Axel Je ne me suis jamais considéré comme quelqu'un de performant d'un point de vue sportif, quelqu'un d'endurant peut-être. Mais si je prends juste l'exemple de la Corse, donc c'est une traversée qui fait presque 600 km qu'on a fait effectivement en 35 heures, ça fait du 20 km heure de moyenne donc c'est très très lent par rapport à des rythmes de performance réels que tu peux connaître, ou que les gens peuvent connaître, celles et ceux qui nous écoutent, dans l'univers du cyclisme. Avec, prétendument, mais des gens qui arrivent à rouler à 50 km heure de moyenne, ce qui me paraît totalement hors de mon champ de compréhension.
Loïc Hello, hello ! Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyages aux eaux longs cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Axel Carillon est l'un des meilleurs ambassadeurs français du vélo ultradistance. Voyageur à vélo aguerri, il est l'organisateur du BikingMan, des épreuves de 500 à 1000 km qu'on avait déjà eu l'occasion de découvrir dans l'épisode de L'Oriane Placé, épisode 147. Des routes du Midwest américain aux paysages entre mers et montagnes de la Corse, Axel nous emmène découvrir son univers avec poésie et philosophie. Et finalement, assez étonnamment vu ce qu'il réalise, assez peu d'intérêt pour le chronomètre et la performance. Allez, tous en sel, excellente écoute à vous les frappés. C'est toujours l'arbitrage que je dois faire. Est-ce que je me renseigne bien, autant que possible sur les invités ? Ou est-ce que je garde une part de mystère, de surprise ? Mais bon, dans ton cas, ça n'allait pas marcher parce que je suis ta chaîne YouTube depuis au moins 3-4 ans, je pense. C'est vrai ? Ouais, ouais, énorme. Tu fais partie de ces internautes mystères que je ne connais pas directement. Et qui me disent des fois qu'ils m'envoient des messages tard. Et qui me disent, je regarde ce que tu fais depuis quelques années. Ah ouais, non, bah, tu ne sais pas en fait. Bah ouais, non, mais c'est clair. Après, je crois que tu as quand même plusieurs milliers ou dizaines de milliers, je ne sais pas trop, d'abonnés. Mais plusieurs milliers, c'est sûr. Mais ouais, je regardais ta chaîne. En fait, j'ai commencé à regarder parce que, pour tout te dire, je cherchais des conseils sur l'achat d'un premier gravel. Ouais. Puisque j'avais toujours roulé avec un vélo de triathlon qui est passé sous une voiture il y a quelques années. Et ça avait mis un peu un stop à ma pratique du vélo. Et quand j'ai voulu reprendre, je me suis dit, bon, bah, je vais regarder les gravel. Et forcément, je suis tombé sur ta chaîne et où tu expliquais. Alors, je ne sais pas si tu es toujours avec Origine d'ailleurs. Mais dans ces vidéos à l'époque, tu parlais, enfin, tu présentais pas mal de modèles Origine. Et donc, j'avais fini par sauter le pas et prendre un Grax 2. Voilà, comme ça, tu sais tout.
Axel Ah oui, donc là, ça remonte effectivement à l'unboxing que j'ai réalisé dans les bois de la balle masque. Exactement. Avec ma chair et tendre. Et c'était la présentation du Grax 2, l'unboxing que j'ai réalisé en 2021.
Loïc Donc, ça fait 4 ans, ouais. Et après, j'ai regardé plein de vidéos sur comment, quel setup tu avais pour ton cockpit une fois sur la route. Oui, là, tu fais partie des fidèles. C'est ça, c'est les tout premiers tutos que j'ai fait il y a des années. Yes, j'avais beaucoup regardé. En tout cas, bref, c'est un grand plaisir, Axel, de te recevoir au micro du podcast. Merci à toi. Merci beaucoup de te libérer pour venir un peu nous partager ce que tu fais, ta passion du vélo, de l'ultra et de l'aventure en général. Et puis, je me faisais la réflexion qu'il y en a qui collectionnent les médailles de finisher, par exemple, sur des biking man. Et moi, je me rends compte qu'avec le podcast, je collectionne les meilleurs ultra-cyclistes français et organisateurs d'épreuve d'ultra. J'ai eu Steven Lejaric, Arnaud Manzanini qui est venu nous parler de la Race Cross France, entre autres. Caroline Prigent qui fait maintenant bivouac. Et il manquait toi pour compléter absolument le tableau. Donc, vraiment, vraiment ravi. Eh bien, pareil. Ce que je te propose, Axel, je pense que toute personne qui fait un petit peu de vélo, qui se renseigne un peu sur l'ultra en France, a déjà dû entendre parler soit des biking man. D'ailleurs, on en a parlé sur ce podcast aussi avec d'autres invités, soit d'Axel Carillon. Mais je te propose quand même pour celles et ceux qui seraient moins familiers avec l'univers du vélo, de nous expliquer, de nous partager un petit peu dans les grandes lignes ton parcours et ton histoire avec le vélo.
Axel Alors, mon histoire avec le vélo, je vais commencer par ça, parce que c'est ce qui m'a amené à créer BikingMan. Moi, j'aime bien me définir comme un attardé du cyclisme, parce que j'ai commencé très, très tard le vélo, en 2011 exactement. Donc, il y a quasiment 15 ans. Et j'ai commencé par la fenêtre du voyage, du voyage à vélo. Donc, avec une randonneuse, les sacoches, tout le matériel, tout le barda. Donc, il faut imaginer pour les personnes qui nous écoutent que c'est un vélo qui fait entre 40 à 60 kilos, tout équipé. Donc, rien à voir, c'est 10 fois plus que le vélo d'un coureur du Tour de France. Donc, c'est une machine qui est très compliquée à emmener de par son poids. Et je suis parti tout de suite par l'intermédiaire d'un ami et d'un mentor en particulier, qui m'ont proposé de faire 1200 kilomètres en 10 jours. Avec une traversée en plus. C'est-à-dire qu'on ne revenait pas sur le point de départ. Donc, toute la logistique prenait des proportions indescriptibles pour moi à l'époque. Ça me paraissait totalement aberrant de faire ça. Et on est parti en Europe de l'Est, en Slovaquie, en Ukraine, en Roumanie et en Moldavie avec ces randonneuses. Et c'était ma première expérience de vélo. C'est avec ça que j'ai plongé dans l'univers du cyclisme. Donc, par cette fenêtre du voyage. Et c'est devenu un rituel qu'on a répété chaque année. Parce que ça m'a bien sûr marqué au fer rouge. Cette expérience a bien des égards. Le sujet rencontre, le sujet découverte de la machine à voyager dans le temps qu'est le vélo. Je suis passé moi par cette fenêtre-là. Et avec ce rituel qu'on a répété chaque année de 2011 à 2015. Parce que 2015 a marqué un tournant dans ma vie. Parce que c'est là où j'ai organisé et participé à ma plus grande expédition à vélo réalisée à ce jour. Parce que c'était 240 jours de traversée pour découvrir la cordillère des Andes. C'est en rentrant de ce voyage-là que j'ai créé BikingMan. Avec l'idée derrière la tête de partager cette expérience du voyage auprès de gens qui n'auraient pas la chance. Ou, pour ne pas parler de chance, la possibilité d'aménager leur quotidien. pour pouvoir partir aussi longtemps que ce que j'ai pu faire. Et c'est comme ça qu'est des MikingMan. Fabuleux. En quelques années. Un championnat de course d'ultra distance avec un classement. Et la possibilité pour des participants femmes et hommes. Puisqu'on a des départs mixtes, il n'y a pas de séparation de sexe. Et même, on a du parasport également. Parce qu'on a des unijambistes. Enfin, on a pas mal de gens qui sont venus qui ont du handicap et qui apprécient le fait que ce soit ouvert à tout le monde. Tu as la possibilité de participer à plusieurs épreuves, de gagner des points et de devenir le ou la BikingMan. En fonction de tes performances de classement sur chacune des épreuves. Donc, c'est le premier championnat de ce genre de course d'ultra distance. Et ça a été la vocation depuis le départ. Depuis le début des courses BikingMan, j'ai voulu lancer quelque chose qui permettrait de rassembler des athlètes un peu du monde entier. Et d'avoir ce mélange quelque part athlétique avec des gens qui viennent de plein d'horizons différents. Pour faire la compétition avec ces personnes-là. Et autour de tracés vertigineux. Puisque c'est la marque de fabrique de ce que je fais. C'est vraiment des tracés qui vont chercher les massifs. Les endroits un peu inexplorés ou peu explorés de notre planète. Pour que tu puisses, en plus de la notion de performance, de distance. Qui sont quelque part les sous-titres de la pratique du BikingMan. Également apprendre sur le territoire et sur la culture que tu vas traverser et explorer à vélo.
Loïc Fabuleux. J'avais reçu il y a quelque temps Lauriane Placé. Qui de mémoire, c'était 2023 je crois. Qu'elle avait terminé première au classement général du BikingMan. Si il y en a que ça intéresse, le lien est en description. On rentre vraiment dans le détail des épreuves. Ce qu'elle vit. La gestion du sommeil. Ou plutôt du manque du sommeil. C'était vraiment passionnant. Donc foncez, écoutez ça. Pour ceux qui étaient là sur le podcast. Et qui découvraient ce type d'épreuve. Axel, tu as utilisé un terme intéressant. Tu as parlé de machine à remonter dans le temps. Pour décrire le vélo. Qu'est-ce que tu entends par là ? Et est-ce que tu aurais des anecdotes peut-être à partager qui illustrent ça ?
Axel C'est effectivement un qualificatif que j'aime bien utiliser sur le vélo. Parce que moi, c'est celui qui m'a vraiment marqué en 2011. Sur ma première expédition en Europe de l'Est. Parce que je me suis retrouvé dans des pays qui font partie de l'ancien bloc soviétique. Avec des situations un peu d'anachronisme en termes de construction, d'architecture et puis même de mode de vie. Parce que ça a été des pays qui pendant pas mal d'années ont été sous le joug de l'Union soviétique. Et qui ont été arrêtés par rapport au développement qu'on a pu connaître. Et je ne dis pas que quand je dis développement, ce n'est pas forcément positif. Mais en tout cas, il y a eu deux trajectoires différentes entre l'Europe de l'Ouest et l'Europe de l'Est. Et arriver à vélo, notamment en Moldavie ou en Albanie, et même en Ukraine à l'époque, amène des situations où on a l'impression d'arriver dans ce qu'on pourrait qualifier de manière totalement arbitraire et injustifiée. Mais c'est pour que les gens puissent se représenter l'image au Moyen-Âge. Dans des endroits avec des villes qui ne sont pas raccordées à l'eau courante. Où il n'y a pas de toilettes. Où c'est des toilettes sèches. Où on se retrouve finalement presque 100 ans en arrière en France. Et c'est ça qui m'a fasciné avec le vélo. Puisque la manière d'approcher les gens que l'on rencontre. Puisque chaque jour, on doit s'arrêter pour se ravitailler. On doit s'arrêter pour dormir. On doit s'arrêter pour faire des réparations mécaniques. Le voyage à vélo implique finalement beaucoup d'arrêts. De par sa nature. Ça permet d'être au contact de gens avec une temporalité qui est différente de la nôtre. Et c'est quelque chose que j'aime beaucoup reproduire. Parce qu'à vélo, on a comme une intimité qui est exclusive. Dans le sens impossible à reproduire à pied, en moto ou en voiture. À pied, on est considéré souvent comme un vagabond. Donc, on a un a priori négatif des personnes que l'on visite dans des pays un peu reculés. En voiture, on est souvent assimilé comme un portefeuille sur pattes. Notamment dans des pays qui sont en train de se développer. Et en moto, il y a cet entre-deux entre la marche et la voiture. Si je dois faire des raccourcis à vélo, il n'y a pas du tout ces préjugés-là. Donc, on arrive directement dans l'intimité des gens qui vous accueillent à bras ouverts. Et ça permet de voyager dans le temps en allant voir des cultures finalement qui vivent différemment de la nôtre. Dans un monde où, pour l'Occident, on essaie de plus en plus de standardiser notre mode de vie. De manière à ce que, quel que soit l'endroit où on voyage dans le monde, on retrouve à peu près les mêmes us et coutumes et les mêmes pratiques. Ce qui a tendance un petit peu à m'étonner. Parce que j'aime bien, au contraire, découvrir les spécificités culturelles, des pays qui conservent leurs traditions et leur mode de vie séculaire.
Loïc Ce voyage dans le temps, je te pose la question parce que j'ai lu il y a quelques jours ton article dans Cyclist Gravel sur Américain Solo. Tu as traversé des États-Unis à vélo. Initialement, c'était 25 jours. Le chrono final, c'était ça ? Tu étais là-dedans ?
Axel Tout à fait, oui. J'avais prévu au départ une trentaine de jours. Et finalement, j'ai terminé en 25.
Loïc Ah d'accord, ok. Donc, c'est le chrono final. 25 jours, 5800 kilomètres. New York, Astoria. Et en te lisant, c'était super intéressant. Moi, ce que j'en ai retenu, c'est que finalement, tu as vu deux visages des États-Unis. Les États-Unis hyper-connectés des méga-villes des côtes. Et l'intérieur des terres, l'essentiel finalement des États-Unis, qui là offre un visage un peu plus triste d'industrie qui avait connu l'horreur de gloire il y a un moment déjà. Et une Amérique bien plus peut-être sauvage et rustre. Tu t'y attendais à ça ? Ou ça a été vraiment la découverte avec cette traversée ?
Axel Alors, ça va être assez trivial ce que je vais dire, parce que finalement, ça a été répété très souvent par beaucoup de médias. Effectivement, j'ai connecté les deux côtes, la côte Est à la côte Ouest, pour les personnes qui nous écoutent, pour resituer le contexte de l'expédition en suivant les anciennes voies de chemin de fer, de l'époque de la conquête de l'Ouest. Et j'encourage d'ailleurs à lire, puisque c'est un livre qui m'a inspiré pour cette expédition, Les Vagabonds du Rail, de Jack London, qui fait référence dans ce roman à cette période à la fois face, mais extrêmement difficile du développement, et encore une fois j'utilise le mot développement, mais il n'est pas adéquat, de l'histoire des États-Unis. Et je voulais justement aller suivre ces anciennes voies de chemin de fer qui sont devenues, pour certaines d'entre elles, des voies cyclables, des voies douces, puisqu'ils sont en train de reconvertir, par l'intermédiaire d'un travail colossal d'aménagement des réseaux, ces anciennes voies en voies cyclables. Et j'ai voulu surtout briser, pour revenir sur la machine à voyager dans le temps, le train du Dock, pour celles et ceux qui se souviennent de Retour vers le futur, 3, qui est le train à grande vitesse par lequel arrive le Dock quand il voit Marty, et qui dit voilà c'est ça le futur. J'ai voulu briser cette image, parce qu'on a tous été, de ma génération en tout cas, exposés à ces images et ces clichés américains, pour aller plonger finalement dans l'Amérique profonde, les États du Midwest, qui sont parmi les États les moins peuplés des États-Unis, et les États les plus pauvres, pour aller me confronter finalement au mode de vie des Américains qui survivent là-bas. Parce qu'on est dans des conditions déjà territoriales qui sont gigantesques, parce que les États-Unis, on dit que c'est un pays, mais c'est un continent. C'est l'Amérique du Nord, il faut le traverser à vélo pour s'en rendre compte, parce qu'on a tendance souvent, à part les côtesse, côte ouest, et en plein centre il y a du vide, oui, mais il y a 6000 kilomètres quasiment. Donc c'est au niveau géologique, déjà fascinant, c'est énorme. C'est des conditions climatiques extrêmes, notamment dans le Nebraska, avec l'allée de la tornade, qui traverse en partie le Nebraska, avec des conditions de vie l'hiver, qui sont terribles. Et il y a des gens qui survivent dans ces micro-villages, et effectivement, j'ai voulu aller me confronter finalement aux idées reçues qu'on m'a exposées quand j'étais plus jeune, et qu'on continue quelque part un petit peu d'exposées à travers les films et tout l'appareil culturel américain, pour apporter un regard sur l'Amérique profonde et voir un peu ce que les gens à la fois avaient en tête, et surtout comment ils vivent. Et c'est effectivement un choc, de se rendre compte à quel point, et je le détaille en partie dans l'article du hors-série de Cyclist, de ce rêve qui est brisé dans le bon sens du terme, parce que ça permet de porter un regard sur l'Amérique profonde, qui est celui que tout le monde devrait connaître dans le monde, parce qu'on a souvent cette image de Captain America, si je dois utiliser les clichés encore, qui va nous protéger de tout et qui est ultra puissant, alors que c'est un colosse qui présente des zones de fragilité territoriales et humaines qui sont incroyables et extraordinaires. Et qu'on est très très loin de l'image hyper connectée et ultra développée quand on va dans les campagnes. C'est au contraire, on a l'impression de se projeter 70 ans en arrière, où il y a des endroits avec des qualités de voirie, de réseau qui sont catastrophiques, des gens qui vivent quand même dans des niveaux de pauvreté qui sont assez choquants, ou en tout cas qu'on n'imagine pas quand on pense aux Etats-Unis. Mais à la fois, il y a un caractère extrêmement attachant de ces gens qui sont très attachés à leur terre. C'est-à-dire que pour les quelques discussions que j'ai pu avoir sur le parcours de cette traversée, c'est des gens qui sont enracinés dans le bon sens du terme. C'est-à-dire qu'ils sont heureux d'être là, ils ne veulent pas aller ailleurs. Malgré le fait que c'est des conditions climatiques, de vie financière extrêmement difficiles.
Loïc Le fil rouge entre tous tes voyages, toutes tes aventures à vélo, c'est évidemment le côté découverte. Tu me diras si je me trompe, mais en te lisant, déjà, plume magnifique. Je ne sais pas si on te l'a déjà dit, mais quand j'ai lu ton livre que tu m'as gentiment envoyé, Le Monde à Vélo, c'est forcément très bien écrit, mais j'ai retrouvé la même qualité dans tes descriptions, etc., dans l'article de Cyclist. Donc, bravo pour ça. Mais quand on lit notamment ton livre où tu fais le récit de certaines de tes aventures à vélo un peu partout à travers le monde, tu parles de défis à vélo que tu as réalisés en Corse, au Maroc, au Chili, au Pérou, c'est assez varié finalement. Mais le fil rouge, au-delà de l'aventure, ça reste systématiquement quand même la performance. pour prendre la Corse qui est le premier chapitre de ton livre que d'ailleurs, les images que j'ai trouvées vraiment magnifiques, c'est quand même 600 km et 10 mm de dénivelé positif en 35 heures et 32 minutes. Donc, la question que je me suis posée en fait assez rapidement, c'est comment est-ce que tu arrives à être à la fois dans ce mindset clairement de performance sportive, physique et mentale et en même temps de garder suffisamment de bande passante entre guillemets pour créer ces moments de connexion, d'échange avec peut-être ces Américains du Midwest que tu viens d'évoquer ou peut-être des gens qui vivent de manière beaucoup plus recluse, isolée au Sri Lanka ou au Laos. Comment est-ce que tu arrives à jongler entre ces deux aspects qui a priori ont l'air de ne pas forcément laisser beaucoup de place l'un à l'autre ?
Axel Écoute, je vais, pour commencer à répondre à ta question déjà, en profiter pour féliciter David, Steve, qui va sans doute écouter le podcast qui est à l'origine des photos de ce livre parce qu'il le met en musique par l'intermédiaire d'images qui sont extraordinaires et c'est quelqu'un avec qui je travaille depuis des années maintenant et Didier également qui est le deuxième dé, c'est les deux dé, il y a David et Didier et Didier qui a transporté David dans des endroits incroyables pour pouvoir ramener ces images parce que je ne suis pas tout seul, on est une équipe et pour y arriver, moi, mon rôle, c'est de survivre aux expéditions avec le rythme que je mets et chacun son métier. Après, il y a un photographe qui a un œil très particulier et qui a la patience surtout de pouvoir ramener ses clichés et puis il y a un régisseur, quelqu'un qui est capable de placer le photographe dans des lieux complètement ubuesques. Je tiens à les féliciter tous les deux parce que c'est grâce à ce travail collectif que l'ouvrage que tu tiens entre tes mains qui rassemblent presque 200 000 photos condensées dans un livre et presque 200 000 kilomètres. On est dans ces ordres de grandeur-là pour arriver à ramener ce minerai dans cet ouvrage. Pour répondre directement à ta question sur la notion de rythme, je pense que pour les gens qui nous écoutent, déjà, c'est étonnant que tu retiennes cette notion de performance parce que moi, j'essaye de la... C'est un sous-titre si tu préfères. Je ne suis jamais considéré comme quelqu'un de performant d'un point de vue sportif, quelqu'un d'endurant peut-être, mais si je prends juste l'exemple de la Corse, donc c'est une traversée qui fait presque 600 km qu'on a fait effectivement en 35 heures, ça fait du 20 km heure de moyenne, donc c'est très très lent par rapport à des rythmes de performance réelles que tu peux connaître ou que les gens peuvent connaître celles et ceux qui nous écoutent dans l'univers du cyclisme avec, prétendument, mais des gens qui arrivent à rouler à 50 km heure de moyenne, ce qui me paraît totalement hors de mon champ de compréhension. Donc, finalement, il faut retourner à cette question en se disant que pendant 35 heures, j'ai les yeux ouverts à 20 km heure de moyenne et que j'ai la possibilité d'aller capter des informations qui sont liées finalement à la curiosité que tout un chacun peut avoir et c'est un des premiers conseils que j'ai envie de partager dans ton podcast, c'est cette curiosité-là, elle se crée non pas à travers le vélo, elle se crée bien plus tôt, je pense, dans l'enfance et j'en profite pour remercier mes parents et tous les gens auprès de qui j'ai pu graviter parce que cette curiosité, je pense qu'elle n'est pas instinctive, entre guillemets, c'est quelque chose qui a été construit sans que j'en ait finalement le contrôle et être curieux, c'est finalement quelque chose de simple en apparence et pourtant, pour passer mon temps à observer les choses et à faire preuve de curiosité permanente sur la vie, je trouve qu'on est au contraire dans un monde de standardisation qui est de moins en moins curieux puisque je m'étonne de beaucoup de choses là où je m'étonne de voir certains de mes concitoyens qui ne s'étonnent de plus rien. Donc, mes expéditions au-delà de la performance sont des immersions où je me réserve des temps qui sont exceptionnellement longs par rapport à ce que peuvent faire plein d'autres personnes noyées dans le quotidien de la vie. Si je prends le cas des Etats-Unis, c'est 25 jours, 5800 kilomètres, mais c'est surtout plus de 250 heures d'observation. Donc, je suis presque au niveau de l'affût par rapport aux gens qui aiment la photo que de la performance. C'est-à-dire que je suis plus dans l'univers d'un meunier, pour celles et ceux qui connaissent le photographe, que d'un Pogacar. Pogacar, je suis absolument persuadé qu'il ne voit rien parce qu'il est tellement transformé par l'effort. Et je vais citer Anders, le philosophe allemand, où la vitesse est son expérience. Moi, c'est l'inverse. Je suis extrêmement lent dans toutes mes traversées puisque je dépasse rarement le 20 kilomètres en moyenne. Donc, je suis dans l'univers de l'affût. Et ça, pour le comprendre, il faut pouvoir faire du vélo. C'est-à-dire qu'il faut pouvoir un jour monter sur un vélo et se dire, je ne vais pas rouler comme quelqu'un du Tour de France qui n'a comme expérience finalement que la vitesse et que la vitesse devient son expérience. Moi, c'est l'affût, c'est l'observation. Et finalement, je rentre parce que je m'échauffe à partir de 8 heures de vélo. En dessous, je suis en train de dormir. Et c'est à partir de 8 heures que je commence à quelque part me mettre en route. Mais avant ça, je suis en observation. Et ce poste d'observation, c'est probablement la plus belle vigie actuellement accessible dans toutes les technologies inutiles que l'humain est capable d'inventer. parce que c'est finalement quelque chose d'assez simple. Un vélo en métal ou en plastique, pour citer le carbone, une transmission métallique avec deux roues et la magie opère sans rien de plus.
Loïc C'est très intéressant que tu... Ta réponse, je ne m'attendais pas à ça. Mais effectivement, vu comme ça, si on regarde uniquement la moyenne, oui, là, je comprends tout à fait ce que tu dis. Ce qui m'a impressionné, c'était plus ta capacité du coup, je pense, à gérer cet effort, ce rythme, effectivement, relativement lent dans la durée, ce qui n'est quand même pas anodin. Je n'ai pas une très grande expérience de l'ultra, mais j'ai fait un ultra trail sur 148 heures. Je suis incapable de te dire, du coup, il y avait à peu près la moitié du temps qui était de nuit, donc déjà, ça limitait un peu le kiff d'un point de vue paysage et je suis à peu près incapable de te donner des noms de sommets ou de te faire une synthèse un peu détail de ce que j'ai pu observer sur peut-être les trois derniers jours du fait de la fatigue, etc. Donc, c'est plus dans ce sens où je trouvais finalement que c'était très impressionnant, pas tant effectivement la vitesse, mais plus ta capacité pour reprendre la Corse. Ça a été, si je me souviens bien, deux nuits blanches ou quasi blanches avec des microsommeils. Donc, ça, c'est vrai que c'est quand même d'un point de vue sportif, même si ta moyenne est basse en kilomètre heure, c'est quand même loin d'être anodin. Donc, c'est plus dans ce sens-là que ça m'avait marqué.
Axel J'ai un adage, moi, Loïc, que j'aime bien répéter qui finalement est assez trivial parce qu'il ne fait que répéter des choses qui ont déjà été dites. Les exploits d'aujourd'hui, c'est le quotidien d'hier. Et je lis un peu, j'aimerais passer d'ailleurs plus de temps à lire, mais quand tu regardes et que tu analyses dans les lectures les ouvrages des personnes et des humains qui ont vécu en Occident avant le milieu du XXe siècle, finalement, c'est assez banal la manière que j'ai de vivre. Je traversais les Etats-Unis en 250 heures, ça peut paraître impressionnant aujourd'hui dans le cadre de Vick et le Nôtre avec tout confort matériel et surtout le quotidien que connaissent la majorité des gens qui nous écoutent. Mais est-ce que c'est plus intrépide que l'arrière-grand-père qui était aviateur pendant la Première Guerre ? Je ne suis pas sûr. J'en suis même certain que non. Et ça, ça s'applique dans tous les pans de la vie quotidienne des gens. C'est juste qu'on a tendance à l'oublier en imaginant que notre situation d'aujourd'hui a toujours été. Alors que finalement, elle est infinitésimale dans le développement de l'espèce humaine. c'est un battement de cils la période que l'on vit par rapport aux conditions de vie qu'on a pu connaître. Et tu es un coureur, j'imagine que tu as peut-être lu « Né pour courir ». Bon, il suffit de se replonger chez les Tara ou Mara qui est encore une tribu qui vit quoique transformée un petit peu avec l'influence de notre mode de vie actuelle mais qui vit encore comme pouvaient vivre des tribus avant l'arrivée de l'Occident. Puisque, liée à la survie directe du groupe d'individus dans lequel tu vis, de l'effort. et qu'il faut se déplacer chaque jour non pas pour être en bonne santé ce qui est aberrant dans le principe. Finalement, on fait ça parce qu'on a du confort mais s'il faut survivre c'est en se déplaçant et en allant comme à l'époque des chasseurs-cueilleurs soit chasser, cueillir, soit cultiver. Donc, travailler la terre. Si aujourd'hui quelqu'un arrive à me dire que je suis plus intrépide et peut-être plus courageux qu'un agriculteur qui travaille la terre, je ne pense pas. je ne pense pas et encore beaucoup moins que quelqu'un qui pouvait travailler la terre avant l'arrivée du moteur à explosion. C'était des journées qui étaient probablement aussi délirantes en termes d'efforts avec la nécessité de travailler la terre avec ses mains. je dirais qu'aujourd'hui j'ai plutôt une vie douce.
Loïc Tu parlais de curiosité un peu plus tôt. C'est cette curiosité qui t'amène à te lancer dans de nouvelles aventures. Qu'est-ce qu'il y avait avant le vélo ? Vers quoi est-ce que tu l'as canalisé cette curiosité ? Tu disais que tu avais finalement commencé relativement tard à rouler.
Axel J'ai eu la chance de grandir dans une famille avec trois frères et trois sœurs et je suis le cinquième de la fratrie. Je l'ai canalisé, ce n'est pas moi qui l'ai canalisé parce que je n'ai pas eu de contrôle là-dessus, mais c'est plus mes frères et sœurs finalement qui l'ont canalisé par des activités de passion qu'ils pouvaient avoir par ailleurs. Ça a pu être la gymnastique avec un des frères, ça a pu être l'escalade avec un autre, ça a pu être le tennis encore avec un autre, ça a pu être la danse avec mes sœurs. Je me suis mis en mouvement finalement par l'intermédiaire de mes frères et sœurs et de leur pratique sportive de manière générale leur volonté d'aller dehors. C'est ça qui m'a permis d'être un... Ce que j'aime décrire comme un touche-à-tout en termes d'activité d'extérieur puisque j'ai depuis que je suis tout petit pratiquer plein d'activités physiques différentes du roller à la danse, au triathlon, la course à pied, l'escalade, sans jamais dire non. C'est le deuxième conseil que j'ai envie de donner aux gens qui nous écoutent puisque je vais souvent répéter c'est toujours dire oui puisque j'ai toujours eu des frères et sœurs qui m'ont proposé des choses parfois délirantes comme descendre un pont en rappel, clin d'œil à mon frère Christen qui m'a dit pas de problème, on y va, ok, juste tu m'assures avec la corde et puis je descends le pont et dire oui. dire oui quand il s'agit d'aller jouer finalement, c'est un réflexe assez enfantin. J'ai un jeune fils qui a à peine 10 mois quand il me propose quelque chose avec les yeux je ne lui dis pas non. Il faut réfléchir au nombre de fois qu'on utilise la négation dans nos vies, c'est juste terrible. Alors qu'on a envie que d'une chose quand on est enfant, c'est d'entendre oui sur des choses qui permettent d'étendre notre perspective et de nous émanciper finalement. J'ai eu cette canalisation-là, si tant est qu'il faille la résumer, jusqu'au moment où je pense avoir trouvé un outil technique de prédilection qui est le vélo, qui a finalement rassemblé tout un tas d'éléments que je trouvais dans certaines pratiques sportives, mais cette fois-ci rassemblés dans un seul et même outil qui est le vélo. Et c'est pour ça que j'y consacre d'ailleurs à ce jour. Je ne dis pas que ça va être le vélo avec lequel je vais terminer ma vie, c'est encore trop tôt, mais en tout cas, c'est l'outil sur lequel et avec lequel j'ai le plus joué depuis que je suis en âge de jouer. Ça fait 14 ans maintenant.
Loïc Dans l'article de Cyclist, il te présente comme étant le chaman. Ça vient d'où ça ? Ça vient d'un journaliste que j'apprécie beaucoup par ailleurs pour sa plume, c'est Olivier Ralambon, qui est un ancien journaliste de l'équipe,
Axel qui un jour, on avait fait une interview ensemble et en décrivant finalement la manière que j'ai de capter les éléments dans l'espace naturel qui est le nôtre avec la curiosité qu'on a évoquée juste avant, la position sur le poste de pilotage d'un vélo finalement assez en hauteur, contrairement au trail que tu connais bien où quand tu grimpes un col, tu es tout le temps en train de regarder tes chaussures plutôt que de regarder tes visages, ce qui est l'inverse du vélo quand tu es dans des rythmes qui sont ceux que je peux arriver à suivre sur des expés. Il s'est dit finalement que tu es un petit peu un chaman, c'est-à-dire que tu vas capter, c'est le principe du chamanisme, c'est d'aller capter des savoirs, pour le résumer tribuellement, séculaires, donc des savoirs qui existent dans le milieu naturel par une mise en mouvement de son corps et parfois même une trance, c'est-à-dire une fatigue extrême. Il m'a dit que tu es finalement une sorte de chaman et d'ailleurs, il m'avait recommandé des lectures sur cette thématique et je le remercie. Et voilà, j'ai apprécié cette comparaison parce qu'en même temps, elle est connectée à un univers que j'aime, enfin un univers, une culture que j'aime beaucoup parce qu'il y a encore beaucoup de choses à découvrir sur elle, c'est la culture péruvienne et encore plus précisément la culture inca. et dans les cultures amérindiennes, le chamanisme a une place très puissante. Et voilà, je trouvais la comparaison étonnante et elle a amené des sujets de curiosité chez moi et voilà, j'ai gardé ce surnom. Mais il y en a eu plein, il y en a eu plein d'autres. Mais le chaman du vélo, je trouvais ça étonnant et ça interpelle.
Loïc Ça interpelle, c'est sûr. J'ai le sommaire de ton livre sous les yeux avec toutes les destinations, j'en évoquais quelques-unes un peu plus tôt. La question que je me suis posée aussi en voyant finalement tout ce que tu as déjà réalisé, c'est très trivial mais en tout cas pragmatique. Comment est-ce que tu travailles tes traces ? Est-ce que tu es un passionné de cartes ? Est-ce que tu étudies tous les tracés possibles ou finalement tu te laisses peut-être un peu porter selon les humeurs, les intérêts que tu peux avoir une fois sur place ?
Axel Alors, c'est une boule à facette que tu me poses comme question. Parce que selon la manière dont tu peux prendre la question, ça peut avoir une réponse différente. je vais d'abord fixer le cadre sur le sujet de l'atteinte de ses objectifs, de la performance et de tenir également les engagements parce que finalement performance, tenir ses objectifs, toutes ces expéditions sont souvent soutenues par des partenaires puisque sinon je n'arriverai pas à en réaliser autant et dans des lieux aussi reculés que les lieux que tu as pu découvrir dans le livre. Donc, il faut pouvoir dans un monde capitaliste orienté sur le résultat parfois garantir un peu le résultat si tu vois ce que je veux dire. Et moi, cette projection de l'objectif elle est essentielle. C'est-à-dire qu'avant de travailler la trace au pinceau voire même à l'encre de Chine très très détaillée, je vais d'abord fixer le cadre d'où je pars, où est-ce que je dois arriver. Les Etats-Unis par exemple, je pars de New York puisque j'ai ma sœur qui habite là-bas ça me permet de lui rendre visite par la même occasion ça fait des années qu'on ne s'est pas vu et je vais rallier l'océan Pacifique. Astoria, c'est la dernière ville avant l'océan. Voilà, ça me permet déjà de donner le cadre. C'est à Sibylborn là, il y a plein d'incertitudes et après je vais travailler l'érotisme des cartes c'est-à-dire quel va être le sens que je vais donner à cette traversée puisque le but ce n'est pas de traverser le plus rapidement possible bien au contraire. puisque qui dit vitesse sur les réseaux puisque le vélo je le rappelle quand même pour les gens c'est un outil d'évasion oui mais c'est un outil finalement qui ne fait que surfer si c'est le terme exact à utiliser l'héritage sur l'héritage du des constructions de réseaux donc qui ont été destinées à d'autres véhicules train voiture camion bus et rien d'autre c'est-à-dire que quelqu'un qui traverse un pays à vélo et qui dit je vais traverser un désert il ne traverse pas un désert sur une trace unique singulière il parcourt parce que la roue ne peut circuler que sur quelque chose qui est aménagé par l'homme par définition quiconque a pédalé un jour sur un désert de sel où il n'y a pas eu de 4x4 qui est passé avant c'est que tu t'enfonces dans 30 cm de croûte terrestre et que tu ne peux pas pédaler auquel cas c'est de la marche mais l'usage de la roue impose un réseau et de cette base-là j'essaye de construire après en détail quel va être le réseau sur lequel j'ai le moins de risques c'est-à-dire en mélange d'usage puisque si tu cherches la vitesse ça veut dire que tu vas aller sur des autoroutes si tu vas sur des autoroutes c'est là où tu as des axes commerciaux sur lequel va transiter le trafic terrestre donc les camions les bus les remorques bref tout ce qui permet d'acheminer les biens que consomment les humains sur la planète et ça m'a augmenté le risque c'est pas dénué d'intérêt si je fais un parallèle avec une autre expédition pas l'Amérique du Nord mais l'Amérique du Sud cette fois j'ai suivi la panaméricaine en 49 jours et 23 heures si t'es curieux c'est intéressant également de traverser Lima à l'heure de pointe sur l'autoroute sur une deux fois quatre voies parce que tu vois des choses sur la manière de fonctionner des humains et la manière de progresser sur ces réseaux qui est étonnante elle est très risquée faut pas le faire à la maison mais tu comprends en tout cas comment fonctionnent ces cultures quand il s'agit de porter un regard par exemple sur la sécurité routière et la notion de risque la notion de danger parce que clairement je pense qu'ils auraient fermé l'autoroute si on avait la panaméricaine en France ils auraient dit on la condamne parce qu'il y a trop de danger on reste à la maison les chauffeurs on les laisse clouer à la maison et les camions on les fait voler par les airs parce que c'est trop dangereux en Amérique du Sud c'est normal donc ça permet de comprendre également je veux pas opposer pour les gens qui nous écoutent la vitesse à le caractère pittoresque des traces moi j'aime bien faire les deux je préfère pas faire le pittoresque versus la vitesse j'ai fait les deux et j'aime m'exposer quelque part même sur des axes à grande circulation parce que ça permet de comprendre comment fonctionne finalement l'économie d'un pays et de manière générale comment évoluent les gens en communauté sur ces axes là donc ce mix
Loïc est-ce qu'il se retrouve dans les épreuves du biking man aussi ou t'as une approche un peu plus safe sur les épreuves du biking man tu marques un point
Axel c'est le bac à sable entre guillemets des explorations que je réalise donc ça reste des défis de l'extrême mais qui sont au contraire tracés à 100% sur du pittoresque c'est-à-dire d'aller chercher tous les réseaux oubliés tous les réseaux où finalement il n'y a plus personne qui va des routes secondaires détériorées non entretenues des pistes tous ces réseaux finalement qui sont abandonnés par les humains au profit d'autres réseaux plus rapides et ça c'est un jeu de traceurs c'est un jeu d'aller récupérer quelque part tout l'héritage de ces routes secondaires et de ces pistes pour les mettre sur un plateau non pas d'argent mais de métal pour faire un parallèle avec les plateaux de changement de vitesse d'un vélo pour les participants du biking man donc il n'y a clairement pas cet univers mad max d'aller pédaler sur des autoroutes comme le font parfois certaines épreuves sans citer de nom parce que moi par contre je marque un point d'honneur sur les épreuves que j'organise à ce que la trace soit à la fois la plus belle possible et la plus pittoresque possible quitte à aller chercher des endroits qui sont totalement totalement ubues que pour un cycliste cyclosportif il y a à dire mais pourquoi tu passes par là alors que la route est défoncée et qu'un peu plus bas dans la vallée t'as une route beaucoup plus rapide qui permettra de tenir du 30 de moyenne mais ça te permettrait s'il allait sur ce parcours peut-être de découvrir une route en balcon extraordinaire avec un point de vue sur une chaîte de montagne qu'il connaît et finalement qu'il s'interdit de prendre juste pour une notion de vitesse donc le bikingman là-dessus il y a toujours cette étiquette de la performance parce qu'on est dans une société de mesures de performance à tous les niveaux qui est ultra compétitive donc c'est ce qui c'est ce qui fait parler aussi de la compétition mais au final c'est bien plus un raid aventure de l'extrême où tu vas aller chercher et connecter des itinéraires que tu ne ferais jamais dans ta vie donc c'est des opportunités finalement d'exploration de lieux qui sont à la fois oubliés malheureusement ou heureusement puisque ça me donne du travail et qui sont offerts finalement à quelques épicuriens aventurières et aventuriens vélo
Loïc Comment tu as vu évoluer le profil s'il y a des profils type sur le bikingman puisque tu disais que 2015 ça a été la grosse année de lancement on est en 2025 donc là l'épreuve fête sa dixième année je suppose que le type de course en tout cas le nombre de courses a été travaillé et s'est été fait au fil des ans donc je serais un peu curieux de savoir est-ce que toi tu as noté une évolution dans les gens qui prennent le départ des preuves type bikingman
Axel sur les dix ans déjà en termes de nombre d'ultra cyclistes qui ont participé on est sur un peu plus de 4000 personnes ah oui quand même on est très loin des 17 valeureux et il y avait une valeureuse qui ont participé à l'édition inaugurale de la première étape du bikingman qui se déroulait en équateur et au Pérou donc c'est déjà en termes de nombre on n'est plus du tout sur les mêmes échelles qu'il y a dix ans ça c'est clair après en termes de profil moi j'aime à j'aime à penser pour le vérifier chaque année depuis des années que les gens qui viennent sur le bikingman sont des sportifs pluridisciplinaires c'est à dire qu'ils ont cette curiosité sportive c'est à dire que ce ne sont pas des purs cyclistes au départ c'est des personnes qui ont pratiqué soit le triathlon soit le triathlon d'extrême avec les formats X-tri que tu connais soit du format trail tordé géant voilà les courses de trail un peu élitistes et non pas les étapes du tour et je ne vais pas citer de nom pour tirer sur personne mais les étapes du tour du trail où il y a des milliers de participants où à la fin tu ne sais plus pourquoi tu cours donc on a ces profils de gens qui recherchent quand même sur le bikingman une certaine intimité et une relation à un événement qui n'est pas juste une cour d'ultra-cyclisme mais qui est plus une capacité d'être connecté à un événement avec un nombre de participants qui est suffisamment restreint pour ressentir ce qu'ont pu ressentir les premières équipes de Red Aventure dans les années 90 les premiers triathlètes qui se sont élancés sur les tout premiers Ironman rien à voir avec ce qui se fait aujourd'hui et les trailers qui se sont élancés je ne vais même pas citer l'UTME parce qu'il y a déjà beaucoup de participants sur les premières éditions mais sur un Letville et qui veulent finalement se retrouver dans un cadre je n'aime pas le terme exclusif mais d'immersion quand on est mis le participant sur une course d'ultra-distance et il y en a quelques-unes puisqu'on a des confrères qui le font très bien c'est plus une course d'ultra-distance dans le sens où moi je l'ai entendu au départ sur l'esprit du Bikeman qui est de proposer une immersion totale dans un territoire pour le découvrir et non pas une cyclosportive et c'est super de faire des cyclosportives où tu suis la roue de quelqu'un et tu ne fais que croiser des cyclistes partout sur le parcours qui t'empêchent finalement et je reviens sur la notion de vitesse qui t'empêchent d'avoir cette expérience d'immersion et de découverte d'un territoire de sa géologie de sa géographie de son architecture de ses odeurs de ses senteurs de ses points de vue de ces sensations de décrochage que tu peux ressentir et que tu as dû forcément ressentir parce que tu fais du trail où tu arrives sur un sommet et waouh d'un coup tu vois quelque chose que tu ne pourras jamais voir autrement ça tu ne peux pas le voir si tu as mille personnes autour de toi et où tu as tout un vacarme de gens qui sont en train soit de remplacer des chambres à air soit de changer des postes de pilotage à une base de vie en tout cas c'est ces deux esprits d'épreuve qui sont à mon sens antinomiques et jusqu'à présent et ce n'est pas facile de tenir ce cap là puisque toutes les marques l'écosystème du vélo qui est extrêmement puissant nous pousse à augmenter le nombre de participants à ouvrir entre guillemets les vannes alors que nous on essaye avec mon organisation et les volontaires les race angels de rester sur sur cette immersion nous on est vraiment sur l'expérience et sur tout ce que tu peux apprendre sur ton environnement à travers cette expérience de se retrouver en solitaire si tu n'es plus en solitaire ça devient une cycle sportive et c'est super qu'il y ait des cycles sportifs mais ce n'est pas ce qu'on fait la thématique du biking man elle est résumée avec un trigramme qui est anglophone désolé pour les amoureux de la langue française dont je fais partie mais je n'ai pas réussi à le transcrire avec autant de force avec la langue française c'est explore endure empower l'exploration la souffrance la difficulté et la découverte la prise de contrôle sur des choses nouvelles empowerment c'est c'est l'émancipation c'est apprendre quelque chose si demain on me résume le biking man en disant j'ai terminé en 48 heures je vise le 47 47-45 l'année prochaine c'est comme quelqu'un qui me résume son triathlon longue distance en disant j'ai sorti la natte en 54 le bike en 4-12 le marathon en 3-2 je préfère discuter avec Collins celui qui a fait des promesses à l'époque et qui me raconte le sac plastique qu'il avait qui lui servait de bonnet de bain et les tongs qui lui ont permis de courir parce que l'expérience qu'il en a retiré à l'époque n'était pas celle de la vitesse or on est dans un monde qui cherche à tout accélérer en permanence on veut aller de plus en plus vite j'aime à penser que le biking man n'a que pour objectif de mettre les gens dans l'illusion qu'ils vont parcourir une très grande distance dans l'ultra et de la vitesse alors qu'en fait ils sont extrêmement lents et c'est ça qu'ils découvrent c'est qu'ils se disent mais punaise en fait j'ai terminé j'ai fait 1000 bords dans 72 heures à la fois c'est rapide pour les gens qui ne connaissent pas et à la fois c'est très lent pour les gens qui étaient sur le vélo ils se sont dit mais finesse pendant 72 heures j'ai eu 72 heures où j'ai pu observer un territoire que je ne connaissais peu ou pas du tout et j'ai pu également faire une introspection sur moi-même de par le rythme et ça c'est la différence entre le trail et le vélo c'est que le sport porté avec le vélo à un rythme doux te permet d'avoir une introspection que tu ne peux pas avoir quand tu es en train de gravir un sommet en trail en train de pousser sur tes genoux parce que tu es complètement transformé et aliéné par l'effort le vélo dans une ascension c'est difficile mais tu as une capacité avec le fait d'être porté par la machine plus la transmission et bien de te mettre à ton rythme et ça se relie à toutes les innovations techniques qui sont arrivées sur les transmissions de vélo parce qu'aujourd'hui on a des cassettes qui sont aussi grosses que des plateaux les coureurs du tour rigoleraient il y a 30 ans rigoleraient de voir les transmissions qu'on utilise maintenant sur les épreuves de longue distance mais qui permettent cette démultiplication pour se mettre à son rythme et donc d'avoir une capacité d'observation d'introspection qui à mon sens est l'intérêt finalement d'un événement c'est de vivre une expérience si tu es là pour la vitesse tu fais le tour du pâté de maison et tu fais 200 km et tu essaies de faire un bloc et puis à la fin tu te retournes et tu n'auras rien vu de ton pâté de maison parce que tu auras été totalement transformé et aliéné par la vitesse
Loïc écoute je pense que ça parlera ce que tu viens d'expliquer à un bon copain moi je te posais la question parce que j'ai de plus en plus de gens que j'ai du coup croisés sur des trails qui me parlent de se lancer dans de l'ultra cyclisme et il y en a un en particulier avec qui j'ai fait la PTL c'est le trail dont je te parlais un peu plus tôt et avec qui je serai d'ailleurs sur le tour des géants en septembre qui s'appelle Thomas Tom et qui sera si j'ai bonne mémoire sur le Bikingman Corsica en mai et ce sera son premier donc on avait un peu discuté d'ailleurs de vélo moi je lui avais dit ce que j'utilisais je lui avais conseillé d'aller regarder ta chaîne par rapport aux tutos sur l'équipement alors si tu les as fait il y a un moment bon je pense qu'ils sont toujours très utiles pour quelqu'un qui ne connait pas mais mais ouais vu tout ce que tu as expliqué enfin moi je le vois complètement là-dedans tu vois cette notion d'aventure des découvertes d'introspection de mise à son rythme plutôt que plutôt que la recherche du chrono absolu donc super intéressant et d'ailleurs ça serait quoi tes conseils pour quelqu'un qui se lance sur une épreuve type Bikingman pour la première fois d'ailleurs avant de te laisser répondre petite parenthèse sur le Bikingman c'est généralement deux formats d'épreuve c'est 500 ou 1000 km avec un chrono j'ai ça sous les yeux pour les 500 km c'est autour de 50-60 heures si je ne me trompe pas et pour les 1000 km 120 généralement c'est tous 120 120 heures avec un dénivelé voilà un certain dénivelé et même un dénivelé certain ouais c'est ça ouais donc dans le cas de la Corse 18 000 m pour 1000 km donc costaud quand même mais oui quelqu'un qui se lancerait tu lui conseillerais quoi comme approche que ce soit d'un point de vue peut-être matériel ou préparation mentale ou plutôt encore plus simple quel aspect te semblerait toi le plus important à travailler en amont
Axel je vais répéter deux choses que j'ai partagé dans ton podcast être curieux c'est-à-dire déjà regarder et s'inspirer parce qu'il y a beaucoup de gens qui pratiquent cette aventure qui est la longue distance et ceci depuis bien avant le biking man ça fait plus de 120 ans que ça existe les premiers voyageurs explorateurs à vélo ont plus de 120 ans d'existence 140 pour les plus anciens si ma mémoire est bonne et la première chose qu'ils ont faite avec cette technique qui est apparue qui était le vélo de sûreté donc le vélo avec les deux roues symétriques telles que l'on connaît aujourd'hui c'est de parcourir des distances non pas pour la notion de vitesse mais c'était pour aller découvrir des territoires puisque d'un point de vue historique le vélo est arrivé avant la voiture même si on a tendance à imaginer qu'avec le tour ça arrive au même moment c'est pas vrai il y a d'abord eu une fascination pour les équidés les chevaux et surtout c'était un moyen de déplacement formidable pour les humains ensuite il y a eu le vélo qui n'a pas duré très longtemps en termes de déplacement pour faire des choses c'est-à-dire aller dans des endroits extraordinaires et j'invite les gens à chercher des livres là-dessus parce qu'il y en a de formidables sur les premiers voyageurs à vélo et ensuite il y a eu la voiture et à ce moment-là le vélo a rapidement été relayé malheureusement avec le Tour de France notamment à la notion de pure performance puisqu'on allait plus vite à explorer en voiture des territoires que d'y aller à vélo donc être curieux c'est le premier conseil c'est une base importante pour pouvoir réussir un jour de terminer boucler un bike man quelle que soit l'épreuve à laquelle les personnes veulent participer elles ont toute leur identité et leurs difficultés il n'y en a pas un qui est facile le deuxième conseil c'est de dire oui et ça ça peut paraître bête mais c'est dire oui à plein de choses où on se met des noms donc s'aménager son agenda c'est se réserver finalement un temps pour soi-même donc c'est dire oui à l'épreuve à se préparer pour ça et ça demande beaucoup d'amnégation parce que c'est de la préparation physique et mentale par ailleurs mais dès lors qu'on accepte dans sa préparation de dire oui à tous les imprévus parce qu'il y en a plein il y a les blessures il y a les aménagements avec la famille il y a les contraintes du quotidien avec le travail l'entraînement tout ça c'est finalement des noms il faut apprendre à dire oui de manière à se libérer quelque part de ces prétextes que l'on a de dire non au quotidien c'est plus facile de dire non que de dire oui et puis le troisième conseil c'est de s'équiper avec le bon matériel quand je dis bon matériel ça revient sur la notion de curiosité on a aujourd'hui et c'est pour ça que le biking man je dirais devient le ce qu'il est aujourd'hui en termes de référence dans l'ultra distance vélo mondiale c'est il y a des innovations techniques qui sont arrivées depuis une vingtaine d'années sur le vélo qui permettent ce type de défi si vous prenez un vélo d'il y a 20 ans avec les braquets pour les gens qui ne savent pas ce que c'est c'est le plateau la taille du plateau à l'avant les cassettes à l'arrière le type de chaîne le type de cadre le matériau les cintres tout le vélo en lui-même il y a 20 ans était très exclusif pour des gens qui souhaitaient faire des longues distances comme un bike man depuis 20 ans il y a énormément de travail qui a été réalisé par l'écosystème des entreprises qui travaillent dans le vélo pour rendre accessible à de plus en plus de gens l'effort du déplacement à vélo ça passe par une transmission beaucoup plus souple avec des des grandes cassettes des petits plateaux à l'avant et ça passe également par des acceptations du public des fans de vélo et des pratiquants de vélo de rouler plus lentement parce qu'en fait encore une fois je reviens sur la notion de vitesse on souffre d'un mal dans le sport de manière générale à toujours rechercher la notion de performance et de vitesse et ce qui interdit finalement plein de pratiques parce que dans l'inconscient collectif des gens il faut pouvoir rouler à 40 km heure à vélo je sais rouler à 40 km heure en peloton mais c'est stupide de transposer cette pratique dans l'univers d'un bikingman c'est comme si le rythme d'un kenyan qui sort le marathon en deux heures je vais l'appliquer sur l'UTMB c'est ridicule c'est pas du tout les mêmes rythmes mais il faut l'accepter et pour l'accepter il faut montrer des exemples et donc il faut s'inspirer et sur ce sujet matériel il y a beaucoup de choses qui ont évolué depuis ces dernières années il y a eu les transmissions les pneus avant c'était une honte de rouler avec des pneus de plus de 25 mm aujourd'hui sur les courses bikingman la majorité roule avec des pneus de 35, 40, 45 voire 50 mm il y a le travail sur les roues bien sûr il y a eu le travail sur la fibre de carbone grâce aux innovations extraordinaires des Taïwanais mais également des Japonais pour pouvoir avec la fibre de carbone et le tissage avoir des zones de confort qui permettent à des gens qui ne sont pas des coureurs du Tour de France qui sont affûtés comme des lames de rasoir et dont c'est leur métier ils respirent jour nuit et même plus 100% vélo et ils font en moyenne 25, 30, 35, 40 heures d'entraînement par semaine et on a vendu ces machines à je dirais à beaucoup de pratiquants de vélo c'est comme si on vendait une Formule 1 à n'importe qui qui vient d'avoir son permis c'est ridicule on a des véhicules de tourisme et il y a des véhicules pour les professionnels dans le vélo ça a très souvent été l'inverse depuis peu et on peut faire le lien un peu avec le Gravel le Gravel vient quelque part réouvrir cette voie d'aller proposer des solutions techniques qui sont adaptées aux pratiquants et non pas aux pros et le BikingMan c'est la concrétisation de ça c'est à dire que la majorité des gens qui participent à présent ont accepté déjà rouler plus lentement ont accepté de privilégier le confort plutôt que d'avoir une barre à mine qui va vous briser le corps ou de 1000 km et la preuve par l'exemple c'est qu'on a des personnes qui en ont fait 10 13 même 14 14 épreuves donc ça représente plus d'une centaine de jours de compétition Loïc c'est énorme c'est énorme dédié à faire du vélo sur des très longues distances dans des conditions de dénivelé très importantes et ça c'est lié au bon matériel
Loïc matériel d'ailleurs qui a tellement évolué qu'aujourd'hui les frontières sont plus peut-être aussi nettes qu'avant les gravels maintenant on peut avoir des fourches avec suspension des pneus qui sont quasiment plus larges que ceux des VTT de descente sur route j'ai cru comprendre que pareil on avait peut-être tendance à s'éloigner un peu des sections hyper fines qu'on avait les petites devoirs avant donc pour le non-aficionados que j'étais il y a 2-3 ans je ne te cache pas que c'est comme ça que je m'étais retrouvé sur ta chaîne c'était pas forcément évident d'arriver à cerner le matériel qui pouvait être le bon matériel par rapport à la pratique qui a en avoir mais il faut arriver à faire le tri
Axel dans déjà un le marketing des marques et ça c'est pas simple parce qu'il y a beaucoup de marques qui dépensent beaucoup d'énergie et beaucoup d'argent à noyer entre guillemets le poisson de la question que tu es en train d'aborder qui est d'avoir la bonne machine adaptée à mon usage ça c'est le premier c'est la première limite indépassable qui est difficile à franchir pour les aficionados c'est clair mais il faut la franchir parce que moi j'ai fait partie des tout premiers pratiquants de gravel en France et j'ai fait surtout partie des tout premiers à tester la machine dans des conditions de dingue enfin la première fois que j'ai eu un gravel je suis allé traverser l'Amérique du Sud dans 50 jours voilà le cadre de référence c'est 11 000 kilomètres 100 jours de repos en 50 jours dans des conditions de malade à traverser la panaméricaine c'est ça mon référentiel de test sur le gravel donc j'ai un tout petit peu d'expérience et j'ai fait plein d'autres choses donc j'ai pu voir à l'époque à la fois les marques qui n'étaient pas prêtes et qui du coup habillaient d'un très beau marketing de père noël des gravel qui n'en étaient pas c'était plutôt des cyclocross voire des VTC enfin voilà il y a toujours cet écosystème là c'est-à-dire qu'il faut faire attention pour les gens qui nous écoutent à bien chercher parce qu'il y a beaucoup de marketing sur le sujet du gravel parce que forcément ça attire les sirènes et de ne pas se faire avoir parce qu'on peut encore trouver des vélos gravel aujourd'hui avec des transmissions de route c'est ridicule avec des passages d'acceptation de taille de pneus ridicules c'est-à-dire pas assez large et qu'à un moment donné on va se retrouver très limité avec un vélo qui finalement est un vélo de route plus plus alors que en 2025 à l'heure où on se parle il y a des marques qui proposent des vélos avec une capacité de pneus jusqu'à 50 mm donc c'est du c'est du 2 pouces là on peut passer quasiment partout avec ça c'est pas un pneu VTT c'est le début le 50 mm c'est le début du pneu VTT en termes de largeur mais ça permet de passer partout avec des roues aluminium par exemple et tout un tas de paramètres notamment la géométrie les œillets sur le cadre qui vont permettre de pouvoir y accrocher des choses sur le vélo pour pouvoir faire des épreuves de longue distance ou même du voyage à vélo parce que toute la partie bagagerie est importante également dans l'univers d'ultra distance et du voyage à vélo c'est comment est-ce que tu accroches tout ton équipement un peu comme le trail par rapport à un randonneur avec un sac à l'eau il vaut mieux avoir un vélo qui est je dirais prêt pour tout faire plutôt qu'un vélo qui est ultra performant avec une géométrie de vélo de route avec des pneus étroits qui se dit gravel mais au final qui va être inutilisable dès lors que vous allez sortir un peu des sentiers battus et que vous voulez faire un voyage sur plusieurs jours ou une course ultra distance là en 2025 il y a des solutions aujourd'hui qui existent qui sont des couteaux suisses et qui permettent de tout faire mais il faut bien chercher il faut bien chercher le vélo avec la bonne géométrie le bon passage de roue et également la bonne transmission parce que on a tendance à mettre en avant souvent des noms de marques mais les marques de vélo sont des assembleurs je ne les insulte pas en disant ça mais c'est plusieurs écosystèmes le carbone il vient du Japon il est transformé à Taïwan c'est moulé à Taïwan avec de la R&D et tout ça d'accord c'est rapatrié en France et le groupe c'est un japonais également pour la majorité il y a les américains aussi mais c'est Shimano qui impose ses règles également par rapport à toute une myriade de groupes enfin je ne sais pas comment les responsables produits arrivent à s'y retrouver tellement il y a de groupes et de configurations différentes mais il faut faire attention de ne pas se faire bananer sur le choix du groupe où il faut travailler sur le plus gros possible en termes de cassette et le plus petit possible en termes de plateau pour pouvoir passer partout en fait il faut imaginer la démultiplication maximale il faut avoir la démarche inverse du vélo de route qui consistait à avoir le plus gros plateau à l'avant et la plus petite cassette à l'arrière pour dire qu'on roule avec le braquet le plus grand ce qui est ridicule donc en synthèse on roue dans le sens passage de pneus la géométrie et le groupe s'assurer d'avoir beaucoup de démultiplication pour faire le bon choix d'un gravel qui permettra de passer partout parce que c'est aujourd'hui des vélos qui sont intéressants dans le sens où ça permet de remplacer soit un vélo de route très rigide ou trop rigide donc trop exigeant et un VTT qu'on n'utilise plus pour pouvoir avoir un seul vélo qui fait tout
Loïc je ne me suis pas trompé en partant sur du écart
Axel en partant sur du écart ça dépend lequel tu as pris parce que là tu as la configuration 13 vitesses c'est ça le GT
Loïc et bien j'ai un doute je ne sais pas si avec le Grax 2 il y avait déjà des déclinaisons sur le modèle je ne me rappelle plus
Axel alors si tu as le Grax 2 tu dois être sur le sur l'écart pas le 13 vitesses qui est sorti cette année mais l'ancien oui le GT
Loïc c'est celui qui vient d'être annoncé c'est ça c'est le 13 vitesses donc c'est l'ancien
Axel ça tombe bien que tu me parles de l'écart parce que je l'ai testé il n'y a pas très longtemps c'est un bon groupe la seule difficulté le point de vigilance majeur c'est que de mémoire l'écart actuel je parle du 13 vitesses 2025 il est en 46 à l'arrière la denture maximale de la galette à l'arrière donc il faut à mon sens notamment quand tu fais des épreuves longue distance avec un vélo avec du poids avec des sacoches avoir un plateau à l'avant inférieur à 40 donc il faut aller sur du 36 dents idéalement plus petite couronne à l'avant pour avoir le maximum de souplesse parce que si tu as un 40 dents à l'avant désolé pour ceux qui nous écoutent qui ne sont pas suffisamment techniques mais 40 dents à l'avant et un 46 à l'arrière si je t'emmène en Corse sur un parcours gravel que je connais dès que tu as du pourcentage à deux chiffres tu vas vraiment avoir du mal notamment en fonction du poids du pilote donc sur les cars il faut avoir du 36 à l'avant pour pouvoir avoir de la souplesse
Loïc ok et au diable la fierté
Axel d'avoir une grosse galette à l'avant
Loïc écoute je crois que c'est mon cas je suis en 44 à l'avant et 10 44 donc là tu as
Axel on peut dédramatiser le sujet et le faire en sorte que les gens qui nous écoutent comprennent très bien la démultiplication d'un vélo tu divises la denture à l'avant par la denture maximale à l'arrière donc si tu as un 44 dents à l'avant 44 dents à l'arrière maximale ça fait un ratio de 1 parce que 44 divisé par 44 ça fait 1 1 c'est un ratio de vélo de route ok donc si je te mets des sacoches et que ton vélo il fait 12 à 14 voire plus en termes de kilos avec un pourcentage supérieur à 8-9% de surcroît sur une épreuve longue distance comme le biking man tu vas souffrir comme un mulet il te faut un ratio qui va arriver entre 0,7 et 0,8 elle est là la vérité ok elle est là la souplesse et elle est là la sauvegarde de tes genoux de ton tendon d'Achille de tes cuisses de tes muscles parce que tu vas travailler en souplesse et non pas en force donc en cadence tu vas pédaler à une cadence plus rapide parce que tu auras des multiplications plus souples et c'est ça pour les gens qui nous écoutent c'est comme la course à pied c'est comme si on faisait des enjambées d'un mètre trente et que tu grimpes au Mont Blanc avec des enjambées d'un mètre trente c'est ridicule tu vas faire des enjambées peut-être de 15 de 20 ou de 30 dans le vélo c'est la même chose il faut viser l'enjambée la plus petite parce que c'est ce qui permettra de pouvoir passer les bosses les plus verticales donc les difficultés où tu te fatigues le plus donc je t'encourage vivement à changer ton plateau si t'as un 40 si tu veux grimper des pourcentages à deux chiffres et aller dans des endroits un peu exotiques et peut-être un jour participe au BikingMan mets toi un 40 max voire un 38 ou un 36 tu seras content
Loïc ok bah écoute je te cache pas que le BikingMan Corsica je suis amoureux de la Corse me fait de l'oeil et puis le fait de savoir que Tom y participe je me dis que ça pourrait un jour déclencher quelque chose mais en tout cas merci pour les conseils techniques à quand une marque d'équipement ou de vélo Axel Carillon ?
Axel c'est une très bonne question moi j'essaie d'être bon dans mon métier déjà et ça ça prend du temps dans mon métier il y en a deux il y a celui d'organisation des courses on va célébrer la 50ème épreuve organisée BikingMan cette année en 2025 et ça va être en Corse et on commence à être bon donc il y a encore beaucoup de travail c'est ça que je veux dire c'est pas par prétention que je dis ça mais c'est plus par capacité de progression et d'amélioration et j'essaye d'être bon dans mon deuxième métier qui est celui d'explorer la planète à vélo et je commence tout juste à être bon parce que je commence à avoir un tout petit peu d'histoire ça c'est ma priorité absolue après je préfère pour répondre directement à ta question travailler avec des gens qui ont cette même démarche et je vais citer un de mes partenaires Écoil que tu connais sans doute la marque de textile française qui est le leader français sur le textile et qui a des ambitions internationales extrêmement fortes je préfère travailler avec des pros comme eux parce qu'ils ont dans chaque univers casse, lunette cuissard, maillot des compétences techniques et de conception qui sont juste extraordinaires et je dis pas ça parce que c'est un partenaire c'est parce que j'ai roulé j'ai fait les Etats-Unis notamment avec la gamme qu'on a co-conçue ensemble qui est une gamme dédiée Écoil Bikingman et qui est redoutable en termes d'efficacité je préfère m'associer avec des marques qui ont cette spécialisation parce que Écoil ça fait plus de 25 ans maintenant depuis 2001 mémoire et qui ont cette cette histoire avec le textile et cette expérience pour travailler avec les meilleurs en fait j'ai pas cette prétention de pouvoir savoir le faire sur le textile j'ai encore moins cette prétention de pouvoir le faire sur le vélo parce que c'est un c'est un travail extraordinaire aujourd'hui d'arriver à à produire des vélos que ce soit à l'autre bout du monde à Taïwan parce que c'est l'épicentre et surtout c'est là où se trouve le plus grand savoir-faire on en parle rarement mais ce qui se passe dans les semi-conducteurs pour les téléphones et d'autres usages il y a la même compétence et très haute valeur ajoutée des Taïwanais sur le travail du carbone c'est pas parce que ça coûte moins cher contrairement à ce que les gens peuvent penser c'est aussi parce qu'il y a un savoir-faire extrême d'ingénierie et de précision sur le travail des vélos des Taïwanais et des Japonais parce que c'est il y a une alliance japonaise et taïwanaise et qui est liée à mon avis à l'histoire des deux pays parce qu'auparavant Taïwan était japonais avant la deuxième guerre mondiale et pour arriver à faire un vélo aujourd'hui c'est un travail de titan à la fois en termes de recherche et de développement de travailler sur la fibre et puis d'arriver à convaincre de travailler avec les meilleurs sur Taïwan donc je ne m'aventurerai pas là-dessus moi je cherche à être bon dans mes deux écosystèmes et mes deux univers d'abord l'organisation des vêtements pour faire vivre des expériences extraordinaires et l'exploration à vélo pour donner envie à Loïc un jour de se franchir le pas j'ai déjà suffisamment à faire pour en plus m'en rajouter à essayer d'imaginer que je vais pouvoir fabriquer des habits et des vélos j'ai pas cette prétention là et j'espère ne jamais l'avoir ça voudrait dire que quelque part j'ai oublié mes deux métiers initiaux et j'oublie pas d'où je viens c'est ça qui me passionne j'aime le faire et je pense que t'as dû le voir comme on se le dit en off tu fais partie de ces premiers internautes qui ont suivi la chaîne que j'ai construite sur Youtube j'aime faire ça j'aime la partie pédagogique j'aime partager des conseils sur à la fois les explorations que je fais à vélo mais également sur les épreuves MikingMan parce que j'ai vu quelque part je fais partie de ces enfants qui ont voyagé à vélo à l'ancienne avec les randonneuses et qui ont migré lentement sur un vélo plus léger avec la technique qui est arrivée mais j'ai bien conscience que pour les néophytes c'est un c'est une complexité sans nom en fait parce qu'il y a tellement de références tellement de produits et puis tellement d'impostures parce qu'il faut le dire le marketing là-dedans raconte parfois n'importe quoi et puis il y a des gens qui sont aussi payés pour raconter n'importe quoi et je cite personne mais il suffit d'aller sur YouTube pour s'en rendre compte que moi mon référentiel c'est simple ma première sortie gravel 11 000 km 500 heures Carthagène des Indes Ushuaïa en Argentine et en rentrant j'ai pu commencer à partager ce que c'était qu'un gravel et en quoi c'était bien ou pas bien et c'est comme ça que je conçois ce que je partage sur ma chaîne YouTube en termes de tests de tutoriels je ne fais pas le tour du pâté de maison avec le test qu'on vient de m'envoyer pour dire oui c'est super parce que j'ai reçu un communiqué de presse avec un embargo qui dit il faudra que tu dises ça avec les marques avec qui j'ai pu travailler jusqu'à présent ça a toujours été je teste le matos dans les conditions qui sont les miennes c'est à dire XXL extrême pour que la personne qui se dise s'il a réussi à faire 500 heures sur la selle et que c'est cette selle là qu'il a utilisée ça ne veut pas dire que c'est la mienne ça ne veut pas dire que c'est celle que je dois utiliser mais ça mérite que je m'y attarde et je vais me renseigner parce qu'il l'a testé sur 500 heures et dans tous les périmètres de test que je peux avoir jusqu'à présent c'est ce que je fais c'est comme ça qu'on a commencé à travailler avec ECOI ECOI la première sortie que j'ai faite avec leurs amis et leur gamme gravel spécifiquement avant d'avoir la gamme Vikingman ça a été d'aller traverser la cordillère orientale et centrale en Colombie avec des conditions climatiques extrêmes 39 degrés humidité 100% des orages extraordinaires de la boue et pas se laver pendant une semaine je suis rentré je dis voilà le cuissard le maillot je vous le donne il tenait tout seul parce qu'il n'a pas été lavé tu pouvais le transformer en épouvantail et le mettre dans un champ que tu aurais les corbeaux qui viendraient se mettre dessus je lui ai dit voilà il y a ça ça ça ça ça et ça et quand on s'est vu avec ECOI on ne s'est pas vu avec 2 personnes on s'est vu avec 10 personnes parce qu'il y avait tous les spécialistes qui sont venus les chaussures les chaussettes le cuissard le maillot le cas les nuets et tout le monde après est parti d'une page blanche en disant ok c'est ça qu'il faut qu'on arrive à faire pour la gamme BikingMan et quant à ça et il y a des équipementiers qui en plus sont français c'est super parce que ça permet de concevoir et c'est cette c'est cette fenêtre de respiration qu'est le gravel aujourd'hui dans l'écosystème du vélo c'est que ça permet de repenser les codes ça permet de changer les codes entre le t-shirt de VTT qui est un peu qui est large avec une tête de mort dessus je caricature j'aime beaucoup les VTT je fais un clin d'oeil à un descendeur qui aime bien Bastien Le Maire si tu m'écoutes je caricature je force le trait mais voilà le t-shirt tête de mort avec le casque avec les lunettes voilà avec les lunettes de ski et le routier qui va peser son maillot et sa première couche il va faire moins de 20 grammes sinon il n'arrive pas à monter son col à 30 km heure le gravel vient remettre l'église au centre du village ok c'est quoi le besoin il faut pédaler 10 heures ok mais tu vas traverser les Etats-Unis pendant 25 jours tu as dormi 4 fois à l'hôtel je calcule donc ça veut dire que tu as pris 4 douches sur 25 jours c'est ça donc les fringues je les ai lavé 4 fois donc une fois par semaine grosso modo qu'est-ce qui se passe si je réutilise des fringues dans lesquelles j'ai transpiré compris l'humidité la pluie la saleté l'abrasion la poussière comment se comporte le textile c'est comme ça qu'on travaille avec des gens comme chez Ekoï et moi c'est comme ça que je travaille avec les marques c'est-à-dire que c'est pas du marketing c'est je teste si ça marche pour une traversée continentale la personne qui va l'utiliser dans son quotidien pour faire du vélo taf pour aller faire une sortie gravel autour de chez lui forcément on va se dire c'est ça qu'il faut bah oui
Loïc et il n'y aura pas besoin
Axel de marketing pour dire ça vaut 300 euros ou 400 euros le cuissard parce qu'on a mis un gars qui est beau et parce que voilà tout ça c'est le marketing c'est l'industrie du mensonge et j'ai rien contre le marketing dès lors qu'il est bien fait quand on raconte la réalité d'un produit dans le trail je parle sous ton contrôle j'ai l'impression qu'on est quand même dans des univers qui sont tellement corps avec la communauté que tu peux pas avoir une fessure qui à un moment donné va te provoquer un inconfort absolu sur une course de longue distance ou un sac de trail ultra léger qui est pas du tout adapté je pense que la conception produit est automatiquement orientée vers la performance dans le gravel il y a eu cette période d'attermoiement là de 2019 à 2023 2024 où il y avait quand même à boire et à manger avec des gens qui n'en avaient rien à faire de la performance et cherchaient avant tout à vendre on est en train d'arriver sur l'univers de la de la performance et c'est tant mieux moi en tout cas j'essaie d'y contribuer
Loïc ouais excellent et bien écoute Axel on a évoqué énormément de sujets déjà on a beaucoup parlé des expéditions des défis des aventures que tu as réalisées et que tu partages d'ailleurs merci une fois de plus je t'ai déjà dit en off je te l'ai redit au début du podcast mais vraiment merci pour finalement ces retours d'expérience et ces moments d'évasion que tu nous offres par écrit ou en vidéo j'ai beaucoup aimé aussi en préambule de ton livre ce que tu écrivais tu disais ne laissez pas ce livre sur une étagère sans nous promettre que vous concrétiserez ce voyage fou dont vous rêviez quand vous étiez enfant ça me parle énormément ça et c'est clairement en tout cas dans mon cas à moi tout ce que j'ai pu lire ou regarder en termes de vidéos venant de toi c'est clairement effectivement à chaque fois une vraie invitation au voyage et je pense que le pas va être franchi je ne sais pas quand je ne m'engage pas mais c'est sûr que je vais y arriver donc merci pour ça moi je serais curieux de savoir peut-être en guise de conclusion pour qu'il y ait un petit peu de teasing quel est le s'il y en a un quel est le le prochain défi la prochaine destination sur laquelle tu es d'ores et déjà en train de travailler
Axel alors je vais partir très prochainement au Maroc pour la préparation du 500 km bikingman qu'on organise fin septembre pour faire la reconnaissance de plusieurs traces de plusieurs parcours donc ça c'est au programme de la fin de la semaine donc c'est imminent après pour faire du teasing et le connecter à quelque chose que j'ai réalisé il n'y a pas très longtemps en compagnie de mon compagnon de route ou plutôt de piste de l'extrême Grégory Girard que j'ai emmené en Colombie il y a de ça un peu plus d'une semaine on est allé faire un camp d'entraînement XXL en Colombie à travers la cordillère orientale et la cordillère centrale avec des gravel en préparation en fait d'une expédition bien plus grande que je me projette de réaliser avec Grégory cet été donc l'été 2025 je lui ai tenté d'aller traverser les Etats-Unis de nouveau généralement j'aime bien faire les choses au moins deux fois pour être sûr c'est ce que j'ai fait avec l'Amérique du Sud j'ai traversé deux fois du Nord au Sud mais je ne pouvais pas aux Etats-Unis ne pas y retourner je pense que c'est un territoire que je vais prendre plaisir à traverser pas que deux fois à mon avis mais je retourne donc avec Grégory tenter une traversée du Canada au Nouveau-Mexique en suivant la ligne de séparation des eaux du continent nord-américain qui s'appelle la Continental Divide et qui est l'itinéraire qui avait été le plus long à ma connaissance de la planète donc c'est un peu plus de 90% de pistes et qui suit le massif des rocheuses donc plutôt le tiers ouest des Etats-Unis pour les personnes qui ont une carte sous les yeux et qui rallient qui connectent le Canada jusqu'au Nouveau-Mexique avec 4400 km par nombre de distance et 50 ou 60 000 m de dénivelé positif donc c'est un gros bébé qu'il faut arriver à grignoter avec patience et c'est le projet fixé cette année en compagnie de Grégory Girard qui va à cette occasion réaliser à ce jour sa plus grande expédition à vélo puisque je pense que les gens ont dû l'entendre dans ma voix et je les encourage vivement à aller voir ce que je fais sur ma chaîne YouTube mais faire des choses en solitaire moi les Etats-Unis l'année dernière c'était en solitaire moi ce qui me plaît c'est également partager les choses c'est-à-dire faire vivre à quelqu'un et je vais utiliser une phrase d'ailleurs que j'ai que j'ai utilisée sur la fin de ma traversée des Etats-Unis l'année dernière c'est encourager les gens à devenir champion de leur vie ça paraît bête et trivial mais c'est tellement génial une fois que tu te donnes finalement les moyens de devenir champion de ta vie et j'essaye de faire en sorte que Greg devienne champion de la sienne puisque moi des traversées continentales j'en ai fait beaucoup je dis pas que j'ai terminé ma vie puisque les continents il en reste beaucoup encore à traverser mais ça ça procure un enrichissement personnel de voir quelqu'un accomplir quelque chose qui lui paraissait impossible qui est bien plus grand que toutes les expéditions que tu peux réaliser en solitaire qui ne sont à la fin que des des possibilités renouvelées de se regarder dans un miroir et je je me trouve pas suffisamment intéressant pour me focaliser sur cette expérience je préfère au contraire m'intéresser aux autres et quand il y a quelqu'un qui aimait l'idée d'avoir un rêve si je peux contribuer à réaliser son rêve et qu'en même temps je prenne moi le plaisir de de découvrir cette personne parce que c'est des moments d'intimité extrêmement forts et d'être au contact de ça un peu dans finalement dans le format du mentor que moi j'ai vécu à l'époque où on m'a initié au voyage à vélo et je fais un clin d'œil je ne vais pas citer son nom parce qu'il ne le souhaiterait pas mais je lui fais un clin d'œil à cette personne finalement je ne fais que renouveler je suis un passeur je ne fais que passer le message de ce que j'ai vécu à l'époque qui est d'encourager quelqu'un à faire quelque chose comme on a pu m'encourager à un moment donné et me donner les moyens de poursuivre mes rêves
Loïc écoute magnifique message je suis convaincu que cet échange encouragera un certain nombre de personnes à minima à se pencher sur le sujet et je le dis régulièrement en conclusion des épisodes à oser se lancer finalement dans leur propre projet donc un immense merci Axel une fois de plus pour ces partages c'était passionnant d'en apprendre plus sur ton parcours tes motivations tes aspirations ce que tu essaies de transmettre et ce que tu transmets ce que tu as déjà transmis tu le disais à plus de 4000 personnes sur le BikingMan en particulier une fois de plus s'il y en a qui sont intéressés foncez dans la description tous les liens sont là vers le site du BikingMan la chaîne YouTube d'Axel et bien plus et puis écoute je te souhaite qu'est-ce qu'on peut te souhaiter une excellente préparation de ce gros défi à venir cette traversée nord-sud du continent nord-américain
Axel et bien merci beaucoup je prends toutes les bonnes énergies parce que quel que soit le degré d'expérience qu'on peut avoir et et c'est un c'est ce que j'apprécie au sommet de tout sur la pratique du vélo rien n'est jamais acquis avec cette machine et quelles que soient les jambes que l'on peut avoir il y a tellement d'incertitudes sur ce type d'expédition et c'est ça la beauté finalement du geste c'est que on a beau être expérimenté on peut avoir une défaillance n'importe où et finalement c'est la métaphore de la vie on sait jamais quand est-ce que ça s'arrête on connait la date de départ autant ne pas hésiter et dire qu'il y aura forcément des soucis et c'est la magie du vélo quelque part c'est ce qu'il nous donne c'est que rien n'est acquis et que le seul moyen finalement de le savoir c'est de sortir le vélo dehors et prendre la poudre des scampettes pour voir si ça marche donc allons-y
Loïc sortons les vélos exactement tout le monde dehors c'est ça merci beaucoup Axel merci à toi Louis et bien voilà tous en sel merci beaucoup d'avoir écouté cet échange avec Axel jusqu'au bout j'espère que ça vous aura donné envie de partir vous évader à vélo vous aussi quoi qu'il en soit n'hésitez pas à partager cet épisode à un maximum de personnes autour de vous vous le savez c'est l'une des meilleures manières de remercier tous ces invités qui viennent témoigner au micro du podcast et pour celles et ceux qui souhaitent s'engager un peu plus et bien je vous rappelle que vous pouvez soutenir financièrement le podcast c'est à partir de 1 euro par mois 1 euro c'est le coût de 15 minutes de contenu audio hébergé par le podcast donc allez-y ça se passe sur tipi tip e e e point com slash les tirés frappés merci d'ailleurs à toutes celles et ceux qui ont déjà franchi le pas je vous souhaite une excellente semaine et je vous dis à bientôt pour un nouvel épisode ciao les frappés onsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsons Sous-titrage ST' 501
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