Léo Les frappés de la créativité humaine avec Léo Jolly, artiste explorateur. Il y a quelqu'un qui m'a dit un jour que les moments les plus difficiles, c'est pas tellement quand t'es dans des échecs, il n'y a personne pour te consoler, mais c'est quand tu trouves personne pour fêter les victoires. Il n'y a personne qui comprend tes victoires. Et ça, c'est vrai que c'est un sentiment qui est compliqué. Mais c'est vrai que du coup, c'est spécial de ne pas pouvoir fêter la fin d'une expédition qui a été tant difficile à préparer, à réaliser, au niveau peur, faut pas croire, moi je suis effrayé avant de partir.
Loïc Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent dans mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs, irrévocables dans vos vies. Cette semaine, j'échange avec Léo Jolie qui est un explorateur artiste. Il parcourt le monde et il a fait de l'art une manière de rencontrer les populations des régions dans lesquelles il se rend. Pour sa dernière aventure, c'était par exemple au Salar de Uyuni en Bolivie. et il est allé demander aux gens qui vivent dans cet environnement très difficile ce dont ils rêvent. Parce qu'il serait sans doute bon qu'on s'autorise plus souvent à laisser s'exprimer notre créativité enfantine, voici un épisode qui apporte un peu de légèreté et de rêve. Merci Léo, excellente écoute à vous. Juste avant ça, je tiens à remercier toutes celles et ceux qui ont décidé de soutenir financièrement les frappés via la plateforme Tipeee. Chaque euro contribue à couvrir une partie des frais de fonctionnement du podcast et nous permet de nous rapprocher un peu plus de l'indépendance totale des frappés. Si vous souhaitez vous aussi soutenir le podcast, rendez-vous sur Tipeee, T-I-P-E-E-E slash les-frappés. Le lien est en description. Eh bien écoute, bienvenue Léo sur le podcast. Je suis super content de te recevoir aujourd'hui. Écoute, de même. Merci beaucoup Loïc pour l'invitation. Avec grand plaisir. On va parler de plein de choses. Je pense que tu vas me faire retourner quelques années en arrière quand tu vas nous parler de l'Amérique du Sud. J'imagine qu'il y a plein d'endroits où tu es allé, où je suis passé aussi. Donc, ça va être génial. Et puis surtout, je suis très curieux de ce dont tu vas nous parler puisque tu as une approche de l'aventure, du voyage, de la découverte qui est particulière, qui est différente de celle des gens que je reçois habituellement sur le podcast. Donc, ça va être génial. Léo, ce que je te propose, c'est tout simplement de commencer par nous expliquer qui tu es et ce que tu fais dans la vie.
Léo Il y a toujours une question.
Loïc Oui, c'est toujours la question. Il faudrait que j'en trouve une autre parce qu'avec des frappés, c'est toujours compliqué. Généralement, c'est multi casquettes, c'est des parcours atypiques. mais voilà qu'est-ce que tu fais en quelques mots
Léo comment est-ce que tu créerais ce que tu fais du coup moi je m'appelle Léo je suis explorateur artiste en gros ça consiste à créer des expéditions à travers le monde pour reconnecter les gens à leur créativité et donc là je suis en train de réaliser un film qui porte sur une expédition que j'ai faite en Bolivie où je suis allé demander du coup le rêve des gens qui habitent dans le désert C'est une des expéditions que je fais, par exemple. C'est vraiment créer des expériences insolites qui reconnectent à la créativité de chacun, mais aussi au monde extérieur.
Loïc Génial. Donc, quand tu dis « reconnection à la créativité », tu fais ça. Qu'est-ce qui bénéficie de ça, en fait ? Est-ce que c'est les gens que tu rencontres sur place ? Ou est-ce qu'à travers les histoires des gens que tu rencontres sur place, tu essaies de reconnecter les gens en France à leur créativité ?
Léo Je pense qu'il y a un peu des deux. D'abord, c'est d'abord me reconnecter à ma créativité, à moi. Moi, en enfance, je l'avais un peu perdu par le fait du jugement de moi-même et du jugement des autres. Je l'avais un peu laissé de côté. Et là, quand je l'ai retrouvé, je me suis dit qu'il faut que j'en fasse quelque chose. Et quand je voyageais, quand j'étais ado, je voyageais et je trouvais ça fou en fait à chaque fois j'organisais des événements pour apprendre aux gens à dessiner et les gens ressortaient de là avec des grands yeux émerveillés en disant wow c'était fou quoi et pour moi j'avais juste donné pas grand chose j'avais juste donné quelques règles de dessin et du coup pour moi la créativité c'est vraiment d'abord se reconnecter à ma créativité à moi et en me reconnectant à la mienne je peux le reconnecter les autres en gros donc en fait dans mes voyages, c'est souvent l'envie d'expérimenter la créativité à plusieurs, ensemble, de voir en fait qu'est-ce que ça peut donner. Et donc par exemple, j'étais au Groenland avec les Inuits, et là, l'objectif c'était de dire, ok, est-ce qu'on peut créer ensemble sans parler le même langage ? Et donc c'était une question que je me posais depuis tellement longtemps, et je me disais, vas-y, je veux tester. Et du coup, on a fait une œuvre d'art ensemble, sans pouvoir vraiment communiquer par le langage, mais du coup on communiquait autrement par la gestuelle, par les rires, par le fait de se moquer de soi-même. Il y a un côté un peu comme ça.
Loïc Ce serait quoi ta définition de la créativité ? De quoi on parle quand on utilise ce terme pour toi ?
Léo Pour moi, il y a un terme, j'aime bien dire, pour moi je pense qu'on est créateur, on est créatif, par opposition du coup aux spectateurs. Pour moi, en fait, il y a un peu deux mondes, deux personnes dans ce monde. T'as d'une partie les spectateurs qui regardent un peu le monde secret autour d'eux. Et je trouve que ça peut générer des malaises. Je trouve que c'est difficile d'être juste observateur. Et du coup, il y a une autre partie qui est plus les créateurs où en fait, eux, ils s'inventent leur propre réalité. Alors, moi, je pense qu'il n'y a rien je pense que dans les deux camps c'est chouette si jamais on se sent bien mais moi du coup je me sens bien dans le côté plus créatif où vraiment pour moi c'est vraiment s'inventer son propre monde ce que j'aime bien dire en fait c'est que chaque personne est un monde en soi on peut creuser indéfiniment dans ce qu'est une personne on peut voyager à travers une personne et je trouve ça intéressant c'est que comment cette personne va pouvoir influencer le monde dans lequel on vit. Et donc, moi, sans le savoir, peut-être que j'influence les autres autour de moi en les inspirant ou en passant des bons moments. Mais en fait, je n'ai aucune idée de savoir le niveau d'influence que j'ai. Et en fait, ça m'importe peu parce que c'est juste l'expérience que je vis avec eux qui m'importe. Ce que je recherche juste pour moi, être créatif, c'est juste s'amuser c'est de dire tiens ça ça serait marrant de faire ça et ça m'arrive souvent d'être avec une bande de potes en disant hey les gars ça vous dit de faire ça genre on invente un jeu de cartes par exemple tu vois ou alors on va poser des questions dans la rue à des inconnus et pour moi c'est ça être créatif c'est de dire on crée un un monde dans le monde
Loïc fascinant est-ce que pour toi il y a forcément une dimension artistique du coup ou on peut être créatif sans que ce soit nécessairement dans les arts, dans le dessin, la peinture, la musique la danse est-ce que un sportif, un aventurier classique un explorateur classique qui réalise une première par exemple ou qui a une approche un peu différente mais pas nécessairement artistique est-ce que pour toi il serait créatif du coup ?
Léo Ah oui je pense qu'il y a plein de types de créativité différentes même je pense que la cuisine c'est la créativité toutes les tâches qu'on réalise que la plupart des gens me réalisent, sans trop le savoir, c'est la créativité moi ce qui m'impressionne un peu à chaque fois c'est que quand je demande aux gens, quand je parle du dessin par exemple et que je leur demande de faire une peinture collective ou de faire un dessin collectif la première chose qu'on me dit c'est je sais pas dessiner, je peux pas le faire et du coup je lui ai dit je t'ai pas demandé de faire un beau dessin, je t'ai juste demandé de t'amuser en le dessinant en fait et moi en fait je cherche pas j'ai vachement enlevé cette Cette image mentale de faire un joli dessin. Qui est une image mentale en fait. Qui me rassure moi. Parce qu'en fait je me projette une image. Avant de dessiner. Dans ma tête en me disant. Je voudrais avoir ça à la fin. Sauf que bon. Comme dans la vie. Comme dans chaque projet. On n'arrive jamais à ce qu'on imagine. Et donc c'est vachement frustrant. Et pareil l'autre. Quand tu dis je vais dessiner un chien. Il s'attend à voir un chien. Et donc ça fait un double miroir. Entre moi ce que je projette. de ce que je voudrais dessiner et que j'arrive pas et que l'autre projette sur moi ce qu'il voudrait voir et donc ça crée un malaise et du coup je pense que c'est pour ça que la plupart des personnes ne se sentent pas créatives parce que il y a beaucoup de jugement en fait jugement de soi et jugement des autres mais pour moi en fait tout le monde est créatif à son échelle après il y a un niveau d'équilibre où je pense que t'as certaines personnes qui se sentent incroyables en étant à ce niveau d'équilibre créatif. Il y en a d'autres qui ont besoin de plus parce qu'eux, ils doivent être à un autre niveau.
Loïc C'est super intéressant comme notion, comme approche, comme vision. Et tu vois, je te posais la question parce que je ne sais plus exactement dans quel... Peut-être dans des contextes pro, tu vois, où des fois on le fait faire des... des sortes de tests, de profiling pour déterminer quel type de personne t'es, etc. Et ces outils de classement de profil, souvent dans les grands extrêmes, tu as genre le fonceur, le créatif, le rêveur. Et en fait, je ne sais pas si c'est lié à ça, mais pendant longtemps, j'ai eu cette espèce de croyance que créativité égale art. Et en fait, je ne saurais pas te dire exactement de ma réflexion ces dernières années je réfléchis quand même beaucoup sur ce que je veux faire, qui je suis etc et à un moment donné en fait ça m'a un peu percuté une de ces réflexions je pense ça devait être un ou deux ans après avoir créé le podcast je me suis dit mais en fait je suis un créatif quoi j'ai créé des trucs et je n'ai pas souvent posé la question à mes invités mais tu vois si je réfléchis à ces quasiment 200 personnes que j'ai rencontrées en fait comme tu dis à partir du moment où Enfin, on est tous créatifs, je pense. Simplement, je ne sais pas si c'est en France ou si c'est juste un truc moi perso, Loïc, mais moi, j'ai quand même l'impression que créativité égale art, tu vois, dans la croyance un peu peut-être populaire, enfin, pas populaire, mais... C'est un terme qui est quand même vachement associé à l'art. Peut-être parce qu'on est un pays très cartésien, tu vois, de mathématiques. Je ne sais pas ce que tu en penses de ça.
Léo je pense qu'on l'a beaucoup associé à l'art après moi tu vois quelqu'un qui monte une boîte par exemple c'est quelqu'un qui est ultra créatif en fait il crée ses propres règles il invente un concept qui n'existait pas et il va recruter une équipe qui n'existait pas il crée du lien il crée plein de choses en fait
Loïc mais en fait ta définition elle est logique elle fait carrément sens la créativité c'est le fait de créer mais tu vois typiquement l'exemple que tu prends un entrepreneur et une entrepreneuse pour définir j'en ai reçu quelques-uns sur le podcast j'aurais jamais utilisé le terme de créatif je pense en premier peut-être plus j'aurais utilisé des termes comme des profils résilients ou innovants ou rêveurs mais pas créatifs alors qu'en réalité t'as raison c'est un processus créatif ouais clairement
Léo après je pense que ce qui est intéressant dans tout ce qui est art plastique en général, c'est la notion plus d'émotion qui est plus perceptible tu le vois par exemple dans tout ce qui est chanson dans tout ce qui est dessin, peinture ça va émaner d'une émotion spéciale, par exemple moi j'écris différemment quand je suis triste que quand je suis heureux et pareil je vais peindre différemment je vais faire des dessins différents je trouve que par exemple créer une entreprise c'est une émotion qui fluctue mais à la fin tu sais plus trop ce qui était de la tristesse quelque chose qui était heureux moi j'ai des toiles chez moi où ça c'est tristesse où ça c'est jour parce que j'étais dans un état un peu second et aussi parce que ça dure moins longtemps quand je peins c'est 2-3 heures après j'arrête et donc j'étais dans une seule émotion je peux passer dans plusieurs émotions en différentes mais c'est vrai que c'est un état émotionnel si je la laisse comme ça cette toile me rappelle un état émotionnel précis qui est plus difficile à voir peut-être si c'est pour créer une boîte ou autre chose ce que j'imagine
Loïc ok bah écoute en tout cas super intro moi je trouve ce message est absolument génial on est tous des créatifs en puissance donc l'enjeu c'est peut-être d'arriver à l'exprimer toi tu disais un peu plus tôt si j'ai bien compris que t'as eu un espèce de moment une sorte de moment eureka où tu t'es dit mais en fait j'ai cette créativité en moi il faut que je l'exprime est-ce que tu peux peut-être nous expliquer comment ça s'est passé ?
Léo ouais clairement c'est que moi en fait dans mon enfance j'avais mon frère j'ai une frère et un soeur enfin une soeur et un frère dans l'autre sens et en fait mon frère prenait des cours de dessin il est plus âgé que moi et il dessinait vachement bien et moi à côté de lui je me disais moi je prends des cours mais toi j'ai 3-4 ans de différence et moi je me disais à côté ce que je fais c'est pas bien par rapport à lui ça sert à rien donc je suis pas créatif ça sert à rien que je continue et pendant pas mal d'années j'ai arrêté j'ai totalement arrêté tout ce qui était art tout ça et c'est juste en fait quand j'ai fait une école de paysages, pour devenir architecte paysagiste, à Versailles. Et pour le concours, il y avait une épreuve d'art plastique où il fallait imaginer une ville vue à vol d'oiseaux. Et donc, tu devrais vraiment changer de vision en imaginant qu'un oiseau vole sur la ville où tu étais, et tu imaginais les bâtiments, comment ils étaient positionnés. Donc, c'était vraiment un changement de vision. Et donc, là, je me suis dit j'ai pas trop le choix, quoi. Je dois reprendre. Et en fait, j'ai repris des cours de dessin pour me réhabituer à ça. Et ce qui était très, très marrant dans le cours de dessin, c'est qu'en fait, je demandais jamais rien au prof. Le prof passait, tu vois. Et moi, je disais, non, mais non, je suis très bien là. Je suis dans mon monde, je crée. Et j'arrivais à faire des créations. J'étais genre... J'étais bluffé par moi-même en me disant, mais en fait, il me sert juste d'assurance, le prof qui est là. Mais à aucun moment, il me donne un conseil ou quelque chose, en fait. C'est juste un moment que je m'accorde pour moi-même, une heure, toutes les semaines. Et pendant cette heure, il arrive plein de surprises que je ne pensais pas imaginer, quoi. J'étais avec des groupes des gens qui étaient passionnés par le dessin, qui étaient là aussi pour ça. Et donc, je faisais juste mon petit truc. Je suis revenu chez moi avec mon petit dessin, et puis voilà, quoi. Et à frameuseur de ça, je me dis, en fait, peut-être que j'ai quelque chose, tu vois, déjà j'adore ce moment-là où je me sens à l'intérieur d'un monde que je connaissais pas de moi-même. Et quand je suis parti en Erasmus à Copenhague, c'est là vraiment qu'il y a eu un énorme changement. C'est que là, j'ai commencé à dessiner dans la rue parce que je trouvais ça marrant. Je me suis dit, vas-y, ça avait pas mal de temps que je dessine, j'avais créé un peu mon propre style. En tout cas, j'avais un style qui se dessinait. Et je me suis dit, vas-y, j'ai envie de confronter ce que je fais au regard des autres. C'était un peu un défi que je me lançais. En disant, tiens, vas-y, je n'ai jamais été ici dans la rue. Et donc, le premier jour, je me rappelle, j'étais terrifié. Parce que je suis quand même timide. J'étais terrifié. Et je me suis mis en face d'un restaurant dans la rue. Où tout le monde nous regardait. Et je n'avais même pas apporté de tapis ou de draps, rien. Je me suis vraiment mis, assis sur le sol. Et donc, j'avais mis une toile par terre. et je dessinais sur la toile. Basique. Et je m'apercevais, bizarrement, que les gens s'arrêtaient, ils regardaient quelques instants, et ils repartaient. Et de temps en temps, les gens venaient me voir, en me disant, vous êtes artiste, qu'est-ce que vous faites là, pourquoi vous êtes dans la rue, assis comme ça ? Et ça créait vachement de connexions humaines que pour moi, c'était inimaginable, dans la rue. Pour moi, tout le monde allait passer, même pas me regarder. et en fait j'ai eu des connexions avec des artistes en France que j'ai revus après et je me suis dit en fait c'est fou c'est fou, je me suis fait un monde monde de l'art et donc après j'en ai fait un business dans la rue donc après j'imprimais des dessins je les vendais dans la rue je faisais des cercles pour attirer les gens et du coup j'ai fait plein de rencontres comme ça et je me suis dit vraiment que là il y avait un pouvoir de la créativité qui était fou, qui était totalement inexploré chez moi et que je voulais vachement creuser. C'est un peu comme ça que c'est né.
Loïc Et le mariage avec l'exploration, du coup ?
Léo Ça s'est fait progressivement. Le mariage avec l'exploration, il est né des voyages que je faisais. De temps en temps, je faisais des voyages. L'été, je travaillais un mois et je repartais un mois voyager. et pendant ces voyages-là vu que j'avais pris des cours en architecture du paysage de dessin pour passer le concours je me suis dit, ce que j'ai appris je vais le repartager parce que je n'ai pas trop l'idée de se dire, je vais dans un pays et je repars j'aimerais bien apporter quelque chose organiser un événement et donc les gens venaient à mon événement et donc je leur enseignais ce que j'avais appris en autodidacte, quasiment, sur le dessin, sur la peinture, sur qu'est-ce qu'un dessin, en fait. Et les gens repartaient avec des grandes étoiles dans les yeux, j'étais là, tiens, c'est peut-être qu'il y a quelque chose à faire. Et donc, en fait, à chaque fois que je voyageais, je faisais un événement comme ça. C'est vrai que j'en ai couché, j'en ai organisé beaucoup. Parce que du coup, après, j'en faisais plus un seul par voyage, mais je refaisais quasiment chaque semaine. Donc ça commençait à devenir assez important. Et après, du coup, je commençais un peu à m'ennuyer, parce que c'était toujours le même type d'événement que j'organisais. Et après, je me suis dit, vas-y, je vais faire la même chose, mais dans des lieux un peu insolites. Donc, on a fait des cours de dessin dans un supermarché, dans un bar, dans un parking souterrain. Et du coup, ce qui m'a intéressé vachement, c'est d'apporter la surprise aussi aux gens. Et donc, voilà, c'est un peu né comme ça. Le côté aventure, c'était vraiment me lié au voyage. où je commençais petit à petit à amener l'art comme un moyen de communiquer comme un moyen de rassembler en voyage et quand j'ai commencé à faire des plus gros treks par exemple je suis parti dans les Balkans faire 1300 km à pied pour voir ce que c'était d'être dans la nature sauvage avec les ours et les loups et sur le chemin il y avait plein de personnes que je croisais qui parlaient pas parfois ils parlaient pas du tout anglais donc en fait on dessinait ensemble j'avais toujours une boîte d'aquarelle dans ma valise dans mon sac à dos avec des pinceaux, avec plein de choses et du coup à chaque fois je leur disais si vous voulez on peut peindre et les gens étaient tellement contents de redécouvrir la couleur
Loïc mais du coup tu faisais quoi ? tu sortais le papier un pinceau, tu leur donnais et c'était parti ?
Léo ouais c'est ça, on dessinait ensemble où je faisais la moitié de la feuille et à la fin on avait un souvenir commun sur une même feuille d'un moment passé, d'une émotion passée et moi je trouve ça fantastique j'ai regardé des souvenirs incroyables et les gens me remerciaient à la fin et je disais, pour moi je comprenais pas en disant, oui mais c'est juste un dessin oui mais n'en faites pas trop c'est juste un dessin mais je crois que je comprenais pas ce que ça crée chez les gens pour moi quand tu vois des couleurs, l'aquarelle, ça te ramène à l'enfance, à l'émerveillement, à la nouveauté, à plein de choses. Même si je n'avais pas de pinceau, des fois, je n'en avais plus, il était un peu cassé. Ils prenaient la peinture avec leurs mains et dessinaient directement sur le papier. Tu voyais le tincelle dans leurs yeux et le grand sourire d'enfant. C'était très marrant à voir. il y avait toute la famille et même les fois j'étais avec des familles j'avais dans les Balkans par exemple un moment je marchais, j'arrivais dans une forêt un peu sombre c'était la nuit qui commençait à arriver sauf que la forêt était remplie il y avait plein de bois partout donc c'était vraiment très très dur de pouvoir mettre la tente et un moment je vois une petite ferme au loin un peu comme dans les films avec la petite fumée qui sort juste avant qu'il fasse nuit nuit donc je vais toquer à la porte et eux ils m'ouvrent et ils me disent viens chez nous, on va trouver une chambre trop sympa et là en fait c'était une famille qui était là et quand je sors la boîte d'aquarelle genre il y a toute la famille qui se ramène en disant regarde ce qu'il a ramené comme si c'était un trésor j'étais genre what ? il parle de mon sac à dos il parle de quoi ? de ma nourriture que j'ai dans mon sac mais non il parlait bien de la voie d'aquarelle et ouais du coup ça crée des souvenirs incroyables
Loïc est-ce qu'il y a une de ces rencontres, un de ces moments de créativité partagée qui t'a vraiment marqué qui a une saveur un peu particulière par rapport à tous les autres il y en a plein
Léo mais en fait si il y a un moment très particulier justement dans l'expédition où je reviens, que j'ai fait l'année dernière en Bolivie, dans le salaire de Uni, il y a un moment qui m'a beaucoup marqué. Le but, c'était de faire 900 km dans le désert à pied et d'aller de village en village pour demander aux gens quel était leur rêve pour le futur. Et quand j'arrivais sur place, ça, je ne l'avais pas du tout prévu, mais en fait j'ai vraiment trouvé une deuxième famille. Les gens m'accueillaient, mais genre avec grands bras ouverts, c'était assez fou. Et en fait, des fois, on passait tellement du temps ensemble et que j'avais l'impression que c'était une famille, que je voulais leur faire vivre une expérience un peu folle, en tout cas moi, que je voulais transmettre. Et par exemple, j'arrive dans un village, c'est dans une maison les personnes c'est une sorte de mini auberge et donc les gens m'accueillent et je passe une journée, deux journées, trois journées pour me reposer et là ça crée vraiment une union assez forte, donc on m'invite à manger avec eux on m'invite à me promener avec eux à aller chercher le quinoa avec eux enfin bref, plein de choses et un moment avant de partir je leur dis est-ce que ça vous dit qu'on fasse une peinture collective qu'on peigne tous ensemble et ils me disent moi je ne sais pas dessiner, je ne sais pas peindre c'est pas le problème, est-ce que vous avez envie de le faire ? et ils me disent oui, et du coup je leur dis vous avez un petit jardin, j'ai vu qu'il y avait plein de vases ils avaient plein de jars c'est un peu comme dans les jardins grecs plein de jars en terre cuite qui étaient là, j'étais là, tiens c'est étonnant est-ce que ça vous dirait d'avoir un dessin sur cette jarre sur une des jars que vous voulez je sais pas, ça peut être un dessin du volcan sacré que vous avez juste en face de votre habitation ça peut être le dessin de votre maison, ça peut être ce que vous voulez et ils me disent ouais ça serait trop cool et donc je passe la matinée à faire un peu l'esquisse sur le vase qu'ils choisissent d'ailleurs le vase qui était assez important parce qu'il appartenait à leur arrière-arrière-grand-mère et donc il avait vraiment une valeur super importante et quand je dessine j'espère qu'il va pas casser faut pas que je fasse un fou mouvement qu'il renverse tu vois j'étais genre super attentif et donc j'esquissais au crayon papier le dessin donc ils avaient choisi leur volcan sacré le volcan Tunupa et après du coup je les ai invités tous à venir dessiner au fur et à mesure, donc t'avais toutes les générations t'avais la grand-mère t'avais la fille t'avais la petite fille et tout le monde s'est retrouvé autour de ce vase et a dessiné sur le volcan donc du coup à chaque fois je leur apprenais à peindre avec l'aquarelle sur où est-ce qu'il fallait dessiner comment utiliser les couleurs et en fait c'était assez fou parce que du coup en même temps je leur posais des questions sur qu'est-ce que ça leur faisait de peindre ils avaient tous des regards pareil étincelants, émerveillés il y avait un côté il y a une phrase de la grand-mère justement en Guadeloupé qui m'a dit tu sais Léo, j'ai jamais peint mais là je retrouve l'émerveillement de mon enfance que j'avais un peu perdu et je me suis dit à ce moment là, waouh ce que je fais sert à quelque chose il y a un côté, parce qu'en fait souvent on me dit on me dit en fait à quoi ça sert l'émerveillement, c'est pas tangible est-ce que ça sert vraiment ? Est-ce qu'on a vraiment besoin ? Parce que par exemple des routes, on en a besoin, une lampe on en a besoin, un ordinateur on en a besoin, mais est-ce que l'émerveillement, vu que c'est impalpable, est-ce qu'on a vraiment besoin ? Et je me dis, à chaque fois que je pense à un souvenir que j'ai, ou que je garde avec quelqu'un, ou dans une expérience, c'est toujours un moment où j'ai été émerveillé, j'ai été étonné, j'ai été surpris, j'ai retrouvé une pulsion un peu d'enfance à l'intérieur et pour moi c'est le plus beau des cadeaux de s'émerveiller et d'émerveiller les autres
Loïc je trouve que c'est des
Léo pour moi en effet on est des êtres de souvenirs et on se fabrique une vie sans les souvenirs passés et actuels et le fait d'être dans l'émerveillement sans le savoir va créer une réalité différente parce que sa vie sera différente ensuite en tout cas moi c'est ce que j'imagine le côté positif
Loïc ça a été quoi au delà de ce que tu viens de partager tes découvertes par rapport à la question que tu posais à tous les gens que tu as rencontrés c'était uniquement le salaire de Uyuni en Bolivie ou tu as bougé ailleurs aussi dans d'autres déserts
Léo non non c'était le le salaire ouais c'est le seul salaire
Loïc ça a été quoi les les découvertes les apprentissages que t'as pu avoir par rapport à cette question que t'as posé à ces gens là
Léo bah les découvertes moi je dirais qu'il y en a je dirais peut-être 3 tu vois bah je m'étais toujours posé quand même si les gens en fait pouvaient rêver dans un désert ou plutôt s'autoriser à rêver dans un désert il y avait un côté où je me disais moi petit on m'a souvent dit arrête de rêver trop grand parce que toi t'as tout le confort que t'as besoin mais il y en a d'autres qui ont pas ce confort là qui peuvent pas rêver et je me suis toujours demandé est-ce que c'était vraiment vrai tu vois est-ce que vraiment les gens qui ont un peu moins de confort qui vivent dans des zones isolées est-ce qu'ils ont moins de rêves pour le futur ou est-ce qu'ils se restreignent parce que du coup ils ont un quotidien difficile, ils doivent chercher de l'eau, ils doivent trouver de l'argent, ils sont un peu dans la survie. C'était une grosse question que je me posais. Et donc, en fait, moi, ce voyage m'a confirmé dans l'idée que les rêves et l'émerveillement, la créativité sont vraiment universels. Et tant mieux ! Vraiment, tant mieux ! Parce qu'en fait, moi, j'ai découvert là-bas, ils m'ont mis une grosse claque, vraiment. ils m'ont fait encore plus rêver que ce que je rêvais avant c'est vrai vraiment ils m'ont retourné les préconçus que j'avais qui étaient quoi d'ailleurs en fait quand je suis parti dans le désert donc c'était un l'expédition qui a mis à peu près un an à la réaliser, à la préparer, à trouver des sponsors, à trouver des médias partenaires à faire l'itinéraire donc c'était un an de préparation et pendant cette année de préparation je me suis dit ok j'ai aucune certitude en fait que ce que je suis en train de chercher je vais le trouver parce que je me suis dit peut-être que quand je vais arriver sur place chaque personne va me dire non j'ai aucun rêve je sais pas peut-être je sais pas parce qu'en France quand je demande est-ce que t'as un rêve est-ce que tu voudrais réaliser quelque chose est-ce que t'as un projet la plupart des gens me disent je sais pas et donc je m'étais dit par miroir que ça serait pareil dans le lésert ils me disent récemment je sais pas et tant mieux ils m'ont donné vachement faux et ils m'ont changé la conception du monde et je les remercie pour ça et en fait ils m'ont prouvé qu'eux avaient des rêves incroyables et surtout qu'ils étaient en train de les réaliser par exemple j'ai croisé Jimena qui était dans un petit village où il y avait une petite maison, deux, trois maisons. Et elle, son rêve, c'était d'avoir sa propre maison, parce que là, elle était dans sa maison de son grand-père, de pouvoir bâtir une petite maison un peu plus loin, avec une grange, et pouvoir avoir des vaches, et pouvoir changer la fabrication du fromage qu'il y a actuellement en Bolivie pour apporter notre diversité. Parce que les vaches, du coup, dans le désert, c'est compliqué. Il faut avoir une oasis. Enfin, il faut avoir de la végétation. Et là où j'étais, du coup, elle était juste à côté de l'oasis. Donc c'était vraiment un entre-deux entre désert et oasis. Et elle, elle m'a expliqué droit dans les yeux, ouais. Puis après, peut-être que j'aurais des chevaux et je ferais comme une co-girl et j'irais attraper les vaches avec mon lasso.
Loïc Ah ouais.
Léo Je me suis dit, wow ! Je m'entendais pas à ça. C'était la première interview. Et je me suis dit, waouh, je m'attendais pas. Et du coup, elle m'a expliqué comment elle allait faire pour faire du fromage. Et je trouvais ça bluffant, tu vois. Je suis allé dans un autre village. Quand je suis arrivé, je voyais quelques personnes qui étaient à côté d'une habitation. J'y vais. Et à la fin, je m'aperçois que c'est une école. Et du coup, l'enseignante était rentrée. et donc on va dans l'école, on demande si on peut discuter avec tout le monde et du coup ils nous reçoivent vraiment avec de grands sourires et donc on parle un peu du projet et on propose une interview à la professeure qui elle nous dit que son rêve c'est de pouvoir jouer de l'accordéon parce qu'elle est passionnée par l'accordéon mais surtout parce que ça peut aider les enfants à apprendre ça peut les pour elle le pouvoir de la musique est assez transcendant et que si jamais elle mélange l'apprentissage à la musique ça va réveiller la créativité chez les enfants et donc ils vont pouvoir apprendre bien mieux et j'étais bluffé aussi je me suis dit ouais tu vois ça c'est deux rencontres tu vois il y en a eu 28 ou 30 on avait fait pas mal d'interviews et on a récolté 120 rêves au total parce qu'après on leur demandait de les peindre sur l'aquarelle et là c'est trop beau de pouvoir tu les voyais vraiment imaginer leurs rêves et de se dire ok mon rêve maintenant comment je peux le matérialiser en peinture et ça demande vraiment un exercice d'imagination et tu les voyais vraiment dans le regard qu'ils étaient en train de chercher de chercher la couleur, chercher le matériau qu'ils voudraient, d'une partie, de concrétiser un peu ce qu'ils imaginaient. Et c'était trop beau. Après, on leur reposait notre interview sur s'ils pouvaient réexpliquer leurs rêves mais en montrant leur dessin. Et là, c'était rayonnant. C'était une autre interview. Ils parlaient avec une émotion.
Loïc Ça va être fascinant de voir les différentes étapes par lesquelles les gens passent au fur et à mesure qu'ils débloquent cette créativité dont on parlait. d'ailleurs je sais pas, est-ce que t'as eu le sentiment dans ces coins là tu vois où peut-être la vie est plus difficile que ce à quoi on est habitué nous en France est-ce que t'as eu le sentiment que leur créativité de manière générale elle est bridée autant que chez nous, chez les adultes ou pas forcément ah oui c'est pareil c'est pareil ouais
Léo je sais pas trop pourquoi dès qu'on devient adulte le côté sérieux qui revient je pense que c'est vachement lié à l'extérieur ma grand-mère me répétait tout le temps il faut que tu sois sérieux Léo tout ce qui n'était pas sérieux pour moi je ne le faisais pas donc essayer de créer pour moi d'un côté c'est pas être sérieux c'est s'amuser pour moi créer une boîte c'est pas être sérieux ça peut être cool de le faire ça peut être marrant de le faire et je pense on est vachement influencés sur le regard de l'autre, sans le savoir, même si on pense qu'on ne l'est pas. Mais après, le truc, c'est que je me rends compte que même les adultes, dans un petit village, à l'autre bout du monde, dans un désert, ou partout dans le monde, dès que tu les rassures et dès que tu leur dis si tu peux le faire, tu fais juste un tout petit point coloré sur la feuille, et après c'est fini. Et là, c'est parti. il y a un côté où ils font un petit point et d'un seul coup le petit point se transforme en carré, puis après en montagne après en soleil la première impulsion c'est l'impulsion et après ils sont partis, c'est marrant c'est assez fascinant
Loïc ce que tu expliques sur le fait que quand on devient adulte il y a un truc qui se passe le sérieux s'installe même dans des coins encore plus isolés peut-être que le salarié de uni comme le Groenland là c'est pareil, c'est exactement la même chose le constat que tu fais quand t'arrives par rapport à l'art enfin à la créativité pardon pour moi il est pareil
Léo chez les enfants c'est vraiment inné en fait on signe l'air la créativité aussi c'est vraiment direct et dessine ils posent pas de questions les adultes c'est plus compliqué il faut vraiment les rassurer et donc je leur disais mais si, tu peux, vas-y, c'est très bien, continue, c'est génial ce que tu es en train de faire. Et souvent, en plus, ce qui est difficile, c'est que la plupart des adultes se dévalorisent. Dès qu'ils dessinent, ils disent, regarde ce que je fais, c'est nul, désolé, j'ai pas un super bon niveau. Et tu vois, il y a un côté où vraiment, je crois qu'on se juge beaucoup. En fait, on est notre propre ennemi. Et en fait, on s'en fout.
Loïc Est-ce qu'on se juge ? est-ce qu'on se juge vraiment soi-même ou est-ce qu'on se juge en s'imaginant par rapport au regard de l'autre ? Moi, typiquement, je pense que si je me projette, en même temps que tu m'expliques ça, j'essaie de me projeter dans la scène, tu me demandes, tu me tends une feuille de papier avec un pinceau, je pense que si je suis tout seul dans mon coin, je me dirais, de toute façon, je le sais, je ne suis pas un artiste, ce n'est pas ouf, mais bon, voilà, j'ai fait un truc. Mais je pense que si j'ai quelqu'un qui a le regard vissé sur ce que je fais, je pense que typiquement, je pourrais m'excuser, tu vois, dire, bah, désolé, franchement, voilà, c'est nul, mais bon, j'ai fait le max. Tu vois ce que je veux dire ? Est-ce qu'on se juge vis-à-vis de soi-même, tu penses, avec tous les gens que tu as pu observer ? Ou est-ce qu'on le fait parce qu'on prend en compte le regard de l'autre et qu'on présuppose que, du coup, il y a un jugement ?
Léo Ah, mais c'est intéressant, clairement. Clairement, clairement. Moi, je n'ai pas de réponse, je ne sais pas, vraiment. Moi, je dirais que le... Bon, c'est un peu des deux, hein. Moi, je pense que le regard de l'autre influence sur notre propre jugement et du coup on cherche à se rassurer en se diminuant en fait en disant regarde c'est nul ce que j'ai fait mais ça va mais je pense qu'en fait on a peur de l'attente que met l'autre en nous sauf qu'en fait cette attente c'est nous qui la créons l'autre en a mais en fait on s'en fout pour moi c'est quelqu'un qui vient me dire fait ça dans la rue et je veux pas m'excuser si c'est nul tu vois je dis j'ai fait ça et c'est cool moi je suis content je suis pas il ya un côté c'est pas chaud qu'on est un des vachement on se critique beaucoup en fait et je pense que ça nous aiderait vachement à être notre propre amis, d'abord. De dire, c'est cool. J'ai vachement kiffé le moment. Pas tellement. En fait, je pense qu'on se occupe plus sur le résultat que sur vraiment le moment. Moi, j'essaie de... J'ai pas mal de workshops, de workshops collectifs dans les entreprises, associations, écoles, tout ça. Et la première chose que je dis, c'est on s'en fout du résultat. Ce qui importe, c'est le moment. C'est que vous vous amusez. Et que vous peignez un triangle ou un super beau personnage, on s'en fout.
Loïc Et à la fin... C'est le process plus que le résultat
Léo qui compte. Ouais, c'est ça. Et à la fin, c'est... Sans le savoir, sans le vouloir, ça crée des tableaux incroyables. Mais parce qu'il y a un lâcher-prise total. C'est de dire, j'y vais, quoi. On s'en fout. Et non seulement, toi, le travail est esthétique, mais en plus, derrière, il y a un souvenir qui est ancré d'une émotion forte, quoi, de s'amuser. des fois j'en fais à 30, 40, 50 personnes et donc t'as un moment de créativité ensemble où la toile appartient à tout le monde c'est assez fou
Loïc trop bien dans toutes tes explorations on a pas mal parlé de la partie créative du coup est-ce que tu associes aussi donc on l'a bien compris tu rencontres des gens et tu leur fais explorer, enfin découvrir ou redécouvrir leur côté créatif mais tu vas quand même dans des environnements qui sont pas mal isolés, voire bien bien, enfin j'allais dire hostile j'aime pas trop ce terme parce que ça laisse supposer que c'est une espèce de combat avec la nature, mais bref des environnements quand même bien isolés, Groenland déserts d'Oueny est-ce que tu te prépares à cet aspect là aussi de tes expéditions, l'aspect peut-être un peu plus physique, logistique, organisation tracés etc
Léo alors ouais franchement au niveau logistique je suis assez mauvais mais je suis obligé je suis obligé d'y passer par là mais c'est clairement pas mon point fort surtout qu'à chaque fois une envie c'est des fois les voyages pour moi ils se préparent souvent deux semaines à l'avance toi dans les Balkans je préparais l'expédition deux semaines à l'avance j'ai acheté le matériel le Groenland j'imagine que non quand même non ? le Groenland ça s'est fait ça s'est fait un peu ça fait un mois à l'avance c'est quand même super court par exemple la Bolivie l'expédition dans le désert là c'est un peu spécial parce que c'est moi qui l'a créé de A à Z ce qui était différent c'est que les Balkans par exemple c'était un GR déjà existant une randonnée déjà existante mais qui est en projet donc elle n'est pas trop fléchée c'est un peu compliqué de se retrouver mais du coup ça me est vraiment ça me semble vachement ceci c'est la via dinarica ah oui j'ai quelqu'un qui m'a contacté pour qu'il a fait ouais ok ok d'ailleurs si les gens veulent se lancer dans une aventure une première aventure c'est une aventure incroyable parce que du coup il ya c'est un bon équilibre entre la surprise parce que du coup c'est c'est des gères qui sont pas trop traversés c'est pas encore très connue. C'est une zone dans les Balkans, finalement, qui est peu connue aussi, et qui a une culture incroyable. Les gens sont super accueillants, les paysages sont incroyables, c'est trop trop beau. Et surtout, moi, ce que j'adore, c'est que tu as une partie sauvage qui est bien présente, avec des ours et des loups. Et il y a un côté aussi, en fait, où tu es dirigé, donc là, tu as des balises, mais par contre, les balises sont mal faites et donc tu te perds très souvent et du coup t'as vraiment un équilibre entre pas trop balisé mais balisé quand même et pour une première expérience c'est parfait
Loïc ok, il y a des ressources quelque part pour trouver des infos là dessus ?
Léo ouais il y en a plein si si je ne serais plus de gars de nom mais je vais trouver pas mal de ressources t'as même des traces GPS parce que du coup t'as plein de tracés différents dans la Vianerica tu l'as en VTT, tu la marches à pied tu as un itinéraire qui passe sur les sommets des montagnes un autre itinéraire qui longe la côte de l'Albanie à la Slovénie donc non non c'est cool c'est une belle liberté
Loïc donc tu as une préparation quand même minimaliste un peu last minute
Léo ouais moi je suis très mauvais en organisation mais c'est pour ça que c'était un gros défi le projet dans le désert en Bolivie parce que du coup ça m'a forcé au début j'étais tout seul je me suis dit ok je vais partir tout seul j'aurai ma GoPro, mon petit drone et c'est bon quoi et donc je vais pas risquer la vie de quelqu'un d'autre mais après le projet a un peu grossi sans le vouloir ça s'est fait comme ça au fur et à mesure et on se retrouve avec 5 personnes dans l'équipe du coup il y a 3 vidéastes et une scénariste donc il y a 3 vignettes qui sont venues avec moi dans le désert en Bolivie et là ça a totalement changé ma vision parce que du coup je ne pouvais plus risquer la vie d'autres personnes et donc la nécessité de s'organiser d'avoir une logistique optimale s'est imposée et donc c'est pour ça que ça m'a pris autant de temps aussi à l'organiser je ne sais plus exactement, ça a peut-être pris 7-8 mois parce que je n'avais jamais pris autant de temps pour moi c'était un énorme défi parce que je suis un peu du genre de dire du jour au lendemain je peux partir dans une aventure et là de faire 6-7 mois juste à programmer à appeler des gens j'avais une équipe logistique j'avais un sponsor logistique Terra Bolivia qui était en Bolivie du coup et qui m'expliquait sur si l'itinéraire que j'avais choisi était safe s'il fallait changer s'il fallait voir un autre itinéraire donc là j'étais aiguillé vachement sur ça donc c'était bien mais c'est vrai que la partie logistique moi j'avoue que je m'embête pas trop et en fait je pense que c'est vachement un danger aussi la logistique, c'est que souvent on veut avoir le meilleur matériel le meilleur itinéraire et comme Mike Horn le dit on a juste besoin d'avoir 5% des réponses à ce qu'on se pose et 95% vont arriver au fil de l'aventure et moi je me pose pas trop de questions juste j'y vais, je prends le matériel j'imagine les scènes qui peuvent passer, par exemple du coup je travaille beaucoup avec l'imagination. Dès que je vais marcher, par exemple, chaque jour, je fais une marche matinale, et je passe beaucoup de temps imaginé. Et pour moi, l'imagination, c'est le pouvoir le plus sous-estimé du monde, parce que c'est un pouvoir gratuit que chacun en soit, mais qui décuple tes capacités qui est assez fou. Et je pense que dans les athlètes que tu reçois, ça doit être ça aussi, le pouvoir de mentaliser, d'imaginer tout ce que tu es capable de faire, toutes les situations qui vont arriver et pouvoir les éviter ou les contourner moi ça me sert vachement par exemple avant chaque expédition ce que je fais c'est que je fais une grande liste de tout ce qui pourrait arriver de mal dans l'expédition par exemple ça en Bolivite je l'avais fait et donc je mets tout ce qui pourrait arriver tout ce qui est mort blessure le fait de rencontrer des mauvaises personnes, d'être agressé, bref, plein de choses. Et après, j'ai deux colonnes en disant j'ai cette situation qui arrive, comment je peux l'éviter ? Et donc en fait, je passe un temps à visualiser la scène qui arrive et j'imagine dans ma tête comment je peux l'éviter. Et si jamais je n'arrive pas à l'imaginer, c'est là que je vais demander à des experts de savoir dans ce cas-là, qu'est-ce qu'il faut faire ? Je vais peut-être demander sur les forums, regarder des vidéos sur comment les gens feraient dans ce cas. Et du coup, une fois que j'ai l'information, je me remets sur mon lit et je réapprends à visualiser la scène avec cette nouvelle information. Donc je fais ça pour prévenir, pour éviter que ça arrive. Et je fais une autre colonne, c'est que si jamais ça arrive, par exemple, toi, de me blesser, qu'est-ce que je fais ? Donc là, j'imagine, je suis dans le désert, je tombe et je me casse le bras qu'est-ce que je fais ? et donc pareil je visualise je me vois dans le désert je sors le GPS de secours mais il est dans ma poche, du coup la poche gauche où est-ce que c'est ? il est dans mon sac, donc là il faut que je mette le GPS dans mes poches tout le temps accroché à un crochet pour qu'il soit toujours accessible, pour que je puisse appeler les secours et donc je visualise tout ce qui pourrait bloquer ce que je pourrais faire
Loïc super intéressant
Léo et donc je fais ça en fait sur plein plein de choses sur tous les points que j'ai je fais ça donc ça prend beaucoup de temps de l'imagination donc à chaque fois que j'ai un temps de repos j'imagine je vais me faire les yeux ok là j'ai ça tac tac donc je suis pas trop préparatif en tant que tel mais je me prépare dans ma tête ouais
Loïc gros travail de visualisation
Léo c'est ça exactement ok
Loïc super intéressant j'ai reçu plusieurs fois sur le podcast Rémi Camus grand aventurier français qui je le mentionne souvent parce que je sais que c'est quelque chose que moi je ne faisais pas dans des projets qui n'ont pas eu tout l'envergure de ceux de Rémi ou des tiens mais bref il parle souvent de l'après projet qui a un peu trois grandes phases la phase de préparation, la phase d'exécution et puis la phase d'après-projet qui est super importante pour digérer, pour faire ses apprentissages. Du coup, est-ce que ça, toi, tu l'intègres ? On a bien compris, la phase préparation, ce n'est pas forcément là où tu passes le plus de temps, en tout cas quand tu pars solo, mais est-ce que sur la phase de restitution, le fait qu'il y ait ce volet créatif dans tout ce que tu fais, qu'est-ce que ça implique une fois que tu es de retour en termes de traitement, de communication, de partage, etc.
Léo Écoute, c'est une super bonne question. C'est qu'à chaque fois que je reviens, je me dis, putain, j'ai très mal géré mon retour. C'est vrai. À part en Bolivie, quand je suis revenu, j'ai un peu mieux parce que du coup, j'avais d'autres bagages. Ça fait la quatrième expédition, la Bolivie, c'était la cinquième. Je commençais à avoir des retours, mais c'est vrai que pour les gens qui écoutent, c'est vrai que dans une expédition, c'est des émotions super fortes, des souvenirs incroyables. Et en fait, c'est vraiment l'extrême, l'extrême du ressenti. Et en fait, le retour, c'est l'extrême dans l'inverse, en fait. L'extrême de ne rien sentir. Parce qu'en fait, tous les trucs de la vie quotidienne paraissent banals, paraissent ennuyants, paraissent chiants. Du coup, il y a vraiment une retombée, tu vois, directe, très rapide. Et en fait, moi, ce que j'imagine maintenant, parce que du coup même si la Bolivie quand je suis revenu en Bolivie ça allait un peu mieux après peut-être pour imager en fait ce que j'ai vécu c'est que toi en Bolivie c'était trois mois de traversée dans le désert sur 900 km il y a eu un accident enfin on va dire il y a eu deux accidents de vidéaste un accident d'un premier vidéaste qui s'est foulé la cheville et du coup qui a dû abandonner le projet il y a un deuxième accident d'un vidéaste qui lui tombait sur le sur le désert la tête la première et donc qui a fait un malaise, on a dû appeler les secours, donc ils sont nus dans le désert. Donc c'était assez complexe, tu vois, une émotion. Il y a eu... En fait, il faut savoir aussi que toi et que j'allais, je marchais dans le désert, j'allais dans un village, je ne savais pas où j'allais dormir, ce que j'allais manger, ce que j'allais boire, si j'allais trouver de l'eau, qui j'allais rencontrer, si j'allais faire des interviews ou pas. Enfin bref, c'était vraiment l'inconnu le plus total, quoi. Et faire ça pendant trois mois, c'était incroyable, mais c'était épuisant. Épuisant, même niveau nourriture, parce que souvent, la plupart des aventuriers explorateurs, dans les expéditions, ils sont autosuffisants. Ils mangent des rations lyophilisées, mais qui sont souvent très bonnes. Un côté où c'est cuisiné, ou au niveau gustatif, c'est bon. Ils savent ce qu'ils vont manger, niveau du goût, quand ils marchent. Moi, quand je marchais, j'avais aucune idée de ce que j'allais trouver dans le village. Donc des fois, je me retrouve avec des chips, avec des biscuits dégueulasses, avec du quinoa pas cuit, du coup niveau mental c'était complexe et du coup j'ai vachement migré et donc en fait quand je suis revenu quand j'ai arrêté le projet j'étais dans un émerveillement total parce que chaque jour j'étais heureux et épanoui et émerveillé mais en même temps j'avais mon corps qui était affaibli au plus possible et je le ressentais vachement et ça c'est marrant parce que le jour où j'ai arrêté l'expédition je suis tombé malade grosse fièvre le classique direct et donc quand je suis revenu chez mes parents pour me reposer et ben ça me posait rigoler je marchais 20 mètres dans la maison j'étais fatigué et j'allais me coucher ah ouais et je faisais ça, je passais mon temps à dormir et je marchais juste quelques mètres et j'étais épuisé et je revenais me coucher et ça, ça a fait ça pendant un, deux, trois mois un mois c'était vraiment c'était vraiment ça c'était vraiment un repos total et je sais qu'en fait le repos équivaut à la longueur de l'expédition donc le repos est à peu près de trois mois
Loïc ok, c'est ça toi le ratio que t'as en tête pour moi c'est un peu ça mais maintenant tu vois je me dis
Léo ce qu'il faudrait que je fasse c'est que maintenant j'aurais bien acheté une petite maison dans la montagne et dès que je reviens d'expédition je vais pas chez mes parents je vais pas chez les amis je vais pas voir d'autres personnes c'est que je me réfugie dans ma petite cabane dans la montagne un peu comme dans un sas je digère ce que j'ai ressenti ce que j'ai accumulé et après je me ré-ouvre au monde parce qu'en fait raconter l'expédition directe à la famille et aux amis c'est...
Loïc Ouais ouais ouais t'es encore à moitié là-bas et puis t'as pas encore processé t'as pas d'énergie puis surtout je trouve que ce qui est difficile encore une fois j'ai pas du tout fait autant de choses que toi en tout cas dans des coins aussi reculés mais c'est que en fait quel que soit le format je pense quand tu sors de ton quotidien d'une zone un peu de confort, de ta routine etc bref quand tu fais quelque chose qui est pas forcément ce que font la plupart des gens autour de toi, en fait c'est très compliqué je trouve de leur expliquer à chaud ce que t'as vécu ou ce qui s'est passé toi t'es encore dans l'émotion t'as tous les chakras ouverts, les sens en éveil bref t'en as pris plein les yeux et là à ton retour le monde a continué d'avancer normalement et quand t'essayes d'expliquer aux gens que tu t'es retrouvé dans le salaire de Yoni avec le soleil qui se couche, une mer de sel, etc. En fait, les gens, ils ne captent pas. Ils sont en train de penser à leur rendez-vous au beurre qu'ils ont oublié d'acheter. Et je trouve que cette phase, elle est toujours très compliquée parce que tu reviens en disant qu'il y a cette envie de partage et puis en fait, en face, il n'y a pas toujours nécessairement le même niveau d'engouement, d'enthousiasme de fou que toi, tu peux ressentir pour ton projet.
Léo Oui, clairement. Mais tu vois, justement, il y avait un... Il y a quelqu'un qui m'a dit un jour que les moments les plus difficiles, ce n'est pas tellement quand tu es dans des échecs, il n'y a personne pour te consoler, mais c'est quand tu ne trouves personne pour fêter les victoires. Il n'y a personne qui comprend tes victoires. Et ça, c'est vrai que c'est un sentiment qui est compliqué. Parce qu'en fait, mes parents, quand je pars dans le désert et que je fais un film, tout ça, ils ne sont pas genre « Waouh, ok, je comprends pourquoi c'est une victoire, tu vois. » Parce qu'en fait, ils n'ont pas vécu ce que j'ai vécu. Et c'est normal. Mais c'est vrai que du coup, c'est spécial de ne pas pouvoir fêter la fin d'une expédition qui a été tant difficile à préparer, à réaliser, au niveau peur. Il ne faut pas croire. Moi, je suis effrayé avant de partir.
Loïc Par quoi, généralement ?
Léo Par l'inconnu. Je pense qu'à la plupart des gens. je pense que moi j'ai un tempérament timide aussi je suis super timide donc c'est vrai que quand je me dis je vais aller parler des inconnus dans un désert le truc aussi c'est que toi je parlais pas espagnol je parlais pas aimara et je me suis dit j'ai pas envie de prendre l'interprète j'ai pas envie de couper la communication entre deux personnes et donc j'ai fait les interviews pour moi même et sauf que au début je comprenais pas ce qu'ils disaient donc on filmait j'avais appris des questions que je voulais donner qu'on m'avait appris et je l'avais répété avec l'accent donc ça je le savais bien mais les réponses qu'il m'a apporté des fois je ne les comprenais pas mais j'ai dit c'est pas grave c'est marrant et c'est pas grave on communique d'une autre façon on communique par la gestuelle par la peinture je comprends ce qu'il voulait dire par la peinture ensuite ou alors ils vont montrer directement en montrant du doigt si jamais je ne comprends pas enfin bref il y a plein de façons de comprendre et je me suis dit ok c'est pas un frein en fait la langue, de pas connaître la langue et moi c'était vachement libérateur et toi j'espère que ceux qui écoutent j'espère que il y a un côté plus libérateur de dire qu'il n'y a pas forcément besoin de parler la langue pour voyager, pour faire des documentaires pour faire en fait ce qu'ils veulent il y a juste besoin d'avoir envie de le faire
Loïc ouais ça ça clairement le coup de la langue c'est génial ton témoignage parce que ça typiquement c'est un truc qui m'aurait peut-être un peu bloqué pas nécessairement pour le voyage l'aventure mais un projet qui implique de rencontrer les gens et d'initier un processus créatif c'est juste génial de voir que c'est carrément faisable et que tu t'éclates à travers ça et qu'il n'y a pas besoin de maîtriser la langue mais je pense que ça fait partie des freins que pas mal de gens pourront avoir le coup de la langue. Oui, clairement. Clément, clairement. Excellent. Qu'est-ce qui arrive du coup ? C'est quoi les prochains projets ? Même si, encore une fois, la préparation, on a bien compris que c'est plutôt à court terme à chaque fois, mais est-ce qu'il y a des formats d'expédition, d'aventure, sans forcément que tu aies déjà les destinations en tête ? Est-ce qu'il y a des formats que tu as envie de réaliser ?
Léo J'ai pas mal d'envie. Je suis en train de réaliser mon premier film. Génial. Qui est une énorme épreuve. Autant j'avais créé plein d'expéditions avant. Cette expédition en Bolivie, c'était une surprise. C'était de créer un film, de faire tout A à Z. Mais j'avais déjà des pré-requis. J'avais déjà des petites connaissances. et surtout c'était le fait de pouvoir m'émerveiller, de rencontrer plein de personnes d'émerveiller les autres donc c'était vraiment dans le concret, dans le réel autant le film c'est un gros un gros défi parce qu'en fait moi j'ai toujours eu du mal de partager les choses alors quand je dis partager c'est vraiment sur les réseaux en blog, en newsletter tout ça tu vois, on partage face à face j'adore, mais j'ai toujours eu plus de mal à partager sur les réseaux d'ailleurs c'est pour ça qu'on trouve pas trop de mes autres expé parce que déjà je pense que je le faisais d'abord pour moi pour me rassurer de plein de choses avant pour découvrir le monde aussi j'ai pas trop l'envie au tout début de partager là du coup je ressens vachement l'envie parce que je trouve que là je me rends compte que le que le monde pourrait être une meilleure un meilleur endroit si tout le monde pouvait être créatif imaginer son monde, dépasser ses peurs, recréer du lien avec les gens. Et donc le film que je suis en train de faire c'est avec Nikita qui est une scénariste, donc là on en fait à deux pour l'instant. Il y a un trailer, le trailer qui est sorti, qui s'appelle Les Réas du Désert. Et le film sort fin mai début juin. Et le but c'est vraiment qu'après que je fasse vivre le film, pour moi, le film, ce n'était pas tellement le souhait de faire un film, mais c'était plus de créer un élément qui permet de créer du lien. De faire plein d'événements après, pour rencontrer des gens, pour aller à des festivals, de revenir en Bolivie pour revoir ceux qui sont dans le film, pour leur montrer aussi. C'était vraiment pour moi un catalyseur de lien social, le film. C'est un peu ce que j'ai envie de faire. Là, je commence un peu à re-réver de pouvoir faire un tour de France et de pouvoir aller dans le plus d'écoles possible pour pouvoir montrer ce film-là. Qui est un film qui nous réveille sur le pouvoir de notre créativité, le pouvoir de notre imagination. Et que s'émerveiller, c'est un besoin qu'on a et qu'on devrait tous essayer de remplir. Moi, je pense que, voilà, c'est... Il y a une phrase que j'aime beaucoup, qui dit, quand on cesse de s'émerveiller, on cesse de croire dans la vie. Et je le vois beaucoup autour de moi. De gens, justement, qui ne sont pas émerveillés, qui sont en burn-out, parce qu'en fait, il n'y a plus de nouveautés, il n'y a plus de surprises. Et donc, moi, il y a un peu, tu vois, trois points que j'essaie de travailler dans le film. C'est la créativité, le renouer avec le lien humain, et les surprises-nouveautés. de s'offrir des surprises et de la nouveauté au quotidien et donc voilà, je fais ça ce film là, et à côté j'anime des ateliers pour reconnecter les gens à leur imagination et mon but en fait c'est de se dire l'imagination c'est le pouvoir qu'on a le plus sous-estimé et quand tu sais imaginer tu peux tout faire et donc mon but en fait c'est que j'utilise une méthode qui permet d'imaginer ce que tu as comme vie actuellement. Donc en fait, tu fais un peu le constat à l'image, en dessinant, sur comment est ta vie. L'avantage, c'est que tu mélanges des images avec de l'écrit, ce qui permet de faire travailler les deux parties de ton cerveau. Donc en fait, dès que tu vois ta vie actuelle résumée sur une feuille à quatre, avec des images et des mots, mais en fait ton cerveau direct l'analyse et crée une émotion donc tu vois direct ce que c'est ta vie actuellement donc ça peut être comment va ton boulot comment va ta vie sociale donc tout ça tu le dessines et en le dessinant tu fais le chemin entre ce que tu imagines les pensées un peu volatiles qui à chaque fois partent et reviennent et les concrétiser dans la réalité dans la matière donc à la fois tu peux les partager aux autres ce que tu ressens de ta vie actuelle mais à la fois tu les partages à toi-même chaque jour, tu peux regarder ta feuille et donc on fait ce même exercice pour ta vie future ensuite en disant qu'est-ce que ça tu pourrais être et du coup pareil le fait de te projeter dans ton imaginaire de ce que tu pourrais être et de l'ancrer dans la réalité en le dessinant et en écrivant des mots fait qu'en fait tu visualises vachement mieux ce que tu, dans la direction que tu voudrais avoir. Donc le but, ce n'est pas d'atteindre ce but. Le but, c'est juste de donner une direction vers ce que tu voudrais être ou avoir. Donc voilà, je fais ça. J'ai un peu ces deux, le film et ses ateliers à côté pour essayer de faire de mon mieux pour faire un meilleur monde.
Loïc Excellent. Tu as déjà une idée du nom du film par curiosité ? Ouais, le nom du film, c'est Les rêves du désert. Les rêves du désert. Ok. Génial. Génial. Eh bien, écoute, c'était absolument fascinant, Léo. S'il y a des gens qui sont intéressés justement par tes ateliers ou qui veulent être au courant de la sortie du film dès que ça arrive, c'est quoi le plus approprié pour rentrer en contact avec toi, pour suivre ce que tu fais ?
Léo S'il y en a des gens, vous pouvez aller directement sur mon site internet. Ça s'appelle leojolyjody.com donc là il y a différents ateliers et sinon pour le film c'est les rêves du désert.com là vous devez tous les infos sur le film si vous voulez par exemple vous inscrire à la newsletter qui donne toutes les infos sur comment je réalise le film donc j'essaie de donner vraiment toutes les étapes de A à Z sur comment j'ai créé l'expédition comment je fais la bande annonce comment je fais le film et donc là ça devrait sortir bientôt et donc j'essaie de donner vraiment des méthodes pour que chacun puisse dire en fait ah ok c'est facile, je peux le faire donc voilà c'est un peu ces deux éléments
Loïc les liens sont en description de l'épisode qu'est-ce que c'est, attends je suis sur le site là c'est quoi cette photo, c'est une patte d'ours là avec les énormes griffes ouais c'est une patte d'ours
Léo c'était dans les Balkans et moi mon rêve, il faut savoir mon rêve c'était de voir un ours en vrai et quand j'étais en fait j'ai fait un petit voyage aux Etats-Unis dans les Vermont, les Vermont c'est rempli d'ours et je passais mon temps j'étais hébergé dans une famille des amis et je passais mon temps à chercher les ours le week-end parce que je m'ennuyais et ma famille me disait mais non mais ne va pas il y a des baies c'est dangereux et justement j'allais au bord des rivières parce que justement, ils s'abreuvent. J'allais justement là où il y avait plein de buissons avec des vies parce que je voulais en voir. Et moi, je suis fasciné par la vie sauvage aussi de rencontrer face à face un ours. C'était un rêve. Et du coup, la pâte d'ours, en fait, c'est un chasseur qui m'avait hébergé dans les Balkans. Et un jour, je m'assois sur une chaise par hasard et en fait, c'était une peau d'ours avec les griffes. et il m'a dit tu vois ces griffes là donc là ça fait vraiment des griffes de World War In elles sont énormes et il m'a dit tu vois là si jamais t'en rencontre il faut vraiment que tu fasses des feux chaque soir parce que ça si t'as quelque chose autour de toi cette bête là autour de toi mon gars fais gaffe quoi et à partir de ce moment là je faisais des feux chaque soir mais par contre dans les balkons j'ai vu un loup j'ai vu un loup à 50 mètres de moi. Et c'était une des plus belles rencontres que j'ai faites. Incroyable.
Loïc Les voyages. Fascinant. Eh bien, écoute, Léo, merci beaucoup pour tout ce que tu as bien voulu partager. C'était super intéressant de découvrir la manière dont tu explores le monde et l'impact que tu as envie de laisser. C'était juste génial. est-ce que toi il y a un message que tu voudrais faire passer en conclusion d'épisode, on a parlé de pas mal de choses mais est-ce qu'il y a quelque chose en particulier qui te semble important de repréciser ou de préciser si on n'en a pas encore parlé
Léo la première déjà, merci Loïc pour l'animation, pour les questions et la deuxième je pense que moi en fait c'est très simple c'est le fait de se dire, une fois que tu considères que tu es créateur et que tu n'as pas besoin de le devenir que tu es déjà en toi en fait je trouve que ça ouvre tellement de portes c'est de se dire au lieu de dire il faut que j'apprenne le dessin en fait je sais déjà dessiner alors peut-être que je dessine pas comment je voudrais le dessiner tu vois ça c'est différent mais de se dire je sais déjà dessiner c'est un changement de mentalité qui est fou c'est vraiment le message c'est vraiment pour moi un message simple mais qui change pour moi la créativité être artiste ou être explorateur ou ce qu'on veut explorateur artiste c'est un mot que j'ai inventé et du coup c'est marrant parce que les gens me disent toi tu inventes des mots comme ça c'est ma réalité j'invente ce que je veux devenir ou ce que je suis et c'est ok et je pense que quand tu changes ta propre réalité comment tu vois les choses la réalité des autres change aussi comment ils te voient je rappelle la première fois où j'avais vachement de mal à porter Explorateur Artist j'ai imprimé un t-shirt, je suis allé dans un festival j'avais mon petit logo, Explorateur Artist et j'étais terrifié je me suis dit putain mais qu'est-ce qu'ils vont dire ils vont tous venir me voir, mais qu'est-ce que tu fais avec Explorateur Artist c'est quoi ce mec et en fait les gens sont venus me voir en me disant ah Explorateur Artist ça veut dire quoi et du coup j'expliquais et en fait je me suis rendu compte que la chose qu'on a le plus peur c'est qu'en fait les gens posent plein de questions et qu'on ne sache pas y répondre mais en fait c'est juste ça pour moi c'est le message que je voudrais faire passer vous êtes tous des créateurs
Loïc génial, j'adore et bien écoute une fois de plus merci beaucoup Léo excellente continuation à toi bonne prépa pour tout ce qui arrive hâte de voir notamment le film et puis tu me tiens au courant de tout ça
Léo Merci beaucoup Loïc pour l'animation comme je l'ai dit tout à l'heure je trouve que c'est chouette d'avoir une conversation qui était plus dirigée vers mon expérience mais on fera la conversation par WhatsApp ensuite sur ta vision des choses
Loïc Merci beaucoup Léo A bientôt A plus. podcast et c'est à partir de 1 euro par mois le lien est en description. Enfin vous pouvez tout simplement parler du podcast à fond autour de vous pour qu'encore plus de gens osent se lancer. Je vous dis merci pour votre fidélité on se retrouve la semaine prochaine pour un nouvel épisode où on va partir en mer avec un binôme de skippers. Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501
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