Sophie Qu'est-ce que tu as fait pour toi ? Mais moi surtout, je me suis dit waouh, j'ai 30 ans et il y a tellement de choses que je rêve de faire que je n'ai pas pris le temps de faire. Et du coup, j'ai fait une liste et je me suis lancée dans le projet 3 months before I'm 30, 3 mois avant d'avoir 30 ans, où j'ai réalisé un défi par jour jusqu'à ce que j'ai 30 ans. Et j'ai toujours eu énormément de rêve.
Loïc Hello, hello ! C'est Loic Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les Frappés ! Bienvenue Sophie sur le podcast.
Sophie Merci Loïc.
Loïc Je suis ravi de t'accueillir pour que tu nous parles de tes défis. J'en dis pas plus, tu nous expliqueras exactement en quoi ça consiste, mais j'ai vraiment hâte parce que j'ai eu la chance d'échanger avec toi en off et j'ai été pas mal impressionné quand même par ce que tu as décidé de mettre en place à un moment donné un peu clé de ta vie. Et puis comment tu l'as fait et comment est-ce que tu as décidé de le partager. Donc ouais, ravi que tu t'es accepté de prendre le temps pour nous raconter un petit peu ton histoire. Et ce que je te propose, c'est tout simplement de commencer par nous expliquer quel a été ton parcours, qui est Sophie en gros et qu'est-ce que tu as décidé de faire récemment.
Sophie Merci à toi en tout cas pour l'invitation. Je suis hyper honorée de participer à ce podcast, surtout à côté de la liste de tes autres invités, des explorateurs et des exploratrices qui me font rêver. Donc vraiment merci de m'avoir invitée. Donc je m'appelle Sophie, moi à la base je suis journaliste télé, j'ai travaillé pour des chaînes info pendant les cinq dernières années. Et l'année dernière, mon contrat s'arrêtait, je remplaçais quelqu'un qui est finalement revenu. Et j'étais un peu dans une période de transition professionnelle. Et en septembre de l'année dernière, j'ai réalisé que j'allais avoir 30 ans dans quatre mois. Et ça m'a fait un choc, je me suis dit mais c'est fou depuis toute petite, j'avais toujours un peu cette idée, et je ne suis pas la seule, mais de qui j'aimerais être à 30 ans. Quand on est jeune, on se dit qu'à 30 ans, on sera peut-être marié avec des enfants et puis le temps passe, on se rend compte qu'on n'a pas du tout forcément les mêmes envies que quand on était plus jeune. Mais moi surtout, je me suis dit waouh, j'ai 30 ans et il y a tellement de choses que je rêve de faire, que je n'ai pas pris le temps de faire. Tellement de choses dont j'ai envie de me débarrasser aussi. Pour moi, il y avait vraiment ce rite de passage à l'âge adulte avec la trentaine. Et je me suis dit, là, la personne que je fais aujourd'hui, j'ai envie qu'elle évolue pour les dix prochaines années, pour la prochaine décennie que je m'apprête à vivre. Et du coup, on aura le temps d'en parler un peu plus longuement. Je me suis dit, ok, en fait, qu'est-ce que tu veux vraiment ? C'est quoi tes rêves ? C'est quoi les peurs que tu veux dépasser ? C'est quoi ces sujets où tu t'es toujours dit, ça me fascine, ça me passionne ? Et puis en fait, tu ne prends jamais le temps d'approfondir. J'ai fait une liste et je me suis lancée dans le projet 3 months before I'm 30, 3 mois avant d'avoir 30 ans, où j'ai réalisé un défi par jour jusqu'à ce que j'ai 30 ans.
Loïc Excellent, c'est génial. Cette idée, elle t'est venue comment ? C'est quelque chose dont tu avais déjà entendu parler à travers d'autres personnes que tu suis ? C'est purement de l'invention Sophie.
Sophie C'est purement de l'invention Sophie, mais c'est drôle parce que c'est une question qui revient souvent de comment ça t'est venue, cette idée. Mais en fait, pour moi, c'était évident. C'était évident, j'ai toujours adoré. En fait, depuis l'enfance, et je le lis dans mes carnets parce qu'on aura aussi l'occasion peut-être d'y revenir, mais j'ai toujours eu beaucoup de carnets. Il y a toujours eu la liste de ce que je rêve de faire, ce que j'ai envie de faire à la fin d'année, ce que j'ai accompli. Donc, c'est vraiment quelque chose de très naturel chez moi et j'ai toujours eu énormément de rêves. C'est vraiment quelque chose qui est fait partie de moi.
Loïc Génial. Oh là là, j'ai hâte que tu nous en dises plus. Donc, si on commence à rentrer dans le détail, par quoi est-ce que tu as décidé de commencer ? Est-ce que tu as juste pris ta liste et puis tu l'as suivi jour après jour ? Ou est-ce qu'il y avait une certaine logique ou des thématiques ? Comment est-ce que ça s'est organisé, tous ces défis ?
Sophie Alors, évidemment, rien ne se passe jamais comme prévu. Alors déjà, pour le premier défi, je m'étais dit, je vais commencer par un truc qui me fait vraiment peur. Comme ça, allez hop, c'est coché. Donc, moi, j'ai très très peur de tout ce qui implique de la vitesse et de l'altitude. Donc, je me suis dit, je vais commencer. J'étais dans la région bordelaise ce week-end-là par un vol en parapente au-dessus de la dune du Pila. Évidemment, il n'y avait pas assez de vent, donc c'était annulé. Et je me suis dit, OK, peut-être que je vais faire du saut à l'élastique ou peut-être que je vais faire ci. Puis évidemment, la dernière minute, c'était impossible. Du coup, le premier défi, je me suis dit, en fait, vois les choses en face. Le premier défi, c'est de passer ton permis. Alors, petit spoiler, nous sommes donc plus d'un an après mes défis. J'en suis à 62 heures de conduite. Je n'ai toujours pas mon permis, mais je continue. Mais voilà, ça, ça a été mon tout premier défi. Donc, ça a été déjà de m'inscrire en logiciel de code en ligne et de commencer à coder. Et le deuxième défi, ça a été de descendre une partie de la Loire en canoë. OK. Et ça, c'était quelque chose de très important pour moi parce que j'avais commencé à développer une passion pour les activités outdoor et pour la randonnée depuis les deux dernières années. Et mon cadre de travail faisait que je travaillais tous les week-ends à 80 % en horaire décalé. Donc, ce n'était pas toujours évident d'y mettre des petites sorties outdoor en France. Et j'avais vraiment cet appel qui était très présent. Et du coup, je me suis dit, allez, je me lance tout de suite. Je descends une partie de la Loire en canoë. Je n'avais jamais dormi dans une tente. Je n'avais jamais fait de bivouac. Je me disais, mais ce n'est pas possible d'avoir trompant. Je n'avais jamais fait de bivouac alors que tu aimes tant la randonnée. Tu aimes tant être en extérieur. Et donc, voilà, j'ai commencé comme ça. Et les défis, j'ai essayé de les organiser de manière un peu logique. Par exemple, le mois de novembre était vraiment dédié à ce que j'appellerais sport et bien-être.
Loïc OK.
Sophie C'est-à-dire que c'était le mois où j'essayais de courir 10 km en moins d'une heure. Et je me suis dit, on va peut-être faire ça intelligemment pour que ce soit aussi le mois où je ne bois pas d'alcool ou éventuellement j'arrête le sucre. Et voilà, pour essayer que les défis un peu nutrition, bien-être viennent se mettre un peu au service des défis plus sportifs, performances, pour que tout syndrique un peu de manière logique. Mais évidemment, tout ça ne s'est pas passé comme prévu. On a été reconfinés deux semaines après le début de défi. Donc, il a fallu que je repense tout. J'avais évidemment tout écrit. J'avais fait une bonne liste des 90 défis pour les trois mois. Tout était quasiment calé, parfois réservé. Et puis, il a fallu tout repenser.
Loïc OK. Ce qui est intéressant, c'est qu'en fait, il y a des défis. La première fois qu'on en avait parlé, je pensais que c'était un défi par jour, mais que le défi n'allait pas au-delà de la journée. Mais en fait, non. Tu t'es lancé des défis. Certes, que tu as commencé le mardi, le troisième mardi de novembre. Mais en fait, qui se sont étalés dans la durée. Donc, à un moment donné, tu t'es retrouvée à accumuler plusieurs défis en simultané, si je comprends bien.
Sophie Oui. Et parfois, ça prenait des proportions assez importantes. Je me souviens, par exemple, d'une période où je faisais une formation de huit semaines d'IMP. C'est de l'Interpersonal Mindfulness. Pour ceux qui méditent ou qui pratiquent la pleine présence, c'est une nouvelle formation qui a été conçue par ceux qui ont popularisé la pleine présence dans le monde. C'est des chercheurs du MIT et notamment John Kabat-Din. Cette formation-là, en fait, c'est la dernière formation après les deux premières où on médite dans notre rapport à l'autre. C'est une formation qui dure huit semaines. J'avais ça. En même temps, j'essayais de courir dix kilomètres en moins d'une heure. J'avais vraiment beaucoup de mal. Donc, je m'entraînais trois fois par semaine. Et c'est vrai que je pense que j'ai atteint le climax de l'accumulation des défis. Le mois où j'essayais de courir dix kilomètres en moins d'une heure, dans une semaine où j'étais vegan et où j'ai gardé le silence pendant 48 heures.
Loïc Ah oui.
Sophie Ça faisait beau.
Loïc Et comment est-ce que tu as fait justement pour, dans la durée, à travers ces 90 défis, quand même garder cette notion de plaisir, d'aventure ? J'imagine des choses hyper positives que tu étais allée chercher aussi à travers ces défis. Comment est-ce que tu as fait pour faire en sorte que ça reste un plaisir et que ça ne devienne pas justement une contrainte ? Quand tu parles de défis comme garder le silence ou devenir vegan, si ce n'était pas quelque chose que tu étais à la base. J'imagine qu'il y a aussi eu, tu vois, peut-être des, je ne sais pas si le mot est trop fort, mais des sacrifices ou des contraintes que tu t'es imposées. Comment est-ce que tu as géré tout ça, du coup, dans le temps ?
Sophie En fait, ce qui est vraiment intéressant, c'est que derrière tout ça, il y a beaucoup plus que des simples défis. Derrière tout ça, il y a le rapport que tu entretiens avec ta volonté, ta discipline. Pourquoi tu veux t'imposer ça ? Est-ce que c'est si difficile que ça, d'arrêter la viande pendant une semaine ? Pourquoi tu penses que c'est indispensable ? Est-ce que tu as vraiment besoin de manger du fromage pendant une semaine ? Comment tu vas réagir si on te l'enlève ? Qu'est-ce qui se passe ? Pareil pour le silence. Pour moi, ça a été très simple de garder le silence pendant 48 heures. Le contexte dans lequel j'étais, pour les autres, ça n'a pas été simple. Et ça a été source de beaucoup de frustration et de colère. Et du coup, comment tu gères une dispute quand tu ne peux pas parler, par exemple ? Donc, je ne peux pas dire que j'ai toujours pris plaisir à faire tous ces défis-là. Mais ça m'a permis de m'interroger sur pourquoi je me mets dans des situations comme celle-ci, en fait. Et notamment, la question de courir 10 km en moins d'une heure, elle est vraiment emblématique, justement, de ce besoin de se faire plaisir. Et de pourquoi on cherche à se dépasser. Par exemple, avec ce défi-là, moi, j'avais toujours un peu cette croyance sur moi que je ne courais pas assez vite, que les autres couraient plus vite que moi. Et je me disais, mais comment ça se fait que pour moi, ce soit si difficile ? Et c'est pour ça que j'y suis allée. Je me suis dit, en fait, vraiment, tu as un peu plus de difficultés, on va dire, que la moyenne. Donc, tu vas foncer et tu vas essayer de travailler ça. Et au bout d'un moment, ça devenait un peu une corvée. Et je me suis dit, mais est-ce que tu aimes vraiment courir, en fait ? Pourquoi tu fais ça ? Est-ce que tu fais juste ça parce que tu as l'impression que tout le monde... que tu as un peu la traîne ? Mais en fait, ça n'a pas de sens de se dépasser si ce n'est pas parce que, à la fin, tu en tires un bénéfice. Et du coup, quand même, ça a un peu aussi modifié les défis que j'ai faits ensuite. Parce que, par exemple, moi, j'adore la montagne, mais c'est vrai que j'ai le vertige. Là, ça a du sens. Par exemple, faire des sports d'altitude où tu vas avoir accès à des paysages magnifiques qui vont te remplir et t'apporter quelque chose. Là, ça a du sens de se dépasser. Mais se dépasser pour juste se faire du mal, pour moi, aujourd'hui, ça a beaucoup moins de sens. Même si je rêve toujours de courir un peu plus vite.
Loïc Donc, si je comprends bien, tu vois, la réflexion que ça a déclenché, ça t'a permis de te dire que ce n'était pas... Il y avait peut-être autre chose que tu avais envie d'aller chercher à travers tes défis que juste courir plus vite pour courir plus vite. Mais tu dirais que ça venait d'où peut-être cette croyance qu'il fallait que tu cours plus vite ou que tu cours tes 10 kilomètres en moins d'une heure, en l'occurrence ?
Sophie Je pense que c'est beaucoup dû à la comparaison qu'on peut avoir de soi vis-à-vis des autres. L'année d'avant, j'avais couru le semi-marathon qui avait été annulé, mais on l'avait couru dans Paris avec les deux collègues avec qui je courais. Et on avait mis, je crois, 2h25. Et moi, j'avais d'autres copines qui l'avaient fait, qui l'avaient fait en 2h10. Et je me disais, mais j'avais l'impression d'une certaine manière que je n'étais pas normale, en fait. Que ce n'était pas normal que je vous cours aussi lentement. Et du coup, au final, évidemment, la course n'est qu'un prétexte. C'est plus un rapport à soi de se dire, est-ce que j'accepte là où j'en suis ? Est-ce que j'accepte là où j'en suis ? Si je ne l'accepte pas, qu'est-ce que je veux changer ? Mais surtout, pourquoi je veux le faire et en quoi ça va me servir moi à la fin ?
Loïc Wow. Ça fait vraiment écho à ce que j'ai pu vivre justement avec la course. C'est pour ça que je te posais cette question que je voulais creuser un peu. Parce que j'ai aussi eu à un moment donné un espèce de moment d'expérience un peu clivante. J'ai eu un gros accident et une voiture qui m'a percuté à l'entraînement pendant que je préparais un Ironman. Et ça m'a fait… Tout a été fini. J'ai passé deux mois allongé, etc. J'ai de la chance de pouvoir faire un podcast aujourd'hui. Mais ça m'a fait beaucoup réfléchir justement à ce que tu dis en fait. Pourquoi est-ce que je faisais ça ? Parce que la première… Ça paraît complètement fou quand je le raconte ou même quand moi j'ai réalisé ça. Mais la première pensée que j'ai eue au moment où j'ai été percuté, ça a été… Ouf ! J'ai plus besoin de faire tout ce que je fais, tous ces sacrifices pour cet Ironman. Là, vu le choc, c'est sûr, je ne peux pas y aller. Et c'est quand même dingue de se dire ça, tu vois. Tu te dis mais comment est-ce que c'est possible d'avoir…
Sophie C'est d'ailleurs pour ça que tu as eu un accident, tu vois. Finalement, l'univers t'a envoyé un poste d'arrière en te disant « Voilà, tu n'as pas envie d'y aller, n'y va pas. »
Loïc Oui, c'est clair que c'est la question… Tu vois, je me suis posé la question aussi, tu vois. Mais donc, c'est intéressant de voir que finalement, je ne suis pas un extraterrestre, mais que c'est peut-être un espèce de cheminement de parcours qui finit par ressortir quand tu t'imposes entre guillemets des rythmes ou des expériences qui ne font pas forcément écho à ce que tu as envie de vivre. Donc, c'est super intéressant.
Sophie On est un peu nourri et attiré. Je suis la première à être attiré par tout ce qu'on peut voir sur les réseaux sociaux, sur le dépassement de soi, sur le fait d'aller plus loin, de sortir de sa zone de confort. Vraiment sur toute cette imagerie du développement personnel. Mais le développement personnel, il n'a de sens que si ça correspond à vos propres objectifs. C'est clair. C'est aussi un des points que je voulais montrer avec ce projet de 90 défis. C'est que ce qui est un défi pour vous ne sera pas pour les autres et vice-versa. Donc, pour certaines personnes, escalader une montagne, ça va être très simple. Mais en revanche, je ne sais pas, ne pas manger de viande pendant une semaine, ça va être vraiment difficile. Ça va vraiment demander une adaptation. Ça va vraiment créer de la frustration. Le plus important, c'est de ne pas se fier aux autres, de ne pas trop regarder toutes ces vidéos d'exploit, même si ça fait rêver au fond. Parce que si ça fait rêver et que ça provoque quelque chose dans votre corps physique, d'avoir des frissons en regardant une vidéo sur quelqu'un qui se dépasse, qui atteint son objectif, peut-être qu'il y a un truc à aller creuser, mais il faut le faire pour les bonnes raisons. Pas parce qu'on veut impressionner les autres, pas parce qu'on veut s'impressionner soi, mais en fait, on oublie de se demander est-ce que ça me fait vraiment plaisir. Pas en oubliant ce qu'on ressent au fond et en laissant tout ça prendre un peu le pas sur le but réel du dépassement.
Loïc C'est quelque chose que j'entends pas mal de mes invités aussi, surtout dans l'univers du trail, voire du cyclisme. C'est un exemple tout bête sur l'utilisation de Strava. C'est peut-être une application que tu as utilisée quand toi, tu courais. Mais j'ai eu beaucoup d'invités qui m'ont dit qu'au bout d'un moment, ils avaient, et même des coureurs professionnels, des trailers pros, qui m'ont dit qu'ils avaient fini par arrêter d'utiliser Strava. Et moi, c'est ce que j'avais fait. Parce qu'à la fin, ils ne s'entraînaient plus au plaisir, si tu veux, mais avec cette notion de, il faut aller chercher le meilleur temps sur le tronçon Strava. Il faut aller chercher plus de likes que la semaine dernière, qui n'apporte rien en fait.
Sophie À complètement oublier de s'écouter. Le but, surtout le trail, on n'est pas sur du sprint. Donc, le but, ce n'est pas de faire un chrono. Le but, c'est de tenir. Il y a évidemment cette notion de chrono, mais il y a cette notion de courir au long cours. Donc, c'est normal que pendant l'entraînement, il y ait des jours où on ne soit pas assez performant. Mais en fait, c'est justement ces jours-là où on va se recharger un peu, où on va prendre un peu du temps pour soi, on va voir les choses différemment. Et c'est ça, au final, qui vient compléter toute la pratique et effectivement les réseaux sociaux pour ça. Et la mise en scène de sa pratique et de ses exploits peut complètement nous déconnecter de nous et de nos objectifs.
Loïc 100% d'accord avec toi. Et tu vois, c'est aussi pour ça que j'avais créé le podcast. Et après, j'arrête de parler et j'enchaîne avec des questions pour toi. Mais justement, pour parler de cette partie un petit peu cachée de l'iceberg, quand on parle de réussite, quoi que réussite veuille dire. Tu vois, pour certains, c'est un chrono sur l'UTMB. Pour d'autres, c'est un trip à vélo pour aller acheter un bris. Mais voilà. Par hasard, voilà. Quoi qu'on entende par réussite, en fait, c'est... Je pense qu'il faut faire vraiment attention justement à la façon dont les aventures, les défis, les expériences sont partagées. Et surtout, j'ai l'impression que... Alors, c'est peut-être la philosophie à deux balles, mais l'évolution de la société nous amène à penser, tu vois, que la réussite est de plus en plus instantanée, que c'est la course ou toujours plus. Aujourd'hui, quand tu vois l'UTMB, tu as l'impression que n'importe qui peut s'inscrire et aller faire sa course de 170 kilomètres comme ça. Mais on oublie de regarder les 10-15 ans de pratique qu'il y a eu avant, les entraînements, les sacrifices, les blessures et surtout les vraies motivations. Parce que les gens qui font ça, généralement, ceux en tout cas qui arrivent à le faire en prenant du plaisir, c'est que ça... Il y a une flamme, tu vois. Il y a quelque chose qui brûle. Ils ne le font pas pour raconter ça à leurs amis le week-end. Ou alors, si c'est le cas, ils le font une fois, mais ils n'y retournent pas tous les ans. Donc, c'était aussi pour ça, tu vois, que je voulais, à travers le podcast, rencontrer des gens comme toi et comme tous les invités que j'ai, qui ont cette flamme et qui font des choses extraordinaires, mais qui les font pour... Ça se sent quand ils en parlent. Ils le font pour des raisons... Ils sont parfaitement alignés, tu vois. Il y a de bonnes raisons. Je ne sais pas s'il y a de bonnes et de mauvaises raisons, mais en tout cas, des raisons qui font sens pour eux, pour lesquelles ils se lancent dans des aventures aussi dingues que celles qu'ils partagent sur le podcast. Ce qui m'amène à une autre question, Sophie. C'est justement, tu vois, fort de ces apprentissages, comment est-ce que... Enfin, s'il y a eu une adaptation, mais comment est-ce que la façon dont tu abordais tes défis a évolué au fil des 90 jours ?
Sophie Bon, déjà, elle a évolué au fil des possibilités gouvernementales. Donc, tu vois, par exemple, je devais faire... Je devais faire un stage de survie. Bon, ça, du coup, ça a dû être annulé. Je devais poser nue au Beaux-Arts. Bon, ça, ce n'était pas possible. Donc, il y a eu beaucoup de choses qui ont été annulées. Du coup, ce qui était vraiment intéressant, c'est que notamment pendant le reconfinement, j'ai été obligée de me dire comment tu peux mettre de l'aventure et du challenge dans ta vie quand tu es enfermée. Et ça, c'est très, très fort pour moi parce que ça s'adapte à tout. En fait, là, on était confinés, mais on peut se sentir enfermé dans sa vie même en étant parfaitement libre. Et on peut se sentir parfaitement libre en étant dans un cadre restreint. Et du coup, finalement, c'était un challenge de plus de devoir repenser tous ces défis et de me dire, OK, qu'est-ce que je peux faire au quotidien ? Et puis, en fait, il y en a quand même un par jour. Donc, il faut dérouler. Il ne faut pas perdre de temps. Et parfois, c'était un peu le stress pour ça. Il y a eu aussi un peu la magie de la vie qui s'est mise en place où les défis se sont imbriqués plus ou moins les uns avec les autres. Et puis, en fait, les choses qui n'étaient pas possibles se sont mis à être possibles un peu plus tard. Je regarde juste la liste des défis parce que ça va me permettre aussi d'avoir un petit peu de recul. Par exemple, ce que je constate, c'est que quand j'ai eu 30 ans, j'ai décidé de ne pas arrêter le projet parce que, justement, il y avait plein de défis que je n'avais pas eu le temps de faire parce qu'ils demandaient du temps, parce que, du coup, ils ne pouvaient pas s'accumuler, parce qu'avec les contraintes gouvernementales et sanitaires, je n'avais pas pu les faire. Et ce que je constate, c'est que vers la fin des défis, j'ai fait beaucoup plus de défis feel good qui vraiment me faisaient plaisir, qui étaient peut-être moins intenses. Je pense que ça a été vraiment très intense émotionnellement pour moi, tous ces défis. À la fois le rythme, le fait d'en faire un par jour, et à la fois aussi parce que ça a vraiment convoqué des peurs très profondes chez moi. Tu vois, par exemple, la conduite, ça pourrait paraître anodin. Mais pour moi, c'est très, très éprouvant. J'ai vraiment peur de la vitesse. Donc, c'est vraiment... Les heures de conduite sont des petites aventures en elles-mêmes. Et ça a été le cas, par exemple, pour la nuit dans l'igloo. Ça a été le cas pour le parapente. Ça a été le cas pour tout ce qui était un peu immersif. Mais... Et parfois, c'est ça aussi le vrai défi. C'est de prendre du temps pour soi. Et pour toutes ces choses, on se dit, ah, j'aimerais bien faire ci, mais en fait, je ne le fais jamais. Et par exemple, ces défis, ça va être lire enfin ce livre qu'on vous a offert. On nous offre souvent des livres à Noël pour une invitation. Mais quand est-ce qu'on les lit ? Quand est-ce qu'on se dit, OK, je prends ce livre sur ma bibliothèque qui est en train de prendre la poussière depuis un an et je le lis. Ça, c'était vraiment du temps pour moi, du temps pour respecter aussi la personne qui m'avait offert ce livre. Il y avait aussi d'autres défis dans le style voir 30 films cultes. Je n'avais jamais vu Scarface. Je n'avais jamais vu Taxi Driver. Et tout ça, c'était, mais voilà, je prends le temps. Et en soi, on pourrait se dire, mais ce n'est pas un défi, ça. Mais bien sûr que si, c'est un défi de prendre le temps de enfin réaliser tout ce qu'on a toujours eu envie de faire. Et donc, pareil, par exemple, je m'étais dit, je vais voir 30 lieux et œuvres d'art emblématiques de Paris. Et j'ai réalisé que je n'étais jamais allée au musée d'Orsay. Ça paraît fou pour une Parisienne comme moi de jamais y avoir mis les pieds. Où ? Je n'étais jamais allée voir la Sainte-Chapelle. Voilà, tout ça, c'est des défis parce que on prend le temps de se dire, j'arrête de dire, ah, je rêve de le faire et je ne le fais pas.
Loïc C'est l'exemple que tu donnes, tu vois, sur le fait d'être parisienne et de ne pas forcément être allée faire certains musées ou voir certaines œuvres. pour avoir beaucoup bougé. En fait, la conclusion, chaque fois qu'on changeait d'endroit, qu'on changeait de pays, c'était, ah punaise, on s'était dit en arrivant, tu vois, qu'on ferait, je ne sais pas, au Canada, qu'on irait à Québec. En l'occurrence, on l'a fait, mais j'ai eu beaucoup d'amis. On me dit, ah punaise, je suis arrivé il y a un an, je me suis dit que j'irais à Québec et je ne suis jamais allé. Là, on vient de quitter la Suisse, on a fait beaucoup de choses. Mais pour autant, on se dit, ah, on aurait bien aimé faire ça, tu vois, ou on s'était dit qu'on ferait ça puis on n'a pas pris le temps de le faire. Donc, je trouve ça génial au final. Finalement, cette notion, cette idée qui consiste à dire qu'on n'a pas besoin de partir loin et longtemps pour se fixer des challenges, en fait. Tu vois, des challenges, des défis, ça peut tout aussi bien être dans sa rue, oser aller, je ne sais pas, féliciter cet artiste qui a une vitrine et qui n'en a jamais osé rien dire et ça fait trois ans qu'on passe devant ses œuvres tous les jours.
Sophie Oui, par exemple, et c'est ça que j'ai adoré avec ce projet et ça continue encore d'alimenter les conversations. C'est, et vous, c'est quoi vos défis ? D'ailleurs, je pense que ce serait chouette qu'on parle peut-être de tiens à la fin. Mais par exemple, je discutais avec une jeune fille qui me disait, moi, en fait, elle était un peu timide, je crois que j'aimerais bien tester 50 boulangeries et 50 croissants et juste faire la liste des meilleurs croissants de Paris. Et je me dis, mais c'est génial. C'est génial parce que, en fait, c'est juste laisser émaner ce qu'il y a de plus profond en nous. Qu'est-ce qu'il y a en nous de créativité, d'envie ? Et en fait, on s'en fiche que ce soit utile, pas utile, intéressant, pas intéressant. Si toi, ça te plaît, il faut y aller.
Loïc Si tu devais, justement, en parlant de créativité et de défis qui t'ont plu, si tu devais en retenir vraiment une poignée, pas forcément sur les 90 jours, mais puisque tu me disais que tu as continué après, c'est ça que je trouve absolument fascinant, c'est qu'il y a quelque chose qui est né, en fait, de ce défi, de défis au pluriel. Mais la sélection que tu ferais, ce serait laquelle ?
Sophie Alors, je vais faire une petite sélection un peu pêle-mêle entre ceux qui m'ont le plus marqué parce qu'ils ont vraiment été hyper éprouvants, ceux qui m'ont le plus éclaté parce que vraiment, je ne pensais pas, mais en fait, ça m'a fait complètement vibrer. Alors, clairement, celui qui m'a peut-être le plus marqué, c'est celui où j'ai construit et dormi dans un igloo avec mon père. Déjà parce que je partageais ce moment avec un monde de ma famille. Ensuite, parce que c'est fou d'utiliser de la neige pour se faire un abri. Et ça aussi, c'était un appel qui avait depuis longtemps, je ne saurais pas l'expliquer et le seul conseil que je peux donner, c'est qu'on a tous des appels en nous comme ça et il faut juste les laisser émerger à notre conscience. Mais il y a toujours ce truc de vouloir construire un abri avec un élément naturel. Il s'avère que c'est tombé sur l'igloo. Donc, on était quand même avec un guide, je précise, ne faites pas ça sans encadrement. Déjà parce qu'il y a une technicité à avoir, donc il faut risquer de perdre du temps et il y a quand même quelques petites choses à savoir. Évidemment, il faut avoir le bon équipement pour passer la nuit dans l'igloo. sauf que nous, pas de bol, au mois de février, il faisait 14 degrés dans le Jura. Donc, on a vraiment eu du mal à construire l'igloo et surtout, il n'a pas du tout tenu. Il s'est effondré sur nous à 5 heures du mat. Donc, rien de grave. Mais mon père, qui était du côté de la paroi qu'on avait construite, lui a eu de l'eau qui goûtait sur lui pendant toute la nuit. En plus, c'était bancal, nous n'arrêtaions pas de glisser avec nos couvertures de survie. C'était vraiment un peu l'aventure. On a fini la nuit à la belle étoile. Voilà, ça, clairement, c'est une aventure qui nous marque. Ce n'était pas la meilleure nuit de notre vie, mais on aura vécu ça avec moi et je suis hyper reconnaissante que mon père ait accepté que je l'embarque là-dedans alors que je ne crois pas qu'il y serait allé seul. Donc, ça, voilà, c'est un des défis qui m'a le plus marquée. Il y avait aussi escalader une cascade de glace. Ça, c'était vraiment un rêve quand je te parlais de cette passion rando. Donc, un an avant le projet des défis, j'avais vraiment commencé à développer une passion pour l'Everest, pour tous les sports de montagne et notamment la cascade de glace. Et je regardais des vidéos et vraiment, je trouvais ça incroyable, je trouvais ça génial. L'escalade, il y avait vraiment quelque chose qui m'appelait et je trouvais ça fou. Sauf qu'évidemment, en fait, en vidéo, tout le monde fait ça super bien. Ils tentent par violets, ils escaladent le truc hyper vite et tout. Et puis, en fait, quand c'est toi, tu te rends compte que ce n'est pas du tout pas. Et vraiment, j'étais paniquée. En fait, la première longueur, le guide me montre et tout, je me prends un peu la main avec les violets, avec mes crampons pour m'enfoncer dans la cascade et tout. Et puis, en fait, la deuxième longueur, il part et puis en fait, il part, il part, il part. Et là, je me dis, mais il va à quelle hauteur ? Parce qu'il va falloir que moi, je monte tout ça. Et puis là, j'entends un écho un peu qui veut dire vas-y quoi. Il tend un peu la corde et là, je me dis, ok, c'est à moi sauf que je ne le vois pas. Et puis en fait, je commence un peu à avancer sur la longueur et puis je tétanise. Vraiment, c'était comme ça avec mon violet. On ne peut pas me voir mais ma main, elle tremble. Et puis du coup, mes genoux aussi. Et puis du coup, je ne me tenais pas du tout bien. mes genoux n'arrêtaient pas de taper contre la glace. J'ai eu des bleus mais vraiment sur l'intégralité des jambes. Et du coup, j'ai quand même continué, continué parce que et là aussi, en fait, pourquoi tu continues ? Est-ce que tu te fais du mal ? Ou est-ce que tu te dépasses et t'apprends à gérer ta peur ? Et donc, c'est un peu toute la limite parfois avec ces défis. C'est est-ce que là, je suis juste en train de me forcer et de pousser le bouffon et en fait, de me traumatiser toute seule ? Ou est-ce que je suis en train de vivre une expérience qui m'apprend comment je réagis dans des situations de stress, des situations que je ne maîtrise pas et qu'est-ce que je peux faire pour retrouver une zone de confort ? Ou en tout cas, pour accepter les choses telles qu'elles sont. Est-ce que là, j'ai trop peur ? Je m'arrête. Est-ce que j'ai trop peur ? Mais je continue. Et donc, j'ai un peu continué et puis au bout de 70 mètres, normalement, c'était 120 mètres, 70 mètres de hauteur, j'ai dit, ça va, j'ai eu ma petite dose d'adrénaline. J'ai le vertige. J'étais plus sûre de prendre tant de plaisir que ça. Et en même temps, j'étais quand même fière. Et tu vois, là, je t'en parle, j'ai eu super peur mais j'ai trop envie de recommencer. voilà. Et puis après, bon, je suis désolée, c'est vrai que tous ces défis, c'est tellement passionnant. Je vais essayer de peut-être pas en donner trop mais il y a eu des défis qui étaient tout simples mais qui m'ont procuré tellement de joie. Par exemple, apprendre une suite de chiffres la plus longue possible en cinq minutes. Et ça, j'adore. Et ça, franchement, si je peux le faire tous les jours, si quelqu'un, il y avait toujours quelqu'un pour m'écrire une suite de chiffres, quoique je peux le faire seul mais je le fais tous les jours parce que ça, c'est génial. Déjà, parce que tu as cette contrainte de temps qui va te mettre dans une situation un peu de stress pour ton cerveau. Tu vois cette suite de chiffres et tu te dis, OK, tu as le défi de te dire de quoi je suis capable en cinq minutes. Et là, ce qui est vraiment intéressant dans ce défi, c'est que moi qui ai une mémoire visuelle, ça a été l'auditif qui m'a permis de retenir un nombre important de chiffres et ça a été vraiment de créer une mélodie avec les chiffres. Tu vois, 4, 2, 2, 8, 8, machin. Et en fait, c'est cette mélodie qui m'a permis d'aller un peu plus loin. J'avais la mémoire visuelle des chiffres mais aussi cette mélodie qui permettait. Et donc ça, c'est trop bien parce qu'en fait, en cinq minutes, tu as fait quelque chose dont tu n'as absolument pas l'habitude qui te donne des clés pour la suite. Parce que moi, quand je travaillais dans les chaînes info, on était souvent amenés à faire des interventions en direct. Donc, il fallait apprendre ton texte et il fallait l'apprendre très vite. Et donc, ça développe une partie de ta mémoire. mais là, du coup, ça me permettait de développer une autre partie de ma mémoire. Donc ça, voilà, c'est vraiment un petit truc que si vous avez envie de tenter l'expérience, c'est un petit défi fun. Et puis, il y avait des défis voilà, apprendre un mot par jour. Ça, c'est trop bien. Je le continue encore aujourd'hui. J'adore. C'est tellement passionnant sur l'histoire de la langue en France, sur utiliser des mots qui définissent des réalités qu'on n'a pas l'habitude de convoquer. Et puis, je pense le plus gros des défis, celui qui m'a pris le plus de temps, c'est un défi qui m'a été donné par l'une de mes meilleures amies qui est entrepreneuse qui m'a dit, écoute, ça fait des années que tu nous fais des carnets pour nos anniversaires, les mariages, tu fais des carnets de voyage et tout. Je veux que tu crées ta marque. Et c'est comme ça qu'en fait, j'ai créé ma marque de papeterie qui s'appelle Carnet Goguet et que j'ai créé mon premier produit qui est un carnet de voyage comme une évidence qui s'appelle La Grande Aventure. Et ça vient réunir un peu toutes mes passions pour le voyage, l'exploration, l'écriture, l'envie de permettre aux gens de développer leur curiosité, de faire le récit de leur expérience et de garder une trace parce qu'au fond de ce projet de défi, c'est ça, c'est expérimenter, vivre et garder une trace.
Loïc Alors, c'est génial. Tu nous parlais juste avant du fait que tu apprends un nouveau mot par jour. Du coup, moi, par curiosité, Goguet, qu'est-ce que ça veut dire ?
Sophie Alors, tu vois, c'est fou parce que Goguet, le nom, il me venait tout de suite. Quand je me suis dit que je crée ma marque de papeterie, c'était une évidence que ce serait Goguet. Alors, la première raison, c'est parce que dans ma famille, mon père notamment, quand on part à l'aventure, il dit à toujours « Allez, on part en Goguet ». Et c'est une expression que j'adore et ça peut être autant pour aller passer la journée dehors, se balader ou vraiment, quand tu pars en voyage, aller…
Loïc Dormir sous un igloo.
Sophie Dormir sous un igloo, voilà, entre autres, de manière tout à fait simple et naturelle. Donc, il y a vraiment… Dans Goguet, ce que j'aime, c'est qu'il y a cette notion un peu de désuétude, c'est dynamique, c'est enthousiasmant. Je trouve qu'on sent dans Goguet que toute la joie qu'il y a de partir découvrir quelque chose de nouveau, quel qu'il soit, et que ça peut être au bout de la rue. Et sinon, ce que ça veut dire, en fait, au XVIIe siècle, ça a plusieurs sens, le terme Goguet, mais ça veut notamment dire être légèrement ivre et de belle humeur en promenade. Et j'adore ce sens parce qu'il y a vraiment cette notion de lâcher prise, de joie et vraiment de curiosité pour le monde qui nous entoure.
Loïc Super. Et donc, ce défi que ton amie entrepreneuse t'a proposé, tu l'as fait à quel moment du cycle des 90 ou par la suite des 100 ?
Sophie Alors, évidemment, je l'avais mis de côté au début, j'avais demandé à tous mes proches de me donner des défis. Puis évidemment, celui-là, je m'étais dit bon, elle est gentille, mais bon, quand même, créer son entreprise, voilà. Je ne vais pas pouvoir faire ça en trois mois en même temps que je suis vegan, que j'escalade une cascade de glace, que j'écris à un auteur que j'admire et que je mange des criquets. Vraiment, c'était... Tu l'as fait ça,
Loïc les criquets ?
Sophie Oui, j'ai mangé des criquets. Excellent. Et ce n'est pas mauvais. Ça a un peu un goût de croquette pour chat, mais ce n'est pas mauvais. Et du coup, en fait, j'ai attendu d'avoir 30 ans de me poser un peu en me disant bon, maintenant, c'est quoi la suite ? Maintenant que j'ai fait un peu ce rythme effréné de un défi par jour, ça va être quoi mon quotidien ? Est-ce que je retourne dans le journalisme de la même manière que je le faisais, donc travailler pour des chaînes de télé ? Est-ce que j'ai envie d'autre chose ? Et je me suis posée, c'était en février, donc c'était peut-être deux, trois semaines après que j'ai eu 30 ans. Et ça est passé par un carnet, c'est-à-dire que j'étais dans une boutique, il y a une marque de carnet que j'adore, ça fait longtemps que je les connaissais, puis je vois ce carnet pour entreprendre, il coûte 40 euros, il me dit c'est cher, puis je me dis, bah en même temps, je ne sais pas trop comment commencer à entreprendre, donc tant pis, allez, je l'achète. Et j'ai acheté ce carnet et j'ai commencé à remplir un carnet pour créer ma marque de carnet.
Loïc Ok. Et en quoi du coup est-ce que cette expérience du carnet pour te lancer dans un projet, en quoi est-ce que ça t'a inspiré pour Carnet Goguet ?
Sophie Ça m'a confirmé le plaisir que je prenais à remplir un carnet, ça me confirme aussi dans l'idée que ce n'est pas un simple objet. Quand on achète un carnet, notamment la Grande Aventure, on achète, on écrit son histoire. Donc on est... C'est vraiment bien plus puissant que ce qu'on peut penser. On prend le temps de reconnaître ce qui se passe dans le monde, en l'occurrence là avec la Grande Aventure, c'est le voyage, de reconnaître ce qui se passe autour de nous, de reconnaître ce qui se passe en nous et de l'inscrire dans la matière. Et ça, c'est vraiment, vraiment très précieux. Et moi, grâce à ce carnet pour entreprendre, ça m'a donné des clés, des outils et c'est exactement ce que je fais aussi avec la Grande Aventure, c'est des outils pour raconter votre voyage. Parce que parfois, on ne sait pas par où commencer, on ne sait pas comment raconter les choses, on ne sait pas où regarder et c'est normal. Et là, dans la Grande Aventure, il y a plein de rubriques pour décrire une scène, demander aux locaux leurs adresses favorites, trouver trois infos insolites sur la destination, décrire ses ressentis, ce qu'on voit, ce qu'on sent, ce qu'on touche et tout ça. En fait, c'est juste des outils pour nous permettre de reconnaître pleinement ce qui se passe en nous. Et en fait, avec le carnet pour entreprendre, c'était un peu ça, c'était des étapes pour définir mon projet, définir le message, définir la manière dont j'allais le commercialiser.
Loïc Tu sais, ça me fait penser au fait que je côtoie pas mal de gens qui bougent beaucoup, j'ai fait pas mal de voyages aussi, d'aventures, etc. Mais c'est vrai qu'au final, si je réfléchis à combien de fois est-ce que j'ai pris le temps de mettre ça par écrit et pas le mettre par écrit pour le mettre par écrit, tu vois, mais parce que je pense que ça me ferait plaisir de relire les émotions que j'ai ressenties quand j'ai vu le Mont Everest pour la première fois, par exemple, tu vois, ou la première fois que quand on était au Machu Picchu, par exemple, on est tombé sur des copains d'école, le truc complètement improbable qui, tu vois, on te le dit, spontanément, c'est impossible, la probabilité est nulle. Mais tu vois, il y a eu beaucoup d'émotions du coup qui sont ressorties de cette rencontre et à moins que j'y repense, que quelque chose m'y fasse repenser comme par exemple, bon, je suis sur, je ne dis pas ça parce que j'étais un employé Apple, mais j'utilise un Mac et donc dans Photos, tu as des suggestions de souvenirs, tu vois, avec une sélection de photos qui est proposée tous les jours et à moins que j'ai quelque chose comme ça qui vienne déclencher des souvenirs, en fait, tu oublies tout ça et moi, je sais que, je ne sais pas si ça parle à tout le monde et peut-être que ce sera ma question, tu nous diras ce que tu en penses, mais l'écriture, moi, je trouve ça super puissant pour, en fait, comme outil, comme tu dis, comme outil pour venir ancrer, en fait, des mémoires, des émotions et pouvoir t'y référer plus tard. Du coup, ma question, c'est comment est-ce que toi, concrètement, tu l'as déjà utilisé, ce carnet ?
Sophie Alors, c'est très marrant parce que plusieurs fois, la dernièrement, je suis partie en voyage, je me suis dit, c'est fou, ce carnet, il m'aide et je me suis dit, est-ce que tu te rends compte la puissance de trucs que tu as créé en outils qui t'aident toi-même à reconnaître ce qu'il y a d'incroyable dans ta vie et à prendre du recul et par exemple, alors, c'est vrai que ce carnet, en fait, les rubriques, elles sont venues tout de suite, c'était une évidence, ça a été finalement très, très simple de le créer parce que, et c'est drôle, j'ai retrouvé il y a peu de temps le tout premier carnet de voyage que j'ai écrit, c'était il y a pile 20 ans, alors ça c'est fou, c'était en 2001, j'avais 10 ans et il y a pile 20 ans, je commence mon premier carnet de voyage et en fait, c'est déjà ce que je fais aujourd'hui, j'ai le petit ticket d'entrée du musée, je décris, j'ai vu à cette époque un musée de la vannerie, je décris à quel point c'est passionnant, tout ce qu'on peut faire avec de l'osier, mais ça demande vraiment beaucoup de travail et je suis allée voir Cusco au cinéma et c'était vraiment très intéressant pour telle raison et en fait, tout est déjà là, il y a un polaroïd de mon père qui fait une grimace, il y a mes tickets de concert, il y a, enfin, en fait, à l'époque, et finalement, c'est ça aussi, c'est peut-être ça que j'ai envie de transmettre, c'est tout est déjà en vous, tout est déjà là, il faut juste le laisser sortir, en fait, moi, c'était déjà là, à 10 ans, je le faisais très spontanément d'avoir envie de raconter, de rendre compte de ce que j'ai vu, d'inscrire dans la matière, de dire voilà ce que j'ai fait et puis de laisser une trace parce que, évidemment, tout ça, ça permet d'y revenir et de se dire ok, à cette époque, j'avais vu ça, pourquoi ça, ça m'avait marqué et tout, mais du coup, de manière plus concrète pour répondre à ta question sur comment j'utilise la grande aventure, c'est génial, avant de partir, c'est une partie que j'aime bien, en fait, la grande aventure, il est conçu en trois parties, avant, pendant et après et c'est vraiment très important pour moi parce que ton voyage, il commence avant et d'ailleurs, on peut même l'acheter, le carnet, avant même d'avoir une idée de sa destination, avant même de partir, de savoir où est-ce qu'on veut partir parce qu'il y a des questions qui vont nous permettre peut-être d'affiner ça. Par exemple, il y a une rubrique que j'adore, c'est qu'est-ce que je recherche vraiment et dans quel état d'esprit j'envisage ce voyage ? Et pour moi, elle est vraiment tellement importante, c'est-à-dire que tout le monde doit se poser cette question avant de partir, avant de se dire je vais en Grèce, il faut absolument que je coche cette liste et que je vois ça et ça, c'est plutôt est-ce que j'ai besoin de changer d'air ? Est-ce que j'ai besoin de me reposer ? Ça, c'est aussi quelque chose qu'on oublie complètement, qu'on a besoin de se reposer parfois donc ça ne sert à rien d'enchaîner les visites. Est-ce que j'ai envie de prendre du temps pour moi ? Est-ce que j'ai envie d'aventure ? Est-ce que j'ai envie de fête ? Est-ce que j'ai envie de rencontre ? Et en fait, en fonction de ça, on va déterminer son voyage. En tout cas, c'est ce que j'ai envie de faire avec ce carnet et par exemple, c'est ce que j'ai fait dans les différents voyages et ça nous a permis de tellement dire ce qu'on voulait vraiment. Moi, par exemple, je voulais du temps pour nager, pour avoir vraiment de faire de la randonnée aquatique. Mon père, par exemple, on est partis en Grèce ensemble. Lui, il voulait vraiment passer du temps avec moi donc c'était chouette qu'il puisse le formuler et puis il formulait les choses de manière hyper fun, comme très lyrique. J'adore, comme je veux ressentir l'esprit des cyclades et moi, j'étais beaucoup plus terre-à-terre de je dois aussi travailler donc je ne veux pas être en excursion toute la journée et donc ça, voilà, pour moi, ça c'est une partie du carnet qui est hyper importante. Ensuite, il y a plein de petites rubriques pour développer votre curiosité. Moi, j'adore apprendre, j'en ai vraiment besoin et je trouve ça trop dommage quand on est dans une destination de ne pas en apprendre plus sur la culture, sur les usages, surtout ces petits trucs qui vont vous interpeller vous et moi, ce qui va m'interpeller pendant un voyage, ce n'est pas forcément ce que toi va t'interpeller mais l'important, c'est justement d'aller chercher ça et par exemple, du coup, il y a des rubriques avec trois infos insolites à trouver, trois livres à lire sur la destination. Voilà, lecture, l'écriture, la langue, c'est hyper important mais voilà, trois livres, ça peut être le livre d'un sportif très connu du pays comme le livre d'un historien, comme une BD, comme n'importe quoi, une revue qui vous parle et qui est créée sur place et il y a aussi des personnages célèbres et ça, par exemple, ça peut être aussi bien un homme politique, un historien, un joueur, un chanteur, tout est modulable, tout s'écrit selon vous mais l'idée, c'est vraiment d'aller creuser un petit peu plus loin que ce que vous pouvez trouver dans les guides. Il y a aussi un gros focus et ça, c'était vraiment important pour moi sur la pleine présence et les émotions et d'ailleurs, le carnet, il est en ce moment en campagne sur Ulule si vous voulez le soutenir et avec le carnet, un achat du carnet, il y a une méditation du voyage. C'est la première méditation que j'ai écrite et c'est une méditation pour soit méditer quand on voyage soit voyager en méditant depuis chez soi et ça va vraiment avec le carnet parce qu'il y a beaucoup de rubriques sur qu'est-ce qui me met en joie à l'idée de partir, qu'est-ce que je ressens, c'est quoi mes premières impressions, c'est quoi mon ressenti au bout de dix jours, qu'est-ce qui m'interpelle et surtout, il y a toute la partie après et c'est en ça que moi, le carnet m'a beaucoup aidée surtout dans le dernier voyage que j'ai fait où c'était un peu la folie, tout allait tellement vite et nos vies vont extrêmement vite. où j'ai pris le temps dans l'avion du retour de remplir mes rubriques, je me suis laissée porter par ma propre offre avec ce que j'ai le plus aimé et là, je me suis dit waouh, mais attends, tu te rends compte tout ce que tu as fait en un mois, toutes les expériences de dingue que tu as vécues, tous les gens que tu as rencontrés, waouh, est-ce que tu peux prendre un peu de temps pour savourer là avant de déjà penser à la prochaine étape, déjà penser à tout ce que tu dois faire en rentrant à Paris et pareil pour toutes les galères, il y a eu aussi plein de galères mais en fait, j'étais super contente de les noter parce que elles sortent de moi, en fait, je les inscris et puis c'est sûr, dans cinq ans, quand je vais relire le carnet, je vais trop rire en disant qu'effectivement, j'ai pris des douches froides dans deux semaines parce que là où j'étais, il n'y avait plus d'eau chaude et surtout, pour toute la partie reconnaissance, alors on entend beaucoup parler de carnet de gratitude et on peut le dire que ce carnet, il y a aussi vraiment un aspect carnet de gratitude, ça m'a vraiment aidée à lister toutes ces choses pour lesquelles j'étais reconnaissante, pour tous ces moments de partage que j'avais vécu et vraiment instantanément, tout le stress que j'avais sur la création de mon entreprise, sur les enjeux, les deadlines, tout ça, en fait, ça n'a eu plus d'importance parce que je me disais mais waouh, savoure un peu, regarde tout ce que tu as fait, tout ce que tu as partagé et en ça, c'est vraiment, selon moi, vraiment très important et très puissant et je recommande à tout le monde de le faire. On vit tellement dans la vitesse aujourd'hui, on est tout le temps sur nos portables, prendre le temps d'écrire et d'ailleurs, le carnet, il est vraiment conçu pour que ce ne soit pas trop long, c'est des petites touches, on peut l'écrire dans le bus, au café, on attend dans ses plats, à l'apéro, pendant que l'autre prend sa douche avant de sortir, c'est vraiment des petites rubriques mais c'est tellement important.
Loïc Je suis 100% d'accord avec toi et moi, ça m'inspire, enfin, deux remarques, si tu me permets, la première, c'est que je trouve génial de voir qu'en fait, de ces défis où on pourrait se dire bon, ben voilà, très bien, tu vois, c'est des défis que tu as faits pour toi mais au final, il y a quand même cette notion de partage et puis en fait, il y a un vrai projet entrepreneurial qui en est sorti et je trouve ça, enfin, c'est juste, c'est incroyable, tu vois, c'est quelque chose qui peut paraître peut-être anodin et très personnel, en fait, il y a une aventure entrepreneuriale qui en ressort, donc déjà pour ça, franchement, bravo. Et puis, la deuxième remarque, c'est que ça fait, je ne sais pas si tu l'avais imaginé comme ça, mais carnet d'aventure, en tout cas, le fait de proposer une sorte de, comment est-ce qu'on dirait ça en français, de guide à la réflexion sur l'avant, le pendant et l'après certaines expériences, c'est quelque chose que j'avais commencé à utiliser dans le sport parce que j'ai fait du sport de haut niveau et dont je suis absolument convaincu de l'intérêt des bénéfices, en fait, parce que comme tu l'as dit, on a des vies qui s'accélèrent, on est hyper connecté, hyper sollicité, là, tu vois, ça fait une heure qu'on est sur le podcast, j'ai 18 notifications, 3 appels en absence et je ne suis pas un cas particulier, tu vois, donc je pense que la tendance, elle est plus à enchaîner les expériences, tu vois, quand je pense au voyage, par exemple, j'ai des amis qui sont peut-être allés dans, je ne sais pas, 40 pays, mais peut-être qui ont aimé ces expériences, mais où parfois, je me dis, enfin, c'est même des conversations qu'on a, tu vois, c'est est-ce que tu n'arriverais pas à tirer encore plus de ces expériences si tu prenais le temps, en fait, de te poser, voire même de le préparer, tu vois, de réfléchir à ce que tu as ressenti, ce que tu étais allé chercher, comment est-ce que tu as peut-être même grandi, tu vois, ça paraît tout bête, des fois, enfin, on me regarde avec des grands yeux quand je dis ça, mais le fait, le développement personnel, ça passe aussi par ce genre de petites réflexions sur des expériences qui peuvent paraître anodines, mais en fait, qui ne le sont pas, tu vois. Bien sûr,
Sophie mais c'est vrai qu'en fait, surtout, que le voyage est vraiment propice à ça pour plein de raisons, déjà parce qu'il nous sort de notre contexte, donc en nous sortant de notre contexte, forcément, il y a différentes parts de nous qui ne s'expriment pas au quotidien, qui commencent à s'exprimer. Ensuite, on a du temps et c'est vrai, dans nos vies, peut-être actuelles, on est toujours à courir entre le travail, les transports, les amis, toutes les contraintes et toutes les choses qu'on doit faire tout le temps, mais là, waouh, qu'est-ce qui se passe en nous quand on a du temps ? Il y en a que ça angoisse et c'est pour ça quand aussi il y a plein de gens et ils font plein de choses pour surtout jamais se poser, jamais avoir à se dire mais qu'est-ce qu'il y a en moi quand je me dépose, quand je suis là et que je ne fais rien ? Qu'est-ce qui se passe ? Et c'est un peu le principe et les bienfaits aussi de la méditation. Et puis, ça nous permet d'être confrontés à des expériences nouvelles. Et forcément, en étant confrontés, on va dire waouh, comment je réagis ? Comment ça résonne en moi ? Et à partir de là, il peut y avoir des choses incroyables qui émergent. Et c'est un peu ce qui s'est passé avec moi pour le projet de trois mois de défi, c'était un voyage en soi. Et Carné Gauquette est né de ce voyage. En fait, parce que... Et d'ailleurs, il est aussi né de cette envie de ralentir parce qu'un défi par jour, c'était trop. Je ne le recommanderais pas. Ne faites pas ça. Ou en tout cas, faites des outils plus simples. Faites-vous un défi par mois. Un défi où vous prenez vraiment le temps. Mais même si ça m'a apporté aussi des choses d'être dans ce passage à l'action permanent parce que du coup, je devais passer à l'action. Je ne pouvais pas reculer, avoir trop peur et tout. mais effectivement, avec le Carné, moi, j'ai eu ce voyage-là un peu de trois mois. Et pourquoi Carné Gauquette a réussi à émerger ? C'est parce que je me suis enfin écoutée. J'ai enfin écouté la joie de me dire, OK, si tout est possible, si je pouvais créer le quotidien de mes rêves, à quoi est-ce qu'il ressemblerait ? Déjà, juste se poser cette question. Ensuite, d'aller chercher, d'aller expérimenter. C'est OK si on ne trouve pas tout de suite le quotidien de nos rêves, mais il faut bien en tester pour savoir ce qui nous plaît, ce qui ne nous plaît pas. Est-ce que, comme la cascade de glace, bon, j'en rêve encore, mais ce n'est pas un bon mouvement pour moi. Et en laissant cette joie me guider, eh bien là, j'ai pu vraiment créer le produit qui avait du sens pour moi et que j'avais envie de partager. et vraiment, effectivement, c'est une invitation à la grande aventure à ralentir, à prendre le temps de contempler le monde, à raconter ce que vous ressentez et juste à savourer. Et c'est tout bête, pas besoin d'aller au bout du monde, pas besoin de partir un mois en sac à dos, ça peut être trois jours dans le Morvan, deux jours à Fontainebleau, mais juste de prendre le temps d'observer. Et effectivement, l'écriture, c'est un outil extrêmement puissant. C'est d'ailleurs un de mes défis de faire une semaine d'atelier d'écriture et c'était l'un des défis qui m'a le plus bouleversée aussi. Et l'écriture est transformateur. Tout le monde peut le faire. On peut le faire de n'importe où. On n'a pas besoin de bien écrire. On n'a pas besoin de lire beaucoup, mais on a des choses à dire. Tout le monde a quelque chose à dire et le laisser sortir, c'est aussi laisser la magie opérer.
Loïc C'est beau ça !
Sophie Je suis un peu de poète. J'avais toute la ligne de poésie dans mes défis.
Loïc Génial. Écoute, vraiment, un grand merci Sophie. On arrive déjà au bout. Mais écoute, j'encourage tout le monde à aller regarder, faire un tour sur Ulule. Comment est-ce qu'on fait pour trouver ton projet s'il y en a qui veulent te soutenir ? Grande aventure sur Ulule ?
Sophie Il suffit de taper Carnet Goguet sur le site d'Ulule. Sinon, vous pouvez aussi me suivre sur Instagram at Carnet au pluriel Goguet. Vous aurez toutes les infos, le lien pour précommander le carnet et il n'est disponible que jusqu'au 10 décembre à un tarif préférentiel. Ensuite, il sera disponible mais il sera forcément un petit peu plus cher.
Loïc Génial. Un grand merci Sophie. Merci beaucoup pour tous ces partages. Bravo pour tes défis. Mais attends,
Sophie moi je veux savoir c'est quoi toi tes défis ? Ce serait quoi le rêve ?
Loïc Dis-moi. Oula, le rêve. Compliqué d'en sélectionner un mais dans les défis, les défis, j'aimerais bien en termes, je ne sais pas si c'est un défi ou un objectif mais que le podcast se pérennise et qu'on continue d'avoir des invités complètement dingues et pour longtemps que je puisque pour le moment je suis encore tout seul. Et ensuite, en termes de défis, il y en a deux qui me viennent en tête. Le premier, c'est un tour de Corse en kayak en autonomie donc qui devra être fait normalement à l'été 2023 et si la situation sanitaire le permet, une traversée de l'Islande à pied en solo et en autonomie cet été.
Sophie Génial.
Loïc Si c'est possible.
Sophie Hâte de suivre ça.
Loïc On se fera un épisode débrief puisque toi à ce moment-là j'imagine que tu seras arrivé au bout de tes 100 défis mais il y en aura peut-être d'autres qui seront arrivés derrière.
Sophie Et peut-être que si tu en fais 100 pourquoi pas de 200.
Loïc Carrément, carrément, à fond. En tout cas, un grand, grand merci encore une fois Sophie. Tout meilleur pour la suite et puis je te dis à très bientôt. À très vite. Sous-titrage ST' 501
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