Perrine Dans le burn-out, il y a aussi cette prise de conscience que ça peut s'arrêter. Je pense qu'il y a vraiment un truc qui est vivre maintenant ou pas. Il n'y a pas le choix. Vivons. Tu mentionnes la traversée Atlantique à la voile. Je pense qu'à partir du moment où tu commences à prendre confiance, comme c'est mon cas en Nouvelle-Zélande et dans le voyage, tu te rends compte que c'est toi qui décide.
Loïc Hello Hello, vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes, au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyages aux eaux longs cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Tu vas te consumer et puis tu vas t'éteindre. Tu guériras et tu reviendras. Cette phrase de Deustovsky résume bien l'expérience du burnout qu'a vécu Perrine. Sa flamme s'est éteinte pour finalement repartir et brûler encore plus fort. Le burnout, c'est l'expérience douloureuse qui lui a permis de se lancer dans son plus beau voyage, celui d'une vie vécue pleinement. De sa transatlantique en passant par son séjour en Nouvelle-Zélande et son métier actuel de coach aux Etats-Unis, Perrine nous parle de son parcours, de ce chemin qu'elle suit depuis plusieurs années, hors des sentiers battus, mais complètement cohérent avec ses aspirations personnelles. Excellent, écoute à vous. Oui, parce que je t'ai pas demandé, mais tu es où là ?
Perrine Je suis en Californie. Tu es en Californie ? Je me suis fait bloquer par le Covid. Tu vas voir, on va y arriver.
Loïc Bloquer par le Covid en Californie. Il y a pire comme endroit. Du coup, tu es où du côté de San Francisco ou pas forcément ?
Perrine Un peu plus au nord, un peu plus à l'est. Donc à l'est de Sacramento, je ne sais pas si tu es familier du coin, je suis à 4 heures de Yosemite, 1h30 de Tahoe.
Loïc Trop bien, trop bien. Eh bien écoute, Perrine, ravie de t'accueillir sur le podcast en direct du soleil, j'imagine, Californien.
Perrine Oui, de bon matin, mais ensoleillé et ciel bleu.
Loïc Ah, trop bien, génial. Écoute, vraiment très très content de te recevoir à nouveau sur le podcast, au micro des frappés. On va parler, je vous préviens, on va parler de plein de choses. Ça va partir à droite, à gauche, mais c'est ça qui fait la magie de ces échanges. Donc en introduction, ce que je te propose, Perrine, c'est dans les grandes lignes de nous dresser un peu le tableau de ton parcours. Qui tu es et comment est-ce qu'on se retrouve en Californie ?
Perrine Ah, je n'ai pas préparé la question sous ces termes-là. Non, je plaisante parce que c'est toujours, alors qu'est-ce que tu fais professionnellement, etc., d'où tu viens ? Alors d'où je viens, je ne sais jamais vraiment dire. J'ai grandi en Normandie, dans le Cotentin, donc santé des douaniers, du vent, du verre, de la pluie. Mais ma famille est du sud-ouest, donc je passais beaucoup mes étés dans le Béarnes et en Ariège, donc dans les Pyrénées. Donc moi, j'ai vraiment une grosse influence mer et montagne. Et ensuite, sur le parcours, j'ai vécu en Allemagne, où j'ai fait mes études, en Suisse où j'ai travaillé quelques années. Et en 2014, je fais un burn-out. Je perds complètement mon énergie du jour au lendemain. Je passe de la personne qui était la plus énergique, avec tout le temps des trucs à faire, des projets, des week-ends et des semaines ultra chargées, à une personne qui, pendant neuf mois, était incapable de penser droit, de faire quoi que ce soit sans avoir envie de dormir. Donc tout ça, tout ça. Et donc ce burn-out en 2014, quand il survient, je me dis, il n'y a pas photo en fait. Je ne peux pas reprendre un job, chercher un travail et me remettre à fond dans quelque chose. J'en suis mentalement plus... pas capable. Je ne suis pas encore... Enfin, je ne suis pas encore. J'en savais rien en fait. Mais je pense qu'il m'a fallu deux ans pour me remettre vraiment. Donc c'était sûr que ce serait par le voyage que ça passerait. Et en fait, je suis toujours voyageuse part-time, j'ai envie de dire. Donc 2015, je pars sac sur le dos pendant quelques mois, juste un peu un tour de chauffe en Europe. Puis arrivent mes 30 ans et je me dis, c'est le moment de demander mon permis vacances-travail pour la Nouvelle-Zélande. Donc je pars une année en Nouvelle-Zélande.
Loïc Oh là là, l'horreur !
Perrine Voilà. Donc le premier jour où j'ose enfin aller marcher toute seule avec mon petit sac à dos de 35 litres, je rencontre celui qui va devenir mon mari. Et puis comme il est californien, en fait, on a dû continuer à alterner France, États-Unis, visa de trois mois, visa de trois mois, aller en Irlande, en Écosse pour grappiller des mois supplémentaires à droite, à gauche pour être ensemble. Et donc on a traversé l'Atlantique à la voile ensemble avec un capitaine. On a fait le Sun Trip à vélo des Pyrénées jusqu'aux Alpes et retour. Et donc il y a un rallye à vélo solaire, mais on en reparlera. Enfin, je brosse un peu le portrait. Et ensuite, pour notre lune de miel, on a choisi d'aller marcher sur le Pacific Crest Trail, ce qui nous a pris 150 jours de la frontière mexicaine à la frontière canadienne. Et donc ça, c'était prévu pour 2020. Le Covid est arrivé. Donc moi, j'étais en Californie une semaine avant que tout ferme. Et je suis encore aujourd'hui. Voilà. Incroyable. Pour le portrait.
Loïc Le portrait express déjà bien chargé. OK. Alors, dans ce que tu viens de dire, j'ai quand même l'impression que le point de bascule, ça a été ce burn-out. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur ta situation pro à ce moment-là, tes aspirations jusqu'à ce que ce burn-out arrive et globalement, le chemin de vie sur lequel tu t'étais engagée ?
Perrine Excellente question. Et je pense qu'effectivement, c'est bien de replacer les choses. Moi, j'ai suivi la voie traditionnelle du « fais tes études », « travail ». En fait, moi, mon travail même m'attendait un an avant la fin de mes études. C'était mon deuxième stage. Donc, j'ai vraiment eu ce truc ma dernière année d'études où tout le monde… Donc, ma dernière année d'études, c'était six mois en France, six mois en Allemagne. C'était 2006. Donc, c'était la Coupe du Monde en Allemagne. C'était la méga fiesta. C'était l'été. Voilà. C'était vraiment une euphorie. Pas possible. C'était la première fois que les Allemands, à nouveau, assumaient d'avoir leur drapeau partout. Enfin, voilà. Il y avait vraiment une joie ultra communicative. Et je savais que je revenais dans du connu, en fait. Je savais ce qui m'attendait au travail. J'avais le copain. Je connaissais la région. Et je regardais tous mes potes qui, eux, allaient faire une année sabbatique en Australie. Justement, le PVT, tout le monde en parlait. Qui allaient se donner du temps, en fait, avant de démarrer la vie professionnelle. Et moi, j'avais vraiment cette idée de je rentre dans un tunnel. Je pense que j'avais cette idée un peu erronée des générations passées de quand on rentre dans une entreprise, c'est pour la vie. Et puis, en fait, pas du tout, puisque un an après, ils m'ont proposé de prendre la responsabilité du marketing pour la filiale suisse. Donc, j'ai bougé, finalement, là-dedans. Mais malgré tout, une fois que la Suisse a été terminée et qu'on m'a proposé l'Allemagne, que j'ai refusé, d'ailleurs, pour des raisons personnelles, j'ai tout de suite retrouvé un job au lieu de répondre à l'appel qui était « vas-y, bouge, fais-le maintenant ». Donc, voilà. Donc, c'est drôle de voir que les réponses… Enfin, tu vois, le burn-out arrive, mais c'est juste la réponse à tous les petits pocs un peu de l'univers que j'avais pas su écouter. En 2013, ça se passe pas bien avec ma chef, il y avait du harcèlement moral, tout ça. En 2013, je lui propose de rompre le contrat. Elle me dit non. Le soir même, je rencontre quelqu'un et je lui me dis « bon, bah tant pis, je reste ». Et 2014, je m'écroule complet parce que j'ai forcé, tiré, cherché à être irréprochable avec quelqu'un qui te dit « faites A ». Quand tu dis « bah oui, mais B, ça me paraît prioritaire », elle te dit « faites A, tu fais A ». Et après, on te dit « mais B n'a pas été fait ». Donc, j'étais juste dans un… j'étais incapable de dire non, j'étais incapable de poser des limites. J'étais beaucoup, beaucoup, beaucoup trop engagée. Donc, je sais pas si je suis en train de répondre à ta question, mais voilà, il y avait plein d'indices, il y avait plein d'alarmes que j'ai pas su écouter, mais qui au final m'ont amené vraiment sur ma voix, qui était la voix un peu plus sauvage, la voix au grand air. Et donc, ça s'est produit.
Loïc Et pour terminer sur la partie burn-out, du coup, ça s'est manifesté comment ? C'était vraiment… moi, j'en ai pas fait l'expérience, mais parfois, tu lis des témoignages, tu sais, ou l'impression que j'ai, c'est vraiment cette claque, quoi. T'es en train de marcher et d'un coup, tu te prends un mur qui t'arrête net. C'était ça pour toi aussi ? Tu t'es réveillée un matin et boum, tu pouvais plus te lever ?
Perrine Alors, ouais, moi, j'ai pas fait le malaise en direct ou chose comme ça. Par contre, c'était un vendredi après-midi et on était une équipe de six. Il y avait une personne qui était en arrêt maladie, une personne qui avait démissionné, deux femmes. En fait, on était trois femmes, trois hommes, juste pour te donner l'idée. Les trois hommes, on leur a rien demandé, mais moi, j'assurais l'intérim pour les deux autres femmes. Et donc, il est, je sais pas, 15h de l'après-midi un vendredi et ma chef s'en va et elle me dit, restez pas trop tard. Je dis, mais je viens à peine de commencer ma journée, en fait, puisque ce matin, j'ai fait ça, ça, ça et ça. Puis après, j'ai répondu sur tel et tel dossier d'une telle. Et là, en fait, je commence ma journée et lundi, mardi, j'ai des réunions et j'ai ça à prévoir. Et elle me répond, tu vois, le dialogue de sourd, vous m'avez entendu, ne restez pas trop tard. Et je reste, je continue parce que je veux être carrée. Et puis, je commence à conduire et en rentrant chez moi le soir et je passe le portail et j'arrive pas à sortir de ma voiture, en fait. Donc, peut-être qu'en fait, si, t'as raison. Là, j'avais les jambes coupées. J'arrive pas à sortir de la voiture. J'appelle mon collègue avec lequel je partageais le bureau qui était pas là ce jour-là. Et il me dit, oh, mais tu connais la situation, tu sais comment c'est. Ça ira mieux lundi, machin. Et en fait, là, je sens la déconnexion, le truc qui pète. En fait, j'y crois plus. Je crois plus que ça va tourner, que ça va changer, que je peux continuer à faire avec. J'ai beau adorer mes collègues, adorer mon job, mais en fait, il y a un gros, gros, gros point qui m'empêche de faire ce que j'ai envie de faire et comme j'ai envie de le faire. Et donc, lui, je le crois pas. Enfin, je l'écoute, mais je suis ailleurs. Et je pense que je reste dans la voiture. J'en sais rien. C'est mi-juin. Il fait soleil. Je vois le soleil. Je me dis, ah, j'aurais pu aller à la plage en sortant de travail, qui était à juste 20 minutes. Et voilà. Et donc, je suis incapable de sortir de la voiture. Et donc, je sais plus ce qui se passe ce soir-là, mais je sais qu'à 20 heures, j'appelle enfin ma soeur dont c'est l'anniversaire. Et elle me dit, Périne, t'es épuisée, il te faut une semaine de repos. Donc, merci Camille. Merci ma soeur. Parce que j'aurais pas osé, en fait. Mais en fait, ce week-end-là, je ne fais que dormir. Je ne fais que chialer. Enfin, c'est vraiment, c'est à tout qui descend. Et en effet, le lundi, je suis incapable d'aller au travail, en fait. Et donc, je suis arrêtée pendant une semaine. Au bout de la première semaine, c'est clair que je suis incapable d'y retourner. Je ne dors plus. J'ai mal au dos partout. J'avais tellement mal aux yeux que je ne pouvais pas, en fait, regarder de gauche à droite. Il fallait que je ferme la tête, tourne le cou. Ferme la tête, tourne, pardon. Ferme les yeux, tourne le cou et rouvre les yeux. Et en fait, l'ophtalmo n'a rien vu. C'est le médecin de la médecine de travail de contrôle qui m'a dit, c'est la pression au niveau des nerfs, pardon, la pression dans les cervicales qui appuie sur le nerf optique. Et c'est pour ça que vous avez mal aux yeux. Il y avait tellement de tensions accumulées dans mon dos, dans mon cou. De toute façon, les lombaires partout, c'était douloureux, décourbatures, insomnie. Puis l'impression que tu t'es... Enfin, je pense que c'est un peu ça le profil de la personne qui se retrouve en burn-out. C'est à cœur vaillant, rien d'impossible.
Loïc Oui.
Perrine Donc là, en plus, tu rajoutes la culpabilité de je ne suis pas au travail, je suis bonne à rien, je ne sais rien, j'ai lâché tout le monde. Il y a le physique, il y a le mental, il y a l'émotionnel. Enfin, il y a plein, plein, plein de choses qui pètent. En fait, c'est un mur qui rompt, en fait.
Loïc Ça, comment tu le gères, ce sentiment de culpabilité ? Et je te pose la question parce que j'en parlais avec un vieux copain il y a plusieurs mois qui étaient arrêtés et qui me disaient que c'était... En fait, qui culpabilisait, tu vois. Parce qu'il y a des équipes, parce qu'il y a des missions, etc. Enfin, bref, un gars méga engagé et à un moment donné, ça a craqué, comme ce que tu décris, et il ne pouvait plus. Mais il y avait quand même ce sentiment de culpabilité, tu vois, de se dire, mais même au-delà de l'employeur, qu'est-ce que je suis en train de faire de ma vie ? Qu'est-ce que... Enfin, tu vois, en gros, je suis un peu une merde, tu vois, je n'arrive plus à me relever, quoi. Alors qu'en réalité, quand tu regardes à l'échelle d'une vie, si tu as besoin de 3, 6, 9 mois, 18 mois pour te remettre, finalement, ce n'est pas si long que ça, si ça te permet d'ailleurs de prendre un départ de fou. Mais voilà, je suis curieux de savoir comment toi, tu as géré cette phase vraiment initiale au début où il y a plus de culpabilité que d'envie de repartir.
Perrine Oui, j'ai envie de dire qu'en fait, ce n'est pas gérable. Tu vois, ce n'est juste pas gérable. On est traversé par plein d'émotions. On s'en veut de ne pas avoir vu. Évidemment que la culpabilité et la supprimer, ça n'apporte rien, en fait. Donc, bon, maintenant que j'ai vécu un peu plus de deuil dans ma vie, etc., et que je suis coach professionnel comme toi, et que je vois les histoires que se racontent les gens, c'est normal, en fait, de le ressentir. Par contre, ce n'est pas normal de le croire. Mais le ressentir, en fait, c'est vraiment la perte d'une identité. Et tu vois, je parlais avec une personne la semaine dernière qui s'est rendue compte qu'elle était en burnout il y a une ou deux semaines. C'est extrêmement à vif. Et donc, en général, c'est des personnes pour lesquelles leur job, c'est toute leur vie. Donc, c'est là, en fait. Ça va nous toucher vraiment plus profond. Et donc, ouais, c'est la fin d'une identité. Mais comme tu dis, c'est un investissement. J'adore ce que tu dis. C'est un investissement pour la suite. Moi, je préfère 100 fois avoir fait mon burnout à 30 ans plutôt qu'à 45. Alors, je ne dis pas que les gens qui vont l'avoir à 45, c'est catastrophique. Non, non, je dis juste que pour moi, par rapport à mon parcours, je suis heureuse de m'être pris le mur plutôt que d'avoir, finalement, mais ça, c'est complètement personnel, d'avoir progressivement, tu vois ce que je veux dire ? Je suis content d'être allée à fond et de m'être cogné pour avoir réagi, parce que c'est mon caractère. Parce que je pense que je ne me rendais vraiment pas compte que je faisais quelque chose parce que j'étais bonne à ce que je faisais, mais que ce n'était pas vraiment qui j'étais. Et donc, il y a aussi ce côté masque, en fait. Je pense que dans la période de burnout, il y a vraiment pelé les couches et se rendre compte petit à petit que peut-être que ça nous est arrivé à nous parce que finalement, on surjouait quelque chose. On voulait vraiment être irréprochable, parfait, aller à fond, faire plus, être toujours présent dans le cas de ton ami, peut-être pour l'équipe. Donc, il y a un surengagement qui n'est en fait pas soutenable pour notre écologie intérieure, en fait. On est juste en décalage avec ce qui est possible. Et cette société qui nous fait penser qu'on peut être on tout le temps et jamais off. J'aime bien quand tu parles de quelques années de repos, qu'est-ce que c'est ? 18 mois, 9 mois, 3 mois ? Pour les personnes qui sont peut-être dans cette situation, qu'est-ce que c'est qu'une semaine de repos sur toute une vie qui nous permet de prendre du recul, d'être à nouveau bien avec nos proches, de revenir bien au travail plutôt que d'essayer de forcer. Et en fait, tout le monde y perd.
Loïc Oui. On en parlait avec Annie Cahorn dans son épisode. Elle nous racontait qu'elle avait pris, je crois que c'était 13, en gros 15 jours, 15 jours pour faire un trip à vélo en solo, pour aller rejoindre son père qui était lui en Islande. Et donc, elle est partie de Suisse, elle est remontée jusqu'aux Pays-Bas et de là, elle a pris un ferry direction l'Islande. Et en fait, ce qu'elle expliquait, c'est que l'expérience était complètement dingue, c'était la première fois qu'elle prenait autant de temps pour elle et que même si elle n'avait pas complètement déconnecté, elle l'avait quand même déconnecté bien plus que d'habitude. Et en fait, on s'était dit qu'il faudrait presque que ce soit limite recommandé par la médecine du travail, une pause d'une semaine déconnexion totale en solo. Pour tout le monde, tu vois, parce que les bienfaits sont absolument extraordinaires. Et en fait, c'est vraiment un truc de société où, en tout cas en Occitant, on ne valorise pas le fait de ralentir. Ce que tu dis, ça me fait penser à ça. Tu vois, c'est, tu regardes l'entrepreneuriat, tu crées ta boîte, tu te mets à communiquer sur LinkedIn, trois mois plus tard, tu es déprimé, tu vois. Tu vois que des histoires de gens qui, soi-disant, ont levé 3 millions en deux semaines, qui dorment une heure tous les 7 jours et qui travaillent comme des chiens. Enfin, tu vois, c'est ça qu'on nous vend, alors que c'est juste absolument pas tenable. Et même dans le sport, tu vois, c'est un peu la course à… Enfin, le sport, l'aventure, c'est un petit peu… Parfois, on peut avoir l'impression que c'est la course au toujours plus, tu vois. Il y a 10 ans, faire un Ironman, c'était un truc de fou. Maintenant, tu as des gars qui font des DK Ironman, tu vois. Et tu en as de plus en plus. Donc, voilà. Bref, petit partage. Mais tu sais pas quoi tu me fais penser.
Perrine Non, mais c'est intéressant parce que… Ouais, mais ce que tu dis, c'est très vrai, tu vois. Enfin, moi, c'est intéressant parce que j'ai commencé à voyager sans vraiment Internet, réseaux sociaux. Enfin, je communique, je pense que je suis sur Instagram depuis 2020, tu vois. Et tout ce temps-là, je me rendais pas compte qu'il y avait… Enfin, que d'autres personnes faisaient des choses, tu vois ce que je veux dire ? Je faisais par rapport à moi. Et je pense qu'effectivement, il y a toute une génération qui arrive qui a des envies par rapport à ce qui a déjà été fait. Tu vois ce que je veux dire ? Enfin, je me rappelle faire du stop en Écosse avec mon chéri et les nanas qui nous ont pris en stop, elles avaient fait leur parcours par rapport à des photos Instagram qu'elles avaient vues, tu vois. Et moi, j'ai pas… Enfin, voilà. Je pense qu'il y a une génération avant, tu vois, qui a suivi l'instinct, qui a rencontré des gens qui… Enfin, bon, voilà. C'est pas tout à fait ce que je voulais te dire par rapport à ce que tu disais, mais je voulais revenir sur ce que tu disais sur Unplug, enfin, sortir et aller en nature. Je pense qu'aussi, en Europe, on est dans un environnement qui est tellement, en fait, densifié en population, etc., que la manière qu'on a de se… Comment dire ? De se reposer, entre guillemets. Le week-end, enfin, moi, en tout cas, à l'époque, c'était aller voir des potes, faire des sorties. Enfin, c'était encore de l'activité. Tu vois ce que je veux dire ? J'avais vraiment ce truc en grandissant d'un week-end où je ne fous rien chez moi, c'est être feignant, en fait.
Loïc Ouais, ouais.
Perrine Et donc, je compensais l'attention du travail par plus d'activités perso parce qu'il fallait que je rééquilibre. C'était pas du tout conscient, hein, mais que je rééquilibre. J'ai tellement donné au travail, maintenant, à moi de me, entre guillemets, payer et de me récompenser avec voir des potes, aller m'acheter des fringues, j'en sais rien. Enfin, chacun a sa propre stratégie. Et je me demande, tu vois, si c'est pas le fait aussi d'avoir… Je parle de Nouvelle-Zélande, de Californie, des endroits qui sont quand même plus vierges, plus sauvages et donc moins densément peuplés, c'est beaucoup, beaucoup plus facile, en fait, d'être hors connexion.
Loïc De déconnecter, ouais.
Perrine Il y a plein d'endroits où il n'y a pas de réseau téléphonique. Tu vois, tu peux marcher autant en Europe, mais il y a toujours le réseau téléphonique. Ouais. Et pour beaucoup, la tentation de poster sur Instagram. Enfin, moi, je sais que très souvent, je vais marcher sans mon téléphone. Mais aujourd'hui, bah, allez, je vais prendre une photo pour l'envoyer à un tel ou pour repérer telle fleur. Enfin, on se fait avoir, en fait, par la technologie qui est là et on n'arrive pas à lâcher et être seulement avec soi-même, en fait. Qui est le remède, en fait.
Loïc C'est vrai. Bah, tu vois, sur le... Je suis parti faire une expédition sur un bateau viking en Norvège avec un collectif qui s'appelle Les Bâtards, voilà. Et c'était ouf. Bautard, tu as dit. Bautard, exactement. Donc, il veut dire, s'il y en a qui n'ont pas écouté, les liens sont en description. Ça veut dire bateau en islandais. C'est un collectif complètement fou. Oui, ils construisent un bateau dans Toulouse pour faire Toulouse-New York en 2026. Ça a été reporté d'un an. Voilà. Donc, truc de fou. Et bref, ils en ont déjà construit un qui fait 12 mètres et ils partent tous les étés pour faire des expéditions, pour s'entraîner. Et donc là, je les ai rejoints sur l'expédition de 2023. J'ai fait une mini-série audio en trois épisodes. C'était incroyable. Je les ai rejoints, moi, à Eulessund. Donc, c'est à peu près au milieu de la Norvège. Et on est descendus jusqu'à Bergen, au sud, qui est l'ancienne capitale. Et c'était fou, les paysages. Vraiment, tout ce que tu peux imaginer de la Norvège, hyper sauvage, des fjords, etc. Enfin, vraiment magnifique. Mais c'est vrai qu'en termes de déconnexion, bon déjà, on était nombreux, on était dix. Mais même. Réseau 4G, enfin 5G même, partout. Partout, partout, partout. C'est au milieu d'un fjord, à une journée de navigation du premier patelin, full 5G. Et donc, c'est tout bête. Mais du coup, c'est tellement magnifique ce que tu vois autour de toi qu'en fait, tu ne fais pas gaffe. Tu prends une photo, tu l'envoies. Puis du coup, tu en profites, tu checkes tes mails. Puis tu te dis, attends, mais oui, mais alors attends, je vais regarder du coup la story que j'ai mis où j'ai demandé l'avis des gens sur le paysage, qu'est-ce qu'ils ont. Et en fait, tu es dedans, tu vois. Tu n'as pas coupé. Tu es dedans. Donc, ouais, je vois très bien ce que tu veux dire. Je pense qu'en Californie, ça doit être... Alors, ouais, Californie et Nouvelle-Zélande, remarquez, vu la densité de population de Nouvelle-Zélande, ça doit être effectivement beaucoup plus facile de vraiment couper.
Perrine Ouais. Et tu vois, c'est drôle parce que je te parle de ça parce que j'ai fait donc pas mal de... J'ai fait à peu près six semaines de rando solo dans l'Île-du-Sud à un moment donné et en fin de saison, c'était le début de la neige et tout, c'était trop bien. Et donc, il y a eu une cabane où j'ai trouvé du réseau le soir. Je n'ai pas fait exprès, tu vois. Et il y avait le soleil, le coucher de soleil avait été magnifique. Donc, du coup, j'ai commencé à envoyer la photo du coucher de soleil à mon chéri, à ma mère, j'en sais rien, enfin, à des amis. Et puis, j'ai commencé à avoir des réponses. Je me suis dit, oh punaise, non, non, non, non, non, non. Je voulais écrire dans mon carnet à la bougie, je voulais lire mon bouquin. Oui, j'ai eu envie, il est lent, de partager ça en me disant, c'est génial, j'ai du réseau. Mais stop, en fait, j'envoie la photo mais je ne suis pas en train de raconter ma journée ou d'avoir une conversation que je peux avoir dans trois jours, en fait. Ouais. Donc, ouais, juste petite chose sur les trois épisodes dont tu parles, la manière que tu as d'écrire, je recommande à tout le monde d'aller écouter parce que je trouve que ton écriture est vraiment très, très chouette. Je trouve que ta narration est vraiment géniale. On s'y croit vraiment. La manière que tu as d'écrire les paysages et tout, c'est vraiment très, très fort.
Loïc Écoute, merci. Donc, ce burnout arrive, tu disais, en 2014. Tu mets neuf mois à peu près à tourner la page, ce que tu disais.
Perrine Ouais, je pars en mars 2015.
Loïc Mars 2015, ok. Alors, même si là, en printemps, là, tu as déjà donné pas mal d'éléments sur ce qui t'attire dans le voyage, mais moi, je serais quand même curieux de savoir quelle vertu thérapeutique est-ce que tu as trouvé au voyage ? Pourquoi est-ce que ça a été le voyage et pas, je ne sais pas, le sport extrême ou la couture ou j'en sais rien ou n'importe quoi, tu vois ?
Perrine Alors, pour la couture, je n'ai pas la réponse. Pour le sport extrême, c'est simple. Je n'avais pas du tout la capacité. J'étais vraiment faible à tous les niveaux. et donc, le voyage, parce que je cherchais à, entre guillemets, acheter du temps. C'était le temps que je cherchais, plus que l'espace, en fait, le temps. J'étais encore très... Ben voilà, je dormais très mal. La confiance en soi, je pense aussi, certainement, c'est faible encore. Donc, bon, je n'étais vraiment pas capable d'être productif dans notre société de consommation ou de travail, etc. Donc, le voyage, c'est la parenthèse, c'est le pas de côté, c'est le sentier et non plus l'autoroute. Et je commence... Alors, c'est drôle parce qu'en fait, on a tous besoin d'avoir un projet pour se sentir conforté au début et puis après, on lâche petit à petit les amarres et puis on va un peu plus au large. J'ai commencé par un chantier solidaire, enfin, une formation pour former des chantiers solidaires. Quelque chose qui m'avait toujours appelé. Alors voilà, je pense que burn-out, dépression, c'est un peu tout le temps la même chose, rupture amoureuse d'ailleurs aussi. On se pose toujours la question de qu'est-ce que j'ai vraiment envie de faire ? Et moi, il y avait depuis mon année de seconde l'envie de faire un chantier solidaire en Islande, chose que j'avais finalement faite en 2012, donc j'ai fait un petit peu plus tôt. Mais j'avais vraiment cette idée d'aller quelque part et de pouvoir contribuer à la vie sur place. En clair, pouvoir être locale sans t'engager dans chercher le job, l'appartement, le truc, mais voilà. un séjour sur place pour être au plus près des habitants, des territoires, de l'histoire, etc. Et donc, je vois passer, c'est très drôle, le jour où j'appelle la DRH pour dire que je ne reviendrai pas, le soir même, je vois passer une offre pour une formation au chantier solidaire avec l'association avec laquelle j'étais partie en Islande. Donc, cette formation-là a lieu en Sicile. Très bien, je postule et donc, j'y vais en mars et donc, j'ai commencé comme ça. En fait, j'ai commencé avec très bien, pendant l'été, je pourrais accueillir des gens du monde entier sur un projet peut-être de rénovation d'un château dans le sud de la France ou peu importe. En fait, tout était ouvert et finalement, ça ne s'est pas fait mais ce n'est pas grave. J'ai fait la formation, j'ai rencontré des gens et puis après, j'ai commencé à voyager toute seule en Sicile. Le premier jour où j'étais seule, je pense, je rencontre un gars qui voyageait aussi solo et donc, je fais péter le frein de voyager avec un inconnu. Enfin, voilà, après, la vie me prend par la main et je pense que tu as déjà dû l'entendre beaucoup de fois. On prend la décision, on ferme la porte de chez soi et après, l'univers, il prend en charge le reste.
Loïc Incroyable.
Perrine Je peux te faire la transition avec ce que tu as dit avant. Je trouve en fait mon style de voyage cet été-là, en fait, printemps était là. Je cherche à voyager à l'ancienne, entre guillemets, enfin, l'ancienne vie, c'est-à-dire que je vais trois semaines en Grèce après ça et puis, en fait, ça m'épuise. Pousser ton sac à dos, refaire ton sac tous les jours, aller au prochain endroit, visiter, c'est plus moi en fait. Ça, c'est la vie, c'est le tourisme, c'est pas le voyage en fait. Je ne suis pas encore au voyage et j'arrive en juin à Copenhague pour aider à restaurer un voilier scandinave qui lui fait 35 mètres avec deux mâts et j'y vais pour deux semaines en me disant on verra bien ce que ça donne. Ils organisent un festival pour relever des fonds, pour parler de leurs projets. Le but, c'était de convertir le voilier en voilier cargo pour revenir au transport à la voile d'antan pour être plus écolo. et puis en fait, j'adore les gens, j'adore le bateau, j'adore la vie à bord et puis j'y passe trois mois. Voilà. Donc, en rapport avec ton expérience à la voile scandinave aussi. Excellent. Donc en fait, je pars en Nouvelle-Délande en sachant ce que je veux. En fait, je veux y aller lentement et donc ce que je cherche, c'est un petit pays, un endroit où c'est safe pour une femme parce que bon, je suis encore une débutante et un endroit où je peux aider les gens contre le jitter le couvert. Donc, c'est ça que j'ai fait en fait sur le voilier. Donc, tu n'as pas de frais. Donc, tu as un temps infini.
Loïc Ok. Nouvelle-Zélande. Donc, par rapport à cet objectif, enfin, ce que tu viens d'expliquer, que tu étais encore débutante et que tu avais besoin d'être dans un endroit finalement où c'est facile entre guillemets, enfin, plus facile, plus simple peut-être de faire ses armes où il y a moins de complexité à gérer. In fine, c'est qu'est-ce que tu retiens de cette première expérience ? Qu'est-ce que tu as appris ? Est-ce que tu as trouvé finalement ce que tu étais parti chercher ou il y a eu d'autres choses ?
Perrine Ah non, alors là, je suis complètement confirmée. C'est juste la révélation. C'est ok, le check d'être toute seule, toute seule, vendue, savoir me débrouiller, vendue, savoir que je peux partager mon voyage avec des personnes si j'en ai envie, vendue, savoir que je peux rejoindre des projets super intéressants et rencontrer des personnes qui vivent différemment. Je pense qu'il y avait aussi ça. Il y avait cette quête de ok, j'ai suivi la route, l'autoroute. Maintenant, quelles sont les autres possibilités ? Comment est-ce que d'autres vivent ? Et je pense que c'est ça que j'ai utilisé d'ailleurs en Nouvelle-Zélande quand je suis arrivée et que j'ai créé mon mon profil entre guillemets de recherche d'hôtes. Donc c'était Elpex que j'utilisais. Aujourd'hui, il y a d'autres, il y a Workaway, enfin bref, des sites qui mettent en relation des hôtes avec des voyageurs. C'était vraiment ça. Je cherchais des career shifters en anglais, donc des personnes qui changent de carrière, qui se réinventent. J'avais peut-être un peu ce truc de je veux trouver des endroits où je serai accueillie et je veux rencontrer des personnes qui vont m'ouvrir plus de perspectives en fait que ce que je connais par mon entourage, ma famille et mes expériences passées. Donc c'est vraiment le but de prendre le temps de m'ouvrir, tout simplement de recevoir.
Loïc Est-ce que par ailleurs tu es une fan du Seigneur des Anneaux ?
Perrine Absolument. Je les ai tous lus avant qu'ils soient film.
Loïc Excellent. Ah voilà, ok, très très bien, très très bien, parfait. Est-ce que, alors blague à part, est-ce que ça a joué dans le choix de la destination ou pas du tout ? Et si ça a joué, est-ce que tu allais faire des tours ? Absolument pas. Mince, ok,
Perrine dommage. Je te casse à baraque tout de suite. Je pense que c'est intéressant que je, tu vois, quand je dis pour les personnes qui se posent la question partir, pas partir, quand je dis que l'univers te place sur la bonne direction et puis tu as eu Linda Bortoletto qui t'a déjà dit ça. Les choses nous tombent du ciel quand on est à l'écoute ou quand on demande, tout simplement. Enfin, quand on est prêt à entendre, c'est ça que je veux dire par là. Je vais à un festival de... Donc en fait, mon burn-out, c'est en juin. Je reprends mon courage à demain et je repars une semaine juste avant mes congés de l'été. Et en fait, après de septembre jusqu'à mi-octobre, j'y vais à fond et puis après je m'écroule. À nouveau et encore pire. Et pendant cette période de septembre-octobre, j'avais un salon que j'organisais à Paris et il y avait aussi un festival de voyageurs où je vais. Où j'apprends d'ailleurs, enfin où j'apprends, où je vois le premier film sur le Sun Trip qui donc, ta la la, teasing a lieu en 2019 pour moi. et là, il y avait un stand de Nouvelle-Zélande avec, ils distribuaient des cartes de cartes de la Nouvelle-Zélande. Et moi, je suis une fan de cartes. Déjà dans mes toilettes, j'avais refait tous les murs avec toutes mes cartes. Par exemple, pour les stands, tu vois, écrire telle date, tel endroit, machin, et les trucs qui m'avaient plu. Voilà, moi je suis passion carte, donc une fois que tu me mets une carte dans les mains, c'est foutu en fait parce que je commence à me faire tous mes films. Donc, non, pas vraiment. Et en fait, je pense que j'ai un peu fui le truc côté Seigneur des Anneaux, commercial, etc. Ça ne m'a pas parlé avec l'énergie dans laquelle je me trouvais. Cependant, je peux te dire que j'ai chassé le lapin sur le champ, enfin au-dessus du champ qui est la dernière bataille. Mais personne ne sait que ça allait à part les locaux, tu vois. Donc évidemment que tu croises des endroits qui sont apparentés au Seigneur des Anneaux, mais ça n'était absolument pas le point de départ. Ok, ok, ouais.
Loïc Quand j'étais allé, j'avais... Alors, comme toi, je ne suis pas méga fan de l'aspect commercial de la chose et j'étais avant tout un fan du livre que j'ai relu il y a deux mois, je crois. Mais par contre, les paysages du genre Edoras, tu vois, les grandes plaines avec du vent, etc. J'aurais bien aimé aller faire un tour dans ces coins-là. Je ne sais même pas d'ailleurs si c'est île du Nord ou île du Sud. Je pense que ça doit être île du Sud plutôt. Enfin, je n'en sais rien.
Perrine Ouais, je dirais Sud.
Loïc Ce genre de paysage incroyable. la Nouvelle-Zélande, comment tu étais organisée ? C'était vraiment par rapport au taf que tu trouvais ou tu suivais un itineraire du type, comment il s'appelle ? C'est le Terraroie, l'immense sentier du Nord au Sud ?
Perrine Ouais, alors à l'époque, je ne me sentais absolument pas de faire de la marche longue distance.
Loïc Ok.
Perrine Donc moi, c'est drôle quand tu me dis comment c'était organisé. Alors, l'organisation de départ, le billet d'avion, le visa et après, j'ai pris quatre nuits à Auckland pour l'atterrissage, tu vois. je trouve un job de fille au père le premier jour. Enfin, je suis complètement jet lag, donc en trouble de sieste, je vois une offre pour une famille qui était australo-néo-zélandaise mais qui avait quatre garçons dont trois étaient scolarisés dans une école française et ils cherchaient une au père. Mais moi, ça ne m'a jamais intéressée d'être fille au père, je parlais déjà anglais et puis je voulais bouger. Mais, je ne sais pas, j'ai le feeling, j'ai trouvé vraiment super chouette ce qui était dit dans l'annonce et donc, je les ai appelés pour voir, ça ne coûte rien d'appeler. Donc, j'appelle et ils me disaient oui, en effet, on a trouvé quelqu'un et je dis elle arrive bientôt, je ne sais plus ce qu'ils ont dit et je dis mais si vous avez besoin de quelqu'un pour l'intérim, je peux venir vous voir, on est samedi, si vous voulez, je peux venir vous voir demain après-midi et puis on peut voir si oui ou non ça vous intéresse. J'ai vraiment mis le pied dans la porte en me surprenant moi-même d'ailleurs. Eh bien, je les ai vus l'après-midi, je suis restée à dîner, je commence à travailler pour eux le lundi. Énorme. Donc, ça m'a permis, tu vois, en fait, ça aurait dû être trois semaines, finalement c'est devenu six semaines parce que la personne venait avec un copain, avec son conjoint et puis voulait faire finalement six mois en Nouvelle-Zélande, six mois en Australie donc finalement, ils voulaient, enfin voilà, c'était juste, ça ne devenait plus que trois semaines donc ça ne leur allait pas, enfin trois mois pardon. Donc, j'ai passé six semaines avec eux et c'était juste génial pour une introduction à la culture locale puisque en fait, il y avait quatre enfants, le dernier avait un an et donc j'étais souvent avec le père et le petit et donc il était super intéressé à partager avec moi des faits culturels, en plus c'était la coupe du monde de rugby donc évidemment, voilà. Donc, c'était vraiment, vraiment super chouette comme accueil et puis au bout de trois semaines, je ne savais pas encore où je voulais aller en fait, je dis que les cartes, voilà, tu me donnes une carte, j'ai plein d'idées, malgré tout, tu arrives sur place, tu ne sais pas encore où aller, comment, enfin si, tu as des trucs touristiques mais où est-ce que j'aimerais, où est-ce que moi je me sentirais bien, qu'est-ce que moi j'aurais envie de faire et le site Elpex qui est extrêmement, en tout cas, après moi, je parle de 2015, 2016, à l'époque, était extrêmement développé, il devait y avoir 5000, 6000 personnes qui recevaient des voyageurs en Nouvelle-Zélande, je reçois en fait des offres, j'ai des gens qui m'écrivent en me disant oh Périne, j'ai vu ton profil, ça m'intéresse, est-ce que tu veux venir faire ci, est-ce que tu veux venir faire ça, on est à tel endroit, moi aussi, je me suis cramée au boulot, viens rejoins-nous, c'est vachement plus cool ce qu'on fait à la ferme, enfin, des messages super, super sympas et la troisième, la quatrième semaine, donc tu vois, c'est drôle, ça devait être trois et la troisième semaine, je ne sais toujours pas et la quatrième semaine, quand je décide de rajouter trois semaines, j'ai quelqu'un qui m'écrit en me disant je fais de l'apiculture, j'aime beaucoup ton profil, je vais beaucoup au marché et puis je me déplace aussi sur les propriétés de personnes chez qui j'ai des ruches donc je te propose de venir m'aider, de rencontrer des gens et de découvrir le nord de l'île du Nord, allez, bon coup, moi j'ai toujours eu envie de faire l'apiculture, mon grand-père avait des ruches en Ariège, quand il a parlé d'arrêter, je m'étais dit ah j'aimerais bien prendre la suite, bon, il est décédé pile poil, enfin bref, ça ne s'est pas fait et donc voilà, donc encore un petit clin d'œil de l'univers et donc j'ai commencé par ça et puis après, même système, quand je sentais que j'arrivais au bout de quelque chose, il y avait quelque chose qui se présentait ou j'écrivais dans mon carnet un petit peu mes frustrations ou mes doutes, etc. et puis dans les trois heures qui suivaient, la solution apparaissait quoi.
Loïc Comme on a déjà pas mal de points communs dans nos parcours, je serais curieux de savoir où tu étais dans l'île du Nord.
Perrine Alors, dans ce cas-là, j'étais à Waipu, donc sur la côte Est et on allait au marché de Fangarai.
Loïc Ok.
Perrine Donc, il y a juste avant, en fait, après, il y a Payapaya et il y a le Cap Renga, donc à l'Est. Yes. Ok. Du Nord, du Nord. Ok. Et le Terra Roy passe très très proche de très près de Waipu, d'ailleurs.
Loïc Oui. Très bien. Très bien, très bien. Je vais regarder tout ça. J'ai une carte sous les yeux, là. J'étais du côté de Wangarai sur une ferme litière.
Perrine Oui, ben voilà, quand je dis Fangarai, c'est Wangarai. C'est W-H. Ah,
Loïc je savais pas que ça se prononçait. Le W-H, tu le prononces F ?
Perrine F-H, ouais, Fangarai. Ouais. Donc, on est au même endroit. Et là, il y a plein de voiliers aussi. Donc, moi, je ziotais très très fort aussi les personnes qui traversaient.
Loïc Ouais. Ok, donc, un point comment de plus, on était au même endroit en Nouvelle-Zélande. Ça fait, ça commence à faire beaucoup. Donc, ça, c'est... Oui, parce que les éditeurs
Perrine ne savent pas qu'on a parlé de Suisse avant, d'école de commerce. Oui,
Loïc on était en off avant et en fait, on a fait... Alors, à l'époque, c'était deux écoles différentes. On a fait la même école de commerce, on a tous les deux travaillé en Suisse. On est tous les deux passés par le même... la même... j'allais dire institut, le même... j'ai pas le terme qui me vient, mais...
Perrine On a la même certification en coaching.
Loïc La même certification de coaching. Voilà, merci de l'ICF qui est le plus gros, en gros, la plus grosse organisation de coaching international. Et là, du coup, on était au même endroit en Nouvelle-Zélande. Voilà. Ce qui est assez... Voyons, on en trouve plus. Ouais, voyons, on en trouve plus. Alors, à traverser de l'Atlantique, c'est sûr que non, parce que ça, ça, j'ai pas fait. Mais je serais curieux de savoir. Donc là, c'était... Et tu me dis si c'est pas comme ça que tu le vois, mais la manière dont tu le racontes et le moment qu'elle s'est arrivée dans ta vie, j'ai un peu l'impression que c'était finalement le voyage de la deuxième naissance, tu vois, où il y a eu une sorte de réalignement des planètes, où t'as appris à te réécouter et à finalement suivre le chemin qui, toi, te faisait vibrer. Si on fait une espèce de fast forward entre 2015 à Nouvelle-Zélande et la Californie aujourd'hui, ça a été quoi les grands jalons de ce parcours, en tout cas les grandes étapes qui t'ont conforté dans ce nouveau chemin de vie ?
Perrine En fait, je pense que c'est... Dans le burn-out, il y a aussi cette prise de conscience que ça peut s'arrêter, en fait. Tu vois, je pense qu'il y a vraiment un truc qui est vivre maintenant ou pas. Il n'y a pas le choix, en fait. Vivons, quoi. Vivons. Et donc, tu mentionnes la traversée authentique à la voile. Je pense qu'à partir du moment où tu commences à prendre confiance, comme c'est mon cas en Nouvelle-Zélande et dans le voyage, tu te rends compte que c'est toi qui décides et que ce n'est pas quand je serai à la retraite ou je ne peux pas me le permettre. C'est juste, tu décides oui ou non et tu prends ta décision et après, je pense que... Alors, je ne veux pas généraliser en disant qu'il n'y a pas de mauvaises décisions, mais en fait, quand on prend une décision, à nous de faire en sorte que ça fonctionne et que ça ne fonctionne pas là maintenant, peut-être que ça fonctionnera plus tard, différemment. Je me rends compte qu'il y a plein de possibilités et qu'il y a plein de solutions. À traverser l'Atlantique, moi, c'est une idée qui m'est venue en 2014 quand je marchais dans le désert au Maroc. J'étais sur la plus haute dune au coucher de soleil toute seule en silence et je me suis dit à quoi ça ressemblerait d'être dans un désert aquatique, un désert à queue, je ne sais pas si ça se dit comme ça, mais un désert liquide, à quoi ça ressemblerait d'être 15 jours isolés du monde ou comme dans notre cas avec les animaux, il nous faut de l'eau et on n'a pas trop le choix sur la route. Bref, autour de nous, en fait, tout est hostile. J'avais cette idée qui m'était venue en me disant que ce serait quand même génial un jour d'explorer le désert liquide. Plus j'avance dans mes voyages et plus je me dis que c'est toi qui décides, Périne. Donc, l'idée du voilier à Copenhague, c'était me rapprocher du milieu de la voile que je ne connaissais absolument pas. En Nouvelle-Zélande, je rejoins un capitaine qui a besoin de quelqu'un pour l'aider, de préférence une femme parce qu'il emmène des jeunes en nature wilderness, vraiment déconnectés, pas d'appareil technologique, il n'y a pas de réseau téléphonique de toute façon. Bref, il les amène vraiment en voyage de reconnexion et donc petit à petit, en fait, je pose tous les jalons et je ne sais pas si on va répondre à ta question mais en fait, plus tu renforces le muscle, plus tu te dis que c'est possible. 2017 et 2018, je passe 5 à 6 mois à la voile parce que j'ai vraiment l'objectif de maîtriser mieux et de rencontrer des personnes et voilà. Donc en fait, je décide vraiment que je veux aller au bout du rêve en 2017. En fait, une fois que je suis avec le chéri, que j'ai ouvert toutes les portes et que je suis en train d'être tentée de revenir et de me dire ah mais non, mais la vie, ce n'est pas ça. Enfin voilà, quand je suis confrontée à ce que les personnes me disent que ce n'est pas une manière de vivre, en fait, j'ai mon chéri qui me dit mais depuis que je t'ai rencontré, tu parles de traverser à la voile, tu veux le faire oui ou non et il a raison, si je veux le faire, c'est maintenant, ce n'est pas quand j'aurai repris une activité professionnelle, quand je me serai justement formée au coaching, démarrer mon activité, après tu rates le coach, c'était à ce moment-là et donc j'y vais à fond et au passage, je vais naviguer en mer Baltique, en Méditerranée, je vais dans tous les archipels de Macaronésie, c'est-à-dire Assor, Madère, Canary, Cap Vert, voilà quoi, je rencontre des capitaines, je rencontre des lieux et je kiffe tout simplement.
Loïc Comment tu le fais avec du recul, ce passage à l'action ? Parce que c'est une chose de dire, tu vois, j'ai un rêve, quelque chose qui me fait vibrer depuis longtemps, ça c'est une chose et après, le fait de mettre tout ce qu'il faut en place et de faire ce premier pas qui est peut-être le plus difficile, c'en est une autre. Donc je serais curieux de savoir, et même de manière générale, là on parle de la voile, mais de manière générale, comment est-ce que toi tu passes de la réflexion des rêves à l'action, au concret ?
Perrine Ouais, je pense que ce qui nous manque cruellement dans cette société, c'est du temps de silence en fait. Je pense que c'est dans le silence que ça émerge, tu vois, quand une chose est vraiment vraiment là. Je vais reprendre le grand classique de Paolo Coelho avec l'alchimiste, l'univers, il conspire pour que tu vives ta légende personnelle et il va continuer à t'envoyer des signes jusqu'à ce que, quand il ignore les signes, il comprend le message et il passe à quelqu'un d'autre, quoi, tu vois. Et donc, je pense que pour moi, le fait d'être, de ménager des espaces et des temps de silence, ça me permet vraiment de décider et après, une fois que tu décides, ben, t'y vas en fait. Alors, je ne dis pas que les doutes ne sont pas là, mais à nouveau, quand il y a un doute, quand il y a une complication, est-ce que c'est vraiment du game over ? Est-ce que finalement, j'en veux plus ? Est-ce que ça ne marche pas parce que moi, je ne suis plus dedans ? Ou est-ce que c'est juste que je n'ai pas la bonne approche, que je n'ai pas poussé la bonne porte, que je n'ai pas demandé, posé la question, pas fait la recherche, que je n'ai pas encore la compétence ? Enfin, c'est tout ce qu'on fait en coaching, nous, avec nos clients, d'aller chercher nos talents, nos envies profondes et d'ajuster, corriger, dépasser. Je ne sais pas, ça me paraît un peu simple, mais c'est vrai que ça n'était pas pour moi il y a quelques années. Mais en tout cas, moi, il y a vraiment une chose que je fais dans ma vie qui est de, alors que je suis en couple et que j'adore voyager avec mon chéri, j'adore, enfin là, cette année, c'est vraiment une fois par trimestre, je pars toute seule pendant une nuit ou trois jours ou quatre jours pour sortir de mon bureau, sortir de mon quotidien, sortir de, voilà, déconnecter pour reconnecter. Après, il y a le carnet qui marche très bien, écrire dans son petit carnet, ça fait des miracles.
Loïc Sur le fait de partir en solo, ça, j'ai un peu l'impression, je serais curieux d'avoir ton avis quand on parle autour de toi, comment les gens réagissent, mais j'ai un peu l'impression que c'est un autre aspect de notre société qui n'est pas nécessairement très valorisé, le fait de faire des choses seules, en tout cas, de prendre ce temps de reconnexion. Moi, je sais que j'en ai énormément besoin aussi, tu vois, mais certains potes, quand je leur dis, ben voilà, je suis allé passer une nuit en refuge solo, ils hallucinent, tu vois, ils me disaient, bon, mais comment ça, pourquoi tout seul, c'est un peu bizarre en fait. Donc, je ne sais pas, comment tes amis, tes proches réagissent ou réagissaient peut-être au début quand tu t'es autorisé ces moments pour toi, avec toi ?
Perrine Ouais, et ben j'aime bien que tu dises au début parce qu'en fait, voilà, c'est ça, je pense que les freins, c'est le regard des autres au début et moi, en plus, je suis une femme donc en tant que femme, ben on te regarde en disant, c'est Jeanne qui disait que c'était condescendant, tu sais, des fois, des gens, mais enfin voilà, une femme toute seule, il faut aller lui porter secours parce qu'elle ne sait pas ce qu'elle fait en fait. Donc, ouais, ben mes proches, évidemment, mes parents étaient, tu vois, tu pars en Nouvelle-Élande seul, c'est le bout du monde donc ça fait peur. Je dis mais en fait, c'est pas plus loin que l'Allemagne, tu vois, je veux dire, tu peux prendre un avion et il y a 34 heures plus tard en Allemagne, c'est pareil, si tu commences à conduire, ça te prend aussi certainement ce temps-là, tu vois. Et puis, j'avais 18 ans quand je suis partie en Allemagne, là, j'en avais 30, tu vois. Aux Etats-Unis, c'est, moi j'ai beaucoup, beaucoup de femmes qui me disent mais comment tu fais en fait ? Aux Etats-Unis, il y a une telle peur de, enfin, il y a les deux, il y a la culture outdoors exceptionnelle où on respecte la vie sauvage, où on sait qu'il y a des cougars, où on sait qu'il y a des ours, etc. Et en même temps, il y a, mais tu pars toute seule, où est ton mari, quoi ? Enfin, tu vois. Mais c'est intéressant de voir que, ben, quand les gens te connaissent et t'apprécient et se permettent de te poser la question, ça ouvre des portes pour eux et elles-mêmes. Il y a beaucoup de femmes dans mon entourage qui ont la cinquantaine qui commencent à faire ça maintenant, tu vois. Et je trouve ça vraiment génial et j'aurais aimé, moi, rencontrer plus de femmes avant. Tu vois, quand j'étais en Suisse, donc je suis allée pour le travail, au début, je ne connaissais personne et donc les week-ends, je n'osais pas aller en... Enfin, j'ai attendu d'avoir des potes pour aller randonner, quoi. Mais quel gâchis ! Mais quel gâchis ! Enfin, c'est tellement dommage. Enfin, à ceux qui nous écoutent, ne gâchez pas vos... J'adore quand tu dis qu'on a 4000 semaines dans notre vie. Ben voilà, ne gâchons pas tous ces week-ends qui pourraient être utilisés à faire des choses qui nous donnent envie. Et j'aimerais rebondir sur ce que tu disais quand tu dis que tu as besoin de temps de recul. Moi, je pensais que j'étais extravertie toute l'année de ma vingtaine et ce que j'ai découvert, c'est que je suis quand même plutôt ambiverte en anglais. Je suis entre les deux, en fait. Je me recharge quand même beaucoup plus au calme qu'avec les gens, en fait. Je peux être à l'aise et donc extravertie sociale, mais malgré tout, la définition, normalement, c'est que tu te recharges avec les autres. Tu es extravertie, tu te recharges seule, tu es introvertie. Et moi, c'est seule que je me recharge. Donc, retrouver sa propre nature, c'est une grosse partie, je pense.
Loïc Oui, clairement. Et je pense que c'est pour ça que ça faisait partie des motivations à créer les frappés et c'est pour ça que j'adore rencontrer des gens comme toi parce que je pense qu'on a aussi besoin un peu de... J'aime bien prendre cette image de l'éclaireur, des personnes qui marchent un peu devant avec une lanterne dans la forêt noire pour leur dire « Allez, regarde, viens, c'est possible, il y a un chemin, suis-moi quoi, en gros. Et je pense qu'on a vraiment besoin aussi de ces récits de parcours pour faciliter le passage à l'action.
Perrine très content une fois de plus
Loïc qu'on parle de tout ça. Mais oui, vas-y, pardon, l'anecdote.
Perrine Oui, j'ai envie de... j'aimerais beaucoup rebondir là-dessus parce que je pense que ça va parler à pas mal de personnes aussi. Comme tu dis, moi, ce que j'aime dans l'idée que tu as avec les frappés, c'est que frapper, ce n'est pas forcément frapper être... Alors, oui, tu as des personnes qui sont... des sportifs de haut niveau, des personnes qui font des choses extraordinaires et tout, mais ces personnes-là, elles n'ont pas commencé, tu me poses la question du premier pas, elles n'ont pas commencé tout de suite à fond. C'est le premier pas, puis le pas d'après, le pas d'après, puis on pousse les murs de la cage, en fait. et moi, je sais que ma première soirée en Nouvelle-Zélande, quand j'arrive dans l'auberge de Jeunesse, je rencontre une nana qui s'appelle Noémie, qui est française, et elle, elle est prête. Elle termine son année en Nouvelle-Zélande et donc, elle va prendre l'avion le lendemain. Et elle revient à Auckland et elle a remonté toute la Nouvelle-Zélande en stop. Eh bien, qu'est-ce que j'ai fait à la fin de mon année en Nouvelle-Zélande ? J'ai remonté toute la Nouvelle-Zélande en stop. Pourquoi ? Parce que j'ai rencontré une femme en chair et en os devant moi et non pas sur une scène forcément, tu vois, ou avec un palmarès extraordinaire, mais qui m'a juste expliqué qu'elle l'avait fait, que c'était génial et qu'elle avait kiffé. Et la graine est semée, en fait. C'est aussi simple que ça de savoir que d'autres l'ont fait plutôt que d'essayer d'imaginer un truc qui nous paraît impossible. Tu vois ce que je veux dire ? Le fait d'avoir un exemple visuel, auditif, dans notre cas, et de savoir que ça se fait, ça permet à notre cerveau, tout ce qui s'est prouvé, au niveau de l'imaginer, de le visualiser. Et donc, le cerveau, il prend un peu toutes les micro-décisions et il lève plein de petits blocages, en fait, déjà en arrière-plan puisque c'est possible, ça existe.
Loïc D'où ma conclusion de l'intro qu'une écoute régulière peut entraîner des changements positifs importants dans nos vies. Mais j'y crois à fond.
Perrine C'est pas mensonger. C'est pas mensonger. C'est clair.
Loïc Mais alors, attends, la Transatlantique, parce que ça, c'est quand même un sacré morceau, c'était un rêve. Tu viens pas d'une famille de marins, enfin en tout cas, où la mer était particulièrement ancrée, en tout cas, pas au niveau de traversée Transatlantique, si j'ai bien compris. Tu te donnes les moyens de le faire, mais in fine, ça ressemblait à quoi ? Est-ce que tu peux peut-être nous parler, tu vois, lors de la traversée, des moments de doute, des épreuves que tu avais affrontées parce que là, t'en parles très simplement avec beaucoup d'humilité, mais je suppose quand même qu'il y a des challenges aussi ?
Perrine Oui. Alors après, il y a deux façons de le faire. Il y a décider d'aller sur une Transatlantique, donc de prendre un billet, d'y aller sans expérience et de se confronter à toute la nouveauté. Moi, dans mon cas, j'avais déjà fait des passages, comme il disait en anglais, donc des traversées, tu vois, par exemple, de Gibraltar jusqu'au Canary, de Gibraltar jusqu'à Madère, de la Galice jusqu'à Madère, jusqu'au Canary, etc. Donc, j'avais voulu sécuriser. Donc, en fait, il y a deux parts de moi. Il y a la part intuitive et il y a la part contrôle, organisée, travail. Moi, j'avais envie de prendre mon temps et aussi d'être assurée que c'était quelque chose que j'étais capable et que j'avais envie de faire. Est-ce que j'ai le mal de mer ? La question que beaucoup de gens se posent. Est-ce que je peux supporter des gens dans un espace confiné ? Ça aussi, ce n'est pas le cas de tout le monde. Et donc, en fait, j'ai... voilà, j'avais une préparation. C'est ça que je veux dire. C'est que je savais ce que c'était que de hisser une voile, de passer des nuits en mer, de tenir des cars. Qu'est-ce qu'il y a d'autre à savoir ? Voilà, j'avais le bon équipement aussi au niveau vêtements. Donc, j'étais... J'avais un peu le track, évidemment, parce que tu sais que quand tu pars, tu t'élances avec les Alizés. Il y a une période de l'année donnée où on sait que les vents poussent d'est en ouest facilement. Donc, en fait, entre guillemets, c'est facile. consistant, ça se dit en français ? Régulier. Le vent est régulier, il nous pousse vers l'ouest. Donc, bon, il n'y a pas vraiment un énorme challenge au niveau de navigation. En fait, tu pointes ton cap vers les Caraïbes et puis, voilà, il faut juste ajuster les voiles en fonction du vent. Voilà, se relever, s'assurer qu'on ne va pas percuter un conteneur qui flotte ou... Voilà, il n'y a pas grand-chose qui se passe. OK. Donc, pour répondre à ta question, commencer, c'est génial. C'est génial, je te parle de déconnexion. Dans notre cas, donc, c'est à peu près 6-7 jours de l'Espagne jusqu'aux Canaries. Des Canaries au Cap Vert, c'est 7 jours. Et ensuite, il nous a fallu, dans notre cas, avec la taille du bateau et avec les conditions météo qu'on a eues. Et ensuite, c'était 15 jours jusqu'à la Barbade. Donc, 15 jours de bleu, bleu, bleu et bleu, un peu de blanc. des vagues traîtres de temps en temps qui te arrosent. La nuit, souvent des grains qui te rincent. Donc, tu as une douche gratuite. Ça, c'est vraiment génial. Mais ça veut quand même dire que tu as des énormes rafales devant et que tu ne vois pas forcément même ton mât. Donc, il faut que tu tiennes ton cap pour ne pas empanner. C'est-à-dire avoir la voile qui passe d'un côté à l'autre et tout arracher. Donc, voilà, c'est à peu près tout. On était quatre. Donc, le capitaine, mon chéri et un autre équipier et donc, on se reliait toutes les deux heures et on a, pour économiser l'électricité et le pilotage automatique, on a tout barré à la main, ce que j'ai trouvé génial. Moi, j'ai adoré parce qu'au pilote automatique, en fait, tu regardes, mais enfin, voilà, je trouve que tu es moins engagé en fait dans l'acte. Donc, on avait des superbes abdos à la fin. Mais ouais, non, le côté silence et puis en fait, quand on prend le rythme petit à petit, on est vraiment en espace clos, enfin, espace clos, ce n'est pas ce que je veux dire, mais on est chacun dans notre monde. Tu lis ton bouquin, tu dors, tu barres. On mangeait ensemble le midi, enfin, le midi à l'heure anglaise, enfin, voilà, après, comme tu traverses pas mal de fuseaux horaires, tu ne sais pas trop, enfin, voilà, donc on a gardé l'heure anglaise, l'heure du Cap Vert tout le long. Mais voilà, on faisait un repas ensemble et après, chacun vit sa vie et chacun est dans cette enveloppe un peu de silence et de contemplation, méditation finalement. il n'y a plus besoin de beaucoup se parler, en fait. Ouais, c'est vraiment, et puis après, bon, évidemment, des conversations, quand on se relève, on se parle au moment de relever la personne qui va partir et puis après, moi, j'avais le capitaine qui me relevait, je relevais mon chéri et lui me relevait et souvent, il venait une heure avant parce que comme il était anglais, il lui fallait une cup of tea donc il prenait le temps de la savourer et on papotait sous les étoiles, on parlait de la vie et c'est juste génial, quoi. C'est épatant de se dire qu'on passe 15 jours sans entendre d'autres êtres humains, sans passer la station essence, enfin, j'ai dit du truc au hasard, sans passer au supermarché, sans entendre un bruit de klaxon, enfin, tu sais, tu réfléchis à tous ces trucs et sans odeur, en fait, il n'y a pas vraiment d'odeur, l'odeur, on l'a quand on est sur le rivage mais elle n'existe pas vraiment, en fait, en mer et tu peux compter que sur toi-même et tu te poses la question de qu'est-ce que tu peux rejeter à l'océan, ça c'était vraiment, moi j'étais à fond, zéro déchet déjà, qu'est-ce qu'on peut rejeter, même un sachet de thé, en fait, c'est plastifié, donc non, et c'est là que tu te rends compte de tout ce qu'on produit comme absurdité à terre, donc c'est vraiment un moment de se dire, waouh, et puis de se rendre compte que l'océan, c'est quand même la majorité de notre planète, là je parle de l'Atlantique mais tu regardes un globe, le Pacifique couvre toute une face et on le maltraite, cet océan, et enfin bon voilà, donc il y a tout un côté aussi très militant qui surgit, je pense, dans ces réflexions, le moindre oiseau est un miracle parce qu'ils sont tellement loin des terres que c'est extrêmement rare et il y en a qui reviennent plusieurs jours de suite et qui cherchent à se poser sur les barres de flèches, enfin, tout est extraordinaire, des poissons volants, enfin, des petites, petites, petites choses mais qui sont tout en fait, en fait,
Loïc Le fait de vivre ça, alors vous étiez quatre mais dans l'eau, il y avait ton compagnon et le PCT, on s'est pas encore attardé mais c'était 150 jours, t'as dit ?
Perrine Ouais.
Loïc Pour votre lune de miel, donc c'est quand même, là pour le coup, c'est quand même très très très très long, tu dirais que c'est, je sais pas si t'as toujours des contacts avec du coup les deux autres membres de cet équipage mais de manière générale, des aventures, des expériences aussi longues, partagées, tu dirais que ça, de ton expérience, ça change quoi dans les relations ? Parce que là, tu nous as pas mal évoqué, tu vois, finalement l'impact que ça a pu avoir sur toi, ta réflexion, le fait d'apprécier des petits moments, c'est relativement personnel mais dans les relations, qu'est-ce que ça change finalement ?
Perrine Ouais, j'aime bien ta question parce que, effectivement, ce capitaine avec lequel on a traversé, on est toujours en contact avec lui, on est même allé le voir dans le Maryland, Maryland en français, Maryland en 2022, je crois que c'était, on avait un mariage sur la côte Est et donc on allait le voir, il a, ah oui, elle est petite aparté, quand on a traversé, il avait 69 ans, donc en 2018, le Covid arrive, il a vendu son bateau, il est de retour en Angleterre puisqu'au départ, donc il est anglais mais il a, à 18 ans, il est parti au Canada donc il a vécu plutôt au Canada mais il a sa copine en Angleterre, enfin bref, on va pas faire toute l'histoire mais il se retrouve en Angleterre pendant le Covid et il nous dit mais regardez le mur, le plafond pendant des mois hors de question, donc depuis l'Angleterre, il achète un nouveau bateau, enfin il achète un bateau d'occasion dans le Maryland ou à New York, peut-être, je sais plus, enfin quelque part sur la côte Est et quand enfin il peut se rendre sur place et qu'il ouvre le bateau, le bateau est plein de flottes, en fait il y avait des trous dans la quille et donc le truc était inondé et il dit mais en fait on s'en fout, non mais il dit mais en fait on s'en fout, c'est que moi j'ai besoin d'un projet pour continuer à vivre en fait, hors de question de faire partie de ces petits vieux qui font plus rien et tout, enfin c'est le genre de personnes qu'on rencontre et qui sont extraordinaires donc ouais, donc on est toujours en contact avec lui, bon sa mère est plus âgée, son ami a des problèmes de santé donc il est pas ultra libre mais c'est un mec qui continuera toujours et moi j'adore ce genre de personne quoi, chacun choisit son chemin et lui choisit le sien et je trouve ça juste absolument génial et après il y a un autre capitaine avec lequel, le capitaine en Nouvelle-Zélande avec lequel j'ai eu aussi une relation très très forte, on s'écrit régulièrement toujours tu vois et donc on est des années après et ensuite il y en a un avec qui j'ai fait un mois de Gibraltar à Minorque en 2017, quatre mois de Minorque, l'année suivante de Minorque jusque en Angleterre en passant par les Açores et donc que je l'ai retrouvé l'été dernier à nouveau de Minorque jusque au Canary donc oui, il y a des personnes avec lesquelles c'est pour la vie en fait, c'est pour la vie mais ce que je voulais te dire, ce que j'aime dans ta question c'est qu'il y a deux choses en fait, il y a est-ce qu'on veut garder le contact parce que voilà, il y a vraiment une relation profonde mais il y a aussi accepter qu'on n'est que des passagers et qu'on se rencontre c'est pareil sur le chemin en fait, on se rencontre on ne sait pas si sur la voile on sait mais le moment c'est maintenant en fait et moi je sais que dans les derniers jours qui approchent la fin tu sais que tu ne vas pas retrouver la personne de la même manière c'est pareil avec le capitaine mon capitaine suédois avec qui j'ai fait le tour de la Baltique 55 jours ensemble tu as tellement de reconnaissance tu as tellement de souvenirs ensemble tu as partagé des photos des anecdotes tu connais ses anecdotes à lui et ses potes parce qu'il y a des potes qui nous ont rejoints par coeur et tu as l'impression que tu fais partie de la famille et malgré tout tu ne retrouveras jamais exactement la même chose tu vois ce que je veux dire tu ne retrouveras jamais les mêmes conditions le même air qui flottait le même éclairage la même odeur enfin il y a vraiment un truc d'accepter de laisser partir le fait que c'est maintenant et donc profitons-en à fond et ne reportons pas à demain ou n'essayons pas de continuer plus tard ou de rattraper je ne sais pas si c'est clair ce que je dis mais moi j'ai vraiment ça à la fin de chaque aventure de me dire c'est maintenant c'est maintenant non pas que je me barre et que je m'en fous tu vois mais que c'est maintenant que c'est là
Loïc ça me parle beaucoup ce que tu dis sur l'après surtout tu vois c'est quelque chose sur lequel j'essaie de travailler un peu mais je sais que quand j'ai ce genre d'expérience et tu vois je le réalise par rapport à ce que tu dis donc merci parce que c'est méga intéressant j'ai cette espèce de réflexe cette tendance à essayer de prolonger la chose tu vois je rencontre je rencontre des gens je ne sais pas sur une rando ou tu vois sur un ultra-trail de la PTL ou n'importe quoi j'ai une espèce de presque une culpabilité à l'arrivée en me disant il faut que je mette un truc en place pour que ça continue tu vois pour que pour que pour qu'on revive des choses ensemble pour que finalement pour que la relation continue de s'étoffer et alors qu'en fait peut-être que enfin je pense que ça serait bien plus bénéfique comme ce que tu viens de dire d'apprendre à kiffer l'instant et et être comment dire reconnaissant de l'instant présent sans forcément chercher à voilà à prolonger le truc finalement donc après ça se fait
Perrine naturellement très bien tu vois mais effectivement moi je pense que j'ai une forme de loyauté tu vois que j'arrive à un peu plus voilà je ne vais pas forcer le truc tu vois je veux juste je suis là si jamais c'est nécessaire mais tu vois c'est intéressant parce que le PCT par exemple les personnes avec qui on a marché on les voit tous les ans et on leur parle tout le temps c'est par contre là c'est différent mais je me demande s'il n'y a pas un côté justement parce qu'on est encore en contact avec les gens le trail est encore vivant tu vois je pense qu'il y a vraiment ça là-dedans une dimension non pas qu'on ne s'entendrait pas dans la vie c'est pas vrai on s'entend très bien mais on a tant partagé et c'était une aventure tellement extraordinaire qu'en gardant le lien et en continuant de créer les aventures avec ces personnes là le sentier ne disparaît pas tu vois je pense qu'il y a vraiment une histoire de maintenir le lien pour maintenir l'aventure pour maintenir qui on était pour maintenir ce qu'on a vécu et pour garder la magie vivante en fait
Loïc le coaching dans tout ça on l'a évoqué plusieurs fois à quel moment est-ce que c'est vraiment entré dans ta vie comment est-ce que comment est-ce que t'as décidé d'en faire ton activité et et quelle approche est-ce que tu tu as du coaching aujourd'hui triple question boum
Perrine ouais donc en tant que coach pour les gens qui ne nous écoutent pas on ne fait pas des triple questions on pose une question je rigole mais en fait très très naturel et pourtant de la résistance parce que moi j'avais l'idée coach tu vois gourou machin etc mais en fait quand je dis que l'univers t'amène toujours sur sur ce qui est là quand j'ai fini la traversée l'Atlantique vraiment il y a eu vraiment ça en 2018 j'arrive en Californie et ok what's next j'ai voilà j'ai fait ce rêve là parce qu'en fait à l'époque il y avait eu enfin voilà la traversée l'Atlantique c'était le rêve ultime le voyage bon ben voilà c'était un petit peu une manière d'occuper mon temps entre guillemets et une fois que j'arrive à la traversée l'Atlantique je me dis mais si moi je l'ai fait mais n'importe qui peut le faire et je veux que tout le monde le sache tu vois dans le genre je veux crier sur tous les toits que ben vas-y vas-y donne-toi les moyens et tu vas y arriver donc j'avais d'abord ça et puis et puis en fait plein de gens qui enfin plein de gens j'exagère quand je dis ça mais de plus en plus de demandes de personnes qui sont curieuses de savoir comment j'ai fait donc qui me demandent des conseils des personnes qui me disent ah il y a un tel qui est un petit peu perdu dans sa vie ça lui ferait du bien de te parler alors voilà et c'est là que je me rends compte que le conseil ne sert à rien j'ai plaisir à échanger avec les gens et puis quand je prends des nouvelles pour savoir comment ça se passe et tout ben en fait ils n'ont pas bougé et c'est là que je me rends compte que ben ce qui a marché pour moi ne marche pas forcément pour Pierre, Paul, Jacques et Janine et donc je commence à m'intéresser un petit peu plus à ben comment est-ce qu'on comment est-ce que moi je peux aider à mieux soutenir ces personnes-là il y a une autre chose qui se passe aussi c'est que je fais du bénévolat dans une asso quand je suis bon bref quand on prépare pour le pour le Sun Trip on s'installe à Pau et je fais partie de plein d'initiatives super chouette et il y a une asso dans laquelle je suis très active et donc du coup on me dit ah mais tu ne pourrais pas nous aider nous aussi pour notre communication pour ci, pour ça et je commence à faire du conseil donc en fait je crée mon auto-entreprise en tant que consulting enfin conseil en entreprise et je me rends compte que là c'est pareil en fait on me demande des conseils en stratégie etc mais tant que la personne qui est à la tête du projet ne change pas elle-même son approche et sa manière de penser et sa manière d'aborder les choses ben je peux fournir la matière le fond autant que je veux mais la forme est aussi importante et donc en fait il y a la conjonction des deux où je me dis ben je veux vraiment apprendre à aider les gens à passer outre les obstacles trouver des solutions continuer à avancer donc voilà donc ça s'est fait un petit peu comme ça en fait par plusieurs biais et donc ta question sur comment je enfin mon approche du coaching ben approche ICF je ne suis pas là pour donner des conseils pour dire aux gens comment faire etc mais vraiment l'art de la question donc être vraiment pleinement présent avec les gens elle écoute et ben voilà en fait c'est le prolongement du voyage chaque personne est un univers chaque personne a des talents des envies des historiques différents et donc on démêle les histoires et les obstacles qui sont là donc on observe comment ça se passe ce qui manque quels sont les blocages et pourquoi c'est pas possible est-ce que c'est sûr que c'est pas possible quelles sont les raisons pour lesquelles regardez les choses en face est-ce que c'est vraiment ça le problème je travaille beaucoup avec des personnes qui pivotent dans leur activité donc pour les entrepreneurs voilà ça bloque justement le burn out et proche comment je prends ce temps de recul comment j'arrive à voir à regagner la perspective sortir du tout ou rien ou c'est ça ou rien ensuite pour des personnes qui ont beaucoup voyagé ou qui sont en expatriation et qui reviennent comment est-ce que j'arrive à voir qui j'étais avant et qui n'est plus moi qui je suis enfin comment les gens me voient et me perçoivent et qui m'agacent parce que j'ai l'impression que c'est pas moi et ça entrave ma confiance qui je suis aujourd'hui vraiment et qui je veux être demain voilà donc démêler un petit peu tout ça et renforcer nos positions et qu'est-ce que j'ai d'autre comme profil enfin voilà j'ai des profils assez variés mais voilà entrepreneurs des personnes qui ont voyagé et j'ai aussi des personnes qui s'apprêtent à partir et alors c'est très drôle je vais te donner un exemple j'avais un homme qui m'a contacté l'année dernière on a travaillé ensemble au départ il avait un projet justement très marin et finalement il a complètement réinventé son métier salarié même fonctionnaire et il attend un enfant donc voilà c'est l'univers qui nous amène là où il faut il faut juste voir les choses en face en fait et qu'est-ce qui se cache derrière cette envie d'absolu de partir à l'aventure de partir loin et on retourne à soi en fait donc tout est lié tout est lié
Loïc c'est une super anecdote ça finalement croire tu vois qu'il y a quelque chose qui nous appelle quelque part et en fait en creusant on se rend compte que c'est peut-être autre chose qui nous intéresse
Perrine c'est changer de regard en fait ouais
Loïc ouais tu dirais que c'est quoi le frein ou en tout cas le type d'IR que tu retrouves le plus souvent chez ces gens-là que tu accompagnes alors c'est avec des situations assez différentes mais je suppose qu'il y a peut-être quelque chose qui ressort plus
Perrine je pense que ce qui ouais je pense que ce qui peut être parlant pour les personnes qui nous écoutent c'est ne pas regarder les choses en face et quand je dis regarder les choses en face je ne dis pas enfin c'est pas un truc très très lointain en fait c'est par exemple je ne peux pas me le permettre financièrement la majorité des gens quand ils te disent ça ils n'ont pas regardé financièrement qu'est-ce que ça représente ou qu'est-ce que j'avais hier il y avait autre chose qui n'était pas financée mais qui était à peu près la même chose mais voilà tout simplement des phrases toutes faites de ouais enfin on ne peut pas tout avoir et si on pouvait tout avoir et si c'est juste qu'on ne pouvait pas tout avoir d'un coup et si c'est juste qu'on ne pouvait pas tout avoir là dans trois mois ou à l'échelle de cinq ans voilà et puis j'ai trop d'idées ou je ne sais pas quoi faire ok bah quelles sont tes idées et regarde les idées et quand je parle d'intuition je pense que c'est là tu vois c'est bien c'est l'intersection entre le mental et l'émotionnel ou le physique c'est bah je note toutes mes idées et au moment où je les note au moment où je les énonce à quelqu'un de confiance je me rends compte qu'il y a un truc qui me parle moins qu'un autre je me rends compte bah nous c'est notre rôle en tant que coach d'écouter ce qui est dit et d'écouter ce qui n'est pas dit de voir ce qui n'est pas dit bah là je t'ai senti un peu crispé là dessus ou là j'ai vu ton regard vraiment s'éclairer au moment où tu me parles de ça qu'est-ce qu'il y a là derrière en fait ou alors quel est le point quel est le liant entre toutes ces choses peut-être qu'effectivement tu peux pas te faire toutes ces choses là mais que dedans il y a peut-être un besoin de liberté un besoin de nature enfin je dis ça au hasard par rapport à moi peut-être mais voilà aller vraiment creuser quand on se dit que c'est pas possible qu'est-ce qui vraiment n'est pas possible qu'est-ce qui n'est pas possible maintenant donc vraiment le poids des mots est tourné autour de la problématique ça je pense qu'on peut le faire avec un ami de confiance assez bien en fait quand je dis de confiance voilà c'est des personnes qui sont pas en train de nous voir comme ils nous ont vu depuis 15 ans mais voilà qui sont vraiment avec la foi on peut y aller on peut y arriver et comment j'ouvre l'écoute pour que la personne puisse elle-même ouvrir la parole en fait
Loïc excellent
Perrine tout est là tout est en nous enfin le coaching pour les gens qui ne nous écoutent pas le coaching c'est vraiment toutes les réponses sont en nous c'est faire émerger ce qui est en nous pour avancer dans la direction qui enfin voilà tout pointe vers la direction en fait mais on se met des obstacles nous-mêmes la société des expériences passées qu'on n'a pas qu'on n'a pas clôt je sais pas si c'est clôturé
Loïc j'ai l'impression que plus on les maintient ces obstacles il y a une sorte de tu sais un peu comme avec comment on dit ça la corne sur les mains tu vois c'est à dire que plus finalement plus tu les mets en place plus tu les maintiens en place inconsciemment plus ils se renforcent plus ils s'auto-renforcent plus ça peut être compliqué d'aller déterrer ce qu'il y a dessous mais mais ouais je suis assez d'accord sur le fait que in fine on a là aussi je le dis régulièrement donc c'est vraiment une conviction profonde qu'on a on a tous cette part de cette vraie part de nous qui est là enfouie qui attend peut-être qu'à être réveillé d'une manière ou d'une autre Périne c'était on a déjà évoqué énormément de choses mais avant de conclure je fais quand même méga chaud pour que tu nous en dises plus sur le Sun Trip tu parlais de conviction écologique t'as fait plein de choses à pied à la voile mais là on est sur un autre moyen de locomotion et je connaissais pas je suis quasi sûr d'avoir vu en tout cas j'ai vu le film d'un gars qui a fait un gros trip à vélo avec des panneaux solaires mais je sais pas si c'était dans le cadre du Sun Trip mais bon bref partant carrément partant pour que tu nous expliques en quoi consiste le Sun Trip
Perrine ouais donc le Sun Trip fait partie de mes inspirations de Burnouté et donc en arrivant à traverser l'Atlantique juste pour faire un petit historique juste pour mon historique à moi justement c'était la question c'est qu'est-ce qu'on peut faire après ça et donc moi je dis ça sur l'air de la boutade à Nate et un copain en disant moi je vous propose qu'on participe au Sun Trip si on postule pas on n'y participera pas bon ben voilà le coup du sort a fait qu'on a été sélectionné et que donc on l'a fait et donc le principe est très chouette c'est ben on a de l'énergie disponible qui est l'énergie du soleil et donc on électrifie un vélo on met des panneaux solaires et le soleil nous porte les bagages et aplatit la route c'est-à-dire que quand il y a du soleil ben on monte des montagnes des côles de montagne ultra facilement et donc c'est accessible à des personnes qui sont pas forcément physiquement très en forme avec des personnes de tous les âges de tous les horizons éventuellement aussi handicapées et moi c'est ça qui m'avait séduite la toute première édition en 2013 vers Astana au Kazakhstan le fondateur donc Florian Bailly avait invité des personnes de tous horizons et donc il y avait des personnes en fauteuil en fauteuil alors voilà il y a tous les alors pardon il y a aussi tout type de vélo c'est-à-dire que il y a du vélo couché il y a du vélo droit il y a du vélo il y a du tricycle je pense pas qu'il y ait du quad et voilà il y a du tandem c'est vraiment une équipe de je vais pas dire de fous mais de de joyeux drilles qui choisissent leur système qui arrivent avec leurs propres histoires et leurs propres motivations et leurs propres capacités et tout le monde se fait pousser un petit peu avec le vent dans le dos de préférence et à force du soleil pour aller loin et donc moi tu l'as souligné j'aime le voyage lent et j'aime le voyage aussi silencieux donc pas de bruit de moteur pas d'essence et juste la magie de te dire que le soleil te propulse en fait c'est gratuit une fois que t'as installé ton système donc voilà ce que je pourrais dire sur le Sun Trip vraiment de belles valeurs humaines je conseille le film de 2013 qui est un petit peu le tout premier 2015 ça a été jusqu'en Turquie et retour et sur le Sun Trip 2015 il y avait Béatrice et Yannick qui sont tarbées qui sont un couple et là elle a un cancer depuis je sais pas combien de temps maintenant mais bon voilà on est presque 10 ans plus tard et elle fait toujours du vélo et elle est exceptionnelle je leur fais un petit coucou parce qu'ils m'ont aidé à ils m'ont prêté leur remorque pouce au cul il y a un lien sur mon site si vous voulez je le mettrai donc en fait là c'est le moteur qui est dans la remorque c'est la remorque qui pousse tout le vélo l'avantage c'est qu'on peut le mettre sur n'importe quel vélo donc il y a toutes les configurations possibles et le Sun Trip 2015 a aussi été remporté par Bernard qui habite à Pau donc j'ai précisé Pau, Pau, Tarbe c'est à une demi-heure Bernard était à 5 minutes de chez nous et il nous a aidé à préciser parce que Nate avait une idée de configuration j'en avais une autre donc il nous a aidé à nous mettre d'accord et à trouver les pièces il nous a aidé pour l'électrification enfin pour l'installation des panneaux solaires aussi gros coucou à l'atelier vélo solidaire et participatif de Pau aussi avec qui on est devenu très très amis et qui nous ont aidé pour quelques petits réglages pour voilà il y avait là aussi Pierre qui devait participer au 2018 qui nous a aidé pour l'installation de la roue enfin c'est toute une grande famille et voilà n'hésitez pas je pense que ce serait peut-être mon mot de la fin à poser des questions à des personnes qui ont fait ce que vous avez envie de faire demandez conseils on n'est pas en train de dire de les harceler de leur demander de faire pour vous mais la grande majorité des gens vont voir en vous cette flamme cette envie et vont avoir envie de vous aider et donc pour nous vraiment le Sun Trip j'avais fait des études des recherches à fond et au final j'ai pas eu besoin j'ai juste eu besoin d'arriver avec mon grand sourire mon envie et mon intérêt de l'autre et on a été propulsé et par le soleil et par la générosité humaine
Loïc excellent bah écoute je trouve que ce mot de la fin est particulièrement à l'image de tout ce que t'as partagé sur cet épisode donc un immense merci Perrine c'était génial de pouvoir échanger avec toi d'en apprendre plus sur ton parcours s'il y a des gens qui veulent te contacter que ce soit pour le coaching ou justement tu vois si jamais je sais pas il y a un appel pour le Sun Trip ou une traversée de l'Atlantique le mieux c'est quoi c'est les réseaux Instagram, LinkedIn
Perrine alors je suis sur Instagram à Perrine.Rambeau et pour le site web pour en savoir plus sur tout ce dont on a parlé il y a pas mal de choses sur mon site qui s'appelle leplusbeauvoyage.com et c'est drôle parce que j'ai choisi le nom pendant mon burn-out en me disant je veux partager tout ce que j'ai découvert pendant mon voyage intérieur et puis au final c'est devenu voyage aussi extérieur mais bon voilà le plus beau voyage c'est la vie c'est maintenant c'est nous allons-y quoi vivons
Loïc excellent un immense merci Perrine plein de bonnes choses pour la suite et puis je te dis peut-être peut-être que l'univers nous fera nous fera se croiser en vrai à un moment donné
Perrine merci beaucoup je l'espère de tout coeur et il n'y a que les montagnes qui ne se croisent pas comme on dit
Loïc merci Perrine
Perrine merci à toi
Loïc un immense merci d'avoir écouté cet échange avec Perrine jusqu'au bout j'espère que vous vous êtes régalé autant que moi si c'est le cas pensez à partager l'épisode à un maximum de personnes et de manière générale à parler du podcast c'est une excellente manière de remercier toutes celles et ceux qui viennent témoigner au micro t'es frappé je vous rappelle que si vous souhaitez rejoindre les tipeurs celles et ceux qui soutiennent financièrement le podcast ça se passe sur tipeee tipeee .com slash les tirez frappés c'est à partir de 1 euro par mois un immense merci à toutes celles et ceux qui le font déjà merci à toutes et à tous pour votre fidélité dans le prochain épisode on va parler du défi des 7 majeurs un défi énorme qui a été réalisé par mon invité Nathan ciao les frappés il Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501
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