Les Frappés Les Frappés
Saison 4 EP·173 Expédition #voyage #Kirghizistan

09 juillet 2024

De la France au Kirghizistan : 80 jours d’aventure humaine en stop, avec Vianney de Boisredon

Durée · 56 min · Transcription disponible

Vianney

Le récit

Cette semaine je reçois Vianney qui vient nous parler de son grand voyage qu’il a réalisé en stop 👍🏼 et chez l’habitant pendant 80 jours, depuis Aix-en-Provence jusqu’à Bichkek au Kirghizistan 🇰🇬

80 jours d’aventures, de galères, mais aussi de magnifiques rencontres qui ont changé sa vision du voyage et qui lui ont redonné foi en la capacité de l’Humanité à faire face aux grands enjeux de notre temps.

Excellente écoute !

🔎 Le livre écrit par Vianney : Steppe by Steppe (Flammarion). Retrouvez plus de détails sur son aventure sur le site PolarSteps ici.

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👉 Épisode #77 - Échange avec l'aventurier professionnel Rémi Camus

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Transcription

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Vianney Et en fait, là j'ai découvert un homme extrêmement touchant. On parlait évidemment pas la même langue, mais on arrivait à beaucoup communiquer par les gestes, par les mots clés, par les regards. Il m'a cuisiné un plat de pommes de terre et de chèvres. Ce qu'il faut savoir c'est que la viande là-bas, c'est vraiment quelque chose d'assez sacré. En général, on le réserve pour des grandes occasions. Donc voilà, c'est aussi la beauté de ce voyage-là, c'est plein de rencontres et parfois au moment où on s'y attend pas, où on n'est pas forcément prêt, on n'a pas forcément envie.

Loïc Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Cette semaine, je reçois Vianney qui vient nous parler de son grand voyage qu'il a réalisé en autostop et chez l'habitant pendant 80 jours depuis Aix-en-Provence jusqu'à Bishkek au Kyrgyzistan. 80 jours d'aventures, de galères, mais aussi de magnifiques rencontres qui ont changé sa vision du voyage et qui lui ont redonné foi en la capacité de l'humanité à faire face aux grands enjeux de notre temps. Je vous souhaite une excellente écoute et juste avant ça, je tiens à remercier toutes celles et ceux qui soutiennent financièrement le podcast sur Tipeee et qui permettent ainsi aux frappés de maintenir son indépendance, c'est-à-dire concrètement d'éviter les pubs. Si vous souhaitez les rejoindre, rendez-vous sur tipeee.com. Autrement, le lien est en description. Merci beaucoup. Chaque euro compte. Eh bien écoute, Vianney, super content de te recevoir sur le podcast pour parler de plein de choses, j'imagine de rencontres, de voyages, d'aventures, d'imprévus, de paysages très certainement incroyables. Mais ce que je te propose pour commencer, c'est tout simplement de nous expliquer dans les grandes lignes, qui tu es, quel est ton parcours ? Bien sûr, merci Loïc, je suis absolument

Vianney ravi d'être là. Donc moi, je m'appelle Vianney, j'ai 26 ans. Dans les grandes lignes, j'ai fait des études en Angleterre en politique, philosophie, économie et ensuite des études de commerce en France. Et je suis un passionné d'aventures, de voyages. Et donc, à la fin de mes études, je me suis lancé dans un projet un peu particulier que je vais pouvoir vous raconter maintenant. C'est de partir de France jusqu'au steppe d'Asie centrale, donc quasiment jusqu'à la frontière chinoise, uniquement en autostop et en dormant chez l'habitant.

Loïc Excellent, excellent. Alors, tu es la deuxième personne que je reçois sur le podcast qui vient nous raconter une aventure en autostop et chez l'habitant. Je ne sais plus d'ailleurs si Julien avait aussi été dormé chez l'habitant ou si c'était uniquement de l'autostop, je ne sais plus trop. Mais en tout cas, lui, c'était en Patagonie. Si l'épisode vous intéresse, après avoir écouté Vianney, foncez, le lien est en description. Donc, très content qu'on parle de cette manière de voyager un petit peu différente. Comment est-ce que toi, tu as découvert l'autostop et qu'est-ce qui t'a amené à un moment donné à te dire, allez, vas-y, go, je vais partir quasiment jusqu'en Chine en autostop et chez l'habitant.

Vianney Oui, alors l'autostop, j'en avais déjà fait un petit peu avant en France avec des amis en vacances. Donc, on se lançait souvent des défis de partir à une destination qu'on avait choisie en stop et on formait en général des équipes de deux et on faisait des petites courses comme ça. Donc, j'avais un peu découvert le stop dans un cadre de vacances, de plaisir. Et aussi, j'avais eu l'opportunité de faire un autre voyage, donc avant celui-ci, où c'était en plein Covid. Je m'étais retrouvé au Costa Rica avec des copains et j'avais un embarquement en voilier qui rentrait en France, au Mexique. Et donc, j'ai traversé l'Amérique centrale en stop. Il y avait aussi un peu de bus et un peu de moto, mais globalement beaucoup de stops aussi. Et en fait, voilà, j'ai beaucoup apprécié cette forme de voyage. Et je m'étais dit, un jour, il faudrait que je fasse un voyage plus long de cette manière-là. Et c'est comme ça que je me suis lancé ce défi-là.

Loïc Ok, donc, ce n'est pas quelque chose que tu as découvert à travers cette grosse aventure. Mais pour le coup, qu'est-ce qui fait que tu as accroché avec ce mode de déplacement au point de décider de le faire, en tout cas de voyager de cette façon pendant plusieurs mois ?

Vianney Sur une si longue distance. En fait, je connaissais cette manière de voyager, mais c'est vrai que je ne la connaissais pas sur une distance aussi longue et sur un temps aussi long. Donc là, le voyage a duré plus de 80 jours. Et en fait, ce que j'appréciais, mais j'ai mis du temps à l'apprécier, en fait, au début, ça a été assez difficile. Mais ce que j'ai fini par apprécier, c'est vraiment déjà l'attente qui, au début, je le voyais vraiment comme quelque chose de négatif, de pénible, de long. Et en fait, j'ai appris à transformer ça en un moment d'intériorité, de joie, de contemplation. Mais voilà, ça m'a demandé plusieurs semaines de voyage en stop. Donc ce n'est pas quelque chose qui a été facile. Et ensuite, évidemment, ce que j'ai absolument adoré, c'est les rencontres, c'est-à-dire la diversité de gens, de profils qu'on peut trouver en autostop. En fait, il n'y a pas de filtre, on voit absolument de tout. Donc du PDG jusqu'à l'ouvrier, enfin voilà, il y a toutes les classes sociales. Aussi, moi, du coup, j'ai eu beaucoup de diversité de pays. Donc ça, c'est quelque chose que j'ai vraiment adoré. Je suis monté dans plus de 200 véhicules sur les 80 jours. Donc ça fait quand même pas mal de monde.

Loïc Ouais, j'imagine. Avec, je suppose, au fil du voyage aussi, des différences sûrement culturelles. D'ailleurs, les gens comprenaient tous le fait de voyager en autostop, enfin notamment en Europe.

Vianney Alors, les gens ne comprenaient pas tous la démarche. C'est-à-dire qu'on me demandait souvent, mais OK, mais pourquoi tu fais ça ? C'est quoi le but ? Et c'est toujours assez difficile de donner un but à un voyage en amont. Donc non, les gens ne comprenaient pas très bien. Les gens aussi ne comprenaient pas forcément la réalité de cette manière de voyager. Enfin voilà, la plupart n'en avaient jamais fait. Et en même temps, du coup, ça permettait vraiment de tout de suite aborder des discussions assez belles et assez profondes sur justement ce que les gens, enfin sur leur manière de voyager, leur manière d'envisager la vie, leur manière d'interagir, etc. Donc tout de suite, ça amène des discussions assez profondes. Donc ça, c'était un point d'entrée assez facile de dire, voilà comment je voyage. J'arrive de tel pays. J'ai déjà traversé tant de kilomètres. Et en fait, très vite, ça crée un lien.

Loïc Trop bien. Et pourquoi du coup, pour conclure sur la partie un peu, les questions un peu high level sur le trip, pourquoi cette direction ? Pourquoi est-ce que tu as décidé de partir vers la Chine et pas ailleurs ?

Vianney Ouais, alors du coup, comme je te disais, j'avais fait un voyage précédemment où j'étais du coup parti en Amérique centrale et entré à la voile d'Amérique centrale jusqu'en France. Et donc je m'étais dit, voilà, maintenant j'ai envie d'aller de l'autre côté. Donc un voyage complètement différent. Et aussi, j'avais une forme de fascination pour toute cette région du monde qui est l'Asie centrale. Donc l'Asie centrale, concrètement, c'est vraiment les anciennes républiques soviétiques. Donc le Kyrgyzstan, le Tajikistan, l'Ouzbékistan et le Kazakhstan. Tous les pays en ce temps, comme on dit. Et en fait, c'était des pays que je connaissais très mal à l'époque et je voulais vraiment aller voir de mes propres yeux ce qu'il y avait sur place. Et donc c'est vraiment comme ça que j'ai choisi cette destination. Et je voulais aussi y aller de manière un peu plus éco-responsable. Donc je me suis dit, allez, le stop, c'est parfait, ça coche pas mal de cases. Excellent.

Loïc C'est vrai que tout ce coin-là, il y a vraiment, je ne sais pas si c'est le cas pour tout le monde, mais moi, il y a des noms de lieux, de massifs qui tout de suite me font voyager. Le Pamir, c'est clair.

Vianney C'était un de mes goals d'aller là, clairement.

Loïc On en avait pas mal parlé d'ailleurs avec Florian Coupé, que tu connais, qui a fait Paris, alors je ne me rappelle plus.

Vianney La Corée du Sud, il me semble.

Loïc Oui, la Corée du Sud. J'ai essayé de retrouver le nom de la ville où il a atterri au Corée du Sud, mais je ne vais pas tenter de le prononcer. Mais on avait aussi parlé, il m'expliquait que lui, son grand regret, c'est que justement, il n'avait pas pu passer par le Pamir. Il me semble que c'était pour des raisons d'enneigement, je crois.

Vianney Oui, parce que j'avais eu le même problème que lui. Il y a des conflits entre le Kirghizistan et le Tadjikistan. Le Pamir se trouve surtout dans le Tadjikistan. Et en fait, du coup, normalement, on peut traverser la frontière assez facilement. Et en ce moment, ce n'est pas tout à fait possible, en tout cas quand j'y étais. Et du coup, ça fait que le Pamir, on peut le visiter, mais par contre, il faut faire un aller-retour sur plusieurs milliers de kilomètres. C'est un peu un cul-de-sac, donc c'est assez engageant. Donc moi, j'ai fait ce choix de le faire quand même. Mais du coup, j'ai fait du stop à l'aller et au retour sur une route. Donc pour ceux qui ne connaissent pas le Pamir, c'est une route absolument mythique à plus de, voilà, entre 2000 et 5000 mètres d'altitude avec des cols assez hauts et des montagnes assez incroyables. Donc concrètement, c'est autour de... Enfin, c'est au Tajikistan, l'Afghanistan, un peu la Chine. Et donc, c'est vraiment des paysages incroyables qui font rêver pas mal de monde.

Loïc Yes. Le Pamir. Parce que du coup, au moment où tu es parti, tu savais déjà quelle était ta destination ou tu avais une contrainte de durée et puis tu t'es arrêté au bout de 80 jours là où tu trouvais ?

Vianney Oui, alors moi, du coup, je suis parti en septembre. Et en fait, voilà, je ne suis pas très malin parce que je suis parti en septembre. Et en fait, au fur et à mesure que j'avançais, l'hiver arrivait. Ce n'est pas hyper intelligent puisque aussi, plus j'allais vers l'Est, plus l'hiver était rigoureux. Donc, je m'étais dit, allez, je rentre avant Noël pour ne pas me... Déjà, pour passer du temps en famille et aussi pour ne pas me faire trop déranger par l'hiver qui là-bas, voilà, la journée, il fait moins 10 et la nuit, il fait entre moins 20 et moins 30. Donc, je m'étais dit, je pense que c'est un bon point pour arrêter le voyage. Et donc, il se trouve qu'un peu par coïncidence, ça faisait pile 80 jours au moment où je suis rentré.

Loïc Parce que tu as dû passer des nuits dehors à un moment donné ou tu as à chaque fois réussi à trouver quelqu'un pour t'héberger ?

Vianney Alors, sur 80 nuits, du coup, j'en ai passé 50 chez l'habitant, donc plus de la moitié. Je me faisais accueillir assez facilement d'un air général. Et plus j'avançais vers l'Est, plus c'était facile entre guillemets de me faire accueillir. Mais voilà, j'ai quand même passé beaucoup de nuits dehors. Et notamment, j'ai le souvenir d'une nuit dans les steppes en Ouzbékistan, où je me suis fait ennuyé par des chiens errants pendant toute la nuit, qui tabouent dans les oreilles pendant des heures. Et ensuite, une tempête de neige qui était hyper violente, et tellement violente qu'elle a cassé certains arceaux de ma tante. Et donc là, je me suis dit, ok, à partir de maintenant, il faut vraiment que je priorise la nuit chez l'habitant. En plus, dans les steppes, il fait extrêmement froid. Enfin, on était au mois de novembre, fin novembre. Et donc voilà, la nuit, il fait entre moins 5 et moins 15. Donc heureusement, j'étais quand même équipé niveau sac de couchage. Mais ça reste une nuit extrêmement difficile. Et du coup, voilà, à 7h, on est déjà sur les routes pour repartir. Tellement, ce n'est pas des nuits reposantes.

Loïc Ouais. Parce que tu peux peut-être nous parler de ta journée, la journée type. En tout cas, tu vois, les moments de la journée qui revenaient à chaque fois. Je suppose que les rencontres étaient tout le temps différentes, les paysages. Enfin, tout ça change énormément. Mais comment est-ce que tu t'organisais typiquement sur une journée pendant ce voyage ?

Vianney Ouais, carrément. Alors en fait, ce qu'il faut savoir, c'est que quand on lève chez l'habitant, en général, on se lève tôt parce que les gens vont travailler. Donc je me réveillais vers 7h. En général, à 7h30, 8h, j'étais déjà sur les routes. Et donc en fait, là, c'est une routine assez simple. On se met sur le bar route, on lève le pouce et on attend qu'une voiture s'arrête. Donc parfois, ça dure 5 minutes, parfois ça dure 3h. Donc il faut être un peu patient. Et en général, c'est très dur d'avoir une routine puisque parfois, la personne nous emmène directement là où on veut. Parfois, on doit passer par plein plein de petites voitures qui nous emmènent seulement de quelques kilomètres. Et donc en général, aussi, les gens sont extrêmement généreux, extrêmement ouverts. Et donc beaucoup m'offraient le café sur la route ou un déjeuner. Donc ça, c'était vraiment l'occasion de prendre le temps de vraiment rencontrer la personne qui me prenait en stop. De vraiment... Voilà, aussi peut-être parfois la remercier. Donc tout en temps, j'essaie de payer moi-même le déjeuner. Même si dans la plupart des pays, en fait, c'était quasiment impossible de payer soi-même. C'était une question de principe. L'étranger, on lui paye ce déjeuner. Oui, ça, c'était assez frappant. Et ensuite, donc en fait, ça dure toute la journée. Donc moi, j'ai vraiment pas mal tracé, en fait, parce que je ne m'arrêtais pas forcément pour visiter des endroits. Enfin voilà, ce que je voulais visiter, c'était vraiment les gens et leur culture. Et donc je m'intéressais plus à ce que me racontaient les gens qu'aux lieux plutôt touristiques, etc. Donc j'avançais pas mal. Et aussi, voilà, beaucoup de contemplation sur la route en regardant les paysages, etc. Et à un moment, donc moi, j'avais des journées assez courtes vu que l'hiver approchait. Et donc assez tôt, en fait, il faut réfléchir à où est-ce qu'on va dormir. Et donc là, c'était pas évident parce que les gens ne vont pas forcément naturellement accueillir. Et donc moi, la technique qui marchait le mieux, en fait, c'était vraiment de sympathiser avec la dernière personne qui me prenait en stop. Il me montrait que j'étais digne de confiance. Et en fait, faire en sorte que l'idée vienne naturellement de lui. Donc en général, en lui parlant de mon projet, il me demandait « voilà, où est-ce que tu dors ce soir ? » « Je sais pas encore. » « En général, je dors chez l'habitant. » Et donc très vite, en fait, les gens avaient l'idée de dire « ah bah, tu peux dormir chez moi » ou « tu peux dormir chez ma tante » ou « chez mon cousin ». Et donc ça allait assez vite. Et donc ça, c'est un peu une journée de type. Après, il y a évidemment l'accueil chez l'habitant qui est différent à chaque fois. Mais aussi à chaque fois, un moment souvent très convivial avec un bon dîner. Et ensuite, beaucoup, beaucoup de partages sur nos cultures, sur notre quotidien, sur aussi la nourriture, sur la gastronomie, sur plein de choses. Et en général, voilà, moi, j'avais un tapitole et un sac de couchage, donc je dormais par terre. Et le lendemain, re-belote, retour, redépart à 7h du matin, enfin 7-8h. Et donc, en fait, on s'est assez épuisés, en fait, quand on a voyagé, mine de rien. Parce qu'on est tout le temps dans la rencontre de l'autre. Moi, qui suis quelqu'un d'assez introverti, ça a été extrêmement difficile pour moi et ça a été un sacré challenge. Mais je dirais que ça m'a beaucoup ouvert. Tu vois, il y a beaucoup de choses que j'étais incapable de faire avant et qui m'ont vraiment permis de sortir à fond de ma zone de confort.

Loïc Comme quoi, par exemple, qu'est-ce que tu fais aujourd'hui que tu ne faisais pas avant depuis ce voyage ?

Vianney Moi, par exemple, aller aborder quelqu'un à un événement, quelqu'un que je ne connais pas, pour lui parler d'un projet ou pour lui partager une demande. Voilà, ça, c'est quelque chose qui me terrifiait avant, tu vois, d'aller aborder les gens. Et maintenant, c'est quelque chose que je fais beaucoup plus facilement parce qu'en fait, en stop, c'est ce que tu fais toute la journée, tu es en situation de demande. Ou alors, voilà, demander des choses. Ouais, de dormir chez l'habitant, la première fois que j'ai toqué à une porte, pour moi, c'était tellement difficile, j'étais tellement stressé. Et aujourd'hui, je le fais...

Loïc Tu étais en Europe encore, en plus ?

Vianney Comment ? À ce moment-là.

Loïc Pour la première nuit chez l'habitant, tu étais en Europe encore, en plus ?

Vianney Oui, j'étais en Europe, exactement. J'étais en Italie, donc en plus, je ne parlais pas italien.

Loïc Et puis culturellement, il y a peut-être moins cette... Enfin, c'est ce que tu disais, plus tu avances vers l'Est, plus les gens t'accueillaient spontanément. Mais c'est une question, du coup, est-ce qu'en Europe... Moi, j'ai l'impression, tu vois, quand j'entends des récits de voyage comme le tien, j'ai l'impression qu'en Europe, on a peut-être moins cette culture. Alors, en Italie, je ne sais pas, mais moins cette culture, tu vois, de l'accueil du voyageur spontanément.

Vianney Carrément. Carrément. En Europe, ça a été extrêmement difficile au début. Je me faisais accueillir très difficilement. Les seules fois où j'arrivais à me faire accueillir, c'était souvent par couchsurfing.

Loïc Oui.

Vianney Mais tu vois, voilà, ça passe par une application. C'était jamais aussi spontané qu'en Aïs Central, où en fait, presque, tu n'avais même pas besoin de demander, qu'on te proposait directement. Et on t'ouvrait la porte directement. Et enfin, voilà, c'est vraiment une question de culture. Aussi, peut-être, un peu aussi de religion. Enfin, voilà, j'ai traversé beaucoup de pays musulmans. Et en fait, là-bas, l'accueil de l'étranger, c'est une valeur extrêmement forte. C'est presque un devoir. Et donc, forcément, ça simplifie pas mal les choses.

Loïc Excellent. J'allais partir sur autre chose. Alors, attends, il faut que je retrouve son nom. Non, j'ai perdu la page. Tu as écrit un livre, on ne l'a pas encore évoqué, mais tu as écrit un livre, Step by Step, à ton retour. Oui. Une aventure initiatique en stop et chez l'habitant jusqu'aux portes de la Chine. Et il se trouve que j'ai la chance de l'avoir entre les mains. Il est bourré d'anecdotes que je trouve géniales. Le genre de rencontres, le genre d'imprévus que tu as à gérer uniquement dans l'aventure. Et il y en a une qui m'a vraiment marqué. C'est, alors je ne sais plus son nom, je ne sais plus où tu es, mais tu as été pris par un chauffeur de camion qui doit s'arrêter régulièrement parce qu'il y a tout le temps des réparations à faire. Et tu te retrouves au bord d'une route sous la pluie complètement glacée. Et là, il y a un vieillard à côté qui finit par t'accueillir.

Vianney Oui.

Loïc Et j'ai trouvé cette scène, je ne sais pas, dans le dénuement de ce que tu racontes ou dans la description que tu fais. Enfin, moi, je comprends qu'il y a juste une petite pièce, il y a juste un petit foyer. Il te fait à manger, il te fait goûter le miel de ses ruches. Et puis, tu pars avant même qu'il soit réveillé, si j'ai bien compris. Enfin, je trouve que tu vois, la scène est vachement, à la fois très simple et incroyable de partage parce qu'on comprend qu'il n'a rien, en fait. Il a très peu et pour autant, il t'accueille et il te fait confiance au point de vous dormez côte à côte à côté du feu.

Vianney Oui, cette scène, elle est incroyable. En fait, pour donner plus de contexte, à ce moment-là, j'étais au Tadjikistan. Et j'étais justement sur le retour de la Pamir Highway, donc cette fameuse route au Tadjikistan. Et en fait, pendant toute la journée, il pleut des cordes. Et en fait, ce qu'il faut savoir, c'est que cette route, c'est une route qui est très, très peu fréquentée. Elle est fréquentée uniquement par des 4x4 de touristes, mais qui sont pleins à craquer, donc qui ne prennent pas en stop. Ou des camionneurs qui vont vers la Chine ou vers le Kyrgyzstan. Et donc là, je me retrouve au port de cette route. Et en fait, il n'y a personne qui vient. Je suis sous la pluie, je suis trempé, j'ai le moral dans les chaussettes. Et il y a ce monsieur qui commence à discuter avec moi. Donc moi, j'étais un peu de mauvaise humeur, donc je lui parle, mais sans forcément être hyper ouvert, hyper sympa. Je voulais juste avancer, j'étais un peu de mauvaise humeur. Et il me dit, écoute, si tu ne trouves personne, tu peux venir chez moi. Il y a ma petite chaumière juste là derrière. Ça me ferait vraiment plaisir de t'accueillir. Moi, j'ai ma famille qui est partie à Douchambay, donc la capitale. Donc je suis tout seul ce soir, donc ça me ferait vraiment plaisir de t'accueillir. Moi, au début, j'étais un peu réticent. Je me disais, maintenant, il faut que j'avance, etc. Puis finalement, évidemment, aucune voiture ne passe, la nuit arrive. Et donc, je me dis, j'ai plutôt trop d'autres choix. Je vais passer la soirée avec lui. Et en fait, là, j'ai découvert un homme extrêmement touchant. Donc on parlait évidemment pas la même langue, mais on arrivait à beaucoup communiquer par les gestes, par les mots-clés, par les regards. Et en fait, je lui ai raconté un peu mon voyage. On a raconté son histoire, l'histoire de sa famille. Il me montrait, il a sorti tous les albums photos de sa famille où je voyais qu'en fait, il avait été militaire. Il avait fait plein plein de choses incroyables dans sa jeunesse. Il montrait des photos de sa femme, de ses enfants. Enfin voilà, c'était un beau moment de partage. Et aussi, il m'a cuisiné un plat de pommes de terre et de chèvre. Et ce qu'il faut savoir, c'est que la viande là-bas, c'est vraiment quelque chose d'assez sacré. Enfin voilà, en général, on le réserve pour des grandes occasions. Et lui s'est dit, bon allez, j'ai un étranger, donc je vais lui cuisiner de la viande. Et donc ça, c'était extrêmement touchant pour moi de voir qu'il s'était mis à cuisiner rien que pour moi de la viande, qui coûte quand même objectivement cher dans ces pays-là. Il a sorti du miel de ses ruches. Enfin voilà, c'était un moment extrêmement beau, extrêmement touchant. Et on s'est vraiment endormis côte à côte comme... Enfin, j'avais plus l'impression d'être un étranger et lui l'autre, mais vraiment comme deux frères. C'était extrêmement beau. Et le lendemain, je suis reparti et c'était assez émouvant de le quitter. Alors que voilà, j'étais pas du tout réceptif au début à une rencontre comme ça. Donc voilà, c'est aussi la beauté de ce voyage-là. C'est plein de rencontres. Et parfois, au moment où on s'y attend pas, où on n'est pas forcément prêt, on n'a pas forcément envie. Et en fait, voilà, l'enjeu, c'est vraiment de rester ouvert à tout moment dans le voyage.

Loïc Tu penses que tu pourras revoyager de manière plus classique, maintenant que t'as vécu ce genre d'aventure, où la part de rencontre est tellement forte ?

Vianney Bah écoute, c'est une bonne question. Évidemment, je pense que je serais amené à voyager de manière plus classique. Après moi, ce qui me fait vraiment vibrer, c'est justement voyager avec un défi, avec une notion de dépassement de soi. Donc là, on parle de stop, mais voilà, moi, comme Florian, je serais ravi de faire un grand voyage à vélo, un grand voyage, voilà, j'ai déjà fait beaucoup de voiles aussi, donc ça, c'est une meilleure voyager qui me plaît beaucoup. À pied aussi, je pense que j'apprécie beaucoup aussi l'intériorité, la contemplation de la marche, quelque chose qui me plaît énormément. Et où il y a aussi cette dimension de rencontre quand on marche, et on peut aussi choisir de loger chez l'habitant. Je savais toujours, quand je voyage, de mettre un peu une dimension un peu plus autre que juste du plaisir pur et dur, mais aussi une notion de sortie de sa zone de confort, de ma zone de confort, pour idéalement me dépasser moi-même et aussi aller vers l'autre.

Loïc C'est peut-être ça, d'ailleurs, quelque part, qui rend le voyage encore plus beau, encore plus riche. Enfin, je ne sais pas ce que tu en penses, mais tu parles de défis, de dépassement, je me dis, c'est peut-être plus intéressant. Enfin, moi, je sais que ça me parle plus de ce que tu viens d'expliquer, que tu vas prendre l'avion et aller quatre jours à New York, manger dans des restos qui sont dans les guides du routard, etc. Enfin, c'est très bien aussi, mais j'imagine qu'on a des affinités avec un type de voyage plus qu'un autre.

Vianney Ça correspond à des envies différentes. Et en fait, je pense que quand on a le temps et qu'on a l'énergie et qu'on a l'envie, c'est extrêmement enrichissant. Et même s'il y aura des difficultés, il y aura des galères, il y aura des épreuves, en fait, on grandit beaucoup plus. Et voilà, après, c'est un privilège de pouvoir le faire. Mais si on a la chance de pouvoir le faire, je pense que c'est évidemment quelque chose qui apporte énormément.

Loïc Je suis bien d'accord avec toi. Là, tu viens d'évoquer une anecdote en particulier, ce qui a l'air d'être un super souvenir, cette rencontre avec cet homme. Je suppose qu'il y a eu des imprévus peut-être un peu moins agréables, au-delà de l'attente sur le bord des routes. Surtout quand on voit, tu as traversé quand même un certain nombre de pays, dont quelques-uns qui ne sont pas nécessairement les plus stables politiquement. Est-ce qu'il y en aurait quelques-unes que tu pourrais peut-être nous partager ?

Vianney Oui, bien sûr. Il ne faut pas s'imaginer que le stop, c'est qu'on trouve des voitures tout le temps et ça avance tranquillement. Et évidemment, au-delà de juste la pénibilité de la merde de voyager, il y avait aussi pas mal d'imprévus exactement géopolitiques sur ma route. Donc, j'étais un peu sur la route de la soie vers la Chine. Et donc, en Europe, j'ai pu avancer très rapidement jusqu'en Turquie. Et en fait, arrivé en Turquie, j'ai essayé de passer en Géorgie. Donc là, j'ai eu une petite galère, une petite mésaventure. Quand j'arrive au poste frontière géorgien, en fait, on m'explique qu'ils ne trouvent pas le tampon turc sur mon passeport. Et donc, là, coup dur. Et je ne comprends pas parce que je suis bien passé par le poste frontière turc. Donc pour moi, j'étais en règle, il n'y avait pas de problème. Et en fait, ce qui s'était passé, c'est qu'en passant la frontière entre la Grèce et la Turquie, j'étais monté dans un camion pour passer cette frontière parce que c'est une frontière extrêmement contrôlée et on ne peut pas passer à pied. Et donc, en sortant du camion, j'avais juste poursuivi ma route et j'avais oublié de passer par le guichet qui tamponnait le passeport. Et donc, je me retrouve là-bas sans tampon. Et là, en fait, je me retrouve face à des policiers extrêmement agressifs qui me disent, écoute, il faut que tu sortes immédiatement du pays, il faut que tu retournes de là où tu viens. Et donc, de là où je venais, c'était concrètement 2000 km d'autostop parce que la Turquie, c'est un pays immense. Et donc, ça voulait dire deux semaines de stop aller, deux semaines de stop retour. Donc, ça me faisait faire un mois. Et donc, avec l'arrivée de l'hiver, en fait, c'était pas du tout réaliste de pouvoir continuer comme ça. Et donc, ça voulait dire la fin du voyage. Donc là, j'ai vraiment été confronté à la fin de ce voyage sur lequel j'avais mis tant d'espoir, tant d'envie. Et donc, ça a été un moment extrêmement difficile. Donc, j'ai pris une nuit pour un peu me dire, bon, allez, qu'est-ce que je fais ? Pour reprendre quelques forces aussi, parce que j'étais bien fatigué après une trentaine de jours de voyage déjà. Et en fait, pendant la nuit, je cogite et je me dis, mais Vianney, c'est pas possible que ton voyage s'arrête là, il faut trouver une solution. Et en fait, je me dis, mais si je retourne là-bas, ils vont me dire exactement la même chose qu'ici, j'aurais pas le passeport et je serais toujours aussi légal. Et donc, en fait, ça apportera rien de refaire du stop 2000 km en arrière. Je me retrouvais exactement la même situation. Donc, je me suis dit, allez, je vais tenter de faire du stop et passer par un autre poste frontière, un peu plus loin, pas loin de l'Arménie. Et donc, je suis passé là-bas. C'était un tout petit poste frontière avec juste une petite cabane et quelques policiers qui faisaient des roulements. Et donc là, ils me disent exactement la même chose. Non, tu pourras pas passer, etc. Et là, je me dis, allez, c'est le moment d'être hyper déterminé. Donc, j'ai passé plus de quelques heures à négocier avec les policiers. Je tournais tout le temps. Donc, j'arrivais à peu près à m'en sortir. J'avais planté ma tente pas loin. Enfin, vraiment, j'étais prêt à tout pour passer. Et en fait, au bout d'un moment, il y a un touriste belge et turc, qui parlait français et turc, qui est venu à ma rescousse et qui m'a aidé justement à négocier avec le policier. Et en fait, à la fin de la discussion, j'ai compris qu'en fait, je pouvais passer, mais la contrepartie, c'était d'être banni du pays pendant 5 ans et de payer une amende de 500 euros. Ouah ! Ouah, ça fait quand même cher payer. Et je demande du coup, est-ce que c'est négociable ? Et donc là, ma grande surprise, le policier dit oui. Et donc là, les négociations commencent pendant plusieurs heures. Et finalement, on lance le processus. On s'était mis d'accord à un prix. On était parti à 500. On avait descendu à une centaine d'euros, je crois. Et les 5 ans de bannissement, on avait descendu à 2 ans. Je me dis, ok, ça, c'est quelque chose que je peux accepter. Et en fait...

Loïc Mais tu penses que c'était dans un cadre légal, tout ça ? Ou tu penses que c'est lui ?

Vianney Non, non, c'était 100% légal. En fait, la Turquie, on ne peut pas vraiment faire de backshifts parce que c'est un pays où ils ont énormément renforcé leurs mesures en termes de corruption. Donc en fait, tout ça, c'était légal. Ils m'avaient montré un livret avec un tampon du gouvernement, etc. Donc ce n'était pas un backshifts, c'était vraiment une amende. Et en fait, la négociation, je pense que c'est parce que... Parce qu'il avait compris ma situation et il avait fini par avoir un peu d'empathie pour moi. Mais il se mettait aussi... Enfin, c'était un grand risque pour lui de me laisser passer comme ça. Et donc là, il y a des roulements de policiers. Donc on est le soir tard. Et donc je vais voir le policier, je me demande où est-ce que ça en est. Et il me dit, c'est bon, tu peux passer. Donc là, je lui tends mon passeport, il le tamponne. Et ensuite, rien. Il me dit, tu peux y aller. Et donc, il me dit juste... Il me fait juste un signe avec ses doigts. Il me dit, voilà, tu es banni pendant deux ans du pays. Mais il ne me demande pas d'amende. Et donc je passe comme ça en Géorgie le soir tard. Il pleut des cordes. Et là, j'étais absolument refait de pouvoir continuer le voyage. Et c'était un moment de joie intense. Et en fait, tout ce qui est venu après, je l'ai vraiment vécu comme du bonus. Parce que je me suis dit, à ce moment-là, le voyage aurait pu s'arrêter. Donc maintenant, c'est que du kiff, que du plaisir. Donc ça, ça a été une galère extrêmement forte. Et il y en a eu beaucoup d'autres qui ont suivi. Mais celle-là, c'est peut-être la plus grande. Trop bien.

Loïc Génial. Ça, ça fait tellement plaisir quand tu te retrouves... L'ascenseur émotionnel, mais qui va dans le bon sens, tu vois. Oui. Je vais me faire... Moi, ça m'était arrivé en Nouvelle-Zélande. J'étais parti en Nouvelle-Zélande entre... Je crois que c'était entre mes deux années de classe prépa, si j'ai bien de mémoire. Entre la terminale et la première année de prépa, je ne sais plus trop. Et c'est vraiment un pays qui me fait rêver. Enfin, qui me faisait rêver. Donc j'avais essayé de ramener, tu vois, des guides de voyage, plein de cadeaux pour la famille, etc. Et je n'avais pas calculé le poids, en fait. Naïvement, j'avais, je ne sais pas, je devais avoir... J'avais 17 ans, je crois. Ouais, 17 ans. Et donc j'arrive à l'aéroport pour le retour. Valise, 32 kilos. Bon. Donc le gars m'annonce, je ne sais plus, 400 ou 500 euros de frais, de poids supplémentaire. Et je me dis, mais en fait, je n'ai pas 500 euros. 17 ans, je n'ai absolument pas 500 euros. Et donc, j'ouvre ma veste, tu vois. Enfin, j'ouvre mon sac d'épité, je sors le plus gros, le truc qui prend le plus de volume, qui est une veste. Il faisait chaud, tu vois, c'était l'été. Enfin, non, c'était l'hiver en Nouvelle-Zélande, mais il faisait quand même bon. Et il repèse le truc et il y a genre 31 kilos, quoi. J'ai enlevé un kilo. Et là, il me regarde dépité, il me dit, tu vas où ? Je dis, ben, en France. Il me dit, ok, bon, ben, moi, je viens en France en septembre. J'espère que tu vas bien m'accueillir. Et boum, il me met le tampon et c'est passé, tu vois. Et là, j'ai fait, ah ! Incroyable !

Vianney Il est venu, c'est réel.

Loïc Je ne sais pas, franchement. Il m'a dit ça, tu vois, mais il ne m'a pas donné ses coordonnées, rien. Puis, il a dit ça en riant, tu vois. C'était plus sublime, ouais. Ouais, je pense que c'était une blague. J'imagine peut-être qu'il venait, mais bon, voilà. Donc, quand j'ai récupéré ma valise, il y avait des… Parce qu'il y avait une escale, je crois, à Singapour pour venir à la Noël-Zélande, puis Paris et ensuite Marseille. J'avais des stickers partout sur la valise, warning, overweight, tu vois. Donc, ouais, ce gars-là, ça m'a marqué, quoi.

Vianney Un genre d'ascenseur émotionnel où tu pars d'une situation sur papier complètement désespérée. Ouais. Et où, en fait, tu arrives quand même à aller au bout de ton projet. Je trouve que c'est quelque chose d'extrêmement jouissif, d'extrêmement puissant. Et aussi, voilà, qui donne confiance pour la suite.

Loïc C'est clair. Et puis, je trouve aussi qu'il t'incite, après toi-même, à être peut-être clément, tu vois, au patient ou à… Tu vois, quand tu te retrouves dans l'autre situation, ou une fois que tu es dans une situation où tu peux aider quelqu'un, tu peux tendre la main, je trouve que quand tu as vécu ce genre de choses, ou c'est toi qui as reçu, ben, en tout cas, moi, ça m'a… Tu vois, plusieurs fois, ça m'a incité à donner aussi, quoi. C'est clair.

Vianney Quand tu ressens autant, tu ressens un sentiment de… Ouais, il faut que tu rentres d'une partie de ce que tu as donné. Tu es complètement débiteur, en fait. Même moi, je me rends compte aussi de… Voilà, tous ces gens qui m'ont accueilli pour une nuit, en fait, ils l'ont fait vraiment de bon cœur gratuitement. Et c'est extrêmement… Enfin, voilà, c'est extrêmement touchant. Et moi, je ne sais pas si je l'aurais fait personnellement à titre personnel. Enfin, en tout cas, avant ce voyage-là. Et du coup, ce que je me suis dit, c'est que chaque personne qui m'a accueilli, en fait, je mets de côté l'argent que j'aurais pu économiser en dormant dans une auberge ou dans un hôtel. Et du coup, je l'ai reversé à une association justement de réfugiés et de demandeurs d'asile. Et en fait, ça m'a permis de me dire, bon, allez, je reçois énormément, mais au moins, je rends une microscopie partie de ce que j'ai reçu. Et ouais, je trouve qu'il y a quelque chose de… Ouais, dans le voyage, il y a quelque chose qui pousse à vouloir donner davantage par rapport à tout ce qu'on a et la chance pour moi et qui fait réaliser de pas mal des choses.

Loïc Parce que sur place, les gens, tu disais que, tu l'évoquais un peu plus tôt, c'est très difficile de leur payer un repas, par exemple. Est-ce que tu es arrivé à leur rendre quelque chose avant de partir, que ce soit de l'argent, un cadeau ou du temps, en faisant certaines tâches ménagères, par exemple ?

Vianney Ouais, carrément. Alors en fait, déjà de base, j'étais parti avec un petit sac avec plein de mini-tours Eiffel en porte-clé. J'avais été acheté, je tombais de la tour Eiffel avant de partir. Et donc, j'offrais sur ma route, chaque fois, un petit porte-clé aux différents gens avec qui j'avais passé du temps et avec qui j'avais réussi à créer un lien. Donc que ce soit des conducteurs ou des autres, des gens qui m'accueillaient. Et donc ça, c'était plus symbolique qu'autre chose. Et puis ensuite, évidemment, je me rende un maximum disponible pour aider. Donc par exemple, les routiers, je les aidais sur leur livraison. Ou alors les gens qui m'accueillaient, j'essayais de cuisiner avec eux, vraiment d'être disponible pour eux. Et donc en fait, ça, c'était... Pour moi, c'était assez évident de le faire. Quand on accueillait, c'est normal de rendre un peu en retour. Après, j'aurais aimé pouvoir leur donner plus. Et parfois, c'était un peu frustrant, ce sentiment de recevoir autant et de ne pas pouvoir rendre. Ce qui était beau, c'était aussi de pouvoir rester en lien. Donc la plupart me demandaient un WhatsApp, un Instagram. Et en fait, même aujourd'hui, je continue à recevoir des messages de tous ces gens qui m'ont accueilli. Parfois, de numéros absolument inconnus du Kazakhstan. Voilà, c'est assez rigolo.

Loïc Tu penses que tu y retourneras dans ces pays ? Ou retourner voir certaines personnes en particulier avec lesquelles les rencontres être vraiment fortes ?

Vianney Oui, j'aimerais bien. Je pense que c'est aussi une région qui évolue extrêmement rapidement. Je voyais, ne serait-ce qu'économiquement, c'était une région qui était quasiment en chantier partout, que ce soit les routes, les villes. C'est extrêmement dynamique. Donc je ne sais pas si j'entends dans quelques années, est-ce que ça aura beaucoup changé ? Mais en tout cas, j'ai eu quelques rencontres très marquantes, notamment en Ouzbékistan et au Kyrgyzstan. Et donc, j'aimerais beaucoup y retourner, notamment avec un jeune Ouzbé qui m'avait accueilli à Tashkent et qui avait exactement mon âge, mais qui avait une histoire de vie complètement différente. où en fait, il avait beaucoup de frères et sœurs. Il venait d'une famille assez pauvre. Et c'était le seul de sa famille qui avait fait des grandes études. Et du coup, il s'est retrouvé à devoir payer les études de ses frères et sœurs, payer aussi la maison de ses parents. Enfin voilà, il avait des énormes responsabilités sur les épaules. Et en fait, c'était génial de pouvoir échanger ensemble parce qu'on avait une enfance tellement différente. Et donc ça, ça a été extrêmement fort.

Loïc Excellent. Le projet du livre, tu l'avais en tête au moment du départ ou ça t'est venu après au retour ?

Vianney Moi, j'étais parti vraiment sans aucune intention d'écrire un livre. Pour moi, c'était vraiment plus un voyage personnel. D'ailleurs, je postais même pas sur les réseaux sociaux. C'était vraiment un voyage purement intérieur, purement personnel. Et en fait, je prenais beaucoup de... Voilà, comme j'avais du temps, j'étais beaucoup seul. Je prenais du temps en fait un peu tous les soirs pour écrire ce que j'avais vécu dans ma journée, chacune des rencontres qui m'avaient marqué, des réflexions sur ma vie, sur la solitude, sur le danger, sur le voyage, sur la liberté. Voilà, plein de thèmes qui me tenaient vraiment à cœur. Et donc, en fait, je me suis retrouvé à mon retour de voyage avec, tu vois, j'ai tout mis sur un... tout compilé sur un Google Doc et j'étais à plus de 150 pages de notes. Donc là, je me suis dit, mais attends, mais il y a peut-être quelque chose à faire là. Et je ressentais aussi cette envie de partager, mais pas forcément partager mon voyage parce que c'était pas forcément très intéressant, mais plus partager des petits messages. Des petits messages d'audace, des petits messages d'altruisme, des petits messages de démerveillement, voilà, plein de petites choses qui, moi, m'avaient beaucoup marqué et qui, je pense, peuvent toucher des gens. Et donc, c'était vraiment cette démarche-là. Et en fait, je me suis dit, bon, allez, j'avais rien prévu au retour, j'avais pas prévu de commencer un job extra. Je me suis dit, allez, je prends ces prochains mois pour écrire. C'est mon nouveau défi et c'est ma manière, à moi, de continuer à voyager.

Loïc Très bien. Et pour ouvrir une parenthèse, du coup, l'aventure de l'édition, ça s'est passé comment pour toi ? Parce que t'as été édité par Flammarion, donc c'est quand même grosse maison d'édition. Il s'est passé combien de temps entre le moment où tu t'es dit, bah allez, go, tout ce Google Doc, je vais le transformer en livre ? Et ça a été quoi, les grandes étapes ?

Vianney Alors, les grandes étapes, ça a été, donc je suis rentré fin décembre et j'ai commencé à écrire véritablement début janvier, enfin mi-janvier. Et donc, à ce moment-là, je me lance dans mon projet, mais j'ai aucune certitude et c'est vraiment que de la remise en forme de notes, aussi réfléchir un peu à le fond du projet, qu'est-ce que j'avais envie de transmettre, etc. Donc il y a tout un travail un peu au départ de calibrage de ce que je voulais. et ensuite, voilà, la rédaction pure et dure qui est un immense travail. Et donc ça, ça a duré jusqu'à fin avril, début mai. Donc c'est à quatre mois. Mais voilà, quatre mois qui ont été passionnants parce que moi, j'ai adoré justement cette période-là où en fait, j'avais ma routine tous les matins. Je savais que j'écrivais pendant quatre heures et c'était un peu mon moment d'intériorité, de retour en arrière, de digestion un peu de tout ce que j'avais vécu. Et donc je me suis retrouvé fin avril, début mai avec un manuscrit et une première version. Et donc je pensais que j'avais fait le plus dur. Et en fait, j'étais très loin de réaliser que c'était que le début. Et en fait, donc là, j'ai passé... Voilà, moi, je connais personne dans le monde de l'édition. J'étais... Voilà, je parlais vraiment de zéro. Et donc j'ai commencé à me renseigner. Plus j'appelais des gens, plus on me disait que ça allait être compliqué, plus on me décourageait de le faire. Donc c'était une période assez difficile où j'ai beaucoup douté. Je me suis dit, mais en fait, peut-être que... Voilà, quelle est ma légitimité ? Est-ce que... Est-ce que... Voilà, des restes de voyage, il y en a des milliers. Qu'est-ce que le mien, il apporte de plus que celui de quelqu'un d'autre ? Voilà, il y a eu beaucoup, beaucoup de remises en question. Je voyais que ça ne prenait pas. Donc j'essaie de passer plutôt par des contacts de contacts. Donc le cousin de mon pote qui travaille dans l'édition ou la tante, la vieille tante qui connaît un peu le milieu, etc. Et donc j'essaie de... de un peu trouver des contacts comme ça. Je voyais que ça ne marchait pas très bien. Et donc là, on arrive au mois de fin juin. Donc après quasiment deux mois de recherche intense au téléphone avec plein plein de gens hyper différents. Et donc fin juin, je... Je me dis bon bah là, ça va être... Ça va être très très long. Il faut que je tente un truc. Il faut que je change de méthode. Et donc là, je parlais avec mon petit frère qui est entrepreneur et qui a beaucoup l'habitude des réseaux sociaux et notamment LinkedIn. qui me dit écoute Vianney, je pense que tu devrais tenter de faire un post LinkedIn. Et voilà, au pire, ça ne prend pas. Mais si ça prend, ça peut vraiment... Ça peut vraiment t'aider dans ta recherche. Parce qu'en fait, la plupart des maisons d'édition me disaient écoute Vianney, c'est génial ton projet. Mais voilà, tu n'as pas de communauté. Enfin voilà, je n'en avais pas à l'époque parce que j'avais fait le choix de ne pas poster pendant le voyage. Et donc en fait, il y avait un... Voilà, c'est une vraie prise de risque pour eux de pouvoir vendre le livre derrière. Et donc, je me dis, allez, je me lance. Je poste sur LinkedIn. Donc on prépare un post un peu catchy avec une photo un peu catchy aussi. Voilà, j'avais la barbe gelée parce que c'était un moment où il faisait très froid au cœur existant avec entouré de paysages de neige autour. Et en disant, voilà, j'ai écrit un livre, je cherche un éditeur. Est-ce que vous pouvez m'aider ? Et donc là, je ne sais pas très bien ce qui se passe mais très vite, beaucoup, beaucoup de... C'était la première fois que je postais sur LinkedIn de ma vie. Et très vite, le post, en fait, commence à buzzer, à prendre avec plein, plein de gens qui repostent, qui commentent, qui likent. Et donc, ça a pris des proportions que je ne soupçonnais pas. Et donc, à partir de là, en fait, j'ai commencé à me faire... À être contacté par une dizaine d'éditeurs. Ah oui, carrément ! Oui. Et donc, ça a commencé comme ça. Et donc, dès les jours qu'on suivit, en fait, j'ai enchaîné les rendez-vous avec des éditeurs. Ou voilà, j'avais préparé un petit dossier, un petit pitch. Et donc, j'allais les voir à tour de rôle. Et en fait, celui avec qui ça s'est vraiment très, très bien passé, c'est le directeur éditorial de Flammarion, qui était hyper enthousiaste du projet, qui m'a... Voilà, presque au début, je me disais, mais c'est étonnant qu'il soit aussi enthousiaste. Je me méfiais beaucoup. Et donc, à la fin du rendez-vous, voilà, on discute, on... Voilà, je lui pose des questions aussi sur lui, sa vie, il me pose plein de questions sur le voyage, sur ma vie, sur ma vision des choses. Et à la fin de lui, écoute, Vianney, j'adore ton projet, je suis fan. Par contre, il faut quand même que je lise le manuscrit avant de m'engager. Donc, si tu me l'envoies, je te donne une réponse dans une semaine. Ce qui était absolument fou, parce que pour moi, c'est un process qui, parfois, peut mettre plusieurs mois. Enfin, c'est ce qu'on m'avait dit, en tout cas, ça peut prendre entre trois et six mois. Et donc, là, le fait qu'ils me disent, j'étais une réponse aussi rapidement. Et en même temps, je n'y croyais pas beaucoup, parce que je me disais, voilà, Flammarion, c'est quand même une très grande maison, il y a très peu de chances que ça marche. Et une semaine après, je reçois le fameux mail, il me dit, bah là, j'ai lu ton livre, j'ai adoré, on publie l'année prochaine. Et donc, en fait, il y a eu une sorte de déclencheur avec ce post, qui a, en fait, prouvé aux éditeurs qu'il y avait de l'engouement autour du projet, qu'il y avait une vraie curiosité des gens. Et donc, en fait, il me manquait juste ça. Il me manquait juste prouver à l'éditeur que ce livre a de l'intérêt. Et donc, ça a été une sacrée aventure en soi aussi, le processus d'édition.

Loïc Excellent. Comme quoi, c'est intéressant ce que tu dis sur le premier post LinkedIn et boum, ça devient viral et ça te crée des opportunités. La conclusion, c'est quand même qu'il faut oser, même si on n'est pas familier d'un univers, d'un mode de communication ou autre.

Vianney Oui, exactement. J'étais hyper angoissé par le fait de mettre en avant. C'est quelque chose avec lequel je n'étais pas du tout à l'aise. Et surtout, aussi, j'avais des a priori très négatifs sur LinkedIn à l'époque. Il y a toujours un peu d'ailleurs. Mais voilà, pour moi, c'était un peu la consécration de l'ego et du soi-même. Et c'est quelque chose qui me dérangeait vraiment quand je regardais. Donc, j'avais un peu du mal à avoir une bière psychologique à passer en me disant non, non, mais tu le fais pour un projet qui a du sens et qui compte pour toi. Et donc, il faut franchir ce pas-là. Et voilà, après, la difficulté, c'est de ne pas tomber dans cette... un peu dans cette... de vouloir se faire mousser sans arrêt, etc. mais moi, en tout cas, je trouvais que ça avait du sens et ça a marché et je pense que les gens l'ont senti aussi. Et c'est pour ça qu'ils ont été touchés par le poste.

Loïc Génial. Génial. En tout cas, c'est hyper inspirant entre le voyage et puis cette notion de... En fait, finalement, est-ce que c'est pas... Je te pose la question en même temps que j'ai réfléchi, donc je le fais à votre. T'as beaucoup russi dans le voyage, pendant ton voyage. Enfin, c'était un peu même d'ailleurs... Enfin, c'était clairement l'essence de la manière dont tu voulais voyager. Est-ce que ce livre, c'est pas un peu aussi une manière de rendre à tous ces gens qui t'ont beaucoup donné ? Parce que tu les... Enfin, tu vois l'anecdote que je partageais tout à l'heure sur ce vieux monsieur qui t'accueille, tous les gens qui te prennent en route. En fait, c'est un peu leur rendre hommage aussi, non ? À travers ton livre. Et une manière de les remercier.

Vianney Exactement. En fait, ce livre, c'est un peu une sorte de lettre de remerciement géante pour tous ces gens qui m'ont rendu service, qui m'ont ouvert leur portière, qui m'ont ouvert la porte de leur maison. Et notamment, je sais pas si t'as le livre entre les mains, mais à la fin, je cite absolument tous les gens qui m'ont accueilli. Et donc, je mets leur prénom. Enfin, tous les gens qui m'ont accueilli et qui m'ont pris en stop. Et donc, je mets leur prénom et à chaque fois, une petite anecdote sur eux qui m'a marqué. Et donc, ça, c'était une manière pour moi de vraiment être attentif à eux et à les remercier pour tout ce qu'ils m'avaient donné.

Loïc C'est génial que t'aies noté tous les prénoms, les lieux, etc. Il y en a 10 pages. Donc, clairement, on voit qu'il y a eu du monde qui t'a aidé dans ce voyage.

Vianney C'est vraiment comme une chaîne d'entraide, en fait, de gens qui m'ont permis d'aller au bout d'un rêve. Et c'est ça qui est beau, en fait, dans ce livre aussi. Génial.

Loïc Fabuleux. Alors, tu l'as évoqué quand même à plusieurs reprises. Enfin, tu as évoqué plusieurs apprentissages, je dirais, que tu as fait pendant ce voyage. Mais si tu devais en retenir qu'un ou plutôt la manière dont ce voyage t'a changé, tu dirais que c'est quoi ?

Vianney Alors, effectivement, j'en note plusieurs à la fin. il y en a 3 ou 4 qui ont été assez forts pour moi. mais je dirais que le plus, en tout cas, celui qui m'est le plus utile aujourd'hui, c'est cette notion d'audace dont on parlait. Cette notion d'aller au bout de ces aspirations profondes. En fait, ce dont je n'ai pas trop parlé aussi, c'est un peu la jeunesse du projet où j'ai vraiment ressenti comme une forme d'appel, de murmure intérieure au fond de moi d'intuition. Et en fait, dans nos vies, moi, je ressens beaucoup d'intuition comme ça et parfois, j'ai tendance à un peu ne pas les écouter parce que rationnellement, ça n'a pas forcément de sens. Par exemple, se dire je vais monter un projet pour aller jusqu'en à l'éthique centrale en stop, ce n'est pas quelque chose de forcément très rationnel. Et donc, moi, c'est vraiment cette capacité à écouter intérieurement ce à quoi j'aspire et c'est quelque chose qui est en fait utile pour toute la vie et qui est vraiment un enseignement extrêmement puissant et qui m'aide encore aujourd'hui.

Loïc Il va y avoir une deuxième phase ou en tout cas un autre voyage en autostop, tu penses ?

Vianney Oui, bien sûr, pas plus tard qu'il y a trois semaines, je suis parti retrouver un de mes meilleurs copains qui était en tour du monde en stop. Et donc, je lui ai fait une petite surprise, je suis allé le rejoindre pendant son voyage sans le prévenir. Donc, lui, il était en Croatie, enfin, il était en Grèce, je l'avais retrouvé en Grèce au départ et finalement, il a avancé plus vite que prévu donc je l'ai retrouvé en Croatie. Et donc, moi, j'y suis allé en train et en train de nuit et donc, j'arrive là-bas, grâce à l'application qui s'appelle Polar Steps, j'arrivais à peu près à savoir où il était. Et donc, j'ai réussi à le retrouver en pleine nuit alors qu'il vivait tranquillement. Et ensuite, on a fini le voyage ensemble du coup, du Brouvenic en Croatie jusqu'en France. Et donc, ça m'a rappelé un peu des petits souvenirs de voyage ensemble. Et surtout, en fait, c'était génial de pouvoir partager le voyage avec quelqu'un parce que c'est vrai qu'il y a quelque chose de, voilà, c'est extrêmement chouette de pouvoir voyager seul et on a une liberté incroyable, mais il y a toujours cette petite frustration de ne pas pouvoir le partager. Et donc là, le fait de tous les deux pouvoir vivre ce moment ensemble, en fait, ça renforce l'amitié et c'est extrêmement beau. Donc, oui, il y aura clairement d'autres voyages en stop, peut-être pas pour tout de suite, mais en tout cas, en tout cas, c'est maire de voyager qui me plaît énormément et qui me pousse hors de ma zone de confort chaque fois un peu plus.

Loïc Génial. Génial. Ben écoute, Vianney, un immense merci, c'était passionnant de partir à la découverte, enfin la découverte, de partir voyager en tout cas, step by step, pour prendre le titre de ton livre, en autostop et chez les pires. C'était vraiment super. Est-ce que toi, il y aurait peut-être un message que tu voudrais faire passer, souligner ou évoquer peut-être quelque chose qu'on n'a pas évoqué dans l'échange pour conclure cet épisode ?

Vianney En fait, peut-être le message de fin que j'aimerais faire passer, c'est qu'en fait, moi, en fait, cette expérience m'a vraiment redonné foi en l'humanité et je pense que c'est quelque chose qui est extrêmement important aujourd'hui où en fait, on entend énormément de choses négatives, que ce soit dans les médias, sur les réseaux sociaux, beaucoup de drames, beaucoup de nouvelles négatives, beaucoup de choses un peu angoissantes, que ce soit aussi lié aux sujets climatiques et sociétaux. Et en fait, se dire qu'il faut être capable d'entretenir cette foi en l'humanité si on veut vraiment avancer ensemble. Et donc moi, c'est aussi, ce que je m'a vraiment remis beaucoup en question sur ma foi en l'humanité et le fait de me dire qu'en fait, on est obligé de croire en l'humanité si on veut résoudre tous nos défis sociétaux, environnementaux, etc. Et donc, voilà mon message de se faire confiance les uns les autres, même si parfois, c'est désagréable, compliqué, et voilà, c'est quelque chose qui me porte au quotidien. En tout cas, c'est vraiment ce que je retiens de ce voyage-là aussi. Fabuleux.

Loïc Un grand merci une fois de plus, Yanné. S'il y en a encore une fois qui veulent lire ton livre, le lien est en description, step by step. Une aventure initiatique en stop et chez l'habitant jusqu'aux portes de la Chine. Et puis moi, je te souhaite du coup une bonne préparation pour un éventuel prochain trip en autostop ou autre format.

Vianney Génial, merci beaucoup Loïc. À bientôt. À bientôt, au revoir.

Loïc Merci d'avoir écouté cet échange avec Yanné jusqu'au bout. J'espère que ça vous aura donné envie de vous initier, pourquoi pas, au voyage en autostop et chez l'habitant. Si vous avez apprécié cet épisode, pensez à le partager autour de vous et de manière générale, parlez du podcast à un maximum de personnes. C'est comme ça qu'on pourra avoir encore plus de gens qui osent se lancer dans leurs propres projets et surtout qu'on donnera de la visibilité à ces invités exceptionnels qui viennent chaque semaine nous partager leur parcours. Je vous disais en introduction, si vous souhaitez soutenir le podcast financièrement cette fois-ci, ça se passe sur Tipeee, Tipeee.com slash les-frappés, le lien est en description. Chaque euro compte pour permettre aux frappés de maintenir son indépendance. Merci beaucoup pour votre fidélité, je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode, cette fois-ci avec deux femmes militaires qui vont être porteuses de la flamme olympique. Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage ST' 501

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