Les Frappés Les Frappés
Saison 5 EP·220 Vélo #Tor des Géants #judo #triathlon

18 novembre 2025

Du Judo aux Ultras (vélo, trail, triathlon): Endurance, Famille Et Audace avec Hubert Piau

Durée · 1h28 · Transcription disponible

Hubert

Le récit

Hubert est un auditeur fidèle du podcast. Mais c'est aussi et avant tout un avide pratiquant de sports en tous genres. 

D'abord le judo et la moto, puis le trail et le vélo, en passant par le triathlon. Des formats relativement courts aux courses les plus extrêmes, Hubert se cherche, explore ses limites et parfois les dépasse, le tout sans jamais perdre de vue l'essentiel : il faut profiter de chaque instant, trouver le bon même dans la difficulté.

Dans cet épisode, on parle de bains matinaux dans des eaux à 3°C, de comté en guise de ravitaillement, et de l'importance d'être bien entouré.

🎙 Les autres épisodes du podcast à écouter :
👉 Épisode Bonus - Mon abandon sur le Tor des Géants (350 km)

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Transcription

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Loïc Hello, hello ! Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyages aux eaux longs cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Merveilleux ! Eh bien écoute Hubert, bienvenue au micro défrappé, enfin ! Enfin ! Après tout ce temps à échanger, à se rencontrer. Ça fait super plaisir de te recevoir sur le podcast. Plaisir partagé. Je suis vraiment ravi. J'ai l'impression que ça fait des années qu'on se connaît et au final, il me semble que la première fois qu'on a échangé via LinkedIn, d'ailleurs j'ai même carrément ghosté ton message, enfin j'ai même pas vu ton message du tout, donc j'ai revu sur le flash. Ah tiens, je lui avais jamais répondu ! Mais voilà, on a eu la chance de se rencontrer à Annecy en 2024 quand j'étais monté pour couvrir l'Albsman. Exactement. Et faire plusieurs épisodes immersifs sur la course. Et moi je suis super content de te recevoir parce que t'es pas un athlète professionnel et pour autant tu fais des choses complètement incroyables.

Hubert Bah écoute, merci pour ton soutien Loïc. C'est vrai que t'as été, on s'est eu au téléphone pendant je crois plus d'une heure, la première fois que je t'ai appelé. C'est vrai, c'est vrai. Parce que moi j'écoute pas mal de podcasts parce que je travaille tout seul et du coup les journées sont longues donc j'aime bien écouter les podcasts. Surtout en général quand on a lien avec le sport. Et du coup j'ai découvert et frappé, j'ai super bien accroché. Et puis j'ai bien aimé ta personnalité, ton parcours de vie aussi, le fait que tu fasses du judo. Et moi j'en ai fait aussi pas mal. Et du coup je pense que c'est vraiment un sport qui, quand on appelle ça jeune, je pense que c'est un sport qui nous fait du bien toute notre vie. Même qu'on continue ou pas. C'est un sport qui nous marque. J'en suis persuadé que pour moi c'est vrai, c'est un des meilleurs sports qui existent. Et du coup ça nous a fait déjà un point commun et après t'as fait un... T'as un peu fait comme moi, t'as fait un gros truc d'un seul coup j'ai l'impression quand tu as fait ton ultra. Et ça m'a rappelé un peu moi et tout. Donc c'est pour ça que je t'ai appelé et puis on a échangé pas mal de temps là-dessus.

Loïc C'est vrai. Et encore une fois ce call était il n'y a pas si longtemps mais j'ai l'impression que ça fait... C'est souvent comme ça avec les gens avec qui j'ai la chance d'échanger, qui écoutent régulièrement le podcast et tout. Je pense que tous les invités que je reçois, j'ai une vraie curiosité par rapport à eux. Et du coup les gens qui écoutent régulièrement le podcast c'est la même chose. Donc ça fait tout de suite plein de choses.

Hubert C'est une proximité tout de suite.

Loïc Plein de points communs, ouais. Mais voilà, moi Hubert je suis très content de te recevoir. Tu vas nous en dire plus sur ton parcours, ta vie mais tu fais des choses incroyables. T'es pas un agent professionnel donc c'est pas ton activité principale. T'as un job, tu le disais, tu travailles tout seul à ton compte. T'as un job quand même assez physique. T'as une famille, t'es passé par des épreuves de vie. Je pense que tu nous en parleras peut-être mais qui écorchent forcément. Et malgré ça, je trouve que toutes les fois on a pu échanger dans ce que tu fais. Tu mets en avant des associations. C'est vraiment à chaque fois des très beaux messages. Donc je suis super content de te recevoir encore une fois au micro des Frappés. Merci beaucoup. Ce que je te propose Hubert, c'est peut-être qu'on pose le cadre. Qui est Hubert ? Où est-ce que tu vis ? Qu'est-ce que tu fais ? Et dans tes pratiques sportives, sur quoi est-ce que tu te concentres en ce moment ?

Hubert Bah voilà, écoute, moi je m'appelle Hubert Pio, j'ai 40 ans. J'habite tout près d'Annecy, entre Annecy et Genève, dans la campagne, dans les montagnes. Ça fait un peu plus de 20 ans que je suis ici. Je suis marié, j'ai deux enfants. Et du coup, je suis artisan couvre-zingueur depuis maintenant 4 ans. Enfin, ça fait 25 ans que je fais ce métier, mais je suis à mon compte depuis 4 ans.

Loïc Couvre-zingueur, donc zingueur c'est quoi ? C'est des plaques, ça reste de la couverture c'est ça ?

Hubert Oui, ça reste de la couverture, donc je fais tout ce qui est métal, tout ce qui est gouttière, cuivre, zingue. Dans la région, la Chambre a une région assez riche, donc je fais pas mal de cuivre. On fait des couvertures en zingue, je fais aussi des toits plats en étanchéité, membrane, voilà, je fais pas mal de choses. J'ai aussi mes diplômes de charpente, donc je fais un petit peu de charpente, tout ce qui est abri de voiture, tout ça. Donc tout ça, je fais. Donc c'est vrai que c'est un métier qui est prenant physiquement aussi, parce qu'en fait je suis dehors toute l'année. Qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige, on est dehors, on est habitué à être dehors. Après, moi c'est quelque chose que je me vois pas faire autrement en fait. Depuis que j'ai l'âge de 15 ans, je fais ce métier et je me vois pas être enfermé plus d'une journée dans un autre travail que celui-là. Donc voilà, c'est pas toujours facile, mais on se plaint pas parce que franchement, on est bien. On est bien sur les toits. Tu vois, ce matin encore, par exemple, ce matin, comme tous les vendredis, j'ai pris pour habitude d'aller nager avec un copain. On nage dans le lac d'Annecy tous les vendredis, toute l'année, à 6h du matin. Je ressors, après, il y a le lever de soleil et moi je suis sur les toits une demi-heure plus tard. Et c'est vraiment, enfin, ouais, voilà, j'aime ce que je fais. Donc voilà, en quelques mots, le personnage. La présentation.

Loïc Elle est à combien, l'eau du lac en ce moment ? Parce que tu m'envoyais une vidéo la semaine dernière de vendredi. J'étais là, ah ouais.

Hubert Ah là, je pense qu'elle est entre... En fait, il y avait une sonde avant qui n'existe plus, donc on sait pas trop exactement. Mais à mon avis, là, elle est entre 10 et 14. Pas vraiment pas plus.

Loïc Et toute l'année, je me rappelle qu'on en avait parlé, parce que tu m'avais lâché ça brièvement quand on s'en est rencontré en vrai à Annecy et je m'étais dit, what ? Mais attends, donc tu nages vraiment toute l'année, tous les vendredis, par tous les temps ?

Hubert Ouais, par tous les temps. Et du coup, ce qui est bien, c'est qu'on est deux. Donc, j'ai un pote à moi, Phil. On se soutient. On a commencé en 2018, ma mémoire est bonne. On ne savait pas nager tous les deux. Mais vraiment pas. Moi, j'étais incapable de nager le crawl plus que 25 mètres. Du coup, on a pris des cours, évidemment, dans le lac. Et du coup, on est tombé amoureux de ce lac. Et c'est notre façon aussi à nous d'avoir un peu notre rituel. Et tous les vendredis, on nage. Et après, on prend un petit café, un petit peu en chocolat de la boulangerie juste à côté. On a nos habitudes. Tout le monde nous connaît. Et voilà, ça fait 7 ans maintenant que ça dure. Excellent.

Loïc Au plus froid, par curiosité, on va passer à autre chose. Au plus froid, il y a combien ?

Hubert Le plus froid que j'ai fait, c'était 3. 3. Ouais. 3 le lac et il faisait zéro dehors. Et comme dit mon copain, t'inquiète pas, il fait plus chaud que dehors. Voilà ce qu'il me dit. Bon, on nage pas longtemps. Quand il fait froid comme ça, on nage. On est sur des 20 minutes, pas plus.

Loïc Ouais, déjà, quand même.

Hubert Parce qu'après, il y a tout qui gèle. Et puis ouais, à côté de ça, à côté de mon travail, j'ai fait pas mal de trucs. Je touche un peu à tout. Ancien judoka, comme toi. Je viens d'une famille de 3 frères. Donc, on est tous 2 ans d'écart. Tous les 3 à ceinture noire de judo. Tous les 3 à moins de 81 kg. Donc, je crois que ce n'est pas ta catégorie à toi.

Loïc Une catégorie en dessous. Oui, moins de 90.

Hubert Voilà. Donc, moins de 81. Et du coup, j'avais fait derrière une compétition une fois en 90. J'avais pris une tôle. Et du coup, je suis arrivé dans la région d'Annecy à l'âge de 19 ans avec ma femme. Et je n'ai pas quitté les lieux depuis. Fabuleux. Ouais.

Loïc Écoute, j'allais te poser la question justement. On va essentiellement parler de sport. C'est quoi ton... J'allais te demander justement ton rapport au sport. Est-ce que c'est quelque chose qui est dans la famille depuis un moment ? Donc, visiblement, oui avec le judo. Mais aujourd'hui, ce n'est pas du judo que tu... Enfin, ce n'est plus vraiment du judo qui occupe l'essentiel de ton agenda sportif, on va dire. Donc, comment... Déjà, un côté enfance. Est-ce qu'il n'y avait que le judo ? Il y avait déjà d'autres choses ? Et comment est-ce que ça a évolué vers ce que tu fais aujourd'hui ?

Hubert Écoute, moi, j'ai commencé le judo à l'âge de 6 ans, comme mes deux frères. On avait chacun deux sports. Donc, moi, je faisais du judo et du foot. J'ai fait du foot juste pendant 6 ans, pas très longtemps. Mon grand frère faisait du judo et du motocross. Et mon petit frère faisait du judo et du BMX. Donc, c'était des week-ends très chargés pour mes parents. On était beaucoup, beaucoup, beaucoup en vadrouille pour mon grand frère avec le motocross qui nous occupait quand même pas mal. Parce qu'il a été quand même haut niveau. Il était champion de Ligue. Il était championnat de France. Donc, on était quand même partis. On dormait dans un camion tous les week-ends. J'ai fait ça pendant 10 ans de ma vie. Voilà. Après, moi, je suis rentré en sport et études judo. En section sportive judo, plutôt. Quand j'étais en quatrième en collège à l'internat. J'ai fait ça pendant deux ans. Quatrième, troisième. Donc là, avec mes cours du vendredi soir et les compètes, ça faisait du 8 heures de judo par semaine. Donc, c'était pas mal à cet âge-là. Et puis après, vu que je me suis mis à travailler à l'âge de 15 ans, du coup, j'ai un peu ralenti du judo. Mais j'ai toujours aimé ça. Toujours la compète au niveau départemental, région. Mais je n'ai jamais été bien plus haut. Parce que je stressais énormément et je perdais tous mes moyens à chaque fois. Ah oui, c'est vrai. Ouais. Je n'ai jamais réussi à gérer mon stress en judo. Et c'est pour ça que ça m'a fait arrêter d'ailleurs. Parce que je me mettais dans des états pas possibles pour des départementaux. Tu vois. Donc, je n'ai jamais réussi à gérer ça.

Loïc C'est intéressant. Du coup, c'est quoi exactement qui te mettait dans cet état de stress ? C'était la confrontation avec l'autre ?

Hubert Ouais, la confrontation, le stress du poids. Parce que tu sais, on est toujours en régime, toujours sur la corde. Voilà. Sur la corde pour ça. Et puis, il n'y a plus rien qui passait trois jours avant. Enfin, mal au ventre. Et après, plus tard, quand j'ai arrêté les compètes, ça allait beaucoup mieux. Ça ne m'a jamais refait ça dans n'importe quel sport. Parce qu'en fait, au judo, je sais exactement ce que je vaux, si tu veux. Donc, j'ai toujours envie d'être à mon meilleur niveau tout le temps. Et c'est ça qui me met la pression. Alors que dans les autres sports que j'ai fait après, le trail, le vélo, c'est quand même vachement plus vaste. C'est quand même vachement plus de monde. Tu n'es plus en confrontation seul avec quelqu'un. Tu es avec plein de gens. Et du coup, il n'y a pas cette notion de stress comme j'ai eu au judo. Donc, voilà, je suis arrivé dans la région. Après, je courais aussi pas mal un petit... Je courais à mon âge de 18 ans, 19 ans. Je me suis mis à courir. Je courais 10 km par jour, 5 jours par semaine sur du plat. Parce qu'avant, je suis né à Chartres, en Eureloir. Et là-bas, c'est tout plat. Donc, j'ai toujours eu un petit peu la caisse, on va dire. Moi, j'allais courir parce que mon métier était tellement dur que j'avais mal aux genoux le soir en rentrant. Du coup, il fallait que j'aille courir pour essayer de déverrouiller un peu tout ça. Donc, j'ai toujours aimé la course à pied, même si je n'ai jamais été très très bon. Parce que j'ai un gabarit un petit peu... Un petit peu, voilà, trop... Robust. Robust, voilà. Grassoyé, j'allais dire. Pour courir, aujourd'hui, je suis 82 kg, tu vois. Donc, c'est vrai que quand je cours, c'est pas comme un vrai coureur qui fait 60-65 kg. Donc, voilà. Puis, en arrivant dans la région, j'ai voulu continuer à courir. Mais j'ai compris que ce n'était pas le même sport avec le dénivelé. Et du coup, je me suis mis un petit peu à faire de la montagne. Et c'est là que ça commençait après le trail. Ça commençait comme ça.

Loïc Excellent. Et tu arrives à te remémorer ce qui fait que tu as accroché comme ça au trail au point de... On va en parler du coup. Ça a fait une bonne transition. Mais t'as l'idée sur des monstres de la discipline ?

Hubert Je ne sais pas, en fait, vraiment, ce qui m'a... C'est le dépassement de soi. Parce qu'en fait, quand je suis arrivé dans la région, il y a l'oncle à ma femme qui m'a dit, viens, on va faire une rando, on va faire la tournette. La tournette, c'est le sommet le plus haut d'Annecy, qui culmine à 2300 et quelques mètres. Et moi, j'étais pas du tout... J'avais pas du tout le pied montagné à rien de tout. Et puis moi, j'ai cru ça. J'ai cru que ça allait être facile, une journée facile. Et en partant, j'ai tout de suite compris que... Enfin, j'avais du mal à suivre, j'étais dans le dur. Et ce jour-là, il y avait la montée de la tournette. C'est une course qui part depuis le lac d'en bas, à Talois, depuis le bord de l'eau. Et c'est le premier arrivé là-haut. Donc, il y a 2000 mètres de déniper positif. En, je crois, il doit y avoir 9 kilomètres de mémoire. Ah ouais. C'est une course où le chrono s'arrête en haut. Et après, on redescend par le propre moyen. Et du coup, quand je montais la rando, les mecs nous ont doublés. Et je voyais des mecs courir dans la montagne. Mais je dis, mais comment ils font ? C'est pas possible. J'étais vraiment en admiration devant ces mecs-là qui nous doublaient en courant. Alors que moi, en marchant, j'étais déjà au bout de ma vie. Et j'ai dit, il n'y a pas... Il faut que j'essaye. Si eux, ils y arrivent, je veux bien y arriver aussi. Et du coup, je me suis mis à... Je me suis mis à courir comme ça, quoi. Je me suis dit, si quelqu'un y arrive, je dois forcément y arriver aussi. Donc, c'est comme ça que je me suis mis, en fait. J'ai commencé en 2012, le trail. Je me suis inscrit à une course avec mon copain du judo. On connaissait pas du tout. Le rapport des niveaux, les kilomètres, on savait pas du tout ce que c'était. Et on s'est inscrit à l'ultra tour du mall. C'est une course que tu t'inscris, tu payes pas d'inscription, tu ramènes un plat à manger, sucré ou salé. Et ça marche encore comme ça aujourd'hui. Et en fait, chacun ramène un plat. Et du coup, la course, c'est 30 kilomètres, 3000 positifs. Donc moi, je me suis dit, 3000, ça me parlait pas. 30 kilomètres non plus. Je me suis dit, bon, ça devrait faire. Et en fait, ils ont rallongé le parcours parce qu'il y avait de la neige. Donc, ça faisait 37 et 3003 de dénivelé. Et on est arrivé dernier avec mon copain. On a mis 8 heures, 8 heures pour faire les 37 kilomètres. C'était l'enfer. Ils nous attendaient. Tout le monde avait rangé déjà les décors. Ils avaient rangé les plats à l'arrivée. Il n'y avait plus personne. Ils attendaient que les deux débits qui étaient dans la montagne pour pouvoir tous partir chez eux. C'était l'enfer. C'est mon premier souvenir de trail. L'ultra tour du mall en 2012.

Loïc Excellent. Et donc, depuis, il y a eu beaucoup de choses. On en avait pas mal discuté quand on s'était rencontrés. Mais si j'ai bonne mémoire, il y a une course en particulier qui t'a vraiment marqué. C'est l'échappée belle. Oui, c'est ça. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ? Je ne sais plus quelle année tu l'as fait.

Hubert Je l'ai fait en 2015. En fait, après avoir fait l'ultra tour du mall, malgré la souffrance, j'ai adoré. J'ai adoré l'ambiance. J'ai adoré la montagne, les paysages. Ça m'a vraiment fasciné. Du coup, je suis monté un peu... Je suis redescendu en kilomètres. J'ai commencé avec des 10 et je suis monté crescendo jusqu'à... Travailler des glières en 2013 où c'est que j'étais sur du 50 kilomètres, format 50 kilomètres. Je commençais à courir de plus en plus. Et puis, en 2014, j'ai fait la maxi race parce que c'est à côté de chez moi donc il ne fallait pas passer à côté. À l'époque, c'était 86 kilomètres avec 5500 de dénivelé, il me semble. Donc, j'ai fait la maxi. C'était quand même très rapidement

Loïc monter en gamme.

Hubert Peut-être trop rapidement aussi, peut-être. Parce que moi, j'aime bien les défis. J'aime bien... Quand on me dit que je ne peux pas y arriver, j'aime bien... C'est là que je m'inscris, généralement. Et puis, j'ai cherché un gros challenge. Parce que la maxi race, si tu veux, on dit toujours qu'un ultra, c'est au-delà de 85 kilomètres. J'ai toujours entendu dire ça dans les magazines et tout. La maxi race, c'est 86 kilomètres. Donc, pour moi, ce n'était pas vraiment un ultra. Je me suis dit, il faut vraiment que j'ai cherché un ultra. À l'époque, le TMB était encore accessible. Ça me faisait un peu rêver, mais j'avais été voir. J'avais été voir à la départ et tout. Mais pour moi, il y avait quand même énormément de monde. Et du coup, en tapant sur Internet, je tombe sur l'échappée belle. Rien que le nom, déjà, ce n'est pas ultra truc, c'est échappée belle. Je me suis dit, tiens, ça me paraît sympa. Du coup, je me suis inscrit bêtement à l'échappée belle sans regarder le dénivelé, sans regarder le profil. Sauf que l'échappée belle, en fait, je pense que c'est un des trails les plus durs d'Europe parce que ça fait, à l'époque, c'était 144 kilomètres et 11 millimètres de dénivelé positif dans un massif très rocailleux. L'année où je l'ai fait, il y a eu 71% d'abandon. Et il y avait déjà 48% d'abandon au kilomètres 60.

Loïc Ah ouais.

Hubert Donc, pour dire la difficulté de l'épreuve.

Loïc Et d'ailleurs, cette année-là, c'était spécial du fait des conditions. C'était quoi ? De la neige ?

Hubert En fait, c'était la troisième année qu'il a fait. Donc, ce n'était pas encore très connu. Tout le monde et moi-même, on arrivait sur un ultra avec des temps. Je savais que j'avais une moyenne de, je ne sais plus, à l'époque, je crois que c'était 6 ou 7 kilomètres heure. J'avais fait un ratio comme ça et tout le monde court un peu avec sa montre en se disant bon ben voilà, au kilomètre 30, j'en serais à peu près à telle heure, à telle heure, à telle heure. Sauf qu'en fait, les chapelles belles, ça ne marche pas comme ça parce qu'il y a des cailloux de partout et les 60 premiers kilomètres, ce n'est pas compliqué. J'ai mis, je crois que j'ai mis, j'ai mis 15 heures pour les faire.

Loïc Ah ouais, d'accord. Ah ouais.

Hubert Et là, du coup, j'étais avec un copain et puis mon copain, il était un petit peu dans le dur et il avait chopé une insulation et il faisait très chaud cette année-là aussi, très très chaud. Et du coup, mon copain, il avait déjà fait la deuxième partie, lui, dans une course précédente. Donc, il connaissait, il savait ce qui nous attendait. Il n'arrêtait pas de parler des montagnes qui nous attendaient et je lui ai dit, mais arrête, on avance déjà puis on verra bien. Puis du coup, il a arrêté au kilomètre 60. Et bon, moi, du coup, je dis, bon, là, je suis tout seul, je fais quoi ? Et je suis reparti. J'ai fait 40 kilomètres seul, vraiment seul. C'est que j'ai eu mes premières hallucinations et tout. Donc là, c'est un délire que je conseille vraiment à personne parce que ça fait vraiment peur. Et après, j'ai le pacer dans mon copain qui était prévu. C'était une des seules courses et c'est qu'on avait le droit à un pacer. Le pacer, il est rentré au kilomètre 100. Il allait jusqu'à la fin. Il n'avait pas le droit de sortir. Et du coup, le pacer qui était pour mon pote, il s'est dit, tiens, je vais aller avec ton pote, je vais aller avec Uber. On ne se connaissait pas. Et en fait, du coup, maintenant, c'est lui, mon copain Phil avec qui je nage tous les vendredis. On est des inséparables. On fait toutes nos bêtises ensemble. Et il m'a dit, écoute, on va aller jusqu'au bout, on va y aller ensemble. Et du coup, ça a fait. Mais c'est vrai que c'était quelque chose qui m'a vraiment marqué parce que physiquement, ça m'a marqué. J'étais vraiment cassé de partout. Et puis, le dépassement de soi. J'avais lu des livres là-dessus sur le dépassement de soi, sur plein de choses. J'avais lu des bouquins de Kian Jornet, de Mike Horn, de plein de trucs comme ça. Donc, je savais que j'allais pleurer. Je savais que j'allais sourire pour rien. Je savais que j'allais avoir mal. Je savais qu'à un moment donné, ça allait aller mieux. Donc, tout ça, j'étais au courant. Mais le fait de le vivre, vraiment, c'est quelque chose de vraiment intense. Vraiment intense. et moi, ça m'a chamboulé la vie parce que cette course, depuis, je retourne tous les ans pour être soit bénévole, soit pacer. Ça m'a vraiment marqué. Cette course, elle est vraiment gravée en moi. et pour la petite histoire, j'avais mis 51 heures.

Loïc 51 heures ?

Hubert Pour faire 144 kilomètres, oui. J'avais en dormant deux fois un quart d'heure. Waouh. Donc, voilà.

Loïc Parce que là, tu t'es passé rapidement sur le sujet, mais quand ton pote s'arrête au kilomètre 60, qu'est-ce qui, toi, te fait repartir à ce moment-là ?

Hubert En fait, t'as raison de me poser la question. Moi, au kilomètre 40, déjà, j'étais dans le dur complet. J'avais mal aux genoux. J'avais des problèmes de genoux. D'ailleurs, je me suis fait opérer juste après, en janvier 2016, du genou. J'avais une rotule bipatela, j'ai un problème de rotule qui fissurait, du coup, j'ai mis opérer. Bref, j'avais mal partout. Et en fait, j'ai eu un... Je me suis dit, il était 20 heures le soir. J'étais dans le dur, dans la montagne. J'étais 50 mètres derrière mon pote. Et j'ai eu, je lui ai dit, tiens, comme souvent, je vais appeler ma femme pour prendre des nouvelles à la maison. Et en fait, elle m'a passé ma fille qui, à l'époque, avait 5 ans. Mon fils avait un an. Et en fait, ma fille me parle comme si de rien n'était. Elle me dit, bon, ça va ? T'amuses bien ? C'est joli ? Montagne et tout ? Je dis, ben ouais. Bon, ben, c'est cool. Bon, ben, on vient le voir demain. Allez, à demain. Comme si que... Comme si que, en fait, j'avais pas le droit d'abandonner, quoi. Elle me dit, elle me dit, bon, ben, allez, nous, on vient le voir demain. Et ben, à demain. Et du coup, j'ai raccroché le téléphone et ça m'avait complètement chinté le cerveau. Je me suis dit, bon, ben là, j'ai pas le choix. De toute façon, il faut que j'avance. Et d'ailleurs, après, je redove mon pote David. Il me dit, mais qu'est-ce qui t'arrive ? Je lui dis, mais toi, tu fais ce que tu veux, mais moi, je veux au bout du truc. J'irai au bout. Quoi qu'il arrive, j'irai au bout. Ça avait vraiment déclenché un truc dans le cerveau. Et c'était fini. Il n'y avait plus d'excuses. J'allais au bout. Ma fille, elle m'avait vraiment... Elle m'avait motivé à bloc, quoi.

Loïc Tu lui as dit ça depuis ? Parce qu'elle a 11 ans maintenant ?

Hubert Non, maintenant, ma fille, en 2015, elle avait 5 ans. Donc là, maintenant, elle a 15 ans. Ah oui,

Loïc elle a 15 ans.

Hubert En fait, moi, je l'ai écrit, je l'ai mis sur le papier. Elle l'a déjà lu plusieurs fois et je lui ai déjà dit, mais en fait, moi, c'est mon moteur, c'est ça. C'est ma femme et mes enfants. Si faire une course tout seul avec personne autour, j'y arrive pas. j'ai besoin de leur soutien, j'ai besoin qu'ils soient là. Les copains, c'est pareil, j'ai besoin qu'on... Ouais, qu'on pousse un peu aux fesses, quoi. Je peux... Voilà, c'est comme ça que fonctionne et c'est comme ça que j'ai vu que je fonctionnais, d'ailleurs. En 2015, je m'en suis aperçu. Parce qu'une fois que je les ai vus, ce qu'ils sont venus au kilomètre 100 pour m'encourager, une fois que je les ai vus, j'avais des alliastos aux places de partout, j'avais les genoux strapés, j'avais les chevilles strapées, j'étais complètement oxy, mais juste... Ma femme, elle m'a dit mais ça va faire. Je lui ai dit ouais, de toute façon, je vais au bout, t'inquiète pas, c'est sûr, c'est... Il n'y avait pas d'issue de secours, quoi. Donc, ouais, moi, je fonctionne comme ça. Là encore, j'ai fait un truc il n'y a pas longtemps, un triathlon, et c'est pareil, j'aime bien avoir tout le monde avec moi, et voilà. Pour moi, c'est ça aussi, le sport, l'esprit du sport, c'est partager des émotions, partager des souvenirs. Enfin, c'est comme ça que je vois les choses, en tout cas.

Loïc Et du côté de tes frères, ils ont aussi basculé sur autre chose que le judo, et vous partagez des courses comme ça ?

Hubert Mon grand frère est devenu prof, il a toujours été dans le sport, lui, il était en STAPS après, il est devenu prof de CrossFit, il a sa propre salle maintenant, en Auréloir, sur la Chartres, et il s'est essayé au trail, il est venu plusieurs fois par chez moi pour s'essayer au trail, à chaque fois, c'était un échec, il n'a jamais réussi à aller au bout de ses courses, ou vraiment très très peu, donc non, et mon petit frère est décédé, je l'ai perdu en 2010, juste avant la naissance de ma fille, d'un accident de vélo sur un terrain de BMX, et du coup, c'est pareil, je partageais beaucoup avec mon petit frère parce que c'était le seul de la famille avec moi qui était dans le bâtiment, qui était menuisier, donc on échangeait beaucoup, et du coup, le fait de l'avoir perdu, ça m'a... Bah pareil, je pense que c'est un espèce de... comme un choc qui fait que, après, j'ai l'impression qu'il peut rien m'arriver, en fait, je me sens un peu invincible, et le fait de faire des sports comme ça à l'ultra, à chaque fois que je suis dans le dur, à chaque fois, j'ai cette communion avec lui, je sais pas, dans un... quand je suis vraiment oxy, que j'en peux plus, c'est juste que je regarde vers le ciel et puis je repars, quoi. donc ça, c'est un élément clairement booster pour moi maintenant, donc je m'en sers, je m'en sers dans tout ce que je fais, quoi, voilà. Il est toujours là avec moi, et dès que je fais un truc vraiment, que je pousse le corps loin, je suis sûr qu'il est fier et qu'il me regarde, et voilà, parce qu'il était aussi très sportif, il faisait du judo, d'ailleurs, c'était le meilleur de nos trois, c'est pas juste, c'était le dernier, mais non, c'était le meilleur de nos trois, et puis il faisait pas mal de musculation à côté, il courait aussi et tout, donc il avait un beau physique, quoi.

Loïc Comment il s'appelait ? Il était de quelle année de naissance ?

Hubert Mon petit frère Rémi et mon grand frère Hugues, on avait chacun deux ans d'écart, donc mon grand frère 1983, moi 85 et mon petit frère 87.

Loïc Ah ouais, donc on n'a pas pu être ensemble en judo.

Hubert Non, on s'est raté. Moi, j'étais juste, une fois, j'étais qualifié pour les corpos en France en 2008, je crois, c'était à Coubertin, et mon petit frère était qualifié aussi, et lui, il y a été, et moi, je n'y ai pas été parce que j'habitais déjà ici, et ça me faisait des frais d'aller à Paris, et tu sais bien que le judo, ça tient, et des fois, t'engages tout un week-end pour un combat, donc j'avais pas, voilà, j'avais pas envie d'engager tout un week-end pour potentiellement un combat, quoi. Le fait de faire un ultra comme ça et d'aller très, très loin au fond de moi au niveau mental et au niveau physique, ça m'a vraiment donné envie de recommencer. Alors, pas en trahi, parce que c'était trop dur, parce que tu l'as déjà refait, l'échappe est belle depuis ? Non, non, plus je ne le referai jamais. C'est vrai ? Ah oui, c'est clair pour toi. Ah oui, c'est clair, parce qu'en fait, c'était tellement beau déjà de l'avoir réussi du premier coup, ça n'arrive pas souvent, il y a quand même beaucoup de monde qui se casse les dents dessus, donc pour moi, en fait, je préfère retrouver du plaisir et retourner chaque année pour être bénévole dans la montagne et encourager tout le monde qui le fait et remotiver les troupes, ou alors être pacer pour les copains. D'ailleurs, mon copain qui m'a encouragé, qui était pacer avec moi en 2015, lui, il l'a fait en intégrale en 2016 et j'ai été son pacer. Je l'ai bien, bien reboosté parce que le pauvre était vraiment, vraiment dans le dur et lui, il fait partie de l'organisation de la course d'ailleurs, de l'échappe est belle. Et du coup, cette année, il l'avait fait en 2016, donc en 2026, il se relance dans l'aventure, il veut recommencer. Donc, il m'a redemandé officiellement d'être son pacer, donc il faudra que je retourne un petit peu en montagne parce que j'avais un petit peu arrêté le trail, donc il faudra que je retourne un peu mes miettes parce que jusqu'au mois, c'est le dernier week-end d'août, donc j'ai jusqu'à fin août pour m'entraîner.

Loïc C'est intéressant ce que tu dis. J'ai l'impression qu'il y a un peu deux écoles, en tout cas dans le trail, tu as les gens qui retournent sur les mêmes courses ou qui font la reconnaissance de leurs courses, qui ont repris le parcours avant. Moi, je n'ai jamais fait ça. Et moi, je ne peux pas. Moi non plus. Ce que tu viens de dire, là, ça me fait penser, j'ai fait qu'un seul gros truc, c'est la PTL. C'est tellement énorme. Et une tentative sur le Thor, mais la PTL, franchement, depuis, je me dis systématiquement, mais si j'avais su ce que c'était. Oui, voilà, c'est ça. En fait, mentalement, je pense que j'aurais craqué avant en me disant, mais je ne peux pas, je suis tellement dans le dur alors que ça fait 20 bornes qu'on est parti qu'il en reste 290. C'est clair. Je ne tiendrai jamais.

Hubert Justement, pour enchaîner là-dessus, moi, c'est ça aussi qui a fait que j'ai fini après parce qu'avec les Shepet Bell, ça, c'était pour mes 30 ans du coup, j'ai fait les Shepet Bell, un ultra. Donc, je n'en ai fait qu'un et j'en ferai qu'un, je n'en ferai pas d'autre parce qu'en plus, je pense que vraiment, j'ai fait un des plus beaux, sans prétention, un des plus beaux au monde. C'est vraiment magnifique. On voit près de 30 lacs durant ces 144 kilomètres en montagne, mais c'est juste, enfin, si on a la chance d'avoir le beau temps, c'est vraiment, vraiment absolument magnifique. Donc, voilà, ça m'a donné goût et effort et du coup, après, après, du coup, j'ai ralenti le trail, je me suis fait opérer du genou, donc j'ai ralenti, je continue à courir par là, mais des 20 kilomètres, des 10 kilomètres, des courses aux saucissons, comme j'aime bien le dire, avec zéro en jeu où c'est qu'il n'y a pas trop d'entraînement, t'es avec les copains, tu t'amuses. Donc, voilà, et après, je me suis mis à faire, je regarde mes petites notes, je me suis mis à faire, ouais, j'ai même fait des doubles kilomètres verticales, des choses comme ça, tu sais, un peu, qui sortent du lot, tu sais, un peu, voilà, moi, j'aime bien, j'aime bien pas faire comme tout le monde, tu vois, pas faire, pas faire, par exemple, tu vois, un 10 kilomètres au marathon d'Annecy, par exemple, ça ne m'intéresse pas du tout, tu vois, voilà. Et après, je me suis mis au vélo à cause, grâce d'un collègue à moi de travail qui fait beaucoup de vélo, Fred, qui me dit, ah, ça te dit, tout, viens en faire avec moi, et j'ai dit, ah non, quand je devais avoir 15 ans, mais vraiment, j'ai juste fait deux ans, et il me dit, allez, viens avec moi et tout, donc, je me suis fait prêter un vélo de route par un copain pendant six mois, je me suis mis au vélo, donc évidemment, la grosse claque, et il m'a dit, tu restes dans mes roues, tu ne te mets jamais à cause de moi, tu ne viens pas discuter, tu restes dans mes roues, tu apprends, tu roules, tu baisses la tête et tu roules. Et du coup, je passais des sorties entières, mais en fait, en plus, il m'a emmené direct sur des 60 bornes, et je lui ai dit, mais moi, 60 kilomètres, je ne te rends pas compte, Fred, ne t'inquiète pas, tu ne bouges pas, tu me colles la rue, tu me l'air à moelle, et en plus, c'est un grand gabarit, donc c'était assez facile de prendre la spie, et puis du coup, à force de faire ça, j'y ai pris goût, et puis, je me suis prêté un vélo prêt par mon frère pendant un an, un vélo alu avec fourche carbone, et après, je me suis acheté un vélo carbone, donc un vélo d'occasion, et je me suis mis à faire du vélo de plus en plus, donc là, je me suis mis à faire, j'ai fait, je suis parti en vacances en vélo, une fois, deux fois, donc 300 kilomètres d'un coup, 400 kilomètres d'un coup, d'une seule traite, en partant à minuit et soir, après la journée de travail, enfin le truc parfait.

Loïc Ah punaise, mais attends, ce n'est pas ton père qui une fois vous avez dit vous rentrez à vélo d'une compète ou je ne sais pas quoi ?

Hubert C'est ça quand j'étais en, j'étais jeune, j'avais 15 ans, et mon grand frère, il avait 17 ans, on était en vacances, donc on partait en vacances avec le camion de motocross dans lequel l'habitude de dormir, on était en vacances, donc on pouvait emmener les vélos et tout, à la Rosière, donc au-dessus de Bourg-Saint-Maurice au col du petit Saint-Bernard, on habitait à côté de Chartres, en Orélois, donc on avait nos VTT dans le camion, on avait fait des VTT tout l'été, et mon père nous dit la veille avant de partir, les gars, que de la gueule vous rentrez en vélo, alors on s'est regardé avec mon frère, on a dit, bah ouais, mais à l'époque, il n'y avait pas de, il faut se remettre dans le contexte, il n'y avait pas de téléphone portable, donc ils disaient, pas de GPS, donc du coup, mon père, elle a posé une carte de France la veille au soir, justement, posé la carte de France sur la table du salon, on l'a tracé itinéraire avec une règle, on a essayé de passer toutes les petites routes, il dit, bon voilà, ce qui serait bien, c'est que demain, on serait arrivé là, après-demain, on est arrivé là, ainsi de suite, on avait fait ça en étapes, et on vous donne la carte bleue, donc le soir, vous dormez, pas dans les hôtels de luxe, vous allez dans des ibis ou dans des trucs pas chers, vous mangez ce que vous voulez, et puis vous prenez un sac à dos avec du rechange, et puis on met des pneus routes, il a quand même mis des pneus routes quand même sur nos VTT, il était quand même sympa, donc il nous a mis des pneus routes sur nos VTT, et le lendemain, on partait avec mon frère, sans frontal, sans phare, sans rien, vraiment on partait tous les deux comme ça, avec la carte téléphonique, pour rappeler les parents des cabines, et on est partis comme ça, et on a fait 806 kilomètres en 6 jours, j'ai perdu 4 kilos, mon frère a perdu 6 kilos, on mangeait juste une boîte de thon, le midi, un paquet de chips, et on repartait, on faisait quasiment du 200 banques le jour, c'était n'importe quoi, c'était n'importe quoi.

Loïc C'est ouf, ok, en fait c'est ton histoire où tu me disais je suis parti en vacances, tu avais le jour, je me disais attends, attends, mais il y avait eu un truc, je me rappelle une fois tu avais fait une espèce de traversée Annecy, le sud-ouest je crois, Annecy vers le sud-ouest, non, pour partir en vacances

Hubert dans ce coin là ? Non, j'ai fait Annecy, Aix-en-Provence, j'ai fait, j'ai été un peu plus loin, je ne sais plus où j'étais, j'ai fait 400 qui aiment être le plus que j'ai fait d'un seul coup d'une traite, et ouais, en fait j'étais, ouais, j'ai ma femme, j'ai dit, je ne pars pas, je ne pars pas à vacances, je n'ai pas le temps, parce que j'avais trop de boulot et tout, et elle, elle partait, c'était au quai de l'ascension, elle me dit, t'es sûre et tout, tu ne devais pas venir, et puis je suis jamais, ce soir, je rentre chez moi et je me dis, putain, en fait, je suis trop bête, j'ai essayé ma femme partir en vacances toute seule avec les enfants et moi je suis là, la maison à bosser, du coup, en me mettant dans le lit, ça ne m'avait que de ruminée, du coup, je me suis réveillé à minuit, j'ai pris mon vélo, j'ai changé mes lampes et je suis parti, et je suis arrivé, j'aurais fait la surprise, je suis arrivé au camping, il était 16h je crois, pour le goûter, je suis arrivé, je suis arrivé pour le goûter, donc voilà, ouais, et là,

Loïc tes enfants, alors ta femme, elle doit commencer à te connaître maintenant, depuis, quoi, 23 ans, si je ne me trompe pas,

Hubert c'est ça, exactement,

Loïc tes enfants, ils réalisent un peu, que ce n'est pas tout à fait commun, un papa qui roule 400 bords à vélo,

Hubert tu vois, écoute, je ne sais pas, parce qu'ils ont toujours vu ça, depuis que je suis petit, ils m'ont vu, ben, tu vois, quand j'ai fait mon premier ultra, mon fils, il avait un an, ma fille, il avait cinq ans, après, j'ai enchaîné, tu vois, en 2021, j'ai fait l'Halsman, donc ils étaient petits, donc c'est un triathlon XXL, dans le sens, enfin, c'est un Ironman, avec du dénivelé en plus, donc ça, je l'ai fait en 2021, donc ils ont toujours été là, et donc ils m'ont vu, je ne sais pas si, je ne sais pas s'ils réalisent vraiment, ils ne t'ont jamais dit,

Loïc papa, pourquoi toi, tu viens à vélo, les autres parents, ils prennent le, enfin, tu vois, je ne sais rien,

Hubert ils ne m'ont jamais dit ça, ils m'ont déjà posé la question, pourquoi tu t'en fais autant, alors que tu ne gagnes jamais, donc ça, ah ouais, ouais, ils m'ont dit, mais pourquoi tu t'entraînes, tu ne gagnes pas les courses, pourquoi tu t'entraînes, j'aurais dit, ben, je m'entraîne, pour ne pas souffrir le lendemain, en fait, pour aider le souffrir le moins possible, mais surtout pour finir, parce que je n'ai jamais, d'ailleurs, Loïc, tu as été le témoin du seul abandon de ma vie que j'ai fait, sur l'Halsman, deuxième tentative, ouais, c'était le seul, ok, c'était le seul, j'ai jamais, jamais, jamais abandonné une seule course, quelle qu'elle soit, et du coup, à part l'Halsman, en 2024, et tu étais là en plus, donc je suis dégoûté, même pour toi en plus, mais,

Loïc je ne sais pas si c'est moi qui t'ai porté,

Hubert la seule fois que je suis là, en fait, je l'avais déjà fait, et que je ne suis pas du genre à faire les courses que je fais, là, je l'ai refait, parce que je me suis dit, c'est à la maison, il faut le refaire, et je voulais sonner cette cloche, cette fameuse cloche qui est au kilomètre, donc c'est 3,8 km de natation, 185 km de vélo, avec 5400, 4 ou 5600 de dénivelé, et après, c'est un marathon, donc en fait, c'est comme le Northman, il y a une cloche qui est mise, on fait des boucles en bas, et arrivé au 21e km de la course à pied, si on est en moins de 12 heures de course depuis le départ, on sonne sa fameuse cloche, et on fait les 21 derniers kilomètres dans la montagne, et on va passer l'arrivée en haut du Seine-Nosse, donc en fait, ça rajoute juste 1000 mètres de dénivelé, ça ne rajoute pas de distance, si on est hors délai pour ça, on finit en bas, et on est quand même finisher, et moi j'avais été finisher en bas en 2021, parce que je n'avais pas la prétention du tout de pouvoir accrocher cette cloche, sonner cette cloche, parce que les temps sont quand même assez serrés, 12 heures pour faire 3 km de nage, 185 de vélo avec du dénivelé, et un semi-marathon, c'est quand même costaud, et en 2024, j'ai cru pouvoir le faire, parce que j'avais vraiment progressé sur le vélo avec la race de Croz France en 2023, donc j'ai gagné 1h10 sur le parcours vélo, je crois de mémoire, donc j'avais vraiment bien bien géré le vélo, par contre je ne m'étais pas du tout entraîné pour la course à pied, je voulais y aller au talent, je me suis dit que ça allait faire, et en fait je me suis crôlé sur la course à pied, et je suis arrivé en retard pour sonner la cloche, et vu que j'avais déjà fini cette course en bas, je ne voulais pas refaire ça, parce que je sais très bien qu'après, c'est compliqué d'aller bosser et tout, donc vu que j'avais déjà fini cette course 3 ans avant, je me suis dit bon bah allez, j'arrête là, j'en ai marre, et voilà, donc j'arrêtais au bout de 21 km de course à pied, donc il ne restait plus que, il ne restait pas grand chose, en soi il restait 21 bandes de course à pied.

Loïc Ouais, tu étais, enfin en tout cas dans mes souvenirs, pour t'avoir parlé juste après, tu n'étais pas au bout de ta vie, enfin je veux dire, tu n'as pas arrêté sur une civière quoi.

Hubert Non, non, je n'étais pas bien mentalement, parce que j'avais loupé le truc, donc déjà, voilà, non, mais voilà, et je ne voulais pas me mettre sur une civière, parce que quand je l'ai fini en 2021, j'ai perdu 6 kilos, ce qui en fait, j'ai un problème avec l'alimentation sur la course à pied, je n'arrive pas à m'alimenter dès que ça arrive la course à pied, et du coup, j'étais en, bon bah, puis évidemment, déshydraté à fond, donc ouais, j'avais vraiment pris cher en 2021, et je ne voulais pas que ça recommence, je m'étais dit, parce qu'en 2021, j'étais, j'étais, aussi j'étais à mon compte, mais ça allait le boulot, je n'avais pas trop de boulot, mais là, vu que je suis débordé et tout, et je me suis dit, si c'est pour être derrière sur les chantiers, une semaine avec la langue qui pend par terre, parce que je n'arrive plus à travailler, ça ne sert à rien non plus.

Loïc Ouais, puis je me, si j'ai bonne mémoire, tu me corriges si je me trompe, mais le vélo avait été un peu éprouvant aussi, mentalement, il faisait,

Hubert il pleuvait.

Loïc Ouais, c'est ça,

Hubert exactement, exactement.

Loïc Au moment où il a plu, tu étais sur des sections où ça descendait à mort, il fallait être sur les freins tout le temps. Et à l'époque,

Hubert j'étais en frein carbone, sur genre de carbone, ça ne freinait pas, donc en stress permanent. Donc, ouais, ouais, il y avait ça aussi en plus du truc, donc c'est vrai que c'était, c'était pas une année super, mais bon, donc c'est pas grave, ça arrive, mais je suis un peu tombé de haut, parce que je me sentais un petit peu, invincible, entre guillemets, vu que j'ai toujours fini, et que j'ai toujours été au bout des choses. Voilà, et puis j'ai eu un, en 2023, j'ai fait, à force de faire du vélo comme ça, j'ai fait la race croix France, et ça, le fait d'être finisher de ça, ça, je suis, j'ai pas fait une dépression après, mais presque en fait, tu vois, l'impression d'avoir fait un truc tellement dur, que tu te dis, mais en fait, t'as quoi bon refaire quelque chose derrière ça, j'ai l'impression que j'avais fait vraiment le, pas le graal, mais, ouais, quand on parle, avec le recul, maintenant, c'était un sacré chantier, mais quand on parle avec des gens, qui font un peu de vélo, t'as déjà fait des courses de vélo, je dis, bah ouais, j'ai mis une fois un dossard, t'as fait quoi, bah j'ai fait la race croix France, mais t'as fini, bah ouais, et les mecs, ils te regardent tout de suite avec, oh, il est cinglé celui-là, c'est une course de 2500 km, avec 40 000 mètres de déniveau positif, moi, l'année où je l'ai fait, et en autonomie totale, avec quelques bases de vie, et ça, c'était une aventure, un peu comme l'Ultra Trail en 2015, c'est une course qui m'a vraiment marqué la vie, au fer rouge, vraiment.

Loïc Par rapport, alors, parce que, bon, la race croix France, tu l'as dit, je pense que pour quelqu'un qui a, comme moi, qui a jamais, je crois que le maximum que j'ai roulé en une journée, ça doit être 190 km,

Hubert c'est déjà très bien,

Loïc voilà, j'avais déjà eu ma dose pour un bon moment, donc, en tout cas, j'ai jamais enchaîné, j'ai jamais fait de course, où c'est nécessaire d'enchaîner les jours, de la gestion du sommeil, etc., tu vois, comme sur un format BikingMan, ou Race Cross France, ou même certains Gravelman, mais, c'est quoi les aspects qui t'ont marqué, enfin, je veux dire, par rapport à, tu vois, l'échappe est belle, où ce que t'évoquais, c'était la difficulté, mais en même temps, les paysages étaient incroyables, la gestion de la solitude, et puis tes proches qui étaient là, sur la Race Cross France, qu'est-ce qui fait que ça t'a marqué ?

Hubert Ce qui a marqué, c'est la durée déjà, tu vois, moi j'ai mis 8 jours et 10 heures, donc déjà, tu pars sur un effort qui est compliqué à gérer, moi je suis pas du jour à faire des plans, j'avais fait aucun plan, mais en fait, t'arrives pas à tenir tes plans, ta cadence, le mental, c'est compliqué de gérer sur 9 jours, tu vois ce que je veux dire, c'est pas comme un week-end, c'est que tu sais que demain, t'as fini par exemple, là tu pars dans un chantier, mais moi je suis parti complètement, la fleur au fusil, en plus je suis parti, j'avais pas de tente, j'avais pas de duvet, ma femme me dit, tu vas dormir où ? Je lui dis, oh bon je devrais dormir chez l'habitant, fleur bleue, je me suis dit, je me suis dit que ça allait bien se passer, je suis vraiment parti serein, et j'ai un ami à moi, Johan, qui est coach de judo, pas de judo, de vélo, qui est un ancien athlète de haut niveau en vélo, il m'a vu avant le départ et tout, et il m'a dit, non mais je sais pas si tu sais dans quoi tu te lances, je lui dis, bah si si, si si, la race-cro, 2500 bornes, si si, ça va faire, et lui il m'a dit, après, il m'a dit, mais en fait j'aurais même pas mis une pièce sans toi, quand je t'ai vu partir comme ça, je me suis dit, c'est pas possible, avec mon vélo, mon vélo aéro, avec des pneus gonflés à 8 bars, un pneu de 23 mm, ouais c'était vraiment pas le top quoi, mais je suis parti, tout sourire, tout bien, et en fait, et en fait, dès la première nuit, rien ne s'est passé comme prévu en fait, dès la première nuit, j'étais complètement cuit, parce que finalement, je pense que ça m'a quand même fait stresser, j'avais mal dormi la veille, donc première nuit déjà, gros coup de barre, j'avais envie de dormir, alors qu'on était parti, j'étais parti à 18h le soir, et à minuit, j'étais déjà en train d'essayer de dormir dans un fossé, tu vois, j'étais vraiment en manque de sommeil, et du coup, du coup, première nuit, et du coup, après, j'ai pas réussi à dormir, nuit blanche, j'ai rencontré un gars, avec qui j'ai roulé, et du coup, on a fait que discuter pendant 3 jours, on est restés ensemble pendant 3 jours, on a dormi, il me dit, disons où ce soir, je lui dis, bah j'en sais rien, bon, il me dit, on peut aller à l'hôtel, donc la première nuit, on n'a pas dormi, deuxième nuit, on était à l'hôtel, troisième nuit, hôtel, et puis finalement, je dormais à l'hôtel, toutes mes nuits finalement, hôtel, Airbnb, et puis, et puis voilà, mais j'avais rien, rien programmé du tout, et c'est ça qui fait, rien reconnu sur le parcours, rien programmé, et je pense, même si je savais la difficulté de l'épreuve, parce que je suis quand même pas fou à ce point là, de m'inscrire sans connaître les risques, mais le fait de, comme toi, de pas reconnaître, et de pas aller chercher tous ces détails là, et bien en fait, ça me combre pas l'esprit, tu vois, et du coup, je peux juste rouler, voilà, avant le départ, j'avais monté un groupe WhatsApp avec les copains, avec tous mes copains, et puis la famille, en disant, voilà, je monte un groupe WhatsApp, c'est pas pour, c'est pas pour, enfin, me raconter, c'est juste pour vous donner des nouvelles, pas que vous m'appelez tous les 4 minutes, quoi, donc j'ai dit, voilà, on fait un groupe, de temps en temps, je vous donne des nouvelles, et voilà, sauf qu'en fait, les copains, ils ont vu le petit bonhomme qui avançait sur l'écran, via la balise GP, ils sont tous devenus accros à la course, ils étaient tous au taquet, à tel point que j'avais un copain, dès le deuxième jour, il s'est, en fait, il a été génial, parce qu'il m'a fait, tout le matin, je m'ai réveillé, il me dit, bon alors, Hubert, aujourd'hui, je t'ai préparé, ton roadbook, tu dois aller à tel point, ce soir, tu peux arriver là, je te conseille d'arriver là, parce que si tu dépasses ce village là, après, t'as plus rien pendant 5 ans de borne, à mon avis, tu vas bien te manger là, parce que si tu manges là, ce sera mieux pour toi, parce qu'après, il n'y a plus rien et tout, donc en fait, le mec, tous les jours, il me disait le sens du vent, le temps qu'il allait faire, la météo, le kilomètre, le dénivelé, il m'a fait ça, gratuitement, sans que je ne demande rien, tous les jours, et j'ai respecté son truc, comme un bon petit soldat que j'étais, j'ai respecté, je dis, aujourd'hui, j'ai combien de borne, aujourd'hui, t'as 300 borne, bon, ok, aujourd'hui, j'ai 300 borne, et en fait, je ne me disais pas, c'est trop, c'est pas assez, je me disais, bon, ça a été au bout, comme ça, donc ça, c'est vraiment cool, c'est vraiment des moments de partage, toujours, même les copains, le partage, la famille, moi, au kilomètre 1000, j'ai eu un gros coup de moins bien, parce que mon copain qui j'étais, il a abandonné, et du coup, j'étais pas bien, et ma femme, je l'ai eu au téléphone, elle m'a eu, enfin, elle m'a dit, elle m'a dit une phrase toute bête, mais elle m'a dit, depuis le début, tu es sur le groupe, tu envoies des photos, toutes les photos que tu envoies, tu es dans le dur, tu tires la tronche, elle me dit, juste souris, nous, on veut te voir sourire, profite, tu t'es entraîné pour être là, t'as la chance d'être là, t'as la chance de faire un truc qui lui plaît, profite, et en fait, c'est tout bête, mais une fois que t'as ça en tête, ça change totalement la philosophie de la course, tu vois, moi, moi, je me suis dit, putain, elle a trop raison, en fait, c'est faux, il y a des milliers, milliers de gens en France, ne serait-ce qu'en France, qui rêveraient juste de mettre les fesses sur un vélo, et qui ne peut pas, pour quelconque raison, physique, ou financière, ou mentale, je ne sais pas, et nous, on a la chance de pouvoir le faire, on a la chance d'être là, donc, vas-y, appuie sur les pédales, et puis avance, quoi.

Loïc Tu sais que, je ne sais pas si tu te souviens, mais avant que je parte pour le Thor, tu m'avais envoyé ça, tu m'avais dit, un partage, quand je suis dans le dur, j'essaie de sourire, etc., et je l'ai fait pendant le Thor, je m'en suis rappelé, je l'ai fait, bon, je ne l'ai pas fait très longtemps, parce que je me suis arrêté au bout de 65 bornes.

Hubert Tu as fait un petit coup de mieux, quand même.

Loïc Voilà, et en fait, je l'ai fait, et après, la course est passée, j'ai oublié, etc., et là, il n'y a pas longtemps, j'ai repris la lecture d'un livre que je te conseille vraiment, alors, il faut que je trouve la traduction en français, parce que c'est un copain, un ancien invité du podcast, Lilian Dosa, qui a traversé l'Atlantique à la rame, qui a fait le Tour de France à vélo, etc., qui me l'avait offert, le livre s'appelle Endure, de Alex Hutchinson, et c'est sur les performances physiques, et en gros, le lien entre mental et performance physique. Et au moment où je commence à le relire, mais là, il y a deux jours, tu vois, donc j'avais ton épisode en tête, enfin, on avait déjà planifié le truc et tout, je tombe sur un chapitre où il parle de, dans les années 60, je crois, des coachs en athlétisme qui commençaient à apprendre, à travailler sur le relâchement musculaire du visage, et du bas de la mâchoire en particulier, dans la performance, tu vois, de dire qu'en fait, s'il y a des tensions, pour eux, alors que scientifiquement, il n'y avait rien qui appuyait le truc, tu vois, mais ils disaient, leur feeling, leur feeling, c'était que, en fait, s'il était tendu au niveau de la mâchoire, etc., ça a un impact sur ta performance. Non, mais j'en suis convaincu. Voilà, du coup, c'est ce qu'ils disaient, qu'ils avaient entraîné des générations d'athlètes à avoir la mâchoire relâchée, et que dans la foulée, il y a d'autres chercheurs qui ont repris ce sujet, et qui, pour le coup, eux disaient, mais en fait, il faut aller au-delà de ça, le sourire, le sourire, en fait, active un certain nombre de choses, physiologiquement, qui sont hyper bénéfiques, à l'effort. Et je me dis, punaise, mais la vache, mais c'est fou, c'est exact, enfin, c'est ce que Hubert m'avait dit avant le Thor, et c'est vrai que, pour le coup, en tout cas, d'un point de vue sensation, je n'avais pas de capteur sur moi et tout, donc ce que je raconte là, scientifiquement, n'a aucune valeur, mais sur le Thor, les deux, trois passages, les deux, trois côtes où je tirais un peu la langue, le fait de sourire, j'ai l'impression que ça passait mieux, tu vois.

Hubert Ah, mais c'est sûr, et moi, ça, c'est mon copain, un fils qui m'avait dit ça, son échappé belle en 2015, qui m'avait dit ça, qui m'avait dit, arrête-toi, regarde, juste, autour de toi, souris, souris, mais force-toi à sourire, alors des fois, t'en peux plus, évidemment, t'es cuite complet, mais le fait de se forcer à sourire, de faire un vrai sourire, alors tu parlais un petit peu bête, quand t'es tout seul en montagne, mais, et moi, ça me booste grave, même en 2015, tu vois, c'était, c'était vraiment, on était devant, c'était la deuxième nuit que je faisais, la deuxième nuit blanche, et, c'était la pleine lune, mon pote, il s'arrête, j'ai dit, qu'est-ce qu'il y a, moi, j'étais tuy, je voyais plus mes pieds, j'étais complètement carbo, il me dit, arrête-toi, regarde la lune, regarde comme c'est beau, regarde, prends-en plein la tête, il dit, hop, là, il simule un appareil photo, avec ses mains, il dit, hop, clic, dans la boîte, ça, ça est rangé dans ma tête, tu vois, et il faut que je me ressorte quand ça va pas, et ça, j'ai pris l'habitude aussi de le faire, je m'arrête, quand je vois quelque chose de magnifique, bah, ce matin, par exemple, j'ai vu un lever de soleil, bah, je t'enverrai les photos, mais vraiment, c'était magnifique, c'était rose, avec le lac qui était plat et tout, je me suis arrêté avec le camion, j'étais prendre en photo ça, en photo avec mon appareil photo, et aussi, dans ma tête, je me dis, clac, ça, c'est dans ma tête, c'est restant un souvenir, tu vois, et j'essaye de, et de, et de me rappeler de ça, et de sourire, et pour moi, c'est vraiment une, c'est une thérapie qui marche vraiment trop trop bien, et comme, j'avais fait un try en 2000, je crois que c'était en 2016, j'avais fait un try au parc des Gleysins, à Adsi, c'était à 25 kilomètres, et il y a un mec, l'organisateur, il a une phrase qui, moi, maintenant, me résonne en permanence quand je fais des choses comme ça, il pleuvait des sodos, ce jour-là, mais vraiment, et il faisait froid, on était tous sur la ligne de départ, et pour le coup, là, il n'y avait pas un qui souriait, tout le monde tirait une tronche d'enterrement, on avait froid, on grelottait, tandis qu'une chose, c'est que le départ, il sonne, et en fait, le mec, la course, tous les ans, elle est pour un enfant handicapé, et le mec nous dit, vous avez froid, c'est dur, ça va être dur, ça va être très dur aujourd'hui, parce que les chemins, c'est pentu, il y a de la boue, ça va être dangereux, mais n'oubliez pas une chose, et là, il fait monter la petite fille qui était handicapée, qui était en photovolant, qui était trempée comme nous, il la fait monter sur le podium, il dit, n'oubliez pas une chose, c'est que la petite fille qui est là, aujourd'hui, vous courez tous pour elle, et elle, elle rêverait d'être à votre place aujourd'hui, donc ne vous plaignez pas, faites le job, prenez du plaisir, trouvez du plaisir là où il y en a, il faut le trouver, et pensez à cette petite fille qui est là, qui rêverait juste d'être avec vous, de pouvoir se lever du fauteuil, et d'aller courir. Et ça, moi, ça m'avait vraiment marqué, je me suis dit, mais il a tellement raison, il a tellement raison, on a la chance de faire ce qu'on aime, le sport qu'on aime, il faut y aller, il faut y aller avec le sourire et profiter, même si des fois, il y en a qui cherchent la perf, la gagne et tout, il y a toujours, moi j'ai toujours cet esprit, j'ai déjà fait des courses que j'ai essayé de gagner, ce sont des 10 km, des choses comme ça, c'est que vraiment, je me donne à fond, je m'explose, il y a toujours ce côté plaisir de se dire, on a la chance d'être là, et il faut vraiment faire le max pour en profiter.

Loïc En parlant du coup de, j'imagine que là, il y avait peut-être une association qui était associée à cette course, qui avait organisée, qui avait fait en sorte que tous les ans, un nouvel enfant handicapé puisse venir, c'est quelque chose, le fait de courir pour une cause, d'un point de vue, structuré avec une asso, etc., toi c'est quelque chose que tu as, je sais que tu l'as fait récemment, tu l'as toujours eu en tête ou c'est récemment ?

Hubert Bah en fait, lui il a semé une graine ce mec-là quand il m'a dit ça en 2016, et avec mon copain Phil, là toujours le même fou, on a décidé de traverser le lac d'Annecy à la nage en 2022, pour Siméon, c'est un, Siméon c'est un, c'est le fils d'un copain, un nou, qui est handicapé, qu'elle m'a dit orpheline, et du coup, il a créé l'association qui s'appelle Descimes et démons, pour Siméon, et il a dit, mon pote Phil, il a dit, bah allez viens, pour l'association, on essaie de raconter des fonds, on traverse le lac d'Annecy, alors j'ai dit, ouais, traverser le lac, Phil, c'est 15 bornes, dans le sens de la longueur, et il me dit, ouais ouais, mais ça va faire et tout, et je dis, bon bah ok, puis, vu que je ne sais pas dire non, je dis, bon bah ouais, si tu veux, donc on a fait ça, donc tout le monde, il y a plein de gens qui nous ont accompagnés, c'était génial, on n'a jamais été que tous les deux, à chaque fois, il y avait des copains qui n'aient nagé un ou deux kilomètres avec nous, il y avait des canoës qui nous suivaient, qui nous faisaient la sécurité, Siméon justement, petit bonhomme, il nous a rejoint avec son père à l'arrivée, enfin, tout était parfait, j'en ai parfait, bon c'était quand même très compliqué, on a mis, on a mis 7h30 je crois, ah ouais, 7h30 dans l'eau, je ne te cache pas que tu laisses un paquet de calories, donc, et puis c'est pareil, on a fait ça fin septembre, l'eau était à 19, ce n'était pas non plus les meilleures conditions, mais bon, ça a fait, et Phil en faisant ça, c'est pareil, il a arrosé cette graine que j'avais déjà, et maintenant, quand je fais quelque chose, donc là, j'ai aussi fait le bol d'or en vélo, 24 heures de vélo, j'ai fait ça en 2024, on l'a fait pour l'association Basket au pied, pour les enfants qui sont atteints d'un cancer à l'hôpito, là récemment, j'ai fait le T24, donc un triathlon de 24 heures, ou c'est qu'on tourne en rang pendant 24 heures, j'ai fait ça pour deux associations, pour Décimer Démons et pour les petits doudous d'Annecy, donc ça c'est, voilà, le but, alors c'est vrai que je ne récolte pas non plus des sommes astronomiques, mais le but c'est d'en parler, d'essayer de récolter des fonds pour eux, et surtout d'en parler, et puis aussi de faire prendre conscience à tous ceux qui sont là aussi, qu'on a la chance de le faire, et que, à travers nous, c'est aussi les enfants qui voyagent, tu vois, et ça, en tant que parent, parce que moi, j'ai la chance d'avoir deux enfants en pleine santé, c'est quand même génial de pouvoir aider un petit peu à ma manière.

Loïc Clairement, et je pense, enfin, tu vois, je reviens sur mon abandonment du tort, mais c'était la première fois que je décidais de le faire aussi avec, en communiquant en tout cas autour d'une cause, et c'est vrai que du coup, tu, enfin moi, en tout cas, je n'ai pas pris le départ avec la même approche. Ouais. Tu vois, c'est plus juste toi qui kiffes à titre perso, même si dans les faits, c'est le cas, c'était moi sur les santé, c'était moi qui kiffais, c'est moi qui avais la chance de faire tout ça, mais c'est quand même, j'ai trouvé ça très cool, je ne l'avais jamais fait jusqu'à présent, j'ai trouvé ça très cool de pouvoir donner de la visibilité à des gens qui en ont vraiment besoin, pour le coup, à travers un truc fun, tu vois, donc,

Hubert en plus de jouer un outil agréable, ça te donne en plus une motivation supplémentaire.

Loïc Clairement, ouais.

Hubert Moi, très clairement, là, j'ai fait, je te parlais du T24 que j'ai fait là, au mois de septembre cette année, c'était un triathlon, c'est qu'on faisait 4 heures de natation sur une boucle de 1 km, 12 heures de vélo sur une boucle de 16 km, et 8 heures de course à pied sur une boucle de 4 km et demi. Et en fait, moi, j'ai eu la chance de trouver un sponsor, un ami qui m'aide, et du coup, il m'avait dit, si tu veux, ce qu'on peut faire, c'est que chaque tour que tu fais, ça rapporte, c'est des pièces qu'on met à chaque fois dans les cagnottes des associations. Excellent. Et ça, c'est un booster énorme pendant ta course, parce que quand t'es sur ton vélo et que t'en peux plus, tu dis, allez, je repars pour un tour, chaque kilomètre que je fais, c'est des sous pour les enfants, pense à eux, et ça, c'est un booster, c'est génial. Et puis, en plus, c'est fun, parce que ça te donne le sourire, tu te dis, allez, hop, encore un tour de tour, tu te fais, ça repart comme ça, mais ouais, c'était génial. Et puis, dans le partage, toujours, c'est toujours pareil, on partage, donc c'est top.

Loïc C'était quoi l'entreprise qui t'a accompagnée ? Parce que je crois que c'était la première fois que t'avais un sponsor, c'est ça ? Ouais,

Hubert c'est la première fois que j'ai trouvé un sponsor. En fait, c'est moi qui ai fait la démarche parce qu'aujourd'hui, je sais pas si, enfin, t'es au courant, mais les engagements sont de plus en plus chers. Notre passion, et moi j'en ai plein de passions, toi j'ai le vélo, triathlon, le travail et tout, moi je trouve que les engagements sont de plus en plus chers, c'est pas toujours justifié. Par exemple, tu vois, le triathlon Nancy, c'est ce route ouverte, j'ai rien contre le triathlon Nancy, mais je l'ai fait plusieurs fois, mais c'est ce route ouverte, c'est un effort qui dure pas très longtemps, c'est un format olympique, on paye 90 euros quasiment l'inscription, il y a ravitaillement à la fin, tu vois, je trouve que c'est pas totalement justifié, et là, la course de T24, c'était 500 euros l'inscription. Ah oui. Donc, moi, je roule pas sur l'or, très clairement, et j'en ai parlé à mon copain, et je lui ai dit, moi, j'aimerais bien faire cette course, mais je veux pas mettre 500 euros de ma poche pour faire une course, je trouve ça hors de prix. Et c'est là qu'il m'a dit, si tu veux, on te sponsorise, donc lui, l'entreprise, ça s'appelle Repair, c'est une plateforme d'investissement qu'on verra tous, qui est dans le domaine de l'immobilier et de la restauration, il m'a dit, moi, si tu veux, je te sponsorise pour toutes les courses que tu fais, on fait un planning, et tu me dis, et moi, je te paye tes engagements, et plus, s'il faut, les frais que j'ai pour y aller en voiture, les équipements, donc, j'ai signé un partenariat avec lui, et c'est génial, du coup, parce que ça m'a enlevé une pression, parce que, parce que quand tu, tu sais, le vélo, ça coûte cher, les entretiens, ça coûte cher, tout coûte cher, et du coup, tu te dis, bon, voilà, si je suis un peu aidé à cette partie-là, alors évidemment, c'est pas des millions, mais si je suis un peu aidé, et bah, ça rend le truc encore plus sympa, tu vois, quand c'est gratuit, c'est toujours mieux, c'est ce qu'on dit, donc, donc, voilà, mais tu vois, la Règle Secreau France, en 2023, j'avais payé mon inscription, à l'époque, c'était 400 euros, 400 euros pour traverser la France, sur une course qui dure, qui est une deadline de 10 jours, bon, bah là, pour le coup, je trouve que c'est pas cher,

Loïc ouais,

Hubert parce que c'est quand même une course qui dure 10 jours, il y a quand même toute une logistique derrière, il y a quand même une équipe médicale, il y a tout ça, au cas où, en gris de pépin, c'est quand même, ça va, c'est pas cher, aujourd'hui, n'importe quel trail, ou ultra trail, même à 10 kilomètres, avant, quand j'ai commencé le trail, moi, à 10 kilomètres, c'était 10 euros, c'était toujours 1 euro du kilomètre, l'année où j'ai fait, mon échappé belle, en 2015, c'était 144 kilomètres, j'avais payé 160 euros l'inscription, je crois, aujourd'hui, bah, tout a augmenté, quoi, tu vois, une inscription, ça a du TMB, je sais,

Loïc t'en disait en 1000 euros, moins rapporté, et puis, moins rapporté au nombre de kilomètres, que j'ai vraiment fait,

Hubert ça fait cher le kilomètre,

Loïc ça fait cher le kilomètre,

Hubert mais du coup, t'as réussi à te faire aider, pour ça toi, ou pas, justement,

Loïc alors, non, sur les équipements,

Hubert peut-être,

Loïc oui, sur l'équipement, oui, oui, oui, non, absolument, sur l'équipement, là, au moment où on enregistre, c'est pas encore officiel, mais, il y a, j'ai une entreprise, bon, j'en parle, parce que ça me fait plaisir, et puis, ça fait trois ans d'affiché, qu'on travaille ensemble, mais il y a Simalp, qui est partenaire du podcast, en 2025, et ça va être annoncé, en décembre,

Hubert oui,

Loïc enfin, sur un mois, et dans le cadre de ce partenariat, j'avais du matériel, donc, non, non, j'étais équipé intégralement, pied à la tête, en Simalp, donc, c'est sûr que ça, c'était déjà,

Hubert bon, c'est sur sa prime, parce que chaque veste, chaque truc, c'est pas que je sois radin, mais, c'est que je trouve que, en fait, les mecs, ils surfent sur la vague, que ça soit la mode, et les prix, ils s'envolent complètement, quoi.

Loïc Ah bah, s'il faut que tu t'équipes, de la tête aux pieds, du matériel neuf de trail, t'en as pour 1000 euros, tu veux, tu veux des vestes de pluie, une veste de pluie, une veste chaude, une paire de chaussures, un short, t-shirt, un pantalon, t'es à 1000 euros,

Hubert tu vois, moi, en 2015, déjà en 2014, quand j'ai fait la Maxi Race, j'avais déjà été à mon patron, parce que j'étais salarié d'une grande entreprise, on était 100 entreprise, et on était deux, en Zingri, mais c'était une grosse entreprise, de charpente menuiserie, et au culot, j'étais là, mon patron, j'ai dit, bah voilà, je vous explique, aujourd'hui, je fais du trail, ça me coûte trop cher, je veux que vous m'aidez, il m'a dit, bah ok, qu'est-ce que j'allais gagner, je dis, bah moi, on fait de la pub pour le boulot, moi, je fais des t-shirts, on les fait floquer, non entreprise, et tout, il m'a dit, bon bah banco, il m'avait payé des tenues complètes, floquer nos entreprises, et après, en 2015, j'ai été le revoir, il m'avait payé l'inscription, à Chapitrelle, il m'avait donné le jour de congé, avant la course, et après la course, donc j'étais payé, je sais moi, à rien faire, et en fait, j'avais négocié comme ça, et du coup, j'avais négocié avec eux, je dis, bah moi, voilà, par exemple, à l'époque, j'ai fait deux ans de crossfit, je fais un peu de sport, pour compléter, faut me laisser une demi-heure de plus le midi, ouais, pas de soucis, je m'étais installé une salle de sport dans mon atelier, avec un entraîneur d'accord d'un sauté, je venais le matin très tôt, pour m'entraîner, et en fait, j'avais accès à tout ça, et c'est peut-être pour ça aussi, que je suis parti au bout d'un moment, c'est que, bah, ça fait des jaloux, comme toute grosse entreprise, les mecs viennent te voir, ouais, mais toi, t'as le droit à ça, t'as le droit à ça, moi j'ai pas le droit, donc, c'est comme ça fait dans les grosses entreprises, donc, voilà, mais, ouais, je m'étais déjà, je m'étais au culot, j'avais déjà été voir mon patron, pour lui demander de l'aide, il m'avait aidé, il me payait trois paires de chaussures par an, il me payait des tenues, des sacs, enfin, comme quoi, il faut oser, mais moi, pour le coup, là-dessus, moi j'ose, parce que, en plus, et puis j'étais fier de courir pour mon entreprise aussi, tu vois, j'étais fier de travailler pour cette entreprise-là, ça me posait pas du tout de problème, d'avoir un gros logro dans le dos, devant, j'avais aucun problème, après, j'ai joué aussi carte sur table, je dis, moi, je vais pas monter sur les podiums, je vous le dis tout de suite, mais les photos, à chaque fois, donc dès qu'il y avait des photographes sur les courses, et bien, j'ai acheté des photos, et je leur donnais, ils mettaient ça sur leur site, tu vois, ça en faisait de la pub, en disant qu'ils étaient un peu dans la démarche un petit peu écologique, montagne, tout ça, tout et tout, quoi.

Loïc C'est super qu'on parle de ce sujet en particulier, parce que, je le mentionne dans plusieurs épisodes, sur le podcast, souvent, tu m'as souvent envoyé des messages en me disant, mais ça serait cool que tu demandes à ces invités-là, comment ils font pour, tu vois, se payer un tour du monde, une traversée, de tel continent à pied, et quand j'y pense, je mentionne, tu vois, je te mentionne, je dis, ah oui, alors attends, j'ai une question, parce qu'il y a Uber qui me demande souvent, mais tu as tellement raison, tu vois, parce que, de l'extérieur, c'est typiquement le genre de sujet, et surtout en France, qu'on ne parle pas trop, tu vois, mais en fait, ton histoire, ben voilà, comme plein d'histoires d'ailleurs d'invités sur le podcast, quand je pose la question sur la partie finance, c'est juste une preuve de plus que, ben, il faut oser demander, et qu'il y a toujours plein de choses qui sont possibles, et parfois, il y a des soutiens. Moi, je parlais de principe,

Hubert où tu n'as rien à perdre, en fait, qu'est-ce que tu as à perdre ? Donc, moi, j'ai toujours demandé, pour la Reste Croix France, en 2023, j'ai discuté avec des gars, mais en plus, des mecs que je ne connais pas forcément, je discute, et puis je dis, ah, t'es patron, tout machin, ben, tu peux m'aider, d'un coup, je lance le sujet en rigolant, et puis le mec, du coup, ben, j'ai mis une petite graine, et puis il réfléchit, il me rappelle deux jours après, ouais, pourquoi pas, ton idée, il me dit bien, j'ai dit, ouais, ben, allez, hop, on y va, feu, et, pour la Reste Croix France, j'avais trouvé deux, trois sous aussi, ça m'avait payé, ça m'avait payé, quatre nuits d'hôtel, tu vois, par exemple,

Loïc ouais,

Hubert ben, quatre nuits d'hôtel, ben, c'est pas négligeable, quoi, quand tu peux, quand tu peux ne pas les payer, toi, c'est toujours de l'argent que tu gardes pour manger, ou pour autre chose, quoi, donc,

Loïc je donne souvent cet exemple, le podcast, quand le podcast a commencé à prendre, enfin, commencé à prendre, en toute humilité, mais quand, quand, voilà, je savais que je voulais continuer, que ça me plaisait vraiment, etc., j'avais pas de bureau, enfin, j'avais rien, tu vois, j'enregistrais, je posais un micro sur un lit, et je mettais des coussins autour du micro, et ça faisait, voilà, mon studio, quoi, si tu veux, et au bout d'un moment, je me suis dit, non, mais là, il faudrait quand même que j'ai un, juste une planche, tu vois, une planche avec deux pieds pour poser un ordinateur dessus, quoi, juste le minimum, et j'ai regardé les bureaux assis debout, les bureaux sur pied électrique, là, tu peux lever, et ça coûte super cher, en fait, ça va dire ça, je sais pas, ce que je regardais, c'était dans les 800 000 euros, tu vois, franchement, non, je vais pas mettre 800 000 euros dedans, je vais contacter une entreprise qui fait des bureaux assis debout, et je vais leur dire, est-ce que vous voulez être sponsor du podcast, tu vois, mais rien à voir, je fais un podcast, enfin, mon podcast, tu le sais très bien, les invités, on parle pas de business, on parle pas de, donc, a priori, tu pourrais, enfin, t'aurais pu te dire,

Hubert qu'est-ce qu'il me demande ce mec-là, quoi,

Loïc ça va pas les intéresser, j'ai envoyé un mail, un dimanche, à une entreprise qui fait des bureaux assis debout en France, le lundi matin, à 8h, j'avais une réponse de la PDG, qui me disait, oui, ça m'intéresse, ça nous intéresse, on y va, voilà, tu vois,

Hubert c'est fou,

Loïc et j'ai toujours mon bureau assis debout, 5 ans plus tard,

Hubert et toi, tu l'aurais pas demandé, tu l'aurais peut-être jamais eu ton bureau, donc, c'est clair qu'il faut oser, ouais, il faut oser, moi, là-dessus, j'ai pas trop de remords, parce que ce que je dépense pas à côté, c'est de l'argent pour toi, pour la famille, pour aller au restaurant, avec tes enfants et tout, c'est quand même plus sympa que d'acheter, c'est déjà assez égoïste ce qu'on fait, c'est des sports, c'est qu'on est quand même tout le temps tout seul, moi, je trouve ça, j'en suis conscient, que ce soit hyper égoïste, le triathlon, c'est égoïste, le tra-trail, c'est égoïste, c'est des sports qui sont vraiment, un peu centré, un peu centré.

Loïc Comment on trouve cet équilibre, d'ailleurs, avec ta femme, avec ta famille, est-ce que ta femme a aussi des hobbies, qui prennent aussi du temps, ou elle est seule, ou c'est quoi l'équipe que vous avez réussi à trouver ?

Hubert Alors, je sais pas trop comment on a réussi à trouver cet équilibre, après ma femme, à nous, je te dis, ça fait un tas qu'elle tente ensemble, donc on se connaît par cœur, ouais, moi, j'ai besoin de son soutien, et j'ai besoin qu'elle approuve ce que je fais, typiquement, en exemple, l'arrière secro France en 2023, sachant que j'ai pas dû me faire un accident de vélo et tout, bon, c'était pas sur la route, mais elle m'a dit, mais moi, je veux pas que tu fasses cette course, je trouve ça trop dangereux, et c'est vrai que le vélo, moi, je trouve que c'est un des sports les plus dangereux, même moi qui suis motard, je fais la moto, je trouve que le vélo est encore plus dangereux, parce que les mecs, ils te respectent pas sur la route, en fait, en voiture, donc, je lui dis, bah écoute, on en a discuté, je lui dis, moi, si vraiment tu veux pas que je la fasse, parce que moi, j'étais déjà inscrit et tout, parce que moi, quand j'ai un truc en tête, généralement, je vais jusqu'au bout des choses, je dis, moi, si vraiment cette mine, à ce point-là, j'y vais même pas, parce que, en fait, ça va me bouffer, et je veux penser qu'à ça sur mon vélo, et ça sert à rien, je n'irai pas au bout, quoi, donc j'ai besoin qu'elle ait sa bénédiction, entre guillemets, et qu'elle soit derrière moi, parce que, déjà, c'est un vecteur pour moi de motivation, parce qu'en fait, quand elle est, elle m'a toujours encouragé, tout le temps, puis quand elle, même au judo, déjà, quand je fais des compètes de judo, tu l'entendais hurler dans les tribunes, pour me booster, donc, ouais, elle a toujours été l'air à moi, puis elle, elle adore le sport en général, elle n'en fait pas plus que ça, mais elle adore le sport en général, donc, voilà, aujourd'hui, on reproduit le même schéma sur mon fils, qui fait du rugby à fond, du judo aussi, ma fille qui veut s'inscrire à la boxe, là, elle va s'inscrire à la boxe, donc, on reproduit le même schéma, c'est qu'on est toujours, moi, mon fils, je n'ai jamais loupé un match de rugby, tu vois, par exemple, je suis toujours derrière lui, toujours à fond, et lui, du coup, il me rend là pareil, sur mes courses, c'est pareil, quoi, donc, ouais, j'ai besoin de passer l'arrivée avec eux, et si elle me dit qu'elle ne peut pas venir à ma course, bah, ça m'embête, tu vois, parce que je me dis un mince, je vais être tout seul, je n'aime pas ça, tu vois, je préfère qu'elle, je préfère qu'elle vienne, en fait, tout le temps, là, le T24, la dernière course en date, c'était le triathlon de 24 heures, elle est venue, la course, elle commençait le samedi à midi, et elle finissait le dimanche à midi, bon, le dimanche, dès qu'elle a pu, c'est le samedi, elle a dû gérer les activités des enfants, le rugby et tout, et le dimanche, dès qu'elle a pu, elle m'a retrouvée, elle était là à 9h du matin, tout le monde a couru avec moi, ma fille, elle a couru avec moi un tour, mon fils, il a couru deux tours avec moi, on est passé l'arrivée ensemble, bon, bah, voilà, c'est quand même beaucoup plus sympa, si, tu vois, c'est, le fait de franchir l'arrivée ensemble, c'est quelque chose de, voilà, c'est cool, je trouve quand même, donc ouais, ça c'est un support qui est, qui a pas de prix, quoi, parce que, bah d'ailleurs, t'as vu le, le film que je t'ai envoyé, parce qu'il y a eu la chance d'être filmé pendant, pendant le 24, je pense que le cameraman, il a bien retranscrit ça, le fait que j'ai besoin d'eux, quoi.

Loïc Magnifique film d'ailleurs, bien joué le cameraman et le monteur.

Hubert Ouais, il a réussi à rendre un film sympa, alors que la course, c'est quand même beaucoup de tourniquet, on fait quand même, c'est quand même beaucoup la souris dans la cage, quand tu commences à enchaîner, je sais pas combien de tours de vélo, de natation, de course à pied, c'est un peu toujours la même chose quand même. Donc, c'est pas pire que le boldor, le boldor vélo, c'était vraiment...

Loïc Parce que c'était des boucles de combien ?

Hubert En vélo, tu parles ? Le boldor, c'est la longueur du circuit, donc en fait, pendant 24 heures, tu fais des tours du circuit du Castellet, et le circuit de mémoire, il doit faire, je vais pas dire de bêtises, je crois que c'est 4 km quelque chose, donc la grande ligne droite du Mistral, plein vent, évidemment en deux faces, tu vois, tous les tours, 24 heures, bah là, si tu veux te forger, allez, interdit aux écouteurs, interdit aux prolongateurs, donc là, si tu veux te forger, si tu veux te forger un mental d'acier, prends ton vélo, et inscris-toi sur le boldor, tu verras, tu vas revenir plus fort.

Loïc C'est pas loin de la maison en plus, bah voilà. Le Castellet,

Hubert attends, boldor vélo. Par contre, c'est un jour, tu veux le faire en équipe, tu veux le faire en équipe de 2, 4, 6, si tu veux le faire en équipe, un jour, je suis chaud, en équipe, ça va être sympa, parce que les partages de relais, tout, c'est rigolo, mais moi, je l'ai fait en solo, et oui, en solo, c'est long, c'est très, très long, à la force, le circuit, tu le connais, quand tu vois après des courses à la télé, ah oui, bah oui, je vois très bien ce virage, donc,

Loïc alors ça, c'est cool. Ok,

Hubert à 200 euros quand même, en solo. 200 euros l'inscription ? Ouais, 180. Je m'étais fait payer aussi, tu vois ce coup-là, donc. Ah bah voilà, il faut que je trouve,

Loïc je vais chercher des potes, mais d'ailleurs Hubert, t'as pas une entreprise, toi. Si,

Hubert il faut que tu montes une asso, pour que ça me déduise des impôts.

Loïc En parlant de courses, du coup, on a beaucoup échangé, là, sur tout ce que t'as fait, tu vois, tes motivations, comment, enfin, globalement, j'ai l'impression que t'es un peu un explorateur du sport, tu testes de nouveaux formats, ta pratique évolue, enfin, je veux dire, ça fait pas 20 ans que tu fais, non, c'est vrai, et c'est pas du tout péjoratif, mais de la course de haies, 100 mètres, et que tu sors pas de ça, tu explores, c'est quoi les prochaines explorations sportives, pour toi, s'il y en a qui sont déjà prévues ?

Hubert Ah, c'est... La liste est longue,

Loïc c'est ça ?

Hubert Non, non, la liste n'est pas longue, parce que je viens un peu au jour le jour, je suis pas du genre à planifier un truc dans 10 ans, mais il y a un projet auquel on a fait une demande d'inscription, je pense pas que ça aboutira, parce que on a un projet sur le... Alors, je cherche le nom, ah, j'ai mangé le nom, c'est le triathlon qui... tu pars en courant depuis l'Angleterre,

Loïc ah, le Landuroman ?

Hubert Landuroman, voilà, en fait, Landuroman, ça a jamais été fait en équipe de A à Z, ensemble, ça a toujours été fait en relais, en individuel, mais pas en équipe, et du coup, Phil, mon pote nageur, il m'a dit, bah, viens, on s'inscrit, et on demande à s'inscrire en équipe, tous les deux, et on se lâche pas d'une semelle tout le long. Wow. Donc, on a fait une lettre de motivation pour ça en anglais, enfin, celui qui l'a rédigé en anglais d'ailleurs, on a toujours pas de réponse de l'organisation, donc il y a ça qui est dans un petit coin de la tête, donc là, c'est quand même un délire, parce que la nage, moi, c'est vraiment un nage qui me fait peur, la nage, au plus court, c'est 37 kilomètres, et ça peut doubler la distance suivant les courants.

Loïc Ouais. S'il y en a qui sont pas familiers de l'endurman, c'est départ de Londres en courant, c'est ça ? 140 kilomètres en courant sont du plat jusqu'à la mer. Voilà, traverser de la Manche à la nage. Exactement. Et en finir en vélo jusqu'à Paris, à Arc de Triomphe. Arc de Triomphe.

Hubert Donc du coup, en vélo, c'est un 300 bandes, de mémoire, ça va dans les 300 kilomètres. Donc ça, si tu veux, c'est la partie cool, on veut dire. C'est une course, c'est pas une course qui a un jour de départ type, avec plusieurs mecs qui se lancent en même temps, c'est une course où c'est qu'il y a des créneaux de départ, une période, genre, il y a une première période qui est de mai à juin, une deuxième période qui est de août à septembre, un truc comme ça. Et en fait, c'est l'organisation qui te contacte, qui te dit, bon ben voilà, on a un créneau, parce qu'en fait, il y a beaucoup de transports maritimes dans la Manche, donc tu peux pas faire n'importe quoi, et t'es obligé d'avoir un bateau, derrière toi, de l'organisation, avec quelqu'un de l'organisation dessus, qui surveille bien, que tu traverses un agent, et que tu t'accroches pas au bateau. Interdition de t'accrocher au bateau, pour quelconque raison. Donc c'est toute une logistique, assez improbable d'ailleurs, il faut trouver le bateau, le gain d'organisation, il faut trouver un mec qui, qui nous guide, pour savoir dans quel sens, enfin pas dans quel sens, mais comment tu traverses la Manche, par rapport au courant, parce qu'en fait, les courants, il faut savoir qu'il faut, faut les, faut pas les éviter, faut les prendre, en gros, si t'as le courant qui pousse sur la droite, faut pas que tu continues à nager, en forçant sur ta gauche, faut que tu te laisses porter, et il vaut mieux faire la boucle, même si c'est plus dur et plus long, que de traverser tout droit, tu y arriveras jamais, si tu traverses tout droit, et que ça te pousse, tu y arriveras jamais. Donc ça, il faut prendre en compte, et il faudra quelqu'un qui gère tout ça, tu vois. Donc ça, on n'a pas de réponse. Et l'autre projet que j'ai en tête, ça serait de, parce que j'ai reçu mon diplôme, et je reçois des mails régulièrement, vu que j'étais finishère de la race E-Cro France 2023, je suis d'office qualifié pour faire la race E-Cro America. Oh wow, ah ouais, je savais pas ça. Si, en fait, parce que pour faire la race E-Cro France, tu devais, dans ton inscription, tu devais justifier une trace de 1000 kilomètres d'une seule traite, pour prouver que tu as le niveau pour faire un 2500. Vu que moi, j'avais pas fait 1000 kilomètres, j'avais envoyé à l'organateur ma trace de 1500 kilomètres, et j'ai aussi envoyé à l'organateur mes résultats. Ultra Try, Iron Man, un peu tout ce que j'ai fait. Je lui ai dit, voilà, moi je suis pas le plus rapide, je suis pas le meilleur, par contre, j'ai du mental, et moi la course, je vais arriver au bout, c'est sûr. Je lui avais dit, vraiment comme ça, je lui avais dit, moi de toute façon, la race E-Cro France, j'arriverai au bout, quoi qu'il arrive, mais j'arriverai au bout. Et du coup, il m'a laissé ma chance, donc j'ai pu faire la race E-Cro, donc j'étais au bout, comme promis, et du coup, j'ai reçu un petit diplôme que j'ai encadré à la maison, et je suis qualifié pour la race E-Cro America. Donc, la race E-Cro America, c'est la traversée des Etats-Unis en vélo d'ouest en est, et du coup, ça fait 4800 kilomètres, 50 000 mètres de dénivelé positif, on traverse 11 Etats, et on a 14 ans pour y arriver. Donc, là, la deadline, elle est très très fine, 14 jours, ça fait du 400 bandes par jour, un peu plus, c'est chaud, c'est chaud. Après, par contre, j'ai vu que je suis déjà été sur le site, et plus t'es vieux, plus t'as droit à des heures supplémentaires pour passer la barrière horaire, et vu que j'ai eu mes 40 ans cette année, j'ai eu droit à un gap de plus. Donc, voilà, donc ça, ça serait un projet, et mon sponsor, il est vrai chaud pour ça, mais bon, là, c'est un autre budget, là, il faut trouver 30 000 euros. L'inscription, c'est 4500 euros, par exemple, tu vois.

Loïc Ouais, et puis de mémoire, t'es obligé d'avoir une assistance obligatoire. Exactement,

Hubert donc là, c'est assistance obligatoire, parce que c'est pas comme en France, c'est pas des cimetières où c'est qu'on peut remplir nos gournes tous les kilomètres. Là-bas, c'est, il faut que t'aies un camping-car qui soit devant toi pour t'accueillir, pour te donner à boire, à manger, et pour que tu dormes. Donc ça, il faut déjà une équipe avec un camping-car. Et il faut une équipe aussi qui soit derrière toi avec une voiture type pick-up comme ils ont tous là-bas, avec des signalisations de la course, avec des gyros en phare et qui te suit tout le temps. Donc c'est aussi dur pour l'équipe logistique parce que les mecs roulaient toute la journée, toutes les nuits à 20 km heure, enfin, une bêtise, 20, 30 km heure, tu vois, c'est aussi, c'est pas évident non plus. Donc il faut trouver toute l'équipe qui veut faire ça, il faut payer tout ça parce que tu loues des véhicules d'un côté d'un pays, tu les rends de l'autre. Donc tout ça, ça a un coût en fait.

Loïc Il faut nourrir tout le monde.

Hubert Il faut nourrir tout le monde. Évidemment, il faut payer le pays d'un bien de tout le monde. Tu vas pas faire payer des copains qui te suivent à l'autre bout du monde pour t'encourager. Donc j'ai budgeté ça à 30 000 euros. Voilà. Donc il faut que je trouve, mais je suis pas, je suis convaincu que si je me mets à chercher partout, je vais trouver. Je vais trouver. Je vais trouver. Donc, ouais, puis la race au Cranberryca, c'est vraiment une course qui est connue dans le monde entier. Donc elle résonne un peu plus si tu veux pour les sponsors. Ouais.

Loïc Oui, c'est quand même là, on est sur de la légende, légende ultime. Ouais, ouais, ouais.

Hubert C'est quelque chose qui, pour tout le mec qui fait du vélo et tout, c'est une course qui parle un petit peu de tout le monde quand même. Ouais, ouais. Donc ça, ça serait un projet, mais je voudrais pas attendre d'avoir 50 ans pour faire ça parce que, aujourd'hui, je suis en forme, tout va bien. donc je me dis pas mettre 10 ans pour arriver à cet objectif. Donc, à voir. Mais ça, c'est un truc qui me dirait bien, ouais. Parce que c'est encore une aventure qui est partagée, du coup. T'as du monde derrière, t'as du monde devant. T'es tout seul, mais t'es pas tout seul. Donc ça, ça me plaît, tout cet esprit-là. J'ai vu pas mal de vidéos là-dessus des mecs qui font des vidéos sur YouTube qui racontent leurs courses qui durent 4-15 jours. Et ça me donne vraiment envie. mais les paysages sont juste magnifiques. Le climat, il est fou. Tu passes de 50 degrés à 0 en 3 jours. Enfin, ouais, c'est quelque chose qui déteste.

Loïc J'ai l'impression que c'est... Pour en avoir parlé avec Arnaud Manzani, du coup, le créateur de la Race Across France parce qu'on travaillait ensemble chez Apple à l'époque.

Hubert Ouais.

Loïc J'ai l'impression que c'est une aventure. Ça te marque à vie, quoi, forcément.

Hubert Lui, il pourrait te le dire que ça l'a marqué à vie. Maintenant, il est devenu concepteur de la Race Across. Il s'occupe de ça dans le monde entier. Il en fait en Belgique, au Canada, partout. Et je pense clairement que c'est... Par contre, lui, ce qui est différent de nous, c'est que lui, il l'a fait rapidement, quoi. Il l'a fait pour gagner.

Loïc Ouais.

Hubert Donc là, c'est encore un autre level.

Loïc Je me rappelle plus de son chrono, mais je ne sais pas si c'était pas 11 jours, un truc comme ça.

Hubert C'est stratosphérique. Ouais. lui, c'est un mode à fond la caisse, quoi. Donc, de toute façon, 14 jours, ça fait un bon ratio au kilomètre. Moi, sur la Race Across France en 2023, si je divise le nombre de kilomètres que j'ai fait avec le nombre d'heures que j'ai mis, ça fait du 303 kilomètres par tranche de 24 heures. Donc, ça fait déjà... C'est pas trop mal déjà, tu vois.

Loïc Ouais, c'est déjà tout à fait honorable, on va dire.

Hubert C'est assez honorable. C'est honorable. Et sachant que j'étais chargé à bloc, mon vélo, il faisait 16 kilos. J'avais des sacoches devant, derrière, prolongateur. J'avais peur de manquer, donc j'avais pris des accus, je ne me suis même pas servi d'ailleurs. J'ai pris à manger, parce que moi, je ne tourne pas aux barres énergétiques, je tourne au Beaufort, au Comté, aux saucissons. Donc, ça prend plus de place que les barres énergétiques, que les gels. J'avais pris, ouais, j'avais pris plein d'affaires, du chaud, du froid, et au final, j'ai tout mis. Donc finalement, c'est que j'avais pris ce qu'il fallait. J'ai mis toutes mes affaires, à un moment donné, j'avais toutes mes affaires sans moi. J'avais sacoche vide. Donc voilà. Donc voilà, toujours essayer de chercher des choses qui vont te chercher, je ne sais pas, qui te mettent dans un état, je ne sais pas pourquoi on fait ça, toi, je ne sais même pas pourquoi tu fais aussi des études de traces. Tu vas chercher un état dans lequel tu es complètement inconfortable, mais que tu es quand même bien. Je ne sais pas comment l'expliquer, ces courses-là. Mais écoute, c'est du plaisir quand même avant tout. voilà.

Loïc Oui, je pense qu'il faut que ça reste, ça c'est mon avis, à moi, ma même façon de pratiquer la chose, il faut aussi que ça reste du plaisir.

Hubert J'ai bien aimé ta partie que tu avais dit quand tu avais décrit ta course. Sur le tord ? Sur le tord, jusqu'où tu étais prêt avec tes limites, tes barrières. J'ai bien aimé comme tu avais planifié ça, je trouve.

Loïc Oui, voilà, j'ai marqué un petit temps d'arrêt parce que je ne voulais pas encore reparler du tord. enfin, c'est ton épisode et pas le mien, mais je mettrai quand même le lien vers cet épisode. J'ai fait un épisode débrief de mon abondance sur le tord des biens. très intéressant. Et voilà, le lien est en description de cet épisode. mais en fait, c'est un invité, je ne sais plus quel invité m'avait parlé de ça, m'avait dit qu'il avait, quand il abordait une course, en fait, il avait en gros une limite droite, une limite gauche, enfin tu vois, un cadre. Et qu'à partir du moment où il voit qu'il sort de ce cadre, c'est un signal pour lui qu'il potentiellement il faut arrêter, tu vois. Et je m'étais dit mais en fait, c'est génial parce que, déjà, ça simplifie la chose parce que sortir du cadre, il faut que tu puisses un peu le mesurer, tu vois. Moi, en l'occurrence, c'était douleur musculaire, épuisement, manque de sommeil, ok. Douleur, type ce que j'ai eu, articulaire où j'ai un doute sur l'impact sur ma santé à long terme, j'arrête. Du coup, en fait, tout de suite, tant que tu n'avais que la douleur musculaire, tu dis non, mais c'est bon, je suis dans le cadre, c'est dur, je continue.

Hubert Oui, c'est clair. Tu vois, moi, ça, je ne l'ai pas et ça m'a fait défaut. Je me suis fait opérer du genou, j'ai eu plein de problèmes physiques parce que j'ai été chercher trop loin. À un moment donné, j'ai perdu jusqu'à 6 kilos en 17 heures. Donc, ce que j'ai fait, parce que je veux toujours aller au bout de l'objectif, mais maintenant que je suis à mon compte, je vois les choses un peu différemment. Tu vois, c'est le dernier triathlon que j'ai fait de 24 heures. Je n'avais pas des limites, mais je m'étais dit à un moment donné, la course à pied, c'est vraiment ce qui me pêche le plus aujourd'hui parce que je ne m'entraîne pas, je ne trouve plus trop de plaisir à m'entraîner, donc je ne fais que les courses. Et du coup, je me suis dit, moi, là, si tu m'entraînes, c'est sûr que demain, parce que moi, j'étais au boulot le lendemain, tu vois, il fallait que j'aie travailler le lendemain, je n'avais pas le choix, j'avais du boulot, j'ai des clients qui m'attendent. Donc, jusqu'où tu es pris à aller en état d'épuisement, si tu veux. Moi, l'ultra trail en 2015, j'y étais complètement oxy pendant trois mois après la course. Pendant trois mois, j'étais au volant de mon camion quand j'allais sur les chantiers. Dès que je m'arrêtais à un feu rouge, je m'endormais. C'était mon collègue qui me réveillait, tu vois. Ça m'avait vraiment vidé les batteries complets, quoi. Et ça, je l'ai vécu et je ne veux plus trop le revivre, toi. C'est quand même dangereux, il faut quand même prendre soin de sa santé et voilà. Comme tu dis, il faut se mettre des limites. Moi, la limite, par exemple, à hallucination, pour moi, je n'ai clairement pas envie de revivre ça. Ce n'est pas un truc qui m'a fait rigoler. Sur le coup, ça m'a fait rigoler, mais après, j'ai écouté pas mal de podcasts de Rémi Hudrel, d'ailleurs, qui est pas mal en collaboration avec Arnaud Mandanyi, il parle du sommeil et tout. Et quand tu es en état comme ça, ton cerveau, il est ivri, en fait, c'est pas bien du tout. Il faut rester lucide, il faut... Alors maintenant, je privilégie, la RAF, je mettais, la Résecre en France, je suis dormé par nuit, 4 heures, et après, je fais des micro-sièves de 15 minutes, deux fois dans la journée, et ça nous tenait. Et je sais que quand je fais ça, je suis lucide et tout va bien. Et dès que ça va pas, hop, je m'arrête dans le fossé, en position fétale, fais tout ça, tac, 15 minutes, chronomètre en main, je m'endormais, je me réveillais, c'est reparti, et allez. Et ça, il faut aussi savoir s'écouter, quoi. Je suis d'accord.

Loïc Je suis d'accord. Écoute, Hubert, un immense merci, c'était génial de pouvoir enfin échanger de manière enregistrée et de diffuser ça sur le podcast, ça m'a fait super plaisir.

Hubert Moi aussi, ça me fait grand plaisir de t'entendre, ça fait un moment qu'on se courait après, et c'est vrai que tes podcasts, je les ai tous écoutés, même plusieurs fois, je suis assez fan des frappés, d'ailleurs, je suis super fier de porter mon sweat et qu'est-ce qu'est-ce que les frappés quand je sors, ils sont trop beaux, en plus la qualité est vraiment top, ça à chaque fois, je suis hyper fier, donc on me demande tout le temps ce que c'est, je te reviens, je dis, tu connais pas les frappés.

Loïc Voilà, comme ça, maintenant tu pourrais dire, attends, bouge pas, je t'envoie mon épisode. Non, mais vraiment génial. Est-ce que toi, on a parlé de plein de choses, mais est-ce qu'il y a un dernier message que tu voudrais faire passer en conclusion de ton épisode ?

Hubert Mon message, ce serait un peu ton message que tu as dit depuis le début, tu as Loïc, qu'en fait, on a tous quelque chose en nous et qu'en fait, il faut se lancer, il faut y aller, il faut essayer et au pire, on n'y arrive pas, on se relève et on repart mais il faut toujours tenter, tenter pour tout, tenter pour les sponsors, tenter pour les courses, tenter, moi je pars du principe, on n'a pas grand chose à perdre, donc il faut y aller, se faire plaisir, sourire, ne pas oublier de sourire et puis voilà, c'est bon, être bien entouré, c'est super important d'être bien entouré. Voilà, un petit conseil. Excellent,

Loïc écoute, un grand merci Hubert et puis on se dit à une prochaine pour le débrief de la race au Cross America par exemple.

Hubert Oui, par exemple, laisse-moi un petit peu de temps quand même histoire de rentrer.

Loïc Yes, merci Hubert, à plus. Allez, ciao, Luc. Luc. Luc. Luc.

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