des trucs. Et donc, je pense que je suis entraînée, mais de façon naturelle, enfin pas naturelle, mais entraînée au quotidien à la gestion des aléas. Et donc, quand je me retrouve en ultra, limite, il y a moins d'aléas à gérer. Ah oui, ça a pété. Ah oui, j'ai perdu mon téléphone. Ah, il y avait ma carte de crédit avec mon téléphone. Ok, fine. Qu'est-ce qu'on fait ? C'est un endroit où je me sens chez moi. Je ne sais pas si je me sens chez moi, je me sens en zone de... Comment on dit ? Zone de confort dans l'inconfort. Voilà.

Poco L'inconfort est ton terrain de jeu. L'inattendu est ton terrain de jeu.

Caroline L'inattendu, oui. J'ai fait un grand voyage en Patagonie seule en vélo. J'avais loué un VTT tout courri. et pareil là c'était je me suis vraiment dit en venant de ce voyage que je me sentais chez moi quand je sortais de ma tente que je me sentais chez moi quand il y a ma pédale qui lâchait au bout de ma chaussure il y a vraiment ce côté je suis chez moi en tout cas je me sens à ma place ok

Poco parce que là t'entends j'ai l'impression presque que t'accueilles de manière hyper positive les aléas, les inattendus

Caroline ça te fait chier parfois

Poco je te demande je m'arrête là dessus je crois que c'est David Goggins qui parlait de ça qui disait qu'en fait tu vois David Goggins c'est un peu la philosophie c'est un speaker américain assez inspirant le mec a fait je crois qu'il a été Navy SEAL ensuite il a été il a eu plein de carrières dans des trucs où très peu de gens rentrent, il a fait du il a été parajumper, donc c'est les pompiers parachutistes au Canada le gars a eu 36 vies et avant il était obèse avant d'être Navy SEALS il était obèse et donc il a une philosophie, c'est un peu à l'américaine chaque jour doit être un combat contre toi-même et il parle justement des aléas et du fait que lui en fait quand il se lance dans un défi ou dans sa vie en général il est content quand un allié arrive parce que ça veut dire que ça lui fait une opportunité de plus de s'améliorer de se tester est-ce que toi c'est cette philosophie aussi qui fait que globalement t'es assez à l'aise avec l'imprévu ou est-ce que c'est autre chose comme le fait de pouvoir exprimer ta créativité en trouvant une solution à un truc que t'avais jamais eu avant

Caroline alors ouais c'est beaucoup plus le côté créatif, moi j'aime je ne suis pas du tout pour le côté surhomme je ne suis vraiment pas là pour me faire souffrir alors parfois ça paraît ça peut surprendre certaines personnes quand ils voient les trucs de l'extérieur que je peux faire mais par exemple si j'ai une tendinite ou un tendon qui lâche pendant une course d'ultracyclisme ou pendant un triathlon moi je m'arrête je ne serai jamais la personne qui rampe jusqu'à la ligne d'arrivée

Loïc la souffrance

Caroline la difficulté, l'effort moi je crois vraiment en l'effort parce que je suis convaincue que le souffle ça c'est un peu ésotérique et le lien avec je sais pas avec la terre, avec le truc il y a un truc, il y a une résonance un peu mystique avec le monde qui nous entoure je crois vraiment que l'effort c'est c'est un moyen, une porte vers des émotions, vers la contemplation vers une sorte d'unité bref et pourquoi les aléas, ouais j'aime bien ce côté en effet je trouve que ça ça active, ça met en place un moi en fait ouais non c'est le sujet de créativité je pense toujours à ça mais j'ai fait un échange en Colombie pendant mes études et on est allé faire une marche pendant 3 jours dans le désert de la Tatakoa et on plante la tente et là paf, il se met à pleuvoir c'était pas prévu parce qu'on était dans le désert tempête et l'eau commence à monter dans la tente et ça, j'adore j'étais avec une copine à côté et je lui dis ok tu fais ça, ça, ça on plie de telle façon les trucs on empaque, on va à tel endroit mais ça en fait ce que j'adore c'est sur un temps hyper court comment tout va s'articuler et être dans l'action ça je trouve que c'est vraiment un moment grisant où je me sens que ça marche bien et par ailleurs je peux avoir deux temps sur des trucs pour le coup dans la vie normale le fait de se sentir

Poco vivante du coup j'ai un peu l'impression d'entendre que les imprévus te mettent dans des situations où t'es face à quelque chose il doit y avoir une action et du coup c'est ça qui fait que tu te sens vivante oui

Caroline ce truc de se sentir vivante vivre intensément c'est un truc qui est hyper fort chez moi peut-être qu'il est un peu moins depuis que j'ai le projet PocoLoco peut-être parce que je mets tout dans PocoLoco mais en tout cas c'était un pendant de ma vie professionnelle tu as une vie professionnelle de bureau la routine où tu recherches l'intensité dans les soirées et après tu vas peut-être te dire « Ah, ben moins, je vais chercher l'intensité ailleurs dans la pratique sportive. » Du coup, l'intensité de ma pratique sportive laisse... Imaginez l'intensité des soirées. Non, mais en tout cas, il y a vraiment cette idée de vivre fort, en fait. Vivre fort à en crever. Et c'est un peu bizarre parce qu'il y a quand même... Ça a été un peu... c'est marrant

Poco j'ai l'impression il y a plein d'échos à ce que racontait Mike Horn sur son épisode le fait de sortir de sa zone de confort c'est là qu'il se sent vivant finalement la philosophie se retrouve un peu dans ce que tu dis aussi la Poco Loco ça fait plusieurs fois que tu nous en parles est-ce que tu peux rentrer dans l'état et nous expliquer ce que tu as voulu faire avec ce projet et ce à quoi ça ressemble aujourd'hui ?

Caroline Ouais. J'ai fait de nombreuses courses d'ultracyclisme dans ma vie, dans ma vie. Enfin, j'ai pu en faire une douzaine. Et la plus grosse course d'ultracyclisme d'Europe et une des plus connues du monde, c'est la Transcontinental Race que j'ai faite l'année dernière.

Poco Ah, je ne savais pas que tu l'avais faite. OK. Tu peux nous rappeler juste la distance pour que les gens comprennent un peu l'ampleur du monstre.

Caroline Le délire. La Transcontinental Race, tu traces chaque année. Chaque année, il y a une trace différente. L'année dernière, c'était environ 4 350 km. Le départ était de Burgas. Non, n'importe quoi. Le départ était de Gramont en Belgique et allait à Burgas en Bulgarie. Avec des checkpoints obligatoires. avec des tracés obligatoires entre 50 et une centaine de kilomètres mais sinon tout le reste c'est toi qui traces tu fais ta trace donc la trace fait aussi partie de la stratégie c'est environ 200 personnes qui s'élancent pour faire ce parcours et tu es jusqu'à 16 jours les checkpoints sont très durs à attendre en tout cas les timings les barrières horaires ouais les barrières horaires donc c'est un peu le graal de toute ultracycliste mais moi j'ai aussi vu les limites de l'exercice parce que en fait j'ai trouvé ça trop sévère l'organisation, les organisateurs j'ai trouvé qu'il y avait un côté vraiment coercitif où on se montait un peu les uns contre les autres parce qu'il y a une règle très simple qui est la règle de non-assistance qui est poussé à un degré ridicule. Genre, si tu as une banane, si tu as deux bananes et que tu veux enfiler une à quelqu'un, tu ne peux pas parce que c'est de l'assistance. Si tu as quelqu'un qui est au bord de la route, je ne sais pas, qui n'a plus de chambre à air, tu ne peux pas l'aider. Donc... S'ils font ça, je pense que c'est parce qu'ils veulent en faire une pratique sportive, professionnelle et je comprends, mais en fait dans le peloton t'as quand même il y a moins de 50% des gens qui l'affinissent donc dans ceux qui l'affinissent t'en as peut-être une dizaine, une quinzaine qui jouent la gagne et puis les autres, on n'est pas dans le monde professionnel bref et c'est un peu c'est vraiment l'opposé de Poco Loco c'est pour ça que je vous le présente comme ça en fait pour moi l'ultra ça m'a fait découvrir des trucs incroyables de dépassement personnel, mais aussi de découverte de moi dans le dépassement, comment je réagis, comment je suis. Notamment aussi l'entraide. Quand tu rencontres quelqu'un, tu n'as vu personne pendant 24 heures, tu vois quelqu'un, tu es trop heureux. Tu vas partager un repas, mais c'est le meilleur moment de ta vie. Tu as une connexion secrète qui se crée avec cette personne que tu vas souvent pouvoir revoir sur la route. Ça t'embarque dans des choses assez folles. et c'est ça que je voulais partager avec Poco Loco et justement c'est pas une course à assister ce n'est pas une course d'ailleurs on encourage l'aventure plutôt que la performance c'est un gros point et Poco Loco c'est des aventures responsables responsables ça inclut l'idée de parité mais aussi l'idée de durabilité. Sur la partie parité, c'est un défi. Puisque sur les événements de longue distance, je pense que tu le vois sur le trail, mais aussi sur les courses d'ultra. En général, on est 5 femmes. Je te reconnais facilement dans la foule. Tu fais « Hey ! » Et toi aussi, « Hey ! » Et puis ça t'arrête là, parce que t'as juste comme point commun pour le coup d'être une femme. Mais OK. En tout cas, le parcours a été fastidieux pour arriver là aussi. donc nous on a pour objectif d'être à 50% de femmes là sur le premier événement qui était de Montpellier à Barcelone il y avait 35% de femmes et cette année il y a trois classiques on appelle ça donc c'est des aventures de 700 km transfrontalières et il y a pour l'ensemble le pourcentage de femmes est de 30% j'ai l'impression d'avoir mixé deux idées en une, je suis désolée non non c'est des aventures de 700 km transcontalières et depuis cette année on a lancé les week-ends c'est 300 km et tu les fais en 2 ou 3 jours on propose des étapes des villes en fait pour que les gens se retrouvent pour orchestrer la convivialité et là c'était trop bien on a fait un week-end dans Lot il y a 2 semaines et c'était génial les gens se retrouvaient après une journée à avoir pédalé sous la pluie du Lot pour partager un énorme repas et repartir le lendemain et c'était vraiment tout ce que tout ce que j'avais rêvé en fait de partager à travers le vélo longue distance c'est-à-dire la découverte du territoire parce qu'on a fait une projection de film à Cahors et puis on a mangé des fromages locaux enfin bref, donc ouais, découverte du territoire découverte des gens, dépassement de soi bah le kiff quoi C'est la parenthèse enchantée pour vivre fort avant de retourner au taf lundi et se dire, c'est bien, j'ai envie de retourner.

Poco Oh, ça fait rêver. C'est quand les prochains, tu disais ?

Caroline Il y a le Week-end Bretagne. Là, c'est fini. C'est clôturé, les inscriptions. Et après, le premier événement classique, ce sera la Dijon-Stuttgart. Il y a une trace route et une trace gravel. Et c'est en juin.

Poco Ok, donc c'est Gravel et Route.

Caroline Tu choisis, selon tes goûts. Et pour l'instant, on est à 50% d'inscriptions Gravel, 50% d'inscriptions Route. Donc c'est amusant de voir l'intérêt.

Poco J'ai l'impression que le Gravel, je te parlais avant qu'on commence de ce podcast que j'écoute, la Choose the Hardway, et en fait, lui, il a fait beaucoup de comment est-ce qu'on appelle ça ? Ah ! il fait maintenant du gravel mais il faisait du des critériums et donc il a souvent des invités qui viennent de cet univers dont des gens qui sont des pros et alors je sais pas si dans l'univers du cyclisme ce qui se passe aux US finit par arriver en France mais ils avaient l'air de dire dans le dernier épisode que j'écoutais que le gravel c'est devenu enfin il n'y a plus de compétition cross country quasiment c'est du gravel en fait c'est abuser le nombre de pratiquants le nombre de courses les prize money qui explosent Je ne sais pas quelle est ta vision en Europe et en France, mais le gravel aux USA est devenu un mastodonte.

Caroline Le gravel débarque en France. Il y a deux univers du gravel qui se confrontent. En France, il est arrivé parce que le gravel embarquait la philosophie de l'aventure au-dessus de la performance. Parce que la performance était portée par le vélo-route. donc en fait dès lors que tu voulais dire ok c'est bon oui je veux me dépasser mais je suis pas dans le je sais pas genre je veux faire du 30 km heure ok bah tu passes au gravel et puis ça t'invite au voyage et au bikepacking c'est à dire bivouaquer c'est à dire rouler moins vite mais garder cette forme de dépassement etc et il y a une frange gravel made in US mais aussi made in Girona je pense qui pousse le gravel performance type UCI où en fait tu te retrouves à faire des courses sur du gravel on appelle ça du gravel américain dans le jargon c'est à dire du beau gravel tout blanc tout lisse où tu vas très vite et où tu fais plutôt 200 ou 300 km des distances plus courtes en tout cas que l'aventure gravel

Poco d'accord

Caroline Poco Loco est clairement du côté aventure Avec son lot de difficultés, mais en tout cas, sans ce sujet de compétition absolue, absolument de la compétition.

Poco D'accord. Donc, Poco Loco, la philosophie, en fait, c'est d'amener les gens à l'aventure à travers l'ultra-cyclisme, que ce soit gravel ou route, et vous, vous proposez pour ça différents formats, c'est-à-dire que vous arrivez avec les itinéraires, c'est vous qui créez les événements, en fait. C'est ça, les gens, ce qui font que les gens passent par Poco Loco plutôt que la transcontinentale. C'est cette recherche, pas forcément de performance, mais plus de partage, de découvert des territoires. C'est comme ça que vous vous présentez, c'est ça ?

Caroline Oui, c'est ça. Toujours dans une idée de dépassement, mais pas sous la pression de la compétition ou du temps limite. J'avais un truc en cas de fou.

Poco Et pourquoi pour Coloco ? on a dû te le demander 300 fois celui-là non mais

Caroline déjà on trouvait ça sympa, on a pas mal brainstormé je suis associée avec Harald on est deux sur le projet et il y avait un gros sujet dès le départ de calmer le jeu on en a marre tous les événements qui finissent par man man man, là c'est bon qui promeuvent des valeurs de soldats, de virilisme, de testostérone à bloc. Mec, on aime juste faire du vélo. Ouais, OK, c'est dur. OK, OK. Mais on n'est pas là. On ne fait pas la guerre, quoi. C'est un kiff. Alors, je me vois en train de pousser, en train de galérer dans les montées. C'est une forme de kiff. C'est une forme de dépassement. Mais voilà. Donc, on voulait un truc léger pour embarquer les gens et pour que tous les gens se sentent à leur place dans ce truc. Parce que c'est vrai que la communication des événements d'endurance a tendance à exclure sans que s'en rende compte beaucoup de gens. Dans la structuration du projet, on voulait être inclusif.

Poco Excellent. Trop bien. Alors, tu parlais de se dépasser. Je suis complètement d'accord avec toi. Je pense qu'on peut absolument se dépasser sans chercher la performance. Et je prends souvent l'exemple d'une invitée que j'ai reçue qui s'appelle Chloé Dardelet qui fait de la micro-aventure. et cet épisode pour moi ça avait été un peu une claque tu vois parce que jusqu'à ce moment là j'avais plutôt tendance à penser que pour se découvrir il fallait partir loin longtemps, faire des trucs un peu engagés tu vois, repousser ses limites et en fait avec son épisode je me suis rendu compte que juste prendre mon duvet à la fin d'une journée de taffes et aller dormir sur la montagne à côté de chez moi franchement c'est déjà une aventure tu vois je suis assez d'accord avec toi le dépassement ne vient pas que de trucs hyper durs, hyper engagés, hyper techniques hyper loin, hyper long pas forcément pas forcément mais pour rester sur cette notion de dépassement à quoi est-ce que ça ressemble une Caroline qui est au milieu d'une épreuve d'ultracyclisme, quand tu parles de dépassement de te découvrir d'en apprendre plus sur toi à travers cette pratique est-ce que tu as des exemples à te donner de courses où tu as eu des moments d'introspection qui t'ont vraiment marqué ou des prises de conscience sur des limites que tu pensais avoir qui en fait ont complètement explosé, tu parlais de la Patagonie j'ai l'impression que ça a été un exemple un peu fort mais est-ce qu'il y en a d'autres ?

Caroline Alors quand tu parles de limites qui t'ont fait exploser je pense que toi tu parlais du côté positif mais en fait ça m'a fait un peu plus

Poco de limites que tu as toi repoussées que tu as fait disparaître en te rendant compte qu'en fait tu pouvais faire bien plus en tout cas que tu pouvais faire des choses que tu pensais un peu que tu n'aurais pas imaginé spontanément

Caroline j'avais parlé d'un échec et en fait quand tu parles de choses que j'ai atteintes

Poco après on peut tout à fait parler d'échecs

Caroline je pense que j'ai plus parlé d'échecs je pense qu'en fait comme tu vois je suis dans cette approche de tenter on verra je ne me dis pas après fierté il n'y a pas du tout ce sujet de fierté il y a plus ce sujet de ah ouais ça passe pendant la transcontinentale je sais que je me disais j'avais un peu une phrase mantra je ne sais pas si c'était un mantra mais en tout cas ça revenait tout le temps et je me disais I'm doing it et en fait il y avait ce truc il n'y a pas de vrai step parce qu'en fait à chaque fois le fait d'arriver au bout est remis en jeu à chaque fois que tu arrives une merde et en fait après tu repars et tu dis putain c'était un vrai ça c'était un c'était un vrai moteur et puis il y a ce côté aussi se dire c'est bien moi je marche plus comme ça là ce que tu fais ok tu donnes le meilleur de toi c'est cool vas-y on va continuer mais il y a mais limite j'ai pas été surprise et justement ça fait le lien avec mon échec enfin mon échec c'est un peu terrible comme expression mais en fait justement je me suis un peu dit je suis arrivée à me dire si je suis ce petit pattern classique en fait je peux tout faire je peux tout faire si je suis patiente si je suis gentille avec moi-même machin je peux tout dépasser je peux tout gérer tous les aléas et donc en février c'était l'Atlas Mountain Race donc l'Atlas Mountain Race c'est une course ultra qui est organisée par Nelson Treese il est connu pour organiser aussi la Silk Road c'est les courses après la plus grande et la plus connue qui sont connues pour être les plus dures parce que c'est du mountain bike c'est du VTT et c'est des grandes aventures donc là l'Atlas Montaigne Ray c'est 1333 kilomètres en off-road dans l'Atlas et il y a un truc que je n'avais pas mesuré aussi c'était que je n'avais jamais fait de VTT avant et que les délais étaient assez courts donc ok et un autre truc encore c'est que il faisait moins 10 la nuit entre moins 10 et moins 5 et voilà et en fait pourquoi je reviens là c'est je me suis dit bah ok on va faire le truc habituel oui ok j'ai pas roulé du tout cet hiver j'ai fait un peu de swift mais bon ça va passer comme d'hab il y avait un peu ce côté ça va passer et c'est même pas de l'assurance c'est pas genre ou de la frime en fait au fond de moi je me disais ouais c'est cool tu répliquais un schéma qui avait marché c'est juste du vélo et ouais et en fait j'ai abandonné au bout du troisième jour et ça c'est là où j'ai vu que le schéma le schéma s'est pété je pense que le schéma s'est pété dans la durée pendant les trois premiers jours où pour le coup, je n'étais plus du tout en soutien avec moi-même. Justement, je me disais t'es nulle, t'es lente, je faisais du 7 km heure. Mais en même temps, c'était un terrain très... On était plusieurs à faire 7 km heure. Mais j'ai vraiment tout pris pour moi à me dire ouais, vraiment, t'es nulle, quoi. Donc ça, pas top. En fait, à partir du moment où tu arrives, où tu es tout seul et que tu n'arrives pas à être ton premier soutien, c'est mal barré, en fait. Et ça, c'est... Leçon de vie générale. Il y a ça. Et puis, du coup, tu demandes aussi pourquoi tu es là. Je me suis dit, mais en fait, pourquoi ne pas faire du bikepacking plutôt qu'une course ? Et en fait, quand tu laisses la porte ouverte à toutes les questions, quand tu n'es pas juste une brute dans le désert, quand tu commences à poser des questions, ça veut dire que tu as des réponses déjà préfaites et que tu ouvres la porte à ses réponses préfètes. Bon, et la réponse, c'est que, en gros, je pense que c'est que je voulais pas être là. Et j'avais fait trop de courses l'année dernière. Et du coup, l'année dernière, en plus, le fait d'avoir fait beaucoup de courses, ça fait que j'avais un peu des traumatismes de course liés au froid et liés à la somnolence, au sommeil. Parce qu'en ultra, au cyclisme, il y a tout un sujet autour du sommeil, puisque l'horloge ne s'arrête jamais. ta course joue sur les 24 heures pendant 7 jours le sommeil est une stratégie la nourriture est une stratégie tout fait partie de la course j'avais peur du froid et de la somnolence et le dernier soir je savais que pour arriver au checkpoint il fallait que je pédale toute la nuit et j'ai vu la sortie de la ville comme un mur noir et froid et un peu avec tous les démons qui sortent de ce mur noir et je me suis dit ils sont tous là en train de manger un tagine je vais reprendre avec eux après je suis repartie je me suis pris une bourrasque devant je me suis dit c'est mort, je suis retournée j'ai dormi 3h et là je faisais 3 km heure, le vent de face, la pluie dessus, genre donc une pression au-dessus, une pression en dessous. Là, j'ai pas mal chialé quand même. J'ai vu un peu une lumière au loin qui bougeait, qui ne bougeait pas, je ne savais pas. En fait, c'était une nana que j'ai réussi à rattraper. Je lui ai dit viens, on s'abrite, on s'abrite. Et là, on s'est mis à l'abri du vent, on a dormi et le matin, en fait, on savait qu'on n'arrivait pas, on ne pouvait pas arriver au checkpoint à temps et quelque part ça me rassurait aussi je pense que j'avais aussi orchestré cette fin mais en tout cas c'était vraiment l'orchestration d'un échec annoncé rien n'avait été mis en place pour que j'y arrive même si les éléments étaient contre moi je pense que j'aurais pu les passer si j'avais été dans un mindset qui me permettait de le faire là j'avais pas envie donc c'est fou

Poco l'impact de nos schémas mentaux c'est quand même hallucinant c'est quand même fou tu vois on en parle j'en parle globalement avec tous mes invités mais c'est vrai que c'était quoi avec Benoît Abigo je crois j'en parlais qui fait de l'ultra lui en fixie et j'y ai pensé quand tu parlais de stratégie de sommeil, etc. parce qu'on en a discuté aussi. Et on parlait de ça, de cette capacité. Pour lui, ce qui fait aussi la différence, c'est quand tu es dans le mindset, quand tu as à la fois la motivation, le physique et le mindset, en fait, c'est là où tu es un peu inarrêtable. Et si tu ajoutes à ça la notion de plaisir, etc., c'est là où tu déplaces des montagnes littéralement. Mais à chaque fois, ça me fascine. Parce que physiquement, en soi, t'étais très certainement aussi fit que sur tes autres courses tu sortais pas de deux ans de maladie ou d'une opération c'est quand même fou de voir de voir à quel point on met en place des schémas qui ont un impact juste énormissime sur notre capacité à endurer certains événements et en tout cas merci beaucoup de partager l'exemple parce qu'il est assez parlant. Et du coup, je crois que la question qui me vient ensuite, c'est comment tu l'as... Aujourd'hui, tu en parles très bien. Comment est-ce que tu l'as digérée ? Comment est-ce que tu l'as transformée en apprentissage, entre guillemets, cette fin de course sur l'Atlas ?

Caroline Alors, c'était il n'y a pas si longtemps que ça. Oui. Et du coup, je n'ai pas refait de course depuis. La conclusion, c'était quand même qu'il fallait que je laisse moins de course.

Loïc Oui.

Caroline et j'ai eu une envie de de changer aussi de pratique breaking news non mais de faire justement d'aller plus dans du trail de retourner au corps et non pas au corps et à la machine mais aussi pour c'est hyper c'est quand même une pratique assez spéciale toutes les raisons pour lesquelles j'aime cette pratique sont aussi toutes les raisons qui font que c'est dur d'enchaîner et j'admire vachement j'ai réalisé là pendant un classe que j'admirais vachement les mecs qui étaient professionnels d'ultra ou quasiment professionnels d'ultra mais ils sont pas nombreux et qui enchaînent 15-20 courses dans l'année peut-être pas 15-20 mais peut-être une dizaine parce que tu fais porter à ton corps mais tu fais aussi porter à ton esprit après c'est aussi une pratique qui me va vachement bien et je le sais aussi et je pense que c'est pareil pour ceux qui sont professionnels je pensais à ça quand je te disais dès lors que tu ouvres la porte à la pensée c'est mal barré moi j'avais vraiment un côté que je connais que j'avais aussi en rugby parce qu'on m'avait appelé le petit taureau c'est que je fonce en fait, il y a un côté vraiment un peu, c'est hyper élégant mais brut épaisse, je sais pas, bête de somme, fonce dans le tas un truc où c'est ok super, houga houga je sais pas si c'est houga houga mais en tout cas où t'avances quoi et tu réfléchis pas et pareil tu vois quand on me disait le pendant avec la vie professionnelle intense je pense que je suis plutôt bien dans ma vie au quotidien maintenant donc l'ultra n'est peut-être moins nécessaire non mais il y avait un côté débranchage en fait oui tu viens intensément certes mais il y a aussi un côté où tu débranches et tu te reconnectes à quatre choses simples manger boire mal au cul et dormir et c'est tout donc quand tu es hyper sollicité surtout à Paris voilà là mais tu vas dans une pratique comme ça c'est pas quoi c'est tu peux retourner dans un truc simple, je vais tout droit. Tu n'as qu'à pédaler, en fait. C'est hyper simple.

Poco Oui. Oui, je vois bien, oui. Tu es à la fois simple et quelque part, ça fait du... J'ai presque l'impression, tu vois, quand je lis les récits, etc., d'ultra, alors cyclisme, trailwood, mais presque... La pratique est dure, mais ça fait du bien, en fait, de revenir à ses essentiels. J'ai un peu l'impression. C'est rafraîchissant, entre guillemets. tu reviens, tu es chaos, tu es fracassé, tu n'as pas dormi tu as des combattures, mais d'un point de vue mental, tu t'es affranchi de plein de charges et tu t'es concentré comme tu dis sur vraiment les basiques, les besoins les plus essentiels

Caroline moi je trouve ça c'est du shoot, j'ai vraiment l'impression que c'est hyper addictif plus encore que ce que je trouve hyper addictif c'est des parenthèses hors du temps mais aussi hors de l'espace, en même temps hyper ancrée dans le territoire, c'est trop bizarre. Mais genre, tu... T'as envie de retourner dans cette zone un peu flottante et pourtant hyper ancrée. Enfin, tu vois, ça combine des... Comment dire ? Des énergies contradictoires, mais ça, c'est hyper... En tout cas, tout paraît hyper logique. Enfin, tout paraît hyper... T'es au bon endroit, quoi. Et moi, ça me fait penser à un truc... On m'avait dit... l'être humain était un animal de l'effort de la longue distance en gros c'est que je sais pas s'il faut sortir des trucs d'origine bref en gros avant quand tu chassais t'étais capable de courser pendant très longtemps un cheval qui courait vite et tu allais l'épuiser il y avait une technique de l'épuisement et que nous on était l'animal le plus le plus endurant Et je ne sais pas s'il y a un côté genre retour au basique de chez basique, animal en fait de toi. En tout cas, c'est comme ça je le ressens, une sorte de transforme. Je crois que c'est dans

Poco Born to Run qui parle de ça notamment. C'est sans doute pas le seul livre dans lequel il parle justement de nos pratiques de chasse avant, d'épuisement, etc. Mais dans Born to Run, je suis quasi sûr de l'avoir lu. Ok. Ok. passionnant, alors tu as évoqué l'univers trail, peut-être juste avant qu'on bascule sur le trail est-ce que toi, de toutes les courses que tu as faites est-ce qu'il y en a une en particulier où tu te dis, ça ça a été vraiment c'est la course dans laquelle il y a eu tout ce pourquoi je me suis lancé dans l'ultra, j'ai retrouvé je ne sais pas, la difficulté du partage des territoires, etc peut-être que c'est pour Coloco, mais est-ce qu'il y en a une en particulier pour illustrer tout ce sur quoi on a échangé jusqu'à présent que tu aimerais partager

Caroline en vrai j'ai envie de dire poco loco parce que tu les fais

Poco tu les conçois mais est-ce que tu les roules aussi je ne sais pas si on dit ça

Caroline c'est vrai qu'on n'a pas précisé mais en fait toutes les traces on les trace et on fait la reco route et gravel pour avoir des choses qui nous ressemblent mais qui ressemblent aussi à ce qu'on veut en termes de niveau de difficulté on veut que ce soit un peu difficile mais on veut aussi que ce soit c'est un peu vraiment une recette très difficile un équilibre très difficile à trouver pour l'instant on le fait nous même c'est hyper important pour nous de le faire pour brosser un peu ce que j'ai aimé dans les différentes courses que j'ai faites alors justement j'avais fait la race around Rwanda et ça avait été une découverte du pays incroyable et en fait à cause des contraintes Covid on se retrouvait tous les soirs avec les autres participants et en fait c'était génial parce que chaque jour on vivait chacun de notre côté nos aventures, il y en a qui étaient en route, il y en a qui étaient en gravel et le soir on se retrouvait le soir pour partager une bière des frites et on refaisait le match et le lendemain on repartait à 5h du mètre plus tard et rebelote et ça j'ai adoré à la fois le format et ce pays incroyable où je me suis dit que la meilleure façon de voyager c'était de rouler même en termes de difficultés aussi j'ai aimé la Transpyrénées j'avais aussi beaucoup aimé pour la beauté des paysages je traverse les Pyrénées et c'était des petits côtés Pyrénées espagnols c'était magnifique je ne veux pas tout les faire en gros ce qui m'intéresse c'est les paysages et la convivialité et le dépassement

Poco alors là tu vois je suis sur la page de Poco Loco le classique du coup Aix-en-Provence Milan, forcément je suis un peu biaisé puisque je suis à Aix-en-Provence donc je me dis mince peut-être que du coup j'ai une excuse en moins pour ne pas tenter ce genre d'aventure tu conseilles Rékois je vois que la prochaine édition c'est août 2023 fin août 2023, la Aix-Milan 700 bornes en rôde 1400 en rôde ou 700 en gravel l'itinéraire gravel là je suis désolé si les questions sont un peu simplistes parce que je découvre la discipline mais l'itinéraire gravel t'as une idée des pourcentages il y a beaucoup de vraiment sentiers sentiers ou c'est plutôt des routes secondaires peu fréquentées

Caroline alors ça dépend vachement des territoires ça on s'en rend compte voilà pour Montpellier Barcelone c'était la première et j'avais l'obsession je me suis dit les gens sont inscrits en gravel il faut du 80% de gravel et vraiment c'est genre j'avais peur en fait d'envoyer la trace et que les gens ils disent ah ouais il y a que ça de gravel et tout les gens te diront qu'ils étaient contents du taux de gravel donc je crois qu'à la fin il y avait 60% de gravel et limite peut-être même pour les prochaines on va en retirer un peu parce qu'en fait tu passes beaucoup plus de temps sur le gravel que sur la route Donc, en fait, tu as une impression que... Tu n'as pas cette impression de 60-40. Tu as l'impression de, je ne sais pas, 70-80-20.

Poco D'accord.

Caroline Et quand tu te tapais une montée gravel, tu touches le tarmac, mais c'est juste plaisir, quoi. Et après, quand je te disais que ça dépend des territoires, je le vois, par exemple, sur Dijon-Jtout-Gart, il y aura beaucoup de gravel. Parce que tu passes dans le Jura, c'est magnifique, les traces gravel. Tu passes dans la forêt noire, magnifique, les traces gravel. là sur la ex Milan par exemple le passage de col alors déjà ce sera celle qui aura le plus de dénivelé parce que tu passes vraiment quand même dans les Alpes et le passage de col fait que t'as un bout genre de 150 km en route et là tu sens pour le coup que t'as moins de gravel mais en même temps si tu t'es fait c'est toujours la même chose si tu t'es fait 300 km de gravel avant 300 km de gravel après tu te dis ouais c'est bien la route aussi le pacte du gravel mais aussi le pacte de la route c'est cette idée de se sentir hors du monde on va chercher les routes où il n'y a pas de passage où il n'y a pas de route il n'y a pas de voiture alors après de l'autre côté l'école italien c'est un peu plus dur mais on va le minimiser on va aller chercher des solutions parce qu'en fait on est notre premier client faire une recos sur des routes avec des voitures partout je m'arrache les cheveux donc j'évite ça pour les gens, les locaux toi tu veux faire du gravel ?

Poco ben écoute au bout d'un moment tu vois c'est l'inconvénient d'avoir un podcast avec des gens qui font des trucs de fou dans plein d'univers différents c'est qu'il y a des perches tendues à droite à gauche et là ça fait quand même plusieurs perches tendues sur du gravel j'avais même pas vu que vous aviez une aventure au départ d'Aix. C'est en août. Typiquement, quelqu'un qui voudrait s'inscrire à un événement comme ça, mais qui n'est pas forcément dans l'univers du cyclisme, mais qui est attiré par l'aspect aventure, dépassement, sans chercher la performance. Qu'est-ce que tu conseillerais comme approche ? Un des premiers freins, c'est physiquement, est-ce que je peux tenir ça ? Ça fait longtemps que je ne peux pas monter sur un vélo, donc le mal aux fesses sur 700 bornes, bonjour. Et deux, je n'ai pas le matos, donc est-ce que je vais me ruiner pour participer correctement sans partir avec un vélo à 20 balles sur un 700 board ? Tu conseillerais quoi ? Ce serait quoi l'approche pour toi ?

Caroline Alors, sur le sujet j'ai jamais fait etc nous on a fait exprès pour Poco Le Côte mettre des délais de 8 jours donc en fait t'as des gens qui vont le faire en 3 jours enfin pas la route et t'as des gens qui vont prendre les délais de 8 jours donc en fait si tu l'as jamais fait il y a un côté hyper rassurant où tu te dis ok 700 km en 8 jours bah en fait c'est moins de 100 km par jour je peux le faire donc ça c'est aussi un côté chill enfin décomplexe quoi genre t'inquiète il y a un autre truc qui est hyper fort dans le gravel et qu'on a vu sur mon pelé Barcelone que j'ai adoré voir c'est que en gravel t'as beaucoup plus de galères et beaucoup plus d'aléas et donc les gens se sont retrouvés et donc t'as eu un peu des gangs qui se sont formés et qui ont changé d'ailleurs au fur et à mesure des jours mais t'as des groupes t'as des amitiés aussi qui se sont forgés c'était assez cool à voir et du coup tu partages l'aventure avec quelqu'un donc tu peux ne pas être seul en fait ça c'est assez cool sur le sujet matos ça dépend si t'as un vélo ou si t'as pas de vélo

Poco pas de vélo actuellement j'ai un fixi donc je suis pas sûr que c'est la bonne idée

Caroline après sur pour le coup en gravel il faut un gravel mais sur sur la route pareil Montpellier Versailles j'ai adoré voir le le comment dire le prisme de des vélos t'avais des super vélos t'avais des vélos beaucoup moins bien moi j'y serais pas allée et ben les gens ils étaient très contents ils l'ont fait et en fait alors c'est marrant je pense à une copine enfin une fille qui est une copine qui a participé à la Montpellier Barcelone et qui s'est acheté un gravel cette année parce qu'elle a pris confiance sur la route et là elle est allée en gravel l'année dernière elle est partie avec des sacoches un peu lourdes là elle a vu chez les autres comment ils étaient achalandés et elle s'est dit ah ok je vais ajuster ça ça ça c'est ça l'avantage je trouve que du sujet décomplexe t'y vas et tu vois si t'arrives si t'arrives à Milan et à Milan tu te retrouves tous et on fait la fête ou en tout cas on partage des moments ensemble pendant 3 jours à Milan et c'est trop cool

Poco trop bien en plus c'est accessible quand même côté tarif je m'attendais pas à ça j'ai été un peu trop influencé par la franchise Iron Man où tu payes 800 balles ton inscription à un événement là c'est cool de voir que c'est accessible et tu peux le faire en duo aussi ouais en tout cas je mettrai les liens en description de l'épisode s'il y a des gens qui sont intéressés qui veulent aller voir mais très très ça me fait de l'oeil on va rester en contact

Loïc ok

Poco donc on a bien échangé sur la partie ultra cyclisme tu disais que là tu as plutôt envie de te recentrer sur de laisser la machine de côté le vélo le trail qu'est-ce qui fait que tu as pensé au trail comme possible prochaine discipline dans laquelle te lancer

Caroline alors je vais à la fois contredire en même temps les sujets du trail alors le truc c'est que moi j'aime bien faire des trucs j'ai envie de faire de l'escalade, j'ai envie de faire du yoga j'ai envie de faire du trail et il y a un autre truc qui m'occède depuis le covid c'est le mouvement alors je sais pas si c'est sensible à ce truc là mais c'est un truc qui est en train de sortir en tout cas moi que je vois sortir de terre depuis le Covid c'est toute la culture du mouvement qui est portée par Ido Portal et en gros c'est un rapport au corps à la mobilité, au souffle à la force à la souplesse c'est hyper complet et en fait il y a un peu ce retour pour moi au mouvement oublié de l'enfant moi j'ai fait beaucoup de gymnastique quand j'étais plus jeune et en fait j'ai réalisé que j'avais oublié que mon corps ne savait plus faire que je n'avais plus cette force que j'avais plus cette souplesse que j'avais plus en toute relativité je me suis dit ah ouais putain je savais faire ça quand j'avais 15 ans comment ça se fait et j'ai vraiment envie de retrouver cette je sais pas pourquoi ça m'attire autant cette mobilité ce jeu du corps dans l'espace et en plus je trouve que justement maintenant que je suis allée vraiment sur des sports plus soit d'explosivité soit en tout cas d'épuisement du corps je veux retrouver un truc du jeu du corps voilà c'est ça mon gros le gros truc que je veux attaquer et j'arrive pas à le mettre en place en régularité parce que je veux aussi retrouver de la régularité dans l'ultrasuclisme par rapport au triathlon je perds vachement en régularité parce que quand tu te colles je sais pas 300 km le week-end le lundi, le mardi même l'arc-dis t'as pas envie d'aller faire un run t'as pas envie d'aller faire du sport quoi et t'as faim, donc tu manges enfin bref donc ouais, retrouver une pratique régulière que ce soit à travers le mouvement ou à travers la course à pied et le trail le trail en fait ce qui est amusant c'est que je pense que c'est ce qui m'a c'est la philosophie du trail qui m'a guidée vers l'ultracyclisme, mais que les opportunités en fait c'est parce que j'avais un pote qui m'a dit viens on va faire du long et je lui ai dit ouais vas-y go parce que c'était simple et que je disais qui veut faire du trail autour de moi et que c'était pas aussi facile moi j'aime bien l'idée de suivre des opportunités donc pas de problème en fait je pense toujours à une image en fait tu vois dans le Seigneur des Anneaux t'as la confrérie de l'anneau qui court pendant des jours sur les montagnes et tout bon c'est que des hommes super pour s'identifier bref ça m'a pas posé de problème à ce moment là J'ai cette image qui tourne. J'appelle ça l'autonomie du corps. Tu as l'impression que... Je pense que le mouvement, c'est un peu lié à ça aussi. Ton corps n'est que... Tu n'as pas à le traîner. Tu n'as pas à le porter. C'est que tu flottes. Tu flottes dans le monde. J'ai envie de flotter dans le monde. monde. Et le trail, pour moi, c'est cette idée de courir en montagne. C'est du trail en montagne, je veux dire, avec une transe. Je recherche toujours cette transe qui fait t'envoler. J'adore courir en montagne, en tout cas en descente. Je ne vois plus qu'à me mettre à la montée. Je recherche cette flottaison quasi mystique.

Poco donc ça veut dire qu'a priori ça sera aussi du très long en trail parce que j'ai cette croyance que pour arriver à cet état c'est vraiment c'est fou parce que c'est aussi ce type d'expérience que je m'étais dit que je trouverais avec la Saint-Élion j'étais bien naïf c'est tellement long j'avais jamais couru plus qu'un 10 km que forcément je vais repousser mes nîtes en fait pas du tout c'était beaucoup trop c'est juste pas assez long t'es pas assez fatigué etc enfin dans le sens parce que ça peut paraître un peu genre ouais moi je bouffe une Saint-Élion tranquille mais dans le sens où tu vois tu n'as pas à gérer vraiment tant que ça ton sommeil c'est relativement court finalement 9h et quelques moi c'est ce que j'avais dit mais du coup j'ai cette espèce de croyance que pour arriver à l'état dont tu parles je ne sais pas pourquoi j'y associe la notion de manque de sommeil de longue durée en fait de 2-3 jours, 4 jours plus est-ce que c'est la vision que tu as aussi de la pratique du trail dans lequel tu veux te lancer, est-ce que ce sera forcément du trail long ?

Caroline alors ouais ça sera forcément du trail long mais moi je trouve que tu vois genre même en rando en rando dynamique tu vois genre j'ai parfois ces moments de d'unité d'unité tu vois encore le truc là dont je te disais le souffle, la nature, moi un tout une légèreté

Poco est-ce que ce serait un état de flow, ce qu'on appellerait un état de flow ou c'est autre chose encore tu penses

Caroline ouais moi j'adore ce moment où t'es en en pleine puissance naturelle où tu te dis comme si c'était porté.

Poco Mais est-ce que la rando ne te permet pas plus facilement parce que le rythme n'est pas le même ? Tu es beaucoup plus peut-être justement un peu les chakras plus ouverts. Tu es à un rythme beaucoup plus lent. C'est un peu de la méditation active. Tu es beaucoup plus en l'admiration du paysage. Le trail, Tu cours. Non ?

Caroline Ça me fait penser à ma pote avec qui j'étais partie faire le tour du Keras et elle me disait « Mais toi, tu regardes tes pieds ou quoi ? Parce que tu ne prends pas le temps de regarder. » En fait, je réalisais que tout le monde regarde ses pieds parce qu'au moment, il faut faire gaffe où tu marches. Et en même temps, je pense que la vitesse n'est pas contradictoire avec la contemplation. Justement, tu es là, tu regardes, tu es au taquet, tu sens les odeurs, tu sens les trucs, tu entends les bruits en fait c'est il ne s'agit pas juste de voir c'est voir avec tous tes sens tous tes sens sont au taquet et moi je trouve que dans la rando dynamique ou dans le trail tu as cette impression de

Poco d'hypersensibilité d'hypersensibilité ok waouh ok du coup ce serait un format est-ce qu'il y a des courses qui t'attirent là pour le coup des aventures trail, est-ce que ça existe ce genre de truc aventure trail

Caroline je sais pas si il existe, alors des aventures trail ça m'intéresserait beaucoup je pense à l'UTMB obviously et non il y a un truc moi qui me botte bien mais c'est pas dans le cadre d'une course je sais pas si tu vois qui c'est Jenny Tuff c'est une nana qui est canadienne que j'adore je ne la connais pas personnellement et je ne suis pas du genre fan mais elle je la kiffe bref et elle a fait en fait elle s'est planifiée elle a traversé de plusieurs chaînes de montagne dans le monde en fast packing ou en flash packing je ne sais jamais en gros elle a un petit sac à dos assez léger et elle fait toute la traversée toute seule en autonomie elle se filme un peu pendant les trucs. Elle fait des petites vidéos de 15 minutes de chacune de ses traversées sur YouTube qui sont trop bien. Et tu vois, il y avait un peu ce truc du fantasme du Seigneur des Anneaux. C'est qu'elle court.

Poco T'es une fan par ailleurs du Seigneur des Anneaux ou rien à voir ?

Caroline J'aime bien, mais pas plus.

Poco Ok, d'accord. J'aime bien.

Caroline Non, c'est cette image.

Poco Tu retrouves cette image de la communauté où elle gamballe sur les crêtes pendant des jours et des jours.

Caroline De l'autonomie du corps. Du côté flottaison, autonomie du corps. En fait, qui me fait rêver. Pas forcément dans le cadre d'une course, mais ce côté de moi et mon corps dans la nature.

Poco Ouais. Ok. On pourra peut-être discuter de la PTL en offre, parce que j'ai l'impression que c'est un peu un mix de trail, mais c'est pas vraiment un trail parce que tu cours pas tant que ça. En tout cas, la plupart des... Moi, j'ai pas du tout couru. En 7 jours, c'est en équipe, donc il y a la notion de partage. Moi, c'est ça qui m'a vraiment marqué. Mais bon, on en parlera.

Caroline Ah, mais trop bien. Je trouve aussi que quand tu fais de l'ultra, tu vas traîner avec des gens qui font de l'ultra ou qui font du vélo. Et donc, tu te fais une culture autour des événements ultra comme ça. Et c'est beaucoup plus dur d'avoir de l'info sur des pratiques qui sont vraiment parallèles, similaires. Donc, cool. Oui, l'APTL, je vais regarder. Yes.

Poco Trop bien. OK. Écoute, Caro, on arrive au bout. Franchement, c'était passionnant. On est parti sur des sujets que je n'avais pas forcément imaginés avant. En tout cas, on a eu un angle hyper intéressant. C'était top d'en apprendre plus sur ta pratique, mais surtout sur comment tu abordes tout ce que tu fais est-ce qu'il y a des sujets sur lesquels on n'a pas encore échangé sur lesquels tu voudrais qu'on échange c'est pourri comme tu dis est-ce qu'il y a des sujets sur lesquels tu voudrais qu'on qu'on échange pour conclure l'épisode

Caroline sur la partie pratique de l'aventure chez les femmes on en a un peu parlé en filigrane mais l'année dernière j'ai lancé une communauté qui est à Paris qui s'appelle Le Grou comme Gravel Ride Empowering Woman et on organise des sorties gravel une fois par mois c'est ouvert à toutes du monde, t'as un gravel et en parallèle j'ai lancé un podcast et là je lance la deuxième saison prochainement si je prends le temps avec des super interviewées déjà et pourquoi j'allais lancer ce groupe c'est parce que je pense que le gravel et l'aventure c'est vraiment un truc qui est la gestion de l'inédit plus que la performance c'est un truc qui parle aux femmes et puis et puis en fait aussi que les femmes se sentent chez elles, dehors et c'est quelque chose qui n'est pas évident qu'elles se sentent aussi en droit de prendre le temps de s'entraîner, de passer du temps avec d'autres femmes dehors, parce qu'en général, les pratiques de divertissement des femmes en groupe sont plutôt intérieures qu'extérieures, contrairement aux mecs qui vont se dire « vas-y, on fait un foot ». Il y a vraiment ce côté d'encourager les femmes à se dire « vas-y, on peut passer du temps à partager entre copines dehors et pourquoi pas en gravel le groupe

Poco excellent le podcast c'est le groupe le groupe de toute façon je mettrais je regardais si c'était le groupe ou le groupe podcast mais je mettrais les liens en description de l'épisode et vaste sujet je te le disais avant qu'on commence c'est vrai que moi de ma fenêtre alors très certainement que je suis biaisé etc parce que je je ne suis pas une femme mais j'avais pas forcément en fait plus j'échange avec des invités et eux femmes plus je me rends compte qu'en fait il y a plein d'univers dans lesquels les femmes n'osent pas trop se lancer pour de diverses raisons la voile tu vois par exemple j'ai eu une invitée Sacha Lagnès génial qui fait de la voile en solitaire et qui me disait qu'il y a certaines épreuves solitaires il y a genre cinq femmes sans bateau au départ. Et tu dis bon, dommage. Et le vélo, c'est ce que disait Céline dans son épisode de Winma. C'est un petit peu la même chose. En tout cas, cool de voir qu'il y a des initiatives comme ça. D'un point de vue géographique, c'est quoi le GRU ? C'est surtout sur Paris ?

Caroline Pour l'instant, mais si les filles veulent faire des groupes gravel avec son Florence, par exemple, et qu'elle allait au gros génial

Poco et là vous êtes combien du coup sur Paris ? t'as un noyau dur un peu de pratiquante ?

Caroline chaque sortie on est 25 à peu près ah ouais quand même selon les disponibilités t'as on va dire moitié de régulières et moitié de filles qui viennent pour la première fois et ça nous cesse de grossir et ça c'était pendant l'hiver donc on va voir ce que ça donne avec les beaux jours qui viennent

Poco Et donc, s'il y a des auditrices qui sont intéressées, le plus simple pour vous rejoindre, c'est quoi ? Il y a un site, un Insta, un Meetup ?

Caroline Il y a un Insta, oui.

Poco Insta, ok. Très bien, je mettrai tout ça.

Caroline Génial ! Juste pour le sujet, quand tu disais, il y a moins de femmes qui osent pour les compétitions, etc. Je fais ma petite parenthèse. Moi, je pense aussi que tu as des événements qui ne sont pas forcément... pensée pour les femmes. Elles ne sont pas en accord avec ce qui nous fait kiffer. Je ne sais pas s'il y a une différence. Il y a des femmes qui kiffent la compétition. Fine. Le Tour de France femme, je trouve que c'est une copie. Un copycat du Tour de France homme. Alors qu'en fait, peut-être qu'on devrait créer nos événements. Enfin, pas nos événements, mais créer des événements qui sont fondés sur d'autres paramètres que la performance plutôt que d'être toujours une adaptation à la marge

Poco un dupliqué

Caroline et tu vois Gérard Pocoloco c'était ça aussi l'idée c'est de se dire en fait on va créer un truc qui est mixte par nature parce qu'on ne va pas aller chercher des trucs qu'on va adapter à la marge du précepte

Poco tu pars d'une page blanche qui dès le début est comme tu disais inclusive et responsable plutôt que de décliner un événement

Caroline ok, intéressant

Poco ouais le Tour de France féminin c'est vrai que c'est un sujet j'ai eu une invitée qui a fait qui a enchaîné les deux femme des Vosges qui a fait toutes les étapes du Tour de France masculin avec les transitions à vélo puisque j'ai découvert avec cet épisode que les, bon toi tu dois le savoir mais en fait les coureurs du Tour de France ils sont trimballés d'étape en étape entre les étapes, en fait, ils se déplacent en bus. Elle, elle a fait les transitions en vélo et elle a enchaîné avec... Mais c'est fait. Alors, elles étaient deux, donc je ne sais plus comment ça s'appelle, ça compare ça, mais elles étaient deux. Et donc, elles ont fait ça l'été dernier. Aline Clément. Et elle a enchaîné avec... Alors, je ne sais plus combien d'étapes avait le Tour de France féminin on en a parlé je sais qu'elle m'a dit qu'en gros ils ont fait un dupliqué du Tour de France masculin mais en mode un peu dégradé il y a eu beaucoup moins d'étapes et bref elle a enchaîné les deux en fait donc celle-là elle a fait 4900 bornes et elle était à chaque fois un jour devant le pour le Tour de France masculin elle était un jour devant les coureurs donc elle a tenu les délais etc et le message c'était un peu de dire en fait vous voyez le sujet de la femme dans le cyclisme c'est un non sujet moi je fais 4900 bornes sans les transitions en bus, sans les kinés, les armées de diététiciens, de masseurs et tout, et il n'y a pas de problème. 70 cols franchis, 4900 bornes, 24 jours à la mi. Incroyable. Ok, donc gros, allez vous renseigner. Le podcast, l'événement, Poco Loco, je vais mettre les... Poco Loco, ça sent l'inscription de mon côté, mais on va en parler. On en parlera. En tout cas, Caro, un grand merci, c'était génial. très très intéressant plein de choses donc je repars avec des take away comme on dit au Canada et puis je te souhaite tout le meilleur pour la suite et peut-être à une prochaine sur une aventure qui sait

Caroline merci beaucoup à toi pour ton accueil et à très bientôt

Poco à bientôt, salut merci d'avoir écouté l'épisode dans son intégralité. J'espère que vous avez pris autant de plaisir que ce que j'en ai eu à l'enregistrer. Si vous avez des feedbacks, vous pouvez me contacter sur le compte Instagram du podcast lesfrappés.podcast ou par email à hello.lesfrappés.com Je fais mon maximum pour que vous viviez de super expériences audio avec mes invités. Chaque épisode demande beaucoup de temps et d'énergie. Si vous appréciez mon travail, la meilleure façon de me soutenir, c'est de partager cet épisode à au moins 3 personnes qui aiment se dépasser. Si vous écoutez le podcast sur Apple Podcast ou Spotify, prenez quelques secondes de votre temps maintenant pour m'y laisser une note 5 étoiles et un commentaire. Merci beaucoup pour votre fidélité. A la semaine prochaine pour un nouvel invité. Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage Société Radio-Canada

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