Les Frappés Les Frappés
Saison 5 Bonus Trail #PTL #Tor des Géants #Diagonale des Fous

23 septembre 2025

Mon abandon sur le Tor des Géants (350 km)

Durée · 56 min · Transcription disponible

Cet épisode est cité dans notre dossier · La peur de l'abandon en ultra : la gérer, décider, et rebondir

Mon abandon sur le Tor des Géants (350 km)

Le récit

Mon objectif sportif de 2025, c'était le Tor des Géants, un ultra-trail de 350 kilomètres et plus de 25 000 mètres de dénivelés à terminer en maximum 150 heures.

J'ai pris la décision d'arrêter la course au kilomètre 65, après seulement 20 heures d'épreuve.

Dans cet épisode je vous en dis plus sur ce qu'il s'est passé, mais aussi sur ma préparation et les choix que j'avais fait.

Excellente écoute à vous.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 La Diagonale des Fous - Se préparer à la course de ses rêves avec Romain Castiglia et Esther Morreel [PARTIE 2/2]

👉 La Diagonale des Fous - Se préparer à la course de ses rêves avec Romain Castiglia et Esther Morreel [PARTIE 1/2]

👉 Épisode #169 - Debrief de course - 360 km sur la SwissPeaks avec Tom, Nico et Clément

👉 Mon récit de la PTL : plus de 300km et 26 000m de dénivelé autour du Mont Blanc

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Transcription

Lire la transcription intégrale

Hello les Frappés, j'espère que vous allez bien. Épisode spécial débrief du Tor des Géants 2025 à chaud puisque je suis tout juste rentré de Courmayeur en Italie. J'ai structuré cet épisode en cinq parties. La première tout simplement rappelle sur ce qu'est le Tor des Géants, les caractéristiques de la course et ce qui en fait une épreuve particulière. En deuxième partie, pourquoi est-ce que j'ai voulu prendre le départ de cette course et quelle a été ma préparation. Troisième partie, et je pense que c'est là que ça pourrait être intéressant ou en tout cas utile pour certains d'entre vous, les choix stratégiques que j'ai faits, que ce soit sur le matériel ou l'alimentation.

Quatrième partie, mon ressenti sur la course, en tout cas le peu que j'en ai vu.

Et en dernière partie, enfin, l'abandon et les apprentissages que j'en tire. Voilà, installez-vous confortablement, c'est parti pour cet épisode débrief du Tor des Géants 2025.

Bien, commençons par le commencement. Qu'est-ce que le Tor des Géants ? Eh bien, le Tor des Géants, c'est une course, un ultra-trail qui a été créée en 2010 par une organisation du même nom. C'est un petit peu comme l'UTMB d'ailleurs, quand les gens disent « je participe à l'UTMB » ou entendent le terme d'UTMB, on pense immédiatement à la course du nom, mais en réalité, il y en a d'autres qui sont organisées par l'UTMB. Le Thor, c'est pareil. Quand on dit le Thor, en réalité, il y a le Thor 330, donc le 330 km. Mais ils organisent également d'autres courses. Donc le Thor, le Thor des géants, puisque c'est de cette course-là dont on parle, créée en 2010, je vous le disais,

c'est sur le papier 330 km, 24 000 m de dénivelé positif. Dans la réalité, la trace change relativement peu, d'année en année, et c'est plutôt en réalité 350 km pour un peu plus de 25 000 m de dénivelé. C'est une course en semi-autonomie, donc ça veut dire qu'il y a des bases-vies, il y en a 6 au total, à peu près tous les 50 km, dans lesquels on peut trouver des ravitaillements, une assistance médicale, des podologues, Il y a des gens qui sont là pour prendre soin des coureurs. Et entre ces six bases-vies, on a de multiples ravitaillements qui sont généralement soit des refuges par lesquels on passe, soit des tentes qui sont installées directement sur le parcours.

350 km, 25 000 m de dénivelé dans les faits pour lesquels il faut compléter en moins de 150 heures, sachant que le départ est donné le dimanche matin. Actuellement, il y a deux vagues dont la répartition des coureurs sur ces vagues se fait sur la base des points ITRA, donc des classements en quelque sorte, des trailers. La première vague, pour ceux qui ont le plus grand nombre de points, part à 10h du matin. La deuxième vague, deux heures plus tard, à midi, ce qui permet d'étaler un petit peu la course, puisqu'il y a un petit peu moins de 1500 coureurs, donc ça fait du monde. sur l'itinéraire total on a plus de 25 à 2000 mètres avec une altitude maximum de 3300 mètres qu'on atteint pour la plupart des gens le deuxième jour et cette année pour vous donner un peu un ordre d'idée, le record de l'épreuve qui a été battu par Vincent Richard était établi en 66 heures et 8 minutes ce qui veut dire que Vincent étant parti le dimanche matin à 10 heures est arrivé

le mercredi à 4h du matin, 4 ou 5h du matin. Donc une performance assez hallucinante. Ce qui fait la difficulté et l'attrait du tordé géant, donc l'épreuve 330 km, c'est déjà la distance évidemment, le dénivelé qui est assez important, le fait qu'on a quand même un certain nombre de passages en altitude, que c'est relativement tard dans la saison. Alors cette année, ça avait même été décalé d'une semaine, une semaine plus tard que d'habitude. Donc le départ était le dimanche 14 septembre 2025, ce qui fait qu'on peut être impacté par une météo changeante de fin d'été, orageuse, neige. D'ailleurs, il y a eu de la neige sur certaines des épreuves de la semaine.

Évidemment, vu la distance et la durée, quand même une grosse exigence mentale puisqu'il faut gérer le sommeil, en tout cas plutôt le manque de sommeil même. la fatigue, l'alimentation, les douleurs et comme je vous le disais, des conditions météo changeantes l'attrait de la course est évidemment la beauté du cadre, des paysages alpins grandioses, c'est une course dont le départ et l'arrivée se font à Courmayeur qui est l'équivalent italien de Chamonix d'ailleurs depuis Courmayeur vous pouvez rejoindre Chamonix en téléphérique en passant par l'aiguille du Midi si les conditions le permettent donc c'est vraiment géographiquement de l'autre côté du Mont Blanc mais en Italie le nom d'ailleurs vient de là, pourquoi le Tor des Géants alors le tor c'est, je pense que vous en doutez ça signifie tour ou parcours parcours en boucle, en patois franco-provençal patois val d'autun, j'ai découvert le terme en préparant l'épisode et donc le tracé c'est une grande boucle autour de toute la vallée d'Aost et les géants, le terme de géant dans le nom fait référence aux géants alpins qui dominent la région

Il y en a quatre, il y a le Mont Blanc à plus de 4800 mètres, le Servin ou Matheorn à 4004, le Mont Rose à 4006 et le Grand Paradis qui est un tout petit peu au-dessus de 4000 mètres. L'idée c'est que les coureurs fassent le tour de ces géants en contournant ou en frôlant ces saumés mythiques tout au long du parcours. Voilà pour la première partie sur qu'est-ce que le tour des géants. Deuxième partie, pourquoi cette course, quelle préparation ? Alors la raison pour laquelle je voulais participer au TOR, c'était principalement pour revivre l'aventure que j'avais vécue sur la PTL. Donc s'il y en a qui sont arrivés récemment sur le podcast, j'avais participé, enfin j'avais fini, je suis devenu finisher de la PTL en 2022. La PTL, c'est une autre course, en tout cas qui se rapproche du TOR en termes de distance, un peu différente en termes d'organisation,

qui était organisée celle-ci par l'UTMB, qui était pour mon année un 320 km, 24, 25 000 m de dénivelé. avec seulement deux bases vives. Une course qui est en termes de distance dénivelée équivalente, mais qui en termes d'organisation est beaucoup plus spartiate, avec à l'époque une forte partie de hors-sentier, de l'orientation, pas de balise, très peu de bénévoles. Et donc c'est une course qui se fait en équipe de deux ou trois. Tous les coureurs, toute l'équipe prend le départ et doit aller jusqu'à l'arrivée ensemble. Et pendant cette course, on a fait de super rencontres avec mon coéquipier Xavier. et on a fini à trois équipes enfin on a fini, on a fait l'essentiel de la course à trois équipes, on a décidé de se réunir pour pour rendre les choses un peu plus simples, en tout cas moins compliquées pour être plus nombreux à faire de l'orientation pour être plus nombreux pour discuter entre nous en réalité pour bénéficier de l'effet de groupe ce qui a été vraiment une expérience incroyable et c'était finalement la principale motivation pour moi c'est ce que

Je voulais essayer de revivre sur le TOR, puisqu'on était plusieurs copains de la PTL à prendre le départ du TOR cette année. Il faut savoir que le TOR, il y a tellement de demandes, la demande est largement supérieure au nombre de dossards disponibles, donc il y a un système de tirage au sort. C'est assez courant sur cette course que des personnes tentent le tirage au sort plusieurs années d'affilée sans jamais avoir la chance de pouvoir décrocher leur dossard. ce qui veut dire que quand on essaie d'y participer à plusieurs ça peut rendre les choses compliquées et donc ce qu'on avait décidé de faire avec trois copains de la PTL Tom, Nico et Clément c'était de participer l'année dernière à une course du même organisateur, donc du TOR une course qui, si on la finissait en deçà de la barrière horaire enfin d'une barrière horaire, je ne me souviens plus exactement si c'était la barrière horaire de la course ou s'il y avait une barrière spécifique pour avoir des dossards pour le Tor des Géants donc c'était un 108 km au départ de Courmayeur là aussi 108 km et 6 ou 7 mm de dénivelé qu'on a terminé tous les 4 et donc c'est en ayant terminé cette course qu'on a pu avoir accès de manière automatique au dossard pour le tort des géants donc voilà, les motivations c'était principalement celle-ci c'est pas une course qui me faisait rêver en tant que telle

Par contre, ce qui m'attirait fortement, c'était la possibilité de revivre une expérience humaine incroyable comme ce que j'avais pu vivre sur la PTL. Même si le Tor des Géants ne se fait pas en équipe, et même si j'étais assez conscient du fait qu'on se retrouve forcément seul à certains moments sur ce type de course. Peut-être au début en tout cas, avant de trouver les partenaires de course qui vont bien, qui sont au bon rythme, etc. en termes de préparation j'ai travaillé avec Romain Romain Castiglia qui est un ancien invité du podcast qui nous avait raconté cette Diagonale des Fous sur deux épisodes Romain on habite pas très loin l'un de l'autre, il avait participé au premier week-end des frappés, on a fait la même formation en préparation mentale et donc il y a eu un super fit et j'ai voulu travailler avec lui donc Romain m'a fait une prépa vraiment aux petits oignons

sachant que j'avais quelques impératifs. Je voulais par exemple éviter au maximum d'avoir des séances le week-end pour que ça impacte le moins possible ma vie de famille. Et puis, j'ai eu des déplacements pro, etc. Donc, évidemment, comme tout le monde, des impératifs qui ont fait que la prépa n'a pas été idéale. Mais en tout cas, sur le papier, j'ai vraiment pu m'appuyer sur tout ce que Romain m'avait préparé. Et même si, encore une fois, la prépa n'a pas été idéale pour de multiples raisons, j'ai fait vraiment le max que je pouvais avec les différentes contraintes qu'il fallait que je gère.

Voilà dans les grandes lignes. Donc cette prépa, je ne vais pas non plus trop rentrer dans les détails, mais c'était une prépa avec différentes montées en charge, différents focus. J'ai goûté aux fameuses navettes dont Romain nous parlait dans son épisode des allers-retours sur du gros dénivelé en montagne à la Sainte-Victoire, à cracher mes poumons. Au final, ça a été vraiment utile, puisque je vous le dirai un peu plus tard, mais on en parlera dans la partie sur l'abandon mais j'ai eu aucune après 65 km de course 5000 m de dénivelé, 20h d'épreuve une nuit blanche, aucune courbature aucune douleur physique, absolument rien même si c'était le tout début de la course visiblement j'étais bien préparé en tout cas pour absorber une première charge sur la première phase de la course voilà sur la prépa sur les choix stratégique. Alors là, je vais rentrer un peu plus

dans le détail. Je n'ai pas une grande expérience de ultra. En réalité, je n'avais pas d'expérience en ultra trail puisque la PTL, on ne peut pas vraiment considérer ça comme un ultra trail vu l'organisation de la course, le poids des sacs. On ne court pas sur une PTL. En tout cas, nous, on n'avait pas couru et on était loin d'être arrivés les derniers. On était même plutôt top 30 sur plus de 100 équipes. Donc même s'il n'y a pas de classement, c'est un bon indicateur pour nous dire qu'on était quand même au niveau. Et malgré ça, on n'a pas pu courir. Donc première vraie expérience de l'Ultra Trail en tant que tel sur le Tor des Géants. Pour autant, j'adore aller en montagne. Ça fait des années, malheureusement je peux dire plus d'une décennie que même deux décennies

que je vais en montagne régulièrement. donc il y avait un certain nombre de choses stratégiques alors il y en a qui seront peut-être évidentes pour la plupart d'entre vous mais bon je vous les partage quand même c'est comme ça qu'on fait grandir sa caisse à outils pour ses activités outdoor d'un point de vue stratégique alors déjà côté matériel le premier choix qu'il fallait faire c'était est-ce que je partais sur du matériel trail ou du matériel montagne je m'explique la veste par exemple, les vestes veste étanche, veste chaude est-ce que je partais sur des modèles plutôt légers, fins etc. pour gagner du poids ou est-ce que je partais sur du matériel vraiment montagne, une grosse veste Gore-Tex Pro par exemple en tout cas triple membrane une grosse veste deuxième couche

bien épaisse, capuche etc. ça c'était le premier choix à faire qui avait un impact puisque au-delà du poids il y a aussi le volume moi je suis grand, je fais 1m91 donc si je prenais deux vestes montagne versus deux vestes trail, c'est soit je remplissais l'intégralité de mon sac qui faisait 24 litres, ou pas.

Vu les conditions qu'il y a eu en 2025 sur l'UTMB, et sachant que je ne me sens pas particulièrement à l'aise en montagne quand les conditions se dégradent, je ne suis pas habitué à être en montagne sous la neige, le blizzard, les averses torrentielles, et pour être tout à fait honnête c'est des conditions qui ne me rassurent pas, qui me font peur surtout quand on est haut et là vu les conditions encore une fois qu'il y avait eu sur l'UTMB en 2022 quand j'avais fini la PTL sur la PTL on passe par certaines sections du Tor des Géants et quand le Tor donc en 2022 toujours, les coureurs du Tor des Géants étaient passés quelques semaines après nous seulement, deux ou trois semaines au même endroit que nous, ils étaient bloqués dans les refuges

à cause de la neige. Donc personnellement, j'avais fait le choix de matériel montagne. Donc qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que principalement les vestes, j'avais une grosse veste d'une marque qui s'appelle Clater Musen, que j'ai eu l'occasion de tester il n'y a pas très longtemps, qui commence à arriver en France. Une marque suédoise qui fait du matériel, alors eux, clairement, leur focus, ce n'est pas du tout le poids, c'est la robustesse. Donc c'est une veste qui est très... Les vestes que j'avais de leur marque, très lourdes, mais par contre, bien pensées, très bien aérées, un peu partout, mais une membrane très épaisse. J'avais ça en veste étanche. J'avais une deuxième couche Simalp. Là aussi, un modèle pas vraiment très épais,

un duvet synthétique. Pourquoi duvet synthétique ? Parce que le duvet naturel, au-delà des considérations éthiques, c'est extrêmement compliqué à faire sécher une fois que c'est humide. Comme là, on partait pour une semaine avec des conditions météo au moment où on faisait le choix de matériel incertaine, j'ai préféré partir sur un rembourrage synthétique. Et ensuite, alors, détail qui peut ne pas en être un, les chaussettes, j'avais des chaussettes Simalp là aussi, mais les modèles de randonnée. Plus épais que les modèles de trail. Et ça m'allait bien parce que comme les pieds sont mis à mal avec les chocs, etc. Pour moi, il n'y avait aucun intérêt à partir avec des chaussettes synthétiques ultra fines que j'utilise habituellement pour mes

sorties trail. voilà pour le choix stratégique le premier choix qu'il y avait à faire en tout cas sur le matériel donc pour moi ça a été montagne ensuite il y avait un certain nombre d'équipements que je tenais absolument emmenés avec moi, donc bonnet synthétique moulant, pas de bonnet en laine etc pourquoi ? Tout simplement parce que moi j'ai très vite très chaud et les oreilles sont des zones thermorégulatrices importantes, donc un bonnet synthétique moulant en fait ça me permet tout simplement de le relever alors le côté style faudra repasser mais ça me permet de le relever au dessus des oreilles par exemple en côte la nuit et d'avoir les oreilles bien dégagées à l'air libre et du coup de me réguler comme ça d'un point de vue thermique. Même objectif que le bonnet, j'avais des manchons en mérino. Donc vous savez on enfile ça soit au niveau des mollets, soit au niveau des avant-bras, coudes, biceps et puis on peut les retirer

assez facilement. Donc j'avais ça l'objectif c'était d'éviter de perdre du temps à me changer, à enlever mon t-shirt manche courte mettre un t-shirt manche longue etc j'étais en t-shirt manche courte, j'avais mes manchons retroussés au niveau des poignets et hop dès qu'il faisait un peu frais qu'il y avait du vent parce que dès le premier soir on a eu vraiment beaucoup de vent, on ressentit je pense qu'on était on devait être autour des 5 degrés quand on a passé le premier col de nuit et donc les manchons en mérino super pratique la plupart des gens que je voyais en synthétique. Moi, je préfère le mérino parce que quand on a besoin que ça tienne chaud, ça tient vraiment chaud. C'est une matière qui est très respirante, qui n'est pas vraiment sensible en tout cas à la transpiration,

etc., en termes d'odeur. Donc ça m'allait très bien. C'est les manchons que j'utilise en vélo, en fait. Donc utilisation croisée de l'équipement. Autre choix au niveau de l'hydratation. Alors là, c'est très spécifique à moi. j'aime bien quand je bois, pouvoir aspirer des grosses quantités d'eau. J'ai vraiment du mal avec la sucion des gourdes filtrantes ou des flasques de trail et j'ai pour le moment jamais réussi à trouver de flasques en plus de ça qui ne donnent pas vraiment de goût à l'eau. J'ai dû essayer 4 ou 5 marques différentes et le goût plus la sucion, ça ne m'allait pas trop. Donc ce que j'ai fait, c'est que là aussi, utilisation croisée du matériel, j'ai pris mes gourdes, mes bidons de vélo qui rentraient dans les portes bidons de mon sac et j'en avais 3, 2 de 500 ml 1 de 75 et c'était parfait très facile à remplir, hyper facile à nettoyer pour mettre la poudre les électrolytes en format poudre super simple là aussi et quand on a soif, très facile de boire rapidement de grandes quantités d'eau côté matériel je pense que c'est tout j'avais des bâtons évidemment j'ai croisé des gens qui n'en avaient pas mais moi j'avais des bâtons lecky donc rétractables, j'avais pas de carquois ou de ceinture, carquois je l'avais envisagé mais bon ça me gêne pas plus que ça d'avoir les bâtons à la main et donc vous savez c'est les bâtons avec les dragonnes en forme de les dragonnes qui sont en fait sous forme de gants donc une fois qu'on les fixe on est accroché au bâton et je pense qu'on a fait le tour côté équipement, j'avais aussi dans le sac en permanence un pantalon Salomon étanche, pantalon de pluie donc c'est très léger je ne l'ai pas utilisé même quand il pleuvait le premier jour je pense que ça aurait pu servir dans des cols en plein vent sur des ascensions très longues plus donc en mode coupe vent qu'autre chose mais voilà ça je l'avais avec moi en permanence dans le sac j'avais aussi en permanence des gants des gants fins de la marque

haut de l'eau, le bonnet Simalp, ça j'en ai parlé. Et en termes de...

Pour le reste de l'équipement, là aussi j'avais fait le choix, j'aurais pu vous le dire d'ailleurs dans la première partie sur le matériel mountain versus trail, j'étais pas en short de trail, j'avais un short de randonnée Simalp et sous-vêtements Simalp. L'idée étant que ça facilitait le fait d'avoir des sous-vêtements et pas forcément les shorts de trail avec sous-vêtements intégrés, etc. ça aurait rendu les changements de tenue plus faciles plus simples et puis surtout j'ai que deux shorts de trail par contre j'avais la dose de sous-vêtements donc je pouvais me changer plus régulièrement dans les bases-vies c'était l'objectif et en termes de poids c'était exactement la même chose donc j'étais pas plus lourd avec un short de montagne et un sous-vêtement qu'un short de trail avec tout intégré et en termes de confort à peu près équivalent j'ai une petite préférence pour les shorts de trail mais sur la PTL j'avais uniquement

du matériel de trail. Et bon, ça allait, mais il y avait plusieurs raisons. Le confort, l'hygiène qui faisait que ça m'allait bien de partir en montagne. Pardon, en équipement en montagne. Et pour le haut, t-shirt mérino là aussi. Enfin, un mélange mérino synthétique. Toujours de chez Simalp, manche courte. Voilà, manche courte et que je complétais donc par ces fameux manchons. Voilà en tout cas ce que j'avais dans le sac au moment du départ, en termes de matos, les couvertures de survie obligatoires, etc., bien entendu. Et du coup, on passe à la nourriture. Qu'est-ce que j'avais avec moi au moment du départ ? J'avais plusieurs bars Cliff, c'est des bars que j'ai l'habitude de...

Il n'y a que ces bars-là que j'arrivais à manger, globalement. Et un mélange de cacahuètes, pour le saler. Donc pas de gel, je n'utilise plus de gel depuis 10 ans, je pense. Personnellement, ça ne me convient pas. Donc nourriture pleine à mâcher, voilà. Et donc je vous le disais, un peu plus d'un litre et demi d'eau. Sachant que je bois beaucoup, je sais que je suis à 800 ml à l'heure en gros effort s'il fait chaud. Même là, s'il y avait des ravitaux régulièrement, tous les à peu près 10 km, il y avait des grosses ascensions pour démarrer. Il était midi quand je suis parti, donc je suis parti avec ce qu'il fallait en eau. Je pense que je vous ai tout dit sur le matériel. au poignet j'avais ma Coros Vertix 2, c'est une montre que j'avais achetée pour la PTL, justement pour sa durée de vie, la durée de vie de la batterie, qui est très très importante, et qui m'avait permis sur la PTL d'avoir une trace GPS complète, j'ai jamais arrêté la montre, du lundi matin à 8h30 jusqu'au dimanche midi et demi, j'ai la trace complète en une fois, alors je sais qu'on peut le faire aussi en découpant plusieurs traces, en les rafistolant dans Strava par exemple, mais voilà, j'aimais bien cette idée de ne pas avoir à gérer ma montre en fait,

de l'allumer et de l'arrêter à la fin de la course.

Côté alimentation, donc je vous l'ai dit, j'étais parti sur plutôt du salé, non mais en fait je vous l'ai dit, l'alimentation, on a fait le tour.

Toujours dans cette partie 3 sur les choix stratégiques, bon ça va faire une transition sur la partie 4, sur la course en elle-même. Ce qui était très clair pour moi avant le départ, c'est que je voulais absolument maintenir une limite de vitesse ascensionnelle de 700 mètres à l'heure alors pourquoi ça ? c'est quelque chose que j'ai découvert justement en préparant la PTL, j'avais interviewé des gens qui avaient participé à la PTL et qui m'avaient dit que le rythme qu'il fallait tenir le rythme qu'eux avaient tenu et qui leur semblait pertinent c'était 400-500 mètres à l'heure de vitesse ascensionnelle moi je... Avant, je faisais plutôt des courses route ou vraiment pas très longues,

ou du triathlon, donc je regardais plutôt ma progression en termes de kilomètre heure. Donc j'ai découvert cette notion de vitesse ascensionnelle à ce moment-là, et en fait je trouve que c'est hyper pertinent. Donc sur la PTL, on visait les 400-500 de mémoire, donc faites le test si votre montre vous le permet la prochaine fois, vous verrez 400-500 mètres à l'heure, c'est vraiment pas énorme, mais pour tenir 150 heures, c'est la vitesse qu'il faut. donc là sur le Thor j'avais une limite absolue de 700 mètres à l'heure alors pourquoi plus élevé que la PTL tout simplement parce que je savais qu'a priori ce serait quand même moins raide toutes les ascensions seraient quand même déjà un sur sentier alors que sur la PTL on est souvent hors sentier ce qui a un énorme impact sur la progression et puis deux il y a quand même beaucoup plus de ravitaillement sur le Thor des géants donc je pensais pouvoir en termes de fraîcheur, maintenir un rythme un peu plus élevé que sur la PTL. Donc ça c'était le premier critère on va dire que j'avais en tête, 700 mètres à l'heure en vitesse ascensionnelle, c'est le seul d'ailleurs que j'avais en termes de de progression etc. Et puis sur la gestion de la course, j'envisageais de prendre 3 douches dans la semaine, enfin sur la durée de la course la première à Cogne donc Cogne c'est la deuxième basse vie, qui est au kilomètre 100, et donc mon plan en partant à midi, c'était d'arriver à la première base vie autour de 2-3 heures du matin, changer mes chaussettes, nettoyer les pieds,

bien manger, refaire le plein dos, etc. et de repartir immédiatement à Cogne, 50 km plus loin.

Donc ça, c'était le plan, on va dire. Et ensuite, pour les deux douches suivantes, je n'avais pas vraiment prévu le plus loin parce qu'il pouvait se passer tellement de choses. Mais voilà, en tout cas, j'avais dans mon sac d'allègement, puisque avant de prendre le départ, l'organisation nous donne un sac qui faisait 48 litres précisément pour nous. Et dans ce sac, on peut mettre un certain nombre de choses, d'objets, de ce qu'on veut en réalité. Du moment que ça rentre dans les 48 litres. Et ce sac, on le récupère à chacune des six bases vies. Donc moi, j'avais dans ce sac d'allègement une deuxième paire de chaussures, par exemple, de la nourriture. Et j'avais trois sacs étanches, chacun correspondant à tout ce dont j'avais besoin

pour une douche. donc j'avais pris un savon solide que j'avais découpé en trois il y avait tout un kit en fait j'avais des serviettes microfibres une par base vie pour que tout se sèche pour qu'il n'y ait pas besoin de la faire sécher entre temps des paquets de mouchoirs, j'avais des lingettes tout était organisé dans trois sacs différents et enfin dernier point d'un point de vue stratégie de course on va dire, c'est que j'ai pris le départ j'avais le plan, j'étais quand même au clair sur le fait que le plan pouvait être modifié, que c'était important que je sois capable de modifier ce plan à la volée pour deux raisons, la première c'est que j'avais s'il y en a qui le savent pas, j'ai fait du judo à haut niveau il y a longtemps quand j'étais adolescent, c'était une expérience fabuleuse mais ça m'a laissé quelques traces j'ai les deux ménisques fissurés au genou depuis ce moment là et j'ai un genou gauche qui est très douloureux qui est régulièrement douloureux sans que je sache exactement pourquoi donc je passe des IRM quand la douleur devient vraiment trop pénible

à peu près tous les 6-7 ans, j'ai des phases où ça redevient douloureux. Là j'en ai passé un en début d'année parce que ça redevenait douloureux, j'ai fait une injection d'acide en mai pour essayer de fluidifier un peu le mouvement et ça allait, même dans la phase un peu importante de la prépa. En revanche, début août, et là j'ai fait une erreur stupide, c'est que j'ai changé mes cales de vélo. Dans mon entraînement, je faisais du vélo, j'ai un gravel, que j'utilise soit en gravel, soit en vélo de route. Et en changeant mes cales de vélo, j'ai mal réglé la cale à gauche. Et ça m'a déclenché des douleurs.

Donc début août, j'ai immédiatement arrêté la prépa. J'ai réduit fortement l'intensité de la prépa spécifique trail pour essayer de faire en sorte que cette douleur parte. Et la douleur est partie, mais il y a une gêne qui est restée. donc j'avais en début de course j'avais décidé de faire straper le genou gauche par les équipes de l'organisation il y avait des physios au village de départ des kinés, des podologues etc tout ce qu'il fallait et donc moi j'ai fait straper le genou gauche un pour me rassurer et deux en anticipation voilà pour les choix stratégiques j'avais pas prévu d'en parler mais je pense que ça peut être intéressant le sac d'allègement donc je vous le disais 48 litres ce que j'avais là dedans c'était une deuxième paire de chaussures je suis parti avec un modèle que je connais que j'ai utilisé sur tout mon entraînement un modèle de la marque Altra donc j'avais acheté une fois que j'ai validé le modèle à l'entraînement que ça m'allait bien etc j'ai racheté deux paires supplémentaires que j'avais à peine cassées c'est à dire que j'avais fait peut-être 10 km avec chacune des deux paires neuves et je sais pas si c'est suffisant mais j'ai jamais eu de problème avec ces chaussures là donc en réalité j'étais assez serein même sur le fait de partir avec des chaussures

complètement neuves, jamais portées. Mais je les avais quand même portées quelques heures chacune. J'avais une deuxième paire de chaussures, tout le kit rechange dont je vous avais parlé. De la nourriture, évidemment. Du strap.

J'avais tout ce qu'il fallait en termes de batterie de rechange pour ma lampe frontale. Je suis parti avec une stoole, ce qui a une durée de vie incroyable. C'est une marque française. mais j'avais les batteries qu'il fallait dans le sac d'allègement pas de deuxième paire de bâtons tout simplement parce que j'en ai pas que ça coûte super cher et que je me sentais pas de réinvestir dans ce métier je m'étais dit et dans le pire des cas s'il se passe quelque chose je prends un bout de bois tant pis à l'ancienne et j'avais après principalement le reste du sac des rechanges, un pont de chaud si jamais la météo se dégradait vraiment fortement que je puisse couvrir intégralement mon sac et moi legging d'hiver, des chapeaux pour les journées très ensoleillées la casquette défrappée est incroyable mais c'est une casquette trucker, donc en mode filet, il y a le panneau avant qui est plein sur lequel il y a le logo défrappé qui est brodé mais le panneau arrière c'est un panneau en mode filet, donc quand on a plus de cheveux comme moi, qui fait, il y a énormément de soleil et qu'on est en montagne, c'est insuffisant et je pense que sur la PTL c'est ça qui m'avait aussi joué des tours, qui fait que j'avais eu une méga insolation sur la fin de la course qui avait détraqué à peu près

tout le reste de mon organisme. Donc là, j'avais un chapeau simalpe et un de chez Boeuf à bord assez large pour les journées ensoleillées. Deuxième paire de lunettes de soleil, gants étanches que je n'avais pas avec moi. Avec moi, j'avais simplement des gants chauds, on va dire, mais assez fins. Et voilà pour le sac d'allègement. Des claquettes très importantes pour les douches des basse-vie, très souvent malheureusement du fait du nombre de participants et peut-être du manque de lucidité de certains après quelques heures de course, les douches sont infâmes c'est hyper sale et donc marcher sur des surfaces complètement trempées, pleines de mélanges de boue, de crasse c'est pas terrible surtout quand au bout d'un moment on a des ampoules ou des petites plaies donc des claquettes dans le sac d'allègement. Voilà vous savez tout, partie un peu plus longue que ce que j'avais prévu sur les choix stratégiques mais au moins on est rentré dans le détail et j'espère que ça servira pour certains d'entre vous la course maintenant, quatrième partie je vais essayer de synthétiser tout ça super organisation, le Thor c'est quand même un gros organisateur de grosses épreuves clairement je ne sais pas à quel point il concurrence l'UTMB en termes de participation etc mais pour avoir été sur les villages

UTMB au moment de la PTL. Le Thor, rien ne manquait. Il y a une présence médiatique importante, beaucoup de spectateurs. Un village qui est moins... qui donne moins l'impression. Je vais faire attention à ce que je vais dire pour pas sonner trop critique, mais un village des parcs qui a tout ce qu'il faut mais qui est assez simple. Il y avait quelques vendeurs. On n'a pas l'impression qu'on rentre qu'on est au paradis de l'outdoor marketing avec des centaines de marques présentes. Quelques marques présentes, principalement les sponsors de l'épreuve et pas plus.

Donc voilà, un village départ très sympa. La manière dont ça se passe, c'est qu'on est arrivé nous la veille, le samedi. On a récupéré nos sacs d'allègements, nos dossards, préparé tout ça. Et le lendemain matin, donc le jour du départ, on est venu poser les sacs d'allègements là où il fallait. pour que les organisateurs puissent ensuite nous les délivrer à chacune des bases-vies. Le départ se fait dans Courmayeur, donc là aussi un peu comme sur l'UTMB ou les autres courses de l'UTMB à Chamonix, et donc en deux vagues, comme je vous l'expliquais un peu plus tôt, et je dois dire que très émouvant, j'avais fait le départ du GTC l'an dernier, comme je vous le disais, la course qualificative, en tout cas la course qui permet d'obtenir des dossards pour le tour des géants, ça se passait au même endroit, et c'était en soirée, j'avais déjà trouvé ça vraiment incroyable et là c'est la même chose beaucoup d'émotions au départ j'avais je me suis surpris j'étais assez ému, prendre le départ à traverser les rues de cette petite ville de montagne avec plein plein plein de gens qui étaient là à hurler des encouragements à faire sonner des cloches vraiment une ambiance assez folle et on sort assez rapidement de la ville, on court du coup sur la route jusqu'à arriver au pied de la première ascension et là on passe tout de suite immédiatement d'une route carrossable à un single donc gros effet de bouchon et ça monte assez vite assez raide en forêt et c'est là en fait que on se rend compte que même si tout le monde se le dit à chaque fois, la réalité change assez peu on part trop fort donc là il y avait des gens donc c'est un single, on peut pas vraiment se doubler, c'est très raide à droite la falaise à gauche, voilà il y a quand même des gens qui essayent de passer d'une manière ou d'une autre, de couper les épingles pour déployer une énergie folle pour gagner un mètre, sachant qu'on part pour une course qui va a priori être très très longue donc au début de la course le challenge en fait c'est d'arriver à rester dans son rythme ce qui est pas évident parce que d'un côté on se dit non mais c'est bon je fais ma course, je vais pas me laisser influencer par les autres, mais en même temps on a 400 personnes derrière,

on ne sait pas si... Est-ce que je vais... Est-ce que je saoule tout le monde, en gros, à me mettre dans mon rythme à ce moment-là ? Pas évident, mais c'est vraiment important je pense dans ces moments-là de rester sur son plan et de s'écouter, en fait. Donc là, typiquement, on montait à... En fait, ça allait à cet endroit-là. On montait à peut-être 600, 650 mètres à l'heure. Donc on était en dessous de ma limite, mais bon, je voyais que c'était... on était quand même sur le fil de rasoir.

Personnellement, ces phases de lancement sur la PTL, ça avait été la même chose sur le GTC aussi, même si la course était beaucoup plus courte, puisque je l'avais fait en 27 heures, le GTC, 100 km. J'ai toujours une phase de décharge hydrique monstrueuse qui n'est pas très agréable, parce que du coup, je dégouline de partout. Donc, on était là-dedans. En tout cas, j'étais dans cette phase complètement dégoulinant depuis le temps de prendre son rythme, etc. Ce n'est pas des phases, en tout cas moi, que j'apprécie énormément. Je suis bien dans mon rythme après plusieurs heures. Donc voilà, la course se fait, on arrive à la première avito, kilomètre 19. J'ai déroulé ce que je voulais, tout s'est bien passé, mais avant d'arriver au kilomètre 19, je reprends le plan, je pense que ça doit être au kilomètre 10 à peine. Après la toute première ascension,

on fait, donc on part, on ne fait que on descend un petit peu sur le goudron je vous le disais, on arrive sur le single, ça monte raide, puis on arrive à un premier col et on descend et là je n'exagère pas je fais 5 mètres 3-4 pas, je vous rappelle j'ai le genou gauche qui est strapé 3-4 pas, douleur type essuie-glace à droite sur le coup je me dis bon bizarre parfois on peut avoir des douleurs temporaires le temps que le corps s'échauffe etc qui partent mais là c'était quand même très localisé et ça ressemblait vraiment à un essuie-glace. J'en ai eu un seul dans ma vie, c'était à l'autre jambe, à la jambe gauche, il y a 15 ans.

Bon, ça finit par s'atténuer un peu, mais je sens qu'il y a toujours une gêne. Donc, bon, j'y prête pas plus attention que ça. Mais en arrivant au premier ravito, je m'assois quelques... Enfin, oui, au premier ravito, un peu sérieux, je m'assois et quand je me relève, boum, douleur, douleur à nouveau à droite. Je me dis, ah, pas bon ça. Bon, mais là, encore une fois, je laisse tout ça de côté et on repart.

Le reste de la course se fait, donc je suis parti à midi, l'après-midi se passe, début de soirée, tout va bien, je suis dans mon rythme. En étant dans mon rythme, j'apprendrai plus tard d'ailleurs que je suis passé de 1000 classements. Je ne regardais pas vraiment, enfin je ne regardais pas du tout le classement, mais c'est un bon indicateur je pense d'un certain nombre de choses. Je suis passé d'à peu près 1000ème à 800ème en fin d'après-midi, donc ça allait. encore une fois je m'alimentais, je faisais attention à m'alimenter même si c'était un tout petit peu toutes les demi-heure, trois quarts d'heure à peu près voilà la nuit arrive bruine donc il commence à être un peu mouillé il y a du vent etc, il fait assez froid donc je me couvre et je savais que ça allait être difficile la première nuit puisque j'ai pris le départ avec une grosse carence de sommeil je vous le disais pour plusieurs raisons personnelle, enfin rien de grave c'est simplement qu'on j'avais plusieurs projets à gérer en simultané et dont certains qui ont fait que j'ai eu des nuits très courtes

pendant plusieurs mois avant la course. Je savais que je prenais le départ avec une grosse carence de sommeil déjà. Donc la nuit arrive, un peu compliqué, je sens que je suis déjà fatigué, alors que je ne devrais pas être fatigué à ce moment-là. Mais bon, on arrive au kilomètre 30, grosse descente très technique dans des grosses dalles de pierre, des gros blocs de pierre. En fait, moi j'adore ce genre de terrain, je trouve ça hyper ludique et je préfère j'adore dérouler là-dedans c'est moins douloureux musculairement que d'essayer de retenir donc je déroule, je me régale je ne suis pas du tout à bloc je ne suis pas essoufflé, je suis dans la maîtrise je check mon rythme cardiaque, ce que je fais assez peu normalement je suis entre 90 et 110 donc pour une descente technique franchement nickel il s'avère qu'au final je gagne 400 places donc tout se passe bien et puis et puis bah là on est aux alentours de 22h 23h donc on a déjà fait plusieurs ascensions plusieurs courses descentes et je suis super content parce que je trouve que bah la course est agréable en fait il y a du dénivelé mais en réalité ça ressemble pas du tout à ce que j'avais vécu sur la PTL qui était franchement très difficile très désagréable parce que parce que bah du hors sentier dans un pierrier on fait 4 pas on recule de 1 on sait pas par où passer etc

On est en permanence en train de chercher son chemin. C'est vraiment une autre approche. Là, on suit le sentier. Il y a des balises partout. L'organisation plante des petits drapeaux réfléchissants. Même la nuit, c'est extrêmement facile à suivre. Il y a des phases où je me retrouve tout seul. Une fois que la nuit est tombée, j'ai en face de moi... C'était laquelle ? C'était...

Bivouaco, Zappelli... Je ne me rappelle plus de cette montagne. Mais une ascension qu'on devait faire. et en fait je vois devant moi un serpent lumineux de frontal qui est déjà en train de monter et c'est magnifique, je me dis que j'ai vraiment de la chance enfin voilà, vraiment un début de course agréable qui se passe super bien et puis on arrive à la première basse vie donc au kilomètre sur le papier 48 dans l'effet 51 donc déjà on avait pris un peu de kilomètre par rapport à la théorie de la trace il est à peine un tout petit peu moins d'une heure du matin donc je suis très content parce que j'avais prévu, en écoutant mon pote Clément, qui avait fait toute l'analyse de la course, le rythme à avoir, etc., lui prévoyait 12 heures pour cette première base-vie,

12 heures après le départ, sachant qu'il est bien plus rapide que moi. En tout cas, bien plus en forme. Et la barrière horaire pour arriver à la base-vie de Valgrissanche, il fallait y arriver avant lundi matin à 7 heures. Donc moi, j'étais parti à midi le dimanche. il fallait que je sois rentré dans cette base vie lundi matin à 7h au plus tard. Et là j'y arrive avant 1h du mat. Donc j'ai globalement 6h d'avance sur la barrière horaire. Donc déjà 1, je ne savais pas à quoi m'attendre en termes de barrière horaire, est-ce que j'allais être limite, pas limite, etc. Donc 1, hyper rassurant parce que je n'ai vraiment pas appuyé plus que ça et j'ai 6h d'avance dès la première base vie sur la barrière horaire,

donc méga confortable. donc je suis très rassuré, je suis content j'ai pas très faim mais je fais en sorte de bien m'alimenter la base vie c'est une immense tente d'événements sous laquelle ils ont mis des bancs, des tables etc, il y a des toilettes il y a un coin lit avec je sais pas, il doit y avoir plus d'une cinquantaine de lits de camp des podologues, des kinés, enfin voilà vraiment une belle base vie donc je m'arrête en tout je crois une heure un peu plus d'une heure peut-être et puis donc je ne dors pas, je m'allonge 10 minutes, et puis je repars et là en fait je me rends compte assez rapidement que je sais pas si c'est la pause qui donc là on est en train de doucement basculer sur la dernière partie, l'abandon, les apprentissages je sais pas si c'est la pause ou je sais pas exactement mais je sens que les genoux, à gauche donc j'avais une gêne, même avant le départ qui est en train de se transformer en douleur rotulienne et à droite j'ai cette espèce de sensation de TFL essuie-glace

couplée maintenant aussi à une douleur rotulienne. Donc je me dis bon on verra bien, je suis froid, enfin je me suis un peu refroidi, on verra. Donc je fais mon business, je fais mes petites ascensions et en fait force est de constater que là où jusqu'à la première base vie j'avais des douleurs uniquement en descente, dès les premiers mètres de la première descente, qui s'estompaient petit à petit dans la descente mais qui revenaient à la suivante, C'était un peu bizarre en termes d'évolution de l'intensité. Et là, la douleur, on va dire, gêne plus. Donc pas douleur, mais une gêne plus plus sur le plat. Légère douleur en montée quand ça devient un peu raide.

Et en fait, là, la moindre descente, douleur très forte. Je dirais à droite, peut-être 7 sur 10. Donc ça commençait quand même à m'inquiéter. sachant qu'avant la course je fais ça là encore une fois depuis la PTL, j'ai une liste de conditions on va dire que je suis prêt à accepter et d'autres que je n'accepte pas pour continuer dans une épreuve la douleur musculaire la fatigue extrême, les pieds hyper douloureux parce qu'on a des ampoules sur des ampoules, des lésions etc, ça c'est une chose que je suis prêt à accepter en revanche je vous le disais un peu plus tôt je suis pas du tout à l'aise en montagne quand les conditions deviennent apocalyptiques. Donc je savais que si je me retrouvais dans des conditions que j'estimais dangereuses ou en tout cas dans lesquelles j'étais plus du tout en maîtrise, c'était

un critère pour arrêter. Et je savais également que pour moi encore une fois, endurer de la douleur voire même de la souffrance musculaire c'est une chose de la fatigue extrême etc c'est une chose à partir du moment où j'avais un doute sur les signaux que m'envoyait mon corps et l'impact qu'allait avoir le fait de les ignorer là c'était red flag et donc là en partant de la deuxième base vie j'étais dans cette phase j'étais en auto-évaluation de il se passe quoi qu'est-ce que c'est comme douleur parce que c'est clairement pas du musculaire c'est de l'articulaire sur les deux genoux je sais que j'ai les deux genoux abîmés, endommagés depuis plus d'une décennie et donc il se passe quoi ?

est-ce que ça va s'estomper ? est-ce que... voilà donc pas très rassurant et puis on a... donc je poursuis ma route et puis un peu avant le kilomètre 65 on a une immense descente très technique impossible à courir avec des cordes fixes etc très très raides assez longue et même chose les premiers mètres dans cette descente douleur, donc on y arrive après une ascension bien bien raide douleur très importante, les deux genoux et très localisé à droite au point que, et je me considère plutôt comme un dur au mal au point que je descends en crabe sur le côté parce que c'est tellement raide qu'en avançant droit, suivant le sentier normalement, chaque fois que je mets du poids à chaque pas, j'ai une douleur très forte des deux côtés, rotulienne

à gauche à droite, plus TFL à droite.

Et donc j'arrive en bas, et malgré ça, j'ai un bon rythme. En fait, ça me fait moins mal si je déroule que si j'essaie de ralentir. Donc je déroule, mais c'est quand même très douloureux. Et en bas, on arrive à... Impossible à retenir le nom de ce ravitaillement. Je prends ma fiche à Rennes-Notre-Dame. Kilomètre 63 sur le papier. Moi, j'étais à 65. Il est 6 heures du matin. À ce moment-là, pareil, je la prendrai après. Je suis 600 et quelques. Donc, super progression. Et au-delà des genoux, tout va bien. Bon, je suis fatigué, mais ça, je m'y attendais. Je savais que j'avais démarré la course avec une grosse carence en sommeil. Mais tout va bien. Je peux m'alimenter. rien de particulier pas de matériel cassé je suis pas du tout surpris par la difficulté de la course par la technicité du terrain au contraire même je trouve que par rapport à la PTL c'est moins difficile donc tout va bien, en revanche ces genoux c'est compliqué donc là je décide de me poser une heure uniquement pour les genoux parce que c'est un ravitaillement il n'y a pas grand monde qui reste très longtemps pour faire le point je suis sûr à 90% que c'est fini à ce moment là vu les douleurs que j'ai c'est pas l'intensité de la douleur c'est vraiment encore une fois le type de douleur où je sens vraiment que c'est articulaire c'est pas les muscles niveau musculaire j'ai rien j'ai pas les jambes particulièrement dures c'est articulaire et puis au bout d'une heure je sais plus pourquoi je me lève si je prévois d'aller remplir une gourde je me lève et là en fait en me levant je sens tout de suite c'est bon les 10% qui me manquaient pour prendre la décision sont pris le fait de me lever, la douleur que ça déclenche dans les deux genoux je sais que là c'est fini donc voilà on est au kilomètre 65 sur une course qui en fait 350 j'ai des douleurs inattendues qui sont déclenchées j'ai plusieurs théories aujourd'hui sur ce qui fait que c'est arrivé, notamment à droite où j'avais absolument rien avant le départ mais je prends la décision

d'arrêter. Avant ça, quand même, je regarde, on va dire que je pense que je me mentais un peu à moi-même, mais je me dis, bon, je vais quand même regarder, refaire le point, je savais très bien ce qui est arrivé, mais refaire le point sur les sections qui arrivent, en termes de dénivelé, voilà, peut-être que, en m'accrochant un peu plus, les sections qui arrivaient, il y avait globalement 8 000 mètres de dénivelé négatif en 48 heures, et c'était la deuxième section, certains la considèrent comme étant la plus difficile, donc quand je dis section c'est entre deux basse vie puisque c'est là qu'on passe à 3300 mètres il y a trois ascensions je crois que c'est 800 mètres on redescend 1000 mètres on redescend 1300 mètres c'est ça le programme de la journée dans des sections techniques qui sont pas courables du tout etc et donc si je m'engageais là dedans en fait j'étais obligé globalement je me trompe peut-être mais je crois pas qu'il y avait vraiment d'option de sortie de la course jusqu'à quasiment à la basse vie suivante donc 50 km plus loin et donc et donc là à ce moment là la décision a été prise, c'est fini j'ai un des critères sur mon radar qui n'est plus rempli, à savoir risque de blessure durable post-course donc j'arrête au moment où j'arrête évidemment pas une décision très agréable alors attention on relativise tout ça, on parle d'une course à pied, d'un trail que j'ai fait de mon propre gré, la vie de

personne n'est en jeu, voilà, tout va bien. Mais ça reste une décision qui n'est quand même pas très agréable, parce qu'il y a eu les six mois de préparation, il y a eu la course qualificative l'année d'avant, c'est une semaine de congé, c'est un gros investissement financier, puisque le dossard uniquement, pour rappel, coûte 1000 euros. L'hôtel à l'arrivée, l'hôtel au retour, le déplacement en voiture, le péage, le matériel.

Et puis quand même un peu, forcément pour moi, très déçu, pas de regrets mais très déçus et puis beaucoup de gens par rapport au podcast, à ma famille beaucoup de gens qui suivaient tout ça donc déçus mais encore une fois assez rapidement pas de regrets même dans les jours qui ont suivi je suis resté à Courmayeur sur place pour pouvoir accueillir les copains à l'arrivée et leur faire l'assistance pas de regrets tout simplement parce que la douleur est toujours là au moment où je l'enregistre et donc je vois pas bien comment est-ce que j'aurais pu éviter un impact négatif durable sur mes genoux en essayant de forcer à travers la douleur sur quasiment 300 km supplémentaires et presque 20 000 mètres de dénivelé voilà donc voilà pour la conclusion en termes de, enfin pour la conclusion en tout cas de cette partie abandon, apprentissage moi les apprentissages c'est que je pense que ce que j'aurais pu faire différemment alors, avant ça sur puisque c'est un impact direct avec les apprentissages, enfin les apprentissages découlent de ces réflexions. Pourquoi j'ai

eu ces douleurs, je pense ? Quand on sort de Courmayer, je vous le disais, quand on prend le départ de la course, il y a, il y a peut-être un peu moins de 2 km, où on court sur du goudron, en descente, et c'est surtout de la descente. Je pense, je ne cours jamais avec mes chaussures de trail sur du goudron, et encore moins avec un sac. Mon sac était chargé peut-être 4 kg. je pense que j'ai eu une mauvaise foulée, que j'ai pas fait attention à ma foulée et que j'ai attaqué avec les talons ce que je fais jamais, puisque je cours habituellement plutôt soit sur la pointe des pieds voire en tout cas à moitié avant du pied donc je me dis que peut-être que ça, ça a créé un échauffement au niveau du genou droit accentué par une grosse ascension très raide tout de suite et que ça m'aurait peut-être déclenché le TFL voilà, j'imagine ça c'est pour le TFL, sur les douleurs rotuliennes j'en sais rien je sais pas du tout, c'est pas quelque chose qui est sorti à l'entraînement jusqu'à ce que je me fasse mal à cause de mes cales de vélo mais bon, ça c'était uniquement à gauche donc pourquoi c'est sorti à droite je ne sais pas en termes d'apprentissage en revanche, ce que je me dis c'est que je sais que les genoux sont une zone sensible pour moi depuis très longtemps et je l'ai pas ça avait pas été un problème jusqu'à présent en tout cas sur la PTL j'avais des douleurs musculaires mais rien de plus aux genoux je pense que si je repars et je pense que je repartirai sur le tord 330 pour pas rester là dessus je ferai une préparation spécifique sur les genoux pour vraiment les muscler, les renforcer etc parce que même si là c'était pas de la douleur musculaire on sait que en ayant une articulation qui est solidement ancrée, entourée de muscles forts, ça aide voilà et et puis pour le moment

au-delà de ça, il faut encore que je me pose, que je vois si je fais des examens un peu plus poussés, etc. Sur tout le reste, l'alimentation, le matériel, etc. Alors oui, certes, j'ai fait que 65 km de course, 5000 m de dénivelé et 20 heures, mais je ne changerai rien en termes de matériel, d'équipement, etc. J'avais un sac de 24 litres, ça je vous l'avais dit, de modèle Instinct, que j'avais aussi utilisé sur la PTL, qui est génial. Donc côté matériel, côté approche de la course, côté par exemple vitesse ascensionnelle, etc. Je pense que je réduirais même, je me mettrais même une limite à 600 mètres à l'heure en vitesse ascensionnelle dès le début de la course quitte à me faire doubler,

etc.

Globalement, je m'en fiche un peu. Mais je pense que même 700, c'est encore un peu trop rapide pour tenir dans la durée. Sachant que je suis plus rapide, ma vraie force sur ce genre d'épreuve, c'est les descentes où je suis à la fois plus rapide et je pense en capacité de récupérer de l'énergie plus que d'autres personnes sur les descentes. Donc il y a vraiment peu d'enjeux pour moi à essayer d'aller plus vite en ascensionnel.

Voilà pour les apprentissages sur cette tentative de Tordes et Géants 330 en 2025. La leçon c'est que bien évidemment, comme vous l'entendez très souvent sur le podcast, la difficulté c'est de s'adapter à l'imprévu. et puis d'arriver à gérer ces imprévus donc voilà, là l'adaptation, la solution que j'ai choisie pour m'adapter à cet imprévu ça a été l'arrêt d'autres imprévus ça aurait pu être autre chose mais voilà, il se trouve que dans ce cas de figure j'ai préféré reporter le challenge que d'essayer de passer quitte à ce que ça casse à travers l'épreuve voilà pour ce débrief un peu plus long que prévu j'espère que pour certains d'entre vous ça aurait été intéressant que vous aurez peut-être appris certaines choses qui pourront vous aider sur la prépa d'autres épreuves que vous envisagez de votre côté et puis merci pour votre écoute, merci une fois de plus pour votre fidélité d'ailleurs c'était absolument génial j'ai croisé plusieurs d'entre vous à Courmayeur certains qui faisaient le tort, d'autres qui étaient là pour d'autres activités montagne qui n'avaient rien à voir mais c'était un plaisir j'étais bien content d'avoir mon suite défrappé avec moi, c'est comme ça que la plupart vous m'avez reconnu et identifié puisque je ne me baladais pas dans les rues en parlant donc la reconnaissance vocale ça aurait été difficile mais voilà un vrai plaisir de vous avoir croisé bravo à toutes celles et ceux qui ont terminé le tor bonne préparation pour la prochaine édition à celles et ceux qui comme moi auraient décidé de mettre un terme de manière anticipée à cette course et puis d'ici là je vous souhaite bon repos pour tous les finishers et à très vite pour tous les autres ciao les frappés Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501

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