Kévin J'y allais à corps perdu. Finalement, j'étais vraiment accro à la discipline. J'ai fait des semaines avec plus de 200’, 250’ kilomètres ou même encore 15 000’, 20 000 mètres de dénivelé. Ça m'arrivait aussi une fois en une semaine. Quand on parlait de moi, c'était toujours par temps, c'est toujours dans l'excès. Je faisais beaucoup, beaucoup, beaucoup. Et du coup, mon niveau, il stagnait beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, parce que je ne progressais pas forcément, parce que j'en faisais beaucoup trop.
Loïc Hello, hello ! Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Mon invité de la semaine ne fait rien à moitié. Que ce soit la fête ou le sport, Kevin est un homme qui se lance à fond, parfois un peu trop. Mais c'est ça la beauté de la vie, on apprend de ses erreurs et en essayant de devenir chaque jour une meilleure personne. Dans cet épisode, on parle d'un jeune homme de 21 ans qui quitte tout pour aller vivre à La Réunion et donner à sa vie une nouvelle trajectoire. On parle de 55 kilos perdus en 6 mois, d'équilibre à trouver notamment sur l'alimentation, d'ultra-trail et de performance. Excellente écoute à vous. C'est parti. Eh bien, écoute, bienvenue, Kevin, sur le podcast. Absolument ravi de te recevoir. Et merci, avant que j'oublie, merci beaucoup à Jérémy, un auditeur fidèle de longue date du podcast, qui m'a contacté il n'y a pas très longtemps, qui m'a dit, écoute, j'étais sur un trail. C'était un trail ou un ultra ? Je ne sais même plus. C'était un ultra, je pense. C'était un ultra, tac, tac, tac, à Salzbourg, yes. Oui. Et qui m'a dit, c'est un gars. Voilà, exactement. Il faut absolument que tu lui parles. C'est complètement fou ce qu'il fait. Merci beaucoup à Jérémy. Et j'en profite, n'hésitez pas, si vous avez des suggestions, vous aussi. Allez-y, ça peut déboucher sur des épisodes. Mais bref, merci Jérémy.
Kévin Et bienvenue encore, Kevin. Salut Loïc, merci à toi, c'est très cool. Et puis, merci à Jérémy de nous avoir mis en correspondance. Et puis, bien hâte de pouvoir discuter autour de tout ça, ça va être cool.
Loïc Yes, yes, yes. Donc, Kevin, toi, ton univers, c'est clairement, c'est le trail, l'ultra trail. Ça n'a pas toujours été le cas. Donc, je serais curieux, peut-être pour commencer, si tu pouvais dans les grandes lignes nous expliquer quel a été ton parcours. Et du coup, ce que tu fais aujourd'hui.
Kévin Eh bien, carrément, ouais. Écoute, c'est simple, j'ai un parcours qui est un peu différent, je pense, de la normale. C'est-à-dire que déjà, je viens du nord de la France, plus précisément de Troyes. J'ai 28 ans et à la base, je suis plutôt, on va dire, pas dans le monde du sport, du moins au niveau familial, pas éduqué au niveau sportif, pas dans tout ce monde-là. Je viens plutôt d'une simple province. J'ai fait mes études à Reims, d'ingénieur. Évidemment, je n'avais pas une vie qui me prédestinait à faire maintenant ce que je fais aujourd'hui. Donc, on va dire que j'ai profité de la vie par les deux bouts avant, que ce soit en études ou là-bas dans ma contrée. Et en fait, finalement, à force de, on va dire, de déborder et à force de profiter un peu de tout ça, j'ai eu quelques petits travers, on va dire, que ce soit à poids ou même encore des excès en tout genre, que beaucoup ont fait aussi, mais on va dire que j'ai vraiment profité. Et finalement, ce qui m'a amené un peu à ce monde-là, c'était pour moi au départ un outil, le trail, qui m'a permis, en fait, finalement, d'aller chercher une autre version de moi-même. Donc, d'aller chercher l'inconnu, quelque chose que je ne connaissais pas du tout. Et on va dire plutôt à la base, la randonnée et la course sur route qui m'a permis vraiment de pouvoir, voilà, me mettre un premier pied dans ce monde-là et de pouvoir, finalement, perdre du poids. Donc, finalement, ce que j'ai entrepris pour avoir ce chemin de vie, c'est que j'ai dit, OK, du jour au lendemain, je crois qu'il est temps de changer. Donc, je suis complètement parti de chez moi. Je suis parti vivre sur l'île de la Réunion pendant une bonne année. Et j'ai voulu casser, en fait, avec cette monotonie, cette routine. Et je me suis dit, OK, maintenant, il est temps de changer. Donc, tu pars à 10 000 kilomètres de chez toi et t'entreprends des vrais changements, quoi. OK, très bien. Donc, je suis parti le jour au lendemain. Donc, j'avais 21 ans. Je ne savais pas vraiment, pour être transparent, je ne savais pas faire trop la cuisine. Je ne savais pas m'occuper d'un habitat seul, on va dire. Donc, je me suis pris un petit studio. J'ai travaillé dans de la publicité, voilà. Et je me suis dit, OK, maintenant, tu es livré à toi-même. Tu es à l'autre bout du monde et on y va, quoi. Et donc, là, je me suis mis, en parallèle du travail, à me mettre au sport. Je voulais absolument perdre du poids. Le défi, c'était vraiment de perdre le maximum de poids possible, sans forcément de suivi médical derrière. Mais l'idée, c'était vraiment de changer, quoi. Et donc, je me suis un peu enfermé dans ma bulle, voilà, un peu comme dans une mine, voilà, tout seul. Et donc, j'ai réussi, effectivement, en six mois, à perdre 55 kilos. Et donc, de passer de quelqu'un, en fait, de 105 kilos, finalement, qui était fêtard, qui était, voilà, tous les excels, tout genre, à quelqu'un de 50 kilos, donc peut-être même un peu trop maigre, pour le coup, à quelqu'un de hyper sportif, de 50 kilos, vraiment à changer totalement de vie, quoi. Et à me dire, maintenant, voilà, on prend le taureau par les cornes et on va faire autre chose, quoi. Donc, c'est ce qui m'a mis, en fait, un pied dans ce monde-là, de la rando, de la course à pied. Et ensuite, évidemment, mixer les deux, bon, c'est ce qu'on appelle maintenant le trail. Le trail est une institution, une religion à la réunion. Et donc, grâce à mon entreprise à l'époque qui faisait de la publicité, j'ai pu avoir un dossard et j'ai pu me préparer un minima pour une course qui s'appelle la Mascarein pendant l'événement du Grand Red, qui a lieu, d'ailleurs, la semaine prochaine. Et voilà, ça s'est très bien passé, la course. Je fais une super belle course à mon niveau, évidemment. Et je me dis, bon, ben, voilà, c'est vraiment ça que je veux faire. Et c'est vraiment là-dedans que maintenant, je me sens pleinement épanoui. J'ai envie d'avoir un nouveau projet autour de ce sport. Et donc, ben, de fil en aiguille, j'ai déjà pu finir mes études en France en revenant, car mon école a accepté que je finisse mes études, etc. J'ai été diplômé, du coup, en école d'ingénieur. Et à la suite, je suis parti, donc, chez Nestlé, donc en Suisse, pour y travailler. Et voilà, essayer de mixer, en fait, les Alpes suisses avec la passion et aussi le travail à côté. Et donc, ben, voilà, c'est ce qui a fait un peu ce cheminement, en fait, le pourquoi du nord de la France, de quelqu'un de fêtard et quelqu'un de plutôt sportif, est maintenant développé dans les Alpes. Donc, voilà un petit peu pour faire bref et synthétique le parcours, on va dire, d'aujourd'hui. Voilà. Fascinant.
Loïc En Suisse, tu étais à Vevey, du coup ?
Kévin Ouais, exactement. Ouais, alors, Vevey, voilà, exactement. Alors, Vevey, après la tour de paix chez Nestlé suisse, on va dire. Et après, bon, ben, pour différentes raisons, le contrat s'est terminé, parce que j'étais aussi lié avec l'école, etc. Et j'ai voulu vraiment approfondir, on va dire, approfondir dans ce sport et dans le milieu. Et je me suis dit quel est le meilleur endroit que Chamonix pour se faire plaisir et puis pour essayer de prendre encore un niveau, quoi. Donc, c'est ce que j'ai fait. Après, je suis parti, du coup, direction Chamonix. J'ai cassé totalement le monde ingénieur. Je me suis dit que j'en avais un petit peu marre et que c'était peut-être pas… Dans le job dans lequel je m'épanouissais, je m'amusais. Et donc, je suis parti dans un magasin de sport, donc Snell Sport, en plein centre de Chamonix. Et là, je m'épanouis maintenant là-bas vraiment. Je m'amuse tous les jours au boulot depuis 4 ans bientôt. Donc, c'est super cool, ouais.
Loïc Excellent. T'es un homme de rupture, en fait. Quand ça te va pas, tu casses et tu reconstruis.
Kévin Ouais, l'idée, c'est de… En fait, je fonctionne beaucoup à la motivation et au projet. Et l'idée, c'était vraiment de… Quand j'ai découvert un peu ce sport et ce qu'il pouvait apporter, je me suis dit, bah voilà, on va pas faire les choses à moitié. On va y aller dedans. Et je pense que c'est mieux d'aller dans ces excès-là plutôt que dans d'autres. Donc, finalement, voilà, je pense que déjà pour ma santé propre et puis même pour le regard que je portais à moi-même aussi, peut-être. Et puis, voilà, je me suis dit que j'aime beaucoup, quoi. Ce mode de vie que j'ai actuellement. Et ouais, pour rien au monde, je m'amuse vraiment beaucoup au travail. J'ai une super structure autour de moi et je suis vraiment content. Donc, me voilà épanoui alors qu'avant, peut-être que je me cachais peut-être un peu des choses ou voilà, peut-être que je faisais pas la bonne direction. Je regrette pas, évidemment. Mais bon, maintenant, ma vie aujourd'hui me satisfait pleinement, on va dire.
Loïc Du coup, pour revenir sur ton parcours, il y a quelques années, un peu plus tôt, la première grosse rupture quand tu décides de partir à 10 000 kilomètres de chez toi alors que tu avais encore jamais vraiment vécu seul. Donc, à ce moment-là, tu faisais, tu disais 105 kilos, c'est ça ?
Kévin Exactement, ouais. Ouais, ouais. Là, je faisais 105 kilos, pas mal d'excès en tout genre. Et ouais, c'était notamment à l'école, notamment dans le perso. Et là, je me suis dit, ouais, il est peut-être temps de changer, notamment déjà en priorité pour ma santé et puis même pour mes proches. Et pour tout ça, je crois qu'il était temps d'opérer un réel changement.
Loïc Et ça, cette prise de conscience, tu l'as eu comment ? T'as l'air de dire que ça a été assez soudain, tu vois, le départ. Ouais. Mais il y a un événement en particulier qui a déclenché ça ?
Kévin Alors, des événements, alors bah oui, oui, il y en a eu. En fait, c'était des enchaînements de petits événements, c'est-à-dire que déjà, je voyais que j'avais bien changé physiquement, on va dire, on va pas se mentir, c'était pas évident des fois à l'accepter, voilà, de bien changer physiquement, de voir que le regard des autres un petit peu changeait, même le regard perso avec, voilà, je partageais ma vie avec quelqu'un et au départ, bah c'est, voilà, elle m'a vu aussi changer. Et donc, bah c'est plein de choses comme ça qui m'ont amené à perdre pas mal de choses. Et je me suis dit, bon bah, ouais, finalement, j'ai peut-être plus à perdre qu'à y gagner. Donc maintenant, ouais, il faut opérer un vrai changement et puis changer un peu la trajectoire parce que je m'imaginais dans quelques années, je me suis dit, c'est peut-être pas la meilleure des options, quoi, on va dire. Donc, je me suis dit, il est temps de redémarrer quelque chose d'autre et de, ouais, voilà, de tenter une nouvelle aventure.
Loïc Et donc, ton approche initialement, c'était de dire, je vais utiliser le sport, en fait, comme moyen de, on va dire, de recaler ma trajectoire, mais t'avais pas forcément en tête, enfin, est-ce que tu connaissais, tu disais que t'as pas grandi nécessairement dans une famille où le sport était super présent, tu connaissais cet univers du trail, t'avais déjà entendu parler de grosses courses, tu vois, type le Grand Raid, etc. ou pas du tout et c'était vraiment un objectif, on va dire, thérapeutique de pratiquer la rando, le trail au début. Ah, complètement. La rando, la course à pied d'ailleurs, parce que je crois que tu disais que t'as commencé par la course à pied.
Kévin Ouais, j'avais commencé par la course à pied sur tapis en salle de sport, en fait. Mais ouais, ouais, bah en fait, bah complètement, enfin, vraiment, j'avais aucune connaissance avant 2018, 2017, 2018, d'une quelconque épreuve de trail, je ne savais pas ce que c'était, je n'avais jamais eu connaissance de que ce soit un UTMB, une Diagonale des Fous, un Grand Raid, enfin, tout ce qu'on veut, toutes ces courses mythiques qui existent actuellement, non, jamais, jamais mis un pied dedans avant finalement, bah, voilà, fin 2018, ma première course, quoi, donc je n'avais jamais, non, non, je ne connaissais pas du tout ce milieu du tout et à part le jeu, voilà, j'étais un peu dans le foot parce que je supportais mon club et j'allais les voir de club de sport au club de foot à l'Estac dans le Nord, mais à part ça, sinon, c'est tout, quoi, je n'avais jamais, non, non, vraiment, j'étais complètement étranger à ce milieu, quoi, donc je ne savais pas du tout ce que ça voulait dire, les chronos, tout ça, ce n'est pas mon, ce n'est pas mon, ce n'est pas du tout mon truc, quoi.
Loïc Ok, donc, tu pars, tu sais que tu veux changer un certain nombre de choses dans ta vie, tu te rends compte que, voilà, la trajectoire, si tu la poursuis à moyen long terme, ça va dans une direction qui n'est pas du tout celle que tu souhaites, tu attaques le sport, à ce moment-là, est-ce que, enfin, comment tu imagines les choses, est-ce que tu sais déjà que tu veux perdre 30, 40, 50 kilos en quelques mois, est-ce que tu te rends compte du chemin que tu as à parcourir, tu es dans quel état d'esprit au début, on va dire, de cette nouvelle vie ?
Kévin Bon, l'état d'esprit, il est clair, je n'ai qu'un ennemi, en fait, c'est la balance, et donc, du coup, là, c'est le chiffre, en fait, le chiffre que va m'indiquer la balance, c'est mon seul ennemi, et la volonté, c'est qu'il soit le plus bas possible, donc, non, je n'ai aucun suivi médical, je me dis juste qu'il faut que je perde du poids, donc, j'y vais franc, je mange beaucoup de fruits, beaucoup de légumes, mais plus rien d'autre, je fais beaucoup de sport, une, deux, trois fois par jour, et là, je me dis que ça va être le moyen le plus efficace pour perdre du poids, donc, j'y vais, j'y vais franco, ça peut aller jusqu'à 3, 4, 5 kilos par semaine, et l'idée, voilà, c'est de me voir vraiment fondre le plus rapidement possible, donc, c'est pour ça que je tombe jusqu'à, le plus bas que j'ai été, c'était 49 kilos, donc, quand même, pour 1m77, c'est quand même pas énorme, et donc, vraiment, c'est devenu presque maladif, finalement, à la fin, de se dire, ok, je veux que ce soit le chiffre le plus bas, quoi, donc, je faisais tout pour être le plus maigre possible, parce que j'étais dans ma tête, rivé sur l'objectif de perdre du poids, mais je ne me rendais pas compte des conséquences que ça pouvait avoir, notamment, de perdre trop rapidement, au niveau des carences, n'importe, enfin, au niveau de toutes ces, voilà, toutes ces données physiologiques, j'avais aucune idée des conséquences, donc, pour moi, j'étais simple et efficace, perdre du poids, être le plus maigre possible, puis rentrer dans du AM, dans du S, et dans du XS, quoi, et, voilà, c'était mon seul objectif, donc, peut-être à tort, parce que, finalement, j'ai peut-être négligé certaines phases physiologiques, j'ai eu deux, trois moments très compliqués quand j'allais courir et que je n'avais plus du tout d'énergie, donc, voilà, c'est ce qui m'a un peu, un peu mis la plus à l'oreille, c'est quand, voilà, je commence à avoir vraiment des, des gros problèmes à aller courir, voilà, des étourdissements fréquents, et donc, là, je me suis dit, ok, ok, ok, ok, là, c'est peut-être trop, trop, trop, même ma famille, quand je suis rentré de La Réunion, il y en a qui ne m'ont pas reconnu, parce que, bah, perdre 55 kilos en six mois, c'est vrai que ce n'est pas commun, ouais, ouais, ouais, c'est pas commun, donc, ça fait bizarre, mais, et puis, surtout, avec mon nouveau mode de vie, quoi, là, c'était encore plus frappant pour mes très proches, donc, non, je ne me rendais pas vraiment compte et je n'avais pas d'objectif, si ce n'est être le plus mec possible, donc, voilà, ça, c'était vraiment durant la perte de poids, quoi.
Loïc Tu dirais que tu as frôlé un autre extrême, du coup, l'anorexie ?
Kévin Complètement, ouais, ouais, alors, frôlé, oui, complètement, et puis, même pire, pour être transparent, c'est d'être maladif au niveau, dans la tête, quoi, de se dire, ah, bah, je vais remanger quelque chose de très sucré ou très gras ou me faire plaisir avec des amis, et bah, ouais, derrière, il faudra que j'aille courir, je sais qu'il faut que je me dépense, et ça, ça devenait vraiment maladif, quoi, et ça a même perduré un petit peu après, le retour, pendant deux, trois ans, je pense, dans la tête, c'était encore très présent que, si je mange gras ou sucré, derrière, il faut absolument que je me dépense, parce que sinon, ce n'est pas bien, quoi. Donc là, ça fait quelques temps, maintenant que c'est tout bon, maintenant que je suis totalement à l'équilibre et que j'ai mon osmose avec moi-même, mais avant, c'était délicat, en fait, de faire le yo-yo et de se dire, purée, bah, finalement, fais-toi plaisir, parce que, bah, tu t'entraînes beaucoup dans la semaine, tu as un mode de vie plutôt sain, donc oui, se faire des petits écarts de temps en temps, bah, ça ne fait pas de mal, quoi.
Loïc C'est très inspirant de t'entendre en parler, aussi, ouvertement, parce que c'est, c'est clairement un sujet, alors, je ne sais pas si c'est un sujet tabou, mais c'est un sujet sur lequel, souvent, on ne s'attarde pas trop, l'alimentation, et puis les troubles qu'il peut y avoir par rapport à ça. Ouais, bah ouais. Super inspirant de voir que, toi, tu es méga open avec ça, et, bah, ouais, il faut,
Kévin je pense qu'il faut. Et, mon objectif sur ton parcours, tu vois. Ouais, il faut pas, enfin, dans mon point de vue, il ne faut pas se mentir à soi-même, et, ouais, l'accepter aussi, que, bah, dans la tête, c'était compliqué, et de se dire, bah, ouais, ok, je fais l'état des lieux, là, c'est compliqué, et j'ai un vrai problème psychologique à refaire quelques écarts, ok, bah, je l'accepte, c'est comme ça, maintenant, on va faire tout, on va tout mettre en oeuvre pour se dire, maintenant, il faut être libre de tout ça et de se dire, bah, ouais, finalement, maintenant, vu le mode de victa, accepte-le, et au contraire, les écarts me permettent maintenant de me dire, ok, super, bah, bah, tu vis pleinement, quoi, et donc, je crois que c'est vraiment important.
Loïc Ouais, est-ce que, du coup, à un moment donné, t'expliquais que t'as tout fait sans suivi médical, côté perte de poids, est-ce que t'as été accompagné, du coup, par la suite, sur l'alimentation, jusqu'à, enfin, qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, t'as cette situation d'osmose avec toi-même, comme tu le disais, ou... t'as été aidé, ou pareil, tu l'as mis en place tout seul ?
Kévin Non, j'ai pas forcément été aidé, déjà, quand j'ai souhaité un peu augmenter l'entraînement et essayer d'avoir un meilleur niveau, forcément, à un moment, il faut sustenter, je pense, et finalement, avec le temps, je l'ai accepté, j'ai commencé, j'ai jamais eu de suivi médical ou de nutritionniste à proprement parler, quoi, mais j'ai toujours eu, j'ai essayé de me documenter à droite, à gauche, et finalement, en fait, ce fameux poids de forme, donc, on commence à faire un yo-yo et à un moment, on l'atteint, où je me sentais déjà mieux, et voilà, quand j'ai commencé à vraiment me sentir mieux, je me suis dit, bah là, tu dois pas être trop mal, et finalement, bah, entre les deux états, il s'est passé que j'ai repris 10 kilos et que là, actuellement, je suis aux alentours de 60 kilos, à peu près, et là, je me sens vraiment déjà beaucoup mieux, quoi, donc maintenant, j'arrive à avoir ce poids, on va dire, qui oscille, mais qui est globalement stable.
Loïc Pinaise, bah franchement, bravo, bravo, parce que c'est très inspirant, encore une fois, tu vois, je disais, c'est le terme que j'ai utilisé il y a quelques secondes, mais de voir que t'as réussi à gérer tout ça et surtout à prendre conscience tout seul, alors c'est pas un appel à gérer ces situations compliquées tout seul, pas du tout, mais c'est fou de voir que t'as réussi à te démener avec tes propres moyens et finalement, tu vois, à retrouver la trajectoire qui, toi, te va très bien au fil des ans. Du coup, tu dirais que t'as appris à t'écouter en chemin pour déterminer, tu vois, quelle situation te convient, etc. Bah,
Kévin ce qui est assez drôle, en fait, c'est que je pense que cette faculté d'avoir appris un peu à s'écouter, finalement, ça m'est venu aussi grâce au trail, finalement, je pense, parce que c'est un sport où si tu t'écoutes pas ou si tu veux vraiment faire abstraction de toi-même qui est, à mon sens, ton plus grand ennemi, eh ben, ça marche pas, quoi. Donc, grâce à ce sport, finalement, encore une fois, mentalement, je me suis, comment j'ai commencé à m'écouter, à me dire, bah, Kevin, tu veux faire ça, tu veux entreprendre ça, tu veux faire cette course-là ou faire cette prépa-là, bah, il n'y a pas de, ok, d'accord, mais par contre, il faut mettre du carburant dans ta machine parce que sinon, ça passera pas. Et quand je me suis cassé les dents sur une ou deux courses, eh ben là, je me suis dit, ok, bah, tu t'es cassé les dents là, pourquoi ? Bah, parce que ça et ça, ça n'allait pas. Et finalement, je me suis dit, ok, bah, écoute-toi et corrige ça et pour que déjà, ça aille mieux, quoi, on va dire.
Loïc Le trail, du coup. Parlons-en, rentrant dans le détail, qu'est-ce que tu y as découvert ? initialement, cette pratique que tu commences pour plutôt de la thérapie pour perdre un max de poids avec la balance, ce que tu vois sur la balance diminue fortement. Qu'est-ce que finalement, tu y as découvert que tu n'avais peut-être pas soupçonné et qui fait que tu as autant accroché au point de, bah, à nouveau, marquer une grosse rupture dans ta vie pour en faire une activité centrale vraiment de tes journées, de tes semaines aujourd'hui ?
Kévin Ouais, ce que j'ai découvert, tu vois, c'est la difficulté, enfin non, c'est pas facile, mais non, en vrai, ce que j'ai découvert, en vrai, franchement, c'est plutôt un épanouissement et en fait, un sport simple. En fait, c'est comme ça que je trouve au départ la pratique, c'est que c'est simple, efficace, c'est quoi ? C'était la première fois que j'ai mis un t-shirt, un short, une paire de chaussettes, une paire de chaussures et puis on y va, quoi. Et je me suis dit, bon, bah, c'est facile, t'as pas besoin d'aller au départ dans un club, t'as pas besoin d'aller à droite, à gauche, d'avoir une certaine structure, c'est vraiment toi et finalement, tout cet environnement naturel qui t'entoure et de se dire, ouais, je vais me balader et puis je vais à droite, à gauche, je vais découvrir aussi des lieux finalement un peu plus rapidement et je me suis dit, c'est un super outil, voilà, je veux dire, c'est hyper accessible et qu'importe le niveau et la vitesse, on finalement voit la même chose à la fin et je me suis dit, putain, c'est super, quoi. Donc, voilà ce qui m'a mené à ce sport, bah, après, que ça soit devenu, après, finalement, l'outil qui m'a permis de perdre ce fameux poids mais finalement, après ce stade-là, ce qui m'a permis de découvrir plein d'endroits, de se dire, quand je vis à la Réunion, ah, je vais aller randonner à ce point de vue-là et puis je vais redescendre le trottinant, c'est assez rigolo, c'est assez joueur, ah, puis du coup, demain, je pourrais essayer d'aller faire ça. Ah, non, je ne peux pas parce que j'ai mal aux jambes donc voilà, des fois, c'est trappé à l'ordre et puis finalement, tu vas aller à ce point de vue-là et puis voilà, c'est de se faire plaisir quoi. donc voilà, maintenant, je le prends vraiment comme un outil alors de dépassement de soi évidemment parce que c'est toujours des beaux défis à se lancer et aussi un outil surtout et surtout de découverte quoi, de se dire qu'on peut, qu'importe les saisons, on peut aller à droite, à gauche, avoir son Everest à chacun et je trouve ça cool moi.
Loïc Est-ce que tu peux nous parler de ton Everest à toi que tu as rencontré pour le moment en trade ou ultra ? C'était quelle course et comment est-ce que tu nous en ferais le récit ?
Kévin En fait, moi, l'Everest, oui, l'Everest, c'est finalement, oui, effectivement une course, un aboutissement. Je dirais comme ça que mon premier Everest, enfin mon Everest à moi, c'était de pouvoir me dire ok, tu vas rassembler tes amis, tes amis d'enfance, ta famille, tes amis maintenant du coin où tu habites et que tous, en fait, on se réunisse autour d'un événement sportif donc qu'est le trail et qu'ils viennent te voir, qu'ils viennent te soutenir et là, je me suis dit le jour où tu auras tout ce flot autour de toi de tous ces gens et que tu feras une belle course qui te plaît assez longue, ça, finalement, c'est un peu un Everest quand on commence à se dire voilà, je vais entreprendre une course de tant d'heures qu'elles soient 15, 20, 25 heures et de se dire que tous tes amis vont te suivre pendant toute une nuit, toute ta famille va te suivre pendant toute une nuit, il y a une logistique qui s'opère autour de toi et là, je me suis dit en fait, on va tous y monter ensemble donc finalement, l'Everest, ce n'était pas solo, c'était à plusieurs d'aller au sommet de cette montagne et de se dire voilà, cette montagne, ça va être, par exemple, cette année, c'était la TDS et je me suis dit j'ai réussi à réunir mes potes, mes amis, la famille, tout le monde qui me suivait, une espèce d'alchimie qui s'est créée et c'était juste incroyable donc oui, alors l'Everest, ça pourrait être des courses, c'est sûr, mais aussi de réunir en fait, tout ce monde autour de soi et là, c'était vraiment génial donc oui, après, une course de cœur serait forcément la Diagonale des Fous qui appartient au Grand Red parce que j'ai commencé là-bas finalement, c'est là-bas que ce mode de vie s'est opéré et j'ai fait ayant fait la Mascareigne et le Bourbon qui sont des formats un peu plus courts que la Diagonale des Fous, ce serait vraiment cette course qui me fait le plus rêver, c'est sûr, mais après, déjà de me dire que sur des courses hyper longues, que ce soit un UTMB ou une TDS, j'ai réussi à rassembler toutes ces personnes et tous ces gens qui suivent avec des messages incroyables, des soutiens incroyables et je me dis c'est déjà un bel Everest qu'on a surmonté franchement et finalement, l'Everest, il y a un 5-8000 mais il y en a encore plein d'autres des 8000 et il y a des très belles montagnes en dessous de 8000 donc je me dis qu'il y a encore plein de choses à faire.
Loïc Excellent. Du coup, tu t'orientes plutôt sur des formats longs ou tu trouves aussi du plaisir sur des plus courts ?
Kévin Pour être transparent avec toi parce que je vois la carte de la franchise, tu sais, quand j'ai commencé la course à pied, le rando, le trail, ce qui était le plus médiatisé, ce qui était le plus bluffant, c'était la longue distance donc bêtement et peut-être aussi pour flatter mon ego ou un ego que je n'avais peut-être pas, je me suis tout de suite dit qu'il faut faire du long, il faut faire du long, il faut aller sur du long donc j'ai commencé par la mascarine qui était 65 km ou 70 km à l'époque à la Réunion avec 4000 m donc un format de 10 heures on va dire. Je ne me suis pas dit qu'il faut passer par du cours, par de l'apprentissage parce que et peut-être bêtement ce qui sera une erreur par la suite parce que je voulais flatter mon ego et parce que je me suis dit tout de suite on va voir que j'ai fait de la longue distance donc c'est super cool. donc j'ai entrepris ça j'ai tout de suite voulu aller chercher du format long, long, long pour à chaque fois flatter ce fameux ego et me dire ça va marcher, ça va marcher et voilà je fais du long quoi et finalement bon bah alors oui du coup maintenant je fais un peu de long ça c'est sûr mais je me rends compte que j'aurais bien voulu passer par la case court pour progresser encore plus rapidement sur du long finalement donc actuellement je fais du long mais là je vais bientôt entreprendre un changement pour redescendre un peu de distance et finalement me dire ok apprends déjà à bien gérer du cours parce que je me suis quand même beaucoup cassé les dents sur du très long avant de vouloir prétendre à être plutôt à mon niveau performant évidemment sur du long quoi donc oui alors la spécialité c'est du long notamment avec des épreuves comme la TDS que j'ai eu fait cette année ou même l'UTMB l'année passée mais finalement je me rends compte que je vais déjà m'épanouir à aller sur du plus court donc entre 70, 80 km 100 km que pour l'instant des 100 miles ou des courses qui certes sur le papier sont magnifiques mais pour le moment où je pense pas être encore bien armé pour me faire plaisir dessus donc voilà on va dire que qu'au départ comme tout le monde j'ai voulu faire du long mais peut-être que j'aurais dû faire du court et donc c'est pour ça que j'oriente maintenant un peu sur des courses courtes ou de la préparation même sur route là je vais essayer de faire un 10 km à plat de me lancer des nouveaux challenges pour rebondir plus tard sur du long
Loïc il me semblait je le suis pas de manière super assidue mais il me semble que c'est Hugo Ferrari qui expliquait qu'il s'était rendu compte que les meilleurs performeurs sur l'UTMB c'était des gens qui en fait étaient très rapides sur route et du coup il avait adapté sa prépa je crois que c'était pour l'édition là cette année 2024 pour faire pour faire plus de vitesse ouais donc je sais pas si t'avais vu passer ça aussi mais ça rejoint un peu ce que tu dis ouais
Kévin ouais ouais bah alors je connais un petit peu Hugo puis surtout un peu beaucoup vraiment mieux son frère Aubin mais oui oui complètement je pense que maintenant il faut savoir courir et courir notamment à plat et avoir des vraies qualités athlétiques pour faire des chronos démentiels évidemment donc du moins pour eux mais voilà c'est ça donc revenir à la case départ on va dire et réapprendre en fait à courir rapidement à plat pour avant de prétendre à être bon sur du long je pense que c'est vraiment fondamental donc voilà c'est un peu ce que j'en tire comme le sont car je me suis quand même pas mal cassé les dents et je fais encore pas mal d'erreurs sur du long quoi donc à un moment il faut savoir courir à plat et avoir une bonne gestion à mon sens avant de performer sur du long
Loïc bon tu fais pas mal d'erreur mais si je me trompe pas il me semble que t'as fini t'as fait un top 20 sur la TDS pour ta dernière participation donc voilà t'es quand même pas non plus enfin je veux dire t'es pas très très loin on va en parler d'ailleurs de ton statut mais t'es quand même déjà plutôt en termes de performance de chrono dans le très très haut du panier là
Kévin oui bah c'est sympa mais bon il y a quand même bien meilleur et après et après non voilà oui celle là ça s'est très bien passé pour le coup et comme je te disais avant c'est peut-être la première fois que sur du long que ça se passe aussi bien voilà franchement donc je vois que je commence à avoir certaines clés et la bonne direction mais il y a encore pas mal de chemin et vu le nombre d'années où je me suis un peu cassé les dents sur du long après il y a eu pas mal de facteurs aussi perso qui sont entrés en jeu mais quand même je pense que là ça s'est très bien passé c'était incroyable mais voilà on va dire que je pense qu'il vaut mieux se dire je redescends d'un cran au niveau distance j'apprends j'apprends j'apprends et on y reviendra ça va pas partir comme épreuve et voilà essayer de devenir une meilleure version de soi-même on va dire encore une fois on va dire c'est quoi du coup le meilleur cassage dedans que t'es vécu le plus beau cassage dedans je crois que c'était il y a deux ans à la TDS encore une fois et c'était la première que j'ai eu fait en 2022 du coup et là pour pas mal de raisons aussi notamment perso mais là ça s'est extrêmement mal passé alors en départ effectivement beaucoup trop rapide voilà peut-être se prendre aussi pour quelqu'un que j'étais pas et du coup trop en confiance sur sa première partie et une belle explosion et quelques petits soucis on va dire qui se sont accompagnés gastrique etc au kilomètre 50 et là en fait un mental un peu compliqué aussi et donc du coup j'ai rallié l'arrivée comme je pouvais mais ça a été vraiment un long chemin de croix franchement depuis Boursin-Maurice donc du kilomètre 50 au kilomètre 145 là c'était très très très très très très long voilà donc bon ça fait partie du jeu et finalement je suis content de l'avoir fini avec la tête et je voulais absolument la finir mais ça fut un gros apprentissage et là pour le coup je m'étais vraiment mis dans le mal donc c'était dur mais après j'en tire finalement une bonne expérience de me dire ok tu t'es quand même battu parce que le propre voilà le propre du sportif c'est quand même aller au bout de ses épreuves c'est quand même des épreuves où en fait tu sais pas l'objectif numéro un c'est quand même de finir je pense qu'importe le chrono visé parce qu'on sait pas ce qui peut se passer ça peut être terrible donc effectivement j'ai eu fini donc l'objectif était réussi mais alors non sans peine donc vraiment là c'était vraiment déliqué en fait
Loïc tu te raccroches à quoi quand t'es à ce point dans le mal
Kévin bon voilà c'était plutôt facile j'avais encore une fois toute ma bande d'amis qui étaient là à me suivre et pas mal de proches qui m'ont soutenu de près ou de loin donc sans eux c'est sûr que j'aurais pas vu le bout ça c'est sûr et donc du coup je me raccrochais à eux à aller voir à chaque fois à chaque étape et me dire bah on va se voir un petit peu sur le côté du chemin ça va être sympa et à me dire que voilà je vais essayer de rallier la maison parce que j'étais à Chamonix et je me suis dit bah on va pousser jusqu'au bout parce que bah ouais je fais quand même ce sport là avant tout pour me dépasser et surtout sans parler de la performance pour voilà pour voir du paysage pour avoir en fait pour vivre on vit une vie en fait dans un sport comme ça dans une course et je voulais vivre jusqu'au bout quoi donc je me suis dit on va se relier à l'arrivée quitte à le faire en marchant de toute façon j'étais encore dans les barrières donc on y va quoi et grâce à ça j'ai pu voir l'arrivée on va dire
Loïc au final donc ta pratique tu disais la réunion t'avais 21 ans c'était quelle année ?
Kévin c'était 2018 2018 la mascarine ouais
Loïc 2018 donc c'est c'est il y a 6 ans il y a quand même pas enfin il y a 6 ans c'est pas non plus tu vois plus d'une décennie pour autant t'as quand même enchaîné côté expérience tu dirais qu'aujourd'hui alors j'imagine qu'il y a énormément de choses que tu gères différemment de tes premières courses mais c'est quoi la patte s'il y en a une la patte Kevin qu'est-ce que tu fais de particulier en termes de préparation de gestion de l'effort pendant l'épreuve est-ce que t'as des choses que t'as mises en place qui sont vraiment propres à toi et que t'as pu faire grâce à toute l'expérience engrangée sur d'autres courses
Kévin alors bah j'aime beaucoup rire l'autodérision tout ça ça me fait vraiment rire mais après pour être transparent avec toi la patte Kevin qu'est-ce que ça pourrait être c'est-à-dire que en fait moi j'étais quelqu'un de complètement fou dans l'entraînement c'est que j'étais j'étais vraiment accro à ça avant et j'aurais pu je pouvais m'entraîner m'entraîner 20, 30, 35, 40 heures par semaine faire des UTMB en off ou dès qu'on me proposait une sortie j'y allais à j'y allais à corps perdu quoi donc finalement j'étais vraiment accro un peu à la discipline et du coup j'ai eu fait des semaines un peu voilà avec plus de 200 250 km ou même encore 15 000 20 000 mètres de dénivelé ça m'arrivait aussi une fois en une semaine donc j'étais là c'était un peu on va dire quand on parlait de moi c'était toujours bah ouais toujours partant c'est toujours dans l'excès quoi donc je faisais beaucoup beaucoup beaucoup et du coup mon niveau il stagnait beaucoup beaucoup parce que je progressais pas forcément parce que j'en faisais beaucoup trop donc on va dire que c'était un peu ça la réputation à l'époque et donc maintenant ça fait un an qu'avec un entraîneur j'ai réussi à me stabiliser à avoir un vrai plan à me canaliser à faire moins et j'ai vu finalement qu'il y a eu une petite inversion et que maintenant voilà mon niveau enfin réaugmente et parce qu'il y a plus de qualitatif parce que surtout il y a plus de repos et voilà les choses simples finalement mais j'ai voulu chanter un peu tout ça j'ai jamais voilà j'en faisais toujours trop on me disait bah faut faire ça mais j'en faisais encore trop et voilà donc depuis un an je suis enfin canalisé j'ai appris à à même à avoir une meilleure gestion de course à bien manger bien boire c'est vrai que je ne buvais quasiment jamais voilà en fait c'était tous ces petits ces petites choses d'avant finalement voilà des petites échymoses encore du régime de me dire bah faut pas trop manger faut pas trop boire enfin voilà j'étais un peu comme ça et du coup je les ai appliqués un peu au trail au départ donc c'était un peu ça la pâte en fait j'étais dans une très mauvaise gestion et voilà ça fait quand même depuis un an maintenant que je prends plutôt les choses maintenant au zen à la rigolade et que je me fais vraiment plaisir et que je vois que je reprends du niveau et que je m'amuse finalement quoi donc voilà c'était un peu ça la fameuse pâte et maintenant du coup ça va un peu mieux quand même parce que avant j'étais vraiment trop dans l'excès
Loïc ouais c'est intéressant ce point sur le repos qui finalement fait partie intégrante de l'entraînement des sportifs j'avais eu j'avais eu sur le podcast une ancienne lanceuse de javelot qui était partie au jeu à Rio et et qui m'expliquait que alors elle a arrêté le javelot depuis mais par contre elle faisait elle s'est mis au crossfit ok et qu'elle m'expliquait qu'en fait en faisant de mémoire c'était deux entraînements par semaine de deux fois une heure une heure et demie une heure et demie en fait elle était quasiment autant en forme que à la grande époque du javelot où elle s'entraînait à très haut niveau tu vois à fond et donc ça démontait un peu cette idée qu'il faut absolument faire du volume du volume du volume alors voilà ça c'est ce que me disait tu vois Mathilde mais elle s'appelle Mathilde Mathilde Andro il y en a qui va aller écouter l'épisode après tu as aussi des contre-exemples tu vois comme casquette verte où c'est délirant ce qu'il fait où il se fait un marathon par jour ouais c'est un stop mais il faudra quand même que je creuse le sujet mais je crois bien que scientifiquement il y a quand même plus de preuves qui montrent que c'est important pour la régénération musculaire de marquer des temps de pause que d'être que d'être tout le temps en entraînement en fait
Kévin ouais ouais ouais ouais je pense enfin ouais c'est vraiment ça par passion donc du coup je me rendais pas trop compte et ça m'intéressait pas trop le fait de se reposer et tout donc j'y allais à bloc quoi et ouais finalement en fait je pense qu'à un moment enfin du moins pour ma part on stagne et en fait on est tellement on fait de la fatigue sur fatigue sur fatigue et du coup en fait on progresse pas et on arrive un peu cramé comme on dit dans le milieu et du coup bah bon ça va pas trop quoi donc donc ouais je pense que enfin du moins pour ma part d'avoir un peu de repos et de me canaliser un petit peu c'est important parce que sinon ouais je pars en vrille quoi
Loïc et aujourd'hui du coup tu disais que t'as t'as laissé derrière toi ta carrière d'ingénieur après avoir fini ton école ton diplôme en poche donc aujourd'hui tu travailles dans le sport à Chamonix donc t'es la mec la mec du trail ouais la capitale la capitale même internationale du coup c'est une situation qui toi tu t'envisages professionnellement là je parle de rester dans une situation comme celle-là pour le moment ou tu as déjà d'autres projets soit de reconversion soit d'aller explorer d'autres pistes pro ah il faut que je fasse gaffe il faut pas que les patrons écoutent sinon je suis tué
Kévin ouais non non je décolle non non en vrai non non bah franchement voilà j'ai tenté ça il y a en mai 2021 voilà pour vraiment au départ faire une saison voilà dans dans le rayon trail on va dire classique et me dire bah je vais m'immerger un peu comme ça dans la communauté et puis on va voir un peu les tendances etc enfin c'était hyper intéressant et finalement j'ai pris un peu le virus ça m'a vraiment plu et de fil en aiguille bah pareil j'ai rempli pour une saison pour deux pour trois saisons j'ai vu la différence entre l'hiver l'été les comportements des clients vis-à-vis des saisons vis-à-vis des achats les tendances au niveau du marché et bah j'ai trouvé ça super intéressant et ils m'ont aussi fait confiance de plus en plus confiance avec de plus en plus à mon échelle de responsabilité et je me suis dit c'est super et je trouve que c'est un magasin donc c'est un magasin familial qui a 90 ans et je trouve que c'est une belle osmose dans le magasin on s'amuse vraiment on a pas mal de temps libre on a des belles libertés et ouais voilà je m'amuse au quotidien donc pour l'instant je suis très bien où je suis et j'y resterai après voilà on peut jamais dire parce qu'on peut jamais dire de quoi sera fait demain la preuve en est mais je me dis ouais pour l'instant je m'amuse tellement on a des super collègues j'ai des super conditions de travail personnellement pour aussi jongler avec ma passion et donc bah j'aime leur rendre l'appareil et non non c'est quand même moi c'est un plaisir d'aller au travail et de retrouver les collègues et puis de ouais de voir un peu aussi maintenant ce qui va se faire dans les futures années c'est hyper challengeant quelles vont être les nouveautés comment les marques vont entreprendre 2025 par exemple comment enfin c'est super c'est un cosme quand même et c'est intéressant de découvrir ça et puis aussi on a la partie hiver où là on va rentrer plus dans le voilà dans le chamonix d'hiver avec ces fameuses moon boots avec ces accessoires c'est et donc du coup ça tranche vraiment avec l'été bon alors évidemment c'est moins mon monde je prends sur moi mais c'est toujours drôle en fait et voilà on voit finalement c'est aussi un cosme aussi qui vit l'hiver voilà donc maintenant on a besoin aussi d'avoir un petit endroit très l'hiver et donc ça vit toute l'année et puis voilà voilà on va attendre février les beaux jours un peu de soleil et puis on va relancer le rayon et puis une nouvelle saison s'entreprend donc là on va dire que là oui pour l'instant je suis toujours à la boutique au magasin et dans un futur prof du moins j'y serai évidemment après voilà on ne sait jamais ce qui se produira demain mais oui oui par contre là moi j'y suis vraiment attaché c'est une enseigne à laquelle je suis vraiment attaché et pour l'instant j'y reste
Loïc donc tu n'es pas trop du genre moon boots lunettes Prada et veste Montclair l'hiver toi
Kévin ah pas trop non c'est des non non c'est pas trop mon truc mais après après il faut tout pour faire un monde et puis c'est toujours rigolo mais non non mais bon voilà c'est sympa je suis plus voilà il y a les gants encore donc ça ça va c'est assez technique mais bon non non on se marre bien et en vrai ça fait quand même du bien de débrancher un peu parce que déjà bosser dans du trail à Chamonix c'est quand même une sacrée niche c'est une sacrée bulle donc des fois de débrancher un peu avec ça et de se dire pendant 3-4 mois on va vendre autre chose on va faire autre chose c'est cool aussi franchement
Loïc excellent la TDS donc derrière toi avec une sacrée belle performance sur 2024 sur quoi est-ce que tu alors est-ce qu'il y a des courses que tu es déjà en train de préparer pour l'année prochaine alors tu disais là on attaque peut-être la off saison mais est-ce qu'il y en a que tu as en ligne de mire et est-ce qu'il y a des courses que tu n'as pas forcément prévu de faire en 2025 mais qui te font absolument rêver et que tu as quelque part sur une liste pour un jour
Kévin ouais bah tu sais maintenant les inscriptions de course etc c'est toujours longtemps en avance donc donc oui oui ça c'est c'est évidemment c'est déjà dans un coin de ma tête notamment pour 2025 ça va être comme je te disais une orientation sur des formats un peu plus courts donc des formats de course plutôt à la journée c'est-à-dire entre 70 et 100 km donc voilà il y en a pas mal qui sont ciblés j'ai même des courses en duo qui sont prévues le 1&1 qui est une épreuve très sympathique dans le sud de la France donc avec un super ami avec lequel je m'entraîne énormément Camille pour le citer et du coup voilà on a prévu le 1&1 début mai on va dire pour relancer un petit peu la saison mais déjà pour l'hiver ce sera plutôt comme je t'avais dit un peu retrouver de la vitesse enfin trouver de la vitesse en fait et faire un peu de plat de la route du truc sympathique et puis évidemment croiser un petit peu en ski de fond en ski de rando c'est vraiment des choses je pense qui sont nécessaires aussi de débrancher un peu du trail et de tenter d'autres aventures et d'autres sports donc ça c'est l'objectif vraiment de l'hiver de ranger un peu les baskets notamment les baskets de trail et d'orienter plus sur de la vitesse de la prépa physique et aussi des sports croisés tels que le ski de fond et le ski de rando voilà donc ça c'est l'objectif de l'hiver et à la sortie de cet hiver effectivement entreprendre pourquoi pas donc déjà début mai avec une course en binôme qui est un format de 60 km mais sur deux jours donc pour retrouver du plaisir retrouver le goût et puis surtout s'amuser avec les copains etc et ensuite effectivement repartir sur des formats on va dire plutôt jusqu'à 100 km donc avec ça sera très sûrement Verbier Verbier là extraversé qui sera début juillet qui sera mon premier objectif donc qui doit être à 75 km avec 5000 m de dénivelé je crois donc quelque chose qui se passe dans un magnifique valon en Suisse j'avais vécu pas loin donc ça avait vraiment du sens et je me dis ça va être magnifique ça va être splendide et puis finalement le deuxième gros objectif de la saison vraiment celui qui va vraiment me tenir à coeur ce sera dans un poil plus qu'un an parce que je compte retourner à la réunion d'ici fin octobre 2025 et repartir sur le fameux trail de Bourbon que j'ai fait une fois et que j'ai abandonné une fois donc là j'y retourne vraiment vraiment vraiment motivé et puis me faire vraiment plaisir de retrouver les sentiers sur lesquels j'ai commencé et me dire ça va être génial ça va être une belle aventure on y va avec tous les copains normalement avec ma copine et on va y aller tous ensemble et ça va être je pense grandiose donc moi d'octobre 25 on va être bien chargé mais ça va être vraiment cette course qui m'obsède et que j'ai en ligne de mire ce sera vraiment octobre 2025 donc ça va être une année riche une année de découverte une année de ouais j'espère confirmer aussi la forme que j'ai eue en fin d'année là et me dire ça va être trop bien on va s'amuser et finalement retrouver de la vitesse explorer d'autres caps pour essayer de faire au mieux et toujours évidemment se faire plaisir notamment sur du format un peu plus court évidemment mais ça va être sympa donc c'est ce qui est prévu pour 2025 après évidemment il y a toujours des inconnus sur quel objectif est-ce qu'il va y avoir des courses de prépa ça j'avoue que j'ai encore pas tout à fait réfléchi parce que je prends mon temps et là c'est vrai que pour moi l'automne c'est pas synonyme de course c'est synonyme de plaisir en montagne donc normalement il fait beau l'automne visiblement pas cette année mais on va faire avec et c'est vraiment du plaisir et du off qui est prévu pour l'automne et pour relancer la saison l'année prochaine de la plus belle des manières quoi voilà
Loïc excellent excellent et bien écoute c'est tout ce que je te souhaite en tout cas une fabuleuse prépa pour cette année 2025 qui s'annonce exceptionnelle et puis pourquoi pas se faire un épisode débrief sur le trail du Bourbon je crois que j'ai jamais eu d'invité on en a jamais vraiment parlé sur le podcast de celui-ci en particulier avec plaisir
Kévin ça sera l'occasion ouais c'est magnifique sur l'île intense c'est splendide là-bas franchement il faut y aller
Loïc yes génial merci merci beaucoup Kevin pour tout ce que tu as voulu partager avec nous sur le podcast est-ce qu'il y a une dernière chose que tu voudrais souligner une sorte de message de conclusion pour faire la synthèse de tout ce qu'on s'est dit
Kévin déjà merci à toi c'était très sympa comme échange très cool pas de message en particulier pas de choses je ne veux pas être vecteur de leçons ni rien mais c'est dans le sens où il faut je pense quand on entreprend quelque chose il faut le faire de manière entière c'est vraiment ce que je retiens en tout cas du parcours et de mon humble niveau évidemment mais voilà de faire les choses de manière entière de se faire plaisir parce qu'on n'a qu'une vie et surtout de se dire bah voilà ouais il faut profiter quoi et que ça se soigne à n'importe quel niveau qu'on me dit j'entends souvent quand on me dit ouais mais du coup toi tu vas forcément plus vite toi tu vas voilà ou moi je vais à mon niveau etc bah c'est pas grave finalement à la fin comme on en parlait aussi avec Jérémy on a fait le même parcours on fait le même parcours et on se fait autant plaisir et voilà c'est simple et efficace donc je pense qu'il ne faut pas se mettre forcément de limite et se dire que si on a envie de changement ou quoi il faut y aller quoi parce que bah c'est quelque chose de nouveau à tester et puis de se faire ouais que le plaisir doit être vecteur mais je pense qu'il faut aussi avoir la belle motivation intérieure et ça je pense que c'est vraiment quand on a la motivation intérieure finalement bah bah ça paraît toujours plus facile quoi de se dire ok bah je sais pourquoi je vais faire ça ou je sais pourquoi il faut faire ça quoi donc donc voilà ouais je dirais comme ça c'est qu'il faut pas forcément se mettre de limite qu'on est capable de changer du tout au tout et puis bon bah voilà allons-y et puis vamos quoi fabuleux
Loïc et bah écoute une fois de plus merci beaucoup Kevin bonne saison off du coup et puis je te dis très certainement à une prochaine pour un nouveau récit de Trail Ultra Trail
Kévin ouais dément ouais bah merci à toi c'était très cool et puis bah écoute avec plaisir pour débriefer de tout ça ou pour parler d'autres sujets ou pour je ne sais quoi ça sera avec plaisir d'échanger à nous
Loïc merci d'avoir écouté cet épisode avec Kevin jusqu'au bout pensez comme d'habitude à le partager à un maximum de personnes autour de vous et à faire tourner l'outil du bouche à oreille à fond pour le podcast en général c'est une excellente manière de remercier tous ces invités exceptionnels qui prennent le micro des frappés merci à toutes et à tous pour votre fidélité je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode ciao les frappés onsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsons Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501
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