Julien Les Frappés de l'Hôpital On arrive à l'hôpital, aux urgences, ils prennent sa tension, 21 de tension. J'avais d'un côté ma compagne qui était en soins intensifs, entre la vie et la mort, clairement. Et puis de l'autre, je suis papa, d'un petit bébé qui fait 1,350 kg, qui se trouve dans une petite boîte en plexi. Donc voilà, je suis dans un couloir de l'hôpital. Et là, je fais quoi ? Je vais voir qui en premier ?
Loïc Hello, hello ! Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyages aux eaux longs cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. C'est ton premier podcast d'ailleurs, Julien, je me demandais ?
Julien C'est mon premier podcast de toute ma vie.
Loïc De toute ma vie. C'est mon baptême. C'est mon baptême. C'est ton premier podcast. Exactement. Incroyable. Et donc, la genèse de tout ça, de cet échange, c'est un autre frappé nommé Martin. Exactement. Martin Kéruzoré que j'avais reçu. Martin, ça commence à dater. Martin, c'était, je pense qu'il était dans les, peut-être dans les 20 premiers épisodes. Oui. Martin, attends, je scrolle rapidement là pendant que je te dis ça. Martin Kéruzoré, il était, c'était l'épisode 23, sorti en mars 2021. Je ne l'ai pas écouté, tiens.
Julien J'irai fouiner.
Loïc Oui. Si il y en a qui ne l'ont pas écouté, foncez. Il y a le lien en description de l'épisode. Martin, il est Mediaman embarqué, donc c'est un passionné de voile et de vidéos photos. Et c'est un gars qui embarque sur des bateaux, sur des courses extrêmement réputées. Et c'est lui qui fait, j'en ai parlé plusieurs fois dans plusieurs épisodes, mais j'ai toujours trouvé ça assez hallucinant. C'est le gars qui est capable de faire voler un drone en pleine tempête pour faire des plans complètement incroyables sur des bateaux en train de s'exploser dans des vagues monstrueuses. Et puis, tu as le drone de Martin qui est là, qui vole au milieu.
Julien Exactement. En fait, il est Mediaman sur les gros trimarans, les ultimes. Et notamment, il a été Mediaman sur Sodebo. Et il faisait voler, pour la petite anecdote, le drone en pleine mer, en pleine navigation, sous le trampoline, entre l'eau et le trampoline pour faire des images assez ouf. Donc ça, c'est Martin. Et du coup, j'ai eu la chance. Moi, je l'ai connu parce qu'en fait, il m'a formé. Il m'a fait une formation photo-vidéo à bord d'un Volvo Ocean. Excellent.
Loïc Et toi, tu étais à bord, pourquoi ? Justement pour apprendre le métier de Mediaman ou rien à voir ?
Julien Pour apprendre à faire des images embarquées sur un bateau.
Loïc Ok. Ok, ok. Incroyable. Donc foncez à écouter cet épisode. Et du coup, aujourd'hui, c'est quoi votre relation avec Martin ? Vous vous voyez toujours ? Tu fais de la photo, de la vidéo embarquée aussi maintenant ?
Julien Oui, alors moi, à mon humble niveau. On se voit de temps en temps avec Martin. Mais cette première rencontre, ça a donné suite à un projet que moi, j'ai mis en place, que j'ai imaginé et que j'ai monté, qui s'appelle la Cordée de la diversité. C'était de gravir le Mont-Blanc avec une équipe complètement improbable, en divalide, hommes-femmes, pour démontrer que la diversité est une force, que chaque singularité fait la force du collectif. Et du coup, pour ça, il fallait, pour faire passer le message, il fallait naturellement avoir des images et un film. Et c'est Martin notamment et un autre Mediaman qui a accepté d'embarquer dans l'aventure et de nous faire un chouette film.
Loïc Excellent. La Cordée de la diversité. Et donc, pour boucler la boucle sur la genèse de cet épisode, c'est à ce moment-là que Martin t'a suggéré de venir partager tout ça sur les frappés ?
Julien Pas du tout. Martin, il m'a donné ton contact. Je ne sais pas, c'était en fin d'année 2024, il n'y a pas si longtemps, en me disant... Alors moi, j'avais déjà entendu parler de toi parce que je travaille à la Massif et je travaille notamment sur la partie communication pour Skipper Massif. Donc, j'ai fait un super chouette podcast sur Charlotte Yvin et Loïs Berriard qui étaient les deux Skippers Massif, le duo Massif. et du coup, j'avais déjà entendu parler de toi. Et lui, par un autre biais, me parle de toi et me dit « Tu devrais contacter Loïs, ça peut l'intéresser ce que tu fais. » Donc, voilà comment on en est venu à être mis en relation.
Loïc Excellent. Excellent. Comme quoi. Ouais. Génial. Super. Eh bien, écoute, c'est fait pour le contexte de l'épisode. Merci Julien. Enfin, ce que je te propose... Alors là, tu as déjà envoyé quelques petits teasings bien alléchants, notamment sur ce dernier projet que tu as réalisé, la Cordée de la Diversité. Ce que je te propose, c'est qu'on fasse quand même un petit rétro-pédalage que tu nous expliques dans les grandes lignes, peut-être ton parcours, tu vois, d'où tu viens et puis comment tu en es arrivé à... En l'occurrence, avec ce dernier projet, a organisé ce type d'aventure avec cet angle de la diversité.
Julien Alors moi, je m'appelle Julien Viroulot, j'ai 45 ans. Je suis passionné de sport, de sport outdoor, depuis tout petit. Et au fil de l'eau, alors j'ai toujours été marqué par le cloisonnement de notre société, le cloisonnement. Donc ça a commencé dans la cour de récré, de voir que la cour de récré était consacrée uniquement aux garçons, uniquement aux garçons qui font du foot. Et du coup, à partir de là, je me suis dit, oh là, il y a quand même quelque chose qui va moyennement, alors qu'on devrait tous tout faire ensemble et qu'on pourrait en tirer la quintessence de tout ça. Du coup, on préfère se cloisonner et se rassurer en restant avec les gens qui nous ressemblent. Et du coup, je pense que ça a commencé très jeune, ce goût pour la diversité. Après, ce goût, au fil des années, c'est devenu une conviction. Et donc, j'ai eu la chance d'embarquer dans un projet qui s'appelle Team Jolokia, qui est un projet voile, un équipage issu de la diversité. On était 12 à bord, donc sur un bateau de course autour du monde en équipage, un Volvo Ocean Race. C'est une aventure qui aurait dû durer une année. Moi, ça s'est très bien passé pour moi. En tout cas, ils m'ont gardé pendant quatre ans. Et au terme de ces quatre années, je me suis dit, la voile, c'est vraiment chouette, mais ça reste malgré tout quelque part un peu élitiste et le message de la diversité, je voulais le faire passer autrement et changer de support. Et là, est né dans ma tête le projet de créer une cordée, une cordée de la diversité avec que des gens qui ne se ressemblent pas de tous âges, de tous horizons, toutes origines sociales, toute couleur de peau, toute religion, etc. De faire un petit peu, de mettre tous ces ingrédients-là, de constituer un vrai cocktail Molotov aux yeux de tout le monde. Un truc qui, aux yeux de tout le monde, était voué à l'échec. Moi, j'étais convaincu que ça allait marcher, qu'en capitalisant sur les singularités de chaque, qu'on était capable d'atteindre le sommet et en fait, on a réalisé ce projet en 2019 et on est arrivé au sommet le 13 septembre 2019 avec une cordée complètement improbable avec une personne avec une jambe en moins, avec une personne qui avait 68 ans, avec une personne sans papier. Et voilà, de faire le pari que ça marche, en tout cas, moi, ce n'était même pas un pari, j'étais convaincu que ça allait marcher, mais en tout cas, de démontrer la preuve, par A plus B, que chaque singularité fait la force du collectif. Donc moi, c'est un peu le premier gros projet que j'ai eu l'occasion de mettre en place. Et ensuite, il en est venu plein, plein d'autres. J'ai participé à un raid en divalide, en vélo, canoë, en train de sienis. Enfin voilà, il y a plein, plein, plein de choses. Et le dernier en date, c'était pareil, sur le Mont-Blanc, une cordée de huit femmes en rémission d'un cancer. Et voilà, donc on a relevé le défi en juillet 2024.
Loïc Je suis en train de me rendre compte que du coup, j'ai confondu les deux. Ouais, pas grave. J'avais en tête ce dernier projet avec cette cordée de femmes en rémission, puisque je crois bien que c'est celui dont tu m'avais parlé.
Julien Ouais, c'est le dernier en date en tout cas.
Loïc La cordée de l'après, ouais. OK, mais du coup, j'ai confondu avec l'autre. OK. Pas de soucis. Écoute, on va parler de tout ça. C'est très intéressant ce que tu dis sur cette sensibilité que tu as eue, finalement, très jeune, au cours de l'école. J'imagine que la période que tu évoques, c'est plutôt, c'est quoi ? C'est la primaire.
Julien Oui, c'est ça, c'est ça, c'est ça.
Loïc Qu'est-ce qui fait, tu penses, à un âge où peut-être qu'on se soucie plus, effectivement, tu vois, des cartes Pokémon dans sa collection ou de ne pas être sélectionné en dernier pour les équipes de foot ? Qu'est-ce qui fait que toi, à cet âge-là, ce qui t'a marqué, c'est ce que tu as décrit un peu plus tôt, le fait que les cours d'école, sont, je ne sais plus exactement les termes que tu as été, mais plutôt peut-être, voilà, on voit une chose, c'est des garçons qui jouent au foot et pas forcément autre chose.
Julien Oui, c'est clair. Moi, ce qui, voilà, j'ai toujours eu cette sensibilité, cette sensibilité-là, alors déjà parce que, par mon parcours de vie, des parents séparés, un divorce qui ne se passe pas spécialement bien, donc là, il y a déjà une petite fracture ou en tout cas un manque de cohésion, un manque de, voilà, il y a un morcellement, je pense, alors après, c'est de la psychologie de bas étage, mais je pense que c'est parti de là et j'ai toujours eu besoin des autres. Je n'ai jamais aimé faire les choses seul. J'ai toujours eu besoin d'un collectif, j'ai toujours eu besoin de rassembler des gens autour de moi pour un objectif commun, que ce soit dans un atelier de travail à l'école primaire ou dans mes projets aujourd'hui de plus grande ampleur, donc en sport ou sport extrême, mais du coup, je pense que le goût des autres, l'intérêt des autres et la conviction qu'on a besoin de l'autre pour avancer, il y a le vieil adage, tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin, je trouve ça vraiment naze parce que ça veut dire qu'on s'arrête à des petites phrases parce que je pense qu'on ne va même pas plus vite tout seul. Donc, je pense qu'on a vraiment la nécessité de ça, on a l'obligation, mais on a la nécessité de faire confiance à l'autre et de construire un collectif. Et en fait, les choses se sont accentuées et ce ressenti-là, ce besoin-là s'est accentué au fil des années et il continue parce que justement, en opposition à ça, ce qui se passe dans la société aujourd'hui, c'est vraiment du cloisonnement. En fait, les gens commencent à... À partir du moment où on a un sentiment de peur, de crainte, eh bien, on se rapproche des gens qui nous ressemblent parce que voilà, c'est humain, c'est comme ça, on est construit sur des stéréotypes et des préjugés parce que ça nous rassure. Mais à partir du moment où on n'a pas cette petite lumière rouge dans le cerveau qui s'allume en se disant « Oh là, attention, ça c'est un préjugé » et ce n'est pas quelque chose de constructif et ça peut m'éloigner des autres et ça peut m'éloigner d'un collectif nécessaire, eh bien là, je pense que ça devient dangereux. Et du coup, aujourd'hui, les gens ont peur globalement de ce qui se passe, de l'inconnu, de l'avenir, etc. Et du coup, ils se rapprochent de gens qui leur ressemblent et ils se fascinent de gens qui ont d'apparence peur de rien et qui ont droit à tout. C'est un peu moche ce que je dis, mais en tout cas, tout ce qui se passe dans la société aujourd'hui, aux États-Unis pour parler des États-Unis, ça me pousse à aller encore plus loin dans la nécessité de montrer qu'on a besoin du collectif plutôt que de se diviser et de montrer du doigt ou de pointer du doigt les uns ou les autres. Parce que voilà, on est tous ni tout blanc, ni tout noir. On a tous des qualités, tous des défauts. En tout cas, on a tous besoin de vivre ensemble. En tout cas, on est tous là. Donc, autant que ça se passe bien.
Loïc Je ne sais plus où est-ce que j'avais lu ça, mais ça me fait penser à un article que j'avais lu il y a quelques mois qui expliquait qu'en fait, c'est un peu le paradoxe de notre société, c'est qu'on n'a jamais eu autant d'outils à notre disposition pour se connecter les uns aux autres. Et pour autant, le sentiment de solitude, il n'a jamais été aussi fort dans nos sociétés, en tout cas les sociétés occidentales, où il y a tous les moyens de communication qu'on a, etc. C'est un peu la situation paradoxale. Hyper connecté et pourtant hyper isolé.
Julien Oui, c'est ça. En fait, ça permet aussi de... L'hyper connexion, ça permet aussi de se rapprocher des gens qui nous ressemblent et qui ont les mêmes goûts, qui ont les mêmes... Et ça vient quasiment nécessairement en opposition à tous ceux qui n'ont pas les mêmes goûts et qui ne pensent pas comme moi. Sauf qu'aujourd'hui, quand on reste dans l'entre-soi, qu'avec des gens qui nous ressemblent, dans le groupe, il n'y a personne qui est là pour nous rappeler qu'on se trompe de direction ou que potentiellement, on pourrait faire autrement. Et du coup, l'innovation, elle naît toujours d'un groupe de personnes qui ne se ressemblent pas, qui n'ont pas les mêmes idées et qui tapent sur l'épaule du copain en disant non, je pense que là, tu te trompes. On devrait aller dans cette direction-là. Et l'autre, de faire confiance et de dire OK, on va tenter dans cette direction-là. Et l'innovation, c'est ça. Et avancer en collectif, c'est ça. Voilà, c'est ça mes convictions d'origine, je pense.
Loïc Tu disais que tu as toujours fait beaucoup de sport. Ça a commencé par quoi et qu'est-ce que tu pratiques aujourd'hui ?
Julien Alors, j'ai joué dans la cour de récréation au foot avec les copains et ça, c'était des bons moments. Ensuite, j'ai fait 18 ans de rugby. Pareil, alors, je n'ai jamais été un très grand rugbyman, j'aimais le contact, les sports de contact, etc. Mais ce qui m'attirait avant tout, c'était le collectif. Dans ces 18 années de rugby, ce qui était mon moteur à moi, c'était clairement de faire partie d'une équipe dans laquelle il y avait des gens qui n'étaient pas du tout comme moi, qui étaient plus gros, plus grands, plus petits, plus maigres, plus âgés, plus jeunes. Et voilà, et dans cette équipe, il n'y avait que des gens différents et pour autant, on avait le même objectif, c'était de faire un bon match et de remporter la victoire à la fin. Et je trouve que le rugby, c'est une belle image de la promotion de la diversité. Alors bon, maintenant, on n'a que des Golgoth et des gens qui sont grands, mais en tout cas, il y a besoin de la rapidité d'un numéro 9, du French Flair du numéro 10 et des facultés de percussion et de résistance au choc de la première ligne. donc voilà, il y a cette diversité-là qui m'attirait. Donc là, 18 ans de rugby et puis voilà, après l'âge évoluant, je me suis tourné vers la voile. j'ai intégré un petit équipage de course à Saint-Gilles-Croix-de-Vie en Vendée. Donc voilà, on faisait des petites régates du dimanche, ça m'a beaucoup plu. J'ai ensuite fait une formation à la Massif, l'école de voile de la Massif, le Massif Centre de Voile. Et puis un jour, sur les réseaux sociaux, je vois une photo, la photo d'un gros Volvo océan, c'est un bateau de 60 pieds, une Formule 1 des mers qu'on fait avancer en équipage. Donc il y avait ce double aspect, il y avait le gros bateau de course au large autour du monde et il y avait la notion d'équipage. Donc je tombe sur cette photo de bateau sur Facebook, je clique dessus et là, je lis le texte dans lequel est écrit Tim Jolokia recrute son futur équipage et là, je me dis non mais banco, j'y vais, j'écris, alors je crois que j'écris une candidature bourrée de fautes tellement je suis pressé de l'écrire, tellement je suis pressé de candidater. J'ai la chance de recevoir la réponse le 24 décembre 2015 au soir, la réponse favorable et là, c'est parti pour 4 années de voile mais 4 années surtout de collectif à bord avec des moments vraiment galères, des moments où on a vraiment la nécessité et le besoin de l'autre. C'est-à-dire que tout seul, là, clairement, sur un bateau comme celui-ci, c'est l'échec. Et là, on a le besoin de se tourner vers l'autre, le besoin d'apporter son aide à l'autre et c'est du donnant-donnant mais l'autre, c'est qui ? Est-ce que c'est quelqu'un qui me ressemble ? Non. C'est quelqu'un à qui il manque une jambe, c'est quelqu'un qui ne parle pas comme moi, c'est quelqu'un qui n'a pas la même couleur de peau, c'est quelqu'un qui n'a pas du tout les mêmes convictions politiques, c'est quelqu'un qui n'a pas du tout la même religion, etc. Sauf qu'on est, et c'est très imagé, en plus c'est chouette, mais on est dans le même bateau, on a le même objectif et du coup, on est contraint et forcé de faire avec l'autre et de capitaliser sur l'autre. Je pense que ces quatre années à Team Jolokia, ça a été un gros déclic pour moi parce que ça a mis en lumière tout ce que j'avais moi construit sans même m'en apercevoir en moi, la nécessité du collectif, la nécessité de l'autre, la nécessité d'apprendre de quelqu'un qui ne pense pas comme moi. Team Jolokia, ça a mis clairement en lumière tout ce que j'avais déjà en moi et c'est pour ça que ça a duré quatre ans au lieu d'un an et ensuite, ça a fait naître l'envie de faire construire mes propres projets et de faire naître mes propres projets.
Loïc Excellent. Pour les non-initiés, pour qu'on se rende bien compte de ce dont on parle avec ce type de bateau, 60 pieds, du coup, ça fait combien en mètres ?
Julien Ça fait 19 mètres. Ça fait 19 mètres de long et le mât fait 29 mètres, 30 mètres.
Loïc Wow ! OK. C'est vraiment
Julien très, très gros bateau.
Loïc Construire.
Julien OK.
Loïc Et donc, ces équipages, pendant quatre ans, qu'est-ce que vous prépariez ? C'était quoi l'objectif ?
Julien Alors, l'objectif, c'était de s'aligner sur des courses au large comme l'Armen Race, la Rolex Fastnet, c'est des courses qui sont réputées dans le milieu de la voile, de s'aligner face à des équipages professionnels ou des coureurs au large solo, les coureurs du Vendée Globe, notamment, passent par ces courses-là pour se préparer pour l'objectif du Vendée Globe. Du coup, l'objectif, c'était de s'aligner contre ces skippers-là et ces équipages-là et de démontrer que la diversité est une force et qu'on est capable de jouer les premiers rôles et c'est ce qu'on a fait. D'ailleurs, on a très souvent trusté les podiums et terminé deuxième des courses auxquelles on a participé. Alors moi, pour ma part, je crois qu'on a... Je n'ai jamais gagné, mais sur des flottes de 50, 60, 70 bateaux, c'est arrivé très régulièrement qu'on termine deuxième sur ce gros bateau sur lequel rien n'était automatique, pas de pilote automatique, tout était manuel et donc il y avait nécessité de se mettre dans le rouge de jour comme de nuit et surtout nécessité de s'appuyer sur les compétences de l'autre.
Loïc Je suppose que ça varie de course à course, mais c'est généralement des épreuves qui durent combien de temps ?
Julien Alors, le grand, plus grand, le maximum qu'on ait fait, c'était cinq jours. C'était le tour d'Irlande et pareil, on a terminé deuxième derrière un skipper du Vendée Globe. mais voilà, donc c'était cinq jours. Donc là, cinq jours, comme ça, quand on est à terre, qu'on a accès à son canapé, aux informations, à son micro-ondes et à la vie à terre, enfin voilà, on ne se rend pas bien compte, mais cinq jours coupés du monde à dormir par tranche de une heure et demie, deux heures, de devoir se relayer à la colonne de Winch. La colonne de Winch, c'est un peu le moulin à café sur lequel on s'active pour régler les voiles et faire tourner le bateau à 12, 24 heures sur 24 pendant cinq jours, ça nécessite déjà d'accepter d'être fatigué, ça nécessite d'accepter de se mettre dans le rouge, de se mettre dans le rouge pas seulement pour soi mais pour le collectif et je vous assure que ça met les nerfs à rude épreuve et c'est vraiment une belle, belle expérience. Alors ça en dit long sur ce que font les coureurs au large sur le Vendée Globe parce qu'ils sont tout seuls. Alors après, il y a beaucoup plus de choses automatiques et qui se font de façon automatique avec le pilote automatique mais ça en dit long en tout cas sur la manière de vivre les choses isolées de la terre ferme.
Loïc J'ai vu ce matin le chrono final de Sam Gutschal que j'avais reçu avant qu'il prenne le départ du Vendée Globe. Il me semble, si je ne dis pas de bêtises, c'est 78 jours. 78 jours solo sur son bateau à faire le tour du monde, c'est...
Julien C'est phénoménal.
Loïc Oui, phénoménal, effectivement. OK, donc ça, cette expérience 4 années, qu'est-ce qui fait que tu as décidé de tourner la page à un moment donné ?
Julien Déjà, ça aurait dû durer un an et ça a duré 4 ans. Et ce qui a fait que je pense que le projet est né dans ma tête, parce que ce que je vivais à bord de ce bateau-là, c'était exceptionnel. C'était des gens que j'étais destiné à jamais croiser, vers qui je ne me serais jamais tourné dans la vie de tous les jours. Là, on me les a imposés. J'ai appris deux.
Loïc des exemples justement de ces parcours que tu penses que tu n'aurais jamais croisés autrement ?
Julien Oui, on avait un coéquipier qui venait d'Italie, qui ne parlait pas très bien français, donc je n'étais pas du tout amené à naviguer avec un italien. une personne à qui manquait une jambe amputée tibiale. Jamais je n'aurais été amené à naviguer avec une personne à qui manque une jambe. Des hommes, des femmes, aujourd'hui, tout est cloisonné, il y a du sport féminin, du sport masculin. Voilà, c'est tous ces exemples-là de façon... Enfin, je ne sais pas, il y avait une personne avec qui je suis resté en contact qui est devenu un très bon ami qui fait plus de deux mètres. Donc, lui, il était destiné plutôt à faire du volley ou du basket, mais il s'est retrouvé sur ce bateau-là avec moi. Voilà, non, mais l'idée, c'était clairement des gens qui m'étaient imposés par le projet de qui j'ai énormément appris, à qui j'espère j'ai apporté. Et je me disais, bon, c'est chouette, on est sur un bateau, le milieu du nautisme, c'est un milieu qui reste quand même assez coûteux et élitiste. Le message de la diversité, c'est la diversité au sens large, la diversité universelle, c'est celle qui s'adresse à tout le monde. Donc, je me suis dit, bon, ce serait chouette de faire, de dupliquer ce projet-là, mais ailleurs que sur un bateau. Et je me suis dit, bon, naturellement, je me suis tourné vers la montagne parce que j'avais aussi beaucoup d'attirance et déjà des petits attirances sur la montagne et puis des capacités sur l'Alpi. Et je me suis dit, bon, ben voilà, le projet, il est tout trouvé, je vais dupliquer ce projet-là sur le milieu montagnard en haute altitude au maximum. Et je me suis dit, bon, ben voilà, on ne va pas faire de la simple randonnée, on va se confronter à un milieu hostile exactement comme le milieu océanique, un milieu hostile, c'est-à-dire la haute montagne qui nécessite de marcher en cordée, donc toujours cette notion de collectif, de marcher au rythme des uns et des autres et pas au rythme du plus rapide ni au rythme du plus lent, c'est de marcher au rythme du collectif, de nécessiter, de créer une cordée qui nécessite d'avoir besoin de celui qui est devant, d'avoir besoin de celui qui est derrière, de se porter assistance, de faire une pause quand il y a besoin de faire une pause, enfin voilà, donc c'était tout trouvé, il fallait que je me tourne vers le milieu de l'alpinisme pour dupliquer ce que j'avais vécu sur le bateau parce que le milieu de la montagne est un peu plus ouvert, en tout cas moins élitiste que le milieu du nautisme. Donc voilà, c'est comme ça qu'est né le projet de la cordée de la diversité en 2018, il a vu le jour en 2019 et on a relevé le défi fin 2019, mais il est né comme ça parce que par nécessité de dupliquer ce que je lui fais sur le bateau, de le dupliquer dans le milieu de la montagne. Excellent.
Loïc Cordula, de la diversité, donc tu le disais un peu plus tôt finalement, ça a été le premier d'une longue série de défis, si tu devais retenir un moment de ce premier projet, parce que j'imagine qu'il y a eu plein de challenges, etc., mais si ensuite tu as renouvelé l'exercice de trouver de nouveaux projets orientés alpinisme ou pas, mais où il y avait à chaque fois cet enjeu de montrer que la diversité apporte une forme de richesse, je suppose que c'est que ce premier projet a été concluant pour toi, mais donc je serais curieux de savoir s'il y a un moment en particulier qui toi, tu as vraiment marqué dans la cordée de la diversité.
Julien Oui, il y a un moment qui m'a énormément marqué, d'ailleurs c'est le moment le plus émouvant du film que Martin a réalisé, c'est le moment où Ludo, un des membres de la cordée, on était huit, où Ludo atteint le refuge de Tétrousse. ce n'est pas le sommet, ce n'est pas le départ du chalet, c'est réellement ce moment-là où Ludo arrive au refuge de Tétrousse qui est à 3200, je crois, 3200 mètres d'altitude, ce n'est pas foufou, mais à partir du moment où on prend conscience que Ludo, c'est une personne qui est multi-handicapée, qui partait d'un niveau physique proche de zéro, qui a un bras plus court que l'autre, qui manque des doigts, qui marche de façon très déstabilisée, du coup, de voir le chemin parcouru avec Ludo de son canapé jusqu'à ses 3200 mètres, ce refuge de Tétrousse, ce premier checkpoint de l'ascension, de le voir arriver, lever les bras au ciel et fondre en larmes, je vous assure que là, je me suis dit le projet, il est déjà réussi, qu'on atteigne le sommet ou pas, il est déjà réussi, le message, il est là, il est clairement de montrer que Ludo, cette personne sur qui, dans la société, personne ne compte, limite, on la laisse bien de côté parce que moi, j'ai besoin de performance, j'ai besoin de faire du chiffre, j'ai besoin d'aller vite, j'ai besoin d'un Ludo, cette personne-là sur laquelle on ne compte pas dans la société, elle a compté énormément du premier jusqu'à ce jour-là dans la vie du collectif par son humour, par son mauvais caractère, parce qu'en plus, celui-là avait un petit caractère bien trempé, il a apporté sa personnalité, il a apporté son regard, il a apporté son handicap visible au collectif et je vous assure de montrer le chemin que lui a parcouru, ça n'en ferait pas lire plus d'un qui aujourd'hui gonfle un peu les pectoraux et les muscles en disant regardez-moi, regardez ce que je sais faire, regardez ce que je fais, mais c'est rien comparé à ce que Ludo a fait sur ce projet-là. donc pour moi, le défi était déjà relevé, c'est l'image que je vois et j'invite toutes les personnes d'ailleurs à aller voir le film parce que cette image de Ludo qui lève les bras au ciel avec son casque de travers, avec ses huit mois de préparation en boitant, en pleurant, en ayant envie de renoncer par moment et avec un collectif autour qui est là pour le booster, qui est là pour se nourrir de son expérience à lui et de ses avis à lui, je vous assure que là, même en en reparlant, j'ai encore des frissons. Donc ça, c'est vraiment l'image que j'ai de ce projet-là.
Loïc C'est... Attends, plusieurs choses sur lesquelles j'aimerais rebondir. Déjà, le film, comme ça, on en parle tout de suite. Est-ce que tu peux... Où est-ce qu'on peut le trouver ? C'est quoi le titre ?
Julien Alors, le titre, c'est La Cordée de la Diversité Oser Ensemble et ça se trouve sur YouTube, tout simplement, sur un accès libre. Ouais, tout à fait.
Loïc Oser Ensemble accorder la diversité. Ok, très bien. Et l'autre point, dans ce que tu viens de dire, il y a un terme qui m'a... que je pense que je n'avais jamais entendu et que je trouve assez émouvant, c'est ce que tu as dit sur la contribution de Ludo, le fait qu'il a apporté son handicap au groupe. c'est quand même énorme de dire ça.
Julien Ouais, ben oui, oui, oui, parce que, en fait, dans la vie, et on le fait tous, toutes les embûches qu'on est amené à franchir, tous les... voilà, tous les bâtons dans les roues qu'on peut nous mettre, toutes les... toutes les... des illusions, on arrive à se nourrir de ça et à passer outre, tous, dans la vie. à partir du moment où on arrive sur cette terre, on est confronté à des choses qui ne nous font pas plaisir, on est confronté à des galères et on arrive tous, plus ou moins bien, dans la difficulté, plus facilement que d'autres, mais on arrive tous à les franchir et on se nourrit de ça. Et du coup, on a un gros problème, on a un très, très gros problème avec le handicap, en tout cas en France, beaucoup moins ailleurs, notamment en Espagne, mais en France, on a un gros problème avec le handicap. On essaye de le mettre de côté, on cloisonne, pareil, c'est le même principe que de cloisonner les hommes, les femmes, les gens de telle religion, et on cloisonne. Et du coup, dans ce cloisonnement du monde du handicap, on a aussi le handicap visible et le handicap invisible. Donc la chance qu'on avait avec Ludo, c'est que c'était un handicap visible. Donc les gens se sont attachés à Ludo, le public s'est attaché à Ludo, à le suivre dans sa préparation du Mont-Blanc. mais il y a aussi cette partie de handicap invisible. Et moi, je suis un convaincu que tout ce temps qu'on est, des milliards sur cette planète Terre, on a tous un handicap, on s'évertue à le cacher au maximum pour ne pas le montrer aux autres, parce qu'on a toujours peur de montrer ses faiblesses. Et du coup, je pense qu'à partir du moment où on capitalise sur ses faiblesses, on se dit « Ok, j'ai ce handicap-là. » Moi, j'ai un handicap, c'est que… Alors déjà, il y a le handicap un peu du parcours perso qu'on a tous, des parcours sinueux qu'on a tous connus. Donc ça, c'est un handicap sur lequel on capitalise. Ludo, c'est un handicap physique. Moi, j'ai un autre handicap, c'est que je ne sais pas compter. Enfin, je suis nul en maths et je déteste les maths. Eh bien, moi, ce truc-là, je vais le chercher chez les autres. Voilà, donc c'est vraiment ce principe-là de ne pas se cacher derrière son petit toit, de ne pas cacher son handicap, de ne pas cacher ses difficultés, son parcours de vie. Parce qu'à partir du moment où on le cache à tout prix, on ne capitalise pas dessus. Et voilà, et donc je pense que Ludo, il nous a amené son handicap. Il nous a donné son handicap comme une force, en disant, vous voyez, les gars, moi, avec mon pied qui marche de travers, avec mes deux bras qui ne sont pas de la même longueur, avec mes difficultés à m'exprimer, vous voyez, les gars, je suis là, je fais le même parcours que vous. Alors, je fournis beaucoup plus d'efforts que vous parce que moi, j'ai conscience d'avoir ça. Mais, enfin, regardez quoi. Et c'est lui, en fait, qui alimente cette nécessité de se nourrir de la différence de l'autre. Ce n'est pas quelqu'un qui est en pleine santé, d'apparence, physique, psycho, parce que, voilà, aujourd'hui, la société, elle ne nous montre que des gens comme ça. On est fasciné par des gens qui sont ultra rapides, ultra forts, qui, OK, et c'est très bien et c'est chouette. Et moi aussi, ça me nourrit et ça me montre certains aspects de la performance. Mais pour moi, la vraie performance, elle est dans le fait de s'alimenter des gens qui sont différents. Et je pense qu'à partir de là, on arrive à construire des collectifs. Alors moi, humblement, des petits collectifs de 8, 12, 24 personnes. mais si on pouvait le dupliquer à l'échelle d'un plus grand collectif, d'une entreprise, d'une nation et pourquoi pas du monde, alors là, je serais le plus heureux des hommes. Mais moi, je le fais humblement à mon petit niveau de démontrer qu'on a tous besoin de la différence de l'autre pour avancer.
Loïc Et besoin de la différence de l'autre et que c'est crucial d'embrasser sa propre différence. C'est un peu ça le message que j'entends quand tu disais que toi, tu as des difficultés avec les maths, par exemple, mais tu vas le chercher ailleurs. De ne pas essayer de le cacher. Là, c'est un exemple trivial qu'un handicap visible. Mais je trouve que le message est très fort aussi. Finalement, pour refaire de la philosophie de bas étage, je te disais un peu plus tôt, cet article que j'avais lu où le paradoxe de notre temps, c'est qu'on n'a jamais été aussi connecté et à la fois aussi isolé. Il y a peut-être ça aussi, c'est qu'on n'a jamais eu autant accès aux différences les uns des autres justement parce qu'il y a cette hyper-connexion. Donc, ça pourrait être une super opportunité de s'enrichir à travers des parcours différents d'une autre. Et pourtant, il n'y a peut-être jamais eu autant ce souhait de conformité absolue. d'où l'essor incroyable des influenceurs, etc. Toutes ces dérives qu'on peut voir. En tout cas,
Julien moi,
Loïc je n'ai pas emploié le terme de dérive.
Julien C'est clair.
Loïc Et là aussi, c'est un paradoxe. C'est que finalement, soyons embrassons nos différences, soyons fiers de qui on est, chacun des parcours différents. Oui, effectivement, on a tendance à mettre sur un piédestal les gens qui font du TMB en moins de 20 heures et c'est fabuleux. C'est génial. C'est génial, c'est incroyable, mais il y a peut-être d'autres manières pour soi, je veux dire, de vivre de belles aventures. Pas forcément que, pour prendre l'exemple dans le trail, peut-être pas forcément que les courses à dossard type UTMB.
Julien Oui, qui sont des courses géniales. Oui, exactement. Oui, et puis ça demande une abnégation, une préparation du sacrifice individuel incroyable. Et du coup, ça c'est, toi, je montre pas ça du doigt du tout et j'adore, je suis fan. D'ailleurs, je pratique le trail dès que je peux, alors je mets des causes derrière tout ça, mais je pratique le trail et je suis fasciné par les temps records, par des clients de Jornet, des Mathieu Blanchard, enfin c'est des mecs hors normes et ça c'est génial parce que c'est des mecs qui montrent aussi la voie. Moi, c'est le, c'est cet besoin que j'ai de façon innée du collectif qui m'amène à construire des collectifs à travers les singularités de chacun, mais je reste aussi un grand passionné de courses solo, Charlie Dalin sur le dernier Vendée Globe, les clients de Jornet quand il est tous les sommets à plus de 4000 mètres de la chaîne Alpine, c'est complètement incroyable, c'est génial et ça, il ne faut pas se détacher de ça.
Loïc Non, bien sûr, évidemment, mais ce que je voulais dire, je suis complètement d'accord avec toi, c'est fabuleux de voir, finalement, c'est des gens qui font progresser le sport, mais là où je pense que les dérives potentielles, c'est de croire que c'est le but, que si tu te mets au trail, tu dois être capable à un moment donné, dans deux ans, alors que tu viens de commencer, de faire l'UTMB en moins de 20 heures. Alors que non, pas du tout, il y a peut-être plein de manières de le faire différemment et je pense à ça parce que j'ai récemment vu un post d'un autre ancien invité du podcast qui s'appelle Benoît et qui est un ancien triathlète professionnel qui s'est reconverti dans l'ultracyclisme et c'est un malade, c'est-à-dire que le gars il fait des épreuves type Race Across France en pignon fixe et il gagne. Tu vois, première fois, il a fait la Race Across France 300 kilomètres, ça finit par une ascension du Mont Ventoux, il était en pignon fixe et il a gagné. Donc voilà, pour te dire un peu le phénomène et là, il n'y a pas longtemps, il expliquait qu'il revenait de deux ans de pause vélo, il avait pris énormément de recul sur sa pratique, ce qu'il allait chercher dans ce type d'épreuve et là, il a repris la compétition avec un Gravelman, donc Gravelman qui est organisé par Stephen Leyari qui est aussi un autre invité du podcast, décidément, je fais plein de promotions dans ce épisode. Ah ouais, mais c'est bien. Et il me sent, comment ?
Julien Je dis c'est bien,
Loïc c'est bien. Ouais, et ce Gravelman au Maroc, il l'a fait, alors si j'ai bien compris, il l'a fait en vélo cargo. Donc tu sais, c'est les vélos avec des plateformes.
Julien Très bien.
Loïc Un truc hyper lourd,
Julien ça pèse un an de mort.
Loïc Ça pèse un an de mort. C'est pas avec ça que tu vas chercher un chrono, mais il expliquait que du coup, voilà, maintenant ce qu'il voulait, après des années passées à foncer sans regarder ce qu'il y avait autour de lui à aller chercher des chronos, qu'il voulait prendre le temps et finalement apprécier les épreuves, tu vois. et voilà, du coup, ça rejoint un peu ce que je disais. Finalement, même avec quelqu'un qui a largement le potentiel de faire un excellent chrono, voire de gagner ce type d'épreuve, il a changé son approche et aujourd'hui, ce qu'il va chercher, c'est autre chose, c'est vivre l'instant, c'est passer à fond. Et je trouve ça hyper inspirant comme message aussi.
Julien Ah oui, c'est clair. Non mais, le collectif s'est fait plusieurs individualités et moi, ce que je trouve perso, alors qu'il suis un amoureux du collectif, enfin, j'ai besoin du collectif comme je te le disais, dans le trail, je vais chercher, je ne sais pas, une version améliorée de moi-même, je ne sais pas comment dire parce que je sais que sur tous les trails auxquels je participe, je sais que je ne vais pas gagner. Donc, voilà, et je sais pourquoi j'y vais. J'y vais pour ne pas gagner. mais ce que je retrouve dans le trail et que je suis convaincu de toi aussi, je retrouve, c'est le fait d'aller puiser au fond, le fait d'aller utiliser les capacités que tu ne soupçonnais pas ou que tu n'avais jamais eu envie d'aller titiller et c'est le dépassement de sa propre machine. On est une machine, le dépassement de cette propre machine, non pas pour se faire plaisir et puis pour faire une belle publication à la fin, mais pour se dire, voilà, la machine que j'ai depuis que je suis né, elle est comme celle-ci. Je vais essayer d'aller grappiller et d'aller me montrer à moi-même que je suis capable d'aller développer ces petites parties-là de moi-même, d'aller réfléchir sur comment passer outre ce moment de galère qui, il y a 10 ans, m'aurait fait abandonner. Là, je ne vais pas lâcher, j'y vais le couteau entre les dents parce que j'ai besoin de voir cette ligne d'arrivée et de démontrer que ma machine à moi, je l'utilise à 40% depuis le début et que je peux aller encore plus loin. Je parle d'individualité parce que, en fait, d'apporter une amélioration psycho et physique à sa propre machine, ça permet aussi de se situer dans le collectif et ça permet aussi d'ensuite apporter ce qu'on pense pouvoir apporter au collectif et du coup, à partir du moment où on fait ça, ça veut dire qu'on accepte aussi que l'autre nous apporte. À partir de deux, c'est un collectif, à partir de quatre, six, voilà. Et du coup, je pense que l'individu, la personne, en tout cas moi, j'ai besoin d'être bien. Pour être bien, il faut que je sois dans un collectif et pour pouvoir être dans un collectif et être bien dans ce collectif, il faut aussi que moi, je sois bien et que je puisse apporter ce que j'ai à apporter au collectif. Sinon, ça ne marche pas. Et du coup, le trail, c'est ça qui est génial, je trouve. C'est de pousser ses limites, celles qu'on imaginait même pas possible de dépasser, de franchir ses limites et d'avoir cette satisfaction perso et de se dire OK, bon ben voilà, la machine que j'ai entre les mains, je suis parti de là, j'arrive à ça, j'arrive à la pousser un peu plus, j'arrive à faire ça et ben voilà le message que je veux faire passer à mon petit collectif, voilà ce que je veux apporter à ce petit collectif. Je ne sais pas comment l'exprimer mieux parce que ce n'est pas du... c'est de la vraie humilité je trouve le trail parce qu'on y va, on sait qu'on ne va pas gagner.
Loïc Oui.
Julien C'est de la vraie humilité et puis on sait qu'on va galérer, on sait qu'on ne ressemble à rien quand on arrive d'un trail mais on n'est plus le même homme et on n'est plus la même femme et c'est cette nouvelle version après la ligne d'arrivée qui fait qu'on peut se mettre au service encore mieux au service du collectif je trouve.
Loïc C'est vrai que cette notion de prendre le départ en sachant que tu vas galérer comme tu dis c'est dans le trail je pense que c'est d'autant plus palpable dans tous les sports peut-être où c'est long quand je faisais du judo avant les compétitions tu sais que tu vas galérer mais tu sais qu'à la fin de la journée c'est fini entre guillemets tu vois mais c'est vrai que l'ultra par exemple tu vois je me retrouve inscrit sur le Thor des Géants je sais que ça va être infernal tu vois et que ça va durer pendant six jours donc ouais je sais pas si c'est possible en tout cas en tant qu'amateur de se lancer sur ce genre de choses forcément ça te rend humble je pense tu vois parce que tu sais que tu vas tu vas prendre la foudre c'est une évidence donc ouais c'est intéressant ce que tu dis
Julien ouais je sais pas comment l'analyser il faudrait aller voir un psychologue spécialement pour ça pourquoi est-ce qu'on fait ça ? enfin il y a plein de gens qui nous posent la question pourquoi est-ce qu'on fait ça ? je sais pas pour utiliser la machine la machine au maximum de ce qu'on peut l'utiliser pour la développer et pour pouvoir être mieux dans un s'inscrire un peu mieux dans un dans sa personnalité individuelle et donc dans le collectif ensuite quoi enfin c'est comme ça que je l'analyse moi avec pareil on revient toujours à la psychologie de bas étage mais mais ouais ça rend humble ça rend humble le trail et les le sport solo de l'extrême ça rend humble ouais et c'est aussi pour ça que moi quand je m'inscris sur un trail ou sur une un défi tu vois par exemple d'enchaîner un maximum de sommets j'ai fait ça en Norvège il y a deux ans maintenant j'avais décidé de d'enchaîner un maximum de sommets en ski rando en Norvège au profit d'ESOS Préma parce que voilà mon parcours de vie fait que j'ai une enfin voilà un enfant né prématurément dans des conditions un peu galères enfin donc voilà c'est un peu ma contrepartie après coup de de mettre du sens derrière ce ce défi là qu'est-ce que j'allais chercher à enchaîner les le maximum de sommets en un minimum de temps ben c'était je sais pas de ouais d'aller chercher parce que jamais je détiendrai le record du nombre de sommets en Norvège d'ailleurs il y en a qui le fait très bien mais mais qu'est-ce que je vais chercher je pense que ce que je vais chercher c'est de d'avoir un but de faire passer un message à des gens qu'on en ont besoin de leur dire regardez c'est possible relever la tête c'est enfin il y a une après le combat il y a une vie qui est possible quoi et ça permet après d'enchaîner assez facilement sur le l'accordé de l'après pour le Mont Blanc 2024 avec les 8 femmes en rémission d'un cancer c'est de montrer que de toute façon le combat il faut le livrer que ce soit la maladie que ce soit une embûche que ce soit une galère le combat il faut le livrer on est là pour le livrer et il n'y a pas d'autre objectif que de gagner de passer au-delà de l'embûche de gagner le combat de gagner contre la maladie voilà ce combat là il faut le livrer on n'a pas d'autre choix et une fois qu'il est livré regardez regardez ce qu'on peut faire regardez ce qu'on peut faire ensemble
Loïc j'ai un très bon copain qui écoute régulièrement le podcast mais je pense que je lui enverrai en particulier cet épisode en lui disant celui-là il faut vraiment que tu l'écoutes parce que ce message de finalement on n'a pas le choix que de gagner nos propres combats je le trouve extrêmement fort et je pense que en plus du fait de ton parcours je ne savais pas du tout que tu avais tu avais eu un enfant prématuré ce copain en particulier ça a aussi été décidément je te jure je n'ai pas une liste avec tous les anciens épisodes qu'il faut que je plug mais je l'ai reçu on a fait un épisode en deux parties parce que c'est le papa de deux très grands prématurés si je ne dis pas de bêtises qui sont nés à cinq mois et ça a été extrêmement compliqué et c'était finalement aussi ce qu'il disait que finalement il n'y a pas le choix qu'est-ce que tu veux faire d'autre que de te battre
Julien en fait c'est pour ça qu'on est là depuis le début depuis la nuit des temps on est là toi dans ton cadre
Loïc si tu es ok pour en parler bien sûr je ne savais pas donc ce n'était pas prévu non mais je peux dire le elle est enfin tu disais que finalement ça a été assez difficile elle était prématurée de combien ?
Julien alors elle était prématurée de deux mois simplement donc elle est née à sept mois en fait donc elle s'appelle Margot elle a 17 ans aujourd'hui elle va très bien mais mais les débuts ont été compliqués quand on est prématurément c'est la première fois que j'étais papa aujourd'hui je suis papa de de de jeune fille mais c'est la première fois que je devenais papa la veille je faisais encore du rugby je m'étais cassé les deux clavicules et c'est rigolo je m'étais cassé les deux clavicules parce que moi je fais un petit modèle je jouais à la mêlée le le pack les les les huit de devant me sont tombés dessus j'étais sur le côté ça m'a cassé les deux clavicules et donc le lendemain j'étais alité voilà et ma compagne qui était enceinte de sept mois venait me voir régulièrement pour prendre soin de moi pour prendre des nouvelles etc et c'est c'est c'est des anecdotes hyper fortes je trouve et en fait au bout d'un moment la deuxième fois elle vient me voir elle dit oh j'ai un peu mal à la tête j'ai mal dans les reins moi je dis il faudrait peut-être appeler le médecin donc bon elle était elle aussi du romal elle elle continue sa petite vie là dans la journée elle remonte une troisième fois bon ben là ça va quand même pas trop je dis non mais là moi mes clavicules ou pas clavicules il faut qu'on aille à l'hôpital donc tu conduis on va à l'hôpital mais on y va quoi donc on va à l'hôpital c'est elle qui conduit ben oui forcément avec deux clavicules en moins on se dit avec mes propres limites que du coup je vais pas prendre le volant c'est n'importe quoi on arrive à l'hôpital aux urgences ils prennent sa tension 21 de tension donc là en fait on nous explique qu'elle est en train de faire une pré-clampsie donc si le que le seul moyen d'enrayer cette pré-clampsie c'est de faire naître le bébé donc là tu comptes sur tes doigts tu te dis bon ben alors là il en manque il manque il manque deux mois ça va pas j'ai beau recomter il manque deux mois donc elle
Loïc une pré-clampsie Julien c'est quoi ?
Julien alors en grosso modo une pré-clampsie c'est une intoxication du sang qui va ben forcément passer toutes les couches de de l'utérus et de de la poche dans laquelle se trouve le bébé et et donc du coup faire mourir le bébé et empoisonner ben le bébé en plus d'empoisonner la maman donc là on a d'abord un peu un méga sérieux ouais ouais c'est ça une pré-clampsie c'est une toxémie gravidique ça s'appelle en d'autres termes c'est une intoxication qui va toucher tous les tous les organes de la maman et bien sûr le fœtus donc là ben le seul moyen d'enrailler tout ça et de de tenter de sauver la maman c'est de faire naître le bébé et de faire en sorte que le bébé vive donc le bébé donc Margot est né de façon prématurée en urgence donc ce soir du 29 octobre moi j'avais mes deux clavicules alors elles étaient les douleurs étaient très très très lointaines là on a plus mal c'est là que que qu'aussi on apprend sur la manière de gérer la douleur et de se mettre ses propres limites là j'avais plus du tout mal il fallait prendre le taureau par les cornes et et voilà donc j'avais d'un côté ma compagne qui était en soins intensifs entre la vie et la mort clairement avec de l'eau dans les poumons avec des reins qui fonctionnent plus avec des analyses de sang et un sang qui qu'il faut absolument assainir sinon ça va continuer de d'alimenter le coeur avec un myocard qui commence à être touché enfin voilà c'est vraiment un tableau alors moi dont j'ai pris conscience au fur et à mesure au fil des semaines parce que sur le moment on a la tête dans le guidon on vit ça sous adrénaline et puis de l'autre je suis papa d'un petit bébé qui fait 1 kg 350 qui se trouve dans une petite boîte en plexi donc voilà donc là je suis dans un couloir de l'hôpital et là je fais quoi ? je vais voir qui en premier donc moi ma raison à moi c'était d'aller voir la maman donc parce que parce qu'elle l'avait portée parce qu'elle elle était entre la vie et la mort donc je suis allé voir la maman j'ai réussi à lui à échanger avec elle en soins intensifs l'espace d'une minute et elle m'a dit va voir Margot donc là j'avais son faux vert je suis allé voir Margot en néonatologie de New York donc là j'arrive dans cette pièce avec des gens avec des masques à l'époque il n'y avait pas le Covid donc quand il y avait un masque c'est que c'était pas bon donc je rentre dans cette pièce on m'amène devant cette boîte en plexi et là je pourrais encore en pleurer mais la personne qui était là l'infirmière qui était là m'a dit bon ben félicitations voilà vous êtes papa je vous présente Margot et là je fonds en larmes je m'écroule alors que bon là j'ai un tempérament de feu j'ai un moral d'acier d'apparence là je m'écroule et l'infirmière me prend dans ses bras il me dit mais regardez c'est un beau jour pour vous vous êtes papa je lui dis mais c'est pas du tout un beau jour enfin regardez le tableau d'un côté j'ai ma compagne qui est en train de potentiellement nous quitter on m'annonce que je suis papa j'ai cette petite crevette que j'aime déjà et que j'aimais déjà dans l'ordre de sa maman mais regardez le chaos que c'est ça veut dire que là du jour au lendemain on passe dans un mode combat exactement comme Margot était en train le combat que Margot était en train de livrer alors qu'elle avait conscience de rien elle était juste née elle avait 7 mois elle était dans une petite boîte branchée de partout avec des sonneries je me rappellerai mais jusqu'à la fin de mes jours cette sonnerie de désaturation des poumons et on te dit c'est un beau jour et là ouais tu te dis ok c'est vrai que c'est un beau jour Margot elle est déjà dans le combat enchantée Margot je suis ton papa et ce combat on va le livrer quoi et tu vois cette notion de ce combat on doit le livrer du coup Margot elle est prématurée en particulier en fait ils n'ont même pas conscience que ce combat il faut le livrer c'est le combat de la vie nous on s'arrête aujourd'hui parce qu'on vit dans notre petit confort notre portail électrique qui ne marche plus et on se dit putain qu'est-ce que j'ai fait au bon dieu pour que ce portail ne marche plus et du coup il faut se rappeler à chaque fois ces moments là des embûches qu'on a traversées qu'on a réussi à passer outre les problèmes les galères les maladies et bien voilà le combat il est nécessaire on ne peut pas faire autrement il faut le livrer donc autant bien le livrer autant gagner parce que quand on le livre bien on a plus de chances de le vaincre facilement et plus rapidement et voilà et du coup je pense que c'est ça qui m'a aussi alimenté dans la nécessité de donner du sens à tous les projets que je mets sur pied même dans mes courses individuelles en trail ou en course alpine en ski alpinisme c'est de donner du sens derrière tout ça et de remercier les personnes qui étaient là au moment où moi j'en ai eu besoin et bien là je renvoie un peu l'appareil
Loïc tu lui as déjà partagé ça à Margot tout ce que tu viens de me dire
Julien pas trop donc j'espère qu'elle écoutera mais pas trop pas trop pas trop en tout cas ça s'est bien fini elle a livré un très beau combat
Loïc et pour ta femme du coup
Julien et bien elle s'en est sortie aussi alors aujourd'hui on ne vit plus ensemble mais elle s'en est sortie alors elle est sortie de soins intensifs au bout de trois semaines si je dis pas de bêtises
Loïc ah quand même
Julien parce que ça date de ça fait 17 ans désormais donc elle est sortie de soins intensifs au bout de trois semaines elle a eu la chance de pouvoir voir Margot au bout d'une semaine enfin voilà tout ça c'est des choses c'est des traumatismes en vrai sur lesquels une maman se construit un papa se construit et sur lesquels on pourrait tu vois s'attarder et se dire oh là là mais qu'est-ce que je suis malheureux mais qu'est-ce que c'est dur mais qu'est-ce que ouais c'est dur mais putain mais qu'est-ce que c'est cool de franchir ces étapes quoi qu'est-ce que c'est cool de pouvoir capitaliser dessus et de se rappeler que la vie vaut la peine d'être vécue que les combats valent la peine d'être livrés et que une fois qu'ils sont livrés il faut partager ça à tout prix quoi donc voilà
Loïc waouh section section émotion de l'épisode là
Julien ouais mais ouais et tu vois mais c'est des émotions c'est mais en fait ces émotions là il faut les transformer en énergie pour les autres quoi parce qu'il y en a qui galèrent aujourd'hui il y en a qui sont en néonate aujourd'hui et qui savent pas si leur bébé va vivre
Loïc ouais
Julien et là les mecs là ils sont en mode combat ils ont besoin quand on les alimente leur dire hé les gars moi je connais pas l'issue de de votre combat à vous en tout cas livrez-le quoi livrez-le parce que si vous vous mettez si vous vous battez à 100% corps et âme et ben vous aurez rien à regretter derrière et c'est l'histoire qui aura été comme ça mais en tout cas mais livrez ce combat livrez ce combat parce que la vie d'après elle est trop belle et il y aura d'autres combats à livrer après mais allez-y quoi
Loïc je te propose en parlant de de combat qu'on qu'on revienne enfin qu'on qu'on attaque du coup le le le le dernier gros en date que t'as livré avec une équipe qui est le cette ascension alors du coup je suis désolé j'ai peur de me retromper c'est l'accordé le dernier le nom c'était
Julien c'est l'accordé de l'après
Loïc de l'après voilà ok c'est ça avec une équipe donc 100% féminine que des femmes en rémission c'est ça
Julien exactement exactement et donc ça
Loïc comment comment comment est-ce que l'idée enfin en tout cas cette cette approche avec tu vois post post-cancer comment est-ce que ça est né et comment est-ce que t'as constitué l'équipe
Julien alors du coup c'est pareil c'est du parcours de vie exactement comme on le vit chacun individuellement moi en 2019 donc il y a eu la cordée de l'après donc voilà ça a été ça a été une réussite et surtout ça m'a convaincu dans la nécessité de continuer mes projets solidaires et inclusifs avec un message avec un message de collectif quoi donc voilà ensuite les choses les choses de la vie ont continué et puis en 2022 moi j'ai traversé un épisode perso dans ma vie d'homme un épisode perso douloureux qui a été psychologiquement hyper dur assez violent etc etc mais je vais pas m'attarder là dessus parce que c'est pas le lieu et pareil je me suis raccroché à tous les combats que j'avais pu livrer aujourd'hui à la résilience que j'ai en moi et au message que je voulais à tout prix faire passer c'est un message que j'ai en moi ce message de donner aux autres de capitaliser sur les autres sur la diversité pour envoyer un message et du coup moi je me suis réfugié un peu à ce moment là dans la course à pied c'est à ce moment là je me suis mis un peu plus à fond dans la course à pied et je croise une femme qui s'appelle Isabelle Deschamps qui est présidente d'une association qui s'appelle les Princes qui accompagne les femmes atteintes d'un cancer du sein qu'elles soient en rémission ou non donc je croise cette femme à la fin d'une course à pied et Isabelle vient me voir elle me dit bonjour enchanté Julien c'est toi j'ai entendu parler de toi j'ai vu ce que tu faisais il faut absolument qu'on mange ensemble bon voilà je dis ok on va manger ensemble elle avait l'air chouette je savais qui elle était aussi je trouvais son association super chouette le fait d'accompagner des personnes qui en ont besoin c'est nécessairement cool et on retrouve avec nos plannings de ministres on retrouve c'était en janvier 2022 on trouve 2023 pardon on trouve un moment pour manger ensemble je crois que c'était en avril non en mars la première fois donc trois mois après donc moi je suis toujours dans ma période un peu un peu galère psychologiquement où je vais de l'avant mais le combat est quand même dur à livrer et et donc on se pose à table autour d'un petit plat de pâtes et là elle se alors moi je me présente voilà elle se présente à son tour elle me dit moi c'est Isa Isabelle Deschamps j'ai 45 ans donc on a le même âge donc j'ai trois cancers à mon actif voilà moi mon combat ce qui m'a aidé à m'en sortir c'était que je voulais absolument voir les 10 ans de ma fille bon ok donc là tes petits tes petits combats à toi tes petits alors que tu dis ok bon tu mets ça de côté ça t'aide aussi toi aller de l'avant elle te parle ensuite des femmes de son association qui qui sont des femmes qui sont meurtries blessées qui sont en train de livrer combat ou qui sont dans l'après combat ! où ça laisse vraiment un grand vide et comment se reconstruire après la maladie enfin elle te parle de ça donc tu dis ok deuxième claque donc là clairement elle est en train de remettre le clocher au milieu du village bon là Juju t'es alors c'est pas des petits problèmes mais tu les relègue quand même à des des problématiques psychologiques et tu remets les choses à leur place quoi et elle te dit à la fin du du dej bon je sais ce que tu fais je vois ce que tu fais moi je vais te demander un truc c'est de nous organiser une randonnée dans les Pyrénées pour les filles de mon assaut parce que voilà je pense que ça pourrait leur faire du bien et on a un message à faire passer donc donc voilà est-ce que t'es ok bien sûr je lui dis on y va let's go et puis voilà je rentre chez moi avec tout ça dans mes valises là et puis je commence à faire le tri les jours après jour et je lui dis non mais c'est pas possible on peut pas avec le message qu'elle a le message que ses filles ont on peut pas aller faire une randonnée dans les Pyrénées ramasser des fleurs envoyer des photos sur les réseaux sociaux et puis dire regardez c'est cool il y a la vie après la mort non enfin c'est pas possible donc moi avec toute ma sensibilité tout mon attrait du collectif toutes mes convictions de la diversité je lui dis Isa voilà ce que je te propose on va pas faire une simple entre guillemets parce que c'est cool la rando j'adore une simple rando dans les Pyrénées on va construire un collectif comme j'ai déjà construit par le passé un collectif qui nécessite de marcher encordé puisque ta destination c'est la montagne et pour ça il faut aller viser des sommets à plus de 4000 parce que c'est à partir de cette altitude là que ça nécessite de marcher de façon sécurisée donc encordée et à partir du moment où on marche encordée on crée un collectif qui est où chaque individu tout le monde est interdépendant avec ben voilà tout ce qu'il y a sur les sur les à côté faire avec le caractère de l'autre avec le parcours de l'autre etc etc donc elle me dit ok donc je lui propose plusieurs sommets à plus de 4000 donc moi j'avais déjà fait le mont blanc j'avais déjà eu l'occasion de gravir le mont rose pour l'association ruban rose je lui propose ensuite le grand paradis je lui propose plusieurs sommets à 4000 et elle me dit non moi ce que je veux faire c'est le mont blanc bon en moi je me dis bon dommage j'aurais bien fait autre chose mais mais bon c'est son message c'est son collectif c'est son assaut on y go pour le mont blanc ensuite elle constitue l'équipe elle part avec l'intention de construire une cordée de 12 personnes ce qui est absolument faramineux donc je lui dis non ce sera 6 donc on arrive à la négo de construire une cordée de 8 femmes de 8 femmes donc voilà que je connaissais pas du tout et là vient le juin 2023 donc pour le rappel on se croise le 8 janvier 2023 juin 2023 je rencontre ces 8 femmes et là waouh je réalise à quel point c'est incroyable le projet que je viens de faire naître et j'en connaissais pas ni les tenants ni les atapes boutissants et encore aujourd'hui une fois que le projet est terminé je réalise encore aujourd'hui ce qu'il y avait derrière donc je rencontre ces femmes et je me dis ok bon bah alors là là ça dépasse exactement tout ce que je pouvais m'imaginer sur les ingrédients nécessaires du collectif et elles sont toutes arrivées avec des caractères différents avec des profils différents avec des cancers différents avec des opérations différentes et il a fallu dupliquer dupliquer et reproduire ce que moi je sais faire le mieux c'est de construire un collectif en se capitalisant sur les différences de chacune en l'occurrence donc là on avait pas de diversité de genre mais on avait tout le reste avec diversité de caractère de parcours de vie d'origine sociale de façon de penser de bon donc ça j'avais vraiment toute matière pour construire un collectif solide et solidaire et on a réussi voilà à construire cette cordée à travers un collectif solide qui s'est éprouvé au fil des entraînements physiques de la préparation physique je l'avais fait faire de la spéléo on a commencé à s'entraîner en montagne dans les Pyrénées on a commencé à se confronter à la pente etc etc et voilà comment c'est né et comment on a commencé à préparer ce mont blanc
Loïc excellent c'était quoi du coup par rapport aux spécificités de chacune alors même si tout était en rémission j'imagine que dans certains cas ça peut laisser des traces des cicatrices plus ou moins fortes ça a été quoi les enjeux de cette phase de préparation
Julien les enjeux ça a été de faire avec avec les le dossier médical de chacune en plus de la diversité individuelle qui composait le groupe quoi et aujourd'hui les capacités physiques de quelqu'un qui fait pas de sport elles sont proches de allez proches de zéro les capacités physiques de quelqu'un qui a subi une deux douze opérations on est dans le négatif quoi ça veut dire que t'as de la psycho t'as du physique et là ça part dans le négatif tu pars d'un d'un état des lieux où attention elles ont beaucoup de courage beaucoup de force elles l'ont prouvé en en en en battant la maladie mais waouh qu'est-ce qui reste derrière le le le champ de de ruines les cicatrices sur le corps aujourd'hui il faut bien s'imaginer que ces huit femmes à elle seule à elle 8 comptabilisent 51 opérations anesthésiées enfin c'est ça c'est mais on se rend pas compte parce qu'on parle tellement de cancer partout on connaît tous quelqu'un qui a le cancer mais ça veut dire quoi avoir le cancer ben moi j'ai découvert ça à travers ce projet là donc moi je me suis enrichi de ces huit femmes et de leurs huit compagnons parce que j'ai capté et pourtant voilà on a tous des moi j'ai des proches qui ont le cancer j'ai des ça implique quoi ? ça implique une sexualité anéantie ça ça ça ça explose une vie de famille ça touche les enfants ça touche les maris ça touche la vie professionnelle ça touche la vie sentimentale ça touche la confiance en soi ça explose absolument tout et ça on en parle jamais par pudeur par peur de l'attraper juste en en parlant mais et du coup moi j'ai découvert ça des premiers pas de l'accordé de l'après dès que j'ai commencé à découvrir ces huit femmes et en fait ça a alimenté la machine ça a alimenté ça a alimenté on va se nourrir de ça ok ok toi t'as eu ce cancer là t'as galéré ça a fait exploser ça ben aujourd'hui c'est quoi tes forces on est allé chercher les forces de chacune et ça a alimenté la roue et ça a alimenté le collectif et aujourd'hui on a eu au tout début du projet on a eu des discussions parfois musclées sur tel ou tel profil qu'est-ce que fait cette personne là dans le collectif est-ce que t'es sûr que moi j'étais convaincu que le choix d'Isa le choix d'Isabelle de ces huit femmes c'était le choix qu'il fallait respecter et sur lequel il fallait capitaliser là j'ai pas choisi ma diversité là et pour autant on a réussi collectivement à construire un collectif solide et aujourd'hui elles sont liées mais à vie parce qu'elles ont vécu de A à Z dans le projet quoi alors que à l'origine elles auraient pu dans la vie de tous les jours quasiment se taper dessus quoi c'est ouf tu vois c'est entre le racontant que je réalise
Loïc c'est énorme ok est-ce que est-ce que sur l'ascension elle-même du coup il y a des choses que vous avez dû adapter du fait comme tu disais du dossier médical de chacune ou ça a été une ascension alors je sais pas s'il y a il y a une voie classique j'imagine pour le Mont-Blanc j'ai jamais fait mais ça a été quoi votre choix de ce côté là
Julien t'as pas fait encore le Mont-Blanc alors le choix il a été il a été simple c'était la voie la voie classique qui néanmoins reste une voie très technique par endroit du coup le Mont-Blanc il est pris d'assaut voilà on va pas revenir sur le sur ce sur ce fait là et du coup on y a contribué aussi du coup on y est allé mais bon c'était le choix de faire le Mont-Blanc mais on a on est passé par la voie normale qui reste une voie très exigeante mais avant même de parler de l'ascension en elle-même on a eu une ascension qui était beaucoup plus vertigineuse c'était l'année de préparation avec les filles parce que cette année de préparation avec les filles il y a eu la construction du projet mais il y avait le suivi médical et moi je me suis embarqué à 100% dans le dans le projet humain et du coup je vivais moi perso au rythme des analyses médicales des unes et des autres en me disant voilà ça ça va ça ce voyant là est plutôt orange là c'est vert là c'est vert là c'est vert là c'est vert on y go on déclenche on peut passer à autre chose et chacune individuellement avait et ont encore aujourd'hui des examens médicaux de l'hormonothérapie avec des effets secondaires parfois invivables avec des maux de tête avec des vertiges avec des donc voilà il y avait tout ce suivi là et on s'est entouré d'un médecin sur place ici pour les accompagner et d'un médecin supplémentaire au moment de l'ascension pour bien cerner un peu tout ça tous les aspects médicaux que moi que moi j'ignore et chacun son boulot donc du coup on s'est entouré de médecins mais ce que je veux dire par là c'est que l'ascension en elle-même elle s'est faite du premier du premier jour de la construction du projet jusqu'à l'arrivée au chalet et je m'explique c'est que on a vécu au rythme des analyses et des visites de contrôle de chacune d'entre elles et pour en revenir à Isabelle Isabelle Deschamps celle par qui et pour qui j'ai imaginé ce projet dès l'été 2023 on lui découvre un quatrième cancer au poumon donc là pareil on repart sur du traitement de cheval qui bouscule l'organisme nouvelle opération balafré dans le dos avec des cicatrices qui font allez 80 cm enfin c'est des choses qu'on ne peut pas imaginer c'est des accidentés donc quatrième cancer pour Isa donc ça c'est une partie de l'ascension de la préparation rémission elle arrive à battre et à décrocher cette quatrième étoile pour faire l'analogie avec le milieu de la montagne et du ski qui met cher donc quatrième étoile décrochée pour Isa en été 2023 donc le programme et le la préparation se poursuit avec toujours le collectif qui se resserre et qui se ressoude au gré des aléas et des embûches très bien on commence la préparation montagne on commence la préparation marche en cordée comment mettre des crampons on commence la préparation ici en pleine escalade après en Delvide la descente en rappel comment faire un nœud 8 enfin tout voilà toutes ces petites choses-là qui sont des choses techniques mais qui servent aussi à alimenter le collectif et à souder le collectif en plus du suivi médical et d'être suspendu aux analyses et aux visites de contrôle des unes et des autres tout se passe très bien on est prêt alors il y en a une alors voilà c'est pareil l'hormonothérapie ça a affaibli aussi pas mal le corps humain donc on a eu pas mal de fractures fractures du poignet pour l'une d'entre elles et pour autant il fallait continuer la préparation physique donc voilà ça ça fait partie des choses qui ont été qui ont ponctué la préparation physique à aucun moment on a baissé les bras on arrive l'ascension est prévue pour le 3 juillet l'ascension en tant que telle on arrive normalement au Contamine on part au Contamine donc au chalet donc pour le l'ascension finale du Mont Blanc début juillet 1er juillet je crois
Loïc ok
Julien donc je rétropédale dernière semaine avant de partir analyse médicale d'Isabelle cinquième cancer
Loïc oh punaise mais sérieux
Julien impossibilité de de de participer à l'ascension avec voilà un des voilà un nouveau cancer qui se qui se déclare un cinquième qui le qui l'empêche de de monter donc là cataclysme ouf qu'est-ce qu'on fait et à partir du moment où on a cette nouvelle il y a deux possibilités soit le projet vole en éclats soit c'est tout l'inverse qui se passe et le collectif se met en marche mais puissance mille et c'est la deuxième deuxième hypothèse qui se produit parce qu'on avait réussi à construire un collectif solide le collectif s'est dit ok Isa peut pas y aller on va y aller pour nous on va y aller pour le message mais là maintenant on part en mission on y va pour elle ok on y va pour elle elle décroche son ticket pour avoir le droit de nous accompagner jusque dans les Alpes donc dans le chalet qui nous hébergeait pour l'ascension finale déjà de savoir qu'elle pouvait nous accompagner ça nous a donné de la force elles étaient toutes les huit de A jusqu'à Y pour ainsi dire et voilà et donc ça a donné le supplément d'âme à l'ensemble des sept autres et du groupe et du collectif parce qu'on était 15 autour de de de ces huit filles c'était un collectif de 15 donc ce cinquième cancer pour lequel Isabelle est encore en train de de livrer bataille toujours tête haute toujours les yeux rivés sur l'horizon en se disant allez hop c'est une nouvelle embûche mais on y va quoi on avait tout ça en tête au moment de l'ascension et ça c'est une force supplémentaire c'est clairement un cataclysme et là il y a les deux possibilités et dans la vie soit on baisse les bras et on se dit bon ben voilà c'est peine perdue c'est un nouveau c'est une nouvelle embûche bon ben ça veut dire faut pas y aller et puis c'est tout ou on décide d'y aller et de se nourrir de ce de ce de ce malheur là de se nourrir de ce malheur là et d'en faire un truc qui décuple les forces de tout le monde et en tout cas qui qui sublime le message de la vie de l'après pour pour l'ascension quoi et c'est ce qui s'est passé alors après l'ascension s'est faite et certaines ont pu aller à 3002 certaines à 4003 on a porté le message jusqu'à jusqu'à 4008 et le message en fait il était pas l'atteinte du sommet que le message aille au sommet ou non il était dans la vie de l'après et dans la nécessité de livrer le combat parce que le combat vaut toujours la peine d'être livré parce que la vie d'après vaut la peine d'être vécu voilà
Loïc waouh et donc cette ascension enfin c'est j'ai j'ai énormément de questions qui me viennent mais je trouve le récit absolument fascinant cette ascension cette fois vous l'avez vous aviez personne qui filmait qui a capturé ces moments comme comme sur la cordée de la diversité
Julien si si bien sûr on avait on avait deux caméramens deux caméramens qui qui nous ont accompagnés et donc le film est en construction avec une sortie prévue j'espère au mois de mars
Loïc au mois de mars ok donc
Julien donc là on a tous les tous les toutes les on a les coulisses alors même pas encore j'aurais voulu qu'il y ait encore plus de coulisses mais on a on a toutes les coulisses c'est filmé par des professionnels avec des belles images mais surtout des images authentiques des visites chez le médecin des des images du du du du Mont Blanc des des images de la préparation physique des visages des des filles qui galèrent des visages des filles qui rigolent aux éclats qui pleurent avec tous les hauts et tous les bas que comporte un tel un tel projet
Loïc excellent il faudrait bien que tu me donnes là on enregistre fin janvier il faudrait bien qu'il me donne le lien parce que je pense que l'épisode sortira à peu près si c'est vers mars à peu près en même temps donc
Julien ouais ok ok ok
Loïc au moment où vous écoutez cet épisode n'hésitez pas à la regarder dans la description il y aura certainement le lien incroyable punaise que de projets émouvants avec des messages très très forts plus forts les uns que les autres comment est-ce que tu vois la suite du coup Julien alors je sais que tu viens finalement à peine 2019 c'était il y a longtemps mais bon si le film enfin il y a longtemps il y a longtemps et pas tant que ça le film le film va bientôt arriver comment est-ce que tu est-ce que tu travailles déjà sur d'autres projets est-ce qu'il y a une suite à tout ça nouvelle aventure qui va mettre le collectif dans toute sa diversité en avant qu'est-ce qui arrive pour toi finalement
Julien alors moi j'ai un gros gros problème c'est que j'ai mille idées j'ai mille idées à la minute mille envies à la minute et voilà et donc oui il y a des il y a des projets il y en a deux trois par exemple là j'ai initié un projet pour accompagner une jeune adolescente qui est née prématurément d'ailleurs qui est actuellement qui est en fauteuil depuis sa naissance et qui doit remplacer son fauteuil son fauteuil roulant mais qui n'en a pas les moyens parce que pour diverses raisons on ne va pas rentrer dans les détails donc il y a ce projet là ce micro projet là de l'aider et de lui faire vivre des moments de course à pied en joëlette tout en récoltant des fonds pour pouvoir remplacer son fauteuil donc ça c'est un projet que j'ai déjà initié et qui a commencé en fin d'année 2024 et puis j'ai un plus gros projet alors j'ai une envie c'est l'ascension du Kilimanjaro mais je le ferai certainement dans un profil plutôt personnel mais j'ai un plus gros projet qui est un projet qui sera de toute façon collectif et avec du sens qui sera le un projet au Groenland donc après il est encore en construction donc je peux pouvoir en dire trop enfin davantage mais surtout surtout surtout moi j'ai mon corps aussi perso qui me rappelle un peu à l'ordre donc je suis dans une phase un peu de récup avec des voilà des petites des petites analyses avec des petits problèmes musculo-squelettiques à régler surtout dormir quand je peux dormir je tout ce que je fais moi à titre de projet solidaire inclusif ou de sport extrême je le fais sur mon temps perso et avec mon argent perso parce qu'en dehors de ça j'ai un travail donc donc voilà je suis dans une phase où il va falloir que je savoure le projet de la cordée de l'après que je digère le projet de la cordée de l'après que je prêne un peu soin de la machine pour pouvoir repartir de plus belle en 2026 mais en gros 2025 ça va être d'accompagner Leila dans le remplacement de son fauteuil roulant de lui faire vivre des courses à pied quand ça sera possible et ça va être de partager le film de savourer le projet qui vient de se passer parce que c'est un projet qui mine de rien je me rends compte aujourd'hui m'a énormément brassé et bouleversé parce qu'elles sont bouleversantes et je pense que le film va retracer un peu ces aspects là et puis voilà prendre un peu du temps pour moi pour ma famille pour ma compagne et puis voilà
Loïc ce qui est déjà un très très beau programme ouais fabuleux et bien écoute Julien un immense merci d'avoir d'avoir accepté de venir témoigner au micro du podcast c'était fascinant de t'entendre partager tous ces projets des bouts de ton propre parcours de vie vraiment vraiment merci beaucoup et merci merci à Martin de t'avoir suggéré à l'époque de prendre contact c'était une excellente idée donc n'hésite pas toi-même si tu croises d'autres personnes au parcours fascinant comme le tien de faire ce que Martin a fait parce que c'est tu parlais d'enrichissement à travers le collectif la diversité finalement le podcast c'est un peu ça aussi c'est faire découvrir des gens qui ont des parcours très différents des nôtres mais dont on peut on peut s'enrichir donc voilà merci énormément une fois de plus Julien
Julien merci à toi et merci pour ce que tu fais parce que c'est hyper inspirant aussi de se nourrir de tous les podcasts et de toutes les personnes qui défilent derrière ton micro c'est vraiment chouette donc merci et bravo à toi surtout
Loïc merci beaucoup Julien à bientôt
Julien ciao
Loïc merci d'avoir écouté cet échange avec Julien jusqu'au bout si vous avez apprécié cet épisode autant que moi et bien n'hésitez pas à le partager à un maximum de personnes autour de vous et de manière générale vous le savez je vous le dis à chaque fois à la fin de chaque épisode n'hésitez pas tout simplement à parler des frappés à parler du podcast de manière générale c'est une excellente manière de remercier toutes celles et ceux qui viennent témoigner au micro des frappés un immense merci également à toutes celles et ceux qui soutiennent financièrement le podcast sur Tipeee si vous souhaitez les rejoindre ça se passe sur tipeee tipeee .com slash les-frappés et c'est à partir de 1 euro par mois ou tout simplement donations libres merci énormément une fois de plus à toutes celles et ceux qui se sont déjà engagés financièrement pour soutenir le projet merci à toutes et à tous enfin pour votre fidélité le podcast attaque sa cinquième année décidément officiellement plus de 200 épisodes déjà diffusés tout ça c'est possible grâce à votre fidélité à votre loyauté vous êtes de plus en plus nombreux à écouter le podcast ça fait super plaisir donc voilà pour une fois je tenais à le dire clairement dans un épisode merci énormément à toutes et à tous je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode ciao les frappés onsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsons ...
Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.