Les Frappés Les Frappés
Saison 2 EP·077 Expédition #Australie #Mékong #Arctique

07 juin 2022

Échange avec l'aventurier professionnel Rémi Camus

Durée · 1h27 · Transcription disponible

l'aventurier

Le récit

Rémi a fait de l'aventure et de l'exploration son métier depuis plus de 10 ans.

De la traversée de l'Australie en courant, à la descente du Mékong pendant plus de 6 mois, ou encore à sa prochaine expédition qui lui fera rallier Calvi à Monaco, Rémi a fait le choix de vivre ses aventures à fond et de les partager avec le plus grand nombre.

L'essentiel à ses yeux dans tout projets se résume à trois phases : la préparation, la réalisation et la restitution.

Foncez écouter cet épisode bourré d'anecdotes croustillantes avec un invité 100% authentique que j'ai trouvé super inspirant !

🔎 Pour suivre la prochaine aventure de Rémi, qui s'apprête à nager sans assistance et en autonomie de Calvi à Monaco, soit 180km en ligne droite, tout est sur son site et instagram. Rémi a sorti un livre intitulé Aventurier de la vie.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #42 - Vincent Colliard - Explorateur Polaire - Des expéditions pour faire changer les regards sur l'état de notre planète
Épisode #53 - Jessica et Annika Horn - Une vie d'aventures en famille
Épisode #62 - Cloé Dardelet - L'aventure et l'exploration à côté de chez soi

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Transcription

Lire la transcription intégrale

Rémi Quand vous avez une idée en tête, allez-y, allez-y franchement, n'ayez pas peur d'échouer, vous vous casserez la gueule comme tout le monde, comme je l'ai fait. Vous vous relèverez comme tout le monde et vous apprendrez. Et tout ça en fait, ça fait partie de vos expériences. Il faut aller de l'avant en ayant cette envie de toujours faire au mieux, de donner le meilleur de soi.

Loïc Hello, hello ! C'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les Frappés ! Eh bien écoute, bienvenue Rémi sur le podcast ! Salut Loïc ! Je suis ravi que tu te sois rendu disponible aussi rapidement, franchement c'est juste génial, hyper approchable. Je t'ai contacté je pense semaine dernière et boum nous voilà en visio pour cet enregistrement. Donc vraiment merci, merci beaucoup. D'autant plus que tu nous en parleras mais je sais qu'en ce moment tu es pas mal occupé en train de préparer un gros défi qui arrive bientôt. C'est ça. Donc vraiment top, top, top. Et puis je suis d'autant plus content que je te l'ai pas dit même en off mais en fait, bon et là ça commence mal puisque je commence à parler de moi-même avant de te poser des questions. Vas-y, vas-y. Je vais te venir boire ma boisson, vas-y, vas-y. Il y a pas très longtemps tu vois j'ai démissionné, j'étais chez Apple pendant 7 ans et j'ai commencé à me poser des questions sur ce que j'allais faire sur la suite etc. Et c'est à cette période avant le Covid que j'ai commencé à réorganiser des petites expés, enfin des voyages un petit peu qui me faisaient triper. Et en me disant mais ça doit pas être possible de vivre de ça. Et en fait, je suis tombé sur un de tes, exactement à ce moment-là, je suis tombé sur un de tes articles sur LinkedIn. Et donc je regarde ton profil, je vois Aventurier Pro et là je me suis dit punaise mais il y a des gars qui en vivent. Et c'est possible. Alors tu peux nous expliquer ce que ça veut dire vivre de l'aventure mais tu as contribué il y a maintenant 2 ans à ce que je me décide à un moment donné à faire le pas et passer dans l'entrepreneuriat. Donc tu vois, merci pour ça Rémi. J'en suis ravi.

Rémi Et moi j'ai ma question, pourquoi avoir quitté Apple du coup ?

Loïc Ah ça, bon. Et bien écoute parce que l'envie de changement et figure-toi à force de discuter avec des frappés toutes les semaines. Alors maintenant j'ai un peu réduit le rythme depuis que je suis papa c'est toutes les 2 semaines mais pendant un moment c'était un épisode par semaine. Ah oui. Et à force de discuter avec des gens comme toi, comme les filles de Mycorn, tu vois dans le monde de l'exploration, Vincent Colliard, Lourilag, des gens qui ont un peu à un moment donné décidé de construire leur propre destin. Je me suis dit que finalement la vie est trop courte et il fallait que je fonce pour tenter de faire le mien.

Rémi Voilà. Ah cool, cool, cool. Mais c'est bien, je trouve que c'est cool parce que c'est plein d'expériences de vie et peu importe dans quoi on décide de s'embarquer quand on le fait pleinement. Il ne faut rien regretter de se dire j'ai appris plein de choses de mon passé et que c'est ce qui fait ce que je suis maintenant et c'est important. Exactement, ouais, carrément.

Loïc Eh bien écoute, peut-être que maintenant qu'on a dit tout ça, on pourrait commencer par les présentations mais pour le coup de toi, que tu nous expliques un petit peu qui est Rémi, ce que tu fais aujourd'hui et quel a été ton parcours jusqu'à présent.

Rémi Alors Rémi Camus, c'est un aventurier explorateur qui fait ce job depuis plus de douze ans. J'étais auparavant maître d'hôtel dans la restauration, tu vois, j'ai fait huit ans. J'ai un bac technologique en restauration. J'ai arrêté très rapidement l'école après avoir eu le bac. Je voulais aller explorer la restauration, tu vois, et découvrir un petit peu les restaurants, les dessous des cuisines, tout ça. Je trouvais ça passionnant parce que c'est un métier de passion, la restauration. Et je suis quelqu'un qui va toujours à fond dans les choses. J'ai toujours été quelqu'un qui aimait, je veux dire, l'excès. J'aimais bien, voilà, pousser toujours au plus loin. Donc, que ça soit dans n'importe quel domaine, que ce soit au travail, dans les substances illicites. Certaines personnes le sauront parce que je m'en cache pas et je l'ai vécu quand je vivais en Angleterre. Mais j'ai toujours poussé les choses très loin sur les expériences parce que je trouvais que, voilà, j'aime pas travailler, comme dit Dieudonné, travaille pas à la douchette, quoi. J'aime bien, on y va vraiment, quoi, tu vois, on fait, on va vraiment explorer les choses. Et puis, au détour d'une brocante, j'ai attrapé un livre de Jamel Bali qui avait traversé l'Amérique en courant et c'est ce qui m'a donné, voilà, ce bon coup de pied au cul de me dire, mon pote, un peu comme toi avec Apple, tu vois, la vie est trop courte. Autant vivre les choses pleinement et les choses que l'on aime. Et j'avais déjà beaucoup apprécié les voyages que j'avais pu faire dans le passé quand j'étais encore dans la restauration. Mais j'aimais également la rencontre avec les gens et c'est ce qui m'a toujours le plus passionné. C'était cet échange, ce partage qu'on pouvait avoir avec des autochtones, avec des communautés, avec des gens qui vivent dans des endroits très reculés. Ils ont une autre façon de vivre, des fois beaucoup plus terre à terre, beaucoup plus proche de mère nature que l'on peut l'être nous. Des fois, on est un peu trop, tu vois, asphyxié avec notre mode de vie. Et j'avais besoin de ça, de retrouver un petit peu tous ces trucs-là. Et c'est ce que j'ai fait avec ma première aventure lorsque j'ai traversé l'Australie en courant en 2011. J'ai découvert les aborigènes, des gens relativement simples, un petit peu, voire même beaucoup exploités par les Blancs. On ressent cette méfiance quand on rentre dans les communautés aborigènes. Et puis ensuite, en 2013, complètement l'inverse de l'Australie, notamment avec la rencontre avec les aborigènes, parce que là, tu vas vers eux, mais c'est très difficile de se faire accepter. Là, quand t'arrives en Asie du Sud-Est, c'est tout le contraire. Tu as à peine posé le cul sur une berge, parce qu'il y en a un qui arrive avec une bière, avec une cigarette, et tu dis, c'est pas possible, je ne vais pas être tranquille cinq minutes, laissez-moi. Et ça ne s'arrête jamais. Donc, ils n'ont pas du tout la même approche qu'on peut avoir en Australie. Et ensuite, le Tour de France à la nage que j'ai fait en 2018 en partant de Dunkerque jusqu'à Monaco pour faire 2650 kilomètres. Donc, je n'ai pas fait beaucoup de longues et grosses aventures, j'en ai fait que trois, parce qu'une aventure, ça se prépare, ça prend du temps, beaucoup de temps à préparer, ça prend du temps à réaliser, et ça prend du temps à restituer. Et aujourd'hui, les gens, les jeunes qui veulent se lancer dans l'aventure, l'exploration, ne veulent plus prendre le temps. Ils veulent tout, tout de suite, mais c'est cette problématique des réseaux où on veut être connu tout de suite, on veut avoir la notoriété tout de suite, on veut avoir des sponsors de ouf tout de suite. Et en fait, ils ne se rendent pas compte que se forger une notoriété, une carrière, un parcours, d'être crédible aux yeux d'eux, peu importe qui c'est, ça prend du temps et du temps et du temps et du travail. Les gens ne voient que la belle facette, tu vois, de l'aventurier explorateur. Et moi, je leur dis, je fais, vous savez, ce n'est pas juste un rêve bleu, on est sur un tapis volant et on est avec le prince à boubou, ce n'est pas ça. On est en galère, on travaille, dur, dur, on se lève le matin. Moi, je fais mes entraînements tous les jours, tous les matins. Ensuite, c'est du démarchage, de partenaires, monter les projets, ficeler, s'assurer que ça prenne forme, que les valeurs que tu défends coïncident avec celles de tes partenaires et vice-versa. Créer une image virtuelle qui soit dynamique, intéressante, digitale également, qui puisse faire passer un message fort. Et en fait, tu te rends compte que tout ça, ça prend beaucoup, beaucoup de temps et qu'il faut être assidu, motivé et puis, tu vois, avoir une certaine discipline.

Loïc Tu mets le doigt sur un sujet super intéressant. Ça faisait partie des raisons pour lesquelles j'ai voulu lancer ce podcast et interviewer des gens comme toi, qui vont au bout de leur rêve, quelle que soit leur discipline, entre guillemets. C'est justement pour parler de cette face un peu immergée de l'iceberg, ce qu'on ne voit pas en fait. Tu vois, moi, je suis un ancien sportif de haut niveau et en judo. Et c'est vrai que typiquement, les gens, si tu parles de judo à quelqu'un aujourd'hui, il va sans doute te dire, ah bah Teddy Riner dix fois ou vingt fois champion du monde médaillé. Mais il ne voit pas les quinze ans qu'il a déjà passé à suer sur des tapis dix fois par semaine, à perdre 20 kilos pour une compète avant de les reprendre, etc. Enfin, voilà, c'est toute cette partie de sacrifice en fait, où tu n'as absolument personne qui est là pour regarder ce qui se passe.

Rémi Et encore, j'allais dire le judo dans votre discipline, c'est une chance parce que, quand je dis une chance, c'est grâce à Teddy Riner, grâce à David Douillet, ce sport, cette discipline a été mise en avant et ça a été génial. Tu vois, pour tous les autres athlètes qui arrivent par derrière, le judo, ça a quand même, ça marque de fabrique. Tu prends, mais c'est Alban Ivanov qui fait un sketch là-dessus, je crois, sur le lancer de marteau ou un truc comme ça, où il raconte justement l'athlète qui fait le lancer de marteau, le lancer de javelot ou le lancer de disque. Mais c'est un truc de malade. Les mecs, ils s'entraînent comme des psychopathes pour atteindre un niveau d'excellence et ils arrivent le jour J à la compétition aux Jeux Olympiques et ils doivent faire un record, ils doivent établir quelque chose. On en parle juste sur un petit laps de temps et ensuite, bim, on repart dans l'oubli terminé et beaucoup de ces athlètes travaillent à côté, ils ont des jobs en plus à côté parce que malheureusement, aux yeux d'un sponsor, lancer de marteau, lancer de javelot, qui finance ça ? Et c'est là où ça devient difficile, tu vois. C'est pour ça que je dis que ça prend du temps, effectivement, de créer cette image, cette notoriété et qu'il faut que, voilà, si les gens, vous nous écoutez, les auditeurs, comprenez que ça prend du temps, mais dans n'importe quel métier, ce n'est pas parce que, là on parle de l'aventure à l'exploration, mais dans n'importe quoi, vous allez avoir des expériences et des expériences et des expériences et un jour, après plusieurs longues, longues années, vous allez avoir une expertise dans votre domaine, mais ça prend du temps. Ça prend du temps de pouvoir convaincre et de réussir à vivre de cette passion.

Loïc Tu sais, quand je m'en suis vraiment rendu compte de ça, alors on revient sur un exemple du sport, mais je ne sais pas si tu connais Antoine Albeau ? Non. Non, et bien voilà, justement, Antoine Albeau, c'est le sportif plus titré d'histoire du sport français. Il est 24 fois champion du monde de planche, de planche à voile. D'accord, ok. Donc c'est juste incroyable. Et je crois que c'est 24 fois en 26 ans, tu vois. Ah, le mec, il n'a pas chômé. Voilà, le mec n'a pas chômé. Et pourtant, complètement inconnu au bataillon, en dehors du cercle de la communauté du windsurf. Et les articles que je dis, c'est qu'il ne roule pas sur l'or, tu vois. C'est difficile. Même lui doit galérer à trouver des sponsors, etc. Alors que le gars est 24 fois champion du monde d'un sport qui n'est pas le lancé d'avion en papier. Donc, oui. D'accord avec toi sur ça.

Rémi Le lancé d'avion en papier.

Loïc Non, je t'ai dit ça parce qu'il y a une agence de RP qui m'a envoyé des news, une newsletter il n'y a pas longtemps. Je crois que c'était un truc sponsorisé par Red Bull d'ailleurs. Blague à part. Le lancé d'avion de papier qui a eu lieu il y a peut-être la semaine dernière, je crois. Exceptionnel, tu vois. Exceptionnel, oui. Mais OK. Je crois que la première question qui me vient, c'est justement par rapport à cette notion de prendre le temps. Tu m'expliques que tu n'as fait, alors attention, que trois aventures, mais trois expés, mais monstrueuses chacune. Qu'est-ce qui fait finalement que dès le début, tu sembles avoir adopté cet état d'esprit qui consiste à préparer ton aventure dans le détail, la réaliser sur un format quand même plutôt long, 5400 kilomètres, l'Australie, prendre le temps de la digérer avant de te lancer sur une autre, sachant que tu nous expliquais juste avant que tu es plutôt quelqu'un qui aime aller à fond, plutôt peut-être un peu impulsif de ce que j'ai compris, en tout cas avant que tu deviennes aventurier. Donc, comment ça s'est mis en place du coup, cette démarche dans l'aventure ?

Rémi Ça se développe tout doucement. Quand j'ai décidé de faire l'Australie en courant, on m'a dit, en discutant avec quelques personnes, l'aventure, c'est un peu comme le business. Tu montes un dossier de présentation, tu vas démarcher des banques, etc., pour obtenir des financements. Donc, il faut que tu fasses un dossier de présentation. OK. Bon, pour rappeler aux auditeurs, j'ai arrêté l'école à 18 ans, monter un dossier de présentation, moi, à part faire des rapports de stage qui étaient extrêmement mauvais, c'est tout ce que je savais faire. Donc là, il fallait se poser et rédiger une présentation. Quand tu n'as jamais fait ça de ta vie, et puis, ce n'est pas la même chose entre faire un rapport de stage où tu n'en as strictement rien à faire et faire un dossier de présentation pour une aventure qui, potentiellement, peut te coûter la vie et dont tu es follement passionné. Et c'est là, tu vois, où tu as la nuance entre, je fais quelque chose parce qu'il faut que je le fasse, c'est des ordres, une obligation, et tout d'un coup, tu dois faire un truc parce que tu es passionné par le truc, tu te dis, c'est juste trop bien, il faut le faire. Et donc, je me suis plié à cette tâche, chose que je ne connaissais pas du tout, donc il a fallu apprendre, à rédiger, etc. J'ai toujours mon premier dossier de présentation. Des fois, je regarde, je me dis, mais mon Dieu, comment j'ai pu présenter un truc aussi nul, aussi moche que ça, bourré de fautes d'orthographe avec des photos mal taillées, tout ça. J'ai fait, mais c'était... Et en fait, ce que je trouve super intéressant, beaucoup m'ont posé la question, on me dit, mais si tu devais revenir en arrière, est-ce que tu referais tes aventures pareilles, tes préparations, etc. Et en fait, oui, je referais tout pareil parce que, eh bien, je reprends exactement ce que je disais tout à l'heure. Tu fais de l'expérience et un jour, tu vas acquérir une expertise dans un domaine. Et je pense que tout ça, ça m'a permis de me fabriquer, etc., de me développer et de comprendre la dynamique dans laquelle je voulais évoluer. Donc, j'ai compris rapidement que la phase de préparation était nécessaire. Je savais qu'il y avait cette phase de préparation qui était vraiment très, très importante. La deuxième phase, effectivement, la réalisation, tu mets en place ton projet. Jusque-là, tout va bien. La phase de restitution, la dernière phase, je comprenais moyennement cette thématique parce que l'aventure était terminée. Je ne savais pas trop comment la mettre à l'écrit, en vidéo. Je ne savais pas trop quoi en faire. Et donc, souvent, je laissais tomber parce que, c'est bon, on se rend faux. J'ai fini l'aventure, c'est fini. Et c'est là où tu te rends compte que, justement, non, si tu veux que cette aventure puisse perdurer et créer quelque chose, un engouement, et ensuite, tu vois, de faire un cercle virtueux, la boucle est bouclée, tu prépares, tu réalises, tu restitues, c'est vraiment ce triangle solide. Si tu le fais correctement, tu sais que tu peux plus ou moins passer du hockey. J'ai fini, j'ai fini le projet, j'ai restitué, j'ai fait de la conférence, j'ai écrit un livre, j'ai fait un film, peu importe. Mais du coup, la boucle est bouclée et je peux passer à autre chose en gardant l'expérience que j'ai vécue de cette première aventure. Et c'est ce qui m'a permis, moi, d'avancer un peu plus facilement vers ma deuxième aventure. En fait, elles ont toutes eu un lien parce que l'Australie, effectivement, j'ai failli crever dans le désert du manque d'eau à boire ma pisse, tu vois. Ça m'a sensibilisé sur la thématique de l'eau, de me dire, waouh, c'est ouf. C'est-à-dire qu'on peut mourir du manque d'eau. Tu dis ça à des enfants ici, dans les écoles, mourir du manque d'eau. Mais ça veut dire quoi, mourir du manque d'eau ? On ne peut pas mourir du manque d'eau. Ben, si, il y a des gens, malheureusement, parce qu'ils n'ont plus rien à boire, on peut mourir parce qu'on n'a plus d'eau. Et ça, ça m'avait vraiment bouleversé. Et c'est ce qui m'a permis de faire, tu vois, mon cheval de bataille sur la suite. Donc, le Mekong, je me suis servi des problématiques que j'ai eues en Australie pour rebondir encore plus, me dire, OK, il faut que je prépare encore plus mon aventure sur tous les points décisifs, sur la compréhension, la faune, la flore. Et il faut que je fasse quelque chose à la suite de ça. Et forcément, tout s'enchaîne logiquement. C'est-à-dire, ta notoriété prend plus de valeur, plus de renommée. Les gens commencent à te connaître. Donc, on vient plus vers toi, les journalistes, etc., les médias. Et c'est ça qui commence à faire grossir. Et c'est là où tu te rends compte qu'il faut restituer, il faut rendre quelque chose. Tu vois, moi, je suis formateur en survie à côté et j'emmène mes stagiaires. Et je leur dis, vous savez, on a ce qu'on appelle la règle de trois, qui est une règle qui est basée sur ce que l'être humain est capable de supporter en conditions extrêmes. Donc, tu as trois secondes d'inattention, trois minutes sans respirer, trois heures de régulation thermique, trois jours sans boire, trois semaines sans manger, etc. Et la fin, il y en a qui sont un peu, c'est un débat un peu ambigu. Il y en a qui disent, c'est trois mois, trois ans, peu importe. Moi, je dis trois années. Non, trois années sans contact social. Et en fait, c'est ce que je leur dis, je fais, malheureusement, cette thématique-là, c'est ce qui nous lie tous. On a besoin de parler et on a besoin d'échanger. On a besoin de partage, on a besoin de rencontre. C'est ce qu'on fait là, tu vois. On échange, on partage et on a besoin de ça. L'être humain a toujours été comme ça. S'il n'y a plus ce moment d'échange, de partage, tout s'arrête. Et la restitution, elle est basée là-dessus pour moi. On s'en fout que tu fasses des conférences dans des plus grandes entreprises, etc. Le film magnifique qui sera vu par des millions de personnes, etc. Mais rien que le fait de pouvoir le partager, même par exemple avec tes amis proches ou une famille, un cercle très, très restreint, eh bien, c'est déjà un échange et un partage. Et ça, c'est extrêmement important, tu vois, de pouvoir mettre des mots, des écrits, montrer des vidéos, des photos, même si c'est juste à deux, trois personnes, tu vois. Mais tu as raconté ce que tu as vécu. Imagine, tu fais n'importe quoi et à la fin, tu ne peux le dire à personne. Tu te dis, putain, mais je ne peux pas... En fait, la raison pour laquelle on fait des choses, c'est parce qu'on aime le dire, on aime le partager. Ce n'est pas de l'égoïsme. C'est juste d'être un peu plus... C'est une belle valeur, tu vois, d'être capable de donner aux autres, de partager, de pouvoir donner de la valeur à des choses que tu as faites, tu vois. Et pour moi, c'est super important. Et c'est ce que j'aime à travers mes aventures, toutes ces rencontres et ce partage. Donc, tu vois, les trois phases, la préparation, la réalisation, la restitution, sont extrêmement importantes. Et c'est mes aventures au quotidien qui m'ont permis, voilà, de prendre conscience de ces trois phases très importantes qui sont décisives. Et c'est un triptyque qui ne fonctionnera que si les trois phases sont respectées.

Loïc Oui.

Rémi Si tu ne fais pas une bonne préparation, la réalisation de ton aventure peut être bancale, voire même mortelle, si tu vas vraiment dans des endroits très reculés. Et du coup, ta restitution, si tu es vivant, tu vas raconter un petit truc. Par contre, si tu es mort, tu ne raconteras pas grand-chose. Si ta préparation était bien, mais que tu décides pendant l'aventure de ne pas faire les choses entièrement, etc., la restitution ne sera pas forcément très bonne parce que tu n'auras rien à raconter, tu vois, ça ne sera pas concret. Et après, même principe, tu fais une belle préparation et que tu as une belle aventure et que derrière, il n'y a rien, là, tu n'as pas de partage. Et du coup, c'est creux. Donc, il faut avoir ces trois trucs-là et c'est toutes mes aventures qui m'ont permis d'aller toujours un peu plus dans la préparation, dans les belles aventures, dans de l'aventure humaine, dans le fait d'embarquer plein de personnes avec moi et que ce soit un moment de partage et de se dire, ce n'est pas je l'ai fait, c'est on l'a fait. Et c'est parce qu'il était là, il était là, elle était là, nous étions là, vous étiez tous là que je suis là aujourd'hui et qu'on arrive à monter sur ce rocher, sur cette plage, sur ce qu'on veut n'importe quoi, sur le haut de la montagne, de dire, putain, c'est grâce à toutes ces personnes. Et c'est ce que je trouve magnifique dans les projets, de se dire, on embarque tout le monde et on donne de la valeur à toutes les personnes. Parce que je me dis, bordel, il y a des gens, ils ont du talent, mais de dingue, et on ne les connaît pas. Et en fait, c'est ce que j'essaye de faire en embarquant tout le monde, de dire, regardez ce qu'il est capable de faire, regardez ce qu'elle est capable de faire, regardez ce que les enfants sont capables de faire avec leurs petites mains, des gamins qui ont 8, 9, 10 ans, regardez ce qu'ils sont capables de faire. Donc, si eux, ils sont capables de le faire, bordel, on peut faire de belles choses, allons-y.

Loïc C'est clair, c'est clair. Mais sur le point, tu vois, du triptyque, je trouve ça super intéressant et ça me fait penser à quelque chose, parce que, récemment, j'ai un auditeur qui m'a contacté, qui m'a dit, franchement, ton dernier invité, c'était super, très inspirant, etc. Mais c'est tellement extrême, ce qui fait, que j'ai eu du mal à me connecter, tu vois, c'était très inspirant, mais j'ai eu du mal à me retrouver dans ce qu'il disait. Et en fait, je vais partager une histoire, tu vois, ça fait écho à ton triptyque, que moi j'ai vécu, j'ai rencontré un gars qui faisait des treks partout dans le monde, en l'occurrence, je l'ai croisé au Népal, et il avait systématiquement un carnet avec lui, donc moi au début, je pensais que c'était un carnet journal de bord, et en fait, il m'a expliqué que c'était un carnet, en fait, pour faire sa restitution de la journée justement. Et moi, je me disais, mais le gars, ça fait 20 ans qu'il marche, il fait des treks en milieu isolé partout dans le monde, en solo, qu'est-ce qu'il apprend au bout d'une journée ? Et en fait, il me montrait, tu vois, des vieilles pages du début de son carnet, je ne pense pas qu'il s'en savait tout le temps, mais il y avait, par exemple, un truc, s'il pluie, casquette. Tu vois, s'il pleut, mets une casquette, en fait, ça t'invite de te prendre la pluie en pleine figure toute la journée. Et en fait, ça m'était déjà arrivé sur un trek en laponisie d'oise, tu vois, de me prendre la pluie pendant 4 jours et d'avoir le visage de rien y voir avec, tu sais, la capuche, tu tournes la tête, tu as ton nez dans la capuche parce qu'elle ne tourne pas, enfin, voilà, alors qu'avec une casquette, tu ne l'as pas. Un détail débile et où je me suis dit, ah ouais, mais en fait, il n'y a pas besoin de partir traverser l'Arctique pour apprendre des choses. Bien sûr. Tu vois, le coup de la casquette, je le fais systématiquement et chaque fois qu'on me dit, mais il va pleuvoir, pourquoi tu parcours avec ta casquette ? Du coup, je partage ce truc, tu vois. Donc voilà, pour les gens qui nous écoutent, Rémi a fait des trucs de fous, 5400 kilomètres à travers l'Australie solo sans assistance, le Mekong, 4400 kilomètres et d'autres aventures dont on va parler. Donc, je suis sûr que tu as appris des tonnes de choses, mais voilà, c'est possible aussi, comme tu dis, chacun à son niveau de se faire sa petite restitution à la fin d'une micro-aventure sur un week-end et déjà d'être capable de partager des choses intéressantes autour de soi.

Rémi Tu vois, on va parler d'aventures. J'ai fait mes 3 grosses aventures et il y en a une qu'on a fait en juin 2021. On a descendu la Loire en radeau. Donc, on a décidé d'organiser ça, à descendre de la Loire en radeau. Sur 12 jours, on a fait 200 bornes à peu près. On n'a jamais autant rigolé, autant passé de beaux moments. Sur 12 jours, je crois qu'on a passé deux nuits, on n'était vraiment que les 3 potes, Valentin, Adrien et moi-même. Et sinon, on a toujours été accompagnés de gens. Et à chaque fois, je dis aux gens sur les réseaux, je fais, mais venez, on est là. Si vous voulez faire un bivouac, venez. Et des fois, on se retrouvait, je me souviens d'un spot, à Charenton, un truc comme ça. On s'est retrouvés, on était une quinzaine sur la plage. J'ai des potes qui sont descendus du nord de la France. J'ai dit, mais qu'est-ce que vous faites là ? On m'a dit, t'as dit qu'on pouvait venir, du coup, on est venus, on veut passer une soirée avec toi. Et on a passé 12 jours extraordinaires de rire, de partage. Il y a des gens qui nous voyaient sur le bord de la rive, tu sais, on était rive droite, en train de descendre comme ça. Et le mec était là, ouh ouh, ouh ouh. Et puis, je fais, ouais, salut. Et puis, il nous faisait des grands signes. Je fais, il nous fait chier, il faut tout traverser et tout ça. Ouais, salut, salut. Et le mec, il sort une bouteille de vin blanc, il fait, j'ai du sans serre. Je fais, on arrive, on s'est fait chier à traverser tout le temps pour aller récupérer la bouteille de sans serre. Et c'était extraordinaire. C'était trop bien. On a passé 12 jours extraordinaires où on a, voilà, partagé, rencontré les gens, des gens qui nous ramenaient des fraises de leur jardin. Et on faisait monter les gens sur le radeau, tu vois, je me rappelle, un monsieur qui était venu nous voir et il n'avait pas pu nous ramener des trucs, il nous avait retrouvés deux jours après, il avait posé une table avec bouteilles de champagne, des petites coupettes, il fait, ah, je vous avais promis de faire des petites coupes de champagne avec des fraises et du, et ben voilà, donc il a écrasé les petites fraises, coupe de champagne et je lui dis, ah, vous n'allez quand même pas partir. Il fait, comment ça ? Je lui dis, ben, vous allez monter sur le radeau, votre beau-fils, il prend la voiture, il descend, vous, vous descendez avec nous, on va faire 5 petits kilomètres et après, on change. Et du coup, c'était ces moments de partage et d'échange que les gens ont kiffé et en plus, on sortait d'une période de Covid qui était un peu compliquée, c'était trop bien ce moment de pouvoir se retrouver, de rigoler et c'est des moments, tu vois, on en revient à ce que tu disais tout à l'heure, il n'y a pas besoin d'aller à l'autre bout du monde pour vivre des choses fortes et de se dire, waouh, on a vécu 12 jours à la Robinson Crusoe où les gens, ils nous voyaient passer quand on traversait les villes, ils se demandaient, c'est qui les pirates avec leur radeau pourri ? Et c'était trop bien, tu vois ? Et c'est ce que je trouve très rigolo dans l'aventure. Après, l'exploration, ça reste plus poussé sur certains domaines mais juste l'aventure, on peut vivre une aventure en quelques jours, quelques heures en partant et juste se promener dans les bois et c'est ça que je trouve assez ouf.

Loïc J'ai eu une invitée, Chloé, c'était vraiment un super épisode parce que justement, c'est une fille qui fait des micro-aventures qui habite vers Grenoble qui a un van et qui régulièrement part en week-end ou long week-end explorer la France. Et donc, quand je l'avais contactée au début, elle m'a dit « Tu sais, moi, je n'ai pas grand-chose à raconter, je ne fais pas des trucs de fou, je ne pars pas traverser l'Amazonie » et justement, je lui avais dit « Mais non, mais il y a aussi de l'intérêt à partager le fait que, comme tu dis, il n'y a pas besoin de partir à l'autre bout de la planète pour vivre des choses fortes. » Et en fait, c'était juste un super épisode parce qu'elle a partagé plein de choses justement de micro-aventures qu'elle vit et j'ai des gens qui m'ont contacté en me disant « Mais je n'avais jamais pensé à aller faire deux jours de raquettes en dormant sous la tente. » Et pourtant, je l'ai fait le week-end dernier et franchement, c'était dépaysant. Donc, je suis 100% d'accord avec toi. Mais pour autant, sur ta première aventure, c'était quand même l'autre bout du monde pour le coup. Alors, tu la qualifierais plutôt d'expédition du coup celle-ci

Rémi de la traversée de l'Australie ? C'était une grosse expédition. Une grosse expédition parce que je ne connaissais pas mes limites. Je ne savais pas les limites du corps humain jusqu'où on pouvait aller de se retrouver dans cette immensité qui fait 14 fois la taille de la France dans un pays où tout le monde veut te bouffer, les serpents, la faune, la flore. Que ce soit en pleine mer ou en plein milieu du désert, tu n'es jamais tranquille. Donc, c'était vraiment quelque chose de vraiment au-delà du dépassement de soi. J'aurais même pu, tu vois, y laisser la vie. Ça ne me dérangeait pas. Je voulais vivre pleinement cette aventure et aller au bout de moi-même. J'avais une revanche à prendre sur mon passé dans la restauration où on dit souvent « Ah, tu n'es que serveur. » et c'était toujours très péjoratif parce qu'être serveur, eh bien, c'est un métier que tout le monde faisait en plus de ses études. Tu vois, tu travailles, tu portes 3-4 assiettes, ça te fait de la thune à la fin du mois pour payer ton loyer. Mais à côté, tu es en doctorat, de médecine, de ce que tu veux. et moi, j'avais fait des études pour ça, tu vois, et je me suis dit que ce n'est pas juste, ce n'est pas comme ça que je vois ce métier parce que c'est un beau métier. Et j'avais une revanche à avoir sur ce métier et puis sur la fierté de mes parents de me dire qu'un jour, mes parents, ils pouvaient dire « Putain, je suis fier de notre gamin de ce qu'il est capable de faire, tu vois. » Alors maintenant, ça va être plus compliqué parce que mon papa, il est mort il y a un mois et je sais qu'il était fier de ma sœur qui vit en Angleterre et de moi, mais c'est ce qu'on essaye à chaque fois de rechercher. Et en Australie, je crois que j'aurais pu aller laisser la vie. Je m'en foutais. Je voulais vivre le truc pleinement, que ce soit physiquement comme mentalement. Je voulais aller au bout de tout ce que j'étais capable de supporter, d'accepter. Et j'ai vraiment vécu des moments très forts, que ce soit dans le bouche australien ou même avec les aborigènes où mon vie un peu décalée par rapport à ce que la plupart des gens peuvent vivre. Et je me trouvais juste dans mon élément, tu vois. J'étais juste bien. Je passais des moments à m'asseoir en plein milieu du désert et juste de fermer les yeux et de sentir le vent chaud qui vient te gifler le visage, les petits grains de sable que tu sens qui viennent te picoter les joues, qui tombent dans les cheveux, tu as le soleil brûlant qui tape, même si tu as ta casquette, tu sens que ça te brûle sur la tronche, tu sens les petites perles de sueur qui coulent comme ça, tu sens le vent frais, ça passe sur tes poils et tu fais putain, on est trop bien. Et c'est un moment qui est suspendu dans le temps, tu n'as pas envie d'être ailleurs, tu as envie juste d'être là et dire putain, mais je ne sais pas combien de personnes dans le monde rêveraient d'être à ma place, mais peut-être pas des milliers, mais au moins des centaines, j'imagine, tu vois, mais qui rêveraient d'être là à vivre ce moment d'être au milieu de Nupar et de se dire le temps est suspendu, je ne sais pas ce qui se passe. En fait, je vis vraiment pour moi, c'est un moment très égoïste et je te l'accorde, mais je vis le moment à fond pour moi et là, là maintenant, je me sens trop bien et je me sens en parfaite adéquation avec ce que je vis. Et c'est ce que je recherchais, tu vois, sur l'Australie, sur cette déconnexion avec ce qu'on pouvait avoir avec notre mode de vie, je cherchais quelque chose qui me coupe complètement de notre mode de vie et de vivre sur des choses beaucoup plus spartiate.

Loïc Tu dirais que ça a vraiment été l'aventure qui t'a, tu vois, qui t'a hooked, dans le sens où une fois que tu as eu vécu ça, que tu as eu cette sensation, ce moment que tu venais d'écrire, parce que j'imagine que ça fait écho à quelque chose que tu as vraiment vécu. Est-ce que c'est là où tu t'es dit, ok, c'est bon, l'aventure, c'est certain, ce n'est pas un test, c'est ça que je veux faire pour la suite ?

Rémi Oui, je pense que ça a contribué à cette envie et je pense que le coup de massue, ça a été de boire ma pisse dans le désert et de me dire, ah ouais, quand même, là tu vas boire ta pisse pour ne pas crever, quand même mon pote, je ne m'étais pas préparé à ça, dans la phase préparation, je ne me trouvais pas dans la douche tous les matins en train de pisser dans un bocal, tu sais, c'est vraiment de la merde, c'est vraiment dégueulasse, non, je ne faisais pas ça, tu vois, donc je ne m'attendais pas du tout à devoir faire ça un jour, dans ma vie et ça m'a vraiment, ça m'a vraiment bouleversé de me dire, waouh, c'est un truc de dingue et je veux que mes expéditions et mes aventures, elles aient un sens encore plus, pas que pour moi, mais pour, pourquoi pas sensibiliser, essayer de comprendre et embarquer les gens sur une préservation de notre écosystème parce qu'on a besoin de préserver tout ça et c'est comme ça, en fait, que je me suis dit, peut-être que, et à l'époque, c'était vraiment du peut-être, qu'on peut vivre de ces aventures. Ça n'allait pas plus loin que ça, je peux te dire que quand je suis revenu du Mekong en 2014, j'ai eu une phase entre, allez, fin 2014 jusqu'à 2016 où c'était vraiment la descente aux enfers où tu te poses toutes les questions du monde de savoir si je suis légitime, si, parce que tu as déjà fait, tu as déjà des faits d'armes, tu vois, tu as déjà des trucs et tu te dis, bordel de merde, mais ce n'est pas suffisant ça et qu'est-ce qui me permet de pouvoir vivre de tout ce métier, de mes aventures. Et tu te poses toutes les questions du monde si ce que tu fais, c'est bien, si tu as, tu as bien développé tes projets, etc. et, et ouais, j'ai passé, ouais, une année et demie, deux ans où, ouais, j'étais en bas, dans le trou et me dire, je ne sais pas ce que je vais faire, je ne sais pas comment on remonte la pente et, et quand tu n'es pas bien entouré avec la famille, tu vois, où les gens te disent, tu vois, ça ne sert à rien ce que tu fais, tu vois, ça ne sert à rien et là, tu te dis merci, c'est vraiment ce que je recherchais, ce qui est bien, c'est que ça me booste et ça me donne encore plus la niaque d'avancer, voilà, donc surtout, si j'ai besoin d'aide, je ne t'appelle pas, voilà, et, et tu essayes de remonter la pente et j'ai mis, voilà, j'ai mis du temps, j'ai réussi à remonter doucement et après, je ne le cache pas, c'est M6 qui m'a permis de remonter la pente facilement parce que on m'a contacté pour faire l'émission sur M6 Wild, la course de survie et ça a été ma bouffée d'oxygène de me dire, putain, il y a des gens qui m'appellent pour ça, quoi, et du coup, je me dis, il y a peut-être un truc là-dessus et ça a peut-être

Loïc sachant que tu l'as gagné

Rémi pour info. Oui, maintenant, oui, mais c'est vrai que c'est ça qui m'a permis de remonter la pente facilement.

Loïc Alors, j'ai pas mal de questions par rapport à ça, justement, ça fait écho à quelques points sur lesquels on avait échangé avec Loury que je crois que tu connais, Loury Lag, mais peut-être d'abord la parenthèse parce que ça fait plusieurs fois que tu la mentionnes, je me rappelle avoir lu ce récit où tu te retrouves après quatre jours sans eau, mais je serais curieux de savoir si tu pouvais nous expliquer un peu ce qui s'est passé, comment tu t'es retrouvé dans la situation où tu as dû boire ta pisse, en fait.

Rémi En fait, il faut savoir que le continent australien, quand tu quittes les côtes australiennes, il n'y a plus grand monde. Il y a quelques grandes routes qu'on appelle la Stuart Highway, c'est l'highway numéro 1, après, tu as l'highway numéro 2, 3, 4, mais c'est juste des grandes routes et après, c'est des étendues. C'est vraiment le désert. Il n'y a pas grand monde, il n'y a pas beaucoup de personnes qui vivent là et je me suis retrouvé en fait sur ce qu'ils appellent la back road, donc tu prends la route pour aller sur Alice Springs et Alice Springs c'est la plus grande ville dans le centre de l'Australie. Tu as deux routes pour y accéder, soit tu prends la Stuart Highway en partant de Uluru, le gros monolithe rouge qu'on appelle Airstroke en anglais et tu as deux routes, soit tu prends la Lasseter Highway puis la Stuart Highway pour remonter ou alors tu prends ce qu'ils appellent la back road donc tu fais tout le tour en passant par le désert pour aller sur Alice Springs et puis je n'avais pas envie de me taper de la route, je voulais vraiment être sur de la piste, de la terre, de la poussière, bouffer du sable et je trouvais ça rigolo. Donc, on y va, j'avais bien chargé, je savais que ça allait être long et compliqué et tu bois bien plus que de raison, je consommais des fois 10, 15, 20 litres d'eau par jour sauf que, à courir, quand il fait 50 degrés, tu te rends compte que même courir à 10 km heure avec une petite remorque qui fait 40 kg derrière toi, mais effectivement, tu consommes pour pouvoir t'hydrater et moi, je suis quelqu'un en plus, je transpire très très très facilement donc c'est cool parce que ça te permet de réguler et d'avoir la clim au quotidien mais bon, la clim, il faut l'alimenter donc 15, 20 litres par jour, ça fait quand même une grosse quantité de flotte à boire mais surtout à transporter et donc j'avais emmené une grosse quantité et j'attaquais donc la partie du désert pour aller sur Scully Springs je me suis retrouvé avec plus rien, avec plus d'eau du tout dans la remorque il me restait juste tu vois un bout de fond comme ça que j'ai fini dans une bouteille et tu avances, tu avances un jour, deux jours trois jours et plus les jours avancent et moins tu cours vite et plus tu marches et plus tu te poses des questions et plus tu t'abrites la journée pour te cacher du soleil sous un arbre pour patienter pour avoir les températures un peu plus fraîches en fin de journée et progresser pas trop longtemps la nuit parce que tu peux pas consommer trop de ta frontale parce que il faut que tu la préserves pour quand tu t'arrêtes principalement mais surtout c'est que la nuit il n'y a pas que toi qui sort dehors pour aller chasser il y a d'autres bestioles qui ont faim et donc il n'est pas rare des fois de voir passer des gros des gros iguanes énormes qui passent devant toi ou des serpents il faut savoir qu'en Australie les serpents ce n'est pas tous tes amis il y en a certains ils sont mortels pour l'être humain surtout là où j'étais en plein moment de désert et tu te retrouves à devoir marcher tu as tes oreilles elles sont grandes comme ça tu as tous les sens en alerte tes oreilles elles font presque 30 cm de diamètre c'est des vraies paraboles le moindre craquement tu as ton couteau à la main tu dis non j'ai pas peur ne t'inquiétez pas tu es prêt à sauter sur tout ce qui bouge donc effectivement tu essaies de privilégier très tôt le matin et le soir pour pouvoir essayer d'avancer un maximum et puis tu ressens la douleur en fait la déshydratation on l'a tous vécu et je pense que toutes les personnes qui écouteront ont déjà vécu ce moment là tu as le mal de crâne c'est la première chose que tu as quand tu es déshydraté tu as l'impression d'avoir la tête dans un étau où il consert violemment donc c'est très dur à supporter mais quand tu pousses l'expérience si je peux parler d'expérience vraiment plus loin et bien tu as des douleurs articulaires principalement au niveau des épaules des genoux vraiment sur les articulations les genoux les hanches les chevilles tu vas beaucoup plus lentement donc tu as des mouvements beaucoup plus lents et ce qui m'a paru très très bizarre c'est la vision tu vois je mets mes mains comme ça là tu as une vision périphérique et je n'ai pas besoin de te regarder à droite et à gauche mais même en te regardant je vois que mes mains bougent donc cette vision périphérique te permet de capter les mouvements si tu as quelque chose qui déboule très rapidement sur ta gauche sur ta droite tu n'as pas besoin de tourner la tête mais tu as vu un mouvement et ça te donne l'indication qu'il y a quelque chose qui va vite mais sauf que toute cette vision périphérique en fait elle diminue elle diminue elle disparaît et après tu n'as plus qu'un en fait tout ça c'est comme si tu regardais dans le fond d'une bouteille de vin c'est très transparent tu vois et tu as juste un faisceau où c'est à peu près net en face de toi et là tu te dis putain la vache et là tu ressens vraiment la difficulté tu as ton coeur qui bat à 8000 parce que ton sang ça doit être à peu près comme de la peinture pour repeindre ton appartement ah oui

Loïc je n'avais pas pensé à ça oui

Rémi en fait ton corps humain pompe l'eau partout où il peut y en avoir et principalement le sang est l'endroit où on trouve le plus d'eau donc tu as un sang qui devient très très visqueux et tu ressens tu as le coeur qui bombarde très très vite pour essayer de pallier à ça du coup ça te fait transpirer énormément tu perds beaucoup d'eau tu as toutes tes lèvres qui sont éclatées donc toutes les muqueuses donc que ce soit ici et dans d'autres endroits voilà qui sont légèrement bien abîmés ou tu n'en peux plus et tu sais tu as les cailloux qui viennent se loger entre les dents avec le sable et avec le vent et quand tu viens quand tu les pètes ça te fait trop mal aux dents et aux gencives surtout tu vois sous les dents ça te fait trop trop mal tu n'arrives plus à avaler tu suces un caillou pour sécréter de la salive mais tu n'arrives plus à rien faire tu vois et là tu te dis ça va loin quand même là on est dans la merde et tu vois c'est là où tu te poses toutes les questions du monde de dire est-ce que est-ce que je suis en train de faire est-ce que ça en vaut vraiment la peine tu vois déjà est-ce que ce que je suis en train de vivre là est-ce que ça en vaut vraiment la peine mais ça m'a permis vraiment de comprendre les choses tu vois j'ai même j'ai même pris une photo de ce moment là le quatrième jour j'étais dans la merde je me suis même dit je vais prendre une photo comme ça si on retrouve un cadavre et bien quand ils verront l'appareil photo ils trouveront la dernière photo et ils verront un mec souriant et qui vivait son aventure et puis si je viens crever j'aurai une photo avec un drôle de souvenir voilà où je pourrais en parler un jour sur un podcast défrappé par exemple et et je me suis retrouvé à prendre cette photo et après à me diriger vers une creek parce que c'est là où tu te dis s'il y a une creek et bien c'est forcément parce que il doit y avoir de l'eau dans un sous-sol tu vois la veine d'eau elle doit forcément encore couler donc on va essayer de trouver quelque chose ici à boire et on va commencer à creuser et ce que j'explique à moi à mes stagiaires c'est que et là c'est pas uniquement dans l'aventure mais c'est dans même dans la vie de tous les jours et ça pour vous les auditeurs c'est un peu un truc qui peut être très très important c'est toujours de poser l'effort fourni et le gain que ça va vous apporter et ça c'est très important de se dire si je mets autant d'efforts dans quelque chose est-ce que à un moment donné ça va payer et en fait si vous avez déjà la certitude que c'est un peu bancal arrêtez tout de suite vous êtes en train de perdre votre temps dans mon cas c'est exactement ce qui s'est passé je me suis retrouvé devant la creek je me suis mis à quatre pattes j'avais une vieille bouteille qui était posée dans le sable tu vois et j'ai commencé à mettre mes deux mains et à creuser comme ça il faut essayer d'apporter un maximum de sable j'ai commencé à creuser j'ai viré le sable j'ai continué et puis là tu transpires quand tu es en plein milieu de l'Australie il fait 50 là-haut le sable il est chauffé par le soleil il est brûlant donc là tu es en train d'enlever le sable tu as les mains limite tu peux faire cuire des steaks sur tes mains tellement que tu as chaud donc tu vires le sable et là tu ne vois toujours pas un changement de couleur au niveau du sable et même pas un peu d'humilité tu dis putain merde tu continues tu continues tu continues et là en fait c'est un cercle vicieux parce que tu ne sais pas où aller l'eau tu ne sais pas si l'eau accoule à 1 mètre à 2 mètres à 3 mètres à 10 mètres tu n'en as aucune idée donc tu creuses pour essayer de trouver un point où tu pourras capter un peu d'eau et en fait c'est là où c'est un jeu qui est très particulier parce que tu vas peut-être passer un temps fou à creuser et à perdre de l'énergie qui sera récompensée par peut-être la même quantité que tu as perdu à creuser

Loïc ouais ouais

Rémi je me suis dit là tu es en train de faire de la merde tu vas y laisser ta vie à essayer de trouver de l'eau dans une rivière asséchée donc c'est peut-être pas là où il faut que tu trouves de l'eau et donc je me suis relevé je me suis dit bon où est-ce qu'il y a de l'eau de l'eau de l'eau de l'eau réfléchissons vite et là j'avais un peu envie de pisser je me suis dit je sais où il y a de l'eau bon ce n'est pas forcément ce qu'on a envie et donc là tu prends la bouteille qui était par terre tu souffles parce que quand elles étaient vides je les écrasais donc je leur confle la bouteille je la regarde hop tu fais attention de ne pas en mettre à côté pour une fois c'est super important parce que quand tu es chez toi tu peux pisser sur les chiottes on s'en fout mais là tu mets tout dedans quand tu es là ah c'est tout super hop tu regardes tu fais ah c'est marrant ça me rappelle une bière rousse que je buvais quand j'allais au pub tu vois je dis bon voilà tu touches tu fais ah c'est un peu chaud un peu comme au pub aussi d'ailleurs bon allez il faut y aller et là tu prends la bouteille et rien que l'odeur en fait ça a une odeur très forte d'ammoniaque chaud c'est vraiment dégueulasse en fait

Loïc surtout avec l'effort que tu avais fourni tu élimines aussi donc exactement

Rémi l'urine reste un déchet à part entière qui n'est pas censé être réingurgité tel quel enfin tu vois surtout avec la concentration de toxines qu'il pouvait y avoir à l'intérieur mais j'avais pas vraiment le choix donc il devait y avoir quoi allez deux centimètres de pisse à l'intérieur et tu prends le tout et tu mets ça dans ta bouche et je me rappellerai d'avoir pincé mon dé pour ah allez et là tu sais elle est rudement forte aujourd'hui celle-là chef vous m'en mettez une deuxième c'est ma tournée les copains j'offre à tout le monde et là ça a fait c'est descendu ça a remonté aussi vite le truc était tellement infâme que mon corps il n'a pas accepté tout de suite et je me rappellerai vraiment de la sensation où c'est j'ai senti où c'est tombé et quand c'est remonté tout est revenu très vite et le réflexe que j'ai eu ça a été de fermer ma bouche très rapidement et tu as le avec le trop plein qui arrive dans les joues et là tu ravales le tout tu dis bon ça c'est fait voilà au moins j'aurais eu ma dose et c'est vrai que ça a été un moment assez particulier de se dire putain j'ai bu ma pisse pour pas crever dans le désert et je me souviens vraiment de chaque détail parce que ça m'a vraiment vraiment marqué et ça m'a

Loïc sachant que là t'étais au troisième jour deuxième jour troisième jour quand c'est arrivé à quatre sans eau je veux dire quatrième jour quatrième jour sans eau

Rémi ah oui et donc c'est là où tu te dis c'est rudement difficile et si moi j'en ai souffert pour ma traversée c'est là où j'ai pris conscience de me dire putain mais il y a des gens partout sur terre et on n'a pas tous cette chance d'avoir de l'eau un robinet avec l'eau c'est clair exactement on se rend pas compte de cette facilité d'avoir un robinet qui coule avec de l'eau claire et limpide et propre à la consommation et c'est là où je me suis dit waouh il y a sûrement des gens qui doivent se battre pour avoir un accès à l'eau notamment certains peuples en Afrique voilà qui doivent se battre pour préserver leur puits ou alors des enfants ou des femmes c'est souvent les femmes et les enfants qui se tapent cette corvée de devoir aller marcher 5, 10 bornes 15 bornes pour aller chercher l'eau dans un puits dans une rivière et le ramener directement dans la communauté et c'est là où je me suis dit il y a vraiment des inégalités et si on veut pouvoir avoir encore cette chance de se dire putain on arrive à boire une eau de qualité parce que en fait on le dit souvent les gens ne se rendent pas compte tu vois de son importance c'est un bien commun qui est vital et ça va bien au-delà de dire mince ma cote en bourse elle a baissé à un moment donné tes priorités elles deviennent de plus en plus restreintes et on redevient sur un instinct animal c'est-à-dire tout ce qui est matériel on n'a strictement rien à foutre de pouvoir dormir dans un bon lit t'en as strictement rien à faire au début tu penses à une bonne douche parce que ça va te faire du bien mais plus le temps passe et même la douche devient futile c'est pas ce qui t'intéresse tu penses à de la nourriture tu dirais j'aimerais bien manger et à un moment donné quand tu te retrouves à plus avoir d'eau il n'y a plus rien sur terre qui te préoccupe la seule chose que tu veux c'est boire et je pense que j'aurais été capable de tuer une personne rien que pour boire son sang et c'est là

Loïc je crois que ça tu l'as déjà dit plusieurs fois et je l'avais lu et ça m'avait marqué parce que je pense que je n'ai jamais connu la soif de la même façon que je n'ai jamais vraiment connu la faim au sens la véritable faim ou la véritable soif comme tu l'as connue mais je peux assez facilement enfin je peux imaginer j'en sais rien mais quand je vois à quel point j'y pense quand je suis j'ai fait une fois une grosse course tu vois un 70 km et il y avait des ravitos partout mais il se trouve que je n'en avais pas pris sur le dernier ravito bon bref j'ai eu soif tu vois voilà soif et ça m'obnubilait pas au point de devenir fou tu vois ou de me dire putain si je croise quelqu'un je lui vole sa gourde mais j'étais parfaitement en sécurité mais de voir comment enfin à quel point ça me préoccupait juste sur quelques heures alors que ça faisait enfin ça faisait que quelques heures que j'en manquais je me dis mais la sensation quand tu es au quatrième jour enfin ça doit être tu deviens fou en fait donc je peux tu deviens fou

Rémi et tu deviens très agressif tu comprends le comportement des animaux pourquoi est-ce qu'ils deviennent très agressifs ils sont capables de bondir très rapidement parce qu'ils préservent un endroit pour manger pour boire peu importe tu comprends pourquoi certaines peuplades sont capables de s'entretuer à coups de machette dans la gueule pour pouvoir préserver un puits et moi je m'en suis rendu compte tu vois quand en 2019 j'ai embarqué avec moi six personnes six néos aventuriers en Australie pour leur faire découvrir le continent australien et les emmener dans la communauté aborigine que j'avais vécu que j'avais rencontré en 2011 et sur le parcours tu vois il y en a plein qui qui qui jouissaient en regardant l'eau ils se disaient ah c'est trop bien c'est de l'eau etc et je me souviens d'une participante qui m'avait dit ah mais c'est pas c'est pas assez dur franchement c'est relativement simple je pensais que ça aurait pu être plus difficile et on était en plein dans le lésert et je leur dis je fais mais si vous voulez je fais la problématique de notre aventure c'est que on n'est pas juste une personne on est un groupe et il faut s'adapter à toutes les personnes on peut pas juste dire égoïstement bah moi je suis là je veux que ça soit comme ça et donc je fais non il faut être capable de mettre de l'eau dans son vin et de trouver le juste milieu entre ce que toi tu aimerais faire ce que l'autre est capable de faire pour pouvoir faire une belle aventure parce que n'oubliez pas vous êtes un groupe et je leur ai dit je fais mais si vous avez vraiment envie d'en chier comme pas possible là tout de suite mais vous me le dites la bouffe on la met par terre d'accord on balance tout on éparpille tout et puis on y fout le feu y'a pas de soucis c'est à moi ça je sais faire je fais la flotte qui reste en haut moi je me déshabille je me mets à poil je prends la flotte et je me lave devant vous je fais puis c'est tout je fais là tout d'un coup on passe le level sur un level un petit peu plus haut et vous allez voir que tout d'un coup de se retrouver sans eau et sans nourriture et bien c'est pas le même engagement et en fait les gens n'ont jamais vécu ça maintenant tu vois en tout cas dans notre contrée en France on a on a encore des gens qui vivent sous le seuil de pauvreté où c'est difficile on a je sais pas si tu connais des gens qui ont des difficultés pour avoir un accès à l'eau accès à de la nourriture mais moi j'en connais pas autour de moi mais de se retrouver dans une situation comme ça vu que les gens ne l'ont jamais vécu et bien moi je le voyais dans le regard des gens où on montait sur un niveau supérieur d'agressivité et je me souviens de Philippe qui était le doyen et on finit l'aventure on a fait 11 jours de marche dans le désert tout ça on est arrivé donc à notre point final on est terminé et je m'en rappelais toujours de ce qu'il avait dit au micro on faisait des interviews avec Valentin pour raconter l'histoire et il nous a dit franchement 10 jours de plus et on se finissait à coups de bois dans la gueule c'est bon heureusement que ça s'est bien terminé les gars et c'est là où tu te rends compte que tu te dis putain la vache pour de l'eau et de la nourriture tu vois on est capable d'aller aussi loin que ça donc effectivement l'eau devient précieux et quand je dis que c'est un bien commun c'est que on a besoin d'avoir une qualité d'eau pour vivre sur terre on vit avec l'eau que vivaient les dinosaures et on doit être capable de préserver tout ça et donc forcément ça passe par la préservation de notre écosystème mais ça a été un riche enseignement de faire ça en Australie en tout cas

Loïc j'imagine et alors après c'est vrai que le reste de tes aventures effectivement le fil rouge c'est quand même l'environnement aquatique si on balaye j'aimerais bien qu'on puisse parler avec autant de détails de toutes tes aventures mais il faut quand même qu'on prenne en compte le temps mais si je me rappelle bien le Mekong il y avait un petit paradoxe c'est que tu étais complètement pour le coup là entouré d'eau mais il n'y avait pas forcément ce paramètre de propre à la consommation il me semble c'est extrêmement polluée c'est ça

Rémi en tout cas sur la partie haute quand tu es au Tibet tu arrives à avoir une eau relativement propre même si la population déverse assez facilement tous leurs déchets dans le fleuve tu vois toutes sortes de trucs possibles imaginables entre les produits phytosanitaires des produits issus des hôpitaux les chaussures les animaux morts on balance tout dans la rivière parce que ce n'est pas encore un fleuve au Tibet et sur la partie haute de la Chine on n'est que sur une rivière qui s'appelle la Lanshan River avant de devenir le Mekong un peu plus bas sur la Chine mais on jette toutes sortes de mer dedans mais la population si tu veux elle n'est pas très importante on est sur une population relativement un peu éclatée ce sont que des petits villages il faut savoir que dans le Yunnan ce sont que des grandes montagnes le Mekong coude dans les gorges pour vivre là il faut aimer la rusticité par contre plus tu commences à attaquer et descendre le Mekong effectivement quand tu attaques sur la Birmanie la Thaïlande le Laos on est sur les montagnes qui s'aplatissent et on n'est plus sur de la plaine donc on a beaucoup plus de population et donc il y a plus de population plus de déchets plus de décharges à celles ouvertes et de déchets qui jonquent chez la surface de l'eau et on se retrouve à aller comme ça tout doucement jusqu'au Vietnam donc effectivement le fleuve augmente en quantité de population et augmente en quantité de déchets donc c'était assez drôle de se retrouver dans un environnement où je manquais pas d'eau pour cette fois-ci comparé à l'Australie mais qui était pas forcément propre à la consommation telle qu'elle d'ailleurs petit point très important les circuits courts ça a été inventé par les Asiatiques ça a été inventé par les Chinois moi je l'ai vécu directement sur le fleuve nous on te dit il faut produire ces légumes là-bas il faut faire du circuit court et je l'ai vécu là-bas parce que la plupart des gens qui vivent sur les bassins de rétention d'eau en amont des barrages vivent souvent sur des maisons flottantes qui sont posées sur le bassin de rétention d'eau et je finissais souvent le soir des fois chez les gens à manger même rituel tu sais tu commences par boire un petit thé vert ensuite on amène de la bière chaude dégueulasse on boit des litres et des litres dans un seul petit verre et on fait tourner le verre entre tous les participants autour de la table donc autant te dire qu'au bout d'une demi-heure la caisse de 12 bouteilles d'un litre y passe entièrement donc je t'ai pas l'envie de pisser que tu peux avoir toutes les 5 minutes derrière tu attaques le riz la bouffe et tous les plats et après tu finis avec de l'alcool de riz où je suis sûr qu'une mobilette démarre au quart de tour bon effectivement tu te dis après avoir mangé on est bien plein dans les deux sens du terme bon effectivement à un moment donné je leur dis je leur fais comprendre que j'ai besoin d'un auto-let donc je leur fais c'est comme ça que tu frottes tes mains pour faire croire pour expliquer que tu as l'auto-let donc je dis ok ils ont rien qui a compris et on était sur une petite maison flottante qui devait faire 4 mètres par 3 mètres avec 2-3 lits superposés très très rustiques une porte qui permettait d'aller sur une terrasse extérieure qui gagnait sur la berge et une autre porte qui donnait sur les toilettes moi je ne sais pas ce que c'était les toilettes on venait juste d'un finir de manger on avait du riz avec du poisson et tout ça poisson qui pêchait impeccable et là j'ouvre la porte pour aller aux toilettes et je fais ah ouais ok donc tu passes la porte et en fait ils avaient juste soudé deux barres donc deux si tu veux en droite parallèle et puis deux autres donc ça faisait comme un genre de hashtag si tu veux donc là tu te mets dessus et si tu veux la surface de l'eau se trouve 30 cm en dessous des trucs donc tu es là tu te mets accroupi hop tu es là tranquille hop faire attention pour pas que la petite goutte d'eau te remonte quand tu fais ploc hop tu es là concentration méditation hop tu lâches tout et là quand tu te relèves tu vois tous les poissons qui viennent et qui viennent bouffer tu fais c'est dégueulasse et là tu te rends compte que le mec le bateau qui lui servait pour se déplacer les filets étaient dedans et que tu le vois en train de remonter les filets avec des poissons et tu fais ah j'ai compris tu vas pêcher tes poissons là-bas espèce de con et c'est ce qu'on mange le soir et en fait on les nourrit bien parce qu'on vient chier directement dans le bassin de rétention

Loïc ok

Rémi et le truc qui est très drôle c'est qu'on allait aux toilettes genre à 3-4 mètres et lui il prenait sa bouilloire il passait l'eau de porte sur la terrasse et il allait juste à l'opposé il prenait l'eau du bassin de rétention qui posait ensuite sur la gazinière qui faisait bouillir et c'est ce qu'on consommait pour le thé tu vois et je fais là ouais effectivement le circuit court est vraiment très très court et je comprends cette petite problématique que je peux avoir des fois au niveau du ventre où je sens que ça gargouille mais tu sais pas trop que c'est assez surprenant tu vois et c'est ce qui m'a c'est ce qui m'a toujours ce que j'aurais apprécié en tout cas en Asie c'était ces moments de partage et de qui étaient complètement décalés par rapport à nous tu vois ouais tu vas pas aller récupérer l'eau des chiottes pour faire boire un peu d'eau à ton pote tu vois tu vois a priori non

Loïc non non

Rémi on reste un peu plus civilisé tu vois et je trouvais ça mais tellement drôle et déconnecté que je trouvais ça passionnant et c'est vrai que cet aspect à l'eau était assez drôle parce qu'on avait l'eau en abondance mais pas forcément de qualité vraiment comme on peut l'imaginer parce que eh bien tout le monde déverse directement toutes sortes de déchets comme on peut comme je viens de le dire tu as toutes sortes de déchets dans le fleuve et en plus de ça en plus des déchets eh bien il y a la fonction des barrages hydroélectriques qui elle vient stopper l'écoulement naturel de la rivière et du fleuve et donc on a des bassins de rétention d'eau qui viennent se remplir effectivement tout le limon et toutes les toutes les mers d'en suspension descendent lentement et on se retrouve à avoir eh bien effectivement des bassins de rétention d'eau qui sont relativement pollués sur sur la partie haute du Mekong

Loïc et tu n'as pas eu de soucis d'un point de vue enfin tu vois dermato tu as passé 6 mois je crois pour faire cette descente du Mekong

Rémi je ne cherche pas j'ai des pieds il faudrait que je te fasse voir des photos mais j'ai des pieds tu ne reconnais pas mes pieds tu te dis sinon il faut avoir un kit tu te changes de pied sinon j'ai eu un pote Josh un pote américain qui m'avait accompagné pour prendre que des photos et je lui dis ce que tu fais c'est que tu prends uniquement que des photos et des vidéos et même si je me fais arrêter par les flics tu filmes et c'est tout tu ne viens pas m'aider tu fais d'accord et quand je suis arrivé à Phnom Penh lui il vivait il avait un petit appartement à Phnom Penh il est arrivé avec un petit bateau pour me filmer prendre des photos à 3-4 kilomètres de l'arrivée à Phnom Penh mais j'en pleurais j'en pleurais j'en pouvais plus j'avais les pieds en vrac mais en vrac j'avais pas dormi c'était 28 heures que je palmais parce que je voulais pas passer cette portion là pour arriver à Phnom Penh deux jours parce qu'il y avait plein de gros bateaux qui sillonnent le fleuve et qui ont une certaine façon de naviguer en fait ils allument la lumière pendant 10 secondes et après ils éteignent la lumière pendant 20 secondes et ils avancent ils continuent et après ils rallument la lumière et en fait ils font tout ça donc toi t'es en plein milieu du fleuve t'es là tu palmes tu fais une lumière une là une là et hop tout le monde éteint et tu fais putain c'est soirée Saturday Night Fever mais il y a l'ambiance mais il n'y a pas la musique et là t'es là tu fais putain les cons et là tout d'un coup ils rallent les lumières ils ont vachement avancé et ça me foutait la trouille parce que je ne savais pas du tout où j'étais j'ai eu une fois où j'ai failli me faire écraser par un bateau je regardais la rive qui me permettait de progresser je voyais des lumières donc ça me permettait d'avoir un point fixe dans la nuit puis d'un coup le point il disparaît et je me dis merde il n'y a plus rien puis là je m'approche un peu plus comme ça je penche ma tête puis je vois un truc un peu bizarre noir qui passe comme ça je prends mon point puis je tape et puis ça fait boum boum en fait il y avait un bateau qui passait à côté de moi et en fait je ne l'ai pas vu il avançait il n'avançait pas vite il devait avancer peut-être à 5-6 km heure moi j'ai avancé à 3-4 donc on avançait mais du coup il est passé à côté de moi et quand j'ai réalisé que c'était un bateau j'ai juste le temps de me bombarder sur la droite parce que je sais que derrière il y a des hélices et puis ils n'ont pas un système très safe au niveau des hélices donc je vais me faire couper les jambes et enfin voilà donc c'est pour ça que je voulais passer cette portion-là avant d'arriver à Phnom Penh de nuit parce que je sais que les bateaux ils arrêtent de naviguer vers 10h-11h du soir parce qu'après c'est trop dangereux et donc ils se mettent au mouillage et ils arrêtent ils arrêtent de naviguer et donc moi je suis arrivé à Phnom Penh deux jours et je me souviens quand je suis arrivé j'ai échoué sur le banc de sable et Josh prenait des photos et il fait Remy, you're dead et j'étais comme ça et puis je fais almost et il me répond je sais plus quoi en anglais at least you didn't lost your sense of humor et je fais t'as raison j'ai pas perdu mon sens de l'humour et j'étais en PLS et je me suis assis sur la plage j'ai retiré mes palmes mes bottillons et j'avais fait exprès de mettre des bandelettes exprès quand tu te soignes sur mes pieds parce que j'avais les pieds mais en feu tu vois j'en pouvais plus et j'enlève ma bandelette entièrement et à un moment donné j'arrivais plus à enlever la bandelette quoi et donc j'ai tout tiré en fait la peau s'était mélangée aux bandelettes donc j'ai tout arraché et sur l'autre pied et bien en fait c'était le contraire c'est les la bandelette elle avait glissé dans le fond de mon bottillon et j'avais le bottillon qui avait collé sur mon pied et sur ma peau si tu veux et là je tirais tout doucement puis je fais ça me fait trop mal et je me suis dit mais qu'est-ce qu'il y a je crois que la peau tout est collé à l'intérieur et en fait j'ai tiré d'un coup pour tout enlever et en fait j'ai tout arraché j'avais toutes les 2-3 on va dire le premier millimètre de peau qui était à vif on ne voyait plus que de la chair surtout au niveau des maléoles de l'autre côté sur le dessus du pied je n'avais plus rien du tout et Josh m'a aidé m'a porté pour aller jusque sur le tuktuk je ne pouvais plus mettre les pieds par terre je n'arrivais plus à marcher tellement que j'avais mal donc le Mekong ne m'a pas laissé indifférent même si c'était une belle aventure ça a été très très douloureux et la qualité de l'eau je pense y était pour beaucoup

Loïc punaise malgré ça tu as continué sur les aventures en milieu aquatique puisque tu as fait le Tour de France à la nage en 2018 oui c'est ça et je regarde un petit peu l'heure et que tu prépares un énorme défi alors si ça te va on passe direct à celui-là parce que les choses sont bien faites normalement fin de semaine je ne vais pas rejoindre de la famille en Corse

Rémi donc tu m'attends là-bas et tu m'attends et tu m'attends donc

Loïc août 2022

Rémi ça sera septembre qu'est-ce que ah c'est septembre ouais ça sera septembre 2022 ça sera septembre 2022 et avec toute une équipe on va tenter de faire la traversée Calvi-Monaco à la nage en totale autonomie et sans assistance quand je dis une équipe c'est que on est toute une équipe à l'organiser mais il n'y a que moi qui sera dans l'eau en train de nager pour faire la traversée et on travaille avec des des scientifiques pour le corps médical pour essayer de comprendre notamment la partie stress du corps humain immergé en milieu hostile et j'ai un rendez-vous demain soir tu vois pour Calais également avec un institut qui est sur Dunkerque pour travailler sur la partie du sommeil en milieu hostile pour voir comment on arrive à générer le sommeil et comment on se comporte donc on va voir pour mettre en place un protocole assez simple et donc l'aventure c'est de partir de Calvi seul et sans assistance donc on est en train de construire une plateforme alors pour la décrire pour ceux qui nous écoutent est-ce que vous avez déjà vu Batman et Robin ? et bien c'est à peu près la même chose on a l'impression que c'est la voiture de Batman version amphibie là pour le moment elle est c'est tout noir entièrement donc c'est un fil de verre et fil de carbone et donc c'est sur

Loïc il est impressionnant pour le moment

Rémi c'est sur une base d'un catamaran avec avec une juste un cockpit qui va me permettre de dormir à l'intérieur et donc la structure chargée on essaie d'avoir un truc qui tourne autour de 160 kg pour pouvoir emmener la bouffe le matériel nécessaire vidéo communication et quand je dis communication c'est pas de la vidéo communication c'est vraiment GPS avec le Garmin in-reach pour avoir un suivi live sur toute l'aventure d'avoir une VH pour communiquer avec le bateau parce que je suis fou mais pas stupide le but c'est quand même de rentrer à la maison vivant on va pas y laisser sa peau le but c'est de rapporter de l'information donc il y a un bateau qui m'accompagne pour la sécurité donc je ferai communication avec eux s'il y a le moindre souci et puis d'avoir une carte, un visuel pour pouvoir me déplacer et savoir où j'en suis mais après ils ne viennent pas m'aider donc à bord il y aura les vidéastes, les dronistes, photographes également un médecin, mon préparateur physique le skipper pour mener à bien le voilier et puis normalement il y aura également deux start-up qui travaillent une qui est très en lien avec l'environnement qui s'appelle Capilum et qui collecte les cheveux dans les salons de coiffure pour les transformer en boudins et collecter des hydrocarbures en mer donc on va déployer ça pendant la traversée et une autre start-up qui s'appelle SeaTrackBox que j'ai rencontré à côté de Saint-Malo là où se fait construire la plateforme et eux ils travaillent sur les conteneurs que l'on retrouve en mer les conteneurs échoués il faut savoir qu'il y a à peu près 12 000 conteneurs qui sont balancés par-dessus bord tous les ans et qu'à l'heure actuelle il n'y a aucune traçabilité et que les gros transporteurs maritimes assurent non pas la marchandise mais assurent le bateau donc ils assurent uniquement que le bateau est bien parti du port d'attache pour aller à son port d'arrivée, point merci s'il y a eu des grosses vagues, une tempête et que les conteneurs sont tombés à l'eau pour le moment il n'y a pas d'assurance là-dessus donc ils sont en train de développer un boîtier qui va permettre de faire de la géolocalisation du conteneur rien ne fonctionne tant que tout va bien dès que le conteneur passe par-dessus bord il envoie un signal dès qu'il commence à couler il envoie un autre signal dès qu'il est à 10-15 mètres de fond parce qu'il y a une voie d'eau et qu'il y a encore un petit peu d'air à l'intérieur ça envoie un autre signal et dès qu'il coule ça envoie la position GPS où se situe le conteneur ça permet d'éviter de la collision parce qu'on peut éviter ces objets flottants non identifiés et après ça peut permettre également à des structures de venir récupérer ces conteneurs pour éviter d'avoir des catastrophes naturelles donc c'est pas en lien direct avec l'environnement mais ça y contribue parce qu'on peut éviter qu'un pétrolier vienne se fracasser le nez sur un conteneur et puis qu'il y ait une voie qui s'ouvre et qu'on se retrouve à avoir une marée noire au large pour arriver après sur nos côtes donc voilà il y a un dispositif derrière pour pouvoir parler d'environnement et d'écologie et ce qu'on essaye de faire à travers cette aventure c'est d'embarquer un maximum de personnes notamment les écoles là on est avec les MFR les maisons familiales rurales et puis j'ai d'autres écoles partenaires sur le projet c'est plusieurs milliers d'élèves qui suivent l'aventure parce que le but encore une fois c'est de sensibiliser d'expliquer pourquoi est-ce que la nature est belle la nature est bien faite mais la nature a besoin d'être protégée de nos actes et de nos faits et gestes au quotidien que si on veut pouvoir continuer à vivre sur une belle planète aussi longtemps et avec autant de personnes il va falloir apprendre à gérer toutes nos belles ressources et l'eau en fait partie donc voilà ce qu'on essaye de faire à travers cette belle aventure et encore une fois ce que j'ai expliqué tout à l'heure en off avant qu'on commence c'est que c'est une aventure humaine et qu'il y a tellement de personnes qui ont de belles valeurs et qui ont des connaissances et des capacités et du savoir-faire dans leurs mains que je trouve que c'est juste dommage qu'on n'arrive pas à les mettre en avant et c'est ce qu'on essaye de faire à travers ce projet et ça montre bien qu'il y a une personne qui a une idée mais si on arrive à fédérer autour on arrive à déplacer des montagnes et c'est ce qu'on est en train de prouver sur cette belle aventure et c'est qu'à la fin voilà il y a un mec qui sort et bien dans le port de Monaco et quand tout le monde dira bravo Rémi pour ta traversée je dis non non il n'y a pas que moi qu'il faut remercier il faut remercier toutes les personnes qui sont là parce que c'est grâce à tout le monde qu'on l'a fait mais également toutes les personnes qui n'ont pas pu venir tous les partenaires qui n'ont pas pu faire de déplacement toutes les personnes qui m'ont tendu la main qui m'ont foutu un coup de pied au cul toutes les personnes qui m'ont encouragé au quotidien la famille à faire ce projet de dingue de traverser Calvi Monaco sans assistance et en totale autonomie

Loïc je trouve que c'est un super message tu vois quelque part le rôle de l'aventurier comme catalyseur de talent c'est à dire que c'est autour de toi qu'il vient de se greffer toutes ces personnes et finalement à travers l'aventure que oui c'est toi qui la réalise mais quelque part elle est co-construite par tous c'est à travers cette aventure tu vois qui se révèle et qui peuvent exprimer leur plein potentiel c'est une super image

Rémi elle est obligatoire tu ne peux pas le faire tout seul l'aventurier seul qui part comme ça je ne connais pas on a tous un backup on a tous une équipe derrière la personne ton gars sûr le mec qui sera là pour n'importe quoi n'importe où que tu peux appeler quand ça ne va pas il y a toujours cette épaule pour venir s'appuyer dessus pour pleurer un bon coup quand ça ne va pas pour gueuler pour taper dans une porc quand tu en as plein de cul je ne dis pas que je passe que des journées exceptionnelles où c'est juste trop bien il y a des jours où je pète des plombs parce que je dis mais ce n'est pas possible ça ne marche pas mais c'est à force de détermination de motivation de remotivation et de discipline qu'on arrive bientôt au terme de la préparation de cette aventure qui nous aura pris presque deux ans pour pouvoir mettre ça en place

Loïc sachant que c'est 180 km tu prévois de nager combien de temps pour les boucler ?

Rémi alors 180 km c'est vraiment la distance c'est en ligne directe exactement sans les courants voilà moi j'imagine qu'on va faire peut-être un 200 un 220 bornes entre les courants les vents ma déroute parce que même si je vais garder un cap pour pouvoir aller sur Monaco et bien tu peux avoir du zigzag etc et les conditions de mer peuvent faire que tu te retrouves à devoir naviguer un peu différemment mais on estime entre 8 et 15 jours alors c'est très aléatoire 8 jours et 15 jours c'est du simple au double mais les conditions sont tellement particulières en Méditerranée je ne sais pas si vous les auditeurs vous avez déjà eu l'occasion de naviguer en Méditerranée mais je me souviens de Sandrine qui est une pote que j'ai rencontrée sur un stage de survie et qui m'avait accompagné pendant le Tour de France à la nage en tant que bénévole et elle avait fait la portion entre entre Cerber je crois et le Barcares un truc comme ça je ne sais plus c'était vraiment la première étape de remise à l'eau en Méditerranée tu vois à la frontière espagnole en Méditerranée et elle me dit en échangé souvent et elle me dit putain mais Rémi trop bien tu arrives en Méditerranée mais c'est trop bien c'est super c'est beau il fait beau c'est calme et tout ça ok super on arrive à Cerber on passe la nuit orage toute la nuit on n'avait pas eu une seule goutte de pluie de Dunkerque jusqu'à Andai on a eu quelques nuages quelques petites gouttes d'eau mais rien d'exceptionnel on arrive à Cerber orage toute la nuit je suis psychos truc de malade le lendemain on se réveille je me mets dans l'eau au niveau du port je sors du port il y avait déjà un petit mètre de houle et de vagues mais irrégulière genre un enfant de 5 mois qui tape dans l'eau dans son bain tu vois et voilà un truc un peu comme ça et là j'avance je sors du port et je passe la petite pointe au niveau de Cerber et là 1m50 dans tous les sens j'ai fait 2 heures j'ai dégueulé dégueulé dégueulé dans l'eau je ne pouvais plus ah ouais un mal de mer de chien je n'arrivais plus à me concentrer tout ça et tu avais Sandrine qui était sur le petit bateau qui m'accompagnait avec Yann j'étais posé sur le bateau je vomissais sur le bateau je n'en pouvais plus et les vagues Sandrine je m'en parlais toujours on est arrivé on est sorti de l'eau Sandrine qui avait une petite touffe de cheveux elle avait les cheveux mais comme ça Jackson 5 un machin comme ça recouvert de sel les cheveux qui tenaient tout seul sur sa tête elle avait du sel dans les oreilles dans le nez je lui dis alors la Méditerranée c'est super la Méditerranée c'est quand même un plan d'eau elle m'a dit putain je n'aurais jamais cru c'est ça moi aussi je n'aurais jamais cru et ça a été comme ça on a eu plusieurs journées de malades en Méditerranée donc je m'attends vraiment à tout et à rien sur cette traversée parce que je sais que la Méditerranée peut être une mer presque fermée mais très très particulière à naviguer parce que on s'attend à tout entre les vents la houle les petits clapos les vagues etc donc ça c'est assez surprenant mais mais quand on arrivera à Monaco je dirais on l'a fait et on l'a fait ensemble

Loïc et là sur cette aventure est-ce que est-ce que le fait d'avoir réalisé tout ce que tu as réalisé avant t'a aidé d'un point de vue sponsoring partenariat ?

Rémi il ne faut pas ligner bien sûr que ça m'a aidé c'est ce que ce que tu as acquis dans le passé c'est les liens que tu as créés les contacts qui se sont créés tissés entre les gens qui ont fait que les gens me font confiance et que je me donne à 100% et ils savent que je fais les choses à 100% pour mettre en avant ce projet qui n'est pas que le mien en fait parce que mes partenaires ils sont pour beaucoup et donc du coup je leur dis c'est pas mon projet c'est notre projet et je veux que vous soyez partie prenante de cette aventure je veux qu'on puisse vivre ensemble le partager ensemble on est en train de caler une conférence de presse fin juin à Paris c'est pour c'est pas que pour parler de Rémi Camus mais c'est pour parler de tous les partenaires toutes ces personnes qui sont dans l'ombre qui apportent un soutien matériel financier etc une épaule et c'est tout ça que je veux que je veux valoriser donc une aventure ça fonctionne parce qu'il y a des partenaires et quand tout le monde joue le jeu ça te fait une superbe aventure et c'est ce que je trouve touchant agréable et après la reconnaissance c'est quand tu as quand tu vas faire une présentation dans une école et que tu as 50 gamins devant toi et que tu fais ta présentation et qu'on n'a pas un seul qui parle et tu entends juste des oh ah et tu as juste des yeux ouverts grands comme ça avec des étoiles dans les yeux et là tu te dis ah ouais je pense que là on a fait mouche c'est cool et je me dis à chaque fois et merde même si sur les 100 gamins que j'aurais vu dans la journée même s'il y en a certains que j'aurais juste illuminé les yeux et rempli d'étoiles peut-être qu'il y en a certains qui vont prendre conscience que ce que je suis en train de leur raconter c'est pas juste de la merde c'est que c'est vraiment des faits réels et ce sont que des aventures authentiques que j'ai vécues de mes aventures et que je partage avec eux et s'il y en a un ou deux qui comprend eh bien la problématique dans laquelle on est et qu'il faut préserver tout ça eh bien je me dis que j'ai gagné et je me dis à chaque fois que ces enfants-là sont potentiellement nos dirigeants de demain et que si on leur donne les clés directement à ces petits bouts de choux peut-être qu'ils feront la différence

Loïc c'est clair

Rémi en tout cas je pourrais partir de ce monde en disant en tout cas j'ai essayé de faire mon taf j'ai essayé de faire ma part du boulot et j'aurais pu enseigner partager et donner de la valeur à des choses qui me tiennent à cœur à des enfants voilà génial

Loïc écoute franchement super super inspirant moi j'ai une dernière dernière question qui n'a aucun rapport avec l'aventure enfin je crois j'en sais rien c'est un tatouage maori que t'as ?

Rémi c'est un tatouage marquisien

Loïc marquisien

Rémi ouais fait au marquise ? non fait à Annecy oh la vache il est énorme fait à Annecy ouais

Loïc ah ouais

Rémi ouais ouais et c'est quelqu'un qui est extrêmement doué et tu lui racontes ton histoire pendant une heure et demie et après il dessine et il raconte ton histoire et donc il m'a dit on attend qu'il cicatrise et tu viens me voir au mois de juin et tu poses une caméra et je te raconte ton histoire et tout ce que j'ai fait pooh

Loïc c'est énormissime je t'ai dit

Rémi j'aime pas faire les choses à moitié tu vois ma compagne elle m'a dit Laura m'a dit mais tu me dis je vais faire un tatouage je vais faire un tatouage ça fait 8 ans que je voulais en faire un elle m'a dit ok mais tu vas faire un petit truc et quand je suis revenu elle m'a dit ah ouais tu fais pas ah j'ai dit j'aime pas faire les choses à moitié c'est soit on fait un petit papillon là je vois pas du tout l'intérêt on y va vraiment bordel

Loïc bah écoute sans rire faut que tu m'envoies l'adresse parce qu'un peu comme toi tu vois ça fait des années que j'ai réfléchi et en fait j'étais rentré dans un tatoueur bon là on s'écarte carrément de sujet mais en Nouvelle-Zélande et j'étais quel âge j'avais quand j'y suis allé 17 ans solo et j'ai flippé quand j'ai vu la taille des dessins je lui ai dit ouais je reviens et puis je suis jamais revenu mais il est magnifique donc moi j'ai la chance de l'avoir vu en vidéo mais voilà donc envoie-moi tout ça

Rémi avec plaisir mais toi pour conclure et par rapport à ça et bien c'est exactement la même chose allez au bout des choses vous les auditeurs quand vous avez une idée en tête bordel allez-y allez-y franchement n'ayez pas peur d'échouer on parle pas forcément du tatouage n'ayez pas peur d'échouer vous casserez la gueule comme tout le monde comme je l'ai fait vous relèverez comme tout le monde et vous apprendrez et tout ça en fait ça fait partie de vos expériences et un jour vous viendrez expert dans un domaine et en fait vous pourrez vous dire toutes ces années que j'ai passé à faire des à faire à faire quelque chose et bien ça m'a servi maintenant et c'est ce qu'il faut c'est ce qu'il faut retenir et il faut il faut aller de l'avant en ayant voilà cette envie de toujours faire au mieux de donner le meilleur de soi

Loïc écoute moi c'est vraiment ce que je retiens de l'échange tu vois tu nous l'expliquais que la vie d'explorateur pro c'est pas juste les beaux posts sur instagram mais que ça a été enfin c'est forcément beaucoup d'efforts des sacrifices des galères et de la persévérance et quand on voit ton parcours que tu as commencé en 2011 c'est ça

Rémi 2010 à préparer 2010

Loïc 2011 la réalisation on se dit qu'effectivement pour en arriver là où tu en es aujourd'hui il y a eu quand même des grosses grosses étapes donc Rémi franchement merci beaucoup c'était un super échange je me suis régalé si ça déclenche si ça déclenche un tatou marquisien comme ça j'aurais une excuse je pourrais dire à ma femme écoute j'y peux rien Rémi mais franchement merci beaucoup si les gens veulent suivre l'aventure Calvi Monaco le mieux c'est quoi c'est instagram ton site internet

Rémi alors il va y avoir instagram ça va s'appeler the next exploration on va dissocier les trucs et il va y avoir également le site internet qui va s'appeler the next exploration .fr et on est en train de terminer le site devrait sortir fin mai début juin et il y aura l'explication de toute l'aventure il y aura la phase de préparation on en parle la phase de réalisation la phase de restitution pour bien décrire les deux ans où ça a été vraiment galère à réaliser à mettre en place et puis ensuite et bien il y aura le suivi GPS et en fait sur le sur le le petit boîtier Garmin je vais avoir un suivi toutes les 5 minutes avec une carte en temps réel de mon parcours et il va y avoir également de la photo alors je l'annonce tout de suite les photos ne seront pas contractuelles elles ne seront pas prises dans l'aventure effectivement je ne m'appelle pas Thomas Pesquet je ne peux pas communiquer par le satellite et envoyer de la data voilà à gogo donc les photos seront prises entre le 13 et le 18 juin parce qu'on part tester la plateforme dans la baie de Saint-Brieuc et on viendra alimenter avec des photos qu'on aura prises sur la baie de Saint-Brieuc par contre le texte qui aura à côté sera un texte fait le jour même sur l'eau parce que je serai en communication en VH et je pourrai envoyer du texte par le satellite directement pour que le webmaster puisse alimenter les réseaux etc et après il y a une autre petite surprise très rapidement il y a un mec qui nage et beaucoup de personnes avaient envie de participer à l'aventure mais ils ne savaient pas comment et donc on est en train de créer le Calvi Monaco en digital on va tester l'aventure bientôt et donc toutes les personnes qui voudront le faire pourront non pas en agent mais sur les rameurs qu'on a dans les salles de sport et dans les salles de crossfit qui s'appellent les Concept 2 et en fait vous allez pouvoir mettre votre téléphone portable plugué directement en bluetooth sur le rameur et il va y avoir une histoire à suivre avec des cadences à respecter vous allez pouvoir faire ça seul ou en duo pendant 7 jours pendant 14 jours vous mettre la bourre pour aller le plus vite possible en respectant les cadences et chaque inscription parce que je veux que les gens ils s'engagent et c'est ce que je demande à chaque fois même à mes partenaires je veux que les gens soient des personnes engagées sur une thématique sur l'environnement et l'écologie c'est pas quelque chose à prendre comme ça à la légère je veux des gens qui soient engagés et donc chaque inscription sera payante et il y aura je crois que ça sera 10 euros et sur les 10 euros il y aura 3 euros qui seront reversés aux ONG avec qui je travaille sur le projet du Calvi Monaco donc vous allez pouvoir faire un défi sportif du Calvi Monaco en ayant en contribuant sur l'environnement sur des ONG qui agissent au quotidien pour préserver les mers et les océans voilà

Loïc excellent génial c'est super sympa ce mix entre suivre et participer de manière c'est ce qu'on voulait de manière digitale c'est top super je mettrai tout ça en description de l'épisode évidemment et puis écoute en tout cas moi je vais suivre le Calvi Monaco puis la suite de tes aventures avec attention et écoute je te souhaite tout le meilleur pour ce défi et puis pour les prochains

Rémi ça me va c'est parfait merci beaucoup Loïc en tout cas merci à vous les auditeurs d'avoir écouté ce podcast c'était bien cool de partager tout ça avec vous et je vous dis à très très vite

Loïc à bientôt Rémi ciao

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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