Les Frappés Les Frappés
Saison 4 EP·162 Expédition #handicap #commando #armée

23 avril 2024

Mettre un terme à une carrière d'officier pour devenir écrivaine et aventurière, avec Linda Bortoletto

Durée · 1h30 · Transcription disponible

Linda

Le récit

Linda Bortoletto suivait un route toute tracée. Après des études brillantes, elle se lance dans une carrière d’officier à l’École de l’air, rejoint la Gendarmerie et finalement le ministère des Finances à Bercy. Mariée, dans une situation confortable, Capitaine à seulement 27 ans avec des responsabilités, tous les voyants étaient au vert ✅

En surface seulement.

Parce que Linda sent qu’autre chose l’appelle, qu’une partie d’elle-même sommeille et n’attend qu'à être réveillée. Ce sera un événement malheureux qui va venir lui ouvrir les yeux, brutalement.

Elle n’a que 27 ans, son père décède. 2 ans plus tard, elle quitte tout. Mari, emploi, confort, salaire.

C’est décidé, elle va poursuivre son rêve d’enfant : devenir aventurière et écrivaine. C’est le début de sa nouvelle vie, et quelle vie !

Des confins de la Sibérie 🥶 aux profondes vallées tibétaines 🏔️ en passant par les paysages arides ☀️ 🥵 d’Israël, elle apprend à lâcher prise, à se découvrir et à partager ses expériences, elle qui était pourtant si timide.

Un échange fascinant avec une femme exploratrice de la vie à l’énergie débordante !

Excellente écoute à vous !

🔎 Les livres de Linda sont disponibles ici.

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Transcription

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Linda Comment est-ce que tu as l'air de la vie ? Moi, je crois au langage des lieux. Et à un moment, tu as des lieux qui t'appellent. Et c'est magnétique, c'est même irrésistible. Et le Kamchatka, dès ce premier voyage, c'est là où j'ai découvert ce côté qui va par-delà les pensées, par-delà la raison, le côté intuitif, limite une prémonition. Tu te dis que c'est là que tu dois aller et tu vas y aller et tu vas vivre un truc extraordinaire. Les Frappés

Loïc Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Linda Bortoletto suivait une route toute tracée. Après des études brillantes, elle se lance dans une carrière d'officier à l'école de l'air, rejoint la gendarmerie et finalement le ministère des finances à Bercy. Mariée dans une situation confortable, capitaine à seulement 27 ans avec des responsabilités, tous les voyants étaient au vert. Mais en surface seulement. Parce qu'en réalité, Linda sent qu'autre chose l'appelle, qu'une partie d'elle-même sommeille et n'attend qu'à être réveillée. Ce sera un événement malheureux qui va venir lui ouvrir les yeux, brutalement. Elle n'a que 27 ans, son père décède et deux ans plus tard, elle quitte tout. Marie, emploi, confort, salaire. C'est décidé, elle va poursuivre son rêve d'enfant, devenir aventurière et écrivaine. C'est le début de sa nouvelle vie et quelle vie ! Des confins de la Sibérie aux profondes vallées tibétaines, en passant par les paysages arides d'Israël, elle apprend à lâcher prise, à se découvrir et à partager ses expériences, elle qui était pourtant si timide. Un échange fascinant avec une femme exploratrice de la vie à l'énergie débordante. Excellente écoute à vous. Juste avant ça, je tiens à remercier toutes celles et ceux qui soutiennent le podcast sur Tipeee. Tipeee, T-I-P-E-E-E, c'est la plateforme de financement participatif qui permet à des milliers de créateurs de contenu, comme les podcasteurs, de continuer à travailler en toute indépendance. Si vous souhaitez vous aussi vous engager, c'est à partir de 1€ par mois, le lien est en description. Autrement, c'est sur Tipeee, T-I-P-E-E-E, slash les-frappés.com. Merci beaucoup. Eh bien écoute, ravi qu'on puisse prendre le temps de faire cet échange. T'es où là, du coup, t'es toujours en Italie ?

Linda Oui, oui, je pense que j'y serai pour jusqu'à la fin de l'année, là, jusqu'au décembre 2024. Ah, waouh ! Mon projet, c'était vraiment de traverser toute l'Italie. Mais comme je fais beaucoup de bifurcations, parce qu'il y a tellement de choses à voir, que ma traversée s'allonge. Mais bon, voilà, j'aime bien aussi apprendre à prendre le temps. Je peux me permettre ça. Je me suis vraiment donné un an, donc du coup, c'est génial, quoi.

Loïc Waouh ! Et donc là, t'es où ?

Linda Alors, je suis dans le sud de l'Italie, dans une ville qui s'appelle Matera, qui est un peu, enfin même complètement, c'est le centre culturel et spirituel du sud de l'Italie, dans une région qui s'appelle la Basilicate, qui n'est pas connue du tout. En gros, oui, enfin, pour situer géographiquement, je suis au niveau de la cheville de l'Italie.

Loïc J'avais prévu le coup, j'ai une carte ouverte sous les yeux, donc là, je vois Potenza.

Linda Oui, au sud de Potenza.

Loïc Ah, t'es au sud de Potenza, ok.

Linda Ouais, Matera. C'est une ville extraordinaire, parce que de toute façon, l'Italie, c'est ça, c'est chargé en histoire. Et t'as dix mille ans d'histoire sous tes yeux entre les grottes où vivaient nos ancêtres préhistoriques, et puis un village creusé dans la pierre, dans la roche, où les gens vivaient jusque dans les années 60. Et aujourd'hui, bon, la plupart, ça a été restauré en musée, en chambre d'hôte, en resto. Et c'est d'une beauté extraordinaire. C'est là où a été tournée la passion du Christ, parce que tu peux te sentir esthétiquement un peu comme à Jérusalem. D'accord. C'est des pierres blanches, beiges, t'es au bord d'un canyon, t'as ces grottes creusées dans la roche. C'est vraiment très, très beau. Outre l'histoire qui est, elle, extraordinaire. Ouais, ouais.

Loïc Finalement, ça va être incroyable de s'accorder du temps pour vivre ce genre d'expérience. Donc, j'imagine que tu le fais dans le sens sud-nord, du coup ?

Linda Oui, c'est ça. Alors, sachant, comme je t'ai dit, moi, tu sais, je navigue beaucoup. Alors, j'ai toujours un axe dans un projet, tu sais, un objectif. Après, j'utilise beaucoup mon ressenti, mon intuition. Et tu vois là, par exemple, je me suis dit, je vais passer à côté des Pouilles, le Talon d'Abolle. Je me suis dit, je ne peux pas partir d'Italie si je n'ai pas vu les Pouilles. Sachant que le Santiero Italia, d'habitude, les gens zappent cette partie, parce que ça fait descendre dans le Talon. Et après, il faut prendre, je ne sais pas, un bus ou un train pour remonter. Ça, ce n'est pas un problème. Et du coup, voilà, ça va être un peu une découverte en zigzag, mais globalement du sud vers le nord.

Loïc OK, excellent. Excellent. Ben écoute, hâte que tu nous racontes tout ça. En tout cas, bienvenue sur le podcast. C'est juste génial d'accueillir des frappés comme toi en plein milieu d'expéditions, d'aventures, de périples complètement dingues. Donc, ben bienvenue, Linda. Je suis très content aussi de te recevoir parce que figure-toi que, en fait, pour la petite histoire, je cherchais à préparer la saison estivale du podcast. Et donc, il y a un groupe WhatsApp dans lequel il y a plusieurs dizaines, ils sont une cinquantaine, soixante maintenant peut-être, des auditeurs et des auditrices fidèles du podcast. Et je leur pose régulièrement la question, ben qui est-ce que vous aimeriez avoir au micro du podcast ? Et assez rapidement, ben ton nom est sorti, Linda, Linda. Et en fait, c'est là que je me suis rendu compte qu'on avait déjà échangé sur… Alors, je crois que c'était Insta et je ne sais pas ce qui s'était passé. C'est moi qui n'étais pas revenu vers toi. Donc, voilà, c'est chose faite. On va pouvoir enfin échanger sur tout ce que tu fais. Et finalement, ce n'est pas plus mal parce que comme ça, ben du coup, on peut faire ça pendant que tu es en train de vivre une nouvelle aventure. Ouais, exactement. Donc, traversée de l'Italie à pied sud-nord, tu t'es donné un an. Je ne savais pas, tu l'évoquais un peu plus tôt, il y a un sentier en fait qui fait… Tu suis une trace en fait, une sorte de GR italien ?

Linda Oui, exactement. C'est un sentier extraordinaire. Alors, ils en ont parlé il y a 3-4 ans. Il s'appelle le Santiero Italia. C'est entre 7000 et 8000 kilomètres de sentiers qui sont tracés à travers toute l'Italie, y compris la Sicile et la Sardaigne. Sentier, c'est une voie haute. Donc, en fait, ils ont ciblé les montagnes d'Italie. Ils ont pris la colonne vertébrale montagneuse de l'Italie. L'Italie, c'est ça, c'est des montagnes au centre et les mers de chaque côté. Et donc, c'est un sentier avec beaucoup de dénivelé, évidemment, mais d'une beauté, en tout cas de ce que j'en ai vu jusqu'à aujourd'hui, d'une beauté folle parce que tu découvres une Italie sauvage, des villages isolés, des habitants pour certains qui n'ont jamais vu de touristes. Au moins, là, je parle pour le sud de l'Italie où je suis actuellement. Et la gentillesse, l'accueil, la curiosité, l'envie de partage des habitants m'a vraiment interpellée. Parce que tu vois, moi, j'ai surtout voyagé en Asie, Proche-Orient, en Sibérie, dans des régions isolées où j'ai eu ça, cet accueil, le fait d'être tourné vers l'autre. Et en fait, je trouve ça là à côté de chez nous, dans un pays voisin de la France. Donc, tout coup, ça fait du bien, en fait. Ça fait du bien de voir ça, de ressentir ça.

Loïc En fait, c'est une sorte de GR20, GR10, mais deux fois plus long. Enfin, non, même pas. Le GR10 qui traverse les Pyrénées, c'est quoi ? C'est 1100 kilomètres, je crois ?

Linda Je ne sais pas combien de kilomètres.

Loïc Je crois, il me semble, parce que j'ai ma sœur qui va le faire cet été. Je crois que c'est 1100. Super. Mais là, tu me parles de 7000, 8000, c'est ça ?

Linda Oui, c'est ça. Après, ça dépend. Tu as des déviations. Là, j'ai croisé un jeune Italien qui a tout juste 18 ans, qui l'a fait quasiment dans la totalité. Donc, il n'a pas fait les pouilles. Lui, il est parti du nord jusqu'au sud. Il a fini en Sardaigne. Et en tout, il a fait quasiment 7000 kilomètres pile. Donc, voilà quoi. Et oui, ils avaient médiatisé ce chemin, le Santiero Italia, il y a 3-4 ans, en disant que c'était le plus long chemin du trekking d'Europe ou du monde. Je ne sais plus comment ils avaient dit ça. Mais après, ils n'en ont plus trop fait la promotion. Ce qui fait qu'il faut savoir que c'est plus ou moins balisé, sachant que c'est souvent moins que plus. C'est vraiment extraordinaire parce que tu as très peu de jonctions de routes. Tu es quasiment tout le temps sur des sentiers. Alors après, c'est du sentier chemin de terre, chemin carrossa, puisque l'Italie est une terre de tradition paysanne. Donc, tu as beaucoup de tracteurs, etc. Après, tu as du vrai sentier, du petit sentier de montagne. Mais ce qui est fascinant, c'est découvrir cette Italie sauvage, montagneuse, y compris en Sicile où on a souvent plutôt l'image de la mer. Mais cette Italie méconnue et où les traditions sont encore ancrées.

Loïc C'est incroyable ce que tu partages parce que je suis en train de réaliser. J'ai régulièrement des invités qui sont des marcheurs au long cours. Ils viennent nous parler de grandes randonnées qu'ils ont fait. Et en fait, c'est très régulièrement. Pour moi, la référence en termes de... Alors, ce n'est pas une course à la distance, mais pour moi, le long cours, c'est vraiment cette fenêtre que tu t'accordes, où tu es dans ta découverte à pied de territoire, etc. Et pour moi, les références, c'était les mythiques CDT, PCT et Appalachian Trade, donc aux US. Mais en fait, je viens de regarder les distances. Le sentier que tu es en train de faire, c'est juste deux fois plus long. Donc, c'est incroyable de se dire qu'on a ça effectivement en Europe et qu'on ne le connaît pas, en fait. C'est dingue. Et toi, tu l'as découvert comment ? C'est justement via ces reportages il y a deux, trois ans ?

Linda Alors moi, tu sais, mes découvertes, elles me tombent un peu du ciel. Au sens quasiment propre. Je suis très connectée. En plus d'être grande marcheuse, je suis au Guigny, donc je fais beaucoup de méditation. Et figure-toi que j'étais en Indonésie le 25 décembre. C'est assez symbolique parce que Italie, terre catholique. Et en fait, ça m'est arrivé en… C'est con, mais en push sur, tu sais, les infos Google. Tu sais, quand tu ouvres ton téléphone, tu as les notifications… Enfin, pas les notifs, mais tu as les infos qui te sont suggérées par Google. Puis là, je vois « Santiero Italia », plus long sentier de randonnée d'Europe ou du monde. Enfin, tu sais, les Italiens, ils aiment bien… Ils aiment bien randonner travers le monde, quoi ! Et là, je clique sur le truc et je… Et c'est comme ça que je découvre le sentier, le Santiero Italia. Et je me dis « Mais c'est dingue ! » Et comme tu dis, c'est un pays voisin. Alors, on connaît beaucoup l'Italie. Mais en fait, le truc, c'est que ce sentier me prouve, c'est qu'on croit connaître l'Italie. Oui, mais finalement, dans son aspect sauvage, épiculturel et historique, parce qu'ils ont un lien avec l'histoire qui est quand même fou. Chaque village, je te parle de n'importe quel villageois que tu vas croiser va te parler de l'histoire, de ses origines, d'où vient sa famille. Par exemple, là, je suis sur une terre d'influence grecque qui appartenait à la Grande Grèce à l'époque antique. Il va te parler de Platon, de Socrate, mais le berger du coin, tu vois, je ne te parle pas de l'universitaire. Ouais. Donc, ça, c'est… J'adore, en fait, tu vois, c'est une exploration multidimensionnelle du paysage, de la nature. Il y a le côté marche aussi, tu vois. Ça me plaît aussi, comme tu dis, on parle souvent des… Et le PCT, tu sais, c'est les fameux through hiking, trail. Et là, en fait, on en a un qui est moins organisé parce qu'il faut s'organiser dans les logements, etc. Mais après, l'autre point qui est génial aussi en Italie, c'est que tu poses ta tente n'importe où. Ils n'en ont rien à faire. Il n'y a pas de régulation. Dans la loi, c'est marqué que ce n'est pas autorisé, mais c'est toléré. Mais en réalité, tu dors, mais n'importe où. Ça, c'est cool, quoi.

Loïc Excellent. Mais du coup, donc si j'ai bien compris, le 25 décembre, tu vois ça et ton trip, il a commencé quand ?

Linda Eh bien, quasiment, je crois, un an après parce que je suis partie en Indonésie. J'ai écrit mon dernier livre sur l'Indonésie. L'histoire, pour ceux qui nous écoutent, en fait, je suis d'origine franco-indonésienne. Donc, c'est un livre sur mes origines indonésiennes. Et en fait, ce sentier, je l'avais un peu mis de côté. Puis à un moment, il m'est revenu là en me disant, je suis quasiment partie. Je suis partie en décembre aussi, le 27 décembre, de mémoire, après Noël.

Loïc D'accord.

Linda Et l'idée, c'est un an, les quatre saisons. Tu vois, je suis un peu en référence à Vivaldi. J'avais envie de vivre les quatre saisons en Italie. J'ai commencé par l'hiver et il ne faut pas, pareil, encore un préjugé. Il ne faut pas se dire que j'ai eu du soleil tout le temps. L'hiver a été plutôt rude et froid et enneigé.

Loïc Parce que tu étais en Sicile, du coup ?

Linda J'étais en Sicile et en Calabre et donc sur la montagne. Et ouais, j'ai eu des conditions. Je vais te dire, j'ai eu des conditions plus rudes en termes de température, pas en termes de chemin parce que le chemin est quand même assez… Alors certes, il y a du dénivelé, mais il est assez simple. Mais en termes de température, j'ai eu des conditions plus rudes ici, dans les montagnes du sud de l'Italie, que quand j'étais dans la Cordillère des Andes en été. Après, j'étais à l'été austral dans la Cordillère des Andes, mais je n'ai pas eu aussi froid sur la Cordillère des Andes. Donc, bon, voilà quoi. Il faut le savoir.

Loïc Excellent. Et donc, de manière générale, je suppose que ce n'est pas la première fois que tu fais ce genre d'aventure. Comment est-ce que ton histoire avec ce type d'expérience et Andes ? Qu'est-ce qui t'a amené aujourd'hui à vivre ce type d'expérience ?

Linda Alors, j'ai toujours eu un goût pour l'aventure depuis que je suis toute petite, sauf que quand tu es petit, le métier entre guillemets d'aventurière, d'aventurier n'existe pas. Et mon père, alors tu sais, on est toujours plus ou moins influencés par nos parents, qui sont nos premiers modèles. Mon père était pilote. Et il était pilote dans le civil, pilote d'hélico et d'avion de transport. Et du coup, le premier métier que j'ai choisi, c'était de devenir pilote. Et comme j'avais déjà, tu vois, ce goût un peu pour l'extrême, pour le dépassement, je me suis dit que je voulais devenir pilote de chasse. Et donc, et puis, ça collait avec mon goût d'aventure parce que moi, clairement, je me souviens encore quand j'étais au lycée, c'était, je ne voulais pas travailler dans un bureau, je ne voulais pas un métier routine, tu vois. Donc, finalement, l'armée, c'était très bien. Enfin, tu vois, on avait vraiment cette image d'aventure. Et puis moi, j'étais toujours, j'étais fascinée par Indiana Jones, mais vraiment, la dernière croisade, c'est mon film référence quand j'étais petite. Et puis, mon autre film référence, alors ça, c'est assez drôle, c'est avec ce fabuleux Jean-Claude Van Damme, qui s'appelle kickboxing, je crois. Tu sais, il y a toujours cet aspect cat initiatique. Et puis, le côté un peu physique, tu vois, parce que, je le dis parce que les auditeurs l'entendront, je suis une femme, mais j'ai toujours été attirée. Ouais, j'ai toujours eu plus ou moins un côté garçon manqué, tu vois. J'ai joué beaucoup avec les garçons. Je faisais des sports de mec quand j'étais petite. Et pour moi, l'armée, c'était assez naturel. Tu vois, je ne me suis pas dit qu'en tant que fille, ce serait un obstacle d'intégrer l'armée. Et au contraire, ça me plaisait. Donc, du coup, c'est ce que j'ai fait. J'ai intégré l'école des officiers de l'armée de l'air. Sauf que, en plus de la sélection académique, tu as une sélection physique et j'ai une scoliose qui fait quasiment 25 degrés. Donc, j'ai le dos bien tordu. Et ça m'a rendue inapte au siège éjectable, donc inapte au pilotage d'avions de chasse. Et la médecine militaire étant ce qu'elle est, ils m'ont mis inapte au pilotage d'avions de transport, délicots, parachutisme militaire. Donc, en gros, je ne pouvais plus rien faire dans l'armée de l'air, quoi. J'étais clouée au sol. Et donc, j'ai switché. Je suis passée en tant qu'officier de gendarmerie parce que, pareil, il y avait encore ce truc d'action, de responsabilité sur le terrain. Sauf que, bon, petit à petit, quand même, je me rendais compte que la hiérarchie, le côté cadré, ça me pesait. Et le déclic... Parce que, bon, on est quand même dans l'armée, tu vois. On peut faire... Moins cadré que l'armée, ce ne serait pas possible. Et puis, le voyage aussi. Parce que, moi, tu vois, je rêvais aussi de voyager. Et ça, clairement, je n'avais pas, quoi. Et le déclic, c'est la mort de mon père quand j'ai 27 ans. Parce que j'étais très proche de lui. Et là, tout d'un coup, prise de conscience, enfin, choc de conscience, je dirais. Et je regarde ma vie, tu vois. Je m'étais mariée entre temps. J'avais vraiment... J'étais hyper cadrée à cette époque-là. Mon ex-mari, c'était un Saint-Syrien. Enfin, tu vois, j'étais vraiment sur les rails du système. Mariée à 25 ans, la carrière bien tracée. Et quand mon père meurt, je me dis, mais qu'est-ce que je fous là ? Je dis, c'est bien tout ça. Tu vois, j'avais un super confort de vie. Sauf que, ben, je n'étais pas à ma place. Et c'est un malaise profond, tu vois. Ce n'est pas juste en me disant, je m'ennuie. Je savais que cette voie-là n'était pas la mienne. Et donc, bon, quand même, deux ans et demi d'introspection, de questionnement, et qui se conclut par je largue tout, je démissionne, je divorce et je reviens. C'est pour ça que je te parlais de mes premiers rêves. Je reviens finalement à mes premiers rêves en me disant, qu'est-ce que je voulais faire ? Qu'est-ce qui m'a guidée vers l'armée ? Et je reviens à des rêves d'aventure, d'action, de liberté, de voyage, de découverte, de rencontre avec d'autres cultures, parce que pour moi, c'est aussi important de rencontrer l'autre. Et je me dis, je vais faire ça. Et en parallèle, je découvre qu'il y a des gens qui écrivent et qui voyagent. Apparemment, ils arrivaient à en vivre. Donc moi, je me suis fait un fantasme parce que c'est beaucoup plus compliqué dans la réalité. Et je me suis dit, moi, ma démarche, c'est comme ça aussi que j'ai réussi à passer les concours, parce que j'ai fait une prépa, donc c'est challengeant au niveau mental. Je me suis dit, s'il y en a d'autres qui sont arrivés avant moi, je ne vois pas pourquoi moi, je n'y arriverais pas. Et j'ai toujours eu cet état d'esprit. Alors des fois, je n'y arrive pas, mais ce n'est pas grave, au moins, j'ai essayé. Mais en prépa, je sais que j'ai eu ce déclic mental et c'est ce qui m'a permis de traverser la prépa scientifique assez sereinement en me disant, je vais y arriver puisqu'il y en a d'autres qui sont arrivés avant moi. Et donc, c'est comme ça que je me suis dit, je vais devenir écrivaine et voyageuse. Et j'ai tout largué pour faire ça. Donc voyager et écrire. Et mon premier grand voyage, c'était en 2011, où je suis partie à l'extrême-orient de la Sibérie, au Kamchatka, vivre avec des nomades éleveurs de rennes. Ensuite, j'ai traversé l'Alaska à vélo. Et puis ensuite, j'ai écrit mon premier livre et j'ai enchaîné comme ça depuis 2011. Donc, ça fait 13 ans maintenant, déjà.

Loïc Incroyable ! Ça a été quoi la réaction de ton entourage quand tu as initié ce changement brutal ?

Linda Incompréhension totale ! Ah bon ? Oui ! Et tu vois, ton podcast s'appelle Les Frappés. Oui ! Mais on me disait, mot pour mot, Linda a pété un câble. Linda est devenue complètement folle. Linda est irresponsable de ma famille. Ma mère, elle était en crise quoi. En plus, le divorce. Enfin, tu vois. Et puis, je suis une femme. Donc, il y a quand même aussi ce truc d'une femme. Il faut avoir des enfants. Il faut fonder une famille. Donc, c'est quand est-ce que tu vas avoir des enfants ? Mes copines, mes deux meilleures amies. On se connaît depuis que j'ai 12 ans. Elles n'ont rien vu venir. Un soir, on fait une soirée ensemble, bien arrosée. Et je leur balance comme ça. Je dis, bon, les filles, je divorce et je vais bientôt démissionner. Et là, elle tombe des nues. Elle dit, mais ce n'est pas vrai. On pensait que tout allait bien dans ta vie. Parce qu'en fait, aussi à l'époque, j'étais quelqu'un qui ne montrait absolument pas ses émotions. Je m'étais un peu construite une armure et tout ce travail-là, je l'ai fait de questionnement, d'introspection, j'ai fait toute seule dans mon coin. Alors, ça a été très dur. Les insomnies, je ne te raconte pas. En plus, le deuil de mon père a encaissé. Ce n'est pas rien de perdre un de ses parents. Et donc, oui, ça a été déjà mon propre effondrement. Mais les gens, en fait, aussi n'ont pas compris pourquoi je faisais ça. Ils étaient persuadés que j'avais pété un câble, que je foutais en l'air et mon mariage et une super carrière. Et ce qui est drôle, c'est que tu vois après, avec les années et même les camarades de promotion, tu sais, dans l'armée, on est assez proche. Et il y en a qui pensaient que j'allais pas réussir, etc. Après, tu as toujours ça quand on se lance dans des trucs un peu originaux. Et maintenant, ils reviennent en me disant comment j'ai fait. Ils sont intéressés par mon parcours. Donc, c'est drôle, quoi.

Loïc Ça t'a fait douter ces réactions autour de toi ?

Linda Non, pas du tout. Parce que je crois que j'ai toujours été une grande solitaire et très peu influençable par ce que pensent les autres. Et ça, je me suis rendu compte, je m'en étais pas rendu compte avant, je me suis rendu compte que c'était une très grande force d'être têtu. Et il se faisait d'être obstiné. D'ailleurs, ma mère, quand j'étais petite, elle me disait toujours, t'es têtu comme une mule. Mon père, il disait, alors ça va être très brut, il me disait, quand t'as une idée dans la tête, tu l'as pas dans le cul. Et donc, déjà petite, j'étais comme ça obstinée. Et pour autant, ça veut pas dire que j'ai pas un côté raisonné ou après, il y a la capacité de construire un projet ou j'analyse aussi. Tu vois, il n'y a pas que le côté impulsif, il y a aussi ce côté où je sais où je vais, je sais pourquoi je le fais. Mais quand je veux faire quelque chose, effectivement, je le fais. C'est rare que je renonce.

Loïc Et donc, tes débuts, tu voyais autour de toi qu'il y avait des gens qui arrivaient à être écrivains, aventuriers, professionnels, on va dire. Entre ce que tu imaginais qui était faisable et la réalité, en tout cas, on va dire, dans les premiers temps, qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui a été surprenant pour toi, inattendu, dans le positif ou dans le moins positif, d'ailleurs ?

Linda Alors, dans les difficultés, parce qu'avant de pouvoir trouver un équilibre financier, ça m'a pris quand même plusieurs années. L'avantage que j'ai, et ça, c'est important de le préciser, parce que tu as toujours cet aspect financier dont on parle peu, mais qui est essentiel. Comme j'avais travaillé pendant 10 ans, donc c'était quand même 10 ans de carrière, j'avais mis de l'argent de côté. J'avais de l'argent de côté, ce qui m'a permis de me lancer, quand bien même je n'avais pas de revenus les premiers mois, voire même les premières années où je suis partie. Et puis, alors intuitivement, je ne sais même pas comment j'ai fait, mais j'ai commencé à trouver du sponsoring. Je crois que j'ai dû voir sur Internet des gens qui avaient trouvé du sponsoring. J'ai trouvé un gros sponsor pour mon premier voyage, qui m'a payé la totalité de mon premier voyage en Sibérie et en Alaska. Et j'avais même de l'argent qui me restait pour plusieurs mois après, donc ça, c'était top. Et après, l'autre choix, parce que justement, cette réalité financière, elle est rude. Parce que, en fait, moi, naïvement, je me suis dit, bon, je vais réussir à donner des conférences assez facilement. Alors, l'écriture, ça a pris plus de temps. Je crois que j'ai mis 3 ans avant d'écrire mon premier livre, parce que c'est compliqué quand même de se lancer dans l'écriture. Mais je m'étais dit, je vais me donner des conférences ou des formations. Et en fait, je me suis rendue compte que, déjà, je ne savais pas me vendre. Parce que je venais depuis 18 ans, je suis dans un système militaire, parce que ma prépa aussi, je l'ai faite dans l'armée. Et tu vois, j'avais un salaire qui tombait depuis, à partir de 20 ans, dès que tu rentres en école d'officier. Je n'ai jamais appris à chercher de l'argent. Et là, tout d'un coup, tu arrives, je m'étais mise en freelance, et je me dis, mais combien tu vends ? Comment tu te vends ? Comment tu te présentes ? Comment tu pitches ? Des questions d'un entrepreneur. Et ça, je ne savais pas du tout. Et en plus, de nature, moi, je suis timide. Donc, parler à l'autre, je sais que ça ne s'entend plus aujourd'hui. Mais vraiment, je rougis. Enfin, je rougissais, ça m'arrive très rarement maintenant, quasiment plus. Et donc, ça a été ça, tu vois, faire face à une réalité gérée d'artiste, d'entrepreneur, parce que c'est une démarche et artistique et entrepreneuriale. Et puis, surtout, je me suis rendu compte que, tu vois, les écrivains voyageurs un peu connus que je voyais, finalement, ils ne venaient pas de nulle part. Donc, ils avaient sans doute des connaissances dans le milieu. Ils connaissaient les journalistes. Du coup, ça permet, on sait bien, avoir du média. Ça permet, si tu as du média, ça te permet d'être connu. Donc, c'est plus facile, après, pour avoir des conférences, pour avoir des financements. Et moi, qui venais de nulle part, tu vois, je suis une fille qui a grandi au fin fond de la Picardie, en province. Je ne connaissais pas du tout le milieu parisien. Je me suis rendu compte que le milieu littéraire était étroitement connecté au milieu parisien. Et donc, tout ça, ça a été une réalité assez dure à encaisser. Parce que, tu sais, tout à l'heure, je te disais que dans mon état d'esprit, c'est, si les autres l'ont fait, je peux le faire. Sauf qu'il me manquait un paramètre qui est quand même assez important en France. C'est que, bah oui, mais si tu ne connais pas, si tu n'as pas de réseau, si tu ne connais pas forcément des gens d'un certain milieu, eh bien, ce « je peux le faire », il est vite altéré, quoi. Et c'est dur. Et c'est dur. Ouais, ça a été dur de me rendre compte de ça. Surtout que moi, depuis que je suis petite, tu vois, j'étais, tu vois, dans le sport, dans les concours, dans l'armée. C'est qu'en gros, si tu travailles, si tu travailles, tu travailles dur, à un moment, tu vas avoir les résultats. Tu vas avoir ce qui te… Voilà, exactement. Et c'est cette question de mérite qui est aussi tabou en France. Mais en fait, moi, j'ai grandi un peu dans ce système méritocratique, d'autant plus en tant que femme. Et ça, encore une fois, c'est important parce que, tu vois, on dit des inégalités hommes-femmes. Mais dans l'armée, il n'y a pas… Enfin, contrairement à ce qu'on peut penser, il n'y a jamais eu de discrimination parce qu'on est une femme. Si tu travailles, si tu bosses… Alors, non seulement, en plus, tu es soutenue par les mecs qui sont fiers de toi parce qu'on n'est pas beaucoup de nanas et les mecs sont extraordinaires dans l'armée. Mais en plus, tu es reconnue par ta hiérarchie et tu vas grimper les échelons, etc. Et là, je me rends compte d'une autre réalité sociale où, quand tu es une femme, quand tu n'es pas du milieu, c'est beaucoup plus dur.

Loïc Comment tu as fait pour surmonter ça, du coup ? Parce que tu l'as encore précisé, mais aujourd'hui, tu es quand même… Donc, tu as écrit cinq livres, si je ne me trompe pas.

Linda Oui, exactement.

Loïc Tu es aussi membre de la Société des explorateurs français. On pourra faire une petite parenthèse là-dessus, mais qui est quand même… En termes de cercle, de réseau, je suppose que dans ton milieu, c'est quand même… Enfin, ça doit quand même aider. Donc, ça a été quoi ton chemin pour contrer justement ce manque de connexion initiale avec les milieux littéraires parisiens ?

Linda Déjà… Alors après, ça, c'est une bonne chose. Tu retrouvais l'humilité, tu vois, se dire « bon, ça ne va pas être si facile que ça » et apprendre. Du coup, ça a été dur. Ouais, ça a été dur. C'est un choc quand même. Après, tu peux vite tomber dans l'aigreur, tu vois, l'aigreur, la jalousie, et puis ruminer, râler, comme on s'est très bien fait en France. Bon, après, ça, ce n'est pas trop mon caractère. Et moi, ce que j'ai fait… Tu vois, quand je te disais que j'avais quand même une démarche très rationnelle, j'ai vu l'argent qui me restait sur mon compte et que ça allait être beaucoup plus long que ce que j'ai pensé de pouvoir vivre de ce que je voulais. Et je me suis expatriée en Pologne. Alors, pas du tout pour les plages, comme on pourra le deviner, mais le pays est trois fois moins cher qu'en France. Donc, je vivais très bien dans une ville secondaire de Pologne pour 900 balles par mois, tout compris logement, resto, enfin, tu vois, sans me priver non plus parce que j'allais avoir un petit peu de loisirs quand même. Enfin, je n'étais pas non plus une vie monastique, pas encore, c'est venu après, ça. Et donc, je me suis dit, je ne veux pas être stressée par l'argent. En fait, je ne voulais pas prendre un boulot pour prendre un boulot parce que j'avais, tu vois, j'aurais pu retravailler, m'en lancer dans une carrière, ce n'était pas ça le problème. Mais là, je voulais vraiment me donner l'opportunité potentiellement de construire ma vie d'écrivaine et de voyageuse. Et donc, je me suis complètement isolée. Après, je bossais à temps partiel, je bossais pour l'Alliance française de cette ville de Pologne. Donc, ça me permettait quand même d'avoir un petit peu d'argent. C'est là où j'ai commencé à donner des conférences parce que l'Alliance française, c'est un réseau culturel qui est également en lien avec des entreprises. Et j'ai commencé à me faire repérer par des entreprises anglo-saxonnes. Donc, les premières conférences que j'ai données sont en anglais à des publics anglo-saxons, américains. Et du coup, je me suis rendue compte que les Américains étaient extrêmement bons dans l'art de la conférence, dans l'art de ce qu'on appelle le storytelling. Moi, j'étais très mauvaise là-dedans. Et du coup, quand je t'ai dit que j'ai appris, en fait, Internet, merci Internet, parce que du coup, on a accès à beaucoup d'infos. J'ai lu des livres, j'ai regardé des vidéos YouTube pour mieux. Quand je disais tout à l'heure, je ne savais pas me vendre, comment apprendre à mieux communiquer, pour trouver du sponsoring, du mécénat. Et puis, c'est comme ça que petit à petit, déjà, j'ai pris confiance dans ma prise de parole en public, parce qu'au départ, je peux dire que j'étais ultra mauvaise. Je n'arrivais pas à raconter ce que je faisais, mais le dire de façon un peu punchy, surtout le public anglo-saxon, qui est assez exigeant. Et c'est comme ça que petit à petit, déjà, j'arrivais à vivre. Et j'ai commencé le truc, c'est que je me suis dit, je vais continuer de voyager. Donc, chaque année, je partais entre 3, 4, 5 mois. Donc, tu vois, je travaillais, je repartais. Donc, je suis repartie dans l'Himalaya. Et puis après, en parallèle, j'ai commencé à écrire mon premier livre, qui est sorti en 2015, je crois, ou 2015 ou 2016. Donc, tu vois, ça m'a pris quand même 4 ans avant de sortir mon premier livre, de réflexion, d'affiner mon écriture. Et en fait, le premier livre, j'ai eu de la chance parce que le premier livre... Alors déjà, j'ai trouvé un éditeur. Ça a été un concours de circonstances. C'était un petit éditeur, éditeur indépendant, qui a eu un coup de cœur pour l'histoire, qui a publié mon livre tel quel, sans correction. Et le premier livre, il y a eu pas mal de médias parce que mon histoire a intéressé le changement de vie, le fait que j'étais une femme. Et tu vois, après, ça a été un peu un cercle vertueux. Ça m'a permis d'avoir une petite visibilité publique, mais qui était quand même là. Et puis derrière, des conférences. Et puis après, aussi, je continue à chercher du sponsoring. Puis j'ai continué à voyager. Et puis après, deuxième livre, troisième livre, etc. Et donc, ça s'est construit. Tu sais, c'est brique après brique. J'ai construit une vie où aujourd'hui, j'arrive à équilibrer tout ça financièrement. Des fois, c'est un peu plus compliqué. Et puis en plus, en parallèle, je suis devenue enseignante en yoga, en méditation, j'organise des retraites. Mes voyages m'ont amené, m'ont ouvert à la dimension spirituelle. Et clairement, ça, je m'éclate. Aujourd'hui, en tant qu'enseignante, c'est génial.

Loïc C'est fascinant de voir, finalement, d'en apprendre un peu plus sur ton parcours, les évolutions. Parce que c'est exactement ce que tu disais un peu plus tôt. En fait, quand on ne fait pas l'expérience soi-même de ce genre de transition, on voit le résultat final. On voit un Mike Horn qui part avec son bateau. On voit une Linda qui vit de voyage, etc. On se dit, oh là là, mais incroyable. Et finalement, on n'a peut-être pas le réflexe de faire cet exercice, de dire, OK, mais en fait, ces gens-là, ils sont partis d'un point A pour arriver au point B. Il y a eu plein de choses au milieu. Et donc, c'est ça qu'il faut regarder, en fait. C'est comment est-ce qu'ils se sont débrouillés pour, finalement, pour vivre leur vie. Et ça me fait un peu penser, d'ailleurs, je crois que tu avais mis un post sur Instagram. Oui, c'est ça. Tu as mis une photo, ce que tu vois. Donc, on te voit sur une plage. J'imagine que c'est en Indonésie.

Linda Oui, oui.

Loïc Grand sourire. Et puis après, tu as mis ce que tu ne vois pas, à toucher le fond.

Linda Oui.

Loïc D'ailleurs, tu mets à toucher le fond après la mort de son père et agression sexuelle. Ça a fait partie des déclics, ça ? Cette agression que tu vois ?

Linda Oui, c'est un autre déclic. Alors, en fait, tu vois, c'est intéressant que tu poses la question, parce que tout à l'heure, je disais, c'est important, tu vois, d'être de… Je suis une femme et j'ai toujours été dans des milieux d'hommes, en fait, si je fais le résumé de ma vie. Et le truc, c'est que… Et après, et là, j'ai énormément de gratitude pour mon père pour ça. Pareil, je m'en suis rendue compte après coup. Mon père, en tant qu'homme d'une ancienne génération, parce que tu vois, mon père était né en 31. Il était assez âgé quand il m'a eu. Donc, tu vois, les générations bien machos. Mon père avait fait la guerre, enfin, les guerres anciens militaires. Donc, t'imagines, c'était pas… C'était assez dur à la maison. Et malgré tout, j'étais sa seule fille. Il a eu trois fils et moi, sa seule fille, la petite dernière. Et quand je lui disais que je voulais faire du basket, du karaté, je partais des heures marcher dans la campagne ou à vélo. Quand je lui ai dit que je voulais intégrer l'armée, il m'a jamais, jamais dit, bah ouais, mais t'es une fille et ça se fait pas. Et tu vois, c'est ultra important quand on parle, tu sais, les fameuses croyances limitantes. Pour une nana, ça peut être compliqué, tu vois, quand tu te projettes dans des trucs plutôt masculins. Ou je dirais, pour un homme, par exemple, qui veut faire de la danse classique, c'est un peu le même truc. Et ça, vraiment, je m'en suis rendue compte parce que je me rends compte que les femmes ont beaucoup de blocages et moi, je les ai jamais eues. Et oui, pour revenir à l'agression sexuelle, en fait, le déclic que j'ai eu, c'est que du coup, donc je fais l'armée, etc., je me lance dans l'aventure. Et souvent, les gens que tu rencontres quand tu voyages, c'est des hommes parce qu'à l'extérieur, souvent dans des pays isolés, tu vois, en Sibérie, dans l'Himalaya, en Asie, c'est les hommes que tu rencontres à l'extérieur. Les femmes sont l'espace des femmes et plus un espace intérieur qui est la maison. Mais j'ai jamais eu de problème jusqu'en Turquie. Et du coup, je me suis jamais dit... En fait, j'ai jamais vu ma différence en tant que femme. Je sais que ça peut paraître super bizarre. Mais alors, bien sûr, je sais que physiquement, tu vois, par exemple, dans l'armée, on était un peu moins forte en course à pied, quoique on pouvait être plus forte que certains. Mais physiquement, je savais qu'il y avait une différence. Mais je m'étais jamais posée de limite en tant que femme. Et le truc, c'est que... Donc là, la Turquie, c'était 2019. Je traverse la Turquie à pied sur les traces du poète Rumi, qui est le poète de l'amour. J'aime bien le préciser parce que, bon, finalement, c'est la mort qui m'attend quasiment, parce que, du coup, j'étais victime de cette agression où, clairement, je passe... Enfin, agression sexuelle où je passe à deux doigts de la mort, puisque le mec m'étrangle plusieurs fois. Et c'est vraiment un miracle si je peux te parler aujourd'hui. J'en suis aussi très consciente de ça, quoi. Et cette agression, c'est un déclic au sens où, tout d'un coup, j'ouvre les yeux sur ma condition de femme et de femme qui voyage seule et de ce que ça peut susciter comme réaction. Parce que, tu vois, hier, là, je voyais un gars, un anglo-saxon, je crois, qui a traversé toute l'Afrique en courant. Il raconte son périple. Un truc de fou, quoi. Alors, il s'est fait piquer sa thune, je crois, son appareil photo, tout ça. Tu vois, un mec, globalement, c'est ça. Tu vas te faire... Après, je ne souhaite ça à personne. Il peut y avoir l'agression physique. Mais, globalement, tu te fais piquer ton matériel. Une femme, il ne s'est pas fait violer. Une femme, clairement, si elle traverse... Si je voulais traverser l'Afrique en courant, je crois que... Voilà. Clairement, je pense qu'il se passerait... Qu'est-ce qui se passerait... Qu'est-ce qui se passerait en Turquie ? Je dis ça, ce n'est pas forcément en voyage. Ça peut arriver n'importe où. Je ne veux pas caricaturer. Ouais, sur des pays. Ça arrive au coin de chez soi. Ça arrive à Paris. Et ça, c'est la réalité d'une femme. Et tout d'un coup... Et c'est ça, le déclic. Pour répondre à ta question, je me dis... Waouh ! C'est dingue, tu vois. Je n'en avais pas conscience à 100% avant. Je ne dis pas que je ne faisais pas attention vis-à-vis des hommes. Ce n'est pas ça que je dis. J'ai toujours eu une vigilance par rapport aux hommes. Mais tout d'un coup, je me dis... Ben oui, être une femme qui voyage seule... Enfin, bon, même, tu me diras, ça peut arriver à des nanas. Qui est une histoire en Inde, de femmes qui étaient en duo, en binôme. Et je me dis... Et en fait, tout d'un coup, je me dis... Alors, bien sûr, il y a ce risque. Mais après, tu vois, j'ai continué de voyager. Bon, après, il y a eu quand même un an de reconstruction, de suivi psy, etc. Pour sortir du trauma, parce que j'étais traumatisée. Et en fait, aujourd'hui, je le fais encore avec plus de fierté. En me disant, non seulement je voyage seule parce que j'aime ça. Mais en plus, c'est un message que je transmets aux jeunes filles. En leur disant, c'est des voies que je trace pour dire, oui, c'est possible. Et non seulement on doit le faire, mais on doit continuer de le faire. Quand bien même, il y a des risques. Parce que plus les hommes nous verrons faire ça, nous verrons voyager seules. plus, entre guillemets, ils vont s'habituer. Ils vont arrêter de se surprendre et de se dire, bon, une femme qui voyage seule, on va l'agresser. Donc, c'est un peu mon côté. Aujourd'hui, oui, c'est ça, le déclic. Je sais que ce n'est pas anodin. Et c'est un message aussi d'espoir et de force que je veux transmettre aux générations de femmes qui arrivent. Et puis, c'est la mienne aussi. Il n'y a pas d'âge pour voyager.

Loïc Excellent. Écoute, super inspirant. Et je suis absolument convaincu que cet épisode, il contribuera. Donc, c'est parfait. Si on zoome maintenant sur tes aventures. Alors, il y en a eu. Enfin, tes aventures, oui. Tes aventures, tes voyages. Je ne sais pas quel terme tu utilises. Oh, les deux. Tes expéditions. Mais bon.

Linda Non, les voyages. Les voyages, les aventures. Il y a toujours une part d'aventure. Donc, oui, évidemment.

Loïc Il y en a eu énormément. Donc, le premier, tu disais, c'était au Kamchatka, donc au fin fond de la Sibérie. Oui. Le dernier en date. Enfin, le dernier. Tu es là sur l'Italie. Mais juste avant l'Italie, c'était lequel du coup ? En Indonésie.

Linda Je ne sais pas si je l'ai mis. Oui, oui. Alors là, c'était différent. C'était plus une aventure de remonter aux sources de ma lignée maternelle, puisque ma maman est indonésienne. C'était une réconciliation avec Bali et Java, parce que les deux îles sont connectées. Ma famille vient de là-bas.

Loïc D'accord. Du coup, comment est-ce que tu sélectionnes ? Comment est-ce que tu conçois, si tu nous fais découvrir l'envers du décor ? Comment est-ce qu'elles se montent, ces expéditions, ces voyages ? Alors là, l'Italie, tu disais que ça t'es un peu tombé dessus. Mais par exemple, la première, le Kamchatka. Pourquoi le Kamchatka ?

Linda Mais écoute, à chaque fois et depuis le début, c'est comme ça. Moi, je crois au langage des lieux. Et à un moment, tu as des lieux qui t'appellent. Et c'est magnétique. C'est même irrésistible. Et le Kamchatka, dès ce premier voyage, c'est là où j'ai découvert ce côté qui va par-delà les pensées, par-delà la raison, le côté intuitif. Limite une prémonition qui te dit, c'est là que tu dois aller et tu vas y aller et tu vas vivre un truc extraordinaire. Et le Kamchatka, c'est en regardant une carte, tout simplement, où tu vois, là, je venais de changer de vie. Donc, c'était assez brutal, tu vois, mon changement de vie, démission, le divorce, je venais de perdre mon père. Enfin, j'étais quand même dans un état intérieur. C'était assez chaotique en moi, à cette époque-là. Et du coup, j'avais vraiment envie de faire une sorte de R.A.Z et d'aller dans un endroit complètement à l'opposé de ce que je pouvais connaître. Et donc, tu vois, à l'autre bout de la planète. Et du coup, quand je regarde la carte, tu vois la Sibérie. C'est, je ne sais plus, huit ou neuf fuseaux horaires. C'est des espaces ultra sauvages, pas de tourisme, ou très, très peu. Et le Kamchatka, c'est la péninsule qui est tout au bout, à droite de la Sibérie, pour la situer très visuellement. Et là, cette petite péninsule, une grosse péninsule, c'est plus grand que la France, tout de suite, ça m'a interpellée. Tu vois le nom Kamchatka, la plus grande ville du Kamchatka, ça s'appelle Petropavlovskamchatsky. Enfin, tu vois, que des noms super, super bizarres. C'est l'exotisme. Non, mais c'est ça. Et puis derrière, je vois la mer de Béring, l'Alaska, et ce premier projet, en fait, ces terres m'ont appelé, et je te dirais que le projet, il s'est imposé à moi, et c'est venu comme ça. Je vois Kamchatka, Alaska, mer de Béring, et je me dis, tiens, je vais aller, j'avais appelé ce projet-là de l'extrême à l'extrême, de l'extrême oriente de la Sibérie, Kamchatka, à l'extrême occident du continent américain, l'Alaska. Et ça me plaisait, tu vois, à l'époque, j'étais beaucoup plus que maintenant, dans ce truc de beaucoup de dépassement, tu vois. J'étais encore dans une démarche, ouais, un peu extrême, et c'est comme ça que j'ai choisi ce premier projet, et ça a été extraordinaire. Je reconnais, c'était fou, quoi, de vivre avec des nomades éleveurs de rennes, une tribu de douze personnes qui m'accueillent comme si j'étais l'une des leurs. Enfin, très rapidement, on a eu une grande complicité avec ce peuple qui s'appelle les Tchoukts. Il y avait un troupeau de 2500 rennes. J'ai appris à vivre comme eux, quoi, en tant que nomade. Donc, chaque jour, tu marches, tu vis sous des tentes. Il n'y a pas... Enfin, l'eau, c'est l'eau des rivières. Tu fais un feu tous les jours. Tu manges... Alors, à l'époque, je n'étais pas végétarienne, mais tu manges la viande de rennes tous les jours. Et puis, le danger des ours en été, le danger des loups en hiver, parce que je suis retournée là-bas en hiver pour vivre l'hiver sibérien à moins 40. Et oui, ça a été fou. Et à partir de là, tu sais, c'est là où j'ai touché à ce que j'appelle la magie de la vie. C'est-à-dire qu'à un moment, quand il y a un appel profond, tu vois, ce n'est pas de l'ordre du « je ferais bien ça », c'est vraiment un truc qui te prend aux tripes. Eh bien, les... Alors, tout à l'heure, bien sûr, je t'ai dit, il y a des difficultés, il faut beaucoup de persévérance. En fait, je pense qu'il y a deux éléments qui sont importants, la persévérance et se faire confiance, quoi. Avoir confiance en ce qu'on ressent. Tu sais, ça aussi, c'est compliqué, quoi. La confiance en soi, parce que ça peut prendre des années à l'acquérir. Et à un moment, les portes s'ouvrent. Et les choses vont se faire. C'est comme quand j'ai trouvé mon premier éditeur. Alors, c'était un petit éditeur, mais certes, il était là, quoi. Et puis après, j'ai trouvé mon autre éditeur. C'était un concours de circonstances. Et les portes s'ouvrent. Mais effectivement, il faut faire preuve de confiance en soi et de persévérance. Et tous mes voyages, ça s'est fait comme ça. À un moment, c'est des appels intérieurs, géographiques ou des livres, un livre qui me tombe dessus. Et tout d'un coup, je sens que je dois aller là-bas.

Loïc Fabuleux. Est-ce que tu te rappelles peut-être, parce que le Kamchatka, encore une fois, c'était le premier. Donc, tu y allais deux fois. C'était été 2011 et il y a 2014, c'est ça ?

Linda Oui, c'est ça, oui.

Loïc Est-ce que tu as peut-être un moment en particulier qui t'a marqué, où ça a été un peu ce moment, plutôt t'évoquais ces deux déclics que tu as eus dans ta vie ? Est-ce que là, tu as eu, peut-être pas un déclic, mais un moment un peu révélation, tu vois, qui s'est imposé à toi, et tu t'es dit, non, mais c'est sûr, c'est vraiment ça que je veux faire. Je ne me suis pas trompé de chemin. Ce que tu es en train de vivre, c'est fabuleux.

Linda Oui, oui, je me souviens. Alors, le Kamchatka, en plus, tu sais, alors bon, je vivais l'aventure, le quotidien des nomades. J'avais appris à parler russe quelques mois avant, donc autant dire que je baragouinais plus que je ne parlais. J'avais un mini dictionnaire parce qu'à l'époque, tu vois, les smartphones, tout ça, ce n'était pas encore trop développé. Donc, d'ailleurs, je n'avais pas de smartphone, j'avais juste un mini dictionnaire anglais, anglais-russe que j'avais trouvé avant de partir. Et puis, donc, j'étais prise dans le quotidien. Et puis, à un moment, je me souviens, donc, pour visualiser un petit peu là-bas, c'est ce qu'on appelle la toundra montagneuse. Donc, la toundra, c'est, il n'y a pas d'arbre, c'est des arbres nains, enfin, c'est des bouleaux nains qui arrivent à peu près à hauteur des pôles. Il y a énormément de rivières et c'est de l'herbe partout avec du relief montagneux. Donc, il y avait même encore de la neige en été et on marchait comme ça. Donc, on était dans une zone qui fait à peu près un tiers de la France où il n'y a rien. On était 12 avec 2500 rennes. Il n'y a pas de route, il n'y a pas de sentier même. Ou alors, des fois, on voit les sentiers des ours. Donc, du coup, il y a les ours. Et puis, tu marches. Tu marches pendant des mois jusqu'à la mer de Bérine parce que le but, c'est d'amener le troupeau de reine à la mer de Bérine pour qu'il puisse s'abreuver d'eau salée parce que le sel, c'est bon pour la viande. C'est ultra pragmatique. Et ça permet de faire de la bonne graisse et du coup, ils peuvent traverser l'hiver sibérien confortablement avec leur bonne graisse. Voilà le pourquoi de la Transimmense. Et tu vois, donc on est là et puis à un moment, des fois, j'étais avec eux et puis à un moment, je sais, je m'écarte un petit peu de la tribu et je me pose dans l'herbe du zébo et là, tu sais, je prends du recul par rapport à ma situation et je me visualise dans ma tête, je me visualise sur la carte en me disant mais quand même, t'es à 11 000 kilomètres de la France avec des mecs. Donc, il y avait neuf hommes et deux femmes. Donc, une tribu, tu les connaissais pas il y a quelques jours, il y a quelques semaines. Tu connais pas la langue et t'es dans un endroit où il n'y a rien par des... C'est la nature à l'état pur et là, tu vois, j'ai eu une sorte de vertige et malgré... Et ce vertige me disait mais en fait, t'es à l'opposé de tout, de tout ce que tu connais culturellement, de la nature aussi, de tout et pourtant, t'es bien. Et j'étais heureuse, j'étais en joie, on n'arrêtait pas de se marrer avec les tchouks. Déjà, j'ai un naturel assez joyeux mais t'imagines, tu vois, souvent on parle de la langue mais le rire, c'est la plus belle chose qui nous unit par de la lémo et j'ai beaucoup ri avec les tchouks par les gestes et tout ça ou quand je prononçais mon russe qui était n'importe quoi, il se marrait parce que ça voulait rien dire et là, je me dis mais ce sentiment de liberté aussi parce que j'avais tout quitté et j'étais libre et libre d'être qui je devais devenir en fait et là, je me souviens encore, c'était vertigineux, c'est le vertige de la liberté et le vertige d'être là où tu dois être.

Loïc Fabuleux, finesse. Donc, le Kamchatka, tu disais, c'était pour un premier voyage tu étais encore un peu peut-être dans cet esprit performance, dépassement de soi, challenge physique mais relativement peu de temps après je crois, tu es partie un an

Linda dans l'Himalaya

Loïc dans l'Himalaya alors avec des non-bouddhistes cette fois-là.

Linda Alors en fait, je suis partie, je crois que j'ai dû mettre un an mais je suis partie plusieurs fois et au total, j'ai fait un an, j'ai fait l'été, l'automne et l'hiver chez les non-bouddhistes dans différentes nonneries dans l'Himalaya.

Loïc Et ça, ça a été quoi l'appel cette fois-ci de ce type de voyage beaucoup plus j'imagine du coup spirituel ?

Linda Ouais, complètement. Alors, la spiritualité, c'est vrai que c'est un autre aspect. Tu me diras, ça m'a déjà rattrapé en Sibérie parce que les tchoukts sont de tradition chamanique et j'apprends, j'apprends, j'apprends, j'ai pas été initiée au chamanisme mais je vois leur tradition chamanique, le fait qu'ils croient aux esprits de la nature, je comprends ce qu'est le chamanisme. Et puis, même en Alaska, je rencontre un grand sage à l'éhout, on parle déjà beaucoup de spiritualité, le rapport à la vie, le rapport à la mort aussi et c'est la mort de mon père surtout qui m'a reconnectée avec, quand je parle de spiritualité, c'est les choses de l'invisible, c'est-à-dire que j'ai senti que mon père me guidait après sa mort mais vraiment, je suis sûre qu'il a été là et j'ai commencé, en fait, j'en avais quand j'étais petite, des fois, j'ai eu des rêves un peu bizarres, des rêves prémonitoires où je vois des choses dans mes rêves et l'Himalaya, ça a été ça, j'ai eu une vision, j'ai fait un rêve qui m'a guidée vers l'Himalaya où j'ai vu des montagnes, en fait, il y avait un grand sage qui était face à moi avec le symbole d'une fleur de lotus et à l'époque, je ne connaissais quasiment rien au bouddhisme et à l'hindouisme donc tu vois, je n'avais pas les symboles en tête et des montagnes et c'était ultra puissant. Je revenais de Sibérie, justement, je me souviens, j'étais en train de faire une sieste quand c'est arrivé, c'est super concret et là, je me réveille et j'étais sur mon canapé et je me suis dit « Ouah, c'est quoi ce rêve de fou ? » parce qu'il était puissant, je savais qu'il y avait quelque chose qui se cachait derrière. Après, le temps a passé et c'est quand j'en reparle à ma mère et là, ça a été dingue parce que je ne savais pas que ma mère, elle connaissait les symboles du bouddhisme parce que je ne savais pas que ma famille a un lien en fait avec le bouddhisme et l'hindouisme et tout ça, je ne le savais pas encore à l'époque et c'est ma mère, à un moment, elle me dit « Mais c'est chez les bouddhistes ton rêve ? » Après, je fais des recherches sur Internet, montagne, Himalaya, bouddhisme et je vois que les montagnes de mon rêve, ça ressemblait à ce qu'il y avait dans l'Himalaya et c'est comme ça que je vois qu'il y a des nonneries bouddhistes et je me dis « Tiens, je vais aller faire un tour par là et je sais correspondant à mon truc, région isolée, il n'y a rien, pas de tourisme ou très très peu, 4000 mètres d'altitude, j'ai des grosses fans de montagnes aussi » donc du coup, je suis partie là-bas et j'étais volontaire, plusieurs nonneries et en tout, du coup, je suis pareil comme en Sibérie, je suis venue une première fois, une deuxième fois, une troisième fois et en tout, j'ai passé un an et c'est là où j'ai écrit mon premier livre d'ailleurs. Mon premier livre, je l'ai écrit totalement manuscrit, j'étais enfermée par l'hiver dans une vallée qui s'appelle la vallée du Zanskar, tu ne peux plus partir parce que les routes sont bloquées, les rivières, tu ne peux plus les prendre parce que les rivières sont gelées et là, elles étaient un peu dégelées donc tu ne peux plus sortir de la vallée et donc, je me suis retrouvée cinq mois dans une nonnerie, une petite nonnerie bouddhiste et à un moment, je me dis, tiens, c'est peut-être le signe que j'écrive mon livre parce qu'elle, elle prie toute la journée, ils ne font que ça, réciter des mantras, prier, les villages, c'est pareil, tout est au ralenti et j'avais deux carnets et mon premier livre, je l'ai écrit comme ça, dans l'Himalaya avec les mantras des nonnes, le poil au milieu, où on se chauffait avec les crottes de yaks séchées, c'est comme ça qu'on fait du feu là-bas parce qu'il y a très peu de bois, voire pas du tout et mon premier livre, il est né comme ça, en vrai manuscrit, l'ancienne, sans internet, sans rien, que de mémoire.

Loïc Excellent. Et tu dirais, qu'est-ce que tu as appris ou découvert à travers ce voyage en particulier, encore une fois, du coup, beaucoup plus spirituel et peut-être, enfin, isolé, je ne sais pas, mais parce que Kamchatka, ça va être quand même bien isolé, l'Alaska aussi, tout ce que tu fais, c'est quand même dans des endroits relativement loin de tout.

Linda Oui, l'Himalaya, c'était très isolé aussi. Parce que subit peut-être, non, justement,

Loïc par rapport à la neige, c'est-à-dire que là, tu n'avais pas le choix, tu étais vraiment dans ta vallée pour ces cinq mois-là et il ne pouvait rien faire.

Linda Oui, et après, ce qui était génial, c'est que du coup, et puis après, il y avait toujours ce truc de marche, j'ai traversé une partie de l'Himalaya à pied, que ce soit en été ou en hiver et on était parti avec deux villageois parce que tu as le risque des avalanches et puis il n'y a pas du tout de matériel d'alpinisme donc c'est un peu fou, mais quand j'y pense, parce que tu es à 4000 mètres, tu as des colles à 5000 mètres et tu es en, comment ça s'appelle, les snow boots, c'est comme c'est ce que j'avais.

Loïc Tu as pas le GHM qui peut débarquer en hélicoptère là-bas.

Linda Non, non, non, c'est, wow, les villageois, c'est là que tu vois qu'ils ont une connaissance extraordinaire du terrain mais en été, j'avais traversé une partie de l'Himalaya à pied, toute seule et ça, c'était extraordinaire. Mais en gros, à part ça, oui, la révélation de ce voyage qui me tient jusqu'à aujourd'hui, ça a été ma découverte de la méditation. En fait, c'est là où je commence à poser des questions sur c'est quoi la méditation, comment on médite en lien avec le bouddhisme puisque il y a une région, c'est de tradition bouddhiste là-bas et puis du coup, je commence à méditer. Alors à l'époque, on en parlait un petit peu de la méditation mais pas trop et quand je reviens, tu vois, entre deux voyages parce que les nonnes sont très peu éduquées et pareil, il y avait le problème de la langue, ils avaient du mal à m'expliquer ce qu'était la méditation parce que pour eux, c'est comme ça, tu vois, il n'y a pas de cours de méditation quand tu vas là-bas. Et en fait, entre deux voyages, j'avais acheté un livre plus théorique, tu vois, nous, occidentaux, on a besoin de comprendre sur la méditation. C'était un petit livre qui s'appelle L'art de méditer de Mathieu Ricard et puis, j'étais repartie avec dans l'Himalaya et puis du coup, tu vois, pendant que les nonnes récitaient les mantras, moi, je faisais les exercices et la méditation a changé beaucoup de choses parce que tout d'un coup, tu comprends que ce n'est pas tant pour le côté, on dit beaucoup, aller mieux, ce n'est pas ça du tout la méditation. Pour moi, la méditation, ça m'a permis de m'observer plus précisément, d'observer mes pensées et du coup, de faire preuve encore plus de discernement dans ma vie et de moins être dans la réaction parce que souvent, on réagit aux événements et on ne réfléchit pas trop à nos réactions et être plus dans la sagesse de l'action.

Loïc Comment est-ce que tu médites ou en tout cas, comment est-ce que tu expliquerais à quelqu'un qui ne médite pas et qui voudrait s'y mettre concrètement les étapes par lesquelles toi, tu passes aujourd'hui avec ton expérience pour faire ces méditations ?

Linda À quelqu'un qui n'a jamais médité, déjà, oublie la posture parce que rien que ça, tenir, tu sais, on a l'image de méditer en tailleur en position du lotus. Nous, occidentaux, qui sommes assis sur des chaises depuis qu'on est tout petit, ce n'est pas possible ou alors des gens qui sont souples de nature. Mais déjà, il ne faut pas se prendre la tête sur la posture, prendre une posture où on est bien avec la colonne vertébrale la plus droite possible, c'est la seule condition. Ça peut être très bien assis sur une chaise ou sur un canapé avec les deux pieds au sol pour avoir l'ancrage à la terre. Fermer les yeux, c'est déjà, et puis je dirais la méditation la plus simple mais qui est une des plus efficaces et qu'on utilise dans la... C'est une voix de l'hindouisme que je suis qui s'appelle la voix du tantra qui est la voix de mes ancêtres. Écoutez la pause entre chaque respiration parce qu'en fait, on se rend compte qu'entre l'inspiration et l'expiration, il y a peut-être une demi-seconde où il y a une pause, ce que j'appelle la pause entre les deux souffles et vice-versa, entre l'expiration et l'inspiration, il y a une petite pause, il y a un moment de suspension et juste observer cette parenthèse entre les deux souffles, là, c'est ultra puissant. Et se dire, le dernier point, c'est que se dire que, bien sûr, les pensées, elles vont arriver et on peut passer une demi-heure de méditation à penser mais déjà, prendre conscience qu'on a pensé, c'est déjà de la méditation.

Loïc Et cet exercice, tu le fais, enfin, quelqu'un encore une fois qui débuterait, c'est quoi la durée recommandée, entre guillemets, j'imagine que c'est très perso, mais...

Linda Ouais, après, c'est pareil, tu sais, tout à l'heure, je parlais de persévérance. Moi, la méditation, la spiritualité, c'est comme je le dis, c'est comme un muscle. De la même manière, tu vois, on ne va pas faire un marathon du jour au lendemain, on commence par courir à un quart d'heure, 20 minutes, une demi-heure. La méditation, c'est exactement pareil. Commencer par 5 minutes, 10 minutes, faire ça une fois par semaine, après deux fois, trois fois par semaine, trois fois par semaine, puis après 10 minutes, tu passes à 15 minutes, après à une demi-heure. Après, ça dépend de chacun, ça dépend aussi... c'est assez simple, tu vois, tu peux faire le test, tu te poses, tu fermes les yeux et la première pensée qui te vient, en fait, c'est ce qui te prend la tête en ce moment. Et il y a des fois, il y a beaucoup de choses qui nous prennent la tête. c'est le truc qui va te froisser le plus, enfin, on a tous... Et donc, il ne faut pas se juger, surtout, il ne faut pas se dire je suis nul, machin. Non, il faut faire ce qu'on peut, quoi.

Loïc Et ce livre que tu avais acheté, tu le recommandes de Mathieu Ricard pour quelqu'un qui voudrait encore une fois se lancer ?

Linda À l'époque, oui, parce qu'à l'époque, il y en avait beaucoup moins qu'aujourd'hui. C'était en plus un tout petit livre et pour moi, c'était génial. Ça pose les bases de la méditation. Je ne sais plus s'y donner des techniques, mais oui, oui, sans doute. Et en fait, ça te permet de comprendre comment ton esprit fonctionne, quoi. On ne nous apprend pas ça, que le fait que tu es capable d'observer tes pensées, mais rien que ça. C'est ça. Tu fermes les yeux et tu observes tes pensées. Tu as souvent la métaphore, c'est comme des nuages qui passent. Tu les laisses venir, mais aussi, tu les laisses passer. Et c'est ça, la méditation.

Loïc Tu m'as donné envie de m'y plonger, de regarder un peu plus, de me renseigner, de tester. Depuis le Kamchatka, tu as effectué beaucoup de voyages. On n'en a pas parlé, mais tu es allé en Alaska. Tu as fait 1200 km à vélo juste avant l'hiver en Alaska. Donc, Zanskar, on en a parlé un an au total avec les non-bouddhistes. Tu as couru et fait du vélo sur 1600 km au total au Kyrgyzstan. Tu as fait 3500 km de vélo au Tibet, des marathons en France, 1000 km en Israël, le Chili pendant trois mois. Enfin bon, bref, il y a eu énormément de choses. Tu dirais, et aujourd'hui, l'Italie qui sera finie, a priori, d'ici la fin de l'année si tu ne fais pas trop de détours. Oui. Tu dirais que aujourd'hui, la Linda d'aujourd'hui, en quoi est-ce que tu es différente dans ton approche de tous ces voyages par rapport à qui tu étais à la veille de partir pour le Kamchatka ?

Linda En quoi je suis différente ? Je dis, c'est compliqué comme question. Non, je crois, tu vois, moi, je suis quelqu'un, je suis très proche de ma joie, en fait. Je me marre tout le temps, y compris des fois dans des situations tragiques, j'arrive à me marrer. C'est vrai. Je te promets. Ça ne veut pas dire que je vais bien, mais je vais pouvoir le rire. C'est extraordinaire. Et ça, je l'avais déjà avant. Après, la différence, c'est que je sais que, finalement, peut-être, je crois, je me prenais la tête sur qu'est-ce que je dois faire dans ma vie. Enfin, tu sais, on cherche tous un sens à notre vie. C'est normal. Sinon, la vie, elle peut vite devenir très absurde. Mais je dirais que la différence, c'est que ce qui compte, c'est de vivre. C'est tout. Peu importe. C'est d'agir, évidemment, avec la plus grande justesse par rapport à ce qu'on ressent. Et surtout, il y a un truc que mes expériences m'ont apprise, ne pas juger si ce qu'on vit est bien ou est pas bien. Parce que, oui, bien sûr, on peut se dire, oui, je te parle de mon agression, ça a été compliqué à encaisser, évidemment. Mais à un moment, on n'est pas là pour juger que ce qui nous arrive, c'est génial ou c'est catastrophique. C'est qu'à un moment, il faut juste apprendre de ce qui nous arrive, profiter, apprendre de ce qui nous arrive de pas très drôle, parce que souvent, les enseignements, on les a dans les épreuves. Profiter, profiter de ce qui arrive de bon, de bien, des personnes qui nous aiment parce que ça aussi, on n'en a pas parlé, mais pour moi, c'est très important. Tu vois, je voyage seule, quasiment tout le temps, mais je suis en couple et ça, c'est aussi intéressant de savoir, c'est pas incompatible. Et c'est ça, tu vois, je pense que la Linda d'aujourd'hui, elle est beaucoup plus ancrée dans la vie au sens où je ne me prends plus trop la tête, tu vois. Je sais que, bien sûr, il va encore m'arriver des mères donnant la gueule comme ce que la vie, elle est faite ainsi, quoi. Mais ça fait partie du chemin, et j'aime profondément la vie, mais clairement, d'autant plus parce que j'ai failli la perdre, je suis une grande amoureuse de la vie.

Loïc Comment, alors, je rebondis du coup, à chaud tout de suite sur ce que tu viens de dire, le fait que tu es en couple et que ce n'est pas incompatible avec une vie d'aventurière, d'exploratrice, comment vous le gérez, ça, en fait, si ce n'est pas indiscret ? Tu parles pour un an en Italie, par exemple, tu vois, qui n'est pas non plus si loin que ça de la France, mais il y a eu quand même pas mal de choses avant où c'était un peu plus...

Linda Oui, on ne le voyait pas du tout. L'Italie, là, c'est plus simple parce que tu vois, là, il est venu me voir, on se fait une semaine, justement, de pause, moi, ça me permet de me reposer, il est à Matera, donc il est venu me voir. Mais sinon, il y a plein de voyages pendant, quand j'étais dans l'Himalaya, cinq, six mois sans se voir. Alors moi, je ne sais pas d'où ça vient, mais c'est vrai que pour moi, je n'ai aucun problème pour maintenir des relations à distance, tu vois, que ce soit en amitié, parce que pour moi, l'amitié, c'est aussi une relation d'amour, sans le côté physique, évidemment, mais mes amis, des fois, je ne les vois que deux fois par an, et j'ai les mêmes amis depuis certaines, ça fait 30 ans qu'on se connaît, quoi. et en amour, c'est pareil, c'est-à-dire que il y a une relation de confiance, parce que je sais que maintenant, il y a les unions, je ne sais plus comment on appelle ça, les unions libres ou les polyamour, je ne sais pas quoi. Non, en fait, nous, on est très fidèles l'un à l'autre, en tout cas de mon côté. Je ne peux pas vérifier de l'autre, mais en tout cas, non, notre amour, il est très fort, on se fait confiance. Tu vois, lui, souvent, on dit, ça doit être aussi un grand voyageur, il voyage beaucoup moins, on ne fait pas du tout les mêmes activités professionnelles, lui, il est beaucoup plus ancré dans, on va dire, dans un truc plus dans la société, très sociale, alors que moi, je suis plus solitaire, mais on a une même vision de la vie, on a les mêmes valeurs par rapport à la vie, ça, je crois que c'est essentiel, tu vois, on aime prendre du bon temps, on aime profiter de la vie, on aime les gens profondément, quoi, nos valeurs, c'est vraiment, la loyauté, pour nous, c'est très important par rapport à l'autre, par rapport aux personnes qu'on côtoie, et puis, tu vois, quand je te parlais de la joie, cette capacité de rire, ça aussi, on l'a, et c'est vraiment ce qui nous unit, tu vois, la capacité de rire, et la première chose, c'est de se foutre de notre gueule à nous, quoi, et l'auto-dérision, on a beaucoup d'auto-dérision, et ça, ouais, c'est, et donc, du coup, ça se passe bien, alors, lui, il a appris aussi à vivre tout seul, il a appris à, parce qu'il était beaucoup plus, voilà, on doit être entouré, et en fait, il apprécie être seul aussi, donc, donc, avoir une vie un peu, un peu monastique, tu vois, alors, bon, après, il y a ses activités professionnelles, mais quand il rentre le soir, et puis, on a commencé aussi à faire de la méditation ensemble, donc, tu sais, ça, ça permet aussi de relier le couple à un niveau encore plus profond, de partager le côté spirituel ensemble, de prier ensemble, on fait aussi, bon, ça, c'est le côté chamanique, les cérémonies du cacao ensemble, et c'est con, on va dire, mais du coup, se relier à un niveau encore plus profond spirituellement, et c'est un lien qui est très fort, ça fait 12 ans qu'on est ensemble, enfin, 11 ans,

Loïc donc quasiment depuis le début de ta nouvelle vie, en fait,

Linda oui, en fait, je l'ai rencontrée après, après mon premier grand voyage, après la Sibérie, l'Alaska, moi, j'étais très bien seule, et en fait, c'est comme ça que j'ai rencontré, au moment où je ne voulais pas, d'ailleurs, j'étais très résistante, je suis très bien seule, je vivais ma vie, tu vois, je construisais mon projet, et comme on dit, en fait, l'amour arrive quand on ne l'attend pas, c'est vrai,

Loïc la cérémonie du cacao, c'est quoi ?

Linda Ah, ça t'intrigue ! Alors, c'est quelque chose que tu trouves, originairement, donc tu trouves ça en Amérique du Sud, c'est une tradition qui nous est transmise par les Aztèques, les Toltecs, les Mayas, et ils ont un cacao qu'ils appellent le cacao sacré, cacao de cérémonie, donc ça a traversé les générations, donc tu le trouves encore, donc c'est un cacao qui n'est pas traité, qui n'est pas, tu vois, il ne rajoute pas de sucre, et il n'est pas, comment, il est très peu cuit, donc ce qui fait qu'il garde, c'est, comment, ces vertus, tu vois, le magnésium, il y a une substance dans le cacao, on le sait, tu vois, quand tu prends du chocolat, mais là, la substance, elle est très élevée, enfin, beaucoup plus élevée proportionnellement, qui s'appelle, j'ai oublié le nom, mais en fait, c'est l'équivalent de l'hormone du bonheur, en fait, c'est un côté un peu euphorique, donc c'est un cacao qui s'appelle, tu tapes sur internet, cacao de cérémonie, donc en général, c'est originaire du Pérou, de l'Équateur, du Guatemala, et maintenant aussi, ils en font à Bali, et la cérémonie, c'est simple, c'est pas du LSD, c'est soft, attention, mais tu prends juste une tasse de cacao pur, donc tu peux le mélanger avec du lait végétal, parce que le goût est très très fort, souvent on dit, ah, c'est le cacao, ça va être bon, mais là, comme il n'est pas du tout, il est très pur, c'est très amer, en fait, c'est très très amer, c'est même la substance, c'est un peu visqueux, tu vois, si tu ne le dilues pas trop, et la cérémonie, en fait, c'est une cérémonie qui est héritée de ses traditions chamaniques, faire des tambours, etc., et en fait, ça te permet de rentrer encore plus profond dans un état méditatif, et en connexion avec le cœur, parce que la vertu du cacao, c'est notamment de se connecter avec le pouvoir du cœur, donc avec ce que tu portes à l'intérieur de toi, et en fait, tu as beaucoup plus de clarté en méditation, tu vas beaucoup plus loin, plus facilement en méditation, parce que ton corps est beaucoup plus oxygéné, donc ça, c'est les vertus physiques du cacao, quand tu fais des exercices de respiration en yoga, qu'on appelle pranayama, tu peux retenir ton souffle beaucoup plus longtemps, grâce au cacao, enfin, c'est extraordinaire.

Loïc D'accord,

Linda c'est soft, c'est très soft, il ne faut pas s'attendre, ce n'est pas psychédélique, mais si tu as déjà fait un travail sur toi, franchement, tu peux avoir, moi, j'organise dans mes retraites les cérémonies du cacao, et alors, tu peux te connecter aussi à la joie, des fois, je fais des danses, et ça libère, ça peut libérer vraiment des personnes, moi, j'ai eu des résultats de fou, juste par une cérémonie du cacao, quoi.

Loïc C'est vrai ?

Linda Oui, avec des stagiaires, c'est super émouvant, de voir que quelqu'un qui était enfermé sur lui, qui tout d'un coup peut être reconnecté à la joie, parce que tout d'un, il y a un blocage qui saute, juste en faisant une thèse de cacao, des exercices de respiration, et un peu de méditation, et danser, c'est fou, quoi.

Loïc Oui, et donc, d'ailleurs, ces retraites, depuis quand est-ce que tu fais, on dit quoi, yogi master,

Linda enseignante, enseignante en yoga, alors après, moi, j'ai pris une branche particulière qui s'appelle le tantra yoga, alors je sais, quand on dit tantra, on pense sexualité, mais ce n'est pas du tout ça, c'est une branche très ancienne de l'hindouisme, et en fait, qui est la voix de mes ancêtres, et du coup, ça m'a permis d'encore plus me sentir connectée à cette branche de l'hindouisme, la voix de mes ancêtres indonésiens, je précise, et donc, j'ai commencé à enseigner, ah oui, c'est après le Covid, c'est simple, parce que le Covid, ça m'a, tu sais, les premiers confinements qu'on a vécu, on était tous bloqués chez nous, ça m'a permis, tu es en France,

Loïc tu es bloquée en France ?

Linda Oui, je venais juste de rentrer trois jours, alors que je ne savais pas ce qui se passait, parce que j'étais déconnectée là-bas, trois jours avant le premier confinement, je suis rentrée, tu imagines, je passe des grands espèces, et puis je rentre, et là, elle annonce de notre cher président, confinement, je me suis dit, oh putain, c'est quoi ce truc, on est dans une petite appart, et en fait, alors après, j'allais bien, parce que je venais, je rentrais de voyage, je me sentais bien, et rapidement, j'ai switché en me disant, comment je peux aider les gens, en fait, j'ai eu ce déclic à ce moment-là, pendant le confinement, et j'ai commencé à donner des lives gratuits, il y avait pas mal de lives Facebook, Insta, à cette époque-là, quoi, et puis je me suis lancée comme ça, tu vois, je donnais des lives, sur des enseignements spirituels, et puis après, je me suis dit, j'ai envie d'aller plus loin, alors à l'époque, je faisais déjà beaucoup de méditation, et un peu de yoga, les yoga, les postures, et du coup, j'ai approfondi, moi, ma connaissance, je me suis formée, cette fois-ci, en tant qu'enseignante, parce que c'est quand même une différence, en tant que pratiquée, et après, enseignée, j'ai profité de toute cette période Covid, pour renforcer mes compétences, en tant qu'enseignante, et donc à chaque fois que je pouvais partir, tu sais, quand ça se rouvrait, les frontières, je suis partie en Équateur, je suis partie au Népal, et je me suis formée, donc je suis partie dans un ashram au Népal, me formée en tant qu'enseignante, pendant un mois et demi, et puis après, au retour, j'ai commencé à organiser des retraites, des cours en ligne, des ateliers à Paris, quand j'y suis, donc voilà, ça s'est fait comme ça.

Loïc Génial. Et donc aujourd'hui, ces retraites, elles sont en France ? Tu fais ça en France ? Ouais.

Linda Pour l'instant, je fais ça dans les Pyrénées. J'ai trouvé un super lieu dans les Pyrénées orientales, donc en général, c'est une semaine où on combine marche, méditation et yoga, et à la fin, il y a la fameuse cérémonie du cacao.

Loïc Trop bien. Et tu ne fais pas de... Est-ce que dans ces retraites, du coup, tu fais, je ne sais pas, des sortes de conférences, tu vois, en petit comité pour ceux qui sont là pour parler de tes voyages parce que j'imagine que c'est très complémentaire, tout ça, tout ce que tu vis en rencontrant les autres dans des endroits très, très différents de la France.

Linda Ouais.

Loïc C'est d'ailleurs un enseignement très riche.

Linda Oui, oui, mais en fait, pour le coup, les retraites, c'est vraiment... C'est un espace que j'offre pour les personnes qui viennent. En fait, je ne parle pas de moi. Alors, bien sûr, je guide les méditations, je guide les séances de yoga, mais c'est vraiment un espace que je crée pour que les personnes puissent travailler ce qu'elles veulent travailler intérieurement. Et après, bien sûr, tu vois, je leur dis, si vous avez des questions, tu vois, il y a toujours j'accorde des créneaux après manger s'il y a quelqu'un qui veut me voir, parler d'un sujet particulier, on en parle. Mais il n'y a pas de conférence sur mes voyages. C'est vraiment, là, j'offre mes enseignements. C'est un espace aussi que je veux de transformation intérieure, même si ça ne dure qu'une semaine, mais c'est fou, quoi. Enfin, franchement, il se passe des trucs de fou, quoi, dans ces retraites.

Loïc S'il y a des gens qui sont intéressés, qui veulent se renseigner, je suis sur ton site, là, je n'arrive pas à trouver où est-ce qu'on peut avoir des infos sur des dates, etc.

Linda En général, je publie sur les réseaux sociaux. Sur les réseaux, sur Instagram. C'est vrai que c'est l'inconvénient, comme je voyage beaucoup, je ne suis pas que prof de yoga, tu vois, où je peux avoir un calendrier. En fait, c'est assez inattendu. C'est un moment où je sais que je vais avoir un créneau, donc je préviens cinq, six mois à l'avance parce qu'après, il faut que les gens s'organisent. Et en général, je publie sur les réseaux en disant, voilà, j'organise une retraite. Ceux qui veulent venir, voilà, vous inscrivez. Donc, sur Insta, je n'utilise quasiment plus Facebook, donc aujourd'hui, je n'utilise quasiment que Instagram. Ok.

Loïc Ok, écoutez, si il y en a qui sont intéressés et qui nous écoutent, le lien est en description, donc allez voir pour le profil Insta de Linda. Fabuleux, punaise, on a parlé d'énormément de sujets, c'était absolument passionnant. Peut-être dernière question pour moi, parce que j'avais dit un peu plus tôt, enfin beaucoup plus tôt qu'on allait l'évoquer, tu es membre de la Société des Explorateurs.

Linda Oui,

Loïc oui, concrètement, est-ce que tu peux nous présenter dans les grandes lignes en quoi consiste cette société et ce que ça apporte à celles qui en sont membres ?

Linda Alors, oui, oui, alors je ne pourrais pas faire l'historique de la société, alors là-dessus, non, je ne connais pas quand est-ce qu'elle a été créée, mais c'était dans l'idée, ils l'ont créée dans l'idée, c'était les Britanniques qui avaient leur Société nationale de géographie et je pense qu'à l'époque, en France, donc Société nationale de géographie, c'était très prestigieux en Grande-Bretagne, les grands explorateurs étaient affiliés à ça, étaient sponsorisés aussi par la Société nationale de géographie pour faire, à l'époque, des vraies explorations sur des territoires inconnus pour cartographier des territoires inconnus et la France, je pense qu'ils se sont inspirés de ça pour créer la fameuse Société des Explorateurs Français. Je ne sais pas du tout à quelle époque, peut-être dans les années 50, je dirais 50-60 et en gros, pour en faire partie, c'est un système de parrainage où il faut avoir deux personnes qui nous recommandent et donc moi, j'avais été contactée par l'un d'entre eux qui me disait qu'ils me verraient bien là-dedans par rapport à ce que j'avais fait déjà et j'avais mis un peu de temps à réfléchir en me disant est-ce que ça me parlait, est-ce que c'était utile ou pas et puis un an après, je l'avais recontactée et puis du coup, j'avais aussi trouvé une autre personne qui voulait, c'était une femme qui voulait me marrainer du coup et après, qu'est-ce que ça apporte ? Donc, qui est-ce qui est ? Il faut avoir, je n'ai pas vraiment les critères mais oui, être engagée dans le monde de l'aventure, de l'exploration, soit, alors il y a des scientifiques évidemment qui font de l'exploration au plan scientifique et puis après, il y a aussi des profils plus comme moi où je ne dis pas, je ne dirais pas que je fais de l'exploration, c'est plus de l'aventure, tu vois, donc c'est possible mais après, il faut que ce soit avéré, ce n'est pas une aventure, tu vois, il faut quand même en avoir fait plusieurs et qu'on soit engagé dans ce milieu de l'aventure idéalement d'avoir écrit aussi parce qu'il y a ce côté transmission qui est important et après, qu'est-ce que ça apporte ? Donc, du coup, il y a plein de profils différents, il y a peu de femmes, évidemment, comme d'hab, mais bon, on arrive, mais après, qu'est-ce que ça apporte ? Moi, je te dirais que personnellement, tu parlais de réseau tout à l'heure, comme finalement, je suis beaucoup en voyage et comme je l'ai déjà dit, je suis une grande solitaire, mine de rien, le réseau, c'est quelque chose que je travaille très peu, même si je sais que c'est important, je suis assez sauvage là-dessus et bien sûr, tu vois, ils organisent des conférences régulièrement, ça permet de rencontrer des personnes et puis de découvrir des projets qui sont juste fous, mais je n'y vais pas, je ne suis jamais là, quoi. Et après, donc du coup, moi, personnellement, à part, tu vois, quand je fais des conférences en entreprise ou de moins en moins, je cherche du mécénat parce que c'est de plus en plus dur, ça, c'est aussi intéressant, pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, il y a des influenceurs et les entreprises, maintenant, elles vont regarder combien tu as de followers sur Insta.

Loïc Ah oui.

Linda Et si tu n'as pas, et moi, alors, je commence à avoir une bonne petite communauté, mais je crois à 12 000, mais aujourd'hui, les entreprises, ils cherchent du 50, du 100 000, 150 000 et c'est comme ça que le sponsoring marche aujourd'hui, c'est compliqué si tu n'as pas de grosse communauté.

Loïc Tu sais, j'ai changé il n'y a pas si longtemps que ça avec un ancien invité qui est dans le sport qui s'appelle Nahuel, Nahuel Passera, salut Nahuel, si tu nous écoutes, et on parlait du sponsoring sportif et il disait en fait la même chose, donc lui, il a un CV sportif, tu vois, mais qui est vraiment impressionnant, c'est quelqu'un qui fait des ultra trails très, très, très engagés, enfin même des ultra montagne, c'est genre 150 km, 15 000 mètres de dénivelé, enfin, c'est vraiment, voilà, il est dans le milieu de l'ultra, il est dans le haut du panier et il me disait la même chose, qu'en fait, il a énormément de mal à trouver des sponsors pour de l'équipement parce qu'en fait, aujourd'hui, les marques préfèrent envoyer des sacs, des vélos, etc., à des influenceurs.

Linda oui, un mec qui n'a rien fait mais qui a 50 000 ou 100 000 abonnés, c'est horrible,

Loïc c'est dommage, peut-être qu'on y reviendra, mais ok, donc c'est intéressant d'entendre que c'est un peu le même constat que tu fais dans le monde de l'aventure aussi.

Linda Ah bah ouais, mais les entreprises, oui, ils m'ont dit franchement qu'ils, pour eux, c'est une question de rentabilité sur leur image, c'est plus rentable, ils ont plus de retours sur leur vente quand ils vont filer, je ne sais pas quel produit, un influence ou une influenceuse mais qui ne fait rien plutôt qu'un mec ou une nana d'ailleurs qui fait vraiment des trucs mais on n'a pas une grosse communauté parce qu'on n'a pas le temps de travailler là-dessus, tout simplement. Donc du coup, ouais, tu vois, alors du coup, pour revenir à la société des explorateurs, c'est vrai que c'est une étiquette qui permet d'avoir une légitimité, tu vois, de se dire et c'est vrai qu'en France, tu vois, pour revenir à la, tout à l'heure, je parlais un peu de cet esprit français, l'esprit français, c'est que c'est bien d'avoir du réseau et puis c'est bien d'avoir une étiquette, oui, voilà, d'avoir une sorte de statut social, enfin tu vois, donc voilà, ce pourquoi, ça, je dirais pas que ça m'aide, mais ça me donne un plus d'être à la société des explorateurs français et c'est pour ça que je l'écris et puis je suis un peu fière aussi, tu vois, et notamment, encore pour revenir en tant que femme, en me disant, bah oui, les femmes, enfin, il faut aussi qu'on, parce qu'on n'est pas moins, c'est pas qu'on fait moins de choses, c'est qu'on est moins visible et on le voit dans le monde, tu vois, tu parlais du monde du sport mais les nanas, mais je trouve ça terrible, je trouve ça terrible, l'absence de visibilité de nanas qui font de trucs de fous, quoi, et tu vois, tu parlais, le sponsoring pour les sportives, ça doit être ultra dur, quoi, pour elles, alors que, quand on veut être sportif de haut niveau, pour le coup, on doit s'entraîner 6-7 heures par jour, on n'a pas le temps de faire autre chose, quoi, donc, je pourrais te donner

Loïc tellement d'exemples d'invités, de femmes que j'ai reçues qui m'expliquent que dans leur discipline, il y a des sponsors pour les hommes mais pas pour les femmes alors qu'elles sont sur les mêmes circuits internationaux et je le partage rarement mais là, puisqu'on en parle, je le fais, tu parlais des croyances limitantes un peu plus tôt, toi, tu t'es rendu compte que tu n'as pas grandi avec ce, enfin, tu n'as pas été influencée par ça dans ta, dans mon éducation mais que ce n'est pas le cas de la plupart des femmes, moi, j'ai un, en fait, j'ai la moitié de mes invités qui sont des femmes sur le podcast et en fait, c'est, je me rends compte donc maintenant après plus de trois ans de podcast, je dois régulièrement, moi, partir à la recherche d'invités potentiels, femmes, alors que ça fait peut-être deux ans que je n'ai plus à le faire pour des hommes parce que les hommes me contactent eux-mêmes mais vraiment, véridique, j'ai une liste là, j'ai dix invités potentiels hommes et pour les femmes, ce n'est pas le cas, ce n'est jamais le cas en fait et je galère assez régulièrement, enfin, je ne galère, je ne galère pas parce qu'il y a plein de femmes qui font des choses extraordinaires mais c'est moi qui dois aller alors que ce n'est pas du tout le cas, je dis là, j'ai ma liste, ils sont combien, ils sont huit, j'ai huit hommes qui m'ont contacté prêts à partager leurs histoires sur le podcast, tu vois. Oui, comme quoi,

Linda on est…

Loïc Il y a peut-être un truc sur les croyances limitantes et…

Linda Oui, alors ça, pour le coup, je l'ai aussi, enfin, je ne te dirais pas par rapport à ce que je fais physiquement, tout ça, mais c'est vrai que quand il s'agit de demander, oh là là, mais les nanas, on est horrible, enfin, on s'auto-limite, enfin, on est horrible avec nous-mêmes, je veux dire, on n'ose pas demander, c'est horrible.

Loïc Mais quel message, du coup, parce que bon, quand on regarde ton parcours de vie, puis tu le disais un peu plus tôt, voilà, à un moment donné, tu t'es rendu compte qu'il fallait arrêter de se poser des questions et juste suivre, enfin, arrêter de cérébraliser et suivre son… Oui. On va dire, enfin, ce qui t'attire, quel message, toi, peut-être en conclusion, tu voudrais faire passer aux femmes qui nous écoutent, mais de manière générale, à toutes celles et ceux qui nous écoutent, qui peuvent peut-être, tu vois, avoir ce frappé qui sommeille en eux, qui sont dans un parcours comme toi, tu l'as été et qui n'ont pas encore une scie de rupture pour le moment.

Linda Justement, tu vois, tu l'as dit, c'est qu'à un moment, il faut arrêter de se poser les questions et il faut y aller. Mais quand je dis il faut y aller, c'est ultra concret. Tu veux partir en Sibérie, là, tu te mets sur Internet, tu commences à regarder les billets d'avion et tu réserves ton billet d'avion. Rien que ça, quoi. Et une fois que c'est fait et en parler, tu vois, parce que déjà, en parler, après, attention, on ne va pas forcément avoir le soutien, mais dire, voilà, une fois qu'on a parlé, quelque part, ça incite aussi à concrétiser les choses, quand tu t'es dit, tu vois, on a tous plus ou moins les réseaux sociaux, quand même. Voilà, balance ton projet sur les réseaux sociaux et que du coup, tu dirais, et puis si tu ne le fais pas, ce n'est pas grave. Ne pas se juger, mais ça, c'est tellement important. Garder l'humilité, mais je dirais, mais vraiment, pour quelqu'un, justement, comme tu dis, qui a ce frappé, qui sommeille en lui-même, commencer par, qu'est-ce que, en fait, tu vois, se dire, ok, qu'est-ce que je dois faire maintenant qui va commencer à concrétiser mon projet et que je n'ai pas fait avant qui fait que je n'ai toujours pas réalisé mon rêve. Parce que, alors là, je vais faire une parole de vieille pour ceux qui nous écoutent. Je ne suis pas si vieille que ça, j'ai 42 ans, mais bon, je n'ai pas fait. La phase de 40 est quand même un truc. Non, je ne sais pas quel âge de taille.

Loïc Je n'y suis pas encore, j'en ai 34, mais je n'y suis pas encore. Ah oui, ça va, tu as le temps.

Linda profite à fond. Mais justement, c'est ça, c'est ça mon propos. Putain, le temps, il passe. C'est vraiment une parole de vieux, mais c'est la vérité, quoi. Le temps, il passe vite. Tu vois, j'ai changé de vie, j'avais 30 ans. Aujourd'hui, j'en ai 42, mais je n'ai rien vu. Et je ne peux pas dire que je n'ai rien fait dans ma vie. Mais il y a des fois, je me dis que je n'ai pas fait assez. Tu imagines, quoi. Et que je voudrais en faire encore plus. Et après, attention, sans se foutre la pression non plus, parce que je suis aussi une partisane, prendre son temps, savourer la vie, quoi, avec les personnes qu'on aime. Parce que ça, tu vois, je le dis aussi, en connaissance de cause, j'ai perdu mon père, j'étais un petit peu jeune quand même, j'avais 27 ans. Quand les gens qu'on aime sont partis, ben voilà, c'est trop tard. Et ça, c'est important aussi, de se construire un socle de personnes qui nous jugent le moins possible, parce qu'il y a toujours eu un peu de jugement, mais qui nous soutiennent pour ce qu'on est. Et ça, une fois qu'on a ça, voilà, enfin, il faut y aller, c'est tout, quoi.

Loïc Fabuleux. Eh bien, écoute, un immense merci, Linda. Je me suis absolument régalé, c'était génial. On est partis voyager dans des contrées reculées. on a eu une sorte d'initiation rapide, un rite, la cérémonie du cacao. Le cacao,

Linda ouais, le truc, cacao frappé, tu sais.

Loïc Non, vraiment, merci beaucoup, c'était juste génial et très spécial en plus de pouvoir faire cet échange pendant que tu es en train de réaliser ton dernier voyage en date en Italie. Donc, merci beaucoup. Bonne, bonne suite de tes périgrinations, du coup, italiennes. Et puis, pourquoi pas une prochaine pour faire le débrief de l'Italie et puis échanger sur la suite.

Linda Merci beaucoup, Loïc. Et puis, plein de belles énergies à toi et à tous tes auditeurs. Des gros bisous.

Loïc Merci beaucoup. Quel épisode, quel épisode. Si comme moi, vous avez pris une énorme dose d'énergie positive en écoutant Linda, eh bien, pensez à partager cet échange autour de vous à un maximum de personnes. et de manière générale, si vous appréciez le podcast, pensez à vous abonner, à laisser une note ainsi qu'un commentaire sur votre plateforme d'écoute. Parlez tout simplement des frappés autour de vous. C'est une excellente manière de donner de la visibilité au podcast. Et enfin, si vous souhaitez soutenir les frappés financièrement, même de manière symbolique, vous pouvez le faire via la plateforme Tipeee. Le lien est en description. Chaque euro aide à prendre en charge une partie des frais de fonctionnement du podcast. Un grand merci pour votre fidélité. Je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode dans lequel on va rencontrer un homme qui a traversé l'enfer et qui en est ressorti vivant. Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 ...

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