Les Frappés Les Frappés
Saison 1 EP·012 Mer #Ocean Race #voile #course au large

15 décembre 2020

Pierre-Larry Petrone - Membre de la Société des Explorateurs Français, équipier professionnel et passeur d'aventures

Durée · 1h04 · Transcription disponible

Pierre-Larry Petrone

Le récit

Pierre-Larry Petrone est explorateur, écrivain, photographe, préparateur physique d'équipes nationales, équipier en course au large et membre de la Société des Explorateurs Français. Rien que ça !

Ensemble, nous revenons sur son parcours complètement atypique et d'une incroyable richesse, de sa quête de sens et de compréhension de l'âme humaine qu'il entame à 21 ans en tant que reporter dans des pays en guerre (Kosovo, Afghanistan, Colombie, Palestine), en passant par sa reconversion en tant que coach, jusqu'à sa transition dans le milieu de la course à la voile.

C'est à cœur ouvert que Pierre-Larry se livre sur son pèlerinage, notamment sur le rôle de la montagne et de l'écriture en tant qu'exutoires pour lui qui a été le témoin direct de ce dont l'Homme est capable de pire... En tant que coach, préparateur physique de sportifs de haut niveau, nous échangeons également sur sa vision de l'acceptation de soi-même comme moyen de débloquer son plein potentiel.

Un voyage intérieur plein de poésie.

🔎 Dans cet épisode, nous avons parlé de la Société des Explorateurs Français, de l'agence de photographie Magnum Photos, de l'agence de voyage Explora Project, et de la Volvo Ocean Race (aujourd'hui nommée "The Ocean Race").

📖 Les livres qui ont inspiré Pierre-Larry :
Lettres à un jeune poète, Rainer Maria Rilke

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #1 - Maxime Grimard - Manager en entreprise, Skipper sur l'océan
Les Baladeurs - Au pays des turbans noirs, avec Olivier Weber

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Transcription

Lire la transcription intégrale

Pierre-Larry C'était la vie d'aventure à la Tintin quoi. T'arrives parfois, parfois ou pas, avec ton gilet pare-balles. Salut les gars, je suis embarqué en mission. Il y avait ce côté un peu du héros, tu vois, le héros romantique des films. Et moi j'adorais ça.

Loïc Bonjour Pierre-Larry, bienvenue sur le podcast. Bonjour Loïc. Très heureux de t'accueillir aujourd'hui. Pour plein de raisons différentes, tu as un parcours vraiment atypique. C'est d'ailleurs ce que tu expliques un petit peu sur ton site. Mais tu es passé par la photographie, du sport, du coaching, de l'aventure. Il y a plein de choses dont on pourra échanger. Je vais d'ailleurs te laisser commencer peut-être par te présenter. Mais voilà, l'idée ça va être qu'on fasse un balayage un petit peu de tout ce parcours incroyable. Et que tu évoques avec nous peut-être les enseignements que tu en as tirés en termes de résilience, détermination, dépassement de soi. Et puis voilà, on verra où la conversation nous mène. Je te laisse du coup peut-être commencer par te présenter.

Pierre-Larry Oui, et bien merci Loïc pour l'introduction. Moi, ça me fait vraiment plaisir d'être là, d'échanger autour de ce podcast. Moi, je pense que la première chose qui me vient à l'idée, parce que ça représente quand même beaucoup pour moi, c'est d'être membre de la Société des Explorateurs Français. Parce que ça englobe un petit peu mon parcours et les chemins de travers que j'ai pu emprunter. Donc la Société des Explorateurs Français, en fait, ça a été créé en 1937. Et ça regroupe des personnalités un petit peu au parcours différent. Alors, on partage l'idée même que l'existence est une aventure. Donc on va retrouver des explorateurs, des écrivains, des photographes. Et quand moi, j'avais postulé maintenant il y a quelques années, j'avais rencontré Olivier Archambault. C'est le président de la SEF lors d'un salon du livre à Autran. Moi, je présentais mon deuxième livre qui s'appelle « Journal d'un jeune alpiniste ». Et à cette occasion, en fait, on avait échangé sur une possibilité d'entrer à la Société des Explorateurs. Alors, il faut avoir deux par un pour pouvoir rentrer. Il faut prouver, en fait, de par ces expéditions ou explorations qu'on a quelque part servi de cause ou aller loin dans son chemin. Et pour moi, oui, ça représente quand même beaucoup parce que ça englobe vraiment ce que j'ai pu mettre en place. Alors, comme tu l'as dit, tu vois, de l'écriture à la photographie, en passant par les expéditions haute montagne, mais aussi la découverte de pays en conflit, de régions vraiment reculées dans le monde.

Loïc Et si on revient, du coup, un petit peu sur ce parcours et ces différentes expériences que tu as pu vivre, comment tu te présentes, en fait, quand les gens te demandent, voilà, que fait Pierre Lary dans la vie ? Comment tu réponds à cette question, a priori banale, mais là, spontanément, si j'étais à ta place, mince, complexe, en fait ?

Pierre-Larry En fait, spontanément, ça dépend le public que j'ai en face, mais d'un point de vue plus professionnel, je dirais qu'en ce moment, je suis un skipper, entrepreneur, guide, qui essaye de faire passer des émotions, surtout à travers la voile, via Explora Project, c'est une petite agence de voyage start-up assez engagée, qui propose des immersions en aventure qui sont quand même hors des sentiers battus. Et à côté de ça, je suis aussi coureur, coureur au large, équipier professionnel, sur un projet de voile depuis plusieurs années. Et je continue à essayer de penser à des projets d'expédition océan-montagne, beaucoup m'entraîner. Alors comme ça, c'est un peu bas, je n'ai pas fait une super présentation. Ça, c'est un peu bien, mais je... Tu vois, si je suis invité sur un salon du livre, les gens vont me présenter comme Pierre-Larry Petron, explorateur, écrivain voyageur. Alors maintenant, tu vois, je travaille dans la préparation physique et je vais me présenter comme, c'est sûr, un explorateur, parce que je pense que ça, c'est la base de tout. Et c'est... Je pense qu'à identité, pardon, pas à identité, mais à compétence égale, je pense que l'identité d'un entraîneur, elle fait la différence. Et moi, mon identité, quand j'apporte quelque chose dans la préparation physique, outre le fait que j'ai pu avoir la chance et l'occasion d'entraîner des sportifs de haut niveau et des athlètes olympiques, c'est... C'est à un moment donné, la différence, elle se fait sur le terrain avec quelque chose qu'on a au fond de soi, une passion. Et ça, c'est l'explorateur, parce que c'est le cumul de toutes mes expériences qui me permet d'être ce que je suis sur le terrain et de transmettre auprès des athlètes ou des sportifs certaines émotions ou certaines lignes directrices.

Loïc Ce parcours d'explorateur, comment est-ce qu'il a commencé ? Ça a été quoi le déclencheur, quand tu étais plus jeune, qui t'a permis de te lancer ?

Pierre-Larry Eh bien, tu vois, hier soir, je rentrais, je me suis mis une petite musique de Nina Simone, parce que j'aime beaucoup cette artiste. Ouais. Et donc, et en faisant le ménage, en faisant un petit peu le ménage, écoute, il y a une valise chez moi, une valise dans laquelle il y a tous mes carnets de bord. Et ça faisait longtemps, vraiment très longtemps que je n'avais pas regardé dedans. Et en fait, c'est comme un peu un trésor, cette boîte, tu vois, c'est comme une boîte à rêves dans laquelle ça a alimenté autant les rêves d'aventurier, comme un enfant qui va ouvrir un coffre et qui va redécouvrir à travers les livres ou les écrits. Donc, en fait, dans cette valise, quand je l'ouvre, il y a quand même beaucoup, j'ai beaucoup d'émotions. Ça me touche beaucoup, parce que maintenant, c'est rempli de nombreux carnets, des petits carnets que j'allais souvent acheter chez un relieur spécialisé à Grenoble, dans une plus petite ruelle d'artisans. Et ça me tenait à cœur à chaque fois d'y aller et d'acheter un carnet qui avait du sens ou en tout cas fabriqué à la main par des petits artisans. Et je pense que ça a commencé tout jeune, alimenté par les livres, par Tintin, Indiana Jones, les aventures de Conrad, Corto Maltese. Je ne lisais pas beaucoup quand j'étais plus jeune, mais j'étais vraiment très souvent en nature. J'ai grandi aux abords de Grenoble, pas Grenoble même, dans la nature, dans la vallée du Grésil-Vaudan. Et j'étais vraiment content dehors. Et ce chemin un peu d'aventure dans la forêt, dans les montagnes, avec mes parents, si tu veux, il est ressurgi un peu plus tard, vers 18-20 ans, où j'ai commencé à écrire. en fait, toutes ces choses en moi, en tout cas de l'aventure, elles ont ressurgi à ce moment-là. J'aime bien cette analogie par rapport au... Je te partageais comme ça quelque chose, cette analogie par rapport à cette valise, mais cette valise, en fait, si tu veux, elle englobe tous les carnets, de l'Afghanistan, dans les vallées de Massoud, aux expéditions Népal, en Himalaya. Donc, c'est beaucoup de matière brute, beaucoup de matière brute, beaucoup d'écrit. Et hier, ça m'a fait chaud au cœur d'ouvrir tout ça. Et je pense que ça commence déjà d'un rêve, ça commence d'une connexion profonde avec mon être. Et ça, petit. Et ça, comment je peux l'expliquer ? Je n'aurai pas vraiment d'explication, mais je pense qu'il y a une connexion profonde avec son âme, oui.

Loïc Qu'est-ce que tu es allé chercher, du coup, quand tu as commencé ? Parce que si je ne me trompe pas, tout ton parcours, tes grands voyages ont commencé, en fait, par du reportage sur des zones de conflit, c'est ça ?

Pierre-Larry Oui. En même temps que je finisais des études dans le sport, il y a un moment donné, quelque chose qui a été très fort en moi, notamment le fait de comprendre l'existence humaine, l'existence humaine vraiment en profondeur. Et c'était associé par une fascination, en fait, des photographies en noir et blanc, de Cartier-Bresson, Willy Roïs, de beaucoup de photographes qui m'ont inspiré, notamment de l'agence Magnum. Et je voulais aussi apporter ma pierre au débat de ce monde, vivre l'histoire en direct. Et pour moi, vivre l'aventure, c'était d'être un aventurier dans ces pays-là. Parce qu'en fait, c'est dans ces pays-là que je trouvais que c'était le plus intéressant au niveau géopolitique, relations internationales, de comprendre vraiment le monde, dans son entièreté. Mais autant le monde, dans sa sphère relationnelle, et autant aussi le monde dans sa sphère intime. Et donc, j'ai commencé, j'ai fait une première mission, écoute, si on remonte au tout début, avec les étudiants en santé de Grenoble, au Pérou, dans un orphelinat. Ça a été, voilà, le début du... Alors, ça s'est fait un petit peu en amont, où j'avais remporté un prix en photographie. Mais là, c'était le début un peu, pour moi, de la photo, du premier carnet de bord, du premier long voyage au Pérou. Et après, il y a eu vraiment, on veut dire, j'ai envie d'être un reporter, tu vois, un photographe. Et j'ai rencontré plusieurs personnes qui ont été décisives un petit peu dans cette aventure. Et je suis parti...

Loïc Dans quel sens ? C'est eux qui t'ont inspiré ou ils t'ont poussé à partir avec eux ? Dans quel sens ils ont été décisifs ?

Pierre-Larry Alors, en fait, la première rencontre, c'était Claude Muller. C'était un historien, éditeur, qui réalisait de nombreux films, un petit peu sur... de toutes sortes, on va dire. Et lui, il m'a mis quand même le pied à l'étrier en m'encourageant à aller faire de la photo, en me donnant des bases. Je me souviens que j'étais chez lui, dans son bureau, puis on parlait technique, ouverture, tu vois, des appareils photo argentiques. Oui. Et je lui partageais aussi quelques écrits. Et c'est lui qui m'a fait rencontrer une autre personne qui s'appelle Fernand Meunier. Fernand Meunier, il intervenait à la fac de droit sur les droits socio-économiques et culturels des Indiens Ambera en Colombie. Donc lui, c'était un spécialiste de la Colombie pour un ministère international. Et il était en train d'éditer un livre, notamment sur la Colombie, via Claude Muller. Et en fait, Claude Muller, je l'avais rencontré lors d'une exposition photo. Parce qu'à cette époque-là, j'étais comme une éponge. En fait, il y a un livre qui me touche énormément, c'est l'être à un jeune poète, Rilke, de Rilke, et qui dit, être poète, c'est tout habiter, c'est tout respirer, c'est mourir autant de fois que possible et revivre dans toute l'étendue de son être. Je me souviens quand même de la citation. Et pour moi, c'était tout vivre, m'imprévenir de tout. Alors, j'ai dévoré du Tolstoy de Guerre épée à l'Euclésio, que je connaissais, tu vois, des livres de l'Euclésio qui sont magnifiques, à d'autres livres de Théodore Monod, Méharré. Tu vois là, je jette un coup d'œil parce que la bibliothèque, elle est juste à côté, mais il y a eu beaucoup de lectures, même l'éthique de Spinoza, de la philosophie à des livres plus contemporains et des romans, de Nicolas Bouvier, L'usage du monde. J'ai énormément lu, énormément, énormément, et j'ai assisté à beaucoup d'expositions photographiques. Et du coup, de ces rencontres, Fernand Meunier, en fait, on a commencé une belle relation et d'amitié, et donc, on est partis ensemble après, par la suite, en Palestine, en bande de Gaza, en Colombie, et puis, moi, j'ai continué après un petit peu en solo sur le Kosovo puis l'Afghanistan.

Loïc Oui, donc des zones, des zones sensibles quand même à chaque fois.

Pierre-Larry Oui, des zones sensibles parce que pour moi, c'était, tu vois, comme je te l'ai dit tout à l'heure, c'était de vivre l'histoire en direct et puis l'enjeu du monde se passait, je pense, à un moment donné dans ces pays-là. Et au-delà de tout ça, pour moi, il a porté la flamme et cette flamme, c'était défendre une cause au plus profond, vraiment au plus profond de moi-même. et pour ça, et pour moi, je ne voyais que d'aller dans ces pays-là. Et Ernest Sabato, c'était un écrivain, il disait, je suis allé là où le fond n'a plus de fond, au plus profond de la nature humaine. Et si, je pensais qu'en tant qu'écrivain en devenir, photographe, j'étais passé par le sport du haut niveau qui m'avait apporté beaucoup de valeurs, de structures, mais quand, dans cette vie d'exploration, je voulais aller comprendre l'homme, tu vois, je voulais aller comprendre l'homme dans son entièreté et dans son intimité. Et pour moi, c'était incontournable d'aller dans ces pays-là. et surtout, c'était la vie d'aventure à la Tintin, quoi. Franchement, alors, entre guillemets, à la James Bond ou comme dans les films où tu arrives des fois, parfois ou pas, avec ton gilet pare-balles, salut les gars, je suis embarqué en mission, il y avait ce côté un peu du héros, tu vois, le héros romantique des films. Et moi, j'adorais ça. J'adorais ça jusqu'à un certain point où tu te protèges, tu te protèges avec l'appareil photo. Je me suis protégé avec mon innocence, ma naïveté, mais après, au bout d'un moment, il y a des choses terribles, vraiment des choses terribles. Alors,

Loïc peut-être avant qu'on parle de ce que tu as pu voir ou en tout cas ce que tu en as appris, c'est intéressant parce que ce que je comprends, c'est ce qui t'a poussé à partir sur ces zones de conflit, c'est à la fois une quête d'aventure et puis comme tu dis, ce besoin de comprendre quelque part la nature humaine et donc pour toi, cette nature humaine, ce que j'entends, tu me dis si je me trompe, mais c'est que en situation de conflit, on ne peut pas vraiment se cacher, on ne peut qu'être soi-même et donc c'est là où du coup, on se révélerait complètement. C'était un peu ça l'idée que tu évoquais tout à l'heure ?

Pierre-Larry Oui, oui, oui, j'aimerais bien te partager un petit texte et je pense que ça répond en partie à la question.

Loïc Oui.

Pierre-Larry Alors, ça commence comme ça, je suis et j'ai toujours été un auteur du cœur qui essaye de restituer une émotion, une émotion de l'âme et j'aimerais laisser dans mes mots le reflet de la beauté que j'aurais capté et se restituer dans le monde. C'est à travers l'écriture que j'appréhende la réalité du monde invisible et subtil et j'aime pénétrer dans l'intimité des moments d'y écouter le silence de la vie et d'en extraire la poésie de l'infime. J'aime rendre compte des visions, sensations, émotions, plus profondes, plus complètes. Voilà. Wow. En fait, il y a une phrase de Bergson qui dit « Si la réalité venait frapper directement nos sens et notre conscience, si nous pouvions entrer en communication immédiate avec les choses et avec nous-mêmes, alors l'art serait inutile ou plutôt serions-nous tous artistes car notre âme vibrerait alors continuellement à l'unisson de la nature. » Et je pense qu'au-delà de ce sens, de cette quête existentielle, il y avait au plus profond cette envie de connexion avec l'âme humaine. Autant elle peut être merveilleuse à certains moments et on peut la contempler autant pour la comprendre elle se trouve aussi dans des dans en nous, dans nos souffrances alors ou dans certains pays, dans les pays en guerre ou dans ce qu'on peut vivre dans nos sociétés aussi contemporaines.

Loïc et donc une fois sur le terrain, tu pars avec cette quête en tête de comprendre mieux, de découvrir profondément ce qu'est l'âme humaine et à la fois de répondre à un besoin d'aventure. Une fois sur le terrain, tu es confronté à quelle réalité ?

Pierre-Larry Je pense que j'ai voyagé, j'étais très jeune. À cette époque-là, j'avais 20, 20, 21, 22, 23. Ah oui,

Loïc effectivement.

Pierre-Larry Et en fait, je me sentais quand même vraiment protégé, je voyageais vraiment avec une innocence et le recul, je ne l'ai pas eu non plus tout de suite. Tu vois, je faisais des photos pour vivre ma vie d'aventurier. Il y avait... Et après, je me protégeais comme ça, si tu veux. Donc après, la réalité sur le terrain, c'est sûr que tu es dans un pays en guerre, donc après, il y a toutes les mesures de sécurité à prendre en jeu. Il y a plein de paramètres à bien respecter. Mais si tu veux, les choses difficiles que j'ai pu voir, elles ne sont pas ressurgissent sur le moment même, tu vois, elles sont apparues par la suite. Parce que je pense qu'à un moment donné, c'est valable pour les humanitaires, les photographes de conflits, pour les personnes qui sont en première ligne. Parce qu'il faut bien penser que dans ces pays-là, les humanitaires... Donc là, je fais un petit paragraphe sur les humanitaires, mais les humanitaires, ils ne sont pas coitrés dans des bunkers comme ça peut être l'OTAN, l'armée ou parfois même les Nations Unies qui sont quand même à l'extérieur et qui continuent à envoyer des dossiers sans être vraiment sur le terrain. Ça, c'était vraiment une situation réelle en bande de Gaza, en Palestine et notamment en Afghanistan. Et les humanitaires, ils sont toujours aux abords. donc eux, ils sont avec la population, les locaux et toujours en train de vivre le quotidien de ces personnes-là. Et donc, moi aussi, en tant que photographe, j'ai beaucoup travaillé avec des ONG, notamment Médecins du Monde, Amnesty International, sur ces questions-là. Donc, j'étais au cœur de ce qui était en train de se passer. et oui, voilà, les choses difficiles, parfois, ça peut être un petit peu lourd, mais surtout, je pense que il y a eu le recul après et puis après, il y a ce point de non-retour. C'est ça dont je parlais, c'est-à-dire qu'à un moment donné, tu as l'impression que tu n'es compré que par les personnes avec qui tu peux être dans ces pays-là. Quand tu as vu toi, personne n'a vécu vraiment ce que toi, tu as vu ou dans un pays en guerre. Et là, il y a vraiment une scission entre deux mondes. Et le point de non.

Loïc Ça, c'est hyper intéressant parce que on en avait, j'avais écouté un épisode d'un reporter de guerre sur le podcast Les Baladeurs. je ne sais plus comment il s'appelle. Tu le connais ?

Pierre-Larry Ce n'est pas Olivier Weber ?

Loïc Si, exactement. Olivier Weber, oui. Il disait exactement ça. En tout cas, lui avait fini par la conclusion, c'était qu'il avait fini par ne plus forcément échanger sur ses expériences parce qu'il se rendait compte que c'est juste impossible à comprendre quand tu n'y as pas été toi-même. Du coup, la question que je me pose, c'est comment est-ce que tu t'es nourri de ces expériences et comment est-ce que tu as réussi à en tirer le positif et à ce qu'elle te soit quelque part bénéfique parce qu'à l'âge que tu avais, sans rentrer dans le détail de ce que tu as vu, j'imagine qu'il y a eu des trucs, je ne peux même pas imaginer d'ailleurs, mais tu disais qu'il y a eu des choses difficiles et donc, comment est-ce que toi tu as réussi maintenant à posteriori avec le recul à t'appuyer sur ces expériences et comment est-ce qu'elles t'ont été bénéfiques pour la suite de ton parcours ?

Pierre-Larry Alors, déjà, petit clin d'œil pour Olivier Weber parce qu'Olivier Weber, c'est membre de la Société des Explorateurs Français et c'était mon parrain, un de mes parrains pour rentrer dans la Société des Explorateurs.

Loïc Ah, cool !

Pierre-Larry Donc, que j'apprécie beaucoup. Bah, et après, pour revenir sur ta question, je pense qu'au début, ça vit en nous, en tout cas, ça vit en moi avec douleur et j'apprends au fil du temps à ce que ça soit, qu'il y ait plus de douceur dans ces images que j'ai pu faire et je pense qu'il y a un grand principe, bah, je me suis jamais senti, en tout cas, je suis jamais parti avec un sentiment de, de, de, de culpabilité ou de, tu vois, un sentiment qui pourrait être générateur d'émotions plutôt négatives. Je me suis toujours dit, je suis parti en aventurier, j'ai essayé de faire le mieux possible, de montrer ce qu'on ne savait pas, d'essayer de, de raconter le plus de choses à travers les images, à travers l'écriture et, et ça s'arrête là. Et après, je, je, j'ai pas continué notamment sur les pays en conflit parce que, bah, c'était, avec l'Afghanistan, c'était, on va dire, le cinquième, pays où c'était un petit peu difficile et puis, après, je suis vite arrivé aussi à une situation professionnelle ou plus difficile parce que c'est vraiment dur de vivre de la photographie d'investigation, du photo reportage, la place laissée dans les journaux pour ce type de reportage, elle est, elle est faible. Donc, il y a des festivals comme Visa pour l'image où il y avait des grands photographes où boucler les fins de mois, c'est toujours difficile et je voulais pas vivre dans une, dans cette marginalité et je pense, à un moment donné, j'ai fait le tour, bah, j'ai fait le tour entre guillemets, c'est-à-dire pas le tour en termes d'histoire ou parce que j'aurais aimé passer du temps, encore plus de temps, il y a des régions fabuleuses de la Palestine, de l'Afghanistan, mais en termes de souffrance humaine, en termes de, tu vois, de voir des, voilà, des cadavres d'enfants, de voir la guerre, de voir que l'humain, c'est plus le même homme dans un pays en guerre, c'était, pour moi, c'était quand même, on va dire, assez. Et surtout, il n'y a pas eu, comme je te l'ai dit, c'est à un moment donné, je vivais difficilement de ça, donc ça joue dans la balance. Et toutes ces expériences, je pense que c'est l'écriture, quelque part, l'écriture, ça reste comme un jardin, tu vois, de même que la photographie, mais c'est quand même à travers l'écriture que j'ai réussi à exprimer des émotions dans mes lettres, dans mes journaux, et surtout, surtout, je dirais, pour moi, c'est la montagne. La montagne, elle est comme une amie, et j'ai toujours pratiqué énormément l'alpinisme, la montagne, et donc, elle a pris le pas par la suite.

Loïc Et donc, la montagne comme exutoire, qu'est-ce que ça a donné après, pour la suite du parcours ? Donc là, on a fait le tour, on va dire, du premier gros bloc de ton chemin de vie avec ces zones de conflit et cette approche à la fois philosophique et de recherche d'aventure que tu as fini par quitter, comme tu dis, pour tout simplement des raisons à la fois très pragmatiques, financières, et puis peut-être, quelque part, le bol était plein, si j'ai bien compris. Et donc, fort de ces expériences, où est-ce que tu t'es dirigé par la suite, plus spécifiquement, quand tu parles de montagne, à quoi ça a ressemblé ?

Pierre-Larry Alors, en fait, professionnellement aussi divers, je travaillais comme pisteur secouriste, artificier, et souvent, je partais au printemps, l'été, à l'automne, en mission, en tant que photographe. Et après, si tu veux, après le dernier pays, l'Afghanistan, est-ce qu'en Afghanistan, je ne sais plus comment vraiment ça s'est enchaîné, mais pour revenir, oui, tu as quand même bien résumé à un moment donné la transition entre la fin de ces reportages de conflits. Et si tu veux, ça avait alimenté énormément de matière brute et d'écriture. Et je n'ai jamais encore pris le temps de remettre tous ces écrits, tu vois, dans un livre. J'aimerais bien un jour le faire. Et au-delà de ce que, au-delà des douleurs ou des fois de la difficulté, de ce que j'ai pu voir, ça a été riche, mais vraiment très très riche. Et ces missions-là, ces rencontres sur le terrain. Bref, et pour maintenant, on va enchaîner avec la montagne. J'ai continué sur une expédition après en Asie centrale. Non, au Népal. Au Népal. En Himalaya. Je suis parti en Himalaya. Et en fait, la transition, elle s'est faite que je suis revenu dans le monde du sport parce que j'avais été sportif de haut niveau, plus jeune. Mes études dans le sport, j'ai repris. Tu étais dans quelle discipline ? J'étais dans le tennis. Voilà.

Loïc Ah, cool.

Pierre-Larry J'ai fait beaucoup de ski et de tennis. OK. Et à 14 ans, à 14 ans, j'ai fait des cours par le CNED. Voilà. Pour faire que du tennis. OK. Jusqu'à 18 ans. Voilà. Jusqu'à 19 ans où je n'avais pas les objectifs requis. Mais je pense que j'avais le potentiel pour vraiment faire du haut niveau. Après, le haut niveau, ça demande tellement des fois de paramètres et de cohérence à un moment à un certain niveau. Voilà. Et du coup, en fait, j'ai repris une formation dans la préparation physique sur le haut niveau et on m'a proposé un poste à Grenoble pour me faire de la préparation physique. Voilà. Donc, en fait, si tu veux, pendant après plusieurs années, j'ai basculé dans le sport à travers la préparation physique. Et en fait, très vite, je suis amené à entraîner des athlètes sur le circuit ATP, le Pôle France, le tennis, le centre national universitaire. Dans cette période-là, je continue à faire beaucoup de montagnes. Alors, il y a eu une époque, il y a eu la période, si on reprend un peu chronologiquement, il y a eu la période où, en fait, si tu veux, dans les années de pisteur, quand je faisais beaucoup de montagnes, moi, je préparais le guide pour être guide d'autres montagnes. Donc, j'avais ma liste de courses et en fait, il y a une année où je vais au deuxième degré de pisteur secouriste. C'est tout ce qui est secours en milieu périlleux, chef de secours. En tout cas, c'est à l'école des guides à Chamonix, à l'ENSA, l'école nationale de ski et d'alpinisme. Et à cette période-là, je voulais présenter le proba pour le guide, mais en fait, il y a eu plein de petits paramètres à un moment donné où on m'a proposé cette place dans la préparation critique. J'ai eu un petit accident de parapente. Ce n'était rien de grave, mais tu vois, j'avais eu quand même une grosse entorse. Du coup, ça m'a bien handicapé à un moment et je l'ai remis un peu, tu vois, en arrière-plan. Et c'est vrai que la préparation physique, le rôle de coaching, on en parlait beaucoup. Et pour venir à ta première question tout à l'heure, c'est que moi, quand j'ai commencé à entraîner des sportifs de haut niveau, personne ne savait en fait que j'étais parti dans tous ces pays-là. Personne ne savait que je faisais de la photo, personne ne savait que j'écrivais. Tu vois, pour moi, j'étais le préparateur physique pour eux, tu vois, et ce que j'incarnais, mais ils ne savaient pas tout ce que j'avais fait avant. Et ça a mis du temps pour moi.

Loïc C'est intéressant, ça.

Pierre-Larry Ouais, je ne me présentais jamais comme... Je me suis dit, est-ce qu'au début, est-ce que ça peut être une faiblesse d'avoir été, tu vois, sensible et vulnérable sur des points, d'avoir, tu vois, d'être parti dans ces pays-là ? Donc, je n'en parlais pas et en fait, c'est... Là, il y a aussi un tournant un peu décisif, c'est l'acceptation de soi-même. Tu vois, je pense que pour exprimer son plein potentiel, c'est important d'accepter sa différence vraiment en soi et je me souviens d'un stage physique que j'avais fait avec eux en montagne, donc je faisais beaucoup de stages physiques en montagne de préparation dans des championnats de France, championnats d'Europe ou stage de cohésion que j'organisais et on était à Saint-Christophe-en-Oise. Donc là, on est toujours sur le tennis ? Oui, on est toujours sur le tennis avec l'équipe du Centre National Universitaire de Grenoble avec qui on va devenir champion de France par équipe, champion de France individuelle et je ne me souviens plus de la place qu'on fait, peut-être 10 champions d'Europe aussi et on est dans un petit café à Saint-Christophe-en-Oise-en, dans un café que j'apprécie beaucoup, fin fond du Parc National des Écrins, on rentre de jour avec une nuit en refuge un peu difficile, le temps est un peu froid, chacun prend, tu vois, il y a cette notion un peu hors du temps dans ce café et là, je leur dis, j'aimerais vous partager quelque chose et en fait, je vais dans la bibliothèque parce que la bibliothèque du café, elle avait mon livre parce qu'elle me l'avait acheté, je la connaissais et puis elle me l'avait acheté il y a peut-être un an de ça à un salon du livre et là, ils sont un peu tous avec des grands yeux, je me souviens de cette image d'où il sort, là, il va prendre un livre et en fait, il y a son nom dessus, Pierre Larifétron, mais qu'est-ce que c'est que ça et là, je leur lis un passage, je ne me souviens plus vraiment du passage mais c'était un passage du cœur, un passage dire, voilà, les gars, je ne vous ai jamais dit mais pour moi, la montagne, c'est comme un refuge et c'est très précieux et quand je vous emmène en montagne, pour moi, au-delà du sens que dans l'entraînement que vous êtes en train de faire, il y a ce sens-là et là, il y a eu un silence, il y en a qui avaient peut-être même des larmes aux yeux et là, je leur ai dit, voilà, en fait, la montagne, elle est due parce que je suis allé dans plusieurs pays en conflit, j'ai pu couvrir ça comme actualité et je leur ai dit, moi, quand je suis coach avec vous, c'est avec tout mon cœur au-delà des compétences que je peux vous apporter et à un moment donné, tu vois, comme je te le disais tout à l'heure, c'est ça qui fera la différence, c'est une émotion, c'est une émotion, c'est une cohésion et cette cohésion, elle se fabrique, tu vois, elle se fabrique à un moment donné lors de ces stages-là et voilà, ça, ça m'a marqué ce moment-là.

Loïc C'est intéressant ce que tu dis parce que c'est vrai que par rapport à cette notion de sensibilité dans le cadre du sport de haut niveau, c'est pas forcément, enfin, moi, pour être passé très rapidement aussi par le haut niveau, c'est pas forcément quelque chose qu'on voit souvent, c'est plutôt, on en avait déjà un petit peu parlé mais c'est plutôt, voilà, cette notion, en tout cas, pendant longtemps, ça l'a été, j'ai l'impression que ça change mais cette notion de puissance, de force, de maîtrise de soi, surtout de maîtrise de soi, oui, mais comme tu dis, en fait, la connaissance de soi, c'est ce qui fait avancer le sportif et l'homme en général, c'est la connaissance de toi et la connaissance de soi pour qu'elle soit complète, elle doit aussi se faire dans l'acceptation de sa sensibilité. ouais, c'est vraiment hyper intéressant cette approche que tu as eue parce que tu étais coach physique, pas coach en préparation mentale, etc. Et pour autant, tu es allé sur cette thématique de la sensibilité. moi, je ne suis pas surpris qu'il y ait eu de l'émotion dans un groupe de sportifs de haut niveau quand tu as abordé ce genre de sujet.

Pierre-Larry C'est ça. Et je pense que, tu vois, à ce moment-là, j'étais vraiment moi-même. C'est-à-dire qu'il n'y avait plus de Pierre-Larry que préparateur physique, non, c'était Pierre-Larry avec tout son bagage, tu vois, tout son chemin et être soi-même. Pour moi, en tout cas, à l'intérieur, ça voulait dire, voilà, c'est ça, le plein potentiel. Je suis à ce moment-là avec eux. Je pense que je suis sur le bon chemin. et que j'exprime qui je suis maintenant. Et en fait, ça, ça a été quand même un tournant un peu décisif. Après, quand je me présentais face aux personnes, bon, des fois, je ne racontais pas tout. Je ne faisais pas un dialogue pendant, tu vois, je ne me présentais pas pendant dix minutes, mais, ouais, mais, mais, les gens, en fait, j'indiquais sur mon parcours, tu vois, un peu ce que j'avais fait, tu vois, sur mon, quand je suis parti au Centre Olympique canadien. Après, je suis parti au Centre Olympique canadien pour entraîner les meilleurs joueurs de Tennis Canada. Bon, ils me connaissaient parce que, par rapport aux résultats ou les personnes avec qui j'avais entraîné, mais sur le CV, je mettais, je mettais reportage, voilà, et, en tout cas, pour revenir, le petit aparté, les Canadiens, en tout cas, ils sont, ils aiment énormément, c'est, c'est, c'est, c'est un peu multidisciplinaire, divers horizons, parce que, ils aiment bien ça, c'est une fatalité un peu américaine, canadienne, que, avec plusieurs expériences, tu peux amener aussi autre chose à un moment donné.

Loïc Et, aujourd'hui, si, si on, on revient au moment présent, tes expériences que tu fais actuellement, c'est-à-dire, tes équipiers, équipiers en course, en course au large, d'ailleurs, ou pas forcément ? Les deux. Les deux, ok. En quoi, ces expériences que tu as vécues par le passé, hyper variées, du reportage en zone de conflit, à la montagne, en passant par les expéditions à l'écriture, en quoi, enfin, comment est-ce que tu vas puiser dans toutes ces expériences pour apporter quelque chose en plus, peut-être, par rapport à ton équipe ? Tu parlais tout à l'heure d'identité et ce qui fait la différence, c'est, plus que les compétences techniques, c'est l'identité que tu apportes. Comment tu fais ça, aujourd'hui, en tant qu'équipier pro ? Non,

Pierre-Larry en tant qu'équipier pro, je n'apporte que des bras. Non, mais je n'apporte pas. Non, en fait, si tu veux, la transition, je travaillais au Centre Olympique canadien, c'était un remplacement, et du coup, j'ai eu plusieurs propositions dans la préparation physique, notamment aussi sur Paris, et je ne voulais pas revenir sur Paris, ni partir peut-être aux États-Unis. Le Canada aurait bien aimé me garder, mais du coup, ça ne passait pas. soit il fallait être patient, mais du coup, je me suis dit, je continue, je continue ce pèlerinage intérieur, je continue l'expédition, l'aventure, du coup, je suis parti en Alaska, dans le parc national de Denali. ça, ça a été un grand tournant aussi en termes de vision aussi du monde, et vraiment au cœur de la nature sauvage. Et quand je suis revenu, je me suis dit que la mer, ça devait être toujours sur mon chemin, parce que quand tu lis des livres, il y a les océans, il y a traverser les océans, aller au bout du monde, aller au pôle Nord, les expéditions de Shackleton, de l'époque. Et en fait, j'avais commencé déjà la voile, parce que mes parents, ils avaient déménagé dans le sud de la France il y a une dizaine d'années, donc autour de 20 ans, déjà, j'avais commencé la voile. Puis quand tu es sportif, un peu dans le sport de haut niveau, tu arrives vers la régate, donc la régate habitable sur différents postes. Et du coup, il y a un projet qui se fait avec le Team Canada Atlas Ocean Racing sur un Volvo, sur une préparation peut-être d'une Volvo, d'avoir des sponsors, en tout cas, de monter une équipe de course au large canadienne. Et j'embarque sur le projet. Alors, attends, non, en fait, je reviens en France, je me forme au Glénan, je passe les tests et je fais une forme à pro pour être moniteur de voile skipper au Glénan, donc entre la Bretagne et la Méditerranée. Et je repars avec le Team Canada sur ce projet-là, un peu comme coach et navigant. Et je vais naviguer pendant un an, un projet fou. et je rentre en France.

Loïc Donc, c'est là où tu as rencontré Maxime Grimard de notre premier épisode.

Pierre-Larry C'est ça, exactement. Donc là, Maxime Grimard, à qui je passe le bonjour dans l'épisode, mais je l'ai eu récemment au télévision. Et là, c'est sûr qu'il y avait une dimension où j'apportais quelque chose, en tout cas, d'autre, au-delà des compétences. Parce que je pense que quand tu vas au bout de toi-même dans la course au large, tu as besoin que l'équipe, elle soit soudée. Et que... Oui. Et je pense que j'arrive à apporter quelque chose, tu vois. Alors, ça va être de l'enthousiasme, une bonne humeur, une naïveté, ou, tu vois, une ambiance physique très forte qui va faire que, tu vois, comme équipier, je suis pleinement inscrit dans le projet, même si j'ai moins de compétition qu'à un moment donné. Du coup, quand je suis rentré en France, il y a eu un petit épisode course en solitaire sur Mini 650. Et très vite, en fait, j'ai une proposition pour être équipier pro avec un sponsor dans une équipe de course. Mais le fait d'avoir fait quand même d'avoir navigué sur le Volvo pendant un an, ça m'a ouvert les portes dans cette équipe-là. Et dans l'équipe, dans l'équipe, si tu veux, c'est très, très pro, très cadré. Du coup, chacun est à son poste. Mais par contre, ouais, je ne sais pas si je pourrais dire ça, mais des fois, je ne suis pas un peu la mascotte. Au début, j'étais le plus jeune, mais voilà, je suis un peu l'explorateur, tu vois, le maïcorn du bateau. Les mecs, ils pensent que je n'ai pas... À chaque fois que je raconte une expédition en Asie centrale, donc une expédition en Asie centrale où j'ai marché pendant très longtemps, mais j'ai aussi marché avec un cheval. Ça, c'est fini sur l'équipe de course. Ils pensent que, en fait, j'ai fini par porter un âne sur mon dos dans un col en Asie centrale, tu vois, au bout d'un an. Je me dis toujours, ils pensent que les gens que j'ai fait ça, quoi. À chaque fois, je reviens sur la vérité. Je leur dis, non, non, non, j'ai acheté un cheval et j'ai traversé l'Asie centrale, mais je n'ai pas porté un âne sur mon dos. Mais en fait, tu vois, même l'autre jour, les athlètes de l'équipe de France de voile, donc deux athlètes que je suis en train d'entraîner, elles connaissent aussi un équipier pro qui est sur mon bateau. Et au début, préparation physique, ils me disent, ah, mais Pierre, il faudrait que tu me racontes comment tu as porté un cheval ou un âne, je ne sais plus ce qu'elle m'a sorti sur ton dos en Asie centrale. Tu vois, donc ça va loin ces histoires. Mais en fait, oui, c'est plus l'explorateur parce que je suis un peu le couteau suisse sur le bateau parce que je suis aussi amené à plonger en navigation pour nettoyer le dessous du bateau pendant qu'il est en marche. Je m'occupe des fois de la logistique, de l'alimentation. Après, j'ai vraiment mon poste aussi qui demande d'être un poste vraiment très physique et je pense que je suis bon dedans. Tu t'occupes de quoi exactement ? Moi, je suis grinder, ça veut dire que je suis moulin café, tu vois, moulin café où je dois mouler.

Loïc Tu es winch et tu me...

Pierre-Larry Alors, il faut s'imaginer que là, il y a quatre winches, je suis chef grinder, c'est-à-dire que je dois gérer les vitesses, les boutons poussoirs pour régler les voiles mais aussi envoyer certaines voiles, affaler les grands spies. En tout cas, sur le TP52, c'est un peu le poumon du bateau avec... où on marche beaucoup en coordination avec le régleur de voile plate ou le régleur de spies. Oui, ça demande vraiment d'avoir des compétences un petit peu nautiques, marins. Moi, en l'occurrence, c'est aussi mon métier mais je ne viens pas de la filière au niveau soit la filière olympique sur les petits supports soit de la filière au niveau en habitable mais bon, maintenant, ça fait quand même cinq ans que je suis sur des projets pro donc je progresse. c'est un poste un peu... c'est autant physique que technique, plus tu vas pousser en fait, plus la coordination... tu vois, il y a la coordination fine de l'équipe qui est super importante sur toutes les manœuvres qu'on peut faire d'envoi parce qu'on a vraiment différents jeux de voile, différentes méthodes pour envoyer, affaler, surtout les spies. Donc, voilà, ça c'est le poste et puis après en course au large, en course au large si tu veux sur des courses de plusieurs jours, ça tourne par quart mais au bout d'un moment, je vais aller régler une voile, je vais aller aider sur la plage avant.

Loïc Quelque part, j'ai l'impression quand tu dis voilà, tu étais la mascotte etc. avec tes aventures, c'est qu'en fait, tu as peut-être l'impression que tu n'apportes pas grand-chose à cette équipe mais en réalité, quand tu as une mascotte dans une équipe, c'est déjà quelque chose, c'est un élément fort autour duquel le reste de l'équipe gravite. Donc, je ne sais pas, je ne veux pas tirer de conclusion ou faire de la philosophie de balle mais j'ai quand même l'impression que ne serait-ce que ton profil en fait est déjà vachement important et valorisé par cette équipe que tu as rejoint.

Pierre-Larry Oui, je pense, je pense aussi et après, j'apporte de l'enthousiasme, je pense du dynamisme et ça, c'est plus le coach de préparation, tu vois, quand on est en entraînement, on va toujours, j'essaie toujours de proposer une petite préparation, un petit training, c'est sûr que ça, ça apporte de la structure, chaque membre de l'équipage, tu vois, avec ses particularités, à un moment, on peut apporter des choses au groupe. Moi, je pense pouvoir les apporter, tu vois, dans ce sens-là. Et je pense que notamment, tu vois, en tout cas, tu vois, tu as parté dans la voile, dans le milieu de la course, que ce soit en solitaire ou en équipage, il faut quand même toujours avoir un temps d'avance parce que tu ne sais jamais si le sponsor, il va, il va être navigué dans deux ans, est-ce que le bateau, il ne va pas arriver à un problème technique et on ne pourra pas naviguer. Du coup, je pense que tu vois, maintenant, j'ai une légitimité en tant que pro comme sur l'aspect technique et je peux passer à différents postes. Tant, je pense que l'aspect un peu sur la course au large, tu vois, d'une Volvo Chimarese, d'une course autour du monde en équipage, je suis sur des profils un peu comme ça qui peuvent être intéressants en équipage, notamment, tu vois, quand on a navigué au Canada sur le Volvo, c'est ce qui crée la force du groupe.

Loïc C'est vraiment intéressant, tous les parallèles qu'on a fait entre tes expériences précédentes, cette quête, ce chemin vers la connaissance de soi que tu évoquais qui a été un peu, j'ai l'impression, en fait, le dénominateur commun à toutes ces nouvelles expériences que tu as créées. du coup, la question que je me pose, c'est, c'est quoi la suite ? Où est-ce qu'il t'amène ce chemin dans les avenirs à venir ?

Pierre-Larry Je pense que, tu vois, il y a quelques années, quand j'étais dans les forêts au Canada, je me suis dit, je, en fait, je me sens comme un, ce que j'aimerais bien devenir, en fait, c'est un passeur d'aventure et de nature. Et le mot passeur, ça vient plus des Amérindiens, tu vois, parce qu'ils ont une spiritualité. Moi, en tout cas, si je devais avoir une spiritualité, elles se reprocheraient vraiment des Amérindiens, tu vois, d'être, d'être très, très proche de la nature parce que, parce que c'est précieux. Et, et c'est ce que j'aimerais, voilà, c'est ce que, vers quoi, en tout cas, j'aimerais tendre. C'est ce que je fais un petit peu en ce moment, tu vois, je pense que je suis sur différents projets. Autant, tu vois, je suis équipier professionnel sur ce bateau de course, je garde un peu des projets en préparation physique parce que c'est pas facile à garder des projets en préparation physique quand je navigue 90 jours, 100 jours par an parce que je peux pas postuler ou être à temps complet avec des athlètes dans une structure. mais je me laisse les opportunités aussi venir un peu chaque domaine des fois en choisissant des projets qui peuvent m'animer en tout cas. Et notamment, c'est un projet olympique en ce moment avec deux athlètes de l'équipe de France de voile. et donc, il y a beaucoup de cohérence et ça se synchronise bien. Et après, il y a aussi des projets d'écriture, d'exploration et que ça, j'ai mis un petit peu en arrière-plan, mais peut-être que ça reprendra le pas sur tous les projets d'écriture parce qu'après, si tu veux, la glace est fine en ce moment depuis cinq ans, depuis, tu vois, l'expédition au Canada en Alaska. Depuis cinq ans, je fais beaucoup de courses, notamment des courses au large et ça, c'est des expéditions en soi, tu vois. Et donc, je pense que ça, quand je te dis la glace est fine, tu vois, pour moi, je vis de ça en même temps que je suis en genre d'expédition, tu vois, quand tu pars sur une Middle Sea Rail, c'est quatre, quatre, cinq jours de course sur nos bateaux, c'est des bateaux de vikings, tu vois, il n'y a vraiment rien dedans, les TP52, pile optimisé, nous, notre bateau pour gagner ses courses et que tu prends, tu prends des tartes de dos sur la gueule parce que tu n'es pas du tout protégé, tu dors dans l'eau, tu ne dors pas, il y a de la houle de valade, il y a du vent, il y a les 40 noeuds de vent, tu vas à 10 000 sous-splis, il y a quelque chose de fascinant, et donc, tu vois, tu as une logistique de course d'alimentation yophilisée, tu vois, l'équivalent presque d'un gars qui part sur une Vendée Globe, on a l'équivalent pour cinq jours de course à 14 sur notre bateau en yophilisé, tu vois, en alimentation, donc il y a cette logistique de course qui me rappelle aussi la logistique des expés, et si tu veux, tu vois, pour le moment, mes projets s'inscrivent plus dans des projets voiles pro, notamment, peut-être, je ne sais pas, tu vois, faire du solitaire, essayer de trouver des sponsors pour, en tout cas, un sponsor pour raconter une histoire via la Société des Explorateurs Français, ça, ça me plairait, je me, donc tu vois, des fois, je passe des petits messages, notamment, je suis amené à faire des conférences en entreprise où j'en parle, en fait, de cette cohésion de l'intime, cette cohésion de l'équipe que j'ai en course au large, ou cette cohésion, tu vois, la corde qui relie en deux deux êtres humains sur une cordée en alpinisme, ce rôle de confiance, tu vois, on va parler de confiance en soi, d'estime de soi, ou quand je suis artificier, je vais déclencher une avalanche, voilà, les protocoles, comment ça se passe de donner le meilleur de soi pour une équipe, en tout cas, c'est un peu la mouvance dans laquelle je suis, si tu veux, donc, après, sur les projets plus type montagne, oui, j'aimerais bien, vraiment, à un moment donné, qui est peut-être un projet même mer-montagne ou mer, mais plus d'exploration, mais ça, je me dis que l'opportunité, peut-être, elle viendra à un moment ou pas, tu vois, parce que c'est toujours quand même difficile à monter, c'est des expés comme ça.

Loïc D'ailleurs, pour être une question que tu as un peu plus pragmatique, les projets qui sont soutenus par la SEF, ils doivent forcément être à l'étranger ou ça peut être, je ne sais pas, tu vois, dans les Antilles françaises, en Corse, sur le territoire national ?

Pierre-Larry Non, non, je pense que ça peut être sur le territoire national, oui, oui, bien sûr.

Loïc ce que je veux dire, c'est que tu n'as pas forcément besoin de partir, je ne sais pas, faire le tour de l'Antarctique, ça peut être une XP, tour de Corse, en kayak, par exemple, tu vois, ça passerait, s'il y a un sens derrière, je veux dire, ça pourrait être cohérent.

Pierre-Larry Oui, ça peut être cohérent et du coup, j'embraye sur l'autre chose, c'est que dans le fait d'être passeur, tu vois, de nature et d'aventure, il y avait, j'ai rejoint une agence qui s'appelle Explora Project, dans laquelle je fais des activités de skipper, mais, et dans laquelle je suis devenu ambassadeur, mais, il y a eu du sens, en fait, quand vraiment, on s'est rencontrés sur leur projet, et si tu veux, il y a une part quand même de mon activité de skipper, alors, cette année, avec le confinement, tu vois, de manière plus pragmatique, il n'y a pas eu beaucoup de courses, donc, j'ai fait beaucoup de, j'étais capitaine sur un voilier, tu vois, plutôt grand voilier de croisière, et surtout, j'ai fait aussi, bah, des missions, des micro-expéditions avec Explora Project de trois jours, où on propose aux gens de s'immerger un peu dans la course au large, dans la voile sportive, sur un voilier de course croisière, où j'apporte des éléments autant que, de ce que j'ai pu vivre au glénan que, de ce que je vis dans la course au large, avec qui je suis, tu vois, comme, comme explorateur, et, et, et ça, je pense que, bah, il y a des projets avec Explora Project, notamment sur, d'autres voiliers de course, sur, peut-être, des idées de transatlantique ou multidisciplinaire qui me plairait, tu vois, d'emmener les gens sur un programme, tu vois, on pourrait partir d'Annecy, on traverserait les Alpes à vélo, puis on prendrait le voilier, on irait en Corse, tu vois, dans un genre de programme.

Loïc Ah, ce serait pas mal ça.

Pierre-Larry Ça me plairait beaucoup, un peu ce que, la même idée que, en fait, si tu veux être là, Social Rising, c'était son partenaire, le groupe Esprit de Corps, qui était, qui organisait un peu des, bah, des défis, en entreprise, mais des gros défis, traverser l'Atlantique avec des managers, faire Montréal, New York, ou Toronto, à vélo, traverser des parcs nationaux en Rabaska, et j'aimerais, j'aimerais emmener, tu vois, une entreprise, ça c'est un projet qui me plairait, à travers un réel défi, tu vois, qui a vraiment du sens, pas se dire, on fait une journée comme ça, non, tu vois, il y a un projet exploratoire et tout le monde, on va au bout de soi, et dans ça, il y a la mer et la montagne, alors ça peut être des particuliers, ou, donc, il y a ce domaine là aussi, dans lequel j'aimerais un peu plus s'approfondir, et... Bon,

Loïc il va falloir qu'on, il va falloir qu'on reste en contact alors.

Pierre-Larry Avec plaisir. Mais si tu veux, je pense que dans une vie, maintenant, dans cet écosystème que je me suis monté autour de moi, j'ai besoin en tout cas de penser, tu vois, à deux années en plus, pour voir comment je peux articuler les différentes missions.

Loïc ça laisse présager de belles aventures à venir encore. Si tu devais, on finira, on va finir là-dessus sur une note peut-être un peu plus conseil, ou pourquoi pas même philosophique, mais si tu regardes tout ton parcours de vie et ce que tu en as retiré, les enseignements, les enseignements que ça t'a permis d'intégrer, qu'est-ce que tu aimerais partager aujourd'hui à celles et ceux qui hésiteraient à se lancer ou qui voudraient se lancer ou simplement qui pourraient être inspirés par tes messages. Je crois que tu avais prévu des extraits. Je ne sais pas si c'est le bon moment.

Pierre-Larry Oui, mais du coup, là, je ne l'ai pas sous les yeux l'extrait, mais... Je peux te lire un petit passage ? Alors, je commence. Le job y voit que dans le parc national de Denali, en Alaska, le vent souffle, ce vent qui emporte les bruits et les odeurs, la sueur d'une face noire. D'ici, je regarde les étoiles me bercer, palpiter doucement dans mon cœur, et je me sens vulnérable. Cette phrase de jeune craqueur qui me vient à l'esprit, j'ai appris que l'essentiel dans la vie, ce n'est non pas d'être fort, mais de se sentir fort. Et le but, ce n'est pas d'aller le plus loin, mais c'est le chemin pour y arriver. Et c'est ici, en montagne, au cœur de la nature sauvage, que je continue mon pèlerinage intérieur, c'est l'aventure finale, au bout du monde avec soi-même, la nature, les animaux, les glaciers, les sommets enneigés. Et ce qui m'importe, c'est d'essayer de faire ressurgir le meilleur en moi, cette flamme qu'il y a en chacun de nous. Voilà.

Loïc C'est très beau. Ça, c'est un extrait duquel de tes livres ?

Pierre-Larry Ça, c'est le dernier, seul, la nature s'en souviendra. Et, tu vois, si je devais partager quelque chose, c'est... Il y a cette citation aussi de Willy Ronis qui est sur mon site internet, mais qui me porte, qui me porte vraiment depuis vraiment longtemps. Et Willy Ronis, il disait « Ce n'est pas la lumière qui m'inspire, c'est ce que la lumière éclaire. » Et... Il y a une telle beauté, en tout cas, dans la nature ou dans les choses qui peuvent nous... être autour de nous, que cette beauté, elle est précieuse. Tu vois ? Si j'avais un mot à dire, ça serait ça. Et on a tous, tu vois, cette flamme, cet élan créateur en nous. et... Alors, à des moments, bah, il est un petit peu enfoui, mais à d'autres moments, bah, cette flamme, il faut la porter et oser...

Loïc oser. Ce sera... Ce sera le conseil mot de la fin. Merci beaucoup, Pierre Lary, pour cet échange. C'était hyper intéressant, super inspirant, et très... très profond. J'ai pas l'habitude sur les... sur les différents épisodes qu'on rentre autant dans le détail et que ce soit autant à cœur ouvert les échanges. Donc, bah, merci beaucoup de t'être, bah, plus que prêté au jeu, de t'être complètement livré. C'est... c'est super sympa à toi, au-delà de... juste avoir pris le temps. Tu... Je pense que tu nous as vraiment ouvert les portes, voilà, sur qui est Pierre Lary et le pourquoi, en tout cas, les motivations de ton parcours jusqu'à présent. Et... Et bah, écoute, j'espère que ça en inspirera. Je suis sûr que ça en inspirera beaucoup à peut-être faire un pas de plus sur le chemin de la connaissance de soi, de l'acceptation de soi, comme on l'évoquait, et de se lancer dans... dans des aventures qui font sens pour... qui font sens pour... pour eux. Donc, encore merci à toi, Pierre Lary, et tout le meilleur pour la suite. On te suivra avec beaucoup d'attention.

Pierre-Larry Bah, merci beaucoup. Merci à toi, Loïc. Oui.

Loïc Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets, qu'ils soient pro ou perso. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également, directement par e-mail à contact arrobase lesfrappés.com Et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure, n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez, ainsi qu'un commentaire. Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Ciao ! Sous-titrage Société Radio-Canada

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