Benoit Comment faire ? J'avais déjà fait 21h ma course la plus longue sur un vélo. J'étais encore dans quelque chose que je connaissais. Après, on avait déjà 340 bornes. Là, je commençais à rentrer dans l'inconnu kilométrique. Je vois la partie dans la nuit et puis tu avances, coûte que coûte. Et puis les premières galères un petit peu. Portugal, région un peu désertique à traverser, donc manque d'eau.
Loïc Hello, hello ! C'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les Frappés ! Eh bien écoute, bienvenue sur le podcast Benoît ! Salut Loïc ! Ravi de te recevoir, merci beaucoup de prendre le temps dans ton agenda entre deux grosses sorties à vélo !
Benoit Merci à toi !
Loïc Mais écoute, moi je suis très très content que tu sois parmi nous aujourd'hui pour nous parler de ton univers, le cyclisme, avec une petite spécificité, une grosse spécificité quand même, mais tu vas nous en dire plus. Écoute, je te laisse peut-être te présenter, nous expliquer qui est Benoît, d'où tu viens et ce que tu fais. Oui, ça marche !
Benoit Bon ben voilà, je m'appelle Benoît Bigot, j'ai 28 ans et j'habite à Carpentras, donc Carpentras dans le Vaucluse, au pied du Mont Ventoux. Voilà donc, belle région pour le vélo on va dire. Voilà, après ça fait six ans que je suis dans la région. J'ai débuté le sport par la natation, voilà j'ai fait 15 ans de natation, donc j'ai eu un gros gros passé dans les bassins on va dire. En 2012, j'ai eu un gros ras-le-bol de tourner en rond comme beaucoup beaucoup de nageurs, donc je me suis dirigé par hasard sur le triathlon. Voilà, j'ai exercé le triathlon pendant sept ans, dont cinq années entre guillemets professionnelles où j'ai essayé d'en vivre. Bon, quelque chose de très très compliqué aussi, mais voilà, on va dire que j'ai fait pas mal d'épreuves super sympa, que ce soit en France ou à l'étranger. Et voilà, au bout de cinq ans professionnel où c'était beaucoup de sacrifices et j'ai vu que bon, c'était vraiment très compliqué d'en vivre. Bon voilà, j'ai décidé de tourner la page malheureusement et voilà. Et voilà, voilà, voilà, donc là on est en 2018 au moment où j'arrête le triathlon et là il y a eu une bonne année on va dire quasiment sans sport, donc où je me suis refait un peu une santé, un peu aussi mentalement je pense que j'étais un peu détruit et voilà. Voilà, voilà.
Loïc Et donc t'as enchaîné avec le vélo et c'est tout de suite que tu t'es découvert une passion pour cette spécificité dont tu vas nous parler ?
Benoit Ouais, en fait bon ben j'ai un de mes meilleurs amis qui roule en fixie en fait et il m'a dit essaye. Donc j'ai essayé, donc il m'a prêté un de ses fixies et j'ai eu le malheur d'essayer et voilà depuis décembre 2018, j'ai pu rerouler sur un vélo normal et je ne reroulerai certainement jamais, voilà. Je suis vraiment tombé amoureux de cette discipline alors qui normalement s'exerce dans les vélodromes, voilà c'est vraiment un fixie, voilà c'est un vélo où il n'y a pas de frein, il n'y a pas de roue libre, voilà tu t'arrêtes. Tu t'arrêtes jamais de pédaler donc c'est dangereux. Donc c'est vrai que c'est un sport qui s'exerce normalement en intérieur en vélodrome. Moi voilà j'en ai fait un peu ma spécialité de rouler ce vélo partout où je suis, voilà.
Loïc Donc toi tu roules sans frein ?
Benoit Ouais je roule alors la plupart du temps sans frein. J'ai fait beaucoup de courses ou de défis cette année sans frein. Après par exemple voilà le Portugal, la dernière course que j'ai faite, j'ai mis un frein, voilà par sécurité, j'ai rien à prouver et j'ai bien fait de mettre un frein parce que on se retrouve vite de nuit dans du brouillard avec zéro visibilité, zéro trempé. Donc voilà le poids du vélo parce que quand tu fais un 1,000 km mais tu as un peu de bagage dessus donc c'est pas le même sport quoi voilà.
Loïc Ouais. Punaise ! Oh là là ! Et du coup qu'est-ce que tu as trouvé, qu'est-ce qui fait finalement que tu as accroché, tu dis que tu as eu le malheur d'essayer un fixi et tu n'en es jamais redescendu. C'est quoi exactement qui fait que ça a pris comme ça ?
Benoit Ouais c'est un vélo où tu es libre en fait. Alors c'est très compliqué à expliquer, j'ai souvent du mal à le définir mais voilà tant que tu n'as pas essayé tu peux entre guillemets pas trop comprendre. Et voilà le fait que tu n'aies pas de vitesse, que tu n'aies pas de frein, il faut être hyper attentif, tu anticipes un peu tout aussi. Voilà c'est aussi un mode de vie plus ou moins voilà c'est un état d'esprit aussi, enfin voilà je ne me prends plus la tête, voilà je prends mon vélo, je vais rouler et puis basta quoi. Il n'y a plus de prise de tête sur rien et surtout l'état d'esprit, l'état d'esprit il est totalement différent du coursier classique qu'on voit sur les cyclosportives ou autre quoi. Voilà c'est surtout ça qui me fait kiffer.
Loïc Plus une philosophie de vie j'ai l'impression que juste l'aspect technique du vélo quoi.
Benoit Exactement ouais exactement. La philosophie de vie tu as tout résumé. Merci au revoir. C'est exactement ça.
Loïc Ok super. Alors tu disais que tu as fait quelques, enfin tu es revenu récemment d'une épreuve, d'une grosse épreuve. Entre le moment où tu as découvert la pratique du fixi et le moment où tu as décidé de prendre le départ tu vois d'épreuve de compétition chronométrique beaucoup. Qu'est-ce qui s'est passé et comment ça s'est fait ?
Benoit Il y a eu donc en 2018 je découvre le fixi. Alors je découvre, je connaissais bien sûr mais je n'avais jamais roulé en fixi. Et en fait rapidement il y a eu le fait que je sois compétiteur qui est vite revenu en fait dès que je suis monté sur le vélo. Et là j'ai dit tiens pourquoi pas, moi j'ai toujours été un peu dans les efforts longue distance. Donc je tombe sur cette épreuve d'Arnaud justement, d'Arnaud Manzanini donc la race, la race au Cross France. Alors ce n'était pas du tout prévu que je la fasse en fixi, mais vraiment pas du tout. Et en fait je me suis inscrit et du moment où je me suis inscrit, j'ai mon ancien patron qui m'a lancé un défi, il m'a dit tu n'es pas capable de le faire en fixi. Et en fait, moi dès qu'on me chauffe un peu, je lui ai vite montré qu'il n'y a pas de soucis, je le prends en fixi. Et voilà, c'est venu de là entre guillemets, mes périples que j'ai fait depuis 2019 maintenant, ça vient de là. Alors avant de faire cette fameuse race au Cross France, donc 335 km avec 6500 dénivelé, c'est un morceau. Franchement, même en vélo normal, c'est un chantier.
Loïc Parce que c'est l'ascension du Ventoux en fait, c'est ça ?
Benoit Ouais, sur la fin, tu pars devant de lieux en fait, donc bord de mer, et puis tu traces direction le Ventoux. Donc tu finis par le Ventoux. Donc ça fait peur entre guillemets quand tu n'as jamais fait d'ultracyclisme on va dire. Alors maintenant, ça me fait rire, 335 bornes, ultracyclisme. En fait maintenant, quand je fais 300 bornes, je commence à être juste chaud quoi. Non, en fait, c'est génial car il a fait cette épreuve parce que ça permet de mettre aussi un pied à l'étrier. Et même moi qui étais un sportif averti, c'est bien qu'il y ait un 300 parce que mine de rien, 330 bornes, pas rien. Donc ça m'a permis de découvrir le monde de l'ultra. Et voilà, je l'ai fait en 2019 donc je gagne. En 2020, je gagne de nouveau en améliore mon temps de quasiment deux heures. Donc juste génial. Et c'est ça que je kiffe moi, c'est rivaliser avec les vélos classiques entre guillemets. Ça, c'est juste, c'est énorme parce que je me revois encore arriver en 2019, poser mon vélo comme ça, le bord de la barrière à la race. Et on était au checking et en fait, je me suis retourné le vélo, il y avait 25 000 personnes autour. Et il regardait, il disait, il va où ? Il est fou. Il est fou. Et moi, je savais que j'étais capable de le faire, même si je n'avais jamais fait 300 kilomètres dans ma vie. Je savais que j'en étais capable. Alors, que ce soit dur, c'est sûr, ça allait être compliqué, mais capable, je savais que j'allais le faire. Et ce que j'adore, c'est les gens qui te regardent, ils disent, mais arrêtez, le kilomètre 50, il met le clignotant, c'est pas possible. Et puis, je m'en souviendrai toujours, c'est qu'il y en a un, il m'a un peu chambré, mais méchant en plus. Et je lui ai dit, écoute, Coco, on se revoit là-haut, je t'attendrai. Et il l'a mal pris, ce mec-là, il l'a mal pris. Et je m'en souviendrai toujours, kilomètre 25, il était parti une quart d'heure devant moi. En fait, je le double. Et ce mec, il m'a rien dit, je lui ai dit salut et il m'a vu passer comme ça. Et en fait, moi, j'avais, depuis la veille, un peu, voilà, les paroles qu'il avait eues avec moi, je l'avais eues mauvaises. Donc, j'avais pris son numéro de dossard. Et en fait, ben voilà, le lendemain de la cour, j'étais allé voir ce qu'il avait fait. Et en fait, je me suis permis de lui envoyer un message sur Facebook en lui disant, excuse-moi, je t'ai pas attendu, t'es arrivé vraiment trop loin après moi. Je suis parti me coucher. Et voilà, c'est marrant, c'est marrant, c'est marrant.
Loïc Excellent. J'imagine que dans un univers aussi, en plus, il y a quand même vachement de codes dans le cyclisme, tu vois.
Benoit Ouais, alors là, ça reste du cyclisme, mais on touche d'autres personnes, tu vois, l'ultra distance. C'est encore un autre vélo, tu vois, le vélo, t'as plein de vélos. T'as le vélo route, t'as le gravel, t'as le VTT. Il y a plein, plein, plein de choses, tu vois. Il y a le fixi. Et voilà, t'as ce fameux, maintenant, les ultradistance, voilà, avec des 300, des 2000 bornes, 3000 bornes, des 5000 bornes. C'est un autre sport. Tu vois, tu peux pas comparer, alors, les professionnels qui font leur étape et puis les mecs qui font un 2500 bornes. Tu vois, dans les deux, dans les deux sports, t'as des machines, t'as des machines, voilà.
Loïc Mais malgré tout, tu vois, pour y avoir un petit peu, pour y avoir un petit peu touché du doigt, parce que j'ai fait un peu de triathlon, tu vois, enfin, moi, je sentais quand même, tu vois, qu'il y avait des codes, quoi. À l'époque, j'étais, je vivais à Paris, donc j'allais tourner à Longchamp, tu vois, le haut spot. Ah ouais, ouais, ouais, tu vois, moi, on me parle pas. Ah ouais, voilà, tu sens vraiment que t'arrives, tu vois, les gens, c'est toi qui regarde ton vélo, c'est quoi la marque, tu vois.
Benoit Alors après, c'est bien, pas de souci, moi, j'adore le matos, donc, tu vois, j'aime bien regarder, machin, mais en fait, j'ai aussi quitté, tu vois, le triathlon, les cyclosportives, voilà, pour cette ambiance de merde, parce qu'il faut le dire, c'est une ambiance de merde. J'en parlais encore avant-hier avec un collègue et je lui disais, je lui disais, tu vois, les pros, quand on était en triathlon, les pros, on est les personnes qui se prenaient le moins à la tête, tu vois. Mais tu vois, tu voyais tous les amateurs, tout ça, c'est à celui qui est la plus heureuse, quoi. C'est pour finir, ouais, 15 heures derrière toi, quoi. Bon, bref, mais c'est comme ça fait partie du jeu, ça fait marcher le commerce, ça fait marcher les grosses courses. Ben voilà, il en faut, il en faut. Mais en fait, j'ai plus envie, j'ai plus envie de tout ça et ouais, l'ultracyclisme, alors bien qu'on va y venir, voilà, ça va, c'est en plein essor, ça décolle, ça décolle. Donc, je pense que d'ici 3-4 ans, on aura quand même un peu cet état d'esprit, bien qu'il y aura quelques courses encore très, très compliquées où il n'y aura pas grand monde. Donc là, on aura vraiment l'esprit d'entrée, voilà, et vraiment ultra distance. Mais ouais, là, c'est en train d'exploser, c'est en train d'exploser. Ouais.
Loïc Mais du coup, je trouve ça super que tu vois, tu viens un peu casser les codes, justement.
Benoit Enfin, moi, c'est un peu marrant quand tu me dis que… Ouais, alors, c'est vrai que là, tu prends la race, c'est justement ce que… Et tu vois, je me revois encore au départ l'année dernière où je regarde un peu la « start list » entre guillemets, et putain, je vois mon pote Kevin Morel. Kevin Morel, c'est un pote que je côtoyais quand on faisait du triathlon. Une belle machine, tu vois, qui avait un gros niveau, encore un gros cran au-dessus de moi. Et en fait, l'année Covid, ben voilà, beaucoup de triathlons annulés, donc il s'est rabattu là-dessus. Et j'ai vu ça la veille. Et j'étais avec mon meilleur ami, je fais « je ne vais pas gagner malheureusement parce que voilà, il y a Kevin qui est là, bon je l'explique, c'est un mec qui roule solide ». Et au fur et à mesure qu'on s'approche de la ligne de départ, je me dis « putain, en fait, la seule chance que j'ai de gagner, c'est qu'il ait jamais dépassé 200 bornes dans sa vie ». Et ouais, ça n'a pas loupé. Ouais, 30 bornes avant le Ventoux, je l'ai repris et ouais, il n'était pas dans sa meilleure forme. Ouais, il avait déjà quasiment 300 bornes et voilà, je l'ai repris, malgré qu'il soit en vélo classique. Donc, c'est là que tu te dis, tu vois, même si je me tire une balle dans le pied avec le fixi, c'est un autre sport, le longue distance. L'ultra, il n'y a pas que les jambes.
Loïc Ouais, clairement. Du coup, moi, c'est vraiment la question que je me pose depuis que j'ai découvert ton profil. Pour être honnête, j'ai vraiment découvert ce que tu faisais avec le BikingMan. Ouais, cool. Bon, on en parlera sans doute après. Ouais. Mais moi, la question que je me suis posée tout de suite, c'est est-ce qu'en fait, c'est tellement un désavantage de rouler en fixi que tu arrives préparé peut-être dix fois plus que les autres ? Ouais. Parce que tu anticipes vachement plus physiquement, il faut que tu sois… Tu n'as pas le choix, il faut être au niveau quoi.
Benoit Ouais, ouais, ouais. Alors, c'est vrai, c'est très juste ce que tu dis. On en reviendra après si on parle un peu du BikingMan aussi. Alors après, quand je croise des gens ou des gens que je ne connais pas qui me disent « putain, mais ce n'est pas trop dur ». En fait, non. Tu vois, maintenant, je fais mes sorties comme si c'était un vélo normal. Alors après, j'habite au pied du Ventoux. Les gens, ils ont l'impression que je fais le Ventoux tous les jours. Mais non, tu vois, le Ventoux, cette année, j'y suis allé une quinzaine de fois, tu vois. C'est sûr que faire un Ventoux en fixi, c'est pas… Alors, par Bédouin, je ne m'enle jamais parce que c'est comme ça. Parfois, ça reste agréable parce que la pente, elle est quand même plus accessible. Mais voilà, après, je tourne autour de la maison et c'est de la boisse à 3, 4, 5 %. Donc, en fait, j'ai appris, malgré des fois que ce soit un profil montant, dans du 3, 4 % à récupérer. Et alors, ça ne se fait pas comme ça parce que quand j'ai commencé le fixi, bien que j'étais triathlète et que je manquais des semaines à 500 bornes de vélo, je débute le fixi. Ouais, mais je débute le fixi, je fais des sorties de 100 bornes. Je rentre, mais en croix. Je me dis, mais qu'est-ce qui se passe ? En fait, je pense que musculairement, j'ai tout changé. Enfin, tout a changé dans ma façon de travailler et tout ça. Et le fixi m'a apporté énormément. Ça… Tu te renforces de partout, en fait. Avec le fixi, t'es gainé sans arrêt. Enfin, voilà, c'est… Ouais, c'est un sport qui te gaine de partout. Et alors, quand tu roules sans frein surtout, voilà. Parce que quand tu roules sans frein, bah t'es sur la retenue dans les descentes, tu fais des dérapages, donc tu bloques. Donc, ta fille musculaire, elle en prend un gros coup. Quand tu roules avec un frein, c'est… C'est le jour et la nuit, en fait. Tu vois, j'ai fait des épreuves avec frein. En fait, tu rigoles, quoi. C'est rigolable. Mais… Mais voilà, quoi.
Loïc Ouais, pour ceux à qui ça parle peut-être pas, donc le fixi, tu disais, il n'y a pas de roue libre. Pas de roue libre, ouais. C'est le principe. T'as pas de vitesse. Et donc, quand t'as pas de frein, bah le seul moyen que t'as de freiner, en fait, c'est… Pour avancer, bah il faut que tu pédales. Si tu t'arrêtes de pédaler, bah avec l'inertie, les pédales, elles avancent encore. En fait, pour freiner, tu viens bloquer les pédales. Donc, c'est quand même un truc fou parce que selon les pentes… Ouais, ouais.
Benoit Alors, soit tu… Voilà, soit comme tu dis, tu fais… tu bloques, donc tu fais un skid. C'est appelé le skid de dérapage, voilà. Le dérapage, donc… Ce qui consiste à mettre… voilà, tes jambes entre guillemets parallèles au sol et à bloquer. Donc, c'est une technique. C'est compliqué à… à gérer ce… cette manœuvre. Franchement, c'est… j'ai mis plus d'un an à vraiment maîtriser. Il y a encore quelques fois maintenant où j'arrive à me faire peur aussi. Alors, pas chez moi parce que les routes, je les connais par cœur. Donc, voilà, tu anticipes tout. Mais voilà, quand tu fais un vent-tout breakless dans des pentes à 12-13 %, ouais, tu n'as pas le droit à l'erreur. Et puis, musculairement, tu as intérêt d'être solide parce que, bah si au bout d'un moment, tu n'arrives plus à retenir le vélo, bah tu t'emballes et voilà, c'est très compliqué. D'ailleurs, je repense à un truc que j'ai fait cette année, l'étape des assassins dans les Pyrénées. Donc, ouais, 310 bornes avec 7500 de dénivelé, Pérés sourdes, le tourmalé, Hobisque, Soulor, voilà, que des descentes de 20 bornes à 10-12 %, c'est le truc le plus fou que j'ai fait cette année. Et de très loin, le plus dur musculairement. Vraiment, vraiment de très loin. Pourtant, il n'y avait que 300 bornes.
Loïc Parce que pas de frein et du coup, même en descente, obligé de…
Benoit Ouais, en descente, bah pas le choix parce que juste diminuer la cadence, ça ne suffisait pas parce qu'il y a des fois, bah voilà, tu es tellement dans du pourcentage à 13, 14, 15 % que tu t'emballes, tu ne retiens plus. Et un col, deux cols, trois cols. Et au final, au bout de deux cols, tu as les jambes déjà bien mâchées. Là, je ne te parle que de descente, mais avant de descendre, il faut monter. Donc, monter un tourmalé avec un braquet de 48-17, voilà, ou tu arrives à la mangie et pendant 4 bornes, tu tournes à 40 tours minutes. Et tout ça, tu laisses des plumes. Donc, c'est une chose, tu es content d'arriver au sommet et les gens, ils te disent, « Ah, c'est bon, maintenant, ça descend ! » Mais coco, la descente, en fait, elle est plus dure que la montée. Et ça, en fait, il y a beaucoup de gens qui ont du mal à me croire quand je dis, « Ah, mais la montée, c'est trop bien. » Moi, j'adore monter en vrai. Voilà, alors, c'est sûr, quand tu es à 40 tours minutes, ce n'est pas marrant, c'est compliqué. Mais tu vois, quand ça roule bien, c'est propre et tout, c'est cool. La descente, c'est très, très compliqué, très compliqué.
Loïc Et justement, par rapport aux spécificités de tes courses, là encore une fois, le fait d'être en fixie, j'imagine que tu es vachement plus obligé d'étudier le parcours à l'avance et de te préparer.
Benoit Ouais, alors, ça me fait rire parce que, en ce moment, je suis en train d'écouter tous les podcasts que j'ai fait cette année. Donc, j'en ai fait avec plusieurs personnes. Je ne sais pas si tu écoutes Richard Delhomme un peu ou si tu connais, lui qui est pas mal dans le bikepacking et gravel. Et hier, j'ai écouté justement le podcast qu'on avait fait. Et j'ai fait les 7 majeurs, en fait, cette année aussi. Je ne sais pas si tu as suivi un peu. Donc, les 7 majeurs, c'est 7 cols à plus de 2000 mètres. En fait, c'est 360 bornes avec 12 500 de délivre. Donc, c'est un truc de fou. Et en fait, Richard, il me disait, est-ce que tu es capable et tout ? Et en fait, je lui ai dit, on était à 4 mois de délivre. Et je suis obligé, je n'ai pas le choix. Et en fait, avec les restrictions qu'il y a eu à cause du Covid, je n'ai pas eu la chance d'aller repérer. Donc, je n'ai pas repéré avant d'y aller. Alors, c'était preuve que j'avais un frein. Heureusement, parce que déjà, ça soulage. Mais techniquement parlant, les descentes hyper dangereuses. Donc, c'est vrai que le fait de ne pas avoir repéré, tu ne peux pas te lâcher à fond. Et puis, je suis obligé, je suis obligé. Et puis, je suis obligé, je suis obligé. Tu ne peux pas te lâcher à fond parce qu'il ne faut pas oublier que tu es sur un fixi. J'avais qu'un train. Tu pédales sans arrêt. Ce sont des épreuves. Ça serait cool de pouvoir les repérer à chaque fois. Mais toutes les épreuves que j'ai faites cette année, il n'y en a pas une que j'ai repérées. Pas une. OK. Donc, des fois, tu es dans un bon rythme et tu te dis, vas-y, je peux y aller. Mais en fait, tu restes un peu aussi sur la réserve. Parce que derrière, tu ne sais pas ce qui t'attend. Autant à un moment donné, tu auras un gros pétard. On n'en sait rien. Et c'est vrai que du coup, tu restes quand même un peu sur la retenue.
Loïc Oui. Oui. Et puis, j'imagine qu'il y a certaines courses que tu ne fais pas forcément en France. Donc, le BikingMan, par exemple. Peut-être que tu peux nous expliquer.
Benoit Oui. BikingMan, c'est… Du coup, voilà. BikingMan Portugal. Donc, ça s'est passé il y a un peu plus d'un mois maintenant. C'était le 4 octobre à Faro exactement, au sud du Portugal. Alors, ce n'était pas du tout prévu cette année. En fait, à la base, j'étais inscrit en Corse au mois de novembre, il y a un an. Le truc, c'est que l'épreuve a eu lieu sous couvre-feu. Et donc, du coup, le 1000 bornes s'est transformé en 3 jours, entre guillemets, à 300 bornes. Parce que avec les restrictions Covid, couvre-feu de 6 heures à 21 heures, en gros, dans la journée, tu fais 300 bornes. Moi, je m'étais inscrit à la base sur le BikingMan parce que je voulais faire un 1000 km. Je voulais connaître, en gros, les galères que tu peux avoir sur un 1000 bornes. Parce qu'au final, là, c'était 3 fois 300. Et entre guillemets, le soir, tu dors à l'hôtel, tu te refais une santé. Le lendemain à 6 heures, tu es prêt, tu gazes pendant toute la journée. C'est 300 bornes, je sais ce que c'est. Ce n'est pas ça que j'étais allé chercher. Donc, j'avais appelé Axel, l'organisateur, et je lui ai dit, voilà, est-ce qu'il y a moyen de me basculer sur une autre édition l'année prochaine ou autre ? Et en fait, il m'a basculé sur le Portugal. Un mois avant de partir au Portugal, j'appelle Axel, je lui ai dit, Axel, moi, je vends des sets majeurs. Franchement, je suis en croix. Je ne me sens pas capable de venir faire, en plus, mon premier 1000 km. Je n'avais jamais fait plus de 360 bornes. Donc, je lui ai dit, honnêtement, je ne me sens pas. Et en fait, il m'a dit, écoute, tu ne peux pas te la basculer. On a déjà basculé une fois. Donc, si tu ne viens pas, tu perds l'inscription. Ce que je comprends, voilà, pas de souci. Mais du coup, billet d'avion et basta. Je dis, bon, écoute, on va faire pour que j'y arrive. Voilà, donc, Bike in Man Portugal, donc 1000 km, 12 500 m de dénivelé. Donc, sur le papier, c'est le plus facile. Sur le papier, c'est le plus facile de la série Bike in Man. Mais je pense qu'il rivalise avec beaucoup, beaucoup, enfin, de Bike in Man beaucoup plus dur. Parce qu'en fait, la particularité du Portugal, en fait, c'est que c'est comme ça. Donc, c'est que c'est hyper ballonné. Et il n'y a pas de vrai col. Il n'y a pas de col. Je crois que la montée la plus longue faisait 6 km. Elle était au début du parcours. Donc, les gens, c'est marrant. Parce que tu dis, ah, c'est bon, on a fait la boisse la plus dure. C'est fini. En fait, non. Et en fait, tu prends tout ton dénivelé que sur de la ton ondulé. Et c'est usant, usant, usant. Et Axel l'avait dit, dès la première édition, il a dit, les gens, ils arrivent ici en croyant que c'est la fête. Mais non, en fait, c'est très, très compliqué, très, très dur. Tu es toujours en prise. Beaucoup de vent. Les routes défoncées. Donc, ouais, c'est une édition qui est... Ouais, sur 1000 km, ça commence à faire long, quoi. Ça commence à faire long. Voilà.
Loïc Et la particularité du BikingMan, c'est que, à l'inverse de ce que tu disais avec la Corse Couvre-feu, où là, c'était plus une course à étapes. Ouais. Là, le chrono est enclenché quand tu passes la ligne de départ. Ça s'arrête à l'arrivée. Et entre les deux, tu es solo, en fait.
Benoit Tu te gères tout seul. Voilà. Tu as tout résumé. Tu as deux checkpoints, donc qui s'appellent les CP. Donc, CP1 et CP2. Le CP1 se trouvait au kilomètre 340, à Visa, Vona, je crois, un truc comme ça. Donc, kilomètre 340, avec 5000 de dénivelé. Donc, belle journée déjà de vélo. On est partis à 5 heures le lundi matin. Et on est arrivés, je dis on, parce qu'on était un bon petit groupe la première journée. Enfin, pas ensemble, mais voilà, deux, trois minutes près. Donc, c'était super sympa. On est arrivés là-bas vers 18 heures. Donc, ouais, au bout de 12, 13 heures de course. Donc, ça avait roulé fort, très, très fort. Malgré un vent de face, parcours compliqué. Ouais, tu as 340 bornes, 5000. Ça fait des belles étapes. Et du coup, voilà, CP numéro 1. Et en fait, bon, voilà, 18 heures. Donc, tu sais, tu arrives, tu te dis, ouais, j'ai fait 340 bornes. Et en fait, il ne faut pas s'arrêter, parce qu'il y a long encore derrière. Donc là, tu enclenches ton Garmin. Et voilà, tu mets la trace numéro 2 et tu t'annonces 388 bornes jusqu'à la base de vie numéro 2. Et c'est vrai que c'est hyper marrant. Parce que tu vois, quand tu fais départ CP1, 340 bornes, tu te dis, putain, mais c'est long et tout. Et en fait, inconsciemment, tu arrives au CP1, tu prends ton Garmin, tu lances la trace numéro 2. Et tu vois ce qu'elle t'indique. 388 bornes, 4000. C'est censé te faire peur, machin et tout. Mais en fait, inconsciemment, tu mets départ, tu prends ton vélo, puis basta, tu pars. C'était 18 heures, tu commences à faire nuit. Ouais, tu allumes tes loupiottes et tu pars et tu pars dans la nuit. Et moi, voilà, là, je commençais à rentrer dans l'inconnu. Alors, pas tant au niveau de l'horaire parce qu'on avait 13 heures de course. Moi, j'avais déjà fait 21 heures, ma course la plus longue sur un vélo. Donc, j'étais encore dans quelque chose que je connaissais. Après, on avait déjà à 340 bornes. Donc là, je commençais à rentrer, on va dire, dans l'inconnu kilométrique. Et voilà, je vois la partie dans la nuit et puis tu avances, coûte que coûte. Et puis là, les premières galères un petit peu. Portugal, région un peu désertique à traverser. Donc, manque d'eau, les grandes villes, tous les 150 bornes. Les villages que tu passes, il y a deux maisons de paysans qui ne sont pas habitées. Donc, ouais, tu commences à rencontrer toutes ces petites galères que j'étais allé chercher au final. Parce que c'est ça que j'étais allé chercher. Voilà, être entre guillemets en galère. Commence à avoir mal aux mains aussi. Puisque avec les roues défoncées, voilà, commence à avoir de la perte de sensibilité des mains. Voilà, tous ces petits trucs que j'ai entendu parler. Et moi, à chaque fois, je suis derrière mon écran, j'écoute et je dis, putain, mais je ne connais pas tout ça. Et moi aussi, j'ai envie de passer une nuit dehors. Et moi aussi, je veux être en galère. Moi aussi, je veux dormir dans le fossé. Voilà, toutes ces conneries quoi. Et puis au final, ça se met très vite en place parce que au bout de 20 heures de course, je me suis arrêté dans une grande ville à Evora. Je m'en souviendrai toute ma vie. C'était 22h, 21h50 je précise. Je m'arrête au McDo qui était hors de la trace en fait. Et là, ça a été super marrant parce que moi, je ne regardais pas le live tracker où tu vois tous les concurrents parce que ça reste une course, mais rapidement, en fait, c'est une course contre toi en fait. Et c'est ça qui est bien. Ce n'est pas des concurrents que tu as avec toi, c'est des potes de galère. Et en fait, je suis arrivé au McDo et il y avait des concurrents qui étaient là déjà. Et ce qui a été terrible, c'est qu'à 22h, le McDo, il a fermé. Donc, les portes, elles se sont fermées à clé. Et en fait, je voyais plein de concurrents arriver qui ont eu la même idée que nous. On était une dizaine dedans et qui n'ont pas pu rentrer. Et toi, tu es là, tu manges ton Big Mac et tu les vois dehors. Et tu sais, c'est terrible et tout. Donc, c'est des bons souvenirs. Franchement, c'est des bons souvenirs. Et je me revois repartir. Il y avait Lorga qui était au McDo aussi, qui faisait une pause, qui dormait sur les tables et tout. Et voilà, on est reparti quasiment un peu tous groupés. C'était hyper dense parce qu'on était sur une dizaine de kilomètres. On était une quinzaine et c'est un des premiers BikingMan où le niveau est bien compact devant. Et c'est ce que je te disais tout à l'heure, c'est en train d'exploser. Et c'est un des premiers BikingMan où il y a eu un tel niveau. Où tu as le premier qui arrive et un quart d'heure derrière, tu as le deuxième. C'est juste fou. Tu te dis, on a passé 45 heures sur le vélo et il n'y a que 15 minutes. Et ça, c'est dingue. Ça, c'est complètement fou.
Loïc Alors, tu disais que tu t'es inscrit aussi pour aller chercher les galères, engranger l'expérience et puis surtout faire cette course contre toi-même. Du coup, est-ce qu'à un moment donné, tu as eu ce sentiment ? Est-ce que tu te l'es dit pendant l'épreuve ? Là, ça y est, je suis dans le dur. Là, c'est au mental. C'est la tête qui prend le relais. Ouais.
Benoit Alors, je vais te dire relativement tôt dans l'épreuve. Pas tôt, mais voilà, en repartant du McDo, donc vers 22h30, j'ai fait une pause de 45 minutes. Donc, il faisait nuit, forcément. Il faisait froid. Il faisait très, très froid. Alors, on a tous été surpris. Moi, je suis arrivé trois ou quatre jours avant l'épreuve. Le premier truc que j'ai fait, c'est que j'ai mis un réveil à 3h du matin. Voilà, le premier soir où je suis arrivé au Portugal et je suis allé dehors, en fait, pour prendre la température, voir un peu et tout. Et je pense que c'était intelligent de le faire, voilà, pour savoir ce que j'allais emmener sur le vélo. Et je me suis fait piéger, en fait, parce que moi, j'étais au sud du Portugal, donc à Faro, et la nuit, il faisait 15 degrés. Donc, ce qui était prévu, quoi. Et donc, je suis parti relativement léger sur le vélo. Voilà, ça, c'est un des trucs que je tenais à faire, voilà, partir vraiment léger. Parce que déjà que je me tire une balle dans le pied en roulant fixi, si je commence à emporter du poids, c'est compliqué. Donc, j'ai un vélo qui faisait 6 kg pour mon fixi. Et j'avais en tout 3 kg d'affaires, de batteries externes, d'alimentation. Enfin, voilà. Donc, j'avais un vélo à 9 kg contre la plupart. La plupart, je crois que le deuxième vélo plus léger était à 11,5 kg, un truc comme ça. J'avais quand même un vélo vraiment léger. Mais, voilà, j'ai fait le choix de partir léger. Et encore, le matin, avant de partir 10 minutes avant, j'ai dit, tu sais quoi, je prends par sécurité un petit maillot manche longue. Première peau, histoire 2. Mais on ne s'est jamais au gelé, quoi. Et au final, en repartant de ce McDo à 22h30, je me retrouve dans le noir complet, dans l'humidité, dans le brouillard. Et alors, ça allait parce que ça roulait fort. C'était relativement roulant. J'avais, j'étais dans un bon mood, on va dire. Ça roulait solide et tout. Il y avait leur gars qui était, qui me suivait un peu, qui faisait des allers-retours et tout. Donc, c'était cool aussi de partager ça avec eux. Et en fait, rapidement, enfin rapidement, dans ma tête, ça m'a paru hyper rapide en sortant du McDo. Et en fait, j'ai l'impression que ça s'est passé une heure après. Mais j'ai eu un coup derrière la tête et j'ai les yeux qui fermaient, en fait. Alors que musculairement et physiquement, j'étais dans une forme de fou, quoi. J'étais sur le vélo, ça roulait à 36, 37 sur le plat. Donc, c'était vraiment impressionnant. Ah ouais. Et en fait, quand je revois maintenant un peu les stories que j'ai fait sur Instagram et tout. Non, en fait, du moment où j'ai quitté le McDo et ce coup de mou, il s'est passé quand même 4h30. Donc, j'ai roulé quand même un moment solide. Et en fait, à 2h30 du matin, j'ai commencé à avoir les yeux qui se fermaient. Et en fait, là, c'est les premières galères que j'étais venu chercher. Voilà, le sommeil. Parce que c'est toujours le point noir, on va dire. Et moi, je n'ai jamais travaillé. Je n'ai jamais « bossé ». Je ne me suis jamais entraîné. Je n'ai jamais pris mon vélo à minuit et me dire, je vais travailler un peu la nuit, voir comment ça se passe. Voilà, et tout. Je n'ai jamais fait. J'ai voulu le tester en course. Et voilà, et rapidement, au bout de 25 heures de course, en fait, j'ai mis clignotant. Voilà, 2h30 du matin, j'ai mis clignotant au beau milieu de nulle part. C'était un truc de fou. J'étais dans un petit village. J'ai essayé de trouver une maison. J'espérais qu'il y avait 2-3 Portugais qui faisaient une soirée ou une connerie, qui se couchaient un peu tard en me disant, voilà, est-ce que je peux venir dormir 2-3h au moins au sec ? Et en fait, tous les villages vraiment reculés. On était dans une région reculée. Donc tous les villages que se traversaient, il y avait 3 maisons, des fermes abandonnées. Donc pas grand-chose. Tout le monde dormait. Donc je me suis retrouvé sous un petit toit d'une avancée d'église, en fait, mais dehors. Et le vent soufflait, soufflait. Donc en fait, j'ai sorti la couverture de survie. J'avais que ça, j'avais pas buvé, j'ai rien. Donc c'était la couverture de survie ou rien. Et je me suis mis à même le sol, c'était un carrelage là, donc gelé évidemment. Il faisait 5-6 degrés là. Ouais, ouais, ouais. Et puis toi, t'as transpiré avant, tu vois. Donc j'avais toutes mes fringues sur moi, tout. J'avais tout. Donc voilà, je me suis posé. Et en fait, la grosse erreur, mais voilà, c'est ce que j'étais allé chercher. Et en fait, la grosse erreur, c'est que je me suis enmitouflé dans la couverture de survie. Donc j'étais super bien, j'étais super bien. Il faisait chaud et tout. En fait, je me suis endormi direct et je me suis réveillé 2h après. En fait, je me suis réveillé complètement gelé. En fait, je me suis réveillé à cause du froid. Et en fait, ma respiration, en fait, ça a condensé sur la couverture de survie. Et en fait, tout me retombait dessus. Donc en fait, je me suis réveillé trempé, mais vraiment trempé, comme si je sortais de la douche, quoi. Ouais. Et là, dans ma tête, j'ai dit, je peux pas. Je peux pas repartir parce que j'ai froid. T'as la fatigue quand même de la première journée. 500 barmes déjà. Je peux pas repartir. Et tu vois, tant bien que mal, j'ai fait le tour du village en essayant de trouver quelqu'un. Mais non. Et puis tu sais, moi, je veux pas déranger. J'aime pas déranger les gens. Donc je l'ai pas, j'ai toqué nulle part. Et en fait, tu vois, le fait qu'il y ait pas d'assistance sur ces courses, que t'es pas l'organe non plus, entre guillemets, t'es coté sans arrêt et tout. Ben, tu fermes ta gueule, tu montes sur le vélo et puis tu repars, tu vois. Et je crois que c'est le pire moment que j'ai passé de ma vie sur un vélo. Là, j'en rigole sur le moment, mais je pleurais. Je pleurais parce que c'était un moment déjà compliqué, aussi bien physiquement que mentalement. Et puis le froid, le froid, voilà, d'être complètement mouillé, roulé par 5, 6 degrés, l'humidité, un brouillard, on voyait rien. Et là, en fait, tu te dis, là, ça y est, la galère que je suis venu chercher, ben là, j'y suis. Et là, il y a pas de, ouais, je vais prendre un autre. Non, il y a rien. Je suis au milieu de nulle part. Donc le seul moyen, entre guillemets, confort que j'ai, c'est de monter sur le vélo et d'avancer. Voilà. Et ouais, je m'en souviendrai toujours. Je suis parti à 4 heures du matin. Je suis remonté sur le vélo à 4 heures. Et voilà, je suis reparti. Et jusqu'à ce que le jour se lève, ça a été long. Et 3, 4 heures, parce qu'il y a un décalage horaire avec la France. Il y a une heure de plus ou de moins, je ne sais plus. Mais du coup, ça se lève un peu plus tard. Et ouais, c'est compliqué jusqu'à ce que tu vois le soleil. Donc voilà, gros moment compliqué, là. Gros moment compliqué.
Loïc Est-ce que là, tu aurais pu abandonner ?
Benoit Ben non, je ne l'ai pas fait. Mais le premier truc que j'ai dit, tu vois, j'ai eu mes potes au téléphone à 6 heures le matin quand eux se levaient et suivaient la course. Mes meilleurs amis m'ont appelé et tout. Et je lui ai dit, tu vois, en fait, c'est ma petite équipe qui m'a appelé. Et eux, d'habitude, quand je fais mes courses, comme les 7 majeurs, où ils me suivent eux pendant toutes les preuves avec l'assistance, ben voilà, tu sais que s'il fait froid, tu as la voiture, tu as du rechange, tu as tout ce qu'il faut. Il ne manque rien, tu vois. Et là, c'est le premier truc que j'aurais dit. Je lui ai dit, qu'est-ce que tu veux faire ? Je reste comme ça en me gelant. Non, mais le mieux que j'avais à faire, c'était de remonter sur le vélo. Donc, je l'ai fait. Et tu ne peux pas, à un moment donné. Voilà, tu ne peux pas. Alors que si j'avais eu l'assistance, si j'avais eu même juste la voiture hors-gave à mes côtés, je bâchais, c'est sûr et certain. C'est sûr, c'est sûr. C'était un moment… Un des pires moments. Pourtant, j'en ai vécu, des moments un peu dans le froid et tout ça. Mais tu vois, quand tu as 30 bornes de la maison ou voilà, tu sais que dans une heure, c'est bon, tu es chez toi, tu es au chaud, tu manges. Non, non, là, c'était galère. Je me revois repartir. Heureusement que j'avais fait les stocks à 22h au McDo. J'avais pris des nuggets, des trucs que j'avais mis dans les sacoches parce que je me suis retrouvé… Tu vois, le fait d'avoir passé la nuit dehors au froid, ton corps, il puise, il puise, il puise. Et au final, au bout d'une demi-heure de vélo, j'étais sec sur le vélo. Je n'avançais plus. Donc là, tu vois, j'ai remangé et voilà, tout ça, c'est… Alors, je n'ai pas beaucoup d'expérience entre guillemets sur l'ultra parce que… Alors, quand je parle de l'ultra, c'est des grosses épreuves comme un bike-man, parce que franchement, un 300 bornes, alors ça met un pied à l'étrier sur l'ultra, mais ça reste un truc hyper accessible, tu vois. C'est un truc qui se fait entre 15 et 20 heures, tu vois. Même si tu es un moyen cycliste en 20 heures, c'est fait. Là, quand tu commences à passer des nuits dehors, voilà, là, tu es dans un vrai ultra, une vraie galère et c'est compliqué. Voilà, c'est compliqué.
Loïc Oui, j'ai l'impression que c'est vraiment comme en trail. J'ai pas mal d'invités qui sont de l'univers de l'ultra trail et le constat, c'est un peu le même, en fait, dans toutes les disciplines, j'ai l'impression. C'est le facteur sommeil, en fait. C'est vraiment le truc qui est le plus compliqué à gérer. Enfin, moi, si je devais synthétiser, tu vois, c'est comme disent tous mes invités et toi y compris. Spontanément, on pense à l'alimentation, en fait, tu vois, comme étant un truc vraiment difficile. Mais en fait, non, pour beaucoup, beaucoup, beaucoup, c'est le sommeil, en fait. Parce que si tu n'as pas le sommeil, tu ne peux plus rien faire.
Benoit C'est ça et tu vois, maintenant, je le revois là pendant… J'ai refait quelques sorties déjà depuis ce BikingMan et en fait, ma vision, elle a encore plus changé. J'avais… Tu vois, des fois, tu es en galère pendant 60 bornes, tu es en hypo, tu n'as plus rien à manger, tu es cuit et tout. Bon, ben, c'est dur, voilà. Bon, tu avances et tout. En fait, depuis cette course, voilà, ça m'est arrivé il y a 4-5 jours d'être un peu mal. J'étais dans un endroit où il n'y avait pas grand chose, donc rien. C'est pas grave. Tu avances et tu vois, mon état d'esprit, il a encore évolué et dans le bon sens. Parce que, voilà, maintenant, les gens, ils se prennent trop la tête. Des fois, je suis là et les mecs, ils sont là. Ouais, tu prends quel GL, combien ? Les mecs, les gars, pour faire des sorties de 2h le dimanche, c'est compliqué. Alors, je dis, Coco, tu n'embarques pas là-dedans. Et voilà, non, ça, c'est un des moments de galère que j'ai eus sur le Bike Inman. Voilà, le sommeil. Mais que la première nuit. Alors, à savoir que j'ai passé deux nuits entre guillemets. Je mets entre guillemets, on en parlera peut-être après. Mais j'ai passé deux nuits sur le Bike Inman. Voilà, j'ai mis exactement 54 heures. Donc, j'ai passé deux jours et sept heures sur le vélo. Ouais, c'était la première nuit. Elle a été très, très compliquée pour tout le monde. Parce qu'en fait, on a tous été surpris par le froid. Par le froid, oui. Parce que la journée, on a eu 35 degrés quand même. Donc, ça a tapé. On a pris des coups de soleil comme jamais. Enfin, ça a vraiment chauffé. Donc, quand tu prends des coups de soleil, même en plein été, des fois, il t'arrive le soir d'avoir froid. Là, quand t'as 6 degrés, tu passes un moment galère. Tu passes un vrai moment galère. Mais, je regrette rien. Sur le coup, c'est des moments galères compliqués. Mais là, maintenant, tu vois, j'attends qu'un truc. C'est de repartir rapidement.
Loïc C'est super intéressant ce que tu disais sur le fait que si tu avais peut-être eu plus d'options de bâcher, tu l'aurais fait. Mais qu'au final, comme tu n'avais pas le choix, tu aurais toujours eu le choix. J'imagine que si tu voulais vraiment abandonner, tu n'aurais plus.
Benoit Oui, il n'y a pas de souci. Tu vois, en repartant de cette fameuse nuit à 4 heures du matin, on va dire que 20h30 après, j'ai passé une grosse ville. Alors, c'était 5h30 du matin. Il y a tout qui était fermé. Mais je veux dire, si tu as envie d'abandonner à 6h, tu as les premiers trucs qui ouvrent, les autres, tu peux bâcher. Après, ce n'est pas la philosophie de la maison. Il y a beaucoup de défis que j'ai faits où j'ai eu envie d'abandonner. Des fois, tu te poses dans l'idée où tu arrêtes. Et ça m'est arrivé de reprendre le vélo et de repartir sans leur... Tu vois, ils ne comprennent pas. Je dis, je ne peux pas. Je ne peux pas. Alors, j'ai fait des trucs très durs cette année où je pensais vraiment abandonner et je ne l'ai pas fait. Donc, j'ai vraiment repoussé mes limites. Et je me dis, mais jusqu'à où ? Parce que franchement, jusqu'à maintenant, là... 2021, j'ai fait vraiment un gros gros truc. Les autres années, en général, je faisais la race. C'est une rigolade, la race. C'est 12 heures d'effort pour moi. Donc, ce n'est pas une ultra. C'est hyper rapide. Tu n'as pas le temps d'être en galère. Alors oui, tu vas être en galère 20 minutes parce que tu as soif, tu as pris un coup de chaud, tu es en hypo. Mais tu n'as pas le temps d'être en galère et de vraiment perdre du temps comme tu peux en perdre sur un ultra qui dure 45 heures pour les meilleurs et jusqu'à 120 heures pour les derniers. Parce que du temps, moi, j'en ai perdu. Alors, j'en ai perdu intelligemment. C'était mon premier 1000 kilomètres. Donc, j'ai voulu vraiment le gérer pour ne pas être mal, pour vraiment passer mes tout sans avoir trop d'hypo, manquer de bouffe et tout. Et franchement, je l'ai passé propre. Mais vraiment, je l'ai passé propre parce que, mis à part cette première nuit, peut-être que je n'aurais pas dû m'arrêter. Mais moi, mes yeux se fermaient 2-3 secondes. Donc, ça commence à être dangereux. Donc, par lucidité, je me suis arrêté. Et voilà, c'est ça qui a fait que j'ai été en galère parce que le fait d'avoir froid et tout, c'est le fait de ne pas avoir bougé. Donc, je ne sais pas si j'aurais dû continuer. Je n'en sais rien, quoi. Mais voilà.
Loïc Et là, tu disais justement que ça t'a permis de repousser un peu plus tes limites. C'est quoi, du coup, la prochaine étape ? Je te pose la question, sachant qu'au moment où on enregistre, je crois que les inscriptions pour la Race Across France sont ouvertes, y compris pour le 2005. Donc, est-ce que ça va aller dans cette direction ? Non.
Benoit Non, non, non. La Race, tu vois, je l'ai fait deux fois, du coup, 2019-2020. Pourquoi je l'ai fait ? Déjà, parce que c'est terminé au Ventoux. Donc, entre guillemets, c'est à la maison. Et c'était histoire, comme j'ai dit tout à l'heure, de mettre un pied à l'étrier. Donc, c'est cool. Arnaud, que je connais bien, que j'ai croisé, bon, maintenant, ce n'est plus un secret que j'avais croisé il y a un mois, mais il m'a déjà parlé qu'il avait changé le sens de la Race. Donc, c'est le cas. Ça ne part plus de Mandelieu, ça part du Touquet. En fait, tout est en sens inverse. Donc, non, non, je ne serai pas là-dessus. Pourquoi ? Alors, à refaire, en fait, là, ça fait un an que je ne l'ai pas fait. En fait, j'attendais que mon temps soit battu déjà en fait sur le 300 pour histoire d'avoir un petit challenge, voilà, à me remettre sous la dent. À refaire la Race, je ferai le 1000, le 1000 kilomètres, voilà, où tu fais les Alpes. C'est vraiment intéressant. Et pour moi, c'est le parcours le plus compliqué, même si c'est que le 1000 kilomètres. Le 2006, pour moi, il est trop simple. Je n'en remets pas en question que ce soit quand même 2600 bornes. Mais en fait, tu prends le dénivelé sur les 1000 premiers. Et puis après, bon, ça va. Même si c'est du vallonné, ça reste… Et je trouve… Alors, il doit y avoir des décors cools, je ne connais pas. Après Annecy, on traverse directement en direction de Touquet. Je ne connais pas du tout en vélo, mais ça doit être super sympa et tout. Mais pas intéressant comme l'est le début du parcours. Le début du parcours, j'adore parce que c'est hyper montagneux. C'est péter de partout, c'est des petites routes. Moi, j'adore ça. Donc, non, pas cette année, pas de race. Pas de race.
Loïc OK.
Benoit Pas de race.
Loïc Et du coup, dans ta pratique… Pardon, vas-y, vas-y.
Benoit Non, vas-y, vas-y, c'est bon.
Loïc Non, j'allais te demander, du coup, dans ta pratique, c'est vrai qu'on n'en a pas trop parlé, mais c'est des épreuves qui prennent quand même vachement de temps en termes d'équipement. Même si tu as moins de matos sur ton vélo, peut-être que d'autres, tu vois, tu n'as pas le groupe à gérer. Enfin bon, j'imagine que quand même un pignon fixe, ça doit douiller. C'est une activité que tu as réussi à professionnaliser, tu en vis ou tu as un job à côté classique ?
Benoit Comme on en parlait tout à l'heure, moi, je viens du triathlon à la base où j'ai essayé de me professionnaliser où on peut dire que j'ai fait ça « professionnellement » en parlant, mais sans en vivre en galérant tous les mois. Mais j'ai voulu faire ça à 100% pour savoir jusqu'à où je pouvais aller. Et voilà, je te dis, j'ai arrêté ma petite carrière de triathlete en 2017 sur un triathlon Ironman, toi à Barcelone, que j'ai fait en 8h45 avec un temps juste… Voilà, propre on va dire. Je ne dis pas que c'était propre. À l'époque, j'avais 4-5 ans de moins, donc j'étais jeune. J'avais 23 ans, donc c'était plutôt propre. J'avais pas mal de partenaires matériels, donc voilà, des chaussures, les vélos aussi gratuits. Donc c'est quand même très très bien, c'est très très bien parce que c'est cher. Tout ça c'est cher. Des baskets, tu en passes une dizaine de paires à l'année. Un vélo, c'est très cher. Donc voilà. Après, tu ne manges pas des chaussures et des vélos. Voilà. Donc malheureusement, au bout d'un moment, j'ai fait le choix de quitter ce monde et voilà, je me suis dirigé dans quelque chose qui me plaît. Donc j'ai bossé dans un magasin de vélo en tant que mécano et vendeur. Donc voilà, ça fait 5 ans que je travaille entre guillemets là-dedans. Là actuellement, je ne travaille plus pour le moment. Je suis dans un autre projet pro que je ne peux pas communiquer, mais toujours dans le monde du vélo. Voilà. Excellent. Super.
Loïc En tout cas.
Benoit Ouais, non, à l'heure actuelle, ça me fait rire parce que j'ai regardé encore, enfin j'ai écouté un podcast avec Sofiane, que tu dois connaître aussi un peu dans le monde de l'ultra vélo, qui est juste une machine. C'est une machine. Je n'ai jamais eu l'occasion de le rencontrer ou de faire une course avec lui, mais ça fait partie des mecs solides et que je respecte surtout sur le sommeil parce que voilà, parce que voilà, pour avoir fait mon premier ultra et galérer un peu à ce niveau-là, quand je vois que les mecs font des 2000 bornes en dormant une heure. Ouais. Ouais. Ouais. Ouais. Moi, en fait, ces mecs-là, ils ne m'impressionnent pas sur le vélo. Mais comme on dit à chaque fois, ce n'est pas sur le vélo que ça ne se fait pas la pédale, en fait. Ce n'est pas forcément le plus fort sur le vélo, c'est celui qui va rouler le plus longtemps sans s'arrêter et ça, c'est impressionnant. Ouais, c'est impressionnant. Ouais, tu vois, c'est pareil. On n'en vit pas. On vit pas de ça. Alors, pas pour le moment. Peut-être que d'ici quelques années, quand ça sera un peu développé, on va avoir des teams ou voilà, comme on travaille et tout. Mais après, je pense que ça restera quand même compliqué d'en vivre. Après, dans un premier temps, moi, je fais mes petites courses, mais surtout mes défis personnels pour moi, pour faire tue aussi les gens qui me suivent aussi. Beaucoup trouvent ça déjà en vélo classique, juste un truc de fou. Donc là, quand tu connais un peu le fixi, c'est juste… Moi, j'ai pris part à des défis en me disant qu'est-ce que je fous là ? Mais c'est ça qui est bien, c'est ça qui est bien. C'est ça qui est bien.
Loïc Génial. Excellent. Écoute, on arrive à la fin là. Ouais. Si tu devais, toi, faire une sorte de bilan intermédiaire de tout ce que tu as appris dans ta pratique du vélo avec la spécificité, je vais y arriver, du fixi, ce serait quoi ou quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui voudrait se lancer là ?
Benoit Moi, j'ai beaucoup de personnes qui me demandent, qui veulent se mettre au fixi parce qu'ils me voient. Bon. Alors, je leur réponds toujours. C'est pareil, je reçois énormément de messages. Ouais, quel braquet tu mets ? Et en fait, je leur explique, je dis, c'est hyper personnel. Ça va dépendre de ton niveau. Ça dépend de la région où tu habites. Voilà. Si tu habites une région plate, mets un peu de braquet. Voilà. Moi, j'habite une région un peu montagneuse. Il faut que je passe un peu partout. Donc voilà. Mais ça, c'est des choses vraiment personnelles qu'il faut tester. Donc ça, je ne peux rien faire. Après, pour le côté, je reçois du coup pas mal de messages aussi vu que j'ai mis un pied à l'étrier en ultra sur la gestion, sur le matériel que tu emportes, sur les batteries externes, qu'est-ce que tu prends, pour combien de temps, les lumières. Voilà, plein de petits trucs. Donc moi, je suis comme tout le monde. Je débute. Donc ça me fait toujours rire. Mais en fait, les gens me posent la question en pensant que je suis mieux placé ou que je sais plus. Mais non, tu vois, j'ai fait beaucoup d'erreurs, même sur le Bikeman. À un moment donné, je me suis retrouvé avec plus qu'une lampe frontale sur le casque. Voilà, la dernière nuit, en plein milieu du brouillard. C'était pas suffisant, tu vois. En fait, j'ai ma lampe principale qui a lâché. J'avais plus de batterie et en fait, le câble que je prenais, il rechargeait plus. Donc tu vois, c'est plein de petites erreurs. Donc c'est des conneries. Mais tu vois, partir avec deux câbles, ça pèse quoi ? 5 grammes, 10 grammes. Mais tu vois, quand tu en as besoin, les 10 grammes, tu t'en fous, tu les prends avec toi. Donc non, c'est plein de petites choses. Donc je ne suis pas mieux placé que les autres. Je me fais mon expérience moi-même en faisant mes défis. Voilà, c'est pas parce que je fais partie des meilleurs entre guillemets que c'est pas compliqué. Non, c'est extrêmement dur. Que ce soit le premier du bike-man ou le dernier, c'est très très compliqué. Nous aussi, il nous arrive des galères. Nous aussi, on dort par terre dans le froid. Voilà, tu repars trompé. Nous aussi, on pense à abandonner. En fait, que tu sois le premier ou le dernier, c'est dur pour tout le monde. Il n'y a pas de règle là-dessus. Il n'y a pas de règle.
Loïc Ce que j'ai l'impression de retenir, c'est au final, faites-vous votre expérience. Et parce que ça ne s'arrête jamais. Tu continues systématiquement d'apprendre au fur et à mesure des événements. Ouais, ouais, c'est ça.
Benoit T'es l'expérience que tu en manges. Alors après, moi, j'ai un gros passé sportif. Donc déjà, moi, sportivement parlant, je me connais par cœur. Je sais que je me connais par cœur. Donc ça, c'est un gros plus. Et c'est le plus important, je pense, se connaître. Si tu ne te connais pas, partir dans des chantiers comme un bike-in-man ou un autre ultra, ça va vite être compliqué, je pense. Ça va vite être compliqué. Tout se fait. Tout se fait. Il y a des gens qui font un bike-in-man en réservant des nuits d'hôtel. Donc, tu as cinq jours pour le faire. 1000 kilomètres, ça fait des journées à 200 bornes. Là, ça commence à être accessible. En fait, il y a différentes manières de mettre un pied à l'ultra. Parce que, mine de rien, faire cinq jours, cinq fois 200 kilomètres, c'est quand même un exploit. Et puis après, tu as les premiers. Le premier du bike-in-man a dormi un quart d'heure. Il y a un quart d'heure, tu vois ? C'est juste fou. C'est juste fou. C'est juste fou. Stratosphérique. Oui. Très solide. Très solide.
Loïc OK. Ben écoute, vraiment, un grand, grand merci, Benoît. C'était super intéressant de découvrir un peu ton univers de l'ultra, mais aussi et surtout quand même de l'ultra en fixie. Ouais. Ce qui est carrément une particularité. Et ben écoute, si les gens veulent te suivre, le plus simple, c'est quoi ? C'est Instagram ?
Benoit Ouais, sur Insta, je suis actif que sur Insta quasiment. Donc, fixe-ed everywhere. Donc voilà, fixe-ed de partout en gros. Ou sinon, tapez Benoît Bigot, vous me trouverez. Voilà. Et puis ben écoute, si jamais l'envie te dit, on peut se refaire un épisode avec les gros objectifs qui vont être prévus pour 2022. Plus début d'année, parce que pour le moment, je dévoile rien. Mais ouais, ça va être lourd. Ça va être très très lourd. Excellent.
Loïc Écoute, hâte de voir ça. Un grand, grand merci Benoît. Merci à toi Loïc.
Benoit Et je te dis tout le meilleur pour la suite. Ouais, je te remercie de ton podcast et à très bientôt. A bientôt. Salut. Salut. Salut.
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