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Saison 4 EP·189 Montagne #trail #jeux olympiques #reconversion

05 novembre 2024

Le sport comme école de la vie avec Marie Dorin-Habert, championne olympique en biathlon

Durée · 48 min · Transcription disponible

Marie

Le récit

Marie Dorin-Habert est une ancienne sportive de haut niveau en biathlon. Au cours de sa carrière, de 2003 à 2018, elle a décroché plus de 50 médailles internationales en biathlon. Le 20 février 2018 elle devient championne olympique du relais mixte aux côtés de Simon Desthieux, Anaïs Bescond et Martin Fourcade.

2018, c’est aussi la fin de sa carrière à haut niveau. Elle sort par la grande porte, après être montée sur la plus haute marche du podium.

Dans cet épisode on parle de reconversion, de trail, d’écologie et de transmission de valeurs fortes aux jeunes générations.

Excellente écoute à vous !

🔎 Marie et Loïs ont lancé ZeCamp, un "hôtel à valeur sportive ajoutée". Plus d'info ici.

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Transcription

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Marie C'est quelque chose qui me plaît beaucoup. On met ses baskets, on sort une heure et ça peut être rentable. On peut se mettre la misère en une heure. On peut juste être bien. Je rentre et je suis tout le temps bien d'une séance de course à pied. Finalement, quand je regarde le chemin effectué, je me rends compte que de petit pas en petit pas, j'ai fait vraiment des pas de géant par rapport à ma vie d'avant. C'est vrai que pour le coup, j'en retire une certaine fierté.

Loïc Hello, hello, vous écoutez les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyages aux eaux longs cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Marie Dorin Haber est une ancienne sportive de haut niveau en biathlon. Au cours de sa carrière sportive de 2003 à 2018, elle a décroché pas moins de 50 médailles internationales. Le 20 février 2018, elle devient championne olympique du Rolimix aux côtés de Simon Détieux, Anaïs Bescon et Martin Fourcade. 2018, c'est aussi la fin de sa carrière à haut niveau. Elle sort par la grande porte après avoir décroché l'Eurolympique. Dans cet épisode, on parle de reconversion, de trail, d'écologie et de transmission de valeurs fortes aux jeunes générations. Excellente écoute à vous. Bienvenue Marie sur le podcast, je suis absolument ravi de te recevoir au micro défrappé. Tu es d'ailleurs pour information la deuxième biathlète ou ex-biathlète que je reçois. Est-ce que tu peux deviner le nom de la précédente ? Tu la connais très très bien je crois.

Marie Je ne sais pas, Anaïs Bescon par exemple ?

Loïc c'était Marie-Laure

Marie Marie-Laure ok très bien

Loïc bah oui

Marie je la connais très bien aussi

Loïc yes en tout cas Marie vraiment ravie de te recevoir sur le podcast on va parler je pense j'imagine de biathlon de sport de haut niveau de trail également d'ultra trail de reconversion bref ça va être absolument passionnant ce que je te propose c'est peut-être pour celles et ceux qui ne te connaîtraient pas s'il y a des gens qui nous écoutent qui ne viennent pas de qui ne sont pas familiers de l'univers du biathlon ou des sports olympiques en général, je te propose de nous expliquer dans les grandes lignes qui tu es, ce que tu as fait et ce que tu fais aujourd'hui.

Marie Très bien. Je suis Marie-Dorin Habert. Dorin, c'était mon jeune fille et je me suis mariée durant ma carrière et depuis ça. Voilà. J'ai 38 ans à présent. J'ai fait du biathlon jusqu'à mes 32 ans. Et puis, j'ai eu la chance de faire cette belle première tranche de vie avec des résultats dont je n'avais pas pressenti que j'aurais pu monter si haut. Et c'était une très belle expérience. Et puis après, maintenant, c'est la reconversion. Donc, c'est de nouveau une très belle expérience aussi, très différente, avec des nouvelles rencontres, des nouvelles perspectives, des nouveaux challenges. Donc, c'est chouette aussi. C'était un peu court peut-être.

Loïc non mais de toute façon moi j'ai le palmarès sous les yeux donc tu l'as dit avec beaucoup d'humilité que tu as eu une une chouette carrière en tout cas une belle expérience dans le biathlon pour information pour ceux qui ne te connaîtraient pas tu es championne olympique 5 fois championne du monde 4 autres médailles olympiques et je crois plus d'une dizaine de médailles en coupe du monde bref tu as été très clairement au plus haut niveau du biathlon pendant un bon moment. La question que j'ai pour toi, je te disais que j'avais reçu Marie-Laure, on en avait un petit peu parlé, je suis curieux d'avoir ton avis à toi. Qu'est-ce qui t'a permis d'arriver à ce niveau-là ? Et avec du recul, qu'est-ce qui, pour toi, quelles sont pour toi les qualités indispensables d'un biathlète, d'une biathlète de niveau olympique ?

Marie Alors, je pense que ce qui m'a permis d'arriver à ce niveau-là, ça remonte peut-être. Alors moi, j'ai attaqué le biathlon assez tard, finalement. J'ai attaqué à 15 ans. C'est vrai que normalement, je ne suis pas la seule à avoir attaqué tard, mais je veux dire, la plupart des biathlètes attaquent quand même plus tôt le ski de long et le biathlon. Moi, j'ai attaqué le ski de long assez tard aussi, vers 13 ans, et le biathlon tout de suite derrière. En fait, c'était un petit peu les deux ensemble. Comment je suis venue au ski de fond ? C'est parce que, tout simplement, des copines faisaient du ski de fond et j'ai eu la chance d'avoir un premier moniteur qui s'appelait Gérard Manceau et qui avait une approche très nature. Parce que pour moi, le biathlon et le parcours du biathlon, ce n'est pas seulement le parcours sportif et la compétition, ça a été aussi pour moi le coup de foudre avec le milieu naturel et la découverte de la nature et de l'environnement. Et c'est très important parce que finalement, maintenant, l'héritage que m'a laissé le biathlon c'est la protection de l'environnement et ça paraît très paradoxal quand on parle de haut niveau et qu'on en vient là mais j'ai vraiment eu cette première approche très nature avec cette idée un peu comme le grand nord d'aller faire sa trace de parcourir la notion de l'effort aussi mais l'effort dans la neige cette sensation que tout est vierge et que du coup on est le premier à passer que du coup tout est fragile j'ai vraiment découvert ça avec Gérard qui m'a laissé cet héritage et qui n'était pas du tout compétition. Et puis après, je pense que je devais avoir la compétition en moi, mais ce côté, j'étais curieuse de savoir jusqu'où je pouvais aller. Et j'ai toujours été comme ça. C'est-à-dire que petite, je me fixais des défis dans les bois, à traverser des ruisseaux sur des rondins debout, à monter en haut d'un arbre. J'étais tout le temps à essayer de me fixer des petits objectifs que j'étais seule à atteindre ou ne pas atteindre. mais il n'y avait pas de notion de rivalité envers quelqu'un. Et j'ai conservé ça. Et je pense que ça a été mon moteur durant toute ma carrière, c'est-à-dire jusqu'où je suis capable d'aller. Et l'entraîneur du comité, Thierry Ducer, qui était le même que Marie-Laure, est venu faire des... Je ne sais pas si on peut appeler ça des repérages, mais en tout cas, est venu faire essayer le tir à la carabine au club de ski de fond dans lequel j'étais. Et c'est vraiment comme ça que je suis rentrée dans le biathlon. c'est-à-dire en essayant le tir et tout de suite le jeu ce côté très binaire de tu as une cible, tu ne l'as pas c'est hyper ludique le tir et j'ai tout de suite rentré dedans et puis j'ai mis le pied dans le biathlon à ce moment-là et après l'instinct de compétition c'est-à-dire cette curiosité de savoir jusqu'où je pouvais aller m'a poussée finalement jusqu'à intégrer l'équipe de France, jusqu'à faire des résultats et ça a été le fil conducteur de toute ma carrière, c'était jusqu'où je peux aller dans ce sport, jusqu'où je peux pousser tous les curseurs de la performance envers moi-même. Et voilà. Je n'ai jamais été poussée par mes parents ou par un entourage. La pression, je me la suis mise après quand forcément, après, on a de la médiatisation ou autre chose. Mais c'est vraiment ce sentiment de se dépasser tout le temps et qui reste mon mocteur actuel aujourd'hui, de progresser.

Loïc Excellent. Et alors, cette curiosité, cette quête de ton potentiel, elle t'a amenée où ? Est-ce que tu as le sentiment dans le biathlon, puis on va parler du trail après, est-ce que tu as le sentiment d'avoir touché du doigt le max de ton potentiel ?

Marie Oui, complètement. En fait, j'ai eu la chance finalement d'arrêter ma carrière complètement sur le déclin en sortant par la grande porte. Excellent. Ce qui est plutôt pas mal. Je m'explique, c'est qu'en fait, je pense que moi, durant ma carrière, on va dire que je me suis révélée à moi-même et peut-être au grand public en 2010 avec une première médaille olympique à Vancouver. Donc, j'ai eu la chance de participer à trois Olympiades différentes. Et à partir de 2010, on peut dire que ma carrière au niveau international a débuté, c'est-à-dire que je faisais régulièrement partie des dix premières biathlètes mondiales avec des podiums de temps en temps. Je n'avais pas un niveau de ski qui me permettait d'y monter souvent, c'est-à-dire que je devais compter sur des défaillances de mes adversaires au tir pour pouvoir être sur le podium en faisant la course parfaite de mon côté. donc je n'étais pas encore au top au top. Mais je pense que j'ai eu une progression linéaire à partir de 2010 qui petit à petit s'est concrétisée au fur et à mesure des années. 2014, Olympia, c'était les Jeux Olympiques de Sochi, un peu plus compliqué, c'est-à-dire que je me suis blessée au début de l'année. Après, ce n'était pas prévu, mais je suis tombée enceinte. Donc, j'ai eu la chance aussi de connaître la maternité, moi, durant ma carrière. et en fait je crois que ça a été un autre élément déclencheur, c'est-à-dire que ça m'a enlevé énormément de pression parce que je pense qu'être mère ou être parent d'un coup, on n'est plus le nombril du monde que l'on est quand on est athlète, que du coup on sait qu'il y a autre chose, enfin voilà, il y a beaucoup de modifications qui se font de façon inconsciente en fait, sur l'approche de la performance et moi ça m'a enfin voilà, moi je pense que j'ai fait mes meilleures années, c'est ce facteur-là combiné au fait que du coup, en étant enceinte je n'ai pas fait une saison de compétition complète, je me suis entraînée plus doucement et je pense que j'ai vraiment capitalisé sur les années suivantes, j'étais au meilleur de ma forme et j'ai eu mon pic de forme en 2016. Et puis après, comme tout athlète, c'est toujours difficile de décider de s'arrêter quand on est au top, on se dit toujours mais si ça se trouve, ça peut durer un petit moment. Et du coup, je me suis dit, bon, allez, tu continues jusqu'aux prochaines Olympiades en 2018 et c'est vrai qu'à partir de 2016, j'ai décliné quand même donc j'étais de moins en moins en forme 2017 a déjà été une saison en dentie et 2018 en fait j'étais complètement sur le déclin c'est-à-dire que j'étais nulle je n'avançais plus rien j'avais beau bien tirer je ne faisais plus du tout partie des meilleurs et j'ai quand même réussi à me sélectionner aux Jeux Olympiques de 2018 voilà c'est une autre histoire mais avec beaucoup de repos et en acceptant en fait de repartir d'en bas et de vraiment d'avoir de me reposer en acceptant en fait que l'entraînement ça serait de ne rien faire j'ai réussi à retrouver un semblant de niveau sur la durée des jeux qui m'a permis finalement de faire une quatrième place qui m'a permis de me sélectionner sur le relais et qui nous après j'ai eu la chance de participer à ce relais avec notamment Martin Fourcade qui nous sacre on a ce titre en relais mix au jeu et là en fait c'était la certitude absolue de me dire de toute façon tu peux que descendre maintenant c'est à dire t'as mangé tout ta feuille il n'y a plus rien j'ai plus rien dans le sac et donc tu arrêtes ta carrière maintenant et la chance de sortir par la grande porte parce que médaillé parce que finalement en fait l'histoire ne retient que ça mais moi je sais pertinemment que je n'aurais pas pu aller plus loin voilà donc ça c'est je trouve que c'est une sacrée chance dans une carrière ouais

Loïc c'est sûr que oui entre ça et la sortie forcée sur blessure ou contre-performance durable c'est quand même une belle histoire que tu peux raconter

Marie exactement

Loïc comment ça se passe la sortie d'un sport de niveau même si tu expliquais que tu étais arrivé peut-être au bout de l'aventure en tout cas d'un point de vue performance j'imagine peut-être aussi un peu plaisir c'est jamais très agréable de voir qu'on régresse dans un sport quand on a pratiqué à un certain niveau de voir qu'on n'a plus forcément tout ce qu'il faut pour continuer à performer à ce niveau-là. Mais comment tu la gères, cette phase d'arrêt et de reconversion ? Combien de temps elle dure ? À quoi est-ce que ça a ressemblé pour toi ?

Marie Alors, moi, du coup, j'étais très sereine par rapport à ça pour deux raisons, même trois raisons. En fait, c'est que d'une part, justement, le fait d'être moins bien sur cette dernière saison, j'avais quand même fait le vide, fait le tri dans toutes les émotions qui pouvaient me submerger à vivre ces contre-performances successives qui ont failli finalement me coûter les Jeux. C'est-à-dire qu'en fait en... Je ne sais pas, ça devait être décembre ou... Non, c'était en décembre. En décembre, donc nous, la saison de compétition, elle attaque en décembre, elle termine en avril et les Jeux Olympiques sont souvent ou les championnats du monde sont souvent sur la période de février. Donc, quelque part, les courses de décembre et les courses de janvier servent de sélection. Parce que nous, on a des entraîneurs sélectionneurs, on n'a pas de minima à faire, mais ils prennent les meilleurs du moment. Et en fait, moi, du coup, comme j'avais vraiment des contre-performances successives qui ne me permettaient pas de prétendre à me sélectionner pour participer à ces Jeux Olympiques, en décembre et janvier, je m'étais préparée à arrêter ma carrière comme ça. C'est-à-dire que je m'étais dit de toute façon, le sport de haut niveau, c'est ça. C'est-à-dire que si tu as des résultats, tu continues, si tu n'as pas de résultat, forcément, tu n'as pas de partenaire, tu n'as pas de revenu financier et du coup, tu arrêtes. En fait, c'est la différence entre le sport de compétition et le sport plaisir et ça fait partie des règles du jeu qui, qui de toute façon, doivent être assimilées pour pouvoir bien le vivre. En tout cas, moi, j'avais vraiment cet état d'esprit-là, c'était vraiment de me dire voilà, de toute façon, les règles sont claires, là, tu n'es pas suffisamment performante, si ça se trouve, tu vas arrêter ta carrière là et ce n'est pas grave parce que tu es déjà allée sur un niveau où tu ne t'y attendais même pas. Et puis, il y a autre chose derrière. J'ai la chance d'avoir un contexte familial qui est stable. J'ai autre chose à la maison, une petite fille. J'ai continué mes études tout le long de ma carrière. Donc, moi, j'ai un master en écologie et biodiversité. Et du coup, tous ces paramètres-là, j'avais fait un état zéro. C'est-à-dire, de toute façon, si tu arrêtes là ta carrière, tant pis. Ça s'arrête, il y a autre chose qui va redémarrer derrière. et ça sera bien aussi. Et puis bon, après je me suis reposée et j'ai pu participer finalement au jeu et sortir par la grande porte comme je viens de l'expliquer. Mais finalement, en fait, je m'étais préparée à arrêter. C'est-à-dire que je lui avais dit de toute façon 2018, ça serait ma dernière année. Conjointement à ça, on avait un projet avec, enfin c'est surtout mon mari qui a des projets, il a beaucoup de projets, il a besoin de s'occuper. Sinon, il est infernal. Donc du coup, il y avait un projet de créer une structure d'hébergement pour accueillir des sportifs. Donc, dans le Vercors, à Corrençon, en Vercors, en fait, là où on habite. Et il avait commencé à créer, c'est-à-dire qu'il avait monté le business plan, on avait eu les accords, etc. Et il avait commencé à créer cette structure-là avec pour objectif de se dire, en fait, finalement, les structures qui accueillent les sportifs, en fait, les sportifs, ils ont besoin de bien manger. Enfin, disons, des vacanciers comme nous, comme moi, on cherche des endroits où ils peuvent bien manger, se reposer et surtout aller faire du sport de pleine nature et donc nous la structure elle est vraiment donc ça s'appelle The Camp et elle est située à un endroit où on a accès à beaucoup d'activités sportives de pleine nature et voilà il restait à trouver le comment construire le bâtiment et puis trouver le concept et donc il était dans cette réflexion là en 2018 donc finalement en fait moi la transition elle a été hyper rapide c'est à dire que en 2018 on était dans la construction de ce complexe cela, dans le montage du business, etc. Et puis, en plus, j'ai trouvé un travail. Moi, j'avais trouvé un travail au département de l'ISER sur des missions sport-environnement qui correspondaient aux études que je venais de terminer. Et puis, j'ai fait ma deuxième. Comme ça, je me suis bien occupée. J'ai eu une année 2018 très mouvementée, mais je n'ai pas eu de coup de mou par rapport à l'arrêt de carrière. au contraire c'était vraiment une curiosité et presque un soulagement d'arrêter parce qu'à un moment donné j'en avais aussi marre du côté hygiène de vie c'est-à-dire que ça devenait pesant pour la sphère familiale j'en avais marre de partir j'avais l'impression d'avoir fait le tour de toute façon de moi-même sur le côté sport de haut niveau et aussi du côté que ça ne m'alimentait plus dans tous les sens du terme sportivement, intellectuellement j'avais fait le tour

Loïc Fabuleux je suis toujours très impressionné par les récits les récits les comptes rendus en tout cas de course en biathlon les quelques interviews que j'ai vu de Martin Fourcade parce que c'est peut-être le plus médiatique dans la discipline sur l'intensité de ce sport, on en avait un peu parlé avec Marie-Laure et je terminerai là-dessus avec toi comme ça après on passe au trail mais tu dirais pour performer au niveau auquel tu étais, est-ce qu'il y a un peu de génétique aussi ? Parce que là, tu évoquais l'hygiène, les entraînements, comme toute discipline de haut niveau, je suppose que tu avais des semaines très chargées. Mais est-ce que d'un point de vue cardio, notamment, je pense à ça, parce que de mémoire, Martin Fourcade au repos doit être à, je ne sais plus, quelque chose comme 30 battements minutes ou peut-être un peu moins que ça. Je n'ai plus le truc en tête. J'ai 28 ou 32, je ne sais plus trop. ce qui est complètement lunaire et je ne sais même pas si ça on peut vraiment le travailler pour que ce soit aussi bas donc est-ce que toi avec un peu de recul tu dirais que pour performer à ce niveau là d'un point de vue cardio il y a certes beaucoup d'entraînement mais il y a aussi un petit peu de génétique de prédisposition

Marie alors oui carrément je veux dire c'est à dire que Martin qu'on connait très bien oui il a des capacités qui sont carrément hors normes et ça aide Je veux dire, dans tous les sports, les grands noms de chaque discipline, c'est sûr qu'à un moment donné, ils ont une génétique qui les a énormément aidés. Je veux dire, à Kilian Jornet, on a beau s'entraîner, on ne deviendra jamais. Il y en a qu'un, et Martin, c'était pareil, parce qu'il a su monter à plus haut niveau son 100%. Pour moi, l'essentiel d'un sportif, en fait, la quête du sportif, c'est un petit peu ce que j'expliquais, le prisme par lequel j'ai réussi à élever mon niveau, c'est d'atteindre le 100% de ce qu'on est capable de montrer de montrer le 100% de nos capacités et finalement en fait on se rend compte en tout cas en biathlon et encore plus peut-être en biathlon parce qu'il y a le facteur neige parce qu'il y a deux disciplines aussi donc il y a plusieurs paramètres en fait à monter et c'est assez intéressant de voir que il y a beaucoup de paramètres en fait et que bien sûr que si on est un énorme mutant, c'est-à-dire en capacité sportive pure, que ce soit cardiaque ou musculaire, il y a plein de choses à prendre en compte. Mais ne serait-ce que ce domaine-là, bien sûr que ça aide. Mais le fait qu'il y ait le tir aussi, ça devient intéressant parce qu'on joue sur un autre registre qui n'est plus les capacités physiques, mais peut-être plus la gestion du stress et la gestion de toute la partie mentale qui va être liée à mettre une balle, qui va être très liée à ce côté, je gagne, je vais gagner si je mets mes balles ou je perds. et ça c'est hyper intéressant après bon là on parle que des deux gros paramètres de notre discipline mais il y en aurait énormément il y a le côté récupération qui à mon avis quand on est sportif il est hyper important c'est à dire que des gens qui ont une très bonne récupération en peu de temps sont capables de s'entraîner plus et du coup de fournir un effort physique qui est plus important il y a le côté après il y a tout le côté mental aussi par rapport à gagner accepter de gagner, accepter de perdre accepter de se remettre en question arriver à s'entourer arriver à déléguer il y a plein de paramètres arriver à être strict envers soi-même sur l'alimentation ou sur autre chose chacun a son finalement à ses poux en tout cas ses bêtes noires à essayer de petit à petit d'éliminer pour faire le tri et puis pour aller à épurer à épurer vraiment ce qui lui permet d'être le plus performant possible et je trouve que c'est assez intéressant je dirais que forcément il y a une part de génétique moi alors pour le coup me concernant j'étais pas du tout une mutante du cardio, c'est à dire que j'ai une VO2 qui est normale, j'ai des battements cardiaques qui sont normaux j'ai réussi à faire monter des valeurs mais ça c'est plus l'entraînement qui permet de monter ces valeurs là mais à la base j'étais pas un poulpe mais je veux dire j'étais pas non plus prédestinée à des capacités sportives hors normes en fait après j'ai toujours j'ai une très bonne qualité musculaire et c'est pour ça que je pense que l'effort du skating me convient bien parce que c'est un effort qui est très tonique voilà c'est le seul petit truc que je peux me dire qui a pu m'aider en fait en termes de génétique c'est pas grand chose j'aimerais pouvoir dire ah bah non mais j'ai trois poumons enfin voilà mais non même pas et après par contre au niveau mental ce qui est assez curieux c'est que j'ai toujours et j'ai jamais vraiment compris ce mécanisme-là, mais je suis quelqu'un qui réagit mieux au stress. C'est-à-dire que sur les grands événements, j'ai toujours réussi à dominer ma propre anxiété ou la propre pression que je pouvais me mettre à comparer. Et par exemple, je n'ai jamais eu le maillot jaune. Je n'ai jamais été capable d'être forte à toutes les courses. Mais par contre, sur des grands événements, j'étais tout le temps au rendez-vous. J'ai très peu raté de grands événements. Et du coup, c'est assez marrant et je n'ai jamais compris pourquoi. et du coup je me disais mais vas-y alors mets-toi une pression de dingue et des fois ça ne marchait pas du tout et après je ne saurais jamais expliquer et encore maintenant je suis plutôt quelqu'un qui arrive à être plus performante en cas de stress en fait voilà ça doit être un instinct sur lui

Loïc ton arrivée dans l'univers du trail du coup je suppose que tu courais un peu j'imagine que tu courais dans le cadre de ta prépa en biathlon mais ta vraie arrivée on va dire dans l'hiver du trail le moment où le trail a pris de plus en plus de place c'était quand ? Combien de temps après l'arrêt du biathlon ? Et quel format en particulier dans le trail ? Avec quel format est-ce que tu as accroché en particulier ?

Marie Alors après en trail j'ai eu la chance de faire partie de l'équipe Simal qui m'a accueillie et c'est au-delà de l'aspect sportif je trouve que c'est des très belles valeurs humaines en fait qu'on partage et moi c'est pour ça à ce titre-là que je reste dans le trail. Mais alors, pour le coup, je ne suis pas en train de préparer une deuxième carrière. C'est-à-dire que ça a toujours été clair même avec l'équipe. C'est-à-dire que moi, en fait, le trail, c'est un hobby. Pour l'instant, je veux dire, ce n'est absolument pas... Je ne prépare pas les courses. Je n'ai pas de volonté. En fait, quand on met un dossard, moi, je reste une bête de course. C'est-à-dire à partir du moment où on met un dossard sur le dos, il y a quelque chose qui brille dans mon cerveau et qui fait que j'ai envie d'aller à fond, j'ai envie d'aller au bout de moi-même mais pour autant je n'ai pas envie de refaire une seconde carrière de haut niveau et ça, ça a toujours été clair, c'est-à-dire que j'ai aucune obligation de participer à des compétitions et je le fais juste par plaisir parce que j'aime bien le challenge parce que j'aime bien sortir de ma zone de confort et découvrir autre chose et c'est avec cette approche-là que j'envisage le trail, c'est-à-dire que j'ai toujours aimé courir, je pense que c'est peut-être le sport que j'aime le plus, enfin il y a le ski mais dans le sport de tous les jours c'est peut-être celui qui me fait le plus de bien c'est-à-dire je me retrouve énormément dans la simplicité et le côté paysage découverte, être seule avec soi être seule en montagne et ça c'est quelque chose qui me plaît beaucoup, on met ses baskets on sort une heure et je veux dire ça peut être rentable on peut se mettre la misère en une heure on peut juste être bien et je rentre et je suis tout le temps bien d'une séance de course à pied donc il n'y a pas besoin de préparation et c'est ça que j'aime dans la simplicité du trail après moi je suis une coureuse de montagne, j'ai des gros muscles j'aime bien quand ça monte j'aime pas trop quand c'est plat et puis voilà, mais du coup oui je fais toujours des intervalles des fois je me dis mais t'es complètement neuneu en fait je me fais mes intervalles mais sans objectif, en fait j'ai pas vraiment d'objectif de préparation, j'ai pour objectif de maintenir en forme à un certain niveau parce que je trouve que c'est super agréable en fait de sentir que son corps il répond que voilà moi j'ai le goût de l'effort, ça me plaît énormément, de sentir que j'atteins des limites, que je peux les repousser. C'est vraiment ça qui me motive encore aujourd'hui, finalement. C'est pour ça que je dis que j'ai conservé ce mécanisme de haut niveau. Mais après, pour répondre à ta question, je suis venue dans le trail comme ça, en fait. Après, je fais les petits trails du coin. Je n'ai encore pas pris beaucoup la voiture pour aller faire des trails connus ou quoi. Pour l'instant, c'est plus une manière de me challenger, de me dire, tiens, là, tu t'es inscrite sur ta petite course à saucisson du Vercors. et puis du coup juste pour te faire plaisir va faire 2-3 intervalles mais je ne me suis jamais inscrite à un ultra ça t'aimerait tu penses ? ça pourrait me plaire mais j'ai conservé quand même du ski des petits pépins physiques, c'est pas grand chose mais c'est de l'usure articulaire et j'ai les hanches qui sont à la limite du conflit de hanches et dès que je dépasse 20-30 km je le sens je me fais mal et je n'ai pas du tout envie pour le coup de risquer de ne plus pouvoir faire de sport juste pour préparer une course. Donc, moi, je viens quand même d'un sport, enfin, ce n'est pas vraiment un sport porté, mais c'est un sport glissé avec très peu d'impact. Et la course à pied, pour le coup, c'est assez violent en termes de traumatisme, je trouve. Et du coup, pour ces raisons, j'aimerais vraiment bien, mais la seule fois où j'ai fait un 40 km, c'était juste après un 20, mais j'ai pas pu marcher pendant deux mois et ça honnêtement je suis pas prête à ça parce que il y a un moment donné j'ai envie de pouvoir faire du sport longtemps dans un corps qui fonctionne bien et d'être une petite grand-mère à 40 ans ça m'intéresse pas donc je suis sur du vin quoi je suis sur du demi du vin ouais

Loïc mais tu fais quand même attends que je retrouve tout ça j'ai vu un article avec ton mari Loïs c'était la pyramenta que vous avez fait c'est ça ?

Marie c'est la pyramenta hivernale le ski de randonnée ça reste mon sport favori quand on a une impression de liberté comme ça dans un milieu pour moi je suis un peu la reine des neiges je suis en espèce en voie de disparition mais j'adore l'hiver j'adore la neige, j'adore le ski sous toutes ses formes et le ski de randonnée je trouve que ça combine parfaitement le côté ludique de la descente, la sensation de liberté, l'évaluation du risque et puis le cardio donc du coup ça coche vraiment toutes les cases et puis j'ai découvert l'année dernière en compétition justement j'ai participé à deux compétitions de ski de randonnée avec mon mari donc ça c'était chouette aussi de faire ça en couple c'était la belle étoile en belle donne et puis la piramenta et c'était génial Franchement, c'était vraiment très chouette. Je suis vraiment nulle en descente, je suis vraiment une luge à foin. Mais pour le coup, c'était très sympa. Et si je peux me réinscrire cette année, je le referai. Mais voilà, pour moi, l'après-carrière ressemble à ça, c'est-à-dire me challenger sur des disciplines qui me plaisent énormément, le VTT, le ski de randonnée, le trail. Là, je me suis mise récemment à l'escalade dans l'objectif de faire plus d'alpinisme et de faire du coup plus de montagne. mais j'ai plus d'ambition de refaire une carrière en quoi que ce soit et je m'inscris à des compétitions par goût de l'effort, par goût du challenge je trouve sur des compétitions c'est toujours des belles ambiances comme ça aussi et voilà j'ai l'impression de re-être un peu une athlète quand je remets un dossard mais bon je sais que c'est qu'une illusion

Loïc Tu parlais de de ta on va dire de l'impact qui a eu le biathlon assez tôt dans ta vie, notamment en rapport à la nature, cette sensation de liberté, de connexion aux éléments. Il me semble que la pyramenta, justement, cet engagement, en tout cas ces convictions environnementales, vous les avez mis en pratique avec ton mari et vous êtes rendu au départ de la course à vélo, c'est ça ? Avec tout votre matos accroché sur les vélos.

Marie Oui, alors c'est vrai que du coup, comme je le disais, moi ça a été un éveil ça a été une porte d'empré vers la nature en fait, le sport de haut niveau et très paradoxalement parce que le sport de haut niveau, si je résume aussi sur le bilan écologique du sport de haut niveau c'est des avions, du matériel c'est l'optimisation de la performance sur tous les points que l'on peut optimiser y compris dans le côté matériel y compris dans l'argent de la pub c'est ça en fait le sport de haut niveau et pourtant, moi c'est grâce au sport et même au sport de haut niveau que j'ai acquis cette conscience de l'environnement, de la fragilité des milieux naturels que j'ai pu parcourir partout. Ce côté très paradoxal aussi avec la neige artificielle. Nous, les sports d'hiver, en fait, c'est une grande question maintenant. Et d'autant plus maintenant, quand on est en station de moyenne montagne, c'est même très conflictuel. Dans les stations, le côté transition, c'est très compliqué. et quand j'ai arrêté ma carrière, en fait, je n'ai jamais eu le courage d'arrêter ma carrière pour ces convictions-là. C'est-à-dire que j'ai vécu toute ma carrière avec ce côté mal-être de me dire tu prends l'avion, tu participes à quelque chose que tu as envie de protéger, enfin voilà. Et pour autant, je ne vais pas me cacher derrière ça, je fais mon propre procès, mais je n'ai jamais eu le courage de dire, en fait, justement, pour ne plus faire partie de ce monde-là, pour ne plus polluer, pour avoir un bilan carbone qui soit acceptable pour tes enfants, tu arrêtes le ski. Non, je n'ai pas pris cette décision. J'ai arrêté pour d'autres raisons parce que j'étais nulle, tout simplement. Et donc, j'ai finalement arrêté ma carrière pour d'autres raisons, ce qui était totalement personnel et plus égoïste, qui est le déclin sportif et la vie de famille. Pour autant, quand j'ai arrêté le sport de haut niveau, je me suis dit, maintenant, tu vas pouvoir mettre en place des choses qui vont te permettre d'être en paix avec toi-même. Parce que pour moi, l'écologie, ce n'est pas quelque chose qui doit se comparer. Parce qu'en fait, quand on se compare, finalement, c'est toujours pour le pire. c'est-à-dire, oui, mais l'autre, il fait pire, donc j'ai bien le droit de faire ça. Et en fait, ça ne marche pas. C'est pareil de faire culpabiliser les autres. Alors, il faut toujours qu'il y ait des gens qui permettent d'éveiller les esprits. Ça, c'est différent. Mais après, voilà, la culpabilité, de toute façon, ça n'a jamais fait avancer les choses. Et du coup, c'est encore une fois ce même mécanisme de dire, en fait, qu'est-ce que je peux changer moi par rapport à moi-même et juste par rapport à moi-même pour être en adéquation avec les valeurs qui m'animent, que je souhaite défendre, que je trouve belles parce que pour toutes les raisons qui font que tous les matins je me lève et bien finalement moi maintenant l'écologie c'est devenu entre guillemets mon sport de haut niveau c'est à dire que j'essaye de pousser tous les paramètres par rapport à moi-même et de tout ce qui m'entoure pour être en adéquation avec ce côté ne plus avoir d'impact sur l'environnement ne plus avoir de consommation qui soit excessive essayer d'être en fait juste essayer de me sentir bien et en vrai c'est hyper enrichissant même si ça veut dire faire plus d'efforts mais bon moi à la limite j'aime bien tout ce qui me permet de dépenser de l'énergie j'aime quand même assez bien donc là ça rentre dans ce cadre là c'est à dire quand je parle de ça je parle déplacement comment faire du sport dans sa vie de tous les jours avec le boulot, les enfants, les machins en fait finalement d'aller au boulot à vélo ou d'y aller en courant ça permet d'optimiser les heures passer les fesses dans une voiture. De toute façon, je déteste la voiture, je vais toujours détester ça. Donc, du coup, voilà, par exemple, le transport, c'est ça. Après, c'est dans l'alimentation aussi. En fait, c'est tous les petits gestes. Et finalement, on nous fait croire que les petits gestes ne servent à rien. Bien sûr, si on met sur le même pied d'égalité les grandes politiques, les lobbies, etc., et puis les petits gestes du quotidien, oui, on ne parle pas la même langue, mais en même temps, en fait, il ne faut pas les faire pour ça. Et c'est en ça que je dis de les faire par rapport à soi, par rapport à juste son envie de se plaire à soi-même ou d'être bien dans ses baskets. Je ne sais pas comment on peut appeler ça. En tout cas, moi, c'est vraiment ça. Et finalement, quand je regarde le chemin effectué, je me rends compte que de petit pas en petit pas, j'ai fait vraiment des pas de géant par rapport à ma vie d'avant. Et c'est vrai que pour le coup, j'en retire une certaine fierté de réapprendre à faire énormément de choses seules, de ne pas forcément acheter tout de suite le produit fini, et de fabriquer par soi-même. Et c'est dans cette démarche-là qu'on en vient à participer à des compétitions sportives en se déplaçant à vélo. Et je trouve que c'est passionnant parce qu'en fait, ce n'est pas du tout un voyage qui est, je ne sais pas comment on peut dire, si le mot stérile est bien adapté, mais on a forcément des moments où ça merde. On a forcément des moments où on crève, où le train n'est pas prévu pour le vélo, ou je n'en sais rien, où finalement on se prend la flotte et en fait, je trouve que moi, de la piramenta, je retiens le retour à vélo, par exemple. Parce que j'étais morte, j'en pouvais plus, qu'on devait aller chercher les enfants à la gare d'Annoisan, qu'on avait 50 kilomètres à faire et ça avait beau être des vélos électriques, j'en pouvais plus d'appuyer sur les pédales et je me disais mais c'est pas possible, mais quelle idée pourrie ! Et finalement, on est arrivé et je me souviens encore de la vallée de Loisan, d'être sur cette voie cyclable qui relie à Ruffetaillé, à Bourdoisant, et d'être seul. Et en fait, vraiment, on était seul au monde. On avait l'impression qu'on était les premiers à emprunter cette voie cyclable avec, au fond, il y avait les montagnes enneigées, l'air était doux parce qu'on était au mois de mars. Enfin, voilà, c'était la fin de l'hiver. Et ça a été un moment où je me suis dit, ça y est, c'est terminé la Piera. C'était tellement bien. Et le fait vraiment d'y être allé à vélo, parce qu'on avait fait aussi la belle étoile à vélo, moi ça embellit l'événement ça l'a rendu plus fort, j'ai l'impression d'avoir vécu mais de façon beaucoup plus intense

Loïc comment tu transmets toutes ces valeurs ces deux filles que vous avez comment est-ce que tu leur transmets ces valeurs ou en tout cas comment est-ce que tu les accompagnes dans leur éveil écologique on va dire et qu'est-ce que tu leur transmets par rapport à tout ton héritage sportif, surtout celui du biathlon à haut niveau ?

Marie Moi, si je souhaitais vraiment leur transmettre quelque chose, ce serait le goût de l'effort. Parce que finalement, même l'écologie, si on est en forme, c'est facile. Quand on n'est pas en forme physiquement, on est finalement très vulnérable à tous les événements de la vie. Et c'est pareil, une fin de carrière, un changement de parcours professionnel ou autre chose, si on a de l'énergie et si on est en forme, en fait, tant que la santé n'est pas en jeu, on arrive à le contourner et à trouver un autre chemin qui est aussi enrichissant, en fait. On arrive à rebondir, en fait, cette capacité de rebond, je pense, qui est hyper importante. Et moi, du coup, elles font des activités sportives, on est souvent dehors. Je leur raconte beaucoup d'histoires pour qu'elles marchent, parce que ça fait passer le temps. Je pense que d'avoir des enfants normaux qui ne trouvent pas passionnant d'aller faire une balade juste pour faire une balade. Je leur raconte des histoires. Je leur raconte aussi le nom des plantes. On les cueille, on les mange, on les sent. Je leur raconte à quoi elles peuvent nous servir en termes de propriété médicinale, parce que ça, j'aime bien. J'essaye de leur apprendre aussi à reconnaître les bruits des oiseaux. toutes les petites choses qui font qu'en fait on se sent bien dehors de la même façon on y va par tous les temps même quand il pleut et on se rend compte que finalement c'est plus les adultes que ça gêne que les enfants les enfants en fait quand il pleut ils sont tout contents parce qu'il y a des flacs, ils peuvent faire de la patouille ils sont tout sales et pour une fois on leur dit pas donc du coup c'est vraiment ce côté on va dehors, on est bien dehors Et puis voilà, en fait, dehors, il y a tout un imaginaire aussi qui entoure et qu'on a ancré en nous, qu'on le veuille ou non. Mais quand on est enfant, je ne sais pas si c'est les lectures qu'on peut avoir sur les forêts, ce côté mystérieux. Mais en fait, ce n'est pas difficile du tout de le faire ressurgir chez l'enfant, même chez l'adulte. et c'est en ça que je trouve que les histoires les histoires d'aventure ou de fantaisie tout le monde là qui est afférent à l'idée de nature l'idée qu'on peut s'en faire en fait avec un grand N il revient et il permet d'avoir envie du coup d'être dehors de faire du sport de pratiquer une activité sportive c'est tout ce micmac là que j'essaye qu'on essaye avec mon mari de leur inculquer et de leur apprendre qu'en fait dehors on est bien et après c'est au quotidien, c'est tous les gestes mais finalement ce côté plante comestible permet de toucher du doigt l'alimentation qu'est-ce que c'est l'alimentation, etc le côté oiseau, le côté faune parce que c'est pareil quand on fait des rencontres avec la faune sauvage je trouve qu'à chaque fois c'est un côté magique d'un coup on se tait d'un coup on dit quand on écoute le brame du cerf on a une sensation de vulnérabilité de se sentir tout petit face à tous ces grands cycles naturels etc en fait c'est fabuleux et les enfants il leur faut pas beaucoup, ils s'émerveillent tout autant ils ont même encore plus d'imagination que nous

Loïc là c'est une vraie question curieuse parce qu'on en parlait avec ma femme il n'y a pas très longtemps ce sera sport obligatoire pour tes filles ou pas ?

Marie ah ouais jusqu'à ce que je puisse continuer à décider de leur vie en tout cas c'est pas forcément compétition obligatoire c'est à dire que moi j'ai jamais eu j'ai jamais été poussée par ma famille et ça je les en remercie parce que ça a été mon propre choix et je pense que ça a participé au fait que je l'ai bien vécu après dans la compétition on retrouve vraiment on retrouve énormément de diversité et c'est pas parce que un athlète peut avoir été très poussé et avoir fait une énorme carrière aussi donc il y a vraiment plein de choses mais moi la façon la manière dont j'ai vécu ma carrière ça a été de le choisir. Et du coup, la compétition, c'est si elles ont envie, par contre, se donner les moyens d'atteindre un objectif qui n'est pas forcément de la compétition, mais qui peut être, je ne sais pas, moi, savoir faire un geste, savoir, j'en sais rien. Il y a plein d'objectifs que l'on peut se fixer quand on fait du sport. Et bien ça, je trouve que c'est important. C'est vraiment ce goût de l'effort, le goût de sortir et d'avoir un corps en forme. Et pourquoi on a un corps en forme ? D'avoir cette notion de se dire, je prends soin de moi. et pour ça le sport il est vraiment primordial moi je trouve que c'est une école de la vie et je ne peux qu'en faire l'apologie donc oui tant que je peux décider pour elles elles seront loin des écrans et plutôt dehors à faire du sport même si après elles pourraient choisir nous on habite en montagne donc forcément on est plutôt tourné vers les sports d'extérieur mais elles habiteront en ville elles feraient peut-être des sports co des sports en salle une façon de se dépenser et d'arriver à mieux se connaître aussi parce que le sport, c'est aussi arriver à, je ne sais pas si on peut dire culter son corps parce qu'il peut être mal interprété, mais c'est apprendre à se sentir bien dans son corps, à apprivoiser en fait ce corps-là et à en prendre soin.

Loïc Clairement, je te rejoins complètement sur cette notion de sport comme école de la vie. On apprend tout dans le sport, que la rigueur porte ses fruits à un moment donné qu'on peut être fin prêt à J-1 et le jour J quelqu'un est plus fort que soi ou c'est pas le bon jour bref c'est une excellente école de la vie

Marie oui moi je trouve que ça prend énormément de choses même le rapport aux autres c'est à dire que de toute façon le sport même un sport individuel c'est en équipe ça se fait en équipe et il y a une équipe qui est à côté qui est derrière, qui est autour et donc du coup il y a tout ce côté faire rejaillir aussi un résultat sur l'ensemble de l'équipe il y a ce côté humilité à avoir forcément parce qu'on peut être le meilleur un jour et le moins bon le lendemain ce côté rebond ce côté introspection aussi qui est nécessaire pour pouvoir progresser on est obligé de faire son procès de façon très régulière à se dire j'en suis où où est-ce que je veux aller, qu'est-ce que je peux mettre en place qu'est-ce qui me manque je trouve que c'est vraiment hyper enrichissant et que c'est des notions qu'on le veuille ou non qu'on retrouve dans la vie de tous les jours et qui nous servent je trouve que en fait il n'y a rien à perdre à faire du sport ce n'est pas du temps perdu

Loïc clairement Marie, un très grand merci c'était passionnant d'en apprendre plus sur ton parcours ta vision du sport tes convictions autour de l'environnement, la manière dont tu as géré cette sortie du très haut niveau. Merci beaucoup pour tout ce que tu as bien voulu partager. Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ? Il y a des épreuves que tu prépares, des gros milestones pour The Camp. Qu'est-ce qui arrive pour vous bientôt ?

Marie Pour nous, c'est une bonne question. Je suis un peu en reconversion. C'est une autre après-carrière. Je suis aussi un tournant, c'est-à-dire je change un peu de métier. Je prépare mon accompagnateur en moyenne montagne.

Loïc Ah, excellent !

Marie Justement pour réglementairement pouvoir emmener plus de personnes à la découverte de la nature sur le côté de la découverte des plantes, la découverte des animaux, la découverte des paysages. Donc voilà, les prérogatives, c'est le diplôme d'accompagnateur qui permet en fait réglementairement d'accompagner des gens en nature. tu en es où là ?

Loïc tu as fait le QCM, le ProBas ?

Marie non, j'en suis au tout début à terminer ma liste de course c'est tout nouveau comme décision voilà, conjointement à ça je continue les études je vais faire des études sur des plantes médicinales pour connaître un peu plus être un peu plus sûre de moi dans mes préparations parce que pour l'instant je teste sur mes enfants ils ne sont encore pas devenus tout verts mais je teste mes préparations sur l'aspect familial et après niveau The Camp c'est de continuer à positionner encore plus notre établissement avec les valeurs qui nous animent nous du côté de l'écologie et de la pratique sportive donc on essaye petit à petit d'être encore de plus en plus vertueux là-dedans donc c'est pareil c'est des très beaux challenges en fait et puis et puis après c'est je ne sais pas de continuer à faire de belles rencontres de continuer à vivre des choses qui sont incroyables aussi des belles promenades en montagne des belles randonnées on peut me souhaiter plein de trucs en fait

Loïc excellent, bah écoute je vais commencer par te souhaiter une bonne prépa pour l'accompagnateur Moyenne Montagne le QCM c'est ardu moi j'ai échoué là en juillet je pense pour une question liée au chacal doré c'est pas dans les livres qu'on recommande le chacal doré mais nous il y a eu des questions là dessus donc petit tips pour toi sur la présence du chacal doré en France

Marie ah d'accord

Loïc très bien

Marie moi ce qui me fait peur le truc qui me fait peur sur l'AMM c'est vraiment la course d'orientation

Loïc ah oui

Marie je suis très nulle c'est à dire que moi je cours tout droit je cours tout droit et c'est tout

Loïc ouais mais bon avec ton cardio avec ton background de sportive ah non moi je trouve que c'est quand même plus simple de progresser sur la partie orientation alors que la partie QCM, il faut savoir un peu sur énormément de choses et je pense que j'avais un peu sous-estimé vraiment l'éventail de connaissances qu'il fallait avoir c'est jamais des trucs très poussés mais entre la période de l'air glaciaire en Europe le poids de la marmotte à la sortie de l'hibernation ou les étages montagnards c'est vraiment la formation des nuages c'est tellement varié que tu peux vite passer à côté d'un sujet sans t'en rendre compte mais bon le chacal doré n'oublie pas le chacal doré très bien

Marie merci beaucoup Marie

Loïc bonne continuation

Marie merci beaucoup bonne journée

Loïc au revoir

Marie Au revoir.

Loïc Merci d'avoir écouté cet échange avec Marie jusqu'au bout. Si l'épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager autour de vous. Pensez également à parler des frappés à un maximum de personnes. C'est une excellente manière de remercier toutes ces personnes exceptionnelles qui viennent témoigner au micro du podcast. Je vous rappelle que si vous souhaitez soutenir financièrement cette fois-ci, le podcast est possible via tipeee.com. slash les-frappés. Un immense merci à toutes celles et ceux qui ont déjà franchi le pas et qui, pour quelques euros par mois, m'aident à couvrir les frais de fonctionnement du podcast. Merci à toutes et à tous pour votre fidélité. Je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Ciao les frappés ! Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 ...

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