Flavie On demande tellement à notre corps que c'est compliqué de lui donner autant que ce qu'on lui demande. Aujourd'hui, l'être humain n'a pas été fait pour, je pense, faire des pratiques poussées aussi loin. Pour moi, il y aura toujours une petite forme de déséquilibrage. Dans la vie, il faut oser. Il ne faut pas rester sur ses peurs. Il faut vibrer de l'intérieur et vivre.
Loïc Hello, hello, vous écoutez les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyages aux eaux longs cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Flavie aime le trail format longue distance, parce que c'est là qu'elle peut se retrouver face à elle-même et se questionner sur sa vie, sur ses motivations, sur ses choix. Son entrée dans l'univers de l'Ultra Trail s'est faite en fanfare en 2019 avec, pour sa première participation, une place de première féminine sur la mythique course de l'échappée belle. Depuis, elle a engrangé énormément d'expériences, que ce soit sur la TDS, la CCC, la 6000D, le Mute, la Saint-Élion et bien d'autres encore. Au moment où on enregistre, elle s'apprête même à prendre le départ de la Diagonale des Fous. Dans cet épisode, on parle d'équilibre de vie de carquois pour bâton de trail, d'émotion et du pouvoir régénérateur du soleil qui se lève. Excellent écoute à vous. Bienvenue Flavie au micro du podcast. Absolument ravie de te recevoir. D'ailleurs en direct de où ? J'ai vu que tu avais un peu bougé, mais tu es où en ce moment ?
Flavie En ce moment, je n'ai pas trop de maison fixe. C'est un peu ma vie un peu border. Mais là, je suis à Briançon, j'ai des amis.
Loïc Ah excellent, Briançon. Briançon, Briançon. Brie en son même ou les alentours ? Non, Brie en son même. Trop bien, trop bien, trop bien. J'ai été l'été dernier. Ma famille vient de là-bas il y a assez longtemps. Tu verras d'ailleurs, il y a des places blanchards un peu partout, des rues blanchards. Apparemment, le nom est bien resté dans le coin là-bas. Ah ouais, ok, je suis prêt à très attention. Écoute, bienvenue encore une fois Flavie. Super content de te recevoir. Je pense qu'on va parler pas mal de sport, de trail, d'ultra trail, de performance, mais sans doute pas que. donc ce que je te propose pour introduire cet échange c'est tout simplement de nous expliquer dans les grandes lignes quel a été ton parcours jusqu'à aujourd'hui
Flavie parcours tout confondu ?
Loïc parcours tout confondu, ta vie qui est Flavie en fait ?
Flavie vaste question dure question non mais qui suis-je ? aujourd'hui je vais avoir 35 ans bientôt je suis née en Normandie mes parents sont toujours là-bas ma soeur aussi j'ai fait mes études là-bas j'ai eu pas mal eu besoin de bouger j'ai fait beaucoup d'études à l'étranger, au Mexique, en Malaisie j'ai fini à Paris je suis allée en Bretagne et l'appel de la montagne sans raison particulière m'a fait arriver à Chambéry où c'est là un peu où j'ai commencé à mettre un pied dans le trail. Et sinon, j'étais dans des études un peu diverses et variées, langue étrangère, commerce. Et puis aujourd'hui, je ne suis pas du tout là-dedans. J'avais une grosse sensibilité environnementale aussi. Et aujourd'hui, je suis intermittente du spectacle. Je travaille pour une compagnie de théâtre. Voilà, donc c'est un petit bonheur. On passe par des hauts et des bas, mais c'est plutôt cool.
Loïc Trop bien. Génial. Effectivement, tu as déjà bien roulé ta bosse. Le sport, d'ailleurs, ça fait partie quand même, c'est une grosse partie de ta vie aujourd'hui, depuis quelques temps même, j'ai l'impression. C'était une histoire de famille ou pas nécessairement ? Dans tous les cas, comment est-ce que tu en es arrivé à découvrir le trail ?
Flavie Alors, du coup, mes parents m'ont quand même bien baignée dans le sport, mais plutôt dans le sport collectif. Moi, j'ai fait 12 ans de basket. J'ai fait pas mal d'années de tennis aussi quand même. Et mon père, c'était un fauteux et ma mère, elle était du basket aussi. Et en fait, j'étais très liée à mon club en Normandie. Voilà, on était beaucoup dans le sport. et c'est du fait de ma vie étudiante où j'avais du mal à rester à un même endroit et j'ai beaucoup bougé. Ça a été compliqué pour moi de retrouver des clubs dans lesquels j'avais autant de liens, d'affinités avec les personnes dans lesquelles je m'étais construite quand j'étais à Rouen. Et donc du coup, le fait de partir toujours à l'étranger, je pense que l'envie de continuer le sport mais de manière différente m'a commencé à découvrir un peu on met des baskets et on va juste courir en fait ça a commencé comme ça
Loïc ok et qu'est-ce qui fait tu penses que t'as accroché aussi fort parce que bon on va en parler mais quand on voit les courses auxquelles tu participes et tes performances, clairement c'est une histoire d'amour j'ai l'impression avec le trail et l'ultra t'y as trouvé quelque chose de particulier que t'avais pas nécessairement dans le basket par exemple ou au contraire c'était des émotions assez similaires et du coup il y a tout de suite eu un fit ?
Flavie Alors pour moi c'est le jour et la nuit en termes de ressenti et d'émotion parce que déjà moi pourquoi le trail je pense que en fait avant le trail j'avais fait 3 ans de triathlon j'étais dans une phase où j'avais pas de boulot où je me cherchais encore vachement sur ce que j'avais envie de faire et j'ai quand même un tempérament où je suis pas hyper active mais j'ai besoin qu'il se passe des choses dans ma journée. Et le triathlon est venu à moi parce que je m'étais mis à courir, j'avais commencé à nager, puis je me suis dit, bon, pourquoi pas rajouter une troisième discipline ? Et ce moment où je ne travaillais pas, du coup, j'ai commencé à un peu à m'inscrire à un club et puis à commencer les entraînements et à voir que je ne m'en sortais pas trop mal pour un début. et en fait au fur et à mesure des triathlons là où je m'éclatais le plus c'était quand même la course à pied puis c'était là où je voyais que les résultats étaient meilleurs et par contre rien à voir avec le sport collectif, le sport collectif c'est vrai que c'est fort avec ce que tu peux partager avec les autres je trouve quand même le côté collectif et le côté trail j'ai plus retrouvé une forte addiction quand même parce que je pense qu'on doit libérer des hormones il y a un truc très addictif et le côté sport outdoor où moi je suis tombée amoureuse de la montagne en fait et donc du coup j'aspire hors trail à aller retrouver la puissance qu'on peut retrouver quand on part crapahuter en montagne pendant des heures, les vues qu'on a la sérénité qu'on peut ressentir et puis après au travers des courses quand on porte un dossard c'est l'introspection qu'on a avec nous-mêmes les émotions, les ups, les downs tout ce qu'on vient rechercher que j'adore et que ça fait toujours peur mais qu'on a toujours envie d'y retourner
Loïc On en parlera des courses qui ne se passent pas comme on veut et pourtant à la suite desquelles on reprend des lignes de départ Du coup ce côté introspection tu penses que c'est ça qui t'a amené sur du long ? parce que j'imagine que tu l'as peut-être moins ça sur des formats très courts
Flavie ouais je l'ai pas justement sur le format court j'apprécie moins le moment c'est sûr qu'on est toujours content après l'avoir fait dans le sens où l'effort est fini on est content de ce qu'on a fourni c'est un peu ce que je ressens dans le cours alors que dans le long j'ai beaucoup plus conscience de l'instant présent et de l'état dans lequel je peux être alors que le cours c'est juste il faut courir, il faut foncer il n'y a pas de place à l'erreur tout est calculé, moi j'ai du mal avec l'aspect calcul, vitesse manger tant toutes les heures parce que on n'a pas le droit à l'erreur en tout cas quand on est à un niveau à un haut niveau après on peut toujours prendre le départ pour le plaisir il y en a beaucoup qui le font, ils ont bien raison de le faire mais dans le long il se passe d'autres choses il se passe beaucoup de choses dans la tête c'est beaucoup plus dans la tête que sur l'aspect physique même si ça demande une énorme préparation et c'est ça que je vais rechercher c'est moins l'aspect physique c'est plus l'aspect mental que j'aime sur le long qu'on a moins sur le cours quand même
Loïc je trouve excellent alors question très précise mais matériel je suis sur ta page athlète Simalp et je vois que tu as un carquois il y a une des photos où tu as un carquois pour les bâtons c'est une vraie question intéressée c'est vraiment un plus pour toi ça ou pas ? il y a un vrai intérêt ou pas tellement ? de l'utilisation des bâtons exactement de l'utilisation pas des bâtons mais du carquois pour les bâtons c'est une question que je me pose parce que j'avais une ceinture pour tout te dire élastique et je trouve que c'est pas méga confort avec le sac qui vient taper dessus et tout donc je me demandais si un carquois ça serait bien ou pas et voilà comme je vois que tu en l'utilises je me permets de te demander
Flavie tu me demandes j'ai tout essayé, j'ai aussi mené mon enquête sur un peu qui fait quoi ou comment porter les bâtons moi la ceinture ça a jamais marché parce que les hanches ne doivent pas aller avec la manière dont ils montent les bâtons la ceinture remonte tout le temps ça balote apparemment maintenant il y a des petits élastiques sur les sacs Ça m'intéresse aussi vers le bas. Et donc, du coup, ça, j'aimerais bien tester cette façon de faire, mais je n'ai pas le sac encore pour. Et donc, du coup, je ne sais plus. Moi, je crois que j'avais vu ça via François Dahin. Et j'avais dit, ça peut être pas mal le côté carquois où on met les bâtons dans le dos. Et il y a un côté practicité, on ne les sent pas. Et j'ai essayé une fois et ça m'a plu. Parce qu'au tout début, moi, je portais les bâtons à la main et je m'étais fait une... Quand je cours, j'ai tendance à être un peu un peu rigide du haut du dos. En plus, si tu me rajoutes le fait de porter des bâtons pendant 8-10 heures, il fallait vite que je trouve une solution. En menant mon enquête, j'ai vu ça, j'ai essayé et j'ai dit oui tout de suite.
Loïc Ok, donc satisfaite, tu arrives à retirer tes bâtons en courant sans enlever le sac ?
Flavie Oui, j'y arrive. Comme tout, c'est un entraînement. Il faut s'amuser à le faire en off. à essayer de... Alors, des fois, on s'arrête vraiment cinq secondes histoire de bien se dieter, mais maintenant, j'arrive plutôt bien à le faire. Il y a des automatismes qui se créent. C'est comme tout, en fait. Il faut juste le faire, les enlever, les remettre, même si des fois, on n'en a pas forcément besoin, mais faire l'exercice pour que ça devienne naturel et qu'on n'ait pas besoin d'enlever le sac. Je vois rarement les gens enlever le sac, d'ailleurs.
Loïc OK. OK. Écoute, je pense que j'essaierai, du coup. Merci pour ce retour. sans transition du coup est-ce que tu peux nous parler de ton premier trail longue distance si j'ai bien lu tu as commencé avec quelque chose de très très très costaud en la matière et je serais curieux du coup d'avoir ton récap
Flavie vas-y dis-moi
Loïc je te dirai si c'est ça
Flavie pour moi c'est l'échafével
Loïc c'est ce que j'avais vu
Flavie ah cool ça va on ne se trompe pas c'était en 2019 et je me souviens beaucoup alors je pense je sais plus trop me dire pourquoi je l'ai choisi elle mais je me souviens beaucoup d'un ami Bruno Poirier que j'apprécie, je lui fais un petit clin d'oeil s'il écoute ce podcast avec qui je suis partie faire un trail au Népal qui m'avait dit pour du long t'as quand même pas choisi la facilité c'est clair ça se reconnait sur la suite de mes chouettes parcours je pense qu'on avait dû me parler de cette course on me l'avait sûrement bien vendue et donc du coup je me suis lancée sans vraiment trop savoir qu'est-ce qui m'attendait j'avais quand même fait une recours sur deux jours et je m'étais dit quel chantier c'est juste pas possible pourquoi je m'embarque là-dedans et au final parce que
Loïc qu'est-ce qui t'avait surpris sur la roco c'était la technicité du terrain dans Belle Donne notamment ou c'était quoi ?
Flavie le début est très technique les cailloux je suis même pas sûre que ça a un intérêt justement d'avoir les bâtons parce que c'est un coup à ce que le bâton il s'enfonce dans les énormes caillasses sur lesquelles on marche et puis c'était la première fois où je faisais beaucoup dénivelé sur un kilométrage quand même relativement limite avec des descentes techniques où en fait tu n'avances pas tu ne peux pas courir et gagner du temps là-dessus et je me souviens que j'avais fini la recos j'avais été vraiment très fatiguée physiquement, mentalement et je me disais comment on va réussir à faire ça en une fois et comme quoi je me souviens pour la préparer j'avais fait la 6000D la même année. Ça m'avait beaucoup été utile pour les longues descentes pour casser des fibres. Au final, le jour J, c'est pareil. Je pense que c'était un jour où ça devait bien se passer. C'était un jour où j'avais les ailes. Globalement, à part vers la fin qui a été très dure, les 20 derniers kilomètres avec le début de la nuit, j'avais passé une incroyable journée avec une météo super. J'avais eu des paysages magnifiques. c'était incroyable cette course
Loïc et du coup en termes de de sensations puisque tu avais fait la simulité donc c'est un 65 km l'échappée belle c'est 85 avec 6 000 mètres de dénivelé juste ça en termes de sensations par rapport à ce que tu évoquais un peu plus tôt cette introspection le fait de se retrouver face à soi-même la partie mentale tu l'as ressenti sur cette échappée belle déjà ? c'est quelque chose dont tu as fait l'expérience ?
Flavie ça me paraît tellement loin maintenant que je, tu vois, c'est bizarre comment le corps, des fois, je pense que quand on vit des choses difficiles, c'est là que c'est bien, c'est que ça a tendance à, on a tendance à oublier, à mettre de côté, à garder quelque positif. Non, mais c'est hyper flou pour moi, en fait, les souvenirs de l'échappée belle. J'ai juste des flashs. En fait, je pense qu'il y a plein de moments que je ne retiens pas. Dans les courses comme ça, où pendant 17-20 heures, tu cours dans la montagne et moi j'ai vraiment des brieves images qui me viennent et notamment celle à l'arrivée où je vois la pancarte Egbel et je me dis ça y est c'est fini et je me mets à pleurer alors qu'il me restait encore un petit kilomètre à faire et donc du coup cette introspection là j'ai du mal à je pourrais la revivre sur les récentes courses les deux dernières années que j'ai fait mais là c'était un peu le début c'est un peu la découverte tu sais pas et donc donc tout est il y a beaucoup de choses qui se bousculent et j'arrive pas à me dire si vraiment j'ai fait une grosse introspection sur cette course là tu vois j'étais tellement dans la découverte de l'effort intense que là pour le coup je pense que j'ai moins fait une introspection que j'ai pu faire récemment sur les dernières courses je sais pas si c'est clair ok
Loïc si si ouais très clair c'est un thème qu'on évoque régulièrement avec mes invités qui font de l'ultra, que ce soit en cyclisme, trail, course à pied, c'est cette capacité du cerveau à oublier les moments difficiles qui est juste hallucinante. Je vois bien. Du coup, pour rester sur la même question, parce que ça m'intéresse, cette partie introspection mentale, se retrouver dans ses pensées sur du long, tu dirais que récemment, quelle course t'a permis vraiment de faire ça et qu'est-ce que t'en as retiré in fine ?
Flavie Les deux dernières courses que j'ai faites qui moi sont c'est ma course de cœur ça représente beaucoup pour moi c'est la TDS que j'ai fait en 2021 qui là pour le coup m'a puisé dans mes retranchements je m'étais vraiment j'avais mis beaucoup d'énergie peut-être un peu trop dans ma préparation c'est-à-dire que je vivais je vivais ça en fait c'était dans mon quotidien je pense que j'avais misé beaucoup et puis parce que c'était la première fois que je m'embarquais dans un 150 kilomètres et j'avais été blessée avant et donc j'avais contacté un ancien ami et blessée je lui avais dit j'aimerais bien faire cette TDS mais j'étais quand je lui avais dit j'étais pas sur une chaise roulante mais presque je pouvais pas courir, je pouvais difficilement marcher et j'avais mis fin à ma première relation avec mon premier coach et il m'avait dit, alors lui c'est plutôt un coach côté triathlon justement je l'avais rencontré à mon club à Nantes et il m'avait dit ça m'a fait rire que tu me dises en étant incapable de marcher que tu avais envie de te lancer en 8 mois de préparation dans un 150 km vas-y je veux bien relever le défi parce que c'est quand même assez folclos de t'entendre dire ça et d'avoir cette capacité à ok je peux pas marcher mais je veux faire 150 kilomètres dans 8 mois et donc du coup il m'a beaucoup préparée, aidée, on a énormément échangé et donc du coup c'est devenu vite quelque chose de très important pour moi et je suis partie très fort trop fort comme beaucoup font en termes d'intensité, parce qu'il y a l'adrénaline, parce qu'on est au départ d'une course qu'on prépare depuis super longtemps, suite à une grosse blessure. Et au bout du 70e kilomètre, ça a été la descente aux enfers. Et là, en fait, introspection sur pourquoi je le fais, qui suis-je, pourquoi arriver dans ces états-là, et me dire, et en même temps, j'ai tout fait pour, j'ai fait toute cette prépa je peux pas lâcher maintenant donc du coup tu tu ressasses ta vie, ton passé ton enfance tes proches qui sont là pour toi tu penses à énormément de choses et c'est beaucoup moi, cette TDS 2021 c'est beaucoup mes proches qui m'ont fait continuer et aller au bout de l'aventure déjà les proches qui étaient loin mais les proches qui étaient là aussi pour moi le jour de l'événement
Loïc waouh Parce que ta blessure, en l'occurrence, c'était quoi ?
Flavie Je m'étais fait la tendinite du tibio pastoral, le tendon sur le côté cheville interne. Et le kiné, à l'époque, m'avait dit, pour que tu te fasses ce tendon-là, c'est que vraiment, tu es allé fort dans les entraînements. Tu ne t'es pas écouté.
Loïc Ok.
Flavie Waouh. Donc, j'ai mis 4 mois avant de recourir.
Loïc Après la TDS ?
Flavie Non, non, non, ça c'était avant. Cette blessure, elle s'est faite avant et c'est au moment où j'étais blessée que je me disais, j'aimerais bien cette année faire le départ de la TDS.
Loïc Mais du coup, une fois que tu as eu pris le départ, tu avais cette blessure avant, mais tu as fini comment si c'était compliqué, enfin pas relativement tôt dans la course, mais si la blessure, elle s'est bien réveillée et manifestée pendant la course à l'arrivée ?
Flavie Non, non, non, aucun, ma blessure était... Alors, j'ai eu peur parce que j'avais peur qu'elle revienne, mais j'ai... C'était plus un down mental que j'ai connu avec une difficulté de m'alimenter. Mais par contre, au zéro bobo, à la fin de la TDS, après, on n'arrive pas à marcher le lendemain, mais normal.
Loïc Je pensais que tout s'était réveillé pendant la course et c'est pour ça que c'était devenu très difficile. Donc, c'était vraiment mental.
Flavie Non, physiquement, bien. après je pense que je manquais encore d'entraitement de connaissance de mon corps pour moi j'estimais qu'en 2021 j'étais encore dans beaucoup la découverte du long et de ce que ça pouvait amener et je me suis fait surprendre sur cette TDMS 2021 pensant que j'étais capable alors qu'en fait je pense qu'il y a des étapes à ne pas griller si on veut pouvoir être en capacité de prendre un max de plaisir même si on sait qu'on va avoir des moments difficiles là ça avait été trop long le moment difficile a duré beaucoup trop de temps pour moi du 70ème au 150 c'est long et j'ai vraiment ça a été dur ouais punaise
Loïc c'est long
Flavie heureusement que c'est là que le soutien le soutien des proches est quand même pour moi a été primordial pour repartir ouais
Loïc soutien des proches qui t'ont très certainement apporté plein de choses, mais aussi le mental, in fine.
Flavie Et le mental, oui.
Loïc Oui, clairement.
Flavie Après, le mental, je pense que j'ai tendance à avoir du mal avec l'échec, pour moi, mais comme je pense beaucoup, c'est difficile pour moi, après tout l'engagement que j'avais mis, de me dire, cet effort-là, il va durer ce qui va durer, si c'est 25, 30 heures, 35 heures, mais tu peux pas toute l'énergie et tout comment tu l'as pensé tu peux pas arrêter maintenant surtout que j'avais pas de bobo physique et donc du coup c'est de là où j'ai réussi à aller puiser puiser au fond pour avancer en fait même si c'était un pas après l'autre et après il y a des moments où t'arrives à relancer, d'autres moments où tu... bon bah voilà introspection quoi Tu passes par plein d'émotions, à la fois dans la tristesse, dans l'euphorie. J'ai jamais connu ça, puissance 1000, ailleurs que par le trail.
Loïc Oui. Et donc, chrono final de ta TDS en 2021 ?
Flavie 26h30, un truc comme ça, 26h quelque chose.
Loïc et par rapport à ce que t'évoquais les ascenseurs émotionnels les hauts les bas est-ce que t'as l'impression que selon le moment de la journée ça a un impact et je te dis pourquoi je te pose cette question parce que j'ai fait mon premier ultra en juillet, j'avais fait la PTL mais qui n'est pas vraiment un trail quand même, oui tu cours 500 mètres nous en tout cas 500 mètres c'est une très grosse rando un vrai ultra entre guillemets en juillet et j'ai eu une grosse période de down aussi vers 3 4 5 heures du mat et quand le soleil s'est levé comment ? c'était lequel trail ? c'était le GTC 100
Flavie ok
Loïc c'est au départ de Courmayeur c'est une boucle c'est l'organisation du Tor des Géants et c'est une boucle Courmayeur Courmayeur et j'étais ça faisait 108 et 7200 je crois 7200, 7300, je ne sais plus trop et grosse période de down en fin de nuit tu vois le moment vraiment où il fait le plus froid 4-5 heures du mat et ça allait vachement mieux dès que le soleil a commencé à se lever et je n'ai pas du tout enfin c'était la première fois que je faisais un ultra comme ça mais du coup toi qui as l'expérience du très long où tu passes au moins une nuit dehors est-ce que tu as l'impression qu'il y a un lien aussi avec le rythme du soleil de la nuit etc ou pas du tout
Flavie complètement c'est bon parce que moi je me vois je me vois dire en tout cas en en 2021 je crois à la TDS je me vois croiser mon père et lui dire ah il est temps que le jour se lève il est temps je sais que je vais repartir sur une autre journée ça va être voilà c'était dans le beau fortin je suis perdue avec toutes les cours c'est hallucinant après il y en a qui aiment courir de nuit il y en a qui aiment moins on passe sur une autre phase quand on est encore plus en introspection je pense c'est comme la TDS en 2023 où on avait pas de visibilité, on a eu une météo catastrophique, le fait qu'on voit pas ou qu'on est dans le noir avec la lampe frontale je pense qu'on après au delà de l'introspection il y a aussi beaucoup comme un reset de ta vie en fait c'est un moment de pause et là t'es dans ta respiration tu suis la petite lampe frontale qui va aller, moi je ziote les limas qui passent, les petits animaux t'es vachement dans il y a des fois des grosses phases d'introspection de toi, de ta vie, de ce que tu veux faire de cette vie, moi ça en tout cas c'est assez fort en trail, et il y a aussi ces phases où, ok, pause là je suis juste dans l'observation je mets un pas devant l'autre, je vois la brume je vois une petite étoile et juste tu constates, t'es dans le constat de ça et ça c'est c'est assez fort et je trouve que tu l'as plus dans la nuit que dans la journée par exemple en tout cas pour moi
Loïc super intéressant
Flavie ok
Loïc du coup par rapport à tous ces moments d'introspection toute cette expérience que tu as engrangée sur du long tu dirais que ça a été quoi les plus grands apprentissages que tu as fait ces dernières années depuis que tu as commencé à peu près en 2019 que ce soit sportivement d'ailleurs ou personnellement parce que je sais pas t'évoquer en intro que t'as eu pas mal de changements t'as exploré plein de chemins différents je sais pas si ces explorations elles se sont fait encore si tu continues à les faire au moment où t'as démarré le trade et où peut-être que justement ça t'a apporté de la clarté sur certains choix de vie ou si tout était déjà figé en place quand tu t'es lancé en 2019 mais voilà en gros les apprentissages la Flavie d'aujourd'hui versus la Flavie de l'époque sur le plan sportif et perso ?
Flavie Oh là là là là !
Loïc Vaste question !
Flavie Ah ouais, voilà, en plus il s'est passé enfin comment dire le trail a fini par m'avaler un peu trop, enfin c'est devenu une addiction mais peut-être plutôt négatif que positif je suis passée dans des il y a eu la Flavie avant le trail très fêtarde très sociale très joyeuse ça va être difficile ça va être dur à dire mais et quand quand j'ai rencontré le trail je suis un peu j'ai un peu pris l'autre verre de me couper un peu de mon réseau social de mes amis de vouloir être beaucoup dans la performance parce que en fait j'ai eu des résultats très tôt très vite sans sans attendre ces résultats là donc on on se prend vite au jeu on fait vite des erreurs aussi là dessus et c'est devenu un peu pas ma seule raison de vivre mais presque dans ma manière de de fonctionner de penser de vivre et je me suis coupée un peu de beaucoup de choses jusqu'à jusqu'à il y a 3-4 ans 3 même je dirais 2-3 ans un peu moins et il y a les aléas de la vie qui m'ont mis des petits cailloux dans la chaussure pour m'alerter donc au début je dis là ça fait mal mais ok je continue à marcher puis après le caillou était un peu plus gros puis à un moment on m'a mis une météorite sur la tête pour me faire dire stop comme ça j'avais pas le choix et en fait suite à cette météorite là j'ai un peu je me suis un peu posée, je me suis dit bon ok qu'est-ce que tu veux faire et comment et donc je continue à être dans cette pratique sportive je vis des choses incroyables j'ai mon coach Christophe qui aussi a été très présent et qui voit aussi la Flavie évoluer et ne pubêtre autant d'énergie que j'en mettais avant et je pense que du coup c'est une libération et donc du coup ça m'a aussi fait des belles aventures de trail en étant moins stressée en y mettant moins d'enjeux et donc du coup découlent aussi des résultats et des aventures assez incroyable. Et donc, à titre... Je dirais, quand tu me poses la question, à titre sportif et perso, je pense que c'est beaucoup perso qu'en fait, bizarrement, j'ai beaucoup évolué. Et donc, du coup, même mes amis, ma famille, maintenant, j'arrive à avoir un équilibre. Certes, je passe beaucoup de temps en montagne encore, mais c'est ce qui me fait vibrer. En tout cas, aujourd'hui, ça évoluera sûrement dans le temps. Mais c'est plus réussir à trouver un équilibre de vie où il n'y a pas que le trail, il y a plein d'autres choses chouettes que je découvre encore aujourd'hui, que je me réouvre, et que cet équilibre-là, perso, sportif, pro, j'arrive à trouver aujourd'hui. Et ça m'a fait énormément grandir et je continue de grandir au quotidien avec tous ces apprentissages dans la vie de tous les jours, de par les rencontres que j'ai faites, les thérapeutes que j'ai suivies. Parce que dans l'ultra-trail, c'est tellement exigeant, ça demande tellement de temps, l'hygiène de vie, qu'on peut vite partir dans des travers qui ne sont pas forcément bons pour nous. Donc c'est retrouver un équilibre serein et retrouver une vie sociale que j'avais complètement perdue, vraiment. Et me dire qu'en fait, tout est possible tant que le plaisir et le bien-être, il est là, on peut faire de grandes choses.
Loïc excellent donc cette météorite elle était plutôt sociale perso c'était pas une grosse blessure ou tu vois il y a un surentraînement ou ce genre de choses
Flavie c'était du social perso ouais c'était ma vie ma vie ma vie perso mais pas du tout physique pour le coup à part cette blessure que je t'ai évoquée après j'ai pas eu de grand bobos en particulier c'était là encore une fois on revient sur je pense l'aspect plus comment on est nous et mentalement je pense que mentalement j'étais plus très bien je continuais à aller courir en montagne mais tous les à côté il y avait plein de choses qui n'allaient pas
Loïc ok intéressant j'ai l'impression que ce déplacement de curseur ou peut-être que le curseur trail était un peu trop sur un extrême et cet événement est venu te faire réaliser ça et le replacer au bon endroit hyper intéressant
Flavie tu l'as magnifiquement bien résumé
Loïc ça me fait penser à cette notion de rééquilibrage c'est un peu différent mais quand même assez proche de l'impression j'ai reçu un ultra trailer deux fois, Naïuel Passera je ne sais pas si tu connais qui est l'organisateur de la Pika Pika si ça te parle donc il y a grosse expérience aussi dans l'ultra je ne sais pas s'il a fait l'UTMB quand on s'était parlé il voulait faire l'UTMB mais à vélo et je crois qu'il a fait le tort ça c'est sûr enfin bon bref il a fait il aime bien les ultras mais il aime bien les ultras très montagne tu vois 100 km 10 000 m de dénivelé ou 150 15 000 enfin voilà c'est son délire un pour un et bref et on évoquait le sujet de l'alimentation en fait et des dérives qu'il peut y avoir dans le sport de haut niveau en général parce que lui c'était un un gardien de but en centre de formation enfin il était jusqu'à ses 18 ans il était footé mais au niveau et quand il a arrêté en gros il a pris alors je m'en rappelle plus mais il est clairement devenu obèse
Flavie et en fait
Loïc il s'est mis au trail parce que son père l'a inscrit à une course de village du coin il a terminé avant-dernier ou avant-avant-dernier je ne sais plus et l'arrivée était au sommet d'une montagne et en arrivant au sommet il s'est dit paysage incroyable mais là ce n'est pas possible je suis en surpoids et donc il s'est mis à courir et voilà ça a été le début d'une longue histoire d'amour avec le trail mais on parlait quand même en fait tout ça pour te dire je te donne le contexte parce qu'il m'expliquait qu'il voit beaucoup autour de lui et du coup ça va être ma question pour toi est-ce que tu le vois aussi il voit beaucoup autour de lui dans l'univers de l'ultra trail, l'ultra cyclisme des dérives notamment alimentaires où en fait on a l'impression que c'est un monde merveilleux un esprit sain dans un corps sain tout le monde a une hygiène de vie absolument superbe un équilibre incroyable etc et il dit non non mais en fait moi ce que je vois et en tout cas moi ce que je vis aussi c'est que c'est très compliqué c'est très exigeant et peut-être parfois trop donc pour les périodes de course je perds 10 kilos, dès que la période de course est finie je me remets à manger n'importe quoi parce qu'il y a peut-être un appel d'endorphine ou j'en sais rien et donc il parlait de ce yo-yo du poids il avait l'air de dire qu'il envoyait quand même beaucoup autour de lui dans l'univers du ultra qui avait ce petit challenge aussi et donc pareil cette notion de curseur est-ce que tu as vraiment besoin de périodes de diète extrême pour être performant sachant que derrière tu ne peux plus les tenir enfin voilà ça m'a fait penser à ça ce que tu disais du coup ce long contexte pour te poser une question c'est est-ce que toi tu vois ce genre de pas de dérive parce que c'est un peu péjoratif mais ce genre de peut-être de challenge dans l'univers de l'ultra haut niveau que ce soit sur l'alimentation sur je ne sais pas peut-être tu vois le sommeil le fait d'enchaîner les courses parce que dans la saison les sponsors demandent d'être visibles etc enfin si on rentre un peu plus dans le détail tu vois du curseur au-delà de l'aspect social que tu évoquais est-ce que tu vois d'autres choses qui à ton sens pourraient être un peu rééquilibrées voilà longue question
Flavie ouais ah elles sont pas faciles les questions sur l'alimentation moi j'ai été je faisais pas le yo-yo mais j'étais rentrée dans un contrôle de l'extrême c'était un contrôle au point de j'en étais arrivée à peser mon pain le matin.
Loïc Ah oui, je vois.
Flavie Et ça, moi, j'en suis sortie. Après, je fais quand même vraiment attention à ce que je mange. Bon, c'est pas un mal, mais j'ai lâché énormément de prise sur beaucoup à ce niveau-là. D'ailleurs, mes proches me le disent assez régulièrement. Mais par contre, j'ai questionné énormément autour de moi et c'est vrai que c'est un sujet qui est quand même le poids en tout cas et on dit toujours chez les femmes beaucoup aussi chez les hommes c'est un énorme sujet très touchy et en fait on n'en parle pas assez parce que c'est tabou parce qu'il y a aussi le côté chez les femmes avec le côté hormonal les cycles menstruels on en parle de plus en plus mais moi je suis aménorée précoce j'ai pas mes règles quand je les ai ça reste anecdotique c'est plein de sujets comme ça où on sent bien que l'équilibrage peut-être est pas encore totalement là mais parce que cette pratique là c'est difficile de trouver un équilibre sur un des pratiques aussi poussées aussi loin alors du coup pour moi il y aura toujours une petite forme de déséquilibrage je pense et donc du coup on essaye de combler oui avec le sommeil avec quand même une hygiène de vie, alors il y en a qui sont vraiment dans le calcul de tout sur l'aspect grammage, protéines, glucides lipides sur le quota de sommeil, quand dormir, les micro-siestes mais moi en tout cas j'aspire à ne plus être dans ce schéma là, pour moi c'est beaucoup de plaisir et j'essaye de faire confiance en mon corps en fait et à essayer de l'écouter le plus possible
Loïc ça me parait tellement ça me parait inconcevable en fait de tenir dans la durée avec autant de contraintes sur l'alimentation pour l'avoir fait quelques années parce que je faisais du sport au niveau j'étais en équipe de France de judo pendant un moment et tu vois quand tu parles de peser la bouffe ça m'a rappelé des mauvais souvenirs de moi entier passé à peser mes pattes etc l'horreur et je me dis mais ça me paraît impossible de tenir ça sur des années et de continuer à prendre du plaisir je sais pas ce que t'en penses mais c'est tellement extrême
Flavie je pense qu'il y en a qui ont la capacité de mais et peut-être qu'il y en a qui sont suivis plus suivis Ils vivent en tout cas par des professionnels, pareil sur coach mental, sur une nutritionniste. Ils ont un entourage en fait. Nous, on est là, on veut faire beaucoup, mais on n'a peut-être pas l'entourage, on n'a pas les connaissances. Donc du coup, on fait forcément des erreurs. On a aussi nos faiblesses, nos fragilités, notre histoire de vie qui fait que c'est compliqué. C'est comme ça qu'on arrive à se découvrir et qu'après avec le temps, on sait ce qu'on veut, on sait ce qu'on ne veut plus, on sait vers où on veut aller, mais ça prend du temps et on est forcément obligé de se casser la gueule quelques fois pour se rendre compte de ce qu'on veut ce qu'on veut plus et l'équilibrage qui nous va à nous et qui n'ira pas à une autre personne en fait c'est propre à chacun je pense et ça ça prend du temps on aura beau questionner toutes les personnes sur comment tu fais c'est quoi ta manière de fonctionner tu dors quand, tu fais quoi, tu manges quoi en fait c'est à soi en fait de savoir ce qui est bon pour et moi je suis très matinale il y en a ils vont être beaucoup du soir par exemple et c'est pareil pour mes versus pratiques et liens avec le trail
Loïc ouais ouais effectivement c'est comme un échange
Flavie je te coupe mais c'est comme un échange que j'avais eu avec Muriel Hurtis qui était venue lors d'un rassemblement Simalp parce que du coup elle est ambassadrice de la marque et qu'elle elle avait fait la remarque de trouver qu'on était assez mince pour des personnes qui allaient faire des heures en montagne et que du coup elles se demandaient où étaient nos réserves à nous parce que il en faut pour aller 20h, 25h, 30h en montagne et elles voyaient déjà un peu le côté le côté un peu ouais, calcul du poids parce qu'elles se demandaient pourquoi on était aussi fine et qu'elles nous expliquaient que quand elle était sur ses 100 mètres si elle prenait enfin c'était la balance matin et soir si elle prenait 10 grammes elle perdait une seconde ah ouais donc du coup on avait des échanges comme ça sur le poids où en fait c'est un paramètre qu'on ne peut pas négliger et qui est très sensible et qu'il faut faire vraiment attention avec ça parce que c'est notre essence moi j'aime pas dire carburant parce que ça me fait penser au carburant d'une voiture et pour moi on lui donne pas forcément des bonnes choses à la voiture, mais l'essence même, l'âme qu'on donne, c'est à travers quand même beaucoup la nourriture et c'est hyper important. C'est un sujet très intéressant.
Loïc Du coup, je rentre dans le détail. Ton poids à forme, c'est quoi ? Tu le surveilles, toi ?
Flavie J'ai arrêté. J'ai arrêté de le surveiller, l'appareil. J'essaye de me faire confiance. Je vois que je suis bien, je ne bouge pas beaucoup, mais je dois être à 58. Je pense que 58, quelque chose comme ça.
Loïc Ok, d'accord. Super intéressant. Effectivement, j'imagine que plus tu te connais, plus tu te confrontes à des situations où tu explores un peu tes limites, ce qui te va, ce qui ne va pas, et mieux tu es capable de caler tout ça. En termes de course, du coup, c'est quoi le rythme qui te va, toi ? En volume de course à l'année, tu te fixes un peu une limite ou tu sais ce qui te convient ? Ou c'est selon les opportunités ? Oui.
Flavie Alors là, c'est un échange assez... En fin de saison, on fait le bilan avec le coach, avec Christophe et donc du coup on évoque un peu les envies de l'année une fois que c'est terminé, il faut forcément repenser tout de suite après l'après non, concrètement moi je suis pas à la course d'en faire beaucoup parce que et de moins en moins d'ailleurs je trouve peut-être qu'au début quand tu démarres t'as envie de cocher plein de courses et de mettre le dossard assez régulièrement moi étant donné que c'est des c'est des choix très particuliers que je fais et c'est des courses qui me... c'est pareil c'est à dire que rien que je prononce le nom de la course il se passe quelque chose dans mon corps et donc du coup je ne veux plus faire des courses seulement pour faire des courses au cocher alors il y a forcément des courses préparatoires que du coup je vais aller caler avant de faire ma course de coeur je dis mais du coup c'est assez limité et je suis de plus en plus à vouloir faire aussi des aventures off. Là, j'ai fait le tour des écrins avec une copine pendant 4 jours. C'était incroyable. Et donc, du coup, je suis plus à 3-4 dossards. C'est déjà pas mal sur une année, surtout quand on est sur l'ultra. Ça met du temps à récupérer. On a besoin aussi de faire autre chose. 3-4, je trouve ça pas mal. Moi, j'admire. Pas forcément l'admiration, mais je suis assez bluffée de ceux qui arrivent à faire 3-4 ultra trail dans l'année. comment ils récupèrent et comment ils arrivent à garder l'envie. Ouais, chapeau.
Loïc Ouais, c'est clair. Ultra ou même moins ultra, j'avais discuté l'année dernière avec Alexia Coudray de la Team Simalp. Ouais. Qui m'expliquait qu'elle était partie en 2024 pour prendre 60 dossards sur l'année. Je me disais, mais c'est incroyable. Enfin, c'était d'ailleurs le titre de l'épisode, c'est comment continuer à prendre du plaisir en courant 60 courses dans l'année. Ce qui est quand même dingo. Mais ok, donc toi 3-4, oui c'est sûr que vu les distances pour que le corps puisse récupérer c'est ouais c'est sûr que c'est pas tout à fait la même durée tu parlais de t'évoquer les courses de coeur et ben du coup ça m'amène à la question suivante quelles sont tes courses de coeur à venir est-ce qu'il y en a déjà que t'as en ligne de mire ?
Flavie ah il y en a une belle qui arrive non c'est la diagonale des fous ouais
Loïc excellent excellent tu l'as fait là attends mais c'est maintenant là non au moment d'enregistrer je la fais C'est très bientôt. Oui, je l'avais.
Flavie Là, on est dans moins de trois semaines.
Loïc Oh, puis la. Ok, ok. Ok, waouh. Excellent. Ok, ouais, donc ça, c'est un projet immédiat. Ça arrive.
Flavie J'ai le grand smile, donc c'est que ça va se dire. Trop bien.
Loïc Excellent. Du coup, le départ, la date du départ exacte, c'est ?
Flavie C'est le 17 octobre à 22 heures.
Loïc Excellent. Donc, ton épisode sort le 22. Donc, au moment où il sort, tu auras fini. Tu auras fini. Ah là là là là, fabuleux. Attends, mais du coup, dis-nous en plus. Je me souhaite que tout se passe bien. Oui, oui, attends, carrément, on touche du bois et il n'y a pas de raison. Mais du coup, dis-nous en plus, qu'est-ce qui t'attire ? Pourquoi cette course ? Pourquoi est-ce qu'elle te fait sourire quand tu l'évoques ?
Flavie Alors, elle me fait sourire pour plein de raisons. J'étais déjà allée à La Réunion en 2019, il me semble, quand je commençais un peu le trail. et j'avais crapahouté là-bas pas mal de petites sorties en deux semaines et j'avais dit mais jamais jamais je ferais la diag ils sont complètement tarés les gens c'est déjà l'humidité la chaleur, le terrain la technicité en plus sans bâton c'est pas pour moi, c'est impossible donc déjà pour cette raison là ça me fait rire de me dire que je prends le départ dans moins de trois semaines alors que j'avais dit jamais. Donc, ne jamais dire jamais, ça tient vraiment. Et encore une fois, quand je passe des steps, je monte crescendo en distance, j'ai remarqué que je prenais toujours un peu les courses les plus dures. C'est-à-dire mon premier ultra, l'échappé belle, mon premier au-delà de 100 kills, je fais la TDS. Bon, on a quand même dit la TDS, c'était quand même pas la plus facile. Et là, pour mon premier 100 miles, Et ça me tenait à cœur d'aller encore une fois chercher de la difficulté. Et je me suis dit, en termes de difficulté, je pense que la diag, ça peut être chouette. Et donc voilà, je suis sur la diag pour toutes ces raisons-là. Et en fait, j'avais fait Madère aussi l'année dernière. Et le fait de traverser une île, Madère, je ne sais pas. Je m'étais dit, c'est bizarre, c'est comme une introduction d'une mini-aventure sur une île que j'ai envie de réitérer. Et donc, du coup, la suite logique, pour moi, elle a été de la continuer et de faire l'année prochaine la réunion. Et ça s'est fait. J'ai été prise au tirage au sort. Et donc, du coup, le destin voulait que j'aille là-bas. C'est mon chemin qui continue vers cette direction. Je trouve ça cool. C'est une belle histoire.
Loïc du coup de quoi est-ce que t'as est-ce qu'il y a des aspects de la course que t'attends vraiment avec impatience moi j'ai jamais fait, j'ai jamais eu la chance d'aller à la réunion pour le moment mais tout le monde me parle du cercle de mafade, j'ai vraiment l'impression qu'il y a des endroits un peu mythiques par lesquels on passe est-ce que toi t'as des parties de la course que t'attends vraiment avec impatience
Flavie pas forcément moi j'attends avec impatience le départ je visualise beaucoup le départ depuis que je sais que je vais prendre cette course je visualise aussi pas mal l'arrivée mais plus le départ on m'a vraiment dit qu'il fallait kiffer le départ en termes d'ambiance de ressenti je pense que ça ça va être très fort comme moment et après moi j'avais fait le choix de pas faire de j'aurais pu aller faire la reco et passer peut-être un mois et demi à la réunion parce que mon boulot je peux le faire d'où je veux mais j'avais à coeur de faire ma prépa à Briançon en mode local parce que je veux me garder tout cet aspect surprise. Je sais, quand je suis allée à la réunion en 2019, je suis allée dans ma fête, Sillaos, Salazie, j'ai fait les trois cirques. Du coup, j'ai envie de garder. Tu vois, c'est encore, on revient, on boucle la boucle sur l'aspect surprise où c'est flou. On a des petites images mais le cerveau, il en a effacé pas mal. En fait, j'ai envie de jouer avec ça. j'ai envie de garder les petites images que j'ai eues et de me voir encore dire non mais jamais de la vie je le ferai cette diag et partir avec ces petites images très brèves ces petits souvenirs là et de me construire cette histoire le jour J donc je suis pas trop dans la projection de absolument qu'est-ce que je veux voir ou qu'est-ce que je veux attendre ou dans ma fat après c'est moi avec l'île et on verra ce que ça donnera
Loïc excellent excellent bon donc moi j'ai jamais fait mais pour avoir discuté avec pas mal de gens qui l'ont fait apparemment c'est vrai que le départ est complètement dingue mais il y a le piège de partir trop fort parce que je crois qu'il y a une ambiance enfin moi de ce qu'on m'expliquait il y a une ambiance tellement folle sur quasiment 10 km je crois que c'est possible que tu te laisses entraîner et que tu partes un peu trop fort donc voilà
Flavie je pense que je vais partir trop fort mais j'ai appris aussi à le faire de manière raisonnée j'essaierai de garder ça en tête je le garderai en tête
Loïc trop bien en tout cas je te souhaite de te régaler on se fera un épisode débrief une fois la diag finie tu nous raconteras comment c'était mais en tout cas je te souhaite de prendre énormément de plaisir on arrive au bouffe la vie est-ce que toi tu aurais un message que tu voudrais faire passer par rapport à justement cette pratique du sport que tu as découvert le long, l'équilibre que tu as réussi à instaurer dans ta vie au moment où tu t'es rendu compte qu'il manquait peut-être un peu ? Ou est-ce qu'il y a autre chose que tu voudrais partager ?
Flavie Je dirais que la vie, elle est quand même courte avec ses hauts et ses bas. J'ai eu des petites mauvaises nouvelles de personnes qui ont perdu des proches qui m'ont touchée récemment. et c'est surtout de me dire que dans la vie il faut oser, il ne faut pas en fait rester sur ses peurs et foncer sur les aventures les plus folles qu'on aimerait faire et qu'on n'ose peut-être pas parce que il faut vibrer de l'intérieur et puis et voilà, vivre quoi
Loïc J'adore Génial, et bah écoute un immense merci Flavie c'était un plaisir d'échanger avec toi d'en apprendre plus sur ton parcours sur ce qui te fait vibrer dans le trail dans l'ultra et puis bah écoute encore une fois kiffe à fond la diag et je te dis à très bientôt
Flavie et bah merci à toi Loïc et puis au plaisir de ce petit échange et je penserais je penserais à ne pas partir trop fort à la diag
Loïc excellent merci Flamie
Flavie merci Loïc bonne journée ciao
Loïc Merci d'avoir écouté cet échange avec Flavie. Jusqu'au bout, pensez à partager l'épisode autour de vous à un maximum de personnes. Parlez également des frappés. En bref, faites du bruit pour le podcast. C'est la meilleure manière de remercier toutes ces personnes qui viennent témoigner au micro des frappés. Si vous souhaitez soutenir financièrement le podcast, je vous rappelle que vous pouvez le faire sur Tipeee. Tipeee.com slash les-frappés. C'est à partir d'un euro par mois. Chaque euro contribue au fonctionnement du podcast. et jetez un oeil, il y a également des produits qui viennent d'arriver, casquettes, t-shirts de sport, estampillés du logo du podcast. Merci d'ailleurs à toutes celles et ceux qui ont déjà franchi le pas et qui ont décidé de contribuer financièrement à l'aventure des frappés. Merci à toutes et à tous pour votre fidélité. Je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode dans lequel on va partir pour du secourisme en montagne avec le mythique PGHM. Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501
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