Les Frappés Les Frappés
Saison 4 EP·176 Expédition #plongée #Arctique #Patagonie

30 juillet 2024

Étudiants en école d'ingé, ils partent en voilier et ski au Svalbard : l’aventure de la Team Kahuna

Durée · 1h13 · Transcription disponible

Étudiants en école d'ingé, ils partent e

Le récit

Il sont 4 amis d’école d’ingénieur.

Ils ont 22 ans, et décident de monter une expédition pendant leur année de césure. La Team Kahuna est née.

Et pour une première, ils n’ont pas eu froid aux yeux 😲 

Leur projet : partir our 5 mois à bord d’un voilier ⛵️ direction le Svalbard. Ils emmènent du matériel de ski et leur quotidiennes rythmé par la météo et la qualité de la neige qu'ils trouvent sur le littoral. Ils skient dès qu'ils le peuvent !

Un quotidien simple mais bien évidemment riche en rebondissements, vous vous en doutez.

Un an après leur retour, ils seront 2 à repartir en Patagonie pour une traversée épique de 50 jours !

Dans cet épisode, on parle d’une plongée de nuit dans une eau à 2°C 🥶 d’un secours en hélicoptère 🚁, de capture de drone à l’épuisette 👀, mais surtout de souvenirs inoubliables entre amis 🤩

Excellente écoute !

🔎 Le film "Kahuna" sur l'expédition de 5 mois en Arctique est disponible ici.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 Épisode #100 - Mike Horn - Apprendre à sortir de sa zone de confort pour se sentir vivant
👉 Épisode #131 - 🏴‍☠️ Arctic Fools - Les 3 potes niçois devenus explorateurs polaires
👉 Épisode #42 - Des expéditions polaires pour faire changer les regards sur l'état de notre planète avec Vincent Colliard

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Transcription

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Invité 2 On avait très peur parce que c'était accroché en dessous du bateau, donc sûrement au safran ou bien à la quille, on ne sait pas. Mais avec les efforts que ça faisait, à tout moment, ça pouvait créer une voie d'eau quoi, de casser, d'arracher quelque chose et de créer une voie d'eau comme ça en pleine nuit au milieu de la mer. En plus une eau qui est à entre 2 et 4 degrés, donc c'est-à-dire qu'on n'a pas envie de rester longtemps dedans.

Loïc Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent dans mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Ils sont 4 amis d'école d'ingénieurs, ils ont 22 ans et pendant leur année de césure, ils décident de monter une expédition. Et pour une première, on peut dire qu'ils n'ont clairement pas eu froid aux yeux. Ils décident de partir pour 5 mois à bord d'un voilier, direction le Svalbard, à 1000 km du pôle Nord. Ils emmènent du matériel de ski et leur quotidien devient simple. Naviguer pour être au bon endroit au bon moment afin de profiter de la neige vierge du littoral montagneux. Un quotidien simple oui, mais bien évidemment riche en rebondissements, vous vous en doutez. Dans cet épisode, on parle d'une plongée de nuit dans une eau à 2 degrés, d'un secours en hélicoptère, de capture de drones à l'épuisette, mais aussi et surtout de souvenirs inoubliables entre amis. Excellente écoute à vous. Et juste avant ça, je tiens à remercier toutes celles et ceux qui soutiennent financièrement le podcast sur Tipeee. Si vous souhaitez les rejoindre, c'est à partir de 1€ par mois et ça se passe sur Tipeee. Autrement, le lien est en description. Excellente écoute à vous. Allez, c'est parti. Eh bien, bienvenue à une partie de la team Kauna sur le podcast. Robin et Baptistein, je suis super content de vous recevoir pour parler de plein de choses, d'aventures, d'explorations, de projets entre potes. Je pense que ça va être très, très sympa. Merci beaucoup à vous d'avoir pris le temps pour venir témoigner de vos parcours au micro.

Invité 2 Salut Loïc. Salut.

Loïc Hello, hello. Bien, je pense que l'introduction parfaite, c'est tout simplement que vous nous expliquez ce qu'est Kauna, avant qu'on passe à vos parcours perso plus en détail.

Invité 1 Ouais, alors je peux me lancer. Kauna, c'était le nom principalement du voilier sur lequel on a fait notre première expédition il y a un peu plus de deux ans. Et ça a été du coup aussi le nom de l'expédition. Donc c'était une expédition dans l'Arctique où on est parti pendant cinq mois faire du voilier, du ski de rando et de l'alpinisme en Norvège et Osvalbard. Et après, on a gardé le nom pour l'équipe qui a refait une autre expédition plus récemment ensemble. Donc Robin, moi et deux autres gars en Patagonie.

Loïc Excellent. Et donc Kauna, il y a un sens particulier ou pas vraiment ?

Invité 2 Il y a un sens quand même. Donc outre le bateau, le nom du bateau, en fait, c'est aussi une île hawaïenne qui vient d'un mot qui signifie la personne en qui on peut avoir confiance. Donc ça allait bien pour le bateau, en fait, parce que partir sur un voilier électrique en plastique dans les terres arctiques, eh bien, ça fait peur un peu. Mais donc voilà, on était sur notre voilier en qui on pouvait avoir confiance. Donc ça nous allait bien de garder ce nom comme le nom de l'équipe. Excellent. Excellent.

Loïc Donc une équipe, vous l'avez dit, vous êtes, enfin je ne sais pas si c'est toujours le cas, mais vous étiez quatre sur la première expédition, c'est ça ?

Invité 1 Oui, tout à fait. Donc on était quatre. Il y avait Robin et moi et deux autres, donc aussi étudiants de centrale comme nous, qui étaient Yvan et Quentin. Et voilà, sur la deuxième expédition, on était quatre aussi, mais on a échangé deux membres contre deux membres des Arctic Fools dont on pourra parler après.

Loïc Yes, les Arctic Fools. Il y a l'Arteids Fools que j'avais reçu sur le podcast il y a quelques temps, donc le lien est en description. Sacrée bande de frappés aussi. Donc allez écouter si vous n'avez pas déjà fait leur épisode. Et donc vous, Robin, Baptistein, c'est quoi votre histoire ? Enfin, comment votre rencontre à tous les deux en particulier s'est faite ? Et comment est-ce que la Team Kawona a fini par se former, si j'ai bien compris, sur les bandes centrales, c'est ça ?

Invité 2 Oui, exactement. En fait, on est tous de la même école d'ingénieurs. On est partis en Arctic ensemble pendant notre césure. Et donc c'est pendant les années d'études avant qu'on s'est rencontrés. On faisait tous de l'escalade, on était tous au même club d'escalade. Et c'est comme ça qu'on s'est d'abord rencontrés. On a été en colloque pour trois d'entre nous les années avant de partir. Donc voilà, on a eu le temps d'élaborer un peu les schémas dans la tête. Baptistein était également toujours présent dans les sorties de montagne, de club d'escalade, etc. Et donc le projet de Kawona, c'est surtout Yvan et Baptistein qui commencent à l'imaginer pour leur deuxième partie de césure en voulant allier voile et montagne. Et le projet va prendre forme au fur et à mesure, puisque Quentin et ensuite moi, on va rejoindre le groupe. Et puis avec ce trajet qui… Le fait qu'on trouve d'abord un voilier nous permet de se dire « Ok, on peut être mobile, on peut partir de France et on va regarder où est-ce qu'on peut aller faire du ski d'endroit. » Excellent.

Loïc Excellent. Et donc initialement, Baptistein, quand vous avez commencé à travailler sur le projet avec Yvan, l'idée c'était dès le début de partir avec un équipage de quatre personnes, idéalement issues de centrales ou pas forcément ? Ça s'est conçu comment tout ça ?

Invité 1 Initialement, on est parti un peu en tâtonnant. Le cœur du projet, ça a toujours été voile et ski de randonnée et alpinisme. À la base, on pensait partir au Groenland. Et puis finalement, il se trouve que vu qu'on a trouvé un bateau qui était en une coque plastique, donc pas une coque en acier, on s'est redirigé vers le Svalbard parce que c'était plus apte au niveau condition. Et après, pour les personnes qui nous rejoignaient, on était très ouverts, mais il se trouve que surtout sur notre campus où on était, en fait, on pratiquait quand même majoritairement le sport ensemble avec nos potes de centrale. Donc c'est naturellement que l'équipe s'est constituée autour de ça. Et surtout, ce qui était important pour nous, quand on savait qu'on allait partir sur un voilier pendant de longs mois, ce n'était pas forcément d'avoir des gars qui seraient des grandes pointures, de la voile, du ski ou quoi que ce soit, mais des gens avec qui on savait qu'on s'entendrait bien. Et donc c'est comme ça que naturellement, on s'est orienté vers les colocs et les potes pour monter le projet.

Invité 2 Et oui, juste pour clarifier, nous, on était vraiment colocs, donc on partageait les soirées ensemble. Et par exemple, pour moi qui ne connaissais pas forcément le monde de la voile ou de la haute montagne, pas encore le milieu outdoor. Et comme dit Baptistein, c'est vraiment le fait d'être potes qui nous a rassemblés autour de ce projet.

Loïc Excellent. J'imagine que c'est peut-être un peu un pré-roquis indispensable. Vous allez m'en parler, mais je suppose que, pour avoir vu le film, il y a eu des moments un peu plus tendus que d'autres, on va dire. Donc j'imagine que le fait d'être déjà potes en amont, qu'il y ait peut-être cette relation de confiance établie, ça aide à surmonter certains challenges quand on part avec un bateau électrique dans des mers très au nord.

Invité 2 C'est sûr que même avant de partir, au final, l'aspect humain est un grand enjeu. Nous, on part cinq mois sur un voilier, en plus dans les régions froides, c'est-à-dire que l'extérieur du voilier n'est pas forcément très accueillant, donc on reste tous les quatre dans une boîte à sardines pendant très longtemps. Et il faut pouvoir bien s'entendre. Même avant de partir, beaucoup de gens nous prévenaient sur cet aspect-là. Il y a pas mal d'expéditions qui s'arrêtent avant la fin pour des questions juste d'interrelationnel entre l'équipe.

Loïc Et ça, vous l'aviez préparé d'ailleurs en amont ? Vous aviez déjà fait des expériences un peu engagées tous les quatre ?

Invité 1 On n'a pas vraiment fait des expériences similaires parce qu'il n'y avait rien qui pouvait remplacer l'expédition. Mais pendant tout le mois de janvier, c'est-à-dire que pour donner un peu la temporalité, le projet se crée pendant plus d'un an en amont, mais il commence réellement en mars, donc début mars 2022, quand on quitte le port de l'Orient et on part pour cinq mois de navigation. Avant ça, on a passé tout le mois de janvier en montagne ensemble. Donc on était dans un chalet dans les Alpes où on sortait tous les jours pour aller travailler des techniques de corps, de faire de la cascade de glace, du ski, etc. Et justement créer cet esprit de cordée et voir comment on fonctionnait en milieu difficile, en altitude, dans les Alpes, et bien s'entraîner à la fois de l'entraînement physique, mais surtout avec créer un esprit de cordée.

Loïc Ça a été quoi du coup les grands apprentissages de ce mois en montagne avant l'expédition ?

Invité 2 Moi, je peux répondre honnêtement. Avant de dire oui au projet, je n'avais jamais fait de splitboard, de ski de randonnée avec un snowboarder. C'est avec ça que je suis parti en XP. Tout simplement. Et en fait, le fait d'être avec les copains, ils m'ont donné confiance en me disant que ça serait possible d'apprendre assez rapidement pour se mettre au niveau et qu'on puisse partir tous ensemble. Donc, il y avait ce développement d'esprit de cordée et même pour moi, de découverte, de rider des couloirs dans les Alpes, chose que jamais j'aurais imaginé faire. Et puis d'un coup, je me mets dans le bain et hop, Baptistein, il commence à descendre. Et puis là, il me laisse en haut. Donc, j'ai qu'un seul choix, c'est de le suivre et de redescendre aussi.

Invité 1 Excellent. Ça m'était bien dans l'ambiance parce que de toute façon, dès la première sortie, Robin est parti sans ses pots de phoque et sans ses bâtons. Donc, on a vu qu'effectivement, il y avait à apprendre. Mais très vite, on s'est mis à bien fonctionner et puis voir qui naturellement évaluait mieux les risques ou qui était plus téméraire et ainsi de suite.

Loïc OK. Et le fait d'être quatre potes, justement, tous, alors peut-être avec des niveaux différents, mais tous globalement un peu attirés par l'outdoor, est-ce qu'à un moment donné, vous avez eu l'impression pendant ce mois de janvier que ça a créé un peu une espèce de, peut-être une surémulation, c'est-à-dire que c'était un peu à celui qui montait le plus vite ou qui descendait le plus raide ou est-ce que vous avez su garder un focus sur on est là pour apprendre et puis il y a des règles de sécurité qu'il va falloir qu'on mette en place pour l'expert en tant que tel ?

Invité 1 C'est vrai qu'on était un peu à se tirer la bourre et à la montée, on essayait d'avancer fort parce que c'était aussi un peu une logique d'entraînement, c'est-à-dire que même les jours où il ne faisait pas forcément assez beau pour aller faire des vraies sorties, on partait remonter le long des pistes de ski à côté du chalet pour juste faire des petits kilomètres verticaux. Donc c'était assez dans l'émulation mais en même temps, on avait quand même en tête le départ en voilier et le fait qu'en ski, ça arrive vite de se blesser. Donc pas non plus essayer de trop forcer pour pas bêtement se péter un genou à un mois du départ et devoir dire adieu à l'expédition.

Invité 2 Je peux rajouter quand même qu'il y a ce mois de janvier un peu qu'on a détaillé sur la préparation en montagne mais c'est vraiment six mois de préparation assez intense pour l'expédition où on va gérer beaucoup de choses administratives, beaucoup d'apprentissages complémentaires, typiquement pour passer son permis voilier, pour passer son permis de chasse, car on y reviendra mais il était nécessaire pour aller au Svalbard, pour apprendre un peu les premiers secours, pour trouver des sponsors, pour voilà. Donc toutes ces choses-là, on les faisait en parallèle de la préparation physique et donc ça nous mettait complètement dans le cœur du projet qui n'était pas seulement sportif mais vraiment complet.

Loïc Oui. C'est vrai que ça, pour avoir vu du coup le film Kauna et puis pour être un peu à la regarder sur le site, ce qui est impressionnant, c'est justement l'aspect très complet en fait de ce que vous avez fait. Ce n'était pas que de la voile, c'était voile ski, ce n'était pas en Méditerranée, proche des côtes, dans un endroit sécurisant, vous êtes parti quand même vachement loin. Il n'y avait pas que du sport non plus, si j'ai bien compris, il y avait un volet un peu scientifique avec des expérimentations, des études menées à bord. En plus, il y a eu de la recherche de sponsors, donc ce qui est assez ouf, c'est de voir que ça a vraiment été un projet mené de A à Z et pas juste une petite virée sympa entre potes.

Invité 1 Oui, pardon, oui, en fait, c'est aussi quelque chose qui était important pour nous, c'est de montrer que, enfin de montrer, de faire en fait, de tout faire par nous-mêmes. On n'avait aucune compétence, on n'avait aucune expérience dedans avant, même si on avait déjà fait du ski, on avait déjà un background d'études d'ingénieur sur les parties scientifiques, mais justement, d'aller découvrir qu'est-ce que c'était de chercher des sponsors, qu'est-ce que c'était de monter un protocole scientifique, un peu en partenariat avec les labos de l'école, mais aussi par nous-mêmes en fonction de comment fonctionnait le bateau. Et c'était vraiment le cœur du projet, au-delà de la performance sportive ou de l'engagement de risque, c'était de construire par nous-mêmes tout ce qu'on a pu faire après au cours du projet.

Loïc Sur la partie financement, pour être honnête, c'est vraiment le premier aspect qui m'a interpellé quand j'ai vu le film, je me suis dit comment ils ont fait, ne serait-ce que le bateau, les assurances, tout le matos, est-ce que vous pouvez peut-être un peu rentrer dans les détails du budget que ça représentait, le budget global, et comment vous vous êtes débrouillés, vous étiez quatre, mais quand même, pour boucler un tel budget ?

Invité 2 Carrément. En plus, c'est très intéressant et nous, plus généralement, on a eu envie de partager beaucoup sur comment préparer l'expert. On a mis sur notre site plein de rapports, même sur des bilans carbone, tous les impacts qu'on a pu faire, parce qu'on a envie un peu de montrer ce que ça implique de préparer une telle expé. Sur l'aspect financier, c'est vrai que c'est un vrai sujet. Nous, on était tous étudiants, on n'avait jamais trop eu de salaire, etc., donc on n'avait pas de ressources à mettre dans un projet comme ça. On avait plein de motivations et plein de promesses d'une belle aventure à raconter. Du coup, au début, c'était quand même assez difficile. le principal point, c'est quand même de trouver un voilier pour faire une expédition de cinq mois. Nous, on a eu la chance d'avoir un proche divan, qui est le skipper, qui avait un voilier, justement, et qui était prêt à le louer. Et c'est comme ça qu'on a pu partir, c'est en louant un voilier. Effectivement, ça a pris presque la moitié du budget total de louer le voilier, d'avoir les assurances, etc. Et puis ensuite, les autres postes de dépense étaient sur l'achat de matériel qui nous manquait, donc de voile et de montagne, du matériel vidéo aussi, parce qu'on a acheté, du coup, des caméras, GoPro, drone. Et puis, on peut compléter par le poste de la nourriture, qui, cinq mois à quatre, etc. En plus, en Norvège, ça coûte un peu cher. Donc, ça a monté jusqu'à 11 000 euros. Donc, si on refait un budget total, l'expédition, c'est environ 60 000 euros pour nous, avec 25 000 sur le voilier. et ensuite, on va faire entre 10 et 15 cas de matériel, 10, 11 de nourriture et puis ensuite, un peu de tout, de provisions pour risques, de réparer une baume qui se casse en pleine mer du Nord.

Loïc Ah oui, c'est vrai.

Invité 2 C'est comme ça. Et pour équilibrer ce budget, il faut trouver des ressources, des entrées d'argent. On peut dire qu'on a trois différents grands postes de financement. D'abord, on a eu des gens qui sont venus sur le voilier pour notre expédition. Si on regarde le film, on verra que parfois, on est un peu plus que quatre parce qu'on a invité du monde à nous rejoindre de temps en temps pour une semaine ou deux semaines, partager les moments, que ce soit en voile ou sur certaines sorties de ski. Et ça, c'était super de partager l'expédition comme ça avec des amis ou même des gens de la famille. Et le fait d'être sur le bateau, ça permettait de diviser les coûts puisqu'il participait comme un sixième des gens qui étaient sur le bateau. On a essayé aussi d'attraper des subventions publiques et de faire du crowdfunding avec nos connaissances. Tout ça, donc en montant un peu un projet sur une plateforme de crowdfunding. ça, ça a fonctionné ou mitigé ? Le crowdfunding, on a permis de finir, c'est par exemple à 5 000 euros, donc c'était super pour nous. Donc, c'est plutôt le réseau personnel, on va dire, de nos quatre. Et le dernier gros poste de financement, c'est les sponsors entreprises. Donc là, il a fallu donner confiance dans la bonne réalisation d'un tel projet et c'est difficile au début. Même si on fait son dossier, on essaye de montrer tout ce qu'on peut produire, etc. Eux, à la base, ils voient quand même quatre étudiants qui veulent partir en vacances. Et ouais, et donc, il faut essayer de changer l'image qu'ils peuvent avoir de nous par défaut. On avait 22 ans quand on montait le projet. Je comprends très bien que ça ne donne pas confiance. Mais bon, au final, à force de vraiment beaucoup travailler dessus, de même créer une vidéo de présentation et puis, on avait déjà commencé à faire quelques rushs justement avec les sorties en montagne. on avait monté un petit peu ce qu'on pouvait faire et ça a réussi à deux semaines du départ à débloquer la plus grande partie du financement. On était tout contents. On ne savait pas comment on allait faire sinon, faire un pré-étudiant, d'autres trucs comme ça. Nous, de toute façon, on voulait partir. Et c'est ça aussi qui leur a donné confiance en disant c'est bon. Et si on dit oui, alors l'expédition se fera.

Loïc Excellent. Ouais. Ça me fait repenser à quelques projets que j'avais fait aussi en école. Alors moi, je n'ai pas fait un jeu mais commerce. Et c'est pour ça que je rigolais. Enfin, cette image du jeune, tu vois, jeune étudiant qui arrive avec son beau dossier machin et puis en fait, voilà, la première lecture du dossier c'est, ouais, tu veux que je t'ai payé tes vacances en fait. En tout cas, bien joué. Bien joué d'avoir réussi à convaincre. Et en même temps, je ne suis pas trop surpris parce que quand on voit, enfin, je ne sais pas dans quel état était le site et votre com, enfin, à quel niveau était votre com avant l'expédition mais là, post-expédition, enfin, c'est vraiment très, très clean et on voit que, voilà, c'est hyper qualitatif. Donc, pas trop surpris a posteriori. Excellent. Donc, si je résume, vous trouvez le bateau via le réseau de Ivan, vous arrivez à boucler votre budget juste à temps de 60 000 euros pour l'expédition à 4 pour 5 mois ce qui, au final, n'est pas non plus, enfin, remporté au nombre de personnes et au nombre de joueurs, ce n'est pas non plus délirant. Et on est en mars 2022, c'est ça, quand vous partez de Lorient ou juillet ? 6 ou juillet. En mars. En mars. Et vous revenez en juillet. Exactement. OK. 6 mars 2022, excellent. Et vous revenez en juillet. Ça se passe comment ? Enfin, déjà, est-ce qu'il y a eu des gros rebondissements au-delà du budget qui a été difficilement, enfin, qui a été bouclé au dernier moment ? Est-ce qu'il y a eu des gros challenges que vous avez eu à gérer pré-expé, pré-départ ?

Invité 1 Alors, ce n'était pas spécialement un rebondissement parce qu'on s'y attendait, mais le bateau, en fait, il était neuf quand on l'a récupéré. Et en fait, il sortait littéralement du chantier naval, ce qui fait qu'on avait prévu de prendre le mois de février pour... En gros, on avait dit janvier, c'est la préparation montagne, février, c'est la préparation voile, et par temps de mars, on part, en gros. Et en fait, le bateau, début février, il vient d'être mis à l'eau, il n'y a toujours pas le mât, il n'y a toujours pas les voiles, etc. Et après, finalement, avec un sponsor, on s'est dit « Ah, ce serait bien de faire floquer les voiles, parce que ça donne plus de visibilité, puis c'est quelque chose qui donne un beau cachet à l'expédition, d'avoir des voiles floquées. » Et donc, ça nous rajoute encore quelques semaines le temps que l'entreprise travaille dessus, ce qui fait que finalement, on a pu faire notre première navigation à bord du bateau que trois jours, trois ou quatre jours avant le départ, et où justement, comme on le dit dans le film, on fait un aller-retour jusqu'à l'île de Groix, c'est-à-dire qu'on sort de l'Orient à la base, le port, on fait une dizaine de mille et c'était notre seule navigation d'entraînement. Sinon, tout le reste du temps, du coup, on était occupé à aller à droite, à gauche, récupérer des colis de matériel, bricoler un peu sur le bateau, du coup, pour aider à finaliser les dernières retouches. Donc, c'était un peu la surprise de est-ce qu'on sera prêt à partir et tout s'est fait vraiment au dernier moment.

Invité 2 Mais on ne peut qu'imaginer le stress de Yvan, qui est le skipper et le seul qui est connaissant en voile.

Invité 1 Qui avait vraiment conscience de ce qui se passait, en fait. Ben ouais.

Loïc J'imagine qu'il a dû avoir des nuits peut-être moins reposées, moins reposantes que les vôtres juste avant le départ. Même si je pense que tout le monde, j'imagine que pré-XP, les quelques jours avant, tout le monde devait être à fond. Juste pour qu'on se rende compte, côté matos, partir à 4 sur 5 mois avec un projet mixte voile-ski, ça représentait quoi ? Vous avez des chiffres un peu à nous donner sur le poids de la bouffe, le volume du matos ?

Invité 1 Niveau, je peux répondre sur le matos, mais effectivement, on n'avait pas forcément de poids ou de volume sur cette expédition-là parce que justement, il y a quand même beaucoup de place dans un bateau avec toutes les cales et tout ça, on ne se rend pas forcément compte de l'extérieur, mais on peut mettre énormément de choses. Ce qui fait qu'on a juste entassé tout ce qu'on s'est dit qui pourrait nous servir et après, on a utilisé ce dont il y avait besoin. Mais typiquement, on a eu un jeu complet de friend et de cordes d'alpi qui ne sont quasiment pas sortis du bateau parce que justement, les occasions ne se sont pas présentées. Et alors, même moi, j'avais pris deux paires de skis pour moi. Les autres, ils m'ont dit ça prend trop de place, c'est n'importe quoi, laisse-les au port. Bon, finalement, pour l'anecdote, moi, j'ai cassé un ski sur la première descente de l'expédition, donc à peine partie. Donc, ça valait quand même le coup de prendre un peu de backup et c'est l'avantage justement du voilier, c'est que le voilier, il porte pour nous et on peut mettre énormément de choses dedans. à la fois de conserve et aussi de nourriture fraîche et de un peu de boisson, beaucoup de fromage et tout ça. Et au fur et à mesure, en fait, on n'a pas tant compté, c'est juste que quand on arrivait, on se rendait compte que c'était un peu vide, on faisait un arrêt au port en Norvège pour remplir. Avant, il n'y a que au Svalbard justement, on a fait un bon stock pour passer un mois là-bas en quasi-autonomie. Ok.

Loïc Les courses en Norvège, on a dû les faire avec une XP en août l'année dernière, vous avez dû les sentir passer ça ?

Invité 1 C'est aussi ça, il y a eu un petit dépassement de budget sur la chose.

Loïc Je nous revois encore si Beaulieu et Arnold écoutent ce podcast à la caisse d'une supérette en Norvège, je ne sais plus où est-ce qu'on était, on était dans le... où est-ce qu'on était ? Minsund ? Arrivé à la caisse, 900 balles. Ah, oups, budget légèrement dépassé là, oui. Mais bon, on était 10, donc ouais. mais quand même. Ok, donc finalement, avec le bateau, pas tant d'enjeux que ça sur... Enfin, je veux dire, il n'y a pas vraiment eu de sacrifice de fait sur le matériel pour partir un peu plus léger ou avec moins de volume. C'est peut-être même mieux, non d'ailleurs, par grosse mer, que le bateau soit chargé ? Ou pas ?

Invité 2 Alors, je dirais que ça ne change pas grand-chose. Ok. Parce que le bateau fait 14 tonnes. Donc, à part si on veut faire de la régate, donc de la course, on n'est vraiment pas à jouer sur 50 kg, 100 kg de différence.

Loïc Ah ouais, ok. D'accord. Ok. Donc, pré-expect, bon, vous découvrez le bateau le 3 mars, vous partez le 6, donc j'imagine que vous faites la main dessus pendant la traversée de la mer du Nord. les émotions au moment du départ. Alors là, vous n'êtes là que tous les deux, mais est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu, c'est quoi vos souvenirs, c'est quoi les scènes qui vous ont marquées vraiment au moment où vous quittez le port et que ça y est, l'expédition démarre pour de vrai ?

Invité 2 Le moment où on part, c'est quand même un sentiment vraiment déjà de fierté, de se dire on a réussi à se préparer pour pouvoir partir, à pouvoir boucler tout ce qu'on voulait faire et en tant que tel, c'était déjà une réussite. C'était hyper joyeux, on était entourés par nos proches, par les gens qui avaient suivi un petit peu le début du projet quand on partait à Lorient. Donc c'était hyper festif de partir comme ça, à l'aventure, à 22 ans, se dire ça y est, on va dans le Grand Nord, on ne connaît pas et puis là, on va vivre 5 mois sur ce voilier qu'on n'a pas encore apprivoisé. Donc ouais, vraiment, il faut avoir une grande excitation au moment du départ.

Invité 1 Pour toi Baptiste ? Oui, tout à fait. Il y a beaucoup d'excitation et il y a aussi finalement tout va très vite parce qu'en voilier, il y a tout le temps des choses à faire sur le voilier, surtout quand on quitte le port et qu'on vient de partir et donc finalement, même si on a, on pense un peu en arrière-plan que quelque chose de spécial est en train de se passer, moi j'étais aussi énormément focalisé sur ce qui se passait dans l'instant présent parce qu'en n'étant pas expérimenté en voilier, ça prend plus d'attention d'essayer de faire les choses bien. Ce qui fait que c'est que après quelques milles de navigation qu'on se dit ah oui, là c'est bon, on est parti pour de bon, on ne voit plus le port, ça y est, on attaque. Et avec du coup, le tour de la Bonnette, on a commencé par contourner toute la Bretagne, c'était la belle navigation.

Loïc Excellent. Ah, vous avez d'abord fait, vous l'avez fait dans quel sens du coup le circuit ?

Invité 1 C'est qu'en gros, on est parti de l'Orient, l'Orient qui est au sud de la Bretagne, on a contourné jusqu'à Dunkerque, enfin on a suivi la côte à peu près jusqu'à Dunkerque, et de Dunkerque, on a traversé la mer du Nord, plein Nord, jusqu'en Norvège, et après on a remonté la côte norvégienne, et c'est au retour en fait où effectivement, on est passé par l'Ecosse et on est redescendu par la mer d'Irlande, donc entre l'Irlande et l'Angleterre, pour revenir à nouveau à l'Orient, cette fois-ci en juillet.

Loïc Ok, ok, ok, fabuleux. Et donc l'Ecosse, si j'en crois, la carte là sur le site, il y a eu plusieurs stops, l'objectif là c'était quoi ? C'était déjà de skier, il y avait encore de la neige à ce moment-là, mi-mars, fin mars ? En Norvège. En Norvège, pardon, qu'est-ce que j'ai dit ? J'ai dit Ecosse ? Oui. Pardon, Norvège.

Invité 2 Donc oui, quand on part en mars, on arrive fin mars, début avril, au nord de la Norvège, et là, on va trouver les Lofoten, puis les Alpes de Lingen, tout au nord de la Norvège, qui sont déjà deux très très beaux terrains de jeu qu'on va découvrir pendant presque deux mois. On va remonter au fur et à mesure et avec de la très très bonne neige, c'est le printemps là-bas aussi. Le jour s'allonge de plus en plus et puis dès avril, on peut voir même à une heure du matin, il n'y a plus vraiment de nuit. On transitionne sur le jour polaire et donc là, on va se faire le plus de descente de ski possible en un temps. À chaque fois qu'il faisait beau, on sortait dehors. C'était simple, c'était la règle, c'était de faire tout ce qui était possible au niveau de la navigation pour que quand le créneau météo soit bon et arrive, on soit en haut de la face pour pouvoir la descendre.

Loïc Excellent. Du coup, la gestion de la météo, parce que ça aussi, ça s'apprend. Vous étiez tous les quatre dessus ou c'était Yvan qui s'y collait ?

Invité 1 Sur la météo marine, en tout cas pour la navigation, c'était surtout Yvan qui regardait, en tout cas lui qui avait le dernier mot, même si on regardait aussi. Et après, en montagne, par le contre, on était tous à regarder. Après, l'avantage, c'est que sur toute la Norvège, il y a quand même une très bonne couverture réseau. Donc, on avait tout le temps météo blue ou ce genre de choses, il fallait avoir des prévisions assez précises. Mais il fallait justement bien s'entraîner et bien apprendre à voir comment était la neige, comment étaient les conditions en fjord et en littoral parce que Oswaldbard, pour le coup, était complètement hors réseau. Et là, il me semble que c'était le frère d'Yvan, le grand frère d'Yvan qui nous a fait routeur et donc, lui, il lisait les cartes des glaces et les prévisions depuis la France et nous les envoyait par message satellite. Sachant que nous, on arrivait juste à charger les fichiers windy. Donc, on avait les prévisions de vent mais pas forcément les précipitations et tout ça.

Loïc Ok. Ok, ok. Oh là là, je repense du coup aux images du film là quand vous parlez de la Norvège, des Lofoten, du ski et quelles images. C'est toi d'ailleurs, non Robin, qui t'es formé en pilotage de drone avant le départ ?

Invité 2 C'est ça exactement, oui. Bah écoute, je te le dis,

Loïc bravo. Bravo parce que franchement, les prises de vue vraiment hallucinantes.

Invité 2 Ah bah écoute, merci bien. C'était un défi et le drone en XP comme ça, c'est très beau ce qui se passe en montagne mais en fait, c'est encore plus dur de faire du drone en voile. là, on devait être carrément à 4 pour pouvoir faire en sorte que la prise de vue se passe bien parce qu'un voilier, c'est vraiment trop mobile. Ça avance, ça tangue, il y a les vagues de partout et quand on veut atterrir ou bien décoller, le drone, lui, il a envie juste d'être immobile, de monter en l'air simplement, vertical. Donc, ce qu'on faisait, c'était qu'il y avait une personne qui était à la barre, une autre qui réglait les voiles. Baptistein était le lanceur de drone attitré qu'il arrivait beaucoup à le lancer, à le rattraper et puis j'étais aux manettes pour qu'ensemble, on puisse synchroniser les trajectoires. Il se mettait en rappel, en se tenant d'une main et puis en dépassant du bateau pour l'attraper au vol alors que le bateau avançait toujours et était en train de prendre son bord pour l'attraper en vol et ensuite le ramener à l'intérieur du bateau. C'était vraiment hyper impressionnant à voir à chaque fois et puis très stressant. Chaque fois qu'il revient, on est content, on récupère ses rushs, on les sauve bien et on espère que ça se passera aussi bien la prochaine fois.

Invité 1 Pour ça, de toute façon, je prenais des gros gants parce qu'Yvan, il a essayé une fois sans gants, il s'est retrouvé avec les doigts découpés. Ça coupe bien. J'avais une espèce de gant de fauconnier, c'était un gant de chantier pour l'attraper et on avait quand même prévu dans le pire des cas une grosse épuisette et on s'est entraîné au port en Bretagne à l'attraper à l'épuisette en vol mais heureusement, on n'en est jamais arrivé là pour pouvoir le récupérer. Excellent.

Loïc J'avais fait un épisode avec un Mediaman. Donc, c'est les... Ouais, Mediaman, c'est en gros photographe slash vidéaste caméraman embarqué sur les grosses courses au large genre Volvo Ocean Race et il m'avait envoyé des... Il s'appelle Martin Kirozoré, c'est un homme qui veut aller écouter l'épisode et j'essaierai de retrouver le lien vers la vidéo qu'il m'avait envoyée mais je ne sais pas comment il se débrouillait le gars pour faire décoller ses drones sur ces courses-là parce que la mer absolument défoncée au large et clairement, il ne demandait pas à l'équipage de se mettre face au vent pour que le bateau ralentisse et faire décoller le drone. Donc, ça a toujours été un grand mystère de comment il arrivait à faire des vidéos pareilles en pleine mer avec des embruns de ouf qui montent à genre 4 mètres et son drone qui voit au milieu de tout ça. Mais bon, quoi qu'il en soit, en tant que spectateur du film, c'était une très bonne décision que vous preniez un drone, c'était juste magnifique. Ok, donc là, Norvège, en gros, le premier touché terre en Norvège, c'est mi-mars, c'est ça, à Trondheim ?

Invité 1 Alors, c'est un peu avant parce que du coup, ce qui nous arrive quand on est... La première fois qu'on voit les codes de Norvège, c'est aussi le moment où arrive une des plus grosses péripéties de l'expédition.

Loïc Ah, c'est là la baume ?

Invité 1 Exactement, voilà, sur un empannage qu'on pensait contrôler. Alors bon, moi, je n'étais pas de car à ce moment-là et Romain non plus, donc on ne peut pas vous raconter en détail ce qui s'est passé. Mais il n'empêche qu'on a entendu un grand bruit et que quand on sort, on voit la baume pliée en deux. Donc, la baume, je ne sais pas si... pour ceux qui ne font pas de voile, c'est la partie horizontale qui supporte la grand voile derrière le mât. Donc, c'est une grande pièce de métal qui fait 6 mètres de long et là, sous le choc, elle se plie en deux avec un angle de 30 degrés, complètement inutilisable, donc impossible de continuer à naviguer du moins dans ces conditions et après, on l'a enlevée et on naviguait sans grand voile. Donc, ça a fait un premier toucher terre un peu anticipé, c'est-à-dire que dès qu'on a vu la côte norvégienne, on a dû se rabattre sur un port pour un tout petit port de pêcheurs pour pouvoir s'y arrêter et faire nos réparations avant d'arriver du coup à Trondheim quelques jours plus tard, une petite semaine après après une semaine à naviguer dans les fjords du long de la côte.

Loïc Du coup, comment ça s'est passé le remplacement de la bombe ou c'est via le contact d'Ivan que l'envoi de la nouvelle s'est fait ?

Invité 1 Vas-y, vas-y, c'est-à-dire. OK. En fait, le truc, c'est que vu que le bateau était neuf et que c'était quand même un gros projet et tout ça, on avait un très bon contact avec JPK, donc les fabricants du bateau qui sont en plus une entreprise, c'est pas non plus de l'industriel à grande échelle, donc on pouvait discuter directement avec eux et ils nous ont suivis tout le long de l'expédition, ils étaient super réactifs dès qu'on avait des galères avec les moteurs qui étaient un peu expérimentaux ou quoi que ce soit, ils étaient super réactifs pour nous aider et donc là, justement, sur la bombe, la bombe qui pète, on les appelle tout de suite et là où on a eu beaucoup de chance, c'est qu'il y en avait une qui était prête à être finalisée, donc on a tout de suite pu avoir une nouvelle bombe qui était disponible pour nous à Lorient. Le truc, c'est que nous, on n'était plus à Lorient, il fallait faire venir la bombe jusqu'en Norvège et ça, ça a été une histoire un peu plus compliquée parce que du coup, avec des transporteurs et tout ça, elle a mis finalement presque un mois à nous rejoindre, elle ne nous a rejoint qu'à Tromsø, nous on était obligés de continuer à aller au nord parce qu'à la fois, il n'y avait plus tant de neige au sud et puis il y avait des gens qui nous attendaient là-bas pour venir sur le bateau et donc au fur et à mesure, la bombe nous suivait laborieusement en camion jusqu'à ce qu'elle finisse par nous rejoindre à Tromsø et que là, on puisse faire la réparation qui au final, en une demi-journée, s'était réglée.

Loïc Donc vous avez fait toute la côte norvégienne sans baume ? Ouais. Ok. Les moteurs, tu disais qu'ils étaient un peu expérimentaux, si je me souviens bien, le bateau était 100% électrique, non ?

Invité 2 Alors le voilier, effectivement, il a des moteurs électriques et ces moteurs électriques, on les a effectivement utilisés un peu dans les fjords, notamment quand on naviguait que avec le génois, la voile d'avant, puisque ça aidait parfois quand il n'y avait pas assez de vent, ou bien on restait simplement au génois et on allait moins vite. Et ces moteurs, du coup, ils ont besoin d'énergie, il y a des batteries sur le bateau, et les batteries, elles peuvent se recharger de quatre manières différentes. La première, c'est de les recharger au port, quand on passait dans des ports, etc., pour faire du ravitaillement, etc., on pouvait recharger nos batteries. dans tous les ports de Norvège, beaucoup de ports en France, on peut se brancher comme ça. La deuxième, c'était avec les panneaux solaires, on avait des panneaux solaires à l'arrière du bateau, ça doit être à peu près 10% de l'apport d'énergie au final, au total de l'expédition.

Loïc Ok.

Invité 2 Même ordre de grandeur pour l'hydrogénération, en fait, nos hélices des moteurs, elles pouvaient tourner en mode génératrice quand on avançait à la voile et donc recharger les batteries comme ça. Ça se faisait une fois qu'on dépassait à peu près les 8 nœuds, donc les 15 km heure, on arrivait à avoir un bon rendement de rechargement. Et puis, on avait quand même la quatrième manière, la solution de secours, qui était le groupe électrogène. Donc, on avait une réserve un peu de carburant sur le bateau aussi parce que si jamais les batteries étaient vraiment à plat, dans ce milieu arctique où on était très engagés, et puis, même pour la communication, pour plein de raisons, il fallait qu'on garde de l'énergie, on n'était plus du tout manœuvrant sinon. Eh bien, on avait ce groupe électrogène qu'on faisait tourner pour recharger un petit cycle de batterie.

Loïc D'accord. OK.

Invité 1 Et pour préciser aussi, c'est qu'une des parties aussi nouvelles pour JVK, c'est de monter justement cette hydrogénération, donc le fait de ces moteurs qui se rechargent quand on navigue à la voile. Et c'est quelque chose que finalement, nous, on a peu utilisé mais c'était surtout dû aux conditions dans les côtes. C'est-à-dire que vu qu'on suit la côte, on est souvent dans des fjords, on passe beaucoup de temps à virer de bord, on ne fait pas des longues distances à vitesse constante. Et c'est pour ça que finalement, ça représente aussi peu de recharge globale sur l'expédition. Alors qu'avec le même système, si tu pars en transat que tu fais plusieurs jours sous bon vent à tirer un grand bord dans l'Atlantique, là, ça rechargera beaucoup plus.

Loïc Oui. Oui. OK. Très bien. On arrive enfin au Svalbard. Donc, vous avez votre nouvelle baume, tout va bien. La phase d'ailleurs, je ne sais plus lequel des quatre, mais vous disiez que vous avez eu des conditions très dures avant même d'arriver en Norvège où vous avez pété la baume. Moi, je me rappelle d'une phase dans le film où il y a une petite régurgitation d'un dîner dans la nuit. C'était au même moment ou vous avez eu encore d'autres conditions plus dures après Norvège ?

Invité 2 En fait, de toute façon, dans cinq mois comme ça, en voilier, on a le temps d'en avoir des tempêtes. c'est sûr. Effectivement, dans le film, on montre aussi un épisode très tendu quand on est en train de remonter justement les côtes norvégiennes un peu plus tard que la baume. On avait déjà commencé à skier, etc. On faisait une traversée donc, on était assez loin des côtes et en fait, on se prend une sorte de bouée, de filet. On ne sait pas trop, c'est la nuit encore, nuit noire vraiment. Un gros temps quand même, il y avait entre 30 et 40 nœuds en fonction du moment. Donc, une mer déjà bien agitée et on se retrouve bloqué au milieu de la mer parce qu'on est ancré par ce filet, cette bouée. Ah,

Loïc il n'était pas dérivant, il était fixé.

Invité 2 Il était fixé, en tout cas, nous, on était fixé. C'est sûr, on n'avançait plus au GPS, on était vraiment bloqués et on avait très peur parce que c'était accroché en dessous du bateau, donc sûrement au safran ou bien à la quille, on ne sait pas, mais avec les efforts que ça faisait, à tout moment, ça pouvait créer une voie d'eau, quoi, de casser, d'arracher quelque chose et de créer une voie d'eau comme ça en pleine nuit au milieu de la mer, en plus une eau qui est à entre 2 et 4 degrés, donc tant dire qu'on n'a pas envie de rester longtemps dedans. Et ça a été, voilà, on s'est tous réveillés, on a dû, du coup, alors c'est Baptistein qui est parti en rappel, on lui a donné un baudrier, on l'a assuré un peu comme s'il descendait une falaise et puis il allait dans l'eau, mettre sa tête avec son couteau à la main pour couper les attaches qu'on avait avec ce filet, quoi. Wow. C'était vraiment une vraie mission, il y avait les conteneurs, les portes-conteneurs qui commençaient à se dérouter puisqu'en même temps, on était quand même en lien avec la marine nationale pour leur dire que c'était un peu une situation compliquée et nous, on n'avait pas du tout envie que les portes-conteneurs, ils arrivent, ils allaient remorquer le bateau mais en fait, tout arracher dessous, donc nous, ça voulait dire fin de l'expédition.

Loïc Ouais.

Invité 2 Et on avait donc, on n'avait que ce choix-là et effectivement, ça a marché, on a réussi à repartir donc on ne pouvait plus utiliser trop les hélices, on ne pouvait utiliser que notre voile d'avant et on est arrivé à se mettre au petit matin sur un port et là, ensuite, on a plongé pour réparer le bateau mais effectivement, au milieu de la nuit, en fait, de se battre comme ça contre les éléments dans la nuit noire sans repère, ça a fait qu'on était tous très malades et quand il fallait aller chercher un couteau, des pinces, etc., c'était à chaque fois l'un l'autre qui se, qui y allait, il allait à l'intérieur du bateau et quand il ressortait, il donnait l'outil et puis hop, il passait par-dessus bord ce qu'il avait à rendre dans la mer, il allait tourner comme ça, voilà.

Loïc Excellent. Et donc, c'est lequel des quatre qui a été malheureusement capturé par la vidéo ?

Invité 2 C'était moi qui étais dans la vidéo mais voilà, je n'étais pas seul.

Loïc Ok.

Invité 1 Ok, ok. Donc, si on regarde bien, on peut voir que Yvan, avant, il en a un peu sur sa salopette de car quand il fait ses appels à la radio.

Loïc Et donc, in fine, il y a eu effectivement de la casse ou pas tant que ça ?

Invité 1 Sur cet épisode-là, ça va parce que finalement, en fait, c'était le moteur qui était coincé par tous les cordages et tout ce qui s'était enroulé autour durant l'événement mais une fois qu'on est descendu en dessous et que du coup, c'est Robin qui a plongé dans le port pour aller couper les cordages enroulés autour, effectivement, il n'y avait ni le safran ni les lisses qui étaient tordus donc on a pu repartir après sans problème.

Loïc Et là, vous aviez des combinaisons étanches ou en tout cas bien épaisse ?

Invité 1 Oui, pour ça, on avait acheté une combinaison justement pour ce genre de situation. Une combinaison de plongée épaisse, je peux 5 ou 6 mm qui a reservi d'ailleurs à nouveau au Svalbard quand on avait recoincé un bout de boute, un bout de corde dans le moteur mais qu'on n'a pas pu utiliser quand on était au milieu de la mer parce que vu le bazar que c'était à bord, ce n'était pas envisageable de s'habiller comme ça.

Loïc Oui, mais même de plonger complètement parce que tu étais attaché mais...

Invité 1 En fait, j'étais attaché, j'avais un peu, en gros, à la base, j'étais à genoux sur l'arrière du bateau, sur le plat bord arrière à essayer d'attraper la corde qui nous retenait et puis au fur et à mesure, plus j'essayais de tirer dessus, plus je descendais dedans. J'avais toujours, je pense, les pieds dans le bateau mais j'avais tout le, en fait, j'étais, j'avais tout le corps, tout le torse dans l'eau, la tête dans l'eau pour essayer de couper le truc.

Loïc Les bons souvenirs d'expédition. Alors, le Svalbard, on y arrive enfin, ça y est. Donc, date d'arrivée, c'est quoi ? C'est 26 mai, c'est ça ? Oui. Là, l'objectif, il y avait un objectif précis, vous saviez où est-ce que vous vouliez vous poser, vous aviez identifié des ports naturels ou passé quelques temps. C'était quoi le plan en arrivant là-bas ?

Invité 2 Eh bien, Oswald-Barn, donc, archipel arctique à 1000 kilomètres du pôle nord, il y a une ville qui s'appelle Longuerbien qui est habitée par un peu de commerçants pour le tourisme et puis des enseignants ou bien des étudiants qui viennent faire un semestre de recherche pour la marine, biologie arctique, etc. Mais il y a une ville de maximum de 1000 personnes. Et ensuite, c'est une terre très grande avec une superficie, je pense, au moins Rhône-Alpes et peut-être Rhône-Alpes-Auvergne qui, c'est la pompe pas, quoi. Et donc, nous, notre but, c'était d'aller rejoindre cette ville, se déclarer, aller chercher les autorisations nécessaires. C'était quand même assez difficile de les avoir. On a aussi dû, par exemple, louer des carabines, des carabines qui étaient là depuis la Seconde Guerre mondiale. que les Allemands avaient laissées après être partis. Donc, nous, on se retrouvait avec comme ça des carabines de 7 kilos parce que, comme il y a une faune, il y a des ours polaires et il était obligatoire d'en avoir sur nous. Bon, bien sûr, on n'en a pas eu besoin de les utiliser et puis, il y a plein de protocoles et de choses à savoir pour éviter les situations de détresse comme ça, mais c'était obligatoire d'avoir une carabine sur soi. Donc, quand on skiait, par exemple, quand on montait et même quand on descendait, on avait une carabine dans le dos, c'était fou. Et donc, c'était notre but de prendre tout ce qu'il fallait à Longerbillon et ensuite, dès qu'on avait tout le nécessaire, on partait explorer le Svalbard en allant dans les fjords, en regardant les cartes et en se disant à chaque fois, tiens, cette face, on a envie de la descendre. Et bien, c'est parti, demain, on y va.

Invité 1 Voilà, c'est-à-dire qu'on ne fonctionnait pas énormément avec une prévision en disant on veut aller faire tel sommet, tel nom, cocher tel endroit sur la carte et c'était beaucoup plus explorer un fjord, regarder à la jumelle ce qui nous inspirait. Aussi, ça dépendait beaucoup des conditions de glace qui ont pas mal évolué en un mois. Il y a à la fois les conditions de neige mais aussi la glace dans les fjords qui permettent plus ou moins de naviguer. C'est ça que globalement, on savait juste qu'on voulait remonter la côte ouest et voir le long ce qui était faisable.

Loïc Vous avez croisé des gens une fois que vous avez quitté Longerbillon ?

Invité 1 On a croisé quelques bateaux parce qu'il y a quelques bateaux de touristes. Déjà, il y a des voiliers qui étaient un peu plus gros que le nôtre mais qui prennent des touristes et qui leur font fort faire un peu le tour pendant quelques jours de la côte mais sans quasiment jamais toucher terre juste pour prendre en photo la faune et voir un peu les paysages. Et après, on a eu une sacrée surprise. C'est-à-dire que quand on est un des points les plus au nord du Svalbard, on redescend pour aller à un bar. C'est un endroit très spécial qui s'appelle Texas Bar qui est une petite cahute au milieu de nulle part où il y a la tradition que tous les gens qui viennent, tous les étrangers, ramènent un alcool de leur pays et déposent de la bouteille et puis ils peuvent boire aussi du coup, c'est en accès libre, il n'y a personne dans le bar et peuvent goûter un peu ce qu'il y a sur place. Donc, vu que c'était un endroit un peu folklorique, on s'est dit qu'on y passait et à peine on y arrive, on prend un peu de temps sur place et là, on voit débarquer dans le fjord un énorme paquebot, un truc des croisières du Ponant. En fait, il y a des centaines de personnes dessus et qui font justement tout le tour de l'île pour ramener leurs touristes et les gars, ultra efficaces, d'un coup, ils envoient une annexe sur le bord, tu as quatre types qui sortent armés pour sécuriser la zone au cas où il y a des ours, ils ramènent des tables, des tentes, tout ça, enfin des tentes de mariage pour faire boire un petit coup de champagne sur la côte à leurs touristes. ça faisait une drôle d'ambiance alors que ça faisait des jours qu'on n'avait croisé personne, c'était assez spécial.

Loïc Ok, ouais, j'imagine, le contraste, ouais. Ok, ok, ok, et du coup, enfin globalement, vos impressions, c'était, enfin moi l'image que j'en ai, je n'ai jamais eu la chance d'aller au Svalbard encore mais pour avoir discuté avec les Artic Fools, avec Vincent Colliard, avec deux, trois autres personnes qui sont allées, moi l'impression que je, enfin ce que j'en retiens globalement, c'est que c'est vraiment, enfin c'est ce que tu dis, c'est que c'est une immensité complètement vierge où il n'y a globalement absolument personne, ça, c'est globalement le sentiment que vous avez tout le long de votre XP sur place là-bas, est-ce qu'il y a d'autres choses qui, enfin globalement, comment est-ce que vous décririez cette phase de l'XP où vous êtes dans ce territoire loin de tout, complètement isolé et quasiment seul ?

Invité 2 Ben, disons que c'est un peu, c'est la, c'est le bout du chemin, quoi, on a fait des, on a fait trois mois de voyer déjà, trois mois d'aventure et là, on arrive au maximum de, de l'inconnu, de, de, voilà, de l'exploration, des terres, des faces, de montagnes qu'on a envie de rider et même si effectivement, on croise un petit peu des bateaux sur les routes navigables dès qu'on est sur Terre, alors là, par contre, on est complètement seul, le silence, c'est des, c'est des silences magiques, qu'on a le temps de créer, vraiment, on se sent ultra libre, quoi, on a des, en plus, une météo qui est superbe dans ces, dans cette période-là, la plupart du temps, mais le fait d'avoir 24 heures de soleil, ça permet vraiment de débloquer du, voilà, des moments où le paysage, il s'ouvre complètement, on voit en même temps les reliefs, les, les crêtes, les montagnes blanches avec les fleurs de bleu comme ça, et puis qui sont remplies d'icebergs, donc ouais, c'est vraiment magique, quoi, et on s'amuse comme ça dans ce terrain de jeu pendant un mois. Excellent.

Loïc À ce moment-là, je fais une espèce de méga accéléré, vous étiez dans l'instant présent ou vous étiez déjà en train de parler de la prochaine XP qui a eu lieu il n'y a pas très longtemps ?

Invité 1 Ah bah, pas du tout, non, en fait, enfin, en tout cas, moi, je n'y pensais pas, je n'y pensais pas du tout, et c'est vrai que quand on vit nos XP, c'est tellement intense, il y a tellement de choses à penser, dont il faut s'occuper en permanence, qu'on ne peut pas du tout se projeter sur la suite, c'est-à-dire que à ce moment-là, on est, en fait, on vit tout à fond, et même une fois rentré, en fait, même pour aller encore en avant, même une fois rentré, vu qu'il faut préparer le film, faire un peu ce qu'on pourrait appeler le SAV de l'expédition, mais c'est-à-dire que l'expédition, elle ne s'arrête, elle commence avant le départ, mais elle s'arrête bien après le retour, ce qui nous laisse beaucoup de temps pour penser que à l'expédition et pas encore à ce qui va se passer ensuite. C'est que plus d'un an après qu'on se dit qu'on a envie de repartir et qu'on commence à réfléchir où est-ce qu'on pourrait repartir. OK.

Invité 2 Même pour aller plus loin encore, pendant le Svalbard, ma réalité était d'être un équipier de ce voilier qui parcourait les montagnes pour faire des images et faire du ski. C'était ce que je faisais. Je n'étais plus étudiant ou étudiant ingénieur ou quoi que ce soit, ou français ou quoi que ce soit. J'étais équipier de ce voilier. C'était la nouvelle réalité. Excellent.

Loïc C'est beau ça quand tu arrives à déconnecter à ce point et finalement, d'où ma question à être... Moi, ce que j'entends, c'est que tu étais 100% dans l'instant présent et focus sur ce que vous étiez en train de vivre et pas nécessairement sur le tracas du quotidien, trouver un stage, trouver un premier job ou autre.

Invité 1 Tout à fait. Parce qu'en plus, en Norvège, on était encore un peu un petit peu plus dedans. On avait déjà le réseau tout le temps. donc mine de rien, tu passes quand même du temps sur ton téléphone et ça restait civilisé. Il y avait des villes, on croisait des gens quand on n'était pas dans des fjords trop éloignés. Et même les paysages, rappelés en fait, les montagnes des Lingen, ont des profils assez alpins donc tout nous ramenait un petit peu à la maison même si on était quand même en expédition et qu'on vivait des choses extraordinaires. Au Svalbard, c'est tellement différent de dire qu'il n'y a plus de réseau, on n'est plus qu'entre nous-mêmes, le paysage ressemble à nulle part ailleurs parce que c'est complètement désolé, beaucoup plus érodé avec des glaciers qui sont immenses par rapport à ce qu'on a pu voir avant. Donc tout en fait, tout tranchait avec ce qu'on avait pu faire avant. C'est pour ça qu'on était à ce point séparés du reste du monde à ce moment-là.

Loïc Comment ça se passe du coup la reconnexion ? Parce que bon, je ne sais pas si elle a été progressive pour vous parce que vous êtes revenu, finalement, ça a été quoi ? une très longue navigation entre le Svalbard et l'Écosse, c'est ça ?

Invité 2 Oui, exactement. Et ça, on a adoré ce retour parce qu'une fois qu'on finit le ski au Svalbard, on a un mois pour rentrer. Et ça change tellement des autres voyages qui peuvent être possibles où on va revenir en avion. On va revenir en 24 heures, 48 heures. Et là, en fait, on se rend compte que l'avion, ça donne une sorte de téléportation où ça te change vraiment de milieu d'un instant à un autre. Et le fait de rentrer comme ça en un mois, ça a vraiment permis de nous reprojeter dans le retour à la France, oui, à la chaleur, même aux odeurs, en fait, à plein de choses comme ça, à la nourriture choisie, à la douche bien chaude, et puis aussi à la société, à revenir avec, voilà, à revoir plein d'amis, la famille, etc. Le fait de revenir comme ça lentement, c'était super.

Invité 1 Oui, en plus, on a pu avoir une approche un peu plus touristique sur la fin où du coup, on était en juillet, c'était l'été. Les gros enjeux de risque de l'expédition étaient quand même globalement derrière nous. Et donc, quand on arrive justement en Écosse, là, on visite un peu des petits châteaux, des châteaux médiévaux, on va faire des petites courses en ville, donc on a, on transforme l'expédition en voyage sur la fin, en vacances, ce dont on parlait au tout début, des étudiants en vacances. Et justement, ce dernier mois, ça permet vraiment une transition fluide pour le retour après chez nous.

Loïc Oui, ça, on avait beaucoup parlé, enfin, je me rappelle surtout du témoignage de Vincent, Vincent Lavrov, des Arctic Fools, qui disait que pour lui, à chaque fois, c'était très, très, très, très compliqué, ce changement brutal de expédition à Troyes au fin fond d'un milieu polaire arctique à retour à la civilisation à Nice ou ailleurs. Et c'est globalement un thème qui revient souvent, donc c'est pour ça que je vous posais cette question parce que c'est la première fois que j'ai des invités qui ont fait une transition, on va dire, plus douce, en tout cas plus étalée dans le temps, via le bateau. Mais ouais, c'est clair que les retours d'expects, ça a globalement, globalement, c'est challenge aussi. Est-ce que du coup, il n'y en a pas du tout eu une fois que vous êtes revenu à Lorient ou du fait de cette phase, on va dire, de retour lent à la civilisation ou est-ce que, voilà, le moment du débarquement et le passage dans la phase post-expects, le film et compagnie, est-ce qu'il y a eu, là aussi, quand même des, enfin, est-ce qu'il y a eu, malgré tout, des challenges ?

Invité 2 Ouais, je pense que c'est des questions très personnelles, je peux commencer à répondre, mais moi, ce qui m'a beaucoup changé, c'est la quantité de stimuli qu'on a par jour et en expédition, on en a tellement, on est toujours occupé, on n'a pas le temps vraiment de s'ennuyer, même en voilier, si on fait son car et globalement, il ne va rien se passer, on est quand même éveillé parce qu'on est responsable de la bonne conduite du bateau et quand on revient à la vie en France ou en société, finalement, on a eu un changement de rythme de ce point de vue-là qui est très, qui est aussi difficile à gérer où il faut du coup se retrouver plein d'occupations parce qu'on est limite un petit peu accro à ce stimuli constant. En tout cas, pour moi, ça a été comme ça les premiers mois.

Invité 1 Moi, je pense que le choc, il est venu un peu plus tard en fait. Sur le coup, quand on revient en France, en plus, en fait, on ne pas se dirige dans la poste expé, mais vu que déjà sur le chemin du retour, on avait déjà commencé à dérocher, à trier les images, ça avait été une transition plus normale et c'est en fait à partir de vers novembre, décembre, où quand il commence à y avoir de la neige en montagne et puis on se dit « Ah, mais là, je ne suis pas en train de skier. Là, je suis en France en train de taffer en école d'ingé et je ne suis pas reparti sur une expé et c'est vraiment le moment où on voit qu'il se passe des choses en montagne et que nous, on n'y est pas que là, moi, je me suis rendu compte que l'expé était vraiment fini.

Loïc Et du coup, on a bien échangé sur cette première expé, on va faire plus court sur la deuxième comme ça, en plus, ça incitera les gens à aller regarder le film dès qu'il sera sorti. Donc, Robin, dis à Thomas qu'il s'active.

Invité 2 On monte ensemble, on fait tout ensemble.

Loïc OK. Donc, pour la petite histoire parce que je pense qu'on se l'a dit en off, vous êtes en train de vous occuper du montage d'un film sur votre deuxième expédition dont vous êtes revenu il y a assez peu de temps et vous êtes en ce moment en train de faire le montage. Donc, quelle a été cette deuxième expédition dans les grandes lignes ?

Invité 2 Alors, cette fois-ci, on est reparti cette année, en 2024, de janvier à mars pour faire de l'autonomie. On est parti en Patagonie pour faire une traversée nord-sud de la Patagonie à travers les rivières et les champs de glace en autonomie totale. On est parti avec Baptiste au début. On a fait d'abord 20 jours de rivière ensemble et ensuite, au moment de monter sur le campo des îles Sour, le champ de glace sud de Patagonie, on a retrouvé Thomas et Vincent pour le traverser ensemble à quatre en gardant toujours nous notre autonomie et eux en arrivant avec leur matériel nécessaire. Donc, au final, ça fait 650 km parcourus en autonomie totale, c'est-à-dire en portant tout avec nous. dans les rivières, nous étions en packraft, donc c'est des kayaks gonflables et on mettait notre matériel dessus. On avait 100 kg de matériel au départ et puis ensuite, quand on monte sur les champs de glace, on transitionne en ski et pulka, c'est-à-dire les pulkas, c'est les luches, les traîneaux qu'on va avoir avec nous. Mais ce matériel, on l'a aussi porté sur le kayak, aussi bien que la nourriture de 50 jours qu'on avait prévus.

Loïc Donc, grosse expé, là pour le coup, j'imagine que le poids et le volume avaient son importance par rapport à la première ?

Invité 1 L'approche était totalement différente et vraiment, avant le départ, on s'est retrouvé à peser tout ce qu'on prenait et peser, comparer le poids des mousquetons, voir est-ce qu'il valait mieux prendre deux maillons rapides mais est-ce qu'avec un, ça ne suffisait pas ? Et en fait, par tranches successives, le but, c'était de réussir à partir avec moins de 100 kilos quand même et finalement, on s'est rendu compte qu'on serait parti avec beaucoup plus si on avait été en illimité mais qu'en réduisant la voilure, on arrivait à partir en sécurité et quand même avec un matériel suffisant mais là, c'était beaucoup plus axé justement, beaucoup plus le cœur de la préparation qui était moins de l'entraînement ou ce genre de choses parce qu'on avait déjà du coup l'expérience précédente mais plus du rodage technique pour être sûr d'avoir le bon matériel pour faire les bonnes choses.

Loïc Et c'était quoi l'objectif ? Qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné les Arctic Full se sont retrouvés mêlés à votre expé ?

Invité 2 Il y avait beaucoup d'objectifs dans cette expédition. On en avait un déjà sportif d'arriver à faire cette trace. On avait envie d'être plus que deux pour traverser le champ de glace qui était vraiment une mission assez engagée notamment avec les crevasses qui peuvent s'y trouver et de traverser à plus que deux donc trois ou quatre. ça donne beaucoup plus de sécurité sur la cordée si jamais il y en a un qui tombe. Donc c'était un des éléments majeurs. Les Arctic Full ont aussi amené pas mal de matériel vidéo pour que justement on puisse raconter cette expédition également. et puis un des objectifs majeurs de l'expédition c'était d'y aller sur ce champ de glace pour récupérer des échantillons de neige et en collaboration avec des laboratoires chiliens de mener une étude sur la présence de microplastiques au sein de ce champ de glace.

Loïc D'accord. Ok. Je crois savoir que tout s'est pas tout à fait déroulé comme prévu initialement comme bien souvent en XP. Est-ce que vous pouvez nous raconter ce à quoi vous avez dû faire face il me semble une fois que vous êtes arrivé sur le champ de glace ?

Invité 1 Oui, c'est qu'effectivement les plus gros imprévus on va dire les plus grosses difficultés elles ont eu lieu quand on est arrivé sur le champ de glace même si c'était déjà pas facile dans la partie packraft mais il y a eu moins d'imprévus les choses se sont passées plus ou moins comme on s'y attendait et quand on arrive sur le champ de glace en fait il faut se dire que pour donner du contexte nous on part sur le mois de mi-janvier enfin on arrive mi-janvier au Chili mais finalement on part plutôt fin janvier dans l'expédition et on comptait faire 7 ou 8 semaines d'autonomie 50 jours on avait 50 jours de marge et ça c'était des contraintes personnelles qui faisaient qu'en fait on ne pouvait pas partir sur un autre créneau dans l'expédition et on savait on nous avait dit et puis on le savait que le glacier en était risqué d'être ouvert assez crevassé enfin le champ de glace et que c'était une période du coup qui n'était pas forcément idéale mais normalement il devait y avoir un passage en tout cas les cartes des scientifiques et globalement les relevés des précédentes repérages pas par nous mais montraient que le coeur du glacier du moins était pas trop crevassé et que les zones de crevasses se concentraient sur les zones de dénivelé ou de changement de pente et en fait quand on est arrivé dessus et qu'on a commencé à avancer déjà on a eu beaucoup de brouillard en fait beaucoup de météo assez chaude donc avec beaucoup de brouillard et d'humidité pas tant de froid comme on s'y attendait et le brouillard ça rendait l'avancée dans les zones de crevasses très dangereuses et surtout on s'est rendu compte qu'il y avait beaucoup plus de crevasses qu'attendues notamment dans des zones qui étaient supposées sur qui étaient avec des trous de 40 mètres enfin des crevasses de 40 mètres de large donc c'était assez terrifiant et au fur et à mesure qu'on avance en fait on se rend compte finalement que toute la partie entre le volcan Lotharo et la zone du glacier Wiggins en fait il y a une barrière de crevasses il y a toute une zone de crevasses extrêmement large qui barre tout le champ de glace qui empêche la traversée nord-sud comme on voulait la faire ce qui nous a obligés à nous dérouter et essayer par contournement successif d'éviter ces crevasses pour finalement ne pas réussir à les éviter et se retrouver bloqués un peu dans une zone au milieu du champ de glace

Loïc Du coup l'issue

Invité 1 qu'est-ce que ça a été ? Donc là à ce moment-là on avait la possibilité encore on avait encore quelques jours de nourriture mais on avait du mauvais temps qui arrivait devant nous donc ça nous aurait été obligé en fait de passer 4 ou 5 jours dans la tente à laisser passer la tempête pour après avancer avec les 5 jours de nourriture qui nous restaient et dans une zone qu'on voyait très crevassée et aussi cette fois donc en fait il faut se dire qu'il y a je donne le contexte avant de raconter l'issue mais il y a un peu deux types de crevasses il y a les crevasses des zones glaciaires donc où c'est sur de la glace bleue et ça va être des petites crevasses qui vont faire 1 mètre à 2 mètres de large qui sont dangereuses mais qu'on voit et qui vont surtout ralentir la progression parce qu'il faut faire quelque chose de très sinueux pour les éviter c'est sur de la glace donc en fait il faut souvent y aller en crampon plutôt qu'à ski etc et après dans les zones en neige le coeur de la calotte il y a les grandes crevasses et là qui sont en fait des fractures qui font 20-40 mètres de large qui s'étendent sur des kilomètres et qu'on voit pas toujours parce qu'il y a justement des ponts de neige au dessus et ce qui fait que les ponts de neige en hiver ils sont assez épais on peut passer partout n'importe où et nous qui étions en été donc en été l'hémisphère sud ces ponts de neige étaient extrêmement fins voire effondrées par endroits et c'était un peu de la roulette russe de passer par dessus et à ce moment là du coup on voit qu'autour de nous il n'y a que soit des kilomètres et des kilomètres de zones de glace bleue qui vont nous prendre en fait des dizaines de jours à traverser et on n'a pas la nourriture pour soit des parties en neige blanche mais dont on sait qu'elles sont crevassées ou en fait c'est jouer à la roulette russe pendant toute la journée en espérant sortir pas du tout envisageable vu qu'il restait un jour debout avant la tempête on a appelé un hélicoptère pour nous sortir de là donc un gars Philippe avec qui on avait discuté avant et qui était justement prêt à nous faire un secours si nécessaire et on l'a appelé pour faire donc une évacuation pour se faire évacuer du champ de glace justement avant d'avoir besoin d'un secours c'est à dire avant que la situation dégénère et qu'on se retrouve au fond d'une crevasse ou pris dans la tempête

Loïc punaise j'imagine que comme toujours dans ce genre d'aventure c'est pas évident d'y mettre un terme de manière anticipée mais d'un autre côté là de ce que j'entends c'est que vous aviez enfin clairement vous n'avez pas le choix enfin vous n'avez pas le choix c'était complètement irraisonné d'essayer de poursuivre à tout prix

Invité 2 c'est sûr et même en fait on a tout essayé c'est à dire que cette ligne de crevasse qui nous barrait la route pour le sud on l'a exploré on a essayé vraiment à plein d'endroits de passer et puis même au dernier moment où on se disait bon ça passera pas on a cherché à aller jusqu'à la dernière langue de neige qui nous faisait aller le plus au sud parce que nous on était tellement motivés pour continuer notre race et en fait cette décision de s'arrêter alors carrément elle est difficile à prendre mais dans ce contexte là et avec tout ce qu'on avait parcouru déjà il n'y avait pas de doute il n'y avait aucun doute à se faire c'était la seule solution

Loïc ouais c'est quoi peut-être du coup pour conclure sur cette sur cette deuxième XP et se rapprocher doucement mais sûrement de la fin de l'échange c'est quoi les grands apprentissages que vous retirez de cette deuxième XP en tout cas tous les deux puisque je crois qu'Ivan était impliqué mais à distance c'est ça si j'ai bien compris

Invité 1 oui c'est ça Ivan il nous faisait le routage météo c'est à dire que là du coup pendant toute l'expédition on était hors réseau et donc on avait juste une balise satellite qui nous a servi notamment à appeler les secours et c'est Ivan qui nous faisait l'interface à la fois pour envoyer les nouvelles de ce qui se passait à nos familles et puis surtout pour nous nous envoyer les prévisions météo au jour le jour après du coup pour les apprentissages ça a été en fait c'était une expédition qui est beaucoup plus compliquée que la précédente parce que la précédente en fait on est venu vraiment avec beaucoup tout s'y en sait globalement tout s'est bien passé celle-là elle nous a fait beaucoup grandir on a je pense beaucoup plus pris en maturité avec cette deuxième expédition qu'avec la première et ça nous amène aussi à il y a plein d'aspects et c'est encore très récent parce qu'on est rentré depuis un mois et demi donc c'est encore frais dans nos têtes mais il y a un aspect qui montre aussi que les projets c'est tout l'intérêt des projets qui ne sont pas monodimensionnels c'est à dire que notre projet on aurait pu le résumer à dire on voulait faire une traversée du champ de glace et cet aspect-là ça aurait été finir sur une note négative en disant on n'a pas fait la traversée mais vu qu'il y avait tellement de foisonnement autour qu'il y avait l'idée d'enchaîner en autonomie le packraft et le ski et surtout qu'il y avait la recherche scientifique dans la zone de ramener des échantillons de neige vu que tout ça ça a été des succès ça fait que l'expédition reste quand même très positive et on attend avec impatience d'ailleurs les retours des scientifiques à qui on a remis les échantillons et qui sont en train de les analyser en ce moment même je ne sais pas si Robin tu avais d'autres apprentissages sur l'expédition

Invité 2 ah non mais globalement je suis d'accord avec toi c'était une expédition exceptionnelle avec un degré d'engagement encore plus fort que la précédente et on revient aussi avec des paysages magnifiques en tête des moments hyper forts des moments très difficiles même physiquement aussi d'efforts de marcher de transporter nos 100 kilos de matériel au fur et à mesure des kilomètres ça fait des souvenirs vraiment hyper forts et qui vont rester pendant longtemps et outre la fin qui a été qui est arrivée un peu prématurément l'expédition ouais c'est des souvenirs c'est une réussite que vraiment je pense on pourrait en rester fier encore assez longtemps excellent

Loïc du coup la projection de tout ça ça va être c'est pour 2024 tu penses Robin ?

Invité 2 on vise de voilà pour ce film là on vise de finir d'ici la fin de l'année 2024 par contre pour le film de l'expédition en Arctique de la première expédition on le postera sur Youtube dès le 2 juin et il sera disponible pour tout le monde

Loïc ah trop bien excellent celui-là pour l'avoir vu je vous le dis allez visionner dès qu'il est dispo on reste en contact je mettrai le lien en description de l'épisode dès que ce sera fait vous me préviendrez mais ouais clairement à aller visionner pour en prendre plein les yeux et bien écoutez un grand merci les gars c'était génial de vous avoir sur le podcast de découvrir de l'intérieur du coup comment sont montées ces deux expés surtout la première de comprendre un peu toutes les phases qu'il y a eu avant qu'il y ait finalement ce départ pour l'Orient et puis surtout d'en apprendre plus sur ce que vous y avez vécu ce que vous en retenez est-ce qu'il y a pour faire un peu de teasing au-delà du film est-ce qu'il y a quelque chose qui se prépare avec Kauna dans les années à venir ou pas encore

Invité 1 alors là on va avoir du mal à annoncer en avant-première de nouveaux projets on a plein d'idées en tête mais c'est vrai qu'on réfléchit pas mal les projets les uns après les autres donc pour l'instant le principal teasing c'est peut-être que quand le podcast sortira le film sera déjà en ligne et donc la sortie en festival du film de Patagonie et on verra aussi en fonction de l'accueil et de comment ça se passe les nouveaux projets qui se créent derrière et donc suivez-nous sur Instagram vous aurez tout dès qu'on aura les idées

Loïc parfait donc les liens en description comme d'habitude pour Insta merci une fois de plus à tous les deux et je vous dis Robin bon courage je sais pas Baptiste si t'es impliqué mais Robin bon courage pour le film et puis à une prochaine très certainement

Invité 1 merci beaucoup pour l'accueil merci Loïc

Loïc merci d'avoir écouté cet échange avec Robin et Baptiste jusqu'au bout j'espère qu'il vous aura plu et qu'il vous aura pourquoi pas peut-être inspiré à vous lancer dans vos propres projets quoi qu'il en soit n'hésitez pas à partager cet épisode à un maximum de personnes autour de vous et de manière générale si vous souhaitez soutenir le podcast et bien parlez-en là aussi parlez-en le bouche à oreille est un moyen extrêmement simple et efficace de faire connaître le podcast pour rejoindre le groupe des tippers les auditrices et auditeurs qui soutiennent financièrement le podcast c'est à partir de 1 euro par mois et bien ça se passe sur le site tipeee.com slash les-frappés autrement le lien est en description merci pour votre fidélité je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode dans lequel on va parler de sport à haut niveau et de handicap à bientôt à bientôt

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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