Les Frappés Les Frappés
Saison 4 EP·184 Parcours de vie #Ironman #maladie #beach-volley

24 septembre 2024

Vaincre son cancer testiculaire 🍒 et s'offrir l'IronMan de Nice comme récompense, avec Louis Pilat

Durée · 1h24 · Transcription disponible

Louis

Le récit

Fin 2021, Louis Pilat a 32 ans, il est marié, papa d’un petit garçon, sportif, bref, tout allait jusque-là.

Mais à quelques jours de Noël, il remarque une excroissance bizarre dans son cou. Assez rapidement il passe des examens et le diagnostic tombe. Il a un stade avancé de cancer testiculaire.

Il débute alors un véritable parcours du combattant pendant 1 an, enchainant les chimiothérapies de plus en plus puissantes et les opérations chirurgicales lourdes.

Quand enfin il voit le bout du tunnel et qu’on lui annonce qu’il est en rémission, il se lance dans la préparation d’un défi sportif phénoménal qu’il avait imaginé pendant sa maladie : Devenir finisher de l’IronMan de Nice. Il se donne 1 an pour être prêt.

Un témoignage exceptionnel de résilience et d’espoir dans lequel on parle sans tabou de cette terrible maladie qu’est le cancer, de l’importance vitale du sport dans la vie et de la manière dont les histoires des autres peuvent nous aider à faire face à nos propres difficultés.

🔎 Vidéo sur l'autopalpation des testicules ici. Page de l'Institut National du Cancer sur le cancer du testicule ici.

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Transcription

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Louis Parcours thérapeutique, c'est un mois où tu es enfermé dans une chambre d'hôpital de 10 mètres carrés et où tu traverses des états, mais juste lamentables. Pour donner une idée, je ne me suis pas nourri pendant trois semaines, je n'ai pas bu d'eau pendant 15 jours. Vraiment, j'étais l'ombre de moi-même. Plus de système immunitaire, plus rien, incapable de me lever de mon lit, incapable même d'écouter un podcast.

Loïc Hello Hello, vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyages aux eaux longs cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Fin 2021, Louis a 32 ans. Il est marié, papa d'un petit garçon sportif. Bref, tout allait bien jusque là. Mais à quelques jours de Noël, il remarque une excroissance au niveau du cou. Assez rapidement, il passe des examens et le diagnostic tombe. Il a un stade avancé de cancer testiculaire. Il débute alors un véritable parcours du combattant pendant un an, enchaînant les chimiothérapies de plus en plus puissantes et les opérations chirurgicales lourdes. Quand enfin il voit le bout du tunnel et qu'on lui annonce qu'il est en rémission, il se lance dans la préparation d'un défi sportif phénoménal qu'il avait imaginé pendant sa maladie. Devenir finisher de l'Ironman de Nice. Il se donne un an pour être prêt. Un témoignage exceptionnel de résilience et d'espoir dans lequel on parle sans tabou de cette terrible maladie qu'est le cancer, de l'importance vitale du sport et de la manière dont les histoires des autres peuvent nous aider à faire face à nos propres difficultés. Excellente écoute à vous. Ok, on est bon. C'est parti cette fois-ci. J'ai cliqué sur le bouton enregistrer, ce qui est quand même pratique pour un podcast à distance. Donc Louis, je suis ravi de te recevoir sur le podcast. Un immense merci à Céline pour la mise en relation. Céline Collette que j'avais reçue sur le podcast, ancienne Google, Amazon, qui a tout quitté pour se lancer dans le pitch volet professionnel. Donc allez écouter son épisode. Le lien est en description. Mais voilà, merci beaucoup Céline pour cette mise en relation. Et Louis, absolument ravi de te recevoir pour que tu nous partages ton parcours, ce qui t'est arrivé dans la vie et la manière dont tu as rebondi et ce que tu fais aujourd'hui.

Louis Salut Loïc. Bonjour à tous. Merci de me recevoir. Et merci à Céline de nous avoir mis en relation. Donc Céline, c'est une amie d'enfance qui a un parcours incroyable. Et je vous invite tous à écouter le podcast qui raconte un peu son histoire. C'est vraiment canon. Et merci de me donner cette opportunité de partager un peu ce qui m'est arrivé. et voilà, parce que j'ai une volonté aujourd'hui, c'est d'essayer d'inspirer ceux qui sont un peu dans le dur en ce moment, et même les autres. Donc voilà, j'espère que ce podcast va permettre d'en inspirer quelques-uns et va donner de la force à ceux qui souffrent en ce moment. Excellent.

Loïc Eh bien, écoute Louis, ce que je te propose, c'est de tout de suite rentrer dans le vif du sujet. De quel événement est-ce qu'on parle exactement ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Et comment est-ce que ça a changé ta vie ?

Louis Eh bien, écoute, donc je m'appelle Louis, j'ai 35 ans aujourd'hui. Jusqu'à mes 32 ans, j'ai eu une vie plutôt heureuse et qu'on pourrait qualifier de banale, dans le sens positif des choses. Et en fait, à fin 2022, j'ai découvert un cancer testiculaire à un stade plutôt avancé, parce qu'en fait, j'ai des métastases un peu partout dans le corps. Et la manière dont je l'ai découvert, c'est que j'ai une espèce de manque qui m'est poussé dans le cou. Et qui était en fait un ganglion métastasé. Et cette découverte, donc qui était trois jours avant Noël 2022, ça a été le point de départ d'un parcours du combattant qui a duré un peu plus d'un an. Parcours durant lequel j'ai fait de la chimio à moyenne dose, à très haute dose. Après, j'ai passé plus de 30 heures sur le bloc opératoire. Donc, une année très compliquée avec beaucoup de moments de doute. Et voilà, j'en suis sorti plutôt en très bon état par rapport à ce qui m'était promis. Et donc, j'ai décidé ensuite de faire un truc un peu incroyable et d'emmener une bande de copains dans le projet. C'est de courir l'Ironman de Nice 2024. Ce que j'ai fait là le 16 juin. Et c'était vraiment une super aventure. Donc, je suis vraiment ravi de vous la raconter. J'espère que ça va donner de l'inspiration à ceux qui en ont besoin.

Loïc Excellent, excellent. Donc, fin 2022, tu dis, ce qui te met la puce à l'oreille, c'est ce ganglion au niveau du cou. Concrètement, il se présente comment ? Tu comprends tout de suite que c'est quelque chose d'anormal ou tu te dis, je ne sais pas, une piqûre d'araignée ou une petite infection, un truc sous-cutané ?

Louis En fait, j'étais au boulot. Donc, on est trois jours avant Noël, un peu fatigué. Et je crois que je me pointe aux toilettes en fin d'après-midi. Et là, en me lavant les mains, je me regarde dans le miroir. Et là, je vois un truc dans le cou. Je fais, waouh, qu'est-ce que c'est que ce truc ? Et puis, à l'époque, je ne sais pas si tu te rappelles, on était encore un peu dans la période Covid. Et première réaction, je me suis dit, ah, mais ça, c'est un truc, un signe du Covid. On n'a pas encore parlé, j'ai un Covid bien frappé, c'est pour ça que je suis fatigué et tout. Bon, je vais sur Internet, je regarde. Comme d'habitude, quand on va sur Internet dans ce genre de situation, on apprend qu'on va mourir trois jours après. C'est de me calmer. Je rentre à la maison et en fait, j'ai la chance dans ma famille d'avoir des gens qui travaillent dans le corps médical. Et donc, je les appelle et puis je leur partage un peu la situation. Et assez rapidement, en fait, on m'a envoyé d'abord faire une échographie, une prise de sang. Et puis, j'ai très rapidement compris avec le radiologue que ce n'était pas un truc bénin. Parce qu'en fait, dès l'échographie le matin, il m'a convoqué pour un scanner l'après-midi et il m'a fait poireauter pendant deux heures dans la salle d'attente après le scanner pour m'annoncer enfin que la situation était un peu compliquée et qu'il fallait que je sois pris en charge très rapidement. Et donc, j'ai découvert le cancer testiculaire comme ça. Sachant que j'en profite, c'est ma petite minute sensibilisation et on va bien le faire après. Le cancer testiculaire, en fait, c'est le cancer le plus courant chez les hommes entre 15 et 35 ans. Et en même temps, c'est le cancer le plus facile à guérir. Parce qu'en fait, quand il est détecté suffisamment tôt, et ça, c'est plutôt une règle générale pour tous les cancers, mais là, en l'occurrence, pour le cancer testiculaire, c'est très facile, par un autodiagnostic des testicules. Premier, on ne reparlera pas trop de testicules pendant le podcast, mais tous les hommes entre 15 et 35 ans, je vous invite à regarder sur Internet des tutos pour apprendre à vous autopalper. Et faites-le une fois par mois, ça vous rendra bien des services et ça vous évitera de vivre ce que j'ai vécu. Et donc, moi, je n'ai pas fait ça. Et donc, ce cancer testiculaire, en fait, il s'avérait qu'il était complètement métastasé. Donc, j'avais des métastases partout dans le ventre, entre les poumons et puis jusque dans le cou. Et donc, voilà, point de départ de cette année un peu galère.

Loïc Waouh ! Ce qui est dingue, c'est que, parce que tu viens de partager que c'est le cancer le plus courant chez les hommes de 15 à 35 ans. Et moi, personnellement, avant que Céline me parle de toi, je n'ai pas souvenir d'en avoir déjà entendu parler ailleurs. Donc, en termes de sensibilisation, il y a effectivement peut-être du taf à faire là.

Louis Oui, carrément. En fait, c'est le cancer le plus courant pour les hommes entre 15 et 35 ans. Mais si tu compares, par exemple, le cancer du sein. Le cancer du sein, je crois que tu as entre 40 000 et 50 000 cas par an. Le cancer testiculaire, c'est moins de 5 000 cas par an. Donc, en fait, on n'est pas du tout sur la même ampleur de malades. Et donc, c'est ce qui m'avait étonné aussi, en fait, parce que le médecin généraliste, ou la prévention de manière générale, il n'y en a pas vraiment autour de ce cancer. Et en fait, c'est parce qu'il n'y a pas de budget alloué sur un cancer qui est finalement assez rare quand tu le compares à d'autres cancers qu'on peut rencontrer.

Loïc Ok, donc, trois jours avant Noël, tu remarques, toi, qu'il y a quelque chose d'anormal. Assez rapidement, tu as le diagnostic qui tombe. À ce moment-là, il se passe quoi dans ta tête ? Et surtout, c'était quoi ta situation de vie de manière générale quand tout ça est arrivé ?

Louis Alors, à l'époque, oui, c'est vrai. Donc, moi, j'étais marié avec Laura, ma femme, qui était incroyable. Elle pourrait faire un podcast aussi sur son rôle d'apprentissage. Parce que franchement, c'est une sacrée charge. Elle a été incroyable pendant toute l'année. Et on avait un petit garçon qui était né en 2021. Donc, il y avait neuf mois, en fait, quand je suis tombé malade. Wow ! Donc, plutôt une situation, entre guillemets, normale, avec un boulot qui me plaisait. Enfin, tout allait bien. Et c'est vrai que quand tu es percuté par l'annonce d'un cancer, tu as 32, 33 ans. En fait, à cet âge-là, on se sent tous un peu invincibles. Et puis, le cancer, on se dit que c'est un truc plutôt pour les vieux, entre guillemets. Et en fait, pas du tout. Donc, c'est un peu la chute dans le vide. Parce que derrière le mot cancer, il y a tout un imaginaire qui s'active dans ta tête quand on pose le mot cancer sur ta pathologie. Et donc, ouais, du stress, inquiétude. Tu commences déjà à te poser plein de questions sur... Ah merde, ça veut dire que je vais partir ? Qu'est-ce que j'ai fait de ma vie ? Enfin, c'est assez impressionnant, en fait, la prise de recul que ça provoque en un éclair, en fait. Tout... Enfin, tu es vraiment projeté à un niveau, finalement, que je n'avais jamais exploré auparavant. Parce qu'en fait, j'avais une vie plutôt heureuse et tout se passait bien. Et voilà, je vivais ma vie tranquillement. Et donc, c'est vrai que quand ce genre de choses t'arrives, ouais, t'as un arrêt sur image qui te fait regarder toute ta vie depuis le début jusqu'à maintenant et qui te projette sur les prochaines semaines, prochains mois qui potentiellement te restent à vivre. Et c'est vrai que c'est un côté impressionnant.

Loïc Et alors, t'as évoqué très rapidement Laura, mais ton entourage, tes proches de manière générale, tes amis, ça a été quoi leur réaction ?

Louis Un choc parce qu'effectivement, on est dans la bande de copains premiers à avoir un cancer. Effectivement, on était tous à s'imaginer que le cancer, c'était plutôt un truc qui nous arriverait dans 15, 20, 30 ans, et pas à 30 ans.

Loïc Ou à voir jamais, quoi, même idéalement. Ou même jamais.

Louis Mais en fait, on connaît tous dans notre entourage quelqu'un qui a été touché par le cancer. Et généralement, c'est quand même plutôt des personnes un peu plus âgées, même s'il y a des cancers qui touchent les enfants, etc. Et donc, plutôt le choc, beaucoup d'émotions. Et en même temps, ils ont joué un rôle hyper important parce qu'ils ont soutenu ma femme. Toutes les semaines, on a des potes qui nous faisaient les courses quand j'étais malade. On a même eu des plats préparés qu'ils venaient nous déposer dans leur petite boîte et qu'ils récupéraient à la fin de la semaine. Vraiment une solidarité incroyable qui s'est construite autour de nous. Et donc, ça, c'était vraiment chouette. Et on a eu beaucoup de chance, en fait, d'avoir un entourage hyper impliqué, que ce soit les amis ou même la famille. Et ça, c'est vrai que ça a été un gros plus dans le combat contre la maladie.

Loïc Est-ce que tu as eu le sentiment que des regards changeaient ? Tu vois, t'évoquais tout cet imaginaire qui se met en place tout de suite. Tu vois, on pose le mot cancer. Immédiatement, ton cerveau se met en route. Tu dis, eh bien voilà, peut-être que je vais partir. Et le fait que ça t'a fait changer de perspective très rapidement. Est-ce que tu as eu le sentiment que ça a été la même chose du côté de tes proches ? Et je te demande, parce que je te dis pourquoi je te pose toutes ces questions, parce que j'ai une amie, une très bonne amie avec qui j'étais en prépa, qui a eu un cancer, enfin, qui a eu un cancer qui a été identifié. Alors, elle était déjà à stade 4. Et un truc foudroyant. Elle a eu des premiers symptômes en décembre et en juillet, elle était partie. Et moi, c'était la première fois que ça m'arrivait dans mon entourage. Et je me suis posé beaucoup de questions, tu vois, sur en fait, c'est quoi la meilleure manière de l'accompagner ? Est-ce qu'il faut faire comme si de rien n'était ? Continuer, tu vois, à lui proposer des activités, faire comme si finalement, il y allait avoir une solution. Alors que bon, un cancer stade 4, comme le sien, qui était apparemment un truc hyper rare, sans trop de chimio adapté, etc., c'était compliqué. Et c'était un peu son approche, tu vois. On a fait, voilà, on se voyait assez souvent. Elle a fait plein de choses jusqu'à la fin. Ou est-ce qu'au contraire, enfin, voilà, je me pose cette question parce que moi, je n'ai pas trop su, je n'ai pas eu l'impression de trouver un peu la clé sur ce qu'il fallait faire, parce que je ne sais pas s'il y a un truc qu'il faut faire en particulier, mais ça m'a mis un peu, j'étais un peu démuni, quoi. Je me disais, est-ce qu'on en parle, est-ce qu'on n'en parle pas, qu'est-ce qu'il faut faire, en fait ?

Louis Tu vois, c'est une excellente question. En fait, moi, je trouve qu'il y a autant de manières d'appréhender son cancer qu'il n'y a de personnes touchées par le cancer. Et donc, il n'y a pas vraiment de réponse universelle. Et donc, moi, me concernant, j'aimais bien qu'on considère encore comme le grand gaillard d'un mètre 91, 90 kg qui était capable d'aller se faire une sortie à vélo malgré la chimio, malgré la fatigue, etc. Et en même temps, j'avais besoin qu'on prenne en considération le fait que je sois malade et que ce n'était pas forcément facile à affronter tous les jours. Et donc, j'avais besoin de soutien. Donc, c'est un équilibre, à mon avis, qui est propre à chacun. Je pense qu'il y a certains patients qui mettent le curseur plutôt à fond du côté du soutien et donc qui ont besoin vraiment de personnes qui soient dans une empathie et une compréhension de ce qu'ils sont en train de vivre à chaque instant de partage avec eux. Et puis, il y en a d'autres, au contraire, qui vont vouloir complètement faire abstraction de leur maladie et faire comme si de rien n'était et qui vont plutôt être contrariés, qu'on les mette en face, en fait, de leur situation. Donc, je pense que c'est un peu... Et tu vois, ce que tu disais, ce que tu ressentais, même moi qui ai traversé le cancer, je trouve qu'aujourd'hui, j'ai encore du mal, tu vois, à me positionner par rapport à une personne qui est atteinte par le cancer et à bien doser, finalement, mon empathie d'une certaine façon vis-à-vis de... Donc, c'est vraiment une question qui n'est pas facile. Ce qui est sûr, c'est que... Et ça, je pense que c'est universel. Montrer des marques d'attention, etc., ça, ça fait toujours plaisir. Le pire, finalement, c'est de disparaître. Et c'est... Bon, il y a certaines personnes qui sont très mal à l'aise par rapport à la maladie. Et donc, bon, elles disparaissent un peu dans ces moments-là. Et c'est vrai que ça, c'est un peu dur parce que... Voilà, tu as besoin de te sentir vivant ou tu as besoin de te sentir soutenu. Et c'est vrai que quand... Quand les personnes disparaissent, c'est un peu plus compliqué.

Loïc T'évoquais... T'évoquais un peu plus tôt l'Ironman. À quel moment... Ça a été quoi, la démarche intellectuelle ? À quel moment est-ce que tu t'es dit j'ai besoin d'un défi, j'ai besoin d'inspiration et je vais monter quelque chose ?

Louis Excellente question. Effectivement, c'est vraiment la genèse de tout le projet. Donc, en fait, je vais revenir plus en détail sur le parcours thérapeutique pour partager un peu qu'est-ce qui s'est passé dans ma tête. En fait, j'ai commencé par ce qu'on appelle les chimio-bep qui est un peu le parcours générique pour les cancers des testicules et qui, heureusement, guérit 99% des patients qui sont atteints du cancer des testiculaires. Et donc, en fait, c'est trois mois de chimio répartis où tu as une semaine à l'hôpital après des chimio une fois par semaine et puis tu reviens le mois suivant pour une semaine, etc. Donc, tu fais trois ou quatre cycles comme ça. Et en fait, moi, très rapidement, les médecins m'ont fait comprendre que chez moi, ça ne marchait pas. Donc, ça, c'était plutôt une mauvaise nouvelle. Et donc, à ce moment-là, j'étais à Lille parce que je suis originaire du Nord. Et donc, j'étais soigné à Lille à l'hôpital Oscar Lambret qui est vraiment super. Mais en fait, ils n'ont pas la capacité de soigner des patients dans des cas comme le mien. Et donc, très rapidement, en fait, ils m'ont redirigé vers un hôpital à Paris qui s'appelle l'hôpital Tenon où, en fait, il y a un professeur, le professeur Lotz, qui est spécialisé sur les cancers testiculaires et les cancers des ovaires et qui a un service, en fait, de chambre stérile. Et donc là, le principe, en fait, c'est d'envoyer la chignot la plus forte possible que le corps puisse accepter pour espérer se débarrasser, en fait, des cellules cancéreuses et des ganglions métastasés. Et là, quand tu arrives à l'hôpital Tenon dans le service stérile, tu arrives à un stade plutôt critique, en fait, dans la maladie parce que je ne connais pas les taux de réussite de ce traitement, mais c'est des gens qui sont déjà dans une situation très compliquée. Et donc, en fait, moi, quand on m'a annoncé que j'allais devoir partir à Paris et donc que je sortais de cette statistique de 99% des patients à la période du cancer testiculaire qui guérissaient au bout de 3 ou 4 mois de chignot, je me suis dit il faut que je trouve un truc auquel m'en raccrocher, il faut que je trouve de l'inspiration et donc, parce qu'il faut se rendre compte, à Tenon, en fait, le parcours thérapeutique, c'est un mois, en fait, où tu es enfermé dans une chambre d'hôpital de 10 mètres carrés et où tu traverses des états, mais juste lamentables. lamentables, pour donner une idée, je ne me suis pas nourri pendant 3 semaines, je n'ai pas bu d'eau pendant 15 jours, j'étais l'ombre de moi-même, plus de système immunitaire, plus rien, incapable de me lever de mon lit, incapable même d'écouter un podcast, tu vois, je m'étais dit, bon, on va essayer d'occuper le temps en écoutant des podcasts, en lisant des livres, etc., impossible, impossible, dans une forme tellement dégradée qu'en fait, tu ne peux vraiment rien faire et puis en plus, avec des risques de séquelles derrière très importants et donc, en fait, tu pars là-dedans, tu dis, bon, ok, c'est pour guérir mais le prix à payer n'est quand même pas neutre donc, il faut quand même aller trouver une énergie pour garder cette flamme allumée, cette flamme de combattants et donc, ce que j'ai demandé en fait, en arrivant à Paris, c'est, de me mettre en relation avec des anciens patients qui s'en étaient sortis, etc. Et en fait, ça m'a, ça a plutôt eu un effet contre-productif parce qu'en fait, j'ai échangé avec des patients qui effectivement étaient sortis de la maladie depuis quelques années mais qui finalement étaient quand même très atteints physiquement ou psychologiquement et donc, la projection que je m'en faisais en fait, était vraiment négative et donc, ça ne m'a pas vraiment mis en énergie et donc, je me suis dit, bon, ce n'est pas possible, il doit y avoir des parcours et des expériences de personnes qui s'en sortent beaucoup mieux que ça et qui ont fait des trucs incroyables et donc, je suis allé basiquement sur Internet et j'ai tapé sur Google. J'ai d'abord cherché des gens qui avaient eu des cancers et testicules et j'ai trouvé des histoires mais juste incroyables. Il y en avait un en Anglais qui s'appelle James Golding, je vous invite à aller taper son nom sur Google. Donc, il a eu un cancer testiculaire à un stade à peu près aussi avancé que le mien et en fait, en sortant de son cancer testiculaire, il s'est dit je vais me mettre au vélo, je vais faire du vélo puis il a commencé à faire de l'ultra à vélo. Il s'est dit je vais gagner la course qui traverse les Etats-Unis. La race across America. Ouais, exactement. Il l'a fait une première fois, il s'est fait renverser par un camion, il est tombé dans le coma, il a fait je ne sais plus combien de mois d'hôpital, etc. Donc, une grosse galère et en ressortant de cet épisode, il s'est remis sur la selle et il s'est dit je vais quand même la gagner cette course et il a fini par la gagner. histoire incroyable donc là, je me dis c'est possible, c'est possible et des histoires comme ça, il y en a plein. il y a tu as reçu Axel Alétru, alors c'est un peu c'est une histoire un peu différente mais tellement inspirant et donc en fait je me suis appuyé sur des témoignages comme ça et je me suis dit je veux faire pareil, je veux faire pareil et de toute façon je vais guérir, ce n'est pas une option et puis quand je serai guéri je vais réussir à faire des trucs que jamais je n'ai fait avant de tomber malade et donc c'est à ce moment-là donc on est en en juillet 2022 je disais décembre 2022 mais c'était décembre 2021 pardon et donc on est en juillet 2022 et là j'ai un copain qui vient me voir dans ma chambre stérile à ce moment-là j'étais à peu près bien et je lui dis écoute moi je veux faire un truc incroyable en sortant puisque je vais sortir de toute façon et je veux faire un Ironman j'avais fait un peu de triathlon avant j'en ai fait quelques-uns des M des L j'avais fait pas mal d'athlés quand j'étais jeune je faisais un peu de vélo depuis quelques années voilà mais jamais de course comme un Ironman et donc je lui ai dit écoute je veux faire un Ironman et je le ferai dans les 5 ans donc il me dit ok alors je ne sais pas s'il me dit ok je veux bien le faire avec toi par compassion en imaginant qu'il ne le ferait pas mais en tout cas il dit ok partant je le fais avec toi et du coup j'ai réitéré ça avec pas mal de potes et finalement j'ai réussi à mobiliser 15 potes autour du projet et à ce moment là ils ont tous dit mais encore une fois je ne sais pas ce qu'ils imaginaient en 2022 peut-être que c'était un peu trop abstrait pour qu'ils puissent se projeter très concrètement dans ce que ça voulait dire mais en tout cas j'ai réussi à mobiliser 15 copains qui m'ont dit oui oui ok on fera l'Ironman avec toi avec grand plaisir dès que tu sortiras de l'hôpital on se met ce projet en tête et donc ça a commencé comme ça en fait

Loïc excellent juste je voudrais revenir sur un point du parcours thérapeutique donc est-ce que tu peux peut-être nous faire un rappel tu vois chimio c'est un terme que je pense à peu près tout le monde a entendu mais je ne sais pas si la notion si les gens voient bien ce à quoi ça correspond donc peut-être un rappel en gros c'est quoi le principe d'une chimio et l'intérêt des chambres stériles pourquoi est-ce qu'on t'a mis en chambre stérile à un moment donné

Louis alors en fait le principe de la chimio c'est qu'on t'injecte un produit médicamenteux dans les veines qui va détruire les cellules cancéreuses mais qui par la même occasion en fait t'affaiblit quand même plutôt pas mal et donc t'as des des chimios très différentes selon le type de cancer selon le stade d'avancement du cancer tu parlais du stade 4 de ton ami donc là c'est un stade très avancé c'est le stade le plus avancé en fait dans les cancers et donc selon le degré d'avancement et le niveau du cancer et le type de cancer il y a des chimios différentes qui produisent des effets différents donc on connait tous comme effet la perte de cheveux que j'ai eu la chance d'expérimenter assez vite en fait et d'ailleurs tu parlais tout à l'heure du regard en fait de l'entourage quand t'es malade ça change énormément quand tu commences à avoir des signes physiques évidents de la maladie et donc c'est vrai que la perte de cheveux c'est un truc c'est un truc qui change les regards ça c'est ça c'est évident et donc en fait la chimio voilà c'est des injections qui te qui sont faites à intervalles réguliers soit t'as des cures ou tu restes une semaine soit tu viens une journée comme ça et donc c'est c'est assez dur parce qu'en fait ça te met dans des états de fatigue derrière qui sont juste indescriptibles j'ai vraiment traversé des des périodes de fatigue que j'avais jamais connues jusque là dans ma vie et donc la chambre stérile dont je parlais tout à l'heure c'est quand t'as un niveau de chimio qui est tellement intense et donc c'est vraiment des doses que le maximum que le corps puisse accepter en fait au delà en fait ça détruit les reins ça détruit des organes vitaux et donc ils dosent la chimio à son maximum et ils t'injectent ça dans les veines et en fait la conséquence c'est que ça détruit complètement ton système immunitaire et donc en fait pourquoi on te met en chambre stérile c'est que tu chopes un rhume ou un virus j'en sais rien en fait ça peut te mettre à terre littéralement et donc on est obligé de t'enfermer pendant un mois dans une chambre où t'as droit à les 5 visiteurs sur le mois enfin qu'il y ait 5 personnes différentes qui peuvent venir tous les jours mais qui débarquent habillées en cosmodote dans ta chambre c'est assez strict et tout ça c'est parce qu'en fait ton système immunitaire est complètement à plat et donc moi en chambre stérile ils m'ont fait des injections de moelle osseuse donc greffe de moelle osseuse pour justement me rebooster mon système immunitaire et donc j'ai fait ça deux fois donc j'ai eu la chance en fait c'était de l'autogreffe donc en fait c'était ma ma propre moelle osseuse avant de commencer cette intensification en chambre stérile en fait j'ai eu un prélèvement de moelle osseuse et cette moelle osseuse ils l'ont réinjectée en fait durant les cures d'accord de chambre stérile

Loïc donc c'était ça les 30 heures de bloc opératoire ou rien à voir

Louis non non non ça c'est la suite du menu effectivement on peut continuer sur cette année parce que là on est pour te donner une idée la chambre stérile c'est sur l'été donc c'était j'ai commencé en juin et j'ai terminé début septembre du coup durant l'été 2022 j'ai vécu ces cures alors c'était particulier parce que déjà l'été 2022 il a fait très très beau et puis tu regardes un peu ce qui se passe sur Instagram ce que font les gens etc et donc être enfermé dans une chambre d'hôpital en plein mois de juillet en plein mois d'août c'est assez dur et j'avoue que maintenant j'ai la chance de croquer à la vie de manière enfin normalement je pense à tous ces malades qui sont enfermés à l'hôpital l'été c'est vrai que c'est hyper dur et en fait à l'issue de cette cure en chambre stérile en théorie en théorie tu es guéri en fait les cellules cancéreuses ont été complètement anéanties par cette chimie haute dose et généralement tu as une ou deux petites opérations derrière pour t'enlever les résidus de cellules cancéreuses c'est souvent de la nécrose quand les cellules cancéreuses sont mortes donc tu as une ou deux opérations pour t'enlever ça et en fait moi je sors début septembre de l'hôpital à Paris c'est bon j'ai réussi à passer cette épreuve maintenant on va enfin avoir des bonnes nouvelles et en fait premier Tepscan donc Tepscan c'est un scanner spécifique pour les cancers où en fait ils t'injectent un produit qui met en évidence les cellules cancéreuses où je m'attendais moi à avoir plutôt une bonne nouvelle finalement on me dit que le cancer est toujours là et toujours bien actif et donc la seule option qui s'offre à moi finalement c'est le traitement par chirurgie et donc en enlevant en fait toutes les cellules cancéreuses directement partout où elles se situent et donc en fait je sors de chambre stérile début septembre et j'ai une première opération au niveau du ventre autour du 20 septembre donc la première opération plus de 10 heures de bloc où ils me sortent tout l'intérieur de mon ventre d'une certaine façon et ils vont gratter derrière et ils vont enlever toutes les cellules cancéreuses et ils ont enlevé quasiment 2 kilos de masse cancéreuse pourquoi mais non un truc incroyable et alors c'est assez marrant parce que j'avais une forme de cancer des testicules qui provoque en fait des développements de cellules anarchiques ce qu'on appelle du thératome et donc en fait ils ont découvert des dents des muscles des tendons dans la masse en fait au niveau des cellules cancéreuses dans le ventre donc un truc assez incroyable attends

Loïc des dents des dents dans le ventre

Louis en fait il faut comprendre que le cancer du testicule c'est un cancer qui est sur les cellules reproductives en fait et donc ces cellules reproductives qui vrillent complètement et donc derrière ça provoque ça provoque des créations d'autres cellules et de manière complètement anarchique et donc l'oncologue qui me suit à Paris il me dit qui sont déjà découverts un oeil dans le dans le ventre d'une patiente donc tu peux découvrir des trucs incroyables moi j'avais pas d'oeil mais j'avais des dents et des bouts de muscles du tendon etc un truc hallucinant

Loïc hallucinant

Louis donc du coup première étape chirurgicale et donc bon là c'était plutôt c'était la première bonne nouvelle en fait de l'année parce que c'était une opération à risque et donc comme avant chaque opération le chirurgien t'annonce qu'il y a des risques opératoires etc sauf que là t'as trois pages de risques opératoires et il y avait un des risques qui était assez important c'était en fait la masse cancéreuse jusque là il l'avait vue uniquement par scanner et en fait quand tu ouvres le ventre tu vois l'ampleur des choses de manière beaucoup plus précise et donc il y avait une possibilité en fait qu'ils ouvrent le ventre et puis finalement ils le referment directement parce que ils auraient pu juger que c'était trop compliqué finalement de nettoyer en fait l'ensemble des cellules cancéreuses que j'avais à l'intérieur du ventre donc heureusement pour moi ça s'est plutôt bien passé et puis j'ai eu vraiment aucune séquelle de ce qu'il m'avait promis parce qu'il m'avait dit on va devoir vous enlever un rein on va devoir vous mettre une prothèse d'artère des trucs assez incroyables et en fait j'ai eu la chance d'avoir une équipe de chirurgiens vraiment hyper compétents et ils ont fait un travail d'orfèvre et j'ai quelques séquelles mais rien de rien de dramatique par rapport à ce qu'il m'avait promis à ce moment là donc on arrive là première bonne nouvelle l'opération a réussi bon c'était la première étape parce qu'en fait il me restait tout un amas de cellules cancéreuses entre les poumons et donc en fait il y avait une deuxième étape où il fallait m'opérer au niveau du thorax et donc bon moi je pars sur cette deuxième opération plutôt confiant en me disant bon la première a priori elle était très compliquée la deuxième on n'en a pas trop parlé donc c'est que ça doit être simple bon j'arrive au rendez-vous pré-opératoire le chirurgien me dit bon cette opération c'est vraiment la plus compliquée celle où il y a plus de risques avec potentiellement on va devoir vous enlever un bout du poumon etc etc donc vraiment des perspectives pas hyper chouettes et donc on part sur cette opération et ça se passe moins bien que la première parce qu'ils avaient prévu 6 heures de bloc et en fait ça a duré 11 heures mais ils ont quand même fait un super travail parce que j'ai j'ai mes deux poumons en très bon état j'ai alors j'avais une paralysie du diaphragme mais on en reparlera peut-être après des miracles du sport mais cette paralysie je ne l'ai plus aujourd'hui alors que ce n'était pas du tout prévu j'avais ils m'ont enlevé un air moteur pour un muscle de l'épaule donc j'étais censé ne plus pouvoir lever mon bras au dessus du niveau de l'épaule et bien en fait aucun problème pour nager le crawl dans le triathlon donc aucune séquelle donc j'ai eu une petite dose de chance beaucoup de talent des équipes et donc ça c'est voilà le parcours thérapeutique s'est terminé sur cette opération là et donc c'est deux opérations qui venaient s'ajouter à d'autres opérations qu'il y avait eu avant d'ablation du testicule de prélèvements divers et variés pour qualifier le niveau des cellules cancéreuses que j'avais dans le corps et donc voilà et donc là on arrive en fin d'année fin d'année 2022 et enfin on m'annonce que je suis en rémission

Loïc waouh comment du coup parce que donc Paris si si j'ai bien écouté ce que tu as dit Paris tu es arrivé au printemps c'est ça début de l'été

Louis ouais exactement tu es resté tout l'été

Loïc ouais j'imagine que ta femme elle devait avoir un travail ou en tout cas qu'elle est restée à Lille avec votre votre enfant

Louis alors en fait on a j'ai commencé les traitements à Paris durant le mois de mai ça a commencé par des chimiaux à la journée je venais une fois par semaine après j'ai eu mes prélèvements de moelle osseuse à Paris également et j'ai commencé réellement l'hospitalisation mi-juin et donc jusqu'à fin août début septembre et donc à ce moment là ma femme a mis son travail en pause pour venir me voir plus régulièrement et donc notre notre fiston était dans la famille à droite à gauche alors c'était le seul avantage à la limite que ça se passe durant l'été c'est que c'est beaucoup plus facile d'organiser d'organiser les vacances parce que tout le monde était à peu près en vacances à ce moment là donc on a pu on a pu confier notre fils à la famille durant l'été

Loïc ok punaise ok donc fin 2022 on est un an plus tard comment comment est-ce qu'ils te l'annoncent que t'es enfin en rémission t'as des derniers contrôles c'est une ils te le disent pas vraiment franchement parce qu'il y a toujours un petit peu un risque ça se passe comment

Louis non en fait ils te le disent ça arrive comme ça en fait tu t'as des prises de sang avec des marqueurs sans gain du cancer première fois que ma prise de sang est bonne avec des marqueurs sanguins qui sont dans les bornes d'une personne non atteinte par le cancer premier scanner où on me dit bon vous avez beaucoup d'agrafes et compagnie dans le ventre mais vous n'avez plus de cellules cancéreuses et donc plus de dents et donc vous êtes vous êtes en rémission et ça se passe comme ça et c'est très rapide et et ouais c'est vrai que c'est une étape un peu particulière parce qu'en fait t'as tout le poids de l'année que tu viens de vivre et puis un rendez-vous de 15 minutes bravo vous êtes en rémission c'est fini

Loïc qu'est-ce qui se passe à ce moment-là dans ta tête ?

Louis bah là soulagement de dingue ça c'est clair parce qu'il faut en fait il faut imaginer que durant toute l'année t'as l'impression de descendre les marges d'un escalier infernal et tu te demandes quand est-ce que ça va s'arrêter chaque fois qu'on allait voir un rendez-vous qu'on allait faire un scanner que je faisais des prises de sang j'ai l'impression qu'on avait que des mauvaises nouvelles et donc on a commencé à remonter cet escalier après la première opération et là quand on t'annonce que t'es en rémission tu grimpes 15 marges d'un coup c'est c'est c'est complètement complètement incroyable alors quand on t'annonce ça j'étais encore très diminué parce que j'avais encore il faut se rendre compte ils m'ont ouvert le ventre vraiment du thorax jusqu'à la base du pubis ils m'ont ouvert le thorax sur le côté ils m'ont ouvert dans le dos donc les opérations étaient quand même relativement récentes donc j'étais encore bien cassé mais bon bah tu te dis ça y est j'ai gagné quoi j'ai gagné tout le champ des possibles s'ouvre à moi la vie voilà la vie revient et c'est vraiment c'est incroyable sensation de soulagement

Loïc du coup à quel moment est-ce que tu te rappelles de ce défi que tu avais lancé à tes potes et comment ça se met en place

Louis et bah écoute ouais comment ça se passe donc comme je te disais donc deuxième opération au niveau du thorax ils sont obligés de me toucher à plein de nerfs qui sont qui sont plus ou moins importants et il y en avait un notamment qui s'appelle le nerf rénique qui te permet en fait de prendre des respirations profondes et en fait celui-là il l'avait bien bien abîmé ils ont même hésité à le couper ils l'ont pas fait merci de ne pas l'avoir fait parce que aujourd'hui ça me permet de refaire des efforts physiques importants et donc à ce moment-là ils me disent bon bah il faut vous rééduquer d'un point de vue respiratoire donc on va vous prescrire de la kiné respiratoire que j'avais déjà commencé suite à l'opération parce que en fait après chacune des opérations j'ai quand même passé deux semaines sur la première opération et quasiment trois semaines sur la deuxième opération entre les soins intensifs et puis après les soins de suite plus classique et donc j'avais commencé à faire des rééducations respiratoires avec tout un tas d'exercices et donc j'ai j'ai commencé à prendre un niveau avec un kiné incroyable de mon quartier ici à Lille jeune kiné sportif qui fait de l'athlée etc et à ce moment-là donc on commence les séances de kiné respiratoire donc kiné respiratoire c'est pas c'est pas des kinés très actifs t'es sur la table du kiné et puis on te fait des exercices de respiration etc donc rien de bien sorcier et je lui dis ah bah tiens j'avais un projet quand j'étais malade là j'ai j'ai dit à des potes qu'on ferait l'Ironman de Nice est-ce que ça te semble jouable et là il me dit bah tout est question de volonté j'ai dit ok banco et en fait ça a commencé comme ça et donc je lui ai mis ce truc là dans la tête et il a été il m'a fait un programme incroyable donc on a très vite abandonné la kiné respiratoire parce que ça allait beaucoup mieux et on a commencé à faire des exercices de rééducation parce que bah forcément j'avais perdu toute ma capacité physique ce que je disais avant le cancer je faisais je fais toujours 1m91 je faisais plus de 90 kilos et là j'étais descendu à 75 kilos donc j'avais perdu 3 kilos entre les deux alors il y avait un peu de gras un peu de muscle mais en tout cas musculairement j'étais vraiment quasiment au point zéro et donc il m'a commencé une rééducation vraiment incroyable 2-3 fois par semaine faire des séances chez lui et au fur et à mesure en fait il m'a dit si tu continues comme ça en fait l'Ironman tu peux le faire dès l'année prochaine donc là on était en 2023 et il me dit tu peux faire l'Ironman je voulais faire l'Ironman de Nice parce que dans mon imaginaire l'Ironman de Nice était le plus emblématique en France et et donc bah je me dis ok go on se met sur cette voie et donc j'ai continué les séances de kiné avec lui jusqu'à fin juillet 2023 et donc il m'a remis en forme de manière progressive mais de manière terriblement efficace parce que je ne me suis pas blessé une seule fois dans ma préparation à l'Ironman je partais vraiment du point zéro alors j'avais un petit passé sportif derrière moi mais j'étais vraiment reparti de très très bas et

Loïc c'est à quel moment parce que t'évoquais un peu plus tôt le souci que t'avais au niveau du diaphragme ouais alors déjà qu'est-ce que c'était exactement c'est que t'avais plus aucun mouvement possible du diaphragme c'est ça

Louis en fait j'avais le diaphragme paralysé un peu en biais donc j'avais le poumon gauche complètement écrasé donc plus aucune capacité pulmonaire ou quasiment plus sur le poumon gauche et effectivement c'est un passage important et qui à mon sens peut donner de l'espoir quand parfois le corps médical pose un diagnostic qui peut paraître définitif en fait en début d'année 2023 je retourne voir le chirurgien thoracique qui m'a opéré et me dit bon désolé on n'a pas pu faire autrement mais on a hésité à couper votre nerf phrénique on ne l'a pas fait mais il est en très très mauvais état donc il y a très peu de chances que vous récupériez de la mobilité au niveau du diaphragme par contre ce que je peux vous proposer c'est de vous opérer et de vous mettre des plaques qui maintiendront le diaphragme en bas pour que vous ayez votre capacité pulmonaire libérée notamment au niveau du poumon gauche

Loïc parce qu'au quotidien tu le sentais que tu avais cet écrasement du poumon gauche ou c'était vraiment

Louis qu'un effort ? non en fait vu les niveaux d'efforts que je fournissais à l'époque qui se résumait à monter l'escalier chez moi j'avais pas trop de signes en fait de difficultés à ce niveau là et d'ailleurs c'est ce que je lui ai dit parce qu'il me dit si vous voulez on peut vous opérer d'ici deux mois moi je sors de mon année où j'ai un peu trop fréquenté les hôpitaux à mon goût et on me repropose une opération donc je dis bah non en réalité ça me gêne pas aujourd'hui ça me gêne pas et je me projette pas sur une nouvelle opération avec des risques et des conséquences qui sont liées à ça et donc je lui dis non bah je vais voir comment ça se passe et puis quand je reprendrai le sport si vraiment ça me gêne je reviendrai vous voir et puis on prévoira peut-être une opération et donc on commence comme ça et donc j'ai un scanner au début c'était tous les mois puis progressivement ça s'est passé et bon chaque scanner je vois toujours ce poumon complètement compréhensible j'ai dit bon bah ça bouge pas ça bouge pas et en fait au fur et à mesure j'augmentais mon intensité sportive donc au début je courais un kilomètre je marchais 500 mètres je courais un kilomètre et puis fin de la sortie j'étais crevé et puis progressivement j'ai commencé à allonger mes sorties en course à pied donc je commençais à faire 3, 4, 5, 6 kilomètres et en fait à force de faire du sport j'ai récupéré 100% de mon diaphragme enfin de la mobilité de mon diaphragme et je m'en suis rendu compte en faisant un scanner et donc le radiologue me dit tout va bien aucune cellule cancéreuse et je me dis mais attendez il y a un truc qui a changé là pour aller la dernière fois il n'est pas le pougon là il est entier et en fait voilà ça s'est fait naturellement et en fait c'est vraiment incroyable ce que m'a dit le chirur thoracique ensuite c'est que c'est vraiment le sport en fait qui m'a permis de travailler cette capacité pulmonaire et en fait à force de travail le diaphragme c'est réactivé je ne sais pas comment ça fonctionne exactement mais en tout cas pas eu besoin de chirurgie de plaque ou quoi que ce soit et là j'ai un diaphragme qui marche comme on peut rêver

Loïc et lui il a été surpris le chirurgien thoracique quand il a vu ça

Louis ouais il a été hyper surpris alors il avait déjà été surpris une première fois parce que la deuxième opération c'était un chirurgien ORL et un chirurgien thoracique qui m'avait opéré et ils avaient déjà été étonnés une fois parce qu'ils m'avaient enlevé le nerf moteur de je ne sais plus qu'à le muscle sur l'épaule et il m'a dit vous ne pourrez plus soulever votre épaule et plus lever le bras au dessus du niveau de l'épaule et en fait trois jours après l'opération quand j'étais encore en soins intensifs j'avais réussi à lever mon bras au dessus du niveau de l'épaule et il m'a dit mais c'est pas possible et en fait ça pareil c'est le fait d'avoir un passé sportif entre guillemets apparemment te permet de développer une capacité de récupération et même de substitution d'une certaine façon parce que ce nerf ils l'ont enlevé ils l'avaient dans les mains et je pense qu'ils étaient suffisamment compétents pour savoir de quel nerf ils parlaient et en fait l'épaule fonctionne très bien et a fonctionné très bien très rapidement ça c'était le premier étonnement et donc quand je lui ai dit quelques mois après que finalement mon diaphragme s'était remis exactement comme il était à l'origine il a un peu halluciné mais en même temps il a dit c'est la magie du sport la magie du sport c'est incroyable c'est le premier message c'est que faites du sport parce que franchement il y a des bénéfices qui sont insoupçonnés et c'est vraiment incroyable et donc on arrive à ce moment là donc on est en juillet récupération du diaphragme et donc là on est à un an de l'Ironman et je me en juillet j'avais quand même déjà bien récupéré j'arrivais à courir quasiment 10 km j'arrivais à faire du vélo j'avais recommencé à nager alors je ne pouvais pas nager plus de 50 mètres sans m'arrêter pour reprendre ma respiration parce que j'avais perdu toute ma petite compétence de nageur mais en fait ça me semblait possible et donc comme d'habitude sur ce genre d'épreuve très prisée il faut prendre son dossard très très tôt et donc c'est à ce moment là en fait que j'ai dit aux copains allez go l'Ironman de Nice ce ne sera pas dans 5 ans ce sera en 2024 et donc on y va

Loïc attends mais c'était quand même fou parce que un an c'est énorme mais c'est rien en même temps sans même parler de l'opération de tout ce par quoi tu étais passé un an avant se dire je prends un dossard alors que tu as du mal à courir 10 km que tu ne peux pas nager plus de 50 mètres c'est ambitieux quand même déjà

Louis ouais et bon après j'étais en fait c'est ça qui est magique c'est que je partais en début d'année où j'étais vraiment au niveau zéro et en fait en juillet même si je courais à peine 10 km ça me paraissait déjà être une évolution de malade et je me suis dit si je prolonge la courbe comme ça en théorie en théorie ça passe et puis au début en fait je m'étais dit l'objectif c'est juste de le faire tu le fais tu t'entraînes pour le terminer et puis et ce sera déjà énorme donc ça me paraissait possible à l'époque ça me paraissait possible et donc effectivement chez les copains qui ne s'attendaient pas que ça soit ce rapide il y en a quelques-uns parce qu'en fait dans le groupe il y avait quelques triathlètes aguerris donc pour eux c'était pas forcément une épreuve insurmontable mais il y en a d'autres ils ont dû acheter leur vélo en juillet 2023

Loïc ah ouais ok

Louis et d'ailleurs donc on a un peu changé les règles en fait il y en a qui ont fait l'Ironman la distance full et puis il y en a d'autres qui étaient vraiment vraiment éloignés du niveau Ironman qui ont eu le droit de faire le Alpha Ironman sur les 15 on a les deux tiers qui ont fait l'Ironman et un tiers qui a fait le Alpha mais ce qui est déjà pas mal pour des gens qui avaient jamais couru plus de 5 km et puis qui n'avaient jamais vraiment fait de vélo autrement que pour amener les enfants à la crèche ou pour faire une balade avec la famille en ville ok

Loïc donc là les dossards ils sont dispôts quand généralement ?

Louis c'est un an avant et alors c'est un an avant généralement ça ouvre le lendemain de la course de l'année précédente les inscriptions ok et puis dans l'organisation Ironman ils ont une logique de plus t'attends plus ça te coûte cher et donc ouais ouais on s'est on s'est tous vite engagés et on a pris nos deux ça assez rapidement

Loïc ok et là du coup côté préparation qu'est-ce que tu mets en place tu parlais de ce kiné il t'a accompagné du coup jusqu'au bout il y a eu d'autres personnes et à quoi ça a ressemblé un peu tu vois les grandes étapes de ta progression

Louis écoute les grandes étapes de la progression dans mon kiné m'a m'a dit à fin juillet en fait quand je courais 5 km sur son tapis c'est un petit cabinet de kiné donc il n'a pas énormément de place il me faisait faire des exercices il m'a dit bon voilà je pense que tu es arrivé au bout de la capacité de ce que je peux te faire faire donc maintenant il faut que tu te trouves un plan d'entraînement de ton côté et donc j'ai la chance dans les 15 d'en avoir 2-3 qui sont des Ironman à guérir déjà et dont un qui a un site qui fait du coaching pour les triathlètes et donc on a comme ça fait un plan d'entraînement alors je n'avais pas pris de coach mais voilà on s'est fait un plan d'entraînement entre copains avec voilà beaucoup de séances entre potes je ne me suis pas inscrit dans un club j'ai hésité un moment et puis finalement on a fait ça entre copains

Loïc est-ce que la plupart vous étiez sur l'île ?

Louis la plupart on était sur l'île alors pas tous il y en avait on était entre l'île Paris il y en a qui habite dans les Alpes le plus lointain c'était il y en a un qui habite à Dubaï mais bon voilà et donc en fait on a c'était vraiment une aventure incroyable parce qu'en fait on a fait ça et c'est important que j'en parle je me suis dit que c'était important de le faire pour une cause et donc au début je pensais créer Inasso ou faire quelque chose parce que mon idée c'était vraiment d'en parler de partager mon expérience et d'inspirer des malades comme je te l'ai dit en introduction et en fait je ne sais plus comment on va par le boulot en fait on m'a mis en relation avec un type incroyable je te partagerai ses coordonnées à l'occasion peut-être que tu pourras l'interviewer qui s'appelle Gilles van der Speck qui est un belge qui est très connu en Belgique et donc qui a à peu près mon âge et lui il a un cancer du pancréas et donc incurable donc encore une autre une autre paire de manches et on lui a annoncé il y a 3-4 ans qu'il avait entre 2 et 20 ans d'espérance de vie et en fait il s'est dit qu'est-ce que je vais laisser de mon passage sur Terre et en fait il a créé une asso qui s'appelle le Profitivisme et Profitivisme c'est un mélange entre profiter de la vie et optimisme et son son moto en fait c'est de montrer à tout le monde qu'en fait on a beau avoir les pires crasses d'avoir la maladie la plus dure qui nous atteint etc ça nous empêche pas en fait de profiter de la vie avec optimisme et être positif et en fait ce gars il est incroyable c'est un cycliste il a fait des réalisés des défis complètement fous des trucs un peu loufoques il a pédalé pendant 24 heures sur un home trainer dans la grande roue à Bruxelles pour faire parler de son projet et donc tous les médias belges qui se sont intéressés au truc il a réussi à lancer un élan impressionnant vraiment impressionnant et il a créé une assaut où il récolte des fonds pour justement aider les jeunes malades atteints du cancer de réaliser des défis sportifs de fous pour leur redonner l'espoir et les remettre en confiance et donc on a fait l'Ironman on a couru pour le profitivisme et donc on a créé le nom de notre équipe c'était les Ironballs je ne fais pas l'explication et donc c'était vraiment un projet sympa parce qu'on avait voilà on était un groupe tout le monde ne se connaissait pas dans les 15 et puis finalement pendant toute l'année on s'est suivi à distance ou de près dans les entraînements on s'est redonné pas mal de tips entre nous etc et donc c'était une très belle aventure humaine donc vraiment un beau projet

Loïc tu as eu des difficultés du coup du fait de tout ce par quoi tu es passé entre fin 2021 et fin 2022 que ce soit physique ou même on n'en a pas encore parlé mais j'imagine que quand tu vis quelque chose comme ça mentalement ça doit ça doit être éprouvant également

Louis alors effectivement on n'a pas trop parlé de la partie mentale et encore une fois je rebondis sur ce que je disais tout à l'heure je pense qu'il y a autant de façons d'appréhender le cancer qu'il y a de patients moi j'ai eu la chance de toujours regarder plutôt devant et donc il y a eu des moments où j'étais vraiment dans le dur et à l'hôpital je ne sais pas si c'est pareil dans tous les hôpitaux mais en tout cas il y a des services de psychologie qui sont mis à disposition etc donc j'ai eu un accompagnement là dessus quand j'étais vraiment au plus mal mais en fait assez rapidement à partir du moment où j'ai commencé à regrimper les marges de cet escalier je me suis mis dans une optique très très optimiste et plein de confiance et donc en fait comme chaque semaine j'avais l'impression de progresser en fait je voyais aujourd'hui on a plein de manières de mesurer la progression je ne sais pas si c'est sur Strava ou des outils comme ça qui permettent de suivre les performances mais en fait moi le petit tour près de chez moi que je fais à pied chaque semaine je voyais que mon rythme cardiaque baissait à allure équivalente j'arrivais à faire des plus grandes sorties donc j'étais vraiment sur une progression et donc ça m'a d'une certaine façon ça m'a boosté et donc j'ai été vraiment mentalement je me suis senti très très fort je me suis senti très très fort et ça m'a beaucoup aidé même le jour de la course en fait mentalement ces 18 mois de préparation en fait ils m'ont complètement blindé complètement blindé j'ai pas eu et comme je te le disais j'ai pas eu de blessure ça c'est grâce au travail incroyable du kiné parce que avant quand je faisais de l'athlée j'étais monsieur blessure souvent en course à pied on se blesse quand même souvent j'avais toujours des essuie-glaces des périostites des trucs comme ça et parce que quand je faisais des peaux je reprenais trop vite enfin les trucs classiques et là il m'a fait vraiment un programme où il m'a obligé à reprendre très très progressivement avec du renfo etc. donc je me suis pas blessé une seule fois et ça pour la confiance en fait c'est imparable imparable

Loïc excellent excellent excellent encore une fois l'importance du sport du coup dans un parcours de de de convalescence parce qu'autrement ces indicateurs tu vois de progression je sais pas trop au quotidien dans quoi tu les as t'es un peu moins essoufflé quand tu montes ton escalier enfin c'est hyper difficile sinon de te rendre compte à quel point tu reprogresses et et t'es physiquement de nouveau au rendez-vous entre guillemets

Louis ouais t'as raison c'est un bon point parce que en fait à côté de ça j'ai repris le boulot assez rapidement et c'est vrai qu'au boulot t'as pas vraiment cette sensation de progression en fait limite quand tu reviens au boulot t'as un peu le c'est un peu le syndrome de l'imposteur t'as l'impression d'être devenu nul parce que t'as pas travaillé pendant un an et donc tes niveaux confiance zéro et donc cette confiance tu la reconstruis progressivement mais t'as pas d'indicateur de performance aussi précis que tu peux avoir que ceux que tu peux avoir dans le sport ouais et c'est vrai que l'activité physique alors sans même aller jusqu'à se projeter dans un Ironman mais même se dire je pense allez mon objectif c'est de savoir courir 10 km dans 6 mois quand je sors de mon parcours thérapeutique c'est déjà un truc c'est un super objectif sur lequel on peut mesurer finalement la progression très facilement et ça c'est vrai que c'est c'est ouais c'est le meilleur des la meilleure des thérapies pour la tête en tout cas quand on sort de ce genre d'épreuve

Loïc du coup l'Ironman Ironman de Nice 2024 on y est qu'est-ce que qu'est-ce qui se passe du coup le jour de la course et peut-être même avant ça les sensations tu vois les émotions quand t'es sur la ligne de départ ou peut-être la veille quand il faut aller déposer le vélo dans le parc à vélo qu'est-ce qui se passe pour toi

Louis écoute alors l'Ironman de Nice t'y arrive pas à l'improviste j'avais fait un half un mois avant donc il y a une préparation qui est quand même assez assez intense on avait fait Liège-Baston-Liège aussi à vélo donc c'était coltiner les 260 kilomètres c'était fin mars donc j'avais déjà eu quelques épreuves un peu emblématiques qui m'avaient beaucoup ému en fait en fait c'est un peu des arrêts sur image où tu te dis mais le cerveau est bien fait parce que tu oublies très vite finalement les épreuves difficiles qui sont derrière toi et moi aujourd'hui je te parle du cancer j'ai l'impression que c'était il y a 10 ans je suis sûrement moins précis dans ce que je raconte que si je l'avais raconté il y a un an et le fait d'avoir des arrêts sur image comme ça sur une ligne de départ sur des événements un peu marquants ça te permet de mesurer aussi le chemin parcouru la vitesse de récupération et donc effectivement quand j'arrive à Nice c'est hyper chargé en émotions parce qu'en fait déjà pour moi sur ce projet que j'avais imaginé dans une chambre d'hôpital où je savais à peine marcher à manger sur mon lit d'hôpital dans un état lamentable et là 18 mois après je suis sur la ligne de départ d'un Ironman qui est quand même pas une épreuve anodine dans le monde du triathlon truc incroyable deuxième deuxième deuxième deuxième deuxième sujet qui m'apporte beaucoup d'émotions c'est tout l'entourage en fait à Nice donc il y avait le groupe de 15 il y avait ma famille ma belle famille les femmes et enfants des groupes de 15 parfois donc on avait vraiment un groupe de supporters incroyable et j'étais vraiment content aussi que tout le monde soit allé au bout de l'engagement finalement c'était une deuxième victoire la première victoire c'était vraiment de prendre le départ de cette épreuve en confiance en imaginant que c'était possible de finir et d'avoir su engager 15 copains dans cette aventure et que tout le monde soit là au départ et que tout le monde ait vécu une préparation idéale et donc ça c'était vraiment vraiment chouette et c'était un quand je parle d'arrêt sur image Nice pour le coup quand tu commences à mettre ton bonnet pour partir en mer et enfiler tes lunettes tu te dis ça y est j'y suis ça y est j'y suis c'est vraiment une sensation incroyable mais c'est une sensation en fait la sensation du départ de course je pense que tout le monde peut la ressentir toutes les personnes qui ont déjà porté un dossard l'ont ressenti là il faut imaginer que c'est amplifié puissance 10 c'est un moment vraiment spécial

Loïc c'est lequel le Half Ironman que tu as fait en prépa ?

Louis j'ai fait Fréjus alors c'est pas exactement c'est pas un label Half parce que les distances sont pas exactement les mêmes mais c'est à peu près ça 2 km2 de neige 83 km2 de vélo et 17 km2 à pied c'est pas exactement un Half dans la pure définition du Half mais c'est à peu près la même distance ok

Loïc du coup le top départ est lancé comment est-ce qu'elle se passe cette course est-ce que avec autant de soutien autant d'énergie et finalement de gens qui sont mobilisés est-ce que est-ce que tu penses que ça a été à un moment donné envisageable que tu abandonnes ou que c'était absolument impossible dès le départ tu t'es dit je finis c'est une certitude absolue

Louis non alors en fait au début l'Ironman je me suis inscrit en me disant il faut le finir bon quiconque participe à un Ironman à part peut-être la catégorie élite l'objectif c'est quand même de le finir c'est déjà un bel accomplissement en soi et en fait j'ai tellement eu une belle préparation que je me suis mis un objectif de temps à l'arrivée je me suis dit il faut que je finisse cet Ironman en faisant une performance honorable et donc je suis parti de là voilà boosté avec une certaine une certaine hargne en fait envie de me battre quoi et le fait d'avoir ce public autour de moi ben ouais je voulais pas les décevoir parce qu'en fait tous ces gens qui étaient là à m'encourager c'est aussi tous les gens qui m'ont encouragé quand j'étais malade qui m'ont soutenu qui ont été là pour moi et donc c'est aussi c'était aussi une manière pour moi de leur montrer que grâce à eux j'ai pu faire ça en juin 2024 et puis non seulement je le fais mais je veux bien le faire et ça sera un grand moment de bonheur pour moi mais aussi pour eux et donc non à aucun moment je me suis dit je peux abandonner je vais le faire dans un bon temps et si ça se passe mal je le finirai coûte que coûte

Loïc et c'était quoi le chrono que tu visais

Louis je visais 12h je visais 12h au début et j'ai finalement fait mieux que ça

Loïc t'as mis combien de temps

Louis j'ai mis 11h et 21 minutes

Loïc ah ouais balèze oh pilèze ah ouais c'est hallucinant quand même la progression en un an boucler un Ironman en à peine plus de 11h alors que tu courais pas enfin difficilement 10km 12 mois avant c'est absolument dingue et t'as fini dans quel état t'étais complètement rincé ou finalement bien

Louis bah écoute ça va peut-être paraître prétentieux mais à la limite le moment où tu sens le plus l'encouragement des supporters c'est pendant le marathon parce que le marathon de l'Ironman de Nice tu fais 4 boucles sur la promenade des Anglais et donc tu repasses potentiellement 8 fois devant ton blog de supporters notre blog de supporters vous avez fait des drapeaux Ironballs on avait tous des trifonctions Ironballs donc on était très reconnaissables et donc une énergie de dingue pendant tout le marathon et en fait durant la dernière boucle du marathon je me dis aïe aïe aïe c'est bientôt terminé presque déçu en fait j'en aurais bien refait une cinquième tellement c'était un kiff enfin j'ai vraiment là dessus j'ai eu de la chance parce que c'était j'ai vraiment passé un bon moment j'ai fait toute la course globalement de la natation même si la natation j'ai pas fait exactement ce que je voulais mais ça s'est plutôt bien passé le vélo le parcours vélo de Nice c'est juste incroyable t'en prends plein les yeux c'est magique puis on a eu une météo idéale parce que l'Ironman de Nice il peut faire très très chaud nous il a pas fait trop chaud il a dû faire entre 25 et 30 degrés donc c'était hyper agréable et donc pendant le marathon je pars les premières boucles j'ai l'impression que j'ai des ailes qui ont poussé je pars sur une base hyper rapide et en fait rapidement mon frère qui regardait les chronos il me dit oh là ralentis un peu tu vas jamais tenir à ce rythme et tout mais moi j'étais boosté j'étais dans une espèce d'euphorie presque une transe en fait parce que c'est vraiment à ce moment là où j'ai mesuré en fait tout le parcours et tout et donc j'étais vraiment trop content je courais bien j'avais des super sensations dernière boucle un peu mal aux jambes ça reste un marathon mais mentalement trop content trop content big smile enfin c'est j'ai vraiment passé un super moment franchement un super moment et ça m'a donné envie d'en refaire alors je sais pas quand est-ce que je referai un Ironman mais j'ai passé ouais j'ai passé vraiment une belle course une très très belle course excellent

Loïc passé la ligne d'arrivée est-ce que t'as eu aussi des émotions tu vois un peu particulières comme ce que t'évoquais au moment du départ une sorte de réalisation ou ça c'est déjà ce que tu viens d'expliquer ce que t'avais eu pendant la course

Louis passer la course c'est dans l'instant juste après la course t'es toujours un peu dans cet état d'euphorie et donc c'est génial puis lol l'Ironman de Nice c'est une organisation de dingue c'est vraiment c'est un très gros événement donc ça fait partie de ces événements où il y a une fête autour d'une certaine façon donc tu restes dans une atmosphère hyper chouette pendant un petit moment le le le moment le plus dur c'est enfin le plus dur entre guillemets c'est c'est la redescente en fait après ça c'est vrai sur tous les grands projets sportifs et non sportifs d'ailleurs c'est que t'as été t'as un côté où ça y est c'est passé ce projet pour lequel je me suis entraîné 15-20 heures semaine pendant des mois des mois des mois finalement ça y est c'est passé ça s'est bien passé c'est fini et ça c'est un peu particulier parce qu'en même temps bon bah tu te dis que la boucle est bouclée mais petite nostalgie quand même petite nostalgie ouais

Loïc donc tu penses tu disais qu'il y aura d'autres épreuves type Ironman ou peut-être d'autres épreuves pas forcément dans le triathlon mais d'endurance comme celle-ci

Louis triathlon je vais continuer parce que c'est vraiment un super sport je sais pas si t'as déjà expérimenté mais moi je viens plutôt de l'athlétisme au début et donc sur il y a 10 ans je faisais beaucoup de semi-marathon etc et j'étais souvent blessé et la magie du triathlon en fait c'est que les entraînements les 3 sports sont quand même très complémentaires et donc tu te blesses quand même moins régulièrement et la récup musculaire et articulaire finalement elle est beaucoup plus rapide que sur des courses de demi-fond de course à pied donc je vais continuer le triathlon plutôt sur des formats un peu plus courts au début parce que je me vois pas infliger à ma femme encore 15-20 heures d'entraînement cette année parce que c'est un vrai engagement et c'est ça c'est là où la femme Laura était incroyable c'est que elle m'a supporté pendant le cancer et elle m'a aussi supporté pendant la préparation à Ironman donc je l'ai quand même infliger à peine sorti de l'hôpital alors j'étais pas à 15-20 heures de sport semaine au début mais sur les 9 mois précédant l'Ironman c'est quand même des volumes d'entraînement qui sont assez significatifs et donc forcément avec le boulot etc ça grappille sur ta vie privée et donc ce sacrifice de son côté je vais pas lui imposer tout de suite en tout cas pas tant qu'on aura des jeunes enfants peut-être qu'un jour si j'arrive à mettre mes enfants au triathlon je me remettrai sur un Ironman mais pas tout de suite

Loïc excellent punaise Louis quelle histoire c'est vraiment dingue est-ce que t'as prévu alors là on fait ce podcast c'est fabuleux moi je suis super content que tu sois venu partager ton histoire ici mais est-ce que t'as prévu ou est-ce que tu l'as déjà fait peut-être pour faire écho à ce que tu disais un peu plus tôt ou quand t'as t'as débarqué sur Paris en chambre stérile t'as essayé de chercher des histoires pour t'inspirer pour te motiver de gens qui avaient vaincu le cancer est-ce que toi depuis t'as fait cet exercice tu vois d'aller partager ton histoire auprès de de gens en service de cancérologie ou dans les hôpitaux ou pas encore

Louis écoute pas encore sous ce format parce que je l'ai proposé au professeur qui m'a suivi à Paris et en fait ils préfèrent prendre des patients qui sont qui ont un peu plus d'ancienneté entre guillemets dans le poste dans l'après-maladie ok pour des raisons qu'on peut imaginer et donc je l'ai fait différemment donc avec Gilles dont je te parlais tout à l'heure on a on a intervenu sur une radio française alors sur un format beaucoup plus court c'est vrai que le format podcast est quand même super chouette parce que tu peux quand même un peu plus expliquer le parcours et ça permet aux personnes qui vont l'écouter de de s'identifier ou de se projeter beaucoup plus facilement donc on a fait une interview radio qui a duré 15 minutes pour parler de de mon parcours et de de l'équipe Ironballs qui a fait l'Ironman et aussi pour parler de l'association de Gilles du profitifisme Gilles il organise régulièrement des soirées il appelle les soirées cactus en fait son son son principe que je l'expliquais tout à l'heure c'est finalement c'est pas parce que t'as des difficultés dans ta vie que tu dois perdre confiance et ne pas profiter de la vie avec optimisme et donc ces soirées cactus en fait c'est pas parce que t'as un cactus dans ta vie que tu dois t'asseoir dessus et donc il fait intervenir des personnes qui ont eu des expériences inspirantes et donc il invite toutes les personnes qui sont confrontées à la maladie à écouter à écouter ses conférences et donc je devais intervenir en juillet mais malheureusement Gilles là il est dans une mauvaise passe et donc on a dû décaler la soirée mais donc on va la réorganiser rapidement et puis non après je réfléchis à alors c'est pas l'écriture d'un livre mais en tout cas à poser un peu cette histoire pour que je puisse la partager aussi d'une certaine manière à mon fils qui lui ne se souviendra de rien parce qu'en fait il y avait entre 9 mois et un an et demi et qui pourtant pour moi a été un immense bol d'air en fait à travers toutes les souffrances que j'ai vécues c'est finalement un enfant de cet âge là que t'aies plus de cheveux que tu sois dans un état lamentable ou pas il te regardera jamais différemment tu restes son papa et donc je pense que c'est important que je raconte un peu de manière précise ce qui s'est passé pour que lui aussi puisse se l'approprier puis après alors peut-être l'utiliser aussi pour faire un témoignage à un public plus large mais je pense qu'il faut que je me lance dans cette écriture parce qu'effectivement plus le temps passe et plus les souvenirs sont lointains et donc c'est un projet que j'ai en tête ouais

Loïc je te posais la question parce que j'ai eu plusieurs invités qui ont dû faire face à des grosses galères de la vie et en fait j'ai percuté quand tu là avec ton témoignage un peu plus tôt quand tu disais que tu avais tout de suite cherché tu vois des exemples pour t'inspirer de gens qui avaient surmonté le cancer en fait ça m'a fait percuter que c'est systématiquement j'ai l'impression la démarche en tout cas les gens que j'ai eu au micro du podcast c'est systématiquement la démarche qui est mise en place naturellement j'ai l'impression tu vois je pense à Manuel c'est un un invité que j'ai reçu qui a été qui a perdu sa jambe qui a été amputée de la alors je crois sous le genou suite à une attaque de requin à Hawaï pendant qu'il surfait une de ses des premières choses en fait qu'il a vachement aidé c'est qu'il a deux deux victimes d'attaques de requin de Hawaï qui sont venus le voir à l'hôpital quasiment immédiatement dès qu'ils ont appris que c'était arrivé parce que c'est tellement rare en fait que contrairement à ce qu'on pense que qu'ils se sont serrés les coudes ils sont venus le voir j'ai eu un ancien membre des forces spéciales Cyril Chaboun qui a qui a sauté sur un drone piégé et qui a perdu ses deux jambes et et qui lui tout de suite tu vois c'était sa démarche aussi d'essayer de contacter des gens même à l'étranger hors de France parce qu'il trouvait personne en France qui son objectif à lui c'était de remarcher avec ses prothèses et de pas finir en fauteuil et il n'arrivait pas à trouver d'histoire enfin de parcours de gens qui étaient capables de faire ça jusqu'à ce qu'il en découvre aux Etats-Unis enfin tu vois et j'en ai plein d'autres comme ça des exemples de gens à qui il est arrivé des grosses galères et c'est souvent tu vois quand il y a de la perte de capacité physique on a ce besoin j'ai l'impression de trouver de se rassurer en se disant ok en fait c'est possible il y en a d'autres qui l'ont fait avant moi ils partagent leurs histoires et donc il y a encore de l'espoir et il faut que je m'accroche à ça je pourrais le faire moi aussi un jour

Louis mais en fait clairement c'est moi je trouve que c'est se trouver un objectif réalisable c'est c'est une aide énorme en fait parce que tu peux tu peux imaginer plein de choses mais si si t'as pas vérifié que c'était faisable

Loïc c'est quand même

Louis assez difficile de se projeter et donc de trouver des témoignages de gens qui ont qui ont réalisé ça c'est c'est hyper puissant donc et ton podcast tu vois de nous faire témoigner sur des histoires comme ça je trouve que c'est c'est hyper utile et encore une fois j'espère que ça va arriver jusqu'aux oreilles de personnes qui en ont besoin aujourd'hui parce que voilà tu quand t'es dans le dur et que tu rencontres des difficultés de la vie moralement parfois c'est c'est vraiment très très dur et donc d'avoir ces petites lumières au bout du tunnel et de s'accrocher à ça franchement c'est c'est des bouées de sauvetage presque vital parce que si t'as pas ça en fait et si on et c'est là où j'ai beaucoup d'admiration en fait pour les personnes qui vivent des périodes très compliquées et pour lesquelles en fait la seule issue c'est de toute façon d'être de finir dans un état très très dégradé par rapport à l'état dans lequel ils sont actuellement ça franchement c'est c'est c'est c'est hyper dur hyper dur et donc tant que t'as la capacité de te projeter sur un un futur plus désirable bah en fait ça te donne une énergie inépuisable et donc bah pour ça franchement ouais ton podcast canon et je pense que ouais j'ai réfléchi moi à un moment comment faire pour amener je sais pas par un magazine un livre dans les hôpitaux tous ces témoignages pour essayer de toucher le maximum de personnes mais bon c'est vrai que c'est un c'est un truc que j'ai pas encore suffisamment exploré mais je pense que c'est vraiment une une mission avec une très très belle utilité quoi

Loïc ouais affaire à suivre affaire à suivre exactement écoute Louis un immense merci on est arrivé au bout je sais que t'avais une petite contrainte horaire c'était vraiment un plaisir absolu de te recevoir parcours bah on a déjà dû te le dire plein de fois mais extrêmement inspirant merci pour tout ce que t'as partagé aussi sur toute la phase de la maladie dont je te le disais enfin moi perso cancer testiculaire t'es un peu la première personne qui m'en parle en détail donc je pense que ça sera très utile pour plein de gens est-ce que même si on a déjà évoqué plein de choses t'as déjà fait passer beaucoup de messages est-ce qu'il y a est-ce qu'il y a une dernière chose par laquelle tu voudrais conclure cet épisode sur les frappés

Louis écoute bah déjà merci merci Loïc de m'avoir reçu et de m'avoir permis de témoigner sur cette histoire et par quoi je voudrais conclure bah t'en as déjà parlé je pense que moi j'ai trois trois messages à faire passer le premier c'est effectivement partager cette ce besoin de faire de l'autodiagnostic chez les hommes de 15 à 35 ans c'est vraiment hyper important moi c'est un truc que j'ai fait depuis le début de ma maladie en fait j'ai fait une page Instagram et un jour sur deux je postais le lien vers le tuto pour s'auto-diagnostiquer et j'ai deux personnes que je connaissais pas directement mais indirectement qui ont découvert leur cancer testiculaire comme ça et donc qui ont été pour le coup qui ont même pas eu de chignot juste une opération d'ablation et c'était terminé donc une opération qui dure une heure ou deux et le lendemain ou le surlendemain j'étais de retour au travail donc vraiment faites-le passez le message autour de vous c'est vraiment dommage de devoir passer par des épreuves comme celles que j'ai vécues par en ne sachant pas comment se diagnostiquer donc il y a vraiment plein de tutos sur Youtube qui sont très bien faits deuxième message à tous ceux qui souffrent en ce moment voilà accrochez-vous à des futurs désirables et réalisables et n'arrêtez pas de vous battre parce que ça vaut vraiment le coup et jamais j'aurais imaginé j'aurais pu accomplir l'Ironman de Nice 18 mois après mon long séjour à l'hôpital et donc tout est possible même si parfois les médecins peuvent avoir un discours froid qui peut paraître pessimiste en tant que patient il faut jamais écarter tous les possibles et puis dernier dernier message allez sur la page du profitivisme ou de Gilles Vanderspec sur Instagram peut-être taper Gilles Vanderspec sur Google et vous allez vous allez trouver rapidement sa page Instagram et voilà vous allez découvrir un gars ultra inspirant inspirant et en ce moment il a besoin d'énergie donc si vous pouvez lui envoyer un peu d'énergie c'est top voilà un peu les trois messages que je voulais faire passer et encore une fois un grand merci Loïc pour ce moment partagé

Loïc écoute Loïc avec grand plaisir comme d'habitude les liens sont en description de l'épisode vers les réseaux sociaux de Loïc de Gilles donc n'hésitez pas à aller regarder ça et puis une nouvelle fois un grand grand merci Loïc merci Loïc et je te dis peut-être à une prochaine pour un débrief sur la nouvelle folie sportive dans laquelle tu vas te lancer

Louis avec plaisir salut

Loïc merci d'avoir écouté cet incroyable témoignage de Loïc jusqu'au bout partagez cet épisode à fond autour de vous n'hésitez pas également à aller cliquer sur tous les liens en description de l'épisode j'en ai mis un peu plus que d'habitude mais je pense que le sujet vaut la peine d'y passer quelques secondes en termes de sensibilisation et de prévention si vous souhaitez soutenir le podcast pensez également à parler des frappés à un maximum de personnes le bouche à oreille c'est une des manières les plus efficaces de faire connaître tous ces invités incroyables qui me rejoignent au micro et pour celles et ceux qui souhaiteraient aller encore plus loin et soutenir financièrement le podcast je vous rappelle que c'est possible de le faire via Tipeee sur le site www.tipeee.com slash les-frappés j'en profite du coup pour remercier toutes celles et ceux qui ont déjà franchi le pas merci à vous chaque euro compte je vous dis un grand merci pour votre fidélité et à la semaine prochaine pour un nouvel épisode salut les frappés Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501

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