Les Frappés Les Frappés
Saison 2 EP·100 Expédition #UTMB #PTL #voile

31 janvier 2023

Mike Horn - Sortir de sa zone de confort pour se sentir vivant 🔥

Durée · 40 min · Transcription disponible

Mike Horn

Le récit

Mike Horn est sans aucun doute l'un des plus grands explorateurs de notre époque.

Il a traversé l'Amazonie, à pied puis en nageant 🥾 🤿

Il a fait 27 fois le tour du Monde à la voile ⛵️ 🌍

Il a passé 2 ans et 3 mois à parcourir les 20 000km du cercle polaire 🥶

Il a atteint le pôle Nord pendant la nuit arctique, pour la 1ère fois de l'Histoire 📍❄️

Il a réalisé la plus longue traversée nord-sud de l'Antarctique et la première traversée complète de l’océan Arctique par le pôle Nord 🤩

Dans cet épisode, Mike nous parle de sa prochaine expédition qui débutera en au printemps 2023 : "What's Left".

On échange également sur l'importance d'apprendre à sortir de sa zone de confort, comment rebondir après une difficulté, l'évolution de l'exploration ces dernières années, et bien d'autres sujets.

Un immense merci à Mike et à Annika d'avoir permis cet échange !

🔎  Tous les livres de Mike sont disponibles ici.

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🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 Mon récit de la PTL by UTMB - Interview by Tiphaine
👉 Épisode #53 - Jessica et Annika Horn - Une vie d'aventures en famille
👉 Épisode #31 - Teddy Palassy - Ancien Commando Marine (Forces Spéciales), Project Manager CROSSCALL - Le physique a ses limites, le mental n'en a pas
👉 Épisode #40 - Louis Saillans - Ancien Commando Marine (Forces Spéciales) - S'engouffrer dans l'inconnu et affronter le danger
👉 Épisode #58 - Matt [Objectif Forces Spéciales] - Commando Marine, Contre-Terrorisme Libération d'Otages - 20 ans de Forces Spéciales - Aller au bout des choses
👉 Épisode #52 - Tony Busch - Ancien Commando Marine, fondateur de Hémotion® - L'intelligence situationnelle, c'est la clé


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Transcription

Lire la transcription intégrale

Mike Je descends de la maison à la nage, je traversais la maison à pied et j'ai fait 27 tours du monde en voilier. Ça veut dire que j'ai vu la planète, j'étais privilégié de voir la planète comme très peu de gens ont vu la planète. Tu peux seulement avoir ce sentiment d'être 100% en vie quand tu sors de ta zone de confort un tout petit peu.

Loïc Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra-trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver. Avec mes invités, on ira naviguer sur toutes les mers du monde. On participera à des expéditions dans les régions polaires ou en Himalaya. On découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau. Et on partira en mission avec des membres des forces spéciales. Le deuxième, c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ces invités exceptionnels. On sous-estime largement ce dont on est capable, physiquement ou mentalement. Et je suis convaincu qu'une petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur Terre, alors autant les vivre à fond. Pour ce centième épisode, je suis très honoré de pouvoir accueillir l'un des plus grands explorateurs de notre époque, Mike Horn. Pour beaucoup d'entre nous, Mike, c'est cet aventurier hors du commun avec lequel on a grandi. Je n'avais même pas 10 ans lorsqu'il a bouclé sa première grande expédition, la traversée en solitaire du continent sud-américain et la descente de l'Amazone. 20 ans plus tard, il continue de nous faire rêver et de nous montrer qu'avec une discipline de fer et une préparation millimétrée, l'impossible est possible. En 2019, il réalise avec Borghi Usland la première traversée complète de l'océan Arctique par le pôle Nord. Dans cet échange, Mike nous parle de sa future expédition, What's Left, un projet de 4 ans autour du monde. Il nous rappelle également l'importance de sortir de sa zone de confort et d'apprendre à rebondir face aux difficultés de la vie. Un immense merci à Mike et à Annika pour avoir permis cette rencontre. Je vous souhaite une excellente écoute. Et bien Andonora pourrait tout à fait vous créer des parcours spécifiques pour vous permettre de progresser ensemble directement au départ de vos bureaux. Vous savez quelle est la proportion de salariés qui pratiquent du sport en entreprise ? Moins de 1 sur 5. Ce qui est fou, c'est que 80% s'y mettraient si leur entreprise leur proposait des solutions comme Andonora. Et ce n'est pas vous que je vais essayer de convaincre, vous le savez, le sport c'est la vie. Alors si vous pensez qu'Andonora pourrait intéresser votre entreprise, n'hésitez pas à en parler et à visiter leur site internet andonora.com. C'est E-N-D-O-N-O-R-A.com. Andonora.com. Allez, et bien écoute, je lance l'enregistrement tout de suite. Tu m'entends toujours correctement Mike ? Loïc 5 sur 5. Excellent, excellent. Et bien écoute, bienvenue sur le podcast.

Mike Écoute, pour moi c'est un plaisir de toujours en fait parler et partager mes expériences avec les autres et puis à travers les podcasts. C'est sûr que c'est un moyen incroyable de s'évader un tout petit peu.

Loïc Oui, complètement d'accord avec toi. Et écoute, je voulais te remercier une nouvelle fois. Je l'ai dit plein de fois Annika, mais je suis très très très content de te recevoir. Pour tout te dire, quand j'ai créé le podcast en 2020, je m'étais dit qu'un jour, tu vois, si j'arrivais à recevoir quelques invités, ce serait un succès. Et évidemment, tu étais dans la liste. Donc, merci beaucoup de te libérer. Je sais que tu es très très occupé. Donc, on va faire en sorte que cette interview soit la plus efficace possible. Oui, super. Ok. Écoute, la première question que je voudrais te poser, c'est par rapport à l'épisode que j'ai fait avec Annika et Jessica en 2021. Et elle m'avait parlé d'un voyage qui les avait marqués. C'était votre premier voyage ensemble au camp de base du K2. Et je voudrais savoir si tu pouvais, toi, nous en dire un petit peu plus sur comment est-ce que tu l'as vécu, ce premier voyage en famille après l'événement tragique du décès de Cathy. Et qu'est-ce que vous en avez retiré en tant que famille ?

Mike C'est vrai que la famille Orne n'est pas une famille ordinaire, ni extraordinaire non plus. Mais on fait des choses qui sont vraiment un peu… ça colle à notre image et ça colle à notre façon de vivre. Et puis, comme Annika et Jessica voulaient toujours aller à Disneyland, j'ai décidé de la mener en fait au Pôle Nord quand Annika a eu 14 ans et Jess a 12 ans. Ils ont traversé une petite île, Bailot, quand ils ont eu 11 et 12 ans aussi. Ils ont fait un tour du monde avec moi quand ils ont fini l'école et puis ils ont pris une année un peu sabbatique pour venir avec moi sur mon bateau. Et puis, on a fait l'Australie-Japon. Et puis, ça veut dire que j'ai essayé d'intégrer en fait Annika et Jessica de ma vie d'explorateur, qu'ils comprenaient un tout petit peu ce que je vis et pourquoi en fait je voulais être à l'extérieur et pas vraiment à la maison. Et puis, c'est sûr qu'après le décès de Cathy, cette dynamique a un tout petit peu changé et Annika et Jessica ont pris un rôle plus dans l'administration de ce que je faisais et dans tout ce qui était médias, tout ce qui était sponsor, du contrat. Mais ils arrêtaient un tout petit peu de faire des exploits à l'extérieur. Et c'était justement là où, après l'adécnée de Cathy, on a décidé pas de rester à la maison et de pleurer, de être triste, mais de s'évader et de retrouver la beauté de ce qu'on a eu avec leur maman et puis ma femme. Et c'était justement là où on a dit, mais pourquoi pas aller avec les K4 depuis la Suisse jusqu'au Pakistan et puis après marcher pendant une période de huit jours sur les glaciers jusqu'au campus des K2 que vous comprenez un tout petit peu pourquoi je veux me retrouver ici, dans un endroit qui est tellement magnifique, tellement unique et où je me ressource. Et puis c'était justement là où tout de suite ils se sont dit, oui, écoute, pour nous ça va être une expérience, mais aussi ça va guérir en fait ce manque qu'ils ont eu dans leur vie après le décès de Cathy. Et puis il faut remplir les trous en fait dans notre vie. Et dès qu'on remplit les trous, c'est là où on accepte ce qui se passait dans le passé. Et puis c'était justement là où avec Annika et Jace, on a parti et puis on a poussé les limites. On a marché jusqu'à ce qu'on était fatigué. On dormait mais froid dans les tentes. On adaptait à l'altitude. Et puis à travers de toutes ces expériences vécues, ça soudait notre famille. Et ce soudage de famille, quand tu perds quelqu'un qui était tellement important comme Cathy, était vraiment important pour nous d'accepter qu'on doit continuer de vivre. Et puis qu'aujourd'hui, on doit dire merci de tout ce qu'on a eu avant. Et puis on ne doit pas regretter ce qu'on n'a pas eu.

Loïc Super message, super message. Et écoute, c'est très intéressant ce que tu dis, tu vois, sur l'objectif qui était pour toi, qu'Annika et Jessica comprennent comment tu te sentais dans ces environnements. Parce que justement, Jessica, ce qu'elle a expliqué sur l'épisode, c'est qu'un matin au camp de base du K2, en sortant de la tente, elle t'a vu, t'étais en train de regarder le sommet. Et elle m'a expliqué dans l'épisode que c'est à ce moment-là qu'elle a compris ce que tu disais quand tu dis que tu te sens vivant dans ces environnements. Et donc, moi, c'est un peu ce que je voulais te demander, tu vois, qu'est-ce qui fait que c'est… qu'est-ce que tu retrouves dans ces environnements très préservés, un peu lointains, mystérieux, etc., qui fait que tu te sens 100% vivant plutôt que dans ton canapé à la maison ?

Mike Tu peux seulement avoir ce sentiment d'être 100% vivement en vie quand tu sors de ta zone de confort un tout petit peu. Et puis, je ne peux pas dire que tu dois prendre des risques. Je dis seulement que tu dois sortir de ce que tu fais habituellement et que tu contrôles. et tu vas un peu dans l'inconnu. Et puis, d'y aller dans l'inconnu, ce n'est pas toujours d'être dans un milieu qui est contrôlé et qui est géré avec un planning précis. De sortir de ta zone de confort, ça veut dire que tu dois avoir des émotions différentes, des émotions comme on a la peur, comme on a un doute, comme on est un peu perdu, on ne sait pas exactement ce qu'on va faire. On marche là où on n'a jamais marché. Et dès que tu sors de cette zone de confort émotionnellement, psychologiquement et physiquement, c'est là où tu connectes à toi-même et tes instants de survie. Et puis, on oublie que souvent, on doit presque faire des choses qu'on n'aime pas faire dans la vie pour retrouver qui on est. On ne peut pas seulement faire des choses qui nous plaisent parce que c'est là où je me ressource, c'est là où je deviens plus riche parce que je suis fragile et je suis dans un milieu inconnu et c'est éventuellement dangereux et ces peurs sont omniprésents. C'est là où, en fait, tu peux ressourcer tous ces doutes que tu as avec la nature. Et tu peux vraiment voir que si les gens ne sont pas à l'aise, en fait, dans leur esprit, qu'ils ne peuvent jamais se mettre dans cette situation-là.

Loïc Ça me fait penser, tu vois, cette notion de peur. Sur le podcast, j'ai eu la chance de recevoir plusieurs membres des forces spéciales françaises, des commandos marines, en l'occurrence. Et je sais que tu es passé par l'armée, toi aussi, très jeune en plus. Il me semble que tu n'avais même pas 18 ans quand tu es rentré dans les forces spéciales sud-africaines. Tu dirais que cette expérience où je pense que tu as dû vraiment sortir de ta zone de confort, qu'est-ce qu'elle t'a apporté pour tout ce qui concerne, justement, maîtriser ses peurs, accepter ses doutes et affronter l'inconnu ?

Mike En fait, moi, je pense que le plus grand atout ou la plus grande valeur que je retrouvais, c'était de savoir que je dois compter sur mes propres ressources. Je ne peux demander à personne dans un moment dangereux de m'aider si leur vie est aussi un danger. Je dois m'aider moi-même. Et ça, c'est vrai. On oublie des fois qu'en fait, dans les situations qui sont dangereuses et dans les situations où notre vie, on peut perdre notre vie ou notre vie est un peu fragile, c'est que chacun de nous va essayer de se sauver lui-même. Et puis, quand il a la capacité de sauver lui-même, il va essayer de sauver les autres, mais les autres qui font partie de sa famille, où il a une connexion d'amour et tout ça. Et puis, à 18 ans et à 19 ans, j'ai vu la différence entre la vie et la mort. Et puis, je l'acceptais aussi. Parce que dès qu'on part pour faire quelque chose par obligation et on n'a pas un choix, soit on peut revolter ou soit on peut accepter. Mais les moments que tu acceptes, c'est les moments où ça va mieux passer. Parce que tu acceptes là où tu es et quand tu acceptes où tu es, tu vas tout faire pour que toi-même, tu peux t'en sortir dans les meilleures conditions. Et puis, c'est justement là où j'ai appris d'avoir un mental, un croyant qu'en face de moi, j'ai quelqu'un. Mais si moi, je suis un tout petit peu plus fort que lui, je veux survivre. et puis, ce n'est pas un dieu qui est en face de moi. Ce n'est pas une énorme montagne que je ne peux pas graver. C'est quelqu'un comme moi. Et puis, si je fais un tout petit peu plus, c'est là où je peux rester vivant. Et puis, c'était ça à la base de ce que j'ai appris qui m'a aidé de surpasser mes expéditions dans le futur. Je ne dis pas que la guerre est bonne. Je ne dis pas qu'on a gagné la guerre. Tout le monde perd la guerre. Mais moi, je m'enrichissais avec le savoir-faire et la connaissance de la vie, mais la vraie vie, très jeune.

Loïc Pour en revenir, tu vois, à cette notion de doute, de peur, est-ce qu'il y a, donc tu expliquais que ça t'a appris cette expérience à apprivoiser tout ça, mais est-ce qu'il y a aujourd'hui des expéditions ou des défis que tu n'as pas encore réalisés, que tu as imaginés mais que tu n'as pas encore réalisés parce que le facteur peur ou doute est trop important ?

Mike La peur, il existe pas vraiment dans la phase de planification parce que ce n'est pas du vécu. Même si tu veux faire quelque chose qui n'a jamais été fait par avant, l'idée de te faire peur, mais tu n'as pas la même peur quand tu es sur la glace et la glace casse et tu tombes dans l'eau. Ça, c'est une peur qui est ressentie par tes sons, par le sens de « Ouais, il fait froid dans l'eau, ah là, je suis mouillé, oh merde, là maintenant, je ne m'en sors pas. » Ça, c'est différent que la peur qu'on vit quand on planifie, quand on planifie ce qu'on veut faire. Ça veut dire que dans la phase de planification d'une expédition, tu as plutôt une question qui sort souvent et ces questions, c'est « Est-ce que je suis vraiment capable de le faire ? » Et puis, ça, c'est une question qui est posée, mais que tu te poses à toi-même et c'est posé dans la calme, c'est posé avec une réflexion, c'est posé avec, ces questions sont posées quand on est dans un confort. Et là, en fait, tu engages tous les aspects psychologiques. Quand tu te poses, si tu vas rester vivant quand un ours attaque, tu commences à imaginer ce qui se passe quand un ours attaque. Et là, tu as peur. Là, tu vois en fait tes émotions. Qu'est-ce que je dois faire pour éliminer ces peurs et de réagir mais constructivement. Et c'est justement là où on commence de gérer la peur qu'on retrouve après un réel sur la glace. Ça veut dire que quand les gens parlent de la préparation mentale, ça, c'est en fait le process que je suis. C'est planifier mes expéditions, je me mets psychologiquement dans une situation où je ressens les mêmes sensations que je veux ressentir en réel.

Loïc Alors, tu nous parles de planification d'expédition. Anika m'avait dit qu'on pouvait en parler. est-ce que tu peux nous en dire plus sur ce qui arrive ?

Mike Écoute, là, c'est sûr qu'avec notre situation géopolitique, avec cette... Tu vois, on parle d'inflation, on parle de... on fait la grève. Moi, je préfère pas vivre dans dans ce monde aujourd'hui. Je suis mieux tout seul, en fait, sur la glace quelque part. je suis peut-être mieux avec ma vie en danger à 7000 mètres dans les Himalayas. C'est justement là où je me retrouve où je suis bien. Et puis, Anika et Jessica et moi, on se met autour d'une table en disant mais qu'est-ce qu'on va faire dans la future ? Est-ce que l'exploration c'est fini pour quelqu'un comme moi qui arrive à 57 ans ? Non, l'exploration c'est pas fini quand tu arrives à 57 ans, c'est là où on commence vraiment quoi. C'est là où on a encore beaucoup d'énergie et on peut encore vivre comme on a vécu à 35 ans. Mais t'es pas la même vitesse. Ça veut dire qu'on doit prendre un tout petit peu plus de temps. Et là, je pars pour une expédition qui s'appelle en anglais What's Lift. La traduction, je sais pas exactement ce que ça veut dire mais c'est ce qui reste encore. Ce qui reste à faire pour moi, une exploration, ce qui reste encore aujourd'hui que j'ai vu il y a 30 ans où on peut faire les comparaisons en réel sur les changements qu'on a vus en fait sur nos terres et en fait ce qui reste encore de la beauté de notre planète qui donne l'espoir pour les jeunes. Aujourd'hui, il y a beaucoup de jeunes qui sont angoissés parce qu'on pense que notre planète est foutue. On pense que c'est fini, que les problèmes de sécheresse, de feu qu'on a, d'inondation avec beaucoup trop de pluie et tout ça, ça devient presque un problème trop grand à gérer pour la génération à venir. Ça veut dire qu'ils sont un peu angoissés et à travers de cette expédition, je veux donner l'espoir aux jeunes de dire que si on décarbonise un tout petit peu, si on vive d'une manière un tout petit peu plus durable, on peut avoir l'espoir. Et puis, il faut plutôt travailler sur l'espoir que de travailler sur une idée que tout est foutu et fini. Tout n'est pas foutu et fini. Et c'est justement là où, au mois de mars, fin mars, avril, on part pour cette expédition qui va durer presque quatre ans autour du monde où je vais aller visiter tous les endroits où j'ai été, faire encore des expéditions au nord de Groenland, dans l'Amazon, à 8000 mètres, en Antarctique, en Patagonie et tout ça, parce que accumuler, j'ai eu tellement d'expérience aujourd'hui que ça doit me servir à quelque chose. Et si ça peut m'aider de communiquer un message très positif qui donne l'espoir aux jeunes, c'est justement là où, en fait, ma mission comme un aventurier ou comme un explorateur est complie d'une vie. Et puis, comme on a seulement 30 000 jours à vivre d'une vie jusqu'à 82 ans, pour moi, il reste encore 10 000 jours et puis, j'aimerais bien faire encore quelque chose. Excellent. Le K2, c'est toujours sur ta liste ? Ça restera sur ma liste. C'est toujours un petit épine que je retrouve de mes pieds et puis, c'est sûr qu'il faut y aller. mais ça a tellement changé aussi maintenant, en fait, autour de 8 000 mètres, toutes les expéditions commerciales, les gens qui payent énormément d'argent, qui mettent les cordes fixes, qui prennent l'oxygène. Je dis, c'est super qu'ils font ça parce que les gens sortent de chez eux et puis ils se retrouvent en fait dans la montagne. mais ça rentre en fait la manière que nous, on grimpe sans oxygène extrêmement dangereuse parce qu'il y a trop de gens et en fait, quand je parle, il y a trop de gens, c'est normalement sur Everest, c'est pas vraiment, il n'y a pas énormément de gens sur K2 mais en fait, quand tu as un problème et tu ne peux plus rester vivant parce que tu as passé trop de temps sans oxygène à 8 000 mètres et tu es prise dans un bouchon, tu ne t'en sors pas. Et il faut aujourd'hui regarder peut-être les autres fassent à grimper, les autres routes à établir et puis c'est sûr que les K2 de faire une autre route qu'on n'a jamais fait par avant, pour moi, c'est vraiment la manière de le faire.

Loïc Excellent. C'est vrai que ça me fait penser, tu vois, j'ai vu il n'y a pas longtemps 14 Peaks de NIMS et forcément, il y a cette photo qu'il a prise pas très loin du sommet où on voit une file, il doit y avoir, je ne sais pas, peut-être 70 personnes sur la photo. Oui,

Mike facilement.

Loïc C'est vrai que ça fait se poser des questions sur déjà, l'aspect sécurité, l'aspect commercial. J'imagine que toi, tu as dû voir ça changer, pas seulement sur le K2, mais peut-être un peu partout dans l'univers des expéditions. Est-ce que tu dirais qu'il y a de plus en plus d'aventuriers, d'explorateurs qui font des choses qui avant étaient peut-être très osées ou inaccessibles ?

Mike C'est sûr qu'en fait, quand on parle, quand on parle de la commercialisation des exploits, quand tu gagnes correctement ta vie et tu peux payer 50 000 francs suisses pour grimper Everest ou même, il y a des gens qui payent jusqu'à un million pour le faire, il faut assurer que les gens peuvent presque arriver au sommet. Et pour assurer que les gens peuvent arriver au sommet, il faut amener beaucoup de porteurs, des sherpas, mettre les cordes fixes, amener beaucoup plus de tentes et un certain luxe qu'avant, il n'y avait pas en fait dans ce milieu de la montagne même il y a 10 ans, 5 ans, c'était encore bien acceptable et propre dans les campbases. On était peut-être 13 ou 20 aux campbases de K2. Aujourd'hui, on doit avoir une centaine peut-être aux campbases des K2, mais tu as peut-être 8 000 à Everest. Ça veut dire que 8 000, c'est beaucoup trop. Et puis, quand tu vas amener un certain luxe et il y a la télé, il y a le cinéma, il y a tout ça, tu ramènes ce que les villes t'offrent aux campbases d'Everest où on doit retrouver quelque chose d'autre. Si tu veux regarder la télé, tu as meilleur temps de rester à la maison en regardant la télé parce que l'impact environnemental est nettement moins que d'amener avec un hélico des télévisions, des fours et tout ça, des lits aux campbases d'Everest. Et ça, ça a changé. Mais, je pense que ça donnait aussi du travail au Népalais qui n'a pas gagné beaucoup d'argent. Et puis, en même temps, ça fait développer l'aventure et ça devient beaucoup plus accessible pour les gens d'arrivée. Mais là, maintenant, ça fait en sorte que dès qu'il y a un problème, il y a un grand problème. Et c'est quand même la nature qui gère. Et ce n'est pas tout le temps toi qui gères. C'est pour ça qu'on va voir dans le futur peut-être de plus en plus d'accidents mais où on va voir beaucoup plus de gens qui meurent qu'avant. Parce que quand il y avait avant 10 personnes qui grimpent, aujourd'hui, il y a 10 000. Et puis, quand tu prends des chiffres, c'est sûr que si tu perds 10%, de 10%, tu as 100 personnes qui peuvent mourir. Et puis, c'est justement là où, en fait, ça attire la presse. Et quand la presse parle de ça, ça devient excitant pour les gens de dire « Ah oui, je veux faire quelque chose. il y a un risque, ils vont là-bas et puis après, c'est sûr que ça attire encore de plus en plus de gens. »

Loïc Juste avant qu'on enregistre, Annika, te l'a mentionné, cet été, j'ai fait une grosse course, la PTL, à 300 km. Et avant de partir, ça me faisait un peu peur cette course, je n'avais jamais fait un ultra-trail comme ça. Et avant de partir, j'ai lu un livre que je pense que tu connais qui s'appelle Endurance. En français, c'est l'Odyssée de l'endurance. L'expédition de Shackleton. Et en fait, ça me fait penser à ça par rapport à ce que tu expliques sur le confort. Parce que j'avais lu ce livre en me disant, tout le monde me dit que c'est le récit d'une aventure extraordinaire très difficile. Et donc, ça me permettra de relativiser, tu vois, pendant la PTL sur le fait que c'est juste une épreuve de 6-7 jours. C'est quoi, toi, ta vision quand tu vois les expéditions justement aujourd'hui et ce que Shackleton et son équipage, je crois qu'il était 27, ont fait en 1915 où ils ont passé des mois sur la banquise avec des chaussons en pot de phoque à manger juste de la viande et à s'orienter avec une carte et une boussole. Ce qui est complètement hallucinant aujourd'hui.

Mike La week, c'est ça qui me faisait rêver en fait, indirectement quand j'étais beaucoup plus jeune. Et puis, c'est ça qui me fait rêver aujourd'hui. toujours parce qu'en fait, à l'époque, quand Shackleton, Scott, Edmundson, Nansen, Stanley, tous les grands explorateurs, Vasco de Gamma, Bartoloméas Dias, les gars, Paul-Émile Victor et tout ça, ils faisaient à l'époque. Tu vois, on était on était pas aussi sûr qu'on va rentrer. Et puis, tu es sûr que tu partes, mais tu n'es pas sûr que tu rentres. Et quand tu prends Shackleton et puis tu dis que Shackleton, il a fait une petite annonce dans les journaux quand il a cherché des gens pour aller avec lui. Et puis, il a dit que je cherche des gens qui peuvent rester loin de la maison pour très longtemps. Je cherche des gens qui peuvent résister aux conditions extrêmes froides. Je cherche des gens qui veulent travailler pour rien, pas pour l'argent. Et le dernier truc qu'il a écrit, il a dit je cherche des gens qui savent que de retourner, peut-être, ce n'est pas possible et prêts de mourir. incroyable. Chaque fois quand je parte en faisant mes expéditions, je parte et je sais que je vais avoir froid. Je ne gagne pas bien ma vie en faisant des expéditions. C'est après quand j'écris un livre ou je fais des conférences que je peux gagner un petit peu d'argent. Mais je ne suis pas payé pour faire les expéditions. Après, je sais aussi que je vais rester très longtemps loin de ma famille et il y a un prix à payer. Et puis en même temps, je sais que des retours n'est pas certain. Mais aujourd'hui, ce qui change un tout petit peu dans l'approche des gens, c'est que des gens veulent gagner de l'argent. Ils ne veulent pas avoir froid et ils veulent rester en contact avec leur famille tout le temps et ils veulent être assurés qu'ils peuvent rentrer. Mais c'est aussi la modernisation qui nous permet de demander ça. Et il faut aussi l'accepter. Ça veut dire qu'il y a la place pour tout le monde aujourd'hui.

Loïc Super. Écoute Mike, on surveille l'heure, je vois qu'on arrive déjà au bout. Peut-être toute dernière question pour toi. Tu vois, on parlait du monde des expéditions, du fait qu'il y a de plus en plus de gens qui sortent de chez eux, des défis qui sont très médiatisés, populaires, comme l'Everest par exemple. Est-ce que toi, tu as en tête des choses qui n'ont encore jamais été faites, tu vois, que ce soit dans le monde de l'aventure ou pas, comme par exemple le marathon sous les deux heures, qui te semblent être les prochains défis que l'homme arrivera à battre ?

Mike Mais écoute, l'homme n'arrête pas de progresser. Et puis, dans ce qui est expédition polaire, tu vois, j'ai traversé les pôles sud dans la partie des plus larges, j'ai traversé les pôles nord en 2019 avec Borghi du côté Alaska jusqu'à Svalbard. Ça, c'était des grands défis qui restaient à faire dans les régions polaires. Ça veut dire qu'en fait, j'ai descendu de la Maisonne à la nage, j'ai traversé la Maisonne à pied, j'ai fait 27 tours du monde en voilier. Ça veut dire que j'ai vu la planète, j'étais privilégié de voir la planète comme très peu de gens ont vu la planète. Et pour moi, le défi aujourd'hui, ça a changé un peu la direction et je ne veux plus faire des expéditions pour aller voir comment est la jungle au milieu où personne n'a jamais été. Parce que j'ai vu ça. Et là, c'est plutôt comment on va faire pour conserver notre planète pour le futur. Ça veut dire que mon terrain de jeu qui est notre planète, je veux préserver, je veux diminuer les émissions carbone et j'ai commencé une start-up, un hydrogène qui aujourd'hui peut devenir plus grand que Tesla où on va changer la mobilité dans le futur. Et ça, c'est dans 18 mois. On a commencé un petit programme de recherche sur une pile à combustible qu'aujourd'hui est en des piles à combustible, un hydrogène qui est le plus performant qu'on trouve au monde et on va commencer de changer des camions, des bus, des trains, des voitures, des pêlteuses, comment on génère l'énergie. Et puis, aujourd'hui, on peut utiliser de l'eau comme source d'énergie et plus du fuel avec telle émission de carbone qu'en fait, on détruit notre planète. Ça, c'est une de nos missions. La deuxième mission que j'ai aussi, c'est de donner une opportunité aux jeunes de participer sur des projets qu'on peut réaliser pour conserver notre planète. Et puis, on a commencé un projet qui s'appelle Pangaya X. Et c'est un projet qui a eu beaucoup de succès l'année passée et qu'on va continuer cette année. Et puis, après, il faut que je travaille avec les grands joueurs des industrialistes, l'industrie qui va essayer de diminuer leurs émissions de carbone et où ils sont un peu perdus parce qu'ils savent qu'ils doivent continuer de faire leur commerce parce qu'il y a 60 000 personnes engagées et ils ne peuvent pas juste changer un jour à l'autre. Ça veut dire qu'il faut l'aider dans la transition des choses. Et puis, c'est là où on se retrouve aussi en présent. Et puis, après, il faut que moi, je continue de faire mes petites expéditions parce que c'est ça qui m'inspire, c'est ça qui me ressource. et en même temps, ouvrir en fait l'expédition à la génération plus jeune qui peut aussi venir voir un peu comme j'ai amené Annika et Jessica au Cade, au Pôle Nord, en Groenland, dans l'Amazon, autour du monde un bateau. Aussi, la génération qui ne peut pas le faire aujourd'hui peut avoir l'accès à ce que je fais. Et c'est ça, en fait, le but de notre expédition What's Left, de vraiment voir comment notre planète a changé, comment on doit faire pour le conserver et inspirer la jeunesse qui doit prendre la relais.

Loïc Génial. Génial. Écoute, super, What's Left, j'imagine vous allez avoir un site ou un compte où on peut suivre l'expédition.

Mike Exactement, ça veut dire qu'en fait, on travaille toujours sur notre réseau de communication qui est naturellement en fait notre site du podcast. Annika est en train de préparer une série de documentaires et qu'on veut si des gens pensent que la Web3 et puis tout ce qui est métaverse va exister, on doit être présent là dans cette métaverse où des gens peuvent voyager depuis chez eux avec moi dans les conditions qui sont inconnues et qui le font peur avec moi que je peux l'accompagner dans la métaverse où ils peuvent aussi avoir une idée comment c'est vraiment sur le terrain. Et puis après, c'est sûr que d'amener aussi la jeunesse avec moi qui veut vraiment faire un change dans la manière qu'on conserve notre planète. On va ouvrir les portes pour ça aussi. Ça veut dire que ça c'est la dernière grande expédition et puis quand je rentre je dois avoir plus que 60 ans et puis après on va encore inventer quelque chose d'autre.

Loïc Mais écoute, un grand merci Mike, c'était génial de pouvoir échanger avec toi. Excellente conférence et puis très bonne préparation pour What's Left.

Mike Merci beaucoup avec plaisir. Ciao, ciao.

Loïc Merci d'avoir écouté l'épisode dans son intégralité. J'espère que vous avez pris autant de plaisir que ce que j'en ai eu à l'enregistré. Si vous avez des feedbacks, vous pouvez me contacter sur le compte Instagram du podcast lesfrappés.podcast ou par email à hello lesfrappés.com Je fais mon maximum pour que vous viviez de super expériences audio avec mes invités. Chaque épisode demande beaucoup de temps et d'énergie. Si vous appréciez mon travail, la meilleure façon de me soutenir c'est de partager cet épisode à au moins trois personnes qui aiment se dépasser. Si vous écoutez le podcast sur Apple Podcast ou Spotify, prenez quelques secondes de votre temps maintenant pour m'y laisser une note 5 étoiles et un commentaire. Merci beaucoup pour votre fidélité. A la semaine prochaine pour un nouvel invité. Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501

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