Joffrey Je pense qu'à vélo, il y a toujours des moments hauts, des moments bas. Sur une journée, pendant une demi-heure, tu vas être au fond du trou et puis, tu sais pas pourquoi, d'un coup, il y a un rayon de soleil, ça défend un petit peu, ou le vent, il passe de dos, et puis là, c'est un peu l'euphorie. Faut pas se dire que ça va rester comme ça toute la journée, parce que ça se trouve, dans un kilomètre ou dans 15 minutes, ça va être trop l'enfer. Rien prendre pour acquis quand c'est trop facile.
Invité 1 Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo, avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver. Avec mes invités, on ira naviguer sur toutes les mers du monde. On participera à des expéditions dans les régions polaires ou en Himalaya. On découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales. Le deuxième, c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ces invités exceptionnels. On sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur terre, alors autant les vivre à fond. Mon invité de la semaine est Geoffrey Malusky. Il est photographe, vidéaste et aventurier. Dans cet épisode, on échange sur son parcours et plus particulièrement sur sa récente expédition en Islande. Il vient en effet de traverser le pays à vélo, en plein hiver, seul et en autonomie. Ce qui m'a le plus marqué dans cette rencontre, c'est la grande humilité d'un homme qui a su mettre toutes les conditions en place pour réaliser de grandes choses. À travers les différentes expériences qu'il a vécues, Geoffrey a dû faire face au froid, au vent souffrant à plus de 100 km heure ou encore aux rivières glaciales à traverser à pied. Sa détermination, sa capacité à se dépasser et à faire preuve de résilience sont évidentes. Et pourtant, il est d'une étonnante discrétion sur le sujet. Si vous voulez vous évader, foncez sur le site de Geoffrey et sur sa chaîne YouTube après avoir écouté l'épisode. Personnellement, son travail m'a inspiré à partir à l'aventure à vélo. Merci Geoffrey, excellente écoute à vous les frappés. Et bien salut Geoffrey ! Salut Loïc ! Super content de te recevoir sur le podcast. Fraîchement rentré de l'Islande et de ta dernière grosse expédition dont tu vas nous parler. Merci beaucoup de prendre le temps. Il y a un gros décalage horaire d'ailleurs avec l'Islande ou pas ?
Joffrey Au début, j'avais une heure et après il s'est passé à deux heures avec le changement d'heure en France. Il n'y a pas en Islande.
Invité 1 Ça va, c'est gérable. En tout cas, vraiment merci beaucoup. Très très content de te recevoir. Et écoute, ce que je te propose, c'est peut-être de commencer par te présenter, nous expliquer qui tu es.
Joffrey Oui, merci pour ton accueil déjà. Du coup, je m'appelle Geoffrey, je suis photographe. Ça fait deux, trois ans maintenant que j'ai commencé à voyager à vélo et faire des petites aventures. Le tout premier voyage à vélo, c'était la traversée des Pyrénées avec deux amis, Léopold et Loïc. On était partis un mois et demi faire la route d'école d'est en ouest. L'idée, c'était de profiter au max et faire de l'escalade, de l'highline, des bivouacs, des sommets et plein de trucs comme ça. Ensuite, j'ai fait 20 jours dans le Mercantour. C'est les Alpes du Sud en vélo et ski de rando. Et après ça, je suis reparti avec deux amis en Islande pour trois mois. On a fait à peu près trois mille kilomètres. C'était en Islande, j'ai déjà dit. Du coup, on avait fait tout le tour et on avait fait la traversée nord-sud et est-ouest des Hautaires. J'expliquerai après ce que c'est les Hauts-de-Terre parce qu'on va en reparler. L'hiver dernier, je suis parti au Cap Nord en vélo aussi de France. Deux mois et 4500 kilomètres. Et dernièrement, je suis reparti en Islande en hiver le mois dernier pour refaire une traversée dans les Hauts-de-Terre. À vélo et avec une poulka derrière aussi parce que c'était sur la neige.
Invité 1 Énorme. Énormissime. Moi, j'ai vu le film. Alors, tu as fait un film pour le trip en Islande que tu as fait avec tes deux potes que tu mentionnais, donc Léopold et Katia. Bikepacking Island. S'il y en a qui… Je mettrai le lien en description. Franchement, allez voir. On comprend vite que l'appareil photo, le drone ne sont pas entre les mains d'un amateur. C'est juste magnifique. Donc, foncez à regarder ça. Bikepacking Island. C'est sur YouTube.
Joffrey C'est sur YouTube, oui.
Invité 1 Oui, c'est là que je l'ai vu, forcément. Donc, foncez, foncez, voir tout ça.
Joffrey En plus, on a eu la chance d'y être pendant que le volcan était actif. Je pense qu'il y a pas mal de monde qui ont dû voir des images de ce volcan sur Instagram. Ça, c'était vraiment incroyable.
Invité 1 Oui. Franchement, que ce soit la vidéo, les photos, ça fait vraiment rêver. Tu vois, ça me fait penser. Bon, là, c'est une petite parenthèse avant qu'on rentre dans tes expéditions. Mais je pense que j'ai jamais rencontré personne qui allait en Islande qui n'a pas été absolument bluffé. C'est rare quand même. Enfin, tu vois, d'avoir uniquement des retours positifs sur un pays. J'en ai pas d'autres en tête.
Joffrey Non, moi non plus, je crois pas.
Invité 1 Même la Nouvelle-Zélande, tu vois. J'ai réussi à trouver des gens qui n'étaient pas super contents de leur tri pour la Nouvelle-Zélande. Ce qui est incroyable. Mais l'Islande, c'est habituellement le carton plein à chaque fois. Tu dirais qu'est-ce qui fait que ce pays est un peu spécial, que ce soit du côté de paysage ou même pour y réaliser des aventures ? Il y a un truc en plus là-bas ?
Joffrey Je pense que c'est surtout le côté paysage parce que ça n'a rien à voir avec la France. Il y a les volcans, des glaciers. Et puis, dès qu'on rentre dans les hautes terres, il y a vraiment plus de... En fait, il y a une route tout autour de l'Islande. Et quand on rentre à l'intérieur, c'est que des pistes avec des rivières. Il n'y a pas de village, il n'y a pas de super-être, il n'y a rien. Donc, pour le côté aventure, on peut vraiment être tout seul et faire des belles expés au milieu des paysages.
Invité 1 Au terre, parce que le centre de l'Islande est un peu surélevé par rapport à la côte, c'est ça ?
Joffrey Je pense que oui. Oui, parce qu'au début, ça montait bien et puis à la fin, ça montait bien.
Invité 1 Ok. Et toi, initialement, tu as une formation en photographie justement ou c'est une sorte de reconversion ?
Joffrey Non, je n'ai pas fait de formation. J'avais fait des études dans l'aéronautique. Et du coup, non, la photo au début, c'était une passion et puis maintenant, c'est un métier aussi.
Invité 1 Ok. Et à quel moment est-ce que tu t'es dit, bon, vas-y, bingo, qu'est-ce qui fait que ce n'est pas simplement rester un hobby sur des week-ends ou des semaines de congés, mais à un moment donné, tu t'es dit, je pars 20 jours, 3 mois, faire des grosses expés ?
Joffrey Du coup, j'ai fait des études dans l'aéronautique et en 2017, je suis parti au Canada pour travailler pour bombardier dans l'aéronautique. Et l'idée, c'était de faire quelques mois là-bas, puis aménager un van et après voyager pendant un an et demi, deux ans. Et j'ai fait Canada, États-Unis, Mexique et Guatemala. Et donc, pendant ces deux ans, j'avais fait aussi des petits jobs du fruit picking, surtout au Canada. Et quand je suis rentré en France, c'est là que je me suis mis à plus de temps plein dans la photo et dans les aventures.
Invité 1 Excellent. Et donc, la première grosse aventure, ça a été les Pyrénées, c'est ça ?
Joffrey Le premier voyage vélo, c'était les Pyrénées, oui.
Invité 1 Oui, ok. Juste pour que les gens se rendent compte, quand tu parles de voyage vélo, alors j'imagine que ça varie un petit peu entre le Cap Nord et ce que tu viens de faire à la traversée de l'Islande, mais quand tu fais des tripes à vélo sur des terrains type les Pyrénées ou l'Islande, tu as quoi comme matos ? C'est des vélos, c'est des genres de… Là, pour l'Islande, c'était un fight bike, c'est ça pour la neige, mais en temps normal, c'est des VTT sur lesquels tu roules ou des gravels ?
Joffrey Oui, ça ressemble plus à des gravels. Pour les Pyrénées, on avait des vélos voyage, enfin c'était des vélos tout acier, tout rigide, avec des petits pneus parce qu'on n'était que sur la route. Ah, ok. Et on avait des sacoches type vélo voyage, pas bikepacking. Ensuite, pour le trip en Islande en été, pareil, il y a des vélos tout acier, tout rigide. On avait mis des plus gros pneus, on avait du 230, je crois, et vraiment des pneus costauds parce qu'on allait rouler sur les cailloux, sur la roche volcanique un peu qui est super coupante, etc., donc il faut des pneus costauds. Et Cap Nord, j'avais des pneus cloutés en 230, et l'Islande, le mois dernier, j'avais un fat bike vraiment avec des gros pneus pour rouler sur la neige.
Invité 1 Ouais. Cloutés aussi ?
Joffrey Du coup, ça dépend des tripes, ouais.
Invité 1 Ok. Ok, ok. Rabe finesse. Ok. Et toi, l'Islande, initialement, qu'est-ce qui fait que là, t'en es déjà à ton… quoi, du coup, c'était ta deuxième XP, là ?
Joffrey Ouais, mais c'était la troisième fois que j'y allais. Ok. La première fois que j'y suis allé, c'était en 2016, mais c'était… j'ai été allé 15-20 jours en allouant une voiture, et on a fait une grosse partie de la route 1 et un petit peu l'intérieur. Et la deuxième fois, c'était à vélo et la troisième, ouais. Première année.
Invité 1 Et du coup, qu'est-ce que toi, tu y as trouvé dans ce pays qui fait que t'es déjà allé trois fois et que visiblement, il y a un truc avec l'Islande ?
Joffrey La deuxième fois, c'est parce que j'avais envie de découvrir une plus grosse partie de l'Islande. Et puis, je savais qu'en partant là-bas à vélo, on allait vivre une aventure assez cool parce que quand tu rentres dans les Hautes-Terres, on a fait une première traversée, je crois que c'était 12 jours d'autonomie, et la deuxième, 17-18. Et tu as plein de rivières à traverser, tu sais que tu vas vivre une belle aventure là-bas.
Invité 1 Énorme. Et le vélo, pourquoi ce format-là plutôt que de la marche ou là, en l'occurrence, pour l'hiver, du ski ?
Joffrey Pour l'été, je préfère le vélo que la marche parce que ça avance plus vite. Par contre, là, on est parti trois mois et on a fait tout le tour, on a fait deux traversées. Donc, on a vraiment vu beaucoup de l'Islande. Alors qu'en marchant, on aurait forcément moins d'endroits. Et pour cet hiver, pourquoi pas le ski et Poulka ? Parce que j'aime bien le vélo et j'avais envie d'essayer un trip sur la moche en fatbike. Énorme. Je sais pas si parce que le tout début et la toute fin, c'était un peu sur la route. Donc, tu peux pas le faire en ski Poulka. Et là, le vélo, je pouvais vraiment faire du début à la fin.
Invité 1 Avec la Z. OK. OK. Perso, j'avais jamais vu de trip à ski avec Poulka derrière. Juste pour qu'on se rende compte, en termes de poids, tu avais combien dans la Poulka et sur le vélo ?
Joffrey Là, sur le dernier trip. Alors, tout d'un coup, Poulka faisait 78 kg. Vélo plus Poulka ? Ouais. Tout compris, il faisait 78 kg. J'avais 23 kg de nourriture pour 25 jours. 3 litres d'essence pour le réchaud. Et puis après, c'est le matos basique, tente du vé, réchaud et tout ça. J'avais une tente. C'est des conditions qui peuvent être assez compliquées et même dangereuses en Islande. Parce que tu peux avoir des tempêtes de 150, 160 km heure de vent, des tempêtes de neige, etc. Donc, il faut du matos d'expect polaire. Par exemple, ma tente, elle pesait déjà 4 kg. Ce qui n'est pas énorme pour une expérience polaire. Mais ouais, un duvet moins 30, pareil, ça pèse plus lourd. Donc, tu arrives vite à 78 kg. Pour ça, j'avais vraiment bien tout optimisé.
Invité 1 Ouais, le duvet, c'est surtout, c'est aussi le volume, non ?
Joffrey Ouais.
Invité 1 Un duvet moins 30, parce que moi, j'en avais pris un pour le Népal. Et je me rappelle, j'avais pas pensé avant. J'avais jamais eu duvet vraiment grand froid, tu vois. Donc, mes duvets, j'étais habitué à pouvoir les compresser facilement. Là, punaise, quand je me suis retrouvé avec le machin qui faisait genre la taille d'un sac de 15-20 litres.
Joffrey C'est une galère. Il rentre pas dans les sacoches de vélo.
Invité 1 Ouais, c'est clair. Yes. Ok. Et la tente, par curiosité, c'est quoi la marque que tu as utilisée ?
Joffrey C'est une L-Sport. C'est la Lofoten Extreme 3. C'est une 3 places. J'avais un balance pour moi tout seul.
Invité 1 Ouais. Mais parce que l'idée, c'était quoi ? De pouvoir rentrer le vélo, une partie de la Poulka, en tout cas ?
Joffrey Je rentrais la Poulka dans l'Apside. Et après, c'est que les modèles d'Exp, ils les font pas en 2 places. C'est toujours que des 3 places. Ok. Donc, pas le choix. Mais tant mieux, au moins, je pouvais rentrer la Poulka et j'étais à l'aise à l'intérieur. Ouais. Puis je pense que sur des Exp comme ça, c'est hyper important de pouvoir bien dormir et d'avoir un bon temps de base. Donc, c'était parfait. Quand je suis parti au Cap Nord, j'avais une tente qui n'était pas terrible et j'avais dû changer pendant le trip.
Invité 1 Parce que trop petite ? Ou pas assez solide ?
Joffrey Non, parce qu'elle était un peu petite. C'était une monoparois. Puis elle n'était pas très étanche. Et les arceaux, c'était pas costaud. Bref, elle était nulle. J'ai changé pour une autre tente au milieu.
Invité 1 Ok. Ok, ok. Ouais, c'est vrai que la tente, c'est un peu l'accessoire indispensable. Tu me fais penser, peut-être que tu le connais. J'ai vu il n'y a pas longtemps une série de vidéos sur YouTube d'un gars qui s'appelle Martin. C'est un gars des Pays-Bas. Il s'appelle Martin, je ne sais plus comment. Et il a fait un trip Amsterdam-Singapour en un an en vélo. Puis un autre où il a fait Alaska-Patagonie. Et bref, tout ça pour dire en deux ans cette fois-ci. Et tout ça pour dire qu'il y a une partie du trip où il est dans les déserts de l'Utah aux US. Et il filme quand il est pris dans une tempête de vent. Donc, je crois qu'il est à deux jours de marche du premier... Enfin, deux jours de marche. Deux jours de vélo du premier patelin. Donc, il est quand même assez isolé. Et il expliquait qu'il avait une tente bien. Mais bon, voilà, pas un truc d'exprime. Quand tu vois la tente avec le vent, à quel point elle se plie. C'est-à-dire qu'il a le toit, pas la paroi, tu vois, pas sur le côté. Vraiment le haut de l'arceau qui vient lui taper le visage, tu vois. La tente entière se plie. Et je ne pense pas que c'était des vents, comme tu le décris, plus de 150 km heure. Donc, ouais, matos, le matos essentiel.
Joffrey Ouais, sur des excès comme ça, c'est important d'avoir du bon matos, je pense.
Invité 1 Ouais.
Joffrey C'est vrai que j'ai eu une grosse tempête, moi, à la fin du trip dans les hautes terres. C'est impressionnant. La tente a claqué dans tous les sens et tout, mais c'était impressionnant.
Invité 1 Ouais. Comment tu te prépares quand tu te lances sur des expés en solo versus des expés avec des potes ? Est-ce que, en fait, pour affiner peut-être la question, quand tu pars dans des expés avec des potes, par exemple, ce que vous avez fait en Islande, les 3000 km, est-ce que c'est, en l'occurrence, est-ce que c'est toi qui étais vraiment le sachant, c'est-à-dire l'expert sur cette notion d'expédition d'aventure, où les gens que tu emmènes, ils sont aussi expérimentés, et donc ils peuvent se gérer quelque part ?
Joffrey En un instant, j'étais parti avec Léopold, du coup, qui avait déjà fait le trip dans les Pyrénées avec moi. Donc, il savait ce que c'était le voyage à vélo. Et après, il y avait sa copine, Katia, qui n'avait jamais voyagé à vélo et qui ne faisait pas forcément de vélo. Et du coup, on sait qu'elle est toujours motivée, toujours souriante à faire des blagues et tout, donc on était largement sereins de partir avec elle. Et puis, ça s'est super bien passé. Et pour un premier trip, partir en Islande avec l'humidité, le vent, les rivières et tout, bravo.
Invité 1 Ouais. Moi, c'est un peu ce qui m'a marqué dans ton film, qui dure quoi ? C'est 40 minutes ? Un tout petit peu moins de 40 minutes ?
Joffrey Il dure 12 minutes, je crois. Ah ouais ? C'est court, ouais.
Invité 1 Pourquoi j'avais 38 minutes en tête ? Ok. C'est que j'en ai pris tellement plein la vue que j'ai cru qu'il était plus long que ça. Ok, mais j'avais en tête beaucoup plus long. Bref. En tout cas, toute la durée du film, moi, c'est ça qui m'a marqué, c'est qu'on vous voit... Le temps n'est pas forcément fabuleux. On vous voit galérer sur des chemins où les vélos, ça a l'air d'être des espèces de graviers sablonneux. On vous voit passer des rivières où l'eau doit être à la limite, je pense, à la température du glacier d'où elle vient, un degré peut-être. Et tout le long, c'est grand sourire, rigolade un peu partout. De temps en temps, on voit qu'il y a des trucs qui saoulent. Mais l'ambiance, ça avait l'air quand même assez... plutôt très positive. Mais je pense que ça, c'est hyper important. Quand tu pars en XP, il faut que tu sois dans un mindset plutôt optimiste. d'autant plus quand tu es seul, non ?
Joffrey Si tu tires la gueule dès qu'il fait un peu humide, etc., ça va être long, quoi. Mais là, on sourit tout le temps. c'est sûr qu'il y a des journées un petit peu plus compliquées. Quand tu prends trois jours de pluie, c'est un peu moins fun. Mais bon, ça fait aussi des bons souvenirs. c'est aussi sympa.
Invité 1 Oui, oui. Et ça, comment tu le gères, la partie mentale, motivation, énergie, quand tu pars seul, par exemple ? Est-ce que... Alors, disclaimer, je sais que tu as échangé avec Nicolas, préparateur mental, Nicolas Cassier.
Joffrey Oui.
Invité 1 Tu as eu la chance de recevoir sur le podcast. Mais au-delà de la préparation mentale, est-ce qu'il y a des choses... Comment est-ce que... Ouais, juste comment est-ce que tu gères cette partie psychologique quand tu sais que tu pourras compter que sur toi-même ?
Joffrey Je pense que quand j'étais jeune, j'ai fait pas mal de montagnes et de bivouacs solo parce qu'il n'y avait pas toujours les potes disponibles. Du coup, ça m'a aidé à me préparer. Après, j'étais parti les deux ans en van, je suis parti seul. Mais enfin, sur les deux ans, je n'ai quasiment jamais été seul parce que je rencontrais tout le temps du monde. Et après, à vélo, j'avais fait le mercantour en solo et d'autres petits trips. ça m'a... Enfin, toutes les expériences comme ça, ça m'a préparé pour l'Islande. Et après, ouais, j'ai fait quelques visios de préparation mentale avec Nicolas juste avant de partir. C'était hyper intéressant aussi. Yes.
Invité 1 Si tu devais résumer, tu vois, peut-être les moments forts là, sur le trip que tu viens de vivre avant qu'on parle des précédents. Mais comme celui-ci est tout frais, ce serait quoi, du coup ?
Joffrey Les moments forts, déjà, le tout début au nord du Vatnat, de Jokul, qui est un gros glacier de l'Islande, je pense que c'était la partie la plus compliquée parce que j'avais plein de neige fraîche et du pousser le vélo beaucoup et il y avait beaucoup de dénivelé dans les montagnes. Du coup, c'était un moment dur mais quand même un moment fort parce que j'y suis allé pour vivre ça aussi. Donc, ouais, je pense que c'est un des moments qui m'a marqué. Puis en plus, c'était le début donc je me suis dit si c'est comme ça toute l'Islande, ça va être long. Je ne sais pas, il va y avoir 15 jours. Mais ouais, il ne faut pas lâcher, il faut continuer d'avancer et puis il y a forcément un moment où ça s'améliore.
Invité 1 Et tu avais des plans de secours ou des plans B si jamais le rythme auquel tu allais ça se confirmait, c'était beaucoup moins important que ce que tu avais prévu ?
Joffrey Ouais, après ce glacier, je rejoignais la piste F26 et donc si j'avais envie de raccourcir le trip, je pouvais partir suivre la piste jusqu'au sud et rejoindre les petits villages. Et après, pareil, au trois quarts de l'Islande, tu passes par la piste F35 donc je pouvais couper vers le sud et puis après, à la fin, je t'ai quasiment sorti.
Invité 1 Ouais.
Joffrey Mais j'avais tout préparé, ouais, j'ai préparé super bien l'itinéraire, j'ai marqué les coordonnées de chaque cabane, des rivières, des ponts. Parce qu'il y a des rivières où tu as des ponts et tu n'as pas le choix parce que c'est vraiment des grosses, grosses rivières. Et après, j'avais deux variantes d'itinéraires pour contourner une grosse rivière que je ne savais pas si elle allait être possible en hiver. donc ouais, je pense que la préparation d'experts comme ça, c'est hyper important et ça permet de partir plus serein.
Invité 1 Ouais. Ouais. Et au final, tu as eu à traverser des rivières qui n'étaient pas gelées ?
Joffrey J'en ai eu que deux au final. Une au tout début des hautes terres et en fait, les grosses, normalement, elles sont au nord du glacier of Jokul qui est au milieu. Et comme j'ai eu moins 20, moins 22 pendant une dizaine de jours, elles étaient toutes gelées. Donc, je n'ai pas eu à les traverser. Et à la fin des hautes terres, j'en ai eu une autre petite rivière aussi à traverser.
Invité 1 Et là, tu faisais comment avec la pulca ? Enfin, c'est une question bête, mais si tu faisais 80 kilos ?
Joffrey Ouais. Alors, je passais la pulca en premier et après, je passais le vélo et j'avais un pantalon de pêche qui étanche du bout des orteils jusqu'au buste et donc, je ne me mouillais pas les pieds. Tu sens quand même un petit peu le froid à travers le pantalon étanche, mais ça va.
Invité 1 Ok, ok. Non, je pensais à ça parce que comme dans ton film sur le trip estival, on vous voit, enfin, vous êtes régulièrement en sous-vêtements dans l'eau. Je me dis, wow, la vache, mais attends, en hiver,
Joffrey avec le vent. Le pantalon de pêche, c'était plus compliqué en été parce qu'en été, on n'y allait pieds nus et en caleçon. Les rivières qui sont vraiment proches des glaciers, elles sont gelées. En plus, ces rivières, on les traversait à 4 heures du mat pour éviter qu'elles soient trop hautes. Le moment le plus froid de la journée. À 4 heures du mat, c'est une situation qui circule.
Invité 1 Énorme, énorme. Ok. Alors, tu parlais de la partie préparation. que là, tu t'évoquais l'itinéraire, c'est forcément super important. Juste pour, par rapport à, enfin, je vais y arriver, je suis désolé, je le reprends. Je me fais la question en même temps que je te la formule. Désolé. Donc là, tu nous parlais de la partie préparation qui est forcément super importante, t'évoquais l'itinéraire, mais je suppose qu'il y a plein d'autres choses. Ça représente combien de travail en amont une XP de cette envergure et sur quel grand domaine, on va dire, est-ce que tu te concentres en particulier ?
Joffrey Je crois que j'ai commencé à préparer le projet au mois de septembre, octobre et je suis parti début mars, donc 4-5 mois.
Invité 1 Ah ouais, quand même. OK.
Joffrey La grosse partie, ouais, c'est l'itinéraire et après, je passe énormément de temps à choisir l'équipement parce que j'ai envie de partir avec de l'équipement dans lequel j'ai 100% confiance, surtout sur un XP comme ça où tu peux avoir vraiment des conditions difficiles. Et après, il y a une grosse partie de recherche, de sponsors et de partenariats aussi et puis un peu de prépa physique que je ne fais pas vraiment beaucoup. j'ai pu aller un petit peu mais pas de ouf et un peu de prépa mental avec Nico aussi, ouais.
Invité 1 OK. OK. Et le matos, tu le testes comment du coup parce que septembre, c'est tout juste la fin de l'été donc puis j'imagine tu habites en France donc il n'y a peut-être pas des conditions du genre 150 km heure de vent, moins 20, moins 30. Tu fais comment ?
Joffrey Non, au mois de décembre, j'étais allé faire quelques bivouacs dans les stations de ski vers Isola et tout ça pour tester la tente, le duvet et tout et ouais, je fais quelques bivouacs pour tester le matos, ouais.
Invité 1 OK.
Joffrey Il y avait un peu de mauvais terrain à lancer, on partait bivouaquer et ça ça fait des bonnes conditions pour le test.
Invité 1 Ouais.
Joffrey Et après, il y a une grosse partie du matos que j'avais déjà testé sur des expés différentes et puis et puis après, par exemple, la tente Hellsport, c'est une tente que tous les explorateurs polaires utilisent, donc c'est déjà une tente qui est approuvée.
Invité 1 Ouais, donc tu t'appuies un peu aussi sur les retours d'expérience des autres.
Joffrey Après, il faut juste aller s'entraîner pour la monter rapidement quand il y a du vent, etc. mais sinon, la qualité, elle est déjà approuvée par plein de monde.
Invité 1 Ouais, ouais. OK. OK. Remarque, une nuit à Isola, même à Isola 2000 avec un duvet moins 30, tu as dû avoir un peu chaud, non ?
Joffrey Ah, c'était un week-end où il faisait, on a eu moins 16 et il y avait 80, 90 de vent. D'ailleurs, la station était fermée, on a bivouaqué, on s'est un peu fait incendie par les pistères parce qu'ils ne comprenaient pas qu'est-ce qu'on pouvait avec cette météo et du coup, on leur avait expliqué que je partais en Isla et que c'était un entraînement mais ils n'avaient pas kiffé.
Invité 1 Ouais, j'imagine. OK. Et alors, un autre point de détail mais moi, je trouve ça vraiment fascinant de la partie, on parle souvent des expés en tant que tel mais finalement, c'est un peu le planter de drapeau au sommet de la montagne mais tout ce qu'il y a avant, la partie préparation, l'itinéraire, le matos, ça me paraît juste complètement essentiel. Donc, sur la nourriture, comment est-ce que tu arrives à déterminer que 25 jours égale 23 kilos de nourriture ?
Joffrey Moi, j'avais essayé de calculer et de préparer par rapport aux kilocalories et je crois que je voulais à peu près 3500-4000 kilocalories et donc, je me suis fait un menu pour avoir ça et puis après, à la fin, fois 25 jours, ça me faisait 23 kilos. Mais je crois qu'en général, sur les expés polaires, c'est à peu près le poids, c'est entre 800 et 1200 grammes par jour de nourriture en général.
Invité 1 Est-ce que tu avais une tablette de chocolat par jour aussi ?
Joffrey Non, malheureusement non parce qu'à vélo, je ne pouvais pas prendre autant de poids que je voulais. En ski-pulka, j'aurais pu prendre un peu plus de poids dans la pulka mais je suis fan de chocolat et je n'avais pas assez de chocolat. Non, j'avais quasiment que de la nourriture lyophilisée. Le matin, j'avais un chocolat chaud. J'avais mélangé de la poudre de lait et du cacao et donc, j'avais juste à rajouter de l'eau et ça me faisait un chocolat chaud qui était bien calorique. J'avais un repas salé et la journée, j'avais 4 barres cliff avec un mélange d'amandes et le soir, je mangeais une soupe lyophilisée, un plalophilisé et du chocolat. Dans chaque plalophilisé, je mettais une grosse dose d'huile d'olive pour rajouter pas mal de kilos de calo.
Invité 1 Et pour l'eau, tu gérais comment ? Tu faisais fondre en début de journée et tu avais ton stock pour le reste de la journée, c'est ça ?
Joffrey Oui, c'est ça. Je faisais fondre de la neige le soir et un petit peu le matin quand il y avait besoin. Dans la neige fondue, il n'y a pas tout ce qui est minéraux, etc. Donc, je rajoutais un peu de poudre électrolyte pour rajouter des minéraux et que ça hydrate bien le corps.
Invité 1 Ça, j'ai découvert ça il n'y a pas longtemps. Je ne savais pas du tout. Moi, je pensais que tu faisais fondre de la neige, ça faisait de l'eau et puis boum. Mais en fait, non, c'est entre guillemets de l'eau de basse qualité dans le sens où il n'y a rien dedans. Donc, si tu bois que ça, au bout d'un moment, tu es plein de carences.
Joffrey Oui, c'est ça. Ça ne hydrate pas le corps comme de la vraie eau.
Invité 1 Et donc, c'est quoi ? C'est une poudre, c'est ça que tu peux rajouter ?
Joffrey Oui, j'avais de la poudre. Moi, j'avais celle de Oversteam, je crois. En gros, tu as du sodium, magnésium, des vitamines, tous les minéraux qui sont essentiels à l'hydratation.
Invité 1 Punaise. OK. Et ça, tout ça, tu vois, toutes ces connaissances sur, je ne sais pas, toi, ça peut te paraître tout bête aujourd'hui, le fait que la neige, il faille ajouter un complément. Comment est-ce que tu as acquis toutes ces connaissances ? Est-ce que c'est 100% empirique ? Est-ce que tu as eu des échanges avec d'autres explorateurs ? Comment tu en es arrivé là ?
Joffrey Je pense que c'est au fur et à mesure des aventures, puis après, en fermant sur Google et en discutant avec des gens aussi. J'ai pas mal de potes qui font des expés polaires, donc c'est assez cool de faire avec eux aussi.
Invité 1 Oui. Le truc qui m'avait marqué, j'avais fait un épisode avec Vincent Colliard, je ne sais pas si tu connais.
Joffrey Je l'ai écouté, il est trop bien.
Invité 1 Tu l'as écouté ? Le truc qui m'avait marqué, c'était sur le côté matos, l'accessoire qui pour lui était indispensable, limite question de vie ou de mort pour une expédition polaire, c'est une brosse pour enlever la glace des zips. Ah oui, d'accord, ok, ça effectivement, si on ne te le dit pas, je n'aurais jamais pensé à un truc pareil.
Joffrey Oui, vraiment. Il y a deux trucs aussi qui sont pas mal, c'est les chaussettes VBL et le sac de couchage VBL. VBL, c'est Vapor Barrier Liner et en gros, pour les pieds, tu mets ta chaussette, tu mets la chaussette VBL et après, tu mets ta chaussure et ça évite que la transpiration mouille la chaussure.
Invité 1 qui se transforme en méga glaçon.
Joffrey Oui, et puis après, tu as froid au pied. Et après, pour le sac de couchage, c'est pareil. En fait, tu dors, moi je dormais dans mon sac de soie et après, j'avais un sac VBL et après, j'avais le duvet et ça évite que le duvet soit mouillé par la condensation et la transpiration.
Loïc Oui,
Joffrey voilà. C'est vraiment fascinant
Invité 1 cette partie préparation technique, connaissance sur ce qu'il faut, les petits tips. Je trouve ça assez... Ça me fascine à chaque fois.
Loïc Oui.
Invité 1 Sur la partie, j'ai quand même une grosse question. Tu vois, de temps en temps, ça m'arrive quand je fais mes sorties. Je me dis, là, peut-être que ça pourrait être cool que je fasse une photo, une petite vidéo court. Tu vois, mais quand je fais mes sorties, je te parle de ça. Il fait 20 degrés, je suis en short t-shirt, grand soleil, tout va bien et je rentre chez moi deux heures plus tard. Et régulièrement, je me dis, là, franchement, j'ai la flemme, je suis dans ma sortie et voilà, je n'ai pas le temps de sortir le téléphone. Comment tu fais quand tu pars aussi longtemps que toi dans un environnement aussi hostile et difficile que celui où tu es allé pour arriver à trouver le temps de sortir un appareil, sortir le drone, faire des beaux clichés même quand c'est la tempête et que tu attends, tu es en train d'être recouvert de neige. Bref, pour garder ce côté créatif et je partage mon aventure alors que tu es un peu dans le dur du moment.
Joffrey Ouais, c'est sûr que ce n'est pas toujours facile de sortir l'appareil photo que les belles photos, elles se font souvent dans les moments durs mais sur le trip, en fait, à chaque fois que je me suis dit que ça valait le coup de prendre une photo, j'ai sorti l'appareil photo et j'ai fait la photo ou la vidéo et moi, je ne me suis pas posé la question. Comme ça, je pense que je n'ai pas loupé de photos que j'aurais aimé faire ou quoi.
Invité 1 Ouais. C'est dans ton film, non ? Bikepacking Iceland, à un moment donné, tu filmes, vous êtes sous une averse mais énormissime. Ouais. Ouais. En fait, c'est là où ça m'a, tu vois, ça m'a fait tiche. Je me suis dit, non mais là, il faudrait que je lui pose la question, comment, quand tu te prends des milliers de litres d'eau sur la tronche au milieu de nulle part, tu as la foi de sortir ton appareil ou ta caméra pour filmer ?
Joffrey Parce que je sais qu'après, je serais content de la photo et ça fera un bon souvenir donc je fais la photo et puis après, au moins, je n'ai pas de regrets de ne pas avoir fait la photo.
Invité 1 Ouais. Mais comment tu gères la partie matos ? Parce que là, bon, l'été, je ne sais pas si c'est le cas mais l'hiver, notamment pour les batteries, c'est un peu la galère.
Joffrey Ouais.
Invité 1 Tu as des boîtes spéciales ou des panneaux solaires ?
Joffrey Non. Alors là, j'avais en matos photo, j'avais un trépied, j'avais un appareil photo, un reflex, un Canon, j'avais une GoPro, une GoPro 360 et un drone et pour chaque appareil, j'avais des batteries supplémentaires et puis après, j'avais deux batteries externes aussi et un panneau solaire. Le panneau solaire, il n'a pas beaucoup servi parce que je n'ai pas eu trop trop de soleil et les batteries externes, elles me servaient pour le téléphone, le téléphone satellite et c'est plus ou moins tout. Parce qu'après, tout ce qui était drone, etc., j'avais des batteries en plus spécifiques à l'appareil.
Invité 1 Ok. Et tout ça a tenu, même par moins 20 et quelques, tout ça a tenu 25 jours ?
Joffrey Oui. Oui, oui. Ah oui ? Punaise. Les batteries, je les mettais dans le duvet la nuit et après, les batteries dont je me servais la journée, je les mettais dans les poches ou alors les batteries de drone, je les mettais dans mon gant avant de le faire voler pour bien faire réchauffer la batterie. Les batteries de GoPro, pareil, souvent, je leur ai gardé une dans mon gant et maintenant, elles résistaient bien. Les batteries d'appareil photo Canon, j'ai vraiment eu aucun souci, c'est celles qui ont mieux résisté. Ok. Les batteries Canon, les batteries GoPro, il vaut mieux prendre les Enduro, c'est les blanches. C'est des batteries spéciales pour le froid et il y a vraiment une grosse différence par rapport aux batteries normales.
Invité 1 Ok. Donc, quand tu ne te sers pas de l'appareil ou de la GoPro ou autre, tu enlèves la batterie ?
Joffrey Oui, je retirais la batterie.
Invité 1 Ah oui ? Ah d'accord, ok. Pour pouvoir la garder au chaud ?
Joffrey Oui. Oui, parce que sinon, quand il fait moins 20, la batterie de GoPro, elle gèle et puis la GoPro, ça ne l'allume plus.
Invité 1 Ok.
Joffrey Du coup, je la réchauffe pas à chaque fois. Oh là là.
Invité 1 Ok.
Joffrey Là, c'est une petite organisation mais après, au fur et à mesure, une fois que tu es bien organisé, ça marche bien.
Invité 1 Oui. Alors, il y a une photo sur ton compte Insta où tu mets un plan aérien. Tu fais ça régulièrement, je trouve ça chouette, où on voit tout ton matos étalé à côté de toi.
Loïc Oui.
Invité 1 Sur la photo, ça ne paraît pas tant que ça, en fait, pour 25 jours. Même la bouffe, ça ne paraît pas si énorme que ça.
Joffrey Non, pourtant, il y a tout sur la photo.
Invité 1 Pourtant, il y a tout. Tu avais une pelle, c'est quoi ? C'est une corde que tu avais ? Tu avais un rouleau de corde ?
Joffrey Tu avais une corde pour sécuriser les rivières au cas où. Je ne m'en suis pas servi.
Invité 1 C'est quoi ? À gauche de ton duvet, enfin, pardon, je te dis ça comme si tu étais sur la photo, mais il y a ton duvet orange tout à droite et à gauche du duvet, il y a deux espèces de, on dirait, des bouteilles d'oxygène orange.
Joffrey Ah oui, je l'ai la photo là. C'est les bouteilles d'essence pour le refaire. Ah,
Invité 1 c'est l'essence. Ok, ok. Et donc là-dedans, ça, c'est 3 litres, ce que tu as là.
Joffrey Oui, j'avais deux bouteilles de 1,5 litres.
Invité 1 D'accord, d'accord, ok. Punaise. Oh là là. Ok. Et question bête aussi, mais côté pneu, le fait qu'il fasse moins 22, ça posait pas de problème sur la pression ? T'avais une pompe avec toi au cas où ?
Joffrey Oui, j'avais une pompe avec moi, je suis parti en tubeless et avec du liquide anti-crevaison dedans. En vrai, je sais pas s'il a gelé ou pas par moins 20, donc...
Invité 1 Ouais.
Joffrey Mais en tout cas, j'ai pas crevé. L'avantage, c'est que j'étais sur la neige quasiment tout le temps, donc le risque de crevaison, il est quand même assez bas.
Loïc Ouais.
Joffrey Après, c'était du 4,5 en plus et c'était des pneus cloutés aussi parce que...
Invité 1 Ouais.
Joffrey Bon, dans le terre, j'étais souvent sur la neige, mais j'ai eu un peu, j'ai eu tout eu. J'ai eu de la glace, beaucoup. C'est vraiment de la glace vive, bleue, et c'est une patinoire, quoi. Donc, sans pneu clouté, tu tiens pas dessus. Et après, j'ai eu de la neige bien fraîche où j'ai dû beaucoup pousser le vélo et j'ai eu de la neige un peu dure où c'était plus facile de rouler.
Invité 1 Ok.
Joffrey Mais les pneus clous étaient indispensables, ouais.
Invité 1 Ok. Bon, on a bien compris que la partie mato, c'est forcément méga importante et que c'est un truc que tu aimes bien préparer. T'as eu des... de mauvaises surprises ou au contraire, de très très bonnes surprises sur ce que t'as emmené ?
Joffrey Des mauvaises surprises ? Non, j'ai... Tant mieux. T'étais parfait, ouais. Moi, j'ai passé tellement de temps à choisir le matos que... J'ai rien cassé. J'ai fait un trou dans le duvet dans une cabane où le duvet, il a touché le poil. J'ai fait un énorme trou. Du coup, j'avais mis un patch, donc pas de souci. Et après, la tente, à la fin, j'ai eu une grosse tempête. J'avais eu entre 140 et 150 km heure de vent. Et donc, je suis resté une journée coincé dans la tente et il y a eu trois petits trous côté, face au vent dans la tente. Je pense que c'est des petits bouts de glace qui sont passés à travers le tissu. Ils ont fait des petits trous. Et quand j'ai vu ça, j'étais un peu inquiet quand même. Et au final, au bout de deux, trois heures, ils n'ont pas bougé, ils ne se sont pas agrandis. Donc, je me suis dit, bon, pas de souci. Puis, je savais que j'avais une tente quasiment indestructible. j'ai juste eu ça comme petit souci de matos.
Invité 1 Ok. Et sur le vélo, rien côté transmission, dérailleur ?
Joffrey Le vélo, je n'ai rien cassé, non. Quand il faisait moins 20, il y a les freins qui gelaient un peu.
Invité 1 C'est le liquide des freins qui gelait ?
Joffrey Je pense que c'était plus au niveau de la plaquette. Il y a de la neige qui se mettait autour de la plaquette. Ça a gelé pour empêcher de serrer la mâchoire. Je pense que c'est plus ça que le liquide de frein. Et la transmission, pareil, des fois, tu as un peu de neige qui se met sur la chaîne et tout et ça gèle un petit peu donc les vitesses passent moins bien mais tu tapes un peu dessus, tu passes les vitesses et puis ça repart.
Invité 1 Ok.
Joffrey Je n'ai rien cassé.
Invité 1 Et ton vélo, c'est quoi comme marque ? Enfin, c'était quoi sur ce trip ?
Joffrey C'est un Rocky Mountain. Le modèle, c'est le Blizzard.
Invité 1 Parfait.
Joffrey Ouais. C'est le version aluminium.
Invité 1 D'accord. Ok.
Joffrey Il y a une version carbone aussi, mais en général, ce qui est en carbone, je le casse. Ok.
Invité 1 Ok. Parce que tu ne l'as pas précisé, donc tu avais 78 kg de matos au total mais toi, tu as quoi comme gabarit ? Tu as remporté quoi comme poids déjà de facto ?
Joffrey Je fais 70-72 kg.
Invité 1 Ok. Ok. Alors, on parlait de transmission, j'aime bien le demander de temps en temps à ceux qui partent faire des gros trips à vélo. Est-ce que tu as déjà testé les transmissions à courroie ?
Joffrey Non, les roll-off, j'aimerais bien. Ça fait deux ans que je me pose la question mais ça coûte tellement cher et ça ne sponsorise pas beaucoup. Du coup, non, je n'ai jamais testé encore mais je pense que c'est sur un trip comme ça, ça ne serait pas mal.
Invité 1 J'ai pensé quand tu as parlé de la neige qui vient se mettre...
Joffrey Tu n'as pas de souci, tu n'as pas de risque de casse. Tu ne peux pas casser tes rares donc c'est vraiment le top. Mais ça coûte super cher. C'est le prix d'un vélo, le truc.
Invité 1 Oui. Moi, j'avais découvert ça parce qu'il y a un autre gars qui a une chaîne YouTube qui s'appelle Cycling About. Je crois qu'il est un Australien et qu'il fait des gros trips mais lui, plutôt en mode... Il fait des gros trucs mais c'est plutôt des vélos type Genesis, Croix de Fer, plutôt ce type de vélo-là. Il a une courroie et en fait, c'est comme ça que j'ai découvert qu'en France, on avait un fabricant de courroies qui s'appelle Effigir. Oui, Effigir. Je crois que tu as Rolloff, Pignon et Effigir, il me semble. Du coup, à chaque fois, je pose la question est-ce que c'est pertinent ou pas parce que je me demande pourquoi on n'en voit pas plus pour le moment en tout cas.
Joffrey Effigir, je ne connaissais pas, je vais regarder.
Invité 1 Parce que c'est cher. Oui, sans doute, pour le moment. Par rapport à l'expérience que vous avez fait à Troyes la première fois en Islande ou même la traversée des Pyrénées, c'est quand même des expériences qui sont sur des périodes assez longues. On ne parle pas d'un week-end. J'imagine qu'il y a plein de choses. Tous les jours, tu es sans doute confronté à des situations peut-être nouvelles ou bref, tu apprends sur le matos, tu apprends sur la géographie, la gestion de l'effort. Comment est-ce que tu fais pour finalement prendre le meilleur des apprentissages que tu réalises pendant ces expéditions ? Est-ce que tu as un carnet dans lequel tu notes des trucs tous les jours ou pas vraiment ? C'est un peu empirique selon ce dont tu te rappelles.
Joffrey Le carnet, c'est un truc que j'ai toujours voulu faire et au début, je ne le faisais pas. Par exemple, en Islande, l'été, je ne l'ai pas fait ou alors je le faisais les premiers jours, je notais un peu sur le téléphone et puis j'abandonnais vite. C'est plus une question de flemme, je pense. Par contre, là, l'Islande, en hiver, j'avais mon petit carnet et j'ai écrit vraiment tous les soirs. OK. et je trouve que c'est hyper intéressant. Après, tu peux le relire, tu peux préparer tes postes, Insta et tout et puis quand je vais le monter le film, ça va m'aider parce que j'ai écrit plein de détails dont je ne me souviendrai peut-être pas quand je vais monter le film. Et j'ai noté plein de trucs aussi par rapport aux batteries, par rapport à la nourriture, ce qui était bien, ce qui n'était pas bien et du coup, pour le prochain trip, je pourrais relire ça aussi et m'aider.
Invité 1 Trop bien. Genre de retour d'expérience. Rétex, comme dirait les militaires.
Joffrey Ouais.
Invité 1 Super. Entre le moment où tu reviens, donc là, tu es revenu au moment non-registre il y a... Attendez, une semaine. Ouais, une semaine. Tu as besoin de combien de temps généralement pour sortir un film, pour traiter tout le contenu que tu as capturé pendant l'expé ?
Joffrey Par rapport aux photos, là, je l'ai fait en deux fois, enfin pendant l'expé, je téléchargeais les photos de la caméra dans le téléphone ou du drone, etc. dans le téléphone et je les retouchais vite fait sur Lightroom sur le téléphone et je mettais ça dans un Google Drive. Du coup, ça me permettait de pouvoir partager en temps réel sur Instagram et en Story, etc. Et aussi pour que les marques puissent utiliser les photos en temps réel. Et puis après, une fois rentré, je retouche toutes les... Enfin, je trie, je retouche toutes les photos. Et ça me prend... Là, il y a un paquet de photos quand même. Mais au total, je pense que ça m'aura pris 4-5 jours. J'ai quasiment fini là, donc...
Invité 1 Ah ouais, ok. Ok, ok. Et pour la vidéo, pour monter un film ?
Joffrey Le film, ça va me prendre beaucoup plus de temps. J'espère qu'il sera prêt peut-être... Pour la fin de l'été, je pense qu'il sera prêt.
Invité 1 Ah ouais, au final, ouais. Ouais.
Joffrey Après, si je me mets à fond vraiment dessus, peut-être qu'il sera prêt avant, mais ouais, ça prend beaucoup de temps quand même.
Invité 1 Ouais. Parce que tu as combien de gigas de rush pour la partie film ?
Joffrey je crois qu'il y a autour de 200, 250 gigas à peu près.
Invité 1 Oh punaise. Ah ouais. Oh là là. Ok. 10 gigas par jour, quoi.
Joffrey Ouais, c'est ça.
Invité 1 C'est énorme. Quasiment. Ok. Ok, ok. Donc, tu disais au début que tu étais part, tu as fait des études dans l'aéronautique, tu as eu une première expérience pro pour bombardier au Canada. Aujourd'hui, ce que tu fais, donc, toutes tes tripes, la photo, etc., tu arrives à en vivre ?
Joffrey Ah oui. Ouais, je vis de la photo et de ses aventures à vélo. Et puis après, je fais d'autres petits jobs de photographe à côté, pas que les aventures. Ok.
Invité 1 c'est énorme. En plus de vidéos aussi. C'est un peu le rêve, ça, quand même, non ? Pour vivre de ses expés.
Joffrey Ouais, carrément, ouais. Ouais, surtout des expés, ouais. Les expés, c'est pas facile parce qu'en général, c'est assez facile de trouver du matos mais dès que tu demandes du budget aux marques, c'est beaucoup plus compliqué, ouais.
Invité 1 Et toi, depuis, tu dirais que c'est depuis quand que tes expés, tu arrives à vraiment les faire financer, à récupérer de l'argent, etc.
Joffrey Ça, c'est fait au fur et à mesure. les premiers projets, j'avais quasiment que du matos et puis au fur et à mesure, je suis resté avec les mêmes marques plus ou moins donc j'avais déjà l'équipement donc forcément, j'ai demandé du budget et puis après, c'est quand même aussi beaucoup de travail de faire des photos, de leur faire de la pub sur Instagram, de monter le film et tout donc je pense que c'est normal que ce soit aussi rémunéré.
Invité 1 Ouais, ouais, c'est clair. Non, c'est clair, ouais. Et aujourd'hui, les marques qui t'accompagnent, si tu devais en citer quelques-unes, c'est lesquelles ?
Joffrey Le plus gros sponsor que j'ai là sur l'instant, c'est L-Sport et après...
Invité 1 Donc la tente.
Joffrey La tente, ouais, tente et duvet et puis après, Suunto pour la montre et après, tout le matos que j'avais sauf la Poulka était sponsorisée donc...
Invité 1 Ok, oh punaise, Arcteryx, t'es sponsor Arcteryx ?
Joffrey Non, non, non, non, non. Arcteryx, il m'avait donné un petit peu de matos, c'était pour le trip dans le Mercantour en vélo, ce qui est pour le cas. Mais là, il y a Julbo pour les lunettes, il y a Restrape pour les sacoches, 45 North, ils font les pneus cloutés et ils font des gants qui sont intégrés au guidon du vélo aussi. Ah oui. Ils font trop cool ça. Ils font des super chaussures avec... C'est des chaussures d'expert avec le chausson amovible et le tube de pédale en dessous, elles sont vraiment top. Le vélo, c'est Rocky Mountain, on l'avait dit. Les Playoffs, il y a MX3, Canon, Cumulus, il y a plein de marques. Et en fait, sinon, j'avais du matos de chez Patagonia.
Invité 1 Excellent. Donc, sponsor aussi Patagonia ?
Joffrey Oui, c'était plus... Ils m'ont filé un coup de pouce. Ce n'était pas vraiment un gros sponsor.
Invité 1 Ok. Génial. C'est des sacrées belles marques. Oui. Et ça, tu le gères tout seul, le fait de démarcher des entreprises, etc.
Joffrey Oui, je fais tout seul. Oh putain.
Invité 1 Alors ça, pour l'avoir fait, franchement, s'il y en a qui... Parce que tu vois, ça fait rêver quand on dit que tu vides tes expéditions de la photo, etc. mais le fait de le faire solo pour l'avoir fait un peu sur certains petits projets ou au-delà de le faire un peu pour le podcast, c'est tellement un énorme taf et moi, sans doute, les budgets que je vais chercher, ce n'est très certainement pas les budgets dont toi, tu as besoin pour un trip en Islande. Donc, franchement, faire ça tout seul, chapeau.
Joffrey C'est impressionnant. C'est un côté qu'on ne voit pas de la préparation de projet, ça prend énormément de temps. C'est aussi beaucoup de refus, donc il ne faut pas vraiment réaliser. Il faut envoyer plein de mails
Invité 1 et puis voilà. Le budget global pour une expé, que ce soit celle que tu as fait en estival ou les Pyrénées, là, l'Islande en hiver, est-ce que tu arrives à dire à peu près par jour combien il faut pour des tripes aussi longs, aussi engagées ?
Joffrey C'est assez compliqué de le dire, mais par exemple, pour les Pyrénées, pour les Pyrénées, on faisait les courses dans les supérettes pour les Pyrénées. Je n'ai aucune idée, mais ça ne coûtait pas très cher. On est parti un mois et demi et je ne sais plus, on a dépensé, je crois, entre 1000 et 1500 euros pour les mois et demi, je crois.
Invité 1 Ah oui ? Chacun ?
Joffrey Peut-être même moins, non, beaucoup moins, je pense.
Invité 1 OK.
Joffrey Pour les Pyrénées, je ne me rappelle plus. Ce que je me rappelle, c'est pour l'Islande en été, on a dépensé 2500 euros plus ou moins par tête pour tout ce qui est nourriture, avion, les campings, je ne sais plus quoi d'autre. On a fait le Blue Lagoon et des trucs comme ça et c'était à peu près 2500 euros pour trois mois.
Invité 1 C'est rien.
Joffrey Rien du tout, en général, les gens qui partent 10-15 jours en Islande, c'est 2500 euros pour les 10-15 jours.
Invité 1 Ouais. Rapide.
Joffrey Pareil, quand je suis parti au Cap non l'hiver dernier, ça ne m'a quasiment rien coûté. Le voyage à vélo, ça va par la nourriture et quelques logements ou quoi, ça ne coûte pas grand-chose. Après, ce qu'il y a,
Invité 1 c'est que si tu n'es pas sponsorisé pour le matos, par contre, le coût pour t'y mettre la première fois, c'est costaud.
Joffrey Ouais, c'est ça, c'est ce que j'allais dire. Mais par exemple, pour les Pyrénées, tu n'as pas, c'est plus ou moins le même équipement que quand tu pars bivouaquer en été ou quoi. Tu as le vélo à acheter et les sacoches, mais après, ce n'est pas du matos, pas du matos d'experts. C'est sûr que pour partir en Islande cet hiver, je ne sais pas combien il y a de budget d'équipement, mais c'est énorme.
Loïc Je pense qu'avec moi,
Joffrey j'avais bien plus de 10-15 000 euros d'équipement.
Invité 1 Ouais. Ouais, parce que déjà, rien que la tente, c'est quoi cette marque ? À chaque fois, j'en parle, mais à chaque fois, je me trompe dans l'orthographe. C'est Hilberg. Ouais, c'est ça, Hilberg.
Joffrey L-Sport. C'est une L-Sport,
Invité 1 mais j'avais en tête, alors L-Sport, je n'ai pas en tête les tarifs, mais j'avais regardé à un moment les tentes Hilberg qui sont, je crois, faites en Norvège, il me semble, et qui sont des tentes un peu justement costauds pour le vent et tout, qui coûtent une blinde. C'est genre 1 200 euros la tente, tu vois.
Joffrey Ouais, L-Sport, c'est pareil. C'est à peu près les deux marques.
Invité 1 Ouais.
Joffrey Le duvet, moins 30, c'est pareil. Le duvet, moins 30, c'est 1000 euros.
Invité 1 Ouais, c'est ça.
Joffrey Après, ce qui va coûter cher, c'est le vélo, un fat bike comme ça, je pense que ça coûte autour de 2000 euros. Toutes les sacoches, ça chiffre vite, ouais, sur une XP comme ça, où tu as besoin du matos léger et costaud, ça coûte cher. Ouais.
Invité 1 En tout cas, tu vois, c'est intéressant parce que, encore une fois, ce que tu fais, ça fait rêver quand on voit le film, les photos et tout, c'est absolument magnifique, mais je trouve que c'est aussi important d'expliquer ce qu'il y a, enfin, voilà, encore une fois, la partie immergée de l'iceberg, ce que les gens ne voient pas, c'est juste du taf, quoi, les marques de Philpassa comme ça pour le plaisir, enfin, j'imagine, en partie aussi, ça joue forcément, mais il y a forcément des contreparties et ça représente de l'énergie, du temps, de l'investissement perso.
Joffrey Ouais,
Invité 1 carrément. Ok. Alors, la partie physique, tu vois, c'était un peu une grosse partie des questions que je voulais te poser, mais tu avais l'air de dire que tu n'étais pas hyper assidu sur cette phase-là de la préparation, mais j'imagine quand même, tu vois, que tu ne peux pas partir comme ça, faire 25 jours tranquille sans être entraîné. Est-ce que tu as une routine le reste de l'année ? Est-ce que tu as des habitudes, tu vois, en termes de est-ce que tu vas courir régulièrement ? Est-ce que tu surveilles ton poids ? Qu'est-ce que tu peux nous dire sur cet aspect prépa physique ?
Joffrey Non, je ne vais pas courir. Je n'aime pas trop courir. Après, je fais quand même des aventures à vélo assez régulièrement, donc forcément, ça maintient. sinon, je ne fais pas spécialement de prépa physique, même si je sais que je devrais en faire plus parce que ça t'évite d'avoir quelques douleurs aux genoux ou des trucs comme ça, je pense. Mais puis après, je fais pas mal de sport, je fais de l'escalade, je fais souvent des randos en montagne, des buvois, et tout, donc je ne fais pas rien, mais je ne fais pas de prépa physique à la salle ou quoi.
Invité 1 Ouais, pas de truc spécifique. Parce que physiquement, qu'est-ce qui morfle s'il y a des parties, tu vois, du corps qui morfle sur des XP comme ça, à vélo notamment ? Ça peut être quoi ? Le dos, les genoux,
Joffrey la nuque ? Moi, j'ai souvent mal aux genoux, ouais.
Invité 1 Ok.
Joffrey Un petit peu la nuque aussi, ouais, quand tu roules, quand tu fais 10 heures de vélo ou quoi, tu peux avoir un peu mal à la nuque, mais surtout les genoux. Ok.
Invité 1 Parce que tu es en pédale auto ?
Joffrey Ouais. J'avais des pédales auto, dans les hautes terres, je ne me suis pas trop servi parce que sur la neige et sur la glace et tout ça, c'était compliqué à utiliser. Il y avait souvent de la neige dans les cales, donc ça ne me servait pas trop, mais après, tout le début et la fin sur la route, je me suis servi des pédales auto. Avant, je n'en avais pas, en Islande, en été, je n'avais pas de pédale auto et je trouve que c'est hyper bien. Ça t'évite de bouger le pied sur la pédale et j'ai moins mal aux genoux avec que sans.
Invité 1 Ok. Ah là là, ça fait quand même rêver tout ça. Franchement, ta photo de cover du film Backpacking Island, je ne sais pas à quel point elle est retravaillée, mais celle, on le voit sur le vélo avec une teinte un peu genre vert kaki, vert outdoor avec les sacoches et tout, ça fait vraiment, vraiment aventure là.
Joffrey avec le volcan, ça a tout de suite un peu plus dégueulé. C'était un volcan, c'était comme dans les films le volcan, c'était un cratère qui explosait, il y avait une quantité de lave énorme qui sortait de là-dedans et tu avais aussi des rivières de lave comme dans les films.
Invité 1 Et ça, comment est-ce que vous avez su qu'il était en éruption ? C'était prévu que vous passiez à côté
Joffrey ou vous avez eu des news ? Il est juste au sud à 50 kilomètres de Reykjavik qui est la capitale de l'Islande. au début, ce n'était pas prévu mais quand on a vu qu'il était actif, on a fait le détour. Ça valait le coup.
Invité 1 Dernière petite question, pour le moment, j'ai l'impression qu'il y a une espèce de tendance à partir dans des environnements où il fait plutôt très très froid que plutôt chaud. Est-ce que dans le futur, tu as prévu d'inverser cette tendance et de tenter des trucs en plein soleil, 0% d'humidité et 50 degrés ou tu vas rester dans le froid polaire ?
Joffrey Je pense que j'ai quelques idées pour l'ivère prochain et ce sera plus dans le froid aussi.
Invité 1 Le froid aussi ?
Joffrey Je ne serais pas contre de faire une XP dans le super chaud mais je n'ai pas encore l'itinéraire qui me fait rêver ou quoi. Si je trouve un itinéraire qui me fait rêver, je le ferai mais pour l'instant, c'est plus le froid.
Invité 1 Ok. Ça reste dans des déserts mais plutôt des déserts de glace alors.
Joffrey Oui.
Invité 1 Ok. Donc là, un trip à venir si j'ai bien compris. Tu le gardes confidentiel pour le moment ou tu peux déjà en parler un peu ?
Joffrey Non, je ne vais pas en parler parce que j'ai plusieurs idées et je ne sais pas ce que ce sera exactement. Ok. Mais ouais.
Invité 1 En matière suspens. Je n'ai pas d'idées.
Joffrey Après, au mois d'octobre, je vais partir en Corse à vélo mais en mode tranquille avec quelques potes. Et sinon, je vais faire la race au Cross France au mois de début juillet aussi.
Invité 1 Ah, trop bien. Quel format ?
Joffrey 2500.
Invité 1 2500. Ah ouais. Oh là là. Je me remarque, tu me diras, là, tu as le foncier là du coup. C'est bon.
Joffrey Ouais, ouais, ouais. Ouais, ouais. Ouais, ouais. Ouais, ouais. Ouais, ouais. Ouais, ça va être une belle expérience. Ouais, voilà, je vais faire quelques petites vélo, quelques petites tripes vélo et puis l'année prochaine un autre gros expériment.
Invité 1 Ouais, ok. qu'est-ce qui est différent dans la manière dont tu te prépares à une course comme la Race Cross France, 2500 bornes solo sur route ouverte, donc ça veut dire avec du trafic, pas vraiment d'assistance, etc. comment est-ce que tu te prépares à ça versus ta préparation pour une traversée de l'Islande ?
Joffrey Je pense que dans les deux cas, c'est pareil parce que dans les deux cas, je pars solo, donc tu comptes que sur toi-même et puis, alors j'essaierai de faire un peu plus de prépa physique pour la Race Cross France. Parce que le dénivelé qu'il y a, je crois que c'est 45 000 de dénivelé positif, c'est énorme. Donc, je vais essayer d'aller pédaler avant et puis après, comme l'Islande, je pense qu'il y a peut-être 90%, c'est dans la tête, c'est de la prépa mentale. Donc, je referai peut-être une ou deux visu avec Nico. Ouais. Et puis, voilà.
Invité 1 Ok. Il y a des outils en particulier que Nico a pu te partager sur la partie mentale que tu as vraiment beaucoup utilisés qui t'ont marqué et énormément servi en Islande ?
Joffrey Moi, ce qui me sert le plus, c'est le tunnel de la concentration, c'est que les journées où c'est compliqué que tu as du vent, de la neige qui fait froid et que tu as 20-30 cm de neige fraîche et que tu dois pousser et que tu ne peux pas pédaler, c'est tu oublies tous les paramètres que tu ne peux pas gérer, donc le vent, la neige et tout et tu continues d'avancer. Et puis, à chaque fois, j'essaie de trouver le moindre truc qui me fait plaisir, tu vois, si c'était une journée de brouillard et qu'il y avait un petit rayon de soleil et que j'apercevais le paysage qui me faisait cool, j'ai quand même de la chance d'être là et ça fait plaisir de voir le paysage. Là, il faut essayer de trouver un peu le bonheur dans chaque petit détail et qui te fait réaliser pourquoi tu es là et pourquoi tu en chies. Et puis après, je pense qu'à vélo, il y a toujours des moments hauts, des moments bas sur une journée, ça peut changer toutes les demi-heures. Pendant une demi-heure, tu vas être au fond du trou et puis tu ne sais pas pourquoi d'un coup, il y a un rayon de soleil, ça descend un petit peu ou le vent, il passe de dos et puis là, c'est un peu l'euphorie. Et puis pareil, dans ces moments d'euphorie, il ne faut pas se dire que ça va rester comme ça toute la journée parce que ça se trouve dans un kilomètre ou dans 15 minutes, ça va être trop l'enfer. Donc, il faut arriver à bien gérer ces moments de haut et de bas et puis rien prendre pour acquis quand c'est trop possible.
Invité 1 Surtout quand tu pars pour plus de 20 jours où ce n'est pas la sortie d'un week-end ou à la journée. Donc, les moments de haut et de bas, j'imagine que tu es en mode yo-yo du début à la fin en fait presque.
Joffrey Du début à la fin et puis ça change 10 fois par jour.
Invité 1 Oui.
Joffrey Parce que la météo se constitue quand en Islande et puis là, c'était surtout les conditions de la neige. Des fois, je passais de neige fraîche à de la neige un peu plus dure. il y a tout qui changeait tout le temps. ouais, c'est un gros yo-yo.
Invité 1 Ouais. Bah écoute, j'ai quand même l'impression que pour la Race Cross France, tu as eu peut-être la meilleure prépa qui soit là.
Joffrey Ouais, je pense, ouais. Je pense que la Race Cross France, je ne la fais pas pour finir premier donc le côté physique, c'est moins important. Le plus important, c'est d'aller jusqu'au bout.
Invité 1 Excellent. Excellent. J'avais une dernière question. Donc le trip, on en a parlé. Oui. Je suppose que il y a peut-être des gens comme moi, tu vois, qui écoutent le podcast qui seront fascinés par tes photos qui en voyant le film se diront punaise, mais j'ai trop envie de faire ça. Mais il y a quand même un côté un peu impressionnant, tu vois, parce que forcément, tu n'as pas commencé hier donc ce que tu fais aujourd'hui, c'est, tu peux le faire parce que tu as des années d'expérience et de la pratique, mais s'il y a des gens qui voudraient, tu vois, qui, après t'avoir écouté, qui se disent j'aimerais bien me mettre à ce type d'aventure, tu leur conseillerais quoi comme, tu vois, premier pas, comme potentiellement, je ne sais pas, itinéraire, durée, bref, les premiers steps dans le monde du voyage à vélo ?
Joffrey Je pense qu'en France, il y a déjà plein de trucs à faire. il y a des itinéraires, assez faciles et connus qui sont jolis comme la, c'est la vélo d'Issée, je crois qu'il fait toute la côte ouest, j'ai un doute, c'est ça ? Ouais. Là, c'est tout plat, il fait plus ou moins beau et donc, je pense que c'est des beaux itinéraires que tu peux faire en pas trop longtemps et puis même commencer par des sorties sur un week-end, déjà prendre son vélo, faire 30 bornes, faire un bivouac et puis rentrer. Puis au fur et à mesure, on fait plus de kilomètres, on part plusieurs jours et puis, c'est ça, au fur et à mesure, on va de plus en plus loin. mais c'est sûr qu'il ne faut pas viser, il ne faut pas, ouais, je ne sais pas.
Invité 1 C'est-à-dire pas forcément viser une traversée de l'Islande en premier trip ?
Joffrey Ouais, je ne savais pas comment dire. Parce que là, ça paraît carrément impressionnant, ouais, mais si on y va step by step, ça se fait bien.
Invité 1 Ouais, ouais. Énorme. Écoute Geoffrey, un grand, grand merci, je me suis régalé, j'ai l'impression de, je t'avais dit, en voyant tes photos et tout, en plus quand tu m'avais dit que tu écoutais le podcast, je me dis, ah ben voilà, c'est bon, je voyage par procuration, tu vois, j'y suis un peu aussi en Islande, mais c'était trop trop bien. Est-ce que toi, il y aurait peut-être, alors là, tu viens de le faire un peu sur cette notion de comment se lancer dans le vélo, mais est-ce qu'il y aurait un message, quelque chose que tu aurais envie de faire passer par rapport à tous les sujets sur lesquels on a pu échanger déjà ?
Joffrey Ouais, c'est ça, croire en ses rêves, croire en ses projets, puis je pense qu'avec une bonne dose de motivation, on peut faire quasiment tout ce qu'on a envie et ne pas avoir peur de se lancer, et puis même si on a peur, on peut commencer par des petits projets en France. Je pense que faire des séances de prépa mentale, ça aide pas mal aussi, c'est un bon tip, et puis déjà prendre son vélo et faire une journée de vélo et puis après, on verra quand ça se passe.
Invité 1 step by step, carrément. Yes, et bien écoute, merci beaucoup Geoffrey, hâte de voir le film que tu vas nous pondre, t'as déjà une idée du nom ? Le nom est déjà fixé ou pas ?
Joffrey Non, j'ai pas l'idée du nom encore.
Invité 1 Ok, en tout cas, hâte de voir tout ça quand je vois la qualité de celui que t'as déjà fait pour le trip estival. Merci. Franchement, j'ai bien hâte de voir ça. Et puis, je regarderai ce que tu fais sur la RAF et peut-être qu'on se fera un épisode débrief RAF ou épisode débrief de la prochaine XP que tu vas préparer.
Joffrey Avec plaisir, oui.
Invité 1 Yes. Merci beaucoup Geoffrey.
Joffrey Merci à toi, c'était cool de pouvoir partager tout ça.
Invité 1 Avec plaisir, salut.
Joffrey Merci, ciao.
Invité 1 Merci d'avoir écouté l'épisode dans son intégralité. J'espère que vous avez pris autant de plaisir que ce que j'en ai eu à l'enregistrer. Si vous avez des feedbacks, vous pouvez me contacter sur le compte Instagram du podcast lesfrappés.podcast ou par email à hello.lesfrappés.com Je fais mon maximum pour que vous viviez de super expériences audio avec mes invités. Chaque épisode demande beaucoup de temps et d'énergie. Si vous appréciez mon travail, la meilleure façon de me soutenir, c'est de partager cet épisode à au moins trois personnes qui aiment se dépasser. Si vous écoutez le podcast sur Apple Podcast ou Spotify, prenez quelques secondes de votre temps maintenant pour m'y laisser une note 5 étoiles et un commentaire. Merci beaucoup pour votre fidélité. à la semaine prochaine pour un nouvel invité. Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501
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