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Saison 4 EP·180 Mer #préparation mentale #équipe de France #haut niveau

27 août 2024

"Le travail bat le talent" - Échange avec la plongeuse de l'extrême Madeleine Bayon

Durée · 1h15 · Transcription disponible

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Le récit

Madeleine Bayon est une plongeuse de l’extrême.

Cette ancienne gymnaste de l’équipe de France qui est née et a grandit au Portugal 🇵🇹 est la seule française de l’histoire à participer aux compétitions Red Bull.

Plongeon de l’extrême, ça veut dire qu’elle saute de 20m de haut 😨. Elle a alors 3 secondes pour réaliser des enchainements techniques tous plus impressionnants les uns que les autres avant de percuter l’eau à 80km/h.

Son parcours, c’est celui de la détermination et du travail acharné. Vous entendrez Madeleine me dire lors d notre échange qu’elle n’a pas de talent particulier, par contre qu’elle est est capable de mobiliser une quantité d’énergie phénoménale dans ce qu’elle entreprend.

Dans cet épisode, on parle de sport à haut niveau, de petites actions qui permettent de réaliser de grands rêves, et de préparation mentale.

Merci au copain Charles pour la mise en relation 🙏🏼

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Transcription

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Madeleine C'est une exigence très jeune, c'est qu'on demande une exigence comme ça, déjà très jeune, faire attention à ce que je mange, voire faire un régime. Et donc, ça nous fait grandir très vite. Tout est extrêmement strict, mesuré, il n'y a pas d'écart. Moi, j'avais deux semaines de vacances par an. Entre mes 12 et 17 ans, je m'entraînais environ 30 heures par semaine.

Loïc Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Madeleine Bayon est une plongeuse de l'extrême. Cette ancienne gymnaste de l'équipe de France qui est née et agrandie au Portugal est la seule française de l'histoire à participer aux compétitions Red Bull. Plongeant de l'extrême, ça veut dire qu'elle saute de 20 mètres de haut. Elle a 3 secondes pour réaliser des enchaînements techniques tous plus impressionnants les uns que les autres avant de percuter l'eau à 80 km heure. Son parcours, c'est celui de la détermination et du travail acharné. Vous entendrez Madeleine me dire qu'elle n'a pas de talent particulier par contre qu'elle est capable de mobiliser une quantité d'énergie phénoménale dans tout ce qu'elle entreprend. Dans cet épisode, on parle de sport à haut niveau, de petites actions qui permettent de réaliser de grands rêves et de préparation mentale. Et juste avant de se lancer, je tiens à souhaiter la bienvenue à toutes celles et ceux qui nous ont rejoints récemment sur Tipeee, la plateforme de financement participatif via laquelle vous pouvez soutenir financièrement le podcast. Alors si vous souhaitez vous aussi contribuer à partir de 1€ par mois à l'indépendance des frappés, eh bien rendez-vous sur Tipeee, tipee.com slash les-frappés, autrement le lien est en description. Excellente écoute ! L'enregistrement, top. Attends, hop, pardon je me mets en mode avion là, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac. Excellent ! Du coup Charles, par curiosité, comment tu l'as connu Monsieur Vidonne ? Vous vous êtes croisés sur des events ?

Madeleine Non, en effet, en fait on a travaillé ensemble, donc moi ça va faire bientôt 4 ans que je travaille chez Amazon Web Service en parallèle de ma carte de haut niveau et du coup j'ai travaillé avec Charles

Loïc surtout au début de ma carte chez Amazon. Ok, excellent ! Bah écoute Charles, que je salue, merci encore Charles pour cette suggestion. C'est toujours cool quand les potes m'écrivent pour me dire ah je pense que j'ai quelqu'un à te recommander qui est plutôt haut sur l'échelle des frappés. Effectivement, j'ai l'impression qu'il ne s'était pas trompé mais on va parler de tout ça. En tout cas, bienvenue sur le podcast Madeleine, je suis super content de te recevoir en direct de Madrid pour parler de plein de choses. On va parler évidemment de sport de haut niveau et de sport de haut niveau au pluriel. Tu vas nous expliquer un petit peu tout ce que tu as déjà fait et tout ce que tu fais aujourd'hui. Et puis j'imagine pour parler d'expatriation, peut-être de double nationalité, enfin on va voir mais je suis sûr que ça va être super intéressant. En tout cas,

Madeleine bienvenue à toi une nouvelle fois ! Merci beaucoup, merci de me recevoir Loïc.

Loïc Hâte de partager tout ça avec toi ! Trop bien ! Eh bien écoute, habituellement je fais une sorte de topo chronologique mais là il y a tellement de choses dans ton parcours en tout cas que moi j'ai pu voir sur internet. Ce que je te propose c'est peut-être de nous faire un point déjà de ce que tu fais aujourd'hui et on fera un rétro-pédalage sur comment tu en es arrivé là. Donc Madeleine en 2024, au moment où on enregistre, qu'est-ce qu'elle fait exactement ? Qui est cette femme ?

Madeleine Bien sûr ! Donc Madeleine en 2024, je suis donc une athlète de deux niveaux, je suis en équipe de France, je fais du plongeon extrême. Il y a plusieurs appellations, on peut aussi appeler ça du cliff diving ou du high diving. C'est donc du plongeon à 20 mètres et je représente la France dans les compétitions internationales, pardon, style championnat du monde etc. et le circuit mondial de Red Bull. Et en parallèle, je travaille à plein temps chez Amazon Web Service en tant que commercial.

Loïc Ok, waouh ! Donc taf à temps plein et sportif de niveau en parallèle.

Madeleine À plus en temps !

Loïc Mais du coup, comment tu organises tes entraînements etc. si tu es géographiquement pas en France ? Est-ce que vous avez parfois des stages ensemble ou vous ne vous retrouvez que sur les compétitions internationales ?

Madeleine Alors, il faut savoir que moi j'ai commencé le plongeon ici en Espagne, donc mon coach a toujours été le coach de l'équipe nationale espagnole et vraiment toute ma formation etc. a été faite ici. Et donc parfois je croise l'équipe de France en effet soit en compétition, soit quand je vais à Paris, je vais m'entraîner avec eux à l'INSEP. Après en plongeon extrême, on est très peu parce qu'il y a un homme et moi. Ok. Donc en fait, quand je dis que je les croise, ça va être les athlètes du plongeon classique olympique. Donc 1, 3 et 10 mètres qu'on va au Géo. Donc voilà.

Loïc D'accord. Ok. La question forcément qui me vient tout de suite, c'est comment on en arrive à faire du plongeon extrême du cliff diving ?

Madeleine Ouais, c'est une très bonne question. Donc moi, je suis une ancienne gymnaste de l'équipe de France. Je faisais ce qu'on appelle de la gymnastique acroatique qui est un type de gymnastique qui est malheureusement pas au Géo. Je suis un peu abonné aux disciplines pas au Géo apparemment. Et donc, j'ai commencé au Portugal parce que moi, je suis née au Portugal et j'ai grandi là-bas d'une famille 100% française. Et en fait, à 12 ans, c'est vrai que j'avais du mal à gérer déjà mes études et la gymnastique parce qu'en fait, la carrière de gymnastique, c'est très intense très tôt. Donc, j'avais déjà presque plus le temps de faire mes devoirs. Et donc, voilà, on s'est un peu posé la question avec mes parents qui ont toujours priorisé les études. Qu'est-ce que je peux faire ? Et en fait, c'est vrai que j'étais française et que la France avait quand même des bonnes structures pour accompagner les sportifs de niveau qui faisaient des études, en tout cas au collège-lycée. Donc, du coup, j'ai déménagé en France toute seule en sport-études, en internat. Et donc, j'ai fait cinq ans d'équipe de France, de championnat du monde, championnat d'Europe. Donc, vraiment le plus haut niveau possible dans ma discipline. Et ensuite, j'ai complètement arrêté le sport de niveau parce qu'il n'y a pas vraiment de notion de pro en gym parce que mon pic de carrière, c'était vraiment 15, 16, 17 ans. Et moi, je ne voulais pas forcément être coach de gym. Donc, voilà, j'ai arrêté. J'ai repris ou commencé une vie entre guillemets normale d'une jeune fille. J'ai fait des études en Angleterre. Et ensuite, j'ai commencé à travailler à Madrid dans mon travail actuel. Et en fait, j'étais en 100% télétravail. Et il faut savoir que moi, j'ai beaucoup, beaucoup d'énergie, beaucoup trop d'énergie. Et donc, de passer dix heures sur une chaise dans ma chambre, ça me rendait folle, honnêtement. Donc, je me suis dit là, il faut que je fasse un sport à côté et un sport éventuellement un peu fun. Et donc, je me suis mis au plongeon parce que j'ai toujours aimé les saltos. Ça manquait un petit peu quand même de la gymnastique dans des cours adultes. Et en fait, j'ai progressé assez rapidement. Il se trouve qu'un peu par hasard, le coach des cours adultes, c'était aussi le coach de l'équipe nationale d'Espagne. Donc, voilà, il voyait que je progressais rapidement. Donc, il me poussait un petit peu. Et puis, au bout de quelques mois, on a eu une conversation. Moi, je lui ai dit, voilà, j'ai envie de reprendre le haut niveau. Faire du plongeon classique, ça m'attire un petit peu moins parce que j'ai l'impression que ça serait un peu le même type d'enjeu qu'en gymnastique. S'entraîner vraiment beaucoup d'heures, avoir la pointe de pied parfaite, etc. Et donc, en fait, j'aimerais bien tester le plongeon extrême parce que je vois vraiment un challenge mental qui m'attire beaucoup plus en tant qu'adulte, entre guillemets. C'est vraiment un nouveau challenge pour moi. Et donc, il m'a dit, ouais, il y a beaucoup, beaucoup de boulot techniquement. Mais vu que tu connais le sport de haut niveau, tu sais ce que ça signifie comme style de vie. Et donc, on s'est lancé. Et donc, je me suis entraîné pendant deux ans et demi comme une folle tous les jours avant de faire mes premiers plongeons à 20 mètres et de faire des compétitions internationales. Donc, voilà, c'est un peu long, mais c'est un peu l'histoire du club d'Aïe. Excellent.

Loïc Donc, attends, à 12 ans, tu as quitté le Portugal et ta famille pour t'installer seule en sport-études en France.

Madeleine Exactement. Exactement. Alors, c'est vrai que peut-être ça peut aider un petit peu à la compréhension, mais mes parents sont dans le monde de la musique classique. Donc, ma mère était violoncelliste. Mon père est luthier, donc fabrique des violons, des violoncelles. Mon beau-père est violoniste. Et en fait, dans ce monde-là, c'est aussi un monde très exigeant. Donc, pour être au haut niveau, il faut faire beaucoup de sacrifices. Et il y a beaucoup de jeunes qui partent très tôt de chez eux. Donc, c'est vrai que mes parents, alors, ce n'est pas du tout eux qui ont décidé pour moi. Ils m'ont toujours vraiment responsabilisé et laissé le choix. Mais c'est vrai qu'ils comprenaient que si je voulais être au plus haut niveau, il fallait faire des sacrifices. Et en fait, c'était aussi un peu la seule façon de continuer à faire des études d'une façon assez poussée, c'est-à-dire sérieuse, pardon, tout en faisant de la gymnastique. Parce qu'en fait, en France, j'avais des horaires aménagés. On pouvait avoir des cours pendant les vacances si on en ratait avec les compétitions, etc. Et c'est vrai qu'au Portugal, c'était impossible d'avoir des aménagements. Mes parents avaient demandé au lycée si je pouvais rater EPS parce que je faisais cinq heures de gym par jour. Et ce n'était même pas possible. Donc, voilà. C'est pour ça que c'était plutôt une bonne solution d'aller en France. Et puis bon, finalement, j'étais quand même française. Donc, en théorie, ce n'était pas censé être un gros dépaysement non plus.

Loïc Et dans les faits, ça s'est passé comment ? L'éloignement et le... Parce que tu connaissais... Enfin, je veux dire, tu es française. Mais est-ce que tu étais familière de la culture ? Est-ce que tu avais déjà séjourné en France métropolitaine avant significativement ?

Madeleine Alors oui, j'allais quand même tous les ans voir mes grands-parents, au moins une fois par an. J'ai une éducation quand même assez française parce que mes deux parents sont français et j'étais au lycée français. Après, c'est vrai que c'était un lycée français où il y avait plus de la moitié des élèves qui étaient portugais. En fait, dans les pays, dans les plus petits pays, les lycées français, il y a beaucoup, beaucoup de locaux parce que ça fait partie des très bonnes écoles du pays. Donc voilà, il y avait des Portugais dont les parents ne parlaient même pas français qui étaient là. Mais j'ai eu un petit choc quand même parce que je me disais... Voilà, au Portugal, j'étais toujours la française. Et je me disais, enfin, je vais dans mon pays. Et en fait, j'arrive. Et puis, j'étais la portugaise. Et on me disait, ouais, mais tu parles super bien français. Et en fait, je ne comprenais pas parce que j'étais française. Je parlais français avec mes parents. Enfin, c'était ma langue native. Et voilà, après, je pense que quand on est petit, voilà, à 12 ans, c'est compliqué, je pense, pour les enfants de comprendre un petit peu la double nationalité, etc. Et je pense qu'à l'époque, le Portugal était beaucoup moins visité et connu qu'aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est un pays très trendy. À l'époque, pas forcément. Et voilà, on me disait, ah, mais tu connais Zara ? Et voilà, je ne comprenais pas trop. Je me disais, mais je pense que c'est le tiers-monde ou quoi, le Portugal. Donc, c'est vrai qu'en France, j'ai toujours été un peu la portugaise. Mais bon, après, au fil des années, je me suis très bien intégrée. Et il n'y a eu jamais des problèmes d'intégration. C'est juste qu'au début, j'ai eu un petit choc de ce côté-là.

Loïc Donc, tu disais 5 ans au plus haut niveau en gym, où tu as atteint ton pic à 15, 16, 17. C'est un âge, une maturité sportive qui est classique en gym ou ça arrive de performer plus vieux encore ?

Madeleine Alors, je pense que ça dépend un petit peu des types de gymnastique et les temps changent entre guillemets. Je pense qu'au JO, on voit de plus en plus de gymnastes un peu plus âgés, surtout des Américaines, etc. Je pense que la mentalité autour de la gymnastique change beaucoup. Après, c'est vrai que dans la gymnastique acrobatique, donc moi, en fait, on me portait, c'est-à-dire qu'on me lançait dans l'air pour que je fasse des saltos. Donc, il y avait quand même une notion de poids, finalement, qui est un petit peu compliquée à maintenir sur le long terme. Et puis, voilà, c'est des sports tellement, tellement, tellement exigeants physiquement. On s'entraînait énormément. Les carrières sont courtes. Donc, en fait, même quand on se blesse, on ne peut pas vraiment prendre de temps pour récupérer, etc. Et puis, voilà, cette notion du poids, quand on est petit, quand on est enfant, en fait, on ne prend pas encore trop de poids. Donc, le ratio force-poids est extrêmement intéressant et permet de faire des choses incroyables. Voilà, les personnes qui nous écoutent, si vous pouvez aller voir des vidéos de moi quand j'étais petite, enfin, je faisais des pompes en planche, c'est-à-dire sans les jambes, c'est quelque chose aujourd'hui. C'est rien. Je n'étais pas capable de faire ça. Donc, voilà, c'est vrai que le pic de carrière, c'est dans ces eaux-là. Après, il y avait aussi l'option d'être porteuse, donc de passer, entre guillemets, en dessous. Moi, j'ai toujours aimé les acrobaties, être dans les airs, etc. Donc, c'est vrai que ce n'est pas forcément une option que j'aurais pu considérer, mais c'est vrai que les porteuses dans mon sport peuvent continuer un petit peu plus longtemps.

Loïc Ok. Est-ce que tu peux peut-être nous parler, pour terminer sur cette première phase très intense de ta vie, quand tu parles d'intensité élevée, des entraînements, d'exigence, etc. J'interview souvent des sportifs et des sportifs de haut niveau sur le podcast, mais jamais encore en gym. Attends, je réfléchis pour ne pas dire de bêtises, mais non, jamais encore en gym. Donc, tu es la première. Moi, j'ai fait quelques années de haut niveau aussi en judo, donc voilà, avec une certaine intensité. Mais c'est vrai que je ne connais peu le milieu de la gym, mais du peu qu'on en voit sans être dans le milieu, on comprend vite que, oui, comme tu dis, ça a l'air extrêmement exigeant, très, très difficile, aussi bien sur les corps que les esprits. Donc, est-ce que tu peux peut-être nous expliquer à quoi ressemblait ta semaine type et toi, les souvenirs que tu en gardes de ce qui a été vraiment le plus difficile à gérer pour toi ?

Madeleine Oui. Déjà, je pense que c'est un sport assez complexe parce qu'en fait, il demande beaucoup d'aptitudes qui parfois s'opposent. Par exemple, il faut être très souple et à la fois très dynamique et avoir beaucoup de force. Donc, en fait, il faut vraiment travailler tout. À la fois, il faut aussi… On a une chorégraphie, donc il faut aussi savoir un petit peu danser. Enfin, il y a vraiment… Les côtés de l'entraînement sont infinis. Je pense que ce qui était assez dur, c'est qu'en fait, on me demande une exigence comme ça déjà très jeune. C'est-à-dire que moi, déjà à 11 ans, je m'entraînais entre 4 et 5 heures par jour. Je devais déjà faire attention à ce que je mange, voire faire un régime. Et donc, en fait, ça nous fait grandir très, très vite. Et je pense que beaucoup de gymnastes n'ont pas eu un petit peu, peut-être, cette enfance un peu naïve où on joue dans la récré, on va manger des bonbons avec les amis. Voilà, tout est extrêmement strict, mesuré. Il n'y a pas d'écart. On ne peut pas trop rigoler à l'entraînement parce que ça veut dire qu'on n'est pas concentré. Voilà, c'est un niveau d'exigence. extrêmement élevé. Moi, j'avais deux semaines de vacances par an. Donc voilà, entre mes 12 et 17 ans, je m'entraînais environ 30 heures par semaine. Oh, tu neuf ! Le dimanche de repos. Au début, je voyais mes parents environ une fois par mois. Et puis au fur et à mesure, de moins en moins parce que dès que je les voyais, ça voulait dire que je ne m'entraînais pas le samedi. Donc, c'était un petit peu compliqué. Et donc, à la fin, quand j'avais 16-17 ans, je les voyais tous les quatre mois. Donc voilà, c'est quand même des sacrifices. Donc, c'est beaucoup de sacrifices. Et je pense que ce qui est aussi difficile, c'est que, comme je disais au début, ce n'est pas vraiment le type de carrière qu'on peut faire jusqu'à ses 40 ans. bon, je crois que c'est une Ukrainienne qui continue à faire les JO alors qu'elle est dans les 40 ans, etc. Mais en théorie, c'est un sport où il y a très peu d'argent, etc. Donc, c'est aussi dur de se dire qu'on donne tout et peut-être qu'on sacrifie notre jeunesse pour finalement que derrière, il n'y ait pas forcément une carrière en tant qu'adulte. Après, je pense que moi, ça m'a fourni tous les outils, en tout cas, beaucoup d'outils pour aujourd'hui avoir pu faire une deuxième carte de niveau. Je pense que ma personnalité aussi, aujourd'hui, est définie par toutes ces épreuves que j'ai vécues en gymnastique qui, en fait, demandent un peu de devenir un adulte à 12 ans. Et ça, ça a des côtés très, très durs. Mais ça amène aussi une maturité, je pense, un recul sur la vie et une façon d'aborder les choses peut-être un petit peu différente qu'une personne qui a une jeunesse un peu plus normale.

Loïc Ginez. Qu'est-ce qui t'a fait tenir, du coup ? C'était quoi ? Qu'est-ce qui a alimenté, tu vois, la flamme pour que tu tiennes avec deux semaines de vacances par an, le fait de voir tes parents de moins en moins souvent et toute l'exigence que tu as évoquée, c'est quoi qui… Qu'est-ce que tu trouvais ?

Madeleine Je pense qu'il y a deux choses. Déjà, moi, j'adore, en fait. J'adorais le sport. Et ça, ça paraît con, mais je pense que c'est hyper important. J'adorais faire de la gymnastique. Et ce n'est pas pour rien que sept ans après, je suis revenue à un sport acrobatique. Vraiment, c'est un style de sport, je pense, que je préfère. Tu vois, j'ai eu du mal, quand j'ai arrêté la gymnastique, à trouver d'autres sports qui me passionnaient autant. Donc, je pense que la passion, c'est déjà la première chose et le plus important. Et deuxièmement, moi, j'ai toujours, je pense, cherché à être, entre guillemets, la meilleure version de moi-même. Et donc, en gymnastique et dans la vie, je ne suis pas forcément très compétitive avec les autres gens. Je ne me dis pas, je veux absolument battre telle personne, mais je veux me battre moins, en fait. Je veux juste être la meilleure gymnaste, la meilleure plongeuse, la meilleure personne que je peux être. Et en fait, voilà, de progresser, ça, ça m'anime énormément d'être meilleure que ce que j'étais hier. Et je pense que ça, je le tiens aussi. Beaucoup de mes parents, ils ne m'ont jamais poussé à faire de la gymnastique à haut niveau, etc. Ils m'ont toujours soutenue, mais jamais poussé. Par contre, ils m'ont toujours, je pense, dit que c'était important, que si je fais quelque chose, il faut le faire à fond. Voilà, sinon, enfin, il y a je ne sais combien de sports, il y a plein de choses à faire dans la vie. Donc, si, enfin, il ne faut pas mettre son énergie à faire quelque chose qu'on n'aime pas. Et donc, voilà, ce concept de faire les choses à fond, je pense que je le tiens vraiment de mes parents. En gymnastique aussi, j'étais tout de suite, enfin, en équipe de France, au très haut niveau. Et ça veut aussi dire beaucoup de compétitions, beaucoup de compétitions à l'étranger, donc beaucoup de voyages. Alors, c'est vrai, quand on a des compétitions, on n'est pas là pour visiter. Mais je pense qu'aussi, ce style de vie où on n'arrête jamais, etc., c'est très fatigant. Et parfois, je dis à mes amis, je suis fatiguée, etc. Mais je pense que c'est quelque chose qu'au fond, j'adore. Je te disais au début que j'ai un peu une énergie qui déborde. Et donc, voilà, moi, je pense que ce genre de vie, où on s'entraîne comme une folle, on n'arrête pas de voyager, etc., c'est quelque chose que j'adore. Ça, t'allais bien. Excellent.

Loïc J'allais te poser une question, mais en fait, je pense que tu y as, enfin, je pense connaître la réponse. J'allais te demander par rapport à cette enfance, pas sacrifiée, mais le fait que tu aies dû devenir très jeune, une adulte. je me demandais s'il y a eu une phase où tu as eu des regrets, tu vois, de ne pas avoir pu faire peut-être ce que d'autres filles de ton âge faisaient, se balader entre copines, tu vois, manger des bonbons, fêter les anniversaires, partir en vacances. Et je te le demande parce que, enfin, moi, je sais que je l'ai eu un petit peu. Alors, je n'étais pas à un niveau d'intensité aussi élevé que toi, clairement pas. Enfin, je n'ai jamais fait 30 heures de judo par semaine. Mais je sais qu'il y a eu une phase où avant que je, tu vois, je gagne en maturité où je me disais, punaise, tu vois, je n'ai pas fait, je ne sais pas, des journées plage avec les potes. Je n'allais pas aux soirées d'anniversaire, tu vois. La dernière année, j'étais en régime permanent. Je n'ai pas fêté Noël ni mon anniversaire. Est-ce que, tu vois, est-ce que je n'aurais pas aimé avoir une enfance différente ? Aujourd'hui, clairement, non. Tu vois, je suis très content de ce que judo m'a apporté. Mais je me demandais, toi, c'était quoi ton point de vue ? Parce que ça a duré vachement plus longtemps et c'était quand même beaucoup plus exigeant que ce que j'ai vécu.

Madeleine Écoute, non. Moi, c'est vrai que j'essaie vraiment de vivre, c'est un peu qu'il te sonne, une vie sans regret. Voilà, il y a des moments où j'étais très consciente, en fait, entre guillemets, de ce qui m'arrivait. Et parfois, ça me rendait un petit peu triste parce que je savais qu'en fait, je partais de chez mes parents et que je n'allais jamais revenir parce qu'après, il y a les études, etc. Et donc, parfois, ça me rendait un peu triste d'avoir coupé aussi court la cohabitation avec les parents. Alors ça, je pense que personne, aucun enfant ne dira ça parce qu'en général, les enfants veulent justement partir et avoir leur indépendance. Mais voilà, moi, j'ai toujours une super relation avec mes parents. Donc voilà, j'étais un peu parfois nostalgique en avance du fait que, voilà, mon enfance était terminée. Après, des regrets, non, parce que je savais aussi que j'aurais d'autres moments dans la vie pour aller à la plage avec mes amis, etc. Et mon père m'a toujours dit il y a un moment pour tout dans la vie. Voilà, il y a des moments où il faut plus travailler, moins s'amuser, vice-versa. Enfin, voilà. Donc pour le coup, je me suis toujours dit, on avait une liste d'ailleurs quand on faisait avec mes amis en gymnastique des trucs qu'on ferait ou qu'on mangerait ou voilà, quand on arrêterait la gymnastique. Donc non, en vrai, surtout, je pense qu'aujourd'hui avec du recul, c'est beaucoup plus facile à dire, je pense, aujourd'hui. J'arrive à voir tout ce que ça m'a apporté et en fait, je n'échangerais pas. Alors, c'était très dur et je pense que c'était même l'expérience, une des expériences les plus dures que j'aurais eu à avoir dans ma vie entre l'exigence des entraînements mais aussi en fait un mental d'enfant et en fait, je n'avais pas, c'était très dur aussi de traverser ça quand on est enfant et aujourd'hui, je trouve que je suis beaucoup plus équipée mentalement et puis, j'ai l'impression que je n'aurais jamais quelque chose de si exigeant. Donc, je vois tout le positif que ça a apporté dans ma vie. Ça m'a mis longtemps la reconversion, l'arrêt de la gymnastique a été extrêmement dur. Ça a été deux ans. Voilà, il y a des gens qui disent que c'est quasiment comme un décès. C'est une partie de soi-même qui meurt mais voilà, j'ai réussi à me relever de par mon entourage, de par mes projets, etc. Et donc, aujourd'hui, aucun regret, aucun regret de cette enfance un petit peu écourtée.

Loïc C'est clair que quand tu as un pilier qui s'installe dans ta vie aussi jeune, un pilier pour ta confiance en soi, que tu te bâtis aussi jeune, c'est juste fabuleux. Le sport de haut niveau, pour le coup, les blessures, etc., les sacrifices, tous les côtés négatifs, je comprends tout à fait ce que tu dis sur le fait que c'est contrebalancé par finalement tout ce que ça apporte en termes de développement personne.

Madeleine Je pense que si tu m'avais demandé ça l'année après mon arrêt, je n'aurais peut-être pas eu la même réponse. J'ai vraiment mis beaucoup de temps parce qu'en fait, surtout, comme tu dis, quand on a un pilier comme ça, moi, je me suis construite avec la gymnastique. Donc, en fait, moi, j'étais Madeleine la gymnaste et même Madeleine la bonne élève. Et en fait, quand j'ai arrêté la gym, je n'étais plus la gymnaste et en plus, voilà, j'ai changé de lycée, etc. J'ai une année terminale assez difficile et donc, je n'étais plus non plus une bonne élève. Donc, j'étais Madeleine, rien. Et donc, j'ai dû me reconstruire une personnalité et ça, c'est aussi un processus assez intéressant. Je pense que peu de gens ont affaire aussi jeunes entre guillemets. Et donc, voilà.

Loïc Excellent. Excellent. Donc, deux ans de transition. où finalement, tu reviens dans un univers où tout ce que tu as appris, j'imagine d'un point de vue technique mais aussi mental en gym, doit certainement te servir. Donc, comment, les débuts, tu l'évoquais, les débuts en saut extrême que tu fais du coup en Espagne, à quel moment est-ce que tu te dis, là, ça y est, je crois que j'ai trouvé, j'ai trouvé, tu vois, ce que j'ai vécu en gymnastique, les émotions que j'ai ressenté en gymnastique, j'ai trouvé le sport qui peut me procurer plutôt moins la même chose, en tout cas, dans lequel je me sens aussi épanoui qu'à l'époque.

Madeleine Ouais. En fait, assez rapidement, c'est vrai que moi, j'ai toujours eu un point en tête que je voulais faire du plongeon parce que déjà, c'est un sport assez commun pour les anciennes gymnastes. C'est un sport, il y a beaucoup de, même de personnes en équipe de France qui sont des anciens, anciens gymnastes. Et puis aussi, c'est un sport qui est quand même moins violent pour le corps. il y a des personnes qui ont 70 ans qui font du plongeon, tu vois. Alors, bien sûr, le plongeon extrême, c'est très violent pour le corps, mais bon, le plongeon classique, ça peut être pratiqué un peu à tous les âges. Et donc, je me suis dit que, voilà, je m'étais toujours dit que ce serait un sport que j'aimerais bien essayer. C'est vrai qu'en faisant mes études à Londres, je n'avais pas vraiment l'occasion, c'était très compliqué. Et donc, en arrivant à Madrid, je me suis dit, allez chercher une piscine, let's go. Et en fait, très vite, déjà, j'ai retrouvé la sensation de faire des saltos parce qu'en fait, c'est bizarre à dire, mais en fait, dans la vie de tous les jours, il n'y a pas non plus plein d'occasion de faire des saltos. Voilà, donc déjà, ça, je me suis dit, ah ouais, j'avais oublié cette sensation d'être dans l'air, c'est incroyable. Et ensuite, comme je disais, la sensation de progresser de chaque plongeon, mon coach qui me disait, voilà, alors plus ton bras, plus tes jambes, je ne sais pas quoi, etc. Et de me dire, ok, le prochain plongeon, j'essaie de faire mieux, etc. Et de me voir progresser. Alors, c'est vrai que c'est toujours plus agréable de progresser dans un sport où on est bon et clairement, en plongeon, j'avais vraiment un énorme avantage avec ma carrière de gymnaste. Mais donc, d'abord, c'était vraiment retrouver ces sensations de plaisir du sport et comme je te disais au début, de la passion. Et au bout d'un moment, je me disais, mais moi, j'ai besoin de plus, j'ai envie de m'entraîner, mais j'ai envie de m'entraîner pour un objectif. Et encore une fois, moi, ce n'est pas tant que je suis compétitrice en mode, je veux battre les autres, mais je me disais, mais où est-ce que je peux arriver ? Et en fait, au début, j'avais un petit peu en tête d'éventuellement faire les JO pour le Portugal parce qu'en fait, à l'époque, je pensais qu'au JO, tu avais une place par pays. Alors, ce n'est pas du tout le cas. il faut faire des minimums de points qui sont hyper élevés. Bon, je n'aurais jamais eu le niveau en plongeon classique parce que c'est assez différent et il y a beaucoup plus de compétitions. Et donc, en fait, c'est vrai qu'il y avait aussi deux plongeurs Red Bull qui s'entraînaient dans ma piscine. Donc, je regardais souvent, ils s'entraînaient, etc. Et il faut savoir que dans le plongeon extrême, on atterrit debout, donc les pieds d'abord et pas par la tête. Et c'est vrai que moi, en gymnastique, j'avais l'habitude d'atterrir sur les pieds pas sur la tête, heureusement. Et donc, j'avais beaucoup plus de facilité de ce côté-là. Et donc, parfois, les plongeurs Red Bull me disaient pour rigoler, ah, mais tu devrais te mettre au cliff diving, etc. Et puis, on rigolait parce que c'était complètement luminaire de penser que j'en étais capable. Et au fur et à mesure, voilà, ça a un petit peu fait son chemin dans ma tête, etc. Et je pense que pour me mettre au niveau, j'avais vraiment besoin d'une personne qui me dise tu peux le faire et qui avait aussi les connaissances parce qu'on peut avoir des grands rêves. Mais si demain, je me dis, je m'entraîne tous les jours en tennis pour faire Roland-Garros, je pense que c'est quand même pas possible. Donc voilà, mon coach qui avait un peu cette expertise m'a dit, oui, oui, je pense que t'en es capable comme je te disais au début. Et j'avais juste besoin de ça. Et là, Madeleine était partie. Et moi, je suis quelqu'un d'hyper résilient. J'ai aucun mal à travailler comme une folle. C'est toujours été un petit peu ma qualité en gymnastique. Je n'ai jamais eu de grand talent entre guillemets physique. Par contre, mon talent, c'est que je suis une acharnée. Et donc voilà.

Loïc Le travail bat le talent généralement.

Madeleine Exactement.

Loïc Ce qu'on n'a pas encore évoqué, mais concrètement, donc tu plonges à 20 mètres. C'est quoi qui est évalué ? Et quel type ? Alors, tu fais des figures. J'imagine, ce n'est pas juste un plongeon. Enfin, je n'imagine pas parce que j'ai vu des vidéos, mais pour celles et ceux qui nous écoutent qui peut-être ne voient pas trop ce que c'est, qu'est-ce qui se passe quand tu sautes à 20 mètres ? Qu'est-ce que tu dois faire et comment tu es jugée ?

Madeleine Exactement. Donc, l'objectif, c'est en effet de faire des figures, plusieurs saltos, des vrilles, etc. Ce n'est pas de faire un saut droit. Et d'ailleurs, fun fact, faire un saut droit, moi, ça me ferait même assez peur à 20 mètres. Je pense que je ne le ferais jamais parce qu'en fait, on contrôle beaucoup moins. et donc, en fait, les compétitions, c'est ça. Donc, en fait, on fait une figure qui a un certain niveau de difficulté selon combien de rotations on va faire, etc. Et en fait, ce score de difficulté va être multiplié par le score des juges qui vont nous juger sur l'exécution de notre saut. Donc, ils vont regarder le départ du plongeon, la position en l'air qu'on a bien, les jambes tendues, que c'est entre guillemets bien propre. et le plus important, c'est l'entrée dans l'eau, de faire le moins de splash possible. Donc, si tu n'es pas parfaitement vertical, bien gainé, etc., à 20 mètres, tu peux te faire une énorme bombe s'il y a un petit doigt qui dépasse parce qu'il faut savoir qu'on rentre dans l'eau à 80 km heure. Donc, c'est très violent. Et voilà, donc, c'est un petit peu comme ça que ça se passe. Ok,

Loïc ok, 80 km heure dans l'eau, ok. Pinaise. Parce que, du coup, comment tu t'entraînes à ça ? J'imagine que tu ne sautes pas tous les jours à 20 mètres, mais pour autant, il faut que tu aies la hauteur pour exécuter les figures. ça se passe comment un entraînement pour du saut extrême ?

Madeleine Ouais, c'est un très bon point. Alors, déjà, on ne peut pas s'entraîner tous les jours à 20 mètres tout simplement parce qu'il y a très peu d'infrastructures dans le monde. Il y a trois piscines avec une plateforme à 20 mètres. Il y en a une au Canada, une aux États-Unis et une en Chine. Donc, déjà, parce que c'est d'infrastructures, ce n'est pas possible et aussi parce que c'est très violent pour le corps, donc ce n'est pas du tout recommandé de faire ça tous les jours. Donc, en fait, on s'entraîne, la plupart d'entre nous, on s'entraîne dans une piscine normale. Donc, une piscine normale va avoir un plongeoir jusqu'à 10 mètres et on va diviser la figure en deux. Donc, la première partie, on va faire un plongeon rentré par la tête qui va être la première partie de notre plongeon et ensuite, il y a la partie où on se redresse qui est aussi une espèce de salto et donc, on va faire ces deux plongeons séparés et ensuite, il faut le mettre ensemble à 20 mètres. Donc, c'est pour ça que ce sport est très, très mental parce que déjà, 20 mètres, c'est très, très haut, ça fait peur, etc. Mais le deuxième aspect, c'est qu'en fait, ce qu'on réalise en compétition, on le réalise entre guillemets très peu au long de l'année et donc, il faut une vision, une sensation de son corps dans l'espace très, très bonne. En plus, parfois, c'est 20 mètres, parfois, c'est 22 mètres, etc. Donc, il faut s'adapter. Voilà. Donc, c'est pour ça qu'en fait, pour faire ce sport, il faut avoir fait un sport acrobatique dans sa jeunesse. La plupart des gens, viennent du plongeon quasiment tout le monde parce qu'en fait, c'est quand on est très, très jeune et que notre cerveau se développe et qu'on fait un sport acrobatique qu'on va développer ce sens-là de notion de corps dans l'espace. Donc, voilà, moi, je me suis entraînée longtemps dans une piscine jusqu'à 10 mètres et maintenant, depuis un an, on a la chance à Madrid d'avoir un 15 mètres qui est une petite plateforme qui est mise littéralement sous le plafond et donc, ça, c'est un plus parce que déjà, on peut plus entraîner son corps aux impacts même si ce n'est pas exactement les mêmes plongeons qu'on va faire à 20 mètres. C'est important, surtout avant la saison, de préparer son corps à l'impact et deuxièmement, il y a quand même certaines figures qu'on peut faire à 15 mètres et c'est le seul plongeoir en Europe à 15 mètres. donc, j'ai de la chance d'être basée à Madrid pour ça aussi.

Loïc Et du coup, tu découpes les enchaînements, la série de figures en deux. Est-ce que tu travailles, je veux dire, est-ce que parfois, ça t'arrive quand tu sautes à 10 ou 15 mètres de travailler uniquement la section raccord, on va dire, entre le moment où tu sautes et le moment, enfin, la phase où tu as sauté, la phase où tu rentres dans l'eau ? Je ne sais pas si c'est très clair, mais je ne sais pas si ma question est claire.

Madeleine Oui, alors, si on travaille la deuxième partie, travailler les deux ensemble, ça dépend un petit peu de quel plombon. Il y a des plombons simples, on va dire, un double salto, c'est un des plombons les plus simples qu'on peut faire à 20 mètres. On peut le faire à 10 mètres. Après, la vitesse n'est pas du tout la même parce que du coup, à 10 mètres, la connexion entre le plombon par la tête et le redressement va être hyper rapide et à 20 mètres, il faut justement bien prendre son temps. Donc, il faut faire attention de ne pas non plus prendre l'habitude du timing du 10 mètres parce que ce n'est vraiment pas le même. Donc, on essaie en effet de trouver des façons de simuler au plus possible. On a aussi des longes, des espèces de cordes qu'on peut mettre soit aux trampolines, soit aux plongeoirs de 3 mètres et un petit peu simuler ça avec le coach qui nous donne un peu plus de hauteur. Et donc, après, il y a une énorme partie de l'entraînement qui est en fait la visualisation mentale, la visualisation de la figure en entier. Ça, c'est une technique que j'avais déjà appris en gymnastique, soit visualiser une figure, soit visualiser une figure réussie. Par exemple, en gymnastique, il y avait une figure sur laquelle je tombais tout le temps et donc, je m'entraînais vraiment à visualiser la réalisation de la figure réussie, entre guillemets, son succès. Et ça, c'est une technique qui, dans les sports acrobatiques et surtout dans les sports où on peut, où la figure finale a des reproductions limitées, il faut vraiment faire le travail dans la tête le plus possible.

Loïc Et du coup, quand tu dis que tu visualises, tu visualises quoi ? Tu te vois, toi, en train d'exécuter la figure ou tu fais de la visualisation en imaginant ce que tu verrais de tes propres yeux pendant que tu fais la figure ?

Madeleine C'est un bon point. Chaque athlète peut faire un petit peu différemment. Je pense que c'est important de faire les deux. Moi, j'aime bien me voir un peu de l'extérieur comme si j'étais mon coach. J'aime bien ce type de visualisation, mais après, c'est aussi important, comme tu dis, de se visualiser dans la figure, vraiment, comme si c'était nous qui la faisions. Donc, les deux sont importants pour, entre guillemets, donner le plus d'angle possible au cerveau.

Loïc Ok. Super intéressant. Et physiquement, tu disais, voilà, impossible de sauter tous les jours à 20 mètres, déjà parce qu'il y a infrastructure, il n'y en a pas, et puis après, parce que c'est quand même violent pour le corps. quel entraînement spécifique est-ce que tu as du fait de la hauteur par rapport à des gens qui plongent de hauteur classique, notamment pour éviter les blessures ? Est-ce qu'il y a des trucs que tu travailles en particulier ?

Madeleine Alors, il y a une énorme partie d'entraînement physique, donc je vais à la salle de sport au moins 4 fois par semaine, faire des exercices avec des poids. C'est très important de travailler notre forme physique et pour être en mesure de réaliser les figures, en fait. il faut être très dynamique, mais aussi, il faut être très gainé de tout le corps pour au moment où on rentre dans l'eau, pour que l'eau nous... Comment dire ? En fait, si tu rentres dans l'eau et que tu es tout mou, tu vas te faire super mal et donc en fait, il faut vraiment que ce soit plutôt toi qui casses l'eau plutôt que l'eau qui te casse et donc pour ça, il faut être très très gainé et donc avoir des muscles qui répondent très vite et qui sont très entraînés. Donc, il y a une énorme partie à la selle de sport pour être dynamique, mais aussi pour éviter les blessures et ensuite, il y a des exercices très spécifiques. par exemple, le cou, on va se muscler le cou parce qu'il prend assez cher à l'entrée dans l'eau. Une des blessures les plus communes, ça va être les jambes qui se séparent quand tu rentres dans l'eau. Donc là, ça va être les adducteurs. Après, voilà, pour le cou, tous les muscles sont importants et puis après, en fait, plus tu fais d'impact là-haut, plus ton corps est habitué aussi. Donc, c'est vrai que souvent, les athlètes qui commencent, enfin, en début de carrière, on va essayer de faire beaucoup de répétitions. Moi, j'ai fait beaucoup, beaucoup de 10 mètres, de 15 mètres depuis qu'on est à la plateforme et beaucoup de 20 mètres. Et au fur et à mesure de la carrière, le corps s'habitue plus au choc et à l'impact, on va essayer de faire moins de répétitions pour le préserver un petit peu. Donc, c'est un mix de, il faut faire assez d'impact, assez haut pour un peu entraîner la mémoire corporelle. Je ne sais pas si c'est un terme qui existe, mais voilà, pour que le corps s'habitue à dès qu'il rentre, enfin, avant, une seconde avant qu'il rentre dans l'eau, il soit extrêmement, tout soit gainé, tout soit bien dur. Mais sur le long terme, voilà, il faut faire un petit peu attention pour quand même se préserver. Et puis après, moi, je vais voir pendant ma saison beaucoup le kiné, etc. Parce qu'après des compétitions ou des semaines d'entraînement, parfois, je vais aux États-Unis pour m'entraîner pendant une semaine et du coup, voilà, je mets les bouchées doubles et je vais faire peut-être entre 20 et 30 plongeons à 20 mètres et après cette semaine-là, voilà, je vais sentir que mon corps est un peu fatigué donc ça va être important de récupérer avec un kiné, etc.

Loïc Est-ce que ça t'est arrivé de complètement rater un saut à 20 mètres ?

Madeleine Alors, j'ai de la chance parce que je n'ai pas encore fait vraiment un ratage en mode énorme plat, etc. C'est vrai que l'objectif de carrière, c'est de ne pas en faire parce que tu te rates vraiment c'est-à-dire si tu fais vraiment un plat en mode horizontal, ça peut être assez grave, tu peux t'évanouir et en fait, ce qui est très dur après, c'est le retour côté mental. En fait, tu commences à avoir très peur, etc. parce qu'en fait, ce qui arrive, c'est que souvent, les gros plats ou les gros fails, c'est qu'il y a eu un bug dans notre tête en fait parce qu'on s'entraîne tellement que physiquement, en général, tu sais exactement comment plonger mais il suffit que ton cerveau se déconnecte une demi-seconde ou doute dans l'air et là, si tu t'arrêtes, on dit qu'on peut se perdre dans l'air. Dans tous les sports acrobatiques, c'est la plus grosse peur de l'athlète de se perdre en pleine figure. Donc voilà, ça idéalement, il y a beaucoup malheureusement d'athlètes qui en ont eu une ou deux fois dans leur carrière mais l'idéal, c'est de jamais avoir de perte de figure. Après, j'ai déjà fait des semi-plats, on va dire, où sur le moment, j'étais complètement sonnée mais qui n'ont pas eu de conséquences physiques notamment à la finale de mon premier championnat du monde l'année dernière sur un de mes plongeons préférés sur lequel j'étais le plus à l'aise et sans doute un petit peu trop à l'aise. J'avais beaucoup d'adrénaline, etc. Et en fait, je faisais un double salto et il y a beaucoup de place à 20 mètres pour faire un double salto donc voilà, il ne faut pas y aller non plus trop vite et en fait, j'ai donné trop d'impulsion et j'ai arrêté ma rotation beaucoup trop tard donc je suis arrivée sur les fesses slash dos et donc j'ai eu mal au coccyx pendant six mois au moins et sur le moment, j'étais complètement sonnée et on m'a sorti de l'eau, etc. J'ai eu un peu peur mais après, j'ai réussi à me ressaisir, on m'a fait tout un check médical et j'ai fait la compète, la finale et j'ai plongé super bien et j'ai fini 12e à mon premier championnat du monde après ça donc c'était quand même une petite victoire de m'être relevé après ça. Voilà et récemment, il y a deux mois, j'ai fait un gros plat sur un nouveau plongeon à 15 mètres alors 15 mètres, ça fait moins mal mais ça fait très très mal et pareil, je n'ai rien eu physiquement et je pense que ça, c'est aussi lié au fait que je suis très bien préparée physiquement. Je n'ai rien eu physiquement par contre, mentalement, ça a été très dur, j'ai eu une grosse, grosse perte de confiance en moi pendant un ou deux mois à me dire que peut-être que je n'étais pas capable de faire des nouveaux plongeons plus difficiles, que peut-être que ça pourrait me réarriver, etc. Donc, ça m'a beaucoup impactée même au-delà du plongeon un peu dans ma vie de tous les jours. parce que voilà, un vrai gros plat, ça te sonne vraiment et c'est assez dur mentalement et voilà, j'ai réussi à remonter la pente et ça fait partie de ce sport, de se relever après des échecs aussi. Donc voilà, pour l'instant, rien de très grave physiquement. Écoute,

Loïc je touche du bois, on croise les doigts, ça n'arrive pas mais intéressant ce que tu disais sur le fait que tu as réussi à remonter la pente, à te remobiliser, ça me fait un peu penser des fois, tu vois des vidéos sur le Tour de France ou des courses cyclistes, tu as d'énormes chutes dans le peloton, des gars qui sont complètement bien, bien, bien amochés et à chaque fois, je me demande mais comment est-ce qu'ils arrivent à remonter sur le vélo et à repartir à 50, 60 km heure en descente à bloc sans appréhension. Du coup, je te pose la question, comment toi, tu as fait pour gérer ce mauvais saut qui t'a, enfin, ces deux mauvais sauts qui t'ont bien amoché, notamment le dernier là ?

Madeleine Oui, c'est un bon point. Alors, je pense qu'il y a une différence entre devoir remonter la pente dans l'immédiat où tu vois, moi, je te dis, voilà, j'ai mis entre guillemets quasiment deux mois. Dans mon cas, j'ai vraiment essayé de me dire que ce n'est pas parce que tu rates un plongeon sur des milliers de plongeons que tu as fait que tu dois remettre en cause toute ta capacité, tu vois, c'est pas juste, c'est pas représentatif, voilà. Après, je me suis aussi dit qu'en fait, je devais un petit peu retravailler ma technique que c'était aussi partie en fait du sport. Comme je te disais au début, idéalement, on essaie de faire une carrière sans crash ou sans énorme plat, mais ça fait malheureusement partie du jeu. Donc, voilà, j'ai essayé de ne pas trop m'attacher à cet échec pour faire des conclusions que voilà, je ne suis plus capable de plonger, je ne suis pas capable de faire des plonges difficiles, etc. Je me suis aussi quand même donné du temps, je pense que j'avais besoin de temps pour récupérer un petit peu l'énergie mentale parce que mine de rien, en fait, un plat de cette hauteur-là, c'est un petit traumatisme parce qu'il y a quand même une demi-seconde pendant mon plongeon où je me suis dit je vais mourir. Et en fait, ça, c'est un peu comme les accidents de voiture un petit peu violents où finalement, bon, les gens s'en sortent sans blessure. Il y a quand même un moment, un petit traumatisme, donc il faut aussi laisser son corps et son esprit du temps pour récupérer. Et dernièrement, en fait, j'ai aussi changé du coup de stratégie. Je me suis dit bon, ce plongeon-là, je ne suis peut-être pas encore prête, ce n'est peut-être pas encore le moment et donc, j'ai travaillé d'autres plonjons. Il y a des gens qui disent non, mais il faut tout de suite le refaire, etc. Dans mon cas, je n'ai pas opté pour cette stratégie. J'ai travaillé d'autres plonjons un peu différents, un peu plus simples qui m'ont permis de regagner confiance en moi et de me prouver que je pouvais faire des nouveaux plonjons difficiles sans me cracher à chaque fois. Et d'ailleurs, ces plonjons-là, je les ai faits à 20 mètres il y a trois semaines et j'étais vraiment super contente. Je me disais ben voilà, tu vois, tu en es capable, etc. Et ce plongeon-là, je l'ai quand même en tête, mais voilà, je pense que je peux me laisser plus de temps. Il faut que aussi j'ai un peu plus d'expérience et voilà, encore une fois, ce n'est pas grave. Je me suis vraiment dit qu'il ne fallait pas prendre cet échec qui définisse toute ma carrière, toute ma personnalité et ma capacité à faire des plongeons plus difficiles.

Loïc Tu as mentionné Red Bull à plusieurs reprises. C'est quoi leur rôle, leur influence sur la scène internationale du plongeon extrême ?

Madeleine Alors déjà, c'est vraiment eux qui ont porté le sport dès le début. En fait, je ne vais pas dire n'importe quoi, mais c'est un sport quand même assez récent. Il me semble que les premières compétitions, c'était peut-être il y a 20 ans, à vérifier, mais c'est très récent pour un sport. Et en fait, c'est vraiment Red Bull qui a organisé les premières compétitions dans ce sport. Au début, il n'y avait que les hommes et il me semble qu'en 2013, mais encore une fois, je ne veux pas dire n'importe quoi, à checker. Ils ont inclus les femmes également dans ces compétitions. Et c'est vrai que Red Bull est excellent sur tout ce qui est marketing, etc. Donc, c'est grâce à Red Bull que ce sport est devenu connu. Et en fait, le principe du circuit mondial Red Bull, c'est d'organiser des compétitions un peu à travers le monde dans des conditions qui changent. Donc, on peut avoir une compétition en ville où là, il y aura beaucoup de public, etc. Une compétition plutôt au bord de la mer où on va sauter d'une falaise. Et donc là, il y aura des vagues donc il faut aussi gérer les vagues. Ça peut être le vent, etc. Donc, je pense que le but de Red Bull, c'est un peu d'organiser des compétitions dans des environnements différents et où les plongeurs doivent s'adapter. et donc, c'est eux qui vont sélectionner vraiment les meilleurs plongeurs au monde et les plongeurs qui peuvent plonger de façon safe, entre guillemets, pas dangereuse. Et récemment, je pense que dans les dix dernières années, le sport a été intégré dans la fédération officielle qui aujourd'hui s'appelle World Aquatics qui regroupe la natation, le water polo, etc. Donc, on a commencé à avoir des Coupes du monde et des Championnats du monde. Il y a eu un Championnat d'Europe et donc, voilà, petit à petit, c'est inclus dans la fédération. Mais c'est vrai que Red Bull est très, très, très fort sur le côté marketing et finalement à faire connaître ce sport de par les images, les vidéos. Il y a toute une série avec des épisodes sur chaque compétition et si on veut qu'il y ait plus de gens qui pratiquent ce sport pour qu'un jour ça soit au JO, on a besoin de visibilité et c'est pareil si on veut vivre de ce sport pour qu'il y ait plus d'argent, de sponsors, etc. Il faut aussi donner de la visibilité. Donc, voilà, je pense que Red Bull a une énorme part dans la visibilité de ce sport et même dans sa création et aujourd'hui, c'est vrai que ce circuit mondial, c'est quand même le plus prestigieux des compétitions dans notre sport.

Loïc Ok. Tu en es loin aujourd'hui de pouvoir en vivre ?

Madeleine Alors, j'en suis loin. La question. J'en suis loin mais en fait, c'est un petit peu particulier dans le sens où moi, je suis passée de rien à tout, pas de toi à rien parce qu'en fait, je me suis entraînée pendant trois ans, je n'étais rien ni personne et d'un jour à l'autre, donc l'été dernier, j'ai commencé, j'ai fait des compétitions mondiales directes. Donc, en fait, il n'y a pas eu de phase de transition ou de faire des compétitions nationales, régionales, etc. Donc, déjà, pour chercher des sponsors avant que je commence à faire des compétitions, c'était très compliqué parce que c'était juste oui, je m'entraîne, j'aimerais bien faire des compétitions, voilà. Il n'y avait rien de concret donc déjà, là, c'était très compliqué. En parallèle, moi, en fait, j'ai un travail à plein temps donc déjà, de concilier travail à plein temps et mes entraînements et mes compétitions, c'est très intense donc en plus d'aller chercher des partenaires, etc., c'est quasiment un troisième travail. Donc, aujourd'hui, la façon dont on peut gagner de l'argent dans ce sport, c'est en compétition avec les prize money donc selon ton classement, tu as X montants d'argent et donc pareil, vu que moi, je viens de commencer, évidemment, je ne suis pas première, deuxième, troisième mondiale donc voilà, les primes que je récolte ne sont pas assez élevées aujourd'hui pour vivre de ça et après, beaucoup de ces plongeurs-là vivent de sponsors et honnêtement, moi, je n'ai pas beaucoup de temps aujourd'hui. C'est quelque chose que j'ai commencé justement cette année à aller chercher mais encore une fois, c'est une troisième activité à caler dans mon agenda mais voilà, c'est mon objectif aujourd'hui de monétiser de plus en plus. Aujourd'hui, j'offre aussi des conférences en externe, j'en ai fait beaucoup chez Amazon mais maintenant, je fais ça plutôt en externe pour monétiser. Je commence à faire des collaborations avec des marques, etc. Donc voilà, c'est une direction que j'ai envie de prendre pour plus valoriser mon sport. Enfin, je veux dire que tout le temps mis là-dedans soit aussi reconnu et aussi parce qu'honnêtement, mon rythme actuel, ça fait 4 ans que je l'ai, je, voilà, je manage entre guillemets mais ce n'est pas viable sur le long terme. donc voilà, j'ai besoin, j'ai besoin de revenus via le plombon pour éventuellement réduire un petit peu mon rythme de travail à plein temps.

Loïc Oui. Qu'est-ce qu'ils disent d'ailleurs tes collègues chez Amazon quand tu leur expliques ton parcours et ce que tu fais aujourd'hui ?

Madeleine Alors, c'est vrai que tous mes collègues sont très supportifs, tout le monde est très admiratif et en permanence des commentaires super positifs. Je poste beaucoup aussi sur LinkedIn donc je donne pas mal de visibilité sur toutes mes compétitions, etc. Donc, mes collègues, voilà, me soutiennent beaucoup. Après, l'entreprise Amazon telle qu'elle, malheureusement, ne me soutient pas dans le sens horaire aménagé, sponsoring, etc. Donc, c'est vrai que c'est génial d'avoir un soutien de ses collègues mais malheureusement, sur le long terme, ça ne suffit pas pour maintenir ce rythme-là. Voilà, ce n'est pas du soutien financé ni d'aménagement. voilà, mais je suis très reconnaissante à tous mes collègues qui m'encouragent continuellement chez Amazon.

Loïc Excellent. Excellent. Comment est-ce que tu vois du coup l'évolution de la discipline ? Tu disais que c'est un sport relativement récent. Ça fait donc trois ans, donc cinq ans que tu t'es mis, c'est ça, trois ans d'entraînement et en gros deux ans de compétition ?

Madeleine Alors, non, un peu moins, non, ça va faire quatre ans. J'ai fait deux ans et demi, trois ans d'entraînement et là, c'est ma deuxième saison. Tu vois, ma première compétition c'était il y a un an.

Loïc Wow, incroyable. Est-ce que du coup, sur ce laps de temps, tu as déjà vu une évolution sur le nombre de pratiquants, sur les moyens, la médiatisation ou on en a encore au début, tu penses ?

Madeleine Oui, alors, il y a clairement de plus en plus de participants, de plus en plus de participants jeunes aussi. Je pense que c'est une traîne qu'on voit dans tous les sports où il y a de plus en plus de gens très bons, très jeunes. En fait, étant donné que c'est un sport très, très, très mental qui requiert aussi une maturité et d'être assez posé. En fait, je pense que les gens pensent que les sports extrêmes, c'est un peu des gens foufous, des casse-coups, etc. alors que c'est un peu le contraire. Il faut vraiment savoir justement bien gérer ses émotions, être assez posé et mature. Et donc, ça en général, ça va un petit peu avec l'âge. Donc, jusqu'à maintenant, on avait des athlètes, la moyenne, c'était plutôt dans les 30 ans et maintenant, on a des athlètes de plus en plus jeunes, surtout chez les hommes et chez les femmes d'ailleurs, plutôt qu'ils ont la vingtaine. Et en effet, on a de plus en plus de pratiquants. Il y a aussi de plus en plus de visibilité grâce aux réseaux sociaux. En fait, c'est un sport qui est très impressionnant et donc, on a des super vidéos. Il y a une Canadienne qui s'appelle Molly Carlson qui est une star des réseaux, qui a des millions d'abonnés sur TikTok et des milliers d'abonnés sur Instagram. Voilà, elle fait des vidéos un peu autour de l'anxiété, etc. via son sport. et donc, des personnes comme ça vont donner vraiment beaucoup de visibilité à notre sport. Après, ça reste un sport extrême donc c'est très difficile d'avoir des amateurs qui pratiquent ce sport parce que c'est très dangereux. Donc, il y a toute une communauté de freestylers. C'est des jeunes qui vont sauter des falaises sans entraînement académique. il y en a qui s'entraînent beaucoup mais je veux dire, c'est un autre monde. Ce n'est pas le même monde que le Red Bull Cliff Diving et en fait, pour que ce sport soit au GIO un jour, alors 2028, ce n'est pas possible parce que les sports ont déjà été annoncés, 2032 éventuellement mais pour que ça soit au GIO, il faut qu'il y ait plus de pays et de personnes qui le pratiquent. C'est un sport, enfin, même le plongeon classique s'est très, très développé dans les pays anglo-saxons, aux États-Unis, au Canada, en Australie, c'est très connu mais c'est vrai qu'en Europe, on est encore un petit peu en retard, même pour le plongeon classique. Donc voilà, je pense que ça ne cesse d'augmenter. Red Bull, par exemple, l'année dernière, nous avait partagé les chiffres sur tout ce qui est visionnage des compétitions, du live, sur les réseaux sociaux, etc. Et c'est énorme. Donc je pense qu'on progresse et ce sport devient de plus en plus connu. Mais voilà, on verra quand est-ce que ça sera au GIO et ce que ça nous mène.

Loïc Tu parlais pour les débutants du fait que c'est impressionnant. Franchement, je vous invite à aller regarder, il y aura le lien en description vers ton Insta. Les vidéos, c'est hallucinant. J'ai regardé plusieurs fois celles où c'est un plongeon estampillé Red Bull Wall Series où tu fais un M-stand. Ouais, hallucinant. Parce que tu montes assez doucement en position. Est-ce que c'est pour un peu marquer le coup que tu le fais comme ça ou est-ce que c'est parce que vraiment tu as zéro droit à l'erreur et donc il faut que tu fasses gaffe en montant ?

Madeleine Complètement. Option 2, c'est vrai que cette capacité de contrôler l'équilibre, etc., ça vient vraiment de la gymnastique. Alors, il n'y a pas du tout le droit à l'erreur parce que si je tombe côté haut, enfin, je veux dire, sans contrôler, c'est catastrophique et si je retombe côté plateforme, je perds déjà deux points sans même avoir commencé mon plongeon. Donc, moi, je montre très, très lentement pour bien contrôler mon équilibre. Ça, c'est pour la petite anecdote, même si je contrôle très bien mes équilibres grâce à la gymnastique, je me suis toujours dit bon, peut-être qu'un jour, je sauterais à 20 mètres, mais alors, faire un équilibre à 20 mètres, mais jamais de la vie, c'est beaucoup trop. Et finalement, cette année, il y a un mois, j'ai fait mon premier plongeur en équilibre et puis, j'étais super contente parce que déjà, je m'étais dit que je n'en serais pas capable et en fait, je me suis prouvé le contraire. et deuxièmement, c'est vrai que parmi même tous les plongeurs pro qui plongent à cette hauteur-là, il y en a très peu qui sont capables ou en tout cas qui osent parce que capables, en fait, ce n'est jamais une question de capacité parce que physiquement, tous les gens sur Terre qui savent faire un équilibre peuvent le faire à 20 mètres. En théorie, physiquement, c'est la même chose. Par contre, mentalement, c'est hyper dur. En plus, moi, le sens dans lequel je le fais, je vois vraiment les 20 mètres comme si je plongeais dans le vide. Donc voilà, ça, c'est le plongeon le plus difficile que j'ai fait à date et voilà, j'étais super contente. Ça impressionne beaucoup le public avant même d'avoir commencé le plongeon. Donc voilà.

Loïc Il y a des plongeons que tu n'oses pas encore faire ?

Madeleine Oui, oui, il y a un plongeon. Bon, déjà, entre guillemets, il faut donner du temps au temps. Finalement, moi, ça a fait 4 ans que j'ai commencé ce sport. C'est rien. Donc en fait, j'ai une large progression qui est absolument énorme. Il faut savoir que les personnes qui faisaient du plongeon classique avant ont déjà réalisé quasiment toutes les figures qu'elles réalisent aujourd'hui à 20 mètres. Le challenge pour un plongeur classique qui passe au plongeon extrême, c'est la hauteur, adapter la figure, etc. Moi, mon challenge, c'est d'apprendre la figure. Il y a beaucoup de figures que moi, j'apprends maintenant qu'un plongeur normal apprend à 11 ans et demi, tu vois. Donc voilà, moi, mon évolution prend beaucoup plus de temps qu'un plongeur classique parce que je dois apprendre des nouvelles figures. Et en plus, quand on est adulte, c'est beaucoup plus difficile d'apprendre. C'est un peu comme les langues des nouvelles figures. Et il y a une figure que j'ai en tête qui en fait n'a jamais été réalisée parce que c'est une figure qui n'a pas vraiment de sens pour le plongeon qui vient plutôt d'une figure de la gymnastique. Et j'aimerais vraiment la réaliser parce que déjà, je serais la première personne qui réalise cette figure en compète. Et ensuite, ça casserait un peu les codes du plongeon parce que c'est une figure un peu bizarre qu'un plongeur classique ne penserait jamais à réaliser. après, encore une fois, je me donne du temps parce qu'en fait, dans ce sport, c'est hyper important de monter sa figure à 20 mètres quand on est prêt parce que si on l'a fait alors qu'on n'est pas prêt comme ça m'est arrivé, on peut se prendre un gros crash. Et alors là, ça peut être très difficile et ça peut prendre beaucoup de temps de revenir. Donc voilà, ce qui est important aussi dans ce sport, c'est d'être patient et de ne pas aller trop vite. Moi, j'ai mis trois ans pour monter à 20 mètres. Il y a des gens qui me disent que c'est très rapide, d'autres gens qui me disent que c'est très long. Mais voilà, c'est important d'aller petit à petit. Ça surprend toujours les gens quand je dis moi dans mon entraînement, je fais des plongeons à 0 mètre du bord de la piscine. Ça fait partie de mon entraînement. Donc, je fais 0 mètre, 1 mètre, 3 mètres, 10 mètres. C'est vraiment important d'y aller petit à petit et de travailler toutes les hauteurs, les bases pour ensuite être très solide avant-mètre.

Loïc Ce teasing sur le plongeon que tu as sur ta liste n'est pas encore réalisé. Excellent. Au moment où tu… Ça me fait penser, tu vois, quand tu disais que le fait d'être en Einstein, donc en équilibre sur les mains à 20 mètres, c'est vachement impressionnant. Là, pour le coup, j'imagine que mentalement, il faut vraiment être préparé. Est-ce que tu as une routine ou en tout cas des habitants des choses que tu mets en place systématiquement quand tu sais que tu t'apprêtes à plonger ? Et si c'est le cas, est-ce que tu peux peut-être nous… Admettons que là, tu t'apprêtes à plonger, qu'est-ce qui se passe dans ta tête ? Comment tu te prépares ?

Madeleine Oui. Alors déjà, je pense que cette routine évolue constamment parce que je me connais de plus en mieux. Voilà, je me dis, ça, ça avait marché, ça non, ça dépend aussi un petit peu du mindset dans lequel je suis. Mais je reviens toujours à la visualisation. D'abord, je vais vraiment me visualiser en faisant mon plongeon. Parfois aussi, simuler, enfin, les gestes que je vais faire pendant le plongeon. On voit souvent les plongeurs avant de plonger qui simulent un peu leur plongeon en faisant des gestes bizarres. Mais voilà, pour nous, c'est très clair dans notre tête ce qu'on est en train de faire. Et ensuite, au moment où je vais plonger, je vais penser à deux, trois actions clés de la technique. Donc, je ne sais pas, les bras, les jambes, etc., serre tes abdos, etc., deux, trois. Il faut toujours trouver un équilibre entre ne pas penser à trop de choses mais quand même penser à deux, trois points clés parce qu'on ne peut pas plonger en pensant à rien. Alors, il y en a peut-être qui le font mais je pense que c'est des gens qui ont énormément d'expérience. Mais voilà, il faut quand même penser à deux, trois mots clés. Cette année, j'ai commencé à compter avant de plonger dans ma tête. Un, enfin, trois, deux, un et ensuite ça m'aide aussi mais c'est quelque chose d'assez nouveau. Donc voilà, je dirais trois choses. Visualisation, aussi un gros coup de respiration. Ça, c'est plus je suis stressée, plus je prends mon temps à inspirer et expirer très doucement. Mais voilà, c'est vrai que l'année dernière, j'avais beaucoup plus de mal à gérer mon stress surtout avec le public. Moi, déjà, quand j'étais en gymnastique, j'avais un peu, ça me stressait beaucoup. Il y avait beaucoup de gens qui regardent et alors là, on est quand même à ma première compète à Paris. Il y avait, je crois, 45 000 personnes. C'était ma deuxième compète donc ça fait beaucoup de pression, etc. Et cette année, là, j'ai eu une compétition à Boston il y a deux, trois semaines et pareil, il y avait 50 000 personnes dans le public et pour la première fois, je sentais que j'étais vraiment assez calme en voyant cette foule. Je pense que je prends de plus en plus confiance en moi, j'acquière de l'expérience, etc. Et voilà, c'est important de se concentrer sur sa respiration et un petit peu sur ses sens, voilà, le toucher, etc. pour se sentir bien dans son corps.

Loïc Ok. Et le déclic du saut, c'est-à-dire le moment où tu sautes, est-ce qu'il y a, tu as un déclencheur, il y a quelque chose qui fait que tu y vas ou parfois ça peut être ? Comme je disais,

Madeleine avant, avant, je n'avais rien, donc je réfléchissais aux actions, etc. Et quand j'étais prête, j'y allais, je dirais que il y a des plongeurs qui partent très vite, d'autres qui mettent 50 secondes debout sur la plateforme avant de se lancer. Et donc voilà, cette année, je fais mon décompte, là, le 3, 2, 1. Pour mon plongeant de l'équilibre, je dois tenir deux secondes en équilibre, c'est un des critères pour montrer qu'il est bien contrôlé. Donc voilà, là, je monte en équilibre, je compte deux secondes et j'y vais. Et c'est vrai qu'une fois qu'on est lancé, là, c'est les automatismes qui priment, c'est vraiment le corps parce que ça dure trois secondes, donc c'est super rapide. Et donc là, l'acrobatie, elle est vraiment automatique et à la fin, juste la seconde avant de rentrer dans l'eau, il faut vraiment penser à serrer le plus possible et être le plus possible gainé pour rentrer bien dans l'eau et faire le minimum de splash. Voilà. Et ensuite, quand on a fini notre plongeon, il faut nager 4-5 mètres vers l'eau pour remonter à la surface. Et là, voilà, c'est un peu la délivrance, surtout si on a bien plongé, on est super content et il y a l'adrénaline qui fait effet. Voilà.

Loïc Je t'ai posé la question parce que j'ai vu pas mal de films récemment sur des expéditions, des aventures ou juste des défis de base jumper et en fait, le décompte, alors j'imagine qu'on ne peut pas généraliser mais tous les films que j'ai vus de gars qui s'apprêtent à sauter, le décompte, ils le font tous. Tu vois, le 3, le 1 et boum. Et en fait, je me demandais parce que c'est un peu la même configuration, tu t'apprêtes à te jeter dans le vide, simplement tu tombes dans l'eau sans avoir à ouvrir un parachute mais ça m'avait marqué, tu vois, je me disais mais à quel moment est-ce que les gars ou les nanas, tu vois, ils osent, ils se disent allez là maintenant, j'y vais et je pense que c'est des comptes en fait, mentalement, ils doivent vachement aider parce que ça acte la chose, tu vois, tu ne réfléchis plus.

Madeleine Exactement et c'est vrai qu'il y a encore des plongeurs qui à l'échauffement par exemple, s'ils font un plongeon très difficile, vont demander à quelqu'un d'autre de compter pour eux, pour qu'ils s'élancent ou ça arrive beaucoup chez les jeunes ou chez les enfants qui font même du plongeon classique ou c'est le coach ou le coéquipier qui compte pour eux. Je trouve ça assez mignon quand on n'avait jamais vu ça jusqu'à récemment et voilà.

Loïc Ok. Très bien. Qu'est-ce que, écoute Madame, on arrive au bout, c'était absolument passionnant. Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ? Est-ce qu'il y a des grosses échéances que tu prépares là sur cette saison, sur la prochaine ? Alors les jeux, on a bien compris, ce ne sera pas pour tout de suite mais sur quoi est-ce que tu te concentres là dans les mois, les semaines, les mois à venir ?

Madeleine Alors mon objectif, mais plutôt long terme, c'est d'être dans le top 8 mondial parce que qui dit top 8 mondial veut dire que je ferai toutes les compétitions du circuit mondial de Red Bull. Donc aujourd'hui, Red Bull a entre 6 et 8 compétitions par an. À chaque étape, il y a 12 athlètes et sur ces 12 athlètes, il y en a 8 qui font toutes les compétitions et 4 qu'on appelle des wild cards qu'on invite ponctuellement. Puis plus on fait des meilleurs résultats, plus on nous réinvite. Donc moi, pour l'instant, je suis encore une wild card. Et donc pour augmenter mon classement, il faut que je fasse des plongeons plus difficiles parce qu'aujourd'hui, c'est ce qui me plafonne un petit peu, c'est que je ne fais pas encore des plongeons assez difficiles, même si celui en équilibre est difficile. Mais voilà, par rapport à mes compétitrices, il faut encore que j'augmente mon niveau. Donc l'objectif, ça va être de faire des plongeons de plus en plus difficiles. Et ensuite, côté un petit peu professionnel, c'est de trouver des sponsors, des partenaires pour m'accompagner et pour que j'ai un petit peu plus de temps pour me reposer, pour m'entraîner, etc. pour atteindre cet objectif. Donc voilà, je pense qu'on peut me souhaiter que je fasse mes nouveaux plongeons sans me blesser parce que mine de rien, c'est quand même un sport où on peut se blesser assez facilement. Donc voilà. Et puis, si dans les personnes qui écoutent ces podcasts, il y a des partenaires, etc. qui veulent m'accompagner, je suis ouverte à l'échange également.

Loïc Excellent. Voilà, le message est passé. N'hésitez pas à compléter, Madeleine. Tous les liens vers les réseaux sont en description. Est-ce que tu aurais peut-être un message à faire passer en guise de conclusion ou quelque chose que tu voudrais souligner dont on a déjà parlé ?

Madeleine Oui, avec plaisir. Moi, aujourd'hui, honnêtement, je vis mon rêve. Quand j'ai commencé le plongeon, je me suis dit allez, tu fixes cet objectif mais complètement lunaire de devenir une plongeuse dans les compétitions de Red Bull Cliff Diving ce qui était très probable que ça n'arrive pas sachant qu'il y a 30 femmes dans le monde pourquoi moi ? Et en fait, je me suis lancée dans cet objectif en ne pas portant trop d'attention aux résultats mais plutôt aux moyens. Je me suis dit tu donnes tout ce que tu as, tu essaies de faire le meilleur que tu peux et si ça marche, tant mieux et si ça ne marche pas, au moins, tu auras tout essayé entre guillemets, ce ne sera pas de ta faute. Et donc, je pense que, voilà, j'essaie peut-être un message, c'est d'encourager les jeunes ou tout le monde à viser haut, à se dire, à se donner les moyens de réaliser ses rêves et de ne pas avoir peur de l'échec. Moi, je me suis toujours dit si ça ne marche pas, au moins, voilà, tu auras tout donné et grâce à cet état d'esprit, aujourd'hui, je réalise mon rêve et je vis ma vie de rêve alors que j'étais juste une jeune femme qui n'avait jamais plongé et aujourd'hui, je suis dans les meilleures au monde. Donc, voilà, rien n'est impossible et pour réaliser des grands rêves, il faut commencer par des petites actions qui s'entraînaient tous les jours, aller à la salle de sport, voilà, et puis, petit à petit, ça arrivera si on est constant. La constance, c'est moi, ce qui est le plus important, je pense, dans mon parcours et qui m'a permis d'arriver à ce niveau-là aujourd'hui.

Loïc Fabuleux, j'adore le message, un immense merci, Madeleine, c'était génial de te recevoir un micro défrappé. Je te souhaite du coup une excellente continuation, hâte de voir la vidéo où je vais exécuter ce plongeon teasing. Et puis, écoute, je te dis peut-être à une prochaine où je serai dans le public sur un des événements Red Bull.

Madeleine Ouais, avec plaisir, merci beaucoup Loïc pour l'accueil.

Loïc Merci d'avoir écouté cet échange avec Madeleine jusqu'au bout, j'espère que vous aurez apprécié la découverte de cet univers du plongeon de l'extrême. N'hésitez pas à partager cet épisode autour de vous et de manière générale, si vous souhaitez soutenir le podcast, vous pouvez le faire en laissant une note ainsi qu'un commentaire sur votre plateforme d'écoute. Pensez également à une action extrêmement simple qui consiste à parler des frappés autour de vous. Tout simplement, le bouche à oreille, c'est extrêmement efficace. Et enfin, si vous souhaitez soutenir financièrement le podcast, rendez-vous sur tipeee, tipeee, tipeee.com slash les-frappés, le lien est en description. C'est à partir de 1 euro par mois et chaque euro compte. Un grand merci, je vous dis à la semaine prochaine pour un épisode de l'extrême, mais cette fois-ci sur la glace. de l'extrême, de l'extrême, et chaque euro

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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