Les Frappés Les Frappés
Saison 1 EP·047 Mer #kitesurf #record #équipe de France

05 octobre 2021

Alerter et émerveiller grâce au sport avec Armelle Courtois, vice-championne du monde de kitespeed

Durée · 1h26 · Transcription disponible

Armelle

Le récit

Armelle est aujourd'hui une kiteuse atypique et exploratrice. Elle détient le record du monde de kite en altitude, à 5050m.

Sportive depuis toujours, d'abord en équitation 🏇 puis dans le kitesurf alors que la discipline fait à peine son apparition en France 🇫🇷  Armelle a rapidement du apprendre à jongler entre ses différents hobbies et son activité professionnelle dans l'immobilier immeuble🏠. Alors que le kite occupe de plus en plus de place dans sa vie, jusqu'à ce qu'elle décroche un titre de vice-championne 🥈 du monde de kitespeed, elle donne une nouvelle direction à sa pratique en décidant d'y associer l'exploration et la sensibilisation.

Rien de tel que des défis sportifs ambitieux et de belles images 🤩 pour faire passer des messages forts. C'est l'objectif de Riding to Explore, le projet qu'elle a créé avec son compagnon d'aventure et compagnon dans la vie Martin Thomas, 5e aux JO de Tokyo et vice-champion d'Europe de canoë slalom. ensemble, ils sont partis kiter des lacs dans les Alpes ⛰ dans des lieux où il y à moins de 10 ans il fallait sortir les crampons pour se déplacer sur des glaciers imposants. Aujourd'hui il n'en reste rien. Enfin si, de l'eau... Et ça, c'est chez nous, en France, et maintenant que ça se passe 😣

Au delà du message passé par Armelle et Martin, aller kiter des lacs glaciaires, qui par définition se trouvent en altitude et en milieu montagneux, c'est un sacré challenge sportif. Imaginez un peu... grimper à 5000m dans la Cordillère péruvienne  🇵🇪  avec tout le matériel, gérer l'acclimatation, la logistique, les conditions de vent juste impossible à prévoir, le tout avec une concentration d'oxygène dans l'air 50% inférieure à ce qu'on respire au niveau de la mer. Autrement dit, se gratter l'œil devient un effort, alors tirer des bords sur une eau à peine au dessus de 0°C 🥶

Un échange passionnant qui m'a permis d'en apprendre beaucoup sur la disparition des glaciers et ses enjeux. C'était aussi un beau moment de partage sur la sensibilisation aux enjeux environnementaux et sociétaux dans des pays où les habitants se préoccupent surtout de survivre avant tout.

Un immense merci Armelle, on se dit à bientôt pour le debrief de l'expédition en Himalya 🤩 🙏🏼

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #5 - Alex Caizergues - Recordman & Champion du Monde de Kitesurf, Directeur Sportif The Galion Project, CEO de Syroco
Épisode #7 - Alexia Fancelli - Équipe de France de Kite Foil, 5x Championne de France, JO 2024 - Se donner à fond pour réussir

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Transcription

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Armelle Les frappés de l'arrivée du combat Je ne dis pas que ce n'est pas grisant de kites une fois face à un glacier, etc. Mais après, c'est un véritable parcours du combattant. Quand tu te fais 4 heures de rando avec 1000 mètres de dénivelé, avec 25 kg sur le dos, l'aile du foil qui te tapote l'oreille et la planche qui te tape derrière les cuisses, globalement, tu as moins envie de le refaire après.

Loïc Hello, hello ! C'est Loic Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les Frappés ! Bienvenue Armel sur le podcast !

Armelle Merci beaucoup de m'accueillir, ça me fait très plaisir d'être là !

Loïc Merci beaucoup d'avoir pris le temps de venir partager un petit peu avec nous ce que tu fais, tes aventures. En tout cas moi j'ai hâte d'en apprendre un petit peu plus sur… Déjà d'une part ton parcours et puis ce que tu fais aujourd'hui à travers Riding to Explore. Et donc ce que je te propose c'est peut-être de tout simplement de commencer par nous dire qui est Armel ?

Armelle Mais Armel déjà bon elle est un petit peu sur plusieurs fronts puisqu'au départ je faisais de l'équitation pas du tout des sports de glisse enfin voilà même si j'ai vécu toute mon enfance au bord de la mer à faire du bateau etc. Donc je pense que ça a pas mal joué à mon amour pour tout ce qui est voilà sport de glisse maritime puisqu'on faisait du ski nautique, de la bouée, de la plongée donc voilà toujours un petit peu dans le milieu aquatique quand même et un peu plus tard j'ai découvert le kite il n'y a pas si longtemps puisque de toute façon le sport n'est pas très vieux. J'ai vu ça sur la plage, ça m'a fascinée mais au début c'est vrai que c'était quand même un petit peu expérimental moi je tire mon chapeau aux pionniers du sport parce qu'il fallait quand même être bien accroché où parfois on l'était un peu trop c'est à dire qu'on pouvait pas se décrocher quand ça partait en cacahuètes et donc voilà ça m'a tout de suite quand j'ai vu les premiers kites ça m'a attirée et voilà avec un petit peu quand même d'appréhension de ce sport qui à l'époque était un petit peu rude en termes de voilà de sécu, d'engagement tout ça. Donc j'ai attendu un petit peu pendant ce temps j'ai fait de l'équitation pendant 30 ans, enfin 25 ans voilà donc j'étais bien occupée mais voilà j'avais toujours la mer en fond et après le kite qui m'a attirée et voilà j'ai eu l'occasion d'apprendre le kite notamment grâce à des gens de mon entourage qui eux s'étaient lancés et par contre dès que j'ai appris voilà j'étais tombée vraiment amoureuse de ce sport c'était vraiment génial de pouvoir évoluer, d'avoir une progression rapide juste en étant tractée par les éléments, par le vent, par l'air et d'être sur l'eau donc ce que j'aimais quand même depuis mon enfance donc voilà là forcément tous les ingrédients étaient réunis et très vite bah j'y ai consacré pas mal de temps, que ce soit pendant mes études etc. et puis après le début à la vie active donc j'ai un petit peu mis de côté parce que voilà c'était un peu plus compliqué moi je suis de Toulouse donc les trajets voilà l'aspect temporel je faisais encore de la compétition en équitation donc c'était un peu dur de tout faire en même temps d'un point de vue de temps et d'un point de vue financier aussi et puis voilà ça me manquait trop donc à un moment je suis revenue dans le game comme on dit j'ai pas pu m'empêcher puis j'ai eu l'opportunité de participer au championnat du monde de vitesse puisque ça s'est fait un peu comme ça puisque je connaissais Sylvain Oseini qui est un des rares hommes à avoir atteint les 100 km en kite et qui a eu de nombreux records à son actif et qui m'a un peu donné le virus voilà il m'a dit mais attends moi je vais aller au championnat du monde je suis sûre que tu es capable viens on va faire des tests si tu fais il me dit si tu fais 20 tuineux avec un twin tip je te prends au championnat du monde je t'entraîne et puis on va au championnat du monde ensemble bon alors je me suis lancée et j'ai commencé à voir comment on abordait un run de speed etc parce que il y a quand même des petites choses pour après arriver pleine balle sur la zone qui nous intéresse et voilà j'ai fait les 28 nœuds il était content moi aussi donc on est parti et puis il m'a bien entraîné il m'a prêté des boards il m'a donné de super conseils et voilà lui c'est vraiment une passion qu'il tient lui pour le coup ça a été un des pionniers c'est incroyable et il m'a donné ce virus là et du coup au championnat du monde donc c'était à Oman c'était en quelle année ça ? c'était en 2017

Loïc en 2017 ok

Armelle voilà et c'était une aventure extraordinaire parce qu'on était des gens de un peu toute nation il y avait des anglais des américains des néo-zélandais voilà des français bien entendu il y avait Alex Kézerg qu'on connaît sur ce podcast je crois et voilà et moi j'ai découvert un petit peu ce monde là et en fait au delà d'une compétition c'était une aventure superbe dans le désert de Oman et un spot effectivement thermique avec la proximité avec le désert sur l'île de Masira se lève tous les jours et un spot off, flat, enfin voilà top et donc voilà je suis revenue de là avec un titre de vice-championne du monde derrière Anna Whitley qui est vraiment une raille 2 impressionnante que ce soit en speed ou en freestyle donc super expérience pour un premier essai donc du coup l'année d'après Sylvain m'a réembarqué on est reparti mais cette fois direction les Etats-Unis pour un peu les championnats nord-américains organisés par la famille Douglas qui sont des grands noms du speed aussi Douglas tenant aussi à son actif bon nombre des meilleurs records du monde et je crois que c'est le dernier champion du monde en titre puisque après avec le Covid etc il n'y a pas eu de championnat du monde donc voilà je pense que c'est lui qui a le titre actuellement et donc voilà super expérience aussi et de là tout s'est un peu précipité puisque le kite dans son super essor ces dernières années a obtenu sa place aux Jeux Olympiques donc il fera son entrée aux Jeux Olympiques à Paris en plus à la maison Paris 2024 génial donc ça va être vraiment top puisqu'en plus le kite est quand même né en France officiellement donc voilà il y a eu beaucoup de pionniers de cette discipline en France et la première fois qu'il sera au jeu c'est en France on a d'excellents navigateurs voilà ici donc c'est vraiment je pense une super fête qui va se passer

Loïc on sait déjà d'ailleurs où auront lieu les épreuves de kite à Marseille

Armelle tout ce qui est voile ce sera à Marseille ok oui en termes à la fois d'infrastructure et de vent voilà ce sera enfin c'est le meilleur combo on va dire et ça va être une belle fête une belle fête de la voile en général et du kite en particulier pour cette grande première on avait failli rentrer à Rio et puis ça avait été reporté donc donc là ça va être vraiment chouette et du coup ça a un petit peu orienté on va dire les compétitions de kite puisque la discipline qui a finalement été choisie après avoir pensé au border cross ça a finalement été le foil puisque ça offre quand même une plage de vent la plus grande possible par rapport à tous les supports sur lesquels on peut naviguer c'est vrai que le speed par exemple en dessous de 20 nœuds voire 25 nœuds ça n'a que peu d'intérêt alors que le foil maintenant on lance des manches entre 8 et 10 nœuds donc c'est vrai que sur le planning qui est celui des JO ça paraissait assez naturel que ce soit ce support on a quand même plus de chance de lancer le maximum de manches et puis en plus voilà des 10 nœuds enfin vous allez plus vite que le vent en vitesse réelle donc c'est quand même incroyable c'est quelque chose qui est beau à regarder même par petit vent c'est vrai que je pense au planche à voile où voilà dès qu'il n'y a pas trop de vent on lance des manches mais c'est pas forcément très attractif au niveau visuel là je pense que ça a tous les ingrédients pour être une super discipline pérenne dans le programme des JO mais du coup voilà les disciplines un peu comme le speed le border cross ont vu leur nombre de rendez-vous baisser un peu et ça s'est vraiment orienté vers des compétitions voilà le gros a été fait sur les régates format triangle avec un bord de près un bord d'abatté un bord de travers en gros pour résumer et en foil donc du coup ben moi j'ai un petit peu laissé tomber le speed pour aller voir ce qu'était ces ce type de de compétition donc du coup je me suis inscrite sur l'NG kite tour en twin tip d'abord pour prendre mes marques dans un format régate parce que bon ça paraît de rien mais les en speed tu passes chacun ton tour entre les bouées il n'y a pas vraiment de de tactique de départ de procédure de départ c'est à des manches de une heure tout le monde va à l'eau et après chacun son tour ! et après chacun son tour passe entre les bouées il n'y a pas vraiment de voilà de procédure compliquée et tactique à avoir alors qu'en en course en régate c'est le départ c'est crucial tu as un timing il faut que tu calcules où tu seras au moment où la corne de brume va donner le départ et il faut qu'en gros pile quand comme c'est des départs lancés souvent on connaît le départ lancé du défi kite bah c'est la même chose il faut que tu voilà que tu calcules ton coup pour que pile quand la corne de brume ouvre la ligne de départ toi tu coupes la ligne de départ donc c'est quand même des tactiques à avoir c'est pas si simple surtout quand tu es un nuage de cinquantelle alors défi kite j'en parle même pas mais sinon cinquante soixantelle déjà sur une petite ligne de 400 mètres c'est où tout le monde veut à peu près passer au même endroit pour prendre l'étape le plus direct possible donc là c'est déjà une première et après faire le tour de la bouée tous bien entendu voulant raser le plus la bouée enfin voilà c'est des nouvelles techniques de course avec lesquelles je voulais familiariser

Loïc donc j'ai fait en train de croiser du coup alexia francelli sur le ngk ouais ouais ouais on l'avait vu sur le podcast elle nous avait expliqué un peu justement l'aspect super tactique que moi je voyais pas du tout parce que je connais pas la discipline mais elle nous avait un petit peu expliqué ouais effectivement comme tu dis que c'est y'a pas que la connaissance du vent et du matériel c'est aussi en fait c'est hyper technique quoi

Armelle c'est hyper tactique alors c'est intéressant mais c'est vrai que ça se voit pas forcément au premier abord alors qu'en fait je dirais que le matériel et ta navigation pure ça doit être je saurais pas dire hein mais comme ça 50% et puis 50% c'est de la tactique c'est le départ que tu vas apprendre y'a des choses qui sont de ton fait d'autre moins des fois tu peux t'emmêler avec quelqu'un alors que toi t'es sur ta ligne et t'es prêt à partir et t'es tout bon et puis on fait tout on peut aussi tous faire des erreurs donc une fois c'est quelqu'un qui va faire une erreur et qui va s'emmêler avec toi alors que toi t'as rien à voir là dedans et des fois ça peut être toi aussi qui fait une erreur oui la bouée c'est pareil c'est moi combien de fois des fois j'ai contourné j'ai gagné des places finalement en allant plus large parce que tout le monde se télescopé à la bouée et que voilà si t'es entre guillemets un peu cavalier seul en tête et que tu rases la bouée je veux dire tout va bien dans le meilleur des mondes mais si t'arrives un peu dans un peloton là c'est vrai que t'as un peu tes distances parce que sinon t'as une chance sur deux de t'emmêler et c'est hyper frustrant au mieux tu peux tu perds ta course tu perds beaucoup beaucoup de place mais tu peux repartir en middle tu peux pas reprendre la course parce que voilà tout le monde est parti trop loin mais tu t'en sors à peu près bien sans casse et le pire tu casses des lignes tu casses du matos tu déchires ton aile voilà moi j'ai perdu une planche déjà sur une compète en tout une type ce qu'on s'est emmêlé le temps qu'il y avait beaucoup de il y avait pas mal de vagues et elle a été emmenée on l'a jamais retrouvé et d'ailleurs je suis rentrée en âge tractée à la plage puisque ah oui donc c'est plein de faits de course mais voilà ça mérite de prendre un peu d'expérience donc c'est pour ça que ça m'intéressait d'abord de le faire en twin type puisque j'avais pas commencé le foil à l'époque et puis je m'étais dit que parallèlement je commençais le foil et et du coup c'est ce que j'ai fait mais il y a eu notre amie covid qui est arrivé par là et donc ça a un peu mis à mal les entraînements printaniers les compétitions pour l'année 2020 donc ça a un peu retardé tout ça et nous parallèlement on avait monté le projet riding to explore qui a pris pas mal d'essor par contre pendant le covid puisqu'on a eu beaucoup de temps pour travailler dessus donc de ce côté là on peut dire que ça nous a aidé parce que comme on a une vie bien remplie on n'a pas toujours le temps nécessaire pour tout faire et là c'est vrai que d'être confiné ça nous a permis de vraiment faire un beau dossier de presse de partenaires etc donc de ce côté là ça a aidé le projet mais quand on est ressorti de là on avait plein d'échéances à la fois sportif pour martin donc et aussi pour le projet puisqu'on avait un premier tournage à l'été 2020 dans les alpes et donc donc voilà moi j'ai laissé tomber la compétition pour l'année 2020 puisque de toute façon il n'y en a quasiment pas eu et en 2021 on devait préparer les jeux olympiques pour martin et nous nos deux périples dans les ondes et en lima laïa avec une très grosse orga grosse logistique beaucoup de recherche de partenaires beaucoup de de communication et beaucoup de logistique à préparer en amont et en plus les dates de compétition tombaient pendant nos séjours dans les andes et en himalaya donc du coup voilà ça valait pas le coup donc j'ai laissé tomber la compétition également pour 2021 pour me consacrer à fond au projet et je regrette pas parce que c'est autre chose et voilà c'est ce n'est que partie remise mais pour l'instant on est là

Loïc excellent alors pour le préciser quand même pour si on a des auditeurs des auditrices qui qui connaissent pas forcément ton parcours Martin qui est ton aventure enfin ton compagnon d'aventure mais aussi ton compagnon dans la vie c'est bien c'est martin martin thomas je vais y arriver décidément qui était qui était au jeu il y a très peu de temps en kayak c'est ça ?

Armelle en canoë

Loïc en canoë ah oui alors il faut faire attention parce que généralement ils n'aiment pas trop qu'on confonde les deux kayak et canoë c'est très différent

Armelle petit aparté kayak c'est deux pales et on est assis et le canoë on est à genoux et il n'y a qu'une seule pagaie voilà parce que moi même avant de fréquenter un séiste j'étais pas forcément hyper opérationnelle sur la différence

Loïc non en plus c'est la montre parce que j'ai fait un stage de kayak l'année dernière et ça a été une grosse partie de la formation tu vois il y a le monde du canoë et le monde du kayak il faut pas faire tu vois il faut pas faire d'amalgame c'est ça donc voilà en canoë

Armelle exactement

Loïc excellent mais donc du coup tout c'est au fur et à mesure que ta pratique du kayak est évoluée que riding to explore le projet est né a commencé à se développer d'un point de vue professionnel qu'est-ce qui s'est passé pour toi est-ce que t'as réussi à continuer à avoir une activité normale ou t'as réduit la voilure ?

Armelle alors pendant un temps j'ai réussi à manier les deux donc moi je travaillais dans l'immobilier dans les travaux en fait donc j'étais au service technique d'une société foncière à Toulouse et j'ai eu la chance d'avoir déjà un rythme de travail où par exemple on avait un vendredi sur deux donc on avait un jour de RTT un vendredi sur deux donc pour tout ce qui était compétition je parle notamment de l'NJKite Tour c'était quand même une chance d'avoir ça puisque ça me permettait de me rendre facilement sur les compétitions sans prendre deux jours de congé ensuite j'ai eu quand même des patronnes qui ont été à l'écoute et qui étaient vraiment au soutien de mon projet sportif donc c'est vrai que j'ai pu me rendre au championnat du monde etc assez facilement j'ai pu prendre des congés sans solde également quand il me fallait plus de temps parce qu'on sait tous quand on est salarié que cinq semaines de congé ça file comme peau de chagrin et que quand t'as besoin d'un peu de temps je vais dire au-delà au-delà d'une organisation un petit peu classique c'est très dur de rentrer tout ce que tu as à faire dans cinq semaines de congé voire impossible quand tu pars aux Etats-Unis pour les champions nord-américains de vitesse il faut savoir que c'est déjà trois semaines de compétition donc voilà si tu mets trois semaines sur une compétition plus une autre bon bah t'es déjà au terme de tes congés donc c'est vrai que j'ai eu cette liberté là de pouvoir prendre des congés sans solde à ma convenance pour pouvoir me rendre sur les différentes compétitions pareil au MAN les championnats du monde c'était trois semaines donc ça j'ai eu quand même de la chance parce que ça a toujours été accepté et encouragé par mes patronnes qui voilà vraiment m'ont permis d'évoluer en ça en toute liberté voilà on faisait ça en concertation bien entendu il fallait que ce soit organisé mais j'ai eu quand même cette chance là de pouvoir partir après évidemment c'est un impact économique mais déjà d'avoir la liberté de le faire c'est pas le cas forcément partout donc je suis consciente de cette chance là et ensuite dans un second temps c'est vrai que on a développé beaucoup le projet et c'est sûr qu'il y a un moment où on est arrivé à la constatation que le projet nous demandait énormément de temps pour être développé correctement c'est à dire que le projet est quand même un succès entre guillemets inattendu pour nous disons qu'il s'est développé très très vite des gens nous ont fait confiance très vite nous ont soutenu nous ont encouragé à aller plus loin dans nos idées et dans notre progression et du coup voilà on est arrivé au constat que soit on gardait un petit projet entre guillemets de loisirs à côté qu'on prenait un peu comme un bonus et puis voilà ce qui était bien c'était bien et puis on on n'y dédiait pas plus de temps que ça parce qu'on n'en avait pas soit on tentait l'aventure parce que c'est aussi une aventure de vraiment développer ça à fond d'essayer d'en faire pourquoi pas un métier vraiment quelque chose de beaucoup plus approfondi et là à ce moment là il n'y avait pas 36 solutions il fallait s'y mettre quasiment à plein temps d'autant que Martin il est sportif de niveau en canoë qui préparait il était à l'approche des Jeux Olympiques donc lui déjà il a son entraînement bicotidien qui le prend donc voilà on a fait le choix de tenter la deuxième option on s'est dit bah voilà à nos âges on a 30 ans c'est maintenant ou jamais on a un concept qui plaît on a plein de gens qui nous soutiennent qui nous encouragent je pense que tous les ingrédients sont réunis pour au moins tenter l'aventure et puis voilà après on verra ce que ça donne mais il faut se donner les moyens si on en a envie de le faire donc du coup j'ai arrêté mon métier et on s'est lancé à fond dans Riding to Explore et du coup là on est en création d'entreprise voilà on est sur quelque chose de très construit qu'on essaye de développer donc moi ça va faire un an que j'ai arrêté mon métier dans l'immobilier pour l'instant ça suit le bon chemin donc on croise les doigts pour que ça continue et voilà on va faire tout en sorte de développer ça et de continuer les relations de confiance qu'on a avec nos partenaires actuels et on a plein d'idées de projets aussi par la suite donc voilà on espère que ça continuera comme ça au moins quelques temps

Loïc génial alors comment est-ce que tu comment est-ce que tu résumerais Riding to Explore aujourd'hui du coup qu'est-ce que c'est l'essence du projet

Armelle alors je dirais au départ Riding to Explore on avait dans l'idée que ce soit un nombre de projets mais au-delà en fait ça se fait en plusieurs temps d'abord on voulait aller cahiter des lacs dans les Alpes et les Pyrénées et puis après on nous a dit mais attendez vous parlez vous parlez des glaciers que vous avez rencontrés sur votre chemin et qui fondent et ça donne les lacs glaciaires que vous cahitez mais parlez-en au-delà de la France au-delà de l'Europe ce serait génial d'aller faire ça dans les plus hauts massifs du monde alors voilà il y a toujours la dualité par rapport à l'écologie au transport en avion etc. puisque nous on est sensible à ça mais on a rencontré on a bossé avec une fondation avec un gasiologue et tous ont été d'accord pour dire que c'est aussi un rapport bénéfice risque entre guillemets et que bah là ça valait le coup de parler de la situation globale des glaciers donc on s'est lancé là-dedans mais au départ l'idée de riding c'est un ensemble de défis et en gros les Alpes c'est le premier et après qui s'est mue en Alpes and Himalaya mais après le but c'était une succession de défis et je dirais que du coup c'est pour ça qu'on n'a pas appelé ça on a appelé le projet d'un nom qui peut couvrir plein de choses parce qu'en fait le but c'est d'agir à notre échelle avec nos armes et nous notre arme la plus efficace ou là où on est le meilleur on va dire a priori c'est le sport donc l'essence même de riding to explore c'est de mettre le sport au service d'une cause notamment environnementale mais ça peut être pourquoi pas sociétal voilà le but c'est vraiment de se servir du sport comme un vecteur de communication pour alerter sur des sujets pour mettre en avant des belles images qui donnent envie de se motiver pour une cause et notamment effectivement une cause environnementale puisque nous ça nous touche énormément étant des pratiquants d'outdoor on est confronté que ce soit en canoë en kite on fait beaucoup de montagnes mon frère est guide de haute montagne donc un peu d'alpinisme etc nous on est tout le temps en sport outdoor et c'est vrai que voilà on a envie de parler des transformations qu'on observe dans les milieux qu'on fréquente donc essentiellement effectivement une cause environnementale

Loïc ok ok et donc aujourd'hui riding to explore avant qu'on rentre dans le détail des projets complètement fous que vous avez déjà réalisés et puis ce qui arrive c'est une association c'est une entreprise tu parlais de création

Armelle alors nous il y a deux pans pour l'instant on a fonctionné avec une association et là on est en train de faire évoluer ça en société donc on pense qu'on gardera toujours les deux pans mais on a eu besoin d'une structure plus construite et surtout en fait pour donner un statut à Martin et à moi parce qu'en fait il y a un moment où dans la société actuelle quand tu n'es pas dans des cases quand tu n'es pas ni salarié ni chef d'entreprise etc ça devient un petit peu dur d'évoluer dans le sens où il y a plein de choses de la vie courante dont on ne se rend pas compte mais en fait si on n'est pas dans les cases classiques c'est compliqué les gens ne comprennent pas ils ne comprennent pas ce que tu fais etc donc comme nous aussi on n'est pas complètement tête brûlée on veut aussi voilà assurer les choses pour la suite on veut avoir une couverture on veut cotiser et puis voilà avoir un statut tout simplement voilà quand tu veux te loger que tu dois justifier de ton statut pour que ce soit un loyer ou un emprunt peu importe voilà si déjà tu as des statuts un petit peu alternatifs les gens sont forcément plus frileux et ça c'est déclinable en fait on ne s'en rend pas compte au début puis moi j'ai été salariée toute ma vie jusque là donc je ne me rendais pas forcément compte mais voilà tout est plus difficile donc nous le but c'est c'est vraiment de faire aussi des choses qui nous couvrent à titre personnel donc on a créé une structure pour que on puisse définir clairement nos statuts par rapport à Riding to Explore au-delà de l'association et de pouvoir travailler vraiment là-dessus surtout qu'en plus on fait des on propose également voilà en extension des fois des prestations de photos vidéos au-delà du projet donc voilà le but c'est d'avoir une activité la plus la plus stable possible et qui puisse évoluer par la suite tout en en voilà en nous assurant de ne pas nous mettre en marge de la société et de tout ce dont on a besoin pour fonctionner dans la société actuellement sans être trop embêté

Loïc ok ok super donc une une structure encore en évolution mais c'est comme tu dis ça semble être assez clair l'objectif c'est pas non plus de vous marginaliser et puis que vous puissiez quand même tu vois continuer à avoir vos projets en dehors de Reading to Explore sans être bloqué par un manque de statut ou ce genre de choses

Armelle exactement c'est tout à fait ça

Loïc ok

Armelle je pense que ça va vite que voilà ça va ça va assez vite de de se sentir un peu en difficulté par rapport au principe applicable un petit peu de manière carrée voilà de l'administration des rouages un petit peu classiques de la vie quoi et ne serait-ce que pour le logement voilà donc ça va assez vite

Loïc bah je veux bien te croire ouais tu vois moi là je suis en j'ai démissionné il y a quelques temps il me reste quelques semaines encore là de travail et je t'avoue que j'ai comme toi j'ai toujours été salarié jusqu'à présent donc là la suite qui arrive entre la fin d'une expatriation le retour en France le statut un peu intermédiaire entrepreneur machin voilà je te dirai comment ça se passe mais je viens de croire

Armelle non c'est pas évident mais même créer des sociétés c'est pas évident d'avoir les bons repères quand on a jamais été dans ce monde de la création d'entreprise c'est dur de savoir quels sont les bons interlocuteurs d'avoir les bonnes infos c'est pas si évident c'est une autre aventure mais c'est une aventure

Loïc et ça c'est l'essentiel alors justement en parlant d'aventure est-ce que ça te va si on rentre un peu dans le détail des deux projets que vous avez déjà réalisés donc les Andes et les Alpes si je ne me trompe pas les Andes fin 2020 pardon les Alpes fin 2020 et les Andes en début d'année 2021

Armelle ouais c'est ça

Loïc ces deux projets comment est-ce que tu les résumerais parce que les Alpes c'est ce qui est venu lancer Riding to Explore les Andes on va dire que ça l'a comment est-ce qu'on dit ça l'a conforté ouais et préparé j'imagine pour la suite pour l'Himalaya dont tu nous parleras un peu plus tard mais déjà les Alpes et les Andes qu'est-ce que qu'est-ce que vous vous avez retiré de ces deux expéditions

Armelle alors les les Alpes je dirais que ça a été vraiment un galop d'essai ça a été vraiment au départ effectivement le prolongement de l'étincelle qui est venue puisque bah voilà nous nos massifs sont les Pyrénées et les Alpes donc on a fait voilà le premier lac que j'ai que j'ai caité c'était à Passy donc là environnement plutôt urbain à côté de Saint-Gervais mais face au Mont-Blanc voilà j'étais chez mon frère puis comme j'ai toujours des ailes de kite qui traînent dans la voiture des fois qu'on passe à côté de la Méditerranée en passant et qu'on s'arrête voilà j'ai toujours des ailes et des poings dans la voiture et là je les avais et puis il y avait un vent à décorner les bœufs donc du coup je me suis dit bon tiens je sais pas trop si je peux etc et Martin qui était qui était pas avec moi à l'époque me dit bah ouais vas-y c'est terrible essaye je me suis un peu renseignée il n'y avait pas d'interdiction sur le lac de Passy ils m'ont dit il y a des gens qui font de la planche à vol le kite on n'a jamais vu j'ai dit allez sur un malentendu je me rappelle ma soeur était au bord qui n'y connait rien en kite pour essayer de me lever l'aile de me récupérer l'aile évidemment c'est une catastrophe en termes de navigation ça c'était perturbé dans tous les sens ça tamponnait ça tournait mais trois bords pixelisés sur son appareil photo ça a suffi à nous mettre l'eau à la bouche et du coup avec Martin on s'est retrouvés on est partis dans les Pyrénées et on a fait ça dans le lac des Pyrénées au début pour tester voir si ça marchait on a vu que ça marchait c'était pas évident on a tout de suite vu que ça allait être une grosse galère mais par contre que ça valait le coup et de là voilà en plus on a travaillé avec F1 qui vraiment de suite était emballé par l'idée F1

Loïc ils font que des foils ou des planches

Armelle elle de kite planches twin tip surf et foil ils font des wings maintenant et pareil planches de wing ils font des stand up paddle foil enfin voilà ils ont une bonne gamme qui va un peu sur beaucoup de support de glisse et après il y a Manera qui fait tout ce qui est néoprène voilà néoprène et un peu de fringues voilà accessoires on va dire tous les accessoires autour du kite et avec beaucoup de surf puisqu'ils ont Justine Dupont dans leur rang donc chapeau d'ailleurs à Justine pour ce qu'elle fait c'est incroyable et et donc voilà et on est parti dans les Alpes et en fait à l'époque les Jeux Olympiques de Tokyo devaient être en 2020 et du coup on n'avait pas beaucoup de temps à consacrer aux Alpes puisque Martin devait se préparer pour les Jeux on imaginait qu'il pouvait aller aux Jeux et voilà après la période pour les Andes c'est plutôt fin août début septembre et la période pour l'Himalaya c'est l'automne mi-octobre mi-novembre voilà après la mousson de septembre mais avant les grands froids de fin novembre donc on s'était dit on aura très peu de temps dans les Alpes mais on va faire un film avec un petit peu d'Alpes et puis les Andes et l'Himalaya et puis les JO de Tokyo ont été reportés donc il n'y a pas eu voilà de questions de Jeux Olympiques l'été 2020 à la sortie du confinement et il n'était pas question à l'époque de passer les frontières pour aller au Pérou en Himalaya avec le Covid qui s'est vissé à grand train donc on s'est dit bah écoute c'est parfait quelque part parce qu'on va avoir du temps à consacrer aux Alpes et ça nous faisait et aux Pyrénées aussi dans une moindre mesure mais ça nous faisait vraiment plaisir parce qu'au final ce sont nos massifs et il y a plein de choses à dire et plein de paysages fantastiques dans nos massifs et souvent quand on monte les photos les gens ils ont l'impression qu'on est à l'autre bout du monde alors qu'en fait non on est juste dans les Alpes à l'oseur de beaucoup de choses et sur des itinéraires des fois très accessibles au grand public après nous on prend une variante mais voilà et du coup on a fait le choix vu la conjoncture de faire un premier film et une première expé vraiment dans les Alpes donc on est parti trois semaines dans les Alpes et ça a été parfait pour tester le kite en altitude parce que malgré tout sur un lac si on va à Serpent-Son ou quoi ça n'a rien à voir c'est des grandes étendues d'eau des brises établies c'est beaucoup moins perturbé même si ça allait un petit peu là on parlait vraiment de lacs glaciaires les plus hauts possibles entre des moraines donc on essaye d'éviter au maximum mais qui sont souvent là quand même donc voilà c'était vraiment un galo d'essai pour voir le type de lac qui marchait le mieux pour tester le matériel au début on était parti sur l'idée d'Alak-Esson et puis on s'est rendu compte que les Alak-Esson c'était pas du tout adapté parce que les lacs qu'on kite souvent ils sont beaucoup plus petits du coup l'Alak-Esson elle a une inertie le temps qu'elle se gonfle qu'elle soit lancée en fait il faut déjà tourner des fois ça passe de 0 à 30 noeuds puis 0 donc là la caisson soit c'est trop puissant soit si elle tombe après elle est mouillée elle ne vole plus bien elle peut se remplir d'eau même si elles ont fait des progrès par rapport à ça donc voilà tout un tas de problématiques qu'on a pu prendre le temps d'aborder de tester et en même temps de faire une super aventure chez nous avec des problématiques voilà inhérentes à notre territoire et c'était super et en plus on a fait connaissance avec les réalisateurs pro avec qui on travaille donc Guillaume Broust et Christophe Tangviet et c'était une super aventure on s'est tous très bien entendus et on pensait faire un film de 13 minutes et on est revenu avec un film de 32 minutes en plus en devance restreinte parce qu'il y avait tellement de choses à dire on a collaboré avec la fondation au nage et glace qui est établie à Annecy qui travaille avec des glaciologues du coup on a eu le point de vue de Jean-Baptiste Bosson qui est un des plus éminents glaciologues qui travaille sur les lacs glaciaires actuellement qui entame tout un programme de recherche là-dessus qui nous a appris moult choses des choses qu'on a découvert au fur et à mesure à la fois sur le terrain en cherchant des lacs en allant au devant de ces lacs on a découvert de plus en plus de choses des lacs incroyables dont on ne s'attendait pas mais des phénomènes un petit peu aussi crève-cœur par moments c'est-à-dire sur des cartes il y a des endroits où il n'y a pas de lac et en fait quand tu vas sur place il y a un lac qui est né il y a 3, 5, 6 ans 10 ans des fois selon les cartes mais les cartes ne sont pas encore à jour parce que ça a fondu très récemment et ça a donné lieu à des lacs donc il y a 10 ans là où on kaitait par exemple au Grand-Méan on passait avec des crampons c'était un glacier un glacier solide et aujourd'hui on kite dessus c'est de l'eau donc voilà nous on a découvert tout ça et on a vraiment eu envie de le partager c'était ça le cœur du truc c'est qu'au fur et à mesure de notre découverte on s'est dit mais toutes ces toutes ces choses toute cette problématique qu'on voit devant nos yeux ben voilà on a envie de le partager parce que tout le monde ne monte pas là-haut tout le monde n'a pas idée en même temps c'est magnifique on voit qu'il y a des choses à sauver parce que les glaciers sont encore là mais on voit que la situation est alarmante et après quand Jean-Baptiste nous a expliqué vraiment toute la chaîne de problématiques qu'il y avait autour des glaciers et de l'apparition de ces lacs glaciaires on s'est dit qu'on ne pouvait pas garder ça pour nous et qu'il fallait le diffuser le partager ça nous concerne tous et c'est de notre comment dire de notre prise de conscience à tous que dépendra l'avenir notamment de l'eau puisqu'en fait les glaciers c'est la première source mondiale en eau douce et aujourd'hui les glaciers sont protégés par voilà par leur inertie c'est-à-dire c'est de la glace sur des pans de montagne qui sont la plupart du temps public en tout cas en France par exemple mais en devenant des lacs on a un problème qui apparaît c'est qu'un lac c'est très facilement privatisable donc aujourd'hui la première ressource en eau douce ce sont les glaciers et de par leur consistance le fait que ce soit de la glace sur des pans de montagne ils sont protégés par eux-mêmes mais en fondant la future ressource en eau douce ce seront les lacs glaciaires ce qu'on kite ou telle compagnie commerciale et ça deviendra de l'eau privatisée donc en fait la problématique elle va bien au-delà de juste le réchauffement climatique les conséquences effectivement sur les écosystèmes les menaces que ça engendre pour les populations par les tsunamis terrestres plein de choses mais au-delà de ça quand on voit vraiment loin le grand enjeu de ces glaciers et de ces lacs glaciaires c'est la privatisation de l'eau donc voilà et plus on alertera l'opinion publique sur ça moins les compagnies commerciales pourront mettre la main avant qu'on se préoccupe du problème sur l'eau c'est à ça qu'il faut être attentif aujourd'hui c'est de garder l'accès à l'eau vraiment en public et de surtout pas léguer sa gestion à voilà une gestion commerciale qui pénaliserait bien évidemment certaines tranches de population et voilà

Loïc super tu sais quoi là je vois du coup je viens de faire l'expérience des bénéfices de Riding to Explore parce que je pense être quelqu'un je passe beaucoup de temps en plein air je fais beaucoup de rando trek etc et pourtant j'avais jamais tu vois ça paraît tout bête quand je le dis mais j'avais jamais vraiment pensé à ça en fait tu vois à cette notion de privatisation des ressources en eau du fait que les glaciers fondent et pourtant comme tu dis enfin c'est chez nous dans des endroits qui sont accessibles et c'est là quoi et si tu si tu me dis qu'aujourd'hui vous pouvez caheter des lacs là où il y a peut-être 10 ans il n'y avait rien enfin des glaciers où il fallait être cramponné là effectivement enfin pour moi personnellement tu vois la notion d'urgence elle est là quoi tu vois je me dis que punaise déjà un comment est-ce que c'est possible que moi que je sois pas au courant de ça donc ça m'incite à aller voir un petit peu quand même à me renseigner et deux à me dire oui comme tu l'as dit tout à l'heure c'est chez nous en fait c'est pas c'est pas de l'autre côté de la planète avec 12 heures d'avion

Armelle ah oui non c'est ça et puis alors nous on n'est pas plus intelligents que les autres c'est que c'est Jean-Baptiste qui nous a expliqué tout ça et qui nous a fait comprendre tout voilà tout cet engrenage et cette vraiment cette urgence pour une vision à long terme et la préservation des ressources et de l'accès aux ressources et c'est pour ça que nous on s'est dit mais voilà on n'a pas d'autre choix que de partager parce que même nous on a eu exactement la même réflexion que toi et pareil globalement on se renseigne quand même énormément sur les problématiques etc mais ça c'est encore un sujet qui n'est pas trop évoqué et il ne faut pas croire mais dans certaines zones il y a déjà des mains mises qui commencent à se faire et du coup voilà il faut qu'on soit conscient de ça et qu'on soit éveillé sur ça pour qu'on ne puisse pas mettre la main sur sur ces ressources qui appartiennent à tout le monde et je pense que c'est important et plus on en parlera moins ce sera facile pour les compagnies commerciales de faire des choses un peu voilà qui pourraient passer inaperçues pour l'instant je pense que c'est fondamental et on voit déjà tout ce qui est lac tout ce qui est vallée même avec les barrages etc on voit que dès que la configuration naturelle ne protège plus la ressource par sa consistance c'est beaucoup plus facile d'avoir des

Loïc de se l'approprier

Armelle de se l'approprier exactement donc là on voit que les glaciers ils étaient protégés par leur structure mais ça va bientôt plus être le cas dans les Pyrénées la disparition des glaciers est prévue pour 2030 c'est à dire que nous entre 2030 et 2050 donc nous à notre échelle on a à peu près le même âge etc c'est à dire qu'on est né avec des glaciers on est la génération où on est né avec des glaciers et on mourra sans glacier dans les Pyrénées c'est à dire que rien qu'à notre petite échelle d'être humain on verra les Pyrénées sans glacier alors qu'on a pu enfin voir encore des beaux glaciers sur les Pyrénées donc ça moi pareil c'est quelque chose qui m'a quand même touchée puisque moi je suis de Toulouse c'est à une heure des Pyrénées Martin s'est longtemps entraîné à peau etc enfin les Pyrénées ça fait partie un peu de la voilà du patrimoine et de la vie presque quotidienne et c'est vrai que quand tu vois l'état des glaciers dans les Pyrénées tu te dis que waouh mais voilà se dire qu'à juste à notre échelle de vie humaine on est avec des glaciers et on part il n'y a plus de glaciers je trouve que ben voilà ça fait quelque chose

Loïc ça met un peu une claque quand même

Armelle ouais

Loïc et justement tu parlais de tu vois d'éveiller un petit peu les consciences collectives votre film il est encore accessible ou pour le moment il est diffusé en festival ou

Armelle ouais alors en fait il sera plus de plus en plus accessible c'est à dire que la vie du film en gros en premier il va en festival de films parce qu'en fait souvent ben voilà pour que les festivals vivent il faut que les films diffusés ne soient pas en libre accès sur internet sinon ça n'a que peu d'intérêt d'aller voir les projections proposées donc en premier lieu il va dans les festivals de films ensuite une fois qu'il a fini sa vie dans les festivals de films éventuellement il peut passer sur quelques télés ou pas ça dépend après là je parle d'un point de vue un petit peu général et ensuite effectivement on le met à disposition sur internet donc nous il va vivre un peu dans les festivals de films jusqu'en décembre jusqu'à la fin de l'année et ensuite on le mettra à disposition sur internet pour tout un chacun puisque c'est le but après le but c'est vraiment que ce soit accessible au plus grand nombre on respecte juste une petite chronologie et ensuite il sera accessible au plus grand nombre et après on aimerait bien aussi aller le diffuser dans les écoles ou les collèges pour voilà pouvoir avoir un message le plus large possible

Loïc ouais ok super intéressant en tout cas j'ai hâte d'être l'année prochaine pour qu'il soit accessible du coup en ligne pour revenir peut-être sur un aspect technique tu disais t'as beaucoup parlé tu vois de cette réalité à laquelle vous êtes confronté dans les Alpes qui vous a permis de tester de vous rendre compte d'un certain nombre de choses d'un point de vue technique qu'est-ce qui fait que kaiter un lac en altitude c'est ça posait un certain nombre de questions par rapport à kaiter à l'Almanar

Armelle au hasard c'est vrai qu'il y a plusieurs contraintes en montagne déjà petit point A qui peut être vrai à l'Almanar ou tout ailleurs les prévisions météo ! ouais alors ça déjà celui qui arrivera à faire des prévisions météo de vent fiable déjà le temps c'est pas gagné mais alors le vent voilà je pense que bon nombre de kaiters ont pu bien râler sur des prévisions de vent trompeuses on est tous passés par là après l'abnégation on va dire alors en montagne c'est décuplé parce qu'il y a énormément de phénomènes locaux il y a beaucoup d'effets de brise donc voilà ça tourne autour des montagnes donc c'est à dire que l'orientation un endroit qui peut paraître abrité peut en fait faire suite à un couloir de vent qui détourne le vent qui s'engouffre dans une vallée dans un col qui a priori n'aurait pas été forcément exposé au vent enfin voilà énormément de phénomènes locaux dus aux différences de température etc c'est aussi ces phénomènes ces mouvements de convection etc qui peuvent faire que ça vole beaucoup en planeur en parapente etc donc du coup c'est très difficilement prévisible ça c'est le premier point nous ça nous est arrivé au lac des évettes par exemple il y avait zéro vent prévu on arrive il y avait du vent et à l'inverse des fois on est allé sur des sessions où il prévoyait du vent et il n'y avait rien donc voilà très compliqué c'est à dire que même s'il n'y a rien il y a un moment après il y a des périodes dans l'année on sait que l'été etc il y a beaucoup de phénomènes de brise donc il faut y aller et puis vite on voit un peu sur place après il y a des configurations comme les cols les vallées etc un petit peu quand il y a un couloir ça peut voilà c'est plutôt quand même propice mais après la véritable source de vent difficilement prévisible ensuite il y a l'accès parce que on nous a dit des fois vous n'avez pas peur du coup d'encourager les gens à les cailliter en montagne je dis alors là je vous arrête de suite ils vont peut-être le faire une fois mais pas deux ça c'est sûr même nous enfin il ne faut pas croire alors je ne dis pas que ce n'est pas grisant de cailliter une fois face à un glacier etc mais après c'est un véritable parcours du combattant quand tu te fais 4 heures de rando avec 1000 mètres de dénivelé avec 25 kilos sur le dos l'aile du foil qui te tapote l'oreille et la poche qui te tape derrière les cuisses globalement tu as moins envie de le refaire après sachant qu'en plus quand tu arrives troisième point les vents sont très irréguliers déjà parce que le vent a du mal à s'établir il est énormément perturbé par tout tout ce qui est configuration c'est à dire les parois les moraines les différences de température entre par exemple les glaciers et la terre plus bas qui va chauffer etc tout ça crée beaucoup de perturbations donc ça tamponne ça rebondit sur les parois ça fait des vents qui tournent parfois à 180 degrés ton aile des fois elle tourne à 180 degrés des fois à 4 tu fais un bord et puis le bord d'après t'es 90 degrés par rapport au bord précédent enfin c'est un truc de fou donc en plus voilà on peut pas dire qu'on fait une session tu vas arriver à tirer des bords hop hop en fonction de si t'arrives à être un peu technique si t'arrives à hop à saisir la rafale mais voilà on s'arrête là c'est pas une session de kite comme tu peux faire à Almanar et en plus voilà il y a quand même un risque pour le matériel puisque les zones de décollage sont pas forcément très accueillantes il y a souvent à un moment donné autour du lac des roches des gros rochers des enrochements des fois au début de l'eau des fois des surfaces très glissantes un peu envasées en fait c'est du sédiment c'est pas de la vase mais voilà tant de configurations qui font que c'est compliqué connaître bien son matériel et le matériel qui est adapté voilà il faut avoir des ailes avec quand même des plages de vent grandes parce que souvent tu passes sur tu peux passer de 3 à 25 nœuds sans soucis donc voilà il faut quand même des ailes que tu connaisses que tu sois sûr de manipuler dans des rafales quand même qui vont du on est au delà du simple au double on est dans le dixième et voilà tout ça mis bout à bout ça rend l'expérience quand même périlleuse mais c'est sûr que quand tu tires ton bord face au glacier c'est magique et après nous dans ce qu'on fait sur les Andes et le Pyrénées évidemment il y a l'altitude où là c'est l'hypoxie et là c'est le facteur numéro 1 le handicap numéro 1

Loïc et je suis surpris que tu n'aies pas parlé de la température de l'eau parce que tu vois la seule fois d'ailleurs une des seules fois où je me suis baigné dans un torrent enfin une rivière glacière elle était à 2 degrés et donc mon souvenir c'est que c'était extrêmement court et pas forcément hyper agréable donc je suis curieux de savoir est-ce que enfin parce qu'en hiver je pense qu'à peu près n'importe où tu kites en Méditerranée en tout cas ou dans l'Atlantique c'est peut-être au plus froid à quoi 8 degrés en Atlantique

Armelle la Méditerranée c'est 8 degrés le plus froid

Loïc aussi

Armelle qu'on est en hiver

Loïc mais là du coup sur des lacs glaciaires selon l'altitude potentiellement c'est quoi 2, 2, 3 aussi

Armelle oui 2 c'est toujours au-dessus de 0 sinon ça gèle mais ça va de 1 à ça dépend des lacs au Grand Méen voilà t'as des icebergs qui flottent etc on est à 3000 mètres on était autour des 2 degrés voilà pareil au Pérou c'était 1, 2 degrés après on a eu quelques lacs un peu plus bas où on devait être peut-être à 5 voilà mais finalement nous le froid ça nous a jamais gêné ça a jamais été le facteur on va dire vraiment handicapant il y a eu l'accès il y a eu de montée avec la charge de matos c'était très fatigant il y a eu la difficulté du vent très dur à gérer l'hypoxie ensuite au Pérou voilà phénomène quand même très très très très dur à encaisser mais le froid jamais en fait nous dans les Alpes on a fonctionné avec des combis néoprène donc on marche avec Manera ils ont des super combis maintenant c'est pas les seuls mais de 5 mm avec donc c'est des 5 4 3 avec des revêtements à l'intérieur un petit peu chauffant enfin chauffant voilà c'est c'est un peu comme de la peluche qui voilà qui est plus agréable au contact et qui rend la sensation de chaud plus importante des gants cagoules des chaussons franchement t'as très peu d'eau qui rentre elle chauffe quand même alors la plus au Grand Méhan ça a été très dur à Caïté on s'est pris quand même des vols on a eu quand même quelques impacts peut-être la première dans l'eau là c'est vrai qu'il y a eu quelques fois on a eu des barres sur le front avec vraiment le froid de l'eau qui nous saisissait à la tête mais parce qu'on avait mis des casques et pas forcément la combi voilà parce que sinon à un moment aussi tu peux plus bouger donc des fois tu fais des choix là on avait mis des casques et pas la combi et pas la pardon on était en combi bien entendu mais pas la cagoule je veux dire et c'est vrai que sans cagoule quand tu te prends un impact dans l'eau que t'arrives vraiment dans l'eau d'un coup waouh tu te prends une barre là au dessus des arcades ça saisit mais voilà globalement en plus on s'était fixé des limites de sécurité au delà desquelles on n'allait pas donc dès qu'il y avait une sensation de froid hop on changeait on alternait on se réchauffait on avait toujours une tente avec nous c'est un élément de sécurité fondamental pour se changer à l'abri du vent pour se mettre à l'abri du vent pour reprendre un petit peu de calories et de chaleur avant de s'y remettre enfin voilà c'est pour les temps d'attente c'est obligé d'être dans une tente si on te refroidit à vitesse gravée au Pérou on a mixé entre néoprène le même équipement que dans que dans les Alpes et combi sèche mais la combi sèche finalement c'était pas tant pour le c'était pas tant pour le froid c'est parce que ça te demande beaucoup moins de dépenses énergétiques et quand t'es à 5000 mètres que t'es déjà en hypoxie la moindre dépense énergétique est fondamentale il faut tout faire à l'économie donc la combi sèche t'es habillé hop tu mets ta combi par dessus ça te demande quand même beaucoup moins d'énergie que déjà te déshabiller au froid enfiler une combi néoprène qui est très ajustée donc qui te demande on a tous enfié les combi néoprène t'es quand même en train d'enfiler un combat il faut passer l'épaule le bras la tête tu te contorsionnes à 5000 mètres sans oxygène ça devient compliqué de faire ça disons que tu tu prends sur ton capital énergie et ça peut participer à entraîner un mal des montagnes plus rapidement une fois que tu vas à cailleter donc on est passé sur combi sèche mais il y a eu sur 5 lacs il y en a 3 qu'on a fait en néoprène et 2 en combi sèche voilà c'est le plus notamment les plus hauts qu'on a fait en combi sèche

Loïc ok et alors justement le Pérou qu'est-ce qui a qu'est-ce qui a changé par rapport aux Alpes parce que les Alpes bon tu l'as dit vous étiez à la maison là le Pérou c'était une autre aventure je suppose

Armelle ah là c'était une autre dimension beaucoup de choses ont changé bon la première je vais y revenir mais c'est l'altitude puisque là on a passé 10 jours au-dessus de 4500 mètres avec 10 jours on a passé 6 jours 7 jours 8 jours oui on a passé 8 jours au-dessus de 4500 mètres avec des cols à 5400 le plus haut lac qu'on a kité c'est au-dessus des 5000 mètres notre but c'était de voilà d'établir un record du monde de kites en altitude au-delà des 5000 mètres donc on a réussi on a kité un lac à 5050 mètres donc ça c'était c'était c'était bingo quoi et 10 jours passer au-dessus des 4500 mètres voilà pour les organismes c'est c'est quand même une épreuve et kité à plus de même 4000 mètres déjà voilà tu sens que tu as le souffle court tu fais deux bords tu as l'impression d'avoir fait la session du siècle alors que d'habitude voilà deux bords c'est rien du tout et encore à 4300 mètres ça nous l'a moins fait mais au-dessus de 4500 il y a déjà un premier cap à partir de 4009 voilà c'est vraiment un combat en plus en fait le symbole du Pérou c'est qu'on a on a fait une expé qui traversait une ancienne vallée glaciaire donc c'est-à-dire qu'il y a quelques années là pour le coup on ne pouvait pas passer parce que c'était un col recouvert c'était des hauts plateaux puis un col puis re des hauts plateaux qui redescendait recouvert de glaciers donc on ne pouvait pas passer donc c'est un itinéraire qui est nouveau deux par huit le recul des glaciers qui ont laissé accessible maintenant ce nouveau chemin pour passer d'une vallée à l'autre et donc tous les jours quasiment on marchait donc on faisait entre 3 et 5 heures de trek le matin et on arrivait on kaitait donc déjà il y avait la fatigue du trek et ensuite on enchaînait avec une session de kite donc c'était assez compliqué au niveau forme il y a des fois on est resté deux jours sur place parce que soit il n'y avait pas de vent soit justement c'était compliqué d'enchaîner autant de treks avec du kite et vraiment voilà l'hypoxie c'est en plus on était allé à l'INSEP et le médecin qui nous suit était très intéressé par avoir les données qu'on pouvait lui rendre compte de nos observations sur le mal des montagnes éventuel sur en tout cas notre réaction à l'hypoxie parce que d'habitude on a très peu très peu de données de réactions à des activités autres que de la marche ou de l'alpinisme en fait où on peut moduler l'intensité de son effort alors nous pour la première fois quasiment on a mené un sport beaucoup plus cardio cardio dans le sens où on n'était pas forcément maître de l'intensité de notre exercice t'as une rafale tu pars tu pars je veux dire oui alors tu peux toujours faire le mais si tu veux kaiter il y a un moment voilà t'es sur ton bord il y a une rafale qui te prend même si t'es un peu faible au moment où tu tires ton bord si la rafale part bah tu dois contrer la rafale tu dois contracter tes abdos ton guénage du dos tu dois serrer les fesses au besoin s'il faut si vraiment la rafale est forte mais tu dois contrecarrer ton aile pour pas te faire déposer voilà il faut revenir au bord s'il n'y a plus de vent bah tu tombes dans l'eau tu dois nager là t'es dans le froid de l'eau tu dois nager t'es voilà t'es en hypoxie tu n'es pas complètement maître du rythme voilà de ton exercice et ça c'est une donnée tout à fait nouvelle parce que la plupart des activités jusqu'à présent qui avaient en altitude c'était déjà beaucoup de marches voilà apparentées avec l'alpinisme et pas quelque chose de cet ordre là et qui plus est où tu n'étais pas forcément maître puisque la première des choses qu'on te dit en altitude c'est que si tu sens un poil moins bien même dans une marche hop tu ralentis le rythme et en caille tu ne peux pas toujours faire ça donc voilà c'était intéressant mais c'était assez dur je t'imagine

Loïc je repense je crois que je te l'avais dit mais juste avant le covid j'avais eu la chance de faire un dernier gros voyage au Népal et on était monté un peu au dessus du camp de base de l'Everest au sommet du Kalapatare donc il y a 5650 et pendant que tu racontais que tu expliquais j'imaginais tu vois la rafale qui arrive toi qui pars en kite etc à 5000 mètres moi au sommet du Kalapatare j'ai mangé un biscuit j'ai encore une vidéo ça a été un combat c'est à dire tu vois j'ai fait les derniers 5 j'ai voulu faire les derniers 10 mètres peut-être 5-10 mètres en mâchant mon biscuit c'était impossible de faire les deux tu vois j'étais au bout de ma vie donc la qualité à 5000 mètres

Armelle non mais c'est vrai on ne se rend pas compte même quand on se l'imagine on s'attendait mais quand il y est tu ne te rends pas compte de la difficulté de faire des gestes déjà anodins c'est à dire qu'effectivement même ouvrir un biscuit déjà manger un des premiers signes du mal des montagnes c'est déjà sans faire un mal des montagnes graves mais c'est de perdre l'appétit donc en plus tu t'affaiblis tu manges moins tu t'affaiblis tu es de plus en plus faite voilà nous on n'a pas trop eu on a tous eu un jour ou deux on n'a pas pu trop manger on avait moins faim après Martin a eu plutôt des maux de tête moi je n'ai pas eu de signe clinique de maux comme ça de tête d'estomac par contre j'ai eu deux jours d'abattement total après avoir kaité à 5000 mètres et d'avoir enchaîné avec un gros trek passage de col à 5004 et derrière re-session de kaité à 4009 en revenant de la session de kaité à 4009 j'ai senti que j'avais plus d'énergie j'ai dormi dans la tente en fin d'après-midi et j'ai eu deux jours d'abattement vraiment même parler même avoir des interactions sociales entre nous etc il y a des moments voilà c'est le moindre effort ça coûte donc voilà c'est vraiment une expérience particulière qui a été rude mais mais bon rien de grave

Loïc en termes d'oxygénation là ça devait être pas mal pour Martin avant les JO ce petit séjour en altitude

Armelle ah bah lui c'était après les JO

Loïc ah c'était après du coup ?

Armelle ouais ouais c'était après les JO donc par contre là il était au championnat du monde donc il a eu quelques globules pour aller au championnat du monde mais bon il il avait pas d'entraînement donc ouais voilà il a été champion du monde par équipe on va dire que c'est les globules qui ont pesé dans la balance mais après ça s'est pas forcément bien passé en individuel donc voilà il manquait un peu d'entraînement bon

Loïc ça ira mieux après l'Himalaya

Armelle oui bah c'est sûr qu'il avait paramé depuis les JO quasiment un mois donc à l'échelle de du sport de haut niveau au niveau où il est bah voilà c'est un peu juste on le savait mais mais voilà son objectif de la saison n'était pas les champions du monde mais les JO ça a plutôt bien marché malgré tout mais donc voilà

Loïc excellent

Armelle les globules ne font pas tout

Loïc ouais ok donc le Pérou le si je comprends bien la grosse différence a été le format la durée de l'expédition et puis le fait que vous viez aussi quand même vachement enfin vous enchaignez trek et et ride d'un point de vue humain je sais pas ça peut paraître tout bête tu vois mais comme tu disais qu'aussi une des missions de riding to explore c'est peut-être aussi des enjeux sociétaux et et pas seulement environnementaux donc est-ce que vous avez fait des découvertes entre guillemets sur ce plan là au Pérou

Armelle ça a été même au-delà de nos espérances alors du bon côté et du mauvais côté entre guillemets c'est-à-dire que déjà on a été alors le Pérou est vraiment un pays incroyable avec une population très accueillante très cordiale nous on a vraiment les locaux qui nous ont tendu les bras qui nous ont accueillis avec une générosité incroyable et c'est là où je parlais des voyages en avion aussi tout à l'heure on se dit que cette richesse qu'on a dans les échanges quand on arrive à échanger comme ça avec les populations nous venant d'autres continents eux c'est incroyable et moi je suis vraiment fervente de dire il faut qu'on trouve des solutions pour pour que les voyages se passent peut-être différemment d'un point de vue écologique mais en tout cas je suis sûre qu'il faut garder vraiment ces échanges culturels humains parce que c'est une source de richesse incroyable ça nous fait évoluer nous en tant qu'individus sur notre regard par rapport à plein de choses qui plus est dans notre pays ça aide aussi d'autres pays même on parlait avec une association qui disait voilà les échanges ça a quand même favorisé énormément de choses pour l'évolution des droits de l'homme par exemple puisque plus la communauté internationale a conscience comme on peut avoir conscience du recul des glaciers par certains projets la conscience de certains problèmes sociétaux ou humains dans des pays force un peu certains pays à évoluer sur des problèmes sociétaux donc c'est tout aussi important et là vraiment ça m'a frappée parce qu'en plus après cette période de Covid où on était un petit peu resté voilà entre nous où on était en famille puis dans notre pays etc où on avait eu moins d'échanges avec le monde extérieur se retrouver à nouveau dans une toute autre culture avec des gens complètement différents je me suis dit mais quand même c'est une richesse incroyable de vivre ça et ça fait évoluer le monde pour moi je suis convaincue de ça et là la générosité de ces gens qui vivent avec rien puisque des fois on s'est retrouvé dans des zones où ils vivent vraiment dans des maisons de terre etc et tu passes ils t'accueillent on les a invités à manger parce que eux c'est leur zone où ils élèvent des bêtes etc c'est des terres plus ou moins privées mais il n'y a pas de clôture je veux dire c'est comme ça c'est dans comment on dit dans la culture tu passes chez eux tu les invites à manger et puis eux tu peux bénéficier d'un campement sur leur terre enfin voilà ça se fait naturellement et l'équipe de Multiae qui en était était incroyable ils nous ont vraiment reçu dans leur famille avec un repas de fête en bénissant la Pachamama la divinité locale avant de partir pour que l'expé se passe bien ils ont été fascinés par le kite ça aussi on leur a fait découvrir le kite on avait acheté une petite aile pour qu'ils puissent voilà sans danger s'initier un peu au maniement de l'aile parce qu'ils nous voyaient faire tous les jours nous on s'est dit s'ils ont envie il faut qu'on puisse leur faire découvrir ça ils étaient comme des fous à manier ça enfin c'était génial et ils étaient vraiment fascinés ils ont adoré découvrir ça même quand on est parti ils nous ont dit vraiment c'était incroyable pour nous de découvrir ce sport de vivre ça donc voilà sur le plan humain c'était vraiment chouette et et on a vu un aspect un autre aspect voilà la plus plus sociétale qui s'est reliée à l'environnement d'une manière à laquelle on ne s'attendait pas c'est que justement cette vallée glaciaire normalement on ne s'attendait à voir personne puisque le chemin n'existait pas même les multiers qui pourtant travaillent énormément voilà pour faire du transport dans la région ne connaissaient pas cet itinéraire et en fait quand on s'est retrouvé là-haut on s'est retrouvé face à 500 personnes alors pas à 500 personnes directement mais en fait là-haut il y avait une mine illégale et en fait cette mine illégale elle est aussi liée au réchauffement climatique puisque les glaciers ont reculé et du coup ils ont découvert des pans de montagne qui du coup deviennent exploitables alors le Pérou est très riche en or c'est le deuxième exportateur je crois d'or

Loïc au monde

Armelle et du coup ces rochers qui arrivent tout d'un coup grâce au recul des glaciers ils attirent la convoitise quand je dis de mineurs souvent c'est des paysans qui rêvent un peu d'Eldorado à trouver de l'or on connait l'histoire et qui essayent de sortir de leurs conditions et donc qui vont aller creuser dans ces nouveaux pans de montagne découverts pour aller trouver de l'or il y a deux problèmes que ça génère c'est que un ils participent à l'érosion accélérée du glacier puisqu'ils vont aller accélérer la dégradation du glacier pour toujours faire apparaître de nouveaux pans où il est susceptible d'y avoir de l'or et la deuxième chose c'est que pour traiter ce qu'ils trouvent ils utilisent du mercure sauf que on parlait tout à l'heure la première source d'eau douce au monde c'est le glacier ben oui mais eux ils sont au coeur de la première source d'eau douce et ils utilisent du mercure ils rincent dans l'eau des ruisseaux qui s'échappent du glacier vers les lacs glaciaires vers les lacs plus en aval et donc en fait ils sont à la source même d'une pollution dont ils n'ont pas conscience ils sont en train avec le mercure qu'ils utilisent pour traiter l'or ben de polluer tout simplement à la source de polluer un propre l'azard d'eau qui va ensuite alimenter les champs plus bas qui des fois leur appartiennent en plus et voilà ça a été ça a été dur de découvrir ça là-haut parce qu'en même temps on ne veut pas leur jeter la pierre dans le sens où eux ils veulent juste vivre des fois survivre ils sont dans des conditions très difficiles à 5400 mètres on a parlé avec certains le fils d'un des multiers qui était avec nous il y a travaillé 15 jours dans une de ses mines il dit c'est atroce on risque nos vies tous les jours on a mal à la tête les conditions pour dormir etc. sont incroyables mais en plus voilà c'est un gros facteur de pollution et là on se dit qu'il va être très dur de protéger tout ça de manière globale parce qu'il y a plein de phénomènes qui s'embriquent les uns dans les autres

Loïc alors justement par rapport à cette situation comment est-ce que comment est-ce que les gens sur place je ne sais pas est-ce que vous avez partagé d'ailleurs l'objectif de Riding to Explore avec ces personnes-là

Armelle oui enfin pas avec les mineurs puisque les mineurs on avait un rapport très lointain à part leur offrir des fois à manger etc. comme c'est une mine illégale ils restent plutôt dans l'anonymat mais avec les multiers on en a parlé on a interviewé les multiers oui on a beaucoup échangé à ce sujet

Loïc et quelles étaient leurs perceptions leur avis sur justement les sujets environnementaux potentiellement sociétaux aussi que vous avez évoqué parce que c'est vrai que tu vois si je me rappelle j'ai fait j'ai fait six mois en Amérique du Sud Pérou Bolivie Colombie Colombie c'est autre chose mais Pérou Bolivie surtout la Bolivie tu te rends compte que la misère ça existe encore et que c'est vrai que c'est toujours plus facile quand on est confortablement installé dans notre canapé de se dire oh là là quel documentaire fabuleux bon maintenant je vais faire gaffe tu vois ça éveille ma sensibilité mais quand nous on était tombé au milieu d'un trek au bout de quatre jours de marche sur un gamin qui devait avoir je ne sais pas six ans qui me disait qu'il était parti la veille pour aller à l'école à pied tout seul tu vois dans la vallée à quatre jours de marche du premier village tu dis bon bah là lui tu vois en fait il s'en fout sans doute quoi s'il faut qu'il brûle un pneu pour se réchauffer le soir ou qu'il a 12 ans il aille à la mine et balancer du mercure dans l'eau bah sans doute qu'il ira quoi tu vois donc c'est la question que je me pose comment est-ce qu'il réagit sachant que leur leur réalité est quand même super différente de celle qu'on a la chance d'avoir en France

Armelle c'est aussi pour ça que je pense que les échanges culturels et voilà entre différents pays c'est très important parce que ça fait prendre conscience aussi des réalités et effectivement comme tu disais c'est très facile de parler d'écologie quand on a un niveau de vie aussi bon que celui qu'on peut avoir en France par exemple et là-bas c'est une réalité qui est autre on parle souvent de survie effectivement et on voit que leur regard peut différer par exemple pour prendre l'exemple de cette mine un exemple concret cette mine elle est à frontière entre deux régions en plus elle est sur une zone qui normalement est un parc naturel classé c'est-à-dire que évidemment bien entendu il est interdit de faire une mine à cet endroit-là le problème c'est que les étendues sont tellement grandes qu'il est impossible de tout surveiller d'autant que voilà le Pérou a une volonté comme beaucoup d'autres pays de protéger certains espaces naturels mais il n'a pas forcément non plus les moyens pour ensuite faire appliquer tout ce qui est mis en place et c'est pas forcément les priorités non plus d'un pays qui des fois a bien d'autres sujets sociaux économiques en jeu pour avancer donc voilà mais cette mine elle est à la frontière entre deux régions du Pérou entre deux communautés et en fait d'un côté les habitants sont complètement opposés aux mines et de l'autre côté les habitants sont pour les mines ou en tout cas ne sont pas contre donc c'est là où on voit aussi qu'il n'y a pas de généralité à faire et les habitants qui sont contre ils ont déjà brûlé plusieurs mines illégales ils ont appelé les autorités ils sont montés avec eux ils ont brûlé pour faire disparaître ces mines là donc du coup la mine elle s'est mise hop elle s'est reformée mais hop de l'autre côté de la frontière dans une zone où les habitants sont beaucoup moins hostiles à ce genre de choses donc on voit que selon la culture selon voilà les habitudes l'historique des régions les gens n'ont pas forcément non plus évolué dans le même état d'esprit et que du coup leur rapport à ça peut être très différent d'une région à l'autre

Loïc ouais donc comme tu dis intéressant bah oui forcément faisons pas de généralité mais c'est intéressant de voir que même localement tu vois il y a des clivages qui peuvent exister ou des prises de conscience qui sont différentes

Armelle et je pense que ça vient aussi voilà d'un héritage sûrement historique culturel communautaire avec des éducations différentes des rapports à certaines choses différentes le pourquoi du comment voilà en tout cas dans cette situation je prétends pas le connaître mais on voit qu'il y a vraiment deux identités très marquées alors que les deux zones communautaires sont très limitrophes

Loïc ouais

Armelle on parle pas même de l'Argentine et du Pérou c'est vraiment deux zones d'un côté de la montagne ils sont vraiment archi contre et de l'autre non donc et d'ailleurs beaucoup viennent d'un côté

Loïc ok et du coup par rapport à ce que vous avez découvert dans les Alpes et ensuite dans les Andes idéalement si tout était possible puisqu'on en parlait un petit peu en off il y a quelques complications administratives avec le projet qui arrive la dernière la dernière phase de Riding to Explore en Himalaya si tout était possible qu'est-ce que qu'est-ce que vous aimeriez que ce soit l'impact l'impact de l'expé en Himalaya

Armelle alors déjà il y a le symbole c'est que l'Himalaya c'est le plus haut massif au monde qu'il y a des glaciers incroyables et c'est une des zones où aussi les menaces directes des lacs glaciaires sont un petit peu les plus présentes ou en tout cas une réalité au quotidien par exemple dans la vallée du Kumbu Limja Lake c'est un lac à retenue morénique c'est-à-dire qu'en fait il y a une moraine donc une moraine étant un cordon de sédiments et de roches qui ont été drainées par le glacier et qui se sont formées aux abords des glaciers et qui des fois barrent une vallée et du coup quand l'eau s'écoule du glacier comme il y a une barrière tout simplement comme on peut faire nous des fois sur un ruisseau l'eau stagne derrière cette moraine et ça forme un lac sauf que il y a deux menaces souvent créées par ces lacs surtout quand ils prennent beaucoup d'importance avec une fonte accélérée du glacier la première c'est que la moraine à force sous le poids de l'eau qui s'accumule derrière elle cède puisque c'est un lac à retenue morénique si la moraine cède clac on est voilà sur une inondation immédiate de toutes les zones qui sont en aval de ce lac donc dans la vallée du Kumbu par exemple c'est un phénomène directement menaçant et qui pourrait mettre à mal vraiment tous les villages en dessous donc ça c'est une menace très connue de Limja Lake donc il y a eu des canaux de détournement de l'eau pour essayer d'amoindrir les pressions qui sont faites sur cette moraine il y a des surveillances qui sont régulièrement mises en place c'est aussi le cas un petit peu à côté sur le lac de Tsoro voilà ça on retrouve un petit peu cette menace dans l'Himalaya à plusieurs endroits et il y a un autre phénomène qui est aussi vrai dans les Andes c'est le tsunami terrestre c'est à dire qu'en fait des pans de glaciers par moments se détachent et en fait s'il y a des gros pans de glaciers qui se détachent et qui tombent dans le lac ça fait une vague puisqu'évidemment les volumes de glace sont très importants c'est déjà le cas on a vu dans les Alpes il n'y a pas si longtemps il y a un énorme volume de glaciers qui s'est détachés ça fait une énorme avalanche ça peut faire la même chose sur un lac et à ce moment là ce qu'on appelle un tsunami terrestre ça provoque le débordement du lac et pareil ça fait une sorte de vague qui vient submerger comme ça tout ce qui est en dessous donc voilà c'est là où on retrouve aussi toutes les connectiques qui peuvent exister entre les différents massifs et que finalement les menaces des uns sont les menaces des autres et que c'est pour ça que les glaciologues travaillent énormément sur les trois massifs énormément en collaboration pour mettre en commun tout ce qu'ils peuvent observer comme modification comme solution éventuelle à la fois de prévention et de réaction si jamais dans les Andes à certains endroits ils font des exercices d'évacuation notamment des écoles etc. comme nous on a pu faire l'exercice incendie le mercredi au collège et bien eux ils font ça mais en cas de tsunami terrestre terrestre sur certains lacs qui menacent des villes carrément même pas des villages donc voilà c'est une menace vraiment présente c'est assez fort dans l'Himalaya assez reconnu et ensuite c'est sûr que c'est des massifs exceptionnels avec vraiment des panoramas puisque nous au-delà d'alerter sur des choses la deuxième volonté phare de riding en fait c'est d'émerveiller parce qu'en fait on veut sortir un petit peu de la morosité qu'il peut y avoir autour de l'écologie on veut pas du tout être donneur de leçons on veut faire un constat par une approche différente pour pouvoir éveiller les consciences mais aussi donner envie générer de l'enthousiasme pour donner envie de sauver ce qui reste à sauver parce que voilà il reste des choses donc on aime jamais mieux quelque chose que l'on connait ou quelque chose pour lequel on s'est émerveillé et nous c'est vraiment ça cette volonté c'est de montrer tout ce qui reste de magnifique dans ces montagnes soit les Alpes les Andes l'Himalaya de montrer qu'on est un peu tous dans le même bateau qu'il y a des gens aussi qui n'ont pas notre niveau de vie qui ne pourront pas réagir forcément comme nous dans les Alpes avec des gros systèmes de prévention et des solutions malgré tout s'il y avait des mini-catastrophes qui se mettaient en place là-bas ce serait dramatique l'Himalaya elle alimente voilà le Gange on sait bien déjà l'état de pauvreté qu'il y a en Inde etc si les glaciers venaient à fondre il y aurait d'abord des inondations puisque ça ferait beaucoup trop d'eau en même temps puis des sécheresses or en Asie etc beaucoup de gens vivent de l'agriculture et survivent grâce à l'agriculture dans les Andes aussi et du coup c'est aussi une importance capitale pour ces deux continents et qui plus est en Asie de préserver cette ressource en eau qui déjà est juste symbole de survie même pas voilà on est au-delà c'est juste de la survie c'est-à-dire que énormément d'habitants dépendent il y a des sources actuellement le guide avec qui on était en contact pour organiser l'expédition il a créé une association et par exemple il y a des sources qui se tarissent donc dans les vallées népalaises et donc les habitants sont obligés de penser des familles qui vivent là depuis des générations qui sont obligés de penser à se délocaliser parce que ils ne pourront plus notamment donner à boire aux bêtes et cultiver avec de l'eau pour irriguer leurs champs donc il a mis en place des actions pour essayer de contrecarrer l'effet de tarissement voir plus haut si on peut récupérer de l'eau etc pour empêcher ces phénomènes d'exode et d'exode pour où les gens ne savent même pas puisqu'ils n'ont connu que cette région donc voilà c'est tous ces phénomènes qui sont exacerbés en Himalaya et qui sont très intéressants à développer

Loïc waouh en tout cas j'aime beaucoup ce que tu la façon dont tu as décrit la mission de riding tu vois qui est à la fois évidemment d'alerter mais pour éviter de tomber dans la morosité ambiance en même temps d'émerveiller et du coup je mettrai les liens vers le site parce qu'avant qu'on échange je suis retourné voir l'espèce de bande annonce de teaser que vous avez mis et c'est vrai que là pour le coup l'émerveillement il était bien là donc j'invite vraiment tout le monde à aller au moins visiter un peu votre site regarder les photos sont juste magnifiques et on pourra suivre d'ailleurs l'expédition en Himalaya

Armelle oui alors déjà là en ce moment on peut suivre l'expédition au Pérou parce que en fait pendant l'expédition au Pérou forcément on n'avait pas de réseau bien entendu donc on avait un copain Ludo qui a d'ailleurs participé avec nous qui nous a aidé sur les Alpes en portant son petit sac à dos complémentaire pour nous accompagner ! qui relayait en fait via le téléphone satellite je lui ai envoyé tous les soirs notre itinéraire du jour et puis il y avait quelques photos de réserve et qui mettait quelques petites news en story puisqu'on a un compte Instagram et un compte Facebook mais surtout et donc voilà il y avait un minima pendant l'expédition mais pas le gros de ce qu'on faisait parce qu'on n'avait pas de réseau pour transmettre quoi que ce soit et du coup là tous tous les deux trois jours je fais un jour d'expédition donc je mets en story un petit roadbook avec voilà les un peu les étapes phares de la journée les infos phares façon que j'avais écrite au fur et à mesure de notre avancée des petites stories un peu immersives ou vraiment un peu brutes où on voit notre vie pendant l'expédition un peu le côté inside les choses parfois drôles parfois un peu plus dures voilà mais vraiment faire partager l'ambiance l'ambiance qu'il y avait avec les locaux etc et j'accompagne ça d'une publie avec plusieurs photos pour vraiment donner une idée de ce qu'on a pu voir et encore une fois faire partager au plus grand nombre tout ce qu'on a pu rencontrer là-bas pour patienter en attendant de voir le film

Loïc génial

Armelle en ce moment on partage voilà tous les 2-3 jours un jour d'expédition donc il y en aura 10 et là on va faire le jour 3 donc voilà vous pouvez rejoindre l'aventure encore pour avoir une petite idée

Loïc super excellent et bien écoute je mettrai tout ça en description un grand grand merci Armel pour ton temps pour toutes ces explications c'était passionnant au final on n'a pas parlé que d'aventure et de sport mais de sujets qui sont enfin que voilà moi c'était juste passionnant je t'ai dit j'ai appris plein de choses donc encore une fois merci beaucoup merci à toi

Armelle c'était super

Loïc et bien je croise les doigts pour l'Himalaya et je vous dis pourquoi pas à bientôt avec Martin pour nous raconter comment ça sera passé le le caïtage dans la Vallée d'Agou

Armelle avec plaisir ce sera vraiment on viendra vous raconter tout ça

Loïc génial merci beaucoup Armel à bientôt

Armelle merci à toi ciao par Vale par

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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