Les Frappés Les Frappés
Saison 3 EP·131 Expédition #Arctique #réalisation #SuÚde

19 septembre 2023

đŸŽâ€â˜ ïž Arctic Fools - Les 3 potes niçois devenus explorateurs polaires

Durée · 1h49 · Transcription disponible

đŸŽâ€â˜ ïž Arctic Fools

Le récit

Provoquer sa chance, se donner les moyens de rĂ©aliser ses rĂȘves les plus fous, tracer son propre chemins sans se soucier des conventions, voilĂ  ce qu’on dĂ©cidĂ© de faire Flavien Hillat, Vincent Lavrov et Thomas Jarrey, mes invitĂ©s de la semaine.

Ensemble, les 3 niçois ont commencĂ© en 2019 Ă  imaginer et rĂ©aliser des projets d’aventure.

Leur terrain de jeu Ă  ce jour ? Le cercle arctique đŸ„¶

Le format qu’ils ont choisi ? Les expĂ©ditions Ă  ski, en autonomie totale et sans assistance đŸ€©

Pour leurs deux derniĂšres expĂ©ditions, en SuĂšde et au Svalbard  ils sont partis chaque fois plus de 30 jours, avec des centaines de kilos de matĂ©riel, de nourriture et de fuel placĂ©s dans des pulka, de grosses luges qu’ils ont tractĂ© dans des tempĂ©ratures de -30, -40°C.

Ces aventures hors normes, ils ont appris Ă  les retransmettre dans des films, tellement qualitatifs que Netflix en a d’ailleurs achetĂ© 2, et ces films ils s’en servent pour dĂ©marcher des sponsors et ainsi financer l’intĂ©gralitĂ© des projets.

En bref, leur tĂ©moignage c’est une Ă©norme claque đŸ”„ !

C’est la preuve par l’exemple qu’avec du travail et beaucoup de dĂ©termination, absolument tout est possible.

Voici l’histoire des Arctic Fools, ouvrez grand les oreilles, excellente Ă©coute Ă  vous les FrappĂ©s.

🔎 Les deux films produits par le trio et rachetĂ©s par Netflix sont ISÖKEN et DROP IT!.


🎙 Les Ă©pisodes de podcast auxquels nous avons fait rĂ©fĂ©rence sont :
👉 Épisode #100 - Mike Horn - Apprendre à sortir de sa zone de confort pour se sentir vivant
👉 Épisode #77 - Échange avec l'aventurier professionnel RĂ©mi Camus
👉 Épisode #42 - Des expĂ©ditions polaires pour faire changer les regards sur l'Ă©tat de notre planĂšte avec Vincent Colliard
👉 Épisode #10 - Caroline CĂŽtĂ© - CinĂ©aste d'aventure, rĂ©alisatrice, aventuriĂšre professionnelle

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Transcription

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InvitĂ© 2 C'est un vrai sentiment d'aventure. C'est la premiĂšre fois qu'on sort vraiment de notre zone de confort. Et c'est un frisson permanent. Donc on s'est dit « ouais, ici, on va passer, ça va ĂȘtre tranquille ». Mon cul, ouais. On est arrivĂ©, il y avait des rochers de tarĂ©s, avec des collines, des creux. Moi, ma poulque, elle ne faisait que se retourner.

Invité 1 T'es pas sur une plaine enneigée, t'es sur de la glace, recouverte de neige. PremiÚre sensation quand t'arrives là-bas, plaine de vide. T'es vraiment plaine de vide.

InvitĂ© 4 Bienvenue sur Les FrappĂ©s, le podcast sur le dĂ©passement de soi et l'aventure. Je suis LoĂŻc Blanchard, entrepreneur, coach et prĂ©parateur mental certifiĂ©. J'ai Ă©tĂ© pendant plusieurs annĂ©es sportif de haut niveau en judo, avant de quitter les tatamis pour me consacrer Ă  des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'Ă©vader sur des treks engagĂ©s. RĂ©cemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra-trail de 340 km autour du Mont Blanc, organisĂ© par l'UTMB. Depuis la crĂ©ation des FrappĂ©s en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire dĂ©couvrir des univers fascinants qui font rĂȘver. Avec mes invitĂ©s, on ira naviguer sur toutes les mers du monde. On participera Ă  des expĂ©ditions dans les rĂ©gions polaires ou en Himalaya. On dĂ©couvrira l'envers du dĂ©cor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spĂ©ciales. Le deuxiĂšme, c'est de vous aider Ă  croire en vos propres rĂȘves et Ă  passer Ă  l'action grĂące au partage de ces invitĂ©s exceptionnels. On sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une petite conversation peut dĂ©boucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines Ă  vivre sur terre, alors autant les vivre Ă  fond. Provoquer sa chance, se donner les moyens de rĂ©aliser ses rĂȘves les plus fous, tracer son propre chemin sans se soucier des conventions. VoilĂ  ce qu'ont dĂ©cidĂ© de faire Flavien Hilat, Vincent Lavrov et Thomas Jarret, mes invitĂ©s de la semaine. Ensemble, les trois niçois ont commencĂ© en 2019 Ă  imaginer et rĂ©aliser des projets d'aventure. Leur terrain de jeu Ă  ce jour, le Cercle Arctique. Le format qu'ils ont choisi, les expĂ©ditions Ă  ski en autonomie totale et sans assistance. Pour les deux derniĂšres expĂ©s, en SuĂšde et Oswaldbard, ils sont partis chaque fois plus de 30 jours avec des centaines de kilos de matĂ©riel, de nourriture et de fuel placĂ©s dans des poule cas, des grosses luches qu'ils ont tractĂ©es Ă  ski dans des tempĂ©ratures de moins 30, moins 40 degrĂ©s. Ces aventures hors normes, ils ont aprĂšs Ă  les retransmettre dans des films tellement quali d'ailleurs que Netflix en a achetĂ© deux. Et ces films, ils s'en servent aujourd'hui pour dĂ©marcher des sponsors et ainsi financer l'intĂ©gralitĂ© de leurs projets futurs. En bref, leur tĂ©moignage, c'est une Ă©norme claque. C'est la preuve par l'exemple qu'avec du travail, de la passion et beaucoup de dĂ©termination, absolument tout est possible. Voici l'histoire des Arctic Fools. Ouvrez grand les oreilles. Excellente Ă©coute Ă  vous les frappĂ©s. Et bien Ă©coutez, ce que je vous propose, c'est qu'on dĂ©marre. Donc Ă©pisode un peu spĂ©cial puisqu'il n'y a pas un invitĂ©, pas deux invitĂ©s, mais trois invitĂ©s. Super content de vous recevoir. Merci encore Flavien de m'avoir contactĂ© parce que je connaissais un petit peu Arctic Fools. Enfin, j'avais vu passer quelques trucs Ă  droite Ă  gauche. Mais voilĂ , lĂ  au moins, c'est concrĂ©tisĂ©. On fait un Ă©pisode et on va pouvoir faire dĂ©couvrir un maximum de personnes ce que vous faites. Comme vous ĂȘtes trois, ce que je vous propose, c'est peut-ĂȘtre dĂ©jĂ  un tour de table virtuel. Si vous pouvez vous prĂ©senter peut-ĂȘtre rapidement en une phrase pour que chacun ait en tĂȘte qui fait quoi.

Invité 1 Et bien ça marche. Merci Loïc pour ton invitation. C'est trÚs cool. Je vais commencer du coup les gars. Donc moi, c'est Vincent. Je me suis occupé principalement de tout ce qui est logistique et production des films documentaires qui sortent de nos expéditions. Moi, mon background, il est plus dans l'ingénierie mécanique et le commerce. Donc déjà deux univers qui n'avaient rien à voir. Puis aujourd'hui, je veux faire plus que de l'aventure et du film et de la photographie bien sûr. Voilà, je vais passer la parole à Thomas, Flavien.

InvitĂ© 3 Je prends le relais. Moi, c'est Flavien Hilat. J'ai 29 ans. Je me considĂšre comme aventurier polaire, rĂ©alisateur de documentaires aussi avec Thomas et Vincent. Donc voilĂ , moi, j'ai un diplĂŽme de base dans le cinĂ©ma. À la base, je suis ingĂ©nieur du son. Je me suis reconverti vers la rĂ©alisation et l'image, donc le cadrage. Et puis voilĂ , pour les grandes lignes, c'est ça. T'as oubliĂ© le tatouage ? Oui, je fais aussi le tatouage Ă  cĂŽtĂ©. En plus.

Invité 2 En plus. J'ai trop. Oui, multitùche. Moi, pareil. Moi, là-bas, j'étais en communication, communication événementielle. Et puis aprÚs, j'ai tout claqué pour commencer à faire de la photo. Et la photo m'a amené sur la vidéo. Donc aujourd'hui, avec Flav, réalisateur documentaire. Et le reste de l'année, vidéaste pour tout type de tournage sportif, luxe, tout. Et puis aprÚs, pareil, de facto, par nos expériences, nos trois expéditions, aujourd'hui, on a les compétences et le petit diplÎme suite à Svalbard pour la formation pour les ours, pour dire qu'en gros, on est aventurier polaire officiellement, avec tout ce vécu. Excellent.

InvitĂ© 4 Eh bien, merci Vincent, Flavien et Thomas. Arctic Fools, comment est-ce que c'est nĂ© ? DĂ©jĂ , quelle relation est-ce que vous avez tous les trois ? Vous ĂȘtes potes de longue date. Vous avez dĂ©cidĂ© de vous crĂ©er un espĂšce de dĂ©fi complĂštement fou autour des expĂ©ditions. Comment ça s'est montĂ©, tout ça ?

InvitĂ© 1 On s'est rencontrĂ©s il y a Ă  peu prĂšs 25 ans avec Flavien. Donc, ça fait trĂšs longtemps. En revanche, Thomas, c'est tout nouveau. Enfin, c'est tout nouveau. Maintenant, c'est un vieux frĂšre dĂ©jĂ . Mais on s'est rencontrĂ©s quatre mois avant notre premiĂšre expĂ©dition polaire. Donc, en fait, on s'est rencontrĂ©s fin 2018. Et dĂ©but 2019, on est partis traverser le plus grand dĂ©sert de glace d'Europe en SuĂšde. Seulement quatre mois aprĂšs s'ĂȘtre rencontrĂ©s. Donc, ça a Ă©tĂ© une dynamique Ă  mettre en place. Ça matchait tout de suite. Thomas, il avait l'amour de la vidĂ©o et de l'aventure qui Ă©tait en lui. Et Arctic Fools, c'est un peu plus tard. Au dĂ©but, ça s'appelle Jusqu'au bout de vos rĂȘves. Donc, c'est toujours une association qui existe. Jusqu'au bout de vos rĂȘves, c'est une pensĂ©e qui est venue de Flavien. Flavien qui s'est dit, mais on parle trop Ă  trop de gens qui ont des rĂȘves, qui finissent leur rĂ©cit de rĂȘve par « Je le ferai jamais parce que
 » Et du coup, on n'a pas laissĂ© ça arriver. Flavien, il s'est rĂ©veillĂ© un matin. Il nous a dit, venez les gars, on crĂ©e un truc qui s'appelle Jusqu'au bout de vos rĂȘves. Et tout est parti de lĂ . Arctic Fools, je vais laisser Thomas et Flav raconter parce que c'est marrant aussi. Ouais, vas-y Flav.

InvitĂ© 3 Arctic Fools, dĂ©jĂ , c'est le nom de la sĂ©rie qu'on a rĂ©alisĂ©e. Donc, c'est une sĂ©rie de deux saisons. Donc, la saison 1, ça retrace l'expĂ©dition en 2021 qu'on a faite en Laponie suĂ©doise. Donc, c'est 8 Ă©pisodes de 22 minutes qui n'est pas encore sorti, mais qui est terminĂ© en tout cas. Et la saison 2, ça retrace la derniĂšre expĂ©dition aux Valbard. On est partis 40 jours. LĂ -bas, on en reparlera un peu plus tard de ça, je pense. Et du coup, c'est une sĂ©rie qui regroupe deux saisons. Et Arctic Fools, ça veut dire en français les zinzins de l'Arctique. Pourquoi on a choisi ce nom ? Parce que ça nous reprĂ©sente entiĂšrement. Parce qu'on est des sudistes, on est un peu des aliens de l'expĂ©dition. On n'a pas grandi dans ce milieu-lĂ . Donc, on peut dire pourquoi eux, ils y vont ? Et du coup, c'est ça qu'on veut montrer. On veut montrer au plus grand nombre Ă  travers nos films, nos photos et tout ça, que c'est accessible au plus grand nombre et que ce n'est pas non plus ultra difficile avec une bonne prĂ©paration quand mĂȘme, une bonne logistique. Et donc voilĂ , les zinzins d'Arctique. Et c'est notre credo aussi, notre phrase qu'on dit Ă  chaque fois, c'est on fait les choses sĂ©rieusement sans se prendre au sĂ©rieux.

InvitĂ© 2 J'adore. Ouais, en fait, c'est d'aborder tout un petit peu avec de la lĂ©gĂšretĂ©. Parce que quel que soit le milieu un peu dans la vide, quand tu veux entreprendre quelque chose ou tu rĂȘves de quelque chose, tu vas trĂšs vite observer une formation un peu Ă©litiste ou inaccessible. Tu vois, pour nous, l'Arctique, ça paraissait totalement inaccessible. Se lancer dans la vidĂ©o, ça paraissait pas ĂȘtre le premier plan qu'on voulait faire. Mais de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, on a voulu casser cette idĂ©e de se dire, bah, c'est pas pour moi ou c'est un rĂȘve, ça restera qu'un rĂȘve. Et surtout casser cette idĂ©e de voilĂ , de ouais, c'est extrĂȘme, c'est viril. Enfin voilĂ , non, en fait, il y a beaucoup de choses dans la vie oĂč quand tu vas aller voir de toi-mĂȘme avec tes propres yeux et oĂč tu arrĂȘtes, tu arrĂȘtes un petit peu d'Ă©couter ce que un tel ou un tel te dit que tu vas voir toi, eh bah, tu t'aperçois qu'en fait, tu peux faire beaucoup de choses et que c'est pas aussi horrible que ce qu'on dĂ©crit, que c'est pas aussi infernal. Et puis, au final, nous, on est devenus complĂštement accro quoi. On est devenus accro Ă  ça. Excellent.

Invité 4 Donc là, si j'ai bien compris, trois expéditions, hein, votre actif, c'est ça ? Ouais. Donc en Arctique, et pourquoi du coup le milieu polaire, qu'est-ce qui vous attirait en particulier ? Oh, l'impression.

InvitĂ© 1 Je pense qu'Ă  la base, c'est parti d'une progression, on va dire. On a commencĂ© avec Flavien Ă  randonner, Ă  la journĂ©e, puis sur un week-end, un bivouac. Puis on s'est dit, on va faire ça pendant dix-huit jours. Donc on fait un trek pour la premiĂšre fois de notre vie. Et puis lĂ , on est l'Ă©tĂ©, l'hiver arrive, on est dĂ©jĂ  un peu mordu par la montagne. Donc on a commencĂ© Ă  avoir tout un tas de sommets qu'on voulait faire. On n'avait pas la patience d'attendre l'Ă©tĂ© d'aprĂšs. Donc on s'est lancĂ© dans une forme d'alpinisme hivernal pour continuer la saison. Puis arrivĂ© l'Ă©tĂ© d'aprĂšs, on s'est encore Ă©clatĂ© en montagne tout l'Ă©tĂ©. Et lĂ , l'hiver arrivait et on s'est dit, bon, on fait des treks l'Ă©tĂ©. « Viens, maintenant, on va dĂ©couvrir un peu plus le froid et la neige. » Et Ă  ce moment-lĂ , on rencontre Thomas. Thomas, de son cĂŽtĂ©, lui, il allait bivouaquer dans la neige. Il emmenait des potes Ă  lui ou des inconnus, des fois. Ils partent dans la neige et ils allaient passer le week-end comme ça. Et avec Flav, on commençait Ă  faire la mĂȘme chose. Et quand on s'est rencontrĂ©s, on a dit « Mais toi aussi, t'es un couillon qui dort dans la neige ? » Et du coup, on se dit « Viens, on va faire les couillons dans la neige, mais pendant 18 jours dans un endroit oĂč il fait vraiment froid. » Il sort de voir. Donc en fait, il n'y a pas eu cette idĂ©e de « Je veux absolument aller dans l'Arctique, je veux absolument voir les aures borĂ©ales. » Tout ça, c'est des bonus, c'est des choses que bien sĂ»r, dont on rĂȘvait. Mais c'est parti finalement d'une progression naturelle. On n'a pas forcĂ© les choses.

InvitĂ© 2 C'est vrai que ça a Ă©tĂ© une suite plutĂŽt logique. Ça a Ă©tĂ© vachement fluide. Et en fait, il y a ce cĂŽtĂ© oĂč chacun de notre cĂŽtĂ©, on avait dĂ©jĂ  tout un passif sur les bivouacs neige. Et en fait, mĂȘme la montagne, de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, s'est pris une premiĂšre tempĂȘte, montĂ© la tente en plein vent, des trucs comme ça. On s'est dit « Mais du coup, avec ce package, est-ce qu'on ne peut pas aller un peu plus loin ? » Et c'est lĂ  oĂč justement, Flavien, il a trouvĂ© ce dĂ©sert. Et c'est devenu une obsession pour lui, je crois. Il nous a vendu le projet comme ça. On s'est dit « Bon, c'est un peu une idĂ©e de merde, mais vas-y, ça part de lĂ , tu vois. »

InvitĂ© 3 Bon, Flavien, c'Ă©tait quoi cette idĂ©e-lĂ  ? Écoute, je cherchais un truc Ă  faire. Donc, tout le monde, je vais sur Google Earth. J'aurai un petit peu les endroits. Donc, au dĂ©but, je repĂšre de mĂ©moire, c'Ă©tait
 Ouais, je ne sais plus, c'Ă©tait en France, c'Ă©tait le Vercors, un truc comme ça. Mais ce n'Ă©tait pas assez loin, ce n'Ă©tait pas assez, on va dire, unique, tu vois. Ça a Ă©tĂ© fait beaucoup de fois. On voulait faire un truc qui n'a pas Ă©tĂ© vraiment fait. Et du coup, je monte la carte dans le nord, dans le nord. Et lĂ , je vois la SuĂšde, le plus gros parc
 Le plus gros dĂ©sert de glace d'Europe. Donc, dĂ©jĂ , ça s'interpelle. Tu fais « Ah ouais, le plus gros dĂ©sert de glace d'Europe, ça a l'air cool. » Du coup, on a zoomĂ© dans l'image. On a vu des montagnes vierges vraiment de fou. Et on s'est dit « Putain, c'est lĂ  qu'il faut qu'on aille vraiment. » Et en plus, le niveau logistique, ce n'est pas trĂšs compliquĂ©. Il fallait prendre un train de nuit et un bus. Et un avion aussi. Mais en soi, ce n'Ă©tait pas Ă  l'autre bout du monde non plus. C'Ă©tait en Europe. Donc, assez petit budget pour le dĂ©but et assez simple au niveau logistique. Donc, tout Ă©tait cochĂ©. Il n'y avait plus qu'Ă  partir et Ă  se prĂ©parer.

InvitĂ© 2 On est un peu partis comme des clodos, en toute honnĂȘtetĂ©.

InvitĂ© 3 On est partis lĂ . C'est vrai. Quand tu pars en expĂ©dition polaire, normalement, tu as un harnais pour tirer le traĂźneau. LĂ , on n'avait pas assez de thunes pour acheter un harnais. Ça coĂ»te assez cher. Du coup, on avait pris des blauderies d'escalde qu'on avait foutues Ă  l'envers. Et qu'on avait rembrouĂ© avec des mousses pour ne pas trop se niquer le bassin. Mais ça ne servait pas Ă  grand-chose. Et au final, au bout de quatre jours, on avait les bassins tout rouges, vraiment de plein de marques. Thomas, pour la premiĂšre fois, il a choisi ses skis de rando lĂ -bas. Ça ne s'est pas vraiment. Il n'en avait jamais fait avant. On est partis Ă  l'arrache. Mais ça nous a permis de faire des erreurs et d'apprendre beaucoup aussi sur tout ça. C'est la chose Ă  ne pas faire.

InvitĂ© 4 Et ça, en SuĂšde, c'Ă©tait oĂč ? C'Ă©tait le parc du Sarek ou dans ce coin-lĂ  ?

Invité 1 On est dans le coin du parc du Sarek, effectivement.

Invité 4 Ok. Donc, sur les traces du Kingsleden ou pas du tout ?

Invité 1 Non. On est un peu à cÎté de la Kingsleden. La Kingsleden, elle a contourné les massifs de montagnes. Nous, on passe en plein milieu. On veut absolument aller au milieu des montagnes.

Invité 2 Trop bien.

Invité 1 Et d'ailleurs, petite anecdote.

InvitĂ© 2 Justement, quand on voyait les montagnes sur Google Maps, on dit « Ouais, trop bien. On va passer par-ci, par-lĂ  et tout. Trop bien. Les grandes vallĂ©es. » Sauf qu'en fait, nous, quand on y Ă©tait, on commençait Ă  marcher. On se dit « Ok, la montagne, elle est devant. On va Ă  celle-lĂ . AprĂšs, on tourne Ă  droite dans la vallĂ©e. » AprĂšs 8 heures de marche, la montagne, elle n'a pas bougĂ©, en fait. Et lĂ , on s'est dit « Mais c'est quoi ce bordel ? » En fait, les distances sont tellement Ă©normes dans des paysages oĂč tu n'as aucun repĂšre visuel. C'est-Ă -dire que tu n'as pas d'arbre. Tu sais, quand tu vois un arbre, c'est une Ă©chelle. Quand tu vois une maison, c'est une Ă©chelle. Sauf que lĂ , en fait, tu as des paysages qui sont en noir et blanc et tu n'as vraiment rien. Donc, en fait, tu marches, tu marches. Tu te dis « Mais c'est un truc de fou. Tu passes la journĂ©e entiĂšre Ă  marcher. Ça n'a pas bougĂ©. » On s'est dit « En fait, non. Pour tourner Ă  droite dans la vallĂ©e, en fait, c'est trois jours. »

InvitĂ© 4 C'est vrai que j'ai souvenir. J'avais fait la partie noire du Kingsleyden. Et j'ai souvenir, c'est vrai, de grandes Ă©tendues. Moi, c'Ă©tait en Ă©tĂ©. Donc, visuellement, dĂ©jĂ , ce n'est pas pareil. Tu vois, tu as des taches vertes Ă  pas mal d'endroits. Il y a de l'eau qui coule. Il y a de l'eau partout. Mais j'imagine bien qu'en hiver, ça doit ĂȘtre un peu dĂ©boussolant.

InvitĂ© 1 Tu n'as pas beaucoup de repĂšres. Mais Ă  dĂ©faut d'avoir des repĂšres, il n'y a pas de moustiques. Ça, c'est cool. Oui, ça, c'est cool.

InvitĂ© 4 Clairement. OK, donc premiĂšre expĂ©, j'ai l'impression, qui s'organise, mais qui se dĂ©roule un petit peu avec les moyens du bord. D'un point de vue, donc 18 jours, c'est ça, au total. D'un point de vue logistique, vous Ă©tiez organisĂ© comment ? Chacun avait sa poulka, sa petite pluge Ă  tracter. OĂč il y en avait une pour trois. C'Ă©tait quoi ?

InvitĂ© 1 On avait chacun une poulka qui faisait environ 60 Ă  70 kilos au dĂ©part. Il y avait dĂ©jĂ  un peu de matĂ©riel vidĂ©o, parce qu'il y avait dĂ©jĂ  cette volontĂ©, en fait, Ă  ce moment-lĂ , de faire un film. On avait, en fait, les deux gars, Flav et Thomas, qui venaient de terminer Drop It, un film sur le base et l'Europe. Et Ă  ce moment-lĂ , on avait envie de filmer une aventure qu'on faisait nous. Et donc, il y avait dĂ©jĂ  cette volontĂ© de partir avec le matĂ©riel, de faire de la photographie. Thomas Ă©tait dĂ©jĂ  un photographe Ă  ce moment-lĂ . Et en fait, ce qui s'est passĂ© pour vraiment la logistique, c'est qu'on a discutĂ© ensemble. On s'est dit, moi, j'ai 3 000 sur mon compte. Moi, j'ai 1 500. Et moi, j'ai 1 500. Viens, on met tout au milieu. Et on fait ce qu'on peut au maximum. On est revenu de ces 18 jours. On n'avait plus rien. On ne savait vraiment pas comment payer notre loyer ou acheter Ă  manger. Au final, on a rĂ©glĂ© cette question en 15 jours. Donc, ça a confirmĂ© la dĂ©marche, on va dire. On s'est dit, bon, ce n'est pas grave si on met tout. On met un all-in sur quelque chose qui ne rapporte rien, parce que derriĂšre, on est des brouillards. On va retrouver des solutions pour vivre aprĂšs. Et ça a Ă©tĂ© un dĂ©clic. 18 jours, c'Ă©tait aussi une durĂ©e qui nous paraissait raisonnable, parce qu'on sait qu'en 18 jours, il peut se passer des choses. Et on peut avoir de la casse sans que ce soit fatal. On est dans une zone oĂč c'est encore acceptable. Quand tu fais plus de 18 jours, tu as trĂšs vite fait d'aller dans des zones beaucoup plus reculĂ©es, oĂč ça devient un peu plus chaud. Donc, tout Ă©tait calculĂ©, on va dire, calculĂ© avec de gros guillemets, de maniĂšre Ă  ne pas trop se mettre en danger, Ă  rĂ©duire les coĂ»ts au maximum, parce que le matĂ©riel coĂ»te extrĂȘmement cher. Et comme c'est une premiĂšre expĂ©dition, il a fallu trouver tout le matĂ©riel. Par exemple, les skis. Moi, j'ai fait l'intĂ©gralitĂ© avec des skis alpins, sur lesquels j'ai montĂ© des fixes de rando, que j'ai trouvĂ©s Ă  moins de 80%. Le truc, ça ne marchait pas. Ce n'Ă©tait pas efficace. Il n'y avait rien de performant dans cette expĂ©dition.

Invité 3 J'ai vu que tu as fait ça, j'ai pas dit.

InvitĂ© 1 J'ai toujours mes skis alpins avec les fixes de rando dessus, que je n'ai jamais rĂ©utilisĂ© derriĂšre, parce qu'on a eu la chance d'ĂȘtre soutenus par la suite par de grandes marques qui ont pu nous Ă©quiper. Mais lĂ , la premiĂšre fois, on avait quatre mini-sponsors, qu'on a mis en avant vraiment, parce qu'on Ă©tait trĂšs heureux d'ĂȘtre aidĂ©s. Mais trĂšs honnĂȘtement, on s'est aidĂ©s nous-mĂȘmes. On s'est vraiment aidĂ©s tout seuls.

InvitĂ© 4 Et sur les 18 jours, c'Ă©tait la premiĂšre fois, mĂȘme si vous aviez dĂ©jĂ  fait des bivouacs. Quand vous parliez des bivouacs le week-end, dans la neige, c'Ă©tait autour de Nice, ça ? Oui, dans la hauteur.

InvitĂ© 3 Il y a comme des stations de ski lĂ -haut, et l'hiver, il y a quand mĂȘme pas mal de neige. Si tu roules 1h30, 1h45 de Nice, tu arrives dans les montagnes. Il y a un gros terrain de jeu, d'ailleurs. La Vesubi, etc.

InvitĂ© 2 Tu as le sommet Ă  2000-2005. Et quand tu es dans cette fenĂȘtre-lĂ , il n'y a plus d'arbres dĂ©jĂ . Donc, tu n'as pas de feu. Tu peux dĂ©jĂ  t'entraĂźner Ă  faire un igloo, ĂȘtre sur une crĂȘte qui peut ĂȘtre en plein vent. Mine de rien, on arrive Ă  trouver des conditions qui sont quand mĂȘme vachement bien pour s'entraĂźner dans les Alpes du Sud. Ok.

InvitĂ© 4 Ok, ok. Donc, ça, c'Ă©tait l'expĂ©rience que vous aviez, Alpes du Sud. Mais quand vous arrivez lĂ  en SuĂšde, sur cette premiĂšre expĂ©rience avec les moyens de support, est-ce qu'Ă  un moment donnĂ©, enfin, comment ça s'est passĂ© individuellement ? C'est-Ă -dire, est-ce qu'Ă  un moment donnĂ©, vous vous ĂȘtes dit, qu'est-ce qu'on fout lĂ  ? Ça va ĂȘtre mĂ©ga tendu, on n'a pas le matos qu'il faut. La prĂ©paration, on a fait ce qu'on a pu, mais en fait, la rĂ©alitĂ© est peut-ĂȘtre un peu diffĂ©rente. Est-ce qu'il y a eu ce genre de moment un peu, what the fuck, on arrĂȘte oĂč ?

InvitĂ© 1 L'intĂ©gralitĂ© des questions que tu viens de proposer nous ont traversĂ© la tĂȘte dĂšs les trois premiers jours. Oui, mais la totalitĂ©. On a eu les premiĂšres casses de matĂ©riel dans les premiĂšres heures, on a eu les premiĂšres frayeurs dans les premiers jours. Enfin, on ne spoil pas tout le film, puisqu'il y a le film qui raconte l'histoire, mais grosso modo, au dĂ©but, on a failli abandonner. Il y avait tout qui Ă©tait rĂ©uni pour se dire, bon lĂ , on a peut-ĂȘtre visĂ© trop haut. Il y a une montĂ©e, il y a beaucoup de collines, il y a beaucoup d'arbres au dĂ©but, parce qu'on ne part pas d'une plaine glacĂ©e. En fait, il a fallu la rejoindre, cette plaine glacĂ©e. Et lĂ , ça, c'Ă©tait extrĂȘmement dur. Mentalement, les poucas sont trĂšs lourdes. C'est la premiĂšre fois qu'on a des moins 30 degrĂ©s de notre vie. On dĂ©couvre qu'il y a des matĂ©riaux qui cassent naturellement, ils passent en transition vitreuse et ça devient un morceau de verre. Donc, tu tires dessus, ça Ă©clate. Vraiment, on a eu beaucoup de surprises.

Invité 2 Flav, justement, dans le film, tu disais, qu'est-ce qu'on se fout là ?

InvitĂ© 3 En fait, les trois premiers jours, comme dit Vincent, pour un peu expliquer, on va spoiler un petit peu quand mĂȘme. En gros, le bus, il nous dĂ©pose et il faut rejoindre le plateau qui est un peu plus haut, enfin, beaucoup plus haut. Et du coup, forcĂ©ment, tu as une montĂ©e avec des arbres, avec de la neige profonde, avec des piades, plein de petites collines Ă  gravir. Quand tu as un traĂźneau qui pĂšse 60 kg ou 80 kg au dĂ©but, c'est trĂšs compliquĂ© de progresser lĂ -dedans. Je crois qu'on avait mis 8 heures pour faire 2 km, un truc comme ça. Ah oui. Franchement, dĂšs le dĂ©but, pour une toute premiĂšre, on s'est dit, mais... Enfin, moi, le soir, je me rappelle, j'ai dit, mais franchement, qu'est-ce qu'on fout lĂ  ? À galĂ©rer lĂ , on s'est mal renseignĂ©, ce n'est pas possible, ce n'est pas le bon chemin. Du coup, on se posait 36 000 questions. Et aprĂšs, bon, lĂ , je ne vais pas spoiler, mais du coup, on arrive Ă  sortir de lĂ -dedans. Et une fois qu'on est lĂ -haut, ce n'est pas du bonheur. Mais c'est vrai qu'au tout dĂ©but, en plus, les trois premiers jours, les corps ne sont pas du tout habituĂ©s. En gĂ©nĂ©ral, il te faut 3 jours pour t'acclimater Ă  minimum, puis 15 jours pour ĂȘtre Ă  100 % acclimatĂ©, Ă  peu prĂšs. Mais dĂšs le dĂ©but, c'Ă©tait violent. C'Ă©tait mĂȘme dĂ©courageant au dĂ©but.

InvitĂ© 2 C'est marrant parce que c'est vrai que c'Ă©tait dĂ©courageant et tout, mais moi, je me souviens que j'avais ce mindset oĂč je me disais, mais en fait, aujourd'hui, on regarde cette expĂ©dition, cette premiĂšre, comme Ă©tant mignonne aujourd'hui. Parce qu'on a grandi, on a fait des trucs Ă©nervĂ©s, mais c'est 18 jours Ă  l'Ă©poque. En 2019, lĂ , c'est l'aventure de notre vie, mec. Moi, je me souviens, je venais un an plus tĂŽt, j'ai eu un drame vraiment hard dans ma vie, tu vois. Et je me suis dit, un truc comme ça, il faut le vivre Ă  1000 %. Et lĂ , je me souviens, on est partis, lĂ , juste Ă  3. Et pas Ă©quipĂ©s ou peu, tu vois, sans guide. Et ouais, on s'est pris des raclĂ©es dans la gueule. Mais putain, moi, je me souviens, j'avais ce frisson de... une tornade d'Ă©motions, tu vois. DĂ©jĂ , t'es en Arctique, tu fais putain de merde, c'est incroyable. Tu prends le froid qui te brĂ»le la gueule, tu vois. Ça te pique les joues, ça te pique les doigts. Et du coup, c'est des sensations vachement nouvelles. Tu te dis, c'est incroyable. Il y a ça, puis... Puis ouais, on n'est que 3. En fait, c'est un vrai sentiment d'aventure, tu vois. C'est la premiĂšre fois. C'est la premiĂšre fois qu'on sort vraiment de notre zone de confort. Et c'est un frisson permanent, tu vois. Donc, Ă©videmment, tu vois, trĂšs vite, on se confronte Ă  de l'adversitĂ©. On se dit, putain, on est des branleurs. On arrive lĂ -dedans, la carte, elle Ă©tait... Enfin, il y avait trĂšs peu de data, tu vois. Donc, on s'est dit, ouais, ici, on va passer, ça va ĂȘtre tranquille. Mon cul, ouais. On est arrivĂ©, il y avait des rochers de tarĂ© avec des collines, des creux. Moi, ma poule-caf faisait que se retourner. Je te jure, c'Ă©tait le rage quitte, quoi. Donc, franchement, on s'est pris une fessĂ©e au dĂ©but. Et puis, en fait, c'est lĂ  que trĂšs vite est arrivĂ© l'esprit d'Ă©quipe, tu vois. TrĂšs vite, on s'est dit, bah, allez, on tente. Et je me tiens... Bah, non, je ne vais pas spoiler, mais il y avait une petite astuce. On a rĂ©ussi Ă  trouver une solution sur comment s'orienter sur l'Otta, quoi. Et puis aprĂšs, voilĂ , aprĂšs, il y a eu la rĂ©compense. On a rĂ©ussi Ă  atteindre cet objectif des grandes plaines. Et lĂ , on s'est dit, hĂ©, lĂ , les gars, c'est parti, quoi. LĂ , c'est putain. LĂ , ça te prend au trip. Tu dis, putain, tu es dans les grandes vallĂ©es, c'est immense, il fait un froid de ouf, et il n'y a que toi. C'est en fait, c'est cette sensation d'ĂȘtre Ă  poil. Tu vois, on est trois, mais on est seul. On est coupĂ© de tout, on n'a pas de communication. Le seul truc qu'on a, c'est une petite balise de merde, et c'est tout. Et c'est un sentiment de libertĂ©. C'est une belle premiĂšre fois.

InvitĂ© 4 Du coup, Ă  trois, dans l'adversitĂ©, lĂ , sur les premiers jours, ça se passe comment, la relation ? Parce que c'Ă©tait assez frais, quand mĂȘme.

InvitĂ© 1 On s'Ă©coute beaucoup. Je pense qu'Ă  ce moment-lĂ , on se laisse beaucoup de temps de parole, d'Ă©coute. Et je pense qu'on a ça en nous, tous les trois. S'il y en a un de nous trois seulement, qui a de l'Ă©nergie positive Ă  partager, on va la prendre, s'en remplir au maximum, et essayer de... LĂ , Ă  ce moment-lĂ , par exemple, au dĂ©but, c'est Thomas qui avait la rage d'y arriver. Je pense qu'il a insufflĂ© en Flavien et moi un sentiment de... OK, c'est all-in. On y va. On tente. Et dans le pire des cas, on sait que si on se loupe, on n'aura pas le temps de traverser le dĂ©sert. Donc, ce sera un meilleur tour. Et on a pris ce risque-lĂ  sur l'impulsion, vraiment, de cette good vibe qu'en fait, il suffit juste que l'un de nous trois soit positif. Ça fonctionne. Parce qu'on se laisse du temps d'Ă©coute et du temps de parole, du temps de conversation, je pense.

InvitĂ© 4 Ça, vous l'aviez dĂ©fini en amont ou c'est quelque chose qui, naturellement, s'est mis en place avec vos personnalitĂ©s ?

InvitĂ© 3 C'est naturellement, ça. Avec ça, on se connaĂźt depuis trĂšs longtemps. Donc, on sait un petit peu comment gĂ©rer. On a fait un trip de 18 jours. Du coup, on se connaissait quand mĂȘme dans nos retranchements, dans les passages un peu difficiles. On sait comment on rĂ©agit. Avec Thomas, c'est diffĂ©rent. On ne se connaissait pas depuis trĂšs longtemps. Donc, c'Ă©tait un peu l'inconnu. Mais finalement, ça s'est fait vraiment naturellement. Et puis, ça s'est trĂšs bien passĂ©. Et puis, voilĂ .

Invité 4 C'était nickel. Le sentiment, l'arrivée du coup de ces 18 jours, votre premiÚre XP Arctic Fools officielle, on va dire, ça a été quoi ?

Invité 3 Envie de repartir.

Invité 4 C'est vrai ? Direct ? Est-ce que vous étiez dans les derniers jours déjà en train d'imaginer la prochaine XP ? Tu étais encore dans ton XP, mais tu étais déjà en train de te dire, là, c'était tellement lourd, il faut repartir, je pourrais aller là-bas, faire ci, faire ça.

InvitĂ© 1 Alors, en quelque sorte, oui, totalement. Mais peut-ĂȘtre pas en rĂȘvant d'autres endroits. LĂ , pour le coup, en fait, on faisait le bilan des conneries qu'on avait fait. de toutes les erreurs techniques, les problĂšmes de choix, les problĂšmes de matĂ©riel de maniĂšre globale ou de rythme, en fait, parce qu'il y a des pratiques qui sont bonnes et il y a des pratiques qui sont moins bonnes et il y en a d'autres qui sont carrĂ©ment dangereuses. Et on a eu un peu toutes ces erreurs. Et donc, il y a eu un bilan, en fait, trĂšs rapide Ă  la fin sur les derniers jours qui dit, bon, ça, il faut qu'on trouve une solution, ça, il faut qu'on trouve une solution. On s'est mis Ă  faire une liste Ă©norme. Et je pense que cette liste, elle Ă©tait lĂ  justement parce qu'on savait qu'on allait repartir. Donc, on savait qu'on allait repartir Ă  ce moment-lĂ  et on a beaucoup appris. On a l'habitude de dire si on souffre pendant une expĂ©dition, s'il y a plein de choses qui se passent mal, en fait, c'est de l'apprentissage. On apprend. Et quand tout se passe bien, on n'apprend rien. Et c'est ce qui s'est passĂ© Ă  la deuxiĂšme expĂ©dition, du coup. On n'a rien appris. Rien du tout. C'est vrai ? Tout s'est trop bien passĂ©. On n'a rien appris du tout.

InvitĂ© 4 Bon, alors attends, on va enchaĂźner sur la deuxiĂšme, mais peut-ĂȘtre sur cette premiĂšre de maniĂšre individuelle, peut-ĂȘtre en commençant par Flavien, ça a Ă©tĂ© quoi, tu dirais, l'apprentissage, toi, perso, que tu en as retirĂ© ?

InvitĂ© 3 Moi, c'Ă©tait la dĂ©couverte de mes capacitĂ©s et savoir un petit peu qu'est-ce que je peux endurer, qu'est-ce que je peux gĂ©rer. Donc, le froid, moi, je ne me connaissais pas par les tempĂ©ratures aussi extrĂȘmes. Je ne savais pas comment j'allais gĂ©rer ça, mĂȘme si j'avais fait des bivouacs dans les Alpes, ce n'Ă©tait pas non plus pareil. Donc, ça, ça s'est trĂšs bien passĂ© finalement. À la base, je suis un frileux, moi. Ah oui ? Ici, je suis Ă  Nice, donc je suis frileux de base. Mais bon, avec un bon Ă©quipement et un peu d'expĂ©rience, finalement, on apprend Ă  supporter ça, on l'accepte. Et donc, du coup, la rĂ©silience au froid, la rĂ©silience Ă  l'effort aussi, parce que tirer un traĂźneau sur des centaines de kilomĂštres, qui fait 80 kilos, pareil, je n'ai jamais fait, du coup, je ne savais pas comment j'allais gĂ©rer ça. Et du coup, c'est un peu, c'est une sortie de zone de confort, tu vois. Donc, c'est un apprentissage, vraiment, moi, c'Ă©tait vraiment personnel, parce que j'ai rĂ©ussi Ă  avoir plus de confiance en moi, en ce que je fais, en ce que je suis capable de faire, tu vois. c'est une prise de conscience lĂ -dessus et un apprentissage grave sur ma capacitĂ© Ă  tout ça. Donc, ça a cette motive Ă  poursuivre.

Invité 4 Top. Voilà. Et toi, Thomas, par rapport à ce que tu expliquais, cette rage de vivre le truc à 100% du fait de l'expérience que tu avais vécu un peu de temps avant, tu es arrivé à la fin, dans quel état d'esprit ? Bah, que la vie est belle

InvitĂ© 2 et pleine de surprises. Et que, et que, il y a, en fait, ce qui compte, c'est une phrase que j'aime beaucoup, mais ce qui compte dans la vie, ce n'est pas ce qui t'arrive, c'est ce que tu en fais. Donc, soit tu laisses ces choses te bouffer et tu te fais du mal et tu te mets dans un cercle ou finalement, tu te fais encore plus de mal et tu ne s'en sors pas ou alors, tu essaies de le cristalliser, sur quelque chose de bon, de meilleur et dire que, de toute façon, tu as un temps de vie, tu vas crever. Donc, qu'est-ce que tu fais de ce temps-lĂ  ? En fait, je me suis dit, en fait, il n'y a pas le temps d'ĂȘtre triste. Oui, il faut, il faut, par moments justement, dĂ©charger, mais il ne faut pas se laisser engloutir par ça. Et puis aprĂšs, ça a Ă©tĂ©, je pense, moi, mon grand enseignement de cette premiĂšre expĂ©dition, c'est surtout, je suis capable de faire tout ce que je veux. Tout ce que je veux entreprendre, tout ce dans quoi j'ai envie de mettre de l'Ă©nergie. Moi, Ă  l'Ă©cole, on m'a fait comprendre que j'Ă©tais un teubĂ©. Tu vois, on me fait comprendre que j'Ă©tais dĂ©bile. Et du coup, en fait, ça te marque ça, tu vois. MĂȘme Ă  cette premiĂšre expĂ©dition, tu vois, il y a ce truc oĂč dĂ©jĂ , je doute un petit peu de moi. Mon entourage me fait encore plus douter. Je me fais presque rabaisser, tu vois. Et en fait, je me suis dit, mais en fait, il faut arrĂȘter d'Ă©couter la peur des gens, il faut arrĂȘter d'Ă©couter la jalousie des gens, il faut s'Ă©couter soi, ses tripes. Qu'est-ce que tu as envie de faire ? J'ai envie de faire ça. Ok, il y a une liste de problĂšmes de fous Ă  rĂ©gler, mais si tu regardes autour de toi, il y a des gars, ils y arrivent. Alors, il faut se dire, mais ce mec-lĂ , ce n'est pas Superman. C'est un gars comme toi, il chie, il a des peurs, tu vois. Et il faut se dire, si lui y arrive, moi, je vais y arriver. Si un gars, il monte sa boĂźte en vidĂ©o, moi, je peux y arriver. Si lui part en article, moi, je peux y arriver. Et c'est toujours ce truc de dĂ©construire des murs, en fait. DĂ©construire des murs, et je pense que ça a Ă©tĂ© vraiment le truc oĂč je me suis dit, je vais m'Ă©couter, moi, et je vais arrĂȘter d'Ă©couter des gens qui ne sont pas forcĂ©ment lĂ©gitimes. Mais c'est lĂ  oĂč il faut quand mĂȘme mettre une nuance, oĂč bien sĂ»r, il y a de la bienveillance, tu vois, quand on essaie de te retenir ou autre, mais il faut avoir un bon radar lĂ -dessus entre les personnes qui vont vraiment essayer de te freiner et les personnes ou la peur des autres et puis ceux qui sont bienveillants et qui vont te pousser vers l'eau, quoi. VoilĂ . Mais voilĂ , je pense que c'est l'enseignement. OK.

Invité 4 Vincent, pour toi, ça a été aussi une espÚce de méga boost de confiance en soi, du fait que tu as des... Totalement. Oui.

InvitĂ© 1 Totalement, notamment des avis de l'addiction. J'ai consommĂ© de la drogue pendant quelques annĂ©es dans le dĂ©but de ma majoritĂ© et j'ai eu des grosses difficultĂ©s Ă  m'en dĂ©faire et lĂ -bas, c'est un sevrage gĂ©nĂ©ral, en fait. Il n'y a pas que tes consommations lĂ -bas, c'est un sevrage de la sociĂ©tĂ©. Tu quittes totalement un contexte et tu te retrouves seul avec toi et tes potes. Donc ça, c'est la chance de cette aventure, de la partager avec ces deux gars. mais mĂȘme si on est trois, comme le dit Thomas trĂšs bien aussi, on est trĂšs seul et le sevrage, il est vraiment total. Il n'y a plus aucun repĂšre sociĂ©tal qui survit lĂ -bas. Et je pense que c'est ça. J'ai appris Ă  me rencontrer moi avant de... avant tout autre chose.

InvitĂ© 4 Ça donne envie de partir. Je reviens d'une expĂ© en NorvĂšge, alors qui Ă©tait beaucoup moins dĂ©connectĂ©e, je pense, que ce que vous avez vĂ©cu, mais on Ă©tait sur un bateau viking qui s'appelle Les Batards. Ils font un bateau, ils construisent un drakkar viking Ă  Toulouse pour aller Ă  New York en 2025. C'est un gros dĂ©lire. Ce mec, c'est des gĂ©nies. C'est un gros dĂ©lire. C'est des bons frappĂ©s. Oui, oui, oui. Et donc lĂ , ils ont organisĂ© une expĂ©, je vous l'ai fait trĂšs courte, mais ils ont organisĂ© une expĂ© avec un bateau qu'ils ont dĂ©jĂ  construit qui s'appelle Le Fir qui fait 12 mĂštres. Et donc, c'est une expĂ©. Ils sont partis des Lofoten jusqu'Ă  Bergen. Et donc moi, je les ai rejoints sur la derniĂšre semaine. Et en fait, moi, j'ai vĂ©cu exactement ce que tu dĂ©cris, Vincent, ce sentiment de dĂ©connexion alors qu'on Ă©tait quand mĂȘme trĂšs connectĂ©s dans les faits. On avait des tĂ©lĂ©phones, il y avait du rĂ©seau partout en NorvĂšge. On a dormi dans des ports rĂ©guliĂšrement. Donc, on Ă©tait connectĂ©s, mais mĂȘme si tu es entourĂ© finalement de plein de rappels que la sociĂ©tĂ© est lĂ , en fait, tu laisses tes problĂšmes de cĂŽtĂ©. Tu n'as plus le truc du quotidien, la routine, les sollicitations, etc. parce que les gens savent que tu es loin. Et ça fait tellement du bien. moi, c'Ă©tait que 7 jours. Donc, je pense que 18, ça doit ĂȘtre, comme tu dis, le sevrage, il doit faire tellement plaisir.

Invité 1 18, c'est extraordinaire. 40, ça fait mal quand tu reprends la société dans la gueule à la fin. C'est douloureux.

InvitĂ© 4 Ça fait la transition du coup. 40, c'Ă©tait la deuxiĂšme ?

Invité 1 Oui, deuxiÚme, 35, 36, la deuxiÚme et 40, la troisiÚme.

InvitĂ© 4 Ok, j'avais une question sur justement le retour post-XP, mais on va plutĂŽt en parler sur les deux suivantes. Celle qui s'est super bien passĂ©e au final oĂč il n'y a pas eu d'apprentissage, c'Ă©tait oĂč ? C'Ă©tait quoi ?

InvitĂ© 1 On est de nouveau en Laponie. Pour la petite histoire, en fait, on doit aller au Svalbard Ă  ce moment-lĂ . On est en pleine crise sanitaire et on a tellement poussĂ© pour aller au Svalbard quand on a fini par essayer de passer par les ambassades et tout. Le gouverneur du Svalbard, il n'a pas du tout aimĂ© et il nous a fait une petite lettre oĂč il y avait nos trois noms et prĂ©noms dessus qui nous a dit ne sont pas les bienvenus au Svalbard. 12 jours avant le dĂ©part, plan B. On a organisĂ© une expĂ©dition en 12 jours. Au dĂ©but, on a cru qu'on allait l'appeler la Lucky ExpĂ©dition ou l'ExpĂ©dition de la Chance parce que tout s'est passĂ© de maniĂšre incroyable. Premier fait, on arrive Ă  l'aĂ©roport, on a 19 bagages supplĂ©mentaires et le TPE pour facturer les bagages supplĂ©mentaires ne marche pas. Donc, on nous a fait cadeau de 850 euros de bagages supplĂ©mentaires. Mais non ! Jour 1, 850 euros cadeau de bagages supplĂ©mentaires. tout le long de l'expĂ©dition, ça a Ă©tĂ© ça.

InvitĂ© 3 On a fait une liste de choses comme ça. Je n'ai plus la liste mais il y a plein de trucs, mĂȘme des petits trucs et tu te dis putain, ça plus ça plus ça Ă  la fin, c'est clair que c'Ă©tait une aventure avec de la chance. Tout du dĂ©but Ă  la fin.

InvitĂ© 1 Pour juste rĂ©pondre Ă  la question, on est parti oĂč ?

Invité 3 Ah, c'est parti. La Pony sur la 2, encore une fois, c'était le Sarek encore comme la premiÚre fois. Sauf que cette fois, on fait 33 jours, je crois. Donc, on a plus de temps et du coup, on se dit on fait le Sarek mais on fait aussi le Pajalanta qui est un parc qui est collé au Sarek et on fait une grosse boucle de 300 kilomÚtres à peu prÚs. Donc, voilà, ce n'est pas énorme non plus mais le but, ce n'est pas de faire un record de distance et le but, c'est de rester le plus longtemps possible et de profiter à fond du ski de rando, de la descente, des sommets, des choses comme ça, de profiter un petit peu. Donc, c'était une expédition un peu vacances finalement parce que tout s'est bien passé. Il a fait beau tout le temps. Enfin, non, il n'a pas fait beau tout le temps mais ce n'était pas trÚs difficile niveau condition. tout était bien.

InvitĂ© 2 Je me souviens quand mĂȘme qu'au tout dĂ©but, on a rappelĂ© sur les 18 premiers jours, on a quand mĂȘme pris 16 jours de tempĂȘte. C'est vrai. 16 jours de mauvaise temps. Flavien,

InvitĂ© 4 mĂ©moire sĂ©lective lĂ . Non, mais c'est vrai que mĂȘme nous,

InvitĂ© 2 en fait, mĂȘme nous, aujourd'hui, on l'imprime comme Ă©tant quelque chose oĂč tout s'est bien passĂ©, ça a Ă©tĂ© facile. Mais c'est vrai qu'on avait dĂ©jĂ  une expĂ©dition dans les pattes. LĂ , c'est vrai qu'on a pris quand mĂȘme 16 jours de tempĂȘte au dĂ©but. Ça aurait Ă©tĂ©

InvitĂ© 1 la premiĂšre expĂ©dition. Je pense que ça aurait Ă©tĂ© trĂšs compliquĂ©. Et niveau dĂ©nivelĂ© aussi, on s'est mis beaucoup de dĂ©nivelĂ©. Je ne connais plus les chiffres donc je ne veux pas dire de bĂȘtises. Mais avec des Poulkas, c'Ă©tait beaucoup beaucoup de dĂ©nivelĂ©.

Invité 2 C'était 3008 ou 4000, je crois. Un truc comme ça.

Invité 3 Il faut préciser que les Poulkas, la premiÚre, elle faisait 80 kg. Là, on est passé à 130 kg chacun. Donc, ce n'est pas pareil. Le matos a évolué. Cette fois-ci, on a des harnais. On n'a plus des baudriers d'escalade. La derniÚre, on a une tanque beaucoup plus grande donc plus de confort. On a des Poulkas avec des vrais sacs Poulkas. On n'a plus des sacs de feux décathlon.

Invité 1 Ils sont trÚs bien ceci dit, les sacs de feux. C'est juste qu'on en mettait plein donc des fois on en perdait un.

Invité 3 Oui, c'est déjà arrivé. Donc, on a fait un petit level up sur le matos. Tout était réuni donc on était trÚs bien. Mais alors, attendez.

Invité 4 Pardon Flavien, excusez-moi, vas-y.

InvitĂ© 3 Non, je disais juste qu'on a eu beaucoup de tempĂȘtes dĂšs le dĂ©but mais ce n'Ă©tait pas non plus des tempĂȘtes atroces. Donc, c'est tellement ça.

InvitĂ© 4 Ma question, ça allait ĂȘtre cĂŽtĂ© logistique. 30 jours, cette fois-ci, vous aviez tout sur vous lĂ  aussi, cĂŽtĂ© bouffe, etc. Ah oui, vous avez 30 jours de bouffe sur vous.

InvitĂ© 1 on est toujours parti en totale autonomie avec zĂ©ro ravitaillement jusqu'Ă  prĂ©sent. Et finalement, la nourriture, c'est un bon tiers du poids de notre poulka. Et le reste, il y a une bonne partie, c'est de l'essence aussi pour faire tourner le rĂ©chaud. Et dĂ©jĂ , j'en profite, je viens de mentionner le mot rĂ©chaud. Le rĂ©chaud, c'est l'accessoire le plus indispensable quand tu es au milieu de la neige, qu'il n'y a pas d'arbre, qu'il n'y a rien. Il n'y a que ça pour t'alimenter en eau. Et premiĂšre expĂ©dition, on part avec un seul rĂ©chaud. Et il est tombĂ© en panne le 18Ăšme jour. Impossible de le redĂ©marrer. Donc du coup, il a tenu 18 jours. Donc deuxiĂšme expĂ©, on sait qu'on part deux fois plus longtemps. On a pris trois rĂ©chauds cette fois. Et on voulait ĂȘtre sĂ»r que ça ne lĂąche pas. Et la quantitĂ© d'essence, pareil, elle doit ĂȘtre proportionnelle. En fait, finalement, c'est le seul impact carbone qu'on a lĂ -bas une fois sur place. C'est l'essence du rĂ©chaud.

InvitĂ© 2 C'est vrai que du coup, le cĂŽtĂ© bouffe, c'est vrai qu'on se donne ce cĂŽtĂ©... TrĂšs souvent, on l'entend en autonomie et tout ça, des expĂ©ditions, mais souvent, ce n'est pas totalement en autonomie parce qu'il y a un ravito qui est mis quelque part. C'est-Ă -dire qu'il y a quelqu'un, tu payes quelqu'un qui prend une motoneige, qui va amener ta caisse Ă  tel endroit et il faut revenir Ă  cet endroit-lĂ . C'est dĂ©jĂ  tout balisĂ©. Mais nous, justement, on est dans cette optique d'exploration et de libertĂ© totale et de vraie autonomie. C'est-Ă -dire qu'on a vraiment tout sur nous et si on veut changer de route, on change de route. On peut faire tout ce qu'on veut. C'est ce qui s'est passĂ© Ă  Arctic Fools. Il y a un moment, la saison 1, la deuxiĂšme expĂ©dition pour mettre dans le contexte, il y a un moment oĂč justement, on avait la possibilitĂ© de faire un dĂ©tour pour croiser des Samis. Les Samis, c'est les locaux. En fait, on avait la libertĂ© de le faire. On n'Ă©tait pas Ă  se dire « Ah merde, on n'a que trois jours de bouffe et il faut qu'on aille chercher la truc. » Donc ça, c'est trop bien. C'est gĂ©nial.

Invité 3 De partir en autonomie, c'est une forme de liberté. Donc c'est super important pour nous. Et puis, au début, on est lourd puis aprÚs, pour se rassurer, on se dit « Ouais, mais plus on avance dans le temps, plus ça va se... se... s'alléger. » Donc c'est aussi rassurant là-dessus. Vous savez que en plus, nous, quand on parle de la bouffe, on prend beaucoup de petits plaisirs, c'est important. On prend des M&M's, on prend du génépi, on prend du chocolat, du grouillard rùpé, du saucisson. Bref, beaucoup de choses non essentielles entre guillemets quand tu pars en expé, si tu veux faire de la performance. Mais nous, la performance, on n'en a rien à foutre, clairement. Enfin, en tout cas, pour l'instant, pour ces expéditions-là, on s'en fout complet. Du coup, nous, ce qu'on veut, c'est partir en expédition, profiter, passer du montant entre potes et manger de saucisson le soir. C'est trÚs bien.

InvitĂ© 4 GĂ©nial. OK, donc lĂ , 30 jours, donc gros morceau. J'ai la carte lĂ  de la SuĂšde sous les yeux. Donc, le parc du Padgelanta, en fait, vous ĂȘtes allĂ© jusqu'Ă  la frontiĂšre de la NorvĂšge quasiment.

InvitĂ© 1 Oui, on Ă©tait peut-ĂȘtre 10 bornes de la NorvĂšge, peut-ĂȘtre mĂȘme moins par moment. OK. Donc, on a remontĂ© par la NorvĂšge et on est redescendu en traversant le Sarek.

Invité 4 OK, d'accord. Donc, bien en haut, dans le cercle arctique, toujours. Et ça, c'était à quelle saison, d'ailleurs ?

Invité 1 Là, on est au mois de mars et avril. On a fini en avril, on a commencé en mars.

Invité 3 Non, la deuxiÚme, Vincent, c'était avril-mai. La deuxiÚme. On a fini en mai ?

Invité 1 On a fini en mai, t'es sûr ? Non.

Invité 3 On est partis le 1er avril, non ?

Invité 2 Alors, c'était en 2020, c'est Asvalbard. Ah oui, je crois que c'est Asvalbard.

InvitĂ© 4 On s'y perd, trop d'expĂ©, trop d'expĂ©. OK, donc, une pĂ©riode oĂč il faisait encore bien froid. DĂ©ception, du coup, qu'il n'y ait pas eu de galĂšre pendant l'expĂ©, pas d'apprentissage par rapport, par exemple, Ă  la premiĂšre ?

InvitĂ© 1 Pas du tout déçu. Au contraire, tout est parti de lĂ , ça nous a donnĂ© l'espace dans nos tĂȘtes d'imaginer toute forme de connerie qu'on puisse faire lĂ -bas. Ils ont fait de la luge avec les Poulkas, on a construit des trucs un peu stupides dans la neige, on a fait de la wing. D'ailleurs, on Ă©tait Ă  ce moment-lĂ  les premiers au monde Ă  utiliser une wing pour faire de l'expĂ© polaire. Les wings, tu vois ce que c'est ? Ce n'est pas les kites, c'est des petites ailes. C'est un peu le bĂ©bĂ© entre une planche Ă  voile et un kitesurf. Nous, du coup, on dĂ©tourne ça pour l'utiliser dans l'Arctique.

Invité 4 Les wings, c'est les ailes que tu tiens direct à la main sans filin ? Exactement. D'accord, ok. Et ça marche avec une Poulka ? Avec le poids qu'il y a ?

InvitĂ© 1 Ça marche en plus. Ça ne marche pas vraiment. Sans le traĂźneau,

InvitĂ© 2 ça bombarde. Ah ouais, sur les lacs gelĂ©s, ça bombarde. Avec du 20-90, lĂ . Parce que du coup, je ne sais plus, c'est toi, Flav ou Vincent, je ne sais plus, qui ont contactĂ© la marque et la marque, ils ont dit, mais les gars, vous ĂȘtes au courant que c'est pour les feuilles, c'est pour aller dans l'eau ? Et on a dit, bah ouais, mais si ça glisse sur l'eau, thĂ©oriquement, ça glisse avec des skis. On a dit, bah ok, il vous en faut combien ? Trois ? Ok, c'est parti. Énorme. C'est pour tes premiers idiots Ă  faire ça. Parce qu'aujourd'hui, c'est difficile de faire une premiĂšre, tu vois. Tout a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© fait. Ouais, c'est vrai,

Invité 4 c'est vrai. Comment vous les approchez d'ailleurs, les marques ? Alors, la premiÚre XP, 4 sponsors, j'imagine que vous n'aviez pas encore grand-chose à montrer, mais au fur et à mesure que vous engrangez l'expérience, comment est-ce que vous arrivez à vendre ça, entre guillemets, et qu'est-ce qui intéresse les marques dans Arctic Fools ?

Invité 1 Au début, ça a été lent et compliqué, comme tu le dis, on manquait de contenu. Nous, Flavien et moi, du coup, on avait déjà Objectif Mercantour, en fait, il y a un film sur le Mercantour qu'on a tourné en 2015, du coup, quand on a fait...

Invité 3 2017.

InvitĂ© 1 2017, quand on a fait Le Mercantour et qui est sur YouTube et c'Ă©tait notre seule vitrine. AprĂšs, par contre, on a fait Isocun qui racontait la premiĂšre expĂ©dition et il se trouve que nos deux films, donc Isocun et Drop It ont Ă©tĂ© achetĂ©s par Netflix et lĂ , il y a eu un avant et un aprĂšs. Du coup, nos premiĂšres demandes de sponsoring, c'Ă©tait un peu compliquĂ©. On envoyait des dossiers extrĂȘmement complets, notre premier dossier, il a fait 54 pages. On allait chiffrer notre impact carbone, par exemple, jusqu'Ă  l'impact du rĂ©chaud. Pour ça, je vous en parlais aussi tout Ă  l'heure. On est vraiment allĂ© trĂšs, trĂšs loin dans le dossier et il y avait deux types de personnes. Il y a celui que tu sais qu'il n'a pas lu les 54 pages et en mĂȘme temps, c'est compliquĂ© d'attendre ça de quelqu'un qui reçoit 10 dossiers par jour. Et tu as celui qui l'a lu. Celui qui l'a lu, dĂ©jĂ , c'est un mail de retour garantie et franchement, c'est quasiment que des oui parce qu'ils n'ont jamais vu ça. Et Ă  l'inverse, du coup, on s'est tirĂ© une balle dans le pied parce que tous ceux qui avaient la flemme de lire le dossier, finalement, ils ont vu un Ă©norme brouhaha d'informations et ça n'a pas marchĂ©. On a essayĂ© de simplifier ça aprĂšs. On a un pote qui utilise des fiches, juste une fiche. C'est une feuille, un PDF horizontal. Il y a tout dessus, en rĂ©sumĂ©. Et on joignait le dossier avec au cas oĂč. Et puis aprĂšs, il y a eu Netflix. Du coup, dĂšs que Netflix a achetĂ© nos films, tu approches une marque, tu leur dis, voilĂ , nos films sont sur Netflix. Et ce qui a changĂ©, ce n'est pas la quantitĂ© de oui, c'est la quantitĂ© de rĂ©ponses. Chaque fois qu'on envoie un mail, il y a une rĂ©ponse. Et ça, c'Ă©tait nouveau. Et une rĂ©ponse, ce n'est pas un non. MĂȘme s'il y a non dans la rĂ©ponse, une rĂ©ponse, ce n'est pas un non.

Loïc Une réponse,

InvitĂ© 1 c'est une rĂ©ponse. Et du coup, c'est mort pour l'annĂ©e d'aprĂšs. On a mĂȘme eu la chance de pouvoir faire des choix. ou le cas de sponsors qui rentraient en concurrence qui, du coup, ne matchaient pas. Donc lĂ , on Ă©tait trĂšs bien et trĂšs contents. Et comme on leur offrait beaucoup de contreparties, et ça, c'est trĂšs important. Quand tu as quelqu'un qui te soutient, il faut vraiment le chouchouter. Nous-mĂȘmes, on ne l'a pas toujours fait au dĂ©but et on a appris avec le temps vraiment que c'est quelque chose sur lequel il faut mettre une forme de prioritĂ©. C'est important quand tu as quelqu'un qui te soutient de le remercier de la maniĂšre la plus complĂšte possible. On en faisait beaucoup plus, en fait, que ce qu'ils attendaient de nous. Et du coup, je pense que le mot est passĂ©, que ça a circulĂ©, que ça nous a aidĂ© aprĂšs pour la suite. Et puis aprĂšs, on passe lĂ  maintenant sur des projets qui sont sur des chiffres beaucoup plus gros. Et du coup, on cherche d'autres types de sponsors aujourd'hui. Donc, on repart dans l'inconnu, on repart un peu Ă  zĂ©ro. LĂ , on essaye de chercher des sponsors qui n'ont rien Ă  faire que nos produits sur Netflix, sans fiche, mais qui voudraient du coup participer Ă  ce genre de projet. Donc, c'est toujours une aventure. On a envoyĂ© peut-ĂȘtre 4000 mails en 5 ans. On a dĂ» recevoir peut-ĂȘtre 500 rĂ©ponses. Et en tout, on a dĂ» avoir peut-ĂȘtre 50 oui. VoilĂ , c'est pour donner les rapports d'Ă©chelle. On a fait un calcul, clairement, entre 4000 mails et les demandes de sponsoring et un SMIC et je mets 200 euros de cĂŽtĂ© par mois. tu gagnes plus avec tes 200 euros de cĂŽtĂ© par mois. Donc, il faut vraiment se motiver. Il faut se lever tĂŽt et il faut envoyer tout le temps, tout le temps, tout le temps, tout le temps. Jamais laisser un mail sans rĂ©ponse. C'est de l'acharnement.

Invité 4 Tu mentionnes un super point, Vincent, sur la partie financement. On m'a posé la question d'ailleurs récemment, enfin, on m'a suggéré de creuser un peu plus la partie finance, en fait, thunes, avec les gens qui font comme vous des expés, du sport, etc. Donc, je vous pose la question. Une expé, alors ça évolue, parce que je pense que c'est assez clair que le format, on va dire que vous montez en gamme au fil des expés, mais par exemple, celle de 30 jours, donc la deuxiÚme, c'était quoi comme budget ? La troisiÚme, c'était quoi le delta ? Et là, maintenant, vous vous préparez à quoi en fait ?

InvitĂ© 1 Pour partir sur la premiĂšre qu'on a fait vraiment avec le minimum, parce que je pense que c'est une base minimale hors matĂ©riel vidĂ©o, parce que ce n'est pas de l'indispensable, mais je pense qu'on est autour des 6 000 euros, donc environ 2 000 par tĂȘte. Une fois que tu as rajoutĂ© le matĂ©riel vidĂ©o, on Ă©tait presque aux 10 000. La deuxiĂšme qui Ă©tait plus sĂ©rieuse et qui Ă©tait Ă©quipĂ©e pour le coup, donc on n'a pas fait, on n'a pas choisi du matĂ©riel cheap en fait, on n'a pas optimisĂ© les coĂ»ts pour le matĂ©riel, on a appris ce que les sponsors nous proposaient, et souvent, ils nous proposent le top du top, et du coup, on tourne quand mĂȘme aux alentours des 35 000, 40 000, logistique inclus, et la derniĂšre expĂ©dition au Svalbard, oui, pour 3, mais c'est vrai qu'il faut le prĂ©ciser, et matĂ©riel vidĂ©o inclus aussi, qu'on fait financer au mieux par les sponsors ou par les subventions. La troisiĂšme expĂ©dition, elle a coĂ»tĂ© 68 000 euros, et on n'a rien sorti de notre poche pour le coup. LĂ , vraiment, on a rĂ©ussi Ă  faire financer 68 000 euros d'Ă©quipement, de matĂ©riel, de logistique, donc ça, c'est une trĂšs grande fiertĂ© aujourd'hui, je pense, pour nous, de se dire, on est parti 40 jours faire un truc incroyable dans l'Arctique, tourner une saison complĂšte d'une sĂ©rie qu'on adore, pour laquelle on a Ă©normĂ©ment d'espoir, tout ça, 100% financĂ©.

Invité 2 Ah,

Invité 1 c'est ouf ! C'est dingue,

Invité 2 ça ! Le travail paye, et du coup, le prochain projet, le gros fat, on est plus sur des montants à 6 chiffres, donc ça monte en gamme.

Invité 4 Ok, énormissime. Ouais, c'est clair, j'imagine, sentiment de fierté, de ouf, là, non, d'avoir réussi. Parce que la premiÚre XP, donc c'était 2019, c'est ça ? Ouais, ouais. Et là, la troisiÚme, donc c'était quoi ? 2022. 2022, c'est ouf, c'est incroyable. Bravo les gars !

Invité 3 Ouais, c'est vrai qu'on a, c'est vrai qu'on a fait le recul, maintenant, on se dit qu'on a commencé la montagne avec Vincent en 2017, et c'était quoi ? C'était il y a 5-6 ans, donc en 5-6 ans, on a fait beaucoup, on a fait 3 XP, on a fait beaucoup, beaucoup de choses, on a fait des financements, on a fait, franchement, quand on prend le recul, on peut, franchement, moi je suis fier de ce qu'on a fait, et je pense que ça montre aussi un peu la passion qu'il y a derriÚre tout ça, de continuer à faire des expéditions, des films, et à trouver de l'argent. C'est bon, c'est pas facile ça aussi. C'est vrai que t'as bien raison, par exemple,

Invité 1 t'as bien raison Loïc, de le dire, c'est une question importante, et je pense effectivement que c'est bien d'en parler, je pense que c'est un sujet qui est trop tabou entre aventurier français, mais c'est pas le cas à l'international, c'est trÚs français, l'argent tabou.

InvitĂ© 4 Ah ouais, bah ça ouais, je pense, c'est culturel, mais en tout cas, franchement bravo, et puis, pour moi ça fait Ă©cho Ă  ce que Thomas disait, c'est que finalement, c'est l'illustration par l'exemple que tout est possible, que si on s'en donne les moyens, en trois ans, on peut se faire financer une XP Ă  quasiment 100 000 euros, bon Ă©videmment, c'est beaucoup de travail, etc., et puis voilĂ , partir 30, 40 jours, on va en parler, mais j'imagine que le retour, c'est pas des vacances quoi, ça se prĂ©pare, ça se rĂ©alise, et puis il faut digĂ©rer la suite, mais c'est possible, et vous l'avez fait sans ĂȘtre nĂ© Ă  Chamonix, sans avoir Ă©tĂ© Ă  l'Ă©cole des guides Ă  12 ans, et je trouve ça, je trouve ça mĂ©ga, mĂ©ga inspirant.

InvitĂ© 2 Mais dans tout ce travail qu'on fait aujourd'hui, tu vois, il y a quelques fois oĂč il y a un petit mot qui nous a un petit peu hĂ©ritĂ©, tu vois, on se dit, ah putain, c'est trop bien ce que vous faites, vous avez de la chance, non mon gars, c'est pas de la chance, mon gars, c'est pas de la chance, la chance ça se provoque, ça se travaille, c'est de la sueur, c'est du doute, c'est des Ă©checs de ouf, c'est se faire bouler, et puis c'est des fois oĂč ça win, parce que tu lĂąches rien.

InvitĂ© 3 Ouais, mais je pense, c'est un peu la mĂȘme chose pour toi Louis, quand t'as créé ta boĂźte, au dĂ©but, quand ça fonctionnait bien, les gens devaient te dire, ouais putain, t'as de la chance que ça fonctionnait tout, bah non mec, c'est pas de la chance, c'est du boulot, t'as acharnĂ© Ă  faire un truc qui fonctionne, donc c'est pas de la chance, et c'est ce qu'on rĂ©pĂšte aussi aux gens qui nous disent, ouais, vous avez de la chance de partir, bah non, c'est pas de la chance.

InvitĂ© 1 La chance qu'on a, c'est d'avoir grandi dans des milieux Ă©quilibrĂ©s qui nous ont laissĂ© le temps et l'espace dans la tĂȘte, tu vois, de penser Ă  ce genre d'aventure, de se visualiser, faire ça, c'est sĂ»r que ta seule prĂ©occupation c'est comment je vais manger demain, t'as pas le temps de penser Ă  ça, et lĂ  on a de la chance, lĂ -dessus, d'avoir, peut-ĂȘtre d'ĂȘtre français, peut-ĂȘtre d'avoir, d'avoir eu une stabilitĂ© Ă  un moment donnĂ©, pour prendre le temps de penser Ă  ce qu'on avait envie de faire nous, au-delĂ  de ça, le reste s'est provoquĂ©.

Invité 3 Ouais, aprÚs le, aprÚs, la chance, entre guillemets qu'on avait, par contre, c'était juste que, voilà, nous, on était, on est travailleur indépendant, du coup, on peut se permettre de partir plusieurs semaines comme ça, c'est que quand... Encore,

Invité 1 c'est un choix. C'est un choix, on peut te salarié pour un CDI. Moi, j'avais un CDI avant de partir, j'ai juste quitté mon CDI.

Invité 2 Avec, ouais, c'est vrai, quand je dis ça. Rappelle-toi, premiÚre expé, mec, on a tous les trois quitté notre temps plein, on était tous les trois au chÎmage, mec. Ouais.

Invité 3 Non, mais je parlais pour la derniÚre, là, au Zulalbarn.

InvitĂ© 4 Ouais, mais mĂȘme, tu vois, parce que ça veut dire qu'il faut que tu t'organises, ton activitĂ©, tu la mets entre parenthĂšses, mais financiĂšrement...

Invité 3 Quand tu reviens d'expédition, c'est sûr qu'il faut mettre tout en route, tu vois, c'est une logistique aussi, c'est une expédition, le retour aussi.

InvitĂ© 2 C'est une violence, mĂȘme, c'est une violence de ouf. Eh bien,

Invité 4 parlons-en, retour de la deuxiÚme XP, comment vous l'avez vécu ? Donc, l'XP se passe trÚs bien, si j'ai bien compris, plein de choses se mettent en place de maniÚre presque intervention divine, mais le retour de 30 jours coupés du monde dans vos bulles, ça donne quoi ?

InvitĂ© 3 En plus, il me semble que c'Ă©tait la fin du troisiĂšme confinement, je crois, en plus. Quand on est parti, c'est confinĂ© encore, il me semble. Donc, lĂ -dessus, c'est un coup de chance, pour le coup. Mais le retour, du coup, on n'est pas partis au Zulalbarn Ă  cause du Covid, et quand on est rentrĂ©, on s'est cachĂ©, je me dis, ok, la prochaine XP, on part au Zulalbarn, il n'y a rien qui nous empĂȘche de partir cette fois-ci, il n'y a pas de frontiĂšre fermĂ©e ou quoi. Du coup, on s'est direct refocus sur dĂ©jĂ  le film, la sĂ©rie, mais aussi sur la logistique de la troisiĂšme expĂ©dition. Du coup, moi, je sais que j'ai eu moins de... j'ai un moins mauvais souvenir du retour de celle-lĂ  que la troisiĂšme oĂč c'Ă©tait plus compliquĂ©. mais voilĂ , donc franchement, on rentre Ă  la maison, on est content, on revoit nos femmes, on revoit les proches, on est content, on redĂ©couvre les photos et vidĂ©os, mais c'est vrai que, putain, ça manque de... ça manque. Tu te rends compte de tout, t'es arrivĂ© chez toi, t'as du chaud, t'as du chauffage, t'as ton frigo, t'as du confort, t'as ton lit, et c'est Ă  ce moment-lĂ  que tu te rends vraiment compte de la chance que t'as au quotidien. Et c'est super intĂ©ressant et pour celle-lĂ , en tout cas, pour la deuxiĂšme expĂ©dition, j'ai pas eu trop de mal Ă  me remettre.

Invité 4 Ok.

Invité 3 Pour vous,

InvitĂ© 2 Thomas et Vincent ? Ça m'avait un peu affectĂ©, moi, quand mĂȘme. Je ne sais pas si vous vous rappelez, les gars, deuxiĂšme expĂ©dition, il est restĂ© quoi ? C'Ă©tait le deuxiĂšme kilomĂštre ou quoi ? Et carrĂ©ment, des jacouilles, des bĂȘtes sauvages, je te jure, on a senti l'odeur du goudron Ă  deux kilomĂštres. On dit, je hume du bĂ©ton, messire, tu vois. En gros, c'Ă©tait ça. Et aprĂšs, c'Ă©tait la violence du rĂ©seau. En fait, mĂȘme de loin, je pense qu'il restait genre dix bornes, comme ça, et au loin, on voyait un trait noir sur une colline. Et on me disait, putain, c'est un signe de civilisation, c'est quoi ? C'est une antenne 4G. Et on a marchĂ© un peu, et lĂ , t'allumes le tĂ©lĂ©phone, et lĂ , tous les messages et tout, c'est carnage, tu vois.

Invité 1 On les a éteints trÚs vite.

InvitĂ© 2 Ouais, on les a Ă©teints tout de suite, et on se dit, non, on n'est pas prĂȘts. On s'est protĂ©gĂ©s,

Invité 3 on a fond douceur.

InvitĂ© 1 C'Ă©tait, moi, j'ai toujours la crainte, en fait, du premier retour vers la sociĂ©tĂ©. LĂ , on a fait une sortie en douceur, on est arrivĂ© dans un tout petit village qui s'appelle Gvikjok. On a commencĂ© Ă  envisager de dormir dans un abribus. Finalement, on a dormi dans un petit logement qui Ă©tait disponible Ă  cĂŽtĂ©, qui Ă©tait tout simple, tout basique. Le lendemain, on dort Ă  Diokmok, qui est une capitale sami, du coup, en SuĂšde. LĂ , on a dormi dans la rue en mode SDF, donc il y a eu un petit retour progressif. Mais la premiĂšre fois qu'on arrive en France et qu'on reprend nos marques, qu'on remet les pieds dans un supermarchĂ©, qu'on entend notre premiĂšre annonce publicitaire, c'est hardcore. En fait, on se rend compte qu'on est tellement soumis, par exemple, au marketing, qu'on y est quasiment insensible. Mais quand on part lĂ -bas, on se dĂ©sensibilise, on va dire, de ce matraquage publicitaire. qu'on subit au quotidien. Et la moindre annonce marketing, la moindre publicitĂ©, que ce soit mĂȘme dans les couleurs, le son, la structure, les mots, ça nous agresse et ça nous saute au visage, vraiment. On s'en rend compte immĂ©diatement. Moi, en tout cas, ça me heurte beaucoup. Je m'enferme. Paradoxalement, c'est fou, mais je m'enferme quand je rentre parce que l'extĂ©rieur me fait peur alors que je viens de passer plusieurs jours dehors et que je devrais ĂȘtre accro Ă  l'extĂ©rieur. Et au bout de quelques jours, je sens que pour ma santĂ© mentale, il faut absolument que je sorte, que je reprenne un rythme normal. Et les gens ne me laissent pas le choix de toute façon. LĂ , tout le monde te saute dessus. Tout ce que tu as laissĂ© de cĂŽtĂ© pendant un mois, ça te revient. Et tu es obligĂ© de traiter tout ça, de traiter les 4000 mails que tu as laissĂ©s arriver sans que tu sois lĂ , de traiter tous les messages qu'on t'a laissĂ©s. Avant de partir, on change bien nos messageries, on fait des messages automatiques et tout pour que les gens n'insistent pas trop. Mais ça pĂšse quand mĂȘme. Ça pĂšse beaucoup mĂȘme. Moi, je sais que j'en souffre beaucoup. À chaque retour, je reviens et je sais que j'ai une Ă  trois semaines. La derniĂšre expĂ©dition, j'ai mis trois semaines, vraiment. Et ce n'est pas tant le fait d'ĂȘtre de nouveau assaillis par les demandes extĂ©rieures. Vraiment, le truc qui me heurte le plus, c'est le marketing. C'est le truc, vraiment la publicitĂ©, c'est trĂšs agressif et on ne s'en rend plus du tout compte. Alors, je vais juste prolonger ce que disait Flavien sur l'eau chaude. Ce n'est mĂȘme pas une histoire d'eau chaude, c'est de l'eau liquide. L'eau liquide, c'est extraordinaire. On ne s'en rend pas compte. On a de l'eau liquide au robinet. On tire de la chasse d'eau avec de l'eau liquide potable. Mais vraiment, on a un niveau de confort et de vie dans notre quotidien qui est dĂ©mentiel. Et ça, tu n'as pas besoin de partir trois semaines pour t'en rendre compte. Tu pars une semaine, tu n'as pas d'eau liquide pendant une semaine, tu reviens, de l'eau liquide, double robinet, je peux mettre un verre en dessous. C'est vraiment fou. C'est fou. Donc, Ă  la fois, on apprĂ©cie Ă©normĂ©ment tous les conforts. Alors lĂ , je t'assure que la premiĂšre fois que je repose mon cul sur mon canapĂ©, je fais wow ! Tu es assis mais comme nulle part ailleurs. LĂ -bas, tu es toujours en tailleur dans le froid. Tu n'es jamais bien. Donc ça, il y a les points positifs. Tu remets Netflix, tu fais c'est incroyable. Tout ce divertissement Ă  portĂ©e de tĂ©lĂ©commande. Il y a des plus. Et il y a aussi tout ce qui est douloureux. Tout ce qui est douloureux, c'est ce dont je parlais, le marketing et toute ta vie que tu as laissĂ©e en pause pendant ce temps-lĂ . J'imagine que quelqu'un qui part pendant six mois, un an, si tu n'as pas quelqu'un sur place pour gĂ©rer tout ça, tu ne peux pas rattraper un an de notifications. Tu vois ? Ce n'est pas possible. Tu es obligĂ© d'avoir une gestion progressive et permanente de tout ça et du coup, d'avoir quelqu'un Ă  terre, entre guillemets, comme pour les marins. D'avoir quelqu'un de solide Ă  terre pour gĂ©rer sa tour.

Invité 4 C'est vrai que ce retour post-expect pour avoir rencontré beaucoup de gens qui font de l'aventure plus ou moins longue, etc., on en parle rarement. En tout cas, j'ai l'impression qu'il est rarement préparé, rarement anticipé. Le seul qui m'a... C'est Rémi Camus qui m'avait dit que lui, dans toutes les expéditions qu'il fait, il y a un avant, un pendant et un aprÚs. Que la phase de gestion, en fait, elle est méga importante et c'était un peu la premiÚre fois que j'entendais ce discours de dire que je mets autant d'énergie post-expect que ce que j'en mets dans la phase de préparation parce qu'il y a plein de choses. Il y a des enseignements à tirer, il y a des partages à faire, etc. Mais au-delà de Rémi, c'est vrai que j'ai l'impression qu'on entend assez peu.

Invité 3 C'est Alban Michon dans son dernier bouquin qui en parle trÚs bien. C'est super intéressant parce que j'étais content qu'il en parle parce que c'est rare comme tu dis d'en parler. C'est vrai que Rémi Camus, j'ai vu sur son LinkedIn, il avait mis un post qui parlait vraiment un peu de la dépression du retour, tu vois, comme il disait. Et je lui avais répondu « Ah putain, mais du coup, je ne suis pas tout seul. » Et du coup, Alban Michon, dans son livre, il explique, alors je n'ai plus vraiment les termes précis, mais en gros, il explique que quand tu es en expédition, en tout cas dans l'expédition polaire, dans le blanc, sans relief, sans rien, c'est prouvé que tu perds de la matiÚre grise. Et du coup, tu deviens un peu plus con. Parce que tout simplement, ton cerveau, il n'est plus habitué à avoir des objets, des arbres, tout ce qu'on voit au quotidien. Et quand tu reviens à la réalité, à la civilisation, là, tu as tellement de couleurs, tellement d'odeurs, tous tes sens sont en éveil. Et là, du coup, ton cerveau, il ne comprend plus rien. et tu as une phase de réadaptation. Et donc, ce qu'il disait, c'est super intéressant. Je vous conseille de le lire. Ok, écoute,

Invité 4 je vais la regarder, je ne l'ai pas lu. Alban Michon, ok.

InvitĂ© 1 Je me souviens de l'annĂ©e oĂč on Ă©tait, on avait Isoken qui Ă©tait au What a Trip Festival Ă  Montpellier, un festival du film. Et Mathieu Torder, il Ă©tait parrain de cette Ă©dition ou jury, il Ă©tait jury. Il est arrivĂ© lĂ -bas, il y avait des milliers de personnes et il s'est fait assaillir tout de suite alors que la veille, il Ă©tait au Groenland.

Invité 2 Ouais, incroyable.

InvitĂ© 1 Il revenait d'expĂ©dition et lĂ , j'ai Ă©tĂ© impressionnĂ©. J'ai dit, ok, il a travaillĂ© ça. Il y a un moment oĂč il a dĂ» le pousser ou l'anticiper, peut-ĂȘtre se dire, je continue, ce n'est pas fini. Et c'est vrai que je pense que l'erreur qu'on a fait plusieurs fois, c'est de lĂącher la pression une fois qu'on arrive Ă  l'aĂ©roport alors qu'en fait, non. Comme il dit trĂšs bien RĂ©mi Camus, comme tu nous le partages, il y a un aprĂšs et il est lĂ , il existe et il faut apprendre Ă  le gĂ©rer.

InvitĂ© 3 Je pense qu'il faut aussi en tirer des leçons. Tu vois, moi, pour la derniĂšre expĂ©dition, je savais qu'il y avait ce retour difficile, surtout pour cette expĂ©dition qui Ă©tait encore plus difficile et le retour Ă©tait encore plus dur. Moi, j'en ai profitĂ©, j'anticipais, je me suis dit, ok, pendant un mois, je vais me couper de tout au retour, je vais prendre le temps et je vais m'en profiter pour Ă©crire un bouquin. Et du coup, j'ai pris les notes que j'ai Ă©crites lĂ -bas et j'en ai fait un bouquin pendant un mois, j'ai fait ça tous les matins. Je me mettais la musique qu'on Ă©coutait lĂ -bas pour me rester dans le mĂȘme mood et franchement, du coup, c'Ă©tait dur le retour mais j'en ai profitĂ© pour faire quelque chose de constructif. AprĂšs, je sais que Vincent, Thomas, il le gĂšre diffĂ©remment mais je sais que chacun, on a un peu de mal avec ça. AprĂšs, la premiĂšre semaine du retour, tu es content, tu as l'euphorie du retour des proches, tout le monde qui te pose des questions comment c'Ă©tait, la question de merde, la question dure. Tu n'as mĂȘme pas les mots pour expliquer comment c'est. AprĂšs, passer ce temps d'euphorie, tu es lĂ , tu es tout seul chez toi. Qu'est-ce que je vais faire ?

InvitĂ© 2 C'est marrant parce que cette question-lĂ , j'aimerais beaucoup avoir la rĂ©ponse pour nous, je pense que vous ĂȘtes d'accord, les deux explorateurs du moment, c'est Mathieu Torder, et Vincent Coyard. Ces deux-lĂ , ils sont vraiment chauds et Coyard, sa nana Caroline qui a fait le Guinness World Record de la vitesse au sud, incroyable, incroyable. Je serais trĂšs curieux de savoir comment eux, ils gĂšrent justement cette question du retour.

Invité 4 parce qu'il faut que tu écoutes leurs deux épisodes sur les frappés. Ils y sont là.

Invité 3 Voilà. C'est beau ça.

Invité 4 Blague à part, du coup, ça fait un... Je le précise puisque vous parlez d'eux. J'avais eu Caroline d'abord toute seule sur un épisode, donc c'était super intéressant parce qu'elle parlait de ses expéditions, notamment la partie vidéo, comment est-ce qu'elle se projette, etc., mais aussi du trail puisque c'est aussi une ultra-trailers en fait, on l'oublie un peu, mais c'est une machine de guerre en ultra-trail. Et aprÚs, j'avais eu Vincent qui nous avait fait... Donc, on avait parlé de son parcours en général et surtout, on avait parlé de leur traversée du Svalbard en hiver. C'était une dinguerie phénoménale. C'était vraiment... Enfin, c'était juste super intéressant. Il y avait des anecdotes. Je me rappelle l'histoire de la brosse qui me disait qu'il passait une heure et demie par jour à brosser ses zips parce qu'en fait, il y a de la glace partout. Enfin, des trucs que tu ne peux pas savoir si tu discutes pas avec un gars qui fait de l'explos polaire. Donc, super intéressant et je mettrai les liens en description de l'épisode si on a qui veulent aller écouter. Génial. Merci Thomas du coup pour la parenthÚse. Non, mais c'est des légendes. Ils sont inspirés. Toi, tu le gÚres comment Thomas ce retour ? Habituellement, tu as une pleinte en fou ?

InvitĂ© 2 Je me suis rendu compte que je pensais bien le gĂ©rer et c'est au bout d'une semaine ou deux que je me dis mais en fait, mais qu'est-ce que tu bronces ? Genre, j'ai une claque dans la gueule. Mais c'est aprĂšs coup, tu vois, que je me dis mais en fait, j'ai une espĂšce de phobie des rĂ©seaux. Pour te dire, mĂȘme par exemple, depuis la derniĂšre expĂ©dition Ă  Svalbard qui a Ă©tĂ© une vraie claque dans ma gueule, j'ai quasiment rien postĂ© sur Instagram depuis un an et demi. J'ai dĂ» faire un post ou deux, tu vois. Ok, je mets peut-ĂȘtre des petites stories de temps en temps mais c'est ce genre de truc-lĂ  qui fait des petites consĂ©quences. Mais moi, je pense que sur le retour, je pense que ce qui m'a marquĂ© le plus c'est que ok, lĂ -haut c'est chaud, il fait froid, tout ce que tu veux, t'as des moments de souffrance, tout ça, mais c'est pas ce qu'il faut retenir. T'as de la libertĂ©, t'as de l'exaltation, t'as un sentiment d'ĂȘtre vivant, d'avoir un rapport au temps qui est diffĂ©rent. C'est-Ă -dire que le temps, tu vois, tu sais, on ressent tous le temps mais lĂ -bas, c'est trĂšs rythmĂ© par la nature, c'est le jour, la nuit, enfin tu sais, tu vas pas te coucher Ă  4h du matin ou quoi, et en fait, pour rĂ©sumer, la vie est plus simple lĂ -haut qu'en sociĂ©tĂ©. Pourquoi ? Parce que, quand bien mĂȘme, il y a des contraintes et des dangers, donc les contraintes physiques, morales, dĂ©loignement ou autre, ta vie, elle se rĂ©sume quand mĂȘme Ă  marcher, manger, dormir, faire la tente et passer du bon temps avec les potes et le soir, boire une gorgĂ©e de rhum et regarder des horreurs borĂ©ales et t'oublies tous tes problĂšmes, tu vois, t'oublies, je sais pas, le stress d'un projet, du loyer ou des problĂšmes d'un tel, tu vois, non, t'es loin de tout ça, t'es dans une sphĂšre, dans une bulle blanche lĂ  et il n'y a rien qui te touche. Et ouais, je pense que c'est ce cĂŽtĂ© oĂč du coup, tu t'aperçois que finalement, le retour Ă  la vie en sociĂ©tĂ©, en fait, t'as une vie qui est plus compliquĂ©e que lĂ -haut. Mais ouais, aprĂšs, pourtant,

Invité 4 beaucoup plus confortable.

Invité 2 Oui.

Invité 4 C'est le paradoxe.

InvitĂ© 2 Ouais. Mais non, ouais, je pense que c'est plus le cĂŽtĂ©, ouais, oĂč pas mal d'isolement, finalement, un peu comme Vincent, tu vois, je sors pas trop. C'est vrai que les premiĂšres semaines, juste mĂȘme faire les courses, ça me fait chier. Tu vois, ça me gave. Ça me gaze que t'as plein de bruit et puis tu sais, dĂ©solĂ© pour le clichĂ©, mais genre, je sais pas, tu vois des nanas lĂ  sur la prom oĂč genre ça, ils disent « Ah putain, mon iPhone, il marche pas ! » Bah ouais, ben foutu les dans le cul, dĂ©solĂ©, mais il y a d'autres choses. Enfin, voilĂ , c'est des petits trucs comme ça. Mais aprĂšs, voilĂ , maintenant, on commence Ă  ĂȘtre rodĂ©s. Mais je pense que, les gars, moi, ce qui m'a fait la plus mal, vraiment, c'est la troisiĂšme. Pourtant, je me suis dit, attention, le retour, il va faire mal. MĂȘme dans Zia, tu vois les gars, putain, le retour, ça va faire mal. Franchement, c'est un autre monde, on est sur une autre planĂšte lĂ . Et le retour, il va ĂȘtre costaud. On va se prĂ©parer, finalement, c'est une bonne gueule. Donc la troisiĂšme ? Pardon, vas-y, vas-y, toi. Tant qu'Ă  faire, on va enchaĂźner, mais moi, je vous dirais simplement les premiĂšres secondes. Je ne sais pas si vous rappelez, les gars, on est dans l'avion, on a ce cadeau de bienvenue oĂč il y a une aurore borĂ©ale dans l'avion. Et sur la droite, on voit le lever de soleil qui vient du pĂŽle, quasiment. Et c'est rouge, orange, avec une aurore. Et on voit des vallĂ©es glaciaires immenses. Et je me souviens, je me suis chiĂ© dans le froc. Vraiment. On a vu l'Ăźle, on a dit, elle est magnifique, magnifique. Mais putain, c'est terrifiant. On s'est dit, putain, on va faire 40 jours lĂ -dedans. Mais il n'y a rien. Il n'y a rien. Mon Dieu. Mais vu d'en haut, tu te dis, mais c'est chaud. C'est chaud. Et puis, finalement, en fait, tu arrives sur une autre planĂšte. Franchement, il n'y a pas d'autre mot, tu arrives sur une autre planĂšte. C'est que des grandes vallĂ©es glaciaires. Tu marches sur des glaciers et la calotte polaire. On a traversĂ© combien, les gars ? 14 glaciers ?

Invité 1 17 glaciers et 2 calottes. En fait, c'est des restes de l'ßle Andis qui couvraient l'Europe et du pÎle à l'Europe.

InvitĂ© 2 L'Ăźle Andis, c'Ă©tait de Svalbard Ă  la NorvĂšge. Du coup, il y avait un pont de glace. C'est vraiment comme si le pĂŽle Nord qui Ă©tait trĂšs, trĂšs grand. En fait, tu as les restes de ce temps-lĂ . Et nous, on a marchĂ© sur cette calotte polaire qui fait plus de 400 mĂštres d'Ă©paisseur de glace. Donc, imagine que tu as une couche de glace qui est plus haute que la Tour Eiffel quand mĂȘme. Et donc, en fait, on marche lĂ -dessus sur ce vestige et en fait, tu fais ce voyage dans le temps oĂč tu vois la planĂšte telle qu'elle Ă©tait il y a 12 ou 13 000 ans. Il n'y a pas de maison, il n'y a rien. Et lĂ , sur cette expĂ©dition, comparĂ© aux autres, on a eu quelquefois des refuges. Non, lĂ , non. LĂ , si tu pars et on a eu un refuge au bout de 4 semaines ou 4 semaines et demie. on a eu un refuge. 35e jour, on retrouve du bois, on retrouve un environnement carrĂ©, mais du coup, c'Ă©tait pleine nature. Mais, voilĂ , c'Ă©tait, lĂ , pour le coup, c'Ă©tait vraiment le frisson parce qu'on s'est dit lĂ , c'est une grande aventure. LĂ , c'Ă©tait costaud.

InvitĂ© 1 C'est aussi le Svalbard, c'est la plus grosse concentration d'ours polaire au monde. Ce que j'allais vous demander par rapport au permis de tir, oui. Alors, du coup, on va partir direct sur le permis. Nous, on a nos licences de tir sportif en France, ton mĂ©moire. Licence fĂ©dĂ©rale. VoilĂ , donc, avec ces licences-lĂ , en France, en fait, on est autorisĂ© Ă  s'entraĂźner en club et Ă  dĂ©tenir des armes et lĂ -bas, du coup, quand tu viens avec cette licence, ça leur certifie que tu sais utiliser un fusil. Donc, tu vas Ă  une boutique de location. Non, d'abord, tu obtiens l'autorisation avec le gouverneur qui est trĂšs compliquĂ© et lĂ  encore, on a eu pas mal de chance dans ces histoires. Il se trouve qu'on a pu parler aux bonnes personnes et ça, c'est un crĂ©do qui revient aussi dans toutes nos aventures. c'est toujours une histoire d'humains. Quand il y a un humain qui te dit non, demande Ă  l'humain d'Ă  cĂŽtĂ©, peut-ĂȘtre il va dire oui et s'il dit non, demande Ă  l'humain d'Ă  cĂŽtĂ©, peut-ĂȘtre il va dire oui et ainsi de suite et lĂ , on a fini par avoir des oui et mĂȘme au moment oĂč on te met le fusil dans les mains et on te dit, voilĂ , pour l'instant, c'est pas louĂ©, on veut juste voir comment tu te comportes avec un fusil dans les mains, on te fait tester vraiment la pratique, la manipulation du fusil, comment tu charges, les procĂ©dures lĂ©gales aux valvards. Enfin, c'est tout un univers, les armes, avec lequel on n'est pas trĂšs familier, on n'aime pas ça, on n'est pas chasseur, on n'est pas, pour l'instant, on n'en est pas, peut-ĂȘtre un jour, on fera une XP oĂč on se nourrit comme ça si on veut dĂ©passer le temps mais en tout cas, c'est pas dans notre trip aujourd'hui et lĂ , en l'occurrence, on a louĂ© un fusil, un Mouser 98 qui, celui-lĂ , Ă©tait de 1899 avec des croix gammĂ©s qui Ă©taient rayĂ©s dessus avec, du coup, c'est un canon qui, enfin, ça a Ă©tĂ© modifiĂ© pour pouvoir charger des 30-06 donc c'est des munitions trĂšs cheap, trĂšs communes, amĂ©ricaines notamment qui viennent beaucoup de surstock militaire donc lĂ -bas, ils nous filent ces munitions-lĂ  sauf que si en France, on te charge la munition avec 3 grammes de poudre, lĂ -bas, on te la charge avec 8 ou 12 parce qu'il fait tellement froid qu'il faut que ça pĂšte beaucoup plus fort pour obtenir le mĂȘme rĂ©sultat en fait, il faut beaucoup plus de concentration et c'est un fusil avec lequel on a louĂ© 10 balles donc on a 10 munitions lĂ©tales pas plus on va pas chasser l'ours on va pas chasser le renne le but c'est de se dĂ©fendre et dans le pire des cas lĂ©galement c'est considĂ©rĂ© comme un homicide si tu abats un ours dans de mauvaises conditions ça veut dire par exemple au-delĂ  de la distance lĂ©gale la distance lĂ©gale pour abattre un ours qui t'attaque c'est 40 mĂštres pour justifier du coup la lĂ©gitime dĂ©fense et un ours ça va Ă  40 km heure sur la glace donc du coup grosso modo t'as 2 balles donc 10 c'Ă©tait large voilĂ  c'est un fusil Ă  verrou donc tu charges et il faut recharger ta balle t'as 5 ou 6 balles dans le chargeur si t'en chambres une d'avance et fort heureusement les seules balles qu'on a tirĂ©es on les a tirĂ©es dans nos pelles Ă  la fin de l'expĂ©dition Ă  50 mĂštres juste pour le juste pour dire qu'on a utilisĂ© le fusil donc voilĂ  par contre on a d'autres contre-mesures on a des fusĂ©es donc c'est des alors c'est pas vraiment des fusĂ©es Ă©clairantes comme pour le sauvetage mais c'est le mĂȘme type de pistolet pour les lancer c'est des grosses cartouches avec un gros diamĂštre sauf qu'au lieu d'ĂȘtre une grosse lumiĂšre rouge par exemple comme on aurait pour un pistolet d'alerte sur un bateau lĂ  c'est clairement de l'explosif ça pĂšte fort et du coup ça on tire ça droit sur l'ours s'il nous attaque normalement ça lui fait rebrousser chemin sauf que Oswaldbard il y a tellement d'ours autour de la ville par exemple de Longueur Vienne qui est le chef Rio lĂ -bas qui a des ours qui sont habituĂ©s Ă  se prendre ça dans la tronche et donc du coup il y en a tu peux leur en tirer 3-4 par jour il revient il continue Ă  suivre et ça les blesse pas beaucoup voire pas du tout et donc du coup on a eu la chance nous de pas tomber sur ces ours lĂ  on les a pas croisĂ©s mais vers la fin de la saison le dĂ©but de l'automne quand il y a moins de glace que la concentration du coup aux ours sur les terres augmente c'est trĂšs frĂ©quent qu'il y ait des expĂ©ditions qui soient embĂȘtĂ©es par des ours voilĂ  qui en veulent qu'Ă  notre nourriture mĂȘme si on est au menu clairement c'est trĂšs clair les locaux nous ont dit be sure about that guys you're on the menu on l'a eu plein de fois on nous l'a dit clairement qu'on fait partie de l'alimentation de l'ours lĂ -bas nous statistiquement on a du mal Ă  le voir comme ça pour nous c'est une bĂȘte majestueuse on vient sur son territoire je dis pas que c'est la plus maligne des bĂȘtes parce que s'ils savaient qu'il Ă©tait en voie d'extinction ils arrĂȘteraient de se tuer entre eux parce qu'ils le font beaucoup ils ont des pratiques qui sont qui sont incomprĂ©hensibles pour nous mammifĂšres humains qui vivent en sociĂ©tĂ© parce que c'est un mammifĂšre qui a plus un comportement d'animal marin qu'on a beaucoup de mal Ă  comprendre l'ours c'est quand mĂȘme une menace qui pĂšse tout le temps d'ailleurs Flavien il s'est tatouĂ© sur la nuque watch your six parce que c'Ă©tait un truc vraiment qui revenait tout le temps surveille ton six six heures six heures juste derriĂšre et ce qui est mĂ©ga vicieux c'est que c'est un animal qui sait que lĂ  oĂč il a le plus de chances de choper sa proie c'est quand quand il y a tempĂȘte quand il y a le white out quand tu vois rien du tout c'est lĂ  qu'il a le plus de chances de choper sa proie donc c'est lĂ  qui met le plus d'Ă©nergie Ă  la chasse et c'est lĂ  que nous on le voit pas arriver donc du coup il y a un cumul de choses comme ça donc l'ours a Ă©tĂ© une grosse angoisse avant de partir il y a eu des cauchemars lĂ  dessus ça a Ă©tĂ© vraiment beaucoup de questions la principale prĂ©occupation et je pense que la prochaine fois que je retourne au Svalbard j'y retourne dĂ©tendu en sachant que c'est un risque qui existe et qu'il faut l'accepter et que dans le meilleur des cas il faudrait trouver le moins de ne pas attirer l'ours de ne pas ĂȘtre embĂȘtĂ© et si on est embĂȘtĂ© de ne pas l'abattre ça ça a toujours Ă©tĂ© le projet de toute façon abattre un ours c'Ă©tait la pire chose qui puisse arriver pour notre expĂ©dition pour nous humains vraiment ça aurait Ă©tĂ© terrible sans parler des consĂ©quences juridiques qu'il y a derriĂšre tout ça c'est du dĂ©tail je pense que c'est extrĂȘmement traumatisant d'en arriver Ă  abattre un animal tel qu'un ours polaire que tu vas pas manger tu vas mĂȘme pas rĂ©cupĂ©rer la peau tu le fais dans le vide c'est vraiment j'ai une petite anecdote lĂ  dessus d'ailleurs ah vas-y on est au milieu de l'expĂ©dition et lĂ  on a un souci de balise on a une balise in reach putain c'Ă©tait quoi cette balise dĂ©jĂ  iridium go

Invité 2 iridium go

InvitĂ© 1 qui est censĂ©e nous apporter rĂ©seau internet et tout bref la balise elle est tombĂ©e dans la tente d'un mĂštre et elle s'est cassĂ©e il y a toutes les normes militaires dessus 1000 STD 718 et tout toutes les normes sont dessus elle est tombĂ©e sur un matelas de moins d'un mĂštre dans la tente et lĂ  je pense que le froid il n'y est pas pour rien et elle s'est cassĂ©e l'antenne a cassĂ© donc on est au milieu du Svalbard on a plus de communication satellite il ne nous reste qu'une balise de dĂ©tresse et c'est d'une part illĂ©gal et d'autre part extrĂȘmement dangereux bon il se trouve que c'est une balise qui vient d'un d'un distributeur français donc forcĂ©ment nous avec nos SAV de champions il n'y avait pas moyen de faire quoi que ce soit alors qu'on a une autre anecdote qu'on va pouvoir citer aprĂšs avec un SAV suisse tu n'es pas prĂȘt et du coup Ă  ce moment lĂ  on croise des motards donc les mecs sont Ă  motoneige c'est des russes parce qu'il y a une partie du Svalbard qui est russe qui est un Ă©tablissement russe et une partie du Svalbard qui est un Ă©tablissement norvĂ©gien et du coup ils reviennent cĂŽtĂ© russe et ils nous disent faites gaffe les gars lĂ -bas il y a une femelle avec ses deux petits sur notre trace et nous c'Ă©tait la trace qu'on avait envisagĂ© pour rejoindre le chef lieu russe au plus tĂŽt pour rĂ©cupĂ©rer un nouveau tĂ©lĂ©phone satellite pour revenir un peu dans une zone safe et ce tĂ©lĂ©phone satellite qu'on devait aller chercher lĂ -bas on se l'est finalement fait livrer par une motoneige grĂące Ă  des messages satellites dans tous les sens celle-lĂ  on a eu la chance encore d'avoir Heidi Sylvester je ne sais pas si Heidi Sylvester une glaciologue une personne extraordinaire qui jouit d'une aura incroyable et du coup elle nous a montĂ© cette petite logistique via nos petites communications satellites pour nous faire venir ce fameux tĂ©lĂ©phone satellite jusqu'Ă  nous et nous Ă©viter du coup de devoir croiser la trace des ours des ours en fait on s'est dĂ©routĂ© et la dĂ©cision elle Ă©tait logique pour nous c'Ă©tait trois ours deux petits une femelle tu tues la femelle les deux petits meurent tu tues un petit tu vas ĂȘtre obligĂ© de tuer la femelle enfin quoi qu'il arrive ça allait mal se passer ça allait ĂȘtre trois vies pour trois vies donc c'Ă©tait l'un ou l'autre donc on a dĂ©cidĂ© de se dĂ©router de changer nos plans d'augmenter nos coĂ»ts du coup parce que forcĂ©ment c'Ă©tait pas gratuit tout ça pour Ă©viter de mettre en danger les ours et de se mettre en danger nous aussi pour ça et je pense que c'est ça la dynamique qu'il faut avoir lĂ -bas c'est si t'as une communication si t'as une info si t'as quoi que ce soit qui fait que tu vas aller vers un ours soit t'as un moyen de rester Ă  distance et de le filmer de le photographier et c'est ça ton but soit tu vas t'exposer au risque de lui braquer le fusil dessus et si t'avais l'information t'es dĂ©jĂ  allĂ© trop loin

LoĂŻc ouais

Invité 1 t'es déjà allé trop loin pour juste pour le SAV on a pété un matelas d'une marque suisse on a envoyé un petit message satellite à la marque suisse ils nous ont dit ok challenge accepted ils nous ont livré un matelas au milieu de l'Arctique deux jours aprÚs deux jours aprÚs

Invité 2 c'est vrai un motoneige qui est arrivé ils ont traqué notre balise les mecs on peut le dire c'est expéd expéd qui font leur matelas qui sont pas donnés et bah la colle elle a pété et les mecs ils ont pris ça comme un challenge et ils nous ont dit comment on livre ces mecs qui partent pour 40 jours comment on fait pour faire ça et bah ils se sont éclatés ils nous ont envoyé ça gratuitement et un modÚle supérieur

InvitĂ© 1 et ça va ĂȘtre extraordinaire et comme ils ont jugĂ© qu'on avait fait un mauvais choix matĂ©riel ils nous ont fourni un modĂšle plus adaptĂ© beaucoup plus cher franchement alors lĂ  les Suisses lĂ  dessus ils ont Ă©tĂ© extraordinaires

Invité 2 pour revenir vite fait un petit peu sur la notion du fusil parce que il y en a qui vont se dire ouais mais regardez ils partent avec des fusils tout ça mais ce qu'il faut comprendre c'est que là-bas c'est illégal de sortir d'une ville sans arme à feu c'est pour ça que je vous demandais parce que c'est ce que Vincent

InvitĂ© 4 m'avait expliquĂ© moi j'avais mĂȘme compris qu'il fallait que tu passes une sorte de permis sur place pour avoir le droit de partir Vincent m'avait aussi expliquĂ© que en fait lĂ©galement tirer directement sur un ours viser l'ours et tirer c'est genre le truc vraiment dernier recours il est dĂ©jĂ  en train de te charger et qu'avant ça il y a 36 steps par lesquels passer

Invité 2 en gros si t'en viens à tirer sur un ours c'est sûrement que t'as été un teubé tu connais pas les procédures parce que la procédure c'est tu vois un ours à 300 m tu le quittes pas des yeux tu sais tu fais attention qu'est-ce qu'il fait s'il rentre dans un rayon de 150 m tu fais du bruit tu fais du bruit avec des casseroles ou quoi tu hurles tu fais en sorte qu'il se casse s'il se rapproche encore là c'est fusée tu tires des fusées dans un rayon de 170 m c'est fusée pour qu'il se barre s'il se rapproche encore c'est fusée explosive donc là ça fait ça repÚte encore sur lui bam et s'il a encore il se barre pas et qu'il rentre dans un rayon de 40 m t'as obligation légale d'armer ton arme à feu parce que dans un rayon de 40 m il peut t'attaquer en fait nous on l'a vu vous vous rappelez ça les gars l'ours qu'on a vu il s'approchait des oiseaux il faisait genre il regarde le ciel il fait comme s'il s'en fout tu vois et là d'un coup il a foncé sur les oiseaux en fait il est trÚs malin tu vois et du coup s'il rentre dans un rayon de 40 m tu dis il a l'air paisible il a pas l'air méchant non non il sait trÚs bien ce qu'il fait il gagne chaque mÚtre vers toi chaque mÚtre qu'il gagne il se dit allez vas-y un petit mÚtre vas-y laisse moi approcher et puis aprÚs il te nique

Invité 3 dans la procédure comme ils ont dit les gars il y a les fusées éclairantes les fusées explosives le fusil étal et aussi toutes les nuits on fait des tours de garde pour surveiller

Invité 4 ouais j'allais vous demander du coup la nuit

Invité 3 ouais du coup ça aussi c'est un processus assez lourd qui est assez difficile parce qu'en fait il faut se relayer toute la nuit du coup on fait des gardes de 2h chacun et donc ce qui fait qu'au final on dort chacun 8h par nuit ce qui est assez long donc ce qui fait que c'est une plage de 12h de garde en tout pour que chacun on domme 8h en gros je ne vais pas expliquer c'est beaucoup de détails mais en gros on dort 2h puis 4h puis 2h ou 4h puis 4h ça dépend ça dépend dans quel numéro tu es tous les jours ça change mais je ne vais pas rentrer là-dedans c'est un peu chiant mais du coup toute l'union on fait des tours de garde et pendant un tour de garde il y en a 2 qui dorment 1 qui monte la garde avec les fusées avec les fusées le fusil étal et tout ça et du coup pendant 2h tu t'occupes tu fais de l'eau pour le lendemain tu bois du café tu écoutes des podcasts tu lis tu écoutes de la musique il faut éviter d'écouter trop de musique parce que s'il y a un ours tu n'entends pas arriver c'est un peu con

Invité 4 parce que tu es dans la tente du coup pendant ton tour

InvitĂ© 3 ouais tu es dans l'abside parce que si tu es dehors il fait moins 40 dans l'abside tu es plus Ă  l'abri du vent en tout cas donc c'est moins dur mais du coup toutes les 10 minutes tu sors tu fais un 360 degrĂ©s pour vĂ©rifier et puis dans l'abside tu as des petites fenĂȘtres pour vĂ©rifier un petit peu aussi s'il n'y a pas un autre qui arrive mais voilĂ  donc toutes les 2h on se roulait et quand il fait moins 40 ton collĂšgue il te rĂ©veille ah c'est Ă  ton tour il faut que tu te changes tu sors du duvet enfin bref c'est ultra difficile mentalement Ă  ces moments lĂ  tu es fatiguĂ© tu n'as qu'une envie c'est de rester au chaud dans ton duvet maintenant il faut que tu sortes dans le froid par moins 40 et rester assis pendant 2h

InvitĂ© 1 c'est trĂšs honnĂȘtement le pire le pire de l'expĂ©dition c'est le rĂ©veil pendant la nuit clairement c'Ă©tait ça qui Ă©tait terrible apprendre Ă  continuer d'avancer pendant 40 jours tous les jours alors que toutes tes nuits tu as dormi un max de 4h d'affilĂ©e quand tu as rĂ©veillĂ© au milieu pour faire 2h de garde sur lesquelles tu dois ĂȘtre Ă  l'affĂ»t sur lesquelles tu gĂšres le rĂ©chaud aussi qui est dans l'abside et un rĂ©chaud dans une tente c'est un peu dangereux ouais il n'est ce pas Vincent

Invité 4 petite anecdote c'est parti tu as cramé l'abside avec le réchaud Vincent oui

InvitĂ© 1 en fait tous les jours on fait l'entretien du rĂ©chaud donc ça veut dire que tous les jours on vĂ©rifie les serrages des gicleurs le nettoyage du gicleur et tout ça et il se trouve que pendant 2-3 jours on a pris un peu nos aises et on a laissĂ© le rĂ©chaud sans entretien et un jour je ne comprends pas ce qui se passe il ne tourne pas bien j'ai une flamme au-dessus qui n'est pas comme d'habitude et j'ai des bruits qui ne sont pas comme d'habitude en fait j'avais une gicleĂ©e d'essence gazeuse du coup sur le cĂŽtĂ© qui a en fait créé une poche d'essence dans l'abside et Ă  un moment donnĂ© ça s'est enflammĂ© et du coup moi j'ai vu juste une Ă©norme boule de feu donc j'ai sautĂ© en dehors de l'abside j'ai jetĂ© le rĂ©chaud dehors donc petite procĂ©dure trĂšs importante qu'on a appris de Mycorn un petit plateau pour poser ton rĂ©chaud dessus comme ça si tu as besoin de sortir tu sors tout d'un coup l'essence le rĂ©chaud tout et tu jettes tout dehors manifestement j'ai pas Ă©tĂ© assez rapide parce que quand la boule de feu elle est arrivĂ©e ça a brĂ»lĂ© ça a fait un trou de 40 cm dans la tente et lĂ  on est au 15Ăšme jour il a fallu il a fallu composer avec tout le long de l'expĂ© aprĂšs et dans le mĂȘme dĂ©lire de on prend nos aises et on arrĂȘte d'entretenir il y a eu le fusil

LoĂŻc le fusil

Invité 1 qu'on déchargeait et déchargeait tous les jours on l'a laissé traßner pendant 3-4 jours en se disant c'est bon à chaque fois ça marche ça marche ça marche et à un moment on essaye de chambrer une balle inchambrable impossible tu pouvais y aller autant que tu voulais sur le verrou il y avait une couche de glace partout dedans le métal a fait condensation à force de faire des inter-exterres dans l'abside impossible de charger la balle dans le fusil et là on s'est rendu compte qu'en cas d'attaque on avait clairement notre dernier recours avant de se faire croquer par l'ours ce qui était inutilisable à ce moment là et on n'a plus jamais fait la connerie

InvitĂ© 4 les tours de garde il y a des lignes oĂč vous les avez sautĂ©s ou vous l'avez maintenu ça ?

InvitĂ© 3 ouais parce que Ă  un moment vers le milieu d'Exper on Ă©tait vraiment dans les terres dans la zone montagneuse et lĂ  le risque qui est un ours c'Ă©tait quand mĂȘme assez faible bon il y a toujours un risque partout et on s'est permis de ne pas faire de tour de garde Ă  ce moment lĂ  mais on dormait quand mĂȘme avec le fusil chargĂ© le pistolet fusĂ© est juste au dessus de nous donc on Ă©tait prĂȘt au cas oĂč il y a un ours qui toque Ă  la porte mais c'est pas arrivĂ© mais j'avoue que les premiĂšres soirĂ©es c'Ă©tait un peu le stress de se faire rĂ©veiller par un ours qui s'assoit sur toi comme Mike Arnie c'est pas ouf je pense mais pour une anecdote encore pour rester un peu sur le fusil et tout on est le jour numĂ©ro 2 de l'expĂ©dition donc on est en train de marcher et lĂ  on voit des motoneiges qui arrivent Ă  blinde derriĂšre nous et qui vont dans notre direction et en fait ces mecs lĂ  c'Ă©tait la police et ils venaient nous contrĂŽler pour savoir si on avait le fusil si on avait tout ce qu'il fallait donc si t'avais pas le fusil en soit ils auraient pu rien faire puisque t'es sur place mais ils t'aurais pris quand mĂȘme une bonne amende ou ils t'aurais fait chier je pense tu prends une amende pour ne pas avoir d'armes c'est la France tu vois ok

InvitĂ© 4 bon punaise sacrĂ©e anecdote sacrĂ©e anecdote c'est vrai que c'est des trucs ça Ă  part le vivre je sais pas il y a peut-ĂȘtre pas des guides sur comment te faire t'as traversĂ© du Svalbard Ă  quoi penser etc donc toujours friante ce genre d'anecdote

Invité 3 dans le bouquin que j'ai écrit qui sort en 2024 c'est la parenthÚse promo je fais des petits tips justement sur des trucs comme ça qu'il faut savoir en partie d'expédition mais toujours avec le mood décontracté c'est pas un guide de survie en milieu extérieur c'est des petits conseils des choses qu'on pense pas forcément

Invité 2 trop bien et l'autre partie promo du coup on a nos deux films sur Netflix la premiÚre expédition notre dépucelage on va l'appeler ça comme ça Isoken I-S-O-K-E-N et Drop It

InvitĂ© 4 c'est sur le base jump voilĂ  yes alors ça je me le suis notĂ© lĂ  le challenge qu'on va avoir c'est qu'au fur et Ă  mesure qu'on parle je dĂ©couvre des trucs complĂštement dingos genre se faire racheter des films par Netflix qu'est-ce que c'est que ce truc lĂ  ça va ĂȘtre un challenge de temps mais je vais mettre les liens vers enfin vous m'enverrez tout ça il y aura tous les liens en description de l'Ă©pisode on va peut-ĂȘtre se prĂ©voir un truc en plus pour vous nous expliquer comment on finit par se faire racheter par Netflix qu'est-ce que c'est que ce dĂ©lire mais sur le Svalbard moi j'ai quand mĂȘme une question sur alors si on prend un peu de hauteur qu'on sort de l'aspect logistique etc toi Thomas tu disais qu'en arrivant en avion enfin c'Ă©tait complĂštement dingo genre arriver sur une autre planĂšte les paysages et mĂȘme la vie expĂ© sur plus de 30 jours vous le dĂ©crivez comment en termes de sensations est-ce que dĂ©jĂ  les paysages c'Ă©tait similaire Ă  la SuĂšde juste du blanc zĂ©ro repĂšre et des grandes Ă©tendues ou c'est complĂštement diffĂ©rent ah oui

Invité 1 le fait de se faire perturber par les repÚres visuels et du coup de voir des grandes étendues c'est multiplié par 10 aux Valbard

Invité 4 c'est vrai

InvitĂ© 1 c'est hallucinant tu passes des jours et des jours Ă  avancer dans le blanc des fois sans mĂȘme voir un bout de montagne et puis d'un coup tu arrives dans un nouveau massif oĂč en fait tu as plein de glaciers partout et lĂ  tu recommences Ă  avoir des sĂ©raques Ă©normes de la glace partout tu marches en permanence sur du glacier donc tu sais que tu as des crevasses partout donc il y a aussi cette angoisse permanente de la crevasse qui accompagne ton effort quotidien et ça fait partie du paysage aussi c'est ça qui est assez grandiose c'est que tu n'es pas sur une plaine enneigĂ©e tu es sur de la glace recouverte de neige et du coup c'est vraiment la premiĂšre sensation quand tu arrives lĂ -bas quand tu es vraiment dans le sauvage elle est pleine de vide c'est vraiment pleine de vide

InvitĂ© 3 mĂȘme si ça fait penser parce que c'Ă©tait vraiment le premier jour on arrive on dĂ©barque de l'aĂ©roport on sort d'ailleurs il fait moins 22 je crois et lĂ  en fait l'air est tellement froid et sec qu'on se met tous Ă  tousser tu sais vraiment les gorges irritĂ©es mais vraiment on se dit putain mais on va rester 40 jours lĂ -dedans comment on va faire pour survivre alors que la premiĂšre heure on n'arrive mĂȘme pas Ă  respirer limite donc ça c'est vrai que ça te prend au trip dĂšs le dĂ©but on dirait que tu as les moustaches qui sont tout gelĂ©s voilĂ  donc c'est c'est assez intimidant je dirais au dĂ©but quand mĂȘme surtout comme dit Thomas depuis l'avion tu vois tous ces toutes ces vallĂ©es immenses ces montagnes tu dis il y a plein d'ours lĂ -dedans il y a plein de crevasses donc c'est un peu chaud au dĂ©but mais aprĂšs pareil c'est plus on reste dans ce milieu-lĂ  plus on s'adapte et on s'y habitue en quelque sorte

InvitĂ© 2 ouais vous vous rappelez quand mĂȘme qu'on est descendu mais vraiment les touristes niçois vu qu'on a mis nos chaussures de ski dans la soute on est descendu du coup en chaussette et en tongs Ă  Svalbard en sortant de l'aĂ©roport les gens nous regardaient d'un mauvais oeil qui s'est branleur en tongs Ă  Svalbard Ă  moins 22 aprĂšs on n'est pas restĂ© longtemps tu vois mais tu sais tu peux tenir un petit 5 minutes avant que ça commence vraiment Ă  piquer mais bordure franchement c'est ça le temps de faire

InvitĂ© 1 toute la paperasse administrative on a passĂ© 3 jours en fait Ă  Longue-Hirbienne avant de pouvoir partir en expĂ©dition on se baladait avec nos grosses vestes pleines de tous les logos de nos sponsors et tout et ensuite on est parti et on a un drapeau pirate Ă  l'arriĂšre de nos poulkas c'est une marque de fabrique histoire de vraiment pas se prendre au sĂ©rieux et Thomas il tire mĂȘme 2 poulkas depuis la deuxiĂšme expĂ©dition Thomas tire 2 poulkas il est un peu plus frappĂ© que d'autres personnes et on est revenu 40 jours plus tard Ă  Longue-Hirbienne tout le monde avait entendu parler de nous on Ă©tait choquĂ© les gens venaient nous voir nous demandaient vous ĂȘtes qui vous faites quoi et on s'est rendu compte que soit il y a des explorateurs qui sont sĂ©rieux dans le sens oĂč ils visent une performance ils visent quelque chose de vraiment vraiment extrĂȘme ou des records soit il y a des explorations en fait guidĂ©es donc ça que je recommande si quelqu'un veut dĂ©couvrir de maniĂšre plutĂŽt encadrĂ©e et safe ce genre d'environnement je pense qu'il y a vraiment plein de trucs Ă  faire avec des expĂ©ditions guidĂ©es sur moins de jours c'est peut-ĂȘtre pas la mĂȘme ambiance mais ils ont pas l'habitude de voir 3 gars qui se promĂšnent en fait au Zolvar parce que nous c'est ça en fait on va lĂ -bas non pas pour la performance on avait un objectif quand mĂȘme de grimper le sommet le plus haut de l'archipel ce qu'on a fait mais il n'y avait pas cette idĂ©e de performance encore une fois c'est combien de temps on peut passer dehors c'est ça la seule question qu'on a au dĂ©part du coup on a eu beaucoup beaucoup beaucoup de monde qui vraiment est venu sur nous au retour on a entendu parler de vous vous ĂȘtes les gars avec 4 poules cas pour 3

InvitĂ© 2 avec le drapeau de pirate c'est vous mais rappelez-vous Arctic Fools 1 c'est lĂ  mĂȘme les gens dans le village de Samy ils disaient big Paul Cowboys big Paul Cowboys it's you c'est nous mais mĂȘme petite anecdote aussi est-ce que vous vous rappelez les gars quand on allait partir ou quand on Ă©tait sur le retour je sais plus on s'Ă©tait retrouvĂ© avec des mecs d'une boĂźte de guides lĂ  et ils nous parlaient du coup de leurs expĂ©ditions avant mĂȘme qu'on parle qu'on se prĂ©sente ils nous disaient ouais nous on est vraiment trĂšs chaud on organise des expĂ©ditions extrĂȘmes de 10 Ă  15 jours avec des refuges et tout mais c'est c'est vraiment costaud et il dit bah vous vous faites quoi et nous on a dit bah nous on part du coup que 40 jours mais en autonomie Ă  3 et tout il dit comment ça 40 jours mais vous faites comment et tout et en fait on fait de facto sans savoir nous juste passionnĂ©s on s'est dit mais en fait on est plus Ă©nervĂ© que les guides qui nous ont regardĂ© en mode putain mais c'est qui ces mecs mais tu vois bah du coup ça nous a fait marrer tu vois enfin voilĂ  du coup aujourd'hui

InvitĂ© 4 mais par rapport Ă  ça franchement la premiĂšre la grosse question qui me vient depuis tout Ă  l'heure c'est quand je vous entends la montĂ©e elle est enfin la montĂ©e en puissance sur les expĂ© elle est pas crescendo c'est exponentiel de ouf quoi entre la premiĂšre expĂ© 18 jours en mode bon on dĂ©couvre avec les matos les moyens du bord et tout et lĂ  le svalbard c'est quand mĂȘme un Ă©norme dĂ©lire Ă  aucun moment vous avez eu genre le syndrome de l'imposteur vous dire mais en vrai on vise trop on va se calmer on va prendre plus de temps en fait

Invité 3 avec le recul je me dis heureusement qu'on est pas parti au svalbard en 2021 comme c'était prévu parce que là on se serait mangé une claque dans la gueule

LoĂŻc ouais grave

InvitĂ© 3 pareil on avait pas la mĂȘme expĂ©rience on avait pas pratiquement le mĂȘme Ă©quipement du coup heureusement qu'on est pas parti sinon je pense qu'on aurait eu pas mal de soucis supplĂ©mentaires ouais ça aurait Ă©tĂ© chaud ouais ça aurait Ă©tĂ© un peu pendu

InvitĂ© 1 je sais qu'on l'a le syndrome de l'imposteur on l'a eu jusqu'au svalbard en fait une fois arrivĂ© au svalbard et l'expĂ©dition faite est finie lĂ  on a compris que on avait plus Ă  se sentir comme des imposteurs on a compris que en fait on a juste tout mis en place pour se prĂ©parer pour le faire avant on a organisĂ© avec des guides des formations en fait oĂč on a essayĂ© de dĂ©velopper un systĂšme de secours crevasses par exemple avec les poulkas comment on fait pour se sortir d'une crevasses si on tombe avec les poulkas et enfin tout un tas de questions auxquelles on a essayĂ© de rĂ©pondre je pense que tout le monde en fait peut avoir cette dĂ©marche et pas que pour l'aventure tu vois c'est aussi pour pour toute forme en fait d'aventure dans la vie la crĂ©ation d'une sociĂ©tĂ© par exemple c'est toute une liste de questions toute une liste de problĂšmes et toute une liste de solutions Ă  mettre en face de ces problĂšmes et toute une liste de rĂ©ponses Ă  mettre en face des questions et je pense que c'est ce qu'on a fait Ă  chaque fois et que les questions qui restent en suspens parce que l'aventure c'est tu pars quand mĂȘme avec beaucoup d'inconnus toutes les questions qu'on a eues en suspens avant la premiĂšre finalement on y a rĂ©pondu en grande partie Ă  la premiĂšre expĂ©dition les questions qui restaient on a rĂ©pondu Ă  la deuxiĂšme expĂ©dition et quand on est arrivĂ© pour cette troisiĂšme expĂ©dition on n'avait pas conscience du bagage qu'on avait accumulĂ© mais aprĂšs l'avoir fait l'expĂ©dition on s'est rendu compte que ok il y a un gros bagage en fait qu'on a accumulĂ© parce qu'on avait vraiment envie de le faire parce qu'on a vraiment consacrĂ© de l'Ă©nergie Ă  ça je dis vraiment de l'Ă©nergie pas du temps tu vois on n'agit pas nos bras dans tous les sens le but c'est vraiment de se concentrer sur ce que je veux faire je veux aller pour cette expĂ©dition et d'ailleurs une fois que tu as pris le billet tu n'as pas le choix parce que tu ne vas pas faire 40 jours Ă  l'hĂŽtel lĂ -bas on n'a pas les moyens donc la rĂ©ponse c'est trĂšs simple tu as pris tes billets tu as ton dĂ©part tu as ton retour tu t'es engagĂ© envers toi-mĂȘme et envers tes copains Ă  le faire et lĂ  Ă  ce moment-lĂ  tu as encore le syndrome de l'imposteur mais quand tu reviens tu es soignĂ© de ça tu vois tu ne l'as plus tu y crois tu commences Ă  discuter avec des guides et Ă  pouvoir partager des expĂ©riences qui sont Ă  la fois riches d'apprentissage pour nous et Ă  la fois riches d'apprentissage pour eux et lĂ  tu comprends qu'en fait ok on est rentrĂ© dans un cercle dans ce petit cercle de personnes qui ont franchi le cap de mettre en place finalement tout ce qu'il faut pour y aller pour y arriver et je pense que lĂ  le syndrome de l'imposteur il nous a quittĂ©s alors on s'est dit ok Flav il s'est mis Ă  Ă©crire un livre nous on commence Ă  Ă  se dire bah non mais nos films c'est aussi mĂȘme si on veut surtout pas se prendre au sĂ©rieux et que ça c'est ça nous est trĂšs naturel de toute façon il y a quand mĂȘme cette idĂ©e de se dire on a fait du chemin on a fait beaucoup de chemin on en a conscience et comme tu le dis c'est trĂšs exponentiel et je pense que ça peut s'appliquer pour tout projet dans la vie pour toute personne qui s'implique dans son projet il y aura toujours cet exponentiel par palier tu sais tu stagnes tu dĂ©bloques un truc bam ça monte tu stagnes tu dĂ©bloques un truc et Ă  chaque fois chaque palier que tu prends c'est de plus en plus haut c'est de plus en plus de courage finalement que tu trouves pour pour fonder la rĂ©ussite de ton expĂ©dition sur ton background sur ton bagage et sur tout ce que tu as fait avant

Invité 2 mais dans dans toutes ces compétences qu'on a acquis de maniÚre un peu passive on va dire c'est vrai que je pense que tous les trois d'accord là-dessus le syndrome de l'imposteur on ne l'a plus quoi clairement là on se sent bien on a perdu Thomas on a perdu Thomas

Invité 1 on vient d'avoir un freeze

InvitĂ© 2 allo allo ouais ouais ouais c'est lĂ  c'est lĂ  c'est lĂ  c'est lĂ  c'est lĂ  dĂ©solĂ© ah oui d'accord c'est la connexion de tĂ©lĂ©phone j'ai un appel du coup c'est pour ça ça a fait un petit bug du coup je disais sur la notion du syndrome de l'imposteur c'est vrai que je pense que maintenant c'est vraiment quelque chose qui est derriĂšre nous en fait par validation d'acquis quand on voit le chemin qu'on a fait on se lance dans de nouvelles aventures enfin par exemple lĂ  dans ces validations d'acquis qui sont pas que l'expĂ©dition polaire mais aussi la capacitĂ© Ă  filmer et Ă  produire des images de haute qualitĂ© dans un environnement comme ça aujourd'hui en fait on s'est aperçu qu'on a l'Ă©tiquette du coup d'aventurier mais aussi rĂ©alisateur donc c'est pour ça que par exemple lĂ  on se lance Ă  poil tu vois on crĂ©e notre entreprise lĂ  qui s'appelle Storm Films avec un Z et on se spĂ©cialise dans les tournages extrĂȘmes donc c'est on va en faire notre marque de facto parce qu'on a tout ce passif en fait on a rĂ©ussi Ă  aller aussi loin et tout aujourd'hui et du coup c'est une petite marche en plus de ce qu'on fait tu vois c'est une de plus donc franchement hĂąte de voir ce que ça a donnĂ© dans deux ou trois ans tu vois encore c'est clair c'est clair

InvitĂ© 4 punaise ça fait rĂȘver mais c'est pour tout le monde

InvitĂ© 1 le rĂȘve j'ai passĂ© beaucoup de temps Ă  observer des gens en rĂ©ussite et Ă  me dire c'est fou ce qu'ils font non c'est pour tout le monde la rĂ©ussite dĂ©jĂ  elle est dĂ©finie par ce qu'on veut il n'y a pas de rĂ©ussite il n'y a pas de dĂ©finition de la rĂ©ussite qui puisse correspondre Ă  tout le monde du coup si on arrive Ă  se dire juste moi j'aurais rĂ©ussi si je fais ça en fait c'est dĂ©jĂ  un Ă©norme pas de fait et on a arrĂȘtĂ© de subir finalement la pression sociĂ©tale qui nous dit la rĂ©ussite c'est comme ça ou tu dois faire ça tu vois je sais toujours pas si je pars en expĂ©dition pour aller en expĂ©dition ou si je pars en expĂ©dition pour fuir la sociĂ©tĂ© je sais toujours pas et il y a certainement un peu des deux et du coup je l'ai mal vĂ©cu pendant des annĂ©es cette pression sociale sur la maniĂšre dont je devais mener ma vie pour finalement ĂȘtre en sĂ©curitĂ© amĂ©liorer mon confort et garantir une certaine rĂ©ussite tout ça c'est bullshit la rĂ©ussite c'est ce que tu veux et ça dĂ©bloque des choses

Invité 4 il y a une dose de messages inspirants et d'enseignements méga riches dans cet épisode là qui est assez monstrueuse on pourrait en parler

Invité 3 des heures

Invité 4 ah ouais non mais c'est pas de temps

InvitĂ© 1 et sans prĂ©tention parce que notre vĂ©ritĂ© d'aujourd'hui ce sera pas notre vĂ©ritĂ© de demain on Ă©volue tout le temps tu sais donc c'est vrai que j'adore moi tout ce qui est enregistrement tout ce qui est podcast vidĂ©o interview parce que ça fige tu sais ça fige un instant la pensĂ©e que t'as Ă  ce moment lĂ  de ta vie et c'est extraordinaire parce que c'est toutes ces pensĂ©es qui vont t'amener Ă  ĂȘtre plus tard ailleurs et avoir d'autres pensĂ©es du coup c'est gĂ©nial pour ça ce que tu fais ton travail est extraordinaire en tout cas Ă  ce niveau lĂ  moi j'adore

Invité 4 écoute merci tu pourras réécouter cet épisode quand vous serez dans votre quatriÚme exp on peut en parler vite fait en teasing pour doucement se rapprocher de la conclusion ou c'est secret secret

InvitĂ© 2 il y a un projet on va pas le spoiler les gars parce qu'on peut nous piquer l'idĂ©e c'est le problĂšme malheureusement c'est une idĂ©e qui est trĂšs originale enfin il y en a mĂȘme deux pour les deux gros projets les gars vous allez faire

Invité 4 traverser du Groenland mais toi Thomas t'auras 4 poules cas c'est ça on a failli

Invité 1 la faire à vélo cet hiver et ça c'est pas fait pour d'autres raisons aprÚs je vous pose la question

Invité 2 les gars du coup c'est est-ce qu'on en parle et du coup on le légitimise du fait que c'est notre idée c'est communiqué ou est-ce qu'on le garde pour se protéger parce qu'il y a toujours cette idée en fait on a pas mal de copycat en ce moment par exemple on peut avancer

InvitĂ© 1 dĂ©jĂ  les lieux on a prĂ©vu de repartir au Svalbard probablement en 2025 bien plus au nord pour une expĂ©dition beaucoup plus historique donc lĂ  un documentaire sĂ©rieux pour le coup on se prendra toujours pas au sĂ©rieux mais on racontera des choses sĂ©rieuses on a une expĂ©dition de groupe prĂ©vue cet hiver donc lĂ  ça va ĂȘtre la premiĂšre fois qu'on va partir avec des volontaires donc c'est pas notre groupe on est pas guide c'est vraiment on prend des novices entre guillemets des gens qui ont quand mĂȘme un petit backup et on a envie de partager ça avec eux mais dans un contexte trĂšs spĂ©cifique et trĂšs particulier donc ça c'est pour cet hiver ou l'hiver d'aprĂšs on attend la conclusion sur les recherches de financement

InvitĂ© 4 mais ça sera quand mĂȘme Ă  l'Ă©tranger dĂ©jĂ  en mode expĂ©dition

Invité 1 ça sera bien sûr à l'étranger et ce sera un peu dans les conditions de notre premiÚre expédition un truc un peu chaud un truc incroyable et bien sûr on a un pÎle sud mais un pÎle sud comme on l'a pas vu allez je le dis comme ça ça fait 120 ans qu'on a pas vu ça

Invité 4 voilà ah ouais d'accord ok parce qu'aujourd'hui tout le monde va faire le pÎle sud

InvitĂ© 2 mais tout le monde ne sait pas le faire de la bonne maniĂšre on va le faire tout nu tout nu tout nu aprĂšs attends il y a un autre truc en tĂȘte mais j'ai zappĂ© merde

Invité 1 on s'est rendu compte qu'on avait déjà plus d'idées que d'années de vie d'espérance de vie pour les faire donc ça c'est trÚs cool attendez alors

Invité 4 le pÎle sud comme il y a 120 ans parce que j'ai lu l'été dernier l'odyssée de l'endurance genre mais vous le faites donc il y a un rapport avec le moyen de vous rendre là-bas ou c'est le mode de transport une fois sur place

Invité 1 on va faire un espÚce de mix alors sur place on va essayer de reprendre des techniques des techniques d'il y a une centaine d'années et on va essayer de mixer tout ça avec des traces historiques et pareil un peu dans la trempe du projet du Svalbard on va reprendre un peu une narration historique et aussi rendre un peu à César ce qui est à César c'est à dire que si aujourd'hui des petits gaillards de la CÎte d'Azur comme nous peuvent espérer faire de l'expédition c'est parce qu'il y a des gars des grands messieurs avant nous qui ont ouvert la voie et qui ont amené à toute une évolution du matériel c'est parce qu'il y a des marques qui ont créé des recherches et développements qui ont fait progresser aussi le matériel qui font qu'aujourd'hui moi je fais 60 kilos grimper sur une montagne dans les années 40 c'était impossible pour un gars comme moi j'allais porter mon poids en équipement aujourd'hui je peux le faire et ça c'est grùce à toutes ces années finalement de progrÚs de recherche et développement d'investissement là-dedans et du coup on a envie un peu de rendre un peu tout ça à nos anciens et à ceux qui ont ouvert la route et aussi montrer que voilà si aujourd'hui on fait des choses qui nous paraissent grandes l'Odyssée d'Endurance c'est un excellent exemple ce qu'ils ont fait eux c'est tellement sur un autre level sur notre planÚte les mecs sont clairement partis en sachant qu'il y avait d'énormes chances de ne jamais rentrer alors que nous on envisage toujours de rentrer on a un projet aprÚs le projet pour lequel on part

InvitĂ© 3 il faut faire le film il faut faire le film c'est clair qu'on a plein de projets en tĂȘte on va faire les choses tranquillement dans l'ordre je pense que quand on aura 70 piges on aura un bon un bon CV si on les touche

Invité 1 si on les touche les 70 belle histoire

Invité 4 à raconter on aura plus de doigts

InvitĂ© 2 je pense qu'on peut finir lĂ -dessus les gars sur notre moto qui est never stop trying n'arrĂȘte jamais d'essayer en gros c'est ce qui nous dĂ©finit tu vois essayer d'aller en arctique essayer de se lancer dans la vidĂ©o essayer d'ĂȘtre entrepreneur essayer essayer et il y a quand mĂȘme cette notion tu vois on entend never give up et tout ça ce notion un peu plus virile tu vois mais nous on n'est pas lĂ -dedans on est dans la il y a des fois il faut savoir give up il faut savoir abandonner parce que soit c'est dangereux ou quoi parce que la montagne en fait elle est lĂ  tu la veux maintenant mais elle bougera jamais c'est juste une question d'ego tu vois donc il y a des fois il faut savoir abandonner pour rĂ©essayer Ă  partir du moment tu essayes c'est good et c'est ce qui t'amĂšne plus loin donc voilĂ  never stop trying c'est notre petit motto Ă  tous les trois je crois on se trouvait oĂč d'ailleurs ? c'Ă©tait oĂč ? et bah Ita ? ouais asvalbard asvalbard ouais gĂ©nial

InvitĂ© 4 bah un grand grand merci Ă  tous les trois merci Flavien merci Thomas merci Vincent c'Ă©tait passionnant je pense qu'en vrai on aurait pu faire au moins une heure et demie de plus mais voilĂ  Flavien on discute peut-ĂȘtre qu'on fera une deuxiĂšme partie je sais pas focus plus sur l'aspect vidĂ©o parce que j'ai des tonnes de questions lĂ  dessus aussi enfin comment tu fais pour tourner quand tu pars 40 jours la recharge des batteries j'ai vu la galĂšre que c'Ă©tait sur le Drakkar alors qu'on avait accĂšs Ă  l'Ă©lectricitĂ© quasiment tous les jours ouais mais lĂ  Ă©norme dĂ©lire donc un grand grand merci en tout cas pour tous les sujets sur lesquels on a dĂ©jĂ  Ă©changĂ© lĂ  s'il y a des gens qui veulent vous suivre entrer en contact avec vous par exemple pour l'expĂ©rience des volontaires c'est quoi le mieux Instagram ?

Invité 3 bah on est sur Instagram c'est ArcticFools le nom notre site web c'est jusqu'au bout de vos refs jusqu'au bout de vos refs .com le nom de la boßte c'est Storm Films avec un Z c'est un film et puis aprÚs nous c'est aprÚs

InvitĂ© 1 le nom de l'association jusqu'au bout de vos rĂȘves qui relate un peu tout ce qu'on fait puisqu'il n'y a jamais eu de but lucratif Ă  l'origine sur l'expĂ©dition c'est vraiment quelque chose qu'on a envie de partager et du coup d'ailleurs on n'a jamais histoire de le dire parce que il y a des gens qui pensent qu'avec Netflix on est devenu riche on n'a jamais gagnĂ© un centime on ne s'est jamais payĂ© un centime pour tout ce qu'on a fait parce que tout simplement tout repart dans le projet d'aprĂšs

InvitĂ© 2 l'investissement meilleur avec notre asso jusqu'oĂč je rĂȘve pour aller curieux on a dĂ» la pub sur France 3 une fois mais s'il y en a qui veulent venir au bivouac hiver et dormir en igloo avec nous c'est avec plaisir il faut nous Ă©crire

Invité 3 sur Instagram articles ok

Invité 1 beaucoup Loïc on t'attend cet hiver

Invité 4 bah c'est ce que je voulais dire en rond je ne fais pas trop parce que moi ce genre de délire je suis méga bouillant donc ça part de là

Invité 3 on va venir avec son prononce on va venir à te chercher avec son prononce ça fait vous me mettez dans la 3Úme

Invité 4 poule cas de Thomas parfait excellent bah merci beaucoup les gars à une prochaine trÚs certainement et bah bonne prépa pour la suite ça roule merci beaucoup merci Loïc

Invité 2 ciao ciao

Invité 4 sur votre plateforme d'écoute en partageant cet épisode autour de vous à toutes les personnes qui aiment l'aventure je vous dis à la semaine prochaine pour un échange avec mon invité Céline Collette qui a décidé de démissionner de chez Google pour devenir athlÚte de haut niveau en beach volley able Sous-titrage ST' 501

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