Les Frappés Les Frappés
Saison 1 EP·017 Entrepreneuriat #record #entrepreneuriat #réalisation

02 février 2021

Stan Gruau - CEO d'Explora Project - Le dépassement comme mindset, l'exploration comme business

Durée · 1h24 · Transcription disponible

Stan Gruau

Le récit

Stan Gruau est le co-fondateur et CEO d'Explora Project, agence de voyage française dont la raison d'être est de "devenir l'acteur engagé du tourisme d'aventure en proposant, au plus grand nombre, un modèle de voyage à impacts positifs pour l'Homme et l'environnement."

Après ses études à l'EDHEC Business School, Stanislas devient trader pendant près de 10 ans. C'est aussi au début de sa carrière qu'il se lance dans la course à pied. C'est pour lui un véritable exutoire à une vie professionnelle qu'il qualifie "d'extrême et radicale". Assez rapidement, il se prend au jeu et s'impose des routines qui le sortent de sa zone de comfort. Il court un semi-marathon par jour pour revenir du boulot. Les distances s'allongent, jusqu'au défi qui sera son véritable rite de passage, la traversée de la France en courant en une quinzaine de jours. Il établie au passage un record de France. C'était en 2011.

Aujourd'hui, il a fait du dépassement de soi son mindset, et de l'exploration son business en créant Explora Project. Une conversation qui mêle récits sportifs, reflexions introspectives le tout saupoudrée d'une bonne dose d'énergie, parfois un peu "bourrin" mais qui a le mérite de tenter, quitte à se tromper et apprendre pour mieux repartir 💪🏼

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont:
Épisode #8 - Anthony Bourbon - CEO de Feed. et 200% déterminé
Épisode #10 - Caroline Côté - Cinéaste d'aventure, réalisatrice, aventurière professionnelle
Épisode #12 - Pierre-Larry Petrone - Membre de la Société des Explorateurs Français, équipier professionnel et passeur d'aventures

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Transcription

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Stan Et en fait cette confiance là, dès que ça va mal, dès qu'il y a quoi que ce soit qui déraille, j'ai un espèce de socle en titane qui fait que je vais pas plus bas que le fond. Cette énergie, cette puissance, soit tu l'as avec ton histoire compliquée. Moi ça a pas été le cas. Donc je vais aller me créer ces aspérités là. Arrêter de commenter, arrêter de liker, arrêter d'être spectateur.

Invité 1 Eh bien écoute, bienvenue Stan. Merci à toi Loïc. Très très content de te recevoir aujourd'hui. Merci pour ton temps. J'imagine que t'es particulièrement occupé, d'autant plus en ce moment avec le contexte extrêmement changeant. Mais c'est cool que t'es pu te rendre disponible pour échanger un petit peu avec nous sur ton parcours et nous en dire un petit peu plus. Moi je suis très content de te recevoir parce que t'as une double casquette. Je vais te laisser te présenter. Mais il y a ton expérience entrepreneuriale, je pense qu'il sera vraiment intéressante. Encore une fois, surtout dans le contexte actuel. Mais il y a aussi la dimension, il y a ce que tu fais comme job, je pense qu'il sera particulièrement intéressant. Et puis la dimension un peu plus sportive, dépassement que tu vis en dehors de ton aventure entrepreneuriale. Même si je pense que les deux sont liés, tu nous en diras plus. Voilà donc très très heureux de te recevoir aujourd'hui. Écoute, je te laisse commencer par te présenter, nous dire qui est Stan.

Stan Écoute, merci à toi en tout cas de ton invitation. Écoute, j'ai eu en effet dans les 10-12 dernières années plusieurs moments, plusieurs phases assez intenses. J'en ai aujourd'hui trois en tête. Il y en a une qui nous intéresse peut-être un peu moins aujourd'hui, qui est en gros ce que j'ai fait, sortie d'EDEC, sortie d'école 2009 jusqu'à à peu près 2018. Donc pendant quasiment 9 ans, j'étais trader d'abord en action à la BNP, puis surtout en matière première agricole chez Cargill. C'était une vie super intense, qui est important de mentionner parce qu'il y avait beaucoup d'émotions et beaucoup d'enseignements de cette période qui m'ont vraiment servi pour la suite en gros des deux autres phases. Et ça a été assez intense, un métier de trader, ça suscite beaucoup de fantasmes. On connaît beaucoup ce métier dans les films. On connaît aussi ce métier dans les headlines de journaux comme l'affaire Kerviel ou d'autres. C'est rarement sous un signe hyper glorieux. C'est un métier qui est très méconnu. Et sous cette mauvaise appellation, il y a plein de métiers différents. Moi, j'étais trader en matière première agricole. C'est-à-dire, en gros, je traitais du blé, du maïs, du colza, du soja. J'étais trader physique, trader action et puis trader futur. Donc en gros, trader physique, trader option et trader futur. Donc en gros, je bougeais des cargos de marchandises réelles. Je bougeais des Panamax de blé de 60 000 tonnes, de l'Australie à l'Europe, de maïs, de colza, etc. Donc c'était hyper concret. On faisait ça et puis on traitait aussi après sur les marchés. Et ça a été une vie à 2000 à l'heure. J'avais en gros, j'ai commencé, j'avais 21-22 ans et jusqu'à mes 30 ans, en gros. Ça m'a amené un peu à Londres, beaucoup à Paris et puis finalement à Genève. Et c'était une vie ultra radicale, en fait. C'était une vie déjà assez extrême professionnellement, dans lequel j'ai appris à en gros prendre des décisions ultra rapides où tu peux être un dieu le matin et une merde l'après-midi parce qu'en gros, ta position a bien fonctionné le matin. Tu as fait des millions de dollars l'après-midi, le marché s'est retourné, tout s'est cassé la gueule. Et c'est un métier où finalement on fait table rase quasiment chaque jour. La performance est mesurée quasiment chaque jour. Donc, c'est un métier en fait où tu te projettes assez peu sur le moyen et le long terme. Tu es dans un ultra court terme, dans une prise de décision immédiate où tu vois tout de suite ou très vite les conséquences de ce que tu mets en place. Donc ça, ça a été pour moi hyper intéressant parce que ça m'a permis d'évoluer dans un environnement bien que déshumanisé, ultra dynamique, où il fallait être super réactif, où il fallait comprendre un peu tous les mécanismes, prendre des décisions rapides, être responsable de tes décisions, les assumer. Et ça, je pense que c'est vraiment un super bon terreau pour monter une boîte et pour être crédible vis-à-vis d'équipe. Aujourd'hui, dans l'explora, on est une quinzaine. On est basé à Annecy. Et du coup, il y a quand même assez vite, dès les premiers mois, si ta boîte se passe bien, une notion de management d'équipe qui est quand même importante. Et c'est ça que je trouve difficile. Si tu lances une boîte en sortie d'école sans expérience, il y a quand même, se confronter à l'exercice de management, ce n'est pas hyper facile. Donc ça, j'ai trouvé que c'était un bon apprentissage. Et en fait, en parallèle de ça, j'ai toujours su que j'avais envie de monter une boîte, mais en sortie d'école, il y avait quelque chose qui me retenait un peu. Je ne me sentais pas hyper prêt. Donc c'est probablement ce que j'ai expliqué avant. Il fallait que je prenne un peu plus de bouteilles, un peu plus de confiance. Et puis j'avais probablement cette case dans ma tête que j'avais besoin de cocher, de faire du trading pour un rôle social. Je ne sais pas si ce n'est que des bonnes raisons. Mais ça a été mes raisons du moment, mes raisons d'un gars de 22 ans qui se disait qu'il pouvait gagner hyper vite sa vie, que ça n'avait pas l'air d'être super sorcier, que j'ai fait une école de commerce business, j'étais en finance de marché, qu'a priori, il n'y avait rien qui m'échappait dans le raisonnement de ce qu'il fallait savoir comprendre pour être capable d'être bon. Et puis le reste, on disait que c'était de l'intuition, de la capacité à décider vite, il fallait bien parler anglais, il fallait être adaptable et tout. Je me disais, putain, mais merde, c'est moi, je vais le faire. Et puis c'est allé tout droit, ça a super bien marché. Puis 8 ans plus tard, j'étais responsable du trading pour Cargill, une grosse boîte américaine, responsable du trading pour la zone Europe, Moyen-Orient, Afrique. Donc il y avait 150 traders sous ma responsabilité, c'était un P&L de près d'un milliard. Enfin, c'était vraiment un big fat job qui était super excitant. Mais en même temps, c'était ma ligne d'arrivée. Quand je me suis lancé dans ce métier-là, quand j'ai démarré en trading, j'étais inspiré par un gars qui, en gros, faisait ça. Et je me suis dit, ben voilà, le métier de ce gars-là, c'est probablement pour moi mon métier rêvé. Et je m'étais projeté en disant, voilà, quand je arriverai là, je serai allé au bout de l'histoire. Donc j'ai eu ce job-là au bout de quelques années. Et donc, 30 ans, la naissance de ma fille, cette envie de lancer une boîte était toujours lancinant. Pendant des années, j'ai gratté des calepins sur ce que devait être Explorer Project. J'avais déjà le nom en 2012, donc clairement six ans avant de lancer Explorer. Et puis, pour la petite histoire, je bossais à Saint-Germain-en-Laye, tu vois, en banlieue parisienne ouest. Et j'habitais Place Hyéna à Paris, derrière le palais de Tokyo. Et du coup, je prenais le RER A tous les jours, tous les matins. Et j'avais une heure et demie, quasiment. Et tous les matins, pendant des années, j'ai gratté des calepins avec ce que devait être Explorer. Ce que je m'imaginais. En fait, c'était une manière de vivre un peu mon rêve d'entrepreneur, mon rêve entrepreneurial par procuration. Ou en tout cas, en différé, tu vois, je le vivais un peu dans ma tête. Ça me permettait de me dire que ce projet allait voir le jour. Et en même temps, j'étais sûr de ne pas perdre ce qui me semblait être à ce moment-là des bonnes idées. La plupart de ce qu'il y a dans ces calepins, c'est Explorer aujourd'hui, quoi. Et finalement, ça, je ne l'ai vraiment pas perdu. Et c'est encore fréquent que quand on me dit mais il y a tel truc, tu sais, comment tu le jouerais ? Quel nom tu donnerais à ça ? Comment tu montrerais ? Eh bien, je ressors mes calepins. Et franchement, pendant des années et des années, tu les écris, j'ai huit calepins. Eh bien, franchement, j'ai écrit sur chaque millimètre de papier dessus. Franchement, j'ai un paquet de trucs, quoi. Et je pense qu'il y en a encore un paquet qu'on n'a pas encore fait et qu'on va pouvoir dérouler avec Explorer dans les prochaines années. Mais donc, en fait, tout ça pour dire un petit apprentissage. Pour ceux qui écoutent, c'est... Honnêtement, on nous fait tellement flipper et ça fait tellement flipper. Et il y a des bonnes raisons. Il y a des mauvaises, mais il y a aussi des bonnes raisons de lancer sa boîte. Et on en a tous vachement envie parce que c'est évidemment assez libérateur. On se dit qu'on est son propre chef, qu'on peut monter son propre projet, etc. Il y en a beaucoup qui ont des envies d'entrepreneuriat, mais clairement qui ont peur de se lancer. Et dans plein de cas, c'est légitime. Ça ne sert à rien de dire, lancez-vous, on s'en fout, whatever. Il faut tester. Mieux vaut faire un peu que pas faire du tout. Oui, c'est vrai. Mais il y a des réalités économiques, des réalités de la vie qui font que ça ne peut pas être fait n'importe quand, n'importe comment. Par contre, une phase préalable qui peut être faite n'importe quand, n'importe comment, c'est quand même de gratter toutes ces idées sur des calepins et d'être sûr qu'elles ne s'envolent pas. Et ça nous permet aussi parfois de nous rappeler à nos rêves et de nous dire, attends, j'avais ça, ce calepin, il est 2014, mon vieux. On est en 2020, t'as rien fait. Franchement, sors-toi les doigts. Et ça, je pense que ça m'a vachement aidé et de revenir besogneux à mes calepins pendant toutes ces années, c'est probablement là que j'ai construit la réalité de l'Explora d'aujourd'hui. Et j'étais sûr que ce rêve-là, je n'allais pas le laisser s'échapper parce que plus j'écrivais, plus il devenait réel. Même si personne n'en avait eu vent et il n'était que dans ma tête. Néanmoins, j'ai posé deux démissions chez Cargill pour lancer Explora, une en 2012 et une en 2014. Et à chaque fois, on m'a dit, non, non, non, non, mais non, on ne te barre pas. Tiens, t'es chef à la place de ton chef. Et puis, je suis resté dans la petite moulinette de musaraigne, la tête dans le guidon. Et puis, ils ont remis 100 sous dans la machine et je suis reparti pour quelques années à chaque fois. Après, ça a été... Voilà, c'était toujours, tu vois, des promotions, un peu plus d'argent, un peu plus... Et puis, tu restes, tu vois, de fil en aiguille, année après année. Tu comptes plus les années, t'oublies, tu te dis... Bon, tu justifies, tu vois, semaine après semaine, mois après mois, tu te convaincs le fait que rester est probablement la bonne solution. Mais néanmoins, les années passent. Et la troisième démission a été la bonne. Naissance de ma fille, 30 ans, près de 9 ans à la même boîte. Je me suis dit, t'es un 30 ans, mon vieux, quoi. 30 ans, quoi. Ça fait quoi ? Ça fait 8, 9 ans que tu te dis que tu vas lancer cette boîte, que c'est ton rêve. C'est bon, quoi, vas-y, quoi. Donc, ça a été annulé. J'ai eu une bonne partie de la première étincelle qui est venue de ma part. Et puis après, j'ai eu besoin de mon entourage pour me conforter que cette décision était la bonne. Et c'est au retour de congé. Tu vois, congé avec les potes, la famille, ma famille, ma femme, et puis ma famille, mes parents, mes sœurs. Et je me suis dit, bon, allez, je leur confonds de ça. Je leur dis que je vais arrêter. Et puis, en fait, ça a été... Tu vois, j'ai été hyper encouragé, en fait. Il y a eu, évidemment, la maman inquiète. Ah bon ? Mais tu gagnais super bien ta vie. Mais tu es sûr et tout. Mais tu as des enfants à charge. Et puis, en fait, voyant que c'était... Rien que d'en parler, c'était une libération. Rien que de parler du projet, ça me fait vibrer. Et puis ça, c'est à nouveau un petit tip pour ceux qui nous écoutent, qui prennent le temps de nous écouter. C'est en gros, on reconnaît... Tu vois, l'énergie que tu peux avoir quand tu crées ta boîte, quand tu te lances dans des projets. Tu commences à t'y confronter, tu la goûtes. Déjà, quand tu évoques le projet avant de franchir le pas, tu vois des personnes... Moi, j'ai des personnes qui me parlent de leur projet de boîte parce que, tu vois, je tends un peu la main sur mes journaux de bord et semaine après semaine. Puis il y en a plusieurs qui m'écrivent. Je veux lancer cette boîte. Qu'est-ce que tu en penses ? Tu peux m'aider ? Du coup, il y en a, c'est en céphalogramme plat. Ils te parlent du projet. Tu sens que ça ne réveille rien, que c'est finalement un peu pour combler un manque d'un autre problème. Alors moi, je suis là, bon, écoute, je ne suis pas sûr que ce soit le bon ami. Puis il y en a d'autres, ils ont le fire. Ils t'en parlent. Tu sens que ça réveille quelque chose en mieux. C'est une espèce de libération qu'ils ont mûré ce truc que c'est... Tu vois, ils sont dans la plénitude quand ils te parlent de ce truc-là. Et là, tu te dis, mais cette force-là, je ne sais pas si elle est bien canalisée aujourd'hui, mais peu importe, elle existe, quoi. Et donc, elle pourra être bien canalisée par la suite avec des accélérateurs, des accompagnateurs, des pépinières, des machins, des mentors. Mais le feu, il est là. Et dans les premières années de boîte, tu en as tellement besoin que finalement, ça justifie pour moi en tant que tel de se lancer dans ce genre de projet.

Invité 1 Ça me fait penser à l'épisode qu'on a eu avec Anthony Bourbon. Je ne sais pas si tu as été l'occasion de le croiser, mais qui est juste un bulldozer. Enfin, cette conversation, c'était hallucinant. Et c'est exactement ce que tu dis. En fait, le gars te parle, il pourrait te vendre, j'en sais rien, des slips ou une hutte au fin fond du Mexique où il te proposerait de partir six mois. Enfin, il te convainc. Tu vois, il a le feu, comme tu dis. Et c'est comme ça, c'est comme ça, enfin en tout cas, lui, c'est comme ça qu'il explique le succès hyper rapide qu'il a eu avec Feed qui a lancé de mémoire en 2017 et qui aujourd'hui est valorisé à, derrière nouvelle, 250, 300 millions d'euros. Donc, juste hallucinant. Et ouais, donc, ce drive et comment tu arrives à l'exprimer, c'est souvent ça qui, en tout cas, très certainement qui a une part importante dans le fait de faire la différence mais aussi qui te permet de convaincre et tu nous en diras plus mais j'imagine que tu as dû convaincre un paquet de personnes entre des investisseurs, des premiers employés, tes clients potentiels. C'est un peu ça le job de l'entrepreneur quand tu te lances, non ?

Stan Ouais, c'est clair. Franchement, ça, on en parle pas suffisamment. En tout cas, c'est pas mis suffisamment en exergue dans les qualités qu'il faut avoir pour lancer sa boîte. C'est qu'il faut savoir parler de sa boîte. On voit souvent des duos ingénieurs commerciaux dans les duos de fondeurs. Il y en a un qui crée le produit, l'autre qui en parle ou l'autre qui le vend. Franchement, ça paraît un peu gros sabot mais c'est quand même une réalité qui, pour moi, est vraiment fondée. Dans les premiers mois de ta boîte et même avant de créer ta boîte, tu passes ta life à pitcher, en fait. que ce soit un apéro et au fait, toi, du coup, tu fais quoi ? Et au fait, toi, tu as démissionné. Ah ouais, mais attends, mais pour faire quoi ? Sérieux ? Et après, ah au fait, j'ai mon cousin qui investe. Tu peux me parler de trois secondes de ta boîte ? Je vais lui en toucher un mot. Tu vois, sous quelques formes que ce soit informelle ou super formelle, que ce soit en dix secondes, en trente secondes, ce qu'on appelle « Hey, leave it a pitch » ou que ce soit en vingt minutes parce que tu as un mec qui est passionné et qui dit « Vas-y, dis-moi tout, je veux tout connaître ». Eh bien, en fait, il n'y a pas de mystère, en fait. C'est que ta boîte, tu peux en parler avec passion, déjà, si tu y as beaucoup réfléchi et si tu es capable d'élaborer et d'apporter des réponses à beaucoup de questions. Et donc, si tu as pris le temps de tourner le truc dans tous les sens. Et pour tout le truc dans tous les sens, ce n'est pas que le faire tout seul comme un Rubik's Cube, c'est se confronter. Et c'est se confronter, en fait, aux gens autour de toi, aux écosystèmes qui vont bien à ceux qui peuvent apporter de la valeur ajoutée. Donc ça, c'est super important. Troisième conseil, du coup, ce serait pour ceux qui veulent lancer un projet ou leur boîte. Mais ça, on le dit tellement que je ne sais même pas si ça sert encore à qui se le dire. Mais il faut se confronter à la réalité du monde. Il faut confronter son idée. Un projet, il ne vaut rien. Un projet, il ne vaut rien. Ce qu'il vaut, c'est son exécution. Donc, si moi, j'avais dit je vais lancer une boîte d'aventure, une agence de voyage d'aventure durable en 2017 ou 2018, on m'aurait dit ouais, bah cool, il y a Terre d'aventure qui existe. Et je me dis mais non, mais ce n'est pas ça. Ah ouais, c'est quoi ? Ah oui, d'accord, donc ce n'est pas comme ça qu'il faut que je le présente parce qu'explorant, en fait, ce n'est pas Terre d'aventure. Ce n'est pas pareil. Pourquoi ce n'est pas pareil ? C'est plus engagé quand même à tous les niveaux, physiquement, dans le déplacement de soi. C'est pour un public plus jeune. Mais pourquoi un public plus jeune ? Parce que c'est un peu plus physique et qu'on va chercher un peu plus loin et que, ok, tu penses que les vieux ne peuvent pas le faire ? Ah ok. Et en fait, le fil en aiguille, plus tu échanges, plus tu te dis mais en fait, attends, non, mon projet, je ne dois pas le définir comme ça et d'ailleurs, c'est quoi vraiment mon projet ? Et ces semaines-là, ces mois-là où tu confrontes, du coup, font évoluer ton pitch, font évoluer ton produit, font évoluer ton positionnement, font évoluer ta cible, font donc évoluer tes moyens de communication, font donc, te permettre donc de déterminer un budget par support de communication que tu utiliserais et te permettre d'y voir toute la sur ton plan de financement. En fait, tant que tu n'as pas bouclé cette boucle-là, on te dit tu as besoin de combien ? Bah, tu n'en sais rien en fait, tu n'en sais rien. Donc, la plupart des gens disent j'ai besoin de ce que j'ai. Bah, peut-être pas, non. Il y a parfois, il y a des mecs qui n'ont pas un sou et ils sont dans un projet industriel, ils ont besoin de millions en R&D et parfois, il y a des mecs qui sont crézus et qui ont besoin de pas grand-chose parce qu'ils vendent juste un service avec un besoin en fond de roulement négatif. En gros, il n'y a pas de règle. Ça ne veut rien dire de j'ai besoin de ce que j'ai. Donc, tout ce cycle-là, il est important. Pour reboucler sur l'histoire d'Explora et du coup, pour te définir un peu comment ça s'est passé, c'est que j'ai toujours fait beaucoup de courses à pied. C'est un peu la troisième, je te dis, il y a trois grands moments. Il y a le trading, cette vie-là que je ne peux pas oublier qui fait l'homme que je suis aujourd'hui. Il y a évidemment le lancement d'Explora, une agence de voyage d'aventure durable d'un genre nouveau qui parle à toutes les générations et qui est engagée, qui est ancrée dans son temps et dans les problématiques environnementales actuelles. Et puis, il y a aussi, c'est clair, à titre perso, et ce qui a nourri l'ADN d'Explora, c'est beaucoup de courses à pied. Moi, c'est beaucoup de défis parce qu'à côté de cette vie extrême et radicale de trading, j'avais un exutoire nécessaire en fait. là où j'avais besoin de, tu vois, une soupape, où j'avais besoin de m'échapper, de vider mon cerveau du tumulte de la journée et je l'ai trouvé dans l'ultra, dans l'ultra fond, dans l'ultra aventure. ça a commencé insidieusement avec un, je crois qu'en première course, ça devait être un 10 km, le 10 km de la braderie de Lille, je crois, un truc comme ça, en 2008, 2008, 2009, 2008. Et puis, et puis, assez vite, ça a été un spin marathon, ça a été un marathon, deux d'affilé, un le samedi, un le dimanche, puis après, ça a été un 100 km, 100 km de Mignot que j'ai fait plusieurs fois, donc, des 100 bornes sur route, puis après, ça a été 100 bornes dans les montagnes, en trail, les trails des courses de l'UTMB, après, ça a été, puis je me disais, en fait, en fait, je veux aller encore plus loin, tu vois, un peu boulimique de cette notion du dépassement de soi, pas parce que je voulais me faire mal, mais en fait, parce que j'étais en construction, en construction de l'homme que je suis aujourd'hui, puis quand tu es dans cette phase de construction, tu as besoin de, c'est pas de tester tes limites, en fait, on dit beaucoup ça, les jeunes, ils ont besoin de dépasser leurs limites, en fait, en fait, non, quand tu es jeune, tu as juste besoin de les connaître, tu as juste besoin de savoir où est-ce qu'elles sont, quoi, tu es juste en apprentissage, ça ne veut pas dire conduite addictive ou excessive, peut-être qu'aux yeux d'autres personnes, ça aurait l'air de conduite excessive ou de conduite addictive, mais pour toi, tu es juste en train de te découvrir, de savoir ce que ton corps peut faire, de savoir où est-ce que tu places ta souffrance, qu'est-ce qu'elle t'apporte, est-ce qu'elle te construit, est-ce qu'elle te détruit, est-ce que tu es capable de capitaliser sur ces moments-là pour être plus fort dans l'adversité suivante, et en gros, ce mécanisme-là, il n'est pas si évident, en fait, le mécanisme du grand sportif qui souffre et qui est de plus en plus robuste à force qu'il souffre, en fait, ça marche avec certaines personnes, mais il y en a d'autres, ça les détruit, donc ce n'est pas une évidence, et cet apprentissage-là, il prend un peu de temps, et moi, je l'ai fait pendant, en parallèle de ses premières années de trading, du coup, je courais beaucoup, ma vie, c'était acheter ou vendre sur les marchés et puis courir, c'était vite du reste, mais je savais que c'était vite du reste et je savais que je faisais ça que pour un temps, mais j'avais besoin d'aller à fond là-dedans, et du coup, j'ai battu le record de la traversée de la France en courant en 2011 parce que j'avais besoin de le faire plus vite possible, tu vois, d'aller un peu, c'était en gros dans le terrain de jeu français, de ce que je me représentais rapidement, de ce qui était simple à mettre en place dans ma vie du moment où j'avais peu de vacances, je bossais beaucoup, je lui dis, ok, 15 jours, je traverse la France, facile, nord-sud, net, easy, clair, je passe par Paris, je passe par telle ville, je dors chez tel pote, tel pote, tel pote, je demande à tel pote de m'accompagner, je loue une bagnole, porte-maillot, ok, donne, j'achète 50 balles de stickers et on colle ça, record la traversée de la France en courant et c'est parti, et en gros, j'ai décidé ça en juin et puis je suis parti le 3 septembre, alors je suis entraîné sur l'été et du coup, j'ai fait ce record et je faisais plus de 90 bornes par jour, je fais ça 15 fois de suite et en fait, je me suis détruit et à mesure que je me détruisais, je me détruisais à court terme et puis j'étais en train de me construire pour la vie, ça je le sentais en fait, mais tout mon corps était en souffrance en gros, mais j'étais en train de découvrir que j'étais quelqu'un qui était capable de dire quelque chose et de le faire vite, assez rapidement, qui était capable de ne pas perturber la vie de tout le monde pour être capable de vivre son petit rêve, tu vois, je n'avais pas fait chier mon boss, ma boîte en leur demandant un truc exceptionnel, je n'avais pas demandé qu'il y ait une fanfare au démarrage et à l'arrivée, bon, il y a eu, mais tout ça s'est fait naturellement, j'ai fait chier personne en fait, tu vois, et ça je trouve ça, pour moi aussi, je le mets un peu en priorité de vie, c'est être capable de faire ton truc sans que la terre s'arrête de tourner pour toi, alors parfois c'est un peu le cas parce que tu lances des projets, tu vois, je ne peux pas dire que quand j'ai lancé ma boîte, je n'ai pas perturbé mon équilibre familial, il a fallu que ma femme s'organise autour des nouvelles contraintes, qu'imposer mon emploi du temps, le changement de vie financière, de rythme, de boulot et tout, il y a plein de trucs qui vont changer, mais dans l'absolu, ce que je trouve cool, c'est quand des gars ordinaires, ils font des trucs extraordinaires, mais quand c'est des gars ordinaires en fait, et quand ils le font avec leurs moyens, avec leur quotidien, sans faire l'impasse sur le reste, je trouve ça super cool de boucler un Ironman quand tu n'as fait chier personne pour le faire, tu vois, mais quand tout le monde autour de toi doit s'arrêter de respirer pour que à 20h, il n'y ait plus de bruit, que tu manges le bon repas avec le bon milligramme de calories qui vont bien, que tu te lèves à 4h et que tu fais chier tout le monde pour aller courir ou t'entraîner ou machin, tu vois, c'est un peu, c'est bien, tu vois, mais à quel prix pour être capable que tu réalises ton petit truc, tu vois, donc voilà, après, ça c'est un peu bourrin, mais dans l'ensemble, en tout cas, j'ai toujours essayé de faire ces projets-là sans changer la vie des gens et des gens autour de moi, de mes potes, de continuer de sortir, de boire des bières, de boire des coups, être pas un gars qui fait dans sa bulle à faire son truc pour dire que je l'ai fait, donc ce que je trouve que mon meilleur explorer, en gros, c'est d'avoir une vie normale et d'avoir réalisé ce truc-là, j'en suis super content, donc c'est vrai que dans cette aventure-là, comme un paquet de l'ADN d'exploré d'aujourd'hui qui ressort, et je me suis dit pendant cette course, t'es un frappé, toi c'est le cas de l'ébile, mec, t'es vraiment frappé, et d'ailleurs, mon père, en rigolant, me le disait souvent, tu vois, il me disait, t'es frappé, moi, mais en gros, c'est quand même intéressant de savoir que t'as cette possibilité-là dans la vie de faire ce que tu dis que tu vas faire et de te donner les moyens, après, le prix à payer, en l'occurrence, est parfois un peu cher et là, j'ai quand même dégusté.

Invité 1 Juste pour savoir, ça a été quoi, le chrono final ? Et la distance, peut-être, et le dénivelé si t'as encore ça en tête ?

Stan Oui, il faut que je... Je dois avoir des... J'ai gratté ça sur Facebook, à l'époque, mais il faut que je le fasse cet effort-là, on me l'a demandé plein de fois, je vais aller ressortir ça. Il y avait 1150, je crois que c'était 1152 kilomètres, le dénivelé, je ne sais pas, mais on a traversé les Alpes parce qu'on a gentiment fait l'île Nice en passant par Bourg-en-Bresse et Gap, et on avait en gros fait vraiment toute la diagonale des Alpes. Je ne saurais pas trop dire, mais il faudrait que j'aille re-regarder. J'avais tout ça dans une gare mine. Étonnamment, je passais un peu d'un défi à l'autre et je ne me suis pas trop attardé sur celui-là, mais maintenant, on me le demande, il faut que j'aille quand même un peu d'éterrer sur ce que je fais.

Invité 1 C'est vrai que ce n'est pas un Ironman. Ce n'est pas que tout le monde connaît les distances ou les chronos approximatifs, mais ça commence à devenir assez... En termes de référence, si tu veux, les gens arrivent à situer un petit peu, mais quand tu me dis que j'ai traversé la France en courant, je n'ai aucune idée. Enfin voilà, tu dis à peu près 15 jours, mais...

Stan Je faisais à peu près 90 bornes par jour. Je courais entre 7 et 12 heures par jour. Donc du coup, c'était un délire absolu. Je me souviens encore, j'ai démarré de Lille le 7 septembre 2011. Donc tu vois, ça date un peu. Et en fait, je fais cette première étape de 82 ou 86 bornes. Il y a plein de gens qui courent avec moi. Au début, il y avait beaucoup de personnes, puis au bout de 20, 30 bornes, il y a moins de personnes. Au bout de 40, ils ne sont plus que 5. Et puis au bout de 60, tu as juste un perdu. Tu dis, salut, tu appelles comment ? Et le gars, il est avec toi jusqu'au 80 ou pas. Et puis après, le lendemain, en revanche, demain matin, le lendemain matin, tu es tout seul. Ou alors c'est Balle Neuf, c'est des nouveaux mecs qui sont venus, qui courent le deuxième jour. Et puis en fait, franchement, je n'arrive presque plus à marcher. En fait, j'avais une espèce de début d'inflammation direct du tendon, tendon d'achite, j'arrivais presque plus à marcher. Je boitais le jambe gauche. Donc je me dis, attends, c'est une blague, ça va être très très long cette affaire. Et puis il n'y avait pas le sponsor que je devais rembourser si je ne faisais pas au moins 4 jours. Parce qu'il considérait qu'au moins 4 jours, il y avait eu la visibilité qui allait, mais si j'abandonnais trop vite, il fallait que je la rembourse. Donc tu vois, ça déjà, ça faisait un peu chier. Moi, il n'y avait pas des gros sous, mais je pense qu'il y avait 12 000, 12-14 000 euros, un truc comme ça. Mais quand même, tu vois, évidemment, je ne pouvais pas les rembourser. Et c'est vrai que ce deuxième jour, en fait, direct, jour 2, début du jour 2, tu vois, je commence, j'avais les larmes. Je me dis, ça commence à monter. Puis c'était un peu la pression qui s'échappait de ce projet-là que j'avais monté en bourrin, en sprint, grosso modo, j'avais monté le truc en 50 jours. Entre l'idée et la ligne de départ, j'avais peut-être 50 jours, le temps de... Enfin, tu vois, tout était allé très vite. Et en fait, en J2, j'avais tellement mal et je me dis, en fait, je ne peux plus poser le pied par terre. Et là, j'ai 91 bornes à faire et après, 13 jours de plus. Et je me disais, OK, donc là, je vais aller chercher des trucs que je n'ai jamais découvert avec mon corps. Je vais avoir une relation un peu différente avec mon corps, avec les gens qui sont autour de moi. Je vais devenir un peu quelqu'un de différent parce que je n'ai jamais été dans cet état-là, en fait. Ce qui va se passer va être un peu hors du temps. Et à partir de ce moment-là, je n'ai pas essayé de me dire, moi, je suis différent de d'habitude où, mais normalement, je n'ai pas autant mal. Tu vois, je me suis dit, je rentre dans une ère que je ne connais pas où mon corps, en fait, va m'envoyer des signaux que je devrais peut-être traiter de manière un peu différente que d'habitude parce que là, c'est un moment un peu hors du temps que je ne retrouverai peut-être pas dans ma vie. Et donc, j'ai eu un espèce de rapport un peu différent à la douleur. Et pour moi, c'est une espèce de trance, en fait, une espèce de trance que j'avais où, en fait, je souffrais, mais j'avais une espèce d'excitation de cette souffrance parce que je savais que j'étais en train de réaliser quelque chose qui me dépassait. Et je me dis, de toute manière, je sais que c'est à ce prix-là. Et donc, j'avais hyper mal et en même temps, j'arrivais à ne pas m'arrêter et mon corps commençait, en fait, minute après minute à s'habituer à cette douleur. Et je me suis rendu compte, en fait, que le corps a, du coup, une résilience de malade parce qu'en fait, le corps s'habitue à tous les traitements que la vie nous inflige. Moi, ça a été la course à pied puis il y a d'autres gens, c'est des pénibilités au travail tous les jours. Il y en a pour qui ça ne s'arrête pas, que ce n'est pas qu'un jour. Et le corps s'habitue. Un jour, il lâche peut-être, mais il tient longtemps tant que le mental peut le faire tenir. Et donc, en fait, ça a été pour moi, dès ce deuxième jour, je savais qu'en fait, j'irais au bout et qu'il fallait juste que j'ai un autre regard sur ce que j'étais en train de vivre. Et si je commençais à me plaindre, ça n'allait plus marcher. Ça, c'était le début de la fin. Si je commençais à comparer ce que j'avais vécu, ça n'allait plus marcher. Si je commençais à enlever l'énergie positive des gens qui étaient autour de moi et qui me nourrissaient, ça n'allait pas marcher. Et si j'essayais de... Et si je laissais la peur de ne pas y arriver m'envahir, ça n'allait pas marcher. Et à partir du moment où je suis rentré un peu dans cette nouvelle réalité, eh bien, j'étais capable de... Finalement, tu vois, de mettre un pied devant l'autre, de ne pas m'arrêter. Et du coup, parfois, j'avais besoin de... Tu vois, de libérer mon corps de cette douleur que j'étais en train d'encaisser jour après jour, en fait, et qui parfois durait, mais tu vois, durait pas... C'est pas genre le... Ah, t'as le mur du 30ème et après, t'as encore une heure et demie où tu vas déguster pour finir ton marathon et puis poster ta photo sur Facebook, tu vois. Moi, j'ai eu en fait cette douleur-là, parfois, je l'avais pendant 12 heures, pendant 5 jours d'affilée, quoi. Ça s'arrêtait jamais, en fait. J'avais envie d'hurler, c'était une douleur qui me... J'avais l'impression d'avoir la cheville cassée, quoi. Ça a été... Il y avait des moments où je me disais, mais c'est insupportable, quoi. Et en fait, à partir du moment où tu t'es dit une fois c'est insupportable, bah, quand ça va un peu mieux, bah, ça devient insupportable, en fait. Et du coup, tu cours avec ça et t'as mal, bah... Ouais, ça... Et tu commences à t'habituer puis finalement, ton corps hyper vite s'habitue. Et ça, c'est un truc de malade, c'est-à-dire qu'à la fin de la première semaine, là où ça a été le plus douloureux, c'était au bout de 4-5 jours, j'avais perdu 11 kilos. Je suis parti, je faisais 75 et du coup, j'avais groupé à 64 kilos et le médecin m'avait dit il y a plus de 12 kilos, on arrête. Si tu perds 12 kilos, c'est fini, donc c'est trop dangereux. Et du coup, à partir de... Je sais pas, quand j'ai vu que j'avais perdu 11 kilos, ce mardi, je m'étais dit, ce lundi, je m'étais dit, bah, du coup, si ce soir, t'as encore perdu 1 kilo, c'est fini. Donc en même temps, tu vois, j'ai bien mangé et puis j'ai vécu cette journée presque comme peut-être la dernière et puis j'étais en pleine forme et mon corps a commencé à se regaillardir et après, j'ai repris du poids et puis j'ai fini l'aventure à moins 7 kilos, donc j'ai repris quasiment 4 kilos sur la deuxième semaine. C'est l'équivalent. Et finalement, plus... Enfin, au cours de cette deuxième semaine, je me sentais de mieux en mieux. Et en fait, je pense que si ça avait été un an de retour, je serais allé plus vite sur la deuxième moitié. Si j'avais fait, tu vois, la France en courant, Lille, Nice, Nice, Lille, je pense que le Nice, Lille, le retour, ça aurait été encore mieux. Parce que le corps, en fait, s'habitue à l'effort et j'étais, je commençais à... A rentrer dans le rythme. Mon corps était prêt à rentrer dans un rythme. J'ai l'impression que ça ne pouvait pas s'arrêter. Donc, en fait, ça a été vraiment 15 jours assez hors du temps où du coup, tu relativises toute ta vie parce que... Pas parce que ce que tu fais est exceptionnel, tu vois. Il y en a qui font des trucs sportivement ou même dans tous les sens qui sont bien plus fous. Mais parce qu'en fait, ce niveau de douleur que tu atteins te fait relativiser tout ce que tu connais. Et quand tu es dans une douleur ultime, tes pensées ne peuvent aller qu'à l'essentiel. Et c'est la pyramide de Maslow, tu vois. Il faut bien démarrer par bouffer, quoi. Et ne pas souffrir. Enfin, ne pas être en danger physique puis se nourrir. Et du coup, j'étais clairement sur ce premier pilier, sur cette première marche de la pyramide pendant 15 jours et je n'ai pas vraiment été capable d'aller sur les autres. Mais en tout cas, ce retour-là m'a donné en fait une espèce de confiance dans ce que je pouvais faire avec mon mental, de confiance dans mon corps aussi d'une certaine manière. Et en se disant, tu vois, en fin septembre 2011, je me suis dit ce que tu veux faire, tu vas le faire et ton corps sera au service de ça, quel que soit ton défi. Et à ce jour, je ne connais pas de limite à ta capacité mentale à réaliser les choses. En gros, c'est un peu bourrin, mais voilà ce que je me suis dit. Donc, cette traversée de la France en courant, pour moi, le plus important, c'est ces trois choses-là. Parce que je me suis dit, tu peux faire, tu peux tout faire. Peut-être que tu vas te foirer, tu vois, mais tu ne vas pas tout réussir. Tu vas tout faire, tu vas tout essayer. Puis après, il faudra bien avoir d'autres formes d'intelligence et d'expérience pour se relever et pour apprendre de tes erreurs, de tes conneries, etc. Ce n'était pas, genre, tu vas avoir une vie rose, tu vas tout réussir. Il y a là, c'était, en tout cas, tu essayeras tout ce que tu as dit que tu essaierais et tu donneras les moyens. Et en fait, cette confiance-là, dès que ça va mal, tu vois, dès qu'il y a quoi que ce soit qui déraille, j'ai un espèce de socle en titane qui fait que je ne vais pas plus bas que le fond. Et ça, je crois que quatrième tips, en fait, pour moi, ça a été la traversée de la France. Pour d'autres gens, ça peut être plein de trucs, tu vois, mais pour moi, ça s'est construit en une expérience forte après sur laquelle j'ai ajouté, tu vois, d'autres briques. J'ai fait des Iron Man, des machins et tout, mais jamais j'ai effleuré la puissance que j'ai vécu dans cette traversée de la France en courant. J'ai même après fait la traversée d'Atacama, du désert, d'Atacama au Chili en courant en une semaine, c'est 250 kilomètres. Ça, je l'ai fait en 2018. Mais du coup, pareil, je suis glissé sur les sensations de l'innis de l'époque, mais pas de manière aussi intense. Mais je pense que les gens ont quand même, tu vois, on peut se construire ce socle en titane qui t'aide, une aide pour toute la vie, mais il faut quand même se confronter à... Il faut connaître ses limites et il faut s'y confronter quand même un peu. C'est donc cette notion qui me disait que c'était un peu... La façon dont on parle et l'intensité

Invité 1 qu'il y a derrière cette expérience, j'ai l'impression que tu nous parles d'un rite de passage en fait. C'est marrant, mais c'est vraiment ça, tu vois, c'est ça que j'ai en tête depuis tout à l'heure, c'est... Il y a eu un avant, un après, très clair, et tu viens de le dire, pour toi, c'était une expérience intense de 15 jours, mais les formats peuvent varier, mais j'ai vraiment l'impression d'entendre, il y a eu le stand qui se construisait et puis le stand avec son socle en titane après ses 15 jours.

Stan C'est marrant. Oui, en fait, tu as raison parce que du coup, tu vois, ça a débloqué des choses que je refoulais. déjà, c'est des moments qui te font réfléchir à ton histoire personnelle. Bon, la mienne n'est pas particulièrement compliquée, elle est même plutôt simple, mais je pense que pour certains qui n'ont pas eu, tu vois, l'amour de parents, de fratrie, de copains et un cercle d'éducation privilégiée dans lequel ils ont pu grandir, tu vois, un peu protéger du monde, bah, forcément, ça te fait des moments de difficulté, tu te rappelles à tes propres difficultés vécues, du coup, ça fait quand même du bien de faire ressortir ça. pour être capable de le traiter, tu vois, on construit rien sur des difficultés refoulées. Donc, ça, je pense que ça a cette vertu-là, de le faire dans un effort physique dur. Ça, c'est ma conception, tu vois, c'est comme ça que ça fait émerger les choses en moi, mais il y en a d'autres chez qui, comme tu le dis, ce rite de passage, c'est finalement une trance qui est plus psychologique qu'on peut avoir avec d'autres expériences. Chez Explora, on a, du coup, probablement un faible pour les recrutements de ces personnes avec des aspérités et qui ont des expériences de vie fortes et parfois lourdes et du coup, on a chez nous quelques perchés de l'ayahuasca ou autres qui ont vécu des expériences qui les ont aussi transcendées et qui ont eu des apprentissages qui sont extrêmement sensés, pragmatiques, clairs de ces expériences qui sont parfois un peu folkloriques, tu vois. Donc, en gros, l'idée n'est pas d'être dans le fantasme, c'est quand même d'analyser un peu ce qui t'est arrivé et ce que ça t'a apporté. Et chez moi, cette expérience de douleur en fait physique, elle m'a débloqué des choses que je refoulais comme l'accès à mes émotions. Tu vois, moi je suis assez pudique, peut-être un peu fier en fait, mais c'est une espèce de défense aussi à tout le bruit environnant pour être sûr de garder le cap. Mais pendant la France, tu vois, à traverser de la France, tu vois, j'ai pleuré, j'ai beaucoup pleuré. J'ai jamais autant pleuré de ma vie. J'ai pleuré devant des gens que je ne connaissais pas, j'ai pleuré avec des gens qui m'accompagnaient en vélo, qui couraient un morceau avec moi, que je connaissais plus ou moins, d'amis, des partenaires, des gars, des boîtes qui m'avaient financés, tu vois. Tu as des gens, je ne te dis pas que c'était des inconnus, mais pas des gens de qui j'étais proche. En fait, j'étais dans un échange tellement céleste pour moi, tu vois, complètement au perché que j'avais un accès direct à mes émotions et puis je ne pouvais plus les cacher, quoi. Et donc, cet accès-là, il m'a fait du bien parce qu'en gros, ça m'a permis dans les années d'après de ne pas être un personnage, quoi, de moi-même, d'être moi-même, quoi. Et de savoir que moi, je suis un gars qui aime bien pleurer parce que ça me rappelle, en gros, que je suis faillible, tu vois, ou que je suis faillible ou en tout cas qu'il y a des choses qui m'atteignent fortement. et ça, je pense que c'est vachement important. Un truc un peu con, mais moi, tu vois, pleurer, ça me fait vachement de bien. C'est hyper bizarre parce que je trouve qu'autour de la virilité, il y a quand même un sujet autour d'avoir un accès à ses émotions qui n'est pas forcément vu comme viril et je pense que c'est une super connerie. Moi, je prends plaisir à assez régulièrement me faire pleurer ou me forcer un peu l'accès à ses émotions-là parce que ça fait vachement de bien et qu'en pleurant sur quelque chose, on va se libérer d'autres difficultés qu'on aurait pu avoir dans le quotidien et sur lesquelles on se serait retenu d'y projeter des émotions. Et donc, moi, je regarde des vidéos à la con sur YouTube des trucs most emotional auditions ou des trucs de X-Factor et des conneries, tu vois, des trucs qui te prennent quand même au trip, qui sont bien foutus, c'est tourner à l'américaine et en fait, moi, ce qui m'émeut, c'est ce qu'on où des gens ordinaires deviennent un peu extraordinaires où dans leurs yeux, ils réalisent que leur vie va changer parce qu'ils ont gagné ce truc, ils ont gagné des millions et c'est des gars qui sont paumés et qui ont juste ce talent-là et ça, cette puissance de vie qui change, elle me fait vraiment frissonner jusqu'à me faire pleurer parfois et donc, je le fais régulièrement pour me rapprocher de mes émotions et ça, c'est ce que m'a permis probablement la course et cette épreuve, ce rite de passage comme tu dis. donc, très clairement, rite de passage, tu as raison et j'ajouterais autre chose, c'est que avant de traverser la France en courant pendant plusieurs mois, quasiment, enfin, plus d'un an, je pense, je rentrais de Saint-Germain-en-Laye jusqu'à Place-Siena en courant le soir quand je bossais à Paris et du coup, j'ai fait ça pendant plusieurs mois et j'avais 22 bornes, tu vois, donc je faisais tous les jours un semi-marathon. Donc déjà, tu vois, physiquement, ton corps, il s'entraîne un peu au bazar, quoi. Et en fait, pour moi, ce rite de passage, il a déjà été un petit peu pendant ces entraînements besogneux, tu vois, on parle souvent du moment de la compétition, du moment où il y a tous les projecteurs, machin, illustres, mais quand même, l'exploit ou le record se fait un peu avant chaque jour. Et quand tu es, quand tu es entre le Valois-Péret et je ne sais pas quoi, entre les buildings, dans les bars d'immeubles qui est les 22 heures et que tu es avec ta frontale qui échoua, qui clignote à moitié et que tu es en pleine galère en mois de novembre, tu es tout seul avec toi-même et que tu es en bord de route, tu ne te dis pas que ta vie, elle est waouh, tu te dis, putain, je suis vraiment en pleine galère, j'ai encore 13 bornes, on est un mardi soir, mais mec, qu'est-ce que tu fais, quoi ? Et du coup, quand même, ces moments-là, c'est des moments où tu te crées un peu des trajectoires de vie qui ne sont pas ordinaires. Ce n'est pas un exploit de faire ça, en fait, mais c'est juste que toi, ce soir-là, tu fais un truc différent. Toi, ta vie, elle est en diagonale ce soir-là par rapport à la ligne un peu classique des gens qui sont autour de toi et de tes collègues, par exemple. Et cette vie de diagonale, elle t'apprend que, finalement, aller dans le tout droit ou dans le tout tracé, tu vois, tout le monde y va, donc ce chemin, il n'apporte pas d'embûche, donc pas d'aspérité, donc pas d'apprentissage. Donc, s'exercer, et c'est peut-être un cinquième apprentissage, décidément, je n'avais pas particulièrement prévu de distribuer les apprentissages, mais prendre la tangente, prendre la diagonale, plus que fuir, prendre la tangente, un peu double sens, mais fuir, enfin, pardon, ne pas fuir, mais prendre la diagonale, prendre des trajectoires un peu différentes, et bien, ça, tu vois, tu te construis un peu un destin un peu différent, c'est sur des tout petites choses, en fait, parce qu'on va falloir prendre les grandes décisions, si tu n'avais aucun antécédent dans ton subconscient d'être humain, tu ne vas pas pouvoir passer le cap, quand tu as empilé des choses différentes, le jour où tu as un truc un peu fat, tu fais, ouais, j'y vais, et ça, ça se cultive, ça se cultive un peu tous les jours, c'est un peu comme l'amour, et du coup, tu te dis, ce soir-là, et ça, c'est ce que je faisais, c'est-à-dire que j'étais allé chercher, qu'est-ce qui me faisait plus marrer à 22 ans, c'était un vendredi soir, aller dans une teuf avec des potes, enquiller des bières dans l'appart d'un pote à Paris, tu vois, il y a 30 000 personnes, tu connais ces soirées-là, c'est churmé, tu rencontres plein de gens, c'est génial, tu as une semaine lourde, tu évacues, top, et bien, je me disais, ouais, je vais y aller à cette soirée, mais d'abord, je vais faire un marathon, et du coup, 20h début de la soirée, je mettais mes baskets, j'arrivais à une heure du match, j'avais couru 40 bornes, et je la méritais cette soirée, elle m'avait fait du bien, dis-donc, t'étais où ? Oh, rien, je voyais un pote et tout, machin, et je me dis, pendant toute cette soirée, je ne veux que personne ne sache que j'ai couru un marathon, je vais avoir l'air en pleine forme, je vais m'amuser avec tout le monde, et ça, c'était devenu mon jeu, donc en fait, en gros, j'enquillais des marathons tout le temps, et dès qu'il y avait des soirées, je me faisais un marathon d'abord pour mériter un peu la soirée, mais je trouvais ça, en fait, ça m'a construit dans ma tête un trajectoire d'un gars un peu différent, et en plus, je commençais à enquiller pas mal le savoir-faire en course à pied, du coup, parce que je faisais beaucoup, beaucoup de bandes, et voilà, bref, tout ça, je vais d'histoire en histoire, mais tout ça pour montrer que souvent, tu vois, on parle de destin un peu, de destin, de trajectoire un peu hors du commun, mais en fait, le plus important, c'est comment tu y arrives, et tu n'y arrives pas avec des grands coups de barre, en fait, tu y arrives avec une capacité à mettre des mini coups de barre, et à apprendre, à apprendre, à comprendre ce que ça t'apporte de positif, de moins positif, peser le pour et le contre, et à continuer à tester comme ça. Jusqu'au jour où tu peux prendre les plus grandes décisions, et tu le fais sereinement, ou tu quittes un salaire à 400 000 balles pour lancer une boîte, ou tu gagnes zéro, et ça, c'est du coup la décision que j'ai prise quand j'ai lancé Explora, et je l'ai faite, je ne l'ai pas prise, tu vois, inquiet, du tout, j'ai super confiance, et donc, quand on me dit, oh là là, c'est le grand bain, c'est le grand plongeon, c'est le machin, franchement, bah non, parce que, ce moment-là, ça fait longtemps que je l'ai préparé avec des petits plongeons, il n'y a pas eu de grand bain, il y a juste eu un bain un peu plus grand que le précédent.

Invité 1 C'est vachement intéressant ce que tu dis, ça me fait, je suis en train de lire un livre, tu vois, les coïncidences, ça tombe bien, justement sur ça, le fait que ce n'est pas forcément, comment dire, bien souvent, tu vois, on voit le résultat, c'est-à-dire que, c'est très facile de voir la partie de l'iceberg qui sort de l'eau, c'est la seule chose qui est visible, tu vois, un gars qui vient de finir un Ironman, toi qui franchis la ligne d'arrivée en traversant, après avoir traversé la France en courant, le résultat, c'est là que tu as tous les yeux qui sont sur toi et que tu es sous les projecteurs, mais effectivement, comme tu dis, quand tu es en train de cavaler à 22h, en revenant du taf en plein mois de novembre sous la pluie, il n'y a personne à côté de toi et c'est bien certainement, c'est la somme de toutes ces actions, tous ces moments cachés qui fait que tu arrives peut-être à te tenir à une de ces diagonales dont tu parles. Et ce livre, ça s'appelle Atomic Habits, s'il y en a qui veulent le regarder, je ne sais pas s'il existe en français, mais c'est un petit peu le concept de dire que ce n'est pas forcément l'objectif qui fait la différence, mais c'est le process que tu arrives à mettre en place et auquel tu arrives à te tenir qui fait souvent la différence. Super intéressant.

Stan Je regarderai ce bouquin.

Invité 1 C'est un petit peu, d'ailleurs, tu vois ce que tu dis sur le fait que tu n'as pas le sentiment que ça a été un grand plongeon dans le vide sans fil de sécurité ni rien au moment où tu as lancé Explorer, mais plus le fruit de plusieurs années d'événements, d'expériences que tu as vécues, c'est aussi ce que disait Anthony, donc c'est marrant de voir que dans cette génération de jeunes entrepreneurs français, il y a ça qui ressort j'ai l'impression.

Stan En fait, tu vois, c'est un peu comme un... c'est un peu comme une... En fait, c'est une manière de canaliser, tu vois, le projet entrepreneurial est une... la force et la puissance qu'on y met, c'est comme si tu canalisais un peu les... en une source d'énergie unique, tous les coups que tu as pu prendre, toutes les expériences que tu as pu vivre avant, tu vois. Si jamais tout roule pour toi, tu veux lancer une boîte, machin, sortie d'école, ok, c'est top, et on te dit, tu veux faire quoi, je lance ça parce que je pense que c'est une bonne idée, etc. bah, tu vois, ça va sûrement marcher, quoi, ça va peut-être marcher, ça va probablement marcher, mais jamais tu seras persuadé que si c'est la merde absolue et si c'est dur, bah tu vas te mettre à la barre, en fait, tu diras, bah on verra bien, tu vois, je sais pas, j'ai jamais vécu ça, je ne sais pas, sauf que, je sais pas si Anthony a lancé sa boîte, enfin, au bout de combien de temps il a lancé feed après ses études et tout, mais, tu vois, c'est un gars qui a une histoire particulière, personnelle particulière et tu vois, il va chercher dans sa vie à lui la force de, la force de, de, de, de rien lâcher, tu vois, et, et ça, je pense que cette énergie, cette puissance, soit tu l'as avec ton histoire compliquée, moi ça n'a pas été le cas, donc, je suis allé me créer, ces aspérités dans une vie qui est à la base et, tu vois, avait tout pour être lisse, quoi, j'étais scout enfant de cœur, bon, tu vois, j'étais en tête de classe, tu vois, je mettais des lucarnes et je résolvais des équations, tu vois, ma vie, elle aurait pu être assez basique si j'en avais décidé que c'était une trajectoire classique de jeune enfant qui privilégiait et à qui on a tout donné pour que ça fonctionne dans ses études. Mais, donc, il y a un moment, il faut, si tu veux que ta vie soit un peu extraordinaire, bah, tu vois, cette aspérité-là, il faut aller la chercher et après, il y a deux solutions, tu vois, tu te dis, soit j'ai pas d'idée et cette aspérité-là, je vais la chercher dans ce que beaucoup font, dans des paradis artificiels, tu vois, dans des drogues, dans des conneries, dans des conduites, dans des états limites, dans des conduites à risque, soit tu essaies de canaliser ça sur un truc constructif dans le sport ou dans l'entreprenariat ou au service des autres. Au service d'abord, pour mieux te connaître, une fois que tu te connais bien, tu pourras aider les autres. Et donc, du coup, c'est pas des projets, tu vois, on parle souvent de l'entrepreneur comme étant un mec, tu vois, t'as fait ça pour toi, ta gloire, ton pognon, ton truc et tout. En fait, il y a quand même une phase assez égoïste où en fait, tu poursuis un but ultime, un but personnel ultime et parce que t'es à peu près convaincu que tu dois aller chercher d'abord dans cette direction-là pour avoir la confiance, l'assise financière, la sécurité pour être capable de construire autour de toi et de t'ouvrir et d'aider les autres. Et ça doit se faire dans ce temps-là. Et c'est aussi, je crois, l'histoire d'Anthony qui maintenant met avec feedback notamment pas mal au service des communautés. Nous, ce qu'on fait avec Explora Care dans une certaine mesure aussi, l'association d'utilité publique qu'on crée pour aller lutter contre les, tu vois, un peu le C-Shepard du surtourisme, pour aller lutter contre les, trouver des solutions concrètes aux défis environnementaux actuels. Du coup, c'est le moment de donner quand tu as confiance en toi, quand tu as fait des trucs, quand tu as, c'est le moment de donner.

Invité 1 Super. Écoute, on a bien balayé, on va dire, tout ce qu'il y a eu avant Explora. Moi, j'ai entendu plein de messages dans ce que tu as découvert à travers ta pratique de la course à pied notamment que j'ai l'impression de retrouver dans la com d'Explora Project aujourd'hui. Donc, je pense que les gens ont bien compris maintenant qu'on parle d'Explora Project et assez étonnamment d'ailleurs, ça s'est fait par hasard pour les auditeurs, il n'y a rien eu d'organiser, mais je crois, Stan, que tu es le, bon alors déjà, tu es CEO fondateur d'Explora Project, donc on ne peut pas faire mieux, mais je crois qu'on a déjà eu quatre ou cinq, sans que je le sache, ambassadeurs ou guides Explora Project sur le podcast, dont Pierre Lary, et d'autres qui arrivent très bientôt, donc c'est marrant.

Stan J'étais sûr qu'ils étaient les mecs.

Invité 1 J'étais sûr. Si on repart de cette tête de cette traversée de la France, tu vois, et qu'on fait un fast forward jusqu'à aujourd'hui, en quoi est-ce que ça contribuait, tu vois, à façonner l'Explora Project qui existe aujourd'hui et peut-être comment est-ce que, maintenant que tu peux regarder dans le rétroviseur, comment est-ce que tu arrives à connecter le dot, comme on dit, pour voir un petit peu ce qui a plu à influencer cette stratégie, cette diagonale dont tu parlais. ?

Stan Ben, c'est une bonne question, du coup, tu vois, Explora aujourd'hui et toutes les boîtes, on peut les définir avec 3, 4 piliers importants. Tu as d'abord les valeurs de la boîte. Qu'est-ce que la boîte veut porter haut et qu'est-ce qu'elle veut montrer et offrir au monde ? Ben ça, clairement, c'est directement lié à mes histoires personnelles qu'on a évoquées, à mon expérience. Donc, ça va être le courage, le collectif, le dépassement de soi, l'aspect pionnier, faire des trucs que les autres ne font pas, ouvrir la voie et le courage de prendre des baffes, quoi, parce que quand tu fais ça, quand tu t'exposes, du coup, ceux qui la doxa, quoi, ceux qui pensent la droite pensée du moment, ben du coup, pour eux, t'es un derailing man, quoi, tu prends la tangente, donc t'es dangereux parce que tu les rappelles à ce qu'eux ne sont pas capables de faire, parce que tu es inconnu, parce que plein de choses, donc du coup, il faut apprendre à prendre des baffes. Ça, c'est les valeurs d'explorant. Ça, c'est mon histoire de trader où pendant 10 ans, j'ai pris des baffes tous les jours et pendant 9 ans ou 10 ans, tu te dis, ben peut-être ce soir, je suis viré, tu vois, parce que si ce marché ne se retourne pas, ce soir, je suis viré. J'ai perdu 24 millions de dollars, ce soir, je suis viré. Donc, il y a un moment où tu te dis, tu testes quand même pas mal ta propre conviction sur les choses. Tu relativises le métier que tu as dans la vie. Évidemment, tu te dis que ton métier, ce n'est pas tout si tu peux être viré tous les jours, sinon c'est un supplice. Donc, du coup, ta vie, ce n'est pas ton boulot. Ta vie, c'est ton boulot plus ta famille, plus tes potes, plus tes projets. Et si tu n'as pas de ces quatre piliers-là, le tabouret, il se casse la gueule. Donc, ça, forcément, les valeurs, c'est inhérent Explora, les valeurs d'aujourd'hui, ce qu'on rappelle à chaque fois que quelqu'un rentre dans la boîte, ce qu'on rappelle à tous nos séminaires tout le temps, c'est ces valeurs-là. Après, Explora, c'est aussi un produit, tu vois, et une boîte, c'est aussi son produit. Produit, nous, Explora, on fait du voyage d'aventure durable. On offre à des gens ordinaires qu'on est tous de vivre des expériences extraordinaires en outdoor de 2-3 jours jusqu'à 15 jours, 3 semaines, un peu partout en Europe pour des raisons, bien sûr, de vol long courrier évité pour les questions d'empreintes carbone. Et donc, on est dans 30 disciplines, on a une centaine de guides, on fait ça en groupe, des petits groupes de 400 jusqu'à max 10-12 en fonction des disciplines. Et on a, on est dans 6 environnements, la haute mer, la haute montagne, les forêts et les vallées, l'eau vive, les terres polaires, les déserts, donc à peu près partout. Donc évidemment, on essaie de proposer des voyages qui sont uniques, qui sont différents, on les crée nous-mêmes, on revend les voyages de personnes, on est revendus par personne, on est complètement créateurs. Entre le guide local et le client final, partout en Europe, il n'y a que nous. On n'est pas un marketplace, on n'est pas un revendeur, tu peux nous appeler et dire, j'ai pas compris ce projet-là, il se passe quoi le jour 2 ? On va te le dire parce que c'est nous qui l'avons fait. Donc en gros, ça c'était important. Donc le produit, l'exploration en tant que tel, je l'ai vécu un peu dans mes courses parce que tu vois, j'étais dans la logistique, je devais tracer ma carte, mon sac à dos, mon matos, tu dors où, l'automédication, enfin tu vois, tout ce qui est logistique, organisation, planification, pricing, de ces produits-là, du coup, c'était un peu ma vie quoi. Je passais ma vie à créer des aventures, à m'organiser mes trucs. Et puis, donc les produits, c'est de là que c'est venu. Il m'a manqué quand même une brique parce qu'entre une traversée en courant et une descente, une traversée de l'Islande intégrale de la mer du Groenland à l'océan Atlantique, tu as quand même d'autres disciplines que la terre ferme, tu as du glacier, tu as du rafting, de machin, donc j'ai dû m'entourer très vite. C'est le premier recrutement que j'ai fait de guide d'aventure, une personne spécialisée qui m'a aidé sur la partie terrain parce que ça, c'était le manquement que j'avais quand j'ai lancé la boîte. Et puis après, le reste, si tu veux, c'est la connaissance des gens qui sont autour de toi. En fait, c'est qu'est-ce que les gens, à quel besoin est-ce que tu réponds ? Donc là, après, tu as tes valeurs, tu as ton produit puis tu as ton besoin. Et quand tu connectes les trois et que tu trouves la source de financement qui va bien, tu lances ta boîte. J'ai su ce que les gens voulaient parce que, pareil, quand j'ai traversé la France en courant, il y a plein de gens qui à l'époque, j'avais Facebook, je n'avais pas d'autre réseau, j'étais sur Facebook et donc les gens m'envoyaient des Facebook Messenger, machin, j'ai reçu vraiment énormément, énormément de messages et puis j'ai reçu des lettres aussi parce que j'avais sur mon site de l'époque, sur mon blog, j'avais une adresse postale et du coup, j'ai reçu, je ne sais pas, une trentaine de lettres, je crois, trentaine, quarantaine de lettres et puis, je ne sais pas, franchement, des centaines et des centaines de messages et du coup, j'ai dépiauté tout ça pendant des mois et des mois et puis j'ai gardé des correspondances avec beaucoup et pour savoir pourquoi ça les avait inspirés, qu'est-ce qui les avait inspirés et surtout, mais tu vois, un peu innocemment, mais qu'est-ce qu'ils n'arrivaient pas à faire dans leur life pour que ça les inspire autant ? Tu vois, j'étais un peu basique parce que maintenant, j'ai du recul sur ce que j'ai vécu et je m'auto-inspire, je trouve ça super cool mais à l'époque, franchement, je ne trouvais pas que j'étais inspirant, enfin, je ne captais pas le délire mais je suis juste un peu fondu, un peu frappé mais bon, je n'avais pas vraiment de recul sur le mécanisme de décision que j'ai aujourd'hui et du coup, parce que tu t'es lancé dans un projet de vie, c'est cool et je disais ok, c'est quoi ton truc ? C'est très basiquement, moi, c'est de traverser l'Atlantique avec ma femme et mon fils. Une transat, c'est le rêve de ma life, je serais heureux que si je fais ça, ok, bah, vas-y. Bah, non, parce que, parce que quoi ? Bah, parce que je n'ai pas l'argent, ça coûte combien ? Bah, je ne sais pas en fait. Ah ok, bah, écoute, renvoie-moi un mail avec un budget, déjà ça me ferait plaisir et puis tant que tu ne vas pas envoyer ça, je ne te parle plus quoi. Ok. Et donc du coup, tu vois, en fait, en gros, un peu innocemment, un peu très pragmatiquement, un peu bourrinement, je suis allé confronter tous ces gens à ce qu'eux ne t'arrivaient pas à faire. Et du coup, je me suis rendu compte que, en bout de ligne, bah, les gens, ils arrivaient un peu à le faire. Ce gars-là, il a fait sa transat. Et au final, je me suis rendu compte que moi, j'avais servi à rien d'autre qu'à être un tuteur pour que lui grandisse, pour que lui pousse. Et je me suis dit, en fait, il faut que je crée une boîte qui aide les gens à réaliser leurs rêves parce qu'ils ont tout en eux, ils n'y arrivent pas. En fait, ils n'y arrivent pas parce qu'ils se mettent des barrières qui sont complètement invisibles que, je ne sais pas si c'est la société qui nous met ces barrières-là ou si c'est des barrières ou des craintes ancestrales, il y a la peur de ne pas avoir d'argent, tu vois. Il y a la peur de briser un équilibre alors que, tu vois, quand même, il y a un moment, la seule manière de progresser, c'est aussi en prenant une trajectoire que tu ne connais pas et puis ça veut dire parfois, ça ne veut pas dire de tout briser mais ça veut dire parfois des prises de risques qui veulent dire parfois des fêlures et puis, il faut être capable de sortir sa zone de confort comme on dit souvent pour vivre d'autres choses et puis, je me suis rendu compte en fait que ce qu'il fallait, c'est une boîte qui aide les gens à réaliser le rêve d'une vie alors je me dis, voilà, et puis, en posant la question à toutes ces personnes-là et en le faisant valider par une junior entreprise sur un échantillon de 1000 personnes, je me suis rendu compte que tout le monde avait ses mêmes rêves, ce quatrième pied du tabouret, ce pied de projet, franchement, 71% de l'échantillon, c'était les mêmes choses, c'était des rêves d'exploration de A à B, donc traverser de l'Himalaya, traverser de l'Atlantique, la Mongolie à cheval, l'Europe en stop, tu vois, alors motoriser parfois mais c'était en gros explorer, vivre dans l'espace, se sentir vivant en traversant l'espace, s'autoriser des grandes parenthèses de rêves, d'aventures, de dépassement de soi, évidemment, et je me suis dit, mais putain, mais en fait, c'est du voyage d'aventure qu'ils veulent tous faire, c'est donc ça qui les rendrait heureux à la fin de leur vie s'ils faisaient ce grand et beau projet, et ben, je vais leur faire les coups de pouce pour qu'ils y arrivent. Voilà un peu le premier pitch d'explora qui est né en 2012 et puis, de cette histoire personnelle, et ben, cette histoire personnelle, on dit souvent que des projets de start-up qui émergent, c'est quand l'histoire personnelle du founder percute un marché et cette histoire personnelle, cette envie que j'avais, ces calepins grattés, ils ont percuté un marché du, à l'époque, anglo-saxon, enfin, beaucoup plus anglo-saxon que français, c'est toujours le cas aujourd'hui, de l'adventure travel que les anglis, ils ont un fond, et dans les veines, et depuis longtemps, et des boîtes comme Explorer au UK, il y en a pas mal, pas tout environnement, pas la manière dont on fait, pas des intermédiaires, machin, pas forcément green, mais sur certains aspects, franchement, ils ont des très belles réalisations, et du coup, je m'étais dit, mais dans le marché français, il n'y a que quelques acteurs vieillissants, il y a vachement de choses à faire en fait, et les trois quarts des gens que j'ai autour de moi, ils ne partent pas avec des agences de voyage, les agences de voyage, à proprement parler, c'est un truc de vieux, il y a tout à réinventer, des voyages en groupe, les gens se projettent que ça va être avec Jean-Michel qui ronfle et qui a 50 ans, jamais je ne veux partager une semaine de congé avec ce mec-là, tu vois, et en gros, le franchouillard classique, on se dit, merde, non, je ne veux pas, je ne veux pas, et en fait, on s'est dit, il faut moderniser le truc, il faut réinventer les produits, il faut être transparent, direct, green, il faut aller chercher tout ce que j'avais dans mon histoire et ce qui me semblait que le marché avait envie de voir et donc, tu vois, conjointement, quand on a lancé Explorer en 2000, enfin, deuxième moitié 2018, quand on est arrivé au marché avec un site et tout, il y a une grosse année, bah, tout le monde dit, mais vous êtes allé super vite, bah non, en fait, tu vois, ça fait 8 ans que je gagne des calepins et ça fait 30 ans que ces valeurs-là, ce sont les miennes, quoi, donc non, c'est pas allé super vite, mais ça a pris le temps qu'il fallait pour que ça aille suffisamment vite pour ne pas rater le marché, quoi, donc, voilà un peu l'histoire.

Invité 1 Waouh, ça fait rêver. Encore une fois, même si c'est super qu'on puisse avoir ton témoignage, tu vois, pour entendre aussi ce que j'ai l'impression qu'on entend moins souvent quand on parle d'entrepreneuriat, de succès en général ou en tout cas de grands projets qui aboutissent et le chemin qu'il y a derrière. Donc, voilà,

Loïc moi,

Invité 1 ça me fait plaisir, tu vois, d'entendre que t'es parfaitement conscient du fait que c'est pas arrivé comme ça, que c'est, c'est, enfin, c'est peut-être pas l'aboutissement parce que Explora, je ne vous souhaite que de nombreuses années de développement et d'aventure encore, mais en tout cas, le projet est né après, après, tu vois, un cheminement, un cheminement important, donc, c'est cool d'entendre ça. Est-ce que tu peux peut-être nous en dire plus sur, ben, Explora, c'est quoi actuellement ? Vous avez combien de, je crois que t'as dit, une centaine de guides ? Tu peux nous en dire peut-être un peu plus sur les destinations pour entrer plus dans le détail, le nombre de clients ou si c'est pas confidentiel ?

Stan Non, non, non, ben, non, je pense que tout est dans la transparence, tu vois, il n'y a rien à, on a, ouais, près d'une centaine de guides, on en a à peu près 200 avec qui on discute des projets en cours, mais qui ne sont pas encore aboutis, mais une centaine avec qui on a des expés en départ live et on a commencé vraiment à commercialiser, je pense à peu près en mai 2019, tu vois, ça fait 17, 18 mois, non, peut-être un petit peu après, peut-être, ouais, mai-juin 2019, mais vraiment, on avait très, très peu de voyages, on a vraiment démarré, le premier gros hiver, c'est 19, 20, donc vraiment, il y a une grosse année. Là, à date, on a eu près de 1500 clients sur, je pense, quasiment 400, quasiment 350 à 400 expéditions de l'un 12 pays et on a une communauté aujourd'hui de membres sur la plateforme qui est passée de mars, on avait 1500 membres, aujourd'hui, ils sont 80 000, donc clairement, le confinement, tu vois, le premier confinement, ça a été, ça a été un accélérateur, tu vois, le confinement, ça a été, ça a été, ça a été, le catalyseur de vachement de questionnements, c'est un accélérateur de beaucoup de questionnements pour tout un chacun et sur plusieurs choses, en fait, et sur ce qui fait l'ADN d'Explora aujourd'hui, ce qu'il faisait déjà et du coup, sur, tu vois, la nécessité de se reconnecter à la nature, le besoin de se reconnecter à la nature après avoir des mois et des semaines à être confiné chez soi, d'une certaine manière, un autre regard sur l'importance du travail parce qu'on était plus en télétravail, parce que du coup, avec le télétravail, on a désacralisé une certaine partie, une certaine portion de notre vie qu'on consacrait au travail et donc, on a eu un autre regard sur les choses, on a eu un autre regard aussi sur la manière de consommer, du coup, on a recherché le sens dans ce qu'on consommait, donc, c'était déjà le cas pour la bouffe depuis de nombreuses années, puis pour les vêtements et puis, tu vois, c'est arrivé un peu plus tard, mais dans les services et dans le voyage, dans le travel et dans tout ce qu'on consomme, en fait, on veut donner de l'argent à des marques qui ont une mission et qui ont un sens, c'est pour ça qu'on est devenu entreprise à mission, la première agence de voyage française à mission et du coup, notre mission est d'apporter, en gros, d'offrir une expérience de voyage qui ait un impact positif pour l'homme et l'environnement, donc ça veut dire beaucoup de boulot en interne et ça veut dire surtout beaucoup de travail dans la construction des expéditions, des programmes, dans la neutralité carbone mais surtout proposer à la base des voyages qui soient les plus bas du marché français en consommation carbone par participant, donc ça c'est super important, on peut faire du voyage et consommer moins de carbone qu'en restant chez soi, ça c'est ce qu'on fait avec Explora et ça je crois que c'est important à dire, c'est que le travel et le tourisme n'est pas forcément consommateur de carbone, il faut faire attention en disant ça parce que majoritairement ça l'est, donc c'est pour ça qu'il faut aller chercher parfois de la neutralité, mais en tout cas on s'est vachement battu là-dessus, donc clairement être capable d'offrir, être capable de s'engager et puis d'avoir une mission, ça faisait partie des briques importantes du projet, donc ce confinement ça a apporté ça et puis après l'idée de dépassement de soi, l'idée de, je caricature, mais en gros on est en mode fin du monde avec un air de fin du monde, un peu post-apocalyptique, c'est du coup c'est des moments où tu te retournes, des moments forcés où tu te retournes sur ce que tu as fait et sur ta wishlist de vie ou ta bucket list ou que sais-je, du coup forcément c'est des moments qui sont assez propices à la remise en question et je pense que nos produits, on a à peu près plus d'une centaine d'expéditions en ligne sur la plateforme, on peut faire traverser de la Laponie en ski et des aides de kite pendant 10 jours dans le Sarek suédois, l'expect que j'ai fait en mars 2019, c'était vraiment une tuerie, il y a un film sur Youtube qui s'appelle Élément de 12 minutes si ça vous intéresse qui est vraiment très cool qui montre cet expé là, ça peut être la transmède à la voile, ça peut être juste mon premier quart de nuit pour la première fois tenir une barre de nuit tout seul sur un habitable avec des mecs qui dorment à l'intérieur juste 3 jours au départ de Marseille mais ça change ta vie, tu es à la barre d'un bateau avec tes potes qui sont à l'intérieur qui ronflent pendant 3 heures on t'a appris à comment jeter le truc et c'est toi qui tiens ta barre tu es en quart de 3 heures à 7 heures du mat mais ça tu l'oublies jamais en fait tu l'oublies jamais c'est une connerie tu vois ça te coûte 400 balles mais je te le dis ça change ta vie moi j'en suis certain en fait et en fait l'idée était de dire comment ces expériences là elles font que quand tu rentres tu n'es pas le même mec au début j'avais cette promesse un peu forte qu'on ne tient pas forcément mais je disais moi parce que ça a été mon histoire personnelle quand j'ai été enfin quand une expérience m'a bouleversé ça m'a bouleversé jusqu'en venir aux larmes du coup j'allais chercher une espèce d'émotion chez les gens en disant si j'ai bien fait mon boulot ça va tellement les bousculer qu'ils vont en pleurer donc au début dans les premiers temps je m'amusais à voir qui pleurait autour de nos expéditions qui ça avait chamboulé il y en avait pas mal j'avais une stat au bout d'un an sur les tout premiers départs mais le milieu était quand même beaucoup plus engagé il n'y avait quasiment que des expés niveau 5 à l'époque aujourd'hui on a 5 niveaux de 1 à 5 1 étant le plus facile et 5 le plus difficile et du coup je me disais il y a 25% des gens qui ont pleuré autour de nos expéditions il y a qui m'ont dit que ça a mélangé leur vie je trouvais ça super cool bon après vu la masse aujourd'hui c'est moins possible mais voilà donc en gros c'est tu vois on a fait descendre la pyramide pour aller trouver un peu plus de marché mais vers plus d'initiation mais au début on a aujourd'hui aussi des gens qui sont moins dans le dépassement de soi physique mais qui sont plus dans le dépassement de soi intérieur ou mental et qui sont plus à aller rechercher des expériences plus qu'une souffrance évidemment donc on s'est ajusté à chacun et on a de la cuisine en remède naturel dans le massif des bouges du trek et yoga pendant 2-3 jours comme on a l'initiation au ski kite comme on a de la spéléo comme on a évidemment de l'itinérance en chien de traîneau à la manière des mûcheurs norvégiens dans le Grand Nord comme on a comment on va mettre en place la plongée sous glace comme on a en gros l'idée de dire voilà cette planète cette planète est pas si loin que ça en Europe donc on s'est réduit au voile moyen courrier pour respecter nos ambitions et nos objectifs écologiques qui sont ceux des accords de Paris respecter la trajectoire qui nous a été fixée par les accords de Paris tous collectivement mais nous on le prend pour notre part et du coup on se dit ben voilà on peut vivre énormément de choses intensément et on a conscience que la vie des gens elle est compliquée parce qu'on a tous nos obligations on a tous nos contraintes on a tous ce qui se jure de vacances on n'a pas un budget infini donc tu vois l'idée était de dire ben la mission d'Explora c'est vraiment de démocratiser l'accès à ces aventures là donc il faut pas avoir à payer les intermédiaires inutiles donc il faut faire tout soi-même vendre et produire et créer donc c'est pour ça qu'on s'est dit il faut qu'on désintermédie qui est que nous il faut qu'on soit sur donc du coup tu vois les prix les plus faibles nos premières expériences ça commence à 200 euros et nos expés ultimes je crois que c'est 3200 euros tu vois donc on n'est pas sur du surmesure d'aventure à 50 000 ça c'est pas ce qui m'intéresse en fait moi je veux envie d'offrir cette expérience au plus grand nombre parce que tout le monde en fait mérite de les vivre parce que ça change ta vie en fait et si tu penses pas mec c'est normal tu l'as pas encore vécu du coup tu vois il y a quelque chose de il y a quelque chose de tu peux tu peux pas regretter quelque chose que t'as pas fait c'est sûr mais ça veut dire qu'au début il faut créer quand même une étincelle pour dire ces expériences là elles sont là pour vous bouleverser pour vous transformer pour vous changer étape par étape et du coup faites nous confiance parce que toute l'histoire de notre boîte elle s'est construite avec des gens qui sont passés par ces rites de passage j'aime bien ton image donc voilà aujourd'hui pour certains c'est une agence de voyage et pour d'autres c'est comme on a parlé depuis une heure et quart c'est beaucoup d'autres choses tu vois comme quoi toute la nuance est dans les petites lignes

Invité 1 si tu devais recommander une expédition celle qui toi t'as vraiment marquée dans tout le catalogue que vous offrez ce serait laquelle ?

Stan voilà moi c'est sans hésitation il y en a deux tu vois je triche un peu mais il y en a deux la première c'est la traversée de la Labonie en ski kite traversée du désert du Sarek en ski kite c'est une folie en fait c'est la première fois que j'étais aussi loin de toute humanité dans un environnement aussi difficile ça m'a mis vraiment une claque et c'était dix jours on était en itinérance dans la tente il faisait moins trente tous les jours et puis on avait des ailes de kite et parfois on faisait 20-30 bornes avec un vent de malade en kite folie quoi folie quoi t'es sur un lac gelé en kite pendant des heures quoi mais ça n'a pas de sens quoi alors non tu fais du kite pour faire des bords quoi ou tu fais du kite pour faire 200 mètres dans un champ de poudreuse tu vois mais à quelle heure tu fais des heures de kite sur un lac gelé en vent de dos à pleine bourre avec tous tes potes qui ont la banane qui font des que t'entends au loin mais c'est un truc de folie franchement j'oublierai jamais ça quoi ça ça m'a franchement ça m'a vraiment foutu une claque aussi parce qu'on a eu des moments difficiles j'ai cru qu'on allait crever je l'ai dit plusieurs fois autour de moi quand on me posait cette question là parce que on était pris dans une tempête de malade on trouvait plus notre chemin on a trouvé une vieille cabane de fortune quand on a défoncé la porte pour y dormir la nuit c'est une histoire c'était rocambolesque franchement on avait des pulkas de 40 kilos qui roulaient comme des bottes de foin il y avait un vent mais je n'ai jamais vu ça de ma life c'était n'importe quoi on était penché comme dans l'émission à la con de d'Arthur à vendredi tout est permis où les mecs sont dans un décor reconstitué on a tous vu ce truc c'était pareil il fallait qu'on avance dans un angle à 25 degrés sinon on tombait c'était fou franchement c'était fou c'était dingue franchement donc cette expé là elle m'a bousculé après départ

Invité 1 pour celles et ceux qui nous écoutent je suis sur le site en même temps là visiblement

Stan oui c'est vrai qu'il y a un départ cette année qui est confirmé il y a des gars qui vont partir il y a des gars qui devaient deux jeunes Pierre et merde j'ai son nom qui m'échappe le deuxième mais qui s'étaient lancés dans cette expé deux jeunes qui ont vachement économisé pour le faire et qui devaient partir l'année dernière mais il y avait le Covid ils n'ont pas pu franchement c'est une expé c'est une folie mais on ne l'a pas suffisamment mis en avant mais mis en avant on pourrait le faire plus mais bon après l'autre c'était la traversée intégrale de l'Islande nord-sud ouais ça deuxième folie probablement parce que émotionnellement c'est la première expé Explora et que moi c'est la première expé qu'on faisait en juin 2018 la boîte a été créée depuis quelques jours et on avait un premier client qu'on avait chopé sur un post Facebook le mec avait dit ok je viens le mec une semaine après il traversait l'Islande avec nous avec des sacs de 32 kilos on a fait un azimut brut tout droit nord-sud à Koureri Selfos où on a fait je sais pas 7-10 jours de trail dans la Guadou avec des raquettes dans la neige on est parti en juin il faisait encore un temps assez froid on a traversé en glacier alpi encordé avec tout notre pactage sans relais logistique la bouffe tout le désert le glacier de off-sjokul au centre de l'Islande et puis et ensuite on a descendu 250 bandes avec nos packraft escortés par les phoques pour arriver dans l'Atlantique avec tout notre barda entre les pattes du début à la fin donc c'était que te dire c'était n'importe quoi on est arrivé c'est la finale de la coupe du monde dans Reykjavik c'était la pas la finale c'était France Island à Reykjavik t'imagines le délire du coup on nous a mis une pinte entre les mains et franchement hors du temps il n'y avait pas de nuit après on a fait une teuf d'électro toute la nuit franchement ça n'avait aucun sens en fait ça a été c'était d'un extrême c'était fou on avait besoin en fait d'être connecté à des gens d'être connecté à de la musique à des trucs un peu tu vois des trucs un peu réels et basiques parce qu'en fait on avait été propulsé dans un truc dans une telle claque qu'on n'avait pas envie de quitter des gens donc on s'est dit tu sais quoi on reste dans cette espèce de rooftop où il y a de la musique électro toute la nuit parce qu'on avait besoin de ce contact ça nous a ça nous a bousculé donc c'est des moments c'est des moments assez hyper puissants je ne peux pas garantir que les gens vivent ça s'ils partent parce que nous c'était les reconnaissances c'était la première fois qu'on a eu ces expés mais bon pour eux ce sera la première aussi et les conditions de ces environnements sont tellement particuliers que forcément tu vis des choses et ça te bouscule donc ouais ça c'est clair c'était les plus longs après j'ai fait aussi la traversée du Vercors sur 3-4 jours avec ma femme et ils avaient un temps hyper dur et ça a été court mais ça a été aussi intense et on était avec un groupe il y en avait certains qui y alléraient et tout ça et puis il fallait porter les pulkas des autres alors même si c'est sur 3 jours quand tu tires 100 kilos tu t'en souviens donc ça pas besoin d'aller forcément loin pour vivre ces trucs là mais bon en tout cas ces moments là m'ont quand même pas mal chamboulé

Invité 1 ça fait rêver ça fait rêver je mettrai le lien vers le site d'Explora donc les gens pourront aller fouiller regarder les différents niveaux les expés que vous proposez ce qui est les départs confirmés en dépit du Covid etc donc voilà je mettrai tout ça ça fait rêver top et bien écoute Stan on arrive déjà à la fin un immense merci pour tout ce que tu as bien voulu partager avec nous c'était super inspirant très personnel hyper authentique donc moi j'ai adoré peut-être pour finir qu'est-ce que même si bon il y a eu il y a eu 5 tips déjà bien détaillés mais s'il y avait une chose que toi tu aurais envie de transmettre c'est ceux tu vois qui hésiteraient à se lancer dans l'entreprenariat ou tout simplement dans la traversée du parc régional qui est derrière chez eux sur 2 jours ce serait quoi ?

Stan bah ce serait de c'est valable un peu pour tout mais c'est pour tout les passages à l'action c'est il faut déjà se connaître pour s'entourer de ce qu'on n'est pas ou de ce qu'on ne sait pas faire donc ça c'est un peu valable tout le temps mais quand tu lances ta boîte il faut que tu saches déjà qui t'es comment tu réagis dans telle ou telle situation qu'est-ce que tu sais faire des skills techniques basiques et puis des hards et des soft skills tu vois un peu tout il faut que tu t'entoures de gens qui sont complémentaires à toi ton co-founder tes premiers employés donc ça c'est vachement important mais du coup si tu te lances tête baissée avec des gars qui sont des lookalikes des gars qui sont comme toi tu vois ton meilleur pote parce qu'il est exactement comme toi bah bah tu vois attention quoi le but est quand même d'aller chercher de la complémentarité pour réduire la surface de risque potentiel donc moi j'ai passé en gros les douze années de ma vie dans un calcul permanent de risk-reward qu'est-ce que je risque qu'est-ce que je mets en place pour quelle bute à atteindre donc ça je crois que c'est vachement important parce que ça permet de sortir un peu de l'émotion parfois et de de rendre assez pragmatique et basique chaque décision que tu prends petite ou grande donc s'entourer de personnes qui savent qui savent faire quand j'ai créé Explora je me suis toujours dit que une autre de mes missions du coup j'en ai cité plusieurs mais l'idée est de rendre les gens autonomes tu vois autonomes en outdoor donc l'idée c'est pas d'avoir des gars qui viennent nous voir tous les six mois pour faire une initiation d'alpinisme tu vois c'est qu'ils viennent une fois on leur apprenne comment mettre un baudrier comment marcher des crampons comment mettre son pied pour pas se faire mal comment tenir un piolet ou le mettre quand tu t'en sers pas comment encorder des potes comment les sécuriser quand partir quand ne pas partir pour qu'après ils sachent le faire tout seul sur un week-end puis après ils reviennent nous voir pour faire une semaine plus engagé et puis après ils pourront partir tout seul avec des potes une semaine et ainsi de suite tu vois c'est de faire monter les gens en compétence dans toute l'excipline qui existe ou pour lesquelles on aurait trouvé des experts suffisamment en ligne avec nos valeurs et avec le niveau d'exigence qu'on veut pour créer des programmes donc en gros c'est se connaître bien s'entourer aller étape par étape mais faire arrêter de commenter arrêter de liker arrêter des spectateurs tu vois il y a un cours central pour tout le monde il faut juste trouver le sien top lancez-vous exactement

Invité 1 bah écoute un grand grand merci encore une fois Stan tout venir je mettrai tous les liens pour pour Explorer les gens peuvent te suivre toi à titre à titre perso ou pas forcément

Stan ouais ouais bien sûr je suis aussi je fais un peu de un peu de de blabla parfois sur non mais sans spéjoratif mais sur LinkedIn ou Instagram ouais Stan Gruau Stan Isla sur LinkedIn et Stan Gruau sur Instagram et j'essaie de poster un peu les coulisses aussi de ce qu'on fait qu'Explore à notre quotidien et de poster quelques conseils sous forme de journal de bord que je publie chaque semaine sur mon profil Instagram enfin bon là ça fait quelques semaines que je ne l'ai pas fait du coup avec les fêtes il faudrait que je m'y remette mais voilà toujours avec cette idée d'être assez basique et pragmatique et d'aider les gens à passer à l'action avec ce qui m'a aidé moi à me bouger ouais

Invité 1 super je mettrai tout ça et écoute je suis sûr que ça en inspirera pas mal en tout cas moi j'ai trouvé la conversation encore une fois très intéressante et tu vois plus j'échange avec essentiellement les gens d'Explora Project plus je me dis que j'ai plus trop vraiment d'excuses pour pas lancer les deux projets que j'ai en faire tombe depuis quelques temps donc je ne vais pas arriver

Stan je suis content en tout cas que cet ADN et que ces valeurs du coup transpirent dans tous les gars d'Explora de la famille que tu as pu rapprocher de l'équipe des bureaux jusqu'à l'équipe terrain c'est cool yes

Invité 1 top un grand merci Stan tout le meilleur pour la suite et à très bientôt

Stan je t'en prie salut Loïc bye bye

Invité 1 merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout j'espère qu'il vous aura intéressé même inspiré pour vos différents projets qu'ils soient pro ou perso je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires vos feedbacks vos suggestions d'invités également directement par email à contact arrobase lesfrappés.com et enfin si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez ainsi qu'un commentaire et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode ciao et j'ennheennheennheennhe

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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