Tony Les commandos marines, c'était impossible, j'y réussis. Aller à l'étranger faire du parachutisme, c'était impossible, j'y réussis. Ça demande du travail, ça demande de l'engagement, mais aujourd'hui c'est ce qui me permet de ne pas avoir peur et d'afficher clairement mes ambitions, qui est de changer l'image du secouriste parce que rien n'est impossible. Donc autant rêver gros et je suis certain qu'avec du travail, ça marchera. Tout ce que je ne sais pas, c'est quand.
Loïc Hello, hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les frappés.
Tony Bienvenue Tony. Merci Loïc. Salut à toi, salut à tout le monde. Ravi de t'accueillir sur le podcast.
Loïc Écoute, moi je suis impatient que tu nous partages un petit peu ce que tu fais aujourd'hui, d'où est-ce que tu viens, puisque tu as un parcours quand même
Tony assez peu commun en tout cas. Mais écoute, je ne commence pas à en dire trop. Je te laisse te présenter, de nous dire quel est ton parcours. Très bien. Déjà, merci Loïc. Merci pour ce super accueil. Moi, c'est Tony. J'ai 29 ans et je suis le fondateur de Emotion. Emotion, c'est une marque que j'ai créée en 2019 et qui a pour objectif tout simplement de révolutionner l'image du secourisme telle qu'on la connaît en France. Un sujet qui est au premier abord repoussant pour la plupart des gens un petit peu anxiogènes. C'est ce que je fais à présent. Avec cette marque, on s'est d'abord approché du grand public au sens large. Et aujourd'hui, on s'adresse plus particulièrement aux sportifs, aux gens qui pratiquent du sport de haut niveau, que ce soit amateur ou professionnel, aux gens qui pratiquent des activités outdoor et aux adeptes d'aventure. Avant ça, j'ai passé, effectivement, tu le disais, j'ai eu un parcours qui n'est pas commun, j'ai passé dix années dans l'institution militaire, dans la marine nationale, et en particulier chez les commandos marines. Donc aujourd'hui, t'en as eu quelques-uns ouais mais bon c'est toujours chouette d'avoir des retours d'expérience de gens qui sont passés par je sais que vous n'aimez pas trop
Loïc vous considérer comme des personnes supérieures, il y a une grosse notion d'humilité que je retrouve à chaque fois que je discute avec des anciens d'efforts spécials mais ça reste quand même des parcours hors du commun donc moi j'adore c'est toujours un grand plaisir d'échanger avec des gens qui ont réussi à passer
Tony par ce type de formation c'est gentil, c'est vrai qu'on est peu mais au final c'est ce qui fait que comme tu dis on est assez humble et tout ce que moi je retire de cette magnifique expérience professionnelle, du coup la première pour moi c'est qu'aujourd'hui ça participe à ce en quoi je crois dans le travail et ce qui me fait qu'aujourd'hui j'ai pas peur d'entreprendre des projets comme on a discuté un tout petit peu en off et qu'on va développer par la suite parce que ces notions de détermination d'humilité et de résilience, elles m'habitent c'est devenu des choses avec lesquelles je travaille tous les jours. Excellent. J'ai hâte, j'ai hâte, j'ai hâte. Tu l'as dit, il y a en tout cas deux casquettes principales, on va dire, deux gros univers sur lesquels on va échanger,
Loïc l'entrepreneuriat et ton parcours pro, en tout cas les débuts dans l'armée. Ce que je te propose, c'est peut-être que tout simplement,
Tony on fasse un espèce de balayage temporel et qu'on parte du stageco, le début de tout ça et puis peut-être que tu peux nous partager un petit peu comment ça s'est passé pour toi puisque tu le disais on a déjà reçu Louis
Loïc et Teddy qui nous ont partagé la façon dont eux l'ont vécu mais j'imagine que ça doit être très personnel comme expérience
Tony donc je serais curieux de savoir à quoi est-ce que ça a ressemblé dans ton cas avec plaisir vu que c'est terminé maintenant c'est que des bons souvenirs comme tu dis tu as déjà reçu Teddy, Louis on le ressent tous différemment on le vit tous différemment moi par exemple c'était le 140ème stage commando que j'ai passé et réussi et il y en a deux par an il n'y a pas tellement le choix pour les gens qui aimeraient mettre toutes les chances à leur côté, il faut passer par le froid à un moment donné, même s'il y en a deux par an, effectivement j'ai passé le stage commando assez jeune 20 ans pour le premier stage commando et j'ai échoué celui-ci, c'est-à-dire qu'il y a 4 semaines de sélection physique au bout de 3 semaines je me suis blessé ce qui a contraint un abandon et comme a dit Louis Saillant et bien c'est l'un des seuls stages où on demande à un moment est-ce que tu veux abandonner et ce jour-là au bout de la 3ème semaine j'ai dit que oui je voulais abandonner donc quelque part j'ai échoué physiquement et je le serai par la suite je le saurais par la suite un petit peu aussi psychologiquement et c'est ce qui a conditionné ma réussite pour celui qui a suivi c'était quoi comme blessure ? j'ai fait une pré-rupture du tendon d'Achille et comme ça c'est notifié dans l'intitulé, c'est une pré-rupture donc j'aurais pu certainement continuer ok j'aurais perdu du temps après coup j'ai pris la bonne décision mais c'était une pré-rupture ok donc premier stage premier stageco 20 ans le stageco si j'ai bonne mémoire c'est 9 semaines c'est ça le programme complet c'est à peu près 3 mois donc au bout de 3 semaines la blessure qui t'amène à abandonner c'est intéressant que tu dises que t'as compris plus tard que c'était peut-être aussi un abandon psychologique qu'est-ce qui t'a fait prendre conscience de ça déjà pas mal de recul la communication j'ai eu la chance de rencontrer un instructeur en or, on en rencontre tous, on a tous des gens qui nous marquent, peu importe notre vie professionnelle, dans l'occurrence c'était chez les commandos marines, et cet instructeur m'a dit Tony, tu avais le niveau, ça s'arrête là, mais je veux te revoir dans 6 mois. Première réaction, c'est écoute mignon, là de suite, je ne suis pas ouvert à ces éventualités-là, mais il se trouve que, pour revenir à ta question, qui est comment est-ce que je me rends compte que c'est psychologiquement que j'ai aussi échoué sur la première fois, c'est qu'après, il y a un retour à la maison, une convalescence pour ma part, un retour au boulot, et puis après, on se demande ce que l'on veut faire de sa vie. Moi, je suis rentré dans la marine pour devenir commando marine, sachant qu'on passe par une étape qui est fusillé marin. Pour la plupart, c'est aussi accessible à d'autres spécialités de la marine, mais moi, en l'occurrence, c'était le cursus fusillé marin, puis commando marine. Et à l'analyse de ce stage commando, de ces épreuves, tu sais, comme on dit, l'auto-analyse, tu te questionnes et tu te mets à poil. Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi ça n'a pas marché ? Et surtout, quoi faire pour que ça fonctionne ? Et à ce moment-là, j'ai identifié que j'avais été faible sur ce côté-là. Et c'est ce qui m'a permis de mettre toutes les chances de mon côté par la suite, de reprendre une préparation millimétrée, je savais que physiquement j'étais au niveau, on a toujours aussi cette peur de ne pas être au niveau chez tous les jeunes que j'ai rencontrés par la suite, c'est-à-dire que moi je suis pas prêt pour aller au stage commando, je pense que c'est une mauvaise formulation moi j'y suis allé la première fois en me disant j'espère réussir j'y suis retourné en me disant je vais réussir ouais parce que c'est aussi mais c'est aussi naturel je le pense parce que j'ai idolâtré ce métier très jeune, parce que c'est un domaine d'emploi que j'ai adoré suivre à travers des reportages, à travers de la documentation perso. Et forcément, ça paraît inaccessible, puisqu'on voit ça dans les bouquins, dans des récits d'Ancien Commando, sur des vidéos. Donc, il y a une part de j'idolâtre et c'est peut-être inaccessible. En l'occurrence, là, ça ne l'était pas. Et c'est ce que je me suis dit parce qu'en fait, j'ai vu des amis réussir. c'est à dire que je suis allé au premier stage commando avec des jeunes gens que je connaissais on vient tous de plusieurs unités en l'occurrence c'était du sud de la France et donc il y a certains de mes amis qui ont réussi, qui ont passé ce filtre entièrement et finalement on comprend que ouais c'est faisable et clairement j'y suis allé avec un autre état d'esprit en me disant je vais réussir quoi qu'il arrive et cette fois si le tendon doit s'arracher et bien c'est que c'est le destin tu dirais maintenant avec du recul que tu avais besoin
Loïc de ce premier échec pour pour revenir et y arriver
Tony non non parce que si mon corps avait suivi à ce moment là que j'étais pas blessé avec une pré-rupture du tendon d'Achille j'aurais certainement continué et saurais suivre son cours par contre j'en ai pas eu besoin dans l'instant T pour réussir mais j'en ai appris beaucoup sur moi et c'est ce qui m'a servi par la suite dans la gestion de plusieurs épreuves comme en mission par exemple et aujourd'hui dans l'entrepreneuriat donc ça m'a déclenché des choses qui me servent encore aujourd'hui mais à l'instant T pour réussir si mon corps avait fait le taf jusqu'au bout je serais allé au bout de ces filtres bel exemple de résilience en tout cas ouais écoute c'est des objectifs qu'on se fixe on s'en fixe tous peu importe notre activité qu'elle soit sportive ou professionnelle et puis après ça appartient à chacun ce n'est pas simplement la force des commandos marines tout le monde a une force en soi et elle se déclenche plus ou moins tard et au final est-ce que l'instructeur tu lui as donné raison, est-ce que tu es revenu pour le deuxième stage 6 mois plus tard ? je suis revenu 6 mois plus tard comme on dit dans la marine ça m'a bien tiré dessus et cet instructeur je lui ai témoigné toute ma gratitude à la fin de ces sélections j'ai eu un entretien avec lui et je lui ai dit que certainement grâce à lui j'ai réalisé un rêve de gamin et que si les mois qui suivaient j'allais évoluer dans l'enceinte et les infrastructures des commandos marines, c'est parce que lui à un moment il a eu un mot pour moi alors qu'on est une centaine à chaque fois à se présenter il a pris la peine de me dire un mot alors qu'il aurait pu ne rien me dire et bon c'est l'histoire qui est crée comme ça Waouh comme quoi parfois un mot lâché, tu vois, plus ou moins innocemment pour quelqu'un. Pour la personne qui le délivre, ça peut pas être forcément en paraître grand-chose, mais pour la personne
Loïc qui le reçoit, ça peut être absolument énorme. C'est vrai, on l'a déjà
Tony entendu, on l'entend dans plusieurs reportages et récits, et des fois, on n'y prend pas trop attention. Ça fait la diff. Ouais, clairement. Donc, prenez le temps
Loïc pour celles et ceux qui nous écoutent, prenez le temps de lâcher un petit mot autour de vous pour avoir ce type d'impact excellent, alors toi sur ce deuxième stage si tu devais retenir ce serait quoi l'anecdote ou la leçon
Tony que tu retiendrais de ce deuxième stage, le numéro 141 c'est ça ? 140 c'est celui que j'ai réussi et j'étais faire un tour en 139 pour voir comment c'était si la température de la cuve était à mon aise ok écoute, ça se voit que tu fais du podcast c'est une activité régulière, parce que la question elle est parfaite, si j'ai une anecdote à retenir du deuxième donc le certaines nuits on fait des topographies on démarche topographique, on marche de nuit avec notre équipement et on doit aller de point en point jusqu'à arriver à un point qui est généralement très très loin dans le but de fatiguer les corps et de les évaluer le lendemain sur une autre épreuve et sur l'une de ces topographies on y va donc en camion et dans ce camion il se trouve que je ressens une douleur au genou que je tiens depuis deux jours déjà que je me suis faite lors d'un parcours d'obstacle et c'est pas tellement une douleur vive comme si tu aurais pu t'arracher un ligament c'est comme, moi je le ressens à ce moment là comme un dépanchement de synovie j'ai le genou qui est gonflé qui est tout boursouflé et très chaud et là je me dis, j'ai dû me taper la rotule quelque part et ça va se finir et là, à ce moment là je me suis dit, ben non cette fois ça ne va pas s'arrêter parce que on va au bout ensemble, mon genou et moi et donc j'ai marché toute la nuit j'ai réussi cette épreuve comme plusieurs de mes copains et le lendemain matin j'ai tellement marché que ça a dû drainer cette blessure, cette EDM, je sais pas ce qu'il y avait dessous le lendemain matin, avec le froid et la marche, le genou était normal et j'ai pu continuer les sélections alors qu'à ce moment là, j'aurais très bien puis montrer mon genou à un infirmier ou une infirmière et ils m'auraient dit si tu veux abandonner, nous on te fait un petit mot parce que il est gros. Donc voilà ce que je pourrais retenir de mes erreurs on va dire passées. Ça me fait penser à une illustration que je vois souvent
Loïc sur des réseaux comme LinkedIn un peu professionnel tu vois, sur des postes liés à l'entrepreneuriat où t'as un bonhomme qui est en train de creuser une galerie qui finit par abandonner et puis en fait quand l'image prend du recul il est à un centimètre du diamant qu'il était en train de chercher depuis les plombes, tu vois. Donc, cette notion de pousser, rajouter une couche d'effort et dans ton cas, bon, bah, visiblement, ça a été carrément la bonne décision. Ça l'a été. Excellent. Et alors, tu sais, sur les deux épisodes avec Teddy et Louis, on a eu énormément de retours de gens pour qui c'est le rêve de faire ce que tu as réussi à faire, un stageco et d'en sortir avec le fameux béret vert. Quel conseil, toi, est-ce que tu donnerais pour finir sur la partie stageco à des gens à des jeunes qui voudraient se lancer
Tony on va essayer de chercher des conseils qui sont peu donnés même si la recette est assez simple déjà il faut bien s'entraîner et pour bien s'entraîner je dirais qu'il faut aussi bien s'entourer c'est à dire que moi j'avais la chance d'avoir des copains qui étaient aussi compétitifs que moi et c'est pas simplement de la compétition sur un footing, c'est tout le temps. Tout le temps, dans la préparation du matériel, dans l'exécution des missions d'entraînement chez les fusils marins, dans un footing, il y a toujours un mec qui est une épaule devant toi et tu veux toi aussi être une épaule devant lui. Au final, on se tire vers le haut. Donc pour bien s'entraîner, il faut bien s'entourer. Ce serait le premier conseil. Le deuxième, il n'y a pas de moment pour être prêt. Tu n'es pas prêt à aller au stage commando. Et je pense que dans la vie, on n'est pas prêt à entreprendre quoi que ce soit. des fois c'est parce que c'est l'effet de groupe qui fait qu'on y va et c'est le cas dans ces stages militaires parce qu'on n'y va jamais tout seul donc si tu es au niveau de tes potes, tu es prêt après ça va être une décision psychologique et enfin troisième conseil que moi on m'a donné et qui m'a servi, et là je rentre plus spécifiquement dans ces évaluations, donc si des gens par exemple sont déjà dans l'institution militaire, quelle qu'elle soit, et prépare un stage de sélection tel que les commandos marines, ou alors pour rentrer dans les forces spéciales de l'armée de terre ou de l'armée de l'air. Il faut repérer, lors de ces sélections, un mec que l'on pense au-dessus du lot, c'est-à-dire, lui, il va réussir. Et on se le dit tous. Lui, il va réussir. À moins qu'il lui tombe, que le camion lui roule dessus, il va réussir. Et au moment où je suis le plus mal, c'est-à-dire que physiquement, je suis à bout, comme ça arrive, psychologiquement, je suis à bout, il pleut, j'ai froid, j'ai une demi-entorse ou une foulure. À ce moment-là, quand j'ai lâché prise, je prends un exemple sur lui, et tout ce qu'il fait, je le fais. Et moi, ça m'a permis de passer deux orages. Je peux les appeler comme ça. Deux phases où on se dit tous, deux phases où tu te dis, c'est bon, c'en est trop, et puis là, l'instructeur nous fait aller se mouiller, et puis après, on sèche en plein vent, il fait deux dehors. On a tous envie d'arrêter. mais à ce moment là, se raccrocher à quelqu'un qu'on a identifié comme étant le profil type qui allait réussir et bien ça peut faire la diff et laisser passer l'orage ce serait mon troisième conseil c'est un super bon conseil et tu vois je pense que c'est
Loïc enfin si je réfléchis à toutes les conversations que j'ai eu avec d'autres invités qui sont pas forcément issus du monde de l'armée du monde militaire j'ai l'impression que c'est quand même aussi un conseil qui revient souvent dans la vie en général tu vois que ce soit dans l'aventure entrepreneuriale ou sportive d'avoir quelqu'un qui te tire vers le haut une sorte de mentor même si tu n'as pas forcément de contact avec lui direct mais que tu peux observer et qui vient qui te permet de te dépasser et de rester focus sur la direction que tu avais choisi initialement donc c'est un super conseil ok bon génial donc
Tony super retour sur le stageco avec tu vois on disait on allait essayer de faire des conversations différentes par rapport à Louis et Teddy et là c'est clairement des conseils que j'avais pas entendu avant donc génial donc une fois le béret vert sur la tête donc toi est-ce que t'as eu la chance d'ailleurs de l'avoir à Wistream c'est le stage qui se termine en juin qui commence en mars très froid et qui se termine en juin moi j'ai commencé au chaud en septembre j'ai fini très froid au mois de décembre ok ah bon mais j'y suis allé j'ai réussi le stage commando l'année précédente de l'anniversaire des 70 ans. Et donc, j'étais en tant que commando marine sur les plages de Wistram pour les 70 ans du débarquement en 2014. Waouh ! Et alors ça, comme émotion, qu'est-ce que ça a donné ? Ah, ça, c'est fou. C'est fou parce que... En plus, c'est le premier Wistram que j'ai fait. Et nous, on ne connaît pas. Et puis, il y a des anciens de toutes parts qui viennent de tout pays. Et là, en plus, de 70 ans, il y avait toute la délégation présidentielle, il y avait aussi pas mal d'anciens combattants d'Angleterre qui sont venus, et donc les nuits sont festives. Pleine d'enrichissement, pleine d'échanges et festives. C'est très enrichissant et je suis content de l'avoir vécu. Génial. Super. Ok, donc une fois
Loïc le béret vert vissé sur la tête, j'imagine que ça a été le temps de partir en mission. donc peut-être que tu pourrais nous en dire un petit peu plus
Tony sur quel commando est-ce que tu as rejoint au début et puis à quoi est-ce que la suite de ton parcours a ressemblé une fois vraiment sur le terrain carrément alors moi j'ai atterri au commando Jobert ok et j'en suis très heureux quand je suis rentré dans les commandes marines il y avait des spécificités encore comme par exemple l'assaut, on appelait l'assaut pour le commando de Treppel et Jobert maintenant ça s'est un petit peu uniformisé parce qu'il y a beaucoup de missions donc on fait un petit peu tous la même chose bien qu'il y ait une histoire et qu'on la respecte tous mais je suis arrivé au commando Jobert avec l'objectif de me frotter à cette spécificité de l'assaut et donc de l'investigation tu sais, rentrer dans un bâtiment en sécurité et aller chercher quelqu'un ou rentrer dans une pièce ou sur un bateau aller chercher la passerelle spécificité de rentrer en sécurité avec un groupe et faire l'investigation des couloirs et de toutes les pièces ça c'est vraiment la chose qui moi me plaisait sans l'avoir vécu encore, c'est à dire que je l'avais vu et je m'étais dit ça, ça ça me plaît et au final je peux dire aujourd'hui que c'est le meilleur sport au monde l'investigation ce domaine là c'est à dire que pour moi c'est clairement un sport d'équipe parce qu'on est 10 on a un but final qui ne nous veut pas du bien donc on compte les uns sur les autres et dans certains reportages dans certains récits les gens parlent de rouleau compresseur je sais pas si t'as déjà entendu cette expression mais le rouleau compresseur il ne peut que exister que si chacun gomme les erreurs des autres c'est à dire que le premier quand il y a une situation devant qui est tendue, typiquement une personne qui nous veut du mal et bien le premier il est pas dans son état normal, on le vit pas tous les jours donc il est stressé, et si le second gomme son erreur puis le troisième, puis le quatrième et j'ai adoré ça parce que quand tu arrives dans une unité commando bien que tu aies 21 ans que tu n'aies pas d'expérience et bien le mec devant et le mec derrière compte sur toi et tu as la possibilité à ce moment-là de prendre des initiatives et ça additionner au fait que c'est un sport d'équipe et que c'est s'adapter dans un milieu confiné tout ça fait que moi ça m'a passionné, ça me passionne encore et c'est la meilleure chose qui me soit arrivée que d'être arrivé au commando Jobert pour toucher concrètement à ça
Loïc Waouh, alors j'ai l'impression qu'il y a souvent des mouvements, vous êtes souvent transféré, alors je sais pas si c'est imposé ou pas mais j'avais cru comprendre avec Louis et Teddy que généralement on reste pas dans un commando tout le temps je crois que Teddy on a fait 2 ou 3 de Pinfantegno puis après je crois Jobert il me semble que Louis c'était pareil il a eu des changements donc est-ce que toi ça a été le cas ou est-ce que c'est possible de vraiment rester, t'intègres Jobert tu restes à Jobert
Tony c'est possible de faire un seul commando mais il y a une part de chance dans le sens où tous les 3 ans dans le cursus sous-officier ton bébé vert est remis sur la table parce que la marine a une politique d'évolution et donc tu fais opérateur au bout de 3 ans maximum, ça peut être avant ça a été mon cas, mais au bout de 3 ans maximum il faut que tu passes le certificat chef d'équipe et donc là ensuite tu es redistribué dans des unités en fonction des besoins parce que voilà, il y a un roulement puis ensuite, c'est un peu plus tard c'est 5, 6, 7 ans il y a un chef de groupe à passer donc tu es encore redistribué dans un autre groupe où si tu as de la chance tu retournes là où tu étais et le dernier niveau qui existe c'est chef de mission et comme il y a cette politique d'évolution, il faut de la chance pour rester au même endroit et pour revenir très spécifiquement sur mon cas j'ai fait donc Jobert chef d'équipe, je suis retourné à Jobert donc j'ai eu de la chance c'était un souhait aussi j'ai effectué des missions avec le commando Jobert et ensuite j'aime dire que les unités des forces spéciales c'est comme des start-up, elles ont des besoins RH elles font des demandes et moi j'ai saisi une opportunité qui m'a permis de rejoindre le commando Uber par la petite porte j'aime dire par la petite porte et la grande porte c'est les nageurs de combat et la petite porte moi ils avaient besoin d'une personne qui était brevetée commando marine avec la certification chef d'équipe pour remplir un emploi bien spécifique sur place et c'est ce qui m'a mené vers cette unité prestigieuse en 2016. Waouh ! Sachant que les commandos Uber, si je ne me trompe pas, il y a une petite spécificité,
Loïc c'est que justement, c'est le seul commando qui n'est pas accessible, qui déjà n'est pas basé à Lorient, à l'inverse des 6 autres commandos,
Tony si je ne me trompe pas, il y en a 7 en tout cas, et qui n'est pas accessible directement une fois le stage validé. Le commando Uber est accessible à l'issue du stage chef d'équipe et pas avant. Ok. donc globalement tu as des profils qui sont plus expérimentés chez Uber oui au commando Uber il y a plusieurs profils il y a des techniciens et il y a des combattants, des commandos marines qui eux ont tous eu une première expérience à l'Orient super super intéressant et donc tout ce parcours une fois le BRV obtenu jusqu'à ce que tu reviennes dans la vie civile, ça a duré combien de temps pour toi ? Ça a duré 10 ans. Ah, le beret vert, 8 ans et demi, alors. 8 ans et demi. Wow. OK. Et sur ces 8 ans et demi, comment est-ce que tu simplifierais, tu vois, tout le parcours en bloc ? Qu'est-ce qu'il y a eu comme... Ça a été quoi, ton cheminement ? Eh bien, il y a eu une première partie de formation initiale, je peux l'appeler comme ça. Ensuite, il y a eu une partie opérationnelle entre le commando Jobert et le commando Uber. J'ai fait des missions avec ces deux unités. Puis, une partie formation, parce que au Commodo UPR, j'ai formulé une demande qui était de m'engouffrer dans le cursus de formation lié au secourisme, parce que j'avais déjà une double casquette, c'est-à-dire qu'on est des petits groupes, et donc chacun a une double casquette, c'est-à-dire qu'on part entre 10 et 20, et donc c'est beaucoup moins qu'un régiment qui se déplace entièrement, c'est aussi des opérations qui sont plus spécifiques, et l'une de mes casquettes, en plus d'avoir un fusil et de l'équipement comme tout le monde, c'était d'avoir des notions de premier secours, on va dire, un peu plus élevées que la moyenne, dans le cas où l'infirmier, qui nous accompagne tout le temps, lui aurait un problème, ou s'il y avait plusieurs blessés, pour filer un gros coup de main à l'infirmier. Ok, et ça c'était un souhait ? Oui, ça a été un souhait. Quand tu rentres chez les commandos marines, d'abord tu réponds aux besoins du groupe, et tu es envoyé à des stages que des fois tu ne souhaites pas, et à un moment, selon ce que demande le groupe, et ce que propose le chef de groupe, tu peux accéder à des stages comme ça. J'ai une petite anecdote là-dessus assez rigolote. Le jour où j'ai pu accéder à ce cursus de formation lié au secourisme, il faut savoir que personne ne fait ça. Le secourisme même dans l'armée, ce n'est pas quelque chose qui intéresse les gens au plus haut point, c'est-à-dire jusqu'à s'investir personnellement. Il y a un de mes chefs de groupe qui nous a tous dit un soir, si vous avez des demandes particulières pour suivre des stages, vous pouvez me les formuler, on en parlera à la fin de la semaine, et puis on verra oui ou non. Donc moi je me dis, c'est bon, c'est ma chance, j'y vais, et j'ai la grande chance que j'ai eue, c'est que mon pote, juste avant, il dit au chef de groupe que lui aimerait aller au BSM, le brevet de ski militaire.
Loïc Ok.
Tony Et donc le chef de groupe lui a répondu, tu te fous de ma gueule, c'est pas un club Fram ici, tu vas pas aller te taper 3 semaines de ski alors que... Et puis ça sert à rien au groupe. Mais ça répondait à la demande de formuler un stage exotique. Et du coup, moi je me suis engouffré juste derrière lui en lui disant, moi j'aimerais bien rentrer dans le cursus de formation lié au secourisme du plus bas niveau jusqu'au plus haut si possible. Et ça pourrait servir le groupe parce que je pourrais remettre à jour tous les mecs tous les ans. Et puis il s'est dit, après quelques secondes de réflexion est-ce qu'il me la met à l'envers ou pas ? non ok c'est bon Tony tu peux y aller génial ok
Loïc c'est super intéressant et donc cette formation donc au final tu nous présentais Emotion en début de podcast donc le projet sur lequel tu travailles actuellement enfin c'est plus qu'un projet c'est une entreprise mais en réalité cette relation avec le secourisme c'est déjà quelque chose que tu as entamé avant même de revenir dans la vie civile
Tony effectivement et le fait d'aujourd'hui entreprendre dans ce domaine là est né et décidé lorsque j'étais encore au sein de l'armée super
Loïc super tu vois comme quoi on en parle souvent aussi avec les invités que je reçois sur le podcast cette notion d'effet cumulé tu vois c'est à dire tu peux vraiment te rendre compte de ton parcours des bénéfices de ce que tu as mis en place il y a 5, 10, 15 ans
Tony une fois dans le moment présent en fait mais au moment où tu te lances j'imagine, enfin je sais pas d'ailleurs peut-être tu dis nous, mais est-ce qu'à ce moment-là quand t'as parlé à ton chef tu t'es dit je vais faire ça comme ça quand je reviens dans la vie civile je crée émotion pas du tout, on peut aborder comment c'est venu émotion parce que c'est directement lié à ça quand je formule cette demande c'est ce qui me plaît le plus au moment T parce que dans ce domaine-là je découvre que en opération quand la situation devient tendue et bien encore une fois comme en investigation, tu peux avoir des prises d'initiatives et ton travail compte, et c'est ce qui m'a beaucoup plu dans cette première expérience professionnelle et c'est aussi pour ça que j'ai quitté par la suite, c'est qu'il faut une implication personnelle extrême, parce que chacun compte les uns sur les autres et lorsqu'il y a un blessé, il y a une notion de stress encore plus importante, il y a une dimension affective et émotionnelle qui rentre en jeu et à ce moment là moi je me sentais vraiment capable de pouvoir réagir correctement et surtout de solutionner un problème sur un de mes potes, c'est ça qui me tenait à coeur, de pouvoir ne pas être impuissant face à un truc que tu ne maîtrises pas, et c'est ce qui m'anime encore aujourd'hui, et pourquoi j'en parle à un public hors armée et donc à ce moment là quand je formule cette demande en aucun cas je me dis c'est ce que je ferai de ma vie après par contre je sais une chose c'est que à la fin des 10 années de contrats qui m'ont été donnés et que j'ai signés en rentrant dans l'armée. C'est un beau CDD de 10 années en rentrant chez les sous-officiers. Je savais que je n'allais pas aller, enfin à ce moment-là, je savais que je n'allais pas aller plus loin que ces 10 années. Ok. Et donc, à l'aube de ces 10 années, je crois aux alentours de 8 ans et demi dans la marine, je pars en vacances avec ma femme et ma femme choisit un hôtel en Grèce au calme, et tous ces détails sont importants oui je contextualise très bien il se trouve que dans cet hôtel il n'y a pas une salle de sport il n'y a pas une salle de sport, il y a une piscine il y a des transats, beaucoup de soleil et rien autour on est à côté du mont Olympe, c'est la seule chose qu'on pouvait visiter et qu'on est allé visiter très vite, on est resté deux semaines à ce moment là, moi qu'est-ce qui m'anime pendant ces vacances, c'est me reposer, faire du sport il n'y a pas de salle de sport et ensuite ce qui vient après dans mon subconscient c'est puisque j'ai du temps qu'est-ce que je vais faire après et j'ai passé les deux semaines les plus intenses psychologiquement de ma vie mon cerveau s'est mis à fonctionner tout seul parce que nerveusement la nuit je n'étais pas fatigué parce que j'avais une routine d'entraînement même en étant en unité sans préparer de sélection j'avais une routine d'entraînement qui m'imposait de me dépenser et là, ce n'était pas le cas. Je ne pouvais pas dire à ma femme que je vais courir une heure. C'était notre moment, ce métier est très prenant, on ne se voit pas. Je lui avais dit, bien entendu, c'est des vacances pour nous deux. Et là, mon cerveau s'est mis à travailler jour et nuit. Il y a un gros processus de documentation la nuit, de questionnement personnel. et un jour sur un transat deuxième semaine j'aime bien le raconter comme ça c'est comme si il y a un truc qui m'était tombé dessus bam et là je regarde ma femme et je lui dis chéri je sais ce que je vais faire alors elle elle est typiquement sur son transat écouteur lunettes de soleil le verre de jus d'orange à côté elle me dit mais de quoi tu parles et donc en fait voilà pendant toutes ces nuits elle dormait aussi dans l'hôtel, moi j'étais sur l'iPad, j'écrivais des choses et ce jour là je me suis pris ça en pleine tête sur Transat et je me suis dit, je vais mettre mes qualifications au service du grand public c'est à dire que j'ai toutes les certifications possibles, tant militaire que civil, je suis diplômé du plus haut niveau de certification, et bien pourquoi ne pas l'utiliser, et ça fait directement écho à une souffrance que j'ai développée en mission en 2015 et en 2016 j'étais à l'étranger lorsque les attentats du Bataclan et de Nice se sont passés et ce jour là je me suis senti inutile vraiment c'est le mot inutile dans cette mission parce qu'on avait pour mission indirectement de protéger la France par nos actions et deux fois je me retrouve à l'étranger une fois en Afrique, une fois au Moyen-Orient et j'apprends ce qui se passe par téléphone satellite pour le premier par ma femme qui m'appelle à 22h le soir des attentats de Paris et qui me dit il se passe des choses, j'ai peur, mais moi je me dis, ma femme a la peur un petit peu de tout, donc il n'y a pas de problème, ça ne doit pas être si grave, et nous on a deux heures de décalage vers le haut, donc on va se coucher, et quand je me lève, j'apprends par cette élite qu'on a plus d'une centaine de morts à Paris, et ensuite 2016, on pose avec mon groupe avec l'avion à Paris le 14 juillet, on est dans le bus et donc on rentre direction nos familles on vient de passer 4 mois à l'étranger au Moyen-Orient 4 mois au centre de la tension terroriste mondiale, au mieux de ce qu'on peut faire et on remet tous nos cartes SIM dans les téléphones, certains la mettent plus vite que les autres et ça bip dans tous les sens et ça bip pas comme d'habitude quand on rentre en démission et on reçoit des messages et là moi je reçois on a posé à 21h et de 21h à minuit j'ai reçu toutes les notifications, toutes les dizaines de morts, jusqu'à 80 ou 85 je crois, qui disaient X morts en plus à Nice, X morts, et encore une fois je me suis dit à quoi sert mon engagement, mon investissement personnel, je reviens de 4 mois, et je pense que ce jour-là, pour revenir sur le transat de Grèce, tout ce truc-là m'est tombé dessus, c'est emboîté, tu sais, comme un engrenage. Ça s'est emboîté, et depuis ce jour-là, émotion est née, l'entreprise n'avait pas encore de nom, mais émotion est née, ce jour-là, avec cette volonté et cette volonté qui me permet aujourd'hui de me lever tous les moteurs
Loïc waouh sacré témoignage sacré témoignage et écoute si on revient parce que t'as parlé de ces deux événements qui ont été vraiment marquants pour toi alors encore une fois je pense que c'est difficile de généraliser mais on a pas eu l'occasion d'échanger avec Teddy et Louis sur ça comment est-ce que ce type d'événement vous le vivez en tant que groupe puisque tu le disais vous êtes des individualités mais en réalité chacun gomme les erreurs des autres et donc j'imagine que vous êtes aussi tous là pour vous soutenir quand il y a des coups durs donc comment est-ce que vous avez géré ces deux événements dans ton unité
Tony et bien écoute déjà on le gère personnellement c'est à dire que on le prend, on essaie de le digérer tout seul. Ensuite, on va, je me rappelle très bien pour moi, on va vers les individualités auxquelles on est le plus proche. On a tous des potes, on est 10 ou 12, on n'est pas proche avec tout le monde, avec la moitié du groupe en général, selon les générations et les âges. Donc, on échange, on échange et puis à un moment, on se dit, ce qui nous fait en fait ne pas nous apitoyer, ne pas déprimer, c'est que notre boulot, c'est de réagir à ça. Donc, on se dit, on va être envoyé. On va être envoyé, on est prêt, lorsqu'on était en 2015 en Afrique, on était prêts. On a même préparé le matos pour partir. Ça s'est fait un peu plus tard que ce qu'on aurait souhaité, mais on a pu partir après. Et en 2016, on avait encore le matos dans l'avion. Et ce qui nous fait vivre la chose avec le groupe, c'est d'espérer réagir. Mais à ce moment-là, on n'est pas maître de ce qui va se passer, parce que le maître, c'est le président. Et nous, on est simplement persuadés qu'on est surentraînés, surequipés, prêts, Et donc on attend le feu vert pour retourner ou aller directement faire ce pour quoi on s'est entraîné. Je ne dirais pas qu'il y a vraiment de sessions de communication en groupe. Non, ça se digère un petit peu seul, pudique, on ne réagit pas tous pareil. Et ceux qui veulent se confier se confient à ses potes dans le groupe. Mais je suis certain que l'obsession commune est de réagir à ce qui se passe. Et donc on attend la bonne parole des décideurs. et de toutes ces années de mission là tu viens de nous parler
Loïc de deux événements malheureusement enfin sur lesquels vous n'avez pas vous n'avez pas pu être impliqué directement mais si toi il y a une mission que tu devrais retenir dans laquelle tu vois à contrario de ce que tu viens d'expliquer sur le Bataclan et Nice dans laquelle tu t'es senti particulièrement utile que ce soit avec le secourisme ou pas ce serait laquelle ?
Tony et bien écoute ce serait une mission qui s'est déroulée en 2015 dans l'hémisphère sud on va dire et donc j'étais avec le commando Jaubert et lors de cette mission, c'est une mission de 4 mois et on part plusieurs fois en 4 mois sur des points stratégiques pour réaliser des actions significatives et il se trouve que l'une de ces missions pendant ces 4 mois j'ai pu mettre tout ce que j'ai appris au service de mon groupe et c'est celle que je retiens le plus tu vois pas dans la chambre mais le groupe a reçu une distinction pour ça, je te montrais avec tout à l'heure. Et donc en fait, très concrètement, on s'est fait mettre en place de nuit, donc 3h du matin, on se fait mettre en place par véhicule en conduisant avec les lunettes vertes, tu sais, de vision nocturne. Donc là, c'est typiquement ce que tu vois dans les reportages et ce que moi, j'ai regardé des centaines de fois avant de postuler au stage commando marine. Infiltration comme ça, donc de nuit avec les 4x4 et ces jumelles-là, on se met en place, et on doit durer, la mission est de durer jusqu'au petit matin pour récupérer du renseignement, et ensuite le transmettre à quelqu'un d'autre. Il se trouve que dans ce groupe, on est une partie groupe d'assaut, je dirais, et une partie, une cellule tireur d'élite. Les tireurs d'élite ne sont pas avec nous, ils sont dans une ancienne maison, quelques centaines de mètres sur notre gauche. et au petit matin, ils se font déceler par l'ennemi qui n'est pas très loin, parce qu'on s'était approché de nuit pour être au plus proche. Donc là, on se fait déceler, et des tirs sont appliqués vers nous, et nous, on cherche leur enseignement, donc on ne sait pas du tout de ce qui se passe, où ça vient, combien de personnes et autres. Et moi, à ce moment-là, je suis le relais du chef de groupe, parce que lui il gère les communications vers le haut avec les autorités qui ne sont pas avec nous sur le terrain, il gère les communications avec le chef d'équipe des tireurs d'élite, et à ce moment là moi je suis à côté de lui donc je prends l'initiative de lui prendre la radio et je lui dis je gère les communications avec les tireurs d'élite en gros je fais le pont entre eux et toi, si j'ai pas la réponse je te demande et toi gère ça plus le groupe qu'on était tous déjà sur place et j'ai un pote qui était à la radio de l'autre côté qui était de sur l'élite et à un moment je prends des communications elle s'intensifie, c'est à dire il comprend que c'est moi qui suis au bout de la radio il me dit Tony il y a X personnes, ils sont dans telle direction transmet ça à la personne qui discute avec les avions et à un moment il y a une communication qui m'est restée en tête et là on n'est pas sur du comme on dit dans l'armée du TTA on n'est pas sur quelque chose qui est écrit dans les dico de l'armée, si je peux dire, il me dit, Tony, là, on se fait tiquer épais. C'est ce mot, la voix, certainement, mais le mot épais, ça ne lui ressemble pas, sauf quand on allait boire un coup dans la vie privée, et qu'il me parlait de quelque chose qui était, tu sais, gros. Là, je me dis, ok, là, il se passe quelque chose, et il faut réagir. Je regarde mon patron, le chef de groupe, lui, il est occupé, et à ce moment-là, donc, prise d'initiative, c'est ce à quoi on est formé pendant tous ces entraînements que l'on fait avant de partir en mission je prends un mec avec moi parce qu'on bouge jamais autrement qu'en binôme je prends un mec avec moi et je lui dis on prend cette arme là, donc une arme collective une arme qui tire des cartouches sur borne comme on voit dans les films de façon à manœuvrer effectuer des tirs dans une direction qui me sera donnée par les tireurs d'élite parce que moi je ne vois rien encore et le permettre qu'ils reviennent sur nous pour être tous au même endroit au moins et pouvoir gérer correctement la situation et cette prise d'initiative fait qu'on fait un bond de 30 mètres à couvert, à deux appuyé par des copains qui étaient sur place, sur le même endroit et à la radio je coordonne moi le repli de ce trinôme là, en leur disant ok, je suis prêt avec tel nombre de cartouches, donne moi une direction, une distance, j'aligne ça sur l'arme et puis on va effectuer des tirs pour que vous reveniez vers nous les infos elles arrivent très vite après il n'y a pas de 3-2-1 top c'est dès que l'ouverture du feu est effectuée, eux ils savent que ils me font confiance et c'est là où ces unités sont superbes, c'est qu'on se fait confiance les yeux fermés ils ont couru dans l'autre sens ils ont effectué ces 300 mètres par petit bond à couvert pendant que nous on économisait les munitions de façon à entretenir ce bruit, ce feu et ces coups pendant qu'ils reviennent à nous au final ils sont revenus vers nous ils ont pu transmettre des coordonnées GPS aux avions qui sont passées au dessus de nous pour nous appuyer et tout s'est bien terminé ça tu dirais que c'est la mission parfaite du coup après coup non pas parfaite parce qu'on s'est fait déceler à un moment mais c'est une mission où sur le plan personnel j'ai aligné tout ce que j'avais appris depuis le premier jour du stage commando dans la cuve c'est à dire qu'il y a des moments où pour rentrer dans le technique et je sais pas si tu gardes à ça au montage mais quand j'étais positionné à un endroit pour appliquer les tirs je disais est ce que là je suis bien positionné est ce que mon coude il dépasse pas du mur est ce que mon canon si je tire vu qu'il ya une lunette est ce que le canon va pas tirer dans le mur alors que dans la lunette je vois pas le mur tu vois est ce que je peux pas être mieux autre part est ce que je peux demander du renfort est ce que je prends l'initiative de faire ça est ce que le mec qui est avec moi et et dans le bon secteur. Et tout ça te rentre dans la tête, c'est tout ce que tu as appris, c'est tout ce que tu te demandes en entraînement. C'est que des détails, tu sais. C'est-à-dire que l'expertise est dans le détail, mais l'expertise n'est pas dans le détail. Donc là, ça va vraiment... Tu penses à tout ce que tu as appris parce que au final, c'est plus un entraînement et derrière, c'est pas des cartouches de peinture qui t'envoient.
Loïc c'est super intéressant ce que tu viens de partager moi j'avais une espèce de perception
Tony de l'objectif des commandos quand vous êtes en mission qui était plutôt à contrario que des automatismes on ne se pose pas de questions c'est automatisme automatisme j'exagère un peu mais là c'est super intéressant parce que c'est pas forcément ce que tu partages. Toi, c'était beaucoup plus... Tu avais une espèce de checklist et tu balayais cette checklist point par point et c'était parfaitement maîtrisé. Il existe des automatismes pour répondre à une situation violente à laquelle tu ne t'attends pas parce que tu es surpris. Et là, il faut réagir. Oui, il y a des automatismes qu'on travaille en groupe. Mais toutes les missions ne se ressemblent pas, donc on est formé à tout et on essaye d'exceller partout. Et c'est pour ça qu'il y a autant de sélections, qu'on est trié sur le volet pour pouvoir, voilà, quand on est à un moment seul ou en binôme, ne pas avoir besoin que le chef de groupe dise, Tony, est-ce que t'es bien placé ? Fais attention à ton coude, t'y dépasse du mur, etc. Donc les deux existent, automatisme et réflexion perso, et c'est indissociable de ce boulot.
Loïc Ouais, j'imagine que c'est comme beaucoup de choses, c'est plus une question d'équilibre, où est-ce que tu mets le curseur que forcément
Tony aller... J'adore ce cette expression qui dit c'est de l'intelligence de situation je ne sais pas si ça te parle, moi ça me parle extrêmement bien, c'est à dire que par exemple même aujourd'hui quand je parle de secourisme ce que je dis à mes stagiaires sportifs de haut niveau que je rencontre je leur dis, la doctrine elle dit ça dans le livre de référence il y a marqué ça, cependant la vérité ce n'est pas ce qui est marqué sur le livre c'est ce qui est réalisé sur le terrain donc quand je vais les voir je ne suis pas le sachant à 100%. Je les vois, je les rencontre sur leur terrain d'entraînement, et ce qui est facile à faire en salle de classe, n'est pas bien à faire sur une piste de ski, avec des moniteurs de ski, par exemple. C'est de l'adaptation et de l'intelligence de situation. Justement, cette intelligence de situation que très clairement, tu as appris et développé grâce à la formation des commandos, comment est-ce que tu as réussi à l'exploiter, à la mettre en pratique au moment où tu as commencé à construire l'émotion ? Parce que je me disais que ça t'est arrivé d'un coup sur la tête dans ce fameux hôtel en Grèce. Mais il y a quand même eu un an et demi, si j'ai bien compris, entre le moment où le projet est né et où tu es retourné dans la vie civile. Donc, comment est-ce que tu as mis à profit tous ces apprentissages, notamment autour de l'intelligence de situation, des commandos dans l'aventure émotion ? Eh bien, écoute, je peux utiliser certaines choses que j'ai apprises dans les commandos dans le développement de l'émotion mais malheureusement pas tout c'est à dire que ce jour là sur quand j'ai su que je voulais mettre mon les capacités et mon expérience au service du grand public j'ai aussi compris pendant ces semaines de vacances que je voulais un moment être au centre de ce qui se décidait pouvoir prendre des décisions à mon niveau donc ne plus être salarié tenter quelque chose de nouveau et donc cette intelligence de situation m'a permis aussi de rester à ma place parce que j'avais beau être commando marine être chef d'équipe avoir travaillé dans une unité que certains admire des unités vraiment inaccessible partir du moment où tu passes la porte de l'armée des personnes et donc cette intelligence de situation m'a permis d'aller vers des personnes avec une humilité qui était la mienne à ce moment là et qui m'a permis d'obtenir des réponses et la première partie de ma reconversion a été un nombre incalculable de sollicitations pour comprendre le monde qui allait être le mien par
Loïc la suite ok et ça c'est quelque chose que tu avais anticipé préparer c'est à dire cette notion de une fois que je sors de l'armée, le cadre, la reconnaissance ou la façon dont mes compétences sont reconnues,
Tony le fait que ce soit forcément un niveau de filtre différent dans le monde civil, c'est quelque chose que tu avais anticipé ou que tu as découvert un peu par la force des choses ? Non, très clairement, je l'avais anticipé parce que, hélas, c'est une force que m'a donné ce travail chez les commandos marines, c'est qu'on anticipe tout. C'est-à-dire que quand on part en mission, il y a un briefing qui est fait, et à la fin de ce briefing, dernière étape, il y a quelque chose qui s'appelle les cas non conformes. Et donc ça veut dire qu'est-ce qu'on fait s'il y a un mec qui se tord la cheville ? Qu'est-ce qu'on fait si on se fait déceler à cet endroit-là ? Qu'est-ce qu'on fait si les avions ne viennent pas ? Qu'est-ce qu'on fait si sur le retour, on n'a plus de bouffe ? Qu'est-ce qu'on fait si... Et on liste tout ce qui est envisageable. qu'est-ce qu'on fait si ça peut aller à l'extrême si la route qu'on doit emprunter il y a un arbre en travers et en fait j'ai pris involontairement, j'ai appliqué ce processus à ma vie perso je suis pas formaté mais j'ai pris les choses qui me servent aujourd'hui et donc j'ai anticipé tout ça oui, et je savais que j'avais des qualités je les avais pas encore traduites en langage civil. Et pour ce faire, j'ai réussi à trouver des personnes qui m'ont entouré, qui m'ont dit tes compétences aujourd'hui ne se résument pas à tenir un fusil, mais tu peux faire ce genre de choses comme la prise d'initiative, la gestion du stress, la communication, parce que tu fais des briefings devant 10 personnes, tu ne te rends pas compte, mais tu peux faire ça dans une entreprise, des gens qui n'y arrivent pas. Et tout ça, en fait, m'ont fait ressortir des qualités que je n'avais pas identifiées, qui sont valables dans le civil et qui ont permis de me vendre au début du développement d'émotions, parce qu'il faut démarcher des fournisseurs, il faut sourcer, il faut aussi se vendre, c'est des choses qu'on n'est pas bon là-dedans, du moins pas tous on ne peut pas faire de généralité, mais vu qu'on est très humble dans le métier des commandos marines on n'a pas l'habitude de se vendre l'unité parle pour nous, et puis nous on fait notre boulot donc voilà c'est comme ça que que je m'y suis pris et c'est enrichissant c'est ce qui m'a permis encore une fois de ne pas stagner dans la marine il y a un processus d'évolution qui est obligatoire et là clairement j'évolue tous les jours j'apprends des nouvelles choses tous les jours et c'est l'un des bons côtés d'entreprendre
Loïc c'est vrai que là pour le coup tu as fait un 180 degrés en termes de visibilité passer d'un environnement qui est quand même hyper fermé, cloisonné, qu'on connaît très peu à moins d'y être passé, à l'aventure entrepreneuriale où là, pour le coup, comme tu l'as dit, c'est l'inverse. Il faut arriver à convaincre, c'est dire que ton produit a de l'intérêt, que ton projet vaut le coup d'être soutenu. Donc, ouais, super intéressant de voir que tu as réussi au final assez vite
Tony à faire ressortir ces compétences dont tu parlais. Je ne suis pas arrivé tout seul. important à souligner parce que c'est des gens qui m'ont entouré et qui m'ont écouté ça c'est un des conseils aussi que je te disais tout à l'heure dans l'entraînement des commandos marines bien s'entourer c'est un conseil que j'ai aussi entendu sur d'autres podcasts bien s'entourer aussi dans l'entrepreneuriat c'est très important parce que ça permet de gagner du temps ils peuvent répondre à des questions de base et en une journée d'appel et de mail on peut gagner 3 mois de procédure administrative un peu lourde excellent et du coup grâce à
Loïc pas seulement j'imagine mais grâce notamment à cet accompagnement où est-ce que t'en es aujourd'hui avec Emotion ?
Tony aujourd'hui avec Emotion j'en suis au niveau où on a développé puisque je suis seul à l'avoir créé en 2019 maintenant on est deux à plein temps dessus et ça rassemble environ une dizaine d'intervenants on a développé une marque qui a pour ambition, comme on l'a dit au tout début, de révolutionner l'image du secourisme en France. Et aujourd'hui, on accompagne des sportifs de haut niveau, qu'ils soient professionnels ou amateurs, des férus d'aventure, des adeptes des sorties outdoor. et c'est un virage qu'on a pris parce que je me suis rapproché de ce qui m'anime dans ma vie, je suis fan de secourisme et je pourrais en parler des heures ça me passionne, c'est vraiment quelque chose qui me passionne et c'est ce qui manque aujourd'hui je pense aux institutions qui régissent le secourisme en France on va pouvoir le développer peut-être et le sport moi je suis un énervé du sport c'est à dire que je suis pas simplement quelqu'un qui s'entraîne ou quelqu'un qui fait un seul sport j'ai loupé aucun stade 2 depuis que j'ai l'âge de le regarder quand j'étais petit j'étais sur tout le sport je ne loupais jamais ce truc là et c'est ce qui me permet aujourd'hui d'avoir un intérêt pour tous ces sportifs et peu importe qui je rencontre j'ai beaucoup de choses à apprendre on a rencontré récemment le vice champion du monde d'apnée Stéphane Toureau avec lequel on a pu partager beaucoup de choses et quand je rencontre ces gens par exemple c'est ma partie de plaisir on sait tous que l'entrepreneuriat ce n'est pas toujours drôle et de pouvoir rencontrer des gens comme ça c'est fabuleux, j'ai rencontré aussi Michael Mawem qui est allé au JO cette année j'ai pu échanger avec Martin Thomas quelqu'un qui a été au JO, qui a fait du canoë et mon plus là-dedans et c'est vraiment ce qui me fait me lever tous les matins c'est que avec émotion j'ai en plus d'avoir l'ambition de révolutionner l'image du secourisme, c'est apporter un plus aux sportifs. C'est-à-dire que ces gens-là réalisent des choses que moi, je ne peux pas faire actuellement, que je respecte énormément, que j'admire. Quand je suis avec eux, c'est à peu près pareil que quand j'étais jeune et que je parlais à un cours de marine quand j'étais en sélection. Avoir la possibilité de leur apporter un plus pour que dans leur sport, ils réalisent des choses spectaculaires, l'esprit libre, l'esprit tranquille c'est ce qui m'anime tous les jours et je fais ça grâce à des formations sur mesure directement liées à la typologie de blessure que peuvent rencontrer les sportifs que je vais rencontrer dans leur club d'appartenance ou alors qu'ils sont aussi disponibles en ligne cause Covid oblige, on s'adapte comme chez les commandos et aussi par des produits et c'est tout ça, tout cet écosystème qui fait qu'aujourd'hui le secourisme avec émotion, c'est différent parce qu'il y a un intérêt. Aujourd'hui, quand tu parles avec une personne lambda, que tu lui parles calmement en 5 minutes, elle comprend très vite que le secourisme a un intérêt dans sa vie. Parce que ça peut arriver à la maison, 12 millions d'accédants domestiques par an, hors Covid, ça peut arriver sur la route, ça peut arriver au cours d'une sortie outdoor, camping, sportive, et on ne peut plus dire que ça n'existe pas. ça peut arriver sur une situation d'attentat un dégénéré qui choisit de faire un acte malveillant à un endroit, ça peut arriver et pour moi être impuissant face à une situation que tu ne maîtrises pas c'est le pire sentiment qu'il puisse être puisque cette chose là je l'ai vécu dans ce que je t'ai raconté tout à l'heure les attentats ont résonné chez moi comme de l'impuissance et aujourd'hui des mecs qui font des sports extrêmes ils sont toujours accompagnés d'un caméraman d'un mec qui fait des photos où ils sont toujours en binôme et donc il y a toujours quelqu'un qui est témoin et que ce mec ne puisse pas réagir ça me rend dingue et il peut pas réagir, pourquoi ? parce que ça ne l'intéresse pas le secourisme au premier abord il n'y a pas de produits qui sont faits pour eux et qui se destinent directement à ces sports et les formations qu'ils peuvent entrevoir ou qu'ils peuvent assister, c'est des formations généralistes demain, je sais pas si tu fais du sport outdoor, peut-être de l'aspinisme ou autre et bien si demain avec un de tes meilleurs amis, enfin de tes collègues, tu décides d'aller faire une formation de premier secours parce que tu te dis bah voilà, ma conscience fait qu'on prend des risques, on n'est pas professionnel mais on s'expose, et dans une zone isolée ça peut vite être compliqué et bien face à une formation de base et je les connais très bien puisque j'en délivre constamment et bien tu vas devoir passer par des modules qui vont pas t'intéresser et qui vont perdre ton intention et tu vas avoir l'impression de gâcher du temps le nourrisson qui s'étouffe, le mec qui fait du base jump, à l'instant T, c'est pas ce qu'il est venu chercher. La femme enceinte qui fait un malaise, c'est pareil. La personne âgée qui fait un malaise, pareil. Et donc, c'est pour ça qu'avec émotion, on a à cœur de révolutionner cette image du secouriste, parce qu'on propose quelque chose qui est sur mesure. Sur mesure, et adressé aux sportifs, parce que c'est ce qui nous passionne, et ce qui fait qu'on peut travailler toute la journée et toute la nuit très beau pitch
Loïc écoute on en avait déjà parlé en off moi je suis convaincu convaincu dans le fait tu vois comme tu dis c'est vrai que alors je sais pas il y a peut-être des gens qui nous écoutent qui auront un avis différent mais jusqu'à ce qu'on échange c'est vrai que j'avais jamais forcément considéré le secourisme comme un truc super sexy où je me disais allez tiens j'ai du temps génial je vais aller me faire une formation en secourisme tu vois et puis très souvent le secourisme alors toi ça a été différent avec ton parcours pour tous ceux qui sont en armée ce sera différent mais dans la vie civile le secourisme on le découvre généralement au travail à travers des formations qui sont comme tu dis extrêmement
Tony généralistes ou des fois tu te demandes même si ça ne dure pas deux jours simplement pour que la deuxième journée elle puisse être facturée en termes d'intensité et d'intérêt des formations en toute honnêteté en tout cas ça a été ce que moi j'ai pu vivre donc je trouve ça super intéressant de dire émotion à l'inverse va aller
Loïc proposer du contenu sur mesure vraiment adapté et qui capte ton attention et qui fait qu'en fait moi j'ai l'impression d'entendre ça c'est que ça peut paraître complètement fou mais en fait de dire que les gens du coup à travers les formations émotion voient un intérêt au secourisme
Tony c'est à dire que le secourisme redevient utile même si ça paraît dingue de dire ça mais c'est un peu le sentiment que j'ai moi je pense que les gens ont un comme tu dis, un premier appui au lieu du secourisme. Il peut être soit à l'école, et là, moi, je l'ai vécu, donc je sais très bien comment ça se passe, un binôme d'associations qui vient avec son gilet orange, un peu typé uniforme, qui déballe son matos, et voilà. Ou alors, comme tu l'as dit, dans le cadre d'entreprise. Mais je ne suis pas là pour critiquer les personnes, tu vois. Moi, j'aime bien critiquer la structure pour pouvoir l'embellir. Moi, je n'ai rien contre ces associations qui font du secourisme, bien au contraire, c'est des collègues à moi puisque je détiens tous les diplômes qu'eux détiennent mais aujourd'hui, quand tu parles de secourisme je pense que des personnes retiennent plus Adrien Carambe que quoi faire si mon pote s'étouffe et je pense qu'on peut faire mieux et on peut faire mieux comment ? en changeant cette image et ça passe par un discours différent plus jeune, plus à la portée de tout le monde j'aime bien dire en formation, ça sert à rien d'être trop sérieux pour parler de secourisme puisque lorsque ça arrive que l'incident est arrivé, c'est déjà sérieux et t'auras pas envie de te marrer donc mets-toi en place des systèmes de jeu pour apprendre, mets-toi en place de l'humour, des visuels différents, ça passe par des produits parce qu'aujourd'hui le jeu c'est la meilleure le jeu et le divertissement pour moi c'est la meilleure façon d'apprendre tu vois des pilotes des pilotes d'avion, ils apprennent sur le simulateur. Les chirurgiens qui ont déjà joué aux jeux vidéo, ils ont des aptitudes supérieures à pouvoir diriger un robot qui ont des manettes. Tout ça, je l'ai lu dans un livre d'Idriss Averkan, un mec que j'aimerais un jour rencontrer, que j'aime beaucoup, qui m'a beaucoup inspiré, et son livre, c'est Libérer votre cerveau. Il parle de neuroergonomie. Et clairement, je me suis servi de quelques tips qui délivre là-dedans pour changer cette image parce qu'aujourd'hui je révolutionne que l'image je suis pas médecin je vais pas changer les procédures, moi ce que je veux c'est créer cet intérêt pour que le jour ou dans une zone isolée, ton pote il a une fracture de la jambe tu ne sois pas hébété en plus d'être paniqué parce que c'est ton pote et que tu sois tributaire de mince j'ai pas de réseau donc voilà je change l'image, et ça passe, comme je te l'ai montré, par déjà des produits type trousses de secours, totalement différents, tu l'as vu, avec un premier produit qu'on a sorti qui est là pour répondre à tout ce qui saigne, avec du matos vraiment spécifique à l'hémorragie par exemple, parce que sur une hémorragie, je sais pas si tu sais, en 3 à 5 minutes, tu peux perdre assez de sang pour que ton cœur se désamorce. Un petit peu comme une pompe de piscine, tu prends un cabanon de piscine il y a une pompe qui filtre haut, s'il n'y a plus d'eau dans la piscine la pompe va se mettre en sécu là c'est pareil, sauf que le mec qui fait du VTT de descente, qui s'embranche sur un tronc parce qu'il s'est un peu trop envoyé et là ça pisse le sang ça peut arriver, et si tu n'as rien ça va vite être compliqué, et je te dis ça peut arriver Cédric Gracia qui est un VTTiste qui a passé beaucoup de temps en équipe de France, avec qui j'ai pu échanger sur Youtube il y a un accident qui circule où il est à la réunion, je l'ai vu il fait un soleil par dessus son vélo son frein transperce sa cuisse et donc l'artère fémorale les mecs ils ont quoi ? leurs mains pour boucher c'est tout et c'est ce qu'il fait d'ailleurs il met son doigt dans le... bien sûr lui il identifie très vite ce que c'est parce que son pote lui dit qu'est-ce que c'est ça ? lui lui dit c'est une artère il met les mains dedans et voilà ça peut arriver je dis pas que il faut être anxiogène et faire peur aux gens mais c'est quelque chose qui arrive et comme ça arrive tout le temps à ton pote, c'est impossible pour moi de considérer que tu puisses être impuissant. Mais pour savoir réagir, il y a des formations, du matos, et on peut faire tout ça en souplesse et avec humour.
Loïc Alors tu parlais, ça fait plusieurs fois que tu mentionnes l'aspect fun qui est important pour toi. Et du coup, bon, moi j'ai eu la chance de voir la trousse, mais là il y a une nouveauté qui vient de sortir,
Tony en tout cas au moment où le podcast sera diffusé. Comment elle se présente du coup ? Exactement, donc on a développé une trousse à la base pour répondre aux hémorragies. Et maintenant, on vient de sortir en octobre un produit qui répond à quoi faire sur une petite blessure de sportif, Skate Park. Le mec qui fait de la planche à voile et qui a des ampoules sur les doigts, par exemple. Du VTT, tu tombes, c'est du fenégratignure. Et donc, un produit qui répond à ce qu'on appelle dans l'armée de la bobologie. Je l'ai conditionné dans une canette en plastique. tu vois l'aspect d'une canette en plastique parce qu'aujourd'hui quelle marque pour toi traduit plus le sport extrême
Loïc ouais je pense que beaucoup de gens te diraient Red Bull par exemple
Tony Red Bull aujourd'hui c'est stylé c'est une marque qui véhicule beaucoup de choses mais pas qui ne s'est pas encore intéressée au secourisme et donc Red Bull donne des ailes mais aujourd'hui c'est émotion qui protège tes ailes parce que ce que je veux faire ce que j'ai l'ambition de faire c'est d'associer cette marque au sport extrême parce que quand tu vas acheter un VTT à 10 000 euros de descente que tu as ton casque à plusieurs centaines d'euros tu as tout l'équipement il faut que tu te soucies aussi d'avoir un petit peu de matos pour pouvoir répondre à une blessure et le fait d'avoir ça aujourd'hui dans une trousse rouge avec une croix blanche ça ne t'intéresse pas donc aujourd'hui à travers cette canette qui est nos novatrices, qui est vraiment l'accès à l'univers émotion et bien ce sera plus parano d'avoir ça sur soi, dans sa voiture ou même à la maison même si ma cible première c'est les sportifs parce que passer du temps avec eux c'est tout ce que j'aime excellent génial, je comprends tout à fait ce que tu dis sur le fait
Loïc de passer du temps, c'est un peu comme si émotion était une excuse pour entrer en contact avec des gens comme ça, en tout cas moi c'est ce que je dis tout le temps avec mon podcast
Tony tu vois c'est juste un super moyen de dire hé en fait on peut discuter mais voilà c'est juste c'est pour le podcast en fait mais bon oui bien sûr c'est une excuse et moi ce que j'adore c'est encore une fois c'est pas encore une fois mais c'est être utile dire que le mec je l'admire pour ce qu'il fait mais en plus de ça je vais lui donner des clés qui vont lui permettre de s'envoyer encore plus dans sa pratique parce qu'il se dira ouais mais je sais comment réagir ou j'ai ce qu'il faut pour réagir
Loïc super
Tony excellent
Loïc merci pour le balayage sur toute l'histoire d'émotion et les produits que tu fais aujourd'hui, ce qu'on fera c'est que le podcast n'est pas trop adapté pour la visualisation mais en tout cas dans la description je mettrai les liens vers le site
Tony puisque tout est sur émotion sur le site tu me dis tu retrouves tout sur le site internet c'est à dire produits accessoires parce que comme je t'ai dit on veut que ça soit cool on crée une petite communauté et les gens ont le moyen de nous soutenir aussi à travers des accessoires et également des formations qui sont en ligne et qui sont spécifiques à chaque pratique sportive. Oui, super. Excellent. Alors moi, j'ai peut-être une dernière question par rapport à ton aventure entrepreneuriale,
Loïc pas forcément spécifique à émotion, mais je serais curieux de savoir, en tant qu'ancien commando, tu vois, un peu, si je grossis le trait, tu vois, pour certaines personnes, un peu les surhommes, surentraînés, préparés à tout, qui font des trucs
Tony absolument improbables, qu'est-ce qui t'a surpris, toi, dans l'aventure entrepreneuriale et auxquelles tu n'étais pas préparé ? déjà l'aventure entrepreneuriale en est même je pense que peu de gens y sont préparés on s'y prépare au mieux mais qu'est-ce qui m'a surpris j'ai pas été surpris désagréablement parce que je m'attendais à ce que ce soit dur parallèlement à ça je me dis que j'ai déjà vécu des choses dures donc rien ne sera plus aussi dur que ce que j'ai déjà vécu c'est ce qui aussi me fait relativiser quand je rencontre des coquilles, mais j'étais agréablement surpris par la faculté des gens à t'aider, c'est-à-dire que si tu viens avec la bonne question, la personne, généralement, prendra du temps pour te répondre, c'est-à-dire qu'il ne faut pas aller là-bas, aller envoyer un mail à quelqu'un qui est, par exemple, entrepreneur d'une grosse boîte, avec une question générale. Ces mecs-là, ils n'ont pas de temps à perdre, donc envoyer une question ciblée, j'ai eu des réponses de mecs inaccessibles au premier abord. Par exemple, Anthony Bourbon que tu as interviewé, personnalité que j'aime beaucoup aussi et que j'aimerais un jour rencontrer. Je lui ai envoyé un message, puisqu'il le répète dans ses podcasts, dans ses interviews, je suis accessible via LinkedIn, via Instagram ou autre. Et sur une question bien précise, il m'a répondu.
Loïc Wow. Ok. Comme quoi,
Tony donc ouais surpris surpris de ça parce que je m'attendais à on m'a dit c'est un monde de requins et c'est vrai et donc surpris que des gens prennent le temps prennent du temps et de l'attention pour un petit projet qui est en développement mais certainement qu'ils comprennent que ça va devenir beaucoup plus prochainement
Loïc ça me fait penser à ce qu'on disait un peu plus tôt sur ces quelques mots que l'instructeur dont l'instructeur t'a fait cadeau au moment du stage pour moi ça va un peu dans cette direction tu vois c'est à dire ne sous-estimez pas l'impact que vous pouvez avoir en simplement répondant à un mail en acceptant d'avoir une conversation de 5-10 minutes
Tony et donc c'est juste génial de voir que toi t'as eu la chance de rencontrer ce type de personnes qui prennent le temps et qui restent accessibles super c'est plutôt hyper positif comme message du coup que les seules surprises que t'as eues ça a été des bonnes surprises dans l'entrepreneuriat Oui, ta question était comment est-ce que tu as été surpris. Négativement, je m'attends à tout, et je me suis attendu à tout, et c'est pour ça que je n'ai pas été surpris de rencontrer des moments compliqués, et je sais qu'il y en aura beaucoup d'autres, et c'est ce qui rythme la vie d'un mec qui veut faire quelque chose de nouveau. Tu as le président Wilson, celui des Etats-Unis, pas celui des ballons de basket. Il a dit, si tu veux te faire un maximum d'ennemis, tu as juste à faire quelque chose de nouveau. donc si aujourd'hui tu mets des éléments de premier secours dans une canette en plastique il y a certainement des foudres qui vont tomber à un moment si tu veux mettre un peu d'humour dans du secourisme ça va tomber et j'ai des gens qui n'aiment pas ce que je fais donc voilà négativement je ne suis pas surpris je sais que tout peut t'arriver mais en revanche ça a été positif et c'est ce que je retiens chaque semaine parce que c'est ce qui te fait avancer parce que comme tu l'as dit et comme on l'a dit c'est compliqué et c'est important d'avoir des choses positive pour s'y accrocher et perdurer dans cette activité compliquée. Pour terminer notre échange,
Loïc absolument passionnant, si tu fais un mix, si tu prends tes 10 années de préparation et de mission au sein de l'armée et ton aventure entrepreneurial jusqu'à présent, si tu mets ces deux blocs ensemble, que tu secoues tout ça, que ça fait un seul gros bloc, quel conseil
Tony ou quelle serait toi la chose que tu retiens de ton aventure jusqu'à présent et que tu pourrais partager aux auditeurs, aux auditrices qu'il faut être ambitieux qu'il faut être ambitieux et je vais le tourner avec d'autres mots parce que beaucoup de gens le disent mais quand je regardais ces reportages et toutes ces choses qui étaient vers les commandos marines c'était impossible j'ai réussi aller à l'étranger, faire du parachutisme c'était impossible, j'y réussis ça demande du travail, ça demande de l'engagement mais aujourd'hui c'est ce qui me permet de ne pas avoir peur et d'afficher clairement mes ambitions qui est de changer l'image du secourisme et de devenir leader sur son marché parce que rien n'est impossible donc autant rêver gros et je suis certain qu'avec du travail parce que je suis persuadé aujourd'hui que dans ce domaine personne travaille autant que moi ça marchera, tout ce que je ne sais pas c'est quand génial bah écoute ce sera le message
Loïc qu'on retient merci beaucoup Tony pour ton temps pour ces superbes partages que ce soit sur sur émotion ou sur ton temps en tant que commando pour l'humilité avec laquelle tu l'as fait je le disais en introduction c'est toujours un plaisir
Tony de recevoir des anciens des anciens efforts spécial justement enfin principalement par rapport évidemment aux histoires que vous racontez mais aussi la façon dont vous incarnez
Loïc des valeurs très fortes que personnellement je trouve fascinantes donc oui un grand merci un grand merci pour ton temps je mettrai tout ce qu'il faut en termes de lien pour que les gens qui veulent se renseigner sur l'émotion puissent le faire facilement et puis écoute je te souhaite tout le meilleur pour la suite de l'aventure et je te dis très certainement
Tony à très bientôt pour une formation sur mesure pour un de mes projets ça marche sans problème merci Tony de rien merci à toi Sous-titrage ST' 501
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