Wilfried L'échec est relatif, ça veut dire quoi ? Échouer, n'échouer pas, t'apprends, c'est vraiment un état d'esprit. Quand tu considères que c'est un échec, c'est une vision pessimiste de la chose et tu peux dire, du coup j'ai raté mais j'ai appris énormément le tout, du coup c'est des trucs que je ne refais plus. Ça c'est la version optimiste. Franchement lancez-vous avec un projet, même si c'est un projet bring-ball.
Loïc Bienvenue Wilfried. Merci Loïc. Très content de te recevoir aussi. Peut-être que tout simplement je te laisse commencer par te présenter, nous expliquer quel est ton parcours, ce que tu fais aujourd'hui.
Wilfried C'est très simple, je m'appelle Wilfried Granier, je suis l'heureux mari de Juliette et l'heureux papa d'un petit garçon de deux ans qui s'appelle Olympe. J'habite à Paris et j'ai monté il y a un peu plus de 7 ans, en août 2013, une société qui s'appelle Superprof et qui avait pour objectif de mettre en relation des professeurs, de trier sur le volet, les meilleurs professeurs du monde avec des élèves motivés qui auraient envie d'apprendre quelque chose. En partant du constat et d'idée principale qui était de dire que la meilleure façon pour apprendre, c'est d'apprendre accompagné par quelqu'un de très bon, d'excellent. La meilleure façon pour apprendre, c'est d'être accompagné. Et donc, on a lancé en août 2013 Superprof d'abord en France et puis rapidement à l'international. Aujourd'hui, Superprof, c'est un peu plus de 200 collaborateurs dans 32 pays, en 18 langues. Et puis, on a un taux de croissance très important. Et puis, on est très heureux avec une super équipe basée à Paris principalement. Excellent.
Loïc Excellent. Et donc, comment peut-être pour… Alors, moi, j'ai de la chance. Je connais Superprof. J'avais déjà regardé… Bon, allez, je vais le dire. Je crois que c'était pour des cours de ukulélé. Ah bah oui. Voilà. Mais comment ça s'organise en fait ? Tu t'inscris et puis tu as une liste de catégories et puis tu vas chercher tes profs dans des listes. Et j'imagine qu'ils ont des notes individuelles. Voilà.
Wilfried On a voulu faire quelque chose d'extrêmement simple et d'extrêmement dans l'air du temps. On va dire que Superprof, c'est deux parties. C'est une partie d'un côté, une grande communauté de professeurs triées sur le volet. Donc là, le professeur, en fait, il va s'inscrire. On va lui demander ses diplômes, son identité. On va lui demander des recommandations par ses pères, ses anciens élèves. Voilà, ça c'est d'un côté. Et puis de l'autre, on va avoir un moteur de recherche qui va permettre aux élèves, en fait, vraiment de trouver le professeur parfait. C'est-à-dire le professeur qui correspond le mieux à leurs besoins. Tu vois, si tu cherches par exemple des cours pour un enfant, et bien on va te faire matcher avec des… On va plutôt te présenter des professeurs qui marchent bien avec les enfants, des seniors et des professeurs qui marchent bien avec les seniors. Tu vois, on va vraiment essayer de comprendre qui tu es en tant qu'élève pour te proposer vraiment le professeur le plus adapté, en tout cas à tes besoins. Et puis, on va essayer de te le proposer pas trop loin de chez toi. Parce que, avant évidemment, le confinement, on aimait beaucoup proposer des professeurs très très proches puisque… Voilà, l'apprentissage, ça marche bien quand tu es à côté de ton élève. Le confinement aidant, du coup, on a proposé… On s'est mis intégralement en webcam. Et aujourd'hui, on est en train de mix entre cours par webcam et cours en physique. Donc, quand on te propose aujourd'hui des professeurs, ils ne sont jamais très loin de chez toi pour que tu puisses prendre des cours par webcam en étant totalement sécurisé chez toi. Et en même temps, dans les jours meilleurs, un jour rencontrer ton professeur et pouvoir prendre des cours avec lui. Donc, voilà un petit peu les aspects de Superprof. Superprof. Et puis ensuite après, Superprof, une fois qu'il a fait le bon matching, c'est-à-dire on t'a trouvé le professeur parfait. Donc, toi, quand tu cherchais un professeur de ukulélé, admettons que tu sois en Suisse, eh bien, on va te proposer à deux pattes chez toi un professeur de ukulélé qui a fait de l'expérience avec des jeunes et puis qui a des bons retours avec nous et puis qui est disponible également. Tu vois, puisque il faut que le professeur soit de très bonne qualité, mais évidemment, il faut qu'il soit disponible parce que quand tu veux un cours, évidemment, tu n'as pas envie que ça soit un cours dans six mois. Donc, tu as envie que le professeur te réponde vite et que tu organises le cours dans la semaine. Donc, ça, c'est les deux choses qu'on mesure. Et puis, une fois qu'on s'est assuré effectivement que tu avais rencontré le professeur qui correspondait le mieux à tes besoins, eh bien, on va faire une évaluation 360. Alors, le élève va évaluer son professeur et puis son professeur va évaluer son élève, ce qui va nous permettre de proposer à la fois des élèves très sérieux à nos professeurs et à la fois des professeurs extrêmement compétents à nos élèves.
Loïc Génial ! Et pour avoir un ordre d'idée, ça correspond à combien d'heures de cours, par exemple, sur l'année dernière avant le Covid ? Si c'est quelque chose que tu peux partager, juste pour qu'on se rende compte un peu du volume que ça représente.
Wilfried Oui. Alors aujourd'hui, on a un peu plus de 13 millions de professeurs, donc il faut que tu imagines. Waouh ! Et sur l'année 2020, je crois qu'on a généré 45 millions d'heures de cours.
Loïc Waouh ! Ah oui ! Donc, c'est massif !
Wilfried C'est massif, enfin, voilà, c'est très gros. Il faut que tu imagines qu'on opère en Inde. L'Inde, c'est quand même le plus gros pays pour Superprof, c'est-à-dire que c'est celui qui a la plus grosse croissance, le plus de professeurs, le plus d'élèves. Donc, tu vois, en Inde, on opère. Au Brésil, c'est un taux de croissance énorme aussi. Donc, on a des très gros pays où on est quasiment seul. Et donc, évidemment, les chiffres s'envolent puisque l'Inde, c'est un pays immense. Alors nous, on opère sur les gens qui parlent anglais, qui sont connectés. Donc, ça correspond à peu près à 280 millions de personnes. Mais tout de suite, c'est les gros chiffres. Donc, voili, voilouh ! Et aujourd'hui, quand je te parle de 13 millions de professeurs, c'est 13 millions de professeurs disponibles et susceptibles de te donner un cours dès demain. Donc, ce n'est pas la base qu'on a construite depuis la création de Superprof, mais c'est vraiment ce qu'on peut te proposer demain tout de suite disponible chez nous. Professeur ? Ok.
Loïc Alors, avant qu'on continue, j'ai peut-être une petite parenthèse à ouvrir, comme c'est un petit peu le sujet, j'allais dire, du moment, mais même depuis bientôt un an finalement. Ça m'intéresse de savoir comment vous avez fait pour vous adapter assez rapidement aux contraintes du Covid ? Oui. Puisque tu disais qu'initialement, c'était plutôt des cours en présentiel. Oui, bien sûr. Donc, comment ça s'est passé la transition ?
Wilfried Ah bah écoute, ça s'est passé brutalement évidemment, puisque même avant, on ne savait pas que ça allait arriver. Alors, à ceci près que nous, on a commencé à le voir, puisque nous, on avait pas mal d'élèves en Chine qui, du coup, étant confinés dès le mois de décembre-janvier, cherchaient des professeurs à distance par webcam. D'accord. Donc ça, on a noté, mais c'est comme tout. On a noté en se disant, le Covid, c'est en Chine, ça n'aura pas en Europe. Enfin, tu vois, je me rappelle en décembre-janvier, on en parlait, mais on se disait que c'était quelque chose d'assez lointain en tout cas. On ne pensait pas que ça allait arriver aussi vite. Et puis, une semaine avant le confinement en France, on avait déjà changé en Italie et passé tous les cours par webcam, parce que l'Italie avait un peu une semaine d'avant sur nous, sur le confinement et le nombre de malades. Donc, on avait déjà basculé l'Italie. En fait, l'Italie, ça a été le pays test, puisque donc, on a passé tous les cours en webcam. C'est-à-dire que le moteur s'est adapté. C'est-à-dire qu'on ne pouvait plus faire de recherche physique. On ne proposait plus que des cours par webcam, tout en essayant de garder quand même cette notion de géographie, comme je te disais, puisqu'on imaginait quand même qu'un jour, il y aurait des jours meilleurs et que tu serais quand même content d'avoir un professeur pas loin de chez toi. Donc, il fallait à la fois modifier le moteur pour qu'il prenne en compte que ce soit des cours par webcam, mais qu'on conserve une notion de géographie. Donc, moi, j'ai travaillé pendant 3-4 jours non-stop avec mes équipes de dev pour redéfinir l'algorithme. Et pour, quand tu sois élève, que tu cherches un prof, eh bien, tu aies les nouveaux résultats qui soient triés à la fois par géographie et à la fois par webcam. Et puis, ça, c'est le côté élève, le côté moteur de recherche technique. Mais un autre côté aussi, c'était pour aider les professeurs à passer en mode webcam parce que ça, c'est assez violent parce qu'il y a quand même des professeurs qui donnent des cours typiquement de musique, piano, batterie. Jamais ils donnaient des cours par webcam. Tu vois, c'est des cours que tu ne donnes pas du tout en webcam. Et donc, on a dû les aider à la fois à s'équiper, à la fois à leur dire que c'était possible. Même des cours de sport, tu sais, il y a eu des cours de danse, des cours de coaching, de fitness, de yoga qui ont été donnés à distance alors qu'avant, ça ne se faisait pas du tout, tu vois. Donc, on a dû à la fois évangéliser, expliquer aux élèves et aux professeurs que c'était possible et puis surtout aider nos élèves et nos professeurs à s'équiper en outils. Et donc, eh bien, ça, on a augmenté du coup nos équipes support. Les gens qui étaient des développeurs faisaient du support le soir pour aider, répondre aux professeurs pour les aider à installer une webcam, une visio, enfin, pouvoir s'équiper. Et puis, voilà, pendant deux semaines, ça a été vraiment un joyeux bordel. Mais écoute, on a passé le cap. On a organisé aussi gratuitement pas mal de live, tu vois, de cours. On a fait des cours de danse, des cours de cuisine qu'on proposait comme ça pour montrer un peu, tu vois, aux élèves et aux professeurs que, en fait, les cours par webcam, ce n'était peut-être pas le truc qu'on imaginait parfait, mais que, en fait, ça fonctionnait super bien. Et les retours ont été très positifs, en fait. Au bout d'un mois, déjà, on avait des cours qui reprenaient massivement, les élèves et les professeurs continuaient à prendre des cours. Et ça a très, très vite repris, même plus qu'on imaginait, avec beaucoup de croissance, par exemple, sur les cours de soutien scolaire, puisque l'école à la maison que vous avez éprouvé, il fallait maintenant des professeurs à distance pour les aider. Donc, nous, on a vraiment très, très bien fonctionné, si tu veux, en termes de nombre d'heures de cours sur cette période-là. Après, on va dire un mois de sidération et d'ajustement de comportement, mais après, oui, non, ça a bien fonctionné pour nous. Donc, voilà un petit peu comment on s'est adapté, si tu veux, très vite. C'est-à-dire que, d'abord, le pilote, c'était l'Italie. Et puis ensuite, une fois qu'on l'avait fait sur l'Italie, une semaine avant, après, on l'a lancé dans tous les pays. Et quand on a basculé en France, on a basculé dans tous les pays. Et pour rien de cacher, par exemple, moi, j'ai mes équipes du Nigeria qui me disaient « Non, non, mais nous, au Nigeria, ça ne sert à rien de passer en webcam. Nous, on n'est pas du tout confinés, il n'y a pas de Covid. » Et tu vois, je me retrouvais avec des pays qui étaient contre l'idée de passer en webcam parce que, eux, pour eux, ils n'avaient pas encore le Covid. Et quand même, on a décidé quand même, par mesure de précaution, de mettre tous les pays en webcam avec le nouvel algorithme de recherche. D'accord.
Loïc Et partage-nous un peu d'optimisme. Il y a des pays qui sont revenus à des cours physiques ou pas encore ?
Wilfried Alors, oui, oui. En Europe, en France, c'est revenu aux cours physiques un petit peu. Beaucoup moins qu'avant, tu vois. Parce qu'aujourd'hui, justement, il y a quelque chose d'intéressant. Avant le confinement, 80% des cours étaient en physique, 20% des cours étaient en webcam. D'accord ? Pendant le confinement, 100% des cours étaient en webcam. Et post-confinement, on avait 80% webcam, 20% physique. Et c'est aujourd'hui à peu près ce qu'on constate. C'est-à-dire qu'on a 80-20. On a encore 20% des cours en présentiel. Cours de sport, donc ça se fait dans des lieux, des fois en dehors, donc il n'y a pas de sujet. Et sinon, les cours de musique se donnent principalement par webcam. Mais certains font tous les 4-5 cours. Un cours en physique, piano, avec le masque. Et la vie continue. Ça... Vraiment, je te jure, il y a une énorme résilience de la part de nos professeurs. Deux professeurs, c'est leur activité. Donc, ils ont envie de continuer à travailler, tu vois. Et donc, ils ont eu envie de travailler. Ils ont fait prof d'imagination pour donner des cours dans des conditions, pour aider leurs élèves. Enfin, tu vois, ça a été... Tout le monde a fait vraiment plein d'efforts. Les élèves, pareil, désireux d'apprendre, qui voulaient continuer, qui ne voulaient pas arrêter, qui étaient inquiets parce qu'ils n'allaient plus à l'école. Il y avait des examens à la fin de l'année. Donc, tout le monde voulait continuer, en fait. Et donc, nous, notre rôle, c'était vraiment d'aider ces gens à continuer à apprendre, que le partage de connaissances, que l'éducation, ça continue. Et donc, je te dis, on a fait des heures pas possibles pendant le confinement. On a énormément travaillé. Mais ça a vraiment une très, très bonne énergie. Donc, quand tu me dis, demain, des trucs positifs, je te jure que moi, j'ai l'impression qu'il n'y a eu que des trucs positifs, en tout cas pour notre activité et pour l'éducation en général, parce que les gens, ils ont vraiment eu envie, en fait, si tu veux vraiment, de continuer et à la fois pour s'occuper, à la fois pour préparer leurs examens. Enfin, tu vois, il y a plein de super belles initiatives. Donc, ouais.
Loïc Super. Dans l'amorosité ambiante, ça fait plaisir à entendre, en tout cas. Ouais, ouais. Je m'écoute. Tant mieux. Bah, écoute, merci pour les explications sur comment vous avez, au final, très rapidement switché sur un nouveau modèle pour vous adapter à la réalité, malheureusement, du Covid. Ouais. Si on prend un peu de hauteur et qu'on… parce que pour tout dire, c'est ça, moi, qui m'intéresse sur le fait que tu sois ici avec nous aujourd'hui, c'est le parcours de l'entrepreneur, la réalité, la réalité, tu vois, de tout ce cheminement que tu as pu avoir depuis le début de Superprof et ce qui a motivé tout le départ. Donc, si on prend un petit peu de hauteur, qu'est-ce qu'il y a eu, qu'est-ce que tu faisais avant Superprof et qu'est-ce qui t'a amené à prendre la décision de sortir de ta zone de confort et de te lancer ?
Wilfried Alors, écoute, qu'est-ce qui m'a donné envie vraiment, je t'assure, c'est que j'ai découvert… je faisais de l'immobilier avant. OK. Dans l'immobilier à Paris. Et j'ai découvert Airbnb. Et quand j'ai découvert Airbnb, j'ai trouvé ça fabuleux. Écoute, on était peut-être en 2012, tu vois, j'ai découvert Airbnb et je me disais, c'est l'idée que j'aurais dû avoir. Créer une communauté de confiance et de la confiance entre deux individus qui ne se connaissent pas. Et cette confiance va leur permettre de partager leurs biens le plus cher, enfin, un des biens le plus cher, leur appartement, tu vois, avec les objets intérieurs et compagnie. Et je me dis, c'est incroyable toute cette confiance qu'Airbnb a réussi à créer. D'accord ? Et parallèlement à ça, moi, je voulais me remettre à la guitare. Et la guitare, si tu veux, à l'époque, quand tu cherchais un prof de guitare, en fait, tu avais une alternative qui était, soit tu allais sur le bon coin et tu cherchais un prof de guitare et tu avais une chance de le trouver entre une machine à laver et un camping-car. Tu avais un mec qui mettait une petite annonce avec son numéro de téléphone, tu ne savais pas qui c'était, où il habitait vraiment. Enfin, tu vois, c'était assez obscur et sans qualité, sans confiance. Et sinon, tu allais dans ta boulangerie de quartier et tu avais encore des petites annonces où tu découpais un numéro de téléphone et tu repars quand on portable et tu espérais que cette personne était un vrai prof et qu'ils avaient vraiment donné des cours. Bon. Et moi, je me suis dit, tiens, c'est marrant, le monde du cours particulier est très pauvre. Et donc, mon amour d'Airbnb plus ma volonté d'essayer de créer un site de confiance autour du cours particulier m'a fait dire, il faut que je lance ce projet. Et c'est marrant parce que tant que je n'avais pas trouvé le nom du projet, pour moi, il n'existait pas. C'est-à-dire que j'avais trouvé l'idée, je me suis dit, tiens, je vais créer l'Airbnb du cours particulier. Mais pour pouvoir en parler, pour pouvoir l'expliquer aux gens, pour pouvoir dire ce que j'allais faire ou ce que je voulais faire, même pour écrire mon cahier des charges, tu vois, pour dire, tiens, voilà comment ça va fonctionner. Il faut un nom sur le projet de toi. C'est difficile de commencer un livre sans avoir le titre. Enfin, j'imagine. Oui, je n'ai pas écrit, mais... Donc, j'avais besoin de mon titre. Et écoute, j'ai cherché. Je cherchais des noms. Et rien ne me venait. Et puis, un matin, une espèce de fulgurance. Je me lève à Superprof. Écoute, je fonce à mon ordi. Je regarde, est-ce qu'il est pris, Superprof.com ? Nain, il est pris. Bon. Mais je me dis, ah, c'est con. C'est dommage, Superprof, c'est top. Le mot super fonctionne de façon internationale. Ça marche partout. Ça marche partout. En plus, ça donne vraiment l'idée que j'avais, que je voulais mettre pour le prof. C'est-à-dire, les profs sont super. Le superprof. Enfin, tu vois, tu as vraiment la qualité vraiment de l'enseignant. Et puis, le prof était à l'honneur, tu vois. Le superprof, voilà. Et puis, le mot prof qui fonctionne aussi un peu dans tous les pays. Tu vois, ça marche bien. Profet en espagnol ou au Portugal. Prof, professeur aux Etats-Unis. Enfin, tu vois, ça marchait assez bien. Et je me dis, c'est, voilà. Et donc, je contacte la personne pour essayer de racheter le nom de domaine, superprof.com. Et il me dit, bien sûr, je suis vendeur, puisque c'était quelqu'un qui avait cybersquatté le nom de domaine. Mais c'est 25 000 dollars. Ouf. Ah ouais. Alors, quand tu démarres et que tu veux consacrer ton argent plutôt à trouver un développeur, tu ne peux pas dépenser 25 000 dollars pour un site internet ou un nom de domaine, puisque tu n'as même pas commencé. Donc, je me dis, je vais abandonner. Je vais abandonner le nom de domaine. Non, je vais en trouver un autre. Parce que l'alternative, c'était ça, de trouver un autre nom de domaine. Et puis, je l'aimais vraiment beaucoup, mon nom de domaine. Alors, je me suis dit, tiens, je vais faire une offre. Je vais proposer 500 dollars, 1 000 dollars. Voilà. Et puis, on a fini à un moment, il a fini par descendre le prix assez bas, puisqu'il a proposé 5 000. Et là, j'avais 5 000 ou un autre nom. Et j'étais très amoureux de mon nom de domaine. Et donc, alors, banco, j'ai dépensé 5 000 dollars. J'ai racheté mon superprof.com. Je me suis dépêché de déposer le .fr, le .es, le .it, le .be, le .ch et compagnie. Et puis, voilà, j'ai démarré mon projet. Superprof. Voilà un petit peu comment ça a démarré. Et ce qui m'a permis de sortir de ma zone de confort. Eh bien, c'est l'amour de ce projet, l'amour du nom de domaine. Et puis, de me dire, ça y est, maintenant que j'ai dépensé 5 000 dollars, c'est plus pour rigoler. C'était aussi le truc où, tu vois, tu t'es mis un petit coup de pied aux fesses en disant, tu t'es auto-mis la pression en disant, voilà, si tu dépenses 5 000 dollars, c'est pas pour jouer. Maintenant, il faut le faire au plus vite, il faut qu'il sorte, il faut que ça marche. Et il va falloir les rembourser, ces 5 000 dollars. Moi, je ne suis pas quelqu'un de renforçant. Donc, voilà, ça m'a permis peut-être aussi d'accélérer. Et donc, très vite, j'ai trouvé un développeur. Très vite, on a commencé à constituer l'algorithme. Moi, je suis ingénieur de formation, donc j'ai dessiné l'algorithme qui était un algorithme de tri, en fait. Voilà, quels sont les critères qui vont nous permettre de savoir que le professeur est bon. Voilà. Comment on va le proposer aux élèves ? Comment on va le trier ? Et comment on va connaître les élèves pour faire le meilleur matching possible ? Puisque notre promesse depuis le début, c'est de trouver le professeur parfait. Donc, si tu viens chez nous, le seul truc qu'on te promet, c'est que tu trouveras une personne fabuleuse avec qui tu vas bien t'entendre. Tu vois ? Et donc, voilà, j'ai dessiné cet algorithme et puis je l'ai donné à un développeur qui l'a codé. Et puis, j'ai trouvé un graphiste. Et puis, on a dessiné une première version du site. Et puis, voilà. Et puis, vogue la galère. Et puis, également un truc aussi, Loïc, comme évidemment, on avait très peu de moyens. Enfin, j'avais peu de moyens sur le truc et puis je dépensais tout en développement. J'avais besoin évidemment de trafic. Donc, j'ai créé un site qui était totalement dédié au référencement naturel. Même presque, tu vois, quitte à oublier un peu des fois l'expérience utilisateur. Moi, je préfère pas beau, mais avec beaucoup de trafic, qu'un site très beau et avec peu de trafic. Tu vois ? En utilisant la technique un peu du bon coin qui a explosé tous les sites de petites annonces et qui a gagné la guerre, en fait, de petites annonces parce qu'en fait, ils avaient toutes les offres. Ils ont toutes l'offre. Et donc, quand t'as la meilleure offre, quand t'as toute l'offre du marché, et bien même si ton site est pas très beau, tu finis par l'emporter. Et donc, moi, je suis parti avec ce truc-là en tête. Voilà.
Loïc Waouh ! C'est intéressant de voir que t'es… Le commencement, ça a été le nom. Ouais. C'est vrai que c'est tout bête, mais… Enfin, en tout cas, moi, ça me parle complètement, tu vois. Je vois tout à fait. Je sais pas comment c'est… Voilà.
Wilfried Et puis, même pour en parler, en fait. Tu sais, pour en parler, tu peux pas dire « Ouais, bah, je vais lancer un site, une plateforme qui met en relation ». C'est trop abstrait. Il faut parler du… Enfin, il faut en le mettre. Bon.
Loïc Bon. Et alors, si on s'attarde un tout petit peu sur cette phase de lancement, on va dire, qu'est-ce qui a été… Est-ce qu'il y a eu des surprises auxquelles tu t'attendais pas ? Qu'est-ce qui a été peut-être, tu vois, le plus… Pas le plus compliqué, mais… Vous voyez, le plus inattendu, ce à quoi tu… T'étais pas forcément préparé en termes d'aventure entrepreneuriale ?
Wilfried Je ne saurais pas répondre à cette question. En fait, si tu veux des surprises, j'en ai mis tous les jours, tous les jours, tous les jours, tous les jours. Et, franchement, jamais trop de mauvaises. Bon. Tu vois, moi, je n'ai pas… J'ai aucun mal avec cette société depuis le début. Ce ne sont que des bonnes surprises. Alors, oui, il y a des surprises qui font plus ou moins plaisir, mais je ne les considère pas comme… C'est plutôt des défis. Donc, moi, quand j'ai un défi, même si ça semble mauvais pour certains, c'est un truc à relever, donc je ne vois même pas une mauvaise surprise. Non. La plus grande surprise de ce projet, je vais te dire ce que c'est. C'est… Avec le recul, c'est que je n'imaginais pas à quel point ça allait être gros. En fait, pour que je donne un ordre d'idée, quand j'ai lancé Super Prof au début, donc moi, j'avais une idée de me dire, bah tiens, ça va être un international et on va dans tous les pays. Tu vois, boîte de mes rêves. Je me suis dit, je vais créer une boîte dans l'éducation, donc une thématique que j'affectionne particulièrement, tu vois. C'est-à-dire qu'on met en relation des gens qui veulent apprendre quelque chose. Ça, c'est vraiment quelque chose qui me plaît bien, tu vois. Je ne suis pas en train de vendre des armes à feu ou des trucs comme ça. Vraiment, c'est chouette. Ensuite, après, une boîte internationale. Donc moi, je m'imaginais un jour peut-être voyager. Tu vois, un coup, je vais en Italie voir mes équipes italiennes, puis un coup en Espagne, tu vois. J'adore voyager. Donc, je me disais, tiens, si j'avais créé une boîte qui a un petit peu des succursales un peu partout dans le monde, bah, c'est génial parce que tu voyages, mais en même temps, tu voyages pour le plaisir et en plus, tu as un but, c'est pas uniquement des vacances. Et donc, voilà. Donc, je m'étais dit, c'est un petit peu ça comme ça, tu vois. Et puis, en fait, ça a énormément fonctionné. Ça a très, très bien pris, tu vois. Et ma plus grosse surprise, vraiment, aujourd'hui, c'est de voir effectivement à quel point on est beaucoup, à quel point on fait du chiffre d'affaires, à quel point on est, on a fait à peine 1% de ce qu'on avait envie de faire. C'est-à-dire que maintenant, je ne vois plus aucune limite à Superprof. Superprof, c'est l'éducation, la connaissance, tout ça et tout. Il n'y a pas de limite, en fait. Tout le monde a envie d'apprendre. Et puis, je suis sûr qu'on a la bonne approche de dire qu'avec un professeur, c'est la meilleure façon, la plus efficace pour apprendre. Un coach, tu vois, un professionnel, un mentor, un artiste. Avoir quelqu'un à ses côtés, c'est la façon la plus directe et la plus motivante pour apprendre. Mais ma plus grosse surprise, je te dis, c'est vraiment le fait d'avoir vu cette société grandir aussi vite. Pour donner un ordre d'idée, tu sais, Superprof est une société bootstrapée. C'est-à-dire qu'on est parti qu'avec mon argent personnel. J'ai mis un petit peu de sous au début. Et après, il fallait absolument que je gagne mes sous et mon chiffre d'affaires pour continuer. Donc, au début, j'ai une mise de base, tu vois, qui est en quelques dizaines de milliers d'euros. Et ensuite, après, il fallait que la société gagne de l'argent pour se développer, payer les développeurs, commencer à recruter, prendre des locaux et ainsi de suite. D'accord ? Moi, je ne pouvais plus rien mettre. Donc, il n'y avait pas de choix. Tu n'as fait aucune levée de fonds, en fait, sur le projet ? Non, aucune levée de fonds. En fait, quand tu lances une boîte, tu as deux options. Soit la levée de fonds, soit le chiffre d'affaires que tu dois générer. Je ne sais pas quel est le chemin le plus difficile, mais les deux sont difficiles à mon avis. Et nous, on a pris le premier chemin qui était, il faut gagner des sous. Alors, on n'a pas de filet de sécurité. C'est, on marche ou crève, entre guillemets, tu vois. Donc, on a choisi cette option-là. Bref, et pour donner un ordre d'idée, moi, je m'étais dit, donc je voyais les chiffres qui montaient. Le premier mois de chiffre d'affaires, on a fait 6 000 euros de chiffre d'affaires. Tu vois, quand on a lancé, on a lancé en août 2013, et en septembre, on a fait 6 000 euros. Mais j'étais fou de joie. 6 000 euros, je ne croyais pas, parce que déjà, ça validait un modèle économique. On avait pris un modèle économique un petit peu opposé de tous nos concurrents, puisque tous nos concurrents faisaient payer les professeurs en disant, bah tiens, c'est les professeurs qui doivent payer parce que c'est eux qui vont gagner de l'argent. Et nous, on avait fait le phénomène inverse en disant, on ne fait rien payer aux professeurs parce que les professeurs, c'est des super profs. On veut la crème de la crème, on veut les meilleurs, donc on ne va pas les faire payer. Par contre, on va faire payer les élèves. Et en plus, ces élèves, ils vont devoir un petit peu se battre et se vendre, avec une petite lettre de motivation, une demande de cours, on va dire, très approfondie, pour que les professeurs acceptent de leur donner des cours. On avait changé complètement la donne. Et puis, l'élève, il va payer. C'est-à-dire qu'il va payer 9 euros pour trouver son prof, parce qu'on va lui proposer meilleur des professeurs, et il ne paiera que si le professeur accepte le cours. Donc, il faut qu'il soit disponible parce que ça est partie de notre modèle économique. S'il n'est pas disponible, le professeur refuse, l'élève n'est jamais débité. Il ne paie jamais rien chez nous. Évidemment. Ce qui est logique, ce qui est normal. Tu ne payes pas un service que tu n'as pas. Donc, il fallait que ça soit disponible et de qualité. Et on partait avec ce nouveau modèle économique. Donc, je te promets, Loïc, aujourd'hui, tout le monde est d'accord avec moi. Mais au début, quand je l'expliquais, on m'expliquait par A plus B que c'était débile. C'est-à-dire que non, ce ne sont pas les clients qui vont payer. Les élèves, ils peuvent avoir gratuitement des professeurs sur Internet. Ils peuvent aller sur le bon coin gratuitement. Ils peuvent aller à la boulangerie gratuitement. Pourquoi ils paieraient ? Non, c'est les profs qui doivent payer parce que les professeurs gagnent de l'argent. Tu vois, ça, je l'ai entendu beaucoup de fois. Donc, tu vois, il fallait que je sois convaincu de mon modèle. Je sois convaincu de mon modèle et la meilleure façon d'être convaincu, c'est de gagner de l'argent grâce à lui. Et donc, voilà. Donc, j'étais content après mon premier mois de septembre de gagner 6 000 €. Et tout ça pour revenir à la surprise, pour te dire qu'à un moment, je m'étais dit, si j'arrive à faire une boîte qui fait un million d'euros de chiffre d'affaires, tu vois, qui arrive à générer un million d'euros, mais ce qui me semblait mais fou, tu sais, quand tu commences avec 6 000 €, et je m'en rappelle, je m'étais mis un défi personnel en disant, si un jour on gagne 5 000 € en une journée, je ferai, j'arriverai en petite tenue au bureau. J'avais dit ça comme ça à la cantonnale, tu pourrais rigoler. Mais parce que ça me semblait impossible, ça me semblait tellement beau. Tu vois ce que je veux dire ? C'est comme, je ne sais pas, tu dirais, si demain je fais un truc extraordinaire qui te semble presque impossible, tu dirais, j'arriverai en maillot de bain, je ferai ça, je ferai n'importe quoi, pour rigoler, tu vois. Et donc, voilà, pour te dire un petit peu état d'esprit. Et la grosse surprise, c'est qu'effectivement, un an plus tard, on dépassait ce chiffre. Et aujourd'hui, tu vois, cette année 2021, on pense un peu plus de 20 millions de chiffres d'affaires. Tu vois ? C'est énorme. Donc, c'est ça la grosse surprise, c'est que je ne pensais pas que ça marcherait autant. Je ne pensais pas que j'arrivais à faire un truc aussi gros. Et la deuxième surprise, c'est aujourd'hui où je me dis, je suis à 1% de ce qu'on peut faire.
Loïc Tu vois. Peut-être pour ouvrir à nouveau une parenthèse, sur t'expliquer que tu as dû faire face à pas mal de critiques ou en tout cas de peu d'engouement par rapport au business model que tu avais imaginé. Qu'est-ce qui fait que tu as tenu bon et que tu y as cru quelque part ? Parce que si tous tes concurrents déjà en place avaient adopté un autre modèle, la logique quelque part aurait voulu que ce modèle, c'est le modèle testé, approuvé, validé, sur lequel il faut partir. Oui.
Wilfried Alors, qu'est-ce qui m'a fait tenir ? C'était ma logique. Déjà, j'étais parti de ça. Voilà. Je croyais à ce truc-là. Si tu sais, pourquoi j'y crois, je n'en veux plus très bien. Et pourquoi ça ne m'a pas fait flancher ? C'est parce qu'il n'y avait aucun concurrent qui avait vraiment surperformé ou cassé le marché. Tu vois ? Personne n'avait réussi justement à casser le marché. Puis moi, j'entendais aussi la critique des professeurs qui disaient, c'est bien, moi je paye, j'ai plein d'élèves, mais j'ai pas mal de touristes aussi. Pas mal de gens qui appellent pour avoir des petites nouvelles, savoir, tiens, ah oui, vous donnez des cours, mais à combien ? Ah, j'avais pas vu le projet. Ah, vous habitez là ? Ah, bon. Et puis, en fait, pas très intéressé. Voilà. Donc, voilà. Et puis, il y a aussi un truc, mon modèle, il protégeait énormément le professeur. Puisque le professeur, tu vois bien, c'était un peu l'être suprême. Voilà, il fallait le motiver pour avoir accès à ses coordonnées. Si le professeur te disait non, c'était non. Tu ne pouvais pas le recontacter après, c'était fini. Donc, ça permettait aussi de mettre un filtre, tu vois, pour que toutes les jeunes femmes, par exemple, qui donnent des cours, elles soient à l'aise à mettre des belles photos, des belles vidéos, puisqu'elles sont intouchables. C'est-à-dire qu'elles refusent la demande, tu vois, elles ne transmettent pas leurs coordonnées, etc. Donc, il y avait aussi un système de protection pour les professeurs que je trouvais très intéressant dans mon modèle économique. Et donc, tant que je ne l'avais pas testé, si tu veux, tant que je ne l'avais pas testé, c'est-à-dire amener au professeur des élèves motivés. Parce que du coup, quand tu écris ta motivation, ça veut dire que tu as bien lu l'annonce. Quand tu as mis ta carte bleue, c'est vraiment parce que tu veux apprendre le ukulele. Ce n'est pas parce que tu t'es dit, bah tiens, peut-être que je vais apprendre le ukulele. Ah bah tiens, le prof, il a l'air sympa. Ah bah tiens, je vais le contacter, peut-être. Oui, salut, je lui parle. Enfin, tu vois, non, là, tu es vraiment motivé. Et puis, je te dis, le système de protéger les professeurs aussi, de dire, voilà, les professeurs, c'est des super profs, ils ont tout pouvoir. Ils peuvent accepter ou non un élève en fonction de leur envie. Et bien, ça, ça me plaisait beaucoup. Et donc, tant que je n'avais pas testé le modèle, eh bien, rien n'aurait pu me faire flancher. Tu vois, il fallait que je teste, il fallait que je me prenne un nom pour changer d'avis. Voilà.
Loïc C'est intéressant de m'approcher. Ça me fait penser, je ne sais pas si c'est vraiment comparable, mais au MOOC, les cours en ligne, je ne sais même pas s'il y a un terme en français pour ça, mais les cours en ligne massifs, gratuits, ouverts à tous. Et tu vois, si je réfléchis au nombre de cours auxquels je me suis inscrit, et que j'ai effectivement fait, je pense que j'en ai vraiment, je n'en ai jamais fini un seul. Et c'est clair que le fait que ce soit tellement facilement accessible et finalement, il n'y a aucune contrainte. Donc, tu t'engages, tu vois, un soir, tu dis bon, allez tiens, je vais prendre un cours de météorologie de l'université de Pennsylvania. Mais comme tu n'as aucun engagement, qu'il n'y a rien, il n'y a pas vraiment de motivation. Enfin, ta motivation n'est pas testée a priori. Oui, absolument. Donc, bon, tu t'engages.
Wilfried Pour ça, tu sais Loïc, je crois beaucoup aux professeurs, en fait, pour t'aider à apprendre. Parce qu'apprendre, tu vas apprendre le ukulélé, tu vas sur YouTube, tu as 10 000 méthodes. Tu vas à la FNAC, tu t'achètes 10 000 méthodes de ukulélé, des participants, tu peux apprendre de mille façons. De mille façons, tu sais, c'est très simple. Mais de là à rester motivé, tu vois, à compter et tout. Et en fait, le prof, il te sert à ça. Il te sert à te motiver. Il te sert à donner des points de rendez-vous en disant, tiens, qu'est-ce que tu as fait Loïc ? Tu as avancé sur quel morceau, machin et tout. Donc, ça te donne un petit peu, toi, ça te donne une motivation. Tu n'es pas tout seul. Et puis également, le professeur, il va t'aiguiller dans les méthodes. C'est-à-dire que tu peux apprendre le ukulélé de mille façons différentes. Mais laquelle est bonne pour toi ? Il n'y a que le prof qui va pouvoir t'aider. Est-ce que c'est des vidéos YouTube ? Est-ce que tu es plus visuel ? Est-ce que tu as déjà un petit niveau ? Est-ce que tu as peut-être fait un autre instrument ? Donc, du coup, tu as peut-être un peu une oreille, tu as fait de la guitare. Très bien, on peut peut-être partir plutôt sur telle méthode, sur les accords. Enfin, tu vois, il peut vraiment t'orienter dans toute la connaissance. Et parce que tout seul, c'est hyper dur. À la fois de se motiver et de se retrouver, trouver la bonne méthode, trouver la bonne façon d'apprendre, c'est dur. Donc, voilà.
Loïc Oui, effectivement. Waouh ! En tout cas, c'est vraiment impressionnant de voir, pour revenir sur ce que tu disais, l'élément de surprise qui a été finalement le développement… Bon, c'est une bonne surprise. Le développement incroyable de la structure. Voilà. La question que je me pose, c'est comment tu as fait pour gérer… Parce que je n'ai jamais créé d'entreprise, mais j'imagine que les compétences dont tu as besoin en phase de lancement ou quand tu vois, tu es en train de créer, de tester un modèle et la gestion de plusieurs dizaines de pays, de centaines d'employés, de millions d'euros de chiffre d'affaires. J'imagine que les compétences ne sont pas forcément les mêmes. Donc, comment tu as fait, toi, personnellement, pour t'adapter aussi rapidement au fur et à mesure que la boîte grossissait ?
Wilfried Ah bah écoute, alors je ne sais pas si je fais bien, mais en tout cas, je fais avec le plus d'amour possible et le plus d'énergie possible. Je fais, voilà. Peut-être qu'un jour, j'atteindrai mes limites. Pour l'instant, je n'ai pas le sentiment d'avoir atteint. Mais effectivement, tu as raison sur un point, c'est que j'ai commencé une boîte, j'étais tout seul avec un développeur et effectivement, maintenant, on est près de 200 dans plein de pays. Et donc, chaque année, il faut remettre en fait en cause tout ce que tu avais fait l'année dernière. Tous les process que tu avais faits qui marchaient pour 10 personnes, et bien maintenant, ça ne marche plus parce qu'on est trop. Et le middle management qu'il faut commencer à créer, voilà, être attentif à tous les détails. L'innovation qui était très simple avant puisque tu étais deux. Maintenant, l'innovation, c'est toute une équipe, il y a des designers. Et puis, chaque innovation en fait a des impacts dans plein de pays. Avant, on opérait qu'en France, donc c'est très simple. Maintenant, il faut penser aux traductions, il faut penser aux spécificités locales. Enfin, tu vois, il faut penser à énormément de choses. Moi, je vais te dire ma technique que j'ai. C'est que j'adore mon projet et donc, j'y pense 24 heures sur 24. Donc, quand tu penses fort à quelque chose avec beaucoup d'énergie et beaucoup d'envie tous les jours, tout le temps, et bien, tu vas finir par réussir. Je crois que c'est le seul secret, tu vois. Si tu as envie en fait, tu y arrives. Je n'ai pas d'autre technique que ça. Donc moi, j'ai envie de continuer, j'ai envie de grossir, j'ai envie d'aller plus loin. Et donc, chaque jour, chaque mois, chaque année, je me réinvente sur certaines choses parce que j'y pense en permanence, parce que je suis prof d'imagination, parce que tu vois. Mais tout ça, ça vient du fait que j'y pense 24 heures sur 24 et que j'adore ce que je fais, tu vois. Et bien sûr, j'ai une vie de famille, tu vois. Je suis très proche de ma femme et de mon fils. Je passe beaucoup de temps avec eux. J'ai pris trois mois de congé paternité, tu vois. Je ne suis pas un acharné du boulot où je suis tout le temps au bureau. Non, pas du tout. Mais par contre, j'y pense 24 heures sur 24. C'est-à-dire que même quand je suis en train de faire autre chose, j'ai toujours cette petite idée en tête. Tiens, je vais faire ça. Enfin, tu vois, je n'oublie jamais Super Prof et ce projet parce que je l'adore. C'est quelque chose que je suis fan, donc j'adore. Donc, ça vit avec moi en permanence. Et comme j'ai très envie et comme je l'adore, ça finit par marcher. Alors, j'ai fait un million d'erreurs. J'ai dépensé de l'argent dans des trucs qui ne servaient à rien. J'ai fait plein, plein, plein, plein d'erreurs. Mais tu sais, je ne sais plus qui s'aïgisait ça. Peut-être Churchill, donc tu vois, c'est un truc intelligent. Réussir, c'est d'aller d'échec en échec avec toujours le même enthousiasme et la même énergie. Tu vois, c'est-à-dire qu'avec le sourire, ce n'est pas grave. Tu te remontes, tu recontinues. Et en fait, au bout d'un moment, tu vas y arriver. Tu vois, c'est voilà. Tu dirais que c'est quoi l'échec qui a été le plus utile pour toi ? Alors, je ne sais pas. Je ne sais pas parce que je ne crois pas vraiment avoir d'échec ou en tout cas pas d'échec assez violent pour te rappeler, pour te dire aujourd'hui que c'est un échec, tu vois. Oui. Déjà, j'ai un peu de mémoire de poisson rouge. C'est-à-dire tous les matins, je me réveille, il fait chaud et je suis content. Je vais aller travailler, je vais jouer avec mon fils et je suis très content. Donc ça, c'est tous les matins, ça recommence. Et j'ai un peu oublié si la veille, j'avais fait des trucs qui pouvaient être considérés comme ratés. Tu sais, il y a ce... Il y a un bon état d'esprit quand tu démarres ta boîte.
Loïc Comment ? Ce qui est un bon état d'esprit quand tu démarres ta boîte. Parce que du coup, voilà, tu ne t'arrêtes pas sur les points bloquants.
Wilfried Non, et puis l'échec, c'est relatif. Tu sais, ça veut dire quoi ? Échouer, tu n'échoues pas, tu apprends tous ces trucs-là. Tu sais, les mantras de Nelson Mandela et tout, ils ne sont pas faux. C'est-à-dire que c'est vraiment un état d'esprit. Quand tu considères que c'est un échec, c'est une vision pessimiste de la chose. Et tu peux dire, du coup, j'ai raté, mais j'ai appris énormément de choses. Du coup, c'est des trucs que je ne refais plus. Ça, c'est la version optimiste. Mais pour ma part, oui, j'ai raté un million de trucs, mais je ne peux pas les qualifier d'échec. Ça me semble un mot trop violent, trop dur, échec. Oui, c'est un apprentissage. J'ai appris un truc, je n'ai pas réussi, mais je ne m'en rappelais plus. Voilà. En gros.
Loïc On sent bien l'état d'esprit 100% positif, tourné vers l'avant. Oui. Moi, je suis un peu né comme ça.
Wilfried Je ne me force pas trop. C'est un état d'esprit. Je vois bien qu'il y a d'autres personnes qui sont un peu moins comme ça. Mais moi, j'ai cette caractéristique qui est… J'ai beaucoup d'énergie.
Loïc Voilà. Excellent. Et comment tu fais pour faire en sorte que ça se retrouve aussi dans tes équipes ? Parce que maintenant, encore une fois, tu n'es plus tout seul. Donc, c'est une culture d'entreprise que tu as réussi à mettre en place aussi, cette approche positive et…
Wilfried Tu sais, je ne l'ai pas mis en place toute seule. Je l'ai mis en place pour les cinq premières recrues, mais après, les cinq, on fait des petits et ainsi de suite. Et c'est quoi le secret ? Je vais te dire un truc, c'est de travailler avec des gens que tu aimes. Tu travailles avec des gens que tu aimes et que tu adores et du coup, ils te le rendent. Et voilà, c'est… Et ça marche bien, tu vois. Moi, je ne travaille pas avec des gens que je n'aime pas. Donc, j'adore mon équipe. Je crois qu'on est très proche. Tu vois, c'est… Alors, j'appelle ça des fois pour rigoler, c'est du love management, mais c'est pas tout à fait faux. C'est-à-dire que si je les continue bien déjà, pas comme subalternes, on est une équipe. Pour moi, il n'y a pas de chef. Vraiment, je cultive la notion de pas de chef. Il y a des responsables de projets, bien sûr, ce qu'il en faut. Mais c'est important qu'il y ait des responsables. Mais pour moi, il n'y a pas de chef. Voilà. Et puis, on est tous ensemble. On est une… C'est très… Il n'y a pas d'organigramme avec un truc avec des râteaux, des sous-chefs, des sur-chefs, des compagnies. Non, non. Il y a des responsables de projets. J'aime beaucoup mes équipes. Et puis après, moi, j'ai trop de chance parce que j'ai recruté des gens, principalement des étrangers qui sont venus en France.
Loïc Ok.
Wilfried Donc, des gens qui n'ont pas peur de se lancer dans un nouveau pays, qui se rendent compte de la chance qu'ils ont d'être en France. Parce qu'ils viennent des fois, il y a des pays qui sont un peu plus durs que les autres. Les pays européens, ça va encore. Mais ceux qui viennent de Colombie, du Mexique, de l'Inde, du Nigeria, ils se rendent compte que quand même, la France, c'est un chouette pays. Donc, il y a cet amour du pays, cette volonté. C'est des gens indépendants. C'est des gens qui parlent plein de langues. C'est des gens débrouillards. Parce qu'ils viennent dans un pays, ils ne connaissent personne. Ils doivent se faire des amis, trouver de l'argent. Enfin, tu vois, ils sont très débrouillards. Et donc, du coup, moi, je n'ai que des gens comme ça au bureau. Donc, on est une... Tu vois, j'ai une super équipe qui ne serait pas la même si j'avais une centaine de Parisiens ou une centaine de Français dans l'équipe. Donc, déjà, j'ai la chance d'avoir une équipe qui est très ouverte, tu vois, très internationale, très jeune. Et puis, avec qui ça se passe super bien. Et une petite anecdote, je me rappelle, j'ai ma... Une des premières recrues quand on a lancé l'Espagne, elle s'appelait Eva. C'est une jeune femme fabuleuse vraiment qui travaille chez nous depuis le début, enfin, depuis le lancement de l'Espagne. Et qui est aujourd'hui la patronne de tous les pays, en fait, la super country manager de l'ensemble de nos 32 pays. Et je me rappelle, elle me disait un peu au début, « Ah, c'est tellement bien ici. Il y a tellement... C'est tellement la familiale. On a une su... Ah, j'aurais toujours peur de faire une nouvelle... De recruter une personne qui pourrirait l'ambiance et compagnie. » Tu vois ? Et je lui disais, mais c'est impossible, Eva. C'est impossible parce que, déjà, aujourd'hui, on a une quinzaine. Tu vois ? Donc, c'est trop tard. Ça, c'était avant. Si tu veux, s'il y a une brebis galeuse qui arrive dans un troupeau de 15, c'est la brebis qui se fait rejeter par le troupeau. Ce n'est pas la brebis qui va contaminer le troupeau. Tu vois ? Ça ne peut pas arriver, ce truc-là. Donc, c'était trop tard, déjà. Et c'est comme ça depuis le début. C'est-à-dire de proche en proche. On a été 15, on a été extrêmement soudés. Et puis, maintenant, on est 200, tu vois ? Et on est toujours très soudés. Alors, il y a des petites poches d'amitié qui se font. On est moins proches. Moi, je passe moins de temps avec tout le monde, évidemment. Tu vois ? C'est plus compliqué. J'ai mes copains et tout. Mais il y a cet esprit-là, en fait, très familial, qui est conservé depuis le début.
Loïc Voilà. C'était un choix délibéré, le fait de recruter des personnes d'horizons différents ou ça s'est fait aussi par la force des choses, du fait de leur connaissance technique qu'on n'a pas forcément en France ?
Wilfried Non. Ça s'est fait parce qu'en fait, on a voulu, à chaque fois qu'on lance un nouveau pays, en fait, avoir un truc très local. C'est-à-dire qu'on opère au Mexique, tu vois, tu es dans une ambiance totalement mexicaine. Tu ne parles qu'avec des gens qui sont mexicains. Donc, tu es en espagnol parfaitement mexicain. Le moteur de recherche est adapté au pays du Mexique. Au Mexique, il cherche plus par barriot. Donc, du coup, on a opéré par quartier. Le système scolaire aussi est mexicain, tu vois. Et pour connaître le système scolaire mexicain, il faut être mexicain. Il faut que tu aies vécu au Mexique, que tu aies fait tout le système scolaire. Moi, je connais bien celui en France. Et encore, je connais bien celui d'il y a 30 ans. Je ne suis pas sûr qu'aujourd'hui, si je parle avec les premières S, ce que je faisais et Terminal S, ça fonctionne encore. Mais bon, admettons que je connais ça, c'est bien. Au Mexique, en Belgique, en Italie, je ne peux pas connaître. Il faut des gens locaux, tu vois. Et donc, en fait, on s'est mis en tête de recruter que des natifs de pays à chaque fois qu'on lançait un nouveau pays. Et donc, c'est pour ça que ce ne sont que des gens internationaux qui nous ont rejoints rapidement. Génial.
Loïc Et donc, la langue officielle chez Superprof, c'est ?
Wilfried C'est le français, on va dire, la langue officielle, puisque tout le monde parle français. Mais ça parle italien. Il y a des gens qui parlent français sur tous les pays ? Oui, ils parlent tous à peu près français. Mais ils sont tous en France. Tu sais, tout le monde est en France.
Loïc D'accord, d'accord, d'accord. Ah, je pensais que tu avais quand même des équipes en local. Tout le monde est en France.
Wilfried D'accord. Alors, la société Superprof, on a 110 personnes en CDI et 110 personnes en CDI sont à Paris. D'accord ? Ensuite, après, on a à peu près une centaine de personnes en remote qui sont dans les pays. Là, pour le coup, effectivement, ils sont dans leur pays. Et là, ils parlent effectivement dans leur langue avec le country manager et le patron du pays qui est en France. Mais quand tu me parles de Superprof, je te parle de Superprof dans les locaux. Dans les locaux, on parle tous plus ou moins français. D'accord. Mais maintenant, en tout, ils parlent espagnol, brésilien, anglais, allemand, italien. Enfin, il y a toutes les langues. Ça, c'est incroyable. Et c'est très marrant parce que c'est pareil. On a découvert que les Norvégiens comprenaient parfaitement les Suédois parce que tu vois, les équipes norvégiennes comprennent... Enfin, voilà, tout le monde parle toutes les langues, beaucoup l'anglais. Mais la langue, on va dire, officielle, tout le monde, plus ou moins, Baragoui, nous parle le français.
Loïc D'accord. Excellent. Excellent. Ça fait rêver. Ça a envie de venir dans les locaux et d'observer un petit peu l'énergie qu'il y a entre l'équipe. C'est très bien, Loïc.
Wilfried Tu ne repartiras plus jamais. C'est ça le problème. Il faut le savoir. Excellent. Excellent.
Loïc Alors, tu nous as dit plusieurs fois que tu avais été extrêmement surpris du développement rapide de Superprof et qu'aujourd'hui, ta fierté quelque part, c'est que vous en êtes à 1% de ce que vous pouvez faire. Est-ce que tu peux peut-être nous expliquer ta vision, toi, en tant que fondateur, de la suite de Superprof ?
Wilfried Ouais. Alors, déjà, j'ai envie d'améliorer l'existence. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on est très, très bon sur le prof particulier, donc en one-to-one. Moi, j'ai énormément envie de développer le cours collectif. C'est quelque chose que je crois énormément, à la fois pour réduire les coûts, à la fois parce qu'il y a des choses qui marchent bien en collectif. L'émulation entre les élèves, c'est quelque chose qui me plaît aussi énormément. Pour l'instant, on a fait du one-to-one, mais j'aimerais faire du one-to-one. Premier point. Deuxième point, j'aimerais énormément aussi aider nos professeurs à mieux travailler et que vraiment transformer le métier de prof particulier en un vrai métier. Tu vois, aujourd'hui, le prof particulier, il est un peu seul chez lui. Quand il ne travaille pas et il ne gagne pas d'argent, il n'a pas de remplaçant. Il a peu d'outils de gestion. Alors, maintenant, on en propose. On propose des outils de gestion, de planification, de réservation de cours, de paiement, tout ça et tout. Mais tu vois, encore améliorer ça. Aider aussi les professeurs à se rencontrer les uns les autres pour à la fois créer, eh bien, partager de l'expérience, des best practices, que des professeurs puissent rediriger des élèves vers d'autres professeurs réciproquement, par exemple pendant les vacances, des choses comme ça. Comme un peu les docteurs, ils ont des remplaçants quand ils ne sont pas là. Tu vois, pareil avec les professeurs. Créer vraiment, tu vois, une relation entre tous les professeurs du site. Encore plus. Alors, on a un programme ambassadeur. On fait rencontrer les professeurs, mais on organise des workshops, tu vois, entre les profs. Tu vois, donc ça, c'est intéressant. Encore plus pour vraiment transformer le métier de petit cours en métier, en véritable métier de prof particulier. Voilà. Et puis ensuite, développer dans les pays. Encore plus. Parce que moi, je crois que l'éducation, c'est quelque chose d'international. Et je veux couvrir l'intégralité des pays dans le monde. Il y a plein de pays dans lesquels on n'opère pas. Et créer encore plus de facilité entre, par exemple, demain, tu veux apprendre le portugais brésilien. Eh bien, Loïc, on te propose un prof de portugais brésilien qui n'est pas loin de chez toi, en Suisse. Mais on peut te proposer aussi, par exemple, un prof de brésilien qui est à Rio de Janeiro, et que tu prends des cours par webcam. Et puis, du coup, tu partages la culture locale. Tu le payes à des prix, à des centaux de concurrence parce que tu ne le payes pas en France-Suisse, mais tu le payes au prix du Real brésilien. Donc, un tarif pour toi qui est vraiment rien du tout. Et tu partages l'expérience. Tu rencontres le mec. Enfin, par contre, tu vois sa famille, il te parle et tout. Enfin, tu vis un peu l'expérience locale. Et qui te sait, un jour, tu partiras en vacances au Brésil parce que c'était ton projet de partir et puis tu avais voulu apprendre la langue. Et puis, tu rencontreras un mec là-bas. Enfin, tu vois, partager encore plus facilement la connaissance à travers le monde. Voilà. C'est un peu les grands piliers, tu vois, de Superprof dans le monde, dans le futur. Et puis, ça passe par des outils. Évidemment, ça passe par de l'outil, la facilité. Là, on était très, très fort dans le web. Eh bien, tu vois, là, début d'année prochaine, on lance notre application pour que vraiment tous les professeurs et les élèves aient intégralement le catalogue Superprof à disposition dans leur poche. C'est-à-dire que toi, à tout moment, tu peux choisir ton prof. Tu peux répondre à tes élèves. Il y a une messagerie. Tu peux réserver un cours. Il est prépayé. Il y a de la garantie des deux côtés. Le prof, il est sûr d'être payé. L'élève, il est sûr d'avoir réservé son cours. Enfin, tu vois, maintenant, on a voulu encore plus que ce soit simple. Donc, c'est des outils. C'est des rencontres entre les gens. Alors, le Covid, ça nous a mis un petit peu, évidemment, dedans, parce qu'on avait pris une flotte cette année. Ça a été plus compliqué. C'est transformer le métier de prof particulier en un vrai métier, avec des outils, avec de la confiance encore plus, et puis faciliter l'apprentissage en faisant regrouper des élèves ou des élèves qui pourraient prendre des cours à distance avec des professeurs dans tous les pays du monde. Voilà. L'école de deux. En toute implicité, Loïc. Attention, on ne va pas…
Loïc Excellent. Et alors, petite question, mais les cours particuliers, est-ce que ça… Est-ce qu'on appelle les masterclass ? Parce que j'en vois de plus en plus, ça commence à émerger de partout, même en français maintenant. Oui. Il y a Mike Horn qui en a lancé une il n'y a pas très longtemps, sa propre masterclass. C'est ça, quand tu évoques les cours particuliers, c'est ça que tu as en tête ? C'est-à-dire un cours adressé à une audience plus large ? C'est vraiment un cours où les élèves se connectent et peuvent échanger entre eux avec le professeur ? Exactement.
Wilfried Moi, c'est pour… Moi, il y a deux types… Masterclass, c'est un mot un peu gazonné, mais en gros, masterclass, c'est donner un cours à plusieurs élèves en même temps. Mais nous, on ne croit pas… Tu me parles, Mike Horn et tout, il y en a plein sur Internet. En fait, c'est des vidéos. C'est-à-dire qu'ils vont faire des cours, c'est des vidéos. Donc là, l'élève, il va se connecter, il va regarder un ensemble de vidéos YouTube, peut-être de meilleure qualité, mais tu vois. Il va payer, mais bon, il faut être motivé. Tu vois, c'est comme l'idée, tu me parlais du MOOC. C'est-à-dire qu'il faut être motivé, il faut vouloir regarder. Alors après, ils sont bien faits. Comme tu as payé, il y a quand même cet engagement, tu vois. Il n'y a pas le lien en fait. Tu ne parleras pas à Mike Horn, il ne va pas venir chez toi et tu ne vas pas avoir une visio avec lui. Non. Non, ce n'est pas ça, moi, que je parle. Moi, je crois vraiment à la présence physique et à l'interaction entre le prof et l'élève. Maintenant, quand je te dis masterclass, moi, j'imagine plutôt un prof, trois élèves. Tu vois, ça, c'est le bon format sur une thématique. Par exemple, guitare. Pendant cette semaine, je fais une masterclass avec trois élèves et on fait Django Reinhardt. C'est-à-dire que voilà, on va travailler les morceaux du lundi au vendredi, deux heures par jour, trois élèves pendant les vacances. Tu vois. Mais par contre, tu as le prof avec ses trois élèves au milieu. Vraiment, la masterclass à l'ancienne, tu vois, avec le prof au milieu d'une micro-classe. Tu vois, c'est comme ça la masterclass pour moi.
Loïc C'est pas les 200 personnes connectées sans forcément pouvoir interagir entre elles ou d'accord, ouais.
Wilfried Oui, avec les autres, tu vois. Moi, j'ai vu des choses fabuleuses. Un des professeurs arrive le maître. On a travaillé avec des profs de maths justement pour essayer de mettre ça en place que les profs de maths, c'est une matière très, très forte chez nous. Et puis, on a vraiment des professeurs fabuleux qui font déjà ça. Et ils disent, il n'y a rien de plus génial. En fait, quand je suis sur une résolution d'exercice, je donne mon exercice à mes deux, trois élèves en même temps. Et puis, d'un seul coup, il y en a un qui trouve. Et puis l'autre, en fait, c'est celui qui a trouvé, qui va expliquer à l'autre comment il a fait. Et le prof, il est là pour guider deux élèves qui s'expliquent. Tu vois, le prof, quand tu expliquais quelque chose que tu as compris depuis 20 ans, tu vois, un théorème de Pythagore, tu l'as compris, tu l'as surcompris, tu as fait tellement plus loin que tu peux l'expliquer. Tu vas dire, ben oui, mais vous savez, la diagonale, bla, bla, bla et tout. Tu peux l'expliquer, mais tu ne te rappelles plus, toi, quand tu as découvert et que tu as compris ce théorème. Tu ne te rappelles plus très bien. Tu sais, ça fait 30 ans que tu le connais par cœur, tu l'as répété tellement fois, tu ne sais plus. Mais quelqu'un qui vient de comprendre le truc, il peut être vachement bon aussi pour expliquer à quelqu'un qui ne l'a pas compris. Donc, mais par contre, tout ça, c'est sous le contrôle un peu du prof qui va animer sa masterclass. Mais tu vois, l'apprentissage comme ça, la motivation aussi. Tu es avec quelqu'un, tu as envie de courir un peu plus vite que lui. C'est une bonne émulation, parce que tu n'as pas envie d'être l'élève à la traîne. Tu vois, donc c'est plutôt comme ça, l'idée de la masterclass comme ça que j'imagine. Et puis c'est vrai qu'il rentre en même dynamique.
Loïc Oui, oui, complètement. Et tu vois, si je repense à mes années théorèmes de Pitacor, il y a aussi une forme d'apprentissage dans le fait d'expliquer quelque chose que tu viens de comprendre. C'est-à-dire que ça vient quelque part valider l'acquis ou la connaissance que tu viens d'acquérir.
Wilfried Et puis sous le contrôle du professeur qui dit, ah non, non, pas tout à fait ça, tu n'as pas tout à fait compris. Il manque cette partie-là. Tu vois, ce que je veux dire, c'est une bonne émulation, tu vois.
Loïc Oui. Waouh ! Eh bien, c'est assez rêvé en tout cas. Que ce soit l'aventure entrepreneuriale, l'énergie que tu dégages. Et clairement, je suis assez d'accord avec toi. Je pense que quand tu crois en quelque chose et que tu mets toute ton énergie, toute ta passion dedans, il peut forcément, même s'il ne t'atteint pas l'objectif, il peut forcément ressortir de belles choses. Et félicitations parce que Superprof, clairement, ça a juste explosé. Et puis, c'est intéressant de voir comment tu te projettes pour la suite. Oui, comme tu dis, 32 pays, c'est déjà énorme, mais il en reste quelques-uns. Donc, c'est cool quelque part de voir qu'il y a encore une belle marche de développement.
Wilfried Il y a des gros, gros pays où on n'est pas. On n'est pas encore en Russie, on n'est pas en Chine, tu vois. Donc, il y a quelques poches encore de réserves très importantes qu'on a en Afrique. Il y en Afrique, on a très peu opéré en Afrique puisqu'on n'est présent qu'au Nigeria et en Afrique du Sud. Mais tu vois, il y a encore plein de pays en Afrique qui a attaqué, quoi. Donc, voilà. Il y a encore un peu de boulot.
Loïc Vous êtes aux Etats-Unis et au Canada aussi déjà ?
Wilfried Bien sûr. Oui, ok. On est leader au Canada, donc on a vraiment pris une bonne place. Ça marche très, très bien le Canada. Les Etats-Unis, c'est un tout petit peu plus compliqué parce qu'aux Etats-Unis, on a des très gros compétiteurs en face. D'accord. Ils ont beaucoup d'argent. Voilà. Donc, ils occupent bien les médias. Ils recrutent bien les professeurs. Voilà. Mais on est un très bon challenger. Moi, je vois ça aux Etats-Unis parce que tous les profs qui travaillent et les élèves avec nous préfèrent travailler avec nous parce que notre modèle économique est beaucoup plus intelligent, parce que nous ne prenons pas de commission entre les cours, entre le professeur et l'élève, alors que les Etats-Unis, en fait, ils ne font que ça. Et donc, on est un très bon challenger. Sauf qu'on a en face des remparts et des murailles faites par des fonds d'investisseurs et des levées de fonds qui font qu'il y a du mal à dresser notre audience. Donc, voilà. Les Etats-Unis, c'est le pays peut-être auquel on n'est vraiment pas leader. On a du mal. Voilà. Mais on y est. On est un très bon challenger et je ne désespère pas que quand on sera un tout petit peu plus gros, un peu plus grand et qu'on se dira vraiment sérieusement, allez, maintenant, cette fois-ci, on peut jouer dans la cour des grands et on va aller à San Francisco ou à New York pour vraiment attaquer le marché. Mais on aura déjà, on ne partira pas de zéro. On aura déjà une petite communauté.
Loïc Excellent. Excellent. Écoute, Wilfried, on arrive déjà à la fin. C'est passé très vite, mais c'était vraiment passionnant comme échange. Merci à toi. Merci à toi. Peut-être pour conclure, si tu reviens sur tout ton parcours des débuts jusqu'à aujourd'hui et la façon dont tu le projettes, qu'est-ce qui, pour toi, a fait la différence et peut-être quels conseils, même si je n'aime pas forcément la notion de conseil, mais qu'est-ce que tu aurais envie de partager à des gens qui, comme toi, tu vois, potentiellement super profs, c'est leur Airbnb, c'est ce qui, toi, était ton Airbnb. Qu'est-ce que tu aimerais partager avec ces gens-là ?
Wilfried Qu'est-ce que j'aimerais dire ? J'aimerais dire que… C'est marrant parce qu'un jour, on m'avait demandé un conseil et j'avais dit… Le seul conseil que je peux donner, je vais le reprendre d'un humoriste, c'est oublie que tu n'as aucune chance, vas-y, fonce. Si on a entendu, parfois, ça peut marcher. C'est bon, c'est bon. C'était pour rigoler que j'avais répondu ça parce que ce n'est pas vraiment un conseil, mais tu vois, en fait, quand tu as envie de quelque chose, quand tu as beaucoup d'amour, beaucoup de passion, en fait, ça va réussir. Donc, ce que j'ai envie de dire aux gens qui se posent des questions sur l'entreprenariat, qui se demandent et tout ça et tout, franchement, lancez-vous. Mais vraiment, lancez-vous avec un projet, même si c'est un projet brin de ballon, même si l'idée n'est pas géniale, en fait, ce n'est pas grave. Parce que si vous êtes très amoureux de votre idée, vous allez voir, vous allez la confronter au marché et puis cette idée, elle va muter parce que le marché, il va vous dire, non, c'est une idée qui n'est pas géniale, ce n'est pas comme ça qu'il faut opérer, ce n'est pas le bon modèle économique. Ce n'est pas le bon modèle économique et tu vas muter au fur et à mesure ton idée. Mais si tu pars, en fait, avec beaucoup d'énergie, beaucoup de motivation, tu y penses 24 heures sur 24 et que tu ne te mets aucune barrière, c'est-à-dire que je te jure, moi, depuis le début, en fait, je m'imagine, tu vois, comme si on avait eu plein d'argent, plein de fonds, je m'imagine très riche, tu vois. Enfin, ça, c'est mon état d'esprit, tu vois, en me disant, même si j'ai des concurrents à racheter, même si je veux lancer des pays, ce n'est pas grave, on va imaginer que ça va marcher. Mais par contre, je vis vraiment comme un pauvre. C'est-à-dire que je vis très chichement, je fais très attention à mes sons, tu vois, parce que, évidemment, on n'en avait pas. Mais par contre, j'essaie de penser comme si on avait de l'argent à finir. Et je vois trop de gens, des fois, un peu se bloquer ou se dire, ah oui, mais non, parce que moi, si je n'ai pas de fonds, il me faut des fonds. Il me faut, il faudrait que j'ai plus d'argent, il faudrait que j'ai plus de trucs, je n'arrive pas à le créer et qui se mettent, tu vois, trop de bâtons dans les roues presque avant de commencer. Mais c'est des barrières mentales, en fait. Pardon, c'est des bâtons qui viennent dans la tête. Et donc, mon conseil, c'est vraiment, lancez-vous avec beaucoup d'envie. Vous allez voir, vous allez déplacer des montagnes. Mais vraiment.
Loïc Super conseil. Écoute, merci beaucoup Wilfried. Merci pour ton temps. Pour la suite avec Super Prof. Et tu sais quoi, tu m'as donné envie d'aller refaire un tour et de trouver, pour le coup, cette fois, mon prof de ukulélé. Eh bien, écoute, je pense que c'est super, vraiment.
Wilfried Enfin, même que ce soit en Suisse ou à l'étranger, il y a des professeurs fabuleux. Mais je vais t'en trouver, je vais t'aider, je vais t'aider Loïc. Super. Parce que tu ne vas pas apprendre. Merci beaucoup Wilfried. À bientôt, salut.
Loïc Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés Jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets, qu'ils soient pro ou perso. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également, directement par email à contacte-lesfrappés.com. Et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure, n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez, ainsi qu'un commentaire. Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Ciao !
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