Les Frappés Les Frappés
Saison 4 EP·191 Vélo #ultra-cyclisme #vélo

19 novembre 2024

Ultra-cyclisme, résilience et quête de sens, avec Marjorie de Goumoëns (Maki Cycling)

Durée · 1h27 · Transcription disponible

Cet épisode est cité dans nos dossiers · Gérer les troubles digestifs sur un ultra : estomac bloqué, nausées, que faire , La peur de l'abandon en ultra : la gérer, décider, et rebondir

Marjorie

Le récit

Pour cet épisode j’ai le plaisir de recevoir à nouveau Marjorie de Goumoëns, qui est la femme derrière Maki Cycling sur les réseaux. J’avais été impressionné lors de notre 1er épisode par son énergie, par sa capacité à mener plusieurs projets de front, et par sa ténacité.

Deux ans plus tard, on fait le point sur tout le chemin parcouru depuis. On parle d’ultra-cyclisme, de réseaux sociaux, d’accident de la route mais aussi de quête de sens.

Excellente écoute à vous.

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👉 Épisode #60 - (Re)créer le lien entre corps et esprit avec Marjorie de Goumoëns, ultra-cycliste et entrepreneuse [Maki Cycling]

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Transcription

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Marjorie Quand je faisais du triathlon, je disais toujours que moi, j'avais besoin d'avoir peu de courses dans l'année, parce qu'en fait, je prends du plaisir à l'entraînement. Et puis mon plaisir, il se trouve pas forcément dans les courses. Et là, ces dernières années, dans l'ultra, j'ai fini par faire des courses tous les week-ends. Et puis à la fin de l'année, j'ai pas pris de plaisir sur la plus grande course que je mettais, ça c'est des mois que j'en rêvais.

Loïc Hello, hello ! Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyages aux eaux longs cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Pour cet épisode, j'ai le plaisir de recevoir à nouveau Marjorie, la femme qui se trouve derrière le compte Mackie Cycling sur les réseaux. J'avais été impressionné lors de notre premier épisode par son énergie, par sa capacité à mener plusieurs projets de front et par sa ténacité. Deux ans plus tard, on fait le point sur tout le chemin parcouru depuis. On parle d'ultracyclisme, de performances de réseaux sociaux, d'accidents de la route, mais aussi et surtout de quêtes de sens. Excellent écoute à vous ! Bienvenue Marjorie à nouveau sur le podcast. Plus de deux ans après… En fait, je pense que par rapport à notre date d'enregistrement initiale, ça doit être pile poil deux ans plus tard.

Marjorie Oui, à peu près, à peu de choses près. Bonjour Loïc !

Loïc Yes, ravi de te recevoir à nouveau. Je te le disais là en off juste avant qu'on démarre, moi j'avais vraiment adoré notre échange pour plein de raisons par rapport à ce que tu faisais à l'époque, ce dans quoi tu te lançais. Enfin, ça m'avait vraiment impressionné. On avait beaucoup parlé de ta carrière en attaçant synchronisée, de comment tu avais tourné la page de tout ça. Et en fin 2021, tout début 2022, c'est quand l'épisode était sorti, mais fin 2021, quand on avait échangé, tu t'as prêté à te lancer dans pas mal de projets différents. Notamment, Maki Cycling. J'imagine ton projet qui a pris le plus de place dans ta vie ces deux dernières années. Effectivement. Et c'était absolument fascinant, en fait, ces deux dernières années, de voir tout ce que tu as mis en place, tout ce sur quoi tu t'es engagé, les courses auxquelles tu as participé. Enfin, vraiment, je crois que je te l'avais jamais dit de vive voix, mais c'est vraiment impressionnant de voir cette énergie que tu as déployée sur ces deux dernières années. Merci. Donc, je me suis dit que ça pourrait être pas mal de faire un peu le point, de savoir mais qu'est ce qui s'est passé dans la vie de Marjorie ces deux dernières années. Et où est ce que tu as pris du plaisir? Où est ce que? Quel chemin est ce que tu es allé explorer? Enfin bon, bref, de faire un petit un petit résumé de cette vie ultra intense.

Marjorie Avec plaisir. Merci Loïc. En tout cas, c'est un plaisir d'être là. Je me rappelle que j'avais eu énormément de plaisir lors du premier épisode. Moi, de mon côté, j'ai pris aussi énormément de plaisir à te suivre et à suivre l'évolution du podcast. Je crois que par contre, moi, je te l'avais dit que tu as été une grande ressource lors de mes dernières expéditions à vélo et notamment ma dernière où tu m'as gentiment, et je sais pas si j'ai le droit de le dire, mais partagé des épisodes en avant-première pour venir me soutenir dans cette épreuve. Parce que je crois qu'on peut parler de notre épreuve. Je pense qu'on y reviendra. Et c'est vrai que juste avant de partir sur mon dernier gros objectif de l'année, j'avais réécouté le premier épisode. En fait, c'est rigolo parce que mes parents sont tombés sur Spotify et puis dans les discussions, alors moi, je comptais pas leur dire que j'avais eu des épisodes sur moi, mais dans les discussions, c'est mon mari qui a livré la mèche. Et du coup, mes parents ont dit « Ah ben, on va écouter l'épisode ! » Et je me suis dit « Mince, mais ça fait tellement longtemps, je me rappelle plus ce que j'ai raconté ». Donc, je suis vite allée l'écouter pour me dire « être sûre que j'avais pas raconté des bêtises ». Et là, je me suis surprise à me redécouvrir aussi deux ans après ce qui avait été mes vies et puis mes éléments déclencheurs. C'est vrai que moi, j'ai tendance à regarder beaucoup en avant, à me donner des objectifs à court, moyen et long terme, mais rarement à regarder derrière moi. Puis là, ça m'a fait plaisir de faire ça.

Loïc Je sais plus où est-ce que j'étais tombé sur ça, mais c'est un exercice qu'on recommande parfois dans les programmes de développement personnel, de coaching, etc. que j'ai jamais fait personnellement, mais qui ressemble un peu finalement à ce que tu as vécu, j'imagine. C'est de s'écrire un mail à soi-même et tu as des services qui te permettent de les expédier dans X mois, voire années. Et c'est assez marrant. Et du coup, qu'est-ce qui t'a surpris en te réécoutant ? Il y a des choses que tu avais oubliées ou des éléments que tu partageais à l'époque qui t'ont peut-être émue par rapport à tout ce que tu as accompli depuis ?

Marjorie Émue, c'est vrai que je crois que c'est le terme. J'étais assez émue à m'entendre. Et puis, bon, là, ça date un petit peu parce qu'on est au mois d'octobre et j'ai écouté ça au mois d'août. Mais ce qui me revient en tête là maintenant, début en blanc avec ta question, c'est cette histoire de communauté. Le fait d'avoir trouvé dans le cyclisme de longue distance une communauté à laquelle j'avais envie de faire partie. Et puis, cette communauté en développement et puis cette découverte en fait. Et c'est vrai qu'en entrant dans le domaine du cyclisme, dans le triathlon précédemment, puis après dans le domaine du cyclisme de longue distance, c'est plein de découvertes et j'avais pas oublié, mais c'est vrai que c'était une émotion qui était moins forte. Et j'ai aimé revivre ça en fait à travers le podcast.

Loïc Excellent. Et c'est vrai qu'il y avait eu le triathlon. Je me rappelais de la natation synchronisée. Je me rappelais surtout, surtout, je sais pas si tu y penses des fois, de ce médecin qui avait fini par t'annoncer de but en blanc que tu n'étais pas faite pour le sport. Et assez régulièrement, quand je vois ce que tu fais, je me dis punaise. J'ai tant en tant, tu vois des invités comme toi qui font mentir la science. Et je trouve ça assez dingue en fait.

Marjorie C'est vrai que, je t'avoue qu'en le réentendant, c'est comme si mon esprit avait complètement zappé cette histoire, alors que finalement, c'est le fondement un peu de tout ce qui m'anime aujourd'hui. Et c'est là où c'est intéressant justement cette démarche rétrospective, parce qu'en réécoutant le podcast, je me suis dit, mais oui en fait, c'est ça qui m'anime. Et en ce moment, je pense qu'on y reviendra aussi plus tard, mais je suis dans une période où je me pose beaucoup de questions sur ce que j'ai envie de faire, surtout au niveau sportif. Et puis, de quel est le but à tout ça et le sens à tout ça, parce que c'est vrai que je suis très présente sur les réseaux sociaux, sur YouTube, sur Instagram. Et parfois, j'ai l'impression que le but qui s'affiche en premier lieu, c'est le fait de faire du like, de faire de la visibilité, le fait d'enchaîner des courses et puis de pouvoir peut-être valider une to-do list. Et puis en même temps, c'est quelque chose qui ne m'a jamais trop animée. Et ces derniers temps, je me suis un peu posé les questions, mais finalement, qu'est-ce qui m'a amenée à faire tout ça ? Et en entendant le podcast, je me suis dit, mais oui, en fait, c'est vrai. On m'avait dit que je ne pouvais pas le faire, et c'est aussi pour ça que je le fais. Donc, oui, c'est joli de se réentendre quelques années après. Et finalement, ce n'est pas si loin, mais mon Dieu, ce qui s'en est passé, des choses.

Loïc C'est clair, c'est clair. On va peut-être commencer par ce qui, en tout cas, moi, de l'extérieur, j'ai l'impression, est le projet qui a pris le plus d'ampleur, c'est ta chaîne YouTube. Aujourd'hui, tu considères du coup que... Quoi ? Que tu es devenue une youtubeuse qui fait de l'ultracyclisme ou une ultracycliste qui partage tout ça sur YouTube ?

Marjorie Alors, ni l'un, ni l'autre. Je dirais que je suis juste une passionnée qui aime partager, et puis que j'aime partager les choses dans l'authenticité. Et c'est des fois les choses que je ne retrouve pas forcément sur les réseaux sociaux. Et voilà, moi, je fais ça sans aucune prétention. En tout cas, j'essaie de ne pas le faire avec prétention. Et puis, mon objectif, c'est surtout de partager les choses pour que d'autres personnes puissent trouver comme moi une voie qui les anime. Donc, il n'y a ni une volonté d'être youtubeuse, ni une volonté d'être ultracycliste, parce qu'en fait, je ne suis pas tellement aventurière malgré tout. Mais c'est plutôt une volonté de trouver des choses qui me font me sentir vivante, et puis d'amener les autres à trouver une manière de se sentir vivante aussi. Et puis, YouTube, c'est venu... C'est peut-être plus YouTube qu'un Instagram. En fait, YouTube, c'était venu parce qu'il y avait tellement de monde à un moment qui me posait des questions sur Instagram que ça me prenait trop de temps. À côté de mes activités professionnelles et étudiantes, je ne pouvais plus me permettre de passer autant de temps à répondre de manière détaillée à toutes les personnes qui pouvaient me poser des questions. Par exemple, comment se lancer à vélo ? Comment faire quand on est une femme et qu'on ne trouve pas le bon matériel ? Quelle s'elle choisir ? Des questions finalement très pragmatiques. Et puis, j'avais à cœur de pouvoir guider toutes ces personnes-là parce que si je montre tout ce que je fais, c'est justement pour que ces personnes, elles osent se lancer. Et puis du coup, on a décidé un jour... C'était ma première épreuve d'Ultra, sauf erreur, ou alors ma deuxième, la Race Across France 1000, où la veille du départ, j'ai dit à mon mari, « Ok, là, on va filmer tout mon matériel parce que j'ai mis tellement de soins à choisir mon matériel et que tout ce temps passé à trouver le meilleur matériel, selon moi, pour ma pratique, que ça puisse servir à d'autres. » Puis du coup, on a très rapidement... Enfin, on a fait une vidéo à minuit, là, parce qu'on a dû la faire en deux fois, parce qu'elle avait le premier tournage à capoter. Et puis, on a fini par faire une vidéo très rapide où je présentais simplement mon matériel. Et puis, en fait, il y avait une demande vraiment importante. Donc, c'est très vite monté. Et puis, on s'est fait un peu dépasser, je crois. Même si on n'a pas tant de visibilité que ça. Mais malgré tout, en tout cas, il y a eu du besoin à ce niveau-là.

Loïc Excellent. Bravo, du coup, au passage à François, pour la qualité des vidéos, parce que tu travailles avec ton mari pour ça. Et c'est vrai que c'est super agréable quand tu cherches des types sur du matos, des retours de gens qui ont utilisé, je ne sais pas, une selle à Pidura pour ne pas les nommer ou autres. Et de tomber sur des vidéos hyper qualies, c'est quand même chouette. Alors, ce n'est pas lui qui filme tout le temps, parce qu'assez régulièrement, tu aimes bien aussi faire du facecam.

Marjorie Du vlog. Yes.

Loïc Pendant tes sorties vélo, ce qui est aussi très chouette, parce que, en tout cas, en tant qu'abonné de ta chaîne, parce que moi, on a les retours précis, détaillés, sur le terrain, de tout ce que tu as pu tester. Je sais que moi, tu m'as vachement inspiré avec ta vidéo, la série de... Je ne sais plus s'il y en avait plusieurs ou pas. Vous êtes partie sur le...

Marjorie Dans les causes. Avec les chiens.

Loïc Exactement. Comment tu as deviné ? Je t'en avais parlé ?

Marjorie Non. Mais je sais que tu aimes le gravel. Yes. Et une série, il y a quand même un petit bout de temps, qui a fait beaucoup de retours positifs, c'était justement cette série avec le chien. Donc, en fait, on tire notre chien dans une charrette. Enfin, je tire le chien dans une charrette.

Loïc Oui. Elle était vraiment géniale. Et moi, c'est... Pour te dire, je suis allé regarder, j'ai même téléchargé. Alors, je ne sais pas si c'est exactement la trace que vous aviez fait, mais j'étais tombé sur des traces de l'office de tourisme, de Mio, je crois, gravel dans ce coin-là. Bref, je suis allé rouler. Bon, finalement, je n'ai pas fait le trip que vous avez fait, mais c'est quand j'ai vu ta vidéo que je me suis dit, mais en fait, c'est accessible, c'est possible de faire des trucs comme ça en France. Oui. Donc, voilà. Tout ça pour dire, bravo à François et bravo à toi, parce que c'est vrai que la qualité des vidéos, plus quand même le fait que vous creusez un peu les sujets dont vous parlez, c'est une vraie incitation à se bouger et aller s'essayer au vélo.

Marjorie Oui, je te remercie. Et puis, c'est vrai que je pense que c'est une parenthèse qui n'en est pas tant d'une. Vraiment, parler de François aussi, parce qu'en fait, toute cette histoire, tout ce dont on va parler, que ce soit les vidéos, tu parles des vidéos, lui, il filme, mais il monte aussi les vidéos. Donc, même quand je suis face cam, quand on fait un vlog, c'est lui qui fait tous les montages derrière, mais aussi toutes les photos, enfin, les belles photos, parce que j'ai aussi des photos que je fais moi-même qui sont moins belles, mais toutes les belles photos aussi qui vont être sur mon compte, ça va venir de lui. Et puis ensuite, toutes les épreuves auxquelles je participe, ça va être aussi grâce au soutien de François. Donc, en fait, c'est vraiment, souvent, ce qu'on a tendance à dire, c'est qu'il y a Marjorie et puis il y a Mackie Cycling, mais Mackie Cycling, en fait, c'est un duo, c'est un tout, puis c'est pas seulement un duo, c'est aussi, il y a un chien, il y a toute une aventure derrière, maintenant, on est en van, et puis c'est vrai que, ben, je partirais jamais traverser la Grande-Bretagne à vélo sur une course si j'avais pas ce setup-là, parce que comme je le disais avant, je suis pas tellement une aventurière, en fait, j'aime juste dépasser mes limites.

Loïc C'est rigolo de t'entendre dire, toi, que t'es pas tellement une aventurière.

Marjorie Quand on entend les personnes que tu invites sur ton podcast, je pense qu'on s'entendra rapidement pour dire que je suis pas une aventurière.

Loïc Mais pour en revenir sur le setup, comment est-ce que tout ça, c'est parce que tu disais que la chaîne YouTube, en particulier, a vraiment pris beaucoup, beaucoup d'ampleur, il y a des choses que vous avez dû ajuster avec François sur la manière dont vous travaillez ? Parce que, moi, j'ai jamais eu l'occasion de travailler avec ma femme, mais j'imagine qu'il doit y avoir aussi ces petits challenges, que ça va être super sur certains aspects, mais peut-être aussi un peu challengeant quand les choses s'accélèrent vraiment.

Marjorie Ouais. Oui, alors, bon, après, avec François, on a la chance de très bien s'entendre. Alors, c'est pas venu tout de suite. On a dû travailler dans notre relation pour bien s'entendre et puis pour bien se comprendre. Puis maintenant, on a gagné aussi cette capacité-là à bien pouvoir communiquer et métacommuniquer. Et du coup, on a évolué dans notre couple. Et puis, depuis qu'on a commencé aussi à faire nos vidéos, on a évolué. au début, on faisait beaucoup des vidéos, alors plutôt face cam, où on prenait une thématique et puis moi, j'étais assise sur une chaise et puis j'expliquais tout. Et puis, alors, c'était une grande, grande préparation parce qu'il fallait que j'épluche les sujets et puis que lui aussi, quand après, il travaillait la vidéo, il fallait qu'il comprenne bien quelle était ma structure dans la vidéo, qu'est-ce que je voulais faire ressortir pour pas qu'il coupe les parties qui, pour moi, étaient importantes. Parce que François fait du vélo, mais n'a pas la même pratique que moi, ne porte pas la même importance aux éléments que moi, j'ai envie de transmettre parce que c'est pas non plus une femme, c'est pas une personne qui va se lancer dans l'ultra, donc il perçoit pas exactement les mêmes choses. Puis en fait, ça, ça nous prenait énormément de temps. Souvent, c'était des choses qu'on faisait le soir et puis si à 20h, parce qu'on attendait qu'il fasse nuit pour avoir des bonnes conditions pour faire les vidéos et puis si à 20h, 21h, on était pas prêts, moi, j'avais pas fini, mes petites feuilles de récapitulatif. En fait, c'était une vidéo qui tombait à l'eau puis après, on se faisait vite embarquer en se disant « Ah non, on n'a pas publié depuis plusieurs semaines, moi, il faut absolument qu'on en publie et puis c'est aussi de là où on s'est dit « Ben finalement, on va faire plus de vlogs parce que les vlogs, ils ont marché et puis le vlog, en fait, moi, quand je suis dans ma pratique, je sais ce que j'ai envie de dire et puis moi, je parle plus de mon ressenti, de mon expérience puis finalement, c'est ça que j'ai envie de transmettre davantage que des produits, des tests de produits. Alors, tester un produit, oui, mais je vais dire ce que moi, j'y gagne plutôt que d'en faire de la promotion puis ça, c'est aussi une chose qu'on a finalement modifiée aussi un petit peu dans nos pratiques, c'est qu'au début, on avait peut-être plutôt une volonté de nous faire connaître, peut-être d'avoir des partenaires et puis pouvoir tester différents outils et puis finalement, on s'est rendu compte que ce n'était pas ça qui nous plaisait. Ce qui nous plaisait, c'était vraiment de pouvoir avoir une certaine liberté dans les produits qu'on allait employer et puis de partager l'expérience. Donc, on a évolué et puis pour aussi qu'on survive à tout ça sans que finalement notre couple ce soit les vidéos seulement, ça c'est juste un petit point à part et puis après, on a les compétitions auxquelles je vais participer, c'est un choix commun, c'est-à-dire que François voulait visiter l'Ecosse alors on est parti en Ecosse cet été moi j'aimerais pouvoir partir du côté de l'Albanie, Monténégro donc je pense qu'un de nos prochains voyages ce sera dans ce coin-là et puis du coup, les endroits où je vais, c'est aussi les endroits qu'il veut visiter et puis par extension, au début, alors il ne m'a pas suivi sur toutes les courses mais souvent, il n'est quand même pas très loin quand je fais une course et puis au début, il dormait dans le coffre de la voiture donc on a aussi adapté le setup pour qu'il puisse être plus confortable donc depuis quelques années, enfin non, depuis une année et demie maintenant, on est en van, comme ça moi je fais mon épreuve et lui de son côté il fait ses vraies vacances et on se retrouve à l'arrivée.

Loïc C'est un Californien ? Oui. Le van ? Ah, excellent.

Marjorie Oui, on a beaucoup de chance.

Loïc J'adore. Fabuleux. On en arrive du coup au sport, là ça fait plusieurs fois que tu mentionnes des épreuves auxquelles tu as participé et le fait que François t'accompagne sur la plupart. Oui. Depuis 2022, donc à ce moment-là, tu avais déjà fait la RAF 1000, c'est ça ? Oui, je pense que

Marjorie je venais de la faire, oui.

Loïc Oui, puisque j'avais écouté un épisode de podcast Capsule, il me semble, où tu avais été interviewé, si j'ai bonne voix.

Marjorie Oui, c'est vrai, avec Arnaud.

Loïc Exactement. Depuis, il y en a eu énormément d'autres. On ne va pas toutes les faire parce que sinon, on pourrait faire une mini-série de 30 épisodes tellement tu en as fait, mais est-ce qu'il y en a en particulier qui t'ont marqué ? Oui. Et je ne parle pas forcément du résultat de la performance, mais plus de l'exception, l'expérience que tu as vécue, qu'elle soit super positive ou au contraire, qu'il y ait des challenges qui t'ont fait progresser ?

Marjorie Moi, une épreuve qui a vraiment été très marquante parce qu'elle a été très positive, elle m'a permis de me transmettre énormément d'émotions. C'était la Desertus Baikus en 2023, que je me souvienne bien. Oui, 2023. Non, j'ai des doutes, là. Oui, 2023. Excuse-moi. Donc, oui, ça, ça a été une expérience... Mais j'ai quand même un doute. Attends. On s'est parlé en 2022.

Loïc On s'est parlé fin 2021. Ah, fin 2020. L'épisode est sorti tout début 2022.

Marjorie OK, non. Alors, j'ai fait la Desertus Baikus 2022. Il me semblait bien qu'il me manquait une année dans ce calendrier. Et ça, ça a été une superbe expérience parce qu'en fait, alors la Desertus Baikus, c'est une épreuve d'ultra où on a quelques checkpoints. On a le départ qui se trouvait à Anglet, donc vers Biarritz. Et puis, le point d'arrivée qui se trouvait non loin de Malaga, donc au sud de l'Espagne. Et avec quatre, je crois, quatre points auxquels il fallait passer. Et là, c'était à chaque fois des milieux de zones désertiques en Espagne. Puis alors là, ça a été la grande aventure, déjà dessiner sa propre route. C'était la première fois que je participais à une épreuve d'ultra où il faut dessiner sa propre route. Donc parfois, elle est dessinée pour nous. Et puis, on peut mettre simplement le cerveau sur off. On sait qu'on va croiser plein de monde. Et puis, on sait qu'on n'a pas besoin de jouer sur cet aspect stratégique. Et puis, les courses où on a un point de départ, un point d'arrivée, souvent des points intermédiaires. Et puis là, alors, c'est les stratégies de savoir est-ce qu'on va plutôt prendre les zones montagneuses, est-ce qu'on va plutôt prendre les routes un peu droites, mais peut-être plus fréquentées. Et puis, là, ça veut dire qu'en fonction de la route qu'on choisit, vu qu'il existe des multitudes de possibilités, on se retrouve vraiment isolés sur la route. Et puis, alors ça, c'était une épreuve incroyable. J'ai quitté l'océan pour arriver du côté de la mer Méditerranée. Ça a été... En fait, ma tête n'arrivait pas à se résoudre sur le fait que j'ai pu traverser en fait l'Espagne du nord au sud et rejoindre l'océan à la mer Méditerranée. c'était... Enfin, souvent, moi, j'ai un peu des choses comme ça dans ma tête qui me résonnent fortement, à même titre que quand je vais faire un tour à vélo, j'aime beaucoup aller regarder sur Strava. Alors, je m'en fiche complètement de la performance parce que je ne suis pas quelqu'un de si performante que ça. Mais par contre, j'adore voir le tour que j'ai fait et me dire, mon Dieu, il y a tous ces villages que j'ai traversés et de voir en fait l'ampleur du chemin parcouru et puis là, de me dire que j'avais traversé un pays que j'ai rejoint l'océan à la mer, ça m'avait créé beaucoup d'émotions et en plus de ça, de découvrir des zones désertiques dans un pays non loin de chez moi. Donc, moi, j'habite en Suisse alors que pour moi, les zones désertiques, il fallait changer de continent. ouais, c'était vraiment une très, très, très belle expérience avec que des gens fantastiques, un organisateur vraiment génial et puis, d'ailleurs, on a fait quatre vlogs dessus des très jolies vidéos selon moi mais peut-être que mon discours est orienté évidemment mais ouais, ça, c'était une très, très belle expérience. J'ai pu vraiment, alors comme je disais, je ne considère pas que je suis vraiment une aventurière parce que je suis frileuse dans l'aventure, c'est-à-dire que moi, je suis infirmière de profession initiale, je suis spécialisée en soins palliatifs, j'ai vu beaucoup, beaucoup de personnes mourir, c'est d'ailleurs une des choses qui m'avait lancée dans le sport, je ne sais pas si on en avait parlé mais voilà, c'est une des choses qui m'avait lancée dans le sport de me dire il faut vivre sa vie quand on a l'opportunité de la vivre et puis du coup, je sais que la vie peut lâcher très vite, que parfois, ça tient à un fil et du coup, moi, je ne vais pas avoir tendance à me mettre en danger. Je vais très rapidement me dire où m'est-là, hypothermie, où m'est-là, enfin voilà, j'ai tendance à avoir un peu le danger partout donc c'est ce qui fait que je ne peux pas me permettre d'être vraiment une aventurière et puis c'est vrai que c'est ce qui m'a un peu portée défaut sur mes épreuves cette année. Je pense qu'on en parlera peut-être plus tard mais voilà, ça c'était vraiment pour moi la plus belle épreuve que j'ai pu faire en découvrant aussi des très belles personnes et puis, ouais, en vivant des émotions extraordinaires.

Loïc Ça donne envie. Ça donne envie de regarder ce dont il s'agit exactement, la Désertus Baikus. Par curiosité, toi, tu avais fait quelque chose, tu me dis si je dis des bêtises mais moi, ce que j'ai retenu de tous les gens qui ont participé, c'est qu'en gros, pour faire très simple, tu as deux grands choix, soit tu restes vraiment que sur la route, soit tu peux essayer de faire un peu plus court mais en tout cas en kilomètre mais c'est sur des chemins plutôt type gravel. C'est ça en gros ?

Marjorie c'est ça en gros. Moi, je prends toujours le mauvais choix. Donc, ouais, la première année où je l'ai fait, je pensais vraiment pouvoir être plus rapide en passant par différents endroits et puis quand je comparais sur la carte, effectivement, je n'avais pas forcément pris les meilleurs choix. Maintenant, moi, ce que j'ai tendance à faire, que ce soit du gravel ou de la route, ce n'est pas forcément ça qui m'importe mais je vais prendre des routes qui sont peu fréquentées. ça, ça a toujours été les choses que je recherchais et en 2023, j'ai eu la même aventure de me faire shooter par une voiture sur une épreuve et puis du coup, j'ai reparticipé à la Desertus Baikus cette année en 2024 et puis là, j'ai visé tout, les plus longs chemins gravel pour essayer d'éviter les routes et puis pour cette fois prendre du plaisir dans le gravel avec vraiment pas la volonté d'aller vite parce qu'effectivement, quand on décide de faire là sur un bout, je crois que j'avais fait 50 km de gravel alors que les autres, ils avaient réduit à 5, c'est vrai que je n'ai pas gagné du temps mais par contre, je me suis vraiment retrouvée dans des endroits fabuleux en fait parce que des endroits où il n'y avait personne, où il n'y a personne qui a décidé d'aller là-bas, parfois des endroits où j'ai dû porter mon vélo et puis en même temps, je l'ai vécu à fond du coup.

Loïc Excellent.

Marjorie Ouais.

Loïc Excellent. Alors, tu viens de le mentionner, 2023, tu as eu une mauvaise expérience sur la route. Est-ce que tu peux nous en parler un peu plus ?

Marjorie Ouais, donc en 2023, pour moi, c'était une année charnière parce que j'ai commencé l'Ultra en 2020, je crois, avec une épreuve de 300 km. Après, j'ai fait en 2021 une épreuve de 1000. Puis moi, je suis quelqu'un de très fragile donc tu l'as dit aussi en trame de fond ou je ne suis pas sûre que tu l'as dit, on l'a peut-être dit en discussion avant. Un médecin m'avait dit en 2020, non en 2018, excusez-moi, qu'en fait, je n'étais pas faite pour le sport et que je me blessais tellement qu'il fallait que j'arrête la pratique sportive telle que j'aimais la faire. Donc triathlon, cyclisme de longue distance, même si je n'étais pas encore là-dedans, mais j'aimais bien enchaîner les kilomètres. Et puis du coup, je ne l'ai pas écouté, ça m'a bien réussi, donc j'ai pu faire toutes les épreuves que je voulais par la suite, mais en ayant vraiment une attention particulière au repos, au stretching et tout ça. Et puis plus tard, dans mon parcours sportif, j'ai compris que j'avais un syndrome qui s'appelle le syndrome d'Eller-Danlos, c'est une problématique d'hypermobilité. Donc en fait, je me blesse très très vite. C'est pour ça qu'au moment où le médecin avait dit « Oh non, tu n'es pas fait pour faire le sport », en fait, personne ne comprenait ce que j'avais parce que je me fracturais les jambes de fatigue très rapidement. J'avais des inflammations partout, donc j'étais très régulièrement avec des cannes à devoir annuler toutes mes épreuves. Ça avait été un parcours très difficile pour moi. Et puis, depuis 2018, je ne me suis plus vraiment blessée. et en commençant le cyclisme de longue distance en 2020, je m'étais dit « Je vais augmenter progressivement et puis si je veux pouvoir faire une épreuve plus longue, à ce moment-là, je voulais faire la REC Cross France 2600 kilomètres. » Je savais qu'il fallait que je mise sur la durée et que j'enchaîne plusieurs années d'épreuves pour enfin pouvoir arriver à cette distance-là. ma problématique, je pense, ça n'allait pas être trop le cut-off parce que finalement, le temps disponible pour faire cette course, il n'était pas très long. Maintenant, je ne me rappelle plus exactement, ça doit être 8 ou 9 jours pour 2600 kilomètres. Mais après, j'ai quand même un bon fond sportif grâce à la natation synchronisée, mais c'était plutôt le risque de blessure. Du coup, en 2023, j'avais enchaîné quelques années de cyclisme de longue distance. Je me sentais enfin prête pour faire cette épreuve au mois de juin. Je crois que le départ devait être le 20 ou 22 juin et j'ai enchaîné des épreuves sur le début d'année pour pouvoir être fin prête. Et puis là, c'était au mois d'avril. Maintenant, j'ai un blanc sur la date. Et puis, je faisais la Race Across Paris et je ne sais pas. Moi, je suis assez intuitive, c'est-à-dire que quand je me lance sur une course, je me visualise à l'arrivée et puis parfois, je n'arrive pas à me visualiser à l'arrivée et il se trouve que quand je ne me visualise pas à l'arrivée, c'est que j'y arrive jamais. Et dans ces cas-là, dans cette épreuve-là, je ne me visualisais pas. En toute l'épreuve, j'essayais de discuter avec moi-même en me disant « mais tu ne te visualises pas, mais peut-être que c'est juste que tu te fais trop de soucis, tout va bien se passer. » C'était une épreuve aussi où mon mari ne m'avait pas accompagnée, donc j'étais seule à Paris, avec un ami. Et je me disais « bon, tu ne te visualises pas simplement à cause de ça. » Et puis, à 4 km de l'arrivée, je me dis « bon, là, c'est bon, tu peux commencer à te visualiser parce qu'en fait, tu es tellement proche que plus rien ne peut t'arrêter. » En l'occurrence, 3 km avant l'arrivée, j'étais sur une route principale qui était traversée par une route secondaire. Et puis là, j'ai deux voitures qui m'arrivaient par la droite et je me suis dit « bon, là, c'est sûr, ils ne vont pas te laisser passer. » Donc, je me suis relevée et puis effectivement, la première voiture m'a coupé la route et puis la deuxième voiture s'est arrêtée. Donc, je l'ai remerciée. Il m'a semblé le voir me faire un signe de tête et quand je me suis avancée devant son pare-choc, il a démarré sur moi. Donc, en fait, j'ai été projetée de l'autre côté de la route et puis là, ça a été le début d'une nouvelle aventure. Physiquement, j'ai eu beaucoup de chance parce que, comme je le disais tout à l'heure, avec la problématique que j'ai d'hypermobilité, en fait, je ne me casse rien. C'est-à-dire que j'ai été vraiment sauvegardée de fractures en particulier grâce à ce syndrome-là. Par contre, j'ai eu des lésions profondes au niveau des genoux où là, en ce moment, j'ai encore des douleurs dans le genou droit. j'ai eu des problématiques au niveau vertébral avec une vertèbre abîmée depuis qui ne me permet pas de rester assise très longtemps. Et puis, plus problématique que ça, j'ai fait une grosse dissociation psychique. Donc, je suis sortie de mon corps, je me suis vue mourir. Puis ça, ça m'a... Ah ouais ? Ouais. Donc, voilà, ça m'a... ça m'a... ça m'a pris beaucoup de temps pour m'en remettre. C'est vraiment une épreuve en soi, en fait, de se remettre de ce genre de problématiques. En tout cas, pour moi, ça a été le cas. Ça m'a pris plusieurs mois pour que mon... que mon cerveau se remette à fonctionner. Ouais. Donc, voilà, ça me fait me prendre des choix tout différents maintenant sur la suite de mes épreuves sportives. Et bien évidemment, j'ai dû annuler la participation à la Race Across France cette année-là. Et si je dis que c'était une année charnière, c'est-à-dire que ça faisait quatre ans, enfin trois ans que j'avais plein de projets en tête. C'était... Et puis l'année 2023 devait tout... Enfin, ça devait être la consécration de tout. Ça devait être justement la... la... faire cette épreuve qui m'appelait depuis tant d'années et puis pour fêter en fait la fin de ma reconversion professionnelle que je devais finir cette année-là. Donc, voilà. OK.

Loïc Et pour terminer sur le... du coup, l'accident, la... T'as compris ce qui fait que cette personne a redémarré au moment où tu passais devant sa voiture alors qu'a priori, il t'avait vue ?

Marjorie Non. Non, je peux faire que des suppositions. Quand je suis de... Quand je suis dans une bonne journée, la supposition, c'est que... Bah, ce monsieur était sur son téléphone ou je ne sais pas ce qu'il était en train de faire mais il était simplement pas attentif et que probablement il s'est arrêté par... Par... Ouais, par habitude. Ça devait être une route qu'il empruntait régulièrement et puis du coup, il a même... Enfin, je pense qu'il a pas... Ouais, il s'attendait pas à avoir une cycliste à 8h du matin sous la pluie qui passerait devant ses roues. Donc ça, c'est la partie optimiste. Et puis après, il y a beaucoup de personnes qui m'ont dit qu'en fait, à Paris, il y a de plus en plus de malveillance auprès des cyclistes. Il y a de plus en plus aussi de... Bah, d'atteinte volontaire à la sécurité des cyclistes et puis, bah, quand je suis d'un peu moins bonne humeur, bah, je me dis, bah, peut-être qu'il a vraiment essayé de me tuer. Donc, je sais pas.

Loïc Mais ça,

Marjorie je crois qu'on pourra jamais le savoir, vraiment.

Loïc Ouais, ça, c'est pas évident, ouais. Mais donc, ouais, toi,

Marjorie t'as vécu un gros accident, hein.

Loïc Ouais, pareil, je me suis toujours parce que c'était comme toi, une route, enfin, une route déserte, un rond-point. Là, pour le coup, il pleuvait pas, tu vois, donc visibilité absolument parfaite, pas un seul nuage, soleil, soleil face à moi, donc sur le côté pour lui, enfin bon, bref, d'un point de vue purement objectif, il n'y a aucun élément qui peut être retenu pour dire qu'il ne m'a pas vu ou, et du coup, effectivement, tu poses la question, surtout que moi, en l'occurrence, il a essayé de se barrer, donc.

Marjorie Ouais.

Loïc mais bon, ouais, comme tu dis, il faut, il faut, bah c'est là, maintenant que c'est là, il faut composer avec, et ça, c'est propre challenge, mais bon.

Marjorie D'ailleurs, si je me souviens bien, cet accident, c'était lors de ta préparation Iron Man 2018, et c'est là où on aurait pu se croiser, à Zurich.

Loïc Exactement, ah, t'as une super mémoire, ouais, exactement, c'est tout à fait ça, d'ailleurs, ils le font plus à Zurich, il me semble, ils le font plus,

Marjorie c'est à Thunman,

Loïc il est à Interlaken, à Thun, ok, ok, ouais, exactement, c'est ça, c'était pour cette préparation-là, je faisais un bal Zurich à vélo, qui pour moi, était une grosse sortie à l'époque, c'était 90 km, et ouais, tout à fait, c'était pour préparer ça.

Marjorie Ouais.

Loïc Ok, donc accident, et donc là, on était en avril, tu disais 2023. Ouais,

Marjorie c'est ça.

Loïc Ok, ça a été quoi ton, ton cheminement, pour finalement retrouver du plaisir à vélo, et reprendre ta pratique ? Et je te demande, parce que moi justement, enfin, c'est une question vraiment intéressée, parce que moi, il m'a fallu, je continue à faire du vélo taf, mais j'en avais à peu près pour un quart d'heure aller-retour, tous les jours, sur des itinéraires, vraiment, où il n'y avait quasiment pas de trafic, mais reprendre du vélo, c'est-à-dire, moi, je me disais, j'étais convaincu, je me disais, non, non, mais là, on vivait en Suisse, maintenant, on est rentré en France, l'accident, il m'arrivait en Suisse, en France, c'est encore pire sur la route, je ne veux pas refaire de vélo en France. Il m'a fallu du coup, ouais, plus de 4 ans, 4 ans pour, tu vois, me réinstaller sur une selle et aller faire du vélo sur la route avec des voitures pour un trajet autre que vélo taffé. Donc, je serais curieux de savoir comment toi, tu as fait pour, j'ai l'impression, reprendre quand même assez vite et a priori retrouver du plaisir.

Marjorie Ouais, après, ce n'est pas fini.

Loïc Ouais, j'imagine.

Marjorie Et ouais, ça prend encore du temps et puis, déjà, ce que j'aimerais dire, c'est que, moi, une des grandes difficultés que j'ai vécues, c'est que les traumatismes, ils n'étaient pas visibles. C'est vrai qu'alors, j'avais un bout d'arcade un peu arraché, des plaies sur le visage et puis, comme il m'a ramassée par le côté, j'avais une main qui avait été écrasée contre la voiture, les deux genoux qui avaient de la peine à refonctionner, mais tout ça, c'était assez rapidement, ouais, comment dire, cicatrisé et puis, très rapidement, ça ne se voyait plus le traumatisme. Et puis, du coup, déjà, j'ai trouvé que c'était extrêmement difficile de devoir prendre le temps de se reconstruire alors qu'en fait, plus rien n'est visible et que tout le monde peut considérer le fait que, ben, voilà, c'est bon, il faut qu'on arrête de se plaindre et puis, il faut qu'on avance, surtout quand on a une certaine visibilité sur les réseaux sociaux. Mais ça, c'est qu'une part, parce qu'au travail non plus, ils ne comprennent pas pourquoi, une fois qu'on a la main qui n'est plus emplâtrée, qu'on a les cicatrices qui sont plus visibles, ben, pourquoi est-ce qu'on ne peut plus travailler comme avant ? C'est vrai que moi, j'ai quand même mis plusieurs mois pour être capable d'utiliser à nouveau mes capacités cognitives et puis, pour un ordre d'idée aussi, moi qui étais en train de faire une recherche pour finir ma reconversion professionnelle, j'ai mis neuf mois avant de pouvoir à nouveau ouvrir un livre. Donc, même lire une étude, c'était impossible avant ça. Donc, voilà, avant d'entrer dans un peu mon parcours, je voulais vraiment revenir là-dessus parce que c'est vrai que sur les réseaux et tout ça, on entend beaucoup qu'il faut remonter très vite sur le vélo et puis, on voit tellement de choses qu'on se dit en fait, ce n'est pas normal de ne pas être bien, il faudrait être bien tout de suite et puis, revivre sa vie comme c'était le cas avant. Donc déjà, pour moi, ça n'a pas du tout été le cas. Ça ne l'est pas encore aujourd'hui, plus d'une année après l'accident. Par contre, j'ai eu beaucoup de chance parce que j'ai été très vite et très bien accompagnée. je suis allée voir mon médecin du sport en Suisse qui m'a très vite demandé d'aller voir une psychologue qui serait en fait prise en charge par l'association d'aide aux victimes. Donc, quand on est victime d'un accident de voiture ou tout autre, enfin, qu'on est une victime de la vie, ça peut être dans d'autres cadres, on a le droit d'avoir un accompagnement particulier qui est pris en charge par l'État. Donc là, dans les deux semaines, je pense, post-accident, j'ai pu être suivie par une psychologue qui m'a aidée. En fait, je me rappelle avoir écouté un de tes épisodes et je crois que toi, tu as fait la formation aussi de l'accompagnement d'urgence pour pouvoir se remobiliser rapidement et puis passer au-delà d'un traumatisme.

Loïc C'est ça, oui. En gros, l'équivalent, je ne sais pas s'il y a un terme équivalent en Suisse, en France, tu sais, on a le PSC1, premier secours civil, je crois. Donc, c'est vraiment les gestes physiques, physiologiques que je suppose tu connais très bien en tant qu'infirmière, mais typiquement, le massage cardiaque ou ce type de choses et la formation que j'ai faite, c'est suite à un épisode avec une femme qui est spécialisée là-dedans, c'est l'équivalent mais psychique. Psychique, oui. Donc, c'est quoi faire ? Alors, c'est très rapidement après un incident, la fenêtre de tir, c'est idéalement moins de 6 heures, maximum 12 heures, mais que faire en fait pour déchoquer quelqu'un ? Typiquement, d'un accident, alors un accident de la route, mais ça peut être aussi un accident domestique. En fait, c'est tout type de situation où tu es confronté à une sensation de mort immédiate, que ce soit la tienne ou celle de quelqu'un qui est autour de toi. Donc, c'était absolument passionnant et je suis bien content d'avoir fait maintenant et bravo à toi d'avoir fait cette démarche parce que souvent, comme tu dis, en fait, on s'occupe des bobos physiques, ceux qu'on voit et on ne s'occupe pas des bobos psychiques qui sont pourtant un peu plus compliqués à guérir.

Marjorie Oui, exactement. et puis, du coup, j'ai pu être prise en charge par une psychologue donc je ne sais pas si c'est exactement le même protocole que justement tu as pu présenter dans l'épisode avec cette personne qui était formée là-dedans mais très rapidement, en fait, on a considéré le choc donc on a, voilà, c'est un certain protocole où il faut travailler sur les émotions, sur le vécu où on essaie de décortiquer en fait chaque élément pour pouvoir les prendre un peu de manière parallèle les unes aux autres et puis faire en sorte que tout ne soit plus complètement imbriqué donc on a travaillé sur ça et puis à côté de ça que ce soit la psychologue ou le médecin du sport me disait il faut absolument que je retourne le plus vite possible sur un vélo. Donc bon, au début ça a été un peu compliqué parce que j'avais vraiment de la peine à me mobiliser à pouvoir plier mes genoux donc j'ai commencé à me mettre sur mon home trainer après quelques semaines et puis je dirais peut-être un mois et demi après je suis montée sur un vélo et puis là je me suis entourée de mes amis en particulier une amie qui m'est très chère Marine qui est venue me chercher finalement chez moi alors qu'elle n'habite pas du tout à côté donc elle est venue me chercher chez moi pour m'accompagner faire du vélo et là ça m'a beaucoup touchée parce qu'en Suisse j'oeuvre beaucoup pour la féminisation du cyclisme et puis j'organise j'organise depuis quelques années maintenant très régulièrement des sorties à vélo mixtes mais aussi pour les femmes puis là en fait j'avais un peu un retour de tous ces agissements parce que c'est une personne qui venait que j'avais accompagnée à vélo qui elle était venue me voir pour m'accompagner sur ma reprise du vélo donc c'est là aussi où je me dis parfois les réseaux sociaux ont vraiment du bon et nous permettent de faire des belles rencontres donc là aussi j'ai eu des des manifestations de soutien qui m'ont permis aussi de me relancer et puis j'ai un peu réenvisagé ma pratique du vélo donc moi je le pratique plus tellement comme avant c'est à dire que je fais beaucoup moins de vélo de route je suis beaucoup plus à faire du vélo de gravel ou du VTT j'ai quand j'organise des sorties à vélo quand je vais faire du vélo je vais tracer des chemins qui passent presque pas sur des grandes routes donc des fois on rigole enfin mes amis rigolent un petit peu parce que c'est un petit peu l'aventure quand on part à vélo avec moi parfois on va se retrouver sur des routes qui sont pas toujours très bien lavées et puis ouais il y a toujours un petit peu cette blague quand on vient faire du vélo avec moi parce qu'on sait jamais si on doit mettre des pneus gravel ou pas mais voilà ça c'est une manière aussi de vraiment un petit peu me retourner rapidement sur le vélo puis surtout aussi en considérant mon psychique et j'ai j'ai aussi pris beaucoup de temps à donner du sens à mon accident c'est vrai qu'il y a un moment où je pouvais que ressentir une grande colère envers cet automobiliste et puis j'ai appris aussi à ressentir d'autres choses peut-être ressentir de la compassion aussi à me dire mais finalement lui il a dû vivre aussi potentiellement quelque chose de terrible en shootant quelqu'un parce qu'en tout cas moi je suis je suis angoissée à l'idée que ça m'arrive un jour parce que je pense que ça peut nous arriver à toutes et tous malheureusement d'avoir un moment d'inattention à vélo en voiture ou en scooter ou j'en sais rien et puis après j'ai aussi réfléchi qu'est-ce que cet accident venait signifier dans mon parcours moi j'ai un parcours où je suis très engagée sur plein de choses il faut qu'il n'y ait aucun moment de libre dans ma journée dans ma vie parce que sinon je m'ennuie et puis alors ça c'est un de mes gros défauts c'est que j'aime pas du tout du tout m'ennuyer et là je pense qu'au mois de 2023 j'ai eu tellement de choses dans ma vie entre cette reconversion professionnelle cette étude où alors j'ai pas fait une petite étude j'ai décidé de faire un protocole à plusieurs cycles alors que c'est pas du tout ça qu'on demande pour un master donc je me complique souvent la tâche et puis là en fait c'était un peu un moment de ma vie où moi-même je me disais ok c'est un peu une situation où tu t'es embarqué dans beaucoup trop de choses et il faut faire des choix rapidement parce que sinon tu vas dans le mur et puis en fait c'est le mur qui est venu à moi d'une certaine manière parce qu'en plus de ça cette année-là j'organisais une course donc je m'étais engagée un peu sur trop d'objets donc en y mettant du sens et puis en réfléchissant aussi qu'est-ce qui m'a amenée à vivre cet événement malheureux et comment est-ce que je peux reconsidérer un peu mes choix pour retrouver un équilibre qui soit un peu plus sain je pense que ça m'a permis aussi de dépasser ou en tout cas d'être en train de dépasser cet événement que j'avais vécu

Loïc Merci pour ce partage en toute transparence Marjorie tu m'as fait penser quand tu parlais de ce qui était difficile c'est qu'une fois que tu avais ta main guérie et tes plaies refermées les gens ne comprenaient pas trop que tu sois encore en convalescence je vais t'envoyer le lien vers un livre qui s'appelle 53 minutes survivre et renaître je ne sais pas si tu connais ça te dit quelque chose

Marjorie alors ça me dit quelque chose mais je me demande si ce n'est pas toi qui me l'avais partagé mais je ne l'ai jamais lu

Loïc de Nicolas Duepp et en fait c'est super intéressant ça s'est lié très très vite c'est un pour faire très très court c'est un un entrepreneur parisien qui avait l'habitude de rouler en vallée de chevreuse donc tous les cyclistes parisiens connaissent bien la vallée de chevreuse et qui a fait un arrêt cardiaque sur une sortie il a eu une chance incroyable derrière lui il y a deux autres cyclistes qui l'ont vu un médecin et un gars du GIGN donc c'est un peu c'est une unité d'élite de la gendarmerie en France donc des gens habitués qui maîtrisent les gestes de premier secours ils l'ont gardé en vie en arrêt cardio-respiratoire pendant 53 minutes le titre du livre ce qui est un truc alors toi ça doit te parler plus qu'à moi en tant qu'infirmière moi je trouve ça hallucinant mais apparemment d'un point de vue médical c'est un truc c'est de l'inédit complet qu'on puisse se remettre d'un arrêt cardio-respiratoire de 53 minutes et donc il y a plein de séquelles le cerveau est irrigué uniquement par le massage cardiaque en fait mais pas complètement et donc forcément il y a des séquelles et lui il n'avait aucune séquelle physique et en tant que chef d'entreprise il a décidé il s'est dit au bout de je crois que c'était un mois c'est bon ma société est cotée en bourse je suis à la tête de tout ça il faut que je reprenne le travail et c'est là en fait où sa vraie convalescence a commencé parce que c'est là qu'il s'est rendu compte qu'il avait beaucoup de séquelles qui ne se voyaient pas des séquelles psychiques et c'est très intéressant parce que du coup ça lui fait réaliser plein de choses déjà il n'était pas conscient de ces séquelles là et typiquement c'était des problèmes de mémoire assez sérieux des problèmes d'élocution ce genre de choses mais dont lui-même n'était pas conscient en fait et ça l'a amené à globalement à complètement changer sa vie en réalité et à revoir ses priorités il expliquait qu'il était un peu ce que tu viens de dire en fait qu'il avait un agenda toujours toujours plein qu'il avait de nombreux engagements associatifs pour sa communauté qu'il avait il était investisseur dans plusieurs sociétés enfin bon bref un agenda très très très très rempli et que en fait ça l'a mis face à cette réalité que la vie peut s'arrêter à tout instant encore une fois ce que tu disais un peu plus tôt et aujourd'hui il vit une vie qui est très très très différente

Marjorie je me réjouis de dire ça

Loïc je te l'enverrai et il se lit très très vite et moi il m'a il m'a relativement marqué ce livre il soulève quand même pas mal de points intéressants donc mais c'est vrai que

Marjorie pour moi ça a été vraiment le plus difficile parce que comme tu disais moi j'avais ça aussi des gros problèmes d'élocution où moi je m'en rendais compte mais les gens en face se disaient juste que je cherchais mes mots mais en fait c'était il y a un moment où j'avais un grand vide je pouvais plus prononcer un mot et puis je crois que dans ma tête c'était aussi le vide de me dire mais j'étais en train de dire quoi des gros problèmes de concentration des problématiques de mémoire et puis moi j'appelle ça une surchauffe je faisais des je pouvais très vite faire des crises d'angoisse une fois ça m'a pris en préparant des pâtes donc on se demande comment est-ce qu'on peut encore travailler quand on n'arrive plus à se cuisiner des pâtes et et en fait bah voilà les gens n'arrêtaient pas de me comparer aussi avec d'autres j'avais une amie qui avait fait un accident où en fait je crois qu'elle a été distraite pendant qu'elle faisait du vélo et quand elle a regardé devant elle la voiture devant avait freiné brusquement donc elle s'est j'aimerais pas dire exactement ce qu'elle a eu parce que je me rappelle je n'aimerais pas dire de bêtises mais elle a eu une grosse opération du genou ou physiquement elle a eu une grande convalescence mais elle a repris le travail quelque chose comme la semaine suivante et les gens qui nous connaissaient les deux n'arrêtaient pas de comparer en disant mais attends elle elle a eu vraiment une grosse casse et elle est déjà au travail et puis toi t'as rien eu et puis tu te coules la vie douce quoi et ça ça a été difficile parce que du coup j'ai repris le travail en sachant que c'était trop tôt et puis bah j'ai pendant des mois donc depuis le mois de de juillet jusqu'au mois de décembre j'ai eu cette impression de courir après le train mais du coup on peut bah on peut pas montrer qu'on court après le train parce que ça veut dire que bah on avoue aussi qu'on devrait peut-être pas être là potentiellement on perd les potentialités de de promotion d'être sur les dossiers qui pour lesquels on travaille depuis des années mais voilà du coup ouais c'est une épreuve assez difficile et puis en même temps une épreuve très riche parce que je trouve que ça ça nous pousse à être bien plus ouvert et puis à mieux comprendre aussi le monde dans lequel on vit et puis à comprendre les handicaps invisibles parce que même si aujourd'hui je vis plus de situation de handicap je l'ai vécu et ça m'a permis de peut-être un petit peu mieux comprendre et puis encore je suis loin du compte parce qu'évidemment je suis j'ai la chance d'être en bonne santé et de pas vivre ça au quotidien mais ça nous remet un petit peu les pendules à l'heure en se disant mais en fait il y a il y a d'autres choses aussi qu'il faut qu'on considère dans notre vie dans le monde et qu'on a tendance à complètement oublier

Loïc ouais handicap invisible 80% de handicap donc là c'est pareil c'est le handicap on a tous l'image tu vois sur les parkings du petit bonhomme sur son fauteuil je crois que c'est moins de 5% des personnes en situation de handicap donc effectivement à garder à garder en tête t'évoquais du coup un peu plus tôt le fait que tu es dans une phase de questionnement comme on en a tous parfois j'imagine la tienne en ce moment elle s'est déclenchée comment et sur quoi est-ce que tu réfléchis exactement

Marjorie bah justement ma pratique déjà c'est vrai qu'en ce moment je me suis un peu demandé mais finalement c'était quoi mon objectif est-ce que c'était d'allonger toujours plus la distance parce que finalement je crois pas que ça me remplit je crois pas que c'est ça que je viens chercher pourtant c'est dans cette voie que je suis en train d'aller donc est-ce que ça a un sens ou pas c'est aussi pour ça que écouter le podcast qu'on avait tourné il y a quelques années bah ça m'a fait du bien de me rappeler en fait pourquoi est-ce que pourquoi est-ce que je faisais tout ce que je fais maintenant donc il y avait le fait de se sentir vivante le fait d'accompagner d'autres personnes aussi à ressentir ces émotions-là et puis du coup là ça me donne envie de me rapprocher de ce que j'ai eu fait précédemment peut-être d'être plus dans le partage et puis j'avais eu voilà organisé des week-ends d'initiation gravel pour les femmes ce genre de choses et je sais que ça m'avait beaucoup plu donc là je suis en train de me poser des questions par rapport à cette voie-là notamment puis après bah aussi beaucoup de questions sur les épreuves sportives est-ce qu'il faut vraiment que je continue déjà de faire des épreuves sportives enfin plus des courses ou est-ce que finalement c'est pas là où se trouve mon plaisir cette année ce qui m'a vraiment amenée à me poser toutes ces questions c'est que bah j'ai fait alors j'ai fait plein de petites courses donc quand je dis petites courses ça va du du 80 km en VTT au 350 km en gravel très engagé avec beaucoup de portage je sais pas si tu l'as vu celle-là mais bref on a fait quelques quelques vlogs cette année avec mon mari ça a été assez épique comme saison parce que j'ai eu envie de la remplir d'expérience je crois que j'ai vraiment eu envie de me prouver et de prouver au monde que cet accident de voiture ne m'avait pas changé alors qu'en fait bah si j'ai changé beaucoup avec cet accident de voiture et puis je crois qu'il faut il faut que je commence à l'accepter et en fait en dehors de toutes ces petites courses que j'ai faites qui sont bien passées mais malgré tout je ressentais plus le plaisir que j'avais pu ressentir précédemment bah j'ai eu deux grandes épreuves que j'ai pas finies la Desertus Baikus c'est ce printemps que j'ai arrêté au bout de deux ou trois jours deux jours j'avais fait la moitié des kilomètres donc quelque chose comme 750 km et puis j'ai cassé un rayon de ma roue puis en fait très vite bah déjà j'ai pris le départ en me disant je me vois pas à l'arrivée c'est bizarre puis là évidemment je me suis dit je me vois pas à l'arrivée ok bah c'est sur cette course que je vais mourir donc j'étais assez anxieuse pendant toute la route en me disant enfin chaque virage en me disant oulala c'est peut-être là que tu vas te faire shooter donc quand même avec un accident qui était quand même bien présent et quand j'ai cassé un rayon de ma roue je crois que c'était ma roue arrière bah en fait c'était minuit j'étais dans une j'étais en folie franchement j'étais en feu ça se passait super bien j'avais fait une petite sieste enfin déjà la première journée bah il faut que je reprenne depuis le début je repousse en deux je suis partie à minuit j'ai passé une nuit qui était vraiment très très bonne j'avais vraiment les jambes pas du tout de fatigue très très fière de moi je me suis sentie vraiment très bien entraînée donc j'étais très très contente avec un super matériel parce que j'ai vraiment pris le temps aussi à reconstruire mon matériel donc là j'avais enfin mon matériel qui était au top je fais une première nuit parfaite une journée où j'ai fait une grosse grosse grosse insolation donc j'ai fait 350 km sur la journée en vomissant en m'arrêtant tous les 5 km ça a été vraiment très difficile puis comme j'avais un hôtel qui était réservé j'avais pas le choix de continuer donc j'ai réussi à aller jusqu'à l'hôtel puis là je me suis dit non non c'est pas là que ça s'arrête ma course je vais essayer de mettre tout ce que je peux en place donc bon je suis infirmière donc je me suis réhydratée j'ai mis des réveils réguliers pour me réhydrater pour me resucrer pour manger du riz des choses comme ça et puis à 4h du matin je me réveille comme une fleur avant mon réveil et je me dis bon là je me sens en forme même si je suis fatiguée c'est 4h du matin donc il va faire frais donc j'y retourne et du coup voilà je refais toute ma journée ça se passe super bien je me sens super en forme super fière de moi parce que du coup j'ai réussi à dépasser une grosse grosse insolation à réussir à remanger le lendemain d'une insolation ce qui est pas toujours évident quand on fait des preuves comme ça et puis je fais une petite sieste avant de me lancer dans la nuit où de nouveau moi je suis pas une aventurière donc je suis pas non plus très très à l'aise de passer des nuits entières sans dormir je sais qu'en tant qu'infirmière quand je travaillais de nuit il y a des moments dans la nuit où j'ai tendance à m'endormir très facilement c'est à dire que même quand j'étais debout à préparer mes médicaments je pouvais m'endormir un peu et du coup je sais qu'il faut que je fasse bien attention de pas me mettre en danger et pas de mettre les autres en danger sur la route donc je fais une sieste en début de soirée pour être sûre que je puisse ensuite passer la nuit sans encombre et puis mon objectif c'était de passer la nuit refaire une sieste à 8h du matin et puis ensuite rouler l'entier de la journée puis vraiment voilà je me sentais super bien mais je me visualisais pas à l'arrivée bon et en fait à minuit minuit ouais une heure du matin pouf un drôle de bruit bizarre et là je réalise au bout de quelques kilomètres qu'en fait c'est un rayon qui a cassé de ma roue puis il faut savoir que moi j'avais eu un nouveau vélo sur l'hiver que j'avais cassé au bout de la troisième sortie parce que j'avais pris une branche dans la roue et puis là je me dis bah tiens est-ce que ma roue elle est pas trop fragilisée et puis du coup là j'ai quand même beaucoup de portions de gravel et je bref je me suis dit je suis au milieu de la pampa là qu'est-ce que je vais faire et tout ça mais bon je vais regarder si par hasard il n'y aurait pas un hôtel et puis bah il se trouve que j'étais au milieu de la pampa mais le seul hôtel ouvert 24h sur 24 de toute la région il était à 500 mètres de moins donc là moi j'ai remercié mes étoiles et puis je me suis dit ok c'est bon t'as testé t'as testé tu te vois pas à l'arrivée là t'as cassé ton vélo bah simplement c'est ça qui fait que tu te vois pas à l'arrivée c'est pas que tu vas mourir c'est juste que tu as cassé ton vélo et donc très rapidement alors j'ai quand même regardé est-ce qu'il y avait des magasins qui allaient pouvoir me dépanner puis le problème avec les rayons c'est que c'est pas universel donc il faut trouver le bon rayon pour réparer le vélo donc là je me suis dit bah moi ça m'embête de passer une nuit à l'hôtel que j'avais pas prévu parce que je suis pas fatiguée plus une journée où il va falloir que je fasse 30-40 kilomètres pour aller trouver un magasin déporter complètement de ma route pour que potentiellement ils avaient pas mon rayon ou s'ils ont mon rayon bah que ça va me prendre du temps pour réparer et puis là je me suis dit bon sur une course de 4 jours je vais perdre une journée et là ça m'embêtait clairement parce que j'avais aussi planifié de passer des vacances à la fin de mon épreuve donc j'ai assez vite bâché ma course bah c'est vrai que sur le moment tout me paraissait de l'évidence en fait je me suis dit tout s'est super bien passé j'ai réussi à dépasser une insolation j'ai réussi à me remobiliser j'ai réussi à faire ma sieste en début de nuit à passer une superbe nuit à vraiment bien rouler et puis là bah mon rayon qui casse pas de magasin proche et puis en plus de ça dans la nuit quand même avant de me coucher j'ai contacté tous les magasins des environs pour savoir s'ils avaient le bon rayon pour changer ma roue enfin pour réparer ma roue et puis personne n'avait le bon rayon donc voilà dans les faits je me suis dit j'ai pas de regrets j'arrête après quand je suis rentrée en Suisse on m'a dit que je pouvais complètement rouler avec une roue où il manquait un rayon donc pour réparer ah bon ? ouais alors on m'a dit que visiblement avec des bonnes roues là c'était une belle paire de roues et bah on peut rouler même avec deux rayons cassés mais moi j'étais franchement pas à l'aise je me disais j'avais des grosses portions gravelle derrière et puis surtout des zones désertiques à passer et puis je voulais pas me trouver dans une zone complètement désertique ou une route que je suis la seule à emprunter avec un vélo cassé et puis c'est vrai qu'il y a beaucoup de monde qui pensent que comme il y a François sur place bah c'est facile parce que je peux je peux me faire dépanner par lui ou autre mais là enfin non moi quand je suis dans ma course je suis tellement dans ma course qu'il n'y a aucun moment où je me suis dit oh puis au pire s'il m'arrive quelque chose François viendra me chercher moi j'étais vraiment en train de me dire je serais au milieu de la pampa va falloir que je marche avec mon vélo pendant 50 kilomètres pour réussir à aller à une gare ou j'en sais rien puis bref puis du coup j'ai arrêté ma course moi j'étais très fière de moi très contente d'avoir arrêté cette course parce que très contente de l'entier de l'épreuve je trouvais que j'avais pu faire plein de choses et puis en fait je me suis assez fait démolir sur les réseaux sociaux ah ouais ouais ouais je bah voilà des gens que je connaissais pas et qui continuent encore aujourd'hui visiblement de ce qu'on peut me dire sur des groupes privés ou des groupes Facebook privés à se foutre de moi en fait de dire que bah que ma key cycling en gros bah c'est pas une aventurière mais enfin j'ai jamais dit que j'étais une aventurière mais qui qui justement en fait se permettent de de porter un jugement sur le fait que j'ai arrêté une course alors que finalement j'avais qu'un rayon cassé sauf que moi j'ai pas arrêté une course parce que finalement j'avais qu'un rayon cassé j'ai arrêté une course parce que c'était ma première épreuve après un accident ça a été une vraie épreuve pendant une année entière pour me relever et puis qu'en fait j'avais eu exactement ce pourquoi enfin ce que j'étais venue chercher chercher la une reprise de confiance reprise chercher le fait de remonter sur le vélo le fait de passer une nuit entière dehors sur mon vélo sur des routes sur des routes bitumées avec du trafic puis en fait pour moi c'était que des victoires les unes derrière les autres et finalement cette visibilité sur les réseaux a pas mal entaché l'expérience donc ça ça a été un premier questionnement une première brèche en fait qui s'est ouverte cette année à la suite de cette course puis ça sans parler des autres brèches j'ai quand même reçu beaucoup de commentaires de personnes qui me disaient si tu nous partages pas du vélo vaut mieux que tu partages rien du tout donc ça c'est la beauté des réseaux après un accident de voiture on a peut-être besoin plutôt de soutien que de ce genre de partage et puis cet été je suis partie sur ma première course de plus de 2000 kilomètres c'était la Nomadian Rapso Bike c'est le même organisateur que la Desertus Bikeus donc si j'ai choisi ces deux courses c'est justement parce que c'est cet organisateur là que j'apprécie énormément et aussi parce que c'est deux pays où je sais que les cyclistes sont vraiment respectés c'est-à-dire qu'en Espagne il y a une loi alors je ne suis pas allée chercher mais c'est ce qu'on m'a dit et c'est ce que j'ai vécu les automobilistes doivent traverser la ligne centrale pour nous dépasser

Loïc ah ouais

Marjorie donc même si c'est une ligne blanche ou quoi que ce soit et même si c'est une ligne blanche ils sont capables de faire des kilomètres derrière nous au pas avec une file de voiture derrière il n'y a personne qui va klaxonner le temps qu'ils aient vraiment la visibilité pour nous dépasser et alors ça en Suisse je pense que c'est pareil pour tout en France c'est impossible on ne voit jamais ça et puis la Grande-Bretagne pareil très très très respectueux il y a vraiment des routes très sinueuses en Grande-Bretagne et en Écosse où parfois on ne voit pas ce qui se passe devant où souvent ils disent blind summit où ça fait des hauts et des bas où on ne voit pas ce qu'il y a derrière la petite bosse et du coup les voitures en fait ne nous mettent pas en danger et ne se mettent pas en danger donc ils ne nous dépassent pas ils ne dépassent que quand il y a une vraie visibilité donc c'est deux pays où je me sens enfin deux pays la Grande-Bretagne évidemment il y a plusieurs pays mais c'est deux endroits où je me sens en sécurité sur mon vélo donc c'était vraiment une volonté de pouvoir reprendre dans ce contexte-là et puis pour la faire rapidement il m'est arrivé une somme de mes aventures en Grande-Bretagne et j'ai fini par arrêter ma course entre 400 km avant l'arrivée si j'enlève le nombre de kilomètres qui devaient être empruntés en ferry et du coup voilà aussi donc de toute façon Instagram j'ai reçu pas mal de messages négatifs mais là ça a été plutôt dans ma tête de me dire mais mon dieu tu t'étais fixé deux grandes épreuves tu n'y es pas arrivé au bout et puis là ce qui m'a encore plus touchée c'est que pendant la la la Nomadian Raps au Bike donc la traversée de la Grande-Bretagne en fait je n'ai pas pris de plaisir là je me suis dit waouh ça c'est vraiment là on a dépassé un cap si tu t'engages sur une si grande course que tu libères autant de temps dans ton agenda que tu embarques ta famille là-dedans pour que finalement tu ne prennes pas de plaisir c'est qu'il faut vraiment vraiment se poser des questions là donc voilà les questionnements après j'ai eu quand même plein de choses qui m'ont permis de mieux comprendre pourquoi je n'avais pas pris de plaisir mais mais ouais en tout cas ça a été un déclencheur à plein de questionnements

Loïc les raisons sociaux c'est à la fois magique et terrible

Marjorie exactement mais

Loïc ouais

Marjorie ça nous montre la polarité comme ça de la société mais en même temps ça apporte énormément de choses et puis je ne ferai sûrement pas tout ce que je fais maintenant avec les réseaux sociaux puis après je pense qu'il faut aussi faire attention ce qui est mauvais ce n'est pas les réseaux sociaux puisque ce que je requestienne ce n'est pas les réseaux c'est plutôt mon utilisation des réseaux

Loïc et là

Marjorie clairement on peut mettre des limites et on peut reconsidérer ces choses-là et c'est sur ça que je me pose des questions ouais

Loïc du coup tu penses que tu vas te mettre dans quel setup pour essayer au maximum de trouver ces réponses est-ce que tu penses que tu vas couper un peu ou refaire un peu alors que ce soit les réseaux ou même côté pratique du vélo est-ce que tu as une idée de comment tu vas gagner en clarté

Marjorie ouais alors les réseaux j'ai un petit peu coupé là depuis cette épreuve-là je publie plus trop ou je publie enfin je reposte des posts ce genre de choses mais je ne suis plus du tout dans une contrainte de poster parce que même si mon objectif ce n'était pas de gagner des partenariats ce genre de choses parce que ça ça apporte beaucoup de contraintes il y avait quand même voilà on se fait vite avoir quand même par les algorithmes d'Instagram où plus on poste plus on a de visibilité et puis en même temps quand on a de la visibilité on peut porter des messages enfin on peut donner des messages qui vont être portés donc il y a un peu un engrenage comme ça de toujours plus donc là déjà je me suis un petit peu j'ai pris du recul par rapport à ça et puis je prends le temps de voir quand j'ai envie de poster je poste et puis sinon là je suis vraiment en train de re-questionner ma pratique pour l'année prochaine donc là ça fait longtemps que ça ne m'est pas arrivé mais on est au mois d'octobre et j'ai planifié aucune course non là je suis en train de mentir j'ai presque planifié aucune course l'année prochaine et puis je suis en train de me dire en fait ce qui m'a un de mes problèmes je crois justement en écoutant le premier podcast qu'on avait fait ça m'a permis d'illuminer sur des choses quand je faisais du triathlon je disais toujours que moi j'avais besoin d'avoir peu de courses dans l'année parce qu'en fait je prends du plaisir à l'entraînement et puis mon plaisir il ne se trouve pas forcément dans les courses puis là ces dernières années dans l'ultra j'ai fini par faire des courses tous les week-ends et puis à la fin de l'année je n'ai pas pris de plaisir sur la plus grande course que je mettais ça faisait des mois que j'en rêvais et peut-être que là il faut aussi que je commence à réinverser un petit peu tout ça je me demande si là justement par ces algorithmes qui nous poussent à toujours publier plus d'être aussi dans une consommation comme ça des épreuves sportives des exploits à se vanter sur les réseaux ou autre je ne me suis pas un tout petit peu perdue donc je crois que j'ai besoin aussi de ralentir la voilure et puis de vraiment reconsidérer le plaisir est-ce que je suis en train de faire ça parce que ça me permet de prouver que même si j'ai arrêté la Désertus Baikus je suis capable de finir la 303 Lucerne ou j'en sais rien donc d'arrêter un peu la surenchère et puis c'est vrai que même si je dis que je ne suis pas une aventurière et tout ça et que quand je m'embarque sur une course mon objectif premier il a toujours été de finir même quand je faisais des Ironman ou comme ça j'avais toujours un gros problème quand mon coach me disait combien d'heures tu veux faire et c'était je ressentais au plus profond de moi que dès le moment où on me posait cette question je me braquais parce qu'en fait c'était tellement loin de ce pourquoi je m'entraînais que ça moi c'était presque blessant qu'on me pose cette question au moment où je partais sur ma course ça me désancrait en fait et là maintenant je sais aussi que sur les courses alors il y a des courses maintenant où on nous demande d'annoncer combien de jours on va mettre avant même de partir puis en fait moi ça ne me convient pas là je me rends compte de plus en plus que c'est un truc qui ne me convient pas donc j'ai envie mais ça c'est un peu en exclusivité mais je pense que l'année prochaine et ça fait quelques mois qu'on en discute avec François j'ai envie d'annoncer le nombre minimum que je vais mettre sur mes prochaines épreuves pour en fait voilà mon objectif en faisant de l'ultra c'est pas de faire le plus vite possible c'est de pouvoir arriver et avoir le temps de poser son campement de pas mettre un réveil après une heure de sommeil en se disant ah je sais qu'après une heure de sommeil je suis en forme pour repartir sur le vélo mais de peut-être juste prendre le temps de dormir un peu plus de plutôt que de manger un paquet de chips ou ou deux pains refermés sur un bout de fromage qu'on aurait pu trouver à la station service de s'arrêter vraiment dans un restaurant et puis et puis en fait alors ça dans l'ultra c'est ça qui est drôle c'est qu'il y a vraiment une partie où il y a des personnes qui visent vraiment la performance puis qui vont être en mode très speed et puis qui vont justement dormir moins et tout ça puis en étant beaucoup sur les réseaux je pense que j'ai l'impression d'être un peu embarquée dans ce truc là alors qu'en fait je suis même pas tellement performante donc je cours après le train comme d'habitude et puis une autre partie dans l'ultra où souvent il y a des épreuves et notamment la désertus baicus et c'est pour ça que je l'apprécie énormément où les délais sont suffisamment larges pour qu'on puisse prendre le temps de profiter du voyage sans se mettre dans une épreuve de performance même si ça reste une performance de faire 1300 1400 kilomètres en 5 jours mais voilà on a un peu plus de temps pour finir ces épreuves puis je crois que ça ça me plaît et puis du coup voilà je me dis peut-être que l'année prochaine plutôt de dire j'aimerais mettre maximum 5 jours bah plutôt se dire ok je me donne minimum 5 jours ou minimum 6 jours et puis comme ça je sais que j'ai l'occasion de profiter un peu parce que cette année c'est vrai que quand je voyais j'ai fait dans mes entraînements j'ai rallié Turin depuis chez moi à vélo et je suis rentrée de la même manière et puis à l'aller j'ai fait en une étape donc de nouveau c'était je sais plus 300 kilomètres 350 puis en fait je suis arrivée sur les rotules mais voilà c'est bon je m'étais prouvée à moi-même que je pouvais le faire et puis après j'ai vu des copines qui faisaient des séjours à vélo dans la même région que moi qui faisaient 100 kilomètres et qui finissaient à l'hôtel le soir et je me disais mais en fait c'est ça que j'ai envie de faire pourquoi dormir à côté sur le bord de la route alors que je pourrais vivre un petit peu ça différemment donc voilà je suis en train de reconsidérer tout ça et puis ce que j'ai fait aussi c'est que là j'ai complètement coupé avec mon coach pour les quelques mois qui suivent encore et je me suis inscrite à une épreuve pour l'instant ma seule épreuve de 2025 tout début janvier et c'est une épreuve du coup pas de vélo mais de course à pied

Loïc ah voilà route ou trail route excellent c'est quel format

Marjorie c'est un marathon

Loïc si je peux vous en dire plus un marathon

Marjorie ouais

Loïc excellent

Marjorie bah j'ai jamais vraiment arrêté de courir depuis que je faisais des Ironman même si j'en faisais beaucoup beaucoup moins régulièrement puis là comme j'ai besoin de me couper du vélo pour plus enfin pour réapprécier quand j'y retournerai si j'ai envie d'y retourner mais bon quand même j'ai 7 vélos qui m'attendent à la maison donc je pense que je vais y retourner mais c'est aussi de voilà de changer d'être dans un autre format ça prend beaucoup moins de temps de s'entraîner en course à pied que de s'entraîner à vélo et ça demande beaucoup moins de matériel aussi beaucoup moins de préparatifs et puis l'hiver en Suisse quand il neige qui vente qui pleut et tout ça moi ce qui me dérange le plus c'est le verglas qu'on a en Suisse et bah en fait courir c'est moins compliqué donc voilà et puis ce qui m'a plu dans cette expérience c'est d'une part voilà je ne partage pas trop mes entraînements donc ça me va bien j'ai commencé ma première semaine d'entraînement cette semaine donc il y a deux jours

Loïc ok

Marjorie non hier ouais donc voilà et je m'entraîne seule donc sans avoir aussi même si mon coach est génial et ne me met pas de pression du tout bah là je ne me mets pas du tout de la pression de me dire qu'il y a quelqu'un derrière son écran qui regarde mes stats et c'est un marathon où on peut demander de cacher le résultat ok donc il n'y a pas de traceur il n'y a pas de résultat et du coup bah ça veut dire que je partage seulement ce que j'ai envie de partager et en fait je peux courir mon marathon à 4h30 en ouais simplement et puis on verra si moi toute seule je me mets de la pression d'essayer de le faire en 3h30 bah moi toute seule je me mettrai la pression puis bah là je saurais peut-être que ma foi ça fait partie de mes gènes et puis et puis je comprends mieux aussi ce qui m'amène à être un peu dans l'esprit compétitif à vélo ou si je prends du plaisir à le faire sans stress

Loïc donc voilà

Marjorie je teste des choses nouvelles

Loïc c'est super intéressant ça me fait penser parce que c'est vrai que plus tu découvres enfin tu vas me dire ce que t'en penses dans l'univers de l'ultra vélo mais l'univers de l'ultra en général c'est vrai qu'il y a une sorte d'appétence et peut-être le schéma un peu classique c'est il faut que ce soit dur tu vois tu dors pas t'as des hallucinations en trail tu te fais mal tu te rentres dedans tu vois moi j'ai eu des gars qui faisaient des biking man ou des race cross qui partent sans sac de couchage enfin des trucs vraiment hallucinants tu vois et je pense qu'en fait avec ce que tu dis en fait ça me fait penser à à plusieurs choses mais un point en particulier c'est le en fait finalement il y a autant de pratiques que de pratiquants et et j'imagine que enfin moi ce que j'entends dans ce que tu dis c'est que là t'es en train d'essayer de retrouver le format qui te va bien à toi et pas forcément le format qui est le plus en vogue tu vois qui est le plus populaire on va dire ou en tout cas celui que les algos attendent ou que que les gens qui impressionnent les gens et ça me fait penser à un truc qu'on faisait beaucoup chez Apple alors ça n'a rien à voir en sorte du sport mais chez Apple je manageais une grosse équipe et on on travaillait souvent sur les les profils en fait les personnalités des gens et il y a une stat qui m'avait marqué parce qu'Apple c'est une boîte c'est très américain tu vois donc dans le recrutement ils cherchent beaucoup des profils en tout cas à l'époque tu vois des gens qui sont dans plein de projets des gens des gens extravertis en fait il y a beaucoup d'artistes chez Apple de passionnés de musique et je me rappelle on avait fait un donc ça se retrouve à tous les niveaux même dans le management enfin c'est globalement des gens qui sont très extravertis et en tout cas il y a une tendance extravertie assez forte on va dire et on avait fait un atelier avec un intervenant qui nous expliquait qu'en fait c'était super cette culture extravertie mais qu'il ne fallait pas oublier une chose c'est qu'en fait la moitié de l'humanité est plutôt un profil introverti et que le problème c'est que dans le monde professionnel en tout cas on entend les extravertis par nature et le point de vigilance c'est que c'est pas forcément ceux qu'on entend le plus qui ont le plus d'impact et par ça tu vois il évoquait notamment les promotions l'évolution en interne d'un point de vue carrière etc et il me disait voilà c'est un point de vigilance c'est un point qu'il faut avoir en tête la moitié de l'humanité est plutôt introvertie qu'extravertie donc voilà en fait ça m'a fait penser à ça alors c'est un peu un grand écart par rapport à ce que tu disais mais cette idée de finalement il n'y a pas qu'un format et le format qu'on voit le plus n'est pas forcément le format qui convient à tout le monde

Marjorie ouais mais complètement et puis c'est vrai que ça me parle ce que tu dis parce que moi j'ai toujours été quelqu'un de très introvertie peut-être que ça se paraît pas quand on me voit sur les réseaux sociaux mais c'est vrai que j'ai toujours été quelqu'un de très de très timide de qui reste beaucoup à l'écart du groupe en fait je ne me suis jamais vraiment sentie intégrée au groupe ni la volonté de vraiment être dans ce groupe là et puis sur les réseaux on a l'impression qu'effectivement il faut répondre un petit peu à l'appétence qu'il y a du réseau social et puis du coup je me suis je pense laissée aussi embarquer dans des choses et puis comme je le disais avant en fait tout enfin tout est dans ce que je disais tout à l'heure de dire bah en fait moi si je partage tout ça sur les réseaux c'est pas parce que enfin c'est pas de la performance c'est pas la volonté de montrer que je performe c'est pas la volonté de montrer que je suis une aventurière en fait il n'y a rien de tout ça c'est juste de montrer que justement je suis tout le contraire de tout ça je suis une grande introvertie qui pensait que tout ce monde là m'était inaccessible peut-être même parfois interdit et que malgré ça je le fais et ça marche et puis en plus de ça que ça marche c'est que je prends du plaisir et j'arrive à me révéler et me découvrir et c'est ça que j'essaie de partager et c'est pour ça que je partage non pas pour avoir de la promotion ou j'en sais rien et mais malgré tout je crois qu'avec bah justement je me suis laissée embarquer dans un format des réseaux qui fait que je me suis un petit peu perdue moi-même et là bah ce week-end enfin c'est pour ça que maintenant je fais des petits tests quoi ce week-end je suis partie avec mon sac à dos et je suis allée je suis partie à ma micro-aventure aller camper avec mon chien sous la pluie on était seul c'était chouette mais mais ouais et puis bah peut-être ça va pas faire rêver grand monde j'en sais rien mais du coup ouais j'essaie de chercher autre chose et et ouais en tout cas moi ça me parle le fait que tu parles du fait d'être introverti et quand tu parles de bah moi je trouve qu'il y a une chose qui est de plus en plus présente dans dans la pratique sportive à l'heure actuelle c'est effectivement le fait de prendre enfin d'être toujours le plus je sais plus le terme que tu as utilisé mais de prendre le plus en plus de risques d'être de plus en plus minimaliste et puis c'est génial enfin je veux dire on on rêve devant des films d'aventuriers d'aventurières qui sont ultra minimalistes qui réfléchissent comment se fournir de l'eau dans un environnement désertique et tout ça enfin c'est génial mais enfin c'est pas du tout ma volonté j'ai pas du tout cette prétention là et puis ça me fait pas du tout rêver je rêve en les voyant mais moi j'ai pas envie de le vivre et c'est vrai que souvent alors il y a une grande discussion quand je publie des images ou des vidéos sur mon vélo sur mes choix de matériel il y a toujours une question qui revient de manière très régulière et puis qui est difficile pour moi de contourner mais je la contourne c'est quel poids fait ton vélo mais ok et en fait bah non je ne pèserai pas mon vélo parce que dès le moment où je pèse mon vélo c'est là où je commence à faire des mauvais choix c'est là où je me dis ah ouais mais c'est vrai qu'il est plus lourd que le gars d'à côté donc je vais commencer à enlever ça à enlever ça sauf que moi mon matériel je l'ai composé en me connaissant et dès le moment où je commence à avoir un élément normatif comme ça un chiffre que je vais pouvoir comparer aux autres bah en fait c'est ce genre de moment où je vais commencer à quitter qui je suis pour rejoindre un petit peu bah cette norme ou ce qu'on considère comme étant la performance ou j'en sais rien et puis bah c'est souvent là où je fais les mauvais choix où je vais justement bah enlever une doudoune ou enlever quelque chose alors que pourtant je sais que moi je suis extrêmement frileuse et que la personne à côté de moi ne l'est pas donc il peut pas comprendre que je pars avec un sac de couchage qui fait 2 kilos alors que j'ai un sac de couchage à la maison qui fait 600 grammes mais je fais ce choix là parce que justement j'ai trop souvent dormi en bord de route avec les lèvres bleues à me réveiller de frissons tellement j'ai froid donc maintenant je prends un vrai sac de couchage et puis oui c'est beaucoup plus lourd dans mon vélo

Loïc l'importance de s'écouter soi-même et de faire taire un peu le bruit ambiant ouais c'est un peu ce que je retiens de tout ce que tu partages

Marjorie exactement et je me dis que ça peut être une jolie chose à partager prochainement sur les réseaux clairement

Loïc excellent et bah écoute Marjorie un immense merci pour tout ce que t'as bien voulu partager avec nous aujourd'hui c'était génial de faire ce ce bilan de ces deux dernières années c'est moi qui t'en remercie encore une fois tout le chemin parcouru du coup qu'est-ce qu'on peut te souhaiter une bonne préparation de ce marathon et et des réponses à tes questions

Marjorie ouais exactement en tout cas c'est moi qui te remercie Loïc c'est vraiment toujours un plaisir bah déjà de t'écouter toi avec toutes tous tes invités et toutes tes invités c'est vraiment moi ça me permet de voyager ça me permet aussi de déconnecter quand je fais mes épreuves et ça me permet de voir plus grand aussi mais en tout cas je te remercie et ça a été un honneur d'être une seconde fois ton invité

Loïc merci beaucoup Marjorie à très bientôt

Marjorie à très bientôt

Loïc merci d'avoir écouté cet échange avec Marjorie jusqu'au bout j'espère que l'épisode vous aura plu que vous avez pris plaisir à en apprendre plus sur le parcours de Marjorie depuis le premier épisode si vous n'aviez pas écouté je vous rappelle que le lien est en description de cet épisode-ci donc allez-y foncez si vous appréciez les frappés pensez à soutenir le podcast il y a plein de manières de le faire financièrement c'est très simple c'est sur tipeee.com slash les-frappés chaque euro compte c'est à partir d'un euro par mois autrement vous pouvez tout simplement suivre le podcast sur votre plateforme d'écoute sur les réseaux sociaux partager à un maximum de personnes les épisodes des frappés qui vous ont marqué et laisser des notes et des commentaires sur Spotify ou Apple Podcast merci à toutes celles et ceux qui soutiennent d'ores et déjà le podcast votre engagement fait une énorme différence pour moi et pour tout le monde je vous remercie pour votre fidélité je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode ciao les frappés onsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsons Sous-titrage ST' 501

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