Les Frappés Les Frappés
Saison 5 EP·218 Vélo #ultra-cyclisme #voile #natation

21 octobre 2025

De la voile olympique à l'ultra-cyclisme, avec Sébastien Scotto di Fasano

Durée · 1h25 · Transcription disponible

Sébastien

Le récit

Depuis plusieurs années, je suis Sébastien sur les réseaux. J’ai vu, au fil de ses partages, sa pratique du cyclisme évoluer au gré de ses participations à des épreuves majeures comme la Race Across France, une épreuve dont il a pris le départ tous les ans depuis 2020.

Et puis un jour, il a expliqué avoir pris le départ du triathlon 70.3 d’Aix-en-Provence, sans entraînement en natation ni en course à pied. Et il a fini avec un temps que beaucoup d’amateurs n’oseraient même pas espérer.

C’est à ce moment-là que j’ai commencé à prendre le temps de lire des publications plus anciennes, notamment sur son blog. J’ai découvert qu’avant d’être un ultra-cycliste, il avait préparé les JO de Rio en 2016, en voile.

J’ai su qu’un jour, on se parlerait au micro du podcast. Parce que les parcours dans le sport de haut niveau, dès le plus jeune âge, sont toujours riches d’enseignements. Et parce que je suis bluffé par cet équilibre qu’il a trouvé entre sport d’ultra-endurance, vie de famille et activité professionnelle.

Excellente écoute à vous !

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Transcription

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Loïc Hello, hello ! Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyages aux eaux longs cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Eh bien Seb, bienvenue sur le podcast, bienvenue sur Les Frappés. Je suis absolument ravi qu'on puisse enfin échanger après toutes ces années à se suivre sur les réseaux. Ça me fait super plaisir. Tu as pu prendre le temps pour venir nous parler un petit peu de ton parcours, de tes objectifs, de tout ce qui arrive. Vraiment un grand, grand merci pour ça. Je suis super content de t'accueillir.

Sébastien Écoute Loïc, plaisir partagé. C'est vrai que ça fait un moment qu'on discute comme ça sur le réseau, qu'on se suit chacun. Écoute, je suis très heureux. Merci de cette invitation.

Loïc Seb, tu es à Marseille. Si je ne me trompe pas, tu n'es pas un Marseille d'adoption. Tu es né à Marseille, tu as grandi à Marseille. Toute ton enfance était à Marseille. Ce que je te propose, c'est qu'on commence un petit peu par ça. Je tente, en toute franchise, je tente une approche un peu différente sur les épisodes. J'essaie de me renouveler régulièrement, de ne pas rester sur des choses établies. Donc, je me suis dit que j'allais tenter une nouvelle approche, qui est une approche peut-être un peu plus, pas chronologique, mais pour essayer de mieux comprendre certains parcours et certaines motivations. Revenir longtemps en arrière, tu vois, au moment de l'enfance, ce qui, toi, t'as marqué quand tu étais jeune, ton rapport à la mer, puisqu'on va beaucoup, beaucoup parler de vélo et d'ultracyclisme. Mais avant ça, tu as eu une longue carrière et une carrière à très, très haut niveau en voile. Donc, voilà, je suis un peu curieux de savoir comment tout ça s'est articulé et comment tout ça s'est enchaîné. Donc, si tu veux bien, je serais curieux de savoir à quoi ressemblait l'enfance de Sébastien, de Seb à Marseille.

Sébastien Ouais, écoute, carrément, comme tu l'as dit, né à Marseille, une ville de foot, ça n'aura échappé à personne. Donc, si tu veux, moi, comme j'ai commencé, en fait, mes parents étaient fans de voile. Alors, fans de voile, ça ne veut tout rien dire. En fait, eux, ils ne pratiquaient pas du tout. Par contre, j'ai un de mes frères, j'ai quatre frères, des demi-frères, mais en tout cas, qui sont beaucoup plus grands, et un de mes frères qui avait pratiqué notamment la voile pendant un moment et ils sont tombés totalement amoureux de ce sport. Et en fait, moi, quand j'ai commencé à avoir l'âge, typiquement vers 6-7 ans, où tu choisis un sport, où c'est plutôt tes parents, d'ailleurs, qui choisissent pour toi, moi, on m'a collé sur un bateau, un optimiste. Ça parlera à certains, même à ceux qui ont pu toucher du doigt un peu la voile quand ils étaient petits. Et donc, du coup, je me suis retrouvé à faire du bateau à cet âge-là, dans une ville où le sport roi, c'est vraiment le foot. Et j'ai toujours été toute ma vie dans des classes où j'étais le seul à faire du bateau, à faire de la voile. Oui, c'était vraiment pas quelque chose de commun. Alors aujourd'hui, on va dire que ça tend... La voile a pris un peu plus de place, notamment grâce aux Jeux Olympiques de Paris 2024, où les épreuves de voile avaient lieu à Marseille. Donc, on a vécu, nous, à Marseille, une partie des Jeux Olympiques avec la voile. Et c'était une fête qui a duré quasiment un peu plus de deux semaines. Et c'était juste incroyable. On n'avait jamais vu autant de monde sur l'aréna avec vraiment à la fois des Marseillais, mais aussi des gens qui venaient très loin pour venir voir les épreuves de voile. Et donc, c'était assez incroyable à vivre. Mais voilà, toute ma vie, moi, j'ai été le seul. Seb, c'est celui qui fait de la voile. Seb, c'est le voileux. Seb, c'est... Il est un peu à part. Il est un peu à part. Et en plus, je n'étais pas spécialement doué au foot, si tu veux. Donc, j'ai essayé de me fondre dans la masse, mais ce n'était pas du tout... Mon approche du sport, elle était vraiment tournée vers la mer. Et Marseille n'est pas tournée vers la mer. Alors, le temps l'aide de plus en plus. Mais ce n'est pas une ville qui est tournée vers la mer du tout.

Loïc Ce qui est fou, vu la configuration.

Sébastien Ce qui est fou, en nous, on n'arrête pas de dire qu'on a la plus belle rade du monde. C'est vraiment un super spot pour naviguer. On a des vents très différents. On a le Mistral, qui est un vent un peu dominant et assez fort. Après, on a du vent d'Est, celui qui nous amène souvent de la pluie. Et l'été, on a le vent thermique, qui est plutôt un vent sud-Est et qui nous amène du vent l'après-midi avec de la chaleur. Donc, on a vraiment un plan d'eau, un terrain de jeu assez incroyable. Et moi, j'ai toujours été étonné. Notamment, quand on rentre dans la phase hivernale, en fait, on avait tout Marseille pour nous. On avait toute la rade pour nous, tout seul. On était seul sur l'eau. L'équipe du Pôle France, parce que du coup, il y a un Pôle France. Le Pôle France, c'est l'endroit où s'entraînent les sportifs de haut niveau. Le Pôle France Voile est à Marseille. Et donc, du coup, on a toujours profité de cet espace-là qui nous était... Enfin, c'était un petit écran dont on avait le droit de profiter de manière assez exclusive, en fait, parce que personne ne naviguait l'hiver. Et donc, c'était assez dingue de pouvoir vivre ces moments-là. Alors aujourd'hui, on voit de plus en plus de... L'activité nautique est en train vraiment de se développer, notamment avec l'arrivée du foil, etc., qui rend la voile un peu plus ludique, on va dire. Pour le grand public. Mais voilà, c'était quand même une enfance un peu particulière, dans le sens où j'ai toujours fait pratiquer un sport où j'avais du mal à raconter ce que je faisais. Enfin, c'était assez... Encore plus quand t'es assez jeune, tu vois. Enfin, vulgariser ce que tu fais, c'est très compliqué, quoi. Les gens disaient, mais du coup, t'es quoi ? T'es sur un bateau avec ton chapeau et vous buvez l'apéro. Enfin, ça, c'était un peu plus grand. Mais tu vois, c'était l'image que les gens avaient de la voile, alors que moi, ce que je faisais, c'était quelque chose de... C'est ce qu'on appelle de la voile légère. Donc, c'est des bateaux assez sportifs où il faut être assez, notamment développé musculairement, sur le haut du corps. Parce que les bras et après, les forces qu'il y a dans les voiles, il faut pouvoir l'encaisser. Et donc, les gens avaient du mal à comprendre. On voyait que mon gabarit, en tout cas, tendait vers quelque chose qui se rapprochait du rugby. Mais ils n'arrivaient pas trop à imaginer. Donc, je passais mon temps à essayer de montrer des vidéos de temps en temps. Alors, c'était un peu les... J'ai l'impression d'être un méga vieux quand je dis ça, mais les prémices de YouTube. Ça, ça fait mal. Ça fait mal. Mais du coup, voilà, tu essaies de montrer par des images un peu à quoi ça ressemble. Mais même avec des images, ça reste compliqué. Les gens se disent, bah ouais, t'es pendu, suspendu au trapèze. Donc, tu sais, t'as les... Pour ceux qui ne connaissent pas, en fait, c'est un bateau, le bateau que je faisais, qui est un 49er. Donc, c'est le bateau qui était présent, enfin, qui est toujours présent aux Jeux Olympiques. Où on est deux dessus, un barat, un équipier. Et en fait, on est suspendu au-dessus de l'eau. On a les deux pieds qui touchent la coque, les deux ailes du bateau. Et après, on a tout le reste du corps qui est en dehors du bateau et qui sert à faire contrepoids pour encaisser la puissance qu'il y a dans les voiles, le vent qui se fout dans les voiles. Et donc, c'est assez beau. C'est très, très visuel. Mais on a du mal à se rendre compte de l'effort qu'il faut pour déjà faire en sorte que le bateau aille vite, reste à l'endroit. Parce que c'est un bateau où si on le pose sur l'eau, il se retourne instantanément. Donc, en fait, il faut toujours ou être mobile ou alors jouer d'équilibre pour rester à l'endroit. Et ça, sur des images, c'est difficilement perceptible.

Loïc C'est un peu comme... J'avais reçu un champion olympique en naviron. Ouais. Enfin, un genre de skiff. Ouais, carrément. Et en fait, c'est pareil. Quand tu le vois, c'est hyper impressionnant, c'est hyper fluide. Et en fait, ce qu'il m'expliquait, c'est que n'importe qui qui monte sur le bateau, du coup, se retourne immédiatement. Oui, oui. La notion d'équilibre. Mais c'est souvent comme ça, j'ai l'impression. Quand tu vois un sport, tu vois un geste, un mouvement qui a l'air fluide, simple, etc. Généralement, j'ai l'impression, c'est que quand même, tu as des années de pratique derrière pour arriver à maîtriser la fluidité du mouvement, etc. Un peu comme en vélo, en fait. Tu vois, un vélo, un triathlon, sur un Ironman, un truc tout bête, tu vois, mais les transitions où tu vois les fraudneaux, etc. qui descendent du vélo à 20 km heure et qui commencent tout de suite à courir. Tu te dis, ah, ça a l'air simple. Quand tu l'as fait deux, trois fois et que tu t'es éclaté par terre, tu comprends que ça n'est pas tant que ça.

Sébastien Exactement. Non, mais c'est en plus d'autant plus vrai que quand tu vois, quand tu... Déjà le foot, tout le monde en fait. Du tennis, tout le monde a pu peut-être essayer. Du basket aussi. Donc, tu t'arrives à te rendre compte de la difficulté parce qu'en fait, c'est un sport qui est assez facilement accessible. Mais quand on parle de sport plus confidentiel où de suite, il faut du matériel, etc. Évidemment que tu as du mal à te projeter, quoi. C'est assez normal.

Loïc Donc, tu disais une pratique finalement un peu à part de ton entourage, enfin des gens de ton âge à ce moment-là. Est-ce que du coup, tu grandis avec un cercle d'amis, une sorte de double cercle, tu vois, un cercle scolaire, on va dire, et puis le cercle sportif ? Comment ça se passe de ce côté-là ? Et je te pose la question parce que moi, j'ai eu un peu la même expérience que toi. Je faisais du judo et le Pôle France était aussi à Marseille. Moi, j'ai toujours eu un peu... Je n'étais pas en structure de haut niveau scolairement. Donc, j'étais dans un lycée normal. J'étais un peu l'ovni, tu vois. Les gens ne comprenaient pas bien pourquoi je ratais trois mois de cours par an, etc. Donc, j'ai eu toujours un peu ce sentiment, tu vois, d'avoir deux univers dans lesquels j'évoluais en parallèle, mais qui ne se mixaient jamais, tu vois, qui ne se rencontraient jamais, en fait. J'avais mes copains du collège-lycée qui ne captaient rien à ce que je faisais et mes copains du sport de haut niveau qui, eux, étaient tout le temps ensemble parce qu'ils étaient dans les mêmes collèges, les mêmes lycées et tout, avec des horaires aménagés et qui ne captaient pas ce que je faisais dans un lycée normal. Qu'est-ce que tu as vécu, toi, du coup ?

Sébastien Écoute, tout pareil. OK. Tout pareil. Tout pareil. Je vais même aller encore plus loin que ça. C'est-à-dire que pour moi, donc, il y avait ces deux vies qui étaient à un âge où, tu vois, tu te construis. Enfin, je parle souvent de la période du collège puisque c'est souvent une période qui est difficile. Enfin, tu vois, au temps de primaire, tout découle. Il n'y a pas trop de changements. Mais le collège, c'est un peu là où, voilà, tu te construis, etc. Et tu t'intègres des clans, j'ai envie de dire. Enfin, voilà, tu te positionnes un peu dans la société. Et moi, j'avais même l'impression que, en fait, cette sphère du haut niveau, c'était presque la sphère qui occupait le plus de place dans ma vie. Et le reste, quand j'allais à l'école, c'était presque une autre vie, mais qui était... Tu vois, je ne vais pas dire que je ne m'en préoccupais pas, mais c'était... Ouais, ça vient boucher les trous, quoi. Tu vois, j'avais vraiment cette impression-là de me dire... En fait, ma vie, c'est vraiment la voile. C'est vraiment tout ce qui se passe à la voile parce que, déjà, tu t'entraînes trois fois par semaine. Alors, quand tu es au collège, ce n'est pas beaucoup. Mais déjà, ça occupe tout en temps libre. Et tous les week-ends, tu pars en régate. Donc, les compétitions en voile s'appellent des régates. Au début, quand tu es petit, c'est des compétitions sur le week-end. Puis après, comme tu disais, tu pars la semaine. Des fois, tu pars deux semaines. Quand tu commences à attaquer des championnats internationaux, tu pars encore plus longtemps. Et en fait, comme toi, moi, je revenais à l'école. Les gens ne comprenaient pas pourquoi je t'ai parti. Qu'est-ce que j'avais fait ? La plupart des réflexions des profs, vu que je revenais, que j'étais tout bronzé, évidemment, c'était, alors ça va, c'était sympa les vacances. Et toi, tu en avais chié sur ton bateau pendant deux semaines à prendre du sel dans la gueule. Et alors, évidemment que c'était génial. Enfin, pour rien au monde, je ferais différemment aujourd'hui. Mais la perception de l'extérieur, autant du point de vue, il y avait des profs qui comprenaient. Attention, ils n'étaient pas tous dans ce truc que j'étais parti en vacances. Mais du coup, j'avais des copains. et des copines, évidemment, au collège, mais j'étais assez finalement détaché de ça. Enfin, j'étais vraiment dans ma bulle. Et parce qu'en fait, j'avais vraiment zéro temps libre. Et j'avais du coup, quand t'as zéro temps libre et que tout ton temps libre, tu le passes à faire du sport, t'as quand même un vrai décalage qui se crée avec tes copains d'école ou quoi que ce soit. moi-même, moi, j'habitais dans une petite résidence avec des petites maisons où du coup, on se retrouvait pour jouer dehors quand on pouvait. C'était un petit cercle un peu fermé. On avait tous le même âge. Et en fait, je voyais que je n'avais pas les mêmes préoccupations et les mêmes occupations que mes copains. parce que moi, en fait, dès qu'ils prévoyaient des choses, des sorties, etc., moi, je ne pouvais pas. Je n'y allais pas. Je n'y allais pas et je savais que tous mes week-ends étaient pris, que toutes les vacances scolaires étaient prises aussi parce que c'est là où évidemment le calendrier sportif quand tu es jeune athlète est calé sur quand même le calendrier scolaire. Et donc, dès qu'il y a des grosses vacances, enfin, dès qu'il y a deux semaines de vacances, tu as deux semaines de compétition. Donc, au milieu de ça, il faut faire les devoirs, etc. parce qu'il y a une sacrée orga et un sacré engagement surtout des parents. Enfin, moi, je me rends compte maintenant que moi, je suis jeune papa et encore, mon fils est tout petit, il a quatre ans et demi mais en fait, c'est des sacrés sacrifices. L'enfant en fait aussi mais les parents, ils en font énormément. Enfin, moi, je vois qu'en fait, mes parents, ils partaient en vacances là où je partais en compétition. Et eux, pendant que j'étais sur l'eau, ils profitaient de faire d'autres choses quand ils n'étaient pas suspendus à leur jumelle mais sinon, c'est quand même un vrai engagement et donc, comme toi, je pense, deux vies qui se mélangent dans une et donc, c'est quand même assez spécial, assez spécial mais très,

Loïc très prenant. Tu parlais un peu d'identité, de construction quand on est au collège dans ces âges-là. Quel souvenir t'en gardes aujourd'hui de cette période ? Là, tu nous as décrit un peu, on va dire, opérationnellement parlant ce que ça a impliqué. C'est de vie en parallèle le fait que tu n'avais finalement pas de temps libre pour toi. Est-ce que c'est un bon souvenir et comment est-ce que ça a contribué à construire l'homme que tu es aujourd'hui et notamment dans ta relation au sport ?

Sébastien J'ai eu une chance incroyable. Je souhaite à tout le monde de... Moi, maintenant que je suis papa, j'ai vraiment envie que mon fils, il vive ça. Alors, pas pour être dans le délire du papa qui veut absolument que son enfant ait aussi une carrière de haut niveau, etc. Je ne veux absolument pas qu'il fasse ce que moi, j'ai envie qu'il fasse mais juste pour vivre ce truc de... Tu es dans une espèce de bulle où tu as un projet et en fait, déjà, avoir un projet à cet âge-là, c'est juste dingue. Je veux dire, quand tu es au collège, tu n'as pas de projet. Juste, tu te laisses un peu porter et voilà, tu peux avoir quelques passions, etc. Et des trucs qui, à un moment, tu attirent un peu plus l'esprit. Mais là, c'était fou. J'étais dans une espèce de projet et en plus, la voile, pour le coup, pour avoir partagé du coup... Alors, ça arrivait plus tard mais quand je suis arrivé au lycée, j'étais dans un lycée qui s'appelle Lycée Marseille Vert à Marseille et qui intègre des sportifs de niveau. Et donc, j'étais dans une classe à un moment spécial où il y avait des sportifs de niveau de plusieurs sports différents et on avait notamment des handballeuses, des danseuses et moi en voile. Enfin voilà, il y avait quelques voileux aussi qui couraient par-ci, par-là. Et en fait, je voyais la rigueur et la dureté de ce que pouvait représenter. Je parlais notamment pour la danse. Enfin, pour le coup, je voyais que mes copines elles passaient pas des bons moments quoi. C'était hyper dur, etc. Alors que moi, j'étais en plein kiff quoi. C'est pas un sport, évidemment, c'est un sport qui est rigoureux, etc. Mais c'est un sport de plein air. La relation qu'on a avec notre entraîneur, c'est plus une relation presque de grand frère quoi. Enfin, souvent l'entraîneur c'est un peu le grand frère et on est vraiment dans le partage, on grandit ensemble avec un groupe, un petit collectif, même si au début, j'étais sur un bateau où on était en sport individuel, face à un bateau où on était seul. Mais on s'entraîne quand même ensemble, etc. On se tire vers le haut et après, évidemment, on fait des conneries comme tout gamin et ça, on n'a pas perdu notre jeunesse. Mais en même temps, on a tous avancé ensemble vers un projet structuré qui nous faisait voyager, qui nous faisait passer du temps dehors, en plein air, sur le haut. Moi, j'ai vraiment adoré cette période et j'espère vraiment que, enfin, je pense que tu peux vivre des choses similaires, tu vois, si tu es passionné de musique, etc. Évidemment, je pense que ça peut exister dans plein de pratiques, mais je trouve que le sport, ça t'amène quand même cette ouverture qui est incroyable et que je souhaite vraiment à tous les enfants de vivre un moment ou un autre. quoi.

Loïc Je suis complètement d'accord. Cette ouverture, le fait de, je pense, toi, ça a été la même chose, surtout en voile, le fait de finalement assez jeune, pouvoir sortir un peu de sa région, voir différents endroits de France, d'Europe, du monde. Moi, j'ai beaucoup voyagé avec le judo grâce à ça. Tu vois, je suis allé au Japon, je n'y suis plus jamais retourné depuis, donc c'était vraiment une opportunité incroyable. Et je suis vraiment d'accord sur ce que tu dis, finalement, c'est une chance incroyable à un âge où on se construit de pouvoir faire ses apprentissages et prendre en confiance psychologiquement, physiquement, tu vois, c'est tout bête, à un âge où, voilà, tu grandis, ton corps change, etc. et le fait d'avoir une discipline qui te permet d'une certaine manière de, comment dire, je trouve, tu me diras si toi, comment tu l'as vécu, mais moi, je sais qu'en judo, j'ai vraiment, ça m'a permis de prendre conscience en fait que je grandissais physiquement, intellectuellement, tu vois, d'un point de vue maturité, je commençais un peu quand même à avoir déjà une différence avec mes copains du collège lycée parce que moi, il fallait que je réfléchisse à ma nutrition, mon planning, comme tu dis, j'avais mon projet, j'étais concentré pendant trois ans sur un truc, c'était, je voulais être champion de France, champion de France, champion de France, tu vois, et en fait, c'est à un âge où on est plutôt, comme tu disais, dans le court terme, dans une attitude quand même par défaut plutôt, quand même plutôt par défaut passive, tu vois, où on se laisse accompagner dans les cours, les cours sont structurés pour nous, on passe d'une classe à une autre, voilà. Là, la démarche, elle est complètement différente quand tu as un projet sport de haut niveau où tu es vraiment acteur de la chose et je trouve que c'est une chance incroyable à cet âge-là d'avoir l'opportunité du coup de se projeter dans le futur, de mettre en place un plan, de comprendre que même si parfois tu investis énormément de temps et d'énergie, tu ne contrôles pas tout donc il peut y avoir de la casse matérielle, j'imagine pour toi ça a dû t'arriver, bon, en judo c'est moins le cas avec un kimono mais il peut y avoir de la casse physique, un problème, le jour J, c'est juste comme ça, tu n'es pas au milieu de ta forme et je suis vraiment d'accord avec toi que c'est une expérience vraiment, vraiment fabuleuse mais je nuancerai aussi avec ce que tu as dit par rapport à tes copines de la danse, je pense que comme beaucoup de choses ça dépend aussi de l'intensité, enfin de ton rapport à la chose et de l'intensité que tu mets, je sais que par exemple je ne pense pas qu'en voile vous ayez ce sujet du poids, quoique peut-être dans ta discipline, je ne sais pas, gérer ton poids.

Sébastien Dans l'autre sens, dans l'autre sens en fait. Il fallait prendre. Oui, il fallait prendre plutôt du poids alors moi je le suis toujours plutôt un gabarit qui prend facilement, tu vois, moi je faisais, on faisait de la musculation régulièrement c'était un peu, on commençait à se rendre compte qu'il ne fallait pas pousser de la masse comme des tarés au collège parce que sinon ça pouvait arrêter la croissance etc. Mais vraiment on était au début de la prise de conscience de ça. Donc voilà, mais après quand on est arrivé sur le support qui est notamment représenté aux Jeux Olympiques où là on était vraiment dans un gros complexe d'encadrement sport au niveau etc. il fallait prendre plutôt du poids en gros plus t'es lourd et plus t'arrives pour schématiser plus on est lourd plus on arrive à faire contrepoids de la puissance qu'on a dans les voiles et plus on arrive à garder de la puissance et donc plus on va vite. Donc c'était assez simple mais la contrepartie c'est qu'il faut garder une agilité incroyable et pouvoir se déplacer et pouvoir faire en sorte de se synchroniser au maximum avec son équipier et donc si tu prends juste du poids et que tu prends du gras et que tu ne sais pas te déplacer sur le bateau ça n'a aucun intérêt donc il fallait trop mettre le curseur au bon endroit entre prendre le max de poids possible mais aussi être capable tu vois on avait des tests physiques tous les 6 mois quand tu es encadré c'est pas d'ailleurs pareil dans tous les sports si je ne me trompe pas mais des tests physiques tous les 6 mois où à chaque fois évidemment on évalue on évalue plein de choses mais on évalue aussi ta souplesse et en fait si tu n'es pas capable de toucher tes pieds il y a un vrai problème et tu vois il fallait même aller beaucoup plus loin que ça et et donc du coup il fallait mettre le curseur au bon endroit pour à la fois avoir de la masse musculaire mais aussi être agile et se déplacer on appelait ça à pas de chat sur le bateau il faut vraiment que le bateau il ne soit vraiment pas perturbé par nos déplacements et donc voilà on était plutôt dans un truc il faut prendre du poids et là aussi sur la nutrition il y a tellement de progrès qui ont été faits mais on faisait ça de manière assez simpliste et moi je sais que j'ai toujours eu des j'ai eu plusieurs barreurs moi j'étais équipier donc sur le bateau donc c'est moi qui gérais le réglage des voiles et le barreur à la barre et en fait le barreur doit être un peu plus léger que l'équipier ça c'est pas grave mais j'ai toujours eu des barreurs qui ont eu du mal à prendre du poids et qui eux ont passé des heures et des heures en salle de muscu avec pour un seul objectif c'est de prendre quelques kilos moi je n'avais pas trop ce problème là je faisais un peu de muscu et je prenais direct et d'ailleurs maintenant je fais plutôt des sports où il faut plutôt être très léger donc j'ai entrepris d'autres choses je pense qu'on en parlera tout à l'heure mais moi j'avais plutôt une facilité pour prendre du poids

Loïc spontanément j'ai envie de te dire la chance mais parce que moi j'ai eu d'autres problèmes où il fallait qu'au contraire j'arrive à en perdre et je ne garde pas un très bon souvenir de ces phases de régime j'imagine mais passionnant ton projet du coup pour finir sur la phase voile puisque là tu nous disais que tu étais à haut niveau mais bon de manière assez humble tu avais rapidement évoqué les Jeux Olympiques mais bon il faut quand même pour que les gens un peu comprennent l'environnement et le niveau auquel tu pratiquais si je ne me trompe pas en préparant le podcast j'ai vu que les Jeux que tu avais préparé en particulier c'était Rio donc 2016 Londres c'était déjà c'était trop tôt c'est ça

Sébastien ouais en fait Londres c'était trop tôt mais en fait c'est presque ceux auxquels on a failli enfin voilà ça c'est en fait quand on est arrivé sur ce bateau là donc le 49er ça s'appelle ce bateau ce bateau planant où on est deux dessus donc là on rentrait sur un bateau qui est donc il y a 10 séries qui sont représentées aux Jeux Olympiques si je caricature c'est de la planche à voile du catamaran etc ça a d'autres noms mais ça fait partie de la planche à voile du catamaran et nous on était le dériveur double haute performance voilà et un skiff un skiff volant et donc du coup sur ce bateau là donc on est arrivé avec mon équipier Thomas en 2009 si je me trompe pas 2009 2010 2011 ouais c'est ça en 2009 on était tous les deux en solitaire sur un petit bateau qui s'appelle le Motorop qui est un bateau qui est une série plutôt jeune où on va où typiquement jusqu'à la fin du lycée on peut naviguer dessus alors après on peut naviguer jusqu'à la fin de sa vie si on veut mais en tout cas là où vraiment le haut niveau se fait c'est plutôt dans ces années là et notre dernière année sur ce bateau là mon équipier fait champion du monde et moi je fais dans les 15 premiers au champion du monde et ensuite l'été qui passe on se lance ensemble on se lance ensemble dans 49ers donc en rentrant directement au Pôle France à Marseille et donc là on intègre l'équipe et là en fait on arrive et sur ce bateau là ce qui est assez particulier dans la voile c'est qu'en fait tu apprends des choses tout au long de ta carrière mais on peut te changer de bateau et tu peux passer de l'élite mondiale à j'arrive même pas à terminer une manche et c'est un peu comme si t'étais champion de tennis et que demain je te file une raquette de ping-pong et je te mets en face du champion du monde de ping-pong t'as beau être champion de tennis tu vas pas y arriver la voile c'est un peu ça donc du coup on est arrivé sur ce bateau et en fait déjà tu repars de loin parce que on était plutôt dans l'élite sur notre bateau en solitaire et là on se retrouve à ramasser les bouées on appelle ça quand t'es dernier en voile voilà tu te retrouves à la fin et voire même le bateau est tellement difficile techniquement parlant qu'en fait on fait que se retourner parce qu'on n'arrive pas à avoir l'équilibre on n'est pas synchronisé etc et donc dès qu'il y a un peu de vent ça devient c'est très joli de l'extérieur ça fait des beaux spectacles on fait des belles figures de style mais on fait que se retourner et donc c'est très très dur c'est deux trois années assez fondatrices où en fait on doit on doit appréhender le support appréhender le bateau apprivoiser tout ça et et je me souviens vraiment très très précisément d'un jour à l'entraînement voilà ça devait faire trois ans qu'on habillait ensemble où il y avait Mistral à Marseille vent fort on était voilà une petite sept ou huit bateaux à l'entraînement et en fait on arrive à faire ce qu'on veut du bateau alors que c'est un vent assez soutenu où justement plutôt tendance à faire des fautes à ce moment là et au milieu de l'entraînement on s'arrête deux secondes on se regarde on fait putain on le tient là ça y est on maîtrise l'engin quoi enfin au bout de trois ans on a l'impression d'avoir surpassé la machine et ça y est c'est plus elle qui nous qui nous maltraitent c'est nous qui arrivons à en faire ce qu'on veut quoi donc donc donc c'est des années vraiment très très dures très très dures parce qu'en plus ça correspond quand même à l'entrée dans les études supérieures mon bas est en école d'ingénieur moi je suis en école de commerce alors lui on a fait la même école d'ailleurs Seb je sais pas si t'as vu ouais j'ai vu j'ai vu il y a beaucoup de similitudes pour le coup c'est ça mais ouais ouais donc du coup du coup remède Catch Business School qui s'appelle Catch Business School aujourd'hui c'est ça attends mais attends d'ailleurs t'es rentré en quelle année du coup je suis rentré assez tard parce que j'ai passé un peu plus de temps au lycée que la normale je suis rentré en je suis rentré en master en plus donc je suis rentré en 2011 et je suis sorti en 2013

Loïc ah bah je suis rentré en 2009 après mon prépa et je suis sorti en 2013 ah bah tu vois punaise ça se trouve on s'est croisé dans des cours

Sébastien dans les 8000 étudiants on a dû se croiser donc ouais donc super super expérience d'ailleurs aussi très école très sympa et moi je voyais bien en plus alors c'est pas pour pour être réducteur vis-à-vis des écoles des commerces mais moi je voyais bien le travail que demandait l'école d'ingénieur avec mon barreur et le travail que me demandait l'école de commerce moi il y avait quand même un gap faut pas se mentir voilà même si même si voilà on apprend plein de choses et moi je suis hyper c'est surtout les intervenants en fait qui nous apportent énormément de choses dans ces écoles là et donc je suis hyper reconnaissant de tout ce que j'ai pu apprendre mais voilà je sentais que mon moi j'étais plus en pilotage automatique dans les études et mon barreur lui il avait vraiment des phases importantes avec les partiels lui en plus il dédoublait ses années parce qu'en école d'ingénieur lui il était à l'INSA de Lyon et en fait il avait la possibilité de multiplier son cursus par deux en gros une année il pouvait la faire en deux ans et même ça c'était quand même challenging pour lui même si c'était un très bon élève enfin voilà on sentait que ça lui demandait quand même pas mal d'efforts mais donc voilà du coup on a eu trois années très fondatrice et compliquée où t'es plutôt tout le temps derrière donc chaque fois que tu fais une compète tu prends un peu une claque tu dis putain alors tu remets pas en jeu le projet parce que tu sais que c'est du long terme mais pour repartir c'est quand même toujours un peu dur et de temps en temps t'as des petites victoires il y a des manches où voilà pour que les gens se rendent compte en fait une régate ça dure une semaine et pendant une semaine on fait entre 3 et 4 manches par jour une manche ça dure 30 minutes c'est assez intense et donc du coup il y a une fatigue qui s'installe au fur et à mesure que la semaine se passe et en plus il y a des sélections qui se font au fur et à mesure il y a des phases de qualification au milieu de la semaine on coupe la flotte en deux et en gros il y a le rond or et le rond argent donc c'est la première moitié et la deuxième moitié donc évidemment tu te retrouves dans la deuxième moitié les premières années donc c'est dur c'est dur mais il y a des petites manches toujours qui te raccrochent parce que voilà tu arrives à faire une belle chose et donc ça te permet d'entreguer de garder la flamme pour continuer et en fait au bout de 3 ans on arrive sélection des Olympiques de Londres et là nous c'est l'année où on explose où vraiment on se révèle enfin tout s'aligne ça y est quoi enfin l'expérience l'expérience commence à payer notre travail en plus on a vie vraiment beaucoup beaucoup et voire même je pense qu'ils m'en vaudront pas mes collègues si je leur dis ça mais on naviguait plus que les autres plus que ceux qui étaient en équipe de France élite on va dire et qui visait vraiment la sélection pour les Olympiques mais parce qu'on en avait besoin aussi et qu'eux aussi étaient certainement passés par là avant nous mais voilà on naviguait beaucoup et donc là on voit que ça finit par payer et on fait une année fin 2011 début 2012 assez incroyable où chaque compète ça se passe plutôt très bien et on fait notamment une coupe du monde à Palma de Mallorca où en fait la fédération nous annonce que pour aller au championnat du monde qui sera en Croatie il faudra il faudra finir absolument dans les 25 premiers de cette coupe du monde et sinon on n'aura pas le droit d'y aller alors que nous on avait évidemment prévu d'y aller même si on avait aucune chance d'aller se qualifier aux Jeux Olympiques et que la qualification pour la France aux Jeux Olympiques allait se jouer sur ce championnat du monde on voulait quand même y aller et en fait là ils nous disent clairement si vous ne faites pas top 25 sur la coupe du monde qui précède à Palma de Mallorca on vous interdit d'y aller et écoute on fait 25ème on fait 25ème avec un hold up de l'espace vraiment ça se joue sur la dernière manche enfin voilà il y a tout qui s'aligne et donc on se qualifie assez incroyable et en fait à ce moment là on voit même que la fédée est embêtée parce que du coup il y a 4 équipages on était 4 ou 5 à être rentrés dans les 25 premiers donc les 4 qui étaient rentrés devant nous c'était des équipages qui logiquement allaient aller au chapa du monde parce qu'ils étaient toujours devant et nous on était vraiment le vilain petit canard c'est putain du coup logistiquement ça veut dire qu'il va falloir envoyer 2 entraîneurs faire en sorte qu'il y ait 2 camions qui se déplacent avec 2 Zodiac enfin on a vraiment fait chier tout le monde quoi et en fait bon voilà nous on s'est pas préoccupés de ça mais voilà et en fait arriver et arriver donc en Croatie à Zadar on est dans une semaine de grâce où en fait le premier jour on fait 3 manches on fait 1-1-2 le lendemain on refait 3 manches dans les 10 et en fait on est à mi-championnat on est enfin je crois que le 2 premiers jours on est sur le podium et à mi-championnat on est top 10 et devant tout le monde quoi et devant tout le monde et en fait la qualif se jouait là la qualif aux Jeux Olympiques ça se jouait là et en voile il faut savoir qu'il n'y en a qu'un seul qui va il n'y a que le meilleur français c'est tout tous les autres ils restent à la maison et donc c'est pour ça qu'en soi c'est un sport aussi qui est assez difficile parce que tu peux te battre pendant 4 ans et te préparer les Jeux pendant 4 ans et en fait tu peux très bien ne jamais aller au Jeux même si tu as été le plus fort pendant 3 ans si la dernière année c'est pas toi qui es devant bah t'y iras pas et donc là on était plutôt dans un truc où nous on était complètement outsider mais alors de très très loin et on fait un début de championnat mais de dingue et on reçoit des messages dans tous les sens et nous on se rendait pas trop compte en fait on savait qu'on était pas vraiment à notre place qu'en fait il y avait trop d'enchaînements on avait de la réussite sur tout quoi en plus de bien naviguer on avait de la réussite sur tout ce qu'on faisait donc c'était assez ouf et donc on commence à recevoir d'un message mais les gars c'est vous qui allez y aller et tout et là en fait on se rend compte on se dit mais qu'est-ce qui se passe c'est en fait nous à aucun moment on s'est dit que même si on allait être devant ils allaient nous envoyer nous quoi aux Jeux Olympiques c'était pas possible on n'était pas dans les radars du tout on peut pas comme ça arriver et faire un hold up et en plus c'était une semaine pour la petite anecdote c'était une semaine où le vent était vraiment pas fort et au fur et à mesure que les jours passaient moi je mangeais de moins en moins je me disais putain il faut essayer de perdre du poids ils annoncent encore pas de vent de main si on veut aller un peu plus vite là ça sert à rien il faut pas que je mange trop mon barrière fait ça aussi sans me dire et je crois qu'au bout du troisième jour on se regarde un peu en train de se servir des pattes et moi je prends quasiment rien et lui aussi et on explose de ré elle me fait mais toi aussi tu manges pas je dis ah ouais putain mais il faut pas qu'on mange tu vois pas qu'on va de plus en plus vite et donc c'était c'était assez drôle bon je préconise surtout pas de faire ça évidemment mais voilà c'était assez drôle tous les deux on jouait notre carte à notre atout à fond et bon finalement finalement sur la deuxième partie on a quand même repris notre place mais on fait quand même 18ème de championnat du monde et 3ème français et c'était juste une semaine incroyable enfin on a vraiment adoré ce moment là et puis après le reste de l'année s'est très bien passé aussi on fait notre premier on manque de pas loin de faire notre premier podium sur une coupe du monde enfin voilà il y a tout qui s'enchaînait plutôt bien et après on a fait une deuxième préparation donc pour Rio 2016 où là mon barreur au bout d'un an il a décidé de rentrer dans la vie active parce que il faut en parler aussi de ça mais c'est un sport qui est quand même non professionnel on gagne pas du tout notre vie voire même on dépense énormément d'argent donc il faut essayer de trouver un peu des petits partenaires etc. en sachant que la voile légère c'est quand même pas ce cas de plus visible comme sport donc assez peu de partenaires et donc au bout d'un moment moi mon barreur il y a une opportunité pour prendre un super poste etc. et donc on a arrêté le projet et moi j'ai continué avec j'ai fait des essais avec deux autres barreurs et donc je suis allé jusqu'à Rio pour quand même tenter tenter la calife mais la calife qui s'est jouée en Floride pardon à Clearwater donc ça aussi c'était la première fois de ma vie que j'allais aux Etats-Unis assez incroyable d'aller naviguer là-bas au milieu des Roquins-Tigres et des Mars-Oins quoi donc c'était c'était une belle expérience mais clairement on n'était pas dans le coup donc on a dû faire milieu de tableau et j'ai pris ma retraite sportive à ce moment-là juste après les Jeux de Rio Ta retraite sportive Ouais

Loïc Je rigole un peu enfin je souris quand tu dis ça parce que moi quand j'ai commencé à te suivre je suivais Seb l'ultra-cycliste puis après au bout d'un moment je crois que c'est l'Alpsman que t'es allé faire comme ça sur un coup de tête sans trop d'entraînement il me semble ou c'était un autre je m'en rappelle plus non c'est un Ironman que t'as fait oui

Sébastien j'ai fait X parce que du coup voilà on va y revenir mais après je suis passé dans le triathlon et après l'ultra-cyclisme et donc j'ai un peu arrêté de courir et après pour m'amuser j'ai refait j'ai refait le 73 voilà tu me dis si je me trompe

Loïc mais si ma mémoire est bonne t'as pris le départ sans t'entraîner en natation j'avais pas couru ni nager voilà

Sébastien j'avais pas couru ni nager de l'année

Loïc donc voilà ta retraite sportive ça me fait sourire parce que ceux qui te suivent je pense seront d'accord avec moi pour dire que t'as peut-être pris une retraite sportive de haut niveau mais que on voit clairement que le sport ça fait absolument partie de ton équilibre et d'ailleurs j'aurais une question pour toi un peu plus tard sur ton équilibre enfin votre équilibre en tant que couple et famille carrément puisque t'es pas le seul pratiquant ta compagne est aussi ultra cycliste et vous avez un enfant en bas âge donc voilà ça me fait me poser quelques questions sur votre équilibre mais ok donc tu décides à ce moment là d'arrêter vraiment l'année de Rio 2016 c'est la fin ou

Sébastien ouais c'est la fin alors j'ai fait comme bon sportif un petit comeback sortir de la retraite à un moment j'ai un ami qui me dit ouais tu veux pas relancer un projet etc donc j'ai refait quelques petits one shot comme ça ou je suis venu sur des coupes du monde ou etc enfin on en parle assez peu mais moi j'ai essayé de le verbaliser le plus possible à des gens autour de moi pour qu'ils comprennent mais en fait on parle beaucoup de la dépression post carrière de haut niveau mais notamment chez les gens qui ont de la visibilité et des grands sportifs que tout le monde connait etc mais c'est là aussi quand t'es un sportif lambda enfin moi je m'en souviens enfin j'étais sportif de haut niveau mais j'étais j'étais j'étais pas un champion quoi et mais nous ces gens là aussi quand on s'arrête en fait on a le même un gros la grosse chute on la vit aussi quoi et et donc je sais plus pourquoi je te dis ça

Loïc parce que tu disais que t'as essayé de reprendre en grand shot

Sébastien et donc et donc en fait quand on te retend une perche putain mais t'as envie de la saisir quoi t'as envie de dire bah ouais ça me manque trop c'est pas possible enfin tu passes d'un truc qui a drivé toute ta vie ou ou tout ton emploi du temps était tourné autour de ça un truc où entre guillemets t'as plus de projet mis à part le projet professionnel etc mais mais t'as quand même un énorme vide t'as un énorme vide et donc ouais donc j'ai fait quelques piges on va dire comme ça grâce à des copains

Loïc c'est un très bon point on se fera peut-être un épisode spécial sur ça un épisode bonus mais ouais je suis assez d'accord avec toi bah déjà c'est bien je pense que les sportifs qui sont visibles parlent de ça oui ça permet de voilà de le mettre un peu sur la place publique mais c'est vrai que enfin moi j'ai aussi fait l'expérience comme toi d'un arrêt un peu décidé mais d'un arrêt un peu soudain du sport de niveau et comme toi j'ai essayé de reprendre alors moi une seule fois et ça a été enfin une seule fois sur une période on va dire et ça a été ouais tellement violent que bah finalement c'était pas très agréable parce que tu dis ah je vais essayer de retrouver des sensations tu vois les sensations incroyables que j'avais avant c'est assez rare les retours gagnants ouais c'est ça et en fait bah moi concrètement j'étais au Canada pour un échange à ce moment là et mon entraîneur de Marseille du Pôle France m'a dit ah faut que t'ailles voir c'était Gilles Gilles Denis je crois je vais pas dire de bêtises mais bref l'entraîneur de l'équipe du Canada qui était à Montréal là où j'étais d'accord et donc je me pointe pour un entraînement et déjà j'arrive à l'entraînement et je vois tout le monde en kimono bleu et blanc tu vois donc les kimono blancs et les kimono bleus c'est ce que t'as dans les compétitions internationales donc

Sébastien ok

Loïc t'as pas ça dans un club lambda tu vois des gens en kimono bleu ça n'existe pas ouais et tout le monde avec les dossards cousus dans le dos donc ça c'est pareil c'est quand tu fais des compétitions je me dis ah tiens étonnant et puis en fait je capte que au bout de quelques minutes je reconnais quelques visages quelques noms et tout en fait je capte que je suis dans le club de la côte est du Canada avec les trois quarts de l'équipe du Canada qui préparait les JO de Londres tu vois la vache ok et du coup bon bah concrètement avant la fin de l'échauffement j'étais déjà dans les toilettes en train de vomir tu vois c'était invominable donc ouais je vois bien mais écoute absolument passionnant alors on a passé plus de temps que ce que j'avais imaginé sur la voile mais écoute vraiment passionnant ce que je te propose c'est qu'on fasse une transition du coup sur aujourd'hui puisque pour parler un petit peu du backstage de comment cet épisode s'est monté pour les gens qui te suivent pas sur les réseaux et je vous recommande de le faire d'ailleurs il y a le lien en description de cet épisode tu as récemment annoncé un énorme projet finalement ton nouveau projet sportif sur lequel tu te concentres qui est un projet tu vas nous en parler très ambitieux qui n'est pas dans la voile et donc moi je serais curieux de savoir si tu pouvais nous parler un petit peu de ce que tu fais aujourd'hui quel nouvel équilibre tu as trouvé avec le sport alors tu n'es pas officiellement athlète de haut niveau avec un numéro du ministère etc mais on peut clairement dire que c'est du sport de très très haut niveau donc voilà à quoi ressemble le sportif Seb aujourd'hui et dans quoi est-ce que tu t'éclates et vers quoi est-ce que tu vas surtout

Sébastien ouais bah écoute du coup du coup je me suis complètement reconverti dans un autre sport puisque du coup maintenant je pratique l'ultracyclisme donc des très très longues distances à vélo qui est un sport assez récent en France finalement ça existe depuis assez longtemps notamment aux Etats-Unis etc mais plus avec une pratique avec de l'assistance donc des gars ou des femmes qui font des très longues distances à vélo mais en étant suivi etc avec un camping-car machin etc donc ça ça existe depuis assez longtemps sur All States mais après chez nous on va dire que ça fait 5-6 ans que c'est en train de pousser fort et notamment là sur les 2 dernières années on voit on voit un grandissement vraiment très très important des participants et ça ressemble un peu au trail running à 10 ans on va dire donc c'est en train de prendre la même direction et c'est en train de alors se professionnaliser le mot est peut-être encore un peu fort mais c'est en train de se structurer on va dire

Loïc tu dirais que c'est la race across France et Arnaud qui ont un peu démocratisé la chose en France ou pas que ?

Sébastien ouais ouais il y a Arnaud qui fait partie des très très gros acteurs avec la race across France il y a Axel Carillon aussi avec les Bikingman et après il y a d'autres courses qui ne sont pas des circuits qui ne proposent pas plusieurs courses mais comme la Desertus Bacus ou la French Divide il y a des courses qui sont sur la route et des courses off-road mais en tout cas oui toutes ces courses là ont eu vocation à vraiment démocratiser et mettre en avant ce sport et puis après tu as évidemment les athlètes qui sont arrivés qui aujourd'hui sont des vrais portes-drapeaux de cette discipline et on apprend en plus d'année en année au début c'était quand même la stratégie celui qui dort le moins c'est celui qui gagne la course maintenant on revient un peu en arrière là-dessus on se dit que si tu es capable de rouler très vite et finalement en dormant un petit peu tu vas finalement rattraper tous ceux qui sont en mode zombie et qui n'ont pas voulu dormir etc donc c'est là-dessus que je dis que le sport est en train de se structurer c'est parce qu'on est vraiment dans une approche même si ça reste un sport où l'aventure est quand même au coeur du sujet on peut faire un rapprochement avec le Vendée Globe dans la voile tu as des performeurs et tu as des aventuriers c'est un peu pareil en ultra-cycle tu as des gens qui viennent là pour kiffer le fait de traverser la France à vélo et de rencontrer du monde etc et de quand même le faire à une vitesse qui est engageante mais qui ne sont pas là à tout prix en train de dépasser des gens ou faire un chrono et tu as des gens qui sont là vraiment dans une démarche où ils essaient de tout optimiser pour aller le plus vite possible qui vivent aussi une aventure mais qui est quand même très différente parce qu'ils vont un peu moins les paysages ils roulent quasiment toute la nuit etc donc chacun arrive à faire son petit mélange et s'y retrouve en fait comme il a envie de se retrouver donc là-dessus c'est ça qui est assez génial et donc là en fait mon histoire avec l'ultra-cyclisme elle remonte elle remonte à 2020 donc post-covid parce que du coup quand j'ai arrêté ma carrière en voile donc après les JO 2016 je me suis mis à faire du triathlon tout de suite et donc j'ai changé de on revient sur cette fameuse dépression post-sport de haut niveau mais du coup j'ai voulu combler ce vide tout de suite et en fait j'ai rencontré j'avais déjà ma femme qui faisait un peu de triathlon on avait déjà des amis qui en faisaient un peu et j'avais un copain qui venait de finir l'Ironman de Nice et qui m'a un peu titillé gentiment en me disant viens faire un vrai sport donc là-dessus je l'ai un peu pris au mot et on s'est retrouvé dans le club à Marseille qui s'appelle les Sardines Triathlon qui est un club vraiment très sympa et très familial tu es toujours d'ailleurs par curiosité ? je n'y suis pas mais je ne suis plus licencié mais je vois encore tout le monde et en plus en faisant encore du vélo on se croise encore tous évidemment en rouleur dans le coin et je suis tout le monde encore de très près c'est un club qui a vraiment une très bonne ambiance et donc voilà c'était vraiment un bon moment et donc j'ai fait trois années du coup de 2017 à 2020 j'ai fait de l'Ironman alors un niveau très amateur il faut bien comprendre que du coup je suis parti d'un gabarit je ne suis pas aussi grand que toi mais je faisais aux alentours des 90 kilos et surtout je ne savais ni faire du vélo ni courir ni nager aucun des trois sports mais ce qui était génial et ça franchement c'est assez grisant quand tu viens d'un sport où en fait tu passes ton temps à essayer de maintenir un haut niveau et en fait quand tu arrives sur une compétition tu sais tout faire mais c'est juste que pendant la compétition il faut réussir à faire tout au meilleur niveau et c'est différent de continuer à progresser tous les jours et là moi du coup en découvrant le triathlon je me suis retrouvé à pratiquer trois sports où en gros à chaque entraînement tu progresses et ça en fait quand tu es sportif de niveau dans un sport que tu maîtrises tu ne le vis plus tu ne le vis plus de cette manière là en tout cas et donc moi j'étais rempli de dopamine enfin à chaque entraînement je me suis dit putain mais c'est génial j'ai compris ça en natation je commence à à sentir la glisse non c'est pas vrai j'ai jamais senti la glisse en natation mais en tout cas j'ai compris un truc ça va un peu mieux et ça dans les trois sports donc c'était vraiment hyper glissant et donc je me suis vraiment éclaté pendant ces trois années où du coup la première année j'ai fait mon premier Ironman c'était c'était à Hambourg c'était l'objectif club quoi il y a un peu la dynamique dans les clubs de triathlon on se fixe un objectif et on y va tous ensemble donc voilà j'ai fait mon premier Ironman là-bas c'était génial et par la suite j'étais un peu pris par ce truc que je connaissais pas d'ailleurs quand je faisais de la voile mais ce truc toujours plus loin toujours plus dur et donc à chaque fois je cherchais un Ironman qui allait me challenger un peu plus et c'est comme ça que je me suis retrouvé à faire l'Haltzman en 2018 donc pour ceux qui connaissent pas l'Haltzman c'est un Ironman classique mais sauf que il y a beaucoup beaucoup de dénivels à vélo à l'époque on était sur 4400 des plus sur 180 kilomètres et après le finish se fait d'abord autour du lac en fait on court les 25 premiers kilomètres au bord de l'eau et si on est sous un certain chrono on a le droit de monter en haut du Semnoz donc il y a le col à côté d'Annecy et qui nous permet d'être top finisher et donc c'est un trail donc c'est 13 bornes où là on avale à peu près 1400 des plus et donc je me suis dit putain ça ça a l'air c'est génial c'est encore plus dur il faut y aller etc et aujourd'hui je suis un peu revenu sur ce genre de discours mais c'est juste pour expliquer un peu le cheminement et ça en fait ce truc là je l'ai partagé on est monté avec Karen avec ma femme on a un gros groupe d'amis et ils étaient tous là on était une vingtaine et j'ai été le dernier en plus top finisher donc je suis le dernier c'est vrai sonné la cloche ouais et donc ça s'est joué en gros quand je pose le vélo j'avais un copain que j'avais nommé qui était garant du temps Cédric je lui avais dit dès que je pose le vélo dis moi à combien il faut que je cours pour pouvoir passer le cut et là je pose le vélo il me dit il faut que tu cours à 5'20 je me dis quoi ? 5'20 kilos pendant 25 ans je peux pas j'ai plus et bon c'était assez rigolo et donc du coup je passe ce cut et j'ai une arrivée au sommet c'est encore aujourd'hui je pense un de mes plus beaux souvenirs de franchissement de ligne si ce n'est le plus beau parce que c'était au milieu de la nuit etc mais c'était vraiment génial et donc voilà et donc j'ai appris dans la suite j'ai fait aussi l'embranman etc et juste avant le Covid je refais un Ironman un peu classique assez roulant et là je comprends que ça y est j'ai vu tout ce que j'avais vu à voir j'ai surtout vu qu'en m'entraînant parce que je tournais entre 15 et 20 heures semaine je faisais du bi quotidien de l'entraînement bi quotidien de tous les jours et je voyais que je progressais plus enfin je sais pas j'avais atteint mon niveau entre guillemets maximum et alors oui je pouvais gagner des pouillèmes mais en fait ça m'intéressait pas de refaire 25 heures 30 heures par semaine pour gagner 3 minutes sur un Ironman j'y trouvais pas de sens et puis arrive le Covid et là j'ai un pote un super pote Damien avec qui je partageais déjà pas mal d'aventures dans le sport qui me dit regarde là il y a une course c'est de l'ultra distance à vélo alors pour le coup c'était le bike Iman Corsica et il me dit ça serait bien qu'on s'y inscrive tous les deux et tout machin et je dis grave machin donc juste avant l'hiver juste avant qu'on soit tous confinés on se met à faire des sorties longues qui nous paraissaient longues mais on faisait des 200 250 bornes en se disant c'est bien on se prépare comme il faut et finalement on se retrouve confinés finalement le bike Iman est annulé comme toutes les courses et en fait la seule course qui passe à travers les mailles du filet c'est la RAF parce qu'elle était au mois d'août le 15 août et c'est pile le moment où on se retrouve un peu déconfinés les courses ont de nouveau le droit d'exister et je crois qu'un mois et demi après on était reconfinés enfin il y avait en tout cas couvre-feu on était repartis dans le délire Covid et donc en fait j'ai pu participer à la RAF 1000 km à la RACE Cross France donc 1000 km qui était ma première première aventure ultra-cyclisme et donc ça dure 3 jours et 10 heures 3 jours et 12 heures exactement je crois et je crois qu'à l'arrivée je me dis waouh mais c'est ça qu'il faut que je fasse c'était la révélation ah ouais mais la révélation je me suis dit mais là j'ai passé 3 jours et demi sur un vélo j'ai l'impression déjà que ça a duré un mois que j'ai vécu mille choses je suis passé par tous les états enfin c'était c'était juste incroyable quoi vraiment j'ai une espèce de j'étais transcendé par ce qui m'était arrivé en plus j'avais cassé mon dérailleur j'avais été obligé d'aller de monter un col à pied pour aller louer un autre vélo pour finir la course alors que j'avais pas dormi la veille pour essayer de bouler 3 personnes enfin c'était une histoire complètement folle et je me suis dit ouais mais j'ai l'impression que j'ai trouvé vraiment ce qui va m'animer les prochaines années quoi et donc c'est parti de là

Loïc c'est parti de là ce qui est hyper intéressant parce qu'au final t'arrivais d'un sport enfin avant ça le sport que t'avais pratiqué au plus haut niveau et pendant le plus de temps c'était t'expliquais un peu plus tôt que les manches même si elles s'enchaînaient et que c'était sur des périodes assez longues finalement les manches c'était un effort physique d'une demi-heure et là t'arrives dans un univers qui a rien à voir où t'as de la gestion de sommeil d'alimentation peut-être le fait d'apprendre à se réguler tu vois sur l'énergie que tu dépenses pour pouvoir tenir dans la durée c'est assez intéressant finalement de voir que t'as accroché à ce point si fort sur un sport assez loin de en tout cas dans le rythme de ce que t'avais connu pendant longtemps ouais

Sébastien ouais bah je pense que ça me correspondait mieux en fait mais je me dis enfin tu vois je pense que pour le coup finalement ces manches de 30 minutes etc c'est pas là où j'étais le meilleur peut-être que j'aurais été meilleur en ayant fait tout de suite un sport d'endurance mais c'est comme ça et puis je voudrais absolument pas faire autrement mais du coup j'ai eu l'impression que quand je suis arrivé sur ce truc là alors évidemment j'ai fait plein d'erreurs et je continue à en faire plein et t'apprends t'apprends des choses sur toi enfin t'imagines quand même après autant d'années de sport de haut niveau t'as l'impression de te connaître et en fait là t'arrives dans une discipline où tu redécouvres encore plein de choses sur toi quoi enfin c'est tu dis mais c'est sans fin c'est en fait j'ai sur ces trois jours là j'ai sur le sommeil je me suis challengé enfin j'avais l'impression de me challenger parce que j'ai calé une nuit blanche dans les trois nuits et dans les trois jours et je me suis dit voilà je suis vraiment allé au bout de ce que je peux faire etc c'est sûr je peux rien faire de mieux et en fait j'ai bien vu j'ai bien vu qu'il n'y avait pas de limite il n'y avait pas de limite et qu'en fait tu peux toujours faire mieux et c'est ça qui était incroyable c'est que j'étais qu'au début de l'histoire et donc j'ai eu envie tout de suite de m'engouffrer là-dedans et de continuer à vivre des expériences pareilles et surtout et de les partager aussi et de les partager parce que du coup Karen m'a rejoint on a fait deux race cross France ensemble donc ma femme avec qui j'ai fait deux race cross France on a fait la première on a fait un 300 km et il y a deux ans on a fait la 1000 km et en fait c'est pareil c'est des souvenirs incroyables c'est des souvenirs incroyables de partager ça avec la personne qui partage ta vie enfin c'est des souvenirs qui sont complètement délibiles alors je dis pas que le reste est fade attention mais d'avoir la chance de pouvoir partager un truc comme ça aussi fort c'est pas donné à tout le monde c'est pas donné à tout le monde donc on est vraiment hyper reconnaissant de ça

Loïc et donc elle a fait tu disais c'était il y a 3 ans la première race cross France ensemble la 300 ?

Sébastien c'était en 2022 ah ouais donc votre fils il avait à peine il avait deux ans c'était un massacre ouais c'était un massacre c'était un massacre il dormait pas d'ailleurs il ne dort toujours pas spoiler alert mais mais quatre ans et demi accrochez-vous quatre ans et demi il ne dort toujours pas bon on compose avec maintenant mais mais en tout cas ouais ouais on était on était explosés tous les deux et et à la fin et à la fin c'est elle qui m'a attiré jusqu'à la ligne d'arrivée moi j'étais au bout et c'est elle qui nous a fait finir donc c'était ouais tu vois c'était des moments comme ça c'est magnifique ouais ouais c'était vraiment super c'était vraiment super

Loïc donc une première race cross France 1000 km la deuxième c'était celle avec Karen à 300

Sébastien alors du coup la deuxième non c'était en 2021 c'est là où j'ai sauté le pas du 2500 km ok d'accord donc là je me suis dit voilà t'as fait tes armes sur le 1000 il faut aller chercher la distance reine de la race cross France qui est à la 2500 km et là et là voilà donc aventure aventure incroyable sur 8 jours et donc là c'était vraiment la première fois que je faisais aussi long j'ai appris plein de choses enfin c'était c'était c'était vraiment voilà j'ai fait mes armes vraiment sur cette course là l'année d'après j'ai fait le 300 avec Karen parce que j'avais vraiment envie qu'on partage un truc comme ça et elle en avait vraiment envie aussi ensuite j'ai refait la 2500 km en 2023 et là je l'ai faite vraiment dans un dans une approche où où je voulais où je voulais me performer alors performer c'est un grand bon mais en tout cas je voulais faire le mieux possible et donc j'ai pris un coach sur les deux derniers mois en fait j'avais fait une grosse préparation hivernale et au bout alors en sortant de l'hiver je me suis dit voilà t'as tellement de puisés dans tes ressources mentales que que que là il faut que tu sois accompagné parce que sinon tu vas tu vas décrocher quoi et en fait j'avais besoin de quelqu'un qui qui m'accompagne pour parce que parce que je sentais que que j'allais plus avoir la motivation nécessaire pour continuer à m'entraîner j'avais fait un je pense l'hiver trop chargé et donc là je me suis fait accompagné par un coach et sur les deux derniers mois et donc j'ai fait cette cette cette race au cross France là où j'ai dormi 6 heures en 7 jours et 10 heures qui a absolument pas à faire c'est et moi je me mets mais je pensais que c'était ça qu'il fallait faire je pensais qu'il fallait il fallait vraiment vu que je je roule pas vite je suis incapable de rouler comme les meilleurs etc je me suis dit ton seul atout parce que j'avais décelé que j'avais une facilité ou en tout cas que j'avais beaucoup travaillé pour essayer de dormir le moins possible je me suis dit il faut pousser ce curseur à fond et le jouer comme ça et en fait c'est hyper j'allais dire presque malsain mais en fait chaque nuit en fait le jour ben voilà je progressais et je me enfin ceux qui allaient plus vite étaient de toute façon devant et toutes les nuits ben je gagnais quelques places et du coup je me disais la nuit qui arrive ben là si je fais encore l'effort je vais encore gagner des places et en fait j'ai fait ça toute la semaine je suis arrivé dans un état à la à la fin de la course qui était qui était j'étais j'étais bien évidemment heureux mais je savais que j'étais pas allé dans le bon sens quoi c'était pas ça qu'il fallait faire pour profiter et c'était et c'était pas sain et si on peut dire que quelque chose de sain dans l'ultra mais mais en tout cas c'était c'était pas comme ça qu'il fallait vivre la course et même en performance c'était pas comme ça qu'il fallait il fallait s'y prendre mais j'avais quand même touché du doigt alors j'ai fini 23ème de cette course là c'était pour moi une super perf enfin sur le papier j'avais que des gens autour de moi qui roulaient si je fais 50 bandes avec eux j'arrive deux fois plus tard qu'eux quoi enfin il y avait pas de match possible quoi et d'ailleurs c'est des gens qui me doublaient tu vois à partir du cinquième jour ils me doublaient dans la journée et moi j'étais popé dans un col à 6 km heure et ils me doublaient à 15 km heure et presque ils se disaient mais qu'est-ce qu'il fait là lui enfin c'est pas possible et en fait c'est juste parce que dans la nuit j'avais avancé tout ce que je pouvais mais bon du coup voilà c'était quand même assez marrant et donc tout ça pour dire que du coup le projet de cette année en fait du coup l'année dernière je commence à avoir dans un coin de la tête donc j'ai fait évidemment d'autres courses sur train j'ai pas fait que la race cross France mais pour faire un focus sur cette course là

Loïc mais attends d'ailleurs tu l'as fait en 2024

Sébastien aussi ou pas ? ouais j'ai fait la 1000 km là ah ouais donc en fait depuis 2020 c'est sans interruption quoi ouais ouais c'est un rendez-vous alors le format change à chaque fois enfin je change les distances mais là du coup avant 2024 je me dis allez j'ai un truc qui m'obsède cette course elle représente beaucoup de choses pour moi et en fait je sais pas pourquoi j'ai envie de la gagner quoi et quand je me dis ça je me dis ouais t'as envie de la gagner c'est bien beau c'est un rêve mais je suis bien conscient qu'il y a un gouffre énorme entre ceux enfin il faut quand même savoir que le premier il fait 5 jours et 16 heures et moi en finissant 23ème je mets 7 jours et 10 heures quoi c'est un monde c'est énorme la différence et je me dis mais et donc je mets ça dans un coin de ma tête je me dis ouais bon tu la veux la gagner c'est très bien mais voilà garde-le pour toi quoi et en fait les jours passent et je sais pas pourquoi je commence à avoir envie d'en parler alors évidemment je parle à Karen etc mais j'envoie un message à Arnaud donc organisateur des Race Cross Series et je dis Arnaud je te dis un truc je rêve de gagner la RAF je te dis juste ça pour te le dire et je sais pas ce que je vais faire de ça mais en tout cas voilà j'avais besoin de le verbaliser et donc voilà c'est tellement fort et ça m'habille tellement qu'il faut que ça sorte quoi il faut que ça sorte et donc ça c'est marrant on discute de tout ça et voilà et je me dis comment il réagit Arnaud

Loïc par curiosité

Sébastien bah écoute il me dit enfin Arnaud quoi c'est un super projet évidemment il va pas détruire mon rêve mais il aurait très bien pu le piétiner tout de suite mais il me dit c'est un super projet je pense que si t'optimises tout machin etc peut-être un top 10 c'est possible enfin bon bref il essaye de il essaye d'être très positif mais en fait j'attendais pas de réponse de sa part enfin j'attendais pas qu'il me dise oui c'est possible je voulais juste lui dire et parce que et parce que c'était la première pierre du projet

Loïc et comment tu t'es senti une fois que t'as verbalisé le projet à quelqu'un d'autre que Karen et bah déjà c'est un premier engagement

Sébastien ouais parce que tu vois tu l'as annoncé à quelqu'un voilà enfin en plus Arnaud aujourd'hui on collabore ensemble sur pas mal de choses mais du coup voilà tu l'as verbalisé auprès de quelqu'un qui et c'est pas n'importe qui c'est quelqu'un qui pour qui ça compte enfin tu vois ça compte en tout cas il est conscient de ce que ça représente c'est pas comme si tu l'avais dit à quelqu'un voilà un ami second degré qui va te dire ouais c'est cool tu veux gagner une course vélo enfin voilà tu vois donc là c'était une première pierre pour s'engager et après je me dis bon bah ce que je vais faire avant de vouloir le dire la terre entière c'est je vais cette année qui va passer je vais essayer de tout mettre en oeuvre déjà pour pour faire tout ce que je peux faire de mon côté pour progresser et donc ça voulait dire pour moi j'avais une croyance enfin qui est forte mais je me suis dit bah voilà tu fais tu fais 78 kilos ok t'es pas enfin c'est un poids qui est correct par rapport à ta morphologie etc mais par contre si tu veux être plus performant en vélo faut vraiment perdre du poids donc je me suis rapproché du poids idéal donc aujourd'hui je fais un peu moins de 71 kilos ce qui est un très très gros effort pour moi qui n'est en fait pour à titre de comparaison c'est le poids que je faisais à 13 ans wow donc voilà j'ai pas vu ce poids là sur la balance depuis l'âge de 13 ans et donc j'ai fait j'ai mis tout ça en place je l'ai fait de manière très très progressive pour essayer de garder le maximum de de masse musculaire et pour pas juste fondre et perdre du muscle donc j'ai essayé de le faire très intelligemment je me suis fait accompagner pour ça et après dans l'entraînement j'ai essayé de me structurer et voilà et donc j'ai passé une année où j'ai poussé tous les curseurs que moi je pouvais pousser seul et c'est là où j'ai fait l'aboutissement de cette première année c'était donc la race cross de cette année avec avec le format 1000 km et du coup sur un format que je connais bien qui est le format 1000 km que j'en ai déjà fait 4 ou 5 depuis que je fais l'ultra bah j'ai gagné une quinzaine d'heures par rapport à mon temps de référence si on prend le kilométrage et à dénivelé équivalent j'ai gagné une quinzaine d'heures ce qui est énorme et ce qui est énorme pour moi et après après voilà c'est c'est c'est les meilleurs encore enfin sont encore loin devant mais en tout cas en tout cas voilà c'était un gros gap alors que je pensais en 2023 quand j'ai fait ma RAF ma première ma deuxième RAF 2500 km je pensais avoir atteint ma limite je me suis dit bah voilà là tu peux pas faire mieux tu peux pas faire mieux t'as déjà mis plein de choses en place tu peux pas faire mieux et là du coup je me suis dit bah ça y est t'as enfin en fait la limite elle est encore plus loin il va falloir aller la chercher et donc c'est là que j'ai commencé à me dire je vais communiquer sur le projet et je vais l'annoncer et je vais l'annoncer pas pour l'annoncer je vais l'annoncer en disant bah j'ai besoin d'aide pour m'aider à réussir à me rapprocher de ce projet là et donc bah en gros qui veut en être et donc voilà donc ça on en revient bah tu vois il y a quelques semaines là où j'ai annoncé le projet sur les réseaux

Loïc incroyable c'est c'est vraiment fascinant je me régale systématiquement dans tous les épisodes mais c'est vrai que avec tous les invités que je reçois mais c'est vrai que quand j'ai des gens bah je pense que c'est naturel on s'identifie un peu plus aux gens qui ont des parcours qui nous ressemblent et je trouve ça vraiment fascinant cette la manière dont tu as géré cette transition le fait que tu aies gardé le sport enfin que ça continue à être un pilier important de ta vie que tu te relances là sur un autre projet dans une discipline qui n'a rien à voir avec un rythme complètement différent c'est vraiment super inspirant franchement bravo parce que la réalité on parlait tout à l'heure des transitions dépression poste arrêt sportif et tout il y a quand même aussi beaucoup de gens qui arrêtent le sport en tout cas en judo ça arrive assez souvent tu vois des anciens judokas qui sont devenus coach ou quoi ils ont pris 30 kilos tu vois et moi ça me rend toujours un peu triste alors peut-être qu'ils sont très heureux dans leur vie comme ça c'est génial mais à titre perso j'ai une idée du sport qui fait partie d'un équilibre de vie un esprit sain dans un corps sain etc et quand je vois ça en tout cas si je me projette dans ce schéma là je me dis j'espère que moi ça m'arriverait pas parce que moi ça m'irait pas de me voir comme ça de prendre 30 kilos et donc voilà tout ça pour dire que je trouve ça toujours très inspirant des parcours comme le tien où il y a un équilibre finalement le fil rouge c'est l'équilibre sport dans la vie et puis le moyen qui est le type de sport que tu fais finalement il évolue tu as fait du triathlon tu as fait de la course à pied parce que tu l'as pas dit mais tu as quand même fait l'UTMB si je me trompe pas donc voilà le sport a toujours été là et c'est toujours quelque chose qui te nourrit et je trouve ça encore une fois très inspirant

Sébastien ouais et tu vois quand j'ai annoncé le projet pour que les gens comprennent bien parce que il n'y a rien de tu vois j'ai eu très très peur de l'annoncer parce que je me suis dit putain je vais passer pour quelqu'un d'hyper présomptueux enfin tu vois annoncer ça c'est pas anodin quoi je veux dire aujourd'hui en tout cas tous ceux qui sont dans ce monde là savent ce que ça représente et je me suis dit tu vois je crois même avoir à mis à la fin de mon premier post s'il vous plaît soyez bienveillants tu vois un truc pour pas me prendre des remarques et en fait j'ai eu l'effet totalement inverse c'est à dire que j'ai plein de gens qui m'ont dit mais ouais grave tu peux le faire et en fait moi c'est pas ce que je demandais enfin en gros quand j'ai annoncé ce projet là et j'ai d'ailleurs eu peur que le message soit pas bien passé au début c'est je vous dis je veux enfin je rêve de la gagner je vais tout faire pour mais mais après en gros le résultat je m'en fiche presque enfin moi je veux juste avoir cette démarche où tu mets tout en oeuvre parce que je trouve que c'est ça qui est beau enfin je trouve que c'est ça qui m'anime vraiment c'est d'essayer d'avoir la meilleure version de moi-même à ce départ là et si j'y arrive ben c'est j'aurais rempli le contrat quoi et et en fait c'est ce projet là qui m'anime alors gagner alors c'est juste parce que c'est plus parlant pour tout le monde etc mais mais c'est vraiment la démarche c'est vraiment la démarche et c'est vraiment d'essayer de me dire voilà ben aujourd'hui je suis éloigné je suis éloigné à tel point de la gagne mais mais par contre ben si je gagne des pouillèmes là et un peu là et un peu là et un peu là ben je me rapproche de ce truc là et et en fait j'ai besoin de ça pour pour pour avancer quoi

Loïc ben écoute en tout cas moi quand j'ai vu ce message où tu tu disais que ben pour pour la manière dont tu l'approchais en tout cas tu voulais être accompagné t'avais besoin d'aide sur différents sujets a-t-il perso moi je me suis tout de suite dit que c'était l'occasion rêvée de mettre en avant tu vois ton parcours enfin faire partager faire découvrir ton histoire et à aucun moment je me suis dit le gars il est quand même il est quand même tu vois c'est quand même très ambitieux etc non ben au contraire et je pense comme tu le dis c'est intéressant ce que tu dis sur la différence entre finalement ton objectif de moyen et ton objectif de résultat où le résultat voilà tu l'as tu l'as verbalisé c'est gagner la rave c'est le rêve ultime mais que finalement là dans ce que tu expliques ce que j'entends moi c'est que tu te concentres avant tout sur la manière dont tu vas arriver là et que quoi qu'il se passe finalement la victoire ce sera qu'au moment du départ t'es aucun regret sur la préparation que t'as fait et sur le fait que t'as absolument tout donné pour espérer prendre cette première place c'est ça que j'entends je sais pas si je déforme un peu mais

Sébastien c'est complètement ça et c'est au moment du départ et c'est aussi dans l'exécution enfin tu vois si alors pour le coup je suis pas super fan du truc c'est gagner quand t'es déjà au départ quand t'as un projet mais c'est gagner quand à l'arrivée t'as l'impression que que t'as mis tout en oeuvre ouais tout ce qui était possible pour être là et et si c'est ok avec ça ben c'est là que c'est gagné en fait et du coup c'est aussi dans l'exécution parce qu'après si je me dis que rien qu'être au départ en étant dans la meilleure version de moi même ça suffit et si je fais que des conneries pendant la course je ne serai pas satisfait tu vois donc du coup il faut quand même que j'arrive à appliquer le plan et dans appliquer le plan il y a aussi tu vois enfin j'ai fait un truc que que que j'ai mis en place là ces dernières semaines et je me suis dit putain mais j'aurais même dû le faire quand j'étais sportif de haut niveau et je pense que ça aurait ça aurait pu très bien se faire c'est je suis allé je suis allé contacter des vainqueurs de la RAF et je leur ai demandé de m'ouvrir leur playbook et ils l'ont tous fait ah ouais ils l'ont tous fait ils l'ont tous fait et avec plaisir et plus que ce que je le croyais quoi enfin et alors évidemment on n'est pas dans un sport professionnel etc mais même en y réfléchissant je suis sûr que même quand j'étais athlète de haut niveau en fait on avait ce truc tu parles jamais enfin je veux dire les champions olympiques qui passent à côté de toi tu vas pas lui dire t'as mis quoi comme réglage tu vois tu sais qu'il va te dire non mais en fait t'en sais rien en fait ça se trouve et il y en a qui enfin c'est pas si ça se trouve c'est même partager ça fait quand même partie de beaucoup de valeurs de beaucoup de personnes et là tu vois moi j'ai fait ça et en fait j'ai pris des infos à droite à gauche et pourtant j'ai 5 ans d'expérience dans l'ultra-cyclisme alors je sais pas si c'est beaucoup ou pas beaucoup mais j'ai fait beaucoup de kilomètres je me dis j'aurais pu me dire bon ben ça va je sais comment je fonctionne je vais pas aller chercher d'autres tips à droite à gauche ben non je suis allé prendre je suis allé prendre des infos chez plusieurs vainqueurs ils m'ont tous apporté un truc et à chaque entretien je me suis dit ben là c'est clair il faut faire ça et donc j'ai appris des choses j'ai appris des choses qui vont être déterminantes pour la suite du projet

Loïc si on a une en particulier un tips qui est revenu ou en tout cas le tips d'un des vainqueurs qui te semble être le plus pertinent ou qui a été la plus grosse révélation ce serait quoi ?

Sébastien ben j'ai posé c'est marrant parce que c'est la première question que j'ai posée j'ai fait un entretien avec Jonas Jonas Veres qui a gagné la dernière Veres Cross France et qui en plus c'est un gars incroyable enfin hyper disponible et en fait la première question que je lui ai posée j'ai dit c'est s'il y a un truc que tu dois me faire passer comme message pour gagner c'est quoi ? c'est quoi le truc qui pour toi a été game changer dans tout ce que t'as mis en place qui est vraiment qu'est-ce qui compte par-dessus tout quoi et donc il m'a dit ouah compliqué compliqué comme question mais finalement si je dois résumer je pense que ce qui m'a fait passer comme message c'est que lui est quelqu'un d'hyper organisé c'est-à-dire qu'il avait rien laissé au hasard sur toute la stratégie qu'il allait mettre en oeuvre pendant toute la course et moi en fait je faisais ça mais sur les 48 premières heures et après je me disais mais de toute façon après tu ne programmes plus rien au bout de 48 heures la course elle est partie et il y a déjà plein d'imprévus et donc tu ne peux pas tu ne peux pas continuer à prévoir des choses alors que si ça se trouve tu arrives là la boulangerie est fermée du coup tu ne peux pas bouffer donc tu ne peux pas rouler à ta lire et en fait lui il m'a fait sauter ce verrou là il m'a dit mais moi non tout mon plan était prévu du début jusqu'à la fin je savais exactement où j'allais m'arrêter et en fait quand il m'a dit ça je me suis dit mais ce gars est malade et après j'ai dit mais comment tu peux faire il m'a dit en fait c'est toi qui es malade parce que toi tous les jours tu roules en disant et tu te challenges tous les jours en disant allez jusqu'au maximum de ce que je peux et tu arrives il est 3h du matin et tu vois qu'il y en a 4 devant toi qui dorment et toi du coup tu veux les dépasser donc tu te dépasses encore donc en gros tous les jours tu challenges ton mental et tu le matraques il me dit qu'alors moi je sais que à 2h du matin je suis en train de dormir et je vais dormir 2h et je vais repartir je serai frais et je vais aller à mon autre point d'arrivée qui va être défini qui sera la prochaine nuit encore à minuit ou à 2h du matin aussi et en fait il me dit moi j'avance par étapes et toi tu te challenges non-stop et en fait il m'a ouvert les yeux quand il m'a dit ça je me suis dit putain mais ouais c'est lui qui a raison quoi c'est lui qui a raison en fait moi je ma stratégie est pas la bonne et je pense que j'aurais pas discuté avec lui la stratégie que je suis en train de mettre en place pour la prochaine RAF elle aurait été complètement différente et ça aurait été clairement une mauvaise stratégie

Loïc super intéressant et t'as eu dans les retours que t'as eu il y a des éléments qui revenaient souvent où t'as quand même des tactiques qui sont drastiquement opposées typiquement sur le sommeil t'évoquais un peu plus tôt que peut-être que la vision en tout cas dans l'ultracyclisme sur le rôle du sommeil change après t'as quand même toujours des ovnis d'ailleurs Sofiane grosse pensée pour Sofiane ouais carrément mais ou tu vois Steven alors moi j'ai eu la chance de faire un gros bout de la PTL avec lui bon c'est pas une course d'ultracyclisme mais j'ai pu voir du coup qu'effectivement on est quand même pas fabriqué pareil sur la résistance au sommeil donc t'as eu comme ça des éléments qui soit revenaient systématiquement ou au contraire il va falloir que tu fasses un choix parce que t'as entendu les deux opposés

Sébastien ouais sur les pratiques bon déjà comme tu disais c'est un peu comme tout il y en a qui sont qui ont une propension à moins dormir que d'autres ça c'est malheureusement enfin malheureusement heureusement on est tous différents et donc ça il y en a qui ont des stratégies très différentes donc là déjà à ce niveau là ça peut y avoir des discours très différents mais sur le matos sur le matos il y en a beaucoup parce que c'est pareil le matos on dit souvent que tu le fais en fonction de tes peurs et tu vois il y a une question assez classique que tu peux te poser quand tu fais de l'ultra c'est est-ce que je roule avec un éclairage à batterie ou est-ce que je roule avec un éclairage dynamo l'éclairage à batterie c'est plus léger et ça encombre un peu moins ta roue mais par contre ça veut dire que tu dois pouvoir recharger à un intervalle assez régulier quand même tes lampes et alors que le dynamo tu sais que ça freine un tout petit peu ton vélo je caricature quand je dis ça mais c'est pour que les gens comprennent ça freine un tout petit peu ton vélo par contre t'as de l'éclairage non-stop moi une de mes plus grosses peurs c'est de me retrouver sans lumière je suis pas prêt à passer ce cut là donc je roule en dynamo mais du coup dans les meilleurs t'en as qui roulent en dynamo et t'en as qui roulent en éclairage à batterie et ça ça dépend ça dépend de tes peurs tes croyances donc moi les grosses différences c'est surtout sur le matériel après

Loïc ok bon après je pense ça fait partie aussi de enfin d'ailleurs je dis ça pour moi mais je serais curieux de savoir ce que t'en penses mais sur ce type de sport où le matériel a un rôle important tu vois bon en judo ton kimono ton kimono globalement il est en coton et point barre quoi il n'y a pas vraiment d'enjeu de matériel mais je suppose que dans l'univers de la voile ça va être le cas sur le poids le type de boot etc. que tu utilises je suppose ça fait partie aussi du plaisir finalement de se voir évoluer tu vois de comprendre comment utiliser de trouver un peu les astuces les tips tu vois les tips and tricks pour gagner du poids pour être plus efficace ça doit faire partie aussi du plaisir que tu trouves dans la pratique

Sébastien ouais ouais ça va bon c'était pas ce que je préférais en voile c'est vrai parce que je te garantis que quand t'achètes un jeu de voile parce que en fait la problématique en tout cas dans notre sport c'est qu'on est incapable de sortir deux voiles ou deux pièces identiques donc en fait quand il y a une voile qui sort d'une voilerie tu en commandes une autre le lendemain tu commandes une autre voile tu les superposes elles sont pas pareilles

Loïc ah ouais ok

Sébastien ouais on est incapable de faire et pareil pour un bateau un bateau un bateau c'est assemblé avec de la résine la résine en fonction de combien de temps tu la laisses sécher et dans quelles conditions quelle température etc elle va prendre différemment donc ton bateau va être plus ou moins rigide à certains endroits et donc t'es incapable de sortir deux bateaux pareils ah ouais puis là j'avais pas du tout ça ouais ouais donc en fait c'est ce qui est un peu délicat c'est quand t'as pas beaucoup de de budget que t'as pas de sponsor bah toi tu mets tout ton argent dans un bateau et un jeu de voile et tu pries pour qu'il soit bien et s'il est pas bien bah tu te le traînes toute une année quoi jusqu'à que t'aies les moyens de racheter autre chose alors que les meilleurs bah ils achètent trois bateaux ils achètent dix jeux de voile et ils superposent ils font des des combinaisons et ils essayent de trouver la meilleure combinaison mais c'est une vraie prise de tête c'est une vraie prise de tête au delà de de l'impact écologique aussi que ça pourrait présenter mais ouais ouais c'était pas ce qui me plaisait le plus moi je préférais gagner des des points sur l'eau plutôt que passer du temps à mesurer mais mais il y en a qui adoraient ça et j'ai de la chance j'ai toujours eu des barreurs qui aimaient plutôt ça donc donc on se répartissait un peu les tâches mais dans le vélo c'est un peu pareil mais on va dire que c'est beaucoup plus simple quand même d'autant que tu vois si on parle ne serait-ce que d'aérodynamisme bah la chose la plus aéro sur laquelle il faut travailler c'est toi si t'arrives à tenir à une position tu vois tu peux avoir le vélo le plus aéro du monde si t'es pas capable de tenir allongé dessus et que tu passes ton temps à te relever bon bah finalement ça sert à rien et donc les gros gains ils sont plutôt sur ta capacité à avoir un gainage et et faire en sorte que ton dos tienne le coup et t'es mince et le haut de ton dos tienne le coup aussi pour pouvoir garder le plus possible une bonne position donc il y a des gains marginaux qui peuvent être faits sur le matos mais t'as assez vite fait le tour t'as assez vite fait le tour quand tu te penches dessus

Loïc t'as besoin de quoi du coup aujourd'hui ? quel domaine est-ce que t'as identifié sur lequel il faudrait que tu sois accompagné idéalement ?

Sébastien ouais bah écoute de part de part cette première prise de parole j'ai trouvé un coach incroyable ça c'était le plus gros méga rapide ouais ouais ouais c'était bon c'était un coach avec qui j'avais déjà bossé et surtout mais en fait je savais que je pourrais pas le rémunérer enfin en tout cas sur une période aussi longue et donc en fait il m'a appelé il m'a dit mais moi Seb je te suis quoi je te suis tu peux compter sur moi et donc donc déjà c'est c'est la première chose et c'était la plus la plus structurante du projet parce que le nerf de la guerre c'est quand même de progresser avant d'avoir du matos mais donc déjà j'ai la partie la plus grosse du projet qui est ok et après au delà de ça il y a un peu amélioré mon setup et donc ça passe par évidemment pourquoi pas un vélo et avec des roues un peu plus optimisées même si le setup que j'ai à l'heure actuelle il est quand même pas à plaindre mais on peut on peut toujours faire mieux et après il y a des parties qui sont plus pratico-pratiques mais tu vois de la nutrition sportive bah finalement ça coûte quand même pas mal d'argent quand tu le tu vois si je pense que l'argent si je regarde l'argent que je dépense sur une année dans la nutrition sportive ça commence ça commence à pas mal chiffrer donc si voilà il y a des partenaires qui sont prêts à suivre là-dessus bah ça peut ça peut ça peut beaucoup aider et après il y a une dernière partie sur le textile parce que quand on fait une course comme ça on passe par toutes les conditions météo donc t'as du très chaud t'as du très froid on décolle il peut même neiger alors qu'on est en plein été mais quand tu passes à 2008 3000 mètres d'altitude il peut neiger il peut pleuvoir forcément sur 7 jours de course au moins il va pleuvoir et il faut pas oublier que j'ai perdu 8 kilos en un an et que je n'ai plus aucun fringue qui me va je flotte dans tous mes habits et j'étais pourtant bien équipé et donc là maintenant en gros il y a tout à racheter quoi et donc c'est pareil si jamais il y a une marque qui veut bien qui veut bien prendre part au projet là dessus elle sera le bienvenue mais voilà c'est un peu le revers de la médaille d'avoir perdu du poids ça me fait aller plus vite sur le vélo mais par contre tu te rends compte que tu flottes si c'est pour galérer à tenir une position aéro mais que t'as ton K-Way qui fait flap flap sur toute la course ça va pas aider donc voilà c'est les grosses lignes on va dire du budget c'est ça

Loïc très bien bah écoute je croise les doigts j'espère que cet épisode je touche du bois peut-être que cet épisode sera écouté par quelqu'un qui connait quelqu'un qui connait quelqu'un dans une entreprise que ça intéresserait en tout cas Seb moi je voulais te remercier pour le temps que t'as pris c'était un vrai plaisir d'échanger avec toi encore une fois merci pour ce partage pour le partage de ton très très beau parcours que moi je trouve encore une fois très inspirant très intéressant aussi de voir comment t'as géré tout cet énorme pilier du sport de haut niveau du sport à haut niveau dans ta vie et puis bah écoute en tout cas moi je te suis sur le réseau depuis un moment je vais continuer à le faire et puis je vais regarder avec attention ce qu'il va se passer autour de cette raf et peut-être qu'on pourra se prévoir un épisode post-course pour parler de tes apprentissages et de ce qui s'est bien passé et de ce que tu modifieras pour la prochaine

Sébastien écoute avec grand plaisir merci beaucoup Loïc pour l'invitation écoute moi c'est pareil je te suis depuis un moment et pour parler de quelque chose de plus frais j'ai notamment beaucoup apprécié ton épisode débrief sur le Thor pareil il m'a ouvert les yeux sur pas mal de choses notamment sur les sur les sur les les phases où si t'es prêt ou pas à continuer enfin en gros quels sont vraiment les déclencheurs qui te fait continuer à avoir arrêté et donc c'est toujours intéressant d'avoir ce retour d'expérience parce qu'on apprend toujours on apprend toujours donc donc merci pour ce que tu fais

Loïc merci beaucoup Seb très bonne journée à toi bonne prépa et à une prochaine

Sébastien merci salut onsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsons Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada

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